eneidem
#0
Je me doute que le sujet a été abordé des dizaines de fois, mais impossible de trouver où exactement parce que les commentaires sont dispersés entre plusieurs forums.
Donc, essayons d'être brefs...
Je ne suis pas féministe (au sens militant du terme), d'autant qu'il en existe de plusieurs sortes. Je ne défile pas pour ou contre ceci ou cela, je n'alimente pas forums et sites et n'adhère à aucune association. Par contre, j'adhère à certaines idées, égalité des droits homme/femme, harcèlement, sexisme, violences faites aux femmes etc. que je défends lorsque j'en ai l'occasion.
Alors, quel rapport avec le BDSM ? À priori, d'un point de vue superficiel, être soumise à un dom, avec tout ce que peut comporter une relation D/s, humiliations, objétisation, rapport supérieur/inférieur, on pourrait croire que féminisme et bdsm sont antinomiques, et quelles que soient les raisons, les motivations, c'est à dire le fond (parfois très profond), la forme elle, est têtue. Une féministe (puisque c'est le sujet) se soumet "corps et âme" à un homme et jouit de cette condition.
Alors :
- Oui, la soumission est choisie et non subie.
- Oui, c'est la domination-qui-serait-en-fait-soumission et la soumission-qui-serait-en-fait-domination.
- Oui, les soumises en général ont une forte personnalité, des postes à responsabilité etc. et donc pas soumises par nature.
- Oui, la sphère érotique et la sphère sociale sont deux univers distincts.
Mais encore ? Ce post, qui interroge principalement les femmes soumises hétéros ET féministes (il y a bcp d'autres cas de figure) invite à une réflexion plus poussée sur ce qui excite une soumise féministe dans une relation D/s hétéro, comment elle pense et gère la contradiction apparente. "Soumise et féministe", ça raconte quoi, en dehors de ce qu'on sait déjà ? Et la cause du féminisme, est-elle servie ou desservie (point de vue intérieur et extérieur au milieu) par le rôle de soumise ?
Vous avez deux heures :laughing:
Dernière modification le 20/09/2018 09:27:30 par eneidem.
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eneidem
#1
Merci liviana, pas de punition pour cette fois :D Voila ce que je choisis de sélectionner dans votre réponse :
58936
"lutter contre toutes les formes de dominations!" toutes...? euh... toutes, sauf une ! celle que je veux ! celle que je choisi, celle pour laquelle j'ai consenti.
il est là le mot : le consentement.
je veux être dominée par Mon Maître, avec mon consentement.
je ne veux pas être dominée par une société patriarcale [...] parce qu'elles sont des femmes.
Oui, d'accord, mais pourquoi "sauf une" ? Je conçois qu'il y a de quoi se faire des noeuds au cerveau avec ma question. Poussons la un peu plus loin. Quelles sont les raisons profondes qui nous poussent (en tant que féministes ET soumises) à rechercher le frisson de la domination masculine, l'excitation et la jouissance via l'emprise d'un homme, puisque sphère érotique et sociale ne sont pas si déconnectées l'une de l'autre (comme le souligne à juste titre Edoné) ?
Je trouve l'exploration de ces recoins de l'âme humaine absolument passionnante. Et comme je me suis moi-même posé la question (je cherche encore quelques réponses), j'ai pensé que recueillir quelques avis de soumises féministes, militantes ou non, me donnerait quelques pistes de réflexion supplémentaires. Donc merci à vous deux.
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eneidem
#2
20657
Arf, avant de pouvoir consacrer deux heures à ce sujet, je dois apporter quelques nuances aux propositions de base parce qu'elles me paraissent inexactes et donc propices à biaiser la discussion :
Oui Edoné :)) En réalité, ce ne sont pas mes propositions, mais des réponses que j'ai lues très souvent, ici ou ailleurs. Les citer avait pour but non pas de les développer, mais plutôt de les exclure de la réflexion. Et vous voyez que ça n'a pas vraiment marché :wink:
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eneidem
#3
Exactement liviana, la recherche de l'abandon du contrôle, qu'en tant que féministe on est censées avoir et conserver. Paradoxal, mais bien réel. Chère amie, personne ici ne prétend apporter de réponses s'appliquant à toutes, ne vous inquiétez pas, c'est entendu. C'est ce qui vous concerne vous, en propre, et chacune individuellement qui est intéressant :)
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eneidem
#4
20657
Vous me rassurez : j'avoue avoir été étonnée, voire déçue, de retrouver ce genre de clichés sommaires du prêt-à-penser dans une réflexion de votre cru. Mais c'est moi qui vous ai mal lue, et pourtant je porte de toutes nouvelles lunettes zut ;)
Un temps d'adaptation nécessaire peut être ? Rires! Non, en fait, on est tous un peu comme ça, le cerveau est parfois prompt à lire plus facilement une chose plutôt qu'une autre, ou de de comprendre à sa façon, on ne sait pas pourquoi, c'est comme ça... C'est pour ça qu'en général, j'essaie d'être la plus explicite possible mais je me rends souvent compte qu'on peut facilement passer à côté d'une formulation ambigüe.
Dernière modification le 21/09/2018 10:58:18 par eneidem.
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eneidem
#5
58936
(comment on fait pour mettre le carré rouge et blanc?)
Comme ça :smile:
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eneidem
#6
Bon, sous le commentaire de la personne, vous avez des guillemets. Cliquez, la fenêtre qui s'ouvre le reprend. Personnellement, je supprime ce qui ne m'intéresse pas pour citer une phrase précise dans la totalité du commentaire, mais il y a peut-être un autre moyen.
