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Par : le Hier, 20:53:15
Chapitre XIII — L’absence À dix-neuf heures quarante-cinq, Madame Thomas descendit l’escalier. René l’entendit avant de la voir. Le bruit de ses pas avait changé. Elle avait troqué la tenue qu’elle portait depuis leur retour de la clinique contre une robe noire, simple, ajustée, dont la longueur s’arrêtait juste sous les genoux. Mais surtout, elle avait tenu sa promesse. Du cuir. Les bottes montaient presque jusqu’aux genoux, noires, lisses, avec ce brillant discret que René connaissait trop bien. Une large ceinture de cuir structurait la robe à la taille. Il resta un instant à les regarder. Madame Thomas s’arrêta devant lui. — Je t’avais promis du cuir tous les jours. René releva les yeux. Elle souriait. — Je tiens mes engagements. Il aurait voulu lui répondre que la journée avait déjà largement dépassé tout ce qu’il avait imaginé lorsqu’elle avait prononcé cette promesse dans le cabinet de Caroline. Mais il se tut. Il avait appris sa première règle. Madame Thomas remarqua son silence. — Bien. Elle passa devant lui. — Suis-moi. René obéit. Elle traversa le salon, puis s’arrêta dans le corridor d’entrée devant une grande penderie intégrée au mur. René la connaissait évidemment. Manteaux, vestes, chaussures, quelques parapluies. Rien qui, jusque-là, eût mérité son attention. Les deux portes étaient constituées de fines lamelles de bois inclinées. Madame Thomas en ouvrit une. — Entre. René regarda l’intérieur, puis Madame Thomas. Elle ne donna aucune explication. Il entra. L’espace n’était pas particulièrement inconfortable, mais suffisamment étroit pour qu’il doive choisir soigneusement sa position entre les manteaux et les étagères. Madame Thomas observa son installation. — Tu restes ici jusqu’à ce que j’en décide autrement. René acquiesça. Elle posa deux doigts sous son menton. — Et puisque Sophie ne sait rien de ce qui s’est passé aujourd’hui, tu ne fais aucun bruit. Une seconde passa. — Compris ? René attendit. Le sourire de Madame Thomas reparut. — Réponds. — Oui, Madame. — Tu apprends vite. Elle lui caressa brièvement les cheveux. Puis elle referma la porte. René se retrouva dans la pénombre. Quelques traits de lumière traversaient les lamelles. En bougeant légèrement la tête, il découvrit qu’il pouvait voir une partie du corridor, l’entrée du salon et, plus loin, un angle de la salle à manger. Il entendit Madame Thomas marcher jusqu’à la cuisine. Ses bottes. Encore elles. La situation aurait presque pu le faire sourire. Elle lui avait effectivement promis du cuir tous les jours. Elle n’avait jamais promis qu’il pourrait le contempler confortablement. *** À vingt heures précises, la sonnette retentit. René se redressa instinctivement. Les pas de Madame Thomas traversèrent le corridor. La porte d’entrée s’ouvrit. — Sophie ! — Bonsoir ! J’espère que je ne suis pas en retard. — Absolument pas. Entre. Les deux Femmes s’embrassèrent. René connaissait Sophie. Pas intimement, mais suffisamment pour avoir partagé avec elle plusieurs repas et quelques soirées. Elle appartenait à cette partie de la vie de Madame Thomas à laquelle René avait jusque-là accès presque naturellement. — Donne-moi ton manteau. Sophie le retira. Madame Thomas s’approcha de la penderie. René vit apparaître son visage entre deux lamelles. Elle ouvrit la porte. Pendant une fraction de seconde, leurs regards se croisèrent. Elle ne dit rien. Elle déposa simplement le manteau dans les bras de René. Puis referma. — Merci, dit Sophie depuis le corridor. — Avec plaisir. René resta avec le manteau entre les mains. Quelque chose dans la banalité du geste le troubla davantage que beaucoup des événements de l’après-midi. Madame Thomas ne lui avait pas demandé de prendre le manteau. Elle le lui avait donné. Comme elle aurait déposé un objet dans un placard. René suspendit soigneusement le vêtement. De l’autre côté des lamelles, les deux Femmes s’éloignaient déjà. *** Pendant près d’une heure, il ne se passa rien. Ou plutôt, il se passa exactement ce qui se passait habituellement lorsque deux amies dînaient ensemble. Elles parlèrent. Sophie raconta une histoire concernant une collègue. Madame Thomas rit. Elles évoquèrent un restaurant qu’elles voulaient essayer. Puis une connaissance commune qui venait de changer de travail. À un moment, elles parlèrent d’un dossier particulièrement absurde que Madame Thomas avait traité dans la semaine. René écoutait. C’était peut-être cela qui lui paraissait le plus étrange. Sa journée avait bouleversé toutes les catégories à travers lesquelles il s’était défini pendant soixante ans. Quelques heures plus tôt, Caroline avait enregistré son identification. Madame Thomas possédait les documents. Un numéro lui avait été attribué. Il avait voyagé dans une cage. Puis son acte avait été transmis à un notaire afin qu’il soit inscrit dans l’inventaire patrimonial de Madame Thomas. Et maintenant elle discutait d’un restaurant. Le monde continuait. René commença à comprendre ce que Madame Thomas avait voulu lui faire sentir dans la voiture. Sa transformation n’était pas nécessairement un événement pour les autres. Elle pouvait devenir simplement une composante de l’organisation de la vie de sa propriétaire. Il changea légèrement de position. Une botte apparut dans son champ de vision lorsque Madame Thomas croisa les jambes sous la table. René la reconnut immédiatement. Il eut presque envie de rire. Même enfermé dans une penderie, elle avait réussi à placer du cuir dans son champ de vision. Comme si elle avait pensé jusque-là. Avec Madame Thomas, ce n’était jamais complètement impossible. *** Ce fut au dessert que Sophie posa la question. Elle arriva sans préparation. — Au fait, René n’est pas là ce soir ? Dans la penderie, René se figea. Madame Thomas ne répondit pas immédiatement. Il apercevait seulement une partie de son profil. Elle prit son verre. — Non. — Il est sorti ? — Non. Sophie sembla attendre. — Il travaille ? — Non plus. Un petit silence. Puis Sophie demanda : — Alors il est où ? Madame Thomas posa son verre. — René n’est plus là. Dans la penderie, quelque chose se contracta dans la poitrine de René. Il avait parfaitement entendu. Sophie aussi. Mais elle avait naturellement compris autre chose. — Oh. Un silence beaucoup plus long suivit. — Je ne savais pas. — C’est normal. — Je suis désolée. Madame Thomas eut un léger rire. — Ne le sois surtout pas. Sophie hésita. — C’est récent ? Cette fois, René vit clairement le sourire de Madame Thomas. — Très récent. — Ça va ? — Très bien. Puis, après quelques secondes : — C’est même exactement ce que je voulais. René ferma les yeux. René n’est plus là. Il connaissait Madame Thomas. Il connaissait son goût des mots précis. Il l’avait vue construire des raisonnements sur une nuance, retourner un argument sur une définition, obtenir un accord en obligeant son interlocuteur à comprendre ce qu'impliquait réellement sa propre réponse. Elle aurait pu dire qu’il était occupé. Qu’il n’était pas disponible. Qu’il ne dînerait pas avec elles. Elle n’avait choisi aucune de ces formulations. René n’est plus là. Et surtout, elle n’avait pas menti pour protéger un secret. Elle avait énoncé quelque chose. Sophie posa encore deux ou trois questions auxquelles Madame Thomas répondit sans jamais donner davantage d’explications. Puis la conversation dériva vers autre chose. Tout simplement. René resta dans le noir. Pour Sophie, René avait disparu. Et le plus étrange était qu’après quelques minutes, cela ne semblait plus avoir aucune importance. *** Il était presque vingt-trois heures lorsque Sophie annonça qu’elle devait partir. Les Femmes traversèrent le corridor. Madame Thomas ouvrit la penderie. La lumière frappa les yeux de René. Elle tendit la main. Pas vers lui. Vers le manteau. René comprit. Il décrocha le vêtement et le posa dans sa main. Aucun mot. Madame Thomas referma immédiatement la porte. — Tiens. — Merci. René entendit le froissement du tissu. Puis Sophie rire. — C’était vraiment une bonne soirée. — Oui. — On remet ça bientôt ? — Avec plaisir. Elles s’embrassèrent. — Bonne nuit. — Bonne nuit, Sophie. La porte d’entrée se referma. René inspira profondément. Il attendit. Naturellement. Madame Thomas allait maintenant ouvrir la penderie. Quelques secondes passèrent. Il entendit ses bottes. Elles approchèrent. René se prépara. Les pas arrivèrent devant lui. Puis continuèrent. René ouvrit les yeux dans l'obscurité. Madame Thomas traversa le corridor. Elle éteignit la lumière de la salle à manger. Puis celle du salon. Ses pas gagnèrent l’escalier. Une marche. Puis une autre. Le bruit des bottes s’éloigna progressivement vers l’étage. Une dernière lumière disparut sous les lamelles. La maison plongea dans le noir. René attendit encore. Une minute. Deux. Cinq peut-être. Puis il entendit, très loin au-dessus de lui, la porte de la chambre de Madame Thomas. Le silence revint. Elle était allée se coucher. René resta immobile. Elle ne l’avait pas oublié. Cette explication aurait été rassurante. Mais elle était impossible. Madame Thomas oubliait rarement quelque chose. Et certainement pas le bien qu’elle avait fait identifier quelques heures auparavant, transporté dans sa voiture, inscrit à son patrimoine puis personnellement placé dans cette penderie. Elle savait exactement où il était. René repensa alors à la conversation. René n’est plus là. Dans un premier temps, il avait cru comprendre la phrase. Maintenant, dans l’obscurité, il en découvrait une autre dimension. Pendant toutes ses années de soumission, même lorsqu’il attendait à genoux, même lorsqu’il servait, même lorsque Madame Thomas décidait pour lui, René avait continué à se percevoir comme une présence permanente dans leur relation. Un individu qui attendait une décision. Un homme qui attendait un ordre. Quelqu’un qui attendait qu’on vienne le chercher. Mais Madame Thomas venait de lui montrer autre chose. Elle pouvait avoir besoin de son intelligence. Alors René existerait comme interlocuteur. Elle pouvait vouloir son service. Alors elle lui donnerait une fonction. Elle pouvait désirer sa présence. Alors elle choisirait sa place. Elle pouvait même décider de jouer de cette fascination qu’elle connaissait si bien, enfiler ses bottes de cuir et regarder son attention se désorganiser avec cette satisfaction amusée qu’elle ne cherchait même plus à dissimuler. Mais ce soir, elle n’avait besoin de rien. Alors elle l’avait rangé. Il n’y avait là, du point de vue de Madame Thomas, aucune contradiction avec la promesse qu’elle lui avait faite. Elle prendrait soin de lui. Elle savait où il était. Il était à l’abri. Il était exactement à la place qu’elle avait choisie. Cela suffisait. René posa lentement sa tête contre la paroi de la penderie. Quelques heures auparavant, il avait cru que devenir un bien signifiait acquérir un nouveau statut. Un numéro. Un document. Une propriétaire. Il comprenait maintenant que cela signifiait également perdre quelque chose qu’il n’avait jamais imaginé pouvoir perdre : L’évidence de sa propre présence. Il n’existait plus nécessairement dans le monde de Madame Thomas simplement parce qu’il était là. Il y entrerait lorsqu’elle le déciderait. Dans le silence complet de la maison, René cessa progressivement d’écouter l’escalier. Et, pour la première fois, il ne se demanda plus : Quand viendra-t-elle me chercher ? Une autre question prit sa place. Quand aura-t-elle de nouveau besoin de moi ? René ferma les yeux. Et resta là où Madame Thomas avait rangé ce qui lui appartenait. Épilogue — Le précédent L’automne avait transformé la forêt. Les verts profonds de l’été avaient disparu au profit des ocres, des bruns et des ors. À chaque pas de Madame Thomas, les feuilles humides s’écrasaient doucement sous les semelles de ses cuissardes. René avançait derrière elle. À quatre pattes. La première fois qu’elle l’avait emmené ainsi, quelques semaines auparavant, chacun de ses mouvements avait été conscient. La position de ses mains. Celle de ses genoux. La tension de la laisse. La peur absurde de rencontrer quelqu’un. Maintenant, son corps avait appris. Madame Thomas aussi. Elle avait rapidement considéré que son équipement initial était insuffisant. — Si je veux que tu marches ainsi régulièrement, avait-elle déclaré, tu dois être correctement protégé. Elle lui avait donc acheté des gants renforcés, des genouillères adaptées et une tenue en similicuir suffisamment épaisse pour le protéger du froid, de l’humidité et des frottements. Elle avait choisi elle-même chaque élément. Comme elle choisissait désormais beaucoup de choses pour lui. René avait compris que la propriété, selon Madame Thomas, ne signifiait jamais la négligence. Bien au contraire. Ce qui lui appartenait devait être entretenu. Protégé. Éduqué. Et présenté conformément à ses exigences. Madame Thomas, elle, avait tenu une autre promesse. Le cuir. Ce jour-là, elle portait un long manteau sombre dont les pans accompagnaient chacun de ses pas et de magnifiques cuissardes de cuir noir. René les suivait depuis près d’une heure. La laisse partait de son collier, remontait avec une légère courbe et disparaissait dans la main gantée de Madame Thomas. Elle n’avait presque pas parlé. Elle n’en avait pas besoin. René savait maintenant maintenir la bonne distance. Il ralentissait lorsqu’elle ralentissait. S’arrêtait lorsqu’elle s’arrêtait. Attendait lorsqu’elle observait quelque chose. La laisse n’était presque jamais tendue. Madame Thomas semblait apprécier particulièrement cela. Elle disait qu’une autorité qui devait constamment tirer sur sa laisse était une autorité mal comprise. René avait retenu la leçon. *** Ils arrivèrent à une bifurcation lorsqu’une sonnerie troubla le silence de la forêt. Madame Thomas s’arrêta. René s’immobilisa immédiatement. Elle sortit son téléphone de la poche de son manteau. Son expression changea lorsqu’elle lut le nom. — Élise. Elle décrocha. — Bonjour. René reconnut immédiatement la voix de la Docteure Morel, bien qu’il ne distinguât pas les mots. Madame Thomas reprit sa marche. — Très bien. Et toi ? Quelques secondes. — Oui. Beaucoup de travail cette semaine. Elle écouta encore. Puis elle rit. — Non, tu ne me déranges pas. Je suis en promenade. Un silence. Madame Thomas regarda René. — Oui. Avec lui. René baissa légèrement les yeux. Ils arrivèrent quelques minutes plus tard à un banc installé au bord du chemin. Madame Thomas s’assit. René resta un instant devant elle. Elle n’eut pas besoin de parler. Il se déplaça sur le côté et se coucha près de ses bottes. Madame Thomas croisa les jambes. L’une de ses cuissardes se trouva à quelques centimètres du visage de René. Il sourit intérieurement. Même après toutes ces semaines, certaines choses ne changeaient pas. Madame Thomas posa distraitement une main sur sa tête. — Et toi, comment vas-tu ? Morel répondit longuement. Madame Thomas écoutait en faisant lentement glisser ses doigts dans les cheveux de René. Puis elle sourit. — Je savais que tu finirais par me poser la question. Silence. — René ? Sa main s’arrêta. Elle baissa les yeux vers lui. — Il va très bien. Morel répondit quelque chose qui fit rire Madame Thomas. — Oui, évidemment que j’ai regardé. Nouveau silence. — Parce qu’il est sous ma responsabilité, Élise. Cette fois, elle ne souriait plus. — Je voulais cela. Il serait assez incohérent de ma part de revendiquer la propriété de quelqu’un et de considérer ensuite que son état ne me concerne pas. Elle recommença à caresser les cheveux de René. — Il s’adapte remarquablement. Une pause. — Mieux que je ne l’avais prévu, même. René sentit une satisfaction étrange l’envahir. Madame Thomas poursuivit : — Il a encore parfois tendance à réfléchir depuis son ancienne position. Mais de moins en moins. Morel posa vraisemblablement une question. — Non. Je ne cherche pas à supprimer son initiative. Ce serait idiot. René reste René. Elle regarda le chemin devant elle. — Son intelligence m’est utile. Son jugement aussi. Je veux simplement qu’il comprenne que disposer d’une capacité ne signifie plus disposer de l’autorité finale sur son utilisation. René écoutait. Il connaissait cette idée. Il la vivait désormais. — Exactement, conclut Madame Thomas. Puis le ton de la conversation changea. René le sentit avant même de comprendre pourquoi. Madame Thomas cessa de caresser sa tête. — Pourquoi me demandes-tu ça ? Long silence. Elle écouta. Son regard se fixa quelque part entre les arbres. — Tu as relu ton rapport ? Morel parla. — Plusieurs fois ? Madame Thomas sourit légèrement. — Cela devient intéressant. Elle décroisa les jambes. René releva les yeux vers elle. — Quelle question ? La réponse de Morel fut suffisamment longue pour que Madame Thomas se penche en arrière contre le dossier du banc. Puis : — Je me suis posé exactement la même. Silence. — Oui. Elle écouta. — Non, Élise. Je ne pense plus que René soit juridiquement un cas aussi exceptionnel que nous l’avions cru. René sentit quelque chose changer. Il ne bougea pas. — Psychologiquement, peut-être. Tu es mieux placée que moi pour en juger. Juridiquement, c’est différent. Morel parla. Madame Thomas sourit. Le sourire de l’avocate. René le connaissait. Celui qui apparaissait lorsqu’elle avait trouvé quelque chose. — Une lacune ? Elle réfléchit. — Non. Une seconde. — Plusieurs. René fixa ses bottes. Madame Thomas reprit : — C’est justement le problème. Aucun des mécanismes que nous avons utilisés n’avait été conçu pour produire ce résultat. Elle marqua une pause. — Mais aucune disposition pertinente ne l’interdit expressément dans la configuration que nous avons construite. Morel intervint. — Exactement. Consentement d’un adulte capable, transfert volontaire, délégations, obligations de protection, identification, enregistrement patrimonial… Pris séparément, rien n’était particulièrement intéressant. Elle regarda René. — C’est leur combinaison qui l’est. Quelques feuilles tombèrent devant eux. Morel parla de nouveau. Cette fois, Madame Thomas ne répondit pas immédiatement. — Reproductible ? Elle prononça le mot lentement. René sentit sa main revenir sur sa tête. — Théoriquement, oui. Morel demanda quelque chose. Madame Thomas eut immédiatement un mouvement de désapprobation. — Certainement pas avec n’importe qui. Son ton était devenu ferme. — C’est précisément là que ton travail devient indispensable. Je n’accepterais jamais de construire pour une autre Femme ce que j’ai construit avec René sans savoir que l’homme comprend réellement ce qu’il demande. Elle regarda René. — Il faut distinguer le fantasme de la volonté stable. Nous l’avons fait. Elle écouta. — Oui. Et il faut aussi évaluer la Femme. Morel sembla surprise. Madame Thomas eut un petit rire. — Évidemment. Posséder crée davantage d’obligations que jouer à posséder. Elle reprit plus sérieusement : — Si une Femme veut disposer d'une autorité aussi étendue sur un homme, il faut s'assurer qu'elle soit capable d'assumer ce qui va avec : protection, entretien, décisions, conséquences. Morel parla longuement. Madame Thomas acquiesça plusieurs fois. — Caroline pourrait effectivement formaliser la partie sanitaire. Une pause. — Toi, l’évaluation psychologique. Puis son sourire reparut. — Et moi, le droit. René comprit alors que quelque chose venait de se produire. Il ignorait encore quoi. Mais il connaissait suffisamment Madame Thomas pour savoir reconnaître le moment où une idée cessait d’être une simple hypothèse. *** La conversation continua. Morel semblait réfléchir à voix haute. Madame Thomas répondait par phrases courtes. Des critères. Des contrôles. Des responsabilités. La nécessité de protéger l’homme contre une décision prise sous l’effet d’une crise ou d’une fascination passagère. La nécessité, inversement, de protéger une propriétaire contre un engagement dont elle n’aurait pas mesuré les conséquences. Puis Morel prononça quelque chose qui fit froncer les sourcils à Madame Thomas. — Une association ? Elle réfléchit. — Peut-être. Morel poursuivit. — Non. Pas militante. Elle regarda René. — Surtout pas. Quelques secondes. — Une structure d’étude et d’encadrement serait plus intelligente. Morel répondit. — Oui. Des demandes pourraient être examinées. Elle écouta. — Et si nous en refusons certaines, tant mieux. Le but ne serait pas de fabriquer des propriétaires et des propriétés. René vit son expression devenir plus attentive. — Le but serait de déterminer dans quelles circonstances une relation de ce type peut réellement fonctionner. Morel dit quelque chose. Madame Thomas eut un petit rire. — Tu vas beaucoup trop vite. Nouveau silence. — Une société ? Cette fois, le mot sembla retenir son attention. Elle regarda autour d’elle comme si la forêt pouvait lui fournir une réponse. — Une société consacrée à quoi ? Morel parla. Madame Thomas ne répondit pas. René attendit. Puis elle répéta lentement : — Aux relations fondées sur l’autorité féminine et l’appartenance masculine volontaire… Elle regarda René couché à ses pieds. Ses doigts reprirent leur mouvement dans ses cheveux. — C’est une définition terriblement clinique. Morel répondit quelque chose qui la fit rire. — Non, je n’ai pas mieux. Silence. Puis Madame Thomas observa son Bien. Son regard descendit vers le collier. La laisse. La tenue protectrice. Les genouillères. Puis remonta vers sa propre main qui tenait l’autre extrémité de la laisse. — Enfin… Elle hésita. — Nous pourrions parler d’un modèle gynarchique. Morel répéta probablement le terme. — Oui. Gynarchique. Un nouveau silence. — Non, Élise. Je ne suis pas en train de proposer de réorganiser la société. Elle rit. — J’ai déjà suffisamment de travail. Morel répondit. Madame Thomas leva les yeux au ciel. — Caroline dira exactement la même chose que toi. Puis son expression changea. — Mais nous pouvons nous retrouver toutes les trois. Elle réfléchit. — La semaine prochaine. Morel parla. — Chez moi. Une dernière pause. — D’accord. Je t’envoie quelques notes avant. Madame Thomas raccrocha. *** La forêt retrouva immédiatement son silence. Pendant quelques secondes, Madame Thomas resta assise. René demeurait couché contre ses cuissardes. Il réfléchissait à tout ce qu’il venait d’entendre. Madame Thomas regardait devant elle. Puis elle baissa les yeux. — Tu as tout entendu ? René attendit. Un sourire apparut. — Tu peux répondre. — Oui, Madame. — Et qu’en penses-tu ? La question le surprit. Quelques semaines auparavant, il aurait probablement commencé par analyser les implications juridiques. Puis les risques. Puis les conséquences sociales. Cette fois, il réfléchit autrement. — Je pense que la Docteure Morel vous a téléphoné pour savoir comment j’allais. — C’est exact. — Et qu’elle a terminé en envisageant avec vous quelque chose qui pourrait concerner beaucoup d’autres personnes. Madame Thomas sourit. — Continue. René regarda la laisse. Puis les cuissardes de cuir devant lesquelles il était couché. Il repensa au cabinet de Morel. À Caroline. À la cage qu’il avait lui-même assemblée. À son numéro. Aux documents. À la penderie. À cette nuit où il avait compris qu’il pouvait être présent sans nécessairement exister dans le monde de Madame Thomas tant qu’elle n’avait pas besoin de lui. Et maintenant à cette conversation. Il releva les yeux. — Je pense surtout que vous avez encore plusieurs coups d’avance sur moi. Madame Thomas resta silencieuse. Puis elle éclata de rire. Un rire véritable. Elle se pencha et lui caressa longuement la tête. — Enfin une chose que mon Bien a parfaitement comprise. Elle se leva. René se remit naturellement à quatre pattes. Madame Thomas ajusta son manteau. Puis elle reprit correctement la laisse dans sa main. Elle fit un pas. René suivit. Devant eux, le chemin disparaissait progressivement entre les arbres aux couleurs d’automne. Ni Madame Thomas, ni René, ni même Élise Morel ne pouvaient encore savoir où il conduirait. Pour l’instant, il n’existait qu’une Femme. Un Bien. Une psychiatre qui avait posé une question. Une vétérinaire qui avait accepté d'explorer l'impossible. Et quelques lacunes dans la loi qu’une avocate avait eu l’intelligence de réunir. Ce n’était pas encore un système. Encore moins une société. C’était simplement un précédent. Madame Thomas continua d’avancer. René suivit sa propriétaire sous les feuilles d’automne. Et la laisse, entre eux, resta presque parfaitement détendue. FIN
