La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM. Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices. Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Par : le Hier, 14:41:32
La journée commence au réveil, dès les premières secondes, avec une érection féroce, une dureté implacable. Quand je bande comme ça, j'ai l'impression d'avoir une grosse bite tellement elle est pesante à porter, me procurant une sensation extrême de puissance. Si ma femme était là près de moi à cet instant, je lui grimperais dessus affalé de tout mon poids — même si elle dort encore — pour aller direct dans sa chatte après l'avoir mouillée avec ma salive, lui assénant de grands coups pour jouir vite et profond. Je l'imagine aussi à genoux, ma queue extrêmement dure enfoncée dans sa bouche, immobile à attendre patiemment en salivant sur mon sexe, tandis que je maintiens sa tête avec force entre mes cuisses. À défaut, pour l'instant, je passe mon premier quart d'heure à la serrer entre mes cuisses très fort tout en préparant mon café, conscient de mes couilles pleines à craquer, au bord de l'explosion, n'en pouvant plus. Le temps passe trop vite, il faut se calmer et aller réveiller les enfants. Je bascule sur autre chose, en espérant que le réveil se passe en douceur tout en veillant à ne pas traîner pour ne pas arriver en retard. Je refuse de donner l'occasion à une grosse salope de se permettre la moindre réflexion ou de profiter de la situation — certaines mériteraient vraiment de bonnes fessées et bien pire que ça.   Nous franchissons ensuite la porte de l'appartement pour aller prendre le tram. C'est là, dans cette rame bondée du matin, que les étudiantes s'offrent à moi comme un véritable défilé de sexdolls : avec leur manière de soigner leurs cheveux — à les lisser ou à dessiner de superbes boucles —, leur maquillage impeccable et toute cette mode de petites salopes que j'adore, il y en a vraiment pour tous les goûts. Ce qui me surprend le plus dans les yeux de certaines, c'est ce mélange de vice et de perversité que je crois deviner dans leurs regards. Rien qu'en croisant un doux visage aux yeux si érotiques, je me sens instantanément happé, comme amoureux, avec cette envie fulgurante de m'approcher d'elle, de lui glisser mon sexe dans la bouche sans un mot pour me faire du bien, sous les yeux de tous, et de la laisser là avec la bouche souillée de mon foutre. Ce genre de fantasme brut me traverse l'esprit et me coupe du monde, me plongeant dans une bulle qui suspend le temps pendant de longues secondes.   C'est également dans ce tramway bondé que cette scène s'est produite : une femme s'est retournée pour passer et est venue percuter ma queue nue sans caleçon sous mon pantalon avec son cul particulièrement bombé, moulé dans un legging ultra-serré, avant de s'excuser platement. C'est en l'entendant s'excuser que ma vérité brute s'est imposée, celle que j'aurais voulu lui cracher en face : lui dire de ne surtout pas s'excuser, de venir se recaler contre moi et de se laisser faire, petite salope. Évidemment, je ne m'en prends jamais aux femmes et je n'oserais jamais faire ça en réalité, par peur panique du scandale et de me faire remarquer. C'est un mélange de retenue par devoir de respecter la loi et de lucidité : si la loi n'existait pas, il est clair que je serais un prédateur sans aucune bride, et cela deviendrait extrêmement dangereux pour les femmes. Mais ce rôle de prédateur total fait partie de mes fantasmes les plus puissants — des scénarios que j'ai d'ailleurs déjà eu la chance de vivre dans le passé grâce à certaines ex qui ont accepté de jouer le jeu, et ce rôle est extrêmement jouissif à incarner.   Une fois arrivés en tram, nous marchons vers l'école, avec un passage obligé par la boulangerie juste à côté. Là, j'achète les pains au chocolat pour les enfants, en profitant pour prendre ma voix la plus grave tout en fixant la boulangère froidement par-dessus le comptoir, un jeu de domination muette qui m'excite et m'amuse. Puis nous repartons vers l'école : une fois sur place, je pose mon regard sur le cul de ces mamans qui s'agitent autour des grilles, et je dis bonjour en modulant ma voix — grave ou mielleuse selon l'humeur — pendant que mon regard, lui, reste le même, fixe et lourd, pour celles qui acceptent de croiser mes yeux. Parfois je m'attarde sur le dessin des lèvres d'une fille, sur une maman qui se penche pour jouer avec son enfant et dont le décolleté laisse trahir ses grosses mamelles, idem pour son gros cul qui mérite simplement d'être fouetté, ou cette jeune femme toute mince mais avec un beau visage qui laisse paraître une intense vulnérabilité qui attise le sadisme — alors quand elle a un piercing, un petit anneau dans ses narines, et qu'elle se la joue rebelle, moi ça me donne envie de la punir sans aucune pitié, de la voir chialer et supplier à genoux d'être abattue.   Je descends ensuite vers le centre-ville, ralenti par cette douleur au pied qui m'impose une démarche spéciale mais qui reste discrète quand je marche tranquillement. Au fond, ce n'est pas plus mal de marcher moins vite : ça me permet de mieux voir, de mieux regarder, alors que dans ma jeunesse je marchais beaucoup trop vite et je passais à côté de tant de choses à observer. Sans caleçon sous le pantalon, chaque mouvement, chaque pas sur le bitume vient frotter directement contre ma chair nue, me laissant bander et débander au rythme de mes obsessions. Quand je marche dans la rue, j'aimerais tant y être en tenant par la main ma future femme soumise, qui me suivra partout comme une chienne fidèle et adorable, tellement innocente parfois mais tellement vicieuse, une putain de perverse que je vais formater à devenir la pire pour être la meilleure. Je m'arrête prendre un café à emporter, je me roule une cigarette, et je pars me balader au gré du vent vers un grand parc.   J'ai besoin de cette respiration, de ce contact avec la nature. J'observe les fleurs le long des allées, les photographiant parfois, mais avec cette idée tordue qui traverse mon esprit : l'envie soudaine d'éjaculer dessus, mélangeant la contemplation d'une beauté pure et la perversité brute qui me tient. Sur le chemin, le radar est branché en permanence. Je marche au hasard ou je choisis mes rues en fonction d'une silhouette un peu plus loin. Je ralentis, je cale mon allure sur la sienne, ou je la dépasse pour mieux me retourner, sans me cacher de ce regard de prédateur qui dévore les fesses qui se balancent et décortique la courbe des cuisses sous une jupe. Parfois, je lâche des commentaires à voix haute, un petit grain de folie gardé juste sous la surface.   Quand la météo s'y prête, j'adore l'ambiance des tempêtes et des orages où les rues se vident, devenant une ombre anonyme sous mon manteau alors que mes yeux voient tout. L'été a un autre charme, brûlant, quand les manteaux tombent et que les peaux se découvrent — ventres nus, hanches, jambes et décolletés profonds. Femmes rondes aux gros seins, beautés pulpeuses noires ou maghrébines, ou petites poupées blondes fragiles de porcelaine que j'ai envie de brisser pour les garder avec moi : toutes éveillent ce même feu.   Au milieu de cette déambulation entre bitume, bus et tramways, j'ai ce besoin constant de m'abreuver. Bière, café, soda : il me faut toujours quelque chose à la main pour me remplir, comme pour compenser ce manque psychologique et cette sécheresse intérieure. Je retourne souvent dans les mêmes cafés et bistrots. Il y a d'abord celui au centre-ville avec cette femme qui ne me plaît pas forcément physiquement, mais qui donne envie qu'on lui fasse du mal dans un style de torture. Il y a ce bistrot où la tenancière n'est nul autre qu'une femme mûre, brune avec une grosse poitrine qui mérite qu'on les gigote dans tous les sens ; elle est plus âgée, mais elle a gardé son regard de chienne de sa jeunesse, je le ressens, et c'est ça qui me donne envie de mettre ma bite dans sa bouche en malaxant ses gros seins. Et puis il y a cet autre bar, où celle-là est une brune grande, mince, dominante et dominatrice : elle mérite d'être fouettée jusqu'à abdication, je soutiens toujours son regard mais je reste poli, car je suis un gentleman également. Enfin, dans cet autre café près de la gare, une autre femme est toujours très sexy, habillée en cuir : elle me paraît soumise tout en gardant une certaine tenue pour respecter quelque chose. Je ressens parfois aussi les femmes dominatrices — elles n'ont ni le même physique, ni le même regard, ni la même posture —, mais si elles sont sexy, je les regarde. Pas pour les narguer ou par affront, non, simplement parce que si elle est bonne, je ne vais pas me priver. Au fond, ce qui me passionne par-delà les corps, c'est de ressentir les âmes et les émotions, car chaque femme m'inspire et éveille quelque chose de totalement différent.   