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eneidem
#7
Par contre, conservez bien les balises de début et de fin !
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marina001
#8
Je dis ca, je dis rien, mais quelles sont les raisons profondes des soumises féministes gay a se taper la coloquinte avec une pelle a tarte de la domination masculine? Z'avez deux jours. Suis d'humeur généreuse. C'est vendredi. :smile:
Sauf a croire que le féminisme est dieu et le bdsm le diable, ou vice versa, il n'y a aucune antinomie. Sauf chez les radicales fem' mais elles sont devenues rares. Voyez mes poste sur les sex. wars. Peu importe ce qu'on fait, BDSM, macramé, yoga tantrique, ce qui compte c'est avec qui, et comment. Après tout Bill Gates est bien philanthrope et milliardaire :smile:
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#
#9
bonjour
j'ajoute ma petite contribution à cette réflexion
alors je suis cadre, j'ai des responsabilités, je milite dans des associations de droits des Hommes (avec un grand H dans le sens les humains) et contre toute forme de discrimination.
au quotidien dans ma vie, c'est aussi avoir appris à mon fils à participer aux taches ménagères, respecter les personnes qu'elles que soient leurs tenues par exemple.
oui je suis féministe dans l'âme et j'aime la définition de Liviana : lutter contre les discriminations faites aux femmes parce qu'elles sont femmes.
alors (comme je n'ai pas 2 heures :-)) oui ma soumission est choisie et surtout que m'apporte-t-elle : l'équilibre l'équilibre entre ma vie "publique" et ma vie "intime". pour moi ce n'est pas contradictoire puisque c'est choisi et non subi.
cela veut aussi dire que mon intérêt va vers un Dominant qui aiment les femmes, qui va être à l'écoute, amener à m'élever (donc pas me punir et m'humilier sans raison et surtout pour moi sans intérêt), qui va aussi m'aider m'abandonner, à lâcher la pression du quotidien et débrancher un peu mon cerveau. à être à Lui en toute confiance, libre de me laisser guider
je vais suivre ce sujet avec intérêt car j'aime cette discussion (Merci eneidem) et pouvoir lire les avis de chacun/chacune
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eneidem
#10
58936
il reste cependant une question intéressante en suspend.. pourquoi sommes nous animées par ce paradoxe? pourquoi nous battons nous pour notre liberté, et pourquoi allons nous nous jeter sous les coups de notre dom?
@gitane sans filtre a répondu en partie je crois.. l'autre concernant davantage l'aspect socio-professionnel, il semble que le prix à payer pour les femmes "émancipées" soit assez élevé, comme il l'est pour les hommes d'ailleurs. Sur ce point donc, il semble qu'on arrive (presque) à égalité avec eux.
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eneidem
#11
... quelles sont les raisons profondes des soumises féministes gay a se taper la coloquinte avec une pelle a tarte de la domination masculine?
Moi pas compris... :flushed: Les radicales fem, devenues rares ? En tout cas elles sont assez présentes sur le net et tapent pas mal, entre autres, sur les fem néolibérales. D'ailleurs à ce propos, si quelqu'un avait des infos sur la question du féminisme et ses déclinaisons principales, liens vers des sites ou autres lectures, je prends !
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eneidem
#12
Sauf a croire que le féminisme est dieu et le bdsm le diable, ou vice versa, il n'y a aucune antinomie.
L'antinomie ne met pas nécessairement en opposition un concept manichéen...
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#13
en règle générale ,je pense que le BDSM ,offre l'opportunité ,de jouer avec nos désirs interdits ,secrets et intimes ,et donc de nous extérioriser des contraintes de notre vie et du travail ,donc,enfin de vivre nos rêves et fantasmes . Pratiquer ,ce type de fantasme ,est sans doute une façon de trouver un vrai sens de vie à celle plustôt ennuyeuse de tous les jours et .... peut être ;parfois, retrouver un équilibre de vie dans son couple ,enfin ,pour certains(nes) .je pense à Gitane ,qui dit être cadre dans la vie ,donc soumis au contraintes draconiaine du travail ;; j'ai déjà constaté ,que les grades supérieures dans la vie pratiquaient, fréquentaient les club SM ; et je me suis amusé ,en regardant la photo d'une femme nue au corps splendide et fort ,assise sur une chaise jambes croisée ,en immaginant que c'était une avocate dans la vie ,cela m'a exciter .
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marina001
#14
Les liens on en recense 2,030 sur un autre fil... Je suis sure que vous trouverez ce qu'il vous faut ????
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eneidem
#15
Rires liviana ! Oui ok, ce que je voulais dire c'est qu'il y a une forme d'antinomie entre le blanc et le noir, mais que ni l'un ni l'autre n'est bon ou mauvais... Mais vous avez raison, on va limiter les concepts.
Dernière modification le 21/09/2018 17:28:21 par eneidem.
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eneidem
#16
Ah!!!! Edoné! Merci! Le débat avance, super réponse. Vous avez mis le doigt sur le coeur du sujet.
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#17
20657
La démonstration « je suis féministe donc je considère que les femmes sont libres de disposer d’elles-mêmes, donc de se soumettre à un homme si c’est leur choix » ne me satisfait pas et me paraît pour le moins simpliste.
