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La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM.
Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices.
Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Certaines pratiques BDSM peuvent, avec le temps, évoluer d’un cadre ludique et limité vers une organisation plus profonde de la relation. Ce glissement ne se produit généralement pas de manière brutale, mais progressive, à travers une série d’ajustements qui, pris isolément, peuvent sembler anodins.
À l’origine, la relation repose sur un équilibre clair : les rôles sont définis, les limites connues, et le soumis ou la Dame conserve une capacité réelle à mettre fin au jeu. Cependant, lorsque certaines pratiques s’inscrivent dans la durée, elles peuvent commencer à structurer leur style de vie et s’ancrer dans les aspects concrets du quotidien.
Le contrôle de la sexualité comme premier point d’ancrage
L’introduction de la chasteté du soumis constitue souvent une première étape. Introduit comme un jeu ponctuel, limité dans le temps, il est progressivement étendu. La répétition des périodes de contrôle, puis leur allongement, la suppression de l’accès aux clés de secours modifient peu à peu l’équilibre initial.
Ce qui relevait d’un contrôle temporaire devient une norme implicite. Le soumis perd l’initiative, perd l’accès à son sexe, jusqu’à voir sa sexualité entièrement dans les mains de sa Dame. Lorsque cette dynamique s’installe en permanence, la distinction entre fantasme et réalité devient impossible à maintenir. Cette perte d’initiative du soumis marque alors un premier déplacement de pouvoir, une première dépendance.
La dépendance financière
Le contrôle s’étend ensuite aux ressources. D’abord limité à une surveillance des dépenses — justificatifs, suivi des achats — il peut évoluer vers l’imposition de budgets, puis vers le contrôle complet de l’accès à l’argent.
Plus le contrôle se ressert, plus la perte d’autonomie financière devient totale : impossibilité pour le soumis d’accéder à son argent, transfert de tout son argent à la Dame. Le point culminant sera que la Dame demande l’abandon de toute activité professionnelle. Le soumis s’enfonce dans l’esclavage. Il ne dispose plus les moyens matériels pour quitter la relation.
Le contrôle de l’apparence et du quotidien
Dans la poursuite de contrôle, la maîtrise de l’apparence et des habits s’inscrit dans la même logique. La Dame choisit la coupe de cheveux, l’épilation temporaire ou définitive. Le choix des vêtements est progressivement retiré jusqu’à la gestion totale. Les habits sont mis sous clé. Elle choisit de ce qui peut être porté en privé et en public.
Ce contrôle touche directement à l’identité de l’esclave et à sa capacité à interagir avec l’extérieur de manière autonome. Il renforce l’acceptation de la transition de soumis à esclave et réduit encore ses marges de liberté.
La dépendance matérielle et la restriction des libertés
La suite est la mise en place d’un contrôle du corps et des mouvements. L’imposition d’entraves — collier, menottes aux poignets et aux chevilles — sans possibilité pour l’esclave de s’en libérer, sera justifié comme symbol de l’appartenance. L’accumulation de ces contraintes physiques renforce la limitation des déplacements. L’enfermement, la mise en cage, constitue la rupture nette avec une simple relation de dépendance.
Dans ce contexte, il ne s’agit plus uniquement de dépendance, mais bien d’une restriction effective de la liberté. Certains évoquent le concept de « CNC » (consensuel non-consensuel) pour tenter de cadrer ou de justifier ce type de dynamique. Mais dans les faits l’esclave a perdu le contrôle de son environnement et de sa capacité d’action. Sa capacité à agir, à se déplacer ou à disposer de lui-même est conditionnée par sa Dame.
Vers le contrôle total, la dépendance affective et psychologique
Lorsque ces différentes dépendances — sexuelle, financière, matérielle, sociale — se combinent, elles forment un système cohérent de dépendances matérielles. Chacune renforce les autres :
la dépendance financière empêche le départ,
la dépendance matérielle limite l’action,
le contrôle du quotidien réduit l’autonomie psychologique,
l’attachement émotionnel rend la situation difficile à remettre en question.
Au cœur de ce système se trouve la dépendance affective et psychologique. C’est elle qui permet aux autres formes de contrôle de s’installer et de se renforcer dans la durée. La relation va s’organiser autour du besoin de validation : prouver son attachement, démontrer son engagement, répondre à des attentes implicites. L’affection de la Dame, sa considération deviennent conditionnelles. Alors la peur de décevoir ou de perdre la relation prend le pas sur le choix initial.
Dans ce contexte, l’humiliation et la dévalorisation sont introduites. Présentées comme faisant partie du jeu, elles seront, à force de répétition, intériorisées. Remettre en question la valeur, l’identité ou l’adéquation de l’esclave fragilise son estime de lui. Cette fragilisation renforce la dépendance : plus sa confiance en lui diminue, plus la relation avec sa Dame devient centrale, voire indispensable.
C’est un paradoxe : La Dame est à la fois source de validation et de déstabilisation, créant une forme d’emprise difficile à percevoir et à remettre en question.
L’idée de “protéger” peut renforcer l’acceptation de l’esclavage. Elle introduit une justification qui atténue la perception de contrainte : le contrôle n’est plus seulement imposé, il est présenté comme bienveillant. il renforce l’adhésion, tout en rendant la remise en question plus difficile. Les dépendances sont alors intégrées non comme une perte, mais comme une forme de cadre rassurant.
À ce stade, les dynamiques imposées n’ont même plus besoin d’une intervention constante pour perdurer. Le contrôle devient autonome, intégré, presque invisible.
Lorsque la capacité d’agir ou de revenir en arrière ne dépend plus de soi, mais d’un cadre extérieur — même présenté comme protecteur — la dépendance atteint un point particulier. Elle ne repose plus uniquement sur des règles imposées, mais sur leur acceptation intériorisée.
C’est précisément dans ces situations que la frontière entre choix et contrainte devient la plus difficile à percevoir. La personne peut continuer à adhérer à la dynamique, tout en ayant perdu les moyens concrets de s’en extraire.
La rupture finale : la négation de l’autonomie
En résumé, ce qui caractérise cette évolution, c’est la convergence de plusieurs formes de dépendance — sexuelle, financière, matérielle, psychologique. Chacune renforce les autres et réduit progressivement les marges d’autonomie de l’esclave.
Le point majeur réside dans la perte de réversibilité. Tant que l’esclave conserve les moyens concrets de refuser ou de partir, la dynamique reste encadrée. Lorsque ces moyens disparaissent, la relation bascule vers une structure asymétrique durable. Ce passage du symbolique au réel constitue le cœur de la dérive. Les pratiques ne sont plus seulement des mises en scène, mais deviennent des mécanismes concrets d’organisation de la vie.
Ainsi, ce n’est pas l’intensité des pratiques qui définit la dérive, mais la disparition progressive de la liberté effective.
Le moment où tout tient sans effort
À un certain stade, il n’est même plus nécessaire de donner des ordres à l’esclave. Il s’adapte de lui-même. Il anticipe les attentes. Il corrige spontanément son comportement. Il accepte les règles sans qu’elles aient besoin d’être rappelées.
Le contrôle ne repose plus sur la contrainte visible. Il repose sur l’intégration complète de la domination dans le fonctionnement quotidien.
Ce qui relevait au départ d’un cadre de jeu devient un mode de fonctionnement normal et permanent. L’esclave finit par organiser lui-même sa propre restriction de liberté. Il surveille ses actes, ses paroles, ses réactions. Il n’agit pas selon sa volonté que selon ce qu’il pense être attendu de lui.
C’est à ce moment que la dépendance atteint son niveau le plus efficace. Le pouvoir n’a plus besoin d’être démontré. Il n’a plus besoin d’être imposé. Il est devenu normal. Et lorsqu’un système de contrôle devient normal pour l’esclave qui le subit, il devient extrêmement difficile à remettre en question.
Le point final
Puis apparaît une étape qui révèle la nouvelle relation. L’esclave peut être confié, prêté, loué ou “remis” à quelqu’un d’autre. l’esclave peut être informé ou non, voir consulté en apparence, mais il n’est plus au centre du choix. La décision est prise par la Dame.
À ce stade, il ne s’agit plus d’une asymétrie consentie entre deux individus. Il s’agit d’une relation dans laquelle l’un exerce un pouvoir de disposition sur l’autre. Le glissement est alors complet. L’esclave n’est plus autonome, capable de déterminer librement ses propres limites.
Il devient un élément intégré au système de domination de la Dame. Ce n’est plus seulement son comportement qui est contrôlé. C’est sa place dans la relation, sa capacité à décider pour lui-même, et son statut même comme individu autonome qui est effacé.
Le point de rupture est là : il ne s’agit même plus de mesurer l’intensité du rapport de domination. L’autonomie restante est devenue insuffisante pour que cette domination puisse encore relever du consentement.
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« Voudrais-tu reprendre ta liberté, Ysideulte ? »
Sur le chemin tortueux qui nous conduit à la ferme de Monsieur d’Ambert, cette question inattendue de mon Maître m’a frappée comme la foudre un jour sans nuage.
Je suis restée interdite face à cette demande, continuant à marcher comme un robot, incapable de répondre. Il n’a pas insisté et notre longue marche s’est poursuivie en silence.
La colère que je sens monter en moi me fait presque oublier la fatigue. Ce chemin escarpé coupe vraiment les jambes, qui plus est pour une personne à la musculature déjà affaiblie par des semaines et des semaines de captivité.
La végétation s’éclaircit peu à peu, comme si un démon maléfique s’amusait à soulever lentement le voile opaque qui nous apportait sa protection. Il va falloir parcourir plusieurs centaines de mètres en terrain découvert. Mon Maître s’arrête et m’ordonne d’en faire autant. Dans le silence absolu, nous guettons le moindre murmure d’hélice qui trahirait la présence lointaine d’un drone de surveillance de la Suprême Alliance Démocratique. Rien… C’est le moment ou jamais de piquer un sprint pour traverser le plus vite possible cette clairière dangereuse.
Arrivée en zone de sécurité, je reprends péniblement mon souffle autour d’un pique-nique improvisé. La ferme est encore loin – espérons y arriver avant la nuit. La colère gronde toujours en moi. Je saisis une brindille et grave à même le sol « NON, NON et NON !!! »
C’est ma réponse. J’espère qu’il a compris le message.
« Tu es en colère, n’est-ce pas ? »
Je fais oui de la tête.
Il n’y aura pas d’autres paroles. Dans une relation de cette nature, communiquer est essentiel. Je le sais et pourtant je me mure dans mon silence. Lui aussi.
Reprendre ma liberté ? Mais pour faire quoi ? Quel sens aurait ma vie dans un monde où je suis invisible. Il est le seul à voir mon âme.
Et pourtant, puis-je réellement lui reprocher cette question ? J’ai changé. J’ai pris de l’assurance – grâce à lui. La séparation imposée n’a pas arrangé les choses. Comment retrouver mes repères ? J’ai l’impression que tout mon dressage est à refaire. J’aimerais redevenir celle que j’étais quand je l’ai rencontré. Mais c’est impossible.
La pente se transforme en un interminable faux plat. Maintenant il faut courir de bosquet en bosquet, reprendre notre souffle, et faire le saut de puce suivant. Même si mon Maître porte le sac à dos, je suis à bout de forces.
La ferme se profile enfin à l’horizon. Il était temps. Le soleil est déjà bas et le vent glacial du haut plateau brûle mon corps entièrement nu.
« Pourquoi as-tu demandé un accès au fil d’Ariane ? » s’enquiert mon Maître, en rompant le silence.
« Aucune idée. »
« Tu aurais donc agi sans raison ? Cela ne te ressemble pas. »
« Je ne sais pas, Maître. J’ai senti que c’était important. Le pangolin fou m’a conseillé de suivre mon intuition. »
« Ah oui… L’attracteur étrange, aussi étrange que son nom. As-tu envisagé qu’il soit tout simplement cinglé ? »
« J’ai envisagé beaucoup d’hypothèses, Maître, mais aucune n’explique totalement son comportement. »
« Ceci étant, il faut être fou pour oser braver le camp du bien. »
Le ton semi-ironique de mon Maître me laisse penser qu’il a peut-être des informations que je n’ai pas. A moins que ce soit mon imagination.
« Pourquoi faites-vous confiance à Charlotte, Maître ? »
« Je ne sais pas. J’ai senti que je pouvais lui faire confiance, c’est tout »
« Vous voyez, vous non plus vous ne savez pas expliquer… »
Et toc ! Match nul.
Une bonne gifle me remet à ma place. Je l’avais bien cherchée celle-là…
En moins de deux je me retrouve les bras en l’air, reliés à une branche. Ces foutus bracelets de poignets sont bien pratiques pour attacher rapidement une femelle insolente. Il sort son fouet pour une bonne correction.
Les zébralyvox gémellaires ne font rien pour me protéger de la douleur, comme s’ils avaient compris la nature de notre relation. En peu de temps, me voilà en larmes. Et pourtant, je ne suis pas une pleurnicheuse, mais ça fait si mal.
Les derniers mètres sont les plus durs, mais nous y arrivons enfin à cette fichue ferme, ironiquement baptisée « Aux vaches qui pètent » par son propriétaire.
« Oh ! Quel plaisir de vous revoir ! »
« Bonjour Fourme. Tout le plaisir est pour nous. »
Sa tignasse crasseuse contraste toujours si joliment avec ses yeux d’un bleu perçant. La séduction se niche parfois là où on s’y attend le moins.
Il a l’air à peine étonné de me voir débarquer comme cela, à poil, le dos et les fesses marquées par le fouet, vêtue seulement de mon collier d’esclave et de mes bracelets métalliques. Depuis notre dernière rencontre il a visiblement intégré le fait que nous sommes un couple un peu bizarre. J’imagine qu’il se délecte déjà de la monnaie d’échange que nous apportons pour ses précieux fromages.
« Ysideulte a besoin d’être remise sur pied. Est-ce que vous pourriez nous aider ? »
« Je suis au courant de ce qui vous est arrivé. Même ici j’ai la télévision, vous savez. »
Il allume la télévision pour nous montrer.
Archi Phi, le philosophe à la télé, a invité Luke GreenWalker, l’écolo-Jedi, pour un débat de haute volée, dans les plus purs standards de la Suprême Alliance Démocratique.
« La notion de faits objectifs est une construction archaïque qui vise à invalider les savoirs ressentis des communautés marginalisées. Etes-vous d’accord avec mon analyse selon laquelle le refus d'une participation active à la reconfiguration de l'espace sémantique est une complicité avec l'oppression ? »
« Tout-à-fait. J’irai même plus loin en observant que la sphère privée n'est qu'un refuge pour les micro-agressions. C’est pourquoi je préconise une transparence radicale pour garantir que chaque interaction soit conforme aux standards de notre grande démocratie. »
Sur ces paroles qu'il qualifie de visionnaires, Archi Phi se charge de conclure.
« L'expression de doutes sur la politique de nos élites éclairées est le symptôme d'une fragilité structurelle qui nécessite un processus obligatoire de rééducation à l'empathie sociale. Rappelez-vous, chers auditeurs : douter, c'est déjà opprimer. Nous nous retrouverons la semaine prochaine pour apprendre à purger nos pensées des derniers vestiges de l’humanisme archaïque. »
L’émission se termine par des images de propagande. De magnifiques images du Liberty-Freedom, le Vaisseau Amiral flambant neuf de la 7ème flotte démocratique. Deux cent mille tonnes de « diplomatie », chargées de propager les valeurs de la Suprême Alliance à travers le monde, de gré ou de force.
Trop c’est trop. Cette télévision est un engin diabolique, un outil pour hacker directement notre cerveau, pour faire de nous de parfaits abrutis.
Je n’en peux plus. « Par pitié, Monsieur d'Ambert, arrêtez-ça ! »
Clic !
Fourme profite de notre visite pour nous faire visiter ses nouvelles installations. Les vaches qu’il a miraculeusement sauvées de l’abattage en règle des cheptels sont déjà rentrées à l’étable. Dès qu’elles me voient elles se figent. Toutes les paires d’yeux sont fixées sur moi.
« Vous voyez, Ysideulte, elles vous reconnaissent après tout ce temps. Elles sont moins bêtes que ce qu’on croit. Elles ont une âme, vous savez. »
Une âme je ne sais pas, mais une conscience, à ce moment-là je n’en ai aucun doute. Ces regards profonds fixés sur moi, comme si elles voulaient me dire quelque chose, ça me déstabilise.
Fourme nous offre le gîte et le couvert. Cette proposition n’est pas de refus, tant il aurait été imprudent de redescendre dans la vallée en pleine nuit.
« Euh… Elle dormira avec vous dans le lit ou en cage ? », s’enquiert-il timidement à la fin du repas.
Cette question d’apparence incongrue, mais pourtant si pertinente, fait sourire mon Maître.
« Elle est à votre disposition, et ensuite nous la mettrons en cage. »
Je ressens dans mes tripes le plaisir qu’éprouve mon Maître à montrer que je suis sa propriété. Une esclave qu’il offre à qui il veut, sans qu’elle ait son mot à dire. Et, paradoxe dont la psychologie humaine a le secret, cela me fait un bien fou.
Je sens que je vais avoir le droit à la trayeuse, une fois de plus. Mais la sévérité retrouvée de mon Maître m’a revigorée. Oubliée la perspective de me rendre ma liberté, perspective qui a déclenché une colère sourde en moi. Colère ou panique ? Anxiété de voir celui qui est mon phare dans la vie disparaître. N’y pensons plus.
Passer à la trayeuse est une expérience toujours aussi pénible.
Le bruit de la trayeuse est très particulier car il est à la fois mécanique, répétitif et organique. Il ressemble à un souffle mécanique, un soupir pneumatique, qui cisèle le silence de l'étable. Mes tétons souffrent le martyre pendant que Fourme me baise sans ménagement. Lorsqu’il coupe enfin l’aspiration, après avoir explosé de plaisir, les embouts tiennent encore un bon moment, sous l’effet d’un résidu de dépression, avant de se détacher brutalement, m’arrachant un cri de douleur.
Une cage à chien sera donc ma chambre pour la nuit. Très bien. Je suis presque fière de cette humiliation. Avec le temps j’ai appris à accepter cette part de moi, ô combien paradoxale, et surtout à comprendre que je ne suis pas folle. Tout cela a du sens, même si rares sont ceux qui peuvent le comprendre.
***
Le jour est déjà levé depuis un bon moment quand je me réveille. J’ai très bien dormi. Étrangement, l’espace confiné et la restriction des mouvements a un effet apaisant. Et puis, j’étais épuisée.
Ils sont sortis. Perdue dans mes pensées, j’attends sans bruit qu’ils veuillent bien venir me libérer.
Une question me traverse l’esprit : ais-je la capacité de faire fondre ces barreaux ? Si je me concentre suffisamment, jusqu’à entrer en fusion mentale avec les zébralyvox gémellaires, peut-être que nous pourrions accumuler suffisamment d’énergie électrique pour vaporiser le métal ? Ou bien faut-il que je sois en danger imminent, comme sur le pylône des suppliciés, pour que cela fonctionne ? Ma curiosité maladive me pousse à tenter l’expérience, mais ça ne serait pas convenable. Mon Maître n’apprécierait pas du tout je crois, alors je me retiens.
Mes deux compagnons sont de retour. Fourme me présente un plateau de fromages dont il est visiblement très fier. Quatre fromages.
« Depuis votre visite, j’ai travaillé sur la liste de pénicilliums que vous m’aviez fournie. J’ai conçu un nouveau processus d’affinage spécialement dédié. C’est un cocktail extraordinaire. Très ingénieux. Comment avez-vous élaboré cette liste ? »
« C’est un Professeur Japonais, Satoshi, qui nous l’avait fournie » répond mon Maître.
« Ah, oui, je vois, le prix Nobel déchu. Il est toujours en vie ? »
« Il avait l’air en pleine forme quand nous l’avions rencontré, malgré son âge avancé. Nous avons tiré la langue pour suivre son rythme infernal dans la montagne.»
Quatre fromages rares, uniques au monde, qui vont doper Streptomyces Avermitilis Inari, le symbiote du symbiote. Et après ? Que vais-je faire de mes capacités décuplées ? Pour l’instant je navigue dans le flou le plus total, et ce n’est pas le pangolin fou, avec ses réponses énigmatiques, qui risque de m’aider à y voir plus clair. Pourtant, de ces quatre fromages émane un indescriptible espoir, qui sonne comme une prophétie.
Enfin, on me libère ! J’ai la larme à l’œil à l’idée de devoir bientôt quitter Fourme, auquel je me suis attachée. Je suis une grande sentimentale.
Dans quelques jours nous déménagerons pour Davos, le centre nerveux idéologique de la Suprême Alliance Démocratique, où je prendrai mes fonctions dans les étages supérieurs de la Lune rouge, au pôle de contrôle des bites. Je serai accueillie par le chef du département d’ingénierie sociale, Panagiótis Crapoulós, en personne. Une raclure de première, d’après Charlotte, qui m’a conseillé de me tenir sur mes gardes.
A suivre.
Image d'illustration générée par IA.
Texte généré par mon réseau neuronal personnel.
L'histoire d'Ysideulte se situe dans un futur proche, au sein d'une société qui est une extrapolation d'évolutions sociétales récentes. Si cet article a éveillé votre curiosité vous pourrez découvrir le monde d'Ysideulte à travers mes articles précédents, dont la liste est ici: https://www.bdsm.fr/sylvie35/blog/ (pour bien comprendre l'histoire il est préférable de lire les épisodes dans l'ordre chronologique de leur publication).
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"Pâles deviennent tous mes rêves, jamais il n'y eut de fin plus triste dans mes livres de poèmes, la vie doucement coule. Je sais qu'il me faudra mourir bientôt et pourtant tous les arbres brillent après le baiser de juillet longtemps désiré. La nuit est veloutée et tendre, telle une rose. Viens, donne-moi tes mains, mon cœur bat, il est tard et à travers mon sang, vaque la nuit ultime qui va et vient, sans bornes, et sans fin, comme une mer. Et puisque tu m'as tant aimée, cueille donc la joie suprême de ton jour, et donne-moi cet or que nul nuage ne trouble". Lors de son discours du vingt novembre 2003, pour l’acceptation du prix Nobel de littérature, Elfriede Jelinek fit un vibrant hommage à Else: "Écolière, j’ai adoré la stature extravagante, exotique et bariolée d’Else Lasker-Schüler. Je voulais à tout prix écrire des poèmes comme elle, même si je n’en ai point écrit, elle m’aura beaucoup marqué". Démente ou extralucide, Else Lasker-Schüler (1869-1945) aura enflammé son siècle, et aura été le porte-parole de l’expressionnisme allemand. Gottfried Benn, amant puis ennemi car rallié au nazisme, dira d’elle, "ce fut la plus grande poétesse lyrique que l’Allemagne est jamais eue". Karl Kraus, l’avait désigné comme "la plus forte et la plus impénétrable force lyrique en Allemagne". Ceci pour situer l’immense Else. Elle était maigre et ses yeux étaient immensément tendus vers vous. Une force terrible émanait de sa personne. Else Lasker-Schüler envoûte ou fait jaillir la haine par sa vie provocante. Elle mendiera une partie de sa vie pour se nourrir, elle fera exploser les valeurs bourgeoises et la forme poétique. Peintre, poète, meneuse ardente des causes intellectuelles, amante passionnée, elle reste une comète foudroyante passée dans notre ciel. Nous n’en avons pas encore pris toute la mesure immense. Le début du siècle à Berlin, c’est elle qui l’a façonnée. Ses amis qu’elle vit souvent mourir, Georg Trakl, Franz Werfel ou Franz Marc, bien d’autres encore sont le bord de sa route. Une première génération se fit décimer pendant la première guerre mondiale, une deuxième par le nazisme. Else vit tout cela. Perte et absence, exil et projections bibliques feront le fondement de son œuvre. "Une Sapho qui aura traversé de part en part le monde" dira d’elle Paul Hille son ami le plus proche. Ce nouvel ange bleu sera la madone des cafés littéraires et tous les hommes devinrent des professeurs "Unrat". Elle sera à jamais le prince de Thèbes ou une femme prise dans le tragique entre Berlin et Jérusalem. Sa terre d'exil sera sa terre de renaissance.
"Le printemps nous contemple de sa lumineuse majesté. Tu me cueilles une fleur en guise de salut, et moi, je l'aimais déjà quand elle n'était que graine. Du lointain pays de la nuit, des harmonies se pressent, s'enflent. Je fais le pas. Je serai la vie, vie blottie contre vie. Quand au dessus de moi des astres édéniques berceront leurs premiers humains. Tes yeux se posent sur les miens, jamais ma vie n’eut tant de chaînes". Else était tout entière dans ses jeux de rôle, elle se faisait appeler le jaguar ou "le prince de Thèbes" et baptisait tout son entourage de nouveaux noms. Franz Marc était le "Cavalier bleu", Karl Kraus, "le Dalaï-Lama", Gottfried Benn, "Giselheer le Barbare", Georg Trakl était "le cavalier en or", Franz Werfel "le prince de Prague", Peter Hille, "Saint-Pierre", et Oskar Kokoschka, "le troubadour ou le géant". D’autres encore se firent totémiser de ces noms étranges venus d’autres planètes. Ses amis furent foison, parfois aussi amants, le plus souvent égaux et amis: Gottfried Ben, Georg Grosz, Karl Krauss, Murnau, Trakl, Werfel, Marc, Peter Hille, Kokoschka, Richard Dehmel, Alfred Döblin, Tristan Tzara, Gropius, Walter Benjamin, Martin Buber, mais la liste est longue, tant était foisonnante cette ville de Berlin sous son versant bohème, avec tous ces cafés où l’on refaisait l’art et le monde. Elle se promenait dans les rues de Berlin accoutrée en Prince de Thèbes. Elle a dit "si j’avais été un homme, j’aurais été homosexuel", car elle allait creuser la part féminine de ses amants au tréfonds d’eux-mêmes. Elle restera une pure hétérosexuelle, bien complexe toutefois avec son côté dominateur et homme. Là, à Berlin, se sont constitués alors les mouvements picturaux essentiels, der "Brücke" (1905-1913) et des "Blauen Reiter" (1911), l’expressionnisme, et le Bauhaus (1919), le mouvement Dada venant de Suisse avec Tzara (1918), et ce que l’on a désigné comme les "Berliner Secessionisten". Des peintres comme Oskar Kokoschka, Emil Nolde, Ludwig Meidner, August Macke, Paul Klee, Franz Emil Marc, Ernst Ludwig Kirchner, Karl Schmidt-Rottluff, Wassily Kandinsky, ont fait alors revivre les couleurs de la peinture et changer le cours de l’art. Ils figureront tous sur la liste des artistes dégénérés dressés par le nazisme. L'art contre les armes.
"Vois-tu mon amour, ma vie se perdre dans tes yeux. Jamais ne fut si profondément en toi, si profondément désarmée. Et parmi tes rêves ombreux mon cœur d’anémone boit le vent aux heures nocturnes, Et je chemine en fleurissant par les jardins paisibles de ta solitude". Cette poursuite du monde de l’invisible, du monde magique derrière le réel, l’intrusion des bêtes métaphysiques, la découverte réelle de l’âme humaine, avaient trouvé en Else sa théoricienne car cela, elle l’avait déjà intégré dans ses textes. Cette parole de Paul Klee résume la philosophie des mouvements: "L’art ne doit pas reproduire le visible, mais rendre visible l’invisible". Croqueuse sincère d’hommes, elle jouait d’eux et d’elle, et tombait pourtant amoureuse à chaque fois. Et elle écrivait des poèmes pour eux tous. Elle rayonnait alors auprès d’eux, tant l’immensité de ses dons, sa passion ardente, étaient éclatants. Elle sera donc la figure de proue de l’avant-garde de ce Berlin du début du vingtième siècle, avec sa bohème, ses cafés bohèmes où l’on réinventait le monde à venir. Ce ne fut pas le monde lumineux de Franz Marc ni le monde énigmatique des expressionnistes qui advint, ce fut la peste brune de Hitler. Elle l’avait pressentie et s’enfuit dés 1933. Élisabeth (Else) Schüler était née le onze février 1869 à Eberfeld, aujourd’hui Wuppertal, cadette de six enfants. L’ombre du père jovial et d’une mère difficile pèse sur elle. Fille rebelle, elle quitte à onze ans l’école qui l’ennuyait profondément. Maladive, feignant de l’être, elle poursuit ses études à la maison. À vingt-six ans, elle se marie avec un docteur Berthold Lasker bien plus âgé qu’elle. Ainsi elle prend ses distances avec sa famille de banquiers et elle peut enfin fuir la petite vie de province. Elle est enfin rendue à Berlin qui la fascine. Là elle suit des cours de peinture de Simon Goldberg et fonde un atelier. Elle va alors se lancer à corps perdu dans une vie de bohème. Elle rencontre peintres, musiciens, écrivains et devient vite le pivot d’une vie violente et exaltante dans cette nouvelle communauté. Avec la flamme noire et la passion d’une Marina Tsétaëva, toutes deux pas très jolies, elle embrase son milieu d’intellectuels excentriques. Un enfant, Paul, de père inconnu car Else n’en dira jamais le nom, lui naît le quatre août 1899, et son mari accepte alors de le reconnaître.
"La nature m'entoure de sa beauté et dans la nuit, tes yeux brillent. Je sais qu'il me faudra mourir bientôt et pourtant tous les arbres brillent après le baiser de juillet longtemps désiré, pâles deviennent tous mes rêves, jamais il n'y eut de fin plus triste dans mes livres de poèmes". Mais le couple est brisé et divorce en 1900, et Else poursuit seule sa vie de danse au-dessus des volcans. Elle est désormais sans ressources et ne survit que par l’aide de ses amis, dormant sur les bancs publics ou ceux des gares, squattant alors des chambres, mangeant rarement. Elle vivait de lectures, de mendicité auprès de ses amis, de performances et de conférences. En 1913, Karl Kraus lance un appel au secours dans sa revue célèbre "Der Fackel", pour la soutenir matériellement. Son œuvre est sa vie, et sa vie son œuvre. Poésie et vie ne faisaient qu’un pour elle, les gouffres qui toujours s’effondraient entre ces deux domaines et ne se laissaient point enjamber. Ceci faisait alors les douleurs et les confusions de son moi. Elle va se lier avec le cercle de poètes de Peter Hille et publia "Stryx", son premier recueil de poèmes très mal reçue par les critiques car trop étrange et énigmatique. Elle partagea bientôt l’existence de Herwarth Walden, Georg Levin de son vrai nom et se maria en 1901 avec lui. Il était éditeur de la revue expressionniste "Der Sturm" qu’elle va alimenter et fondateur de la galerie du même nom. Walden fit se rencontrer à Berlin toute l’avant-garde européenne et se fit l’éditeur de celle-ci. Une pièce de théâtre d’Else "Die Wupper" parle de cette période de basculement. En 1912, après avoir divorcé de Walden après deux ans de séparation, elle se lia avec Gottfried Benn. Mais le tournant de son œuvre vient du choc de la mort tragique le sept mai 1904 de son ami le plus intime, Peter Hille, qui fut aussi son mentor. Un courant mystique l’envahit désormais qui se traduira par l’écriture des ballades hébraïques et sa plongée profonde dans les contes orientaux. "Mon cœur" et sa transformation en "Prince de Thèbes" seront sa rédemption. En 1913, elle voyagera à Saint-Pétersbourg et Moscou. Quand la première guerre mondiale éclate, elle pressent la mise au tombeau de la culture européenne et farouche pacifiste, elle s’enfuit en Suisse où elle côtoie le mouvement dadaïste. En 1920 elle sort de l’anonymat avec la publication de six volumes de poèmes, des livres avec ses lithographies ("Thèbes"), et l’admiration du metteur en scène Max Reinhardt qui monte ses pièces, ses dessins sont exposés.
"Je suis l'ultime nuance de l'abandon, il n'y a plus rien après. Rien sauf ta beauté intemporelle. Tu me cueilles une fleur en guise de salut, et moi, je l'aimais déjà quand elle n'était que graine. Pourtant je sais qu'il me faudra mourir bientôt. Mon souffle plane sur les eaux du fleuve de Dieu, sans bruit je pose mon pied sur le chemin qui mène à la demeure éternelle". Elle est alors intronisée chef de l’expressionnisme. Mais au lieu de rentrer dans ce nouveau rôle, elle reste une clocharde refusant tout ordre établi. La mort de son fils Paul de tuberculose, en 1927, la foudroie et elle commence à se retirer du monde. Scandaleuse elle était pour tous, et les nazis la qualifièrent de "juive pornographique" et voulaient sa tête. Elle avait toujours su que la bête immonde viendrait la dévorer, alors elle émigra en Suisse à Zürich, en avril 1933. En 1932 elle avait reçu le grand prix de littérature Kleist. Sa nationalité allemande lui sera retirée en 1938. Berlin se changea peu à peu en Jérusalem, elle se replongea dans sa culture juive et biblique. Et après des allers retours en Palestine en 1934 et 1937, elle s’y fixa en 1939 à plus de soixante-dix ans. De l’holocauste subi par son peuple, passe des thèmes bibliques et l’exaltation du moi "Ich und ich". "Je vais au jardin de Gethsemani et prier pour vos enfants". La terre sainte ne fut pas à la hauteur de ses espérances, et là aussi pauvre et solitaire, elle survivait par la lecture, la première autorisée en juillet 1941 à soixante-douze ans, de ses poèmes et par une bourse d’un tout petit éditeur, Salman Schocken. Elle vivait au milieu d’illusions, de ses délires, elle écrivait des lettres folles à Goebbels, à Mussolini, pour sauver son peuple, de son immense solitude. L’ingratitude la blessa profondément. Ses appels incessants pour faire la paix entre arabes et juifs étaient fort mal reçus. Et quand elle allait alors dans les synagogues orthodoxes elle s’asseyait toujours parmi les hommes. Ses derniers textes, "Mon piano bleu" (1943) paru à moins de quatre cents exemplaires en tout et pour tout, et "je et je" ne fus pas compris du tout. Else Lasker-Schüler mourut d’une crise cardiaque le vingt-deux janvier 1945 au matin, et elle fut alors enterrée sur le mont des Oliviers.
"Quand le jour tombe, je revis en te contemplant dans la galaxie. En secret la nuit, je t'ai choisi entre toutes les étoiles. Et je suis éveillée, fleur attentive dans le feuillage qui bourdonne. Nos lèvres veulent faire du miel, nos nuits aux reflets scintillants sont écloses. À l'éclat bienheureux de ton corps, mon cœur allume la flamme embrasant le ciel, tous mes rêves sont suspendus à ton or, je t'ai choisi parmi toutes les étoiles". Comment se meut la poésie d’Else Lasker-Schüler ? Elle parle surtout d’atmosphères, de lune, de bougies, d’amour qui ne vient pas ou qui ne comprend pas. La nuit est omniprésente, les lettres envoyées ou reçues sont là reprises, des dessins aussi. Le silence et la nervosité extrême aussi. Le café semble imbibé ses ratures et ses écritures. Tous les contes bibliques et ceux de l’Orient sont près d’elle et lâchent leurs démons. Les mots sont réduits à l’essentiel, à leur dureté, pour capter alors correctement les instants de vie, donc ses poèmes. Le souvenir des amis, des tableaux, poussent leurs stridences en elle. Les amants sont penchés sur elle, surtout ceux qui ont fui. L’obsession de quelques mots est toujours au bout de son crayon: lune, bleu, âme, pleurs, douleur, vie, mort qu’il faut consoler, étreinte et baisers, étoiles, frontières perdues, cœur, sang, ange, douceur, monde. Sans arrêt ces mots reviennent et se mélangent sans souci de faire de belles métaphores. Else n’est pas un livre d’images, mais un livre de vie. 'Le prince de Thèbes'" voyait plus loin que tous. Plus qu’un peintre, un poète, un dramaturge, elle fut la première à réaliser ce que l’on appelle ainsi aujourd’hui des performances, mêlant les arts, dansant sur ses textes en s’accompagnant de clochettes, et parlant une langue inventée, la langue de l’origine. Elle fut méprisée, accusé de grossièreté, on riait d’elle, de ses chaussures bizarres de ses chapeaux de mauvais goût, mais on l’admirait aussi passionnément. Elle ne savait ni vivre ni mourir, mais vociférer sans raison et tendre vers la dure vérité au travers des mensonges. Personne ou presque ne l’écoutait.
"À l'ombre de tes rêves, la nuit venue, mon cœur d'anémone s'abreuve de vent. Mais tu ne vins jamais avec le soir, j'étais assise en manteau d'étoiles. Quand on frappait à ma porte, c'était le bruit de mon propre cœur. Maintenant le voilà suspendu à tous les montants de porte, à la tienne aussi". Elle reste cet être tout à fait énigmatique et tragique qui réalisa alors sans doute le mieux cette fusion entre la judaïté et la source allemande expressionniste. Ce conflit de ses deux racines l’aura écartelé. Elle était "le Prince de Thèbes" exilé sur cette terre. On pourrait dire qu’Else Lasker-Schüler vécut comme une Allemande à Jérusalem. Le cas tient du paradoxe en ce sens que Else Lasker-Schüler avait vécu comme une Orientale à Berlin, se faisant appeler Prince Youssouf, prétendant être née à Thèbes en Égypte et déambulant, vêtue de pantalons bouffants, un poignard à la ceinture. Son écriture témoignait également de sa fascination pour un Orient mythique, mais aussi pour l’histoire et la terre du peuple hébreu comme le reflète le titre du recueil "Ballades hébraïques". Toutefois, comme chacun sait, il y a souvent loin de l’imagination à la réalité, et pour Else Lasker-Schüler le choc fut rude. Il faut dire à la décharge de l’écrivain qu’elle n’avait pas choisi de s’installer en Palestine mais fut plutôt victime d’un fâcheux concours de circonstances. Else Lasker-Schüler, que ses origines juives mettaient en péril, décida en 1933 de quitter l’Allemagne pour la Suisse. C’est au cours de cet exil de six ans qu’à l’invitation d’un couple de mécènes, elle se rendit pour la première fois en 1934 dans cette Terre promise où la conduisait depuis toujours son imagination poétique. Le premier voyage fut un émerveillement. E. Lasker-Schüler avait le sentiment de voir renaître un pays où couleraient bientôt le lait et le miel. Elle avait choisi de fermer les yeux sur les réalités les plus dérangeantes pour rédiger à son retour "Le pays des Hébreux", et en faire un hymne à la terre d’Israël. Malgré l’enthousiasme, Else Lasker-Schüler était en effet rentrée à Zurich car elle avait compris au cours de ce voyage qu’elle était avant tout européenne dans l’âme, qu’elle avait besoin des théâtres, des cinémas, de la presse et de toute cette vie intellectuelle que la Palestine d’alors ne pouvait lui offrir. Au cours d’un second voyage en 1937, le rêve avait commencé de se fissurer. Else Lasker-Schüler avait été agacée par le vacarme des rues de Jérusalem et davantage encore par la plus totale indifférence des autorités culturelles sionistes à sa personne.
"Et je traverse, florissante, les jardins de ta paisible solitude. Rose de feu qui s'éteint entre les fougères dans le brun d'une guirlande. Je fis pour toi le ciel couleur de mûre avec le sang de mon cœur. Mais tu ne vins jamais avec le soir, je t'attendais, debout, chaussée de souliers d'or". Elle accepta pourtant la proposition d’un troisième voyage en 1939 qui s’avéra être un voyage sans retour puisque, en raison de l’imminence de la guerre, l’écrivain n’obtint pas l’autorisation de regagner la Suisse. C’est donc une femme fatiguée, à la santé chancelante et éprouvée par la vie, qui s’installa alors contre son gré en 1939 à Jérusalem. Très vite, Else Lasker-Schüler prit en grippe le lieu de son nouveau séjour. Elle se plaignit des rigueurs du climat, de la rudesse des mœurs, de l’inconfort de son logement, de la pauvreté de la vie culturelle et de la misère qui l’environnait dans les rues de Jérusalem. C’est ainsi que le pays qui lui avait inspiré tant de livres depuis les Ballades hébraïques jusqu’au Pays des Hébreux devint son dernier rêve brisé. Elle trouva donc refuge dans la culture allemande et, au lieu de s’ouvrir à son pays d’accueil qui possédait déjà une vie littéraire non négligeable grâce à l’immigration d’écrivains venus d’Europe de l’Est comme Gershon Schofmann ou Samuel Yosef Agnon, elle décida de continuer à mener à Jérusalem la vie d’une femme de lettres allemande. Malgré sa vue qui déclinait et un bras endolori par l’arthrose, celle qui n’avait vécu que par et pour l’écriture, décida de réunir autour d’elle dans un cercle littéraire germanophone ses compagnons d’infortune. Le cercle fut baptisé "Der Kraal". Le plus souvent, les réunions du Kraal prenaient la forme de soirées littéraires au cours desquelles Else Lasker-Schüler et ses invités lisaient alors à l’intention du public des extraits de leurs œuvres. Else Lasker-Schüler avait un temps envisagé de recevoir le public et ses invités dans sa chambre mais l’idée manquait par trop de réalisme. Comme les autorités culturelles sionistes ne souhaitaient pas offrir une tribune à des intellectuels allemands, Elle dut alors faire du porte-à-porte.
"Toujours, toujours j'ai voulu te dire tant d'amour. Il tombera un grand astre dans mon sein, nous veillerons la nuit, et prierons en des langues, sculptées comme des harpes. La nuit nous nous réconcilierons, tant que Dieu nous inonde. Nos cœurs sont des enfants, qui, pleins d’une douce langueur, voudraient reposer". Si Else Lasker-Schüler semble ne s’être jamais vraiment réconciliée avec sa terre d’accueil et trouva jusqu’au bout des mots très durs pour parler de Jérusalem et de ses habitants, on ne peut pas dire pour autant que ces années en Palestine furent un échec. Ce serait méconnaître la sublimation littéraire de l’épreuve. Le recueil "Mon piano bleu", publié en 1943 apparaît ainsi comme une variation poétique sur le thème de l’exil. Au-delà de Jérusalem, dans ce recueil, c’est le monde lui-même qui apparaît comme le lieu de l’exil. Il n’existe nulle part sur cette terre de havre de paix, il n’y a pas de terre d’asile, d’où la nécessité de porter son regard plus loin. Au terme d’un long chemin, Else Lasker-Schüler était parvenue à la conclusion que le paradis qu’elle cherchait depuis toujours n’était pas de ce monde. La foi lui apparaissait désormais comme l’unique chemin conduisant au salut, d’où la tonalité profondément religieuse de ce dernier recueil dans lequel la poétesse supplie Dieu de l’arracher à son exil terrestre. Ceux qui ont connu l’écrivain dans ses dernières années parlent de ses absences, de ses monologues étranges avec des créatures invisibles. Il semble, en effet, qu’elle n’était déjà plus de ce monde, qu’elle ne l’habitait plus que physiquement, en pensées elle était déjà ailleurs. Nul doute que nombreux furent les juifs immigrés qui se sentirent déracinés voire en exil en terre d’Israël, mais rares furent ceux qui eurent le courage de l’écrire. Elle est devenue une légende passée un jour près de nous.
"Nous scellerons le jour dans le calice de la nuit, je suis sans attache, partout il y a un mot de moi.car j'ai toujours été le prince de Thèbes. Et nos lèvres veulent se trouver, pourquoi hésites-tu ? Mon cœur n’est-il pas proche du tien, ton sang me rougissait toujours les joues. La nuit nous nous réconcilierons, si nous nous caressons, nous ne mourrons pas". Son grand-père était un grand rabbin vénéré, ses parents des juifs parfaitement assimilés, elle sera la folle égérie d’un Berlin d’entre les guerres où se construisait la nouvelle modernité. Recluse encore plus misérable à Jérusalem, elle détestait tout ce que l’on avait écrit sur elle et ne rêvait que de revoir Berlin, comme avant. Elle que personne n’invitait plus rêvait ceci: "Dieu vint et me dit je t’invite. J’étais assise autour d’une table immense, à côté se tenait l’ange Gabriel et il me tendit un rôti de la main de ma mère. C’était à peu près le plumpouding, que nous mangions à la maison". Else avait un mysticisme intérieur qu’elle projetait sur les gens aimés et aussi sur la mort. Son art aura fusionné l’expérience juive et la haute culture allemande, l’émancipation féminine jusqu’à la provocation, la mutation du monde avec son individualisme forcené. Cette étrange étoile fit le passage de Berlin à Jérusalem où elle finit sa vie, refusant toute traduction de ses textes en hébreu: "Mes poèmes sont assez juifs en allemand" et ayant une attitude libre envers la religion, scandalisant ainsi jusqu’à son dernier souffle. Elle ne parlait ni le yiddish, ni l’hébreu car pour elle le sens des prières n’avait pas besoin de compréhension. Très belle étoile filante, Else a apporté à la poésie son sens des images son baroque expressionniste. Ses dessins étranges, ses lettres exaltées, ses poèmes surprenants et profonds entre rêves fous et angoisses laissent une trace inaltérable. Cette rebelle absolue contre tout ordre bourgeois ou matrimonial est une épée flamboyante dans la chair du siècle. Cette énergie volcanique a marqué au fer rouge son temps et les hommes qu’elle a calcinés. Else fut cette clocharde céleste qui à Berlin se cachait sous les balcons pour que ses parents au ciel ne la voient pas dans sa misère. Elle n’aura pas raté sa vie. Le scandale, c’était les autres qui ne l’ont pas comprise. Pauvre, elle fut, émancipée. Petite étoile et grande comète, elle continue de déambuler en nous avec ses vêtements orientaux. Elle croyait fortement à la force des mots et elle avait aboli toute frontière entre réalité et visions. Briseuse de tabous, elle aura cassé le tabou du monde réel. Le sérail de ses rêves et de sa poésie sont nos oasis. Belle et obscure reste sa poésie. "Mes poèmes sont impersonnels, ils doivent toujours inspirer les autres. Je sais que je vais bientôt mourir. Je suis l'ultime nuance de l'abandon, il n'y a plus rien après".
Bibliographie et références:
- Franz Baumer, "Else Lasker-Schüler"
- Sigrid Bauschinger, "Else Lasker-Schüler"
- Paul Cassirer, "Le Prince de Thèbes"
- Benoît Pivert, "Terre d'exil, terre de renaissance"
- Itta Shedletzky, "Else Lasker-Schüler"
- Paul Tischler, "Else Lasker-Schüler"
- Walter Fähnders, "Else Lasker-Schüler"
- Iris Hermann, "Else Lasker-Schülers"
- Erika Klüsener, "Else Lasker-Schülers"
- Friedrich Pfäfflin, "Else Lasker-Schüler"
- Margarete Kupper, "Else Lasker-Schüler"
- Caroline Tudyka, "L'exil d'Else Lasker-Schüler"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"J'avais pour les étables un goût plus irrésistible que jamais courtisan pour les antichambres royales ou impériales. On n'a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n'en a pas". Ce sont deux lapins dodus et craintifs qui grignotent une carotte. Rien de mièvre cependant dans ce petit tableau animalier, brossé à la manière flamande, qui retient l’attention du jury du Salon annuel de peinture de Paris de 1841. Surprise d’être sélectionnée, Rosa, qui n’a que dix-neuf ans (1822-1899), se réjouit d’exposer, pour la première fois, aux côtés de son père, l’excentrique Raimond Bonheur. Dans cette famille d’artistes adepte des idées philanthropiques saint-simoniennes, la jeune fille a appris la peinture et la sculpture en même temps que ses frères Auguste et Isidore et sa sœur Juliette. Car Auguste, en 1864, a alors racheté l’atelier d’un autre peintre animalier Jacques Raymond Brascassat, qui influença beaucoup les Bonheur, à Magny-les-Hameaux. Il y était plus facile d’entretenir là une ménagerie d’animaux-modèles qu’à Paris. Rosa, cependant, ne viendra que rarement à Magny. Il semble qu’Auguste, bon peintre animalier lui-même, se soit posé en rival, alors qu’Isidore, ayant choisi la sculpture, est resté son complice. La jeune femme accède au succès dès 1849 avec un tableau majeur, "Labourage nivernais": un train d’attelage de bœufs saisi dans son élan, baigné d’une lumière dorée héritée des maîtres italiens qu’elle a étudiés. C’est à elle, désormais financièrement indépendante, qu’incombera durant une quinzaine d’années, de soutenir la famille, d’autant que leur père décède cette année-là. Cette France paysanne, éternelle et sereine, qu’elle peint, correspond aux idées conservatrices du nouveau régime: le second empire. Puis son "Marché aux chevaux", chef-d’œuvre de 1853, va l’installer dans un rôle quasi officiel. L’impératrice Eugénie elle-même, la visitera deux fois dans l’atelier qu’elle s’est choisi à By, près de Fontainebleau, et fera d’elle la première femme à recevoir la légion d’honneur, avec ce compliment: "Le génie n’a pas de sexe". Pourtant, Rosa passe pour une anticonformiste, célibataire vivant avec une autre femme, s’habillant volontiers en homme pour visiter les foires, fumant le cigare avec le cow-boy Buffalo Bill venu pour l’Exposition universelle de 1889. Mais jamais elle ne fera scandale ni ne se posera jamais en porte-parole de la cause féministe. C’est après sa mort qu’on la verra comme telle. "Le Marché aux chevaux" la rend si célèbre en Grande-Bretagne et aux États-Unis, qu’elle va désormais surtout peindre pour cette clientèle étrangère. Au point qu’aujourd’hui son œuvre est à tort, jugée dépassée en France, alors qu’elle reste estimée outre-Atlantique où se trouvent les meilleurs de ses quatre mille tableaux et dessins. Femmes célèbres, illustres, extraordinaires, exceptionnelles, héroïques, fortes. Les qualificatifs rivalisent pour isoler celles dont les qualités ou les actes rompent tant avec la définition normative de la féminité qu’elles suscitent l’étonnement ou l’admiration. Si l’historiographie rejette, à juste titre, les "depuis toujours", force est d’avouer que, dans le cas présent, on peine à dater le premier auteur intéressé par ce sujet qui s’inscrit dans la lignée des "Vies parallèles des hommes illustres" de Plutarque. On s’accorde, néanmoins, à reconnaître un précurseur en Boccace et son "De Claris Mulieribus", débuté en 1360. La première édition est imprimée en français en 1491 sous le titre "Des Dames de renom", bien après que Christine de Pizan a inauguré en 1405 avec "La Cité des Dames" la vogue de ces biographies féminines qui ne cessera plus. Le XIXème siècle, à peine influencé par l’héroïsation révolutionnaire, démocratise un peu et l’étend à toutes les femmes qui se sont distinguées par leur courage, leur beauté, leurs talents et même leurs erreurs ou leurs vices.
"Les animaux sont des amis tellement agréables, ils ne posent jamais de questions, ils ne font aucune critique. On peut juger de la grandeur d'une nation et ses progrès moraux par la façon dont elle traite les animaux". En 1830, Louis Prudhomme propose alors en quatre volumes rédigés par une Société de gens de lettres une ambitieuse "Biographie universelle et historique des femmes célèbres", mortes ou vivantes qui se sont faites remarquer dans toutes les nations et, tandis que la patrie n’est toujours reconnaissante qu’aux grands hommes, le Panthéon des femmes cherche sous la direction d’Achille Poincelot à mesurer en 1854-1856 leur influence, Édouard Plouvier n’est pas en reste avec "Le Livre d’or des femmes, publié en 1870. Un marronnier de l’édition est bel et bien planté. Il renaît à chaque saison, ajoutant quelques nouvelles fleurs à un bouquet un peu fané. Dès lors, la célébrité devient un critère incontournable. Se côtoient, désormais, des héroïnes de l’Histoire, des comédiennes, des écrivaines, mais aussi quelques épouses et des mères exemplaires, figures d’époques révolues, plus que du temps présent. Le XXème siècle, plus soucieux d’un succès commercial que de rigueur historique, confond, lui, célébrité et exceptionnalité. Il préfère mettre en valeur une actrice qui fera davantage recettes, qu’une peintre injustement oubliée. Une star, adulée de ses fans, potentiels lecteurs, qu’une résistante, retournée après-guerre à un quotidien qui ne fera pas vendre. De fait, l’héroïsme, plus souvent sacrificiel chez les femmes que chez les hommes, s’affadit, avant que le terme ne disparaisse des couvertures et des récits, contribuant à banaliser les vies féminines, à normaliser le féminin. Quelques figures séculaires échappent à cet ostracisme, mais elles survivent, le plus souvent, caricaturées dans ces ouvrages, comme dans la plupart des manuels scolaires des deux premiers tiers du XXème siècle. Cléopâtre réduite à son nez, Aliénor d’Aquitaine à sa nombreuse progéniture, Jeanne d’Arc à sa virginité. Plus négatives sont les descriptions de Catherine de Médicis, couverte du sang de la Saint-Barthélemy, de Marie-Antoinette, une traître car louve autrichienne, voire mère incestueuse, ou de Charlotte Corday, cruelle meurtrière de Marat. Cette distorsion de la réalité par des plumes essentiellement masculines a des effets négatifs sur l’appréhension du féminin. En effet, même admiratives, ces biographies réduisent la grandeur féminine à quelques individus, créant ainsi une inégalité numérique et qualitative entre les sexes. La preuve en est que les grands hommes, créateurs ou hommes publiques, peuplent les dictionnaires de noms propres et que certains sont panthéonisés, alors que parler d’une grande femme, c’est évoquer sa taille, tandis qu’une femme publique est une prostituée. Quant au Panthéon, il ne se féminine que bien timidement depuis la fin du siècle dernier, sous des présidences socialistes de la République. En 1995, à l’initiative de François Mitterrand, la scientifique, par deux fois nobélisée, Marie Curie (1867-1934) est "le premier grand homme" à reposer, soixante ans après sa mort, dans le temple de l’excellence, la présence de Sophie Berthelot, "l’inconnue du Panthéon", ne se justifiant que par la volonté familiale de ne pas séparer la dépouille du chimiste Marcellin Berthelot de celle de son épouse. Mais Rosa Bonheur se moquait bien de toutes ses considérations, même si elle accepta des mains de l'impératrice Eugénie la "rosette".
"De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, de Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme". Avant d'être celui d'une guinguette du parc des Buttes-Chaumont, Rosa Bonheur est le nom d'une artiste, spécialisée dans la peinture animalière. Médaillée au Salon de 1848 pour "Bœufs et taureaux", race du Cantal, plébiscitée l'année suivante avec "Le Labourage nivernais", elle devint riche et célèbre en 1853 pour son "Marché aux chevaux". À l'époque, son œuvre est alors qualifiée de "peinture d'homme, nerveuse, solide, pleine de franchise". Il faut dire que Rosalie, dite "Rosa" (1822-1899), ne respecte guère les conventions. Elle fume, visite les foires en pantalon et partage son existence avec une femme. Rosalie Bonheur naît le seize mars 1822 à Bordeaux. Sa mère Sophie Marquis (1797-1833), née de parents inconnus, est adoptée par un riche commerçant bordelais, Jean-Baptiste Dublan de Lahet. Rosa Bonheur se plaira à imaginer que le mystère de ses origines maternelles cache quelque secret d'État et qu'elle est de sang royal, jusqu'au jour où elle apprend que Dublan de Lahet était bien son véritable grand-père. Sophie Marquis épouse, le vingt-et-un mai 1821 à Bordeaux, son professeur de dessin, le peintre Raymond Bonheur. Son père à Bordeaux a été ami avec Francisco Goya qui y vivait en exil. Il encourage ses enfants dans la voie artistique. Rosa, Auguste et Juliette deviendront peintres animaliers tandis que leur frère Isidore sera sculpteur. Elle est également la cousine du peintre Ferdinand Bonheur. Fortement influencé par le Saint-simonisme, Raymond Bonheur décide de s'installer à Paris en 1828. Sa femme et ses trois enfants l'y rejoignent l'année suivante, Rosa a alors six ans. Leur fille Juliette y naît en juillet 1830. Mais la famille vit dans la gêne. En 1831, Raymond Bonheur décide de rentrer, avec un groupe de Saint-Simoniens, au couvent de Ménilmontant. Pendant ce temps, Sophie ne reçoit plus de subsides de son père supposé, mort en 1830, et elle s'épuise à travailler pour surmonter une vie de misère. D'après les témoignages familiaux, Rosa est une enfant indisciplinée et a du mal à apprendre à lire. Pour y remédier, sa mère lui a appris à lire et à écrire en lui faisant sélectionner et dessiner un animal pour chaque lettre de l'alphabet. La mère de Rosa Bonheur meurt en mai 1833. Son père se remarie neuf ans plus tard, en 1842, avec Marguerite-Félicie Peyrol , avec laquelle il a un dernier fils, Germain-Louis, qui sera également peintre. Après la mort de sa mère, Rosa fréquente l'école élémentaire, puis est mise en apprentissage comme couturière, puis en pension. Son père finit par la prendre dans son atelier, où se révèlent ses aptitudes artistiques. Pendant l'été 1839, elle commence à étudier les animaux qui deviendront sa spécialité, tant en peinture qu'en sculpture. Élève de son père, elle expose pour la première fois à dix-neuf ans au Salon de 1841. Elle obtient une médaille de bronze au Salon de1845 et une médaille d'or au Salon de 1848 pour "Bœufs et Taureaux, race du Cantal". Cette récompense lui permet d'obtenir finalement une commande de l'État pour réaliser un tableau agraire pour une somme de trois mille francs.
"Je n'ai pas besoin de me marier. J'ai trois animaux à la maison qui remplissent le même rôle qu'un mari. J'ai un chien qui grogne le matin, un perroquet qui jure l'après-midi et un chat qui rentre tard dans la nuit". À la mort de son père en mars 1849, Rosa Bonheur le remplace à la direction de l'École impériale gratuite de dessin pour demoiselles, ou École gratuite de dessin pour jeunes filles. Elle y conserve ce poste jusqu'en 1860. "Suivez mes conseils et je ferai de vous des Léonard de Vinci en jupons" disait-elle souvent à ses élèves. Avec son immense tableau "Le Marché aux chevaux", présenté au Salon de 1853, Rosa Bonheur obtient une grande notoriété. À une époque où des polémiques opposent sans cesse romantiques et classiques, son tableau "a le rare et singulier privilège de ne soulever que des éloges dans tous les camps. C'est vraiment une peinture d'homme, nerveuse, solide, pleine de franchise". À la suite de ce succès, elle accède alors à une reconnaissance internationale qui lui vaut d'effectuer des tournées en Belgique et en Angleterre, organisées par Gambart, au cours desquelles elle est présentée à des personnalités, telles que la reine Victoria. Le tableau part ensuite aux États-Unis où il est finalement acquis par un milliardaire américain pour l'énorme somme de 268 500 francs-or, avant d'être offert au Metropolitan Museum of Art de New York. Rosa Bonheur séjournera à plusieurs reprises en Auvergne, dans le Cantal en 1846, 1847 et plus tardivement en 1889. À l'été 1855, elle se rend en Angleterre et en Écosse pour présenter "Le Marché aux chevaux", que la ville de Bordeaux a refusé d'acheter. Elle se lie d'amitié avec le marchand londonien Ernest Gambart, qui devient son seul agent en Grande-Bretagne et qui achète le tableau pour quarante mille francs. Elle a également rencontré le maître anglais de la peinture animalière, Sir Edwin Landseer (1802-1873), ainsi que la reine Victoria et l'influent critique John Ruskin. Entre 1856 et 1867, elle n'expose plus au Salon, toute sa production étant vendue d'avance. "Nous avons toujours professé une sincère estime pour le grand talent de mademoiselle Rosa Bonheur", écrit Théophile Gautier cette année-là," avec elle, il n'y a pas besoin de galanterie, elle fait de l'art sérieusement, et on peut la traiter en homme. La peinture n'est pas pour elle une broderie au petit point". En 1860, Rosa Bonheur s'installe à By, coteau viticole près du village de Thomery en Seine-et-Marne, dans une vaste demeure au sein d'une propriété de quatre hectares où elle fait construire un très grand atelier, par Jules Saulnier e taménager des espaces pour ses animaux. Un de ses proches: "Elle avait une ménagerie complète dans sa maison: un lion et une lionne, un cerf, un mouton sauvage, une gazelle, des chevaux. L'un de ses animaux de compagnie était un jeune lion qu'elle laissait courir souvent. Mon esprit fut plus libre d'esprit quand cet animal léonin a rendu l'âme".
"Entouré d'un univers de choses tangibles et visibles. Les animaux, les végétaux, les astres, l'homme, de tout temps, perçoit qu'au plus profond de ces êtres et de ces choses réside quelque chose de puissant qu'il ne peut décrire, et qui les anime". En juin 1864, l'impératrice Eugénie lui rend une visite surprise, pour l'inviter à déjeuner, fin juin, au château de Fontainebleau avec Napoléon III. Cette visite a donné lieu à une gravure sur bois d'après un dessin d'Auguste Victor Deroy, conservée au musée du château de Fontainebleau. L'impératrice revient à By l'année suivante, le dix juin 1865, pour lui remettre, elle-même, les insignes de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur, faisant ainsi de Rosa Bonheur la première artiste et la neuvième femme à recevoir cette distinction. Elle est aussi la première femme promue Officier dans cet ordre, en avril 1894, soit, selon les termes également en usage dans la presse de l'époque, la première officière de la Légion d'honneur. Rosa Bonheur présente dix toiles à l'Exposition universelle de Paris de 1867. À partir de 1880, Rosa Bonheur et Nathalie Micas passent régulièrement l'hiver à Nice, tout d'abord dans la demeure d'Ernest Gambart, la villa "L'Africaine", puis à partir de 1895, dans celle qu'elles acquièrent, la villa "Bornala". Rosa Bonheur y peint plusieurs toiles. À l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de 1889, elle invite Buffalo Bill dans son domaine après qu'il l'eût invitée à être artiste en résidence dans son "Wild West Show". À cette occasion, elle reçoit une panoplie de Sioux. Une amitié forte naît entre eux, et elle fera même son portrait. En 1893, lors de l'Exposition universelle de Chicago, deux tableaux de Rosa Bonheur sont exposés au Palais des Beaux-Arts. Il en est ainsi pour trois lithographies au "Woman's Building". Mais dans les deux cas, ce furent des prêts de collectionneurs privés (Gambart, Keppel). En effet, bien qu'il l'ait sélectionnée, le comité français d'organisation fut obligé de renoncer alors à envoyer ses œuvres à Chicago, ne pouvant faire face aux frais d'assurance requis pour le transport. Ayant contracté une congestion pulmonaire à la suite d'une promenade en forêt, Rosa Bonheur meurt le vingt-cinq mai 1899 au château de By, sans avoir achevé son dernier tableau "La Foulaison du blé en Camargue". Elle est inhumée à Paris au cimetière du Père-Lachaise, dans la concession que la famille Micas lui avait léguée. Elle y repose aux côtés de Nathalie Micas et d'Anna Klumpke, dont les cendres furent rapatriées en 1948, après sa mort aux États-Unis en 1942. Les obsèques de Rosa Bonheur font l'objet de nombreux articles dans "La Fronde", journal féministe fondé par Marguerite Durand en 1897. Hubertine Auclert regrette qu'elle n'ait pas accepté les honneurs militaires pour ses obsèques, hommage qu'elle aurait pu recevoir en tant qu'officière de la Légion d'honneur, mais que Rosa Bonheur avait clairement refusés. Elle était trop "patriote".
"Au début des temps, il n'y avait pas de différence entre les hommes et les animaux. Lorsque nous ramenons des animaux sauvages à la nature, nous les renvoyons simplement à ce qui leur appartient déjà. Car l'homme ne peut pasdonner la liberté aux animaux sauvages, il ne peut que leur enlever". De son vivant, sa peinture est achetée et admirée tant par les institutions que les collectionneurs privés. Aujourd’hui, elle est perçue comme une figure emblématique du féminisme, car elle a réussi, à son époque, à mener la vie qu’elle souhaitait en s’affranchissant des modèles stéréotypés de son temps. Au cours de ses années de jeunesse à la campagne, au château Grimont à Quinsac, Rosa Bonheur a la réputation d'être un garçon manqué, réputation qui la suivra toute sa vie et qu'elle ne cherchera pas à nier, portant les cheveux courts et fumant par la suite, en privé, cigarettes et havanes. Elle a toujours refusé de se marier, afin de rester indépendante, et en raison des mauvais souvenirs que lui a laissés l'attitude de son père vis-à-vis de sa mère. Et puisqu'à l'époque, le mariage fait des femmes mariées des subalternes de l'homme, elle considère qu'il l'aurait empêchée de se dévouer à son art. La vie émancipée que menait Rosa Bonheur n'a pas fait scandale, à une époque pourtant très soucieuse des conventions. Comme toutes les femmes de son temps depuis une ordonnance datant de novembre 1800, Rosa Bonheur devait demander une permission de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris, pour pouvoir porter des pantalons dans le but, notamment, de fréquenter les foires aux bestiaux ou de monter à cheval. Nathalie Micas avait également une autorisation de travestissement. Cependant, sur toutes les photographies "officielles", Rosa Bonheur respectait la loi et portait toujours une robe. Si le lesbianisme de Rosa Bonheur, évoqué par des auteurs, mais réfuté par d'autres, n'est pas avéré, elle a cependant vécu, en réel compagnonnage, avec deux femmes. La première, Nathalie Micas, rencontrée en 1837. Rosa avait quatorze ans et Nathalie douze, qui deviendra peintre comme elle, et dont elle ne sera séparée qu'à la mort de cette dernière en 1889. La seconde, après la mort de Nathalie Micas, en la personne de l'américaine Anna Klumpke, également artiste-peintre de talent, qu'elle connut à l'automne 1889 et qu'elle reverra à plusieurs reprises. Anna Klumpke vint vivre avec elle à By en juin 1898 pour faire son portrait, et écrire ses mémoires. À la demande de Rosa Bonheur, elle y demeure et devient son héritière et sa légataire universelle, tout comme Rosa Bonheur l'avait fait, auparavant avec Nathalie Micas."C'est moi qui ai payé, aussitôt que cela me fut possible les frais d'éducation de Germain. L'on a dit que c'était moi qui étais sa mère et non sa bienfaitrice. C'est là des choses qu'on peut pardonner, mais oublier jamais "ou bien des médisances sur A. Klumpke circuleront, qui la feront souffrir. "Admiration qui ne demandait qu'à se muer en affection". Rosa Bonheur vécut riche, célèbre, heureuse, en exerçant dès l´adolescence le métier qu´elle s´était choisi: peintre animalière. Pour une femme du XIXème siècle, une exception, un défi. Grâce à un immense talent et une puissante force de travail, elle accomplit la promesse faite à sa mère, sa mère morte. Sophie X-Bonheur mourut à trente-six ans dans d´insupportables circonstances. Rosa n'avait qu'onze ans. Cette tragédie aurait pu l´anéantir totalement, elle lui transmit au contraire la force d´accomplir ce qui devint alors une mission de vie. "Relever la femme, venger la mère ".
"La cruauté ne peut venir que des hommes. Les animaux ne tuent que par nécessité, et non pour le plaisir. Pour être heureux, inspire-toi de la conduite des animaux". On mesure combien la définition même de l’exceptionnalité féminine est liée à celle du féminin, non dans sa dimension biologique, mais dans sa construction sociale, culturelle, politique, ceque l’on nomme désormais le genre. Comme celui-ci, elle est donc historicisable. Écrivaine au talent reconnu, influente politiquement, anticonformiste dans son pseudonyme littéraire, dans ses tenues vestimentaires et dans sa vie privée tumultueuse, Aurore Dupin, alias George Sand (1804-1876), remplit au cœur du XIXème siècle tous les critères de l’exceptionnalité féminine, lesquels au début du XXIème siècle lui vaudraient de voir alors son œuvre saluée, sans qu’elle-même soit qualifiée de femme extraordinaire. Qualifiées communément de grandes dames, tonalité nobiliaire qui les différencie du peuple-femme, ces êtres d’exception sont alors marginalisés par la discrétion et la modestie des honneurs qui leur sont rendus. À sa création en 1802, la Légion d’honneur, une reconnaissance essentiellement militaire, ne concerne pas les femmes, exclues de surcroît de l’armée depuis une loi de 1793. Pourtant, en 1851, Marie-Angélique Duchemin (1772-1859), veuve Brulon, "sous-lieutenant aux Invalides", en est décorée pour "ses sept ans de service, sept campagnes, sept blessures", dans sa lutte contre les Anglais le cinq prairial an II (vingt-quatre mai 1794). En fait, cette décoration permet surtout à Louis-Napoléon Bonaparte de s’affirmer alors, après son coup d’État, héritier de la Révolution. Soucieuse de faire reconnaître les talents féminins, d’inscrire cette récompense hors du champ de la guerre, l’Impératrice Eugénie intervient pour promouvoir en 1865 la peintre Rosa Bonheur (1822-1859) Chevalier de l’Ordre. Alors que la première guerre mondiale, de par la figure écrasante du soldat, accentue impartialement le déséquilibre quantitatif entre les sexes, l’inscrivant aussi dans les monuments aux morts, bien oublieux de la contribution féminine, il faut attendre 1931 pour que la grande poétesse Anna de Noailles (1876-1933), nommée Officier en 1925, devienne Commandeur en qualité de femme de Lettres, et 1953 pour que soient élevées à la dignité de Grand-officier, l’écrivaine Colette (1873-1954), Commandeur depuis 1936 et, pour son action sociale, la maréchale Lyautey (1862-1953). Derrière cette identité maritale, qui accorde même le haut grade d’un militaire à son épouse, disparaît Inès de Bourgoing. La filleule de l’Impératrice Eugénie se dévoue toute sa vie aux causes humanitaires, particulièrement au Maroc, et devient en 1926 Présidente du Comité central des Dames de la Croix-Rouge française. Ce registre humanitaire justifie que la Grand ’Croix de la Légion d’honneur soit enfin attribuée en 1997 à une femme, Geneviève De Gaulle-Anthonioz. Si, depuis les années 2000, chaque promotion respecte la parité, la multiplication de ces nominations, et surtout leur vulgarisation ont vidé, en partie, la Légion d’honneur de sa grandeur originelle et donc ainsi de son exceptionnalité.
Bibliographie et références:
- Henry de Collet de La Madelène, "Rosa Bonheur ou le talent animal"
- Dore Ashton, "Rosa Bonheur, a life and a legend"
- Marie-Jo Bonnet, "Les deux amies, un couple de femmes dans l'art"
- Marie Borin, "Rosa Bonheur: une artiste à l'aube du féminisme"
- Danielle Digne, "Rosa Bonheur ou l'insolence"
- Albertine Gentou, "Rosa Bonheur: une femme au service de l'art"
- Natacha Henry, "Rosa Bonheur l'audacieuse"
- Anna Klumpke, "Rosa Bonheur: sa vie son œuvre"
- Frédéric Lepelle de Bois-Gallais," Biographie de Rosa Bonheur"
- Eugène de Mirecourt, "Rosa Bonheur"
- Gonzague Saint Bris, "Rosa Bonheur, liberté est son nom"
Bonne lecture à toutes et à tous
.Méridienne d'un soir.
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"Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers. Tous brûlent en leur cœur de se massacrer avec le bronze aigu au milieu de la presse. La bataille meurtrière se hérisse de longues piques, des piques tailleuses de chair qu'ils portent dans leurs mains. Les yeux sont éblouis des lueurs que jette le bronze des casques étincelants, des cuirasses fraîchement fourbies, des boucliers éclatants, tandis qu'ils avancent en masse. Il aurait un cœur intrépide, l'homme qui pourrait alors trouver plaisir, et non chagrin, à contempler telle besogne". La mythologie grecque nous rapporte qu’Eôs, déesse de l’aurore, fut éprise d’un jeune troyen nommé Thiton. Ils eurent plusieurs enfants, et coulaient des jours heureux. Toutefois, au contraire d’Eôs, Thiton était mortel, ce qui conduit Eôs à réclamer auprès de Zeus l’immortalité pour Thiton. Malgré ses réticences, le roi des Dieux céda aux suppliques d’Eos. Mais celle-ci avait oublié de demander que Tithon accède également à l’éternelle jeunesse. Il vécut donc fort longtemps, mais continua sans cesse à vieillir, devenant invalide et finalement assez repoussant, même aux yeux d’Eôs. Fille des Titans Hypérion et Théia, sœur d'Hélios et de Séléné, qui vivait avec son époux Thiton dans l'océan, Eôs en grec ancien Ἠώς / Ēṓs, chaque matin, émergeait à l'Est, s'élevait dans les airs sur un char tiré par les chevaux ailés Lampos et Phaéton, annonçant l'arrivée de son frère, Hélios, qu'elle accompagnait sous le nom d'Héméra jusqu'au soir,où, devenue Hespéra, elle continuait son voyage vers les rives occidentales d'Océan. Selon certaines légendes, sa mère serait Euryphaessa, celle qui brille au loin, et son père Hélios, serait l'image personnifiée du soleil. Ovide, dans ses "Métamorphoses", lui attribue comme mère Pallas. Elle est l'incarnation de l’aurore qui annonce la lumière du jour, et se trouve être une extension du jour lui-même. Chaque matin, Eôs, l’Aurore, se lève à l’est, et ouvre les portes du ciel pour son frère Hélios. Elle annonce la naissance du jour en humectant la terre de rosée issue de ses larmes dues à la perte de ses deux fils, Mémnon et Hémathion. Sur son passage, elle fait éclore les fleurs et répand parfois des roses. Au cours de son voyage avec Hélios, elle change de nom et s’appelle Héméra tout au long de la journée et Hespéra le soir. Selon Homère, Eôs, est appelée la déesse à la robe couleur safran, aux doigts de rose, et aux paupières de neige. Hésiode, quant à lui, dit qu’elle est l’enfant du matin.Traditionnellement, la déesse Eôs circule sur un char d’argent, ou de lumière, tiré par deux chevaux d’or ailés nommés, Phaëton (brillant) et Lampos (éclatant), éclairant le chemin qu’elle emprunte. Parfois, dans certains récits, il est fait mention de quatre chevaux au lieu de deux. On lui attribue également Pégase comme monture. Elle vit avec sa sœur Séléné, la lune, dans le palais d'Hélios, le soleil. Tous les trois se rencontrent rarement et ne se retrouvent jamais ensemble au même lieu, ou au même moment. L'Aurore était aussi figurée avec des ailes, ou montée sur Pégase et portant une torche d'or. Mariée à Astréos, avec qui elle enfanta, les divinités des vents:Zéphyr, le vent d’Ouest, Boréas, le vent du nord, d’où vient le terme, les aurores boréales, Notos le vent du sud, Euros, le vent d’est, Phosphoros, l’étoile du matin, Vénus dans son déploiement matinal, traduit en latin par “Lucifer”, le porteur de lumière. Elle donna naissance aux astres et aux étoiles. Phosphoros, l’étoile du matin, Vénus dans son déploiement matinal, traduit en latin par “Lucifer”, le porteur de lumière. Hespéros, l’étoile du soir, Vénus dans son déploiement nocturne, Phainon ou Saturne, Phaethon ou Jupiter, Pyroeis ou Mars, Stilbon ou Mercure, enfin Astraea, la déesse de l’innocence et parfois de la justice, selon certains textes anciens. Phosphoros est le chef de file de tous les autres astres. Il prend soin du char du soleil, de ses coursiers qu’il atèle et détèle avec l’aide des Heures. Génie ailé, précédant le char de sa mère, un flambeau à la main, il possède également des chevaux blancs et annonce aux mortels et aux dieux, l’arrivée de sa mère Eôs, l’Aurore.
"Ainsi que des moissonneurs, qui, face les uns aux autres, vont, en suivant leur ligne, à travers le champ, soit de froment ou d'orge, d'un heureux de ce monde, et font tomber dru les javelles, ainsi Troyens et Achéens, se ruant les uns sur les autres, cherchent à se massacrer, sans qu'aucun des deux partis songe à la hideuse déroute. La mêlée tient les deux fronts en équilibre. Ils chargent comme des loups, et Lutte, qu'accompagnent les sanglots, a plaisir à les contempler. Seule des divinités, elle se tient parmi les combattants". Hespéros qui signifie “le plus splendide des astres qui brillent sur la voûte céleste”, est parfois considéré comme le fils d’Atlas. On lui suppose aussi la paternité des Hespérides, attribuée également à Zeus et Thémis, à Nix et Erèbe, ou Phorcys et Céto; toutefois, après la victoire des Olympiens sur lesTitans, Astraeos fut exilé à jamais dans le ciel sous la forme d’une étoile. Eôs est immortelle, et garda sa beauté et sa jeunesse, malgré d’innombrables grossesses. Durant son mariage avec son frère, la belle Eôs succomba au charme d’Arès, le dieu de la guerre. Aphrodite, qui avait Arès pour amant, tout en étant mariée à Héphaïstos, en prit ombrage et condamna Eôs à n’être amoureuse que de mortels pour lesquels elle sera fatale. Elle prit alors pour amants: Orion, fils de Poséidon, auquel elle redonna la vue, par l’intermédiaire de son frère Hélios, le gardien du don de la vue. Elle l’enlèva et l’emporta à Délos, ce qui lui fut fatal car Artémis, très stricte sur les mœurs, qui voyait d’un mauvais œil, l’union d’une déesse avec un mortel, décida de le tuer avec ses flèches. Selon une seconde version, racontée par d'autres mythographes, le malheureux aurait succombé à une piqûre de scorpion. Kleitos, petit fils du guérisseur Mélampos, qui lui plut au point, dit-on, de lui faire obtenir son admission dans l’Olympe. Avec Céphale, roi de Phocide, Eôs connut un amour non partagé. Alors qu'éprise de Céphale, elle l’enlèva, celui-ci resta fidèle à Procris, qu’il venait d’épouser. Irritée, Eôs décida de lui faire connaître les affres de la jalousie, en lui inspirant des doutes sur la fidélité de sa femme. Les deux époux finirent toutefois par se réconcilier, mais Céphale tua un jour, par erreur, Procris cachée dans un buisson, pensant qu’il s’agissait d’un animal. Il fut alors chassé d’Athènes par l’Aréopage. Selon certains récits, il finit par se précipiter à la mer. On raconte, que de leur liaison, naquit Phaéton. Après Astraeos, Eôs se remaria avec Tithonos, le fils du roi de Troie, Laomédon, et de la nymphe Strymo. Il était le frère de Priam qui fut roi pendant la guerre de Troie. Comme cet homme lui convenait parfaitement, elle supplia Zeus de lui donner de l’ambroisie pour le rendre immortel. Zeus accèda à sa requête, mais elle oublia, contrairement à sa sœur Séléné, de lui demander également le don de l’éternelle jeunesse. Son mari, rendu immortel, s’étiola de plus en plus au fil des siècles et termina par devenir un vieillard desséché et sénile. L’ambroisie lui évita la souffrance; il vécut perpétuellement dans un état d’euphorie, le conduisant à chanter toute la journée. Face à sa décrépitude, alors qu’Eôs restait éternellement jeune, Zeus prit pitié de lui et le transforma en cigale. Ils eurent ensemble deux fils: Mémnon, roi d’éthiopie et Émathion, roi d’Arabie. Mémnon, après avoir assassiné Antiloque, le fils de Nestor, fut tué par Achille, lors de la guerre de Troie; on dit de lui qu’il était le plus beau des guerriers qui ait combattu dans cette guerre. Émathion, en route vers le jardin des Hespérides, fut assassiné par Héraclès. Selon certains, elle aurait soigné son mari jusqu’au bout, sans rechigner, selon d’autres elle l’aurait enfermé dans une pièce, serait partie en l'abandonnant à tout jamais à son triste sort. Les motifs qui font référence à la déesse Eôs dans les rêves, et dans les voyages chamaniques, renvoient aux concepts d’amours maudites et impossibles, de beauté fugitive et insaisissable, ou encore d’éphémérité. Elle apporta la malchance, voire le malheur à ceux qu’elle aima. Malédiction d'Aphrodite ou "Liaisons dangereuses" de Laclos à l'Olympe, l'art grec ne différencie pas Eôs, Héméra et Hespéra et représente l'Aurore par une jeune femme ailée répandant la rosée. Ces amours perpétuelles sont des allégories: l'aurore donne aux amants de minuit un renouveau de passion et c'est aussi le moment où généralement les hommes sont emportés par la fièvre: les étoiles apparaissent à l'aurore, à l'est, et Astraeos, le vent de l'aube, s'élève comme s'il émanait d'elles. Eôs devient la mère de l'Etoile du matin, solitaire dans le ciel. En effet, elle se métamorphosait sans cesse.
"Nous avons tous deux sans doute bien des outrages à lancer, toute une cargaison que ne porterait pas une nef à cent bancs. Le langage des hommes est souple, on y trouve propos de tout genre. Il forme un riche fonds de mots, dans un sens comme dans l'autre. Quelque mot que tu dises, tu t'entendras riposter par un pareil. Mais sommes-nous forcés de nous disputer, de nous prendre à partie ainsi face à face, comme des femmes en colère que l'esprit de querelle, qui dévore les cœurs, fait aller en pleine rue se prendre à partie et se lancer mutuellement autant de mensonges que de vérités, le dépit leur dictant les uns comme les autres ?". "Il est si bon de respirer l’air, même boréal, de la campagne". "Les galeries s’enfonçaient, dans une blancheur éclatante, une échappée boréale, toute une contrée de neige, déroulant l’infini des steppes tendues d’hermine". " Selon vous, je ressemble aux pays boréals, j’ai six mois de clartés et six mois de ténèbres ?". " Hoffmann, au moment où la mort vint le prendre, commençait à gagner de l’argent. La fortune lui souriait. Comme notre cher et grand Balzac, ce fut vers les derniers temps seulement qu’il vit briller l’aurore boréale de ses plus anciennes espérances". Les quatre citations citées en exergue illustrent la puissance évocatrice du terme "boréal" dans la littérature française. Associé aux idées de blancheur et d’infini, d’alternance de lumière et d’obscurité, de froid et de neige, son champ de connotations renvoie à un territoire, un paysage, un climat et une manière d’habiter le monde. Boréal désigne une situation géographique : la partie nord de l’hémisphère dans son sens le plus large, ou la proximité du Pôle Nord dans un sens plus restreint. Mais il se réfère surtout à une idée d’extrême. Que ce soit dans un contexte climatique, botanique, géologique ou astronomique, il désigne tout ce qui est relatif à l’extrême nord de la planète. Alors que son synonyme "septentrion" est utilisé de façon plus neutre, boréal est associé à ce qui est lointain et mal connu, à la frontière entre l’habité et l’inhabité, entre l’hospitalier et l’inhospitalier. Il renvoie certes à un territoire, le Nord, mais surtout à son imaginaire. Dans les quatre citations, il apporte une dimension poétique à la description et résonne dans un riche système de signifiés créant une atmosphère qui peut refléter un état d’âme. Le Nord exerce depuis l’Antiquité une fascination chez les historiens, les géographes, les philosophes et les écrivains du Sud, qui ont projeté sur lui un discours mobilisant observations scientifiques, considérations sociales et politiques ainsi que rêves, peurs et fantasmes. Cette projection peut être appelée "boréalisme", par analogie avec le terme "orientalisme" défini par Edvard Saïd. Le boréalisme désigne le Nord comme espace discursif, produit par et pour le Sud. Il est constitué par un triple discours: le premier issu de l’exploration scientifique ou de l’anthropologie, le deuxième construit par une volonté politique liée à la colonisation des espaces les plus septentrionaux et le troisième exprimant la représentation d’un espace rêvé et fantasmé. Le boréalisme est donc une grammaire du Nord. Si elle est écrite le plus souvent par le Sud, elle est aussi parfois resémentisée de façon identitaire par le Nord. La déesse Eôs est à l'origine du boréalisme. Le néologisme boréalisme est introduit par Kari Aga Myklebost en 2010. "De façon parallèle à l’orientalisme de Saïd, nous lançons le concept de boréalisme, comme un terme pour les cadres de compréhension de l’étude du folklore lié aux modes de vie et cultures du Nord, et leur résonance dans la dimension nordique du national. Le concept de boréalisme est utilisé ici pour comprendre l’étude du folklore et discuter non seulement des cultures minoritaires dans le nord, mais aussi de la population sédentaire paysanne. Le discours boréaliste contient, ce qui est remarquable, une diversité plus grande d'images que le discours occidental sur l’Orient. La mythologie grecque est riche d'enseignement.
"Allons ! Achille, dompte ton cœur superbe. Non, ce n'est pas à toi d'avoir une âme impitoyable, alors que les dieux mêmes se laissent toucher. N'ont-ils pas plus que toi mérite et force ? Les hommes pourtant les fléchissent avec des offrandes, de douces prières, des libations et la fumée des sacrifices, quand ils viennent implorer après quelque faute ou erreur. C'est qu'il y a les Prières, les filles du grand Zeus. Boiteuses, ridées, louches des deux yeux, elles courent, empressées, sur les pas d'Erreur". Dans la mythologie égyptienne, en particulier issue de la cosmogonie héliopolitaine, "Nout", la nuit, est la déesse du ciel, elle est aussi la voûte céleste. Elle est la fille de Shou, le souffle vital, et de "Thefnout", la chaleur, la femme de Geb dont elle est aussi la sœur, elle est la mère de cinq enfants (Osiris, Orus, Seth, Isis, Nephtys). Surnommés les enfants du désordre par leurs querelles incessantes, ils provoquent les troubles du temps. Ils correspondent aux cinq jours épagomènes qui ne sont pas inclus dans les douze mois du calendrier classique. La séparation du ciel et de la terre par Shou conduit à une fracture de la temporalité marquée par le parcours du soleil. Shou avait interdit à Nout d’accoucher pendant les périodes normales du calendrier officiel. Alors qu’elle attend des quintuplés, elle se confie au dieu Thot qui lui propose de jouer aux dés avec la lune, ce qui lui permet de gagner cinq jours supplémentaires du calendrier qui correspondront aux jours de naissance de ses cinq enfants. Les peintures hiéroglyphiques présentent "Nout" sous les traits d’une femme qui accueille les étoiles et les astres. La barque solaire navigue le long de son corps. Une des plus remarquables représentations de "Nout" orne le plafond de la sépulture de Ramsès VI dans la vallée des Rois à Louxor. "Nout" absorbe "Atoum", le soleil couchant, qui sera métabolisé dans la traversée de son corps devenant Rê près de son ombilic et Kheperi (le soleil levant) près de son pubis. Commencer par Platon n’est pas obligatoire. Il se trouve pourtant que, si l’on veut recenser le vocabulaire grec de la métamorphose, on trouve, dans un passage de la "République", un échantillonnage exemplaire. Il s’agit, à la fin du livre II, du développement sur la nécessité d’interdire, dans la Cité idéale, les fables des poètes et les contes de nourrices qui donnent aux enfants une opinion fausse de la divinité. Comme preuve du caractère mensonger des fables, Socrate allègue l’exemple des transformations divines. "Les métamorphoses des dieux sont un démenti à leur perfection". "Crois-tu donc que le dieu soit un magicien, capable d’apparaître délibérément sous des aspects divers, tantôt réellement présent et changeant sa figure en une multitude de formes, tantôt nous abusant en nous faisant croire à de vaines apparences de lui-même ?". Il est bien question ici de métamorphoses divines, dont Socrate évoque quelques cas célèbres, en citant même un vers de l’Odyssée. Mais le mot métamorphose n’apparaît nullement dans le texte. Platon utilise, avec les substantifs eidos, idea et morphé, "apparence, figure, forme" et avec des qualificatifs désignant la multiplicité, toute une série de verbes se référant au changement, à l’échange, à l’altération, au mouvement, au passage, à la modification et à la ressemblance, sans compter le verbe de l’apparaître "phainesthai". Les auteurs grecs emploient, pour évoquer ce que nous nommons métamorphose, les mêmes termes que Platon. Cependant l’usage le plus fréquent en grec est l’emploi de verbes très génériques. D’une part "egeneto", "il devint", qui inclut la métamorphose dans les catégories de l’événement et du devenir. Les métamorphoses de Protée, "devenant successivement toutes sortes de choses", ne sont, linguistiquement parlant, qu’un cas particulier de la modification d’état: "devenir roi". D’autre part, l’exécution de la métamorphose n’apparaît que comme une catégorie du faire. La mythologie est une source d'informations.
"Le jour qui fait un enfant orphelin le prive en même temps des amis de son âge. Devant tous il baisse la tête ; ses joues sont humides de larmes. Pressé par le besoin, l'enfant recourt aux amis de son père ; il tire l'un par son manteau, l'autre par sa tunique. Mais, même parmi ceux qui ont pitié de lui, plus d'un, s'il lui offre un instant sa coupe, le laisse seulement y mouiller les lèvres, non point son palais. Et celui qui a père et mère brutalement l'écarte du festin, avec des mains qui frappent et des mots qui insultent". Dans tous les cas la métamorphose est un événement surnaturel qui se produit par une intervention divine. Tous les dieux possèdent ce pouvoir, qu’ils exercent sur eux-mêmes ou sur les êtres vivants. Les Olympiens pratiquent les deux types d’opération. Ils se transforment pour venir à la rencontre des humains, prenant les traits d’un familier, d’un inconnu, ou une forme animale. Athéna, dans l’Odyssée, se fait semblable à Mentor pour guider Télémaque, à une fillette qui renseigne Ulysse, sur le chemin du palais d’Alcinoos, à une hirondelle posée sur une poutre pour assister au massacre des Prétendants. Lorsque, après s’être montrée à Ulysse, de retour à Ithaque, sous l’apparence d’un jeune berger, elle finit par révéler son identité sous les traits d’une femme belle et grande, son aspect est alors plus proche de ce qui nous semble une norme : la façon dont les artistes la représentent. Mais ce n’est qu’un paraître. L’anthropomorphisme, s’il est majoritaire, n’est que l’une des solutions possibles. Les dieux sont par nature invisibles aux mortels et chacune de leurs épiphanies nécessite une mise en forme qui peut être pensée comme une métamorphose. Parallèlement ils n’hésitent pas à transformer les humains qui ont la malchance de se trouver sur leur chemin, de leur déplaire ou de trop leur plaire: les mortelles désirées par Zeus deviennent ourse ou génisse, et les beaux garçons laissent place à des fleurs éclatantes et fragiles. Mais chez certains dieux, la métamorphose est consubstantielle à leur être: les divinités marines sont polymorphes, à l’image sans doute de leur milieu naturel, l’élément aquatique. Le Vieux Protée, Nérée et ses filles, les Néréides, passent de forme en forme. Ils savent dérouler leur cycle de métamorphoses pour échapper aux hommes qui s’aventurent sur leur territoire, Ménélas pour contraindre Protée à lui faire des révélations, Pélée pour épouser Thétis. Dans leur cas, ce sont les mortels qui prennent l’initiative du contact, et la métamorphose est une réaction de défense. Ces divinités-là n’appliquent pas la métamorphose à leurs adversaires. Thétis ne songe pas à transformer Pélée en insecte pour s’en débarrasser. Pourtant, après son mariage, elle saura pétrifier un loup ravageur de bétail. La transformation d’animaux en humains, courante dans d’autres mythologies, est exceptionnelle dans les mythes grecs. C’est le cas des Myrmidons, qui proviennent des fourmis, comme leur nom l’indique. Dans l’ensemble, la métamorphose est pour l’homme une bascule dans un état inférieur, animal, végétal ou minéral. Cette dernière formule, la pétrification, comporte deux modalités: la plongée dans l’informe ou la sauvegarde de la forme. La Gorgone, dont les regards et la face pétrifient automatiquement, produit tantôt des rochers, tel le roi de Sériphos, Polydectès, tantôt des statues, comme la troupe des partisans de Phinée, l’oncle de la belle Andromède, qui veut, pour l’épouser, arracher la jeune fille à son sauveur Persée. Les dieux possèdent aussi ce pouvoir, mais ils agissent délibérément. Hermès pétrifie le bavard Battos, qui a manqué à sa parole. Poseidon "enracine comme une roche" le navire des Phéaciens qui ont raccompagné Ulysse à Ithaque. "Il n'y a point de remède contre un mal accompli".
" Souvent les Achéens m'ont tenu ce langage et m'ont pris à partie. Pourtant je ne suis pas coupable. C'est Zeus, c'est le Destin, c'est Erinys qui marche dans la brume, qui, à l'assemblée, soudain m'ont mis dans l'âme une folle erreur, le jour où, de mon chef, j'ai dépouillé Achille de sa part d'honneur. Qu'eussé-je pu ? le Ciel seul achève tout. Erreur est fille aînée de Zeus; c'est elle, la maudite, qui fait errer les êtres". Il est rare que les modalités d’une transformation soient précisées. La baguette magique est présente, maniée par Hermès, Artémis ou Circé. Celle-ci fait d’abord boire une potion aux compagnons d’Ulysse. La recette nous en est livrée: "Dans du vin de Pramnos elle mélangea du fromage, de la farine et du miel vert, et y ajouta une drogue funeste pour leur enlever tout souvenir de la patrie. Elle leur donna la coupe, qu’ils burent et, tout de suite, les ayant frappés d’un coup de baguette, elle les enferma dans la porcherie. Des porcs ils avaient la tête, et la voix, et les soies, et la forme, mais en eux persistait leur esprit d’autrefois". (Odyssée, X, 235-240). La magicienne opère à la fois de l’extérieur et de l’intérieur: le contact de la baguette parachève l’efficacité du "pharmakon", philtre absorbé dans un breuvage, selon le modèle de la sorcellerie traditionnelle ou de la médecine. Pour contrecarrer l’effet de cette drogue, Hermès donne à Ulysse une herbe de vie, le molu, à racine noire et à fleur blanche comme le lait. Athéna procède de même, usant d’une baguette d’or pour transformer Ulysse, chez Eumée, devant Télémaque: "Elle lui rendit son allure et sa jeunesse; son teint redevint brun, ses joues se regonflèrent, et sa barbe bleu sombre entoura son menton". Et plus tard, complétant les soins corporels que lui donne Eurynomé, qui l’a baigné et enduit d’huile, la déesse "déverse la beauté sur sa tête, le faisant paraître plus grand et plus robuste, déroulant de son front des boucles semblables à la fleur de l’hyacinthe". La continuité est manifeste ici entre la toilette et la métamorphose de jouvence. Aristote ignore la métamorphose. Il analyse les correspondances entre les corps des êtres vivants, leurs membres et leurs parties, et sa classification qui établit une gradation irréversible de la plante à l’animal tient compte des analogies et des ressemblances. Le phoque l’intéresse, mais ne le trouble pas. Il s’attache à rendre compte des transformations du vivant, différenciant les notions de génération, changement, croissance, diminution, corruption ou destruction. Il enregistre les modifications de couleur du caméléon, et les différents stades que connaît la morphologie des insectes: "Certains êtres vivants vivent d’abord dans l’eau, puis changent de forme et vivent hors de l’eau. C’est le cas des vers de rivière, car de ces vers se forme le taon". Ovide atteste le besoin d’un terme spécifique pour désigner un type particulier de mutation, en l’isolant verbalement des autres catégories de changement, naturelles ou sociales, "alloiosis", disait Aristote. Poète latin, il a adopté le mot métamorphose pour regrouper sous un vocable grec les mythes grecs qui relatent des transformations miraculeuses, des changements appartenant au domaine de la réalité surnaturelle des dieux, de la fiction et de la poésie. Paradoxalement, plus tard, le mot s’est dilaté, récupérant parmi ses acceptions, par extension métaphorique, les autres catégories de changements dont il s’était au départ différencié. Il s’est en particulier installé dans la terminologie zoologique. Façon de repoétiser les sciences de la nature ? La déesse Eôs est à l'origine du néologisme "boréal". L’étymologie de boréal renvoie au grec "Βορέας" (boréas), le dieu Borée qui dans la mythologie grecque gouverne les vents du nord. Selon Hésiode, il est le fils d’Éos (l’Aurore) et d’Astréos. Violent et impétueux pour certains, bienfaisant pour d’autres, il est connu pour ses enlèvements de jeunes filles. Issu du latin "borealis, l’adjectif entre dans la langue française au XVème siècle. Selon Hérodote, au-delà d’où souffle Borée, se trouve l’Hyperborée, terre où brille en permanence le soleil, où il fait bon vivre et où Apollon passe toujours ses hivers.
"Athéna d'autre part, fille de Zeus porte-égide, laissa couler sur le seuil de son père la belle robe brodée qu'elle-même avait faite et ouvrée de ses mains. Elle revêtit ensuite la cuirasse de Zeus assembleur de nuées, et s'arma pour la guerre aux larmes abondantes des armes de ce dieu. Sur ses épaules, elle jeta la terrible égide frangée, que la Terreur de toutes parts environne. Là aussi se trouve la Discorde, se trouve la Vaillance, se trouve la Poursuite glacée, et se trouve enfin la tête de "Gorgo", monstre effroyable, terrible, grimaçant, prodige de Zeus porte-égide". Le boréalisme naît probablement de cette représentation idyllique, même si la localisation de l’Hyperborée ne correspond pas nécessairement à notre Nord géographique actuel. Les philosophes français des Lumières sont également fascinés par les territoires septentrionaux: des articles de l’Encyclopédie apportent leur contribution à un boréalisme à vocation scientifique sans pour autant rompre avec l’attirance pour un Nord exotique. Voltaire, Madame de Staël et Montesquieu avec sa théorie des climats s’intéressent ainsi au climat, à la géographie ainsi qu’à un mode de vie considéré comme un modèle de vertu, par opposition à une société occidentale corrompue. Voltaire résume son point de vue ainsi: "C’est du Nord aujourd’hui que nous vient la lumière". La puissance de fascination du Nord s’est également exercée sur les écrivains et les artistes. Si, de l’Antiquité au début du XIXème siècle, le centre de gravité de l’art européen se trouve principalement dans le Sud, autour de la Méditerrané, les peintres nordiques de la deuxième moitié du XIXème siècle se réapproprient leurs paysages et développent, de concert avec le romantisme national des écrivains, un "pleinairisme" exaltant les valeurs de la terre scandinave. Jorge Luis Borges est l’exemple par excellence d’un boréalisme d’exception, qui se définit comme une culture réservée à quelques érudits privilégiés. Son œuvre est marquée par des références explicites et implicites à la culture scandinave et affectionne les jeux sur la frontière entre rêve et réalité caractéristiques de la littérature norroise. Borges mobilise dans ce poème les grandes lignes de l’imaginaire du Nord et conclut à propos de la langue islandaise: "Je sais que je ne le saurai pas, mais m’attendent les éventuels dons de la quête, non le fruit savamment inatteignable". Le boréalisme se trouve magnifiquement illustré dans ce poème. Malgré des efforts constants pour produire un discours savant sur le Nord, le boréalisme relève avant tout du mythe et appelle toujours une quête. Le Nord est caractérisé par une faible épaisseur discursive, puisque peu de textes le décrivent par comparaison au Sud ou à l’Orient et que les textes produits par le Nord sur le Nord restent souvent tout aussi indéchiffrables pour le lecteur du Sud que son territoire est impénétrable. Nous pouvons tous assumer notre ignorance face au Nord et y projeter rêves et fantasmes. Le boréalisme s’affirme ainsi comme l’expression d’une riche poétique de la rêverie. Dans le firmament scintillant de la mythologie grecque, Eôs, la déesse de l’aurore, émerge tel un doux rayon de lumière matinale, peignant le ciel de couleurs éclatantes. Sa présence dans les mythes est aussi éblouissante que les teintes rosées du lever du soleil, et ses récits offrent une perspective unique sur les conflits divins, les amours intenses et les rôles cruciaux qu’elle a joués dans l’histoire mythique. En suivant les pas d’Eos, nous nous aventurerons au cœur de son monde, où chaque aurore est une toile de fond pour des histoires palpitantes vécues par les héros et dieux grecs.
Bibliographie et références:
- Appolodore, "Bibliothèque"
- Aristote, "Histoire du temps"
- Homère, "Iliade"
- Hésiode, "Théogonie"
- Eschyle, "Suppliantes"
- Antoninus Liberalis, "Les Métamorphoses"
- Platon, "République"
- Quintus de Smyrne, "Suite d'Homère"
- Paul Verlaine: "Correspondance"
- Charles Baudelaire, "Petits poèmes en prose"
- Daniel Chartier, "Eôs et la boussole"
- Kari Aga Myklebost, "Eôs et le boréalisme"
- Jorge-Luis Borges, "Obras completas"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"La beauté de la vie ne dépend pas de nous, mais elle réside aussi dans notre capacité à la saisir. L'inconnu est aussi puissant que l'amour, et il faut s'y engager de toutes ces forces. À présent, Nefer savait que le bonheur était à la fois fragile comme les ailes d'un papillon et robuste comme le granit, à condition que l'on savoure chaque instant à la manière d'un miracle". Adorée comme la Grande Mère dans les régions africaines bordant la mer Erythrée jusqu'à la pointe de la côte des Somalis, Hathor, du grec ancien, Άθώρ/Háthôr signifiant "Maison d'Horus", était une déesse de la fécondité et de la fertilité, la Mère cosmique qui enfanta le monde et le soleil, la protectrice de la vie, la vache nourrissant les vivants de son lait, assurant la nourriture céleste aux morts qu'elle transportait sur son dos, s'ils savaient le lui demander, fonction symbolisée par un sycomore. On l'appelait la "Dame du sycomore". Elle fut ensuite considérée comme la déesse de la joie, de la danse et de l'amour, représentée un sistre à la main, instrument de musique qui avait le pouvoir magique de chasser les démons. Les grecs, maîtres de l’Égypte pendant trois cents ans, avant la domination romaine, adorèrent aussi Hathor, qu'ils identifiaient à leur propre déesse de l'amour et la beauté: Aphrodite. L’Égypte comme chacun le sait s’est lentement constituée à partir de tribus puis de Cités-États sans aucun lien religieux, politique, économique, linguistique, bergers des marais, agriculteurs primitifs, piroguiers du Nil ou chasseurs du désert. À l’aube du IIIème millénaire tous ces peuples tentent de s’unifier dans un syncrétisme des rites et mythes propres à chacun. Il fallut du temps pour que celui-ci en vint à la formation de synthèses théologiques mais forcément extrêmement complexes du fait de la diversité profuse des cultures locales regroupées. Et l’on assista alors à ce miracle d’une coexistence kaléidoscopique de mythes, de croyances, aussi contradictoires que possible et pourtant généralement acceptées de tous. L’Égypte antique est peut-être le seul État au monde qui ait jamais réalisé cette conjonction des opposés à un aussi haut degré. À l’inverse du syncrétisme babylonien, celui de l’Égypte contient donc plusieurs récits cosmiques qui ne s’excluent nullement, au contraire. Chaque ville, importante, avait conservé sa cosmogonie tribale primitive et bientôt s’enrichit de la cosmo-anthropogonie voisine. Mais, trois villes allaient imposer leur système dès le IIIème millénaire: Héliopolis, ville du soleil divin, avec Râ. Memphis, capitale des bâtisseurs des pyramides, avec Ptah et Hermopolis, de Moyenne Egypte, patronnée par Thot, messager du dieu solaire, le dieu des savants et des lettrés.
"Ne subit-on pas les épreuves que l'on mérite et que l'on est capable d'endurer ? Osiris a inventé la musique pour que l'harmonie dilate notre cœur. Elle avait le charme d'un scorpion et la magie d'une vipère à cornes. Quand on n'est pas armé, on ne hausse pas le ton, pouilleux !". Papyrus, stèles, temples et statues ne cessent de parler des dieux de l’Égypte, et fournissent d’innombrables renseignements à leur sujet. Mais quel désordre dans cette abondance. L’homme moderne habitué à l’unité de l’individu, fût-il divin, est bien embarrassé devant cette foule mouvante d’êtres sublimes dont l’ascendance fluctue au gré des nombreuses sources. L’approche géographique, commode sur le plan encyclopédique, est tout aussi déroutante. Les divinités locales les plus modestes affichent la glorieuse épithète de grand dieu. Quant à l’apparence de ces êtres dont une des vertus est précisément la faculté de transformation, elle est encore plus trompeuse. Rares sont ceux qui se contentent d’une seule fonction. Nombreux sont ceux qui se déclarent être l’Unique du premier instant. De plus, les dieux ne sont pas restés immuables pendant trois millénaires d’histoire. Il est donc bien difficile, dans ces conditions, de les ranger en groupes de grands et de petits, de majeurs et de mineurs, de cosmiques et de locaux. Au fil des documents, les dieux égyptiens se jouent de ces catégories et glissent entre les mailles du filet. Polymorphes et polyvalents, ils nous semblent insaisissables. Et pourtant, ils existent et répondent donc à une cohérence. Plus tard, Hathor se confondit avec Isis lorsqu'elle donna naissance à Horus, prototype du roi vivant, et lui transmit alors ses cornes. On disait qu'elle était la mère d'Horus enfant, qui s'enfermait dans son sein chaque soir sous la forme d'un aigle, pour renaître le matin. Elle apparaît aussi comme l'épouse d'Horus L'Aîné auquel elle donna un fils, Ihi ou Harsomtus. Pendant la période hellénistique, au moment du festival, on célébrait leur mariage le dix-huitième jour du sixième mois. Les prêtres emmenaient sa statue sur un navire de son temple de Denderah jusqu'à Edfou, sur la rive ouest du Nil. Elle y cohabitait pendant quinze jours avec son époux Horus, pour y consumer son union avec lui. Horus était conçu le quatrième jour du huitième mois.
"L'homme détruira tout autour de lui, y compris ses semblables, le fort anéantira le faible, l'injustice triomphera, la violence et la laideur s'imposeront partout. Mieux vaut mourir que de trahir la parole donnée". Cette cohérence réside dans le document, seule réalité antique qui nous soit encore accessible. Dans cette religion sans dogme et sans livre canonique, l’existence des dieux est éclatée, fragmentée en autant de parcelles vivantes qu’il y a de documents. Ceux-ci, fixés dans le temps et œuvre d’une personne ou d’une communauté, puisent alors à leur convenance et dans un but précis dans le monde divin du lieu et de l’instant. Car il fallait agir. Les dieux ont besoin des hommes et la sécurité de ceux-ci dépend entièrement du bon vouloir de ceux-là. Cette action, c’est le rituel. Paroles et gestes efficaces mais fugitifs. À la poursuite de cette efficacité, le théologien local manipulait dieux et mythes, combinait les noms, fonctions et apparences des êtres imaginaires, conjuguait les traditions ancestrales de sa ville avec les dernières trouvailles des collègues ritualistes de la ville voisine, glosait un vieux papyrus découvert dans la bibliothèque du temple à la lumière des idées du temps et du but à atteindre. On célébrait en l'honneur de la déesse Hathor, d'autres fêtes qui se terminaient alors en orgies, prostitution rituelle couramment pratiquée à cette époque, notamment le dernier jour de l'année, anniversaire de sa naissance. Les cornes coiffent également la déesse Io, transformée en vache par Zeus, afin de la protéger de la vengeance de son épouse Héra. On lui consacra les villes d'Itfou, d'Atfih et de Denderah où son temple était célèbre. Dame de Dendérah, de Cusae, d'Atfih, d'Imaou, Hathor du sycomore à Memphis, Hathor dans tous les lieux en qui les grecs voyaient des cités d'Aphrodite, dans le nord comme dans le sud, son nom signifie "demeure d'Horus." Les sources concernant les dieux égyptiens sont innombrables. L’État, Pharaon, la société faisaient partie d’un univers où les dieux sont alors présents quotidiennement, dans les plus infimes aspects de la vie. Ces sources peuvent être alors réparties en deux catégories: profanes et religieuses. La première comprend les objets, monuments ou documents dont le but premier n’est pas cultuel, mais où les dieux sont présents : par exemple, une lettre d’affaires commençant par l’énumération des dieux dont la protection est invoquée au bénéfice du noble destinataire, ou encore le décor d’un miroir dont le manche orné du visage d’Hathor évoque à travers la déesse céleste unie à l’astre solaire une jeune femme aux charmes resplendissants. Elle est souvent représentée portant un masque et toujours seins nus.
"Dieu avait créé le désert pour que l'homme alors se taise et entende la voix du feu secret. Tu as peur, c'est bien. Seuls les vaniteux et les imbéciles ignorent la peur. De cette crainte doit naître une force capable de la vaincre". Parmi les sources profanes, les documents littéraires occupent une place à part. Les textes qualifiés de contes puisent leur inspiration dans le monde divin. Souvent, il s’agit de textes à clés, glosant sur un mode plaisant des mutations soit politiques, soit culturelles, et notamment religieuses. Enfin les sagesses, formes littéraires très anciennes, mettent en scène un personnage qui, au crépuscule de la vie, transmet alors à son fils un ensemble de préceptes pratiques. Ces enseignements dressent le tableau d’une société idéale dont les principes sont fondés sur les rapports entre les dieux et les hommes. Les sources plus spécifiquement religieuses comportent les objets et monuments en rapport direct avec un culte officiel, un culte privé, ou toute manipulation se référant à l’imaginaire des Égyptiens. L’Égypte est toute la terre arrosée par le Nil, et sont Égyptiens tous les peuples qui habitent au-dessous d’Éléphantine et boivent l’eau de ce fleuve, proclama un jour l’oracle d’Amon (Hérodote II, 18). "Le Double Pays", comme l’appelaient les anciens Égyptiens, filiforme dans le Sud, avec ses 950 km de vallée étroite, s’épanouissant au nord dans le Delta, sorte de triangle fertile de 200 km de côté, est un joyau fertile enchâssé dans des déserts de sable et de rochers. À l’est, le désert minéral se prolonge par l’étendue liquide de la mer Rouge. À l’ouest, au-delà de la chaîne des Oasis, c’est l’infini du grand désert libyque et du Sahara. Au sud, le désert nubien enserre étroitement le fleuve barré par une série de cataractes. Au nord, enfin, une zone de marécages, infestée d’animaux dangereux et de brigands féroces, isole ainsi le pays de la mer Méditerranée.
"À force de se soumettre et de ne prendre aucune initiative, on devient plus inerte qu'une pierre. Face à l'épreuve, nous sommes seuls. L'important c'est la valeur d'un homme, et non ses titres". L’existence de l’habitant de la Haute-Égypte se déroule dans un paysage fortement orienté, avec le fleuve coulant vers le nord, les deux horizons ocre des déserts arabiques et libyques derrière lesquels surgit puis disparaît le disque solaire, chaque matin et chaque soir. Contrastant avec les jaunes et rouge pastel des déserts, la bande fertile qui suit le fleuve étale des teintes tranchées: noire au moment des labours, vert éclatant et lumineux lorsque croissent alors les cultures, jaune chaleureux lorsque le blé est mûr. Au centre, le ciel se reflète dans le large ruban liquide du Nil, venant du sud et coulant vers le nord. Source de fertilité, il est aussi une voie de communication unissant l’ensemble du pays. Rien n’est plus inconstant que l’apparence d’un dieu égyptien. Sa forme graphique ou plastique, pas plus que son nom ne suffisent pour exprimer par eux seuls sa nature. Sur sa stèle dédiée à Osiris, Imenmès exalte les instruments de la polymorphie. Nombreux sont les noms, les transformations-kheperou, les formes-irou, dans les temples. Le premier terme dérive d’une racine signifiant exister, venir à l’existence, se transformer. Les kheperou sont les produits d’une faculté de transformation alors en action. Par exemple, les changements d’apparences et de noms du dieu solaire au cours de sa course diurne font partie de ses kheperou. Il est Khépri au matin, Rê à midi et Atoum le soir, chaque stade correspondant à un état de l’astre. Passé dans le monde des dieux, l’homme aspire également à la multiplicité des kheperou lui permettant de se transformer en faucon divin, en lotus, en dieu, ou en phénix. Le terme "irou" dérive du verbe "ir" faire et il s’applique en principe aux apparences du dieu dans les temples, c’est-à-dire ses images de culte, faites de main d’homme. La connaissance du secret des formes-irou divines est en effet l’apanage des prêtres-artisans chargés de la fabrication des statues de culte. Régente et corps du ciel, nourrice du souverain d'Égypte, mère d'Horus comme Isis, déesse d'or, figure flamboyante qui revêt l'aspect d'une lionne et se confond alors avec Tefnout. La litanie des sanctuaires, surnoms et attributs d'Hathor s'allongerait interminablement, un même nom recouvrant en fait la personnalité initialement multiple de plusieurs divinités. On connaît ainsi même un groupe de "sept Hathor" qui jouait le rôle de nos fées, fixant dès la naissance les destins du nouveau-né. La déesse est polymorphe.
"Ainsi, des pharaons de l'époque tardive recopient le récit de batailles composé plusieurs siècles auparavant. Ce qui compte est le modèle symbolique, la victoire de la lumière sur les ténèbres. Être utile à autrui cassait les soucis personnels". S’il est fréquent qu’une divinité féminine soit associée à un dieu masculin, son statut n’est pas a priori celui d’une épouse. En Égypte le couple n’a pas de fondement religieux. Le lien social prédominant est celui qui unit le père et le fils, ou mieux, le père et son héritier, gage de continuité. Parfois, la divinité parèdre est un doublet affecté du signe grammatical du genre opposé: Sokaret, version féminine du dieu Sokar, Inpout, compagne d’Anubis ou Sécha, formes alors masculines des déesses Tefnout et Séchat. Parfois, les parèdres assument des charges complémentaires de celles du dieu principal. Au Moyen Empire Khnoum de Heour en Moyenne-Égypte, divinité-bélier de la fécondation, est ainsi assistée de la bonne déesse-grenouille Heqet, l’accoucheuse. Les dieux n’échappaient pas aussi aux vicissitudes conjugales. Un homme du village de Deir el-Medineh découvre avec stupeur que sa femme le trompe. C’est l’abomination de Montou, déclare-t-il indigné. Montou le dieu guerrier, parfois cité dans les contrats de mariage, paraît être le garant des bons ménages. Une Sagesse tardive attribue à Mout, mère divine de la Lumière, l’existence des bonnes épouses et à Hathor, la sensuelle, celle des femmes de mauvaise vie. Déesse de l'amour et de la mort, mère et fille céleste. Les différents aspects d'Hathor se résument dans son identification avec la vache. Sous les traits d'un bovidé ou d'une jeune femme, elle porte la couronne composée de deux cornes lyriformes autour du disque solaire. Dans les temples qui lui sont dédiés, elle orne les chapiteaux de son visage humain aux oreilles de vache. "C'est un monument que de dire une bonne parole, et comme on agira, on sera traité. Les édifices les plus robustes s'effritent et disparaissent. L'œuvre des scribes traverse les âges. Comme bien des peuples, les Égyptiens se sont interrogés sur les origines du monde. Jour après jour, année après année, les grands cycles naturels rythment l’éternité-neheh. Mais il y eut bien un premier matin, une première crue. Quel monde était celui de la "Première Fois" ? Quels sont les mécanismes qui le perpétuent et actionnent la face cachée de l’Univers ? Cette double interrogation sur la genèse (cosmogonie) et sur le fonctionnement (cosmologie) de l’Univers a grandement préoccupé les anciens Égyptiens. Leurs réponses ont été nombreuses, car plus les modèles sont divers, plus les moyens d’action de l’acte rituel sur l’imaginaire sont multiples. Si les allusions à la création sont fréquentes dans les textes de toutes époques, les récits mythologiques, même partiels, sont rares. Dans l’ensemble, ils appartiennent à trois grands groupes. Les Textes des sarcophages ont pour but d’introduire le défunt dans les grands circuits universels. C’est lui, qu’il soit un grand du monde ou un modeste fonctionnaire, qui va jouer le rôle suprême du Démiurge, devenir Chou ou plus simplement assister en témoin intéressé à l’immense œuvre de la création permanente. Les différentes visions du monde de la Première Fois sont exposées avec une rigueur proche du discours philosophique moderne. Le théologien a suivi sa pensée, sans chercher à reconstituer à tout prix un mythe fondateur d’un lieu de culte. Les égyptiens faisaient encore d'elle la maîtresse des pays lointains, Pount, Byblos, région minière du Sinaï. Sur la rive gauche, à Thèbes comme à Memphis, Hathor devient patronne de la montagne des morts, c'est dans ce rôle cosmique et familier que la montre la vache découverte dans la chapelle de Deir El-Bahari. Mais dans son temple de Dendérah, elle y est à la fois déesse universelle, jeune femme aimable et souriante, déesse de la joie et de la musique.
"La déesse-Lionne, tantôt Sekhmet la Terrifiante, tantôt Tefnout le feu créateur, est la maîtresse de l'énergie, tantôt destructrice, tantôt fécondatrice. Le bonheur, Champollion, c'est de festoyer avec des amis, de boire et de manger ensemble, d'écouter de la musique, de prolonger le souvenir des morts en attendant d'être morts à notre tour pour que nos amis célèbrent notre mémoire". Chou, espace de communication, transmet les paroles de "Celui-qui-est-venu-à-l’existence-par-lui-même" à sa multitude. Les baou divins imprègnent ainsi le monde et habitent les images de culte. Mais, pour l’individu, ces moyens de communication collectifs, certes vitaux et efficaces, sont insuffisants. Aussi les dieux, comme les hommes, ont-ils alors cherché des moyens de communication plus directs permettant aux premiers d’exprimer leur volonté et aux seconds de faire entendre leurs suppliques. L'un des plus grands lieux de culte d'Hathor fut le temple de Dendérah, où elle y fut vénérée en tant que Déesse de l'amour. Une chapelle lui est aussi dédiée dans le temple d'Hatchepsout (1479-1457) à Deir el-Bahari. Le Pharaon Ramsès II fit aussi édifier à Memphis un grand temple dédié au culte de la Déesse, comme en témoignent les nombreux cartouches relevés sur les parois en place. Hathor fut une Déesse pour laquelle les Égyptiens ont magnifiquement bâti, et à laquelle ils consacrèrent des fêtes imposantes. Son culte invitait à se tourner autant vers la naissance et la vie, que vers la mort, car Hathor était d'abord la "Dame de vie". Si Hathor avait sa place dans chaque sanctuaire, le temple de Dendérah en Haute-Égypte lui était en revanche entièrement consacré. Un tel privilège n'était pas l'apanage de tous les Dieux, confortant ainsi la place essentielle de cette Déesse dans le panthéon. Lorsque le dieu veut intervenir directement, il peut se dissimuler sous une apparence humaine et agir comme un esprit-akh. Mais ce procédé est rare. Plus fréquente est l’apparition du dieu en songe bien que réservée, toutefois, aux personnages de sang royal. Les dieux sont très discrets dans les "Clés des Songes" consultées par le peuple. Le jeune prince Thoutmosis, assoupi au pied du sphinx de Giza, reçut la visite du dieu Harmakhis venu lui demander de dégager son effigie des sables qui l’envahissaient.
"Tu te cachais dans ma main comme une étoile. Aujourd'hui , j'ouvre les doigts. Brille ou disparais. Regarder Hatchepsout était plus beau que toute chose. Sa forme était celle d'un dieu, elle faisait toutes choses comme un dieu, son éclat était celui d'un dieu". De par son ancienneté et l'extension géographique de son culte, Hathor nourrit des liens avec quelques-uns des plus grands Dieux de l'Égypte. À la fois leur fille, leur mère ou encore leur épouse, Hathor s'assimile aussi aux plus grandes Déesses. Plutarque fut le premier à nous donner une traduction du nom de la Déesse: "Demeure d'Horus" ou "Habitation céleste d'Horus". On doit alors comprendre qu'Hathor symbolisait l'espace dans lequel l'Horus solaire évoluait. À ce titre, la Déesse s'apparente à la Nout. Aussi enserre-t-elle de ses deux cornes le disque solaire d'Horus. Il faut donc entendre "la demeure d'Horus" comme étant le giron divin où Hathor prendra soin du Pharaon, l'Horus incarné. Si Hathor est mère d'Horus, le Pharaon par assimilation, devint fils d'Hathor. Elle est la matrice universelle et plusieurs légendes lui sont associées. Un texte, qui est sculpté dans des tombes de la vallée des Rois, dit que Rê qui était devenu vieux dut affronter un complot fomenté par les humains. Il envoya contre eux son œil, qui prit la forme de la lionne Hathor qui massacra les dissidents. Quand le Grand Dieu estima s'être assez vengé, il fit répandre un liquide enivrant de la couleur du sang sur le passage d'Hathor. La Déesse goûta le liquide, s'enivra jusqu'à sombrer dans l'inconscience et oublia ainsi sa poursuite. Un autre mythe est celui de la Déesse lointaine. Lorsque Rê était le grand Roi de l'Égypte, son œil quitta le palais de son maître. Il prit la forme de la Déesse Hathor, puis se rendit en Nubie et prit l'aspect d'une lionne sanguinaire. Rê demanda alors à Shou et Thot de faire ce qui était en leur pouvoir pour faire revenir l'œil en Égypte. Afin de pouvoir approcher la Déesse, ces derniers se changèrent en singes. Thot parvint à convaincre Hathor de rentrer en Égypte. Dans le but de l'apaiser, il la précipita dans les eaux du Nil. Elle se transforma alors sous les traits d'une chatte de la Déesse Bastet.
Bibliographie et références:
- Paul d'Alincourt, "Imagerie divine de la déesse Hathor"
- Michel Augrand, "Représentation de la déesse Hathor"
- Jean-Luc Bovot, "L'Égypte ancienne: art et archéologie"
- Hans Bonnet, "Reallexikon der ägyptischin Religion geschichte"
- Sylvie Cauville, "Le temple de Dendérah"
- Sylvie Cauville, "Les fêtes d'Hathor"
- Jean-Luc Chappaz, "La déesse aux multiples visages"
- François Daumas, "Dendara et le temple d'Hathor"
- Lucia Gahlin, Olivier Fleuraud et Isabelle Fleuraud, "L'Égypte: Dieux, mythes et religion"
- Roland Harari et Gilles Lambert, "Dictionnaire des dieux et des mythes égyptiens"
- Danielle Inconnu-Bocquillon, "Le mythe de la Déesse lointaine à Philae"
- Claude Traunecker, "Les Dieux de l'Égypte"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"De loin, on aurait dit une créature mi-femme, mi-poisson, mi-oiseau, ses grandes ailes rouges déployées sur la mer. Mais j'ai tout de suite compris que c'était un bateau et qu'il allait à jamais bouleverser ma vie. Les funérailles eurent lieu dès le lendemain. Le corps de Phrixos fut cousu dans un sac de cuir, puis pendu à un arbre du grand cimetière qui s'étend entre les bras du fleuve, aux abords des marais. C'est ainsi que l'on traite les morts en Colchide. On ne les brûle ni ne les enterre. On les livre à l'air qui les corrompt, au vent qui peu à peu leur reprend leur matière". Originaire de Thrace, fille d'Astéria et du Titan Persès, Hécate, en grec ancien Ἑκάτη / Hekátê, déesse de la Lune, apparaît comme une divinité polyvalente, une déesse tricéphale, une tête de lion, une tête de chien, une tête de jument; elle représente le symbole des trois phases de la lune, des trois niveaux de l'évolution vitale mais aussi un aspect négatif terrifiant de laTerre-Mère. Elle est parfois assimilée à la terrible Artémis, ou à Perséphone, divinité du monde souterrain et associée aux femmes et à la lune, considérée comme le séjour des morts. On lui élevait des statues ("hécatées") ou des autels aux carrefours, auprès des tombeaux ou sur deslieux de crimes, où la déesse magicienne se livrait à des opérations de magie et de divinition. Maîtresse de l'ombre, elle suscitait les cauchemars. On appelait hécatées, les fantômes qui se manifestaient pendant les fêtes de la déesse et terreurs nocturnes, symboles des désirs secretsou refoulés dans l'inconscient. Elle avait pour compagnes les Erinnyes, personnification desremords de la conscience. Les peupliers noirs lui étaient consacrés. À Athènes, elle était considérée comme la déesse lunaire liée aux cultes de la fertilité, le déesse des accouchements, la protectrice de la germination et des moissons qui accordait la richesse matérielle et spirituelle, les honneurs et la sagesse. Selon Hésiode, elle procurait l'inspiration, la victoire, la gloire, assurait bonne chasse, intervenait dans les courses de chevaux, assurait la prospérité des troupeaux selon son caprice. Elle était aussi la conductrice des âmes emportées par la tempête. Hécate était vénérée à Egine et à Samothrace. Lors des hécaties, en Asie Mineure, on lui immolait des chiens et des mystères étaient célébrés en son honneur.Dans la mythologie grecque, Hécate est une déesse ambiguë, car elle est associée à deux règnes: elle est à la foislunaire (céleste, ouranienne) et chtonienne (souterraine, infernale, mais aussi terrestre). En tant que divinité lunaire, elle représente un des trois visages de la Lune, les deux autres étant incarnés par Séléné et Artémis. Elle correspond dans cette triade à la nouvelle Lune, soit au moment où l’astre devient invisible mais prépare sa réapparition. Quant à Séléné et Artémis, elles représentent respectivement la pleine lune et la lune naissante. En résumé, Artémis symbolise la naissance et la jeunesse, Séléné la maturité, et Hécate la mort. Hécate a connu deux âges dans la mythologie, le premier positif, le second négatif. À l’époque pré-hellénistique, on la vénérait comme une divinité bienfaisante et bienveillante, du genre nourricier. Elle présidait aux germinations et aux accouchements. L’aspect négatif commença à prédominer pendant l’époque hellénistique. D’une divinité nourricière, Hécate devint une magicienne redoutable, au pouvoir destructeur. Perdant ses vertus fertilisantes, elle se stérilisa progressivement et finit par être associée à la mort. Une de ses représentations était la chienne blanche: l’animal queles anciens Grecs considéraient alors comme le plus éloigné de l’humain. Hécate fait partie des divinités relativement récentes puisqu'elle est inconnue des récits homériques. En général elle apparait comme une déesse vierge mais certains mythographes la font mère de Scylla qu'elle aurait eu avec Phorcys. Certains autres ont voulu donner plus de force aux enchantements de Circé et Médée et la font mère avec Æétès de ces deux magiciennes. Seule de toutes les divinités titaniques, elle conserva sa puissance sous le règne de Zeus, qu'elle défendit contre les géants et Clytios périt brûlé par ses torches enflammées. Par la suite, le triple pouvoir d'Hécate et ses attributions la firent confondre avec d'autres divinités. Cette confusion existedéjà dans les hymnes homériques. Considérée comme reine de la Nature, elle eut un culte mystique, et fut identifiée entout ou en partie avec les déesses en l'honneur desquelles on célébrait des mystères: Déméter, Rhéa, Cybèle qui sontqualifiées de "Brimo" (inexorables); comme chasseresse et protectrice de l'enfance, avec Artémis.
"Les funérailles eurent lieu dès le lendemain. Le corps de Phrixos fut cousu dans un sac de cuir, puis pendu à un arbre du grand cimetière qui s'étend entre les bras du fleuve, aux abords des marais. C'est ainsi que l'on traite les morts en Colchide: on ne les brûle ni ne les enterre... On les livre à l'air qui les corrompt, au vent qui peu à peu leur reprend leur matière". Comme déesse de la lune, avec la Perséphone mystique, dont les poètes tragiques la rapprochent fréquemment, elle figure aussi dans les mythes des Cabires et des Curètes, et dans le culte d'Apollon. Ainsi, l'on voit auprès de Délos unepetite île nommée île d'Hécate (Athénée). Dans l'hymne homérique dédié à Déméter, Hécate et le Soleil sont les seuls qui s'aperçoivent de l'enlèvement de Perséphone; la déesse saisit un flambeau, et aide Déméter à chercher sa fille, dont elle deviendra ensuite la fidèle compagne. Dans l’art, Hécate est représentée comme une déesse à triple face, avec une tête de cheval, une tête de chien, et une tête de lion. On lui donna plus tard trois têtes de vierge. Ses statues se composent ordinairement de trois corps. Elle est parfois aussi représentée par trois femmes adossées à une colonne.En littérature, elle inspira William Shakespeare dans "Hamlet" et "Macbeth", Pierre Jean Jouve et Paul Morand. Le nom d'Hécate prend racine dans la langue grecque à la croisée de deux étymons qui donnent "μηδομαι," celle qui invente, médite, pense" et μεδέω, "celle qui prend soin, protège". La renommée d'Hécate en tant que magicienne bienfaisante est donc attestée dès son apparition dans le mythe des Argonautes chez Hésiode, mais reste méconnue, si ce n’est refoulée, au profit d’un potentiel maléfique qui va noircir son personnage. Dans les plus anciennes versions du mythe, elle permet à Jason la traversée initiatique d’une expédition réussie qui consiste à restituer aux Grecs un talisman royal consigné en Colchide pour accéder au trône sans pour cela qu’il y ait de meurtre. Nous pouvons suivre le retournement en son contraire d’une figure première de protection en celle de destructivité et comment celle-ci est restée figée dans le pire en tant que mère infanticide, l’invention du crime étant due à Euripide en 431 avant notre ère. Depuis son nom métaphorise une certaine jouissance, celle de l’"hainamoration". Si une femme fait l’expérience de cette mise en abîme à l’infini d’avoir été engendrée par une femme qui a elle-même été engendrée par une femme et qui à son tour peut potentiellement engendrer une femme, elle le doit à son anatomie qui la fait détentrice d’un utérus, ce que l’homme ne possède pas. Le regret de Jason, dans la Médée d’Euripide, illustre sa blessure: "Ah ! il aurait fallu que les hommes puissent faire des enfants par un autre moyen, sans qu’il existât la race des femmes : ainsi les hommes ne connaîtraient plus le malheur !" Cette blessure qu’Antoinette Fouque appelle avec raison "vexation génésique". L'Hécate d’Euripide use de son pouvoir sur les enfants pour casser l’arrogance de Jason qui ne vise, lui, que le pouvoir royal en la répudiant. La fureur de Médée est à la hauteur de l’ingratitude de Jason qui, sans elle, ne serait rien ou ne serait plus. Le tragédien connaît ce que les études philologiques et iconographiques ont révélé au sujet de ses rites pratiqués, selon qu’ils se soient déroulés en Colchide ou à Iôlcos. Ainsi trouve-t-on une représentation de Jason régurgité par le dragon gardien de la Toison d’or. Sur une coupe datée des alentours de 480, le dragon est sur la partie gauche et Médée se tient à droite, alors que Jason, tel un nouveau-né se dégageant du sexe de la femme, plonge les bras en avant.
"Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers. Tous brûlent en leur cœur de se massacrer avec le bronze aigu au milieu de la presse. La bataille meurtrière se hérisse de longues piques, des piques tailleuses de chair qu'ils portent dans leurs mains. Les yeux sont éblouis des lueurs que jette le bronze des casques étincelants, des cuirasses fraîchement fourbies, des boucliers éclatants, tandis qu'ils avancent en masse". Plus répandue dans l’imagerie populaire est la représentation d'Hécate faisant bouillir son chaudron. Soit elle utilise ses mixtures en transfusions avant l’heure que reçoit Aeson, le père de Jason, soit elle y plonge l’intéressé toujours de sexe masculin à des fins de rajeunissement, pour remédier à sa vieillesse, Pélias ou Aeson, ou pour une simple régénération, Jason. Dans son chaudron est notamment aussi plongé le bélier qui en ressort transformé en agneau. Cette séquence, qui vient d’une version plus tardive, nous est connue pour avoir été pratiquée devant les Péliades, filles de Pélias, afin de les convaincre du bienfait si elles confient le sort de leur père à Médée, mais cela ne s’avérera n’être qu’une supercherie pour se débarrasser de lui . Pélias est un roi illégitime qui a usurpé le trône. Il est haineux à l’esprit vengeur et sans pitié. Il n’a pas craint d’offenser Héra en tuant dans son temple la femme qu’il poursuivait et qui venait s’y réfugier. Cette femme était la marâtre maltraitante de sa mère qui, violée par Poséidon, avait mis au monde Pélias et son frère jumeau. Elle avait été maintenue recluse et, avec eux, cachée subissant les mauvais traitements de la marâtre jusqu’au jour où le roi de Iôlcos l’épousera et adoptera ses enfants. Mais ceux-ci n’étaient pas destinés à régner car de cette union un héritier était né, Aeson. Quand viendra le temps de la succession, Pélias l’évincera ainsi que son jumeau. Aeson et sa femme Polymédée soustrairont leur enfant à la menace d’infanticide et partiront pour le mont Pélion confier le petit Jason au centaure Chiron précepteur sage et magicien. Adolescent, son ascendance royale révélée, Jason revient à Iôlcos réclamer à son oncle le trône dont il est l’héritier légitime. En route, il a aidé une vieille dame sans avoir su qu’il s’agissait de la déesse Héra. Celle-ci est venue à lui pour en faire son protégé et surtout son instrument pour le malheur de Pélias, l’assassin sacrilège de l’épouse d’un de ses adorateurs. Héra ne plaisante pas avec cela. L’aventure de Jason va se concevoir comme une perpétuelle exposition à la mort due à l’injonction perverse de son oncle cruel. Pour y parvenir, des transgressions seront commises qui feront côtoyer à l’équipage de l’Argo les forces obscures de la régression. Ils seront aidés par les divinités. Héra, instigatrice de l’entreprise, est la déesse tutélaire qui veut le mort de Pélias. Elle fait appel à Athéna, l’indispensable conseillère des héros qui possède le potentiel bien nécessaire à Jason, pour traverser les épreuves à venir. Déesse de la Guerre et de la Pensée, elle le protégera avec ses compagnons par sa Sagesse et les guidera en présidant à la construction de l’Argo, qu’elle équipe d’une proue parlante taillée dans une poutre venant d’un bois sacré d’oracle et en suivant sa navigation. Métis, première amante de Zeus, est à la fois Sagesse et Prudence ou bien son envers Ruse. Zeus avait avalé son amante alors qu’elle était enceinte d’une fille, craignant qu’après cette première naissance elle ne mette au monde un fils, qui le délogerait comme lui-même avait délogé son père, Cronos. L’enfant sortit armée du crâne de son père qu’Héphaïstos fendit. Ainsi le fils présumé fut sacrifié avant d’exister, en supprimant sa gestatrice potentielle. À la génération précédente, Cronos, menacé dans sa souveraineté par la génération nouvelle, avait dévoré tous ses enfants, sauf Zeus, que Rhéa avait sauvé par ruse en le substituant par une pierre.
"Mais voici qu'Achille s'approche, pareil à Enyale, guerrier au casque bondissant. Sa pique en frêne du Pélion est là, qui vibre à son épaule droite, effrayante, et, tout autour de lui, le bronze resplendit, pareil à l'éclat du feu qui flamboie ou du soleil qui se lève. Dès qu'il le voit, la terreur prend Hector. Il n'a plus le cœur de rester où il est". Tel un corps collectif, l’Argo franchira les épreuves en puisant dans l’ingéniosité que recèle l’intelligence consciente des individus la constituant, mais aussi inconsciente avec le pouvoir de leurs songes. Des invocations seront aussi faites aux déesses primitives. Apollonios ne se prive pas d’accentuer un retour vers l’originaire. Du début à la fin de son épopée, Apollonios place le périple de l’Argo sous la tutelle des divinités archaïques, rattachées au culte de la Grande Déesse. Il y aura le passage du stade occidental au stade oriental, à entendre comme passage d’un temps dit civilisé à un temps archaïque, où les forces premières et non domptées rencontrent les forces de vie, celles génésiques. Le récit nous porte vers le Pont-Euxin et le détroit de l’Hellespont, nous sommes alors conviés à suivre, avec suspens, une prouesse de l’Argo et une première transgression. Jusque-là, aucune embarcation ne s’était aventurée au-delà au risque d’être engloutie par les tumultueuses et fracassantes Symplégades, ces roches flottantes renommées comme infranchissables, car pouvant enserrer les navires dans ses récifs se rapprochant. Dès l’arrivée en Colchide, Héra et Athéna inopérantes auront recours à Aphrodite afin de déclencher l’état amoureux de Médée, la fille d’Aiétès qu’elles comptent utiliser. Aphrodite va convaincre son fils Éros d’atteindre la jeune femme de sa flèche. Elle deviendra cette force obscure, mais puissante, dont il sera dépendant en lui délivrant les drogues dont il aura besoin pour réussir sa mission. Magie et amour seront intriqués, comme le sont les destins des pulsions de vie et pulsions de mort jusqu’à la désintrication. Apollonios centre son récit sur les effets du coup de foudre nécessaire à l’intrigue, effets qui provoquent l’ébranlement affectif de la jeune femme. Le choc amoureux, loin de la rendre heureuse, provoque un cataclysme. Ce par quoi elle est pénétrée qui va la faire haïr Jason en même temps que sa force d’attraction s’exerce, la fait œuvrer vers un sacrifice d’elle-même, marque d’une jouissance bien au-delà du principe de plaisir. Le poète rend alors compte d’une bascule narcissique vers un narcissisme de mort, avant qu’elle ne mette ses pouvoirs au service de Jason. Désespérée, elle envisage même le suicide pour échapper à ce destin, sa boîte contient les ingrédients pour concocter une potion fatale. Mais la volonté d’Héra, qui tient les ficelles, la fait se ressaisir. Elle aidera Jason. C’est en précaire suppliant que Jason la retrouve dans le temple d’Hécate, pour obtenir d’elle les potions dont il a besoin. Il ne craint pas de la corrompre pour parvenir à ses fins. Mais cœur d’artichaut, il succombe lui-même au sentiment amoureux, alors qu’elle est ravagée par ses tourments. Aucun mortel ne peut accomplir les travaux auxquels Aïétès soumet Jason. Ils se dérouleront sur la plaine d’Arès et consisteront à dompter des taureaux d’une férocité sans nom pour en faire des bœufs de labour. Dans les sillons, des dents de dragon semées ont engendré des guerriers qu’il va combattre. Médée lui a préparé des drogues, dont un onguent, qui le métamorphosent en vaillant et invincible guerrier. Il accomplit le rite particulier destiné à Hécate que la magicienne lui a enseigné, afin que les puissances telluriques l’assurent d’une fureur sans limite pour un seul jour.
"Ah ! qu'il périsse donc, chez les dieux comme chez les hommes, cet esprit de querelle, ce courroux, qui induit l'homme en fureur, pour raisonnable qu'il puisse être, et qui semble plus doux que le miel sur la langue, quand, dans une poitrine humaine, il monte comme une fumée ! et c'est de la sorte qu'ici j'ai été mis en courroux par le protecteur de son peuple, Agamemnon. Mais laissons le passé être le passé, quoi qu'il en coûte, et maîtrisons, puisqu'il le faut, notre cœur en notre poitrine". Il sort vainqueur du combat, mais Aiétès, qui ne tient pas sa parole, ne lui rend pas la Toison d’or. Médée devra encore intervenir. La nuit venue, elle usera d’incantations et de potions pour décrocher secrètement le précieux talisman suspendu à l’arbre sacré et gardé par le dragon toujours éveillé qu’elle endort. Jason, couvert de la peau d’or qui va légitimer son pouvoir royal devant Pélias, embarquera sur l’Argo avec celle qui ne peut désormais que s’exiler et qui devient épouse aigrie aux pouvoirs maléfiques. Apollonios consacre plusieurs vers à l’onguent dont Jason a enduit son corps, ainsi que sa lance et son bouclier avec des précisions sur l’origine de sa substance et le lieu de la cueillette. Médée l’a cueillie au pied du Caucase qui surplombe la Colchide, où Prométhée est enchaîné. Le "prométhéion" a poussé, nourri du sang s’écoulant du foie meurtri du Titan perpétuellement dévoré par l’aigle, supplice que lui a infligé Zeus. Si la Médée d’Euripide représente ce pouvoir absolu d’une femme sur la vie et la mort de ses enfants, celle d’Apollonios en amène une préfiguration de l’"hainamoration" qui ira jusqu’au meurtre de ses enfants et qui se révélera chez elle par un narcissisme de mort, alors que les travaux accomplis par Jason régénéré lui donneront une unité existentielle qui lui fera quitter l’état l’"améchania". Les anciennes versions littéraires ainsi que les figures iconographiques racontent qu’à leur retour à Iôlcos, elle procède au rajeunissement de Pélias et d’Aeson. Par cette opération, Médée viendrait-elle remédier à la blessure que suscite la maturité d’un fils auquel il faut céder la place ? Apaiserait-elle les pulsions cruelles d’un père-chef destitué par sa descendance ? Le chaudron de Médée serait-il un retour à ce temps antérieur au refoulement du corps de la mère qui ramènerait vers ce lieu de transformation du vivant, en évitant autant l’écueil de l’infanticide que celui du parricide à l’instar de la légende d’Œdipe ? Permettrait-il de réactualiser la difficulté que représente ce temps de passage pour toute civilisation patriarcale que représente la génération nouvelle ? "La mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves. À la voir, on regarde la vie".
Bibliographie et références:
- Walter Burkert, "Le mythe d'Hécate"
- Anne Collognat, "La divinité Hécate"
- Apollodore, "Bibliothèque"
- Apollonios de Rhodes, "Argonautiques"
- Hésiode, "Théogonie"
- Pierre-Jean Jouve, "Hécate"
- Maurice Larès, "Dictionnaire de l'antiquité"
- Paul Morand, "Hécate et ses chiens"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Shakespeare, "Hamlet"
- Shakespeare, "Macbeth"
- Sandrine Agusta-Boularot, "Hécate, la divinité"
- Franz Regnot, "La déesse Hécate"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"La marche du monde commence donc avec le courage et la révolte d'une femme contre le pouvoir abusif de son mari. Chez nous, l'espérance n'existe pas, car en promettant un avenir meilleur, elle empêche d'agir. C'est comme ça depuis l'Antiquité. Pourquoi crois-tu que Pandora a enfermé l'espoir au fond de la jarre ? En faisant cela, elle nous a protégés d'un ultime fléau, celui de l'immobilisme". Grande déesse phrygienne, Cybèle étendait son pouvoir sur la région farouche et sauvage, le long de la mer Egée et de la mer Noire, elle symbolisait la puissance de la nature, de l'énergie chthonienne (enfermée dans la terre), considérée comme la source de toute fécondité, la "Magna Mater" du Proche-Orient. Toujours accompagnée d'animaux sauvages, la légende la décrit comme une déesse androgyne issue de la Terre. De ses orgânes mâles sortit un amandier dont les fruits donnèrent naissanceà Attis lorsque Nana, la fille du fleuve Sangarios, en eût mangé. On représentait Cybèle assise sur un trône protégé par deux lions et tenant un fouet orné d'os. Dans la région d'Ephèse, elle était symbolisée par une pierre noire, considérée comme un trait de foudre, une pierre céleste. Elle épousa Gordias, roi de Phrygie, rendu célèbre par le nœud compliqué en bois de cormier qui fixait le joug de son char dans le temple de Zeus. Le couple engendra Midas, qui succéda à son père sur le trône. L'étourdi roi de Phrygie fut affligé d'oreilles d'âne par Apollon qu'il avait irrité, mais auquel fut donné par Dionysos le pouvoir de transformer en or tout ce qu'il toucherait. L'infortuné roi regretta vite sa cupidité et supplia le dieu, qui, pour dissiper l'enchantement, lui conseilla de se purifier dans le fleuve Pactole qui depuis, renferme des pépites d'or. Cybèle est l'équivalent de la déesse Rhéa chez les grecs. Déesse Mère, Déesse Terre, Magna Mater, Genitrix, Déesse souveraine, Déesse des Montagnes, des Animaux et des Bêtes sauvages, c’est ainsi qu’apparaît la première de toutes les grandes divinités. Son culte est universel. Longtemps il sera le seul. On le retrouve d’un bout à l’autre de la planète, qu’il soit né en un lieu particulier d’où il aurait rayonné ou que ce culte rendu à la femme maîtresse de la fécondité, de la vie et de la mort, ait partout présenté le même visage, inspiré la même ferveur et la même terreur, donné naissance aux mêmes rites. Avant la grande déesse phrygienne, Cybèle, dont le culte a sans doute été le plus solidement implanté avec ceux de Déméter et Isis, on trouve déjà au paléolithique supérieur des statuettes féminines obèses (stéatopyges et callypyges) nues, souvent gravides de façon visible, réduites aux organes sexuels mais aussi des "Vénus" sculptées sur ossements de mammouth ou dans la pierre ou dans l’ivoire. D’aucunes sont stylisées, d’autres sont plus grossières. Le visage est à peine esquissé, lisse mais les seins sont toujours visibles et le triangle pubien coloré en rouge rappelle le premier des mystères: le sang. Cybèle conçut un amour platonique pour le beau berger phrygien Attis qu'elle nomma grand-prêtre de son culte, en échange de sa chasteté. Mais le jeune homme s'éprit de la nymphe Sagaritis, et l'épousa, provoquant la colère de Cybèle qui tua la nymphe et frappa de folie l'infidèle. Dans un accès de démence, Attis se mutila.Pris de remords, la déesse ressuscita le berger sous la forme d'un pin. Une autre tradition raconte qu'il fut victimede la jalousie de Zeus qui le fit mettre en pièces par un ours. Cybèle a conservé sa puissance, sa liberté et les autres déesses helléniques lui ont emprunté divers dons, divers traits de caractère. Avec elle, les Grecs ont eu affaire à forte partie. Ils ne sont pas parvenus à la réduire à l'état devierge sage ou pure, à masquer sa sauvagerie. Cybèle, impériale, parcourt son royaume avec ses lions. On le sait,les Grecs ont vu d'un mauvais œil l'invasion de Cybèle, venue de Crète, ce berceau et ce tombeau de la plupart des dieux. Lorsqu'elle est accompagnée de ses Ménades, de ses Bacchants et Bacchantes, de ses Corybants, et qu'elle manifeste sa "splendeur divine", elle balaie tout sur son passage, les hommes raisonnables et les femmes chastes, parce qu'elle leur fait connaître l'extase et des expériences peu communes. Lorsque Dionysos prit le relais, les Grecs ne purent effacer le message du dieu ni celui de la Grande Déesse. Elle porta d'autres noms: Arinna la Hittite, Hébat la Hourrite et ses lions, ou même Eileithya crétoise. Les uns tirent vers le Soleil, d'autres vers la Lune, d'autres vers Vénus. Mais il s'agit toujours de la Grande Déesse incarnant le principe de fertilité, associée au cycle Vie/Mort/Renaissance qui les définit sans exception. Les Grecs tenteront de la vêtir plus décemment et de l'appeler Rhéa, Terre Nourricière. Mais pouvaient-ils mieux choisir celle qui deviendra la mère du plus vénéré de leurs dieux ? Cybèle se moque bien des autres divinités du ciel.
"Mon rêve ? Que chaque femme qui tremble aujourd'hui devant un homme, chaque mère qui redoute les accès de brutalité du père de ses enfants, chaque épouse qui doit encaisser accès de colère, virulence et despotisme d'un mari se mette sous la protection de Rhéa. Que la grande déesse primitive les inspire et leur montre le chemin de la libération. Même quand on partage la vie et le lit d'un Cronos, il y a toujours un moment où on peut donner un coup de pouce au destin, et sortir tête haute des griffes du monstre". Comme les Grecs ne savaient trop où la faire naître, ils se référèrent à un mythe phrygien. Endormi sur le mont Dindyme, Zeus aurait eu une pollution diurne. De sa semence tombée, surgit un être androgyne, ce qui, à n'en pas douter, plaide pour l'ancienneté du mythe. Les dieux, alarmés comme tous les dieux confrontés à l'inégalable puissance d'une telle créature, décidèrent de l'émasculer. Il ne resta donc que sa part féminine, qui devint Cybèle,à jamais séparée de sa nature masculine, mais ne l'ayant sûrement pas oubliée. Des organes mâles ainsi coupés coula du sang, comme pour la naissance de Vénus-Aphrodite. De ce sang naquit un amandier. Sur les origines de Cybèle il existe encore une autre version, qui la rapproche sensiblement d'Artémis, à moins qu'Artémis l'ait emprunté à Cybèle: celle-ci serait la fille du roi de Phrygie et la reine Dindyme et elle aurait été abandonnée sur une montagne, nourrie par des fauves, surtout des léopards et des lions. Cette fréquentation des bêtes sauvages était propre à développer ses instincts de fauve. Elle aurait, de bonne heure, regroupé autour d'elle des Corybantes, leur aurait enseigné des jeux, des chants, des danses, aurait créé tambours et tambourins pour accompagner ces danses, et des cymbales éclatantes. Comme Artémis encore, on dit qu'elle protègeait les enfants et les créatures sauvages, qu'elle avait un pouvoir de guérison. Les Romains l'intégrèrent à leur panthéon. Ils l'appelèrent "Bona Dea." Ovide l'introduira dans l'histoire d'Énée. Le culte de Cybèle était célébré dans des grottes ou au sommet des montagnes. Il se confondit plus tard avec celui d'Attis, dont la mort et la résurrection périodique figuraient le cycle des saisons et le renouveau printanier, et elle devint le symbole de la fécondité par la mort. Il comportait des rites organiques qui visaient à établir une communion totale entre les divinités et les fidèles, comportant des orgies extatiques. Le festival d'Attis durait cinq jours. Le premier jour était consacré aux lamentations et à la procession d'un pin entouré de linges figurant le dieu; le second à la danse frénétique des prêtres qui se flagellaient en dansant et en chantant; le troisième, aux mutilations sexuelles volontaires: ses adorateurs mâles, saisis de frénésie, s'émasculaient eux-mêmes afin d'atteindre à l'union avec Cybèle et courraient à travers la ville en brandissant leurs organes coupés qu'ils échangeaient contre des vêtements féminins pour se vouer au culte de la déesse; le quatrième jour était réservé aux réjouissances et au repas sacramentel. Le cinquième jour, enfin était réservé au repos. En Anatolie, ces mystères comportaient le rite du "taurobole": le néophyte se tenait dans une fosse recouverte d'une grille au-dessus de laquelle on égorgeait un taureau expiatoire. Il sortait entièrement couvert du sang de l'animal, mais régénéré, purifié de toute souillure, né une seconde fois. La purification était efficace pendant vingt ans. Les mystères de Cybèle sur le mont Ida, institués par Midas, se répendirent en Italie, en Gaule, en Aquitaine, en Espagne, et en Afrique du Nord en l'an 134 de notre ère. (57-178).Ce culte fut introduit à Rome au moment de la guerre avec Hannibal. La Sybille décréta que l'ennemi serait chassé si l'on instaurait le culte de la "Magna Mater" à Rome. Les adeptes firent venir le météorite noir symbolisant la déesse et l'installèrent au temple de la Victoire, sur le mont Palatin, où il demeura jusqu'en 191 avant J.C (57-186). La prédiction s'étant instituée, le peuple romain reconnaissant institua, en l'honneur de la déesse, les "Magalésiennes", fêtes qui comprenaient un banquet sacré et des jeux, ayant lieu du 4 au 10 Avril et s'étendirent dans tout le pays. Elles comportaient des offrandes à Cybèle dans son temple, des divertissements et des courses. La statue était alors conduite à travers la ville sur un char attelé de lions, par les "galles" venus d'Asie Mineure, qui exécutaient les rites propres au culte. Ces derniers, réprouvés par les autorités civiles, furent interdits aux Romains et les Magalésiennes finirent par perdre leur attrait. Les rites phrygiens connurent un regain d'intérêt sous le règne de l'empereur Claude( 41-54) de notre ère, et les fêtes de printemps de Cybèle et d'Attis furent célébrés du 15 au 27 Mars. Le prètre s'incisait, symbolisant les mutilations sexuelles, il se flagellait et offrait ainsi le sang à Cybèle.
"Lorsqu'Héra découvrit cet assassinat, elle prit les yeux de son fidèle ami et les posa sur les plumes d'un grand oiseau capable de faire la roue. Ainsi naquirent les paons, qui devinrent son emblème. Helène avait voulu s'échapper de cette vie qui l'étouffait à petit feu, fuir l'ennui mortel qui la consumait. La voici retournée à la case départ, à sa cage dorée. Hélène a joué sa vie et celle des autres. Elle a perdu. Pourtant, les remords qui l'assaillent ne seront jamais des regrets d'être partie". Bien qu'ayant perdu leur signification profonde, les anciens rites de l'équinoxe de printemps ont survécu dans lefolklore des régions agraires du nord et du centre de l'Europe, transférés au premier Mai. Le thème mythologique y estprésenté de manière différente, mais Attis revient tous les ans sous l'aspect de l'arbre de Mai enguirlandé, en souvenirdu pin sacré. Quant à Cybèle, elle se réincarne dans la Reine de Mai, fait le tour de la place du village, portée par desjeunes villageois triomphalement, dans un char décoré. Le drame sacré de la mort et de la résurrection du dieu n'apas disparu; il revit chaque année dans la fête de Pâques de la chrétienté. Zeus, saisi un jour d’un désir irrépressible pour Cybèle, la poursuit mais en vain, et, n’y tenant plus, répand sa semence sur un rocher. Du sperme ainsi répandu naît un être monstrueux: Agdistis, monstrueux parce qu’hermaphrodite avec des troubles du caractère. Il se révèle en effet si violent, si indomptable que le conseil des Dieux, excédé, décide de sa castration. Il en charge Dionysos. Celui-ci enivre Agdistis et pendant son sommeil attache sa verge à un arbre voisin. Le monstre à son réveil et conformément à son caractère cherche à se dégager si brutalement que la verge se détache et tombe sur le sol. Elle s’y enfonce pour donner naissance à un magnifique grenadier. Une princesse, tentée, fourre l’un de ses fruits dans son sein, et enceinte, met au monde un très bel enfant: Attis. Celui-ci est, dès sa naissance, confié, ou abandonné, aux bons soins d’un bouc qui le nourrit de son lait. Devenu grand, Attis est un objet de convoitise pour toutes les femmes. Il choisit, ou on lui choisit, une princesse, mais en pleine cérémonie de mariage Agdistis qui l’aime d’un amour incestueux se précipite sur lui pour l’étreindre, il en devient fou et dans sa folie s’émascule et en meurt. Sa mère inconsolable obtient des Dieux que le cadavre d’Attis reste incorruptible à jamais. Kronos, symbole du temps, est le fruit de l’inceste de la Terre-mère Gaïa avec Ouranos, le Ciel. Les plus intelligents de leurs enfants furent les Titans et les Titanides. Kronos devint leur roi et épousa sa sœur Rhéa. À cause des mauvais traitements qu’Ouranos infligeait à Gaïa, Kronos l’émascula avec une faucille de silex et lança les organes génitaux tranchés derrière lui. Les quelques gouttes de sang donnèrent naissance aux Érinyes, aux Géants et aux Nymphes. Kronos régna alors sur Ouranos. Ayant été averti que l’un de ses propres enfants le détrônerait tout comme il avait détrôné son propre père, il les avala les uns après les autres, au fur et à mesure qu’ils naissaient, à l’exception de Zeus. Plus tard, quand ce dernier devint plus grand, il libéra les cinq autres enfants des entrailles de leur père. Kronos est souvent représenté comme un vieil homme ailé, armé d’une faux, les ailes symbolisant le temps éphémère, la faux son inéluctabilité. Par ailleurs, d’après la mythologie grecque, les enfants que Kronos avait avalés seraient restés inchangés et n’auraient subi aucun effet du temps. C’est comme si la seule façon de fuir le temps, c’était de lui céder et de se laisser engloutir. Ainsi, pour être en dehors du temps, il faut vraisemblablement être en dedans. Noé était âgé de six cents ans quand eut lieu le Déluge. Sept jours auparavant, il construisit une arche de bois de gopher et prit sept couples de tout animal pur, un mâle et sa femelle, et d’un animal impur un couple, un mâle et sa femelle, ainsi que des oiseaux du ciel, sept couples, mâle et femelle, pour en perpétuer la race sur toute la surface de la Terre. Comme le lui avait ordonné le Seigneur, Noé entra dans l’arche avec ses fils, Sem, Cham et Japnet, et avec eux, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils, ainsi que toutes les espèces de bêtes. La pluie se déversa pendant quarante jours et quarante nuits. La crue des eaux dura cent cinquante jours sur la Terre. Au septième mois, le dix-septième jour du mois, l’arche reposa sur le mont Ararat. Les eaux continuèrent de diminuer jusqu’au onzième jour du dixième mois, et les cimes des montagnes apparurent. Alors que l’arche, plongée dans les ténèbres, dérivait à la surface des eaux, Noé demanda à sa femme: "j’ignore combien de temps s’est écoulé depuis le début du Déluge. Sa femme répondit : dix-sept jours. Étonné, Noé demanda : comment peux-tu le savoir alors que nous sommes plongés dans l’obscurité totale et qu’il est impossible de discerner la moindre lueur du jour ?" À cela, la femme de Noé répondit tout simplement: "je le sais par le beuglement des vaches, par le chant des coqs, par la pondaison des poules".
"Elle assume, tête haute, jusqu'au bout sa soif de liberté. Si c'était à refaire, elle recommencerait. Son parcours de femme rejetant les cadres contraints de la vie maritale, prenant la parole dans le monde des hommes, est un très bon exemple d'indépendance. Si Pénélope ne porte pas la mémoire d'Ulysse, alors toutes les péripéties de son odyssée auront été vaines. Le but même de cette épopée est d'ailleurs d'aller tout raconter à sa femme. Athéna arrête le char du Soleil pour que la nuit dure autant que les amants le souhaiteront. Pour qu'ils aient le temps de se retrouver, mais aussi pour qu'Ulysse puisse tout confier à Pénélope. Sans elle, le récit n'existe pas. C'est elle qui fait exister la parole. Sans elle, le héros est tout simplement mort". L’introduction à Rome de la "Mater Magna Idaea deum" marque, dans l’histoire de Rome, l’aboutissement de la dernière des grandes crises religieuses qui ont accompagné la deuxième guerre punique. L’introduction d’une divinité étrangère à Rome ne constitue pas en soi une innovation: en liaison avec la consultation des Livres sibyllins, elle s’inscrit dans une longue tradition nationale et obéit à des règles déjà bien codifiées par le collège des décemvirs. Rome a en particulier introduit au cours des siècles qui ont précédé les dieux grecs de la médecine, Apollon en 431 et Esculape en 293. Le rituel de l’"evocatio" est une procédure qui permet d’accueillir des dieux étrangers mais elle est exceptionnelle et historiquement limitée au conflit romano-véien ou romano-carthaginois. La grande innovation de la crise religieuse de 205 est de faire appel, en plein conflit romanocarthaginois, à une divinité orientale, la "Mater Magna Idaea deum". On conçoit l’attention particulière qu’ont accordée à cet événement les historiens des religions. L’histoire de cette introduction repose essentiellement sur la source livienne, qui demeure évidemment fondamentale et que les historiens de la déesse ont naturellement privilégiée. D’autres historiens ont rapporté l’événement, mais aussi des poètes, comme Ovide qui, dans ses Fastes, a consacré à l’épisode un long développement à l’occasion de la description des Mégalésies. Les jeux constituent une pratique génératrice de la théologie de la Piété, parce qu’ils sont un cadre traditionnel d’expression de la piété, sous sa double forme privée et publique, domestique et civique, piété envers les ancêtres et piété envers les dieux. Dualité longtemps essentielle, mais qui tend à se fondre avec l’évolution dynastique et la genèse d’un culte du chef. Or, dans cette élaboration, la pietas apparaît bien comme un opérateur idéologique décisif dans le cadre de la crise des structures traditionnelles, famille et cité, et des valeurs d’autorité qui leur sont liées. Officiellement exaltée à partir de la mi-IIIème siècle, comme le montrent les poèmes d’Ennius, la Pietas reçoit en 181 un temple élevé par un client des Scipions, M. Acilius Glabrio. Il s’agit alors d’une vertu gentilice et aristocratique fondamentale, enseignée par Enée lui-même aux Romains, et dont la fonction intégratrice ne peut être en discussion. Or, à partir de là, la Pietas se trouve constamment sollicitée et subit une série de distorsions dont on peut tenter d’apprécier la nature et la portée. Si les grands jeux et les jeux votifs expriment la piété et la reconnaissance de tous envers les dieux, les jeux funèbres, les jeux pour les grands morts et leur victoire sont évidemment autant de manifestations de piété filiale et tel est bien l’un des sens qu’Octave entend donner aux jeux. L’une des caractéristiques les plus notables et les plus étonnantes qui distingue Rome de la plupart des autres cités antiques aura été son degré d’ouverture. Depuis le mythe de l’asylum de Romulus jusqu’à l’édit de Caracalla en 212, une identité collective s’y est forgée autour de l’idée qu’il ne fallait pas avoir une approche restrictive de la citoyenneté, et au contraire accueillir en son sein tous les étrangers qui enrichiraient d’une manière ou d’une autre la collectivité romaine.
"Des petites flammes dans la nuit, par centaines, partent à l’assaut des vagues. On dirait une armée de lucioles surgies de la mer. Elles avancent en rangs serrés, bravant le flux et le reflux, pour gagner le large au plus vite. Parfois l’une d’elles disparaît, submergée par l’eau noire. Mais les autres continuent vaille que vaille de s’éloigner du rivage. Sur la grève, un murmure psalmodié par des dizaines de bouches accompagne le périlleux voyage des petites flammes dans la nuit". Les jeux s’imposent très vite comme une pratique constitutive de la théologie de la victoire. Dès l’origine ils sont assurément liés à la volonté et à la possibilité reconnue dans l’imaginaire de fléchir les dieux par toute une série de pratiques liturgiques en vue d’obtenir le salut de la communauté par la victoire. Et ici le modèle grec a joué comme cadre structurant, renforçant la tradition étrusco-italique, par la symbolique du couronnement des vainqueurs. Tite-Live en conserve le sens: “La même année, pour la première fois, les citoyens qui avaient reçu une couronne pour leurs exploits militaires, assistèrent couronnés aux Jeux Romains et alors, pour la première fois, suivant un usage importé de Grèce, on donna des palmes aux vainqueurs”. La victoire, par les actions de grâce et les rites propitiatoires qu’elle suscite, est donc, à ce niveau, gage de renouvellement mesuré des jeux pour une meilleure cohésion de la communauté. On le voit nettement après la deuxième guerre punique, quand les cérémonies ludiques sont massivement utilisées en vue de sceller l’union sacrée et de récupérer la dévotion populaire en la canalisant dans les cadres les plus officiels et traditionnels, face à la montée d’expressions religieuses incontrôlables et jugées, comme telles, dangereuses par les autorités religieuses et politiques, au demeurant tout à fait confondues. Cybèle, à la différence des autres divinités orientales généralement introduites à Rome par des étrangers, des esclaves, ou rapportées par des soldats revenant de lointaines expéditions militaires, pénétra dans la ville de façon tout à fait officielle, promue par l'aristocratie romaine: en 205, les "Livres sibyllins", pour chasser du sol italien l'ennemi étranger, conseillèrent aux Romains de transporter de Pessinonte à Rome le bétyle représentant la Mère des dieux. L'atmosphère d'inquiétude qui régnait à Rome depuis le début de la deuxième guerre punique et qui s'était déjà traduite par des mesures religieuses spectaculaires, la pression d'une partie de la noblesse, ouverte aux influences grecques et orientales, l'entente politique de Rome avec Attale, roi de Pergame, expliquent la rapidité avec laquelle on mit à exécution les suggestions des décemvirs. Une délégation officielle se rendit à Pessinonte et rapporta le bétyle noir, qui fut solennellement accueilli à Ostie par le citoyen le plus vertueux de Rome, P. Scipion Nasica, et par les matrones (parmi elles, Claudia Quinta, dont, ultérieurement, la légende embellit le rôle: sa chasteté fut prouvée par une intervention miraculeuse de la déesse). Installée provisoirement dans le temple de la Victoire, la "Grande Mère" eut ensuite son temple sur le Palatin, dédié en 191. En outre, on décréta en son honneur un lectisterne et les jeux Mégalésiens, célébrés tous les ans, le 4 avril. Des sodalités, composées exclusivement de membres de l'aristocratie, honoraient Cybèle par des banquets. Ce sont les seules manifestations officielles, dans la tradition nationale, du culte rendu à Cybèle. En effet, l'aspect exotique des cérémonies phrygiennes, le caractère bruyant et souvent sauvage des fêtes, le clergé composé d'eunuques aux accoutrements bariolés, prophètes et mendiants, rendaient Cybèle suspecte aux yeux des autorités romaines. Partagé entre le respect dû à cette déesse officiellement adoptée par la Ville et dont l'arrivée avait coïncidé avec la victoire sur Carthage et, d'autre part, le danger que présentaient pour la moralité romaine ces fêtes "scandaleuses", le Sénat prit des mesures destinées à isoler Cybèle dans son temple du Palatin : interdiction aux citoyens romains et aux esclaves de faire partie du clergé et de sacrifier à la déesse; rites et sacrifices confinés à l'intérieur du temple; quête publique autorisée uniquement à certains jours de l'année.
"Mon Dieu, je vous en conjure, changez les cieux et alignez toutes les étoiles pour dessiner la forme de la Crète. Aussitôt un autre poursuit : Un printemps sans mois de mai j’aurais pu l’imaginer Mais jamais, au grand jamais, que mes amis trahiraient. Un troisième enchaîne: Il y en a qui sont pris de vertige en haut de la falaise. Et d’autres qui, au bord du vide, dansent le pentozali". Ces mesures restrictives expliquent que le culte de la "Grande Mère" ait eu une existence obscure jusqu'à la période impériale. Celle-ci marque une nouvelle phase dans la religion de la "Grande Mère": Auguste, hostile aux cultes orientaux qu'il bannit hors du "pomerium", manifeste au contraire son attachement au culte de Cybèle dont il fait reconstruire le temple, détruit par un incendie, qu'il dédie en l'an III. Sa femme, Livie, est assimilée à la déesse. Les poètes augustéens rattachent le culte aux origines troyennes de Rome. Des innovations importantes sont ensuite apportées par l'empereur Claude et les Antonins. Le parèdre de la déesse, Attis, est doté d'un culte officiel et son prestige s'est progressivement accru aux dépens de celui de Cybèle. De nouveaux prêtres, les archigalles, sont choisis parmi les citoyens romains. La Mère des dieux est introduite officiellement dans le panthéon romain à la fin de la seconde guerre punique, en 204 avant notre ère. Elle est d’abord installée dans le temple de la Victoire, sur le Palatin, et c’est à côté de ce sanctuaire que lui est ensuite construit un temple. Alors que, normalement, les divinités étrangères intégrées au panthéon romain reçoivent un lieu de culte hors du pomerium, "Mater Magna" se voit dotée d’un temple au cœur même de la cité, sur la colline du fondateur de Rome. Le choix de ce site s’explique par la participation de la divinité à la légende troyenne : elle a aidé l’ancêtre de Romulus, Énée, à fuir Troie en proie aux flammes. Nouvelle arrivée dans l’Vrbs, la déesse étrangère peut donc aussi y assumer le statut de divinité ancestrale et tutélaire. En suivant un passage de l’historien hellénophone Denys d’Halicarnasse, les Modernes ont admis que, d’emblée, deux formes de culte parallèles coexistent à Rome pour rendre hommage à la déesse: une forme romaine lors des fêtes publiques d’avril et une forme phrygienne, lors des fêtes de mars, qui font leur entrée dans le calendrier officiel romain sous l’empereur Claude. D’autres nouveautés apparaissent sous l’Empire dans le culte de la déesse: le rite du taurobole, sacrifice d’un taureau dont les testicules font l’objet d’un traitement particulier, et la fonction prophétique d’archigalle. Pour aborder ce constat paradoxal, nous avons emprunté comme voie d’accès les quelque 190 vers qu’Ovide consacre à la Mère des dieux dans le quatrième livre de ses "Fastes", à la date du 4 avril. Ce long passage se révèle particulièrement riche, dans la mesure où Ovide dépeint la divinité en utilisant une vaste palette de marqueurs: les noms et épithètes de la déesse, ses images et attributs, les pratiques et acteurs de son culte, les récits mythiques et les exégèses qui s’y rapportent. Ces marqueurs servent de révélateurs utiles des identités et modes d’action de la divinité mais aussi de ses terrains d’action. À travers ses noms et épithètes, la déesse apparaît comme liée à des montagnes de Troade et de Phrygie. "Magna et Idaea", ces deux épithètes, présentes dans sa titulature officielle à Rome, ne semblent pas lui avoir été attribuées précédemment. De même, l’image profondément ancrée dans les esprits, d’une déesse tourelée, tambourin sous le bras et trônant sur un char tiré par des lions, correspond à une manière bien romaine de figurer la divinité. Originelle et ancestrale, la déesse, assimilée à Rhéa, est mère des Olympiens mais aussi phrygienne et donc étrangère. Soutien d’Énée, la déesse à la couronne crénelée devient également protectrice de la Ville fondée par ses descendants. Elle offre sa protection à l’"Vrbs" et aux cités romaines et est largement comprise comme une pourvoyeuse de "salus". Mais la déesse peut aussi se révéler redoutable et susciter l’effroi, voire la folie, au son des instruments phrygiens qui accompagnent ses cérémonies. La déesse est assimilée à "Tellus" par plusieurs auteurs, tels Lucrèce, Varron et Servius. Revêt-elle pour autant une fonction céréalière, comme le supposent certains Modernes ? Elle ne semble pas honorée à cette fin à Rome. Ce sont les interprétations allégoriques de son culte qui la mettent en liaison avec la culture des céréales.
"Les Grecs présents sont ceux qui ont survécu mais quelque chose en eux est mort, dévoré par un monstre obscur agrippé à leur cœur comme du lierre à un mur. Une noirceur qui leur fait oublier que derrière ces murailles beaucoup ne sont pas des soldats. Qu'ici vivent des femmes, des enfants, des vieillards. Un monstre noir aux babines retroussées, au regard fou, et qui, quand il se met à hurler, efface toute bonté de ce monde". Le rapport de "Mater Magna" aux céréales apparaît conditionné dans ces exégèses par la nécessité de justifier la présence des galles à ses côtés. Les interprétations savantes rapprochant Mater Magna des céréales semblent donc reposer, non pas sur des fonctions agraires qu’aurait remplies la déesse, mais sur les pratiques des galles et sur l’homophonie "Phryges-fruges", qui permet de gloser sur l’autocastration des galles. Quant au passage de Jean le Lydien, il est dès lors plus vraisemblable qu’il fasse référence à un sacrifice pour les pâturages. "Mater Magna" en aurait été protectrice, elle que les récits mythiques renvoient à un stade pré-céréalier, tout comme l’offrande du "moretum" (mélange de fromage blanc et d’herbes) sur lequel s’interroge Ovide ("des mets antiques pour une antique déesse", pastorale). La plupart des offrandes faites au sein de l’un ou de l’autre collège présente des caractéristiques formelles très similaires. De même, les textes de ces dédicaces semblent suivre un certain formulaire. Ces fortes ressemblances pourraient laisser supposer qu’elles ont été posées plus ou moins en même temps. Pourtant, elles se sont étalées sur plusieurs décennies. Autrement dit, l’aspect matériel et la formulation de ces offrandes semblent avoir été relativement standardisés au sein de ces deux associations. Les dates retenues pour ces offrandes ont été soigneusement sélectionnées et apparaissent directement liées au choix de l’empereur ou de la divinité honorée. Les fonctions de ces dieux reflètent et complètent divers aspects de l’action de "Mater Magna". Si les liens entre Victoire et Mater Magna sont bien connus à Rome, ils sont également présents à Ostie, à travers les inscriptions tauroboliques posées pour le salut et le succès militaire des empereurs. Ce sont toutefois d’autres réseaux qu’éclairent les dédicaces des dendrophores. Ceux-ci se tissent également autour de fonctions liées au monde militaire, avec Mars et Virtus. Ils peuvent aussi s’inscrire dans des récits mythiques ou dans des interprétations allégoriques largement partagées, qui permettent d’assimiler ou, à tout le moins, de rapprocher la Mère des dieux de "Tellus". Protectrice d’Énée, la Mère des dieux est, pour les Romains, troyenne et ancestrale. Dans le même temps, elle est aussi phrygienne, de Pessinonte, étrangère donc. Le caractère exotique de ses processions et de certaines pratiques liées à son culte reflète, aux yeux des Romains, cette provenance lointaine, phrygienne, chargée d’ambigüité. Au terme de notre parcours, il apparaît que l’extranéité de la déesse est certes liée à ses origines mais qu’il s’agit aussi d’une extranéité construite. C’est ce que montre la représentation de la déesse tourelée, trônant sur son char tiré par des lions. Si cette image évoque le caractère étranger et exotique de "Mater Magna" et de son culte, elle n’a pas d’équivalent, sous cette forme, dans sa contrée de provenance ou dans les mondes grecs et hellénistiques. C’est ce qu’indique aussi le titre officiel de la déesse: grande et idéenne, deux épithètes qu’elle ne porte pas avant son arrivée à Rome et qui sont pourtant constitutives de sa nouvelle identité. On représentait Cybèle sous les traits et avec la prestance d’une femme robuste. Elle portait une couronne de chêne, arbre qui avait alors nourri les premiers hommes.
Bibliographie et références:
- Clément d’Alexandrie, "Protreptique"
- Christhian Bonnet, "La divinité Cybèle"
- Philippe Borgeaud, "Cybèle, la Mère des dieux"
- Claude Brixhe, "La déesse Cybèle"
- Henri Graillot, "Le culte de la déesse Cybèle"
- Denys d’Halicarnasse, "Antiquité romaines"
- Emmanuel Laroche, "La déesse Cybèle"
- Filippo Coarelli, "Guide archéologique de Rome"
- Claude Brixhe, "Le nom de Cybèle"
- Paul de luzy, "Cybèle, la Mère de Dieu"
- Jacqueline de Romilly, "Le culte de Cybèle"
- Robert Turcan, "Cybèle et Attis"
- Aurelius Victor, "De viris illustribus"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Dans la mythologie grecque, Harmonie du grec ancien," Ἁρμονία" , est la fille d'Arès et d'Aphrodite que Zeus donna en mariage au fondateur de Thèbes, Cadmos. Les douze dieux de l'Olympe assistèrent à ses noces, et lui firent de somptueux présents. Hermès lui fit don d'une lyre. Déméter lui promit une extraordinaire récolte d'orge en s'unissant, durant la cérémonie, avec Iason dans un champ labouré trois fois. Electre lui enseigna les rites secrets de la Grande Déesse. Athéna lui offrit un péplos, tunique brodée d'or, tissé par elle et une paire de flûtes, et d'Aphrodite, elle reçut le collier d'or magique ciselé avec art par Héphaïtos, offert autrefois à Europe par Zeus, qui conférait à celle qui le portait une beauté irrésistible. Ce furent des noces magnifiques: les Muses chantèrent et dansèrent au son de la flûte jouée par Apollon. Le couple vécut heureux pendant quelques années et donna naissance à Sémélé, Ino, Autonoé, Agavé et Polydoros. Harmonie demeura aux côtés de son mari lorsque des évènements tragiques mirent alors fin à leur félicité, provoqués par le collier d'Aphrodite et le péplos d'Athéna, objets maléfiques qui firent le malheur de leurs descendants. Le péplos fut remis à Eriphyles puis à son fils Alcméon, qui périt à la guerre de Troie, après avoir tué de sa main Laodamas, le fils d'Etéocle, puis sa mère, parce qu'elle l'avait incité ainsi que son père, le devin Amphiaros, à participer à des combats avec l'espoir qu'ils n'en reviendraient pas. Le collier et le péplos échurent ensuite à Arsinoé, fille de Phégée, qui avait purifié Alcméon du meutre de sa mère. Puis ils furent repris par Alcméon qui les offrit à sa seconde épouse, Callirhoé, fille du dieu fleuve Achéloos. Furieux, Phégée fit tuer Alcméon par ses fils Agénor et Pronoos. Tous trois, maudits par Arsinoé, furent exterminés par les deux fils de Callirhoé, Amphotros et Arcanan. On connait le sort tragique d'Œdipe, petit-fils d'Harmonie, et celui de Sémélé, amante de Zeus. Ino, frappée de folie, se précipita d'une falaise. Agavé épousa le roi d'Illyrie, Lycothersès. Un jour, elle dénonça la liaison de Zeus et de Sémélé et, frappée de démence par Zeus, démembra son fils Penthée qui avait succédé à son père sur le trône de Thèbes. Plus tard, lorsqu'elle apprit que ses parents régnaient sur les Enchéléens, elle tua son mari avec l'aide de sa sœur Autonoé et remis son royaume à son père Cadmos. La malédiction se poursuivait. En effet, selon la prédiction de Dionysos, Cadmos et sa fidèle épouse émigrèrent chez les Enchéléens qui les choisirent pour souverains. Ces peuplades barbares pillèrent de nombreuses villes grecques et le temple d'Apollon qui voulu les punir sévèrement. Mais Arès vint à leur secours, et les transforma en serpents tachetés de bleu et ils furent envoyés par Zeus dans l'île des Bienheureux. Harmonie est aussi le nom d'une nymphe qui fut la mère par Arès des Amazones d'après Apollonius de Rhodes (II,986). Le mythe du mariage de Cadmos et d'Harmonie présidé par douze dieux olympiens relate la reconnaissancepar les Hellènes des conquérants cadmiens de Thèbes, après la garantie des Athéniens et après qu'ils eurent été sérieusement initiés aux Mystères de Samothrace. Les Européens sont fils d'une femme arrivée d'Asie et L'harmonie naît de la rencontre de la guerre avec l'amour. Finalement, les bijoux furent donnés en offrande à Athéna et placés dans son temple de Delphes. Mais la malédiction ne s'arrêta pas pour autant. Le tyran Phayllosvola le collier pour en faire cadeau à sa maîtresse, la femme d'Ariston. Elle le porta quelque temps jusqu'à ce que son jeune fils fut saisi de folie et mit le feu à la maison, où elle périt.
"Les dieux ne dispensent point également leurs dons à tous les hommes, la beauté, la prudence ou l'éloquence. Souvent un homme n'a point de beauté, mais un dieu l'orne par la parole, et tous sont charmés devant lui, car il parle avec assurance et une douce modestie, et il domine l'agora, et, quand il marche par la ville, on le regarde comme un dieu. Un autre est alors semblable aux dieux par sa beauté, mais il ne lui a pas été accordé de bien parler". Harmonie est la conséquence de flagrantes délices où Arès et Aphrodite, piégés dans le filet magique d’Héphaïstos furent soumis dans une involontaire phanérogamie aux sarcasmes des dieux. Harmonie est donc ainsi née d’une scandaleuse union entre l’agressivité d’Arès et le désir d’Aphrodite, divinité plus primordiale que Zeus. Tandis que la Grèce appelait harmonies les divers agencements, affinités et hiérarchies des intervalles successifs dans les gammes, les notes se heurtèrent comme les armes d’Arès, ou s’attirèrent comme sous le charme d’Aphrodite. C’est sans doute cette déesse si sensible qui entraîna toutes les cadences vers la tonique. Son amant, lui, ne se plaîsait qu’aux bruits. Europe, fille ainée du roi de Phénicie, et petite-fille de l’Afrique, a été enlevée par Zeus déguisé en taureau, et ses trois frères ont pour mission de la retrouver. L’un d’eux, Cadmos, n’y étant pas parvenu, ne retournera pas alors en Phénicie, inaugurant néanmoins la civilisation européenne en alphabétisant les Béotiens. Mais pour fonder sa ville de Thèbes, dont le site lui a été indiqué par une vache, il a dû tuer le dragon d’Arès, donnant naissance à une population belliqueuse. Zeus a accordé à Cadmos la main d’Harmonie, et le trousseau de noces contient comme pièces principales une robe tissée par Athéna et un merveilleux collier forgé par Héphaïstos lui-même. Athéna et Héphaïstos ne supportent pas Harmonie, scandaleuse bâtarde parmi les Olympiens, et du collier va émaner une longue série de catastrophes. La malédiction est dans le trousseau; le scénario se répète d’une génération à l'autre. La beauté divine du collier suscite de telles convoitises qu’il entraîne dissensions, calomnies, meurtres et trahisons.C'est à cause de lui qu’échoue la première expédition des Sept contre Thèbes, ou que les fils d’Œdipe s’entretuent. On crut en avoir fini avec la malédiction lorsque les enfants d’Alcméon allèrent déposer le trousseau dans le sanctuaire de Delphes, où on put l’admirer pendant des siècles. Mais en 352, sous le règne de Philippe de Macédoine, les troubles de la"guerre sacrée" ont conduit Phayllos, un des chefs phocidiens, à commettre un imprudent sacrilège: il s’est emparé ducollier pour l’offrir à sa maîtresse. Celle-ci en a orné son enfant, qui est devenu fou, a mis le feu à la maison, et a causé la mort de l'imprudente dans l'incendie. La trace du collier a depuis lors été perdue, mais nous sommes peut-être en mesure de faire quelques hypothèses. L’irrésistible attrait de ce bijou qui ornait Europe, puis Harmonie, estlié à la violence initiale qui l’a fait créer. Tout se passe comme si, se substituant à l’image d’une Europe introuvable depuis son rapt par l’Esprit en personne, la postérité de l’asiatique Cadmos devait répéter à l’infini une erreur féconde mais fatale. Arès et Aphrodite ont choqué l’ordre divin en enfantant Harmonie. La vie du couple inspira la première tragédie lyrique de Jean-Baptiste Lully. Les récits fondateurs de Thèbes offrent un terrain de réflexion privilégié sur le rapport entre mythe et histoire. Comment ce produit de la pensée et de la culture grecques, le mythe, peut-il donc mettre en forme le passé historique de la cité et comment recrée-t-il ce passé ? Quelles déductions pouvons-nous faire sur la nature de l’histoire contenue dans les récits fondateurs ? Tels sont les centres d’intérêt de cette réflexion axée sur l’approche de l’histoire par les Thébains de l’époque archaïque, une communauté humaine et politique qui a créé du mythe en vue de s’approprier son passé. Une particularité frappante des mythes fondateurs thébains réside dans le fait qu’ils semblent bien avoir retenu des faits historiques. La façon dont ils sont susceptibles de l’avoir fait permet de les considérer ainsi comme un “genre” historique tout à fait novateur.
"L'Aurore aux doigts de roses les eût trouvés pleurant, sans l'idée qu'Athéna, la déesse aux yeux pers, eut d'allonger la nuit qui recouvrait le monde. Elle retint l'Aurore aux bords de l'Océan, près de son trône d'or, en lui faisant défense de mettre sous le joug pour éclairer les hommes, ses rapides chevaux Lampos et Phaéton, les poulains de l'Aurore. Car le divin Ulysse en cette terre n'est pas mort, il est encore vivant, mais captif de la vaste mer, dans une île des eaux, des brutes l'ont entre leurs mains,des sauvages contre son gré qui le retiennent". L’analyse doit s’appuyer sur deux mythes qui, de toute évidence, présentent chacun une forme de langage traditionnel des Thébains sur leur passé. Celui d’Amphion et Zéthos d’abord, un récit bien connu: ces jumeaux édifièrent ensemble les célèbres murailles de Thèbes, Amphion en commandant ainsi magiquement aux pierres grâce aux sons de sa lyre, Zéthos en les transportant grâce à sa force surhumaine. Ainsi les Thébains avaient-ils édifié une histoire des origines pour expliquer l’existence de remparts connus de nous pour leurs origines mycéniennes. Ce premier mythe a donc ceci d’intéressant qu’il intègre de quelque façon une réalité historique objective. Les modernes sont allés jusqu’à conclure à l’origine mycénienne du mythe et des héros et donc à un mode de mémoration de l’histoire soucieux de retenir avec fidélité ce passé mycénien. Mais il est un second cycle fondateur encore plus saisissant en raison de son aspect historique pour le moins énigmatique : celui de Kadmos. D’après le mythe, le héros vint fonder Thèbes après un long voyage depuis la Phénicie, à la recherche de sa sœur Europe. Parti de Tyr ou de Sidon, Kadmos arriva, au terme de ses errances, sur le site de la future Thèbes où il s’installa, fondant la cité avec les Spartes, guerriers nés du sol et ancêtres des Thébains. Pourquoi parler d’un aspect historique énigmatique ? Parce que ce récit frappe d’emblée pour sa vraisemblance historique lorsqu’on connaît les contacts qui ont réellement existé entre la Béotie et l’Orient. L’histoire de Kadmos a ainsi été considérée comme un événement historique véridique: elle est censée être le reflet de l’installation, durant l’époque mycénienne, d’immigrés orientaux à Thèbe où ont été retrouvés les fameux sceaux-cylindres babyloniens longtemps attribués à la venue de Kadmos. Considérer le mythe comme un récit historique fidèle revient à appliquer au mode de pensée grec une conception de l’histoire qui nous est propre : celui d’une conservation sourcilleuse des faits du passé. Le mythe de Kadmos ainsi a tout particulièrement été considéré comme un genre d’annale, ni plus ni moins.Par ailleurs, il faut davantage tenir compte de la forme de rationalité bien à part que représente un mythe, susceptible d’opérer une distorsion des faits et de l’histoire. Quand il est en outre fondateur, tel mode culturel d’expression du passé évolue dans un contexte dont les contours doivent être cernés plus méthodiquement. "Écoute donc la prédiction".
"Nous vivons à l'écart et les derniers des peuples, en cette mer des houles, si loin que nul mortel n'a commerce avec nous. Vous êtes injustes, ô dieux, et les plus jaloux des autres dieux, et vous enviez les déesses qui dorment ouvertement avec les hommes qu'elles choisissent pour leurs maris". Or, le mythe fondateur fonctionne dans un espace de pensée. Il est articulé dans une vision originale du monde faite de croyances en dieux et en héros, tous porteurs d’une approche spécifique de l’espace et du temps. Il est, de même, contextualisé dans un espace de vie: la Cité, laquelle produit du mythe suivant une orientation originale. À la Cité correspondent des besoins communautaires qui, me semble-t-il, concernent directement notre problème de mise en forme de l’histoire, car ces besoins sont susceptibles d’opérer une approche de l’histoire sous l’angle d’un vécu communautaire. Si aujourd’hui les chercheurs n’ont plus guère tendance à reconnaître une littéralité historique dans ces mythes, il reste toutefois à déployer une argumentation montrant dans quelle mesure la mémoire historique thébaine réinterprète le passé et le réinvente selon un processus culturel et historique nécessitant d’être analysé de près, d’autant que celui-ci est ainsi observable depuis l’époque archaïque jusqu’aux époques classique et hellénistique. La clé de ce processus se trouve dans les figures de héros fondateurs dont la formation historique est synonyme des mises en formes successives de leur passé par les Thébains. Le mythe d’Amphion et Zéthos semble apparu tout d’abord, celui de Kadmos ensuite. Voyons les sources homériques. Amphion et Zéthos apparaissent dans le Catalogue des Dames de l’"Odyssée" où leur primauté en tant que fondateurs est explicitement soulignée: Ulysse, venu au royaume des morts, affirme au chant XI.260-265: "Puis je vis Antiope, la fille d’Asopos, qui se vantait d’avoir dormi aux bras de Zeus. Elle en conçut deux fils, Amphion et Zéthos, les premiers fondateurs de la Thèbes aux sept portes qu’ils munirent de tours, car, malgré leur vaillance, ils ne pouvaient sans tours habiter cette plaine". La primauté homérique donnée à Amphion et Zéthos a servi d’argument pour dire que Kadmos, en tant que fondateur, fut marginalisé en raison de son origine orientale. Ce genre d’hypothèse qui rythme les débats consiste à expliquer la formation des traditions thébaines par le phénomène de propagande politique menée au moyen du mythe. Or, il semble qu’il faille attribuer la formation de ces mythes à une conception plus large du politique, celle qui est centrée sur les représentations culturelles de la Cité, créatrices de figures héroïques aux contours bien particuliers. En effet, le mythe d’Amphion et de Zéthos paraît tout droit issu d’un ensemble de conceptions homériques relatives à l’idée embryonnaire de "polis". Les murailles de Thèbes construites par les jumeaux ne se distinguent en rien d’autres "poleis" homériques, également définies comme telles à partir de leurs remparts, comme Schérie par exemple, qu’Homère distingue pour ses fortifications et ses maisons bien élevées. L’importance de telle architecture dans la littérature homérique peut se justifier par rapport aux violences contemporaines, omniprésentes à l’arrière-plan des remparts. Sur ce point, le mythe d’Amphion et Zéthos intègre un type de réalité historique propre au mode de vie des communautés du début de l’époque archaïque. Par ailleurs, la formation de tel mythe s’éclaire à la lumière des attributions que la poésie épique confère ainsi, suivant ce même contexte historique, à l’héroïsme homérique.
"Allons Achille, dompte ton cœur superbe. Non, ce n'est pas à toi d'avoir une âme impitoyable, alors que les dieux mêmes se laissent toucher. N'ont-ils pas plus que toi mérite, gloire et force ? Les hommes pourtant les fléchissent avec des offrandes, de douces prières, des libations et la fumée des sacrifices, quand ils les viennent implorer après quelque faute ou erreur. C'est qu'il y a les Prières, les filles du grand Zeus". Les héros constructeurs de murailles deviennent ainsi des fondateurs d’un genre particulier: ils prennent valeur historique aux yeux d’une communauté qui leur confère l’origine d’un espace de vie simultanément érigé en un type d’espace sacré. Tel point de vue ressort encore dans Pindare quand il fait allusion, pour désigner le lieu du mariage divin de Kadmos et d’Harmonie, non pas à l’acropole de la Kadmée mais plus globalement à "Thèbes, signe que les murs enserrent un ensemble qu’ils définissent comme sacré et comme un tout. L’action de délimiter un espace d’habitat indistinct de l’espace cultuel nous mène à une autre représentation bien connue, porteuse de la distinction d’ordre topographique et religieuse qui comptait le plus aux yeux des Grecs archaïques: celle de l’opposition existant entre la zone intérieure aux murailles et l’autre extérieure, synonyme d’une incompatibilité de nature entre deux espaces que tout sépare. Le premier, circonscrit dans les murailles, est fondamentalement apparenté à un espace d’ordre mis sous la protection des dieux, alors que le second, exposé à l’extérieur, permet le déploiement de forces effrayantes. Le chant XXI 522 sq. de l’Iliade met clairement en jeu ce genre de représentations. Achille massacre les Troyens aux pieds des remparts divins, menaçant, comme si jusqu’au vaste ciel, parvenait la fumée d’une ville en flamme. Homère dit ainsi comment le chaos lui-même menace aux portes de Troie et comment l’espace protégé des remparts est comparable à l’Olympe protégé des dieux. Ainsi, n’est-il en rien étonnant de voir que le Catalogue des Dames de l’Odyssée présente à son tour les remparts à la confluence de besoins matériels et religieux. Homère visualise la fondation-contruction des jumeaux comme une garantie contre l’anarchie, décrite dans une dimension à la fois matérielle et cosmique et implicitement révélatrice du contexte historique d’une structuration poétique, celle dont les fondateurs font l’objet. Comme création poétique, cette dernière ne se distingue guère d’une restructuration de l’histoire elle-même. En effet, ce tour d’horizon rapide permet d’entrevoir combien les figures héroïques d’Amphion et Zéthos ont été conçues suivant une logique historique et culturelle et un contexte producteur à la fois de son propre imaginaire et de sa propre histoire. On se trouve au cœur du processus culturel de mise en forme de l’histoire. Le contexte spécifique du haut-archaïsme donne consistance au passé historique au moyen de héros fondateurs qui, à partir d’une réalité historique objective, à savoir l’insécurité matérielle et politique, mettent aussitôt le passé en forme par le biais de représentations, voire de croyances religieuses.
"Boiteuses, ridées, louches des deux yeux, elles courent, empressées, sur les pas d'Erreur. Erreur est robuste, elle a bon pied. Elle prend sur toutes une large avance, et va, la première, par toute la terre, faire du mal aux humains. Les Prières, derrière elle, tâchent à guérir ce mal. À celui qui respecte les filles de Zeus, lorsqu'elles s'approchent de lui, elles prêtent un puissant secours, elles écoutent ses vœux. Celui qui leur dit non et brutalement les repousse, elles vont demander à Zeus, fils de Cronos, d'attacher Erreur à ses pas, afin qu'il souffre et paie sa peine". Parlant de discours identitaire, on notera combien l’identité thébaine, à l’époque de la popularité du récit d’Amphion et Zéthos, semble se définir de façon minimaliste: les deux héros, "malgré leur vaillance ne pouvaient sans tours habiter cette plaine" (v. 265). Dans le contexte politique extrêmement difficile palpable ici, l’identité thébaine s’avère être d’abord non-extinction. L’existence des deux figures héroïques paraît s’expliquer par une position identitaire en mal de survie, laquelle confère donc aux jumeaux un contour à la fois épique et magique. Amphion et Zéthos sont, sur le plan d’une mythologie qui façonne l’identité thébaine archaïque, les garants d’une protection de la collectivité qu’ils évoquent avec beaucoup de force, presque avec matérialité. En effet, les deux figures héroïques tendent à se confondre aux murailles elles-mêmes. Ne se comprennent-ils pas alors d’abord comme une personnification des remparts ? Cités dans une littérature plus tardive que l’Iliade, ils semblent développer avec beaucoup de maturité et dans un sens politico-religieux indéniable l’image du guerrier inébranlable diversement associé à l’efficacité des remparts. Les jumeaux donnent ainsi au passé thébain un sens attendu et culturellement normé, un sens épique: ils stabilisent l’identité thébaine, et du point de vue mythopoétique, et du point de vue philosophique, ancrant la communauté dans un espace territorial et dans un espace-temps. Ces héros, avant de retenir un passé que nous avons abusivement homogénéisé, qu’il s’agisse du référent mycénien ou de tout autre, ont d’abord pour rôle de situer dans l’espace et le temps la singularité d’une identité communautaire. Le plus curieux est qu’ils y parviennent en se faisant les porteurs d’une pensée historique effectivement structurée, mais cela ne signifie pas forcément que cette dernière le soit à partir du paramètre objectivement historique. C’est dire que le mythe, avant d’être construit à partir de réalités historiques qu’il ne retient que partiellement, est construit à partir de besoins communautaires lesquels agencent le mythe fondateur, et l’histoire avec lui, en un ensemble de représentations imaginaires cohérentes les unes par rapport aux autres. La seule cohérence d’ordre historique que l’on peut reconnaître au mythe est bien celle-là : dans l’agencement d’une structure narrative qui n’a d’adéquation avec l’histoire que dans son processus d’émergence, et non pas dans celle de coller fidèlement à des événements passés. Le rapport tangible entre histoire et mythe est uniquement valide au niveau du processus créatif de l’imaginaire qui, à un premier niveau de mise en forme de l’histoire, recourt à des catégories culturelles comme celle des héros, avant de recourir, à un second niveau de mise en forme, à une narration qui ne vaut que par la dynamisation de représentations et de croyances ou d'images au détriment des réalités totalement historiques et prouvées.
"Comme on voit un lion triompher au combat d'un sanglier puissant - sur la cime d'un mont, remplis d'un fier courage, ils ont tous les deux lutté pour une maigre source où chacun prétend boire; le lion sous sa force abat le sanglier qui péniblement souffle: ainsi le Priamide Hector, avec sa lance, de près ôte la vie au fils de Ménoetios, vaillant preux qui lui-même a fait périr tant d'hommes". Plus concrètement, le passé historique thébain est réinventé par rapport aux expériences d’une communauté confrontée aux guerres et à la peur d’un univers hors-les-murs, une vision du monde sans aucun doute proprement thébaine dont Homère se fait l’écho dans l’Odyssée. Les murailles interviennent dans ce cadre-là : non pas pour leurs valeurs objectivement historique et ancienne, mais en tant que donne appartenant au présent et susceptible d’être rattachée à des êtres dont l’action surnaturelle est forcément sacrée et sécurisante. La recréation du passé historique au moyen du mythe découle bien d’un vécu communautaire. Celui-ci différencie la mémoire thébaine archaïque de la nôtre, change fondamentalement le rapport des individus à l’histoire. Cette mémoire, et le mythe avec elle, est donc susceptible, comme genre, d’opérer une distorsion de l’histoire, retraduite selon des normes culturelles qui changent également la nature de l’histoire. Le mythe de Kadmos nous permet de préciser ces remarques. Dans le rapport certain qu’il établit avec l’histoire, il remet parallèlement en cause la valeur proprement historique du récit d’un Oriental venu s’installer à Thèbes. Cette structure narrative n’est qu’une mise en forme du passé historique thébain dont il faut comprendre la logique historique et culturelle et en cerner les enjeux. À ce titre, plusieurs traits du mythe de Kadmos appellent à commentaire. D’après le récit, le héros, une fois arrivé sur le site de la future Thèbes, commence par semer les dents du serpent d’Arès qu’il vient de tuer. De la terre surgissent donc les Spartes autochtones, tout en armes. Cette attribution guerrière paraît être ancienne car la plupart des sources insistent sur ce détail logiquement intrinsèque à des descendants d’Arès . Or, il n’est pas interdit de penser que leur parure guerrière correspond à celle des hoplites. En bref, ce genre de figure ne semble ni neutre ni étonnant dans le contexte politique archaïque. Faut-il en faire des figures contemporaines de la réforme hoplitique ? Tout porte à croire que les Spartes véhiculent un nouveau type d’héroïsme fondé sur une nouvelle pratique de la guerre et une nouvelle conscience de groupe marqué par la solidarité militaire. En d’autres mots, ils pourraient être issus d’un nouveau type d’identité communautaire émergeant à un certain moment à Thèbes. Comme pour Amphion et Zéthos, on se trouve en présence d’un récit qui rapporte, par le biais d’un certain agencement des représentations imaginaires, un passé historique. Celui-ci paraît mettre en forme des changements historiques cette fois plus strictement d’ordre sociopolitique, à l’époque du mûrissement de la "polis". Kadmos est autrement encore lié à cette évolution historique et culturelle. Comme l’indiquent la Théogonie et l’Odyssée, le héros appartient, via ses trois filles, au cycle dionysiaque. Il est également reconnu pour être l’époux d’Harmonie. Or, la déesse est une personnification bien intéressante dont la fonction politique. La déesse a-t-elle déjà un rapport avec le bon fonctionnement des institutions à l’époque archaïque ? En tant que personnification, Harmonie rappelle également l’idéal politique vers lequel tendent les législateurs comme Philolaos. Ces hypothèses posent sans aucun doute de bonnes questions. Encore faut-il affiner la réflexion sur le plan du langage mythique qui ne saurait être vu ni comme le strict rapporteur de transformations rituelles, ni comme celui d’un simple avènement constitutionnel, car le rapport de ce langage à l’histoire ne se fait pas sans l’intermédiaire de la création poétique qui semble recomposer doublement le passé historique: sur le plan des figures comme sur celui de la structure synthétique du mythe.
"N'espère point connaître toutes mes pensées. Elles te seraient terribles, bien que tu sois mon épouse. Celle qu'il convient que tu saches, aucun des dieux et des hommes ne la connaîtra avant toi. Mais pour celle que je médite loin des dieux, ne la recherche ni ne l'examine". En effet, le mythe de Kadmos a ceci d’intéressant qu’il offre un panel variable d’expressions du langage imaginaire traditionnel qui va de l’épopée, à la personnification, celle d’Harmonie notamment. Le héros Kadmos évolue ainsi au sein d’une dimension sociale, palpable dans la connotation guerrière des Spartes, d’une dimension religieuse, lisible dans le cycle dionysiaque, et d’une dimension politique, palpable en la déesse Harmonie. Exposée ainsi, cette catégorisation, certes artificielle, renvoie pourtant à deux aspects fondamentaux de la vie communautaire grecque auxquels Kadmos se trouve être intimement li: la guerre, mise en avant par les Spartes autochtones, et le mariage dont celui avec Harmonie représente une expression idéalisée. Toutes ces représentations réunies forment donc une confluence de langages poétiques et religieux qui se trouvent bien être à la base même du récit kadméen. Autrement dit, le héros est connecté à des créations actives du langage traditionnel et semble correspondre, en somme, à une dynamisation historique du langage politique et à un changement profond de la culture politico-religieuse. Ainsi, le processus historique et culturel de mise en forme du passé se fait encore une fois par le biais d’un héros qui, à l’occasion d’une nouvelle réflexion d’ordre politico-religieuse, se complexifie, s’humanise, en même temps que se nivellent les représentations que les Thébains ont de la Cité : avec Kadmos, il semblerait que fonder Thèbes ne consiste plus tant à protéger la communauté par des murailles qu’à garantir un équilibre plus institutionnel qui est don des dieux. Ce don, qui ne dissocie pas le commandement politique et le mariage avec Harmonie est le plus explicitement rappelé par Phérécyde: "Après qu’Athéna lui eut donné comme récompense la royauté, Zeus crut sage de lui donner comme femme Harmonie". La mise en forme du passé dans de tels vers n’est pas comparable à celle de la mythographie plus tardive, car on sait les choix personnels de Pindare et la nécessité eulogistique qui est la sienne d’adapter les mythes aux destinataires de ses odes. À l’issue de siècles d’inventions et de réinventions orales, ces synthèses achèvent de recréer le passé thébain en rassemblant des représentations plus ou moins anciennes selon les cas, retenant de l’ancien ce qui sert le prestige d’une identité civique, les remparts notamment, et du moins ancien ce qui sert à répondre à de nouvelles attentes. La mise en forme narrative du mythe de Kadmos que les mythographes et les auteurs de théâtre classiques achèveront de développer n’est autre que le résultat d’une écriture politiquement orientée de l’histoire de la cité béotienne, le fruit d’une propagande athénienne. Cette dernière double l’évolution culturelle de l’idée de polis d’une hostilité de voisinage bien connue: celle d’une cité contre une autre susceptible de s’enorgueillir, comme sa rivale attique, d’une ancienneté immémoriale via le thème de l’autochtonie. Il y a dans le motif d’ancêtres thébains surgis de la terre un point d’achoppement idéologique avec le cycle d’Erichthonios à Athènes.