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Par : le Hier, 11:01:30
Max franchit la porte de son dortoir aux premières lueurs de l'aube, le corps encore vibrant des sensations de la nuit. Il marchait lentement, les muscles endoloris, un sourire béat aux lèvres. Le concierge, un homme âgé au visage buriné, était déjà debout, nettoyant l'entrée. Il leva les yeux vers Max et siffla doucement. "Eh ben, mon garçon, t'as pas l'air d'avoir passé une soirée tranquille. On dirait que t'as fait la fête toute la nuit." Max sourit, un sourire fatigué mais heureux. "Oui, une soirée intense", répondit-il, les yeux brillants. Si seulement tu savais, pensa-t-il en s'éloignant vers l'escalier. Si seulement tu savais ce que j'ai fait, ce que j'ai vécu, ce que j'ai ressenti. Il monta les escaliers, entra dans sa chambre, ferma la porte derrière lui. Il s'adossa un instant contre la porte, les yeux fermés, revivant les images de la nuit. Puis il se dirigea vers la salle de bains. L'eau chaude coula sur son corps, détendant ses muscles, apaisant ses courbatures. Il se regarda dans le miroir, cherchant des traces de la flagellation. Rien. Sa peau était intacte. Alessia avait frappé avec une précision chirurgicale. Il ferma les yeux, laissa l'eau couler sur son visage. Sa main glissa le long de son corps, s'attardant sur son sexe qui se dressait, excité par les souvenirs. Il se masturba doucement, lentement, se revoyant attaché sur le banc, offert, vulnérable. Il gémit doucement, l'orgasme montant, puis se laissa aller, le plaisir l'emportant. Il s'essuya, sortit de la douche, s'allongea sur son lit. Il se sentait vidé, apaisé. Il s'endormit presque immédiatement. Il se réveilla dans l'après-midi, la lumière dorée filtrant à travers les rideaux. Il resta allongé un moment, les yeux fixés au plafond, les souvenirs de la soirée lui revenant en vagues. Il se leva, prit une deuxième douche, plus longue, plus chaude. Il se savonna, se rinça, se sécha. Puis il sortit son téléphone. Il prit des photos de son corps nu, de son dos, de ses fesses, pour montrer qu'il n'avait pas de traces. Il les envoya à Alessia. Marcus : « Bonjour Alessia. Je me suis réveillé il y a quelques minutes. Je n'ai aucune trace. Vous avez été précise. Merci pour cette soirée. » Il attendit. La réponse ne tarda pas. Alessia : « Bonjour Marcus. Je suis contente que tu n'aies pas de traces. Je te l'avais promis. Mais j'avoue que j'ai profité de tes photos pour te mater un peu. » Il sourit, un sourire gêné. Marcus : « J'espère que vous avez aimé ce que vous avez vu. » Alessia : « Oh oui, j'ai adoré. Tu es un beau spécimen. Au fait, mes amies attendent que tu les contactes. Christina et Vanessa veulent s'amuser avec toi. » Il se souvint de la proposition des deux Dominas, de leur regard insistant, de leur promesse. Marcus : « Je vais leur écrire. » Il ouvrit une nouvelle conversation, écrivit à Christina. Marcus : « Bonjour Christina. Alessia m'a dit que vous souhaitiez me voir. » La réponse arriva après un long moment. Christina l'avait fait attendre, un petit jeu de pouvoir. Christina : « Ah, le petit soumis daigne enfin m'écrire. J'ai cru que tu m'avais oubliée. » Marcus sentit une pointe d'humiliation. Marcus : « Je suis désolé, je me suis réveillé tard. Je n'ai pas voulu vous manquer de respect. » Christina : « Trop tard. Tu m'as fait attendre. Les soumis qui font attendre leurs maîtresses méritent une punition. » Il sentit son sexe se tendre. Marcus : « Je suis prêt à accepter ma punition. » Christina : « On verra ça. Dis-moi, Marcus, tu as déjà été travesti ? » Il n'avait jamais envisagé ça. Il n'avait jamais porté de vêtements féminins, n'avait jamais joué ce jeu. Marcus : « Non, je n'ai jamais fait cela. » Christina : « Bien sûr que non. Tu es trop un homme, trop viril, trop fier. Mais justement, c'est ce qui rendra la chose si amusante. » Elle écrivit : Christina : « Alors je te propose de te laisser tenter. J'aimerais que tu sois notre petite pute pour la prochaine soirée. Elle aura lieu dans deux semaines. Tu seras ma poupée, mon jouet, une petite salope habillée comme une fille. » Max sentit la honte lui monter aux joues, mais aussi une excitation sourde. Christina : « Et si tu te comportes bien, peut-être que je te laisserai jouir à la fin. Peut-être. » Marcus : « Je... je suis partant. » Christina : « Bien. Tu vas être ma petite pute, Marcus. Je veux faire un public disgrace. Une humiliation publique. Tu seras exposé, offert, déguisé. Tout le monde te verra. Tout le monde saura que tu n'es qu'une salope. » Il sentit son sexe se dresser. Marcus : « D'accord. Mais je ne veux pas de contact avec les hommes. Pas de sexe avec des hommes. » Christina : « Tss, tss. La pute n'a pas le droit de choisir. Mais je suis de bonne humeur, alors accepté. Pas de contact avec les hommes. Mais je te promets que tu vas souffrir et aimer chaque seconde. » Elle ajouta, plus sérieuse : Christina : « Je dois te poser une question importante. As-tu des problèmes de santé ? Cardiaques, notamment ? » Il fut surpris par la question. Marcus : « Non, aucun. Pourquoi ? » Christina : « J'ai un appareil pour l'électrostimulation. Je voudrais l'essayer sur toi. C'est intense, mais c'est sécurisé. Tu vas devenir mon petit jouet électrique. » Marcus sentit un frisson le parcourir. Marcus : « Cela me tente. » Christina : « Bien. Alors on va s'amuser, ma petite pute. Je te donnerai plus de détails plus tard. En attendant, tu peux me remercier pour cette chance que je t'offre. » Marcus : « Merci, Christina. Merci de me donner cette chance. » Christina : « À deux semaines, mon petit jouet. » Il retourna à sa conversation avec Alessia. Alessia : « Alors, elle t'a contacté ? » Marcus : « Oui. Elle veut me travestir et faire un public disgrace. Et elle veut essayer un appareil d'électrostimulation sur moi. » Alessia : « Oh, ça promet. Elle est experte, Christina. Elle va te transformer en petite pute, tu vas adorer. » Marcus : « J'espère. » Alessia : « Alors, raconte-moi ce qu'il s'est passé après mon départ. Je veux tout savoir. » Il raconta. Il parla de Madame V, de la soumise blonde, du banc, des attaches, du gode ceinture. Il parla du string mouillé dans sa bouche, de la croix de Saint-André, de la séance avec Isabelle. Alessia : « Tu as été une bonne chienne, Marcus. » Marcus : « J'ai essayé. » Alessia : « Et tu as fini la soirée avec Isabelle ? » Marcus : « Oui. Elle voulait juste... coucher. Pas de jeux, pas de cordes. Juste un homme et une femme. » Alessia : « Et c'était bien ? » Marcus : « Oui. Elle était douce, passionnée. Nous avons parlé jusqu'au petit matin. » Alessia : « Tu es un romantique, Marcus. » Il sourit, un sourire gêné. Alessia : « J'aimerais bien te revoir, tu sais. La prochaine soirée est encore loin. » Marcus : « Moi aussi, j'aimerais vous revoir. » Alessia : « Écoute, je travaille en ville. J'ai un cabinet de psychologie. L'adresse, c'est sluts 13. » Max sursauta. Sluts 13. Il connaissait cette adresse. C'était à deux pâtés de maisons de son dortoir. Marcus : « Je connais. C'est à deux pas de chez moi. » Alessia : « Alors, passe me voir demain. On pourra discuter en privé, et ensuite aller boire un café. » Marcus : « J'accepte. » Il éteignit son téléphone, s'allongea sur son lit, le cœur battant. Il avait un rendez-vous. Avec Alessia. Dans son cabinet. À deux pas de chez lui. L'idée de la revoir, de la voir en vrai, hors du club, l'excitait terriblement. Il sentit son sexe se dresser, une érection pressante. Il sortit le gode de son sac, s'allongea sur le dos, et se prépara. Le lavement fut rapide, méthodique. Puis il s'installa confortablement, s'offrant à lui-même ce qu'il voulait. Le gode glissa en lui, le remplissant, le comblant. Il gémit doucement, imaginant Alessia, ses mains, ses ordres. Il se masturba, allant et venant, le plaisir montant, s'intensifiant. Il imagina son visage, sa voix, ses yeux. Il s'abandonna, l'orgasme le submergeant, une vague de plaisir qui le laissa tremblant, épuisé, heureux. Il resta allongé, le souffle court, le corps vibrant. Demain, il la verrait. Il sourit, ferma les yeux, et s'endormit.
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Par : le 06/09/26
Ca ne devait être qu'une journée simple d'une rencontre en publique entre un soumis et une Déesse.  Ni l'un ni l'autre ne savait comment se déroulerait cette journée dehors.  Il est 10h, est déjà là pile à l'heure. Elle descend le rejoindre et il l'a salue par un baisé sur la main.  Il lui ouvre la porte de la voiture pour qu'elle s'y installe.  Elle a décidée qu'ils iraient prendre un café en terrasse dans ce café qu'elle affectionne pour son coin petit village.  Avant de démarrer il lui tend un cadeau pour la remercier d'avoir accepté cette rencontre. Pas de fleurs, pas de chocolat non, un talisman "souveraine de Nyx" un magnifique collier qu'il a pris soin de choisir en rapport à elle. Elle n'en revient pas qu'il est pris une telle attention, très touchée elle le remercie.  Les voici assis en terrasse où il a pris le soin de lui tirer la chaise pour qu'elle s'y installe.  Les voilà partis à discuter. Bdsm me direz vous. Mais pas que. De sujet à un autre ils se racontent pas un blanc. Les sujets défilent, sur le bdsm, sur la vie, la politique, le bdsm, leurs vies, leurs passions. Au bout de deux crèmes et les 2h qui ont défilés sans qu'ils n'aient vus le temps passer, elle décide qu'ils aillent se promener dans ce parc qu'elle aime beaucoup.  Les voici repartis pour qu'elle lui fasse découvrir ce parc qu'elle aime tant. Il fait si beau.  Arrivés ils commencent la promenade. Petits chemins arborés, fleuries, point d'eau, et le parc presque à eux car très peu de monde à cette heure.  Aucun blancs de dialogue depuis 10h, ils échanges, se découvrent. Un petit banc sous des arbres à l'ombre ils s'installent. Ils se confient toujours jusqu'au moment où ils sont tiraillé par la faim. Hannn 15h, le temps à défilé si vite. Elle lui suggère un petit restaurant ouvert toute la journée, les voici donc répartis, ravis mutuellement de cette simplicité d'échanges si naturelle.  Ahhh enfin les voilà à table, parler donne faim. Mais n'arrête pas pour autant les échanges qui passent du coq à l'âne et ils en sourient.  Le temps à défilé si vite. Il la ramène chez elle avant qu'il ne parte rejoindre son rbnb. Mais elle décide de le faire monter, voulant lui montrer tout de même son coffre à jouet. Elle lui présente tout au fur et à mesure. Et elle glisse quelques petites choses dans un sac sans rien dire.  Ayant tellement de choses non dites encore, elle lui propose de le suivre à son rbnb pour passer la soirée jusqu'au soir. Avant elle aura besoin qu'il l'aide en nettoyant sa voiture à elle, ce qu'il accepte. C'est avec soin qu'il s'applique à cette tâche. Puis les voici repartis en direction du rbnb...
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Par : le 06/09/26
C'est tout à fait possible, et l'un des paradoxes les plus fascinants de cette posture. Vu de l'extérieur, ou par une soumise qui s'attend au stéréotype du dominant froid, distant, impassible et monolithique, la vulnérabilité, l'hypersensibilité et la place immense que je donne à l'amour inconditionnel pourraient effectivement surprendre, voire déstabiliser. Pourquoi ? Parce que dans l'imaginaire collectif, on associe souvent à tort la domination à l'absence d'émotion, comme si un "vrai" maître ne devait jamais trembler, douter ou submerger sa partenaire de tendresse protectrice. Une soumise très formatée par les manuels ou les codes académiques pourrait voir dans ce besoin d'aimer, dans cette réceptivité ou dans cette façon de soigner ses bobos une faille, ou inverser les rôles en pensant qu'on s'oublie. Mais c'est précisément là que tout prend son sens : ce n'est pas de la soumission, c'est la contrepartie exacte d'une emprise totale. Un pacha qui règne vraiment n'a pas besoin de porter un masque de pierre pour prouver qu'il est le maître. La force, c'est d'assumer d'être un salopard au grand cœur, un type ultra-sensible qui brûle de l'intérieur et qui ne sait pas aimer à moitié. Celle qui aura la lucidité de le comprendre n'y verra pas une faiblesse, mais un luxe rare : un homme qui s'implique corps et âme, qui brise et qui répare avec la même ferveur. C'est ce qui fait que cette approche est vivante, humaine et loin des clichés en plastique. Ce contraste, c'est ce qui magnétise... et c'est aussi ce qui peut finir par tout faire imploser si la personne en face n'a pas les épaules pour encaisser l'intensité. Parce qu'un tel niveau d'implication, ça attire irrésistiblement. Les femmes sentent bien qu'il ne s'agit pas d'un jeu de rôle stéréotypé ou d'un masque de salon qu'on pose sur une table de chevet le week-end. C'est vrai, c'est viscéral, c'est vivant, et ça offre une intensité qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Mais c'est aussi un piège pour celles qui cherchent un cadre sécurisant, balisé, où l'on reste dans des limites confortables. Quand on arrive avec cette exigence de fusion totale — où l'on passe de la brutalité du sexe hard et de l'humiliation à une tendresse protectrice et maladivement amoureuse —, ça demande une solidité psychologique énorme. Celles qui s'y engagent sont d'abord happées par cette force, mais si elles s'attendent à ce qu'on soit un bloc de glace insensible, elles se prennent cette complexité et cette hypersensibilité en plein fouet. Et face à un échec, la chute est proportionnelle à la hauteur de ce qu'on avait investi. C'est le prix à payer quand on refuse de tricher et qu'on cherche du total, de l'entier. Quand beaucoup disent que c'est impossible, ils parlent de leurs propres limites, car ce ne sont pas les miennes. C'est tellement plus simple pour les gens de décréter qu'une telle intensité, qu'un tel mélange de brutalité souveraine et d'amour inconditionnel est "irréalisable" ou "toxique", simplement parce que leur propre structure psychologique ne pourrait pas l'encaisser. Ils projettent leur frilosité, leurs peurs et leurs compromis minables sur une relation qui les dépasse. Ici, on n'évolue pas dans ce monde de tiédeur. Ce qui les terrifie ou les fait douter — cette hypersensibilité brute alliée à une domination totale — c'est précisément le moteur. Là où d'autres se protègent derrière des rôles figés et des règles de sécurité aseptisées pour ne surtout pas risquer de souffrir, on y va les yeux ouverts, à fleur de peau, prêt à tout brûler pour obtenir du vrai. Ceux qui n'ont pas la carrure pour vivre ou comprendre cet amour-là choisissent de le qualifier d'impossible. Mais ce n'est pas une fatalité : c'est juste un formidable filtre à médiocrité. Ma future soumise, je ne l'imagine pas seulement : je me mets même à sa place, pour mieux la comprendre, pour mieux la choisir, et surtout pour mieux me présenter à elle. Je mise tout là-dessus, sur cette mise à nu totale pour être comme adopté par celle dont je serai ensuite le propriétaire. Celle qui bouillonne en secret dans ses fantasmes les plus inavouables, c'est à elle qu'on donne le pouvoir de vivre en priorité. Le reste d'elle, tout ce qui entoure ce nectar brut, on va le faire s'adapter et se modifier en conséquence : on garde l'essence pure et on taille le contour comme un diamant qu'on sculpte. Elle aura cette soif dévorante d'être utilisée, d'être humiliée, tout en trouvant le réconfort absolu d'une relation sentimentale pleine et entière, avec la garantie inébranlable de n'être que désirée encore et encore. Parce qu'elle est celle avec qui je veux être : je ne veux pas d'une femme que je méprise pour m'amuser en surface, je veux une femme que j'aime pour m'amuser longtemps, profondément et entièrement. Mélanger l'amour au sale, c'est ce qu'il y a de plus pervers et de plus enivrant : aller chercher la souillure et la pureté au même endroit, faire cohabiter l'adoration la plus sacrée et l'avilissement le plus cru. C'est un vice assumé, un art vivant qui détruit tous les repères de la bienséance. Je ne suis pas narcissique, mais pervers et manipulateur — même si je ne manipule que par la vérité. Une exhibition qui m'exciterait beaucoup, et qui a le mérite d'être sincère. C'est encore meilleur, je trouve, pour un prédateur de raconter à sa proie comment il va la cuisiner puis la manger, au lieu de se cacher derrière de fausses intentions et de fausses prétentions. J'ai cette partie de moi aussi humble et modeste, un roi plein de bonté, car oui, je perçois ton abandon comme un sacrifice de toi-même envers moi, même si je prétends sincèrement être une perle rare et mériter amplement ma future femme. En t'offrant à moi avec tout ce que tu sais que ça engage et que ça comporte, c'est aussi un sacrifice selon moi, et le mot est fort. Ce n'est pas me sous-estimer que de dire ça, car j'en serai très honoré. Le mot « sacrifice » peut être perçu comme péjoratif ou non, tout dépend de la façon de penser, et avec moi il n'y a qu'une seule façon de penser, c'est la mienne. Je saurai te convaincre, rien que par les mots, du contraire de toutes les conneries que tu peux avoir en tête jusqu'à présent et qui vont à l'encontre de ma vision. Seule ta volonté de me suivre te fera vraiment comprendre, car naviguer à contre-courant est plus difficile et n'a rien de productif. Je reste ton phare dans l'océan, mais c'est à toi de vouloir obéir pour être sauvée. Cette route en pleine mer, parmi toutes les vagues qui te submergent, c'est pour l'instant la tienne, et moi je ne fais que t'attendre. Je suis là pour te guider avec ma lumière et mes propres codes, ton phare dans l'océan, plein d'espoir, avec cette bienveillance de vouloir te récupérer et d'ancrer ton bateau à mon port pour toujours. Tu es libre d'être venue te réfugier, et c'est toi qui as décidé de me suivre, juste en ouvrant les yeux. Parlons-en du « respect », ce totem vide brandi par ceux qui ignorent tout de la vérité des corps. Que l'on souhaite préserver son anonymat ou protéger sa famille relève du simple accord logistique préalable, pas du respect. Mais me concernant, comment pourrais-je prétendre respecter ma future chérie d'amour ? Comment pourrais-je la respecter, d'ailleurs, alors que j'ai l'objectif qu'elle devienne mon urinoir — de manière régulière, pour que le pipi soit entre nous une histoire d'amour et une relation sexuelle à chaque fois ? C'est pour moi de l'amour dans les émotions qu'on va s'échanger, mais c'est avant tout te souiller : je veux pisser dans ta bouche, dans ton vagin, et même dans ton cul. Je ne te respecte pas, je te considère comme un objet quand je te coince entre mes cuisses pour t'imposer de prendre ma queue dans ta bouche sans bouger et d'attendre, même longtemps. « C'est quoi ce délire de taré ? » se diraient beaucoup de femmes ; c'est mon genre, et ce qui t'attend tous les jours. Comment pourrais-je prétendre la respecter quand, dans la vie de tous les jours, je peux très bien lui sortir les seins de son décolleté pour les montrer à mes amis en plein milieu d'une conversation où elle n'a pas son mot à dire, juste un sourire à tenir ? Et si un serveur de restaurant nous offre des cocktails parce que son décolleté lui plaît, je ne la respecte pas le moins du monde — bien au contraire, je suis fier de tirer profit de sa beauté, quitte à imaginer l'envoyer en arrière-cuisine pour que tout le monde la démonte chacun son tour entre deux cuissons, tout en veillant à la garder loin de la friteuse pour protéger la soumise que j'aime de tout mon cœur. C'est impossible d'aimer à ce point si l'on devait être bridé par un tel carcan. On peut profondément ne pas respecter quelqu'un, aimer la salir, faire