La question posée par Eneidem est fort intéressante à priori et votre réponse pleine d'intelligence dialectique. Effectivement à brûle pourpoint l'on peut s'interroger, sur les motivations qu'une féministe pourrait avoir pour subir dans l'intimité la domination d'un homme et sa gestion des apparents conflits d'intérêts. Cependant il semble qu'un défaut de précision lexicale nous entraîne dans de faux débats. Le concept de soumission dans la sphère sociale et celui de soumission dans la sphère érotique ne se rejoignent qu'en apparence par le mot les définissant, lequel, comme beaucoup de mots dans notre langue, revêt divers acceptions.
Socialement la soumission se traduit par la mise en place de relations inégalitaires entre deux personnes, entre deux groupes, reposant principalement sur un rapport de force pouvant prendre différentes formes, physique, intellectuelle, financière...Dans ce cas il est évident que la, le, les soumis subissent une domination qu'ils n'ont en aucun cas souhaitée et contre laquelle ils sont par ailleurs susceptibles de se battre. Ici la relation est toxique. Cette soumission est subie, imposée, elle est l'expression d'une contrainte et génère chez la, le, les dominés un sentiment a minima désagréable. Ici le dominant tire de la situation un profit exclusif, nous sommes sur le terrain des relations à bénéfice unilatéral. Enfin sur le plan sociétal la soumission prend un aspect sexué dans le sens où elle s'exprime principalement au détriment des femmes et effectivement l'historique dominance masculine est un facteur essentiel pour appréhender correctement l'acception du mot soumission dans ce contexte.
Dans la sphère érotique, la soumission est l'élément d'un jeu, d'une fiction, animée par deux personnes qui en tirent des bénéfices partagés. Dans ce contexte la relation est égalitaire et rien ne peut advenir sans l'implication volontaire des protagonistes. En outre, l'ensemble des sexologues parait d'accord pour reconnaître que la soumission dans un rapport D/s porte une certaine ambiguïté, dans la mesure où la personne soumise retire quelques gratifications de la situation et la personne dominante s'engage à respecter les désidérata de sa/son protégé. Ici la relation n'est pas toxique elle est au contraire source d'équilibre et de bien être.
Au delà de ce problème lexical, je crois aussi qu'en pointant spécifiquement la soumission érotique d'une femme à un homme dominant on donne un caractère genré à cette dernière et c'est à mon sens une erreur. Le concept de soumission érotique ne s'applique pas seulement aux relations homme/D femme/s. Nous serons tous d'accord pour reconnaître que la soumission peut s'exprimer dans des formes de rapport diverses et variées, HD/Fs, FD/Hs, FD/Fs, HD/Hs, et que les mécanismes profonds qui la gouvernent sont identiques pour une F/s et pour un H/s. La soumission érotique puise ses ressources, bien sûr dans la psyché collective mais pas seulement. L'organisation intrapsychique de chaque individu et les fantasmes en découlent sont conséquents d'un historique riche de multiple éléments au rang desquels on trouve aussi bien, la génétique, le vécu, les expériences émotionnelles que les représentations sociétales. Analyser la soumission érotique en ne faisant référence qu'à la psyché collective hantée par la soumission des femmes et la domination des hommes, réduit le champ des investigations et amène à mettre en exergue de fausses problématiques. La soumission érotique revêt un caractère asexué et je crois que c'est un point essentiel à retenir pour éviter le piège de l'amalgame tendu par le défaut de vocabulaire.
Le rapport entre la sphère érotique et la sphère sociétale ne procède pas, me semble-t-il, d'un continuum mais d'une imbrication faite d'influences mutuelles, d'allers retours. Savoir laquelle est motrice de l'autre parait aussi impossible que de savoir qui de la poule ou de l'œuf...Cela dit je crois que l'organisation archaïque de nos sociétés, l'invention des normes, tabous et autres codes moraux s'est fondée sur une volonté de contrôler la sexualité, de l'encadrer et dans ce sens on peut dire qu'elle a présidé à cette organisation. Il en est de même entre l'être social et l'être intime, l'un façonne l'autre et inversement.
De fait je ne peux croire qu'il puisse y avoir un quelconque dilemme entre l'envie de se soumettre dans le cadre d'un jeu érotique et l'envie de combattre l'oppression sociale que subissent les femmes. Le féminisme reste un combat politique, une façon de penser le gouvernement des femmes et hommes entre eux dans le domaine sociétal et le combat politique n'a pas sa place dans la sphère intime tout simplement parce que c'est un non sens. En quoi vouloir obtenir à travail égal un salaire égal, vouloir plus de partage des pouvoirs, une meilleure représentation au sein de l'assemblée nationale et du sénat, plus de reconnaissance des compétences, moins de discrimination, vouloir lutter contre toutes les formes de harcèlement et d'agressions sexuelles etc... serait source d'un conflit interne chez une féministe engagée dans des pratiques érotiques où elle feinte la soumission? Par ailleurs qu'en serait-il de cette même problématique quand la soumission s'exprime entre une femme/D et une femme/s ou entre deux femmes switch?
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MarquisDeJade
#18
Histoire de,
Les prémisses des raisonnements me semblent biaisés, le féminisme en tant que tel n'a pas plus de sens qu'aurait un masculisme qui sont des demandes de droits spécifiques à un des sexes dérivant inévitablement en accusation de l'autre sexe, de le priver de ces droits, etc... Toutes analyses de non droit ou d'obligation d'un des sexes devrait se faire en prenant en compte le contexte social historique, ce qui n'est évidemment pas fait, et donc on brandit en étendard telle ou telle inégalité apparente.