"Athéna d'autre part, fille de Zeus porte-égide, laissa couler sur le seuil de son père la belle robe brodée qu'elle-même avait faite et ouvrée de ses mains. Elle revêtit ensuite la cuirasse de Zeus assembleur de nuées, et s'arma pour la guerre aux larmes abondantes des armes de ce dieu. Sur ses épaules, elle jeta la terrible égide frangée, que la Terreur de toutes parts environne". En tant que fondateur politique, Kadmos pourrait jouer un rôle primordial dans tous les sens du terme, car le héros semble refléter les transformations de la perception de l’homme par lui-même, correspondre à une nouvelle définition de son humanité par l’homme, lequel envisage d’une nouvelle manière sa relation avec les dieux, avec l’héroïsme et avec les origines dans lesquelles l’histoire, finalement, s’ancre. Via le politique qui se trouve être au centre du mode de vie et de la question de la raison d’être de l’homme grec, les Thébains repensent la nature de l’homme en même temps qu’ils repensent la nature de l’histoire qui, avant d’être le temps qui passe, se singularise par son adaptabilité à un temps alors immobile. La Théogonie d’Hésiode l’exprime à sa manière quand elle introduit Kadmos, sans doute déjà doté d’un statut politique à ce moment-là, dans un logos généalogique. Le héros est cité avec toute sa famille y compris son fils Polydoros, sonnant comme une expression de légitimité du père au fils, ou de succession du fils au père. Cette généalogie, si elle apparaît à nos yeux comme une suite successive de générations et donc d’un espace temps chronologisé, n’est en fait qu’une conscience tronquée du temps qui passe. En tant que logos, son but est d’abord d’ordonner le monde et de définir la royauté, de décrire, en somme, la place de l’homme par rapport au divin. Avant de relier l’homme à l’histoire, le mythe fondateur, c’est bien connu, relie l’homme à l’origine et tisse au fond une réflexion sans alternative: il pense l’homme, ce qui passe par l’exclusion d’une pensée sur le temps et sur l’histoire laquelle se trouve vidée de tout contenu proprement historique, du sens même dont elle se dote à nos yeux. Les héros, en tant qu’intermédiaires entre les hommes et les dieux disent une limite entre deux natures et deux mondes et apparaissent comme les traits d’union entre un présent et un passé qui, au lieu d’être historique, est originel. Dans ce passé là tout reste héros et dieu. L’histoire, si elle existe, évolue dans une échelle humaine et locale et existe donc d’abord par ce que les hommes veulent y voir. Dans la Thèbes archaïque, l’histoire fonctionne dans une certaine mesure avec opportunisme. “Peithô est là” qui agit quand les besoins politiques se posent concrètement: ce sont ceux-là qui font exister le fait historique du moment où ce dernier satisfait des besoins communautaires et humains. L’histoire paraît donc d’abord devoir persuader l’homme grec de son existence même et quand elle y parvient, elle n’apparaît jamais que grâce à la poétique, triée et mise en forme. Dans la Thèbes archaïque, l’histoire s’avère donc être tout à fait congruente.
Bibliographie et références:
- Apollodore, "Bibliothèque" (III, 4, 2; III)
- Apollonius de Rhodes (II,986)
- P. Chantraine, "Dictionnaire de la langue grecque"
- Euripide, "Le mythe de Kadmos"
- Hésiode, "Théogonie" (993)
- Homère, "Odyssée"
- Nonnos, "Dionysiaques" (III, 375; IV, 61)
- Ovide, "Métamorphoses" (III)
- Pindare, "Hymne"
- Platon, "République"
- Platon, "Le Banquet"
- Plutarque, "Vie de Lycurgue"
- Roberto Calasso, "Les Noces de Cadmos et Harmonie"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers. Tous brûlent en leur cœur de se massacrer avec le bronze aigu au milieu de la presse. La bataille meurtrière se hérisse de longues piques, des piques tailleuses de chair qu'ils portent dans leurs mains. Les yeux sont éblouis des lueurs que jette le bronze des casques étincelants, des cuirasses fraîchement fourbies, des boucliers éclatants, tandis qu'ils avancent en masse. Il aurait un cœur intrépide, l'homme qui pourrait alors trouver plaisir, et non chagrin, à contempler telle besogne". Fille de Cronos et de Rhéa, la déesse Héra ou Héré, en grec ancien, Ἥρα / Hêra ou en ionien, Ἥρη / Hêrê, était la reine du ciel et de l'Olympe. Épouse et sœur aînée de Zeus, elle partageait avec lui la domination du ciel. Elle fait partie des douze Olympiens. Elle fut identifiée à Junon par les Romains et considérée comme la grande déesse préhellenique des phénomènes célestes dont, selon les Arcadiens, le culte était contemporain de celui de l'ancètre du Grec Pelasgos, né de la terre. Elle perdit progressivement sa dimension cosmique pour devenir le type de la femme idéale, la protectrice de la femme dans les différentes étapes de la vie, le mariage et la maternité. Elle était adorée dans tous les pays grecs comme représentant la belle saison. Primitivement adorée sous la forme d'un tronc d'arbre, d'une colonne, d'une planche ou d'un "xoanon", gaine enveloppant tout le corps. Elle fut plus tard vêtue d'une tunique et coiffée du polos. Son nom en grec signifie généralement dame. Il représente peut-être à l'origine une "Herwä" (protectrice). En sanscrit, il signifiait: "svar", c'est-à-dire, ciel. Héra était née sur l'île de Samos, ou, selon certains auteurs à Argos. Comme tous les enfants de Cronos, excepté Zeus, Héra avait été avalée par son père puis régurgitée. Dans une version rapportée par Hygin, Héra ne fut pas avalée par Cronos mais au contraire, c'est elle qui aurait sauvé et élevé Zeus en cachette. Elle se trouvait en Crète lorsque son frère tenta de la séduire en se transformant en coucou mouillé. Touchée, Héra recueillit l'oiseau sur son sein, l'oiseau Zeus la viola. Elle en conçut une telle honte qu'elle l'épousa. Ce mariage commémore les conquêtes de la Crête et de la Grèce mycénienne, c'est à dire crétoise, et la fin de sa suprématie dans ces deux pays et explique la fusion de deux cultes différents, crétois et grec. On raconte qu'à leurs noces, la Terre-Mère offrit à Héra un arbre couvert de pommes d'or dont la garde fut confiée aux Hespérides sur le mont Atlas, que leur nuit de noce dura trois cents ans et que Héra renouvelait régulièrement sa virginité. Pendant la titanomachie, elle fut élevée par Océan et Théthys ou bien elle aurait été élevée par Téménos, fils de Pélasgos, en Arcadie, ou bien par les Heures, en Eubée, ou encore par les filles du fleuve Astérion, en Argolide. Les Saisons furent ses nourrices puis elle fut élevée en Arcadie par Téménos. Zeus et Héra donnèrent le jour à Arès, Hébé, Héphaïtos et Illithye. Certains prétendirent qu'Héphaïtos fut alors conçu par parthénogenèse, c'est-à-dire, par autofécondation et que son époux soupçonneux l'attacha à une chaise mécanique qui la maintenait assise et l'obligea à jurer par le Styx qu'elle disait la vérité, légende née de la coutume d'attacher les statues divines à leur trône pour les empêcher de s'enfuir. En perdant la statue de sa déesse, la cité perdait sa protection divine.
"Ainsi que des moissonneurs, qui, face les uns aux autres, vont, en suivant leur ligne, à travers le champ, soit de froment ou d'orge, d'un heureux de ce monde, et font tomber dru les javelles, ainsi Troyens et Achéens, se ruant les uns sur les autres, cherchent à se massacrer, sans qu'aucun des deux partis songe à la hideuse déroute. La mêlée tient les deux fronts en équilibre. Ils chargent comme des loups, et Lutte, qu'accompagnent les sanglots, a plaisir à les contempler. Seule des divinités, elle se tient parmi les combattants". Son type plastique est peu caractérisé. Debout ou trônant, elle portait avec beaucoup de majesté les attributs royaux traditionnels: le sceptre et le diadème. Sa tête recouverte de voiles est le symbole du mariage. Parfois elle tenait dans l'une de ses mains une grenade, emblème de la fécondité. Le paon lui était consacré en souvenir d'Argos, dont elle prit les cent yeux, lorsqu' il eut été tué, pour les placer sur le plumage de l'oiseau. Elle était la protectrice par excellence de la femme et la déesse du mariage légitime, la protectrice de la fécondité du couple et, particulièrement avec Ilithye, des femmes en couches. Ses végétaux favoris: la grenade, l'hélichryse et le lys. Elle avait le pouvoir de conférer le don de prophétiser à un homme aussi bien qu'à un animal de son choix. Elle était aussi la protectrice d'Argos et de l'Argolide qu' elle avait disputée à Poséidon. Elle avait des temples qu'elle partageait souvent avec son époux, dans presque tous les pays grecs et tout particulièrement à Samos et Argos où se déroulait tous les cinq ans une grande fête "Héraea" en son honneur. Il y avait aussi la fête "Daedala" qui se passait tous les sept ans ou une grande fête tous les soixante ans. Gamelia, célébrée au mois de "Gamelion", fin janvier-début février, était le meilleur moment pour se marier. Ses animaux favoris: le paon et la génisse. Héra est le prototype même de la femme jalouse et rancunière qui se vengeait des constantes et humiliantes infidélités de son époux en persécutant ses rivales et leur progénitures. Les rapports de mari et femme entre Zeus et Héra sont le reflet de ceux qui existaient chez les barbares de l'âge dorien. Parmi ses victimes, on cite: Héraklès, fis de Zeus et d'Alcmène, sur le berceau duquel elle envoya deux serpents qui furent étranglés par le nouveau né; Sémélé, fille de Cadmos et d'Harmonie, mère de Dionysos, qui sur les conseils d'Héra, osa regarder Zeus dans toute sa gloire et fut foudroyée; la nymphe Io, que Zeus transforma en vache pour la protéger, mais qui fut malgré tout rendue folle par les piqûres d'un taon envoyé par Héra; Léto qui donna naissance à Apollon et Artémis. Héra, la protectrice du mariage était un modèle de fidélité. Il lui arriva toutefois d'être l' objet de l'assiduité des hommes, tels Ixion, Ephialtès ou le Géant Porphyrion qui furent rapidement chatiés par Zeus ou ses enfants.Toutefois il existe une légende où elle serait la mère de Pasithéa par Dionysos (Nonnus, Dionysiaca 31.103). Un jour, Héra abandonna ainsi Zeus, lassée par l' infidélité constante de son mari.
"Aucun autre dieu n'est là; ils sont assis, tranquilles, en leur palais, là où chacun a sa demeure bâtie aux plis de l'Olympe. Ils incriminent, tous, le Cronide à la nuée noire. Ils voient trop bien son désir d'offrir la gloire aux Troyens. Mais Zeus n'a souci d'eux. Il s'est mis à l'écart, et, assis loin des autres, dans l'orgueil de sa gloire, il contemple à la fois la cité des Troyens, et les nefs achéennes, et l'éclair du bronze, les hommes qui tuent, les hommes qui meurent". Alors sur le conseil du roi de Platée, Alalcoménée, ou Cithaeron, Zeus façonna une élégante statue en bois, il la recouvrit d'un voile et il la plaça à côté de lui sur son char. Puis il fit courir le bruit qu'il allait épouser Plataea, la fille du roi. Dès qu' Héra l'apprit, elle fut si furieuse qu'elle accourut immédiatement et renversa la statue. Mais en voyant la supercherie, elle se réconcilia avec son mari dans un grand éclat de rire. Ses attributs matériels étaient le diadème royal et le sceptre. De nombreux récits la montrent combattant les géants, troublant l' Olympe de ses jalousies et de ses querelles avec Zeus. Un jour, lassée de ses infidélités elle fomenta une révolte avec Poséidon, Apollon et tous les autres habitants de l' Olympe, sauf Hestia. Ils l'entourèrent par surprise tandis qu' il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger. Il les menaça de les tuer sur-le-champ mais comme ils avaient mis la foudre hors de sa portée, ils se moquèrent de lui. Alors qu' ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile dans l' Olympe, alla chercher Briarée aux cent bras qui défit promptement les lanières, se servant de toutes ses mains à la fois et libéra son maître. Elle était appelée par Homère, la déesse aux bras blancs. Comme Héra était l'instigatrice de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n' osaient pas lui porter secours malgré ses cris déchirants. Finalement, Zeus la libérera à la condition qu 'ils fassent le serment de ne plus jamais s' insurger contre lui. Ils obéirent à contrecœur. Elle favorisa des divinités ou des héros, les Argonautes et les combattants grecs de la guerre de Troie ou contrecarra d' autres. D'autres aussi furent l' objet de son courroux pour lui avoir déplu comme Pâris qui ne l' avait pas élue "la plus belle", et Tirésias qu 'elle rendit aveugle pour avoir affirmé que les femmes avait neuf fois plus de plaisir que les hommes. Mais les conquêtes féminines de son époux furent les principales cibles comme Io, Sémélé, Léto, Europe, Callisto ou leur progéniture comme Héraclès ou Dionysos. Héra en tant que reine du ciel a été très souvent représentée par les artistes grecs. À l'origine , ils lui donnèrent la simple forme d' un tronc d' arbre, d' une colonne, puis d' un xoanon. Ensuite, le type archaïque se constitua: une femme de grande stature, aux traits rigides, à la chevelure ondulée, coiffée du polos et vêtue d' une longue tunique. Les Jeux organisés en son honneur s'intitulaient les "Héraia". Au Vème siècle, Phidias et Polyclète créèrent un nouveau type pour donner à la déesse une attitude pleine de noblesse. Le mythe était ainsi né.
"Chante, déesse, la colère d'Achille, le fils de Pélée, détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes fières de héros, tandis que de ces héros mêmes elle faisait la proie des chiens et de tous les oiseaux du ciel, pour l'achèvement du dessein de Zeus. Pars du jour où une querelle tout d'abord divisa le fils d'Atrée, protecteur de son peuple, et le divin Achille. Allons ! Achille, dompte ton cœur superbe. Non, ce n'est pas à toi d'avoir une âme impitoyable, alors que les dieux mêmes se laissent toucher. N'ont-ils pas plus que toi mérite et force ? Les hommes pourtant les fléchissent avec des offrandes, de douces prières, des libations et la fumée des sacrifices, quand ils viennent implorer après quelque faute ou erreur". L’irascible épouse de Zeus véhicule en depuis l’Iliade une désagréable réputation de mégère qu’elle a transmise à la cruelle Junon de l’Énéide. Les traditions mythiques l’associent aux monstres dont Héraklès doit débarasser le monde. Et pourtant, cette image négative ne correspond pas à la figure divine dont témoignent les cultes. La mégère des traditions épiques et mythiques était d’autre part la plus vénérée des grandes déesses à l’époque archaïque, celle qui fut honorée des premiers temples en dur. La déesse "aux bras blancs" rayonnait sur ses domaines particuliers, Argos, Samos, Corinthe, Platées, et sur la Grande Grèce, en particulier sur Crotone, sur Poséidonia. Elle rencontra en Italie la Junon italique et l’Astarté carthaginoise, et ce grand syncrétisme prépare dans le domaine de l’Italie méridionale et centrale la diffusion du culte marial. On l’enferme souvent dans son rôle de garante du mariage légitime. Mais sa sphère d’action est bien plus vaste. C’est avant tout, il est vrai, l’épouse de Zeus. En Argos, l’Argos assoiffée, elle garantit, grâce au "hieros gamos", le retour des pluies de printemps, donc la fécondité et la prospérité. Elle s’intéresse aux naissances, aux initiations féminines et au statut de la femme en général. Mais elle ne se cantonne pas dans ce domaine. Mère d’Arès, elle garantit la sécurité, assumant ainsi une certaine fonction militaire, symbolisée par le bouclier, et elle protège les navigateurs, à commencer par le premier d’entre eux, Jason. Elle est enfin, et surtout, la Reine, garante de la Souveraineté. Son lait d’immortalité dessine au ciel la Voie Lactée. Les fouilles des "Heraia d’Argos", de Samos, de Pérachora, de Poséidonia et de Crotone ont montré, grâce aux innombrables trouvailles d’offrandes souvent modestes et émouvantes, que la déesse était l’objet d’une vénération intense, y compris dans les couches populaires. C’est pourquoi sans doute, dans le cadre des évolutions religieuses de l’Antiquité tardive, elle a joué un rôle au moins localement, sur le territoire des cités où elle jouait un rôle dominant – dans la naissance du culte marial. Mais cet héritage va bien au-delà d’une réinterprétation locale. La continuité a été facilitée par le fait que la Vierge, en gagnant en puissance, devient elle-même plurifonctionnelle. Jeune épouse inépousée, certains de ses titres font d’elle tout autre chose qu’une "Grande Mère" confinée dans la sphère de la fécondité, même si celle-ci reste dominante. En effet, outre son statut de Mère ("christotokos", "theotokos, "theomêtôr", Mère du Christ, de Dieu), et de protectrice de la fécondité, elle est, comme Isis et comme Héra-Junon, "maîtresse des étoiles", "miroir de la justice", "reine du ciel". Sa fonction souveraine et impériale sera développée en particulier à la cour de Byzance.
"Mérion, tu as beau être brave: pourquoi parler ainsi ? Doux ami, ce n'est pas en usant de mots injurieux que tu éloigneras les Troyens du cadavre. La terre auparavant doit garder une proie. Les bras décident à la guerre, comme les paroles au Conseil. Ce qu'il faut, ce n'est pas entasser des mots, c'est se battre. Le jour qui fait un enfant orphelin le prive en même temps des amis de son âge. Devant tous il baisse la tête: ses joues sont humides de larmes. Pressé par le besoin, l'enfant recourt aux amis de son père". C’est Pausanias lui-même qui écrit : "À la pointe de la Larisa se trouve un temple de Zeus dit Larisaios". L’épiclèse de l’Athéna honorée au sommet de l’Acropole était "Akria". Au fond, l’épiclèse de la "Vierge du Rocher" rappelle celle d’Héra. La localisation du sanctuaire d’Héra "Akraia" sur le site du couvent de la "Panaghia tou Brachou" paraît donc l’hypothèse la plus vraisemblable, mais reste une hypothèse. L’étape suivante sera sans doute plus convaincante. Pour une fois, Pausanias lève ne serait-ce qu’un petit pan du voile qui couvre les mystères. Et il nous permet d’entrevoir un lien entre d’une part le bain rituel et la virginité renouvelée, et d’autre part le rite central du "hieros gamos" de l’Héraion, qui garantit le retour régulier des pluies de printemps et la prospérité agricole. Le bain d’Héra est attesté également à Platées, à Samos, et même en Syrie. En Grande-Grèce également la continuité Héra-Vierge se révèle avec une particulière netteté. Nous ne pouvons ici qu’évoquer en quelques mots l’itinéraire d’Héra, qui à la faveur de la colonisation dont elle constitue l’une des patronnes, a rencontré les déesses italiques qui lui correspondaient, et fut vénérée par les Grecs et par les peuples indigènes, en son sanctuaire extra-urbain du Silaris, en limite de la "chora" de Poséidonia-Paestum. Son assimilation à la Junon romaine trifonctionnelle, qui dépend comme elle de l’héritage indoeuropéen, n’a rien d’artificiel. Et tout semble prouver qu’à l’avénement du christianisme, la "Madonna" a pris localement le relais d’Héra. À Paestum, les indices d’une certaine continuité religieuse sont en effet concordants. Le temple d’Athéna fut converti en église dès le Vème siècle. L’aire suburbaine consacrée à Aphrodite-Vénus a gardé le nom de "Santa Venera". L’essentiel n’est pourtant pas ici, mais sur les hauteurs de Capaccio Vecchio, qui dominent la plaine. C’est là, au-dessus du "Caput aquae", que les habitants, chassés par l’insécurité et l’insalubrité, ont trouvé refuge, pour y construire une église au VIIIème siècle. Dans l’église bâtie au XIIème siècle à côté de la précédente et pour la remplacer, une statue ancienne représente la Vierge à l’enfant tenant une grenade: c’est la "Madonna del granato" généralement considérée comme l’évidente héritière d’Héra. En fait, l’importance du fruit symbolique, qui donne son nom à la Madone locale, précisément sur le territoire de l’ancienne Poséidonia, dominé dans l’Antiquité par Héra, nous oblige à admettre une continuité. En effet, l’iconographie de la déesse, à Poséidonia comme dans les autres centres de son culte, est pour ainsi dire peuplée de grenades. À l’Héraion d’Argos, par exemple, Pausanias (II, 17, 4) a vu la grande statue chryséléphantine de Polyclète: "La statue d’Héra est assise sur un trône. Elle porte une couronne où sont sculptées les Charites et les Heures, et dans une main elle tient alors le fruit du grenadier, dans l’autre un sceptre".
"C'est Zeus qui m'envoie jusqu'ici. Il dit que tu retiens contre son gré le plus malheureux des héros qui combattirent sous les murailles de troie, Aujourd'hui il t'ordonne de le renvoyer, car son destin n'est pas de mourir sur cette île loin des siens. Les plus braves sont meurtris par le bronze impitoyable. Il est pourtant deux hommes, deux guerriers glorieux, Thrasymède et Antiloque, qui ignorent toujours que Patrocle sans reproche est mort, et qui s'imaginent que, vivant, il se bat encore avec les Troyens aux premières lignes". Quant à la grenade gardons le silence: le mythe est défendu par le secret". Comment devons-nous interpréter ce symbole ? La discrétion scrupuleuse du Périégète nous prive d’un "logos" essentiel. Il ne nous reste plus qu’à tourner autour du mystère pour en cerner les significations. Le fruit se caractérise par des traits riches d’associations: ses innombrables grains qui expliquent son nom en latin et dans les langues romanes suggèrent l’idée d’abondance, de richesse. La couleur rouge de sa pulpe et de son jus évoque le sang. Si l’on songe que le nom grec "rhoia" doit s’expliquer par l’idée d’écoulement (grec "rheô"), on entrevoit peut-être le sujet du "logos" mystérieux, en rapport avec l’écoulement du sang menstruel. Dans l’ensemble, le symbolisme de la grenade se rapporte à la féminité, à la fécondité-multiplicité, au mystère de la vie et de la mort. C’est donc tout naturellement qu’il sera passé d’une Dame à l’autre. Du reste, d’autres symboles leur sont communs: la couronne, la pomme et les fruits d’une façon générale, la colombe ou le lys. Bien sûr, faut-il le préciser ?, la Vierge, qui synthétise à la fois l’ensemble des grandes divinités féminines du paganisme et des valeurs éminemment chrétiennes, ne s’identifie pas à Héra sur le plan théologique et mythico-légendaire. La différence est évidente, puisque les forces monstrueuses, dont l’épouse de Zeus avait le contrôle, sont désormais les adversaires diaboliques de la Vierge. Ni cette différence importante, ni les élaborations théologiques, ni la profondeur de la conception proprement chrétienne de Marie, ne peuvent rien contre l’évidence de la continuité. La trop rapide étude que nous avons menée à la fois sur le terrain et dans les textes suffit en effet à démontrer, nous semble-t-il, qu’en Grèce comme en Italie méridionale la Vierge succède à Héra, comme elle succède à d’autres divinités païennes, essentiellement féminines, qu’elle synthétise. Elle ne se contente pas d’occuper mécaniquement le site ou le sanctuaire. Elle reprend à son compte une partie des fonctions de la divinité, mais il ne s’agit pas de "survivances". Nous sommes au contraire en présence d’une prodigieuse Source de Vie religieuse. Le processus que nous découvrons à l’œuvre est dialectique et créatif. Il intègre les fonctions des déesses et les fond dans un creuset religieux, où le symbolisme universel et les données du paganisme grec se croisent avec la théologie proprement chrétienne, en une synthèse profonde. "La lune se leva sur la rive orientale et ses ailes revetirent alors un éclat argenté".
Bibliographie et références:
- Callimaque, "Hymnes"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Homère, "Odyssée"
- Homère, "L’Iliade"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Pierre Chantraine, "Dictionnaire de la langue grecque"
- Platon, "République"
- Platon, "Le Banquet"
- Plutarque, "Vie de Lycurgue"
- Philippe Borgeaud, "Héra, la mère des dieux"
- Félix Buffière, " Les mythes d’Homère"
- Jean-Claude Fredouille, "La déesse Héra"
- Raymond Janin, "Constantinople byzantine"
- Nicole Thierry, "Le culte de la déesse Héra"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Fille de Cadmos et d'Harmonie, qui séduite par Athamas, roi de Béotie, Ino en grec ancien, Ἰνώ / Inố, de ἴς, ῑ̓νός / ís, ínós, "force", lui donna deux fils, Léarchos et Mélicerte. Mais Athamasavait eu de sa femme Néphélé, fantôme qu'il avait façonné à l'image d'Héra, deux fils, Phrixox et Leucon, et une fille, Hellé. La nymphe Ino obtint que Phrixos soit immolé à Zeus afin de mettre fin à une famine qui ravageait le pays. Héraklès survint à temps pour arrêter le sacrifice, un bélier d'or descendit de l'Olympe, et emporta Phrixos et Hellé vers la Colchide. Mais en traversant le détroit séparant l'Europe de l'Asie, la jeune fille, prise de vertige, tomba à la mer. Depuis lors, le détroit s'appelle l'Hellespont. Ino s'enfuit avec Mélicerte, pour tenter d'échapper à la vengeance d'Athamas et se jeta à la mer du haut des roches Scironiennes et se noya. Zeus la divinisa, ensouvenir de sa bonté envers Dionysos. Elle devint alors la déesse marine Leucothéa. Ino était l'une des filles de Cadmos, fondateur de Thèbes. Elle épousa le roi de Béotie Athamas. Celui-ci, de sa première femme, Néphélé, la Nuée qu'il avait répudiée, avait eu deux enfants, Phrixos et Hellé. Ino eut à son tour deux fils, Léarque et Mélicerte. Mais, jalouse des enfants de la première épouse, elle résolut de les faire disparaître. Ino persuada les paysannes de faire griller secrètement les grains de blé qui devaient servir de semence. Les semailles se révélèrent catastrophiques, Athamas fit consulter l'oracle de Delphes. Mais Ino suborna le messager, et celui-ci rapporta que la disette ne cesserait que si le roi sacrifiait les enfants de son premier lit. Athamas se disposait à exécuter la sentence lorsqu'un bélier ailé à la toison d'or, envoyé par Zeus chargea les deux jeunes gens sur son dos et les emporta dans les airs. Mais voici que la sœur d'Ino, Sémélé, que Zeus avait aimée, succomba, à l'instigation d'Héra, avant de mettre au monde le fils du dieu, Dionysos. Ino recueillit l'enfant, à la grande fureur d'Héra, qui frappa le couple royal de démence: Athamas égorgea son fils Léarque et Ino se précipita dans la mer, tenant contre elle Mélicerte. Les Néréides eurent pitié de la reine. Elles la prirent dans leur demeure et, sous le nom de Leucothée, la Blanche, Ino devint une divinité bienfaisante de la mer. Les Romains l'honorèrent sous le vocable de Mater Matuta et son temple fut édifié sur le Forum boarium. Ino est une déesse marginale dans la mythologie grecque. Elle intervient dans des cultes à Poséidon, vénérée par les marins grecs comme une mère protectrice. Son culte se poursuit plus tard chez les romains. Son rôle auprès d'Ulysse est un peu celui-ci. Elle lui apparaît sous la forme d'une mouette sortant de l'océan. Elle le rassure et lui conseille de quitter son radeau que Poséidon va détruire. Elle lui donne un voile à nouer autour de sa poitrine comme une bouée. Il devra le jeter à la mer une fois sur le rivage. Ino repart comme elle est venue et Ulysse suit exactement ses conseils afin d'arriver en Phéacie. Le mythe d'Ino ressemble à d'autres mythes de mortelles ou de nymphes déifiées pour leur piété. À leur mort, elles changent de noms. Ino est devenue Leucothée. Sa légende est admirable. Ino est la fille de Cadmos, roi de Thèbes, et d'Harmonie, la sœur de Sémélé et la nourrice de Dionysos, fils de Sémélé et de Zeus. Elle épouse le roi Athamas, qui a déjà deux enfants. Elle a deux fils avec Athamas et cherche à nuire au premier fils d'Athamas en brûlant toutes les semences de blé. Elle soudoie le serviteur chargé de consulter l'oracle de Delphes, à propos de ce désastre. Il faut sacrifier l'enfant pour lutter contre la famine. Juste avant le sacrifice, apparaît un bélier à toison d'or. Il enlève le jeune garçon et sa sœur et les amène en Colchide. Ino s'enfuit avec ses enfants pour échapper à la colère d'Athamas. La colère d'Héra aveugla Ino et Athamas qui tua l'un de ses fils en le prenant pour un cerf. Ino ébouillanta son fils Mélicerte et se jeta à la mer avec son cadavre pour échapper à Athamas. A la demande de Dionysos, Ino et son fils devinrent immortels sous les noms de Leucothée et de Palémon. Ino apparaît comme une pièce rapportée à la suite du rituel d'intronisation que constitue la boucle solaire effectuée par Ulysse. Elle fait charnière avec les Phéaciens. Elle apparaît comme l'antidote à la colère de Poséidon. Elle apparaît quand Poséidon apparaît, c'est à dire lorsque Ulysse s'est suffisamment éloigné d'Ogygie et du soleil.
"Comme il disait, le Messager aux rayons clairs se hâta d'obéir: il noua sous ses pieds ses divines sandales, qui, brodées de bel or, le portent sur les ondes et la terre sans bornes, vite comme le vent; il saisit la baguette dont tout à tour il charme le regard des humains ou les tire à son gré du plus profond sommeil et, sa baguette en main, l'alerte dieu aux rayons clairs prenait son vol, et, plongeant de l'azur, à travers la Périe, il tomba sur la mer, puis courut sur les flots, pareil au goéland qui chasse les poissons dans les terribles creux de la mer inféconde et va mouillant dans les embruns son lourd plumage". Elle marque avec Poséidon le retour d'Ulysse dans le panthéon traditionnel grec et, plus particulièrement, dans le panthéon des marins grecs. En effet, tous les temples où apparaît Ino-Leucothée sont côtiers et d'abord dédiés à Poséidon. Ils sont fréquentés par les marins et sont entièrement tournés vers la mer. S'il fallait un contre-poids à la colère de Poséidon, Ino est présente ainsi qu'Athéna. S'il fallait de la douceur et de la compassion, Athéna n'est pas bien placée pour en donner, seule Ino est capable de d'humanité. Comme l'apparition du cerf marquait l'entrée dans un panthéon différent du panthéon grec, archaïque, confectionné par Homère à partir de légendes étrangères, de religion crétoise ou hittite, de symboles glanés ici et là, l'apparition d'Ino-Leucothée, comme une mouette sortant de la mer, marque le retour d'Ulysse dans son univers. Quel meilleur accueil pour lui que cette déesse protectrice des marins ? Elle va l'aider contre Poséidon et lui permettre d'effectuer son retour. Pour un marin grec, Ino est la déesse à prier en cas de malheur. Elle est à sa place. Quelle curieuse construction que cette boucle solaire voulue par Homère. Les divinités semblent encore une fois attachées à leur territoire géographique selon la conception hittite. Ils n'ont rien d'universel. Incidemment, les rituels comme la morale en vigueur sont différents. Cette boucle est une incursion dans l'altérité, poussée au-delà d'une excursion lointaine puisqu'elle remonte aussi le temps vers des pratiques ignorées des grecs, probablement faites de légendes et de racontars de marin. Enfin, il y a le voile donné à Ulysse.Ce voile remplace les vêtements merveilleux donnés par Calypso. Ils appartiennent à un autre monde et gardaient Ulysse enveloppé dans une chrysalide insupportable. Les conserver aurait provoquer sa noyade. Les quitter lui donne une chance de renaître à son monde. C'est effectivement l'impression ressentie quand il atteindra la terre et jettera le voile à la mer: celle d'une renaissance précédée d'un séjour dans un liquide amniotique protégé par le voile comme un placenta reliant Ulysse à Ino-Leucothée. Telle est la légende admirable de la déesse Ino devenue Leucothée. Les femmes antiques que nous appelons "héroïnes" aujourd’hui n’étaient pas nécessairement qualifiées de la même façon par les Anciens. Le terme désigne en français une femme remarquable par son courage exceptionnel, mais aussi le personnage principal féminin dans une action réelle ou fictive. Étudier la figure de l’héroïne dans l’Antiquité place la question de la définition au centre des investigations. Andromaque est une "héroïne" dans le sens moderne du terme. Est-elle qualifiée comme "héroïne" dans la littérature et les inscriptions ? Fait-elle l’objet d’un culte ? Pour le savoir, il faut analyser la façon dont elle est nommée et sa caractérisation dans les mythes où elle intervient. Seules ces étapes permettraient de conclure. Ino secourt Ulysse, au moment où il quitte l'île de Calypso, alors que Poséidon se déchaîne sur le héros, elle lui donne un voile qui le protège de la mort et lui permet de rejoindre le rivage. "La prudence, jointe à la valeur, triomphe toujours des plus grands obstacles".
"Nous avons, mes amis, connu bien d'autres risques ! peut-il nous advenir quelque danger plus grand qu'au jour où le Cyclope, au fond de sa caverne, nous tenait enfermés sous sa prise invincible ? Pourtant, même de là, n'est ce pas ma valeur, mes conseils, mon esprit qui nous ont délivrés ? La reine descendit. Quel trouble dans son cœur ! Elle se demandait si, de loin, elle allait interroger l'époux ou s'approcher de lui et, lui prenant la tête et les mains, les baiser". Dans les sources écrites, le féminin de "hêrôs" apparaît tardivement, au début de l’époque classique. Est-ce à dire que les Grecs ne connaissaient pas d’héroïnes avant le Vème siècle ? Certes non, et plus particulièrement chez Homère. Homère est le premier à évoquer des "hêrôes". Le lien entre les cultes héroïques, leur développement et la poésie épique homérique, a fait l’objet de discussions serrées. Jusqu’ici les archéologues et historiens ont cherché dans les textes d’Homère des preuves de l’existence des cultes héroïques, afin d’évaluer le rôle de ces textes dans le développement des cultes. Leur essor correspond en effet à l’époque où la tradition épique s’est fixée. Il s’agissait de déterminer si Homère connaissait ces pratiques ou si la diffusion de l’épopée avait contribué activement au développement des cultes héroïques. L’historien peut être surpris du relatif silence d’Homère sur ces pratiques qui connurent au VIIIème siècle un développement exceptionnel. Mais ce phénomène est lié à la nature même de l’épopée. La poésie épique constitue une forme de "mnêma". Elle contribue à cultiver le souvenir du héros par les improvisations et récitations. En mettant en scène les héros du passé, elle exclut toute allusion directe aux cultes héroïques, car elle fait un choix parmi les meilleurs des héros et les fait vivre. La place des femmes dans les pratiques cultuelles héroïques de la période géométrique n’a pas fait l’objet d’une analyse d’ensemble, et ce probablement pour plusieurs raisons. La première, et peut-être la principale explication tient au caractère proprement anonyme d’un certain nombre de ces cultes. Comment distinguer une héroïne d’un héros quand l’identité des bénéficiaires des cultes est impossible à préciser ? Cette identité genrée avait-elle une quelconque importance ? L’anonymat de certains cultes de héros se maintient à l’époque classique comme en témoignent les calendriers attiques, mais désormais le héros est distingué de l’héroïne. Il est aussi possible que "hêrôs" ait suffi à définir un personnage de héros, sans distinction de genre. On sait notamment qu’en grec "déesse" se dit "theos" précédée de l’article féminin ou "thea". Comment y démêler la place des femmes et peser l’importance en termes de genre ? Enfin, dans bien des cas et tout particulièrement pour les sépultures mycéniennes auxquelles un culte est rendu à l’âge du Fer, il est bien souvent impossible de déterminer le sexe du ou des occupants. Mais les Anciens le pouvaient-ils eux-mêmes ? La distinction de genre dans les pratiques funéraires est rare ou difficile à établir. Les fouilles archéologiques ne permettent pas toujours de préciser la part qu’occupent les femmes dans les tombes auxquelles un culte était rendu et l’archéologie du genre n’en est qu’à ses débuts. La particularité de certains de ces cultes héroïques repose cependant sur la primauté de la figure féminine, déesse locale avant de devenir, dans un second temps, héroïne: pour Hélène, cette distinction est rendue visible par l’existence de deux lieux de culte près de Sparte. La déesse est honorée à Therapnè, et la femme du héros Ménélas à Platanistas. La déesse précède le héros dans les cultes et l’héroïne n’apparaît que dans un second temps. "Dis-moi une partie de ces choses, Déesse, fille de Zeus. Ino est silencieuse".
"De même qu’un lion facilement met en pièces les jeunes faons d’une biche rapide, lorsqu’il les a saisis avec ses fortes dents après avoir pénétré dans leur gite, et leur enlève leur délicate vie. La biche alors, si proche qu’elle soit, ne peut les secourir, car une frayeur terrible l’envahit, et elle s’élance éperdument à travers les fourrés des forêts et des bois, halète et ruisselle, pressée par l’élan du fauve redoutable". Dans l’Iliade et l’Odyssée trois objets d’analyse sont à notre disposition. Il y a l’épithète "aristos", associé à "hêrôs", qui sert à caractériser le héros homérique et plus généralement à distinguer des guerriers. Si "hêrôs" n’est jamais employé pour une femme, certaines sont dites "les meilleures". Dans le registre de l’héroïsme homérique s’établit donc une équivalence marquée entre les exploits masculins et les qualités physiques féminines. L’association de l’épithète et de la formulation "dia gynaikôn" va dans le même sens. "Aristê" qualifie toujours une ou plusieurs jeunes filles dans un contexte de mariage. Ces femmes dites les plus belles peuvent être considérées comme des héros au féminin, plutôt que proprement des héroïnes. Comme elles ne sont pas désignées par un terme générique, l’appellation "héros au féminin" est plus neutre et permet de souligner qu’une catégorie propre n’est pas encore en place, même si ces femmes remarquables sont qualifiées comme des héros. Laodice, Cassandre ou Alceste sont filles de héros et de roi et leur perfection physique leur permet d’acquérir un statut social spécifique qui confirme et renforce le prestige de leur origine (ce dont témoigne le mariage mis en valeur). Péribée est dans une situation légèrement différente: elle est fille de héros mais fut surtout la maîtresse de Poséidon. Son fils Nausithoos est un héros au sens de demi-dieu. Autre élément d’analyse, femmes et filles d’"aristoi" sont considérées comme une catégorie particulière de femmes exemplaires et elles sont énumérées comme telles dans la "nekuya". Au cours de cet épisode, Ulysse entre en contact avec l’au-delà et rencontre un certain nombre de personnages défunts, dont des femmes, dans le passage qu’on appelle traditionnellement et de manière abusive le catalogue des héroïnes. Elles représentent un second aspect de l’héroïsme au féminin chez Homère. En effet, elles sont mortes et sont singularisées par leur appartenance à la lignée des héros. Le passage homérique est encadré par deux formules qui précisent le statut des femmes évoquées: au vers 227, "les femmes et filles des meilleurs", et au vers 329, "les femmes et filles de héros". L’Odyssée propose donc ce qui a été interprété comme une première liste d’héroïnes présentées d’emblée selon les critères familiaux. L’épisode occupe une place réelle dans l’économie de l’action et du chant XI. En XI, 328, en clôture, Ulysse explique: "Je ne pourrai toutes les raconter ni les nommer". Sans prétention à l’exhaustivité, il présente les femmes et filles qu’il a le plus facilement identifiées et auxquelles il parle. La rencontre avec les morts est motivée par les prédictions de Tirésias qui révèlent à Ulysse la conduite à tenir et une partie de l’avenir (de façon tout à fait illusoire, puisque les compagnons d’Ulysse mangeront les troupeaux du soleil malgré l’interdiction du devin). Les personnages rencontrés au cours de l’épisode sont des morts en relation avec Ulysse. Elpénor est un compagnon mort par accident et sans sépulture. Les quatorze femmes nommées dans la suite jouent un rôle dans l’équilibre de la "nekuya". Leur apparition se place entre le dialogue avec Anticlée, femme d’Autolycos et mère d’Ulysse.
"Il touchait au cadavre quand le brillant Hector le frappa d'une pierre à la tête. Toute la tête se fendit en deux sous le casque pesant. Face en avant, sur le cadavre, il tomba, et la mort briseuse d'âmes se répandit autour de lui. La perte de son ami fut à Patrocle une rude douleur. Ce fut lui qui vint ici jadis chercher les chevaux de Laomédon et, avec six nefs seulement et un petit nombre d’hommes, sut ravager la ville d’Ilion et vider d’hommes ses rues. Mais toi, ton cœur est lâche et ton monde périt. J’imagine que tu ne seras pas venu de Lycie pour être d’un secours quelconque aux Troyens, si fort que tu sois, et qu’au contraire tu vas, dompté par moi, passer les portes d’Hadès". L’épisode donne une sorte de concentré de l’image de la femme dans l’épopée. Dans cette brève énumération, la structure repose sur un jeu d’opposition et de complémentarité: la jeunesse/la vieillesse, les hommes/les femmes, les jeunes mariés et les jeunes vierges, les jeunes vierges et les guerriers tombés au combat. Deux hypothèses permettent d’expliquer la présence des femmes : dans un premier temps, elles nourrissent la parole d’Ulysse. Quand Ulysse accepte d’évoquer les héros, il s’appuie sur le rôle des femmes dans le destin de ses compagnons de la guerre de Troie: "C’est en plein retour que, par la volonté d’une femme maudite, ils allaient succomber" (Od. xi, 384) dit-il à Alkinoos, puis il enchaîne en reprenant son récit là où il l’avait laissé: "Donc les femmes s’étaient dispersées çà et là" (385). Les femmes constituent un élément de cohérence narrative supplémentaire. Elles rendent possible l’étape suivante que constitue la rencontre avec les héros troyens, puis ceux du passé. Le récit de la vie de certaines femmes, quand il est développé, permet aussi d’amorcer la suite du passage et la rencontre avec certains héros. Il y a aussi les femmes remarquables des épopées car elles jouent un rôle dans le "drama", mais ne sont pas à proprement parler singularisées comme héros au féminin. S’agit-il d’une troisième catégorie d’héroïnes homériques ? D’une certaine manière, des paires peuvent se retrouver qui les associent à un héros et c’est en ce sens qu’elles peuvent rejoindre "les femmes et filles de héros". Si Achille est bien le meilleur des Achéens, Hélène est, de part la tradition, la plus belle des femmes. Comme les héros, les femmes des épopées n’ont reçu des cultes que de façon très marginale et dans un contexte davantage lié aux cultes locaux qu’à une influence directe des épopées. Ino était une princesse de Thèbes et l'épouse du roi Athamas de Béotie dans la mythologie grecque. Elle aida à élever Dionysos, le dieu du vin, mais le mythe le plus célèbre qui lui est associé est sa descente dans la folie et le destin tragique de sa famille. Après avoir perdu la raison et sauté d'une falaise avec son fils Melicerte, Ino et son fils furent sauvés par sa grand-mère Aphrodite, et le dieu de la mer, Poséidon, qui les transforma en la déesse de la mer Leucothée et le dieu de la mer Palémon. Dans l'Odyssée d'Homère, (vers 750 av. J.-C.), Leucothée sauva le héros grec Ulysse après que Poséidon eut déclenché une violente tempête. Selon Apollodore (vers 180 av. J.-C.), le dieu Hermès amena un nouveau-né, Dionysos, à Ino et Athamas pour qu'ils s'occupent de lui. Hermès les persuada de l'élever en tant que femme. Héra, furieuse qu'Ino s'occupe de Dionysos, envoya Tisiphone, l'une des Furies, pour faire sombrer Ino et Athamas dans la folie. Une fois Ino et Athamas rendus fous, Zeus emmena Dionysos chez les nymphes nysiennes. D'autres versions du mythe affirment que ce furent les nymphes nysiennes qui élevèrent Dionysos dans un premier temps avant de le laisser aux bons soins d'Ino et Athamas. Lorsque parut la fille du matin, l'aube aux doigts roses.
"Ce fut lui qui vint ici jadis chercher les chevaux de Laomédon et, avec six nefs seulement et un petit nombre d’hommes, sut ravager la ville d’Ilion et vider d’hommes ses rues. Mais toi, ton cœur est lâche et ton monde périt. J’imagine que tu ne seras pas venu de Lycie pour être d’un secours quelconque aux Troyens, si fort que tu sois, et qu’au contraire tu vas, dompté par moi, passer les portes d’Hadès". Une autre tradition veut que Sémélé et le bébé Dionysos aient été placés dans un coffre par son père Cadmos et aient été envoyés en mer. Le coffre s'échoua à Prasiae (Brysées), où l'on découvrit que Sémélé était morte. Ino passa devant le coffre au cours de ses voyages, trouva son neveu vivant et en bonne santé, et le prit en charge pour l'élever dans une grotte voisine. Penthée était le fils d'Agavé et le neveu d'Ino, qui connut une fin horrible aux mains de sa propre mère et de ses tantes Ino et Autonoé, qui l'assassinèrent dans une frénésie dionysiaque après que Penthée eut refusé d'adorer Dionysos. "Aie pitié de moi, mère; oui, c'est moi qui suis coupable, mais ne tue pas ton fils." Elle, l'écume à la bouche et roulant des yeux hagards, n'a pas les sentiments qu'elle doit. Elle est possédée du dieu, elle n'écoute pas son enfant. Elle prend son bras gauche dans ses mains et, un pied sur le flanc de l'infortuné, elle le lui arrache de l'épaule, non par sa propre force, mais le dieu lui donnait l'aide de sa toute-puissance. Inô, de l'autre côté, fait de même, lui déchire les chairs. Autonoé et toute la foule des Bacchantes s'acharnent sur lui. (Euripide, "Les Bacchantes"). L'histoire de la descente d'Ino et d'Athamas dans la folie diffère selon l'auteur et la source. Selon Ovide (43 av. J.-C. à 17 ap. J.-C.), dans ses "Métamorphoses", Tisiphone, l'une des Furies, aurait, sur ordre d'Héra, jeté deux serpents et une potion venimeuse sur Ino et Athamas, ce qui les aurait rendus fous. Ino se jeta du haut d'une falaise dans la mer avec son fils Melicerte dans les bras, tandis qu'Athamas frappa leur autre fils, Léarque, contre un mur jusqu'à ce qu'il meure. Aphrodite, la grand-mère d'Ino, demanda à Poséidon de sauver sa petite-fille et de transformer Ino et son fils en créatures marines. Apollodore donne plus de détails dans sa version du mythe. Il écrit qu'avant son mariage avec Ino, le roi Athamas avait eu deux enfants avec la déesse des nuages Néphélé. Ino détestait ses beaux-enfants et conçut un plan pour s'en débarrasser. Elle s'arrangea pour que les récoltes soient mauvaises, obligeant Athamas à consulter l'oracle de Delphes. Ino intercepta son messager et le soudoya pour qu'il dise que le seul moyen d'assurer la reprise des récoltes était de sacrifier le fils d'Athamas, Phrixos. Athamas se prépara à sacrifier son fils, mais Néphélé descendit en piqué et les sauva, lui et sa sœur Hellé. Apollodore écrit également qu'après avoir été rendue folle par Héra, Ino jeta Melicerte dans un chaudron bouillant avant de sauter dans la mer avec lui. Tandis qu'Athamas, en proie au délire, chassait Léarque, croyant qu'il s'agissait d'un cerf. Selon une autre version, le roi Athamas fut exilé de Béotie et fonda une communauté en Thessalie. Il épousa la princesse thessalienne Thémisto, et ensemble ils eurent Érythrios, Leucon, Schénéus et Ptoos. Thémisto voulait se débarrasser des enfants d'Athamas et d'Ino, mais elle finit par tuer accidentellement ses propres enfants. Athamas devint fou et tua le fils d'Ino et le sien, Léarque, ce qui poussa Ino à se jeter dans la mer. Après qu'Ino soit devenue folle et ait sauté d'une falaise avec son plus jeune fils Melicerte dans les bras, Aphrodite eut pitié de sa petite-fille et supplia alors Poséidon de les sauver.
"La divine Calypso m'a retenu près d'elle, dans ces grottes profondes, pour que je devienne son époux. L'artificiel Circé ma elle aussi retenu dans son palais afin que je devienne son époux. Mais jamais, au fond de moi, mon coeur il n'y a consenti. Car il n'est rien de plus doux pour un homme que sa patrie et sa famille, quand même quand il habite une riche demeure située loin de chez lui, en terre étrangère". Poséidon transforma Ino en déesse de la mer, connue sous le nom de Leucothée ("la déesse blanche"), et Melicerte en dieu de la mer, connu sous le nom de Palémon. Les fidèles d'Ino avaient suivi ses traces de pas jusqu'au bord de la falaise. Sachant qu'elle était probablement morte, ils crièrent leur chagrin pour la funeste maison de Cadmos. Ils maudirent également Héra pour sa cruauté et plusieurs d'entre eux menacèrent de suivre Ino dans la mer. La réponse d'Héra fut de transformer ce groupe de pleureuses en mouettes qui volent encore aujourd'hui au-dessus de la mer Ionienne. Le mythe le plus célèbre associé à Leucothée est son sauvetage du héros grec Ulysse. Poséidon avait déclenché une énorme tempête qui s'était abattue sur Ulysse, accroché au radeau qu'il avait fabriqué. Leucothée émergea des vagues et ordonna à Ulysse d'abandonner son radeau et de nager. Mais Ulysse est aperçu par la fille de Cadmus, la belle Ino, qui, mortelle autrefois, parla le langage des hommes, et qui maintenant, sous le nom de Leucothée, partage sous les flots les honneurs dus aux dieux. Cette déesse prend pitié du héros errant sur la mer et souffrant mille douleurs, semblable à un oiseau plongeur, elle s'élance du gouffre des eaux, elle se place sur le radeau d'Ulysse et lui adresse ces paroles: " Malheureux ! pourquoi Neptune est-il si violemment irrité contre toi ? Pourquoi te prépare-t-il des maux si grands et si terribles ? Non, malgré son désir, il ne te perdra pas ! Fais ce que je vais te dire. Quitte tes habits, abandonne aux vents ton radeau, et, gagne, en nageant avec force, le pays des Phéaciens où le destin veut que tu sois sauvé. Puis entoure ta poitrine de ce voile sacré, et désormais tu n'auras à craindre ni les souffrances, ni la mort. Lorsque tes mains auront touché la plage, détache ce voile, et jette-le loin des rives, dans la mer ténébreuse, en détournant le visage"(Homère, Odyssée). Leucothée tendit à Ulysse son écharpe et lui dit qu'elle était immortelle, et l'avertit de la rejeter à la mer une fois qu'il aurait atteint la terre ferme. Il nagea avec acharnement et finit par atteindre la terre des Phéaciens avec l'aide d'Athéna. Ino et Leucothée faisaient l'objet d'un grand culte dans toute la Grèce. Dans sa "Description de la Grèce", Pausanias (115 à v. 180 de notre ère) écrit qu'en Attique, sur la route du Prytanée (lieu de réunion du gouvernement), un monticule était dédié à Ino, sur lequel poussaient des oliviers. Il affirme que les habitants de Mégare étaient les seuls en Grèce à croire qu'Ino avait échoué sur leurs côtes et qu'ils furent les premiers à l'appeler Leucothée et à lui offrir des sacrifices. Les habitants de l'Attique croyaient également que la Roche molourienne était sacrée pour Leucothée et son fils Palémon. À Corinthe, une statue de Leucothée se trouve dans le temple de Palémon, ainsi qu'une statue de Poséidon. Sur la route de Léchaion à Corinthe se trouvaient des sculptures d'Hermès, de Leucothée, de Poséidon et de Palémon sur un dauphin. En Laconie, un petit lac était appelé l'Eau d'Ino par les habitants, qui y jetaient des pains d'orge lors de la fête d'Ino. Un hymne orphique est également consacré à Leucothée, où elle est encore considérée comme une déesse vénérée et comme la plus grande sauveuse des mortels.
Bibliographie et références:
- Apollodore, "Bibliothèque"
- Apollodore, "Épitome"
- Eschyle, "L'Orestie"
- Eschyle, "Les Suppliantes"
- Euripide, "Danaïdes"
- Hésiode, "Théogonie"
- Hésiode, "Travaux"
- Homère, "Odyssée"
- Nonnos de Panopolis, "Dionysiaques"
- Ovide, "Héroïdes"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Pindare, "Odes"
- Pindare, "Pythiques"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Chante, déesse, la colère d'Achille, le fils de Pélée : détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes fières de héros, tandis que de ces héros mêmes elle faisait la proie des chiens et de tous les oiseaux du ciel, pour l'achèvement du dessein de Zeus. Pars du jour où une querelle tout d'abord divisa le fils d'Atrée, protecteur de son peuple, et le divin Achille. C'est Zeus qui m'envoie jusqu'ici. Il dit que tu retiens contre son gré le plus malheureux des héros qui combattirent sous les murailles de troie, Aujourd'hui il t'ordonne de le renvoyer, car son destin n'est pas de mourir sur cette île loin des siens". Fille de la Nuit et de l'Erèbe selon Hésiode, d'Océanos ou de Zeus selon d'autres auteurs, Némésis,en grec ancien, Νέμεσις / "Némesis", fut à l'origine de la déesse de la vengance divine. Mais à partir du VIème siècle avant J.C, on la considéra comme la gardienne de l'ordre universel, responsable de la morale, l'instrument de la justice assurant une juste distribution des faveurs divines. En effet, les dieux étaient jaloux de la prospérité excessive ou du bonheur insolent des hommes qui tentaient de rivaliser avec eux. Ces heureux mortels devaient, pour se faire pardonner, leur offrir des sacrifices ou soulager la misère de leurs concitoyens. Némésis intervenait lorsque ces conditions n'étaient pas remplies etl es ramenaient à la raison et à l'humilité. Némésis fut désiré par Zeus et, pour lui échapper, se métamorphosa plusieurs fois: en castor, en poisson, puis en oie, mais à chaque fois, il changea de forme et s'unit à elle. Leur union produisit un œuf qui fut confié à Léda et d'où naquirent Hélène et les Dioscures Castor et Pollux. Elle fut populaire en Asie Mineure et en Grèce, et le concept philosophique de Némésis fut vénéré à Rhadamonte où, avant la bataille de Marathon, le commandant des Perses souhaitait édifier un trophée en marbre blanc célébrant sa victoire en Attique, mais dut se retirer ayant subi une défaite navale à Salamine. On utilisa le marbre blanc pour sculpter une statue de Némésis qui personnifia ainsi la vengeance divine et non plus, le plus juste décret du drame de la mort figuré par ses transformations saisonnières. Elle était représentée avec une couronne décorée de cerfs, tenant dans une main une branche de pommier et dans l'autre, une roue. Cette roue était à l'origine de l'année solaire, comme dans la structure du nom de sa réplique latine, Fortuna, celle faisant tourner l'année. De sa ceinture pendait un fouet, autrefois employé dans les flagellations destinées à féconder les arbres et à fertiliser les champs de blé. Parfois, elle tenait la main droite sur la bouche, conseillant aux hommes la discrétion et la modération. Elle était honorée dans un sanctuaire archaïque de Rhamnonte en Attique, où elle était une fille d'Océan. Elle y est alors appelée "Rhamnousia", la déesse de Rhamnonte. Pausanias remarqua sa statue iconique avec une couronne de cerfs et des petites Nikê, fabriquée par Phidias après la bataille de Marathon (490 av. J.-C.) à partir d'un bloc de marbre de Paros que les Perses présomptueux avaient apporté avec eux, pour en faire une stèle commémorative après leur victoire qu'ils considéraient comme acquise. Un rituel appelé Nemesia, identifié par certains avec le Genesia, se tenait à Athènes: Il s'agissait d'un office pour les morts, afin de tenterde leur éviter la "némésis" des morts, censée posséder la puissance de punir la vie si son culte avait été négligé. Selon la mythologie grecque antique, Nemesis est la déesse de la vengeance et du châtiment. Si une personne a commis une mauvaise action, elle veillera à ce que le châtiment lui soit imputé. La mère de Nemesis était la déesse de la nuit de Nykta, elle l'a mise au monde en punition à Kronos. D'autres divinités apparurent avec Nemesis: Eris, la déesse de la discorde; Thanatos, le dieu de la mort; Apata, la déesse de la tromperie et enfin Hypnos, le dieu des rêves sombres.Souvent, à côté du nom de cette divinité, le nom Adrastea est mentionné, ce qui se traduit par inévitable. Cela est apparunon par hasard, mais dû au fait que le destin de chacun est inévitable, nous sommes tous, tôt ou tard, redevables de nos actes. La déesse Nemesis est appelée à suivre l'ordre du monde, le cours des événements, afin que personne ne tente de changer son destin, qui est prévu par les forces supérieures. Le nom de la divinité est associé au mot "nemo", qui se traduit par "justement indigné". Ses représentations sont multiples.
"Et le patient et divin Odysseus, joyeux de voir ce lit, se coucha au milieu, en se couvrant de l'abondance des feuilles. De même qu'un berger, à l'extrémité d'une terre où il n'a aucun voisin, recouvre ses tisons de cendre noire et conserve ainsi le germe du feu, afin de ne point aller le chercher ailleurs. De même Odysseus était caché sous les feuilles, et Athènè répandit le sommeil sur ses yeux et ferma ses paupières, pour qu'il se reposât promptement de ses rudes travaux. Non tu n'es pas mon père Ulysse !Un dieu cherche à me tromper pour augmenter mon chagrin". Elle était peinte sur des mosaïques, des amphores anciennes et d'autres objets. Dans ses mains, il y avait toujours des écailles et d'autres symboles qui personnifiaient l'équilibre et la juste colère: fouet, épée et bride. Derrière elle se trouvaient des ailes, un char était nécessairement présent, qui était attelé par des griffons féroces. Elle était souvent représentée avec avec son bras plié au coude, qui symbolisait l'unité temporaire en tant que mesure des choses. À Ramna, petit village situé sur les rives de l’Attique près du marathon, il y avait un grand temple dédié à Nemesis. Chaque année, il y avait des compétitions d'athlètes, des représentations théâtrales et des fêtes. Dans le temple, il y avait une statuede la déesse, qui a été sculptée, selon la légende, par Phidias. La déesse Némésis était représentée avec une branche de pomme dans une main et un verre de vin dans l'autre. Les Romains lui ont érigé une staue sur le Capitole. Elle était la patronne des gladiateurs romains. Dans la chambre de chaque gladiateur gréco-romain, il y avait nécessairement l'image de la déesse et de sa silhouette. Les astronomes ont donné son nom à une étoile sombre, non encore localisée, qui serait responsable de l'apparition des comètes dans le système solaire. Cette Némésis accompagnerait le soleil, orbitant à deux ou trois années-lumière de distance autour de lui et, tous les trente millions d'années, son orbe elliptique se rapprocherait d'un énorme nuage qui circule depuis quatre milliards et demi d'années, entraînant des centaines de milliers de débris rocheux glacés datant des premiers âges du système solaire. Ceux-ci, déstabilisés par sa proximité, seraient projetés sous forme de comètes. Cette théorie, émise dans les années quatre-vingt, par Richard A. Muller, demeure, à ce jour, toujours une hypothèse. Le mot Némésis signifie la fatalité. Dans la langue française, il devient synonyme de colère et de vengeance divine. Un, ou une némésis s’emploie de plus en plus dans le langage courant comme la désignation de son pire ennemi. D’ailleurs, dans le jeu vidéo de survival-horror Resident Evil 3, le Nemesis est un monstre destiné à éliminer les S.T.A.R.S., unité spéciale de police, dont fait partie Jill Valentine, l’héroïne. Seul l’aspect vengeur de Némésis semble perdurer à notre époque. Fille de la déesse de la nuit, Nyx, elle est ainsi parfois assimilée, à la fois, à la vengeance et à l'équilibre. La Némésis est aussi interprétée comme étant une messagère de mort envoyée par les dieux comme punition. Parfois confondue avec les Erinyes, elle a acquis lentement et progressivement une généalogie, et une légende propres. En effet, contrairement aux Erinyes, Némésis se différencie par les vengeances qu'elle exerce qui ne sont point aveugles, elle veille simplement à ce que les orgueilleux mortels ne tentent pas de s'égaler aux dieux. Elle abaisse ceux qui ont reçu trop de dons et s'en flattent, et conseille par conséquent la modération et la discrétion.Le nom némésis dérive du verbe grec "némein", signifiant "répartir équitablement, distribuer ce qui est dû", que l'on peut rapprocher de moïra qui signifie à la fois destin et partage. La mythologie romaine en reprend un aspect sous la forme d'Invidia, soit "l'indignation devant un avantage injuste".Némésis fut vénérée peu à peu dans toute la Grèce, mais le temple le plus célèbre dédié à cette déesse était celui de Rhammonte, en Attique. On l'adorait également à Smyrne, à Patres, à Cyzique, et quinze autels, dit-on, lui étaient dédiées sur les bords du lac Moeris.
"Les Nymphes sont des divinités de la nature: ce sont de belles jeunes filles qui vivent dans les eaux, les forêts et les montagnes. Ainsi les Grecs distinguaient-ils les dryades (nymphes des arbres), les naïades (nymphes des sources et des cours d'eau), les néréides (nymphes de la mer) et les oréades (nymphes des montagnes et des grottes). Ces divinités sont généralement bienfaisantes, protectrices de la jeunesse, surtout des jeunes filles et des fiancées. Elles peuvent être les suivantes d'une grande divinité comme Artémis, la déesse de la chasse, ou d'une nymphe d'un rang plus élevé, comme Calypso. Elles habitent dans des grottes où elles passent leur vie à filer et chanter". À noter que les surnoms les plus ordinaires de Némésis sont Adrastée, tiré soit du sanctuaire élevé par Adraste, soit du mot grec, qui la désigne comme la déesse à laquelle on ne saurait échapper et Rhamnusie qui lui fut donné à cause du temple qu'elle avait à Rhamnus ou Rhamnonte, village de l'Attique. La caverne joue un rôle symbolique essentiel dans les vieilles croyances grecques qui sont enracinées dans les forces élémentaires de la terre. Ces puissances de sang sont à la fois sources de fécondité et de mort, à l’image des Érinyes, ces furies nées des éclaboussures sanglantes d’Ouranos qui viennent féconder Gaïa ("Théogonie", v. 185). Mères des vivants et des morts, les divinités chthoniennes relèvent originellement de la sphère féminine, et leur domaine obscur qu’Hésiode évoque avec la venue de Gaïa eurysternos, "au large sein", émergeant par ses seules forces du Chaos primordial, ne sera jamais oublié par le monde lumineux des dieux olympiens. Les pratiques des cultes chthoniens et olympiens en Grèce faisaient un contraste parfait en opposant l’orientation céleste des sacrifices des seconds à l’orientation terrestre des premiers. On tuait une victime de couleur blanche en l’honneur des Olympiens, la gorge tournée vers le ciel, sur un autel surélevé ou bromos. Pour les Chthoniens, au contraire, on sacrifiait une victime de couleur noire, souvent une brebis ou un bélier, la gorge baissée vers la terre, sur un autel bas, l’âtre, eschara, ou dans une fosse profonde, le bothros. L’illustration la plus frappante de ce rite se trouve au chant X de l’Odyssée, lorsque Circé ordonne à Ulysse de prendre le chemin de la maison d’Hadès. Déesse de la Vengeance et du châtiment céleste, Némésis personnifiait la loi morale qui réprouve tout excès ("hybris", la démesure en grec) et la jalousie divine qui frappe la prospérité trop éclatante des mortels qui osent se comparer aux dieux. Parmi les auteurs les plus célèbres de l'antiquité comme Hésiode, elle est présentée comme la fille de Nyx (la Nuit) seule, ou plus rarement de la Nuit et de l'Érèbe, mais d'innombrables auteurs tels que Pausanias, Nonnos de Panopolis et Tzétzès la présentent comme née d'Océan sans que le nom de sa mère ne soit mentionné. Dans les textes orphiques, elle est généralement présentée sous le nom d'Adrastée et est donnée pour la fille née sans père de la nécessité. Des traditions isolées la nomment néanmoins "fille de Zeus" sans mentionner le nom de sa mère, d'autres la prétendent née de Dikê, la justice personnifiée. Hésiode l'associe étroitement à la déesse Aidos qui symbolise à la fois la pudeur et le respect et prétend que lorsque la race de fer aura remplacé celle des héros. Aidos et Némésis abandonneront définitivement l'humanité à son triste sort pour remonter dans l'Olympe. Elle représente la justice distributive et le rythme du destin. Par exemple, elle châtie ceux qui vivent un excès de bonheur chez les mortels, ou l'orgueil excessif chez les rois. Une tradition isolée prétend qu'elle engendra les Telchines de son union avec le Tartare. Elle représente un des rares exemples de personnification d'un concept abstrait. Chez Homère, Némésis n'est utilisé que comme personnification d'une chose abstraite. Dans la Théogonie, Hésiode évoque "Némésis, fléau des hommes mortels".
" Et voici qu'Athéna, déployant du plafond son égide qui tue, terrasse leurs courages et à travers la grand'salle, ils fuient épouvantés: tel, un troupeau de bœufs qu'au retour du printemps, lorsque les jours allongent, tourmente un taon agile. Mais Ulysse et les siens, on eût dit des vautours qui, du haut des montagnes, fondent, le bec en croc et les griffes crochues, sur les petits oiseaux qui tombent dans la plaine en fuyant les nuages. Les vautours les massacrent". La déesse est l'exécutrice de la justice, la justice de Zeus, retransmise par Hermès selon l'organisation olympienne du monde. En tant que principe opposé à la bonne fortune, elle a pu être associée à Tyché. Le mot Némésis, à l'origine, signifiait "qui dispense la fortune, ni bonne ni mauvaise, simplement dans la proportion due à chacun selon ses mérites". Puis, le ressentiment provoqué par n'importe quelle perturbation de cette proportion. Dans les tragédies grecques, Némésis apparaît principalement comme vengeresse des crimes et celle qui punit l'hybris, elle est alors apparentée à Até et aux Érinyes. D'après une légende rapportée par Callimaque, Némésis fut pourchassée par Zeus, qui en était amoureux. Néanmoins, cette dernière ne souhaitant pas l'avoir pour amant, elle tenta de lui échapper en se métamorphosant en divers animaux pour lui échapper, ce qui ne découragea pas Zeus qui pouvait en faire tout autant. Finalement, alors que Némésis avait revêtu la forme d'une oie sauvage, Zeus se transforma en cygne, ou en jars, et réussit à l'approcher seul, ou sans doute avec la complicité d'Aphrodite qui, transformée en aigle, fit mine de le pourchasser. Ainsi, le dieu de la foudre trouva naturellement refuge auprès de Némésis qui, naïve, l'enveloppa tendrement dans ses ailes et s'endormit. Cependant, Zeus abusa la déesse dans son sommeil et Némésis sous forme d'oie pondit quelque temps plus tard un œuf qu'elle déposa du coté de Sparte où il fut donné par un paysan, ou par Hermès à Léda, la femme de Tyndare. Ici on retrouve la légende classique de la naissance d'Hélène (qui sera à l'origine de la guerre de Troie) et des Dioscures. Plus tard, dans une autre légende, au 48ème et dernier chant des Dionysiaques de Nonnos de Panopolis, Némésis châtia l'orgueilleuse nymphe chasseresse Aura (Brise) qui avait offensé Artémis en se moquant de sa virginité. Toutefois, par souci de justice, Némésis punit Aura moins durement que ce que la déesse avait souhaité en voulant que l'imprudente jeune femme soit changée en statue de pierre. À l'origine, les premières représentations de Némésis ressemblaient à Aphrodite, qui elle-même porte parfois l'épithète Nemesis, c'est du moins ce qu'on peut conjecturer d'un passage de Pline, où il est dit qu'Agoracrite, élève de Phidias, ayant manqué le prix du concours, n'eut qu'à changer les attributs de la statue de Vénus qu'il avait présentée, pour en faire une Némésis. Plus tard, comme déesse de la proportion et vengeresse des crimes, ses attributs sont une tige de mesure, une bride, une balance, une épée et un fléau. Elle monte dans un chariot conduit par des griffons. De nombreuses médailles nous la montrent écartant de la main droite des vêtements qui lui couvrent la poitrine, et dirigeant ses regards sur son sein. Elle tient dans sa main gauche une coquille, un frein ou une branche de frêne, et dans la droite une mesure ; quelquefois on voit à ses pieds la roue de la fortune et un griffon. Pausanias remarqua sa statue iconique avec une couronne de cerfs et des petites Niké, fabriquée par Phidias après la bataille de Marathon (490 av. J.-C.) à partir d'un bloc de marbre de Paros que les Perses présomptueux avaient apporté avec eux, pour en faire une stèle commémorative après leur victoire qu'ils considéraient comme acquise.
"Il vous faudra d'abord passer près des Sirènes. Elles charment tous les mortels qui les approchent. Mais bien fou qui relâche pour entendre leurs chants ! Jamais en son logis sa femme et ses enfants ne fêtent son retour. Car, de leurs fraîches voix, les Sirènes le charment, et le pré, leur séjour, est bordé d'un rivage tout blanchi d'ossements et de débris humains, dont les chairs se corrompent. Passe sans t'arrêter ! Nous arrivons à l'île d'Eole, où habite le dieu des vents. C'est une île flottante, entourée d'une côte de bronze indestructible ;en son milieu, un pic pointe vers le ciel". Un rituel appelé Nemesia se tenait à Athènes. Il s'agissait d'un office pour les morts: son objet était d'éviter la némésis des morts, qui étaient censés avoir la puissance de punir la vie si leur culte avait été négligé de quelques façons. À Smyrne, il y avait deux manifestations de Némésis, plus apparentées à Aphrodite qu'à Artémis. Il est difficile d'expliquer la raison de cette dualité. On suggère qu'ils représentent deux aspects de la déesse: l'aimable et l'implacable, ou les déesses de la vieille ville et celle de la nouvelle ville reconstruite par Alexandre le Grand. À Rome, Némésis était révérée par les généraux victorieux, les gladiateurs dont elle était la patronne et figurait une des divinités tutélaires du forage du sol ("Nemesis campestris"). Au IIIème siècle av. J.-C., il y a des indices d'un culte envers une Némésis-Fortuna toute-puissante. Elle était révérée par une société dont les membres étaient appelés en latin Nemesiaci. Le compositeur crétois Mésomède de Crète lui dédie un hymne. Les mythes sont, pour les sociétés, ces montages symboliques fondateurs qui relient à l’origine et donnent sens à l’exister. "Muthos", en effet, désigne un récit, une histoire hors du temps, qui s’ouvre sur l’instant primordial, originaire où tout est confondu : dieux, hommes et animaux. Il répond à la question de l’origine : ou bien l’homme descend des dieux ou bien il est la suite directe de l’évolution animale. La "Théogonie" est un de ces récits fantastiques qui chante le commencement du monde, moment d’intense confusion, chaos primordial où tout est confondu, où êtres humains et dieux ne vivent pas encore séparés. Elle met en images la manière dont l’humain advient difficilement, à son humanité. La vie d’Hésiode, auteur du poème, nous est, dans l’ensemble, assez mal connue. Les spécialistes d’histoire de la littérature grecque situent son existence au milieu du VIIIe siècle avant J.-C. S’il existe des "Vies" d’Hésiode, elles tiennent le plus souvent de la légende. Une certitude, cependant: "La Théogonie" est signée du poète lui-même: "Ce sont les Muses, écrit-il aux vers 23 et 24, qui à Hésiode, un jour, apprirent un beau chant, alors qu’il paissait ses agneaux, au pied de l’Hélicon divin". Comme l’indique ainsi l’étymologie, la "Théogonie" décrit la naissance de l’Univers et la généalogie des dieux. Ainsi, après avoir chanté les Muses dans son prélude, comme cela était de tradition, Hésiode en vient à les interroger sur la question de l’origine: "Contez-moi ces choses, ô Muses, habitantes de l’Olympe, en commençant par le début, et, de tout cela, dites-moi ce qui fut en premier" vers 114-115. À quoi, les Muses répondent: "Donc avant tout, fut Abîme". Le terme grec "Chaos", traduit ici par "abîme", a plusieurs sens. Point de départ de toute la création hésiodique, il signifie d’abord la "béance" ou encore "l’ouvert". Le mot français "chaos" a, le plus souvent, le sens de confusion, de désordre et rend, de ce fait, assez mal compte de la notion grecque. "La Béance, l’Abîme", métaphorisent l’idée de "vide sans fond" mais surtout d’éléments sans coordonnées, sans haut, ni bas, sans droite, ni gauche. Le "chaos" hésiodique, la "béance, l’Abîme sont comparables à l’"apeiron" comme lieux d’indétermination à partir duquel le monde pourra surgir. Aristote le dit à sa manière dans la "Physique": "il pourrait sembler qu’Hésiode ait vu juste comme s’il fallait qu’il existât d’abord une place pour les étants mais à supposer qu’il en soit ainsi, la puissance du lieu est alors prodigieuse et prime tout; car ce sans quoi rien d’autre n’existe, alors qu’il existe sans les autres choses, est premier".
"Les dieux ne dispensent point également leurs dons à tous les hommes, la beauté, la prudence ou l'éloquence. Souvent un homme n'a point de beauté, mais un dieu l'orne par la parole, et tous sont charmés devant lui, car il parle avec assurance et une douce modestie, et il domine l'agora, et, quand il marche par la ville, on le regarde comme un dieu. Un autre est semblable aux dieux par sa beauté, mais il ne lui a pas été accordé de bien parler. Ainsi, tu es beau, et un dieu ne t'aurait point formé autrement, mais tu manques d'intelligence, et, tu as parlé, tu as irrité mon cœur dans ma chère poitrine". De surcroît, ce non-lieu, ce pur rien, ce chaos primordial n’est heureusement pas fermé sur lui-même, il est "l’Ouvert" par excellence. "Logos" indique que la parole est un acte de sélection, de préférence, d’élection. Parler c’est sélectionner dans le réel, c’est produire de la distinction dans la confusion chaotique. Aussi n’est-il pas étonnant que "chaïnô", "ouvrir la bouche" et "parler", induise l’idée, qu’à partir du "Chaos" s’originent les premières distinctions. Le "Chaos" est qualifié de "genet"(vers 116) c’est-à-dire "qui ne sort de rien", "qui n’est pas engendré", qui est "génésis", "source de création", tandis que l’Erèbe et la nuit, enfants du "Chaos" sont "égenonto" (vers 123), La nuit et l’Erèbe (noir), d’abord espaces de confusion, sont cependant, une première distinction dans le Chaos. Ils permettent de construire la première paire d’opposés. L’émergence des contraires est essentielle pour les Grecs, sans eux, la pensée est impossible. La Nuit et l’Erèbe sont encore dans l’indistinction mais plus dans la confusion. C’est pourquoi Ether et Lumière du jour pourront naître de leurs opposés, la Nuit et l’Erèbe. Le redoublement du "ek" ("ex-é-genonto"), indique ici l’idée d’un engendrement du Jour par la Nuit et d’un ordre de succession, en même temps que la nuit et l’Erèbe ne prendront leur sens qu’en rapport avec l’Ether et la Lumière du jour. Du "Chaos" surgit un premier être qui lui est presque semblable "l’Erèbe" et "la Nuit", mais pas complètement puisque l’on peut déjà distinguer autre chose que le "Chaos". La "nuit" est à la fois semblable et différente, c’est pourquoi pourra sortir de son sein obscur, son exact contraire le Jour. À partir de ce couple fondamental d’opposition, le monde devient visible, parce que lisible (legein, logos). Un premier trait de lumière partage le monde: l’ordre du discours comme acte de distinction le produit. " Assise et sûre", éternelle et inébranlable, la Terre l’est aussi pour l’auteur d’Antigone: "La mère des dieux, la Terre souveraine, l’Immortelle, l’Inépuisable". Pour les Grecs, aucune "rapine" ne peut épuiser la fécondité de la Terre, nul sillage de charrue ou de navire ne saurait l’endommager, nul déchet en souiller les profondeurs. La déesse, auguste entre toutes, comme dit Sophocle, est la mère inépuisable de tous les vivants. Aussi, dans la tradition grecque, les cultes de la Terre-Mère sont-ils nombreux. La Terre-Mère y apparaît comme détentrice du don de la vie, elle symbolise la fertilité, elle est l’agent de toute fécondité. Liée au culte des morts retournés en son sein, elle est fantasmatiquement représentée comme éternelle. La Terre-Mère signifie la fertilité agraire et la fécondité animale et humaine. Ainsi dans la Crète Minoenne (–3000 à –1100 av. J.-C.) la Terre-Mère apparaît le plus souvent comme une divinité chtonienne toujours ambivalente ("chton": signifie terre, terroir, sol, sein de la Terre mais aussi les Enfers, le Royaume des morts). Cette fécondité de la Terre-Mère, de Gaïa prend des formes étranges. "Terre, dit Hésiode, elle, d’abord enfanta un être égal à elle-même, capable de la couvrir tout entière, Ciel Étoilé, qui devait offrir aux dieux bienheureux, une assise sûre à jamais". Elle enfanta: "égeinato", où l’on retrouve le même verbe préalablement utilisé à propos de la Nuit, il signifie ici aussi l’engendrement et la filiation. C’est donc la mère qui est première, le père est contenu dans la mère qui l’enfante. Sous cet angle, sexe absolu signifie délié de la contingence".
"L'Aurore aux doigts de roses les eût trouvés pleurant, sans l'idée qu'Athéna, la déesse aux yeux pers, eut d'allonger la nuit qui recouvrait le monde. Elle retint l'Aurore aux bords de l'Océan, près de son trône d'or, en lui faisant défense de mettre sous le joug pour éclairer les hommes, ses rapides chevaux Lampos et Phaéton, les poulains de l'Aurore. Nous vivons à l'écart et les derniers des peuples, en cette mer des houles, si loin que nul mortel n'a commerce avec nous". "Car c’étaient de terribles fils que ceux qui étaient nés de Terre et de Ciel, et leur père les avait en haine depuis le premier jour. À peine étaient-ils nés qu’au lieu de les laisser monter à la lumière, il les cachait tous dans le sein de Terre, et, tandis que Ciel se complaisait à cette œuvre mauvaise, l’énorme Terre en ses profondeurs gémissait, étouffant". L’attitude d’Ouranos refusant l’avènement de ses enfants est celle d’un être qui veut garder la Femme pour lui seul, comme objet de plénitude, il rejette ainsi toute maternité. Or, d’une certaine façon, ce sont les enfants qui font éclater ce fantasme de complétude homme-femme. En les déplaçant sur une autre position père-mère, l’enfant devient le tiers séparateur. Le mythe essaie de rendre compte de cette difficulté pour l’homme d’advenir à la paternité. Toute la mythologie grecque est remplie d’histoires de pères craignant de perdre la femme et à travers elle, l’amour, ainsi que le pouvoir. La figure la plus connue est celle d’Œdipe qui sera exposé à la mort, par son père le roi Laïos. Œdipe, précisément tuera son père, prendra le pouvoir à Thèbes et épousera sa mère Jocaste. Le premier rapport père-enfant est donc celui de la haine productrice de séparation. Car l’enfant ne peut émerger comme tel, tant que le père n’est pas séparé de la mère et inversement. La semence du père archaïque est jetée au hasard, au gré du vent. Le poète exprime ainsi la toute puissance sans limites du père archaïque à l’instar de celui de la horde primitive décrite dans "Totem et tabou". Comme lui, Ouranos se heurtera évidemment à la révolte des fils et en particulier à celle de Chronos. Platon le fait pressentir dans le mythe des cycles inversés du "Politique". L’auteur explique, en effet, comment le devenir au monde est cyclique et soumis à des révolutions périodiques. L’univers est un vaste navire tantôt guidé par le dieu, tantôt abandonné à sa propre course. Quand l’univers suit la marche divine, les êtres vivants cheminent de la vieillesse à la maturité puis à l’enfance. Ils s’anéantissent en poussière et renaissent de la terre elle-même, à la vie. Le cycle est un perpétuel rajeunissement. Abandonnons un instant l’histoire de Gaïa, d’Ouranos et de leur descendance pour nous pencher sur les "enfants" de Nuit, fille de Chaos. Elle enfante, le grec dit "étéké"et non pas "égenonto", d’odieux personnages: la Mort, le Trépas, le Sommeil, les Songes et, précise Hésiode, elle les enfante seule, "sans dormir avec personne" (vers 213, Théogonie). Ce processus d’insistance vient précisément après l’histoire de la naissance des Titans et d’Aphrodite, née du sperme du père Ouranos et des flots de la mer. La Nuit, elle enfante sans sexualité, monstres, fantômes et cauchemars qui font très peur aux humains. Parmi ces monstres, les Parques (Clothô, Lachésis, Atropos) les Kérés vengeresses "qui poursuivent toutes fautes contre les dieux et les hommes" (vers 219-220) et surtout la déesse Némésis, figure de la justice. Figure de la colère et de l’indignation, elle intervient lorsque surgissent des erreurs de partage. Le détour du philosophe par le "logos", "l’eidos" et le "cosmos" n’a de signification que si le voyage dialectique le ramène au sein de la cité où la loi se donne en partage sous l’égide de Némesis, la déesse d’Hésiode. Il faut bien, en effet, pour que l’existence humaine ait un sens, qu’elle respecte la loi qui gouverne, entre ciel et terre, les hommes et les dieux, et qu’elle trouve le lien qui unit toutes choses en une juste répartition. Si la colère de Némesis naît devant la violation de la loi, on comprend le rapprochement que la langue grecque instaure entre nomos, la loi, nemesis, le partage légal, et Némesis, la déesse du partage qui s’indigne, "nemesein", devant ceux qui défient la loi. Symboles de la colère et de la vengeance divine.
"Les dieux n'accordent pas mêmes faveurs à tous les hommes, la taille, le sens, l'éloquence. L'un a moins belle apparence, mais le dieu met une couronne de beauté sur ses paroles. Un autre est une beauté comparable aux Immortels, mais la grâce ne couronne pas ses paroles. La divine Calypso m'a retenu près d'elle, dans ces grottes profondes, pour que je devienne son époux. L'artificiel Circé ma elle aussi retenu dans son palais afin que je devienne son époux. Mais jamais, au fond de moi, mon coeur il n'y a consenti. Car il n'est rien de plus doux pour un homme que sa patrie et sa famille, quand même quand il habite une riche demeure située loin de chez lui, en terre étrangère". Avec l’arrivée de ce mal si beau qui, au fond, n’est qu’une prise de conscience par le "genos andron" de sa mortelle condition, l’homme découvre que le bonheur total n’a aucun sens. Car, l’être humain est pris dans un terrible piège: "celui qui fuyant, avec le mariage, les œuvres de souci qu’apportent les femmes, refuse de se marier, et qui, lorsqu’il atteint la vieillesse maudite, n’a pas d’appui pour ses vieux jours, celui-là sans doute ne voit pas le pain lui manquer, tant qu’il vit mais dès qu’il meurt, son bien est partagé entre collatéraux. Et celui qui, en revanche, dans son lot trouve le mariage, peut rencontrer sans doute une bonne épouse de sain jugement; mais même alors, il voit toute sa vie le mal compenser le bien, et s’il tombe sur une espèce folle, alors sa vie durant, il porte en sa poitrine un chagrin qui ne quitte plus son âme ni son cœur, et son malest sans remède". S’il fallait alors une preuve complémentaire de ce processus d’anthropogonie dans la pensée hésiodique, elle pourrait être trouvée dans le mythe des races des "Travaux et des jours". Némésis dont le nom s’origine dans la racine grecque "nem ou nom". Elle renvoie à l’idée de partage, de distribution. Le verbe "nemein" signifie "faire une attribution régulière" et plus précisément dans le vocabulaire des bergers, "attribuer à un troupeau sa part de pâturage". On comprend que chez les peuples pasteurs, les nomades, la part du partage soit une question essentielle pour qu’à la fois, les troupeaux puissent se nourrir et surtout qu’ils ne se mélangent pas. La Némésis, fille de la Nuit est la déesse du partage, elle empêche la confusion nocturne et le retour au Chaos mortifère. Elle fait barrage à la régression vers l’indifférencié. "Le grand Uranus, irrité contre les enfans qu’il avait engendrés lui-même, les surnomma les Titans, disant qu’ils avaient étendu la main pour commettre un énorme attentat dont un jour ils devaient recevoir le châtiment. "La Nuit" enfanta l’odieux Destin, la noire Parque et la Mort. Elle fit naître le Sommeil avec la troupe des Songes, et cependant cette ténébreuse déesse ne s’était unie à aucun autre dieu. Ensuite elle engendra Momus, le Chagrin douloureux, les Hespérides, qui par delà l’illustre Océan, gardent les pommes d’or et les arbres chargés de ces beaux fruits, les Destinées, les Parques impitoyables, Clotho, Lachésis et Atropos qui dispensent le bien et le mal aux mortels naissans, poursuivent les crimes des hommes et des dieux et ne déposent leur terrible colère qu’après avoir exercé sur le coupable une cruelle vengeance. La Nuit funeste conçut encore Némésis, ce fléau des mortels, puis la Fraude, l’Amour criminel, la triste Vieillesse, Éris au cœur opiniâtre. L’odieuse Éris fit naître à son tour le Travail importun, l’Oubli, la Faim, les Douleurs qui font pleurer, les Disputes, les Meurtres, les Guerres, le Carnage, les Querelles, les Discours mensongers, les Contestations, le Mépris des lois et Até, ce couple inséparable, enfin Horcus, si fatal aux habitans de la terre quand l’un d’eux se parjure volontairement. À l’origine était le vide, et la nuit, et le noir Erèbe. La Terre, l’air ni le ciel n’existaient encore".
Bibliographie et références:
- Hérodote, "Histoire"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Hygin, "Fables"
- Ovide, "Métamorphoses"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Pierre. Chantraine, "Dictionnaire de la langue grecque"
- Sophocle, "Électre et Némésis"
- Virgile, "Enéides"
- Jean Chevalier, "Dictionnaire des symboles"
- Félix Guérand, "Mythes et mythologie"
- Françoise Loux, "Némésis ou la justice des dieux"
- Bernard Sergent, "Dictionnaire critique de mythologie"
- Charles Russel Coulter, "Encyclopédie de la mythologie"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers". Dans la mythologie grecque, Hestia, en grec ancien, Ἑστία / Hestía est la divinité du feu sacré et du foyer. Fille de Cronos et de Rhéa, elle résista aux ardeurs amoureuses des dieux. Lorsque Poséidon et Apollon prétendirent tous deux à sa main, afin de préserver la paix dans l'Olympe, elle jura de demeurer vierge à jamais. En signe de gratitude, Zeus lui accorda la première victime des sacrifices publics. Selon d'autres auteurs, elle devait ce privilège à son droit de préséance sur les autres dieux dont elle était alors l'aînée. Malgré son vœu de chasteté, elle fut désirée par plusieurs dieux: un jour, Priape, ivre, essaya de la violer pendant son sommeil. Hestia s'éveilla et vit Priape à califourchon sur elle: il s'enfuit tout penaud. La discrète déesse remplit son rôle de gardienne du feu jusqu'au moment où elle céda sa place à la table des dieux, en faveur de Dionysos, pour se rendre dans une ville grecque. Hestia appararaît comme une déesse pacifique, la seule de l'Olympe n'ayant jamais pris part à une guerre ni à une querelle. Ayant inventé l'art de construire les maisons, elle était la déesse du foyer domestique et son feu dans les temples était sacré. Aussi, dans toutes les demeures, l'âtre ne devait jamais s'éteindre. On ne le faisait qu'en signe de deuil. Dans la Méditerranée orientale, on représentait la grande déesse par un tas de charbon incandescent dont on conservait le feu en le recouvrant de cendres blanches. Ce feu ne dégageait ni fumée ni flamme et constituait le centre naturel au cours des réunions de famille ou de clan. Dans la cité de Delphes, le tas de charbon est devenu la pierre à feu que l'on employait à l'extérieur et devint l'"omphalos" ou protubérance ombilicale que l'on voyait souvent sur les vases peints grecs; il représentait ce que l'on croyait être le centre du monde. Elle est l’incarnation de la compassion féminine et de l’unité de la famille. L’esprit de la déesse inspire de la joie et de la paix. Déesse vierge, elle adore l’introspection lors de longs moments de solitude. Sentiments et intuitions ont les caractéristiques de cet archétype. Sa nature calme et sa disposition paisible restent un mystère pour ceux qui la rencontrent. Protectrice des familles et des maisons, elle est honorée de cuire le pain dont la famille se nourrit. Son humilité ne la rend cependant pas inférieure à d’autres femmes qui bénéficieraient d’une position sociale plus élevée. C’est une femme qui ne se laisse pas non plus facilement manipulée comme le montre sa résistance à la tentation d'Aphrodite pour le sexe et le mariage. Elle était vénérée dans les temples circulaires à Delphes. Elle assume ses choix et en est fière. Elle préfère la vie spirituelle et se détourne des désirs terrestres. Par ailleurs, elle est très rarement représentée mais toujours avec un voile sur la tête, symbole de sa pureté. C'est une déesse capable de grande compassion. C’est une femme très sensible capable de ressentir les pensées et les émotions d’autrui. Cette grande sensibilité peut expliquer sa méfiance envers les lieux trop peuplés où elle ne sent pas à sa place. C’est quelqu’un qui évite la foule. On parlerait aujourd'hui d'agoraphobie. Pour cerner sa personnalité, il faut imaginer un espace dans lequel, elle sera à l'aise et pour lequel, elle sera prête à tout pour le protéger. "C’est sans honte que les mortels accusent les dieux de tous les maux".
"Les Parques ont fait aux hommes un cœur apte à pâtir. Mais, à celui-là, il ne suffit pas d'avoir pris la vie du divin Hector". Ce qui peut être l’occasion de réactions inattendues de sa part lorsque quelqu’un ou quelque chose se montre un peu intrusif. lorsque cet ultime refuge que représente sa maison est menacé d’être violé par des intrus, la réaction prend les formes d’une violence désespérée. C’est un aspect important du personnage. Tout espace qui peut lui procurer cet isolement volontaire lui permet de s’épanouir. La déesse aime prendre son temps pour réaliser les choses. La notion de "chronos" lui est étrangère. C’est un être divin qui est très proche de la nature, prêt à se battre pour la défendre. Toutefois, Hestia déteste prêcher en public pour la défense de la nature. Elle préfère agir seule. Hestia, toujours immuable et inchangée, symbolise ainsi la pérennité religieuse, la continuité d'une civilisation et de ses lumières au mépris des émigrations, des destructions, des révolutions et des vicissitudes du temps. Le culte qui lui fut voué s'explique par l'importance accordée au feu aux époques primitives, ce feu que le héros Prométhée déroba à Zeus pour le donner aux hommes, encourageant la vengeance éternelle du plus grand de tous les dieux. On ne lui connait aucune personnalité distincte et elle ne joue aucun rôle dans les mythes. Chaque repas commençait et finissait par une offrande à la déesse: "Hestia, dans toutes les demeures, terrestres ou célestes, on vous honore la première, le doux vin vous est offert avant et après la fête. Dieux ou mortels ne peuvent jamais sans vous s'asseoir au banquet." Hestia, la déesse vierge du foyer, était associée à la stabilité, à la permanence et à la prospérité. Souvent représentée comme une femme austère, assise et enveloppée d'une robe de cérémonie. Rarement mentionnée dans la mythologie, elle avait manifestement une grande importance symbolique et rituelle. Elle présidait aux cérémonies marquant la reconnaissance du nouveau-né par son père: l'enfant était porté à cette occasion autour du foyer lors d'un rituel appelé "Amphidromie". Toutes les maisons grecques avaient un foyer où un culte était rendu à Hestia. Dans les maisons, sur la place publique, elle protégeait ceux qui venaient chercher protection auprès d'elle. Hestia était universellement respectée, non seulement parce qu'elle était la plus douce et la plus vertueuse des déesses mais aussi parce qu'elle avait inventé l'art de bâtir les maisons. Son feu était à tel point sacré que s'il s'éteignait soit par accident soit en signe de deuil, on le rallumait à l'aide d'une roue à feu. Les Romains l'identifièrent à Vesta, dont le feu sacré était entretenu par les " Vestales", prêtresses ayant fait le vœu de chasteté et qui étaient enterrées vives si elles venaient à trahir leur promesse, si le feu, symbole vivant de Vesta, s'éteignait, les Vestales le rallumaient à l'aide des rayons solaires reflétés dans un miroir. On raconte que la vestale Rhéa Silvia donna naissance à Romulus et à Rémus.
"Ces divinités sont généralement bienfaisantes, protectrices de la jeunesse, surtout des jeunes filles et des fiancées. Elles peuvent être les suivantes d'une grande divinité comme Artémis, la déesse de la chasse, ou d'une nymphe d'un rang plus élevé, comme Calypso. Elles habitent dans des grottes où elles passent leur vie à filer et chanter". Sur la base de la grande statue de Zeus, à Olympie, Phidias avait représenté les douze dieux. Entre le Soleil ("Hélios") et la Lune ("Sélènè") les douze divinités, groupées deux à deux, s’ordonnaient en six couples: un dieu-une déesse. Au centre de la frise, en surnombre, les deux divinités (féminine et masculine) qui président aux unions : Aphrodite et Éros. Dans cette série de huit couples divins, il en est un qui fait problème: Hermès-Hestia. Pourquoi les apparier ? Rien dans leur généalogie ni dans leur légende qui puisse justifier cette association. Ils ne sont pas mari et femme, comme Zeus-Héra, Poséidon-Amphitrite, Héphaïstos-Charis, ni frère et sœur, comme Apollon-Artémis, Hélios-Sélénè, ni mère et fils, comme Aphrodite-Éros, ni protectrice et protégé, comme Athéna-Héraclès. Quel lien unissait donc, dans l’esprit de Phidias, un dieu et une déesse qui semblent étrangers l’un à l’autre ? On ne saurait alléguer une fantaisie personnelle du sculpteur. Quand il exécute une œuvre sacrée, l’artiste ancien est tenu de se conformer à certains modèles: son initiative s’exerce dans le cadre des schèmes imposés par la tradition. Hestia, nom propre d’une déesse mais aussi nom commun désignant le foyer, se prêtait moins que les autres dieux grecs à la représentation anthropomorphe. On la voit rarement figurée. Quand elle l’est, c’est souvent, comme Phidias l’avait sculptée, faisant couple avec Hermès. De règle dans l’art plastique, l’association Hermès-Hestia revêt donc une signification proprement religieuse. La déesse grecque fut la seule à ne pas se joindre aux Olympiens lors de leur attaque ratée contre Zeus. Dans certaines listes, Hestia est l'un des douze dieux olympiens, mais le plus souvent, sa place est occupée par Dionysos. Dans certains mythes, la déesse renonce volontairement à sa place parmi les dieux sur le mont Olympe, en échangeant avec Dionysos, car elle préfère se retirer des affaires divines et est sûre d'être bien accueillie dans la ville mortelle de son choix. En tant que déesse quelque peu casanière, Hestia n'est pas impliquée dans des aventures divertissantes dans la mythologie grecque, elle semble plutôt avoir pris le rôle de déesse senior à l'écart des autres dieux et de leurs faiblesses trop humaines. La déesse était la personnification du foyer et elle recevait donc les sacrifices dans tous les temples des dieux, car chacun avait son propre foyer. Selon la tradition, Hestia recevait tous les sacrifices avant les autres dieux, même dans des lieux comme Olympie où Zeus était honoré. Hestia recevait également la première et la dernière libation de vin offerte lors d'une fête et était généralement mentionnée en premier dans les prières et les serments. C'est pour cette raison que se développa l'expression "commencer par Hestia". Selon la mythologie, l'honneur de recevoir le premier sacrifice fut donné par Zeus lorsque Hestia jura qu'elle resterait toujours vierge. C'était pour elle un réel honneur.
"Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large poitrine, demeure toujours sûre de tous les Immortels qui habitent le faite de l'Olympe neigeux. Ensuite le sombre Tartare, placé sous les abîmes de la Terre immense". Dans une maison grecque, l'âtre était généralement un brasero portable, mais il symbolisait le cœur et l'âme de la maison et en était le centre. Le foyer était donc le point central de nombreuses activités, et pas seulement de la cuisine. Lors d'une cérémonie de naissance, le bébé était porté autour du foyer, les jeunes mariées et les esclaves nouvellement arrivés dans la maison étaient couverts de noix et de figues devant le foyer, et après la mort d'un membre de la famille, le foyer pouvait être éteint et rallumé (une pratique courante à Argos). Lors des repas quotidiens, on pouvait également faire une offrande symbolique à Hestia en la jetant dans l'âtre. La personnification de la déesse en tant que foyer l'associe également aux idées d'hospitalité, de protection des invités et d'inventeur de la bonne construction des maisons. Outre les maisons individuelles, Hestia était particulièrement associée au "prytaneion" et au "bouleuterion", le centre symbolique d'une ville ou d'un village où se tenaient les fonctions civiques et où étaient menées les affaires du gouvernement local. On y trouvait généralement un foyer, une tradition qui remonte à la Grèce mycénienne, lorsque le trône du roi et la salle de réception de son palais, le "megaron", possédaient un grand foyer. Le foyer de la ville ultérieure était entretenu en permanence par la communauté, généralement par des femmes célibataires sélectionnées à cet effet. La déesse recevait des sacrifices sur ce foyer communal chaque fois qu'un nouveau magistrat commençait et terminait son mandat et avant les sessions du conseil. Curieusement, après l'échec de l'invasion de la Grèce par les Perses au Ve siècle av. J.-C., Delphes, à bien des égards le cœur religieux des cités-États grecques - ordonna que tous les foyers communaux soient éteints car ils étaient désormais considérés comme impurs. Les foyers étaient ensuite rallumés à l'aide de flammes purifiées provenant du foyer de Delphes. Le culte public d'Hestia était particulièrement répandu en Attique, avec des cultes notables au Pirée, à Éleusis, à Halimos et à Krokonidai. Certains cultes, par exemple à Naucratis et Kos, interdisaient aux femmes de participer aux rituels liés à Hestia au foyer communal en raison de son lien avec la vie politique de la cité (à laquelle seuls les hommes pouvaient participer). Les prêtres et prêtresses spécifiquement dédiés à Hestia semblent avoir été particulièrement répandus à partir de la période héllénistique À l'époque romaine, Hestia, aujourd'hui connue sous le nom de Vesta, continuait à être vénérée, par exemple à Éphèse où le grand prêtre était une femme.
"Enfin l'Amour, le plus beau des dieux, l'Amour, qui amollit les âmes, et, s'emparant du coeur de toutes les divinités et de tous les hommes, triomphe de leur sage volonté". Comme Hestia n'est pas entourée d'une mythologie particulière, elle n'apparaît pas très souvent dans l'art grec, et lorsqu'elle le fait, elle peut être difficile à distinguer des autres déesses, notamment parce qu'elle ne porte pas d'objet facilement identifiable qui lui soit associé. Elle est généralement présentée comme une jeune femme portant un couvre-chef et des vêtements modestes, et parfois elle verse une libation, comme dans un kylix à figures rouges datant de 500 av. J.-C., conservé aux Staatliche Museen de Berlin, qui la montre en compagnie d'Apollon et d'Hermès alors qu'ils conduisent Hercule au mont Olympe. Elle apparaît sur le célèbre vase François (570-565 av. J.-C.) et, cette fois-ci nommée, sur la frise nord du Trésor siphinois de Delphes (vers 525 av. J.-C.) où elle et une déesse non identifiée font face à deux géants en uniforme hoplite. Hestia est peut-être une figure assise dans le groupe du fronton est du Parthénon, mais la statue de marbre est incomplète et il est donc difficile de l'identifier avec certitude. Une autre apparition possible est celle de l'"Hestia Giustiniani", une femme debout à la tête voilée et vêtue d'un peplos austère, mais il pourrait également s'agir d'Héra ou de Déméter. La figure, qui mesure 1,9 mètre, est une copie d'un original réalisé vers 470 av. J.-C. et peut être vue à la Villa Albani à Rome. Comme preuve du caractère récent de la création d’Hestia on a depuis longtemps indiqué le fait qu’Homère ignore l’existence de cette déesse ; cette absence permettrait de dater le moment de la création du personnage divin d’Hestia. Il semble qu’il n’existe aucun doute quant au fait que la déesse Hestia ne joue aucun rôle chez Homère, puisqu’elle n’est pas présente dans les poèmes et que, dans ces textes, le terme ἱστίη se rapporte seulement au foyer. Le personnage d’Hestia nous conduit alors à nous poser une question curieuse. Comment est-il possible que la pensée grecque ait employé une déesse sans mythes et qui n’est rien de plus qu’une simple personnification du foyer pour construire le symbolisme complexe du foyer commun de la cité que les travaux de Gernet et de Vernant ont depuis longtemps mis en valeur ? Pour essayer de trouver une réponse à cette question, il faut tout d’abord répondre à deux autres questions qui ont un rapport avec elle. Premièrement, est-il possible qu’Homère ait connu Hestia mais l’ait délibérément exclue de ses poèmes, contrairement à ce qu’il a fait avec le reste des dieux de l’Olympe ? Deuxièmement, comment peut-on capter le sens symbolique que ce personnage divin a eu pour les anciens Grecs si nous n’avons pas de mythes, c’est-à-dire les éléments fondamentaux qui nous permettent de mener à bien cette tâche ? La réponse à ces trois questions, comme j’essaierai de le démontrer dans les pages qui suivent, doit être donnée en sens inverse de l’ordre dans lequel elles ont été posées. Tentons, tout d'abord, de répondre à la dernière de ces questions qui renvoie, en fait, au choix de la méthode employée dans cette étude. "Vils pasteurs, opprobre des campagnes, vous qui ne vivez que pour l'intempérance". "Prend chez toi et non pas au-dehors, évites la ruine. Il faut choisir ce qu'on a: quelle peine pour l'âme de désirer ce qu'elle n'a pas ! Obéis à cet ordre".
"Donc, avant tout, fut Abîme, puis Terre aux larges flancs, assise sûre à jamais offerte à tous les vivants à tous les Immortels, maîtres des cimes de l’Olympe neigeux, et le Tartare brumeux, tout au fond de la terre aux larges routes], et Amour, le plus beau parmi les dieux immortels, celui qui rompt les membres et qui, dans la poitrine de tout dieu comme de tout homme, dompte le cœur et le sage vouloir". Face à l’absence de mythes que nous observons dans le cas d’Hestia, il est nécessaire avant tout de partir du sens de son nom. Ce choix initial peut sembler, à première vue, un retour vers des théories vieillies dans le cadre de l’étude de la mythologie, telles que les positions soutenues au xixe siècle par Max Müller, qui défendait la suprématie de l’analyse linguistique et étymologique comme méthode pour comprendre le sens authentique de la mythologie antique et, à travers elle, de la religion. Aujourd’hui nous sommes tout à fait conscients du rapport étroit existant entre le langage et la pensée mythique, mais personne n’explique plus, comme le faisait Müller, l’origine et la formation des mythes comme une "maladie du langage" dérivée de l’incompréhension des noms antiques des choses. En réalité, le point de vue défendu ici a peu à voir avec des approches semblables à celles de Müller. En revanche, il est plus proche d’autres perspectives, anciennes aussi, comme celle d’A. Meillet, linguiste travaillant dans le domaine de la sociologie française, qui affirmait qu’on comprend beaucoup mieux les mots si on les met en rapport avec des faits sociaux concrets qui rendent compte de besoins ou d’aspects fondamentaux de la vie des personnes dans des contextes historiques précis. Ainsi, l’étude étymologique d’un terme, dans ce cas précis d’un théonyme, et la compréhension de sa signification permettent d’approcher le sens que ce terme a dans certains contextes, mais cette étude, malgré ses avantages, n’offre pas d’information sur d’autres aspects liés à cette divinité. La perspective que nous défendons ici est fondamentalement structurale et dérive partiellement des lignes de travail de Cl. Lévi-Strauss et surtout de la méthode d’analyse mythologique développée par G. Dumézil tout au long de ses nombreux ouvrages. Bien qu’elle tienne compte des étymologies des théonymes, cette méthode les a rejetées systématiquement pour s’intéresser aux comparaisons de structures mythiques et rituelles, car elle considère que ce sont celles-ci qui permettent de constater que la proposition étymologique concorde avec les rites et les mythes dans lesquels intervient ce dieu. Jusqu’alors on expliquait la religion en rapport avec ses origines. On abandonne ce point de vue quand on constate l’impossibilité de découvrir l’origine d’une coutume ou d’une croyance religieuse. La position soutenue généralement aujourd’hui en anthropologie et en histoire des religions tente d’expliquer les faits liés aux religions primitives et antiques d’un point de vue sociologique. Pour cela on part de l’idée que les religions sont des structures idéologiques significatives qui, à leur tour, font partie d’autres structures, sociales, beaucoup plus vastes. Cette compréhension des religions en termes de structures met fin à la primauté de l’analyse linguistique et étymologique pour établir le caractère et la fonction d’une divinité et repose précisément sur le fait que les panthéons sont aussi des structures. La fonction et le sens d’un dieu ne peuvent donc s’expliquer qu’à travers l’étude des rapports que chaque dieu établit avec les autres divinités de son panthéon et l’analyse des valeurs symboliques que chacun de ces personnages divins représente. " D’Abîme naquirent Érèbe et la noire Nuit. Et de Nuit, à son tour, sortirent Éther et Lumière du Jour".
"On honorera de préférence l'homme vicieux et insolent; l'équité et la pudeur ne seront plus en usage, le méchant outragera le mortel vertueux par des discours pleins d'astuce auxquels il joindra le parjure. L'Envie au visage odieux, ce monstre qui répand la calomnie et se réjouit du mal, poursuivra sans relâche les hommes infortunés". En ce sens, le point de vue adopté ici, c’est-à-dire la comparaison des valeurs symboliques des divinités à travers l’étude des structures, permet de nier des affirmations comme celles que nous avons vues plus haut sur la pauvreté du caractère personnel d’Hestia. Toutes les interprétations qui présentent Hestia comme la simple personnification du foyer, sans plus de profondeur, partent de l’idée qu’à l’origine, la représentation des dieux a connu un passage du concret vers l’abstrait. En réalité, ce point de vue présente un caractère arbitraire qui découle de la perspective primitiviste de la religion, une perspective aujourd’hui dépassée, qui tendait à considérer que dans le domaine de la religion, le concret est toujours antérieur à l’abstrait. Aujourd’hui nous savons que le processus inverse est aussi souvent attesté et que, de fait, le passage du concret à l’abstrait ou, dans le cas qui nous occupe, le passage d’un nom commun à un nom propre divin peut être particulièrement complexe, puisque, dans les systèmes symbolico-religieux ou mythiques, les noms propres des dieux ne font pas que désigner, mais qu’ils sont aussi des symboles dotés d’une très grande richesse polysémique. Ainsi, le champ sémantique du nom d’un dieu peut être associé à un champ symbolique beaucoup plus vaste, structuré par l’idéologie socio-religieuse. De fait, si nous avons recours à l’étymologie du terme ἑστία, nous observons qu’il s’agit d’un mot lié au foyer et au feu qui dérive de la même racine indo-européenne que le latin "Vesta" ou la racine indienne "vas-". Il nous semble que cette origine étymologique commune d’Hestia et de Vesta nous fournit le meilleur exemple des limites que présente l’étymologie d’un théonyme comme instrument pour capter le caractère d’une divinité. Dans le cas d’Hestia, son nom trouve est apparenté à εὕω, alors que Vesta est de même origine que le "uto". Étymologiquement, donc, les noms des deux déesses proviennent de la même racine qui signifie "brûler". Mais, Hestia est le foyer, alors que Vesta est le feu, ce qui nous indique que les deux déesses ont eu des histoires différentes : il s’agit de divinités qui, malgré leur origine étymologique commune, présentent des caractères distincts qui leur sont spécifiques dans chaque cas. C’est précisément ici qu’entrent en jeu l’analyse structurale, la comparaison entre les différentes structures dans lesquelles la divinité, Hestia dans notre cas, est présente, et les valeurs symboliques respectives que cette déesse assume dans chaque situation ; c’est seulement ainsi, en introduisant la déesse grecque du foyer en des contextes, que nous pourrons comprendre le sens qu’elle a eu en Grèce ancienne. Homère connaissait-il la déesse Hestia ? Il est pour cela nécessaire de réaliser une étude des usages qu’Homère faisait du terme ἱστίη et de certains de ses synonymes dans deux de leurs sens principaux: foyer (ἐσχάρα) et autel (πῦρ, βωμός).
"Alors, promptes à fuir la terre immense pour l'Olympe, la Pudeur et Némésis, enveloppant leurs corps gracieux de leurs robes blanches, s'envoleront vers les célestes tribus et abandonneront les humains". En ce qui concerne l’usage que font l’"Iliade" et l’"Odyssée", les poèmes d’Hésiode ou les Hymnes homériques des divers synonymes de ἱστίη, aussi bien avec le sens de foyer que d’autel, nous pouvons faire les remarques suivantes. Tout d’abord si nous nous intéressons aux synonymes qui ont le sens de foyer, nous constatons que les usages de ἐσχάρα dans les poèmes homériques, le seul texte qui atteste ce terme, font toujours référence au foyer en tant que lieu dans lequel le feu brûle. À la lumière de ces deux analyses, fondées aussi bien sur un examen lexical que sur la lecture du chant XIX, le foyer chez Homère reçoit plusieurs dénominations interchangeables, peut-être en conséquence des besoins de composition qui caractérisent le système de formules de la poésie homérique. Mais cette interchangeabilité entre les divers termes n’est pas totale. Dans la plupart des cas la mention du foyer dans l’Odyssée se fait en ayant recours au terme ἐσχάρα et, de façon marginale, en utilisant deux termes qui dérivent de ἑστία (ἐφέστιος et ἀνέστιος). Comme nous l’avons vu, ἑστία (hom. ἱστίη) est citée dans quelques passages, où elle est garante d’un serment dans le cadre d’une formule. Tout semble donc indiquer que le foyer, en tant qu’ἑστία, reste en marge du jeu métrique caractéristique de la composition en formules d’Homère. Ce point paraît révéler qu’ἑστία n’est pas, en termes strictement symboliques, un synonyme des autres dénominations homériques pour le feu du foyer ou du mégaron. Comme l’ont affirmé traditionnellement les chercheurs, la déesse Hestia n’apparaît pas dans les poèmes, mais nos analyses ont mis malgré tout en évidence que le foyer, l’objet que la déesse personnifie, apparaît chez Homère, et y est doté de certaines des valeurs qui ont caractérisé cette divinité dans le monde grec de la cité-État. L’absence d’Hestia, la déesse grecque du foyer, dans les poèmes homériques peut être due au fait que le poète ne la connaissait pas, comme cela a été affirmé jusqu’à présent. Les poèmes homériques sont antérieurs au monde de la cité, où, suivant ce qui a été soutenu traditionnellement, s’est forgé et développé ce personnage divin. Ceci pourrait expliquer l’absence d’Hestia aussi bien dans l’Iliade que dans l’Odyssée. Néanmoins, les analyses présentées ici ont mis en valeur plusieurs indices permettant de penser qu’il est possible que, dans l’épopée homérique telle que nous la connaissons aujourd’hui, le personnage divin d’Hestia était connu, même si la déesse apparaît uniquement dans l’Odyssée, indirectement et à travers la mention du foyer sous le terme ἱστίη. Les mentions homériques du foyer présentent les mêmes associations symboliques que celles qui sont présentes chez la déesse Hestia, avec Zeus, comme on peut le lire dans l’Hymne homérique à Aphrodite ou dans certains rituels grecs, l’hospitalité et la convivialité. Le monde d’Hestia est celui de la cité-État, or la société décrite dans les poèmes homériques est antérieure à la "polis". Est-ce là une raison suffisante pour que le poète élimine la déesse Hestia du monde des poèmes homériques, car elle n’aurait aucun rôle à jouer avec les héros que nous décrivent l’Iliade et l’Odyssée. "Heureux celui que les Muses aiment d'amour. De douces paroles coulent de sa bouche".
Sources, bibliographie et références:
- Aristonoos, "Hymne à Hestia"
- Aristophane, "Les Guêpes"
- Callimaque, "Hymnes"
- Déméter, "Les Hymnes homériques"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Homère, "Iliade et Odyssée"
- Homère, "Hymne homérique à Aphrodite"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- P. Chantereine, "Dictionnaire des mythes grecs"
- André Boulanger, "Le Génie grec dans la religion"
- Claude Leduc, "Notes sur la déesse Hestia"
- Jean Haudry, "La déesse Hestia et le foyer grec"
- Max Müller, "Mythologie comparée"
- Georges Dumézil, "Introduction à la mythologie grecque"
- Jean-Pierre Vernant, "Mythe et société en Grèce ancienne"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Originaires de Thrace, région considérée par les Grecs comme le pays de la lumière :
ce nom avait un sens symbolique signifiant le pays de la pure doctrine et de la poésie
sacrée qui en procède. Dès l'origine, elles étaient trois déesses de la montagne sans
attributions définies, qui se contentaient d'inspirer les chants, guidées par leur coryphée,
Apollon. Ce sont ces Trois Muses qui apprirent au Sphinx installé sur le mont Phicion la
devinette qu'il posait à tous les voyageurs. Les Muses, du grec ancien Μοῦσα / Moûsai,
devinrent plus tard les filles de Zeus et de Mnémosyne, déesse de la Mémoire, ou d'Ouranos
et de Gaïa, magnifiques jeunes femmes dont la beauté enchantait les dieux de l'Olympe.
Bienveillantes et compatissantes, elles consolaient ceux qui souffraient. Ce sont elles qui
recueillirent les membres d'Orphée et les enterrèrent au pied du mont Olympe. Sur la terre,
ces déesses du rythme et des nombres présidaient aux arts, procuraient l'inspiration poétique
aux poètes qui venaient se rafraîchir dans les fontaines situées près de leurs sanctuaires, sur
le mont Hélicon, à Sparte, et à travers la Grèce. Au moment des batailles, les Doriens les
invoquaient parce qu'elles présidaient aux mouvements mesurés des troupes de soldats.
Vers le IXème siècle, Hésiode en comptait neuf, présidant chacune à un art spécifique sous la houlette d'Apollon nommé alors "Musagète." Les neufs Muses classiques sont: Calliope, "à la belle voix" ou "celle qui dit bien", la Muse de la Poésie épique, qui célèbre les événements historiques plus ou moins légendaires et magnifie la grandeur et la force des héros, ses attributs sont l’éloquence pour les récits de combats et d’exploits, un stylet et une tablette de cire. Clio, "la célèbre", la Muse de l’Histoire, ses attributs sont une couronne de laurier, la trompette de la renommée et un rouleau de papyrus. Erato, "l’aimable", la Muse de la Poésie lyrique qui traduit les émotions, les sentiments, les amours, la mort et parfois galante, ses attributs sont la lyre et le plectre, petit instrument pour pincer les cordes. Euterpe, "la bien plaisante", la Muse de la Musique a pour attribut la flute et le hautbois. Melpomène, "la chanteuse", la Muse de la Tragédie, son attribut est le masque tragique. Polymnie, "aux chants multiples", la Muse du Chant sacré et de la pantomime, de la Rhétorique, de l’art oratoire, du discours et de l’éloquence. Elle est représentée dans une attitude pensive accoudée sur un appui ou parfois la main droite en action comme pour haranguer et la main gauche tient un sceptre ou un rouleau. Elle inspire les poètes. Terpsichore, dont la danse séduit", la Muse de la Danse, son attribut est la lyre. Thalie, "la florissante", la Muse de la Comédie et de la poésie pastorale, des amours de bergers, ode à la nature, ses attributs sont le masque comique et la houlette, bâton de berger. Uranie, "la céleste", la Muse de l’Astronomie et de l’Astrologie, ses attributs sont un globe terrestre et des instruments mathématiques (compas…).
Les premiers textes de la littérature grecque commencent souvent par une invocation aux Muses qui permet de situer un poète dans le contexte de son poème. À ce titre, les deux incipit homériques sont des modèles célèbres que les auteurs ultérieurs n’hésitèrent pas à reprendre et à commenter. Par-delà le caractère conventionnel de l’exercice, c’est une conception spécifique de la création poétique que l’invocation homérique des Muses nous invite à méditer. Le mot "muse" vient du grec mousa, la parole chantée, la parole rythmée. Le sens originel du terme grec est cependant mal défini et son étymologie obscure. Quant aux Muses, déesses de la musique, de la poésie et du savoir, elles sont ainsi présentées dans la Théogonie d’Hésiode, qui est l’un des premiers témoignages littéraires : "Les neuf sœurs issues du grand Zeus se nomment Clio, Euterpe, Thalie et Melpomène,Terpsichore, Érato, Polymnie, Uranie, et Calliope enfin, la première de toutes."
Dans leur généalogie la plus couramment admise, celle qu’Hésiode reprend, les divines chanteuses sont issues de l’union de Mnémosyne, déesse de la mémoire, avec Zeus, pendant neuf nuits : "C’est en Piérie qu’unie au Cronide, leur père, les enfanta Mnémosyne, reine des coteaux d’Éleuthère, à elle, neuf nuits durant, s’unissait le prudent Zeus, monté, loin des Immortels, dans sa couche sainte. Et quand vint la fin d’une année et le retour des saisons, elle enfanta neuf filles, aux cœurs pareils, qui n’ont en leur poitrine souci que de chant et gardent leur âme libre de chagrin, près de la plus haute cime de l’Olympe neigeux."
Dès leur naissance, elles vont vers l’Olympe et chantent le triomphe de Zeus; leur chant, organisé autour de l’histoire des dieux, éveille la vocation d’Hésiode au pied de l’Hélicon. Ces deux massifs montagneux sont associés aux Muses, ce qui explique la présence fréquente d’un décor rocheux dans les représentations figurées. En permettant cette vocation, les Muses transforment le poète en voyant d’un genre particulier. Voici comment elles s’adressent à lui: "Pâtres gîtés aux champs, tristes opprobres de la terre qui n’êtes rien que ventres ! Nous savons conter des mensonges tout pareils aux réalités, mais nous savons aussi, lorsque nous le voulons, proclamer des vérités."
D’après certains commentateurs, Hésiode pourrait reprendre ici un vers de l’Odyssée, qui dépeint la force persuasive d’Ulysse : "Tous ces mensonges, il leur donnait l’apparence de vérités." L’allusion possible à l’épopée homérique lui permettrait de se démarquer des propos mensongers d’Ulysse en affirmant le caractère sacré et véridique de sa propre poésie, qui n’est plus seulement humaine, mais divine, car inspirée. Hésiode ne naît donc pas poète, mais plutôt berger. Pour devenir poète, encore faut-il être élu par les Muses et recevoir leur éducation.
Par ailleurs, si le nombre de Muses est variable selon les témoignages, chacune semble avoir un rôle relativement bien établi. Quatre Muses veillent à l’évolution de l’épopée et du chant, marquant la primauté de la musique dans l’univers.Calliope, mère du poète Orphée, épouse d’Apollon, préside à la poésie épique. On la représente souvent entourée de l’Iliade et de l’Odyssée. C’est elle qui est le plus souvent citée par les poètes. Muse de l’histoire, Clio chante la gloire des guerriers et la renommée d’un peuple, à l’aide de la trompette ou de la cithare. La lyre, instrument fréquemment cité chez Homère, accompagne Érato, la Muse de la poésie lyrique. Lyre encore, mais aussi cithare et trompette, autant d’instruments qui entourent Euterpe, déesse de la musique.
Plutôt que les noms précis des Muses, c’est le terme générique qui apparaît chez Homère, souvent au singulier. Dans l’incipit de l’Odyssée, "la Muse" est l’inspiratrice du Poète, puis, dans le chant VIII, de l’aède Démodocos. De façon générale, dans les invocations comme dans les représentations figurées, une seule Muse suffit à représenter ses sœurs. Sa présence est cependant nécessaire pour garantir la beauté et la vérité de la parole poétique.En un temps où l’idée d’auteur est moins nettement définie qu’aujourd’hui, la Muse joue un rôle essentiel. Née d’une oralité secrète, l’inspiration est la seule notion qui vaille. Soufflée par la Muse, elle régit un poète qui ignore le désir de création.
Une chaîne se déploie, reliant la Muse, l’aède, l’auditoire :"De tous les hommes de la terre, les aèdes méritent les honneurs et le respect, car c’est la Muse, aimant la race des chanteurs, qui les inspire." (Odyssée, VIII, 479-481). La Muse, de son côté, fait connaître les événements passés. Il ne s’agit peut-être pas d’un passé historique, au sens moderne du terme, mais plutôt d’"un temps originel, un temps poétique". C’est le temps des héros. Pour qu’elle devienne vérité, la parole poétique est indissociable de la Muse et de la mémoire, et l’aède ne peut opposer à la Muse son propre savoir. Il est inspiré par les voix des Muses "à l’unisson", celles qui, échappant à la temporalité humaine, voient "ce qui est, ce qui sera, ce qui fut". La Muse propose une mémoire omnisciente, non sélective, elle permet au Poète d’avoir accès aux événements qu’il raconte et de déchiffrer l’invisible. "
"Et maintenant, dites-moi, Muses, habitantes de l’Olympe, car vous êtes, vous, des déesses: partout présentes, vous savez tout, nous n’entendons qu’un bruit, nous, et ne savons rien." (Iliade, II, 485-486.). Dans l’Iliade, les Muses voient de manière directe les événements que l’aède souhaite narrer. Cette "autopsie" des Muses, selon le sens étymologique du terme, est opposée au savoir indirect, "par ouï-dire", des poètes qui se contentent de reproduire ce qui leur est indiqué. Le poète entend la voix des Muses et l’inspiration surgit. Ainsi l’Iliade se déploie par le recours à la personne du Poète, instrument aux mains de la Muse. La parole du Poète permet d’échapper au silence et à la mort. Elle lutte contre l'oubli que représentent par exemple les Sirènes, figures antithétiques des Muses mais qui, comme elles, savent "tout ce qui advient sur la terre féconde"(Odyssée, XII, 191). Parfois considérées comme les filles de Melpomène, de Terpsichore ou de Calliope, les Sirènes, remarquables musiciennes, auraient perdu leurs ailes à la suite d’un concours de chant avec les Muses: ces dernières auraient arraché leurs plumes pour s’en faire des couronnes. Honteuses de leur déchéance, elles se seraient alors réfugiées dans les rochers de la côte méridionale de l’Italie, d’où elles attirent les navigateurs.
Ainsi chantent-elles, en promettant au marin Ulysse de lui donner le pouvoir de connaître à l’avance tous les événements à venir. Le héros résiste, car il sait par Circé que leur chant est signe de mort. Son désir est pourtant immense. En luttant contre les voix ensorcelantes de ces Muses maléfiques que sont les Sirènes, Ulysse refuse l’oubli de soi. Son choix éclaire l’acte de l’aède qui se fait le servant des véritables Muses. La Muse maintient la mémoire des hommes et crée l’épopée. Le chant de l’aède porte une identité et insuffle la vie. Le culte des Muses est originaire de Piérie en Thrace. Il s’est répandu ensuite en Béotie autour de l’Hélicon. Il eut pour centres, les villes d’Ascra et de Thespies. Athènes leur consacra une colline voisine de l’Acropole. Delphes les honora aux côtés d’Apollon. Leur ancien caractère de nymphes des sources explique que de nombreuses fontaines étaient consacrées aux Muses.
Les représentations des Muses sont nombreuses, sur les vases peints, les monnaies, les bas-reliefs, les fresques de Pompéi, de nombreuses statues. Un bas-relief au Louvre décorait autrefois les trois faces apparentes d’un sarcophage dit "le sarcophage des muses" du Louvre représente les neuf Muses. En peinture, par le Tintoret, "l’assemblée des Muses sur le Parnasse" présidée par Apollon, par Eustache Le Sueur, les neuf Muses, dans cinq tableaux aujourd’hui au Louvre, par Ingres "la Naissance des Muses" et par Gustave Moreau, "Hésiode et les Muses" (1860). Dans l'inconscient masculin, les Muses incarnent l'image nostalgique de la fée qui console dans les heures douloureuses, panse les plaies psychiques ou qui inspire les grandes œuvres. Cette image souvent magnifiée ,idéalisée est celle de la vierge, terrain inexploré, tabou qui hanta les rêves de maint séducteurs ou de la femme idéale et inaccessible.
Bibliographie et références:
- Apollodore, "Bibliothèque"
- Apollonios de Rhodes, "Argonautiques"
- Hérodote, "Histoires"
- Hésiode, "Théogonie"
- Homère, "Iliade"
- Ovide, "Fastes"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Pindare, "Pythiques"
- Pindare, "Odes et Fragments
"- Platon, "Phèdre"
- Théophraste, "Histoire
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"Et, d'abord, Gaïa enfanta son égal en grandeur, l'Ouranos étoilé, afin qu'il la couvrit tout entière et qu'il fût une demeure sûre pour les Dieux heureux. Et puis, elle enfante les hautes montagnes, fraîches retraites des divines Nymphes qui habitent les montagnes coupées de gorges, et puis la mer stérile qui bout furieuse, Pontos ; mais pour cela, ne s'étant point unie d'amour. Et puis, unie à Ouranos: elle enfante Océan aux tourbillons profonds, et Coéos, et Crios, et Hypérion, et Japet, et Théia, et Rhéa, et Thémis, et Mnémosyne, et Phoebé couronnée d'or, et l'aimable Téthys. Et le dernier qu'elle enfante fut le subtil Kronos, le plus terrible de ses enfants, qui prit en haine son père vigoureux. Et elle enfanta aussi les Cyclopes au cœur violent, Brontès, Stéropès et le courageux Argès, qui remirent à Zeus le tonnerre et forgèrent la foudre. Et en tout ils étaient semblables aux autres Dieux, mais ils avaient un œil unique au milieu du font. Et ils étaient nommés Cyclopes, parce que, sur milieu du front, s'ouvrait un œil unique et circulaire. Et la vigueur, la force et la puissance éclataient dans leurs travaux. Et puis, de Gaïa et d'Ouranos naquirent trois autres fils, grands, très-forts, horribles à nommer, Cottos, Briarée et Gygès, race superbe. Et cent bras se roidissaient de leurs épaules, et chacun d'eux avait cinquante têtes qui s'élevaient du dos, au-dessus de leurs membres robustes. Et leur force était immense, invincible, dans leur grande taille. De tous les enfants nés de Gaïa et d'Ouranos ils étaient les plus puissants. Et ils étaient odieux à leur père, dès l'origine. Et comme ils naissaient l'un après l'autre, il les ensevelissait, les privant de la lumière, dans les profondeurs de la terre. Et il se réjouissait de cette action mauvaise, et la grande Gaïa gémissait en elle-même, pleine de douleur. Puis, elle conçut un dessein mauvais et artificieux. (Hésiode, Théogonie: 126-154)". Dans la mythologie grecque, GaÏa donna naissance au ciel Ouranos, à la grande famille des dieux, et par descendance indirecte, aux êtres vivants. Elle est donc la mère cosmique universelle, indestructible, la plus ancienne des divinités qui régnait sur les océans, les volcans, les rivières, les troupeaux qu'elle a créés. Ses colères produisent les séismes et cataclysmes destructeurs. Mais elle est avant tout la mère qui engendre des formes vivantes en les tirant de sa propre substance. Le culte qui lui était rendu par les hommes primitifs a précédé tous les rites de fertilité liés à l'agriculture. Elle fut chantée par les poètes sur tous les continents, adorée à Delphes comme la maîtresse de l'espace et du temps, et la déesse de la procréation. Les Romains l'adorèrent sous le nom de "Tellus". Gaïa, du grec ancien Γαῖα / Gaîa ou Γαῖη / Gaîē, est une déesse primordiale, c'est la déesse mère, personnification de la Terre. D'après le récit d'Hésiode, il semble bien que Gaïa fut la grande divinité des grecs primitifs. Comme les Egéens, comme les peuples de l'Asie, les grecs ont dû sans doute adorer à l'origine la Terre, en qui ils voyaient leur mère. C'est ce que confirme encore l'Hymne homérique, où le poète dit: "Je chanterai Gaïa, mère universelle, aux solides assises, la plus antique des divinités". Gaïa, "déesse à la large poitrine", qui sur son sol nourrit tout ce qui existe, et par la faveur de qui les hommes ont de beaux enfants et récoltent des fruits savoureux, fut donc un temps la déesse suprême, dont la majesté s'imposait non seulement aux hommes, mais aux dieux mêmes. Plus tard, quand fut établie, victorieuse, la dynastie des Olympiens, le prestige de Gaïa ne fut pas amoindri. C'est elle que les dieux invoquaient encore dans leurs serments : "J'en atteste Gaïa et le vaste ciel qui la domine", proclame Héra, dans l'Iliade, lorsqu'elle répond aux accusations de Zeus. Divinité toute-puissante, Gaïa a non seulement créé l'univers et enfanté les premières races de dieux, mais c'est elle encore qui donna naissance à la race des hommes. Telle est l'interprétation qu'il convient de donner au mythe d'Erichthonios, qu'elle tira de son propre sein pour offrir à Athéna et qui fut le premier habitant de l'Attique. On l'invoquait rituellement en sacrifiant des animaux de couleur noire.
"Donc, avant tout, fut Abîme; puis Terre aux larges flancs, assise sûre à jamais offerte à tous les vivants, à tous les Immortels, maîtres des cimes de l’Olympe neigeux, et le Tartare brumeux, tout au fond de la terre aux larges routes, et Amour, le plus beau parmi les dieux immortels, celui qui rompt les membres et qui, dans la poitrine de tout dieu comme de tout homme, dompte le cœur et le sage vouloir. D’Abîme naquirent Érèbe et la noire Nuit". La puissance de Gaïa se manifestait encore par le don de divination qui lui était dévolu. L'oracle de Delphes, avant de passer aux mains d'Apollon lui appartenait. Par la suite, le rôle de cette déesse alla s'amoindrissant, à mesure que d'autres divinités s'élevaient dans la vénération des hommes. Cependant son culte subsista toujours en Grèce. Elle présidait aux mariages et était honorée comme la prophétesse par excellence. À Patras, les malades venaient la consulter. Elle était particulièrement vénérée à Aegées, à Delphes, à Olympie. Elle avait des sanctuaires à Dodone, à Tégée, à Sparte, à Athènes, près de l'Aréopage. On lui offrait des céréales et des fruits, mais on lui immolait une brebis noire quand on l'invoquait comme gardienne de la sainteté du serment. On la représentait communément sous les traits d'une femme gigantesque.Gaïa personnification de la terre fut, la divinité primitive des Grecs. Mais si son culte subsista à travers les âges, sa personnalité s'effaça devant celle d'autres divinités analogues. À la Gaïa pélasgique, se substitua de bonne heure la Rhéa, d'origine probablement crétoise, qui n'est, elle aussi, que la terre divinisée; on repris la légende de Gaïa pour constituer celle de Rhéa. Les deux couples, Gaïa-Ouranos, et Rhéa-Cronos, reprenaient les mêmes inquiétudes maternelles chez les deux déesses, même fin malheureusede leur époux. Et, de même que les Grecs primitifs faisaient de Gaïa la mère et l'origine première de tous les êtres, la suprématie de Rhéa fut raffermie, car on lui donna pour enfants les grands dieux souverains de l'Olympe. Selon la cosmogonie hésiodique, Gaïa, Gaea ou Tellus personnifie la Terre en voie de formation. Tout de suite après lechaos, elle émergea un jour du néant et donna naissance à un fils, Ouranos. Elle forma avec lui le premier couple divin, mettant au monde une génération de dieux et de monstres: les Titans, les Titanides, les Cyclopes, les Hécatonchires, les Divinités marines dont Nérée et Thaumas qu'elle conçut d'un de ses fils, Pontos, le flot. Elle aida Cronos à mutiler son père en lui fournissant une faucille. Avec Gaïa s'accouplèrent d'autres divinités, le Tartare, entre autres, à qui elle donna le terrible Typhon. On lui attribue également l'enfantement des Harpyes, de Python et de Charybde. Gaïa, Terre-mère, origine féconde de tout, ne tarda pas à prendre dans les cultes grecs et romains une importance considérable. Un hymne homérique la célèbre en tant que divinité de la fertilité du sol et protectrice, en raison de ses nombreux enfants, de la multiplication des êtres humains. Déméter, déesse des Moissons, lui est souvent associée. Assimilée à Tallus par les romains, Gaïa devint, à l'époque classique, une divinité chthonienne ou tellurique. Le poète Hésiode nous livre dans sa Théogonie, la Genèse des Dieux, une version originale de la mythologie grecque, qui fait remonter le temps des origines jusqu’à la cosmologie, les données élémentaires du monde.
"Et de Nuit, à son tour, sortirent Éther et Lumière du Jour, qu’elle conçut et enfanta unie d’amour à Érèbe. Terre, elle, d’abord enfanta un être égal à elle-même, capable de la couvrir tout entière, Ciel Étoilé, qui devait offrir aux dieux bienheureux une assise sûre à jamais. Elle mit aussi au monde les hautes Montagnes, plaisant séjour des déesses, les Nymphes, habitantes des monts vallonnés". Le présent essai d’herméneutique n’est pas philosophique, ni psychanalytique, simplement littéraire. Son objet est une lecture interprétative du mythe de Kronos, un étrange récit qu’on peut entendre comme une légende des temps antérieurs au temps lui-même grâce à l’homonymie de Chronos. Elle déploie la haine originaire de Gaia, la Terre, contre Ouranos, le Ciel. Il l’oppresse, l’étouffe de tout son poids en tous points de l’espace. Chaque nuit Ouranos s’étend sur Gaia, il empêche leurs enfants de venir au monde et la Terre-mère souffre et gémit en ses entrailles. L’issue violente de ce drame cosmique, c’est la castration d’Ouranos par Kronos, fils de Gaia. L’être chtonien aux pensées retorses entend la plainte de sa mère et accède à son désir de se débarrasser d’un géniteur excessivement encombrant et tyrannique. Comment faut-il comprendre le geste de Kronos ? Comment peut-on l’interpréter ? S’il s’agit d’une manifestation de la Haine élémentaire, comment l’articuler à un Amour originel ? La mythologie n’explique rien, elle donne du sens et perpétue nos interrogations. Le mythe de Kronos est énigmatique. Que dit vraiment le mythe, que s’y passe-t-il réellement ? L’aède Hésiode, dont le nom signifie celui qui se fait voix, est peut-être légendaire. Les témoignages de son existence réelle sont postérieurs à sa renommée, l’un d’eux étant autobiographique. Dans son second poème "Erga kai Emerai", "Les Travaux et les Jours", la terre natale d’Hésiode, Ascra en Béotie, est décrite comme un bourg maudit, méchant l’hiver, dur l’été, jamais agréable. Génie de la langue grecque ! L’"Alètheia", la Parole de Vérité, est très proche d’"alètéia", l’errance. Le physicien Empédocle se désignait comme errant malgré sa certitude de parler vrai sous le contrôle des Muses. Paradoxe ? Peut-être pas, si on réfléchit à sa vocation "à la haine et au furieux délire". Le Cosmos, ce grand Vivant à la belle Apparence ne l’a pas toujours été. Il l’est devenu par la haine et la violence. Le monde se fonde sur quatre éléments distincts: Terre, Eau, Air, Feu. Et c’est de leurs rencontres, de leurs oppositions, scissions et réunions, de leurs harmonies et de leurs conflits, que proviennent tous les phénomènes. Empédocle est fasciné par le volcanisme: un événement monstrueux ou miraculeux qui réalise l’impossible. L’air et la terre s’enflamment, l’éruption est une fusion qui s’écoule en rivières de lave incandescente sur les flancs du cratère. La cause du phénomène est inaccessible, enfouie dans les profondeurs de la terre. Le paysage est bouleversé, l’air irrespirable, les nuages de cendre obscurcissent le ciel, la terre se fracasse et s’ouvre sur des béances insondables. La volonté de savoir qui anime le sage ne recule pas face au chaos et à la désolation. Dans sa quête de vérité, elle le précipite dans l’Etna, qui ne rendra que ses sandales. Où sont l’alètheia et l’alètéia ? Les erreurs d’Empédocle résultent de son errance. Sa fascination, sa terreur admirative, le délire du discours poétique, la fureur du désir de savoir. Quelle est la place de la haine dans cette dévastation ? La réponse est dans le texte.
"Elle enfanta aussi la mer inféconde aux furieux gonflements, Flot, sans l’aide du tendre amour. Mais ensuite, des embrassements de Ciel, elle enfanta Océan aux tourbillons profonds, Coios, Crios, Hypérion, Japet, Théia, Rhéia, Thémis et Mnémosyne, Phoibé, couronnée d’or, et l’aimable Téthys. Le plus jeune après eux, vint au monde Cronos, le dieu aux pensers fourbes, le plus redoutable de tous ses enfants et Cronos prit en haine son père florissant". Aristote, philosophe logique, corrige ces errances et remet les éléments en place. Dans sa "Métaphysique", il reproche à son prédécesseur ses incohérences avec un certain mépris ironique. "Empédocle semble dire que le fait que l’amitié et la haine commandent et mettent tour à tour en mouvement est un attribut nécessaire des choses et que, dans l’intervalle, elles se reposent alternativement. Mais, si l’on poursuit et si l’on s’attache à l’esprit, non à la lettre de ses propos, qui ne sont que de misérables bégaiements, on trouve que l’amitié est la cause des biens et la haine celle des maux". Voilà donc notre philosophe de la Haine primordiale et de l’Amour consolateur habillé pour l’hiver ! La physique d’Empédocle n’est pas claire: elle se fonde sur la distinction originaire des quatre Éléments, mais elle les mélange, les réunit pour qu’ils s’opposent et se séparent à nouveau. Tantôt le Tout est harmonieux dans la différence, tantôt il est discordant dans la distinction. Il y a identité, puis altérité. Parfois l’amitié règne sereinement, parfois la haine détruit furieusement. Empédocle échoue à penser le devenir comme unité des contraires, Héraclite, le premier philosophe historique y avait réussi. La psychologie d’Empédocle est équivoque, Aristote la précise au livre II, chapitre 2 de "La Rhétorique" en distinguant la colère de la haine. "On se met en colère lorsqu’on a des ennuis et, quand on éprouve des ennuis, c’est qu’on désire quelque chose. On se met en colère quand les événements sont contraires à notre attente, nous nous fâchons plus contre nos amis que contre ceux qui ne le sont pas". La colère est guérissable avec le temps, la haine est inguérissable. La première cherche à faire de la peine, l’autre à faire du mal, l’homme en colère éprouve de la peine, le haineux n’en éprouve pas. C’est que l’un veut que celui qui a provoqué sa colère souffre à son tour : l’autre que l’objet de sa haine soit anéanti. La colère place hors de soi, parfois parce que l’autre refuse de rester à sa place, alors que l’objet de la haine peut annuler la subjectivité par son omniprésence intolérable. Dans la colère, on est hors-sujet, dans la haine, on est hors-champ, parce qu’un objet obscène occupe toute la scène. Les rectifications d’Aristote et son réalisme peuvent être utiles au présent essai d’herméneutique du mythe de Kronos. Nous l’entreprenons avec un principe non orthodoxe: l’articulation d’une lecture symbolique du récit avec sa lecture réaliste. Autrement dit, nous allons faire comme si la légende était véridique, ou encore, comme si son sens caché était évident. L’avantage espéré est de faire comprendre les apories du mythe, ses impasses et sa répétition. L’histoire de Kronos recommence en effet, dans le texte d’Hésiode, avec Zeus, le premier dieu vivant qui échappe à la dévoration.
"Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large poitrine, demeure toujours sûre de tous les Immortels qui habitent le faite de l'Olympe neigeux ; ensuite le sombre Tartare, placé sous les abîmes de la Terre immense, enfin l'Amour, le plus beau des dieux, l'Amour, qui amollit les âmes, et, s'emparant du cœurde toutes les divinités et de tous les hommes, triomphe de leur sage volonté". Avant la castration du ciel, on ne sait pas qu’il est vide, on le croit, on le fantasme plein, pour oublier sa pesanteur. Le geste de la serpe qui fend l’éther est chrono-logique: le temps commence par un événement initial. La castration est inaugurale, le possible infini s’ouvre sur le réel momentané, instantané, immédiat. La roue du temps ne tourne plus sur elle-même dans le vide, elle tourne sur la terre. Le travail commence, la production du monde humain a désormais lieu d’être, elle se réalise. Grâce à la castration d’Ouranos par Kronos, nous existons. L’existence précède l’essence, il faut exister d’abord (au sens de vivre) pour être ensuite et persévérer dans son être, c’est-à-dire désirer. Aristote a raison : l’homme est un "zoon logikon", le vivant parlant, son devenir étant le "zoon politikon", qui vit dans une cité et discute de ce qui est juste avec ses semblables. Revenons à la Haine originaire et aux hésitations d’Empédocle. En tant que physicien mythologique, il n’a pas compris Hésiode, dont le récit permet à la pensée de se débarrasser du fantasme chtonien de la génération spontanée en lui substituant la reproduction sexuée. Le "néos", le nouveau-né, a pour origine l’union d’une femme et d’un homme, sa vie n’est plus élémentaire mais complexe. Selon Aristote, physicien logique, il n’a pas compris non plus le mouvement qui suppose un monde divisé en lieux d’êtres fixes dont on s’éloigne et que l’on rejoint. Il ne fallait pas mélanger avec ce monde la haine ni l’amour, mais les laisser à l’extérieur, comme désirs humains, tour à tour destructeurs et constructeurs. L’aventure humaine doit être lisible, pour être compréhensible, nous devons la prendre avec nous. Le geste castrateur de Kronos est celui d’un "lieu-tenant", un officier agissant sur l’ordre de sa mère-capitaine, tenant de lieu d’être à ce qui n’a pas encore eu lieu: l’événement de la Haine primitive. L’espace terrestre mobile, la surface de la Terre "à la large poitrine" était agité de sursauts: les tremblements de terre, les éruptions volcaniques. Gaia souffre, elle se plaint et gémit, elle est en colère. Kronos le Haineux entend sa plainte, répond à sa colère. Mais sa réponse se retourne contre lui: le mouvement violemment circulaire de la serpe fendant l’espace le mutile réellement en s’achevant. La haine de Kronos est sans objet : le ciel n’est pas un père, le ciel est vide et silencieux parce qu’il n’a rien à dire. Le lieutenant Kronos obéit, il suit les ordres du capitaine Gaia en rétablissant l’ordre naturel contre l’hubris, l’excès de la copulation permanente. La jouissance stérile est abolie, la jouissance féconde lui succède. Le genre humain peut se reproduire, s’auto-engendrer, et il n’y a plus de génération chtonienne, plus d’autochtones, de Terriens, encore moins d’enfants de la terre qui seraient muets.
"Ensuite les habitants de l'Olympe produisirent une seconde race bien inférieure à la première, l'âge d'argent qui ne ressemblait à l'âge d'or ni pour la force du corps ni pour l'intelligence. Nourri par les soins de sa mère, l'enfant, toujours inepte, croissait, durant cent ans, dans la maison natale". Kronos n’est pas né, c’est le fils chtonien de Gaia, la Terre Immense, retenu dans ses entrailles obscures par Ouranos, le Ciel qui recouvre la Terre en permanence. Ses pensées sont retorses parce qu’elles sont d’emblée haineuses, comme l’oppression de la Terre par le Ciel immensément pesant. Gaia veut s’en détacher, respirer, prendre l’air pour se remuer, ne plus être confinée dans son immobilité douloureuse. Quelque chose doit être tranché, il faut créer un espace vide entre la Terre et le Ciel. L’air, l’éther, doivent être fendus, déchirés pour que les fruits de la terre voient enfin le jour et qu’ils s’alimentent de la lumière. Cette opération sera une castration: parce qu’Ouranos s’unit à Gaia en permanence, cela doit cesser. Kronos est le seul à répondre à la demande de Gaia qui a fourbi dans ses entrailles l’arme du crime, une serpe à la lame affutée, capable de déchirer les chairs les plus coriaces. Ouranos n’est pas un père réel, il n’en a pas la cohérence matérielle, le ciel ne contient que de l’air en mouvement. Le drame se noue dans le geste rapide et violent de Kronos qui ne rencontre naturellement aucun attribut viril, mais se termine sur ceux de son auteur. Kronos se châtre lui-même en croyant châtier son père haineux. Ses bourses retombent sur terre avec le sang de la blessure, le sperme tombe dans la mer, forme l’écume des flots ("aphrós" en grec), dont va naître Aphrodite, la Vénus des Romains, déesse du désir, de l’amour et de la sexualité. Le Cosmos se structure ensuite comme un continuum spatio-temporel. Il y aura une chronologie de l’action, des faits comme des phénomènes. Mais le destin tragique de Kronos n’est pas achevé. Le non-né s’est auto-mutilé, ses frères et sœurs monstrueux et divins sortent des ténèbres mais lui, il ne peut engendrer. Que peut-il se passer ? L’éternel retour du même. Kronos épouse Rhéia, sa sœur, autre figure de Gaia la Terre. De leur union incestueuse sont issus des enfants à nouveau chtoniens, et Kronos recommence l’histoire d’Ouranos. Redoutant d’être détruit par eux, saisi par la haine, il les dévore à leur naissance. Goya a représenté dans une des Peintures noires de sa maison un Saturne, transposition romaine de Kronos, en ogre furieux au regard halluciné qui dévore un de ses fils. Pour échapper à la dévoration, il demande à Rhéia de le transformer en pierre recouverte de langes qui trompent l’ogre chronophage. Ne pouvant naturellement digérer la pierre, Kronos est forcé de la vomir. Après cet événement de répulsion originaire, Kronos est réduit à l’impuissance: il n’engendrera plus rien, l’âge des Dieux olympiens est venu, il sera suivi de l’âge des Hommes enfin, après le combat des Dieux et des Titans. On n’en a pas fini pour autant avec la répétition, qui se poursuit dans la Tragédie inventée par les Grecs pour opérer la catharsis, la purification des pulsions et des passions haineuses. Œdipe en est le paradigme. C’est le dernier fils de la Terre, il se croit tel parce qu’il se pense orphelin. Le berger-esclave qui l’a recueilli lui a traversé les jarrets pour y faire passer une corde afin de le transporter sur ses épaules. Il en restera claudiquant, ce qui lui vaudra son surnom de "Boiteux", qui s’applique aux enfants chtoniens dans les mythes.
"Parvenu au terme de la puberté et de l'adolescence, il ne vivait qu'un petit nombre d'années, accablé de ces douleurs, triste fruit de sa stupidité, car alors les hommes ne pouvaient s'abstenir de l'injustice; ils ne voulaient pas adorer les dieux ni leur offrir des sacrifices sur leurs pieux autels, comme doivent le faire les mortels divisés par tribus". Lévi-Strauss, dans la méthode structuraliste, l’interprètera comme une impossibilité de s’appuyer sur la Terre pour reprendre des forces. Œdipe réalise la sinistre prophétie: en chemin, il croise son véritable père et le tue. Ayant répondu à la question du Sphinx, il prend la place de ce père, épouse la reine de Thèbes, Jocaste, qui est sa véritable mère. Le plus clairvoyant des hommes n’a rien vu venir. Il quittera la ville après s’être auto-puni en se crevant les yeux. Ce que Freud appelle complexe d’Œdipe n’est, selon Lévi-Strauss et René Girard, que la pitoyable histoire d’un bouc émissaire chassé de la Cité pour y avoir apporté l’obscénité scandaleuse du mal. Œdipe est le dernier chtonien victime de la haine des hommes, cette Haine originaire, élémentaire, dont nos désirs proviennent peut-être. Selon la Théogonie d'Hésiode, Gaïa fut la première créature à naître du Chaos primordial, en même temps que leTartare, le monde souterrain, Nyx, la nuit, l'Erèbe, les ténèbres et Eros, la divinité de l'amour générateur. Gaïa donna naissance à Ouranos, le ciel; Pontos, le flot et aux hautes montagnes. Ouranos s'unit alors à sa mère et engendra les Titans et les Titanides, parmi lesquels figurent Cronos et Rhéa, les parents de Zeus et de ses frères et sœurs. Egalement Océan et Thétys, les divinités de l'océan, fleuve coulant alors autour de la terre. Ouranos et Gaïa engendrèrentaussi les trois premiers cyclopes (Brontés, Stéropès et Argés), les Hécatonchires (Cottos, Biarée et Gyés). Nyx et l'Erèbes'unirent pour donner naissance à Héméra (le jour) et Aether (le ciel supérieur). Ouranos avait en horreur les montrueux cyclopes et les géants aux cent bras; il ne leur permit pas de voir le jour et les repoussa dans le sein de leur mère,de sorte que le corps de Gaïa fut déchiré par la douleur. Indignée par la tyrannie de son époux, elle donna à son fils Cronos une faucille en silex et lui ordonna d'émasculer son pèrelorsque, la nuit venue, il s'étendait. Cronos obéit et lança les organes génitaux tranchés loin dans la mer. Des gouttes desang qui tombèrent sur la terre, naquirent les Erinyes (furies), les Géants et les Méliades. Gaïa aida Rhéa, la femme de Cronos qui dévorait également ses enfants, à sauver le dernier né Zeus. Au moment où Cronos allait avaler l'enfant, elle lui donna une grosse pierre qu'il dévora à la place, puis elle cacha le bébé dans une grotte, en Crète, où il grandit. À l'âge adulte Zeus, se révolta contre son père. Il délivra ses frères et soeurs. Il libéra les cyclopes et les hécatonchires prisonniers dans le tartare, les arma d'éclairs; le combat dura dix ans et lorsque Zeus remporta la victoire, il emprisonna lesTitans ennemis et, parmi eux, son père, dans les profondeurs du Tartre. Mais cela mécontenta Gaïa, qui jugea tyrannique l'emprisonnement des Titans. Elle s'unit au Tartare et enfanta le monstre Typhon qui pris sa défense. Par ailleurs, elle incitales géants conduits par Eurymédon et Porphyrion à se rebeller contre Zeus: cette guerre fut la "Gigantomachie". Gaïa produisit une herbe dont le suc rendit les géants immortels et invincible à la guerre.
"Bientôt Jupiter, fils de Saturne, les anéantit, courroucé de ce qu'ils refusaient leurs hommages aux dieux habitants de l'Olympe. Quand la terre eut dans son sein renfermé leurs dépouilles, on les nomma les mortels bienheureux; ces génies terrestres n'occupent que le second rang, mais le respect accompagne aussi leur mémoire". Zeus fit régner partout l'obscurité et découvrit lui-même la plante qu'il cueillit. Puis, avec beaucoup de difficulté, il réussit à vaincre ses ennemis, avec l'aide des dieux et des déesses qui lui étaient fidèles. Il enferma alors les Géants dans la terre, d'où ils étaient sortis. Mais Gaïa rendit aussi un service à Zeus. Quand celui-ci épousa Métis en premières noces, elle lui prédit que le fils néde cette union le remplacerait sur le trône des dieux; aussi il avala Métis. il fit jaillir Athéna. Gaïa assista au mariage de Zeus et d'Héra et offrit à Héra les pommes d'or que gardaient les Hespérides. Elle passait pour l'inspiratrice de nombreux oracles et prophéties. C'est elle qui, selon la légende, fonda le sanctuaire pythique de Delphes, où, à l'origine, un culte lui était rendu. Elle transmit le sanctuaire à Thémis, mais celle-ci céda ses droits à la Titanide Phoebé, qui, à son tour, offrit l'oracle à Apollon. Le serpent python appartenait à Gaïa et, lorsque Apollon le tua, il dut la dédommager du meurtre, fonder les jeux pythiques et employer la prêtresse pythique pour rendre ses oracles. Gaïa veillait à l'accomplissement des serments, dont beaucoup étaient prononcés en son nom. Elle punissait ceux qui les rompaient et leur envoyait les Erinyes pour la venger. Elle s'unit à Pontos et donna naissance à des divinités marines: Nérée (le père des Néréides et de Thétis), Thaumas, Phorcys, Ceto et Eurybie. Elle eut aussi d'autres enfants, dont des monstres, comme Echidno qu'elle engendra avec le Tartare, Erichthonion, qui naquit de la semence d'Héphaïstos et, selon certains auteurs, Triptolème, qu'elle eut d'Océan. Elle produisit le scorpion, qui attaqua le chasseur géant Orion, lorsque ce dernier menaça de détruire toutes les bêtes sauvage de la terre, et lui infligea une morsure mortelle. Gaïa possédait de nombreux autels dans toute la Grèce, alors que son époux n'en avait aucun. Progressivement, on en vint à mépriser cette vision primitive de la nature, et l'homme moderne, imbu de cartésianisme e tde matérialisme, oublia le rôle fondamental joué par la Terre vivante en tout premier lieu parce qu'elle fut fertile, dans son existence. Il l'a négligée et maltraitée. Cependant, il semble qu'une prise de conscience s'opère actuellement et que l'homme retrouve une vision globale de lui-même comme partie intégrante du cosmos, donnant accès au sacré. Gaia et Ouranos ne sont ni mère ni père. Ce sont des métaphores de l’origine ("origo", naissance, provenance), fantasmatique de la vie elle-même. L’idée d’origine renvoie dans le passé le plus éloigné l’impossibilité d’un premier commencement. Comment le temps a-t-il commencé ? Depuis quand y a-t-il des êtres vivants ? Il n’y a pas de raison du premier commencement, c’est un événement inexplicable, la béance, d’où émerge l’être soudainement réel.
Bibliographie et sources:
- Aristote, "Métaphysique"
- Georges Bataille, "Les larmes d'Eros"
- Clément d’Alexandrie, "GaÏa"
- Stella Georgoudi, "Les dieux d'en haut"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Hésiode, "Les Travaux et les Jours"
- Homère, "Hymna à Apollon"
- Déméter, "Les Hymnes homériques"
- P. Chantraine, "Dictionnaire étymologique de la langue grecque"
- Sophocle, "Tragédies"
- Rick Riordan, "Héros de l'Olympe"
- John Herbert Varley, "La Trilogie de GaÏa"
- John Weston, "La déesse GaÏa"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Plusieurs divinités étrangères, d'origine orientale, ont fusionné pour constituer le mythe d'Artémis: la Bendis des Thraces, l'AnaÏtis des Perses et des Lydiens, la Dyctrynna des Crétois, protectrice des marins et des pêcheurs, la sanguinaire Artémis de Tauride qui raffolait de victimes humaines, celle d'Ephèse, symbole de la maternité et de la fécondité dont leculte était lié aux prêtresses armées existant à Ephèse et en Asie Mineure, les Amazones. En Arcadie, on adorait la sœur d'Apollon dont elle partageait les exploits et les combats, la demi-sœur d'Hermès, le fruit des amours de Zeus et de Lèto: celle-ci accoucha sans douleur dans l'île aux cailles près de Délos qui lui fut consacrée, où elle avait été transportée sur les ailes du vent du Sud, pour échapper à la colère d'Héra, épouse de Zeus. Neuf jours après sa naissance, Artémis délivra sa mère de son frère Apollon. Artémis avait pour attribut la caille, le chien et la biche. Diane ou Artémis, fille de Latone et de Jupiter, sœur jumelle d'Apollon, née à Délos. Elle est née dans l'île d'Ortygie, triomphant des persécutions d'Héra, un jour avant son frère. Son nom semble venir de l'adjectif grec artémès, signifiant "en bonne santé." Elle vint au monde quelques instants avant son frère. Quand elle fut en âge de satisfaire ses goûts d'indépendance, elle alla trouver son père, lui fit part de ses intentions et le pria d'en favoriser l'essor. Jupiter l'écouta: "D'abord, dit-elle, ne me parlez pas de mariage: je n'en veux à aucun prix. Je veux être libre de circuler à ma fantaisie." Témoin des douleurs maternelles de Latone, elle conçut une telle aversion pour le mariage qu'elle demanda et obtint de Jupiter la grâce de garder une virginité perpétuelle comme Minerve, sa sœur. Jupiter l'arma lui-même d'un arc et de flèches et la fit "Reine des Bois". Il lui donna un cortège de soixante nymphes appelées Océanies et de vingt autres nommées Asies dont elle exigeait une inviolable chasteté. Déesse de la chasse, elle était représentée vêtue d'une tunique courte chaussée de sandales, un carquois chargé de flèches sur le dos, les cheveux retenus par un bandeau.
Mais elle était avant tout une déesse lunaire formant avec Hécaté et Séléné un aspect de la triple déesse Lune. Dotée de nombreux pouvoirs, elle provoquait la maladie ou la mort soudaine chez les mortels et pouvait susciter des épidémies et les guérir, et favoriser les accouchements. On l'invoquait pour la fécondité des troupeaux et des femmes. Elle a donné son nom à l'armoise ("artemisia"), plante médicinale employée comme emménagogue. Déesse de la musique sous le nom d'Artémis Hymnea, elle présidait au chant, dansait en compagnie des Muses, des Charites ou des Nymphes. Fière de son éternelle virginité, cruelle et vindicative, préférant aux joies du mariage, celles de la chasse à la guerre, la"Jeune Fille à l'Arc d'Argent" exigeait de ses nymphes une chasteté inconditionnelle. Malheur à celle qui succombait aux avances d'un dieu ! Ainsi, Callisto, séduite par Zeus et découverte par la déesse-vierge, fut métamorphosée en ourse et aurait été mise en pièces si Zeus ne l'avait pas transportée au ciel parmi les Constellations. Elle apparait donc surtout comme la déesse des femmes et des vierges. Quant aux hommes, gare à ceux qui s'aventuraient auprès d'elle. Actéon, fils d'Aristée, qui la contempla se baignant dans un torrent, fut changé en cerf et dévoré par ses propres chiens. En s'associant à son frère jumeau Apollon, elle se venge de Niobé, reine de Thèbes (fille de Tantale et épouse d'Amphion,roi de Thèbes). En mettant au monde sept (ou six) garçons et sept (ou six) filles, Niobé se vante d'être plus féconde que leur mère Léto: Artémis et Apollon tuent par leurs flèches transperçantes six filles et six garçons de Niobé et seulement deux enfants parviennent alors à s'enfuir. Niobé, désespérée, s'enfuit pour se réfugier à Sipyle en Lydie, en Asie-Mineur, chez son père. Là elle est transformée à jamais en une pierre coulant des larmes jour et nuit. La vierge indomptable se laissa cependant attendrir par son compagnon de chasse, Orion mais elle le blessa par mégarde par l'une de ses flèches. Désespérée, elle implora le fils d'Apollon, Asclépios, de le ramener à la vie. Mais Zeus ne lui enlaissa pas le temps et foudroya Orion. Artémis plaça son effigie parmi les étoiles où il est poursuivi par le scorpion pour l'éternité. Une autre tradition prétend qu'Orion essaya de la séduire lors d'une partie de chasse. Furieuse, la déesse appela un scorpion dont la piqûre mortelle eut raison de l'audacieux.
Hippolyte sut lui aussi toucher le cœur d'Artémis. Il se consacra à elle et fit vœu de chasteté, provoquant la jalousie de sa rivale, Aphrodite. Pour se venger, celle-ci inspira à Phèdre, l'épouse de Thésée, père d'Hippolyte, une folle passion pour son beau-fils qui dédaigna ses avances. Furieuse, Phèdre la calomnia auprès de Thésée qui chassa son fils et demanda à Poséidon de le punir sévèrement. Hippolyte fut déchiqueté par ses propres chevaux effrayés par un monstre marin envoyé par le dieu des océans. Artémis lui fit don de l'immortalité et la légende veut qu'il continue à vivre près du lac d'Aricie. Artémis, pour aider son frère Apollon, perce de ses flèches l'infidèle Coronis, la mère d'Asklépios. Dans l'épopée de la guerre de Troie, Artémis empêche temporairement le départ des flottes des armées grecques vers la ville de Troie en levant des vents contraires car elle se juge offensée par le roi Agamemnon qui a tué une biche dans un de ses sanctuaires (ou selon d'autres versions, Agamemnon s'est vanté d'être plus adroit à la chasse que la déesse elle-mêmeou un meilleur arché qu'elle). En interrogeant les oracles, Agamemnon apprend que pour lever cette sanction divine, il doit sacrifier sa fille Iphigénie à Artémis. Pressé dans son entreprise guerrière, Agamemnon accepte ce sacrifice mais au dernier moment, Artémis sauve Iphigénie en lui substituant, sur le bûcher, une biche; elle la transporte dans les airs et elle fait d'elle sa prêtresse en Tauride. Artémis envoie un sanglier qui dévaste le royaume de Calydon, car son roi Œnée, lors d'un sacrifice offert à toutes les divinités d'Olympe pour les remercier d'avoir donné de bonnes récoltes, avait oublié de lui en consacrer une partie. Une ourse était entrée dans son enceinte sacrée près d'Athènes et elle avait été apprivoisée par les visiteurs du temple. Un jour, l'ourse, n'en pouvant plus, griffe une petite fille, qui ne cessait pas de l'agacer. Les frères de la petite fille, furieux, tuent la bête; Artémis se juge offensée dans son propre sanctuaire, alors elle se venge en dévastant la cité d'une peste. Suite à cette sanction divine, les fillettes d'Athènes viennent au temple d'Artémis apprendre à être sages "faire l'Ourse", en courant et dansant, torches en mains, pour la Déesse.
"Les femmes sentent-elles vraiment que telle ou telle parole passe sur les lèvres sans sortir du cœur ?" Elle habite dans des régions portant en grec le nom d'eschatiai: les extrémités, les confins extrêmes des territoires des hommes, les limites du territoire cultivé et de l'espace sauvage, les frontières entre la Civilisation et de la Sauvagerie, dans les montagnes, les bois et les sombres forêts, la où elle chasse les animaux sauvages. Elle descend aussi vers l'Océan, vers les embouchures des fleuves, les lagunes et les marécages et les bords des lacs et des fleuves. La nuit, elle danse avec ses Nymphes, sur la prairie. Déesse de la chasse et de la nature sauvage, "Dame des fauves" d'après Homère dans l'Iliade, elle est belle, chaste, vierge et farouche, avec des grands talents de chasseresse. Son temple le plus célèbre était incontestablement celui d'Ephèse. Durant deux cent vingt ans, toute l'Asie concourut à le construire, l'orner et l'enrichir. Les immenses richesses qu'il contenait furent sans doute la cause des différentes révolutions qu'il éprouva. Ou prétend qu'il fut détruit et reconstruit sept fois. Cependant l'histoire ne mentionne que deux incendies de ce temple: le premier par les Amazones, le second par Erostrate, la nuit même où naquit Alexandre. Il fut entièrement détruit l'an 263, sous l'empereur Gallien. Artémis est identifiée, à Rome, avec Diane la chasseresse. Comme Apollon, elle a différents noms: sur la terre, elle s'appelle Diane ou Artémis, au ciel, la Lune ou Phébé, aux Enfers, Hécate.Artémis appartient à la race des déesses frondeuses, ancètres de toutes les militantes du monde, suffragettes, féministes,chouannes, communards. On retrouve en elles l'élan dynamique de tous ceux qui luttent ardemment pour la liberté sociale ou sexuelle ou pour l'émancipation de la femme. Sur le plan psychologique, la légende des guerrières combattant l'homme, les armes à la main, figure la victoire de l'animus, principe masculin, au détriment de l'anima, principe de la féminité. Pour les psychanalystes, le mythe d'Artèmis et des déesses vierges-guerrières est l'illustration du complexe de castration, se manifestant chez la femme par l'inacceptation de son sexe et de sa fonction naturelle.Le mythe d'Artémis et Actéon se trouve dans l’iconographie grecque dès l’époque archaïque. Actéon, soit par imprudence, soit par désir, ne peut que voir la déesse nue, unique parmi les Nymphes, car, dit l’Odyssée, elle les dépasse toutes en grandeur et en beauté. La France continua à donner son essor à ce fragment mythique dans la sauvagerie policée du Fontainebleau de François I er, et les amours de Diane de Poitiers et d’Henri II jusqu'au bain de Diane, raffinée, par Boucher au XVIIIème siècle: une femme dénudée non plus étrange comme Artémis, mais désirable.
La pudeur et la virginité d’Artémis sont une allégorie des interdits qui protègent la nature. La vengeance de la "Dea silvarum" est celle de l’ordre du monde mis en péril par une pulsion excessive, l’hubris, la démesure. Cette pléthore de références ayant transcendé les siècles et connu des mutations idéologiques conséquentes, brouille les pistes et rend le personnage de Diane d’autant plus énigmatique. Actéon l’a payé de sa vie, Tirésias de sa vue, ou encore Sémélé, la mère de Dionysos, fut-elle consumée à l’instant de voir Zeus, son amant. Les métamorphoses des dieux protègent les hommes : l’éclat du corps divin est trop intense pour être supporté par les obscurs humains. Mais aussi, ce voile qui recouvre le regard des hommes est signe de méconnaissance : ils ne peuvent déceler la présence divine derrière leurs formes multiples. Cela est un cadre général du monde grec : le divin ne se donne pas, il se dérobe. Malheur à qui ira contre cette loi, qui fait partie des vieilles lois divines, celles de Cronos, comme l’a formulé Athéna. Mais aussi, bien connue est l’impitoyable volonté des dieux : la guerre de Troie en est parsemée. Artémis y joua, entre autres, un rôle fameux: c’est à elle qu’Agamemnon sacrifia sa fille Iphigénie, déclenchant la tragédie des Atrides. Deux causes à cela, nous dit le mythe dans son chatoiement, sans qu’il soit besoin de choisir entre l’une et l’autre. La première version avance que, s’étant arrêté sur la route de Troie, à Aulis, le roi tua une biche lors d’une chasse et eut l’impudence de comparer son adresse à celle d’Artémis. La seconde affirme que, alors qu’Iphigénie était toute jeune née, Agamemnon promit à Artémis le plus beau fruit de l’année, promesse qu’il ne tint pas. Bien plus tard, la déesse se souvint de cette parole non accomplie, et réclama le plus beau fruit de cette année-là. Iphigénie fut sacrifiée. Légèreté d’Agamemnon, qui dans l’un et l’autre cas traite avec désinvolture la déesse. Dès les premiers vers de l’"Iliade", Artémis s’affirme dans son intransigeance. Déesse de la chasse et de l’"eschatia", les zones des confins sauvages du territoire de la cité, c’est une vierge farouche, à la fois présidant aux accouchements et tueuse de femmes. Elle est patronne de la "paidéïa", de l’éducation de la jeunesse et des rites de passage. C’est aussi la déesse des tromperies dans les guerres dites "d’anéantissement". Enfin, son culte fait appel au masque, comme c’est le cas de Dionysos, le dieu de l’ivresse et de la possession féminine, et de Gorgô ou Méduse, l’ultime figuration de la mort dans la culture grecque.
Il faut se méfier des idées reçues et de la littérature accumulée au cours du temps. Son image s’accorde avec l’idée que les Anciens se faisaient de la nature. Ils ne la voyaient pas à la façon doucereuse de Jean-Jacques Rousseau ou des promeneurs du dimanche. Ils la savaient redoutable aux faibles et inaccessible à la pitié. C’est par la force que Diane-Artémis défend sa pudeur et sa virginité, c’est-à-dire le royaume inviolable de la sauvagerie. Elle et son frère Apollon sont nés à Délos, l’île sacrée du dieu solaire, lieu où aucune femme durant l’Antiquité ne pouvait accoucher et aucun humain mourir. Délos, île vagabonde, est arrimée au fond marin depuis le temps de cette naissance double. Létô y accoucha seule, sous le coup de la vindicte jalouse d’Héra. Artémis, sortie première du ventre maternel, aida à la délivrance d’Apollon. Elle est depuis lors la déesse qui préside aux accouchements, qui est nomos des dieux et non loi humaine, elle se nomme alors Artémis "Lokhia" (Accoucheuse). "L’hymne à Artémis" de Callimaque fait préciser à la déesse, encore enfant, assise sur les genoux de Zeus cette fonction: "J’habiterai les monts et ne fréquenterai les cités des hommes qu’appelée à l’aide par les femmes que tourmentent les âpres douleurs; les Moires, à l’heure même où je naquis, m’ont assigné de les secourir, car ma mère me porta et m’enfanta sans souffrance, et sans douleur déposa le fruit de ses entrailles". Artémis "Courotrophore" suit l’enfant plus loin. C’est sous son égide que se déroule l’éducation jalonnée de rituels initiatiques pour atteindre l’âge adulte. L’enfant navigue pour les Grecs entre l’humain et l’animal, entre l’un et l’autre sexe. Il n’est pas encore fini, il est indéterminé, il flotte entre deux mondes, sans être tout à fait humain ni tout à fait sexué. Le terme lacédémonien de "pôlos", jeune cheval, désignant à la fois les jeunes filles et les jeunes garçons, vient marquer cette sauvagerie impétueuse commune à la jeunesse. Ainsi comprend-on que les jeunes soient des êtres à dresser et fassent l’objet d’une éducation dont la dureté est la règle, spécifiquement à Sparte. Les Lacédémoniens font de leurs filles des femmes lors d’un rituel dédié à Artémis durant lequel elles ont d’abord la tête rasée pour accéder au statut de jeunes mariées: les cheveux coupés des jeunes femmes s’opposent à la fois à la chevelure flottante des jeunes filles et à la longue chevelure des hommes. Raser les cheveux des femmes revient donc à les dompter, à les désensauvager et à les soustraire à Artémis pour les introduire dans les mondes d’Héra et d’Aphrodite.
"L'Iliade est, ou renferme, la plus ancienne littérature grecque. Il est écrit dans une langue riche et magnifique, aboutissement manifeste d'une recherche expressive séculaire, preuve irréfutable de civilisation". À Athènes, les jeunes filles donnaient leur poupée à Artémis, se défaisant de leur chère chose, se libérant de leur enfance, pour pouvoir elles-mêmes enfanter. Un groupe de filles, représentant leur classe d’âge, étaient recluses entre cinq et dix ans dans l’Artémision de Braurôn, au bord de la mer, dans les méandres marécageux d’un fleuve. Cette réclusion, qui est équivalente à un retour à la sauvagerie, est une expiation, celle du meurtre d’une ourse apprivoisée, animal artémisien vivant dans l’enclos sacré, tuée par des frères en représailles d’un coup de griffe donné par l’animal à leur sœur. La colère de la déesse lança la peste sur Athènes. Depuis, les recluses font les "Ourses", elles courent dans l’enclos du sanctuaire sauvage, torches en main, dansant et chantant pour expier le meurtre et apaiser la déesse. À Braurôn, les petites filles apprennent à devenir sages dans une traversée de la sauvagerie. Artémis est la déesse du passage, du moment transitoire où les choses sont encore indéterminées, mais où l’éducation est tout de même là pour tracer un chemin. Quand une guerre éclate, Artémis se fait "Sôteira", Sauveuse, pour ses amis, cruelle pour ses ennemis. Les ruses d’Artémis brouillent les pistes, rompent les liens entre les signes et ce qu’ils désignent en leur usage courant, ses subterfuges corrompent l’entendement. À Mégare, Artémis perd les Perses ennemis dans la sauvagerie des montagnes, faisant tomber une nuit inopinée, les effrayant de se sentir perdus et les rendant attentifs à un rocher qui gémit de bien humaine façon : ils épuisent toutes leurs redoutables flèches contre cette voix de pierre et la gabegie de leurs munitions en fait des vaincus. Artémis brouille les esprits aussi bien que les chemins, la panique qu’elle impose transforme les Perses pleins de fureur en guerriers apeurés à l’esprit confus. Ce qui guide Artémis, à l’instar de son frère Apollon, c’est l’horreur de l’"hybris". Elle n’est pas purement, comme le sont Athéna et Hermès, une figure de l’intelligence rusée, de la "mètis". Il semble en fait que ses stratagèmes se fondent toujours en un miroir tendu à la victime pour qu’elle y mire l’horreur de sa sauvagerie. Pas tout à fait éloignée, pas tout à fait pareille, les Grecs font d’Artémis une étrangère, à l’instar de Dionysos, le dieu du vin et de la transe, dieu qui conduit les femmes sur les territoires ensauvagés d’Artémis. C’est sous l’effet de la "mania" divine que les ménades dévorent la chair crue des faons. Artémis est effectivement une étrange déesse: la sauvagerie de la chasse saute aux yeux quand se brouille l’image de la statuaire classique de la course d’Artémis dans les bois: court vêtue du chiton relevé pour ne pas entraver ses mouvements, le manteau attaché autour du buste et l’arc vacant sur une épaule, sur l’autre le carquois.
"Les mythes représentent la science des premiers âges, ils sont le résultat des premières tentatives des hommes pour expliquer ce qu’ils voient autour d’eux." Artémis n’est pas que l’altière vierge. Elle est dégoûtante de sang, elle dépèce le gibier, elle enfonce le poignard dans les chairs pour en nourrir les Cyclopes et Héraclès, puisque les dieux, eux, ne mangent ni ne saignent: l’ambroisie leur donne la vie éternelle et seule la fumée des sacrifices les nourrit. Si la pensée grecque a tenté un traitement du réel débordant de l’humanité en domptant les pulsions via la "paidéïa", elle a su en même temps que cela jamais n’était gagné. Il suffit d’un rien, d’un manquement même accidentel aux dieux, pour que le monde se mette à sonner des bruissements de l’entrée dans l’"hybris", le hors-limite. Celui qui est pris par elle ne soutient plus le lien social, il vient le détruire de l’intérieur comme Méléagre, et en sera à son tour consumé. L’intolérance, voire la cruauté d’Artémis face aux franchissements de la limite en font une déesse soutenant une certaine fonction. Elle vient frapper celui qui dépasse les frontières imposées par la Loi. Nous y reconnaissons l’agent de la castration, le père qui endosse le masque d’Artémis et vient en agiter l’horreur. Qui ne consent à perdre se retrouvera démuni de tout. Les terres des confins, les terres sauvages, sont des lieux d’une jouissance sans frein, pour autant que les humains y amènent quelque chose. Car si la déesse mène une chasse terrible dans les "eschatiai", elle n’est pas pour autant du côté des satyres, elle est vierge et ce n’est pas pour rien, elle y règne en maintenant pour les humains les limites de ce qui fait "hybris", fureur, excès de jouissance. Artémis a lâché ses chiens sur Actéon qui a dépassé les bornes d’une jouissance interdite . On ne dérobe pas du regard la nudité des déesses. La déesse est aussi et en même temps une figure de la jouissance dans ce qu’elle a de pulsionnel et ça jouit dans les bois. Ça jouit autrement, ça jouit hors sexe, ça jouit comme cela aurait pu être avant la castration, ça jouit aussi bien de la mort. Artémis est celle qui s’est soustraite à la castration. Elle n’en est pas passée par les rites de passage, qui lui sont pourtant dédiés, qui transforment les cavales furieuses en femmes à marier. Elle est restée pouliche impétueuse, imprégnée du trop vivant de la pulsion. C’est aussi bien son côté capricieux, c’est la face sombre de la colère de "Lokhia", qui donne la vie aussi bien qu’elle en prive. Vivant pulsionnel, jouissance infantile, tel est aussi ce qu’incarne Artémis et qui apparaît sous le voile de la virginité. Domaine somme toute du féminin, repéré par les Grecs comme étant ce qui échappe radicalement à la culture et ce qui vient la travailler de l’intérieur. Diane de Poitiers est morte à l'âge de soixante-six ans, vraisemblablement d'une intoxication à l'or. Diane buvait quotidiennement un élixir contenant une forte concentration d’or dont on pensait à l'époque qu'il ralentissait les traces du temps. Le taux d'or dans ses cheveux a été mesuré à 250 fois la normale. "Chante Artémis, Muse, la sœur de l’Archer, la Vierge qui se réjouit de ses flèches, nourrie avec Apollon, et qui, ayant fait boire ses chevaux dans le Mélès plein de joncs, pousse son char d’or, à travers Smyrnè, sur Klaros où croissent les vignes, et où Apollon à l’arc d’argent est assis, attendant la chasseresse qui se réjouit de ses flèches". (Hymnes homériques à Artémis).
Bibliographie et références:
- Walter Burkert, "La déesse Artémis"
- Callimaque, "Hymne à Artémis"
- Pierre Grimal, "Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine"
- Jennifer Larson, "Les Grandes divinités de la Grèce"
- Sofia Souli, "Mythologie grecque"
- Pierre Ellinger, "Artémis"
- Fritz Graf, "Artémis"
- Gérard Mussies, "Artémis"
- Myriam Dennehy, "Artémis, déesse de tous les dangers"
- Stephanie Lynn Budin, "Artémis"
- Pascale Macary-Garipuy, "De Diane à Artémis"
- Christian Mazet, "Le mythe Artémis"
- Murielle Szac, "Le feuilleton d'Artémis"
- Pilar Fernandez Uriel, "Le regard d'Actéon"
- Jean-Pierre Vernant, "Figures de l'autre en Grèce ancienne: Artémis"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Fille de Cronos et de Rhéa, sœur de Zeus, mère de Perséphone ou Coré, déesse de la terre, du blé et de l'épeautre, à la chevelure blonde comme les blés, Déméter, en grec ancien "Δημήτηρ", suscita l'amour des grands dieux de l'Olympe mais ils ne parvinrent pas à l'émouvoir. Aussi employèrent-ils ruse et astuces. Poséidon se métamorphosa en cheval alors qu'elle s'était transformée en jument pour échapper à ses brûlantes avances. De cette union naquirent le coursier Aréion, muni d'un pied humain et doté de la parole, et une fille, Despoena. Ce mythe expliquerait une invasion hellène de l'Arcadie et l'importation de chevaux de grande taille qui faisaient l'objet d'un culte au-delà de la mer Caspienne. Elle refusa également de se soumettre au désir de Zeus qui se transforma en taureau pour la séduire. Il lui donna un fils, Iacchos, et une fille, Coré, qui fut plus tard identifiée à la reine des Enfers, l'épouse de Hadès, Perséphone. Mais elle se laissa toucher par l'amour du Titan Iason. Ils s'unirent ouvertement dans un champ trois fois labouré et donnèrent le jour au dieu de l'abondance, Ploutos. Furieux, Zeus exécuta son rival en le foudroyant. Mais la légende de Déméter est fondée principalement sur l'enlèvement de Perséphone, dans la plaine d'Eleusis en Attique, par Hadès, le roi des Enfers, alors qu'elle admirait un narcisse. Pendant neuf jours et neuf nuits, Déméter parcourut la Terre pour retrouver sa fille. Le dixième jour, le nom du ravisseur lui fut révélé par Hélios. La mère outragée refusa de regagner l'Olympe et se réfugia chez le roi d'Eleusis, Céléos, époux de Métanire. Voulant accorder l'immortalité à leur fils Démophon, elle le tint soulevé au-dessus du feu "pour consumer son humanité", mais surprise par l'entrée inattendue de Métanire, elle laissa tomber l'enfant dans le feu et il mourut. Pour la consoler, Déméter confia un épi de blé à un autre fils, Triptolème et lui confia la mission de parcourir la Grèce pour enseigner aux hommes l'agriculture et la fabrication du pain. Elle se rendit également en Attique chez Phytalos et lui donna l'olivier et le figuier. Puis elle se retira à Eleusis, préparant une année de disette, afin de se venger du rapt de sa fille. Car, pendant son errance, les arbres n'avaient plus de fruits, l'herbe se desséchait, la race humaine était alors menacée d'extinction.
Zeus envoya Hermès chercher Perséphone. Mais Hadès refusa de la laisser partir sous le prétexte que celle-ci avait goûté à la nourriture infernale, ce qui lui rendait inaccessible le monde des vivants. Il fallut trouver une ruse ou un compromis. Il fut décidé que la Reine des Enfers demeurerait avec sa mère pendant six mois (printemps,été) et avec Hadès les six autres mois (automne,hiver). Cette division de l'année symbolisant le cycle de la végétation, la tristesse hivernale suivie de la joie printanière et de l'épanouissment de la vie. Le culte de Déméter était un rituel agraire basé sur le cycle des morts et de la renaissance, la culture du blé; la descente aux enfers de Perséphone représentant le séjour du grain dans les silos. La déesse de la germination symbolise le passage de la nature à la culture, du sauvage au civilisé. Ces cérémonies étaient célébrées dans de nombreux pays grecs en novembre, après les récoltes de l'année et les semailles d'hiver. Les fêtes, originellement célébrées en plein air, devinrent entre 650 et 600 avant J.C des "Mystères", comme ceux de la déesse égyptienne Isis, importés à Eleusis qui passait pour le centre de l'agriculture, et destinés à procurer l'immortalité aux initiés qui étaient tenus au secret le plus strict sous peine de châtiments exemplaires. L'initiation avait pour but de procurer aux adeptes une nouvelle conception de l'existence, leur permettant de s'élever au-delà des contingences du temps et de l'espace. Ces "Mystères" comprenaient les "Petites Eleusines", marquant le retourde Perséphone. C'était l'initiation du premier degré, la préparation procurant la "palingenèse" (renaissance) en Zagreos.Les néophytes se livraient à des purifications et à des pratiques ascétiques. Elles avaient lieu tous les ans en février.
"Vivre, c'est sentir. Sentir c'est osciller entre un état d'insatisfaction et un état de satisfaction." Le vingt-deuxième jour coïncidait avec les semailles d'automne. Pendant la nuit, les mystes se rendaient dans un édifice carré entouré de gradins de pierre soutenu par quarante-deux colonnes, le "télestérion" et dans un silence absolu, observaient, assis sur les gradins, les cérémonies sacrées se déroulant à l'intérieur du sanctuaire, dans l''anaktoron", où se trouvaient les reliques de Déméter. Des révélations leur étaient faites concernant les formules mystiques et symboliques et les objets cultuels, par l'hiérophante revêtu de ses vêtements sacerdotaux. Les sources littéraires tardives font référence à un breuvage sacré le "kykeon", que les mystes du premier degré, qui avaient fait le serment du secret, absorbaient avant de pénétrer dans le "télestérion" assister au drame reproduisant l'enlèvementde Coré-Perséphoné. Tandis que seuls les mystes du second degré avaient le droit d'assister à la cérémonie sacrée. L'abstinence et la chasteté étaient de rigueur pendant toute la durée du festival qui se terminait par un banquet et des danses. Le service était assuré par des prêtres: l'hiérophante, le dadouque, l'hiérokéryx ou héraut sacré et l'épithomios. Dispensatrice de la végétation, Déméter avait pour attributs le myrte, le narcisse, et la brione. Les Romains l'appelaient"Céres", déesse de la moisson, dont le culte était assimilé à celui de la déesse Terre Primitive, la "Tellus Mater", mère terrestre personnifiant le sol fertile, le fondement sur lequel reposent les éléments qui s'engendrent les uns aux autres."Tellus Mater" était représentée avec plusieurs mamelles, symbolisant sa fécondité inépuisable. Ce qui est marquant dans le mythe de Déméter, tel qu’il est donné dans l’"Hymne homérique" à propos de la séparation, est ce qui est en amont de la question de la séparation, à savoir que cette séparation n’est pas voulue. Elle vient d’un élément qui est extérieur à la relation mère-fille, de deux hommes, Zeus et Hadès. C’est que, si la dimension de continuum s’affirme ici ce n’est pas seulement par l’attachement de deux êtres l’un à l’autre mais parce que cet attachement se fait non pas entre mère et fils mais entre mère et fille, de femme à femme. La séparation imposée par Hadès ne fait pas que scinder une relation mère-enfant, elle introduit une différence, celle du masculin, au sein de la continuité féminine, elle force les membres de l’union à se confronter avec le principe de différence.
Paul Diel voit dans le monde souterrain le symbole de l'inconscient et la descente de Perséphone en enfer, celui dure foulement du désir. Il attribue aux mystères éleusiens une signification psychologique sous-jacente: pour libérer le désir refoulé, l'homme doit descendre dans le royaume secret de son inconscient pour y découvrir sa véritable nature et les motivations qui sont à la base de son comportement négatif. C’est en mettant en évidence le rapport de Déméter à ce qui est de l’ordre de l’unité que sa confrontation à la séparation prend toute sa force. C’est tout d’abord par rapport à sa fratrie que nous apparaît, dans l’"Hymne homérique", cette problématique démétérienne du rapport à l’unité. En effet, l’époux et le gendre de Déméter sont tous deux ses frères. Pour Déméter, les statuts d’épouse et de belle-mère se situent donc, l’un et l’autre, à l’intérieur d’une consanguinité. Si cette unité par le sang fait problème, ce n’est pas seulement parce que la relation de Déméter à son époux et à son gendre est inscrite dans la fratrie. C’est aussi parce que c’est des profondeurs obscures de cette consanguinité que se trame l’enlèvement de la fille de Déméter. Mais ce n’est pas seulement à propos de la relation entre Déméter et Perséphone que le problème de la confrontation à l’unité est présent dans ce mythe. Déméter, Zeus et Hadès sont tous trois les descendants de Cronos, c’est-à-dire de celui qui a cherché à rester le dieu unique en tentant de dévorer ses enfants et en empêchant l’advenir d’une multiplicité de dieux, en entravant la "division", écrit Schelling. Pour lui, si Déméter s’est refusée à reconnaître le mariage de Perséphone avec Hadès, c’est parce que cela aurait impliqué qu’elle reconnaisse "la métamorphose de l’un en une multiplicité de figures" et qu’elle renonce par là à "l’un exclusif comme effectivement étant", comme s’il y avait donc, dans ce sens, une relation entre le refus d’accepter ce qui est de l’ordre de la séparation avec Perséphone et ce qui concerne la conscience de l’unique. D’où l’espoir du retour de sa fille, d’où la nostalgie de ce qui a été perdu. Mais ce qui caractérise la séparation dans le mythe de Déméter ce n’est pas seulement qu’elle est imposée de l’extérieur, c’est aussi qu’elle conduit le sujet vers une attente d’advenir qu’il ne peut pas véritablement assumer. Si dans d’autres versions du mythe de Déméter, Perséphone est enthousiaste de son mariage et a un enfant, dans l’"Hymne homérique", enlevée par Hadès qui la mène au "sein de la terre", dans "l’obscurité brumeuse", là où est "l’Erèbe ténébreux", elle refuse de s’intégrer dans le royaume de celui qui "règne sur les morts" et reste tournée vers sa mère. Ce n’est donc pas seulement l’enlèvement et le lien à Déméter, c’est-à-dire le conflit de la séparation, qui caractérisent l’histoire de Perséphone, c’est son séjour au royaume de la séparation, sa confrontation à la mort.
"La justice inhérente à la vie ne peut être, ni surconsciemment prévue, ni consciemment comprise, sans que naisse dans la psyché humaine un sentiment d’effroi sacré, inspiré par la profondeur mystérieuse de l’existence évolutive et de la légalité qui la gouverne". Enlevée de la plaine aux splendides fleurs et récoltes et traînée sous terre, elle traverse la terre, du sensible jusqu’au royaume de la mort, du négatif, mais s’en tient à distance, se refuse à passer par lui et à accomplir par lui ce qui l’aurait faite mère et porteuse d’advenir. Si la mort est la chose la plus redoutable, si tenir fermement ce qui est mort est ce qui exige la plus grande force, si ce n’est pas la vie qui recule d’horreur devant la mort et se préserve pure de la destruction, mais la vie qui porte la mort, et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l’esprit, si l’esprit conquiert sa vérité seulement à condition de se retrouver soi-même dans l’absolu déchirement, si l’esprit n’est puissance qu’en sachant regarder le négatif en face, en sachant séjourner près de lui, alors Perséphone semble, être la figure emblématique de ce qui se tient au seuil du travail du négatif, sans accomplir ce qui est nécessaire à tout "surmontement" et à tout advenir. C’est cette séparation extérieurement imposée au sujet et intérieurement refusée par lui, qu’il s’agisse de Perséphone ou de Déméter, qui plonge le monde dans la famine imposée par la déesse des moissons. Car, si Déméter est le personnage de la médiation, elle est aussi celle qui traduit la crise de séparation par un arrêt du processus nourricier, dans un mouvement de repli, de retrait. La non-séparation dont il est question ici concerne l’humain dans son processus d’individualisation et concerne le nourricier. Et c’est bien parce que la séparation se manifeste à ces deux niveaux, de l’homme et du végétal, que la crise démétérienne conduit à l’intercession des dieux. En effet, si cette crise retentit sur l’ensemble du vivant, ce n’est pas uniquement parce que Déméter est affligée par la perte de sa fille. S’il n’y avait eu que cela elle n’aurait pas dérangé les hommes ni les dieux. Mais en arrêtant les récoltes cette crise démétérienne menace "d’anéantir la race débile des hommes qui naissent sur la terre" et prive les dieux "des offrandes et des sacrifices". C’est parce que Déméter a le pouvoir de priver le monde entier de nourriture, d’empêcher le grain de lever, que les dieux sont forcés d’intervenir face au pouvoir de vengeance de la déesse. C’est à cause de cela que Zeus intervient auprès d’Hadès pour lui demander de laisser Perséphone aller vers sa mère et qu’est proposé le compromis qui permettra aux deux femmes de se retrouver un tiers du temps et d’alterner moments de séparation et moments de réunion, selon un rythme lié à celui des saisons.
"Comprendre la pensée symbolique serait la seule solution pour tant d’esprits qui s’égarent, soit dans la croyance aux images, soit dans la dérision des images. La réconciliation entre les matérialistes, qui dénient toute signification au symbole mythique de la divinité, et les spiritualistes qui le considèrent comme une réalité, ne pourra se faire qu’autour de la compréhension du symbolisme". Avec cette solution s’établit une tension entre une séparation tentée et une séparation impossible, qui n’est pas sans relation avec la personnalité de Déméter. Car elle est à la fois celle qui peut empêcher la croissance et le déploiement et celle qui veille sur eux. Mais si l’alternance que le compromis impose est en harmonie avec le rythme de la vie végétale et si elle permet aux récoltes de s’accomplir, elle ne va pas dans le sens de ce qui en l’homme s’affirme par la recherche d’individualité, de liberté et de nouveauté. De ce point de vue, la nature démétérienne serait moins proche de ce qui en l’homme est quête d’autonomie que de ce qui se manifeste comme mouvement cyclique de la nature et de l’univers. Perséphone est celle qui répétitivement s’enfonce dans le sein de la terre pour aller vers le royaume d’Hadès et répétitivement remonte à ciel ouvert retrouver sa mère. Le mouvement de Perséphone pour faire face à la négativité s’accomplit par d’incessantes montées et descentes qui, en somme, font le tour du monde de la négativité d’une part, de la vie et de la lumière d’autre part, et par là des besoins d’Hadès, de Déméter et de Perséphone. Ces descentes et ces remontées permettent une reconnaissance des différences et une prise en compte du tout. La différence par rapport au travail du négatif tel que Hegel le met en place apparaît d’ailleurs d’une autre façon. En effet, Déméter, déesse de la terre et des moissons, et donc de la production, est éloignée du lieu où le sujet fait face à la négativité, c’est-à-dire du royaume des morts. Et celle qui y a accès, Perséphone, n’est pas la déesse de la croissance. Quant à celui qui règne sur les morts il ne peut pas être père, il ne peut être créateur. Autrement dit, dans l’"Hymne homérique", il n’y a pas un sujet en tant qu’unicité qui ne soit à la fois confronté à la négativité et porteur d’advenir. Dans la phénoménologie hégélienne, au contraire, le sujet est celui qui parcourt les moments de la détermination, comme on le voit dans l’exemple de la plante, en considérant les moments de la graine, du bourgeon, de la fleur et du fruit, il est celui qui fait face à la négativité et à la séparation et il est, enfin, celui qui, par là, s’élève progressivement à la connaissance du principe.
"Du sens de la vie découle toujours la tâche sensée. L’âme prélogique l’aurait représentée par une image énigmatique. Trop facilement mécomprise, cette image, transformée en imagination exaltée, incite à croire que le sens de la vie ne peut se trouver qu’en dehors de la vie. La tâche sensée devient ainsi un devoir insensé, un moralisme opposé à la nature, imaginé comme suspendu dans les nuages, et qui n’inspire que crainte ou raillerie. Sera-t-il possible qu’un jour vienne où, devenue consciente d’elle-même et de son image, comprenant la secrète logique de la vie, la psyché créera une psychologie de la vie, réconciliant la morale avec la nature ?" Ce qui caractérise l’"Hymne homérique à Déméter", c’est une séparation tentée et inaccomplie, pour ne pas dire impossible. En cela, elle est opposée à celle vécue par l’Œdipe de Sophocle qui est, lui, dans un mouvement de séparation radicale et tragique, qui le laisse aveugle, exilé, cela alors qu’il devient le bienfaiteur d’Athènes. Dans les deux cas de l’"Hymne homérique à Déméter" et de l’"Œdipe" sophocléen, la négativité n’est pas assumée d’une façon qui conduise à un advenir du sujet lui-même et la mère fait obstacle à la séparation. Mais alors que Perséphone n’est confrontée à la négativité que de l’extérieur et contre sa volonté, alors qu’elle se débat contre ce qu’il lui est demandé d’assumer, contre l’expérience de la perte et de la séparation, Œdipe fait face à la confrontation qui lui est imposée, s’investit dans la clarification dont il va sortir blessé et dépouillé. On peut se demander si la modification de la façon de la nommer a un sens, si elle ne témoigne pas d’une maturation. Quoi qu’il en soit, la réunion de la mère et de la fille après la séparation imposée n’est plus de l’ordre de l’union non perturbée d’avant la séparation et c’est déjà un changement du rapport à l’unité. On remarquera aussi que le temps du retour correspond à celui d’un récit, celui où la fille raconte à la mère l’enlèvement dont elle a été victime et où la mère, interrogeant la fille sur ce qui s’est passé, apprend de Perséphone qu’elle a mangé ce fruit qui l’empêchera d’être jamais comme avant, constamment auprès d’elle. L’union retrouvée n’est donc pas un pur retour à un état précédent, mais quelque chose de plus complexe où le répétitif s’allie à une prise de conscience d’une modification. Les deux désirs, d’éternité et d’unité, qui obligent Déméter à un combat, où il en va de la survie et du développement de la vie, sont ébranlés. Mais le compromis auquel elle est obligée de souscrire, faute encore de conduire à un véritable advenir, de conduire à une liberté et à un pouvoir de l’individu, produit une modification du sens et de la conscience.
Bibliographie et références:
- Claude Calame, "L'hymne homérique à Déméter"
- Adriana Cavarero, "Le symbolisme chez Déméter"
- Paul Diel, "Déméter, mythes et symboles"
- Paul Diel, "Le symbolisme dans la mythologie grecque"
- G.W.F Hegel, "Philosophie de la nature"
- B.D Hercenberg, "Le mythe de Déméter"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Homère, "Les Hymnes homériques à Déméter"
- Homère, "Odyssée"
- Callimaque, "Hymnes"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- P. Chantraine, "Dictionnaire étymologique de la langue grecque"
- L. Locatelli Kournwsky, "Perséphone"
- F.W.J von Schelling, "Philosophie de la mythologie"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Chaque expérience de beauté, si brève dans le temps tout en transcendant le temps, nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde". La peur de ne pas plaire, de ne pas correspondre aux attentes, la soumission aux jugements extérieurs, la certitude de ne jamais être assez bien pour mériter l’amour et l’attention des autres traduisent et amplifient tout à la fois une certaine insécurité psychique et une autodévalorisation qui étendent leurs effets à tous les domaines de la vie des femmes. Miroir de culture, de pratique et de rituel, célébré depuis la nuit des temps, le corps féminin est d’abord appréhendé dans sa dimension imaginaire, corps morcelé des fantasmes sexuels, cariatide mythique au stade de son écho dans la représentation artistique mais aussi soleil régénérateur, matrice de la maîtrise maternelle. Pas de société qui n’ait cherché d’une manière ou d’une autre à le coucher à part, dans une tentative vouée à l’échec, d’en faire un ensemble consistant et par là de lui assigner une place. Mais le corps n’est pas sans les mots et le langage n’est pas immatériel. L’objet cause du désir qui procède du corps est donc hors ce corps. À cet égard, le mythe d’Ève comme parcelle du corps de l’homme, "côte de l’homme", est un mythe qui appartient aux hommes. Ève, qui pour Adam est "chair de sa chair", en serait rendue de ce fait désirable, mais ce mythe masculin faisant de l’objet une partie du corps de l’homme, le rend objet sensible. Ignorance souveraine du fait que sur le corps, on se trompe souvent. Car c’est bien au titre d’objet non spéculaire, qu’un homme désire une femme, sans pouvoir comprendre l'inspiration. Ainsi une femme, plus détachée de la loi et de son corrélat la castration, court peu de risques. C’est pourquoi elle peut s’accommoder de son inappétence sexuelle, voire de la défaillance de son partenaire en trouvant à l’occasion d’autres partenaires, le secret étant souvent condition de sa jouissance. Cette condition du secret n’est-elle pas ce qui, pour une femme, agit dans tous les cas, lorsqu’un homme sait lui parler selon son fantasme fondamental, ignoré d’elle-même. C’est en osant son propre désir qu’elle peut tenter son partenaire. Pruderie, vraie ou fausse, et exhibition, sont là comme l’envers et l’endroit de cette fuite devant la mise en jeu de son objet et de son corps, de sa répugnance à incarner l’objet pour un autre. Hystérie, dérobade, amazone, quand ce n’est pas diable au corps, la féminité lui fait alors question.
"Parce que le principe d'amour est contenu dans le principe de beauté, que l'amour découle naturellement de la beauté, et que celle-ci manifeste en outre ce qui advient de l'amour: communion, célébration, transfiguration. Elles les amènent à tout accepter de leur entourage, à faire passer leur propre bien-être, leurs intérêts, leur ressenti, après ceux des autres." Vénus contre Mars, Ève contre Adam, Antiope contre Jupiter ou Europe contre Zeus, la femme sait la force du corps. Elle veut bien tenter un homme à condition qu’il sente que derrière le miracle chatoyant qu’elle est, il y a l’insaisissable chose en soi de son être. Son corps pourtant reste cisaillé par les mots dans lesquels est prise sa sexualité, mais qu’on ne vienne pas lui donner du sens commun pour la guérir ! A contrario, quand le corps d’une femme séduit un homme, cela ne la laisse jamais insensible. Peu importe qu’elle ne sache pas ce qui, en elle, éveille cet objet qu’un homme élit, qu’elle ait ou non du goût à cela, cet objet lui tient lieu d’être. Et à moins que, trop direct et sans paroles, ce désir ne l’angoisse, il enveloppe le plus souvent une femme en lui décernant un corps. Quand il y a corps à corps entre elles, c’est souvent dans la fascination ou la jalousie, l’attirance ou la rivalité, voire dans la jouissance perverse. Mais le corps des femmes n’est pas seulement désiré, il est aussi corps tabou. Quand c’est au lieu de l’autre qu’on se met à chercher le lieu de la jouissance, le corps des femmes peut en être l’équivalent et le recel. Il est alors perçu comme lieu d’un danger qu’il faut camoufler, renfermer. Car une femme peut aussi éprouver une jouissance autre que la jouissance phallique. De fait, son identification imaginaire virile n’en fait pas pour autant un homme et l’analyse la mène à glisser vers une femme. Mais dans sa rencontre avec un partenaire, elle peut éprouver un hors limites qui la mène à souffrir alors mille morts dans sa chair ou encore à la frigidité qui n’est plus seulement défense commandée symboliquement.
"Relevant de l'être et non de l'avoir, la vraie beauté ne saurait être définie comme moyen ou instrument. Par essence, elle est une manière d'être, un état d'existence." Ainsi, la question du corps pourrait bien constituer un levier essentiel, la clé d’une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences conjugales à celle contre les inégalités au travail en passant par la défense des droits reproductifs. Unique et apatride quand il est exclu du désir mais multiple et citoyen dans l'ardeur, le corps féminin est caméléon. La femme est ainsi silence d’un vide entre réel et corps. C’est aussi bien cet effet d’étrangeté que manifestent grossesse et enfantement qui font question pour une femme qui ne se laisse pas pourtant d’en conter alors. Ainsi alourdissement et allègement relèvent de l’imaginaire du corps certes mais n’en sont pas moins réel. Pourquoi cette fascination de certaines femmes pour le corps des autres et cette focalisation particulière sur la question de la beauté ? Au-delà de la simple aliénation constitutive au double dans le miroir, on peut relever un rapport spécifique des femmes à la belle image du corps féminin. L’imaginaire pallie ici la carence du symbolique. C’est précisément parce qu’un universel identificatoire fait défaut que la solution trouvée par une femme à l’énigme du féminin passe communément par la fixation, l’accroche au corps d’une femme singulière ou de quelques autres. Quel est "ce truc" en plus qu’elle a et que je n’ai pas ? Dans un rêve, je me trouvais nue face à l’autre femme, également nue. Elle avait exactement le même corps que le mien, comme mon image dans le miroir, mais avec, en plus, un pénis en érection. D'un côté, je plaçais l'autre en place d’objet désirable, de l'autre, je l'avais érigée au rang de l'homme, puissante et porteuse de l'organe. Mon problème, c'était alors au fond de m'accepter comme objet du désir de l’homme maintenant ainsi le mystère d’une féminité inaccessible, inatteignable par l’homme paradoxalement. L’adolescente que je fus était requise, par une urgence de vie, de trouver alors une réponse à l’énigme de mon être sexué et mortel. La hâte imposée par des événements contingents, surgit dans mon corps où se joua la métamorphose de ma puberté, m'amenant ainsi à sortir vite de la relation aux premiers objets d’amour féminins.