Quand midi approche, c'est selon l'envie du moment : je vais m'asseoir dans un petit resto, je choisis de prendre un kebab à emporter, ou je me fais un petit pique-nique en solo au calme. Quand je mange un kebab, je rêve que ma dulcinée soit à mes côtés et mange le sien, un sandwich que j'aurais agrémenté d'une bonne éjaculation pour lui rajouter de la sauce ; ça me ferait tellement plaisir qu'elle le mange et qu'elle me dise « c'est tellement bon mon amour », et j'aimerais tant que ce rêve devienne réalité. Peu importe l'option choisie pour manger, les rayons et les rues autour restent un autre terrain de chasse : la caissière que je fixe, l'agente d'accueil à qui je balance un regard direct et lourd de sens, sans un mot, pour lui imposer ma personnalité brute. Timide par nature quand il s'agit de parler par peur de faire peur ou d'être trop cru, je laisse mon regard faire tout le travail, et certaines captent ce signal à distance.   L'après-midi avance, et c'est l'heure de rentrer ou de se déplacer à nouveau. À l'arrêt de bus et dans le bus, j'aime m'attarder sur les cheveux des femmes et des filles, leur peau découverte et parfois leurs parfums. L'autre jour, une étudiante est venue se coller à la vitre juste à ma gauche où j'étais déjà assis : il n'y avait que 10 centimètres entre ses fesses et mon regard, et je n'en pouvais plus de voir son cul de très près. Elle l'a sûrement fait exprès, cette petite pute, alors que j'étais avec mes enfants, et je suis sûr que ça l'amuse de me chauffer.   De retour chez moi, la vraie soupape s'ouvre. Devant le lavabo, j'ouvre le robinet pour me mouiller la queue, refusant qu'elle reste sèche alors qu'elle mouille beaucoup à force de bander et débander tout le temps. Je commence à la torturer, à la frotter contre les angles ou à la tordre quand la tension devient insoutenable. Parfois, j'approche un verre d'eau tiède pour simuler sa chaleur, les yeux fermés, m'imaginant en elle, ma future chérie d'amour que je vais utiliser et posséder sans limites. Mais la plupart du temps, je me retiens d'éjaculer seul : vider ma sève dans un lavabo n'est qu'une déception de plus, un vide qui creuse encore la frustration. Je veux la décharger au fond d'une femme.   Sous mes fenêtres, le moindre bruit de talons, la simple voix d'une femme, les pleurs d'un gamin signalant le retour d'une maman ou même le claquement d'une porte de voiture — car on ne sait jamais, ça peut être une femme — me font bondir. Je viens m'accouder à la vitre, la main sur mon sexe, à l'observer tout en l'insultant de tous les noms dans mon esprit. L'après-midi, mes yeux glissent aussi régulièrement vers la fenêtre de la voisine d'en face, obsédé à l'idée de la reluquer depuis que je l'ai déjà surprise en train de se faire baiser en plein jour devant sa vitre, cette salope.   C'est ensuite l'heure de retourner chercher les enfants à l'école. Je croise les mamans, je discute facilement, jouant le père chaleureux et souriant dont elles apprécient la différence, tout en pensant à celles que j'aimerais plier à ma perversité ou embrasser avant de les soumettre. De retour à la maison, entre les devoirs et la préparation du repas — avec de bons petits plats mijotés — le sexe ne me quitte pas d'une semelle.   Le soir venu, le rythme change : nous mangeons tous ensemble, nous discutons, nous regardons parfois un film en famille. Ce n'est que lorsque les enfants sont couchés ou absents que je m'assois enfin avec ma bière ou mon café et une cigarette devant mon écran. Je me pose pour dessiner des images avec l'IA, écrire mes textes, et jeter un œil sur mon profil BDSM pour voir si une réponse est tombée. Je veille à bien cloisonner ces moments pour garder le contrôle, refusant que cette obsession ne devienne toxique. J'attends ma soumise, douce, collante, nymphomane et prête à tout donner, celle qui viendra s'encastrer dans ma vie pour de bon et qui sera, au milieu de toutes ces silhouettes entrevues, la plus belle de toutes.
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Par : le 03/09/26
Chapitre V — Le rapport Le trajet du retour fut encore plus frustrant que l'aller. René avait attendu que Madame Thomas démarre. Puis qu'elle quitte le parking. Puis qu'elle rejoigne la route principale. Il avait tenu exactement quatre minutes. — Madame ? — Hum ? — Vous allez m'expliquer maintenant ? Elle gardait les yeux sur la route. — T'expliquer quoi ? René tourna la tête vers elle. — Vous êtes sérieuse ? Un sourire apparut. — Parfaitement. — La Docteure Morel vient de vous annoncer devant moi qu'elle allait rédiger un rapport sur ma capacité à poursuivre une démarche dont j'ignore absolument tout. — Pas absolument tout. — Presque tout. — C'est déjà plus précis. René soupira. Madame Thomas sourit davantage. — Vous trouvez ça amusant. — Beaucoup. Elle changea de vitesse. Le cuir de sa jupe bougea légèrement. René regarda. Madame Thomas le surprit immédiatement. — Et voilà. — Quoi ? — Tu essaies depuis cinq minutes de mener un interrogatoire et il suffit que je bouge la jambe pour que tu oublies ta question. — Je ne l'ai pas oubliée. — Alors pose-la. René ouvrit la bouche. Puis hésita. Madame Thomas éclata de rire. — René, tu es désespérant. — Vous trichez. — Je t'ai déjà expliqué que je ne plaidais pas pour la partie adverse. René reconnut la phrase. Il abandonna. Pour le moment. *** Les jours suivants n'apportèrent aucune réponse. Madame Thomas reprit exactement le même comportement qu'après leur conversation dans le salon. Elle travaillait. Téléphonait. Sortait. Rendait parfois des décisions concernant René avec son assurance habituelle. Mais jamais elle ne mentionna Morel. Jamais elle ne parla du rapport. Et surtout jamais elle n'expliqua ce qu'était la démarche. René recommença donc à imaginer. Morel avait parlé de propriété. De capacité à décider. D'abandon de contrôle. De la différence entre être traité comme une propriété et en devenir réellement une. Il assembla les morceaux. Puis les démonta. Il imagina un contrat. Cela paraissait logique avec Madame Thomas. Peut-être voulait-elle officialiser leur relation. Une sorte d'acte privé ? Il imagina ensuite quelque chose de beaucoup plus radical. Il écarta immédiatement l'idée. Impossible. Dix minutes plus tard, il y pensait de nouveau. Madame Thomas l'observait parfois. — Arrête. — Quoi ? — De réfléchir. — Je ne fais rien. — Justement. Quand tu ne fais rien avec cet air-là, tu réfléchis beaucoup trop. Elle avait raison. Et cela l'agaçait. *** Le rapport arriva le mardi. René releva le courrier en fin d'après-midi. Facture. Publicité. Deux lettres pour Madame Thomas. Puis une grande enveloppe blanche. Il reconnut immédiatement le nom imprimé dans le coin supérieur gauche. Docteure Élise Morel. Son cœur accéléra. Puis il regarda le destinataire. Madame Thomas. Personnel et confidentiel. Pas René. Madame Thomas. Il resta quelques secondes avec l'enveloppe entre les mains. Il avait passé plus d'une heure à répondre aux questions. Il était le patient. Il était le sujet du rapport. Mais ce rapport ne lui était pas adressé. René le posa avec le reste du courrier. À dix-neuf heures douze, Madame Thomas rentra. Comme toujours, il l'accueillit. Il lui remit son courrier. Elle parcourut rapidement les enveloppes. Lorsqu'elle arriva à celle de Morel, René observa son visage. Rien. Pas la moindre réaction. Elle posa simplement l'enveloppe sur son sac. — Mon dîner est prêt ? René resta interdit. — Oui, Madame. — Parfait. Elle lui rendit les autres courriers. — Range ça. Puis elle emporta l'enveloppe. *** Après le dîner, Madame Thomas entra dans son bureau. René la suivit. Elle posa l'enveloppe de Morel sur son bureau. René attendit. Madame Thomas ouvrit son ordinateur. Répondit à un courriel. Puis à un second. René regardait l'enveloppe. Elle était là. À moins d'un mètre. Madame Thomas travaillait. Dix minutes. Vingt minutes. Trente. Finalement René céda. — Madame ? — Oui ? Elle ne leva même pas les yeux. — Vous n'ouvrez pas le rapport ? — Pas ce soir. Il crut avoir mal entendu. — Pas ce soir ? Elle leva enfin les yeux. — C'est ce que je viens de dire. — Mais... — Mais ? René regarda l'enveloppe. Puis Madame Thomas. — Rien. — Bien. Elle reprit son travail. Quelques secondes plus tard, René remarqua un très léger sourire. Elle le faisait exprès. Il en était certain. *** Le lendemain matin, l'enveloppe était toujours là. Madame Thomas était partie travailler. René entra plusieurs fois dans le bureau. Chaque fois, son regard se posait dessus. Personnel et confidentiel. Il aurait suffi de quelques secondes. Il aurait pu l'ouvrir. Lire. Puis la refermer soigneusement. L'idée lui traversa l'esprit. Une fois. Deux fois. À la troisième, il eut presque honte de lui-même. Madame Thomas savait parfaitement qu'il ne le ferait pas. C'était probablement précisément pour cela qu'elle avait laissé l'enveloppe là. Elle ne testait pas seulement son obéissance. Elle testait sa capacité à supporter de ne pas savoir. L'information le concernait. Elle était physiquement accessible. Mais elle appartenait à Madame Thomas. Comme le reste. René quitta le bureau. Puis y revint vingt minutes plus tard. L'enveloppe n'avait évidemment pas bougé. — Ridicule... Il ressortit. *** Ce soir-là, Madame Thomas rentra plus tôt. Elle monta directement à l'étage. René entendit la douche. Puis plus rien. À vingt heures trente, elle l'appela. — René. Bureau. — Oui, Madame. Il entra. Et s'arrêta. Elle avait encore choisi du cuir. René se demanda immédiatement si cela devenait une coïncidence statistiquement impossible. Une jupe noire ajustée. Une chemise sombre. Et les bottes. Encore elles. Madame Thomas était assise derrière son bureau. L'enveloppe blanche se trouvait devant elle. — Ferme la porte. René obéit. — À genoux. Il prit place devant le bureau. Son regard passa de l'enveloppe aux bottes. Puis des bottes au visage de Madame Thomas. Elle le remarqua. — Tu vas réussir à suivre ? — Je vais essayer. — Mauvaise réponse. René corrigea immédiatement : — Oui, Madame. Elle sourit. Puis prit l'enveloppe. Enfin. René sentit son ventre se nouer. Madame Thomas passa tranquillement un doigt sous le rabat. Elle aurait pu l'ouvrir rapidement. Elle choisit naturellement de prendre son temps. René suivait chacun de ses gestes. Elle sortit plusieurs feuilles. Les aligna. Puis commença à lire. Silence. René observait son visage. Première page. Aucune réaction. Ses yeux parcouraient les lignes. Elle tourna la page. Un sourcil se leva légèrement. René tenta d'interpréter. Bon signe ? Mauvais signe ? Madame Thomas prit un stylo. Elle souligna quelque chose. Écrivit un mot dans la marge. René essaya de voir. Impossible. Elle continua. Puis un sourire apparut. Très léger. René sentit son cœur accélérer. Elle avait l'air satisfaite. Pourquoi ? Il regarda le rapport. Puis son visage. Puis ses bottes. Madame Thomas bougea légèrement une jambe. Son regard descendit immédiatement. Lorsqu'il remonta, elle le regardait. — Je t'ai vu. — Pardon. — Tu essaies de lire mon visage ou ma jupe ? René hésita. — Les deux. Elle rit doucement. — Au moins, c'est honnête. Elle retourna au rapport. René tenta de se concentrer. Une nouvelle annotation. Une page tournée. Un sourire. Puis, à un endroit, elle s'arrêta. Relut un paragraphe. Une fois. Deux fois. René retint presque son souffle. Madame Thomas prit son stylo et traça une ligne sous plusieurs mots. Elle ne commenta rien. René n'en pouvait plus. — Madame ? Elle leva les yeux. — Oui ? — Qu'est-ce qu'elle dit ? Madame Thomas regarda le rapport. Puis René. — Beaucoup de choses. — Sur moi ? — Principalement. — Et ? Elle posa son stylo. René attendit. Madame Thomas croisa lentement les jambes. Le cuir froissa. Ses yeux descendirent malgré lui. Elle attendit qu'il regarde de nouveau son visage. — Et quoi ? René comprit. Elle jouait encore. — Est-ce que son rapport est favorable ? Madame Thomas sourit. Cette fois franchement. — Voilà une meilleure question. — Et la réponse ? Elle reprit le document. — Il correspond assez bien à ce que j'espérais. René sentit un mélange étrange de soulagement et d'inquiétude. — Ce que vous espériez pour quoi ? Madame Thomas ne répondit pas. Échec. Encore. Elle termina la dernière page. Puis rassembla soigneusement les feuilles. René pensa qu'elle allait enfin lui expliquer. Au lieu de cela, elle prit son téléphone. Chercha un contact. Et appuya sur l’écran. René entendit la tonalité. Une fois. Deux fois. Puis une voix féminine répondit. — Allô ? L’expression de Madame Thomas changea. Ce sourire satisfait revint. — Bonsoir Caroline. C'est moi. René releva légèrement la tête. Caroline ? Le prénom ne lui disait rien. Madame Thomas connaissait beaucoup de monde. Des avocates, des magistrates, des clientes, des amies. Cette Caroline pouvait être n'importe qui. — Oui, je l'ai reçu aujourd'hui. Un silence. Madame Thomas posa les doigts sur le rapport de la Docteure Morel. — Je viens de le terminer. René comprit immédiatement de quoi elles parlaient. La femme répondit quelque chose qu'il ne put entendre. — Oui. C'est très positif. Madame Thomas regarda René. Pas longtemps. Juste assez pour qu'il comprenne qu'il était, une fois encore, l'objet d'une conversation à laquelle il n'avait pas accès. — J'ai maintenant tout ce qu'il faut pour poursuivre. Elle ouvrit son agenda. — Quand peux-tu me recevoir ? René fronça les sourcils. Me recevoir ? Il essaya de construire une hypothèse. Une consœur ? Une notaire ? Quelqu'un chargé de rédiger le contrat qu'il imaginait depuis plusieurs jours ? Madame Thomas écouta. — Vendredi me convient. Elle nota quelque chose. — Quatorze heures trente. Parfait. Nouvelle réponse de Caroline. Cette fois, Madame Thomas eut un petit rire. — Non. Il ne sait rien. René releva brusquement les yeux. Madame Thomas le regardait. — Absolument rien. Elle sourit. — Et je compte bien que cela reste ainsi jusqu'à vendredi. René ouvrit la bouche. Le regard de Madame Thomas suffit à la lui faire refermer. — Très bien. Je te laisse préparer ce qu'il faut. Un silence. — Merci, Caroline. À vendredi. Elle raccrocha. René resta à genoux. Une nouvelle Femme venait d'entrer dans cette histoire. Il ne connaissait que son prénom. Caroline. Elle savait manifestement qui il était. Elle connaissait l'existence du rapport. Elle savait ce que Madame Thomas préparait. Et elle devait maintenant, elle aussi, préparer quelque chose. René regarda le dossier. Puis l'agenda. Puis Madame Thomas. — Qui est Caroline ? Madame Thomas rangea tranquillement le rapport dans un tiroir. Elle le ferma à clé. — Quelqu'un que nous verrons vendredi. — Pour quoi faire ? Elle posa la clé sur son bureau. — Tu poses encore les mauvaises questions. — Quelle serait la bonne ? Madame Thomas se leva. Le cuir de sa jupe accompagna son mouvement. René leva les yeux vers elle. Elle s'approcha jusqu'à se tenir devant lui. — La bonne question serait de savoir si tu me fais suffisamment confiance pour monter dans ma voiture vendredi sans savoir où je t'emmène. René resta silencieux. Madame Thomas attendit. Il connaissait maintenant suffisamment sa Maîtresse pour savoir qu'elle n'attendait pas une explication. — Oui, Madame. Elle posa brièvement une main sur sa tête. — Voilà. Puis elle passa devant lui. — C'était la bonne réponse. René entendit ses bottes s'éloigner. Il resta seul quelques secondes devant le bureau. Morel savait. Madame Thomas savait. Et maintenant cette mystérieuse Caroline savait également. Lui seul ignorait encore ce que ces trois Femmes étaient en train de préparer. Et, pour la première fois, René commença à se demander si son ignorance n'était pas elle aussi une partie parfaitement calculée du plan de Madame Thomas.   