De même la soi-disant domination masculine, certes pour le foot ou autre, mais il faut aller plus en détail, et regarder l'ensemble des relations sociales ainsi que les pouvoirs réels de chacun des sexes vis à vis de l'autre.
Analyse qui n'est évidement pas faite.
La vraie raison historique et très actuelle de ces non analyses est d'engendrer une forme de guerre des sexes avec ses manques pour chacun, facilitant l'asservissement des deux sexes.
Et oui, d'une certaine façon le féminisme seul, sans humanisme pour les deux sexes à comme conséquence l'inverse d'une émancipation, un asservissement.
Quand à savoir si la soumission va contre ou avec le féminisme, ce serait comme la question du client et de la pute, à savoir qui des deux est le plus pute ? Celui qui paye pour jouir ou celle qui se fait payer pour cela. Il me semble que la honte intérieure est plus pour celui qui doit payer pour assouvir son besoin sexuel.
Mais bon, désolé de déranger...
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eneidem
#19
Merci @MSM, pour ce très long et non moins très intéressant commentaire. Il présente l'avantage de passer en revue à peu près tous les critères que j'avais souhaité exclure du débat, rires!! Consentement, considérations sociétales, culturelles, diversité des soumissions etc... La question ici est beaucoup plus ciblée, c'est pourquoi je l'adressais tout spécialement aux femmes soumises ET féministes de ce site, la question a donc bien et volontairement un "caractère genré", comme l'a le féminisme. c'est même le but. S'il s'agissait de questionner la soumission bdsm en général, versus la soumission sociale, professionnelle, normative etc. alors votre commentaire serait plus que pertinent parce qu'il contient une grande quantité (et qualité) de sujets de réflexion. Mais comme je vous le disais, on s'éloigne du coeur du sujet...
Malgré tout, si vous le voulez bien, j'aimerais que vous éclaircissiez quelques points. Vous écrivez :
"Le concept de soumission dans la sphère sociale et celui de soumission dans la sphère érotique ne se rejoignent qu'en apparence par le mot les définissant, lequel, comme beaucoup de mots dans notre langue, revêt divers acceptions."
Donc, ils ne se rejoignent pas. Mais, un peu plus loin vous écrivez :
"Le rapport entre la sphère érotique et la sphère sociétale ne procède pas, me semble-t-il, d'un continuum mais d'une imbrication faite d'influences mutuelles, d'allers retours.", puis : "Il en est de même entre l'être social et l'être intime, l'un façonne l'autre et inversement."
Une imbrication faite d'influences mutuelles, c'est donc bien qu'ils se rejoignent et pas qu'un peu. Du coup je ne comprends pas très bien où vous voulez en venir.
Ensuite, vous écrivez :
"...serait source d'un conflit interne chez une féministe engagée dans des pratiques érotiques où elle feinte la soumission? "
Allez dire à quelques soumises ici, qu'elles "feintent" leur soumission.. :)
Bien à vous
Dernière modification le 22/09/2018 16:10:50 par eneidem.
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eneidem
#20
@MarquisDeJade, pourquoi "déranger" ?
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MarquisDeJade
#22
@MarquisDeJade, pourquoi "déranger" ?
Parce que d'une part mon propos va à l'envers, rien que lorsque je dis que le mot, le concept de féminisme est hors-sens, je ne dis pas qu'une lutte sur telle ou telle demande de droit n'a pas de sens, mais juste que cette idée de féminisme en globalisant n'a pas de sens, comme si on parlait de noirisme, de jaunisme ou encore de blanchisme, non le mot utilisée est plus global, le mot est racisme, quelque soit le sens de ce racisme ou même le sexe.
Sur déranger, il est qu'apparemment, pas sur ce fil, mais avec bien des interlocutrices, voir cuteurs, intervenants ici, je dérange, au point d'être dénommé par exemple troll, ce qui me fait sourire, donc oui, je sais que je dérange.
D'un autre côté, je dois dire que certaines affirmations me font rire, le genre j'adore être soumise et je suis féministe, Nan, je n'ai rien contre un j'adore être soumise, mais je suis une femme autonome, je bosse, je gagne ma vie, pas besoin d'un homme pour assurer ma subsistance ou changer ma roue, ça d'accord, mais ce n'est pas ce qui est dit.
J'ai eu des soumises, en vie commune, qui n'ont pas besoin d'un homme pour assurer leurs vies, comme je n'ai en rien besoin d'une femme, encore moins d'une soumise pour assurer ma vie, le ménage, la cuisine, la couture, tout ça je sais faire et bien d'autres choses.
En gros, ce qui me fait sourire, est que la plupart du temps, ces mêmes féministes, vont, en creusant vous dire, à regrets, qu'elles ont besoin des hommes, pas des femmes, soyons clair, pour telle ou telle tâche, plomberie, mécanique, carrelage...
Le but n'est donc pas d'être féministe, mais d'avoir le beurre, l'argent du beurre et le crémier, nous restons là dans la guerre des sexes, mais encore une fois, il faut mettre du sens au mot guerre, qui a pour but de gagner des territoires, des pouvoirs... Parfois, effectivement de sortir de l’oppression, mais est-ce le cas vraiment là ?
Dernière modification le 23/09/2018 22:12:29 par MarquisDeJade.
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MarquisDeJade
#23
Et puis, qu'elle femme ici, soumise ou même dominatrice voudrait d'un homme se disant féministe ?
Assurément aucune!