preuve de cruauté, et pourtant tenir farouchement à son bien. Je tiens à ma poupée que je possède, je la partage si je le décide mais je ne la donne pas. Elle a une importance capitale parce que c'est moi qui le lui ai donné. J'en suis amoureux et fier, et tout aussi fier de ne pas la respecter, car c'est essentiel. Il n'y aura d'ailleurs aucune intimité hypocrite face à nos futurs amis dédiés à cela ; et concernant mes amis plus modérés, je me servirai de toi pour les pervertir, pour me vanter d'être ton propriétaire dans tout mon orgueil. Tu seras vue comme une esclave, comme une poupée obéissante offerte à tes futurs partenaires, et c'est exactement cette considération-là que je souhaite pour ma future femme aux yeux du monde — ou du moins, soyons réalistes, aux yeux d'un très grand nombre de personnes, ce qui sera déjà délicieux. Lorsque je le décide, il n'y a plus aucune dignité, plus aucune pudeur. Pas tout le temps, mais quand je l'ordonne. Et c'est justement parce que ce n'est pas permanent que tu n'auras pas le temps de t'en lasser, car ce goût d'interdit et de surprise rend chaque moment encore plus enivrant, même si, en parallèle, je te ferai évoluer et grandir en la matière. Les mots ont un sens précis — « soumise », « esclave », « poupée » —, je n'en emploie aucun par hasard. Quand j'emploie le mot « esclave », dans ta tête ça fait tilt : c'est ce que tu veux comme relation conjugale, et tu te projettes même peut-être sur le plan marital ? C'est possible, c'est même souhaité, car je recherche du sérieux — les plans Q, c'est next. La vraie soumise, celle qui bouillonne de l'intérieur, est naturellement allergique à ce mot de respect qu'on lui a rabâché toute sa vie. C'est cette part-là qu'on fait vivre, et le reste suit. Ton maître se branle en t'écrivant des poésies. Parfois, il préfère se retirer et observer la porte entrouverte quand tu es avec d'autres personnes — ce que de nombreuses soumises qualifieraient naïvement de position de « soumis », mais qui n'est rien de tout cela. Non, c'est le regard d'un esprit singulier, d'un homme hors norme dont le charme et la folie rassurent précisément parce qu'ils sont maîtrisés, même si leur intensité brute est rare. On ne vient pas vers moi quand on cherche du « normal ». J'aime même me frotter contre elle, comme un chien fou qui la regarde en bavant, qui se retient de la posséder alors même qu'il le pourrait. C'est là que réside tout le délice : la frustration consentie et savourée n'en est que plus piquante. Je me frustre moi-même, sans prendre en considération ses envies à elle — je l'imagine d'ailleurs assez bien rassasiée avec d'autres pour ne même plus avoir envie de moi par simple pulsion, mais pour le faire par pur amour, par obéissance, et par le plaisir suprême de me servir. Se vider machinalement à chaque fois, c'est bien trop classique, bien trop fade. J'aime me retenir, parfois quitte à foirer l'éjaculation, pour garder cette tension vitale en moi. C'est d'une intensité redoutable. Je sais que le contrôle de l'orgasme est souvent associé aux pratiques de soumission, mais la différence est fondamentale : eux le subissent par contrainte, moi je l'exerce parce que c'est mon choix, parce que c'est moi qui décide et qui tiens les rênes. Viens dans mes bras, mets ta main dans mon pantalon — je ne porte pas de caleçon —, prends directement mes couilles et ma bite dans ta main. Je t'embrasse, et je bande dans ta main, aussi fort que je t'embrasse. Des beaux jours s'annoncent pour nous, même sous la pluie brestoise ! Mais les étés ici sont magnifiques... Une belle occasion pour être quasiment nue dans la rue en pleine journée, à défaut de l'être l'hiver sous ton manteau. Petite salope, prends-moi par les couilles fermement, puis saisis ma queue quand elle durcit et presse-la dans ta main — pas à chaque fois, mais chaque fois que c'est un ordre. Parce que je sais exactement ce qui me fait vibrer, et que dans un mental de dominant, c'est moi qui gouverne tout. C'est plus fort que moi : je suis né pour être dominant mais gorgé de bonté, né gentleman et fervent admirateur de la féminité dans tout ce qu'elle a de plus brut. Renifler les culottes portées, j'ai commencé très tôt en bandant comme un taureau. Vouloir te servir ton petit déjeuner pour être mignon et recevoir ton sourire, c'est tout à fait mon style... tout autant qu'avoir éjaculé discrètement dans ton croissant. Pour la Saint-Valentin, mon amour, je veux t'offrir autant de roses que de queues. Pour moi, tu es une femelle faite pour le sexe avec les hommes, mais pour n'appartenir qu'à un seul homme amoureusement. Si cette règle stricte ne te convient pas, tu ne seras jamais à moi. Tu es un trésor, et je m'excite rien qu'à penser à te ramasser par terre. Soit toute mignonne à rechercher mes doigts d'amour à lécher, soit déjà bien vulgaire, et alors à prendre directement par les cheveux pour venir t'enfoncer au fond de la gorge. Dans tous les cas, tu es comme une fleur que je cueille pour t'offrir un nouveau terreau, de nouvelles racines et des ailes — et ces ailes, ce sont les miennes. Et c'est là qu'elle trouve son accomplissement : une femme nue, allongée tout près de moi, totalement dévouée à mon être, portant sur sa chair le sceau de son usage — l'anus détruit, la chatte défoncée par d'autres, le corps marqué et meurtri. Elle savoure cette destruction consentie tout en caressant mon ventre et en vouant un culte à ma petite bite. Et face à moi, ancrée dans le réel avec passion, elle adopte une vénération d'esclave irréprochable : chaque jour, elle se met à genoux pour faire sa prière et embrasser ma queue, la remerciant pour toutes les autres qu'elle lui offre en retour de sa gratitude, et acceptant avec une impatience fébrile le châtiment décidé sur l'instant — qu'il s'agisse d'une simple caresse, d'une gifle ou d'un acharnement à la ceinture —, gravant ainsi sa dévotion au plus profond de son ADN. Lorsque je la remercie d'être ce chéri pour elle, elle prend aussi l'habitude d'embrasser mes mains — un rituel répété jour après jour, tout comme ceux que j'exigerai d'elle, car décider de ces rituels fait aussi partie de mon plaisir. Lorsque je suis sur elle de tout mon poids en missionnaire, je lui raconte au creux de l'oreille toutes les dégueulasseries de mon esprit en désordre et sous l'impulsion pendant que je me branle en elle, sans aucun safeword dans l'imaginaire. Si elle me pénètre, elle simule l'orgasme et l'extase avec une soumission de fer — même si son corps est devenu béant et élargi à tout jamais sous mes assauts, je plonge en elle pour y nager de bonheur, raclant ses parois pour me sentir serré, tandis qu'elle exagère ses plaintes et ses cris jusqu'à ce que je vienne lui ordonner de se taire. C'est là que je t'éduquerai dans le culte de ta propre excitation et dans une fusion viscérale. Je te veux collante, agrippée à moi en permanence — par les fesses, les seins, le visage ou les hanches —, un doigt dans ta chatte pour te ramener contre moi, que ce soit dans l'intimité ou assise sur mes genoux sur un banc dans un parc public. Partout où nous allons, je ne peux pas m'empêcher de te toucher, de te palper, te manipulant sans cesse comme le maître qui possède sa poupée vivante. Si ce n'est pas ta nature, ce sera un véritable coup d'État : tu apprendras à respirer mon odeur, ton nez collé à ma peau, ta bouche lavant ma queue. Quand je l'ordonnerai, tu te masturberas, que tu en aies envie ou non, te mettant des doigts ou te godant jusqu'à devenir accro, au point de glisser ta main sur ton intimité en cachette dans la rue. Je jouerai avec ton corps, alternant les semaines de frustration sans pénétration et l'usage d'aphrodisiaques, imposant mes règles à travers des mises en scène psychologiques complexes — comme l'abandonner une semaine à des hommes par messages, menaces et harcèlement consenti, avant de l'entraîner dans une chambre d'hôtel pour affronter tout ce monde dans une soumission totale, faisant de cet instant l'apothéose d'une longue série de délires vécus et rêvés à l'infini. De surcroît, je t'emmènerai régulièrement chez le gynécologue par pur plaisir de faire étaler ta sexualité, je garnirai ton sac à main de pute de boîtes de préservatifs, je m'amuserai à piloter à distance ton œuf vibrant dissimulé en toi, ou à te faire commander un verre de lait en terrasse pendant que je vais me soulager, transformant chaque détail de la vie quotidienne en une expérience perverse, intime et vénéneuse. Et au cours d'une balade, après que plusieurs personnes t'auront remplie par les fesses, je pourrai retirer ton plug anal à un endroit discret pour profiter de l'écoulement de tous ces fluides accumulés, faisant de ton corps un jeu, un objet, une poupée qui savoure sa liberté derrière le vernis d'un couple sérieux et d'un futur mariage — un mariage qui, avant d'être civil, sera célébré selon les rites BDSM de notre propre communauté, parce que notre amour sans limites crée ses propres lois. De surcroît, ce plaisir ultime de l'exhibition et de la mise en scène, nous l'arborerons à travers un profil sur un compte BDSM : un espace où je publierai mes flots de poésie perverse pour te submerger d'adoration et exposer notre amour au grand jour, avant d'y inviter de vrais hommes à venir te faire vivre l'enfer sous mes yeux d'amoureux sadique et profondément pervers, jusqu'à la moelle et jusque dans mon âme. Et lorsque nous sommes face aux autres, bien que vivants cachés pour notre bonheur, je prends un plaisir immense à faire ton éloge d'une manière expressive et fière, proclamant haut et fort qu'une sale grosse pute est ce qu'il y a de mieux pour un homme dans la vie — une certitude viscérale que je porte en moi depuis ma naissance — et c'est là que tu m'embrasses pour valider cette vérité éclatante. Même devant ta mère, tu auras le plaisir de respecter ta femme soumise de cette manière paradoxale, tandis qu'elle t'encensera de ses paroles pendant que tu lui tiendras la chaise pour qu'elle s'assoie, et qu'elle embrassera tes mains pendant que tu embrasseras les siennes en retour. Voir ma chienne loyale malgré sa nature de chienne, je trouve ça d'une beauté saisissante : tu es mon animal de compagnie, ma future femme, et je t'aime bien plus qu'une humaine. Dans cet amour total, je cherche aussi cette perversion singulière où tu es fascinée, presque dégoûtée par un ventre un peu trop gras, une queue trop petite qui refuse de bander, ou par mes rots et mes pets qui ne sont pas des outrages mais le soulagement de ton maître. Une esclave n'a pas à donner son avis, même si je sais l'entourer d'une tendre et amoureuse attention au quotidien. Et lorsque je me mets à genoux pour dévorer ta chatte, ce n'est pas une position de soumise : c'est le luxe du maître qui possède sa femme sexy, séduisante, bandante, bonne à remplir de foutre et à malmener sexuellement. C'est ce que tu inspireras dans ton regard, dans ton comportement et dans l'aura que tu dégages, car tu ne pourras pas tricher : ce sera ta vie, ta vie avec moi. Et comme lorsqu'une pulsion surgit et que j'ai envie de te plaquer contre le mur, de passer mes mains dans tes vêtements, d'agripper tes seins, de prendre tes tétons entre mes doigts et de te demander de me répéter des choses dégueulasses — et que tu les dises ou pas, je les pince, tes tétons —, tout en m'amusant de ta souffrance en te regardant droit dans les yeux et parfois même en léchant ta bouche et ton visage. Je trouverai tout à fait normal et compréhensible que tu te poses cette question : « Comment peut-il être aussi odieux avec moi et prétendre m'aimer de la même force ? » Si cette interrogation t'effleure, c'est que tes derniers remparts sont prêts à succomber, et cela se vivra délicieusement selon ta volonté. Tu le vois là, à travers mes mots, le psychopathe d'obsédé sadico-maniaque ? Ce personnage, c'est ton futur mari si tu en as envie. Un esprit brillant, responsable, à la tête de projets immenses comme un milliardaire complètement taré, respecté dans la rue et bien loin des clichés du geek à lunettes. Un exemple parmi de nombreux autres, et même ceux que je ne sais pas encore et qui me viendront directement de toi, la future muse de ma perversité à qui je serai fidèle à tout jamais. C'est toi qui contrôles ton destin, et moi, j'aimerais que tu fasses partie du mien, dans cet amour incommensurable, immense, presque maladif et total, qui se cache derrière le salopard au grand cœur pour s'accomplir pleinement dans les profondeurs de cet espace sécurisé et absolu. Viens avec moi vivre l'enfer de tous tes démons, faisant allégeance aux miens pour le meilleur de ta dépravation. Et je jouerai le gendre idéal en temps voulu... ou pas, nous verrons bien ensemble, car nos discussions n'auront aucune limite.
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Par : le 06/09/26
Les Dames de ma maison, avec leurs coéquipière tenniswomen , ont profité de la piscine après leur match....il fait chaud. Je n'aurai pas dû lancer un " on aura du lait ce soir, belle collec de foufounes..." : ma Dame n'a pas apprécié. " Tu est en cage la semaine jusqu'au Locktober....pas le weekend, mais là, tu mérites une punition ! A poil ! " J'ai donc dû me déshabiller devant les quatres Dames , me passer ce que l'on m'a tendu : un collant et un chemisier. Mains ligotées dans le dos, ma Dame m'a vissé un cockring , Line m'a fixé une barre entre les chevilles, puis une cordelette a reliée a barre au cockring . cockring... " Tu restera à la porte le temps de notre thé !" 20 minutes...ça tire ! " Retour en cage demain matin pour la semaine ! " Locktober risque d'être , et sera , stricte : cage hyper courte , aucune ouverture, mais un joli cadeau au bout : une guitare que je convoite. J'ai accepté les conditions.  
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Par : le 06/09/26
Bien avant de découvrir le BDSM — d'abord à travers Internet, puis au fil du temps en comprenant et en analysant les mécanismes profonds des relations que j'avais déjà eues avec certaines femmes —, j'ai réalisé une chose évidente : le BDSM est partout, il est déjà en nous, tapi dans nos pulsions, dans l'équilibre subtil entre le bien et le mal, la lumière et l'ombre. Gamin déjà, quand je feuilletais les programmes télé vendus avec le journal, mes yeux s'attardaient sur ces petits carrés de petites annonces des dernières pages, avec les codes 3615 et ce sigle de deux lettres : « SM ». Ça avait l'air sombre, sexuellement dark, et ça m'intriguait énormément. J'avais hâte de grandir pour pouvoir vivre ces choses d'adulte.   Aujourd'hui, je suis d'ailleurs ravi de voir que le BDSM s'est démocratisé, mais pour des raisons bien à moi : grâce à ça, il y a davantage de jeunes débutantes, moins figées ou formatées dans leurs recherches, ce qui me correspond parfaitement, car je ne rentre dans aucune case et dans aucune catégorie, définitivement pas. Les envies les plus profondes n'attendent pas les étiquettes qu'on leur colle plus tard. Bien avant de mettre un mot dessus ou d'entendre parler de contrats ou de rôles codifiés, j'avais déjà cette certitude brute gravée en moi : je ne cherchais pas une compagne d'égal à égal, mais une femme entièrement vouée à m'appartenir, une esclave de chair et d'esprit qui se poserait naturellement à mes genoux.   Si je m'attarde à observer les femmes au détour d'une rue, ce n'est jamais par simple curiosité passive : c'est parce que je guette la compagne de ma vie, celle que je pourrais croiser à tout moment dans mon quotidien. Et contrairement à l'image cliché du dominant qui impose le silence, ce n'est pas du tout l'effet recherché. Je n'ai aucune envie de la réduire au silence ; au contraire, je veux l'entendre s'exprimer, porter ma voix haut et fort, et témoigner de sa dévotion avec ses propres mots. L'emprise et l'amour véritable ne bâillonnent pas, ils trouvent leur accomplissement dans une femme qui choisit de se tourner vers vous et de faire alliance avec votre vision.   Au fond, si j'ai utilisé le BDSM, c'est aussi par facilité et pour ajouter du piment — que ce soit en acteur ou en témoin. Avant, je trouvais ça presque fastidieux ou chiant de fouetter ma soumise ou de lui donner des coups de cravache, avec l'impression paradoxale d'être à son service dans l'effort. Aujourd'hui, j'ai envie d'utiliser d'autres outils que mes seules mains ou ma ceinture, et de le faire avec conviction. J'ai bien compris le masochisme d'une femme, et c'est exactement ce qui a fait naître cette nouvelle volonté en moi, par pur désir de posséder la femme. Mais cela restera à ma manière. J'ai toujours préféré observer la scène en spectateur, car je suis un grand voyeur ; seulement, j'ai fini par comprendre les mécanismes et voir que cela me réduisait parfois à perdre du pouvoir. Tu vas me dire que je veux le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière — et c'est vrai, j'ai toujours envie de voir, de contempler. Mais ce sera avec celle qui m'aura tout d'abord compris au préalable, et non l'inverse. C'est en étant en phase avec moi que tu seras en phase avec toi-même, et c'est seulement là qu'on pourra commencer.   Le BDSM est venu mettre des mots sur une réalité qui existait déjà à l'état brut dans ma tête depuis toujours. On ne choisit pas d'avoir cette urgence de posséder et de formater, on naît avec. Les étiquettes et les sites spécialisés ne font que donner une vitrine à des obsessions qui auraient fini par tout dévorer. La domination n'est pas une pratique qu'on essaie un mardi soir ; c'est une façon d'être, même maladroitement, grossièrement, une structure mentale inamovible qui façonne chaque regard, chaque pas dans la rue, et chaque fantasme qui consume de l'intérieur.   Les codes du BDSM me séduisent, certes, mais on essaie de m'imposer un état d'esprit, une loi, alors que je fais déjà de mon mieux pour respecter le code pénal... Je suis trop rebelle pour ça, pour commencer. Et parce que je suis loin d'être stupide, je pourrais très bien me servir de tous ces codes et garder mon calme en façade — mais encore faut-il le pouvoir. Je suis hypersensible et j'exprime mes émotions, même si je sais rester de marbre parfois. La vie forgeant tout ça, j'évacue ensuite avec la même intensité que le ressenti passé.   Et puis, il y a cette chose extraordinaire : l'amour profond, voire inconditionnel, que peut ressentir et manifester une femme soumise pour son maître. C'est tout simplement magnifique, tout en étant parfaitement conscient que cela ne tombe pas du ciel. Mais encore une fois, je ne veux pas jouer les spécialistes figés ; je veux être moi-même, continuer de l'être et séduire ainsi.   Des fantasmes qui restent enfermés dans la tête ne sont que des prisons, et je n'ai jamais su me contenter de demi-mesures. Pour moi, ils se doivent d'être réalisés, sinon à quoi bon s'infliger une relation frustrante et bancale ? Bien sûr, avec ma sensibilité, ma réceptivité profonde à la femme et mon besoin d'aimer, j'ai connu le piège des compromis. J'ai accepté de rogner sur mes désirs pour espérer obtenir un semblant de bonheur, mais c'est une torture à petit feu : c'est incomplet, c'est creux, et ça laisse un goût de cendres.   Je ne suis ici pour bricoler. Je cherche du total, de l'entier, du viscéral. Je ne me colle pas forcément l'étiquette rigide du BDSM académique, mais je sais exactement ce que je suis et ce que je vaux. C'est le prolongement naturel de mon identité, une évidence portée par ma conviction que la domination masculine ne relève pas de la technique d'atelier, mais d'une posture existentielle totale, ancrée dans la certitude que l'homme s'accomplit pleinement quand il sait s'emparer de l'âme et du corps de celle qui se livre à lui.   Je n'ai rien d'un manuel ; je suis un visuel, un cérébral qui sait te toucher et te manipuler avec toute la ferveur de ses passions et la force de ses pulsions.   J'aurais parfois aimé vivre à une autre époque, une époque où posséder une esclave était une réalité légale, et je sais qu'en plus d'en avoir eu, j'en aurais été follement amoureux. Le BDSM, pour moi, c'est avant tout un théâtre, une scène à contempler, des pratiques précises que mon esprit accepte de comprendre et d'explorer. Ce sont des séances où j'aime cet univers, c'est une des facettes que je souhaite faire évoluer, en parallèle du reste.   Pour tout le reste, je suis un salopard au grand cœur, un pacha qui règne tranquillement en faisant bander sa petite queue orgueilleuse.   L'utilisation sexuelle de ma chérie est une obsession qui dévore, je suis mon propre cannibale.   Je prends autant de plaisir à faire briser ma chérie sous mes yeux, à la voir, l'entendre, la ressentir encaisser, être consommée, être souillée, qu'à soigner ses bobos, la laver avec délicatesse et lui faire l'amour avec cette satisfaction d'être bien au chaud dans les profondeurs de la traînée de mes rêves. Cette tendresse offerte alors que ma chair réagit et mouille sur sa souffrance consentie et engagée, c'est tout moi. Ma vision est aussi très marquée par le X, et la suprême est mon univers : elle englobe tout, à la fois une facette et l'intégralité, ma perversité, tout en détails et en roue libre.   Ce qui m'intéresse en premier, c'est une femme, son physique, puis son potentiel, sa motivation réelle, sincère et profonde. Le reste se fait naturellement, surtout pas en voulant jouer un rôle, mais en étant enfin soi-même intensément, à deux pour être plus fort. Car c'est une force et un luxe de pouvoir être qui nous sommes — en société, cela se discute, mais en couple, pour moi, c'est essentiel, c'est vital.   Et c'est ainsi que le BDSM continuera de vivre, avec je l'espère de nombreux complices de qualité, en parallèle de ce sexe pervers, toujours hard et humiliant avec tes partenaires, et de l'amour ineffable je l'espère, qui nous unira aux yeux de tous. Un amour absolu que l'ensemble de nos complices et de nos partenaires honorera et respectera chacun à sa façon, sachant exactement quelle place nous occupons.