Chapitre VI — La cage Le jeudi matin, on sonna à la porte. René ouvrit. Un livreur se tenait devant lui avec un carton volumineux posé sur un diable. Très volumineux. — Livraison pour Madame Thomas. — Je peux signer. Quelques minutes plus tard, le carton occupait une partie considérable de l'entrée. René referma la porte et contempla le colis. Il n'avait aucune intention de fouiller dans les affaires de Madame Thomas. Mais il n'était pas nécessaire de fouiller. Le fabricant avait jugé utile d'imprimer une photographie directement sur l'emballage. Une cage de transport. Et à côté, pour donner une idée de ses dimensions, un grand chien. René resta silencieux. — Non... Il s'approcha. L'étiquette confirma ce qu'il voyait. Cage de transport renforcée — Grand modèle. Il regarda de nouveau le chien imprimé sur le carton. Puis l'escalier. — Vous n'allez quand même pas... Une nouvelle pièce venait soudain de trouver sa place dans le puzzle. Caroline. Le rendez-vous du vendredi. La cage. René sourit. Enfin. Il avait compris. Madame Thomas allait adopter un chien. *** La satisfaction d'avoir résolu l'énigme dura environ trente secondes. Puis René réfléchit aux conséquences. Un chien. Dans la maison. Des poils. Des gamelles. Des odeurs. Des promenades. Surtout les promenades. Madame Thomas avait un emploi du temps chargé. Elle partait tôt certains matins, rentrait tard certains soirs et pouvait passer une journée entière au cabinet. Qui allait sortir le chien ? René regarda le carton. — Moi. Évidemment. Il s'imagina un matin de novembre. Six heures trente. Pluie glaciale. Un chien énorme tirant sur une laisse pendant que Madame Thomas dormait tranquillement au chaud. Il n'aimait déjà pas cet animal. Ce qui était parfaitement injuste puisqu'il n'existait peut-être même pas encore dans leur maison. René n'avait jamais eu un rapport particulièrement facile avec les animaux. Il ne leur voulait aucun mal. Il préférait simplement qu'ils vivent leur vie à une distance raisonnable de la sienne. Et certainement pas dans son salon. Il regarda encore la photographie. Le chien semblait presque sourire. — Toi, je ne t'aime déjà pas. *** Madame Thomas rentra peu après dix-neuf heures. René l'attendait. Elle entra, lui tendit son sac puis remarqua immédiatement le carton. — Parfait. Ce simple mot confirma presque toutes les conclusions de René. — C'est arrivé ce matin. — Très bien. Elle retira son manteau. René attendit. Madame Thomas ne dit rien de plus. — Madame ? — Oui ? — C'est une cage pour chien. Elle regarda le carton. Puis René. — Excellente observation. — Pour un grand chien. — Tu es décidément très en forme aujourd'hui. René fronça les sourcils. — Vous avez quelque chose à me dire ? Madame Thomas réfléchit ostensiblement. — Oui. René attendit. — Monte-la. — La cage ? — Non, René. Le carton. Elle lui adressa un sourire. — Évidemment, la cage. — Où ? — Dans le coffre de la voiture. Puis elle monta à l'étage. René regarda le carton. La voiture. Le rendez-vous du lendemain. Tout concordait. *** Madame Thomas avait récemment remplacé sa berline par un SUV. René avait trouvé le choix étonnant. Elle lui avait expliqué qu'elle voulait davantage de place et un véhicule plus polyvalent. À présent, tout devenait évident. — Le chien... Il ouvrit le coffre. L'espace était considérable. Il déballa la cage. Elle était encore plus imposante hors de son carton. Structure rigide. Porte renforcée. Points d'ancrage. René consulta la notice. Il assembla les différents éléments, rabattit une partie de la banquette arrière puis installa l'ensemble dans le coffre. La cage occupait une place impressionnante. Il tira dessus. Elle bougea légèrement. Pas satisfaisant. René recommença les fixations. Cette fois, elle ne bougea pratiquement plus. Il recula de quelques pas. Madame Thomas avait manifestement l'intention d'adopter quelque chose de conséquent. Très conséquent. Il imagina un berger allemand. Ou pire. Un énorme molosse. René soupira. — Magnifique. *** Madame Thomas descendit une vingtaine de minutes plus tard. Elle avait changé de tenue. Pas de cuir cette fois. René en fut presque reconnaissant : il avait besoin de toutes ses capacités intellectuelles pour négocier la future répartition des promenades. — C'est terminé ? — Oui, Madame. — Montre-moi. Ils sortirent. Madame Thomas ouvrit le coffre. Elle ne regarda pas simplement la cage. Elle l'inspecta. Sérieusement. Elle vérifia la porte. Le verrou. Puis les fixations. Elle saisit la structure à deux mains et la secoua vigoureusement. La cage ne bougea presque pas. — Tu as utilisé tous les points d'ancrage ? — Oui. — Ceux du fond aussi ? — Oui, Madame. Elle se pencha pour vérifier elle-même. René l'observait. — Vous avez peur qu'il s'échappe ? Madame Thomas se redressa. — Je veux surtout être certaine que ça ne bouge pas pendant le transport. — Il doit être gros. Elle regarda René. Quelque chose passa dans ses yeux. — Pourquoi dis-tu ça ? Il désigna la cage. — Regardez la taille. Madame Thomas contempla l'installation. — C'est vrai. Puis elle regarda René de la tête aux pieds. Très lentement. — C'est un grand modèle. René ne remarqua pas immédiatement la manière dont elle venait de le mesurer du regard. — Quelle race ? — Quelle race de quoi ? — Du chien. Madame Thomas resta silencieuse une seconde. Puis son visage s'éclaira d'un sourire. René connaissait ce sourire. Il aurait dû se méfier. — Ah. — Quoi ? — Rien. Elle regarda de nouveau la cage. — Tu penses que je vais prendre un chien ? René désigna l'évidence devant eux. — Une cage pour chien arrive la veille d'un rendez-vous mystérieux avec une certaine Caroline. Vous me demandez de l'installer dans votre nouvelle voiture. Je suppose donc que Caroline travaille dans un refuge ou quelque chose comme ça. Madame Thomas croisa les bras. — C'est une théorie. — J'ai raison ? — Je n'ai pas dit cela. — Vous n'avez pas dit que j'avais tort non plus. — Exact. René soupira. — Quelle taille ? — Pardon ? — Le chien. Madame Thomas réfléchit. — Assez grand. René ferma les yeux. — Évidemment. — Cela te pose un problème ? Il hésita. — Je ne suis pas très à l'aise avec les chiens. — Je sais. Cette réponse le surprit. — Vous savez ? — René, je sais beaucoup de choses sur toi. Elle passa un doigt sur la porte de la cage. — Tu t'habitueras. Voilà. La condamnation venait de tomber. — Et qui va le promener ? Madame Thomas se tourna vers lui. — Tu anticipes déjà tes nouvelles responsabilités ? — Je vous connais. — C'est une qualité appréciable chez un esclave. — Madame... — Matin et soir, j'imagine. René la regarda avec consternation. Elle poursuivit, parfaitement sérieuse : — Et lorsqu'il pleuvra. — Évidemment. — Lorsqu'il neigera aussi. — Merci. — Il faudra peut-être même ramasser derrière lui. René grimaça. Madame Thomas ne tint plus. Elle éclata de rire. — Je suis ravie de voir avec quel enthousiasme tu accueilles cette éventuelle évolution de notre foyer. — Vous pourriez au moins choisir un petit chien. Elle regarda la cage. — Maintenant que tu l'as montée, ce serait dommage. — Madame... Elle referma le coffre. — Nous verrons demain. Puis elle retourna vers la maison. René la suivit. — Donc nous allons vraiment chercher un chien demain ? — Je n'ai jamais dit ça. — Mais vous venez de parler des promenades ! — C'est toi qui as commencé à parler de promenades. — Et vous avez parlé de ramasser derrière lui. Madame Thomas ouvrit la porte. — J'explorais ton hypothèse. — Vous vous moquez de moi. Elle entra. — Un peu. René resta quelques secondes dehors. Il regarda le SUV. Puis Madame Thomas. — Il y a un chien ou pas ? Elle se retourna. — Bonne nuit, René. Et disparut dans la maison. *** Le vendredi matin, la cage était toujours dans le coffre. René passa devant la voiture plusieurs fois. Chaque fois, il la regardait. À midi, il avait pratiquement accepté son destin. Il allait vivre avec un chien. Un grand chien. Il allait probablement devoir le nourrir, le sortir, nettoyer derrière lui et faire semblant d'apprécier l'expérience parce que Madame Thomas aurait décidé qu'elle voulait un animal. Au fond, pensa-t-il, cela correspondait assez bien à ce qu'il avait expliqué à la Docteure Morel. Si Madame Thomas décidait que quelque chose vous concernant ne relève plus de votre décision, comment le vivriez-vous ? Il aurait dû se méfier de cette question. À treize heures trente, Madame Thomas descendit. René prit son sac. — Prêt ? — Oui, Madame. Ils sortirent. Avant de monter en voiture, René ouvrit le coffre une dernière fois. Il vérifia machinalement la cage. Madame Thomas l'observait. — Tout va bien ? — Oui. Il testa la porte. — Elle est parfaitement fixée. — Excellent. René referma le coffre. — J'espère simplement qu'il n'est pas agressif. Madame Thomas resta silencieuse. Puis elle s'approcha de lui. Elle réajusta légèrement son col. Exactement comme avant leur rendez-vous chez Morel. — Ne t'inquiète pas. René la regarda. Elle souriait. — Je suis certaine qu'il est très bien dressé. Elle monta dans la voiture. René resta immobile une seconde. Quelque chose dans cette phrase lui avait paru étrange. Mais il ne parvenait pas à déterminer quoi. Il finit par monter à son tour. Derrière lui, dans le coffre du SUV, la cage attendait son premier occupant.