"C'est pourquoi le désir de beauté ne se limite plus à un objet de beauté. Il aspire à rejoindre le désir originel de beauté qui a présidé à l'avènement de l'univers, à l'aventure de la vie". Rappelons d’abord que les jupes, talons hauts, collants fragiles, bijoux encombrants, lingerie fine, sacs à main et autres accessoires censés être consubstantiels à la féminité ne vont pas de soi. La relation à la morphologie se joue également dans l'imaginaire, lui offrant ainsi des dimensions mystiques. Le statut respectable de mon corps, je l'avais trouvé sur la voie de l’Idéal du moi fondé sur la fonction du père, comme point d’où je me voyais aimable, voire digne d’être aimée. Le regard de l’autre permet de se rassasier d’un corps irréel. D’autres revendiquent ce respect en se montrant provocatrices dans leurs corps, allant jusqu’à la provocation incommodante de leur look ou de leur langue, pour justement que l’on distingue en elles cet élément réel de nouveauté qui se joue dans leur corps et qu’elles n’arrivent pas à traduire en mots. Ce look en appelle ainsi au regard. Le regard comme objet perdu est, en principe, invisible. Ce qui suppose son extraction, une localisation de la jouissance, un retour de la pulsion dans le réel sur le mode d’un se faire voir. Comment parler du corps féminin au XXIème siècle sans tomber dans les stéréotypes ? Comment évoquer le caractère sexué du corps sans donner prise à celles et ceux qui voient dans toute référence à la différence des sexes un attachement à la nature et à l’anatomie ? Le discours sur le corps féminin est aisément suspecté aujourd’hui de servir la norme et de promouvoir une conception du rôle de la femme, dictée à la fois par la civilisation et par l’anatomie. Les études de genre, autour de figures désormais célèbres comme Judith Butler, mais aussi Monique Wittig, participent de cette utopie qui consiste à tenter d’effacer la référence à la différence des sexes au sein du discours sur le corps, afin de défendre l’idée d’un rapport au corps, dégagé de toute norme de genre. Un corps qui pourrait enfin jouir de ce qu’il est, sans subir les impératifs de la société, sans être affecté par le discours de l’autre, sans avoir à se définir comme masculin ou féminin, tel est le corps dont rêvent ces féministes de la dernière vague. Un corps, rien qu’à soi, qui serait enfin dégagé de la soumission à la nature et aussi bien à la culturCertaines peuvent préférer une tenue plus pratique, qui leur permette de courir, de travailler en étant libres de leurs mouvements, de bricoler. Elles peuvent aussi avoir envie d’établir leurs relations avec les hommes sur une base qui marque moins la différence des sexes". Depuis la nuit des temps et hélas encore aujourd'hui, la femme a dû se battre pour acquérir des droits. Elle les a acquis grâce à des évolutions de la société et à des changements constitutionnels ou législatifs. Rarement l'excès porte ses fruits. Pourtant, malgré les charmes qu’il semble exercer sur certains, en particulier sur les politiques en France qui n’ont pas hésité ainsi à puiser dans les études de genre pour reformuler l’exigence républicaine d’égalité entre filles et garçons, ce discours n’est pas dénué de normativité. Tout en se présentant comme un discours qui ne veut plus voir le corps assujetti à aucune norme, ces études de genre engendrent une nouvelle norme visant à aborder les corps de façon anonyme, neutre et asexuée. L’anonymat, l’absence de marque de l’autre, la disparition de tout désir venant des parents, sont présentés comme la garantie d’un épanouissement de l’être à l’abri des contraintes de la société. On peut voir dans cette utopie promouvant un corps dégagé de la marque de la différence, un nouveau puritanisme, prônant une transparence totale dans le rapport du sujet à son corps. Il est certain que les études de genre de la fin du XXème siècle n’ont rien changé à l’affaire en se débarrassant du problème de la féminité. Parler du corps féminin, c’est donc déjà, de par l’expression même, s’inscrire en faux contre ce discours et essayer de montrer qu’on peut concevoir la féminisation d’un corps autrement qu’en termes de normalisation. Là où les études de genre rêvent d’un corps asexué, la psychanalyse montre les conséquences psychiques contingentes de la différence des sexes sur les êtres.
"Un lotus pousse dans la vase d'un étang, mais aucune boue ne peut entacher ses pétales purs comme jade.Tout le monde n'est pas artiste, mais chacun peut avoir son propre être transformé, transfiguré par la rencontre avec la beauté, tant il est vrai que la beauté suscite la beauté, augmente la beauté, élève la beauté". C’est à chacune d’arbitrer l’importance qu’elle veut accorder respectivement à son confort, à sa capacité d’agir, et à la recherche ou la séduction de sa tenue. Malgré la dictature virtuelle à l'échelle planétaire de la pornographie, dévoyant l'esthétisme du corps en le vulgarisant à l'extrême, célébrant du même coup la disparition des mystères de l'existence sexuelle, celle-ci ne résout pas pour autant le rapport intime et opaque, parfois dérangeant et bouleversant, qu’un sujet entretient avec son corps sexué. Plutôt que de défaire le genre, la psychanalyse permet de s’interroger sur la façon dont le genre se fabrique, à l’écart des clichés et des stéréotypes. Comment un sujet féminin fait-il l’expérience de la marque du signifiant "femme" sur son corps ? Que signifie l’existence du corps au féminin ? Depuis l’Antiquité, le corps qui pose problème, c’est le corps des femmes. On ne sait comment en parler. Faut-il admettre une différence incommensurable entre le corps masculin et le corps féminin ou faire du corps féminin un corps masculin dont le développement serait moindre ou inversé ? Le modèle unisexe qui prévaut, de l’Antiquité jusqu’au XVIIème siècle, a fait du corps féminin la copie inachevée du corps masculin. La règle de la différence des sexes advenant avec les philosophes des Lumières, est corrélatif d’une reconnaissance de l’orgasme féminin. L'insondable mystère du corps des femmes réside dans cette aptitude à jouir indépendamment de la génération.
"Un regard isolé atteint difficilement la beauté. Les regards croisés peuvent seuls provoquer l'étincelle qui illumine." "Le choix de ne pas trop s’exposer, de ne pas porter de vêtements trop moulants, ne relève pas forcément d’une dangereuse déviance ou d’un blocage qu’il s’agirait de pulvériser toutes affaires cessantes: il peut aussi traduire un réflexe légitime d’autoprotection, de quant-à-soi". La littérature a apporté sa pierre à l'édification du mythe du corps féminin, de la poésie de l'amour courtois aux romans érotiques. Le spectre est large, de la tendresse d'Héloïse pour Abélard au "Con d'Irène" d'Aragon. Le livre de Catherine Millet, "Une enfance de rêve", vient parachever un trajet d’écriture tout entier tourné vers l’exploration du corps et de ses mystères. C’est dans ce dernier récit qu’elle atteint un point réel quant à son histoire en rendant compte de cette emprise symbolique sur le corps. Dans ce récit, elle écrit un corps, le corps de la petite fille marqué par les paroles de la mère, sur un mode qui fait écho à la psychanalyse lacanienne. Peut-être en dit-elle bien davantage sur la sexualité féminine dans ce dernier récit, qui complète le précédent "Jour de souffrance", que dans le sulfureux premier récit, "La vie sexuelle de Catherine M". C’est de ce corps, sur lequel des lettres indéchiffrables sont venues s’inscrire en induisant un certain mode de jouir, que l’on parle en fin d’analyse. Une enfance de rêve s’apparente par cet abord de la sexualité naissante, à la façon dont l’analyse peut conduire un sujet féminin à relire sa trajectoire existentielle du point de vue du corps et de ses émois. Dans "La vie sexuelle de Catherine M.", l’auteur nous présente une première version de son rapport au corps. On pourrait dire de ce premier corps qu’il est un corps à l’aise avec le monde pornographique. C’est un corps qui n’a pas d’être et qui est pure expérience de jouissance. C’est le corps de la sexualité sans l’amour. Elle évoque ainsi que dans les soirées libertines où elle se rendait alors, elle se tenait à l’écart tant qu’elle était habillée. "Je ne me sentais à l’aise que lorsque j’avais quitté ma robe ou mon pantalon. Mon habit véritable, c’était ma véritable nudité, qui me protégeait."
"Les êtres qui s'aiment vraiment ne sont limités ni par l'espace ni par le temps...ils sont liés par l'âme, un lien bien plus intime, plus inséparable que celui du corps." On peut mettre du temps à apprivoiser la féminité. On peut aussi ne jamais y venir, et ne pas s’en porter plus mal. Voilà le début de la tyrannie de la beauté". Dans son univers fantasmagorique mais bien ancré dans le réel, la chair est à la fois réceptive et réceptacle. Son corps est comme détaché d’elle et c’est lorsqu’il est nu qu’elle peut s’en servir à loisir. Mais ce premier corps désuni de l’âme n’est pas-tout du corps féminin de Catherine. Dans "Jour de souffrance", c’est un autre corps féminin qui entre en scène. Ce n’est plus le corps disjoint de l’être, mais le corps de l’amour habillé par le regard et les paroles de son partenaire. Ce corps-là est un corps sur lequel Catherine n’a aucune maîtrise. Ce n’est pas un étant à disposition. Elle ne l’a pas sous la main. Il lui échappe lorsque Jacques Henric s’en détourne. Avec ce récit, Catherine Millet témoigne du mystère que devient pour elle son propre corps dès lors qu’il est uni à son âme d’amoureuse. Elle qui croyait que sa vie sexuelle lui donnait un statut d’exception parmi toutes les femmes, car seule elle était capable de faire ce qu’aucune autre ne faisait, voilà qu’elle se découvre unie à un corps qui ne lui obéit plus. Un corps qui n’est plus tout à elle, un corps affecté par les paroles et le regard d’un homme. Ce corps lui revient alors comme celui qui recèle le secret de son être et qui pourtant lui est dérobé. Les femmes sont engagées dans la guerre au même titre que les hommes. Le mythe des amazones, sur le front de la guerre des sexes, a traversé l’histoire. Le nez de Cléopâtre ébranlant l’empire de Rome a inspiré des générations. Jeanne d’Arc, faiseuse de roi en armure et pucelle sacrificielle en robe de bure sur le bûcher, hante toujours les esprits nationalistes. Au même titre ne veut pas dire sur le même plan, ou à égalité, mais les femmes peuvent mettre leur corps dans la bataille, comme soldats, comme résistantes, terroristes au nom d’un idéal ou d’un signifiant-maître qui, prenant à l’occasion valeur de jouissance, mène tout droit au sacrifice, parfois même à la mort.
"Le désir de dire se confond avec le désir de beauté, le désir de dire ajoute au charme de la beauté. Une évidence alors nous saute aux yeux: la beauté de la femme ne résulte pas uniquement d'une évolution physiologique, elle est une conquête de l'esprit. Cette conquête nous révèle que la vraie beauté est conscience de la beauté et élan vers la beauté, qu'elle suscite l'amour et enrichit notre conception de l'amour." "Les magazines travaillent avec constance à modeler les comportements féminins sur les desiderata supposés de la gent masculine, à travers d’innombrables articles sur ce que les hommes pensent, aiment, détestent, sur ce qui les rend fous, sur ce qui les dégoûte irrémédiablement". Elle ne fait pas l'économie de son corps lorsqu'elle sait le combat juste et digne d'héroïsme et de renoncement. Seul un acte les concerne et les touche plus spécifiquement, c’est la violence sexuelle: viols, prostitution forcée, esclavage sexuel. Après la Seconde Guerre mondiale, la quatrième Convention de Genève de 1949 qui concerne les civils, protège, dans son article 27, les femmes contre toute atteinte à leur honneur et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution et tout attentat à leur pudeur. Mais il faudra attendre le conflit en ex-Yougoslavie, en 1992, pour que le Conseil de Sécurité des Nations Unies déclare que la détention et le viol massif, organisé et systématique, des femmes, constitue un crime international. Malgré toutes les lois établies pour sanctionner ce phénomène, ces crimes font florès aux quatre coins du globe et continuent d’être impunis. On parle aujourd’hui du viol comme "arme de guerre", utilisé à des fins militaires ou politiques: terroriser une population, briser les familles, bouleverser la composition ethnique de la génération suivante, transmettre des maladies, rendre les femmes stériles. Le corps des femmes devient le lieu de la guerre. Et la violence sexuelle ? Ne peut-on pas la classer sous l’ordre de l’instinct ? La guerre implique les corps. L’uniforme, côté imaginaire, ou l’idéal, côté symbolique, le magnifie, le célèbre, l’exalte. Mais aux portes du symbolique, aux limites du discours, un réel se produit et l’explose, le fragmente en pièces détachées, le réduit à sa livre de chair: chair à canon, chair à sexe.
"La voix même et ce que dit la voix font partie de la beauté d'une femme. Par la voix, la femme exprime ses sensations, mais aussi ses nostalgies, ses rêves, et cette part indicible qui cherche néanmoins à se dire." Naomi Wolf n’a sans doute pas tort de voir dans l’inhibition d’un nombre croissant de jeunes femmes envers la nourriture l’une des causes du déclin du féminisme: comment apprendre à se connaître, comparer ses expériences, et pas seulement ses mensurations. La souffrance se fait corps, le corps se fait souffrance parfois même au-delà des frontières de la violence et de la barbarie. Les femmes engagent aussi leur corps sous la bannière d’un signifiant-maître, mais elles voient le plus souvent leur corps devenir lieu d’un siège ou butin de guerre. Il est utilisé pour reconfigurer les lignées générationnelles, ou servir d’objet anonyme à une jouissance qui ne l’est pas moins. Des exemples contemporains. Des femmes parties s’engager comme combattantes auprès des djihadistes de Syrie se retrouvent affectées à leur satisfaction sexuelle, les jeunes filles enlevées par Boko Haram sont réduites à l’esclavage. Au contraire, la femme peut se faire virile de son plein gré. La différence des sexes ne passe plus par ce qui prévalait jusque-là. Ces femmes font tout ce qu’on attendrait d’un homme. Le corps n’est pas une évidence. Nous l'aimons car les affects, les passions, la jouissance, en particulier sexuelle, s’y logent, mais aussi parce que, image unifiée, il offre cette autre jouissance, celle du visuel, de la beauté. Notre époque se caractérise d’être prise dans la volonté de saisir le réel. La symbolique du corps s’amenuise au profit de la communication indispensable à des plaisirs utilitaires. Tout se passe comme si le langage ne parvenait plus à attraper le corps qu’a minima, car les mots manquent pour le dire, le décrire, le saisir, l’animer, le réduisant donc à l’événement, à la pulsion. Ce corps est traité, non comme cette consistance que l’on possède, mais comme l’objet que l’on voudrait rejoindre, pour paraître. Exit l’imaginaire du corps, nous sommes désormais sur la corde. Ressaisissons le corps comme grandeur à laquelle l’artiste donne forme dans l'art charnel, afin que l’on retrouve un regard, au-delà de la vision, pour voir enfin quelqu’un.
Bibliographie et références:
- François Cheng, "Toute beauté est singulière"
- Roger Perron, "Fantasme du corps féminin"
- Jacques Rivière, "La féminité en tant que mascarade"
- Jacques Lacan, "Le séminaire", livre XVII de la psychanalyse"
- Jacques-Alain Miller, "Le corpus féminin"
- Jean-Claude Maleval, "Aimer la femme"
- Jacques-Alain Miller, "L’inconscient et le corps parlant"
- Sigmund Freud, "Théorie du désir"
- Mona Chollet, "Beauté fatale"
- Maud Mannoni, "Connaître son corps"
- Louis Guirous, "Le héros est une femme"
- Naomi Wolf, "Quand la beauté fait mal"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Tout instant de la durée est une création nouvelle. Ce que nous fûmes hier, ou ce que nous sommes aujourd'hui,nous ne le serons plus demain. Elle t'aura dit de venir. La nuit du rendez vous, vas-y, tu es venu et la porte reste close. Prends sur toi. Pas de paroles enjôleuses, pas de vacarme à la porte. Épargne à tes côtes la dureté du seuil. Le lendemain, il fera jour. Que tes paroles soient vierges de rancœurs, et ton visage lisse de tout signe de chagrin. Son dédain passera vite, en te voyant si détendu encore un service que tu devras à notre art. La chance est puissante. Laisse toujours ta ligne dans l’eau et tu attraperas un poisson quand tu attendras le moins". Chaque quinze février dans la Rome antique se jouait un rite sibyllin et envoûtant dont les origines demeurent assez mystérieuses. Les Lupercales semblent trouver leur justification dans plusieurs mythes, provenir de plusieurs instigateurs, invoquer plusieurs divinités et procurer plusieurs vertus. Voyage dans une festivité aussi nébuleuse que capiteuse, où purification et fécondation s’embrassent sous des odeurs de boucs et des hurlements de loups. Faunus, ou Lupercus, petit-fils de Saturne, est le dieu des bergers et des troupeaux. Il leur assure la fertilité et les défend contre les loups, et parfois, la nuit, dans les bosquets sacrés, brise le silence par des oracles tapageurs. Au nombre de douze, les Luperques, prêtres de cette divinité favorable, sont désignés parmi les anciennes familles patriciennes de Rome des Quinctiliani et des Fabiani, auxquelles s’ajoute la famille des Julii, à partir de Jules César. À l’aube du quinze février, deux d’entre eux sont nommés par le grand prêtre officiant pour assister au sacrifice de deux boucs et d’un chien sur l’autel de la grotte du Lupercal. Les deux jeunes hommes vêtus d’un simple pagne en peau de bouc sont marqués au front par le sang de l’holocauste, après quoi ils doivent rire aux éclats. Le couteau ensanglanté, trempé dans du lait, découpe en lanières le cuir des bêtes immolées. Les Luperques, totalement nus, éclusent du vin dans une course frénétique et euphorique autour du mont Palatin et dans la cité pour purifier la ville de leurs courroies bénies. Les femmes postées sur l’enceinte d’Urbs (ville) offrent volontiers leurs corps nu à la flagellation sacrée des lanières, pour la bonne cause. "Elles sont persuadées que c'est un moyen sûr pour les femmes grosses d'accoucher heureusement et, pour celles qui sont stériles, d'avoir des enfants", selon Plutarque, "Vies parallèles des hommes illustres"(cent ans après J.C.).
"La beauté est un bien fragile: tout ce qui s'ajoute aux années la diminue. Elle se flétrit par sa durée même. Ni les violettes, ni les lys à la corolle ouverte ne sont toujours en fleurs, et, la rose tombée, l'épine se dresse seule. Toi aussi, bel adolescent, tu connaîtras bientôt les cheveux blancs. Tu connaîtras bientôt les rides, qui sillonnent alors le corps. Forme-toi maintenant l'esprit, bien durable, qui sera l'appui de ta beauté: seul il subsiste jusqu'au bûcher funèbre". Le soir, avant qu’un grand banquet ne vienne clore la fête, chaque jeune fille glisse dans une jarre un parchemin marqué de son nom, et chaque jeune homme tire au sort celle qui l’accompagnera pour le dîner. De cette loterie amoureuse placée sous les auspices de Junon, protectrice des femmes, du mariage et de la fécondité, bon nombre de couples vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. À l’évidence, le sacrifice dans la grotte symbolise la mort, l’éclat de rire des jeunes hommes annonce le retour du souffle vital, annonciateur de la renaissance de la nature, le bouc illustre l’allégorie de la fertilité. Mais le chien ? "Immolé comme une victime propre à purifier" ou "l’ennemi naturel des loups" ? Plutarque lui aussi s’interroge. Ovide également. Si les Romains ont opposé l’exigence de vérité propre aux historiens aux fables mensongères des poètes, ils n’en avaient pas moins conscience que poésie et histoire étaient intimement liées. C’est en vers que Naevius et Ennius ont écrit l’histoire de Rome, et c’est en vers toujours, à une époque où l’historiographie était pourtant reconnue comme un genre littéraire à part entière, que Virgile et Properce ont évoqué les origines de la Ville ou qu’Horace a chanté Auguste. Étrange coutume qui en trois mouvements mêle rite initiatique, sauvagerie et superstition, avec une date et un lieu chargés de sens. L’année romaine commençait en mars avec la première lune du Printemps. Févier, mois funeste, pluvieux et froid, jours néfastes selon Plutarque, est introduit par Numa Pompilius dans le calendrier romain et veut dire "purification", comme nous l’explique Ovide. "Februa, chez nos pères, signifiait alors cérémonie expiatoire. Enfin tout ce qui est expiation pour la conscience de l'homme était désigné sous ce nom chez nos ancêtres à la longue barbe. Ce mois s'appelle donc Februarius, parce que le Luperque asperge alors tous les lieux d'eau lustrale, avec des lanières de cuir, et en chasse ainsi toute souillure, ou bien parce qu'on apaise alors les mânes des morts, et que la vie recommence plus pure, une fois les jours passés des cérémonies funèbres", "Les Fastes" (dix après J.C.).
"J'ai voulu supporter cette perte. J'ai voulu, je l'avoue, vaincre ma douleur. L'amour a triomphé. Je vous en conjure par ces lieux pleins d'effroi, par ce chaos immense, par le vaste silence de ces régions de la nuit, rendez-moi mon Eurydice. L'amour est une sorte de guerre. Tout peut se corrompre quand les âmes sont enclines au mal". Ce temps précédant les calendes de mars multiplie en effet les rites purificateurs: les Fébruales début février célèbrent alors la mémoire des morts, les Lupercales prolongent la purification personnelle et citoyenne, chaque maison fait l’objet d’un grand ménage de printemps pour saluer et accueillir le renouveau de la nature. Le point d’ancrage de cette cérémonie annuelle est ainsi la grotte du Lupercal, au pied du mont Palatin, où la fameuse louve a allaité Romulus et Rémus. Les jumeaux fondateurs de Rome, abandonnés nourrissons dans le Tibre, ont en effet échoué sous un figuier sauvage, également appelé Caprificus, le figuier du bouc, à cet endroit précis. Romulus aurait donc crée les Lupercales pour rendre hommage à la louve nourricière qui l’a sauvé avec son frère d’une mort certaine. La course des Luperques dénudés pourrait trouver ses origines dans un épisode que Plutarque nous rapporte datant d’avant la fondation de Rome, où les jumeaux, ayant perdu alors quelques troupeaux, prièrent Faunus puis coururent nus rassembler le bétail sans être indisposés par la chaleur. Quant à la flagellation fécondatrice, elle remonte sans doute à l’enlèvement des Sabines qui n’ont pas assuré la prolificité nécessaire à la fondation d’une ville, et quelle ville.Romulus aurait dit: "Que m'a donc servi l'enlèvement des Sabines ? Sommes-nous plus puissants ? La guerre. Voilà tout ce que nous avons gagné avec ces violences. Pour avoir à ce prix des épouses stériles, mieux eût valu s'en passer", écrit Ovide . Selon le poète, une voix se serait élevée dans le bois sacré en réponse à l’injonction du fondateur de Rome (Faunus ?). "Mères du Latium, qu'un bouc velu vous pénètre". Un devin fit une interprétation plus douce de l’ordre divin et l’on comprend mieux pourquoi les romaines se prêtaient de si bonne grâce au jeu de la fustigation. C’est aussi sur le mont Palatin que le roi Evandre, exilé d’Arcadie a fondé son royaume quelques siècles avant la fondation de Rome, qu’il avait nommé Pallantium en souvenir de sa ville natale. Qui de Romulus ou d’Evandre, dont Virgile disait "rex Evandrus Romanae conditor arci", le roi Évandre fondateur de la forteresse romaine, est-il le vrai fondateur de Rome ? selon "L’Énéide" (trente. J.C.). Les Lupercales sont-elles alors nées à l’initiative de Romulus ou d’Evandre ? Honorent-elles alors Faunus ou Pan ? En 494, le pape Gélase interdit définitivement le rite païen et immoral des Lupercales, et pour la faire oublier instaure la fête de la Saint Valentin de Terni, martyr du IIIème siècle, célébré le quatorze février, veille des Lupercales. La cérémonie antique tombe dans l’oubli, tandis que les jeunes gens, sous le regard bienveillant de Saint Valentin, tombent alors amoureux.
"S’il est glorieux de faire des conquêtes, il ne l’est pas moins de les garder. L’un est souvent l’ouvrage du hasard, l’autre est un effet de l’art. J’entreprends de chanter les métamorphoses qui ont revêtu les corps de formes nouvelles. Dieux, qui les avez transformés, favorisez mon dessein et conduisez mes chants d’âge en âge, depuis l’origine du monde jusqu’à nos jours". Afin d’illustrer la fragilité de la frontière entre histoire et poésie, nous nous intéresserons ici à l’exemple d’Ovide. Le poète latin, dans les "Fastes", a adopté la figure d’un historien des religions, s’inspirant de la méthode et de l’écriture propres à l’historiographie. Il a voulu expliquer l’origine de la fête et de ses rituels, ainsi qu’il l’a explicitement affirmé pour introduire le passage consacré aux Lupercales. C’est avec le regard d’un antiquaire qu’Ovide a abordé le passé. Il n’a pas adopté l’ordre chronologique caractéristique de l’écriture historique et il a, en apparence du moins, préféré suivre un ordre thématique, la nudité des Luperques d’abord, l’origine des noms lupercus et lupercal ensuite et la signification du rite de la flagellation enfin. Les recherches du poète ne se sont pas limitées au domaine linguistique, et les modernes s’accordent généralement à reconnaître la fiabilité des détails religieux des "Fastes". Certes, Ovide est moins complet sur la cérémonie des Lupercales que Plutarque, ce dernier a en outre mentionné l’immolation du chien, le détail des bandelettes trempées dans du lait et le rôle joué par les deux jeunes garçons. Le témoignage des "Fastes" n’en reste pas moins exact et précis. Le poète en effet a relevé la présence du "flamen dialis", fait deux fois allusion au rire rituel qui accompagnait le sacrifice et nommé les deux groupes de Luperques, les "Fabii" et les "Quintilii". En choisissant pour thème principal sur les Lupercales l’origine de la course des "luperci nudi", course qu’il a associée aux notions de transgression et de licence, il s’est en outre attaché à rendre compte de la spécificité de cette fête, décrite de manière similaire par Cicéron, Tite-Live,Virgile ou encore Properce. Bien qu’Ovide n’ait pas cité ses sources et se soit placé sous la seule autorité des Muses, son témoignage ne doit donc pas, nous semble-t-il, être considéré comme fantaisiste, parce que poétique. si la tradition est presque unanime à assigner la création de la cérémonie à Évandre, elle l’associait également à la légende de Romulus et de Rémus qui, avec les bergers du Palatin, auraient célébré dans leur jeunesse la fête de Pan-Faunus, dieu du monde sauvage. Ovide, dans sa dernière étiologie, a décrit les Lupercales comme une cérémonie destinée à assurer la fécondité des femmes. Alors que les Sabines de Romulus étaient atteintes par une épidémie de stérilité, un oracle de Iuno Lucina aurait indiqué qu’elle cesserait si on frappait les femmes avec des peaux de bouc. Telle aurait été l’origine du rite de la flagellation, repris plus tard par les historiens modernes.
"Avant la création de la mer, de la terre et du ciel, voûte de l’univers, la nature entière ne présentait qu’un aspect uniforme. On a donné le nom de chaos à cette masse informe et grossière, bloc inerte et sans vie, assemblage confus d’éléments discordants et mal unis entre eux. Le soleil ne prêtait point encore sa lumière au monde". Le témoignage des "Fastes" marque un tournant dans la tradition, tournant qui reflète le changement de sens des Lupercales sous le Principat. Pour faire oublier peut-être le souvenir de la célébration de l’année quarante-quatre av. J.-C. où César s’était vu offrir la couronne royale par Antoine, Auguste a alors transformé la signification de la cérémonie au moment où il l’a restaurée. Il en a moralisé le déroulement, en interdisant la course aux jeunes gens imberbes, et il l’a inscrite dans le cadre de sa politique nataliste. La "februatio" archaïque est devenue une fête destinée à assurer la fertilité. Les Luperques abattaient les caprins amenés devant le Lupercal. Au sujet de leur sexe les auteurs semblent diverger. Certains parlent des boucs, Plutarque mentionne des chèvres, mais Ovide parle tantôt des chèvres, tantôt des boucs. Le couteau ensanglanté était l’arme avec laquelle on venait d’abattre les caprins. En conséquence, le sang sur le couteau, et donc aussi celui sur le front des jeunes, en provenait. Si les deux jeunes étaient déjà passés dans le monde sauvage, il fallait encore que les autres Luperques en fissent autant. Ici intervenait le rite du travestissement. Les Luperques écorchaient des caprins et découpaient leur peau pour s’en faire des pagnes et des lanières, au moment de la course, ils étaient alors ceints de pagne. Après le travestissement, on procédait, vers midi, à achever le sacrifice lupercal. On procédait à l’"immolatio", la consécration de la victime à la divinité, en versant du vin sur son front et en promenant le couteau sacrificiel sur son dos. Les entrailles étaient apportées aux sacrifiants qui, après les avoir découpés en morceaux, les jetaient dans le feu de l’autel. Ils procédaient alors à la "profanatio" des chairs de la victime en y imposant la main, ce qui les faisait sortir de la propriété de la divinité et permettait alors leur consommation lors du banquet sacrificiel. Même si elles ne s’adressaient pas à la même divinité et avaient des modalités culturelles en partie différentes, les diverses cérémonies avaient une origine et une transformation historique similaires. De probables rites d’initiation de jeunes hommes à l’époque protohistorique, elles étaient devenues des cultes de purification fondés sur l’utilisation de toutes les forces du monde sauvage par l’entremise de la consommation des entrailles.
"Un dieu, si ce n’est la bienfaisante Nature elle-même, mit fin à cette lutte, en séparant la terre du ciel, l’eau de la terre, et l’air le plus pur de l’air le plus grossier. Quand il eut débrouillé ce chaos, et séparé alors les éléments enmarquant à chacun d’eux la place qu’il devait occuper, il établit entre les lois d’une immuable harmonie". Chaque groupe avait une fonction rituelle précise, les "Fabiani" faisant entrer en ville les forces sauvages, les "Quintiliani" veillant à ce que ces dernières n’y restassent pas à demeure. Après la manducation des entrailles et juste avant la course devait vraisemblablement avoir lieu le sacrifice du chien. Tandis que la course figurait l’irruption totale du monde sauvage à Rome, le chien était justement un excellent représentant de cette vie ordonnée et civilisée que les coureurs abolissaient. Une fois que le banquet sacrificiel bien arrosé était terminé, et qu’ils s’étaient séparés en leurs deux confréries traditionnelles, les Luperques commençaient dans la gaieté générale leur course, pendant laquelle ils fouettaient avec leur lanière caprine tous ceux qui se trouvaient alors sur leur chemin. La fustigation ne concernait pas que les femmes désirant devenir mères, mais toute la communauté romaine: hommes et toutes les femmes, y compris celles qui étaient déjà enceintes. En clair, les Luperques frappaient tous les Romains qui se tenaient sur leur parcours, ce qui donne raison aux anciens qui prenaient les Lupercales pour une purification du populus. Les Luperques coureurs étaient alors vus à Rome comme des "ludii", des histrions, ce qui veut dire qu’ils assuraient une performance, une mise en scène rituelle, dont le sens peut être compris grâce à leur statut et à leur accoutrement. En effet, alors que par leur passage rituel au monde sauvage les Luperques rejoignaient le domaine de Faunus, par leur habit en peaux de bête identique à celui de Faunus-Lupercus, ils faisaient bien plus, ils imitaient le dieu des Lupercales. Cela veut dire qu’à l’instar du flamen Dialis par rapport à Jupiter, les Luperques devenaient alors l’incarnation du sacré faunesque et fonctionnaient comme des "prêtres-statue", des signes vivants du patron divin, qui, par leur présence, figuraient, à la manière d’un double, la présence de Faunus. Les Luperques coureurs se présentaient, et donc se comportaient, comme des "Fauni". La fête en elle-même comportait toujours ainsi trois temps forts: les sacrifices, la course des luperques et un grand banquet. L'ordre ne changeait jamais.
"L'intervention des dieux, c'est à dire le destin, semble parfois injuste et cruelle. Tout, dans la nature, est sacré et l'on peut être sacrilège sans le vouloir, être puni sans l'avoir mérité. Sur la terre, jusque là commune à tous aussi bien que l'air ou la lumière du soleil, l’arpenteur défiant traça de longs sillons pour limiter les champs. L'homme ne se contenta plus de demander à la terre féconde les moissons et les aliments qu'elle lui devait, mais il pénétra jusque dans ses entrailles". "On célébrait la fête des Lupercales, qui, selon plusieurs écrivains, fut anciennement une fête de bergers, et a beaucoup de rapport avec la fête des Lyciens en Arcadie. Ce jour-là, beaucoup de jeunes gens des premières maisons de Rome, et même des magistrats, courent nus par la ville, armés de bandes de cuir qui ont tout leur poil, et dont ils frappent, en s'amusant, toutes les personnes qu'ils rencontrent. De nombreuses femmes, même les plus distinguées par leur naissance, vont au-devant d'eux, et tendent la main à leurs coups, comme les enfants dans les écoles. Elles sont persuadées que c'est un moyen sûr pour les femmes grosses d'accoucher heureusement et, pour celles qui sont stériles, d'avoir des enfants." (Plutarque, "Vie De César", LXI.). Avant le banquet qui se tenait pour clore les festivités, on organisait alors une sorte de loterie amoureuse, placée sous les auspices de Junon. Les jeunes filles inscrivaient leur nom sur une tablette qu'elles déposaient dans une jarre, et chaque jeune garçon tirait au sort le nom de celle qui l'accompagnerait tout au long du repas. Ainsi, la dimension érotique de la fête des Lupercales est réellement flagrante. Outre les luperques entièrement nus, les femmes mariées elles-mêmes se dénudaient partiellement pour être flagellées. L'empereur Auguste y mit cependant fin. Il exclut du collège des officiants les jeunes hommes imberbes, considérés comme trop séduisants et, pour que la cérémonie devienne un peu plus décente, il fit garder aux luperques les pagnes en peau de bouc. Au cours du IIème siècle après J.C. enfin, les femmes romaines d'un certain rang, restaient habillées, et tendaient simplement leurs mains aux fouets. Dans les premières années du christianisme, l'empereur romain Claude II prit également des mesures. Il interdit formellement le mariage aux militaires, tentés alors de demeurer dans leur foyer, afin de les forcer à combattre. Un prêtre se révolta contre cette mesure. Il célébrait ainsi des mariages chrétiens en secret. Nommé Valentin de Terni, il fut arrêté et emprisonné, décapité à la veille des Lupercales de deux-cent-soixante-dix.
"À cet âge les femmes sont plus savantes en l'amoureux travail , qui possèdent l'expérience qui seule fait les artistes. Par des soins elles compensent les outrages du temps, elles se prêteront pour l'amour à mille attitudes. Chez elle le plaisir nait sans provocation artificielle. Pour qu'il soit vraiment agréable, il faut que la femme et l'homme y prennent part également. Je hais la femme qui se livre parce qu'elle doit se livrer, qui n'éprouvant rien, songe à son tricotage". Les Lupercales étaient si populaires qu'elles survécurent à l'implantation et au développement du christianisme, bien que les dignitaires chrétiens n'appréciaient guère ces démonstrations publiques érotiques, ces flagellations obscènes et ces sacrifices païens. Ceux-ci eurent beau être interdits en l'an trois-cent-quarante-et-un, rien n'y fit. On célébra toujours les lupercales, plusieurs Papes échouèrent dans leurs tentatives, à les faire disparaître. Mais, avec le temps, les Lupercales évoluèrent défavorablement et, en lieu et place des nobles luperques nus, c'était désormais la canaille, qui en profitait pour semer le désordre dans les rues. Ce fut finalement le Pape Gélase, quarante-neuvième pape de l'Église catholique (494 - 496) qui décida de les abolir définitivement. Toutefois, la fête fut célébrée à Constantinople jusqu'au Xème siècle. Certains auteurs affirment que Gélase remplaça les lupercales par la "fête de la purification dela bienheureuse vierge Marie", fixée au quinze Février. D'autres prétendent qu'il y aurait substitué la célébration du martyr de Saint Valentin. "Quant au chien qu’on sacrifie, si cette fête est réellement un jour d’expiation, il est immolé sans doute comme une victime propre à purifier. Les grecs eux-mêmes se servent de ces animaux pour de semblables sacrifices. Si au contraire c’est un sacrifice de reconnaissance envers la louve qui nourrit et sauva Romulus, ce n’est pas sans raison qu’on immole un chien, l’ennemi naturel des loups. Peut-être aussi veut-on le punir de ce qu’il trouble les luperques dans leurs courses." (Plutarque, "Vie De Romulus", XXVII.). Si les lupercales étaient un des temps forts des célébrations religieuses dans la Rome antique, elles sont aussi restées dans les mémoires suite à un évènement politique, survenu en quarante-cinq avant J.C. Le quinze février, Antoine qui participait aux Lupercales en profita pour tendre à Jules César une couronne de lauriers, l'invitant ainsi à accepter le titre de roi. Les huées de la foule forcèrent César à repousser la dite couronne à deux reprises, le peuple romain, décidément, ne voulait pas d'un nouveau roi.
Bibliographie et sources:
- Georges Dumézil, "Les Lupercales anciennes à Rome"
- Jean-Yves Duval, "Les Lupercales, rites et symboles"
- John Scheid, "Les Lupercales, fêtes érotiques"
- Ovide, "Fastes I, II, III, IV, V et VI"
- Plutarque, "Erotikos, dialogue sur l'amour"
- Plutarque, "Vies des hommes illustres"
- Agnes Freda Isabel Kirsopp, "Les fêtes païennes à Rome"
- Karlis Konrads Vé, "Les rites des Lupercales"
- Daniel Babut, "Plutarque et l'érotisme"
- Jacques Boulogne, "Plutarque dans le miroir d'Épicure"
- Robert Flacelière, "Sagesse de Plutarque"
- Jean Leclant, "Dictionnaire de l'Antiquité"
- Paul-Marie Veyne, "Les Lupercales"
- Ellen Marie Wiseman, "Les Lupercales"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Et d'ailleurs, Monsieur, vous avez été dans ma vie une obsession charmante, un long amour; il ne faiblit pas. Je vous ai lu durant des veillées sinistres et, au bord de la mer sur des plages douces, en plein soleil d'été. Je vous ai emporté en Palestine, et c'est vous encore qui me consoliez, il y a dix ans, quand je mourais d'ennui dans le Quartier Latin. L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour cela que le présent nous échappe. La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles". Pour avoir du talent, il faut seulement être convaincu qu'on en possède vraiment". De l'homme, on retient en général l'image de la fin, celle du normand solide, aux moustaches tombantes et au crâne dégarni, le regard aux yeux cernés de l'ermite de Croisset, un viking, mieux, un Sicambre dont la stature "hénaurme" trône au centre de notre littérature. De l'écrivain, on loue le style. Images convenues de Flaubert, entré en littérature comme on entre en religion, souffrant mille morts pour terminer une page, et faisant subir à ses textes la fameuse épreuve du "gueuloir", car "une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore". On a pu lui reprocher son style trop soigné, trop recherché et trop travaillé, au point parfois de "sentir l'huile". Étrange spécimen d'écrivain qui travaille plus pour gagner moins, lui, "l'obscur et patient pêcheur de perles plongeant dans les bas-fonds et qui revient les mains vides et la face bleuie". Pour faire bonne mesure, on a alors vanté le style spontané, vivant et direct de sacorrespondance. Flaubert s'y livrerait en personne, sans fard. Ces "idées reçues" sur l'écrivain ne sont pas entièrement fausses, bien sûr, mais, trop "scolaires", elles risquent de figer l'image que nous avons de lui et de nous faire manquer le reste de cet homme qui "se perd en arabesques infinies". L'homme et l'écrivain méritent qu'on en approfondisse un peu le portrait, d'autant plus que, comme Flaubert lui-même l'a écrit à propos d'Hugo dont il lui est pourtant arrivé de railler la sottise," plus on le fréquente, plus on l'aime". Il refusait qu’on publie une photo de lui, évitait les journalistes,effaçait sa personne dans ses romans. Le romancier rejetait la célébrité, et a réussi l’entreprise de toute une vie: être connu pour ses livres seulement. Milan Kundera de nos jours, pousse la discrétion jusqu'à imposer à ses admirateurs un peu trop fervents, un code téléphonique spécial avant toute demande d'interview. Pourfendeur de la médiocrité et de la bêtise, Gustave Flaubert reste la figure à part de la littérature française du XIXème siècle. Son héroïne Madame Bovary a donné son nom au comportement psychologique consistant à fuir dans le rêve l'insatisfaction éprouvée dans la vie: le bovarysme. L'écriture, pour Gustave Flaubert, est le fruit d'une enquête minutieuse et d'un labeur acharné. Maître bien malgré lui du mouvement réaliste et inspirateur des naturalistes, il suscitera l'admiration de Proust, l'intérêt de Sartre et influencera jusqu'au nouveau roman. Né à Rouen le douze décembre 1821, il est issu d’une famille de médecins. Le père, grand bourgeois sévère, est chirurgien-chef à l’Hôtel-Dieu. Très jeune, l’enfant a décidé d’écrire. Il a trouvé un sujet, qu’une vie d’écrivain ne suffira pas à épuiser: la bêtise. Ainsi, se manifeste déjà le goût du sarcasme, de l’ironie et de la dénonciation. Rapidement, Il est délaissé en faveur de son frère aîné, brillant élève admiré par la famille, prénommé Achille comme son père, à qui il succédera comme chirurgien-chef de l'Hôtel-Dieu. Gustave Flaubert passe une enfance sans joie, marquée par l'environnement sombre de l'appartement de fonction de son père à l'hôpital de Rouen, mais adoucie par sa tendre complicité avec sa sœur cadette, Caroline, née trois ans après lui. Adolescent aux exaltations romantiques, il est déjà attiré par l'écriture au cours d'une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis au lycée de Rouen. Flaubert enfant a déjà dans ses tiroirs une production considérable.
"D'où vient donc cette haine contre la littérature? Est-ce envie ou bêtise? L'un et l'autre, sans doute, avec une forte dose d'hypocrisie. Comme ils sont rares les mortels tolérables, mais Vous, Princesse, vous êtes indulgente. L'élévation de votre esprit fait que vous regardez de haut la sottise; moi, elle m'écrase, étant, comme vous savez , un homme faible et sensible. La vie n'est supportable qu'avec une ivresse quelconque. Si tu pouvais lire dans mon cœur, tu verrais la place où je t'ai mise. Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire. La manière la plus profonde de sentir encore quelque chose est d'en souffrir". Son baccalauréat une fois obtenu, le jeune homme entame sans enthousiasme des études de droit à Paris. Il fréquente surtout les milieux artistiques et se lie d’amitié avec Maxime Du Camp, homme de lettres mondain qui prétend le patronner. Mais son idéalisme blessé tourne au dégoût de la vie, au refus de l’action, à la dérision générale du réel. Après ses réussites aux examens, ses parents lui financent alors un voyage dans les Pyrénées et en Corse, que Flaubert relatera dans l'ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom de "Voyage dans les Pyrénées et en Corse" ou dans certaines éditions des "Mémoires d'un fou". Le premier événement notable dans sa jeunesse est sa rencontre à Trouville-sur-Mer, durant l'été 1836, d'Élisa Schlésinger qu'il aimera d'une passion durable et sans retour. Il transposera d'ailleurs cette passion muette, avec la charge émotionnelle qu'elle a développée chez lui, dans son roman "L'Éducation sentimentale", en particulier dans la page célèbre de "l'apparition" de madame Arnoux au regard du jeune Frédéric et dans leur dernière rencontre poignante. Il a treize ans et demi, il voit alors sur la plage de Trouville, une "pelisse rouge avec des raies noires", laissée sur le sable par une femme partie se baigner, qui va être trempée par les vagues montantes. Il déplace la pelisse. Plus tard, dans la salle à manger de l'hôtel, quelqu'un le remercie alors, c'est la baigneuse. "Je vois encore, écrira Flaubert, cette prunelle ardente sous un sourcil noir se fixer sur moi comme un soleil". Il vient de tomber amoureux d'Élisa Schlesinger, il l'aimera toujours. Deux ans plus tard, à quinze ans et demi, l'auteur décide d'écrire son propre "Werther", sa propre "Confession d'un enfant du siècle": il va y raconter la rencontre, brève et alors sans suite d'Élisa. Il appelle le livre les "Mémoires d'un fou", peut-être en hommage à quelques lignes de Werther, où Goethe écrit que, dès qu'un homme accomplit alors "un geste généreux et inattendu", les témoins crient qu'il est fou. "Mémoires d'un fou" n'est pas le premier écrit de Flaubert. À neuf ans, il a publié, par les soins d'un avocat de Rouen, Albert Mignot, un "Éloge de Corneille" et il a mis en sous-titre: "Œuvres choisies de Gustave F". À onze ans, il donne des critiques dramatiques dans le journal "Art et Progrès". Puis ce sont des livres d'histoire, ou mystiques, le "Moine des Chartreux", la "Peste à Florence", "la Dernière Heure". Lorsqu'il écrit sa rencontre avec Élisa, Flaubert est l'auteur déjà de près de trente œuvres. Dispensé de service militaire grâce au tirage au sort qui lui est favorable, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de droit à Paris, ses parents souhaitant qu'il devienne avocat. Il mène une vie de bohème agitée, consacrée à l'écriture. Il y rencontre des personnalités dans le monde des arts, comme le sculpteur James Pradier,et celui de la littérature, comme l'écrivain Maxime Du Camp, qui deviendra son ami, ainsi que l'auteur dramatique Victor Hugo. Il abandonne le droit, qu'il abhorre, en janvier 1844 après une première grave crise d'épilepsie. Il revient alors à Rouen, avant de s'installer en juin 1844 à Croisset, en aval de la Seine, dans une vaste maison que lui achète son père.
"N'avaient-ils rien autre chose à se dire ? Leurs yeux pourtant étaient pleins d'une causerie plus sérieuse; et, tandis qu'ils s'efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux. C'était comme un murmure de l'ãme, profond, continu, qui dominait celui des voix. On peut juger de la beauté d'un livre à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donné et à la longueur du temps qu'on est ensuite à en revenir. J’éprouve le besoin de sortir du monde, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoûte à voir". Le jeune Flaubert nourrit un idéal élevé, des romans approchant la perfection stylistique. Et il sait que même avec les plus grands de la littérature, le jugement peut être sévère. À l’entrée "Célébrité" de son "Dictionnaire des idées reçues", où il a recensé pendant une trentaine d’années les lieux communs les plus bêtes de son époque, il écrit: " Dénigrer quand même les célébrités, en signalant leurs défauts privés. Musset se soûlait. Balzac était criblé de dettes. Hugo est avare". Fils d'un champenois et d'une normande, il joint en lui les traits des deux races. Ainsi, auphysique il est un pur viking. Il en a la taille haute, le regard, l'opiniâtreté et l'esprit d'indépendance. Mais il doit à son père, professeur de clinique et chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, après avoir été un des plus brillants élèves de Dupuytren, sa méthode d'analyse scrupuleuse, sa précision scientifique. Il rechercha, en clinicien, la vérité sous les faux-semblants. Il la décrira avec une objectivité qui lui sera reprochée comme si elle était une marque d'insensibilité, alors qu'il conservera toute la vie un cœur d'ingénu. Il a grandi dans un hôpital, joué, dans un petit jardin, sous les fenêtres d'un amphithéâtre d'anatomie. Il a connu la souffrance et la mort dès ses premières années. Mais la mélancolie d'un tel lieu était tempérée par la douceur d'un foyer familial très uni, où l'on aimait rire. De ces contrastes sont venus sans doute et sa tendance à latristesse et son besoin de grosse gaieté, son goût des farces, et cette invention d'un personnage fictif, "Le Garçon", auquel ses camarades et lui, lui surtout, et jusqu'à la fin de sa vie, prêtent les propos cyniques les plus extravagants, les mieuxfaits pour effaroucher les bourgeois qu'il prend en horreur. À côté de cela, Gustave Flaubert a grand besoin de tendresse,et le montre dans ses lettres à sa mère, à sa sœur de trois ans plus jeune que lui. Il allait la perdre le vingt mars 1846, trois mois après la mort de son père. Ces deuils répétés, la présence au foyer d'une enfant dont la venue avait coûté la vie à la très jeune mère, une maladie nerveuse épileptiforme, mais qui vraisemblablement ne fut pas, comme on l'a trop souvent à tort dit, l'épilepsie vraie, assombrirent encore son destin, inclinèrent davantage son esprit vers le pessimisme. Sa santé fragile l'obligea à interrompre ses études de droit, ce qui fut plutôt un soulagement, car il ne concevait pas, étant encore sur les bancs du lycée, qu'il pût être autre chose qu'un grand écrivain. Le destin de "Madame Bovary" vient de loin.
"Surpris d'étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s'en raconter la sensation ou en découvrir la cause. Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet enivrement, sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au delà s'étendait à perte de vue l'immense pays de félicités et de passions". La famille de Mme Flaubert était du pays d'Auge. Le docteur Fleuriot, installé à Pont-l'Evêque, avait épousé une demoiselle Cambremer de Croixmare, dont il eut une fille, la mère du romancier. Ses biens ramenaient chaque été les Flaubert à Trouville, où les parents champenois venaient les rejoindre. Trouville n'était encore qu'un village de pêcheurs. Mais la beauté du site attirait nombre d'artistes, et ce fut là que le collégien fit, au vrai, son éducation sentimentale. Une idylle ébauchée avec une amie de sa sœur, une fille de l'amiral anglais Collier, servit de prélude au grand roman d'amour, à la passion du romancier pour Mme Schlésinger, rencontrée à Trouville en 1836. Cette passion est à l'origine d'un des chefs-d'œuvre de la littérature française: "L'Éducation sentimentale". Il est remarquable que, dès sa jeunesse, Flaubert ait été attiré par les sujets qu'il devait développer plus tard dans la pleine maturité. On trouve dans les écrits de l'enfant et de l'adolescent l'embryon de ce qui allait alors devenir "La Tentation de Saint-Antoine". En 1835: "Voyage en enfer", en 1837: "Rêve d'enfer", en 1839: "Smarh". De même trois versions de"L'Éducation sentimentale" précèdent le roman de 1869. En 1836 les "Mémoires d'un fou", puis à vingt ans, alors qu'il était étudiant à Paris, "Novembre", et en 1843, une première "Éducation sentimentale", qui n'a de commun que le titre avec le texte définitif. Alors les frères Goncourt ont dit avec raison que certaines pages de "Novembre" étaient un réel chef-d'œuvre, ce qui n'empêchera pas le jeune auteur d'attendre encore treize années avant de rien livrer au public. Lorsque, obéissant à la mode littéraire, il écrit, en 1837, "Une leçon d'histoire naturelle: Genre commis", l'imprime dans"Le Colibri", cette "physiologie" balzacienne préfigure "Madame Bovary" et "Bouvard et Pécuchet", avec plus d'éclat. Gustave Flaubert s'était lié sur les bancs de l'école de droit avec un autre étudiant, comme lui fils de médecin, Maxime Du Camp. Malgré quelques orages, leur amitié fut durable, bien que refroidie par la hâte de Du Camp à se pousser dans le monde, et l'indifférence de Flaubert, qui, aux objurgations de son ami, répondit: "Être connu n'est pas ma principale affaire. Je vise à mieux: à me plaire, et c'est plus difficile. Le succès me paraît être un résultat et non pas le but. J'ai en tête une manière d'écrire et gentillesse de langage à quoi je veux atteindre". Cela fut écrit en juin 1856,avant même que fût alors achevé le roman qui le tenait occupé depuis 1851, son chef-d'œuvre, "Madame Bovary".
"Elle retenait sa douleur, jusqu'au soir fut très brave mais dans sa chambre, elle s'y abandonna, à plat ventre sur son matelas, le visage dans l'oreiller, et les deux poings contre les tempes. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du cœur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment". Au début de l'année 1846, meurent, à peu de semaines d'intervalle, son père, puis sa jeune sœur, deux mois après son accouchement. Gustave prendra la charge de sa nièce, Caroline. Son père laisse en héritage une fortune évaluée à cinq cent mille francs. Il peut désormais vivre de ses rentes et se consacrer entièrement à l'écriture. Il décide, en compagnie de Du Camp, de parcourir à pied la Touraine, la Bretagne et la Normandie, en longeant la côte, de la Loire à la Seine, au printemps de 1847. En avril 1848, il a encore le chagrin de perdre un de ses intimes, Alfred Le Poittevin, dont la sœur était la mère de Guy de Maupassant. Puis, comme pour se consoler en traitant un sujet longuement mûri avec lui, il se met à rédiger "La Tentation de Saint-Antoine", après avoir mis au net les notes rapportées de son voyage en Bretagne. Celles-ci devaient former un volume, "Par les champs et par les grèves", dont les chapitres impairs sont de Gustave Flaubert, les pairs de Maxime Du Camp. Il se rend à Paris avec son ami Louis-Hyacinthe Bouilhet pour assister à la Révolution de 1848. Légaliste, il lui porte un regard très critique que l'on retrouve dans "L'Éducation sentimentale". "La Tentation de Saint Antoine" tient Flaubert jusqu'en septembre 1849. Les médecins lui prescrivent, son état nerveux s'aggravant, un séjour dans les pays chauds. Il avait décidé de partir avec Du Camp pour l'Orient, mais il voulait avant achever sa tâche. Il se mit en route pour l'Orient le vingt-neuf octobre 1849, parcourut avec Du Camp l'Égypte et remonta le Nil, visita l'Asie Mineure, la Turquie, la Grèce, et revint par l'Italie. Il y fit provision de souvenirs qui trouvèrent leur emploi dans "Salammbô", dans "Hérodias", ainsi que dans les versions ultérieures de "La Tentation de Saint-Antoine". Ce long voyage se réalisa entre 1849 et 1852. Dès son retour, il reprend alors sa relation avec la poétesse Louise Colet. Liaison traversée de bien des disputes, de ruptures momentanées, de replâtrages. Jusqu'à leur rupture, il entretient avec elle une correspondance considérable dans laquelle il développe son point de vue très personnel sur le travail de l'écrivain, les fines subtilités de la langue française et ses opinions sur les rapports entre hommes et femmes.
"Il n’avait plus, comme autrefois, de ces mots si doux qui la faisaient pleurer, ni de ces véhémentes caresses qui la rendaient folle ; si bien que leur grand amour, où elle vivait plongée, parut se diminuer sous elle, comme l’eau d’un fleuve qui s’absorberait dans son lit, et elle aperçut la vase. Étourdissons-nous avec le bruit de la plume et buvons de l'encre. Cela grise mieux que le vin. Ils se connaissaient trop pour avoir ces ébahissements de la possession qui en centuplent la joie. Elle était aussi dégoûtée de lui qu’il était fatigué d’elle. Emma retrouvait dans l’adultère toutes les platitudes du mariage". Retiré à Croisset, près de sa mère, n'ayant guère de distractions que les soins donnés à l'éducation de sa nièce et quelques voyages à Paris, Flaubert vécut en solitaire. Quelques passades, mais surtout un échange épistolaire assidu avec des amis et amies de choix, lui suffirent. Ses œuvres, peu nombreuses, ne comportent que trois grands romans, trois contes brefs, un "mystère", si l'on s'en tient à ce qui fut publié de son vivant. Il faut y ajouter une pièce de théâtre, "Le Candidat", qui subit un échec au Vaudeville le onze mars 1874, une féérie, "Le Château des cœurs", écrite avec Bouilhet et d'Osmoy, et quine fut pas représentée, un roman posthume, "Bouvard et Pécuchet", inachevé, et surtout cette "Correspondance"qui forme aujourd'hui treize gros volumes, et qui est peut-être le paradoxal chef-d'œuvre d'un écrivain dont le credo artistique tenait en ce seul article. "Le premier venu est plus intéressant que le nommé Gustave Flaubert", signifiant clairement que l'écrivain doit demeurer toujours absent de son œuvre, comme Dieu reste invisible dans la création. Sa vie, après son retour d'Orient, se confond alors avec l'histoire de ses livres. "Madame Bovary", en 1856, avait commencé de paraître dans "La Revue de Paris", fondée par Du Camp au retour du voyage en Orient, et, à cause de son libéralisme, mal vue du pouvoir, on prit prétexte de quelques scènes du roman pour engager des poursuites contre la revue et l'écrivain. Une habile plaidoirie de Maître Sénart provoqua l'acquittement, le sept février 1857, malgré le réquisitoire d'une sévérité inique du substitut Pinard. En avril, le volume paraissait chez Michel Lévy, et le procès maladroit servit grandement à le lancer. La presse fut d'ailleurs très louangeuse, avec Sainte-Beuve, et Baudelaire, mais les journaux de droite dénoncèrent l'immoralité de l'auteur et déplorèrent alors son acquittement.
"N'importe! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait ? Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers. Puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol qui pousse mal tout autre part". Qu'avait-il fait cependant ? Goncourt rapporte ce mot de Mgr Dupanloup: "Madame Bovary ? un chef-d'œuvre, monsieur. Oui, un chef-d'œuvre pour ceux qui ont confessé en province." Une œuvre morale, en tout cas, car l'histoire d'Emma Bovary n'offre rien qui puisse être regardé comme une apologie du vice. Victime de ses rêves, de ce triste penchant à toujours vouloir ce que la vie ne peut alors raisonnablement lui donner, dédaignant ce qu'elle tient, poursuivant de chimériques espoirs, Emma souffre de la médiocrité provinciale. Mariée à un officier de santé, elle étouffe dans le village où son mari exerce la médecine. Un hobereau du voisinage n'a pas de mal à en faire sa maîtresse, puis se lasse vite d'elle. Déçue, elle manque mourir de chagrin, prend sa revanche avec un clerc de notaire, signe des traites pour se faire belle, et, acculée à la ruine, entraînant son pauvre niais de mari dans les pires embarras, elle se fait donner de l'arsenic par le garçon du pharmacien Homais, et s'empoisonne. On ne peut résumer un livre où chaque détail a sa valeur, où tout est ordonné avec un art de composition admirable, où chaque caractère est d'une vérité qui en fait un "type" demeuré vivant, et dont le nom est passé dans la langue. Quand on demandait à Flaubert quel avait été le modèle de Madame Bovary, il répondait: "C'est moi !" Et cela est exact. Il a pu dire également: "Ma pauvre Bovary, à cette heure, souffre et pleure dans vingt villages de France !" Elle restera vraie tant qu'il y aura des êtres pour ainsi rêver et pour souffrir.
"Avant qu'elle se mariât, elle avait cru avoir de l'amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'était pas venu, il fallait qu'elle se fut trompée, songea-t-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. Un livre est une chose essentiellement organique, cela fait partie de nous-mêmes. Nous nous sommes arrachés du ventre un peu de tripes, que nous servons aux bourgeois. L'artiste doit être dans son œuvre comme Dieu dans la création, présent partout et visible nulle-part". Le premier septembre 1857, Flaubert entame la rédaction de "Salammbô", roman historique évoquant la "guerre des Mercenaires" à Carthage, conflit s'étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Polybe lui fournit les données historiques, avec la "guerre des Mercenaires". Patiemment, il entreprit d'immenses lectures pour donner un fondement acceptable à l'histoire de Salammbô, fille d'Hamilcar Barca. Il alla sur les lieux voir les paysages historiques. Le nom de l'héroïne est un de ceux que les Phéniciens donnaient alors à Vénus. Quant le roman parut, l'archéologue Froehner en critiqua la vraisemblance historique. Citant ses sources, Flaubert leconfondit, et il se trouve aujourd'hui que les récentes découvertes, très loin de ruiner ses hypothèses, les confirment en général, comme c'est la cas pour les enfants immolés à Moloch. Le succès fut aussi grand que celui de "Madame Bovary" lorsque le livre parut en novembre 1862. Il avait coûté près de six ans passés dans les "affres du style". Deux ans plustard, le premier septembre 1864, Flaubert entreprend enfin la version définitive de "L'Éducation sentimentale", roman de formation marqué par l'échec et l'ironie, avec des éléments autobiographiques comme le premier émoi amoureux ou les débordements des révolutionnaires de 1848. Le roman est publié en novembre 1869. Mal accueilli par la critique et les lecteurs, il ne s'en vend ainsi que quelques centaines d'exemplaires. Flaubert continue sa vie mondaine. Il rencontre l'empereur, reçoit la Légion d'honneur en 1866 et resserre ses liens avec George Sand qui le reçoit à Nohant. En juillet 1869, il est très affecté par la mort de son ami Louis-Hyacinthe Bouilhet. Rien ne permet d'affirmer qu'il ait été l'amant de la mère de Guy de Maupassant, sœur de son ami d'enfance, Alfred Le Poittevin. Quoi qu'il en soit, il sera très proche du jeune Maupassant qui le considérera comme un père spirituel. Leur correspondance témoigne de cette proximité.
"La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Quand je regarde une des petites étoiles de la Voie lactée, je me dis que la Terre n'est pas plus grande que l'une de ces étincelles. Et moi qui gravite une minute sur cette étincelle, qui suis-je donc, que sommes-nous ? Ce sentiment de mon infirmité, de mon néant, me rassure. Il semble être devenu un grain de poussière perdu dans l'espace, et pourtant je fais partie de cette grandeur illimitée qui m'enveloppe". La guerre interrompit alors la composition de "La Tentation de Saint-Antoine", qui ne put paraître qu'en 1874. Avec ce livre, l'écrivain dotait la littérature française d'un ouvrage sans analogue, dont la portée rappelle celle de Faust. En 1875, Commanville, mari de sa nièce, est ruiné et menacé de faillite. Avec un dévouement extrême, Flaubert se dépouille pour le sauver. En vain, il n'y parviendra pas, et sera d'ailleurs payé d'ingratitude. Ses amis l'aident. George Sand lui offre d'acheter Croisset et de l'y laisser sa vie durant. Il croit pouvoir se passer de cette aide. Et George Sand meurt six mois plus tard. Il a mis en chantier un autre grand roman qui doit être le récit des déceptions éprouvées par deux anciens commis, qu'un héritage affranchit du labeur quotidien, et qui, installés à la campagne, se mettent en tête d'entreprendre ce qu'ils sont mal préparés à mener à bien, échouent piteusement dans leurs essais d'agronomie, puis d'archéologie, de médecine, puis de littérature, et, écœurés, se remettent, de guerre lasse, à "copier comme autrefois" pour alors passer la vie. On a dit que "Bouvard et Pécuchet" faisait le procès de la science, c'est une grossière erreur. C'est le procès du manque de méthode que fait Flaubert, la critique de ceux qui croient savoir et n'ont même pas appris à apprendre. Leçon très haute et par cela même destinée à n'être que difficilement comprise, et d'autant moins que le livre est inachevé, et que nous ignorons ce que devaient copier les deux personnages, dont le choix constituait évidemment la preuve de leur enrichissement spirituel, car, Flaubert le dit, ils avaient appris dans toutes leurs expériences à souffrir, comme lui-même, de la bêtise universelle, au point de ne plus la tolérer. L'œuvre sera publiée en l'état dans l'année 1881, un an après sa mort.
"L’humiliation de se sentir faible se tournait en une rancune que les voluptés tempéraient. Ce n’était pas de l’attachement, c’était comme une séduction permanente. Il la subjuguait. Elle en avait presque peur. Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu’on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d’un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée". Pour obéir au vœu de George Sand, qui lui reprochait de toujours "travailler dans la désolation", sans jamais écrire rien de consolant, il entreprit "Un cœur simple". Ces souvenirs d'enfance à Trouville, à Pont-l'Evêque, groupés autour de sa servante Félicité, joints à "La Légende de Saint Julien l'Hospitalier" et à "Hérodias" forment les "Trois Contes inspirés", le premier d'un vitrail, le second d'un tympan de portail de la cathédrale de Rouen, entraînant ainsi le lecteur en plein Moyen Âge de la "Légende dorée", et puis en Judée, à l'Orient de la mer Morte, dans la citadelle de Machaerous. Hérode Antipas, Tétrarque de Galilée, pour obéir à Salomé qui, ayant dansé devant lui, lui avait plu, ordonna au bourreau de trancher la tête de Jean-Baptiste et de l'apporter à la jeune fille sur un plateau. Trois récits de couleur si variée que tout son art se trouve résumé dans cette opposition des paysages et des nuances psychologiques. Les dernières lettres publiées dans sa "Correspondance" nous montrent Gustave Flaubert "las jusqu'aux moelles", terrassé par le chagrin et le travail. La mort vint le prendre le huit mai 1880, à l'âge de cinquante-huit ans. Il avait eu avant de mourir la consolation d'assister au triomphe de son disciple Guy de Maupassant dont "Boule de Suif" était saluée comme un chef-d'œuvre. Son enterrement au cimetière monumental de Rouen se déroule le onze mai 1880, en présence de nombreux écrivains importants qui le reconnaissent comme leur maître, qu'il s'agisse de Zola, de Daudet, de Théodore de Banville ou de Guy de Maupassant, dont il avait encouragé la carrière depuis 1873.
"Le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son cœur. Je suis doué d'une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire. Personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs. Les bonheurs futurs, comme les beaux rivages des tropiques, projettent sur l’immensité qui les précède leur mollesse natale, une brise parfumée, et l’on s’assoupit dans cet enivrement sans même s’inquiéter de l’horizon que l’on n’aperçoit pas". En 1850, Balzac meurt. Flaubert, en voyage à Constantinople, l’apprend. La succession est ouverte. "Je crois que le roman ne fait que de naître, il attend son Homère". En 1857, cet Homère fait l’objet d’un procès au terme de sept années qui métamorphosent alors le roman français, et aboutissent à la tentative de censure bourgeoise. Procès d’une femme, ou procès d'un roman ? Quand Flaubert se met à sa table de travail et dans le "gueuloir" de Croisset, il entame l’expérience de la contrainte généralisée. Contrainte du sujet et du combat qu’il génère, contrainte du genre romanesque, contrainte du style et de l’écriture. Sans doute se résolvent-elles moins dans l’achèvement du livre, parfait système clos, que dans la récurrence, la structure, l’organisation du texte. Si l’on a pu parler de "machine romanesque", c’est que Madame Bovary pose d’une façon magistrale l’économie du genre, en définit les enjeux et combine avec une remarquable efficacité les impératifs de l’écriture. Continuateur de Stendhal et de Balzac, Flaubert ancre le roman dans la tradition française du réalisme. À ce titre, il ouvre la voie à plusieurs générations de disciples, qui retiennent son exigence de vérité et d’observation à travers la doctrine du naturalisme. Mais l’auteur ne renonce jamais à l’héritage romantique de Chateaubriand, parfois de Hugo, deux écrivains qui ont ainsi déterminé ses débuts en littérature. Toute son œuvre, jusqu’à sa correspondance intime, porte la marque de tentations contradictoires. Celle d’un bourgeois en rupture avec la classe sociale dominante et celle d’un esthète de la rigueur pris dans le vertige de l’imagination. La quête inlassable de l’unité nourrit un culte du style. La beauté, selon Flaubert, résulte de l’accord du mot et de l’expression avec la pensée. La figure de l’écrivain s’efface alors devant celle d’un ouvrier laborieux, qui inspirera ainsi le XXème siècle, de Proust au nouveau roman.
"Sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du coeur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment". La poésie est une plante libre qui croît toujours là où on ne la sème pas. Le poète n'est pas autre chose qu'un botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir. Si le visage est le miroir de l'âme, alors il y a des gens qui ont l'âme bien laide. La morale de l’art consiste dans sa beauté même, et j’estime par-dessus tout d’abord le style, et ensuite le vrai. Je crois avoir mis dans la peinture des mœurs bourgeoises, dans l’exposition d’un caractère féminin naturellement corrompu, autant de littérature et de convenances que possibles, une fois le sujet donné, bien entendu". Pour Flaubert,"l'Idée n'existe qu'en vertu de sa forme", et cette forme doit approcher une perfection dont il faut fonder les lois à force de reprises minutieuses. Il rêve d'un style "qui serait rythmé comme le vers, précis comme le langage des sciences et avec des ondulations, des ronflements, des aigrettes de feu, un style qui vous entrerait dans l'idée comme un coup de stylet". Le style est "à lui seul une manière absolue de voir les choses" et "les grands sujets font les œuvres médiocres". Flaubert, en passant du "débraillé" de Saint Antoine au "boutonné" de Madame Bovary, a tenté, à partir d'un sujet terre à terre, d'écrire un "livre sur rien". La précision du vocabulaire, l’équilibre de la ponctuation, le contrôle des assonances et la maîtrise du rythme atteignent avec Flaubert un degré d’harmonie absolu. Dans la solitude de la maison familiale de Croisset, l’auteur corrige ses brouillons, multiplie les versions de ses textes et les soumet à l’épreuve du "gueuloir", une pièce réservée où il peut les lire à haute voix, ou même les crier, pour mesurer l’effet qu’ils produisent. À travers les échecs, les crises et les périodes de doute, il s’apparente à un sacrifice. Sceptique et désabusé devant l’existence et les hommes, le romancier envisage l’écriture comme un martyre, guidé par la seule foi dans la perfection. L’ambition ultime de Flaubert est l’effacement de sa personne au bénéfice de son œuvre. "L’artiste doit s’arranger toujours à faire croire à la postérité qu’il n’a jamais vécu. Je ne peux rien me figurer sur la personne d’Homère, de Rabelais, et quand je pense à Michel-Ange, je vois alors, de dos seulement, un beau vieillard de stature colossale, sculptant la nuit aux flambeaux".
Bibliographie et références:
- Juliette Azoulai, "L'âme et le corps chez Flaubert"
- Maurice Bardèche," L’Œuvre de Gustave Flaubert"
- Pierre Barillet, "Gustave et Louise"
- Pierre-Marc de Biasi, "Flaubert, l'homme-plume"
- Roland Biétry, "Gustave Flaubert, un destin"
- Paul Bourget, "L'Œuvre de Gustave Flaubert"
- Michel Brix, "Flaubert et les origines de la modernité littéraire"
- Jacques-Louis Douchin, "L'absurde chez Gustave Flaubert"
- Henri Guillemin, "Flaubert devant la vie et devant Dieu"
- Yvan Leclerc, "L’Éducation sentimentale"
- Guy de Maupassant, "Étude sur Gustave Flaubert"
- Marthe Robert, "En haine du roman, Étude sur Flaubert"
- Michel Winock, "L'œuvre de Gustave Flaubert"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n'avez qu'à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n'y a rien dessous. Gagner de l'argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit. La notoriété, c'est comme de manger des cacahuètes. Quand on commence, on ne peut plus s'arrêter". De son vivant, il était déjà une légende via son œuvre, son extravagance, les provocations et les scandales qu'il suscita, ses deux-cents perruques, sa mesquinerie sans oublier ses dizaines de Rolex. Ne cachant pas son homosexualité, soupçonné d'être un consommateur de drogues, Warhol défraya souvent la chronique. Adolescent, il collectionnait les autographes et photos de stars, lesquelles devinrent plus tard l'objet de sa passion créatrice. Il les retravailla, les retrama et un beau jour, ils finirent par devenir des œuvres d'art qui dépassèrent en galerie et en vente les cent mille dollars pièce. Warhol découvrit la publicité en faisant ses études au "Carnegie Institute of Technology" à Pittsburgh. Devenu l'ami de Philip Pearlstein, il s'intéressa à la politique, aux transformations de la culture et de la civilisation américaine des années quarante. D'origine tchèque, ce fils d'immigrés modestes chercha rapidement à échapper à sa condition. Ce fut en 1949, qu'il commença sa carrière à New-York comme dessinateur de publicité. Très vite, ce créateur bouillonnant d'idées décida de déranger, de choquer et de bousculer le conformisme new-yorkais par des projets délirants d'emballages de chaussures, des pochettes de disques, d'illustrations dans des revues d'avant-garde. Il travailla successivement pour "Glamour", "Dance Magazine", le "New York Times" (1955) pour finalement devenir la coqueluche du Tout-New-York, la ville de la démesure et des défis. Un beau matin, "Glamour" désira des dessins de chaussures. Le jour suivant, Warhol proposa une cinquantaine de projets étonnants et son succès fut immédiat car personne n'avait alors son talent pour dessiner des chaussures, dans un style réaliste certes, mais transformées selon ses désirs. Warhol leur procurait des formes folles, ajoutait des éléments ou des rubans, leur donnait des reflets argentés et les munissait de talons aiguilles pour en faire des chefs-d'œuvre de mode. Autour de Warhol s'activa tout un mouvement de jeunes peintres, Roy Liechtenstein et Tom Wesselman entre autres qui représentaient l'époque post-be-bop, celle qui vit la naissance de la télévision, du rock 'n'roll ainsi que la mort de l'art conventionnel. Sorti du moule du monde de la publicité, il n'eut guère de peine à s'imposer comme chef de file de l'art américain. La société de consommation ne jurait plus que par le ketchup, le Coca-Cola ou la soupe Campbell dont les symboles publicitaires, ainsi que ceux de toute une série d'emballages de produits de consommation, furent détournés par Warhol lequel comprit avant tout le monde que leurs images avaient un impact extraordinaire sur des millions de consommateurs et que leur utilisation au niveau artistique ouvrirait la porte à de nouveaux concepts. Son succès fut alors assuré et on le surnomma rapidement le "Prince du Pop Art", ce qu'il assuma alors avec un sens très aigu des affaires. Ses projets ont-ils été excellents ou à tout le moins esthétiques ? Pas forcément selon certains critiques. Mais une chose est sûre. Ils étaient différents, annonçaient un style nouveau et permettaient aux produits dont il s'inspirait, et à l'art par ricochet, de se vendre. Une autre étape de sa vie, plus intéressante, fut celle où voisinèrent peinture et graphisme selon des procédés multiples. Connue sous le nom de "Fame and Fortune", cette période fertile permit à Warhol d'atteindre son apogée artistique. Il créa un style particulier, en associant des techniques de reproduction avec le graphisme, le dessin et la peinture et ce, en utilisant des matières simples comme le papier, la toile, les acryliques en sérigraphie. Rares sont toutefois ceux qui savent que ce génial concepteur transforma son atelier en véritable usine où s'activaient des dizaines de personnes et qu'il se contenta avant tout de définir des œuvres réalisées ensuite en équipe, ce qui lui permit d'en produire des milliers au cours de sa carrière. Très loin du plafond de la chapelle Sixtine et de Michel-Ange ! Même si devenu "peintre officiel" au top de sa carrière en livrant de nombreux portraits de commande, il s'inspira très librement de Botticelli et de Léonard de Vinci dans ses très lucratives séries "Shadows"!
"L'amour fantasmé vaut mieux que l'amour vécu. Ne pas passer à l'acte est très excitant. J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit". L'ensemble de ses portraits (Mao, Marylin Monroe, Liz Taylor, Elvis Presley, Mick Jagger ou Kennedy) furent ainsi créés d'après un négatif agrandi obtenu à partir d'une photo polaroïd. Par la suite, Warhol délira autour d'une sélection de couleurs, de teintes en agrandissant les trames. Il masqua les surfaces à l'aide de ses couleurs préférées comme le magenta et le vert pistache. L'entreprise qu'il créa, la "Factory", exécuta des tirages en sérigraphie qu'il signa en quantité. Dès les années quatre-vingts, les œuvres de Warhol atteignirent des sommes folles et les musées achetèrent alors à tout va grâce à l'appui du galeriste Leo Castelli qui lança tant d'autres grands noms de la peinture américaine d'après-guerre et contribua à faire de New York le centre principal de l'art contemporain dans le monde. Warhol eut également en la CIA un allié de poids qui favorisa son ascension fulgurante puisque dans le cadre de sa lutte contre le communisme, ce service de renseignement chercha à mettre fin à l'hégémonie européenne en incitant les musées d'outre-Atlantique à acheter en priorité des œuvres d'artistes américains. Warhol réalisa des commandes en chaîne et devint riche à millions sans guérir toutefois de sa mesquinerie. Aujourd'hui, ses créations ont été plusieurs fois jusqu'à dépasser les quatre millions de dollars dans des ventes aux enchères. Il était aussi un collectionneur quelque peu excentrique qui amassa alors des meubles rococo, des lampes Tiffany, des tableaux de Rauschenberg, de la verrerie contemporaine, des milliers de chaussures de formes bizarres ainsi qu'un nombre incroyable de gadgets à cinq sous qu'il empila dans sa maison quasiment du sol au plafond. Mort à la suite d'une opération en 1987, Warhol fut le représentant d'une époque de grandes mutations, tant technologiques que politiques, qui observa le monde avec une certaine froideur sinon avec cynisme. À travers son art, il imprima dans le subconscient des gens une nouvelle interprétation ou vision de l'existence alors que sa vie fut celle d'un voyeur entouré lui-même de gens bizarres, figures de proue de ce qu'on appelait l'Underground new-yorkais qui firent de lui leur pape. Warhol filma aussi sans vergogne les personnages de ce monde souterrain qui fascina tant le Tout-New York et en fit littéralement des stars. Il contribua ainsi au succès du chanteur Lou Reed, du photographe Robert Mapplethorpe et du peintre Jean-Michel Basquiat. Maintenant, Warhol est devenu un mythe et surtout le roi du Pop Art qui a révolutionné le marché de l'art depuis les années 1980 en devenant pour beaucoup de collectionneurs, surtout de jeunes entrepreneurs, le symbole de leur réussite. Il restera aux historiens de l'art de définir plus précisément le rôle de ce créateur qui associa l'art à la publicité ou qui plus prosaïquement fit de la publicité de l'art. À l'évidence, il fut plus un génial concepteur créant de l'art "à revendre" qu'un artiste du calibre de Picasso plus intéressé à faire de l'art pour l'art. Étudions de plus près le cheminement du peintre débutant vers la machine à produire des images.
"Je n'ai mis que mon talent dans mon œuvre. Mon génie est dans ma vie. Acheter est bien plus américain que penser. Quoi de plus beau qu'une bouteille de Coca Cola!" .Venu au monde de l’art en plein essor de l’art abstrait, Andy Warhol aurait pu devenir un dessinateur frustré. En réponse, il choisit de pousser l’art de la figuration à son extrême. Aussi recycle-t-il, pour la société américaine des années 1960, les artefacts de la vie quotidienne: des produits de consommation, la bouteille de Coca-Cola, la nourriture “instantanée”, la boîte de soupe Campbell, la monnaie d’échange, le dollar, l’américanisme, la bannière étoilée et ses couleurs, des manchettes de journaux et des publicités, des personnages de bandes dessinées, des stars du cinéma et de la musique rock, Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor, Elvis Presley, mais aussi des célébrités politiques, Mao, Jackie Kennedy ou de simples citoyens, Ethel Scull, des acteurs et objets de faits divers, accidents, criminels, voire la chaise électrique, des sites emblématiques, l’Empire State Building, la Tour Eiffel. Comparables aux icônes religieuses, fleurons de la peinture des XIIème et XIIIème siècles, ces objets “vénérés” puisque médiatisés par nos sociétés modernes se trouvent alors métamorphosés en un autre type d’image réifiée, l’icône. Warhol est avant tout portraitiste, à la fois dans son art et de son temps. Comme il le dit, dans le style aphoristique qui lui est alors propre: “Chaque fois que je fais quelque chose , le résultat est un portrait”. Le dispositif formel qu’il met en place permet d’assimiler les personnes représentées aux objets réels et, inversement, de transformer les objets en portraits. De son vrai nom Andrew Warhola, Andy Warhol, fils d'immigrés tchèques, naît à Pittsburgh le six août 1928. Il est le troisième fils d'Andrej Varchola et de Julia, née Zavacky, mariés à Mikova, actuelle Slovaquie en 1909, émigrés aux États-Unis en 1913 pour son père et en 1921 pour sa mère. Le père d'Andy Warhol, Andrej, est mineur, puis ouvrier sur les chantiers industriels de la ville. Sa mère, Julia, gagne un peu d'argent en effectuant des travaux domestiques et en vendant au porte à porte ses confections artisanales, fleurs en papier et œufs de Pâques. La famille loue alors de modestes appartements successifs à proximité des usines avant d'acheter, en 1934, une maison dans le quartier d'Oakland. En 1937, Andrew contracte la chorée, maladie infectieuse qui atteint le système nerveux. Aussi appelée danse de Saint Guy, cette maladie le contraint à garder le lit pendant plus de deux mois. Un cousin donne à la famille un Kodak Brownie Box Camera, appareil avec lequel le futur artiste prend de très nombreuses photographies qu'il développe lui-même dans un laboratoire improvisé au sous-sol de la maison. L'enfance pauvre d'Andy a été modelée par l'environnement pollué de cette banlieue, les privations de sa famille qui souffre de la grande dépression, la crise de 1929, mais aussi alors par l'iconographie byzantine dans laquelle baigne la famille Warhola, chrétienne très pratiquante, membre de l'Église grecque-catholique ruthène alors influente. En 1933, il commence sa scolarité à l'école primaire où il se sent mal-aimé. Elle se clôt alors en 1945 avec la remise du diplôme du lycée. De 1945 à 1949, Andy Warhol étudie alors au Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh dans la section "Painting and Design" où il fait la connaissance de Philip Pearlstein où il obtient le Bachelor of Fine Arts (Licence). C'est au cours de ses études qu'il adopte la technique du dessin tamponné, savoir-faire qui fera un peu plus tard sa fortune.
"Il est trop difficile de peindre. Les choses que je veux montrer sont mécaniques. Les machines ont moins de problèmes. J'aimerais être une machine, pas vous ? Plus tard, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale. Sinon, à quoi bon vivre ?" À l'été 1949, il s'installe à New York, et cette même année, commence à travailler comme dessinateur publicitaire pour le magazine "Glamour", à cette occasion apparaît pour la première fois son nom simplifié en Andy Warhol. Il travaille alors ensuite pour "Vogue", et pour "Harper's Bazaar" et crée ses premiers croquis pour le fabricant de chaussures "I. Miller". Il décore aussi des vitrines pour le grand magasin "Bronwit Teller". Rêvant de devenir artiste, il traîne souvent dans le bar-restaurant Serendipity, fréquenté par des artistes comme Marilyn Monroe, il est remarqué par le patron qui accepte d'accrocher ses premiers dessins. C'est en 1952 qu'a lieu sa première exposition à la Hugo Gallery à New York. Entre 1953 et 1955, Andy devient créateur de costumes dans une troupe de théâtre, il s'affuble alors de la fameuse perruque couleur platine qui va le caractériser. Il ne cessa de mener cette double vie: "J'ai commencé dans l'art commercial, je veux terminer avec une entreprise d'art, être bon en affaire, c'est la forme d'art la plus fascinante, gagner de l'argent est un art, travailler est un art, et les affaires bien conduites sont le plus grand des arts" dit-il. Il affiche clairement son ambition. Devenir très riche. En février-mai 1961, il réalise ses cinq premiers tableaux ("Advertisement", "Before and After", "Little King", "Saturday's Popeye" et "Superman") inspirés des comics, dont il expose la plupart dans la semaine du onze au dix-huit avril 1961 à la devanture du magasin Bonwit Teller, qui l'employait pour des illustrations commerciales, tandis que Roy Lichtenstein présentera ses premiers comics ("Girl with ball") en septembre 1961, lors d'une exposition collective de la galerie Léo Castelli, après avoir réalisé sa première œuvre de ce type, "Look Mickey", fin juin 1961. Il est d'ailleurs possible que Lichtenstein ait vu en avril les œuvres de Warhol exposées chez Bonwit Teller, voire que tous deux aient été stimulés par celles des artistes de l'avant-garde européenne exposés alors à New York en 1960 et 1961, notamment à l'exposition "New Forms, New Media", à la "Martha Jackson Gallery", en septembre et octobre 1960, tandis que James Rosenquist réalise ses premières peintures pop dès 1960. À la fin de l'année 1962, Warhol acquiert un hôtel particulier de trois étages au 1342 Lexington Avenue, où il installe son atelier et emménage avec sa mère, qui vit avec lui à New York depuis 1952. Il s'investit dans la sérigraphie, tout en explorant la culture populaire et les produits de consommation de masse. Son œuvre est directement influencée par la généralisation de la grande consommation et la prolifération desmédias qui marquent son époque. Andy Warhol utilise quasi-exclusivement la sérigraphie, cherchant ainsi à rompre avec le fétichisme de l'œuvre unique. Les tirages qu'il réalise sont aléatoires, sans numéros. Malgré un mode de production mécanisé, il intervient sur les images choisies en les coloriant, les photocopiant, en modifiant leur aspect.
"On dit que le temps change les choses, mais en fait le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-mêmes. Tout le monde se ressemble, agit de la même façon, et nous ne faisons que progresser dans cette voie. Tout le reste n'est que balivernes". En 1962, il peint les "unes de journaux", qui constituent sa première transposition de la photographie en peinture. Au printemps, il introduit pour la première fois la technique de la sérigraphie sur toile dans son travail. C'est cette nouvelle technique qu'il utilise pour les premiers portraits de stars de cinéma qu'il réalise sur toile: Troy Donahue, puis Marilyn Monroe, après sa mort, le 5 août, Elvis Presley, Nathalie Wood et Warren Beatty. Au début de l'été 1962, Irving Blum organise la première exposition personnelle des peintures de l'artiste: "Campbell's Soup Cans", à la Ferus Gallery. À l'issue de l'exposition, il acquiert l'ensemble des trente toiles pour éviter leur dispersion. En septembre, Ileana et Michael Sonnabend se rendent alors chez Warhol avec Robert Rauschenberg à qui il propose de faire son portrait à partir de photographies qu'il lui fournirait. Quelques mois plus tard, la Stable Gallery lui offre une chance, sa première exposition solo new-yorkaise. Parmi les œuvres présentées, on compte le "Marilyn Diptych". Michael Fried écrit alors: "Un art comme celui de Warhol parasite forcément les mythes de son époque, et donc, indirectement, la machine de gloire et de publicité qui les lance sur le marché". Le treize décembre, le symposium "on pop art" organisé par le Moma baptise la nouvelle tendance. L'artiste commence ses séries sur la mort et sur les catastrophes. Puis, à la suite d'une commande du magazine "Harper's Bazaar", il entreprend une série de portraits d'acteurs, célébrités, musiciens et personnages du monde de l'art en les faisant poser, de façon artistique, devant un simple appareil Photomaton. Enjanvier 1964, Warhol ouvre la "Factory" dans un loft sur la quarante-septième avenue. C'est alors une sorte d'atelier artistique qui sert en même temps de studio d'enregistrement pour ses œuvres cinématographiques et de lieu de rencontre pour son entourage. Il tourne plusieurs films expérimentaux, largement improvisés, sans sujet ni scénario.
"On n'imagine pas combien de gens accrochent un tableau de la chaise électrique dans leur propre salon, surtout si les couleurs du tableau vont bien avec celles des rideaux. Certaines personnes, même des personnes intelligentes, disent que la violence peut être belle. Je ne comprends pas cela, car il n'y a que de beaux instants et de tels instants ne sont jamais beaux pour moi". Atelier, bureau et entrepôt d’Andy Warhol, la Factory est aussi le lieu de répétition du Velvet Underground à partir de 1966. Le devenu célèbre artiste new-yorkais s’installe fin 1963 dans ce grand loft au troisième étage du 231 East Forty-Seventh Street, proche de la quarante-septième avenue et à coté du United Nations Plazza. Il en confie l’aménagement à Billy Linich, dit Billy Name, qui recouvre les murs d’aluminium et pulvérise de la peinture argentée sur le mobilier ou encore la cuvette des w.-c. Ce dernier devient peu à peu l’intendant des lieux, mais prend aussi de nombreuses photographies. Les habitués baptisent le lieu la Factory, car il est conçu comme unevéritable usine pour peindre et tourner des films. La Factory est, de l’aveu même de ses membres, un lieu qui sert de point de rencontre à la communauté gravitant autour de Warhol. On y drague, on y déclame des poèmes, on y écoute de la musique, de l’opéra surtout. Les personnalités en vue de l’underground new-yorkais y passent, tout comme des mannequins ou des artistes célèbres, un Bob Dylan ou un Truman Capote, par exemple. C’est Gerard Malanga, bras droit de Warhol, qui assure les relations publiques de la Factory. Il y attire créateurs, jolies filles et jolis garçons, acteurs potentiels et personnalités. Si bien, que l'on vient davantage pour rencontrer cette population haute en couleur que pour lui-même. Warhol passe, désinvolte mais royal, tel un Louis XIV pop, goûtant les rites quotidiens de la cour. Dans le même temps, il avait décidé de concrétiser sa passion pour le rock en tant que musique et mass media en mettant sur pied son propre groupe avec Jasper Johns, Claes Oldenbourg, Lucas Samaras, LaMonte Young et Walter De Maria. Cependant, les conflits entre de telles personnalités et les piètres qualités vocales de Warhol avaient fini par miner le projet. Malanga suggéra à Morrissey d’engager le Velvet Underground. Celui-ci vint voir le groupe sur scène,et apprécia leur style agressif mais aussi le fait que leurs chansons traitaient de sujets crus tirés des bas-fonds, comme l’héroïne, "Heroin" ou le sadomasochisme, "Venus in Furs", d’après L. Sacher-Masoch. L’ironie n’était pourtant pas absente de leurs concerts puisqu’ils jouaient également des chansons plus innocentes et plus traditionnelles. Cette distance dans l’engagement scénique et musical convergeait avec le travail des artistes pop, dont le regard sur la culture populaire et les mass-médias avait la même orientation. Le terme "underground", enfin, emporta l’adhésion. Andy Warhol avait des ambitions commerciales pour le groupe. Afin de les réaliser, il décide de les initier au Pop Art.
"Nous cherchons plus à durer que nous n'essayons de vivre. Mes peintures ne correspondent jamais à ce que j'avais prévu, mais je ne suis jamais surpris. Le mauvais goût fait passer le temps plus vite. Et pourquoi parler de mauvais goût ?" Le processus d’assimilation des préceptes "warholiens" dans la vie quotidienne des membres de la Factory a pour résultat la formation d’une entité qui rassemble des individus issus de groupes sociaux plus ou moins dissemblables. Mais on peut relever les très nombreux points communs, et faire l’hypothèse que Warhol s’est explicitement inspiré de cette modalité du style de vie artiste pour mettre en place celui qui servira de norme à la Factory. Si l’on précise que Warhol a déjà, au milieu des sixties, les moyens de s’affranchir d’une quelconque gêne matérielle, grâce aux revenus conséquents qu’il tire de ce qu’il appelait son "art commercial" (sérigraphies, couvertures de magazines, etc.), il apparaît clairement que la "bohème" est, dans son cas, un mode de vie délibérément choisi et affiché comme tel. On peut à juste titre parler de bohème pop. La mise en place de ce style de vie à la Factory a permis de lui conférer le prestige, de l’avant-garde artistique, sur le modèle popularisé par Rimbaud et Verlaine, à Paris dans la seconde moitié du XIXème siècle. Les membres de la bohème artistique nourrissent des sentiments ambivalents, car celle-ci défie le classement social conventionnel, entre le peuple, dont elle partage souvent la misère mais dont elle est séparée par le style de vie, et la bourgeoisie, dont elle est éloignée sur le plan des mœurs, en particulier concernant les relations entre sexes. De ce point de vue, le style de vie bohème est plus proche de celui de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie, car on y expérimente toutes les formes de transgression, amour libre, amour vénal, érotisme, etc. Chez les membres de la Factory, il apparaît aussi que les transgressions de genre, l’aveu de l'orientation sexuelle de chacun (homosexualité, hétérosexualité ou bisexualité), l’attrait pour le sadomasochisme ou la pornographie, constituent autant de pratiques permises par la clôture protectrice de la Factory et contribuent à définir l’identité et la subculture de ses membres. Ce qui est remarquable, c’est l’extrême rigueur dans la répartition des tâches sous cette apparente anarchie. Warhol réussit en effet à accumuler un certain volume de capital symbolique, par ses films, ses expositions et sa collaboration nouvelle avec le Velvet. D’un point de vue pratique, Warhol parvient à faire vivre cette petite société grâce alors à sa source principale de revenus. Il ne cesse jamais d’exécuter des sérigraphies à grande vitesse. Il gagne plus de cent mille dollars par an depuis ses succès dans la publicité, le film "Chelsea Girls", lui a rapporté plus de trois cent milles.
"Acheter est bien plus américain que penser. Ne fais pas attention à ce que l'on écrit sur toi, contente-toi de le mesurer. Tous les tableaux devraient être de la même taille et de la même couleur de sorte qu'ils seraient interchangeables et que personne n'aurait le sentiment d'en avoir un bon ou un mauvais." Warhol disait du Pop Art en général: "It doesn’t mean anything", cela ne veut rien dire. Cynisme ou lucidité ? Sans doute, un peu des deux. En réalité, il estimait que pour être pop, penser pop, il fallait changer son regard, et lorsque c’était fait, notre attitude ne pouvait plus jamais être la même. Dans "POPism", il raconte comment son regard s’est transformé vers 1963 lors d’un voyage à Los Angeles, où tout déjà annonçait la vie pop, affiches, rues, couleurs. "Une fois que vous aurez pensé pop, vous ne pourrez plus voir l’Amérique de la même manière". En même temps, il était reconnu implicitement que pour apprécier l’esthétique pop des créateurs de la Factory, il fallait une compréhension ironique, un regard décalé, partagé par les membres de la Factory, dans la mesure où le regard pop change la vision du monde de celui qui l’a acquis. Warhol et les membres de la Factory se méfiaient ainsi des comptes rendus trop sérieux. Le goût pop requiert une prédisposition et une attitude communes, que l’on ne peut acquérir qu’à partir d’un certain point de vue. En ce sens, un tel goût ne relève pas du plaisir gratuit, identifiable et consommable aisément. Il faut comprendre ici que ce goût se définit à l’intérieur d’une subculture issue de ce point de vue. Andy Warhol, en adoubant le Velvet Underground au sein de la Factory, effectue une opération de magie sociale qui consiste à transférer une partie de son pouvoir charismatique, lié à sa position d’artiste d’avant-garde, du champ "savant" des arts plastiques au champ plus "populaire" de la musique rock. Le rôle d’Andy Warhol peut alors être compris comme celui d’un véritable mécène, aidant financièrement et matériellement le Velvet Underground et lui accordant la liberté créatrice qu’ils revendiquaient par rapport aux industries du disque. En 1965, il annonce officiellement qu'il abandonne l'art pictural pour des œuvres cinématographiques, mais n'arrêtera jamais en fait. Entre 1966 et 1968 son importante production cinématographique conjuguée au soutien pour le Velvet Underground, font de lui un artiste complet. Il découvre le Velvet en décembre 1965 et en devient le producteur. Le groupe se produit souvent à la Factory. En 1968, la Factory déménage alors au trente-trois Union Square West. En février, Warhol se rend à Stockholm pour le vernissage de sa première exposition rétrospective européenne. Pour l'occasion, la façade du Moderna Museet est recouverte du fameux papier peint à tête de vaches. Il participe à la quatrième exposition internationale "Documenta" de Kassel. Le trois juin, Valérie Solanas, actrice déçue de "I, a Man", et fondatrice et unique membre de la SCUM (Society for Cutting Up Men), s'introduit à la Factory et tire à bout portant sur Warhol. Conduit au Colombus Hospital dans un état critique, il subit une opération de plusieurs heures et passe presque deux mois à l'hôpital. Deux jours plus tard, Robert Kennedy est assassiné à Los Angeles. Jed Johnson, qui deviendra son compagnon, fréquente régulièrement la Factory où il emménage ensuite. Cette tentative d'assassinat a une profonde répercussion sur la vie de l'artiste, qui décide de renforcer la sécurité de la Factory, et sur son art.
"L'attraction la plus excitante se trouve entre deux opposés qui ne se rencontrent jamais. Tout est plus glamour quand vous le faites sur votre lit. Même peler des pommes de terre. C'est étrange que quand vous êtes seul et que vous lisez quelque chose de drôle, cela ne vous fait pas rire, mais dès que vous êtes avec quelqu'un vous, vous riez". Mais en minimisant son rôle dans la production de son travail et en déclarant qu'il voulait être "une machine", Warhol a déclenché une révolution dans l'art. Son travail est ainsi rapidement devenu populaire ainsi que controversé. Il a été critiqué pour être devenu simplement un "artiste d'affaires". En 1979, des commentaires défavorables ont été dits sur son exposition de portraits de personnalités des années 1970, les qualifiant de superficiels, faciles et commerciaux, sans profondeur ou sans indication de l'importance du sujet. Cette critique a eu des échos jusque dans son exposition de 1980. Dix portrait sétaient exposés au Musée juif de New York, intitulés "Génies juifs". Warhol, qui ne présentait alors aucun intérêt dans le judaïsme ou dans des questions d'intérêt pour les juifs, avait simplement écrit dans son journal: "Ils vont vendre". Avec le recul, cependant, certains critiques en sont venus à voir Warhol et la superficialité de la commercialisation comme "le plus brillant miroir de notre temps", soutenant que "Warhol s'était emparé de quelque chose d'irrésistible dans la culture américaine dans les années 1970". En 1969, baignant à la fois dans le milieu underground et VIP de l'époque, Warhol publie les premiers exemplaires de son magazine "Interview", créé avec Gerard Malanga, avec des articles illustrés sur les célébrités du moment, qui influencera notablement le monde de la presse et dont la toute première version trimestrielle des "Inrockuptibles" reprendra le concept. Durant les années 1969 et 1972, il réalise quelques œuvres sur commande, pour des amis célèbres ou des directeurs de grande galerie, de part le monde. Il fait un retour à la peinture avec des portraits sérigraphiés, comme ceux de Mao Zedong, tableaux retouchés de manière très gestuelle tout en réalisant des œuvres d'art abstrait et en utilisant la peinture à l'oxydation. Warhol est alors submergé par les commandes. Parmi celles-ci, il a peint une œuvre en 1975 représentant alors le visage du propriétaire du domaine viticole Mouton Rothschild en accentuant certains traits de son visage avec des couleurs.
"Les grandes stars sont celles qui font des gestes, des choses qui vous sautent à l'oeil à n'importe quel moment, même un simple mouvement dans leurs yeux. Aucune différence entre vivre et regarder la télévision. Quand je mourrai, je ne veux pas laisser de restes. Je voudrais disparaître. Les gens ne diront pas "il est mort aujourd'hui", ils diront, "il a disparu". En 1975, Andy Warhol réalise la série des "Ladies and Gentlemen", portraits de travestis noirs. Au mois demai, alors qu'il est invité par le président Ford pour le dîner de gala donné à la Maison Blanche en l'honneur du Shah d'Iran et de l'impératrice Farah Diba, il fait recommander ses talents de portraitiste auprès des convives. En 1976, à partir des photographies d'un crâne acheté chez un antiquaire à Paris, Warhol réalise la série des "Skulls". Il tourne son dernier film, "Bad", qui sort au printemps 1977, et commence à dicter son journal, "Andy Warhol diaries", à Pat Hackett. En 1977, il se rend en Iran pour exécuter les portraits de la famille impériale. En 1978, il réalise une série d'autoportraits, "Self-portraits with skulls". Entre 1979 et 1981, il est l'invité du collectionneur et galeriste napolitain Lucio Amelio. Ce dernier lui fait rencontrer à Naples Joseph Beuys, puis, il compose une suite de quatorze toiles autour du Vésuve et trois tableaux pour l'exposition "Terrae Motus" de septembre 1984, où soixante-six artistes furent invités alors à créer des œuvres en hommage aux victimes du tremblement de terre de novembre 1980. Durant l'année 1980, Warhol produit des clips vidéos et ouvre la chaîne de télévision câblée Andy Warhol TV. Il fait aussi paraître le livre "POPsim", "The Warhol's 60s". Entre 1982 et 1986, il réalise les dernières séries reprenant des peintures célèbres, comme la "Naissance de Vénus" de Botticelli ou "La Cène" de Vinci. En 1986 viennent les derniers "Selfportraits" et la série de portraits de Lénine. En juillet 1982, il se rend en Chine où un riche industriel lui a passé commande des portraits du Prince et de la Princesse de Galles pour l'inauguration d'une nouvelle boîte de nuit à Hong Kong. Il visite Pékin. Il se lie avec une toute nouvelle génération d'artistes, tels Kenny Scharf, Jean-Michel Basquiat, Francesco Clemente, Sandro Chia et Julian Schnabel dont il exécute le portrait en échange d'œuvres.
"Avant les médias, il y avait une limite physique à l'espace qu'une personne pouvait occuper toute seule. Tout est plusou moins artificiel. Je ne sais pas où s'arrête l'artificiel et où commence le réel. L'Amérique a inauguré une traditionoù les plus riches consommateurs achètent en fait les mêmes choses que les plus pauvres." Le vingt février 1987, ilentre au New York Hospital sous un nom d'emprunt, Bob Robert, pour être soigné de la vésicule biliaire. Il meurt deuxjours plus tard, le vingt-deux février, de complications postopératoires. Le premier avril, la messe commémorativecélébrée en son honneur à la cathédrale Saint Patrick de New York rassemble plus de deux milles personnes. "AndyWarhol n'est pas un grand artiste". Hector Obalk fait une entrée fracassante et contestée dans le monde de la critiqued’art en signant en 1990 et à l’âge de vingt-neuf ans un essai d’un genre nouveau dans lequel, et dans la perspectived’une théorie de l’argumentation esthétique, il apporte des preuves à sa thèse. À la suite de cet ouvrage, nombrede revues refusèrent ses articles parce que le titre de son ouvrage sous entendait: comme de nombreux critiques lepensent. Il suit à la trace le parcours de Warhol qui, de publicitaire à la mode, devint, pour certains, un des artistesmajeurs de la seconde moitié du XXème siècle. Il montre par le menu que le designer a conçu ses œuvres commeun concepteur-rédacteur d’une agence de pub. Ce n’est qu’au dernier chapitre qu’Obalk livre ses conclusions entenant à préciser que soutenir sa thèse est toutefois difficile, les règles de l’art n’étant pas définissables en termesde logique arithmétique. Cependant pour l'historien de l'art, selon la définition du "ready made" définie par Breton àpartir des réalisations de Duchamp, Warhol n’a fait que pointer, mettre en avant, des travaux préexistants commeles boîtes de tampons à récurer "Brillo, dont le visuel était le fait d’un peintre expressionniste abstrait, James Harvey,qui intenta d’ailleurs un procès à Warhol, des boîtes de soupe "Campbell", dont le design préexistait depuis 1878,de nombreuses photos de presse, dont celle de Marilyn, due à Gene Korman, souvent recadrées et retouchées.Pour avoir créer par répétition immodérée des images ainsi que par la technique inédite de la photosérigraphie ungenre artistique nouveau, "Warhol n'est pas pour autant un grand artiste" car ses œuvres, dans leur grande majorité,ne proviennent d'aucune "inspiration artistique majeure". Et s’il est vrai que "la publicité n’est pas un grand art, celuidont l’œuvre obéit à la même atomisation des tâches qui régit la création publicitaire ne saurait être un grand artiste".
"J'aime les choses barbantes. J'aime que les choses soient exactement pareilles encore et encore. Quand je suis vraiment impressionné, je suis si ému que je ne peux plus parler. Heureusement, la plupart des gens qui travaillent pour moi sont si émus qu'ils ne peuvent plus s'arrêter de parler. Les autres, aussi d'ailleurs!". Enfin dans un chapitre supplémentaire, enfonçant le clou, Obalk expose l’argument du paradoxe en art. Il montre à travers des exemples tirés de la fortune critique de Warhol que les caractères les plus souvent relevés sont "impersonnel", "anesthésiant", "stéréotypé", "insensible", "factice". Mais après ces premières remarques, la critique s’emploie en général à montrer que la superficialité oul’insignifiance de l’art de Warhol n’en sont pas. Hector Obalk admet que la critique d’art relève souvent d’un exercice dialectique, soumis à des paradoxes, alors qu’elle devrait avant tout consister à ressentir les œuvres. Il observe que la savoir-faire de l’artiste traditionnel est devenu, dans l’art contemporain, un savoir-choisir. Et fait remarquer que le jugement esthétique doit prévaloir sur l’argument critique car, pour faire court, on forme son jugement alorsqu’on ne peut que recevoir un sentiment. Andy Warhol avait cette capacité à découvrir l’étrange ou le charme dans n’importe quel objet, qu’il soit banal ou sensationnel. Qu'on aime ou pas ses séries de Marylin et de bouteilles de Coca-Cola, là n'est pas la question. Warhol incarne les États-Unis des années 1960-1980, mais il est aussi en phase avec notre époque. Dans son cas, l'œuvre est aussi importante que la manière d'être. Et il l'avait bien compris. Nez retouché, perruque argentée, Warhol cultive son look et la Jet Set, joue la provocation et le cynisme. "Après l'art, il y a le business art", déclare-t-il un jour. Premier artiste de l'ère médiatique, le dandy excentrique annonce par son comportement la société du spectacle. Sa fameuse petite phrase "Dans le futur, tout le monde aura son quart d'heure de célébrité" résonne toujours, prémonitoire. Warhol renifle l'air du temps. Il s'empare de la réalité, sous ses angles les plus vendeurs, publicité, marques, violence, stars. Il applique à son art une méthode de production industrielle, identique à celle utilisée par la société de consommation. La sérigraphie qui lui permet de reproduire la même image à des dizaines d'exemplaires, abolit du même coup les frontières entre grand art et culture populaire. Mais il n'est pas seulement peintre et photographe. Curieux de tout, il se lance dans le cinéma, fonde la revue Interview, crée une chaîne de télé et le groupe rock "Velvet Underground". Warhol le visionnaire est aussi devenu le premier artiste multimédia du XXème siècle. L'homme à la perruque, mort prématurément à l'âge de cinquante-huit ans, continue d'électriser la scène mondiale. De Jeff Koons à Damien Hirst, nombreux sont ses héritiers. Et les collectionneurs le plébiscitent. Car il demeure une star incontestée du marché dont la cote dépasse parfois celle de Picasso. "Gagner de l'argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit." Pour le moment, il demeure incontestablement, un maître dans le genre. Même s'il a été condamné en 2023 par la justice américaine pour violation de droits d'auteur au terme d'un long procès !
Bibliographie et références:
- Manuel Jover, "Le voleur d'images, Andy Warhol"
- Véronique Bouruet-Aubertot, "Andy Warhol"
- John Walter, "Life of Andy Warhol"
- Serge Ricco, "Andy Warhol"
- Rainer Crone, "The philosophy of Andy Warhol"
- John Yau, "L'art selon Andy Warhol"
- P. de Haas, "Warhol, le regard cinéma"
- Florence de Mèredieu, "Andy Warhol"
- Cécile Guilbert, "Warhol Spirit"
- David Downton, "Le maître de l'illustration de mode"
- Nicolas Exertier, "Le cinéma anti-hollywoodien d'Andy Warhol"
- Raymond Koot, "Andy, un conte de faits"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"The little girl who accompanied Mrs. Grose appeared to me on the spot a creature so charming as to make it a great fortune to have to do with her. She was the most beautiful child I had ever seen. She was beautiful like a sun rising. N'ayez pas peur de la vie, sachez qu'elle vaut la peine d’être vécue, la force de cette conviction la rend réelle. On est orgueilleux quand on a quelque chose à perdre, et humble quand on a quelque chose à gagner. Il est temps de vivre la vie que tu t'es imaginé. Ne dites jamais que vous savez tout d'un cœur humain". Américain de naissance, ayant choisi l'Angleterre comme patrie d'adoption, Henry James (1843-1916) est un des écrivains qui a le mieux saisi la complexité de l'être. Complexité en partie explicable, ainsi que ses écartèlements, par l'héritage puritain et son manichéisme, par la croyance en un mal caché mais présent, imprécis mais diabolique, insidieusement contagieux. À ce fond maléfique se juxtaposa l'absence de racines uniques, la double appartenance à l'Amérique et à l'Europe. Mais la croyance de James en une personnalité compartimentée n'est pas seulement causée par l'influence puritaine ou l'exil. Elle propose une conception de l'être où la fragmentation est moins division que multiplication. Il en résulte une œuvre consacrée à la richesse insaisissable de la personne, à la peinture d'une personnalité mouvante, ouverte, qui se construit sans cesse devant le lecteur, avec le lecteur. Ce sont ainsi les interactions entre les êtres, les courants qui les lient ou les opposent qui sont les véritables protagonistes de cette magistrale analyse des consciences par laquelle James se montre ainsi un des plus grands romanciers de tous les temps. "On ne sait le tout de rien", écrivait-il, si bien que son univers est régi par le non-dit, la suggestion, le suspens, et que l'incertitude demeure quant au sort des personnages et à la vision qu'en donne l'auteur. Voir, capter, deviner, épier, ne pas conclure, ne pas choisir entre la multiplicité des points de vue, telles sont les démarches décrites dans cet univers romanesque où le regard tient lieu de possession. Dès l'abord, que ce soit dans ses vingt romans, dans ses nouvelles, dépassant la centaine, dans ses trois volumes autobiographiques ou même dans ses textes de réflexion critique, cette œuvre frappe par l'importance du regard. Pour James, en effet, voir c'est connaître, et connaître c'est posséder. Mais ce privilège est réservé à ceux de ses personnages qui acceptent de renoncer aux succès faciles de l'action pour les plaisirs de la contemplation, ou à ceux qui acceptent les épreuves que supposent la connaissance et sa lucidité. Le regard que James fixe sur ses héros, ou que ceux-ci jettent les uns sur les autres, n'est ni direct ni simple. C'est un regard qui épie et saisit l'être dans les moments où il se livre. Toutefois, ce qu'il perçoit est moins une personne, ou un personnage dans sa totalité, que des présences, et les reflets que ces présences infusent à la nature d'autrui, en s'enrichissant indirectement.
"No, it was a big, ugly, antique, but convenient house, embodying a few features of a building still older, half replacedand half utilized, in which I had the fancy of our being almost as lost as a handful of passengers in a great drifting ship. J'avais fait l'amère réflexion que de donner la sensation d'une individualité différente des autres, de se montrer d'une qualité supérieure, finit toujours par provoquer une vengeance de la majorité. Je me méfie des maris charmants, dit Mrs.Almond, je ne crois qu’aux bons maris". C'est que "chacun de nous est un faisceau de réciprocités". Ce regard n'est pas éloigné de celui qu'on retrouve dans certains romans contemporains, chez Nathalie Sarraute, par exemple. Il exige une technique romanesque particulière, puisque les êtres sont baignés dans une lumière différente suivant ceux qui les contemplent. "Portrait de femme" ("Portrait of a Lady", 1881) est le premier grand roman de James où cette technique des points de vue est utilisée avec autant de perfection. Isabel Archer, jeune Américaine naïve, arrive en Europe. Elle évolue entre son cousin malade et exclu, son mari sombre et cruel, une intrigante qui la domine, et de nombreux prétendants refusés. Ce portrait qui se construit par touches est inoubliable, tout comme celui d'une autre puritaine, Hester Prynne de "La Lettre écarlate". James a plus d'une affinité avec Nathaniel Hawthorne, auquel il consacra un livre en 1879. Romancier américain, Henry James, frère du philosophe William James, est né à New York le quinze avril 1843. Son grand-père, un émigré irlandais, avait amassé une telle fortune dans le Nouveau Monde qu'il épargna à deux générations de ses descendants la "honte de faire du commerce". Son père, visionnaire à la "Swedenborg", détracteur de la société, iconoclaste, patriarche et homme d'esprit, fut une des personnalités les plus attachantes de son temps. Le jeune Henry, taciturne et sensible, se considérait alors, au milieu des brillants orateurs de sa famille, comme un "fils et frère" respectueux mais insignifiant. À travers les rues de ce vieux New York encore provincial qui devait servir de cadre à son premier roman, "Washington Square", l'enfant s'abandonnait à une orgie de rêves, où il imaginait cette vie dont il se sentait obscurément exclu. Au dire même de son père, Henry James était, dès son plus jeune âge, un "dévoreur de bibliothèques" et un intarissable écrivain de romans et de pièces de théâtre. Mais, par-dessus tout, il subit le "vaste, profond et aveuglant" rayonnement de cette Europe où sa famille se rendait sans cesse et qui s'imposa à son esprit avec toute la force d'une révélation mystique. Dans sa jeunesse, James voyage en permanence entre l'Europe et l'Amérique, éduqué par des tuteurs à Genève, Londres, Paris, Bologne et Bonn. Dès l'enfance, il lit les classiques des littératures anglaise, américaine, française et allemande mais aussi les traductions des classiques russes. Après un séjour de cinq ans en Europe, la famille s'établit, en 1860, en Nouvelle-Angleterre où elle demeura pendant la guerre civile. À l'âge de dix neuf ans, il est brièvement inscrit à la faculté de droit de Harvard, très rapidement abandonnée face à la ferme volonté d'être "tout simplement littéraire".
"If a child gives the effect another turn of the screw, what do you say to two children ? I ask the most easy question. Mais tandis que ma conductrice, avec ses cheveux d’or et sa robe d’azur, bondissait devant moi aux tournants des vieux murs, et sautillait le long des corridors, il me semblait voir un château de roman, habité par un lutin aux joues de rose, un lieu auprès duquel pâliraient les contes de fées, les belles histoires d’enfants". Bien qu'il ne considérât jamais la Nouvelle-Angleterre comme sa patrie, Henry James en assimila cependant cet aspect du puritanisme qu'est l'introspection, la connaissance des fonctions, des mouvements, des "lois naturelles" de l'âme, et de tout ce qui, dans la tradition puritaine, constitue alors la "servitude et grandeur de la vie humaine". Une lésion à la colonne vertébrale l'empêcha de prendre part à la guerre civile, et cette circonstance accentua en lui la sensation d'être un "étranger" sur la scène humaine, destiné, tel un moderne Tirésias, à tout voir et prévoir sans y participer, et à supporter les conséquences merveilleuses et terribles de sa vision. Peu à peu la conscience de ce rôle devint pour lui une règle aussi rigoureuse qu'un vœu monastique. S'y consacrer signifiait pour lui devenir une sorte de"rédempteur", libérer l'expérience humaine de l'aveuglement et du désordre, en la condensant en de lumineuses créations de l'esprit. Transformer le "splendide gaspillage" de la vie dans la "sublime économie" de l'art. Créer, à partir des données brutes de l'expérience de la vie, des "toiles" dont tous les éléments seraient éclairés jusqu'à l'incandescence, des scènes rayonnantes et harmonieuses dans la perfection tragique, comme celles de Racine. De février 1869 au printemps 1870, Henry James voyage en Europe, d'abord en Angleterre, puis en France, en Suisse et en Italie. De retour à Cambridge, il publie son premier roman, "Le Regard aux aguets", écrit entre Venise et Paris. De mai 1872 à mars 1874, il accompagne sa sœur Alice et sa tante en Europe où il écrit des comptes rendus de voyage pour "The Nation". Il commence à Rome l'écriture de son deuxième roman "Roderick Hudson", publié à partir de janvier 1875 dans l’Atlantic Monthly, qui inaugure le thème international de la confrontation descultures d'une Europe raffinée et souvent amorale, d'une Amérique plus fruste, mais plus droite. À cette époque, il aborde aussi le genre fantastique avec la nouvelle "Le Dernier des Valerii" (1874), inspirée de Mérimée, avant de trouver sa voie dans les histoires de fantômes ("Ghost Tales"), où il excelle, comme "Le Tour d'écrou" (1898).
"I don’t know what I don’t see, what I don’t fear ! There were shrubberies and big trees, but I remember the clearassurance I felt that none of them concealed him. He was there or was not there: not there if I didn’t see him. Tout ceci n’était-il pas un conte, sur lequel je sommeillais et rêvassais ? Non, c’était une grande maison vieille et laide, mais commode, qui avait conservé quelques parties d’une construction plus ancienne, à demi détruite,à demi utilisée. Notre petit groupe m’y apparaissait presque aussi perdu qu’une poignée de passagers sur un grand vaisseau à la dérive. Et c’était moi qui tenais le gouvernail". Après quelques mois à New York, il s'embarqueà nouveau pour l'Europe en octobre 1875. Après un séjour à Paris, où il se lie d'amitié alors avec Tourgueniev et rencontre Flaubert, Zola, Maupassant et Alphonse Daudet, il s'installe, en juin1876, à Londres. Les cinq années qu'il y passe seront fécondes. Outre de nombreuses nouvelles, il publie "L'Américain", "Les Européens", un essai sur les poètes et romanciers français "French Poets and Novelists". "Daisy Miller" lui vaut la renommée des deux côtés de l'Atlantique. Après "Washington Square", "Portrait de femme" est souvent considéré comme la conclusion magistrale de la première manière de l'écrivain. "Ce que savait Maisie" est sans doute, de tous ses romans, celui qui nous montre le mieux la délicate intrication de son style et de sa technique narrative. Souvent qualifié d’auteur difficile, du fait de la multiplicité des points de vue attribués au narrateur et de l’ordonnancement subtil des séquences narratives, James excelle dans le maniement de ces procédés pour donner la parole à chacune et chacun, en même temps qu’à personne. C’est surtout cette difficulté à localiser précisément le narrateur qui donne au récit son mystère et ses ambiguïtés. Nombreux sont donc les écrivains qui ont écrit sur Maisie. Borgesen a fait une sinistre histoire d’adultère, vue par les yeux d’une fillette proche de la puberté, et supposée ne pas comprendre grand-chose à ce qui se passe autour d’elle: un joyeux mixte d’Alice et de Lolita, en quelque sorte. Sa mère meurt en janvier 1882, alors que James séjourne à Washington. Il revient à Londres en mai et effectue un voyage en France, d'où naîtra, sous le titre "A Little Tour in France", un petit guide qui servira à plusieurs générations de voyageurs dans les régions de la Loire et du Midi. Il rentre de façon précipitée aux États-Unis où son père meurt le dix-huit décembre, avant son arrivée. Il revient précipitamment à Londres au printemps 1883. L'année suivante, sa sœur Alice, très névrosée, le rejoint à Londres où elle mourra le six mars 1892.
"He was looking for someone else, you say, someone who was not you ? He was looking for a few little miles.Toute chose cachait quelque chose. La vie était un corridor interminable avec des rangées de portes fermées. On lui avait enseigné qu'il n'était pas prudent de frapper à ces portes. Et ce geste n'obtenait d'ailleurs d'autre réponse que des rires moqueurs à l'intérieur". En 1886, il publie alors deux romans, "Les Bostoniennes" et "La Princesse Casamassima", qui associent à des thèmes politiques et sociaux (féminisme et anarchisme) la recherche d'une identité personnelle. Suivent deux courts romans en 1887, "Reverberator" et" Les Papiers d'Aspern", puis "La Muse tragique" en 1890. Pour qu'il en fût ainsi, il lui fallait auparavant choisir un art. Après qu'il se fut essayé dans la peinture, Balzac lui révéla sa véritable vocation: la littérature. Ses premiers écrits contes et articles de critique destinés à des revues) ne laissent cependant pas encore deviner l'artiste de la maturité. Ils se distinguent alors surtout par leur perfection formelle. Dans les contes, comme d'ailleurs dans l'ensemble de son oeuvre, on discerne l'influence de Nathaniel Hawthorne. Bien qu'il soit devenu un auteur au talent reconnu, les revenus de ses livres restent modestes. Dans l'espoir d'un succès plus important, il décide alors de se consacrer au théâtre. En 1891, une version dramatique de L'américain rencontre un petits uccès en province, mais reçoit un accueil mitigé à Londres. Il écrira ensuite plusieurs pièces qui ne seront pas montées. En 1895, la première de "Guy Domville" finit dans la confusion et sous les huées. Après cet échec, il revient au roman, mais en y appliquant peu à peu les nouvelles compétences techniques acquises au cours de sa courte carrière dramatique. Pendant quelque temps, les voyages en Europe alternent avec les louables efforts du jeune homme pour s'astreindre à ce jeûne de l'esprit et des sens qu'était pour lui la vie en Amérique. Puis en 1875, âgé de trente-deux ans, il décida, non sans de longues hésitations, de s'établir définitivement à l'étranger. Il connaissait les dangers que comporte pour un artiste le fait alors de s'expatrier. "Roderick Hudson" (1876), était en train de paraître au moment où il s'embarquait pour l'Europe. En 1897, il publie "Les Dépouilles de Poynton" et "Ce que savait Maisie". Puis, entre 1902 et 1904, viennent les derniers grands romans: "Les Ailes de la colombe", "Les Ambassadeurs" et surtout "La Coupe d'or".
"A portentous clearness now possessed me. That’s whom he was looking for. But how do you know it ? Elle était romanesque, sentimentale, et folle de petits secrets et de mystères, passion bien innocente, car jusque-là ses secrets lui avaient servi à peu près autant que des bulles de savon. Elle ne disait pas non plus toujours la vérité". En 1903, James a soixante ans et un "mal du pays passionné" l'envahit. Le 30 août 1904, il débarque à New York, pour la première fois depuis vingt ans. Il quitte les États-Unis le 5 juillet 1905, après avoir donné de nombreuses conférences à travers tout le pays. Ses impressions seront réunies dans un essai intitulé "La Scène américaine" ("The American Scene"). Avant son retour en Angleterre, il met au point, avec les Éditions Scribner, le projet d'une édition définitive de ses écrits, "The Novels and Tales of Henry James","New York Edition", qui comportera vingt-six volumes. Entre 1906 et 1909, il travaille à l'établissement des textes, n'hésitant pas à apporter des corrections significatives à ses œuvres les plus anciennes, et rédige dix-huit préfaces qui donnent des vues pénétrantes sur la genèse de ses œuvres et ses théories littéraires. Le manque de succès de cette entreprise l'affecte durablement. En 1915, déçu par la neutralité initiale desÉtats-Unis face à la première guerre mondiale qui fait rage sur le continent, il demande et obtient alors la nationalité britannique. Il a une attaque cérébrale le deux décembre, suivie d'une seconde le treize. Il reçoit l'ordre du Mérite le jour de l'an 1916, meurt le vingt-huit février, à l'âge de soixante-douze ans. Henry James,dont les ancêtres étaient écossais et irlandais, était le fils d’un écrivain, auteur d’ouvrages plutôt confus portant sur la théosophie. Cet homme étrange, qui s’intéressait aux relations entre la religion et la science, était trèsconnu et respecté dans le milieu intellectuel de la Nouvelle-Angleterre. Son fils aîné, William, fut un grand psychologue de son temps. Héritier d’une fortune conséquente, il n’eut pas à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, et comme il aimait voyager, la famille, qui comptait cinq enfants, vécut la plupart du temps à l’hôtel, séjournant à New York, Londres, Genève, Paris. Ses séjours ont influencé ses récits.
"I know, I know, I know. My exaltation grew. And you know, Flora saw more, things terrible and unguessable. Mais cela non plus n’avait pas grande importance, car elle n’avait jamais eu rien à cacher. Elle aurait rêvé d’avoir un amoureux et de correspondre alors avec lui sous un faux nom par le canal d’une poste privée. Je m’empresse de dire que son imagination ne s’aventurait jamais vers des réalités plus précises". Henry avait une relation très particulière avec son frère William. Il écrivit une vingtaine de romans, plus de cent nouvelles, des pièces de théâtre, des récits de voyages, des critiques littéraires, ainsi qu’une autobiographie. Il mit son écriture subtile et complexe au service d’une réflexion sur l’être humain de plus en plus approfondie, et s’éloigna progressivement d’un style un peu précieux. Il fut victime d’un accident qui l’empêcha alors d’être mobilisé et dont les circonstances ne furent jamais éclaircies. Une rumeur dit qu’il en demeura quasi castré. Selon certains de ses biographes, il n’eut aucun amour connu, tandis que d’autres font allusion à une supposée inclination envers les garçons. L’œuvre court entre deux mondes, la vieille Europe et la Nouvelle-Angleterre, et deux siècles, l’un finissant, l’autre commençant, ces thèmes sont presque des obsessions pour James. L’intelligence des démunis est aux prises avec la stupidité des riches, ce qui peut s’inverser, du reste, étant donné la nullibiété du narrateur, comme dans "Les Ailes de la colombe" ou "La Coupe d’or". Les personnages féminins, dont l’auteur prend souvent le parti, sont des jeunes femmes décidées, intelligentes, orgueilleuses mais aussi vulgaires, parfois, si l’on épouse le point de vue du vieux monde. Dans l’une de ses préfaces, il précise que c’est l’obstination de certaines de ces créatures à aller contre le destin qui l’intéresse. Dans son roman "L’Âge ingrat", il s’agit d’une autre fillette, de l’âge de Maisie, de la question du ravage mère, fille. On dit de Marguerite Duras qu’elle avait su décrire parfaitement des créatures prises par un amour impossible à domestiquer. James a réussi le même exploit, dans un tout autre style. Garçon et encore célibataire, il vécut dans ce Londres qu’il décrit, se rendit aux dits cent sept dîners annuels, se mêlant aux conversations avec ces gens qui faisaient du semblant leur style même. Élevés dans les meilleurs salons d’Europe, ses héros, beaux et élégants, orgueilleux et supérieurement intelligents sont aussi impossibles à domestiquer que les sauvages créatures de Duras. Sous le masque de la courtoisie, ils prennent le biais du désir de savoir, pour échapper ainsi sans scandale aux comportements de fer que le cercle de leur société leur impose alors.
"It would have been impossible to carry a bad name with a greater sweetness of innocence, and by the timeI had got back to Bly with him I remained merely bewildered so far, that is, as I was not outraged by the senseof the horrible letter locked up in my room, in a cute drawer. Clara declared to her that it was very grotesque. Le manoir se dressait sur une petite colline, dominant une rivière qui n'était autre que la Tamise, à quelques quarante miles de Londres. Ponctuée de pignons, la longue façade de brique rouge, dont le temps et les intempéries avaient déployé toutes les fantaisies picturales pour en embellir et en affiner la teinte, présentait à la pelouse ses plaques de lierre, ses faisceaux de cheminées et ses fenêtres emmitouflées dans les plantes grimpantes". Le mariage, le divorce, l’héritage, la vie entre les deux mondes des riches et des pauvres, mais aussi des malades et des bien portants parcourent et façonnent l’œuvre de James. Les créatures ambiguës et duplices de ses romans et nouvelles de mœurs et coutumes s’affrontent aux décrets du destin sans réussir toujours à en esquiver les coups, mais auxquels elles donnent pourtant, à chaque fois, un autre "tour d’écrou". Oscar Masotta admirait le récit éponyme qui fait partie des contes fantastiques où James nous convoque sur le bord qui sépare l’angoisse du mensonge. Les romans de la première catégorie, mœurs et coutumes, où le destin s’oppose au désir de savoir, campent des héroïnes étranglées entre leur mariage et leur libre arbitre, comme les jeunes américaines de "Portrait de femme", "Daisy Miller" ou "Les Ailes de la colombe", confrontées à la culture de la vieille Europe, ou bien les enfants de "Ce que savait Maisie", "L’Âge difficile" ou" L’Élève", que leurs infortunes ne font pas plier. Quant aux nouvelles de la troisième catégorie, dont les personnagessont des écrivains ou des artistes, elles mettent en jeu la fidélité ou la trahison envers l’art comme "La Leçondu maître", "Le Gant de velours" ou "La Mort du lion". Tous se situent et se déploient entre semblant et réel. Le désir de James à l’endroit de ses personnages ne trouve jamais le repos. Il compare d’ailleurs le travail de l’écrivain à celui du restaurateur de tableaux. Reprenant ses manuscrits sans relâche, il est capable de récrire une phrase d’innombrables fois, sans aucun préjugé en ce qui concerne la correction. Pourtant, on a l’impression, quand on lit ses préfaces ou ses essais, qu’il ne réussissait pas à se satisfaire de la subtilité de ses personnages, comme s’il voulait toujours ajouter une petite touche supplémentaire, une nuance qui les rende encore plus complexes, moins linéaires. La passion de James pour le style se manifeste ainsi dans l’ambiguïté de ses personnages, son obsession pour la langue et ses descriptions aiguës des semblants.
Bibliographie et références:
- Nancy Blake, "James, écriture et absence"
- Marc Saporta, "Henry James, le regard de l'âme"
- Laurette Veza, "Henry James"
- Jean-Charles Delbard, "Le regard chez Henry James"
- Évelyne Labbé, "Les derniers romans de Henry James"
- Philippe Chardin, "La sensibilité chez Henry James"
- Edgar F. Harden, "A Henry James chronology"
- Mona Ozouf, "Henry James ou les pouvoirs du roman"
- Babette Sayer-Adda, "Henry James, sublimer et vivre"
- André Green, "L'Aventure négative"
- Stanley Geist, "L'œuvre littéraire d'Henry James"
- Jean Pavans, Le musée intérieur de Henry James"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Il y avait quelque chose d’effrayant dans mon attirance pour Tamara, quelque chose de semblable à mon désir de vide en me penchant par la fenêtre, ou à celui de rencontrer en nageant dans le lac le tourbillon dangereux, pour voir. J'avais senti dans ses paroles flotter un remords de m'avoir laissée ainsi seule, aussi démunie d'appui moral, et je songeait aussitôt à exploiter ce sentiment trouble". Romancière populaire et exigeante, Françoise Mallet-Joris, auteure notamment du "Rempart des béguines", laisse derrière elle une œuvre féministe et engagée où elle a peint son époque avec réalisme et subtilité. Jurée du prix Femina de 1969 à 1971, la femme de lettres avait ensuite siégé de 1971 à 2011 à l'Académie Goncourt, qui décerne chaque année le célèbre prix littéraire éponyme. Née à Anvers le six juillet 1930, fille de la première femme avocate de Belgique, Suzanne Lilar, et d'un ancien ministre belge de la Justice, Albert Lilar, Françoise publie ses premiers textes, "Les poèmes du dimanche", à Bruxelles à tout juste quinze ans. Mais c'est en 1951 qu'elle fait une entrée fracassante dans le monde littéraire en publiant chez Julliard "Le rempart des béguines", sous son nom de plume, Mallet-Joris. Le livre sensible, nuancé et émouvant est auréolé d'un parfum de scandale car il décrit la passion amoureuse entre une adolescente et la maîtresse de son père. Puis près d'une trentaine d'autres livres suivront, dont de nombreuses et marquantes biographies, comme "Marie Mancini", (1965) ou la remarquable "Jeanne Guyon" (1978). Elle publie dans des maisons d'édition prestigieuses (Julliard, Grasset, Gallimard), et accumule les prix et les honneurs. En 1956, elle reçoit le prix des Libraires pour "Les mensonges", en 1958, le Femina pour "L'Empire céleste", en 1963, le prix René-Julliard pour "Lettre à moi-même", en 1964, le prix de Monaco pour la biographie citée, "Marie Mancini, le premier amour de Louis XIV". Élue au jury Femina en 1969, elle n'y fait qu'une apparition, car elle devient membre de l'Académie Goncourt en 1971. Elle s'opposera notamment à l'attribution du prix à Michel Houellebecq. Son œuvre est le reflet de son époque. À l'affût des faits-divers, aimant écrire dans les cafés, elle disait conserver une curiosité intacte. Elle s'est ainsi intéressée au rock ("Dickie Roi", 1980), aux problèmes de drogue ("Le rire de Laura", 1985), de l'anormalité ("Allegra", 1976) ou des régimes alimentaires ("Divine", 1991). Une œuvre foisonnante et sans cesse renouvelée. Mariée trois fois, cette grande fumeuse aux yeux bleus et aux cheveux blonds a eu quatre enfants. Elle a bousculé le milieu littéraire en se passionnant pour le show-business, écrivant notamment des textes comme "La parisienne" (1976) pour la chanteuse Marie-Paule Belle, avec laquelle elle a longtemps vécu.
"Je la regardais avec écœurement. Sur ce visage que j'avais aimé, que j'avais admiré si éperdument, qui avait été mon soleil, mon horizon, l'incarnation même de la beauté, de la cruauté, d'une volupté et d'une souffrance également délicieuses, venaient de se peindre cette humilité odieuse des mendiants et des femmes battues, cette lâcheté des êtres irresponsables, cette même faiblesse que j'avais haïe en moi, et qu'elle m'avait appris à haïr". Engagée à gauche sans être encartée, Françoise Mallet-Joris n'avait pas hésité dans les années soixante, à prêter son appartement parisien à François Mitterrand pour négocier avec les caciques de la SFIO la naissance d'un nouveau parti, la FGDS, l'ancêtre du Parti socialiste. En 1987, elle fit partie des quelques intellectuels qui le poussèrent à se présenter pour un nouveau mandat. Grâce à sa double nationalité, elle avait intégré en 1993 l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, prestigieuse institution littéraire du royaume. Elle fut élue au fauteuil, qu'avant elle, avait occupé sa mère. Dès son premier ouvrage, Françoise Mallet-Joris jonglait avec les tabous. "Le Rempart des Béguines" évoquait une histoire d’amour entre une jeune femme et la maîtresse de son père. Guy Cassaril portera le livre au cinémaen 1972, avec l’auteure pour écrire le scénario. Un second ouvrage, paru en 1955, "La chambre rouge" connaîtra le même parcours, cette fois à travers la caméra du réalisateur belge Jean-Pierre Berckmans. Pour "L’Empire céleste", en 1958, elle recevra le prix Fémina, dont elle rejoindra le jury dix ans plus tard, entre 1969 et 1971. Cette année, elle sera élue à l’Académie Goncourt et ne sera remplacée que quarante ans plus tard par Pierre Assouline. Ses goûts littéraires l’ont rapidement portée vers Colette. Son indépendance d’esprit et sa grande curiosité l’amenaient à ouvrir des pistes inédites. De 1993 à sa mort, Françoise Mallet-Joris était membre de la prestigieuse Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, où elle occupait le fauteuil de sa mère Suzanne Lilar, morte un an plus tôt. "Le grand écrivain, c’était ma mère" disait-elle modestement, en soulignant l’ambiguïté heureuse et douloureuse à la fois, qu’éveillaient en elleune double émotion et une double difficulté. Parmi les nombreuses évocations de Suzanne Lilar, elle notait combien "le repos lui était danger, faiblesse", constatant le double caractère de l’intégralité de l'œuvre, diverse dans sa forme, suivie dans son développement. Opposition que traduisait sans doute le besoin et le refus d’infini, la lutte entre la tentation de l’ascétisme et celle de l’extase. Suzanne Lilar serait passée du "conflit de hasard" au "conflit de nécessité." Sur l'analyse du sentiment poétique, Françoise Mallet-Joris parlait du "courage" de sa mère. Le fait de s’intéresser aux deux plans, le terrestre et le surnaturel, était l’effet obligé de l’optique qui impliquait une sorte de strabisme, comme chez Thérèse d’Avila."Le Divertissement portugais" et "La Confession anonyme" sont les deux profils d’un même visage. Le couple conjugal, marié ou pas, est bien le creuset privilégié de l’expérience totale. Alors, comment séparer la romancière de sa mère ? "J'ai toujours eu beaucoup de difficulté à m'exprimer parce que je sens les choses d'une façon embrouillée et souvent de deux façons à la fois, totalement contradictoires".
"Ce qui m'étonnait surtout était l'innocence de mon père qui n'avait rien soupçonné de nos relations. Je n'avais aucune conscience du fait que ce genre de rapports amoureux n'étaient tout de même pas très fréquents, du moins dans nos respectables contrées où beaucoup de gens devaient en ignorer jusqu'à l'existence". Qu’est-ce qui l’emporte de l’enthousiasme, l’émulation ou la fierté ? Françoise Mallet-Joris reviendra sur cette matière familiale dans un roman, l’un de ses derniers, "La double confidence" (2000). Comme l’indique le titre, ce livre s’articule sur une double entrée. D’une part, la biographie de Marceline Desbordes-Valmore et de l’autre, un retour constant de la romancière à sa propre histoire. Ce texte est important à plus d’un titre donc. Il fait la part belle à la documentation sur un personnage important aux yeux de l’auteure, par son œuvre poétique mais aussi et peut-être même surtout par sa vie plutôt accidentée, de constants déplacements et de soucis pécuniaires, qui demeure probablement méconnue. Même si on s’intéresse peu à la poétesse romantique, le roman est très interpellant. Au moins pour deux raisons. Le dispositif consistant à respecter ce contrat du double et qui est extrêmement riche du point de vue de la narration. Mais aussi et surtout la part de soi que l’auteure livre sans compter dans des impromptus ou autres parenthèses. Alors qu’elle-même tente ailleurs avec "Jeanne Guyon" , de définir ce qu’est une biographie pour se détacher aussitôt de cette limite générique, revendiquant pour sa part la passion de son texte, elle entreprend d’évoquer un personnage qui lui permet pour de multiples raisons de parler d’elle. Nombreuses sont les références personnelles, à sa propre histoire, sa mère, sa famille, son métier, à l’écriture elle-même. Il faut retenir, entre autres, un passage capital sur la fin de Suzanne Lilar et le dénouement d’une crise qui a duré toute la vie de Françoise. Nombreux sont les points de concordance qu’elle constate entre elle et Marceline Desbordes-Valmore dont elle était en train de faire le portrait. Deux femmes, deux mères, deux flamandes, et aussi deux écrivains. " Cela a forcément des points communs." Révélateur, pierre de touche, Marceline n’est pas son modèle, mais un intercesseur à qui elle rend indirectement un hommage émouvant, vibrant, mais grâce à laquelle elle transmet à vif des tourments fondamentaux pour elle-même. Ainsi en va-t-il de "Jeanne Guyon"(1978), qui sans être la première, offre la biographie la plus documentée et la plus complète, l’histoire d’une mystique, avec en arrière-fable, tout un tableau des tensions religieuses du moment, et notamment des évocations très parlantes de Bossuet et de Fénelon. Autre personnage énigmatique, cette Louise de La Fayette, héroïne bien malgré elle de relations problématiques entre le pouvoir politique et le religieux, sous Louis XIII, dans le roman précisément intitulé "Les Personnages" (1961). Plus connue sans doute mais révélée sous un jour nouveau, "Marie Mancini, le premier amour de Louis XIV" (1965), plus nettement biographie aussi que roman, comme ne l’indique pas l’intitulé.
"Je me croyais vraiment consolée, je me disais même avec cynisme qu'il était regrettable que l'intérêt de Mme Lucette portât surtout sur mon ignorance, car sa beauté crémeuse, lisse, comestible, m'eût agréablement distraite du corps musclé de Tamara. Tous les jours je me disais, je me répétais que j'étais heureuse. J'avais souhaité cent fois cette étroite intimité avec Tamara et enfin je la possédais". Avec "Trois âges de la nuit" (1968), Françoise Mallet-Joris poursuit la quête historique de destins de femmes exceptionnels. Cette fois ce sont les figures de sorcières qui sont mises en évidence, avec le souci de reconstituer une époque noire et d’évoquer un phénomène de masse qui culmine durant un peu moins de deux cents ans, de la fin du XVème à la fin du XVIIème siècle. En ces temps où la responsable de tous les maux est le plus souvent une femme, celle qui dérange par sa différence, son étrangeté, voire son audace. Dans le quotidien, l’intelligence parfois s’associe à la malice sinon au diabolisme, la folie au mal. On aura noté la constance de l’image féminine dans l’énoncé des œuvres qui précède, les vrais romans et les textes plus franchement autobiographiques confirmeront la tendance. On peut en effet distinguer les romans de pure imagination, les plus nombreux tout de même dans la production de Mallet-Joris. Là aussi, le personnage féminin est central, même au milieu d’une foule parfois. Tous se caractérisent par un art de mettre en scène précisément de nombreux personnages. Un art consommé dans les ouvrages à référence historique mais pratiqué systématiquement et selon un point de vue purement romanesque dans les autres. Le tout premier, "Le Rempart des béguines", "bluette qui à l’époque fit scandale, avant tout un affrontement enfant-adulte" , selon Mallet-Joris elle-même, à propos de la jeune fille amoureuse de la maîtresse de son père. Ne la contrarions pas mais soulignons que ce genre d’affrontement ne peut être minimisé que lorsqu’il est maintenant loin et s’est bien terminé. Le roman avait un autre mérite, c’était de rendre avec acuité un conflit de générations compliqué de sexualité et d’exposer une économie narrative remarquable. La plupart des autres romans de cette veine inventive doublent la figure féminine de la présence tout aussi forte du rapport fille-mère, fût-il exacerbé paradoxalement par l’absence de celle-ci. À douze ans déjà, elle écrit sur sa mère pour désarmer l’"amie - ennemie." Ces premiers cahiers sont comme un cheval de Troie à introduire clandestinement dans la place. Écrire, c’était alors pour elle se soulager de l’aimer vainement. L'absence maternelle est pesante. Les héroïnes de ses premiers romans n’eurent pas de mère. "Avec son longue taille ondulante, sa corolle de cheveux, elle semblait elle-même une fleur exotique, une fleur brune et épicée qui eût contenu quelque poison sucré." "D’année en année je suis devenue de plus en plus désordonnée. Je suis en retard de deux années pour mes impôts, de trois mois pour ma correspondance".
"Nous avons tous un jour, une heure de sensibilité, de grâce, où une image nous atteint, où une note, un mot, résonne en nous". Quant aux autres, dont le très prolifique "Empire céleste" (1958), qui remporta le prix Femina, la multiplicité, le partage des informations, la dispersion entre de nombreux personnages auxquels on veut attribuer une histoire et cela de façon quasi égalitaire, démontrent un choix structurel différent. Le résultat voit le motif principal encadré, enserré peut-être par d’autres. "Ni vous sans moi ni moi sans vous"(2007), dernier livre publié, où la profusion des destins occulte peut-être un peu l’essentiel, soient la recherche de la mère et en général la question de la filiation. Plutôt que de recourir à la mesure radicale de la recherche de l’ADN d’un individu et de ses antécédents, le roman tire son intérêt de l’inconnu puisqu’il installe et laisse planer le doutesur les origines, avec l’hésitation sur les ressemblances incertaines mais toujours secrètement soupçonnées. À côté de ces romans, et formant une catégorie à part, hautement digne d’intérêt, il y a ces écrits où l’écrivaine se met en scène elle-même, qu’elle qualifie d’essais, comme "Lettre à moi-même" (1963) et "J’aurais voulu jouer de l’accordéon" (1975), sans oublier l’incomparable "Maison de papier" (1973) qui fut son plus grand succès. Déjà, dans certaines fictions ou reconstitutions, on l’a vu à suffisance avec "La double confidence", Mallet-Joris fait plus ou moins longuement un retour personnel sur soi. "La Maison de papier" (1970) appelle à une indispensable relecture. Ce qui s’est dit le plus souvent à son propos. Voilà un lieu où tout le monde a l’impression d’être entré, d’y avoir été accueilli. "Maison de papier, maison aux portes sans cesse battantes, c’est en vain que j’essaie de refermer ces portes, de calfater ces failles par lesquelles tout se perd, tout fuit, tout entre. Mais faut-il fermer, calfater, ranger, figer ?" Un récit qui frappe par ses accents de vérité et procure sans compter une connaissance de la personne, de ce qu’est sa vie, de ce qui importe pur elle et le monde. À égalité ? la famille, l’écriture ? Dans quel ordre sinon ? Françoise Mallet-Joris n’aimait pas trop les interviews, mais s’y prêtait plutôt de bonne grâce. "Écrire, c’est aimer une personne qui est continuellement absente", disait-elle. "Un écrivain n’a pas à séduire les foules." "Je ne sais pas moi-même si je suis "poète". J’aime raconter. Raconter sans but, sans problèmes, sans message. Mais j’ai l’espoir qu’un but, un espoir, un message, passeront malgré moi, du fait que c’est moi tout entière qui m’exprime, dans cette histoire, dans ces images qui m’enivrent un peu." Françoise Mallet-Joris avait une grande audience notamment chez les femmes mais pas que chez les femmes. Ce n'était pas qu'une romancière pour femmes, contrairement à ce que l'on a pu dire en raison de ses engagements féministes. De 1970 à 1981, elle fut la compagne de la chanteuse Marie-Paule Belle dont elle était également la parolière. Les deux femmes ne faisaient pas mystère de leur relation, ce qui était peu fréquent à l'époque. Le sept de la rue Jacob à Saint-Germain-des-Prés dans les années soixante-dix était la maison du bonheur. Dans chaque pièce, il y avait un artiste, un peintre, ou un sculpteur. Sa mort est annoncée le treize août 2016 par Pierre Assouline. Elle avait alors quatre-vingt-six ans. Crématisée, ses cendres ont été dispersées dans l’Escaut.
Bibliographie et références:
- Pierre Assouline, "Mon amie Françoise"
- Susan Petit, "Françoise Mallet-Joris"
- Jacques Weil, "Françoise Mallet-Joris"
- Pierre Legrand, "Le roman selon Françoise Mallet-Joris"
- Sophie Labourie, "Françoise Mallet-Joris"
- Annie Le Brun, "Une souveraine impudeur"
- Françoise Mallet-Joris, "Portrait de l'auteur"
- Virginie Castreau, "Françoise Mallet-Joris"
- Colette Nys-Mazure, "Suzanne Lilar"
- Marc Quaghebeur, "Lettres belges, entre absence et magie"
- Frans Amelinckx, "Portrait de Françoise Mallet-Joris"
- René Micha, "La poésie de Françoise Mallet-Joris"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Écoute. Le temps passe. Rapproche-toi. Tu es seul à pouvoir entendre le sommeil des maisons, dans les rues, dans la nuit lente profonde salée et noire de silence, la nuit en bandelettes. Toi seul peux voir dans les chambres aveuglées de jalousies, les combinaisons-culottes et les jupons sur les chaises, les brocs et cuvettes, les verres à dentiers, le énième commandement au mur, et les portraits jaunissants des morts attendant le petit oiseau quiva sortir. Toi seul peux entendre et voir, derrière les yeux des dormeurs, les mouvements, les pays, les labyrinthes et les couleurs et les consternations et les arcs-en-ciel et les airs de chansons et les désirs et les envolées et les chutes et les désespoirs et les mers de leurs songes". Dylan Thomas (1914-1953) est considéré outre-Manche comme un des plus grands poètes du vingtième siècle. Il fut une de ces âmes insoumises qui approchèrent trop près du soleil et se sont liquéfiées dans l’alcool. Il semblait avoir pour ressort intérieur une forme d’extase et de transe verbale. Merveilleux conteur il fut l’un des premiers à enregistrer ses poèmes, à vivre de conférences, et à jouer de sa voix charismatique. Ce Gallois né le vingt-sept octobre 1914, à Swansea ville côtière du Pays de Galles, en savait peu sur cette langue étrange, et beaucoup sur toutes les langues du monde, et des morts qui reviennent parler toutes les nuits aux vivants. Fils d’un maître d’école austère qui voulait n’entendre que la langue anglaise, il idéalisa sa jeunesse en la repeignant d’imaginaire. Il se souviendra toujours de la ferme de Carmathen que possédait la famille de sa mère et de sa jeunesse à Swansea. Il partit alors à Londres en novembre 1934 pour entreprendre une carrière littéraire, absolument persuadé de son génie. À l'âge de vingt ans son recueil "Eighteen Poems" (dix-huit poèmes) le fait connaître et reconnaître. Plus tard "Twenty-five Poems" en 1936, "Deaths andEntrances" en 1946 et en 1952 son anthologie finale, "Collected Poems" font de lui un prince en poésie. Il a écrit des nouvelles, des scénarios de films, réalisé des émissions de radio, des pièces. Lui le séducteur rencontra la femme de sa vie Caitlin Macnamara en avril 1936, et ils ne se quittèrent plus, après s’être mariés en juillet 1937. Mais Dylan eut bien des amours parallèles, Caitlin aussi. Il mène une vie de bohème à Londres, où il publie ses premiers recueils mais en 1937, il retourne vivre près de Swansea, et c’est cette expérience que l’on retrouve dans les nouvelles de son Portrait of the Artist as a "Young Dog" (1940). Il aimait se vanter de sa consommation d’alcool.
"D'où tu es, tu peux entendre leurs rêves. Captain Cat, le capitaine au long cours en retraite, aveugle, endormi sur sa couchette dans la meilleure cabine de sa villa La Goélette, impeccable, ornée de coquillages et de bateaux enbouteilles, rêve". Sa pièce radiophonique, "Under Milk Wood", diffusée par la BBC en janvier 1954, est une comédie brillante et légère qui peint une galerie de portraits dans un petit port de pêche gallois. Sa cosmogonie personnelle, sa relation mystique à la Nature, le ton solennel qui marque alors sa quête panthéiste, l’exubérance baroque de sa rhétorique et l’attention toute particulière qu’il accorde au rythme valent à Thomas un immense succès populaire. Populaire, célèbre, vendu comme une rockstar il finira par se détruire de tavernes en bouges, à New-York en 1953. C’était alors pendant sa quatrième tournée triomphale de conférences-lectures, juste avant ses trente-neuf ans. Ils’effondra à son hôtel, son cher Chelsea hôtel le trois novembre 1953. Fier de lui il déclara: "j’ai bu dix-huit whiskys, je pense que c’est un record !". Il mourut quelques jours plus tard, le neuf Novembre 1953 à l’hôpital St. Vincent. Son corps fut ramené au Pays de Galles, dans un humble cimetière, à Laugharn, au Sud-Ouest du pays de Galles, avec la seule ombre d’une croix. Paysage enfin très calme, mer qui ruisselle, lune toute blanche. Peu furent aussi prodigieusement doués que lui, peu se gaspillèrent autant. Il fit lui-même son épitaphe: "After 39 years, this is all I’vedone". ("Après trente-neuf ans, c’est tout ce que j’ai fait"). Son œuvre était presque close à vingt ans, mais lui ne vendit pas d’armes, ne connut pas l’absinthe, et se survécut entre envolées poétiques et envolées éthyliques. Celui qui a écrit "Do not go gentle into that good night" et "Fern Hill" et surtout la pièce de théâtre radiophonique "Under Milk Wood", ("Au bois lacté"), ne peut être qu’un immense bonhomme. Frisé et rondelet, il écarquillait ses yeux sur le monde, et s’en moquait sans doute. Les mots, il avait appris à les faire sauter dans son cercle de flammes, et très petit. Souffrant sans cesse d’asthme, de bronchites, sa mère le soignait avec des histoires. Tous ces mots ont formé une ronde dans sa tête. Il fut un immense provocateur, puis une bête de cirque poétique que l’on montrait dans les cercles selects américains ou anglais. On lui jetait un sucre, il le ramassait en lisant de sa voix forte ses poèmes qui faisaient frissonner, voire plus, ces vieilles ladies. Derrière le trop "bon vivant" se dissimulait un homme cultivé.
"L'obscurité est un lieu, la lumière est une route. Mon oiseau d’or, le soleil a ouvert ses ailes, s’est envolé de sa cage, le ciel, Ô balancement. Comme son ombre épuisée blanche d’amour, la lune, mon oiseau d’argent s’envole à nouveau vers son perchoir d’étoiles". Dès le vingt-deux février 1952 il enregistre ses poèmes avec succès. Une fois qu’il avait pu dire ce qui cheminait en lui, il avait mis le cap sur son restant de vie: séduire et baiser, boire et tomber à la renverse pour oublier qu’il fut un jeune poète prodige. Charismatique il l’était, jongleur de mots, comédien et cabotin, envoûteur et désespéré sans doute. Avec son visage poupin, son petit nez retroussé, et sa voix rauque il passait parmi les gens, détaché et ailleurs. Non pas amer, mais entrelacé à jamais aux cigarettes et au whisky. Amoureux des lumières de la nuit, et des éclats de peau des femmes, il titubait dans la grandiloquence quand cela le servait, et basculait dans le sublime quand il était seul avec le papier blanc. Là, il raturait sans trêve sa vie, et devenait lucide lui le "Portrait of the Artist as a Young Dog", le portrait de l’artiste en jeune chien. Jeune chien fou il avait su s’ébrouer, japper à la lune, mordre les bourgeois aux mollets de leurs certitudes. Ivre il l’était avant tout de mots. "Après la première mort, il n’y a rien d’autre"proclamait-il. Il a connu d’autres morts, il n’y eut plus grand-chose. Icare foudroyé dans le soleil des bouteilles, il laisse des plumes qui volèrent encore très haut. "Un alcoolique est quelqu’un que tu n’aimes pas et qui boit autant que toi". Il savait sa chute, il se souvenait alors aussi d’avoir percé à jour la force qui traverse l’arc électrique du vert pour donner la fleur. Il est peu de poètes aussi rimbaldiens. Ivre de vivre, fou de jeunesse, extatique devant la force brute de la nature. Il a collé son oreille contre le ventre de la terre et en a su toute la violence, la destruction et la vie. Et c’est le monde de l’enfance qu’il chante le mieux, la nature biologique en marche. L’innocence perdue. L’origine du souffle, de la création par la puissance de la parole: "Au commencement était le mot, le mot qui des bases solides de la lumière a dérobé toutes les lettres du vide. Dylan Thomas fut une énergie folle, un délire en mouvement, un archange de la soif d’exister. Pour tout cela merci Dylan Thomas. Frénétique il fut, feu follet affolé aussi. Il n’a pas l’air de son temps, romantique attardé, loin des préoccupations sociales ou politiques. Lyrique, intimiste, il n’a pas d’influence marquée sur d’autres poètes, à part Sylvia Plath sans doute qui le lisait éperdument. Même si Robert Zimmerman le renie maintenant, nous nous souvenons de lui. À qui en pleine nuit a reçu la houle de "Under the milkd wood", plus rien ne fut pareil dans sa vie.
"Voici la mer, verte et claire, dans ses flancs, mille poissons ondulant leurs écailles en silence dans un monde d'herbes vertes et claires. Ces voix chuchotées, émergeant de "cette bonne nuit" et qui disent: Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs leurs actes frêles auraient pu danser en un verre baie ragent, s’enragent contre la mort de la lumière". Dylan Thomas était l’homme de la grande soif, inextinguible. Soif d’intensité, soif de boire la fusion de la terre. Sa lave et ses océans. La poésie de Dylan Thomas est cosmique, tellurique. Il part du foisonnement de son monde intérieur, plein d’images et de fureur, pour aller jusqu’aux chaos des étoiles. "Il y avait un monde et en voici un autre", Dylan Thomas prend appui sur son panthéisme vibrant pour la nature, dont il célèbre les collines glorieuses, la mer profonde, comme dans des "visions et prières" pour chanter le cosmos. Mais à son chant charnel et sensuel, car Dylan Thomas est avant tout un poète sensuel, s’ajoute ses élans mystiques, voire métaphysiques. La Bible si souvent scandée dans son enfance l’irrigue avec ses notions du mal et du bien, ses démons et ses tentations. "Ce monde est mon partage et celui du démon" peut-il ainsi proclamer. Dylan Thomas porte aussi en lui le poids de cet enfant mort, premier né de ses parents, dont le fantôme le poursuivra: "Je suis le fantôme de cet ami anonyme sans prénom qui écrit les mots que j’écris". Lui qui partira au fil de la vie comme un chien crevé imbibé d’alcool à trente-neuf ans, est aussi le poète de l’innocence, ce "bébé" alors jamais devenu adulte, qui court encore dans l’herbe et tutoie le soleil. Il n’a pas su conserver la frénésie de ses vingt ans jusqu’au bout, il a fini par mettre le moteur auxiliaire de la technique quand les vents de l’imagination affalaient ses voiles. La griserie sonore des mots devenait plus importante que leur poids, et il faisait l’histrion par dérision de tout. Sa quête du Paradis Perdu est une quête de soi certainement, mais aussi celle du retour à la Genèse originelle, à la pureté perdue. Avec des accents de prophète, lui, "l’artisan sacré" aura au moins par l’alchimie de ses mots, la beauté souvent obscure et énigmatique de ses images, changé ainsi la trajectoire de la poésie anglaise, lui le gallois illuminé. Il est entré avec violence dans la bonne nuit de la vie. Il aconnu les bombardements de Londres, mais ce sont les bombardements de sa vie qu’il a décrit. Il sait que c’est "la ténèbres qui façonne l’homme", et des ténèbres il en était empli. Dylan Thomas a écrit ainsi beaucoup de poèmes d’anniversaire, non pas pour se célébrer comme un Walt Whitman ni pour parler de son âge de vent, "de bois en dérive", mais pour faire chanter son angoisse infinie et savoir alors à chaque instant qu’il "appareille vers la mort".
"Voici mille cailloux: mille yeux tous plus vifs que le soleil. Voici les vagues: des danseurs sur un parquet d'émeraude font des pointes pour danser la mer, légers alors comme une pantomime". Il sait que l’amour n’est que "deux grains de sable ensemble au lit/ tête contre tête à l’entour du ciel", pourtant il n’aura vraiment qu’une seule femme dans savie, son amie d’enfance, Caitlin Macnamara. Dans les mots de Dylan Thomas on peut entendre les mers convulsives, les collines en majesté, les morts qui viennent vers nous. Onirique il chemine entre les légendes galloises, la Bible,et ses propres visions. Il voulait reposer comme pierre, il repose comme phare, soleil en vrille parmi nous, dans un monde toujours plus obscur. Homme violent, il fut surtout violent de tendresse, aveuglé de soleil et de vie palpitante.Ses poèmes sont des vagues, ses étranges images des créatures venant des abîmes. Il se disait "poète devant les portes de l’enfer", auquel il opposait "sa naïveté", en fait son libre égarement dans la prairie des mots. Il gambade entre sa solitude intérieure que seul l’alcool apaise, et sa posture de poète "maudit", en révolte devant l’état du monde. Toujours endetté, toujours saoul, toujours en train de griffonner un poème au dos d’une facture, mais le plus souvent génial. Il aura jonglé avec le langage et les mots, et ce que la traduction ne saurait rendre c’est la musique et les rimes intérieures. Des alouettes chantent dans ses vers. Il aura aussi jonglé avec sa vie, étonné à chacun de ses anniversaires d’être encore vivant et alors redoublant d’autodestruction joyeuse. Il savait le fin miroir entre illusion et réalité et s’amusait de passer sans cesse de l’un à l’autre, sans jamais prendre au sérieux l’éternité. Dylan Thomas est l’un des poètes les plus attachants, celui qui a su s’ériger en légende, alors que d’autres, avec leur foi triomphante en leur art, ont été happés par la nuit. Lui le clown sous la lune, le clown merveilleux, avait repeint la réalité. Il tentait simplement d’étreindre les mots fous qu’il avait gribouillé en glorification de la mortelle erreur de la naissance et de la mort. Il ne pouvait dormir sans blessure, ni rêver sans le refus absolu de pleurer la mort, lui le vivant, l’haletant, le poète.
"Aime-moi, non comme les nourrices rêveuses, mes poumons tombants, ni comme le cyprès, dans son âge l’argile de la jeune fille,
aime-moi, soulève ton masque. Aime-moi non comme les filles du paradis, leurs amants aériens, ni comme la sirène, ses amants de sel dans l’océan. Aime-moi et soulève ton masque". Salut Dylan "times are no changing" et to itu demeures. Au bois lacté est l’espace où rencontrer Dylan Thomas. Dans cette pièce jamais vraiment terminée, le songe d’une nuit d’été d’un village gallois, embrasse l’humanité entière. Dans l’imaginaire village de Llarreggub, dans la réalité Laugharne, son village, va monter la voix du monde. Rêves, peurs, banalités, quotidien rural, jalousies, sexes et désirs. Inondation du verbe, impudeurs des confessions, désirs enfouis, naïvetés à peine effleurées. Ce ne sont que conversations, cela fait alors la danse de vie de notre monde. Tout semble naïf, tout est tissé. La naïveté est toujours un paradoxe a dit un de ses amis. Lui l’homme double, poète insoumis et solitaire, alcoolique jusqu’à la moelle ayant besoin d’entourage, il semblait lunaire. Râpeux il longeait les murs de la vie, effritant au passage chaque brique, pour mieux s’engloutir. Qui a le plus vite terrassé ce bonhomme, la gloire ou le delirium tremens ? En réalité, c’est Dylan méthodique et raisonné qui se sera terrassé lui-même et fort bien. Et c’est à New York, deux ou trois jours avant sa mort, qu’il hurla: "Rien de rien, sinon que je viens de voir les portes de l’enfer s’ouvrir devant moi !" Le père de Dylan est un modeste professeur de "grammar school", mais un élément de sa biographie, rarement mentionné, devrait nous susciter. Ce fils d’une ancienne famille Galloise a rompu avec la "tradition" il ne sera pas, comme ses ancêtres, comme son propre père "un homme de religion", un prêtre. Mais le petit Dylan sera bercé par la voix du grand-père lisant la "Bible le Roi-James" La poésie "obscure" et audacieuse de Dylan, tout comme son art prodigieux de la lecture poétique, qui assurera alors son succès foudroyant aux États-Unis, porte la trace de cet étonnant enracinement. Son"philosémitisme" également. Remarqué par ses contributions poétiques dans le "journal" de son lycée, il entend aussi rendre hommage à la poésie "classique" anglaise et à l’Imaginaire Celte. Contemporain des deux guerres mondiales et de l’essor de la psychanalyse comme du surréalisme, il invente sa propre langue poétique mais sans rien céder des diverses influences qui ont accompagné sa "formation". Son "art morose" qui déchire tous les "masques" et les"peaux" du réel baigne dans son histoire personnelle et familiale aussi bien que dans le multiple héritage des cultures qui l’ont formé. Son génie, sa modernité viennent d’avoir su faire de ces contradictions, un seul cri poétique universel.
"Aime-moi, non comme le pigeon ébouriffé les cimes des arbres, ni comme la légion
des mouettes la lèvre des vagues.
Aime-moi et soulève ton masque. Aime-moi comme la taupe aime son obscurité et la tigresse le cerf craintif. Amour et peur soient tes deux amours ! Aime-moi et soulève ton masque !". Dylan Thomas n’écrit pas seulement à l’intérieur de la langue anglaise. Il écrit à travers l’imaginaire gallois, à travers la vision particulière du poète, qui s’adresse souvent à d’autres poètes par des références discrètes aux œuvres de ses prédécesseurs, et enfin à travers la parole amplede l’Ancien Testament, dont son grand-père lui lisait le soir de longues pages venues de la traduction exemplaire dite "du Roi James". Il est sensible aux découvertes Freudiennes et n’hésite pas à employer un langage cru, une parole de nerfs et de nervures, de sensualité et d’angoisse. Il réagit aux terribles épreuves de la guerre à Londres mais il a gardé la leçon poétique majeure des "classiques". Il transmet l’intuition du Chaos initial, l’impossibilité de réparer le mal des générations, la nécessité de servir la parole éclairante et souffrante. Il mêle l’individuel, l’intime et l’œuvre au noir poétique et universelle. Dylan Thomas, qui ne connut la gloire qu’au seuil de la mort, à la suite de voyages et de"tournées" de lecture aux USA, vécut en marge des "mouvements" littéraires de son époque. Il voulut faire entendre la musique du Paradis, en vérité dire l’étonnement premier du monde, la reconnaissance aux générations passées, la solitude poétique du vivant. Les mots ont besoin de lumière, lui donnent existence et pleurent sa disparition. Pressant son père de ne pas se laisser mourir, Dylan Thomas exhorta le vieillard par ces mots: "Rage, rage contre lamort de la lumière!". Et Othello lui aussi, à l’agonie, incapable de prononcer un mot de plus, confond la lumière des bougies, la lumière de la vie. Il les perçoit comme une seule et même chose: "Fais disparaître la lumière, ordonne-t-il, et puis, fais disparaître la lumière". Les mots ont besoin de lumière, mais la lumière paraît s’opposer à l’action du mot. Quand Thomas Jefferson introduisit la lampe Argand en Nouvelle-Angleterre, à la fin du XVIIIème siècle, on remarqua que la conversation dans les dîners, jusqu’alors éclairée aux bougies, devenait moins brillante. Ceux qui excellaient dans l’art de la conversation rejoignaient désormais leur chambre pour lire silencieusement au lit. "J’ai trop de lumière", dit le Bouddha, refusant d’ajouter un mot de plus. "Nous nous serions alors tous émerveillés des étoiles inaltérables".
Bibliographie et références:
- Jacques B. Brunius, "Au bois lacté avec Dylan Thomas"
- Joseph Brunger-Milles, "La poésie de Dylan Thomas"
- Francis Dufau-Labeyrie, "Portrait of the artist as a young dog"
- Julius Dufort, "Portrait du poète Dylan Thomas"
- Alain Suied, "Vision et prière de Dylan Thomas"
- Marc Dietrich, "Un poète nommé Dylan Thomas"
- Claire de Laubadère, "L'étonnant Dylan Thomas"
- Francis Maulevrier, "La poésie de Dylan Thomas"
- James Stradwill, "Portrait de l'artiste"
- Alberto Manguel, "Le silence des lumières"
- Marc-Antoine Sédillot, "La poésie du gallois"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Je n'avais pas été démoralisé, plus tôt, au chemin creux. Je n'avais pas non plus perdu confiance. J'avais eu peur, tout simplement, autant qu'il est humainement possible d'avoir peur, voilà pourquoi j'avais abandonné le combat. La fausse aurore était une brume laiteuse répandue sur l’obscurité de la ligne de terre orientale: le Mississippi". Shiloh est la première sanglante bataille de la guerre de Sécession, les six et sept avril 1862, et la guerre de Sécession la grande affaire de Shelby Foote, né en 1916 et mort en 2005, même s'il était difficile pour les lecteurs français de le savoir. Si quatre livres de l'écrivain du Sud ont été traduits, "Amour en saison sèche", "Septembre en noir et blanc","Tourbillon" et l'"Enfant de la fièvre en Imaginaire", "Shiloh", roman de 1952, est paru récemment, tandis que "The Civil War: a Narrative", "Récit de la guerre de Sécession", son œuvre de trois mille pages publié en trois volumes de1958 à 1974, demeure inédit en français. Shelby Foote décrit Shiloh comme "une tentative de montrer une bataille de l'intérieur", dans la lignée de "La Chartreuse de Parme" et de "La Conquête du courage" de Stephen Crane, roman de 1895, très célèbre aux États-Unis. Le récit est alors divisé en sept chapitres ayant chacun son narrateur, sudiste pour les impairs, nordiste pour les pairs, le premier et le dernier héritant du même personnage à l'état cependant dégradé en cent cinquante pages. Il est au début aide de camp du général Johnston et participe à l'ordre de bataille en y mettant "moi-même les virgules et les points-virgules qui le rendaient plus clairs". "Sa qualité, sa magnifique simplicité, me coupèrent le souffle. Certes, j'en avais déjà conscience alors, tous les ordres de bataille produisent cet effet-là, tous sont conçus pour mener à la victoire si on les suit. Tout était si commode sur le papier, papier plat et propre". Rien ne va rester propre. Dès la fin de ce premier chapitre: "La bataille a commencé, messieurs, dit le général Johnston. Il est trop tard pour changer nos plans". Pour Shelby Foote, la guerre de Sécession est la guerre de Troie des sudistes et l'Iliade un modèle pour l'écriture de "The Civil War: a Narrative" dont "Shiloh" fut un avant-goût. Il tenait à ce que les personnages célèbres de son roman ne disent ou ne fassent rien dont on ne sache qu'ils l'aient dit ou fait. La vérité devait être la même, qu'on y accède par les moyens de la fiction ou de l'histoire. Les américains lui reprochent un parti pris pro-sudiste qu'il ne récuse pas, prétendant, que "la Résistance française fit des choses bien pires que le Ku Klux Klan, qui ne fit jamais dérailler de train ni sauter des ponts". Mais la défense des confédérés est aussi la défense des vaincus, des "Invaincus" au sein même de la défaite selon le titre de William Faulkner. Shelby Foote, capitaine en poste en Irlande du Nord, passa en cour martiale en 1944, fut dégradé et expulsé de l'armée pour avoir utilisé frauduleusement un véhicule militaire afin de rendre visite à sa future femme. Bien que résidant à Memphis (Tennessee) jusqu'à la fin de ses jours en 2005, ShelbyFoote est né à Greenville dans l'État du Mississippi le dix-sept novembre 1916. Sa famille paternelle, originaire de Virginie, appartient à la classe des grands planteurs: Hezekiah William Foote, l'arrière-grand-père, possédait alors quatre vastes domaines, Mounds, Egremont, Hardscrabble, Mount Holly, et plusieurs centaines d'esclaves.
"Les bruits de coups de feu s'intensifièrent en s'étendant le long du front. Le général tendit alors les rênes d'un coup sec et, tandis que son grand cheval bai se dirigeait au pas vers le lieu des premiers affrontements, il pivota sur sa selle et nous dit: "Ce soir, nos chevaux boiront l'eau de la Tennessee". Opposé à la sécession, il n'en servit pas moins dans l'armée confédérée avec le rang de colonel et prit alors part à la bataille de Shiloh. La génération suivante, fut en la personne de son fils, Huger Lee Foote, moins brillante. Le goût du jeu aidant, la fortune familiale fut rapidement dilapidée et Mount Holly, la dernière des quatre plantations, vendue en 1908, époque à laquelle les Foote s'installèrent à Greenville. Le grand-père maternel de l'auteur, Morris Rosenstock, venait en revanche d'un tout autre milieu et d'un autre continent. Juif viennois établi dans le Delta vers 1880, probablement pour échapper à la conscription dans son pays, il fut employé comme comptable dans une plantation du Mississippi et épousa la fille du propriétaire, exploit qui, étant donné la mentalité de l'époque et l'esprit de caste des planteurs, laisse aujourd'hui encore son petit-fils aussi perplexe qu'admiratif. Morris Rosenstock accumula une assez belle fortune, réduite à néant par la crise de 1921. Entre-temps, la seconde de ses trois filles, Lilian, avait en 1915 uni sa destinée à celle de Shelby Dade Foote, le père de l'auteur. On se marie pour rester chez soi. "Un mariage avec un autre que Jeff eût signifié une sorte de déchirement qu'elle voulait éviter à tout prix. Elle était, avant tout et par-dessus tout, en proie à l'inertie". Quatre-vingts pages et quelques années de voyage plus tard, le couple revient à la ville. "On ne jouait même plus aux dés sur la terrasse. Ce qui demeurait était moins une véritable modération qu'une absence de frénésie". Cinquante pages plus tard encore, l'argent de sa précédente cible envolé, le coureur de dot change grossièrement de cible sans pouvoir convaincre la précédente de son abandon." Elle s'était fiée à lui si complètement pendant tant d'années que sa confiance semblait emportée par une sorte d'inertie, irrésistible et aveugle". C'est comme si toute la vie était préparatoire, mais à quoi ?, et "d'une lenteur irritante, telles les premières pages d'un roman de Balzac". Tous les personnages apprennent à leur manière un sentiment qui serait alors le point commun entre une "brève extase", "l'extrême douleur" et "la nausée": "une profonde indifférence pour tout ce qui vous entoure". Né en 1890, Shelby Dade Foote passa son enfance à Mount Holly et connut dans un premier temps la vie facile et insouciante des fils de bonne famille sudistes. Les revers de fortune de son père le contraignirent cependant à affronter des difficultés auxquelles ne l'avait guère préparé son enfance privilégiée. Il semble y avoir fait face avec une énergie et une capacité d'adaptation insoupçonnées. Entré comme modeste employé chez "Armour and Company" sur la recommandation de son beau-père, il devait très exactement sept ans plus tard prendre la tête des filiales sudistes de cette société.
"Il sentait le malheur à cinquante kilomètres à la ronde, parfois même plus. Nos visages étaient gris, gris comme la cendre. Certains avaient des brûlures de poudre, des rougeurs sur les joues et sur le front, qui s'étendaient jusqu'à des zones de cheveux roussis". Mais, en septembre 1922, à Mobile (Alabama) où il venait d'être muté et promu, cette réussite professionnelle fut brutalement interrompue par la maladie et la mort. Veuve avec un enfant de neuf ans, Lilian Rosenstock Foote dut à son tour faire face à l'adversité. D'abord employée à Pensacola par la société de son mari, elle se rapprocha ensuite de sa famille établie à Greenville et y trouva un emploi de bureau. C'est donc à Greenville que Shelby Foote passa alors ce qu'il est convenu d'appeler ses années de formation. Entrée au collège, fréquentation de la famille Percy où régnait un stimulant climat intellectuel. Walker Percy, né en 1917, futur écrivain lui aussi, sera alors une sorte de mentor littéraire, découverte des classiques européens et américains, révélation marquante à travers "Lumière d'Août" du grand contemporain W. Faulkner, premiers essais littéraires et publications dans le journal du collège, The Pica, sans oublier les autres "premières" que réservent, l'ordre étant indifférent, la découverte de l'amour, du jeu, de la chasse, de l'alcool et, clôturant cette période décisive, l'admission à l'Université de Caroline du Nord en 1935. Somme toute, rien que de très normal et banal pour un jeune homme arrivant à maturité dans le Sud des années trente; rien non plus qui semble le prédisposer à embrasser la carrière littéraire hormis peut-être cette "extrême dévotion pour la lecture" où la romancière sudiste Eudora Welty voit la condition sine qua non de l'accès à l'Écriture. C'est d'ailleurs, un “signe” sur lequel l'écrivain arrivé se plaît à attirer l'attention de ceux qui l'interrogent sur sa vie. En effet, issu d'une famille sans prétentions littéraires ou culturelles qui ne pouvait, à la différence des Percy ou des Faulkner, se targuer de compter parmi les siens un écrivain ou deux, S. Foote a donc suivi une voie originale et répondu à une vocation qui s'est très tôt manifestée, vers l'âge de seize ou dix-sept ans. C'est, au fond, un cas exemplaire du phénomène "d'interpellation du sujet par la fiction", thème développé alors par "Tournament", premier roman de l'auteur. Infatigable lecteur, l'étudiant S. Foote a ainsi plus assidûment fréquenté la bibliothèque de l'université que les salles de cours. Si la course aux diplômes en a quelque peu pâti, l'accès à l'écriture s'en est trouvé par la suite facilité. Grand connaisseur de la littérature classique américaine mais aussi européenne, l'auteur inclut dans son Panthéon personnel C. Dickens, Th. Mann,J. Joyce, G. Flaubert, M. Proust, dont il a lu l'œuvre sept ou huit fois, et pour l'histoire, Thucydide, Burke,Gibbon et Michelet: on a vu pire parrainage. Mais, sans nul doute, son auteur préféré était Marcel Proust.
"Ils avaient alors la bouche bordée de crasse à force de mordre les cartouches, une longue traînée au coin des lèvres, surtout, d'un côté ou de l'autre, et les mains noircies par la poudre brûlée tombée de la baguette de leur fusil. Nous avions vieilli d'une vie depuis le lever du soleil". Les deux références constantes sont cependant Faulkner et Proust. Le premier, pour lui avoir apporté "la jouissance de l'écriture" et le second,"la compréhension des êtres humains". C'est également Faulkner qui lui a permis de comprendre le fonctionnement de la "mécanique romanesque" et surtout cette vérité fondamentale que "la réalité à l'intérieur du roman peut être plus vraie que la réalité à l'extérieur du roman". Proust l'a convaincu quele style n'est pas simple maîtrise du langage mais aussi une façon de voir le monde, axiome fondamental que l'auteur reprend à son compte quand il affirme que "loin de se réduire à l'adjonction de fioritures, le style est à la fois une certaine qualité de regard et la manière dont un homme communique à autrui la qualité de son esprit". À Gustave Flaubert, autre modèle, S. Foote a emprunté la pratique consistant à lire à haute voix tout ce qu'il compose. Chaque phrase passe ainsi par "l'épreuve du gueuloir" car, précise l'auteur, "il faut retrouver les rythmes de la parole dans ce que j'écris", parti pris facilité par la musicalité du parler sudiste. Il n'est donc guère surprenant que, comme maint prédécesseur, S. Footeait commencé son apprentissage littéraire par la poésie, art vocal par excellence, R. Browning est son poète favori, mais il le reconnaît bien volontiers, "les bons poètes restent poètes", d'où il ressort que les autres peuvent, dans le meilleur des cas, faire de bons romanciers et d'excellents historiens. L'attention portée au rythme restera cependant un trait distinctif de l'écriture de S. Foote. On peut aussi rattacher, autre signe particulier, l'influence de la musique, du jazz en particulier, sur ses écrits. On ne saurait plus clairement affirmer que la cohérence d’une œuvre se mesure davantage à l’aune de la lettre et de l’imaginaire qu’à celle de la réalité. Dans le cas de l’œuvre de Shelby Foote s’esquisse un motif spécifiquement sudiste combinant, outre les quatre dominantes évoquées par l’auteur, le fleuve Mississippi, la forêt originelle, la guerre de Sécession et le racisme, des éléments alors caractéristiques au nombre desquels figurent l’espace et le temps, la mémoire, la violence, l’érotisme, la transgression, l’histoire et le mythe, l’ensemble étant orienté par une évidente préoccupation d’ordre éthique et même téléologique. Certes, ces composantes se retrouvent dans la littérature américaine en général, mais c’est dans leur combinaison, leur entrelacs que se noue un certain particularisme culturel et littéraire, source d’une évasive "Sudité" qui, nous le savons aujourd’hui, nous l’ignorions alors, se laisse mieux pressentir dans ses effets que définir dans son essence.
"Je veux vivre dans ce monde, mais je ne comprends pas, et tant que je ne comprends pas, je ne peux pas vivre. Pourquoi les gens ne veulent-ils pas être heureux ? Je dis veulent, pas peuvent". Finalement en quoi consiste le Sud qui insiste à ce point dans le texte ? Toute enquête sur la "Sudité", c’est-à-dire la spécificité du Sud qui se donne à lire dans la fiction, fera état de thèmes, de mythes, d’une philosophie de l’histoire voire d’une métaphysique propres. Ces critères ne sont pas dénués de pertinence, mais quelle que soit la nature ou l’origine des éléments qu’un écrivain intègre dans son œuvre, la matière de celle-ci n’en est pas moins une langue et une écriture. Dans l’œuvre romanesque de Shelby Foote, c’est la voix qui interpelle le sujet et conditionne son accès à l’écriture, et cette vocation, au sens originel du terme, démontre que l’extériorité vocale est le stimulant et la condition d’émergence de son opposé scripturaire, qui doit en recueillir et en préserver l’écho.Moment décisif dans ce parcours: la rencontre avec plusieurs romanciers sudistes contemporains, Elizabeth Spencer, Madison Smart Bell, Robert Olen Butler, Mark Richard, G. D. Gearino, qui ne se reconnurent guère ou pas du tout dans les problématiques, les approches et les a priori des spécialistes français de littérature sudiste. Le Sud change, s’aligne sur le reste du pays dans tous les domaines et, en s’américanisant, voit s’estomper ou même disparaître les signes distinctifs de sa différence. Phénomène accru et accéléré alors par la perméabilité du Sud au changement et la plasticité de sa littérature qui s’ouvre à des horizons insoupçonnés. Le Mississippi de WilliamFaulkner, comme en témoigne "Light in August", est traversé de références à la Grèce antique, si éloignée dans le temps, et la Louisiane de Robert Olen Butler dans "A good scent from a strange mountain" se confond parfois même avec le Vietnam, alors pourtant si éloigné dans l’espace. Alors,que reste-t-il du Sud d’antan ? Essentiellement un décor, des accessoires, une série de rôles et de poses, c’est-à-dire les principaux éléments d’une mise en scène, d’un tableau en trompe-l’œil dont la facticité est de plus en plus évidente. La nature très cosmopolite de ces influences littéraires est cependant contrebalancée par l'enracinement de l'homme et de l'œuvre dans le Sud, ce qui n'empêchera pas l'écrivain de transcender tout provincialisme ou régionalisme pour accéder sinon à l'universel du moins, selon la célèbre formule de W. Faulkner, "aux vieilles vérités du cœur humain".
"Je n’ai jamais connu quelqu’un qui n’ait aussitôt considéré le général Johnston comme le plus bel homme qu’il ait jamais vu, et tous ceux qui l’ont croisé l’ont aimé. Physiquement imposant, plus d’un mètre quatre-vingt pour près de quatre-vingt-dix kilos, il n’était ni gros ni maigre. Il donnait à la fois une impression de force et de délicatesse. Son visage était calme lorsqu’il s’éloigna, mais son regard brillait". Quand l'auteur quitte l'université en 1937 avec pour tout viatique un solide bagage littéraire et quelques publications dans le "Carolina Magazine", c'est pour se mettre à l'école du journalisme, qui fut pour maint écrivain américain, les précédents exemplaires étant S. Crane, E. Hemingway et Ring Lardner, école de vie et véritable atelier d'écriture. Il travaille donc comme reporter pour le "Delta Star" jusqu'en septembre 1939 où il s'engage dans la Garde nationale du Mississippi en attendant d'entrer dans le service actif. Période d'une double initiation. À la vie militaire tout d'abord et à l'écriture romanesque ensuite puisque c'est là qu'est composée la première version de "Tournament", qui sera proposée à l'éditeur new-yorkais A. Knopf. L'œuvre, jugée trop expérimentale, sera retournée à son auteur avec le conseil de la laisser reposer quelque temps avant de la réviser. La guerre aidant, le manuscrit reposera en fait plus longtemps que prévu et ne sera publié qu'en 1949. Il y a en effet, en 1940, d'autres priorités que la création littéraire et S. Foote, démocrate convaincu, n'entend pas s'ys oustraire. Il est mobilisé dans l'artillerie et suit la formation des officiers. En 1942, il est envoyé en Irlande du Nord où il restera jusqu'en 1944. Le capitaine S. Foote y fait la rencontre de sa première femme, Tess Lavery, il en divorcera en 1946 et épousera, deux ans plus tard, Marguerite Dessommes dont il aura une fille, Margaret Foote. Second divorce en 1953 et troisième mariage en 1956 avec Gwyn Rainer, qui lui donnera un fils, Huger Lee Foote II. S. Foote est toujours en Irlande quand la vindicte d'un supérieur lui vaudra, pour un motif futile, falsification d'un titre de transport pour aller voir sa belle, de passer en cour martiale et d'être cassé de son grade. Retour sans gloire à la vie civile. Au bout de trois mois, passés à New York où il travaille pour l'agence "Associated Press", S. Foote s'engage dans les Marines. Nouvelle période d'instruction suivie des préparatifs pour aller rejoindre les unités combattant en Europe, mais Hiroshima met fin au conflit avant que le simple soldat S. Foote ne s'embarque sur un Liberty Ship. Il est démobilisé après avoir passé près de cinq ans sous l'uniforme. À défauts de lauriers, l'auteur aura gagné une solide formation militaire dont l'historien saura se souvenir, en homme d'action, et faire bon usage quand il s'agira d'écrire les trois volumes de "The Civil War".
"Et pour cause. Car après deux mois de retraite, décrié après avoir été adulé, il tenait enfin l’occasion de prendre sa revanche. Salué comme le sauveur de la liberté quand, après avoir traversé le désert californien en 61, en évitant les Apaches et les escadrons fédéraux des postes de cavalerie implantés sur son trajet, il avait rallié Richmond, au nord, depuis La Nouvelle-Orléans, il s’était présenté devant le président Davis en septembre et avait été nommé "général commandant le département occidental de l’armée des États confédérés d’Amérique". De 1945 à 1947, S. Foote, revenu à Greenville, travaille quelque temps pour une station de radio et continue à écrire: quelques récits, notamment "Flood Burial"et "Tell Them Goodby", sont publiés par le "Saturday Evening Post", encouragement suffisant pour que leur auteur décide de se consacrer totalement à sa vocation d'écrivain. La littérature va désormais dominer sa vie, qui peut se diviser en deux périodes distinctes. La première, s'étendant de 1948 à 1953, est placée sous le signe du roman. En cinq ans d'intense activité créatrice vont paraître coup sur coup cinq œuvres: "Tournament" (1949), "Follow Me Down" (1950), "Love in a Dry Season" (1951), "Shiloh"(1952) et "Jordan County" (1954). La seconde période débutant en 1953, année de son second divorce, est marquée par le passage capital de la fiction à l'histoire. Ce changement de registre s'accompagne d'un déplacement géographique puisque le romancier historien s'installe définitivement à Memphis. La transition se fera de façon inopinée. À la demande de son éditeur, S. Foote entreprend de rédiger une brève histoire de la guerre civile. Le contrat initial stipule que la longueur de l'ouvrage n'excédera pas 200.000 mots. Mais Foote n'a pas plus tôt commencé à écrire qu'il se rend compte que ce conflit aux proportions homériques ne peut se narrer que dans un ouvrage de semblables dimensions. Il demande donc à son éditeur de lui laisser le champ libre, proposition acceptée sur le champ. Sans le savoir, chance ou malchance, l'auteur vient alors de se condamner à vingt ans de labeur acharné.Voilà l'écrivain prisonnier de son sujet et S. Foote, véritable forçat de l'écriture, aura produit au terme de sa peine en 1974 deux mille neuf cent trente quatre pages grand format soit près de deux millions de mots patiemment assemblés dans une œuvre qui mérite amplement le qualificatif de monumentale qui lui est communément associé. L'intérêt de Shelby Foote pour l'histoire et son omniprésence dans ses romans et nouvelles le conduisent tout naturellement à développer un projet résolument historique qui se traduit par "The Civil War: A Narrative" (1958-1974), un ambitieux ouvrage de plusde trois mille pages consacré de façon rigoureuse et historique à l'unique Guerre de Sécession.
"Beauregard remonta en selle et s’éloigna, suivi de son état-major tintinnabulant. Chacun de nous gagna son cheval. Lorsque nous fûmes en selle, le général Johnston resta un moment les rênes lâches dans les mains, le visage d’une gravité absolue. Les bruits de coups de feu s’intensifièrent en s’étendant le long du front". Il s'agit alors en effet d'un triptyque, "The Civil War" ("Fort Sumter to Perryville", 1958. "Fredericksburg to Meridian", 1963 et "Red River to Appomattox", 1974) au sous-titre d'une éloquente et provocante concision. "Récit: A Narrative", mais c'est alors là une déclaration de foi ou de principe fondamentale pour un auteur qui affirme, au grand dam des historiens de métier, que l'histoire étant essentiellement narration, il est aucune technique romanesque qui soit transposable à l'historiographie. Après cette longue parenthèse, l'auteur renouera avec le roman: 1977 voit la publication de "September September" où l'expérience de l'ex-journaliste et de l'historien se combineront pour dresser un état des lieux sans concessions du Sud des années 60. C'est la dernière publication de l'auteur. La fin desannées 70 et les années 80 sont marquées par la traduction française de quatre romans: "Tourbillon", "L'Enfant de la fièvre" ou "Les Cœurs de sable", "Septembre en blanc et noir". S. Foote, alors le plus francophile des écrivains sudistes contemporains, vient plusieurs fois à Paris assurer la promotion de son œuvre auprès du public français: articles, interviews, émissions à la radio et rencontres diverses se succèdent à un rythme soutenu. Avec le temps, l'auteur voit également se consolider sa position et sa réputation en son propre pays où, selon l'adage, nul ne saurait être prophète. Hollywood achète les droits de son dernier roman et les multiples commémorations par la presse, la radio, la télévision ou le cinéma de la guerre de Sécession. L'auteur est conseiller technique pour le film "Glory". La parution de la trilogie en format de poche lui assure une plus large diffusion auprès du grand public et vaut à l'auteur une certaine notoriété en tant qu'historien alors que l'œuvre romanesque semble ne pas jouir de la même faveur. La situation est paradoxalement, mais de manière compréhensible, exactement l'inverse en France où, la trilogie n'étant connue que de quelques spécialistes, la réputation de l'auteur repose essentiellement sur ses romans. Un septième roman, "Two Gates to the City", dont les prémices remontent à 1953 n'a jamais vu le jour. Il semblerait que la légitime satisfaction et même fierté de l'écrivain devant l'œuvre accomplie ait quelque peu freiné sa volonté créatrice. Mais même incomplète, l'œuvre est suffisamment solide et respectable pour assurer à son auteur la réputation méritée d'un grand artisan de fictions et d'un talentueux serviteur de l'Écriture à laquelle il a voué sa vie. En 1994,il est élu à l'Académie américaine des arts et des lettres. Il meurt le vingt-sept juin 2005, à l'âge de quatre-vingt-huit ans. Il repose au cimetière de Memphis dans le Tennessee, au Sud des États-Unis.
Bibliographie et références:-
Pierre Bergounioux, "Jusqu’à Faulkner"
- André Bleikasten, "Shelby Foote, une vie en roman"
- Michel Butor, "Shelby Foote"
- Édouard Glissant, "Shelby Foote, Mississippi"
- Aurélie Guillain, "S. Foote, le roman de la détresse"
- Jean Jamin, "Shelby Foote, le nom, le sol et le sang"
- Jordan County, "Landscape in Narrative"
- Paul Carmignani, "Shelby Foote"
- Stuart Chapman, "Shelby Foote"
- Yves Simoneau, "Shelby Foote, Memphis"
- Hervé Belkiri-Deluen, "L'Amour en saison sèche"
- Pierre Singer, "Les Cœurs de sable"
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"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité. La vraie tragédie de la vie, c'est lorsque les hommes ont peur de la lumière. Quelle impression mes accusateurs ont faite sur vous, Athéniens, je l’ignore. Pour moi, en les écoutant, j’ai presque oublié qui je suis, tant leurs discours étaient persuasifs. Et cependant, je puis l’assurer, ils n’ont pas dit un seul mot de vrai". Né à Athènes, Platon fonda en 387 dans cette même cité l’Académie, école philosophique très influente, aussi bien dans l’Antiquité, Justinien ferma l’École en 529 apr. J.-C., que de nos jours. Ses Dialogues, écrits pour le public, rendirent célèbre son maître Socrate. Nous n’avons que des données tardives sur son enseignement oral. Grand voyageur, il séjourna à trois reprises à la cour des tyrans de Syracuse, d’où il fut banni par Denys II, après avoir été emprisonné. Il cherchait à fonder en Sicile une cité idéale, gouvernée par un roi-philosophe. La théorie platonicienne des Idées eut un retentissement considérable. Nous la connaissons surtout par Aristote qui l’a vivement critiquée. L’art occupe dans la pensée de Platon une place importante, mais ambiguë. Platon, critique impitoyable de l’art, ne fut-il pas l’auteur de tragédies avant de se consacrer à la philosophie ? Le premier reproche adressé par Platon à l’art est d’obéir à une "technè", ensemble de règles qui régissent chaque domaine de l’art, à l’exception de la poésie qui, d’après Ion, repose surtout sur l’inspiration, d’où le problème du statut du poète (souvent aussi rhapsode). Faut-il y voir un homme inspiré, sans aucun mérite, puisqu’il tient tout du dieu ou un fripon, puisqu’il est incapable, comme Ion, de définir son savoir ? Pour Platon, le poète obéit à une inspiration divine, qui se transmet du poète au rhapsode, du rhapsode au public, selon un procédé qui rappelle les pouvoirs de la pierre d’Héraclée, un puissant aimant qui attire les anneaux de fer et leur communique sa puissance. Il existe un fort contraste, dans les dialogues platoniciens, entre le charme et la souplesse de la conversation, comme si, à l’instar du Phèdre, nous étions à proximité d’un cours d’eau devisant à l’ombre d’un arbre et au chant des cigales, et la violence d’une morsure au cœur de l’âme qu’ils nous font subir, telle la blessure sauvage de la vipère. La pensée prend son temps, laisse l’âme parcourir son chemin jusqu’à elle-même et ce qu’elle pense en vérité, ne craint ni les digressions qui tournent en rond ni l’ennui et même l’irritation de celui qui veut aller vite, trop vite ("Politique", 286 e), elle est la pensée libre, "vagabondage divin". Mais soudain elle intime l’exigence d’un revirement: "Ah si tu dis vrai Socrate, s’exclame Calliclès dans le "Gorgias" (481 c), toute la vie des hommes serait sens dessus-dessous, et nous, nous faisons le contraire de ce qu’il faut". C’est l’appel à une conversion et le combat pour obtenir de l’interlocuteur qu’il revienne vers les sources intérieures de son âme et que s’éveille en son cœur le souci de mener une vie juste: "Quand mes fils seront grands, punissez-les, citoyens, en les tourmentant comme je vous tourmentais, pour peu qu’ils vous paraissent se soucier de n’importe quoi d’autre plus que de la vertu" disait déjà Socrate à ses juges ("Apologie de Socrate", 41 e). Or c’est dans la pratique du dialogue que s’opère cette conversion. Le dialogue, en définitive est la pensée qui prend consistance: parler avec l’autre c’est penser avec lui. Non pas parler pour ne rien dire "Je n’ai que faire de mettre à l’épreuve des “si tu y tiens”, des “s’il te semble”, mais bien plutôt un toi et un moi. Et je nomme ainsi le toi et le moi parce qu’il n’y a rien de mieux pour mettre ce que nous disons à l’épreuve du questionnement" ("Protagoras"). "La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée".
"La réussite, ce n'est pas quand tu es au sommet, mais quand tu touches le fond et que tu es capable de rebondir. Le temps est l'image mobile de l'éternité immobile. Je considère qu'il vaut mieux jouer faux sur une lyre mal accordée, mal diriger le chœur que je pourrais diriger, ne pas être d'accord avec la plupart des gens et dire le contraire de ce qu'ils disent, oui, tout cela, plutôt que d'être, moi tout seul, mal accordé avec moi-même et de contredire mes propres principes". Le dialogue mené en vérité a pour critère qu’on puisse interroger et répondre, qu’on échange en se demandant "ce que peut bien être", et qu’on tente de se donner une réponse qu’on expose à l’autre. Et la parole extérieure est toujours soutenue par ce qu’on se dit à soi-même: "Appelles-tu penser la même chose que moi, demande Socrate à Théétète, une discussion que l’âme poursuit tout au long avec elle-même à propos des choses qu’il lui arrive d’examiner car voici ce que me semble faire l’âme quand elle pense: rien d’autre que dialoguer, s’interrogeant elle-même et répondant, affirmant et niant. Et quand, ayant tranché, que ce soit avec une certaine lenteur ou en piquant droit au but, elle parle d’une seule voix, sans être partagée, nous posons là que c’est son opinion. Mais s’interroger, c’est pour l’âme pensante vivre un dédoublement: elle "se demande" à elle-même, elle essaie de se donner une réponse à elle-même. Elle est incertaine de quelque chose et là où une distance de soi à soi se creuse, la réflexion naît. Ce peut être le fait d’une expérience très simple, celle du promeneur qui, ne voyant pas très nettement ce qu’il voit au loin, se demande ce que peut bien être ce qui paraît se tenir debout près d’un rocher ("Philèbe", 38c). Incertain, il peut se dire que cela lui paraît être un homme alors que c’est une statue, ou tomber juste. Petit dialogue, petite réflexion à l’occasion de ce qu’on ne voit qu’à distance, mais qui fait naître pour la pensée la possible différence entre l’être et l’apparence. Tout ce qui écartèle l’âme, fait obstacle à un jugement immédiat, est bon pour permettre à la pensée de prendre son essor. L’incertitude perceptive fait place à la perplexité intellectuelle lorsque l’âme se demande par exemple ce qu’est le nombre: est-il un, est-il multiple ? À la fois l’un et l’autre ? la contradiction stimule la pensée. Dans un autre domaine, celui du politique, la distance peut être rupture. La réflexion se mue alors en la recherche des énergiques préparatifs requis pour l’établissement d’une cité où un Socrate le juste ne serait pas condamné. Dans ce dernier cas tous les intérêts à l’œuvre dans la cité confronteront leurs forces, aidés par les techniques les plus raffinées de l’art oratoire. Il y aura comme un jeu de miroirs entre ce qui se passe dans cette cité et les pistes de la réflexion. Mais Platon voudra gagner une attitude autre que celle qui a cours dans cette cité, celle qui échappe à la violence et au meurtre intellectuel de l’autre, en s’arrogeant le droit de mener un discours sans que l’autre ne puisse jamais être à égalité avec celui qui parle. Il affirme alors que c’est le "logos", c’est-à-dire la recherche de ce que l’un et l’autre peuvent accorder au nom de la raison, qui doit mener le débat, et non l’envie de gagner: "Crois-tu, demande Socrate dans le "Charmide", que lorsque je te presse de questions, j’ai pour le faire une autre raison que celle qui me fait me scruter moi-même, je veux dire la crainte de me tromper en croyant savoir ce que je ne sais pas ?" (166 c) Et cela vaut pour la discussion que je mène avec moi-même lorsque je pense, car ma pensée est médiatisée par ce que tout autre en moi ou hors de moi pourrait me rétorquer.
"Il semble que, comme les yeux ont été conçus pour l’astronomie, les oreilles l’ont été pour les mouvements harmoniques, et que ses deux sciences, l’astronomie et la musique, sont sœurs, comme disent les pythagoriciens. Ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage: c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à celle dont elle est capable; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire: confiants dans l’écriture, c’est du dehors, du fond d’eux-mêmes qu’ils chercheront à susciter leurs souvenirs; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même". Voilà la première conversion, préambule à toute pensée véritable: écouter le "logos" en écoutant l’autre, se laisser examiner par ses questions, accepter, sans rompre le débat, ou en sautant hors du sujet, de se voir mis en contradiction. Ce dont témoigne la figure de Socrate. L’ironie socratique va nous permettre de nous délivrer de l’ignorance la plus grande, celle de croire savoir alors qu’on ne sait pas, d’être accouché d’une attitude de responsabilité devant le devoir de penser, et également, peut-être, d’un beau "logos", d’une belle saisie de l’intelligible. Car la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, est solidaire d’une conviction: la vérité est, et il est de l’intérêt de tous les hommes que cela qui est se manifeste. Tout l’entretien platonicien va en être animé, refusant de tromper et de se laisser tromper, démantelant les leurres en montrant comment ils sont fabriqués, refusant d’en rester aux apparences, les fameuses "ombres" de la caverne que l’on prend pour des vérités ("République" VII), tout cela à travers questions et réponses mais sans esprit de polémique. La vie de la pensée est ici en jeu. C’est cette attitude de responsabilité et cette conviction qui nous feront refuser de jouer avec les "représentations" qui n’auraient aucun impact sur notre manière de vivre, à la manière de ces intellectuels sophistes s’amusant à produire de beaux effets de langage qui émerveillent les jeunes ("Sophiste", 234 c). Ils jouent avec les énoncés, avec des contenus de propositions, mais ne vont jamais jusqu’à l’acte même de penser, ils vivent à la surface de leur âme ou plutôt cèdent à la violence de leurs passions. Bien plus, il ne s’agit pas de persuader purement et simplement l’autre de la conception vraie ou fausse qu’on se fait de la réalité sans mettre en cause cette conception, ce ne serait que rhétorique et non véritable pensée. La distance requise est faite pour réfléchir, sans jamais abandonner le souci de penser en vérité. "On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation". "La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses". Si maintenant les conditions d’un débat honnête sont acceptées, si nous avons consenti à être purifiés et débarrassés de nos faux savoirs ou de nos mensonges, des difficultés demeurent. Comment trancher devant la pluralité des points de vue ? Car, si l’on recherche la vérité, on ne peut seulement les juxtaposer. "Aussi quand l’être pressé d’enfanter s’approche du beau, il devient joyeux, et, dans son allégresse, il se dilate et enfante et produit; quand, au contraire, il s’approche du laid, renfrogné et chagrin, il se resserre sur lui-même, se détourne, se replie et n’engendre pas; il garde son germe et il souffre. De là vient pour l’être fécond et gonflé de sève le ravissement dont il est frappé en présence de la beauté, parce qu’elle le délivre de la grande souffrance du désir".
"Chacun, parce qu'il pense, est seule responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c'est-à-dire de sa destinée. L’homme le plus heureux est celui qui n’a dans l’âme aucune trace de méchanceté. Une théorie selon Platon raconte qu’autrefois il existait des êtres dotés de quatre jambes, quatre bras et deux têtes. Ils étaient parfaitement heureux et puissants, mais trop puissants au goût de Zeus. Il les coupa et les éparpilla aux quatre coins du monde, si bien que les humains sont maintenant condamnés à rechercher éternellement leur moitié, celle qui jadis partageait leur âme. Seuls les êtres humains les plus chanceux retrouvent leur moitié coupée, leur âme sœur". Le seul moyen d’éviter l’anarchie où l’on ne s’entend plus (en jouant à travers les sens différents des mots), c’est de progressivement resserrer le débat en l’élaguant, et même d’arrêter la discussion pour convenir d’une définition communément acceptée et d’en vérifier la solidité: "ce qui s’impose, toujours et dans toute recherche, c’est plutôt de s’entendre sur la chose même au moyen des raisons ("logôn") qui la définissent que de s’entendre sur le nom sans se préoccuper d’une définition"("Sophiste", 218c). Penser, c’est donc essayer de saisir à travers la multiplicité des aspects d’une chose ce qui peut être entendu de tous, et resserrer progressivement cette entente autour d’une unité faite de raisons intelligibles et qui en sera le "logos", l’intelligible. Ce n’est pas commencer par la définition, mais se mettre en quête d’elle. Alors le débat prend un tour philosophique. En effet, la bonne définition doit renvoyer à ce qu’est véritablement la chose, à son "ousia", c’est-à-dire le "ce que c’est" de la chose, cette manière d’être à propos de laquelle vont questions et réponses, dont nous essayons de rendre compte en cherchant son intelligibilité, et qui se donne dans ce que Platon appelle sa Forme. "La musique est une loi morale, elle donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l'imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose. Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique." On ne peut chercher ni ce qu'on connaît ni ce qu'on ne connaît pas; ce qu'on connaît, parce que, le connaissant, on n'a pas besoin de le chercher; ce qu'on ne connaît pas, parce qu'on ne sait même pas ce qu'on doit chercher". Cette manière d’être "se comporte toujours semblablement en restant même qu’elle-même" ("Phédon", 78 d), elle n’est pas sujette au devenir, elle est "en soi-même", absolu au sens où elle ne dépend pas du sensible mais c’est d’elle que le sensible participe pour avoir quelque être et quelque intelligibilité. Seul le regard de la pensée peut s’en saisir et voir sa causalité à l’œuvre dans ce monde phénoménal, c’est pourquoi on peut l’appeler "Eidos", Idée ("idein", "videre", voir). Cette Idée est le principe qui rend raison de ce qu’on essaie de penser, son sens pourrait-on dire. Et même si celui-ci a été découvert dans le temps il est intemporel, valable pour tous et en tout temps. La pensée découvre de la sorte l’universel, qui est ce qui rassemble et illumine, plus réel dans sa stabilité que ce que nous donnent nos appréhensions sensibles. Mais avant d’en goûter les joies, la pensée peut réfléchir les divers modes qu’elle met en œuvre selon les domaines où elle opère.