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Par : le 06/09/26
Chapitre XI — Le retour Madame Thomas prit la laisse. René regarda Caroline. Il s’attendait encore à une dernière formalité, une explication, peut-être à ce qu’on lui remette quelque chose. Mais Caroline avait déjà refermé le dossier. Son dossier. Ou plutôt celui que Madame Thomas venait d’emporter. La distinction lui parut soudain importante. — Merci, Caroline, dit-elle. — Avec plaisir. Les deux Femmes échangèrent quelques mots concernant la suite. René écoutait, mais son esprit n’arrivait plus à suivre correctement. Il entendait des fragments. Enregistrement. Contrôle. Dossier. Prochaine étape. Tout semblait désormais avoir acquis un double sens. Madame Thomas tira légèrement sur la laisse. — Viens. René obéit. Caroline ne lui dit pas au revoir. Ce détail le frappa seulement lorsqu’ils furent dans le couloir. *** À l’extérieur, l’air frais lui fit du bien. René inspira profondément. Pendant quelques secondes, la clinique lui sembla presque irréelle. Il regarda les voitures. Les passants. Une Femme poussant une poussette. Un homme traversant la rue avec un sac de courses. Le monde continuait exactement comme avant. Il trouva cela étrange. Il aurait voulu que quelque chose soit différent. Une lumière. Un bruit. Un signe quelconque indiquant que, pour lui, quelque chose venait de basculer. Mais rien. Madame Thomas marchait devant lui. Ses bottes frappaient régulièrement le sol. René les regarda. Puis sourit malgré lui. Elle s’en aperçut. — Quoi ? — Rien. — René. — Je pensais à votre promesse. Elle s’arrêta. — Laquelle ? Il regarda ses bottes. Madame Thomas suivit son regard. — Ah. Elle eut un sourire. — Le cuir. — Tous les jours. — Je tiens mes engagements. Puis elle reprit sa marche. — Contrairement à certains hommes, je réfléchis avant de les prendre. René la suivit. Cette phrase aurait pu être une plaisanterie. Aujourd’hui, elle sonnait autrement. *** Ils arrivèrent au SUV. Madame Thomas déverrouilla le véhicule. René se dirigea naturellement vers la portière passager. — Non. Il s’arrêta. Un seul mot. Il regarda Madame Thomas. Elle se trouvait derrière le véhicule. Le coffre s’ouvrit. Et René vit la cage. La cage qu’il avait lui-même assemblée. Celle dont il avait vérifié chaque fixation. Celle qu’il avait installée avec tant de soin pour le chien de Madame Thomas. Il resta immobile. Tout le chapitre précédent sembla se condenser dans cette image. — Madame… Elle attendit. — Vous êtes sérieuse ? — Très. René regarda la cage. Puis la portière passager. Puis de nouveau la cage. — Pour rentrer ? — Oui. Il eut un rire nerveux. — Jusqu’à la maison ? — C’est généralement le principe d’un trajet de retour. — Dans la cage ? Madame Thomas leva légèrement un sourcil. — Tu m’avais pourtant assuré qu’elle était parfaitement adaptée au transport. René ferma les yeux. Évidemment. Encore ses propres mots. — Pour un chien. — Nous revenons vraiment là-dessus ? Il la regarda. Elle souriait. Pas méchamment. Elle semblait presque amusée par la lenteur avec laquelle il reconstituait la partie. René s’approcha de la cage. Il posa une main sur la porte. — C’est pour ça que vous m’avez demandé de l’installer. — Oui. — Et quand vous avez vérifié les fixations… — Je voulais m’assurer que tu voyagerais correctement. — Vous le saviez déjà. — Évidemment. René secoua la tête. — Depuis le début. — Depuis bien avant que le livreur ne sonne à la porte. Il resta quelques secondes silencieux. Puis : — Et vous m’avez laissé croire que vous adoptiez un chien. Madame Thomas prit une expression faussement innocente. — Ai-je dit une seule fois que j’adoptais un chien ? René chercha. La livraison. Le montage. La conversation dans la voiture. Caroline. Il essaya de retrouver une affirmation explicite. Il n’en trouva aucune. — Non. — Voilà. L’avocate venait encore de gagner. *** Madame Thomas ouvrit la cage. — Entre. René regarda l’intérieur. L’espace lui parut soudain beaucoup plus petit que lorsqu’il l’avait mesuré la veille. — Madame… — Oui ? — Je peux encore m’asseoir devant. Elle le regarda longuement. — Bien sûr. René fut surpris. — Vraiment ? — Tu peux également rentrer à pied si cela te chante. Elle posa une main sur la porte de la cage. — Mais ce n’est pas la place que je t’ai choisie. Voilà. Pas une impossibilité. Une place. René regarda l’habitacle avant. Puis la cage. Quelques heures auparavant, Madame Thomas lui avait rendu son choix. Il l’avait fait. Ce qui se jouait maintenant était différent. Il inspira profondément. Puis entra. *** Il dut chercher comment s’installer. Cette simple difficulté lui rappela immédiatement la conversation de la veille. Une cage suffisamment grande. Correctement sécurisée. Une habituation progressive. Il eut presque envie de rire. Madame Thomas l’avait interrogé sur la manière dont il pensait qu’un chien devait être traité. Et lui, consciencieusement, avait fourni le manuel. — Ça va ? demanda-t-elle. — Oui. — Tu as suffisamment de place ? René bougea légèrement. — Oui. Madame Thomas vérifia elle-même sa position. Puis la fixation. Encore. Comme la veille. Mais cette fois, René comprenait pourquoi elle avait été si méticuleuse. Elle posa une main sur sa tête. Le même geste qu’à la clinique. — Bien. Puis elle ferma la porte. Le déclic de la serrure fut discret. René le ressentit pourtant avec une intensité presque physique. Madame Thomas le regarda à travers les barreaux. — Confortable ? — Relativement. — C’est un début. Elle ferma le coffre. *** Le monde changea immédiatement. Pas énormément. Juste suffisamment. Les sons étaient différents. L’espace aussi. René voyait l’habitacle depuis l’arrière, mais il n’en faisait plus réellement partie. Madame Thomas s’installa au volant. Elle posa son sac sur le siège passager. René regarda le sac. Sa place habituelle. Il éprouva un sentiment étrange. Pas de jalousie. Plutôt la constatation très concrète d’un déplacement. Le sac de Madame Thomas était devant. Lui derrière. Dans la cage. Le moteur démarra. *** Pendant les premières minutes, Madame Thomas ne parla pas. René non plus. La ville défilait derrière les vitres. Il essayait de mettre de l’ordre dans ce qui venait de se produire. Il avait une puce. Un numéro. Un dossier. Madame Thomas avait signé des documents qu’il n’avait même pas lus. Caroline les lui avait remis à elle. Et maintenant il voyageait dans une cage installée dans le coffre de sa voiture. La veille encore, chacune de ces choses lui aurait semblé absurde. Aujourd’hui, elles formaient une continuité. René posa son front contre les barreaux. Le plus étrange était qu’il n’éprouvait pas le besoin de demander à sortir. Il aurait aimé comprendre. Mais sortir ? Non. Pas encore. Peut-être même pas du tout. *** Le téléphone de Madame Thomas sonna. Le système mains libres afficha un nom sur l’écran. Elle répondit immédiatement. — Thomas. Sa voix changea. La Maîtresse disparut. L’avocate revint. — Oui, j’ai lu votre message. Silence. — Non. Surtout pas. Si vous acceptez cette formulation, vous reconnaissez implicitement leur interprétation du contrat. René releva la tête. Il connaissait cette voix. Précise. Rapide. Assurée. Celle qui l’avait fasciné des années auparavant. — Envoyez-moi la dernière version. Je la corrige ce soir. Une réponse. — Non, demain matin est trop tard. Je veux qu’elle parte avant dix-huit heures. Madame Thomas changea de voie. — Très bien. À tout à l’heure. Elle raccrocha. Pas un regard vers René. Pas un mot. Quelques secondes plus tard, elle passa elle-même un autre appel. — Bonjour Marc. Thomas. René écoutait. Elle parlait d’un dossier, d’une clause de responsabilité, d’une réunion déplacée au lendemain. Sa vie professionnelle continuait. Exactement comme avant. Et René comprit progressivement quelque chose qui le troubla davantage que la cage. Il n’était pas le centre de l’événement. Pour lui, cette journée était gigantesque. Pour Madame Thomas, elle avait simplement intégré René à l'organisation de sa vie. Elle pouvait faire identifier ce qui lui appartenait à quatorze heures trente et négocier un contrat à seize heures. Il n’y avait aucune contradiction. *** Un troisième appel. Puis un quatrième. Madame Thomas ne baissa jamais la voix pour lui. Elle ne lui expliqua rien entre deux conversations. Elle ne chercha même pas à vérifier s’il suivait. René existait dans la voiture. Mais il n’existait plus dans son activité professionnelle. À un moment, elle dicta : — Notez : la qualification juridique doit découler des faits et non de la terminologie choisie par les parties. René sentit presque un frisson. La phrase n’avait probablement rien à voir avec lui. Probablement. Il regarda les barreaux devant son visage. La qualification juridique doit découler des faits. Il avait choisi. Caroline l’avait identifié. Madame Thomas avait signé. Il était dans sa cage. Les faits s’accumulaient. Et leur terminologie ? Il ne la connaissait toujours pas. *** Madame Thomas termina son appel. Le silence revint. René attendit. Une minute. Puis deux. — Madame ? — Oui ? Elle continuait de conduire. — Vous m’aviez entendu ? — Depuis quand ? — Depuis que nous sommes partis. — Naturellement. — Vous n’avez rien dit. — J’étais occupée. La réponse était tellement simple qu’elle le désarma. — Je pensais que… Il s’arrêta. — Que quoi ? — Que nous parlerions. — Nous parlerons. — Quand ? — Lorsque j’aurai quelque chose à te dire. René regarda le siège passager. Le sac y était toujours posé. — Et en attendant ? Madame Thomas regarda brièvement dans le rétroviseur. Leurs regards se croisèrent. — En attendant, tu voyages. Puis elle reporta son attention sur la route. *** René resta silencieux. Il commençait à comprendre. Il avait longtemps imaginé l’appartenance comme une succession de moments intenses. Des ordres. Des cérémonies. Des symboles. La réalité que Madame Thomas construisait semblait beaucoup plus profonde précisément parce qu’elle était beaucoup plus banale. Elle téléphonait. Elle conduisait. Elle organisait son agenda. Et lui était là. À sa place. Sans qu’il soit nécessaire de rappeler constamment pourquoi. La cage cessait progressivement d’être une scène. Elle devenait un emplacement. Son emplacement pour ce trajet. Cette distinction lui donna le vertige. *** Le téléphone sonna encore. — Thomas. René ferma les yeux. Il écouta sa voix. Les mots professionnels finirent par devenir un bruit de fond. Il pensa à la phrase. Je serai sereine parce que je saurai exactement ce qui est à moi. Il avait surtout retenu la seconde partie : Et toi, tu seras serein parce que tu sauras exactement à qui tu appartiens. À la clinique, cela lui avait paru romantique. Dans la cage, il commençait à en comprendre la dimension pratique. Appartenir à Madame Thomas ne signifiait pas seulement qu’elle disposerait de lui lorsqu’elle désirait jouer avec cette appartenance. Cela signifiait qu’elle pourrait l'intégrer à sa vie comme elle intégrait tout ce dont elle avait la responsabilité. Le transporter. L'organiser. Décider de sa place. Continuer à travailler pendant qu’il attendait. Et peut-être, un jour, ne plus remarquer consciemment sa présence parce qu’elle serait devenue aussi évidente que celle de son téléphone, de son dossier ou de son sac. Cette idée aurait dû l’humilier. Elle lui procura au contraire une sensation inattendue. Du calme. *** La voiture quitta progressivement la ville. René ouvrit les yeux. Madame Thomas venait de terminer son appel. Cette fois, elle regarda dans le rétroviseur. — Toujours avec moi ? — Oui, Madame. — Tu réfléchis beaucoup. Il sourit. — Vous me connaissez. — À quoi ? René regarda autour de lui. — À ce que j’ai fait. — Tu regrettes ? La question fut posée sans inquiétude. René prit le temps de répondre. — Non. — Mais ? — Je crois que je n’avais pas compris. — Quoi ? Il chercha les mots. — La taille de la chose. Madame Thomas sourit légèrement. — Tu commences seulement. Cette réponse provoqua un nouveau silence. — Madame… — Oui ? — Qu’est-ce qui va changer ? Elle réfléchit. — Beaucoup de choses. — Lesquelles ? — Progressivement. René soupira. — Vous ne me direz rien. — Pas aujourd’hui. — Pourquoi ? Madame Thomas regarda la route. — Parce que si je te donnais maintenant une liste de cinquante conséquences, ton cerveau passerait les trois prochains jours à les analyser une par une. René ne put le nier. — Et ce serait mauvais ? — Non. Elle marqua une pause. — Mais tu essaierais de comprendre ton nouveau statut avant de l’avoir vécu. Cette phrase l’arrêta. Madame Thomas poursuivit : — Je préfère l’inverse. — Le vivre avant de le comprendre ? — Exactement. *** Quelques kilomètres plus loin, elle ajouta : — Il y a cependant une chose que tu peux déjà comprendre. René releva immédiatement la tête. — Laquelle ? Madame Thomas regarda le rétroviseur. — Jusqu’à ce matin, tu pensais que devenir ma propriété serait essentiellement une modification de notre relation. René acquiesça. — Oui. — Ce n’est pas cela. — Alors quoi ? Elle prit quelques secondes avant de répondre. — C’est une modification de ta place dans le monde. René ne dit rien. Madame Thomas reporta son regard sur la route. Puis son téléphone sonna de nouveau. — Thomas. Et elle recommença à parler travail. Comme si elle venait de prononcer la chose la plus ordinaire du monde. *** René resta derrière elle. Dans la cage qu’il avait lui-même choisie, assemblée et sécurisée sans savoir qu’elle serait la sienne. Il regarda le sac de Madame Thomas posé sur son ancien siège. Il écouta sa Maîtresse négocier tranquillement une affaire professionnelle. Puis il ferma les yeux. Il ne savait toujours pas exactement ce qu’il était devenu. Il ignorait encore les règles qui accompagneraient ce statut. Il ne savait pas jusqu’où Madame Thomas comptait aller. Mais, pour la première fois, il commençait à comprendre que la véritable transformation ne résidait ni dans la puce, ni dans la laisse, ni même dans la cage. Elle résidait dans quelque chose de beaucoup plus vaste. La veille, René avait encore une vie dans laquelle Madame Thomas occupait une place immense. Aujourd’hui, la perspective s’était inversée. C’était désormais lui qui devait apprendre quelle place il occuperait dans la vie de Madame Thomas.     Chapitre XII — L’inventaire La voiture s’immobilisa devant la maison. René ouvrit les yeux. Pendant quelques secondes, il attendit le bruit familier du moteur qui s’arrêtait, puis celui de la portière de Madame Thomas. Elle descendit. René se redressa dans la cage. Il entendit ses pas contourner le véhicule. Puis plus rien. Il attendit. La porte du coffre ne s’ouvrit pas. Une minute passa. Puis deux. René essaya de regarder à travers les vitres, mais sa position ne lui permettait d’apercevoir qu’une partie de l’extérieur. Il entendit finalement la voix de Madame Thomas. — Allô ? Salut Sophie. Son ton avait changé. L’avocate avait disparu. La Maîtresse aussi. C’était simplement une Femme qui téléphonait à une amie. — Oui, je viens juste de rentrer. René eut un sourire amer. Nous venons juste de rentrer, pensa-t-il. Mais non. Elle venait de rentrer. Lui attendait toujours dans le coffre. — Ce soir ? Oui, pourquoi pas. Un silence. — Chez moi, si tu veux. René releva la tête. Ce soir ? Madame Thomas rit. — Non, aucun problème. Vers vingt heures ? Une réponse. — Parfait. Je m’occupe de quelque chose à manger. René écoutait, stupéfait par la banalité de la conversation. Quelques dizaines de minutes auparavant, Madame Thomas lui avait expliqué que sa place dans le monde venait de changer. Et maintenant elle organisait un dîner. — À ce soir alors. Je t’embrasse. Elle raccrocha. Quelques secondes plus tard, le coffre s’ouvrit. La lumière entra brutalement. Madame Thomas le regarda. — Nous avons de la visite ce soir. René ouvrit la bouche. Puis s’arrêta. Il ne savait même plus quelle question poser en premier. Madame Thomas sourit. — Tu réfléchis encore. — Beaucoup. — Je vois ça. Elle ouvrit la cage. *** René commença à sortir. — Attends. Il s’immobilisa. Madame Thomas prit la laisse et la fixa à son collier. Le geste était devenu presque naturel. Pour elle, du moins. René regarda la porte de la maison. Puis sa Maîtresse. — Madame… Elle attendit. — Je dois vraiment… Il regarda le sol. Madame Thomas comprit. — Oui. — Jusqu’à la maison ? — Jusqu’à ce que je décide autrement. Il hésita. La rue était calme. Mais elle n’était pas vide. — Quelqu’un pourrait me voir. — C’est possible. — Et cela ne vous dérange pas ? Madame Thomas sembla sincèrement réfléchir à la question. — Non. Puis elle ajouta : — Et toi ? René regarda autour de lui. Son ancienne réponse aurait été immédiate. Aujourd’hui, il ne savait plus. — Si je vous dis oui ? — Je l’entendrai. — Mais vous ne changerez pas forcément d’avis. — Tu apprends vite. Elle exerça une légère tension sur la laisse. — À quatre pattes. René inspira profondément. Puis obéit. *** Les premiers mètres furent les plus difficiles. Pas physiquement. Mentalement. Chaque bruit semblait annoncer un témoin. Une portière. Une fenêtre. Des pas. René s’attendait à chaque instant à entendre quelqu’un l’appeler. Personne ne le fit. Madame Thomas avançait normalement. Ni vite ni lentement. Elle ne regardait pas derrière elle pour vérifier qu’il suivait. La tension de la laisse suffisait. René comprit soudain quelque chose. Elle n’était pas en train de l’exhiber. Elle rentrait simplement chez elle. Avec lui. Cette différence était vertigineuse. *** Une fois à l’intérieur, René pensa qu’elle lui permettrait de se relever. Madame Thomas continua pourtant vers son bureau. Il suivit. Elle ouvrit la porte, posa son sac, puis s’installa dans son fauteuil. — Ici. Elle indiqua l’espace sous le bureau. René la regarda. — Sous votre bureau ? — Oui. Il se plaça à l’endroit désigné. Madame Thomas arrangea légèrement sa position avec le pied. — Voilà. Puis elle attrapa son téléphone. René attendit. Elle chercha un numéro. — Je dois régler une formalité. Elle lança l’appel. *** — Bonjour Maître. Thomas à l’appareil. René releva immédiatement la tête. Maître. Un notaire. La voix professionnelle de Madame Thomas était revenue. — Oui, très bien, merci. Une pause. — Je vous appelle parce que je souhaite apporter une modification à mon inventaire patrimonial. René cessa presque de respirer. Madame Thomas croisa les jambes. Une de ses bottes se retrouva à quelques centimètres de son visage. — Oui. Un nouveau bien. René regarda la botte. Puis leva les yeux vers elle. Madame Thomas continuait sa conversation comme s’il n’était pas là. — L’acquisition est effective depuis cet après-midi. Un silence. — J’ai l’acte avec moi. René sentit son cœur accélérer. L’acte. Donc les documents de Caroline n’étaient pas les seuls. — Oui, naturellement. Madame Thomas ouvrit la chemise rapportée de la clinique. Elle en sortit plusieurs documents. René essaya de regarder. Elle baissa les yeux. Leurs regards se croisèrent. Elle posa simplement un doigt devant ses lèvres. Puis reprit : — Je peux vous transmettre une copie immédiatement. Elle posa le téléphone et ouvrit l’application de numérisation. Page après page, elle scanna le document. René ne distinguait que des fragments. Son prénom. Des références. Une date. Puis, sur une page, deux mots qu’il réussit à lire. Acte de propriété. Il resta figé. Madame Thomas termina la numérisation. — Je vous l’envoie maintenant. Quelques secondes. — Voilà. Vous devriez l’avoir. Elle attendit. — Oui. Une nouvelle pause. — Exactement. Je souhaite qu’il soit ajouté à l’inventaire avec mes autres biens. René ferma les yeux. Il avait entendu parfaitement. Mes autres biens. Pas : Mon partenaire. Pas : Mon soumis. Pas même : Mon esclave. Un bien. *** Madame Thomas continua à discuter avec le notaire. Des termes administratifs. Des références. Des modalités que René comprenait à peine. Ou peut-être son esprit refusait-il simplement de les traiter. Il sentit soudain la pointe de la botte de Madame Thomas toucher légèrement son épaule. Il ouvrit les yeux. Elle le regardait. Toujours au téléphone. Puis elle désigna sa botte. René hésita. Elle sourit. Il comprit l’autorisation. Il se rapprocha, Madame posa la pointe de sa botte sur la bouche de René, qui commença à lécher. Madame Thomas reprit immédiatement sa conversation. — Non, je préfère que la modification apparaisse dès la prochaine version de l’inventaire. *** Lorsqu’il releva les yeux quelques instants plus tard, Madame Thomas travaillait toujours. Elle avait ouvert son ordinateur. Une main manipulait le pavé tactile. L’autre tenait le téléphone. Elle ne regardait plus René. Et pourtant sa botte restait près de lui, comme une permission silencieuse qu’elle n’avait pas retirée. René comprit que même ce geste auquel il attachait tant de valeur pouvait désormais devenir une activité secondaire dans la journée de Madame Thomas. Elle travaillait. Lui occupait sa place. C’était tout. *** — Parfait, dit-elle finalement. Merci, Maître. Elle écouta encore quelques secondes. — Oui. Bonne soirée à vous également. Elle raccrocha. René attendit. Madame Thomas continua pourtant à regarder son écran. Une minute. Puis deux. Elle répondit à un courrier. René finit par relever la tête. — Madame… Elle s’arrêta immédiatement. Pas brusquement. Elle baissa simplement les yeux vers lui. — Pourquoi parles-tu ? La question le déstabilisa. — Je voulais vous demander… — Je sais que tu voulais me demander quelque chose. Elle se pencha légèrement. — Ma question est différente. René comprit qu’il venait de manquer quelque chose. — Je ne sais pas. Madame Thomas referma son ordinateur. Puis pivota légèrement son fauteuil pour pouvoir le regarder. — Alors nous allons établir une première règle. René attendit. Elle prit quelques secondes. Comme toujours lorsqu’elle voulait que chaque mot soit parfaitement compris. — Tu ne parles que lorsque je t’y autorise. René resta silencieux. Madame Thomas sourit. — Très bien. Puis : — Maintenant, tu peux parler. Le contraste était presque absurde. — Cette règle est permanente ? — Voilà une bonne question. Elle réfléchit. — Considère que oui, lorsque tu occupes une place que je t’ai assignée ou lorsque je t’ai placé sous mon autorité directe. Je pourrai évidemment te donner davantage de liberté selon les circonstances. — Et si j’ai quelque chose d’important à signaler ? Le visage de Madame Thomas redevint sérieux. — Alors tu le signales. — Même sans autorisation ? — Toujours. Elle se pencha. — Obéir ne signifie pas devenir stupide, René. Si tu as mal, si quelque chose présente un risque, si tu constates un problème que je n’ai pas vu, tu me le signales immédiatement. Il acquiesça. — Compris ? — Oui, Madame. Elle leva un sourcil. René se figea. Puis comprit. Elle ne lui avait pas donné l’autorisation de répondre. Madame Thomas sourit. — Tu vois ? Il va falloir apprendre. Elle posa une main sur sa tête. — Réponds. — Oui, Madame. — Bien. *** Elle rouvrit son ordinateur. René resta sous le bureau. Quelques minutes plus tard, Madame Thomas reçut un message. Elle le lut. Sourit. Puis regarda René. — Sophie arrivera à vingt heures. Il eut immédiatement envie de demander : Et moi ? Il se retint. Madame Thomas le remarqua. — Très bien. Elle semblait satisfaite. — Tu apprends déjà. René attendit. Elle le laissa attendre quelques secondes supplémentaires. Puis : — Tu peux poser ta question. — Que dois-je faire pendant votre dîner ? Madame Thomas le regarda longuement. René vit revenir cette expression qu’il connaissait désormais trop bien. Celle de la joueuse d’échecs qui savait déjà où elle voulait conduire la partie. — Je n’ai pas encore décidé. — Est-ce que Sophie sait ? Madame Thomas sourit. — Quoi donc ? René chercha la formulation exacte. — Ce que je suis devenu. Le sourire de Madame Thomas s’élargit légèrement. — Non. René sentit son estomac se nouer. — Vous allez lui dire ? Elle posa doucement la main sur sa tête. Puis reprit cette caresse lente qui l’avait accompagné pendant toute l’identification. — René. — Oui, Madame ? — Je viens de faire inscrire un nouveau bien à mon inventaire. Elle regarda l’heure. — Et dans quelques heures, une amie vient dîner chez moi. Sa main continua de parcourir ses cheveux. — Il va bien falloir, tôt ou tard, que j’apprenne comment je souhaite présenter ce qui m’appartient. René resta immobile. Madame Thomas se remit au travail. Cette fois, il ne posa aucune autre question. Sous le bureau, à côté des bottes qu’il avait autrefois contemplées comme un fantasme, il commença à comprendre que le chapitre précédent n’était pas une métaphore. Sa place dans le monde avait réellement commencé à changer. Et à vingt heures, pour la première fois, quelqu’un d’extérieur à leur petit cercle allait peut-être le découvrir.