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eneidem
#24
58936
je ne comprend pas cette remarque. pourquoi exclure ces critères du débat? j'ai l'impression qu'ils en font pleinement partie..
liviana, j'explique pourquoi quelques lignes plus loin.
Soyez la première personne à aimer.
MarquisDeJade
#25
Ah, et le fait de bander se raisonne, ne se maîtrise pas toujours, certes, mais se raisonne, il ne fait même que cela, que de raisonner en nous en notre corps et nôtre âme, nos fantasmes et phantasmes, conscient avec f, inconscient avec ph viennent et adviennent avec nos bandaisons, et si pfantasmer n'est pas une raisonnance, alors je ne sais ce qu'est raisonner.
Dernière modification le 23/09/2018 22:41:22 par MarquisDeJade.
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eneidem
#26
38079
Ma sexualité n est tout simplement pas féministe
Voila, ici la coupure est nette. Ne pas être dans le "trop" finalement, permet la gestion des deux. Mais vous savez Salomé, que pour d'autres, très impliquées dans leurs convictions féministes, cette position est intenable ? J'ai lu sur le sujet un article dans lequel des "radicales" reprochent vertement à d'autres, néolibérales, d'entretenir les clivages homme/femme, le sexisme ambiant, puisque selon elles, peut importe que ces néolibérales revendique le porno ou la prostitution comme outil d'émancipation de la femme, ou encore qu'elles se "ré-attribuent" les insultes sexistes (pute, salope...), le message ne passe pas, et pour les hommes qui ne les respectaient déjà pas avant, rien ne change.
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eneidem
#27
58936
est ce que quand vous me traitez de pute, vous traitez la soumise ou la femme que je suis?
Vas savoir... certains ne le savent peut être même pas ou ne se sont jamais posé la question.
58936
perso ça me fait pas du tout le même effet, qu'on me traite de pute dans la rue ou dans l'intimité.
C'est sûr.. remarque ça dépend aussi des circonstances de l'intimité...
Soyez la première personne à aimer.
MarquisDeJade
#28
Je trouve votre échange très beau.
En tant qu'homme, il en est de même, suis-je voué à être un salaud ou un homme ?
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eneidem
#29
En tant qu'homme, il en est de même, suis-je voué à être un salaud ou un homme ?
Un salaud est forcément un homme, un homme pas forcément un salaud, idem pour les femmes. On est voué à rien, sinon à faire l'expérience de ses choix et de sa vision du monde.
Soyez la première personne à aimer.
sunwolf
#35
cher looooooool celui que vous appelez tarzan j appelle ca le syndrome du chevalier bllanc du genre oh regarde comme ce vilain suppot du patriarcat est mechant viens me voir ma belle je serais tout doux tout bienvieillant avec toi et te traiterait comme une princesse fourbe me direz vous et vous n aurez pas tord
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eneidem
#37
Salutations le monde. Je suis un peu étonnée du tour que prennent les échanges à partir du commentaire de looooool. Je n'ai pas compris ce que ce post contenait d'offensant et pourquoi le fil tourne au pugilat. looooool fait état de ses propres réflexions, sauf erreur, il ne m'a pas semblé qu'il les impose à qui que ce soit ou qu'il s'en prenne personnellement à aucun(e) des intervenants(es) sur ce forum. On peut être d'accord ou non avec le propos, argumenter, contre-argumenter, c'est même l'intérêt d'un débat. Si on se sent blessé, on peut aussi le signifier et dire pourquoi, cela peut contribuer à enrichir les échanges.
Nous avons tous notre propre conception du monde, forgée à partir de notre historique personnel qui détermine notre sensibilité, qu'on espère toujours respectée à défaut d'être comprise. Chacun ici je l'espère peut jouir de ce droit d'expression de ses idées, convictions personnelles et ressentis, dès lors que sont évités les écueils des jugement ad personam.
Un débat constructif se nourrit de la confrontation des idées et non des personnes.
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eneidem
#38
Bonjour loooooooool
51788
Le féminisme étant une utopie humaniste d'extrême gauche apparue entre autre au temps des obédiences franc-maçonnes révolutionnaires. Etant une idéologie politique, elle n'est pas opposée ni opposable de fait à un état de soumission au sein d'une relation consentie entres personnes usant de leur libre arbitre à faire leurs choix en toutes circonstances. Et d'en assumer ensuite les modalités d'existences et de fonctionnement au sein de la relation BDSM, parfois même face aux regards extérieurs à la relation.
Exact quant à l'origine (entre autres) du féminisme. Mais je ne suis pas sûre que le mouvement soit vu par ses activistes comme une idéologie politique. Pour beaucoup, c'est un mouvement sociétal, tout(e) féministe n'est pas nécessairement engagé en politique. Mais comme tout sujet de société, le féminisme se politise et s'étend même au-delà. En théorie, pourquoi pas, il est possible d'en assumer les modalités de coexistance dans la sphère privée comme publique, du moins dans la forme et parfois seulement en apparence. Mais ce qui m'intéresse, ce n'est pas tant la forme que le fond, l'interrogation psychique des éventuelles dissonances, leur fondement réel et leur résolution.
Dernière modification le 11/10/2018 13:33:56 par eneidem.