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Par : le 02/09/26
Chapitre III — Le rendez-vous Les jours suivants furent interminables. Madame Thomas n'avait plus reparlé de leur conversation. Pas une fois. C'était probablement ce qui perturbait le plus René. Elle avait terminé son plaidoyer par cette phrase : Je vais t'expliquer ce que j'ai décidé de te proposer. Puis elle ne lui avait rien expliqué. Le lendemain matin, elle avait repris sa vie comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu. Cabinet. Réunions. Téléphone. Dossiers. René avait préparé son café, entretenu la maison, exécuté ses tâches habituelles et attendu. Rien. Le soir suivant, même chose. Il avait fini par se demander si Madame Thomas ne testait pas simplement sa patience. Ou pire : si elle avait changé d'avis. Cette possibilité l'obsédait. Elle avait parlé d'aller beaucoup plus loin que le collier. Beaucoup plus loin que le mot esclave. Mais où pouvait-on aller après cela ? René avait envisagé toutes sortes de scénarios. Un contrat ? Un nouveau collier ? Une cérémonie ? Peut-être voulait-elle modifier radicalement les règles de leur relation. Il imagina des choses beaucoup plus extrêmes. Puis les trouva absurdes. Puis recommença à les imaginer. Madame Thomas, elle, ne disait toujours rien. Elle observait parfois René avec un léger sourire qui lui donnait l'impression désagréable qu'elle savait exactement ce qui se déroulait dans sa tête. Le troisième soir, il finit par céder. — Madame ? Elle ne quitta pas son dossier des yeux. — Oui ? — Concernant l'autre soir... — Quoi, l'autre soir ? Il hésita. Elle savait parfaitement. — Vous m'avez dit que vous aviez trouvé une manière d'aller beaucoup plus loin. Madame Thomas tourna une page. — C'est exact. René attendit. Rien. — Puis-je savoir laquelle ? Elle releva enfin les yeux. — Non. Un seul mot. Puis elle retourna à son dossier. René resta devant elle quelques secondes. — Autre chose ? — Non, Madame. — Alors cesse d'essayer de deviner. Il baissa les yeux. — Oui, Madame. — Tu te fais des films. René la regarda, surpris. Madame Thomas sourit. — Et aucun n'est juste. Il ne sut jamais si elle disait vrai. *** Le vendredi matin, elle lui donna enfin une instruction. — Sois prêt à treize heures trente. René releva immédiatement les yeux. — Pour quoi faire ? Madame Thomas continua à consulter son téléphone. — Sortir. — Où allons-nous ? — Dehors. René soupira. Elle leva les yeux. — Un problème ? — Non, Madame. — Parfait. Elle rangea son téléphone. — Treize heures trente. Puis elle partit travailler. René passa la matinée à recommencer exactement ce qu'elle lui avait interdit de faire. Imaginer. *** À treize heures vingt-huit, il l'attendait dans l'entrée. Madame Thomas descendit deux minutes plus tard. Et immédiatement, René comprit qu'il allait avoir beaucoup de mal à obtenir des réponses. Elle avait encore choisi du cuir. Pas la robe de l'autre soir. Cette fois, elle portait une longue jupe noire en cuir, une blouse claire parfaitement coupée et des bottes à talons. René resta silencieux. Cette tenue réveillait quelque chose de beaucoup plus ancien en lui. Un tribunal. Des couloirs impersonnels. Des dossiers de divorce. Et Madame Thomas avançant vers lui dans une longue jupe de cuir alors qu'elle était encore la Femme qu'il était censé détester. Elle remarqua son regard. — Quoi ? — Rien, Madame. — Alors prends mon sac. Il obéit. Elle passa devant lui et ouvrit la porte. — Nous partons. *** Madame Thomas conduisait elle-même. Ce détail aussi intriguait René. Habituellement, lorsqu'ils se déplaçaient ensemble et que les circonstances le permettaient, elle lui laissait volontiers conduire. Pas aujourd'hui. René était assis à côté d'elle. Il regardait alternativement la route et ses mains sur le volant. Puis beaucoup trop souvent sa jupe. Madame Thomas le surprit. — René. — Madame ? — Mes yeux sont plus haut. — Pardon. Elle sourit. Quelques kilomètres passèrent. — Où allons-nous ? — Quelque part. — J'avais compris. — Alors pourquoi poser la question ? René soupira. — Parce que vous ne me dites rien depuis plusieurs jours. — Et tu es toujours vivant. — Pour le moment. Elle eut un petit rire. — Tu dramatises. — Vous m'annoncez que vous allez bouleverser ma vie, puis vous refusez de m'expliquer comment. — Je n'ai jamais dit que j'allais bouleverser ta vie. René se tourna vers elle. — Vous avez dit que vous vouliez aller beaucoup plus loin que le mot esclave. — C'est différent. — Pas vraiment rassurant. Madame Thomas changea de vitesse. La jupe de cuir bougea légèrement. Le regard de René descendit. — Tu vois ? — Quoi ? — Je pourrais probablement t'annoncer que je vais te vendre à une mine de sel et tu continuerais à regarder ma jupe. René sourit malgré lui. — C'est précisément pour cela que vous l'avez mise. Madame Thomas tourna brièvement la tête vers lui. — Tu deviens perspicace. — Donc j'ai raison. — Je n'ai pas dit cela. Elle reporta son attention sur la route. Échec. Encore. René essaya une autre approche. — Est-ce que je dois m'inquiéter ? — Non. La réponse était arrivée immédiatement. Il se détendit légèrement. — C'est simplement un rendez-vous. — Quel genre de rendez-vous ? — Un rendez-vous qui est bon pour toi. Cette formulation ne le rassura absolument pas. — Vous savez que c'est exactement ce qu'on dit à un enfant avant de l'emmener chez le dentiste ? Madame Thomas éclata de rire. — Quelle imagination. — Donc ce n'est pas le dentiste ? — Non. — Un médecin ? Elle ne répondit pas. René la regarda. — Madame ? Elle posa brièvement une main sur son genou. Le geste était inhabituellement doux. — René. — Oui ? — Fais-moi confiance. Il se tut. Elle laissa sa main quelques secondes. — Je m'occupe de toi. Puis elle la retira et reprit le volant à deux mains. Quelque chose dans cette phrase apaisa René. Ou aurait dû l'apaiser. Pourtant, après quelques secondes, une pensée beaucoup moins rassurante lui traversa l'esprit. Madame Thomas avait soigneusement évité de répondre à sa question. *** Il ne reconnut pas immédiatement le quartier. Puis la voiture tourna dans une rue qu'il avait empruntée des dizaines de fois autrefois. René regarda dehors. Un bâtiment apparut au bout de la rue. Son sourire disparut. Non. Il regarda Madame Thomas. Elle conduisait tranquillement. — Madame... Aucune réponse. Il regarda de nouveau le bâtiment. Il le connaissait. Beaucoup trop bien. Madame Thomas entra dans le parking souterrain et prit un ticket. — Qu'est-ce qu'on fait ici ? — Nous avons un rendez-vous. — Avec qui ? Elle gara la voiture. Coupa le moteur. Puis se tourna vers lui. — Tu vas le découvrir dans quelques minutes. René ne bougea pas. — Sortez. Le vouvoiement involontaire la fit sourire. — Voilà que je redeviens vous. C'est intéressant. — Madame Thomas... — René. Son ton changea. Il connaissait ce ton-là. — Descends. Il obéit. *** Dans l'ascenseur, il essaya encore. — Je suis déjà venu ici. — Je sais. Cette fois, René tourna brusquement la tête vers elle. — Vous savez ? Les portes s'ouvrirent. Madame Thomas sortit. — Viens. René la suivit. À mesure qu'ils avançaient dans le couloir, les souvenirs revenaient. Les mêmes murs. Le même silence. Même cette odeur particulière qu'il n'avait jamais réussi à identifier. Madame Thomas s'arrêta devant une porte. René n'avait plus besoin de lire la plaque. Il connaissait déjà le nom qui y figurait. Docteure Élise Morel Psychiatrie — Psychothérapie René resta immobile. Pendant quelques secondes, plusieurs années de sa vie semblèrent se télescoper. Son divorce. Ses nuits sans sommeil. Les médicaments. Cette Femme devant laquelle il avait essayé de comprendre pourquoi l'avocate de son ex-épouse occupait autant ses pensées. Puis Madame Thomas. Sa Maîtresse. Aujourd'hui debout à côté de lui, dans cette même longue silhouette de cuir qui avait autrefois alimenté tant de séances dans ce cabinet. René se tourna lentement vers elle. — Pourquoi ? Madame Thomas ne répondit pas. Elle sonna. La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. La Docteure Morel apparut. Elle regarda René. Puis Madame Thomas. Et sourit. — Bonjour Madame Thomas. René sentit immédiatement quelque chose se nouer dans son ventre. Pas « Bonjour, enchantée ». Pas « Vous êtes Madame Thomas ? » Bonjour Madame Thomas. Elles se connaissaient. Madame Thomas lui rendit son sourire. — Bonjour Élise. Élise. René regarda l'une. Puis l'autre. Madame Thomas posa doucement une main dans son dos et le poussa vers l'intérieur. — Entre, René. Il franchit le seuil. Derrière lui, Madame Thomas ajouta simplement : — La Docteure Morel et moi avons beaucoup de choses à apprendre sur toi. La porte se referma.     