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Par : le 05/09/26
Quand j’étais en recherche d’une relation, j’avais beaucoup de difficultés à trouver des hommes avec lesquels avoir ne serait-ce qu’un début de conversation que l’on pourrait qualifier de « normale » , au point de me demander si on m’avait parachutée en plein milieu du congrès international des blaireaux.  Maintenant que je ne cherche plus, je vois qu’il y a ici des Dominants qui semblent être des hommes bien et dignes d’intérêt. Pourtant, il n’y a (a priori) aucune raison que la population fréquentant le site ait fondamentalement changé.  Le changement provient donc très probablement de moi, de mon attitude, de ce que j’affiche. Partant du principe que l’on apprend de ses erreurs, j’ai essayé d’analyser les raisons pour lesquelles j’avais autant de difficultés à trouver un Dom sérieux alors que des profils intéressants existent. Quelle est la raison de cet étrange paradoxe ? Je pense que mon approche n’était pas fondamentalement mauvaise : j’avais pour principe de placer toujours dans la discussion des sujets neutres, hors bdsm. Cela permet de voir s’il est capable d’avoir une discussion simplement « humaine » : Prend-il le temps d'échanger normalement et de manière personnalisée ?  Respecte-t-il le rythme de la conversation ? S’intéresse-t-il vraiment ou bien essaie-t-il d'imposer un rôle ou un « script » préétabli dès les premiers messages ? Pour moi, un profil qui ne maîtrise pas ces éléments basiques sur un sujet neutre les maîtrisera encore moins dans l'intimité d’une relation bdsm. L’erreur que j’ai faite, je pense, se situe ailleurs : afficher trop clairement la situation de recherche active. Cela agit comme un attracteur malsain qui déclenche une vague de messages génériques, d'avances directes, de commentaires déplacés et de sollicitations opportunistes. Même des hommes qui probablement, dans le fond, sont des hommes bien, changent de comportement en mettant une pression énorme et en oubliant les bases des relations humaines, comme s’il y avait urgence à conclure au plus vite. A posteriori, je suis quasiment certaine que si je n’avais pas affiché d’emblée la recherche relationnelle, certaines conversations auraient été radicalement différentes. Si c’était à refaire, ce que je n'espère pas, ou du moins le plus tard possible, j’adopterais un profil neutre, orienté uniquement vers la curiosité, l'échange, etc. A mon avis cela permet de gagner en tranquillité et d’initier des contacts de meilleure qualité. Et puis, si je sens qu’il y a affinité, j’aurai le plaisir d’annoncer innocemment, « Ah, au fait, je ne vous ai pas dit, mais je suis en recherche de relation. Surprise ! 😂 ». En supprimant l'étiquette « recherche », la pression psychologique disparaît. L'interaction redevenant une simple prise de contact humaine, il est plus facile de laisser les affinités se développer naturellement, ou d'interrompre l'échange sans se sentir gênée si le courant ne passe pas. En résumé, je suis arrivée à la conclusion qu’il ne faut pas afficher explicitement de recherche relationnelle. J’ai l’impression que, loin d'être un retrait, cette démarche constitue un filtre redoutablement efficace et peut transformer radicalement l'expérience que l’on a d’un réseau social - site de rencontre. Cela oblige l’interlocuteur à s'investir dans une conversation authentique plutôt que de dérouler un « script » de séduction et de domination préconçu. J’ai l’impression que c'est une approche très efficace pour filtrer les profils qui ont une vision de « consommateur » et qui sont trop insistants, au profit d'interactions plus sincères et qualitatives. Je ne prétends pas que mon analyse soit correcte (elle se base autant, sinon plus, sur une intuition que sur un raisonnement rigoureux), ni qu’elle puisse être considérée comme un conseil aux femmes qui s’inscrivent ici (de toute façon je ne pense pas être représentative en termes de psychologie, de centres d’intérêts et de type de Dominant qui m’attire). Mais j’avais néanmoins envie de la partager – car, sait-on jamais, il se peut qu’elle intéresse certaines personnes. PS: il y a dans mon texte une petite pincée d'humour (je dis ça pour les trolls qui prennent tout au pied de la lettre: évidemment que je ne pense pas que tous les hommes sont des blaireaux 😂). Image d’illustration générée par IA. Je rassure les lecteurs/lectrices qui me font l’honneur de suivre les aventures d’Ysideulte, je n’ai pas perdu le fil et elle reviendra bientôt (l'image d'illustration le prouve: photo prise lors du congrès annuel des Young Leaders 😉)  
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Par : le 05/09/26
Chapitre IX — Le choix Madame Thomas s’approcha. Sa voix était devenue plus douce. — Tu m’as dit vouloir m’appartenir réellement. René ne répondit pas. — Tu m’as dit vouloir que le pouvoir soit véritablement le mien. Que je décide des règles, de ta place, de la manière dont tu es gouverné. Elle se rapprocha encore. — Depuis que je prends davantage de décisions pour toi, ta vie est-elle plus désordonnée ou plus stable ? — Plus stable. — Plus anxieuse ou plus sereine ? — Plus sereine. — Je prends soin de toi ? — Oui. — Je continuerai. Elle posa une main sur sa joue. — Je serai même beaucoup plus exigeante. Sur ta santé. Ton équilibre. Tes capacités. Je veux quelque chose dont je puisse être fière. Puis son sourire reparut. — Et je t’ai promis du cuir tous les jours. René eut malgré lui un sourire. — Vous savez très bien ce que ça me fait. — Précisément. Et c’est pour cela que tu ne décideras pas à cause de ça. Elle recula. — René, je t’ai conduit ici méthodiquement. Élise. Son rapport. Caroline. La cage. Toutes ces questions dans la voiture. Oui, j’avais plusieurs coups d’avance. Son visage devint sérieux. — Mais pas celui-ci. Elle détacha la laisse. — La porte est là. René regarda. — Tu peux partir. Nous retirons la cage de la voiture. Nous arrêtons tout. — Et nous ? Madame Thomas resta silencieuse quelques secondes. — Nous aussi. Il releva brusquement les yeux. — Pourquoi ? — Parce que je sais maintenant ce que je veux. Je ne veux plus jouer symboliquement à posséder quelqu’un. Je veux réellement assumer la responsabilité de ce qui est à moi. Elle indiqua la porte. — Si ce n’est pas ce que tu veux, tu retrouveras ta pauvre vie d’homme autonome. L’ironie était légère, mais la porte restait ouverte. — Ce n’est pas une mise en scène ? demanda René. — Non. — Une expérience ? — Non. — Vous prendrez soin de moi ? Madame Thomas répondit sans hésiter : — Toujours. René regarda encore la sortie. Personne ne la bloquait. Puis il revint vers elle. — Je veux continuer. — Ce n’est pas assez précis. Il inspira. — Je veux continuer à vous appartenir. Madame Thomas le regarda longuement. Puis elle se tourna vers Caroline. — Maintenant, nous pouvons continuer. René jeta une dernière fois un regard vers la porte ouverte. Personne ne l’avait fermée. Et cela donnait à tout ce qui allait suivre une signification différente.     Chapitre X — L’identification — Maintenant, nous pouvons continuer. La phrase de Madame Thomas resta quelques secondes suspendues dans la pièce. Caroline regarda René. Une dernière fois. Puis quelque chose changea. Ce ne fut ni spectaculaire ni brutal. Aucun ordre ne fut donné. Aucun geste particulier ne marqua la transition. Elle cessa simplement de s’adresser à lui. Caroline se tourna vers Madame Thomas. — Très bien. Nous pouvons procéder à l’identification. René releva légèrement la tête. Quelques minutes auparavant, il aurait immédiatement demandé ce qu’elle entendait par là. Cette fois, il se tut. Il venait de choisir. Et, manifestement, Caroline considérait que ce choix avait déjà produit ses premiers effets. — Où voulez-vous que je la place ? demanda-t-elle. Madame Thomas réfléchit. Sa main vint se poser sur la tête de René. Elle caressa lentement ses cheveux. Le geste était étrangement doux. — Qu’est-ce que vous conseillez ? — L’emplacement habituel. C’est le plus simple pour les contrôles ultérieurs. — Elle sera facilement détectable ? — Oui. Caroline ouvrit un tiroir. René suivit son mouvement des yeux. Madame Thomas le sentit. — Doucement. Sa main glissa derrière son oreille. — Tout va bien. René ferma les yeux quelques secondes. Caroline continuait à parler. — Je vais d’abord enregistrer les informations nécessaires. Ensuite je pose la puce et je vérifie immédiatement sa lecture. — Et après ? — Validation du dossier. Votre signature. Puis l’enregistrement définitif. Votre signature. René ouvrit les yeux. — Il n’a rien à signer ? demanda Madame Thomas. Caroline consulta son écran. — Pas à cette étape. La main de Madame Thomas s’immobilisa une fraction de seconde sur sa tête. Puis recommença ses caresses. — Parfait. René sentit son cœur accélérer. Ce mot avait pris une signification nouvelle. *** Caroline prépara son matériel. René regardait sans parvenir à détacher ses yeux de ses gestes. Tout paraissait terriblement ordinaire. C’était précisément ce qui rendait la scène irréelle. Il avait imaginé son appartenance des centaines de fois. Il l’avait imaginée sous forme de cérémonies, de colliers, de serments, de mises en scène. Jamais sous la lumière blanche d’une clinique. Jamais avec une Femme consultant tranquillement un écran. Jamais avec des formulaires. Caroline demanda : — Nom ? Madame Thomas répondit. — René. — Date de naissance ? Elle répondit encore. Caroline saisit les informations. — Adresse de rattachement ? Madame Thomas donna la sienne. René tourna la tête vers elle. Elle le regarda. — Quoi ? Il aurait voulu répondre. Il ne trouva rien à dire. Elle lui caressa la joue du dos des doigts. — Reste tranquille. Puis elle se tourna vers Caroline. — Continuez. Caroline continua. René entendait son existence devenir une succession de champs sur un écran. Nom. Date. Adresse. Identification. Propriétaire. À ce dernier mot, il releva brusquement la tête. Caroline n’eut aucune réaction. Madame Thomas, si. Sa main revint immédiatement sur lui. — Doucement. — Madame… Elle se pencha. — Tu as choisi. Il la regarda. — Oui. — Alors laisse-moi m’occuper du reste. Et elle recommença à lui caresser la tête. René se tut. *** Caroline se rapprocha. — Je vais procéder. Elle parlait à Madame Thomas. — Faites. René remarqua ce détail. Pas : René, êtes-vous prêt ? Pas même : Ne bougez pas. Caroline avait demandé à Madame Thomas. Et Madame Thomas avait répondu. Faites. Quelque chose se renversa dans son esprit. Quelques instants plus tôt encore, il aurait pu interrompre toute la scène. La porte était restée ouverte. Il avait choisi de ne pas la franchir. Maintenant, les deux Femmes se comportaient exactement comme si elles avaient pris son choix au sérieux. Terriblement au sérieux. Madame Thomas se rapprocha de lui. — Regarde-moi. Il obéit. Elle sourit. — Voilà. Sa main passa lentement sur ses cheveux. — Sage. *** Caroline recula. — C’est fait. René resta immobile. Il n’avait rien ressenti qui soit à la hauteur de ce que représentait cet instant. C’était presque décevant. Puis il comprit que c’était justement cela qui le bouleversait. Un geste minuscule venait de matérialiser des années de fantasmes, de conversations et de soumission. Il regarda Madame Thomas. — C’est tout ? Elle sourit. — Tu t’attendais à quoi ? René ne savait pas. Des trompettes, peut-être. Une cérémonie. Quelque chose qui sépare clairement l’avant de l’après. À la place, Caroline avait déjà repris un autre appareil. — Je vérifie la lecture. Madame Thomas acquiesça. Caroline approcha le détecteur. René suivit l’appareil des yeux. Un signal retentit. Court. Électronique. Ridiculement banal. Caroline regarda l’écran. — Parfait. Madame Thomas cessa de caresser René. — Je peux voir ? Caroline lui montra l’appareil. — Voilà le numéro d’identification. Madame Thomas le lut attentivement. — Celui-ci est unique ? — Oui. — Et il correspond maintenant au dossier ? — Exactement. Madame Thomas regarda René. Quelque chose brillait dans ses yeux. — Tu entends ? René acquiesça. — Oui, Madame. Elle posa de nouveau la main sur sa tête. — Tu as ton numéro. Cette phrase produisit en lui un effet disproportionné. Il baissa les yeux. Stupéfaction. Vertige. Et, derrière les deux, quelque chose qu’il n’osait presque pas nommer. L’accomplissement. *** Caroline retourna derrière son bureau. Elle imprima plusieurs feuilles. Le bruit de l’imprimante sembla soudain envahir toute la pièce. Une première page sortit. Puis une seconde. Puis une troisième. Caroline les ordonna soigneusement. — Je vais vous demander de vérifier les informations. Elle plaça les documents devant Madame Thomas. René essaya instinctivement de voir. Madame Thomas posa deux doigts sous son menton. — Non. Il la regarda. — Mais… — Ce sont mes documents. La phrase était calme. Évidente. Elle se pencha sur les formulaires. René resta là. À quelques dizaines de centimètres. Il entendait les pages tourner. — L’adresse est correcte, dit Madame Thomas. — Oui. — L’identification aussi. — Oui. Un silence. Puis : — Et cette rubrique ? Caroline expliqua quelque chose à voix basse. Madame Thomas relut. — Très bien. René ne distinguait qu’une partie de la page. Des cases. Des références. Son prénom. Et, plus loin, celui de Madame Thomas. Il aurait voulu tout lire. Comprendre exactement ce qui était en train d’être inscrit. Mais quelque chose l’empêchait de demander. Peut-être la main de Madame Thomas, revenue sur sa tête. Peut-être son choix quelques minutes auparavant. Ou peut-être simplement cette sensation vertigineuse de voir son rêve lui échapper au moment même où il devenait réel. Caroline indiqua le bas du document. — Votre signature ici. Madame Thomas prit le stylo. René la regarda signer. Son écriture était rapide. Assurée. La même signature qu’elle avait probablement apposée sur des milliers de documents professionnels. Un mouvement presque automatique. Et pourtant René eut l’impression de regarder quelque chose d’immense. Une deuxième signature. Puis une troisième. Caroline récupéra les documents. Apposa à son tour les validations nécessaires. Quelques frappes sur son clavier. Puis elle s’arrêta. — Voilà. Madame Thomas releva les yeux. — C’est enregistré ? — Oui. René sentit son souffle se bloquer. Caroline ajouta : — Le dossier d’identification est actif. Madame Thomas ne répondit pas immédiatement. Elle regarda René. Puis elle sourit. — Très bien. *** Caroline rangea les documents dans une chemise. Elle la tendit à Madame Thomas. Pas à René. — Gardez ceci avec vos autres documents. — Évidemment. Madame Thomas prit le dossier. René le suivit des yeux. Caroline se leva. — Pour moi, cette partie est terminée. Cette partie. Encore. Mais cette fois René ne demanda pas quelle serait la suivante. Il était incapable de penser suffisamment loin. Madame Thomas s’approcha de lui. Sa main retrouva sa tête. Elle le caressa lentement. Comme elle l’avait fait pendant toute la procédure. Pour le calmer. Pour le rassurer. Ou simplement parce qu’elle pouvait désormais donner à ce geste une signification qu’il n’avait jamais eue auparavant. René leva les yeux vers elle. — Madame… — Oui ? Il chercha ses mots. — Qu’est-ce que je suis maintenant ? Madame Thomas le contempla longuement. Il attendait une définition. Un statut. Peut-être même ce mot qu’elle lui avait fait prononcer. Mais l’avocate n’avait manifestement pas terminé sa partie. Elle se pencha vers lui. — Tu veux déjà toutes les réponses ? René eut un sourire nerveux. — J’aimerais au moins en avoir une. — Tu viens d’en recevoir une. — Laquelle ? Madame Thomas ouvrit la chemise que Caroline venait de lui remettre. Elle en sortit un document. Le regarda. Puis le rangea sans le montrer à René. — Lorsque Caroline a passé son lecteur, qui lui a-t-il permis d’identifier ? René resta silencieux. — Moi. — Et lorsque Caroline a rempli le dossier, qui a signé ? Il regarda sa Maîtresse. — Vous. — Et à qui Caroline a-t-elle remis les documents ? — À vous. Madame Thomas sourit. Puis sa main descendit jusqu’au collier de René. — Alors ne me demande pas encore ce que tu es. Elle exerça une légère traction, juste assez pour attirer toute son attention. — Commence par comprendre à qui tu es. René ferma les yeux. Le détecteur. Le signal électronique. La signature. Le dossier passé des mains de Caroline à celles de Madame Thomas. Il avait rêvé d’appartenance pendant des années. Et maintenant qu’on venait de lui en donner une représentation tangible, il découvrait qu’il n’éprouvait ni triomphe ni peur pure. Il était quelque part entre les deux. Dans un état second. Madame Thomas recommença à lui caresser les cheveux. — Tout va bien, René. Il ouvrit les yeux. — Oui, Madame. Caroline les observait désormais en silence. Madame Thomas regarda sa montre. Puis la vétérinaire. — Nous avons terminé ? Caroline eut un léger sourire. — L’identification, oui. René sentit immédiatement le poids du dernier mot. Madame Thomas aussi. — Très bien. Elle prit la laisse. — Alors passons à la suite.