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eneidem
#39
58936
le combat féministe était, est, est sera toujours un combat politique. le combat des femmes pour leur émancipation en tant que être humain est un acte politique.
je crois que c'est pour ça que je galère depuis le début de ce fil, on parle pas de la même chose, parce qu'on ne s'est pas mises d'accord sur la définition du féminisme. (et d'un côté c'est logique, on est pas sur un forum politique, d'un autre côté c'est un peu pédaler dans la bouillasse parce qu'on a pas regardé la route avant.., ça glisse..)
si je comprend bien vous parlez de l'effet de mode "féministe" avec meetoo, balancetonporc, etc.. que vous nommez mouvement sociétal. mais en fait, aller sur la place publique avec un panneau "metoo", c'est dénoncer la société viriliste et patriarcale, c'est dénoncer les violeurs, c'est assumer, c'est se placer politiquement, c'est dire NON, c'est politique.
et définir le féminisme comme étant un mouvement sociétal et non pas politique, c'est une insulte au mouvement féministe (politique, bien sur). quant aux "activistes" qui seraient quoi??? dans ma définition activiste est le diminutif de activiste politique. what else?
je vois beaucoup d'ignorance dans tout ça. et le mot féminisme est utilisé de manière tronquée. dommage. et insultant. c'est vrai. j'ai mal à mon féminisme, vraiment.
quant à votre position envers le commentaire de looool... que dire.. triste.. je ne m'étendrais pas parce que c'est pas l'endroit, mais dans mon monde, des commentaires comme ça, ça se combat.
Chère liviana, je me suis mal exprimée lorsque je dis que la plupart des féministes ne sont pas engagées politiquement, par là je veux dire que toutes ne militent pas pour un parti en particulier, quel qu'il soit, mais pour des droits. En revanche, beaucoup de leurs combats sont récupérés à des fins politicardes. Concernant le commentaire de loooooooool, comme je l'ai écrit, pour moi il s'agissait surtout d'apaiser les tensions (ça partait un peu en vrille) et d'encourager un débat contradictoire constructif, quand bien même serait-il animé. Comprenez que je ne prends aucun parti. Si vous estimez qu'il est besoin de combattre son commentaire, alors il ne faut pas hésiter à le faire, reprendre chaque argument et y opposer les vôtres. C'est comme ça qu'on fait avancer les choses, c'est du moins ma philosophie de vie. Désolée de vous avoir attristée, ça n'était évidemment pas le but.
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J'ai longtemps hésité à répondre à ce fil, au vu de la violence de certains propos échangés ici.
Mais je pense comme Eneidem que nous avons, chacun et chacune
notre propre conception du monde, forgée à partir de notre historique personnel qui détermine notre sensibilité, qu'on espère toujours respectée à défaut d'être comprise. Chacun ici je l'espère peut jouir de ce droit d'expression de ses idées, convictions personnelles et ressentis, dès lors que sont évités les écueils des jugement ad personam.
Alors, en espérant ne pas déclencher un nouveau torrent d'invectives, j'ai finalement décidé de partager mes propres réflexions sur le sujet, en précisant à titre liminaire qu'elles n'engagent que moi, qu'une réflexion évolue nécessairement avec le temps, la vie et les interaction que nous avons avec les autres et "l'autre" dans une relation de couple, et la confrontation de points de vue divers.
Tout d'abord, je comprend la réaction des hommes, par rapport aux revendications féministes de façon globale et, lorsqu'elles deviennent outrancières, je partage largement leur point de vue.
Pendant des siècles, au moins en Occident, les rôles de chacun étaient définis, normés. L'homme, au moins dans les milieux aisés, était le chef de famille, celui qui entretenait la femme et sa progéniture. Il bénéficiait en outre de certains privilèges, celui d'avoir des maitresses que la "norme" acceptait sinon encourageait. La femme lui devait obéissance (cf le Code Civil), était en charge des tâches ménagères et de l'éducation des enfants.
Chacun était à sa place et même si les hommes étaient les principaux bénéficiaires de cette situation, les femmes elles aussi pouvaient y trouver des avantages.
Ce monde de "certitudes" a aujourd'hui explosé, au profit d'un kaléidoscope d'interactions entre des individus, avec chacun leurs aspirations, souvent contradictoires obligeant chacun, dans un couple, à se redéfinir par rapport à l'autre.
Alors, que nos "mecs" soient perturbés par cette évolution, ne sachent pas comment réagir, comment se comporter par rapport à nos attentes parfois schizophréniques, n'a rien de surprenant.
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Pour en revenir a la question d'origine, la contradiction entre BDSM et féminisme et
ce qui excite une soumise féministe dans une relation D/s hétéro, comment elle pense et gère la contradiction apparente. "Soumise et féministe",
Je pense qu'il y a autant de réponse que d'individus concernés par ce type de relations et je ne puis qu'exprimer ma vision des choses.
Le féminisme pour moi est d'abord égalité des droits, dans la sphère politique (droit de vote, 1946), économiques(droit d'exercer une profession et d' ouvrir un compte bancaire sans l'accord de son mari, 1965, principe "à travail égal, salaire égal", 1972), puis sexuels, droit de disposer de son corps (1967), droit à l'avortement (1975).
Ces droits n'étaient pas des acquis, à l'époque, et aujourd'hui encore, ils sont largement non reconnus, dans certaines régions du monde et parfois contestés y compris dans nos sociétés.
J'adhère pour ma part complètement à ces principes et, en ce sens, je me revendique comme "féministe", sans me considérer pour autant comme une ultra gauchiste (ou d'extrême droite ou fémino fasciste).
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Mais en même temps que cette évolution se faisait, d'autres revendications apparaissaient, concernant non plus la place de la femme dans la société, mais dans son rapport à l'homme dans son intimité.