"Si, à l'un de vous, je donne l'impression de convenir avec moi-même de quelque chose qui n'est pas vrai, il faut interrompre et réfuter. Car moi, je ne suis pas sûr de la vérité de ce que je dis, mais je recherche en commun avec vous, de sorte que, si on me fait une objection qui me paraît vraie, je serai le premier à être d'accord. C’est maintenant, je crois, le tour de la démocratie; il faut en examiner l’origine et les mœurs, et observer ensuite la même chose dans l’homme démocratique, afin de les comparer ensemble et de les juger. Eh bien, voici à peu près comment l’insatiable désir de ce bien suprême, que tous ont devant les yeux, c’est-à-dire la plus grande richesse possible, fait alors passer un gouvernement de l’oligarchie à la démocratie". C’est ainsi que le dialogue épouse les divers chemins que la pensée peut prendre et qui délimitent les types de savoirs. En présence d’images et des reflets sensibles des choses perçues elle peut seulement faire des conjectures ; elle acquiert alors une conviction mais qui n’est pas encore fondée. Que ces choses sensibles viennent à leur tour servir d’images pour que l’âme aille du sensible à l’intelligible, et la pensée de type mathématique se découvre: c’est elle qui opère la médiation entre sensible et intelligible et qui déduit rationnellement les conséquences des hypothèses qu’elle a posées. Mais voilà qu’au-delà des propositions premières posées telles que par les mathématiques, la pensée nous mène en son lieu propre, là où la "dianoia" ("la pensée qui va son chemin") se découvre dialectique, la science des sciences seule capable d’atteindre le vrai intemporel. Là, elle touche l’être et le vrai tout en n’en finissant pas d’"examiner", mais en n’ayant affaire qu’à elle-même, ne s’occupant que de son libre domaine faisant jaillir les multiples aspects et rebondissements dans l’intelligibilité d’une question, dans la mise au point de la définition recherchée permettant l’accord entre tous. Le regard suit l’éclat de ces Formes intemporelles et non soumises au changement, qui sont chacune unes et mêmes qu’elles-mêmes. C’est pourquoi l’on peut parler de vision intelligible. Or cela-même exige une éducation incessante à laquelle ceux doués d’un naturel philosophe devront consentir. Malheureux l’excellent naturel à qui n’aura pas été donnée ou qui aura refusé une telle éducation, il sera le pire de tous ! L’œil de son âme restera enfoui dans le bourbier. Malheureuse plus généralement la condition humaine si on ne la tire pas vers ce qui la libère en lui enlevant ses chaînes de l’ignorance. Elle restera prisonnière de ses illusions: "compare notre nature, considérée sous l’angle de l’éducation et de l’absence d’éducation, à la situation suivante" ("République" VII 514). Suit le fameux mythe de la caverne où les hommes prisonniers ne peuvent détourner leur regard des vanités qui font les beaux jours de la cité dans une obscurité qui ignore la lumière du soleil. Indignation de celui que l’on contraint de retourner la tête et de marcher vers la lumière: penser en vérité en allant vers le vrai et l’ultime fait souffrir. Une dernière purification va être exigée pour ceux qui aiment les Idées: ne pas se les représenter à la manière des choses sensibles en leur donnant une existence que l’on imaginerait située dans un autre espace et un autre temps. L’Idée de feu n’est pas feu, L’Idée n’est pas une chose. Cette réification des Formes ferait de celles-ci d’inintelligibles conditions d’intelligibilité dont témoigne la gymnastique éblouissante du Parménide. " Comment un homme pourrait-il être heureux s'il est esclave de quelqu'un d'autre ? Veux-tu savoir ce que sont le beau et le juste selon la nature ? Hé bien, voici, si on veut vivre comme il faut, on doit laisser aller ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions et de les assouvir avec tout ce qu'elles peuvent désirer. Seulement, tout le monde n'est pas capable, j'imagine, de vivre comme cela. C'est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu'elle est de devoir dissimuler sa propre incapacité à le faire".
"La masse déclare donc bien haut que le dérèglement est une vilaine chose. C'est ainsi qu'elle réduit à l'état d'esclaves les hommes dotés d'une plus forte nature que celle des hommes de la masse et ces derniers, qui sont eux-mêmes incapables de se procurer les plaisirs qui les combleraient, font la louange de la tempérance et de la justice à cause du manque de courage de leur âme. Car, bien sûr, pour tous les hommes qui, dès le départ, se trouvent dans la situation d'exercer le pouvoir, qu'ils soient nés fils de rois ou que la force de leur nature les ait rendus capables de s'emparer du pouvoir, que ce soit le pouvoir d'un seul homme ou de celui d'un groupe d'individus, oui, pour ces hommes-là, qu'est-ce qui serait plus vilain et plus mauvais que la tempérance et la justice ?". Ainsi donc désormais la pensée apprend à vivre libre, dans la clarté. Et face à toutes questions dont chaque recherche en tous domaines est porteuse, elle reprend sa quête: elle analyse ("diairésis", analyse) et tente des synthèses ("synagogé") en vue de la définition qui regroupe dans l’unité une multiplicité de traits intelligibles. En effet, on n’arrive vraiment à comprendre que si on a une vue d’ensemble ("synopsis") architecturée, ordonnée selon des articulations naturelles. La vérité impliquée dans la vue d’ensemble dépend toujours de la clarté des distinctions, et donc d’une analyse, d’une division. Seule l’articulation, et donc la distinction du multiple dans l’un, détermine vraiment l’objet pensé. De là l’amour de Platon pour ces divisions, rapports de genres et d’espèces, ces subdivisions ("Philèbe", 16), qui arrive à piéger même le plus insaisissable, celui qui se cache dans la semblance, le sophiste ; voilà comment de façon plaisante, Platon va l’enserrer: "Réunissons tout ce qui est en rapport avec son nom, depuis le début jusqu’à la fin la technique de l’imitation, partie de la capacité de provoquer des contradictions, partie ironique de la technique de l’apparence, partie à son tour, du genre de la production d’illusions (issu de la production d’images) non divines mais humaines, partie enfin productrice de miracles confinés aux discours, voilà quelle est, me semble-t-il, la race et le sang, comme on dit, du sophiste. En remontant de parties en parties, la pensée synthétise ce qu’elle a d’abord analysé. "Mais, mon cher Glaucon, dans un État où les citoyens doivent être heureux, il ne peut pas être permis de former des unions au hasard ou de commettre des fautes du même genre, et les magistrats ne devront pas le souffrir". Encore faut-il juger juste. On ne le fera pas si l’on se faufile dans toutes les formes sans reconnaître que le tout de l’être exige également l’unité stable de l’en soi intelligible. Ceci par ruse et tromperie. Mais également si l’on échoue à relier les différences intelligibles selon une "juste mesure" qui limite convenablement ce qui est et est à dire. Il faudra même, ambition extrême !, trouver la mesure des réalités qui viennent à être et sont prises dans le devenir, donner sa mesure à ce qui, de soi, est l’illimité (par exemple le plaisir) et le fugitif. Mais quelle espèce de mesure ? Non certes une mesure purement quantitative applicable à propos de n’importe quoi, mais une mesure adaptée et diversifiée selon les types de problèmes et selon les situations: trouver le convenable, saisir l’opportun, exécuter le requis, discerner. Certes dans tous les cas, il faudra arriver à donner la structure articulée de ce qui est en question, mais en la "trouvant". Là, point de méthode à simplement suivre, mais en arriver à un tact, une finesse de pensée, à une inventivité qui sans cesse se renouvelle. Pour arriver à ce tact, à cette justesse dans la pensée, tout est bon pour exercer le jugement, le faire se corriger de multiples façons: ne pas se précipiter à donner la définition en demeurant ainsi victime de préjugés, ne pas tout confondre et mettre sur le même plan mais saisir la hiérarchie des articulations logiques, ne pas penser que tout mot renvoie nécessairement à une essence. C'est ainsi la règle.
"Ce sont des hommes qui peuvent jouir de leurs biens, sans que personne y fasse obstacle, et ils se mettraient eux-mêmes un maître sur le dos, en supportant les lois, les formules et les blâmes de la masse des hommes ! Comment pourraient-ils éviter, grâce à ce beau dont tu dis qu'il est fait de justice et de tempérance, d'en être réduits au malheur, s'ils ne peuvent pas, lors d'un partage, donner à leurs amis une plus grosse part qu'à leurs ennemis, et cela, dans leurs propres cités, où eux-mêmes exercent le pouvoir ! Écoute, Socrate, tu prétends que tu poursuis la vérité, eh bien, voici la vérité: si la facilité de la vie, le dérèglement, la liberté de faire ce qu'on veut, demeurent dans l'impunité, ils font la vertu et le bonheur ! Tout le reste, ce ne sont que des manières, des conventions, faites par les hommes, à l'encontre de la nature. Rien que des paroles en l'air, qui ne valent rien !". Puis encore user du mythe pour relancer interrogation et réponse au lieu de suivre mécaniquement une méthode, fût-ce celle de division, monter des paradigmes pour remarquer des ressemblances inaperçues comme celui de l’art du tissage lorsqu’il s’agit, toujours dans "Le Politique", de mieux saisir celui du politique. Tout est bon pour une pensée vivante qui apprend à analyser et à synthétiser, mais jamais de la même manière selon les différents sujets. Quel est le secret d’un tel dynamisme ? Et qui fait que la pensée du philosophe soit "ailée" ("Phèdre", 249 a) ? C’est qu’un amour la soutient dans son effort et dans ses peines, un "erôs" qui, lui, ne peut être circonscrit par aucune définition car il est au principe de la recherche de toute définition. L’intelligence désire, l’amour est philosophe, manquant de tout et en recherche expédiente de ce dont il manque ("Banquet", 203b-c), il ne se satisfait pas de la seule diversité, veut l’unité mais il a la puissance d’unifier les différences en un élan qui le fait tirer vers le haut ce qui est lourd et pesant. La philosophie est amour libéré, "erôs" ayant recouvré ses ailes. L’âme, dans son élan, monte vers la source de toute intelligibilité et de l’être, vers cet Un au-delà de toute unité, ce Bien qui rend raison de l’intelligibilité de l’existence, cette Beauté qui resplendit et fait naître le meilleur des délires. Source qui est la substance même de la pensée, elle fait naître en l’âme le désir de se ressouvenir de toutes ces réalités intelligibles dont elle a comme la nostalgie. Ce que le mythe de la Réminiscence nous conte ("Phèdre", 248 a sq.). Apprendre en effet, n’est-ce pas se ressouvenir de ce que l’âme a contemplé jadis ? Quelle est donc la teneur de ce mythe ? Il est bien une manière de dire qu’on ne peut verser la vérité dans les âmes comme de l’extérieur, qu’il faut qu’elle la retrouve comme un bien propre en allant la chercher en elle-même pour la faire sienne. Mais il dit aussi la nostalgie que l’âme a de l’intemporel et de l’intelligible et son ardeur à les retrouver. Certes il parle d’un exil, Platon nous raconte dans le "Phèdre" la chute de l’âme dans le corps, mais n’est-ce pas pour nous montrer que l’âme dans son ressouvenir est capable de devenir une en ressaisissant dans son mouvement toutes les différences pour les orienter, par choix, vers l’Un ? Pour nous montrer que l’homme, désormais composé, a également la possibilité de surmonter une division en unifiant le composé ? Par cet auto-mouvement vers l’Un, son âme est apparentée à celle des dieux. Apprendre à penser c’est se ressouvenir de cela pour en vivre. Et, de la sorte se tourner autrement vers le monde et la cité des hommes. À nous d’en saisir la leçon. "Les yeux de l'esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser".
Bibliographie et références:
- Apulée, "Sur Platon et sa doctrine"
- Pierre Aubenque, "Études sur le Sophiste de Platon"
- Aristote, "Politique"
- Florence Assouline, "La pensée de Platon"
- Jacques de Beaurepaire, "La philosophie platonicienne"
- Luc Brisson, "Platon: Œuvres complètes"
- Harold Cherniss, "La critique d'Aristote à Platon"
- Monique Dixsaut, "La pensée de Platon"
- Franck Fischer, 'L'idée politique dans la République"
- Alexandre Koyré, "Introduction à la lecture de Platon"
- Victor Goldschmidt, "Les Dialogues de Platon"
- Antoine Hartmann, "Aristote et Platon"
- Léon Robin, "La Théorie platonicienne selon Aristote"
- Bernard Williams, "Platon. L’invention de la philosophie"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle était à nouveau devant moi. Depuis combien d'années avions-nous cessé de nous voir ? Le malentendu qui nous avait séparés semblait soudain absurde. Tant de petites choses nous égarent. Maintenant je renouais le fil enchanté que j'avais perdu. Elle parlait, je l'écoutais, la vie avait repris sa magie. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare admirablement à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte. L'écriture donne une satisfaction, celle de l'amour partagé.
Comme la vie passait vite ! Elle me trouvait jeune, je me sentais vieillir. Comme le temps avait le pouvoir de tout transformer ! La vérité était aussi insaisissable et fragile à détenir que ce rayon de soleil qui folâtrait au milieu des arbres et donnait une lumière si belle, à cette promenade. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Eût-elle voulu jouer les instigatrices d'un monde inconnu ? Elle eût pu y trouver une satisfaction.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Juste à cette époque, Drogo s'aperçut à quel point les hommes restent toujours séparés l'un de l'autre, malgré l'affection qu'ils peuvent se porter. Il s'aperçut que, si quelqu'un souffre, sa douleur lui appartient en propre, nul nepeut l'en décharger si légèrement que ce soit. Il s'aperçut que, si quelqu'un souffre, autrui ne souffre pas pour cela, même si son amour est grand, c'est cela qui fait la solitude de la vie". Dino Buzzati (1906-1972) est le représentant le plus fameux de la littérature fantastique italienne du XXème siècle, avec Italo Calvino, malgré l’absence de tradition littéraire en ce domaine au siècle précédent. Ses récits les plus connus en France, "Le Désert des Tartares" et le recueil de nouvelles intitulé en France "Le K", font la part belle au surnaturel et aux contes. L’œuvre de Dino Buzzati est bien connue du public francophone. Ses nouvelles fantastiques, ses romans ont tous été traduits. Personne ne songerait à mettre en doute la valeur du "Désert des Tartares", son roman le plus connu, qui illustre de si concluante façon le passage du temps. Peu d’écrivains ont su inventer des fictions aussi troublantes. Chez lui, tout peut devenir inquiétant, même le quotidien le plus trivial. Dans "Un amour", il décrit ainsi avec minutie les ravages d’une passion dévastatrice. Cet écrivain hanté de toutes les façons était aussi peintre. Ses toiles décrivent un univers tout aussi angoissant que ses livres. Dans ses meilleures œuvres picturales, on se croirait parfois chez Magritte. Il s’intéresse à la bande dessinée, invente des histoires dans lesquelles les femmes sont souvent des personnages de perversion. Dino Buzzati disait en plaisantant que la peinture était son véritable domaine et que la littérature n’était pour lui qu’une occupation secondaire. Toute sa vie, il a été journaliste. Entré au "Corriere de lla Sera" en 1928, il n’en sortira que peude temps avant sa mort survenue en 1972. Il expliquera d’ailleurs que l’idée d’un militaire attendant en vain qu’éclate une guerre qui lui apporterait la gloire, le thème du "Désert des Tartares", lui était venue alors que, jeune journaliste, il avait vu des collègues désillusionnés après une vie d’espoirs déçus. Buzzati ne tenait pas le journalisme pour une obligation matérielle, répétant à plusieurs occasions que s’adresser à un lecteur dans un quotidien l’aidait à écrire de la fiction romanesque. Correspondant de guerre, envoyé spécial en Libye, parachuté à Tokyo, ou critique d'art. En 1955, Camus fait alors la traduction française d’"Un caso clinico", devenu en français "Un cas intéressant". Pour la première, on invite Buzzati à Paris. L'écrivain est tendu. Qui va-t-il rencontrer ? Il est rassuré dès le premier abord. Ce n’était pas le visage d’un intellectuel arrogant, c’était plutôt celui d’un sportif : le visage d’un homme du peuple, franc, solide, affichant une ironie débonnaire, une "tête de garagiste". Comme c'est pour Buzzati son premier voyage à Paris, Camus vient le chercher à son hôtel en taxi et entreprend de lui faire visiter la capitale. Lors d’une réception organisée après une soirée de représentation, Camus ne resta pas une seconde en place. Il enchaîna les danses les unes après les autres, avec l’enthousiasme d’un gamin de vingt ans. La philosophie ? Les grands problèmes de l’humanité ? Le drame des communautés modernes ? Notre éternelle condamnation à la solitude ? Ce soir-là, au moins, Albert Camus fut heureux. Il portait un costume bleu. Les deux écrivains étaient des hommes très humbles.
"Le soir même le lieutenant Morel conduisit en cachette Drogo sur le chemin de ronde pour lui permettre de voir le désert. Et Drogo pu contempler le monde du septentrion, la lande inhabitée à travers laquelle, disait-on, les hommes n'étaient jamais passés. Jamais, de par-là, n'était alors venu l'ennemi, jamais on n'y avait combattu, jamais rien n'y était arrivé. Plus tard, seul dans sa chambre, Drogo comprenait ce qu'était la solitude, il pensait aux factionnaires qui, à quelques mètres de lui, marchaient de long en large, tels des automates, sans s'arrêter jamais pour reprendre haleine. Ils étaient des dizaines et des dizaines à être réveillés, ces hommes, tandis que lui était étendu sur son lit, tandis que tout semblait plongé dans le noir. Des dizaines, des dizaines, se disait Drogo, mais pour qui, pourquoi ? "Les qualités indéniables de l’œuvre de Buzzati témoignent de la réussite de l’entreprise, aussi bien au travers de son style que de l’originalité de ses récits, confirmant qu’il était un grand écrivain. Les deux ouvrages susmentionnés sont représentatifs de cette qualité, aussi littéraire qu’intellectuelle. Force est de constater qu’un thème récurrent fait la spécificité de Buzzati. Qu’il s’agisse du "Désert des Tartares" ou du "K", l’écrivain aborde la plupart du temps la notion de vanité dans ses deux acceptions principales. Celle de toute entreprise vaine et futile comme celle de l’autosatisfaction, ou plutôt de l’orgueil, octroyant à ses récits une dimension très pascalienne. Au final, l’œuvre buzzatienne se révèle être ce fameux genre de nature morte qui porte ainsi elle-même le nom de vanité, exhibant la finitude humaine, finitude d’autant plus grande qu’elle est faite de futilités orgueilleuses. Le caractère vain des entreprises des personnages de Buzzati est majoritairement présent dans ses nouvelles. Le défunt par erreur, qui narre les péripéties d’un peintre après que sa mort soit alors accidentellement annoncée dans la rubrique nécrologique d’un grand journal et qui lui font prendre conscience, au bout du compte, le monde continue de tourner sans lui après l’avoir soigneusement oublié, illustre la futilité qu’use Buzzati avec ironie. C’est encore le cas dans "K", où le protagoniste, après avoir passé sa vie à fuir le squale, mais tout en amassant des richesses, se rend finalement à la créature mythique et se rend compte qu’il aurait pu avoir tout ce qu’il souhaitait dès sa prime jeunesse s’il ne l’avait pas fui. C’est aussi le cas dans "Général Inconnu", où Buzzati évoque la découverte d’un anonyme tombé au combat, et dont on arrive à identifier le grade, la corpulence, l’âge, mais pas l’identité. Inconnu tombé lors d’une guerre quelconque, toute sa formation, toute sa personne, finit par se retrouver anéantie, condamnée au mystère le plus complet. C’est toutefois dans le "Désert des Tartares" que l’on retrouve le mieux retranscrit l’entreprise vaine que représente le fort dans lequel Drogo est assigné par l’administration militaire.
"Le temps passait, toujours plus rapide. Son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s' arrêter même un seul instant, même pas pour jeter un coup d'oeil en arrière. " Arrête ! Arrête ! " voudrait-on crier, mais on se rend compte que c'est inutile. Tout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages. Et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entraîné dans ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s'arrête jamais." L’écriture de Dino Buzzati octroie une élasticité au temps, telle que le protagoniste en vient à s’interroger sur la durée de sa présence dans le fort, croyant y être depuis toujours comme à peine arrivé. Cette perception paradoxale du temps est la clef de voûte du roman, regroupant tous les éléments du réalisme magique. Le temps incarnant le facteur surnaturel, laissant le protagoniste dans un cadre contemplatif. La futilité est ainsi double. C’est l’existence même du fort, et ce qu’il est censé surveiller, que Drogo juge vains, inutile. Pis encore, il finit par prendre goût à sa condition, finissant par espérer que l’invasion tartare aura bien lieu, illustrant la fameuse citation de Nietzsche : "Si tu regardes trop longtemps l’abîme, l’abîme aussi regardera en toi". Il devient ce qui lui faisait horreur au début du livre, un de ces automates qui errent dans un fort sans but, en croyant désespérément que la menace si nébuleuse finisse par se réaliser. Sa perception temporelle étant altérée, altération elle-même renforcée par le style de Buzzati qui invite à la contemplation, lorsque l’ennemi arrive enfin aux pieds de la forteresse, Drogo se retrouve trop âgé pour mener bataille et se voit confisquer la gloire dont il rêvait par de jeunes recrues, réduisant à néant tout ce pourquoi il s’était obstiné à demeurer au fort. Or, c’est justement sur ce point que l’on observe la double vanité dont Buzzati se sert pour composer ses récits. Drogo ne voit pas ses rêves seulement anéantis par l’élasticité du temps, ni par la contemplation dans laquelle il s’était égaré, mais aussi par ses rêves de gloire auxquels il s’était tout autant attaché. Dans "Le Désert des Tartares", double vanité, celle de Drogo, et de son entreprise.
"Cela semblait hier, et pourtant le temps avait tout de même passé, à son rythme immuable, identique pour tous les hommes, ni plus lent pour ceux qui sont heureux, ni plus rapide pour les malchanceux. Drogo comprit qu'une génération entière s'était entre-temps écoulée, qu'il avait maintenant dépassé le sommet de son existence, qu'il était maintenant arrivé du coté des vieux". Avant d’être un roman philosophique, "Le Désert des Tartares"est la transposition d’une observation qu’avait faite Buzzati lorsqu’il était encore jeune journaliste au Corriere della Sera. C’est le moment de la guerre d’Éthiopie. Toutes les salles de rédaction s’enfièvrent, s’agitent, semobilisent, guettent l’événement. Même les vieux briscards se remettent à espérer, sans trop l’avouer, qu’ils auront à couvrir l’opération la plus décisive, que leur papier sera reproduit dans le monde entier, qu’est donc enfin sur le point d’arriver cette occasion de gloire qu’ils avaient passé toute leur vie à attendre. Si las, si usés et si désabusés qu’ils fussent, ils se remettaient à croire que leur vie pourrait n’avoir pas été tout entière flouée, puisqu’ils allaient obtenir, au dernier moment de leur carrière, ce qu’ils n’avaient secrètement cessé d’attendre jusque-là. Dino Buzzati observait cet espoir dont s’éclairait soudain la grisaille de ces vies. Son coup de génie, c’est d’avoir eu la tragique intuition que ces épaves désillusionnées mais encore pleines d’illusions, ces ratés dont la vieillesse guettait encore ce que leur jeunesse avait rêvé, étaient en fait à l’image de toute vie. Entransposant dans la vie militaire cette pathétique dérision de l’attente, Buzzati en fit un mythe. C’est ce mythe qui nous fascine. L’armée n’est-elle pas en effet la seule institution dont l’unique justification soit de se préparer à une guerre que chacun passe sa vie à attendre quoi qu’elle puisse ne jamais arriver ? Le tour de force de Buzzati est d’avoir alors écrit un roman presque entièrement dépourvu de tout élément romanesque. Une seule attitude, une seule situation, un seul sentiment occupent tous les personnages : l’attente. Ce que tous attendent est si indéterminé, si improbable, que presque tous le déclarent imaginaire. Si fantasmatique ou névrotique deviendra une telle obsession que viendra même le moment où le colonel en interdira jusqu’à l’évocation.
"Ce fut un matin de septembre que Giovanni Drogo, qui venait d'être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation. Il faisait encore nuit quand on le réveilla et qu'il endossa pour la première fois son uniforme de lieutenant. Une fois habillé, il se regarda dans la glace, à la lueur d'une lampe à pétrole, mais sans éprouver la joie qu'il avait espérée. Dans la maison régnait un grand silence, rompu seulement par les petits bruits qui venaient de la chambre voisine, où sa mère était en train de se lever pour lui dire adieu". Que se passe-t-il dans une vie où il ne se passe rien ? Rien n’est moins romanesque. Voilà pourtant ce qui constitue l’étoffe du roman. Le temps uniforme et uniformément vide de l’attente y est toutefois scandé par de menus événements, auxquels sont consacrés quatre récits, presque sans rapport les uns avec les autres. Le premier et le dernier concernent l’ennemi du Nord. Alors qu’on en était venu à douter de son existence, le premier récit en décrit l’indécise et lente progression, jusqu’à ce que l’événement se réduise à une banale rectification de frontière. Dans le dernier récit, l’ennemi a pris corps. Il avance. Il arrive. Il attaque. Mais le roman finit au moment où commence la guerre. Parce qu’il s’agit du roman de l’attente, il ne peut en effet alors que s’achever lorsque finit l’attente, au moment où arrive ce qu’on avait si longtemps attendu. Un deuxième récit relate l’histoire de Lazzari, ce malheureux soldat qui a cru reconnaître, hors du bastion, un cheval égaré qu’il pensait être le sien. Il va le chercher. Il était sur le point de le ramener lorsqu’il trouve les portes fermées. Il ne connaît pas le mot de passe. Mais, quoique tout le monde le reconnaisse, chacun applique les consignes du règlement. Terrorisée, la sentinelle fait les sommations. Elle tire. Elle le tue. Narré par le menu, le plus lentement possible, ce drame de l’obéissance n’excède pas vingt pages. Un troisième incident interrompt l’interminable monotonie de cette vie où il n’arrive jamais rien : c’est la mort absurde, le dandysme suicidaire du lieutenant Angustina. Sans s’y être alors préparé, il a voulu se joindre à une expédition dont la mission était de parvenir au sommet d’une montagne avant les étrangers pour y borner la frontière. Par défi, il s’obstine, s’épuise, s’exténue. Peine perdue : les soldats étrangers sont déjà arrivés. Pour ne rien leur laisser soupçonner de son dépit, pour sauver la face, il commence une partie de cartes dans la bourrasque de neige, refuse de s’abriter, feint autant d’insensibilité que d’insouciance, jusqu’à mourir gelé. Thème éminemment philosophique : en mourant pour la seule beauté du geste, ce jeune lieutenant témoigne de ce que la vie ne vaut que par plus-que-la-vie. Le journaliste de métier devient alors fin philosophe.
"Il parut à Drogo que la fuite du temps s'était arrêtée. C'était comme si un charme venait d'être rompu. Les derniers temps, le tourbillon s'était fait toujours plus intense, puis, brusquement, plus rien, le monde stagnait alors dans une apathie horizontale et les horloges fonctionnaient inutilement". Pas plus long que les précédents, et n’occupant donc guère plus d’une vingtaine de pages, le quatrième récit est celui de l’impossible retour. Après quatre ou cinq années passées au fort Bastiani, cette citadelle lointaine d’où ne vient aucune nouvelle et où ne parvient aucun écho de ce qui se passe ailleurs, le lieutenant Drogo bénéficie d’une permission. Il revient enfin d’où il était parti, dans la ville où il avait passé son enfance, où il avait eu ses amis, où est encore sa mère. Il s’y reprend à rêver aux joies de la sociabilité, de l’ambition, de l’amitié, de l’amour. En vain. Tout lui est déception ou désillusion. Ce dont on a été séparé par le temps ne se retrouve pas. Il découvre en outre, en se rendant à l’état-major, que même ceux avec lesquels il avait cru tout partager ne partageaient rien avec lui, qu’ils avaient tous manigancé leurs mutations à son insu. Sachant sa solitude désormais impartageable, il retourne au fort Bastiani plus seul encore qu’il n’en était parti. Voilà les seuls éléments romanesques du roman. Mis bout à bout, ils n’en font pas la moitié. Tout le reste se passe à décrire une expérience tout à fait remarquable, qui est celle du temps lorsque nous avons conscience qu’il ne s’y passe rien. Au lieu que le roman relate l’enchaînement d’événements objectifs, tels qu’ils pourraient être enregistrés et restitués par une caméra, il décrit au contraire cette pure expérience de la subjectivité qui consiste à endurer la vacuité du temps. Or quelle est cette paradoxale expérience que nous avons d’un temps où rienn’advient, d’un temps sans devenir ? L’attente est cette expérience primordiale du temps comme délai. Car seulel’expérience du délai nous fait éprouver la compacité et par conséquent la réalité du temps. Mais, de même qu’il n’y a de résistance que par rapport à un effort, de même ne peut-il y avoir de délai que par rapport à quelque attente primordiale. C’est l’attente qui est originaire. Tout l’art de Buzzati est de nous la rendre à chaque instant sensible, sans presque jamais l’évoquer. Il lui suffit pour cela d’en décrire minutieusement, et de façon quasiment clinique, tous les divers effets. La plus banale attente est tantôt celle d’une tension jamais résolue, et tantôt, lorsque se produit l’événement, celle d’une détente qui nous déçoit en ôtant à ce qui arrive l’intensité que nous en avions imaginée.
"Jusqu’alors, il avait avancé avec l’insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s’écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s’aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n’y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière vous personne ne vous presse, personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s’arrêtant souvent pour jouer". Aussi n’y a-t-il d’attente qui ne soit presque aussitôt suivie d’une petite déception, comme d’une sorte de paradoxal désenchantement. Tout comme ce thème est indéfiniment varié tout au long de "La Recherche du temps perdu", il accompagne, comme une basse obstinée, tous les épisodes du "Désert des Tartares". À peine a-t-il revêtu son uniforme d’officier que Drogo s’étonne qu’un moment si souvent imaginé et aussi passionnément attendu lui procure si peu de joie. Aussitôt arrive-t-il au fort Bastiani qu’il est déçu d’une aussi morne, si lointaine, et si austère affectation. Tous ceux qui y sont nommés n’attendent d’ailleurs que de le quitter. Mais, quoique tous attendent, personne ne s’en va. Tout se passe donc comme si l’histoire d’une vie se résumait à celle de quelque dénouement indéfiniment ajourné et d’une attente aussi constamment déçue. Comme autant de faits divers, toutes ces diverses déceptions (sa mère, ses amis, son amour de jeunesse, sa mutation refusée) ne se rapportent toutefois qu’à des attentes empiriques, et en quelque sorte circonstancielles, comme lorsqu’on est déçu d’avoir manquéle train qu’on comptait prendre, ou lorsqu’on est refusé à l’examen qu’on espérait réussir. Mais c’est une attente bien plus originaire qui obsède tous les personnages du roman de Buzzati. Parce que rien ne peut arriver dans cette citadelle perdue aux confins du désert, il n’y a rien à attendre. Uniquement occupés des mêmes gestes quotidiennement répétés, tous les jours n’y sont qu’un seul jour. Si l’empirisme avait raison, faute que s’y produisît aucun changement, le temps devrait donc s’en être évaporé. Or c’est tout le contraire que nous montre Buzzati. Le temps est d’autant plus long à vivre qu’il ne s’y produit rien. Mais il ne peut paraître long qu’à celui qui attend.
"Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l’horizon avec des sourires complices. De la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte ainsi l’espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin". La profonde intuition découverte par Buzzati, et que tout son roman se passe à rendre sensible, c’est que l’attente est si constitutive de la conscience, si originaire, qu’elle précède l'objet. Avant même d’imaginer ce que nous pourrions bien attendre, nous attendons. Le premier effet de l’attente est de déliter le présent, comme s’il était toujours indigent de l’avenir qu’il n’est pas. Aussi voyons-nous tous les officiers du fort Bastiani rivés à leurs jumelles, et tout occupés de guetter sans cesse à l’horizon les signes improbables du moindre mouvement, de la moindre poussière. Le présent n’est plus alors pour eux que le fond sur lequel ils guettent que vienne à se profiler la forme de l’à-venir. Précisément parce que son premier effet est d’estomper ou d’engrisailler le présent, le deuxième effet de l’attente est de faire imaginer l’avenir avec une densité, une consistance, une intensité, dont aucune présence n’est capable. C’est ce qui suscite, tout au long du roman, cet "inexprimable sentiment de choses à venir", "cet obscur pressentiment de choses fatales", "l’illusion que ce qui est important n’a pas encore commencé". Sept ou huit fois revient, de façon lancinante, ce thème de l’imminence, comme si la vraie vie était encore à venir. Il est clair, du même coup, qu’on ne vit jamais vraiment puisqu’on s’attend toujours à commencer de vivre. Le troisième effet de l’attente est de relier la conscience à l’absolu et à la mort. Car le propre de l’attente est d’attendre ce qui ne laisserait plus rien à attendre. Or qu’y a-t-il qui ne laisse plus rien à attendre ? L’infini, auquel on ne peut rien ajouter, l’éternité pour laquelle rien n’est plus à venir, la perfection, la plénitude, la béatitude, mais aussi la mort. En même temps qu’elle porte donc en elle le sens de l’ultimité, l’attente excède donc toujours toute expérience possible. Comme le lieutenant Angustina sacrifie sa vie en un instant, comme si l’abnégation, la noblesse et la perfection de son geste lui faisaient atteindre l’absolu en même temps que la mort, Drogo ne cesse d’attendre la guerre comme l’occasion du sacrifice, et le sacrifice comme une régénération de l’existence. Toujours le thème de la vanité.
"On ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu’un jour on les atteindra. Est-ce encore long ? Non, il suffit de traverser ce fleuve, là-bas, au fond, de franchir ces vertes collines. Ne serait-on pas, par hasard, déjà arrivé ? Ces arbres, ces prés, cette blanche maison ne sont-ils pas peut-être ce que nous cherchions ? Pendant quelques instants, on a l’impression que oui, et l’on voudrait s’y arrêter. Puis l’on entend dire que, plus loin, c’est encore mieux, et l’on se remet en route, sans angoisse". L’une des leçons du roman est en effet de nous faire comprendre que la mort a le même statut que l’absolu. Tout lui est toujours relatif sans qu’elle ne soit relative à rien. D’où ce sentiment tant de fois suggéré qu’on s’unit à l’absolu en rejoignant la mort. Parce que l’attente porte en elle, comme sa justification et sa destination, le sens de ce qui ne laisserait plus rien à attendre, nous n’en éprouverions que l’absurdité si nous ne tentions de nous en représenter le terme. Figure de l’absolu et de l’ultimité, ce ne peut être aussi qu’une figure de l’idéal. C’est ce qui nous ferait accepter de mourir une fois qu’on l’aurait accompli ou qu’on l’aurait obtenu. Mais, comme il va de soi, cet idéal ne peut être qu’un idéal de l’imagination, c’est-à-dire un idéal imaginaire. Ainsi Buzzati note-t-il que "les illusions guerrières, l’attente de l’ennemi du Nord, n’avaient été qu’un prétexte pour donner un sens à la vie", parce qu’"il faut bien espérer quelque chose". Mais parce qu’il s’agit d’un idéal, il ne peut pas se réaliser. C’est la promesse qui n’est jamais tenue. On attend l’idéal. Au moment où on croit presque l’atteindre, c’est la mort qui nous prend. L’ennemi arrive. C’est le branle-bas. Voici l’événement que Drogo avait passé sa vie à attendre. Il n’y assistera pas. Usé, malade, affaibli, relevé de son commandement, ce qui aurait dû être la justification de sa vie la rend définitivement injustifiable. De toutes les figures de l’absolu qu’on avait si secrètement et si obstinément attendues, une seule ne manque jamais d’arriver: la mort. C’est en consentant à sa mort qu’il fait alors sa paix avec l’existence.
"De la sorte, on poursuit son chemin, plein d’espoir. Et les journées sont longues et tranquilles, le soleil resplendit haut dans le ciel et semble disparaître à regret quand vient le soir. Mais, à un certain point, presque instinctivement, on se retourne et l’on voit qu’un portail s’est refermé derrière nous, barrant le chemin de retour. Alors, on sent que quelque chose est changé, le soleil ne semble plus immobile, il se déplace rapidement". Parce que l’attente est l’étoffe même de la conscience, on ne peut toutefois cesser d’attendre qu’en tombant dans l’inconscience. Unenotation de Buzzati nous le donne d’ailleurs à comprendre. Recru de fatigue, accablé de déceptions, fourbu d’unservice aussi monotone, Drogo remonte une dernière fois vers sa lointaine citadelle. Or voici comment le décrit Buzzati : "Il a quinze ans de moins à vivre. Hélas ! il ne ressent pas de grand changement, le temps a fui alors si rapidement que son âme n’a pas réussi à vieillir. Et l’angoisse obscure des heures qui passent a beau se faire chaque jour plus grande, Drogo s’obstine dans l’illusion, que ce qui est important n’a pas encore commencé". Cette intemporelle jeunesse de l’attente, tel est donc le fait psychologique fondamental découvert par Buzzati. Car c’est l’attente qui ouvre en chaque conscience la perspective du temps. Aussi n’y a-t-il rien qui survienne qu’elle ne situe et n’ordonne dans cette perspective. Mais cette attente qui ouvre le temps, elle, n’est pas temporelle. Quoique tout ce que nous puissions nous représenter soit dans le temps, et alors même que tout ce qui est dans le temps s’useet vieillit, la conscience comme sujet de la représentation n’est pas représentable, et l’attente comme ouverture du temps n’est pas temporelle. C’est pourquoi, tant d’expérience qu’un homme ait pu accumuler, et si vieux qu’il puisse être, il sent encore en lui la même attente qu’en ses premières années. Cette attente toujours en sa jeunesse, c’est donc elle qui inspire à tout homme le sentiment que la vraie vie est encore à venir, et que le moment n’est pas venu de mourir, car n’est pas encore arrivé ce qu’il attend pourtant depuis le commencement. C’est donc cette attente jamais lassée qui fait la mélancolie de la mort, en nous la faisant éprouver bien moins comme l’achèvement d’une existence que comme la filouterie d’un destin humain qui n’a jamais commencé.
"Bien des jours passeront avant que Drogo ne comprenne ce qui est arrivé. Ce sera alors comme un réveil. Il regardera autour de lui, incrédule. Puis il entendra derrière lui un piétinement, il verra les gens, réveillés avant lui, qui courront inquiets et qui le dépasseront pour arriver avant lui. Il entendra les pulsations du temps scander avec précipitation la vie". Buzzati n'est ni théoricien ni philosophe, mais il interroge naïvement l'énigme du monde. Éloigné du naturalisme et du vérisme italien, il situe ainsi ses récits dans l'intemporel et l'universel. Comme un photographe, il capte des moments qui révèlent l'étrangeté du monde. Par son travail de journaliste, son œuvre est marquée par la nécessité de rester humble face à l'événement qui, grand ou banal, reste éphémère. L'Italie des années 1950-60, politisée, reproche à l'écrivain son manque d'engagement, mais il refuse de se détourner des questions fondamentales sur l'Homme pour une cause réductrice. Sa vie c'est écrire. L'œuvre littéraire de Dino Buzzati est comparée souvent pour une part à l'influence de Kafka, par l'esprit de dérision et l'expression de l'impuissance humaine face au labyrinthe d'un monde incompréhensible, mais l’écrivain exprime un certain scepticisme à ce propos: "On parle de Kafka, moi sur ce point je ne me prononce pas". Son œuvre est aussi rapprochée au surréalisme comme dans ses contes où la connotation onirique est très forte. Son œuvre peut aussi être rapportée au courant existentialiste représenté par Jean-Paul Sartre dans "La Nausée" (1938) et Albert Camus dans "L'Étranger" (1942). Albert Camus a transposé la pièce de Buzzati "Un cas intéressant" ("Un caso clinico") en 1955. Les deux écrivains s'appréciaient. Enfin, ce roman au succès mondial peut être rapproché de deux grands classiques modernes : "Les Choses" de Georges Perec et "La Montagne magique" deThomas Mann. Dino Buzzati décède d'une longue maladie, le vingt-huit janvier 1972, âgé de soixante-cinq ans.
Bibliographie et références:
- Marie-Hélène Caspar, "L'œuvre narrative de Dino Buzzati"
- Noël Taconet, "Le Désert des Tartares de Buzzati"
- Antonella Montenovesi, "L'œuvre de Dino Buzzati"
- Yves Panafieu, "Essais consacrés à l’œuvre de Dino Buzzati"
- Véronique Anglard, "Technique de la nouvelle chez Buzzati"
- Roland Quilliot, "Les métaphores de l'inquiétude, Buzzati"
- Michel Suffran, "L'œuvre de Dino Buzzati"
- André Ughetto, "Le Désert des Tartares" de Buzzati"
- Cristina Vignali-De-Poli, "Œuvre de Dino Buzzati à l'épreuve du temps"
- Denise Werlen, "Étude sur Dino Buzzati, Le Désert des Tartares"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"L'écrivain ne dit que par une habitude prise dans le langage insincère des préfaces et des dédicaces: "mon lecteur". En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage de l'écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n'eût peut-être pas vu en soi-même". Auteur génial et dandy, Marcel Proust a marqué la fin du XIXème siècle et la littérature mondiale par son œuvre éblouissante. Élevé dans un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, le jeune Marcel se lance d’abord dans des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris. Là, il commence une carrière de journaliste-chroniqueur, voyageant en Europe, travaillant à ses heures à un roman qui semble ne jamais pouvoir s’achever. La mort de sa mère déstabilise encore sa personnalité sensible et inquiète. Son activité littéraire s'intensifie alors, et c'est dans la solitude de sa chambre aseptisée qu'il crée l'un des romans occidentaux les plus achevés, "À la recherche du temps perdu". Entre temps, il s’insurge contre la méthode critique de Sainte-Beuve, alors très en vogue. Marcel Proust reçoit en 1919 le prix Goncourt pour "À l'ombre des jeunes filles en fleurs", le deuxième volet de la "Recherche". Dans l'ensemble de son œuvre, il questionne le rapport entre temps, mémoire et écriture, tout en suivant les personnages récurrents comme Albertine, Mme de Guermantes. Connu pour la longueur de ses phrases parsemées de relatives au rythme dit asthmatique, Marcel Proust reste une référence et un monument incontestable de la littérature française. C'est l'écrivain de la nostalgie. Pour ceux qui aiment la littérature, l’œuvre "À la recherche du temps perdu" est une œuvre d’art parfaite. Personne d’autre a fait preuve d’une maîtrise aussi délicate à l’heure d’évoquer le passé et de l’amener au présent. Peu nombreux sont les auteurs qui ont si bien camouflé une autobiographie sous forme de roman. Aux côtés de Joyce et de Kafka, Marcel Proust fait partie des précurseurs du roman contemporain. Son œuvre littéraire navigue entre le mouvement moderniste et le mouvement avant-gardiste tout en comportant parfois quelques touches de la pensée existentialiste. Nous n’apprécions alors pas simplement son talent d’écrivain. Sa profondeur psychologique est aussi évidente. L'auteur nous parle des malheurs du passé, de la frustration et de la brièveté de l’illusion. Il a analysé minutieusement sa vie. Il a peint comme personne le portrait d’une société dans une chronique singulière composée de sept tomes. Nous nous souvenons du moment au cours duquel Marcel Proust trempe une madeleine dans une infusion de thé, un geste qui l’embarque dans un souvenir de son enfance. En fin de compte, le souvenir était le seul moyen de rester connecté à la vie. Malade, il s’est isolé du monde à l’âge de trente-sept ans. Il a formé sa propre chrysalide dans une chambre recouverte de liège et humidifiée avec de l’encens afin de soulager son asthme. Emmitouflé dans des manteaux et écharpes, il a créé feuille après feuille cette œuvre dont nous pouvons aujourd’hui profiter, tableau ironique d'une époque dans un roman à clef.
"Ce qu'il y a d'admirable dans le bonheur des autres, c'est qu'on y croit. Il n'y a pas de réussite facile ni d'échec définitif. Savoir qu'on n'a plus rien à espérer n'empêche pas de continuer à attendre. Le souvenir d'une certaine image, n'est que le regret d'un certain instant". Évoquer l'enfance privilégiée de Marcel Proust serait inexact. Mieux vaut parler d'enfance protégée, s'il est vrai que Proust vit ses premières années s'écouler dans un univers ouaté grâce à la tendresse vigilante d'une mère adorée. Jeanne Weil appartenait à une famille juive, d'origine lorraine et de solide fortune: délicate et cultivée, elle entoura de son immense affection ses deux fils, Marcel et Robert. On sait avec quelle impatience, avec quelle angoisse Marcel attendait le soir le baiser maternel. Cette sensibilité presque maladive le trahira toujours. Son père, le professeur Adrien Proust, médecin réputé, était un homme froid mais bon, désarmé par ce fils aîné à la santé fragile, qui, à l'âge de neuf ans, a sa première crise d'asthme. Les années d'enfance se passent dans quatre décors familiers aux lecteurs d'"À la recherche du temps perdu". Le premier décor est la maison bourgeoise du boulevard Malesherbes ainsi que les jardins des Champs-Élysées, où, chaque après-midi, l'on conduit Marcel. Le deuxième est Illiers, où la famille Proust va en vacances et qui deviendra Combray. Le troisième est la demeure de l'oncle Louis Weil à Auteuil, chez qui l'on se rend par les jours de chaleur. Le quatrième est Trouville ou Dieppe, plus tard Cabourg, sa belle plage et surtout son Grand Hôtel. Marcel Proust nait à Paris, le 10 juillet 1871. Les deux familles de l’enfant ont des origines bien différentes et rien ne laissait prévoir leur rapprochement. Le père de Marcel, Adrien, est issu de la petite bourgeoisie catholique provinciale, il est le fils d’un commerçant qui tenait une épicerie-mercerie à Illiers en Eure-et-Loir. Sa mère, Jeanne Weil, est la fille d’un riche agent de change d’origine juive alsacienne. Il y a donc loin entre les demeures parisiennes spacieuses et cossues de la famille Weil et la modeste maison natale du docteur Proust à Illiers. Le bébé qui vient au monde est si faible que son père craint qu’il ne soit pas viable. L’enfant est baptisé à l’église Saint-Louis-d’Antin à Paris. Catéchisme et première communion suivront mais ne laisseront pas chez Marcel d’empreinte religieuse. Ses parents ont toujours évité d’aborder en famille les questions de croyance et l’enfant en gardera une indifférence apparente. Très tôt, Marcel concentre son amour sur sa mère, avec plus de force encore après la naissance d’un frère cadet, Robert, en 1873, rival à évincer pour rester l’unique bénéficiaire de l’amour maternel. Les relations de Marcel avec son jeune frère seront affectueuses, mais jamais intimes.
"L'intelligence n'est pas l'instrument le plus subtil, le plus puissant, le plus approprié pour saisir le vrai. C'est la vie qui peu à peu, cas par cas, nous permet de remarquer que ce qui est le plus important pour notre cœur, ou pour notre esprit, ne nous est pas appris par le raisonnement mais par des puissances autres". En 1873, les Proust quittent l’appartement qu’ils occupent rue Roy pour s’installer dans un bel immeuble, boulevard Malesherbes, dans lequel ils resteront jusqu’en 1900. À neuf ans, lors d’une promenade au Bois de Boulogne, Marcel est victime d’une soudaine crise d’asthme extrêmement violente. Son père assiste impuissant aux efforts épuisants de son fils pour reprendre son souffle et pendant un instant il craint le pire. La crise finit heureusement par se calmer, mais l’asthme chronique va s’installer et le jeune garçon, contraint à de fréquents repos, aura tendance à se replier alors sur lui-même, développant des tendances à l’introspection. Chaque année, les Proust quittent Paris pour accomplir un pieux pèlerinage familial à Illiers où se trouve la maison de Mme Amiot, la sœur aînée du Docteur Proust. Elle a épousé Jules Amiot marchand drapier, lui a donné trois enfants, puis, son devoir accompli, a décidé de ne plus quitter Illiers, puis sa maison, puis sa chambre, et enfin son lit. Elle sera tante Léonie dans "Du côté de chez Swann". Dans "La Recherche", le narrateur n’emprunte pas seulement ses souvenirs à ses séjours à Illiers, mais également aux vacances passées dans la vaste maison de campagne que possède M. Weil, son grand-oncle maternel, à Auteuil, rue La Fontaine, où Marcel s’installe alors avec ses parents dès le printemps venu lorsque les crises d’asthme ne le menacent pas trop. Mais bientôt il faudra renoncer à Auteuil pour des séjours en Normandie, à Dieppe ou à Cabourg, où le climat est plus propice à la santé du jeune Marcel. Afin de lui éviter des promiscuités vulgaires, il est inscrit au cours Pape-Carpentier. L’école primaire pratique une pédagogie très innovante fondée sur l’écoute et l’observation des enfants. Il restera deux ans. Il se lie avec Jacques Bizet, le fils du compositeur, puis il entre, en 1882, au lycée Fontanes, l’un des plus réputés de Paris, qui prendra l’année suivante le nom de Condorcet. Ce lycée accueille alors les enfants de la bourgeoisie financière et commerçante de l’ouest de Paris. Ainsi, les élèves appartiennent souvent à des familles fortunées où certains membres israélites exercent une forte influence. Les professeurs ont aussi la réputation d’être peu dogmatiques, ouverts et originaux dans leur manière d’enseigner. Il redouble sa classe de cinquième et est inscrit au tableau d'honneur pour la première fois en décembre 1884. Il est souvent absent à cause de sa santé fragile, mais il connaît déjà Victor Hugo et Musset par cœur, comme dans "Jean Santeuil". S’il excelle en cours de français, il est piètre élève en mathématiques.
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. Si un autre me ressemble, c'est donc que j'étais quelqu'un. L’absence n’est-elle pas, pour qui aime, la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?" Après les heures de lycée ainsi que les jeudis et dimanches après-midi, il va jouer aux Champs-Élysées où il tient sa cour, retrouvant des amis qu’il étonne par sa vivacité d’esprit. Doué d’une surprenante mémoire, il déclame devant ses camarades, charmés mais un peu déconcertés, des vers de ses poètes favoris, Musset, Lamartine, Racine, Baudelaire. Aux jeux, il préfère la conversation avec ses camarades auxquels il confie les idées tumultueuses qui emplissent son esprit. Marie Bénardaky, fille d’un diplomate polonais, est sa camarade préférée et Marcel est souvent invité à goûter chez elle, mais les parents de Marcel n’apprécient pas la mère de la fillette qui a mauvaise réputation et il doit cesser de la voir. On notera dans la "Recherche" une ressemblance évident eentre Mme Bénardaky et ses familiers et "Odette" et son salon louche. Il cessa de voir Marie de Benardaky en 1887, les premiers élans pour aimer, se faire aimer par quelqu'un d'autre que sa mère avaient donc échoué. C'est la première jeune fille, de celles qu'il a tenté de retrouver plus tard, qu'il a perdue. Les premières tentatives littéraires de Proust datent des dernières années du lycée. Plus tard, en 1892, Gregh fonde une revue, avec ses anciens condisciples de Condorcet, "Le Banquet", dont Proust est le contributeur le plus assidu. Commence alors sa réputation de snobisme, car il est introduit dans plusieurs salons parisiens et entame son ascension mondaine. Il est ami un peu plus tard avec Lucien Daudet, fils du romancier Alphonse Daudet, qui a six ans de moins que lui. L'adolescent est alors fasciné par le futur écrivain. Ils se sont rencontrés au cours de l'année 1895. Leur liaison, au moins sentimentale, est ainsi révélée par le journal de Jean Lorrain. C’est durant son année de rhétorique, 1887-1888, que Marcel ressent ses premières attirances pour les garçons. C’est donc pendant cette période que se sont alors constituées, simultanément, sa vocation littéraire et sa sensibilité sexuelle.
"Car bien souvent, pour que nous découvrions que nous sommes amoureux, peut-être même pour que nous le devenions, il faut qu'arrive le jour de la séparation. L'absence n'est-elle pas ainsi pour qui aime, la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?" Inverti, le jeune Marcel Proust l’est certainement, mais il ne reconnaîtra jamais ouvertement la vraie nature de ses penchants. Il a toujours été tourmenté par son homosexualité, un état qui était très mal accepté par la société de l’époque et, à plus forte raison, par le milieu bourgeois dont il est issu et qu’il fréquente. Marcel, exalté, croit un moment trouver en Jacques Bizet l’ami de cœur et peut-être un peu plus mais celui-ci le repousse fermement. Il se tourne alors vers Daniel Halévy, cousin de Jacques Bizet, qui avouera son malaise en présence de cet adolescent languide "aux immenses yeux orientaux" et qui le repousse également. Pour se remettre de ses échecs, Marcel passe l’été chez son oncle à Auteuil et se réfugie dans la lecture. Plus tard, il confiera à un ami avoir éprouvé alors la passion pour une courtisane célèbre, Laure Hayman, surnommée la "déniaiseuse de jeunes ducs". Avec l’enthousiasme de la jeunesse, il se croît amoureux, se ruine en fleurs pour elle. Puisqu’il ne rencontre que peu de succès auprès de ses condisciples, il décide de s’attaquer au monde littéraire, de pénétrer les salons parisiens, très en vogue à cette époque. Introduit dans plusieurs d’entre eux, il entame son ascension mondaine. Grâce à ses deux amis de Condorcet, Baignères et Bizet, il accède avec gourmandise, aux salons de Mmes Baignères et Strauss. Cette dernière deviendra une de ses plus fidèles amies. C’est chez elle qu’il rencontre Charles Haas. Proust est subjugué par la remarquable ascension sociale du personnage. Haas est amoureux de la marquise d’Audiffret dont on retrouvera certains traits chez "Odette de Crécy". C’est à cette époque que nait la réputation d'homme dilettante et snob de Marcel Proust qui le poursuivra toute sa vie. En novembre 1889, il incorpore le soixante-seizième régiment d’infanterie à Orléans, il a dix-huit ans. Sa santé toujours délicate le dispense des longues marches et des corvées et le colonel du régiment veille sur lui avec une bienveillante attention. En raison de ses crises d’asthme qui risquent d’indisposer ses camarades de chambrée durant la nuit, il est autorisé à louer une chambre chez l’habitant. Les conditions de vie du soldat de seconde classe Proust sont adoucies par des officiers humains, parmi lesquels Charles Walewski, descendant de Napoléon, modèle du capitaine "Borodino".
"Tant que la lecture est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n'aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire. Nous sommes obligés, pour rendre la réalité supportable, d'entretenir en nous quelques petites folies". C'est à cette époque qu'il fait connaissance à Paris de Gaston Arman de Caillavet, qui devient un ami proche, et de la fiancée de celui-ci, Jeanne Pouquet, dont il est alors très amoureux. Il s'inspire de ces relations pour les personnages de "Robert de Saint-Loup" et de "Gilberte". Rendu à la vie civile, il suit à l'École libre des sciences politiques les cours d'Albert Sorel et d'Anatole Leroy-Beaulieu. Il propose à son père de passer les concours diplomatiques ou celui de l'École des chartes. Plutôt attiré par la seconde solution, il écrit au bibliothécaire du Sénat, Charles Grandjean, et décide d'abord de s'inscrire en licence à la Sorbonne, où il suit les conférences d'Henri Bergson, son cousin par alliance, au mariage duquel il est garçon d'honneur et dont l'influence sur son œuvre a été parfois jugée importante, ce dont Proust s'est toujours défendu. Marcel Proust est licencié ès lettres en mars 1895. La fortune familiale lui assure une existence facile et lui permet de fréquenter les salons du milieu grand bourgeois et de l'aristocratie du faubourg Saint-Germain et du faubourg Saint-Honoré. Il fait la connaissance du fameux Robert de Montesquiou, grâce auquel il est introduit entre 1894 et le début des années 1900 dans des salons ainsi plus aristocratiques, celui de la comtesse Greffulhe, cousine du poète et belle-mère de son ami Armand de Gramont, duc de Guiche, de Mme Hélène Standish, née de Pérusse des Cars, de la princesse de Wagram, née Rothschild, et enfin de la comtesse d'Haussonville. En mondain dilettante, Il y accumule le matériau nécessaire à la construction de son œuvre: une conscience plongée en elle-même, qui recueille tout ce que le temps vécu y a laissé intact, et se met alors à reconstruire, à donner vie à ce qui fut ébauches et signes. Lent et patient travail de déchiffrage, comme s'il fallait entirer le plan nécessaire d'un genre qui n'a pas de précédent, qui n'aura pas de descendance. Ni plus, ni moins, une cathédrale du temps. Pourtant, rien du gothique répétitif dans cette recherche, rien de pesant, de roman, rien du roman non plus, pas d'intrigue, d'exposition, de nœud, de dénouement. Labeur constant de chaque jour, plutôt de chaque nuit.
"La lecture est une amitié. Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir toujours de nouveaux yeux. Le désir fleurit, la possession flétrit toute chose". En 1893, il est enfin reçu à ses examens de droit, au grand soulagement de son père qui le somme désormais de choisir une carrière. En fait, pour Marcel, l’essentiel est d’être autorisé à poursuivre sa vie mondaine. Il doit cependant donner à son père quelques signes de bonne volonté et tente d’être stagiaire chez un avocat, mais l’expérience ne durera que quinze jours. Il émet l’idée, aussitôt abandonnée, d’entrer à la Cour des comptes, puis de préparer le concours des affaires étrangères. Il est entendu que Marcel préparera l’année suivante la licence ès lettres. Mais il est évident que sa priorité consiste à sortir et multiplier les connaissances dans la haute société du faubourg Saint-Germain, rassemblant ainsi beaucoup de matériaux qui lui seront utiles dans son futur livre. La matinée chez Mme de Villeparisis, le dîner chez la duchesse de Guermantes, puis enfin la soirée de la princesse de Guermantes sont largement inspirés des réceptions auxquelles il participe. La comtesse de Greffulhe, regardée comme la beauté la plus accomplie de la haute société, sera un des modèles d’"Oriane de Guermantes". Son mari, Henry, homme de haute taille, aux larges épaules, tyrannique et volage, est le modèle du "duc de Guermantes". Il en est ainsi pour des dizaines d’autres rencontres cruciales qui lui inspireront autant de personnages de la "Recherche". Au cours de l'été 1895, il entreprend la rédaction d'un roman qui relate la vie d'un jeune homme épris de littérature dans le Paris mondain de la fin du XIXème siècle. On y trouve l'évocation des séjours faits en 1894 et 1895 par Proust à Réveillon, propriété de Madame Lemaire. Ce livre a forte teneur autobiographique, que l'on a intitulé posthumément "Jean Santeuil", du nom du personnage principal, resta à l'état de fragments manuscrits, qui furent découverts et édités en 1952. Roman d'aventures dans lequel le héros est un jeune homme fragile, naïf et vaniteux mais dévoré d’ambition.
"Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux, de voir l'univers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d'eux voit, que chacun d'eux est". L’affaire Dreyfus éclate en novembre 1897 et Proust prend aussitôt la défense de l’officier soupçonné de trahison. Il organise "Le manifeste des cent quatre". Il se trouve souvent dans des situations embarrassantes, car la presque totalité des habitants du faubourg Saint-Germain qu’il fréquente sont royalistes, nationalistes et catholiques et donc, inévitablement antidreyfusards. Sa mère partage les convictions de son fils alors que son père reste résolument antidreyfusard, ce qui participe à accroître les tensions entre le père et le fils. Au printemps 1899, Proust fait alors la connaissance d’un nouvel ami qui jouera un grand rôle dans sa vie, Antoine Bibesco. Il est séduit par cet homme, alors âgé de vingt-huit ans, qui mène une double carrière, de séducteur et de diplomate. Cette passion réciproque n’aura été que platonique et les deux hommes resteront liés jusqu’à la mort de Proust. Marcel continue de mener une vie oisive et facile que ses parents n’’acceptent pas de bon cœur. Certains incidents, telle la vue d’une photo équivoque le montrant en compagnie de son ami Lucien Daudet, déclenchent chez eux une vive colère. De plus, il ne cesse de réclamer de l’argent qu’il dépense aussitôt sans discernement. Plus grave encore, il adopte une liberté totale de mœurs et de mouvement. Sa mère, pourtant sans illusion sur les tendances de son fils, souffre beaucoup de cette attitude. Il se lève si tard qu’il déjeune seul, après sa famille, alors que l’après-midi est déjà bien engagée. Sa mère assiste à ses repas et veille avec amour sur ce fils qu’elle adore, lui pardonnant sa nonchalance et toutes ses fantaisies. Les domestiques ont reçu des instructions pour ne pas le déranger. Son père, parti tôt le matin, ne le voit que rarement. Son goût pour cette vie décalée ne le quittera jamais. Ainsi, il arrive dans les soirées alors que la plupart des invités sont déjà partis. Maladivement frileux et craignant les courants d’air, Marcel s’emmitoufle en toute saison, même par les jours les plus chauds de l’été, d’une lourde pelisse devenue légendaire, qu’il garde durant les repas. Il a abandonné la rédaction de son roman en cours d’écriture "Jean Santeuil" pour entamer la traduction de la "Bible d’Amiens" de l’écrivain et critique d’art anglais, John Ruskin, avec lequel il a beaucoup d’affinités et pour qui il ressent une profonde admiration. Ce long travail de traduction l’amène à entreprendre alors plusieurs voyages dans le nord de la France, en Belgique, en Hollande puis à Venise.
"Nos désirs vont s’interférant, et dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé. C'est parce qu'ils contiennent ainsi les heures du passé que les corps humains peuvent faire tant de mal à ceux qui les aiment". Sa mère joue un rôle déterminant dans le travail de traduction car Marcel maîtrise mal l’anglais et c’est elle qui se livre à une première traduction, mot à mot, du texte. Il est également aidé dans ce travail par une cousine de son ami Reynaldo Hahn, Marie Nordlinger. Il publie en 1900, dans la revue du Mercure de France:"Ruskin à Notre Dame d’Amiens". Sa traduction de "La Bible d’Amiens" ne paraît qu’en 1904 et celle de "Sésame et les Lys" qu’en 1906. Le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Soudainement, Proust se déclare fatigué d’avoir consacré tant d’années à Ruskin. Le père de Proust meurt en novembre 1903. Marcel ne montre pas un immense chagrin. Il ne le dira jamais, mais il n’est pas impossible qu’il ressente une impression de lâche soulagement et de délivrance maintenant qu’il n’a plus à se justifier auprès de ce père qui ne le comprenait pas. À partir de 1900, hormis les étés qu’il passe à Trouville et à Cabourg, il ne s’éloigne plus de Paris. Pour conjurer les éventuelles crises d’asthme, il procède avant de sortir à des fumigations. Cependant sa capacité à se livrer à des efforts physiques brefs dénote alors une forte vitalité. La mort de sa mère, en 1905, l’atteint comme un drame terrible aggravé par le remords de n’avoir pas été pour elle le fils qu’elle aurait souhaité et de ne pas lui avoir rendu l’amour qu’elle lui prodiguait. Il éprouve ainsi la tentation de disparaître, non en se tuant, mais en se laissant mourir de faim. Il finit alors par se résoudre à entrer dans une maison de santé. À l’occasion de cette retraite de plusieurs mois, l’interruption de son activité littéraire lui a donné l’occasion d’approfondir ses réflexions sur la fuite du temps, et c’est alors qu’il conçoit l’immense projet de faire revivre les jours enfuis dont il a de plus en plus conscience, dans un ouvrage intitulé, "À la recherche du temps perdu". La première phrase de l'œuvre est posée en 1907. Pendant quinze années, Proust vit en reclus dans sa chambre tapissée de liège, au deuxième étage du cent-deux, boulevard Haussmann, où il a emménagé le vingt-sept décembre 1906 après la mort de ses parents. Portes fermées, Proust écrit, ne cesse de modifier, d'ajouter en collant sur les pages initiales les fameuses "paperolles"que l'imprimeur redoute tant. Plus de deux cents personnages vivent sous sa plume, couvrant ainsi quatre générations.
"Un livre est un grand cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés. On arrange aisément les récits du passé que personne ne connaît plus, comme ceux des voyages dans les pays où personne n'est jamais allé. Le désir de vivre renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur". C’est au tout début de janvier 1909 que Proust va faire l’expérience d’un des événements les plus mémorables de sa vie. Alors qu’il est dans sa chambre, frissonnant, Céleste qui fut sa gouvernante les huit dernières années de sa vie, insiste pour qu’il prenne une tasse de thé. Il finit par accepter ce breuvage qui lui est peu familier, laisse tomber négligemment un morceau de pain grillé dans sa tasse qu’il porte, tout ramolli à ses lèvres. Il demeure aussitôt immobile, attentif à une saveur qui le renvoie à certains souvenirs, lui faisant alors déclarer: "Chaque jour passant, j’attache moins de prix à l’intelligence. Chaque jour, je me rends mieux compte que ce n’est qu’en dehors d’elle que l’écrivain peut saisir quelque chose de son impression, c’est-à-dire atteindre quelque chose de lui-même". Il développe alors la théorie de la mémoire involontaire, c’est-à-dire la résurrection d’une impression jadis ressentie et si bien oubliée qu’on n’aurait jamais pensé qu’elle puisse resurgir. À l’appui de cette théorie, il cite des exemples devenus célèbres: la fameuse madeleine trempéedans la tasse de thé, bien sûr, mais aussi le choc d’une cuillère contre une assiette qui lui rappelle le bruit du marteau contre les roues d’un wagon de chemin de fer, ou un pavé de guingois qui le ramène sur une petite place vénitienne.
"Les œuvres, comme dans les puits artésiens, montent d'autant plus haut que la souffrance a plus profondément creusé le cœur. Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n'est que d'eux que nous avons pu l'apprendre". Proust entreprend alors de transposer les matériaux réunis dans un ouvrage en chantier, "Contre Sainte-Beuve", dont il a commencé la rédaction à la fin de l’automne, en un début de "La Recherche" qui deviendra "Du côté de chez Swann". Comme pour toute son œuvre, il ne cesse de reprendre des textes, de les enrichir d’incidentes, telles que le "jardin du Pré Catelan", le "côté de Méséglise", le "côté de Villebon", qui deviendra le "côté de Guermantes". Il travaille inlassablement certains portraits qui prendront place dans l’œuvre définitive dont il a désormais une vision précise du décor et des acteurs. Par ailleurs, il n’a pas abandonné l’idée de faire éditer "Contre Sainte-Beuve".À sa grande déception, le Mercure de France refuse le manuscrit et le livre ne sera publié qu’à titre posthume, en 1954. Il retourne à Cabourg les étés suivants, mais sa santé se dégrade à nouveau. Il approche de la quarantaine, c’est dire que sa vie est bien avancée puisqu’il mourra à l’âge de cinquante et un ans. Il continue à douter de sa capacité à réaliser une œuvre majeure. Il est conscient de mener une vie désœuvrée qui lui vaut une réputation de dilettante et de mondain. Ses crises d’asthme le laissent épuisé, les pertes rapprochées de son père puis de sa mère l’ont profondément affecté. C’est la période la plus sombre de sa vie. Conscient de l’inanité de cette vie de loisirs et du gâchis qui en découle, il se remet au travail avec fièvre, un rythme qu’il maintiendra jusqu’à sa mort. Le fruit de ce travail intense et désordonné va constituer le matériau qui alimentera l’écriture de "La Recherche". Durant l’été 1911, Proust s’enferme au Grand Hôtel de Cabourg avec le manuscrit de "Combray" qui deviendra plus tard "Du côté de chez Swann" et il commande sous son contrôle, une version dactylographiée. Fin juin 1912 la dactylographie de "Du côté de chez Swann" est enfin terminée. D’autres sujets préoccupent Proust. Comment publier le nouveau livre ? En combien de volumes et de parties ? Faut-il découper l’ouvrage ? Quel titre lui donner ? "Les stalactites du passé", "Les reflets du passé", "Le visiteur du passé", "Le temps perdu" et bien d’autres titres. Des éditeurs sont approchés, mais l’œuvre ne déclenche pas l’enthousiasme. Après Fasquelle, ce sont les éditions Gallimard qui refusent le manuscrit sur l’avis sec d’André Gide qui regrettera sa décision.
"Les idées sont les succédanés des chagrins. Au moment où ceux-ci se changent en idées, ils perdent une partie de leur action nocive sur notre coeur, et même, au premier instant, la transformation elle-même dégage subitement de la joie". Proust s’adresse alors à un éditeur audacieux, Bernard Grasset. Comme Gallimard, Grasset est un éditeur qui a créé sa propre maison. En peu de temps il s’est fait une place dans le monde éditorial grâce à l’originalité et l’efficacité de ses méthodes. Par l’entremise de son ami René Blum, Proust propose le marché suivant. Si Grasset accepte de publier les deux volumes à dix mois d’intervalle, il se chargera non seulement des frais d’impression mais également des frais de publicité. Grasset accepte la proposition et engage avec Proust une très active correspondance pour régler les détails. Rapidement un projet de contrat est établi, signé le onze mars 1913. L’édition se fera aux dépens de l’auteur, le livre sera vendu trois francs cinquante et l’auteur touchera un franc cinquante par exemplaire vendu. Les typographes devront sans cesse recomposer une bonne partie du texte pour tenir compte des ajouts et corrections incessants que demande Proust. C’est au cours de ces remaniements qu’il trouve les titres définitifs: "Du côté de chez Swann" pour le premier volume, "Le Côté de Guermantes" pour le second, l’ensemble portant le titre général de "À la recherche du temps perdu". L'année suivante, le trente mai, Proust perd son secrétaire et ami, Alfred Agostinelli, dans un accident d'avion. Ce deuil, surmonté par l'écriture, traverse certaines des pages de "La Recherche". La guerre éclate début août 1914 et dès la fin du mois les allemands menacent Paris. Céleste Albaret, sa fidèle gouvernante, quitte son appartement de Levallois-Perret pour s’installer boulevard Haussmann. Elle devient vite son ange gardien. Venue de sa campagne reculée de Lozère, habituée, comme elle le dira plus tard, "à se coucher avec les poules et à se lever avec les coqs", la voilà qui doit alors s’accoutumer à ne dormir que quelques heures, toujours prête à répondre aux caprices d’un maître difficile, pointilleux, exigeant. Les éditions Gallimard acceptent le deuxième volume, "À l'ombre des jeunes filles en fleurs", pour lequel Proust reçoit en 1919 le prix Goncourt. C'est l'époque où il songe à entrer à l'Académie française, où il a des amis ou soutiens tels que Robert de Flers, René Boylesve, Maurice Barrès, Henri de Régnier. En 1918, il s’installe dans un appartement situé rue de l'Amiral-Hamelin dans le seizième arrondissement de Paris. "Le Côté de Guermantes" est sorti à la fin du mois d’octobre 1920 en dépit des nombreuses fautes d’impression qui n’ont pu être corrigées à temps. La bonne société parisienne est alors moins intéressée par l’histoire que par les portraits que, sous le voile d’une fiction, le romancier a pu faire d’eux-mêmes ou de leurs amis. Ce livre vaut à Marcel Proust le statut de grand écrivain. Sa santé se détériore, il continue pourtant à travailler avec acharnement sur la première partie de "Sodome et Gomorrhe" dont il fait paraître quelques extraits dans la presse. Le volume est mis en vente le vingt-neuf avril 1921. À nouveau certains de ses amis s’irritent de se reconnaître. La deuxième partie sort au mois d’avril de l’année suivante. Ce sera le dernier ouvrage publié du vivant de Marcel Proust. Paradoxalement, les dernières semaines de sa vie seront très actives. Il ne lui reste plus que trois années à vivre et il travaille alors sans relâche la nuit à l'écriture des cinq livres programmés de "La Recherche".
"Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres. On ne reçoit pas la sagesse. Il nous faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous épargner. Soyons reconnaissants envers les personnesqui nous donnent du bonheur. Elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries". Ses sorties s’espacent de plus en plus. Au cours de la dernière qui date d’octobre 1922, il prend froid et la grippe s’installe. Proust refuse les soins de son médecin et de son frère Robert. Seuls breuvages tolérés, un peu de café et surtout de la bière fraîche que le fidèle Odilon, mari de Céleste va chercher aux cuisines désertes du Ritz. Elle le veille avec une abnégation remarquable. Bien qu’épuisée, elle refuse de quitter le chevet de son malade. Dans la nuit du dix-sept au dix-huit novembre, malgré son état de grande faiblesse, il appelle Céleste pour l’aider à travailler, ajoutant: "Si je passe cette nuit, je prouverai aux médecins que je suis plus fort qu’eux. Mais il faut la passer. Croyez-vous que j’y arriverai ?". Tous deux commencent une fastidieuse besogne de corrections et d’ajouts. À trois heures et demie du matin, à bout de force, il avoue: "Je suis fatigué, arrêtons Céleste, je n’en peux plus, mais restez là". Il lui fait alors des recommandations pratiques concernant ses papiers et ses cahiers. À l’aube, il réclame du café, puis demande à Céleste de le laisser seul. Céleste appelle le médecin qui lui fait une piqûre contre sa volonté, on lui pose des ventouses, on lui administre de l’oxygène, mais sans effet. Son frère Robert arrive et, après s’être consultés, les deux médecins décident de cesser leurs soins. Proust s’éteint le dix-huit novembre 1922 à quatre heures de l’après-midi, à l'âge de cinquante-et-un an. Ses funérailles ont lieu le vingt-et-un novembre, en l’église de Saint-Pierre-de-Chaillot, avec les honneurs militaires dus à un chevalier de la Légion d’Honneur. L’assistance est très nombreuse. Il est inhumé auprès de ses parents, dans la partie haute du Père-Lachaise, dans la division quatre-vingt-cinq.
"L’amour physique, si injustement décrié, force tellement tout être à manifester jusqu’aux moindres parcelles qu’il possède de bonté, d’abandon de soi, qu’elles resplendissent jusqu’aux yeux de l’entourage immédiat. La vie est semée de ces miracles que peuvent toujours espérer les personnes qui aiment". L'œuvre de Proust est le fruit du miracle et du bonheur. Son point de départ jaillit toujours de la coïncidence, dans l'esprit de l'écrivain, en un moment unique, d'une sensation auditive, olfactive ou visuelle et du passé. Chaque fois qu'il y a identité entre le présent et le passé, par l'intermédiaire d'un objet matériel, Proust se sent soulevé par une sorte de félicité divine qui donnera un élan nouveau à son œuvre. Cette coïncidence a pour effet de situer le narrateur hors du temps. C'est seulement lorsqu'il est libéré des servitudes temporelles que l'écrivain conçoit qu'il lui est possible d'écrire. Placé dans cette situation qui est à mi-chemin entre la vie vécue et la vie passée, il constate le bonheur qu'il éprouve et y voit une invitation à la création romanesque. La joie du narrateur est déjà la promesse, voire la certitude qu'il peut accomplir une œuvre. Maintenant que le "déchaînement de la vie spirituelle" est assez fort en lui, il décide d'écrire "À la recherche du temps perdu" précisément à partir d'impressions analogues. Le narrateur décèle chez Chateaubriand, Nerval, Baudelaire les mêmes réminiscences, qui sont pour lui le fondement de l'œuvre d'art. L'exemple de ces écrivains, qui tirent le même parti que lui de ces impressions en les utilisant pour donner naissance à un phénomène de mémoire, conforte Proust dans l'effort qu'il veut consacrer à son œuvre. La mémoire à laquelle Proust fait appel est la mémoire involontaire, puisqu'elle seule est capable de l'aider à déchiffrer avec vérité le grimoire compliqué de ses sensations. Mais la grande découverte proustienne est le temps dans le roman. On sait qu'en ce qui concerne la transcription artistique du temps, Proust considérait Flaubert comme un précurseur et comme l'écrivain qui "le premier a mis le temps en musique". En fait, malgré les apparences, rarement une œuvre est aussi solidement structurée. Tous les thèmes qui seront orchestrés par la suite se trouvent dans les ouvertures d'"À la recherche du temps perdu, pareils aux thèmes de la petite phrase qui laissent prévoir l'ensemble de la sonate: "Swann écoutait tous les thèmes épars qui entreraient dans la composition de la phrase, comme les prémisses dans la conclusion nécessaire, il assistait à sa genèse". Proust jette des "pilotis", des pierres d'attente disposés pour supporter le poids de l'édifice entier. La plupart des personnages qui auront à jouer un rôle sont annoncés dès "Du côté de chez Swann". L'œuvre se présente donc comme un essai d'une suite de romans de l'inconscient. La relativité du temps proustien, la mémoire involontaire situent l'ouvrage dans un monde qui n'est jamais tout à fait le passé, ni tout à fait le présent, mais qui participe des deux. Mais quand la mémoire est impuissante à faire apparaître à la surface de la claire conscience les souvenirs, quand l'effort pour arracher leur secret aux choses, pour percer le mystère enclos en chaque objet reste stérile, Proust ne dédaigne pas l'aide d'une seconde muse, le rêve, qui supplée aux défaillances des autres: "Le rêve était encore un de ces faits de ma vie qui m'avait toujours le plus frappé, qui avait dû le plus servir à me convaincre du caractère purement mental de la réalité, et dont je ne dédaignerai pas l'aide dans la composition de mon œuvre". Dès lors, le rêve et le sommeil sont bien souvent le support de l'œuvre de Proust, à commencer par "Du côté de chez Swann".
"Un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. Ce moi-là, si nous voulons essayer de le comprendre, c'est au fond de nous-mêmes, en essayant de le recréer en nous, que nous pouvons y parvenir. Rien ne peut nous dispenser de cet effort de notre cœur. Dans les personnes que nous aimons, il y a, immanent à elles, un certain rêve que nous ne savons pas toujours alors distinguer mais que nous poursuivons". Prétendre en souriant qu’on lit ou relit Proust masque souvent l’aveu d’un projet toujours remis. Risquer la traversée des sept volumes de la "Recherche" et dépasser le stade de la madeleine trempée dans le thé. Les handicaps d’un roman qui semble avoir à cœur de décourager le grand public font paradoxalement une bonne part de la célébrité de l’œuvre. Son ampleur inquiète le lecteur, aussi bien que ses thèmes où l’homosexualité et la mondanité tiennent une place essentielle, la personnalité même de l’auteur, dandy oisif et casanier, l’étroitesse de son monde, sa faible curiosité pour les questions sociales, son style même qu’on peut juger précieux, la fréquence déconcertante des métaphores et comparaisons, la longueur de ses phrases enfin, devenue légendaire. On entre "chez" Proust comme dans un musée et non en correspondance dans une gare. L’invective lancée par Céline dans "Voyage au bout de la nuit" (1932), où il faut toutefois faire la part de l’antisémitisme, résume l’opinion longtemps répandue: "Proust, mi-revenant lui-même, s’est perdu avec une extraordinaire ténacité dans l’infinie, la diluante futilité des rites et démarches qui s’entortillent autour des gens du monde, gens du vide, fantômes de désirs, partouzards indécis attendant leur Watteau toujours, chercheurs sans entrain d’improbables Cythères". Cela change à partir du milieu des années 1950 seulement, avec la première édition du roman dans la Bibliothèque de la Pléiade, la grande biographie de George Painter, et une série de travaux critiques signés par Michel Butor, Maurice Blanchot et surtout le philosophe Gilles Deleuze. En 1971-1972, au moment du premier centenaire de sa naissance, Proust est déjà devenu le plus grand romancier français de la période moderne. Le temps est le personnage principal de l’œuvre de Proust, celui qui a le dernier mot à la toute fin de l’œuvre et celui qui figure dans le titre général, "À la recherche du temps perdu", comme dans le titre du dernier tome, "Le Temps retrouvé".
"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. Cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Le rôle de la littérature est de révéler des réalités cachées sous des vérités acquises". Mais au-delà même de la "Recherche", selon laquelle "l’œuvre d’art est le seul moyen de nous faire retrouver le temps perdu", toute écriture vise à inscrire l’éternel au sein de notre temps linéaire et mortel: l’acte d’écrire est une victoire sur la mort. Dans la "Recherche", le personnage du narrateur qui est sensible aux lieux, objets ou personnes, donne une forme au temps. Ces atermoiements reflètent ceux de Proust lui-même, qui ne s’est décidé au grand œuvre qu’en 1909 seulement, après plusieurs tentatives erratiques. De 1909 à sa mort en 1922, Proust ne se détournera pas un instant du projet finalement arrêté, dont il parle comme de la construction d’une "cathédrale": un labeur de chaque nuit, un travail constant de rédaction, correction, addition, repentirs, les fameuses"paperoles" collées sur les premières versions dactylographiées, qui est sans autre exemple dans l’histoire de la littérature. Le lecteur qui tente la traversée est sûr de rencontrer des paysages variés. "À la recherche du temps perdu" est l’un de ces romans-mondes qui nous offrent de lire plusieurs œuvres en une seule. Roman de formation, roman d’analyse, roman d’aventures ou récit poétique. Roman balzacien dans sa façon d’envisager la société parisienne et un monde, l’aristocratie du faubourg Saint-Germain en train de disparaître, mais aussi formidable témoignage sur l’affaire Dreyfus et les années qui courent de la Belle Époque jusqu’à la première guerre, recyclant une partie de la littérature classique du Grand Siècle." La Recherche" incite chacun à se saisir de sa propre vie, telle que lui seul peut la comprendre et l'éclairer de son esprit. Cadeau immense qui, loin de clore la littérature, comme un instant de découragement peut le faire penser au terme d'un roman à nul autre pareil, où semble se peindre l'existence humaine, s'offre à l'infini de toutes les lectures imaginables, à tous les lecteurs que ce travail nourrit, enchante et console de leur précarité. À nous tous, écrivains de nous-mêmes.
Bibliographie et références:
- Céleste Albaret, "Monsieur Marcel Proust"
- Pierre Abraham, "La cathédrale de Proust"
- Pierre Assouline, "Autodictionnaire Proust"
- Jérôme Bastianelli, "Dictionnaire Proust-Ruskin"
- René Boylesve, "Réflexions sur l’œuvre de Marcel Proust"
- Georges Cattaui, "Marcel Proust, Proust et son temps"
- Ghislain de Diesbach de Belleroche, "Marcel Proust"
- Ramon Fernandez, "À la gloire de Marcel Proust"
- Diane de Margerie, "À la recherche de Robert Proust"
- André Maurois, "À la recherche de Marcel Proust"
- Juliette de Moras, "Marcel Proust et la littérature"
- Jean-Pierre Richard, "Proust et le monde sensible"
- Gilbert Romeyer-Dherbey, "La pensée de Marcel Proust"
- Jacqueline Risset, "Une certaine joie. Essai sur Proust"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie. Les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu'écrit la raison. Il faut demeurer entre les deux, tout près de la folie quand on rêve, tout près de la raison quand on écrit. Annette regardait la nuit. Elle comprenait que, avant de venir vivre à Fridières, elle ne l’avait pas connue. La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l’effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volet disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne nous lâchait pas, nous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires. Les vaches ruminent, moi aussi". Ne rien oublier du pays premier qui disparaît, de l’univers du Cantal et de la rivière Santoire, est sa démarche. Et par des courts romans, des descriptions de la réalité paysanne en évoquant les gens, les arbres, les bêtes, les objets, les odeurs, les brumes, les enfances et les choses, Marie-Hélène Lafon dans une écriture dense et superbe, dresse un portrait sans nostalgie, mais irrigué de tendresse, de la pesanteur du monde qui aura effacé le monde rural. "Nous vivons des temps de terrible hâte, de hâte obscène et vulgaire" constate Marie-Hélène Lafon, et elle oppose la lenteur de son écriture, l’intime de ses sentiments. Son écriture précise et poétique à la fois, douce et tranchante, se revendique ainsi de l’influence de Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet, "son triangle des Bermudes". Leurs ombres tutélaires planent sur ses mots, aussi celle de Flaubert, celui d’"Un Cœur simple", et de Faulkner, mais l’ombre du Cantal est la plus prégnante. Elle apporte en plus de cet univers commun de sensations et de la description du jadis, d’un monde qui fut et qui s’en va, "à bas bruit", une approche vibrante où les odeurs, les bruits, les choses et les non-dits, forment la trame des émotions les plus intimes. Il s’agit dans son écriture, comme d’un effleurement du monde, et les failles du silence y demeurent intactes, envahissantes. La rudesse du pays perdu scintille d’éclats soudains, et Marie-Hélène Lafon n’est pas dans une nostalgie élégiaque. Elle restitue ses traversées intérieures, sa géographie intime entre les vallées, la rivière, la maison et la mémoire et ses greniers et enfin le dur apprentissage des villes.
"Mon métier est de faire mes livres, et de combattre quand la liberté des miens est menacée. Quand on a l'esprit élevé et le cœur bas, on écrit de grandes choses et on en fait de petites". Pour parler de ces gens, les siens, reclus dans le silence, elle a pris la parole et le pouvoir des mots. Son court récit "Traversées" nous fait revenir au pays d’origine, à ses sources archaïques. "Quand je commence d’être, je suis plantée au milieu de la vallée, au bord du mouillé de la fente, plantée debout comme un arbre, et je sais, je sens, ça s’impose, que tout ce vaste corps du pays souple et couturé, avec la rivière, les prés, les bois, et par-dessus le ciel tiré tendu comme un drap changeant, je sens que tout ça était là avant moi, avant nous, et continuera après moi, après nous. La vallée, quand on l’envisage depuis le sommet du puy Mary, est inéluctable et vaste, comme si elle avait toujours déjà été là". Marie-Hélène Lafon est "debout commeun arbre" qui se souvient, obstinée, forte, sensuelle, elle est là. Elle est vivante depuis ce pays, sa maison d’enfance, sa traversée des villes, et elle a su se créer une langue originale et forte, dense, éclatante de simplicité, elle qui a su dépasser sa condition sociale originelle. Si elle a appris à faire la bourgeoise et à ne pas faire de bruit en mangeant sa soupe, elle a aussi appris à faire du bruit en malaxant les mots et en "restituant le monde", comme le titrait une émission d’Alain Finkielkraut avec André Dussolier de février 2013, qui fit découvrir la langue de Marie-Hélène Lafon. "Faire rendre aux mots le plus de jus, une étreinte verbale", est sa volonté. Et avec un côté artisanal, méticuleux, obsessionnel, elle nous rend une sorte d’évidence par une longue et lente maturation. "Elle le trouvait beau. Il ne ressemblait à personne. Il avait les yeux bleus. Il était pâle, il était clair, il était doux. Son pas était glissant et léger. Son corps ne sentait pas, ne pesait pas. On ne l’entendait pas, et il était là, dans le carré de lumière de la porte, silencieux et lisse. Parfois, il souriait. Il lui souriait. Il ne donnait pas de coups de pied au chien sous la table. Il ne crachait pas, il ne rotait pas, il ne lapait pas bruyamment sa soupe. Il ne riait pas fort avec les autres, qui beuglaient de toutes leurs dents, gorges ouvertes, quand le maître était d’humeur à plaisanter. Il connaissait les travaux des femmes. Il savait aussi le prix d’un sol bien frotté, d’un drap bien tiré sur des couvertures rafraîchies. Il respectait".
"Écrivez ! Noircir le papier est idéal pour s'éclaircir l'esprit. En journalisme, on peut aussi écrire une mauvaise page aujourd'hui à condition d'en écrire une bonne demain. Dans une pièce de théâtre, il faut déchirer la page mauvaise". "Elle eut pour lui de menues attentions de bête furtive, la framboise velue cueillie en cachette au jardin, tiède contre la langue, une feuille de menthe froissée près de la fontaine, qui parfumait les doigts et qu’il humait avant de la glisser dans la poche de son pyjama où elle accompagnait son sommeil dans la paix des nuits". Par sensations, par odeurs elle redit sa vie et celle des autres. "Tous mes livres sont extrêmement autobiographiques, tous, je me réinvente dans tous mes livres". Et "Les pays" qui mêlent paysans et paysages, gens du même pays dans une sorte de famille est le plus autobiographique de tous. Il décrit au travers de Claire son passage sans espoir de retour du monde du terreau, du monde premier, au monde du bitume, des livres. La ferme étant réservée au mâle, il faut par nécessité économique devenir fonctionnaire paisible, ou être saisie par l’écriture tardivement. Cette nouvelle vie doit s’arracher par les études, la volonté, même si les codes des autres lui échappent, afin de parvenir à réussir absolument, car les filles ne peuvent s’en aller du pays que par l’école. Et "les choses se font en se faisant", volontairement, obstinément dans la vie et dans l’œuvre de la romancière. Acculée à la nécessité d’écrire, elle écrit alors, libérée par son métier de la nécessité d’en vivre, elle peut sans cesse revenir fouiller le socle de la terre, de sa terre et de la condition humaine. Ce monde premier usé à force d’avoir été, et de continuer à être sempiternellement. Elle qui vient d’un monde infini et minuscule, restitue la maladie du temps. Elle parle de son écriture comme d’une lutte au couteau et sait restituer les rituels de son univers, où les choses se répètent au bout du silence. Dans "Liturgie" il est dit qu’il faut "pousser la neige des jours avec son ventre", et Marie-Hélène Lafon sait merveilleusement arracher son "droit" et ses jours avec le corps de tous ses mots.
"Chaque progrès dans l'art d'écrire ne s'achète que par l'abandon d'une complaisance. La chose la plus difficile, quand on a commencé d'écrire, c'est d'être sincère". Elle ne lâche pas, elle sait ses racines, elle porte avec ténacité avec elle "son terrier". "Il ne fallait d’ailleurs pas faire attendre, de manière générale, dans la vie, faire sans attendre, faire mais pas attendre". Elle a placé en exergue de ses livres cette citation: "Nous ne possédons réellement rien, tout nous traverse" (Eugène Delacroix, "Journal"). Ceci est une explication de bien de ses romans. Et sans nostalgie, elle sait "réchapper" de son enfance, de son pays sans oublier les arbres et les livres, les nuits et les rivières, le vent et les maisons. Ceci est son lien nourricier. Fidélité toujours au pays: "Le Cantal existe. Il est incontestable. Il est accroupi au centre de la mêlée des terres et tient bon. On le quitte, on y revient, on n’en revient pas, on le découvre, on le redécouvre, on l’espère, on l’attend, on le suppute, on le suppose, il désarme et désempare, il attendrit, il décourage, mais ne désespère point. On étreint le Cantal, à pleins bras, on le regrette, on le récite, on le flaire, on ne l’avale pas, on le déglutit, on le suinte, on le suppure, il s’avère virulent, il s’accroche, il résiste, il persiste, il s’exaspère, il demeure. J’en suis. De là-haut. J’en descends alors. Comme d’une lignée profonde. Ligne de vie, ligne de sens. Je n’en reviens pas de cette grâce insigne que c’est d’en être. Je n’en reviens pas et n’en veux pas finir de n’en pas revenir". Marie-Hélène Lafon refuse tout exil d’elle-même, mais par ses mots, d’une totale fidélité à l’endroit d’où elle vient, près de la terre natale de Georges Pompidou, elle sait faire savoir, faire sentir. Elle a su avoir le courage de "transgresser" l’usage de la parole des mots utiles de son milieu, les valeurs familiales, pour faire œuvre d’écrivain et opérer un travail au corps à corps avec le langage. Elle aura réussi à faire une langue à partir du monde enfui et du monde présent. Elle aura édifié des romances rugueuses. "J’écris par vocation pour une nouvelle vie, et mon rapport au monde passe par le corps et mon écriture aussi". La terre du Cantal est sa richesse.
"Écrire est un apaisement de soi-même. Il n'y a pas de romancier dans le monde qui ne soit inspiré de ce qu'il a vu et qui n'ait jeté ses inventions à travers des souvenirs". La biographie de Marie-Hélène Lafon se doit d’être discrète et attentive, comme elle. Aussi on mentionnera juste ceci: Marie-Hélène Lafon est née le premier octobre 1962 à Aurillac dans le Cantal. Agrégée de grammaire, professeur de Lettres, et écrivain, elle vit à Paris où elle enseigne les lettres classiques. Elle écrit depuis 1996 et publie depuis 2001 chez Buchet-Chastel des romans, des nouvelles. Elle a obtenu en 2001 le prix Renaudot des Lycéens pour "Le soir du chien". Il a été glané quelques autres parcelles de son existence dans ses quelques interviews, où elle parle de son arrachement à la terre-mère et au dur apprentissage des villes, là où elle se sent irrémédiablement gauche et étrangère. Marie-Hélène Lafon raconte de livre en livre ces années de passage, de cette fille de paysans du Cantal, née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance. Ils sont les derniers. Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres et s’engage dans ce travail avec énergie et acharnement. Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers alors inconnu. Elle n’oubliera rien du pays premier, et apprendra la ville où elle fera sa vie, qu’elle devra apprivoiser avec ses autres odeurs, ses autres paysages et codes. Elle obtient ensuite un diplôme d'études approfondies (DEA) à l'université Paris III-Sorbonne Nouvelle puis un doctorat de littérature à l'université Paris VII-Denis Diderot. Elle a consacré sa thèse à Henri Pourrat, ethnologue et écrivain auvergnat. Elle devient agrégée de grammaire en 1987. Elle enseigne le français, le latin et le grec dans le collège Saint-Exupéry dans le quatorzième arrondissement de Paris, en banlieue parisienne, puis à Paris, où elle vit. Célibataire et sans enfant, elle déclare n'en avoir "jamais voulu". "Les Pays" est sans doute son roman le plus autobiographique et en même temps un roman d’initiation, son initiation à la ville sans oublier la terre d’enfance.
"Écrire, ce n'est pas vivre. C'est peut-être survivre. Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie. Écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres". Marie-Hélène Lafon dit que sa vie, donc son écriture, est une tentative têtue "d’épuiser le réel et de lui faire rendre gorge, et de le faire passer par le tamis des mots", pour le restituer aux autres, le faire ressentir presque physiquement, elle, toujours lourde du pays premier, rend celui-ci frémissant et proche par mille détails". Il faut que tout s’incarne, y compris le vent dans ce que j’écris". Apprendre sa nouvelle vie sans désapprendre l’autre, celle arrimée aux herbes folles, aux grands yeux humides des vaches, à l’amitié des chiens, à la belle rudesse des gens, son travail. Ses romans recomposent son enfance, sa vie, ses lieux, ses milieux, ses souvenirs. "Je suis toujours autobiographique, même si je raconte l’histoire d’un poisson" (Fellini), est une citation chère à la romancière qui parle du côté violemment autobiographique de ses romans. "Annette espérait que ceux d’en bas finiraient par s’endormir, par les oublier, pour mieux se rendre compte un jour, ensuite, que les deux, eux, la femme et l’enfant, les recueillis, faisaient désormais partie du paysage, avaient creusé le sol sous eux, pris corps et racine, au point que l’on ne saurait leur retirerce qui était acquis pour les renvoyer au rien, à ce flottement des petites villes hagardes où des femmes élimées élèvent seules les enfants dans des logements de hasard. Annette gardait au fond d’elle sa peur ancienne et s’appliquait à lui tenir tête tant il fallait à Fridières tout apprivoiser. Les bruits de la nuit étaient une aventure. La lumière du jour, fût-elle en hiver avare et sans aménité, tenait à distance ce qui, aux premières poussées de nuit, se déployait pour tout prendre. Annette avait réfléchi. Des hommes, des femmes étaient nés et morts dans cette maison, dans les chambres du bas dont on apercevait parfois, l’été, quand les fenêtres étaient ouvertes, les entrailles encombrées de meubles luisants".
"Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu'ils parlent très bien, écrivent mal. Il est beau d'écrire parce que cela réunit les deux joies: parler seul et parler à une foule". Elle qui aura vécu dans sa ferme isolée à mille mètres d’altitude jusqu’à l’âge de dix-huit ans, va de façon tenace, obstinée, appliquée, paysanne, se créer un autre pays par les voies étranges de la grammaire, du latin et du grec. Sorbonne, Paris, ceci deviendra son second pays sans que jamais le pays premier ancré en elle ne s’oublie. Et elle devra "apprivoiser" le corps animal de la ville. Et comme boursière, lutter pour ne pas redoubler, avec "la peur au ventre" d’échouer, car elle n’a pas le choix, pour enfin réussir à devenir "une fonctionnaire". Et avec acharnement, comme elle ferait les travaux des champs elle étudie laborieusement, méticuleusement, sillon après sillon. Et Marie-Hélène Lafon, farouche et solitaire, parle pour tous ceux à qui l’on n’a pas donné la parole, ou qui ne savent pas la prendre, figés dans leur silence. Maintenant libre de contraintes de succès commercial, elle continue à enseigner: "Je ne vis pas de mon métier d´écrivain, car je vends modestement. J´enseigne en collège, et pas seulement pour des raisons financières, mais j´aime mon métier d´enseignante. Cela a du sens pour moi, d´enseigner le français, le latin et le grec". Marie-Hélène Lafon, Claire dans le livre, sait que son ancien monde est un monde finissant, et donc tout retour est impossible. Elle laisse alors derrière elle autant son enfance que son monde fini, passant du paysan à l’entreprise agricole. "La paysanne de Paris", la fille à jamais du pays, sans mièvrerie aucune, parle de la vie réelle, dure, les yeux ouverts, les mots ouverts, le Haut-Cantal au cœur, ce "monde premier, ancien, antédiluvien, et voué, à ce titre, à la mort lente de ce qui a trop vécu". Marie-Hélène Lafon est entrée en écriture comme en transhumance intérieure. Elle est tard venue à l’écriture, à trente quatre ans, en 2001, pour une publication à trente-neuf ans. Elle en aura fait sa nouvelle vie, osant transgresser les lieux d’origine, et l’usage habituel de la langue. Une dizaine de livres après elle aura balisé son passage terrestre. "Écrire ça commence comment ?J’ai attendu longtemps. J’avais trente-quatre ans, c’était à l’automne 1996, et j’ai eu le sentiment de manquer ma vie, de rester à côté. J’étais comme une vache qui regardait passer le train et les vaches ne montent pas dans les trains. Je me suis assise à ma table et j’ai commencé à écrire".
"Écrire c'est confier sa voix à la vérité d'un silence, à la justesse d'un souffle, tremblant dans son envol, lumineux dans son déclin. Je suis montée dans le train de ma vie, et n’en suis pas redescendue depuis. Non pas qu’écrire soit toute la vie, toute ma vie, mais je dis volontiers qu’écrire est pour moi l’épicentre du séisme vital, ou que je ne me sens jamais exister aussi intensément que quand j’écris. Je dis aussi que j’écris à la lisière, en lisière. C’est d’abord sociologique. Je viens de loin, d'une famille de paysans du Cantal, où le livre existait peu, où, à l’exception d’une grand-tante restée vieille fille, la tante Jeanne, personne, jusqu’à ma sœur et moi, n’avait fait d’études, où, en d’autres termes, il n’allait pas du tout de soi d’entrer en littérature, d’abord avec les livres lus, ensuite avec ceux que l’on tend à écrire et que, je le constate, on écrit et publie, on étant indéniablement moi. Lire des livres pour étudier, pour avoir un métier, pour devenir par exemple fonctionnaire, professeur, comme ma sœur et moi l’avons fait, est licite, voire encouragé. Un tel parcours, bien que courant dans les années soixante-dix, peut même passer pour un objet de fierté, mais écrire des livres, c’est une autre affaire, ça sépare, ça échappe. Je suis dans cette échappée, cette séparation du lieu d’origine sociale et culturelle, Par ce fait même, je suis à distance, je reste à distance aussi du milieu d’accueil, dirais-je, celui dans lequel se passe ma vie, ici et maintenant. C’est l’apanage des transfuges sociaux, d’où qu’ils viennent. C’est ce que j’appelle être à la lisière, entre deux mondes, en tension entre deux pôles, tension féconde et constitutive, je le crois, de l’écriture". Elle est en tension perpétuelle entre son pays de jadis et son pays actuel, Paris. Elle n’est en rien un écrivain régionaliste, elle n’embellit pas le réel âpre, dur, c’est "une écriture de la terre, une écriture du monde paysan, mais sans jamais être une écriture du terroir ou même régionaliste. Car si je suis issue de ce monde rural, je n´ai jamais été un écrivain de terroir. Je suis aux antipodes de cela". Sa lucidité lui permet de redonner les aspects d'un monde en voie de disparition.
"J'écris un peu avec une main d'aveugle, j'écris en lançant ma main dans le noir du langage pour trouver les mots qui vont éclairer, me soutenir, me faire continuer et m'aider à vivre". "Elle remontait le cours de la rivière, elle allait au long des plateaux d’herbe rase. Cette marche hors les routes, hors les sentiers des hommes, par tous les temps, pour rien, sans fusil, sans chien, seule, suffisait à la signaler à l’attention de tous, à l’isoler. Plus encore que le reste, que l’extrême pâleur de la peau, le noir des vêtements, l’exubérance des cheveux fauves, l’appartenance à un lointain pays de bordde mer, et ma dévotion. On ne se donnait pas ainsi à une jeune femme qui ne parlait à personne. On tenait la barre". En 2015, le téléfilm "L'Annonce" est adapté de son roman éponyme de 2009, réalisé par Julie Lopes-Curval, avec AliceTaglioni et Éric Caravaca, produit par Arte. Une histoire d'amour entre deux personnes qui ont du mal à se parler, qui vont apprendre à se découvrir. Tourner à Picherande, dans cette Auvergne rude, âpre, sauvage était une évidence. "On voulait de la neige", ajoute celle qui garde comme souvenir de l'Auvergne des vacances à Allanche. "J'étais petite, j'avais adoré". Dans ce décor de contes, où l'Ysengrin du Roman de Renart ne semble jamais loin, elle raconte l'histoire d'Annette, mère célibataire qui vient vivre avec Paul après avoir répondu à une petite annonce. Marie-Hélène Lafon reste fidèle à sa terre, et sa langue forte, dense sans complaisance, est "un tombeau" vibrant pour son pays. Elle traque avec ses mots ce qui est à peine dit dans ce territoire de taiseux. Elle sait rendre compte du "silence rugueux", du refus de parler de soi, de se dire, de ceux qui vivent au ras du réel. Presque jamais de dialogues dans ses livres, car on ne se parle que pour le concretet l’utile et non pour échanger. Elle doit rebâtir sa demeure loin de sa demeure natale, mais toujours irriguée par elle. Elle refuse toute nostalgie, toute volonté de retour, elle écrit une langue qui fait honneur à ce monde et ses habitants. Elle conserve ce qu’elle nomme "le lien nourricier" avec ce pays. Elle a un rapport charnel, sensuel, organique avec les éléments, les saisons, les choses, les sensations qui irriguent le corps. Et elle sait alors le restituer, elle qui a laissé son enfance terrienne pour affronter et vivre en ville, "univers minéral, sans silence, avec la promiscuité des autres" alors que l’on connaissait les espaces et le silence enroulé aux jours. Ainsi dans "Album" qui est un abécédaire choisi, où l’on irait de "Arbres à Vaches" en passant par "Chiens", "Journal," ou "Tracteurs". Ce serait l’os des choses, leur velours, et comme une belle déclaration d’amour répétée vingt-six fois. L'écriture, pour la romancière, c'est le cœur qui éclate en silence.
"Le tremblement d'un pétale quand une goutte de pluie le heurte. C'est cette vibration que je cherche dans l'écriture, l'imperceptible inquiétude de l'âme en paix". Et cela sous forme d’un bouquet de prose poétique, et qui forme, d’après elle, "le socle de son écriture". Cet inventaire de ce qui la tient au monde, des arbres, des choses, des êtres, forme le plus lumineux de ses mots. Ses romans ont tous un lien de filiation entre eux et disent l’histoire de ce monde à bas bruit, avec amour, et lucidité. Comment on les vit, comment on les quitte ("Les pays"). Si elle est partout dans ses mots, elle sait les détourner, les transformer, les métamorphoser pour atteindre à un certain universel. Par les rituels énoncés: le journal "La Montagne", ses pages froissées, et sa lecture en commençant par les annonces de décès, reliant les gens à la mort et au temps des autres, par les "choses vertes", vent, rivière, vallée, par les odeurs et les bêtes, tout est dit. Et dit dans une sorte de langue granitique, battue par les herbes de la solitude, de la lumière des arbres, et du mystère des êtres. Et surtout et encore les vaches qui sont son repère fondamental. "Je suis un écrivain de lisière et un écrivain de sillon". Relativement en marge, Marie-Hélène Lafon laboure inlassablement son territoire. Je travaille comme on laboure. C’est d’abord une question de matériau: l’enfance et les origines sont paysannes, plantées dans la terre, et, jusqu’à présent, sans que je sache pour combien de temps encore, j’éprouve la nécessité d’écrire à partir de là". Elle écrit sans notes préliminaires, ou de projet préalable de romans. Puis très humble artisane, très obsessionnelle, elle rédige une première version papier, puis sur ordinateur et commence un lent travail de maturation. Elle lit à voix haute ses pages pour faire passer ses mots "au tamis du corps", l’entendre sonner pour savoir si les phrases tiennent, sinon elle les rabotent sans cesse, les polit et les repolit. "Ensuite j’émonde, j’élague, je taille dans la matière, je fouille dans le terreau du verbe pour exhumer, extirper le mot précis, le rythme juste, au souffle près, à la virgule, au point-virgule près. Le travail d’écriture est une étreinte avec la matière verbale, c’est de l’empoignade, c’est long, ardent, parfois violent, et c’est, à mon sens, organique parce que c’est une patiente affaire de matière et de corps. Mon rapport au monde passe par le corps et mon écriture aussi. Je ne lâche jamais un texte pour publication éventuelle sans l’avoir au préalable mâché, ruminé, et dit, prononcé, proféré à voix haute, ce qui implique de passer littéralement mot après mot par le corps, le ventre, la bouche. En partageant la joie, vous la multipliez. Et écrire, c'est partager pour multiplier".
"Entre moi et le monde, une vitre. Écrire est une façon de la traverser sans la briser. Je tiens le feutre loin de sa pointe. Si j'appuie trop, ma phrase se brise". Marie-Hélène Lafon dit qu’elle n’invente rien, qu’elle restitue jusqu’à l’infime les détails vus, vécus, sentis. "Je n’ai aucune imagination" avoue-t-elle. Aussi elle va alors puiser sa place dans la vie dans l’écriture en puisant ses traces et ses témoignages chez les "derniers des Indiens". Sans mensonge aucun, mais avec toute sa chair pour que son écriture "nous traverse". Aussi tous ses récits sont issus de son socle géographique. "Tous les motifs de mes livres sont traçables". Soit, mais sans la splendeur et l’honneur de sa langue cela ne serait alors que documentaire, souvenirs ou anecdotes, or c’est une œuvre. Elle prend ses distances, par pudeur, par recréation de l’écriture, toujours entre ses deux mondes. Elle "s’abrite" ainsi du poids autobiographique toujours présent, latent. Elle scrute, elle ne juge pas. Marie-Hélène Lafon est un écrivain à la langue limpide et dense, une voix essentielle et originale dans la littérature française. Son écriture concise, épurée, précise, ouvre bien des espaces intérieurs, laboure les mots violemment, documente le réel. Aussi, elle arpente le pays de la langue pour l’adapter à chaque roman, ne se souciant pas de créer un style, que pourtant chacun de ses livres construit un peu plus profondément comme le lit d’une rivière, toujours recommencé. Ses mots sont de la matière, le déroulé d’une géographie intime. Sous la double illumination de Félicité, l’héroïne "D’un cœur simple" de Flaubert, et "Des vies minuscules" de Pierre Michon, elle accomplit une sorte de mission en suivant ses pistes. Et elle nous donne à entendre des récits de vie. Elle sait faire s’incarner, nous rendre tangible, immédiatement proche son monde, celui des derniers Indiens, accablés de besogne homérique et d’emprunts qui ne le sont pas moins. Celui aussi des derniers ouvriers agricoles. Dans "Joseph" (2014), donc ouvrier agricole, avec ce prénom qui sent la mort et qui est assigné à la résidence de la mort, elle parle à nouveau de ce pays perdu qui s’enva à bas bruit pour laisser place à un nouveau monde moins rattaché à la terre et aux bêtes. Ce roman parle d’un corps, d’un corps parmi les corps, avec ses mains, son soin de la propreté et de la netteté malgré son gouffre dû à la boisson. Elle parle d’une ordinaire épopée de haute solitude. Celle d’un déclassé, immémorial, qui malgré l’irruption de repères temporels comme la télévision, les allusions à l’actualité, reste inscrit dans la mort longue de tout un temps. Il se tait, rumine des dates et des pensées avec une solitude peuplée seulement de l’amour des bêtes, du respect et de la volonté de tenir, et surtout des paroles de son monde intérieur. Joseph est un simple témoin, un voyeur de la vie des autres.
"On écrit pour en finir avec soi-même mais dans le désir d'être lu, pas moyen d'échapper à cette contradiction". "Dans cette ferme, on faisait encore vraiment attention aux bêtes, pas seulement pour l’argent, pour l’honneur aussi, et parce que les bêtes ne sont pas des machines. L’hiver elles dépendent, pour les soins et la nourriture, ça fait devoir". Et il tient, et se tient. Il n’est pas ce héros au cœur simple que les critiques répètent en boucle. Non il est complexe, souterrain, résigné, mais homme de devoir, homme d’honneur. Marie-Hélène Lafon parle "d’un road movie immobile". Elle se refuse à toute psychanalyse ou explication de ses personnages. Elle se contente seulement de les entendre penser. Elle montre, elle redonne les mots pour redire "un monde périmé". "J’écris en tirant le catafalque de l’agriculture qui s’en va". Comme une greffière de la mort d’un pays. Et cela donne comme dans son dernier livre "Joseph" une langue âpre, opaque parfois, compacte aussi, tendue toujours. Des phrases qui s’enchaînent comme des versets, des phrases longues ou très courtes et qui doivent épouser le tourbillon interne du personnage. Des vieux mots perdus sont remis à l’honneur, l’honneur vertu cardinale dans les romans de Marie-Hélène Lafon. Elle respecte ses "héros" et refuse de les jeter en pâture aux lecteurs. Elle veut écrire comme un poing serré. Sa ponctuation très particulière, avec un grand usage des points-virgules, ses mots précis et lapidaires parfois, construisent une langue hypnotique et noueuse. "J’avance à tâtons, je malaxe la phrase, pour moi c’est sensuel et terrien". Elle ravaude sans cesse les pièces de son "terreau constitutif". Elle semble se méfierde tout lyrisme débordant, de tout pathétique, qu’elle hait, elle murmure, suggère inlassablement, et la beauté discrète ruisselle de ses romans. Une musique douce et feutrée, parfois tranchante aussi, monte comme une incantation."Quand on rentre dans une étable bien tenue, l’odeur large des bêtes est bonne à respirer, elle vous remet les idées à l’endroit, on est à sa place". Et son écriture sonne comme des vérités perdues et retrouvées, qui restent à leur place essentielles. L’écriture de Marie-Hélène Lafon ne ment jamais, et veut garder un ton juste par-dessus tout. Son écriture lentement ruminée vous saisit, ne vous quitte plus. Elle semble résurgence. Nul misérabilisme, nul attendrissement, seulement une immense empathie et un respect profond qui l’amène à peser soigneusement chacun de ses mots. D’ailleurs ses romans sont lus et appréciés par les gens de son pays, qui disent: "c’est nous, on se reconnaît bien". Elle se fait mission de mettre des mots sur le silence des gens. Elle a sa noble devise: "Se tenir et tenir", et chacun de ses livres tient en nous et prend une place considérable. Elle obtient le prix Renaudot le trente novembre 2020, pour son roman "Histoire du fils". Avec cette fresque familiale sur trois générations, elle rencontre un grand succès public, dépassant les cent-mille exemplaires vendus. "Je suis là. Je me tiens là, à cette place, j’essaie de le faire. On continue,ça continue". Marie Hélène Lafon est un immense écrivain, elle est là, bien là, et l’émerveillement continue toujours.
Bibliographie et distinctions:
- Juliette Einhorn, "La terre fertile de Marie-Hélène Lafon"
- "Le Soir du chien", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2001
- "Sur la photo", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2003
- "Mo", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2005
- "Les Derniers Indiens", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2008
- "L'Annonce", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2009
- "Les Pays", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2012
- "Joseph", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2014
- "L'Annonce", téléfilm réalisé par Julie Lopes-Curval
- "Nos vies", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2017
- "Histoire du fils", Éditions Buchet/Chastel, Paris, 2020
- Prix Renaudot des lycéens 2001 pour "Le Soir du chien".
- Prix Renaudot pour "Histoire du Fils" en 2020.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Seule la mort est gratis, et encore, elle vous coûte la vie. Une des conditions fondamentales de l'amour est de se sentir valorisé parce qu'un autre vous place au premier rang de ses aspirations. Dans l'interprétation d'une œuvre musicale il y a un point où s'arrête la précision, et où commence l'imprécision de la véritable création. L'attrait essentiel de l'art réside, pour la plupart, dans la reconnaissance de quelque chose qu'ils s'imaginent comprendre". Cette femme qui nous toise, impériale et distante, a reçu le Prix Nobel en 2004 pour une œuvre d'une rare violence. Violence faite à la langue, violence imposée aux lecteurs, infligée à elle-même. De ce rôle d'imprécatrice, de cette image hautaine, elle souffre, fatiguée d'assumer sans répit la tâche de rappeler à l'Autriche sa tache originelle, son passé nazi enseveli, jamais liquidé. Elle est née le vingt octobre 1946 à Mürzzuschlag, en Styrie, dans les montagnes où se jouent son maître-livre, "Enfants des morts", et plusieurs de ses livres. Mais elle a grandi à Vienne, dans un cocon familial, terreau à schizophrénie. Une mère, bourgeoise, catholique, qui abuse de son pouvoir. Un père juif, opposant au nazisme, engagé à gauche, détruit par la guerre. Les deux sombreront dans la folie, lui très tôt, désertant la place, elle à la fin d'une longue tyrannie, à quatre-vingt-dix-sept ans. "Et c'est peut-être cette même folie que je côtoie dans mon écriture. Je parviens tout juste à me maintenir au bord, j'ai toujours un pied qui dérape dans l'abîme". Entre les deux, une petite fille destinée à être une grande musicienne, soumise à un dressage inhumain, privée d'enfance, qui se "claque" la tête contre les murs, formée "à l'école de la destruction". À dix-huit ans, une crise d'angoisse l'enferme dans sa chambre, agoraphobe, durant une année. Elle la passe à lire, la poésie américaine mais aussi des romans de gare, de la littérature trash, et à regarder des séries à la télévision "de manière presque scientifique", matériau dont elle saura tirer par la suite des effets d'écriture, particulièrement dans "Les Amantes", où l'on voit deux filles se faire engrosser pour se trouver un mari. C'est dans cette réclusion que la jeune femme commence à écrire. Des poèmes érotiques qui ont pour fonction de sublimer une libido écrasée. Dans "La Pianiste", son texte le plus autobiographique, on voit à l'œuvre les ravages d'une éducation mortifère. C'est son roman le plus connu, à cause du film de Michael Haneke (2001). Mais la poésie n'est pas sa voix. "Je ne suis pas quelqu'un de la réduction", reconnaît-elle. Il faut "que ça fuse dans tous les sens". Dans les années 1970, elle pratique alors le cut up, l'écriture aléatoire. Bouillonnante et révoltée, c'est à ce moment aussi qu'elle s'engage politiquement. "Pour bien s'y prendre avec les femmes, il faut connaître le secret. Il n'est pas absolument nécessaire d'être médecin pour éventrer les gens, mais il est préférable de l'être si l'on veut dénicher le serpent logé dans le ventre, ce vilain serpent qui nous a jadis induit en tentation". Elle s'engage en politique contre sa mère qui honnit la "racaille de gauche". Surtout par fidélité envers le père qui abdiqua toute autorité paternelle sauf pour imposer la manifestation du premier Mai. Elle entre même au Parti communiste, pour y rester jusqu'en 1991. Ce qu'aujourd'hui elle considère avec étonnement sans rien renier: "Je n'ai rien perdu de mon anticapitalisme, de ma haine de la destruction et de l'injustice sociale engendrée par un tel système". Ce qu'elle a perdu, en revanche, c'est l'illusion que l'art peut changer les choses. Pourtant, comme tant d'écrivains autrichiens, elle ne cesse de rappeler à son pays son allégeance au nazisme, la complaisance envers les anciens membres du Parti, l'amnésie générale. Le retour de Kurt Waldheim à la présidence en 1986, puis, la montée au pouvoir de Jörg Haider, l'antisémitisme renaissant poussent Elfriede Jelinek à se radicaliser.
"Erika ne sent rien et n’a jamais rien senti. Elle est aussi insensible que du carton goudronné sous la pluie"."Mais je tiens à dire que ma conscience juive n'a rien à voir avec le judaïsme ou la religion juive". Dans les années 1980, sa pièce "Burgtheater" fait scandale. En 2000, à Salzbourg, une affiche qui la représente est lacérée puis retirée. C'est alors elle-même qui se retire, interdisant que ses pièces soient jouées dans son pays, "par hygiène personnelle". "Je suis la caution de l'opposition aux nazis, aux néonazis, à la droite, au fascisme clérical, mais de ma démarche esthétique, il n'est jamais question", se plaint-elle. "Il est au fond arrivé un peu la même chose avec Thomas Bernhard", ajoute-t-elle. De cet auteur auquel on la renvoie souvent, elle perçoit avant tout "l'incroyable musicalité" alors qu'elle-même travaille les dissonances, la destruction de la musique qui a failli la détruire. Son modèle à elle, aux antipodes de son esthétique, c'est Robert Walser, "aussi bas que les fleurs", dont elle scelle toujours une phrase dans ses livres. Quant à elle, cataloguée comme politique et féministe, elle se voudrait "un auteur méditatif". D'abord effrayée par le poids du Prix Nobel, perçu comme un hommage à toutes les femmes, elle a fini par le recevoir comme une reconnaissance de son travail d'écriture. Dans son discours de Stockholm, intitulé "À l'écart", il n'est question que de la langue, cette entité qui est "la gardienne de sa prison", dont elle semble être coupée. "Je suis le père de ma langue maternelle". "L'art et l'ordre, parents ennemis. En sport la camaraderie s'arrête là où l'autre risque de vous gagner de vitesse". Cette phrase énigmatique renvoie à la défection du père mais aussi à l'impossibilité d'utiliser innocemment un langage souillé à jamais par tout ce qu'il a dû "cracher". Cet instrument, qu'elle compare aussi à "un chien en laisse qui tire celui qui le tient", elle le tord et le triture, le plie aux "assonances, variations, amalgames" jusqu'à ce que quelque chose s'écrive "qui relève aussi en partie de l'inconscient". Elfriede Jelinek se situe dans une esthétique du choc et de la lutte. Sa prose trouve, de manière exhaustive, différentes manières d’exprimer l’obsession et la névrose et vitupère à l'extrême jusqu'à l'absurde contre la phallocratie, les rapports de forces socio-politiques et leurs répercussions sur les comportements sentimentaux et sexuels. La rhétorique pornographique, exclusivement masculine, est déconstruite et dénoncée et le pacte inconscient qui consiste alors à voir le triomphe de l’homme sur la femme, analysé et fustigé. La décision de l’Académie suédoise pour l'année 2004 est inattendue. Elle provoque alors une controverse au sein des milieux littéraires. Certains dénoncent la haine redondante et le ressentiment fastidieux des textes de Jelinek ainsi que l’extrême noirceur, à la limite de la caricature, des situations dépeintes. D'autres y voient la juste reconnaissance d’un grand écrivain qui convoque la puissance incantatoire du langage littéraire pour trouver une manière neuve et dérangeante d’exprimer le délire, le ressassement et l’aliénation, conditionnés par la culture de masse et la morale régnante. La polémique atteint également les jurés du prix Nobel. En octobre 2005, Knut Ahnlund démissionne alors de l'Académie suédoise en protestation de ce choix qu’il juge "indigne de la réputation du prix". Il qualifie l’œuvre de l’auteur de "fouillis anarchique" et de "pornographie", "plaqués sur un fond de haine obsessionnelle et d’égocentrisme". Après l'attribution du prix, Elfriede Jelinek dit profiter de l'argent de la récompense afin de vivre plus confortablement et arrêter les traductions auxquelles elle est astreinte pour subvenir à ses besoins. La femme de lettres n’en est pas pour autant rentrée dans le rang. Malgré son statut de grande dame de la littérature de langue allemande, elle garde et mérite, en Autriche, sa sulfureuse réputation de "pétroleuse". Elfriede Jelinek s’insère dans la tradition des grands polémistes, misanthropes et grands satiristes viennois tels que Karl Kraus, Kurt Tucholsky ou Thomas Bernhard. La vigueur de sa pensée et l’originalité formelle de ses œuvres en font malgré tout l’auteur majeur de sa génération.
"Les applaudissements sont encore plus forts qu'avant l'entracte, car tous sont soulagés que ce soit fini. La mère dit qu'elle a sur le bout de la langue la citation latine de ce qu'elle vient de mentionner, qu'on apprend pour la vie et non pour l'école. Elle possède un réservoir de proverbes et de maximes". Elfriede Jelinek est née le vingt octobre 1946, à Mürzzuschlag dans la province de Styrie en Autriche. Après des études musicales au Conservatoire de musique de Vienne, elle étudia le théâtre et les beaux-arts à l’université de Vienne. C’est en 1968 qu’elle composa ses premiers poèmes. Son père décéda en 1969 dans une clinique psychiatrique. Le parcours de son père, chimiste, qui avait pu échapper à la déportation et fut enrôlé pour le travail forcé, a profondément marqué l’écrivain: "Mais qui suis-je ? La vengeresse ridicule de mon père accrochée au passé comme une mouche dans l’ambre jaune". Comme cela est le cas pour beaucoup d’écrivains de deuxième génération, le traitement littéraire du traumatisme n’est assurément pas un aspect mineur de son œuvre. C’est à ce titre qu’il doit être pris en compte. En 1969, engagée dans les mouvements estudiantins, elle participa aux discussions littéraires de la fameuse revue "Manuskripte". Elle était proche du groupe de Vienne, écrivains inspirés par le dadaïsme, la littérature baroque, le surréalisme, la philosophie de Wittgenstein et la littérature expérimentale. Les années 1970 furent consacrées à l’écriture de pièces radiophoniques, de traductions et de scénarios. En 1975, "Les Amantes", "Die Liebhaberinnen", son premier roman, célébrait un nouveau féminisme. Apprécié par le grand public et couronné de nombreux prix, il souleva néanmoins de vives polémiques. Son auteur, cynique et sans cœur, se désolidarisait de ses protagonistes féminines. Puis vint le premier scandale, en 1983, lors de l’avant-première de "Burgtheater". Dans cette pièce dont le titre est le nom du prestigieux théâtre national viennois, Jelinek s’attaquait à l’implication dans l’appareil de propagande nazi des artistes, comme Paula Wessly, l’une des comédiennes les plus populaires en Autriche. La presse, choquée que la vérité sur l’icône du théâtre viennois eût vu le jour, fit de Jelinek une Nestbeschmutzerin, celle qui souille son nid. Jelinek interdit alors donc la représentation de "Burgtheater" en Autriche qui n’y fut jouée que vingt ans plus tard. La femme de lettres démontra toute sa ténacité. "Il n'y comprendra rien, sera anéanti, et par la suite laissera sa fille en paix. Dans la famille de la mère, la culture est une tradition, elle n'est jamais laissée à l'initiative personnelle, étant trop précieuse pour cela. La savoir, le voilà le plus précieux des biens". Lors de la parution de "La Pianiste" en 1983, l’auteur fut alors insultée et en 1989, avec "Lust", elle s’attira la foudre de la presse. En 1995, suite à une campagne de diffamation déclenchée contre Elfriede Jelinek par le parti autrichien d’extrême droite, le FPÖ, l’écrivain refusa alors que ses pièces soient jouées dans les théâtres nationaux. En février 2000, après l’entrée dans la coalition gouvernementale de membres du FPÖ, parti autrichien d’extrême droite, Elfriede Jelinek interdit, une nouvelle fois, la représentation de ses pièces. En dépit de ses nombreux détracteurs, son œuvre fut couronnée par de nombreux prix prestigieux, dont le prix Nobel en 2004. Ce fut l’occasion d’un nouveau scandale, provoqué par Knut Ahnlund, membre de l’Académie suédoise, qui quitta définitivement son siège et fut rejoint dans un concert de critiques moralisatrices par le Vatican. Le portrait que brosse alors la presse autrichienne et étrangère de l’écrivain oscille entre pornographie et prix Nobel. Avant cette consécration, qui fut loin de faire l’unanimité, Elfriede Jelinek, qui fut pendant des décennies la tête de turc de la presse populaire en Autriche, s’est peu à peu retirée de la sphère publique. Le rapide cadre imparti ici ne suffirait pas à énumérer les scandales qui éclatèrent à propos de ses œuvres.
"Souvent la mère est prise d’inquiétude, car tout possédant doit apprendre d’abord, et il l’apprend dans la douleur, que la confiance c’est bien, mais le contrôle c’est mieux". Les œuvres de Jelinek sont lues dans différentes perspectives: littérature féminine, démythification, recherche sur la langue, études de la mise en scène de ses textes très souvent adaptés, critique de l’Autriche et du mensonge qui a permis de consolider une identité nationale très ébranlée après 1945 et après son occupation pendant dix ans par l’Union soviétique, critique de la société de consommation, réflexion sur l’oppression, sur la nature dans la littérature. Dans son entreprise de déconstruction, c’est à la langue que Elfriede Jelinek s’attaque d’abord avec la virtuosité de musicienne qui est la sienne. Jelinek, musicienne pendant toute sa jeunesse, devient compositeur quand elle prend la plume. Elle-même y fait allusion lorsqu’elle fait apparaître de façon récurrente des noms de compositeurs et des citations de leurs œuvres, par exemple: "La Belle Meunière" de Franz Schubert dans "Dans les Alpes", les trios de Haydn et une sonate d’Alban Berg dans "Les Exclus", et Clara et Robert Schuman, protagonistes de "Clara S". Elfriede Jelinek livre sans retenue ce qui la taraude, la terre allemande est de la cendre. "Ce qui vient de vous est toujours un facteur de risque, mieux vaut l'éliminer. Par ailleurs elle n'aimerait pas voir ces deux-là disparaître sans surveillance dans la chambre de jeune fille d'Anna aménagée par ses soins". Et au fil des années, la complexité des textes de Jelinek s’accentue, l’intertextualité devient presque inextricable. L’illisibilité des textes, dissonance assourdissante plus qu’harmonie musicale, semble pourtant accoucher d’un motif qui parcourt l’ensemble de son œuvre. Au cœur de celle-ci git un corps torturé. Ainsi dans le village de Rechnitz, le devenir des cadavres des déportés juifs reste mystérieux car la fosse commune, où ils sont susceptibles d’avoir été ensevelis, reste introuvable. D’une part leurs corps, portant les stigmates de la torture et de la mort, d’autre part l’impunité des bourreaux semblent vouloir obstruer l’espace de notre compréhension. L’incompréhension éprouvée face à de tels événements entraîne l’impossibilité de partager, mentalement, la motivation des bourreaux et de s’identifier au sort des victimes, donc, d’une certaine manière, de le partager. Ainsi le corps mutilé et assassiné barre la voie au partage de l’expérience. Et c’est assurément cet aspect des écrits de Jelinek qui établit un lien direct avec la mémoire de la Shoah. Ce motif du corps est déjà présent en 1975 dans son premier roman "Les Amantes" ("Die Liebhaberinnen"). En 1989, dans "Lust", la sexualité est traitée comme le lieu de la dominance masculine dans lequel le corps féminin, dont le désir est nié, n’est qu’un objet offert aux coups et la femme, "das Nichts", le rien. Plus que de sexualité, il s’agit ici de la négation de la personne, de la réification du corps et de l’usage qui en est fait, bafouant toutes les valeurs relatives au respect de l’autre. Le corps est maltraité et une voix semble commenter son propre accablement. Le corps chez Jelinek est tout entier livré à la violence qui lui est infligée. Les personnages, dénués de psychologie, s’appellent souvent homme, femme et ne sont là que pour subir les coups qui s’abattent sur leur corps sans visage.
"Aujourd'hui, un jeune homme sorti d'on ne sait où prend la place de cette mère qui a pourtant fait ses preuves et qui, froissée et délaissée, se voit reléguée à l'arrière-garde. Les courroies de transmission mère-fille se tendent, tirant Erika en arrière. Quel supplice de savoir sa mère obligée de marcher toute seule derrière". L'œuvre d'Elfriede Jelinek n’est scandaleuse que dans la mesure où le geste de la déconstruction, qui n’est ni théorie ni code ni règle, ne se soumet pas, il fait acte de résistance en opposant à l’essence, à la solidité de l’Être, la survivance du reste. En ce sens, le scandale est entier, non que l’auteur soit masochiste, sadique ou qu’elle flirte avec l’obscénité, mais parce que, dans son économie, son œuvre se fait tabou. Ce faisant, elle se réclame d’une appartenance indéfectible à l’après-Shoah, non pas d’un point de vue chronologique mais comme puissance qui surgit contre ce qui fut, advint et donc ne "cessera d’advenir". Pourtant, contre toute apparence et pour la raison énoncée précédemment, l’œuvre de Jelinek, en tant que telle, ne se réduit ni au sombre désespoir ni à la présupposée morbidité qu’elle affiche. Sa prolificité, ses débordements, sa fureur de dire sont l’expression d’une liberté que l’écrivain s’autorise. Si les textes de Jelinek sont illisibles, quand ils sont lus noir sur blanc, ils prennent vie, en revanche, quand ils sont proférés sur une scène de théâtre. Théâtre en tant que geste contre la mimesis qui n’est donc jamais la représentation de la vie. On en voudra pour preuve l’assertion d’Elfriede Jelinek: "Je ne veux pas de théâtre où les comédiens doivent dire ce que personne ne dit". Son théâtre qui est, comme la vie elle-même dans ce qu’elle a d’irreprésentable. Elfriede Jelinek a obtenu plusieurs récompenses de premier ordre dont le prix Heinrich Böll 1986, le prix Georg-Büchner 1998 et enfin le prix Heinrich Heine 2002 pour sa contribution aux lettres germanophones. Puis elle se voit attribuer, en 2004, le prix Nobel de littérature pour "le flot de voix et de contre-voix dans ses romans et ses drames qui dévoilent ainsi avec une exceptionnelle passion langagière l’absurdité et le pouvoir autoritaire des clichés sociaux", selon l'explication de l'Académie suédoise. Bien qu'Elias Canetti fût distingué comme auteur autrichien en 1981, Jelinek devient cependant le premier écrivain de nationalité autrichienne à être honoré par le comité de Stockholm. Elle se demande pourquoi Peter Handke n'a pas été couronné à sa place. "Qu'elle l'ait proposé d'elle-même n'arrange rien, bien au contraire. Si M. Klemmer n'était pas en apparence indispensable, Erika pourrait marcher tranquillement à côté de sa mère. Ensemble elles pourraient ruminer ce qu'elles viennent de vivre, tout en se repaissant de quelques bonbons".
"La douleur n'est que la conséquence de la volonté de plaisir, de la volonté de détruire, d'anéantir, et dans sa forme suprême, c'est une sorte de plaisir". Elle accepte ensuite le prix comme une reconnaissance de son travail. "Je n’irai certainement pas à Stockholm. La directrice de la maison d’édition Rowohlt Theater acceptera le prix pour moi. Bien sûr, en Autriche, on tentera d’exploiter l’honneur qui m’est fait, mais il faut rejeter cette publicité. Malheureusement, je vais devoir écarter la foule d’importuns que mon prix va attirer. En ce moment, je suis incapable d’abandonner ma vie solitaire". Elle dit une nouvelle fois qu’elle refuse que cette récompense soit "une fleur à la boutonnière de l’Autriche". Pour la cérémonie de remise de prix, elle adresse alors à l’Académie suédoise et la Fondation Nobel une simple vidéo de remerciements. À l'annonce de la nouvelle, la République autrichienne se partage alors entre joie et réprobation. À l'international et notamment en France, les réactions sont contrastées. La comédienne Isabelle Huppert, lauréate de deux Prix d'interprétation à Cannes dont un pour "La Pianiste", déclare: "En général, un prix peut récompenser l'audace, mais là, le choix est plus qu'audacieux. Car la brutalité, la violence, la puissance de l'écriture de Jelinek ont souvent été mal comprises. En lisant et relisant "La Pianiste", ce qui ressort, c'est finalement beaucoup plus l'impression d'être face à un grand écrivain classique". Sensible à l'expérimentation, l'œuvre d'Elfriede Jelinek joue ainsi sur plusieurs niveaux de lecture et de construction. Proche de l'avant-garde, elle emprunte à l'expressionnisme, au dada et au surréalisme. Elle mêle diverses formes d'écriture et multiplie les citations disparates, des grands philosophes aux tragédies grecques, en passant par le polar, le cinéma, les romans à l'eau de rose et les feuilletons populaires. L'écrivain affirme se sentir proche de Stephen King pour sa noirceur, sa caractérisation des personnages et la justesse de son étude sociale. Le langage de l'auteur combine déluge verbal, délire, métaphores aiguisées, jugements universels, distance critique, forme dialectique et fort esprit d'analyse. L'écrivain n'hésite pas à utiliser la violence, l'outrance, la caricature et les formules provocantes bien qu'elle refuse de passer pour une provocatrice. Elle se situe dans une esthétique du choc et de la lutte. "Avant-goût de la chaleur et du confort douillet qui les attend dans leur salon. Dont personne n'a fait échapper la chaleur. Peut-être arriveront-elles même à temps pour le film de minuit à la télévision. Quel merveilleux final pour une journée si musicale". Sa prose trouve, de manière exhaustive, différentes manières d’exprimer l’obsession et la névrose et vitupère jusqu'à l'absurde contre la phallocratie, les rapports de forces socio-politiques, leurs répercussions sur les comportements sentimentaux et sexuels. Dans "La Pianiste" ("Die Klavierspielerin", 1983), récit quasi-autobiographique, Jelinek dépeint, sous des angles multiples, l'intimité d’une femme sexuellement frustrée, victime de sa position culturelle dominante et d'une mère possessive et étouffante, ressemblant à la sienne. Elle revendique une filiation avec la culture critique de la littérature et la philosophie autrichiennes, de Karl Kraus à Ludwig Wittgenstein, en passant par Fritz Mauthner, qui réfléchit le langage et le met à distance. Elle dit également avoir été influencée par Labiche et Feydeau pour leur humour abrasif et leur étude très subversive de la bourgeoisie du XIXème siècle. Lorsque l'Académie suédoise décerne le prix Nobel à l'allemand Günter Grass en 1999, elle déclare avoir été largement marquée par sa lecture du "Tambour" dont le style a nourri son inspiration littéraire: "Le Tambour a été pour nous, les auteurs qui nous réclamions d'une activité expérimentale, quelque chose d'incontournable. Le début du "Tambour" est l'une des plus grandes ouvertures de roman dans toute l'histoire de la littérature. Peut-être qu'on a voulu honorer avec le Nobel l'auteur politique, mais l'œuvre aurait mérité de l'être depuis déjà longtemps". En réalité, Elfriede Jelinek a élaboré une écriture nourrie de négativité. Nul ne sera surpris, dès lors, de ne pas retrouver chez Jelinek d’éloge de la vieillesse. Quand Jelinek écrit la sénescence, elle ne se plie guère à la réalité ni ne fait d’elle un objet contre lequel il serait bon de se blottir. L’image des cheveux et des jupes est parlante, puisqu’Erika va à un certain moment scalper sa mère tandis que cette dernière ne peut s’empêcher de déchirer les robes de sa fille. Il s’agit d’indices nous révélant à nous, lecteurs, que la réalité passe entre la mère et la fille. La vie à l’écart que mènent Erika Kohut et sa mère permet à Elfriede Jelinek de s’attaquer à la vieillesse comme construction sociale historiquement et culturellement marquée. Par-delà leurs deux figures, c’est une culture entière dont elle dynamite les bases. La vigueur de sa pensée et l’originalité de ses œuvres en font l’auteur majeur de sa génération.
Bibliographie et références:
- Nicole Bary, "Elfriede Jelinek, la déconstruction des mythes"
- Vanessa Besand, "L’œuvre romanesque d’Elfriede Jelinek"
- Thierry Clermont, "Elfriede Jelinek, l'insaisissable"
- Yasmin Hoffmann, "Elfriede Jelinek, une biographie"
- Magali Jourdan, "Qui a peur d’Elfriede Jelinek ?"
- Roland Koberg, "Elfriede Jelinek, un portrait"
- Christine Lecerf, "Elfriede Jelinek, l’entretien"
- Gitta Honegger, "Un Nobel imprévu, Elfriede Jelinek"
- Claire Devarrieux, "Jelinek, la subversion primée à Stockholm"
- Christian Fillitz, "L'Autriche partagée entre joie et réprobation"
- Liza Steiner, "Elfriede Jelinek, anatomie de la pornocratie"
- Gérard Thiériot, "Elfriede Jelinek et le devenir du drame"
- Béatrice Gonzalés-Vangell, "Elfriede Jelinek"
- Klaus Zeyringer, "Dossier Elfriede Jelinek"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Ignorant quand l'aube viendra, j'ouvre toutes les portes. L'espoir est une étrange chose dans notre âme, hante des chansons sans paroles, et ne s'arrête jamais. Pourquoi je vous aime, monsieur ? Parce que. Le vent ne demande jamais à l'herbe de répondre pourquoi, lorsqu'il passe, elle ne peut rester en place. L'éclair n'a jamais demandé à l'œil pourquoi, il se fermait quand il survenait. Car l'éclair sait que l'œil ne peut parler. Et qu'il y a des raisons qui ne sont pas contenues dans la parole, préférées par les gens plus délicats. Le soleil levant, monsieur s’impose à moi. Parce qu’Il est le soleil levant et que je le vois. Voilà pourquoi, monsieur, je vous aime." ("Why do I love you-1862")
"L'espoir est une étrange chose à plume qui se pense dans notre âme, hante des chansons sans paroles, et ne s'arrête jamais." "Que vers un cœur brisé, nul autre ne se dirige, sans le très haut privilège, d'avoir lui-même aussi souffert." Ces strophes semblent être extraites du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry tant leur poésie est belle et intemporelle. Même univers magique où tout, plantes, animaux possède une âme. Tout est amical, y compris les éclairs. Apparaît le sens du symbolique, la manière la plus simple de s'exprimer. Par son génie unificateur et totalisant, le symbole frappe naturellement les esprits. Les frères Wright étaient alors trop jeunes. Ainsi la poétesse américaine n'a pas connu leurs exploits. Mais elle partage avec le père de la rose et du renard, la même critique adressée au rationnel et au monde adulte. Personne n'écoute le savant turc qui a découvert l'astéroïde du petit prince car il était habillé en persan. Même réprobation des apparences pour la poète. Dès l'adolescence, elle fait preuve d'un esprit alerte et spirituel, d'un style pittoresque et mordant qui jongle volontiers avec les mots et expérimente avec le langage. Lorsqu'elle est triste, la beauté d'un coucher de soleil suffit à la consoler. L'esthétique toujours au-dessus de la morale, car celui qui n'est pas sensible n'est pas sage.
"Le rivage est plus sûr, mais j’aime me battre avec les flots." "Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison, le cerveau regorge de corridors plus tortueux les uns que les autres. Le rivage est plus sûr, mais j’aime me battre avec les flots". Lovée dans son silence et sa vie médiocre, elle fascine car elle s’inscrit à jamais dans le creux du monde, et c’est cela qui nous bouleverse. Considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands poètes américains, Emily Dickinson (1830-1886) n’eut pas droit à la reconnaissance littéraire de son vivant. Presque absente de la scène littéraire, elle fut également peu présente dans le théâtre de sa vie. Il a fallu attendre 1955 et la grande édition de ses poèmes pour découvrir enfin son œuvre dans un texte sûr. Elle n'avait publié de son vivant que cinq poèmes qui passèrent inaperçus. Quatre ans après sa disparition, des amis et des parents rassemblèrent quelques centaines d'autres poèmes dont la transcription était loin d'être exacte. L'édition de Thomas H. Johnson permet aujourd'hui de mesurer la stature de celle qu'on s'accorde à classer parmi les plus grands auteurs américains du XIXème siècle. Son œuvre est inégale, difficile, intensément personnelle, mais aussi parcourue d'éclairs de beauté. Sans rien devoir de reconnaissable à aucun maître, elle se situe entre la tradition romantique américaine et la tradition calviniste de la Nouvelle-Angleterre. Fille d’Edward Dickinson, avocat et sénateur, et d’Emily Norcross de Monson, Emily Elizabeth Dickinson nait le dix décembre 1830 à Amherst, ville aux confins des États du Massachusetts et du Connecticut. Paysage pittoresque.
"Sometimes with the Heart, seldom with the soul." "Pour faire une prairie il faut un trèfle et une seule abeille, Un seul trèfle, et une abeille, Et la rêverie. La rêverie seule fera l'affaire, Si on manque d'abeilles. Ce monde n'est pas conclusion car un ordre existe au-delà, invisible". La ville est assise sur une pente au-dessus de la vallée du fleuve Connecticut. Des collines l'entourent de tous côtés. Les hivers sont froids et enneigés alors que les étés sont très chauds. Son champ d’expérience fut limité, puisqu’elle ne s’éloigna d’Amherst que pour passer une année au collège de Mount Holyoke à South Hadley ou lors de rares séjours, à Washington ou à Boston. Il semble donc qu’elle n’ait guère quitté le cercle de cette petite communauté puritaine de Nouvelle-Angleterre, ni franchi le seuil de la maison familiale où elle disait tant se plaire, entre son père juriste et homme politique, admiré et craint, et sa mère plus effacée, entre sa sœur Lavinia, qui ne partit jamais non plus et son frère Austin, installé dans la vaste maison voisine avec sa femme Susan, amie de cœur de la poétesse. Le choix d’un certain retrait du monde livre un signe essentiel, la mise à distance, l’ironie. Mais, à certains égards, ce retrait fut peut-être moins absolu qu’il n’y paraît. Tout en se dérobant au monde et au mariage, elle adressa des lettres passionnées à de nombreux correspondants masculins. Secrète et expansive, grave et moqueuse, discrètemais audacieusement libre, sa personnalité est aussi complexe que l’espace réel de son expérience fut restreint.
"Ignorant quand l'aube viendra, j'ouvre toutes les portes." "Pour voyager loin, il n'y a pas de meilleur navire qu'un livre. Ce que je peux faire, je le ferai, parmi toutes les fleurs". La hardiesse de sa pensée et de son écriture inquiétait les éditeurs qui voulaient lui faire remanier ses poèmes, ce qu’elle refusa toujours. Seule Hélène Hunt, poète et romancière, reconnut son génie et l’encouragea. En dehors d’elle, les poèmes d’Emily ne furent lus que par le cercle de famille, élargi à quelques amis, à qui elle les offrait, en guise de fleurs ou de bouquets disait-elle. Sa poésie reflète le tumulte de sa vie intérieure, sentimentale et mystique, parsemée d’amours impossibles, une amitié amoureuse avec une camarade de classe qui deviendra sa belle sœur, puis avec deux hommes mariés, dont le dernier était pasteur, constellée d’invocations et de pieds de nez à Dieu. Le style très novateur d’Emilie Dickinson a déconcerté et choqué ses contemporains. L’extrême densité de ses poèmes exprime une émotion intense. Passion et spontanéité donnent une écriture concise, elliptique, "explosive et spasmodique", comme elle la décrira elle-même. Par la poésie, elle se fait homme, femme, animal, objet. Tous les moyens lui sont bons pour questionner la vie et donc la mort, cherchant à connaître le monde, elle-même, Dieu, prêtant à l’écriture des pouvoirs quasi-magiques pour l’aider dans cette quête. "Le rivage est plus sûr, mais j’aime me battre avec les flots", écrit elle à l'âge de quinze ans. Tout laisse penser qu’Emily est une petite fille sage aimant la musique et le piano.
"We never know we go, when we are going, we jest and shut the door". "Et chante la mélodie sans les paroles, et ne s'arrête-jamais. C'est dans la tempête que son chant est le plus suave." En 1830, lorsque naît Emily Dickinson, l'atmosphère morale et religieuse est celle de la Nouvelle-Angleterre. Puritains, calvinistes, les bourgeois et les paysans vont à l'office le dimanche matin et l'après-midi, font leur lecture quotidienne de la Bible, ne jouant jamais aux cartes, achetant peu de romans, s'invitant peu à des thés ou à des soirées. Pas d'autres fêtes que la distribution des prix du collège au mois d'août et la foire du bétail en octobre. Il y a un collège universitaire à Amherst. Il a été fondé, en 1821, afin de donner une éducation pieuse à de jeunes gens défavorisés, de former despasteurs et des missionnaires, de défendre l'orthodoxie contre les hérésies intellectuelles répandues par Harvard. L'église est congrégationaliste. On y chante les vieux hymnes faits de quatrains aux vers octosyllabes et aux rimes croisées. La seule concession aux goûts séculiers des paroissiens, c'est une chorale, une dizaine de chanteurs aidés d'un violon, d'un violoncelle, d'une flûte, plus tard d'un petit orgue. Les fêtes chrétiennes sont célébrées en toute sévérité. Amherst ignore les arbres de Noël, les gâteaux de Pâques. Ce n'est qu'en 1864 qu'une église catholique peut s'y établir.
"Fate following behind us bolts it, and we accost no more." "Et bien mauvais serait l'orage, qui pourrait intimider le petit oiseau, je l'ai entendu dans les contrées les plus glaciales". Le père d'Emily fit ses études à l'université de Yale, à l'école de droit de Northampton. Il s'installa comme avoué et avocat dans sa ville natale en 1826. Homme actif, considéré, d'habitudes régulières, il allait chaque matin et chaque après-midi à son bureau, portant un chapeau de feutre gris, un col haut, une cravate noire, une chaîne de montre en or sur son gilet, une canne à pomme d'or. Il était mince, silencieux et hospitalier. Il avait, dit Emily dans une de ses lettres "la démarche majestueuse de Cromwell." Il fut membre de la législature, du Sénat de Massachusetts, du Congrès, administrateur de l'Academy d'Amherst, et trésorier du collège. Cultivé, mais autoritaire, il avait une riche bibliothèque de livres de droit et d'histoire. Il surveillait les lectures de ses enfants, les engageant à ne pas se déparer l'esprit par des romans. Le dimanche, il allait aux offices, accompagné de sa femme qui lui tenait le bras, suivi de ses trois enfants. Sa mère, Emily Norcross, était une épouse docile mais froide et distante. Emily se plaignit un jour de n'avoir jamais eu de "mère, de femme vers qui l'on court lorsqu'on a un ennui". Il semble bien que Mrs. Dickinson, pas plus que son mari, ne se douta jamais des dons poétiques de sa fille aînée. Un an après la mort de son mari, en juin 1875, Mrs. Dickinson eut une attaque et demeura paralysée jusqu'à sa mort, le quatorze novembre 1882. Elle ne pouvait plus lever la tête pour boire, elle ne se souvenait même plus d'avoir perdu son mari. Ce fut Emily qui la soigna, tandis que sa sœur Lavinia assurait la conduite du foyer. Lourde tâche, car même les familles les plus aisées n'avaient alors ni eau chaude ni salle de bains. Les diverses tâches ménagères représentaient une charge énorme pour les femmes à cette époque précédant juste la guerre de Sécession.
"Ce que je peux faire, je le ferai, même si c'est aussi petit qu'une jonquille". "Et sur les mers les plus insolites, pourtant jamais même dans la pire extrémité, Il ne m'a demandé la moindre miette".Le frère aîné d'Emily, William Austin Dickinson était moins ambitieux, moins entreprenant. Il avait plus d'esprit, était plus enclin à la bonne humeur et au bavardage. Il fit ses études au collège d'Amherst, puis à l'école de droit de Harvard. Il devint l'associé et le successeur de son père comme administrateur et économe du collège. En 1856, il épousa Susan Huntington Gilbert, ancienne compagne d'Emily au collège d'Amherst, jeune femme brillante et coquette, spirituelle, mondaine, aimant les réceptions, les visites, la société. Ils habitaient une maison toute proche de celle des parents Dickinson. Les relations entre Emily et sa belle-sœur furent tantôt amicales, tantôt tendues, tantôt simplement cordiales. Elles s'envoyaient des billets et des fleurs. Emily disait que Sue lui avait appris autant de choses que Shakespeare. Sa jeune sœur, Lavinia dite Vinnie, fut sa meilleure amie et confidente. Lavinia était plus jolie, le visage moins naïf et moins austère. Nous avons peu de détails sur l'enfance d'Emily. D'après ses poèmes, c'était une fillette très sensible à la nature et aux saisons, de santé délicate. Elle aimait les papillons, les oiseaux. Elle adorait faire des promenades en famille dans les prés et dans les bois.
"Si le courage te fait défaut, va au-delà de ton courage." "Je me cache alors dans ma fleur, pour, me fanant dans ton urne, t'inspirer à ton insu un sentiment de quasi solitude". Emily suit l’école primaire dans un bâtiment de deux étages sur Pleasant Street. Son éducation est "ambitieusement classique pour une enfant de l’époque victorienne." Son père tient à ce que ses enfants soient bien éduqués et suit leurs progrès même lorsqu'il est au loin pour son travail. L'année scolaire était partagée en quatre trimestres, septembre, janvier, mars, juin, avec une quinzaine de jours de vacance entre chaque trimestre. Emily y étudia l'anglais, le latin, le français, l'allemand, l'histoire, la botanique, la géologie et la philosophie. Chez elle, elle apprenait le chant et le piano avec une de ses tantes. Elle dut plusieurs fois, notamment durant l'automne et l'hiver de 1845 et de 1846, interrompre ses études à cause de rhumes persistants et de crises de toux. Durant ces vacances forcées, elle apprit à coudre, à cultiver le jardin, et à cuire le pain. En 1846, elle fut pensionnaire au séminaire supérieur de Mount Holyoke à South Hadley. De l'hiver 1848 au début de 1850, Edward Dickinson employa dans ses bureaux un secrétaire nommé Benjamin Franklin Newton, né en 1821, étudiant en droit, jeune homme atteint de tuberculose pulmonaire, très cultivé, pieux et épris d'idées socialistes.
"Les étoiles que tu rencontres sont comme toi, car ce sont les étoiles qui signalent la vie humaine." "Si le courage te fait défaut, va au-delà de ton courage. Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison". Une grande sympathie s'établit bientôt entre le secrétaire et les deux sœurs Dickinson, spécialement Emily. II leur prêtait des livres, les poèmes de Ralph Waldo Emerson. Il les éclairait sur le mouvement littéraire et philosophique, leur parlait de la nature, de Dieu et de spiritualité. Emily lui lisait ses poèmes. Il les aimait, lui disant, qu'un jour elle serait honorée commeune grande poétesse. Elle l'appelait son précepteur, son répétiteur, son frère aîné. À quel point leur amitié fut-elle proche de l'amour ? Une légende veut qu'il passait à Emily des livres en les cachant dans un arbre près de la porte. Une autre légende qu'ils eurent des rendez-vous dans le jardin et qu'un soir Edward Dickinson surprit sa fille et son secrétaire entendre conversation au clair de lune. Il mit opposition à tout projet de mariage. Sur quoi B.F. Newton retourna à Worcester, alla travailler chez un autre avoué. Un an après, le quatre juin 1851, de plus en plus malade, il épousa miss Sarah Warner Rugg qui avait douze ans de plus que lui. Il s'installa à son compte, fut nommé procureur. Sa maladie s'aggravant, il mit ordre à ses affaires et mourut le vingt-quatre mars 1853. Il semble qu'Emily et Newton continuèrent de correspondre. Elle apprit sa mort sans doute par une notice publiée dans le journal Springfield Republican, le vingt-six mars 1853. La nature et la profondeur du sentiment d'Emily pour B.Newton apparaissent dans une lettre qui ne fut publiée qu'en 1933.
"Only love can would, only love assist the would". "Je me dis la terre est brève, l’angoisse absolue, nombreux les meurtris, et puis après ? Je me dis, on pourrait mourir". Si l'on peut affirmer que B. F. Newton fut pour Emily un précepteur intellectuel et métaphysique, on ne peut affirmer qu'elle le considéra jamais comme un mari possible. Il y a des poèmes où elle dit que nous n'apprécions un trésor qu'après l'avoir vu glisser entre nos doigts, qu'il existe un livre donné par un ami qu'elle ne peut lire sans interrompre sa lecture de larmes. Et les lettres qu'elle écrit à son frère, en 1853, sont teintées de mélancolie. En 1852, Edward Dickinson est élu membre du Congrès. Emily et Lavinia se rendent en 1855 à Washington pour y voir leur père. À son retour, Emily effectue un séjour de deux semaines chez l’une de ses amies à Philadelphie. C’est durant ce séjour qu’elle fait la connaissance du Révérend Charles Wadsworth, pasteur presbytérien, pour qui elle conçoit une grande et irréalisable passion. Austin se marie en 1856 avec Susan Gilbert, la meilleure amie de sa sœur Emily. Sue restera toute sa vie la confidente privilégiée d’Emily, en particulier pour la création poétique. Mais Emily éprouve de l’agacement à l’égard du conformisme puritain de son amie. Elle commence en 1858 à à rassembler en fascicules les poèmes qu’elle écrit depuis une dizaine d’années. En 1860,Charles Wadsworth fait une courte visite à Amherst. Mais, dès l’année suivante, il accepte l’invitation qui lui est faite des’installer en Californie. Son départ provoque chez Emily une grave crise affective. C’est à cette époque que prend dans son œuvre toute sa dimension le thème de l’éloignement des amants et de leurs retrouvailles sous l’habit blanc des "Élus au Jour de la Résurrection". Afin d’incarner ce symbole, Emily prend l’habitude de ne se vêtir que de blanc. Hormis deux cures à Boston pour soigner ses yeux, en 1864 et ensuite en 1865, elle entre dans une vie de réclusion presque absolue.
"Nature is a haunted house, but art, a house that tries to be haunted". "La meilleure vitalité ne peut surpasser la pourriture, mais je me dis qu’au ciel, d’une façon, Il y aura bien compensation". Emily a écrit en 1862 au critique Thomas Wentworth Higginson pour lui demander un avis sur ses poèmes. Les réserves de Higginson la déterminent à n’en publier aucun. Higginson se rend à Amherst en 1870 puis en 1873. les années 1874 et 1875 marquent pour Emily le commencement d’une longue série de maladies et de deuils. Le seize juin 1874, c’est la mort soudaine de son père à Washington. L’année suivante, sa mère est frappée de paralysie. Le troisième enfant d’Austin et Sue, Gilbert Dickinson, meurt du typhus. Les habitants de la ville commencent à la trouver étrange, la considérant alors comme la curiosité du pays. Emily Dickinson devient la légendaire nonne d'Amherst, la vieille fille excentrique toujours habillée de blanc, celle qu'on ne voit plus en ville, qui ne se montre plus aux visiteurs, qui ne sort plus qu'au jour tombant pour aller soigner ses fleurs dans le jardin. Cette réputation débute en 1862, après le départ du pasteur Wadsworth pour la Californie. Jusqu'alors elle avait témoigné un grand goût pour la solitude, mais elle ne vivait pas encore dans la réclusion.
"J'essayais d'imaginer solitude pire, qu'aucune jamais vue, une expiation polaire, un obscur augure". "On apprend l’eau par la soif, la terre par les mers qu’on passe, l’exaltation par l’angoisse, l'amour par une image gardée". Durant sept ans, de 1875 à 1882, elle doit s'occuper de sa mère paralysée. Ensuite elle ne veut plus voir personne. On ne peut que supposer qu'elle préférait s'abandonner à ses regrets d'amour déçu, à ses rêves de poèmes qu'elle accumulait dans une malle en bois de camphrier. Emily Dickinson incarne une forme d’absolu, l’absence au monde. C’est à la feuille de papier qu’elle confie son âme, ses enchantements et ses colères, ses visions, ses interrogations, ses certitudes. Nul ou presque n’en saura rien. Soixante-dix ans s’écouleront avant que paraisse une édition complète de ses mille sept cent soixante-quinze poèmes, fondateurs avec ceux de Whitman de la poésie américaine. Presque un siècle avant la première biographie fiable, celle d’une jeune fille de la bourgeoisie d’Amherst, Massachusetts, qui un jour se retira dans sa maison, puis dans sa chambre, et n’en sortit plus jusqu’à sa mort. Les rares privilégiés avec qui elle voulait converser la trouvaient bavarde, fatigante, souvent incompréhensible. "À certains moments, dit le professeur John Burgess qui fut de ces rares privilégiés, elle semblait très inspirée et exprimait plus de vérité dans une phrase de dix mots que le plus savant professeur dans un cours d'une heure." À l’automne 1884, elle écrit que "les décès ont été trop importants pour moi, et avant que moncœur ait pu se remettre de l’un, un autre survenait." "De Moi-même, me bannir, si j’en avais l’art. Imprenable ma forteresse,de tout cœur." Alors que les morts se succèdent, que les fantômes la hantent, Emily Dickinson voit son monde s’effondrer.
"À jamais est fait d'un myriade de maintenant." "Les êtres d’épreuve, sont ceux que signale le blanc, les robes étoilées, parmi les vainqueurs, marquent un moindre rang". Sa dernière lettre, adressée à ses cousines Norcross, est du quinze mai 1886. Elle se compose de deux mots empruntés, à ce qu'il semble, au titre d'un livre qu'elle venait de lire: "Called back", on me rappelle. Emily s'endormit aussitôt après et mourut le soir même à l'âge de cinquante-cinq ans. "Quand ce sera mon tour de recevoir une couronne mortuaire, je veux un bouton d’or." Emily Dickinson est enterrée dans un cercueil blanc, avec un un bouquet de violettes et des orchidées. Ce qu'Emily Dickinson suggère avant tout dans sa poésie en tant que marginale qui résista aux règles et imposées, c’est que la folie n’est pas là où on l’attend, et que c’est d’un conformisme aveugle que naît l’aliénation véritable. En un retournement ironique qui rappelle l’inversion des valeurs dont Érasme joua dans son "Éloge de la folie", le sens commun, "much sense"qui prévaut dans la communauté est pure folie. Véritable déclaration d’hérésie au cours de laquelle Dickinson se débaptise pour se rebaptiser elle-même, ses tonalités incantatoires et conjuratrices rappellent presque l’invocation de Lady Macbeth.
"Que ma première certitude soit de toi, à la chaude clarté du matin, et ma première crainte, que l'inconnu dans la nuit t'engloutisse". "Mais ceux qui vainquirent le plus souvent, ne portent rien de plus commun que la neige blanche, nul autre ornement". Avec ses accents de rituel, son appel à des forces supérieures, la présence d’un corbeau qui croasse et la perspective d’être reine, si la visée n’était, là encore, de se libérer des carcans de la tradition plutôt que de s’enchaîner à eux, par une une superstition maléfique. On prend la mesure, de la relation ambivalente et complexe que la poétesse entretenait avec les valeurs et les croyances dont elle avait hérité. La pratique poétique lui offrait la plus grande marge de liberté et de recréation possible. Le mouvement de résurgence accompagnant la conversion poétique d'Emily Dickinson impliquait le redressement et le redéploiement de son être, et sa seconde naissance, librement déclenchée dans le monde lyrique, devait lui permettre, de se réconcilier avec elle-même, de retrouver sa conscience, ainsi que sa valeur littéraire. La poésie revêtait une fonction maïeutique, en délestant son génie de connaissances de croyances reçues, elle le révélait en toute plénitude et en vérité profonde, comme Socrate, l’ensorceleur et magicien. "Mes bouquets sont pour des yeux captifs et attendant depuis longtemps. Les doigts refusent de cueillir, patientent jusqu’au Paradis. " C'est bien cette suite poétique qui témoigne le mieux de la vie secrète d'Emily Dickinson, qui fut une constante méditation sur les paradoxes du visible et de l'invisible, de la parole et du silence. Poèmes-paysages, scènes bibliques, élégies, sonnets ou apostrophes, c'est de manière discontinue mais selon un système d'échos qu'elle écrivit ses poèmes. La discontinuité même est d'ailleurs la figure qui donne paradoxalement à l'œuvre son unité profonde, pour âme en incandescence dans un monde étranger.
Bibliographie et références:
- Claire Malroux, "Quatrains et autres poèmes"
- Helen McNeil, "Emily Dickinson"
- Harold Bloom, "Emily Dickinson life"
- Thomas W. Ford, "Emily Dickinson poesy"
- Richard B. Sewall, "The white poet"
- Cynthia Griffin Wolff, "Emily Dickinson, the great poet"
- Toru Takemitsu, " "Emily Dickinson poesy"
- Christian Bobin, "La Dame blanche"
- Terence Davies, "A Quiet Passion"
- Madeleine Olnek, "Wild nights with Emily"
- Frédéric Pajak, "Emily Dickinson"
- John Evangelist Walsh, "The white poet"
- Terence Davies, "A Quiet Passion- film 2016"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"En maillot de bain sur la plage, télescope en main, l’assassin, par un heureux hasard, repéra Marie et sauta alors dans une barque de location. Vois, la maison approche, ses neuf fenêtres ouvrent et se ferment à mesure que je respire; touche ces murs gris dotés d‘écailles trempés par la brume". Une muse au troublant profil de femme oiseau, tout droit venue d'Égypte pour séduire des surréalistes amoureux. Une photo en noir et blanc. Celle d’une femme au long visage, frange courte et bouche généreuse ponctuée d’un grain de beauté dont le regard s’échappe. Une beauté qui fleure les seventies, robe à ramages, épais cigare entre les doigts. La poétesse au temps de sa splendeur. Ni muse, ni épouse, la postérité n’a pas retenu son nom. Hors des cercles littéraires, il ne parle à personne, ou presque. L’œuvre de Joyce Mansour dérange ou intrigue autant que son personnage. Disons-le d’emblée, il est tout à fait sommaire, comme Hubert Nyssen l’affirma en son temps, de réduire Joyce Mansour à une égérie érotomane du surréalisme ou même à un ange du bizarre. Il est plus juste de voir que l’insolence de son langage, la perversité de ses métaphores, l’obscénité de certaines de ses images, les conflagrations illuminant ses dialogues, l’humour dévastateur de ses imprécations, mais également parfois un réalisme bouleversant, sont d’un poète qui défie le temps et la mort avec les seules armes dont il dispose. Joyce Mansour échappe aux codes, aux schémas imposés par la littérature et la société. Méprisant la notion de l’art pour l’art, elle incarne, de la façon la plus naturelle, la plus nécessaire, cette "liberté du désir" prônée par André Breton, pour trouver sa voie, sa voix: "Tu aimes coucher dans notre lit défait. Nos sueurs anciennes ne te dégoûtent pas. Nos cris qui résonnent dans la chambre sombre. Tout ceci exalte ton corps affamé. Ton laid visage s’illumine enfin. Car nos désirs d’hier sont les rêves de demain." Joyce Mansour, Patricia Adès de son vrai nom naît le 25 juillet 1928, à Bowden en Grande-Bretagne. Ses parents sont de nationalité britannique et de confession juive. Ils appartiennent à la haute société égyptienne et résident au Caire. La jeune Joyce reçoit alors une éducation bourgeoise. Le premier séisme intervient en 1944. Sa mère, Nelly Adia Adès, décède des suites d’un cancer. La mort traverse sa vie pour la première fois et ne la quittera plus, jusqu'à l’obsession. Trois ans plus tard, Joyce Adès rencontre Henri Naggar, qu’elle épouse en mai 1947. Son jeune mari est foudroyé par un cancer en octobre 1947. Deuxième séisme. Joyce se replie sur sa douleur. C’est à cette époque qu’elle naît à la poésie, pour exprimer et contrer sa douleur. Un an plus tard, elle fait la rencontre de Samir Mansour, un homme d’affaires franco-égyptien des plus avisés, qui devient son deuxième mari. Dès lors, britannique de naissance, Joyce Mansour va alors apprendre et écrire en français.
"Il approcha à grands coups de rame, les yeux globuleux de plaisir, la bouche pleine d'un clapotis animal, un lourd serpent noir pendant hors de son nombril. Pousse la porte qui ne se fermera qu‘une fois pour ne jamais plus s'ouvrir, cette porte que je frôle et blesse ainsi que ma verge l'abîme quand elle te pénètre brutalement". Dès lors, par le fruit du hasard, et forte de ses connaissances littéraires étendues, elle se rapproche du mouvement artistique. En effet, c’est au cours d’une réception en Égypte, qu'elle se lie d’amitié avec Claire Klein. Cette dernière, femme d’un ministre égyptien, anime le principal salon du Caire, et a ouvert sa porte au mouvement surréaliste "Art et Liberté" fondé en 1938 par le poète Georges Henein, Ramsès Younane et Fouad Kamel. Henein ne tarde pas alors à apprécier la poésie comme la personnalité de Joyce Mansour, qui "donne voix à ses réflexes. Nous sommes ici dans le domaine de la parole immédiate qui prolonge le corps sans solution de continuité. À chaque organe son verbe comme une poussée de sève, comme une flaque de sang." Georges Henein est alors le personnage central de l’avant-garde artistique du Caire. Il vient de rompre avec les surréalistes français, qui peinent à retrouver leur vitalité d’avant-guerre. "N’êtes-vous pas frappé de constater que ce qui a maintenu le surréalisme depuis la fin de la guerre, ce sont les actes et les œuvres individuels, tandis que tout ce qui tendait à l’expression collective aboutissait au plus cruel échec, quand il ne minait pas l’édifice patiemment élevé ?" C’est néanmoins Henein, dont la rencontre est décisive, qui va révéler le surréalisme à Mansour. Mais c’est de France que vient l’aide attendue. Elle publie "Cris", son premier recueil, grâce à Georges Hugnet. Humour noir, automatisme lapidaire, poèmes visionnaires, vers cinglants, images foudroyantes et hallucinatoires, la parole prend forme dans l’angoisse, car la douleur transforme le monde en une cacophonie générale.Ainsi débute le mythe de l’étrange poétesse, cette merveilleuse et ténébreuse beauté orientale, pleine d’humour, érudite et amicale, qui déteste la banalité et fume le cigare, "mon onzième doigt", dont les boîtes recyclées lui servent derangement pour sa correspondance et ses vers, dont les feuilles de protection en bois servent de support au poème.
"Marie crut qu’il était envoyé de Dieu. "Je me noie", gargouilla-t-elle. L'assassin se jeta à l'eau et répondit avec tristesse : "Tu es mon ombre, ma lumière. Tu es nous deux. - Je me noie", hurla Marie, son âme singulière adossée à une peur immense. Elle flottait entre deux eaux, les membres mous, résignée à une mort précoce". L'originalité de l'auteure ne doit pas faire de l'ombre à son grand talent. Nombreux furent ceux qui chantèrent ses louanges de son vivant. Derrière une grande élégance, son absence totale de pudeur dénote une forme de révolte, essentiellement féminine, contre le despotisme sexuel de l'homme, qui fait souvent de l'érotisme sa création exclusive. Réinventant la poésie, amie et admirée de Michel Leiris, André Pieyre de Mandiargues ou Henri Michaux, complice de Hans Bellmer, Sébastien Matta, Pierre Alechinsky ou Wifredo Lam, qui tous illustrèrent ses recueils, Joyce Mansour fut sans aucun doute un écrivain majeur du courant surréaliste. Son œuvre elle-même suffit d’ailleurs à en témoigner. Seize volumes de poésie, quatre recueils de fictions narratives, une pièce de théâtre, enfin une centaine d'articles parodiques publiés. Les surréalistes ont un pape, André Breton, qui les agrège tous, notamment autour de rituels comme celui du rendez-vous vespéral au café. Là, rive droite ou rive gauche selon les époques, le pape attend ses disciples, les regardant arriver dans les miroirs. Joyce Mansour en est. Breton a découvert et aimé ses écrits, sa poésie crûment érotique. Il est subjugué par la femme, étrange et exotique. Car elle a su le conquérir. En 1953, elle lui adresse un exemplaire de son premier recueil de poèmes "Cris" accompagné d’un bristol: "À Mr Breton, ces quelques "cris" en hommage." Il en aimera le "suave parfum ultra-noir d’orchidée noire" et tombera définitivement sous son charme.
"Saignée, irradiante de folie hypnotique, était nue à mes pieds. Saignée, au visage de mythe et au corps de puma, était nue sur la plage. Saignée, belle forêt de nacre, savoureuse fleur de massacre, sexe insatiable aux langues de vipère". Dès lors, unis par des liens passionnels, les deux artistes qui s'admiraient mutuellement pour leur art respectif, ne se quitteront plus. Ils passeront onze années entre 1955 et 1966, jusqu’à la mort de Breton, à déambuler dans Paris, àchiner des objets et pièces d’art océaniens. Elle est la dernière héroïne du surréalisme. Même si elle correspond aux canons de la femme-enfant espiègle chère aux surréalistes, Breton célèbre la "suprême espièglerie de ses écrits." Elle est une sorte d’antithèse aux canons relationnels des surréalistes avec les femmes. L'œuvre de Joyce Mansour estavant tout celle d’un poète. D’un grand poète, même, à en croire ceux qui, de Pieyre de Mandiargues à Alain Jouffroy, en passant par Henry Maxhim Jones ou Philippe Audouin, ont pris la plume pour lui rendre hommage, publiquementou en privé. Écrivain en herbe, c’est d’ailleurs à la poésie qu’elle s’adonne dès son plus jeune âge. En 1953, "Cris"révèle au public une soixantaine de textes bouleversants, aussi violents dans leurs thèmes que dans leurs termes,et dont la crudité et la hauteur de ton contrastent avec la révolte étouffée des productions contemporaines. L’accueil enthousiaste que lui réservent les surréalistes, et André Breton en particulier, encourage d’ailleurs la jeune femmedans cette voie et elle donne en 1955, sous le titre "Déchirures", un second recueil qui non seulement tient les promesses du précédent, mais même porte la fureur imprécatrice à un plus haut degré d’incandescence encore. Dans sa maturité, c’est, enfin, à la poésie qu’elle reviendra exclusivement, publiant une dizaine de recueils jusqu’à sa mort. Pourtant, c’est davantage à ses très nombreux contes que Joyce Mansour doit sa fragile renommée.
"Saignée aux seins d'écume, aux offrandes terrifiantes, aux odeurs de sauvage. Saignée qui recule a mesure que ma main avance vers tes cuisses ouvertes, sois toujours ouverte devant moi, Saignée. Nous irons habiter la maison de ma jeunesse". Tout est paradoxe chez cette femme chétive et orientale, à la beauté solaire et mystérieuse, pleine d'humanité et d'humour. Exempte de toute référence à quelque entité extérieure, muse ou souffle divin jadis célébrés par les romantiques, la poésie s’apparente en effet pour elle à une substance interne, voix ou corps étranger qui émane d’unespace originel du moi bien antérieur à la séparation des langues et des sexes, mais auquel ni l’introspection ni l’effusion ne donnent accès. Avec "Cris", recueil construit sur les ruines d’un passé dévasté, la poésie fait en effet l’expérience de la douleur, de l’angoisse, de l’effroi paroxystiques, à la limite du formulable. Hantés par des images douloureuses du passé, la plupart de ces poèmes ont trait à la mort d’êtres chers, la mère et le premier époux del’écrivain, emportés par un cancer à quatre années de distance, dont le souvenir harcèle sans relâche l’écriture. Se devine d’ailleurs, en filigrane de ses premiers textes, un véritable mythe du poète, idéal inaccessible incarné par quelques prédécesseurs, certes, mais aussi rôle dans lequel il s’agit d’entrer pour, peut-être, trouver à y ancrer une identité à la dérive, écartelée entre plusieurs cultures et plusieurs langues. Ainsi l’écriture se place-t-elle d’abord, par le jeu des références, sous le signe d’illustres ascendants, de Baudelaire à Rimbaud, Apollinaire ou Michaux,comme pour esquisser en filigrane le portrait de ce poète que la jeune femme s’efforce, à ce moment, de devenir.
"Ton corps modèlera mon lit perméable et maculé de ton sang comme autrefois, tu cueilleras mes rêves qui tombent sur le parquet en flocons de joie et tu tremperas leurs tiges dans l'eau pour les vases de demain". Chez elle, pas de faux-semblant ou de pruderie, la poésie se fait plaisir charnel dans l'affrontement violent des mots. On a reproché au poète la force de ses images, mais ce n’est pas seulement l’érotisme ou l’onirisme qui sont placés sous le signe de la violence, de l’affrontement, mais la vie elle-même: "Le sexe ressemble alors beaucoup à la guerre."Tout chez elle, qui est également dotée d’un humour hors-norme, nous renvoie à notre condition d’être périssable. Aussi la femme est-elle l’objet d’une haine ambiguë qui découle d’un processus d’autodestruction: mère, sœur ou rivale, double-ennemie en tous cas. Quant à l’œuvre en prose, elle s’est élaborée parallèlement aux recueils de poèmes, et ne fait que prolonger, en les développant, les grands thèmes, les obsessions de l’étrange demoiselle, l’érotisme, le rêve, la mort, la maladie, l’humour, le fantastique, le merveilleux, le sexe et l’humain. Loin, en effet, d’être subordonné à une forme verbale particulière, son art dépasse les catégories génériques et même franchit les frontières de l’expression littéraire. Il peut être trouvé en vers comme en prose, en récit comme en théâtre, en écriture comme en peinture. La poésie est toujours, en quelque sorte, la troisième dimension de son œuvre, ombre fascinante qui hante l’écriture sans que le sujet puisse cerner, au juste, ce qu’elle est. Car si Joyce Mansour fit œuvre de poète, cette œuvre peut avant tout se lire comme une série de stratégies successivement déployées pour mettre au jour ce que désigne cette propriété, cette qualité substantielle dont la belle jeune femme a très tôt l’intuition qu’elle fonde son identité, sans pouvoir la saisir par les moyens de la réflexion. Là est sa grande richesse.
"Toi qui avales mon sexe sans quitter le ciel, toi qui glisses a travers murs, plaisirs, crimes; ta voix résonne dans mes veines comme une cloche de montagne, femmes aux pensées verticales, aux orifices vibrants, je porterai ton corps vers la maison de mon choix, fauchant les obstacles d'un seul regard de ton sein vengeur". Afin d'étoffer son art, à la fin de sa vie, elle a exprimé la volonté de s'émanciper totalement du mouvement surréaliste. Aussi sa deuxième période littéraire sera-t-elle, en premier lieu, celle d’un retour à la poésie, terme entendu ici dans l’acception, formelle, de parole en vers. Avec "Rapaces", en 1960, et "Carré blanc" en 1965, la jeune femme donne deux recueils poétiques majeurs, plus amples que les premiers, où elle compile notamment les textes clairsemés dans diverses revues au cours des années précédentes. C’est aussi en poésie qu’elle fera ses adieux définitifs à Breton, dédicataire posthume des "Damnations", et encore en poésie qu’elle réaffirmera, en 1969, son engagement surréaliste, dans "Phallus et Momies." Mais l’expérience de la prose ne s’en poursuit pas moins activement, avec la publication consécutive, entre 1961 et 1967, de cinq récits qui seront, en 1970, recueillis sous le titre "Ça." Au mythe du poète a succédé un mythe du livre. À cette étape de son parcours, la poétesse part en quête d’un "livre total", ce livre-somme qui puisse recueillir une infinité d’expériences visant en premier lieu à établir la poésie sur un autre plan que discursif. C’est, d’ailleurs, le désir d’ouverture à l’autre qui prédominera, dans la dernière période de son œuvre. C’est, en effet, au seuil du tombeau que résonnera la voix qui se fait entendre dans "Trous noirs", dernier recueil de Joyce Mansour, où les dessins de Gerardo Chávez se font le support d’un essai de représentation de la mort. Et c’est là, peut-être, son ultime conquête, rejoindre son double artistique en peinture. En 1984, la muse orientale apprend qu’elle est atteinte d’un cancer, maladie dont elle a la hantise, et qui l’emporte à son tour le vingt-sept août 1986.
Bibliographie et références:
- Stéphanie Caron, "Le surréalisme de Joyce Mansour"
- Marie-Claire Barnet, "La Femme cent sexes"
- Alain Marc, "Écrire le cri"
- John Herbert Matthews, "Joyce Mansour"
- Marie-Laure Missir, "Joyce Mansour, une étrange demoiselle"
- Richard Stamelman, "Poésie et éros chez Joyce Mansour"
- Georgiana Colvile, "Scandaleusement d'elles"
- Pierre Bourgeade, "Joyce Mansour"
- Jean-Louis Bédouin, "Anthologie de la poésie surréaliste"
- René Passeron, "Le surréalisme oriental"
Bonne lecture à toutes et à tous.
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"De tout ce monde ensoleillé, je ne désire qu'une chose, un banc dans le jardin, un chat s'y prélasserait. Là-bas je m'assiérai avec une lettre, une seule, une toute petite, tel est mon rêve". Il est temps, il est plus que temps, de parler d’Edith Södergran, voix d’ailleurs des forêts de la Finlande, voix de la neige même. Elle aura vécu dans un poème, comme une bougie vacillante, comme une fenêtre ouverte vers l’ailleurs. Régis Boyer, le grand passeur des mondes scandinaves, l’avait traduite et révélée au public francophone. Puis une belle traduction du "Pays qui n’est pas" et depuis plus rien du tout. Quand on lit ses quelques poèmes encore traduits en français, on se demande. Qui est là ? Une dame blanche, une apparition, un oiseau qui pépie ? Elle est morte à l'âge de trente-et-un ans, le soir même de la Saint-Jean, la journée la plus hallucinée, la plus longue nuit blanche du Nord, le vingt-quatre juin1923 dans sa bourgade, Raivola, dans la Carélie sauvage et perdue. Finlandaise donc, de langue suédoise, elle n’était pas connue de son vivant. Elle n’aura vraiment écrit que moins de sept ans, une courte éternité, et publié que cinq petits livres à compte d’auteur. Maintenant elle est au cœur de toute la Scandinavie. On retient d’elle cette image de fille allongée sur son lit de douleur, pendant les dernières années de sa vie. Malade, elle n’était pas abattue, ni faible. "Moi-même je suis le feu" proclamait-elle. Et elle tutoyait la mort en face. "Celui qui de ses ongles sanglants ne grave pas sa marque dans le mur du quotidien, peut périr car il n’est pas digne de voir le soleil. Édith Södergrana marqué les murs des quotidiens et des inattendus. "Je ne suis qu’une immense volonté". Elle est surtout une lumière venue par-dessus le temps, une voix mystique de la nature, des mystères. Une étrangère à nos pesanteurs terrestres. Elle est une voix du fond des matins de novembre, des éclats de lune sur la mort. Fille de la Carélie et de sa mer qui l’emprisonne, de la lune blanche et de ses secrets, loin des villes, Édith Södergran par-delà sa maladie, sa pauvreté, sa déréliction était un être en quête, en partance. Ses poèmes sont les jalons qui nous restent. Ses poèmes du Pays qui n’est pas trouvent en nous leur territoire. Édith Södergran est bien la dernière fleur de l’automne, celle qui n’a pas peur de l’hiver car l’hiver est déjà en elle. "Mais moi je fermerai les portes de la mort".
"Ne t'approche pas trop de tes rêves, ils sont un mensonge, et doivent partir, ils sont une folie, et veulent rester. Ma vie, ma mort et mon destin, je ne suis rien qu’une immense volonté, une immense volonté, de quoi, de quoi ? Autour de moi tout est ténèbres, je ne peux soulever un fétu de paille. Ma volonté ne veut qu’une chose, mais cette chose je ne la connais pas. Quand éclatera ma volonté, je mourrai. Ma vie, ma mort et mon destin, je vous salue". Ce poème d’Édith Södergran nous apprend beaucoup sur elle. "Ma vie ne fut qu’une brûlante illusion" dira-t-elle à la fin de sa vie. Mais cette illusion lui permit de traverser son isolement absolu, sa solitude dense, la guerre tout autour d’elle. Exaltée, mystique sans doute, elle se projetait dans un monde d’harmonie, de ferveur sauvage où bouleaux et sapins, lune et amant imaginé s’entrecroisaient. Qu’est-ce que la vie a apporté à cette mal-aimée trop aimante, hormis le désaccord, la dépossession de soi, le déshéritement ? Édith Södergran, la dépourvue. Oiseau sans lumière, toujours dans le retour vers l’enfance, elle a refusé à sa maladie enclose en elle, de la dominer, de l’enchaîner. Jamais elle ne voudra être prisonnière, de la vie, de l’homme, de la mort qui gagnait en elle. "Avec son avenir dans la poitrine", la tuberculose, elle traverse ardente la tristesse, la nostalgie, brave petite combattante, pleine d’espérance. Sa témérité rouge et fière la maintiendra jusqu’à la fin. Elle, qui aura vécu couchée la fin de sa vie, envoyait ses mots comme mouettes messagères de la vie. Elle en aura connu des "jours malades" dans sa très courte vie, mais elle est restée debout en elle, énergique et combattante. Elle s’était érigé une haute tour de volonté, de solitude. Elle aura connu très tôt l’automne de sa vie. La mort fut très vite sa sœur siamoise. Elle est née le quatre avril 1892 à Saint-Pétersbourg, capitale à cette époque de l’immense empire russe. Sa famille s’installe en Carélie, maintenant russe. Son horizon sera la bourgade de Raivola, proche de Saint-Pétersbourg. Elle y reviendra en 1914 jusqu’à sa fin. Assurément la plus douée de son pays dans son siècle. Il serait inexact de la présenter comme une poétesse élitiste, comme une "writers’ writer", mais il est clair qu’elle recherche le plus haut. "À l’intérieur où tout est profondeur". Cet accent de sens, cette brûlure, demander à la poésie, voire exiger d’elle ce qu’elle peut apporter de plus élevé aux humains. Livrer ses secrets qui sont les siens, caractérise sur sa très courte existence ce projet d’écrire d’ampleur, aussi original que personnel, et intimiste, au timbre si reconnaissable, si identifiable dès le vers initial.
"Quand vient la nuit, je reste sur le perron et j'écoute les étoiles fourmillant dans le jardin et moi je reste dans l'obscurité".Y brille non tant la confiance illusoire dans le pouvoir verbal que l’espoir lucide, et jusqu’à la déchirure, de se dire par eux. Dans une vie criblée aussi de solitude, les mots du poème que Södergran écrit sont ses compagnons les plus immédiats. C’est par eux, avec eux et en eux, que cette femme largement inconnue se livrera. Si elle est une poétesse de l’éternel, les mots qu’elle tente sont écrits depuis son temps. L’épousent. Et s’ils divorcent, c’est de ce temps précis aussi, dont l’image est celle d’un univers désolé, aride, vide d’hommes et surtout d’humanité. S’ouvre une période féconde, marquée par des recueils aux titres brillants tels que: "Stjärnorna, les étoiles" ou "Den låga stranden, "la rive basse", comme si la prise en compte de cette noirceur temporelle rendait plus nécessaire encore la poésie. Son père, Matts, suédois, est ingénieur dans une scierie, et sa mère, Helena, finlandaise, est issue d’une grande famille. Le lien avec sa mère fut très fort, celui avec son père engendra sa méfiance envers les hommes et sa lutte pour le féminisme. Elle reste dix ans dans son village, près de sa mère, son père étant souvent absent car il parcourt toute l’Europe pour son travail. De langue suédoise sur le tard, elle est scolarisée de 1902 à 1909 à l’école "Deutsche Hauptschule", pour filles dans lalangue allemande qu’elle fera sienne, écrivant aussi en cette langue. Elle connaissait également le russe, l’anglais, lefrançais et dévorait les poèmes dans toutes les langues. Elle vivra dans la pauvreté et le tragique: deuils personnels, première guerre mondiale, événements de 1905 à Saint-Pétersbourg, guerre civile de 1917-1918, bombardements. Loin des villes, des autres, elle sera enclose, solitaire. Son existence, dès seize ans, se passera sous la menace mortelle de la tuberculose qui se déclare en novembre 1908, après un dépistage pulmonaire. Son père était mort en 1907 de la même maladie. Sa vie ne sera plus que séjours au sanatorium, Nummela, Davos, et éclaircies dequelques rémissions. Sa "montagne magique" à elle, Sanatorium de Davos, ne sera pas miraculeuse. Dépouillées de leurs biens par la révolution de 1917, sa mère et elle vivront dans la nécessité. Pauvre, très pauvre, elle pouvait à peine se nourrir. Entre la mort rampante et la misère, elle s’éteint peu à peu. Ses seules joies furent l’amitié del’écrivain Hagar Olsson (1893-1978), qui plus tard la fera connaître et reconnaître, et son chat qu’elle aimait tant.
"Ecoute ! Une étoile est tombée dans un tintement, ne sors pas, pieds nus, dans l'herbe. Mon jardin est plein d'éclats d'étoiles". Elle meurt épuisée à trente et un ans, le vingt-quatre juin 1923. Elle avait cessé d’écrire en 1920, oscillant entre le catholicisme nouvellement découvert et les idées de Nietzsche. Quelques rares poèmes en 1922, puis plus rien. Auparavant ses rares recueils publiés seront très mal reçus. Maintenant sa renommée est essentielle pour la Finlande. Son image de combattante acharnée contre la mort et sa vie dans une extrême pauvreté, en ont fait une légende en Finlande. "De ma vie, je fais un poème, du poème une vie le poème est la manière de vivre, et l’unique manière de mourir". La poésie d’Édith Södergran est surprenante pour son époque. Elle a la force panthéiste de la musique de son contemporain Jean Sibelius. Mais elle, ce ne sont pas du tout les mythes retrouvés du Kalevala qui l’intéressent, ni la refondation d’une patrie, mais les chants de sa solitude. Certains mots résonneront et rimeront toujours dans sa conscience: lune, lac, mort, île, le rouge couleur qui la hante. Sa poésie est comme un lac au fondde la forêt, un lac sombre parfois, étrange toujours. Il montait d’elle une exaltation, une fièvre, une tension immense vers un monde de beauté, de fusion avec la nature. La réalité autre donnera le tragique de ses poèmes. Pourtant nulle amertume, elle disait qu’elle "avait le même sang que le printemps". Le désir parcourt aussi ses mots, bien qu’une méfiance certaine envers les hommes soit présente: "Je ne suis pas une femme. Je suis neutre. Je suis un enfant, un page, une résolution hardie, je suis un rai de soleil écarlate qui rit". À l’exhortation de John Keats,une chose de beauté est une joie éternelle. ("Endymion"). Elle écrit aussi "Sans beauté", "L’homme ne vit pas une seconde" et "Elle aussi aura senti les fleurs pousser sur elle". Loin de ses contemporains, exilée dans sa maladie et dans son espace, elle dégage un son cristallin, comme des gouttes de pureté, de petites gouttes qui glissent.Sa quête d’amour, "Je n’ai qu’un nom pour tout et c’est amour". Attente de l’âme, sa douce et tendre familiarité avec la nature, elle la petite fiancée des sapins et des sorbiers, en fait une belle personne étrange et attachante."Vers ce pays qui n’existe pas je me consume car de tout ce qui existe je suis lasse, la lune m’a conté en runes argentées le pays qui n’existe pas. Pays, où tous nos souhaits seront merveilleusement exaucés, pays où noschaînes tomberont enfin un jour, pays où nous trempons nos fronts blessés dans la fraîche rosée de la lune".
"Te t’inquiète pas, mon enfant, il n’y a rien, tout est comme tu vois, la forêt, la fumée, la fuite des rails. Quelque part,là-bas, dans un pays lointain, il y a un ciel plus bleu, un mur couronné de roses ou un palmier et un vent plus doux". L’amour qu’elle exalte, elle s’en méfiera toujours, affirmant que "ses seuls compagnons furent la forêt, le rivage etle lac". Elle est proche de l’herbe, à hauteur d’herbe et de rosée. La nappe rouge de son incandescence fait reculer les nuits lugubres. Marquée par Nietzsche, et la théosophie de Rudolf Steiner, un certain nihilisme affleure en même temps qu’un panthéisme dionysiaque et un sentiment tragique de l’existence. Sa poésie pourrait être à la confluence de bien des courants mais c’est des poètes allemands comme Lou Andreas Salomé, Rilke, Else Lasker-Schüler, qu’elle se rapproche. Les influences de Rimbaud pour la force poétique, de Walt Whitman pour l’exaltation des forces primitives et du moi, du grand Alexandre Blok peut-être, apparaissent alors également. Mais sa maladie la replonge dans ses origines et elle revient au suédois, dévorant quantité de poèmes et écrivant désormais dans "sa langue natale". D’abord élégiaque, sa poésie devient une préparation à la mort, qui s’annonce par la tuberculose qui commence à creuser en elle. Elle luttera quatorze ans, partagée entre espoir de guérison et abandon à la mort. Dans les pays nordiques, on présente Edith Södergran comme une héritière des courants symbolistes français, expressionnistes allemands, et même futuristes russes. S'il est vrai qu'elle maîtrisait alors parfaitement l'allemand, et qu'elle connaissait le russe comme le français, la lecture d'un seul de ses poèmes rend ainsi peu pertinente la prise en compte de ces héritages, qu'il semble par ailleurs difficile de pouvoir concilier. Ces tentatives assez contradictoires afin de la rattacher à un mouvement démontrent très bien l'originalité d'Edith Södergran, qui est vraiment une figure à part. Non qu'elle eût souhaité se retirer dans une tour d'ivoire, mais la maladie, comme l'isolement, ont contribué à donner à son œuvre une empreinte si particulière qu'elle semble encore aujourd'hui une voix étrange, surprenante. Pourtant, elle s'étonnait elle-même que l'on qualifiât son œuvre d'"originale". L'originalité ne fut pas voulue, mais "naturelle". La vie d'Edith Södergran est ainsi une succession d'événements tragiques, et surtout une rencontre permanente avec la mort. Sa sœur adoptive, une jeune fille recueillie par sa mère, nommée Singa, meurt, renversée par un train. En 1904, son père est atteint de la tuberculose. En 1906, il part résider au sanatorium de Nummela. Hélas, son état de santé continue à se détériorer et il meurt en 1907.
"Ma vie ne fut que brûlante illusion. Mais j’ai trouvé et vraiment il fait partie de moi le chemin du pays qui n’existe pas, le pays qui n’existe pas. Là va celui que j’aime ceint d’une couronne étincelante". Quelque chose de GunvorHofmo (1921-1995), également femme-poète, mais aussi, quel poète du monde nordique peut échapper à cette lumière, dans cette affirmation du moi, dans la volonté, dans le centrage lyrique en toute première personne. La poétesse de Finlande, celle du Pays qui n’est pas, à l’origine de toute la lyrique du Septentrion, est bien là, ainsi dans le poème D’une enfance. L’image de l’étoile filante chue dans le jardin vient directement du jardin intérieurd’Edith. Gunnar Ekelöf, sans doute, avec l’idée de cette invitation sur Terre. Sillage de Tarjei Vesaas poète aussi,dans le motif, finalement nordique, du navire de nuit, qui pourrait bien être l’Occident. Peut-être Hamsun aussi, le compatriote qu’évoque, avec ses personnages romanesques errants, le poème "Temps pluvieux". Mais Norvège pour Norvège, s’il est une voix à rapprocher de celle de Gunvor Hofmo, à presque tous les niveaux, c’est celle deTor Jonsson. Il est une vraie gémellité entre les deux voix. Jonsson s’est suicidé quand Hofmo avait trente ans, mais l’Oslonaise a lu l’écrivain de Lom, son aîné de peu. Elle connaît ses vers. Jusque dans leurs photos respectives, ce côté triste, jamais très loin du désespoir noir. Dans un cas, dans l’autre, rien de plus étranger au poème que la gaîté. Il est parole sérieuse d’un être qui se sait fragile, labile, promis à la poussière. Les deux poètes ont recoursà un même titre, et ce n’est pas un hasard ("Klager du", Te plains-tu). Ce titre vaut, pour Hofmo, comme une reconnaissance de dettes. Au fil des poèmes, d’autres noms, comme celui de Wergeland, d’Olaf Bull. Il convient toutefois de ne pas exagérer le poids des influences chez cette poétesse. Si sa première écriture peut sembler assez traditionnelle, elle ne se rapproche, ni surtout ne se réclame, d’aucune école littéraire clairement définie.Hofmo échappera même à ce jeu irritant d’appartenance et de chapelles qui caractérise assez bien le champ poétique norvégien des années soixante-dix, tant le souci social, le regard vers les autres, l’intuition fulgurante de leur douleur datent chez cette femme politisée très tôt de plus longue main. Comme si, par une belle vision intérieure, elle avait pressenti que la mal ne s’arrêtait pas à la guerre, que celle-ci avait tout pris aux hommes, à commencer par leur humanité. La moindre attaque faite à l’humain est vécue par elle comme un scandale.
"Qui est mon amour ? La nuit est noire et les étoiles tremblent de répondre. Qui est mon amour? Quel est son nom ? La voûte du ciel monte de plus en plus haut et un enfant s’est noyé dans les brumes infinies et il ne connaît pas la réponse". Ce qu’elle retient d’une certaine modernité, cette grande liseuse de poésie s’en sert pour nourrir le feu de ses images. Sachant faire siens les acquis du modernisme, elle ne tarda pas à donner la pleine mesure de son sens plastique et à traduire son expérience extatique en images incandescentes. Les audaces modernistes,elle les incurve à son seul propos. À l’inverse, difficile de reconnaître un poète norvégien d’aujourd’hui marqué parelle. Le lot, peut-être, des écritures très personnelles. Et la solitude, là aussi. Dans d’autres domaines de l’art, dans d’autres pays, des mentions sont faites à Van Gogh, à Baudelaire, Dostoïevski, Kant, Mandelstam. Nombre d’autres. Mais il semble bien alors que les influences traversées soient d’abord scandinaves, et norvégiennes au premier chef. Comment expliquer sinon que le dernier ensemble du dernier recueil soit un libre accompagnementen vers des œuvres du peintre norvégien Harald Sohlberg ? On n’oubliera en outre ni les emprunts aux mythes antiques ni les mentions au personnel biblique. L’auteur connaît et la mythologie et sa bible, son Ancien Testament, en profondeur. C’est comme naturellement que leurs personnages viennent traverser les pages. Et puis une autre rencontre, un fait biographique, qui explique tout, sans doute. La perte d’une amie juive, aimée du même âge qu’elle laissa partir, sans oser la retenir, vers les camps de la mort nazie, une culpabilité insensée moins par son intensité que par sa permanence au long d’une vie. Toute mort fait naître. C’est alors de ce moment-là, de ce fait saillant marqueur de chronologie interne, tel qu’il est ainsi traduit dans l’un des très hauts poèmes scandinaves d’aujourd’hui, il faut toujours veiller, que date la vraie naissance à la parole grave. Comme si les mots du poème emmenaient avec eux cette part d’ombre et de tristesse qui est le lot des humains, leurs brisées de cendre. Noir de la nuit, noir de l’encre, un même noir. La nuit, avance avec Edith Södergran, est un dieu. Il y eut les horreurs de la guerre dans le monde, cet attentat particulier contre l’intégrité des êtres que l’on peut aussi nommer guerre.
"Mais l’enfant n’est rien autre que confiance, il étend ses bras plus haut que tous les cieux. Vient alors une réponse. Je suis celui qui vous aime et sera toujours l’amour". La poétesse est de son temps. Il y a même dans ses poèmes d’après-guerre quelque chose de la lourdeur si pesante de la guerre froide, et de la tristesse d’avoir peut-être à deviner une autre guerre. La joie n’est pas son métier. Peut-être même ne l’intéresse-t-elle pas. Encore une fois, on trouve peu chez l’auteur, de gaîté, et même de sourire. Poétesse sombre, correspondant malgré elle aux clichés insensés des européens sur les scandinaves mais aussi, plus sûrement, à cette touffeur de l’après-guerre qui plomba l’atmosphère des années trente. Les scandinaves ont la hantise de la destruction du monde, le Ragnarök, où l’univers disparaît alors dans les flammes, et les conflits larvés du temps. Et deux axes, les hommes et Dieu, le créateur et ses créatures. Pas un des poèmes qui d’une façon, de l’autre, ne lie ces motifs nodaux. La question,semble-t-il, se reformule ainsi. Comment Dieu permet-il de rendre visible les hommes, les humains ? Dans des vers dont l’orientation religieuse est rarement absente, Edith Södergran ne voudrait pas d’un Dieu qui éloigne des hommes, empêche le moi, justement, de retourner habiter chez eux. Dans ses variations au fil des poèmes, les mots hommes, humains, être humains, parfois dotés de majuscules, sont omniprésents. Poèmes écrits paret vers les hommes. Poésie humaniste. Et l’autre versant du réel, qui n’est pas son verso, est une sorte de refuge par rapport au mal, vecteur aussi de solitude. Elle sera comme une bougie, consciente, qui s’éteint. Elle incarne la fragilité et aussi une force d’âme incroyable. Elle aura en fait découvert seule, par illumination et fraîche naïveté, la poésie. Fruit de toutes ses lectures en vrac, en toutes les langues, hors de toute véritable influence ou école, elle a dans un geste rimbaldien retrouvé l’aube de la poésie. Étoile filante, touchée par une certaine grâce, elle était habitée "d’une rage d’absolu". Son innocence, ses absences de boursouflures, ses mots réalistes et directs, rendent sa poésie immédiate. Certes son monde poétique est délimité, parfois étroit, souvent mystique et exalté, mais sa voix est unique, convulsive, claire et émouvante. Entre espoir et abattement, une voix s’élève, entre la fusion avec la nature et le besoin d’amour. Elle transmue la violence en beauté. Ses mots furent étonnamment modernes pour leur temps. Elle a un souffle visionnaire, messianique. Edith Södergran n’aura pas eu le temps, il lui sera alors resté l’eau et les souffles de l’adieu. "Moi qui aime la terre ne connaît rien de mieux que l’eau".
Bibliographie et références:
- Piet Lincken, "Edith Södergran, l'étoile filante"
- Régis Boyer, "Edith Södergran, poèmes complets"
- Matti Goksøyr, "Edith Södergran, poésie"
- Lucie Albertini, "Edith Södergran, poésie de Finlande"
- Jan Erik Vold, "Edith Södergran"
- Pierre Grouix, "Tout de la nuit est sans nom"
- Ruth Maier, "Le journal d'Edith Södergran"
- Siri Lindstad, "La poésie d'Edith Södergran"
- Gil Pressnitzer, "Edith Södergran"
- Fredrik Wandrup, "Edith Södergran, poèmes complets"
- Erik Bjerck Hagen, "Edith Södergran"
- Astrid Tollefsen, "Edith Södergran"
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"Des femmes de tous les mondes se disaient éprises du poète, elles lui écrivaient des lettres tendres et sentimentales, puis s'arrangeaient pour le rencontrer fréquemment. D'abord, cette cour qu'on lui faisait l'avait amusé, et, enfant, un peu naïf, il avait cru vrais et sincères ces amours qu'on lui offrait. Mais ces passions ne duraient guère. À peine un hiver, rarement un printemps. Lui, se lassait bien vite. Ces âmes futiles et légères, qu'un caprice lui amenait, ne savaient pas donner le bonheur. Elles, un peu déçues, ce grand homme parfois les ennuyaient, le quittaient sans regret". La première des plus jolies filles de France, voilà plus de cent ans, était originaire d’Espelette, au Pays basque. Agnès Souret n’a pas pu dérouler la carrière de comédienne dont elle rêvait, fauchée par la maladie, à vingt-huit ans, en Argentine. C’était le premier concours. À cette époque, pas question d’anglicisme tapageur. La toute jeune Agnès Souret, née à Bayonne d’un père breton et d’une mère basque, envoie depuis Espelette une photo d’elle en communiante pour le concours de la plus belle femme de France. "Je n’ai que dix-sept ans. Dites-moi si je dois traverser la France pour courir ma chance", écrit-elle au dos, en s’adressant, pleine de candeur, à l’équipe de Maurice de Waleffe, journaliste mondain qui a pris l’initiative de ce concours relayé dans tous les cinémas de France. Deux-mille concurrentes se manifestent alors dès la première année. Un petit mètre soixante-huit, le teint clair, les yeux bruns et les cheveux châtains d’Agnès Souret vont faire le reste, avec cette once de fragilité dans le regard. Elle qui rêvait de devenir artiste de l’écran remporte le concours et peut désormais frayer dans les milieux parisiens. Où sa simplicité fait alors tache. "Le ciel lui a donné une beauté éblouissante, infiniment de bonté et de sagesse et un heureux caractère", écrit d’elle Hervé Lauwick, dans les colonnes du Figaro. C’est si dangereux d’être trop belle et l’orgueil vient si vite au cœur humain. Enfin, la jeune Agnès est choisie pour tourner son premier film, au Mont-Saint-Michel. "Le Lys du Mont Saint-Michel" est tiré du roman "Rêve d’amour" de T. Trilby, pseudonyme de la femme de lettres Thérèse de Marnyhac (1875-1962). Agnès se lance. Comme son idole Sarah Bernhardt, Agnès Souret rêve de la scène. T. Trilby, ou Madame Louis Delhaye, nom d'alliance, encore Marraine Odette lui aura offert le rôle de sa vie. Car la malheureuse jeune fille, alors qu'elle effectuait une tournée en Argentine, meurt d'une péritonite le vingt septembre 1928 à l'âge de vingt-six ans.