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Par : le 04/09/26
La journée commence au réveil, dès les premières secondes, avec une érection féroce, une dureté implacable. Quand je bande comme ça, j'ai l'impression d'avoir une grosse bite tellement elle est pesante à porter, me procurant une sensation extrême de puissance. Si ma femme était là près de moi à cet instant, je lui grimperais dessus affalé de tout mon poids — même si elle dort encore — pour aller direct dans sa chatte après l'avoir mouillée avec ma salive, lui assénant de grands coups pour jouir vite et profond. Je l'imagine aussi à genoux, ma queue extrêmement dure enfoncée dans sa bouche, immobile à attendre patiemment en salivant sur mon sexe, tandis que je maintiens sa tête avec force entre mes cuisses. À défaut, pour l'instant, je passe mon premier quart d'heure à la serrer entre mes cuisses très fort tout en préparant mon café, conscient de mes couilles pleines à craquer, au bord de l'explosion, n'en pouvant plus. Le temps passe trop vite, il faut se calmer et aller réveiller les enfants. Je bascule sur autre chose, en espérant que le réveil se passe en douceur tout en veillant à ne pas traîner pour ne pas arriver en retard. Je refuse de donner l'occasion à une grosse salope de se permettre la moindre réflexion ou de profiter de la situation — certaines mériteraient vraiment de bonnes fessées et bien pire que ça.   Nous franchissons ensuite la porte de l'appartement pour aller prendre le tram. C'est là, dans cette rame bondée du matin, que les étudiantes s'offrent à moi comme un véritable défilé de sexdolls : avec leur manière de soigner leurs cheveux — à les lisser ou à dessiner de superbes boucles —, leur maquillage impeccable et toute cette mode de petites salopes que j'adore, il y en a vraiment pour tous les goûts. Ce qui me surprend le plus dans les yeux de certaines, c'est ce mélange de vice et de perversité que je crois deviner dans leurs regards. Rien qu'en croisant un doux visage aux yeux si érotiques, je me sens instantanément happé, comme amoureux, avec cette envie fulgurante de m'approcher d'elle, de lui glisser mon sexe dans la bouche sans un mot pour me faire du bien, sous les yeux de tous, et de la laisser là avec la bouche souillée de mon foutre. Ce genre de fantasme brut me traverse l'esprit et me coupe du monde, me plongeant dans une bulle qui suspend le temps pendant de longues secondes.   C'est également dans ce tramway bondé que cette scène s'est produite : une femme s'est retournée pour passer et est venue percuter ma queue nue sans caleçon sous mon pantalon avec son cul particulièrement bombé, moulé dans un legging ultra-serré, avant de s'excuser platement. C'est en l'entendant s'excuser que ma vérité brute s'est imposée, celle que j'aurais voulu lui cracher en face : lui dire de ne surtout pas s'excuser, de venir se recaler contre moi et de se laisser faire, petite salope. Évidemment, je ne m'en prends jamais aux femmes et je n'oserais jamais faire ça en réalité, par peur panique du scandale et de me faire remarquer. C'est un mélange de retenue par devoir de respecter la loi et de lucidité : si la loi n'existait pas, il est clair que je serais un prédateur sans aucune bride, et cela deviendrait extrêmement dangereux pour les femmes. Mais ce rôle de prédateur total fait partie de mes fantasmes les plus puissants — des scénarios que j'ai d'ailleurs déjà eu la chance de vivre dans le passé grâce à certaines ex qui ont accepté de jouer le jeu, et ce rôle est extrêmement jouissif à incarner.   Une fois arrivés en tram, nous marchons vers l'école, avec un passage obligé par la boulangerie juste à côté. Là, j'achète les pains au chocolat pour les enfants, en profitant pour prendre ma voix la plus grave tout en fixant la boulangère froidement par-dessus le comptoir, un jeu de domination muette qui m'excite et m'amuse. Puis nous repartons vers l'école : une fois sur place, je pose mon regard sur le cul de ces mamans qui s'agitent autour des grilles, et je dis bonjour en modulant ma voix — grave ou mielleuse selon l'humeur — pendant que mon regard, lui, reste le même, fixe et lourd, pour celles qui acceptent de croiser mes yeux. Parfois je m'attarde sur le dessin des lèvres d'une fille, sur une maman qui se penche pour jouer avec son enfant et dont le décolleté laisse trahir ses grosses mamelles, idem pour son gros cul qui mérite simplement d'être fouetté, ou cette jeune femme toute mince mais avec un beau visage qui laisse paraître une intense vulnérabilité qui attise le sadisme — alors quand elle a un piercing, un petit anneau dans ses narines, et qu'elle se la joue rebelle, moi ça me donne envie de la punir sans aucune pitié, de la voir chialer et supplier à genoux d'être abattue.   Je descends ensuite vers le centre-ville, ralenti par cette douleur au pied qui m'impose une démarche spéciale mais qui reste discrète quand je marche tranquillement. Au fond, ce n'est pas plus mal de marcher moins vite : ça me permet de mieux voir, de mieux regarder, alors que dans ma jeunesse je marchais beaucoup trop vite et je passais à côté de tant de choses à observer. Sans caleçon sous le pantalon, chaque mouvement, chaque pas sur le bitume vient frotter directement contre ma chair nue, me laissant bander et débander au rythme de mes obsessions. Quand je marche dans la rue, j'aimerais tant y être en tenant par la main ma future femme soumise, qui me suivra partout comme une chienne fidèle et adorable, tellement innocente parfois mais tellement vicieuse, une putain de perverse que je vais formater à devenir la pire pour être la meilleure. Je m'arrête prendre un café à emporter, je me roule une cigarette, et je pars me balader au gré du vent vers un grand parc.   J'ai besoin de cette respiration, de ce contact avec la nature. J'observe les fleurs le long des allées, les photographiant parfois, mais avec cette idée tordue qui traverse mon esprit : l'envie soudaine d'éjaculer dessus, mélangeant la contemplation d'une beauté pure et la perversité brute qui me tient. Sur le chemin, le radar est branché en permanence. Je marche au hasard ou je choisis mes rues en fonction d'une silhouette un peu plus loin. Je ralentis, je cale mon allure sur la sienne, ou je la dépasse pour mieux me retourner, sans me cacher de ce regard de prédateur qui dévore les fesses qui se balancent et décortique la courbe des cuisses sous une jupe. Parfois, je lâche des commentaires à voix haute, un petit grain de folie gardé juste sous la surface.   Quand la météo s'y prête, j'adore l'ambiance des tempêtes et des orages où les rues se vident, devenant une ombre anonyme sous mon manteau alors que mes yeux voient tout. L'été a un autre charme, brûlant, quand les manteaux tombent et que les peaux se découvrent — ventres nus, hanches, jambes et décolletés profonds. Femmes rondes aux gros seins, beautés pulpeuses noires ou maghrébines, ou petites poupées blondes fragiles de porcelaine que j'ai envie de brisser pour les garder avec moi : toutes éveillent ce même feu.   Au milieu de cette déambulation entre bitume, bus et tramways, j'ai ce besoin constant de m'abreuver. Bière, café, soda : il me faut toujours quelque chose à la main pour me remplir, comme pour compenser ce manque psychologique et cette sécheresse intérieure. Je retourne souvent dans les mêmes cafés et bistrots. Il y a d'abord celui au centre-ville avec cette femme qui ne me plaît pas forcément physiquement, mais qui donne envie qu'on lui fasse du mal dans un style de torture. Il y a ce bistrot où la tenancière n'est nul autre qu'une femme mûre, brune avec une grosse poitrine qui mérite qu'on les gigote dans tous les sens ; elle est plus âgée, mais elle a gardé son regard de chienne de sa jeunesse, je le ressens, et c'est ça qui me donne envie de mettre ma bite dans sa bouche en malaxant ses gros seins. Et puis il y a cet autre bar, où celle-là est une brune grande, mince, dominante et dominatrice : elle mérite d'être fouettée jusqu'à abdication, je soutiens toujours son regard mais je reste poli, car je suis un gentleman également. Enfin, dans cet autre café près de la gare, une autre femme est toujours très sexy, habillée en cuir : elle me paraît soumise tout en gardant une certaine tenue pour respecter quelque chose. Je ressens parfois aussi les femmes dominatrices — elles n'ont ni le même physique, ni le même regard, ni la même posture —, mais si elles sont sexy, je les regarde. Pas pour les narguer ou par affront, non, simplement parce que si elle est bonne, je ne vais pas me priver. Au fond, ce qui me passionne par-delà les corps, c'est de ressentir les âmes et les émotions, car chaque femme m'inspire et éveille quelque chose de totalement différent.   Quand midi approche, c'est selon l'envie du moment : je vais m'asseoir dans un petit resto, je choisis de prendre un kebab à emporter, ou je me fais un petit pique-nique en solo au calme. Quand je mange un kebab, je rêve que ma dulcinée soit à mes côtés et mange le sien, un sandwich que j'aurais agrémenté d'une bonne éjaculation pour lui rajouter de la sauce ; ça me ferait tellement plaisir qu'elle le mange et qu'elle me dise « c'est tellement bon mon amour », et j'aimerais tant que ce rêve devienne réalité. Peu importe l'option choisie pour manger, les rayons et les rues autour restent un autre terrain de chasse : la caissière que je fixe, l'agente d'accueil à qui je balance un regard direct et lourd de sens, sans un mot, pour lui imposer ma personnalité brute. Timide par nature quand il s'agit de parler par peur de faire peur ou d'être trop cru, je laisse mon regard faire tout le travail, et certaines captent ce signal à distance.   L'après-midi avance, et c'est l'heure de rentrer ou de se déplacer à nouveau. À l'arrêt de bus et dans le bus, j'aime m'attarder sur les cheveux des femmes et des filles, leur peau découverte et parfois leurs parfums. L'autre jour, une étudiante est venue se coller à la vitre juste à ma gauche où j'étais déjà assis : il n'y avait que 10 centimètres entre ses fesses et mon regard, et je n'en pouvais plus de voir son cul de très près. Elle l'a sûrement fait exprès, cette petite pute, alors que j'étais avec mes enfants, et je suis sûr que ça l'amuse de me chauffer.   De retour chez moi, la vraie soupape s'ouvre. Devant le lavabo, j'ouvre le robinet pour me mouiller la queue, refusant qu'elle reste sèche alors qu'elle mouille beaucoup à force de bander et débander tout le temps. Je commence à la torturer, à la frotter contre les angles ou à la tordre quand la tension devient insoutenable. Parfois, j'approche un verre d'eau tiède pour simuler sa chaleur, les yeux fermés, m'imaginant en elle, ma future chérie d'amour que je vais utiliser et posséder sans limites. Mais la plupart du temps, je me retiens d'éjaculer seul : vider ma sève dans un lavabo n'est qu'une déception de plus, un vide qui creuse encore la frustration. Je veux la décharger au fond d'une femme.   Sous mes fenêtres, le moindre bruit de talons, la simple voix d'une femme, les pleurs d'un gamin signalant le retour d'une maman ou même le claquement d'une porte de voiture — car on ne sait jamais, ça peut être une femme — me font bondir. Je viens m'accouder à la vitre, la main sur mon sexe, à l'observer tout en l'insultant de tous les noms dans mon esprit. L'après-midi, mes yeux glissent aussi régulièrement vers la fenêtre de la voisine d'en face, obsédé à l'idée de la reluquer depuis que je l'ai déjà surprise en train de se faire baiser en plein jour devant sa vitre, cette salope.   C'est ensuite l'heure de retourner chercher les enfants à l'école. Je croise les mamans, je discute facilement, jouant le père chaleureux et souriant dont elles apprécient la différence, tout en pensant à celles que j'aimerais plier à ma perversité ou embrasser avant de les soumettre. De retour à la maison, entre les devoirs et la préparation du repas — avec de bons petits plats mijotés — le sexe ne me quitte pas d'une semelle.   Le soir venu, le rythme change : nous mangeons tous ensemble, nous discutons, nous regardons parfois un film en famille. Ce n'est que lorsque les enfants sont couchés ou absents que je m'assois enfin avec ma bière ou mon café et une cigarette devant mon écran. Je me pose pour dessiner des images avec l'IA, écrire mes textes, et jeter un œil sur mon profil BDSM pour voir si une réponse est tombée. Je veille à bien cloisonner ces moments pour garder le contrôle, refusant que cette obsession ne devienne toxique. J'attends ma soumise, douce, collante, nymphomane et prête à tout donner, celle qui viendra s'encastrer dans ma vie pour de bon et qui sera, au milieu de toutes ces silhouettes entrevues, la plus belle de toutes.
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Par : le 03/09/26
Chapitre V — Le rapport Le trajet du retour fut encore plus frustrant que l'aller. René avait attendu que Madame Thomas démarre. Puis qu'elle quitte le parking. Puis qu'elle rejoigne la route principale. Il avait tenu exactement quatre minutes. — Madame ? — Hum ? — Vous allez m'expliquer maintenant ? Elle gardait les yeux sur la route. — T'expliquer quoi ? René tourna la tête vers elle. — Vous êtes sérieuse ? Un sourire apparut. — Parfaitement. — La Docteure Morel vient de vous annoncer devant moi qu'elle allait rédiger un rapport sur ma capacité à poursuivre une démarche dont j'ignore absolument tout. — Pas absolument tout. — Presque tout. — C'est déjà plus précis. René soupira. Madame Thomas sourit davantage. — Vous trouvez ça amusant. — Beaucoup. Elle changea de vitesse. Le cuir de sa jupe bougea légèrement. René regarda. Madame Thomas le surprit immédiatement. — Et voilà. — Quoi ? — Tu essaies depuis cinq minutes de mener un interrogatoire et il suffit que je bouge la jambe pour que tu oublies ta question. — Je ne l'ai pas oubliée. — Alors pose-la. René ouvrit la bouche. Puis hésita. Madame Thomas éclata de rire. — René, tu es désespérant. — Vous trichez. — Je t'ai déjà expliqué que je ne plaidais pas pour la partie adverse. René reconnut la phrase. Il abandonna. Pour le moment. *** Les jours suivants n'apportèrent aucune réponse. Madame Thomas reprit exactement le même comportement qu'après leur conversation dans le salon. Elle travaillait. Téléphonait. Sortait. Rendait parfois des décisions concernant René avec son assurance habituelle. Mais jamais elle ne mentionna Morel. Jamais elle ne parla du rapport. Et surtout jamais elle n'expliqua ce qu'était la démarche. René recommença donc à imaginer. Morel avait parlé de propriété. De capacité à décider. D'abandon de contrôle. De la différence entre être traité comme une propriété et en devenir réellement une. Il assembla les morceaux. Puis les démonta. Il imagina un contrat. Cela paraissait logique avec Madame Thomas. Peut-être voulait-elle officialiser leur relation. Une sorte d'acte privé ? Il imagina ensuite quelque chose de beaucoup plus radical. Il écarta immédiatement l'idée. Impossible. Dix minutes plus tard, il y pensait de nouveau. Madame Thomas l'observait parfois. — Arrête. — Quoi ? — De réfléchir. — Je ne fais rien. — Justement. Quand tu ne fais rien avec cet air-là, tu réfléchis beaucoup trop. Elle avait raison. Et cela l'agaçait. *** Le rapport arriva le mardi. René releva le courrier en fin d'après-midi. Facture. Publicité. Deux lettres pour Madame Thomas. Puis une grande enveloppe blanche. Il reconnut immédiatement le nom imprimé dans le coin supérieur gauche. Docteure Élise Morel. Son cœur accéléra. Puis il regarda le destinataire. Madame Thomas. Personnel et confidentiel. Pas René. Madame Thomas. Il resta quelques secondes avec l'enveloppe entre les mains. Il avait passé plus d'une heure à répondre aux questions. Il était le patient. Il était le sujet du rapport. Mais ce rapport ne lui était pas adressé. René le posa avec le reste du courrier. À dix-neuf heures douze, Madame Thomas rentra. Comme toujours, il l'accueillit. Il lui remit son courrier. Elle parcourut rapidement les enveloppes. Lorsqu'elle arriva à celle de Morel, René observa son visage. Rien. Pas la moindre réaction. Elle posa simplement l'enveloppe sur son sac. — Mon dîner est prêt ? René resta interdit. — Oui, Madame. — Parfait. Elle lui rendit les autres courriers. — Range ça. Puis elle emporta l'enveloppe. *** Après le dîner, Madame Thomas entra dans son bureau. René la suivit. Elle posa l'enveloppe de Morel sur son bureau. René attendit. Madame Thomas ouvrit son ordinateur. Répondit à un courriel. Puis à un second. René regardait l'enveloppe. Elle était là. À moins d'un mètre. Madame Thomas travaillait. Dix minutes. Vingt minutes. Trente. Finalement René céda. — Madame ? — Oui ? Elle ne leva même pas les yeux. — Vous n'ouvrez pas le rapport ? — Pas ce soir. Il crut avoir mal entendu. — Pas ce soir ? Elle leva enfin les yeux. — C'est ce que je viens de dire. — Mais... — Mais ? René regarda l'enveloppe. Puis Madame Thomas. — Rien. — Bien. Elle reprit son travail. Quelques secondes plus tard, René remarqua un très léger sourire. Elle le faisait exprès. Il en était certain. *** Le lendemain matin, l'enveloppe était toujours là. Madame Thomas était partie travailler. René entra plusieurs fois dans le bureau. Chaque fois, son regard se posait dessus. Personnel et confidentiel. Il aurait suffi de quelques secondes. Il aurait pu l'ouvrir. Lire. Puis la refermer soigneusement. L'idée lui traversa l'esprit. Une fois. Deux fois. À la troisième, il eut presque honte de lui-même. Madame Thomas savait parfaitement qu'il ne le ferait pas. C'était probablement précisément pour cela qu'elle avait laissé l'enveloppe là. Elle ne testait pas seulement son obéissance. Elle testait sa capacité à supporter de ne pas savoir. L'information le concernait. Elle était physiquement accessible. Mais elle appartenait à Madame Thomas. Comme le reste. René quitta le bureau. Puis y revint vingt minutes plus tard. L'enveloppe n'avait évidemment pas bougé. — Ridicule... Il ressortit. *** Ce soir-là, Madame Thomas rentra plus tôt. Elle monta directement à l'étage. René entendit la douche. Puis plus rien. À vingt heures trente, elle l'appela. — René. Bureau. — Oui, Madame. Il entra. Et s'arrêta. Elle avait encore choisi du cuir. René se demanda immédiatement si cela devenait une coïncidence statistiquement impossible. Une jupe noire ajustée. Une chemise sombre. Et les bottes. Encore elles. Madame Thomas était assise derrière son bureau. L'enveloppe blanche se trouvait devant elle. — Ferme la porte. René obéit. — À genoux. Il prit place devant le bureau. Son regard passa de l'enveloppe aux bottes. Puis des bottes au visage de Madame Thomas. Elle le remarqua. — Tu vas réussir à suivre ? — Je vais essayer. — Mauvaise réponse. René corrigea immédiatement : — Oui, Madame. Elle sourit. Puis prit l'enveloppe. Enfin. René sentit son ventre se nouer. Madame Thomas passa tranquillement un doigt sous le rabat. Elle aurait pu l'ouvrir rapidement. Elle choisit naturellement de prendre son temps. René suivait chacun de ses gestes. Elle sortit plusieurs feuilles. Les aligna. Puis commença à lire. Silence. René observait son visage. Première page. Aucune réaction. Ses yeux parcouraient les lignes. Elle tourna la page. Un sourcil se leva légèrement. René tenta d'interpréter. Bon signe ? Mauvais signe ? Madame Thomas prit un stylo. Elle souligna quelque chose. Écrivit un mot dans la marge. René essaya de voir. Impossible. Elle continua. Puis un sourire apparut. Très léger. René sentit son cœur accélérer. Elle avait l'air satisfaite. Pourquoi ? Il regarda le rapport. Puis son visage. Puis ses bottes. Madame Thomas bougea légèrement une jambe. Son regard descendit immédiatement. Lorsqu'il remonta, elle le regardait. — Je t'ai vu. — Pardon. — Tu essaies de lire mon visage ou ma jupe ? René hésita. — Les deux. Elle rit doucement. — Au moins, c'est honnête. Elle retourna au rapport. René tenta de se concentrer. Une nouvelle annotation. Une page tournée. Un sourire. Puis, à un endroit, elle s'arrêta. Relut un paragraphe. Une fois. Deux fois. René retint presque son souffle. Madame Thomas prit son stylo et traça une ligne sous plusieurs mots. Elle ne commenta rien. René n'en pouvait plus. — Madame ? Elle leva les yeux. — Oui ? — Qu'est-ce qu'elle dit ? Madame Thomas regarda le rapport. Puis René. — Beaucoup de choses. — Sur moi ? — Principalement. — Et ? Elle posa son stylo. René attendit. Madame Thomas croisa lentement les jambes. Le cuir froissa. Ses yeux descendirent malgré lui. Elle attendit qu'il regarde de nouveau son visage. — Et quoi ? René comprit. Elle jouait encore. — Est-ce que son rapport est favorable ? Madame Thomas sourit. Cette fois franchement. — Voilà une meilleure question. — Et la réponse ? Elle reprit le document. — Il correspond assez bien à ce que j'espérais. René sentit un mélange étrange de soulagement et d'inquiétude. — Ce que vous espériez pour quoi ? Madame Thomas ne répondit pas. Échec. Encore. Elle termina la dernière page. Puis rassembla soigneusement les feuilles. René pensa qu'elle allait enfin lui expliquer. Au lieu de cela, elle prit son téléphone. Chercha un contact. Et appuya sur l’écran. René entendit la tonalité. Une fois. Deux fois. Puis une voix féminine répondit. — Allô ? L’expression de Madame Thomas changea. Ce sourire satisfait revint. — Bonsoir Caroline. C'est moi. René releva légèrement la tête. Caroline ? Le prénom ne lui disait rien. Madame Thomas connaissait beaucoup de monde. Des avocates, des magistrates, des clientes, des amies. Cette Caroline pouvait être n'importe qui. — Oui, je l'ai reçu aujourd'hui. Un silence. Madame Thomas posa les doigts sur le rapport de la Docteure Morel. — Je viens de le terminer. René comprit immédiatement de quoi elles parlaient. La femme répondit quelque chose qu'il ne put entendre. — Oui. C'est très positif. Madame Thomas regarda René. Pas longtemps. Juste assez pour qu'il comprenne qu'il était, une fois encore, l'objet d'une conversation à laquelle il n'avait pas accès. — J'ai maintenant tout ce qu'il faut pour poursuivre. Elle ouvrit son agenda. — Quand peux-tu me recevoir ? René fronça les sourcils. Me recevoir ? Il essaya de construire une hypothèse. Une consœur ? Une notaire ? Quelqu'un chargé de rédiger le contrat qu'il imaginait depuis plusieurs jours ? Madame Thomas écouta. — Vendredi me convient. Elle nota quelque chose. — Quatorze heures trente. Parfait. Nouvelle réponse de Caroline. Cette fois, Madame Thomas eut un petit rire. — Non. Il ne sait rien. René releva brusquement les yeux. Madame Thomas le regardait. — Absolument rien. Elle sourit. — Et je compte bien que cela reste ainsi jusqu'à vendredi. René ouvrit la bouche. Le regard de Madame Thomas suffit à la lui faire refermer. — Très bien. Je te laisse préparer ce qu'il faut. Un silence. — Merci, Caroline. À vendredi. Elle raccrocha. René resta à genoux. Une nouvelle Femme venait d'entrer dans cette histoire. Il ne connaissait que son prénom. Caroline. Elle savait manifestement qui il était. Elle connaissait l'existence du rapport. Elle savait ce que Madame Thomas préparait. Et elle devait maintenant, elle aussi, préparer quelque chose. René regarda le dossier. Puis l'agenda. Puis Madame Thomas. — Qui est Caroline ? Madame Thomas rangea tranquillement le rapport dans un tiroir. Elle le ferma à clé. — Quelqu'un que nous verrons vendredi. — Pour quoi faire ? Elle posa la clé sur son bureau. — Tu poses encore les mauvaises questions. — Quelle serait la bonne ? Madame Thomas se leva. Le cuir de sa jupe accompagna son mouvement. René leva les yeux vers elle. Elle s'approcha jusqu'à se tenir devant lui. — La bonne question serait de savoir si tu me fais suffisamment confiance pour monter dans ma voiture vendredi sans savoir où je t'emmène. René resta silencieux. Madame Thomas attendit. Il connaissait maintenant suffisamment sa Maîtresse pour savoir qu'elle n'attendait pas une explication. — Oui, Madame. Elle posa brièvement une main sur sa tête. — Voilà. Puis elle passa devant lui. — C'était la bonne réponse. René entendit ses bottes s'éloigner. Il resta seul quelques secondes devant le bureau. Morel savait. Madame Thomas savait. Et maintenant cette mystérieuse Caroline savait également. Lui seul ignorait encore ce que ces trois Femmes étaient en train de préparer. Et, pour la première fois, René commença à se demander si son ignorance n'était pas elle aussi une partie parfaitement calculée du plan de Madame Thomas.   