Chapitre IV — L’évaluation La porte se referma derrière eux. La Docteure Morel regarda René quelques secondes. Puis Madame Thomas. — Je pense que nous pouvons commencer. René attendit. Madame Thomas posa son sac sur une chaise. — Très bien. Elle se tourna vers René. — Tu restes avec la Docteure Morel. — Et vous ? — Je vais prendre un café. Il fronça les sourcils. — Vous ne restez pas ? — Non. — Pourquoi ? Madame Thomas eut ce léger sourire qu'il commençait à détester autant qu'à aimer. — Parce qu'elle veut te parler. Morel intervint : — Seule. René regarda alternativement les deux Femmes. — Vous avez déjà discuté de moi. Ce n'était pas une question. Madame Thomas reprit son sac. — Évidemment. — De quoi ? Elle s'approcha de lui. Pendant une seconde, René crut qu'elle allait enfin lui répondre. Elle réajusta simplement son col. — Sois parfaitement honnête avec elle. Puis elle regarda Morel. — À tout à l'heure, Élise. — À tout à l'heure. Madame Thomas sortit. La porte se referma. René resta debout. Morel l'observait. — Asseyez-vous. Il s'assit. — Vous pouvez respirer aussi. René eut un petit rire nerveux. — J'aimerais surtout comprendre ce que je fais ici. — Je m'en doute. — Madame Thomas refuse de me le dire. — Cela ne m'étonne pas. René la regarda attentivement. — Vous savez pourquoi je suis ici. — Oui. — Et vous n'allez pas me le dire. — Non. Il soupira. Morel sourit. — Voilà. Nous avons déjà établi deux choses. — Lesquelles ? — Je sais pourquoi vous êtes ici et vous voulez le savoir. Elle prit son carnet. — Nous pouvons commencer. *** Il y avait quelque chose de profondément étrange à retrouver ce fauteuil. Des années auparavant, René s'y était assis après son divorce. Il dormait mal. Mangeait peu. Ressassait continuellement les mêmes événements. La Docteure Morel l'avait accompagné pendant cette période et lui avait prescrit un traitement. Mais leurs séances avaient progressivement abordé un sujet beaucoup plus inattendu. Madame Thomas. À l'époque, René la détestait. Du moins était-ce ce qu'il répétait. Morel avait été la première à remarquer que lorsqu'il parlait de son ex-femme, il racontait son divorce. Lorsqu'il parlait de son avocate, il décrivait sa voix. Sa manière de marcher. Son assurance. Ses vêtements. Et beaucoup trop souvent ses chaussures. Morel posa son carnet sur ses genoux. — Vous souvenez-vous de notre première conversation à propos de Madame Thomas ? — Malheureusement. — Pourquoi malheureusement ? — Parce que vous aviez raison. — À propos de quoi ? René hésita. — Je ne la détestais pas autant que je voulais le croire. — Ce n'est pas exactement ce que je vous avais dit. — Non. — Qu'avais-je dit ? René sourit. — Que personne ne consacre autant d'énergie à décrire les jambes d'une Femme qu'il prétend détester. Morel sourit à son tour. — Je manque parfois de délicatesse. — Parfois ? — René. Le ton lui rappela quelque chose. Il se redressa. — Vous étiez fasciné par elle. — Oui. — Vous l'êtes toujours ? Cette fois, aucune hésitation. — Oui. — Davantage ? — Beaucoup davantage. Morel nota quelque chose. René regarda le carnet. — Qu'écrivez-vous ? — Quelque chose qui ne vous regarde pas encore. Il leva les sourcils. — Vous avez changé. — Vous aussi. Elle tourna une page. — Parlez-moi de votre relation avec Madame Thomas. *** René commença prudemment. Puis Morel posa des questions. Depuis quand était-il son esclave ? Qui avait proposé cette évolution ? Qu'avait-il ressenti la première fois qu'elle lui avait donné un ordre ? Que signifiait son collier ? Pouvait-il désobéir ? L'avait-il déjà fait ? Pourquoi obéissait-il lorsqu'aucune conséquence immédiate ne l'y obligeait ? René répondait. Certaines questions lui semblaient parfaitement normales. D'autres beaucoup moins. — Si Madame Thomas vous demandait de rester pendant deux heures dans une pièce vide, sans justification, que feriez-vous ? — Je resterais. — Pourquoi ? — Parce qu'elle me l'aurait demandé. — Même si elle n'était pas là ? — Oui. Morel nota quelque chose. — Si elle décidait de votre tenue ? — Elle le fait déjà parfois. — Si elle choisissait votre nourriture ? — Cela dépend. Morel releva les yeux. — De quoi ? René réfléchit. — De la raison. — Donc vous avez besoin de comprendre ses décisions pour les accepter ? — Non... Il s'arrêta. Morel attendit. — Pas nécessairement. Elle nota encore. René commençait à éprouver une sensation familière. — Vous faites comme elle. — Comme qui ? — Madame Thomas. — Je suis psychiatre, René. Les questions font partie de mon métier. — Elle est avocate. Elle dit exactement la même chose. Morel eut un sourire. — Peut-être avez-vous simplement un problème avec les Femmes qui posent de bonnes questions. *** Elle changea brusquement de sujet. — Qu'est-ce qu'une propriété ? René la regarda. — Pardon ? — Vous avez entendu. Il se méfia immédiatement. — Quelque chose qui appartient à quelqu'un. — C'est une définition circulaire. — Un Bien dont quelqu'un peut disposer. Morel ne réagit pas. — Madame Thomas vous considère-t-elle comme sa propriété ? — Oui. — Et vous ? — Aussi. — Êtes-vous heureux de cela ? — Oui. — Pourquoi ? René chercha ses mots. — Parce que... Il s'arrêta. Morel attendit. — Parce que cela correspond à quelque chose de profond chez moi. — Quoi ? — Le besoin de lui appartenir. — Pourquoi elle ? Cette question-là le désarma davantage. Il réfléchit longtemps. — Parce que je lui fais confiance. Morel ne nota rien cette fois. — Continuez. — Parce qu'elle est plus forte que moi sur certaines choses. Parce qu'elle sait ce qu'elle veut. Parce qu'elle ne joue pas à être dominante. Il sourit légèrement. — Et parce qu'elle sait exactement comment me faire perdre mes moyens. — Le cuir ? René soupira. — Vous vous souvenez de ça aussi ? — Je suis psychiatre. Nous avons une mémoire particulièrement efficace pour les choses que nos patients préféreraient oublier. Puis elle redevint sérieuse. — Si vous retiriez le cuir, les bottes, le collier, les rituels et toute dimension érotique, voudriez-vous toujours lui appartenir ? René ne répondit pas immédiatement. Pour la première fois depuis le début de la séance, Morel ne chercha pas à remplir le silence. Une minute passa peut-être. — Oui. — Pourquoi ? — Parce que ce n'est plus seulement sexuel. Morel prit son stylo. — Voilà une réponse intéressante. *** Les questions devinrent progressivement plus étranges. — Si Madame Thomas décidait que quelque chose vous concernant ne relève plus de votre décision, comment le vivriez-vous ? — Cela dépendrait de quoi. — Mauvaise réponse. René fronça les sourcils. — Pourquoi ? — Parce que je ne vous demande pas d'évaluer sa décision. Je vous demande comment vous vivez l'idée de ne plus être celui qui décide. Il resta silencieux. — Cela me ferait probablement peur. Morel acquiesça. — Bien. Cette réaction le surprit. — Bien ? — J'aurais été davantage préoccupée si vous m'aviez répondu que cela ne vous faisait absolument rien. Elle écrivit quelques mots. — La peur n'invalide pas nécessairement un désir. Elle indique parfois simplement que nous avons compris ses conséquences. René la regarda. Cette phrase lui rappela étrangement Madame Thomas. — Elle vous a parlé de notre conversation. Morel ne répondit pas. — Docteure ? — Question suivante. René sourit. — Donc oui. — Vous pouvez interpréter mon silence comme vous le souhaitez. — Elle vous a vraiment bien choisie. Cette fois, Morel rit. — Vous n'avez encore aucune idée de ce que Madame