"Pouvez-vous comprendre, si jeune encore, comme la mort est une terrible chose ? Elle vous sépare brutalement, ironiquement, d'un être que vous adoriez, auquel vous pensiez ne pas pouvoir survivre". Sous le pseudonyme de Trilby, qu’elle emprunte à un conte de Nodier ou à un roman de George du Maurier, se cache une femme de lettres aujourd’hui très méconnue: Marie-Thérèse de Marnyhac (1875-1962). Elle est l’auteur d’une œuvre romanesque abondante dont les premiers titres paraissent au tournant des siècles et les derniers à la veille de sa disparition, sa carrière littéraire s’étendant sur une soixantaine d’années au cours desquelles elle livre un ou deux ouvrages par an. Née d'un père marchand à Paris, elle a été éduquée de façon stricte. Pendant la Grande Guerre, elle est infirmière de la Croix-Rouge, et recevra la Légion d'Honneur. La guerre terminée, elle poursuivra son activité à la Croix-Rouge et s'occupera de jeunes filles en difficulté. En 1899, elle épouse Louis Delhaye, un industriel. D'une nature optimiste et enthousiaste, elle souhaite, par ses écrits, transmettre aux enfants et aux très jeunes gens, les valeurs morales qui lui ont été enseignées: admiration de l'armée, esprit colonialiste, proximité avec les Croix-de-Feu, hostilité au Front Populaire, dans "Bouboule chez les Croix-de-feu" (1936) et dans "Bouboule et le Front populaire" (1937). Généreuse et volontaire, mais d'esprit proche de l'extrême droite, deux de ses romans seront couronnés par l'Académie française: "Le Retour" (prix Montyon en 1920) et "En avant" (1948). "Lui, n'avait été, dans sa vie, qu'un amusement, un fantoche, un pantin tout pareil aux autres, un imbécile de plus, venant grossir le flot de ses admirateurs. Mais c'était fini, fini. Leur flirt, comme disait Suzy, se terminait ce soir". Faute d’archives, elle n’est plus connue que par ses œuvres, lesquelles ont disparu de l’horizon des lectures contemporaines, mais ont tenu une place dans les lectures féminines de leur temps. Rarement mentionnées dans les revues bibliographiques des grands périodiques, elles sont en revanche souvent évoquées, signe qu’elles touchent un assez large lectorat. Plusieurs d’entre elles, rédigées du milieu des années 1930 à la fin des années 1950 et destinées à un public de jeunes lecteurs ont été rééditées, mais n’ont alors guère rencontré de succès ou d’intérêt. Du fait de ce travail, mené par les Éditions du Triomphe, Trilby ne passe plus aujourd’hui que pour "un auteur à succès pour la jeunesse", ce qui revient à ignorer une part considérable de sa production. Celle-ci se développe en effet sur deux plans. Celui du roman éducatif qui représente dans l’ensemble de sa production une quarantaine de titres publiés entre 1936 et 1961. Celui du roman sentimental comme en témoignent des publications sous forme de feuilletons dans "Le Petit écho de la mode", périodique qui prétend offrir à ses lectrices "des romans bien faits qui joignent à la grâce d’une intrigue heureusement conduite, à la séduction d’un style élégant toute la force saine d’une noble pensée". Comme le montrent toutes ces données, Trilby réoriente sa production littéraire au cours des années 1930, moment de sa carrière où, délaissant la veine du roman sentimental, elle donne ses premiers romans éducatifs, "Moineau la petite libraire" (1936) et "Dadou gosse de Paris" (1936).
"Elle vous le prend à jamais, et, lentement, détruit cette forme humaine que vous avez tant aimée". En ces mêmes années, elle fait également paraître un cycle romanesque où elle s’intéresse à la vie sociale et politique de son temps: "Bouboule ou une cure à Vichy" (1927), "Bouboule dame de la IIIème République" (1931), "Bouboule en Italie" (1933), "Bouboule à Genève" (1933), "Bouboule dans la tourmente" (1935), "Bouboule chez les Croix de Feu" (1936), "Bouboule et le Front populaire" (1937). Elle livre ainsi une série de sept volumes qui suivent le parcours d’une héroïne, Bouboule, qu’ils font pénétrer au Sénat et à la Chambre où siègent son père puis son mari, M. de Sérigny, qui accède à un ministère et effectue, après qu’il a perdu son portefeuille, une mission auprès de la Société des Nations. Bien qu’il s’appuie sur une large tradition d’écritures romanesques autoritaires où l’antiparlementarisme est alors porté par des narrateurs et des héros dont la parole se fait polémique, le cycle de Bouboule peine à s’inscrire dans le cadre du roman à thèse dont les structures ordinaires, assurément présentes, perdent de leur force assertive. Il est en effet porté par un personnage féminin qui ne dispose pas d’une voix autorisée, audible et crédible, et prend alors les aspects d’une suite d’œuvres où sont évalués des discours capables de se substituer à ceux des hommes de pouvoir, de s’opposer à une parlementarisation généralisée de l’espace social. Aussi se lit-il comme une quête visant à inventer ou à retrouver une parole que le parlementarisme ne contamine pas. Quelque soit la valeur littéraire de l'œuvre, le cas de l'auteur est rare. "Cette belle poupée parisienne s'ennuyait dès qu'on ne l'adulait plus. Pour être aimable, il lui fallait respirer l'atmosphère des salons et sentir autour d'elle des hommes empressés, prêts à lui murmurer des compliments bêtes que les femmes acceptent". Le premier volume du cycle s’ouvre sur une scène de lecture à travers laquelle Trilby manifeste ses intentions, elle présente Mme Lagnat, la mère de son héroïne, comme la "demoiselle d’un sous-préfet", expression qui l’indexe à l’univers du personnel politique républicain, mais aussi comme une mondaine qui se plaît dans l’univers des salons et s’adonne à des activités qu’elle associe à son statut: "la broderie, la musique et les livres". Elle parcourt alors "le livre d’un Maître": " À l’ombre des âmes fleuries". Trilby indique ainsi que son entreprise sérielle s’éloigne du modèle proustien, ce que marquent les premiers propos de Bouboule: "L’auteur appartient à cette nouvelle école que tu admires et qui est pour moi le meilleur des soporifiques". Essentielle à la caractérisation des personnages, l’allusion proustienne oppose deux univers, celui d’une intellectuelle attachée à une vision bourgeoise du régime républicain et celui de Bouboule qui ne cesse de signaler son peu d’intelligence afin de mettre alors en valeur son bon sens légendaire et son âme simple de fermière auvergnate.
"J'ai besoin pour mon art de rester ici. Je rêve d'une poésie, d'un drame ou d'une idylle, je ne sais encore". Aussi les romans dont elle est l’héroïne échappent-ils à la tentation du roman psychologique, dont Proust est le représentant, ainsi qu’aux cruelles énigmes chères à Bourget à qui il est fait allusion en une autre occasion. De fait, Bouboule ne lit qu’en chemin de fer et n’attend de ses lectures qu’un délassement qu’elles ne lui procurent pas. "Je coupe les pages d’un livre nouveau que je n’achèverai pas, histoire de trois personnages, mari volage, cela ne m’a jamais amusée". Trilby se détache ainsi des intrigues de cœur de la tradition du roman sentimental dont elle est, avec Delly, un des maîtres, aussi bien que de celle, voisine, du mélodrame que son héroïne condamne également. S’en prenant autant à la littérature difficile qu’à la littérature facile, Trilby situe alors l’écriture de son cycle dans un espace intermédiaire qui lui impose d’inconfortables contraintes puisqu’elle doit renoncer à l’analyse psychologique de ses personnages comme à la conduite d’intrigues reposant sur la thématique des liaisons très contrariées ou, solution à laquelle elle s’arrête, ne leur offrir qu’une place secondaire en s’intéressant aux amours de Bouboule au seuil du cycle. Bouboule dispose d’une culture littéraire dont elle fait état chaque fois qu’elle croise le souvenir d’auteurs connus. Elle se tient toutefois à distance d’œuvres qu’elle se dit incapable de comprendre et d’admirer, attitude qui renvoie, comme l’intérêt qu’elle porte à Mme de Sévigné, à des usages scolaires solidement établis. "J’ai lu sur un mur une phrase de Rousseau que je n’ai pas trouvé digne d’être admirée. Du reste, je ne comprends pas le génial écrivain, la nature qu’il a décrite m’a toujours parue un peu artificielle, je ne l’ai jamais vue comme il l’a vue. Mais je ne suis qu’une fermière sans culture et il est évident que Bouboule ne peut comprendre Jean-Jacques Rousseau. Moquerie de la pédanterie. "Par des nuits si belles, être seul, c'est presque douloureux. Lorsque quelque chose m'émeut, j'ai besoin d'une présence amie près de moi. On n'aime pas une femme qui vous prévient d'avance que le flirt l'ennuie". Contredisant les méthodes et ignorant les discours de l’école, Bouboule renonce à tout propos qui prendrait une dimension historique ou critique. Elle refuse ainsi, découvrant Rome, qu’une amie de sa fille lui résume les cours de son "professeur de littérature" sur Chateaubriand: "Je ne suis pas assez littéraire pour admirer les écrits de cet homme et son caractère m’est odieux". De manière similaire, Trilby se contente de la mettre à l’écoute, lors d’une visite à Ferney, d’une dispute entre une amie de sa fille et son futur époux à propos de Voltaire et de son œuvre, celle-ci reprochant à celui-là de n’en faire cas que sur le fondement de souvenirs scolaires avant de se lancer dans une virulente charge: "Vous ne me ferez jamais admirer Voltaire, j’aime son château, sa prairie, tout ce que Dieu lui avait permis d’avoir sur terre et dont il ne sut jamais être reconnaissant".
"Des femmes de tous les mondes se disaient éprises du poète, elles lui écrivaient de jolies lettres tendres et sentimentales, puis s'arrangeaient pour le rencontrer fréquemment". De fait, Trilby ne fixe à la littérature, par l’intermédiaire de ses personnages, qu’une mission éducative. S’en prenant à tous ceux qui y dérogent, son héroïne déclare que les dramaturges ont oublié que le "théâtre a un rôle éducateur", propos qu’elle précise par la suite en reprochant à un "littérateur" à succès de s’adonner à un travail de démoralisation. Comme le montre ainsi une scène de bal masqué auquel participent des couples figurant des œuvres d’écriture, Trilby associe la littérature à un univers de mondanités superficielles et dangereuses. Ce carnaval littéraire donnant à sa fille l’occasion de se lier avec un diplomate allemand, avec qui elle souhaite représenter "Kœnigsmark" de Pierre Benoit, elle lui conseille pour la détourner de ce projet de lire "Les Croix de bois": "Tu le liras très attentivement, religieusement, tu comprendras qu’un baron Von Klupp ne doit pas oser représenter dans nos salons un héros français". Aux littératures de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle comme aux littératures de son temps, qu’elle fait condamner à son héroïne, Trilby préfère des œuvres qui, à l’image du roman de Dorgelès, confortent le sentiment national. Aussi le cycle de Bouboule prend-il les aspects d’une littérature éducative du politique. Un seul écrivain de son temps trouve grâce aux yeux de Bouboule, Anatole France, dont elle ne retient ainsi qu’une phrase, extraite des "Opinions de M. Jérôme Coignard", qui évoque les parlementaires. "Ils devront s’étudier à parler pour ne rien dire, et les moins sots d’entre eux seront condamnés à mentir plus que les autres". La romancière avait des avis tranchés. "Avec une franchise parfois cruelle, Suzy disait ce qu'elle pensait, même quand on ne le lui demandait pas. Elle avait des boutades d'enfant terrible qui la faisaient haïr de certains. Mais ceux qui l'aimaient, l'adoraient. Pourtant il semblait à Philippe impossible que quelqu'un aime cette femme d'amour". Comme l’indique cette citation, Trilby envisage la littérature éducative du politique dont elle se réclame comme une littérature de dénonciation du parlementarisme. Son héroïne adresse en effet les mêmes reproches aux gens de lettres dont elle réprouve totalement l’influence et aux parlementaires qu’elle observe. Assistant à plusieurs débats parlementaires, Bouboule résume ou cite des fragments de discours, s’arrête aux réactions qu’ils suscitent et montre les tribuns du Sénat ou de la Chambre comme des menteurs et des sots qui ne veulent pas voir ou ne voient pas les périls, intérieurs ou extérieurs, qui menacent la société française: "La politique avec ses ambitions, ses compromissions, ses mensonges, les a contaminés, ils sont devenus les responsables du mal fait à leur pays".
"Cette belle poupée parisienne s'ennuyait dès qu'on ne l'adulait plus. Pour être aimable, il lui fallait respirer l'atmosphère des salons et sentir autour d'elle des hommes empressés, prêts à lui murmurer de ces compliments bêtes que les femmes acceptent". Tandis que le monde des lettres est transformé en bal masqué où se nouent des intrigues de cœur, celui des enceintes parlementaires est présenté comme un univers d’intrigues autant que de manœuvres et vu comme le lieu de spectacles de la parole. Révélatrices sont, à cet égard, les premières visites de l’héroïne au Sénat, dont elle découvre la bibliothèque avant d’entendre le vain discours d’un ministre des Affaires étrangères. Bien que celui-ci lui soit présenté comme un "virtuose de la parole", elle le voit comme une "vedette qui fait recette", terme qui qualifie ailleurs des "littérateurs", ne retient de son intervention que l’élégance de "la langue" et "les passages d’émotion et d’éloquence". Aussi ce discours, qu’elle se surprend alors à applaudir sans l’approuver, est-il aussi captieux que les plates intrigues des romans sentimentaux. Bouboule fait en outre des assemblées parlementaires, vues comme des lieux où l’intérêt particulier l’emporte sur l’intérêt général, le modèle à partir duquel elle envisage une instance internationale, la Société des Nations, mais aussi d’autres secteurs de la vie sociale. Elle décrit en effet les réunions de charité qu’elle fréquente, le monde de la Croix Rouge où elle s’introduit ainsi que la section féminine des Croix de Feu dont elle devient membre comme des lieux de discours où règnent rivalités et ambitions personnelles, c’est-à-dire comme autant de petits parlements. Aussi envisage-t-elle le mal parlementaire comme un fléau généralisé, qui touche le monde politique des hommes aussi bien que celui des activités traditionnellement réservées aux femmes et en vient-elle à dénoncer, à grand renfort de scènes qui se répètent, une parlementarisation généralisée de la société française. S’en prenant toutefois surtout aux députés et aux sénateurs, Trilby confie à son héroïne des réflexions que Bouboule, "ne comprend rien du tout à la politique". "Marie-Rose, pour moi, c'était une petite fille, une petite fille charmante, mais une femme, ma femme, cette enfant, cela me paraît impossible. Et puis, je ne suis pas seul il est probable, il est même certain que Marie-Rose n'a jamais vu en moi qu'un oncle, qu'un parent qui sera vieux, bien avant elle, qu'on ne peut aimer que comme un grand frère". Constatant que celle des parlementaires est viciée, elle prête ainsi une attention de plus en plus soutenue aux interventions de ceux qui s’expriment hors des enceintes institutionnelles, aux discours que prononce La Rocque après le 6 février 1934 ou au moment de la dissolution des ligues et, par le biais d’une amie, à ceux de Doriot lors de la fondation du PPF. Capital dans ce contexte, son séjour romain lui donne l’occasion d’écouter le discours que prononce Mussolini pour le dixième anniversaire de sa prise de pouvoir, discours qui s’oppose, dans la logique du cycle, au premier de ceux qu’elle entend: "Harangue courte, le Duce n’aime pas les discours". Si Bouboule en appelle à un nettoyage par le vide en commençant par le Palais Bourbon, elle rêve donc surtout d’un monde politique où "quelques hommes intelligents, décidés à travailler sans discours accepteraient d’obéir à un chef de valeur", chef auquel elle prête les traits d’un sauveur et dont elle donne divers modèles. Aussi Trilby cherche-t-elle à donner une œuvre romanesque nettoyée de tout parlementarisme, une œuvre romanesque où la harangue l’emporte sur le discours.
"On n'aime pas une femme qui vous prévient d'avance que le flirt l'ennuie !" Rêvant d’un chef qui parle moins qu’il agit, Bouboule ne peut pas plus être montrée comme une femme de discours que comme une lectrice, situation à laquelle elle échappe puisque, femme et épouse d’un homme politique, elle est condamnée au silence devant les spectacles de la parole auxquels elle assiste et contrainte d’observer de loin les manifestations auxquelles elle se rend. Elle voit les événements du 6 février 1934 depuis le restaurant Weber de la rue Royale et doit se contenter de donner des soins aux blessés. Comme le montre cet exemple, Bouboule fait usage hors des enceintes institutionnelles de pratiques qui y ont cours, l’interpellation ou l’interruption. Tout comme sa manière de la donner, sa parole resterait donc contaminée par la discursivité parlementaire si Trilby ne la présentait, à l’image de certaines héroïnes de Gyp, sous les aspects d’un Gavroche du sexe faible dont l’impertinence est l’unique arme. Une arme dont elle se sert moins, comme le voudrait l’économie du roman à thèse, afin de véhiculer un discours d’escorte à valeur idéologique ajoutée que pour ridiculiser ceux qui suscitent son indignation. Aussi ne parvient-elle le plus souvent qu’à ôter la parole à des adversaires d’importance secondaire, un touriste allemand croisé au cours d’une visite des catacombes romaines, une "simple française malheureusement devenue plus que jamais hitlérienne". "Ma chérie, dit-elle, un jour ce sera toi qui voudras t'en aller, et ta vieille grand'mère tâchera, ce jour-là, de ne pas pleurer pour ne pas attrister ton jeune bonheur. Tu te marieras, mignonne, et ton mari t'emmènera. Tu le suivras, heureuse, et, très vite, tu oublieras la "Vieille maison". Dans ce contexte, les épreuves de la parole auxquelles elle soumet les "chefs" en qui elle place ses espoirs de régénération nationale de même que celles auxquelles elle se soumet l’amènent à prêter intérêt et attention à une autre forme du discours politique, sa forme journalistique, et à modeler ses comportements et ses interventions sur ceux d’un porteur de discours politique, que n’incarne aucun des personnages du cycle, le journaliste. Désireuse de donner à la parole de son héroïne une forme de légitimité, Trilby la conduit à adopter la posture d’un chambrier pour rendre compte des débats parlementaires, celle d’un reporter quand elle décrit alors des émeutes, des défilés ou des réunions publiques. Conduite de sa propriété auvergnate aux centres de la vie politique parisienne, extraite de sa petite patrie et amenée par sa fréquentation des assemblées parlementaires à se préoccuper alors de l’avenir de la société française, Bouboule prend à bien des égards les aspects d’un personnage déplacé. Parfaite huronne de la vie sociale et politique, elle est en effet présentée sous des aspects qui prêtent au rire et minent son autorité discursive. De fait, elle est surtout la femme d’un monde d’hier, d’un monde de l’avant première guerre mondiale, contexte qui est celui du premier roman du cycle, en témoignent les "rotondités" qui lui valent son surnom, et conduite à évoluer dans un univers où elle ne peut rester en place et où elle ne parvient pas à trouver sa place, ce que signale le fait qu’elle est désignée par son surnom (Bouboule) plutôt que par son nom (Mme de Sérigny) ou son prénom (Béatrice) et qu’elle ne sait comment signer lorsqu’elle écrit, partagée qu’elle est entre un idéal de retrait familial, qui ferait d’elle une mère ou une épouse de roman sentimental, et des devoirs de citoyenne qu’elle ne peut remplir, faute de parvenir à s’inventer une parole d’autorité, ce qui lui interdit de devenir l’héroïne d’un roman à thèse. Trilby peine ainsi à trouver une écriture capable de la prendre en charge. Aussi le cycle de Bouboule se conclut-il sur une évocation de l’interdiction des cortèges de la fête de Jeanne d’Arc, en mai 1937, évocation qui donne lieu à une ultime prise de position. Il revient ainsi à Jeanne, "qui aurait bien mérité d’être électrice", de vaincre le mal parlementaire, mal que Trilby lie alors à la déchristianisation de la France et à son entrée dans le monde moderne de la parole délibérative.
Bibliographie et références:
- Constance Auger, "Le destin tragique de la première Miss France, Agnès Souret"
- André de Fouquières, "Agnès Souret, première Miss France"
- Aro Velmet, "Agnès Souret, l’éternelle fiancée d’Espelette"
- Susan Suleiman, "Thérèse de Marnyhac"
- Karine-Marie Voyer, "Trilby un auteur à succès pour la jeunesse"
- Hélène Millot, "Thérèse de Marnyhac"
- Corinne Saminadayar-Perrin, "Thérèse Trilby"
- Denis Pernot, "Thérèse de Marnyhac"
- Catherine Douzou, "Écritures romanesques de droite au XXème siècle"
- Paul Renard, "Thérèse de Marnyhac, une femme de conviction"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"J'ai trouvé en te rencontrant un sens à mon néant. Je creusais dans son cou avec mes dents, j'aspirais la nuit sous le col de sa robe:les racines d'un arbre frissonnèrent. Je la serre, j'étouffe l'arbre, je la serre, j'étouffe les voix, je la serre, je supprime la lumière. Quand on aime, on est toujours sur le quai d'une gare. Ce qui a été dit a été assassiné. Andréa était un joli quartier d'hiver. Ses yeux brillaient de froidure, la gelée fendait ses lèvres toujours gercées. Nous nous aimions et nous nous retenions: nous nous tenions en équilibre sur le pétale d'une églantine." Passion de la chair, jeune, rose, fraîche, découverte charnelle, exploration du corps de l'autre pour appréhender le sien propre, recherche du plaisir absolu, du bonheur éphémère et violent. Deux femmes, jeunes filles, en cachette, dans leur cellule d'interne, chaque nuit luttent contre l'aube qui, à chaque fois, clôt leurs ébats, tue leur amour, leur amour de jour. Bâtarde née de père inconnu, telle est la situation de Violette Leduc. Sa mère, après avoir été séduite par le fils aîné des maîtres dont elle était la domestique, dût fuir Valenciennes où elle travaillait alors pour cacher sa grossesse honteuse. Non seulement privée de père, de nom, mais encore, sa naissance matérialisant la faute de sa mère, de légitimité d’exister, Violette Leduc aura à surmonter bien des obstacles avant de s’engager sur la voie de l’autorité. Tout au long de son enfance, qu’elle passe entre Arras et Valenciennes, la petite fille cherche un amour maternel désespérément absent; un vide affectif qu’elle tente de combler auprès de sa grand-mère Fidéline. Mais celle-ci meurt en 1916. La mort de sa grand-mère, les mises en pension successives, le mariage de sa mère avec un riche marchand de Valenciennes, la naissance d’un demi-frère sont vécus par la fillette déjà fragilisée comme une succession d’abandons. C’est cette enfance difficile que l’écrivaine relate dans son premier livre, "L’Asphyxie", dont elle entreprend l’écriture en 1942. Si la jeune femme se passionnait depuis longtemps pour la littérature et travaillait dans le milieu des éditions, jamais elle n’aurait imaginé, elle, y participer. Écrire, pour une femme, ne va pas de soi. Son étonnement lorsqu’elle découvre le premier roman de Simone de Beauvoir en témoigne: "J’ai raconté comment j’avais lu le nom de Simone de Beauvoir, le titre de son roman "L’Invitée" dans le bureau d’un agrégé. Je lisais, je relisais le nom, le titre: une femme écrivait à la place de millions de femmes comme si toutes les femmes étaient capables d’écrire. Je lisais, je relisais le nom de Simone de Beauvoir. "Le jour s'épuisait, ma cellule dépérissait, des duvets s'envolaient des lèvres de mon aimée absente. La nuit s'engageait, la nuit: notre couverture de cygne. La nuit: notre baldaquin de mouettes." Elle a beau lire le prénom féminin, relire le nom d’auteur, l’écriture lorsqu’il s’agit d’une femme reste du domaine du "comme si". "Comme si toutes les femmes étaient capables d’écrire". Ce n’est que poussée par Maurice Sachs, dont elle est alors amoureuse, qu’elle ose un jour s’y risquer. Un alibi qui tombe à pic pour une auteure qui, n’ayant jamais assumé son autorité, trouvera là le prétexte à son passage à l’acte d’écrire: "L’amour mène à la littérature." Quelques bouffées d'air, durant cette apnée diurne, pendant une pause déjeuner, ou une simulation de malaise, le moindre prétexte est exploité pour assouvir encore cette violence qui les fait se heurter, se confondre, se dissoudre l'une dans l'autre. L'amour n'a pas d'âge, pas d'époque ni de lieu. L'amour n'a besoin de personne pour dicter la conduite à tenir. L'amour touche, blesse, et reprend, ou il oublie mais il ne s'oublie jamais. L'interdit règne, empêche, intensifie, terrifie, sentiments atemporels, mots universels, oscillant entre le cruet la métaphore, parmi les creux, par-dessus bord. Les petites lumières dans ma peau convoitèrent les petites lumières dans la peau d'Isabelle, l'air se raréfia. Nous dépendions des forces irrésistibles. Nous avons perdu conscience mais nous avons opposé notre bloc à la nuit du dortoir. Le désir nous ramenait à la vie: nous sommes rentrées dans plusieurs ports. Je ne voyais pas, je n'entendais pas, pourtant j'avais des sens devisionnaire. Un miracle s'éteignait au lieu de rayonner".
"Nous avions créé la fête de l’oubli du temps. Nous serrions contre nous les Isabelle et les Thérèse qui s’aimeraient plus tard avec d’autres prénoms, nous finissions de nous étreindre dans le craquement et le tremblement. Nous avons roulé enlacées sur une pente de ténèbres. Nous avons cessé de respirer pour l’arrêt de vie et l’arrêt de mort". Vingt ans plus tard, alors que son œuvre va être consacrée par la publication d’une autobiographie en trois volets, Violette Leduc revient sur le geste qui l’a générée: "Assise sous un pommier chargé de pommes vertes et roses, je trempai ma plume dans l’encrier et, en ne pensant à rien, j’écrivis la première phrase de l’Asphyxie: ma mère ne m’a jamais donné la main". Si l’on en croit ces propos, le passage à l’acte d’écrire de Violette Leduc aurait eu lieu dans l’insouciance d’un beau jour de printemps 1942, au mi d’un pré normand, sous un arbre chargé de "pommes vertes et roses". Quelle surprise, lorsqu’on sait la difficulté de la jeune femme à exercer ne serait-ce que son droit de respirer ! Dont le premier souffle est "Asphyxie !" Ce n’est d’ailleurs pas l’atmosphère à laquelle le récit nous préparait: Un arbre et une route à prendre. Si nous commencions par un bonjour à Mme Meulnay.
J’ai pris la route du blé coupé. Le cri sortait de terre. Alouettes, feu d’artifice à ras de terre, où étiez-vous ? Je marchais par cœur, l’œil sec je pleurais. Guirlande des troupeaux somnambules au long des fils et des barrières. Je me cachais dans la haie, je vis un monde en liberté. Écrire. Oui Maurice. Plus tard". Est-ce bien là l’innocence d’un commencement ? Oh non. Lourde est la main de celle qui lance sa plume sur la première feuille du cahier. Lourde la culpabilité qui pèse sur chacun des mots tracés à l’ombre du péché, non ! pas un pécher justement: un pommier. La tranquille innocence qui précède le passage à l’acte d’écrire de Violette Leduc tient de celle d’Ève nue avant qu’elle ne cueille le fruit défendu. Culpabilité il y a, et l’atmosphère paradisiaque que tente de rendre l’auteure ne vise qu’à dissimuler le serpent ici ou là caché. N’est-elle pas, de par son existence, l’incarnation de chair et d’os de la faute de sa mère, comme l’est toute femme, du péché de Celle qui, la première, est passée à l’acte ? "Nous nous serrions encore, nous désirions nous faire engloutir. Nous nous étions dépouillées de notre famille, du monde, du temps, de la clarté. Je voulais que serrée sur mon cœur béant Isabelle y rentrât. L'amour est une invention épuisante. Isabelle, Thérèse, disais-je en pensée pour m'habituer à la simplicité magique des deux prénoms". Le passage à l’acte d’écrire de Violette Leduc est mu par un projet autobiographique: Racontez votre enfance au papier. "Je racontais". D’emblée, deux narratrices se côtoient: l’une entretient avec le récit une relation de continuité, voire de simultanéité; l’autre tient sur un passé révolu un discours objectif. Et de même l’impression de proximité donnée par le discours est faussée par les indices d’une énonciation historique, de même la valeur ponctuelle, précise, bien située dans le temps du passé simple est fragilisée par l’indétermination du temps de l’imparfait et des indications temporelles. Le lecteur ne pourra trancher. Les repères énonciatifs qui permettraient à la voix narrative de s’encrer sont par ailleurs toujours systématiquement gommés. Dès qu’une indication de temps est donnée, sa valeur est annulée par une information contradictoire. Cette mise en exil du sujet troue le récit en son cœur. Apposition de fragments d’énoncés non référés, celui-ci se désintègre au fur et à mesure qu’il avance. Révélant, telle la volonté de tuer dans l’œuf tout soupçon d’auctorité, la pudeur de l’auteure à énoncer. "Et doucement, la main d’Isabelle dans les plis de mon tablier me caressa".
"Elle me sortait d'un monde où je n'avais pas vécu pour me lancer dans un monde où je ne vivais pas encore. Nous avons effleuré et survolé nos épaules avec les doigts fauves de l'automne. Nous avons lancé à grands traits la lumière dans les nids, nous avons éventé les caresses, nous avons créé des motifs avec de la brise marine, nous avons enveloppé de zéphyrs nos jambes, nous avons eu des rumeurs de taffetas au creux des mains". Le passage à l’acte d’écrire de Violette Leduc n’est pas anodin comme pourrait le suggérer le récit qu’elle en fait. Il est douloureux, signifiant, et déterminant. Le récit de la naissance de son œuvre révèle en filigrane celui de sa propre naissance. Récit à tissure double qui dévoile le fil plus ténu encore de la condition de la femme dont l’innocence est, d’emblée, de par son sexe, entachée. De même, la femme qui avait, aux mains d’une société patriarcale, passé la main, prend la plume, de même, l’enfant repoussée se prend en main. La voie que prend Violette Leduc en même temps que la plume et son cahier ce beau jour de printemps 1942 est celle qui la mènera à sa voix. La voix dont la bâtardise l’avait privée. Qui donnera à son illégitimité le poids d’une œuvre et de l’autorité. "Je raconte ma vie. Écrire est devenu ma vie". Zone en retrait continûment niée, l’écriture devient la chambre à soi où, pudique à énoncer, sa force se déploie. "La femme est encore étonnée et flattée d’être admise dans le monde de la pensée, de l’art, qui est un monde masculin. Elle s’y tient bien sage, elle n’ose pas déranger, explorer, exploser". "La cour fut à nous. Nous courions en nous tenant par la taille, nous déchirions avec notre front cette dentelle dans l'air, nous entendions le clapotis de notre cœur dans la poussière. Des petits chevaux blancs chevauchaient dans nos seins. La caresse est au frisson ce que le crépuscule est à l'éclair. J'ai su que j'avais été privée d'elle avant de la rencontrer. Prends des forces, dors où tu pourras, fortifie-toi pour la nuit prochaine, pense à notre avenir de ce soir". Elle ne fait que balbutie, certes. Mais il ne faudrait pas s’y fier ! On le dit de la femme, versatile, la pudeur l’est: "Tantôt comme une puissance du sujet, tantôt comme une faiblesse, elle s’étend de la retenue délibérée à la réticence panique, du laconisme de l’émotion au malaise du mutisme". Prenant le contre-pied d’une pudeur imposée, la femme brandit l’épine qui cache le rosier et l’exil énonciatif auquel elle s’était résignée devient l’asile de son identité outragée. Déguisées, retenues, hésitantes, balbutiantes, les voix des femmes n’ont ainsi jamais cessé de s’élever. Se faisant, au fil des siècles, l’écho d’une parole censurée certes, mais là. Ainsi la pudeur dessine le séjour liminaire de toute véritable liaison, tenue sur le seuil que seuls prétendent franchir l’outrecuidance fallacieuse des pouvoirs et des savoirs, et la flamboyance impudique de la beauté. Se révèle une spécificité qui, difficile à cerner parce que cachée, n’en n’est pas moins existante; et qui, aujourd’hui où le statut de la femme dans la société évolue et laisse à son autorité la liberté de s’affirmer, s’ouvre, découvrant une force jusque-là ignorée. Vertu féminine par excellence, la pudeur ? Soit mais dans toute son excellence !! Passion adolescente au zénith de sa puissance, de par la peur d'être séparées, surprises, dénoncées. Violence des corps, des cœurs en pleurs, en sueur, en lueur. Amour irraisonné, insatiable, perdu d'avance. Deux bouches qui n'osent se dire, quatre oreilles qui n'osent entendre ces mots si chers aux amoureux,de peur de les voir disparaître à jamais, de les perdre dans le silence, dans l'absence. "Nous parlons: c'est dommage, ce qui a été dit a été tristement assassiné; nos paroles, qui ne grandiront pas, qui n'embelliront pas, se faneront à l'intérieur de nos os".
"Nous courions pour essouffler la liberté, nous courions à côté des cônes d'anthracite de l'entrepôt, nous longions les miroitements bleus, nous redressions à proximité des pyramides d'orgueil. Isabelle voulait l'union dans la peau. Je récitais mon corps sur le sien, je baignais mon ventre dans les arums de son ventre, j'entrais dans un nuage". "Thérèse et Isabelle" constituait la première partie d'un roman, "Ravages", présenté aux Éditions Gallimard en 1954. Jugée "scandaleuse", elle fut censurée par l'éditeur. C'est au printemps 1948 que Violette Leduc, encouragée par Simone de Beauvoir, qui fut sa muse et sa protectrice, entreprit la rédaction de ce texte auquel elle consacra trois années, avec ses pages inédites âpres et précieuses, sa langue nue et violente témoignant d'une liberté de ton qu'aucune femme écrivain, en France, n'avait osé prendre avant elle. Au début des années soixante, Violette Leduc greffe une partie de "Thérèse et Isabelle" dans le troisième chapitre de "La Batârde": elle supprime des passages, resserre des pages, atténue des métaphores, modifie le déroulement de quelques dialogues, Thérèse est métamorphosée en Violette. L'autre partie est publiée séparément en juillet 1966. En 2000 enfin, paraît chez Gallimard, "Thérèse et Isabelle" comme une œuvre en soi, dans sa cohérence initiale et sa continuité. La femme de lettres était proche de Jouhandeau, de Genet, de Sarraute et de Cocteau. Avec sa réputation de femme libre et d’amante scandaleuse, elle représentait une icône culte et underground des années 60, dont on ne parle aujourd’hui plus hélas assez. Auteure d’une œuvre intimiste aux accents autobiographiques, "La Bâtarde" publiée en 1964, récit de son parcours de fille illégitime puis de ses amours bisexuels, demeure la plus connue;elle décrit le plaisir charnel, comme Pauline Réage, dans une langue raffinée et poétique, d’une précision et d’une finesse très inventives. Elle osa aborder sans détour les amours homosexuelles, en souvenir de ses expériences juvéniles. Elle inspira Martin Provost, après la peintre Séraphine, qui la remit à l’honneur dans un film, fin 2013, avec pour l’incarner l'actrice Emmanuelle Devos. Entrées en amour, deux collégiennes s’aiment et découvrent ensemble le plaisir physique au fil des mois.Isabelle, la tentatrice entraîne et fait succomber Thérèse, l’élue qui très vite s’abandonne corps et âme à la volupté du plaisir. Bravant les interdits, elles aspirent à jouir sans trêve, même si la menace et l’angoisse de la séparation finale ne les quitte jamais. Le lecteur suit le désir impatient de se toucher à travers leurs tabliers qu’elles chiffonnent,tout au long du jour puis enfin, leurs nuits d’amour incandescentes aux "jambes broyées de délices" et "entrailles illuminées" au risque d’être surprises par les surveillantes et leurs condisciples. "L’aube serait notre crépuscule d’une minute à l’autre". On se sait rien ou à peine des deux héroïnes, ni leur âge exact, ni de leur famille. Seule existe leur relation et leur passion exclusive oscillant parfois dans une certaine fureur, pendant trois jours et trois nuits. C’est avant tout une fine analyse psychologique des rapports entre les deux amantes, entre bravade, jalousie, crainte, silence forcé, hantise du lit gémissant, peur de rire, de crier et finalement l’abandon à l’emprise, l’empire des sens plus fort que tout. Dans le secret des "cabinets", des " cellules" de dortoir, le pensionnat, lieu austère et confiné de leurs aventures,est hautement évocateur et possède toute une esthétique, une atmosphère qui avive l’imaginaire. Murs épais, lits étroits aux barreaux de fer, toilettes à l’eau froide, discipline quasi militaire, sous le regard sévère des "surveillantes générales" de ces ingénues en uniforme, constituent un décor transgressif rappelant les couvents du marquis de Sade, les prisons de Genet ou le château de Roissy d'Histoire d’O. L'interdit de leur amour renforce bien sûr son intensité. "Nous nous étions dépouillées de notre famille, du monde, du temps, de la clarté pour mieux nous aimer".
"La langue trop charnue m'effraya. Le sexe étrange n'entra pas. J'attendais absente et recueilli .Les lèvres se promenaient sur mes lèvres : des pétales m'époussetaient . Mon cœur battait trop haut et je voulais écouter ce scellé de douceur, ce frôlement neuf . Isabelle m'embrasse me disais-je. Elle traçait un cercle autour de ma bouche, elle encerclait le trouble ,elle mettait un baiser frais dans chaque coin ,elle déposait deux notes piquée , elle revenait, elle hivernait." Par-delà la polémique sur la censure de l’ouvrage, aujourd’hui périmée, ce qui fait l’intérêt et la beauté du livre,c'est son style unique pour écrire l’érotisme et la sexualité. Dans ce roman, l’auteure a poussé son art au paroxysme avec une écriture d’une extrême élégance féminine, où l’émotion affleure toujours sous le charnel, lyrique, haletante, brûlante, parfois âpre, et lumineuse, servie par des métaphores poétiques inédites où la nature tient une grande part. Avec une infime précision et une richesse lexicale éblouissante, elle décrit les gestes de l’amour les plus torrides:les moindres mouvements de mains sur les corps, détails subtils et sensations. L'acte physique apparaît dès lorscomme transcendé, livré dans un érotisme quasi mystique. Violette Leduc nous offre à entendre une musique à la fois violente et mélodieuse, un cantique exalté, une prière envoûtante au corps de l’être aimée. En s'inscrivant dans la tradition de l'érotisme littéraire au féminin, de Colette à Pauline Réage, l'auteure nous montre que le sexe peut être d'autant plus troublant qu'il n'est pas séparé du sentiment, et qu'en littérature, les pouvoirs de l'érotisme sont augmentés par ceux du langage. La manière d'aborder l'intime, associant à la description précise des gestes et des sensations, des images et des métaphores poétiques est empreinte d'une rare beauté lyrique. Il y a certes une infinie tendresse, mais aussi de la violence dans la passion érotique des deux amazones. Leurs amours sont guerrières, vivifiantes, éclatantes.Tel que le définissait son auteure, le projet parait totalement inédit. "J’essaie de rendre le plus le plus exactement possible, le plus minutieusement possible les sensationséprouvées dans l’amour physique, Il y a là sans doute quelque chose que toute femme peut comprendre. Je ne cherche pas le scandale mais seulement à décrire avec précision ce qu’une femme éprouve alors." Isabelle m’embrasse, me disais-je. Elle traçait alors un cercle autour de ma bouche, elle encerclait le trouble, elle mettait un baiser frais dans chaque coin, elle déposait deux notes piquées, elle revenait, elle hivernait. Mes yeux étaient gros d’étonnement sous mes paupières, la rumeur des coquillages trop vaste. Isabelle continua. Nous descendions nœud après nœud dans une nuit au-delà de la nuit du collège, au-delà de la nuit de la ville, au-delà de la nuit du dépôt des tramways. Elle avait fait son miel sur mes lèvres, les sphinx s’étaient rendormis. J’ai su que j’avais été privée d’elle avant de la rencontrer. Elle écoutait ce qu’elle me donnait, elle embrassait de la buée sur une vitre. Isabelle renvoya sa chevelure sous laquelle nous avions eu un abri. Je vois le demi-deuil du nouveau jour, je vois les haillons de la nuit, je leur souris. Je souris à Isabelle et, front contre front, je joue au bélier avec elle pour oublier ce qui meurt. Le lyrisme de l'oiseau qui chante et précipite la beauté de la matinée nous épuise: la perfection n'est pas de ce monde même quand nous la rencontrons". Ainsi, de la fougue passionnée de ses deux héroines, Violette Leduc se défend avec force de toute résonnance obsène.De fait, on ne trouve pas trace, dans le roman, du sadomasochisme plus ou moins ritualisé présent chez d’autres auteures plus contemporaines de l’érotisme, d’ailleurs toujours tournées vers l’autre sexe, comme Catherine Millet,ou Catherine Robbe-Grillet, alias Jean(ne) de Berg. L’érotisme à la fois cru et lyrique se dégageant de "Thérèse et Isabelle" serait sans doute à rapprocher plutôt des "Guérillères" (1969) ou du "Corps lesbien" (1973) de Monique Wittig.
"Elle arrivait. Je comptais ses pas dans la grande allée. Quinze roulements de tambour ont passé sur mon cœur. Que de fois j'ai été exécutée pendant qu'elle venait. La même ville d'amour s'approchait: ma gorge s'élançait. Je ne suis que moi-même. C'est trop peu. Je ne suis pas une forêt. Un brin de paille dans mes cheveux, un confetti dans les plis de mon tablier, une coccinelle entre mes doigts, un duvet dans mon cou, une cicatrice à la joue m'étofferaient. Pourquoi ne suis-je pas la chevelure du saule pour sa main qui caresse mes cheveux ?" Pourquoi doit-on lire "Thérèse et Isabelle" encore aujourd’hui ? Se demanderait-on pourquoi lire "Madame Bovary" ? Or Emma et Thérèse se ressemblent.Toutes deux jeunes filles de province, cloîtrées dans un destin qui les ennuie, elles cherchent une échappatoire dans la lecture et dans l’amour. Leur destin se rappelle cependant bientôt à elles par le truchement de la censure qui sanctionne leur aspiration à la sensualité. Parce qu’il s’agit d’un des plus beaux textes amoureux de la langue française, comme "Tristan et Iseult" ou "Paul et Virginie", le roman appartient au patrimoine littéraire français. Comme "La princesse de Clèves", ou "Madame Bovary", l'ouvrage de Violette Leduc s’impose par le style. La littérature amoureuse est fulgurance. "Elle rejeta sa chevelure pour me l’envoyer au visage, j’eus sa masse de cheveux sur mes lèvres." La défloration de Thérèse est aussi celle de la littérature française. L’auteure force la langue, écartèle le lexique, dépucelle les figures de rhétorique. L’endroit où, selon Marguerite Duras, les femmes aiment et écrivent, est encore intact: "Isabelle écartelait et commençait alors à déflorer, les doigts m’opprimaient, ils voulaient, ma chair ne voulait pas." "Elle donnait des coups et des coups, on entendait les claquements de la chair, elle crevait l’œil de l’innocente." Le texte se tend, claque et crève comme la peau de Thérèse. Le texte est un hymen qui rompt sous la lecture. Car le roman marque un tournant dans l’histoire des représentations littéraires. Virginie Despentes l'a très bien formulé: "Quand en 1948, Antonin Artaud meurt, tel Bataille ou Breton, les hommes faisaient exploser les limites du dicible, Violette Leduc entreprenait la rédaction magistrale de "Thérèse et Isabelle", c’était un récit de sexualité lesbienne aussi crue que du Genet." "Il tombait du crépuscule comme il tombe du crêpe devant les visages. Je voulais m'allonger sur Isabelle, je voulais que nous montions au dortoir. Mais elle réfléchissait, tassée sous les plies de son tablier de marbre. C'était cela mon musée, c'était cela l'accroc dans le crêpe. Je languissais, j'étais fatale, les grands fauves allongeaient les routes de mes campagnes préférées, le temps guindé à l'horloge du réfectoire se faisait prier. La brise imprévisible entra, elle caressa mes mains, elle séduisit ma mémoire". Violette Leduc traverse le siècle. Née en 1907, elle l’accompagne jusqu’en 1972, et assiste par conséquent aux moments les plus importants de l’évolution de la condition féminine. La vie de celle qui n’a pas encore conquis le succès apparaît comme un témoignage du degré de liberté dont dispose la femme dans une société encore largement dominée par l’homme, et ce essentiellement alors dans le monde du travail. Et surtout, l’homosexualité y est envisagée comme une monstruosité qui amènera Gallimard à censurer tout le début de "Ravages", ce que l’auteur vit comme un assassinat littéraire, texte publié par la suite sous le titre de "Thérèse et Isabelle" et qui raconte sans voile les amours de deux jeunes filles dont l’une, Thérèse, est la narratrice et l’auteur. La biographie évoque enfin l’avortement et les condamnations d’immoralité dont l’auteur de la "Bâtarde" a par la suite été victime, qui l’avouait ouvertement dès 1964: c’est un succès de scandale qu’elle connaît alors. "Voyez-vous, Je ne suis que moi-même. C'est peu".
"Isabelle arrivait du pays des météores, des sinistres, des ravages. Elle me lançait un mot libéré, un programme, elle m'apportait le souffle de la mer du Nord. Si elle dort, c’est un rapt. Isabelle me chasse pendant qu’elle dort. Faites qu’elle ne dorme pas, faites que la nuit n’engendre pas la nuit. Nous l'avons fait de mémoire comme si nous nous étions caressées dans un monde avant notre naissance, comme si nous rattachions un maillon. La main d'Isabelle qui me troublait autour de ma hanche c'était la mienne, ma main sur le flanc d'Isabelle, c'était la sienne. Elle me reflétait, je la reflétais: deux miroirs s'aimaient". La publication du roman en 1966 force les représentations à changer. Dès les premières lignes, le lecteur est introduit dans un univers sensuel. Les deux jeunes filles sont neuves. Elles s’aiment dans un collège pendant trois jours et trois nuits. Elles ne voient pas le mal, Thérèse et Isabelle sont trop authentiques pour être vicieuses. Plus encore que le genre sexuel, la lecture de "Thérèse et Isabelle" trouble l’horizon d’attente lié au genre textuel. Le lecteur ne pénétre pas dans un univers pornographique classique, mais en réalité, dans un roman poétique. "Elle nous voulait osseuses, déchirantes, nous nous déchiquetions à des aiguilles de pierre,le baiser ralentit dans mes entrailles, il disparut, courant chaud dans la mer." L'auteure déniche des tropes inédits dans un défoulement de douceur."Thérèse et Isabelle" ne parle pas seulement aux lesbiennes. Le roman est une révolution pour toutes les lectrices. Deux jeunes filles "découvrent le monde entre deux jambes."Il y a une virtuosité de l'écriture ne tenant pas à l'exercice lexical mais à un souffle intérieur singulier. Les phrases s'enchaînent sans qu'on puisse deviner si ce sont des images ou des faits. La parole est si profonde qu'elle a quelque chose d'hypnotique. Elles échappent continuellement à ce langage ordinaire construit sur des formes expressives communes et pré-données. Elles ignorent le lieu commun en ménageant des espaces insolites qui ne sont pas des refuges, mais des tangentes mobiles en équilibre. Il faut enfin le lire car c'est le livre de référence de la littérature lesbienne. Le désir et le plaisir sexuels sont racontés de façon inédite car en marge de la logique de la domination masculine et de la séduction féminine, outre les catégories patriarcales masculin/féminin, sujet/objet, activité/passivité, par-delà vices et vertus, sans culpabilité ni éjaculation finale.Le corps féminin tant de fois mis en scène et représenté, occulté, sublimé, élevé, voilé, vêtu, dévêtu, dévoilé, revoilé, mythifié, mystifié, dénié, connu ou méconnu, par les peintres et les écrivains, surgit nu et inconnu à travers "Thérèse et Isabelle", ces deux Aphrodite "lesbiennes" au sens où Louise Labé entendait le mot, c’est-à-dire chantées par une femme. Aines, aisselles, seins, parties intimes, épiderme, gorge, anus sont créés par le verbe de l’auteure. Sexualiser le corps féminin ne signifie pas pour elle réduire celui-ci à un orifice stérile et pénétrable. Les foyers de douceur sont multiples et leur rayonnement se propage en vagues de curiosité et de tendresse."Thérèse et Isabelle" appartiennent résolument à cette lignée des amantes célèbres de la Littérature. Elles lui donnent les moyens d’affirmer sa dimension universelle. Avec Violette Leduc, le sexe clandestin devient décomplexé et sans fard. Il ne trébuche plus et ose s’affranchir du carcan de la modestie féminine pour explorer la technique du plaisir sans pour autant jamais verser dans la vulgarité. La romancière était parfaitement consciente de la portée de son œuvre et de son rôle de pionnière littéraire."Nous avions créé la fête de l’oubli du temps. Nous serrions contre nous les Isabelle et les Thérèse qui s’aimeraient plus tard avec d’autres prénoms." Le destin de Violette Leduc est entièrement marqué par sa naissance illégitime, le sept Avril 1907 à Arras, d'une femme de chambre et d'un fils de famille de la grande bourgeoisie qui refusa de la reconnaître. Berthe Leduc élèva "l'enfant de la faute" dans la haine des hommes. Au collège, où elle était bonne élève, Violette trouva réconfort dans les bras d'Isabelle, et découvrit "Les Nourritures terrestres" qui l'enflammèrent au point d'écrire à André Gide. Sa liaison, plus tard, avec la surveillante du collège fit scandale. Puis installée à Paris, Violette rencontra son futur mari. Elle raconta ce mariage désolé marqué par un avortement dans "Ravages", un roman sans pitié, y compris pour elle-même. Sur la page, l'écrivain se met en scène, transmue le réel. Ses phrases courtes tendues sont les marques d'un style reconnaissable entre tous où la justesse du mot frappe constamment. Soutenue par Simone de Beauvoir et par le mécène Jacques Guérin, dont elle tomba amoureuse alors qu'il était homosexuel, Violette Leduc épuisa son entourage de ses désolations. Mais après lesuccès de son autobiographie, elle devint une icône excentrique des années 60, filmée par William Klein. Elle s'éteignit dans la lumière de sa maison du Midi, à Faucon près de Vaison-la-Romaine, le vingt-huit mai 1972, sans avoir eu le temps d'achever son dernier roman, "La Chasse à l'amour." Il est temps de redécouvrir cette femme qui, en offrant sa vie aux lecteurs, avec une sincérité intrépide, a bravé les tabous, en faisant de sa solitude et de ses passions impossibles, une grande et intemporelle œuvre littéraire.
Bibliographie et références:
- Alexandre Antolin, "Ravages de Violette Leduc, thèse de doctorat"
- Mireille Brioude, "Violette Leduc ou la mise en scène du Je"
- Anaïs Frantz, "Lire Violette Leduc aujourd'hui"
- René de Ceccatty, "Violette Leduc. Éloge de la bâtarde"
- Nancy Huston, "Journal de la Création de Violette Leduc"
- Maurice Sachs, "La liberté d'écrire de Violette Leduc"
- Claude Habib, "La Pudeur: la réserve et le trouble"
- Carlo Jansiti, "Violette Leduc: une biographie intime"
- Pierre Girard, "Une lecture de L'Affamée de Violette Leduc"
- Colette Trout Hall, "Violette Leduc l'illustre mal-aimée"
- Paul Renard , "Violette Laduc et les amours interdites""
- Alison Péron, "Portrait littéraire de Violette Leduc"
- Martin Provost, "Violette" (film 2013)
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'uns soir.
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"Quel bel au-delà
est peint dans ta poussière. À travers le noyau de flammes de la terre,
à travers son écorce de pierre tu fus offert, tissage d’adieu à la mesure de l’éphémère. Papillon,
bonne nuit de tous les êtres. Les poids de la vie et de la mort s’abîment avec tes ailes sur la rose
qui se fane avec la lumière mûrie en ultime retour. Quel bel au-delà est peint dans ta poussière.
Quel signe royal dans le secret des airs". Étrange, étrange destin que celui qui fit de cette fille de famille bourgeoise juive allemande assimilée, le seul prix Nobel de littérature jamais attribué à un poète juif encore à ce jour. NellySachs (1891-1970), prix Nobel de littérature le dix décembre 1966, conjointement avec Samuel Joseph Agnon, sera allée tout près des mystères de la mort, mais comme son ami Paul Celan, elle aura osé ne pas se taire. Elle est morte le jour de l’enterrement de Paul Celan, de fatigue de vivre et de survivre. Tous deux étaient les deux grands poètes juifs de langue allemande, ceux qui témoignèrent dans la langue des bourreaux. Comme lui, elle aura alors connu une existence d’après le déluge et comme lui, elle ne pourra jamais combler la béance du désastre. Si on peut survivre à l’horreur, on ne peut survivre à sa mémoire. La petite fille rangée bien au chaud dans sa famille juive berlinoise savait-elle qu’elle serait la mère douloureuse du peuple juif parti en fumée ? Savait-on que sans Sema Lagerlöf, une des grandes œuvres poétiques de notre temps n’aurait pas été transmise ? Rien ne la prédisposait à ce cela, elle insouciante et heureuse dans une vie soyeuse et douce. Née à Berlin le dix décembre 1891, elle devra à son père grand amateur de littérature et de musique le fait d’être baigné dans les livres. De santé fragile, elle fréquentera surtout des écoles privées, ainsi à l’écart des autres. Elle écrivait aimablement, ne savait du judaïsme que ce que son milieu bourgeois et assimilé voulait bien en savoir. De toute façon on n’était alors pas comme ces juifs pauvres et incultes de l’Europe Centrale, rien ne pouvait nous arriver tant les valeurs européennes étaient les nôtres. Cela ne pouvait être. Le ciel ne pouvait alors pas tomber sur la tête d’aussi bons citoyens allemands. Mais l’histoire déroulait ses anneaux de serpent. Dès seize ans en 1907, elle écrivait donc et s’était liée d’amitié épistolaire avec Selma Lagerlöf, après la révélation du roman "La saga de Gösta Berling", l’année précédente. L’écrivain suédoise rendue mondialement célèbre par "les merveilleux voyages de Niels Olgerson" va alors se lier avec cette jeune fille romantique et exaltée. Dans la vie de Nelly Sachs se trouve aussi une zone obscure qui sera celle de son amour pour le "fiancé défunt" qui la marquera à jamais. Son premier véritable livre fut en mars 1921, à l'âge de trente ans, un recueil "Récits et douces légendes", mais ses très nombreux poèmes circulent alors dans tous les milieux littéraires allemands.
"Droit au fond de l'extrême sans jouer à cache-cache devant la douleur, je ne peux que vous chercher quand je prends le sable dans ma bouche pour goûter alors la résurrection car vous avez quitté mon deuil. Vous avez pris congé de mon amour, vous mes bien-aimés". Imprégnée de courant idéaliste, de Novalis, de mysticisme latent, sa poésie était en attente d’une véritable cause, d’un objet digne de ses élans. La mort de son père en juin 1930 la laisse enclose dans l’amour de sa mère. Puis vint la nuit nazie, ses lois antisémites, la persécution. De 1933 à 1939 elle se plonge par force et solidarité dans le monde juif. Ses écrits ne pouvant paraître que dans les revues juives, elle découvre le monde de ses coreligionnaires.Puis dès 1939 l’étau de la mort se resserre. Elle doit se terrer à Berlin, dans sa propre ville natale. Pendant trois ans cette jeune fille choyée va connaître la peur, la nuit aux aguets. Cette mort qui rôde quotidiennement, elle apprend à la connaître, à la reconnaître. Comme une grande partie des juifs allemands, elle n’avait pas vu venir, depuis 1933, la montée des périls. Prise dans la certitude de son assimilation réussie, elle ne se considérait sans doute pas comme une représentante de ce peuple dont elle ignorait la culture. Les humiliations quotidiennes, les douleurs, la souffrance, la haine aussi qui monte devant l’indifférence "des spectateurs", ses amis chrétiens, ses voisins, vont transformer son être et sa vie. Elle ne doit sa vie qu’à l’amitié de Selma Lagerlöf et peut s’enfuir en Suède de justesse le seize mai 1940 par avion, alors que les lourdes portes de fer de l’Allemagne se referment sur les juifs. Son exil durera toute sa vie, car elle demeurera toujours à Stockholm refusant de vivre en Allemagne. "Je n’ai pas de pays, écrivait-elle, et, au fond, pas non plus de langue. Rien que cette ardeur du cœur qui veut franchir toutes les frontières". Dans ce chemin de l’exil dès 1940 avec sa mère, elle retrouve l’histoire de son peuple. D’abord enfermée dans le silence, elle commence alors à reconquérir quelques paroles par l’étude de la Bible.
"Nous les rescapés dans les ossements desquels la mort tailla ses flûtes sur les tendons desquels la mort déjà frotta son archet, la musique mutilée de nos corps poursuit sa complainte". La Bible hébraïque traduite par Martin Buber en allemand, l’a totalement saisie. Alors elle s’imprègne des livres saints, Torah, Zohar, écrits des Hassidim (les sages). La langue de feu des prophètes et des patriarches l’a saisie et elle refait sa route vers le peuple d’Israël. Elle quitte les influences chrétiennes présentes dans ses premiers écrits. Son écriture change totalement, elle décide de donner une voix aux malheurs des juifs. Par solidarité, par redécouverte d’une culture enfouie, banalisée dans l’assimilation, elle devient celle qui crie vengeance et souvenir face à la haine et l’anéantissement. "Exode et métamorphose", comme le dit le titre de ses poèmes parus chez Verdier. Métamorphosée, elle peut alors à nouveau écrire, la nuit exclusivement, et témoigner dès 1943. Autant que l’histoire tragique d’un peuple, passe en filigrane l’ombre d’un homme, son fiancé, mort en camp de concentration, et dont jamais nous ne connaîtrons le nom. Elle va vivre de traductions de poésie suédoise en allemand. Mais elle écrit fiévreusement de1943 à 1945 ses premiers témoignages sur les mystères et les douleurs du peuple d’Israël. Elle est une autre, elle a une nouvelle langue poétique, elle a une voix en elle, une voix à suivre: parler pour les morts et les survivants. Parler pour son être cher. Parler pour son peuple. Ce n’est plus l’exil qui est dit, mais les drames de la Shoah. Et la nuit elle écrira. "Éclipse d’étoile", son autre grand recueil est de 1949. Elle approfondit alors sa connaissance du judaïsme et des philosophes juifs.
"Nous les rescapés, devant nous dans l'air bleu continuent de prendre les cordes nouées pour nous. Les horloges continuent de se remplir des gouttes de notre sang". Elle ne quittera plus la Suède où elle mourra le douze mai 1970, grabataire, au bout d’elle-même. Sa poésie commence à se répandre dès 1950, ses drames religieux aussi. Son recueil "Dans les demeures de la mort" est rassemblé en 1946. C’est le véritable début de son œuvre et les bluettes de sa jeunesse sont reniées. Dès 1954 mais surtout à partir de 1957, elle se lie par correspondance avec son frère d’âme, Paul Celan: "Vous lisez mes choses, ainsiai-je une terre". Pourtant ils n’ont voulu se voir que deux fois en 1960, dans une auberge et sur un quai de gare. La mort de sa mère en 1949, ses nombreux troubles dépressifs la conduisent à un nouvel exode intérieur dont elle ne peut sortir qu’en s’enfonçant encore plus profondément dans le mysticisme juif. Sa seule patrie reconnue sera celle-là. Elle se considérera "lapidée par la nuit", et voudra chercher en convoquant toute la mémoire d’un peuple à comprendre le sens de la destinée, sur le devoir absolu de fidélité aux morts, sur le droit même de pouvoir parler en leur nom, rompant le silence de la mort comme on brise du pain à partager. "Les lèvres contre la pierre de la prière, toute ma vie j’embrasserai la mort, jusqu’à ce que le chant sacré brise le dur roc de la séparation". Son écriture est fragile comme une aile de papillon, car transparente, si légère que ses mots semblent fumée, sans véritable incarnation dans le langage. Ses poèmes sont des vols d’oiseaux qui passent. Tout est intérieur, parfois obscur à notre entendement car cela vient de l’au-delà des âges. Pure, si pure sa poésie, elle coule à la surface du monde, elle passe au travers de nos doigts et va se réfugier dans nos consciences. La poésie de Nelly Sachs est désincarnée et pourtant elle implose en nous. Comme l’air et la lumière si souvent présents avec la poussière dans ses poèmes, ses paroles viennent à nous. Ces textes les plus immédiatement émotionnels sont ceux qui sont faits en mémoire des victimes du nazisme. Certes elle n’atteint pas à la grandeur sacrée de Paul Celan, son ami, mais qui peut y prétendre ? Elle fait une très grande place à la Kabbale. Le livre fondateur, le Zohar, livre des splendeurs l’accompagne à toutes les phases cruciales de sa vie. Elle revient alors au judaïsme dans les années suivant la montée du nazisme sous cette influence. Son œuvre est exemplaire. L'Académie suédoise lui décerne un très juste hommage.
"Nous les rescapés, les vers de la peur continuent de se repaître de nous. Notre astre est enterré dans la poussière". Née en Allemagne, poétesse de valeur reconnue, elle subit le sort de tous les intellectuels juifs lorsque la peste nazie eut commencé à exercer ses ravages. Elle ne dut son salut et d’être en vie aujourd’hui qu’au fait que la grande romancière suédoise Selma Lagerlöf, quoique agonisante alors, intervint auprès du Prince Eugène de Suède, lequel réussit à faire quitter l’Allemagne à Nelly Sachs et à lui permettre de se réfugier en Suède. Elle y menait une vie des plus modestes, mais elle poursuivait sans relâche son œuvre, laquelle avait acquis une nouvelle dimension et un nouveau style par suite des horreurs dont elle avait été le témoin. De l’expressionnisme, elle était passée à une poésie avant tout large,simple et humaine, dans laquelle les écrits bibliques et la Cabbale étaient sous-jacents. L’écrivain allemand Werner Weber a peut-être le mieux défini les composantes du très grand talent de Nelly Sachs: "L’art de Nelly Sachs est plein de symbole de l’époque de l’Apocalypse, mais il se place au-dessus de cette époque. Son art est plein de signes de son sort personnel, mais il dépasse ce sort de très loin". Dans une lettre à Walter D. Berendsohn, elle disait que la musique l’avait très tôt impressionnée, puis elle ajoutait: "La danse constituait ma forme d’expression, avant même la parole, mon élément le plus intérieur. Par suite de la dureté du destin qui m’a frappée, je suis passée de ce mode d’expression à un autre, à la parole". La jeune fille rencontra la parole créatrice dans les contes et les légendes, mais surtout dans les poèmes des Romantiques. À cela vinrent s’ajouter les livres des Sages juifs et des Sages de l’Orient. Elle trouva à Stockholm l’asile et une nouvelle patrie. L’expérience de la mort la mena jusqu’aux limites de la vie, et de là elle remonta au jour, avec des paroles qui servirent de maison, et pas à elle seule mais à tous ses proches. L’essentiel de l’œuvre de Nelly Sachs se trouve dans deux volumes parus chez Suhrkamp: un livre de poésies, intitulé "Fahrt ins Staublose"et un volume de poèmes scénographiques, intitulé "Zeichen im Sand". Ce dernier volume rappelle des Plaies, des plaies anciennes et modernes. Les lieux de supplice de l’antique Égypte nous sont aussi proches que les chambres de tortures et les chambres à gaz de l’Allemagne nazie. Mais le salut et la rédemption n’en sont jamais absents. La Vérité du Dieu qui s’était montré alors à son peuple, disant "Je suis Jahveh" l’éclaire. La poétesse transforma sa douleur en inspiration.
"Nous les rescapés, vous supplions: Montrez-nous lentement votre soleil. À votre pas conduisez-nous d'étoile en étoile". La langue de Nelly Sachs surgit de la version allemande des Livres de Moïse, du livre de Job, des Psaumes, des livres de lamystique juive. Il en vient le net comme le clair-obscur. Mais d’où vient le rayon lumineux ? Il vient du monde des Justes.La légende juive parle des trente-six tzadikkim: "Le monde n’est jamais sans trente-six tzadikkim qui aperçoivent tous les jours l’image divine". Ainsi, la poésie de Nelly Sachs, qui ne tait aucune destruction, aucune douleur contient, puissamment, l’image de la Reconstruction, non pas en dehors de ce monde, non pas dans un autre monde, mais, de manière aussi énergique que sensible, dans ce monde. Quand elle sombre dans ses profonds états dépressifs, surtout en 1949 après la mort de sa mère toujours alors à ses côtés, la Kabbale la console encore. Elle séjournera à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique, en 1962 et surtout vers la fin de sa vie et à chaque fois c’est la lecture de la Bible et plus encore du Zoharet des récits hassidiques qui peut l’aider à continuer à lutter et à vivre. Les clés essentielles de son œuvre sont à trouver au travers de la tradition juive. "Tout est salut dans le secret et vit de souvenir et la mort frémit d’oubli". La poésie de Nelly Sachs a deux niveaux: celui immédiat du lecteur pris par l’émotion, celui alors plus profond qui au fait de la tradition juive, comprend comment dans le travail des mots de Nelly Sachs a prolongé dans le présent tout l’exil d’un peuple. Les mystères de sa poésie sont déduits des interprétations des commentaires hassidiques. Sable, poussière, lumière, langage, pouvoir des mots et des lettres, résurrection, constellations, irriguent ses vers. Son approche de la tradition juive se fait, comme pour beaucoup de juifs de langue allemande , au travers des récits hassidiques de Martin Buber et de sa traduction de la Bible, des écrits de Rozenzweig (traduction d’Isaïe), et enfin de la présentation de la gnose juive par Gershom Sholem.
"Laissez-nous tout bas réapprendre la vie. Sinon le chant d'un oiseau, l'eau dans le seau à la fontaine, pourraient faire se rouvrir notre douleur mal scellée et nous emporter avec l'écume". C’est ainsi par ce mélange de légendes édifiantes et de révélations des mystères que porte chaque mot, chaque voyelle, que Nelly Sachs bâtie sa conscience juive, fort éloignée des textes plus arides comme le Talmud ou autres. C’est par ce mélange de légendes édifiantes et de révélations des mystères que porte chaque mot, chaque voyelle, que Nelly Sachs bâtie sa conscience juive, fort éloignée des textes plus arides comme le Talmud ou autres. En plus de cette culture retrouvée Nelly Sachs découvrit une nouvelle façon d’écrire en allemand, une nouvelle oralité de la langue par la structure hébraïque plaquée sur l’allemand. Ce buisson ardent d’une langue si proche des origines va la brûler à jamais. Elle écrit des psaumes de la nuit qui ont une illumination prophétique. La parole est dite, clamée, prophétique, allant vers l’autre. La poésie de Nelly Sachs est un questionnement. La poésie de Nelly Sachs est un souffle. "Là où le silence parle, naissance et mort surviennent et les éléments se mêlent d’un autre mélange". Sa double démarche de quête mystique et d’amitié épistolaire très longue avec Paul Celan jalonnent alors son parcours. Paul Celan l’admirait mais ne pouvait alors souscrire à sa religiosité, car pour lui Dieu était mort à Auschwitz. Qu’importe leur chemin parallèle fut beau. En 1962 sa poésie s’infléchit profondément dans la mystique et le mystère avec son travail sur son recueil de toute la fin de sa vie "Ardentes énigmes" ou "Énigmes de feu". Elle se tend dans sa poésie vers une poésie cosmique, une religiosité cosmique également. "Je t’écris. Tu es revenu au monde grâce au pouvoir magique des lettres qui à tâtons à toucher ton être, la lumière paraît et le bout de tes doigts irradie dans la nuit".
"Image d’étoile à la naissance des ténèbres comme ces lignes. Nous vous supplions: ne nous montrez pas encore un chien qui mord. Il se pourrait, il se pourrait que nous tombions en poussière, sous vos yeux tombions en poussière". Contre la poussière, matière blême, Nelly Sachs oppose le divin de la lumière et donc l’univers des mots qu’il ne faut pas détruire avec la haine. Ses derniers textes sont empreints d’ésotérisme, ils deviennent fermés sur eux-mêmes, ramassés et obscurs. Au bout de sa route Nelly Sachs s’approchait de l’autre côté de la porte, et ne pouvait en dire les mystères que sous forme cryptée. Sa foi en l’avenir lui vient alors de ses méditations qui se déplient progressivement dans sa vie. Ardentes énigmes et déjà ce précepte: "Mystère à la frontière de la mort. Mets le doigt sur ta bouche, plus un mot, plus un mot". Les lettres de feu devenaient un pouvoir magique comme l’enseigne la Kabbale et Nelly Sachs allait vers cette obscure lumière. La mort n’était pas la mort mais la métamorphose. "Je te l’écris, tu es revenu en ce monde grâce à laforce des lettres magiques". Cela ne pouvait être la disparition dans le néant, mais une autre vie pour elle. Elle attend l’avenir, l’au-delà. Elle vit dans la résurrection, cette résurrection est sa poésie. "Et bientôt on te retrouvera dans le sable et tu seras l’hôte attendu qui vole vers les astres et tu seras consumé dans le feu des retrouvailles, silencieusement". Elle croit aussi en l’État d’Israël qu’elle veut terre de justice. "Terre d’Israël, maintenant que ton peuple, s’en revient des quatre coins du monde, pour écrire à nouveau les Psaumes de David dans ton sable, et au soir de sa moisson chanter, la parole d’accomplissement des veillées célébrantes, peut-être une nouvelle Ruth est-elle déjà là, en pauvreté tenant sacueillette, au partage des chemins de sa migration". On a dit justement que pour Nelly Sachs, "Israël n’est pas qu’un pays, l’histoire juive se fait à toute heure et les prophètes sont aussi présents que la pluie ou le vent". La mort, obstinément présente dans son œuvre, n’arrête pas la vie qui doit être "ce voyage dans la contrée sans poussière". "Dans la mort encore est célébrée la vie" est le titre d’un de ses recueils, ce titre dit sa pensée. La première strophe du poème par lequel débute la lettre que Nelly Sachs envoie le onze septembre 1958 à la famille Celan entre en résonnance avec l’eau-forte "Présence Gegenwart" que Gisèle Lestrange lui avait fait parvenir par l’intermédiaire de Lenke Rothmann.
"Qu'est-ce donc alors qui tient ensemble notre trame ? Pauvres de souffle désormais, nous dont l'âme du fond de minuit s'enfuyait vers lui bien avant qu'on ne sauve notre corps dans l'arche de l'instant". Cette "merveilleuse feuille" à laquelle la poétesse fait référence, constitue à ses yeux "un havre précieux", et peut-être lit-elle alors dans cet enchevêtrement de lignes luttant contre les ténèbres dans une sorte de course "vers", "en direction de", une illustration de la condition du survivant et du poète après Auschwitz qu’elle partage avec celui qu’elle qualifie "d’ami". À cette ligne tracée "de toi, à moi" fera écho dans la lettre du 28 octobre 1959 le méridien de la souffrance et de la consolation reliant Paris à Stockholm,mot qui sera repris une année plus tard, à Darmstadt, par Celan dans le discours qu’il prononce lors de la remise du Prix Büchner qui lui fut décerné en octobre 1960, même s’il confère au "méridien" une dimension poétologique absente chez Nelly Sachs qui désigne par ce qui est pour elle sans doute une simple métaphore le lien entre deux êtres orphelins confrontés, de par leur origine commune, à un même destin et à une résurgence de l’antisémitisme. Celan date d’ailleurs sa rencontre avec Nelly Sachs de sa lecture de deux poèmes extraits du cycle des "Chœurs après minuit" paru dans le recueil "Dans les demeures de la mort", et il cite l’intégralité du "Chœur des orphelins", faisant résonner à la fin de sa lettre l’accusation contre le monde proférée par Nelly Sachs . Stéphane Mosès évoque l’admiration profonde et sincère de Nelly Sachs pour son jeune collègue, dont elle reconnaît, dès sa première lettre datée de 1954, la qualité de poète. "Votre Livre de la Splendeur, votre "Sohar" est près de moi. Je vis dedans. Anges en lettres de cristal, transparence de l’esprit, en action maintenant dans la création, en cet instant. Certes, je demeure dehors, agenouillée sur le seuil, pleine de poussière et de larmes, mais à travers les fentes il vient à moi par la grande porte qui me conduit à la création même, voilée d’un mystère impénétrable, début de la création précédant tout début. Lorsque Dieu se retira en exil afin de créer un espace pour le monde à partir de ce retrait de lui-même en lui-même. Que chacun de vos souffles créateurs à venir soit béni qui contient la face spirituelle du monde". Si Celan remercie cordialement Nelly Sachs pour ses témoignages d’admiration, sans doute juge-t-il que le refuge que la poétesse cherche dans la mystique, et qu’elle souhaiterait lui fairepartager, la rend aveugle au monde. "Il est des pierres qui sont comme des âmes, quand toi, tu dresseras tes murs".
"Nous les rescapés, nous serrons votre main, nous reconnaissons votre œil. Mais seul l'adieu nous maintient encore ensemble, l'adieu dans la poussière nous maintient ensemble avec vous". Puis Celan prend le relais durant les mois où Nelly Sachs traverse l’enfer. Lui aussi a besoin de ses poèmes à elle, de leur présence quasi palpable: "Je t’en prie, alors recommence à écrire. Et laisse cela s’acheminer vers nos doigts", il veut la préserver de l’asphyxie, l’extraire de la nasse qui entrave sa respiration, réitérant, sur le mode du profane et de l’humain, le geste du scribe du Zohar ou celui de Beryll, l’un des trente-six serviteurs de Dieu, artisan du sauvetage de l’alphabet englouti dans les eaux du déluge. Au lendemain de la non-rencontre à Stockholm, les lettres de Celan s’espacent. Nelly Sachs ne lui en tient pas rigueur: "Ai attendu si longtemps de tes nouvelles, mais peut-être vous ai-je fait mal, à l’époque dans mon désespoir au milieu de la traversée des enfers". Cette clarté qu’il avait convoquée dans sa lettre d'août 1960, pour tenter d’arracher son amie aux mailles du filet, dans ce qui demeure sans doute le plus bel hommage jamais rendu à Nelly Sachs: "Je pense à toi Nelly, toujours,nous pensons, toujours, à toi et à ce qui est vivant à travers toi. Te rappelles-tu, lorsque nous parlions une deuxième fois de Dieu, dans notre maison qui est la tienne, celle qui t’attend, te rappelles-tu encore ce reflet d’or qui était sur le mur ? C’est toi, c’est ta proximité qui rendent de telles choses visibles. Elles ont besoin de toi au nom également de ceux dont tu te sais et te sens si proche, elles ont besoin de ton être-ici-et-parmi des êtres d’humanité. Elles auront besoin de toi encore longtemps, elles cherchent ton regard. Ce regard, envoie-le de nouveau dans ce qui est ouverture, donne-lui tes paroles vraies, tes paroles libératrices, confie-nous à ce regard, nous tes compagnons de vie, tes accompagnateurs de vie, donne-nous d’être, nous les êtres libres, les êtres les plus libres de tous, d’être les debout-avec-toi-dans-la-lumière". Nelly Sachs meurt le douze mai 1970, le jour même de l’enterrement de Paul Celan qui venait de se suicider et dont on venait enfin de retrouver le corps. Elle aura finalement capitulé devant le poids de la mémoire et de la douleur. "J’attends dans un état de grâce le jour nouveau". Nelly Sachs allume des brasiers d’énigmes, la raison ayant failli et par tout un réseau de symboles elle crée une nouvelle cosmogonie de son peuple. Ses prophéties, ses berceuses, ses messages d’ailleurs, sont sa poésie. Elle vole au-dessus du chaos du monde, une part dans la nuit, une part en pleine lumière.
Bibliographie et références:
- Martine Broda, "Nelly Sachs"
- Robert Dinesen, "Nelly Sachs"
- Mireille Gansel, "Nelly Sachs et Paul Celan"
- Claude Mouchard, "Nelly Sachs"
- Gabriele Fritsch-Vivié, "Nelly Sachs"
- Dorothee Ostmeier, "Nelly Sachs"
- Carola Opitz-Wiemers, "Nelly Sachs"
- Georges Ueberschlag, "Nelly Sachs"
- Bernard Pautrat, "Lettres de la nuit"
- Hans Hartje, "Nelly Sachs"
- Stéphane Mosès, "Paul Celan"
- Lionel Richard, "Brasier d'énigmes"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Demande aux femmes de mon temps, bagnardes, cent-cinq, prisonnières, et nous te raconterons tout. Que la peur nous abrutissait, que nous élevions alors des enfants, pour la prison, la torture et la mort. Pinçant nos lèvres bleuies, Hécubes devenues folles, Cassandres de Tchoukhloma portant des couronnes de honte, nous serons un chœur de silence. Au-delà de l'enfer, il y a nous". "Tout est prêt pour la mort, ce qui résiste le mieux sur terre, c’est la tristesse, et ce qui restera c’est la Parole souveraine". Ces belles paroles sont de la grande poétesse russe Anna Akhmatova (1889-1966) qui, avec Osip Mandelstam et dans une moindre mesure Marina Tsvetaieva, aura été la nouvelle source de la littérature russe du vingtième siècle. Elle est à jamais cette parole souveraine qui aura fait taire toutes les voix de l’oppression. Les plus criardes, les plus haineuses. Elle semble trôner au milieu de nous comme une Pietà, avec sa douleur dans ses bras, son sourire las, sa présence intimidante, sa beauté hautaine. On ne voit d’ailleurs jamais les portraits de sa vieillesse, seulement ceux de sa belle moisson inaltérable de son visage des années vingt. Elle était la beauté même qui ne pouvait se flétrir. Le temps ne pouvait réaliser ce que les bourreaux ne purent. Voix de contralto sur les lettres russes, elle incarne la douleur et la résistance à la dictature. Si fortement que de son œuvre poétique on ne connaît souvent que le recueil "Requiem" composé à la fin des années trente pour témoigner, avec des millions de petites gens, sur la disparition d’êtres chers. Ce texte passant clandestinement de main en main sera le réconfort d’une population soumise à un fou sanguinaire, et qui trouvera dans ces mots la description de sa propre réalité quotidienne. Il ne sera publié officiellement en Russie qu’en 1980, vingt-sept ans après que les vers aient enfin pris possession de ce psychopathe nommé Staline et petit père des peuples par tous les communistes et affidés. Son œuvre importante va des "poésies antipopulaires et décadentes" du renouveau lyrique russe avec les passeurs d’âmes, les acméistes, au cœur du siècle, jusqu’aux œuvres de témoignage de la douleur du monde. Toujours cette fille de la haute bourgeoisie sera étiquetée "renégate", nuisible pour la jeunesse, réactionnaire et totalement morbide par le pouvoir de terreur de Staline. Seule sa renommée la sauvera du goulag. Comme le disait le pouvoir soviétique, "nous ne pouvons compatir avec une femme qui n’a pas su mourir à temps". Cette noble parole est de 1935 et Anna a trente-six ans. Trente ans, les cheveux blancs. C’est l’exil pour Marina, bientôt le rideau de fer. Dans le train, elle n’entend alors que l’appel du Cygne blanc, ce jeune père qu’Alia a si peu connu.
"Cette merveille de notre rencontre, était lumière et chanson. Je ne voulais plus aller nulle part. C'était une amère douceur qu'un bonheur au lieu d'un devoir, je devais ne pas lui parler, et j'ai parlé longtemps". Sergueï, son mari-fils, éternel adolescent qu’elle a voué à jamais au culte de leur jeunesse et promis, contre sa vie sauve, de suivre "comme un chien", galère piteusement. Le fiacre les conduit à la gare, elle et Alia, une dernière fois elle se signe devant l’église de Boris-et-Gleb. Pour quelle fatalité ? Vous êtes aveugle ? Non, voyante ! Vous êtes sourde ? J’ai une oreille de musicienne. Le train passe devant l’ancienne propriété de la famille Meyn, "Yasenka", et traverse Riga. Le voyage dure quatre jours. Marina ne dort ni ne mange, ne dit pas un mot. Elle a été prévenue: "Dans votre compartiment, il y aura un membre de la Tcheka, ne parlez pas inconsidérément". Au début des années révolutionnaires, elle fêtait avec une amie le Nouvel An en disant la bonne aventure, selon la coutume. Et Anna aura beaucoup à souffrir de ces psychopathes voulant le bien des ouvriers, et plus sûrement le leur. Elle leur survécut par les mots et devint l’étendard des pauvres et des persécutés, elle la haute bourgeoise. Elle restera universelle, les autres resteront seulement boue de l’humanité. "J’ai vécu trente ans sous l’aile de la mort". Née à Odessa le onze juin 1899, elle mourra d'un infarctus, le cinq mars 1966, à l'âge de soixante-seize ans, dans sa chère ville de Moscou. Son ami Josef Brodsky exilé à New York pour parasitisme, en fait victime de l’antisémitisme, écrira à la mort d’Anna: "Je salue les cendres de cette grande dame, pour avoir eu ces mots, dormant en terre natale, là où par son bienfait fut doté de parole un monde sourd-muet". "La souveraine du verbe et de la dignité" aura traversé les épreuves de sa vie comme une Pietà, une madone en douleur portant la mort de son mari Nikolaï Goulimev fusillé en 1921 pour déviationnisme et la longue détention en goulag, près de vingt ans, de son fils Lev, arrêté dès 1933, de ses amis exécutés comme Osip Mandelstam, ou traqués comme Boris Pasternak ou Marina Tsétaëva. Nul n’osera l’attaquer de front car grandes étaient son aura et sa faculté à universaliser le malheur. La force et le courage.
"Que les passions étouffent les amants, qu'elles exigent des réponses. Nous n'étions plus, ami, que des âmes sur le bord du monde. Enfant, déjà j'avais peur des masques". Elle traversera les frontières du monde comme oiseaux migrateurs. Mais tant de poèmes détruits, perdus ou non écrits marquent encore la victoire des salauds. Cette voix d’au-dessus des goulags doit encore faire son chemin en France, car si enracinée dans la langue russe par sa construction, ses rimes, ses sentiments, elle attend toujours ses traducteurs sachant rendre cette aveuglante simplicité, sa pureté de feu. Il est douloureux de voir tant de pauvres et fausses gloires en présentoir, ainsi le lâche Aragon, falsificateur de l’amour et de l’éthique, alors que pour trouver quelques bribes de poèmes de l’immense Anna Akhmatova un si long chemin de croix est nécessaire. Elle était d’une nature profondément aux aguets des signes de la vie et du destin. Profondément croyante, elle y mettait toute la superstition des vieilles babouchkas. Et en même temps totalement moderne dans ses relations sociales, n’hésitant jamais à proclamer son féminisme et son attachement viscéral à sa liberté. Elle ne pouvait pas alors vivre une relation amoureuse sans vouloir la détruire de l’intérieur. Belle, elle le savait, et savait séduire ses proies. Elle tentera mélangeant foi orthodoxe étroite et magie dans les hasards de décrypter sa vie et celle des autres. Ainsi elle est née le jour de la Saint Jean, le 23 juin 1899 en Russie, comme prédestinée à la quête du soleil et de la vie. Mais elle se trompait, comme souvent, et ni paix, ni amour, ni rire ne lui furent abondamment donnés. La douleur était sa plus proche amie à venir. Certains sont voués aux anges ou à la pluie, elle était vouée au tragique, et malgré la grâce souriante de ses premiers poèmes centrés sur les relations amoureuses, c’est bien de la condition humaine qu’elle devra témoigner. Née Anna Andreievna Gorenko, sa recherche de signes et de symboles la feront choisir le nom de son arrière-grand-mère maternelle, Akhmatova, pour s’auréoler alors d’un passé tartare sanguinaire. Elle pouvait signer un triple AAA ses poèmes, Anna Andreievna Akhmatova.
"Il me semblait toujours et j'ignore pourquoi, que je ne sais quelle ombre indésirable sans visage et sans nom, au milieu d'eux s'était glissée". Odessa et la mer Noire la marqueront bien moins que Saint-Pétersbourg sa ville d’adoption, dont elle devint le symbole. Loin des domaines de sa famille, de sa richesse, et ayant expérimenté la pauvreté avec le départ de son père, elle put rencontrer à la même hauteur ses pairs les poètes, et affirmer sa liberté, son égalité avec les hommes. Gardant en elle les fêlures de la séparation de ses parents, elle en imagina l’inéluctable destruction de tout amour avec le temps. Mariée par lassitude avec son ami d’enfance, Nicolas Goumilev en 1910, elle fut admise dans les cercles littéraires où sa forte personnalité s’imposa bien vite. Son charisme, sa séduction firent autant que ses poèmes. Sa tentation de la vie brillante l’amena dans de nombreux voyages, dont Paris où Modigliani lui fut alors très proche. Ses initiations se firent par les paysages et les rencontres. En 1912 une autre femme se révèle, moins encline au brillant des choses. Son fils unique Lev naît en 1912, et sa découverte des grands poètes russes, Pouchkine dont elle se croyait une réincarnation, Biely, Blok, Balmont et bien d’autres. Dépassant le symbolisme russe elle se joindra aux écrivains de sa génération pour se libérer de la perfection formelle et aller vers le réel. Ce réel ne se situait pas dans la vénération des machines comme pour Maïakovski, ni dans le mysticisme de l’acte créateur, mais dans la croyance absolue en la puissance de la Parole et de la force du verbe. Son mari Nicolas Goulimev fondera le mouvement des acméistes avec Osip Mandelstam. Sa forte personnalité faite alors de domination et de reconnaissance la fit devenir la figure de proue de ce mouvement. Elle sera célébrée, imitée, vénérée par la jeunesse russe. Elle devait être la louve alpha de sa vie et de ses proches. Là se tient une des clés de la psychologie d’Anna: le besoin de déification par le verbe, le vertige de la domination, le besoin d’être la grande prêtresse des choses, amour ou douleur. Elle se voulait chef de meute d’une troupe d’hommes valeureux et aucun lien ne pouvait l’en dissuader, surtout pas ceux du mariage. De divorces en remariages nombreux et vains, elle put alors expérimenter cela. "Je bois à la maison en feu, et à ma vie aux abois".
"La porte est entrouverte. Les tilleuls frémissent, oubliés sur la table, une cravache, un gant. La lampe fait un cercle de clarté. Il y a des bruits que j’entends. Pourquoi es-tu parti ? Je ne comprends pas". À ces problèmes d’amour et de liberté, de tension et de séduction, il suffit d’ajouter alors l’atroce impact de la première guerre mondiale et de sa boucherie insensée, pour comprendre l’évolution d’Anna à qui se révèle sa nature tragique. La révolution bolchevique fut la fin de son monde et de ses amis. Elle la croyante, ne pouvait comprendre ce matérialisme purificateur par le sang. Jamais, sauf une ode à Staline pour libérer son fils, elle ne se compromit avec ce régime qui bascula alors très vite dans la terreur qu’il prétendait abattre. Elle ne fuira pas, profondément patriote, mais sera "l’exilée de l’intérieur", la statue du commandeur raillant ses persécuteurs. La suite se tissa sinistrement logique: exécution en 1921 de son Pygmalion et premier mari Nicolas Goumilev, ferveur des gens jusqu’à l’hystérie pour une diva jusqu’en 1925. Puis le régime comprit qu’il ne pourrait jamais la récupérer, et qu’elle serait toujours cette émigrée intérieure dans la plus totale et irréfutable opposition. Alors pleuvent les interdits et les persécutions. D’abord rendue muette vers les années 1925, elle sera la bête à abattre quand Staline prit le pouvoir. Arrestations de ses maris, déportations, interdiction d’écrire et de publier, flicage, tout fut employé contre elle. Quelques poèmes appris par cœur par ses amis sont parvenus jusqu’à nous pour des centaines perdus ou brûlés. Les sept ou onze apôtres formaient la seule chaîne de mémoire. Ils avaient le droit d’apprendre par cœur le papier griffonné qui ensuite était détruit. Sans doute avait-elle inconsciemment attendu, espéré peut-être, cette épreuve, vue comme épreuve christique pour elle. L’apocalypse avait fondu sur elle. Elle prenait alors son envol au fronton de la résistance à l’horreur. De brèves accalmies n’empêchèrent pas son exécution littéraire par le subtil Jdanov, qui en 1946 la jeta aux chiens et la renvoya alors au vide des lecteurs.
"Demain matin la lumière sera pleine de joie. Cette vie est brève. Sois sage, mon cœur. Tu es à bout de force, tu bats plus sourdement. Tu sais, je l’ai lu quelque part, les âmes sont immortelles". La jeune fille d’autrefois, la foudre dans la poitrine sous le collier d’ambre héréditaire, l’amoureuse de Napoléon, célébrait à quinze ans la mise en terre de Manon Lescaut "à l’épée, non à la pelle" et fleurissait de roses blanches le tombeau de Marie Bashkirtseff au cimetière de Passy. Marina s’acheta alors un revolver, gardé dans son sac de velours, pour se supprimer, pendant la représentation de L’Aiglon, au moment où Sarah Bernhardt prononçait. "On n’avait pas le droit de me voler ma mort". Cette jeune fille qui courait à tire-d’aile envers et contre la mort peut-elle affronter son propre miroir et se reconnaître en cette femme aux mains rongées ? Seuls les anneaux tsiganes enlacent encore les doigts qui écrivent, au fil de sa fatalité. Le train persécuteur maudit le temps, le pourchasse, l’avale, mineur désincarné dans un grisou qui l’a fait exploser. Sa prédiction de vie, "je veux tout, que la veille soit une légende et chaque jour une fête", l’a reconduite aux sœurs éternelles. Eurydice égarée dans les Enfers, Ophélie enfoncée dans la vase de l’étang et absorbant les herbes amères en guise d’amoureuses, Anna Pavlova dansant “La mort du cygne”. La paix des lèvres et des mains, elle ne l’aura jamais. Le peuplier du jardin d’autrefois est devenu noir, les pogromes "étripent bétail et édredons" et la montagne de son poème pleure. Les requiems s’annoncent. Le suicide de Maïakovski secoue blancs et rouges. Et Marina jette sa rose en poème à l’archange aux semelles de plomb. Elle n’embrassera pas non plus le cercueil de Max Volochine. Sa mort lui ramène tout ce qui était en profondeur. Marina va descendre dans le puits éternel où tout reste toujours vivant le ressusciter dans sa prose. Par une mystérieuse coïncidence, dans le fatras d’un brocanteur près du bois de Clamart, Marina tombe sur les cinq volumes reliés de Joseph Balsamo, le roman-refuge qu’il lui avait fait lire dans sa jeunesse. Huit francs seulement, mais elle n’en a que deux, destinés à l’achat de Jeanne d’Arc. A cette heure même, midi, et ce jour même, Max mourait. Une lettre d’Assia lui en fait part. Il est enterré sur le mont des Janissaires.
"Chaque jour il est un instant et trouble et chargé de menace. Et à voix haute, les yeux somnolents, je bavarde avec mon angoisse". Aujourd’hui je suis retournée chez moi, admirez, champs labourés si chers, Ce qui pour cela m’est arrivé. L’abîme a englouti mes bien-aimés. Et la maison de mes parents est saccagée. Aujourd’hui, Marina, nous marchons avec toi dans la capitale nocturne, mais nous suivent des millions de nos semblables et il n’est pas de procession plus silencieuse. Tout autour sonne le glas et gémit, sauvage, la tourmente moscovite effaçant de nos pas les traces sur la neige. En gare de Moscou, le 18 juin 1939, seule Alia l’attend, avec Lilia, la sœur de Sergueï, celle qui jadis rêvait de théâtre. Sergueï, malade, a dû rester à Bolchevo, une banlieue résidentielle de Moscou, où il occupe une datcha avec la famille Klepinine-Sezeman. Mais où est Assia ? Atterrée, Marina apprend ce qui lui a été soigneusement caché: l’arrestation, la déportation de sa sœur bien-aimée, il y a deuxans. Leurs retrouvailles sont bouleversées. Sergueï est souffrant, au bord du désespoir. "Inconfort. Trouver du pétrole à brûler. Sergueï achète des pommes. Mon cœur se serre peu à peu. L’énigmatique Alia avec sa gaieté forcée. Je vis sans papiers, sans me montrer à personne". Alia vit avec Samuel Gourevitch, Moulia, qui gère cette datcha. Il la dit dépendre des éditions d’État, le Litfond, Fonds littéraire, mais un adolescent, Dimitri Sezeman, se lie immédiatement avec Mour et le renseigne. Il s’agit bel et bien d’agents du NKVD, le ministère de Bolchevo est un lieu redoutable. Le chef de Moulia, Mikhaïl Koltsov, journaliste international, a été arrêté. "Marina Ivanovna a bien fait, elle n’avait pas d’autre issue". Cette phrase, Mour la répéta à tout le monde, extérieurement calme, le regard froid. Malgré les apparences, son sommeil était agité, il gémissait la nuit. "Le plus dur, écrivit-il, ce sont les larmes solitaires, tandis que tout le monde alors s’étonne, comme il a le cœur sec, il est impénétrable. Pour payer la nuit qu’il passa chez Dima, Mour lui laissa le corsage, la veste de sport et le béret que Marina Ivanovna avait portés. On sait peu de chose de la vie de Georgui-Mour Efron après la mort de Marina. Le 4 septembre 1941, il se fit rayer de la liste des habitants d’Elabouga et prit le bateau, passa deux ans dans le dénuement le plus complet mais réussit néanmoins à terminer ses études. Il retrouva l’adresse de sa tante Anastasia Ivanovna Tsvetaeva, en déportation au fin fond du pays. Anastasia, l’Assia du passé, n’apprit la mort de Marina qu’en 1943. Elle ne revit pas son neveu vivant. Le soldat de l’Armée rouge Georgui Efron est tué sur le front un an plus tard.
"Notre séparation, je la supporterai mais sans doute pas nos retrouvailles. Celui qui n'a que peu de temps à vivre, qui ne demande à Dieu rien que la mort et qu'on oubliera pour toujours, fait les cent pas, il est alors plus de minuit". Le plus étonnant est que sa malédiction dura bien après la mort de Staline, tant la haine des communistes contre elle était forte. Mais jamais elle ne céda, de crises cardiaques en crises cardiaques elle attendait la délivrance. En 1964, elle put sortir de son pays, pour la première fois depuis plus de cinquante ans. Bien que morte le 5 mars 1966, son fantôme continue à terroriser les Poutine et autres. Et très rares sont les publications, mais sa reconnaissance par l’Occident lui a redonné la ferveur de la jeunesse russe qui en a fait son poète préféré. Cela aussi elle l’aura sans doute voulu. la résurrection après les épreuves terrestres. Vite dégagée des entrelacs précieux et surannés du symbolisme et même de l’acmétéisme, Anna Akhmatova se sera construit une langue poétique basée sur des rythmes souples, des rimes riches, et surtout d’un vocabulaire limpide et simple. La construction de sa grammaire poétique est désarmante de transparence. Sa poésie est fondée sur sa propre respiration, ample et transcendante. Elle refusera les artifices du métier de poète que tant d’autres emploieront (Essenine, Blok, Maïakovski). Et pourtant sa voix reste unique, originale et envoûtante. Elle disait que sa poésie ne pouvait pas être traduite car tout entière enracinée dans le terreau de la langue russe, de sa mémoire. Elle savait ce dont elle parlait, elle-même traductrice émérite. Chacun de ses mots si translucides en russe prend en français une lourdeur irrémédiable, et pour peu que l’on essaie de conserver un semblant de rimes, elles seront pauvres et affectant le sens premier de sa langue. Nul ne pourra reproduire le long fleuve de la respiration d’Anna Akhmatova. Chacun de ses mots va à la mer. Une part de l’indéfinissable nous restera celée. Pourtant grâce soit rendue aux intrépides marins qui ont osé s’aventurer en cet océan immense et faussement serein de sa poésie. Le public francophone aura un avant-goût de la sidérante beauté de l’écriture d’Anna par leurs tendres approximations. Elle s’était drapée dans les mots de la poésie, dont elle fit son maquis, sa terre de résistance. Elle reste la recluse, la beauté irradiante mise en cage par les bourreaux staliniens. Interdite de publication, traquée par la police et par les déportations ou la mise à mort de ses proches, elle semble par la force tranquille de ses poèmes s’opposer seule à la tyrannie du monde. Sa poésie, à peine redécouverte, nous saisit par ce qui semble irradier d’elle: une pureté d’eau. En ces temps toujours incertains, les mots de cette statue de la résistance au mal, à l’extermination folle, sont toujours dressés et actuels.
Bibliographie et références:
- Cédric Gras, "L'hiver aux trousses"
- Antoinette Fouque, "Anna Akhmatova"
- Sophie Benech, "Anna Akhmatova"
- Alma De Groen, "The Woman in the window"
- Jean-Louis Backès, "Poème sans héros et autres poèmes"
- Modigliani, "Nus d'Anna Akhmatova"
- Gil Pressnitzer, "Anna Akhmatova"
- Henry Deluy, "Anna Akhmatova"
- Claude Delay, "Marina Tsvetaeva"
- Jacques Burko, "La poésie de Marina Tsvetaeva"
- Paul Valet, "Requiem et autres poèmes"
- Florence Corrado-Kazanski, "Marina Tsvetaeva"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Je n'appartiens tout simplement pas à ce monde. J'habite la Lune avec frénésie. Je n'ai pas peur de mourir, j'ai peur de cette terre étrangère, agressive. Je n'arrive pas à penser aux choses concrètes, elles ne m'intéressent pas. Je ne sais pas parler comme tout le monde. Mes mots sont bizarres et viennent de loin, d'un endroit où personne ne se rencontre. Que ferais-je une fois plongée dans mes mondes fantastiques et incapable de remonter à la surface ? Parce que c'est bien ce qui risque de m'arriver. Je partirai et ne saurai pas revenir. Je ne saurai d'ailleurs pas qu'il existe un "savoir revenir". Et je n'en aurai peut-être tout simplement pas envie". Alejandra Pizarnik (1936-1972), peu connue et célébrée en France, est presque l’objet d’un culte dans sa patrie, l’Argentine, mais aussi dans le monde hispanophone. Sa noirceur, ses invocations amères, son suicide, auraient pu en faire un poète maudit. Il n’en fut rien, tant elle fut éditée et reconnue de son vivant. Mais la barrière, faite des tessons de la mort, édifiée dans son œuvre, effraie et tient en respect sans doute. Un voile noir couvre ses mots, elle glace et elle bouleverse tout à la fois. "Ne pas oublier de se suicider. Ou trouver au moins une manière de se défaire du je, une manière de ne pas souffrir. De ne pas sentir. De ne pas se sentir surtout". Lorsque Alejandra Pizarnik pousse la porte du cabinet du psychanalyste León Ostrov, à Buenos Aires, elle a dix-huit ans: "Quand je l'ai vue, j'ai d'abord eu l'impression d'être devant une adolescente mi angélique, mi farfelue. J'ai été frappé par ses grands yeux, transparents et terrorisés, et par sa voix, grave et lente, dans laquelle tremblaient toutes les peurs". Fille d'émigrés juifs russo-polonais dont une partie de la famille restée en Europe a été décimée, Alejandra restera environ quatre années en cure auprès d'Ostrov, "sauveur tout-puissant", "papa mystérieux, cruel et adorable", qui suscite un profond transfert. "Je meurs d'amour pour lui. Je perçois son visage et tout son être fond, flotte, s'en va". Elle lui dédie son deuxième recueil de poèmes,"La Dernière Innocence". L'analyste apprécie cette jeune femme, lectrice compulsive, qui a fait le don absolu de sa personne à la poésie. Il tente de juguler son désir de mort, de résister aux coups de "vent féroce" auquel elle finira par céder, en 1972, à l'âge de trente-quatre ans. "Je ne suis pas sûr de l'avoir toujours psychanalysée, je sais qu'elle m'a toujours poétisé". À Paris, la jeune poétesse mange de la vache enragée, avec un salaire de rédactrice à la revue conservatrice "Cuadernos del Congreso por la Libertad de la Cultura". Elle se fiche de l'argent qu'elle dépense à peine touché. "J'habite la Lune avec frénésie". Elle passe d'une chambre de bonne immonde place Clichy à un beau studio avenue de l'Opéra, de Saint-Germain-des-Prés à la résidence universitaire d'Antony. Alejandra a beaucoup de mal à résister aux fréquents "moments paradisiaques obtenus par l'alcool et certains cachets qui la rendaient heureuse".
"Ivre du silence des jardins abandonnés, ma mémoire s'ouvre et se ferme comme une porte au vent. De l'autre côté de la nuit l'attend son nom, son subreptice désir de vivre, de l'autre côté de la nuit". Elle tremble d'amour, fantasme, aime des hommes, des femmes. Rencontre Simone de Beauvoir, "une profonde expérience de la peur", ou Marguerite Duras, "intéressante et sympathique". Publie à la NRF ou aux Nouvelles Littéraires de Maurice Nadeau, est traduite en allemand ou en arabe, surveille la parution de son Journal en Amérique latine. Entre désespoir et excitation, elle lutte contre la peur par la poésie: "Je me sais poète, et que j'écrirai de véritables poèmes importants, irremplaçables, je me prépare, je me dirige, je me consume et je me détruis. C'est mon but". Alejandra Pizarnik se suicide, le vingt-cinq septembre 1972 à Buenos Aires laissant ces quelques vers: "Je ne veux aller, rien de moins, qu'au fond des choses". La manière sera le suicide, mais jusqu’au bout elle sentira, elle ressentira son "je" écartelé, qui la happe vers le vide. Elle luttera pour circonscrire "l’épave en elle". Elle aura appelé à jamais, parlé avec terreur et innocence pour pouvoir nommer alors ce qui n’existe pas. Elle aura su parler comme la nuit, comme elle calcinée d’absolu. Elle était un poète mystique sans dieu. "J’écris contre la peur. Contre le vent avec des griffes qui se loge dans ma respiration". Cette"tristesse fermée" dont parle Yourcenar s’est ouverte à nous par les traductions de Silvia Baron, Supervielle et Claude Coufon. Elle est communicable, si proche de nous. Un météore est passé laissant une trace simple et aveuglante derrière lui. Alejandra Pizarnik écrivait face à la nuit, face aux murs, qui se sont alors brisés pour n’être que trace de son passage, de la poussière de ses mots. Hantée par les fissures, les lézardes des choses, elle portait en elle celles enfouies dans ses os de sa vie, de son angoisse existentielle. Toutes les chambres abandonnées de son enfance mais remplies des paroles qui brûlent encore, de ses amours obscures et brèves, de ses amitiés fortes, dernière rambarde contre la mort, et toujours la main des jours qui lui serrait la gorge. Cette fascination absolue du vide, du rien, du chaos, elle ne pourra que la déployer dans sa grande solitude et sa peur de mourir, sa peur de vivre. Mais rien n’arrêtera le vide rongeant l’être. Elle était bue par son absence. "Nous vivons ici-bas une main serrée sur la gorge.Que rien ne soit possible était chose connue de ceux qui inventaient des pluies et tissaient des mots avec la torture de l’absence. C’est pourquoi, toutes les nuits, il y avait dans leurs prières un son de mains éprises du brouillard".
"Quelque chose pleure dans l'air, les sons dessinent l'aube. Demain je m'habillerai de cendres à l'aube me remplirai la bouche de fleurs". Elle rêvait, de l’immensité des rêves, de la disparition à venir, des nuits fortes des crues du chagrin, des inondations de l’horreur. Le vent passe en elle, trouée par ses terreurs, couchée en chien de fusil sur sa vie, et sa solitude avait des ailes. Lumineuse, transparente, Alejandra Pizarnik, fille des miroirs et du vent amer, pouvait être solaire même au cœur de ses chutes. Dans son palais de mots, dans son palais de glace, la lumière inonde et fascine. "Le souffle de la lumière dans mes os lorsque j’écris le mot terre. Parole, ou présence, suivie par des animaux parfumés, triste comme soi-même, belle comme le suicide. Et qui me survole comme une dynastie de soleils". Alejandra Pizarnik irradie par la densité de ses mots, par leur brièveté en résonance avec la brièveté de sa vie. Elle aura fait de son existence "cette cérémonie trop pure" qui nous hante encore: "Écrire, c’est donner un sens à la souffrance. J’ai tellement souffert qu’on m’a déjà chassée de l’autre monde. Écrire, c’est vouloir donner un sens à notre souffrance". Être poète sans pouvoir toutefois habiter pleinement le langage, tel est le paradoxe auquel nous confronte l’œuvre d’Alejandra Pizarnik. Contrairement à certains autres écrivains, le choix de la poésie qui pour elle s’apparentait plutôt à une sorte de fatalité ne lui aura pas permis de se doter alors de l’assise symbolique qu’elle recherchait à travers l’écriture. Ainsi qu’elle le décrit dans son journal, Alejandra Pizarnik souffrait depuis l’enfance d’aphasie et de bégaiements. Petite, elle complétait alors les phrases qu’elle n’arrivait pas à achever par une langue inventée. Depuis toujours il lui semble qu’elle ne peut penser avec des phrases. Les mots bourdonnent en elle mais ne s’enchaînent pas. Ils forment des sortes de substances ou de monades isolées comme des bouts de réel désenclavés de la chaîne signifiante. Parfois il lui est impossible de terminer ce qu’elle est en train de dire. Elle craint de voir surgir des râles à la place des mots en réponse à de simples questions. Le langage lui semble impuissant à l’exprimer ou à l’ancrer dans une réalité qu’elle ne vit que sur le mode du faux-semblant et de la déréliction. "Les mots sont des choses et les choses sont des mots. Comme je n’ai pas les choses, comme je ne peux jamais leur donner de réalité, je les nomme et je crois en leur nom, le nom devient réel et la chose nommée s’évapore, c’est le fantôme du nom. À présent, je sais pourquoi je rêve d’écrire des poèmes-objets. C’est ma soif de réalité, mon rêve de matérialisme à l’intérieur du rêve". Elle choisit alors la poésie comme moyen de thérapie.
"Dans la simple mémoire d'un mur, j'apprendrai alors à dormir dans la respiration d'un animal qui rêve. Écrire c'est chercher dans le tumulte des corps brûlés l'os du bras qui correspondrait à l'os de la jambe. Misérable mixture. Moi, je restaure". Malgré la reconnaissance littéraire dont elle bénéficia de son vivant, puisqu’elle obtint divers prix et bourses d’études, Alejandra Pizarnik ne put jamais se satisfaire de ce destin poétique. Prisonnière de cet essaim de mots tourbillonnants et autonomes, elle aspirait sans cesse à écrire de la prose. La fiction fut son impossible eldorado: "Je veux écrire des contes, je veux écrire des romans, je veux écrire en prose. Mais je ne peux pas raconter, je ne peux pas détailler, je n’ai jamais rien vu, je n’ai jamais vu personne. La poésie me disperse, elle me dégage de moi-même et du monde. À présent, j’aimerais écrire des romans dans le style le plus réaliste et le plus traditionnel qui soit. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’un roman comme ça est un véritable acte de création. Car la poésie, ce n’est pas moi qui l’écris". Il lui semble qu’en produisant ainsi de l’imaginaire, elle pourrait guérir de cet étrange trouble qui la paralyse. Ce qu’elle nomme ses poèmes-objets constitue pour elle une sorte de magma indifférencié sans unité ni référent où elle a le sentiment de se dissoudre et se disperser: "Mon manque de rythme lorsque j’écris. Phrases désarticulées. Impossibilité à former des phrases, à conserver la structure grammaticale traditionnelle. D’abord il manque le sujet. Ensuite, il me manque le verbe. Reste un prédicat mutilé, des haillons d’attributs que je ne sais pas à qui offrir. C’est dû à l’absence de signification de ma structure interne ". C’est pourquoi l’écriture poétique n’est pas pour elle libératrice. Elle ne parvient pas à faire consister l’imaginaire et à faire lien. Bien loin de tamiser le réel, elle ne cesse de le dénuder. Le vers en "chosifiant" le mot la livre au pur effroi du hors-sens dans une sorte de solipsisme permanent. Car la poésie, en mettant l’accent sur le mot dans sa matérialité sonore, "vaporise" en quelque sorte le "sens" et le dissout. C’est pourquoi le phrasé poétique s’apparente pour elle à un squelette désarticulé à l’image de ce corps qu’elle ne parvient pas à habiter. Il lui est par exemple impossible de se représenter l’unité que constitue sa colonne vertébrale. De la même façon, son œil droit lui paraît sans cesse démentir la vision que son œil gauche lui propose. L’imaginaire et le réel restent donc déconnectés sans parvenir à s’arrimer à une signification. En l’absence de nouage, il ne reste qu’un bloc de signifiants solidifiés qu’elle ne parvient pas à instrumentaliser. Ses multiples essais de psychanalyse personnelle furent pour elle un échec. Peut-être peut-on avancer l’hypothèse que le travail du signifiant propre à l’analyse est venu redoubler ce sentiment de dispersion qu’elle expérimentait alors déjà à travers sa poésie.
"Je comprends déjà la vérité. Elle éclate dans tous mes désirs et dans mes détresses, mes déceptions, mes déséquilibres, mes délires". Il lui semble alors que toute croyance lui est définitivement ôtée et qu’elle ne peut plus trouver aucun point d’appui, pas même à travers cet embryon de pensée "magique" qui a pu la soutenir un temps: "La psychanalyse m’a rendue rationnelle et méfiante vis-à-vis de choses qui devraient me sembler naturelles, comme les miracles, les significations magiques, etc. Toutes les portes sont fermées. Ce désir de croire dans le monde extérieur me rend folle, bien plus que mon éloignement quasi absolu. À présent, je n’arrive plus à trouver refuge dans l’imagination. Je ne trouve plus refuge dans rien". La langue mystérieuse et étrangère de l’enfance qui lui permettait de mettre à distance ce trop-plein de réel ne reviendra plus. Elle reste donc prisonnière d’une structure langagière dénuée de toute métaphore et en quelque sorte "dégrafée" puisque rien ne vient faire point de capiton pas même l’étayage d’une quelconque signification même irrationnelle. Alejandra Pizarnik qui avait conscience qu’elle "mourrait de poésie", mit donc fin à ses jours ainsi qu’elle l’avait annoncé en laissant derrière elle ces quelques lignes: "Créature en prière, en rage contre la brume, écrit au crépuscule, contre l’opacité, je ne veux plus aller nulle part, qu’au tréfonds, oh vie, oh langage, oh Isidore". "Nous vivons ici-bas une main serrée sur la gorge. Que rien ne soit possible était chose connue de ceux qui inventaient des pluies et tissaient des mots avec la torture de l’absence. C’est pourquoi il y avait dans leurs prières un son de mains éprises du brouillard". Alejandra Pizarnik est née près de Buenos Aires le vingt-neuf avril 1936, à Avellaneda, dans une famille d’immigrants juifs de Galicie, émigrée en 1934. Chez elle on parle surtout le yiddish, car ses parents auront bien du mal à apprendre l’espagnol. Son nom était Flora Alejandra Pozkarnik, simplifié par les fonctionnaires en Alejandra Pizarnik. Elle fait ses études après avoir essayé bien des voies: faculté de Philosophie et de Lettres, faculté de journalisme et atelier de peinture. Mais elle ne peut et ne veut "qu’écrire ses rêves". Elle le réalise dès dix-neuf ans, âge auquel elle publie son premier recueil. Reconnue, admirée elle mène une vie littéraire et sociale importante, se liant avec des poètes et surtout avec sa grande amie, cette sœur tant recherchée, Olga Orozco, également poétesse, influencée par Arthur Rimbaud.
"Si tu oses surprendre la vérité de ce vieux mur et ses lézardes, déchirures, formant des visages, des sphinx, des mains, des clepsydres, sûrement une présence arrivera pour ta soif, probablement partira, cette absence qui te boit". Entre 1960 et 1964, elle vit à Paris où elle est pigiste pour un journal espagnol et écrit dans plusieurs journaux et revues. Elle étudie la littérature française à la Sorbonne. Elle se lie d’amitié avec André Pieyre de Mandiargues, Octavio Paz, Julio Cortazar, Yves Bonnefoy, Henri Michaux. Elle traduit aussi des poètes comme Artaud, Michaux, Aimé Césaire, Yves Bonnefoy. Elle est partie prenante de la vie littéraire parisienne. Pourtant en 1964, elle rentre à Buenos Aires, alors qu’elle était venue "pour s’en sortir". Sa vie, à part quelques voyages, se déroule alors au cœur de sa chère ville Buenos Aires, dans sa minuscule chambre où était épinglée cette phrase d’Artaud: " Il fallait d’abord avoir envie de vivre". Sa chambre ascétique comprenait un petit tableau noir, lieu d’alchimie de ses mots, polis et repolis pendant ses nuits de veille. Elle continue à publier et reçoit de nombreux prix. Mais cela ne saurait combler l’immense vide existentiel en elle: "Ma vie manque, je manque à ma vie". (Journal). "Notre besoin de tendresse est une longue caravane". (Journal). Et son besoin d’amour est sans fin, orgiaque parfois, bisexuel parfois, mais pour elle la chair est infiniment triste: "Faire l’amour pour être, quelques heures durant, le centre de la nuit" (Journal). Hantée par le travail et par sa mère haïe et adorée, elle dérive encore plus profond dans ses abîmes. La découverte de sa judaïté est tardive, mais elle ne se sent juive que parce que Kafka et Freud sont juifs, pas par culture ni religion. Elle se dira juive mais pas argentine, mais si elle se croit juive errante, elle est profondément ancrée en terre argentine. "J’écoute le bruit de l’eau qui tombe dans mon sommeil. Les mots tombent comme l’eau moi je tombe. Je dessine dans mes yeux la forme de mes yeux, je nage dans mes eaux, je me dis mes silences. Toute la nuit j’attends que mon langage parvienne à me configurer. Et je pense au vent qui vient à moi, qui demeure en moi. Toute la nuit, j’ai marché sous la pluie inconnue. On m’a donné un lourd silence plein de visions. Et je cours comme l’unique oiseau dans le vent".
"Dehors, du soleil. Ce n'est qu'un soleil mais les hommes le regardent et ensuite ils chantent. Je ne sais rien du soleil. Je sais la mélodie de l'ange et le sermon brûlant du dernier vent". Après des tentatives de suicide en 1970 et 1971, elle passe ses cinq derniers mois dans un asile psychiatrique. La phase de désintoxication lui est très douloureuse, elle, imbibée de drogues, de cigarettes et d’alcool. Rentrée alors chez elle, rue Montevideo, pour le week-end, elle avale, intentionnellement ou pas, une dose massive de psychotropes, le seconal, et elle meurt le vingt-cinq septembre 1972 à l’âge de trente-six ans. Son flirt continu avec le suicide se concrétisait enfin dans un grand baiser final et définitif. Elle, "la petite oubliée" a voulu vivre un bref instant de sa vie les yeux grand ouverts, se méfiant de l’ombre de son ombre, du silence qui la désertifiait, de la solitude qui l’étranglait. Mais elle a chanté "d’étoile en étoile, de l’ombre à l’ombre", aimant le vent, sa mémoire en feu. Elle était "une errance nue". "J’ai fait le saut sur moi à l’aube. J’ai laissé mon corps avec la lumière et j’ai chanté la tristesse de ce qui est né". "La certitude pour toujours d’être de trop à l’endroit où les autres respirent. De moi je dois dire que je suis impatiente qu’on me donne un dénouement moins tragique que le silence. Joie féroce quand je rencontre une image qui m’évoque. À partir de ma respiration désolante je dis qu’il y ait du langage là où il doit avoir du silence. Quelqu’un ne s’énonce pas. Quelqu’un ne peut pas s’assister. Et toi tu n’as pas voulu me reconnaître quand je t’ai dit ce qu’il y avait en moi qui était toi. La terreur est revenue: n’avoir parlé de rien avec personne. Le jour doré n’est pas pour moi. Pénombre du corps fasciné par son désir de mourir. Si tu m’aimes je le saurai même si je ne vis pas. Et je me dis: vends ta lumière étrange, ton enclos invraisemblable. Un feu dans le pays non vu. Images de candeur proche. Vends ta lumière, l’héroïsme de tes jours futurs. La lumière est un excédentde trop de choses beaucoup trop lointaines. Ne plus désirer vivre sans savoir ce qui vit à ma place, ni écrire, puisque pour me blesser, la vie prend alors des formes si étranges". Alejandra Pizarnik aura imploré l’écriture.
"Je sais crier jusqu'à l'aube quand la mort se pose nue sur mon ombre. Je pleure sous mon nom. J'agite des mouchoirs dans la nuit et des bateaux assoiffés de réalité dansent avec moi". Elle aura sacrifié tous ses jours et ses semaines dans les cérémonies du poème. Elle écrivait sur son tableau noir ses tentatives de poèmes, les refondant, les ramenant à l’essentiel du sens et de la sensation. Comme un travail de sculpteur elle extrayait le cœur même de l’essentiel, comme un bloc compact violent et étincelant recherchant le poème ultime. Mais le poème ultime est révélation du vide. "Le poème que je ne dis pas, que je ne mérite pas. Peur d’être deux, sur le chemin du miroir: quelqu’un qui dort en moi, me mange et me boit". ("L’arbre de Diane") Elle cherchait elle aussi l’or du temps, le poids du silence, le miroir de l’au-delà des choses. Avec ses mots coupants, suspendus, distants, elle a voulu mourir de la mort. "Tu es amoureuse de la mort" lui disait d’ailleurs un de ses amis. Et pourtant elle aura cette phrase magique: "Si j’ai peur de la mort, c’est à cause de sa couleur" (Journal). Et ses mots "comme pierres précieuses" brillent dans la nuit, suspendus, prêts à se briser, aux portes du dicible, aux portes du silence. En lisant Alejandra Pizarnik, on peut voir la buée de sa transparence triste. Ce ne sont pas des chants désolés qui sont tracés, mais une lucidité translucide des régions cachées, souvent interdites qui sont derrière tous les poèmes. Il monte de ses écrits une grande innocence. Elle voulait "une poésie qui dise l’indicible, un silence, une page blanche". Et c’est bien une blancheur, parfois blafarde qui monte comme buée de ses poèmes. Elle ne nous console pas, elle nous hante. Sa production est limitée, elle n’aura publié que sept recueils, ses récits humoristiques ne trouvant pas preneur. Mais dans son œuvre elle a quand même réussi à dire "la parole introuvable", luttant corps à corps avec les mots, les cernant, les brisant pour leur faire rendre gorge, leur faire avouer leur secret ultime, finissant par les entraîner avec elle au fond de sa solitude totale. Solitude faite de peurs, de fumée et de miroirs, de conscience du vide, et surtout de silence et de soif. Elle a su "connaître le nom de ce qui n’existe pas". Elle l’aura fait avec les pauvres mots de ce monde, elle qui était dans l’entre-monde. Ses poèmes comme "des os qui brillent dans la nuit", défient l’avenir dont elle avait tant peur. Somnambule de son propre être, elle errait au travers du miroir sans tain des jours et des nuits. Elle vient vers nous, celle qui dépassant la vision des gouttières du monde disait "la rébellion est de regarder une rose". Elle se voyait comme une fleur qui s’ouvre. Sa peur de la folie l’amène à l’autodestruction, déclinant pour elle cette phrase de Thomas: "Je veux déchirer ma chair". La poésie, une entreprise de conjuration d’elle-même.
Bibliographie et références:
- Jacques Ancet, "Alejandra Pizarnik"
- Clément Bondu, "Alejandra Pizarnik"
- Claude Couffon, "Alejandra Pizarnik"
- Étienne Dobenesque, "Alejandra Pizarnik"
- Mikaël Gómez Guthart, "Alejandra Pizarnik"
- Thierry Gandillot, "Aux vents féroces de la poésie"
- Anne Picard, "Alejandra Pizarnik"
- Véronique Elfakir, "Alejandra Pizarnik"
- Florian Rodari, "Alejandra Pizarnik"
- Gil Pressnitzer, "Alejandra Pizarnik"
- Fernand Verhesen, "Alejandra Pizarnik"
- Octavio Paz, "Alejandra Pizarnik"
- Silvia Baron Supervielle, "Alejandra Pizarnik"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Rivale, un jour je te viendrai. La nuit plutôt, au clair de lune, quand dans l'étang crie le crapaud, et quand délire la pitié. Attendrie par le battement, jaloux de tes paupières, je te dirai, je ne suis pas, je suis songe et tu rêves". Une existence romanesque, une fin tragique et une création lyrique parmi les plus belles de la littérature russe. Contemporaine de Boris Pasternak, de Vladimir Maïakovski et d'Anna Akhmatova, immense figure de la poésie russe, Marina Tsvetaïeva aura vécu une des plus tragiques et des plus signifiantes destinées de cette maudite première moitié du XXème siècle qui en aura connu tant d'autres. Tragique, parce qu'elle aura enduré tous les chagrins qu'un être humain puisse se voir infliger. Signifiante, parce qu'elle éclaire d'un jour très singulier cette époque où il ne faisait pas bon être artiste, penser librement, refuser de se ranger dans un camp. Marina naît à Moscou le vingt-six septembre 1892 sous le règne finissant d'Alexandre III. Son père est professeur d'histoire de l'art à l'université de Moscou et travaille à la création de ce qui deviendra le musée des Beaux-Arts Pouchkine, le plus grand musée d'art européen de Moscou, l'un des plus importants du monde par la richesse de ses collections. Sa mère, Maria Alexandrovna Meyn, est une pianiste qui a dû renoncer à une carrière de concertiste. Deuxième épouse d'Ivan Tsvetaïev, elle a des ascendants polonais, ce qui permet alors à Marina Tsvetaïeva de s'identifier à Marina Mniszek, l'épouse du prétendant Dimitri du drame Boris Godounov d'Alexandre Pouchkine, dont s'est inspiré Modeste Moussorgski pour son opéra Boris Godounov. La mère de Marina Tsvetaïeva aurait voulu qu'elle devienne la pianiste qu'elle-même n'avait pas réussi à être, et désapprouve son penchant pour la poésie. En 1909, elle suit des cours d'histoire de la littérature à la Sorbonne à Paris. Elle commence à séjourner à Koktebel, en Crimée, au bord de la mer Noire, dans la maison de Volochine, qui reçoit de nombreux artistes. À Koktebel, Marina Tsvetaïeva fait la connaissance de Sergueï Efron, un élève officier à l'Académie militaire. Elle a dix neuf ans, et lui dix-huit. Ils tombent immédiatement amoureux et se marient en 1912, la même année où le grand projet de son père, le musée Alexandre III, est inauguré en présence de Nicolas II. Après la Révolution, Efron rejoint l'Armée blanche. Marina Tsvetaïeva retourne à Moscou, où elle se retrouve bloquée durant cinq ans, et où alors une terrible famine sévit.
"Et je te dirai, console-moi, car mon cœur blessé se tord, et je dirai, le vent est frais, là haut, le ciel brûle d'étoiles". En février 1920, la plus jeune de ses filles, Irina meurt de malnutrition à l'orphelinat, à l'âge de trois ans. Marina écrit un poème poignant. Elle compose des poèmes lyriques inspirés du folklore russe. Les derniers combats entre blancs et rouges ont lieu en Crimée. Pour rejoindre son mari, Marina Tsvetaïeva quitte son pays et vivra dix-sept ans d'exil. En effet, en mai 1922, Tsvetaïeva et Alia quittent l'Union soviétique et retrouvent Efron dans le Berlin russe, où elle publie "Séparation", "Poèmes à Blok", "La Vierge-tsar". En octobre 1925, la famille s'installe à Paris pour quatorze années. Les écrivains et poètes français l'ignorent, les surréalistes en particulier. Elle traduit Pouchkine en français. En 1937, c'est le centième anniversaire de la mort de Pouchkine et Marina Tsvetaïeva traduit certains poèmes en français. En 1939, elle retourne en Union soviétique avec son fils. Elle ne peut prévoir les horreurs qui les attendent. Dans l'URSS de Staline, toute personne ayant vécu à l'étranger est suspecte. Efron et Alia sont arrêtés pour espionnage durant l'été 1939. Efron est fusillé en 1941, Alia passe huit ans en camp, puis cinq ans en exil. En juillet 1941, suite à l'invasion allemande, Tsvetaïeva et son fils acceptent d'être évacués à Ielabouga, dans la république de Tatarie. Elle s'y retrouve seule et sans aucun soutien et se pend le trente-et-un août 1941 après avoir essuyé des refus à ses démarches pour trouver du travail. Elle est enterrée au cimetière Petropavlovsk de Lelabouga, mais l'emplacement exact de sa tombe reste inconnu. Elle est réhabilitée en 1955. Marina Tsvetaïeva fut une avec sa voix de poète. Être éprise d’un homme ou d’une femme rendait fébrile son état poétique. Ses passions furent rarement exprimées par des étreintes physiques, elle se contenta de parler pour jouir. Le plus souvent, elle vivra d’engouements très romantiques qui nourriront sa poésie et ses proses.
"Si vous saviez, passants, attirés par d'autres regards charmants que le mien, que de feu j'ai brûlé, que de vie j'ai vécu pour rien, que d'ardeur, que de fougue donnée pour une ombre soudaine ou un bruit, mon cœur, vainement enflammé". Composer et écrire, en particulier des lettres, reste son occupation principale quand elle peut échapper aux exigences matérielles. Par le truchement de Boris Pasternak avec qui elle correspond toujours sans l'avoir jamais rencontré, elle entre également en relation avec Rainer Maria Rilke, alors très malade. Dans ce continuum vie-création, les échanges épistolaires qui eurent lieu entre Tsvetaïeva, Rilke et Pasternak restent singuliers par leur intensité poétique et humaine. Marina Tsvetaïeva reconnaît en elle "quelque chose de trop" pour ceux qui l’ont approchée, "une large moitié, toute une moi de trop, ou la moi vivante ou le moi vivant dans mes vers". La façon dont Tsvetaïeva désire aimer ne saurait convenir à aucun temps, à aucun lieu. Il n’est pas question pour elle de se faufiler dans une chambre à une heure donnée. L’entrée dans un endroit banalement terrestre est annulée par le geste du sujet qui met en scène sa sortie de ce que la poétesse appelle le "Tout". Elle incite les jeunes filles à dévoiler leur amour les premières, quitte à être sermonnées et à épouser par la suite des "blessés méritants". Cela, selon Tsvetaïeva, rendra de telles femmes mille fois plus chanceuses qu’une autre héroïne russe, "celle qui, tous les désirs consommés, n’eut pas d’autre choix que de se jeter sous un train". Le jugement de Tsvetaïeva à l’égard d’Anna Karénine n’est pas sans surprendre. Or cette créature tragique de Tolstoï est une femme qui ne cède pas sur son désir. L’amour, un amour coupable et finalement tueur dont elle ne se défend pas, l’incite à pousser son désir jusqu’au point où il rejoint sa jouissance. Le désir décrit par Tsvetaïeva est de "se toucher en paroles", se rencontrer en esprit, ne reconnaissant aucun droit à la chair. Dans son acception, l’amour vit d’exceptions, d’isolations, d’exclusions. C’est un amour qui vit des mots et meurt des faits. La réalité de l’âme se fonde avec le corps dans le monde de ses poèmes, l’acte créateur fait consister l’amour dans la fusion langagière d’eux qui s’érige en "Un".
"Ô, les trains s'envolant dans la nuit qui emportent nos rêves de gare. Sauriez-vous tout cela, même alors, je le sais, vous ne pourriez savoir pourquoi ma parole est si brusque dans l'éternelle fumée de cigarette, dans ma tristesse noire". De fait, l'ego de Marina est plus exacerbé que jamais. Elle écrit en parlant d'elle-même dans ses carnets: "Je ne connais pas de femme plus douée que moi en poésie." En dépit des prédictions, qui peut deviner l’avenir ? Personne ne saura qui elle est. Elle note ceci dans son Journal avec indignation. Pour comprendre son caractère inhabituel, il aurait fallu la connaître personnellement. Elle écrit, sur des feuillets, d’une écriture fine. Elle choisit un papier pelure, bordé d’un liseré d’or, qu’elle remplit d’une encre violette. Elle a fini le poème Siècle jeune. Il est dédié à Alia, sa fille. Troisième jour de Pâques: "Tout est si radieux, avec un tel soleil, un vent si froid. Elle a couru dans la grande allée du parc, longeant les frêles acacias. Elle se sentait légère". La seule fête de sa vie ce sont ses vers. Un froid cruel, presque abstrait, s’est abattu. La neige tombe par rafales. Irina sa fille est morte de faim dans un asile. Elle avait trois ans. Ne parlait pas et chantait sans cesse en se balançant. Elle n’est pas allée à son enterrement. "On n’a jamais eu un enfant, on l’a toujours". Elle a sauvé Alia. Qu’est-ce que l’oiseau d’or du destin ? C’est le premier du mois. Elle a une plume neuve. Elle écrit une longue lettre à Boris Pasternak. Elle lui dit qu’elle aime la noblesse, le peuple, les fleurs et les racines, les azurs de Blok. Surtout les espaces d’azur. Écrire, c’est sa fonction. C’est ainsi qu’elle est heureuse et tranquille. Il y a si longtemps qu’elle n’a rien attendu de personne. Qu’elle ne s’est réjouie de personne. Qu’elle ne s’est émue d’un nuage. Qu’aucun visage, qu’aucun nom ne l’a retenue. Personne n’a surgi. Nuage rouge. Voilà pourquoi elle lit: un livre est une sonate, en soi. Elle ne désire qu’une chose, aimer. Pas être aimée. Il n’est pas possible que deux êtres s’aiment totalement.
"Nadia, ma chérie, que voulais-tu de moi ? Des vers ? Mais à l’époque, c’étaient des vers d’enfants, de plus, ils étaient en allemand. Pourquoi était-ce justement moi qui te suivais, devant qui tu te dressais, pourquoi moi justement, chérie ?" Longtemps, elle chercha à rendre hommage à son mari grâce à son talent. Elle écrivit de nombreux poèmes d'une rare richesse linguistique. " À ton monde insensé je ne dis que: refus". Des chasseurs ont tué son chien. Elle est exténuée. Harassée d’inquiétude. Elle est dénuée de tout, jusqu’à la stupeur. Une table à elle, vaste comme l’univers. Où a-t-elle laissé son petit cahier, relié de maroquin rouge ? Elle est submergée de brouillons et de papiers. Le désordre est partout. Comme il est difficile de peindre l’enthousiasme, l’amour, la confiance lorsqu’il n’y a ni l’un, ni l’autre. Mais peut-être est-ce ainsi que se créent l’enthousiasme, l’amour, la confiance. Même lorsqu’il fait très froid et qu’il pleut. Son exigence a grandi avec le temps. Elle passe une journée à chercher une épithète. Il arrive qu’elle ne la trouve pas. Elle est éternellement pressée, éternellement dans les coins, dans les ballots. Elle a terriblement envie d’écrire. Des vers. À en avoir le spleen. Comment sera donc l’été ? Écrire, c’est vivre. Son cahier est subitement inondé de soleil. Elle vit dans le froid ou la fumée. Quand il gèle, elle a le choix. En ce moment c’est la fumée. Elle a les mains toutes brûlées, car il n’y a pas de briquettes. C’est le premier printemps de sa vie où elle n’écrit rien. Pas l’énergie, ni le goût. Elle prend des notes mais sans grande conviction. Elle essaie de vivre comme tout le monde. Il y a les joies simples. Le chemin, qui mène au métro, est éclairé par des réverbères. On est mieux dans la rue que dans sa maison. Elle aimerait un manteau de suédine, évasé vers le bas, avec de grandes emmanchures. Mais ils sont trop chers. Elle a relu "Le Procès" de Kafka. La cuisine est glaciale. Elle vit toujours en suspens. Dans ses rêves. Elle joue aux dames et au jeu de l’oie avec Mour. Il est sa seule sécurité.
"Peut-être, Nadia chérie, ayant vu de là-bas l’avenir tout entier dans sa totalité, marchant derrière moi ma petite fille, suivais-tu ton poète, celui qui te ressuscite aujourd’hui, presque quarante ans plus tard ? C'est la vie et rien d'autre". La mort la hante, sa vie est finie, son œuvre n'est plus. Pour la première fois, elle doute de sa postérité. Le suicide la hante plus que jamais. Ses poèmes lyriques remplissent dix volumes. Ses deux premiers titres sont "Album du soir"(1910) et "La Lanterne magique" (1912). Les poèmes sont des images d'une enfance tranquille dans la classe moyenne moscovite. Elle réfléchit à la nature de l’œuvre poétique. Il lui suffirait de prendre sa plume. Qu’en est-il de son destin, elle qui déteste son siècle ? Par le biais de la séparation, de la non-rencontre physique, l’idéalisation poétique se dresse dans la manière passionnée dont elle dialogue avec Rilke, l’amant imaginaire du moment. La perte de soi dans l’amour contingent de l’autre alterne sans cesse avec des sauts dans le vide. Au cours de ce périple sinueux, l’aspiration mystique mène Marina Tsvetaïeva, l’Aimante, vers la nécessité d’atteindre l’absolu d’où jaillit sa poésie. En 1926, Rainer Maria Rilke lui envoie deux de ses livres de poèmes, et immédiatement c’est l’enthousiasme: "Ce que je veux de toi, Rainer ? Rien. Tout." "Mais je veux t’écrire, que tu le veuilles ou non. "Et Rilke lui répond: "Poétesse, sens-tu à quel point tu t’es emparée de moi ?" Suit une correspondance entre poètes, au delà de leurs personnes. Nul n’en est plus convaincue que Tsvetaïeva, elle-même. Le monde de l’amour, pour elle, n’est pas celui des corps, mais celui de la passion mise en mots.C’est là qu’est l’essentiel pour le poète. "Novembre, décembre 1926, pas de réponse. Rilke est mort, le trente décembre. Une dernière lettre de Tsvetaïeva, le trente-et-un décembre, bouleversante: "Très cher, je sais que tu peux à présent,Rainer, à présent je pleure, à présent me lire sans courrier, que tu viens juste de me lire." "Nous rencontrer ici, nous n’y avons jamais cru ni l’un ni l’autre. Comment être d’ici, n’est-ce pas ? Tu es parti devant, et tu fais de l’ordre, pas dans lachambre, pas dans la maison, dans le paysage, pour bien me recevoir". Les dix dernières années de sa vie, de son cher"écrire-vivre" comme elle l'affirmait, sont surtout des années de prose pour des raisons économiques. Elle qui désirait tant"transfigurer le quotidien" se voulait une "sténographe de la vie". Cinq jours avant son suicide, le dimanche trente-et-unaoût 1941, elle suppliait le comité local des écrivains de lui accorder un emploi en qualité de plongeuse dans leur cantine. C'est seulement en 1968, grâce à Elsa Triolet, sœur de la compagne de Maïakovski, Lili Brik, que les premiers vers de Marina Tsvetaïeva sont publiés en français. "Dans les librairies, gris de poussière, ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus, mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares, quand ils seront vieux," écrivait lucidement Marina Tsvetaïeva obsédée par le souci de laisser sa trace. Chaque mot est un poème, un cri, une larme, une vérité, un moment de bonheur.
Bibliographie et références:
- Véronique Lossky, "Marina Tsvetaieva"
- Joseph Brodsky, "Loin de Byzance"
- Maria Razoumovski, "Marina Tsvetaieva"
- Maria Belkina, "Le destin tragique de Marina Tsvetaeva"
- Claude Delay, "Marina Tsvetaïeva"
- Henri Troyat, "Marina Tsvetaeva, l'éternelle insurgée"
- Tzvetan Todorov, "Vivre dans le feu"
- Dominique Desanti, "Le roman de Marina"
- Jad Hatem, "L’amour les yeux ouverts"
- Irma Koudrova, "La mort de Marina Tsvétaïéva"
- Vénus Khoury-Ghata, "Marina Tsvetaeva"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Le genou de Claire faisait au-delà de la ligne nette de la robe un petit triangle foncé et brillant." "J’ai un besoin absolu de passer une nuit blanche de temps en temps.Tout être vit dans l'incomplétude. Et c'est seulement l'amour qui lui permet de se réaliser pleinement". S'il est un cinéaste français qui a mauvaise presse, c'est bien lui. On l'accable de mille maux : intellectualisme, ennui, passéiste et infatué. On croit le connaitre mais que sait-on de ce cinéaste esthète et puritain, sinon qu’il incarne une manière très française et très raffinée de faire du cinéma ? De lui, on connaît quelques titres: "Ma nuit chez Maud", "Le genou de Claire", "Les Nuits de la pleine lune". On sait aussi combien le cinéaste aimait filmer de jeunes et jolies femmes, les "rohmériennes", d’Arielle Dombasle à Rosette, de Pascale Ogier à Marie Rivière. On se souvient encore qu’il lança plusieurs acteurs, qui devaient faire leur chemin sans lui: Jean-Claude Brialy, Fabrice Luchini ou Pascal Greggory. Mais sait-on par exemple que l’ensemble de ses vingt-cinq longs métrages ont attiré en France plus de huit millions de spectateurs, et quelques millions d’autres autour du monde ? Sait-on qu’un autre homme, Maurice Schérer, se cachait derrière le pseudonyme d’Éric Rohmer, tant il aimait s’inventer des doubles et masquer son visage derrière ses films ? Personnage secret veillant jalousement sur sa vie privée, cherchant à se tapir derrière des pseudonymes, ancien professeur de lettres, successeur d'André Bazin à la direction des "Cahiers du cinéma", moraliste intransigeant et cinéaste méticuleux jusqu'à la manie, Éric Rohmer a mené une carrière à contre-courant des modes. Considéré comme classique parce qu'il tient à la clarté du récit comme des images, désuet même par l'importance qu'il accorde à la parole, austère parce que ses personnages abordent souvent des questions philosophiques. Ses descriptions des stratégies amoureuses de garçons et de filles d'aujourd'hui, une ironie parfois cruelle, une narration bien plus élaborée et perverse qu'il n'y paraît, ont montré une modernité inattendue. Son influence sur une part du jeune cinéma français contemporain est de plus en plus évidente, de Christian Vincent à Arnaud Desplechin. De son vrai nom Maurice Schérer, Éric Rohmer est né le vingt-et-un mars 1920 à Tulle en Corrèze, dans une famille d'origine alsacienne. Après des études de lettres, il enseigne à Paris, puis à Vierzon. Passionné de cinéma, il écrit dès 1948 dans "La Revue du cinéma" et "Les Temps modernes", et participe, en 1949, au festival du film maudit de Biarritz. À partir de 1950, il anime le ciné-club du quartier Latin et publie "La Gazette du cinéma", dont les cinq livraisons préfigurent les "Cahiers du cinéma", fondés en 1951, entre autres par André Bazin, qu'il dirigera, après la mort de ce dernier, de 1959 à 1963, et d'où seront issus les principaux cinéastes de la Nouvelle Vague. Parallèlement à cette activité théorique et critique, il réalise régulièrement des courts-métrages en amateur à partir de 1950. D'une dizaine d'années plus âgé que ses collègues de la Nouvelle Vague, Rohmer s'impose comme l'un des principaux théoriciens du groupe, réalisant au total vingt-cinq longs métrages qui constituent une œuvre atypique et très personnelle, en grande partie organisée en trois cycles: les "Contes moraux", les "Comédies et proverbes" et les "Contes des quatre saisons". Considéré avec Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Rivette comme l'une des figures majeures de la Nouvelle Vague, il a obtenu en 2001 à la Mostra de Venise un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière. Le cinéaste a bâti avec élégance, une œuvre très personnelle, cohérente et riche. "J’ai un besoin absolu de passer une nuit blanche de temps en temps".
"Je ne sais pas si tu penses comme moi, mais j’ai constaté que l’attirance qu’on éprouve pour la musique, pour une certaine musique plutôt qu’une autre, se situe au cœur de nous-mêmes comme celle qu’on éprouve pour une femme plutôt qu’une autre". On ne sait pas grand chose de lui, ou alors uniquement ce que nous en montre son œuvre, tant l'homme était secret. Le schéma est vieux comme le monde. Un homme rencontre une femme, ils se croisent, se trouvent sans se chercher, se séparent sans se quitter ou s'ignorent sans cesser de s'aimer. Banale et exceptionnelle comme l'est toute histoire d'amour, unique et démultipliée. C'est avec ce postulat absurde et nécessaire qu'Éric Rohmer s'est placé pendant des années derrière une caméra pour construire patiemment, obstinément, une œuvre linéaire et cohérente comme un écrivain aurait écrit un roman divisé en chapitres. Au milieu de plus de vingt-cinq longs-métrages, on peut ainsi dénombrer, comme des pépites ordonnées dans un écrin, six contes moraux, six comédies et proverbes et quatre contes de saison. Il naît àTulle en Corrèze, deux ans avant son frère, le philosophe René Schérer. Il est scolarisé à l'école élémentaire Sévigné à Tulle puis au lycée Edmond-Perrier. Il obtient son baccalauréat en mathématiques et en philosophie en 1937. Dès son enfance, il est déjà un grand lecteur et apprécie notamment Jules Verne, la comtesse de Ségur ou encore Erckmann et Chatrian. Il pratique aussi le dessin et la peinture et surtout le théâtre. En septembre 1937, Maurice Schérer est admis en hypokhâgne au lycée Henri-IV à Paris. Il découvre alors les grands auteurs, comme Proust ou Balzac et la philosophie, notamment avec Alain, professeur au lycée Henri IV. C'est à ce moment-là qu'il découvre le cinéma. Dans le même lycée, il rencontre notamment Maurice Clavel et Jean-Louis Bory. En mai 1940, il est mobilisé dans l'armée française. Il arrive le neuf juin à la caserne de Valence. Il est démobilisé le vingt-deux juillet sans avoir été envoyé au front mais reste mobilisé. Il prépare le concours de l'École normale supérieure mais échouera deux fois. Il sera également recalé à l'agrégation mais obtiendra le certificat d'aptitude à l'enseignement dans les collèges (CAEC), ancêtre du Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (Capes). Il nourrit des ambitions littéraires et rédige quelques nouvelles avant d'écrire en 1944 son premier et unique roman, "Élisabeth". Publié en 1946 sous le pseudonyme de Gilbert Cordier, le livre ne rencontre pas le succès. La même année, son ancien camarade de classe à Henri-IV, Jean-Louis Bory, remporte le prix Goncourt avec "Mon village à l'heure allemande". De 1947 à 1951, il anime le ciné-club du Quartier latin rue Danton avec Frédéric Froeschel. Il y rencontre Jean-Luc Godard et Jacques Rivette. Après la disparition de "La Revue du cinéma" en 1950, Éric Rohmer fonde la "Gazette du cinéma", dans laquelle Jacques Rivette et Jean-Luc Godard publient leur premiers articles. "La Gazette du cinéma" ne compte que cinq numéros mais constitue pour ceux qui y participent une première expérience critique marquante. André Bazin et Jacques Doniol-Valcroze créent les "Cahiers du cinéma" en 1951. Éric Rohmer, Jean Douchet, François Truffaut, Jean-Luc Godard et Jacques Rivette rejoignent aussitôt la nouvelle revue.
"Aux abords des plages normandes, l'amour s'échoue sur le rivage d'un quiproquo dont la vérité se fait totem au cœur de ces marivaudages". Commença alors une longue carrière qu'il plaça sous le signe de l'excellence et de l'intime, redessinant les contours torturés de la carte du Tendre en épurant à l'extrême pour mieux expliquer les aléas et les entrelacs du sentiment. Après avoir participé à un court-métrage signé de son ami Jean-Luc Godard, "Tous les garçons s'appellent Patrick", en 1958, il se lance dans un premier long-métrage, en 1959, avec "Le Signe du lion", un film avec l'acteur américain Jess Hahn qui tourne avec humour autour des pièges du hasard. Puis, il réalise plusieurs courts-métrages dont deux, "La Boulangère de Monceau" et "La Carrière de Suzanne", seront l'amorce d'une série. En 1962, il décide de filmer à la suite ses six contes moraux qui abordent chaque fois le même thème avec plusieurs variations: un homme pense à une femme, en rencontre une autre, mais reste toujours fidèle à la première malgré la tentation. Ce qui étonne, c'est la manière dont l'œuvre, aussi centrée soit-elle sur ses interprètes, fait toujours écho au passé d'Éric Rohmer, comme si ses actrices fétiches avaient tout autant la capacité de le projeter dans l'inconnu que de le renvoyer à lui-même. Le personnage de Béatrice Romand décidant, dans "Le Beau Mariage", de se marier "avec quelqu'un" ? C'est Rohmer lui-même qui, un soir, quitte son logis avec l'objectif de rencontrer celle qui sera son épouse, Thérèse, et dont il tombe amoureux. La solitude de Marie Rivière dans "Le Rayon vert" ? C'est aussi celle de Rohmer qui jusqu'à la trentaine a vécu dans une chambre d'hôtel meublée. Et même la double vie de Louise, Pascale Ogier, dans les merveilleuses "Nuits de la pleine lune", peut évoquer la manière dont le cinéaste scindait strictement sa famille de cinéma et celle de Maurice Schérer. Les "six contes moraux" constituent le premier grand cycle de la filmographie d’Éric Rohmer. À partir de thèmes qui peuvent sembler arides, le cinéaste met en scène des films dont l’intelligence, la sensualité et la préciosité conduisent à un état proche de l’ivresse, la rigueur implacable de la démonstration de Rohmer débouchant sur des perspectives vertigineuses. Le cinéaste se plaît à varier les décors et les saisons, mais aussi les âges de la vie de ses personnages, au gré des contes, selon un ordre chronologique. Aux étudiants de "La Boulangère de Monceau" (1962) et de "La Carrière de Suzanne" (1963) succèdent les célibataires de "Ma nuit chez Maud" (1968) ainsi que "La Collectionneuse" (1966), le futur marié du "Genou de Claire" (1970) le père de famille de "L’Amour l’après-midi" (1972). "Tout être vit dans l'incomplétude et c'est seulement l'amour qui lui permet de se réaliser pleinement".
"La grâce envahit tout, disait Duras et moi de m'abandonner toujours aux nuits de pleine lune, aux extases qu'elles charrient, aux chagrins aussi". C'est à tort que l'on a ravalé le style narratif de Rohmer à une rhétorique maniériste, bavarde, nombriliste et surannée. En effet, on a trop souvent limité son cinéma à ses dialogues, aux conversations intellectuelles, verbeuses, au babillage de ses jeunes héroïnes, midinettes ou Marie-Chantal plus ou moins esseulées. Rien de plus faux. Avec la complicité deson directeur de la photographie Néstor Almendros, Rohmer démontre un sens du cadre et de la couleur admirable, faisant souvent référence à des peintres. Chaque plan est composé comme un tableau, sans que la picturalité n’en soitgrossièrement étalé. "Le Genou de Claire" est le cinquième conte moral. Sur le bord du lac d’Annecy, Jérôme, diplomate en vacances et sur le point de se marier, parviendra-t-il à toucher le genou de Claire, une adolescente dont il observe le comportement amoureux ? C’est sublime. Et Brialy, inattendu en séducteur barbu, trouve le plus beau rôle de sa carrière. En 1976, Éric Rohmer réalise une première adaptation d'une œuvre littéraire au cinéma avec "La Marquise d'O", d'après Heinrich von Kleist. En 1978, Rohmer porte à l'écran "Perceval ou le Conte du Graal" de Chrétien de Troyes avec les comédiens Arielle Dombasle et Fabrice Luchini, Perceval le Gallois. Rohmer prend le parti de représenter Perceval en adoptant les codes de représentations de l'époque de l'écriture du texte, le XIIème siècle. Ainsi, la représentation de l'espace dans le film est conforme aux codes de la peinture médiévale. Par exemple, comme dans la peinture du XIIème siècle, les personnages sont plus grands que le château ou que les arbres qui les entourent. Le film déroute le public.
"Blanche, personnage vierge à dessiner à qui Rohmer, de sa palette de cinéaste, donne les coloris de l'existence avec toutes sa sensibilité". À la série des contes moraux, succède en 1981, le cycle des comédies et proverbes où chaque film illustre une phrase tirée de la sagesse populaire. "Les Nuits de la pleine lune" s'ouvre sur le proverbe "Qui a deux femmes perd son âme". Alors que dans les contes moraux, l'intrigue est toujours filmée du point de vue de l'homme, les films du cycle comédies et proverbes sont centrés sur des personnages féminins. Saga fondée sur la théâtralité, qui s'achève avec le sixième film,"L'Ami de mon amie" (1986). Alors que le narrateur des contes s'affrontait à lui-même, les protagonistes des comédies projettent une certaine image et d'eux-mêmes et de l'autre. Le mensonge, l'illusion, l'erreur d'interprétation deviennent les principaux ressorts dramatiques, chacun pouvant ainsi se tromper sur la réalité de son désir comme sur son objet. L'héroïne du "Beau Mariage" (1982) décide de se marier, se persuade qu'elle aime un homme et que celui-ci l'aime sans le savoir encore. Le proverbe mis en exergue du film comme de chacune des comédies, ici emprunté à Jean de La Fontaine, pourrait résumer l'esprit de la série entière: "Quel esprit ne bat la campagne, qui ne fait châteaux en Espagne ?" "Pauline à la plage" (1982), "Les Nuits de la pleine lune" (1984) et "Le Rayon vert" (1986) sont à la fois d'authentiques comédies et de véritables tragédies de l'imagination. Après les comédies et proverbes, s'ouvre les contes des quatre saisons. Le terme de conte est à prendre dans le sens de légende ou récit magique et imaginaire, et non plus seulement narratif ou mensonger. Le choix des saisons inscrit la notion dans un cadre cosmique et le débat dans une perspective plus vaste. Le temps s'ajoute à l'espace comme catégorie a priori de l'univers rohmérien. Avec le conte d'hiver, Rohmer retrouve le thème du pari de Pascal au centre de "Ma nuit chez Maud". Le personnage principal, Félicie, renonce aux deux hommes qu'elle n'aime que modérément et parie sur ses retrouvailles avec son véritable amour, Charles, avec qui elle a perdu contact par un hasard malheureux. Après "La Collectionneuse", "Pauline à la plage" et "Le Rayon vert", "Conte d'été" s'inscrit dans la série des films de vacances. L'action se déroule cette fois à Dinard en Bretagne. Le cinéaste clôt le cycle des contes des quatre saisons avec "Conte d'automne" en 1998. Pour filmer l'automne, Rohmer choisit les paysages de la Drôme. Le film remporte un grand succès public. De même, les critiques de cinéma sont favorables.
"Maintenant, j'ai fait un choix. Bon ou mauvais, j'en sais rien, mais il fallait choisir. Quand on choisit, on ne sait pas, sinon c'est pas un choix. Il y a toujours un risque. Il n'y a pas de bon ni de mauvais choix. Ce qu'il faut c'est que la question du choix ne se pose pas". Le choix du cinéaste a toujours été de privilégier des films à petit budget, proche de l'amateurisme, estimant que son cinéma avait un caractère intime et qu'il n'avait pas pour vocation à drainer un large public. Fin gestionnaire, il adaptait le coût de ses films à leurs recettes potentielles. Il réalisait de nombreux films en seize millimètres. De même, Il travaillait avec une équipe légère, sans assistant ni scripte. À l'exception de certains projets spécifiques comme Perceval, Rohmer aimait tourner en extérieur. La plupart de ses scénarios provenait d'histoires écrites dans sa jeunesse dans des carnets. Ses personnages sont sans cesse confrontés à l’ambiguïté liée à un jeu de doubles, même si leur monde ne connaît pas la codification des comportements de la littérature du XVIIIème siècle. Mais les films trouvent toujours moyen de réinvestir et d’exacerber les sens seconds. Pour la majorité des protagonistes du cinéaste, l’action comme conséquence de la séduction pose un problème majeur. C’est notamment par là que Rohmer détourne le libertinage. Ses films se donnent à voir par rapport à un schème de comportement où l’acte érotique comme finalité de la séduction est essentiel, mais, chez Rohmer, l’acte se voit effacé. Même s'il y a des corps dénudés, des mains qui se frôlent, des bouches qui s'esquivent, des corps qui s'enlacent furtivement, on ne touche pas à la chair chez lui. Mieux, on en parle, on l'effleure, on agace le cœur, on taquine l'esprit ou on froisse la morale. En ce sens, le moraliste est aussi un esthète, et l'esthète, parfois, peut faire preuve de perversité. En 1981, l'auteur se tourne vers tout autre chose quand il réalise "L'Anglaise et le Duc". Le film s'inspire des mémoires de Grace Elliott, la maîtresse du duc d'Orléans durant la Révolution française. Rohmer cherche à montrer la Révolution "comme la voyaient ceux qui l'ont vécue". "Triple Agent" surprend par son sujet. Pour la première fois, Rohmer s'intéresse à une histoire d'espionnage, en fait lié aux opérations des services secrets de l'URSS dans les milieux des Russes exilés. Enfin, avec son dernier long métrage "Les Amours d'Astrée et de Céladon", il signe une troisième adaptation d'une œuvre littéraire après "La Marquise d'O" et "Perceval".
"Ce qui compte dans le temps qui vient, c'est pas le travail, c'est la paresse. Tout le monde s'accorde pour dire que le travail n'est qu'un moyen. On parle d'une civilisation du loisir. Quand on y arrivera on aura perdu tout sens du loisir." Éternel vieux garçon aux yeux d'azur, peintre, ou encore architecte, musicien, écrivain, en un mot cinéaste: "Je filme parce que je ne peins pas, je n'écris pas". Maître des variations et des obsessions, dialoguiste virtuose, le prince de la Nouvelle Vague aura été tour à tour écrivain et critique avant de devenir un auteur moderne empreint de moralité. Un grand jeune homme, une sorte de Balthus Nouvelle Vague nommé Éric Rohmer. Pourquoi un seul cinéaste, en France, avant tout le monde, a-t-il été le seul à se rendre compte de ce désir de réflexion, de sérieux, de pureté et de beauté ? Parce qu'il fut toujours en retard. Sciemment. Avec un entêtement passéiste. Cette extraordinaire faculté d'attention, cette persévérante curiosité envers les êtres et la vie compensent en lui ce que ses tendances éthiques, volontiers barrésiennes, auraient de desséchant. Son amour et son intuition de la vérité l'ont mené parfois trop loin. Jusqu'à l'échec. Voilà bien la richesse et la difficulté de Rohmer. Il part de la réalité la plus humble, la mieux regardée, pour déboucher sur la métaphysique. Une métaphysique sans prestige, mystérieuse, souterraine, qui motive le destin des personnages et n'arrête jamais le regard du spectateur. Dans "La Boulangère de Monceau", conte moral peu connu, un jeune étudiant séduit par désœuvrement une petite employée de boulangerie. À ce niveau très mince, le jeu et les calculs des personnages font déjà penser aux "Liaisons dangereuses". Les films et l'homme se ressemblaient. Dans une profession où les pires ennemis se tutoyaient, Rohmer se distinguait par un voussoiement imperturbable. Il ne portait pas son vrai nom. À sa mère qui vivait en province, il cachait son métier de cinéaste. Elle croyait qu'il était toujours enseignant. Toujours la volonté de refuser la facilité des apparences. Rien n'illustre mieux cette modestie provocante que le désir chez Rohmer d'accréditer une image de lui rébarbative et austère. Parce qu'il croyait dans la puissance du cinéma comme médium analogique donc réaliste, parcequ’il abhorrait toute ostentation, il a pu passer pour indifférent à la forme. Le piège Rohmer commence sa mise en place.
"Il y a des gens qui travaillent quarante ans pour se reposer ensuite et quand il tiennent enfin le repos, ils ne savent pas qu'en faire et ils meurent. Sincèrement, je crois que je sers mieux la cause de l'humanité en paressant qu'en travaillant. C'est vrai, il faut avoir le courage de ne pas travailler". C'est celui d'une série, dont on découvre les variations infimes, les récurrences, les obsessions. Dont le discours, à la fois janséniste, jésuite, sadien, éminemment languien, est fait de chausse-trappes, de paralysie. L'action a perdu face à la parole. Les héros "rohmériens" jouent à pile ou face avec les mots. Une langue française qui parle toute seule et qui saoule de son propre bavardage, de sa propre logorrhée. Une langue solitaire, une machine célibataire. L'espace du cadre "rohmérien" le circonscrit et lui offre ce carré sublime, aéré. Le son direct capte l'air autour. La voix haute des acteurs opère toujours de la même manière. Alors, à l'agacement des premières minutes succède une sorte de bien-être bizarre, né d'un enchantement musical. On est au-delà du cinéma. Le malentendu, y compris chez ses admirateurs, d'un Rohmer faisant un cinéma littéraire a eu son temps. Lui ne répondait qu'une seule chose: "Je ne dis pas, je montre." La transparence, la légèreté, la limpidité l'obsédaient. Principal impératif: celui, toujours, d'être clair. Pour mieux troubler, tromper. Il tournait avec des acteurs jeunes, souvent révélés par lui. On ne sait alors si le cas Rohmer était un miracle ou un mirage. II enchaîne les macro succès, "Ma nuit chez Maud", "Le genou de Claire" "Pauline à la Plage" et propose à contre-courant du discours de crise des formules à essayer dans tous les sens. "Le Rayon vert", en septembre 1985, inaugure ainsi une nouvelle façon de sortir un film. Il le produit en le vendant à Canal + pour une somme conséquente, mais la chaîne a le droit de diffuser le film la veille de sa sortie en salles. Succès sur les deux tableaux. Le film obtient le Lion d'or à Venise et fait quatre cent soixante mille entrées en salles. Conservateur sans dogmatisme, catholique et fréquentant dans sa jeunesse quelques dandys monarchistes, écologiste sur le tard, le fin lettré goûta avant tout le classicisme, ce qui lui coûta son poste de rédacteur en chef des "Cahiers du cinéma" alors que la Nouvelle Vague avait besoin de soutien. Seule lutte à son actif, mais très concrète, une pratique cinématographique réellement indépendante. Plutôt Perceval que Lancelot, Éric Rohmer, sportif, pouvait accélérer un tournage pour participer au cross du Figaro. Il disparaît à l'âge de quatre-vingt-neuf ans, le onze janvier 2010 et repose au cimetière du Montparnasse, une plaque au seul nom de Maurice Schérer est posée sur sa tombe. Artiste exigeant et endurant, qui fit de l’amateurisme organisé, un idéal de l’honnête homme du XXème siècle. Ombre sous couvert de légèreté et modernisme empreint de moralité.
Bibliographie et références:
- Pascal Bonitzer, "Éric Rohmer, Cahiers du cinéma"
- Michel Serceau, "Éric Rohmer, les jeux de l'amour, du hasard et du discours"
- Noël Herpe, "Rohmer et les autres"
- Maria Tortajada, "Le spectateur séduit, le libertinage dans le cinéma d'Éric Rohmer"
- Marion Vidal, "Les Contes moraux d’Éric Rohmer"
- Philippe Molinier, "Ma nuit chez Maud d'Éric Rohmer"
- Carole Desbarats, "Conte d'été, Éric Rohmer"
- Aïdée Caillot et Gianpaolo Pagni, "Éric Rohmer, le conteur du cinéma"
- Antoine de Baecque et Noël Herpe, "Éric Rohmer"
- Hughes Moreau, "Le paradis français d'Éric Rohmer"
- Françoise Etchegaray, "Contes des mille et un Rohmer,"
- Serge Toubiana, "Solitude et liberté d'un cinéaste"
- Julie Wolkenstein, "Les vacances, roman"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Je me sens toujours heureux, savez vous pourquoi ? Parce que je n'attends rien de personne. Les attentes font toujours mal, la vie est courte. Aimez votre vie, soyez heureux, gardez le sourire et souvenez vous. Avant de parler, écoutez. Avant d'écrire, réfléchissez. Avant de prier, pardonnez. Avant de blesser, considérez l'autre. Avant de détester, aimez et avant de mourir, Vivez. Il aimait la mort, elle aimait la vie. Il vivait pour elle, elle est morte pour lui. Doute que les étoiles soient de feu, doute que le soleil se meut, doute que la vérité mente elle-même, mais ne doute pas que je t'aime". Considéré comme le plus grand dramaturge de la culture anglo-saxonne, William Shakespeare (1564-1616) est issu de la bourgeoisie de Stratford-upon-Avon, dans le Warwickshire, une situation confortable qui lui permet d'étudier pendant quelques années avant un mariage précipité. On le suppose établi à Londres en 1588. Cette période de sa vie demeure mystérieuse pour les historiens qui retrouvent alors sa trace en 1592, citée dans des chroniques théâtrales. Son premier mécène est le comte de Southampton à qui il dédie ses "Sonnets" en 1609. Contemporain et collaborateur occasionnel de Christopher Marlowe et de Ben Jonson, l'écrivain joue ses propres pièces à la cour d'Elisabeth 1re et de Jacques 1er. Il acquiert un peu plus d'indépendance en devenant actionnaire du théâtre du Globe et du Blackfriars en 1608. Quatre ans plus tard, le poète met fin à sa carrière et rentre à Stratford. Auteur d'une œuvre unique et intemporelle, il s'attache à décrire les jeux du pouvoir et les passions humaines, mêlant joie et douleur avec "une poésie illimitée", selon Victor Hugo. Surtout connu pour ses tragédies: "Roméo et Juliette" (1595), "Hamlet" (1603), "Le Roi Lear" (1604) ou "Macbeth" (1606), Shakespeare déploie ses talents dans de nombreux registres comme la comédie, "Beaucoup de bruit pour rien", "La Mégère apprivoisée", et la tragédie historique "Richard III", "Henri V", "Henri VI". La virtuosité stylistique et la richesse de ses intrigues font de l'œuvre de William Shakespeare un monument de la littérature qui ne cesse d'inspirer les écrivains et les artistes d'hier et d'aujourd'hui. "Les poètes sont les législateurs non reconnus du monde". "Totus mundus agit histrionem". Le monde entier fait l’acteur. Cette occurrence de la métaphore théâtrale, qui vient de Pétrone, est très riche de la tradition antique, chrétienne, médiévale et humaniste d’un topos que Shakespeare et ses contemporains connaissent bien. Que signifie-t-elle à l’entrée d’un théâtre ? Plus que la reprise d’un lieu commun, l’usage qui en est fait dans le contexte emblématique du seuil, ou de la frontière, entre un théâtre réel et le monde, actualise sa signification de manière singulière. Chacun des termes qui composent ainsi la devise qualifie aussi bien le théâtre que le monde, dont elle indique la troublante réversibilité. À des spectateurs qui entrent et sortent d’un théâtre où ils ont vu des acteurs interpréter une fable fictive, sous l’apparence illusoire de personnages qu’ils ne sont pas, elle rappelle que la fiction, l’apparence, et peut-être le faux ne sont pas enclos dans l’enceinte du théâtre qu’ils rejoignent ou qu’ils quittent, mais qu’ils caractérisent le monde, et leur mode d’être dans le monde, que le théâtre ne fait que refléter.
"L'enfer est vide, tous les démons sont ici. Quand la neige fond, où va le blanc ? Ce qui n'est pas exprimé, reste dans le cœur, et peut le faire éclater. Rien n'est bon ou mauvais en soi, à part si la pensée le rend tel". Des signes lisibles se manifestent, dans le monde naturel, de la surveillance divine. Il n’est que de se remémorer, avec Macbeth, le désordre de la nature entière qui accompagne la nuit de l’assassinat de Duncan. Les morts surveillent les vivants. Les spectres des assassinés, Banquo, Hamlet père, les victimes de Richard III, regardent ainsi les assassins, et les conduisent à leur perte. Le théâtre de Shakespeare est problématique, non démonstratif. Il expose les échecs ou défaillances de la surveillance, plus que son fonctionnement régulier. Les filles déjouent la surveillance des pères dans les comédies, les usurpateurs celle des rois dans les tragédies et pièces historiques. Les rois veillent mal sur leur royaume et s’en font déposséder, les sentinelles ne protègent pas leurs remparts de l’irruption des spectres. William Shakespeare naît en 1564 et meurt cinquante deux ans plus tard, en 1616. Malgré les très nombreuses inconnues de sa biographie et les incertitudes persistantes qui continuent encore aujourd'hui, de passionner ses biographes et d’entretenir toutes sortes d’hypothèses, on ne se trompe pas en dégageant le fil rouge juridique qui la parcourt. Le père de William, John Shakespeare, homme d’affaires avisé, exerce des responsabilités importantes dans la petite ville qu’il habite, Stratford-upon-Avon, dans le Warwickshire, au cœur de l’Angleterre, dont il sera élu échevin en 1565, puis bailli trois ans plus tard. Il revêt la toge rouge et est précédé d’un huissier portant la masse, ce qui ne devait pas manquer de ravir le jeune William. Il exerce également des fonctions de juge et de président du greffe. En 1577, pour des raisons alors inconnues, il se retire brusquement et définitivement des affaires. On s’accorde généralement à penser que ses sympathies présumées pour le catholicisme désormais proscrit sont à l’origine de ce retrait et du renoncement à tous les honneurs qui accompagnaient ses fonctions. Il est en effet porté sur la liste locale des "récusants" qui refusaient obstinément d’assister aux offices anglicans. Sa situation est d’autant plus délicate qu’il est lié par mariage aux Arden, une famille notoirement catholique du Warwickshire. Cettegloire, puis ce brusque échec du père, allaient durablement marquer le fils. Ses pièces sont remplies de rois, de princes et de notables en proie au doute, ou encore déchus, comme si le poids des responsabilités les inhibait ou les écrasait. On songe à "Hamlet", "Prospero", "Timon d’Athènes", "Coriolan", "Lear", "Richard II", et tant d’autres.
"Notre corps est notre jardin et notre volonté est le jardinier. Gémir sur un malheur passé est le plus sûr moyen d'en attirer un autre. Nos doutes sont des traîtres et nous privent de ce que nous pourrions souvent gagner de bon parceque nous avons peur d'essayer". C’est dans ce contexte local, à la fois prospère et troublé, que William poursuit sa formation. A-t-il travaillé au service du greffier de Stratford ou comme clerc d’un notaire du lieu ? On le soutient très fréquemment. Dans les rares manuscrits de sa main dont nous disposons, les graphologues reconnaissent une écriture de juriste, ce qui confirmerait qu’il a étudié le droit ou du moins recopié des actes officiels. On relève aussi que c’est sans doute comme clerc qu’il a pu connaître de l’intérieur, et dans tous ses détails, l’affaire réelle qui l’inspirera plus tard pour décrire le suicide d’Ophélie: la mort par noyade, en 1580 et dans des circonstances très mystérieuses, d’une certaine Katherine Hamlett, que sa famille s’efforça, comme dans la pièce, de faire échapper à l’accusation de suicide afin de lui assurer une sépulture chrétienne. Une noyade, dans l’Avon, en un endroit bordé de saules et de couronnes. Plus important que l’écriture ou la bibliothèque. Les critiques ont souvent noté l’esprit juridique de Shakespeare, sa capacité de peser très soigneusement le pour et le contre de chacun des points qu’il aborde. Et lorsque, parvenu à maturité, il sollicita et obtint le droit de porter blason, il choisit une devise éloquente. "Non sans droit". Mais ses rapports au droit ne sont pas qu’honorifiques ou livresques. Tout au long de sa carrière. L’avènement de Jacques I allait consacrer le sommet de son ascension sociale. En 1603, le nouveau monarque l’autorise, par lettre patente, "à se produire pour la récréation de nos sujets bien-aimés comme pour notre réconfort et plaisir dans sa nouvelle demeure du Globe ainsi que dans les autres villes du royaume". Désormais la troupe de Shakespeare portera le nom envié de "Comédiens du roi". Shakespeare lui-même est alors nommé valet de la chambre du souverain, ce qui lui donnait le droit de participer en livrée à ses cortèges lors des cérémonies officielles. Il jouera jusqu’à quatorze fois la même année devant le roi. Du saltimbanque itinérant des débuts au notable couvert d’argent et de privilèges, il aura mis trente ans à parcourir tous les échelons de la réussite sociale.
"Pour bien connaître un homme, il faudrait d'abord se connaître soi-même. Pardonner est une action plus noble et plus rare que celle de se venger. L'amour est une fumée formée des vapeurs de soupirs". Mais cette ascension ne s’opère pas sans heurts. Croiser le droit, c’est aussi, pour lui, hanter les prétoires. ses démêlés judiciaires sont incessants. Son père déjà avait été mêlé, à titre de demandeur ou de défendeur, à une cinquantaine de procès de toute nature. En 1580, John fut même alors condamné à une très sévère amende par le Queens Bench de Wesminster pour refus de fréquenter l’église. Les registres attestent que, très souvent, dès qu’il eut atteint l’âge de la maturité, William agissait aux côtés de son père, n’hésitant pas à faire témoigner des amis comédiens en sa faveur. Mais le fils ne demeure pas en reste. Il est impliqué dans toutes sortes de litiges civils ou pénaux. On le retrouve devant des juridictions religieuses ou civiles, locales ou royales. Il assigne ou est alors assigné pour non paiement de dettes, pour des questions d’héritages, des litiges fonciers, des problèmes liés à l’exploitation de ses théâtres. À l’époque d’Elisabeth et de Jacques Ier, le théâtre anglais allait connaître un engouement sans précédent et une transformation fondamentale, au point qu’il n’est pas exagéré de soutenir ainsi que les années1560-1620, soit la durée vie de Shakespeare, furent véritablement celles de la naissance du théâtre moderne. Au cœur de ces mutations, quatre enjeux: le contrôle policier, la censure, le mécénat et le statut de l’auteur.William Shakespeare, qui est le troisième de huit enfants, fait alors ses études à la Grammar School de Stratford, d'excellente renommée, et selon certains, suit même pendant un trimestre ou deux les cours de l'université d'Oxford. Mais, à l'âge de dix-huit ans, il épouse Anne Hathaway, fille de cultivateurs, de huit ans son aînée, et, au cours des trois années qui suivent, a avec elle trois enfants, si bien qu'il doit renoncer à poursuivre ses études. Avant 1592, on ne possède guère d'indications sur sa vie. On ignore comment et où il vit. Une tradition qui remonte au XVIIème siècle rapporte qu'il est maître d'école à la campagne, et on considère aujourd'hui que cette tradition est encore digne de crédit. Quant à l'autre tradition selon laquelle Shakespeare a dû quitter Stratford pour échapper à sir Thomas Lucy dans la chasse duquel il aurait volé un daim, elle est abandonnée de nos jours. Sir Thomas Lucyne possédait tout simplement pas de parc renfermant des daims au moment de la jeunesse de Shakespeare.
"Faites concorder l'action et la parole, la parole et l'action, avec une attention très particulière, celle de ne pas outrepasser la modestie de la nature. Car tout ce qui surjoue ainsi s'éloigne du propos du théâtre, dont la seule fin,du premier jour jusqu'au jour d'aujourd'hui, reste de présenter comme un miroir à la nature". Il est possible que Shakespeare ait écrit ses premières pièces pour des compagnies de province: en 1592, il se trouve à Londres,et jouit d'une certaine renommée en tant qu'acteur et dramaturge, comme le prouvent l'allusion dédaigneuse faite par Robert Greene dans "Deux liards d'esprit" et l'appréciation favorable de Henry Chettle, datant de la même année, où il est dit que Shakespeare est protégé par diverses "personnes de qualité". Au vrai, il s'est lié dès 1594, l'on ignore de quelle façon, avec le jeune comte de Southampton, Henry Wriothesley, auquel il dédie deux poèmes,"Vénus et Adonis" (1593) et "Le Viol de Lucrèce" (1594), ainsi que la plus grande partie des "Sonnets", écrits peut-être entre 1593 et 1597. La première date marquante de sa carrière dramatique est l'année 1591, la seconde et la troisième partie d'"Henri VI". En effet, dans le remaniement qui a été fait de ce drame, on trouve des traits d'un caractère à la fois sentimental et comique qui semblent bien dans sa manière. Outre le drame historique alors en vogue, Shakespeare aborde la comédie, qui en est encore à ses débuts, avec "La Comédie des erreurs"et le drame sombre avec "Titus Andronicus" et "Richard III", première de ses pièces imprimée, sous l'anonymat,en 1594. "Titus Andronicus" et "Richard III" témoignent de l'influence de Marlowe, alors que Marlowe s'inspire lui-même de l'"Henri VI" de Shakespeare pour son "Edouard II". Le génie de Shakespeare transparaît alors à peine dans ce premier groupe de pièces de théâtre. On suppose parfois que le jeune dramaturge séjourne uncertain temps dans le nord de l'Italie entre 1592 et 1594, peut-être en compagnie de Southampton. Ces années coïncident d'ailleurs avec la désorganisation du théâtre londonien, à la suite de l'épidémie de peste. Mais au vrai, cette supposition ne repose que sur le fait que Shakespeare écrit ensuite une série de drames qui se déroulenten Italie et où abondent des détails géographiques assez précis. En fait, il est possible que Shakespeare ait appris ces détails d'un italien résidant à Londres, Giovanni Florio, auteur de manuels de conversation italienne,d'un dictionnaire italien-anglais, et célèbre traducteur de Montaigne, qu'il rencontre alors chez Southampton.
"De montrer son visage à la vertu, sa propre image au ridicule. Au corps et à l'âge même du temps sa force et son reflet. Mais surjouer, ou jouer trop faible, même si cela fait rire les ignorants, ne pourra qu'affliger les hommes de goût, dont l'opinion d'un seul doit avoir plus de poids pour vous que celle d'une salle entière". Le comte se montre extrêmement munificent à l'égard de Shakespeare et il est possible que ce soit grâce à sa générosité qu'il devienne actionnaire de la compagnie du lord chambellan. La carrière de Shakespeare s'identifie en effet à l'histoire de ces Chamberlain's men qui, sous Jacques 1er, prennent le nom de "King's Men", serviteurs du roi. La compagnie, en honneur à la cour, connaît une prospérité continue. Shakespeare ne cesse d'écrire des drames, sans faire tort à sa production poétique, puisqu'il compose en tout au moins mille six cents sonnets. Le ton des sonnets, bien qu'ils fassent leur part aux conventions alors à la mode, atteint à un pathétique que l'on ne trouve généralement pas dans ce genre de poésie, et permet de découvrir un aspect de Shakespeare que l'on ne soupçonne pas chez cet auteur de drames à succès tel que le montrent les documents biographiques qui nous sont parvenus. En 1596, les archives contiennent des indications d'après lesquelles Shakespeare est revenu à sa famille et à son pays natal: on trouve consignées la mort de son fils Hamnet, et une pétition adressée par lui au collège des hérauts pour que celui-ci lui accorde les armoiries à sa famille. En 1597, Shakespeare achète une propriété à Stratford, bien qu'il continue de résider à Londres au cours des années suivantes. La période qui va de la moitié de 1599 à 1601, c'est-à-dire depuis le départ du comte d'Essex pour l'Irlande jusqu'à l'échec de sa conspiration, coïncide avec une période d'incertitude dans la production de Shakespeare. Conscient de sa force, il semble hésiter à se lancer dans de grandes entreprises, et se contente de donner trois comédies: "Beaucoup de bruit pour rien", "Comme il vous plaira" et "La Nuit des rois". Vers la fin du règne d'Elisabeth, ildonne toute sa mesure dans le drame historique, atteignant ainsi aux plus parfaites réussites avec "Richard II","Henri IV", "Henri V", et dans la comédie avec "Les Joyeuses Commères de Windsor". Mais il n'est pas encore parvenu à écrire des tragédies dignes de lui, bien qu'il se soit essayé au drame sanglant, avec "Titus Andronicus",car il se contente encore, même s'il les transforme selon son génie propre, de se servir des anciennes méthodes.
"J'en connais qui rient tout seuls pour entraîner le rire de quelques spectateurs pauvres d'esprit au moment même où telle ou telle question cruciale de la pièce se trouve en jeu. C'est là une chose vile, qui montre la plus pitoyable des ambitions chez le fou qui s'en sert". C'est ce qu'il fait encore dans Roméo et Juliette et dans Jules César. Mais une nouvelle tragédie, "Hamlet", dont la version devait être conçue comme une imitation des premières tragédies de Sénèque, brise ce cadre. Ce que l'auteur veut faire entendre, ces protestations passionnées d'Hamlet devantles sophismes inévitables que produit la pensée, lui impose une forme neuve et plus libre. La terrible répression qui suit la révolte avortée d'Essex et qui a lieu l'année (1601) où il écrit Hamlet, bouleverse pendant quelque temps la vie du protecteur du poète. D'ailleurs, Shakespeare prête la main au complot, en ce sens qu'il accepte de réciter Richard II la veille du jour où éclate la révolte. Le parti qui s'oppose à la reine met en circulation un parallèle entre Élisabeth et Richard. La scène de la déposition du roi doit déclencher, de l'avis des conjurés, celle de la reine.Toutefois, la compagnie de Shakespeare n'est pas inquiétée lors de la découverte du complot. Mais les paroles d'adieu qu'Horatio adresse à Hamlet mourant: "Bonne nuit, doux prince, et que des vols d'anges te conduisent enchantant à ton repos", paraissent, aux yeux du grand critique Malone, faire allusion à celles que prononce Essex lorsqu'il monte sur l'échafaud le vingt février 1601: "Quand ma vie se séparera de mon corps, envoie tes anges bienheureux pour recevoir mon âme et la transporter jusqu'aux joies du ciel". De toute évidence, les pièces que Shakespeare compose au début du règne de Jacques 1er, c'est-à-dire vers 1603, montrent qu'il est en proie à un grand trouble. L'ironie et le dégoût transparaissent à travers "Troïlus et Cressida", Tout est bien qui finit bien. Mesure pour mesure. Mais il n'existe plus aucune de ces ambiguïtés dans les trois grandes tragédies, "Othello","Le Roi Lear" et "Macbeth", qui mettent en lumière le mystère d'un mal objectif et qui présentent un tableau de l'existence accommodée, telle "une fable racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien".
"La douleur rebondit où elle tombe, non qu'elle soit vide et creuse, mais à cause de son poids. Surveille ta langue aussi longtemps que tu vivras. Conquête trop aisée est bientôt méprisée. À Noël je n'ai pas plus envie de rose que je ne voudrais de neige au printemps. J'aime chaque saison pour ce qu’elle apporte". Dans ces trois tragédies ,les passions sont étudiées à travers des caractères primitifs, ceux de "Lear" et de "Macbeth", barbares qui viventà une époque très lointaine, celui d'"Othello", un africain. L'influence qu'a "Macbeth" sur Antoine et Cléopâtre est indéniable. C'est une tragédie presque romantique, où l'on voit alors deux amants, de caractère et de mentalité absolument opposés, s'entre-déchirer jusqu'à ce que l'un des deux réussisse à donner à l'autre une sorte de grandeur, mais au prix de sa perte. Coriolan contient une autre étude de caractère primitif, tout d'une pièce et presque puéril dans la générosité de sa nature, avec laquelle contraste le caractère machiavélique de sa mère. Dans "Timon d'Athènes", Shakespeare reprend le thème de l'ingratitude humaine qu'il a déjà traité dans le "Roi Lear". Mais cette pièce n'est qu'ébauchée, peut-être parce que Shakespeare est atteint d'une maladie soudaine, sur laquelle on ne possède aucune précision, mais qui transforme profondément le poète. Il traverse alors une crise religieuse et l'inspiration de ses derniers drames, en particulier de "La Tempête", peut alors être considéréecomme chrétienne. Richard Davis, un prêtre, déclare vers la fin du XVIIème siècle que Shakespeare est mort"papiste", c'est-à-dire catholique romain. Il semble en tout cas que son père était catholique, car il figure dans une liste de "recusants", c'est-à-dire de personnes ordinairement catholiques qui tentaient de s'opposer alors à l'influence croissante de l'église anglicane. En 1599, la compagnie de Shakespeare ouvre un théâtre appelé"The Globe" à cause du globe terrestre qu'Hercule porte sur son dos, et de cette phrase: "Totus mundus agithistrionem". Au cours de l'automne 1609, il occupe le théâtre de Blackfriars, qui devient le siège de son activité.
"Cet amour pleurnicheur est comme un grand idiot qui court en tirant la langue, pour cacher son joujou dans un trou. Les poignards qui ne sont pas dans les mains peuvent être dans les paroles. Les hommes font parfois sans réfléchir des actes." Il a une part d'actionnaire dans la gestion de l'un de ces théâtres, ou même des deux. Il faitpartie, selon le terme alors en usage, des "housekeepers" de la compagnie. On ne trouve pas son nom parmi ceux des acteurs après 1603, il est possible que le fait d'écrire des drames et d'en faire régler la mise en scène,soit considérée comme une participation suffisante aux activités de la compagnie. C'est en 1610 que l'on peut placer de façon approximative son installation définitive à Stratford, où il passe en paix les dernières années de sa vie. En 1613, il écrit, en collaboration avec le jeune dramaturge John Fletcher, son dernier drame, "Les Deux Nobles Cousins". La tradition et le testament qu'il rédige nous montrent Shakespeare en bons termes avec les paysans et les familles aristocratiques de l'endroit. S'il a du déplaisir, c'est peut-être à cause de ses filles, Susan et Judith. D'aucuns prétendent que Shakespeare est mort à la suite de trop grandes libations faites en compagnie de Ben Jonson et de Drayton, mais, par ailleurs, sa tempérance est si nettement attestée qu'il faut tenir pour aumoins très douteuse cette hypothèse. Il est alors probable que Shakespeare ne meurt pas subitement puisqu'il commence à rédiger son testament en janvier, l'achève et le signe le vingt-cinq mars, soit un mois avant la date officielle de sa mort, le vingt-trois avril 1616. Sa femme et ses deux filles lui survivent. L'aînée, Susanna, s'est mariée au docteur John Hall en 1607, tandis que Judith a épousé un marchand de vin, Thomas Quiney, deux mois avant la mort de son père. Susanna hérite de la majeure partie des biens de Shakespeare, qu'elle est censée transmettre intacts à l'aîné de ses éventuels fils. Les Quiney ont trois enfants qui meurent sans descendance.Les Hall n'ont qu'une fille, Elizabeth, qui meurt en 1670 sans avoir eu d'enfant de ses deux maris. Sa mort marque l'extinction de la descendance du dramaturge. Shakespeare est alors inhumé dans le chancel de l'église de la Sainte-Trinité de Stratford-upon-Avon deux jours après sa mort. Sa tombe porte l'épitaphe suivante: "Mon ami, pour l’amour du Sauveur, abstiens-toi de creuser la poussière déposée sur moi. Béni soit l’homme qui épargneraces pierres mais maudit soit celui violant mon ossuaire". Un monument funéraire est aussi édifié en sa mémoire.
"L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme, et voilà pourquoi l’ailé Cupidon est peint aveugle. L’âme de l’amour n’a aucune idée de jugement. Des ailes, et point d’yeux, voilà l’emblème d’une précipitation inconsidérée, et c’est parce qu’il est si souvent trompé dans son choix, qu’on dit que l’amour est un enfant". La publication des œuvres de Shakespeare a été faite sans aucune surveillance. Un groupe d'éditeurs peu scrupuleux publia ainsi plusieurs drames au format in-quarto. Quelques-uns sont conformes au textes originaux, l'auteur étant plus oumoins consentant, alors que d'autres sont incomplets et remplis d'erreurs, le texte en ayant été établi à partir de notes prises pendant les représentations, des reconstitutions faites ainsi de mémoire, et des copies non revues par l'auteur. En 1619, Thomas Plavier publie dix drames ans autorisation. Peu après, deux acteurs, des collègues de Shakespeare, Sir John Heminge et Henry Condell, entreprennent alors une édition complète qui, en dépit des difficultés, est rendue publique en 1623 par les soins de l'éditeur William Jaggard et qui est connue comme le premier in-folio. Elle renferme l'unique version que l'on ait de dix-huit drames. Quant aux autres, si l'on excepte "Périclès", elle donne des textes qui, pour n'être pas toujours meilleurs que ceux des in-quarto, ont malgré toutune importance considérable. Outre les critiques malveillants, qui ont prétendu que les drames de Shakespeareont été écrits par celui-ci en collaboration avec d'autres dramaturges, bon nombre de spécialistes se sont entêtés dans l'idée que Shakespeare n'était qu'un acteur ignorant, un prête-nom, et que son oeuvre a été écrite par un homme extrêmement cultivé, tel que le philosophe Francis Bacon ou le comte d'Oxford. On peut tout au plus s'étonner que dans son testament, il ne soit fait aucune mention de ses œuvres. Mais si les dates de la vie de Shakespeare ne satisfont pas notre désir de connaissances précises, il faut cependant reconnaître qu'elles sont abondantes au regard de celles que nous possédons sur d'autres écrivains de l'époque élisabéthaine, à l'exception peut-être de Ben Jonson. De son vivant, l'œuvre de Shakespeare est l'objet de commentaires élogieux, mais il n'est pas pour autant considéré comme un génie. Au XIXème siècle, l'admiration pour Shakespeare confine à l'adoration. Le courant moderniste du début du XXème siècle ne rejette pas ses œuvres, bien au contraire. Ses pièces sont mises à contribution par le théâtre d'avant-garde. Elles sont mises en scène aussi bien par lesexpressionnistes allemands que par les futuristes russes, et Bertolt Brecht développe l'idée du théâtre épiqueen s'inspirant de Shakespeare. T. S. Eliot prend le contrepied de la critique de Shaw en déclarant que c'est trèsprécisément le caractère "primitif" de Shakespeare qui le rend moderne. "La joie de l'âme est dans l'action".
Bibliographie et sources:
- Hélène Frouard, "Les dix jours qui n'existèrent pas"
- Susan Willis, "The BBC Shakespeare Plays"
- Harold Bloom, "Shakespeare"
- John Madden, "Shakespeare in Love"
- Frederick S. Boas, "Shakespeare"
- Charles Boyce, "Dictionary of Shakespeare"
- A. C. Bradley, "Shakespearean tragedy"
- E. K. Chambers, "William Shakespeare"
- Mario Praz, "William Shakespeare"
- Wolfgang Clemen, "Shakespeare's imagery"
- Samuel Schoenbaum, "William Shakespeare"
- Michael Wood, "Shakespeare"
- George T. Wright, "William Shakespeare"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone. Tout suffocant et blême, quand sonne l'heure, je me souviens des jours anciens et je pleure". Partagé entre sensualité et mysticisme, Paul Verlaine (1844-1896) connaît une vie difficile et parfois violente, qui s’achève prématurément dans l’alcool. Mais l’inventeur des "poètes maudits" sait aussi chanter les amours rêveuses et la naïveté de l’enfance. Il donne à lire une poésie tantôt nostalgique et crépusculaire, tantôt vive et libre, animée par le ton parlé et par l'imprévu des rythmes impairs, qui contribua largement à libérer le vers. Par l’importance accordée à la musique et aux images,son œuvre porte en elle, une réforme de la poésie française. Son talent, son originalité fascineront, et les écoles d'avant-garde se réclameront toutes de lui. Père originaire du Luxembourg, capitaine du génie: mère originaire du Pas-de-Calais. La famille, qui s’installe à Paris en 1851 après la démission du père, a recueilli en 1836 une cousine orpheline de Paul, qui est fils unique. Bachelier en 1862, Paul Verlaine entre à l’administration de l’Hôtel de ville de Paris, où il occupe un poste subalterne d’expéditionnaire. Il fréquente les milieux littéraires et contribue à la revue poétique "le Parnasse contemporain" (Poèmes saturniens, 1866). La mort de son père (1865) et celle de sa cousine (1867) l’affectent durement. Son fort penchant pour l’alcool, signalé dès 1863, s’accentue. En 1869, il s’éprend d’une jeune fille, Mathilde Mauté, et caresse l’espoir d’un mariage et de jours meilleurs ("Fêtes galantes",1869; la" Bonne Chanson", 1870). Mais son équilibre reste menacé. Il est secoué par des crises d’anxiété au cours desquelles il brutalise sa mère, avant de perdre son emploi à la suite de sa participation à la Commune de Paris (1871). Marié en 1870, Verlaine se détourne de Mathilde lorsqu’il rencontre Arthur Rimbaud. Les deux hommes quittent la France pour l’Angleterre puis la Belgique, où ils mènent une vie scandaleuse et misérable. Après avoir tiré avec un revolver sur son ami (dix juillet 1873), Verlaine est condamné à une peine de deux ans de prison, qu’il purge à Bruxelles puis à Mons. L’influence de Rimbaud est vive ("Romances sans paroles", 1874) même si Verlaine, qui souhaite renouer avec sa femme dont il est séparé (1874), traverse une crise religieuse qui aboutit à sa conversion ("Sagesse", 1881). À sa sortie de prison (1875), il devient professeur en Angleterre puis à Rethel dans les Ardennes, où il se lie avec un de ses élèves, Lucien Létinois. La fin de la vie de Verlaine est marquée par une ruine physique et sociale, l’échec du projet d’exploitation d’une ferme qu’il achète avec l’argent de sa mère et la mort de Lucien (1883). Cette déchéance s’accomplit en dépit d’une notoriété grandissante. Verlaine publie plusieurs recueils de vers ("Jadis et naguère", 1884 ;"Parallèlement", 1884) mais aussi un ouvrage d’hommage et de critique, les "Poètes maudits" (1884; augmenté en 1888), dans lequel il revient sur l’évolution poétique des Parnassiens jusqu’à Rimbaud et Mallarmé. Célébré par ses pairs le proclamant "prince des poètes". Usé et vieilli, rendu à l’état de clochard, il s’éteint d’une congestion pulmonaire à l'âge de cinquante-et-un ans.
"Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main et fais-moi des serments que tu rompras demain". Paul Marie Verlaine est né le trente mars 1844 à Metz. Son père, fils d'un notaire, était originaire de Bertrix, près de Paliseul, dans le Luxembourg belge, alors incorporé à la France. Sa mère, Élisa Dehée, était née aux environs d'Arras, à Fampoux, le vingt-trois mars 1809. Après diverses garnisons, Metz, au deuxième génie sous le colonel Niel, Montpellier, Nîmes, de nouveau Metz, le capitaine Verlaine démissionne et installe son ménage à Paris, rue des Petites-Écuries, puis rue Saint-Louis, aujourd'hui rue Nollet. Paul apprend alors à lire à l'école de la rue Hélène. Il est ensuite pensionnaire à l'institution Landry, rue Chaptal, d'où il va suivre les cours du lycée Bonaparte, devenu lycée Condorcet. Il a pour condisciple en seconde Edmond Lepelletier, son futur et dévoué biographe. Reçu en 1862 au baccalauréat, il passe des vacances à Fampoux et dans les Ardennes, et s'inscrit dès la rentrée à l'école de droit. C'est l'époque de ses premières lectures de poésie et de prose modernes, Victor Hugo, Charles Baudelaire, Théophile Gautier, Sainte-Beuve, Joseph de Maistre, Aloysius Bertrand, Pétrus Borel, Albert Glatigny, et de son premier poème conservé, "Chanson d'automne", où il est déjà tout entier. Il en donne bientôt d'autres à la Revue du Progrès, fondée par L.-X. de Ricard, de qui la mère, générale et marquise, tient un salon littéraire boulevard des Batignolles; il y rencontre Théodore de Banville, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, François Coppée, Emmanuel Chabrier, Catulle Mendès. Un poste dans les assurances, un autre à l'Hôtel de Ville pourvoient successivement à sa subsistance. Il collabore au "Hanneton", la feuille républicaine d'Eugène Vermersch, à "L'Art, de Ricard", qui insère quelques-uns de ses vers et sa longue et remarquable étude sur Baudelaire, que l'intéressé n'approuve pas. Il participe au "Parnasse contemporain", recueil de vers nouveaux, fondé par Catulle Mendès. Il y voisine alors avec nombre de médiocrités, mais aussi avec Baudelaire, "Nouvelles Fleurs du mal), Mallarmé, Villiers, Heredia. Lors d'un voyage à Bruxelles, Verlaine est généreusement accueilli et félicité par Victor Hugo, qui a appris des vers du jeune poète. Les "Poèmes saturniens" paraissent chez Alphonse Lemerre, éditeur des "Parnassiens", grâce aux subsides de sa cousine Élisa Dehée, et en même temps que "Les Exilés", dernier grand livre de Banville; un élogieux article, des lettres flatteuses leur viennent d'Anatole France, Sainte-Beuve, Banville. Verlaine est présenté par le compositeur Charles de Sivry aux parents de sa future femme, Mathilde Mauté de Fleurville. Il retrouve ses confrères du Parnasse rue Chaptal, chez Ninade Villard, excellente musicienne et poète, amie et inspiratrice de Charles Cros. À Bruxelles encore, sous le manteau et le pseudonyme de Pablo de Herlagnez, Poulet-Malassis, l'éditeur des Fleurs du mal, imprime à cinquante exemplaires "Les Amies", scènes d'amour saphique (1868), sonnets qui ne reparaîtront, avec quelques modifications, que vingt ans plus tard, en tête de "Parallèlement". Lemerre édite "Fêtes galantes", dont plusieurs pièces ont passé à L'Artiste d'Arsène Houssaye. Le poète se fait connaître par le public et ses pairs.
"La poésie, c'est de la musique avant toute chose. Et pour cela préfère l'Impair. Plus vague et plus soluble dans l'air". Fiancé à Mathilde Mauté, Verlaine compose les premières pièces de "La Bonne Chanson". Leur mariage est célébré le onze août 1870, lendemain de la déclaration de guerre. Verlaine est mobilisé dans la garde nationale. Peu de jours après, Arthur Rimbaud prend connaissance des "Poèmes saturniens" et des "Fêtes galantes", et communique son enthousiasme à Georges Izambard, son professeur à Charleville. Installé chez ses beaux-parents, rue Nicolet, Verlaine y reçoit le premier message de Rimbaud, accompagné de poèmes, et y répond par une invitation pressante à le joindre. L'arrivée du génial et sauvage adolescent, fin septembre 1871, ne contribue pas à l'entente du jeune ménage, déjà désuni et que ne raccommoderont ni la naissance du petit Georges, ni la mise en vente de "La Bonne Chanson", que les événements ont contraint Lemerre à différer. En janvier 1872, après de violentes altercations auxquelles l'abus de l'alcool n'est pas étranger, Verlaine quitte son foyer pour cohabiter avec Rimbaud, rue Campagne-Première, d'où celui-ci regagne Charleville, pour revenir à Paris au bout de quatre mois. Bien qu'ayant obtenu le pardon de Mathilde, Verlaine part en compagnie de Rimbaud pour Arras, en est expulsé par la police, puis emmène son ami vers les Ardennes et la Belgique. Ils séjournent deux mois à Bruxelles et à Charleroi avant de s'embarquer pour Londres. Une instance en séparation de corps est introduite par Mathilde. Pendant que Rimbaud est rentré à Paris et retourne à Charleville, Verlaine, tombé malade, appelle sa mère à son chevet. Les deux "compagnons d'enfer" reprennent à Londres leur vie commune et y vivent misérablement de leçons de français. Verlaine y laisse bientôt Rimbaud sans ressources, revient à Bruxelles, y fait venir sa mère et sa femme, puis Rimbaud. À la suite d'une querelle et de la menace d'abandon par ce dernier, il tire sur lui deux coups de revolver qui le blessent légèrement (dix juillet 1873). Arrêté sur déposition de la victime, Verlaine est écroué à la prison des Petits-Carmes et condamné alors à deux ans de détention par le tribunal correctionnel. Transféré à la prison de Mons, il y demeurera en cellule jusqu'au seize janvier 1875. En octobre 1873, Rimbaud a fait imprimer à Bruxelles "Une saison en enfer", transposition poétique de l'aventure. L'année suivante, les "Romances sans paroles", d'abord intitulées "La Mauvaise Chanson", sont tirées sur les presses d'un journal de Sens grâce à l'intervention de Lepelletier; distribuées à la critique, elles sont tout à fait passées sous silence.
"Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations. Judas par exemple avait des amis irréprochables". En apprenant, fin avril 1874, la décision judiciaire de sa séparation d'avec Mathilde, Verlaine abjure ses erreurs dans le sein de l'aumônier de la prison, qui lui donne à lire le catéchisme et le fait communier. Il commence alors la composition, sous l'exergue provisoire de "Cellulairement", les plus beaux vers alternativement mystiques e tprofanes qui figureront un jour dans "Sagesse": "Jadis et Naguère", "Parallèlement". Sa peine purgée, il se retire à Fampoux et fait une retraite à la trappe de Chimay. Un essai de réconciliation avec Mathilde étant resté infructueux, il tente de renouer avec Rimbaud sous le prétexte de le convertir. Une rencontre sans lendemain a lieu à Stuttgart le deux mars 1875. Il obtient ensuite un poste de professeur dans une école de Stickney dans le Lincolnshire, dirigée par Mr. Andrews. Il y exercera jusqu'à la fin de l'année scolaire 1875-76. Dans l'intervalle, des fragments du futur Sagesse sont écartés par le comité du Parnasse contemporain, que préside Anatole France, comme "mauvais vers" dus à un "auteur indigne". Rimbaud demande en vain des subsides à Verlaine, qui lui écrit le dix décembre 1875 pour la dernière fois. Depuis la rentrée, Verlaine enseigne alors au St. Aloysius Collège de Bournemouth, tenu par Mr. Remington. Au bout d'un an, il remplace son ami Ernest Delahaye, comme professeur chez les jésuites de Rethel; il occupera cette chaire sans incident jusqu'en juillet 1879. C'est durant cette période qu'il se prend d'un fort tendre attachement pour l'un de ses élèves, sans doute cérébralement peu doué, Lucien Létinois, fils de paysans ardennais. Il l'emmène par la suite outre-Manche, à Lymington, où il vient de trouver un nouvel emploi pédagogique chez Mr. Murdoch. Dès leur retour en France, à Coulommes, pays de Lucien, Verlaine, grâce aux subsides maternels, fait emplette de la ferme de Juniville et se lance dans une exploitation vouée à un rapide et désastreux échec. Rentré de Coulommes avec sa mère, le poète se met en rapport avec Victor Palmé, éditeur très catholique de la rue des Saints-Pères, qui accepte d'imprimer Sagesse (toujours à compte d'auteur), soit cinq cents francs. Malgré quelques articles élogieux, Lepelletier, Blémont, Claretie et une active propagande de Verlaine auprès de la petite presse confessionnelle, le volume n'a aucun succès. Presque tout le tirage, mis en cave, en sera racheté en juin 1888 par Léon Vanier, devenu l'éditeur attitré. Ayant en vain sollicité, par l'entremise de Lepelletier, sa réintégration dans les bureaux de la ville, Verlaine obtient par Delahaye un poste de professeur à l'institution Esnault de Boulogne-sur-Seine, tandis que Létinois est casé dans un modeste emploi industriel, sa famille ayant émigré à Ivry. Paris moderne, que vient de fonder Vanier, insère alors plusieurs poèmes, dont l'extraordinaire "Art poétique", en vers de neuf syllabes, composé à Mons en avril 1874 et qui s'affirme soudain l'un des actes de foi du symbolisme naissant. Mais Lucien, atteint de typhoïde, meurt le sept avril 1883 à l'hospice de la Pitié, entre les bras de son "pater dolorosus". Ce cruel événement inspire à celui-ci, privé de son fils légitime, une suite d'élégies qui s'égalent, dans l'expression de la douleur, au thrène voué par Hugo à sa fille dans "Les Contemplations". Elles seront le plus bel ornement du second recueil catholique de Paul Verlaine: "Amour". "Et je m'en vais, au vent mauvais".
"Tout suffocant et blême, quand sonne l'heure, Je me souviens des jours anciens et je pleure". Le nom du poète, jusque-là inconnu et bafoué, commence à se répandre au-delà des milieux de la jeune poésie, jusque dans lessalons littéraires et même parmi les universitaires. Le premier livre que Vanier consent à publier, et à ses frais, est un triptyque d'études en prose, "Les Poètes maudits", consacrées à Tristan Corbière, que Verlaine vient de découvrir presque seul, à Mallarmé et à Rimbaud (1884). Une réédition neuve, accrue d'articles sur Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de L'Isle-Adam et Pauvre Lelian (anagramme de Paul Verlaine), paraîtra quatre ans plus tard. Or le poète, à ce moment, mène une existence des plus troubles à Coulommes et à Attigny. Le divorce d'avec Mathilde, qui bientôt convolera pour devenir Mme Delporte, est prononcé en février 1885, et l'époux condamné à verser une pension alimentaire. Au printemps suivant, Verlaine, pris de boisson, a une violente querelle avec sa mère, tente de l'étrangler et, inculpé de coups et blessures, passe trois mois dans la prison de Vouziers. Il n'en continue pas moins aussitôt élargi ses "repues franches", plutôt louches, dans la campagne avoisinante. Cependant, Vanier vient de donner "Jadis et Naguère", l'avant-dernier beau livre, qui est formé d'éléments d'époques disparates, et qui apporte au moins le sonnet "Langueur", autre credo des "Décadents", et "Crimen Amoris", hymne à la gloire de Rimbaud, l'"époux infernal", et merveille du mètre de onze syllabes. Verlaine transporte ses pauvres pénates dans un galetas de la cour Saint-François, rue Moreau, étiqueté hôtel du Midi. Mais il fera par la suite de fréquents et longs séjours dans les hôpitaux, surtout à Broussais, pour y soigner une vieille arthrite, favorisée par l'abus d'alcools et les traces d'une affection vénérienne. La mort de sa mère, le vingt-et-un janvier 1886, accentue encore la précarité de son existence, secourue, il est vrai, par plusieurs amis, exploitée, en revanche, par deux pauvres créatures, plus misérables qu'intéressées, pas toujours insensibles au fait d'être les compagnes d'un grand homme déchu, mais déjà honoré: Eugénie Krantz et Philomène Boudin méritent, à ce titre, de passer à la postérité, plutôt que pour avoir inspiré les versiculets égrillards des "Chansons pour elle", des Odes en son honneur, des Elégies. L'auteur des "Fêtes galantes", des "Romances sans paroles" et de "Sagesse" jouit en effet d'une renommée et d'un respect désormais incontestés parmi les adeptes batailleurs mais fervents des récentes écoles, symbolistes et décadents de la première heure, cinq ans avant que ne lui surgisse un rival en la personne remuante de Jean Moréas, quand celui-ci publiera, à grand fracas, "Le Pèlerin". "Je m'en vais au vent mauvais qui m'emporte deçà, delà, pareil à la feuille morte".