Les mœurs elles aussi évoluaient, avec l'émergence de sexualités alternatives, homosexualités, transgenres, lesbianisme, bisexualité et même bdsm (voir sur ce point les évolutions du droit, liées aux décisions de la CEDH), qui ont totalement modifié les attentes/désirs/exigences des femmes vis à vis des hommes pour aboutir à la situation actuelle, ce que j'ai appelé plus haut ce kaléidoscope d'interactions où chacun doit se construire par rapport à l'autre.
Comme toute transition (cf la Révolution française), quand un monde ancien s'effondre sans que le nouveau n'ait imposé ses normes, cela s'est fait de manière confuse, outrancière parfois, avec ce que Looool appelle le "féminofascisme" -le terme me semble tout à fait approprié-, les mouvement types Femen ou les prises de positions de certaines.
C'est aussi le prix à payer pour la liberté.
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Alors, pour en revenir au fil d'origine,
- oui, je pense que féminisme et BDSM sont antinomiques, même si je me réfugie derrière la distinction "sphère sociale - sphère intime". Je le sais, mais je parviens à l'assumer parce que j'ai rencontré un homme qui me permet de vivre cette dichotomie
- oui, j'aime qu'il m'impose dans la sphère intime un rapport Supérieur-inférieure, Maitre-esclave, être humiliée, objectifiée, subir la cravache, des jeux sado-maso
- oui, ma soumission est choisie et non subie.
- oui, je pense avoir une forte personnalité, j'ai un poste à responsabilité et, dans ce que j'appelle la "sphère sociale", je suis tout sauf soumise par nature.
- oui, je pense que la sphère érotique et la sphère sociale sont deux univers distincts.
A la question qu'est ce qui m'a amenée à cela, à cette contradiction entre ce qui je suis pour les autres et ce que je suis pour lui, dans mes rapports avec lui dans l'intimité, je cherche encore la réponse. Rien, dans mes origines, mon éducation (famille bourgeoise, mais en même temps toujours considérée comme "l'égale" de mon frère, incitée depuis l'enfance à décider moi-même, laissée parfaitement libre de mes choix de vie, ayant choisi le métier que j'exerce) n'explique cela.
Le seul élément de réponse que j'ai trouvé, mais je le répète avant de me faire agonir d'insultes, c'est que je crois profondément, que par ses caractéristiques physiques (son sexe, pour dire les choses), le Mâle a vocation à "dominer" la femelle, que la pénétration, quelle qu'elle soit, vaginale, anale ou buccale est d'abord une prise de possession du corps de l'autre et que nos pratiques BDSM dans l'intimité ne font que tirer les conséquences ultimes de nos différences et du rôle prééminent du Mâle dans l'intimité du couple.
Alors, oui, j'assume cette contradiction, cette fêlure intime dont il sait si bien jouer, pour me soumettre "corps et âme" dans l'intimité à celui que j'ai choisi pour être mon "Maitre".
Mais qui pour le reste me respecte, me chérit et me considère comme son égale.
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#44
"Une féministe (puisque c'est le sujet) se soumet "corps et âme" à un homme et jouit de cette condition."
Qu'est-ce que la liberté sinon la possibilité de choisir ses chaînes?
Le post initial proposait deux heures de réflexion mais ch'uis seigneur, z'en avez quatre.
Sérieux, quoi que tu fasses, tu t'enfermes dans un cadre: signes pour un taf? Tu n'auras pas le temps de mater toutes les séries que tu voudrais. Avoir des gosses? Tu ne pourras plus baiser à cor (de chasse) et à cri. Conduire la dernière Mercedes? Tu vas sentir passer le prix de l'essence. Et on pourrait continuer comme ça longtemps, mais t'as l'idée, toi, là, derrière ton écran. Donc, tout choix confine à une prison. Mais l'alternative, le non-choix, comment le différencier du non-vivant, du coup? (J'avais prévenu: quatre heures. A minima. Comment ça je me la pète?)
En plus clair, de mon point de vue - pas très expérimenté, certes, mais la légitimité par la profession ça se discute aussi... - féminisme et BDSM-slash-soumission-slash-tu-fais-ce-que-tu-veux-avec-ton-cul ne sont pas antinomiques, ils sont sur un autre plan (non, pas de blague ici), incomparables. Cette discussion cher intéressante le montre d'ailleurs: quand l'une sort des phrases suintant la droite conservatrice (mais recelant du juste, hein, va pas croire ce que je n'ai pas dit, ou alors libre à toi), l'autre se défend d'être d'extrême-gauche. Mais ce point nécessite un autre argument (enfin, un argument, contrairement à cet exemple facile), donc minute papillon, ça arrive. Baisse les yeux, pense à l'Angleterre, et scrolle si tu ne vois que ton clavier.
Le féminisme, affaire sociétale ou politique? Z'avez toujours les mêmes quatre heures, grouillez-vous. Bah, franchement, pourquoi choisir? C'est la théorie des ensembles en fait (aussi connue en tant que "théorie des patates", pour les Belges fans de sucres lents et autres héritiers de feu Monsieur Parmentier). La politique c'est finalement l'activité humaine qu'on a inventée pour organiser toutes les autres activités entre elles. Donc tout problème sociétal peut - doit? - s'intégrer aux problèmes politiques. L'inverse n'est pas vrai, genre l'IVG c'est sociétal et ça a été porté politiquement pour "entériner" les vagues que ça faisait dans la société, mais a contrario le fait que la France balance des bombes sur les Arabes depuis 15 ans, ce n'est pas sociétal, d'ailleurs il n'y a eu aucun débat à aucun moment: dans ce pays, "on" a choisi que les affaires étrangères ne concerne pas la société, uniquement la sphère politique (et encore, fort restreinte). Bref: toutes les mouettes sont des oiseaux, mais tous les oiseaux ne sont pas des mouettes.