Thomas a choisi. Le sourire de René disparut. Morel baissa les yeux sur son carnet. — Continuons. *** Une heure plus tard, René était épuisé. Morel avait exploré son divorce, son rapport au contrôle, sa sexualité, sa relation à Madame Thomas, son besoin d'appartenance, sa capacité à distinguer fantasme et réalité. Mais surtout, elle revenait continuellement sur une distinction qui finissait par l'obséder. Être traité comme une propriété. Et être une propriété. Chaque fois qu'il croyait comprendre pourquoi elle posait ces questions, elle changeait de direction. Finalement, elle ferma son carnet. — Très bien. René regarda l'heure. — C'est terminé ? — Pour aujourd'hui. — Et ? — Et quoi ? — Votre conclusion. — Je ne vous dois pas encore de conclusion. Le encore ne lui échappa pas. Morel se leva. — Attendez ici. Elle ouvrit la porte. Quelques secondes plus tard, René entendit des voix dans le couloir. Puis Madame Thomas entra. Elle avait toujours sa jupe de cuir. Elle s'assit tranquillement dans le fauteuil voisin. René éprouva immédiatement la sensation désagréable de redevenir le sujet de la conversation plutôt que l'un de ses participants. Morel reprit place. — Globalement, c'est très positif. René tourna la tête vers elle. Positif ? Madame Thomas, elle, ne manifesta aucune surprise. — Tu confirmes donc ton impression initiale ? — Très largement. René regarda l'une puis l'autre. Impression initiale ? Morel poursuivit. — Son désir d'appartenance est ancien. Il ne semble pas être une simple extension circonstancielle de l'excitation sexuelle. La dimension érotique est évidemment importante... Elle jeta un regard amusé vers la jupe de Madame Thomas. — ...particulièrement dans certains domaines. Madame Thomas sourit. René rougit. — Mais elle n'explique pas tout. Morel redevint sérieuse. — Il existe une cohérence entre son discours actuel, ce que j'avais observé autrefois et l'évolution de votre relation. Madame Thomas croisa les jambes. — Et sa compréhension des conséquences ? — Incomplète. René voulut intervenir. Morel leva légèrement la main. — Ce n'est pas une critique, René. Vous ne pouvez pas comprendre des conséquences que l'on ne vous a pas encore exposées. Il se tourna immédiatement vers Madame Thomas. Elle resta impassible. Morel poursuivit : — En revanche, il distingue correctement désir, fantasme et réalité. Il est capable d'identifier la peur sans nécessairement la confondre avec un refus. Et surtout... Elle consulta une note. — Lorsque j'ai retiré mentalement les éléments érotiques de la relation, son désir d'appartenance est resté présent. Madame Thomas regarda René. Longuement. — C'est important. — Très. Il n'aimait pas du tout la manière dont elles venaient de prononcer ces deux mots. — Important pour quoi ? Aucune des deux ne répondit. René eut un rire incrédule. — Vous êtes sérieuses ? Madame Thomas posa une main sur son genou. — Tout va très bien. C'était exactement ce qu'elle lui avait dit dans la voiture. Morel se leva. — Je rédigerai mon rapport ce week-end. René la regarda. — Quel rapport ? Morel se tourna vers Madame Thomas. — Tu l'auras probablement mardi. — Parfait. — Je préciserai les points qui nécessitent encore une vérification, mais je ne vois actuellement aucun élément psychologique qui justifierait d'interrompre la démarche. René se figea. La démarche. Voilà encore un nouveau mot. Madame Thomas se leva. — Merci, Élise. — Avec plaisir. Et je suis curieuse de voir où tout cela va vous mener. Cette phrase n'était absolument pas rassurante. Madame Thomas récupéra son sac. — Viens, René. Il resta assis une seconde. — Madame... Elle s'arrêta à la porte. — Oui ? — Quelle démarche ? Madame Thomas regarda Morel. Morel regarda Madame Thomas. Pendant une fraction de seconde, René eut la certitude que les deux Femmes savouraient exactement le même moment. Puis Madame Thomas sourit. — Celle pour laquelle j'avais besoin de savoir si tu étais prêt. — Et je le suis ? Cette fois, ce fut Morel qui répondit. — Beaucoup plus que vous ne le pensez. Madame Thomas ouvrit la porte. — Viens. René se leva et la suivit. Dans le couloir, il comprit que quelque chose venait encore de changer. Il ignorait toujours où Madame Thomas le conduisait. Mais désormais, quelque part derrière cette porte, un rapport était en train d'être rédigé pour l'aider à l'y emmener.
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Par : le 02/09/26
La Vénus à la fourrure est un célèbre roman érotique du XIXème siècle écrit par Leopold von Sacher-Masoch en 1870. Sacher-Masoch est, ni plus ni moins, l'homme qui a donné son nom au mot "masochisme", rien que ça. Avec une telle réputation, j'étais très curieux de voir ce qui pouvait se trouver dans ce livre à l'origine du mot qui constitue le M de BDSM. J'ai tout simple adoré ce livre, un vrai régal, c'est fluide à lire mais cela ne parlera pas à tout le monde, évidemment. Il s'agit d'une histoire d'amour qui se passe en Europe de l'Est, entre un homme soumis et une femme qu'il compare à la déesse Vénus. Devant la beauté extraordinaire de cette femme nommée Wanda, le protagoniste, Séverin, va lui proposer de devenir son esclave ou son mari. Après une longue hésitation, Wanda, qui pourtant ne semble pas avoir la fibre dominante au départ, accepte de devenir la Maîtresse de Séverin. Ce dernier passe son temps à exiger que Wanda soit cruelle avec lui et qu'elle porte de la fourrure quand elle le punit. La fourrure, c'est son fétichisme à lui. Alternant entre moments tendres et moments de cruauté, Wanda va finir par prendre goût à sa position dominante et jouera avec les sentiments de son esclave jusqu'à trouver la faille que je ne révèlerai pas afin de ne pas gâcher le plaisir de lecture si vous décidez de le lire. En tant qu'homme soumis, j'ai été très excité par ce récit, m'identifiant fortement au narrateur. Il vit la soumission à temps plein après qu'ils aient signé un contrat avec Wanda. N'ayant jamais eu l'occasion d'expérimenter moi même un contrat d'appartenance sur le long terme, cela m'a fait fortement fantasmé. La divinisation de la femme et la comparaison avec la déesse de la volupté Vénus est également quelque chose qui fait écho en moi. Il semble y avoir une telle dévotion envers la femme que seule une déesse, inaccessible par définition, peut incarner cette distance qui créé tant de désir. La statue de pierre qui représente la déesse donne encore plus de poids à cette distance de par la froideur que cela peut engendrer de vénérer un être sans forcément avoir de retour. Mais dans cette histoire, nous pouvons imaginer que la déesse s'exprime au travers de Wanda, rendant de chair et accessible cet amour. Malgré cela, l'esclave semble croire qu'il ne la mérite pas tout en voulant la posséder, au point de presque lui donner l'ordre de le dominer. C'est à se demander qui domine qui par moment. Une ambivalence permanente qui va amener le narrateur à affronter ses propres contradictions entre ses attentes fantasmées et la réalité de la relation. On comprendra aussi pourquoi il a ce rapport aux femmes grâce à des flash back sur son enfance. Que l'on soit homme soumis ou femme dominatrice, il est très possible que ce récit vous parle, en tout cas si vous aimez lire, c'est un incontournable de la littérature SM. Le livre a été librement adapté en film par Roman Polanski en 2013. Un huis clos dans un théâtre où un metteur en scène, joué par Mathieu Amalric, est à la recherche de l'actrice idéale pour jouer Wanda. C'est ainsi que se présente à lui Emmanuelle Seigner qui va le subjuguer dans son interprétation de la Domina. Le film n'a que ces deux personnages et il joue sur l'ambiguïté du livre qui est mis en scène et la vraie vie du metteur en scène. L'acteur et l'actrice jouent à merveille et arrivent à nous faire ressentir, par de simples changements de ton, les passages de la pièce de théâtre à la réalité intrinsèque du film. Une réinterprétation de l'œuvre que j'ai trouvé excellente avec un final explosif, interrogeant même les intentions de l'auteur et son vrai rapport à la femme.