Chapitre VI — La cage Le jeudi matin, on sonna à la porte. René ouvrit. Un livreur se tenait devant lui avec un carton volumineux posé sur un diable. Très volumineux. — Livraison pour Madame Thomas. — Je peux signer. Quelques minutes plus tard, le carton occupait une partie considérable de l'entrée. René referma la porte et contempla le colis. Il n'avait aucune intention de fouiller dans les affaires de Madame Thomas. Mais il n'était pas nécessaire de fouiller. Le fabricant avait jugé utile d'imprimer une photographie directement sur l'emballage. Une cage de transport. Et à côté, pour donner une idée de ses dimensions, un grand chien. René resta silencieux. — Non... Il s'approcha. L'étiquette confirma ce qu'il voyait. Cage de transport renforcée — Grand modèle. Il regarda de nouveau le chien imprimé sur le carton. Puis l'escalier. — Vous n'allez quand même pas... Une nouvelle pièce venait soudain de trouver sa place dans le puzzle. Caroline. Le rendez-vous du vendredi. La cage. René sourit. Enfin. Il avait compris. Madame Thomas allait adopter un chien. *** La satisfaction d'avoir résolu l'énigme dura environ trente secondes. Puis René réfléchit aux conséquences. Un chien. Dans la maison. Des poils. Des gamelles. Des odeurs. Des promenades. Surtout les promenades. Madame Thomas avait un emploi du temps chargé. Elle partait tôt certains matins, rentrait tard certains soirs et pouvait passer une journée entière au cabinet. Qui allait sortir le chien ? René regarda le carton. — Moi. Évidemment. Il s'imagina un matin de novembre. Six heures trente. Pluie glaciale. Un chien énorme tirant sur une laisse pendant que Madame Thomas dormait tranquillement au chaud. Il n'aimait déjà pas cet animal. Ce qui était parfaitement injuste puisqu'il n'existait peut-être même pas encore dans leur maison. René n'avait jamais eu un rapport particulièrement facile avec les animaux. Il ne leur voulait aucun mal. Il préférait simplement qu'ils vivent leur vie à une distance raisonnable de la sienne. Et certainement pas dans son salon. Il regarda encore la photographie. Le chien semblait presque sourire. — Toi, je ne t'aime déjà pas. *** Madame Thomas rentra peu après dix-neuf heures. René l'attendait. Elle entra, lui tendit son sac puis remarqua immédiatement le carton. — Parfait. Ce simple mot confirma presque toutes les conclusions de René. — C'est arrivé ce matin. — Très bien. Elle retira son manteau. René attendit. Madame Thomas ne dit rien de plus. — Madame ? — Oui ? — C'est une cage pour chien. Elle regarda le carton. Puis René. — Excellente observation. — Pour un grand chien. — Tu es décidément très en forme aujourd'hui. René fronça les sourcils. — Vous avez quelque chose à me dire ? Madame Thomas réfléchit ostensiblement. — Oui. René attendit. — Monte-la. — La cage ? — Non, René. Le carton. Elle lui adressa un sourire. — Évidemment, la cage. — Où ? — Dans le coffre de la voiture. Puis elle monta à l'étage. René regarda le carton. La voiture. Le rendez-vous du lendemain. Tout concordait. *** Madame Thomas avait récemment remplacé sa berline par un SUV. René avait trouvé le choix étonnant. Elle lui avait expliqué qu'elle voulait davantage de place et un véhicule plus polyvalent. À présent, tout devenait évident. — Le chien... Il ouvrit le coffre. L'espace était considérable. Il déballa la cage. Elle était encore plus imposante hors de son carton. Structure rigide. Porte renforcée. Points d'ancrage. René consulta la notice. Il assembla les différents éléments, rabattit une partie de la banquette arrière puis installa l'ensemble dans le coffre. La cage occupait une place impressionnante. Il tira dessus. Elle bougea légèrement. Pas satisfaisant. René recommença les fixations. Cette fois, elle ne bougea pratiquement plus. Il recula de quelques pas. Madame Thomas avait manifestement l'intention d'adopter quelque chose de conséquent. Très conséquent. Il imagina un berger allemand. Ou pire. Un énorme molosse. René soupira. — Magnifique. *** Madame Thomas descendit une vingtaine de minutes plus tard. Elle avait changé de tenue. Pas de cuir cette fois. René en fut presque reconnaissant : il avait besoin de toutes ses capacités intellectuelles pour négocier la future répartition des promenades. — C'est terminé ? — Oui, Madame. — Montre-moi. Ils sortirent. Madame Thomas ouvrit le coffre. Elle ne regarda pas simplement la cage. Elle l'inspecta. Sérieusement. Elle vérifia la porte. Le verrou. Puis les fixations. Elle saisit la structure à deux mains et la secoua vigoureusement. La cage ne bougea presque pas. — Tu as utilisé tous les points d'ancrage ? — Oui. — Ceux du fond aussi ? — Oui, Madame. Elle se pencha pour vérifier elle-même. René l'observait. — Vous avez peur qu'il s'échappe ? Madame Thomas se redressa. — Je veux surtout être certaine que ça ne bouge pas pendant le transport. — Il doit être gros. Elle regarda René. Quelque chose passa dans ses yeux. — Pourquoi dis-tu ça ? Il désigna la cage. — Regardez la taille. Madame Thomas contempla l'installation. — C'est vrai. Puis elle regarda René de la tête aux pieds. Très lentement. — C'est un grand modèle. René ne remarqua pas immédiatement la manière dont elle venait de le mesurer du regard. — Quelle race ? — Quelle race de quoi ? — Du chien. Madame Thomas resta silencieuse une seconde. Puis son visage s'éclaira d'un sourire. René connaissait ce sourire. Il aurait dû se méfier. — Ah. — Quoi ? — Rien. Elle regarda de nouveau la cage. — Tu penses que je vais prendre un chien ? René désigna l'évidence devant eux. — Une cage pour chien arrive la veille d'un rendez-vous mystérieux avec une certaine Caroline. Vous me demandez de l'installer dans votre nouvelle voiture. Je suppose donc que Caroline travaille dans un refuge ou quelque chose comme ça. Madame Thomas croisa les bras. — C'est une théorie. — J'ai raison ? — Je n'ai pas dit cela. — Vous n'avez pas dit que j'avais tort non plus. — Exact. René soupira. — Quelle taille ? — Pardon ? — Le chien. Madame Thomas réfléchit. — Assez grand. René ferma les yeux. — Évidemment. — Cela te pose un problème ? Il hésita. — Je ne suis pas très à l'aise avec les chiens. — Je sais. Cette réponse le surprit. — Vous savez ? — René, je sais beaucoup de choses sur toi. Elle passa un doigt sur la porte de la cage. — Tu t'habitueras. Voilà. La condamnation venait de tomber. — Et qui va le promener ? Madame Thomas se tourna vers lui. — Tu anticipes déjà tes nouvelles responsabilités ? — Je vous connais. — C'est une qualité appréciable chez un esclave. — Madame... — Matin et soir, j'imagine. René la regarda avec consternation. Elle poursuivit, parfaitement sérieuse : — Et lorsqu'il pleuvra. — Évidemment. — Lorsqu'il neigera aussi. — Merci. — Il faudra peut-être même ramasser derrière lui. René grimaça. Madame Thomas ne tint plus. Elle éclata de rire. — Je suis ravie de voir avec quel enthousiasme tu accueilles cette éventuelle évolution de notre foyer. — Vous pourriez au moins choisir un petit chien. Elle regarda la cage. — Maintenant que tu l'as montée, ce serait dommage. — Madame... Elle referma le coffre. — Nous verrons demain. Puis elle retourna vers la maison. René la suivit. — Donc nous allons vraiment chercher un chien demain ? — Je n'ai jamais dit ça. — Mais vous venez de parler des promenades ! — C'est toi qui as commencé à parler de promenades. — Et vous avez parlé de ramasser derrière lui. Madame Thomas ouvrit la porte. — J'explorais ton hypothèse. — Vous vous moquez de moi. Elle entra. — Un peu. René resta quelques secondes dehors. Il regarda le SUV. Puis Madame Thomas. — Il y a un chien ou pas ? Elle se retourna. — Bonne nuit, René. Et disparut dans la maison. *** Le vendredi matin, la cage était toujours dans le coffre. René passa devant la voiture plusieurs fois. Chaque fois, il la regardait. À midi, il avait pratiquement accepté son destin. Il allait vivre avec un chien. Un grand chien. Il allait probablement devoir le nourrir, le sortir, nettoyer derrière lui et faire semblant d'apprécier l'expérience parce que Madame Thomas aurait décidé qu'elle voulait un animal. Au fond, pensa-t-il, cela correspondait assez bien à ce qu'il avait expliqué à la Docteure Morel. Si Madame Thomas décidait que quelque chose vous concernant ne relève plus de votre décision, comment le vivriez-vous ? Il aurait dû se méfier de cette question. À treize heures trente, Madame Thomas descendit. René prit son sac. — Prêt ? — Oui, Madame. Ils sortirent. Avant de monter en voiture, René ouvrit le coffre une dernière fois. Il vérifia machinalement la cage. Madame Thomas l'observait. — Tout va bien ? — Oui. Il testa la porte. — Elle est parfaitement fixée. — Excellent. René referma le coffre. — J'espère simplement qu'il n'est pas agressif. Madame Thomas resta silencieuse. Puis elle s'approcha de lui. Elle réajusta légèrement son col. Exactement comme avant leur rendez-vous chez Morel. — Ne t'inquiète pas. René la regarda. Elle souriait. — Je suis certaine qu'il est très bien dressé. Elle monta dans la voiture. René resta immobile une seconde. Quelque chose dans cette phrase lui avait paru étrange. Mais il ne parvenait pas à déterminer quoi. Il finit par monter à son tour. Derrière lui, dans le coffre du SUV, la cage attendait son premier occupant.
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Par : le 02/09/26
Chapitre III — Le rendez-vous Les jours suivants furent interminables. Madame Thomas n'avait plus reparlé de leur conversation. Pas une fois. C'était probablement ce qui perturbait le plus René. Elle avait terminé son plaidoyer par cette phrase : Je vais t'expliquer ce que j'ai décidé de te proposer. Puis elle ne lui avait rien expliqué. Le lendemain matin, elle avait repris sa vie comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu. Cabinet. Réunions. Téléphone. Dossiers. René avait préparé son café, entretenu la maison, exécuté ses tâches habituelles et attendu. Rien. Le soir suivant, même chose. Il avait fini par se demander si Madame Thomas ne testait pas simplement sa patience. Ou pire : si elle avait changé d'avis. Cette possibilité l'obsédait. Elle avait parlé d'aller beaucoup plus loin que le collier. Beaucoup plus loin que le mot esclave. Mais où pouvait-on aller après cela ? René avait envisagé toutes sortes de scénarios. Un contrat ? Un nouveau collier ? Une cérémonie ? Peut-être voulait-elle modifier radicalement les règles de leur relation. Il imagina des choses beaucoup plus extrêmes. Puis les trouva absurdes. Puis recommença à les imaginer. Madame Thomas, elle, ne disait toujours rien. Elle observait parfois René avec un léger sourire qui lui donnait l'impression désagréable qu'elle savait exactement ce qui se déroulait dans sa tête. Le troisième soir, il finit par céder. — Madame ? Elle ne quitta pas son dossier des yeux. — Oui ? — Concernant l'autre soir... — Quoi, l'autre soir ? Il hésita. Elle savait parfaitement. — Vous m'avez dit que vous aviez trouvé une manière d'aller beaucoup plus loin. Madame Thomas tourna une page. — C'est exact. René attendit. Rien. — Puis-je savoir laquelle ? Elle releva enfin les yeux. — Non. Un seul mot. Puis elle retourna à son dossier. René resta devant elle quelques secondes. — Autre chose ? — Non, Madame. — Alors cesse d'essayer de deviner. Il baissa les yeux. — Oui, Madame. — Tu te fais des films. René la regarda, surpris. Madame Thomas sourit. — Et aucun n'est juste. Il ne sut jamais si elle disait vrai. *** Le vendredi matin, elle lui donna enfin une instruction. — Sois prêt à treize heures trente. René releva immédiatement les yeux. — Pour quoi faire ? Madame Thomas continua à consulter son téléphone. — Sortir. — Où allons-nous ? — Dehors. René soupira. Elle leva les yeux. — Un problème ? — Non, Madame. — Parfait. Elle rangea son téléphone. — Treize heures trente. Puis elle partit travailler. René passa la matinée à recommencer exactement ce qu'elle lui avait interdit de faire. Imaginer. *** À treize heures vingt-huit, il l'attendait dans l'entrée. Madame Thomas descendit deux minutes plus tard. Et immédiatement, René comprit qu'il allait avoir beaucoup de mal à obtenir des réponses. Elle avait encore choisi du cuir. Pas la robe de l'autre soir. Cette fois, elle portait une longue jupe noire en cuir, une blouse claire parfaitement coupée et des bottes à talons. René resta silencieux. Cette tenue réveillait quelque chose de beaucoup plus ancien en lui. Un tribunal. Des couloirs impersonnels. Des dossiers de divorce. Et Madame Thomas avançant vers lui dans une longue jupe de cuir alors qu'elle était encore la Femme qu'il était censé détester. Elle remarqua son regard. — Quoi ? — Rien, Madame. — Alors prends mon sac. Il obéit. Elle passa devant lui et ouvrit la porte. — Nous partons. *** Madame Thomas conduisait elle-même. Ce détail aussi intriguait René. Habituellement, lorsqu'ils se déplaçaient ensemble et que les circonstances le permettaient, elle lui laissait volontiers conduire. Pas aujourd'hui. René était assis à côté d'elle. Il regardait alternativement la route et ses mains sur le volant. Puis beaucoup trop souvent sa jupe. Madame Thomas le surprit. — René. — Madame ? — Mes yeux sont plus haut. — Pardon. Elle sourit. Quelques kilomètres passèrent. — Où allons-nous ? — Quelque part. — J'avais compris. — Alors pourquoi poser la question ? René soupira. — Parce que vous ne me dites rien depuis plusieurs jours. — Et tu es toujours vivant. — Pour le moment. Elle eut un petit rire. — Tu dramatises. — Vous m'annoncez que vous allez bouleverser ma vie, puis vous refusez de m'expliquer comment. — Je n'ai jamais dit que j'allais bouleverser ta vie. René se tourna vers elle. — Vous avez dit que vous vouliez aller beaucoup plus loin que le mot esclave. — C'est différent. — Pas vraiment rassurant. Madame Thomas changea de vitesse. La jupe de cuir bougea légèrement. Le regard de René descendit. — Tu vois ? — Quoi ? — Je pourrais probablement t'annoncer que je vais te vendre à une mine de sel et tu continuerais à regarder ma jupe. René sourit malgré lui. — C'est précisément pour cela que vous l'avez mise. Madame Thomas tourna brièvement la tête vers lui. — Tu deviens perspicace. — Donc j'ai raison. — Je n'ai pas dit cela. Elle reporta son attention sur la route. Échec. Encore. René essaya une autre approche. — Est-ce que je dois m'inquiéter ? — Non. La réponse était arrivée immédiatement. Il se détendit légèrement. — C'est simplement un rendez-vous. — Quel genre de rendez-vous ? — Un rendez-vous qui est bon pour toi. Cette formulation ne le rassura absolument pas. — Vous savez que c'est exactement ce qu'on dit à un enfant avant de l'emmener chez le dentiste ? Madame Thomas éclata de rire. — Quelle imagination. — Donc ce n'est pas le dentiste ? — Non. — Un médecin ? Elle ne répondit pas. René la regarda. — Madame ? Elle posa brièvement une main sur son genou. Le geste était inhabituellement doux. — René. — Oui ? — Fais-moi confiance. Il se tut. Elle laissa sa main quelques secondes. — Je m'occupe de toi. Puis elle la retira et reprit le volant à deux mains. Quelque chose dans cette phrase apaisa René. Ou aurait dû l'apaiser. Pourtant, après quelques secondes, une pensée beaucoup moins rassurante lui traversa l'esprit. Madame Thomas avait soigneusement évité de répondre à sa question. *** Il ne reconnut pas immédiatement le quartier. Puis la voiture tourna dans une rue qu'il avait empruntée des dizaines de fois autrefois. René regarda dehors. Un bâtiment apparut au bout de la rue. Son sourire disparut. Non. Il regarda Madame Thomas. Elle conduisait tranquillement. — Madame... Aucune réponse. Il regarda de nouveau le bâtiment. Il le connaissait. Beaucoup trop bien. Madame Thomas entra dans le parking souterrain et prit un ticket. — Qu'est-ce qu'on fait ici ? — Nous avons un rendez-vous. — Avec qui ? Elle gara la voiture. Coupa le moteur. Puis se tourna vers lui. — Tu vas le découvrir dans quelques minutes. René ne bougea pas. — Sortez. Le vouvoiement involontaire la fit sourire. — Voilà que je redeviens vous. C'est intéressant. — Madame Thomas... — René. Son ton changea. Il connaissait ce ton-là. — Descends. Il obéit. *** Dans l'ascenseur, il essaya encore. — Je suis déjà venu ici. — Je sais. Cette fois, René tourna brusquement la tête vers elle. — Vous savez ? Les portes s'ouvrirent. Madame Thomas sortit. — Viens. René la suivit. À mesure qu'ils avançaient dans le couloir, les souvenirs revenaient. Les mêmes murs. Le même silence. Même cette odeur particulière qu'il n'avait jamais réussi à identifier. Madame Thomas s'arrêta devant une porte. René n'avait plus besoin de lire la plaque. Il connaissait déjà le nom qui y figurait. Docteure Élise Morel Psychiatrie — Psychothérapie René resta immobile. Pendant quelques secondes, plusieurs années de sa vie semblèrent se télescoper. Son divorce. Ses nuits sans sommeil. Les médicaments. Cette Femme devant laquelle il avait essayé de comprendre pourquoi l'avocate de son ex-épouse occupait autant ses pensées. Puis Madame Thomas. Sa Maîtresse. Aujourd'hui debout à côté de lui, dans cette même longue silhouette de cuir qui avait autrefois alimenté tant de séances dans ce cabinet. René se tourna lentement vers elle. — Pourquoi ? Madame Thomas ne répondit pas. Elle sonna. La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. La Docteure Morel apparut. Elle regarda René. Puis Madame Thomas. Et sourit. — Bonjour Madame Thomas. René sentit immédiatement quelque chose se nouer dans son ventre. Pas « Bonjour, enchantée ». Pas « Vous êtes Madame Thomas ? » Bonjour Madame Thomas. Elles se connaissaient. Madame Thomas lui rendit son sourire. — Bonjour Élise. Élise. René regarda l'une. Puis l'autre. Madame Thomas posa doucement une main dans son dos et le poussa vers l'intérieur. — Entre, René. Il franchit le seuil. Derrière lui, Madame Thomas ajouta simplement : — La Docteure Morel et moi avons beaucoup de choses à apprendre sur toi. La porte se referma.     