"Il pleure dans mon cœur, comme il pleut sur la ville. Quelle est cette langueur qui pénètre mon cœur ?" De garnien garni, d'hôpital en hôpital, de café en café, il traîne la jambe et, en somme, s'accommode assez bien, non sans humour gentil, de cette vie de bohème, en proie à des alternances de mysticisme et de lubricité également sincères. En 1888 et 1889 paraissent "Amour" et "Parallèlement", dont les épreuves sont corrigées pendant une cure à Aix-les-Bains, qui reflètent cette déconcertante dualité de nature. "Parallèlement" est en partie constitué du reliquat de "Cellulairement", le manuscrit des prisons. Cet ouvrage brille encore de pages de premier ordre dont "Loeti et Errabundi", suprême écho d'une passion révolue. La célébrité de Verlaine dépasse nos frontières. Elle lui procure des tournées de conférences qui, sans l'enrichir, aident quelques mois à sa subsistance. C'est ainsi que, de novembre 1892 à décembre 1893, il est invité en Hollande, en Belgique (Charleroi, Liège, Bruxelles), en Lorraine (Nancy et Lunéville), en Angleterre (Londres, Oxford, Manchester), où il est chaleureusement accueilli par l'élite des jeunes écrivains. Un important Choix de poésies, paru chez Charpentier, a répandu le meilleur de son œuvre. Un banquet triomphal lui a été offert par "La Plume", vaillante revue qui draine toute la littérature significative du temps. Succès qui l'enhardit au point de se présenter à l'Académie (au fauteuil de Taine). Une compensation au retrait de cette candidature lui est donnée par son élection, en août 1894, au principat des Poètes à la mort de son vieil ennemi Leconte de Lisle. Un comité de quinze admirateurs, dont Maurice Barrès et Robert de Montesquiou, se fonde sous la présidence de la duchesse de Rohan afin de lui assurer une rente mensuelle. Il a encore pu rassembler plusieurs recueils de vers et de prose, le plus souvent circonstanciels etfort plats, de "Bonheur et Liturgies intimes", très pâles séquelles de "Sagesse" et de "Amour", aux "Dédicaces"et aux "Épigrammes", sans compter les petits livrets amoureux dont nous avons parlé ni les priapées, parues sous le manteau, de "Femmes", dont l'étonnante virtuosité voile à demi l'audace. Enfin, une autobiographie, restée inachevée mais pleine de précieux souvenirs et de charmante bonhomie, paraît sous le titre de "Confessions".
"Ô bruit doux de la pluie, par terre et sur les toits, pour un cœur qui s'ennuie, Ô le chant de la pluie". Mais sa santé, déjà fort ébranlée, rongée par la misère et l'alcoolisme, décline de jour en jour. Hébergé depuis quelques mois par Eugénie, qu'il avait failli épouser, au neuf de la rue Descartes, Verlaine y est trouvé mort, le huit janvier 1896, sur le carreau de sa misérable chambrette. On lui fait de fort belles funérailles à Saint-Étienne-du-Mont, puis au cimetière des Batignolles dans son caveau de famille. Le cortège comporte l'élite des lettres et des arts et une foule considérable en grande partie composée d'étudiants. Le deuil est conduit par Vanier et le jeune F.-A. Cazals, l'inlassable iconographe du poète, qui l'appelait "ma plus belle amitié, ma meilleure". D'émouvants discours sont prononcés par Mallarmé, Moréas, Barrès, Coppée, et Gustave Kahn. Pour la partie durable, c'est-à-dire vraiment neuve, de sa longue production, on la peut évaluer à un quart environ, et sans égard pour des proses pratiquement négligeables et le plus souvent dépourvues de style, Paul Verlaine occupe, dans la poésie française, et même, on peut l'affirmer, dans celle d'autres pays, une place éminente et sans équivalent. Il ne s'est pas borné, en effet, à une époque d'inquiétante déficience de notre lyrisme, soit aussitôt après la mort de Baudelaire et à l'heure où Hugo jetait ses derniers éclairs, à vivifier, à réhabiliter notre poésie. Il a créé une nouvelle sensibilité, une musique inouïe, tout un univers d'expression gratuite dans un art où la littérature, l'histoire, la morale ne devraient jamais s'immiscer sous peine de le dessécher ou de le corrompre. Il a été aussi peut-être, depuis Ronsard et après les conquêtes de Marceline Desbordes-Valmore, de Hugo, de Baudelaire et de Banville, notre plus étonnant et riche inventeur de rythmes, et a préparé, fût-ce à son corps défendant et même à regret, les voies de l'affranchissement de la prosodie, qui lui a succédé. Certes, il lui a manqué d'être aussi, comme le furent Alfred de Vigny, Victor Hugo, Alfred de Musset, Charles Baudelaire surtout, un grand écrivain. Mais, en vers, quand Verlaine se montre tout à fait original, nul d'entre ses aînés ou rivaux anciens et modernes, de son premier précurseur François Villon à ses égaux et contemporains Stéphane Mallarmé et Arthur Rimbaud, ne mérite de lui être préféré. S'il n'est pas niable que, des "Poèmes saturniens" à "Parallèlement", il ait toujours subi, plus ou moins, l'emprise de ses maîtres, Baudelaire, Valmore, Banville et quelques autres, que "La Bonne Chanson" puisse être aisément confondue avec les meilleures pages des Intimités de Coppée, que "Sagesse et Amour" soient pour une bonne part gâtés par trop de mesquine et fausse théologie, un génie entièrement personnel, de ton parfaitement reconnaissable et authentique, de plus, çà et là, autochtone jusqu'à l'ingénuité de la poésie populaire, se manifeste et luit d'un éclat sans second dans "Les Sanglots longs", les "Fêtes galantes" tout entières, la majorité des "Romances sans paroles", les lieder de "Sagesse" et de "Parallèlement", et à maintes pages de "Jadis" et "Naguère" e td'"Amour". Il faut tout pardonner à cet homme, parce que ses rimes furent un moment incomparable de l'âme et de la chair transposées en la plus ingénue, la plus subtile, la plus intime et secrète des mélodies. "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend".
Bibliographie et références:
- Jacques-Henry Bornecque, "Verlaine par lui-même"
- Thomas Braun, "Paul Verlaine en Ardenne"
- Alain Buisine, "Verlaine, histoire d'un corps"
- Francis Carco, "Verlaine, poète maudit"
- Frédéric-Auguste Cazals, "Derniers Jours de Paul Verlaine"
- Christophe Dauphin, "Verlaine ou les bas-fonds du sublime"
- Solenn Dupas, "Poétique du second Verlaine"
- Guy Goffette, "Verlaine d'ardoise et de pluie"
- Edmond Lepelletier, "Paul Verlaine sa vie, son œuvre"
- Gilles Vannier, "Paul Verlaine ou l'enfance de l'art"
- François Porché, "Verlaine tel qu’il fut"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"La seule façon de renforcer notre intelligence est de n'avoir d'idées arrêtées sur rien, de laisser l'esprit accueillir toutes les pensées. Je rêve que nous sommes des papillons n’ayant à vivre que trois jours d’été. Avec vous, ces trois jours d’été seraient plus plaisants que cinquante années d’une vie ordinaire. La mer de ma vie a été cinq ans à sa marée basse. De longues heures ont laissé rouler le sable par flux et reflux. Depuis que je fus enlacé dans les rets de ta beauté, que je fus séduit par le dégantement de ta main". Ici repose celui dont le nom était écrit dans l’eau. "Here lies one whose name waswrit in wate". La simple épitaphe sur la tombe de John Keats (1795-1821), écrite et voulue par lui, dit tout de son passage "liquide" parmi nous. Il s’en va flottant dans les fleuves patients du temps, John Keats, basculé dans l’autre rive avant son temps, avant les fruits mûrs même. Pour lui Shelley, son ami, son protecteur, qui se noya dix-huit mois après la mort de Keats, et sur qui l’on retrouva un recueil des poèmes de Keats aura écrit: "Paix, paix, il n’est pas mort, il n’est pas endormi, il s’est réveillé, de ce rêve qu’est la vie". Ils reposent côte à côte désormais au cimetière protestant de Rome. John Keats fut le poète de l’effacement, l’amoureux de l’obscur. Celui d’une étrange alchimie entre une douce mélancolie et l’attrait de la douce mort. Il fut aussi un poète profondément épris d’éthique et de morale, d’affects romantiques et de visions transcendantes. Le poète d’Endymion et d’Hypérion aura inspiré les sagas éponymes de Dan Simmons. Il flotte comme l’aérien de la voix d’Alfred Deller sur ses vers ailés. Comme tout poète lyrique anglais romantique, il aura aimé célébrer la solitude, et la nuit, la nature immuable, le sommeil et le pays d’or à jamais perdu de la Grèce, ses dieux et ses titans ombrageux, ses amants de la Lune et ses légendes. Pourtant sa voix, longtemps méconnue de son vivant, est unique et singulière, admirée presque à l’égal de Shakespeare. Il reste celui que l’on aime tendrement, tant il semble fragile et évanescent, une sorte de frère cadet en poésie. Il est difficile de percevoir en notre langue, sans le déflorer, son univers vibrant à l’écoute du rouge-gorge et du vent tendre. Les insectes et les rossignols se mêlent aux dieux et aux automnes mélancoliques. Ses vers semblent s’évaporer. Il nous parle souvent entre rêverie et effacement. D’une voix douce venant des bords de l’oubli, il donne à boire aux lecteurs, une eau fraîche de mémoire puisée dans les ruisseaux de l’innocence.
"Et maintenant je ne fixe plus le ciel à minuit, sans que m'apparaisse la lueur de tes yeux restée vivace en moi. Jamais je n'admire la couleur d'une rose, sans que mon âme prenne son élan vers ta joue. Il m'est impossible de regarder une fleur en bouton, sans que mon oreille passionnée, en pensée à tes lèvres, et guettant un amoureux soupir, se rassasie". Sa recherche éperdue de la beauté semble indolente, évidente, malgré son affirmation péremptoire: "La beauté est la vérité, et la vérité est la beauté". Cet axiome réducteur, il ne se l’appliquera pas à lui-même. Il fera plutôt sienne cette phrase de Valéry. "L’amour a la puissance du chant, si vous ne le savez pas, allez le demander au rossignol". Keats le savait, il était lui-même rossignol. John Keats, éternel adolescent, semble ne jamais avoir eu son content d’hirondelles, elles passent encore en lui, entraînant la nappe du ciel avec elles. Sa poésie semble un doux périple dans un chemin bordés de saules et de noisetiers, de fantômes et de visages de femmes enfuies. Des dieux endormis sont les bornes où se glisser. Elle est gorgée d’images et de désirs, de formules magiques d’un autre temps et de deuils jamais cicatrisés. Comme brume monte de ses mots une profonde mélancolie. Elle est une alchimie des regrets, des espérances. Ses odes, partie centrale de son œuvre, sortent de la terre et flottent dans la fumée. Lui le fragile, le passant éphémère, l’orphelin, l’amoureux mal récompensé, ne trouvait de réconfort qu’en se projetant dans la nature éternelle. Il avait soif de transcendance et prenait son envol vers l’ailleurs par ses mots. "S’effacer, se dissoudre, surtout oublier ce que toi tu n’as jamais su parmi les feuilles. La lassitude, la fièvre et le souci, ici, là où se tiennent les hommes et s’écoutent chacun gémir. ("Ode au rossignol"). Telle semblait être son aspiration, avec cette sourde fascination pour cette mort douce et tendre, qui lui tenait déjà compagnie depuis si longtemps et lui mettra la main sur l’épaule fermement dès 1820, après avoir fauché ses proches. Cette tentation de cesser d’être, à minuit, sans aucune souffrance, sera en filigrane dans ses vers et dans sa courte vie. Il était lumineux, idéaliste. Lui le pauvre, l’autodidacte, le roturier parmi ses pairs poètes d’une autre classe sociale, il avait la tête dans les nuées et ses visions allaient vers un envol dans ces mots et par ses mots. Comme un somnambule, il traverse dans un rêve éveillé ce monde, se demandant s’il dort encore ou s’il est éveillé. Adorateur des sensations, "Ô qu’on me donne unevie de sensation plutôt qu’une vie de pensée". Il fut exaucé, mais dans la brièveté. Il est passé, elfe perdu dans ses visions.
"De sa douceur en sens inverse: - Tu éclipses, avec ton souvenir toutes les autres délices, et mélanges de chagrin mes plaisirs les plus chers. Beauty is truth, truth beauty, that is all. Ye know on earth, and all ye need to know". Au lieu du monde des sensations, il hume tous les parfums de l’imagination. Il s’y dilue, il fait passer l’intensité du monde dans l’intensité de ses vers. Mais cette intensité ne sert qu’à mieux s’effacer. Comme ses mots il est devenu une réminiscence. Sa très courte vie, son encore plus brève vie créatrice, aura eu l’éternité de la beauté. lI naquit à Londres, le trente-et-un octobre 1795. Il était fils d’un palefrenier. Orphelin de père à dix ans, il perd sa mère à l’âge de quinze ans. Il est plongé dans le monde de la littérature antique et celle de son temps, et il se voue au culte de la beauté, il fait allégeance au transcendant. En fait Keats "découvre qu’il ne peut exister sans poésie, sans poésie éternelle". Au travers uniquement de traductions, et de dictionnaires illustrés, il se recrée l’harmonie grecque sans connaître cette langue. Son éducation se fera à Enfield dans une petite école tenue par un pasteur. Il interrompit des études de médecine en 1814, alors qu’il avait près de vingt ans, préférant se tourner vers la poésie que vers la dissection. Ses premiers poèmes les sonnets "Oh, Solitude if I withThee Must Dwell" et "Après une première lecture de l’Homère de Chapman", parurent en 1816. Son premier véritable recueil de poèmes, intitulé simplement "Poèmes" est publié en 1817. Shelley se disait alors son grand ami et Byron son admirateur, malgré une certaine réserve de classe envers le "cockney", le londonien de basse couche. Et puis cette sensualité et ce paganisme au milieu de la société victorienne, cela faisait mauvais genre. Son génie précoce est encore un mystère. Ses contemporains ne l’aimèrent guère. Son deuxième recueil, 1818, "Endymion", est une allégorie sur les amours d’un homme et de la déesse Lune. Il fut totalement incompris, tant sa novation était grande et son sens obscur. Sa pleine maturation poétique se situe entre 1818 et 1820. Mais déjà la phtisie et une maladie héréditaire le poursuivent. La mort de son frère Tom en 1818, l’accable. Son troisième et dernier recueil à paraître de son vivant contient ses plus belles œuvres, les odes dont "Ode à l’automne", "Ode sur une urne grecque", "Ode sur la mélancolie" et "Ode à un rossignol". Mais aussi le poème inachevé "Hypérion", la "Veille de la Sainte-Agnès", et d’autres poèmes sur des thèmes mythiques de l’Antiquité, de la chevalerie du Moyen Âge. Son amour passionné pour Fanny Brawne, restera inaccompli, en tout cas peu compris. Ses lettres à Fanny sont totalement déchirantes, il l’idéalisa et l’aima jusqu’à la plus profonde souffrance.
"Dites, mon amour, s'il n'est pas cruel à vous de m'avoir pris dans vos filets, d'avoir détruit ma liberté. L'avouerez-vous dans la lettre que vous devez sur-le-champ m'écrire et où vous devez par tous les moyens me consoler". Keats, issu d'un milieu londonien très humble, menacé très tôt par la tuberculose, disparut avant sa vingt-sixième année. Il s'était voué très jeune au culte de l'absolue beauté. Il salua les Grecs, qu'il ne connaissait que par des traductions, comme ses inspirateurs et sut faire revivre leur mythologie. Plus tard, Milton fut son modèle. Il redonna une vie originale à la poésie narrative, et ses fragments épiques constituent l'une des très rares réussites romantiques dans le genre si périlleux de l'épopée. Surtout, dans plusieurs sonnets et dans cinq ou six grandes odes, Keats réalisa une œuvre d'une plénitude et d'une perfection qui le placent non loin de Shakespeare. Sa gloire n'a plus été mise en question après sa mort, alors qu'il avait été méconnu ou méprisé de son vivant. Sa courte et tragique existence, sa maîtrise de la forme et l'incroyable maturité de ses idées sur la poésie exprimées dans ses lettres, qui ont fasciné nombre de modernes, font de lui le génie le plus précoce de toute la littérature anglaise, comparable à Mozart ou à Rimbaud. À la différence de ses deux aînés, Wordsworth et Coleridge, qui appartenaient à la classe bourgeoise et venaient de l'Angleterre provinciale, de Byron et de Shelley, tous deux aristocrates, élèves des "public schools", de Cambridge et d'Oxford, John Keats était londonien, pauvre, fils aîné d'un palefrenier qui mourut en 1804 d'une chute de cheval. Sa mère semble avoir été une femme de caractère gai, affectueuse, très attachée à son premier enfant. Le second fils, George, émigra plus tard aux États-Unis, le troisième, Tom, mourut en 1818, ce dont John eut un immense chagrin. Une jeune sœur, Frances, née en 1803, s'efforça de comprendre son frère et correspondit avec la fiancée de celui-ci, alors qu'il se mourait de tuberculose en Italie. L'argent manquait pour envoyer l'enfant à l'une des écoles renommées de l'Angleterre. Il reçut néanmoins une éducation convenable dans une petite école d'Enfield tenue par un pasteur, y apprit le latin, ne sut jamais le grec, mais semble déjà s'être passionné pour la mythologie hellénique à travers des dictionnaires illustrés. Autodidacte de génie, la grâce s'abattit alors sur lui, pour ne jamais le quitter.
"Quelle soit aussi envoûtante qu'une bouffée de pavots et me fasse tourner la tête, tracez les mots les plus doux et baisez-les, que je puisse du moins poser mes lèvres là où les vôtres ont été". En 1813, il commença des études de médecine, s'en lassa au bout d'un an et demi, ne ressentant nul attrait pour la dissection. Il avait alors près de vingt ans et la lecture de "La Reine des fées" de Spenser lui avait révélé sa passion pour la poésie. Il se lia d'amitié avec un cercle littéraire à idées politiques avancées pour l'époque, un peu vulgaire de sensibilité et d'expression, dont l'animateur était Leigh Hunt. Shelley, qui plus tard aida financièrement. Leigh Hunt, apparaissait quelquefois parmi eux. Mais, peut-être en raison de leur origine sociale différente, Keats et Shelley ne se prirent pas alors d'une vive sympathie mutuelle. Byron se montra encore plus dédaigneux du poète "cockney" qu'il croyait voir en Keats. Dès sa vingt et unième année, Keats écrivit l'un des plus parfaits sonnets de la littérature anglaise, sur sa découverte de la traduction d'Homère par Chapman. Il y comparait son émotion devant ce monde merveilleux de la Grèce primitive, rendu par un poète élisabéthain, à celle d'Hernán Cortés et de ses compagnons apercevant le Pacifique: "Muets, sur un pic à Darién". Il traduisit alors dans d'autres sonnets son émerveillement à la visite des marbres du Parthénon que lord Elgin avait rapportés d'Athènes. Une note de joie intense en présence de la nature et des légendes de la chevalerie médiévale aussi bien que de la Grèce résonne dans le premier volume de Keats, "EarlyPoems" (1817). Le plus long poème de ce recueil juvénile "Sleep and Poetry" (Sommeil et poésie), ne traite guère du sommeil, thème favori des poètes anglais, sinon comme prétexte à des visions de rêve, mais affirme un credo poétique opposé à Boileau, à Pope, à tout classicisme aride. "Ce que l'imagination saisit comme beauté doit être la vérité", affirmera plus tard, ce jeune poète qui louera l'imagination avec plus de ferveur encore que Coleridge. Les maîtres de Keats étaient alors Spenser, les lyriques du XVIème siècle et Shakespeare, qu'il lut et médita envoyageant. La sensualité des poèmes de Shakespeare ("Vénus") et de Marlowe ("Héro et Léandre") le séduisait.
"Quant à moi j'ignore la manière de témoigner mon ardeur à une personne d'une telle beauté. Il me faudrait un mot plus éblouissant qu'éblouissante, plus magnifique que magnifique". Voir en Keats un pur esthète serait un singulier contresens, largement répandu d’ailleurs par la critique victorienne et celle du début du XXe siècle. Certes l’art, en ce qu’il est fabrication du bel objet poétique, occupe une place essentielle dans son œuvre. Inventer le beau poème, trouver les schémas métriques, les textures phoniques et les structures strophiques permettant de le façonner, voilà qui a toujours été pour lui une préoccupation quotidienne, en quelque sorte nouée à l’existence, à la profondeur du sujet, à son étrangeté et, donc, à son mystère. Pour reprendre les deux notions sur lesquelles vient se conclure la célèbre "Ode on a Grecian Urn", beauté et vérité sont indissociables, jusqu’à tisser un lien étroit d’identité. La vérité du sujet, que celui-ci parle en son nom ou pas, vient se dire dans les effets de la lettre, dans le travail dusignifiant, dans le rapport, parfois angoissé, que l’artisan entretient avec le matériau de la langue et avec ceux qui l’ont déjà pétri. Déclaration aussi subtile que profonde, lestée de significations, tout à fait dans la manière keatsienne. "Allêgoria" (agoria allos): "parler autre", soit parler pour signifier autre chose. Peut-être aussi parler aux autres tout en signifiant un noyau de vérité relevant de ce que l’intériorité contient de plus secret, puisque le verbe "êgorein" suggère l’idée d’un discours tenu à la foule rassemblée. On le voit, Keats ressent obscurément le caractère foncièrement intime de la poésie. Socialisée, ouverte aux autres, elle s’enlève néanmoins sur ce qu’il y a de plus enfoui à l’intérieur du sujet. Il affirmait qu’il ne pouvait exister en dehors de la poésie, mais celle-ci, par sa nature de chant lyrique, par ses règles codifiées et ses conventions, par la fabrication même de l’objet de beauté qu’est le poème à lire, ne peut alors que se placer dans le champ de l’intersubjectivité, du dialogue et du plaisir partagé. Il n’aura d’ailleurs, tout au long de sa courte existence, le désir d'un lectorat, de vouloir, avec acharnement, se faire reconnaître en tant que poète authentique. Marque, certes, de narcissisme, mais non point d’égotisme.
"J'en viendrais presque à souhaiter que nous fussions papillons dotés seulement de trois journées d'été à vivre, ces trois jours avec vous, je les emplirais de plus de délices que n'en pourraient jamais receler cinquante années ordinaires". S’il est vrai que la vie d’un homme s’éploie sur un secret, que la trajectoire de son existence tisse le texte allégorique d’un mystère, texte sacré et figuré semblable à celui des Écritures, texte parabolique s’il en est, pour le moins à double face, la poésie de l'homme sera alors, même inconsciemment, "aimantée" par ce mystère, mue par "les forces secrètes qui animent en profondeur le sujet". Le texte, avec ses entours para textuels, devient "la réalité première qui détermine la vie ou qui tout au moins la préinscrit". Le destin de Keats ne sera pas de jouer un rôle, mais d’exister dans et par l’écriture. Il s’agira pour lui, accompagné, guidé par ces géants que furent à ses yeux Dante, Shakespeare, Milton ou Wordsworth, de figurer en un autre sens, de tisser la langue des figures pour se dire et, ce faisant, de rendre explicite le désir intense de produire l’œuvre. La vie de Keats est donc, tout à la fois, bien réelle et imaginaire. Reconnaître cette dimension d’une authentique existence poétique, c’est, fondamentalement, faire une biographie littéraire, une biographie qui rende compte du processus créateur. Dans le cas de Keats, la mort de la mère est l’événement traumatique permettant une interprétation aussi féconde que cohérente de la pratique poétique. Il n’échappera à aucun lecteur quelque peu informé des thèmes essentiels de son œuvre. La beauté, le désir et la poursuite amoureuse, l’oralité s’attachant au matériau des signifiants, la recherche d’une plénitude ici-bas dans cette forme d’éternité substantielle, et non point transcendante, qu’est l’instant gonflé d’intensité du poème se configurant, s’écrivant, cette belle chose dont Endymion nous dit qu’elle est une joie perpétuelle, que le mode poétique keatsien de l’existence s’origine dans le manque et donc qu’il consiste souvent à fantasmer les objets pouvant se substituer, fréquentes, en effet, sont les métonymies jouant cette fonction, à la "Chose qui a pour destin d’être perdue". Véritable approche psychanalytique, s'il en est.
"Si je devais être heureux avec vous ici-bas l'existence la plus longue serait ô combien brève, je voudrais croire en l'immortalité. Je voudrais vivre éternellement avec vous. Pour qui est demeuré longtemps confiné dans la ville, il est bien doux d'absorber son regard, dans le visage ouvert et beau du ciel, d'exhaler une prière, en plein sourire du firmament bleu". Le recueil de 1817 a quelque chose d’initiatique dans la carrière de Keats. Moment clé où s’élabore la singularité d’un lyrisme, son véritable registre. Le poète y cherche sa voix, y dessine l’espace propre à sa parole en se confrontant aux contraintes formelles. Il se prépare, mais l’on sent naître et déjà monter un style. C’est sans doute à ce moment qu’il se forge sa langue propre, cette langue qui ne plonge que dans la mythologie personnelle et secrète de l’auteur, où s’installent une fois pour toutes les grands thèmes verbaux de son existence, langue qui se libère, pourrait-on dire, à partir "des profondeurs mythiques". Pan, Endymion, Apollon, puis Saturne et Hypérion sont les figures mythologiques autour desquelles se construit le scénario de l’avènement de la parole de beauté et de vérité. Stases mélancoliques, refuges dans l’Imaginaire, nécessité d’ourdir la trame de la parole symbolique raccordant le sujet au Réel. Telles sont, alors, les étapes du sujet keatsien fabriquant une langue, travaillant à "se faire parler" à travers les formes poétiques. Travail pour ainsi dire scandé et éclairé par ses marges, par ces textes lyriques courts qui illuminent alors la correspondance, mais aussi par une authentique théorisation paradoxale de la poésie, du poète et du poétique attestée par cette même force correspondance. Le trois février 1820, alors que s'accentue la fréquence des crachements de sang, Keats offre à Fanny de lui rendre sa parole, ce qu'elle refuse. En mai, alors que Brown voyage en Écosse, il demeure à Kentish Town près de Leigh Hunt, puis chez Hunt même. De plus en plus, les médecins recommandent un climat clément, celui de l'Italie. Shelley, qui se trouve à Pise, invite le malade à le rejoindre, mais il répond sans enthousiasme. Ce n'est que le cinq novembre que commence l'ultime étape vers Rome dans une petite voiture de louage. Son ami peintre Joseph Severn passe son temps à distraire au mieux son compagnon de voyage. Arrivés le dix-sept novembre, les deux voyageurs s'installent au vingt-six Place d'Espagne, au pied des escaliers de la Trinité des Monts dans un appartement donnant sur la Fontaine Barcaccia. Keats sombre dans la mort, le vingt-quatre février 1825, si doucement que Severn, qui le tient dans ses bras, le croit toujours endormi. Il avait vingt-cinq ans. Ses dernières volontés sont à peu près respectées. Keats repose au cimetière protestant de Rome. Comme il l'a demandé,aucun nom ne figure sur sa tombe et y est gravée l'épitaphe "Ici repose celui dont le nom était écrit sur l'eau".
Bibliographie et références:
- Hermione De Almeida, "La médecine romantique et John Keats"
- Grant F. Scott, "The sculpted word: Keats"
- Stephen Coote, "John Keats, a Life"
- Ayumi Mizukoshi, "John Keats"
- Greg Kucich, "Keats and english Poetry"
- Christine Berthin, "Keats entre deuil et mélancolie"
- Marc Porée, "Keats, au miroir des mots"
- Alain Suied, "John Keats et le sortilège des mots"
- Bernard-Jean Ramadier, "Le périple poétique dans Endymion"
- Robert Davreux, "Seul dans la splendeur de John Keats"
- Christian La Cassagnère, "John Keats: les terres perdues"
- Jean-Marie Fournier, "L'hypersensibilité de la poésie keatsienne"
- Denis Bonnecase, "Keats revisité: Melencolia II"
- John Strachan, "The Poems of John Keats"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Voilà, cela pourrait être une définition de plus de la poésie: l'art de nous rapprocher de ce qui nous dépasse. Elle existe pour que la mort n'aie pas le dernier mot. Belle mais étrange patrie que celle qui m’a été donnée. Elle jette les filets pour prendre des poissons et c’est des oiseaux qu’elle attrape. Grecque me fut donnée ma langue. Humble ma maison sur les sables d’Homère. Mon seul souci ma langue sur les sables d’Homère. La nature crée ses propres parentés, parfois bien plus puissantes que celles que nous forge le sang. Deux mille cinq cents ans en arrière, à Mytilène, je crois voir Sappho comme une cousine lointaine avec qui je jouais dans les mêmes jardins, autour des mêmes grenadiers, au-dessus des mêmes puits. À peine plus âgée que moi, brune, avec des fleurs dans les cheveux et un cahier plein de poèmes qu’elle ne m’a jamais permis de toucher. Il est vrai que nous avons vécu sur la même île. Avec cette même sensation de la nature qui depuis les temps anciens jusqu’à aujourd’hui continue à suivre les enfants d’Eolie. Mais, avant tout, nous avons travaillé, chacun à sa mesure, avec les mêmes notions, pour ne pas dire avec les mêmes mots: avec le ciel et la mer, le soleil et la lune, les végétaux et les jeunes filles, l’amour. Ne m’en veuillez pas si je parle d’elle comme d’une contemporaine. Dans la poésie comme dans les rêves, personne ne vieillit". C’est ainsi qu’Odysseus Elytis commençait alors son introduction au livre qu’il consacra à Sappho de Mytilène. Dans cet ouvrage, il nous offre non seulement une magnifique traduction en grec moderne, mais il prend surtout la liberté de composer des fragments en poèmes. C’est sa manière de "toucher" à ce cahier interdit. En reconstituant, en restaurant les poèmes de Sappho, il nous la rend si familière, si vivante, si touchante, qu’on ne peut que ressentir de la reconnaissance pour son audace. L’œuvre d’Elytis (1911-1996) est immense. Les poètes ne meurent pas, bien sûr. Nous en avons tous la preuve. Ils nous accompagnent et donnent un sens à notre vie. "Utopie ?" demande encore Elytis dans ses "Autoportraits". "Peut-être, et alors ? Utopique ne veut pas dire forcément impossible. On dénigre les poètes en disant qu’ils n’ont pas la force de faire face à la réalité, et qu’à cause de cela, ils se contentent de rêver. Mais ils ont raison d’être ainsi". Pour imaginer des choses qui choquent notre sensibilité et en plus être capable de les présenter sous un tout autre jour ne faut-il pas de la force ! Et la nature elle-même, quand elle nous plonge dans le malheur, n’est-elle pas aussi indifférente et cruelle ? N’arrive-t-il pas que cette nature exige de nous des choses impossibles, sans se laisser ébranler par les battements de notre cœur ? "Car dès que je te vois un instant, plus aucun son ne me vient, mais ma langue se brise alors, un feu léger aussitôt court dans ma chair, avec mes yeux je ne vois rien".
"Elle construit des bateaux sur terre et des jardins sur l’eau, belle mais étrange patrie que celle qui m’a été donnée". L’enfant de l’union entre Sapho, la poétesse de Lesbos, et Paul Eluard pourrait s’appeler Odysseus Elytis. Mais Elytis est bien plus que cela encore. Son ombre radieuse mais complexe plane au-dessus de la Grèce, ses mots apportent fraîcheur et eau claire à tous les voyageurs de la poésie. Certains de ses textes continuent à faire l’objet de savantes exégèses, tant ils sont ouverts à bien des interprétations. Et on a le sentiment parfois d‘entrer avec crainte dans certaines parties de son œuvre comme dans une cathédrale. On s’y perd parfois, pris dans le flux incantatoire de ses métamorphoses, de ses analogies. Il a tant voulu retrouver le véritable visage de la Grèce que les lecteurs grecs ne se retrouvent pas toujours dans sa restauration sans fard, eux qui voudraient une image plus banale. Peut-on admettre que les statues antiques étaient outrageusement peintes, et non de ce blanc immaculé que l’on nous présente ? Aussi est-il très admiré, mais aussi parfois discuté. Séféris ni Cavafy ne posent pas ces problèmes par leur limpidité absolue. Elytis utilise ainsi le scalpel du réel, et l’éclairage des symboles issus de civilisations immémoriales. Il est homme du Logos, passionné de sciences mais au filtre absolu de l’imaginaire. Il est aussi l’homme du Cosmos. Au travers de sa "métaphysique solaire" de sa lumière qui a pris son envol dans les replis de la Mer Égée, de ceux de la peau des filles, se propose la recherche continue du paradis perdu de la Beauté. Mais aussi une véritable cosmogonie. Comme pour Mahler dans sa troisième symphonie, il part de la nature pour faire tourner les astres. En Grèce le mystère se place en pleine lumière, en Occident dans l’obscurité. Et Elytis est celui qui enferme le mystère dans la lumière. Il définit simplement la poésie par "l’art de nous rapprocher de ce qui nous dépasse". Et toute son œuvre aura été chemins vers cette part inconnue en nous, qu’une langue inconnue tente de transcrire avec des signes secrets. Lire Elytis n’est pas simple, son écriture est assez difficile. Souvent il s’agit d’un déchiffrage de mots cachés, de mots de passe vers d’autres portes donnant sur l’essentiel de la condition humaine. "J’ai habité un pays surgissant de l’autre, le vrai, tout comme le rêve surgit de ma vie".
"Elle baise le sol en pleurant et puis elle s’exile aux cinq chemins elle s’épuise puis toute sa vigueur reprend". Il semble tracer sur les plages de la vie des lettres que la mer du temps veut effacer de suite, mais qui reste graverdans la mer qui s’en retourne. Cette renaissance, au sens de la Renaissance à la fin du Moyen Âge qui retrouvait le monde grec, ne le conduira pas à un classicisme figé, lui l’homme des images les plus folles. Il fut un homme de son temps, un révolté. Il a su: "L’usure et la mort que nous constatons chaque jour autour de nous, ou dans cette propension à croire que le monde est indestructible et éternel". La beauté n’était pour lui que l’autre mot pour dire Vérité. Pourtant avant de recevoir le prix Nobel de littérature en 1979, Elytis était très peu connu hors de sa maison natale, la Grèce. Il fut le second et à ce jour le dernier écrivain grec à avoir ce prix, donc cette reconnaissance. Elle lui fut attribuée "pour sa poésie prenant appui sur la tradition grecque avec une force sensuelle et une lucidité de la condition de l’homme moderne". Ce qui rendit Elytis connu dans son pays est son monument poétique "Axion Esti" ("chant de louange"), son "livre-monument" comme le dit son meilleur passeur en langue française, Xavier Bordes. Ce chant rituel bâti sur les modes de prières anciens avec ses psaumes, ses cantiques et ses laudes sera magnifié par le communiste Mikis Théodorakis qui avait perçu le message universel de ce texte fondateur de la poésie grecque contemporaine. Car Elytis touche à l’universel lui embarqué sur "le bateau fou de la Grèce". Il dit vouloir "la revanche des rêves". Mais la connaissance d’Elytis est récente et il faut se rappeler que jusqu’en 1948 qu’un seul poème d’Elytis avait paru hors de Grèce ! La connaissance, ou plutôt la reconnaissance d’Odysseus Elytis, dans sa "deuxième patrie", la France, doit beaucoup surtout à la chanteuse Angélique Ionatos, ("Paroles de Juillet", "Marie des Brumes", "Monogramme", Sappho de Mytilène reconstitué par Elytis) qui fera claquer cette langue belle et terrible jusqu’au fond de nous. "J’ai souvent dit que pour moi, grecque de la diaspora, ma vraie patrie, c’est ma langue. En effet, je crois que si la poésie n’existait pas, je ne serais pas devenue musicienne. Cela semble un paradoxe, mais il n’en est rien. C’est la poésie qui a engendré mon chant. Et je suis convaincue que tous les arts, sans exception, sont les enfants de la poésie. Je sais que cette langue n’a pas d’alphabet puisque aussi bien le soleil que les vagues ne sont qu’une écriture syllabique qu’on ne déchiffre qu’au temps de la tristesse et de l’exil".
"Elle menace de prendre une pierre. Elle renonce aussitôt. Elle fait mine de la tailler et des miracles naissent. Belle mais étrange patrie que celle qui m’a été donnée". Elytis est l’homme d’une langue. De ce pauvre abri il va faire une flamboyante demeure pour la lumière et la Mer Égée viendra s’y reposer. Il est viscéralement attaché à la langue grecque, à la mer qui déborde en elle, à la lumière qui en sourd. Ses mots et ses verbes qui "vibrent sous le vent" s’écrivent sur l’azur. "Le poète ne prend pas forme dans le monde, c’est le monde qui prend forme dans le poète". Il est aussi un homme de révolte et il fait souffler grand vent de mots sur la langue grecque. Il s’est longtemps posé la question d’Hölderlin "à quoi bon des poètes dans ces temps si sombres ?". Il a donné sa réponse: à témoigner à la fois et des mystères et de la lumière. Et pour lui "la poésie est le seul espace où le pouvoir des nombres ne sert à rien". La poésie ne sert à rien qu’à vivre, vivre en toute lucidité. Homme éthique, homme debout il faut rencontrer les mots d’Elytis. Lui qui a clamé ceci: "Oui le paradis n’est pas une nostalgie, encore moins une récompense. Le paradis est simplement un droit". Odysseus Alepoudhélis était son nom, il prit pour pseudonyme celui de Odysseus Elytis. Le prénom du marin errant, sage et paria à la fois lui fut donné par ses parents Panagiotis Alepoudhélis et Maria Vanna. La seconde partie qu’il s’est choisie est une allusion à plusieurs notions d’après les hellénisants. Il s’y mêle des références au nom de la Grèce antique, à l’espoir, à l’Éros et au héros, à Hélène de Troie (Eleni) et surtout à la liberté. Donc plus qu’un nom il s’agit d’une proclamation, d’un acte de foi. Il était né à Héraklion en Crète le deux novembre 1911, comme Nikos Kazantzakis, dans une très vieille puissante faille crétoise qui venait de Lesbos, l’île de Sappho. Il était le dernier de six enfants. Ses vacances et sa jeunesse se seront passées au bord de la mer Egée. Puis la famille s’installa à Athènes ou Elytis commença des études de droit, travaillant en parallèle dans l’usine d’huiles et de savon de ses parents. Comme d’autres jeunes hommes de sa génération il découvre le surréalisme et publie en 1935 son premier recueil de poésie, encouragé par Georges Séféris. Puis vint hélas la deuxième guerre mondiale et l’occupation par les nazis de la Grèce. Elytis rejoindra la résistance sans hésiter.
"Devant la crête de l'île de Sérifos, quand monte le soleil, les canons de toutes les grandes théories du monde échouent dans leur mise à feu. L'intelligence est vaincue par quelques vagues et une poignée de pierres, chose étrange peut-être, et pourtant capable d'amener l'homme à ses véritables dimensions". Il servira comme lieutenant dans la guerre contre l’Albanie de 1940-1941. Au matin du 28 octobre 1940, les troupes de Mussolini envahissent la Grèce par la frontière avec l'Albanie. C'est la mobilisation générale. Elýtis est alors rattaché, avec le grade de sous-lieutenant, à l'état-major du 1er Corps d'Armée, puis incorporé au 24ème Régiment d'Infanterie. Il est transféré sur la zone des combats le 13 décembre 1940, au moment où un froid sibérien s'abat sur l'ensemble du front albanais. Sous le feu des batteries d'artillerie italiennes qui pilonnent les lignes grecques, Elýtis reste cloué au sol pendant deux heures, blessé au dos par des éclats d'obus. Puis, dans les conditions d'hygiène déplorables qui prévalent dans cette guerre, il est victime d'un cas sévère de typhus. Évacué sur l'hôpital de Ioannina le 26 février1941, il lutte pendant plus d'un mois contre la mort. Il a témoigné lui-même de cet épisode dramatique: "Faute d'antibiotiques à cette époque, la seule chance de salut contre le typhus résidait dans la résistance de l'organisme. Il fallait patienter, immobile, avec de la glace sur le ventre et quelques cuillerées de lait ou de jus d'orange pour toute nourriture, pendant les jours interminables où durait une fièvre de 40° qui ne baissait pas. Après une phase d'inconscience et de délire, où les médecins l'ont cru perdu, Elýtis se rétablit. À partir d'avril 1941, la Grèce, occupée par les allemands, les italiens et les bulgares, sombre dans la guerre et la famine. Les pelotons d'exécution et les déportations achèvent de ravager la population. Intellectuels et poètes ont à cœur de résister avec les armes de l'esprit. Elýtis, poursuivant sa convalescence, participe à de nombreuses réunions, clandestines ou publiques, visant à exalter dans le peuple les valeurs helléniques. Il assure également la promotion de l'avant-garde littéraire. C'est ainsi qu'à l'initiative du professeur Constantin Tsatsos et de Georges Katsimbalis est fondé, au début de 1942, le Cercle Palamas. Ce mouvement réunit des professeurs d'Université et des hommes de lettres, parmi lesquels Elýtis, tout juste âgé de trente ans, est le plus jeune. Il donne là une lecture publique de son essai sur "La véritable figure d'Andréas Kalvos" et son audace lyrique. L’expérience douloureuse cette guerre en Albanie, de la violence infinie et de la mort, le marquera à jamais et changera sa vision dionysiaque du monde. "Le monde est un espace où nous tentons de survivre, mais avec un tout petit peu de fierté cela vaut le coup d’y vivre".
"En effet, qu'est-ce qui, sinon, lui serait plus utile pour vivre ? S'il aime commencer de travers, c'est qu'il ne veut pas entendre. Sans qu'il en prenne conscience, la mer Égée dit et redit sans cesse, depuis des milliers d'années, par la bouche du clapotis de ses vagues, sur l'immense étendue de ses côtes: voilà qui tu es !" En juin 1943, les réunions clandestines, en petit comité chez des amis, connaissent aussi un grand succès: derrière les fenêtres fermées aux vitres occultées par du papier, une jeunesse privée de tout vibre à la voix grave de Katsimbalis lisant les vers de Kostis Palamas. C'est dans ces instants qu'elle éprouve le plus intensément la fierté de l'hellénisme. Le même sentiment s'exprime à la mort de ce grand poète: il reçoit des funérailles nationales le 28 février 1943, auxquelles Elýtis assiste au milieu de la foule. Sur sa tombe, Angelos Sikelianos déclame un poème en hommage au défunt, puis tous les participants entonnent l'hymne national grec, transformant ainsi les funérailles en une manifestation d'hostilité à l'occupant allemand. En ces temps de malheur, la poésie n'est pas un jeu futile, mais le dernier refuge de l'espérance. Face à l'occupant allemand, les vers de Friedrich Hölderlin sur la Grèce prennent une résonance particulière dans l'esprit d'Elýtis, tandis qu'Eluard et Aragon offrent un exemple encourageant de Résistance qui dépasse les frontières. Elýtis découvre à cette époque la poésie de Federico Garcia Lorca, auquel il consacre un article. Il compose alors aussi de nouveaux poèmes: "Dans la nuit de l'Occupation, "Soleil Premier", publié en 1943, adopte un titre symbolique, et est suivi de "Variations sur un rayon". En 1944, il publie le "Chant héroïque et funèbre pour un sous-lieutenant tombé en Albanie". Ce long poème de près de 300 vers, inspiré par son expérience personnelle des combats durant la guerre italo-grecque, soulève dans le public l'enthousiasme réservé aux grands poètes nationaux. En 1946, sept poèmes inspirés par l'Occupation sont réunis sous le titre "La Grâce dans les voies du loup", mais ils passent presque inaperçus. Ayant participé à la libération de son pays il se tourne vers la littérature et publie de nombreux recueils et s’occupe alors de la radio nationale et du théâtre. Fuyant la guerre civile qui ravage son pays il s’installe en 1948 à Paris et il devient l’ami de Picasso, Matisse, Giacometti, Eluard, Reverdy, de Char. Il engage des discussions sur la situation de la poésie.
"Parmi les trouvailles des fouilles archéologiques que nous, les européens d'aujourd'hui, avons omis de recueillir et d'étudier, se trouvent aussi quelques concepts qui gisaient dans cette même terre aux côtés des objets d'art. L'humilité par exemple". Mais celle-ci a bien changé. C'est maintenant Jacques Prévert qui est à la mode, au grand désespoir de Pierre Reverdy et de Pierre-Jean Jouve. Au domicile de Paul Éluard, Elýtis constate que ce dernier a enrôlé sa poésie sous la bannière du Parti communiste français, qui le sollicite directement par téléphone. Cette poésie engagée au service d'un parti politique met André Breton en fureur. C'est à ses yeux une trahison des buts du Surréalisme. Quant à Breton lui-même, Elýtis considère qu'il ne s'est pas adapté au nouveau contexte littéraire, ce qui le met dans une impasse. La poésie française, en déclin, n'offre donc aucune perspective à sa quête de renouveau. La mode est en effet à l'existentialisme et à la philosophie de l'absurde. Elýtis voit alors de pseudo-intellectuels flâner dans Saint-Germain-des-Prés avec un snobisme frivole qui l'indispose profondément. Rien, décidément, dans le Paris de 1948, ne parvient à le retenir. Il s'enferme dans sa chambre, pour échapper à un climat général qui lui est totalement étranger, et il lit le Phédon de Platon. "Je traversais en plein une crise, écrit-il, dont les premiers symptômes étaient apparus quatre ans plus tôt vers la fin de l'Occupation, lorsque le grec s'éveillait en moi. Cet esprit grec, tout à l'opposé de l'existentialisme sartrien, deux écrivains français l'admirent profondément. C'est René Char, qui à cette époque a déjà composé son "Hymne à voix basse" en faveur des insurgés grecs, et Albert Camus, qui a fait de la Grèce la patrie de son âme et le symbole le plus pur de la "pensée de midi". Tous deux manifestent à Elýtis leur fraternelle amitié et leur compréhension. Ils lui proposent de rédiger un article pour la revue "Empédocle", fondée en avril 1949, dans laquelle ils mènent ensemble le combat en faveur d'un humanisme grec, baigné par la lumière de la nature méditerranéenne. L'article d'Elýtis, qui devait s'intituler "Pour un lyrisme d'inventions architecturales et de métaphysique solaire", n'a jamais été achevé, mais l’idée d’accorder dans sa poésie une place centrale à la lumière et au soleil est désormais acquise. La réflexion d'Elýtis sur ce que doit être la structure d'un poème commence aussi à faire son chemin. Cette réflexion se développe sur l'art et de la peinture, complémentaires de la poésie selon Elýtis.
"La distance infinie qui sépare une statuette cycladique d'un galet, il nous est impossible de la mesurer avec la même aisance que nous le faisons quand il s'agit de centaines d'années-lumière". Il retourne en Grèce en 1953 où il reprend d’importantes responsabilités culturelles. Son long silence d’écrivain se rompt avec la publication en 1959 d’"Axion Esti", livre porté en lui pendant quatorze ans et qui sera un événement considérable en Grèce. Toute l’histoire passée et à venir de la Grèce s’y trouve. Ce mélange d’hymne païen à la Walt Whitman et de rituel de liturgie byzantine est l’acte fondateur de la poésie grecque contemporaine. Il est un nouvel évangile. Il s'installe dans le quartier de Kifissia, à Athènes, et travaille pour le théâtre. Il devient membre du conseil d'administration du Théâtre d'Art, fondé par le metteur en scène grec Karolos Koun, auquel il consacre un article, en 1959, pour fêter ses vingt-cinq ans de théâtre. Pour Karolos Koun, il traduit "Le cercle de craie caucasien" de Bertolt Brecht. Il traduit aussi "Ondine" de Jean Giraudoux, pièce représentée en 1956 au Théâtre National d'Athènes. Il préside également le conseil d'administration du Ballet-Théâtre. Parallèlement, il poursuit la rédaction de deux importantspoèmes: "Six plus un remords pour le ciel", achevé dans sa seconde version en juin 1958, et surtout "Axion Esti",monument poétique qui l'occupe depuis plus de sept ans. Des extraits d'"Axion Esti" sont d'abord publiés dansla Revue d'Art, mais l'accueil des critiques est très défavorable, et Elýtis en est profondément déçu. Achevé en décembre 1959, le poème est publié en 1960, et marque le début de la gloire d'Elýtis et à présent l'opinion a évolué, d'importants critiques littéraires manifestent un intérêt grandissant pour son œuvre et multiplient les études à son sujet. Axion Esti est couronné la même année par le Grand Prix National de Poésie. La vie privée du poète est cependant marquée par deux deuils qui l'affectent douloureusement. Après une grave maladie, son frère Constantin meurt le quinze juillet 1960, et enfin sa mère décède le dix-neuf septembre de la même année.
"Cela précisément constitue notre talon d'Achille et c'est pourquoi nous rivalisons désespérément avec le savoir". Devant le coup d’état en Grèce de 1967, Elytis s’exile en France jusqu’en 1972. En 1978 il publie "Maria Nepheli", Marie des Brumes, dialogue entre une jeune fille et un antiphoniste, sans doute lui-même. Les dernières années de la vie d'Elýtis sont marquées par un retrait progressif de la vie publique, dû à la maladie. Il souffre depuis plusieurs années d'anémie hémolytique et d'infections pulmonaires qui l'obligent à de fréquentes hospitalisations. Ainsi, en 1988, il doit renoncer à se rendre à Paris pour l'inauguration d'une exposition qui lui est consacrée au Centre Georges Pompidou. Il reste néanmoins entouré par ses plus proches amis, et par la compagne des treize dernières années de sa vie, la poétesse Ioulita Iliopoulou. Et il ne cesse pas d'écrire. En 1990, la prose poétique de "Voie Privée" s'accompagne de 81 gouaches, aquarelles et dessins. En 1991, paraît le poème "Dit de Juillet" avec des photographies de la jeunesse d'Elýtis. En 1993, dans une lettre rendue publique, il apporte son soutien à Antónis Samarás qui vient de créer un nouveau parti politique, le "Printemps politique". L'œuvre du crépuscule de sa vie, toute de méditation et de contemplation devant la nature, laisse s'exhaler, malgré lui, un parfum de tristesse dont témoignent les titres des derniers recueils: "Les Élégies d'Oxopétra", "À l'ouest du chagrin", et "Lejardin des illusions", publiés en 1995. Homme solitaire, jamais marié, il s’enferme à Athènes et meurt d’une crise cardiaque le dix-huit mars 1996 après des années de maladie, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. "Je considère la poésie comme une source d’innocence emplie de forces révolutionnaires. Ma mission est de concentrer ces forces sur un monde que ne peut admettre ma conscience, de telle manière qu’au moyen de métamorphoses successives, je porte ce monde à l’exacte harmonie de mes rêves. Je me réfère à une sorte de magie moderne dont la mécanique nous conduit à la découverte de notre vérité profonde. C’est pourquoi je crois, par idéalisme,que j’évolue vers une direction encore jamais atteinte. Espérant obtenir une liberté délivrée de toute contrainte, une justice qui puisse être confondue avec l'absolu, je suis un idolâtre, qui sans le vouloir, parvient à la sainteté".
"Est-il vrai qu'à la lumière, il arrive de jaillir de l'intensité suprême du noir ? L'amour le confirme d'une autre façon. Quand deux corps nus parlent, la part anecdotique de leur histoire, son côté accablant, s'efface". Et Elytis procède bien par métamorphoses, par analogies de lumière. Lui qu’on a facilement catalogué enfant du surréalisme français et de la Grèce Antique s’est toujours défendu de cela, le mariage entre l’influence de la mer Égée et de Paul Eluard et André Breton. Mais cela n’est pas si évident et il avouera que le surréalisme a contribué "à vaincre sa timidité naturelle". Certainement plus que cela en l’ouvrant sur l’inconscient. D’ailleurs le surréalisme a changé complètement la poésie grecque en brisant l’académisme ambiant, et en prêchant l’amour fou et la joie de la vie. Cela Elytis ne pourra le nier, ni tous les autres poètes grecs à sa suite. Elytis comme bien des poètes grecs dit "le ciel et de la mer, le soleil et la lune, les végétaux, les filles, l’amour". Enfant d’Éolie, il est dans la chair de son monde, avec tout son corps et toute sa lucidité. Sa filiation profonde avec sa terre, son île de Lesbos, la mer Egée, dont sa famille était issue, lui fait revivre et traverser dans ses mots les figures du Héros et d’Éros, et aussi recomposer et restituer les poèmes de Sapho de Mytilène, sa lointaine cousine. Celle, la brune, la sensuelle, 2500 ans plus tôt avec qui il aurait pu jouer dans les mêmes jardins, se baigner dans les mêmes fontaines, courir dans la même île. Le mystère de la lumière que chante Elytis, il le trouve dans la danse d’un lézard sur une pierre pour célébrer le soleil, dans la danse des dauphins dans la mer, dans un papillon qui se pose sur la nuque fragile d’une jeune fille, "dans les sources du jardin et dans l’horloge qui se trompe sans arrêt d’heure". On peut, surtout en langue en grecque, trouver toute l’odeur du sel dans ses mots, les embruns de l’amour, la dérive des îles, les reflets mouvants du sable et de la mer, le soleil englouti en elle, la vie frémissante, le sexe des femmes et des coquillages, un banc de poissons qui s’enfuit, un volcan sous l’eau. Au plus près des racines des choses et de la nature, Elytis s’enveloppe aussi d’une forêt d’ombres, d’une forêt de symboles. Utopie et magie, espoir dans l’existence humaine sont sous-jacents. Besoin de tenter de se fondre dans l’harmonie dumonde et de la création telle est la direction de ce qu’il appelle sa mission. Elytis a un souffle messianique.
"Le baiser, qui n'a pas subi la moindre évolution depuis la nuit des temps, se trouve être la chose la plus nouvelle et la plus neuve dont nous disposions". Odysseus Elytis se revendique comme un poète de la "métaphysique solaire". Il cherche non pas "la belle clarté de la raison", mais la limpidité magique et irrationnelle qui sourd au dedans et au dehors des choses et des êtres. Il aura cherché une immense transparence, et chaque mot se veut translucide et lucide à la fois. Une large part d’irrationnel baigne ses poèmes et l’émergence de l’inconscient en Grèce, terreau du surréalisme, lui doit beaucoup, comme à celle de sa génération des années vingt. Et sa poésie a d’abord été formée à l’étranger, en France notamment avant d’être retrempée puissamment dans le sol grec et ses mythes. Il a en lui du sculpteur de statues antiques et du peintre d’icônes byzantines. Sa suggestion de la transcendanceet du divin, il l’opère par la lumière, la sensualité. Il y a un sens profond du sacré chez Elytis, comme un amour profond du trivial de la vie humaine. Il ne faut point oublier qu’Elytis était également peintre et tout procéder en lui par visions et par images, par collages aussi issus de chers amis surréalistes parisiens. Mais il était avant tout le poète de l’exil de la lumière, de celui qui recherche l’harmonie des tensions opposées. Finalement il n’aura que poli et repoli que quelques mots: ciel, mer, éther, pierres, jeune fille, bleu vif, soleil et liberté. Et ces mots sont encore vibrants et mouillés sortis de l’onde. Elytis a replacé la poésie grecque dans son héritage certes occidental, mais aussi profondément oriental. Et bien des allusions alors nous restent obscures. Sa langue très riche est imbibée d’histoires et de mythes, de rituels antiques ou byzantins, et d’arrière-plans difficiles à transcrire. Lui le natif de Crète a une forme labyrinthique et peu de fils d’Ariane nous sont donnés, pourtant la lumière est déjà là, même si nous ne comprenons pas ce qui l’amène. Il y a une part de magique dans l’écriture d’Elytis, de chamanisme des mots comme une Pythie. Comment rendre les messages des Dieux ? Dans son discours de Prix Nobel, il concluait ainsi: "Tenir le soleil dans ses mains sans être brûlé, le transmettre comme une torche à ceux qui viendront après nous, est un acte douloureux, mais je crois, un acte béni. Nous en avons toujours besoin. Un jour les dogmes qui maintiennent enchaînés les hommes seront dissous devant une conscience tant inondée de lumière qu’elle fera qu’un avec le soleil, et il adviendra alors l'immensité des rivages idéaux de la dignité humaine et de la liberté".
Bibliographie et références:
- Odysseus Elytis, "Six plus un remords pour le ciel'
- Odysseus Elytis, "Orientations"
- Odysseus Elytis, "Les clepsydres de l’inconnu"
- Odysseus Elytis, "Marie des Brumes"
- Odysseus Elytis, "Le monogramme"
- Odysseus Elytis, "Belle et étrange patrie"
- Odysseus Elytis, "Temps enchaîné et Temps délié"
- Odysseus Elytis, "Axion Esti"
- Odysseus Elytis, "Vingt-quatre heures pour toujours"
- Odysseus Elytis, "Le petit navigateur"
- Odysseus Elytis, "En avant lente"
- Odysseus Elytis, "Les Élégies d'Oxopetra"
- Angélique Ionatos, "De Sappho à Elytis"
- Yannis E. Ioannou, "Odysséas Elýtis"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Si tu n'as pas perdu cette voix tendre promenant mon âme au chemin des éclairs ou s'écoulait limpide avec les ruisseaux clairs, éveille un peu ta voix que je voudrais entendre. Tu grondes ma tristesse, et, triste de mes larmes, de tes doux accents tu me redis les charmes, j'espère car ta voix, plus forte que mon sort, de mes chagrins profonds triomphe sans effort". Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), pendant près d’un quart de siècle, embrassa la carrière de comédienne. Montée sur les planches en 1797, elle eut des engagements jusqu’en 1823. Des fragments de sa correspondance, quelques poèmes, des documents sur la vie des théâtres, des témoignages fournissent de précieux éléments sur cette activité moins connue de la postérité que celle de poète mais qui mérite qu’on s’y intéresse. Que révèle cette carrière de la personnalité de la grande poétesse appréciée de Hugo, Vigny, puis de Rimbaud, de Verlaine ou d’Aragon? Dont leparcours s’étend de la période postrévolutionnaire, du Consulat et de l’Empire, jusqu’à la Restauration et la Monarchiede juillet ?. Les années qui précèdent la Révolution voient se multiplier les salles de théâtre auxquelles de nombreux emplois sont associés, de celui de costumière à celui de machiniste. Mais cette prospérité ne dure pas. L’État, après1789, intervient sans cesse dans la vie des théâtres, par des lois, des arrêtés, des décrets destinés à réglementer leur organisation, ou en arbitrant les conflits entre les comédiens et l’administration. Il n’est pas rare que les théâtres de province, d’une saison à l’autre, voient leur existence menacée. Née à Douai le 20 juin 1786 dans une famille d’artisans bientôt ruinée, Marceline Desbordes a connu, pendant la période révolutionnaire, une enfance bouleversée par des drames familiaux. Ceci ne l’empêchera pas d’évoquer plus tard dans ses poèmes l’enfance au pays natal comme un "éden éphémère" auquel elle aspire toute sa vie à retourner. Sa mère quitte la maison conjugale pour rejoindre son amant, emmenant avec elle Marceline, sa plus jeune fille, qui n’a alors que dix ans, et la fait précocement entrer au théâtre. C’est le début d’une vie incertaine, parfois très proche de la misère, et d’une errance sans fin de ville en ville. En 1801, les deux femmes s’embarquent pour la Guadeloupe, à la recherche d’un parent et d’une hypothétique fortune. Elles arrivent en pleine épidémie de fièvre jaune et pendant l’insurrection contre le rétablissement de l’esclavage. Sa mère, Catherine Desbordes meurt de la fièvre jaune, la très jeune fille rentre bientôt seule en France, non sans dangers. Marquée par cette expérience, Marceline Desbordes-Valmore conservera toute sa vie l’angoisse obsédante de la perteet de la séparation, qui marque ses poèmes, mais aussi une indignation souvent exprimée contre l’esclavage sous toutes ses formes. À son retour, en 1802, elle reprend le métier d’actrice qu’elle va exercer avec succès pendant vingt ans, avec quelques interruptions, à l’Opéra-Comique, à l’Odéon, à Bruxelles. De relations amoureuses éphémères naissent deux enfants illégitimes, qui vivent peu. La mort du petit Marie-Eugène, à l’âge de cinq ans, en 1816, est un déchirement dont elle ose parler dans ses vers. Elle rencontre au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le tragédien Prosper Valmore, qu’elle épouse et dont elle a quatre enfants, Junie, morte à trois semaines, Hippolyte, Hyacinthe, appelée Ondine et enfin Inès.
"Elle manque à ma peine, elle aiderait mes jours. Dans leurs cent mille voix je ne l'ai pas trouvée. Pareille à l'espérance en d'autres temps rêvée, ta voix ouvre une vie où l'on vivra toujours !". Le couple s’installe à Paris où Marceline fait la connaissance grâce à son oncle, le peintre Desbordes, de Hyacinthe de Latouche, écrivain romantique qui la conseille dans ses débuts littéraires, et devient son amant. Cet amour passion laisse des échos dans toute l’œuvre, bien après la séparation, et jusqu’aux derniers vers. Le premier poème connu de Marceline Desbordes est une romance, "Le Billet". À partir de 1813, elle publie régulièrement dans des keepsakes et des périodiques. Son premier recueil, "Élégies, Marie et Romances", signé du nom de Desbordes, paraît en 1819, un peu avant les "Méditations" de Lamartine, livre généralement considéré comme marquant le renouveau du lyrisme romantique en France. Ce premier recueil est suivi en 1820 des "Veillées des Antilles" de Mme Desbordes-Valmore, chez le même éditeur. Plusieurs éditions modifiées et augmentées (1822, 1825, 1830) vont ensuite asseoir son renom poétique. Des élégies amoureuses, des romances, des fables, des poèmes sur l’enfance y font entendre une voix qui touche directement les contemporains. Les mises en musique sont nombreuses et inventent des façons de dire libres et singulières. Bien des poètes viendront y puiser par la suite, de Verlaine à Aragon. Sa poésie était avant-gardiste. Appréciée, Marceline Desbordes-Valmore entretient de nombreux liens avec le monde littéraire et théâtral. Mais elle pâtit dans sa carrière de nombreux soucis familiaux et financiers, et de son fréquent éloignement de Paris. Le métier d’acteur de son mari impose en effet des installations répétées en province, notamment à Bordeaux (1823-1827), où elle cesse de monter sur scène et à Lyon (1821-1823, puis 1827-1832, et 1834-1837). C’est là qu’elle assiste aux insurrections des canuts, seul poète à prendre publiquement la parole pour dénoncer la répression de la seconde, en des vers bouleversants. Autodidacte et travailleuse, elle a un tempérament romantique et mélancolique, exacerbé par les coups de la vie. Elle écrit des vers très modernes, originaux, spontanés, pleins de sensibilité et de musicalité. Ses contemporains, Hugo, Lamartine mais aussi Baudelaire, Verlaine, Rimbaud l’admirent. Balzac exaltait son talent et la spontanéité de ses vers, qu'il associait à des "assemblages délicats de sonorités douces et harmonieuses et qui évoquent la vie des gens simples." On lui doit l'invention révolutionnaire de plus d'un rythme, celui des onze syllabes.
"Souffle vers ma maison cette flamme qui seule a su répondre à mes yeux. Inutile à la terre, approche-moi des cieux. Si l'haleine est en toi, que je l'entende encore !". "La vraie vie est absente." On ne peut manquer de rapprocher cette formule d’une phrase dont elle est probablement issue, une expression si dynamique et si profondément rimbaldienne qu’elle a pu, entre autres, inspirer Camus ?Ou donner son titre à un beau livre sur Rimbaud. "Prends-y garde, ô ma vie absente." Il s’agit d’un vers, ou d’un fragment, que les éditeurs isolent dans les œuvres complètes de Rimbaud avec d’autres bribes, traces fragiles de projets nonaboutis ou tronçons de vers échappés de quelque poème oublié, rassemblés au hasard des différents témoignages. Rimbaud lecteur de Marceline Desbordes-Valmore ? Quoique le nom de la poétesse de Douai n’apparaisse pas dans son œuvre, nous savons par le biais de Verlaine qu’il devait bien connaître ses vers. Rimbaud, au contraire des gaminsde son âge, possédait, à quatorze ans, toute l’antiquité, tout le moyen âge, toute la Renaissance, savait par cœur lespoètes modernes, les plus raffinés comme les plus ingénus de son époque, de Desbordes-Valmore à Baudelaire,par exemple, et cet exemple montre bien le goût déjà infaillible de ce jeune garçon. Marceline Desbordes-Valmore,Charles Baudelaire, Rimbaud, sous des formes différentes, percevaient déjà à merveille la même âme douloureuse, comme une parenté dans ces trois génies si dissemblables à première vue. Cette femme prétendument ignorante était une savante méconnue. De plus, elle inspira Anna de Noailles, Renée Vivien, Cécile Sauvage ou Louis Aragon. Ainsi faut-il peut-être reculer de quelques années le terme indiqué par Verlaine, spécialement dithyrambique envers Marceline Desbordes-Valmore et trop enclin à la fin de sa vie à dresser le portrait d’un Rimbaud déjà en passe d’être mythifié. En effet, c’est en mai ou en juin 1872 que Rimbaud prend note du vers de Marceline, à une époque où il écrit ses "derniers vers" et Verlaine ses "Ariettes oubliées." Les deux amis sont alors sensibles à une certaine naïveté faussement voulue, à des rythmes nouveaux, à des genres paralittéraires comme la chanson ou la romance. Le poème de la poétesse a d’ailleurs été intitulé "Romance", comme tant d’autres dans son œuvre, et il a été plusieurs fois misen musique. Rimbaud, dans "Une saison en enfer", présentait sa "Chanson de la plus haute tour" comme une "espèce de romance" choisie parmi d’autres exprimant son adieu au monde. Il songeait aux "Fêtes de la patience", cet ensemble regroupant "Bannières de mai", "Chanson de la haute tour", "L’Éternité" et "Âge d’or". Rapprochement fortuit, peut-être, mais qui s’impose. Baudelaire présentait Desbordes-Valmore comme une âme d’élite qui sera toujours un grand poète.
"Elle manque à ma peine, elle aiderait mes jours. Dans leurs cent mille voix je ne l'ai pas trouvée. Pareille à l'espérance en d'autres temps rêvée, Ta voix ouvre une vie où l'on vivra toujours ! Quand je me sens mourir du poids de ma pensée, quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur, d'un courage inutile affranchie et lassée, je me sauve avec toi dans le fond de mon cœur !" Sa poésie était il y a cinquante ans dans les recueils de récitation destinés aux élèves des classes primaires. Époque révolue. Son nom, qui réunit presque toutes les voyelles de la langue française, demeure comme pour nous assurer qu’il ne saurait être que celui d’une poétesse, mais y a-t-il quelque autre trace de cette poétesse dans nos mémoires ? Hugo savait, comme elle, la tristesse des parents qui ont perdu un enfant et elle, comme Hugo, détestait ce Napoléon III en qui elle aussi avait cru quand il n’était encore que Louis-Napoléon. Verlaine partageait avec elle le goût de l’impair et la mélancolie du temps qui passe, le refrain du poème intitulé "Les Cloches et les larmes", "Sur la terre où sonne l’heure, tout pleure, ah mon Dieu, tout pleure", n’a-t-il pas des allures de "Chanson d’automne" ? Sans doute vaut-il mieux cependant éviter, dans son intérêt même, de trop confronter les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore à ceux de poètes comme ces deux grands qu’on vient tout juste de citer. On est même conduit à penser, parfois, que l’intérêt qu’ils manifestaient à son égard n’était rien d’autre qu’une bienveillance condescendante. Elle mérite bien mieux que tout cela. Dans sa gravité joyeuse et sereine, bien éloignée des conventions qui pèsent sur les mélodies en action, sa création témoigne cependant d’une fidélité créatrice à ces formes atypiques qui ont marqué la formation poétique de Marceline Desbordes-Valmore. Et pourtant, elle est injustement méconnue. Peu étudiée, trop peu lue aujourd’hui, elle est un secret bien gardé, mais une vraie figure de la littérature. Elle est la première des poètes du romantisme. Sainte-Beuve, le plus célèbre des critiques littéraires français, son contemporain, dira d’elle: "Elle a chanté comme l’oiseau chante" et parlera de sa poésie comme d’une poésie passionnée, tendre et unique en son temps. Victime de la désaffection générale donts ouffrent à partir des années 1840 les poètes romantiques, et plus encore les femmes parmi eux, elle trouve hélas plus difficilement à publier ses livres. Après "Les Pleurs" (1833), "Pauvres Fleurs" (1839), "Bouquets et prières" (1843), elle continue à écrire, malgré une vie assombrie par les soucis matériels et les deuils. Elle perd sa fille Inès en 1846, Ondine en 1853. Elle meurt à Paris, le vingt-trois juillet 1859. C’est à titre posthume, que paraît son dernier livre de poèmes, sous le titre de "Poésies inédites". Surnommée "Notre-Dame-des-Pleurs" en référence aux nombreux drames qui jalonnèrent sa vie, la poétesse avant-gardiste est inhumée dans la vingt-sixième division du cimetière de Montmartre.
Bibliographie et références:
- Sainte-Beuve, "Portraits contemporains"
- Lucien Descaves, "La vie de Marceline Desbordes-Valmore"
- Stefan Zweig, "Marceline Desbordes-Valmore"
- Jacques Boulenger, "Marceline Desbordes-Valmore"
- Manuel Garcia Sesma, "Le secret de Marceline Desbordes-Valmore"
- Georges-Emmanuel Clancier, "Marceline Desbordes-Valmore"
- Robert Sabatier, "Marceline Desbordes-Valmore"
- Marc Bertrand, "Une femme à l'écoute de son temps"
- Lucie Desbordes, "Marceline Desbordes-Valmore"
- Auguste Bleton, "Marceline Desbordes-Valmore"
- Giorgia Sogos, "Marceline Desbordes-Valmore ou le génie inconnu"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Les enfants ? Je préfère en commencer cent que d'en terminer un seul. Pauline était trop prodigue. Elle avait beaucoup trop d’abandon. Elle aurait dû être immensément riche par tout ce que je lui ai donné mais elle donnait tout à son tour, sa mère la sermonnait souvent à cet égard, lui prédisant qu’elle pourrait mourir à l’hôpital. L'art le plus difficile n'est pas de choisir les hommes, mais de donner aux hommes qu'on a choisis toute la valeur qu'ils peuvent avoir". Quand on demandait alors à Pauline Bonaparte si elle n'avait pas été gênée de poser nue pour le sculpteur Canova, elle répondait d'un ton mutin: "Mais non, il y avait du feu !" On ne sait si Napoléon, pudibond en diable, a réprimandé sa sœur pour cette statue dévêtue qui fit scandale en Europe. Sans doute non. Il l'aimait tendrement, à tel point que des journaux anglais suggéraient entre eux une intimité incestueuse. Elle aussi aimait son frère. Elle fut la seule de la famille à lui rendre visite à l'île d'Elbe après la première abdication (avril 1814), proposant ses bijoux pour financer sa fuite. Son pied était petit, qu'elle exhibait fièrement, mais son cœur était grand. Elle collectionnait autant les amants que les parures, mariée à un riche aristocrate italien, le prince Borghèse, qui fermait les yeux et ouvrait sa bourse pour l'une des plus belles femmes de son temps et l'une des plus dépensières. Elle est la sœur frivole et généreuse de l'Empereur, personnage sympathique et léger dans cette famille à qui il prodigua tant d'attention et tant d'avantages, sans être souvent payé de retour. Marie Paule Bonaparte, dite Pauline, née à Ajaccio le vingt octobre 1780, était la sœur cadette de Napoléon. C'était une femme d’une beauté et d’un charme remarquables, universellement reconnus et souvent peints par les plus grands artistes de l’époque. Après avoir refusé sa main à Jean-Andoche Junot et au conventionnel Louis-Marie-Stanislas Fréron, Napoléon Bonaparte l'accorde enfin en 1797 au général Charles Victor Emmanuel Leclerc, un de ses meilleurs officiers. Le mariage religieux a lieu le quatorze juin à Mombello, près de Milan.
"L'homme est très difficile à connaître. Pour ne pas se tromper, il faut ne le juger que sur les actions du moment, et seulement pour ce moment. Une belle femme plaît aux yeux, une bonne femme plaît au cœur, l'une est un bijou, l'autre un vrai trésor. Dieu, lui aussi, a essayé de faire des ouvrages. Sa prose, c'est l'homme. Sa poésie, c'est la femme". Napoléon Bonaparte. Napoléon est un homme seul au destin unique. Bonaparte est le nom d'un clan. Ce clan bigarré, avide, incongru, tiré vers les sommets par un frère sans pareil, a régné sur l'Europe. Fidèle, exclusif, familial comme on l'est en Corse, l'Empereur plaça ses frères et sœurs sur les trônes comme on procure une place de receveur des postes à un cousin nécessiteux. Nourri des Lumières, patriote français et ancien jacobin, chef d'un État autoritaire qui assure, par la propagande et la police, l'unité de la société, le règne de la loi et la gloire de l'Empire, Napoléon était resté corse dans un seul domaine, la famille. Le Code Napoléon porte la marque de cette tradition en établissant le pouvoir du père, la relégation des femmes, le caractère sacré de la propriété familiale. Profrançais, le clan Bonaparte avait échoué à s'imposer en Corse, chassé en 1793 par les paolistes. Il prendra sa revanche à l'échelle d'un pays, puis d'un continent. La marmaille débraillée qui jouait sur le seuil de la maison austère d'Ajaccio sous l'oeil noir de Letizia compterait ainsi un empereur, trois rois, une reine, un prince, une princesse et une grande-duchesse. L'Empereur s'était fait lui-même. Les autres ont été faits par lui, selon les règles du clan, telles qu'elles prévalaient sur l'île de beauté.
"Pour une femme qui nous inspire quelque chose de bon, il y a en cent qui nous font faire des sottises. Il y a chose qui n'est pas française, c'est qu'une femme puisse faire toujours ce qui lui plaît. L'infortune est bien la sage femme du génie". Pour les corses de l'ancien temps, l'individu vaut peu et la famille est tout. On est d'une lignée qu'on défend, qu'on illustre, dont on est solidaire par définition, qui vous aide et qu'on promeut en échange dès qu'on le peut. Ainsi fit en tout cas l'Empereur, le corse suprême, qui plaça ses parents, ses alliés et ses clients à tous les échelons de l'Empire, la famille proche, à qui il distribua les couronnes pour gouverner ses conquêtes, mais aussi l'oncle Fesch, cardinal investi de grandes missions, et les familles associées: Joséphine, impératrice, ses enfants, Hortense, reine de Hollande, Eugène, vice-roi d'Italie, les Murat, les Leclerc, les Junot, les Borghèse et même Baciocchi, mari d'Élisa, officier médiocre, le vilain petit canard néanmoins promu. L'avancement dans la Grande Armée tenait au mérite, mais aussi à la fidélité des officiers au destin de l'Empereur, qui se méfiait des soldats indépendants. Le sens du clan était une seconde nature chez Napoléon. À l'apogée du Grand Empire, les Bonaparte gouvernent l'Europe. Napoléon, la France et la Belgique, directement. Louis, la Hollande. Jérôme, une grande partie de l'Allemagne. Eugène, Élisa et Murat, l'Italie. Joseph, l'Espagne. Marmont, une partie de l'actuelle Yougoslavie et Junot, le Portugal, le tout alors sous l'autorité brusque et vétilleuse de l'Empereur.
"Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner. N'interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur. L'art de gouverner consiste à ne pas laisser vieillir les hommes dans leur poste. Dans les révolutions, il y a toujours deux sortes de gens: ceux qui les font, ceux qui en profitent. Le vrai courage, c'est celui de trois heures du matin". La France impériale comptant jusqu'à cent-trente-deux départements et des États vassaux, impose, par famille interposée, des réformes plutôt progressistes à tous ces pays jusque-là soumis aux lois d'ancien régime: l'égalité civile, le recul de l'emprise cléricale, l'émancipation des juifs, la rationalité administrative. Mais le clan est aussi avide, s'enrichissant sur le pays conquis, et soumis aux seuls intérêts de l'Empire. Quand un frère ou une sœur plaide pour le pays qu'on lui a confié, Napoléon leur rappelle sèchement qu'ils lui doivent tout et n'ont d'autre devoir que d'exécuter ses ordres. Ce contrôle étroit indispose vite les peuples. Napoléon sera vaincu d'abord par l'insurrection des nationalités, en Espagne, en Allemagne, en Italie, excitées par la domination d'une famille certes formée par les Lumières. Les Bonaparte étaient presque tous francs-maçons, mais aussi mue par l'esprit de clan et l'habitude de la tyrannie. Ainsi se termina l'aventure. Louis est un roi de Hollande incertain et dépressif, obsédé par les infidélités supposées de sa femme, Hortense, à qui il fait vivre un enfer. C'est encore un général calamiteux quand il est intégré dans la Grande Armée, ne saisissant rien des vues stratégiques de son frère, vite mis sous la tutelle d'un général ou d'un maréchal expérimenté. Jérôme est roi de Westphalie, royaume allemand fait de bric et de broc, qu'il gouverne médiocrement. À Waterloo, il commande l'aile gauche, qui échoue à prendre Hougoumont, ce qui permet à Wellington de résister aux assauts de l'infanterie sur son centre et laisse le temps au général prussien Blücher de le rejoindre, consommant ainsi la déroute de l'armée française.
"Il est dans le caractère français d'exagérer, de se plaindre et de tout défigurer dès qu'on est mécontent. Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard. Si vous n'aimez pas les chiens, vous n'aimez pas la fidélité. Vous n'aimez pas qu'on vous soit fidèle, donc vous n'êtes pas fidèle. L'armée c'est d'abord la nation". Pauline est surtout connue pour ses charmes indiscutables et ses frasques sentimentales mais aussi pour sa fidélité à son frère Napoléon. Caroline Bonaparte, avide et avare, suit son mari, Murat, aux uniformes baroques et aux charges légendaires, au long d'une carrière éclatante et tourmentée. Inconstant, impulsif, Murat trahit Napoléon pour garder son trône en 1814, puis se rallie à lui avant Waterloo, déclenchant son offensive en Italie. Il sera battu, déchu, exilé, et tentera lui aussi un retour, pour finir fusillé, après avoir alors toutefois instillé dans la péninsule cette idée d'unité italienne qui fera alors son chemin. Élisa fait exception dans ce tableau de famille décevant. Elle est intelligente et cultivée, quoiqu'elle soit desservie par un physique sec et disgracieux. "Jamais femme ne renia comme elle la grâce de son sexe", raille méchamment la duchesse d'Abrantès. Femme de tête, en tout cas, elle seconde son auguste frère avec efficacité. Nommée grande-duchesse de Toscane après avoir reçu en apanage la principauté de Lucques, elle réside au palais Pitti, à Florence, et gouverne avec sagesse. Elle ménage ses sujets, ranime l'économie et réforme les institutions tout en défendant sans relâche les intérêts de son frère, qui l'encadre de ses lettres sans réplique. "Vous êtes sujette, lui écrit-il, et, comme tous les français, vous êtes obligée d'obéir aux ordres des ministres." Somme toute, le plus capable des frères fut le moins employé. Lucien, sauveur du 19 Brumaire, est une excellence du Consulat en 1800, ministre de l'Intérieur, à ce titre truqueur du référendum qui avalise le coup d'État. Mais il se marie sans l'aval de son frère et fricote avec les jacobins. C'est la rupture. Retiré en Italie puis aux États-Unis, le plus politique des Bonaparte ne reparaîtra qu'en 1815, au retour de l'île d'Elbe, pour tenter d'amadouer les assemblées et proposer trop tard et en vain, après Waterloo, une dictature de salut public.
"Sachez écouter, et soyez sûr que le silence produit souvent le même effet que la science. La bravoure procède du sang, le courage vient de la pensée. On n'est jamais si grand qu'à genoux devant Dieu. En amour, la seule victoire, c'est la fuite". Pauline a épousé en premières noces le général Leclerc, ami de Napoléon, et l’a suivi lors de l’expédition dans la colonie française de Saint-Domingue. Lorsque Leclerc est mort, en 1802, Pauline a accepté les projets de son frère bien-aimé, prévoyant son mariage avec le prince romain, Camille Borghèse. En tant que princesse Borghèse, Pauline a été la dame absolue de la vie de cour effrénée dans la résidence romaine des princes et elle a été peinte par Canova en Vénus Victrix. La seule parmi les frères de Napoléon à lui rendre visite pendant l’exil sur l’île d’Elbe, Pauline, suite à la fuite de ce dernier, s’est rendue au printemps de 1815 dans la résidence de Compignano, dans la province de Lucques, la propriété de sa sœur Élisa. Après le mariage en 1803 à Mortefontaine dans la propriété de leur frère aîné Joseph, Napoléon achète la collection d'art des Borghèse qu'il destine au musée du Louvre. Pauline se lasse vite de Rome et vient très rapidement habiter le château de Neuilly, où elle tient une espèce de cour, tandis que son mari Camille Borghèse part pour l'armée. Égérie de la société parisienne qui célébrait sa grande beauté, ses charmes sont aussi vantés à Rome. Le pauvre Camille, mari trompé s’il en est, est le premier à reconnaître les délicieux attraits de sa femme. Rapidement désillusionnée sur un homme qu’elle a pourtant choisi, la jeune femme enchaine les conquêtes. Nymphe à la poitrine menue et au visage sculptural, Pauline promène sa fine silhouette dans les rues de Rome, vivant une existence fantasque qui fait jaser. Mais la sœur de Napoléon n’a que faire du scandale, elle ne va pas tarder à le prouver. Pauline et Camille décident de commander à Canova, l’artiste à la mode, une statue célébrant la beauté de la jeune femme. Sous quels traits représenter la princesse ? Canova est passé maître dans l’art de traiter les sujets mythologiques, alors quoi de mieux qu’une déesse. Il songe à Diane, déesse de la chasse. Mais Pauline n’a que faire de cette déesse réputée chaste et pudique. Qui peut, mieux que Vénus, déesse de l’amour et de la beauté, exalter ses charmes ? Canova cède au caprice de la princesse. Ce sera Vénus. La statue de marbre blanc poli, commencée en 1804, ne sera achevée qu’en 1808. Le modèle en plâtre cependant, est terminé dès juillet 1804, et les curieux, très nombreux, ne se privent pas de venir l’admirer en toute hâte.
"Dans tout ce qu'on entreprend, il faut donner les deux tiers à la raison, et l'autre tiers au hasard. Augmentez la première fraction, vous serez pusillanime. Augmentez la seconde, vous serez téméraire. La France, c'est le français quand il est bien écrit. Le sot a un avantage sur l'homme d'esprit. Il est toujours content de lui-même. Ce qui est grand est beau." Cette statue grandeur nature présente Pauline vêtue, telle une bacchante, d’un simple drap cachant le bassin et les hanches. Elle dévoile ses jambes élancées et parfaites, ses épaules et ses bras d’albâtre, ses seins menus et ronds ainsi que ses pieds dont elle est si fière. La princesse trône sur un divan, froide et sensuelle à la fois, son bras droit reposant sur des coussins empilés. Soutenant sa tête d’une main, elle tient, dans l’autre, posée sur sa cuisse, la célèbre pomme permettant d’identifier Vénus. La légende raconte que le Troyen Pâris, arbitrant alors un concours de beauté entre Héra, Athéna et Vénus, doit offrir une pomme d’or à celle des trois déesses qui le subjugue. C’est à Vénus que revient le fruit sur lequel est gravé, "à la plus belle de toutes." Il est certain que Pauline prit un malicieux plaisir à éclipser ses sœurs Elisa et Caroline en célébrant ainsi sa propre beauté. Au cours de l’été 1804, ceux qui découvrent le moulage de plâtre dans l’atelier de Canova sont scandalisés par la quasi nudité de la princesse, le buste, les bras, le ventre et les jambes. Mais Pauline ne se soucie pas le moins du monde de sa réputation. À ceux qui sont curieux de savoir comment elle a pu poser ainsi nue pour l’artiste, elle répond avec ambiguïté et mépris, quelque chose de différent à chaque fois: "Tout voile peut choir devant Canova", ou "Oh, il y avait du feu." Ce non conformisme de la princesse choque autant qu’il fascine.
"Vous devez tout voir, tout entendre et tout oublier. Le mensonge n'est bon à rien, puisqu'il ne trompe qu'une fois. La plus vraie des sagesses est la détermination. En guerre comme en amour, pour en finir, il faut se voir de près. Qui sait flatter sait aussi calomnier". La statue quitte Rome pour Turin, où elle est exposée au palais Chiablese, résidence du prince Borghèse, et chaque visiteur peut venir admirer à loisir les courbes parfaites du modèle. Après la chute de l’Empire, la Vénus regagne Rome et le palais Borghèse. "La nudité de la statue frise l’indécence. Elle fut créée pour votre plaisir. Maintenant, elle ne remplit plus cette fonction, et il est bon qu’elle demeure cachée aux yeux d’autrui." Ces phrases, la princesse les écrit à Camille en 1818. Un sursaut de pudeur, notre Pauline ? Pas du tout. Cette volonté subite d’interdire de montrer la statue en public est causée par les ravages du temps. Le corps de Pauline se transforme. Pas celui de la statue, figé dans le marbre pour l’éternité, mais celui fait de chair et de sang, tourmenté par la situation de la famille Bonaparte, en exil depuis la chute définitive de l’Empire en 1815. Pauline, en effet, se fait beaucoup de souci pour son frère, dont la santé de détériore sur son rocher de Sainte-Hélène. La princesse prend peu à peu sa statue en grippe. Elle maigrit, perd confiance en son apparence. Son teint jaunit, conséquence des multiples "fièvres putrides" contractées jadis à Saint-Domingue, alors qu’elle s’y trouvait avec son premier mari, le général Leclerc, et dont elle ne cesse de souffrir depuis. Quand les mauvais jours arrivent, elle n'hésite pas à suivre son frère sur l'île d'Elbe où elle devient pour lui une précieuse collaboratrice, à lui sacrifier ses diamants pendant les Cent-Jours ou à demander, sans succès, l'Angleterre s'yétant opposée, à partager son exil à Sainte-Hélène. Après la chute définitive de l'Empire, elle s'installe à Rome, à la villa Borghese, et y reprend sa vie galante. En 1822 elle achète la villa de Monte San Quirico, et, en même temps, elle a fait commencer les travaux de la villa de Viareggio, les deux résidences ont été la scène de la liaison passionnée avec le dernier de ses amants, le musicien Giovanni Pacini. Pauline Bonaparte Borghèse décède le neuf juin 1825, d’une tumeur de l’estomac, à l'âge de quarante-quatre ans, sans postérité. Son jeune fils Dermide alors âgé de six ans étant décédé à Paris en 1804. Depuis 1838, la statue de Canova est de nouveau exposée dans la Villa Borghèse. Pauline, dont la beauté tant célébrée est ainsi immortalisée dans une aguichante perfection, accueille à nouveau les visiteurs, en maîtresse de maison divine et intemporelle. Son cercueil repose dans la Cappella Paolina de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome.
Bibliographie et références:
- Duchesse d'Abrantès, "Mémoires"
- Laurence Peretti, "Pauline Bonaparte"
- Claire-Clémence de Maillé, "Mémoires sur la famille impériale"
- Flora Fraser, "Pauline Bonaparte, la Vénus de l’Empire"
- Maria-Teresa Caracciolo, "Pauline Bonaparte"
- Antonio Spinoza, "Pauline Bonaparte, princesse Borghèse"
- Janine Boissard, "Pauline Bonaparte"
- Jean Tulard, "L'empereur Napoléon"
- David de Thiais, "Mémoires inédites de la princesse Borghèse"
- Geneviève Chastenet, "La fidèle infidèle"
- Alexis Chassang, "Pauline Bonaparte"
- Marie-Nicolas Bouillet, "Pauline Bonaparte"
- Marthe Arrighi de Casanova, "Paolina de Buonaparte"
- Alejo Carpentier y Valmont, "Pauline Bonaparte"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Une vie, une œuvre dont l'intégrité, la beauté et la poésie n'ont pas d'équivalent dans le cinéma moderne. JacquesDemy (1931-1990) n'a pas seulement bâti une filmographie audacieuse et cohérente, il a inventé de nouvelles formes cinématographiques, nées de sa passion pour le mélodrame et la musique, mais aussi de sa vision personnelle de la couleur, des sons, et de son rapport hors du commun aux personnages féminins, mélange de fascination, d'empathie et de fétichisme. Des premiers courts métrages au dernier long, Jacques Demy aura connu un destin de cinéaste unique dans l'histoire du cinéma français. De la vie de province à Hollywood, de la Nouvelle Vague à l'exil plus ou moins volontaire, des triomphes inattendus aux échecs cuisants, de la popularité au doute, des joies de la création aux blessures, Jacques Demy appartient à la famille des grands artistes à la fois adulés et incompris, qui unit Abel Gance à Jean-Luc Godard. Comme tous les cinéastes portés par leurs rêves, il n'a jamais rien fait comme les autres. Il révèle Catherine Deneuve grande actrice moderne en la faisant chanter avec la voix d'une autre ou en la transformant en fée, il fait repeindre les rues de Cherbourg et de Rochefort aux couleurs d'un Matisse ou d'un Dufy, il s'expatrie à Los Angeles, en Angleterre et dans son propre pays pour y tourner une production japonaise que personne ne verra en France. Il fait chanter des CRS et des manifestants dans un chef-d'œuvre malheureux, puis rate un film sur le thème d'Orphée qu'il aurait dû être le seul à réussir ("Parking"). La musique, signée Legrand et Colombier demeure incontournable dans l'œuvre de Demy, la peinture y joue un rôle essentiel. Ce sont cependant la poésie et la littérature, l'amour des mots et du romanesque qui dominent une filmographie placée sous le double signe de Cocteau et Balzac, auxquels on pourrait ajouter Prévert et Queneau, la légèreté du rêve et le poids de la société, l'humour et la gravité. Il naît le cinq juin 1931 à Pontchâteau en Loire-Atlantique, où sa grand-mère tient un café alors que son père, Raymond Demy est garagiste à Nantes et que sa mère est coiffeuse. Le jeune Jacques devient très tôt un praticien des arts du spectacle, dès quatre ans avec son propre théâtre de marionnettes, et, à partir de neuf ans, avec un petit projecteur decinéma. Un peu plus tard, il réalise quelques films d'animation par la technique de la peinture sur pellicule. Il achète sa première caméra, à la fin de la guerre, alors qu'il n'a que treize ans. Il réalise d'abord quelques films avec acteurs, ainsi que des documentaires, en particulier, en 1947, "Le Sabot". C'est à cette période qu'il rencontre pour la première fois Christian-Jaque, de passage à Nantes, qui l'encourage et pousse alors son père à accepter la vocation du jeune Demy.
Jacques Demy envisage d'abord son œuvre comme un vaste projet balzacien, avec des personnages récurrents, des figures secondaires que l'on retrouve de film en film, présents physiquement et interprétés par les mêmes acteurs, le personnage de Roland Cassard dans "Lola" et "Les parapluies de Cherbourg", Lola dans "Lola" et "Model Shop", parfois simplement évoqués dans les dialogues. Il déclare ainsi en 1964: "Mon idée est de faire cinquante films qui seront tous reliés les uns aux autres, dont les sens s'éclaireront mutuellement à travers des personnages communs." Cette ambition de construire une sorte de "Comédie humaine" cinématographique dépasse celle de François Truffaut, avec la Saga d'Antoine Doinel, ou de Jacques Rivette, mais elle se heurtera vite aux contingences du réel. La difficulté pour Jacques Demy d'avoir les acteurs à sa disposition quand il le souhaite, à l'exception d'Anouk Aimée qui acceptera de reprendre le rôle de Lola dans "Model Shop", scellera la fin de ce projet magnifique. Adolescent, Il fait des études de type primaire supérieur jusqu'à l'âge de quatorze ans et entre le premier octobre 1945 à l'école Leloup-Bouhier, aujourd'hui lycée Leloup-Bouhier à Nantes. Lui-même, qui envisageait déjà de devenir cinéaste, aurait préféré faire des études longues au lycée Clemenceau, mais il se heurte à un refus de la part de son père, pour les études classiques comme pour le cinéma. Malgré cela, il réussit bien dans toutes les matières, alors qu'il ne s'intéresse qu'aux lettres et au dessin. Il obtient le Brevet d'études industrielles et un CAP de mécanicien garagiste. En 1949, Jacques Demy, aidé par Christian-Jaque, part à Paris suivre les cours de l'ETPC (École technique de photographie et de cinématographie), située 85, rue de Vaugirard. Il retrouve ses condisciples des Beaux-Arts de Nantes, entrés à l'IDHEC ou aux Beaux-Arts de Paris. Il accomplit son service militaire puis à son retour, réalise des films publicitaires, d'animation et documentaires. Il est ensuite engagé parJean Masson pour un film d'actualité, "Le Mariage de Monaco", commande de la principauté, sur le mariage de Grace Kelly et de Rainier III de Monaco. Vient alors une longue série de courts métrages, dont "Le Bel indifférent", "Le MuséeGrévin", "La mère et l'enfant" et "Ars". C'est à partir des années soixante qu'il s'intéresse à des projets de long métrage.
L'entrée en cinéma de Jacques Demy est précoce et fulgurante, des premiers courts métrages au long métrage inaugural,"Lola". Nombreux sont les cinéastes dont la passion se manifeste au moment de l'enfance. Rares sont ceux qui réalisent des films dès leur plus jeune âge. C'est avant l'adolescence que la pratique du cinéma commence donc pour Jacques Demy, à travers des films d'animation, marionnettes ou grattage de pellicule, ou tournés avec des copains, témoignage del a persévérance du petit garçon d'origine modeste, apprenti cinéaste passionné autodidacte dont Agnès Varda évoquera la naissance de la vocation dans "Jacquot de Nantes". Sa première caméra achetée, il a l'idée fixe de rejoindre la capitale et de réaliser des films. Proche de l'équipe des "Cahiers du cinéma", il réalise son premier long métrage en 1960, grâce à Jean-Luc Godard qui lui a présenté le principal producteur de la Nouvelle Vague, Georges de Beauregard. "Lola" est un film profondément personnel, intime et original dans sa conception, son sujet et sa mise en scène. Il possède les qualités juvéniles des premiers longs métrages, la fougue et le besoin de raconter d'où l'on vient, Nantes en l'occurrence, mais surprend surtout, à l'instar des "Quatre Cents Coups" de François Truffaut, par sa maîtrise et son accomplissement. Le film suivant, "La baie des Anges", illustration fiévreuse de la passion du jeu et de la soif d'absolu, confirme le grand talent, l'exigence et la forte personnalité d'un cinéaste qui s'impose parmi les meilleurs du nouveau cinéma français des années1960, bouleversants, aux côtés de Truffaut, Godard, Chabrol, Rivette, Resnais, Varda et de quelques autres talentueux. Ces deux premiers films comptent moins pour Demy que celui qu'il n'a pas encore fait et dont il rêve depuis longtemps, un mélodrame musical d'un genre nouveau, entièrement chanté et d'une stylisation totale, poussant à leur paroxysme lesimages et les sons. Grâce à une productrice courageuse, Mag Bodard, et à la complicité du compositeur Michel Legrand, il atteint la perfection d'un cinéma nouveau avec "Les Parapluies de Cherbourg" en 1964. Trois ans plus tard, c'est le feud'artifice avec "Les Demoiselles de Rochefort" (1967), tourbillon de bonne humeur et de chansons, emporté par les deux sœurs du cinéma français, Françoise Dorléac et Catherine Deneuve, entourées également d'une distribution étincelante.
Après les triomphes des "Parapluies de Cherbourg" (prix Louis Delluc et Palme d'or à Cannes) et des "Demoiselles deRochefort", Jacques Demy va contre toute attente s'éloigner progressivement du cœur du paysage cinématographique français, préférant les voyages ou les projets excentriques. La tentation d'aller voir ailleurs et d'explorer des horizons nouveaux l'anime depuis sa jeunesse. Le succès lui permet alors cette opportunité puisque l'accueil très chaleureux des"Parapluie de Cherbourg" aux États-Unis lui ouvrent bientôt les portes d'Hollywood. Comme de nombreux cinéastes de sa génération, il est fasciné par le cinéma américain classique. Il est néanmoins le seul français à avoir engagé dans ses films un dialogue original avec un genre américain par excellence, la comédie musicale. Peu avare en paradoxes et en contradictions, Jacques Demy écrit et met en scène à Los Angeles en 1968 son film le plus intimiste et minimaliste, le sublime "Model Shop", où l'on retrouve Lola loin de Nantes et de ses rêves d'amour, sans chanson ni danse, mais empreinte d'une mélancolie déchirante. Par sa liberté et et son audace narrative, le film anticipe le "nouvel Hollywood", mouvement de rupture d'une génération de cinéastes américains cinéphiles avides de se confronter avec leurs maîtres européens et asiatiques tout en utilisant le système des studios comme un vaste terrain de jeu. De retour en France, Jacques Demy s'attelle à son projet le plus dispendieux, presque hollywoodien, une adaptation pop et musicale de"Peau d'âne", hommage à Jean Cocteau et à Walt Disney. Le film perpétue une forme de merveilleux à la française, traversé d'influence contemporaine, ressuscitant de manière éphémère une veine peu illustrée par le cinéma français, principalement réaliste. "Peau d'âne" (1970) au pouvoir enchanteur indéniable, est le digne successeur de la "La Belle et la Bête." C'est le rêve d'un cinéaste cinéphile, magicien et poète, plein d'humour qui retrouve son regard d'enfant mais ne s'adresse pas seulement au jeune public, comme le conte de Perrault. "Peau d'âne" rencontre un franc succès lors de sa sortie, et sa côte d'amour auprès du public ne fléchira jamais. Cela n'aide cependant pas Demy à poursuivre sur cette voie du rêve et de la fantaisie en France. Film d'auteur et film populaire, "Peau d'âne" fait figure d'exception parmi ses longs métrages de la décennie, à la distribution très discrète. Jacques Demy réalise des films trop chers, trop personnels et trop atypiques pour le cinéma français des années 1970, inapte et réticent à financer un cinéaste poétique et visionnaire. Son imagination et son perfectionnisme rivalisent avec ceux de Federico Fellini et de Stanley Kubrick, son style est à la croisée de la virtuosité de Max Ophuls et de la pureté de Robert Bresson. Demy est capable de concilier classicisme, baroquisme et trouvailles kitsch, à la différence de son contemporain Ken Russel, dont les élucubrations visuelles dans le domaine de la comédie musicale et de l'opéra rock finiront par lasser à force d'excès mal maîtrisés.
Le film suivant, "Le joueur de flûte", constitue le versant très sombre et politique du rayonnant "Peau d'âne". La célèbre légende est l'occasion d'une reconstitution stylisée et picturale du Moyen Âge, mais surtout d'une réflexion pessimiste sur les rapports de classes et la tyrannie. Malgré sa beauté, "Le joueur de flûte" ne rencontre qu'un faible écho critique et connaît une distribution confidentielle. Après ce film en anglais, Jacques Demy va tenter de s'intégrer au cinéma commercial français, avec l'ambition de réaliser une comédie populaire, comme celles de Philippe de Broca ou d'YvesRobert qui récoltaient les faveurs du public dans les années 1970. Deux vedettes du box-office qui sont aussi des amis, Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, un tournage très simple et rapide, un sujet farfelu mais en phase avec son époque, le féminisme, semblent garantir un succès facile à "L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune". Un homme tombe enceint et devient un phénomène de société. En posant ce postulat, Jacques Demy va aussi loin que Marco Ferreri et ses multiples allégories sur l'infortune de l'homme moderne et la crise de la masculinité ("Break up", "La dernière Femme"), ou Jean-Pierre Mocky et ses farces grinçantes sur les mœurs et les tabous de la société française en voie de modernisation. Contrairement à ces deux cinéastes iconoclastes, Demy n'est pas un nihiliste ou un provocateur, et la violence de sa critique sociale est édulcorée par sa propre bonne humeur. Hélas, l'échec d'un film conçu comme un retour vers le grand public ne fera que le marginaliser davantage, définitivement mal à l'aise avec les contingences et les aléas du petit monde du cinéma français. Sous le couvert de films en apparence colorés et chantants, l’univers de Demy est sombre. Ses films ont pour la plupart des conclusions malheureuses, excepté pour"Les Demoiselles de Rochefort" bien que les deux amoureux principaux n'arrivent, jusqu'à la fin, jamais à se rencontrer.
Une nouvelle fois, c'est grâce à un producteur étranger, japonais cette fois-ci, que Jacques Demy peut tourner un autre long métrage, en attendant de réaliser ses projets personnels. Au-delà de son excentricité, cette adaptation d'une bande dessinée japonaise, dont l'action se déroule à Versailles juste avant la Révolution française, s'intègre parfaitement dans l'œuvre de Demy, metteur en scène idéal de l'histoire d'une femme travestie en homme. Le cinéaste abordera de front lethème de la bisexualité dans "Parking", un film beaucoup moins travaillé et satisfaisant. "Lady Oscar" connaît alors une distribution normale en Asie, mais est à peine montrée en France, s'ajoutant aux autres films invisibles, voire maudits du cinéaste après "Model Shop" et "Le joueur de flûte". Est-ce un hasard si c’est en voyant Marie-Antoinette acheter une série de robes somptueuses que Lady Oscar, dans le film du même nom, semble décider intérieurement de passer outre l’identité masculine que lui a imposée jusqu’alors un père privé d’héritier mâle ? Changer de costume, chez Jacques Demy, c’est sinon un espoir de changer de vie, du moins l’occasion d’envisager les possibles, comme le joueur de roulette à chaque fois que la bille est lancée. "Les demoiselles de Rochefort" voient dans la kermesse qui s’installe dans leur ville la chance de monter sur scène dans d’extravagantes tenues rouge pailleté. "Tu n’as pas peur qu’on fasse un peu putes ?"demande une sœur à l’autre, qui parlait au contraire de tenues de reines" :confusion soudaine entre un corps magnifié et dégradé dont la Lola de "Model Shop" faisait aussi l’expérience devant les appareils photo de ses clients. Que les hommes la regardent en la payant ou simplement en passant dans la rue, affirme-t-elle à George, ils la regardent de la même manière, sous-entendu, d'un regard lubrique. Jacques Demy, tout comme François Truffaut adoraient les femmes.
La fin prématurée de la carrière de Jacques Demy est placée sous le signe du retour, ou plutôt d'un triple retour en formes d'adieux récapitulatifs. Retour aux sources biographiques et esthétiques avec "Une chambre en ville"; retour aux mythes et influences littéraires qui marquèrent sa jeunesse avec "Parking", Cocteau, le surréalisme et le fantastique, retour enfin à un genre qu'il fut le seul, en France, à illustrer avec bonheur, la comédie musicale. "Une chambre en ville", longtemps rêvée, ajournée, est finalement réalisée dans des conditions optimales, malgré le désistement de Michel Legrand et de deux acteurs initialement pressentis pour les rôles principaux, Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. Dominique Sanda a en effet présenté Demy à la productrice Christine Gouze-Rénal, le cinéaste parvient à surmonter de nombreux obstacles. Le résultat à l'écran est fulgurant. "Une Chambre en ville", sans doute son troisième chef-d'œuvre après "Lola" et "Les Parapluies de Cherbourg", est un des plus grands films français des années 1980, qui ose le mélange entre opéra et lutte des classes, tragédie, histoire contemporaine. On y retrouve la localisation nantaise de "Lola", le choix d'un film totalement chanté comme "Les Parapluies de Cherbourg", opéra populaire où les dialogues sont mis en musique de façon intelligible puisque chez Demy, chaque parole charrie du sens et des images poétiques. L'action se déroule en 1955 pendant les grèves de la construction navale de Nantes et Saint-Nazaire. L'explicitation de la relation sexuelle, la radicalisation de la passion amoureuse, qui débouche sur la mort. Cette fois-ci, c'est Michel Colombier qui compose la bande originale du film, Michel Legrand à qui Demy a demandé d'écrire la partition ayant refusé car il pense que le film ne marchera pas. À sa sortie, "Une chambre en ville" n’est pas un succès commercial. Cet échec est aggravé par l'affaire "Une chambre en ville". Un certain nombre de critiques de cinéma attribuent, dans la presse, cet insuccès de Jacques Demy à la sortie simultanée de "L'As des as", de Gérard Oury et s'attirent une réplique de l'acteur principal, Jean-Paul Belmondo. Jacques Demy, qui n'est pour rien dans cette polémique, exprime simplement ses remerciements aux critiques qui l’ont soutenu.
Que faire après un chef-d'œuvre ? Demy souhaite trouver un nouveau souffle, innover, élargir son univers. Il n'y parviendra pas. La volonté un peu forcée maladroite d'intégrer le cinéma commercial par le biais d'une superproduction internationale,"Louisiane", se solde par un nouvel échec et Demy abandonne rapidement le tournage, catastrophique, remplacé alors par Philippe de Broca pour un résultat médiocre. Les deux films qui suivront n'apporteront rien d'essentiel à la filmographie de leur auteur. "Parking" en 1985, est le seul véritable ratage de la carrière de Demy d'autant plus douloureux que le projet d'adapter le mythe d'Orphée et d'Eurydice au cœur des années 1980 était passionnant. Le résultat est une précipitation qui, ajoutée à une certaine insuffisance budgétaire, fait que le film est largement raté, notamment du point de vue de Jacques Demy lui-même qui l'exclut de sa filmographie. Demy déplore que l'acteur principal Francis Huster ait obtenu du producteur de pouvoir interpréter lui-même les chansons du film, avec un résultat que le réalisateur juge catastrophique. Sur le plan commercial, c'est un échec total. Il le regrettera jusqu'à la fin de sa vie, au point de renier "Parking" qui reste toutefois un film symptôme, où l'on devine la noirceur de l'époque, les années 1980, les années drogue et sida, ce mal de la fin du siècle, qui emportera Jacques Demy en 1990. En 1986, Jacques Demy propose à Yves Montand son scénario "Kobi", que Montand refuse, mais il intéresse Claude Berri à un autre projet de Demy, qui va être retravaillé pour se fonder pour une part importante sur la biographie de Montand. Claude Berri accorde à Jacques Demy des conditions de préparation et tournage tout à fait satisfaisantes. Ce film sera pourtant un demi-échec sur le plan commercial. "Trois places pour le vingt-six", dernier tour de piste nostalgique revisite son cinéma mais souffre cruellement de la comparaison avec "Les Parapluies de Cherbourg" et "Les Demoiselles de Rochefort". Le tournage du film est marqué par deux hospitalisations de Jacques Demy, celles-ci vont devenir fréquentes. Jacques Demy meurt le vingt-sept octobre 1990, à l'âge de cinquante-neuf ans. Officiellement d'un cancer. Il est enterré au cimetière du Montparnasse. Ce n'est qu'en 2008, lors de la promotion de son documentaire "Les Plages d'Agnès", qu'Agnès Varda révèle que la véritable cause de sa mort était le sida. Jacques Demy, qui n'a jamais assumé son attirance pour les hommes, n'avait pas souhaité que la réelle cause de son décès fût dévoilée. Malgré son demi-échec, "Trois places pour le vingt-six", permet cependant au cinéaste de clore de façon cohérente une œuvre qui a toujours mêlé l'intime et le spectacle, la vie, ses bonheurs et ses larmes, de façon grave mais poétique. Plus de trente ans après la disparition de Jacques Demy, le charme et la richesse de ses films sont intacts. Certains d'entre eux, les plus connus, les plus emblématiques, sont des madeleines, des mots de passe dont on murmure les dialogues ou fredonne les chansons quand on est triste ou joyeux, de génération en génération. Le projet Demy d’une "Recherche du temps perdu", du moins d’une cohérence romanesque de film en film, n’a pas pu être tenu jusqu’au bout. Demy s’est souvent entretenu, notamment avec le critique Serge Daney, des difficultés croissantes qu’il a rencontrées pour faire produire ses films à partir des années soixante-dix. Dans les années 1980, l’inflation des budgets pousse les cinéastes français à suivre une logique qui ressemble à celle imposée aux réalisateurs d’Hollywood : réussir à drainer un maximum de public sous peine de ne plus pouvoir tourner leur prochain film. C’est sans doute ce savant dosage qu’accomplit la magnifique séquence finale des "Parapluies de Cherbourg" : Geneviève, désormais épouse de Roland, arrête sa Mercedes un soir de neige à la station service de Cherbourg. Le patron n’est autre que Guy, l’amant qu’elle a quitté il y a des années pendant son séjour en Algérie. Alors, comme le pompiste qui sert Geneviève, on imagine que c’est Guy qui lui lance, l’interrogeant sur le choix de vie qu’elle a fait: "Super ou ordinaire ?". Toute la vie de Jacques Demy tient dans cette question : à quoi carburez-vous ?
Bibliographie et références:
- Costa-Gavras, "Le monde enchanté de Jacques Demy"
- Camille Taboulay, "Le cinéma enchanté de Jacques Demy"
- Jean-Pierre Berthomé, "Jacques Demy et les racines du rêve"
- Philippe Colomb, "L'étrange Demy-monde"
- Michel Marie, "Les Demoiselles de Rochefort"
- Alain Philippon, "Peau d'âne"
- Laurent Jullier, "Abécédaire des Parapluies de Cherbourg"
- Raphaël Lefèvre, "Une chambre en ville"
- Alain Naze, "Jacques Demy, l'enfance retrouvée"
- Jacques Layani, "Jacques Demy, un portrait personnel"
- Patrice Guillamaud, "Les Parapluies de Cherbourg"
- Serge Toubiana, "Jacques Demy ou le bel entêtement"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"La vie est une côte. Tant qu'on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux mais, lorsqu'on arrive en haut, on aperçoit tout d'un coup la descente, et la fin, qui est la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. À votre âge, on est joyeux. On espère tant de choses, qui n'arrivent jamais d'ailleurs. Au mien, on n'attend plus rien que la mort". "Il a le faciès d'un petit taureau breton", disait de lui Flaubert. Il en avait la force en tout cas, les épaules, le regard fier. Comme lui, il n'a vécu que pour créer. Il n'a pas aimé une femme, mais toutes les femmes, et avant tout sa mère. Il a été formé par la femme, a vécu d'elle et pour elle, a été poussé à la célébrité par des milliers de lectrices bourgeoises, genre nouveau qui apparut en France vers 1848. Disgrâce suprême enfin, il est mort de la femme sans avoir réellement cru en elle. La Manche brasse ses galets, détrempe le pays de Caux, province de craie et d’aquarelle. Celles de Gustave de Maupassant révèlent un tempérament d’artiste qui trompa vite ses espérances, à défaut d’un génie qui échoit à son fils. Guy de Maupassant naît le cinq août 1850 en Normandie, sans qu’on sache encore si ce fut à Fécamp, au Bout-Menteux, ou au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arque, ou enfin à Sotteville, près d’Yvetot. Laure, sa mère, cavalière émérite, férue de littérature, fume des cigarettes qui n’apaisent pas ses nerfs délicats, passe pour une excentrique, de grèves en pommeraies, bref ne semble pas être n’importe qui et ne saurait se résoudre à vivre n’importe où. Elle voulait une particule, une demeure imposante où poser son berceau, la voilà servie. Le soleil chauffe la pierre grise et les briques roses du château, détache sur fond d’azur les feuilles des hêtres qui bordent l’allée quand Guy pousse ses premiers cris, à huit heures du matin. Dans la chambre ronde baignée de lumière, le docteur Guiton s’empare du nouveau-né, le place alors entre ses genoux puis commence à lui pétrir le crâne avant de déclarer à la jeune accouchée dont les grands yeux bleus le considèrent:"Vous voyez, madame, je lui ai fait la tête ronde comme une pomme qui, soyez sûre, donnera plus tard un cerveau très actif, et sûrement une intelligence de premier ordre". En attendant de mûrir, Guy, ondoyé, baptisé, n’égaie pas longtemps le bonheur de seconde zone où s’enlisent ses parents. Lorsqu'ils décidèrent de se séparer à l'amiable, alors qu'il était encore tout enfant, c'est à sa mère que Guy, avec son jeune frère Hervé, fut confié, et c'est sa mère qui veilla, un peu jalousement, sur sa première éducation. Elle avait été la compagne de jeux de Gustave Flaubert et la sœur de cet Albert Le Poittevin, jeune poète très tôt disparu, qui lui avait donné une passion des lettres qu'à son tour elle transmit à son fils, dont elle facilita de son mieux la vocation littéraire. Dans sa propriété des Verguies, à Étretat, où elle s'était retirée et où Maupassant passa son enfance, elle dirigea minutieusement ses premières lectures, lui révélant en particulier William Shakespeare. Mais, pour tout le reste, elle lui laissa la plus grande liberté, et les premières années de l'écrivain, qui était doué d'une vigueur physique remarquable, furent certainement les plus heureuses et même les seules vraiment heureuses de sa vie. Sans contrainte, seul ou en compagnie d'une mère indulgente pour toutes ses fantaisies, il courait à travers les champs, faisait de longues promenades sur les falaises ou en mer, dans les barques de pêcheurs, et c'est dès cette époque qu'il acquit cette connaissance directe et profonde du pays et du peuple normands qu'on retrouvera dans tant de ses nouvelles. C'est au cours de ces promenades qu'il croise avec chance et intérêt le peintre Jean-Baptiste Camille Corot et rencontre pour la première fois Claude Monet. "La conquête des femmes est la seule aventure exaltante dans la vie d’un homme".
"Je n’attends rien, je n’espère rien. Je vous aime. Quoi que vous fassiez, je vous le répéterai si souvent, avec tant de force et d’ardeur, que vous finirez bien par le comprendre. Je veux faire pénétrer en vous ma tendresse, vous la verser dans l’âme, mot par mot, heure par heure, jour par jour, de sorte qu’enfin elle vous imprègne comme une liqueur tombée goutte à goutte, qu’elle vous adoucisse, vous amollisse, vous force, plus tard, à me répondre: Moi aussi je vous aime". Lorsque son fils eut treize ans, Madame de Maupassant se résigna cependant à le placer comme pensionnaire au séminaire d'Yvetot. Guy y travailla fort peu. Il s'y sentit isolé, froissé par des camarades grossiers. L'internat lui était insupportable et plus encore les manières ecclésiastiques, qui lui donnèrent un dégoût de la religion qu'il devait garder toute sa vie. Sa seule consolation était d'écrire des vers. Certains d'entre eux, qui raillaient ses maîtres, furent un jours aisis par le directeur du séminaire, et le jeune homme, renvoyé, dut entrer, toujours comme pensionnaire, au lycée de Rouen, où il se montra assez brillant élève et passa aisément son baccalauréat. Il y a pour professeur de littérature le philologue Alexandre Héron. À cette époque, il côtoie alors Louis Bouilhet et surtout Gustave Flaubert, dont il devient le disciple. En 1868, en vacances à Étretat, il sauve de la noyade le poète anglais Charles Algernon Swinburne qui l'invite à dîner dans sa chaumière de Dolmancé en remerciement pour son courage. Mais, ce qu'il voit lors de ce repas l'effraie. Une tête de mort dans une coquille rose sur une table, des tableaux étranges, une guenon habillée, la main écorchée et momifiée d'un supplicié. Maupassant comprend, au bout de trois visites, les mœurs de la maison. Il en tirera la nouvelle "La Main d'écorché", qu'il modifie, publie en 1883 sous le titre de "La Main". Bachelier ès lettres en 1869, il part étudier le droit à Paris sur le conseil de sa mère et de Flaubert. La guerre qui s'annonce va contrarier ces plans. Ayant à peine 20 ans, Guy de Maupassant s’enrôle comme volontaire pour la guerre franco-prussienne. Affecté d’abord dans les services d’intendance puis dans l’artillerie, il participe à la retraite des armées normandes devant l’avancée allemande. Après la guerre, il paie un remplaçant pour achever à sa place son service militaire et il quitte Rouen pour s'installer durablement à Paris. Si les balles prussiennes ne l’ont pas tué, le ministère pourrait bien avoir sa peau. Maupassant tourne comme un lion en cage dans cet univers confiné, que régissent les chefs et les sous-chefs, que baigne une lumière d’aquarium. Tout ça sent mauvais. Sent la sueur, les vieux papiers, les vieux garçons. Son emploi dans la bibliothèque du ministère de la marine et des colonies le fait vivre, mais à quel prix, et d’ailleurs pas tout de suite. Il n’y a pas de poste vacant et Maupassant commence par travailler sans percevoir de salaire, en mars 1872, vivotant avec les cent dix francs par mois que lui donne son père. L’attaché à la bibliothèque est du moins dans la place, et le dix-sept octobre, il est nommé surnuméraire en titre à la direction du personnel, au bureau des équipages et de la flotte. Cette position lui offre une sécurité nouvelle et lui promet des appointements modestes, que cependant il doit encore attendre. Aussi réclame-t-il à son père de l’aider une fois de plus, pour payer son chauffage. Gustave lui refuse les cinq francs dont il a besoin, une violente dispute éclate entre les deux hommes un samedi matin. Guy se précipite alors dans sa chambre, prend la plume et raconte en détail l’incident à sa mère."Le silence de la nuit est le lac le plus profond de la terre".
"Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit: "amuse-toi". Il s’amuse. On lui dit: "Vote pour l’Empereur". Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit: "Vote pour la République. Et il votepour la République. Ceux qui le dirigent sont sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion". Vigoureux, en pleine santé, très gai, adorant les farces, ne donnant encore aucun signe de la maladie nerveuse qui devait l'emporter prématurément, il se jetait alors avec gourmandise sur tous les plaisirs de la capitale. Sa passion principale, c'est toutefois le canotage sur les bords de la Seine, en compagnie de joyeux camarades et de demoiselles peu farouches, parties hebdomadaires que rien n'aurait pu lui faire sacrifier et dont on retrouvera l'atmosphère dans la nouvelle intitulée "Mouche". Il va à Bezons, Argenteuil, Chatou, Bougival et le plus souvent se rend à l’auberge Poulin, à la "Maison Fournaise" et à "La Grenouillère", un radeau-établissementde bains située face à Croissy-sur-Seine. En compagnie de ses quatre amis, Henri Brainne, Léon Fontaine, Albert de Joinville, et le peintre Robert Pinchon, Maupassant forme une joyeuse confrérie, et emmène en promenade des filles dociles sur la yole achetée en commun et baptisée "Feuille de rose'". Lui se fait alors appeler "Maistre Joseph Prunier, canoteur ès eaux de Bezons et lieux circonvoisins". Auparavant, fin janvier 1877, le romancier russe Tourgueniev le rencontre et le trouve usé et vieilli, bien qu'il n'aura que vingt-sept ans en août. Le diagnostic tombe: syphilis. Cette maladie, il en mourra, ne cessera d'empoisonner l'existence du jeune homme, même s'il s'en gausse alors dans une lettre écrite le deux mars 1877 à son ami Pinchon: "Tu ne devineras jamais la merveilleuse découverte que mon médecin vient de faire en moi, la vérole. J'ai la vérole, la vraie, pas la misérable chaude-pisse, pas l'ecclésiastique christalline, pas les bourgeoises crêtes de coq, les légumineux choux fleurs, non, non, la grande vérole, celle dont est mort le roi, François Ier. Et j'en suis fier, Alléluia, j'ai la vérole, par conséquent, je n'ai plus peur de l'attraper !" En mars 1877, Maupassant prend un traitement à base d’arsenic et d’iodure de potassium. Mais cela lui occasionne des troubles digestifs. Il doit l’arrêter. Ladreit de la Charrière, médecin au ministère de la marine, l’envoie alors faire une cure d’eaux sulfatées. En 1877 toujours, Guy Maupassant se plaint à Tourgueniev de perdre ses cheveux par poignées,ce qui est le signe d'une syphilis secondaire. Il se plaint également, de migraines tenaces qui lui broient la tête et quil’empêchent de lire plus d’une heure de suite. Une autre activité de Maupassant est la chasse. Il ne la manquera que rarement dosant la poudre de ses cartouches et sélectionnant ses chiens d'arrêt. L'activité cynégétique de l'auteur est surtout présente dans l'imaginaire des contes. Aux antipodes des écrivains ou des philosophes qui affirment la supériorité de l'homme sur le règne naturel, l'animal Guy de Maupassant, "machine à sentir et à jouir", s'abandonne littéralement aux rythmes de la nature qui le traverse et qui le constitue. "Avec les femmes, c'est un lapin, quand vient la nuit, il devient chouette, quand il écrit, c'est un caméléon", selon Zola. Loin des bons sentiments religieux, loin de l'emphase romantique, il préfère la vraie bassesse à la fausse grandeur, l'individu au groupe, la précision aux fioritures.
"Ce que l'on aime avec violence finit toujours par vous tuer. On finirait par devenir fou, ou par mourir, si on ne pouvait pas pleurer. On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts. Le silence de la nuit est le lac le plus profond de la terre". Il travaillait aussi, pourtant. Non pas dans le bureau du ministère, mais auprès de Flaubert, auquel sa mère l'avait confié et qui, de 1873 à 1880, veillera alors avec le plus grand soin sur les années d'apprentissage du jeune écrivain, lui conseillant telle ou telle lecture, l'exhortant à tout sacrifier à la seule cause de l'art, lisant et corrigeant ses premiers manuscrits, le prenant même pour collaborateur, puisqu'il le chargea de diverses recherches nécessitées alors par la rédaction de "Bouvard et Pécuchet". Flaubert imposa à Maupassant les minutieuses exigences de l'esthétique réaliste. Il lui apprit à regarder le monde, à s'exercer à la description précise, à rechercher patiemment l'exactitude du détail vécu. C'est encore lui qui introduisit Maupassant dans la société littéraire de l'époque, qui lui fit ainsi connaître Alphonse Daudet, Joris-Karl Huysmans, Émile Zola, Ivan Tourgueniev, et le présenta également à la princesse Mathilde Bonaparte. Grâce à cette protection et à ces amitiés, Maupassant commença à collaborer à divers journaux: "Le Gaulois" et "Gil Blas" notamment. Cette activité de chroniqueur fut extrêmement importante. Maupassant n'a pas écrit moins de trois volumes de chroniques sur les sujets les plus divers: littérature, vie sociale, événements politiques. Ses écrits sur l'Algérie sont d'une grande perspicacité. Certaines des idées agitées dans ces pages furent assez souvent reprises dans les contes ou les romans, de sorte qu'on a pu dire à juste titre qu'elles constituaient un réel "laboratoire d'écriture".Cette expérience de la vie des salles de rédaction, il en tira profit dans "Bel-Ami" (1885). À cette époque, il pensait avoir une vocation de poète, dans laquelle Flaubert l'encourageait d'ailleurs, et les nombreux vers qu'il composa de 1872 à 1880 lui fournirent la matière de son premier livre, "Des vers" (1880), qui s'ouvre sur une fervente dédicace au maître de Croisset. Cette œuvre, délaissée en dehors de quelques morceaux d'anthologie ("Nuit de neige"), mérite cependant l'attention. Maupassant y apparaît comme l'un des rares, sinon le seul, représentant du naturalisme en poésie. En même temps, il se livrait à des essais de théâtre, représentés en privé dans sa propriété d'Étretat ou dans des salons parisiens amis. Même si ses œuvres, "La Paix du ménage", "Musotte", "Une répétition", "Histoire du temps" n'ont pas toujours rencontré le succès escompté, Maupassant a, sa vie durant, gardé un faible pour le genre dramatique. L'adaptation théâtrale, cinématographique ou audiovisuelle de plusieurs de ses nouvelles le prouve. Ce n'est guère que vers 1875 qu'il s'orienta vers la nouvelle. Il travailla d'abord pendant quelque temps à un roman historique, qui fut abandonné, puis, pendant l'été de 1879, au cours d'une réunion chez Maupassant, fut alors décidée la publication du fameux recueil des"Soirées de Médan" (1880), auquel il apporta sa nouvelle "Boule de Suif". Le grand succès de cette œuvre le décida à se mettre en congé du ministère, qu'il ne quittera officiellement, avec un soulagement immense, qu'en 1882, et, dèslors, jusqu'au moment où la maladie ne lui laissera plus de répit, il n'allait plus vivre que pour la rédaction de ses livres. "La vie si courte, si longue, devient parfois insupportable, elle se déroule, toujours pareille, avec la mort au bout. On naît, on grandit, on attend, puis on meurt. Adieu, tu ne reviendras point sur la terre".
"Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage ? L'œil. En lui, il y a l'âme, il y a l'homme qui pense, l'homme qui aime, l'homme qui rit, l'homme qui meurt, la conquête des femmes est la seule aventure exaltante dans la vie d’un homme". Devenu très rapidement un écrivain à la mode, il se vit alors sollicité par les salons, mais il leur résista farouchement, car il y avait en lui un profond dégoût de la vie mondaine qui lui a inspiré son roman "Notre cœur" ( 1890). Son travail n'était pas distrait par les passions. Il eut des liaisons, courtes, nombreuses, mais il n'a jamais rencontré un autre amour que l'amour physique, ou du moins, s'il exista, comme c'est vraisemblable, lui et ses amis prirent grand soin d'en masquer l'existence. Il fut, comme l'a dit Edmond de Goncourt, un "véritable homme de lettres", mais dans le meilleur sens du mot, dans sa plus totale exigence. Il refusait la réclame facile, il cachait sa vie, allait même jusqu'à interdire qu'on publiât des portraits de lui, s'indignait lorsqu'il voyait livrées à la curiosité publique les correspondances privées des grands écrivains, et tenait qu'un artiste digne de ce nom ne doit compter pour s'imposer que sur son œuvre. Les horloges du ministère de l’Instruction indiquent trois heures et demie. C’est un samedi après-midi comme un autre rue de Grenelle, ce huit mai 1880. Guy de Maupassant vient de prendre connaissance du télégramme qui lui est adressé: "Flaubert, frappé d'apoplexie, sans espoir, partons, six heures, venez si possible". Signé Commanvile. Quand Maupassant arrive à Croisset avec les Commanville, Flaubert est mort. Il ne s’est pas vu partir. Il se réjouissait d’achever "Bouvard et Pécuchet", de prendre le train pour Paris le lendemain, plus que tout se réjouissait du succès de Maupassant. Son "chéri", son "fils" est accablé de chagrin. Il fait la toilette du mort, le coiffe, l’habille, le veille. L’enterrement a lieu le onze mai. C’est un mardi et il fait beau. Goncourt et Zola, Daudet et Charpentier sont venus. Commanville joue les vautours, songe à l’argent qu’on peut tirer des œuvres du défunt. La messe est dite dans l’église de Canteleu. Muni de son viatique pour l’au-delà, Flaubert descend dans la fosse au cimetière monumental de Rouen. Sous le soleil de la mi-journée, on distingue Catulle Mendès, Théodore de Banville, François Coppée, Céard, Hennique, Huysmans. Alexis Tourgueniev se trouve en Russie et Renan, malade, n’a pu faire le voyage. Hugo et Dumas n’ont pas ces excuses. L’inhumation pourrait être une page de Flaubert. Quatre fossoyeurs doivent agrandir le trou, trop petit pour le cercueil du grand homme. Laure, en Corse pour se refaire une santé, passe deux jours à pleurer. Celui qui ne craignait pas de le sermonner n'est plus: "Il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que cela. J'arrive à vous soupçonner d'être légèrement caleux. Trop de putains, trop de canotage, trop d'exercice. Monsieur, le civilisé n'a pas tant besoin de locomotion que prétendent les médecins. Vous êtes né pour faire des vers, faites-en ! Tout le reste est vain, à commencer par vos plaisirs et votre santé. Foutez-vous cela dans la boule".
"La vie si courte, si longue, devient parfois insupportable. Elle se déroule, toujours pareille, avec la mort au bout. On ne peut ni l’arrêter, ni la changer, ni la comprendre. Et très souvent une révolte indignée vous saisit devant l’impuissance de notre effort. Quoi que nous fassions, nous mourrons. Quoi que nous croyions, quoi que nous pensions, quoi que nous tentions, nous mourrons". À cette occasion, il écrit un peu plus tard: "Ces coups-là nous meurtrissent l'esprit et y laissent une souffrance continue qui demeure en toutes nos pensées. Je sens en ce moment d'une façon aiguë l'inutilité de vivre, la stérilité de tout effort, la hideuse monotonie des évènements et des choses et cet isolement moral dans lequel nous vivons tous, mais dont je souffrais moins quand je pouvais causer avec lui". Il resta fidèle avec intransigeance à l'éthique littéraire de son maître Gustave Flaubert, alors que commençait sa véritable carrière. Celle-ci fut alors d'une fécondité prodigieuse. En dix ans, de 1880 à 1890, Maupassant publia régulièrement trois, et parfois quatre et cinq volumes chaque année, au total six romans, seize volumes de nouvelles, livres de voyage et de très nombreux articles dans les journaux et les revues. Le sens des affaires joint à son talent lui apporte la richesse. Voyant le succès obtenu par "Boule de Suif", il avait immédiatement abandonné ses projets de poèmes et, puisant soit dans les souvenirs de son enfance normande, soit dans ses premières expériences de la vie parisienne, utilisant souvent avec une féroce exactitude des faits divers qui lui avaient été contés par des amis d'Étretat, d'Yvetot ou de Fécamp, il écrivit les huit nouvelles qui parurent en 1881 avec "La Maison Tellier". Le succès fut immense et, l'année suivante, Maupassant écrivait "Mademoiselle Fifi" (1882), inspirée comme "Boule de Suif" par la guerre de 1870. À l'inspiration normande, dominante chez Maupassant jusqu'à1885, se rattachent en particulier: "Une vie" (1883), qui fut son premier roman, "Les Contes de la bécasse" (1883), "Clair de lune" (1884), "Les Sœurs Rondoli" ( 1884) et "La Bête à Maît'Belhomme" ( 1886). Parmi son abondante production, dans ces années de maturité pendant lesquelles l'auteur jouissait encore de toute sa santé, il faut également citer: "Mon oncle Jules" (1884), "Miss Hariett", "Les Contes du jour et de la nuit" (1885), "Yvette" (1885), "Toine" (1885), "Bel-Ami"(1885), "Monsieur Parent" (1885), "La Petite Roque" (1886), "Pierre et Jean" (1888), ainsi que "La Main gauche" (1889).
"On naît, on grandit, on est heureux, on attend, puis on meurt. Adieu ! homme ou femme, tu ne reviendras point sur la terre. Et pourtant chacun porte en soi le désir fiévreux et irréalisable de l'éternité, chacun est une sorte d'univers dans l'univers, et chacun s'anéantit bientôt complètement dans le fumier des germes nouveaux". Maupassant était maintenant célèbre. Sans transiger en rien avec son idéal littéraire, il avait toujours pensé qu'il était juste que son œuvre lui apportât l'aisance et même la richesse. Il surveillait de très près ses droits d'auteur, les bénéfices de ses traductions, les chiffres de tirage des rééditions, et bientôt fut à la tête d'une des plus grandes fortunes du monde littéraire de l'époque. Toujours attiré par sa terre natale, il se fit construire à Étretat une jolie villa et venait très souvent en Normandie, soit pour travailler dans un isolement farouche, soit pour chasser. C'était chez lui une passion dont on trouve les échos dans "Les Contes dela bécasse". Poussé par un mystérieux besoin de fuite augmentant avec les années et où l'on peut voir un des premiers signes de sa maladie mentale, il entreprit également des voyages plus lointains en Corse (1880), en Algérie (1881), en Bretagne (1882), en Italie et en Sicile (1885), en Angleterre (1886), en Tunisie (1888), dont il rapporta de passionnantes impressions recueillies dans les volumes intitulés "Au soleil" (1884), "Sur l'eau" (1888) et" La Vie errante" (1890). Enfin, un séjour en Auvergne, à l'occasion d'une cure, pendant l'été 1885, lui donna le cadre de son roman "Mont-Oriol" (1887). En 1884, il vit alors une liaison avec la comtesse Emmanuela Potocka, une mondaine riche, belle et spirituelle. Il fait une croisière sur son yacht privé, nommé "Bel-Ami", d’après son roman de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay, Saint-Raphaël et Saint-Tropez lui inspire "Sur l'eau". Il y aura également un "Bel-Ami II" à bord duquel il visite alors la côte italienne, la Sicile, navigue d'Alger à Tunis puis vers Kairouan. Il retrace son périple dans "La Vie errante". Une plaque, toujours existante, apposée sur le môle, par les amis de l'auteur commémore le court séjour de Maupassant à Portofino. L'écrivain jette alors ses dernières forces dans l'écriture. En mars 1888, il entame la rédaction de "Fort comme la mort" qui sera publié en 1889. Le titre de l'œuvre est tiré du Cantique des cantiques: "L’amour est fort comme la mort, et la jalousie est dure comme le sépulcre". Le soir du six mars 1889, Maupassant dine chez la princesse Mathilde. Il y croise le docteur Blanche ainsi qu'Edmond de Goncourt, leurs rapports restent distants. En août 1889, Hervé de Maupassant est de nouveau interné à l'asile de Lyon-Bron. La vie de Maupassant est toujours plus handicapée par ses troubles visuels. Durant ses dernières années, se développent alors en lui un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort et une certaine paranoïa, dus à une probable prédisposition familiale, sa mère étant dépressive et son frère mort fou, mais surtout à la syphilis, contractée pendant ses jeunes années. Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et mental ne cesse de se dégrader, et ses nombreuses consultations et cures à Plombières-les-Bains, Aix-les-Bains ou Gérardmer n'y changent rien. Après avoir caressé quelques espoirs de guérison, Guy de Maupassant, vers la fin de l'année 1891, se rendit compte qu'il allait inéluctablement vers la folie. Dans la nuit du premier au deux janvier 1892, après avoir rendu visite à sa mère établie à Nice depuis plusieurs années, il s'ouvrit la gorge avec un coupe-papier en métal, mais ne se fit alors qu'une blessure sans gravité. Laure de Maupassant consulta le psychiatre Émile Blanche, qui jugea nécessaire de faire rapatrier l’écrivain à Paris pour l’interner, à Passy.
"L'âme a la couleur du regard. L'âme bleue seule porte en elle du rêve, elle a pris son azur aux flots et à l'espace. Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans la réalité inexplorée qui semble un rêve. On pleure les illusions avec autant de tristesse que les morts". La clinique du docteur Blanche, établissement de grand renom, est située au dix-sept, rue Berton, dans l’ancien hôtel particulier de la princesse de Lamballe, à Passy. Dans la rue, des journalistes attendent, font le siège pour savoir ce qu’est devenu Maupassant, ce romancier célèbre jusqu’en Russie. C’est une rue pavée, paisible, au charme provincial. De l’autre côté se trouve une des entrées de la maison où vécut Balzac, qui mourut treize jours après la naissance d’un petit garçon pourvu d’une tête ronde comme une pomme. Le petit garçon devint l’un des écrivains les plus célèbres du siècle sous le nom de Guy de Maupassant. Maupassant fit son œuvre en dix ans et, rongé par la syphilis, devint l’ombre de lui-même. C’est une histoire brève, implacable comme ses nouvelles. On l'interne à Paris, le sept janvier, dans la chambre quinze, qui sera désormais son seul univers. Il meurt de paralysie générale un mois avant son quarante-troisième anniversaire, après dix-huit mois d’inconscience presque totale, le six juillet 1893, à onze heures quarante-cinq du matin. Sur l’acte de décès figure la mention "né à Sotteville, près d’Yvetot", ce qui ouvre alors la polémique sur son lieu de naissance. Le huit juillet, les obsèques ont lieu à l'église Saint-Pierre-de-Chaillot à Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris. Émile Zola prononce l'oraison funèbre: "Je ne veux pas dire que sa gloire avait vraiment besoin de cette fin tragique, d'un retentissement profond dans les intelligences, mais son souvenir, depuis qu'il a souffert de cette passion affreuse de la douleur et de la mort, a pris en nous je ne sais quelle majesté souverainement triste qui le hausse à la légende des martyrs de la pensée". Quelques jours après l'enterrement, Émile Zola propose alors à la Société des gens de lettres d'élever un monument à sa mémoire. Le monument fut inauguré le vingt-cinq octobre 1897 au parc Monceau. En 1891,Guy de Maupassant avait confié à José-Maria de Heredia: "Je suis entré dans la littérature comme un météore, j’en sortirai comme un coup de foudre". Maître français incontesté de la nouvelle, pour rester fidèle à l'idéal d'attachement intransigeant à la réalité, il ne s'est pas encombré, comme Émile Zola, d'aspirations sociales humanistes. Chantre de la sensation, il s'apparente souvent aux impressionnistes, à Claude Monet notamment, qu'il avait vu peindre du côté d'Étretat et qu'il évoque dans une de ses chroniques. Disciple de Flaubert, il est exigeant sur son style qu'il veut d'une telle simplicité qu'on a pu la confondre avec de la platitude ou de la banalité. C'est que, par une rhétorique savante, toute d'illusion, Maupassant sait rendre la grisaille dont s'enveloppe souvent la vie humaine. Il sait ainsi en peindre les pulsions irraisonnées, inquiétantes, les déviations, les courts bonheurs comme les grandes misères. Il sait dire surtout qu'il n'existe pas, à ses yeux, ni espoir, ni d'au-delà pour l'homme. Pessimiste, Maupassant ? Sur le genre humain, incontestablement. Soucieux de sa santé, de l'état de ses finances, de sa famille en détresse, mais pas malheureux.
"Il faut être, en effet, bien fou, bien audacieux, bien outrecuidant ou bien sot, pour écrire encore aujourd'hui. Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût diffèrent, créent autant de vérités qu'il y a d'hommes sur la terre. J'aime la chair des femmes, du même amour que j'aime l'herbe, les rivières, la mer". Maupassant était un homme naturel, charnel, presque solaire, acharné dans son travail et dans sa quête de l'autre. On l'a décrit souvent comme excessivement solitaire. Pourtant, il était plutôt sociable et bon vivant. Il faisait partie du cercle de Médan, aimait à canoter sur la Seine avec de jolies filles, fréquentait les dîners parisiens, recevait beaucoup dans sa villa "La Guillette" à Etretat. C'était un ami fidèle, chérissant toujours son maître Flaubert, sorte de substitut d'un père absent. Mais il n'était pas très expansif, restait discret en société, écoutait et observait. Pour nourrir ses œuvres, sans doute. En réalité, c'était un homme qui travaillait beaucoup, qui avait besoin de s'abstraire souvent de la société pour écrire. Maupassant n'était pas dément. Du moins jusqu'à son internement, qui le conduisit en dix-huit mois de la paralysie à la mort et correspondit à la phase finale de la maladie contractée très jeune, la syphilis. Le diagnostic tomba en 1877, alors qu'il n'avait que vingt-sept ans. Les médecins étant alors complètement désarmés face à cette infection sexuellement transmissible inguérissable, Maupassant fit contre mauvaise fortune bon cœur, essaya d'oublier son mal, perdit quasiment la vue, mais nullement ses esprits. Les dépressions de son oncle Alfred, l'ami de Flaubert, et de sa mère, Laure, l'internement de son frère, Hervé. On a trop vite fait le lien entre ces drames familiaux et la santé de Maupassant. De même, ce n'est pas parce qu'il écrivit sur la folie dans certains de ses contes, comme "Le Horla", qu'il en était lui-même atteint. Pendants du réalisme, le fantastique et les dérèglements de l'esprit étaient pour lui, seulement une matière littéraire. Rien de plus calculé que ce récit. S’il en était encore besoin, la ferme et belle écriture du manuscrit du second “Horla” visible à la Bibliothèque Nationale, est une preuve de plus que cette narration n’est pas faite par un écrivain en état de folie. La syphilis avec l’absinthe et ses ravages, était la maladie du siècle. Artistes, écrivains, tous ou presque en étaient alors atteints. Maupassant fanfaronne, comme pour exorciser une mort qu’il sait inéluctable. C’est déjà l’esquisse de l’idée maîtresse qui habite l’œuvre en devenir, le pessimisme comme antidote du désespoir, s’attendre toujours au pire pour n’être jamais déçu et dont le romancier accusera la noirceur jusqu’à ses derniers écrits. On trouve alors là l’influence schopenhauerienne. Et cette propension au catastrophisme, qui a exalté la lucidité et le talent de cet écrivain hors pair, a également inspiré les toiles fulminantes d’un Van Gogh. Le déclin de sa santé mentale, avant même l’âge de trente ans, le porte à s’intéresser aux thèmes de l'angoisse et de la folie. Passant du réalisme au fantastique, il refuse toutes les doctrines littéraires. Comptant parmi les écrivains majeurs du XIXème siècle, il se rattache à une tradition classique de mesure et d’équilibre et s'exprime dans un style limpide, sobre et moderne. L’influence de Flaubert a été déterminante quant à sa vocation. Elle est aussi très grande à travers la vision et l’approche désabusée du monde, caractéristique de l’aîné et que son cadet lui emprunte alors. Flaubert révèle à Maupassant les ridicules de la société bourgeoise contemporaine, devant lesquels l’artiste n’a d’autre choix que d’observer et de raconter, d’être celui "qui fouille et creuse le vrai tant qu’il peut". Dès lors, son pessimisme apparaît lié à sa méthode comme écrivain, tout en reflétant les mouvements de sa conscience. Dans son œuvre, le panorama de la détresse humaine se transforme à mesure qu'il appréhende alors sa propre capacité à comprendre ses semblables, à les dénoncer ou à leur pardonner.
"Les sentiments sont des rêves dont les sensations sont les réalités. Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout. C'est par l'écriture toujours qu'on pénètre le mieux les gens. La parole éblouit et trompe parce qu'elle est mimée par le visage, parce qu'on la voit sortir des lèvres, et que les lèvres plaisent et que les yeux séduisent. Mais les mots noirs sur le papier blanc, c'est l'âme toute nue". L’ensemble de son œuvre romanesque se présente comme une fable tragique sur le temps, comme une mise en intrigue des ravages de celui qui est, pour Maupassant comme pour Baudelaire, l’"Ennemi" par excellence. De la chronologie intime et quasi linéaire d’"Une vie", où l’histoire privée tend à se substituer à l’histoire collective, aux derniers romans, où l’analyse psychologique s’accompagne d’une critique biaisée de la mondanité, en passant par ces deux romans de conquête que sont "Bel-Ami" et "Mont-Oriol", situés pour leur part dans une actualité récente et parfois brûlante, Maupassant ne cesse de s’interroger sur la distance qu’il convient alors de prendre avec le temps de l’histoire. Même lorsque celle-ci apparaît très en retrait, notamment par rapport aux modèles balzacien puis zolien, elle fait toujours l’objet d’une mise en question implicite, soulignant le passage d’une force dynamique à une fatalité écrasante où prédomine le retour du même. Mais c’est d’un poids bien plus lourd encore que pèse le passé dans ses romans. En lui se matérialise ainsi tragiquement le sentiment d’une perte fatale, prenant la forme du regret ou de l’assimilation nostalgique du maintenant au jadis."Une vie" se termine, il ne finit pas. Avec l’image de Jeanne tenant dans ses bras "la fille de son fils", la vie, de toute évidence, continue. L’émotion exubérante de l’héroïne et la parole mémorable pleine de bon sens de la domestique promue au rang de sa maîtresse ont de quoi satisfaire le lecteur sentimental comme celui qui attend du roman un enseignement moral. Le contentement exprimé par Jeanne signe assurément l’accomplissement du contrat narratif mais l’œuvre reste ouverte. Il serait vain de prétendre conclure. Les romans de Maupassant sont longtemps restés dans l’ombre des récits courts, contes ou nouvelles. Admirés par les écrivains et par un vaste public, ceux-ci ont même réussi à se frayer une voie au sein de la critique savante, acquérant ainsi le rare privilège de plaire au plus grand nombre tout en satisfaisant le lecteur érudit. Les multiples adaptations cinématographiques qu’ils ont suscitées, en France comme à l’étranger, et une large pénétration du domaine scolaire ont contribué à accroître leur popularité ainsi que le renom de Maupassant nouvelliste. Le romancier demeure plus secret, comme lui avait enseigné Flaubert, l'ultime ambition de l'auteur est l’effacement de sa personne au bénéfice de son œuvre.
Bibliographie et références:
- Pierre Bayard, "Maupassant, juste avant Freud"
- Mariane Bury, "La poétique de Maupassant"
- Philippe Bonnefis, "Comme Maupassant"
- Gérard Delaisement, "La modernité de Maupassant"
- Pierre Borel, "Le vrai Maupassant"
- Léon Gistucci, "Le pessimisme de Maupassant"
- Algirdas Julien Greimas, "Maupassant, la sémiotique du texte"
- Gisèle d'Estoc, "Cahier d'amour, suivi de Guy de Maupassant"
- Jacques-Louis Douchin, "La vie érotique de Guy de Maupassant"
- Laurent Dubreuil, "De l’attrait à la possession, Maupassant"
- Marlo Johnston, "Guy de Maupassant"
- Frédéric Martinez, "La vie de Maupassant"
- Fabrice Thumerel, "Les romans de Maupassant"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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L'attachement est ce fil discret qui relie les êtres : parfois tendre, parfois tendu, toujours décisif. Il façonne nos rituels, nos appels à l'autre, nos peurs et nos sécurités. Dans le BDSM — et tout particulièrement dans la dynamique Maître/Esclave — ce fil prend une texture particulière : rituels, titres, délégations et asymétries de pouvoir qui peuvent offrir une sécurité profonde, nourrir une identité relationnelle forte, ou, s’ils sont mal gérés, ouvrir la voie à une dépendance affective problématique. Cet "article" tente de décrire l’attachement ordinaire,d' expliquer comment il s’incarne dans le BDSM et d' explorer la dépendance affective — surtout volontaire — ses mécanismes, ses bénéfices possibles et ses risques.
L’attachement dans la vie quotidienne
Au fond, l’attachement, c’est la recherche d’une présence fiable. Dès l’enfance, nos premières relations marquent des voies intérieures qui guident nos façons d’aimer et de nous protéger. À l’âge adulte, cela se manifeste par la manière dont nous demandons du réconfort, gérons la colère, ou évitons la proximité.
Trois couleurs reviennent souvent :
Le lien sûr : on peut demander de l’aide et en recevoir ; les conflits se règlent, la confiance permet la réparation.
L’attachement anxieux : besoin de preuves d’amour constantes, peur de l’abandon, recherche d’assurances.
L’attachement évitant : primauté de l’autonomie, retrait émotionnel, difficulté à montrer ses besoins.
Ces styles ne sont pas déterministes : la qualité d’une relation, ses rituels et sa constance peuvent transformer des réponses maladaptées en sécurité partagée. Les petits gestes du quotidien — une parole rassurante, une réparation après une dispute, une présence quand il le faut — cimentent ou fissurent la confiance. Même hors BDSM, le pouvoir circule : celui qui rassure devient base sûre et influence l’équilibre relationnel.
Pourquoi le BDSM éclaire l’attachement
Le BDSM manifeste et ritualise des éléments que d’autres relations laissent en coulisses : protocole, titre, tenue, safeword, cérémonie. Ces dispositifs rendent explicites des asymétries de pouvoir et dessinent des cadres où la vulnérabilité peut être explorée en sécurité. Quand ces codes sont clairs et respectés, l’asymétrie devient prévisibilité ; et la prévisibilité, à son tour, nourrit la sécurité affective. Pour beaucoup, le Maître fiable — prévisible, attentif, responsable — fonctionne comme une base sûre : le soumis sait qu’il peut abdiquer une part de contrôle sans crainte de destruction.
Rituels et micro-pratiques : la trame du lien
Les rituels — salutations codifiées, demandes de permission, tenues, protocoles domestiques — jouent un rôle structurant. Ils transforment l’exceptionnel en habituel, réduisent l’ambiguïté et renforcent l’appartenance. Ces micro-pratiques donnent du sens et produisent, au fil du temps, une identité relationnelle partagée. Pour beaucoup d’acteurs, ces routines sont apaisantes : elles organisent le quotidien, cadrent les attentes et matérialisent la reconnaissance.
La dépendance affective : entre choix et glissement
La dépendance affective désigne, sur un continuum, la situation où un partenaire devient crucial au point que son absence menace fortement le bien-être de l’autre. Dans le BDSM, et surtout en Maître/Esclave, cette dépendance est souvent voulue : le soumis choisit de déléguer, d’abandonner des droits, de confier des pans de son autonomie. Cette dépendance volontaire peut être profondément enrichissante, mais elle naît et progresse par étapes qu’il est utile de connaître.
Comment la dépendance volontaire se construit
La trajectoire fréquente est progressive :
Choix initial et séduction : une décision consciente d’entrer dans la dynamique, soutenue par attention, soin et rituelisation.
Négociation des contours : règles, limites et protocoles sont posés (idéalement) clairement.
Pratique répétée : routines qui installent des automatismes et consolident le rôle.
Délégation cumulative : petites remises de décision (« je gère pour toi ») qui, accumulées, réduisent la nécessité de choisir.
Intégration identitaire : le rôle se confond avec une part importante du soi relationnel.
Centralisation affective : la relation devient la source principale d’approbation et d’appui.
Mécanismes psychologiques positifs de la dépendance volontaire
Soulagement décisionnel : déléguer allège la fatigue des choix constants et libère de l’énergie pour d’autres projets.
Sens et appartenance : être esclave offre une place nette, une reconnaissance qui structure l’identité.
Co‑régulation : le Maître, par sa constance, aide à stabiliser les affects du soumis.
Croissance personnelle : discipline, service et limites choisies peuvent favoriser l’évolution personnelle.
Catharsis et transformation : la contrainte consentie, la douleur ritualisée ou l’humiliation choisie permettent parfois une libération émotionnelle et une compréhension renouvelée de soi.
Distinction fondamentale : dépendance choisie vs dépossession
La dépendance volontaire est distincte de la dépossession quand :
Le consentement est réel, éclairé.
Le soumis conserve la possibilité pratique et psychologique de s'exprimer et particper aux réajustements si nécessaires.
Le Maître assume une responsabilité morale claire et maintient l’autonomie de base du soumis.
Quand ces conditions sont réunies, la dépendance n’est pas une privation de droits mais une redistribution volontaire de la charge relationnelle, souvent vécue comme libératrice.
Signes d’alerte et moments où intervenir
Même volontaire, la dépendance peut virer au nocif si la réversibilité disparaît. Signes à surveiller :
Incapacité croissante à décider sans l’accord du Maître.
Réduction notable des contacts sociaux et des activités extérieures.
Peur disproportionnée de la séparation.
Acceptation passive de demandes toujours plus intrusives.
Confusion persistante à propos du consentement ; difficulté à dire non.
Dépendance matérielle rendant tout départ difficile.
Risques, mais en perspective
Il faut reconnaître les risques réels — perte d’autonomie, troubles psychiques, exploitation — sans réduire la dépendance volontaire à un simple piège. Dans les relations saines, ces risques sont atténués par des pratiques responsables : négociation claire, maintien d’autonomie, check‑ins réguliers, procédures de sortie et transparence des ressources. Le danger survient surtout quand la capacité de retrait devient illusoire ou quand des vulnérabilités non résolues sont exploitées.
La responsabilité du Maître : éthique et soin
La dépendance volontaire repose fortement sur la posture du Maître. Un Maître sain assume plusieurs obligations implicites :
Vigilance active : surveiller l’état émotionnel et le bien‑être du soumis, pas seulement la scène.
Transparence et constance : tenir parole, expliquer les décisions, être prévisible.
Protection de l’autonomie : encourager travail, amis, ressources indépendantes.
Réparations : reconnaître les erreurs et réparer, sans minimiser le vécu du soumis. Il est plus difficle de reconnaitre ses erreurs que de les nier.
De meme, un Maitre n'oublie jamais qu'il prend avant tout des responsbilités et ne fait pas que prendre de sa soumise, son esclave..
Rituels, sacralisation et sens
Les rituels donnent épaisseur au lien. Saluer selon une formule, demander la permission, revêtir un symbole : ces actes sacralisent la relation. Ils sont moins des performances que des marques répétées d’appartenance et d’identité, nourrissant la dépendance volontaire en la rendant signifiante.
Prévenir la dérive : pratiques concrètes
Pour que la dépendance choisie reste choisie :
Revoir les accords et les ajuster si nécessaire.
Maintenir des ressources indépendantes : emploi, logement, réseaux.
Mettre en place des check‑ins émotionnels routiniers.
Éviter la capture économique : transparence et accès à moyens de subsistance indépendants.
Encourager le soutien externe : amis, pairs de confiance, ou, le cas échéant, à des thérapeuthes.
Que faire si la dépendance est installée et problématique?
Agir requiert prudence :
Évaluer la sécurité immédiate et les ressources disponibles.
Construire un plan pratique pour l’autonomie (hébergement, finances, documents).
Rechercher aide professionnelle (thérapie, services sociaux).
Réintroduire progressivement la prise de décisions quotidiennes.
Si possible, négocier une médiation pour redéfinir le cadre ; sinon, préparer une sortie sécurisée.
Accompagner le travail psychothérapeutique sur l’estime, le trauma et la réaffirmation des limites.
La dépendance volontaire comme paradoxe vivant
Pour beaucoup, la dépendance volontaire est paradoxalement une forme d’affirmation de soi : choisir d’abandonner, c’est parfois affirmer une préférence profonde, une voie vers l’apaisement. Mais ce même choix demande vigilance — s’assurer qu’il reste possible de dire non, d’explorer d’autres manières d’être, de se réapproprier des pans de sa vie. La mise en récit personnel — raconter son parcours, le questionner — aide souvent à distinguer donation consciente et effacement.
Conclusion
L’attachement peut être source de sécurité, de sens et de transformation. Dans le BDSM, les rituels, les titres et les délégations offrent une forme puissante de structure relationnelle : pour beaucoup, la dépendance volontaire est un choix éclairé qui libère et permet l’épanouissement. La clé est la responsabilité — celle du Maître qui protège et ne possède pas ; celle du soumis dont le consentement reste vivant ; et celle des deux pour entretenir un contrat relationnel vivant, révisable et sûr. Les garde‑fous ne sont pas des dépréciations de la dépendance choisie, mais ses garanties : ils permettent que la dépendance reste ce qu’elle prétend être — un don consenti, réversible et porteur de sens...
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"Il s'agit d'une noce, sans doute, se dit Augustin. Mais ce sont les enfants qui font la loi, ici ?, bien étrange domaine ! Mais quelqu'un est venu qui m'a enlevé tous ces plaisirs d'enfant paisible. Quelqu'un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas du soir. Quelqu'un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes vitrées. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes, que les autres élèves appelèrent bientôt le grand Meaulnes". Aux confins de la Sologne et du Berry, dans une France rurale où, en cette fin du XIXème siècle, le temps semble suspendu. C'est là que naît Henri Alban Fournier, dit Alain-Fournier, écrivain méconnu d'un roman célèbre, compagnon de route effacé de son propre personnage: Meaulnes. La première fois que, à dix-neuf ans, il signe Alain-Fournier, l'écrivain mûrit déjà l'œuvre qui lui obtiendra la postérité, ce "Grand Meaulnes" qui le place parmi les écrivains français les plus lus du XXème siècle. Être lu presque comme un anonyme, telle semble devoir être la gloire posthume d'Alain-Fournier. Sa vie est assez mal connue. La faute, sans doute, à sa brièveté. Alain-Fournier tombe au champ d'honneur le vingt-deux septembre 1914 à Saint-Rémy-la-Calonne, âgé de vingt-sept ans. L'œuvre, quant à elle, continue de vivre, en même temps qu'elle semble effacer l'homme qui l'a écrite. À travers elle, il nous est pourtant donné de retrouver quelques traces d'un passé, celui de François Seurel et d'Augustin Meaulnes, qui fut aussi le passé d'Alain-Fournier. Enfance dans le Berry, promenades à la campagne, boulimie de lecture, cours de catéchisme, amitié indéfectible en la personne de Jacques Rivière. La vie de l'auteur résonne d'étranges échos avec les pages du "Grand Meaulnes", tout en nous racontant une autre histoire, celle d'Alain-Fournier, protagoniste attachant s'il en fut, jeune homme rêveur, amoureux mélancolique, victime de la grande guerre. "Quelque chose désespérément me réclame et toutes les routes m'en séparent". Alain-Fournier et Augustin Meaulnes, le héros du "Grand Meaulnes", se rejoignent dans cette phrase. Les analogies entre la vie de celui qui prit, en 1907, le pseudonyme d'Alain-Fournier et son roman sont manifestes: La Chapelle-d'Angillon et les paysages du Cher, les parents instituteurs, la rencontre avec Yvonne de Galais, une liaison avec Jeanne, modiste comme Valentine est couturière, la deuxième rencontre, huit ans plus tard, avec Yvonne. Ce sont les traces de ce que son ami, beau-frère et correspondant Jacques Rivière nomme une "conception littéraire". "Je sais bien", lui dit-il, évoquant Claudel qui, avec Gide et Laforgue, forma Alain-Fournier, "que tu penses toujours à: nous ne séparerons pas la vie d'avec l'art". C'est qu'Alain Fournier "n'est pas d'ici, il est de l'attente, attente-souvenir de l'amour, attente de lui-même".
"La plupart du temps, nous mourons de faiblesse, nous ne mourons de ne rien oser. Mais un homme qui a fait une fois un bond dans le paradis, comment pourrait-il s'accommoder alors ensuite de l'existence de tout le monde ? Voilà donc ce que nous réservait ce beau matin de rentrée, ce perfide soleil d’automne qui glisse sous les branches. Comment lutterais-je contre cette affreuse révolte, cette suffocante montée de larmes. Nous avions retrouvé la belle jeune fille. Nous l’avions conquise. Elle était la femme de mon compagnon et moi je l’aimais de cette amitié profonde et secrète qui ne se dit jamais". "Mais un homme qui a fait une fois un bond dans le paradis, comment pourrait-il s'accomoder ensuite de la vie de tout le monde ?". Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer qu'il était dans sa propre maison, marié, un beau soir". On a souvent destiné "Le Grand Meaulnes" aux écoliers, et bien sûr, on y retrouve avec bonheur, et toujours un peu d’étonnement, les sensations exactes de l’enfance, si bien attentives à "l’heure où l’on entend tirer de l’eau au puits et jouer les enfants rieurs dans les sentes fraîchies". À ce réalisme sobre, tout français parce que tout classique, Fournier a su mêler l’extraordinaire et l’étrangeté au point qu’un lecteur lui reprochera dans une lettre sa tendance "anglaise". Certains se plairont d’approuver l’exploitation du versant imaginatif de l’enfance, versant qui semble faire contrepoids à la dernière partie de l’ouvrage, aussi désenchantée que le veut l’immanquable passage à l’âge d’homme. Et pourtant la grâce du "Grand Meaulnes" réside alors toute dans ce fait que les valeurs de l’enfance y sont reconnues comme valeurs définitives. La fantaisie merveilleuse d’un "royal enfant en guenilles", où le rêve étreint la nostalgie des temps passés, ne se prolonge certes pas à l’âge adulte. Mais il en subsiste, intact, le principe, qui est ce "désir exaspéré d’aboutir à quelque chose et d’arriver quelque part". Meaulnes n’est pas victime de la déception mais du remords. Parce qu’il a "délibérément cru nécessaire un jour de faire comme les autres" alors qu’il était de la race "gauche et sauvage" de ceux qui sont bâtis pour l’absolu, il a connu "ce goût de terre et de mort" qui lui interdit désormais le "Pays perdu" où demeure Yvonne. Douloureusement tendu vers la pureté, ne renonçant à aucune des aspirations qui font le cœur de l’homme infini, Fournier nous laisse seulement une prière,"une supplication au bonheur de ne pas être trop cruel, un salut et comme un agenouillement devant le bonheur". Et de soupirer à un frère: "De tous les hommes, je suis le seul à connaître notre mal, qui est l’attente du jour". On sait ce que fut l’éblouissement de ce jour de juin 1905 où Fournier croisa Yvonne de Quiévrecourt sur les marches du Grand Palais : "Vous êtes venue, tout mon rêve au soleil, n’aurait jamais osé vous espérer si belle". À peine maquillé sous les traits d’Yvonne de Galais dans "Le Grand Meaulnes", le souvenir de celle avec laquelle il n’échangea que de rares paroles domine désormais le récit comme sa vie amoureuse, marquée ensuite par deux liaisons tumultueuses.
"Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s'asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un de ces gros livres rouges épars sur la table, il commença alors distraitement à lire". "Parfois, au bord de l’eau entourée de bois, nous rencontrions une maison dite de plaisance, isolée, perdue, qui ne voyait rien, du monde, que la rivière qui baignait ses pieds. Une jeune femme dont le visage pensif et les voiles élégants n'étaient pas de ce pays et qui sans doute était venue, selon l’expression populaire, "s'enterrer" là, goûter le plaisir amer de sentir que son nom, le nom surtout de celui dont elle n'avait pu garder le cœur, y était inconnu". "Notre aventure est finie. L'hiver de cette année est mort comme la tombe. Peut-être quand nous mourrons, peut-être la mort seule nous donnera la clef et la suite et la fin de cette aventure manquée". En 1914, à l'heure de la mobilisation, Henri Fournier écrit à sa sœur: "Je pars content". Le dix-neuf septembre, il envoie la dernière lettre à ses parents. Il s'ennuie et croit en une victoire rapide. Le vingt-deux septembre, il est tué au contact de l'ennemi dans le bois de Saint-Rémy sur les Hauts de Meuse. Pendant soixante-dix-sept ans, son corps restera introuvable, avant qu'on ne le déterre alors d'une fosse commune où l'avait jeté les allemands. À sa mort, Paul Léautaud, Paul Fort, Guy-Charles Cros et les critiques littéraires rendent hommage à l'écrivain du "Grand Meaulnes". Dans Le Figaro, Julien Benda salue cet "être de choix qu'on voudrait soustraire au danger". Jacques Rivière, à la fin de la guerre, s'en va même refaire les derniers pas de son ami dans le bois de Saint Rémy: "Tout le monde ne sait peut-être pas qu'il est assez dur de s'avancer tout vivant, au comble de sa force, entre les bras de la mort". Alain-Fournier fait partie des écrivains fauché par la mitraille de 1914, comme Louis Pergaud, Jean de La Ville de Mirmont ou Charles Péguy quelques jours avant lui. Péguy qui écrivait en juin 1911 à Henri Fournier: "Vous irez loin Fournier, vous vous souviendrez que c'est moi qui vous l'ai dit". Plus de cent ans après sa mort, intimement lié à son unique roman, l'auteur a traversé le siècle sans vieillir. "L'aventure est finie. L'automne est mort comme la tombe". Henri Alban Fournier nait le trois octobre 1886 à La Chapelle d'Angillon (Cher) dans la maison de ses grands-parents maternels Barthe. Il porte en deuxième prénom, à la suite de sa mère, un nom qui rappelle l'origine de son grand-père, né à Alban en Albigeois. Dernier descendant de la famille des marquis de Pujol de Saint-André de la Tapie, Matthieu Barthe, ancien berger, ancien soldat, ancien gendarme, a conservé alors son accent du midi et sa bonhommie du sud. Veuf, et beaucoup plus âgé qu'elle, il a épousé Adeline Blondeau, "la plus jolie fille du pays", berrichonne née à Sury aux Bois à quelques kilomètres de La Chapelle d'Angillon d'une famille de paysans. Ils n'eurent qu'une fille, Albanie, la mère d'Henri.
"Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s'approcha, se pendit à son bras et grimpa alors sur son genou pour regarder en même temps que lui, puis un autre en fit autant de l'autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Avec quel émoi Meaulnes se rappelait dans la suite cette minute où, sur le bord de l'étang, il avait eu très près du sien le visage désormais perdu de la jeune fille. Il avait regardé ce profil si pur, de tous ses yeux, jusqu'à ce qu'ils fussent près de s'emplir de larmes. Et il se rappelait avoir vu, comme un secret délicat qu'elle lui eût confié, un peu de poudre restée sur sa joue". "Ma mère avait commencé de préparer le repas. Je montais trois marches de l’escalier du grenier ; je m’asseyais sans rien dire et, la tête appuyée aux barreaux froids de la rampe, je la regardais allumer son feu dans l’étroite cuisine où vacillait la flamme d’une bougie. Mais quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. Quelqu’un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas du soir. Quelqu’un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes vitrées". Nous étions pourtant depuis dix ans dans ce pays lorsque Meaulnes arriva. J'avais quinze ans. C'était un froid dimanche de novembre, le premier jour d'automne qui fît songer à l'hiver.". Augustin Fournier, père d'Henri, est, quant à lui, né à Nançay, village de Sologne situé à une vingtaine de kilomètres de La Chapelle. Aîné de six enfants, Augustin, qu'on appelle Auguste, est instituteur et c'est au cours de son premier poste au Gué de la Pierre, hameau voisin de La Chapelle, qu'il rencontre sa future femme Albanie, elle aussi institutrice. La mère d'Augustin s'appelle Charpentier de son nom de jeune fille et c'est le nom que choisira Henri pour les grands-parents de François Seurel dans "Le Grand Meaulnes", même si le modèle en est ses grands-parents Barthe. Trois ans après la naissance d'Henri, naît sa sœur Isabelle. Souffrant d'une malformation de la hanche, elle restera très handicapée toute sa vie, et ce, malgré plusieurs opérations douloureuses subies alors qu'elle n'était pas encore adolescente. François Seurel, dans "Le Grand Meaulnes", est dit souffrir de coxalgie, une maladie des hanches, caractère très certainement inspiré par la situation physique de sa sœur. Les deux enfants sont très proches l'un de l'autre depuis leur plus tendre enfance: "Je puis bien dire que pendant mon enfance entière, et jusqu'au jour même où Jacques surgit à son côté, il fut le seul être présent pour moi au monde". Elle épousera même son meilleur ami, Jacques Rivière, en août 1910 et restera toute la vie d'Alain-Fournier sa plus grande confidente. Elle consacra le reste de sa propre vie à la mise en valeur de l'œuvre de son frère, malgré les nombreuses critiques et oppositions auxquelles elle dut faire face. Elle fut également romancière. "Il était là, dans son grand manteau, comme un chasseur, à demi penché, prêtant l’oreille".
"Il put imaginer longuement qu'il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c'était sa femme. Lorsqu'elle me tendit la main, pour partir, il y avait entre nous, plus clairement que si nous avions dit beaucoup de paroles, une entente secrète que la mort seule devait briser et une amitié plus pathétique qu'un grand amour. Je suis comme cette folle de Sainte Agathe, qui sortait à chaque minute sur le pas de la porte, regardait, mains sur les yeux, du côté de la gare, pour voir si son fils qui était mort ne venait pas.Tandis que l’heure avance, que ce jour-là va bientôt finir et que je le voudrais fini, il y a des hommes qui lui ont confié tout leur espoir, tout leur amour, leurs dernières forces. Il y a des hommes mourants, d’autres qui attendent une échéance, et qui voudraient que ce ne soit jamais demain. Il y en a d’autres pour qui demain pointera comme un remords. D’autres qui sont fatigués, et cette nuit ne sera jamais assez longue pour leur donner tout le repos qu’il faudrait. Et moi, moi qui ai perdu ma journée, de quel droit est-ce que j’ose appeler demain ? Je n’ai pas gardé d’autre souvenir que celui, à demi effacé déjà, d’un beau visage amaigri, de deux yeux dont les paupières s’abaissent lentement tandis qu’ils me regardent, comme pour déjà ne plus voir qu’un monde intérieur". À la naissance d'Henri, les Fournier sont nommés à Marçais dans le sud du département puis deux ans plus tard à Épineuil le Fleuriel. Le village, ainsi que la maison d'Épineuil serviront de décor et de cadre à la majeure partie de l'histoire du "Grand Meaulnes". À l'entrée de l'école, "une longue maison rouge aux cinq portes vitrées", il est écrit aujourd'hui: "C'est dans cette école où Alain-Fournier fut élève de 1891 à 1898 que naquit le personnage d'Augustin Meaulnes". Monsieur Lullier, qui fut instituteur depuis les années soixante dans cette école, avait consacré tout son temps libre à repérer les lieux décrits dans le roman, à retrouver les habitants du village encore vivants. Le trois octobre 1898, Henri, qui a douze ans, entre au lycée Voltaire à Paris pour y faire sa classe de sixième. Durant ces deux premières années à Paris, Henri est pensionnaire chez Madame Bijard, une ancienne ajointe de Mr Fournier à Épineuil et qui dirige un pensionnat de jeunes filles. "Paris que j'ai commencé par haïr d'une haine de paysan", écrira-t-il plus tard avant de partir à la découverte des trésors de Paris. Il est tout de même choyé par Madame Bijard, il collectionne tous les premiers prix. En 1901, sa logeuse ayant quitté ses cours, Henri est pensionnaire à Voltaire où il restera jusqu'à la fin de la quatrième. Se sentant isolé, il rêve de devenir marin, influencé par les histoires d'aventures de son père. Au terme de cette quatrième, Henri quitte alors le lycée Voltaire. À son arrivée à Brest, son avance est telle qu'il tente de passer directement de la quatrième à la seconde marine. Il prépare l'École navale et son admission au Borda, navire école. Mais la vie y est bien plus dure qu'à Voltaire et à cause de l'éloignement, il ne peut rentrer chez ses parents que pour les vacances de Pâques. Brest le marquera néanmoins et "Le Grand Meaulnes" doit à cette période d'être rempli d'images et d'allusions marines, alors même que Frantz de Galais est supposé aspirant de marine. De son Cher à la mer. "Il lui sembla bientôt que le vent lui portait le son d'une musique perdue".
"Lorsque j'ai découvert ce domaine sans nom, j'étais à une hauteur, à un degré de pureté que je n'atteindrai jamais plus. Parfois, au bord de l’eau entourée de bois, nous rencontrions une maison dite de plaisance, isolée, perdue, qui ne voyait rien, du monde, que la rivière qui baignait ses pieds". Au début de l'année1902, le jeune homme obtient alors du lycée de passer un baccalauréat anticipé qu'il réussit. À Noël, il rentre chez ses parents à La Chapelle d'Angillon et leur annonce qu'il ne retournera plus à Brest. Il va terminer ses études à Paris. Il entre en janvier au lycée Henri IV comme pensionnaire pour y faire sa philosophie puis à la fin du mois, quitte Paris pour Bourges où il entre comme pensionnaire au lycée portant aujourd'hui son nom. C'est à Bourges qu'il situera le personnage de Valentine dans "Le Grand Meaulnes" et au jardin de l'archevêché, les rendez-vous de la petite couturière avec Frantz. Et la mairie-école de La Chapelle d'Angillon, logement de fonction de ses parents, est décrite comme la maison d'Augustin Meaulnes. En octobre 1903, Henri entre au lycée Lakanal pour y préparer l'entrée à l'École Normale Supérieure. Le Lycée Lakanal est le lycée parisien qui accueille beaucoup de jeunes hommes provinciaux dont le dossier scolaire leur permette de prétendre à passer ainsi le concours. Jacques Rivière qui vient de Bordeaux, est dans la classe d'Henri. Ils ne s'entendent pas du tout. Mais un jour à l'occasion de la lecture par leur professeur d'un poème d'Henri de Régnier, "Tel qu'en songe", "ils perçoivent cette voix comme à l'avance dirigée vers notre cœur que tout à coup Henri de Régnier nous fit entendre. Nous fûmes bouleversés d'un enthousiasme si pareil que notre amitié en fut brusquement portée à son comble". Jacques restera à Lakanal jusqu'à la fin de l'année scolaire 1905 et échouera au concours. Henri y demeurera un an de plus. Il ne se présente pas en 1905 ne se jugeant pas prêt. Il ne sera pas plus chanceux l'année suivante même s'il réussit l'écrit. Après leur rencontre si forte, plus que le programme de l'École, c'est l'art et la littérature qui les intéressent et qui les poussent chaque dimanche à courir dans Paris à tous les concerts, toutes les expositions et à fouiller les libraires, les revendeurs des quais pour y trouver des livres. Lorsqu'ils seront séparés après le retour de Jacques à Bordeaux en 1906, ils échangeront une immense correspondance qui est un monument pour la connaissance de leur temps, permettant de suivre pas à pas leur évolution en tant qu'écrivains. Une amitié très fertile.
"Pas dans la vie, mais dans la mort seulement, comme je te l'écrivais, je retrouverai peut-être la beauté de ce temps-là. Et je la regardais, revenant de quelque promenade sur un chemin où elle savait qu'il ne passerait pas, ôter de ses mains résignées de longs gants d'une grâce inutile. Une jeune femme dont le visage pensif et les voiles élégants n'étaient pas de ce pays et qui sans doute était venue, selon l’expression populaire, s'enterrer là, goûter le plaisir amer de sentir que son nom, le nom surtout de celui dont elle n'avait pu garder le cœur, y était inconnu, s'encadrait dans la fenêtre qui ne lui laissait pas regarder plus loin que la barque amarrée près de la porte". "Et nous jurâmes, car, enfants que nous étions, tout ce qui était plus solennel et plus sérieux que nature nous séduisait. Aucun bruit du dehors n’arrive plus maintenant jusqu’aux jeunes gens. Il y a tout juste une branche de rosier sans feuilles qui cogne la vitre, du côté de la lande. Comme deux passagers dans un bateau à la dérive, ils sont, dans le grand vent d’hiver, deux amants enfermés avec le bonheur". Le printemps 1905 marquera à jamais la vie ainsi que l'œuvre d'Alain-Fournier. En effet, le premier juin, Henri rencontre une jeune fille à la sortie du salon de la nationale au Grand Palais. Subjugué par sa beauté, il la suit d'abord à pied, puis sur un bateau mouche jusque devant sa maison, boulevard Saint-Germain. Il écrit ensuite fiévreusement sur un carnet les premières lignes qu'il transposera textuellement dans son récit de la rencontre avec Yvonne de Galais. Les jours suivants: "Je suis revenu alors guetter, attendre sous ses fenêtres", raconte-t-il à sa sœur. "Le samedi soir, veille de la Pentecôte, par une averse éclatante, habillée de noir, un livre à la main, elle a soulevé le rideau, et elle a souri de me retrouver-là. Le lendemain matin, dimanche de la Pentecôte, je me suis mis en uniforme. Je ne veux pas lui mentir; elle doit savoir que je ne suis encore qu'un collégien". Lorsque la jeune fille sort de chez elle pour aller à la messe de Pentecôte, Henri lui murmure: "Vous êtes belle", se promet en lui-même: "Vous êtes ma destinée, toute ma destinée". Il la suit dans l'église de Saint-Germain des Prés où elle assiste ainsi à la messe. Il la découvre dans une chapelle écartée: "Le chapeau de roses est incliné sur ses mains jointes". À la sortie, il l'aborde et lui demande de lui pardonner. Il lui demande son nom: "Yvonne de Quiévrecourt". "Le nom que je vous donnais était plus beau. "- Un nom? Quel nom?" "- C'est Mélisande que je voulais dire". Une conversation s'engage et tous deux descendent lentement le boulevard jusqu'à la Seine qu'ils longent jusqu'au pont des Invalides. C'est là qu'ils se séparent. Henri reste profondément bouleversé par cette rencontre, dont il transposera littéralement tous les détails, dans "Le Grand Meaulnes". "Je cherche la clé des évasions vers ces pays désirés, et c'est peut être la mort après tout".
"À quoi bon en effet l'arracher à son désespoir pour l'y replonger ensuite plus profondément peut-être ? L'amour l'exige. La bouffée d'air frais venue de la cour déserte, les brindilles de paille qu'on voyait accrochées aux habits larges du grand Meaulnes, et surtout son air de voyageur fatigué, affamé, mais émerveillé, tout cela fit passer en nous un étrange sentiment de plaisir et de curiosité. Meaulnes resta un instant interdit, la regardant partir. Puis il se reprit à marcher. Et alors la jeune fille, dans le lointain, au moment de se perdre à nouveau dans la foule des invités, s'arrêta et, se tournant vers lui, pour la première fois le regarda longuement. Etait-ce un dernier signe d'adieu? Etait-ce pour lui défendre de l'accompagner? Ou peut-être avait-elle quelque chose encore à lui dire?". Le deux juillet 1905, Henri part alors pour l'Angleterre où il a trouvé à s'engager pour la durée des vacances comme secrétaire de la manufacture de papiers peints "Sanderson and Son" à Chiswick, dans la banlieue ouest de Londres. Il loge chez le secrétaire de l'usine, Mr Nightingale. Il est embauché pour traduire des lettres commerciales. Mais pendant ses soirées et ses congés, il écrit des poèmes, "À travers les étés", "Chant de route", ainsi que des lettres très longues à Jacques et à ses parents. Il se promène dans les parcs et visite les musées de Londres où il découvre les préraphaélites totalement ignorés en France à l'époque, se prend de passion pour cette peinture. Un tableau le frappe particulièrement : "La Beata Beatrix" de Dante Gabriele Rossetti qu'il assimile au visage de la jeune fille du cours la Reine. Le seize juillet 1907, Henri est admissible à l'écrit du concours mais le vingt-quatre, il est refusé à l'oral. Déçu, il apprend le même jour le mariage d'Yvonne de Quiévrecourt. Quelques mois plus tard, il publie alors "Le Corps de la femme" dans "La Grande Revue". Il espère que "la Demoiselle" aura lu ces pages chastes et délicates qu'il lui dédie en secret. C'est son premier écrit publié, le premier signé de son demi-pseudonyme Alain-Fournier, écrit avec un trait d'union, pour ne pas être confondu avec le coureur automobile, vainqueur du Paris-Berlin qui porte le nom d'Henry Fournier. Le deux octobre, il avait cependant commencé son service militaire au vingt-troisième régiment de Dragons, cantonné à Vincennes. Très vite, il est inscrit comme élève-officier de réserve. En mars 1908, Isabelle, sa sœur et Jacques, son meilleur ami, se fiancent. Malgré l'échec de Jacques à l'agrégation de philosophie, malgré l'opposition du père de Jacques, les parents Fournier décident que "leurs enfants" se marieront. Le mariage a lieu ainsi à Paris, en l'église Saint-Germain des Prés, le vingt-quatre août. "Le temps passa. Je perdais l'espoir de revoir jamais mon compagnon, et de mornes jours s'écoulaient dans l'école paysanne, de tristes jours dans la maison déserte, Frantz ne vint pas au rendez-vous que je lui avais fixé".
"Il lui sembla alors que le vent lui portait le son d'une musique perdue. Aimer c'est donner raison à l'être aimé qui a tort. Un grand silence régnait sur les berges prochaines. Le bateau filait avec un bruit calme de machine et d'eau. On eût pu se croire au cœur de l’été. On allait aborder, semblait-il, dans le jardin de quelque maison de campagne. La jeune fille s'y promènerait sous une ombrelle blanche". "Après cette fête où tout était charmant, mais fiévreux et fou, où lui-même avait si follement poursuivi le grand pierrot, Meaulnes se trouvait là plongé dans le bonheur le plus calme du monde. Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s’asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un des gros livres rouges épars sur la table, il commença distraitement à lire". "La seul joie que m'eût laissée le grand Meaulnes, je sentais bien qu'il était revenu pour me la prendre". "La nature profonde d'un être sécrète l'univers qu'elle exige". En 1910, Henri rencontre une petite modiste qui habite alors avec sa sœur rue Chanoinesse, derrière le chevet de Notre-Dame. L'aventure qu'il débute avec elle sera transposée dans celle d'Augustin Meaulnes avec Valentine dans "Le Grand Meaulnes". En septembre, Henri écrit sa première lettre à Charles Péguy. Une grande amitié naît alors entre les deux écrivains qui se confient mutuellement leurs travaux. Péguy lui envoie un billet, alors qu'il vient de lire dans La NRF de septembre 1911, sa nouvelle intitulée Portrait: "Vous irez loin Fournier, vous vous souviendrez que c'est moi qui vous l'ai dit". Péguy s'entremet même auprès de Claude Casimir-Perier qui cherche un secrétaire pour l'aider à finir son livre, alors qu'Henri a perdu en même temps son travail à Paris-Journal à cause du changement de directeur. Henri sera marqué par cette influence, par cet esprit proche du sien. C'est Péguy qui l'aidera,comme dit Jacques Rivière, "à saisir son rêve par les ailes pour l'obliger à cette terre et le faire circuler parmi nous". Il rencontre alors plusieurs grands peintres et écrivains de son temps: Maurice Denis, André Gide, Paul Claudel, André Suarès et Jacques Copeau, et se lie d'une grande amitié avec Marguerite Audoux. La même année (1911), il fait la connaissance de Saint-John Perse et séjourne à Cuverville chez André Gide. En mai 1912, Péguy lui fait connaître Claude Casimir-Perier, qui l'engage comme secrétaire pour l'élaboration d'un livre. Il est présenté à la maîtresse de maison, l'actrice Simone, à la ville Pauline Benda. À cette date, il a rédigé la presque totalité du "Grand Meaulnes". Simone lit l'œuvre en manuscrit et, en juillet 1913, débute dans la Nouvelle Revue française la publication du roman.
"Allez-y si vous voulez, mais fermez la porte et prenez la clef. Moi, je vais me coucher. Je laisserai la lampe allumée. Une brise délicieuse comme une eau tiédie coulait par-dessus le mur. Une pluie délicieuse avait mouillé la nuit les feuilles des pivoines. La terre remuée du jardin avait un goût puissant, et j'entendais dans l'arbre voisin de la fenêtre, un oiseau qui essayait d'apprendre la musique. Brusquement je compris, heureux, que c'était la saison du printemps". "Ce n'était plus ce royal enfant en guenilles des années passées. De cœur, sans doute, il était plus enfant que jamais : impérieux, fantasque et tout de suite désespéré. Mais cet enfantillage était pénible à supporter chez ce garçon déjà légèrement vieilli." L'atmosphère féerique de l'œuvre, le réalisme familier des descriptions paysannes, la peinture de l'adolescence inquiète valent un succès immédiat à son auteur, qui manque de peu le prix Goncourt. Encouragé, Alain-Fournier jette sur le papier l'ébauche d'une pièce en trois actes, "La Maison dans la forêt", et, conseillé par Simone, travaille à un nouveau roman, "Colombe Blanchet". Ce roman, dont très peu de chapitres ont été mis au net, ne verra jamais le jour. Simone révélera en 1957 la liaison passionnée, souvent orageuse, qu'elle a eue à partir de juin 1913 avec le jeune écrivain de neuf ans son cadet, dans son livre "Sous de nouveaux soleils" (Gallimard). Durant cette même année 1913, Fournier rencontre pour la seconde fois Yvonne de Quiévrecourt. Les chastes retrouvailles ont lieu au cours de l’été, sans doute du premier au quatre août, à Rochefort-sur-Mer, où la jeune femme, mère de deux enfants, est de passage. Le jeune homme est bouleversé, mais sa vie sentimentale a pris désormais irrévocablement une direction nouvelle. Il échangera encore quelques lettres avec Yvonne de Quiévrecourt, mais ne la reverra pas. Simone rend ainsi compte de la parfaite courtoisie du "secrétaire" et dès la première rencontre affirme: "j'ai tout de suite vu que j'avais affaire à un gentilhomme". L'actrice adulée joue les pièces à la mode et y invite Henri dans sa loge. Cela devient une habitude. Elle l'emmène également dans sa propriété de Trie la Ville où il lui apporte le manuscrit du "Grand Meaulnes"achevé et le lui fait lire. Simone souhaite connaître sa famille. En juin, le jeune homme se découvre enfin et adresse à celle qui occupe ses pensées une longue déclaration d'amour: "Sachez que je vous aime, belle jeune femme. La nuit du "Sacre", en rentrant, j'ai vu qu'une chose était finie dans ma vie et qu'une autre commençait, une chose admirable, plus belle que tout, mais terrible et peut-être mortelle". Le dix-huit juin, il devient l'amant de Simone. Il devait l'épouser. "Il me vient cette pensée affreuse que j'ai renoncé au paradis et que je suis en train de piétiner aux portes de l'enfer. Je suis déçu comme ce naufragé qui croyait causer avec un homme et qui reconnut soudain que c’était un singe".
"Une longue maison rouge avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l'extrémité du bourg, cette demeure où s’écoulèrent les plus tourmentés et les plus chers de ma vie, d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, toutes nos aventures. Mais quelqu'un est venu qui m'a enlevé à tous ces plaisirs d'enfant paisible. Aussi s'efforça-t-il de penser à autre chose. Glacé jusqu'aux moelles, il se rappela un rêve, une vision plutôt, qu'il avait eue tout enfant, et dont il n'avait jamais parlé à personne: un matin, au lieu de s'éveiller dans sa chambre, où pendaient ses culottes et ses paletots, il s'était trouvé dans une longue pièce verte, aux tentures pareilles à des feuillages". "Mais quelqu'un est venu qui m'a enlevé à tous mes plaisirs. Quelqu'un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas . Quelqu'un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse. Et ce fut Augustin Meaulnes" ."Le Grand Meaulnes" est achevé au début de l'année 1913. La publication du roman est alors l'occasion d'un grave différend entre Jacques et Henri. Depuis six mois, Henri Massis avait retenu le roman pour sa revue "L'Opinion" et l'ouvrage devait tout normalement être édité en volume aux éditions de "La Nouvelle Revue Française". Mais la maîtresse d'Alain-Fournier va bouleverser ce plan et s'entremettre auprès d'Émile-Paul. En avril, elle écrit à Henri : "Émile-Paul ne veut éditer qu'un très petit nombre d'auteurs et votre roman l'intéresserait dans la mesure où vous seriez candidat au Prix Goncourt. Cela vous va-t-il ? Si oui, laissez faire". Et Fournier laisse faire. En compensation, Fournier dont le manuscrit a finalement été refusé par "L'Opinion", le donnera à paraître en revue dans La NRF, de juillet à novembre 1913, mais le volume sera édité chez Émile-Paul. Rivière qui est secrétaire à La NRF et qui travaille beaucoup avec Gaston Gallimard à la promotion du comptoir d'édition de la revue, prend très mal ces manœuvres et il lui écrit une lettre si violente que Fournier la déchirera.Toutefois ce différend ne ternira pas longtemps l'amitié entre les deux beaux-frères. "Le Grand Meaulnes" est donné par la presse comme le prix Goncourt 1913. Le Président du Jury, Lucien Descaves, qui en est le grand défenseur, se heurte à une farouche opposition sans doute aggravée par la campagne menée par Simone. Après onze tours de scrutin qui n'arrivent pas à dégager une majorité, l'académie se rabat finalement sur Marc Elder pour "Le Peuple de la mer". Henri avait écrit à Jacques un peu plus tôt: "Je ne demande ni prix, ni argent, mais je voudrais que "Le Grand Meaulnes" fût lu"
"Moi qui ai trouvé ça chiant gamin , je comprends maintenant que l'âge est utile à l'appréciation de la véritable littérature. En ce lieu coulait une lumière si douce qu'on eut cru pouvoir la goûter. Près de la première fenêtre, une jeune fille cousait, le dos tourné, semblant attendre son réveil. Il n'avait pas eu la force de se glisser hors de son lit pour marcher dans cette demeure enchantée. Il s'était rendormi". La presse fut unanime à stigmatiser le choix du jury Goncourt et "la question des prix littéraires" fut un sujet de débat en cette fin d'année 1913. Lieutenant de réserve, mobilisé le deux août 1914, Fournier part de Cambo dans le Pays basque, où il était en congés avec Simone, pour rejoindre à Mirande son régiment, le 288ème régiment d'infanterie. Il est affecté à la 23ème compagnie. Partis d'Auch en train jusqu'au camp de Suippes, ses hommes et lui rejoignent le front après une semaine de marche jusqu'à Étain. Avec sa compagnie, il prend part à plusieurs combats meurtriers autour de Verdun. Le vingt-deux septembre, un détachement de deux compagnies, la 22ème, commandée par le lieutenant Paul Marien et la 23ème, commandée par le lieutenant Fournier, reçoit l'ordre d'effectuer une reconnaissance offensive sur les Hauts de Meuse, en direction de Dommartin-la-Montagne, à vingt-cinq kilomètres au sud-est de Verdun. Fournier et ses hommes parviennent jusqu'à la Tranchée de Calonne où ils sont alors rejoints par le capitaine de Savinien Boubée de Gramont qui prend la direction des opérations et décide d'attaquer l'ennemi. Entendant des coups de feu, ils veulent rejoindre la 22ème compagnie de Marien qui s'est trouvée face à un poste de secours allemand et a ouvert le feu. Après avoir fait des prisonniers, ils sont pris à revers par une compagnie prussienne à la lisière du bois de Saint-Rémy et décimés par la mitraille. Trois officiers, dont Alain-Fournier, et dix-huit de leurs hommes sont tués ou grièvement blessés. Son corps ne sera retrouvé que soixante-dix-sept ans plus tard dans la fosse commune où l'avaient enterré les allemands avec vingt de ses compagnons d'arme. Le dix novembre 1992, tous ont été ré-inhumés dans une tombe individuelle dans le cimetière militaire du secteur de Saint-Rémy la Calonne. Une poignée de terre d'Épineuil a été déposée sur sa tombe.
"Nous habitions les bâtiments de Sainte-Agathe. Mon père, que j'appelais M. Seurel, comme tous les élèves, y dirigeait à la fois le cours supérieur, où l'on préparait le brevet d'instituteur, et le cours moyen. Ma mère faisait la petite classe. Vacillant comme un homme ivre, le grand garçon, les mains dans ses poches, les épaules rentrées, s’en alla lentement sur le chemin de Sainte-Agathe. Tandis que, dernier vestige de la fête mystérieuse, la vieille berline quittait le gravier de la route, s’éloignait, cahotant en silence, sur l’herbe de la traverse". Sa disparition, rapportée par la presse, impressionna fortement ses contemporains, bien qu'il ne fut officiellement déclaré mort pour la France qu’en juin 1920. Il fut ensuite décoré de la croix de guerre avec palme et nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. La légende d'un écrivain mort pour la France en pleine jeunesse après avoir écrit un seul roman a sans doute contribué à assurer la fortune littéraire d'Alain-Fournier. Son nom figure sur les murs du Panthéon, à Paris, dans la liste des écrivains morts au champ d'honneur pendant la première guerre mondiale. Plus on oublie "Le Grand Meaulnes", plus on s’en souvient. Les traces profondes laissées par le récit dépendent aussi de cet évanouissement du reste, comme si la brume des paysages de Sologne nimbait à ce point le texte dans la mémoire qu’elle éloignait la plupart de ses caractères pour mieux en faire réapparaître quelques-uns. L’image et le souvenir sont alors d’autant plus insistants qu’ils se détachent sur ce fond d’effacement qui les rend quasi fantastiques. De l’oubli à la mémoire, voilà peut-être un lien d’Alain-Fournier à Proust. On sait également que "Le Grand Meaulnes" s’est longtemps appelé "Le pays sans nom". "Nom de pays: le nom" est le titre de la troisième partie de "Swann". Surtout, l’intrigue du roman commence quand le narrateur peut écrire alors cette phrase au quatrième chapitre: "Je sais que Meaulnes est parti". Parallèle avec le début d’Albertine disparue: “Mademoiselle Albertine est partie". Meaulnes est parti et, comme la littérature va plus loin dans le rêve que le rêve, plus loin dans la réalité que la réalité." Nous n’appartenons à personne sinon à la lueur d’une lampe inconnue et inaccessible à nous, à la pointe du monde". L’écriture romanesque de toute appréhension secrète du réel ne saurait recréer un pays qui n’existe pas, pas plus que n’existe, dans une Illumination de Rimbaud, "le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques". Elle invente le royaume sacré de l’enfance pure comme un paradis perdu pour remplacer la vraie vie ou la terre promise. C’est cette découverte du "Grand Meaulnes" à laquelle il faut nous attacher, si l’on veut comprendre pourquoi, alors qu’on n’y croit plus, notre attachement reste profond à la vérité qu’il nous révèle. Cet appel à l’enfance, comme le témoignage d’une autre présence au monde, qui nie le temps présent pour attester d’une autre existence possible. Une jeunesse, confrontée à la triste réalité, qui, pour exprimer son refus de cette caricature dérisoire de la vie et du bonheur, eut juste le temps d’élever un chant féerique à la gloire de l’enfance, de l’idéal et du rêve avant de mourir au "champ d’honneur". "Certes, je revoyais le grand Meaulnes de jadis, gauche et sauvage, qui se faisait toujours punir plutôt que de demander une permission qu'on lui eût certainement accordée". Sans doute aurait-il fallu qu'Yvonne de Galais lui fît violence, mais le roman n'aurait-il pas perdu de sa magie ?
Bibliographie et références:
- Jean-Gabriel Albicocco, "Le Grand Meaulnes, (film 1967 avec Brigitte Fossey)"
- Frédéric Adam, "Le lieutenant Alain-Fournier et ses compagnons d'arme"
- André Agard, "Le chagrin d'amour, Alain-Fournier ou l'invention de l'adolescence"
- Michel Baranger, "Alain-Fournier et le Paris du Grand Meaulnes"
- Ariane Charton, Alain-Fournier, l'enfant de la Sologne"
- Gerd Krumeich, "Le lieutenant Alain Fournier disparaît"
- Emmanuel Le Bret, "Le grand Meaulnes ou l'impossible amour"
- Marie-Hélène Boblet, "Introduction au roman, Le grand Meaulnes"
- Jean-Christian Petitfils, Le frémissement de la grâce, le Grand Meaulnes"
- Jean Louis Denizot, "L'énigme du soldat Alain-Fournier"
- Michèle Maitron-Jodogne, "Alain-Fournier et Yvonne de Quiévrecourt"
- Patrick Antoniol, "Le sacré et le laïc chez Alain-Fournier"
- Jacques Rivière, "Mon ami et mon frère Alain-Fournier"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Si un jour tu parviens à cette contemplation, tu reconnaîtras que cette beauté est sans rapport avec l'or, les atours, les beaux enfants et les beaux adolescents dont la vue te bouleverse à présent. Oui, toi et beaucoup d'autres, qui souhaiteriez toujours contempler vos bien-aimés et toujours profiter de leur présence si la chose était possible, vous êtes tout prêts à vous priver de manger et de boire, en vous contentant de contempler vos bien-aimés et de jouir de leur compagnie. Les hétaïres, nous les avons pour le plaisir, les pallaké pour les soins de tous les jours, les guné, pour avoir une descendance légitime, une gardienne fidèle du foyer", ainsi énonce Démosthène, (384 av. J.C-322 av. J.C), homme d'État athénien et adversaire du roi de Macédoine Philippe II. "Amour platonique", "lesbien", "pédérastie", autant d’expressions se référant à la Grèce ancienne mais qui n'ont pas grand chose à voir avec, respectivement, les théories de Platon, l’homosexualité féminine ou la pédérastie en Grèce ancienne. L’amour décrit dans les dialogues de Platon était loin d’être purement spirituel, les pratiques "lesbiennes" n’avaient rien à voir avec l’homosexualité féminine mais se référaient à une sexualité orale et la pédérastie grecque n’avait pas pour but, du moins dans les discours "indigènes", le plaisir de l’adulte, mais l’éducation de l’enfant. Les fonctions attribuées dans l’Antiquité à la sexualité sont loin d’être, pour nous, aussi transparentes que nous le pensons souvent. Ainsi, "l'amour a nécessairement pour objet aussi l’immortalité". Selon la philosophe Diotime, la savante de Mantinée qui instruisit Socrate aux choses de l’amour, les relations pédérastiques ne sont pas stériles puisqu’elles permettent de dégrossir l’âme. Quant aux adultes, hommes et femmes, les médecins hippocratiques leur prescrivaient le coït afin de tempérer l’humidité du corps. C’est pourquoi, dans le discours "Contre Nééra" (122), lorsque le plaideur élabore, pour les Athéniens du IVe siècle av. J.-C., un classement schématique des types de femmes et de leur bon usage, il est question de "pallakai", une catégorie de femmes avec lesquelles les relations étaient censées avoir un but thérapeutique. Il s'agissait de prostituées. Quant aux deux autres sortes de femmes, les "hétairai" et les "gunai", seules les premières servaient au plaisir tandis que les secondes étaient destinées à la reproduction légitime. Cette division entre "femmes de plaisir" et épouses ou "mères reproductrices", dont l’aspect normatif a été maintes fois souligné, avait des conséquences non seulement juridiques, seuls les enfants des secondes pouvaient accéder à la légitimité, mais aussi cultuelles puisque toutes les divinités n’étaient pas accessibles à toutes les femmes. C’est par ailleurs ce qui est reproché à la fille de Nééra. D’avoir participé aux rites en l’honneur de Dionysos. À ces rites secrets et sacrés, seules pouvaient participer les femmes légitimement mariées et, qui plus est, se présentaient forcément vierges, "parthenoi", avant le mariage.
"À ce compte, quels sentiments, à notre avis, pourrait bien éprouver, poursuivit-elle, un homme qui arriverait à voir la beauté en elle-même, simple, pure, sans mélange, étrangère à l'infection des chairs humaines, des couleurs et d'une foule d'autres futilités mortelles, qui parviendrait à contempler la beauté en elle-même, celle qui est divine, dans l'unicité de sa Forme ? Estimes-tu, poursuivit-elle, qu'elle est minable la vie de l'homme qui élève les yeux là-haut, qui contemple alors cette beauté et qui s'unit érotiquement à elle ? La pensée trop vive n'est pas la plus sûre". Les pratiques sexuelles apparaissent dans la documentation de manière allusive, par le biais de sous-entendus, double-sens et jeux de mots que seule une analyse minutieuse permet de saisir. En effet, comprendre les règles qui encadraient les pratiques sexuelles se révèle une tâche difficile car ces dernières ne sont pas isolées dans une sphère spécifique qui serait la “sexualité”, mais elles apparaissent dans des sources diverses, allant du VIIIème siècle av. J.-C. au VIème siècle de notre ère et appartiennent à des genres littéraires variés: épopées, comédies, discours d’orateurs, traités philosophiques, épigrammes, commentaires savants, "scholies" ou, des notices de lexicographes. Compte tenu de la rareté des sources pour l’Antiquité en général et pour cette thématique en particulier, l'analyste n’a parfois d’autre choix que de prendre en considération toute la documentation disponible, quitte à laisser de côté les questions chronologiques. L’érôs antique n’implique pas une "orientation" particulière du désir ni une caractéristique spécifique d’une relation sexuelle. Mais alors que le terme d’érôs est ancien, nous constatons qu’il n’y a pas de terme grec ou latin pour exprimer notre "sexualité" sous son acception contemporaine. En effet, nos pratiques sexuelles n’étaient absolument pas ressentis par les Anciens comme relevant d’un ensemble d’actes cohérents ou d’un ensemble d’attitudes pouvant être regroupés en un même ensemble. En résumé, la sexualité ou l'orientation sexuelle n'existait pas dans la Grèce antique. Les termes grecs insistent sur l’opposition, la dissymétrie, rien n’exprime une identité de fonction.
"Ne sens-tu pas, dit-elle, que c'est à ce moment-là uniquement, quand il verra la beauté par le moyen de ce qui la rend visible, qu'il sera en mesure d'enfanter non point des images de la vertu, car ce n'est pas une image qu'il touche, mais des réalités véritables, car c'est la vérité qu'il touche. Ce qu'on cherche, on peut le découvrir, ce qu'on néglige échappe". Un individu n’a pas de "sexualité", il se livre à des pratiques. En Grèce, on parle des "aphrodisia", qui relève du "domaine d’Aphrodite", mais simplement pour se référer aux choses du sexe et non à un ensemble de discours qui formerait le champ de la sexualité. L’idée de relation sexuelle où les partenaires sont égaux, où une pratique peut être le fait de l’un ou de l’autre partenaire, n’existe pas. Par ailleurs, il n’existe pas de pratique bonne ou mauvaise, louable ou condamnable en soi, comme ce fut le cas, un temps, de la sodomie, entendue au sens de pénétration anale. Dès lors , il n’est pas étonnant que les Grecs n’aient pas élaboré ni construit une catégorie hétérosexualité. le mariage antique, lorsqu’il existe et qu’il est pratiqué, est un contrat social où il n’est question ni d’amour, ni même de sexualité. Être une femme libre, c’est fonder un "oikos", un foyer, la qualité attendue de la femme est de faire des enfants, de les élever pour en faire des futurs citoyens. Dans les textes poétiques, il est très rare que les textes évoquent des relations maritales comme des relations intenses et érotiques. Ce qui est mis en jeu, en revanche, ce sont les relations des hommes grecs avec des prostituées, avec des maîtresses, des concubines, ou des jeunes amants. Un des traits saillants de la différence entre les manifestations antiques d’érôs et la sexualité contemporaine est le fait que l’élan est ainsi détaché de l’identité de sexe de son objet. Cette conception non sexuée d’érôs, cette asexuation, apparaît nettement dans un passage très connu de Platon, un extrait du "Banquet" que l’on désigne à tort comme "le mythe de l’androgyne." Selon Aristophane, érôs, c’est l’élan vers l’unité primitive, son récit reste au niveau du sensible. "Mieux vaut pour toi ne plus vivre que vivre aveugle à jamais".
"Mais pourquoi de la procréation ? Parce que, pour un être mortel, la génération équivaut ainsi à la perpétuation dans l'existence, c'est-à-dire à l'immortalité. Or le désir d'immoralité accompagne nécessairement celui du bien, d'après ce que nous sommes convenus, s'il est vrai que l'amour a pour objet la possession éternelle du bien. L'amour a pour objet aussi l'immortalité. S'aimer et se faire aimer, de ce qu'on a de plus cher. Il n’est pas de plus noble tâche sur la terre". Chez les Grecs règne un système très dur de contraintes et d'inégalités, reposant sur une conception très misogyne voire phallocratique de la femme. L'art d'aimer, chez les Anciens, a ses codes, souvent choquants à nos yeux et très éloignés des idées reçues, et ses interdits déroutants. Prenons un couple marié. L'épouse infidèle risque la mort. Son mari, en revanche, peut fréquenter des prostituées ou des hétaires. "Lorsque ton bas-ventre se gonfle, écrit le poète Horace, si tu as à ta disposition une servante ou un esclave de ta maison sur lequel te jeter à l'assaut immédiatement, préfères-tu par hasard crever de tension ? Moi non." Dans cette société qui ne connaît pas alors l'égalité, l'homme libre domine outrageusement. Il peut avoir des relations avec ses propres esclaves, des prostituées, des femmes d'un rang social inférieur respectables et non mariées, des courtisanes, avec lesquelles il peut entretenir une relation durable. Nous n’avons guère de témoignage sur ce monde des femmes, dans lequel les filles formaient leur personnalité où elles trouvaient leurs modèles. Et le peu que nous savons de ce monde nous est transmis par le témoignage des hommes. Nous n’avons donc pas accès à la parole des femmes de la Grèce ancienne. Tout est relayé par le regard masculin et par la parole des hommes. La société grecque est androcentriste, tant sur le plan de l’organisation sociale que sur le plan idéologique. L’idéologie collective est masculine et même phallocentrique, avec de légères variantes selon les cités. Ainsi l’Athènes démocratique, sur quoi la documentation est la plus abondante, correspond, sans doute, à la période la plus misogyne et la plus répressive à l’égard des femmes, parce que l’individu y est défini par sa participation à la vie politique, et que la femme en est exclue. Certes, il y a d’autres catégories d’exclus, esclaves, étrangers etc. Mais toutes les femmes, quel que soit leur statut social, sont des exclues. La femme du citoyen athénien, homme adulte, jouissant des droits civiques et politiques, n’est pas une citoyenne, tout en étant obligatoirement fille, épouse et mère d’Athénien.