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Par : le 01/09/26
Chapitre I — La mise en scène À dix-neuf heures vingt-sept, René entendit la porte d’entrée. Il connaissait le bruit des clés de Madame Thomas, sa manière de déposer son sac, puis le rythme précis de ses pas dans le corridor. Il se plaça à genoux avant qu’elle n’entre dans le salon. — Bonsoir, Madame. Elle le regarda quelques secondes. — Bonsoir, René. Elle semblait satisfaite. — Votre journée s’est bien passée ? — Très bien. J’ai obtenu ce que je voulais. René savait qu’avec elle cette phrase pouvait concerner un dossier, une négociation ou quelque chose qui le concernait directement. Il attendit. — À vingt et une heures, tu m’attendras dans le salon, devant le canapé. Elle marqua une pause. — À quatre pattes. Puis elle monta. À vingt et une heures précises, René était en place. Madame Thomas ne descendit pas. Cinq minutes passèrent. Puis dix. Il connaissait cette méthode. L’attente faisait partie de la mise en scène, mais elle avait surtout une autre fonction : elle lui rappelait que l’heure à laquelle il devait être disponible et celle à laquelle elle choisirait de l’utiliser n’étaient pas nécessairement les mêmes. Enfin, il entendit ses pas. Elle apparut dans une robe noire élégante, serrée à la taille par une ceinture de cuir. Ses longues bottes noires captaient la lumière à chaque mouvement. René les regarda trop longtemps. Madame Thomas s’assit sur le canapé et croisa les jambes. — Toujours aussi efficace. René releva les yeux. — Madame ? — Le cuir. Elle sourit. — Il suffit parfois de très peu de choses pour désorganiser un raisonnement pourtant convenable. Le ton était amusé. Puis son visage changea. René connaissait également cette transformation. La Maîtresse venait de céder la place à l’avocate. — Je veux discuter avec toi de quelque chose qui pourrait modifier profondément notre relation. Il sentit son ventre se contracter. — Mais avant cela, je veux m’assurer que nous mettons les mêmes choses derrière certains mots. Elle se pencha légèrement vers lui. — Depuis combien de temps es-tu mon esclave, René ?     Chapitre II — Le plaidoyer Madame Thomas aimait plaider. René l’avait compris bien avant de devenir son soumis. Elle ne cherchait pas seulement à imposer une conclusion. Elle préférait conduire son interlocuteur jusqu’à l’endroit où il serait obligé de la formuler lui-même. — Plusieurs années, Madame. — Et depuis plusieurs années, tu me dis que tu veux m’appartenir. — Oui. — Qu’est-ce que cela signifie ? René hésita. — Que vous décidez de ma place. De certaines règles. De ce que vous attendez de moi. — Certaines ? Il rectifia : — De ce que vous décidez de contrôler. Elle acquiesça. — Et si demain tu décidais que mon autorité ne te convient plus ? René se tut. — Réponds. — Je pourrais partir. — Donc mon pouvoir existe tant que tu décides de le reconnaître. La formulation le dérangea. — Techniquement… — Je déteste ce mot lorsqu’il sert à éviter une conclusion. Elle désigna la pièce. — Cette maison m’appartient. Réellement. Ma voiture m’appartient. Mes bijoux m’appartiennent. Mes bottes m’appartiennent. Son regard descendit vers celles qu’il fixait encore. — Elles ne peuvent pas décider demain qu’elles cessent de m’appartenir. René sentit où elle voulait l’emmener. — Et toi ? — Je veux être votre propriété. — Tu utilises encore un mot. Elle se pencha. — Cette maison m’appartient réellement. Toi, tu ne m’appartiens que parce que nous avons décidé de nous comporter comme si c’était vrai. Silence. — C’est précisément mon problème. René releva les yeux. — Votre problème ? — Oui. Elle se redressa. — J’ai pris ton fantasme ultime au sérieux. Son cœur accéléra. — Le collier ne suffit plus ? — Il n’a jamais été qu’un symbole. — Alors quoi ? Madame Thomas sourit. — Tu vas encore trop vite. Elle recommença à questionner. Sa place dans la maison. Son emploi du temps. La manière dont elle pouvait le présenter. Le droit qu’il lui reconnaissait de le dresser, de décider de certains usages, de déterminer les règles. Chaque réponse semblait fermer une porte derrière lui. Enfin René demanda : — Vous essayez de me convaincre ? — Naturellement. — Et si je refuse ? Elle eut ce sourire presque professionnel qu’il connaissait si bien. — Je ne plaide pas pour la partie adverse. Elle croisa de nouveau les jambes. — J’ai trouvé une manière d’aller beaucoup plus loin que le mot « esclave ». René attendit. Madame Thomas le regarda longuement. — Mais je ne te dirai pas encore comment.
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Par : le 01/09/26
Si je vous envoie un « hommage », vous pouvez me contacter. C’est ma façon de vous indiquer que votre profil a retenu mon attention.   Concernant les demandes d’amis, je ne reçois pas les textes qui les accompagnent. Je ne sais pas pourquoi 🤷 Ne vous fatiguez donc pas à rédiger un message avec votre demande : IL NE SERA PAS LU. Faites simplement la demande.   Si je vous accepte, votre premier message devra me permettre de savoir rapidement si nous sommes susceptibles de nous correspondre. Merci donc d’indiquer directement :   - votre âge réel - votre statut relationnel : célibataire, couple, polyamour, etc. - votre distance réelle par la route depuis Metz, en kilomètres (si supérieure à 100km ne le contactez oas) - si vous pouvez recevoir chez vous - si vous pouvez vous déplacer chez moi - vos disponibilités générales (par exemple: jamais le week-end, en journée, à partir d’une certaine heure, uniquement la nuit...) - ce que vous recherchez auprès de moi et, plus particulièrement, la place ou le rôle que vous aimeriez avoir auprès de moi. Pour les Homme uniquement merci de préciser : - si selon vous vous plaisez aux femmes - si vous êtes influant ou reconnu dans un domaine (ce que vous gagnez ne m’intéresse pas, je veux savoir si vous êtes charismatique, influant ou reconnu comme tel) Soyez précis pour que vous comme moi ne perdions pas notre temps. Si je ne réponds pas, attendez simplement.   Une absence de réponse est déjà une réponse pour le moment. J’accepte beaucoup de monde en amis et je les retir aussi tres facilement si je ne suis pas intéressé après m'être penché dessus. Inutile de relancer plusieurs fois en message privé. Si vous êtes insistant, vous serez retiré de la liste des personnes autorisées à m'envoyer des messages.   Petite précision: ma présentation paraît froide et j’en suis consciente j’en suis désolé mais je préfère être concise pour éviter tant que possible de perdre du temps. ⚠️  je ne suis pas intéressé par l’humiliation et par vous rabaissez. Mes fantasmes sont sexuelle, de domination et teintés de differentes pratiques BDSM. Je ne veux pas vous émasculer ou vous lavez le cerveau en vous rabaissant.  ⚠️ les profil qui rédige par IA seront systématiquement bloqué si je vous cale
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Par : le 01/09/26
        *Le Sombre Enfoiré 鐵厲, pour les seuls yeux de Sa GoodGirl 佩玲.
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