Chapitre IV — L’évaluation La porte se referma derrière eux. La Docteure Morel regarda René quelques secondes. Puis Madame Thomas. — Je pense que nous pouvons commencer. René attendit. Madame Thomas posa son sac sur une chaise. — Très bien. Elle se tourna vers René. — Tu restes avec la Docteure Morel. — Et vous ? — Je vais prendre un café. Il fronça les sourcils. — Vous ne restez pas ? — Non. — Pourquoi ? Madame Thomas eut ce léger sourire qu'il commençait à détester autant qu'à aimer. — Parce qu'elle veut te parler. Morel intervint : — Seule. René regarda alternativement les deux Femmes. — Vous avez déjà discuté de moi. Ce n'était pas une question. Madame Thomas reprit son sac. — Évidemment. — De quoi ? Elle s'approcha de lui. Pendant une seconde, René crut qu'elle allait enfin lui répondre. Elle réajusta simplement son col. — Sois parfaitement honnête avec elle. Puis elle regarda Morel. — À tout à l'heure, Élise. — À tout à l'heure. Madame Thomas sortit. La porte se referma. René resta debout. Morel l'observait. — Asseyez-vous. Il s'assit. — Vous pouvez respirer aussi. René eut un petit rire nerveux. — J'aimerais surtout comprendre ce que je fais ici. — Je m'en doute. — Madame Thomas refuse de me le dire. — Cela ne m'étonne pas. René la regarda attentivement. — Vous savez pourquoi je suis ici. — Oui. — Et vous n'allez pas me le dire. — Non. Il soupira. Morel sourit. — Voilà. Nous avons déjà établi deux choses. — Lesquelles ? — Je sais pourquoi vous êtes ici et vous voulez le savoir. Elle prit son carnet. — Nous pouvons commencer. *** Il y avait quelque chose de profondément étrange à retrouver ce fauteuil. Des années auparavant, René s'y était assis après son divorce. Il dormait mal. Mangeait peu. Ressassait continuellement les mêmes événements. La Docteure Morel l'avait accompagné pendant cette période et lui avait prescrit un traitement. Mais leurs séances avaient progressivement abordé un sujet beaucoup plus inattendu. Madame Thomas. À l'époque, René la détestait. Du moins était-ce ce qu'il répétait. Morel avait été la première à remarquer que lorsqu'il parlait de son ex-femme, il racontait son divorce. Lorsqu'il parlait de son avocate, il décrivait sa voix. Sa manière de marcher. Son assurance. Ses vêtements. Et beaucoup trop souvent ses chaussures. Morel posa son carnet sur ses genoux. — Vous souvenez-vous de notre première conversation à propos de Madame Thomas ? — Malheureusement. — Pourquoi malheureusement ? — Parce que vous aviez raison. — À propos de quoi ? René hésita. — Je ne la détestais pas autant que je voulais le croire. — Ce n'est pas exactement ce que je vous avais dit. — Non. — Qu'avais-je dit ? René sourit. — Que personne ne consacre autant d'énergie à décrire les jambes d'une Femme qu'il prétend détester. Morel sourit à son tour. — Je manque parfois de délicatesse. — Parfois ? — René. Le ton lui rappela quelque chose. Il se redressa. — Vous étiez fasciné par elle. — Oui. — Vous l'êtes toujours ? Cette fois, aucune hésitation. — Oui. — Davantage ? — Beaucoup davantage. Morel nota quelque chose. René regarda le carnet. — Qu'écrivez-vous ? — Quelque chose qui ne vous regarde pas encore. Il leva les sourcils. — Vous avez changé. — Vous aussi. Elle tourna une page. — Parlez-moi de votre relation avec Madame Thomas. *** René commença prudemment. Puis Morel posa des questions. Depuis quand était-il son esclave ? Qui avait proposé cette évolution ? Qu'avait-il ressenti la première fois qu'elle lui avait donné un ordre ? Que signifiait son collier ? Pouvait-il désobéir ? L'avait-il déjà fait ? Pourquoi obéissait-il lorsqu'aucune conséquence immédiate ne l'y obligeait ? René répondait. Certaines questions lui semblaient parfaitement normales. D'autres beaucoup moins. — Si Madame Thomas vous demandait de rester pendant deux heures dans une pièce vide, sans justification, que feriez-vous ? — Je resterais. — Pourquoi ? — Parce qu'elle me l'aurait demandé. — Même si elle n'était pas là ? — Oui. Morel nota quelque chose. — Si elle décidait de votre tenue ? — Elle le fait déjà parfois. — Si elle choisissait votre nourriture ? — Cela dépend. Morel releva les yeux. — De quoi ? René réfléchit. — De la raison. — Donc vous avez besoin de comprendre ses décisions pour les accepter ? — Non... Il s'arrêta. Morel attendit. — Pas nécessairement. Elle nota encore. René commençait à éprouver une sensation familière. — Vous faites comme elle. — Comme qui ? — Madame Thomas. — Je suis psychiatre, René. Les questions font partie de mon métier. — Elle est avocate. Elle dit exactement la même chose. Morel eut un sourire. — Peut-être avez-vous simplement un problème avec les Femmes qui posent de bonnes questions. *** Elle changea brusquement de sujet. — Qu'est-ce qu'une propriété ? René la regarda. — Pardon ? — Vous avez entendu. Il se méfia immédiatement. — Quelque chose qui appartient à quelqu'un. — C'est une définition circulaire. — Un Bien dont quelqu'un peut disposer. Morel ne réagit pas. — Madame Thomas vous considère-t-elle comme sa propriété ? — Oui. — Et vous ? — Aussi. — Êtes-vous heureux de cela ? — Oui. — Pourquoi ? René chercha ses mots. — Parce que... Il s'arrêta. Morel attendit. — Parce que cela correspond à quelque chose de profond chez moi. — Quoi ? — Le besoin de lui appartenir. — Pourquoi elle ? Cette question-là le désarma davantage. Il réfléchit longtemps. — Parce que je lui fais confiance. Morel ne nota rien cette fois. — Continuez. — Parce qu'elle est plus forte que moi sur certaines choses. Parce qu'elle sait ce qu'elle veut. Parce qu'elle ne joue pas à être dominante. Il sourit légèrement. — Et parce qu'elle sait exactement comment me faire perdre mes moyens. — Le cuir ? René soupira. — Vous vous souvenez de ça aussi ? — Je suis psychiatre. Nous avons une mémoire particulièrement efficace pour les choses que nos patients préféreraient oublier. Puis elle redevint sérieuse. — Si vous retiriez le cuir, les bottes, le collier, les rituels et toute dimension érotique, voudriez-vous toujours lui appartenir ? René ne répondit pas immédiatement. Pour la première fois depuis le début de la séance, Morel ne chercha pas à remplir le silence. Une minute passa peut-être. — Oui. — Pourquoi ? — Parce que ce n'est plus seulement sexuel. Morel prit son stylo. — Voilà une réponse intéressante. *** Les questions devinrent progressivement plus étranges. — Si Madame Thomas décidait que quelque chose vous concernant ne relève plus de votre décision, comment le vivriez-vous ? — Cela dépendrait de quoi. — Mauvaise réponse. René fronça les sourcils. — Pourquoi ? — Parce que je ne vous demande pas d'évaluer sa décision. Je vous demande comment vous vivez l'idée de ne plus être celui qui décide. Il resta silencieux. — Cela me ferait probablement peur. Morel acquiesça. — Bien. Cette réaction le surprit. — Bien ? — J'aurais été davantage préoccupée si vous m'aviez répondu que cela ne vous faisait absolument rien. Elle écrivit quelques mots. — La peur n'invalide pas nécessairement un désir. Elle indique parfois simplement que nous avons compris ses conséquences. René la regarda. Cette phrase lui rappela étrangement Madame Thomas. — Elle vous a parlé de notre conversation. Morel ne répondit pas. — Docteure ? — Question suivante. René sourit. — Donc oui. — Vous pouvez interpréter mon silence comme vous le souhaitez. — Elle vous a vraiment bien choisie. Cette fois, Morel rit. — Vous n'avez encore aucune idée de ce que Madame Thomas a choisi. Le sourire de René disparut. Morel baissa les yeux sur son carnet. — Continuons. *** Une heure plus tard, René était épuisé. Morel avait exploré son divorce, son rapport au contrôle, sa sexualité, sa relation à Madame Thomas, son besoin d'appartenance, sa capacité à distinguer fantasme et réalité. Mais surtout, elle revenait continuellement sur une distinction qui finissait par l'obséder. Être traité comme une propriété. Et être une propriété. Chaque fois qu'il croyait comprendre pourquoi elle posait ces questions, elle changeait de direction. Finalement, elle ferma son carnet. — Très bien. René regarda l'heure. — C'est terminé ? — Pour aujourd'hui. — Et ? — Et quoi ? — Votre conclusion. — Je ne vous dois pas encore de conclusion. Le encore ne lui échappa pas. Morel se leva. — Attendez ici. Elle ouvrit la porte. Quelques secondes plus tard, René entendit des voix dans le couloir. Puis Madame Thomas entra. Elle avait toujours sa jupe de cuir. Elle s'assit tranquillement dans le fauteuil voisin. René éprouva immédiatement la sensation désagréable de redevenir le sujet de la conversation plutôt que l'un de ses participants. Morel reprit place. — Globalement, c'est très positif. René tourna la tête vers elle. Positif ? Madame Thomas, elle, ne manifesta aucune surprise. — Tu confirmes donc ton impression initiale ? — Très largement. René regarda l'une puis l'autre. Impression initiale ? Morel poursuivit. — Son désir d'appartenance est ancien. Il ne semble pas être une simple extension circonstancielle de l'excitation sexuelle. La dimension érotique est évidemment importante... Elle jeta un regard amusé vers la jupe de Madame Thomas. — ...particulièrement dans certains domaines. Madame Thomas sourit. René rougit. — Mais elle n'explique pas tout. Morel redevint sérieuse. — Il existe une cohérence entre son discours actuel, ce que j'avais observé autrefois et l'évolution de votre relation. Madame Thomas croisa les jambes. — Et sa compréhension des conséquences ? — Incomplète. René voulut intervenir. Morel leva légèrement la main. — Ce n'est pas une critique, René. Vous ne pouvez pas comprendre des conséquences que l'on ne vous a pas encore exposées. Il se tourna immédiatement vers Madame Thomas. Elle resta impassible. Morel poursuivit : — En revanche, il distingue correctement désir, fantasme et réalité. Il est capable d'identifier la peur sans nécessairement la confondre avec un refus. Et surtout... Elle consulta une note. — Lorsque j'ai retiré mentalement les éléments érotiques de la relation, son désir d'appartenance est resté présent. Madame Thomas regarda René. Longuement. — C'est important. — Très. Il n'aimait pas du tout la manière dont elles venaient de prononcer ces deux mots. — Important pour quoi ? Aucune des deux ne répondit. René eut un rire incrédule. — Vous êtes sérieuses ? Madame Thomas posa une main sur son genou. — Tout va très bien. C'était exactement ce qu'elle lui avait dit dans la voiture. Morel se leva. — Je rédigerai mon rapport ce week-end. René la regarda. — Quel rapport ? Morel se tourna vers Madame Thomas. — Tu l'auras probablement mardi. — Parfait. — Je préciserai les points qui nécessitent encore une vérification, mais je ne vois actuellement aucun élément psychologique qui justifierait d'interrompre la démarche. René se figea. La démarche. Voilà encore un nouveau mot. Madame Thomas se leva. — Merci, Élise. — Avec plaisir. Et je suis curieuse de voir où tout cela va vous mener. Cette phrase n'était absolument pas rassurante. Madame Thomas récupéra son sac. — Viens, René. Il resta assis une seconde. — Madame... Elle s'arrêta à la porte. — Oui ? — Quelle démarche ? Madame Thomas regarda Morel. Morel regarda Madame Thomas. Pendant une fraction de seconde, René eut la certitude que les deux Femmes savouraient exactement le même moment. Puis Madame Thomas sourit. — Celle pour laquelle j'avais besoin de savoir si tu étais prêt. — Et je le suis ? Cette fois, ce fut Morel qui répondit. — Beaucoup plus que vous ne le pensez. Madame Thomas ouvrit la porte. — Viens. René se leva et la suivit. Dans le couloir, il comprit que quelque chose venait encore de changer. Il ignorait toujours où Madame Thomas le conduisait. Mais désormais, quelque part derrière cette porte, un rapport était en train d'être rédigé pour l'aider à l'y emmener.
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Par : le 02/09/26
La Vénus à la fourrure est un célèbre roman érotique du XIXème siècle écrit par Leopold von Sacher-Masoch en 1870. Sacher-Masoch est, ni plus ni moins, l'homme qui a donné son nom au mot "masochisme", rien que ça. Avec une telle réputation, j'étais très curieux de voir ce qui pouvait se trouver dans ce livre à l'origine du mot qui constitue le M de BDSM. J'ai tout simple adoré ce livre, un vrai régal, c'est fluide à lire mais cela ne parlera pas à tout le monde, évidemment. Il s'agit d'une histoire d'amour qui se passe en Europe de l'Est, entre un homme soumis et une femme qu'il compare à la déesse Vénus. Devant la beauté extraordinaire de cette femme nommée Wanda, le protagoniste, Séverin, va lui proposer de devenir son esclave ou son mari. Après une longue hésitation, Wanda, qui pourtant ne semble pas avoir la fibre dominante au départ, accepte de devenir la Maîtresse de Séverin. Ce dernier passe son temps à exiger que Wanda soit cruelle avec lui et qu'elle porte de la fourrure quand elle le punit. La fourrure, c'est son fétichisme à lui. Alternant entre moments tendres et moments de cruauté, Wanda va finir par prendre goût à sa position dominante et jouera avec les sentiments de son esclave jusqu'à trouver la faille que je ne révèlerai pas afin de ne pas gâcher le plaisir de lecture si vous décidez de le lire. En tant qu'homme soumis, j'ai été très excité par ce récit, m'identifiant fortement au narrateur. Il vit la soumission à temps plein après qu'ils aient signé un contrat avec Wanda. N'ayant jamais eu l'occasion d'expérimenter moi même un contrat d'appartenance sur le long terme, cela m'a fait fortement fantasmé. La divinisation de la femme et la comparaison avec la déesse de la volupté Vénus est également quelque chose qui fait écho en moi. Il semble y avoir une telle dévotion envers la femme que seule une déesse, inaccessible par définition, peut incarner cette distance qui créé tant de désir. La statue de pierre qui représente la déesse donne encore plus de poids à cette distance de par la froideur que cela peut engendrer de vénérer un être sans forcément avoir de retour. Mais dans cette histoire, nous pouvons imaginer que la déesse s'exprime au travers de Wanda, rendant de chair et accessible cet amour. Malgré cela, l'esclave semble croire qu'il ne la mérite pas tout en voulant la posséder, au point de presque lui donner l'ordre de le dominer. C'est à se demander qui domine qui par moment. Une ambivalence permanente qui va amener le narrateur à affronter ses propres contradictions entre ses attentes fantasmées et la réalité de la relation. On comprendra aussi pourquoi il a ce rapport aux femmes grâce à des flash back sur son enfance. Que l'on soit homme soumis ou femme dominatrice, il est très possible que ce récit vous parle, en tout cas si vous aimez lire, c'est un incontournable de la littérature SM. Le livre a été librement adapté en film par Roman Polanski en 2013. Un huis clos dans un théâtre où un metteur en scène, joué par Mathieu Amalric, est à la recherche de l'actrice idéale pour jouer Wanda. C'est ainsi que se présente à lui Emmanuelle Seigner qui va le subjuguer dans son interprétation de la Domina. Le film n'a que ces deux personnages et il joue sur l'ambiguïté du livre qui est mis en scène et la vraie vie du metteur en scène. L'acteur et l'actrice jouent à merveille et arrivent à nous faire ressentir, par de simples changements de ton, les passages de la pièce de théâtre à la réalité intrinsèque du film. Une réinterprétation de l'œuvre que j'ai trouvé excellente avec un final explosif, interrogeant même les intentions de l'auteur et son vrai rapport à la femme.
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Par : le 01/09/26
Chapitre I — La mise en scène À dix-neuf heures vingt-sept, René entendit la porte d’entrée. Il connaissait le bruit des clés de Madame Thomas, sa manière de déposer son sac, puis le rythme précis de ses pas dans le corridor. Il se plaça à genoux avant qu’elle n’entre dans le salon. — Bonsoir, Madame. Elle le regarda quelques secondes. — Bonsoir, René. Elle semblait satisfaite. — Votre journée s’est bien passée ? — Très bien. J’ai obtenu ce que je voulais. René savait qu’avec elle cette phrase pouvait concerner un dossier, une négociation ou quelque chose qui le concernait directement. Il attendit. — À vingt et une heures, tu m’attendras dans le salon, devant le canapé. Elle marqua une pause. — À quatre pattes. Puis elle monta. À vingt et une heures précises, René était en place. Madame Thomas ne descendit pas. Cinq minutes passèrent. Puis dix. Il connaissait cette méthode. L’attente faisait partie de la mise en scène, mais elle avait surtout une autre fonction : elle lui rappelait que l’heure à laquelle il devait être disponible et celle à laquelle elle choisirait de l’utiliser n’étaient pas nécessairement les mêmes. Enfin, il entendit ses pas. Elle apparut dans une robe noire élégante, serrée à la taille par une ceinture de cuir. Ses longues bottes noires captaient la lumière à chaque mouvement. René les regarda trop longtemps. Madame Thomas s’assit sur le canapé et croisa les jambes. — Toujours aussi efficace. René releva les yeux. — Madame ? — Le cuir. Elle sourit. — Il suffit parfois de très peu de choses pour désorganiser un raisonnement pourtant convenable. Le ton était amusé. Puis son visage changea. René connaissait également cette transformation. La Maîtresse venait de céder la place à l’avocate. — Je veux discuter avec toi de quelque chose qui pourrait modifier profondément notre relation. Il sentit son ventre se contracter. — Mais avant cela, je veux m’assurer que nous mettons les mêmes choses derrière certains mots. Elle se pencha légèrement vers lui. — Depuis combien de temps es-tu mon esclave, René ?     Chapitre II — Le plaidoyer Madame Thomas aimait plaider. René l’avait compris bien avant de devenir son soumis. Elle ne cherchait pas seulement à imposer une conclusion. Elle préférait conduire son interlocuteur jusqu’à l’endroit où il serait obligé de la formuler lui-même. — Plusieurs années, Madame. — Et depuis plusieurs années, tu me dis que tu veux m’appartenir. — Oui. — Qu’est-ce que cela signifie ? René hésita. — Que vous décidez de ma place. De certaines règles. De ce que vous attendez de moi. — Certaines ? Il rectifia : — De ce que vous décidez de contrôler. Elle acquiesça. — Et si demain tu décidais que mon autorité ne te convient plus ? René se tut. — Réponds. — Je pourrais partir. — Donc mon pouvoir existe tant que tu décides de le reconnaître. La formulation le dérangea. — Techniquement… — Je déteste ce mot lorsqu’il sert à éviter une conclusion. Elle désigna la pièce. — Cette maison m’appartient. Réellement. Ma voiture m’appartient. Mes bijoux m’appartiennent. Mes bottes m’appartiennent. Son regard descendit vers celles qu’il fixait encore. — Elles ne peuvent pas décider demain qu’elles cessent de m’appartenir. René sentit où elle voulait l’emmener. — Et toi ? — Je veux être votre propriété. — Tu utilises encore un mot. Elle se pencha. — Cette maison m’appartient réellement. Toi, tu ne m’appartiens que parce que nous avons décidé de nous comporter comme si c’était vrai. Silence. — C’est précisément mon problème. René releva les yeux. — Votre problème ? — Oui. Elle se redressa. — J’ai pris ton fantasme ultime au sérieux. Son cœur accéléra. — Le collier ne suffit plus ? — Il n’a jamais été qu’un symbole. — Alors quoi ? Madame Thomas sourit. — Tu vas encore trop vite. Elle recommença à questionner. Sa place dans la maison. Son emploi du temps. La manière dont elle pouvait le présenter. Le droit qu’il lui reconnaissait de le dresser, de décider de certains usages, de déterminer les règles. Chaque réponse semblait fermer une porte derrière lui. Enfin René demanda : — Vous essayez de me convaincre ? — Naturellement. — Et si je refuse ? Elle eut ce sourire presque professionnel qu’il connaissait si bien. — Je ne plaide pas pour la partie adverse. Elle croisa de nouveau les jambes. — J’ai trouvé une manière d’aller beaucoup plus loin que le mot « esclave ». René attendit. Madame Thomas le regarda longuement. — Mais je ne te dirai pas encore comment.
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Par : le 01/09/26
Si je vous envoie un « hommage », vous pouvez me contacter. C’est ma façon de vous indiquer que votre profil a retenu mon attention.   Concernant les demandes d’amis, je ne reçois pas les textes qui les accompagnent. Je ne sais pas pourquoi 🤷 Ne vous fatiguez donc pas à rédiger un message avec votre demande : IL NE SERA PAS LU. Faites simplement la demande.   Si je vous accepte, votre premier message devra me permettre de savoir rapidement si nous sommes susceptibles de nous correspondre. Merci donc d’indiquer directement :   - votre âge réel - votre statut relationnel : célibataire, couple, polyamour, etc. - votre distance réelle par la route depuis Metz, en kilomètres (si supérieure à 100km ne le contactez oas) - si vous pouvez recevoir chez vous - si vous pouvez vous déplacer chez moi - vos disponibilités générales (par exemple: jamais le week-end, en journée, à partir d’une certaine heure, uniquement la nuit...) - ce que vous recherchez auprès de moi et, plus particulièrement, la place ou le rôle que vous aimeriez avoir auprès de moi. Pour les Homme uniquement merci de préciser : - si selon vous vous plaisez aux femmes - si vous êtes influant ou reconnu dans un domaine (ce que vous gagnez ne m’intéresse pas, je veux savoir si vous êtes charismatique, influant ou reconnu comme tel) Soyez précis pour que vous comme moi ne perdions pas notre temps. Si je ne réponds pas, attendez simplement.   Une absence de réponse est déjà une réponse pour le moment. J’accepte beaucoup de monde en amis et je les retir aussi tres facilement si je ne suis pas intéressé après m'être penché dessus. Inutile de relancer plusieurs fois en message privé. Si vous êtes insistant, vous serez retiré de la liste des personnes autorisées à m'envoyer des messages.   Petite précision: ma présentation paraît froide et j’en suis consciente j’en suis désolé mais je préfère être concise pour éviter tant que possible de perdre du temps. ⚠️  je ne suis pas intéressé par l’humiliation et par vous rabaissez. Mes fantasmes sont sexuelle, de domination et teintés de differentes pratiques BDSM. Je ne veux pas vous émasculer ou vous lavez le cerveau en vous rabaissant.  ⚠️ les profil qui rédige par IA seront systématiquement bloqué si je vous cale
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Par : le 01/09/26
        *Le Sombre Enfoiré 鐵厲, pour les seuls yeux de Sa GoodGirl 佩玲.
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