"Tous les êtres humains sont gros dans leur corps et dans leur âme, et, quand nous avons atteint le terme, notre nature éprouve le désir d'enfanter. Mais elle ne peut accoucher prématurément, elle doit le faire à terme. En effet, l'union de l'homme et de la femme permet l'enfantement, et il y a dans cet acte quelque chose de divin. Et voilà bien en quoi, chez l'être vivant mortel réside ainsi l'immortalité, dans la grossesse et dans la procréation, mais Éros doit être des nôtres". Les idéaux se résument ainsi aux qualités que la société exige de la femme. Essentiellement la réserve et la discrétion. Sa parure la plus grande est le silence. Toutes ces qualités composent la "sophrosuné", ou sagesse. Le plus grand éloge que l’on puisse faire d’une femme, disent les auteurs anciens, est qu’elle ne fasse pas parler d’elle, complément de son silence. Est ainsi associé au féminin tout ce qui est posture de soumission et passivité, l’activité qualifiant le masculin. Représentation mentale qui est attestée aussi sur le plan des théories de la conception. Selon la plupart des auteurs, Aristote en particulier, la matrice féminine n’est qu’un réceptacle de la semence masculine, qui y imprime sa forme. Une autre composante de l’image idéale de la femme grecque est le concept de "Philergia" qui désigne l’amour du travail, c’est-à-dire du travail de la laine. Ici encore l’activité que cela pourrait impliquer est atténuée par les représentations figurées qui montrent la femme assise, filant, presque immobile. La femme libre doit aussi avant tout assurer le lignage. Tout ceci vaut surtout pour la femme du citoyen aisé, où les valeurs aristocratiques subsistent à l’âge de la Cité. La femme idéale doit savoir faire quelque chose de ses dix doigts, c’est-à-dire filer et tisser. La "Philergia", l’amour du travail, qualité prisée chez une épouse, correspond, dans une certaine mesure, aux ouvrages de dames d’autres sociétés et d’autres époques. La femme du citoyen doit aussi savoir gouverner sa maison et diriger les serviteurs. Ce tableau idéal est en contradiction totale avec ce que la tradition misogyne raconte de la femme, qui est vue comme paresseuse, gourmande, ivrogne, dévergondée et bavarde, ainsi souvent reprise par des auteurs comiques.
"Il est parfaitement clair même pour un enfant, que ce sont ceux qui se trouvent entre les deux, et qu'Éros doit être du nombre. Il va de soi, en effet, que le savoir compte parmi les choses qui sont les plus belles. Or Éros est amour du beau. Par suite, Éros doit nécessairement tendre vers le savoir, Telle est bien, cher Socrate, la nature de ce démon". L’héroïsme ne fait pas partie des idéaux féminins athéniens. Cet idéal, aligné sur l’idéal masculin, qui est attesté pour quelques femmes romaines, est, en Grèce, projeté sur l’image fantasmatique de Sparte. Dans la majorité des cités grecques, en état de guerre perpétuel, et dans une culture qui ne croit pas à un paradis pour les guerriers morts au combat, l’héroïsme est réservé aux hommes. On ne songe pas à réclamer de l’abnégation aux femmes. On ne leur demande que de mener le deuil à la maison: réserve toujours, discrétion, soumission et comme toujours passivité. Tout cela concerne les idéaux de la femme mariée, épouse de citoyen. L’homme grec a pourtant une autre femme dans sa vie, un autre type de femme, l’hétaïre. Car les Grecs étaient aussi sereinement polygames que bisexuels. Démosthène, brillant orateur du IVème siècle résumait ainsi: "nous autres, Athéniens, nous avons trois femmes, l’hétaïre pour le plaisir, la concubine pour les soins du corps et l’épouse pour les enfants légitimes". La concubine, telle une seconde épouse, non légitime et librement choisie, vivait soit à la maison, soit dans un autre domicile. L’hétaïre, ou courtisane, appartient à une catégorie importante. Le mot hétaïre est le féminin d’"hétairos", signifiant compagnon. L’hétaïre est donc une compagne de plaisir, c’est-à-dire essentiellement de banquet. Le banquet est une institution fondamentale des sociétés grecques tant aristocratiques que démocratiques, un lieu de plaisir collectif pour les citoyens, organisé et réglementé, autour de la consommation du vin. On y pratique la musique, la poésie, la danse, la discussion et l’amour. Mais, sauf rare exception les femmes mariées n’y sont pas admises. En revanche l’hétaïre est une femme qui participe au banquet. Elle est la compagne de plaisir de l’homme et doit par conséquent posséder des idéaux différents de ceux de l’épouse. Son rôle est de susciter le désir masculin et elle reçoit une formation adéquate. Celle vouée à devenir épouse légitime ne reçoit, à l’époque classique, aucune éducation autre que celle que lui donne sa mère. Elle ne va pas à l’école, et ne sait ni lire ni écrire. En revanche, les hétaïres, reçoivent une formation artistique assez poussée qui les rend aptes à tenir compagnie à l’homme.
"Par ailleurs, il se trouve à mi-chemin entre le savoir et l'ignorance. Voici en effet ce qui en est. Aucun dieu ne tend vers le savoir ni ne désire devenir savant, car il l'est, or si l'on est savant, on n'a pas besoin de tendre vers le savoir". La brillante Aspasie doit sa célébrité à deux hommes. Elle fut la compagne aimée et respectée de Périclès, ainsi que l’interlocutrice privilégiée et admirée de Socrate. Sa situation de compagne valorisée et d’intellectuelle reconnue, exceptionnelle dans une cité où la norme voulait que la plus grande gloire d’une femme soit l’invisibilité et le silence, fut sans doute liée à son statut d'étrangère résidente. Tout en lui interdisant d’être l’épouse légitime de l’homme dont elle partageait la vie, ce dernier lui accordait, au risque d’une réputation un peu sulfureuse, la liberté de se montrer, de penser et de s’exprimer. Elle tenait parallèlement une école de jeunes filles qu’elle formait à devenir des hétaïres. Aspasie de Millet était une femme grecque qui a vécu au Vème siècle avant J-C. Le nom d’Aspasie signifie "la belle bienvenue". Elle est née à Milet, tout comme certains des philosophes grecs: Thalès, Anaximandre et Anaximène. Elle a ensuite abandonné sa ville natale pour aller vivre à Athènes alors qu’elle avait vingt ans. On sait qu’Aspasie était une belle femme, très intelligente. Son père l’aurait poussée à vendre ses charmes. Mais contrairement aux "pornai", les prostituées destinées aux hommes sans richesses, Aspasie de Milet avait une grande formation intellectuelle. Des observateurs contemporains ont avancé l'hypothèse qu'elle ne fut jamais courtisane, et victime de pure calomnie. Aspasie, un "maître" ? Somme toute, Plutarque ne dit pas vraiment autre chose au sujet de la Milésienne lorsque, réfléchissant sur ce qui lui valut l’indéfectible attachement de Périclès, il commence par mentionner l’opinion la plus répandue, en vertu de laquelle cet amour s’adressait aux talents et au savoir de cette femme savante et versée dans dans la chose politique. Elle fréquentait Socrate. On ne s’étonnera pas trop que ce texte de Plutarque, qui donne d’elle, le portrait le plus exact dont nous disposions, soit un chapitre, précisément le chapitre vingt-quatre de la Vie de Périclès.
"Il interprète et il communique aux dieux ce qui vient des hommes, et aux hommes ce qui vient des dieux. D'un côté les prières et les sacrifices, de l'autre les prescriptions et les faveurs que les sacrifices permettent d'obtenir en échange". La brillante hétaïre a commencé par diriger une maison close à son arrivée à Athènes; les hommes les plus importants de la ville s’y rendaient. Parmi les visiteurs, on retrouvait des noms comme Socrate, Anaxagore et le gouverneur Périclès. On dit que ce dernier est tombé amoureux d’elle et en a fait son amante, en abandonnant son épouse légitime pour elle. Aspasie de Milet a alors été victime de ridiculisation; le poète comique Hermippos l’a forcée à comparaître devant la justice avec une double inculpation: impiété et libertinage. Périclès l’a cependant aidée pour qu’elle ne soit pas condamnée et a obtenu le pardon de ses juges. Courtisane de haut rang, elle était réputée autant pour son intelligence que pour sa beauté. Périclès II naquit de leur union. Elle fut autant son maître que sa mère. Devenue veuve, selon Eschine, elle fréquenta Lysiclès, décrit par Plutarque, comme un riche marchand de moutons, "grossier de naissance et d'éducation qui devint grâce à elle, le premier des Athéniens". Être une femme signifiait appartenir à quelqu’un. Les grands hommes avaient le droit d’avoir plusieurs femmes. En d’autres termes, elles étaient vues comme une sorte de gage, de reconnaissance. Si les femmes rencontraient des obstacles et connaissaient beaucoup d’interdictions dans la Cité, il est vraisemblable que la situation ait été différente à Milet et que les femmes y aient connu alors une plus grande liberté qu’à Athènes. Les hétaïres, sur le plan de la formation, se situaient bien au-dessus des femmes mariées. Les politiciens et philosophes les appréciaient pour leur talent d’interlocutrices. Aspasie de Milet était particulièrement spéciale parmi les courtisanes car elle bénéficiait de la confiance de nombreux intellectuels et hommes importants. Ce rôle lui a valu de sévères critiques mais il lui permettait de fréquenter les hommes les plus importants de l’époque, comme Socrate, qui sollicitait ses services et recommandait à ses disciples d’étudier avec elle. On prétend même qu'elle écrivait les discours de Périclès à sa place.
"Ne force donc ni ce qui n'est pas beau à être laid, ni non plus ce qui n'est pas bon à être mauvais. Éros est ainsi dans le même cas. Étant donné, disait-elle, que toi-même tu conviens qu'il n'est ni bon ni beau, tu dois de façon analogue estimer non pas qu'il est laid et mauvais, mais qu'il est quelque chose d'intermédiaire entre les deux. C'est ce dieu qui nous vide de la croyance que nous sommes des étrangers l'un pour l'autre, tandis que c'est lui qui nous emplit alors du sentiment d'appartenir à une même famille, lui qui a institué toutes les réunions du genre de celle qui nous rassemble, qui dans les fêtes, dans les chœurs et dans les sacrifices, se fait notre guide, qui apporte la douceur, alors qu'il écarte l'agressivité". Elle avait reçu une éducation importante en rhétorique et en art oratoire. Aspasie n’était pas une exception. On raconte que Socrate était fasciné par son intelligence. Grâce à cette habileté, elle a obtenu une certaine reconnaissance et a conquis le gouverneur Périclès, qui était autant attiré par elle sur le plan intellectuel que sur le plan érotique. Il abandonna son épouse légitime et fit d’Aspasie son épouse illégitime ou concubine à cause de sa condition d’étrangère. Les auteurs comiques de l’époque, comme Aristophane, critiquaient l'importance de l'influence d'Aspasie de Milet sur les choix politiques de son mari. Dans un passage de son discours rhétorique, elle demande à Xénophon et Philésie s’ils préféreraient les époux de leurs voisins si ceux-ci étaient meilleurs que les leurs. Voyant qu’aucun ne lui répond, elle leur dit: "Vous, Philésie, vous désirez d’avoir le mari le plus digne d’estime, et vous, Xénophon, la femme la plus vertueuse. Si donc vous ne faites pas en sorte chacun de votre côté que l’on ne puisse trouver ni un homme meilleure, ni une femme plus accomplie, vous regretterez toujours de ne pas posséder ce qui vous paraîtra le plus parfait. Votre vœu sera toujours d’être vous, Xénophon, l’époux de la femme la plus vertueuse, et vous, Philésie, l’épouse de l’homme le plus digne d’estime." Maîtrise de l'art oratoire.
"Chaque fois que le hasard met sur le chemin de chacun la partie qui est la moitié de lui-même, alors tout être humain, pas seulement celui qui cherche un jeune garçon pour amant, est alors frappé par l'extraordinaire sentiment d'affection, d'apparentement et d'amour. L'un et l'autre refusent, pour ainsi dire, d'être séparés, ne fût-ce que pour un peu de temps". C'est son goût pour les mots. Cette composition rhétorique n’est pas un argument qui exprime une véritable logique. C’est un discours qui est plaisant à l’oreille, qui invite à faire des efforts dans la vie de couple, son art oratoire se retrouve dans l’Oraison funèbre de Périclès. Aspasie de Milet a été l’un des personnages les plus emblématiques de la Grèce du Vème siècle av. J-C. Ses qualités éreintaient le statut traditionnel de la femme qui, à Athènes, devait se contenter du rôle de la bonne épouse honorable. Le seul rôle de la femme était d’être l’ombre de son époux et de passer inaperçue. L’image d’Aspasie contrastait avec celle de la majorité des femmes athéniennes de la seconde moitié du Vème siècle. Eschine, élève de Socrate, a écrit un dialogue, "Aspasie", qui est aujourd'hui perdu, à l'exception de quelques fragments qui témoignent d'un portrait positif. Des auteurs ultérieurs, comme le rhéteur Quintilien (35-100 de notre ère), la tenaient en haute estime, tout comme le satiriste Lucien (125-180 de notre ère), qui la citaient tous deux comme une enseignante éloquente et intelligente. Lucien parle d'elle comme d'une femme sage, compréhensive, tandis que Quintilien appréciait suffisamment son influence pour en parler à ses élèves, les deux louant son immense érudition et son grand art oratoire. Aspasie a été une figure clé dans la sphère culturelle de la démocratie à Athènes. Elle a joué un rôle fondamental dans la naissance de l’émancipation de la femme. Grâce aux leçons qu’elle donnait à de jeunes Athéniennes, elle leur a permis d’intervenir dans la vie publique de la cité. À travers ses discours, elle revendiquait discrètement la dignité de la femme. La belle hétaïre a réussi à démontrer qu'il y avait bien une place pour les femmes dans la société grecque. De nos jours, la réputation d'Aspasie continue d'être élevée et a connu une renaissance spectaculaire, au départ, romantique, après avoir été critiquée puis presque totalement obscurcie. L'auteur et poète Walter Savage Landor publia son populaire "Pericles and Aspasia" en 1836. Un ouvrage de lettres fictives entre eux deux dans lequel Périclès, tragiquement mais à tort, meurt pendant la guerre du Péloponnèse. Aspasie de Milet, en dehors de la littérature antique, inspira également la prose contemporaine. Elle apparaît dans le roman "Les Misérables" de Victor Hugo. Par delà le scandale et la rumeur, Aspasie a traversé l'Histoire. Il demeure d'elle, le souvenir séduisant d'une intellectuelle influente et avant-gardiste, trop libre et trop lettrée pour son époque, qui a œuvré par ses multiples talents, entre alcôve et art oratoire, à la progressive reconnaissance des femmes. Quand Aspasie donnait une fête, le vice et la folie soupaient tous les soirs avec le génie.
Bibliographie et références:
- Plutarque, "Vie des hommes illustres, livre un: Périclès"
- Madeleine M Henry, "Aspasie de Milet"
- William Durand, "Aspasie de Milet"
- Callimaque, "Hymnes"
- Déméter, "Les Hymnes homériques"
- Foucault M, "L’invention de l’hétérosexualité"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Homère, "Odyssée"
- Homère, "L’Iliade"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- P. Chantraine, "Dictionnaire étymologique de la langue grecque"
- Platon, "République"
- Platon, "Le Banquet"
- Plutarque, "Vie de Lycurgue"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Mon plus cher désir est de lui apporter le bonheur… L’amour n’est pas fait que d’attirance physique, il comporte aussi une grande part d’estime et d’admiration". La simple évocation du nom de Marie-Antoinette mobilise un savoir répandu, généralement connu. La reine guillotinée, l’Autrichienne, la femme coquette jouant paraît-il à la bergère dans son domaine de Trianon et au Hameau, l’épouse insatisfaite, la mère attentive et moderne, la femme dépensière qui aurait vidé les caisses de l’État, la reine martyre et victime de la Révolution. Marie-Antoinette accumule les idées reçues. Elle est une reine, et une femme, qui a fait naître les fantasmes les plus improbables auprès de ses contemporains comme des siècles qui suivront. Incarnant un XVIIIème siècle parfaitement idéalisé et parfois mièvre, Marie-Antoinette, trajectoire féminine et royale peu commune dans l’Histoire, suscite depuis au moins le XIXème siècle, de nombreuses écritures et réécritures historiques au point de créer une mémoire sans cesse renouvelée. Les historiens commencent seulement à faire de Marie-Antoinette un objet historique, certes difficile à dépassionner. Kaléidoscope aux facettes inépuisables, Marie-Antoinette déborde des cadres de pensée de l’Histoire. Si la reine n’avait pas été guillotinée, serait-elle encore si présente dans la mémoire collective ? Faut-il voir en elle seulement "Madame Déficit" comme elle fut surnommée ? Il est communément admis que la Révolution n’aurait pas éclaté si l’État n’avait pas été au bord de la banqueroute. Les dépenses de la royauté, de la cour et, en particulier, celles de la reine auraient, progressivement, vidé les caisses du royaume si durement remplies par le tiers-état, accablé par une fiscalité profondément injuste. Reine frivole, Marie-Antoinette aurait dépensé un argent qui n’était pas le sien pour ses seuls plaisirs et ceux de sa petite société. Dès l' année 1785, la reine est surnommée "Madame Déficit." C’est à elle que l’on attribue tous les maux du royaume et le gouffre financier dans lequel la monarchie est sous peu de tomber. Pourtant, la royauté doit faire montre de dépenses, luxueuses et même ostentatoires, faisant ainsi la publicité des savoir-faire du royaume et permettant de faire vivre une foule d’ouvriers travaillant dans les manufactures et les filatures, ainsi que les artistes et artisans. Quelles sont les dépenses de Marie-Antoinette et pourquoi lui sont-elles reprochées ? "L’Autrichienne." Un sobriquet aussi tranchant que la lame du couperet. Un surnom que la haine révolutionnaire n’a eu de cesse de clamer pour désigner à la vindicte populaire son bouc émissaire, la reine Marie-Antoinette, forcément traîtresse puisqu’étrangère.
"Cette petite fleur vient d’éclore pour nous dire qu’il est bon de vivre et qu’il nous est permis de continuer le chemin appuyés l’un sur l’autre ! Je serai votre femme !". Allemandes, italiennes, espagnoles, autrichiennes, les princesses européennes ont été mariées comme autant de marchandises échangées dans le luxe et le faste, appelées à donner une nombreuse progéniture mâle aux rois de France pour garantir la continuité dynastique, et à se soumettre humblement aux rituels, écrasants, de la monarchie absolue. Ces reines françaises, d’origines étrangères, laissent toutes une image noire dans l’histoire de France. Il en va ainsi pour Catherine et Marie de Médicis et surtout pour Marie-Antoinette. Tant admirée que détestée, elle continue d'évoquer les tumultes d'une époque violente et troublée. Mais elle ne fut pas seulement la bergère aux moutons enrubannés, souvent caricaturée, jugée frivole et dépensière, ce fut aussi une femme de caractère confrontée aux événements les plus brutaux de son temps qui sut s'affranchir des traditions et soutint Louis XVI jusqu'à l'échafaud. Marie-Antoinette est l’avant-dernier enfant de l’empereur François Ier de Lorraine et de l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse, au milieu de leurs cinq fils, Joseph l’héritier du trône, Léopold, Charles, Ferdinand et Maximilien et de leurs huit filles, Anne, Marie-Christine, Marie-Elisabeth, Marie-Amélie, Marie-Jeanne, Jeanne-Gabrielle, Marie-Josèphe, Marie-Caroline. Elle naît le 2 novembre 1755, au palais de la Hofburg, à Vienne. Elle reçoit une éducation où le maintien, la danse, la musique et le paraître occupent l’essentiel de son temps et ne bénéficie d’aucune instruction politique. À dix ans, elle a du mal à lire ainsi qu’à écrire en allemand, parle peu et difficilement le français auquel elle préfère l’allemand, et très peu l’italien, trois langues qui étaient alors pourtant parlées couramment dans la famille impériale.
"Le bonheur est égoïste et n’aime pas s’entourer de tristesse. Il incite à oublier qu’il existe des déshérités. Est-ce qu’on peut se réjouir d’être riche alors qu’il vous est interdit d’attendre le bonheur ?". À cette époque, la cour d’Autriche possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, les danses y sont moins complexes, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse. Sa mère Marie-Thérèse, comme tous les souverains de l’époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique qui est de réconcilier les Habsbourg et les Bourbons pour faire face aux ambitions de la Prusse et de l'Angleterre. Le mariage entre le dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette doit être l’apothéose de cette politique. Marie-Antoinette quitte Vienne en avril 1770, à l’âge de quatorze ans. Selon l’usage, au moment de quitter le Saint Empire tous ses biens venant de son pays d’origine, même ses vêtements, lui seront retirés dans un bâtiment construit tout exprès sur une île au milieu du Rhin. Les deux entrées de ce bâtiment étaient disposées de telle manière qu’elle y entre du côté autrichien et en ressorte alors en France. Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur les couronnes de la maison d’Autriche et, le16 mai 1770, épouse le dauphin à Versailles. Le jour même des noces, un scandale d’étiquette a lieu. Les princesses de Lorraine, arguant de leur parenté avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse, qui murmure déjà contre "l’Autrichienne." La jeune fille, au physique agréable quoique pas complètement développé, est assez petite et ne possède pas encore la "gorge" si appréciée en France. La jeune dauphine a néanmoins beaucoup de grâce et une légèreté presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Elle attire dès son arrivée l’inimitié d’une partie de la cour. De plus, la jeune dauphine a du mal à s’habituer à sa nouvelle vie, son esprit se plie mal à la complexité et à la rouerie de la "vieille cour", au libertinage du roi Louis XV et de sa maîtresse, la comtesse du Barry. Son mari l’aime mais l’évite, partant très tôt chasser. Le mariage n’est consommé qu’en août 1777. Elle peine à s’habituer au cérémonial français, au manque d’intimité et subit péniblement "l’étiquette" de la cour.
"Tout est possible lorsqu’on se laisse emporter par la passion. Tout est donc à craindre". Elle est manipulée par les filles du roi Louis XV qui lui enseignent l’aversion pour la comtesse du Barry, ce qui agace Louis XV. Par ailleurs, Marie-Antoinette s’en fera bientôt une ennemie. Pendant les premiers temps, elle refuse de lui parler mais, forcée par Louis XV, finit par adresser la parole à la comtesse. Marie-Antoinette ressortira humiliée de cet incident. En outre, Vienne tente de la manipuler par le biais de la volumineuse correspondance qu’entretient sa mère avec le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d’Autriche à Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le duc de Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l’Autriche, est tombé en disgrâce moins d’un an après le mariage, victime d’une cabale montée par Mme du Barry. Elle est victime de sa maladresse. Louis XV meurt le 10 mai 1774 et Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre à dix-huit ans. Toujours sans héritier à offrir à la France et toujours considérée comme une étrangère, la reine devient vite, dès l’été 1777, la cible de premières chansons hostiles qui circulent de Paris jusqu’à Versailles. S’entourant d’une petite cour d’amis vite qualifiés de favoris, la princesse de Lamballe, le duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac, elle suscite les jalousies des autres courtisans. Ses toilettes et les fêtes coûteuses qu’elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment en matière de mode et du commerce du textile, mais sont critiquées, bien qu’elles soient une goutte d’eau dans les dépenses générales du fonctionnement de la cour, des administrations, ou comparées au niveau de vie très élevé et fastueux de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train.
"Votre joie est la mienne, votre souffrance aussi, et de toute la force de mon être, je désire me blottir dans vos bras et vous serrer sur mon cœur… me laisser guider et protéger par vous ! N’est-ce donc pas de l’amour ?". Pour retrouver à Versailles ce qu’elle a connu à Vienne, une vie plus détendue en famille, elle part souvent pour le Petit Trianon, dans le parc de Versailles qui fut la possession des favorites de Louis XV, Mme de Pompadour et Mme Du Barry. Louis XVI l'alloua à Marie-Antoinette, pour quelques privilégiés et ses enfants. Elle fait construire un village modèle, le Hameau, et y installe des fermiers. Par son désir de plaisirs simples et d’amitiés exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d’ennemis, même à la cour de Versailles. Elle tente d’influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres, toujours sur les conseils de ses amis. Mais, contrairement à la rumeur, son rôle politique s’avèrera extrêmement limité. Une véritable coterie se monte contre elle dès son accession au trône, des pamphlets circulent, on l’accuse d’avoir des amants, le comte d’Artois son beau-frère, le comte suédois Hans Axel de Fersen ou même des maîtresses, la duchesse de Polignac, de dilapider l’argent public en frivolités ou pour ses favoris, de faire le jeu de l’Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II. Le château de Versailles se dépeuple, fui par des courtisans aigris ou préférant les plaisirs de Paris. Le 19 décembre 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant, Marie-Thérèse, dite "Madame Royale." Le 22 octobre 1781, c’est le tour d’un dauphin, Louis Joseph Xavier François. Mais cela ne sert pas forcément Marie-Antoinette, car les libelles ont vite fait d’accuser l’enfant de n’être pas de son époux, Louis XVI. En juillet 1785, éclate l’affaire du Collier. Le joaillier Bohmer réclame à la reine 1,5 million de livres pour l’achat d’un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a mené les tractations, au nom de la reine. La reine ignore tout de cette histoire et, quand le scandale éclate, le roi exige que le nom de sa femme soit lavé de l’affront. Le cardinal est arrêté. Le roi confie l’affaire au Parlement, l’affaire est jugée par Étienne François d'Aligre, qui conclut à la culpabilité du couple d’aventuriers à l’origine de l’affaire, les prétendus "comte et comtesse de la Motte" et disculpe le cardinal de Rohan et le comte de Cagliostro, abusés mais innocents.
"Oui, c’était cela la vie !… Les uns destinés à la joie et à l’épanouissement de leur être et les autres, marqués pour n’avoir dans leur lot que déceptions et souffrances. Comme si ceux qui avaient le malheur en partage devaient rétablir l’équilibre avec ceux qui avaient plus que leur part de bonheur !" La reine, bien qu’innocente, sort de l’affaire du collier très déconsidérée auprès du peuple. Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularité et tente de réduire ses dépenses, notamment en réformant sa maison, ce qui déclenche plutôt de nouveaux éclats quand ses favoris se voient privés de leurs charges. Rien n’y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de "Madame Déficit" et on l’accuse de tous les maux du royaume, notamment d’être à l’origine de la politique anti-parlementaire de Louis XVI, "Madame Veto." Une phrase pour le moins révoltante pour son peuple est attribuée à Marie-Antoinette. Le peuple n'ayant plus de pain à manger, la reine aurait répondu à leurs plaintes: "Qu'ils mangent de la brioche !". Cette réponse est d'autant plus choquante qu'elle montre une distanciation entre les personnes aisées et les classes populaires. Une distanciation dont Marie-Antoinette n'aurait pas eu conscience, au vu de cette phrase. D'autant que la brioche est plus coûteuse que le pain. Ce propos est ainsi apparu dans l'ouvrage de Jean-Jacques Rousseau de 1782, "Confessions", et celui-ci l'attribue à"une grande princesse". L'impopularité de Marie-Antoinette a fait que cela lui a été octroyé. Il semblerait toutefois que cette formule vienne d'une des filles de Louis XV, Madame Victoire, qui aurait suggéré plutôt la croûte de pâté. De plus, il n'existe aucune preuve que la reine ait tenu ces propos. Cependant cette phrase est restée dans les mœurs et est souvent reprise, non sans humour. Lorsque la Révolution éclate, Marie-Antoinette, affectée par la mort du dauphin Louis-Joseph, ne cille pas une seconde et pousse le roi à résister. Mue par son orgueil, la reine s’oppose à tous les compromis qui lui sont présentés par les plus modérés, tels que La Fayette, Mirabeau ou Barnave. L’idée-même d’une monarchie constitutionnelle la répugne. Elle préfère se tourner vers ses frères, Joseph II et Léopold II. "Aucun poète ne saurait imaginer contraste plus saisissant que celui de ces époux. Jusque dans les nerfs les plus ténus, dans le rythme du sang, dans les vibrations du tempérament, Marie-Antoinette et Louis XVI sont vraiment à tous les points de vue un modèle d’antithèse. Il est lourd, elle est légère, il est maladroit, elle est souple, il est terne, elle est pétillante, il est apathique, elle est enthousiaste. Et dans le domaine moral: il est indécis, elle est spontanée".
"Votre joie est la mienne, votre souffrance aussi, et de toute la force de mon être, je désire me blottir dans vos bras et vous serrer sur mon cœur… me laisser guider et protéger par vous ! N’est-ce donc pas de l’amour ?". Digne, Marie-Antoinette affronte la situation avec un courage qui en étonne plus d’un. Depuis les journées des 5 et 6octobre 1789, la famille royale est retenue aux Tuileries. Toujours dans un état d’esprit combatif, la reine convainc son époux de s’enfuir et le 20 juin 1791, le couple et les enfants s’évadent de Paris. Mais ils sont finalement interceptés à Varennes et ramenés vers la capitale dans une atmosphère très tendue. Sous la pression, Louis XVI approuve la Constitution le 14 septembre 1791, mais les rumeurs d’une éventuelle guerre conduite par Léopold II, empereur du Saint Empire romain germanique, contre la France ravivent la haine du peuple à l’égard de la reine. Le manifeste de Brunswick, paru en France le 1er août 1792, attise encore les tensions et mène finalement à l’émeute du 10 août. Les Tuileries sont envahies par la foule furieuse et la famille est immédiatement enfermée à la prison du Temple. Marie-Antoinette espère encore pouvoir échapper à la mort mais les massacres de septembre 1792 prouvent déjà le contraire. La plupart de ses amis sont tués et la tête sanglante de sa chère princesse de Lamballe est agitée devant sa fenêtre. Quant à son époux, il est finalement jugé puis exécuté le 21 janvier 1793. Peu de temps après, le dauphin, second fils de Marie-Antoinette, né en 1785, lui est enlevé avant d’être monté contre elle. Le mois suivant, elle est arrachée à sa fille et conduite à la Conciergerie. Son procès est imminent. Noyée sous de monstrueuses accusations,elle garde la tête haute, espérant secrètement qu’on l’épargne. Mais tout est décidé d’avance et les plaidoyers de ses avocats sonnent creux. Le peuple lui témoigne du respect, ce que redoutait Robespierre. Il a donc fait appel à un acteur, Gramont, qui, tout au long du procès, exhorte la foule à l'insulter. Soumise à d'abjectes accusations, Marie-Antoinette se défend avec une dignité bouleversante. Particulièrement inéquitable, le procès ne dure que trois jours, et la reine n'a pas le droit de faire appel. On l'accuse d'inceste et d’entente avec les puissances étrangères. Si le procès de Louis XVI devant la Convention avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n’est pas le cas de celui de la reine. La sentence tombe. Elle est condamnée à mort pour haute trahison. C’est encore avec toute ladignité qu'il lui reste qu’elle gravit les marches de l’échafaud le 16 octobre, à l'âge de trente-huit ans. Par son des tintragique, par la haine qu’on lui a vouée des années durant, Marie-Antoinette a profondément marqué l’Histoire de France. Accusée d’avoir été "le fléau des Français" et celle qui a poussé le roi à la trahison, la reine, en cristallisant la fureur du peuple, a bien malgré elle, considérablement terni l’image de la monarchie avant que la Révolution n’éclate. Mais l’historien doit s’efforcer de restituer la mémoire du passé dans le temps long de ses avatars, s’il veut comprendre les événements ou les personnages qui s’y cachent, quelle que soit sa position et quel que soit son questionnement. Alors, peut-être, au delà de ses dépossessions successives, rendra-t-on un jour Marie-Antoinette à elle-même, et sa mort à ce qu’elle a été, l’élimination symbolique et politique d’une reine autant que d’une femme, autant que d’une mère.
Bibliographie et références:
- Georges Avenel, "La vraie Marie-Antoinette"
- Jean-François Autié, "Journal de Léonard, le coiffeur de la reine"
- Stefan Zweig, "Marie-Antoinette"
- René Benjamin, "Marie-Antoinette"
- Paul et Pierrette Girault de Coursac, "Marie-Antoinette"
- Évelyne Lever, "Marie-Antoinette"
- Simone Bertière, "Marie-Antoinette l’insoumise"
- Bernadette de Boysson,"Le goût d’une reine"
- Jean Chalon, "Chère Marie Antoinette"
- Philippe Delorme, "Marie-Antoinette"
- Michel de Decker, "Les dangereuses liaisons de Marie-Antoinette"
- Emmanuel de Waresquiel, "Juger la reine"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle était assez intelligente pour savoir qu'on ne s'improvise pas femme politique. Il faut apprendre. Elle se contenta alors à plaire au roi vieillissant. "Vous connaissez Madame du Barry. Elle n'a nulle haine, elle connait votre esprit et ne vous veut point de mal. Le déchaînement contre elle est atroce et à tort. On serait à ses pieds si. Et, laissant en suspens sa phrase, Louis XV ajoute à Choiseul: "Ainsi va le monde. Elle est très jolie, elle me plaît, cela doit suffire". Jeanne Bécu, restée dans la postérité sous le nom de comtesse du Barry, fut la dernière maîtresse officielle du roi Louis XV. Elle s'est gardé de le conseiller dans les affaires publiques mais lui a rendu la joie de vivre et l'a aidé à prendre confiance en lui-même. Mais la Cour ne lui en sera aucunement gré et elle n'arrivera jamais à se défaire de ses origines populaires et de son passé de courtisane. Jeanne Bécu, dite "de Cantigny", mais aussi Mademoiselle de Vaubernier", était issue par sa mère d'une famille de haute domesticité attachée à la cour de Lorraine à Lunéville. Une de ses grands-mères, Anne-Jeanne Husson, avait elle-même vécu à Versailles où, avec son mari Fabien Bécu, dit de Cantigny, ancien maître rôtisseur, elle fut au service de la "belle Ludres", une des maîtresses de Louis XIV. Dans l'histoire de France, peu de femmes ont connu une ascension aussi spectaculaire. Ayant pour seuls torts son origine et sa réussite, elle a été méprisée et traînée dans la boue par ses adversaires à Versailles, alors même que tout était en elle que bienveillance à l'égard des autres. Jeanne le doit autant à son caractère qu'à son extraordinaire beauté. Elle sera victime des affres de la Terreur sous la Révolution, et conduite à l'échafaud comme symbole de la monarchie par le peuple dont elle était pourtant issue. L’histoire aurait gardé de sa fin le souvenir de déchirantes supplications qui sont loin d’être avérées lorsque la comtesse Jeanne du Barry gravit les marches de la guillotine. Un fait est réel cependant, attendant son jugement à la Conciergerie, Jeanne laissa passer une possibilité d’évasion qui s’offrait à elle au profit d'Adélaïde de Mortemart, aristocrate recherchée. Madame de Mortemart put ainsi quitter sa cachette et gagner l’Angleterre. Jeanne du Barry, petite modiste devenue "La du Barry", favorite royale, fut guillotinée le 8 décembre 1793 par le bourreau Charles Henri Sanson, un de ses anciens amis du temps des galanteries de la rue du Bac. "Il est un sujet que Jeanne aborde rarement avec le roi: la non-consommation du mariage du dauphin. Le fait ne trouble pas outre-mesure le monarque".
Exit l'égérie bafouée et vilipendée, place à l'amoureuse. "Mon petit-fils n'est pas fort caressant, a-t-il écrit à l'infant de Parme, mais il aime bien la chasse. Jeanne en revanche juge cette situation si anormale que, lorsque le duc de Saint-Mégrin la prie d'intercéder auprès de Louis XV pour qu'il admette le dauphin aux soupers intimes, elle accepte volontiers". Appelée à Paris auprès de familles de la haute aristocratie, Anne Bécu, la mère de la future favorite, entra vers 1742 au service de Claude-Roch Billard du Monceau, receveur des finances de Lorraine, lequel pourrait avoir été le père de Jeanne, mais refusa formellement d'endosser cette paternité. Lors de son mariage avec le comte Guillaume du Barry, Jeanne dut justifier de ses origines paternelles, aussi fut-il suggéré de la déclarer fille d'un certain "sieur de Vaubernier" où chacun voulut reconnaître Jean-Jacques-Casimir Gomard, "de Vaubernier", dit aussi "frère Ange", moine du couvent de Picpus à Paris, qui fut en effet témoin au mariage. La jeune Jeanne Bécu bénéficia d'une éducation soignée chez les dames de Saint-Aure, dans le couvent de la rue Neuve-Sainte Geneviève, à partir de 1753, grâce à Billard du Monceau ou à son beau-père Nicolas Ranson de Montrabé, receveur des gabelles, que sa mère épousa en 1749. Elle sortit de ce couvent vers 1758 pour entrer au service d'une famille de Lagarde issue de la Ferme générale. Elle acquit la distinction de manière qu'on lui connaissait. "Ainsi pourra-t-elle étudier en toute quiétude ce grand garçon malingre, guère séduisant malgré ses yeux bleus pleins de douceur et assurément mal dans sa peau". Le roi ayant accédé à sa demande, Louis-Auguste est désormais convié aux petits voyages à Saint-Hubert. Contrairement à la version donnée par Mercy-Argenteau à l'impératrice, il n'y renonce pas dès qu'il apprend de la bouche de ses tantes, à qui il va, lui aussi, rendre visite, le passé de la favorite. Sans doute par crainte de leur déplaire et de provoquer alors un conflit avec son épouse. À dix-sept ans, elle devint vendeuse dans une luxueuse boutique de mode située rue Saint-Honoré à Paris, les traits galants, appartenant à un notable parisien, Jean-Baptiste Buffault, échevin, qui a laissé son nom à une rue de Paris. Ce personnage dont un des fils fut plus tard co-fondateur et régent de la Banque de France, fut aussi administrateur de l'Opéra puis devint plus tard l'homme d'affaires et le confident de la comtesse du Barry. La beauté de la jeune fille la fit remarquer et elle fut reçue dans divers salons dont certainement le "bureau d'esprit", fort connu, de Mme Buffault, née Barbe Peeters, où, probablement, Jean Baptiste du Barry l'aperçut. Jean-Baptiste Dubarry, dit Le Roué, gentilhomme toulousain, connu dans les milieux de la galanterie parisienne, la remarqua alors qu'elle n'avait que dix-neuf ans. Il en fit sa maîtresse et, pendant un temps, elle fit les honneurs de l'hôtel du Barry à Paris où, selon Fabre de l'Aude, venaient beaucoup de personnages remarquables, appartenant au monde de la littérature et des arts. C'est le début de l'ascension de Jeanne.
Elle avait acquis la conviction qu'il fallait qu'elle se rende nécessaire au roi de France. "Il vient pour la première fois à Saint-Hubert le neuf mai 1770 et y reste souper. Il y retourne trois fois en juin et deux fois en juillet. Puis deux fois en mai, six fois en juin et quatre fois en juillet 1771. En 1772, ses venues à Saint-Hubert prennent une cadence accélérée. Huit fois en mai, sept fois en juin. Il y reviendra encore en mai Or, il y a beau temps qu'il est fixé sur la vie de Jeanne avant qu'elle ne devienne la favorite de son grand-père". Du Barry était en effet un amateur de musique et surtout de peinture, doublé d'un mécène, c'est à son contact que Jeanne, dite Mlle de Vaubernier dans le monde, se forma à la culture des beaux-arts. Lors d'un dîner, Jean-Baptiste du Barry aurait fait l'éloge de la jeune femme au maréchal de Richelieu qui imagina de la présenter à Louis XV. La rencontre se fit par l'intermédiaire de Lebel, premier valet de chambre du roi. Cette opération n'était pas indifférente à Richelieu qui voulait contrer le projet que préparait le clan du premier ministre. En effet, élevé au ministère par la grâce de la défunte marquise de Pompadour, le duc de Choiseul caressait l'espoir de placer auprès du roi sa sœur, la duchesse de Grammont, ou toute autre femme à leur dévotion. La déconvenue et le ressentiment des Choiseul à l'égard de Mme du Barry, qui leur fit perdre une part d'influence auprès du roi, fut immense. Car en peu de temps, Louis XV s'était épris de Jeanne qui avait à ses yeux un charme infini et certains talents qui lui donnaient une nouvelle jeunesse. Son amour pour le roi était d'une profonde sincérité. On peut donc penser que ces repas de chasse, dans une ambiance dénuée d'un strict protocole, constituent alors pour le jeune homme intelligent mais complexé qu'est le futur Louis XVI des moments de détente physique et morale. Ému par la beauté mais aussi la bonté de Jeanne, il prend plaisir à la voir rire, à l'entendre discuter. Dans son orbe il se heureux. Il oublie "l'Autrichienne" comme sa tante Adélaïde surnomme Marie-Antoinette". L'année 1768 avait clos pour le roi une décennie parsemée de deuils. Louis XV, ayant en effet souffert dans les années précédentes de la mort de ses proches. Sa fille la duchesse de Parme, morte en 1759, son petit-fils aîné, le duc de Bourgogne, mort à dix ans en 1761, sa petite-fille l'archiduchesse Isabelle, élevée à Versailles, morte en couches en 1763, sa favorite en titre, la marquise de Pompadour, morte en 1764, son gendre Philippe Ier de Parme et son fils et héritier le dauphin Louis-Ferdinand, morts en 1765, sa belle-fille Marie-Josèphe de Saxe, morte en 1767, laissant cinq enfants ayant entre treize et trois ans. Le dauphin, futur Louis XVI avait alors treize ans, ce qui suffisait pour monter sur le trône sans régence mais était tout de même bien jeune, ce qui devait alors causer beaucoup de souci au roi et sa femme la reine Marie Lesczynska décédée elle-même en 1768.
Elle s'efforce d'adopter en tout et pour tout le point de vue du roi. Il lui arrivera de se tromper, bien sûr, dans ses amitiés comme dans ses haines. Mais jamais elle ne s'asservira à un clan comme à un autre. "Un homme de mes amis fut chargé, malgré lui, de dire au duc de Choiseul que Mme du Barry désirait vivre en bonne intelligence avec lui et que, s'il voulait se rapprocher d'elle, elle ferait la moitié du chemin". Ce furent les paroles de la favorite. Le négociateur représenta que les maitresses chassaient les ministres et que les ministres ne chassaient pas les maitresses. L'orgueil et l'humeur du duc furent inflexibles. Aussi l'hostilité permanente de Choiseul commence-t-elle à l'agacer. Lors d'un séjour à Compiègne, elle l'a prié par lettre d'intervenir en faveur de l'un de ses protégés. Il n'a pas daigné répondre. Et lorsque à l'instigation du Roué, le duc de Lauzun, neveu de Choiseul, a tenté d'aplanir l'atmosphère entre elle et son oncle, ce dernier l'a reçu "avec la fierté d'un ministre persécuté des femmes et qui croit n'avoir rien à redouter. Malgré l'exemple donné par Mme de Pompadour, Jeanne n'aspire pas à jouer un rôle politique. Ce qu'elle souhaite: demeurer auprès d'un monarque qui tient à elle et pour lequel elle s'est prise d'affection, être entretenue et vivre en bonne harmonie avec ceux qui l'entourent". Le roi, toujours très beau mais vieillissant, alors âgé de cinquante-huit ans, désira faire de cette jeune femme de vingt-cinq ans sa nouvelle favorite officielle, ce qui ne pouvait être sans une présentation officielle à la cour par une personne y ayant ses entrées et sans qu'elle fût mariée. L'inconvénient était que le chevalier Jean-Baptiste du Barry était déjà marié, aussi tourna-t-on la difficulté en mariant Jeanne au frère aîné de Jean-Baptiste, le comte Guillaume du Barry, qu'elle épousa en effet le 1er septembre 1768. Quant à la marraine, on dégota la comtesse de Béarn, un très grand nom mais très vieille et surtout très endettée, qui accepta la "besogne", contre paiement de ses dettes, au grand dam des bien-pensants. Jeanne pouvait désormais être officiellement présentée à la cour, ce qui fut fait en avril 1769. Pour Louis XV, le pari était gagné, sa favorite était enfin intégrée à la cour. "Dans l'après-dîner du deux mai, Louis XV et sa maitresse se rendent à Bellevue afin d'admirer, de la terrasse du château, le feu d'artifices que la ville de Paris offre aux nouveaux époux et qui va être tiré sur la place Louis XV, future place de la Concorde, alors en travaux entre les bâtiments à colonnade construits par Ange-Jacques Gabriel". Cependant, le clan Choiseul n'avait pas désarmé et c'est à une de ses créatures, Pidansat de Mairobert qui fut le rédacteur des "Mémoires secrets après la mort de Bachaumont" que l'on doit les premières attaques, souvent triviales, dont Mme du Barry fut l'objet pendant sa vie entière. Il diffusa ou suscita des chansons grivoises et même des libelles pornographiques. Par la force des choses, Madame du Barry se retrouva soutenue par le parti dévot, par le fait même qu'il était hostile à Choiseul qui, pour avoir conclu le mariage du nouveau Dauphin Louis-Auguste et de l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche, semblait encore pour très longtemps intouchable. Prévenue contre Madame du Barry dès son arrivée en France, la dauphine, jeune et entière, lui voua d'emblée un mépris profond en ne lui parlant pas, ce qui était grave quand on vivait à la cour, moins parce qu'elle était favorite royale que parce qu'elle était non agréée par le parti Lorrain de la cour. En effet, Marie-Antoinette était de la Maison de Lorraine. En 1771, à la suite d'humiliations répétées contre Mme du Barry, au théâtre de Fontainebleau, Louis XV décida le renvoi de Choiseul et des siens, et le fit remplacer par le duc d'Aiguillon, ce qui accrut la rancœur de Marie-Antoinette à son égard. S'ajoutait à cela une querelle de préséance, car Marie-Antoinette prétendait être la première dame du royaume, et ne céderait en aucun cas sa place à une ancienne prostituée, fut-elle favorite.
Elle avait compris que l'amitié pouvait créer des liens aussi forts, et plus sûrs, parce que non soumis aux turbulences de la passion. "Jeanne est trop fine pour n'avoir pas réalisé qu'en faisant nommer le duc d'Aiguillon à un poste clé, elle renforçait l'équipe Maupeou-Terray qui lui est toute acquise, donnant ainsi naissance à un triumvirat éminemment influent et consolidant le triomphe du parti dévot". En revanche, cette nomination a été mal ressentie par Marie-Antoinette qui voit en d'Aiguillon l'ennemi juré de Choiseul et l'homme lige de Mme du Barry. Aussi, dès l'intronisation du nouveau secrétaire d'Etat, la dauphine a-t-elle fait preuve envers lui d'une grande froideur tandis qu'elle redoublait de morgue avec la favorite. Informée par Mercy du comportement de sa fille, Marie-Thérèse s'inquiète et le charge de veiller à ce que la dauphine "traite bien, sans affectation, les personnes du parti dominant, comme des gens que le Roi veut distinguer et dont elle doit ignorer tout ce qu'il y a de méprisable dans le caractère et la conduite". Mais c'est dans le domaine des arts que Madame du Barry a particulièrement brillé et mérite qu'on lui rende hommage, comme cela a été fait à l'occasion d'une exposition organisée à Marly en 1992. Elle a véritablement joué le rôle de mécène, contribuant à développer et faire connaître l'artisanat d'art français. Elle inspira les plus grands artistes dont le sculpteur Boizot, directeur de la manufacture de Sèvres, et elle contribua à l'essor du néo-classicisme en révélant Ledoux qui bâtit son pavillon de musique de Louveciennes, ou en passant des commandes importantes aux peintres Vien, Drouais, Greuze ou Fragonard, aux sculpteurs Lecomte, Pajou ou Allegrain, d'autres encore. D'un goût très sûr, comme en témoignent ses collections décrites par Charles Vatel, Mme du Barry a d'une certaine manière inventé le style Louis XVI. "Madame du Barry fut une courtisane, amie des lettres, des artistes, et qui passa sur terre en répandant libéralement autour d'elle or et consolations." "Après quoi, dans ce style qui lui est propre, elle écrit à Marie-Antoinette: "Je dois vous avertir qu'on n'était pas content comme vous avez reçu ce nouveau ministre, et généralement que vous marquez à tout ce parti trop d'éloignement. Il vous suffit que c'est le Roi qui distingue une telle ou un tel, que vous lui devez des égards, point des bassesses. La réprimande maternelle fait alors de l'effet. Lors du séjour fastueux de la Cour à Compiègne, Marie-Antoinette parla à la favorite, et cela de bonne grâce, sans affectation et sans qu'il y eût trop ou trop peu". À la mort de Louis XV, le dix mai 1774, son petit-fils et successeur, probablement inspiré par Marie-Antoinette, fit délivrer toute affaire cessante une lettre de cachet contre Madame du Barry. C'est ainsi que Lamartine relate les faits. " Jeune encore à la mort de Louis XV, Madame du Barry avait été enfermée, quelques mois, dans un couvent par la décence: caractère du règne nouveau. Affranchie bientôt de cette clôture, elle avait vécu, dans une splendide retraite auprès de Paris, au pavillon de Louveciennes, au bord des forêts de Saint-Germain.
Pourquoi exclure tout sentiment sincère ? Elle donna au roi maints témoignages d'un amour vrai, il ne s'y trompait pas, et de le rendre heureux. Le duc de La Vrillière, ministre de l'Intérieur, la fit conduire de nuit au couvent du Pont-aux-Dames à Meaux. Puis il fit saisir ses papiers qui arrivèrent en partie entre les mains du clan Choiseul. Certains furent utilisés pour publier une correspondance apocryphe, mêlant le vrai et le faux, et qui parut quelques années plus tard. Ainsi naquit la légende selon laquelle Madame du Barry serait sortie du bordel de Madame Gourdan, une légende que la favorite, grande dame, eut la sagesse d'ignorer mais qui, malheureusement, a été reprise et amplifiée par erreur ou par calcul. La comtesse du Barry put retourner chez elle à Louveciennes en octobre 1776". À quelque temps de là, lors d'une chasse au daim que la dauphine suit toujours en calèche, elle fait dire à la duchesse d'Aiguillon, l'épouse du nouveau secrétaire d'Etat, de l'y accompagner, "ce qui fit très bon effet auprès du ministre", assure Mercy à l'impératrice. Seulement, sous l'influence de Mesdames chez qui, par désœuvrement, elle continue de se rendre fréquemment, Marie-Antoinette reprend alors vite ses airs de hauteur envers Jeanne". Victime d'un vol de bijoux, Madame du Barry avait dû se rendre à Londres pour authentifier ceux de ses joyaux qui y avaient été retrouvés et qui étaient entre les mains du fameux espion Nathaniel Parker-Forth qui les conserva jusqu'à leur vente, à son profit, chez Christie, quelques années après l'exécution de la comtesse. Après la mort de Louis XVI, à la veille de la déclaration de guerre avec la Grande-Bretagne, Mme du Barry revint de Londres en France pour éviter l'apposition des scellés sur sa propriété. Elle fut dénoncée par un nommé Greive identifié plus tard comme étant un agent d'influence anglais en France. Cet individu, acharné à sa perte, semble avoir convoité ses papiers, notamment sa correspondance avec Brissac, qui donnait de précieuses indications sur les efforts des royalistes de l'intérieur pour tenter de sauver feu le roi Louis XVI. "Pour l'autre portrait, dont il ne subsiste que la gravure de Jacques Firmin Beauvarlet, elle a posé en tenue de chasse: jaquette de coupe masculine en soie grise, gilet de même ton laissant entrevoir le chemisier blanc à bord de dentelle. Tous deux ont fidèlement reproduit les quatre grains de beauté dont s'orne le visage de la favorite. L'un au-dessous de l'oeil gauche, l'autre au-dessus du sourcil droit, un troisième près de la narine droite, un quatrième sous la lèvre inférieure. Elle confiera plus tard que ces "mouches" naturelles étaient jugées par son royal amant, Louis XV comme un de ses plus grands charmes, qu'il les couvrait sans cesse de baisers. C'est moins ce qui restait de fortune à Madame du Barry que son ancienne condition de maîtresse royale qui en firent une cible parfaite pour les révolutionnaires. Malgré les nombreux témoignages des habitants de Marly et de Louveciennes en sa faveur, elle devint vite suspecte dès le vote de la loi de ce nom, le sept septembre 1793, fut déclarée ennemie de la Révolution et, après un long procès prédéterminé, elle fut condamnée à être guillotinée. L'exécution eut lieu le huit décembre 1793 après des retards pour enregistrer des révélations que Madame du Barry prétendait faire, au sujet de ses bijoux, pour obtenir sa grâce. Le courage qu'elle avait montré au moment de son procès l'abandonna sur la charrette. La peintre Élisabeth Vigée-Lebrun rapporte. "Elle est la seule femme, parmi tant de femmes que ces jours affreux ont vues périr, qui ne put avec fermeté soutenir l'aspect de l'échafaud. Elle cria, elle implora sa grâce de la foule atroce qui l'environnait, cette foule s'émut au point que le bourreau se hâta de terminer le supplice." Ses derniers mots au bourreau, sans doute apocryphes, furent: "De grâce, monsieur le bourreau, encore un petit moment." Attitude moins digne que celle de Marie- Antoinette, mais pas moins humaine. Si Jeanne du Barry s'est ainsi accrochée à la vie, c'est parce qu'elle a espéré jusqu'au dernier instant, un sursaut du destin, comme elle en avait tant connu au cours de sa vie.
Bibliographie et références:
- Michel Antoine, "Le règne de Louis XV"
- Édouard de Barthélémy, "Jeanne du Barry"
- Danielle Gallet, "Madame du Barry ou le plaisir au féminin"
- Mathieu-François de Mairobert, "Lettres originales de la comtesse Du Barry"
- Barthélemy-François-Joseph Moufle d'Angerville, "Vie privée de Louis XV"
- Alexandre Dumas, "La Femme au collier de velours"
- Charles Vatel, "Histoire de madame du Barry"
- Jacques Levron, "Madame du Barry ou la fin d'une courtisane"
- René de La Croix de Castries, "Madame du Barry"
- André Castelot, "Madame du Barry"
- Jacques de Saint Victor, "Madame du Barry, un nom de scandale"
- Jeanine Huas, "Madame du Barry"
- Cécile Berly, "Les femmes de Louis XV"
- Christiane Gil, "La comtesse du Barry, favorite de Louis XV"
- Pierre Verlet, "Le château de Louveciennes"
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Méridienne d'un soir.
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Rien ne leur donnait de l'assurance comme de se soustraire à la lumière du grand jour. Elles s'épanouissaient dans les entrailles de la ville mieux que nulle part ailleurs. Non pas hors du monde, mais hors de vue. Le corridor du garage commençait à tanger. La musique de fond, grésillante mais curieusement ralentie, semblait de plus en plus grave. Par moments, l'éclairage zénithal sombrait en léthargie. Tout était de plus en plus lugubre et vacillant. Jamais le souterrain ne leur était apparu si interminable. On peut si perdre quand on cherche sa voiture mais on peut y perdre la raison quand on ne trouve pas la sortie. Où était la bonne porte ? Elles étaient toutes fermées. À l'entrée d'une grotte, il y a la lumière. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallu peu pour qu'il soit sordide. Cela l'était juste assez pour ajouter à leur excitation. Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant de l'allée centrale, formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire de tout ce qui peut advenir de prosaïque et de poétique entre deux êtres soumis à leur seul instinct, de l'effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Elle s'appuya le dos au mur, exactement où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait. Avant même qu'elle pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en lui tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et se cambra tandis qu'elle s'agenouilla. C'était une femme livrée, qui avait forcé sa nature pour s'attacher corps et âme à son amante. Tout ce que Charlotte possédait, Juliette pouvait le lui retirer. Il ne fallait pas s'attendre à ce qu'elle se montre généreuse dans la disgrâce. Le tumulte de ses sentiments tendait douloureusement son esprit et la conduisait à chercher quelque issue pour évacuer ses humeurs agitées. L'abandon de Charlotte aux côtés de Juliette, l'intimité de leurs corps enlacés, l'évidence d'être l'une et l'autre vulnérables sous la trompeuse protection des draps tièdes qui les enveloppaient. Son désir physique submergeait la pudeur de son lien de soumission. Juliette caressa de ses doigts soyeux les traces qui faisaient comme des cordes en travers des épaules, du dos, des reins, du ventre et des seins de Charlotte, qui parfois s'entrecroisaient. Charlotte est vaincue, nous le savons déjà. L'important est de savoir comment elle chutera, si tant est que l'on puisse parler de chute pour une femme pressée de consentir. Peut-être le plus important est-il d'ailleurs de savoir où elle chutera car elle a perdu, depuis le début, sa superbe et l'initiative. Elle sait que c'est inéluctable mais elle n'est plus en mesure de décider du jour ou de la nuit. Ce n'est pas la première fois, c'est la seconde. La première a été une cruelle déception, une déception unique dont elle conserve un souvenir humiliant. Elle est sortie frustrée de cette épreuve qui ne lui a pas appris le plaisir et a laissé en elle une défiance animale à l'égard des femmes dominatrices. Or, par une fatalité assez fréquente, elle est retombée une fois encore sur une femme qu'elle est assez lucide pour ranger dans la catégorie détestée. Néanmoins, elle peut espérer que cette séductrice aux mille ruses saura lui faire partager ses émois. Il y a dans chaque femme aux abois de l'amour une part de fragilité.
Elle rentrait vers les secondes classes en se frottant les mains, toute à la joie égoïste, vaniteuse de celle qui va réussir et cueillera bientôt le fruit qu'elle convoitait depuis longtemps. Un signe suffit à trahir le doute et c'est le début de l'engrenage. Les murs étaient ornés de tags plus obsènes les uns que les autres. De toute évidence, le graffeur avait une dilection pour les bustes arrogants et les orifices salaces. La faiblesse de l'éclairage en accentuait le caractère licencieux. La sarabande prenait des allures de bacchanale. Tandis qu'elle ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, la jeune femme déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits mûrs, les écarta avec fermeté dans l'espoir de les scinder, songeant qu'il n'est rien au monde de mieux partagé que ce cul qui, pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue, écarta ses béances, et la prit si brutalement que sa tête faillit heuter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps dura. Là où elles étaient, là où elles en étaient, le temps se trouva aboli. Toute à son ivresse, Charlotte ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de la bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit jusqu'au sang. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans le granit de la paroi. Mais le badinage avait assez duré pour Charlotte. Sa Maîtressse lui ordonna de se redresser et de se coller au mur face à elle. Juliette sortit de son sac à main un petit martinet en cuir à quatre cils et la flagella à toute volée, n'épargnant aucune partie de son corps. Si bien que le ventre et le devant des cuisses, eurent leur part presque autant que les seins. Juliette prit le parti, après avoir arrêté un instant de ne recommencer qu'une fois. Chancelante et presque évanouie, sa Maîtresse la fit asseoir à même le sol, l'attacha et recouvrit sa tête d'une cagoule noire intégrale pour lui masquer le visage. Sans un mot, elle s'en alla, l'abandonnant dans l'obscurité menaçante pendant deux longues heures interminables. La passion, la jalousie, le dépit et la fureur entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. La victoire de Juliette avait fait écrouler ses espoirs, mais elle avait encore fortifié leur amour. Une espèce de violence l'avait saisi sur l'instant. Le temps passé à l'attendre s'était transformé, non en une absence de temps, mais en un temps qui n'était plus tendu vers ce seul espoir: la revoir, et qui s'était comme affaissé en s'abandonnant à une doucereuse déréliction. Le monde de l'amour malheureux est à la fois orienté et absurde. Orienté, parce qu'il est tout plein d'un seul être. Absurde, parce que cette présence envahissante n'est pour nous qu'une absence et qu'elle ne semble être là que pour nous faire subir un vide. Charlotte était sortie du monde de l'indifférence pour entrer dans un monde où la passion l'avait contrainte par la force à donner un sens aux choses. Le lendemain, de nouvelles épreuves attendaient Charlotte. Elle mit d'abord ses bas et ses talons hauts, puis sa jupe, sans rien dessous. Il était huit heures moins un quart. Elle s'assit de biais au bord du lit, et les yeux fixés sur le réveil, attendit le coup de sonnette. Quand elle l'entendit enfin et se leva pour partir, elle aperçut dans la glace de la coiffeuse, avant d'éteindre la lumière, son regard hardi, doux et docile. Tandis qu'elle rêvait d'étreintes sublimes au clair de lune sur la plage de Donnant, ou dans des draps blancs dans la chambre de l'hôtel du Phare à Sauzon, furieusement mélancolique, sa séductrice méditait une leçon d'amour dans un endroit où sa victime ne pourrait rêver et, refusant un affreux décor, fermerait les yeux pour ne penser qu'à elle. Elle avait la certitude qu'elle serait définitivement écrasée par la laideur et la promiscuité d'une maison sordide de rendez-vous. Charlotte savait que si Juliette l'avait trahie quelques heures plus tôt, c'était pour occasionner des marques nouvelles, et plus cruelles. Elle savait aussi que les raisons de les provoquer pouvaient disparaître, Juliette ne reviendrait pas en arrière. Ainsi, en manifestant sa volonté, fût-elle affectée, elle lui prouvait que sa résolution était intacte. L'assentiment de Charlotte avait une pleine valeur. Elle ne pouvait plus en ignorer l'évidence et si elle ne se récriait plus, c'était qu'un désir égal l'avait saisie. Il était inutile de le dissimuler. Cette ligne franchie, tout allait s'abattre sur elle. Il aurait fallu fuir, tout abandonner dans l'instant, mais l'amour ne donne de la force que pour entretenir son propre feu et la volupté dans sa soumission ne lui laissait aucune énergie pour autre chose que pour la renouveler encore dans l'étreinte charnelle. Quand Charlotte, à bout de force, fut enfin capable de renoncer à ses rêves pour la recevoir, elle la conduisit dans une une maison de rendez-vous près de la Place Saint-Sulpice, non loin de l'église.
L'endroit était poisseux et gris. Il en aurait fallu peu pour qu'il parût sordide. Ça l'était juste assez pour ajouter à son excitation. Quand la porte d'entrée s'ouvrit, elle hésita avant de franchir le seuil tant elle avait conscience d'abandonner le sous-sol pour les hauteurs même sordides, l'univers des ténèbres pour le monde des halogènes nauséeux, le noir foncé pour le blanc gris. Cette maison se distinguait à peine des autres dans une rue bourgeoise sans boutiques à cela près que ses volets étaient clos. Elle posa les paumes contre le mur et appuya au dos de ses mains son visage, pour ne pas l'égratigner à la pierre, mais elle y éraflait ses genoux et ses seins. Elle attendait. L'entrée par une lourde porte en bois donnait sur un petit hall où la réceptionniste ramassait la monnaie, contre sa discrétion, remettait une clé avec un numéro correspondant à l'étage et prévenait la femme de chambre en appuyant sur la sonnette. L'ascenseur ne marchait plus depuis longtemps et dans l'escalier, elles croisèrent un couple qui descendait; une femme légère et un gros homme rougeaud qui semblait satisfait et arborait un sourire béat. Charlotte baissa la tête et supporta avec un haut-le-cœur la femme de chambre du palier qui les accueillit avec un regard complice, en leur confiant les deux serviettes et le savon bleu. La chambre elle-même était sinistre avec ses rideaux tirés, l'armoire à glace hideuse, le grand lit de bois marron, le lavabo et l'obscène bidet. Charlotte ne retint plus ses larmes. Elle était très loin de la plage de Donnant, de celle des Grands Sables, près du village de Bordardoué, ou des promenades romantiques dans la vallée de Chevreuse. En fait, elle ne comprenait pas ce que Juliette voulait, ni pourquoi, elle lui infligeait ce supplice. Quand elle la déshabilla, elle demeura passive, le regard perdu. Juliette eut la surprise de découvrir un ravissant corps de jeune fille, une douce poitrine, de jolies et longues jambes. Son sexe était une discrète ombre claire au bas du ventre. Sa maîtresse fut émue, un vague remords la saisit. Elle la caressa debout, contre elle, plus pour calmer sa honte que pour la voir défaillir dans ses bras. N'eût-elle rien résisté à ses gestes que sa Maîtresse aurait craint d'abuser de sa faiblesse. De fait, elle sentit bientôt qu'elle n'opposait à ses caresses que des postures qui les prolongeaient. En prétendant écarter ses mains, elle les prolongeaient. Juliette avait souvent martyrisé son corps, si bien qu'elle eut, cette fois, l'impresson de le découvrir. Elle fut frappée de le sentir si frêle. En même temps, tout délicats que fussent, sa poitrine, son ventre, elle les trouvait pleins, tendus de vie, brûlants, plus qu'elle ne l'attendait. La fine odeur de fleurs et d'épices qu'elle lui connaissait ne couvrait plus, dans cette proximité, le parfum de sa peau blonde, à peine piquant, qui mit alors le comble à son désir. Charlotte fut à la fois consentante et paralysée. Juliette acheva de la déshabiller. Elle la poussa vers le lit sur lequel elle tomba et se retourna n'offrant que ses reins et ses fesses naïves dont la vue soudaine provoqua sur le visage de son amante un sourire impatient où le désir l'emportait sur la satisfaction. Les coups plurent mais elle ne dit rien.
À L'ardeur qu'elle y mettait, une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. Déjà, elle n'était plus qu'un corps sans âme. La jeune femme entendit les commentaires de sa Maîtresse, et guetta à travers ses paroles le respect et la docilité qu'elle savait lui plaire. Charlotte reçut les coups comme on reçoit un dieu. Elle n'eut pas très mal. Elle espérait seulement un châtiment plus brutal, plus violent et plus sauvage. Elle savait bien que cette attente pouvait mener Juliette à la passion. Elle serait là, discrète, calme et amoureuse. Alors sa maîtresse finirait par l'aimer de nouveau. Les passions sont traversées ainsi de zones calmes et douces où souvent l'horreur des bouleversements cède la place, pour quelques heures à des apaisements illusoires qui ne font rien d'autre que nous rendre à une vie normale, mais qui nous apparaissent, par contraste, comme des sommets de félicité. La passion tend à se perpétuer. Qui n'a vu le monde changer, noircir ou fleurir parce qu'une main ne touche plus la vôtre ou que des lèvres vous caressent ? Mais on est où nous le sommes, on le fait de bonne foi. C'est tellement peu de choses que ce n'est rien. Mais on n'avoue jamais ces choses-là. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ses plaisirs, une âme au loin, une imagination souffrent des tortures incroyables. Mais parler en amour, c'est agir. Juliette passa ses bras autour du cou de Charlotte. Elle l'enlaça à contrecœur tandis qu'elle posait la tête contre sa poitrine. Elle l'embrassa dans le cou et se serra contre elle. Glissant la main dans ses cheveux, elle posa ses lèvres timidement sur sa joue puis sur sa bouche, l'effleurant délicatement avant de l'embrasser passionnément. Involontairement, elle répondit à ses avances. Elle descendit très lentement ses mains dans son dos, et la plaqua contre elle. Ce fut dans la clandestinité et la laideur qu'elles s'aimèrent tendrement. La nuit qui tomba fut un ravissement sous les grands arbres éclairés par les lampadaires aux globes de verre laiteux.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Le visage aristocratique du baron von Blixen-Finecke me salua, comme toujours, du plus gracieux sourire, qui l'éclairait comme un rayon de soleil éclaire un morceau de cuir familier, un cuir bien entretenu, sans rides, mais tanné et dur comme une selle de cheval. C'est d'ailleurs la seule concession accordée par le visage de Blix à l'image populaire qu'on se fait d'un chasseur blanc". L’association, dans une même phrase, des mots "fermière" et "Afrique", fait immédiatement penser à Karen Blixen, l’auteur de "La Ferme africaine", roman porté à l’écran sous le titre "Out of Africa". Pourtant, l’Afrique peut s’enorgueillir d’une autre pionnière de la même trempe, elle aussi fermière au Kenya, aussi talentueuse que l’auteur danoise, pourtant largement moins connue : Beryl Markham. Pionnière de l’aviation de brousse kényane d’origine anglaise, Beryl Markham (1902-1986) a été la première femme à traverser l’Atlantique en solo, d'Est en Ouest, sur un avion à peine équipé. Elle a appris le Swahili, chassé dans des safaris, dormi dans des huttes africaines. Mais elle a aussi brisé de nombreux cœurs, épuisé son entourage. Beryl Markham ne fait pas l’unanimité, sauf lorsqu’il s’agit de saluer sa singularité et de sa force de caractère. L’histoire de Beryl Markham débute véritablement quelques années après sa naissance, lorsque son père fait l’achat d’une ferme au Kenya. La famille Barkham quitte alors la pluie grisâtre du Leicestershire pour le soleil de plomb de la vallée du Grand Rift. Pour la petite Beryl qui court pieds nus après les termites, c’est la cour de jeu rêvée. Pour sa mère, c’est l’enfer. Elle quitte le Kenya quelques temps plus tard, en emmenant avec elle le grand frère de Beryl. Celle-ci restera seule avec son père et l’amertume d’avoir été abandonnée par sa propre mère. Les deux femmes ne se reverront que des dizaines d’années plus tard, avec une joie modérée. Beryl n’a jamais pardonné à sa mère d’être partie sans elle. Tout l’amour qu’elle lui portait s’est reporté sur son père, qu’elle admire sans condition. Ensemble, ils se délectent alors de la vie africaine, "un monde sans mur" dira-t-elle plus tard. Elle grandit ainsi entourée d’animaux et se lie d’amitié avec les tribus environnantes, qui lui apprennent à chasser et à parler leur langue. Bientôt, la petite Beryl maîtrise mieux le Swahili que l’anglais. Son père ne la surveille jamais. La savane se charge de lui enseigner les grandes leçons de la vie. Ce cadre de vie en fera une jeune fille indépendante, hardie, dure aussi. Après trois ans passés dans une école privée de Nairobi, elle est renvoyée définitivement. Trop turbulente, insolente, elle n’en fait qu’à sa tête et insupporte ses professeurs. En amour, elle a du mal à se consacrer à une autre personne qu’à elle même. Ses trois mariages seront des échecs cuisants. De l’une de ces liaisons naîtra un fils, Gervase, dont elle a laissé la garde à ses beaux parents, qu’elle n’a pratiquement pas connu, par manque d’intérêt. Dans son proche entourage, on l'appelait "la jolie garce intrépide", elle, pour qui voler était toute sa vie.
"Ses yeux sont gais et bleu clair, et non froids et gris comme de l'acier. Il a des joues rebondies, et non un visage en lame de couteau. Ses lèvres sont pleines et généreuses, et non resserrées par la dure expérience de la nature à l'état sauvage. Il parle volontiers. Il n'a pas de silences lourds de sens". Mais c’est cela qu’on aime dans la vie de Beryl Barkham. Tout n’est pas glorieux, héroïque, remarquable. L’histoire a du relief, le personnage est couvert d’aspérités. Cette jeune femme sublime, aux mensurations de mannequin, au look androgyne, très coquet a de quoi surprendre. Elle aime séduire les hommes mais déteste l’engagement. Elle tient à être mise sur un pied d’égalité avec ses alter egos. Comme eux, elle veut découvrir le monde, se réaliser sans avoir alors à se soucier du dîner du soir. Farouchement indépendante, elle a grandi en liberté et ne veut surtout pas que cela change. Elle était connue pour user de sa féminité à son avantage, ensorcelant les hommes pour qu’ils ne jalousent pas son intrusion dans les métiers de tradition masculine comme le dressage de chevaux et l’aviation. Sa détermination et cette ambiguïté assumée dans ses relations avec les hommes lui ouvrira de nombreuses portes. À dix-neuf ans seulement, elle est la première femme à obtenir une licence de pilote commercial, sur les encouragement de son amoureux de l’époque, Tom Campbell-Black. Elle se lance alors dans la préparation d’un vol transatlantique en solo. Sans radio ni feu, elle s’élance au dessus des déserts africains et relie Khartoum au Caire, Tripoli à Tunis, Cannes à Cagliari, jusqu’au grand jour. Le quatre septembre 1936, elle décolle d’Abingdon, en Angleterre. Le temps est à la pluie, au vent et au brouillard, mais Beryl n’a pas peur. Beryl n’a jamais eu peur en avion. Après vingt-et-une heures de vol, son avion se crashe non loin de New York, mais pour elle, le défi a été relevé. Elle est la première femme à avoir traversé l’Atlantique en solo, d'Est en Ouest. Et tout cela pour épater son doux Tom, parti flirter avec une autre femme au cours d’un voyage d’affaires. Mais l’exploit ne suffira pas à le faire revenir. Beryl perd le goût de voler et part s’installer en Californie avec un nouveau garçon, Raoul Schumacher. Là, elle fait la rencontre d’Antoine de Saint Exupéry, un aviateur qu’elle admire et qui lui recommande vivement de se mettre, elle aussi, à l’écriture. Il ne fallait pas le lui dire deux fois. Beryl travaille immédiatement sur la rédaction de ses mémoires, "West with the Night". Elle fait lire le résultat à Ernest Hemingway, qu’elle avait rencontré lors d’un safari au Kenya. Il est époustouflé: " Cette fille, qui est, selon moi, une personne détestable, on pourrait même dit une garce de haut niveau, est capable de surpasser tous ceux qui, comme moi, se disent écrivains". Quelle reconnaissance !
"Peut-être que j’ai besoin d’un changement, d’une année en Europe cette fois, de quelque chose de nouveau, de mieux si possible. Si la vie n’avance pas, elle stagne. C'est, je crois, la vie que je mène ici. Ça ne sert à rien de se dire qu’un jour on pensera peut-être qu’on aurait mieux fait de ne pas changer de vie". Grâce à lui, "West with the Night" est publié en 1942, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Après cinq ans de mariage, Beryl et Raoul divorcent. L’aviatrice retourne au Kenya et renoue avec la passion de son enfance, l’équitation. Mais elle peine à vivre de ses activités d’entraîneuse hippique et décide, en 1983, de republier "West with the Night". Cette fois, le public est sous le charme et Beryl triomphe une deuxième fois. L’histoire se termine trois ans plus tard, lorsque "l'intrépide garce" décède alors d’une pneumonie, le trois août 1986 à Nairobi, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Pionnière de l'aviation, aventureuse, indépendante et belle, Beryl Markham était admirée et décrite comme une non-conformiste réputée, même dans une colonie. À l'époque le Kenya s'appelle l'Afrique orientale britannique, connue pour ses excentricités. Elle se marie trois fois, prenant le nom de Markham de son deuxième mari, le riche Mansfield Markham. Elle a une liaison en 1929 avec le prince Henry, duc de Gloucester, fils du roi George V, mais les Windsor demandent de mettre un terme à cette relation. Elle a également une liaison avec Hubert Broad, ancien pilote britannique de la première guerre mondiale. Mansfield Markham, lors de son divorce en 1937 avec Beryl, demandera le témoignage d'Hubert Broad. Après sa traversée de l'Atlantique, elle revient pour vivre avec Broad, qui avait influencé sa carrière de pilote. Elle s'était liée d'amitié avec l'écrivain danoise Karen Blixen pendant les années où cette dernière gérait la plantation de café de sa famille dans les collines de Ngong près de Nairobi. Lorsque la relation romantique de Blixen avec le chasseur et pilote Denys Finch Hatton se termine, Markham entame une liaison avec lui. Il l'invite à reconnaître tous les terrains d'aviation du Kenya, ce qui s'avéra fatal pour lui, mais Markham refuse, suivant la prémonition de son instructeur de vol, le pilote anglais Tom Campbell Black. Beryl a fini par séduire, Denys Finch Hatton, fils d'Henry Finch-Hatton, treizième comte de Winchilsea, le meilleur fusil d'Afrique, vif argent solaire, mort bien trop tôt, bien trop jeune. Amoureuse des hommes et du sexe, elle était le genre de femme à qui tout homme sain d'esprit, préférait l'abri d'une cage où tournaient deux ou trois tigres. "Cela ne sert à rien de prévoir les regrets. L’avenir n’a pas besoin de ressembler au passé. Les êtres humains ont tiré, à la loterie de l’évolution chère à Monsieur Darwin, le ticket gagnant et la souche qui va avec". Beryl n’a que quatre ans lorsque sa famille arrive au Kenya, à Njoro. Elle n’a guère qu’un an de plus lorsque sa mère jette alors l’éponge et retourne en Angleterre, son fils aîné, de faible constitution, sous le bras. La vie s’organise donc comme elle peut chez les Clutterbuck. Le père élève des chevaux de courses, la fille vagabonde dans les collines alentour et fait l’apprentissage de la savane avec les enfants du village Kipsigi, parmi lesquels Kibii, son meilleur ami. Mais conseillé par de bons amis, le père s’aperçoit assez vite que Beryl ne peut être laissée ainsi, à presque dix ans, à courir à moitié nue dans les taillis. Arrive donc Emma, une vraie lady de la colonie, chargée de domestiquer et de discipliner la jeune fille. Jeunesse et liberté !
"La beauté intrépide, son ermitage au pied des vagues et des nuages". La première leçon consistera à lui apprendre à porter des chaussures. Constatant que les cours sont totalement inefficaces, plusieurs préceptrices et autres gouvernantes se succéderont chez les Clutterbuck, afin d’instruire la jeune fille. Au grand dam d’Emma, c’est à coups de mamba noir glissé entre les draps et autres farces que Beryl chasse le personnel. Elle ira donc en pension. Mais elle a la peau dure et son obstination paye. Elle revient très vite au domaine et travaille aux côtés de son père, soignant et dressant les chevaux. Exactement là où elle le voulait depuis le début, en fait. Une chose est sûre, Beryl ne manque ni d’obstination, ni de volonté. Ce trait de caractère la conduira loin. Lorsqu’à contrecœur, elle prend conscience des problèmes financiers de son père, elle décide de se marier avec Jock Purves, un voisin bien plus âgé qu’elle, alors qu’elle n’a que dix-sept ans. Las, elle va vite déchanter. Rien ne pressait et Jock s’avère être tout sauf le mari idéal. Mais il en faut plus pour abattre la jeune toute jeune Madame Purves. Elle décide donc de quitter le domicile conjugal pour aller travailler. Quoi de mieux que d’entraîner des chevaux chez un ami de son père ? Malgré les bouderies de Jock, qui a peur du qu’en-dira-t-on et se montre affreusement jaloux, Beryl établit ses quartiers et il ne lui faut pas longtemps pour également imposer son savoir-faire. Elle se révèle être née pour élever des chevaux. Elle deviendra entraîneuse professionnelle. Peu importe qu’elle soit une femme, anglaise, qu’elle ait dix-huit ans, et qu’elle vive séparée de son mari. Inutile de s'embarrasser de tous ces détails sans intérêts. Si Beryl n’éprouve aucun problème à courir en pagne, pieds nus, dans les taillis, à chasser avec les Kipsigi et à monter son cheval à cru, on attend plutôt d’une jeune lady, qu’elle soit toujours élégante et distinguée, qu’elle ait de la conversation et d'excellentes manières, tout ce que déteste profondément notre héroïne. De fait, l’éducation très libre de Beryl lui a donné des idées extrêmement modernes, voire choquantes pour les membres les plus prudes de l’intelligentsia locale. Moderne, anticonformiste, libre, sensuelle, Beryl est aux antipodes du modèle idéal de la jeune fille britannique mondaine. "Voilà sans doute pourquoi nous sommes si merveilleux, pourquoi nous savons faire des fils, des rasoirs électriques et des appareils de radio, et des fusils pour tuer les éléphants, les lièvres, les pigeons d’argile, et nos semblables". Inspirée et entraînée par Tom Campbell Black, Beryl a appris à voler. Elle a travaillé durant quatre années comme pilote de brousse, repérant les gibiers depuis les airs et signalant leur emplacement à des safaris au sol. C'est une des premières femmes à avoir pu vivre de son activité dans l'aviation commerciale. Dans son autobiographie parue en 1942, sous le titre, "West with the night", en français, "Vers l'Ouest avec la nuit", les premières pages évoquent tout naturellement un souvenir ayant trait à sa carrière de pilote: un vol de Nairobi à Nugwe figurant dans son carnet de bord en date du seize juin 1935. Ce jour-là, elle devait livrer un cylindre d'oxygène à un chercheur d'or atteint d'une maladie pulmonaire dans ce petit village perdu au milieu de nulle part. Elle devait également essayer de retrouver Woody, un collègue aviateur qui n'était pas rentré à Nairobi et était sans doute en panne quelque part dans la brousse. Les vols de nuits, les atterrissages en rase campagne sur des pistes cahotantes et les pannes étaient monnaie courante. Comme le relève Markham, "À une distance de mille pieds, la lumière des torches de pétrole ne révélait qu'une piste étroite, mince cicatrice sur le grand corps étendu de la brousse". Arriver sain et sauf à destination représentait un exploit qu'il convenait de renouveler alors chaque jour et tous les pilotes n'eurent pas la chance d'y parvenir.
"Elle avait mis ses mains dans son dos comme une enfant effrayéeé". L'atterrissage de Merkham en pleine nuit à Nugwe dans un nuage de poussière que les torches coloraient d'une teinte orangée, son décollage au petit matin après avoir livré sa bouteille d'oxygène, et le sauvetage de Woody qu'elle retrouve en mauvaise posture sur le chemin du retour, ne sont qu'un avant-goût des péripéties relatées par la suite. Toutefois, ce n'est pas au cœur de l'exploit que la narratrice plonge le lecteur au tout début de son ouvrage. Elle entend en préambule lui rappeler que la mémoire donne une couleur particulière à toute évocation du passé, qu'elle est subjective, personnelle et irrationnelle. "Comment peut-on mettre de l'ordre dans des souvenirs ?" écrit-elle, avant de concéder qu'il s'agit d'une mission impossible: "Je voudrais pouvoir commencer par le commencement. Je voudrais pouvoir dire, Voilà le point de départ, mais il y a cent points de départ, car il y a cent noms: Mwanza, Serengeti, Nungwe, Molo, Nakuru. Il y a une bonne centaine de noms et, pour commencer, il faut que j'en choisisse un, non pas parce que c'est le premier, ni parce qu'il évoque une aventure particulièrement spectaculaire, mais parce qu'il est là, sous mes yeux, sur une page de mon carnet de vol. Les noms sont des clés qui ouvrent des corridors enténébrés dans notre esprit, mais que le cœur reconnaît sans peine". Beryl Markham n'était pas qu'un brise cœur, c'était une aviatrice chevronnée. "Denys possédait cette qualité inestimable à mes yeux. Il savait écouter une histoire. L'art d'écouter une histoire s'est perdu en Europe. Les indigènes d'Afrique, qui ne savent pas lire, l'ont conservé. Les blancs eux ne savent pas écouter une histoire, même s'ils sentent qu'ils le devraient". Les commentaires de Merkham sur les images contradictoires de l'Afrique que les auteurs proposent à tout un chacun sont eux aussi intéressants. Résolument moderne dans son approche de la chose littéraire, l'auteur souligne que son ouvrage, comme de tous ceux des écrivains qui l'ont précédée, ne propose pas une image définitive de "la réalité" mais recrée ainsi le monde et les événements qu'elle a vécus au fil de sa mémoire vagabonde. L'Afrique est "une entité qui prend naissance dans les espoirs et les rêveries des hommes". "Il y a donc de nombreuses Afrique. Il y a autant d'Afrique qu'il y a de livres sur l'Afrique. Quand on écrit un nouveau livre à ce sujet, on a la satisfaction de savoir que l'image que l'on va en donner sera inédite, qu'elle se démarquera de toutes les autres, mais qu'elle se heurtera sans doute au refus hautain de tous ceux qui croient en une Afrique différente". Cette approche non doctrinaire de la perception du monde et de la manière subjective dont chacun en parle, contraste avec les certitudes de l'idéologie coloniale. L'Afrique que nous raconte Beryl Markham se situe résolument en marge des clichés ressassés par la majorité de ses contemporains. Contrairement aux expatriés souffrant du mal du pays et rêvant de quitter "l'enfer des colonies ", elle ne considère pas l'endroit où elle vit comme un monde étranger, sous-développé et plein de dangers. Elle se plaît où elle est et considère l'endroit où elle a grandi, comme "son cher pays". La ferme familiale, la brousse, les gens qui y travaillent et les vastes étendues de brousse qui l'entourent lui fournissent tous les repères nécessaires à la compréhension du monde.
"J'avais quatre ans quand j'ai quitté l'Angleterre", dit-elle à son ami Otieno, "Peut-être que c'était le pays de lait et de miel, mais je ne me le rappelle pas ainsi. Je ne connais pas d'autres pays que celui où je vis, ces collines, familières comme un souhait de toujours, ce veldt, cette forêt". Cet attachement au Kenya explique son désir de rester sur place lorsque la faillite contraint son père à vendre sa ferme et à quitter le pays, comme sa voisine Karen Blixen un peu plus tard. Beryl a à peine dix-huit ans, une passion dévorante pour les chevaux de course et la certitude qu'elle en sait assez sur le sujet pour entraîner des pur-sangs et les mener à la victoire sur les hippodromes. Dès lors, le cœur gros mais confiante en l'avenir, elle quitte le domaine paternel avec son cheval Pégase et deux sacoches de selle. "Jamais je n'ai possédé si peu de chose et je ne suis pas sûre qu'il m'en ait jamais fallu davantage". Au sortir de l'adolescence, l'idée de thésauriser lui est étrangère et elle le demeurera toute sa vie. Cigale sans attirance pour la vie besogneuse des fourmis, elle se laisse porter par ses projets, son goût de l'aventure, ses engouements et ses désirs de réussite. À dix-huit ans, lorsqu'elle quitte son père, ce qui compte avant tout pour elle, c'est d'obtenir une licence professionnelle d'entraîneur du très chic Jockey Club de Nairobi, de devenir une femme entraîneur, et de courir de victoire en victoire avec les chevaux confiés. Projet utopique, car les propriétaires de pur-sangs ne voyaient d'un très bon œil une jeune femme ayant la prétention de s'immiscer dans leur chasse gardée. "Denys Finch Hatton avait une passion, si l'on peut qualifier de passion le besoin fanatique de sécurité et de solitude. Ce besoin s'apparentait au mal du pays, ou à l'instinct du pigeon, qui le pousse à revenir vers son nid. Tout ce qu'au plus intime de son être il exigeait de la vie, était de rentrer chez lui et de s'y enfermer, certain que personne ne le suivrait ou ne viendrait le déranger". Mais à force de détermination, de persistance, de séduction et de travail, Beryl Markham finit par imposer sa présence sur les champs de course avec plusieurs victoires. Son engouement pour l'aviation, dans les années trente, mit fin à ses activités hippiques. Ce n'est que bien des années plus tard, lorsque Beryl Markham rentra au Kenya après un long séjour aux États Unis, dix ans après la publication de son autobiographie, qu'elle renoua avec la passion des chevaux de sa jeunesse et reprit son activité d'entraîneuse pour devenir l'un des entraîneurs les plus couronnés de Nairobi. Sa rencontre fortuite avec Tom Black sur un chemin de campagne au milieu de nulle part fut alors à l'origine de son intérêt pour les aéroplanes. Le jeune homme réparait sa voiture qui venait de tomber en panne et Beryl qui passait par là avec Pégase s'était arrêtée. Elle discutait de choses et d'autres avec le jeune homme alors qu'il s'activait, les mains pleines de cambouis. Ils parlaient d'automobiles et de progrès techniques, mais ce qui passionnait Tom par dessus tout, c'était les aéroplanes. Il en avait piloté un pendant la première guerre, ça lui avait beaucoup plu et il n'attendait que le moment de trouver l'argent nécessaire pour acheter son propre appareil. "Quand vous volez, vous avez l'impression de posséder le monde, plus que si vous étiez propriétaire de toute l'Afrique. Vous sentez que tout ce que voyez vous appartient. Tout est là, et tout est à vous. Vous vous sentez plus grand que vous n'êtes et plus proche d'un idéal que vous pensiez vaguement être capable d'atteindre mais que vous n'aviez jamais eu le courage d'envisager sérieusement". Sa passion était communicative et il ne fallut pas longtemps pour que Beryl ne se décidât à apprendre à piloter. "Tom commença mon apprentissage sur un D.H. Gipsy Moth. Son hélice pulvérisait le silence de l'aube sur les plaines de l'Athi. Nous nous balancions au-dessus des collines, au-dessus de la ville, puis nous revenions, et je compris comment un homme peut être maître d'un avion, et comment un avion peut être maître d'un élément. Je vis l'alchimie de la perspective réduire le monde que je connaissais, et tout le reste de ma vie, aux dimensions de grains de blé dans une tasse. J'appris à partir à l'aventure. J'appris ce que tout enfant imaginatif et intrépide, a besoin de savoir, qu'il n'existe pas d'horizon si lointain qu'on ne puisse survoler et dépasser. La vraie liberté consiste à voler pour quitter la terre. Il n'a pas de silences lourds de sens. Il y a le silence qui succède à une pluie torrentielle, celui qui la précède. Il y a un certain silence qui émane d'un objet inanimé, d'une chaise rarement utilisée".
"Bien des gens penseront qu'il est insensé d'attendre un signe du Destin. Pour en arriver là, à vrai dire, il faut un état d'esprit que tout le monde, heureusement, ne connaît pas. Mais à ceux qui l'ont connu et qui demandent un signe, la réponse ne peut manquer, elle est une conséquence de la demande". Obtenir son brevet de pilote ne fut qu'une formalité et une année et demi après avoir commencé à voler, elle passa son brevet B, c'est-à-dire, "la Grande Charte d'un pilote" qui lui permet de devenir professionnel. Elle avait environ mille heures de vol à son actif et décida de se mettre à son compte, "transportant du courrier, des passagers, des provisions pour les safaris, ou toute autre cargaison". Parallèlement, Tom consacrait toute son énergie à l'expansion de la Wilson Airways dont il était le directeur et le pilote principal. "Il œuvrait avec acharnement comme ambassadeur du progrès à l'intérieur du pays, et souvent, nous quittions l'aéroport de Nairobi juste après l'aube, Tom en route pour l'Abyssinie et moi pour le Soudan anglo-égyptien, le Tanganyika, la Rhodésie du Nord, ou n'importe quelle autre destination où m'appelait un contrat". Bien que passionnée par son métier, le transport très routinier de passagers et de matériel finit par perdre son piquant, d'autant que Tom à qui l'on avait offert un nouvel emploi était parti pour l'Angleterre en laissant un grand vide derrière lui. Mais, n'ayant rien perdu de son dynamisme, elle releva le défi de Denys Finch-Hutton, et plus tard du Baron Bror von Blixen-Finecke qui organisaient des safaris pour les milliardaires de l'époque. Leur idée était de repérer alors les éléphants à l'aide d'un avion et d'indiquer la position du gibier aux chasseurs progressant à travers la brousse. "L'émerveillement de mes premières heures de pilote néophyte s'était émoussé et repérer les éléphants permettait non seulement de sortir de la routine, mais c'était aussi un travail très lucratif". "Ce n'est ni brutal, ni héroïque, c'est tout juste une de ces entreprises ridicules dans lesquelles les hommes aiment se lancer". Exubérante et pragmatique, elle n'est pas femme à s'inquiéter des contradictions qui émaillent son comportement et ses propos. C'est donc sans remords et en toute connaissance de cause qu'elle s'accoquine avec Denys Finch-Hutton puis avec le célèbre Baron Blix dont elle apprécie le charme et admire la détermination, le sang-froid et la capacité de sortir indemne des situations les plus périlleuses. Sa seule faiblesse, selon elle, est d'avoir été trop modeste dans sa manière d'évoquer ses exploits. "Il fait de toutes les montagnes qu'il a escaladées des taupinières, et relate comme de minces incidents des histoires vraies qu'un homme moins modeste aurait transformées en épopée. Il existe toutes sortes de silences, qui signifient des choses différentes. Il y a le silence du matin dans la forêt, qui n'est pas le même que le silence d'une fille endormie. C'est un peu comme un écho muet."
"L'homme est effrayé, au fond, par l'idée du temps. Il ne trouve pas son équilibre par suite de son déplacement incessant entre le passé et le futur. Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie". La même remarque conviendrait aussi bien à la vie de Beryl Merkham dont les prouesses comptent un nombre incalculable de vols de nuit et d'atterrissages très périlleux, plusieurs vols du Kenya en Angleterre, et la traversée en solitaire de l'Atlantique. Autant de performances qui sont présentées comme des exercices somme toute assez ordinaires. Cette modestie qui contraste avec la vivacité de l'auteur n'a rien d'artificiel et elle n'empêche d'imaginer les obstacles que cette femme d'exception a dû surmonter tout au long de sa vie. Il n'était pas possible de défier l'ordre social des années 1920 et 30, de s'arroger des droits qu'on refusait aux femmes à l'époque et de se faire une place au sein d'un univers masculin bien gardé sans être la proie de féroces critiques. "Les êtres qui rêvent pendant leur sommeil éprouvent une satisfaction particulière et profonde, inconnue du monde diurne, une forme d'extase assez passive, une légèreté du cœur semblable à celle procurée par du miel sur la langue. Le véritable ravissement du rêve réside dans le sentiment de liberté sans bornes qu'il apporte avec lui. Ce n'est point la liberté du tyran qui impose son bon vouloir au monde, mais celle de l'artiste libéré de la volonté. Ce n'est pas le sujet du rêve qui donne ce bonheur distinct, mais le fait que, dans le rêve, tout se passe sans le moindre effort, sans hâte ni rupture. Ainsi, celui qui rêve sent la liberté qui l'entoure et l'habite comme une lumière et un air des sommets, un bonheur surnaturel. Le rêveur est l'élu qui n'a pas à intervenir dans ce qui arrive, tout lui apporte richesse et plaisir. Il prend part à une bataille, une battue ou un bal, et, au milieu de cela, se demande pourquoi il reçoit tant de faveurs en restant toujours allongé. Quand vous commencez à perdre ce sentiment de liberté, quand la nécessité fait irruption dans le monde du rêve, quand pointe une exigence de hâte et d'effort, que ce soit une lettre à écrire ou un train à prendre, quand il faut se donner de la peine pour faire galoper les destriers du rêve ou éviter qu'ils ne fassent long feu, alors vos rêves sont sur le point de s'achever et de se muer en cauchemar, une forme de rêve vulgaire et mauvaise". Aucun palais n'aurait pu retenir celle dont la vie était traversée par une violence silencieuse qui la poussait à tout détruire sur son passage. Beryl Markham est à jamais l'enfant d'un monde premier dont elle a vécu les derniers instants. Ayant survécu à la cruauté d'une mère qui pouvait vivre sans elle, elle finit par intégrer l'idée, que quelle que soit l'intensité de la douleur infligée, aussi irréparable que soit la perte, l'homme doit faire face et tout supporter. De quoi créer un égocentrisme farouche. Ce qu'elle fit.
Bibliographie et références:
- Beryl Markham, "West with the night" -
Karen Blixen, "Afrique, terre de liberté"
- Katell Faria, "Les aventurières du ciel"
- Errol Trzebinski, "The lives of Beryl Markham"
- Sara Wheeler, "The Life of Denys Finch Hatton"
- Judith Thurman, "Karen Blixen"
- Nathalie Skowronek, "Karen et moi"
- Dominique de Saint Pern, "Baronne Blixen"
- Paula McLain, "Beryl Markham"
- Sally Shuttleworth, "Fly with Beryl Markham"
- Ulf Aschan, "The man whom women loved"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Il me paraît égal aux dieux. Celui qui près de toi s'assied, goûte la douceur de ta voix et les délices. De ce rire qui fond mon cœur et le fait battre sur mes lèvres, sitôt que je vois ton visage, ma voix se brise." Si le servir mérite récompense, et récompense est la fin du désir, toujours voudrais servir plus qu'on ne pense, pour non venir au bout de mon plaisir, mon premier et pur bonheur". Cri de désespoir, sentiment de l'éphémère que conjure sa passion pour les fleurs, élégies nostalgiques et sensuelles, instruction de jeunes filles promises à l'esthétisme lyrique, soin et amour charnel contribuant au voile allégorique orphique. Telle était Sapphô de Mytilène. Sapphô, deux syllabes enchantées, une poésie divine qui nous arrive de la Grèce antique. Deux syllabes qui sont une invitation à chahuter préjugés et tabous, par-delà les millénaires. Deux syllabes empreintes de mystère et de grâce solaire, avec un doux parfum de péché. Deux syllabes que l’on murmure en pensant aux bruissements du vent dans les roseaux,là, en son temps, où allaient s’égayer de jeunes nymphettes, légères et court vêtues. "Je vis, je meurs. Je me brule et me noie. J'ai chaud en endurant le froid. La vie m'est douce et pourtant trop dure". Sapphô, la sublime Sapphô, parole de la femme, jouant du barbitos sur les grèves de Lesbos, son île natale. Sujet de toutes les rêveries, la muse se place au-dessus des âges et des lettres. Idolâtrée par les uns, vilipendée par les autres, pour avoir convoqué l’infamie dans le saphisme de ses chants, condamnée à l’expiation par le pape Grégoire VII, elle a enchanté l’antiquité en imposant sa voix dans un monde où ses semblables étaient recluses dans les gynécées. Son audace, dans ce domaine, est incomparable, ce qui lui a valu de multiples hommages des artistes de son époque. À Syracuse, elle a une statue à son effigie. Sur un vase du musée archéologique d’Athènes, on la voit lisant un de ses poèmes, avec cette inscription: "J’écris mes vers avec de l’air." Malgré sa célébrité durant l'Antiquité, seulement six cent cinquante vers, nous sont parvenus, tirés de citations tardives, on connaît peu la vie de la poète. "L’amour a ébranlé mon cœur, tel un vent".
"Ah! ce désir d'aimer qui passe dans ton rire. C'est pour cela qu'un grand frisson saisit mon cœur. Prends mal et bien, prends donc tout ce que j’ai. Un bonheur fou plein d'une telle détresse, qu’il brisera la vie en mes mains". Servir la beauté, une obligation et une qualité de l’humanité personnifiée, une vision de la liberté, ainsi que l’exprime "L’Odyssée" en affirmant (17, 322) que "la servitude enlève à un cœur noble la moitié de sa valeur. "Sappho insiste, sans se méprendre: "Les Muses m’ont honorée et me rendent glorieuse par le don de leur art, après ma mort nul n’oubliera mon nom, par mon art, la terre saura mon nom". Cueillant les roses des Muses, voilà Sappho prenant possession de la beauté avec la force inouïe de ses mots. Pour l’homme épris de liberté, il n’y a qu’un gage d’immortalité, l’acquisition des savoirs et leur transmission. Ainsi se dessine le dessein de celle que Platon surnommait, "La Dixième Muse." Sapphô serait née, au VIIème siècle av. J.-C, dans la cité de Mytilène, ou dans la petite ville d'Ereros. Elle appartenait à une famille honorable aristocratique. Son père s’appelait Scamandrônymos et sa mère Cléis. Elle avait trois frères. Larichos, son préféré, servait le vin, au prytanée de Mytilène, un privilège réservé aux nobles. Dès son plus jeune âge, la jeune fille est entourée de richesse et de luxe mais elle perd son père à l'âge de six ans. Sa mère la fait alors entrer dans une école où l’on enseigne aux filles, la danse et la créativité poétique. Au cours de sa scolarité, elle crée de nombreux hymnes, épitaphes, odes, élégies, fêtes et chants festifs. En 595 av. J.-C., des citoyens se révoltent contre de riches oligarques dont Pittacos, le tyran local. À l’âge de dix-sept ans, opposés à Pittacos, Sapphô et ses trois frères fuient en Sicile où ils passent quinze ans en exil. Graciée, elle retourne sur son île en 580 av. J.-C. Après ce retour, elle commence une romance platonique avec un poète, mais il quitte l’île de Lesbos. Sapphô se marie avec un riche citoyen de l'île d'Andros, nommé Kerkolas. Un an plus tard, elle donne le jour à une fille qu’elle nomme Cléis comme sa mère, la bien-aimée Cléis, dont "la forme est pareille à des fleurs d’or", écrivait-elle. Cependant son mari et sa fille meurent presque simultanément. Dès lors, ce double deuil la conduira à consacrer sans relâche toute sa vie à l'art lyrique grec. "Moi, à ta vue, je reste sans voix, ma langue se brise, la fièvre me brûle, mes yeux se brouillent, mes oreilles bourdonnent, je sue, je frissonne, je verdis, je crois mourir. Mais il faut oser. Qu’y puis-je ? C’est inévitable: l’aurore aux bras de rose nous emporte sous terre. Mais j’aime encore la volupté et l’amour a pour moi la beauté du soleil. Que de parfums précieux tu répandis."
"On m'a jeté tant de pierres, que plus aucune ne m’effraie, le piège s'est fait haute tour, haute parmi les hautes tours. Un malheur plein de tendresse qu’il guérira les pires chemins. Je ne sais pas si je te courrouce, déshéritée ou riche". Elle est la seule à nous transmettre aujourd’hui, une voix féminine sur le monde de la Grèce de l'époque archaïque. Grâce à elle, l'art lyrique se changea en connaissance des humanités et de la langue grecque, l'"ordo studiorum", ou le fondement de l’instruction des Antiques. Sa poésie était alors exhortation, un appel à la pureté, à l'éloquence, aux disciplines. Après elle, la détermination de diffuser le savoir anima avec grâce toute la pléiade de la Grèce, dessein qui demeure une des préoccupations fondamentales de l’Humanité. On la classa parmi les génies de la poésie grecque. Bientôt, Sapphô commence à nourrir pour les jeunes filles de son cercle, une passion sublimée. Pendant de nombreuses années, elle dirige à Mytilène, une école de rhétorique dénommée, la "Maison des Muses", une communauté sacrée, où ses jeunes élèves participaient à des fêtes religieuses. La notoriété de son école rayonne dans toute la Grèce et bien au-delà. Des jeunes filles viennent pour apprendre à danser, chanter et jouer de la lyre. Les plus célèbres sont Erinna de Telos et Damophila de Pamphylie. Sapphô dédie souvent ses œuvres à ses disciples. En 572 av. J.-C., à l’âge de soixante ans, Sapphô se serait suicidée, sur l’île de Leucade, en se jetant à la mer d’une falaise. Selon la légende, elle serait tombée amoureuse d’un jeune homme nommé Phaon, indifférent à son charme, d'où son son acte pour mettre fin à ses jours. La fable de son amour pour le beau Phaon et de son suicide, relatée par Ovide, paraît sans fondement. Il apparaît d'ailleurs que Sapphô parvint à un âge avancé. L'art de Sapphô a franchi l’épreuve du temps, en raison de la virtuosité éminente de sa versification, pour les rythmes et les mètres nouveaux qu’elle a créés, les "strophes sapphiques." Malheureusement, pendant plus de deux millénaires, on évoqua surtout sa sexualité, réduisant ainsi la vie de la légendaire poète grecque à des aspects anecdotiques. Sa réputation d'homosexualité, pratique aristocratique courante dans la Grèce Archaïque, ne repose sur aucun élément vérifiable. Les femmes éoliennes qui peuplaient l'île de Lesbos, vivaient alors beaucoup plus librement que les ioniennes, exclues de la vie publique, séquestrées dans le gynécée. Ce contraste explique le sens commun, acquis des habitantes de Lesbos. En mettant l’accent seulement sur la sexualité "déviante" de Sappho, on occulte son rapport à la cité, son statut de prêtresse d’Aphrodite, déesse de l’Amour, qui lui conférait un pouvoir social manifeste.
"Une fleur est accrochée à ma poitrine. Qui me l'a accrochée ? Je ne sais plus. Je ne sais pas, sache-le toi-même". Chez Sapphô, on s'enivre d'une pureté qui peuple sensuellement les mythes en faveur d’une création littéraire singulière. La poète s'évoque dès lors à la première personne du singulier et se positionne bien au-dessus des légendes grecques. On oublie également le mode de vie original qu’elle implanta, dans les thiases, écoles de savoirs pour jeunes filles, où s'instaurait la "philía", sentiment à mi-chemin entre amour et amitié, jusque-là réservé aux hommes. Ses œuvres, groupées en neuf livres par les Alexandrins, en l'honneur des neuf muses, ont hélas presque toutes disparu. On a conservé seulement un hymne à Aphrodite, une ode à une jeune fille, quelques fragments lyriques. Ils ne suffisent pas à nous faire comprendre l'admiration que Sapphô inspirait aux anciens, qui vantaient par-dessus tout, ses épithalames et ses hymnes pour la densité du sentiment, la grâce du langage, la douceur du rythme, l'ardeur de la sensualité dans un style elliptique. En lisant ces textes, on ne peut s’empêcher de penser aux grands mystiques. Bien avant eux, Sapphô a écrit l'expérience amoureuse comme une brûlure, une immolation à la fois charnelle et métaphysique. Spasmes, convulsions, "tourments nauséeux", le désir était pour elle une maladie, mais qui guérissait de tout. "Éros a ébranlé mon âme comme le vent dans la montagne quand il s’abat sur les chênes", écrit-elle. Ailleurs: "Un feu subtil soudain a couru en frisson sous ma peau, mes yeux ne me laissent plus voir, un sifflement tournoie dans mes oreilles, une sueur glacée couvre mon corps, et je tremble, toute entière possédée, me voici presque morte." On ressent le désir élégant, dans de subtils changements d’humeur, de la tentation de chanter joyeusement la vie. Sapphô présente alors la passion amoureuse comme une force irrationnelle, entre le bien et le mal, comme la jalousie, l'attirance ou une nostalgie intangible, tout en projetant des réactions physiques. Le charme est à son comble lorsque Sapphô ressuscite l’aréopage des divinités antiques, quand elle évoque "le trône diapré d’Aphrodite la tisseuse de ruses", "la rosée éparse en gouttes de beauté," quand elle se pâme devant une adolescente à la "chevelure plus dorée que torche qui flamboie." Sa poésie, qui connut un grand succès dans l'Antiquité,servit de source d’inspiration à de grands poètes comme Théocrite ou Catulle, sans omettre la poésie contemporaine.
"Ma faim est insatiable. De tristesse, de passion, de mort. Qui me rendra ces jours où la vie a des ailes, et vole, vole, ainsi que l'alouette aux cieux, lorsque tant de clarté passe devant ses yeux, qu'elle tombe éblouie au fond des fleurs, de celles qui parfument son nid, son âme et son sommeil". S’il se prête de consentir aux poètes grecs un rôle essentiel dans la genèse de la littérature, la création de Sapphô assure sans nul doute un fondement sur lequel s’orientent et s'animent l’identité et la vision des créateurs affranchis et mystiques de l'épopée de la Grèce archaïque et de sa postérité. Elle fut célèbre et appréciée dans l'Antiquité, égalant les plus grands. L’intérêt de conserver et de sauvegarder son œuvre est essentielle, comme de tenter de découvrir les parties manquantes. Malgré le caractère fragmentaire de la production préservée, il semble que Sapphô ait réussi à réaliser son désir, conformément à la conception hellénique de la poésie, de faire perdurer ses amours à travers sa création poétique. Sapphô apporta un renouveau à l'art poétique de son temps en imposant un style lyrique inédit. Pour Socrate, elle était "une tutrice de l'amour" et "un miracle." Contrepartie féminine d'Homère, les anciens la considéraient alors comme l'égale de Pindare ou d'Alcée. L'œuvre majeure délicatement sensuelle de Sapphô s’est imposée de siècles en siècles, par la grâce et l'intemporalité de son art, au mépris des préjugés et des tabous. On ne compte plus ceux qui l’ont chantée, d'Horace à Racine, de Louise Labé à Ronsard, de Renée Vivien à Marguerite Yourcenar, de Chateaubriand à Baudelaire et en musique, de Charles Gounod dans un opéra. "Les Muses m’ont donné la vraie richesse. Par elles je suis l’objet d’envie. Même morte il n’y aura pas oubli de moi."
Bibliographie et références:
- Eva Cantarella, "Sapphô, l'égale des dieux"
- Mary R. Lefkowitz, "Sapphô, la dixième des Muses"
- Charles Baudelaire, "Les Fleurs du mal"
- Ana Iriarte, "Sapphô, es fictions du désir"
- Renée Vivien, "Sapphô, l'amour de la poésie"
- John Pentland Mahaffy, "La poésie de Sapphô"
- Édith Mora, "Sapphô"
- Claude Calame, "La femme à la lyre"
- Marie-Jo Bonnet, "Introduction à la poésie de Sapphô"
- Théodore Reinach, "La musique grecque"
- Eva Cantarella, "Selon la nature"
- Judith P. Hallett, "La vie de Sapphô"
- Claude Mossé, "Sappho de Lesbos"
- François Lissarague, "Femmes au figuré"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Choisissez une étoile, ne la quittez pas des yeux. Elle vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine. Je suis une sauvage mon bien cher, mets toi cela en tête. Toute la civilisation occidentale me dégoûte. Je n'aime que ma tente, mes chevaux et le désert. La vie en agit souvent à l’égard des hommes comme on le fait des animaux. Les tourmentant trop pour qu’ils vivent, et trop peu pour qu’ils meurent". Intrépide, d'une volonté sans faille, personnalité inclassable attirée par les horizons lointains depuis son plus jeune âge. Elle est la première européenne à pénétrer clandestinement la cité interdite tibétaine, en 1924, à l'issue d'un périple asiatique d'une quinzaine d'années. Ce fait d'armes, relayé trois ans plus tard dans son récit, et best-seller, "Voyage d'une Parisienne à Lhassa", lui vaut une notoriété mondiale, ses galons d'exploratrice hors du commun, sa réputation d'écrivain orientaliste et spécialiste du bouddhisme. C'est l'image que la postérité garde encore d'Alexandra David-Néel, née le vingt-quatre octobre 1868 à Saint-Mandé, près de Paris, et morte le huit septembre 1969, à presque cent-un ans, à Samten Dzong, "la forteresse de méditation", sa maison de Digne-les-Bains, en Provence. En Europe, les derniers sursauts de la guerre enfoncent un peu plus le continent dans un brasier humain sans précédent. Bien loin du sifflement des obus et du cri de ceux qui deviendront cadavres, quelquepart dans la steppe extrême-orientale, Alexandra David-Neel poursuit alors son voyage à l’abri des affres du monde prétendument civilisé. Après avoir parcouru l’Asie durant près de sept ans, la "femme aux semelles de vent" s’est arrêtée dans le monastère de Kum-Bum afin de se consacrer entièrement à l’étude et au travail d’orientaliste, selon l’acception de l’époque, spécialiste des cultures asiatiques, et non au sens péjoratif que le terme a pris aujourd’hui." De mon ermitage tibétain, replongée dans les traductions d’ouvrages philosophiques bouddhistes, votre guerre formidable m’apparaît comme la rencontre d’armées de fourmis se disputant la possession de vingt centimètres carrés de terrain. Qu’est-ce qu’un épisode de cette sorte dans l’histoire des mondes qui surgissent et sont détruits" Mais il ne faut pas s’y tromper. La nouvelle de la guerre l’a profondément bouleversée. Celle qui a grandi en Belgique est déchirée à l’idée de Louvain en flammes et de Bruxelles bombardée. Dans une autre lettre à son mari, au commencement du conflit, elle hésite même à rentrer. Mais à quoi bon ? Son sexe ne lui permettrait pas d’être autre chose qu’infirmière et ce serait alors là abandonner tout le travail accompli, et tout espoir de revenir en Asie. Pourquoi retourner là-bas, se fondre dans la fourmilière, alors que son travail d’orientaliste semble si prometteur ? Son attachement pour l’Asie est trop fort, le lien trop profond pour le rompre aussi précocement. Tiraillement constant auquel sera confrontée David-Neel: face à une Europe barbare dont les institutions lui répugnent et où sa condition de femme ne lui autorise pas toutes les ambitions qu’elle revendique, l’Asie devient à la fois sa voie de libération et son cadre de recherches. Pourquoi rentrer ? Il semblerait qu’il n’y ait que les solitudes tibétaines, demeures du bouddhisme encore méconnu, qui soient en mesure d’assouvir sa soif de liberté et de connaissance.
"Il fait froid et triste quand on demande aux êtres de vous être un soutient, de vous réchauffer, d'alléger le fardeau de misère inhérente à toute existence. Nul d'eux n'a réellement le souci de le faire, nul d'eux ne le peut vraiment. C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe, c'est sur soi qu'il faut alors s'appuyer". Comment une jeune parisienne issue d’un milieu aisé a-t-elle pu se retrouver dans un monastère tibétain à traduire l’un des textes fondateurs du bouddhisme, qu’aucun orientaliste n’avait encore pris la peine d’étudier ? Son parcours singulier mérite d’être retracé. Née d’une mère catholique, sèche et autoritaire, et d’un père protestant et mélancolique, Alexandra David regrettera longtemps l’absence d’amour de ses parents. Enfant inattendue et indésirée, sa mère aurait souhaité un fils afin d’en faire un prêtre, arrivée tard, son père a alors cinquante-trois ans, la grande différence d’âge ne fait que creuser la distance entre eux. Celui-ci jouera malgré tout un rôle déterminant dans ses inclinations politiques. Socialiste convaincu, Louis-Pierre David, né en 1815, n’aura de cesse de s’opposer au gouvernement de Louis-Philippe et de dénoncer dans la presse la tentative de récupération politique de l’élan révolutionnaire opérée par Napoléon III. Il est d’ailleurs à noter que le cousin de son père n’était autre que Jacques-Louis David, qui, avant de devenir le premier peintre de Napoléon Ier, fut alors un membre actif de la Convention et un ami de Robespierre. Le sang de la contestation coule dans les veines des David. Le coup d’État du deux décembre 1851 contraint le père d’Alexandra David à l’exil. C’est aux côtés de son ami, un certain Victor Hugo, qu’il part pour la Belgique en 1852. Retourné en France suite à l’amnistie prononcée sept ans plus tard, le couple David s’installe à Saint-Mandé. Elle n’a que deux ans lorsque son père l’emmène au mur des Fédérés, au lendemain du massacre des communards par Versailles. L’homme tenait à lui montrer le visage de la souffrance et de l’injustice politique. Elle ne l’oubliera pas. La jeune enfant a donc choisi son camp. Face aux cruautés d’une mère aigrie et déçue, elle se rangera du côté de son père, certes triste, mais prêt à éduquer sa fille à l’âpreté du monde. Et ce jusque dans la religion, puisqu’au puritanisme catholique elle préférera toujours le protestantisme, rien que le mot devait l’attirer, qui convenait mieux à son tempérament. Après avoir reçu un baptême protestant et fréquenté un pensionnat calviniste, elle est pourtant placée, malgré elle, dans un couvent catholique. Grâce à Dieu, elle finira par être dispensée des offices du fait de son "hérésie".
"Pendant des jours, nous marchions dans la demi-obscurité d'épaisses forêts vierges, puis, soudain, une éclaircie nous dévoilait des paysages tels qu'on n'en voit qu'en rêve. Pics aigus pointant haut dans le ciel, torrents glacés,cascades géantes dont les eaux congelées accrochaient des draperies scintillantes aux arêtes des rochers, tout un monde fantastique, d'une blancheur aveuglante, surgissait au-dessus de la ligne sombre tracée par les sapins géants". Son envie d’indépendance et son ascétisme se manifestent très tôt, comme les signes prémonitoires de sa vie future. Elle effectue plusieurs fugues au cours de son enfance, de la simple promenade solitaire à deux et cinq ans jusqu’à de véritables fugues à l’adolescence. Et à quinze ans, elle parvient à gagner l’Angleterre par la Hollande depuis la côte belge puis à dix-huit, après une soigneuse préparation, elle se rend en Italie à pied depuis la Suisse, les "Maximes" d’Épicure en poche. Ces excursions grisent et n’effraient pas cette jeune fille, déjà habituée à l’inconfort du voyage et à la frugalité d’une vie simple. Dans l’intimité de sa solitude, elle s’est maintes fois exercée au jeûne comme aux contraintes corporelles, qu’elle puise dans les biographies de saints ascètes piochées dans les bibliothèques familiales. Son rejet progressif de la religion, que l’incessant conflit entre les deux branches du christianisme, représenté alors par la mésentente de ses parents, avait inauguré, s’accompagne déjà des balbutiements de ses revendications politiques, par l’entremise paternelle, une fois de plus. Le père d’Alexandra David comptait en effet dans son entourage les frères Reclus, ses compagnons socialistes avec qui il avait quitté la France pour s’établir à Bruxelles. C’est alors surtout Élisée, le géographe anarchiste, qui se liera à la jeune fille et l’influencera par la suite. Malgré l’écart générationnel, leur tempérament et leur volonté d’indépendance communs font naître une véritable amitié qui ne cessera qu’à la mort de celui-ci, en 1905. Ainsi, avant même d’avoir vingt ans, Alexandra David est une anticléricale férue de stoïcisme et des écrits d’Épicure autant qu’une anarchiste convaincue. Les grandes lignes se dessinent, mais l’essentiel reste à venir. "Avant tout, vois-tu, j’ai horreur des drames, de la poésie nébuleuse, des élégies larmoyantes. Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre. Mieux vaut s’accommoder des choses, ou les briser, que de pleurer à la lune". Depuis Kum-Bum, Alexandra David-Neel s’attèle alors à sa tâche, ô combien fastidieuse. Traduire un texte comme le "Prajnâ Pâranita" demande beaucoup de temps et de concentration. L’ouvrage fait plusieurs milliers de pages et le contenu, hautement ésotérique, nécessite une connaissance profonde du bouddhisme, jusque dans ses recoins les plus obscurs, accessibles aux seuls lamas expérimentés.
"Nous regardions alors cet extraordinaire spectacle, muets, extasiés, prêts à croire que nous avions atteints les limites du monde des humains et nous trouvions au seuil de celui des génies". Mais depuis plusieurs années, David-Neel peut se vanter d’en faire partie. Elle qui a reçu la tenue lamaïque des mains d’un maharadjah et a déjà donné, en Inde et au Sikkim, des conférences sur le bouddhisme devant de jeunes moines n’a plus grand-chose à prouver. Arrivée au monastère, qui, dans le lamaïsme, fait office d’université, le douze juillet 1918, elle n’a aucun mal à recevoir un logement, dans lequel elle peut ainsi à loisir faire des retraites solitaires de plusieurs semaines. Et c’est durant dix-huit mois que celle que l’on surnomme alors "la dame-lama à la figure claire" se consacre à l’étude et à la traduction, sur un mode de vie ascétique, rythmé par des réveils avant l'aube, des repas sobres et des heures de méditation. Mais si cette vie d’ermite lui convient, sa fièvre voyageuse la rattrape: "J’ai toujours eu l’effroi des choses définitives. Il y en a qui ont peur de l’instable, moi j’ai la crainte contraire", confiait-elle à son mari quelques années plus tôt, alors qu’elle redoutait, déjà, son retour. Et le cinq février 1921, après des mois de retraite, elle reprend son voyage, sans but précis, à travers la Mongolie, la Chine et les abords du Tibet, au gré des conflits qui menacent ces régions et des nombreux obstacles naturels. Aventurière: voilà un terme qui faisait rêver la petite fille lorsqu’elle dévorait les récits de Jules Verne, mais qui aurait sûrement sonné comme trop romantique à l’oreille de celle qui devint une adepte du bouddhisme en même temps qu’une militante chevronnée au sortir de l’adolescence. À vingt ans, elle prend son indépendance et s’en va en Angleterre, à la fois pour perfectionner son anglais et établir des liens avec la Société théosophique, sorte de club privé dont le dessein est d’échanger et de répandre les enseignements des religions orientales, alors encore entourées d’un halo de mystère en Occident. Fondée en 1875 par Hélène Petrovna Blavatsky, personnage haut en couleur qui a séjourné plusieurs années en Asie, puis présidée à sa mort par la féministe socialiste Annie Besant, la Société joua un rôle majeur sur le renouveau spirituel et politique en Inde puisqu’elle est à l’origine de nombreux centres et écoles religieuses, et qu’elle fut associée au congrès national, le parti indépendantiste d’alors. En plus de l’influence qu’a pu exercer sur elle ces deux grandes figures féminines, la Société théosophique permet à David d’accéder à des ouvrages qu’elle n’aurait pu se procurer nulle part ailleurs et de créer des contacts précieux pour ses voyages à venir. Elle est donc une opportunité idéale pour la jeune fille, qui manifeste alors visiblement un intérêt naissant et profond pour l’hindouisme et le bouddhisme.
"Le nom de vallée de l'ombre qui lui a été donné est pleinement justifié. L'atmosphère y est toute imprégnée de cette terreur sacrée qui émane des lieux où Shiva règne". Elle finira par s’en écarter en raison du mysticisme excessif qui motivait ses adeptes, plus attirés par un Orient mystérieux et magique que par son esprit véritable. À l’époque, l’Orient est inconnu en Europe et la Société théosophique a davantage contribué à l’entourer d’un voile occulte ridicule qu’à faire connaître ses doctrines philosophiques et religieuses. Sa discrète prise de distance vis-à-vis de la Société, David-Neel ne l’explicitera que dans son dernier livre, "Le Sortilège du mystère": "Les doctrines orientales ont toujours attiré un nombreux public d’ignorants en quête de miracles saugrenus, et déséquilibrés ou extravagants n’ont pas manqué d’émailler les annales de la Société d’incidents pittoresques". C’est donc loin des théories fumeuses prêtées à quelque Orient fantasmé que la jeune David part étudier l’orientalisme à Paris, pour y suivre les cours de l’éminent indianiste Sylvain Lévi, malgré l’étroite relation qu’ils entretinrent par la suite, elle lui reprochera son érudition de rat de bibliothèque, ainsi que ceux de la Sorbonne et de l’École des hautes études. Mais c’est surtout le musée Guimet et son atmosphère qui l’envoûtent alors définitivement. Aussi, lorsqu’elle reçoit un certain capital légué par une parente décédée, elle n’hésite pas un seul instant et prend une décision déterminante pour le reste de sa vie. Partir en Inde, seule, découvrir ce pays tant rêvé et rencontrer des personnes susceptibles de l’éclairer dans ses études. Nous sommes alors en 1891. Qu’une fille de vingt-trois ans s’engage dans pareil voyage est certes audacieux, mais il ne faut pas oublier qu’à l’époque l’Inde est entièrement sous tutelle britannique et qu’Alexandra David a plusieurs contacts sur place, grâce à la Société théosophique. Elle séjourne alors à Ceylan, Calcutta, Bénarès, recevant alors l’enseignement d’ascètes hindous dont la doctrine redoutable restera pour elle un souvenir prégnant. Durant son séjour, d’environ une année, Alexandra David assiste à un renouveau spirituel en Inde: le saint mystique Râmakrishna meurt cinq ans avant son arrivée; son rayonnement continue de s’étendre par l’entremise de son jeune disciple, Vivekanânda, qui rejoindra par la suite la Société. Mais cette jeune idole, figure assumée d’une adaptation moderne de l’hindouisme traditionnel avec laquelle Alexandra David garde ses distances, ne plaît pas à la jeune orientaliste, qui préfère s’enfoncer dans les lieux inexplorés de la philosophie indienne plusieurs fois millénaire. Alexandra David a le don de croiser les luttes, de mêler connaissances orientales et combats politiques pour finalement les confondre. L'origine de la connaissance et du progrès est la curiosité.
"Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace. Le jour où l'on renonce à manger du poulet c'est qu'on y tient plus beaucoup ou que l'on préfère à la saveur du poulet, celle des principes au nom desquels on y renonce. Vérité absolue. Et tout l'enseignement du Bouddha est là. Il n'a jamais demandé aux gens, de se mutiler moralement ou physiquement par la renonciation". À son retour d’Inde, elle écrit un texte virulent contre les institutions politiques et religieuses, intitulé "Pour la Vie", publié en 1898. Signé du pseudonyme Alexandra Myrial et préfacé par Élisée Reclus en personne, l’ouvrage porte alors en exergue une phrase de la Bhagavad-Gitâ, choix par lequel Alexandra David connecte, déjà, les revendications libertaires et la spiritualité orientale. Inspirée par les idées anarchistes avec lesquelles elle est maintenant familiarisée, elle y développe et revendique un certain anarchisme individualiste, inspiré de ses conversations avec Reclus mais aussi de Max Stirner, dont le livre "L’Unique" et sa propriété vient d’être traduit de l’allemand. Elle prône, contre l’autorité, l’instinct spontané et la recherche personnelle du bonheur, qui ne peut se gagner qu’avec la volonté et contre le pouvoir aliénant. "L’obéissance, c’est la mort". Dès la première phrase, le ton est donné. Il est primordial de se soulever contre l’obéissance bornée qui engendre l’ignorance, le pire des maux pour la jeune anarchiste, et de remettre en cause la notion même de droit, qui s’avère faussement libératrice en ce qu’elle implique encore un attachement au pouvoir et aux notions ineptes que sont le Bien et le Mal. "Il n’y a pas plus de devoirs à accomplir que de droits à revendiquer, clame la jeune Myrial. L’idée a de quoi surprendre. Mais, justement, c’est au-delà des droits civiques qu’il faut porter la lutte; le droit de vote n’est qu’un leurre puisque cela revient à déclarer soi-même que l’on renonce à être maître de soi. Il faut s’extirper des anciens modèles pour bâtir une société juste: l’État, l’Église, mais aussi la Patrie, la famille, les partis sont autant d’ensembles qui étouffent l’individu et effacent ses caractéristiques. L’Église et le christianisme sont vivement critiqués, etle seront d’ailleurs tout au long de la vie de David-Neel, car ils placent un espoir factice dans le cœur de l’homme qui, rêvant d’un paradis, préfère la résignation à la critique de l’obéissance et de la soumission.
"Il leur a simplement dit de regarder, d'analyser, de se rendre compte de la valeur des choses et de se décider ensuite. Le bouddhiste ne renonce qu'à ce à quoi il ne tient plus parce qu'il en a mesuré le vide, le néant". Par la suite, Alexandra signera de nombreux articles anarchistes et féministes. Dans l’un d’eux, "Notes sur le bouddhisme", elle s’appuie sur les principes bouddhistes afin de dénoncer les notions de hiérarchie et d’autorité. Le bouddhisme n’est pas une religion au même titre que les monothéismes que nous connaissons. Il se différencie alors par son absence de dogmes et de croyances imposées. Dans les monastères, chacun s’adonne à l’activité qu’il souhaite et ce, dans le plus simple respect de son intimité religieuse. Du moins, dans le message originel du Bouddha, il n’y a aucun culte à rendre à de quelconques divinités. Et c’est bien à ce bouddhisme originel qu’Alexandra David-Neel rend hommage, ici et toute sa vie, dénonçant ainsi les transformations fantasques orchestrées par les interprétations du bouddhisme empreintes de superstitions. Le bouddhisme qu’elle prêche, celui qui se passe de dogmes, de maîtres, est en accord avec ses convictions libertaires et anticléricales. Ce qui importe avant tout, c’est de s’extirper de la souffrance, et cela implique de combattre l’ignorance qui accable les êtres. Alexandra, sous le nom de Myrial, fera sienne ce credo et multipliera les articles antireligieux et féministes pour dénoncer la société machiste et cloisonnée dans laquelle elle vit. Elle y prône un féminisme créatif qui, loin de plagier naïvement les hommes, devrait au contraire profiter de ces idées neuves, féminines, pour insuffler un nouvel élan social. Après Kum-Bum, la seule véritable halte de son interminable périple, David-Neel retrouve ses habitudes de voyageuse. Elle déambule à travers la vaste Chine et la Mongolie, passant de la région musulmane aux plaines désertiques grouillant de brigands, puis aux régions froides qui bordent le Tibet. À chaque arrêt qui se fait trop long, les rhumatismes se réveillent et sa neurasthénie l’assaille. Aussi repart-elle au plus vite avec sa caravane et son compagnon de longue date, le jeune lama Aphur Yongden, qui la suit depuis qu’elle a dû quitter le Tibet et fait tour à tour office de cuisinier et d’interprète, et pour qui elle s’évertue d’être, malgré elle, un maître spirituel. Ce rôle, elle doit l’endosser partout où elle passe, en dépit de ses réticences à se placer dans pareille position, car sa toge rouge de lama suscite la sollicitation de la foule en quête de bénédictions, et parfois de miracles, auxquels elle ne croit pas elle-même. On lui demande ici d’exorciser une maison; là, de trouver où un père s’est réincarné. David s’en amuse alors, bien qu’elle soit obligée de constater, non sans gêne, que les superstitions se révèlent bien tenaces.
"Peu de paysages possèdent à un égal degré la majesté sereine et charmante que respire la vallée du Nou tchou. De grands sapins solitaires dessinaient leur silhouette imposante sur un arrière-plan de feuillage automnal dont l'or imitait un fond de mosaïque byzantine". Le voyage, qui avait commencé sans but et s’enlisait à cause de formalités administratives harassantes et du manque d’argent, prend à présent une nouvelle forme: le souvenir du Tibet ne la quitte jamais et sa nostalgie s’est accrue à son départ de Kum-Bum. Le lien étrange qui la rattache au Tibet obsède David-Neel, qui se jure d’accomplir l’impensable, de dépasser les limites de son audace et de réaliser un exploit qui la rendra mondialement célèbre. Après plus de deux ans et demi de voyage, sans presque donner de nouvelles à son mari, Alexandra David-Neel se retrouve en compagnie de Yongden dans la cité interdite de Lhassa, au Tibet. Le périple qui précède leur arrivée est terrible, et la vie précaire jusqu’alors menée, ailleurs en Asie, relève d’une partie de plaisir au regard de ces jours de jeûne imposé et de ces interminables marches dans la neige. "Sache seulement, aujourd’hui, que je suis arrivée à Lhassa réduite à l’état de squelette", dira-t-elle dans sa lettre à son mari. Durant ces deux mois de séjour à Lhassa afin de reprendre des forces, Alexandra et Aphur sont obligés de continuer à jouer leurs rôles respectifs pour ne point éveiller les soupçons. Le moment est ensuite venu de prendre le chemin du retour. Après plusieurs escales tibétaines et un passage obligé au Sikkim afin de récupérer les affaires et documents qui l’attendent ici depuis huit ans, Alexandra David-Neel arrive au Havre le dix mai 1925, accompagnée d’Aphur Yongden. En 1893, Alexandra David avait alors vingt-cinq ans, il lui fallait gagner sa vie. Ses dispositions pour le chant et le piano, qu’elle apprit au Conservatoire de Bruxelles et de Paris, lui permettent d’entamer une carrière de cantatrice, voyageant dans divers pays pour chanter l’opéra comique. C’est au cours d’une tournée à Tunis, en 1900, qu’elle rencontre Philippe Néel, son épouse supprimera l’accent, alors jeune ingénieur. Son intelligence et une certaine complicité les amèneront à se marier le quatre août 1904, après quatre ans de vie commune. Mariage qu’elle regrette tout aussitôt. "Nous avons fait un singulier mariage, nous nous sommes épousés plus par méchanceté que par tendresse. La vraie sagesse serait d’organiser, maintenant, notre vie en conséquence", lui écrit-elle. Cette femme fière ne pouvait se complaire dans une situation qui nécessite alors la passion autant que la soumission à son mari. "La femme n'est pas en infériorité, en passivité, en soumission dans l'amour. Elle est agissante et doit être libre comme l'homme". Alexandra David-Néel était très en avance sur l'époque.
"C’est ainsi qu’il se dresse, maintenant, au fond de ma mémoire. Je vois un large escalier de pierre s’élevant entre des murs couverts de fresques. Tout en gravissant les degrés, l’on rencontre successivement un brahmine altier versant une offrande dans le feu sacré. Des moines bouddhistes vêtus de toges jaunes s’en allant quêter,bol en main, leur nourriture quotidienne". C’est à partir de là que sa correspondance avec son mari, entamée depuis 1904, prendra une valeur considérable. La vie en couple la mortifiait mais, à distance, leur relation s’épanouira, et c’est à lui qu’Alexandra David-Neel racontera ses péripéties dans les moindres détails, omettant tout de même d’évoquer ses heures de méditation et tout ce qui a trait au mystique, qui, elle le sait, n’intéresse pas son époux. Par la suite, elle lui demandera de conserver les lettres qu’elle lui adresse. Ce sera là son seul carnet de voyage. Partie pour l’Inde en 1911, à quarante-trois ans, Alexandra David-Neel entame alors la vie de "reporter orientaliste", comme elle aimait se qualifier, une vie depuis longtemps souhaitée. Nonobstant sa condition de femme occidentale, David-Neel n’a aucun mal à se faire accepter dans les milieux réservés aux seuls religieux. Sa véritable connaissance et sa compréhension de l’"esprit oriental" lui ouvrent toutes les portes. Elle entre dans des maisons de brahmane, normalement interdites aux étrangers, donne des conférences dans les temples, poussant l’audace jusqu’à prêcher la parole du Bouddha aux jeunes moines hindouistes qui ont rejeté la parole du saint, pourtant né dans ce pays. Elle côtoie donc des érudits, apprend le sanskrit et étudie les textes sacrés. Au cours de ses nombreux voyages dans l’Inde britannique, elle évite le plus possible l’entourage des bourgeois anglais et des missionnaires disséminés dans le vaste Empire, friands de prosélytisme mielleux. Malgré tout, soumise aux mondanités d’usage, elle se voit parfois obligée de fréquenter cette population qu’elle méprise. Elle est le modèle par excellence de l’anticolon, venue ici pour s’imprégner de l’histoire, de la culture et de la langue du pays, et non se pavaner dans quelque exotisme romantique sans même se soucier de la culture locale. À mesure que son voyage se prolonge, elle se sent profondément liée à ce pays, son atmosphère. Et ce n’est qu’un début. Partie pour le Sikkim, alors province autonome, elle fait la rencontre du jeune futur maharadjah Sidkéong Tulku Namgyal, qui deviendra son ami et lui favorisera de nombreuses rencontres. Grâce à lui, elle est la première personne occidentale à mener un entretien avec le dalaï-lama, alors en exil à cause de l’invasion chinoise. C’est Thubten Gyatso, le treizième dalaï-lama, homme politique en même temps que grand érudit, qui la reçoit. Les connaissances de cette européenne le surprennent et il lui conseille d’apprendre le tibétain, ce qu’elle ne manquera pas de faire. Il lui propose de répondre à toutes ses questions par correspondance, ce qu’elle fera également. Même devant le personnage le plus important du Tibet, Alexandra David-Neel ne perd rien de son penchant anarchiste. Il ne fera d’ailleurs que se confirmer à mesure qu’elle se confronte aux préceptes du bouddhisme, qui refuse tout sentimentalisme, tout affaiblissement de l’esprit, qui se révèle être une doctrine rude et intransigeante dans ses conceptions. Il n’y a aucun espoir de salut dans l’Au-delà, inexistant, ni de gloire et de succès dans ce monde, illusoire et impermanent. Le bouddhisme lui apporte alors la paix dans l’agnosticisme.
"Un temple japonais posé sur un promontoire auquel conduit, par-delà un torii rouge, une allée bordée de cerisiers en fleur. D’autres figures, d’autres paysages de l’Asie sollicitent encore l’attention du pèlerin montant vers le mystère de l’Orient". Toujours grâce à Sidkéong Tulku, David-Neel rencontre le gomchen, l'ermite de Lachen, un anachorète réputé pour sa sagesse, qu’elle admire pour son savoir, la profondeur de ses vues. De là naît une estime réciproque. Le gomchen lui propose bientôt de l’accompagner vivre en ermite dans une caverne perchée à quatre mille mètres d’altitude, au Tibet. L’orientaliste n’hésite pas une seconde. Après un temps à Gangtok, où elle apprend la nouvelle de la première guerre mondiale six jours après son déclenchement, elle effectue une retraite de trois semaines et redescend à trois-mille-six-cents mètres d’altitude, toujours aux côtés de l’ermite, quand, le onze décembre 1914, elle apprend une nouvelle tout aussi tragique: la mort de son ami Sidkeong Tulku, qui n’a régné qu’un an à peine. Ce qui met un terme aux réformes et à la vague de changements positifs qui s’amorçaient dans le Sikkim. De 1915 à 1916, elle retourne à son ermitage et s’adonne alors à la méditation, à l’apprentissage du tibétain avec celui qui s’apparente à son maître spirituel, et du sanskrit, qu’elle s’efforce alors d’enseigner au jeune Aphur Yongden. Malheureusement pour elle, les autorités anglaises ont fini par retrouver sa trace. Elle est aussitôt expulsée. Partie au Japon avec Yongden, elle écrira alors à son mari: "J’ai le mal du pays pour un pays qui n’est pas le mien". Son attachement pour le Tibet demeurera intact jusqu’à sa mort, qu’elle aurait souhaité trouver là-haut, dans sa retraite himalayenne. Après un séjour au Japon et en Corée, où elle fréquente des écoles zen et des érudits japonais, elle atterrit à Kum-Bum. Son retour en France est auréolé de gloire. Éditeurs et journalistes se bousculent pourrecevoir la grande aventurière entrée dans Lhassa, la femme qui a côtoyé un dalaï-lama, un maharadjah et parcouru l’Asie tant de temps. Elle reçoit des médailles de géographie de Belgique et de France, ainsi que la Légion d’honneur. Ce sont pour elle de vieilles breloques. Ce qui lui importe, outre un cycle de conférences qui lui prendra beaucoup de temps, c’est l’écriture des livres qu’elle a en tête depuis bien longtemps. "Je veux écrire des livres, mais je veux le faire sans fièvre. Je n’ai aucun souci de devenir célèbre", confie-elle à son mari en 1912.
"Il y a à droite, est une toute petite salle de lecture où les fervents de l’orientalisme s’absorbent en de studieuses recherches, oublieux de Paris dont les bruits heurtent en vain les murs du musée-temple, sans parvenir à troubler l’atmosphère de quiétude et de rêve qu’ils enclosent. Tel était le musée Guimet quand j’avais vingt ans". L’essentiel est de transmettre des connaissances et de rehausser l’orientalisme français. Il s’agit pour cela d’éviter platitudes et banalités. Elle se met au travail. Au très attendu "Voyage d’une Parisienne à Lhassa" paru en 1926 fait suite "Mystiques et magiciens du Tibet" en 1929, où elle narre ses expériences, parfois difficiles à croire pour un esprit occidental, de manière documentée. Entre-temps, David-Neel s’est trouvée un refuge à Digne, dans les Alpes. Elle adopte officiellement Yongden en février 1929, son époux refuse de vivre à leurs côtés. Sans alors arrêter la publication d’ouvrages orientalistes, elle cherche par tous les moyens à repartir en Asie au plus vite, et compte pour cela sur ses relations, peu communes: le président de la République lui-même, un certain Doumergue, ainsi que la veuve de Lénine, avec qui elle correspond régulièrement. Elle est prête à partir pour la Sibérie en 1930. Les Soviétiques refuseront de lui délivrer un visa. Elle poursuit durant plusieurs années son cycle de conférences et la parution d’ouvrages dont les spécialistes autant que le grand public sont demandeurs. Ce n’est finalement que le premier janvier 1937 qu’elle repart en Asie, accompagnée de son fils. Elle est âgée de soixante-neuf ans, Yongden de trente-six. Arrivés en Chine en pleine guerre civile et guerre sino-japonaise, ils parviennent toutefois à demeurer plusieurs mois à Pékin, avant de se diriger, non sans peine, le voyage durera dix long mois du fait de la clandestinité de rigueur, aux portes du Tibet. Empêchée d’avancer par le conflit armé, sans recevoir la moindre aide de son mari, David-Neel est bloquée ici. Ses conditions de vie sont misérables. Les soldats chinois investissent les monastères de la ville, les japonais commettent des atrocités dans tout le pays. Elle ne se laisse guère abattre, se consacrant à l’étude de textes bouddhistes et à la rédaction de livres qu’elle expédie en France. Quelques mois avant la capitulation de la France, le quatorze février 1940, elle reçoit un télégramme lui apprenant la mort de son mari, son confident depuis toutes ces années, son "seul ami". À la fin de la guerre, David-Neel et Yongden quittent enfin la Chine pour se rendre en Inde et au Sikkim, puis rentrent en France le deux juillet 1946. Celle que l’on croyait morte, disparue quelque part en Asie, retourne dans sa "forteresse de méditation" à Digne et se consacre à nouveau à la rédaction d’ouvrages, parfois interrompue par la visite d’admirateurs quelque peu envahissants. Malgré les nombreuses sollicitations qui lui parviennent, l’anarchiste refuse d’endosser le rôle de maître que l’on voudrait lui donner. La femme vieillissante a besoin de repos et de solitude. La nouvelle de l’indépendance de l’Inde, en août 1947, la réjouit et la pousse à rédiger un ouvrage sur ses voyages dans ce pays tant admiré. Mais le Tibet, auquel elle se sentait plus encore attachée, ne connaît pas le même destin. Le vingt-trois mai 1951, il est annexé à la République populaire de Chine. Elle le vécut comme une souffrance très douloureuse.
"Le bonheur est en nous. Réjouissons-nous dans la pratique du bien, n'attachons de prix qu'à ce qui peut contribuer à notre élévation morale et nous trouverons alors la paix et le repos puisqu'il ne dépend que de nous de faire toujours le bien et que tout peut servir à notre perfectionnement'. Elle qui a connu tant de conflits et de guerres intestines pour la domination de ce territoire ne peut qu’être désolée de le voir tombé sous le joug de la dictature. Convoité par tous ses voisins pour ses ressources naturelles, le Tibet devient finalement, au prix de lourdes pertes, cinq mille soldats tibétains trouveront la mort, une région dépendante de la République populaire de Chine. La situation oblige alors le gouvernement et la caste religieuse, le dalaï-lama en tête, à s’exiler en Inde. Le Tibet se vide de son élite et, de très haut-lieu de la spiritualité bouddhiste, devient peu à peu une terre d’exploitation et d’esclavage. La mort brutale de son fils adoptif, en 1955, laisse Alexandra David-Neel seule et désemparée. Mais elle rencontre, quatre ans plus tard, une jeune femme au fort tempérament, Marie-Madeleine Peyronnet, surnommée "Tortue" par sa nouvelle amie, et qui restera auprès d’elle jusqu’à sa mort, qui ne surviendra que dix ans plus tard, alors qu’elle allait fêter son cent-unième anniversaire. Elle venait de faire renouveler son passeport, au cas où. Rétrospectivement, on peut dire qu’elle eut lavieillesse qu’elle souhaitait, comme l’atteste cette parole confiée à son mari, un jour de l’année 1912. "Si je dois vieillir, j’ambitionne la vieillesse travailleuse d’un Élisée Reclus et de tant d’autres qui sont demeurés lucides jusqu’à la fin". Son vœu fut exaucé. Après les événements de Mai 68, dont elle reçut les échos. "Pendant la révolte étudiante, j’ai noté avec surprise que les drapeaux noirs avaient été déployés à côté des drapeaux rouges des socialistes. Je croyais que les groupes d’anarchistes appartenaient comme les nihilistes russes à un passé vieux d’un demi-siècle et avaient cessé d’exister". Elle demanda à son amie de lui relire "Pour la Vie", son écrit de jeunesse. Et la bouddhiste libertaire de commenter: "Oh, que c’est mauvais ! Si je l’écrivais aujourd’hui, tu verrais ce qu’ils prendraient .. Tous!" Le huit septembre 1969, elle meurt à Digne. Ses cendres ont été selon son désir dispersées dans le Gange à Bénarès Varanasi, ville de l'État de l'Uttar Pradesh, au nord de l'Inde, fondée au XIème siècle av. J.-C. et considérée comme la capitale spirituelle de l'Inde. Une phrase extraite de L'Ecclésiaste: "Marche comme ton cœur te mène et selon le regard de tes yeux", gravée sur la pièce commémorative de son centenaire, peut résumer sa conduite dans la vie.
Bibliographie et références:
- Jean Chalon, "Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel"
- Valérie Boulin, "Femmes en aventure, de la voyageuse à la sportive"
- Marie Jaoul de Poncheville, "Sur les traces d´Alexandra David-Néel"
- Jacques Brosse, "Alexandra David-Neel"
- Marie-Madeleine Peyronnet, "Dix ans avec Alexandra David-Néel"
- Jeanne Denys, "Alexandra David-Néel au Tibet"
- Éric Le Nabour, "Alexandra David-Néel"
- Joëlle Désiré-Marchand, "Alexandra David-Néel"
- Jean Marquès-Rivière, "Alexandra David-Néel au Tibet"
- Gwenaëlle Abolivier, A. David-Néel, une exploratrice sur le toit du monde"
- Éric Faye, "Dans les pas d'Alexandra David Néel"
- Christian Garcin, "Sur les traces d'Alexandra-David Néel"
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"La vie c'est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit. L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi. Les grandes idées sont plus souvent le fruit d'un grand cœur que d'une grande intelligence." Avec Marie de Régnier, dont elle partageait le goût du roman et celui des conquêtes, Jeanne Loviton est la dernière égérie d'un temps qui n'est plus. Quand Valéry et Giraudoux aimaient ensemble la même femme à en perdre la tête et "puisaient l'un et l'autre à l'encre de ses yeux". Ces écrivains célèbres figurent parmi son aréopage, qui compte d'autres personnalités prestigieuses, l'avocat Maurice Garçon, l'auteur dramatique Pierre Frondaie, le critique Émile Henriot, ou encore un diplomate italien qui "ne prononçait jamais le mot France sans voir son visage", mais aussi Saint-John Perse, Bertrand de Jouvenel et, à la fin d'une liste où figurent quelques hommes d'affaires dont un américain deux ambassadeurs du Japon, Curzio Malaparte et quelques saphiques de haut vol. Car Jean Voilier, nom de plume de Jeanne Loviton naviguait à voile et à vapeur dans des amitiés féminines particulières. On voit par là que cette insatiable égérie née en 1903, elle vécut jusqu'en 1996, n'a pas volé le titre de "dernier personnage romanesque de ce temps" que lui avait décerné François Mauriac. Née de père inconnu, ce n'est que dix ans plus tard, lors du mariage de sa mère, une actrice, avec un éditeur, Ferdinand Loviton, qu'elle sera reconnue. Devenue Jeanne Loviton, sa vie va changer. Elle a été probablement le plus grand amour de Paul Valéry. Il y eut d'admirables lettres du poète à sa muse. Plus piquante que belle, grande et brune, avec pour arme principale un sourire auquel nul ne résista, Jeanne Loviton s'était inventé ce prénom d'homme Jean pour Jeanne et ce nom de bateau. Du genre goélette, avec de l'allure, de la grâce et un air de savoir affronter les tempêtes, elle laisse de sa longue existence, quatre-vingt-treize ans, le souvenir d'une grande amoureuse, qui cumula les liaisons passionnées avec les hommes, mais aussi avec les femmes qu'elle aima très tôt et envers lesquelles elle se montra sûrement plus loyale. Ainsi resta-t-elle très liée sa vie durant à Yvonne Dornès, la fondatrice de SVP, l'agence de renseignements téléphoniques. Elle exerça sur l'un et l'autre sexe un charme envoûtant et mystérieux que Paul Valéry résume d'un mot en surnommant ainsi son égérie, "Lust" en allemand, "désir." D'après un aveu qu'elle fit à l'auteur de "La Jeune Parque", il paraît cependant qu'elle "ne pouvait pas aimer". Tout à la fois sensuelle et froide, cette séductrice, qui voulait avant tout se rassurer elle-même sur ses dons et ses pouvoirs, tenait semble-t-il cette incapacité d'une enfance abandonnée. Son père la reconnut tardivement. Mais elle prodiguait à ses amants et à ses amantes des plaisirs ineffables. "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été."
"Aimer ce n'est pas renoncer à sa liberté, c'est lui donner un sens. Tout le monde pense à changer le monde, mais personne ne pense à se changer soi-même". Giraudoux obtenait d'elle la réalisation de "caprices démesurés" et Valéry ne rêvait que d'"être moi, si près de ta chère chaleur". Ayant hérité d'une fortune confortable, elle aurait pu se contenter de vivre agréablement entre sa maison de la rue de l'Assomption, construite au milieu des rhododendrons et des cytises, et son château du Lot, qu'elle avait acheté à Robert de Billy, près de Figeac. Jean Chalon raconte qu'une forêt de tilleuls embaumait le lieu. Mais elle fit des études, devint avocat, traita avec succès des dossiers difficiles dont son divorce avec Pierre Frondaie. Elle dirigea de main de maître deux maisons d'édition de droit fondées par son père les "Cours de droit" et les "Éditions Domat-Montchrestien", auxquelles elle adjoignit une branche littéraire en publiant plusieurs romanciers contemporains. Comme Marie de Régnier, alias Gérard d'Houville, elle écrivit elle-même plusieurs romans, dont "Beauté", "Raison majeure" en 1936 et "Jours de lumière" en 1940, publiés chez Émile-Paul, le célèbre éditeur du "Grand Meaulnes". C'était une femme active. Entreprenante et libre, sous le sourire enjôleur et les manières câlines d'une muse d'autrefois, choisissant ses amants, ses amantes et le moment des ruptures. Giraudoux est peut-être mort de son abandon et Valéry, en lui écrivant, pleurait des larmes de sang. Elle n'eut volontairement pas d'enfant et n'adopta que très tard une fille, déjà adulte, son unique héritière. L'un des épisodes les plus romanesques et tragiques de sa longue vie demeure sa liaison avec Robert Denoël, l'éditeur de Céline, mais aussi d'Aragon, assassiné dans des circonstances mystérieuses à Paris, en 1945. Il fut sans doute son plus grand amour et elle songeait à l'épouser. Elle se trouvait en sa compagnie dans sa voiture, la nuit de l'assassinat, et fut d'ailleurs interrogée comme principal témoin. Elle devait même être un temps suspectée. Denoël, qui l'adorait, avait fait d'elle l'actionnaire principal de sa maison d'édition. Comme si l'aventure était inscrite dans ses gènes, Jeanne Loviton devait enchaîner les voyages et affronter une tempête en mer et un naufrage. "Le livre, la mer en nous".
Il est pourtant un poète pour qui elle ne sera pas seulement une égérie de passage, Paul Valéry. Alors que bientôt la guerre approche, l'auteur du "Cimetière marin", déjà âgé, va succomber à un amour fou. Dans ses lettres un peu précieuses, elle devient "Calypso", "diamant vivant", "ô ma divinité". Mais le vieux poète sent bien qu'elle lui échappe. "C'est terrible d'aimer un toboggan", se lamente-t-il. Le jour de Pâques 1945, son "diamant" lui annonce qu'elle aime un autre homme, Robert Denoël. Valéry ne se remettra jamais de ce "coup de hache". Il s'éteint en juillet, alors que le Nobel lui semblait promis en octobre. Son deuxième roman, "Jours de lumière", est terminé au cours de l'été 1938. Pas tout à fait, car elle a demandé à Frondaie de le "toiletter", ce dont il s'acquitte obligeamment. En réalité, deux écrivains ont corrigé et remanié "Jours de lumière". Paul Valéry fut, lui aussi, mis à contribution dès avril et durant une partie de l'été. Jeanne lui faisait parvenir les chapitres rédigés, qu'il lui renvoyait annotés. C'est lui qui fut chargé d'en corriger les épreuves, avant de les déposer chez l'éditeur Émile-Paul. "Jours de lumière" recueillera tout de même quelques voix au "Prix Femina" grâce à Paul Valéry. Durant le mois d'avril 1939, elle prospecte le centre de la France. Elle trouve une petite maison en Dordogne mais, le cinq mai, alors qu'elle allait s'engager, Robert de Billy lui propose d'acheter "pour rien, 40 000 francs" un petit château dont sa belle-mère est propriétaire à Béduer, près de Figeac. Ce "petit château" est en fait une place forte remontant au XIème siècle, rénovée au XVIIème siècle, ayant appartenu aux seigneurs de Lostanges, avant d’être racheté en 1911 et restauré par Maurice Fenaille (1855-1937), industriel du pétrole et grand amateur d’art. Elle en demeurera propriétaire jusqu'en 1985. C'est au mois de janvier 1943 qu'eut lieu la rencontre avec Robert Denoël. Il s'était rendu, en compagnie de Marion Delbo, à un déjeuner rue de l'Assomption. Jeanne et Marion, qui avaient dû se rencontrer, grâce à Frondaie, dans les milieux théâtraux, étaient amies depuis une vingtaine d'années. La comédienne connaissait l'éditeur depuis septembre 1942. Sur le conseil de Cocteau, elle lui avait soumis le manuscrit de son premier roman, sobrement intitulé, "Monsieur Durey", qu'il allait publier en mai.
Denoël avait été séduit immédiatement, selon Marion. Trois mois plus tard, ils sont amants. Denoël est un amant attentifet compréhensif. Il lui écrira des mots réconfortants après la mort de Paul Valéry. Est-ce que Valéry connaissait la liaison qu'avaient longtemps entretenue Jeanne et Giraudoux ? On l'ignore. Il ne lui écrit pas un mot à son sujet, mais il participe à l'hommage collectif des hommes de lettres publié le cinq février dans "Comœdia" sans doute pour lui faire plaisir. Tandis qu’elle entretenait les mondanités, les soupirants et les rencontres de journalistes et d’écrivains, Robert Denoël dépensait une énergie folle à son métier d’éditeur, sans illusions sur ses relations amoureuses. Dans la tourmente de la libération, tandis que l’éditeur Robert Denöel s’inquiétait des attaques dont il faisait l’objet, il préparait sa défense avec Jeanne se remémorant son séjour à Figeac, fasciné par la châtelaine de Béduer. Jeanne Loviton, malgré ses nombreuses relations mondaines, n'a pas vraiment d'appuis politiques, car elle n'appartient à aucun parti. Durant plusieurs mois elle va intriguer en toutes directions pour sortir d'embarras son amant. Ce n'est pas chose facile, Denoël s'est fait beaucoup d'ennemis. Sa meilleure alliée sera Yvonne Dornès, qui a longtemps rechigné à intervenir en raison de son peu de sympathie pour l'éditeur. La seconde sera son amie proche, Suzanne Borel, qui deviendra Mme Georges Bidault le ving-huit décembre. Le dossier de l'éditeur belge n'est pas très bon. Le deux février une Commission consultative d’épuration de l’Édition a été nommée par le ministre de l'Information de l'époque, Pierre-Henri Teitgen. Quatre jours plus tard, son président, Raymond Durand-Auzias écrit au ministre. "Il serait aussi préjudiciable, pour le prestige français, de voir subsister certains noms de firmes comme "Éditions Denoël" que de laisser par exemple subsister le nom de certains journaux comme "Gringoire" ou "Le Pilori", même avec une direction nouvelle". Le six février Robert Denoël s'est présenté devant le juge d'instruction Achille Olmi, chargé de son dossier. Certains ont prétendu qu'en raison des attaques dont il faisaitl'objet dans la presse, il se serait rendu spontanément au palais, en vue de réclamer une possible protection policière. "Le soleil était maintenant écrasant. Comme la pierre. Il se brisait en morceaux sur le sable et sur la mer. Il n'est pas d'amour qui ne puisse se surpasser".
Le mémoire de Robert Denoël était destiné à sa défense devant la Commission d’épuration du Livre, dont le siège se trouvait au 117 Boulevard St-Germain. Après sa mort, la plupart des journaux écrivirent que l'éditeur aurait dû passer devant cette Commission au cours du mois de décembre 1945. Jeanne Loviton n'aura guère le temps de goûter son idylle avec le sulfureux éditeur, qu'elle doit cacher à la Libération. Le soir du deux décembre 1945, alors que leur Peugeot 302 noire a crevé à deux pas des Invalides, Robert Denoël est tué d'une balle dans le cou par de mystérieux assassins. Il expire entre ses bras. En moins de six mois, la muse, très seule, a perdu les deux hommes de sa vie. La voici directrice des Éditions Denoël, publiant notamment "La Peau", de Malaparte. Elle songe même, un temps, à épouser le fantasque Italien. Mais il lui faut surtout gérer l'écrivain vedette de la maison, Louis-Ferdinand Céline. Leurs relations seront épiques. De son exil danois, désespéré et paranoïaque, l'auteur de "Voyage au bout de la nuit"se persuade en effet que la "mère Voilier" a fait assassiner Denoël pour hériter de ses affaires. Dès lors, elle sera la figure la plus insultée de toute la comédie célinienne. Florilège : "damnée sirène", "Thénardière", "funambulesque héritière", "tigresse à procès", "saboteuse et désastreuse". Jeanne Loviton restera, dans la petite histoire littéraire, plutôt comme obsessionnelle tête de Turc de Céline que comme muse élégiaquement chantée par Valéry. Elle s'éteint le 20 juillet 1996 et repose au cimetière Notre-Dame de Versailles, où sa tombe porte simplement son prénom, Jeanne. "La vie est brève, le temps rapide, et sa propre énergie a des limites. Il était difficile de peindre le monde et les hommes et, en même temps, de vivre avec eux". Jeanne a réglé son compte à l'amour.
Bibliographie et références:
- Paul Valéry secret. "Correspondance inédite"
- A. Louise Staman, "Assassinat d’un éditeur à la Libération"
- Célia Bertin, "Portrait d'une femme romanesque"
- Jean Clausel, "Cherche mère désespérément"
- Paul Valéry, "Corona et Coronilla, poèmes à Jean Voilier"
- Carlton Lake, "La vie de Jeanne Loviton"
- Dominique Bona, "Je suis fou de toi. Le grand amour de Paul Valéry"
- Jacques De Decker, "Paul Valéry est-il mort d’amour ?"
- Jérôme Dupuis, Jeanne Loviton, croqueuses d'écrivains"
- Pierre Assouline, "Une don juan"
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"Les fleurs sont reposantes à regarder. Elles n'ont ni émotions, ni conflits." L'ennui quand la chance nous quitte, que les jeux de la vie sociale se réduisent à leur plus simple expression, c'est alors qu'on a besoin d'amour. C'est la flamme qui tient lieu de tout. Les expédients que nous employons pour l'oublier ne font que raviver la blessure. Nous ne savons pas aimer, nous ne savons que nous enfoncer corps contre corps dans la nuit redoublée. On arrive plein de feu, on se quitte plein de fiel. Les cœurs éperdus, égarés par les rêves, rejoignent alors leur logis mais d’où nous vient le sentiment ambivalent de l'altérité ? Nous pourrions discerner en notre semblable quelqu’un de différent, parce que nous le sommes pour nous-même. La naissance de l’altérité pourrait résulter de la division du sujet, puisque nous sommes à chaque instant la proie d’un dédoublement interne. À peine né, nous avons commencé dans cette voie. Nos parents nous ont voulus à une certaine place et nous les avons contredit. Nous avons affirmé notre existence en disant non à ce qui nous détermine. Non est notre premier nom et le reste. Son patronyme nous fouette et fait de nous d’éternels voyageurs. Mais cette dualité interne suffit-elle à engendrer la reconnaissance de l’altérité ? Ce n’est pas certain, car assoiffé de la résolution de sa contradiction, le maintien de soi tente ce sujet divisé. Il lui faut de l’un, il aime le groupe qui l’unifie et il rejette l’étranger. Il adore chanter en chœur, et a horreur des fausses notes. Peut-on espérer que grâce à l’amour, la reconnaissance du prochain sera possible ? Le christianisme a promis une telle rédemption, mais comme cet amour qu’il divinise s’est clivé du sexe, il a obtenu le contraire. L’autre de l’amour ne diffère pas vraiment de nous, il est encore notre double et l’amour de narcisse se retourne si aisément en haine. Le visage du semblable suppose la transcendance divine. Et parfois, les dieux se montrent généreux.
"Aussi les sages de tous les temps ont-ils avec la plus extrême insistance, déconseillé de suivre cette voie dans la vie. Elle n’a cependant pas perdu l’attraction qu’elle exerce sur un grand nombre d’enfants des hommes". François Antommarchi qui professait l'anatomie à Florence et qui procéda à l'autopsie du corps de l'Empereur nota, à Sainte-Hélène à propos de sa forme virile, "sicut pueri," un sexe d'enfant. Certainement Hyppolyte Charles était mieux doté. Ce détail trivial, indécent, comme on en trouve dans les pièces de Shakespeare pour refroidir l'émotion, jette une lueur humaine sur la gloire. Comme si cette construction des conquêtes, ce désir compulsif, d'étendre son pouvoir et son être au plus profond de l'espace, de le marquer de son empreinte, n'avait été que le revers sanglant et lumineux d'une faiblesse. D'où venait son insatisfaction sinon son inaptitude au bonheur ? Il lui fallait des drames, des souffrances, un théâtre d'émotions, des trahisons. Il y a des êtres qui trouvent dans le dévouement une fois dans la vie, un élargissement de ses limites, car l'amour est sans fin. La reconnaissance d’autrui frappe celui qui la fait et l’éveil de la conscience reste le mouvement premier vers l'autre. Mais on ignore la nature de ce besoin, de même que l’on comprend mal ce qui pousse à l’affronter, sinon un choix éthique mystérieux. Pour Freud, l’amour du prochain n’est envisagé que comme une inversion, un refoulement de la haine pulsionnelle. La naissance du surmoi qui en procède amène le sujet à respecter son semblable, mais seulement dans la mesure où il ne saurait porter atteinte à un autre lui-même sans s’anéantir du même coup. Les premières phobies de situation sont celles de la solitude. La phobie naît de nuit, dans l’absence de reflet ou lorsque fait défaut l’écho d’une parole. Mais quand quelqu’un parle, il fait clair. La solitude confronte de façon angoissante au vertige du vide de l’autre.
"Un amour qui ne choisit pas nous semble perdre une partie de sa valeur propre du fait qu’il est injuste envers l’objet. Et qui plus est: les hommes ne sont pas tous dignes d’être aimés." Solitude nocturne, premiers émois en compagnie de Séléné, la déesse de la lune dont le plus grand amour fut le beau berger Endymion, qui refusant de vieillir avait demandé aux dieux de lui accorder une éternelle jeunesse. Zeus y consentit à condition qu'il soit plongé dans un sommeil éternel. C'est dans ces circonstances oppressantes que commencent les pratiques masturbatoires. L’onanisme décharge l’omniprésence de cet inceste latent. "La phobie de la solitude veut détourner la tentation d’une onanie solitaire" écrit Freud dans "Inhibition, symptôme, angoisse." La peur de l’obscurité a cette conséquence étrange de provoquer l’érection et la masturbation. Ainsi, tout se passe comme si l’impérieuse érogénéité du pénis ou du clitoris venait affirmer que le corps n’est pas le phallus. La masturbation est un mouvement de résistance et de protestation. Le corps dit non en jouant la partie contre le tout, en entamant une lutte du pénis contre le phallus. Mais la jouissance qui en résulte ne soulage rien, car l’orgasme est aussitôt suivi de la menace d’une retombée dans le néant. De sorte que la masturbation doit reprendre presque aussitôt. Parfois effrénée, l’excitation solitaire devient ainsi une modalité de la survie. Pas d’altérité dans cette excitation dont la jouissance signifie une chute en miroir. Cette frénésie de l’onanisme reste souvent une habitude de l’adulte. Elle peut se prolonger devant le miroir, et il arrive aussi parfois qu’elle trouve son équivalent dans l’amour les yeux fermés et la béatitude.
"La vie telle qu’elle nous est imposée est trop lourde pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insurmontables. Pour la supporter, nous ne pouvons nous passer de moyens palliatifs." Les réserves corporelles secrètes et la partie ténébreuse de l'âme infèrent la question de l'intime. Nous naissons, nous vivons et nous mourons au milieu du merveilleux. Ce qui force au secret, surtout lorsqu’il s’agit d’un secret touchant au corps, renvoie à une sorte de sacralisation de ce qui ne peut se dire, s’avouer, sacralisation dont l’enracinement peut se réclamer d’une culpabilité, d’une anormalité possible. Sacralisation d’une part de l’intime risquant de devenir religiosité, ritualisation privée ou cérémonie secrète n’appartenant qu’à soi. L’autre, son jugement, son regard prenant alors valeur de sanction redoutée. Sanction contre quelle jouissance ainsi cultivée ? Le secret du corps peut révéler paradoxalement une jouissance coupable qui, si elle devait être découverte ou révélée, ouvrirait au châtiment. La sublimation sexuelle, l’éclosion pulsionnelle est une fracture ressentie comme une violence, comme la source du travail de l’altérité au cœur de soi. Le corps, dans son désir naissant, est alors perçu comme l’œuvre de l’altérité en soi. Le corps semble trahir, ouvrir sur un langage dans lequel il est difficile voire dangereux de se reconnaître. Le secret apparaît alors comme un mode défensif qui permet le déplacement de la sexualité œuvrant le corps sur une sphère fantasmatique. Mais le secret génère aussi cet autre pendant qui est la honte, la peur d’être découvert. L'angoisse du corps inepte, impuissant et seul. Le malaise généré par la dissimulation de la jouissance se justifie par la quête d’une pureté qui doit être maintenue. L’abject serait alors la matière même du secret, sa fondation.
"Autrui joue toujours dans la vie de l'individu le rôle d'un modèle, d'un objet, d'un associé ou d'un adversaire, et la psychologie individuelle se présente dès le début comme étant en même temps, par un certain côté, une psychologie sociale, dans le sens élargi, mais pleinement justifié, du mot." Mais la force narcissique faisant emprise sur la vie intime en visant le corps dans une précipitation onirique n'est en fait pas l'ardeur mais un essai malheureux de rapprochement de l'autre en soi. Elle ne vise plus le corpus mais la psyché. Le narcissisme ne reconnaît que lui-même dans cette course-poursuite avec son double, qui va se poursuivre jusqu’à l’heure où la différence des sexes va se découvrir. Le narcissisme ne résulte pas d’un mouvement premier du moi ne pensant qu’à lui-même, il procède du désir de l’autre. Et lorsque l'on rêve très tôt de se marier, d’harmoniser de l’homme avec de la femme, c’est pour nous une façon de faire du un. Ce mariage de rêve enfantin ne connaît pas la différence sexuelle, il connaît une différence des genres masculin et féminin sans signification érotique. Sa cérémonie se déroule toujours en blanc. Promesse qui sera trompée la nuit de noces elle-même. Le blanc vire au rouge, lorsque la différence des sexes se découvre et que le rêve de soi explose. Le sexe métamorphose l’amour, lévite le prochain à la hauteur d’un semblable indifférent, cela grâce à la potentialité de l’identification phallique elle-même. Il y a là une profonde raison, qui explique pourquoi Freud a considéré que la différence du masculin et du féminin n’état pas faite d’abord grâce à l’anatomie mais s’établissait en termes d’activité ou de passivité. En ce sens, l’acte qui correspond à la masculinité est l’érection. Car la possession du pénis ne suffit pas en effet pour l’avoir en érection, état sans lequel il sert à peu de chose, sauf l’honneur masculin. Mais l'essentiel n'est-il pas d'écouter intimement son corps et d'oublier la métaphysique.
"Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons." Mais alors quelle est cette sente secrète autorisant après les premiers émois sensuels la délectation phallique ? C’est une satisfaction spécifiant la masculinité et l’érection. Il faut que la besogne soit transgressive, se heurtant ainsi à une barrière quelconque, fonctionnant comme un équivalent psychique de la loi. Le sentiment de faire ce qu’il ne faudrait pas aura alors l’inceste comme équivalent psychique. En ce sens, la punition sera ainsi le signe d’un péché excitant, et l’acte spécifique au masculin comporte cette violence, voire ce sadisme latent. Celui qui veut être maître de la jouissance phallique doit être violent. Pour obtenir l’érection, il faut la guerre. Dans le rapport du semblable au semblable, l’usage de la force décide de qui se trouve du côté féminin, et qui du côté masculin. La brutalité contre l’autre est le premier trait de masculinité, alors que le rapport sexuel est encore complètement méconnu. Cette activité brutale décide du choix du sexe et elle ne peut se faire sans la reconnaissance d’une altérité qu’elle fait naître. Elle instaure une dissemblance sur le fond d’une communauté d’appartenance. La masculinité s’impose par la lutte sur le fond de la féminité. La virilité n’est jamais gagnée d’avance, elle constitue une épreuve constante. Dompteur de fauves, symbole de la force physique, le héros Héraclès était infatigable.
"Ce qu’on appelle bonheur au sens strict résulte de la satisfaction plutôt soudaine de besoins accumulés et n’est possible, par nature, que comme phénomène épisodique." La déesse Artémis qui était puissamment bâtie ou qui découpait n'a pas toujours été l'illustration du complexe de castration, se manifestant chez la femme par l'inacceptation de son sexe et de sa fonction naturelle. Elle se laissa attendrir par Orion et Hippolyte qui sut lui aussi toucher son cœur. Mais cela ne résout pas pour autant notre problème. Dans la séduction et l'altérité, comment est fait le sexe féminin ? La nature du sexe féminin et son anatomie sont l’occasion d’une incertitude permanente. L’étrangeté de l’identité féminine se détache en effet. Les genres féminin et masculin se distinguent d’abord grâce aux oppositions activité/passivité, ou encore, érection ou pas d’érection. Quand bien même l’anatomie serait-elle vue de la manière la plus aveuglante, elle continue de receler un mystère. Le sexe féminin reste ainsi l’objet d’une fascination angoissée. Il annonce une altérité inquiétante dont il n’y a pourtant pas moyen de se passer, puisque c’est grâce à elle que la virilité s’affirme. L’incrédulité concernant le sexe féminin contamine l’ensemble de la vie psychique, non pas latéralement, mais à titre de fondement. Le doute se stratifie à partir de cette origine, jusqu’à son déploiement dans les fantasmes descènes de séduction. Le doute cartésien n’est que parent pauvre, c’est la pensée qui fuit infiniment ce qu’elle doit au sexe. Ce n’est pas simplement que l’homme aurait à découvrir la femme, et réciproquement. C’est en chacun d’entre eux, de la castration, de l’existence du féminin dont il s’agit. L’homosexualité n’invalidant pas cette reconnaissance de l’altérité. Cette découverte tardive du féminin expérimente l’hétérogénéité la plus redoutable, celle que chacun est d’abord pour lui-même.
"Toute prolongation d’une situation convoitée par le principe de plaisirs donne seulement un sentiment de tiède contentement. Nous sommes ainsi faits que nous ne pouvons jouir intensément que du contraste, et très peu d’un état." La distinction du sexe féminin dans le couple séduction/désir exige que cette disparité si charmante soit étudiée dans sa plus grande globalité. Car c’est seulement avec ce contraste que se rompt la solitude. Cette altérité de l’être féminin que les garçons craignent d’être, et que les filles n’acceptent que jusqu’à un certain point, distingue un genre de l’autre très abstraitement, car concrètement, les garçons comme les filles rejettent le féminin. C’est une altérité qui ne sera reconnue qu’avec la sexualité en acte. La sexualité impubère méconnaît le rapport sexuel sous l’angle de sa jouissance, et cette ignorance ne résulte pas d’une pudibonderie parentale ou de la répression sociale. Comment une altérité si traumatisante arrive-t-elle à s’imposer dans le vert paradis de l'adolescence ? La portée exacte du traumatisme sexuel se découvre autout début de l'âge adulte et elle refonde le sujet de fond en comble. Et lorsque cela lui arrive, il découvre la différence, à commencer par celle des sexes. Avant ce moment violent, le semblable existait sans doute, mais il était seulement l’autre du narcissisme, celui avec lequel on pouvait s’amuser, rire de la sexualité un peu grotesque des adultes. Tout change dans le cadre de la rivalité pour l’amour. L’amour fait sortir le sexe de son anonymat, il oblige à un choix contre un tiers, mettant en jeu l’interdit, la jouissance qui était d’abord masturbation va prendre un autre sens. La présence du tiers est implicite dans l’amour, de même que la demande d’exclusivité, cet amour introduit alors sa dimension dans la sexualité.
"Partout où je suis allé, un poète était allé avant moi." Le sexe de chaque femme a son rythme propre, sa palpitation et son émoi. Si l'on applique l'oreille dessus comme on procède avec les grands coquillages pour écouter la mer, on entend une longue plainte distincte, un frisson unique venu des profondeurs de l'être. C’est à l’occasion des jeux de la rivalité pour l’exclusivité que le deux de la reconnaissance de l’autre va s’établir à partir du trois, et non plus comme c’était le cas dans le rapport narcissique au service du un. C’est à partir de l’exclusion de la troisième personne que le deux de l’altérité apparaît. La jouissance sexuelle prend brusquement son sens à partir de cet interdit qui ne se découvre jamais si bien qu’à l’heure de la rivalité malheureuse. La division du corps par sa propre jouissance fait naître une altérité à partir de ce qui, au départ, était seulement rencontre sexuelle de deux personnes, ou plutôt de deux fois une personne, chacune isolée dans les suites de ses rêves onanistes. Du côté féminin comme du côté masculin, le tiers se dégage à partir du deux. La troisième dégage l’altérité de la femme, alors que du côté masculin, le désir de sexualité éloigne l'idée de mort. L’altérité est ainsi doublement ce que découvre la rencontre de l’autre sexe. Chaque fois que nous regardons un être de notre espèce, il tombe sous le coup de notre propre division, il prend rang au regard de notre obsession sexuelle. C’est de lui dont nous nous abritons lorsque nous fermons notre chambre. Sans doute ne s’occupe-t-il pas de nous, ni nous de lui, mais nous ne l’oublions pas quand se clôt la porte derrière laquelle arrive, cette étrangeté. Dans l'éloignement du regard du tiers, règne alors la nuit propice.
Bibliographie et références:
- Élisabeth Badinter, "L’un et l’autre"
- Sigmund Freud, "Inhibition, symptôme, angoisse"
- Emmanuel Levinas, " Altérité et transcendance"
- Jean-Paul Jacquet, "Altérité et performance"
- Gilles Ferréol, "Dictionnaire de l'altérité"
- Jean Lombard, "Philosophie de l'altérité"
- Denise Jodelet, "Formes et figures de l'altérité"
- Éric Bailblé, "La notion d'altérité"
- Jean-François Staszak, "L'altérité et le sexe"
- Johann Jung, "Le double et l'altérité"
- Marc Weber, "De l'autre côté du miroir"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Mais qu'adviendra-t-il de tous ces carnets, me suis-je demandé hier. Si je mourais, qu'en ferait Leo ? Il hésiterait à les brûler. Il ne pourrait pas les publier. Eh bien qu'il en fasse un livre, et qu'il brûle le reste. Je crois qu'en remettant un peu d'ordre dans les notations et les ratures, il y aurait matière à un petit livre. Qui sait ? Ceci m'est dicté par la légère mélancolie qui m'étreint parfois, et me laisse à pense que je suis vieille, que je suis laide, que je rabâche. Cependant, j'ai l'impression que c'est maintenant seulement que j'arrive à écrire selon ma pensée. Nous devrions prendre la route sans idée définie de l'endroit où nous allons passer la nuit, ni de la date de notre retour, seul importe le chemin. Plus essentiel encore, quoique ce soit un bonheur des plus rares, nous devrions, avant de nous mettre en route, tenter de trouver un compagnon de voyage qui nous ressemble et à qui nous pourrons dire tout ce qui nous vient à l'esprit. Car nous ne saurions goûter notre plaisir sauf à le partager." "Pourquoi la vie n’offre-t-elle pas une chose sur quoi poser la main et pouvoir dire: c’est ça ?", se demandait en 1926 Virginia Woolf, dans les pages de son journal. Peut-être est-ce parce qu’on lui a pris beaucoup, de son vivant comme après son suicide, les poches pleines de pierres dans la rivière Ouse, en pleine seconde guerre mondiale. Son père, sa mère et son frère aîné meurent avant ses vingt-cinq ans. Son mariage prend la forme d’un pacte où chacun perd autant qu’il gagne. Figure irréductible du féminisme de la première moitié du XXème siècle, celle qui a marché aux côtés des suffragettes est aujourd’hui louée pour son apport à l’émancipation des femmes en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Sur certaines photos, elle ressemble à une madone préraphaélite. Sur d'autres, à une jeune Parque égarée dans un roman de Jane Austen. Regard d'azur, chevelure d'ébène, visage délavé par la souffrance, Virginia Woolf est, dans la constellation des lettres britanniques, l'étoile la plus incandescente, la plus vulnérable, aussi. Son écriture a l'éclat de la foudre, la douceur du satin et la légèreté évanescente d'une bulle de champagne. "Que vaut la trame de tous ces fils entrecroisés ? Je ne sais, telle est la réponse. Je remarque seulement que le grand écrivain se reconnaît à son pouvoir de briser impitoyablement ses moules. Pas un des pâles imitateurs de James n'a la force, une fois la phrase dévidée de la rompre. Il possède, lui, quelque suc inné, une présence." "Ce qui compte c'est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves."
"Je mesure tout à coup maintenant que j'ai atteint un stade beaucoup plus avancé dans ma progression d'écrivain. Je perçois qu'il y a quatre dimensions, toutes quatre reproduites dans la vie humaine et que cela conduit à des proportions et des groupements beaucoup plus riches. Je veux dire: moi, le non-moi, le dehors et le dedans. Non, je suis trop fatiguée pour expliquer cela, mais je le vois, et je développerai cela dans mon livre sur Roger. Ces tâtonnements sont passionnants. De nouvelles combinaisons entre la psychologie et le corps, un peu comme la peinture." À elle seule, l'auteure de "Mrs Dalloway" a inventé une langue et une musique, un art de la fugue, mais aussi une manière de peindre la réalité comme une grande toile impressionniste où scintillent "les petits miracles du quotidien." Elle a toujours été dépeinte comme une femme ayant une extraordinaire sensibilité, un regard songeur et un air perdu. Elle a dès le plus jeune âge un attrait pour la littérature et la philosophie mais vient y poser un nouveau regard, plus original pour les codes classiques de l’époque. Elle disait souvent d’elle-même qu’elle laissait ses pensées l’emporter sur elle. Elle donnait donc plus d'importance aux émotions qu'aux codes d'écriture dans ses textes. "Ainsi, avant même de poser sa plume sur le papier, l’écrivain qui a été ému à la vue d’un crocus à peine éclos dans Kensington Gardens doit choisir, parmi une foule de candidats, le lecteur qui va lui convenir. Il est vain de dire Ignorez les tous. Ne pensez qu’à votre crocus, car écrire est un moyen de communication, et le crocus reste imparfait tant qu’il n’est pas partagé. Le premier ou le dernier homme peut écrire pour lui tout seul, mais c’est une exception, pas vraiment enviable d’ailleurs, seules les mouettes auront accès à leur œuvre si elles savent lire." Cet extrait du "crocus et le mentor" prouve qu'avec Virginia Woolf, après avoir brisé les tabous et les clichés si l’on fait l’effort de la traversée, naissent des émotions inoubliables car elle possède un art proustien et pourtant matérialiste de peindre la société où elle évolue et de parfois se mettre en scène avec un humour britannique unique. "Ce matin, nous avons discuté du suicide si Hitler débarque. Ils frappent les Juifs. À quoi bon attendre ? Mieux vaut fermer la porte du garage."
"Le mot aimer conviendrait-il à ces étranges et profondes tendresses qui commencent au temps de la jeunesse et se trouvent mêlées par la suite à tant d'évènements importants ? Je ne pouvais m'empêcher de regarder ces grands et beaux yeux bleus, si généreux, si candides, si aimants, et je me trouvais reportée en arrière, à Fritham et Hyde Park Gate". Virginia Woolf appartient à la famille des exorcistes, des médiums, des crucifiés, de tous ceux qui se sont noyés dans la création pour lutter contre la détresse. Son mal ? Il lui venait de sa fragilité psychologique, et d'être née trop libre dans un pays trop puritain. Mais, surtout, il avait sa source dans ce sentiment d'impuissance dont souffrent tous les artistes qui, brûlés par une soif d'absolu, savent qu'ils ne pourront jamais l'atteindre pleinement. Voilà ce qui ne cessa de tourmenter la fiévreuse Virginia, une femme aux vies multiples, tiraillée entre le bouillonnement londonien et le silence de son ermitage du Sussex où elle fumait des cigares "en compagnie des hiboux" , entre la folie et l'émerveillement face au réel, entre la fidélité conjugale et les aventures homosexuelles avec Katherine Mansfield ou Vita Sackville-West, entre une œuvre où "rugissent d'innombrables paroles" et le vieux monde victorien rongé par les vers du conformisme, un étouffoir contre lequel elle rêvait de "jeter des brassées de feuilles mortes en flammes". Virginia Woolf est née à Londres, le vingt-cinq janvier 1882. Sa mère meurt lorsqu'elle a treize ans. Son père, sir Leslie Stephen, est connu comme l'une des figures les plus originales de l'Angleterre victorienne. Successeur de William Makepeace Thackeray à la direction du Cornhill Magazine, il s'attelle à de nombreux travaux philosophiques et littéraires, est l'un des premiers membres du Club alpin, et l'auteur de la fameuse Histoire de la pensée anglaise au XVIIIème siècle. Ce "vieux monsieur adorable et un peu terrible" eut sur sa fille cadette une influence décisive. C'est avec lui qu'elle lut Platon, Spinoza, Michel de Montaigne et David Hume, car une santé fragile lui interdisait de suivre un cycle normal d'études. Après sa mort, en 1904, les enfants de sir Leslie prirent l'habitude de recevoir leurs amis dans leur maison de Bloomsbury, qui donna bientôt son nom au groupe. Virginia Woolf affirme qu'elle ne serait jamais devenue écrivain si son père n'était pas mort quand elle avait vingt-deux ans. La mort des proches, comme une émancipation. Le deuil, comme un privilège. Tirer plaisir, naître du deuil. Les fantômes sont ses amis proches.
"Mais tout cela, je le crains, ne constitue pas un portrait. Elle me donne l'impression d'être comme l'esquisse d'une femme de génie. Tous les dons fluides l'ont pénétrée, mais pas un qui ait de la consistance. Pourquoi la vie est-elle donc si tragique ? Si semblable à une bordure de trottoir au-dessus d'un gouffre ? Je regarde en bas, le vertige me gagne. Je me demande comment j'arriverai jamais au terme de ma route. Pourquoi cette impression ? Maintenant que je l'ai exprimée, je ne la ressens plus." Elle perd sa mère à treize ans, puis sa demi-sœur à quinze ans, puis son père, puis son frère, deux ans plus tard. On oublie moins facilement les morts que les vivants. Il lui faut vivre avec plein de monde en elle. On croit beaucoup de choses fausses à propos de Virginia Woolf. On croit qu'elle était folle. Ni folle ni frigide. Des accès dépressifs. On en connaît tous parfois. Il existe tout simplement, pour les femmes de lettres, une visibilité de l’intimité plus grande. Dès que l'on évoque Virginia Woolf, on met en avant son suicide. Mais il n’existe pas d’artiste sans fêlure. Jean Genet disait: "J’ai tellement cultivé ma sensibilité que je ne suis plus bon à rien." La création artistique procède de l’inquiétude et d’une propension à interroger l’existence. C’est une maladie professionnelle: douter, trembler, creuser le sillon. Virginia Woolf a des crises d’angoisse au point de ne plus pouvoir se lever. Mais on le sait d’autant plus qu’elle tient son Journal. Quand on lit son Journal ou celui d’André Gide, on pense: "Mais ils ne vont jamais bien !" Ils ne vont jamais bien, parce qu’on ne va jamais bien. Le Journal de Virginia Woolf l’a beaucoup exposée. Elle y livre ses fragilités, notamment lors de la sortie d’un livre, et se moque des uns et des autres. On se dit qu’elle est fragile et ragoteuse. Elle est juste normale. L’amitié est centrale dans sa vie. "Sans mes amis, je ne suis rien qu’une coquille desséchée." Virginia Woolf n’est pas, là non plus, un écrivain dans sa tour d’ivoire. Elle a besoin d’intimité et de chaleur comme tout un chacun.
"C'était un soir d'une beauté renversante et à mesure que sombrait le soleil, tous les dômes, tous les clochers, toutes les tourelles et tous les clochetons de Londres se détachaient, silhouettes noir d'encre sur le rouge du crépuscule embrasé. Ici se découpait la croix ajourée de Charing, là le dôme de Saint-Paul, plus loin la masse carrée des bâtiments de la Tour. Ailleurs, semblables à un bosquet d'arbres aux branches dénudées mais portant une loupe à leur extrémité, apparaissaient les têtes au bout des piques de la Barrière du Temple. Un instant, les fenêtres de l'Abbaye de Westminster se trouvaient éclairées et flambaient de mille feux, tel un bouclier céleste." Vanessa Stephen, sœur de Virginia, ne tarde pas à devenir Mrs. Clive Bell, tandis qu'en 1912, Virginia épouse Leonard Woolf. Le groupe se dissocie au début de la première guerre, puis se reconstitue avec de nouveaux éléments, mais l'idéal reste le même, vérité et libre parole, amour de l'art et respect de la morale, goût de la tradition et culture de l'individu. En 1917, Virginia Woolf fonde avec son mari une maison d'édition, la "Hogarth Press", qui ne comporte au début qu'une machine à main, mais grandit rapidement. L'une des toutes premières publications fut "Prélude", de Katherine Mansfield. Suivent des poèmes de T. S. Eliot, des nouvelles de Virginia Woolf, des œuvres de nombreux romanciers français et russes, de psychologues allemands. Le succès vient non du grand public, mais de cette petite aristocratie intellectuelle de "highbrows", ou intellectuels dont Virginia Woolf demeure toujours l'un des plus éminents membres. L'histoire de sa vie est alors indissociable de l'histoire de ses œuvres. Partagée entre ses occupations de directrice de maison d'édition et ses activités critiques, entre ses romans et ses amis, ses voyages et ses séjours sur la côte d'Écosse et de Cornouailles, elle publie, en vingt-six années, neuf romans, cinq essais importants et laisse trois recueils d'essais, un de nouvelles, un roman posthume et le fameux Journal, qui permet au lecteur de suivre pas à pas la genèse de cette œuvre abondante.
"L'instant d'après, tout le couchant semblait une fenêtre dorée laissant passer des légions d'anges (toujours dans l'esprit d'Orlando) qui montaient et descendaient éternellement l'escalier céleste. Et tout ce temps, ils semblaient patiner dans une atmosphère sans fond tant la glace était bleue. Si lisse et transparente qu'ils prirent de plus en plus de vitesse à mesure qu'ils se rapprochaient de la ville, environnés de mouettes qui faisaient des cercles autour d'eux et tranchaient l'air de leurs ailes avec des courbes pareilles à celles que leurs patins tranchaient dans la glace." En 1922, lors d'une soirée, Virginia Woolf rencontre Vita Sackville-West, aristocrate, auteure et poète reconnue pour ses liaisons saphiques enflammées. Les deux femmes développent un lien particulier qui oscillera entre rencontre d'esprits créateurs, histoire d'amour et liaison passionnée tout au long des années 1920. En 1925 et 1926, l'auteure abandonne progressivement la théorie du roman conventionnel doué d'une intrigue, de personnages bien individualisés, auxquels il arrive quelque chose à un moment précis. Jacob Flanders, dans "La Chambre de Jacob", qui rappelle singulièrement le plus jeune frère de Virginia, Thoby, mort accidentellement en 1906, est moins un héros qu'une suite d'impressions multiples se déroulant à un rythme plus ou moins accéléré. Et Clarissa, dans "Mrs. Dalloway", n'est pas la plus parfaite hôtesse de Londres sans qu'on lise derrière sa vitalité de facade une tristesse, une insensibilité et déjà une fascination de la mort. "La Promenade au phare", qui devait valoir à la romancière, en 1927, le prix Fémina-Vie heureuse, étudie le problème de la réalité de l'existence. Qu'est-ce que la vie ? Comment croire à une réalité extérieure, alors qu'elle est sans cessemodifiée par le flux de la vie intérieure ? C'est à ces questions qu'essaye de répondre Virginia Woolf, influencée par la notion de durée bergsonienne, et surtout par les créations littéraires originales de Marcel Proust et de James Joyce.
"Il est indéniablement vrai que les meilleurs praticiens de l'art de vivre, souvent des gens anonymes d'ailleurs, réussissent à synchroniser les soixante ou soixante-dix temps différents qui palpitent simultanément chez tout être humain normalement constitué, si bien que lorsque onze heures sonnent, tout le reste carillonne à l'unisson et, ainsi, le présent n'est pas une rupture brutale et n'est pas non plus totalement oublié au profit du passé." Le roman "Orlando" (1928) est une allégorie romanesque d'un genre tout à fait unique dans la littérature anglaise et dont la signification dépasse de loin l'apparente fantaisie. En imaginant un héros homme puis femme, mais surtout homme et femme, Virginia Woolf essaye de se libérer de l'espace et du temps, elle croit retrouver derrière la diversité des modes d'existence l'être continu, le moi total. "Qu'est-ce que la vie, qui suis-je ? Des pièces, des morceaux, des fragments qu'il est impossible de réunir. Il serait infiniment regrettable que les femmes écrivissent comme des hommes ou vécussent comme des hommes, car si deux sexes sont tout à fait insuffisants quand on songe à l’étendue et à la diversité du monde, comment nous en tirerions-nous avec un seul ?" Pas davantage de solution dans "Les Vagues" (1931), le plus important et le plus difficile de ses romans. Rien ne permet ici de différencier les six personnages dont l'histoire individuelle est à peu près semblable, ainsi que le langage dans lequel ils l'expriment. Puisque la vie n'est qu'un tissu hâtif fait de pièces rapportées, Virginia Woolf romancière ne cherche pas une structure, une logique romanesque artificielle. Elle s'emploie à donner la même impression de discontinuité, d'incohérence et de fracas que nous procure la vie de tous les jours.
"De ceux-là, nous pouvons dire sans mentir qu'ils vivent précisément les soixante-huit ou soixante-douze années qui leur sont allouées sur la pierre tombale. Des autres, nous savons que certains sont morts même s'ils déambulent parmi nous. D'aucuns ne sont pas encore nés même s'ils respectent les apparences de la vie. D'autres encore sont vieux de plusieurs siècles, même s'ils se donnent trente-six ans." En faisant du monde invisible, celui qui habite le plus profond de notre conscience mais aussi de notre inconscience, l'essence du roman, Virginia Woolf atteint à l'essence de la poésie. On trouvera dans cette appréhension "poétique" du monde les caractéristiques du roman de Virginia Woolf comme dans celle de Marcel Proust avec lequel elle a beaucoup en commun: l'intérêt pour le rythme de la trame romanesque et le souci d'une forme d'art qui puisse redessiner, recréer le monde discontinu de la vie. Deux autres romans majeurs sont publiés: "Flush" en 1933, et "Années" en 1937. Cette recherche tenace d'une forme de plus en plus souple, rompant chaque fois avec la précédente, amène Virginia Woolf, dans "Entre les actes", à faire une espèce de synthèse de toutes les techniques précédemment utilisées. Elle est à l'œuvre lorsque éclate la seconde guerre mondiale. Déjà victime de dépressions assez graves et ayant à plusieurs reprises tenté de se suicider, elle supporte avec peine l'isolement né de la guerre, les raids quotidiens, et surtout elle est hantée par l'idée que cette fois-ci elle ne se remettra pas d'une crise semblable aux précédentes. Elle a alors près de soixante ans. Deux mois après la disparition de Joyce, au même âge que lui, fidèle à cet appel de l'eau qui s'entend à travers toute son œuvre, elle met alors fin à ses jours le vingt-huit mars 1941 à Lewes par noyade dans l'Ouse, la rivière près de Monk's House. Elle écrit une lettre à Leonard, son mari. Elle lui dit qu’elle recommence à entendre des voix. "Chacun de nous a son passé renfermé en lui, comme les pages d'un vieux livre qu'il connaît par cœur, mais dont ses amis pourront seulement lire le titre car aucun de nous n'est complet en lui seul."
"La durée de vie réelle d'une personne, quoi qu'en dise le D.N.B., est ainsi toujours sujette à caution. Car c'est une tâche très ardue d'être à l'heure. Rien ne dérègle le mécanisme comme de le mettre en contact avec un art quelconque et c'est peut-être son amour de la poésie qui est à blâmer quand on voit Orlando perdre sa liste et s'apprêter à rentrer chez elle sans sardines, ni sels de bain, ni botillons." Elle le remercie d’avoir été à ses côtés et termine ainsi sa missive: "Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été." Elle enfile un manteau de fourrure, marche jusqu’aux berges de l’Ouse, près de sa maison de campagne dans le Sussex, remplit ses poches de pierres et s’enfonce dans les eaux glacées en crue. Virginia Woolf a cinquante-neuf ans. Son corps ne sera retrouvé que quatre semaines plus tard. La légende commence. Sa mort devient le prototype du suicide féminin. Il eut Ophélie qui, se croyant abandonnée d’Hamlet et devenue folle à la mort de son père, se laisse emporter par les flots. L’héroïne de Shakespeare fera l’objet d’une riche iconographie au XIXème siècle. Simone de Beauvoir dira que la noyade est un mode féminin, les femmes ayant jusqu’au bout le souci de leur intégrité physique. À l’aube de ce mois de mars 1941, plus rien ne l’amuse. Elle et son petit cercle d’amis, le groupe de Bloomsbury, voulaient changer le monde, ils sont accablés par le désastre annoncé. Elle écrit dans son Journal intégral: "Le suicide me paraît parfaitement sensé. Nous sommes nés trop tôt." L’eau est non seulement un motif récurrent dans son œuvre, c’est aussi l’élément dont elle s’inspire comme romancière. Restituer le flux et le reflux.
Bibliographie et références:
- Viviane Forrester, "Virginia Woolf"
- Magali Merle, "Virginia Woolf"
- Josh Jones, "Virginia Woolf"
- Virginie Despentes, "Virginia Woolf"
- Quentin Bell, "Virginia Woolf"
- Geneviève Brisac, "Le mélange des genres"
- Jane Dunn, "Virginia Woolf"
- John Lehmann, "Virginia Woolf and her world"
- Frédéric Monneyron, "Bisexualité et littérature"
- Monique Nathan, Virginia Woolf par elle-même"
- Frédéric Regard, "La Force du féminin"
- Julia Stephen, "The life of Virginia Woolf"
Bonne lecture à toutes et à tous.
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Elle aimait avant tout les plaisirs simples de la vie, les vernissages des expositions de peinture, les longues promenades en forêt, la lecture prés de la cheminée d'un roman historique, et surtout les séances d'écriture, au petit-matin, quand le jour n'est pas encore levé. Elle était heureuse et aucune menace ne s'élevait contre son bonheur. Elle aurait pourtant dû être tourmentée par ce qui, au contraire, parce qu'elle croyait être du bonheur. C'est dans l'amour, un état anormal, capable de donner tout de suite à l'incident le plus simple en apparence et qui peut toujours survenir. Ce qui rend heureux, c'est la présence dans le cœur de quelque chose d'instable, qu'on s'arrange perpétuellement à maintenir et dont on s'aperçoit presque plus tant qu'il n'est pas déplacé. La jeune femme aimait la compagnie de ses congénères féminins avant la rencontre avec son amante, elle perfectionna seulement sa libido avec elle et se laissa amener vers des rivages sans fin. Pour lui plaire, elle eut envie de jouer le jeu en battant des cils et en faisant tourniller son collier de perles, ras du cou, à la Jackie Kennedy. C'était facile, la féminité: il suffisait de retrouver des gestes anodins oubliés. Ses cheveux courts, châtains foncés lui donnaient un air androgyne irrésistible. Charlotte parvenait à grand concours de jogging, à posséder cette silhouette sportive qui tient lieu de beauté. Et par chance, son corps était parfait. Elle pouvait à loisir contempler dans le rétroviseur celle qui sans doute la marquerait à jamais. La vie est mal faite: on est cerné par des êtres indifférents et l'on manque toujours à quelqu'un. Elle attendait, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Et elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Ainsi toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur qu'elle y mettait, Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide. Ça l'était juste assez pour ajouter à leur excitation. Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait les surprendre à l'improviste. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins brusquement tandis qu'elle s'agenouillait. Un haussement d'épaules signifia qu'elle allait se donner sans résister.
Plusieurs fois, elle sentit que Charlotte désirait s'adonner au simples plaisirs charnels même si dans l'amour, il y a toujous une souffrance permanente, que la joie, ajourne, mais qui peut à tout moment devenir ce qu'elle serait depuis longtemps si elle n'avait pas obtenu ce qu'elle brûlait de connaître. Mais à certains signes d'impatience, elle se demandait si ce qu'elle avait considéré comme du bonheur n'était pas au contraire la raisin secrète pour laquelle il ne pourrait durer. Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas intimement les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Mais Charlotte savait exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait alors de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant. Elles pouvaient juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la sourde clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité déjà moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps s'écoula au ralenti. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli, ou à tout le moins s'immobilisa.
Quand elle était ainsi, quand le plaisir la submergeait, à la limite de la jouissance, sa figure, devenue presque laide, se crispait en un rictus immuable et borné. Une femme qui dit doucement alors qu'elle cède justement avec impétuosité, c'est très excitant. Ce cri, entre rage et feulement, avait de quoi troubler la femme la plus indifférente qui fût. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû. Il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire secret de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se mirent à bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et l'embrassa tandis qu'elle se blottissait contre sa poitrine. Dehors, l'autre vie pouvait attendre, surtout lorsque de toute façon, l'on se quitte le lendemain. Les paroles de Juliette étaient si affectueuses, que Charlotte ne pouvaient douter de son amour.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Son métier vint à son secours. Elle acheva en deux semaines un essai plein de paroles furieuses et d'ailleurs très peu compréhensibles. Elle s'occupait fièvreusement du manuscrit de son troisème roman. On parlait d'elle dans les journaux. La jeune femme ne dormait plus. Il n'était pas impossible qu'elle utilisât son désespoir pour travailler un peu plus. On ne peut guère interpréter le travail qu'en termes de morale. Il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit d'épreuves. On sait qu'elles seront plus dures si elles forment une chaîne continue, dont on prévoit la solution, parce qu'on s'impressionne toujours aisément de réclamer beaucoup de soi-même dans un temps déterminé, alors que l'éternité des peines conduit au découragement. En un autre sens, Juliette trouvait-là des voluptés véritables. Manger très peu, très mal et vite, dormir parfois tout habillée, finalement tout cela lui plaisait. Charlotte, au contraire, traçait l'éloge de la paresse et vivait comme une nonne sans le savoir. Ces situations n'ont rien de surprenant, car l'esprit est une sorte de balancier que nous disposons de mille manières pour rétablir un équilibre compromis. En écrivant, elle se moquait d'elle et de ses petites histoires sentimentales. Elle fabriquait, avec de l'encre et du papier, des êtres bien différents et se donnait totalement à ces étrangers. Charlotte, qui ne connaissait que le plaisir rencontra Juliette en Italie. La passion, la fureur et le désespoir entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. Cette rencontre me laissa la tête un peu vide. Quand on raconte une histoire, qu'elle soit inventée ou authentique, la vérité des réactions et des situations est liée par des liens subtils et secrets à la spécificité des caractères et à leur individualité. Plus tard, alors qu'ils ne me faisaient plus trop mal, j'ai repensé calmement à tous ces évvénements. Serais-tu devenue étrangère, jamais je n'oublierais les journées où fondèrent la mémoire à naître, glacée, brûlante, essoufflée de notre première rencontre comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves, je resterais les yeux fermés, sans pensée, toute envahie d'une absence programmée, de ces amours brèves et volées qui laissent un goût de regret dans les mains et entre les reins des amants réservés. Amie qui m'avait été bonne, je garde au creux de mes souvenirs, la vivante mesure de ce petit front si fier et si loyal, que j'approcherai toujours avec tendresse de mes lèvres. Un mouvement soudain de l'épaule, qui dit tout bas sa lassitude; une tension soudaine du visage, qui dit tout haut sa foi; une inflexion nouvelle de la voix, qui dit enfin l'être multiple. Se peut-il que de telles choses laissent en nous traces si vives et si durables. Qu'y-a-t-il dans tout cela, qu'il faille qu'on lui cède ? Qu'est-ce donc que tout cela, qui nous surprend un soir comme la naissance d'un chant ? Étrange confidence, où la faiblesse a pour nom douceur. Le soleil inonda Rome et la légèreté de notre jeunesse. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps. Parce que des doigts glissent sur eux, parce que des visages s'en rapprochent, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ces plaisirs, une âme au loin, un cœur, une imagination souffrent d'incroyables tortures. Nous nous reconstruisions ensemble. Des liens subtils et forts nous unissaient. Nous nous embrassions, sur une colline de Rome, dans la nuit déjà close, sous un arbre né d'un puits, devant le campanile d'une vieille église. Et que nous importe maintenant de ce qui naquit de cette nuit. Des jours, des semaines, des mois entiers sortirent de ce baiser que nous nous donnâmes. Nul n'a connu le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de nos épaules, comme un frôlement de cils. Étroits sont les reins, étroite alliance du corps fidèle des amantes. La nuit, nous courrions à la promesse de nos songes dans des draps odorants. Nos solitudes étaient notre trésor, et dans le lit où s'inscrivait la mémoire à naître de notre amour, nos libertés le creusait. Nous nous aimions à nous taire quand nos bouches se savaient promises. Une douceur s'amassait là où des soupirs infusaient. Nous étions pudiques dans notre impudeur, méconnues de tous mais célèbres de nous. Elle avait les cheveux noirs de jais, les yeux en amande, des dents éclatantes, une robe d'été et une paire de mocassins. Elle riait. Nous nous embrassâmes devant Saint Pierre. L'amour nous grisait. Nous avions des rêves d'enfants. Il y a des instants comme ceux-là où un sens plus pur de la vie semble se révéler soudain, où l'on se sent plus grand que soi-même.