Au passage, les guillemets pour "entériner": on n'utilise pas ce verbe d'action pour autre chose que pour la politique, hein? Bah justement, c'est parce que c'est son domaine à elle: imposer quand une tendance semble être bonne, malgré tout. Ce n'est pas un jugement de valeur, il faudrait définir "bonne", "tendance", et "malgré tout". Ce à quoi je ne vais pas me risquer là: il est trop tard.
"Ce monde de "certitudes" a aujourd'hui explosé, au profit d'un kaléidoscope d'interactions entre des individus, avec chacun leurs aspirations, souvent contradictoires obligeant chacun, dans un couple, à se redéfinir par rapport à l'autre."
Je passe du coq à l'âne (comme dans une partouze à la ferme, disait un pseudo-rappeur), mais ça, totalement. Personnellement je l'explique par le fait que les cultures se basent sur des connaissances (j'enfonce des portes ouvertes, mais attends), lesquelles ont pour la plupart été héritées. Des "traditions", donc. Ces trucs-là, ça met des siècles à poindre. Aujourd'hui, en même pas deux siècles, on s'est tapé deux révolutions industrielles, on a entamé l'âge de l'espace alors qu'on est de plus en plus serrés sur la planète, on est entré à Bridé abattu dans l'ère nucléaire, et on n'en est même pas sorti qu'on s'enfonce dans l'ère de l'information. Si on omet les révolutions industrielles, on parle d'un demi-siècle. Si on ajoute ces extraterrestres qu'on a découverts puis exterminés à base de microbes, d'esclavage et d'alcool, avant de réaliser que les curés de Valladolid avaient tort, ça fait cinq siècles et des poussières (d'étoile). Bref: c'est peu dans l'histoire de nos sociétés. Finalement, le français a quasiment toutes ses racines dans le grec et le latin, ça date quand même d'il y a deux millénaires, donc deux cents fucking siècles. Bon ben du coup on met du temps à se réajuster, et nos cultures sont tellement égocentrées qu'on oublie que l'individu doit crever pour laisser s'exprimer la suite. Le cycle de la vie, tuer le père (avé, patriarcat), et toutes ces conneries quoi. Mais si t'as suivi les précédents paragraphes: c'est une question sociétale qui trouvera probablement une grande partie de ses solutions via la politique.
Pour finir, les derniers posts concernant la "prééminence du mâle". (Pré-quoi, va savoir, le fait est que j'émine, Hermine!) Déjà j'ai kiffé le démontage d'argument, simple mais efficace concernant la "prise", j'avais jamais pensé ma main comme un vagin, et pourtant j'aurais dû vu les circonstances de l'adolescence. Alors que cet argument de rentrer dans un autre corps, je l'avais déjà entendu et plus ou moins accepté... tout en m'étant bien rendu compte qu'il y a des muscles en face, qui contractent ou se relâchent, participant au plaisir commun au même titre que mes coups de reins.
Ladite prééminence - le galbe, tout au plus - c'est surtout dû à la base biologique de laquelle on vient - pardon: sur laquelle on est. D'ailleurs il y a une très bonne vidéo récente de DirtyBiology là-dessus. Attends, Ctrl-T, YouTube, je te trouve ça. Ah voilà, ça dure 5 minutes, et c'est fun: https://www.youtube.com/watch?v=I4MtKmB1RZY
Donc, si le mâle domine, c'est aussi/surtout/probablement/certainement/sans-aucun-doute-mon-slash-ma-cher-slash-chère parce que... t'as vu la gueule d'une meuf enceinte de huit mois? Incapable de courir donc d'attraper sa nourriture ou s'échapper des prédateurs (non, je parle pas d'Emile Louis là), et quel est le rythme sexuel aussi: 28 jours pour un cycle d'ovulation, contre une petite semaine pour que je repeigne mes draps... Voir la vidéo liée plus haut, ça explique assez le bordel - littéralement. Or, on a construit le plaisir sur la couche (Marie! Couche-toi là!) biologique, et faut avouer que quand tu produis deux-trois oeufs par mois et que tu t'apprêtes à pédaler dans la semoule pendant trois quarts d'année, t'as pas vraiment la domination physique en tête. Alors que l'autre, bah il a un peu que ça à foutre - non moins littéralement.
Et donc ce galbe abstrait (et con-créé aussi, merci maman), il rejoint le point plus haut (je n'arrête pas les "backreferences", à croire que je pense mes textes à l'avance, dis!) concernant la "décorrélation" (ça existe ce mot? Ca va, t'as compris) entre les évolutions "naturelle" et "culturelle". Maintenant on a un cerveau hypertrophié, on pourrait croire que globalement - à l'échelle du globe - on s'en servirait pour ce genre de grands écarts.
Bon, voilà pour le bestiaire de l'argumentaire, maintenant je vais prendre mes jambes à mon cou et mon courage à deux mains pour aller dormir sur mes deux oreilles, tout cela sans faire ni une ni deux. Hop!
P.S.: merci Edoné, je ne crois pas que je serais tombé sur cette discussion si tu n'avais pas commenté dessus! (Enfin, on peut le voir aussi sous la forme: si je ne dors que trois heures, c'est d'ta faute!)
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