Quand j'étais plus jeune, je m'étonnais toujours de ces nœuds inextriquables formés par les êtres et par leurs sentiments. Il me semblait qu'aimer était tout simple, ne plus aimer également et je me demandais d'où sortaient ces torrents, où se creusaient ces abîmes qui ravagent les destins. Je comprenais maintenant, peu à peu, comment naissent ces franges d'incertitude, ces déchirantes douleurs liées au hasard, aux liens des passions qui s'opposent, à la confusion des sentiments et aux intermittences du cœur. C'était l'heure de ce soleil blême et plat qui donnait au début des jours éclatants une allure hésitante, lasse d'avance. Nous traversions des champs, de longs prés semés d'arbres, des rizières inondées. Une route blanche de poussière coupait les haies, sautait les rivières. Derrière le riz à perte de vue, des montagnes naissaient de la nuit. Plus loin, c'était Bergame et les lacs, un peu à droite, Vérone, les palais de Vicence, et puis Venise, Ravenne, Bologne et Ferrare, Parme et Modène. Nous fermions les yeux. C'était le bonheur. Il jaillissait de ces noms sur les campagnes intérieures, l'or de leur peintures, de leur gloire et de leurs mosaïques dans le reflet de cette douce mélancolie. Elle avait un visage très pur. Nous savions déjà ce qui allait se passer, alors nous allongions désespérément ces instants d'attente. Un soir d'été, j'avais embrassé Charlotte. Saint Pierre pouvait s'écrouler et le Pape se convertir au Bouddhisme. Le pouvoir de la femme est une chose admirable qui ne connaît pas de limites. Elle choisit instinctivement des gestes insignifiants qui s'inscrivent pour l'éternité. Tout notre voyage engouffré dans un baiser. Je me sentais libérée comme on se libère d'un péché par une confession, repartant l'âme pure, le cœur allègre pour d'autres péchés ou un autre voyage. Charlotte, c'était de l'innocence. Moi, de la littérature. La chaleur, nos étreintes, les vacances, le soleil nous invitaient à entrer dans un univers inconnu. C'était celui du bonheur. Il y a ainsi, au début des amours, de ces périodes enchantées qui sont des parenthèses dans une longue insatisfaction; on y attend tout encore et tout est déjà assuré. Nous nous étions très peu parlé. Aucun engagement ne nous liait. Nous vivions un peu au-dessus de nous-mêmes. Et le plaisir que nous prenions à ce présent touché par la grâce ne débordait jamais ni vers le regret, ni vers l'impatience. Les amours de la folle adolescence ne sont ni plus ni moins fortes que les autres. Mais leur douce et incomparable amertume vient de ce qu'elles se confondent avec la saveur de la vie. Tout le spectacle du monde est alors lié à un être. Les choses ne se passent jamais exactement comme on les attend; mais elles se passent rarement tout à fait autrement. Nous ne fîmes pas l'amour ce soir-là. Nous le fîmes le lendemain. Quelle légèreté, lorsqu'on aime, que cette multiplicité des corps qui parlent, se répondent les uns aux autres et font l'amour entre eux. Charlotte entendait sans doute me voir rester fidèle, non à la passion ni à la tendresse, mais au plaisir et au jeu. Ma passion, c'était l'indépendance. Et sans doute, je connaissais ces flambées paradoxales de désirs ou d'ardeurs. Mais je reniais ces faiblesses. Je les reniais surtout parce que j'en avais peur, peur de rester prise dans les pièges de la mélancolie. Je ne faisais donc de ces excès que les ingrédients savoureux et amers de mon indifférence souveraine. Pourquoi les voyages sont-ils toujours aussi mêlés à l'amour ? Car ils rompent sans doute avec cet environnement quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. Le bonheur envahit si visiblement Charlotte que j'en fus presque bouleversée. Nous avions les yeux pleins d'églises et de collines brûlées par le soleil. En arrivant au bas de la ville, là où l'amour devait prendre ici l'odeur de miel des vieilles pierres des hautes maisons, nous rentrâmes à l'hôtel. Je craignis le flottement qui risquait de se produire, mais elle me dit seulement, " Reste avec moi." Je l'embrassai sur le pas de la porte de l'hôtel. La lune éclairait son visage pur. Je me demandais si nous allions nous étreindre, mais le plaisir et l'amour sont comme des pentes neigeuses sur lesquelles on s'arrête difficilement. Obscurément, j'hésitai. Je lui demanda si elle avait déjà fait l'amour avec une femme. Elle secoua la tête et me dit: "Oui, mais pas avec toi." Les rites sublimes se succédèrent très vite. Bientôt, nous nous étendîmes sur le lit. Je la caressais, elle fermait les yeux. Elle avait un visage figé comme illuminé du dedans. J'essayais un peu maladroitement de lui ôter sa robe. Elle ouvrit les yeux, se releva. "Attends, dit-elle en souriant, ça va aller plus vite." Elle était revenue vers moi. Je pris son visage entre mes mains. Je fus comme roulée par une vague d'attendrissement. Elle était nue sous moi, les yeux de nouveau fermés. Je la regardai longtemps, appuyée sur mes coudes. Nous restâmes immobiles assez longtemps et puis nous fîmes l'amour. Le chuintement de la douche se tut doucement, plongeant la chambre dans le silence, coupant court à mes à mes réflexions. Quelques minutes plus tard, elle sortit nue de la salle de bain, une serviette noire enroulée sur la tête, la peau rosie par l'eau chaude. Les gouttes cascadant sur ses courbes, tombaient silencieusement sur le parquet en bois, coloré par la lumière pâle. Elle se déplaçait nue d'une démarche féline, langoureuse, envoûtante; ses longues jambes brunes étaient terminées par des pieds fins, aux ongles vernis de rouge. Je me rappelle cet été quand je regardais ses sandales claquer sur ses talons nus, déjà envahie par un désir brûlant, irrépressible; mes yeux s'étaient alors soudés aux siens, lourds d'envie; elle me souriait. Ses lèvres ourlées lui prêtaient un air sensuel et lascif. Elle leva les bras et dénoua sa serviette en secouant la tête. Une furie de cheveux noirs tomba sur ses épaules fines. Sous ses sourcils bien dessinés, ses grands yeux noirs, très brillants, semblables à la surface d'un lac au crépuscule, me sondaient sans vergogne. J'avais pressenti chez elle des promesses de sexe brutal, très primaire, mais il n'en fut rien. Au contraire, des deux, c'est moi qui me révéla la plus dépravée. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être même a-t-il un destin posthume ? Une ère des réparations succèdant à celles des destructions. Peut-être ces sentiments amoureux si volatiles et inconstants désormais cristallisés, solidifiés, apaisés à jamais dans l'état minéral, entrent dans la composition dune étoile. C'est peut-être elles que nous cherchons la nuit, dans l'étreinte.
Car chaque signe suffit à faire éprouver au corps du bien-être, comme un œil ouvert sur le bonheur, comme une femme livre le secret intime de volupté qu'elle décèle. Il propose et vient à nous d'une allure capricieuse, comme si nous étions devenus tout d'un coup plus séduisants, c'est que le plaisir physique existe seul dans l'enfer le plus impitoyable. Elle s'était soulevée un peu, écartée de moi pour me regarder mieux. Mon Dieu ! Comme elle devait alors s'amuser ! Elle savait déjà ce qui me tourmentait. Sa vie, c'était ça: son plaisir à elle et les questions des autres. Les voyages peuvent parfois élever les esprits. J'étais présente à Rome bien avant d'y être en réalité. Elle fut tout en tendresse et soucieuse de plaire. Elle n'était pas à sa première expérience saphique mais elle me répéta que je surpassais de loin ses précédentes conquêtes. Je me plus à la croire, car mes expériences hétérosexuelles n'avaient jusqu'à présent jamais été bienheureuses. Avant elle, j'étais amoureuse d'aucune fille en particulier, mais seulement des filles en tant que telles, comme on peut aimer sa propre image, trouvant toujours plus émouvantes et plus belles les autres, que l'on se trouve soi-même, dans le plaisir égoiste à se voir abandonner sous leurs caresses. Par dessus le drap, elle posa sa main sur ma cheville et mes seins durcirent aussitôt. Juchée sur ses genoux, elle écarta les jambes pour me laisser passer. Malgré la douche, son entrejambe diffusait encore un parfum à l'arôme sensuel mêlé de ma salive et de son désir. Une fois allongée sous elle et peinant à contenir ma propre impatience, je commençai par lécher sa peau autour de ses lèvres odorantes. Il s'en dégageait une douce chaleur. Ma bouche fraya maintenant avec son aine, très près de sa vulve, et elle trembla d'anticipation. Je glissai le bout de mon index sur le dessin plissé de son sexe moite qui s'ouvrit graduellement sous mes yeux, la sentant se resserrer autour de mes doigts, l'entendant gémir à me faire tourner la tête. Peu à peu, rattrapée par mon impatience, je commençai à laper ses grandes lèvres, une à une, en faufilant désormais le bout de mon index dans son ventre, avant d'oser ma langue, assez loin pour que mes dents touchent la crête enflée. Elle se cabra, elle se tut, elle savoura le moment. Elle répandit son désir dans ma bouche. Ses seins étaient pressés contre mes mollets. Assise à califourchon sur mon visage, gémissante, pendant que j'écartai ses fesses pour m'enivrer de sa saveur, glissant mes doigts sur ses jambes brunes. Elle glissa sur moi, me permettant ainsi de voyager de sa vulve savoureuse au sillon de ses reins. Juste à la crispation des muscles de ses cuisses, elle parut sur le point d'abdiquer sous le zèle de mes caresses. Elle roula sur le coté, puis remonta vers la tête de lit. Les volets étaient tirés, la chambre presque obscure. Malgré son teint hâlé, je remarquai ses joues rougir par le désir. Ainsi étendue sur le dos, les bras au dessus de la tête, elle exhibait ses seins en constante érection; je rampai vers elle pour mordiller leurs pointes, dures et foncées, avant de lécher avidement les aréoles. Elle m'enlaça, promena ses ongles le long de mon épine dorsale. Constatant son soudain avantage, elle me retourna sur le dos; les genoux écartés, je sentis son souffle chaud sur ma vulve. Elle introduisit ses doigts dans mon logis profond et onctueux. Enhardi, son plaisir la guida entre mes reins, dans la vallée chaude de mes reins, près de l'entrée de l'étroit pertuis. Je me cambrai pour aller à la rencontre de sa bouche affamée. Gémissant plus d'une heure sous ses caresses, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, empoignant les barreaux du lit, je commençai à crier, lorsqu'elle se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, mes petites lèvres. Me sentant brûlante et raidie sous sa langue, elle me fit crier sans relâche, jusqu'à ce que je me détendis d'un seul coup, moite de plaisir; je râlais alors que je jouissais pour la seconde fois de la journée. Nous nous endormîmes, en mêlant nos rêves et nos corps, bouleversées d'amour et de désir. Aujourd'hui, je pense à tout ce que j'aime en toi et qui s'éclaire parfois, à ton insu, comme un beau front de mer. Parce que tu m'as fait, un instant, cette confiance innocente, d'être pour moi, virginale, toute claire et transparente, je serai toujours là. Peut-être si j'avais eu du cœur n'aurais-je pas inventé ainsi ces fantômes sans substance. Mais, je n'avais pas de cœur, mais des faiblesses. J'étais cynique et vulnérable. Alors naquirent en moi, dérisoires, irrésistibles des préoccupations arbitraires et cruelles qui me laissèrent croire enfin que j'avais comme tout le monde un cœur, des sentiments. D'autres ont des soucis plus graves, moi je me créais ceux-là, tirés d'un vide qu'ils remplissaient de leur présence absurde, lancinante, très vite immense.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Tandis que Charlotte tirait les rideaux, ôtait les dessous de l'imposture, la fin de nuit d'été qu'elle découvrait semblait aussi immémoriale que notre impatience n'eût fait qu'imprudemment désemmailloter de tous les linges, une jeune fille chaste, le soir de sa nuit de noces, avant de la faire apparaître, embaumée dans ses désirs. Je me souvenais de ce dîner à la "trattoria San Vicente" à Rome, où je lui avais promis que j'écrirai un roman racontant Rome et mon amour pour elle. Mon métier vint à mon secours. J'achevai en deux semaines un essai plein de paroles furieuses et d'ailleurs très peu compréhensibles. Je m'occupais fièvreusement du manuscrit de mon troisième roman. On parlait de moi dans les journaux. Je ne dormais plus ou presque. Il n'était pas impossible que j'utilisasse mon désespoir pour travailler un peu plus. On ne peut guère interpréter le travail qu'en termes de morale. Il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit d'épreuves. On sait qu'elles seront plus dures si elles forment une chaîne continue, dont on prévoit la solution, parce qu'on s'impressionne toujours aisément de réclamer beaucoup de soi-même dans un temps déterminé, alors que l'éternité des peines conduit au découragement. En un autre sens, je dois avouer que je trouvais-là des voluptés véritables. Manger très peu, très mal et vite, dormir parfois tout habillée, finalement tout cela me plaisait. Charlotte, au contraire, traçait l'éloge de la paresse et vivait comme une nonne sans le savoir. Ces situations n'ont rien de surprenant, car l'esprit est une sorte de balancier que nous disposons de mille manières pour rétablir un équilibre compromis. Quand j'écrivais, elle se moquait de moi et de mes petites histoires sentimentales. Je fabriquais, avec de l'encre et du papier, des êtres bien différents et me donnais totalement à ces étrangers. Charlotte, qui ne connaissait que le plaisir, me rencontra en Italie. La passion, la fureur et le désespoir entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. Cette rencontre me laissa la tête un peu vide. Quand on raconte une histoire, qu'elle soit inventée ou authentique, la vérité des réactions et des situations est liée par des liens subtils et secrets à la spécificité des caractères et à leur individualité. Plus tard, alors qu'ils ne me faisaient plus trop mal, j'ai repensé calmement à tous ces événements. Serais-tu devenue étrangère, jamais je n'oublierais les journées où fondèrent la mémoire à naître, glacée, brûlante, essoufflée de notre première rencontre comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves, je resterais les yeux fermés, sans pensée, toute envahie d'une absence programmée, de ces amours brèves et volées qui laissent un goût de regret dans les mains et entre les reins des amants réservés. Amie qui m'avait été bonne, je garde au creux de mes souvenirs, la vivante mesure de ce petit front si fier et si loyal, que j'approcherai toujours avec tendresse de mes lèvres. Un mouvement soudain de l'épaule, qui dit tout bas sa lassitude. Une tension soudaine du visage, qui dit tout haut sa foi; une inflexion nouvelle de la voix, qui dit enfin l'être multiple. Se peut-il que de telles choses laissent en nous traces si vives et si durables. Qu'y-a-t-il dans tout cela, qu'il faille qu'on lui cède ? Qu'est-ce donc que tout cela, qui nous surprend un soir comme la naissance d'un chant ? Étrange confidence, où la faiblesse a pour nom douceur. Le soleil inonda Rome et la légèreté de notre jeunesse. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps. Parce que des doigts glissent sur eux, parce que des visages s'en rapprochent, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ces plaisirs, une âme au loin, un cœur, une imagination souffrent d'incroyables tortures. Nous nous reconstruisions ensemble. Des liens subtils et forts nous unissaient. Nous nous embrassions, sur une colline de Rome, dans la nuit déjà close, sous un arbre né d'un puits, devant le campanile d'une vieille église. Et que nous importe maintenant de ce qui naquit de cette nuit. Des jours, des semaines, des mois entiers sortirent de ce baiser que nous nous donnâmes. Nul n'a connu le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de nos épaules, comme un frôlement de cils. Étroits sont les reins, étroite alliance du corps fidèle des amantes. La nuit, nous courrions à la promesse de nos songes dans des draps odorants. Nos solitudes étaient notre trésor, et dans le lit où s'inscrivait la mémoire à naître de notre amour, nos libertés le creusait. Nous nous aimions à nous taire quand nos bouches se savaient promises. Une douceur s'amassait là où des soupirs infusaient. Nous étions pudiques dans notre impudeur, méconnues de tous mais célèbres de nous. Elle avait les cheveux noirs de jais, les yeux en amande, des dents éclatantes, une robe d'été et une paire de mocassins Tod's. Elle riait. Nous nous embrassâmes devant Saint Pierre. L'amour nous grisait. Nous avions des rêves d'enfants. Il y a des instants comme ceux-là où un sens plus pur de la vie semble se révéler soudain, où l'on se sent plus grand que soi-même.
Quand j'étais plus jeune, je m'étonnais toujours de ces nœuds inextriquables formés par les êtres et par leurs sentiments. Il me semblait qu'aimer était tout simple, ne plus aimer également et je me demandais d'où sortaient ces torrents, où se creusaient ces abîmes qui ravagent les destins. Je comprenais maintenant, peu à peu, comment naissent ces franges d'incertitude, ces déchirantes douleurs liées au hasard, aux liens des passions qui s'opposent, à la confusion des sentiments et aux intermittences du cœur. Avant que j'eusse eu le loisir de réaliser la beauté d'une toute jeune femme en promenade dans Rome, et tant ces découvertes de mon trouble, s'était déjà installée en moi, l'idée qu'elle pourrait échouer dans mon lit. Si Paris vaut bien une messe, Rome pouvait valoir une prouesse ! C'était l'heure de ce soleil blême et plat qui donnait au début des jours éclatants une allure hésitante, lasse d'avance. Nous traversions des champs, de longs prés semés d'arbres, des rizières inondées. Une route blanche de poussière coupait les haies, sautait les rivières. Derrière le riz à perte de vue, des montagnes naissaient de la nuit. Plus loin, c'était Bergame et les lacs, un peu à droite, Vérone, les palais de Vicence, et puis Venise, Ravenne, Bologne et Ferrare, Parme et Modène. Nous fermions les yeux. C'était le bonheur. Il jaillissait de ces noms sur les campagnes intérieures, l'or de leur peintures, de leur gloire et de leurs mosaïques dans le reflet de cette douce mélancolie. Elle avait un visage très pur. Nous savions déjà ce qui allait se passer, alors nous allongions désespérément ces instants d'attente. Un soir d'été, j'avais embrassé Charlotte. Saint Pierre pouvait s'écrouler et le Pape se convertir au Bouddhisme. Le pouvoir de la femme est une chose admirable qui ne connaît pas de limites. Elle choisit instinctivement des gestes insignifiants qui s'inscrivent pour l'éternité. Tout notre voyage engouffré dans un baiser. Je me sentais libérée comme on se libère d'un péché par une confession, repartant l'âme pure, le cœur allègre pour d'autres péchés ou un autre voyage. Charlotte, c'était de l'innocence. Moi, de la littérature. La chaleur, nos étreintes, les vacances, le soleil nous invitaient à entrer dans un univers inconnu. C'était celui du bonheur. Il y a ainsi, au début des amours, de ces périodes enchantées qui sont des parenthèses dans une longue insatisfaction; on y attend tout encore et tout est déjà assuré. Nous nous étions très peu parlé. Aucun engagement ne nous liait. Nous vivions un peu au-dessus de nous-mêmes. Et le plaisir que nous prenions à ce présent touché par la grâce ne débordait jamais ni vers le regret, ni vers l'impatience. Les amours de la folle adolescence ne sont ni plus ni moins fortes que les autres. Mais leur douce et incomparable amertume vient de ce qu'elles se confondent avec la saveur de la vie. Tout le spectacle du monde est alors lié à un être. Les choses ne se passent jamais exactement comme on les attend. Mais elles se passent rarement tout à fait autrement. Nous ne fîmes pas l'amour ce soir-là. Nous le fîmes le lendemain. Quelle légèreté, lorsqu'on aime, que cette multiplicité des corps qui parlent, se répondent les uns aux autres et font l'amour entre eux. Charlotte entendait sans doute me voir rester fidèle, non à la passion ni à la tendresse, mais au plaisir et au jeu. Ma passion, c'était l'indépendance. Et sans doute, je connaissais ces flambées paradoxales de désirs ou d'ardeurs. Mais je reniais ces faiblesses. Je les reniais surtout parce que j'en avais peur, peur de rester prise dans les pièges de la mélancolie. Je ne faisais donc de ces excès que les ingrédients savoureux et amers de mon indifférence souveraine. Pourquoi les voyages sont-ils toujours aussi mêlés à l'amour ? Car ils rompent sans doute avec cet environnement quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. Le bonheur envahit si visiblement Charlotte que j'en fus presque bouleversée. Nous avions les yeux pleins d'églises et de collines brûlées par le soleil. En arrivant au bas de la ville, là où l'amour devait prendre ici l'odeur de miel des vieilles pierres des hautes maisons, nous rentrâmes à l'hôtel. Je craignis le flottement qui risquait de se produire, mais elle me dit seulement, " Reste avec moi." Je l'embrassai sur le pas de la porte de l'hôtel. La lune éclairait son visage pur. Je me demandais si nous allions nous étreindre, mais le plaisir et l'amour sont comme des pentes neigeuses sur lesquelles on s'arrête difficilement. Obscurément, j'hésitai. Je lui demanda si elle avait déjà fait l'amour avec une femme. Elle secoua la tête et me dit: "Oui, mais pas avec toi." Les rites sublimes se succédèrent très vite. Bientôt, nous nous étendîmes sur le lit. Je la caressais, elle fermait les yeux. Elle avait un visage figé comme illuminé du dedans. J'essayais un peu maladroitement de lui ôter sa robe. Elle ouvrit les yeux, se releva. "Attends, dit-elle en souriant, ça va aller plus vite." Elle était revenue vers moi. Je pris son visage entre mes mains. Je fus comme roulée par une vague d'attendrissement. Elle était nue sous moi, les yeux de nouveau fermés. Je la regardai longtemps, appuyée sur mes coudes. Nous restâmes immobiles assez longtemps et puis nous fîmes l'amour. Le chuintement de la douche se tut doucement, plongeant la chambre dans le silence, coupant court à mes à mes réflexions. Quelques minutes plus tard, elle sortit nue de la salle de bain, une serviette noire enroulée sur la tête, la peau rosie par l'eau chaude. Les gouttes cascadant sur ses courbes, tombaient silencieusement sur le parquet en bois, coloré par la lumière pâle. Elle se déplaçait nue d'une démarche féline, langoureuse, envoûtante. Ses longues jambes brunes étaient terminées par des pieds fins, aux ongles vernis de rouge. Je me rappelle cet été quand je regardais ses sandales claquer sur ses talons nus, déjà envahie par un désir brûlant, irrépressible; mes yeux s'étaient alors soudés aux siens, lourds d'envie. Elle me souriait. Ses lèvres ourlées lui prêtaient un air sensuel et lascif. Elle leva les bras et dénoua sa serviette en secouant la tête. Une furie de cheveux noirs tomba sur ses épaules fines. Sous ses sourcils bien dessinés, ses grands yeux noirs, très brillants, semblables à la surface d'un lac au crépuscule, me sondaient sans vergogne. J'avais pressenti chez elle des promesses de sexe brutal, mais il n'en fut rien. Au contraire, des deux, c'est moi qui me révéla la plus dépravée. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être même a-t-il un destin posthume ? Une ère des réparations succèdant à celles des destructions. Peut-être ces sentiments amoureux si volatiles et inconstants désormais cristallisés, apaisés à jamais dans l'état minéral, entrent dans la composition dune étoile. C'est peut-être elles que nous cherchons la nuit, dans l'étreinte. Je tirai de moi seule, la qualité indispensable à mon bonheur, en faisant évanouir la réalité de mon amour.
Mon désir avait recherché avec tant de curiosité et d'ardeur la signification des yeux qui maintenant me fréquentaient et me souriaient, mais qui dès les premiers instant, avaient croisé mes regards, comme des rayons d'un soleil se levant, que souvent je les regardais sans les éviter, comme si, pareille à Sappho, j'avais été en train de jouer au milieu de jeunes nymphes en tenue légère. Elle s'était soulevée un peu, écartée de moi pour me regarder mieux. Mon Dieu ! Comme elle devait s'amuser ! Elle savait déjà ce qui me tourmentait. Sa vie, c'était ça: son plaisir à elle et les questions des autres. Les voyages peuvent parfois élever les esprits. J'étais présente à Rome bien avant d'y être en réalité. Elle fut tout en tendresse et soucieuse de plaire. Elle n'était pas à sa première expérience saphique mais elle me répéta que je surpassais de loin ses précédentes conquêtes. Je me plus à la croire, car mes expériences hétérosexuelles n'avaient jusqu'à présent jamais été bienheureuses. Avant elle, j'étais amoureuse d'aucune fille en particulier, mais seulement des filles en tant que telles, comme on peut aimer sa propre image, trouvant toujours plus émouvantes et plus belles les autres, que l'on se trouve soi-même, dans le plaisir à se voir abandonner sous leurs caresses. Par dessus le drap, elle posa sa main sur ma cheville et mes seins durcirent aussitôt. Juchée sur ses genoux, elle écarta les jambes pour me laisser passer. Malgré la douche, son entrejambe diffusait encore un parfum à l'arôme sensuel mêlé de ma salive et de son désir. Une fois allongée sous elle et peinant à contenir ma propre impatience, je commençai par lécher sa peau autour de ses lèvres odorantes. Il s'en dégageait une douce chaleur. Ma bouche fraya maintenant avec son aine, très près de sa vulve, et elle trembla d'anticipation. Je glissai le bout de mon index sur le dessin plissé de son sexe moite qui s'ouvrit graduellement sous mes yeux, la sentant se resserrer autour de mes doigts, l'entendant gémir à me faire tourner la tête. Peu à peu, rattrapée par mon impatience, je commençai à laper ses grandes lèvres, une à une, en faufilant désormais le bout de mon index dans son ventre, avant d'oser ma langue, assez loin pour que mes dents touchent la crête enflée. Elle se cabra, elle se tut, elle savoura le moment. Elle répandit son désir dans ma bouche. Ses seins étaient pressés contre mes mollets. Assise à califourchon sur mon visage, gémissante, pendant que j'écartai ses fesses pour m'enivrer de sa saveur, glissant mes doigts sur ses jambes brunes. Elle glissa sur moi, me permettant ainsi de voyager de sa vulve savoureuse au sillon de ses reins. Juste à la crispation des muscles de ses cuisses, elle parut sur le point d'abdiquer sous le zèle de mes caresses. Elle roula sur le coté, puis remonta vers la tête de lit. Les volets étaient tirés, la chambre presque obscure. Malgré son teint hâlé, je remarquai ses joues rougir par le désir. Ainsi étendue sur le dos, les bras au dessus de la tête, elle exhibait ses seins en constante érection; je rampai vers elle pour mordiller leurs pointes, dures et foncées, avant de lécher avidement les aréoles. Elle m'enlaça, promena ses ongles le long de mon épine dorsale. Constatant son soudain avantage, elle me retourna sur le dos; les genoux écartés, je sentis son souffle chaud sur ma vulve. Elle introduisit ses doigts dans mon logis profond et onctueux. Enhardi, son plaisir la guida entre mes reins, dans la vallée chaude de mes reins, près de l'entrée de l'étroit pertuis. Je me cambrai pour aller à la rencontre de sa bouche affamée. Gémissant plus d'une heure sous ses caresses, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, empoignant les barreaux du lit, je commençai à crier, lorsqu'elle se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, mes petites lèvres. Me sentant brûlante et raidie sous sa langue, elle me fit crier sans relâche, jusqu'à ce que je me détendis d'un seul coup, moite de plaisir; je râlais alors que je jouissais pour la seconde fois de la journée. Nous nous endormîmes, en mêlant nos rêves et nos corps, bouleversées d'amour et de désir. Aujourd'hui, je pense à tout ce que j'aime en toi et qui s'éclaire parfois, à ton insu, comme un beau front de mer. Parce que tu m'as fait, un instant, cette confiance innocente, d'être pour moi, virginale, toute claire et transparente, je serai toujours là. Peut-être si j'avais eu du cœur n'aurais-je pas inventé ainsi ces fantômes sans substance. Mais, je n'avais pas de cœur, mais des faiblesses. J'étais cynique et vulnérable. Alors naquirent en moi, dérisoires, irrésistibles des préoccupations arbitraires et cruelles qui me laissèrent croire enfin que j'avais comme tout le monde un cœur, des sentiments. D'autres ont des soucis plus graves, moi je me créais ceux-là, tirés d'un vide qu'ils remplissaient de leur présence absurde, lancinante, très vite immense.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Il faut avouer que Charlotte aimait se faire désirer, et en dehors de tout dépit amoureux, quand mieux qu'avec des paroles, par des caresses indéfiniment répétées et infiniment douces, elle aurait prouvé à Juliette qu'elle n'avait pas de goût à la voir, si ce n'est que pour s'adonner à des scènes de sauvagerie charnelle et à des séances de sado-masochisme, elle qui avait fini par admettre son goût pour la souffrance. Juliette l'aimait, mais ne voulait le lui dire. La jeune femme avait ce don insoupçonné de percevoir dans la langue ce qui ne s'entend pas. Elle se permit d'arranger quelques boucles brunes sur les épaules de son amante, accompagnant son geste tendre d'une moue admirative. Alors qu'il y avait au-dessus d'elle une grande glace, recouvrant totalement le plafond, que n'interrompait aucun luminaire, la jeune femme se voyait ouverte, chaque fois que son regard rencontrait le large miroir. Comme dans un rêve, on entendait le feulement de Charlotte monter peu à peu vers l'aigu et un parfum déjà familier s'exhala de sa chair sur laquelle les lèvres de Juliette étaient posées. La source qui filtrait de son ventre devenait fleuve au moment qui précède le plaisir et quand elle reprit la perle qui se cachait entre les nymphes roses qu'elle lui donnait. Elle se cambra de tous ses muscles. Sa main droite balaya inconsciemment la table de travail sur laquelle elle était allongée nue et plusieurs objets volèrent sur la moquette. Un instant, ses cuisses se resserrèrent alors autour de sa tête puis s'écartèrent de nouveau dans un mouvement d'abandon très doux. Elle était délicieusement impudique, ainsi couchée devant Juliette, les seins dressés vers le plafond, les jambes ouvertes et repliées dans une position d'offrande totale qui lui livrait les moindres replis de son intimité la plus secrète. Quand elle commençait à trembler de tout son être, elle viola d'un doigt précis l'entrée de ses reins et l'orgasme s'abattit sur elle avec une violence inouïe. Pendant tout le temps que le feu coula dans ses veines, Juliette but le suc délicieux que son plaisir libérait et quand la source en fut tarie, elle se releva lentement. Charlotte était inerte, les yeux clos, les bras en croix. Tout ne lui serait pas infligé à la fois. Elle aurait plus tard la permission de se débattre, de crier et de pleurer. Elle demeurait celle qui en disait peu, mais de ce peu surgissait un écho de son univers exprimé parfois à travers le frémissement d'un arbre. Venant d'un autre monde, sa maîtresse entendit sa voix lui dire qu'elle était heureuse et qu'elle voulait que cela ne finisse jamais. Elle s'agenouilla entre ses jambes et Juliette voyait ses cheveux clairs onduler régulièrement au-dessous d'elle. Sa vulve était prisonnière du plus doux et du plus chaud des fourreaux qui lui prodiguait la plus divine des caresses. Le contraste entre la douceur de ce geste et les manœuvres de ses doigts experts au creux de son sexe décupla alors l'excitation de Charlotte.
Un court instant, elle s'interrompit pour lui dire qu'elle n'aurait jamais cru que c'était aussi bon de se soumettre puis brusquement, adorablement savante, sa main vint se joindre à ses lèvres et à sa langue pour la combler. Mille flèches délicieuses s'enfoncèrent dans la chair de Juliette. Elle sentit qu'elle allait exploser dans sa bouche. Elle voulut l'arrêter mais bientôt ses dents se resserrèrent sur la crête rosée. Un plaisir violent et doux s'abattit sur les deux amantes et le silence envahit la pièce. Le plafond était haut, les moulures riches, toutes dorées à la feuille. Juliette invita Charlotte à pénétrer dans la salle de bains où elle fit immédiatement couler l'eau dans une baignoire digne d'être présentée dans un musée, un bassin en marbre gris à veinures rouges, remontant à l'avant en volute, à la façon d'une barque. Un nuage de vapeur emplissait le monument. Elle se glissa dans l'eau, avant même que la baignoire ne fut pleine. La chaleur est une étreinte délicieuse. Une impression d'aisance l'emplit. Voluptueuse, Charlotte s'abandonna à ce bien-être nouveau sans bouger. Le fond de la baignoire était modelé de façon à offrir un confort maximum, les bords comportaient des accoudoirs sculptés dans le marbre. Comment ne pas éprouver le moindre plaisir sensuel ? En se rapprochant de son amante, elle se surprit alors en contemplant les marques laissées sur sa peau à s'interroger sur la profondeur de la morsure que le cuir pouvait laisser. L'eau montait sur ses flancs, recouvrait son ventre pour atteindre ses seins en une onde caressante. Juliette ferma les robinets, releva les manches de son tailleur, commença à lui masser les épaules avec vigueur, presque rudesse. Ses mains furent soudain moins douces sur son dos. Puis à nouveau, elle la massa avec force, bousculant son torse, ramollissant ses muscles. Ses doigts plongèrent jusqu'à la naissance de ses fesses, effleurant la pointe de ses seins. Charlotte ferma les yeux pour jouir du plaisir qui montait en elle. Animé par ces mains caressantes qui jouaient à émouvoir sa sensibilité. Une émotion la parcourut. L'eau était alors tiède à présent. Juliette ouvrit le robinet d'eau chaude et posa ensuite sa main droite sur les doigts humides de Charlotte, l'obligeant à explorer les reliefs de son intimité en la poussant à des aventures plus audacieuses. Ses phalanges pénétrèrent son ventre. Les lèvres entre les jambes de Charlotte, qui la brûlaient, lui étaient interdites, car elle les savait ouverte à qui voudrait. Juliette perdit l'équilibre et bascula alors sur le bord de la baignoire.
Elle ignorait que Charlotte souhaitait qu'elle ne manqua aucun de ces plaisirs, qui quand ils sont recherchés, ne se privent jamais de se répéter à l'infini, quand ils ont le désir de sortir. Son tailleur trempé devint une invitation à la découverte, et la soie blanche de son corsage fit un voile transparent révélant l'éclat de ses sous-vêtements. Elle dégrafa sa jupe et se débarrassa de son corsage. Dessous, elle portait un charmant caraco et une culotte de soie, un porte-jarretelle assorti soutenant des bas fins qui, mouillés, lui faisaient une peau légèrement hâlée. Ses petits seins en forme de poire pointaient sous le caraco en soie. Elle le retira délicatement exposant ses formes divines. Bientôt, les mains de Charlotte se posèrent langoureusement sur ses épaules et glissèrent aussitôt sous les bras pour rencontrer les courbes fermes de de la poitrine. Son ventre palpita contre les fesses de son amante. Elle aimait cette sensation. Peu à peu, ses doigts fins s'écartèrent du buste pour couler jusqu'à la ceinture élastique de la culotte. La caresse se prolongea sous le tissu. Juliette pencha la tête en arrière et s'abandonna au plaisir simple qui l'envahit. Alors, rien n'exista plus pour elle que ce bien-être animé par le voyage rituel de ces doigts dans le velours de sa féminité. L'attouchement fut audacieux. Mais bientôt Juliette reprit ses esprits. Elle devint animale et décida qu'elle n'infligerait plus de tortures qu'anonymes et immédiates. Elle exigea de Charlotte qu'elle sorte sans délai de la baignoire et qu'elle se mette à quatre pattes telle une chienne. Elle se ceignit d'un olisbos à ceinture et la posséda brutalement. Cette impudence excita la jeune femme qui se cambra d'elle-même afin d'être pénétrée jusqu'au fond. Elle céda alors à l'impétuosité d'un orgasme qu'elle aurait voulu contrôler. Combien de temps restèrent-elles après, à se caresser, ne fut-ce pas un songe, l'ombre d'un fantasme ? Elles n'oseraient sans doute jamais l'évoquer. Mais Juliette se rhabilla et abandonna alors Charlotte sans même la regarder, elle qui avait tant intrigué pour avoir la permission de jouir.
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Méridienne d'un soir.
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Dans le train du retour, la jeune fille en imperméable était assise sur la même banquette au fond du compartiment, et je vins m'installer face à elle. C'était la première fois que je pouvais la dévisager en toute quiétude, et non plus de profil comme auparavant. Elle n'avait pas un regard aussi doux que son allure générale avait pu me le laisser croire. Je voyais une lueur d'autorité qui se dissimulait mal dans ses yeux vifs et il y avait dans les mouvements de son menton, le dessin de la détermination, la marque de ceux qui n'aiment pas perdre. Poutant, la jeune fille en imperméable restait frêle et agitée de courts frémissements. Elle était vêtue d'une jupe en coton noire qui descendait au dessus de ses genoux et d'un chemisier blanc. Les talons hauts qu'elle portait la grandissaient et conféraient à sa silhouette, une rare sensualité. Elle n'était pas maquillée et ses cheveux, coupés ras à la garçonne, lui faisait comme un casque de chevalier en partance pour une croisade, le visage lavé de toute perfidie. Je détournai la tête pour regarder les cèdres couverts de givre qui défilaient à travers la vitre du compartiment. Elle referma le livre qu'elle était en train de lire. Elle glissa l'ouvrage dans son dos et contempla la pointe de ses pieds comme pour me dissuader d'entamer un dialogue. Je n'allais pas être découragée pour si peu. " -Cela ne vous ennuie pas si je m'assieds là ?" demandais-je. "-Je vous en prie", fit-elle avec réserve. "-Vous allez jusqu'où ?" dis-je. "-Je m'arrête une station après-vous",répondit-elle. Elle réprima un rire, à peine avait-elle lançé son petit trait ironique qu'elle se mordit les lèvres. Charlotte avait parlé vite sur le ton d'une enfant à confesse et d'un seul coup, je la reconnus. Je parvins enfin à reconstituer la première vision que j'avais eu d'elle, de face, lorsqu'elle portait encore les cheveux longs et ondulés et qu'elle m'avait séduite et éblouie lors de notre première rencontre à la piscine. Mais oui, c'était elle. Le souvenir du bout de sa langue rose entre ses dents d'une blancheur éclatante avait habité les premières nuits de Juliette. La souveraine, la conquérante. Car j'avais remarqué son joli visage pâle et presque bleuté de porcelaine de Saxe.
Ce qu'elle cherchait dans les jeunes filles qu'elle poursuivait, Juliette s'en faisait une idée assez claire. Ce n'était pas qu'elle voulut se donner l'impression qu'elle rivalisait avec les lemmes, surtout celles qui sont dominatrices, ni compenser, par une conduite masculine, une infériorité féminine qu'elle n'éprouvait aucunement. Il est vrai qu'elle s'était surprise, à vingt ans, quand elle faisait la cour à la plus jolie de ses camarades, se déshabillant pour lui faire l'amour. Mais c'était là autant de manières qu'elle affichait pour faire scandale, par enfantillage beaucoup plus que par conviction. Au contraire, le goût qu'elle avait pour la douceur de très douces lèvres peintes cédant sous les siennes, pour l'éclat d'émeraude ou de ciel des yeux qui se ferment à demi dans la pénombre des chambres, en fin d'après-midi, quand on a triré les persiennes et allumé la lampe de chevet, pour les voix qui disent encore. Aussi vive était la joie printanière et cynégétique de la chasse. Probablement non pour la chasse en elle-même, si exhaltante ou sauvage qu'elle fût, mais pour la liberté parfaite qu'elle y goûtait. C'était elle qui avait l'intiative des paroles, des baisers. Juliette menait, elle, et elle seule le jeu, et depuis qu'elle avait des amantes, elle ne tolèrait à peu près jamais que la fille qu'elle caressait la caressât à son tour. Autant elle avait de hâte à tenir son amie nue sous ses yeux, sous ses mains, autant il lui semblait vain de se déshabiller. Souvent, elle cherchait des prétextes pour l'éviter. D'ailleurs, il était peu de femmes chez lesquelles elle ne trouvât quelque beauté. Elle aimait, après les avoir martyrisé par le fouet, voire se répandre sur les visages cette buée qui les rend si lisses et si fragiles, d'une jeunesse hors du temps, qui ne ramène pas à l'enfance, mais gonfle les lèvres, agrandit les yeux comme un fard, et fait les iris scintillants et clairs. La nudité, l'abandon des corps, la bouleversaient, et il lui semblait que ses soumises lui faisaient un cadeau dont elle ne pourrait jamais offrir l'équivalent quand elles consentaient seulement à se montrer nue dans une chambre fermée. La beauté des traces, les longues cicatrices blanchâtres qui annoblissaient la peau, la comblait. Ainsi était-elle à la fois constamment complice des unes et des autres. Il y avait des parties difficiles. Que Juliette fût amoureuse de Charlotte, ni moins, ni plus qu'elle avait été de beaucoup d'autres. Mais pourquoi n'en montrait-elle rien ?
Il n'y a qu'une heure qu'elles sont couchées, chacune dans une chambre, quand Charlotte perçoit du mouvement dans le couloir, puis dans sa chambre. Le clair de lune jette son halo fantomatique dans la pièce. Bien qu'elle tourne le dos à la porte, elle aperçoit dans la glace Juliette qui s'avance vers son lit. Elle est nue, ses seins fermes et hauts placés ainsi que ses jambes galbées et bronzées lui confèrent une silhouette indéniablement désirable. Elle soulève le drap et se glisse dessous. Une légère brise tiède agite le rideau à la fenêtre. Juliette se blottit dans le dos de son amie, telle une amante. Charlotte sent ses cuisses brûlantes et ses mamelons durs. Le temps d'un hasard, le temps d'un prestige immédiat.
- Tu voulais enfin que je te l'avoue ? J'ai très envie de te faire l'amour.
Charlotte se retourne brusquement, Elle porte juste un tanga en soie noir.
- Juliette !
- Quoi ? Ne me dis pas que tu ne t'en doutais pas, quand même !
Charlotte s'allonge dans le lit en ramenant le drap sur sa poitrine.
- Je croyais que c'était un jeu, Juliette.
- Eh, bien non, je n'ai jamais été aussi sérieuse de ma vie.
Charlotte examine Juliette pour s'assurer qu'elle est sincère.
- Je ne suis pas lesbienne, affirme-t-elle au bout d'un moment.
- Comment tu le sais ?
- J'ai un amant.
- Et alors ? Tu as déjà essayé ? s'amuse Juliette.
- Tu sais bien que non.
- Alors, laisse-moi faire .. Après, tu prendras ta décision.
Le silence envahit alors la chambre et seul le désir chuchote en susurrements suaves et lascifs. Les mains de Juliette lui prodiguent des caresses d'une douceur infinie. Elle accueille d'abord passivement le baiser de son amie, avant de s'abandonner pour de bon et de lui rendre fougueusement la pareille. Juliette faufile une main entre les fesses de Charlotte, puis son index suit la fente de sa vulve. Profitant de la réceptivité de son amie, Juliette le pousse à l'intérieur, où elle découvre son sexe ouvert et humide. Ses cuisses sont moites et ses fesses, très chaudes. Le corps de son amante trésaille, ses grognements sont sourds, sa tête totalement rejetée en arrière. D’une brusque contraction, elle comprend que sa belle jouit. Les spasmes qui enferment ses doigts en elle se font plus forts et désordonnés. Elle n’est plus que frissons. Elle vibre. Elle gémit. Elle râle. Elle crie. C’est beau, une femme s’abandonnant à l’orgasme, excitée, courant sur son âme.
Après un instant de calme, ses convulsions reviennent avec plus de force. La respiration de la jeune femme se bloque. L’air de ses poumons est expulsé dans un long cri de plaisir. Un silence s’est fait dans la pièce. Contraste saisissant avec les sons de nos ébats. Ce calme est reposant. On est bien, dans les bras l’une de l’autre. Le réverbère éclaire légèrement la chambre. Une pénombre agréable noie la pièce et je devine plus que je ne vois le visage de Charlotte. Et, bercées par les caresses douces et régulières, le sommeil a fini par nous saisir. Bientôt, je me réveille. J’ai soif. Je me décolle du corps de mon amante de la nuit en tentant de ne pas la réveiller. Je reste quelques instants appuyée contre le chambranle de la porte. Je regarde sa silhouette, seulement éclairée maintenant par le halo de la lune qui éclaire faiblement la chambre au travers des volets. Elle est belle. Plus grande que moi, plus musclée aussi. Ses courts cheveux bruns lui donne un air androgyne irrésitible. J’entends son souffle. Son corps bronzé s’étale lascivement sur le drap blanc. Je souris en m’écartant de la porte pour gagner la cuisine. Il fait assez clair dans la petite pièce pour que je puisse me servir d’eau sans allumer la lumière. Je n’ai pas envie que les néons brisent la quiétude de la nuit. J’ouvre deux placards avant de me saisir d'un verre.
J’ouvre le robinet et me sers un grand verre. Je sursaute. Un corps chaud se colle au mien. Des bras se nouent sous ma poitrine. Ses lèvres se posent contre ma jugulaire. Je ne peux m’empêcher de frissonner. Sa bouche est si douce. Je pose le verre au fond de l’évier et m’appuie sur elle, en murmurant:
- Je connais ton corps, mais je ne connais rien de toi.
Je la sens rire gaiement alors qu’elle pose son front contre mon épaule et que ses mains descendent contre mon pubis.
- Tu apprendras à me connaître.
Je frémis sous ses doigts. Je ferme les yeux. Mes doigts, au dessus de ma tête, se perdent dans les cheveux bruns de mon amante. Les siens s’égarent dans ma fente encore moite et ouverte de nos plaisirs de la nuit. Humide, je le suis. Son souffle dans mon cou, ses mains sous mes seins, je frémis de ses caresses. Charlotte me retourne dans ses bras. Elle se colle contre moi. Son corps est chaud et doux. Je tends mes lèvres en fermant les yeux. Sa bouche se pose sur la mienne dans un baiser plein de tendresse. Elle pose ses lèvres à de multiples reprises juste au dessus de ma bouche et sourit de mon agacement quand je veux les capturer. Elle retire son visage quand je cherche à établir un contact. Un affectueux sourire se dessine sur sa figure.
- Tu es toujours trop pressée.
Mes mains jusqu’alors posées sagement sur ses fesses attrapent ses joues qui me fuient. Nos langues se nouent. Sans hâte, mais dans une fièvre conviction. Je pose mes bras sur ses épaules. L’attire encore plus contre moi. Ma langue se fait plus fougueuse. On s’écarte à regret mais à bout de souffle.
- J’ai raison d’être pressée ! Tu n’aimes pas mes baisers ?
Son rire mélodieux me répond. Le plaisir se devine dans son regard malicieux. Je fixe ses yeux. Un nouvel éclat transparait dans son regard sombre. Elle frémit dans mes bras. J'y vois du désir, de l’excitation, de l’appétit. Je devine dans son regard une soif inépanchable de plaisir et de passion. Son bras me décolle de l’évier. Elle me soulève pour me poser sur la table de cuisine. J’écarte les cuisses. Elle s'insère entre elles. Le haut de ses jambes frotte contre mon sexe ouvert. Un doux baiser sur mes lèvres et bientôt elle s’agenouille. Sa bouche est à la hauteur de ma vulve. Je suis trempée. Je la regarde. Elle est belle, comme cela. Cette vision m’électrise. D’un souffle, elle me fait me cambrer. Sa langue sort lentement de sa bouche et commence à me lécher. Charlotte écarte mes nymphes de ses lèvres. Ses légers coups de langues remontent vers mon clitoris déjà tendu. Elle tourne autour, sans jamais le toucher. Redescend vers mon sexe moite qui implore une pénétration. Je sens les contractions désordonnées. Sa langue me pénètre. Elle fouille mon intimité docile. Elle lèche l’intérieur de mon vagin. Je rejette la tête en arrière. Un gémissement de plaisir passe mes lèvres ouvertes, elles aussi. Son organe lingual remonte vers mon clitoris. Il est dur et elle le lape, l'aspire, le pince et le mordille.
D’un geste saccadé, je maintiens sa tête entre mes cuisses. Je gémis. Mon bas ventre s'enflamme. Je geins. Une longue plainte m’échappe. Le bonheur m’empêche de respirer. Je lance mon ventre contre sa bouche. Je me déchaîne. Deux doigts me pénètrent profondément. C’en est trop. Je pousse un dernier cri avant d’être prise de tremblements. Chavirée de secousses, je jouis. Elle se relève, alors que son index et son majeur continuent à me fouiller. Elle me soutient le dos en passant un bras derrière mes épaules. Ses doigts en moi ont trouvé mon point G. M'amollissant avant de partir dans de longs soubresauts, je m'abandonne en giclant dans un orgasme parcourant mon corps tendu. Quand je rouvre les yeux, je suis allongée dans le lit de ma fabuleuse amante. Ses yeux brillants dans la nuit me fixent. Je l’enjambe, mon corps encore lourd de l’abandon s’écrase contre le sien. Nos lèvres se joignent encore. Son ventre et ses abdominaux que j’avais deviné au premier regard. Ma bouche s’écarte, je m’en vais agacer le bas de sa côte droite. Mes mains lâchent ses adorables seins pour découvrir ses flancs. Ma bouche découvre pour la seconde fois de la nuit ce sexe épilé, ce clitoris érigé et le goût si particulier de cette cyprine. Je donne un bref coup de langue sur ce bouton tendu qui fait frémir mon amante et poursuit mon inlassable descente. Seul son corps révèle le sexe. C'est à elle que ma pensée s'est agréablement suspendue.
De façon indicible, mes pensées s'échappent irrémédiablement. Et de nouveau, je me rends. Le vagin qui a avalé une partie de ma main tout à l’heure m’appelle de nouveau. Je le pénètre, de ma langue, de mes doigts, suivant la respiration de Charlotte. Elle gémit, se tend, vibre. Je quitte ce lieu humide pour continuer la voie des délicieuses découvertes, non sans laisser mon index au chaud. Je lèche avidement le périnée. Je touche enfin mon but: le petit orifice entre ses fesses musclées. Je la bascule sur le ventre en écartant son genou pour pouvoir lui dispenser ma caresse buccale. Je lèche consciencieusement, passe sur l’anus qui se détend peu à peu, tourne, contourne et retourne. Mon doigt pénètre toujours plus profondément son intimité. Mon plaisir me guide entre ses reins, dans la vallée chaude de ses fesses, à l'entrée de l'étroit pertuis; elle se cambre pour aller à la rencontre de mes doigts inquisiteurs. Je souris aux encouragements de ma belle et fais tournoyer ma langue sur les pourtours de son anus pénétré. Quand je la sens complètement détendue, un second doigt entre en elle. Elle se redresse et se cambre encore plus en émettant une longue plainte. À genoux devant moi, soumise et débauchée. Le spectacle est beau et jouissif. Elle s'offre à moi. Le corps de mon amante trésaille, ses grognements sont sourds, sa tête totalement rejetée en arrière. D'une brusque contraction, je comprends qu'elle jouit. Les spasmes qui enferment mes doigts en elle se font plus forts et désordonnés. Elle crie. Elle n’est plus que frissons. Je continue mes mouvements de va-et-vient pour que perdure sa jouissance anale.
Après tant de plaisirs fougeux et de folles incartades, nos esprits sont brumeux. Sa main douce contre mon flanc, mes lèvres contre les siennes. De jolis moments tendres en attendant le sommeil, de nouveau. Réveillée, elle se lève, m’embrasse tendrement et m’entraine vers la salle de bain. Elle m’enlace en me faisant rentrer dans la douche. L’eau chaude coule sur nos corps amoureux. Rapidement, la buée envahit la petite pièce. La proximité que nous impose l’étroitesse de la douche est mise à profit. Mes mains redécouvrent ce corps magnifique. Sa bouche aspire mes seins tendus. Ses doigts agacent mon clitoris. De lents mouvements en douces caresses, je suis surprise par la jouissance qui me saisit. Je me retiens à elle, me sentant vacillante. Je dépose un baiser au creux de ses reins avant de me relever. D’une pression sur son épaule, Charlotte se retourne. Je prends du gel douche et poursuit amoureusement mon massage. L'intérieur de ses cuisses, ses fesses et le pourtour de son anus. Je masse la zone sous les seins, si érogène. Je saisis sa poitrine, frictionne et agace les pointes. Elle gémit sous la caresse. Je souris. Je pose mes genoux contre la faïence du bac de douche. Je suis juste à la hauteur de son sexe qui semble toujours aussi demandeur. Mes mains jouent avec ses abdos et son pubis lisse. Je m’égare sur l’aine, j’embrasse le clitoris qui dépasse de ses lèvres. Elle s’appuie contre le mur. Ma langue écarte ses petites lèvres, guidée par les mouvements de bassin, j’amène mon amante à la jouissance. Et certes les attentions qu'une femme a pour vous, peut encore, quand nous l'aimons, semer des charmes nouveaux les instants passés auprès d'elle. Mais elle n'est pas pour nous une femme différente. Je me relève pour l’embrasser tendrement. Une bien belle nuit, en somme.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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La jeune femme aimait la compagnie de ses congénères féminins avant la rencontre avec son amante, elle perfectionna seulement sa libido avec elle et se laissa amener vers des rivages sans fin. Pour lui plaire, elle eut envie de jouer le jeu en battant des cils et en faisant tourniller son collier de perles, ras du cou, à la Jackie Kennedy. C'était facile, la féminité : il suffisait de retrouver des gestes anodins oubliés. Ses cheveux courts, châtains foncés lui donnaient un air androgyne irrésistible. Charlotte parvenait à grand concours de jogging, à posséder cette silhouette sportive qui tient lieu de beauté. Et par chance, son corps était parfait. Elle pouvait à loisir contempler dans le rétroviseur celle qui sans doute la marquerait à jamais. La vie est mal faite : on est cerné par des êtres indifférents et l'on manque toujours à quelqu'un. Elle attendait, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Ainsi toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur qu'elle y mettait, Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide. Ça l'était juste assez pour ajouter à leur excitation. Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait les surprendre à l'improviste. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins brusquement tandis qu'elle s'agenouillait.
Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas intimement les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Mais Charlotte savait exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait alors de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant. Elles pouvaient juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la sourde clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps dura. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli, ou à tout le moins se ralentit.
Une femme qui dit doucement alors qu'elle cède justement avec impétuosité, c'est très excitant. Ce cri, entre rage et feulement, avait de quoi troubler la femme la plus indifférente qui fût. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû. Il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire secret de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se tourna pour bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et lui caressa le visage tandis qu'elle se blottissait contre sa poitrine. À l'extérieur, l'autre vie pouvait alors attendre, surtout lorsque de toute façon, l'on se quitte le lendemain.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. Dans toute cette agitation, l'indifférence prépare admirablement à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte, surtout si la félicité de la nuit, éprouvée par les amants, est de courte durée.
Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance : lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses, où dans ses bras, on ne se sentait jamais las.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Et bientôt dans un état de semi-hébétude, Charlotte subirait les pires tourments sans jamais se dérober.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle était à nouveau devant moi. Depuis combien d'années avions-nous cessé de nous voir ? Le malentendu qui nous avait séparés semblait soudain absurde. Tant de petites choses nous égarent. Maintenant je renouais le fil enchanté que j'avais perdu. Elle parlait, je l'écoutais, la vie avait repris sa magie. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare admirablement à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte. L'écriture donne une satisfaction, celle de l'amour partagé.
Comme la vie passait vite ! Elle me trouvait jeune, je me sentais vieillir. Comme le temps avait le pouvoir de tout transformer ! La vérité était aussi insaisissable et fragile à détenir que ce rayon de soleil qui folâtrait au milieu des arbres et donnait une lumière si belle, à cette promenade. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Eût-elle voulu jouer les instigatrices d'un monde inconnu ? Elle eût pu y trouver une satisfaction.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Première soirée
Le maître vint me réveiller alors que j'avais la sensation d'avoir peu dormi, m'enfila la capuche de pénitent pour seul vêtement et me fis descendre sans difficulté car j'étais maintenant accoutumé aux lieux. Les conversations étaient, elles, inhabituelles, peu de personnes venant le soir, et portaient sur la situation économique. Elles ne cessèrent pas quand je me sentis palpé comme on juge de la qualité d'un animal sur une foire. Je me laissai guider de main en main, la verge fermement tenue puis les fesses écartées pendant qu'une partie de poker commençait déclenchant des gestes plus nerveux et des pincements au fur et à mesure des mises. Je devinai qu'il ne s'agissait pas d'argent mais que j'en étais l'enjeu. À un moment, on m'appuya sur la tête pour me pousser sous la table et je me retrouvai coincé entre les jambes d'un joueur qui sortit son sexe et me le mit dans la bouche pour que je le suce pendant qu'il appuyait sur ma tête. Quand ce joueur attint une bandaison qu'il jugeait satisfaisante, il me poussa entre les jambes du joueur suivant. Je découvris alors qu'ils étaient trois.
L'exclamation montra que la partie était terminée, on me poussa à coups de pied en dehors de la table. Deux joueurs me saisirent par les bras pour m'appuyer sur la table pendant que le troisième lubrifiait déjà mon anus puis s'excita en me frappant sèchement sur les fesses jusqu'à ce que la douleur me fit gémir. Il s'empara alors de moi avec sauvagerie et puissance pendant de longues minutes pendant que j'étais fermement maintenu. Cette pénétration fut reproduite par les autres joueurs.
Je fus alors amené à l'extérieur et attaché à une palissade où je restai seul. De nombreuses sensations me titillèrent. Était-ce des insectes, des courants d'air, un animal ? Peut-être une heure après, je sentis qu'on crémait ma verge qui durcit comme à la première rencontre et restai avec un besoin impérieux mais inassouvi. Finissant quand même par m'assoupir, je fus réveillé par quelqu'un qui utilisait mon braquemard entre ses fesses alors que je ne pouvais que subir.
Au petit matin, mon maître vint me détacher sans un mot et tout reprit son cours.
Évolutions
Je constatais progressivement des changements.
Bien que je ne sois jamais bâillonné et que je n'aie pas signé de contrat ou autre engagement, je ne m'exprimais pas sur mon sort, l'intensité de mes gémissements étant bien interprétée par les intervenants qui décidaient de prolonger ou modifier mes épreuves. Je sais aussi que le maître les guidait en observant tout par le visionnage permanent totalement intrusif.
Pour éviter l'accoutumance et un certain aguerrissement, l'impromptu resta de mise.
Des décharges électriques ou une branlette me réveillèrent parfois en pleine nuit m'avertissant de quitter ma nuisette pour rejoindre mon entravement avec le médicastre qui, en plus de l'examen déjà décrit, triturait maintenant longuement mes gros testicules pendant que je devais chantonner doucement. Il me pommadait ensuite et ne me délivrait qu'après avoir passé plus d'une heure à regarder des vidéos sur l'écran en face de moi. Je constatais qu'il appréciait les expérimentations sur des sujets jeunes, des pratiques qui ne me laissaient évidemment pas impassible. Il serrait alors si fort mon sexe dans sa main que j'avais du mal à l'endurer.
Certains jours, un message du maître me précisait de prendre un comprimé tel que je devais vaquer à mes tâches ménagères et mes occupations avec un priapisme fort gênant qui me faisait désirer la délivrance par une séance qui n'arrivait pas toujours. C'en devenait même douloureux et la marche sur le tapis était compliquée.
Parfois, le message m'enjoignait de m'assoir immédiatement sur un gode vibrant sur une chaise ou d'utiliser un appareil vibrateur sur mon sexe. Une fois, je dus me frapper les fesses avec le martinet jusqu'à ce qu'il dise d'arrêter. Souvent je devais me placer dans la position indiquée et ne pas bouger avant qu'il l'autorise (à genoux, les pieds écartés, les bras sur le sol, la tête posée sur les bras, garde le cul levé).
Il y avait aussi un appareil masturbateur qui masse les couilles et le zob. Agréable au début, l'usage en devient lancinant quand il était trop prolongé.
Quand le maître rentrait le soir, il s'emparait de moi comme au premier jour, ce qui semblait lui permettre d'évacuer le stress accumulé dont je pouvais estimer l'importance selon l'intensité de ses gestes.
Première sortie
Un jour, le maître apporta un pantalon de survêtement qui se fermait sur le côté. Cela m'intrigua car la température était toujours suffisante en son logis.
Et le vidoyeur revint pour ses bas offices, m'épargnant cependant la sonde urinaire. Il m'aspergea enfin d'une sorte de déodorant.
Le soir, le maître m'indiqua d'enfiler le pantalon et une chemisette et emporta une de mes capuches. Le trajet ne fut pas très long. Il me couvrit la tête, retira mes habits et me guida dans un escalier extérieur. Découvrant de nombreuses voix, je me retrouvai avec les mains attachées en hauteur. Je sentais du monde passer en me palpant, pinçant, triturant parfois avec une certaine brutalité. Puis on m'emmena toujours avec les mains attachées qui furent fixées plus bas, je devinais d'autres présences près de moi qui échangeaient quelques paroles. On m'enduisit abondamment l'anus et je compris que l'abattage commençait en entendant les gémissements de mes voisins de bât.
Tous les assaillants avaient, semble-t-il, une capote, j'eus l'impression d'un godemichet mais au contact des couilles, je compris qu'il s'agissait d'un bourrin comme je n'en avais jamais éprouvé.
À la fin, nous les soumis fûmes mis en cercle face au public avec une main entre les fesses bien enflammées du voisin de gauche et l'autre main branlant le voisin de droite, de nombreuses excitations (notamment d'un meneur qui s'était placé au centre) et quolibets retentissant.
Comme le résultat n'était pas brillant, un des meneurs nous enduisit la verge ce qui très rapidement fit croire que nous avions le danse de saint-guy, tant nous gigotions comme des possédés.
Nous finîmes la soirée attachés comme au début pendant que les participants devisaient tranquillement, ne se gênant pas pour nous tripoter et tester nos réactions. À aucun moment je n'ai entendu de cri torturé ou de supplication comme on les imagine dans des soirées de sadiques. J'ai eu l'impression d'une confrérie qui nous connaissait déjà par des échanges vidéos.
L'apprenti
Par un message vidéo, le maître m'annonça un grand bouleversement. "Une de mes connaissances de ton âge a trouvé un jeune de 25 ans qui lui est très attaché mais qu'il voudrait être certain de garder. Il ne veut pas le confier à des sados qui ne jouissent que par la souffrance des autres et qui vont l'esquinter. Nous t'avons longuement observé sur les vidéos et il a décidé de te le confier pour lui apprendre à être dominé et soumis. Tu commenceras samedi après-midi, avec tout le matériel que tu trouveras, sans te faire voir et sans lui parler."
Effectivement, il fut amené au garage, mit la capuche et monta nu à l'étage où je l'attendais. Ce que je n'avais pas prévu, moi qui n'ai jamais été attiré par les jeunes, c'est d'être troublé par sa beauté encore gironde et son apparente fragilité. Heureusement qu'il n'en voyait rien. Lui tremblait comme une feuille et je manquais d'assurance. Je réussis à lui mettre un collier avec une laisse, appuyai sur ses épaules et le fis marcher à coups de martinet. Son érection fut impressionnante dès que je le suspendis, je passai derrière lui et le masturbai jusqu'au résultat qui ne s'est pas fait attendre. Son érection ne cessant pas, je commençai légèrement mais régulièrement à lui donner des coups de badine et de martinet y compris sur la verge et entre les fesses. Je me replaçai derrière lui et lui triturai les seins jusqu'à ce qu'il se débatte. Puis je lui plaçai les jambes sur la table pour lui glisser un gode qui le fit frétiller. Bien entendu j'ai pris du temps pour faire durer son émoi. Pour finir, je l'ai amené dans la salle d'eau, en me plaçant derrière lui j'ai tenu sa verge jusqu'à ce qu'il urine, enfin je l'ai douché et frotté sans ménagement.
À la deuxième séance, je le vis arriver sûr de lui et apparemment souriant. Dès qu'il eut repris sa posture de chien, je m'assis sur lui pour glisser ma main dans son cul, il avait de bons sphincters mais se laissait faire, je lui ai relevé la tête pour lui faire sentir longuement mon gant avant de lui faire croire que j'allais le lui mettre dans la bouche. Il perdit aussitôt de sa superbe. Ensuite, dans la douche, j'ai uriné sur lui afin qu'il comprenne qu'il n'était plus le petit dieu vénéré. Après un rapide rinçage, je l'ai ramené au donjon pour reprendre les pratiques initiatoires sans jamais le marquer durablement ni le blesser.
Je pris le temps de répéter les mêmes gestes, par exemple tirer ses poils, jusqu'à ce qu'il se résigne. Je l'ai aussi branlé longuement, le faisant jeter son foutre deux et même trois fois. Il se mettait parfois à haleter et à gémir. Ses zones érogènes étaient aussi très sollicitées : en dessous des testicules, le gland, les tétons. J'alternais avec des chatouilles, des massages vigoureux et des claques sur les fesses qui rosissaient rapidement.
Bien que nous étions évidemment observés, aucun commentaire ne m'a été fait. Ce fut une expérience compliquée entre le désir de faire évoluer un être humain pour accepter la dépendance et celui de l'aider à trouver son épanouissement dans les interactions, la tentation de me rapprocher de lui et la nécessité de ne pas lui en susciter l'envie.
Les loisirs
Le dimanche et le lundi, mon maître restait habituellement chez lui.
Mon heure de réveil ne changeait pas, il l'avait programmé à 5 heures. Après quelques gorgées, direction le tapis de marche pour 20 minutes à 4 km/h (les autres exercices dépendaient du déroulé de la journée). Toilette approfondie et déjeuner impérativement avant celui du maître que j'assistais en restant debout près de lui.
Les tâches ménagères m'occupaient alors en veillant à ne pas déranger ses conversations téléphoniques, mais je devais être présent au sortir de son bain pour répondre aux moindres désirs. Il m'a demandé de le lécher entre les fesses et je n'ai pas rechigné.
L'après-midi, à la réception du message "disparais", je regagnais mon étage pour ne pas perturber l'arrivée d'un jeune homme beau et vigoureux, pas toujours le même, envoyé par une agence qui vérifiait évidemment leur âge. Je le sais car après son départ, j'étais convié dans le salon afin d'assister au visionnage de ces ébats, les mains sur la tête, et quand l'érection se pointait, je devais me masturber de la main gauche, l'autre main entre les fesses devait être assez rapide pour recueillir le sperme que je nettoyais enfin avec la langue. Si le maître n'était pas satisfait, capuche et direction la palissade en plein après-midi (je n'ai jamais su si quelqu'un m'y voyait) ou si le temps ne le permettait vraiment pas, dans un réduit du sous-sol, les pieds attachés aux mains.
Quand il était de bonne humeur, il me sortait parfois dans le jardin après avoir attaché une laisse discrète à la base de mon sexe.
Le départ
Cela ne pouvait pas durer.
Je comprenais que je n'avais pas vraiment ma place chez mon maître, que j'y subissais davantage une initiation, un dressage qu'une intégration. Mais pourquoi ? Bien entendu, je ne posais pas de questions.
Tout était fait pour m'éprouver. Longues séances attaché dans le jardin. Argent laissé en évidence. Ordinateur du maître allumé dans le salon. Médicastre toujours aussi brusque.
Cela ne me perturbait pas mais je sentais bien que j'étais particulièrement étudié, analysé, scruté.
Et un matin, le maître vint annoncer mon départ immédiat. "Mets ce pantalon, je t'amène chez ton nouveau maître." Et il chargea mes valises que je n'avais jamais rouvertes. C'était l'hiver et c'était la première fois que je quittais son logis. J'ignorais que je n'y reviendrais pas.
Il neigeait quand nous traversâmes un village et arrivâmes à une allée menant à une maison isolée, ce qui n'empêcha pas mon maître de m'intimer de me déshabiller pour sortir du véhicule. C'est donc nu, en espadrilles, que je marchai dans la neige en portant les valises et attendis qu'un sénior ouvre la porte, il fit une accolade à mon maître mais ne me regarda même pas. Je rentrai après eux, posai les valises et attendis dans le couloir, la porte du salon ayant été fermée.
Alors que je tentais toujours de me réchauffer, mon maître passa avec le nouveau qui le raccompagna en laissant la porte d'entrée ouverte. J'entendis la voiture partir.
Je remarquai alors que le senior entendait mal malgré des appareils auditifs. Il se servit de sa canne pour que j'avance vers une petite pièce à droite où je découvris un lit d'internat, métallique. Quand il me tapota les fesses, je compris qu'il voulait que j'y grimpe à quatre pattes. Dans une boîte, il prit des sangles pour lier mes poignets à l'avant du lit et les chevilles à l'arrière de façon à bien m'écarter.
Et il commença à frapper avec sa canne mais comme il se fatiguait vite, il utilisa un martinet et retrouva rapidement de la vigueur. Il étala ensuite un torchon sur le lit et m'enfonça un plug dont les vibrations se multipliaient dans mon séant encore frigorifié.
Il plaça un anneau à la base de mon pénis en dessous des testicules, prit ensuite un étui en silicone et saisit mon sexe pour l'entourer. Je commençais déjà à jouir. Il me laissa ainsi et revint deux fois m'observer et me tâter sur tout le corps.
Nouvelle vie
Quand il me libéra, je lui en fus reconnaissant tant j'étais exténué mais ne dis rien comme à mon habitude. Il ouvrit une porte sur le côté qui donnait sur une grande chambre décorée à l'ancienne avec des photos en noir et blanc de jeunes dénudés dans des poses suggestives. Il agita une clochette que j'allais souvent entendre pour me mettre à sa disposition, me montra une armoire avec ses habits et des draps puis une salle de bains avec un lave-linge, un WC, une grande douche, une vasque, et sur des étagères les serviettes et des protections urinaires.
Les autres pièces étaient le salon, avec un ordinateur déjà ancien, la cuisine au frigo rempli de plats pour les vieux et une arrière-cuisine avec les produits et le matériel d'entretien.
De retour dans la petite chambre, il ouvrit un placard avec uniquement des pantalons de jogging et des polos. Je posai les valises en bas. Il me montra le lavabo, les WC et la douche qui m'étaient destinés derrière une cloison vitrée non opaque.
Il me fit signe de me décrasser en m'observant comme un animal de zoo. Je dus lui donner la douchette et subir le jet puissant sur tout mon corps. Je m'habillai évidemment d'un polo et d'un jogging.
Nous mangeâmes des plats réchauffés au micro-onde qu'un traiteur apportait trois fois par semaine, complétés par une livraison mensuelle pour les autres produits.
Ma fatigue était encore évidente lorsque on sonna à la porte. Mon maître se leva péniblement et revint avec un grand gaillard qui me toisa, s'assit et m'appela du geste. Il me saisit pour m'allonger sur ses genoux et commença à me fesser d'une manière que je qualifie de professionnelle, sans trop de brutalité, avec une régularité et une force qui devinrent insoutenables, m'obligeant à bouger les pieds et à me débattre alors qu'il mettait une main sur ma bouche. Il me releva et je restai avec le pantalon baissé comprenant qu'il s'agissait d'un avertissement. Il m'amena ensuite dans un coin où je me retrouvai à genoux les mains sur la tête.
Première nuit
Quand le géant partit, j'entendis la clochette, je remontai mon pantalon et suivis le maître. Il se déhabilla, et quand je lui retirai les chaussettes je devinai une protection dans son slip. En pyjama, il se rendit dans la salle de bain. Quand il revint, je l'aidai à se coucher avant qu'il me fasse signe de partir.
Je me suis écroulé sur le lit qui de toute façon n'avait pas encore de draps. Mon maître a certainement insisté avec la clochette au milieu de la nuit pour que je vienne l'aider à se lever. Les draps n'avaient rien, je savais que ce ne serait pas toujours ainsi.
La clochette me servit encore de réveil. Je le suivis pour l'aider à se doucher puis à s'habiller. Quand il fut prêt, il me raccompagna dans ma chambre où il me regarda uriner, reprit les sangles et recommença l'installation des appareils vibratoires. Je restai encore longtemps ainsi harnaché et travaillé en tortillant du cul. Enfin il me libéra, m'indiqua de me laver et je pus déjeuner.
Le cérémonial s'est répété chaque jour avec cette autre manie : quand j'ai commencé les tâches ménagères, il a abaissé mon pantalon avec sa canne et je le retirais donc chaque jour à ce moment laissant le vieux lubrique me tripoter et m'asticoter pendant que je nettoyais les lieux. Il en profitait dès que je me penchais ou me baissais, ou mettait sa main sur ma bouche en me pressant le pénis. Afin d'éviter les sciatiques et les faux mouvements, je gardais une posture normale, lui donnant en permanence libre accès.
Il lui arrivait aussi de me contraindre, toujours avec sa canne, à m'allonger le dos sur la table, une position vraiment inconfortable, lui, assis entre mes jambes pendantes, se permettant ainsi toutes sortes de tripatouillages. Il me faisait lever les jambes pour m'enfoncer une carotte dans le cul. appuyait très fort sur mon ventre, faisait danser ma verge entre ses mains, l'étirait en la comprimant, me piquotait avec une fourchette, m'enfarinait avant de verser doucement de l'eau froide et de pétrir,...
Mais si un livreur ou autre sonnaient, je retournais dans ma piaule.
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Ce qui la rendait dangereuse, c'est qu'elle n'avait jamais pu se défaire de l'idée que le mensonge, l'hypocrisie, les formes extérieuses des raffinements sentimentaux étaient chose enviable au même titre que savoir lire ou écrire. La force de suggestion de la nuit à venir, des plaisirs qu'elle allait leur donner, suffisait-elle à peindre sur son visage ce sentiment d'hébétude ? Tout en étant maîtresse de son esprit, et elle était en vérité car les paroles de son amante n'agissaient que parce qu'elles faisaient écho à ses quêtes. Elle avait tâché de se fabriquer du bonheur apaisant dans de nouveaux draps, de brouter de la romance, s'était appliquée à palper sans relâche des corps frais disposés à jouir, de tout. Mais toutes ces passions inventées, pullulantes dans son cœur, colmatées de mensonges qu'elle confectionnait pour s'illusionner elle-même, n'étaient pas parvenues à la délier de Charlotte qui, seule, la rendait complice de la vie. Elle avait bien ce pouvoir-là, son amante servile, de l'introduire dans la poésie de l'existence, de la rendre épanouie et moins pénitente d'être née. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité avantageuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette a eu raison bien à l'avance et je ne lui suis déjà plus loyale. Alors, je me sentis mue par cette naïveté qui habite les cœurs encore jeunes, je fus convaincue que ma vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. J'étais poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Nous ne possédions rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier de cuir et un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, la lumière du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans notre relation que la vérité, crue et nue, de notre sexualité. Nous n'avions pas eu à donner le change, pas plus à nous-mêmes qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre deux amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Nous n'étions pas des animaux très sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et nous n'y avions pas eu recours. Aussi, je me sentais tenue de tout lui dire, sans même l'embrasser ou la caresser, mais je n'avais pas assez comptée sur l'appétit que nous avions l'une de l'autre, et je lui fis d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes habituellement au sarcasme, elle baissa la tête, elle la releva à peine émue. Ce n'était pas de l'indifférence, mais de la discrétion. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les deux lettres JM qui ornaient son pubis lisse, double signe de son appartenance, mais surtout les vives cicatrices. Les coups de cravaches. Juliette la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. C'était une fille très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne. Elle avait de petits seins fermes et frémissants, des hanches enfantines à peine formées. À force d'être battue, elle était tombée amoureuse de Juliette. Elle obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais Juliette lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par elle. Elle attendait qu'elle arrivât à se soumettre sans avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait souvent, puisqu'elle ne la quittait à aucun moment, qu'elle la vît aussi bien caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Juliette avait trop comptée sur l'indifférence à la fois et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Près d'elle, l'amère existence devenait presque acceptable. Elle se sentait capable de lui demander, de l'obtenir en ayant recours à un mensonge véniel.
Elle avait usé de tout son talent pour que cette idée lui vînt, sans qu'elle décelât son influence, mais elle n'était pas certaine d'y être parvenu. Elle savait qu'en exigeant une conduite, elle faisait naître chez Charlotte le désir de l'interrompre. Or, depuis qu'elle avait découvert le plaisir de la franche colère, si jouissive dans ses débordements, Juliette avait tendance à s'installer dans cette facilité pénible pour elle. En acceptant ce comportement au point de le prescrire, Juliette reprenait le contrôle de la situation, qu'elle avait d'ailleurs suscitée. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. En admettant que Charlotte fût avec elle aussi abandonnée qu'elle l'était avec une autre, ce qui était probable, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cet abandon ne l'engageait pas à grand chose ou rien. Mais dans ce double jeu subtil de duplicité, la sensualité n'était jamais absente, et le plaisir à fleur de peau. Et quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait alors si rudement son ventre qu'elle crut s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Sitôt que Juliette l'eut mise nue, certaine qu'elle ne désirait que sa parfaite docilité, elle demeura, les yeux baissés. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut.
Toute à ses interrogations, la jeune femme en oubliait de se concentrer sur l'énigme fondamentale: était-elle elle-même au fond ?. Confiante, elle ne fut pas longue à être totalement nue, et radieuse de l'être avec cette fierté jusqu'au bout des seins qui était comme une gifle adressée à Juliette. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. La foi où elle était que lorsqu'on la touchait, que ce fût pour la caresser ou pour la battre, c'était pour sa Maîtresse. L'après-midi, elle retrouva Juliette et l'emmena chez Xavier. Ainsi vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors la jeune fille abandonna son corps aux désirs sadiques de Xavier. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Xavier se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à flageller les reins qui s'offraient à lui. Il commença doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Xavier, excité, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Elle se débattait entre ses liens, non pas pour s'en soustraire, mais au contraire, pour le plaisir d'être plus faible. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Xavier frappa encore plus fort et les fines lanières claquèrent dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en tordant son buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant.
La jeune femme docile, elle, dansait sa joie que son amante fût devenue celle qu'elle avait parié qu'elle serait un très beau jour, cette Maîtresse aboutie, mûrie, évadée de sa solitude, qu'elle était si loin d'être lorsqu'elle avait connu. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Xavier dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Mais la douleur devint trop vive. Mais quel bonheur, le cuir qui marque les chairs, le désir d'une Maîtresse qui sait s'adjuger sans compassion ce qu'elle veut. Elle se disait qu'enfin, elle avait aimé son amante que pour mieux se donner, esclave et comblée. Elle laissa alors couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Xavier de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Xavier qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait alors la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva bientôt le gémissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Xavier dut alors maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent sur le lit. Xavier fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de son sperme abondant et visqueux qu'elle avala mystiquement jusqu'à la dernière goutte. Ses yeux brillaient de grâce. Le plaisir sur lequel elle ouvrait les yeux était un plaisir anonyme et impersonnel. Elle gémit bientôt sous les caresses de sa Maîtresse, et commença à crier quand son amante, se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre ses cuissess, les petites lèvres. En dépit des apparences, sa Maîtresse était d'une cruauté simple de barbare.
Sa maîtresse était virtuose pour l'entraîner dans des questionnements qui partaient tous du présupposé qu'elle était conquise. La jeune femme se réjouissait que son amante qu'elle avait tant attendu l'eût finalement éveillée en se réveillant elle-même. Naturellement, elle la viola. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Xavier, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé. Elle comprit simplement qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Alors, bientôt il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors avec force, sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre et sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles offensées. L'homme ne la quitterait, qu'à la nuit tombée, après lui avoir avec frénésie, labouré les reins tant il était épais et roide. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Xavier, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Xavier sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter et distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Xavier se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Elle avait remarqué que sa Maîtresse aimait aussi à tout instant, même si elle ne la désirait pas, la savoir à sa merci. Semi-consciente, elle pensa seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait pire que n'importe quelle chaîne car ce qu'elle demandait aux femmes, elle trouvait naturel que tous les hommes fussent acharnés à le lui demander.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Anne passa rapidement prévenir qu’elle descendait chez la coiffeuse
Très bien, elle sait ce qu’elle doit te faire. Va vite
Oui Maître
A peine Anne avait elle fermée la porte que Patricia dit en riant
Elle vous appelle déjà Maître ! Elle évolue plus vite que je ne le pensais
Oui je crois que cela comble chez elle un vraiment tempérament de soumise, mais rassure-toi par moment elle rue dans les brancards et hier soir j’ai été obligé de la corriger sévèrement pour la remettre au pas !
C’est certain que c’est une esclave dans l’âme….Cela ne l’empêchera de se rebeller de temps en temps….Mais vous savez comment y faire, elle est entre de bonnes mains !
Merci Patricia c’est gentil !
Cela se passe bien entre Pierre et Bruno ?
Oui très bien, Bruno est en plein dans ses préparatifs de voyage, mais il passe quand même de longues soirées avec Pierre. JE crois qu’il est content d’avoir retrouvé son ancien Maître.
Bien je verrai cela avec lui dans le train tout à l’heure !
Si vous n’avez plus besoin de moi, je vais y aller !
A bientôt Patricia, Merci pour ton aide
Merci Monsieur, c’est toujours un plaisir !
Paul rangea ses affaires dans sa valise pour être prêt dès qu’Anne reviendrai du salon de coiffure. IL profita du temps qui lui restait pour mieux regarder les profils des réponses sur Linkedin. L’homme qui avait profité de la soirée avec Anne, s’appelait Jacques, avait tenue parole. Un long message remerciant Anne de sa gentillesse, de sa disponibilité et de ses capacités relationnelles…. Il avait même répondus aux trois personnes qui l’avaient contacté après son message …. Il ne tarissait pas d’éloges et leur disait avoir passé un excellent moment avec elle. Il en profita pour répondre à Béatrice, lui disant qu’ils aimeraient beaucoup l’inviter à dîner un de ces jours pour qu’elle lui présente son Maître….
Il vérifia une dernière qu’il pouvait facilement avoir accès au téléphone d’Anne de son portable, le ferma et le posa sur la table….
Quand Anne rentra il la félicita, ses cheveux courts dans la nuque dégageaient parfaitement son tatouage, et la mèche sur le devant lui donnait une grande douceur…
Tu es superbe Anne ! Vraiment cela te va magnifiquement bien !
Merci Maître
Bien tu es prête ? Alors nous y allons. Avant de partir, je te redonne ton téléphone, tu peux en avoir besoin. J’ai Mais à Maître mon numéro . Tu ne dois garder que l’essentiel familiaux de tes contacts...D’accord ?
Oui Maître, j’effacerai les autres pendant le trajet en train.
Très bien Anne.
Henri les attendait devant le hall de l’hôtel. Il chargeât les bagages de Paul et le sac d’Anne et les emmena à la gare.Ils s’installèrent dans le train, un peu en avance. Monsieur Paul donna une jolie boite à Anne et le petit pot de crème….
Le trajet te paraîtra moins long avec cela…. Vas les mettre dans les toilettes et toujours la crème sur tétons, clitoris et lèvres intimes ! Va vite…
Anne ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais s’abstint el alla aux toilettes sans rien dire. Quand elle revint elle fut surprise de voir à côté de Paul, un homme en plaine discussion. Quand elle s’assit face aux deux hommes elle ne pût retenir un petit cri de surprise…
Bonjour Anne, Tu es resplendissante !
Bonjour Bruno
Anne ne savait plus ou se mettre, que Paul la voit ainsi le gênait énormément, Elle essayait maladroitement de garder ses vêtements fermés. Espérant que Bruno ne voit pas le trouble qui commençait à la gagner…. Paul savait que Bruno ferait le voyage pour Paris avec eux….Ce salop ne m’a rien dit pensa-t-elle !
Pierre et Patricia m’ont tenu informé de ton changement de statut… Même si cela me fait mal, je dois reconnaître que tu sembles radieuse, tu es vraiment faite pour cela !
Mais….Tu n’es pas en colère après moi ?
Pourquoi veux-tu que je sois en colère après-toi, Anne ? Tu es une soumise, Paul est un véritable Maître, tu vas apprendre beaucoup avec lui. Moi je ne pouvais pas t’apporter ce que tu attendais ...Je suis au contraire heureux pour toi que tu ais pu plaire à Paul…
Tu vois Anne, je ne suis pas le seul à dire que tu es une véritable soumise !
Bruno, tu as vu son tatouage dans le cou ?
Non pas encore !
Anne fais voir ton tatouage à Bruno s’il te plait
Oui Maître...et elle se tourna pour que Bruno voit son Qr-code
Ne bouge pas, je le prends en photo…
En se retournant la jupe s’ouvrit largement….Anne avait chaud mais n’osait pas enlever sa veste de tailleur, Bruno allait voir très vite que son chemisier ne pouvait pas se fermer…. Et les autres passagers verraient aussi ! Elle en était pétrie de honte ! Mais ce feu en elle, devenait de plus en prenant envahissant, et les mouvements du train répercutés dans les boules de geisha lui procuraient un plaisir qu’elle avait de plus en plus de mal à ignorer
Regarde Bruno, Anne a de plus en plus de ma là cacher le plaisir qui l’envahit…..Je lui demander de mettre des boules de geisha et la crème dont tu connais les vertus….
Non vous n’avez pas fait cela ?
Si et elle a accepté sans rechigner….Pourtant elle sait ce que cette crème lui procure comme réaction !
Vous savez bien qu’elle ne peut rien vous refuser, Paul ! N’allez pas trop vite, vous allez la briser !
Anne est une véritable esclave dans l’âme. Pour le moment je teste sa capacité d’obéissance et le point de blocage ! Tant que je ne l’aurai pas trouvé je continuerai. Son éducation ne commencera qu’à partir de ce moment là.
Anne enlève ta veste, tu as chaud et rassures toi personne ne fera attention à ta tenue !
Merci Monsieur
Elle enleva sa veste ce qui bien entendu fit ouvrir à la fois le chemisier et la jupe… Elle referma autant que possible sa jupe, avant de rabattre les pans de son chemisier pour éviter de dévoiler totalement sa poitrine...Bruno la regardait avec beaucoup de peine et d’interrogation. Cela la mettait très mal à l’aise.
Paul, que lui avez-vous demandée au juste ? Pourquoi la faire voyager dans cette tenue ? Cela peut gêner beaucoup de gens de la voir ainsi exhibée !
Bruno, Anne doit apprendre à être fière d’appartenir à son Maître ! Qu’importe ce que les inconnus peuvent penser. Je suis sûr qu’Anne est dans le fond très fière d’être ainsi observée, admirée le plus souvent et parfois enviée.
Anne, demanda Bruno, aimes-tu être ainsi exhibée par Paul ?
Oui Bruno, je suis fière de voir le désir dans le regard de certaine personne. N’est-ce pas ce que Monsieur Paul désire ? Que les autres me désire tout en sachant que je n’appartiens qu’à Monsieur Paul !
Ma chérie tu es encore plus soumise que ce que je pensais !
Anne sourit à sa réflexion
Tu vois Bruno, Anne est une graine d’esclave, bien plus qu’une soumise !
Anne j’arrive au terme de mon voyage avec vous deux, je descends à Angers. Si tu veux revenir vivre avec moi c’est maintenant. Si tu restes je continuerai sans toi, je ne te tendrai plus la main ….
Merci Bruno, mais j’appartiens à Maître Paul je le lui ai dit cette nuit en toute connaissance de cause. J’ai été très heureuse avec toi, Mais depuis que je suis à Paul je me sens totalement en harmonie. J’ai trouvé ma place et tant que Monsieur Paul, voudra de moi, je ferai tout pour la mériter !
Bien Anne, c’est ton choix je le respecte...J’espère pour toi que tu ne t’en mordra pas les doigts plus tard !
Bonne chance à vous deux, soyez heureux !
Bruno se leva, prit ses affaires et se dirigea vers la porte du wagon sans un regard en arrière !
Je suis fier de toi, Anne ! Lui dit Paul et lui tendant deux épingles à nourrisse….Tu peux refermer un peu ta jupe et ton chemisier si tu le veux.
C’est vous qui décidez Maître, pas moi !
Alors referme un peu ta jupe, qu’on ne voit pas plus que le haut de tes cuisses, et laisse ouvert ton chemisier !
Bien Maître...Anne fit ce que son Maître lui demandait
Comme cela Monsieur ?
Oui Anne, tu peux mettre l’épingle juste un peu plus haut et ce sera parfait…
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Elles avaient toutes deux oublié au fond de leur mémoire le mépris de la chasteté et le souvenir de passables galanteries par de louables règles, capables sans doute de s'infléchir, mais leur ayant jusqu'à ce jour gardé de tout caprice qui les eut plongées dans le remords. Elle se tut. Elle-même savait trop bien autour de quelles paroles dangereuses elles tournaient toutes deux, mais peut-être le silence les sauverait-elles. Il ne fallait gâter ni cette journéee, ni cette nuit. Elle était belle, cette nuit, toute chancelante et ornée de musique, pleine des bruits innombrables des hommes et des bêtes, et encore tiède avant l'automne. Son empreinte me brûle, quoi que j'aie pu tenter de m'y soustraire. Elle reste inextriquablement tissée dans la texture même de mon être. La première fois que j'avais voulu l'embrasser, j'attendais des transports ou une gifle. J'eus droit à des rites un peu slaves, des signes cabalistiques, de longs gants noirs enlevés lentement, des doigts en grille sur ma bouche, des lèvres chaudes qui se moquaient de moi. Dès le premier soir, tout était déjà inscrit. Les choses ne sont jamais fatales, sans doute mais précisément parce qu'elles ne le sont pas, elles ne se libèrent jamais du passé qui les fait grandir, des regards et des silences qui les font surgir. Elles naissent à chaque instant de l'instant qui les précède. Chaque parole échangée entre nous trace et définit d'avance les courbes de la relation. Les sentiments n'ont jamais l'épaisseur qu'ils ont dans le silence. Le temps qui s'écoule entre l'évènement et le récit leur prête tous les reflets, toutes les réfractions du souvenir. Pour ne jamais mentir, il faudrait vivre seulement. Mais les projets secrets, les desseins du cœur et les souvenirs brisent souvent cette simplicité impossible. Béatrice disparut de ma vie. Ne recevant aucune réponse aux lettres que je lui adressais, je cessai de lui écrire. Elle ne ne demeurait pas moins présente. Je m'éveillais le matin avec un sentiment d'abandon. Je ne pouvais concevoir qu'un amour aussi intense ait pu achopper sur ce qui m'apparaissait plus comme une indélicatesse que comme une trahison. Je croyais naïvement qu'elle reviendrait. Je demeurai trois mois ainsi dans l'incertitude. Je sursautais en entendant la sonnerie du téléphone, j'attendais le courrier avec angoisse. J'imaginais son existence à Rome. Je vivais comme un automate. J'accomplissais le rituel de la vie quotidienne, je voyais des amis, je faisais l'amour, mais ces gestes restaient extérieurs à moi-même. Mécaniquement, je ne m'y impliquais pas. Une maladie intérieure me minait. Personne autour de moi ne se doutait du drame que je vivais. À qui aurais-je pu en faire la confidence ? Personne ne connaissait l'existence de Béatrice. Il ne me resterait aucune trace de cet amour. Cette idée m'effrayait parfois. Qu'un être ait pu remplir à ce point ma vie et s'effacer sans laisser aucun signe. La première fois que je la rencontrai au vernissage d'une exposition Giacometti au Musée Rodin, je fis tout pour attirer son attention. Emma ne m'adressa pas un regard. C'est un paradoxe littéraire. Plus on décrit les gestes de l'amour, plus on les montre, plus la vision se trouble. Il y avait dans son regard comme une colère retenue, une condescendance moqueuse. Elle n'était pas bavarde, mais imprévue et subtile. Son intérêt la portait là, où précisément, je n'étais pas. Est-ce cette froideur qui m'intrigua ? Quand je lui adressai la parole, elle ne m'écouta qu'autant que la politesse l'exigeait. Elle arborait l'air résigné que les victimes de la mondanité réservent aux fâcheux, aux raseurs. Elle était aussi insensible à l'enthousiasme que je lui manifestais que peut l'être une statue en marbre du sculpteur. Quand je lui demandai son numéro de téléphone, elle me toisa avec une expression offensée. Eût-elle exprimé un peu plus d'urbanité qu'elle aurait moins piqué ma curiosité. La froideur de cette inconnue m'aguichait. Les contraires s'attirent. Sa présence me gênait. Elle s'interposait entre mes rêves et moi. Elle m'empêchait même de songer à elle. Notre rencontre avait du piquant. Le soin extrême qu'elle prenait pour afficher une élégance toute détachée m'intriguait. Une indifférence courtoisie m'eût découragée avec plus d'efficacité. Qu'avais-je fait pour la mériter ? Je n'eus pas le loisir de lui en demander l'explication car elle disparut en me tournant le dos. Le lendemain, je lui fis porter un bouquet de tulipes Bianca à son hôtel, accompagné d'une carte amicale. Je ne reçus aucune réponse. Je n'en fus pas étonnée. Espérant la rencontrer, j'allai bientôt me poster à la porte du Bristol, son hôtel. Je l'attendis sur le trottoir de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Enfin, je la vis apparaître. Dans les reflets de la porte à tambour, elle me parut plus grande, plus élancée, plus altière que jamais. Plutôt réservée, je n'avais pas pour habitude d'accoster une inconnue. Mais sa beauté exacerbait mes sens, fut-ils sans certitude. Elle sembla hésiter sur sa direction. Elle tirait en moi une irrésistible inconduite.
Le désir cherchait avec une impatiente convoitise l'interprétation de la beauté de son regard qui maintenant lui souriait et semblait alors la posséder. La jeune femme y rêva toute la soirée, qu'elle alla, comme elle le faisait chaque jour, passer au cimetière du Père-Lachaise, parmi les dalles grises et les tombeaux de marbre blanc. On prétend que parfois, au moment même où il disparaît, jaillit alors un rayon blanc, que la jeune femme n'avait jamais contemplé de ses yeux, mais qu'elle attendait naïvement chaque soir. Elle m'observait. Je n'en menais pas large. Je devais représenter un spécimen un peu nouveau pour elle. Je me flatte volontiers d'une absence de sentiments. Il m'arrive pourtant d'avoir ainsi des faiblesses qui trouent, malgré moi, mon indifférence et ma facilité à vivre. Cette incertitude l'humanisa à mes yeux. Sans hésiter, je m'approchai d'elle. Quand elle m'aperçut, elle eut un soudain mouvement de recul. Je lus dans son regard noir la lueur de blâme que l'on réserve aux extravagances d'une folle. "- Encore vous", soupira-t-elle. Notre conversation fut aussi cordiale qu'un échange de coups de pistolet, le matin, à l'aube, entre deux duellistes. Malgré mon sourire avenant, et ma fausse innocence, la partie semblait perdue. Je pensais à cette citation de Vigny: "Au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon". "- Pourquoi ne me laissez-vous pas le temps de m'expliquer ? N'aimez-vous pas les tulipes ? - Je n'ai aucune envie d'entendre vos explications. - Pourquoi ne pas accepter le dialogue amical ? Avez-vous peur de votre propre faiblesse ?" Je vis passer une flamme assassine dans ses yeux. Une femme ne pouvait-elle pas offrir des fleurs à une autre femme ? "- Vous n'êtes pas de nature à m'en inspirer. - Pourquoi cette brutalité ? Pourquoi toujours imaginer le pire ? Que faites-vous de l'amitié ? - Me croyez-vous à ce point naïve ? Avec vous, je sais très bien à quel type de femme j'ai affaire. - C'est mal me connaître et me faire un procès d'intention. Je ne suis pas une amazone. - Prenez-le comme vous voudrez. Mais laissez-moi, vous perdez votre temps, je suis pressée. - Puis-je vous déposer quelque part ? - Non, c'est inutile, je reste dans ce quartier. - Avez-vous l'intention de déjeuner ? - Oui, mais pas avec vous. - Je vous propose un pacte amical. Nous déjeunons ensemble et je vous promets de ne plus tenter de vous revoir. Parole de femme, honneur de femme." Elle me regarda d'un air dubitatif. Balle au centre. "- Puis-je accorder le moindre crédit à quelqu'un qui se comporte comme vous ? - Je vous répète, je vous donne ma parole d'honneur. Je la sentis vaciller. La situation tournait à mon avantage. La victoire était proche. Restait à traverser le pont d'Arcole. - Votre parole d'honneur, répéta-t-elle en haussant les épaules, je ne me fais aucune illusion sur vous. Mais je suis plus que lasse de votre insistance et de votre folie. Alors, je vous accorde vingt minutes. Pas une de plus." Elle pensa alors à toutes les ombres éphémères qui l'avaient entourée. Etait-ce le malheur et la franchise qu'elle apporterait sans cesse avec elle ? Cette rencontre avait un sens symbolique. Au fond, elle m'initiait à la distance. Eût-elle voulu jouer les énigmatiques, elle eût pu y trouver une satisfaction. J'étais en train de lier à elle, dans ce monde plein de sensualités et de menaces, tout le bonheur que j'attendais de cette rencontre. Le présent de l'amour ressemblait alors au négatif d'une photographie argentique. Il fallait attendre le développement pour en avoir le cœur net. Parfois, il réserve bien des surprises. L'ennui, c'est que ce genre de difficultés est difficile à dire. Un restaurant nous tendait les bras à l'angle de la rue du Cirque. Je l'y conduisis. Pendant le déjeuner, elle resta fidèle à elle-même. Sur la défensive, hautaine, éludant toute question personnelle, ne m'offrant que l'armure d'une personnalité bouclée dans les conventions et le dédain. La glace contre le feu. Pourtant quelque effort qu'elle fît pour être désagréable, elle ne parvenait pas à me déplaire. Je sentais en elle, derrière la Ligne Maginot qu'elle m'opposait, un attirant tumulte de contradictions qui n'était pas sans charme. Au moins, elle ne ressemblait à personne. En vérité, il faut bien reconnaître que moi aussi. Le café bu, elle se leva et, sans se départir de son air farouche, elle prit congé. Pendant quelques instants, cette femme m'avait paru précieuse. Je n'attendais plus d'elle que l'ultime cadeau qu'elle pouvait me faire : s'en aller. "- Maintenant que j'ai eu la faiblesse d'accepter votre déjeuner, j'espère que vous allez tenir votre promesse. Merci pour les tulipes. Adieu." Elle disparut laissant derrière elle un sillage glacé comme un blizzard. Je tins parole. Pendant dix jours. Puis je l'appelai dans sa propriété non loin de Bordeaux, dans les vignobles. "- Et votre promesse, s'exclama-t-elle. En plus, vous êtes parjure." Le ton de sa voix n'exprimait qu'un courroux de façade purement formel. Ce qui était un progrès. Et puis n'avais-je pas évité le pire, elle n'avait pas raccroché. "- J'ai promis de ne plus vous voir, pas de ne pas vous téléphoner. - Vous êtes bien française", dit-elle en ciselant ce qualificatif pour marquer un mépris. Alors je m'inclinai, rêvant de lui baiser la main. Elle riait de me voir transformée, comme dans un bal masqué.
Que son expression suffise à fléchir mon incontrôlable emballement et à faire croire à un abandon en rase campagne était inimaginable, tant il y a des cruautés, des cynismes qui ne résistent pas plus à l'épreuve que certaines complaisances, certaines générosités. Le soir tomba enfin, le soir tant attendu. Le ciel devint noir, des ombres se profilèrent longuement. Le paysage était devenu un peu vert, avec des arbres, des vallonnements gracieux, pendant une demi-heure, le temps d'une vie. Elle se sentait maintenant légère ainsi qu'elle voulait l'être pour vagabonder sans un mot, d'un sourire à un lit. Les choses se passaient, hélas, avec une inconsistance, un flou qui se durcissait ensuite en sentiments, en convictions, en images, mais qui semblaient nés d'abord du hasard, d'un kaléidoscope dérisoire hâtivement secoué. Maintenant que l'amère habitude de ses amabilités était prise, je prenais un certain plaisir à la voir décocher ses flèches. "- Quand venez-vous à Paris ? - Que vous importe puisque vous m'avez juré de ne pas chercher à me revoir. - Je sais par l'une de mes amies, que vous serez après-demain à un dîner chez les Moras. - Vous ne me donnez pas envie de m'y rendre. "J'attendais de cette rencontre quelque chose de confus, une issue possible. J'étais pleine d'espoir. Mais une pensée surtout me troublait. Pourquoi cette femme était là et non une autre ? Quelle suite de hasards, d'agissements fortuits, de contretemps, d'obligations, de retards avaient tissé les fils de cette rencontre à la fois prodigieuse et dérisoire ? Quand elle raccrocha, je conservai un instant le combiné muet à la main. Pourquoi insister ? Oui, pourquoi ? Par jeu ? Il y a des rencontres qui, comme celle-ci, ne commencent pas précisément par de forts encouragements. Si elle avait ressenti un coup de foudre pour moi, elle le dissimulait bien. Peut-être n'aimait-elle pas partager son lit avec une femme ? Tout simplement. Mais alors, pourquoi ne pas me l'avouer ? Il y a des vérités qui ne méritent aucune contestation. Mais alors, pourquoi n'avoir en tête que cet horrible mot de réciprocité La réciprocité en amour est un calcul bourgeois. Pas d'investissement du capital sans un rendement substantiel. Cette femme, sans doute mariée, avait beau me rabrouer, elle me plaisait. Sapiosexuelle exigeante, bisexuelle très pratiquante. Elle m'attirait pour une raison que je ne cherchais pas à m'expliquer. Mais après-tout exige-t-on de Dieu qu'il vous donne des preuves de réciprocité. Et puis parfois, en amour, on a l'impression sans vraiment savoir pourquoi, qu'en dépit des obstacles, le destin a déjà gravé notre avenir. Calculer la somme des probabilités qui amène deux personnes à se parler, puis à s'aimer, est une opération effrayante. Surtout si l'on considère que du silence, il peut résulter une passion, fruit d'une accumulation exponentielle de hasards. Et cette histoire aussi était probablement déjà écrite dans un mystérieux livre qu'hélas je n'avais pas lu. Comme se serait simple de pouvoir consulter le livre des destinées avant d'offrir un bouquet de tulipes à une femme. On éviterait tant d'impairs, de temps perdu, de malentendus, mais on passerait aussi à côté de la vie et de ses surprises. Elle vint à Paris. Je me trouvai au même dîner qu'elle. Elle m'accueillit avec son habituelle mansuétude. Après le dîner, elle tenta de s'éclipser mais je la rejoignis dans l'escalier, abandonnant mon amie Béatrice. L'immeuble donnait sur le jardin du Luxembourg. Il y avait dans l'air je ne sais quel parfum de printemps. Nous fîmes quelques pas en silence. Quelle nuit réelle me donnerait autant d'émotions, de feu dans le cœur ? Vivre m'amusait, j'étais jalouse, sentimentale, elle était indifférente, cynique. Il me semblait choisir sur des coups de dés, dont j'ignorais toujours si je les jetais moi-même. Un silence doux et reposant comme une paix. Elle avait une voiture anglaise, comme elle. Elle était née à Londres mais elle vivait à Bordeaux. Je lui demandai de me raccompagner. Elle accepta en poussant un soupir. Elle gara sa voiture en bas de chez moi. Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité. Je tentai alors de l'embrasser en posant une main audacieuse sur sa cuisse nue. Elle ne me repoussa pas. Au contraire, elle répondit à mon désir avec tant de fougue que j'en fus presque déconcertée. Une grande bataille est celle que l'on remporte avec une résistance farouche. Je la dévêtis contre le mur. La découverte de son porte-jarretelles me troubla. Elle ne pouvait exprimer plus clairement ses intentions. Ainsi, elle s'était armée pour l'amour. Rien n'avait été laissé au hasard. La seule chose qu'elle avait abandonnée au jeu des circonstances, c'était le choix de la partenaire. Avais-je même été choisie ? Cette dérision me parut tragique. Bientôt, je me ressaisis. Après tout pas de raison de se lamenter à propos d'un porte-jarretelles. Nous accomplîmes tous les rites que nous attendions l'une de l'autre. L'angoisse avait disparu. Le silence se chargea du reste. Dès lors, elle bascula, comme une statue bascule de son socle. Nous nous retrouvâmes chez moi. Et ce fut comme si, de toutes ses forces, elle tenait à démentir l'indifférence qu'elle m'avait manifestée. Nous nous aimâmes dans une douce ambiance de paix conclue, sur un lit d'armes abandonnées et de sensualité débridée. Déshabillée de son agressivité et de sa pudeur, elle demeurait menaçante comme une tempête apaisée. Ses refus donnaient un prix mystérieux à son doux abandon. Je l'admirais comme une belle énigme. Avais-je véritablement une femme devant moi qui avait cédé à une pulsion saphique ou l'incarnation d'un phénomène météorologique ? Son corps était celui d'une femme aimante, mais les ressorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements d'une tornade. Loin de me sentir maîtresse de la situation, il me semblait que je n'avais été que l'exécutante d'un jeu qui me dépassait. Emma entra dans ma vie au même moment où Béatrice en sortit. Une nouvelle vie, un nouvel amour. Je me retrouvai telle une femmes égarée. Je les fréquentais, mais je ne croisais que des ombres. Je pensais toujours à Béatrice. Chaque nuit j'avais l'impression amère, non de la tromper mais de me trahir.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Patricia est venue chercher Anne à 15h30 comme convenu. Anne l'attendait avec une certaine impatience et beaucoup d'angoisse. Je me demandai si elle n’allait pas tout arrêter là.
Un peu avant l'heure prévue je lai vue se déshabiller entièrement et remettre à genoux derrière la porte. Quand Patricia est arrivée, elle est passée devant Anne sans y prêter attention.
- Bonjour Bruno je vous avec plaisir qu' Anne à bien respectée mes ordres !
- Oui Patricia, elle est morte de trouille mais elle a respectée tes ordres depuis de matin.
- C’est-à-dire ?
- Elle sert levée à 7hoo malgré une nuit fatigante. A fait une demie heure de gym. Pris une douche, puis elle m'a préparé un petit déjeuner qu'elle m'a apporté au lit. Puis elle s’est habillée de la jupe et du chemisier que tu vois sur le bras du fauteuil . Pendant que je faisais ma toilette et prenais une douche, elle a cherché et mis de côté des papiers, qu’elle a mis dans la grande enveloppe blanche qui est sur la table. Ensuite nous sommes partis faire quelques courses pour ma première semaine de célibataire.
- C’est bien, c’est en effet ce que je lui avais imposé !
- C’est une soumise hors pair et je sais qu’elle est entre de bonnes mains
- Désormais, Anne est à Pierre et moi. Je vais bien m’occuper d’elle et déjà le week-end prochain tu ne la reconnaîtras pas !
- Je vous fais confiance à tous les deux !
- Anne viens ici !
Aussitôt Anne s’est levée et s’est approché de Patricia
- Tes affaires sont prêtes ?
- Oui Madame, j’ai mis dans cette enveloppe tous les documents que Monsieur m’a demandés. Et comme vous me l’avez dit je n’ai rien emporté de mes vêtements ou autres affaires
- Vient je vais te choisir une tenue pour cet après-midi !
Les deux femmes sont parties dans notre chambre et Patricia et vite choisie la tenue. Un porte jarretelle noire, des bas noire, une jupe droite boutonnée devant en cuir beige et un chemisier fleuri. Quand elles ressortirent de la chambre je ne pus résister au plaisir de féliciter Anne pour sa tenue.
- Tu es ravissante ma chérie !
- Anne est la soumise de Pierre, tu dois donc l’appeler Anne ! Compris Bruno ?
-Oui Patricia, Même quand nous serons seuls pendant le week-end ?
- Oui Bruno, Pierre te donnera ses instructions à ce sujet là. D’ailleurs ce serait bien que tu viennes dîner vendredi.
- N’est-ce pas Anne ?
-C’est vous qui décidez Madame
-Très bien, Anne ! Bon nous y allons ! nous avons encore pas mal de choses à faire avant de rentrer et Henri doit nous attendre dans la voiture.
- Henri ?
- le chauffeur de Paul qui a eu la gentillesse de nous le mettre à disposition pour l’après-midi.
-Passez un bon après-midi et toi Anne laisse toi guider, sans retenue, par Pierre ,et Patricia.
-Oui Monsieur
- Au fait Pierre m’a demandé de te prévenir qu’il n’y aurait pas de vidéos cette semaine. Il veut créer une coupure totale entre vous !
- Je m’y attendais un peu, je te rappelle que j’ai été son soumis pendant quelques années….
Patricia est sortie la première, Anne derrière elle regardant les talons de sa maîtresse
Anne assis-toi comme il faut, même en voiture tu dois soulever ta jupe pour t’asseoir !
Bien Madame, mais ma jupe est trop serrée pour que je la soulève !
Dans ce cas déboutonne là jusqu’au pubis, tu devrais ensuite la soulever pour t’asseoir !
Bien Madame
Henri travaille pour Monsieur Paul, tu peux le laisser te regarder. Je suis certaine que cela lui plait beaucoup, n’est-ce pas Henri ?
Oui Madame, votre compagne est magnifique ainsi. As t elle une belle poitrine, son chemisier est trop fermée pour que je puisse en juger…
Anne ouvre ton chemisier et montre tes seins à Henri !
Oui Madame !
Une belle petite poitrine, peut être un peu trop petite mais avec de très beaux tétons bien fermes ! Votre compagne doit être une femme très sensuelle ?
Oui c’est une vraie soumise très sensuelle et aimant beaucoup obéir….
Monsieur Paul sera sûrement ravi de faire sa connaissance !
Il l’a connaît déjà et c’est lui qui a demandé à Pierre de la prendre en main….
Anne ne comprenait plus rien...qui était ce Paul qu’elle devait connaître et qui….. Serait-ce cet homme qui l’avait dragué il y a quelques semaines dans la cour du château de Nantes ? Un bel homme d’une soixantaine d’année, des yeux bleus profonds qui l’avaient déshabillée avant même de lui adresser la parole. Cet homme qui, après lui avoir offert un café l’avait entraînée dans les toilettes de l’établissement pour lui retirer ses sous-vêtements avant de l’entraîner à l’hôtel pour le reste de l’après-midi…. Une expérience qu’elle n’avait pas eu le courage de raconter à Bruno…
Vous nous attendez Henri nous n’avons pas pour très longtemps
Bien Madame
Allez Anne on y va, pas la peine de te rhabiller !
Mais…. Bien Madame !
Ah voila la petite protégée de Pierre ! Venez nous serons mieux dans le salon de tatouage que dans la boutique.
Pierre a dû vous appelé pour vous dire ce qu’il veut
Ou il m’a dit ce qu’il voulait et aussi que la miss devait se faire opérer très rapidement.
En effet
Dans ce cas, je vous propose de placer des tatouages provisoires, surtout pour le pubis avec l’épilation définitive ce sera difficile. IL faut mieux faire l’épilation et nous ferons le tatouage définitif après. Pas de piercings avant l’opération. Je peux lui poser de faux piercings si vous voulez mais cela ne tiendra pas bien !
Non mettez lui juste les tatouages provisoires, elle pourra ainsi s’habituer à se voir marquée
A ce propos j’aurai sa plaque la semaine prochaine
Je peux lui faire aujourd’hui c’est le tatouage dans le cou
Vous en avez pour combien de temps ?
Une bonne heure et demie
Très bien je vous la laisse ; elle est à vous pendant ce temps. Je passe la prendre a 17h30 et que tout soit fait !
Alors passez à 18h
Très bien A tout à l’heure.
Quant à toi Anne tu dois être aussi obéissante avec lui qu’avec Monsieur Pierre, compris ?
Oui Madame
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Anne et moi étions ensemble depuis quelques années. Après avoir été cadre à la poste elle désirait changer de voie et s’était mise en disponibilité le temps de faire un bilan de compétence et de savoir vers quoi elle voulait s’orienter. Patricia et moi étions les deux responsables commerciaux de la société de Jean. Cela faisait 5 ans que nous travaillons ensemble et une grande complicité professionnelle nous unissait. J’aimais sa façon de gérer ses dossiers, et elle aimait ma souplesse organisationnelle. Bref nous formions une paire efficace et notre patron en était visiblement satisfait. Cela nous permettait de vivre sans soucis financiers, ce qui est très appréciable. Tout allait donc pour le mieux ! Mais nous savions que Jean voulait trouver un successeur et, n’ayant pas d’enfant aurait bien aimé que Patricia et moi reprenions l’affaire… Patricia était bien tenté mais elle ne voulait le faire seule, et devant mon refus abandonna provisoirement le sujet.
En ce mois de juin, Jean, nous invita à un barbecue chez lui avec quelques relations. « Venez avec vos conjoints ce sera plus sympa… » Rendez-vous samedi à la maison vers midi ce sera parfait ! Anne n’était pas enthousiaste pour venir mais elle céda devant mon insistance. Elle avait horreur de ce genre d’invitation ne connaissant personne ou presque parmi les invités. Patricia vivant seule, elle fût très contente qu’Anne soit là. Et elles passèrent la journée ensemble, elle belle complicité semblait s’être créée entre elles deux ! Jean, nous avait présenté Patricia et moi à certains hypothétiques investisseurs, nous avions bien compris tous les deux pourquoi nous étions là. Anne ne cessa de faire les louanges de Patricia pendant tout le trajet du retour. « Grâce à elle j’ai passé une superbe journée et je me suis bien amusée, il faut que nous l’invitions à dîner un de ces soirs. J’aimerai bien la connaître mieux ! » « Pas de souci ma chérie, je vois cela avec elle lundi et je te dis quand elle peut venir dîner à la maison. »
Le lundi suivant Patricia et moi avons échangé sur la petite fête de notre patron. « En tout cas Patricia, tu viens de te faire une amie…Anne n’a pas eu assez d’éloge pour parler de toi de tout le week-end ! Elle aimerait beaucoup mieux te connaître et t’inviter à diner un de ces soirs, serais-tu libre par exemple vendredi soir ou samedi soir ? » « Ton amie m’a vraiment charmée et j’ai passé un très bon moment avec elle…. C’est une femme surprenante qui gagne à être connue je t’assure ! …Ce sera avec plaisir, mais je voudrais en parler à mon ami qui ne pouvait pas venir samedi. Je veux être sûre qu’il n’a rien prévu pour nous ce week-end ! » « Dis-lui de venir avec toi, je me sentirai moins seul… » dis-je en souriant « On en reparle tout à l’heure, je dois préparer mon déplacement en Argentine et aux Brésil du mois prochain » « OK on en reparle à midi si tu veux » » OK »
Je me mis au boulot, prenant mes rendez-vous, gérant les démarches administratives de ce genre de voyage…. le temps passa très vite et je fus surpris par l’appel de Patricia : « tu bosses encore ou tu viens déjeuner avec moi au self en bas ? » « J’arrive »
- Alors tu as pu voir avec ton ami ?
- Oui et il est ravi de faire votre connaissance, mais tu dois savoir qu’il est un peu plus âgé que moi. J’espère que cela ne vous dérangera pas !
- Pourquoi veux-tu que cela nous pose un problème ?
- Je ne sais pas…. Je préférais te prévenir !
- Ne t’inquiète pas cela ne nous gêne pas du tout, nous venons tous les deux de grandes familles ou nous avons des frères et sœurs plus âgés que nous….
- J’ai aussi beaucoup parlé d’Anne avec Pierre, mon ami, Elle m’a troublée ton amie ! Je suis très heureuse de mieux la connaître. Si vous êtes d’accord nous sommes libres vendredi soir. Pierre préfèrerait que cela se passe à la maison c’est possible pour vous ? Anne ne sera pas vexée ?
- Je ne pense pas, mais attends deux secondes je vais l’appeler et te la passer vous allez voir cela ensemble.
J’ai appelé Anne et je lui ai passé Patricia et je suis remonté travailler. Quelques minutes après, Patricia remontait me rendre mon téléphone. Nous nous sommes mis à parler de choses et d’autres puis elle est revenue sur son appel.
Nous avons convenu Anne et moi de faire les boutiques vendredi toutes les deux. Je ne veux pas être désagréable mais elle a vraiment besoin de se relooker elle fait un peu grand-mère avec ses robes bien sages…. Dit-elle en riant
C’est vrai qu’elle ne sait pas vraiment choisir ses vêtements…c’est une bonne idée que tu l’aides à refaire sa garde-robe … En ce moment je n’ai pas beaucoup de temps à lui consacrer en semaine, ce voyage en Amérique du Sud me prend beaucoup de temps à préparer et les formalités n’en finissent plus ! Tu sauras beaucoup mieux que moi la conseiller dans le choix de ses tenues !
Ne t’inquiète pas je vais la relooker complètement tu ne la reconnaîtras plus !
N’oublie pas les sous-vêtements, les siens font vraiment grand-mère !!! dis-je en riant
Patricia est repartie dans son bureau. J’ai passé beaucoup de temps sur mes dossiers et je n’ai pas vu l’heure passée ! Je suis rentré tard à la maison ou Anne s’impatientait quelque peu. Elle était cependant très excitée car Patricia était passé la voir et avait commencé à faire le tri de ses affaires avec elle… Il ne restait plus grand-chose dans sa penderie !!! J’ai pris une douche pour effacer la fatigue de la journée puis nous avons longuement fait l’amour et elle a beaucoup joui …pensait-elle à moi ou à Patricia ????
La semaine passa très vite, Anne essayait de mettre en pratique les conseils de Patricia pour se maquiller ; il y avait du mieux mais ce n’était pas encore cela…. Le vendredi Patricia est arrivée avant même que je ne sois parti au boulot. Toujours pimpante elle semblait ravie de passer la journée avec Anne…Au programme tournée des boutiques, esthéticienne …un programme chargé ! J’avais hâte d’être de retour pour voir ce qu’elles avaient pu dénicher comme trésors ! La journée s’éternisa, j’avais l’impression que cela n’avançait pas ! A 17h n’en pouvant je ramassai mes affaires pour rejoindre la maison ! A peine dans la voiture un sms d’Anne : Mon Chéri on se retrouve directement chez Patricia, je t’aime !
Je rentrai à la maison pour prendre une douche et me changer, je ne sais pas pourquoi mais je pressentais une soirée particulière. La façon dont Patricia tournait autour d’Anne me parut suspecte et terriblement excitante je dois le reconnaître ! Je pris une bonne douche et me préparai pour aller rejoindre Anne et nos amis.
Il était 19h quand je sonnai à la porte de Patricia. Elle était sublime en robe noire assez moulante et boutonnée sur tout le devant. J’ai failli ne pas reconnaître Anne, en tailleur crème, veste croisée et jupe droite boutonnée, les cheveux beaucoup plus court et maquillée divinement. Je suis resté bouche bée en découvrant Pierre…. Nous nous connaissions depuis de nombreuses années. Je n’avais pas fait le rapprochement entre mon ancien Maître, censé être parti en Asie, et Pierre le nouveau copain de Patricia. Comment pouvait-il être là ?
Bonsoir Bruno, je suis particulièrement content de te voir en aussi bonne forme !
Moi aussi Pierre je suis content de vous voir, même très , très content après toutes ces années ! Cela fait combien de temps ? 9ans ?
Vous vous connaissez ? demandèrent d’une même voix les deux filles ?
Oui répondit Pierre, Bruno et moi avons vécu une histoire forte pendant presque trois ans et j’en garde un souvenir ému !
Oui une belle histoire ! confirmai-je
Anne ma chérie tu es magnifique ! ce tailleur te va à ravir ! on le croirait taillé sur mesure !
Merci mon chéri mais c’est surtout Patricia que tu sois remerciée sans ses conseils je n’aurai pas osé une telle tenue !
Les deux filles s’assirent dans un canapé et Pierre et moi dans le canapé leur faisant face. Pierre pris la direction des opérations pour servir l’apéritif, un Champagne de bonne maison. Il fit le service et je me vis faire un petit clin d’œil à Patricia … Presque aussitôt celle-ci se leva et alla chercher des toasts dans la cuisine. Nous nous mîmes à parler de choses et d’autres. Quelques minutes plus tard, Patricia profita d’un mouvement d’Anne pour poser sa main sur sa cuisse, ne bougea plus, tout en continuant de parler avec elle…Pierre et moi continuions de parler comme si de rien n’était. Patricia caressait doucement la cuisse de sa voisine, sans que celle-ci ne n’ébauche le moindre geste pour la lui enlever…. Voyant cela elle glissa doucement sa main sous la jupe d’Anne et recommença sa caresse très légère…. Anne rosissait mais n’enleva pas la main de Patricia, elle semblait prendre plaisir à ces caresses, lentement elle entrouvrit les cuisses laissant libre passage à la main de Patricia.
Je te fais visiter Bruno ?
Volontiers Pierre.
Nous avons laissé les deux filles à leur discussion pour visiter l’appartement de Patricia. Pierre en profita pour me demander si j’avais eu ‘autres relations homosexuelles ou un autre Maître.
Non, Pierre, je n’ai eu personne depuis ton départ mais cela m’a longtemps manqué !
Patricia a totalement flashé sur Anne. Est-ce que cela te pose un problème ?
Flashé jusqu’à quel point, Pierre ?
Je crois qu’elle aimerait apprendre à Anne à devenir une vraie femme !
C’est-à-dire ?
Elle veut la prendre en main, lui dévoiler sa vraie personnalité ! Tu sais Anne est une véritable soumise et toi je ne crois pas que tu sois vraiment un Maître !
C’est le moins que l’on puisse dire ! dis-je en souriant et en repensant à notre relation passée
Tiens regarde….
Pierre a sorti son téléphone et m’a fait voir ce qui se passait dans le salon pendant notre absence. Anne avait les cuisses largement ouvertes et Patricia l’embrassait goulument… Je n’avais pourtant remarqué aucune caméra !
J’ai mis des caméras espions un peu partout cela me permet de voir ce que fait Patricia et aujourd’hui cela nous permet de voir les réactions d’Anne !
Futé, je vois que vous êtes toujours aussi pervers ! dis je en souriant
Nous allons revenir au salon, normalement Patricia va bloquer la cuisse d’Anne on va tout de suite savoir si elle est vraiment soumise, dans ce cas elle laissera ses cuisses ouvertes ou non si elle les ferme !
Nous sommes revenus nous asseoir en face de nos compagnes. Patricia avait la main très haut sur la cuisse d’Anne qui ne bougea pas quand nous nous sommes assis ! Elle avait les joues bien rouges et regardait Patricia en la suppliant silencieusement, mais cette dernière ne lui permit pas de refermer ses cuisses !
D’où j’étais j’avais une vue plongeante et voyais très bien un petit string noir qui ne cachait rien de sa toison. Cela ne faisait pas beau du tout !
-tu es très belle ainsi ma chérie, mais il te faut absolument te faire raser ou épiler ce sera encore plus jolie à regarder ! Mais je ne connais pas ce petit string tu devrais nous le faire voir un peu mieux…Tu veux bien ?
Patricia prit la parole
- Anne ma chérie je te demande de retirer ta jupe et ta veste pour que Bruno puisse admirer tes nouveaux sous-vêtements !
- Tu, tu crois que c’est une bonne idée ?
- oui ma chérie fais moi ce plaisir
Anne déboutonna sa jupe et sa veste qu’elle fit glisser à ses pieds. Elle nous apparut en string et soutien-gorge balconnet noir. Ses petits seins étaient offerts à notre regard, les pointes dures de plaisir et de honte.
Tu es magnifique ainsi ma chérie, lui dis-je, ce petit soutien-gorge seins nu te va à ravir.
Nous avons essayé tout à l’heure un corset en cuir fauve qui allait très, très bien à Anne, mais elle n’a pas voulu le prendre pour ce soir. Par contre je suis d’accord avec toi Bruno, Anne doit absolument se faire épiler totalement elle n’en sera que beaucoup plus désirable.
Patricia se glissa derrière Anne et plaqua ses deux mains sur les seins d’Anne, les caressant doucement ce qui fit gémir ma compagne.
Tu réagis vite ma chérie tes seins sont tendus et tu as des tétons longs et sensibles c’est la preuve d’une grande sensualité !
Glissant sa main sur le vente d’Anne et atteignit très vite son pubis qu’elle caressa par-dessus le string…
Tu es trempée, tu es une sacrée coquine tu sais…J’adore cela !
Patricia chérie dit Pierre, fais voir à Anne tes corsets et guêpières peut être voudra – t elle nous faire voir à quoi elle ressemble avec !
Viens ma chérie je vais te faire voir ce que je porte aussi parfois même pour aller travailler à la demande de Pierre
Les deux filles s’éclipsèrent dans la chambre de Patricia
Pierre sourit en me disant :
Viens voir nous pouvons les voir sur mon téléphone. Patricia sait exactement ce qu’Anne va devoir porter et sans doute garder le reste de la soirée.
Tu as des caméras partout chez Patricia !
Dans sa chambre, le salon, la cuisine, la salle de bain….
Je t’en donnerai pour que tu puisses aussi surveiller Anne à tout moment, il y en a aussi dans sa voiture et dans son bureau. Cela se glisse partout , derrière un miroir, une glace, en haut d’une armoire …..puis tu les connectes à ton téléphone, rien de plus simple
Oui je veux bien Patricia sait que tu l’observe comme cela ?
Non c’est mon petit secret
Je ne dirai rien à Anne non plus
Tout en me parlant Pierre avait mi sa main sir ma cuisse et voyant que je ne disais rien était remonté jusqu’à mon sexe en pleine érection dans mon pantalon.
Tu as toujours les cages de chasteté que je t’avais offertes ?
Je n’en ai plus que trois, celle en silicone a fini par se dessouder et me faisait mal ! Il ne me reste que les trois en métal. Et les trois rosebudes également !
Crois-tu qu’Anne acceptera que vous reveniez demain pour diner ?
Je le pense oui, surtout si c’est Patricia qui lui demande !
Alors, je veux que tu portes une des cages, celle que tu veux et un rosebude demain soir !
Bien Maître
Cela me faisait tout drôle de réutiliser ce terme avec Pierre
Ce qui serait bien c’est que demain Anne reste coucher seule à la maison, tu crois qu’elle acceptera ?
Ce n’est pas un peu rapide ? Que Patricia passe dans la semaine et l’invite à passer le week-end je pense que cela passera beaucoup plus facilement, surtout si elle utilise son charme comme ce soir, il me semble qu’elle sait très bien s’y prendre pour obtenir ce qu’elle veut d’Anne !
Oui tu as sans doute raison
Si Patricia réussit a faire rester Anne de son plein gré demain soir, elle sera totalement à vous deux cette fois ma compagnie ne sera pas un frein à notre relation !
Tu veux dire que si Patricia réussit à convaincre Anne de rester demain soir nous pourrons en faire notre soumise.
Oui c’est exactement ce que je viens de dire Maître Anne sera à Patricia et elle pourra la dresser comme elle voudra. Je veux juste avoir accès à toutes les photos et vidéos pour suivre son évolution !
Mais et toi ?
Moi j’espère que vous, Maitre, vous me reprendrez comme soumis et peut être celui de Monsieur Paul si vous êtes toujours en contact avec lui !
Maître Pierre avait sorti mon sexe de mon pantalon et jouait avec comme autrefois. J’espérais qu’il me demande de caresser le sien mais aucun ordre ne sortait de sa bouche ! Voila les filles qui reviennent ….
Patricia et Anne arrivaient en effet dans le salon se tenant par la main. Anne portait un corset de cuir noir qui lui serrait fortement la taille et Patricia avait rasé le sexe de ma douce compagne. Je devais reconnaitre qu’elle était beaucoup plus belle ainsi !
Anne a accepté que je passe la prendre demain pour l’emmener chez mon esthéticienne. Elle lui fera une épilation beaucoup plus poussée que mon rasage approximatif ! j’ai laissé un message à Annie j’espère avoir sa réponse d’une minute à l’autre !
Anne pourquoi ne demanderais-tu pas à l’esthéticienne de Patricia de te faire une épilation définitive tu serais tranquille et toujours parfaitement lisse, cela te va si bien ! dit Pierre
Anne me regarda
C’est une bonne idée en effet ma chérie tu devrais demander à Patricia de voir cela avec son esthéticienne !
Anne regarda Patricia
Je veux bien lui demander Anne mais tu dois savoir que si je le fais tu seras définitivement à moi. Cela veut dire que tu deviendras ma soumise, celle que tu es au plus profond de toi et que je vais te faire découvrir ! es-tu prête à cela ?
Pierre et moi regardions les deux femmes sans rien dire, conscient que la moindre parole risquait de briser ce moment de décision.
Anne me regarda, puis regarda Patricia, puis me regarda à nouveau. Je voyais sa respiration hachée, visiblement elle avait envie mais très peur aussi. Ses seins dardait, tendus à l’extrème , les tétons turgescents .
Anne ma chérie, si tu en as envie offres toi à Patricia et à Pierre. Ils t’apprendrons à devenir la vraie femme que tu es au plus profond de toi. Moi ce que je désire le plus c’est que tu t’épanouisses totalement. Est-ce que cela te tente ma chérie ?
Oui cela me tente, répondit-elle d’une petite voix, mais cela me fait peur ! Je vais te perdre si je m’abandonne à Patricia ?
Non ma chérie tu ne me perdras pas, je serai à tes côtés pour te soutenir dans ce long chemin et moi-même je serai le soumis de Pierre.
Anne je ne te demande pas de réponse ce soir. Annie peux-nous recevoir demain à 15h30. Je passerai te prendre à 14h30 . Nous demanderons à Annie ce qu’elle en pense et tu prendras ta décision demain soir. Tu es d’accord ?
Oui Patricia je suis d’accord
Le reste de la soirée s’est passée sans avancée particulière.
Pendant le retour Anne n’a pas desserré les dents. Elle semblait encore sur son petit nuage , souriante et détendue !
Arrivée à la maison nous nous sommes couchés et Anne s’est endormie aussitôt !
Pendant le petit déjeuner elle me dit
Tu crois que je suis folle d’accepter la proposition d’Anne ?
Ma chérie, je ne te jamais vu aussi détendue et heureuse qu’hier au soir ! Tu crois que si tu n’étais pas vraiment, au plus profond de toi, celle que Patricia a su voir tu aurais pu d’abandonner ainsi ?
Non sans doute, c’est vrai que cela me paraissait tellement naturel avec elle !
Tu vois c’est qu’elle a su voir cette soumise bien cachée au fond de toi ! Tu sais tu es entre de bonnes mains ; je connais bien Pierre pour lui avoir appartenu il y a quelques années…
Tu ne m’avais jamais parlé de cet épisode de ta vie !
En effet, mais j’ai été le soumis de Mr Pierre et de Mr Paul pendant trois ans, ce furent des années merveilleuses et tu vois c’est avec émotion que je t’en parle, et avec plaisir que je recommencerai avec eux ! Ils ont su me faire évoluer, sans jamais me brusquer mais en me poussant à dépasser mes peurs et mes appréhensions.
Pourquoi as-tu arrêté alors ?
J’étais marié et pas encore prêt à divorcer d’une part et Mr Pierre a été muté dans le sud. Je me suis arrêté à ce moment-là !
Et si Pierre te demandait de redevenir son soumis ?
Si tu deviens la soumise de Patricia, alors oui j’accepterai volontiers de redevenir son soumis.
Merci Mon chéri, cela me rassure et me conforte dans l’envie de continuer plus loin avec Patricia et de lui demander de m’apprendre à devenir sa soumise.
Je crois sincèrement que tu ne peux pas avoir de meilleurs Maîtres que Patricia et Pierre. Mais il n’y a que toi qui puisse prendre la décision. Il y aura des jours difficiles, surement des moments ou tu auras envie de tout arrêter, mais ce ne sont que des paliers désagréables à passer…Tu trouveras ensuite une plénitude et un bonheur que tu n’as jamais connu !
Comment cela va se passer maintenant ?
Je ne sais pas ma Chérie, seule Patricia pourrait répondre à cette question ! Mais tu sais la vie de soumis ou de soumise c’est de se laisser porter, de ne pas poser de questions à son Maître ou à sa Maîtresse. Ce qui ne veut pas dire que tu dois tout accepter, tu peux et tu dois mettre des limites à ta soumission, mais une fois ce cadre fixé abandonne toi !
Des limites ? Quelles Limites ?
Je ne sais pas moi, par exemple qu’il n’y ai aucune marque visible quand tu es habillée « normalement », que quand un message vient de ta famille, ou un appel tu puisses le prendre ou rappeler rapidement, que tu n’acceptes pas tout ce qui est scato ou la trop grande violence…C’est à toi de leur dire avant de commencer !
Je vais y réfléchir…mais en attendant j’aimerai bien que nous fassions l’amour longuement….
Comment refuser une telle demande ma chérie…viens !
Après un déjeuner léger, Anne s’est préparée pour accueillir Patricia Elle portait une jupe cuir large, et un chemisier noir légèrement transparent. Pas de sg cela se voyait tout de suite. On voyait juste le corset noir qui faisait ressortir encore plus sa petite poitrine laiteuse.
- Tu es sublime ma chérie lui dis-je
- Merci , c’est gentil, cela me fait tout dôle de m’habiller ainsi. Que vont dire les gens que je vais croiser ?
- ils ne diront rien , ils te trouveront très belle et libérée. Voilà Patricia je pense…
En effet, un bruit de porte qui claque et deux secondes plus tard coup de sonnette
- Bonjour Bruno, Bonjour ma douce vous allez bien ? Tiens Bruno, Pierre m’a donné cela pour toi. Je crois que tu sais ce que c’est.
- Bonjour Patricia, merci oui je sais ce que c’est .Je vais m’en occuper tout de suite
Parfait, Pierre sera content ! Allez Anne, on y va...tu es très belle ainsi et très désirable…
Joignant le geste à la parole elle l’embrassât amoureusement tout en caressant sa poitrine qui réagit aussitôt, se tendant vers la main de Patricia.
A tout à l’heure Bruno, vers 19h ce sera parfait !
Je serai chez vous à 19h par de soucis
Sitôt parti je commençai à installer les cameras un peu partout dans la maison, notre chambre, je faisais comme Pierre me l’avait conseiller en grattant l’arrière de la glace sur 1cm² et j’y ai collé la camera . Connexion sur mon portable parfait cela fonctionne très bien et c’est quasiment invisible même en regardant de près. Petit coup de fil à Pierre pour l’informer que j’avais tout installer et qu’il pouvait connecter les caméras sur son portable.
Direction la douche...une longue douche bien chaude avant de mettre en place ma cage de chasteté et le rosebude de taille intermédiaire.
La cage a été des plus facile à mettre mais le rosebude fut un peu plus pénible. Cela faisait quelques années que je n’en avais pas remis….et de me sentir rempli me troubla et me donna une belle érection qui fut bloquée par ma cage...la vie de soumis reprenais ..le bonheur !
Petit sms de Pierre : « très bien mais il va falloir retravailler car la pose du rosebude a été difficile. Je veux que tu retires celui que tu as mis. Tu prends ton temps mais tu mets le plus gros pour ce soir. Tu le mettais très facilement quand je suis parti...ton corps va vite reprendre l’habitude. Penses à prendre les clés de ta cage avec toi….Il y en avait trois si ma mémoire est bonne..Je les veux toutes les trois ce soir. A tout à l’heure. »
« Très bien Maître je vais changer de rosebud et j’apporterai les clés ce soir… A tout à l’heure »
La vie de soumis reprenait vraiment !
J’enlevai aussitôt le rosebude moyen et me mis à travailler mon cul pour mettre en place le plus gros des trois. Cela m’a pris un petit moment et j’avais du mal à m’asseoir ensuite. Je me mis donc a faire du jardinage le temps que la douleur se calme et que la gêne disparaisse pour ne laisser place qu’au plaisir de me sentir bien rempli… Quand je me suis assis j’ai senti le rosebude bouger et s’enfoncer un petit peu plus en moi….c’était à la fois très bon mais aussi très humiliant…. Cela m’a fait bander et ma cage m’a vite rappelé à l’ordre !
A 19h précise je sonnait à la porte de Patricia. Depuis le départ d’Anne avec elle je me demandais ce qu’elles avaient pu faire tout l’après-midi toutes les deux...J’allais bientôt être fixé.
Pierre est venu m’ouvrir.
Bonjour Bruno tu vas bien ? J’ai vu que tu avais suivi mes instruction c’est très bien et je suis heureux de voir que tu es toujours aussi obéissant…
Bonjour Pierre, pour vous je le serai toujours !
Viens entre, il y en a une qui semble pressée de t’accueillir !
Je trouvai Anne, un grand sourire aux lèvres assises aux pieds de Patricia. Elle portait une longue robe presque treansparente, laissant voir sa nudité et son serre-taille
Tu as pris ta décision je vois …. je suis heureux pour toi, je sais qu’au fond de toi tu es une vraie soumise, peut être même une esclave née…. Malheureusement je ne suis pas un Maître mais comme toi un soumis… Avec Patricia et Pierre tu es entre de bonnes mains comme je te le disais encore ce matin ! Offres-toi sans retenue, abandonnes leur les rennes de ta vie, tu vas ainsi pouvoir découvrir ta vraie personnalité …. N’oublies jamais que je serai toujours là pour toi, Je t’aime ma chérie
Anne regarda Patricia avant de me répondre, comme celle-ci lui fit signe qu’elle pouvait parler…
Merci mon chéri, oui j’ai suivi tes conseils et demandé à Madame et à Monsieur de faire de moi leur soumise.
Tu as bien fait ma Chérie c’est une très bonne décision
Cela me fait peur, très peur même, mais je crois en effet qu’il me faut passer par là pour évoluer. J’espère que je serai à la hauteur !
J’en suis certain ma chérie
Me tournant vers Patricia
Bonjour Patricia…. Quand a-t-elle pris sa décision ?
Bonsoir Bruno, Chez l’esthéticienne quand nous avons parlé de l’épilation définitive. Il faudra trois rendez-vous pour qu’Anne soit totalement et définitivement lisse. Elle m’a demandé de le faire , comme je lui rappelai ce que cela voulait dire elle m’a dit qu’elle en était consciente et qu’elle voulait aller plus loin dans sa soumission avec Pierre et moi. J’ai pris rendez-vous pour mercredi pour le premier rendez-vous. Après nous sommes allés chez un ami tatoueur. Si tu es d’accord je veux la faire tatouer. Il y aura trois tatouage. Sur le pubis un S avec son numéro de soumise entouré de deux fouets, Pierre a fait son inscription sur le site Slavereg.com, son numéro sera : 05776-749, un deuxième sur le sein gauche ce sera ma salamandre, un troisième sur la nuque avec un code barre… Nous avons rendez-vous jeudi pour faire le premier des trois tatouages, ou les trois si elle supporte bien !
Tu n’as pas perdu de temps Patricia dis je en souriant mais en réalité très ému, ainsi Anne leur appartenait désormais. Ils étaient officiellement les Maîtres de ma chérie et le pire c’est que j’en étais fier !
Pierre, voici les clés que tu m’as demandé.
Merci Bruno cela ne te fait pas trop mal qu’Anne devienne ma soumise ?
Ta soumise ?
Sur le site slaveregcom on ne peut être qu’un Maître pour un ou une soumis(e) comme le compte est à mon nom je suis officiellement le propriétaire d’Anne. Mais rassure-toi pour le moment c’est Patricia qui en est la seule Maîtresse. Moi j’interviendrai un peu plus tard quand elle sera plus formée.
La sonnette se fit entendre à ce moment là.
Anne va ouvrir s’il te plaît !
Oui Madame
Elle apprend vite tu sais Bruno.
Bonjour Monsieur, Bonjour Madame, entrez je vous en prie.
Bonjour Paul, Bonjour Jeanine vous allez bien ?
Très bien Pierre Toi aussi ?
Elle est très bien ta petite élève, stylée, ravissante...manque peut être un peu de poitrine mais cela peut s’arranger rapidement désormais
Je ne te présente pas Bruno, tu te souviens de lui ?
Oh, Mon Dieu oui, mais je ne t’aurai pas reconnu….C’est bien de revenir voir ses anciens amis ! Tu rentres de nouveau dans le système ?
Bonjour Monsieur Paul, si vous voulez bien de moi ? Anne vous plaît ? J’en suis ravie, je pense que ce sera un très bon élément. Elle était ma petite amie…
Nouveau coup de sonnette
Va ouvrir Anne, ensuite tu retournes à ta place
Bien Madame
Bonjour Monsieur, entrez je vous prie ! Après avoir refermé la porte elle est partie se mettre à genoux sur son tapis près de la place de Patricia.
Bonjour Jean
Bonjour Pierre, Bonjour Paul merci de m’avoir invité à prendre un verre avec vous.
Bonjour Patricia, vous êtes superbe ce soir. Vous devriez venir au bureau plus souvent habillée ainsi.
Bonjour Bruno, content de vous voir
Bonsoir Jean, moi également
Il faut qu’on parle Bruno, je ne suis pas là vraiment par hasard. Je connais bien, très bien même Paul et il m’a demandé un petit service. Je vais mettre Patricia en arrêt pour quelque temps. Vous allez devoir prendre une partie de sa clientèle en main et je sais que vous le ferez très bien. Et je me suis dit que puisque vous partiez faire la tournée en Amérique du Sud ce serait bien de passer voir nos clients d’Amérique du Nord en même temps. Vu que vous êtes seul désormais j’aimerai que vous y alliez avant d’aller voir vos clients. Pouvez vous partir dans 10 jours ? Ma secrétaire va s’occuper des réservations et vous aurez la semaine pour prendre vos rendez-vous….D’accord ?
Comment pourrais-je vous refuser cela, Jean ? Il n’y a pas de soucis je vais m’organiser !
Anne fais le service S’il te plaît !
Oui Madame
En se levant la tobe d’Anne s’ouvrit largement nous laissant voir sa chatte totalement lisse. En se penchant pour servir les verres c’étaient ses seins que nous pouvions admirer, mis en valeur par le corset bien serré !
C’est vraiment dommage que tu n’ais pas une poitrine légèrement plus grosse, il faudrait juste la grossir d’un bonnet. Tu ne trouves pas Pierre ?
Oui Paul je suis d’accord avec toi. Anne va voir notre médecin attitré demain, nous verrons avec lui ce qu’il en pense. Mais une petite intervention permettrai de les augmenter légèrement ce qui serait beaucoup, beaucoup mieux ! Qu’en penses-tu Anne ?
Oui Monsieur, mes seins sont petits et vous avez raison une taille au dessus rendrait ma silhouette plus aguichante. N’est-ce pas Madame
Oui Anne, nous ferons ce qu’il faut puisque tu es d’accord !
C’est vrai dit Jean mais ses tétons sont de bonnes longueur, il ne faut pas qu’ils soient abîmés par l’opération !
Nous ferons attention !
De toute façon nous verrons cela demain avec notre médecin. Il nous dira ce qui est faisable et auprès de qui le faire.
Anne passa de Paul à Pierre à Jean puis à moi et termina par Patricia. Elle retourna s’installer sur son coussin au pied de Patricia sans se servir.
Une fois son verre finit Jean nous a quitté, en fait il ne venait que sur ordre pour me prévenir que je partais plus tot...cela aurait sans doute pu attendre lundi enfin ce n’est pas grave !
Quand Patricia donna le signal de passer à table, Anne alla à la cuisine. Quand nous fûmes installer Anne revint avec l’entrée et s’installa entre Patricia et la femme de Mr Paul, en prenant bien soin de remonter sa robe pour ne pas s’asseoir dessus. Un très joli spectacle ! Pour ma part je me suis retrouvé entre Mr Paul et Pierre. Très vite deux mains se sont posés sur mes cuisses, et l’une s’attaqua directement à ma braguette. La cage et le plug se faisait bien sentir et je devais rester droit pour que le Rosebud ne soit pas douloureux…. Se faisant j’offrais encore plus ma cage aux mains de mes voisins… Je ne sais pas ce que subissait Anne mais je voyais son visage rosir et sa respiration s’accélérer … Plus le dîner avançait moins Anne pouvait retenir ses soupirs . Peu avant le dessert, Patricia se pencha et lui glissa quelques mots à l’Oreille...aussitôt Anne glissa sous la table… Pierre mit son portable sur la table et nous pumes suivre sa prestation entre les cuisses de sa Maîtresse, qui ne cacha pas son bonheur ni sa jouissance. Puis ce fut le tour de la femme de Paul, qui succomba très vite elle aussi. Sur un regard de Paul je me glissai aussi sous la table pour satisfaire mes voisins. J’ouvris la braguette de Monsieur Paul, jouait un petit moment avec son gland du bout de ma langue, avant de l’enfourner le plus loin possible, je donnai des mouvements de t^te lents et jouait de ma langue en même temps, variant les pressions sur sa queue… Très vite j’obtins une longue giglée de sperme que j’avalai jusqu’à la dernière goutte. Je me dirigeai ensuite vers Pierre pour lui faire subir le même sort ! Le reste du dîner se poursuivit plus classiquement en parlant de tout et de rien.
Après le dîner, Pierre et Paul s’éloignèrent. Ils revinrent un bon quart d’heure plus tard. Pierre pris Patricia à part, Patricia hochait la tête mais ne semblait pas enthousiaste !
Anne Ma chérie tu as aimé cette soirée ?
Oh oui Madame
Tu es vraiment prête à devenir totalement ma soumise ?
Oui Madame je souhaite devenir totalement votre soumise et celle de Monsieur Pierre !
Très bien ma chérie, Alors nous allons te faire passer un test. Si tu vas au bout tu deviendras notre soumise à Pierre et moi. Tu es d’accord ?
Oui Madame, je ferai tout ce que vous voudrez !
Très bien Tu vas venir avec Pierre et moi Bruno va rentrer chez vous seul ce soir. Tu le retrouveras demain après-midi.
Bien, Madame
Pierre me pris à part
Ne t’inquiète pas cela se passera bien, elle va juste être exhibée et peut être offerte sur un parking que tu connais bien. Donne moi ton téléphone, je vais te mettre comme promis le lien avec toutes les caméras, tu pourras suivre ainsi sur ton téléphone.
Merci Pierre, Anne est désormais toute à vous. Je sais qu’elle fera une excellente soumise et qu’elle a la chance d’avoir deux Maîtres expérimentés pour la former. Prenez la bien en main, faites lui signer très rapidement son contrat d’esclave. Je suis sûre qu’elle sera à la hauteur de vos attentes !
Contrat d’esclavage, tu n’y vas pas un peu vite ?
Tu en connais beaucoup qui acceptent ce qu’elle accepte en même pas une journée ? C’est comme si elle avait attendu cela toute sa vie ! Allez je vous laisse avec votre nouvelle soumise…. Bonne soirée à vous trois !
Merci Bruno, bonne fin de soirée à toi aussi !
Une fois à la maison je me mis dans le canapé, j’ai mis en route le lien pour voir ce qui allait se passer pour Anne ce premier soir !
Pierre avait tenu parole et je pouvais voir en direct leur sortie nocturne. Je reconnaissais vite le parking ou ils arrivaient. C’est un parking extérieur, avec trois plateaux, Il est faiblement éclairé si ce n’est par les phares des voitures. Ils ont fait un rapide petit tour avant d’aller s’arrêter près d’un groupe de 5 ou 6 hommes. Je voyais Anne et Patricia discuter toutes les deux. Patricia avait sa main très haut sur la cuisse d’Anne et visiblement la caressait tout en lui parlant. Je ne pouvais hélas entendre quoique ce soit….C’était frustrant !
Pierre est sorti, a ouvert la porte à l’arrière et a fait signe à Anne de le suivre. Dehors, il l’a fait se mettre à genoux devant lui. Puis lui a mis un collier qu’il a fermé par un petit cadenas. Il a fixé une longue chaîne à ce collier et il a fait se remettre debout Anne. La tenant par sa chaîne il s’est dirigé vers le groupe d’hommes. Visiblement ils étaient attendus ! Pierre a donné la laisse au plus grand des hommes. Une montagne cet homme…. Pierre et lui se sont parlés, puis Pierre est retourné à la voiture. Nous étions plus loin du groupe et je ne voyais pas très bien….mais le peu que je voyais m’a permis de voir Anne se faire caresser, s’agenouiller pour sucer cette montagne humaine pendant un temps qui m’a semblé interminable…. Puis ce fut le tour des autres membres du groupe…. Ils devaient être une dizaine ! Quand tous eurent finit de se soulager, le plus grand fit mettre Anne à genoux, puis à 4 pattes devant lui et la prit longuement et assez violemment ! Il la ramena à la voiture toujours tenue en laisse. Pierre et lui discutèrent encore un peu et la voiture repartit…. Pierre coupa la caméra et je ne vis rien du voyage du retour !
Anne est revenue à la maison vers 15h le lendemain. Elle semblait fatiguée mais fière, sereine, épanouie. Elle était accompagnée de Patricia qui me raconta rapidement ce qu’avait dit le médecin ce matin.
- Anne est en pleine forme. Elle peut en effet se faire facilement opérer pour augmenter son volume mammaire, ce ne sera pas une opération compliquée.
Le Chirurgien lui glissera juste sous sa poitrine un petit coussinet de silicone pour lui faire gagner l’équivalent d’un bonnet. Notre médecin s’occupe de prendre les rendez-vous pour que cela soit fait le plus rapidement possible. Nous te dirons quand cela sera !
En attendant nous commençons l’épilation définitive mercredi. Pierre et moi voulons qu’Anne soit toute lisse pour la fin de semaine prochaine.
Jeudi elle sera tatouée mais seulement sur le pubis pour le moment. Mais ce ne sera pas comme je l’avais prévue initialement son numéro de soumise, ce sera la marque de Pierre.
Elle portera très vite à sa grande lèvre droite une plaque de propriété, ou là , serons gravés son numéro de soumise et le nom de son propriétaire.
Demain je viens chercher Anne après le travail. Après je serai en arrêt et je pourrai m’en occuper à plein temps. Soit je la garderai à la maison, soit je m’installerai chez toi...Mais je crois que ce sera à la maison, elle sera plus malléable pour commencer. Elle reviendra passer le week-end avec toi avant ton départ.
Pendant que nous parlions, plus exactement, pendant que Patricia me parlait Anne se tenait derrière elle, regardant par terre et ne manifesta pas la moindre émotions !
- Patricia reprit, ce soir c’est encore une femme libre. C’est son dernier soir ! Elle a juste deux obligations absolues. 1) Ne plus porter le moindre sous vêtements tant qu’elle est avec toi. 2) elle ne peut rien refuser à personne. Pour ce soir et jusqu’à demain je lui ai retiré son corset. MAis si elle veut le remettre tu le trouveras dans le sac. Tu dois juste bien mettre tous les crochets avant de serrer avec la clé qui est avec. A demain vous deux !
Patricia partie Anne se mit à pleurer à chaudes larmes.
Je suis désolée mon chérie, cela va beaucoup plus loin que ce que je pensais !
Que veux-tu dire par là ? Patricia et Pierre t’ont bien expliqué que tu serais leur soumise et que tu leur appartiendrai ?
Oui ils me l’ont dit mais je ne réalisais pas vraiment que je ne serai plus ta femme en acceptant !
Mais tu es et restes ma femme ! Disons que notre couple évolue et que pour le moment ce qui compte c’est que toi tu t’épanouisses totalement dans cette relation !
Tu es prêt à me laisser partir ? À me laisser devenir leur esclave sans rien dire ? Tu ne m’aimes plus ?
Au contraire ma chérie, c’est parce que je t’aime à la folie que je suis prêt à te laisser partir vivre totalement cette relation. Tu sais cela ne sera pas idyllique tous les jours ! Tu vas certaines fois pleurer et implorer pour qu’ils arrêtent…. Il te faudra être forte à ces moments là pour accepter les épreuves et continuer à avancer !
Tu me l’as déjà dit mon chéri !
J’insiste car si tu veux arrêter c’est maintenant ! Une fois que Patricia te fera franchir le pas de cette porte tu ne pourras plus faire marche arrière !
Elle me dit que je pourrai arrêter quand je veux !
C’est juste pour ne pas te faire peur ! Une fois embarquée dans cette expérience tu vas être coupée du monde extérieur, tu n’auras plus d’identité… tes papiers te seront retirés, plus de cartes de crédit, plus d’accès à tes comptes…. Tu ne seras que leur soumise !
Tu crois ?
J’en suis certain, je les connais un peu. Mais en même temps je n’ai jamais vu une femme accepter tant de choses en si peu de temps. Je te le redis tu es une véritable soumise. Et je sais que cette vie te plaira, car tu es faite pour cela !
Je te verrai quand même ?
Mais oui ma Chérie ! Réfléchis bien à tout cela cette nuit et demain matin ! De façon à savoir exactement ce que tu vas dire ou non à Patricia demain soir !
En attendant va prendre un bon bain la soirée d’hier a dû être fatigante et cela te permettra de te délasser !
Merci mon Chéri, tu es trop gentil…
je t’aime tu sais
Moi aussi..tu as raison la soirée d’hier a été éprouvante et en même temps j’ai beaucoup joui ! Me voir ainsi offerte à tous ces hommes m’a terrifiée, m’a fait honte et en même temps j’étais terriblement excitée !
Tu vois c’est bien ce que je te disais...tu es vraiment faite pour être une esclave ! Tu es merveilleuse ! Vas prendre ton bain !
Anne dans la baignoire, je passais un coup de fil à Pierre
Pierre je viens de discuter avec Anne, elle m’a avouée avoir été très excitée par la soirée d’hier au soir !
J’avais peur qu’elle se rebiffe et refuse….mais en effet quand elle est remontée dans la voiture Patricia m’a dit qu’elle était trempée ! Tu avais raison c’est une exception ! Je n’ai pas vu encore de femme réagir aussi vite et sans contrainte ! Nous allons en faire une véritable esclave. Paul va être ravi !
Tu penses la lui confier quand ?
Je pense que je vais la lui donner dès ton départ. Avec Patricia nous allons commencer à la former dès demain soir et de plus en plus tout au long de la semaine. Elle sera déjà bien préparée pour appartenir à Paul.
Très bien je suis sûre qu’elle s’abandonnera à toi. Je pense l’emmener dîner ce soir en extérieur des consignes ?
Oui retrouvons nous à la Baule aux C…… pour 20h. Nous serons avec une amie qui a été notre soumise avant de de venir une pensionnaire de Paul. On mettra Anne entre les deux filles.
Ok nous y serons
En vêtements qu’elle garde sa jupe en cuir, mais qu’elle mette un chemisier blanc plutôt que le noir. Je préviens le C……. pour ce soir.
A tout à l’heure
Je passai vite un deuxième petit coup de téléphone à mon patron pour le prévenir que je prenais ma journée du lendemain !
Quand Anne sortie de son bain, je lui proposai d’aller dîner en bord de mer….ce qu’elle accepta aussitôt !
Je te propose que nous allions dîner à La Baule, nous pourrons profiter de ce beau temps pour nous promener sur le remblai. Va te préparer...J’aimerai que tu mettes la jupe en cuir que tu portais tout à l’heure je te trouve très belle avec et un chemisier blanc. Bas noirs et escarpins pour que tu sois magnifique !
Si tu veux mon chéri
Je vérifiais rapidement que les caméras fonctionnaient bien dans la chambre et que Pierre ou Patricia pouvait surveiller ses faits et gestes. Les miens aussi d’ailleurs ! Ce qui me fit sourire.
Je la rejoignis pour me changer également… Un jean et une chemise blanche. Je gardais ma cage de chasteté bien en place et ce jean ne risquait pas de me poser des problèmes avec….
Pendant le trajet je ne pus m’empêcher de glisser ma main entre ses cuisses...Elle les ouvrit aussitôt me laissant un libre accès à sa chatte encore bien lisse. Ma caresse semblait lui plaire car je sentais une douce humidité apparaître sur mes doigts….
Arrivez à La Baule je me stationnais pas très loin du restaurant et proposais à Anne d’aller marcher un peu sur le remblai. Ce qu’elle acceptât avec plaisir.
Comme il faisait quand même un peu frais je lui proposais de mettre un châle sur ses épaules. Ce qu’elle accepta volontiers. Je l’embrassai longuement en jouant avec ses seins libres…. Ce faisant j’ai ouvert son chemiser un peu plus…. Mais elle sembla ne pas s’en apercevoir….Elle était vraiment sublime ainsi, ses seins presque entièrement visibles ! Nous fîmes ainsi une belle balade sur le remblai en attendant de nous diriger vers notre restaurant.
Quand nous sommes arrivés au C……… Pierre et Patricia étaient déjà la avec leur amie. Anne ne sembla pas plus surprise que cela de les trouver là, elle semblait même plutôt heureuse. Nous nous installâmes comme prévu, Anne entre Patricia et son amie, et Pierre et moi en face.
Nous parlions de toi Anne dit Pierre...je disais à Emelyne que nous avions sans doute avec toi sa remplaçante. Pour moi tu es vraiment LA Soumise par excellence. Tu es belle, tu aimes être dirigée, légèrement maso...si, si je t’assure. Patricia est très fière de toi !
Merci Monsieur
Patricia souriait et caressait doucement la cuisse d’Anne . Pierre mis son téléphone en marche pour que nous puissions voir tous les deux ce qui se tramait sous la table.
Anne avait bien remontée sa jupe et s’asseyant, se faisant Patricia et Emelyne pouvait remonter loin sur les cuisses de ma douce compagne. Cette dernière n’opposait d’ailleurs aucune résistance à leurs caresses.
Pierre commanda 4 coupes de Champagne et un verre d’eau pour Anne. Tout en prenant notre commande la serveuse ne pouvait détacher son regard du décolleté d’Anne. Elle pouvait voir la presque totalité de ses seins. En regardant rapidement autour de nous je me rendis compte que nous n’étions visible que par très peu de tables, pour le moment totalement vides. Patricia demanda donc à Anne d’ouvrir totalement son chemisier, Ainsi à chaque mouvement, même très léger, elle exposait sa poitrine à la vue de tous. Nous parlions de choses et d’autres en attendant d’être servis de nos apéritifs. Je vis Emelyne prendre dans son sac un petit pot. Elle mit un peu de la pommade sur ses doigts et l’étala sur le sexe d’Anne en insistant bien sur son clito et ses petites lèvres.
En regardant Pierre et Patricia tour à tour elle leur dit : l’effet devrait se faire sentir dans quelques minutes.
Puis se tournant vers Anne : Interdiction absolue de Jouir!
Avec Pierre nous regardions les jeux des mains sous la table, un moment interrompus, ils ont vite repris et pour amener Anne au plus près de l’orgasme. Pierre et moi pouvions voir sous la table le sexe béant d’Anne Ruisselé et son clitoris se gonfler et se dresser démesurément… Son bassin ondulait et elle se tendait vers les mains de ses deux voisines...Et nous pouvions voir tous les efforts qu’elle faisait pour ne pas le laisser éclater….
Elle fut temporairement sauvée par la serveuse qui apportait les plats…. Cette dernière semblait fasciner par Anne, sa tenue et son attitude. Était-ce fascinée ? Était-ce choquée ? Ou un mélange des deux...ce sera à creuser si Anne doit vivre en permanence chez Patricia et Pierre…..
A peine la serveuse partie, Patricia demanda le pot à son amie….
Je suis sure qu’Anne va adorer cela, ce soir ce n’est qu’un petit essai… mais je dois reconnaître que je suis très fière de ta réaction. Nous allons corser un peu les choses….. Et joignant le geste à la parole elle mit une belle noisette dans sa main et l’étala généreusement sur les tétons d’Anne et elle en remit également un belle noisette sur le clito de sa soumise…. La réction fût presque immédiate...Anne se mit à gémir et à se tordre dans tous les sens...visiblement cette pommade lui faisait beaucoup d’effet… Très vite ses gémissements se transformèrent en halètements puis en un râle de jouissance incontrôlable…. Anne s’affala sur la banquette incapable de se contrôler et jouissant sans retenue de longues minutes…
Tu as de la chance ma Chérie...ce soir tu es au repos donc pas de punitions
Non Patricia, même si elle n’était pas au repos tu ne pourrais pas la punir elle ne s’est pas touchée le moins du monde….Si tu veux être une Maîtresse respectée et bien servie tu te dois d’être honnête avec tes soumises...Ne te laisse pas embarquée par des impulsions !
Tu as raison Pierre je dois rester maîtresse de moi !
Allez pour ce soir laissez là tranquille les filles !
Anne redresse toi S’il te plaît
Oui Monsieur lui répondit Anne d’une voix à peine perceptible. C’était tellement fort je n’ai pas pu résister et gérer la montée de cet orgasme, je vous prie de m’excuser Madame et vous aussi Monsieur !
Nous t’excusons pour ce soir Anne. Rhabilles toi un peu s’il te plaît tu es limite indécente ainsi !
Oui Monsieur
Je souriais intérieurement, Patricia venait de se faire remonter les bretelles. Visiblement c’était Pierre le Maître de tout le monde !
Bruno, Patricia passera demain à 15h prendre Anne chez toi. Elle restera le reste de la semaine à la maison. Elle te retrouvera samedi matin et restera avec toi jusqu’à ton départ mardi.
Très bien Pierre, Anne sera prête demain à 15h.
Se tournant vers Patricia Pierre demanda :
Tu lui as dit ce qu’elle devait prendre avec elle ?
Oui Pierre mais ce ne sera pas grand-chose. Il faudra la rhabiller totalement vêtements et sous-vêtements ! Pour le este elle n’a rien !
Anne ne t’inquiète pas nous pourvoiront à tout cela petit à petit. Demain c’est une nouvelle vie qui commence pour toi ! Tu es toujours prête ? C’est la dernière fois ou tu peux encore te rétracter ! A partir de demain ce sera trop tard !
Oui Monsieur je sais que demain commence une nouvelle page de ma vie ! Je suis prête et je n’ai pas envie de faire marche arrière ! J’espère simplement que Bruno ne souffrira pas de trop de cet abandon !
Ne t’inquiète pas ma chérie ! J’ai été plus ou moins à la base de ta rencontre avec Patricia et Pierre, et si vraiment je n’étais pas certain que tu étais une vraie soumise je ne t’aurai jamais poussé à t’abandonner à eux ! Je savais les risques que je prenais et je suis certain que tu vas t’épanouir et être très heureuse en leur appartenant !
Nous sommes tous partis peu après. Anne s’assit la jupe relevée sur le siège, elle écarta légèrement les cuisses. Très vite j’ai glissé ma main sur sa cuisse en la remontant très haut...elle était trempée !
La pommade te fait encore de l’effet ? Ou c’est le fait d’appartenir à Pierre qui te rend aussi humide ?
Les deux je crois, j’ai terriblement envie de faire l’amour !
Hélas, tu sais que je porte une cage de chasteté et c’est Pierre qui a les clés. Je ne peux que te donner du plaisir de ma langue ….ou...non j’ai une idée !
Je continuai à caresser doucement Anne qui manifestait une excitation de plus en plus grande. Je me suis arrêté sur une ère de repos dont on m’avait dit qu’il y avait souvent des poids lourds qui se reposaient là et que c’était aussi un lieu de rencontres…. Pas de camions ce soir, mais plusieurs voitures étaient stationnées. Avec un peu de chance….
Si tu veux tu sors de la voiture et tu t’offres à tous ceux qui viendront….. Ce soir, sans doute pour la dernière fois c’est toi qui choisit….. si tu ne veux pas sortir….il te faudra te contenter de mes doigts et de ma langue ma chérie !
C’est toi que je veux et que je veux sentir au plus profond de moi….Pierre m’a donné une clé tout à l’heure en partant….Il m’a dit profites en bien …. Je comprends mieux maintenant ce qu’il voulait dire !!! Viens rentrons
En souriant j’ai repris le chemin de la maison...ainsi il avait donné une de mes clé à Anne ! Il n’était peut être pas si insensible alors ????
Tout le long de la route, j’ai fait jouir Anne en jouant avec son clito hyper sensible….Le moindre effleurement la faisait gémir et elle inondait littéralement le siège de la voiture…..La nuit fut constellée d’étoiles et nous avons fait et refait l’amour jusqu’à l’aube….C’était sans doute la dernière nuit que nous passerons ensemble et ou Anne serait libre de ses actes !
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Le fesseur Bordelais
J’ai rencontré il y a quelques années de cela maintenant un homme décédé depuis hélas, qui m'a administré de belles fessées aussi humiliantes que j'en rêvais... ma première rencontre avec Monsieur Edmond se déroula par hasard. Je passais plusieurs jours à Bordeaux et pour le travail et un jour entre midi et deux heures, j'ai été faire du jogging dans un endroit bien connu des bordelais, le Lac. il y a là un grand bois avec un beau parcours de promenade mais aussi de footing... et ce que je ne savais encore, de drague. Comme je faisais des exercices d'étirement, un monsieur m'adressa la parole et me dit que dans cette position, cela me faisait un beau cul, bien tentant pour la main qui voudrait le rougir ! je n'en croyais pas mes oreilles et en même temps ça déclencha en moi comme une envie irrésistible de tenter le diable... j'étais toujours dans le même position, penché sur le dossier d'un banc en bois, le long d'une des allées. Alors allez savoir pourquoi, j'ai osé dire à ce vieux monsieur, "encore faudrait il en être capable !" en deux temps trois mouvement, je sentis ses mains saisir l'élastique de mon short et le baisser, et je sentis alors une retentissante claque sur mes fesses ! il avait osé... j'en était abasourdi... et il m'a ceinturé, me serrant bien contre lui et a entrepris de me donner une fessée longue, méthodique, en ponctuant de phrase du genre "tu l'as pas volé celle là à provoquer comme ça", et encore "j'espère que tu as honte de te faire fesser par un inconnu dans ce bois" et puis enfin "il y a du monde qui approche, je vais te baisser la culotte"... j'ai eu comme un réflexe de défense et ai tenté de retenir ma culotte mais déjà il l'avait en main et la baissait rapidement. la fessée repris, je vis des hommes s'approcher, regarder, commenter et lui, le monsieur, leur disait "approcher,il aime ça le salopard, venez voir de plus près"... la fessée a duré un bon moment, des hommes sont venus, ont regardé, sont partis, d'autres sont passés en riant, bref, il me fessait comme si de rien n'était, imperturbable à mes protestations. Quand il en a eu assez, il m'a relevé pour "voir enfin le devant"...il a tâté mon sexe, il l'a caressé un peu puis m'a reculotté... et m'a donné son téléphone en me demandant de l'appeler pou une prochaine séance, chez lui. J'avais les fesses rouges et les cuisses écarlates car il ne les avait pas épargnées.... mon short remonté, on voyait les marques de ses doigts sur mes cuisses... il m'a accompagné jusqu'à ma voiture et m'a dit appelle moi vite... Je suis parti en voiture, me suis changé sur un parking et fais mon après midi de boulot... le soir venu, excité par ce que j'avais vécu entre midi et deux, je me suis lancé et j'ai appelé le monsieur. J'ai semblé le déranger, il était énervé au téléphone mais finit par me dire de venir quand même chez lui. Il m'a donné l'adresse, à Caudéran, banlieue chic, un bel immeuble. Il m'a demandé de venir habillé comme lors de notre rencontre... je me suis encore changé dans la voiture et j'ai sonné à l'interphone. Il m'a répondu après un long moment d'attente et m'a indiqué le troisième étage gauche. Arrivé sur le seuil, une porte s'ouvrit, il était là, et me fit entrer dans le salon. Gros choc pour moi, il y avait dans ce salon deux adolescents, cul nu, mains sur la tête, au coin. Comme je m'étais arrêté net sur l'entrée du salon, il me poussa et m'expliqua que ces deux garnements à qui il donnait des cours avaient été très désagréables, il leur avait donné chacun une fessée, normal quoi !
L'un des deux ado pleurnichait dans son coin, et l'autre tourna la tête vers moi... je en savais que dire... le vieux m'offrit un whisky, puis deux, et la tête me tournait un peu lorsqu'il m'annonça que puisque je l'avais appelé c'est que j'avais envie de recommencer l'expérience de midi.... je lui dit oui, mais que j'étais gêné par la présence des deux adolescents... il se tourna vers eux et se mit à rire, disant "ils en ont vu d'autres!". il enchaîna par "mais eux, leur fessée état méritée par leurs erreurs, leurs fautes, toi tu es un sale petit vicieux qui aime ça, c'est différent". Je me mis à rougir...il m'annonça alors que ma punition serait triple, que pour bien commencer, "un bon lavement te fera du bien"... je n'en n'avais jamais reçu et je ne savais pas de quoi il s'agissait vraiment. je ne voyais pas le rapport avec la fessée, je le lui ai dit, il m'a alors donné une gifle. Je suis resté complètement abruti par son geste et la douleur... il a alors demandé aux deux jeunes de se reculotter et de m'accompagner à la salle de bain. Le monsieur est arrivé dans mon dos avec un broc, rempli de je ne sais quoi, une canule et un tuyau de caoutchouc. Il m'a ordonné de me déshabiller et comme je n'allais pas assez vite, il m'a attrapé short et culotte et a tout baissé d'un seul coup. je me suis retrouvé à moitié nu devant lui et les deux ado... il a étendu un drap de bain par terre m'a fait allongé dessus, puis m'a mis de la vaseline dans mon petit trou serré et a enfoncé la canule... j'ai senti aussitôt un liquide chaud entrer en moi et des picotements envahir mon ventre assez vite. il m'a dit "retiens toi", en me massant le ventre... les deux jeunes se marraient du spectacle...quand le lavement a été fini, il m'a relevé, j'avais mal au ventre mais n'osais trop rien dire sinon gémir un peu... au bout d'un quart d'heure peut être je lui dit que ça allait tout sortir alors il m'a assis sur les toilettes et est resté là à me regarder me vider dans un bruit d'enfer... il m'a ensuite passé à la douche, et m'a ordonné de me rhabiller. Revenant dans le salon il me dit "j'aime que les garçons soient propres dedans comme dehors"... C'était ma première expérience d'un lavement, mais pas la dernière !!! mais quelles drôles de sensations j'ai éprouvé..le mal de ventre se transforma en une sensation de vide intérieur, de propreté aussi... Il me dit "maintenant que tu es tout propre, je vais pouvoir m'occuper de toi"... c'était totalement incongru, étrange comme sensation, je me retrouvé complètement docile face à cet homme qui aurait pu être mon grand père et qui parlait avec douceur mais fermeté. Il installa alors une chaise au milieu du salon, ordonna aux deux ado de s'asseoir en face, car "une fessée mes petits, il n'y a pas d'âge pour la recevoir et vous allez voir comment je la donne aux garçons de son âge, ça vous servira de leçon et vous donnera un aperçu de ce qui vous arrivera, à n'en pas douter."
il m' saisit par le bras, me bascula sur ses genoux et me donna une première fessée sr le short... au bout d'une trentaine de claques sur les fesses, il baissa mon short et mes fesses à peine couverte par ma culotte, dévoilaient déjà une rougeur, accentuée par la fessée de ce midi. Il demanda alors à l'un des deux ado de prendre des photos de ma fessée... Fessée qui recommença à tomber drue sur mes fesses, jusqu'à ce qu'il décide de me déculotter. Là, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai saisi l'élastique de ma culotte et m'y suis accroché pour ne pas me retrouver les fesses à l'air,je lui ai dit que la fessée avait assez duré que j'en pouvais plus et que je voulais partir. Il s'est mis à rire fort, "tu plaisantes j'espère ??? tu m'as appelé, tu savais très bien ce qui allait t'arriver alors tu vas y avoir droit jusqu'au bout!"... il a fini par me baisser la culotte, et a continué calmement mais fermement à me fesser le derrière... quand il en a eu assez, il m'a relevé et m'a mis au coin, mains sur la tête... Il me dit alors "sois sage et tu seras récompensé tout à l'heure"... un quart d'heure au coin et il me demande de revenir vers lui, confortablement installé sur un fauteuil... je crains le pire car suis encore cul nu... je vois sur la table basse des plugs, doges, et autres bricoles du genre... il demande à l'un des garçons de lui passer la vaseline et il m'enduit le petit trou jusqu'à y faire pénétrer un doigt puis deux.. il saisit un plug et me l'enfonce, il ressort, il le remet... il fait des va et viens puis l'enlève, et m'introduit un petit gode dans les fesses... les va et viens finissent par me procurer du plaisir je gémis mais cette fois de plaisir.. et je vois que les deux ado se caressent à travers leur pantalon...
je suis là, allongé sur le dos, les jambes remontées et un gode dans les fesses. Lui, il fait signe aux deux ado de se rapprocher et il déboutonne leur jeans, puis baisse leurs culottes et je vois deux petits sexes en érection, il 'ordonne alors de prendre celui du plus près de moi en bouche pendant que lui même prend l'autre.... tout en continuant à remuer le gode dans mes fesses... Comme il veut que celui qu'il suce me pénètre et que je m'y oppose, il me donne une nouvelle fessée, retentissante et je cède....vaincu par la douleur, l'humiliation et le désir...
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La fessée du 14 juillet.
C’était cet été, il faisait chaud, très chaud, et je dialoguais sur un site web avec un monsieur qui me disait aimer donner des fessées aux garçons indisciplinés quel que soit leur âge. Lui en avait 73. Il aurait largement pu être mon père. Et puis au fil de la conversation, c'est devenu plus chaud, plus intense et j'avais envie de le taquiner, alors je lui disait des "pas cap', des même pas peur, ..;" alors il s'est fâché bien sur, et il est monté en pression, me donnant l'ordre de venir chez lui pour recevoir la fessée largement méritée. Je n'avais rien à faire ce jour là et j'ai décidé de lui dire oui. Il m'a bien prévenu que une fois arrivé, je n'aurais rien à dire, rien à demander, rien faire sinon me soumettre à lui et à ses fessées, où que ce soit. J'ai dit banco et j'ai pris ma voiture. Des fesseurs j'en ai connu beaucoup, vraiment beaucoup, et en fait bien peu ont été à la hauteur de mes attentes, de mes espérances, alors je me suis dit, on verra bien. Je suis arrivé après environ une petite heure de route dans un petit village en fête, il y avait des gens sur la place, des gamins qui jouaient et crier dans les rues, un 14 juillet quoi ! A peine arrivé, je descends de voiture, vêtu d'un petit short très court façon culotte courte, en velours, et dessous une culotte blanche en coton comme exigé, le reste, tee shirt et chaussettes de tennis. Je me dirige vers sa maison et là j'entends des gamins dirent "tiens il va chez le père fouettard" ... j'en suis resté un peu surpris quand même. au petit portillon, je sonne et je vois arriver un fort gaillard d'1m90 au moins, et bien ses 100 Kg. Il est habillé en bleu de travail. il ouvre et me fait entrer sous le regard amusé des gamins. S'en apercevant le monsieur leur dit d'aller voir ailleurs sinon gare à eux. Ils déguerpissent aussitôt. A peine entré dans sa cuisine, je reçois une énorme claque sur les fesses qui me fige direct ! il me prend par le bras, me pousse vers la table de cuisine, me penche dessus et sans dire un mot commence à me flanquer une énorme fessée sur les cuisses nues et les fesses protégées par le short en velours. Une vingtaine de claque après, il s'arrête, il va se chercher une bière, s'assoie, et commence à boire directement à la canette. je ne sais pas quoi faire alors je ne bouge pas. J'attends. Il se relève enfin, viens vers moi, et d'un geste brusque me descend le short et la culotte à moitié. il regarde mes cuisses, mes fesses, puis il prend enfin la parole et me dit que ce n'est que le début, que je ne suis pas venu pour rien et que, comme je l'ai bien énervé sur le "Chat", je vais déguster grave ! Il prend une chaise, et s'assoie dessus puis e dit de venir vers lui, j'avance à petit pas, entravé par mon short sur mes chevilles, il me couche sur ses genoux et là, je prends une de ces fessée mon Dieu comme rarement j'en ai prise. Les claques n'arrêtent pas de plus en plus en plus fort. Il s'arrête enfin, je suis toujours en culotte blanche, effondré sur ses genoux, il me relève et se lève aussi, il a chaud, il ouvre grand la porte et les deux fenêtres de la cuisine, celles qui donnent sur la rue. Il revient il me courbe sur la chaise, et me fait écarter les jambes un maximum...pas facile avec le short sur les chevilles... je le vois enlever sa ceinture, je sais que c'est pour mes fesses, je tremble de peur car il 'a déjà fait très mal, mais j'ai promis de ne rien dire de ne rien faire et de me laisser faire alors je me laisse faire. j'entends des gloussements derrière moi, sans doute des gamins devant les fenêtres ouvertes ! et le premier coup tombe, sur mes cuisses, ça fait mal, ça gifle ça cingle, je cris, je gémis, je sens des larmes monter dans mes yeux. Il continue, et alors que je ne m'y attends pas, il me baisse la culotte d'un coup sec, et la fessée reprend de plus belle, les coups de ceinture me vrillent les fesses, j'entends des rires, des gens qui parlent, qui se moquent, mais je ne vois rien. Je suis là, déculotté devant des fenêtres ouvertes, recevant la fessée et je ne réagi pas. Je subis. La fessée s'arrête. je respire un grand coup et sèche mes larmes qui coulent à flots tant j'ai mal... il quitte la pièce, mais revient vite avec des baguettes de noisetier dans la main... Il me dit que je vais goûter ça et que je vais apprécier leur souplesse !!! tu parles, ça fait encore plus mal que je ne pensais... je sens comme des griffures à chaque coup reçu, je me remets à pleurer à chaudes larmes, rien ne les arrêtent et j'entends toujours des rires derrière moi...Le spectacle de mes fesses écarlates et fouettées par les verges doit être magnifique tant j'entends des "ohhh" des "ahhh".... Puis ça s'arrête. La fessée est finie, il me le dit. Il me prend par le bras et m'entraîne vers sa salle de bains, et me plante devant un grand miroir et me dit "regarde tes fesses'. Je tourne la tête et découvre le spectacle de mes fesses rouges, mais rouges !!! et mes cuisses !!! les marques de la ceinture, les marques des verges de noisetier y sont incrustées limite ça saigne tant j'en ai pris... je suis effaré de l'état de mes fesses... il me dit de m'allonger par terre, sur le dos et de relever les jambes. je le fais. il prend un bocal et je m'aperçois qu'il y a un tuyau au bout et une canule. Il remplit le bocal d'eau tiede et savonneuse, je ne sais pas ce qu'il veut faire mais j'ai peur. Il m'introduit la canule dans mon petit trou, il déverse le bocal d'eau tiède dans mes fesses... ça démange, ça chauffe, je sens mon ventre qui gonfle qui gonfle, j'ai mal, je le lui dit, il s'en fout ! puis enfin il arrête et me demande de me retenir, au moins 15 minutes, j'ai des crampes je n'en peux plus... enfin il me conduit aux toilettes et je me vide devant lui avec des bruits pas possible... il me relève, m'essuie le derrière et m'enduis de vaseline... je sais ce qui va m'arriver, j'ai deviné... il me ramène dans sa cuisine, il me penche sur la table et là, d'un coup sec, il me pénètre avec un gode... j'ai mal, très mal au début, mais il sait y faire et bientôt j'atteins comme un orgasme ! il me retire le gode, Il m'ordonne de me reculotter, ce que je fais non sans douleur car le coton de ma culotte me brûle, me fait mal... et le short remonté je m'aperçois avec horreur et honte qu'il ne cache pas les marques et rougeurs de mes cuisses... comment vais je partir avec tous ces gens dans les rues, ces gamins qui ont sans doute tout vu ??? J'ai honte, terriblement honte d'avoir demandé et mérité cette fessée. Les fesses me cuisent, les cuisses chauffent... Et là, le monsieur me passe la main dans les cheveux et me dit 'viens, on va aller boire un coup". Il m'entraîne avec lui, on sort de la maison, on va sur la place, là où une buvette est installée pour la journée, là où des gens boivent rient et dansent... je me sens comme un petit garçon qui vient d'être puni et que tout le monde va voir les cuisses rouges ne laissant aucun doute sur ce que le "père fouettard ' m'a fait. dans la rue, les gamins nous suivent et se moquent, je ne dois rien dire, je me tais. Arrivés à la buvette il nous commande deux bières, On est là, debout face à la buvette, on boit ensemble, la fraîcheur de la bière me fait du bien, mais des gens arrivent bientôt derrière nous, j'entends des murmures, des chuchotements, et des rires d'adultes. Un gars dit au monsieur, "eh bien celui là tu l'as pas raté ! il a du t'énerver beaucoup !" et le monsieur répond "oh mais c'est pas fini, je fais une pause mais après il y aura encore droit !". là je dis stop. et je me retourne comme pour cacher mes cuisses zébrées à la vue des gens. je vois alors des hommes, des femmes, de tous âges, et une femme me dit "vous savez, c'est pas pour rien qu'on l'appelle le père fouettard, beaucoup ici y sont passés" !!! je ne sais plus où me mettre et ça rit autours de moi, et ça se rappelle des souvenirs du père fouettard !!! Une femme, jeune, qui vouvoie le père fouettard lui demande si mes fesses sont aussi rouges que mes cuisses... j'y crois pas, elle veut voir !!! et tous veulent voir. Pour sur comme dit un gars, il est pas d'ici çui là !!! alors le père fouettard me tire par le bras, et dit aux adultes présents, vous voulez voir, ben venez ! ... il 'entraîne derrière la buvette, près de l'église, et là, s'étant assuré qu'il n'y avait pas d'enfants, il me baisse le short et me déculotte complètement pour exposer mes fesses. j'entends des ohhhh de surprise et une femme dit "le pauvre il a du souffrir"... je me retourne, je suis en larmes, je me sens tellement humilié par ce vieil homme, par ces gens qui me regardent.... et là le vieux me flanque deux claques sur les fesses et il me reculotte lui même; me disant que je pouvais partir. J'ai traversé le village en larmes les fesses et les cuisses brûlantes sous les quolibets des gamins "il a pris la fessée euh il a pris la fessée euh ..."
Je monte dans ma voiture, je rentre chez moi...là il me faut me garer, et revenir à pied jusqu'à l'appartement... je croise un jeune couple et j'entends des rires derrière moi.... je monte l'escalier, et je croise la dame du deuxième étage, elle se retourne, et me lance un " eh bien on eu droit à sa fessée aujourd'hui ? c'est pas trop tôt, avec le bruit que vous faites et votre impolitesse il y a longtemps que je rêvais de voir ça"... je suis rentré chez moi, n'osant plus sortir !
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Weekend en Normandie
J'ai accepté l'invitation d'une vieille copine que je n'avais pas revu depuis quelques années. Elle a 41 ans, et je l'apprécie vraiment. on se téléphone souvent mais l'éloignement géographique nous a un peu séparé. Mais voilà, j'ai accepté et j'y suis allé en voiture... Lorsque je suis arrivé chez elle, j'ai entendu à travers la porte des cris et des paroles fortes, ça bardait à l'intérieur c'est sûr ! j'ai sonné et Céline est venue m'ouvrir la porte, les yeux rouges... je lui ai de suite demandé ce qui se passait et elle m'a dit que son père était là et qu'il était en train de la gronder car elle avait oublié de faire des papiers pour lui, bref, un truc sans grande importance mais son père a toujours été très autoritaire.
Son père, il y a bien longtemps que je ne l'avais pas vu, et s'il a vieilli, il reste toujours aussi massif et costaud. Il m'a salué et m'a dit de m'asseoir, et il a repris son engueulade sur Céline. Celle ci n'en menait pas large, mais sans doute parce que j'étais là elle a tenu tête à son père et l'a même renvoyé bouler plusieurs fois de suite. A ma grande surprise, le père qui était resté debout, s'est précipité sur sa fille, l'ou courbé sous son bras gauche et lui a asséné une violente fessée de sa main droite. J'étais sidéré par cette scène invraisemblable, et très troublé aussi je dois bien le dire. Céline s'est débattue, de toutes ses forces pour échapper à son père et a fini par dire "pas devant lui s'il te plait". Le père a répondu que ce ne serait pas la première fois ni a dernière fois qu'il lui flanquerait la fessée, qu'il y ait du monde ou pas.
le père a relâché Céline pour la reprendre tut de suite par le bras et l'a traîné vers une chaise où il s'est assis et d'un coup sec il a fait basculer ma copine en travers de ses genoux, relevant de suite sa jupe et me dévoilant sa culotte en coton blanche J'étais sur un nuage mais quand même, j'ai trouvé l'attitude de ce père très injuste et franchement déplacée, surtout devant moi. Qu'il fesse sa fille de 41 ans déjà ça me sidérait mais devant mi quand même il abusait ! je le lui ai dit, et alors qu'il était en train de déculotter Céline qui éclatait en sanglots, il m'a dit "toi, tais toi ça ne te regarde pas, et si tu insiste fais bien gaffe à toi !". j'insistais en lui demandant d'arrêter de suite cette fessée, je lui ai dit que j'étais choqué de son attitude et bien mal à l'aise pour Céline. Il a continué à fesser sa fille comme si ce que je lui disais ne l'atteignait pas et quand Céline a eu les fesses bien rouges et il l'a relevé, sa jupe est retombée sur ses fesses, sa culotte aux chevilles, il lui a ordonné de relever sa jupe et de la garder au dessus de ses fesses pour bien voir le spectacle de ses fesses rouges. Sans attendre, il s'est levé, il s'est littéralement jeté sur moi, m'a pris le bras, l'a tordu derrière mon dos, puis a déboutonné mon jeans, l'a descendu et à mon tour m'a couché sur ses genoux. il a commencé à me fesser de ses grosses mains, et plus je gesticulais et protestais, plus il tapait fort. Céline en larmes à supplier son mère d'arrêter mais lui, pris dans sa frénésie, n'en n'a eu cure et a continuer à me fesser à une cadence rapide et avec une violence difficile à supporter, mes fesses me cuisaient, et je commençais à gémir quand il m'a d'un coup sec baissé la culotte. j'ai poussé un cri, je l'ai traité de malade, mais il a repris la fessée encore plus fort et encore plus vite, les coups s'enchaînant à une cadence redoutable.
Au bout d'un moment il s'est enfin arrêté, et m'a relevé, j'avais les fesses en feu et je me suis empressé de les frotter pour atténuer la chaleur...
Il m'a alors dit " ça t'apprendra à te mêler de ce qui ne te regarde pas"...
Il a alors demandé à Céline de faire enfin les papiers dont il avait besoin, ce qu'elle fit avec obéissance, et il est parti. Un grand silence s'est installé entre Céline et moi, chacun n'osant se regarder ni se parler... Elle a fini par m'offrir un verre t nous avons parlé enfin, de ses fessées, que son père lui donne encore régulièrement, m'a t'elle appris, et elle s'est confondue en excuses pour ce que son père m'avait fait... j'ai fini par lui avouer que des fessées j'en recevais aussi, et que j'avais un goût prononcé pour les fessées que j'aime recevoir régulièrement. Elle m'avoua alors qu'elle aussi avait pris goût à ces corrections, mais que par son père...
La journée s'est déroulée en visite de sa ville, de ses monuments, de son port et de sa plage... le soir nous sommes allés dîner dans une brasserie et y avons retrouvé son père et sa mère attablés un peu plus loin, avec un autre couple d'amis à eux. On a été les saluer et le père de Céline, en rigolant nous a dit"pas trop mal en vous asseyant ?" Céline a rougi et moi comme un idiot je l'ai rembarré en lui disant "mais ça va pas d'insinuer des choses comme ça" et je lui ai tourné le dos pour aller à notre table... le dimanche vers midi, alors que l'on rentait du marché, le père de Céline nous attendait devant la maison. Surprise, Céline lui a de suite demandé si quelque chose n'allait pas dans les dossiers qu'elle avait remplie la veille, il lui répondit que non, de ce côté là tout allait bien, mais qu'il avait un truc à voir avec moi. On est tous rentré au chaud dans la maison, et il m'a demandé si je savais pourquoi il était là. J'ai répondu non alors il m'a reparlé de la veille au soir, de ce que je lui avais dit, de mon impolitesse devant ses amis et sa femme. Alors que Céline préparait en hâte l'apéritif, il m'a demandé des excuses. Me souvenant de la veille, j'ai présenté mes excuses, rapidement. trop sans doute car ça ne lui suffisait pas. Il m'a alors dit "tu sais, je sais reconnaître les soumis, j'ai bien vu hier ton attitude quand je t'ai donné la fessée". je suis devenu tout rouge et j'ai baissé la tête. Je savais ce qui allait m'arriver... Céline aussi avait compris mais elle ne dit rien, évitant de s'en prendre une autre ! il s'est approché de moi, a défait la ceinture mon jeans, la enlevée et m'a baissé le pantalon. j'étais là, debout au milieu du salon, le pantalon aux chevilles, en culotte, pendant qu'il prenait une chaise et s'installait. Il me dit d'approcher, j'ai obéi, vaincu, et il m'a allongé sur ses genoux comme la veille, et il a remonté ma culotte entre mes fesses pour bien les dégager et a commencé à me fesser à la main. Puis, s'arrêtant enfin, il m'a fait relever, m'a fait me courber sur la chaise, et il a pris ma ceinture d'une main tout en me déculottant de l'autre. Je n'ai rien dit, je n'ai pas protesté, je savais qu'il allait encore me fesser, devant Céline, mais au fond de moi et il le sentait bien, j'en avais envie et j'en avais besoin. Alors il m'a cinglé les fesses avec ma ceinture, jusqu'à ce que je crie "assez s'il vus plait". Il s'est enfin arrêté après quelques coups de plus, m'a redressé et m'a fait rester debout. Il a dit à Céline "l'apéritif est prêt ? " Elle nous a servi, et moi, toujours debout, la culotte sur les chevilles, les fesses rouges et le zizi à l'air tout pendant, j'ai pris l'apéritif avec Céline et son père. la scène était insensée et surréaliste. Quand il a fini son verre, il s'est levé, il nous adit au revoir et il est parti, en me disant "reviens quand tu veux Julien"...
Je n'osais même plus bougé, tétanisé par ce qui s'était passé et c'est Céline qui m'a ramené à la réalité en me disant "reculotte toi donc" ! J'ai remonté ma culotte et mon jeans, remis ma ceinture et nous sommes apssés à table. Avant de partir, Céline et moi avons beaucoup discuté, nous avons fait l('amour et elle m'a passé une crème sur mes fesses...
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Une collègue de travail
L'une de mes anciennes collègues de travail m'a surpris un lundi, alors que j'étais au bureau à faire mon reporting de la semaine, à répondre à un mail explicite, puis que le titre du mail était " alors ta fessée !!!" et que des photos accompagnaient le texte... Elle a lu par dessus mon épaule sans que j'y fasse gaffe puis m'a dit "toi ? tu prends des fessées ? tu aimes ça ? j'aurais jamais cru ça de toi !!!" Je suis devenu rouge de honte d'avoir été ainsi découvert. Elle n'a rien dit d'autre, mais vers le milieu de la semaine elle m'a invité à venir dîner chez elle le vendredi soir... j'étais surpris car on n'était pas très proches, juste des collègues qui se faisaient la course aux résultats... j'ai accepté quand même me disant que ça me ferait une soirée à ne pas être sel et que ça changerait mes habitudes.
le vendredi soir, je rentrais de ma tournée chez les clients et ne pris pas le temps de passer chez moi. j'achetais un bouteille de vin de Bordeaux, du Grave,et me rendis à l'adresse qu'elle m'avait donné. Annabelle m'accueillit avec le sourire et me fit entrer, et me présenta un couple de ses amis présent pour la soirée. Je n'étais pas au courant que ce couple serait là et ça ne me gênait pas... Autant découvrir de nouvelles personnes, ça peut être intéressant. l'apéritif se passa sans histoire,on a bu, bien bu même et on est passé à table... En plein repas, Annabelle a lancé à ses amis " alors il vous plait Julien ? vous avez des points communs avec lui, en fait on a tous un au moins un"... Comme tout le monde levait le nez de son assiette, elle dit tout de go " ben oui, je l'ai surpris en train d'écrire un mail parlant de la fessée qu'il avait reçu le weekend dernier, et j'ai vu les phots !!!".. je suis devenu rouge comme une pivoine, je sentais venir le traquenard... Luc, le mari du couple, me demanda si c'était vrai et sa femme me dit alors "raconte"... Je ne pouvais rien dire, je ne voulais rien dire, j'étais tétanisé par ce que venait de dire ma collègue de travail... "Allez fais pas ton timide" me dit elle "j'ai tout vu et tout lu"... j'ai répondu que ma vie privée était privée et que je n'en parlerai pas devant des inconnus.
Alors Annabelle a repris la parole et m'a gentiment expliqué que ce couple charmant en face de moi, était un couple de fesseur, qu'elle connaissait leurs goûts, mais n'avait quant à elle pas cette attirance mais que elle avait déjà assisté à des fessées qu'ils avaient données...le piège venait je le savais , de se refermer sur moi... Solange, la copine de ma collègue me dit alors, "bon, si tu veux avoir une chance d'y échapper, c'est maintenant, raconte nous tes aventures de fessées"... je voyais une issue possible à ce piège alors je racontais tout... mes envies de me faire corriger comme un gamin, mes expériences dont celles avec Irène, et avec d'autres fesseurs, ils étaient captivés par ce que le leur disait et je sentais en moi monter une envie, un début de complicité... alors quand j'ai vu Luc se lever et s'approcher de moi je n'ai rien fait pour m'enfuir. je lui ai laissé me prendre par l'oreille et me faire me lever. il 'a conduit à sa chaise, qu'il a éloigné de la table il s'y est assit et a déboutonné mon jeans, en prenant soin d'enlever la ceinture. Mon jeans est tombé sur mes chevilles, je suis apparu à eux en culotte blanche à petite fleurs, un modèle féminin que j'aime bien, et ils ont pouffé de rire... il m'a allongé sur ses genoux, et a commencé à m'appliquer une fessée allant crescendo en puissance, jusqu'à me faire venir des "aïe" de douleur... Annabelle n'en perdait pas une miette disant à ses amis " lui qui si autoritaire dans le travail , si sur de lui, ça fait drôle de le voir comme ça mais ça me fait plaisir de le voir se faire humilier par un homme devant moi"... je devins tout rouge autant que mes fesses j'en suis sûr... Luc e fit relever et mettre mes mains sur la tête, pendant qu'il me baissait lentement la culotte, dévoilant mon zizi tout épilé..Solange dit "Oh, une quéquette de petit garçon !!!" elle m'ordonna alors de m'approcher d'elle, et recula sa chaise pour m'étendre sur ses cuisses, les fesses face à Anabelle. Elle reprit ma fessée là où son mari l'avait arrêtée, et me cingla les fesses et les cuisses d'une main puissante, puis, elle prit une cuillère en bis qui était sur la table et continua à me fesser avec jusqu'à ce que mes cris la fassent stopper la fessée... elle me releva, remonta ma culotte et de sa main replaça bien mon sexe dans la culotte et m'ordonna d'aller m'asseoir. nous avons continué le repas comme ça, comme si rien ne s'était passé. A la fin du repas, Annabelle proposa qu'on aille tous en boite échangiste et on y a été dans une seule voiture...Arrivé dans cette boite que je ne connaissais pas, je découvris un espace "bdsm" avec chevalet, table médicale avec trépied, croix de saint André, et des instruments comme des martinets en cuir, ds fouets, des godes, des pinces etc... je dis de suite "non pas de ça, et pas ici"... Solange m'a répondu "t'inquiète pas on est des sadiques"... mais je fus tout de même prestement déculotté et fessé cul nu devant une dizaine de couples, et plusieurs fois cette nuit là... j'ai eu droit au martinet, au paddle en cuir et à la canne anglaise... le lundi quand je suis revenu au bureau j'avais des marques aux fesses que Annabelle a voulu voir et qu'il a bien fallu que je lui montre, et j'avais du mal à poser mes fesses dans mon siège...
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Le Référent (Apex) : Il est le sommet de la pyramide. Son autorité dépasse le cadre de la simple pratique. Il est la figure tutélaire, celui qui définit le cadre de vie, l'identité et la direction de l'autre. Il ne joue pas, il incarne. Il est le garant ultime du calme mental du soumis, portant la responsabilité totale de la relation.
Le Maître / La Maîtresse : Le Maître possède et dirige. Il y a une dimension de propriété (symbolique ou contractuelle) et un engagement profond dans la gestion du quotidien du soumis. C'est un rôle de gestionnaire de vie.
Le Dominant : C'est le rôle de commandement actif. Son autorité peut être limitée à certains aspects de la vie ou à des sessions régulières, sans nécessairement englober la totalité de l'existence du partenaire.
Le Top : Dans la terminologie BDSM, le Top est celui qui "fait" la scène. Son autorité est souvent situationnelle et liée à l'action immédiate.
Le Joueur (Base) : Il représente l'entrée dans la pratique. L'engagement est léger, le cadre est renégociable à tout moment, et la notion de responsabilité à long terme pour l'autre est absente.
Les Rôles Satellites et Fonctions de Soutien
Pour être complet, il convient d'ajouter des nuances qui gravitent autour de cette hiérarchie :
Le Sadique : Sa motivation est centrée sur le plaisir de l'infliction de douleur ou de sensation forte, sans forcément chercher à établir une direction de vie.
Le Mentor : Un rôle de transmission. Sa fonction première est d'éduquer et de guider les nouveaux arrivants dans la hiérarchie.
Le Switch : Celui qui peut naviguer entre les niveaux de la pyramide (Dominant/Soumis).
Munimen
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Suite à dialogue sur un site de rencontre bi, un couple homme et femme avec l’homme actif cherchant un homme bi passif pour les satisfaire. Après discutions et échanges et avoir échanger test IST , puis dialogue au téléphone, rendez-vous pris, je m’étais préparé pour être bien clean de mon orifice anal , j’ai mis un plug pour aller au rendez afin que mon anus soit de suite disponible. Pas de sous vêtement mais un body résille , sans entre jambe, un simple jogging pour sortir.
Arrivé à l’adresse, je sonne une jeune femme m’ouvre , superbe en sous vêtement sexy, dans le salon surprise un autre homme est présent. Je me suis dit , c’est pas prévu , mais cela me plaît bien. Les deux hommes sont des mec sportif, portant juste slip moulant, montrant des belles formes prometteuses.
Marc et Paul la trentaine. Brève présentation , la jeune femme Caroline moins de 30 ans.
Il me demande alors de me déshabiller ainsi que Caroline. On s’exécute. Il retire aussi leurs vêtements, découvrant alors deux superbes bites, totalement épilées. Marc dit alors tourne toi un peu Eric et montre le plug que tu dis avoir mis et toi aussi Caroline montre à Eric tes jouets, elle avait deux plug vibrant chatte et anus que Marc pilotaient à distance et elle montre aussi un god ceinture de bonne taille.
Maintenant venez nous sucer. Nous nous exécutons, je prend le sexe de Paul en bouche et le sent gonfler, j’engouffre presque à fond sa bite , lui caressant les couilles, Paul me caresse les tétons, cela m’excite , je bande . Sa bite étant bien dur, Paul me dit met toi à quatre patte, écarte tes fesses , Caroline retires lui le plug. Qu’elle fit avec douceur me caressant le sexe ne même temps.
Paul mis un peu de lubrifiant sur ma fente et présentant sa bite à ma chatte anale , il rentra doucement, mon anus souple avec le plug, il pu rentrer alors bien à fond, et commença à aller et venir en moi, me caressant les tétons. Marc me mis alors sa bite dans ma bouche , je suçait et me faisait sodo en même temps, ma bite mouillait, Caroline sous moi me suçait pour boire ma mouille et ce masturbait en même temps,
Paul me pilonnait il finit par jouir en disant « tu es trop bonne ma salope », un fois jouis, il se retira et Marc pris alors la place de Paul et m’encula de suite sa bite était plus grosse et j’aime. Marc me baisa longuement je finis alors aussi par jouir, Caroline me suçant juste avant et avala mon sperme, Marc fini par jouir d’un puissant coup de rein. Il demanda à Caroline de me lécher l’anus et à moi de pousser, mon anus expulsa le sperme de Paul et Marc qu’elle pris en bouche et alors à ma grande surprise m’embrassa en me donnant du sperme que nous avalons ensemble goulûment. Elle me lécha encore anus encore entrouvert quel bonheur .
Nous sommes chaud dit Paul , Eric tu vas nous sucer en même temps alternativement et toi Caroline tu vas goder Eric avec ton god ceinture pour bien lui dilater l’anus, pour le fister ensuite. Je m’active donc sur les deux bites, Je sent Caroline m’enfoncer le god et rentre doucement en moi et va et vient je sent mon cul devenir souple et facile, je suce de plus en plus en fond de gorge la bite de Paul plus fine. Je m’aperçois alors que Caroline ma mis un plus gros god sur sa ceinture plus de 6 cm , je mouilles à nouveau suçant Paul et il fini par jouir dans ma bouche , certes moins copieux.
Marc dit alors à Caroline de me fister et qu’il aimerais aussi bien jouir aussi dans ma bouche
Je sent la main fine de Caroline rentrer doucement dans mon anus, sans trop forcer elle rentre entièrement , a ce moment la je ressent un plaisir immense, je bande dur , je demande à Caroline de pas trop toucher à ma bite, car je risque de jouir trop vite. Elle me pénètre jusqu‘au poignet , va et viens en moi.
Je m’active sur le bite de Marc, il me tire fort les tétons, me force pour le fond de gorge, j’ai des haut de corps , il fini par jouir , et gicle dans ma gorge.
Les deux hommes pendant ce temps s’occupe de la chatte et de l’anus de Caroline en y mettant god, plug doigts et main. Caroline jouis alors plusieurs fois.
Marc me met des pinces à mes tétons et aussi à Caroline . Humm c’était hyper bon, et j’ai alors jouis intensément sans aucune action sur mon sexe quand Caroline a ressortit sa main poing fermé de mon anus béant. Marc me mis de suite un gros plug pour le garder ouvert.
Marc demande mettez vous en 69 , moi sur le dos Carole au dessus , et maintenant lécher vos sexes et jouer avec les plug en vous et fister vous , nous on va boire une bière en vous regardant.
Je léche la belle chatte fine de Caroline, un petit clito pointant que je tète, je joue avec le plug dans son anus, je sent qu’elle fait la même chose, mais j’ai la bite mole mais qui mouille tout de même.
La chatte caroline mouille beaucoup je lèche sa cyprine je déguste sa chatte, elle me fiste à nouveau , réaction immédiate, ma bite commence à bander .
Les hommes recommencent à bander, ils viennent encore nous enculer. Puis Paul dit on va t’enculer ensemble Eric , Caroline guide nos bites dans son cul.
Mon anus étant bien béant les deux bites rentrent presque facilement, la position n’est pas commode, mais ils s’agitent bien , je lèche toujours Caroline , elle aime ma langue …
Marc reste dans ma cul et Paul vient enculer Caroline. Le limage dure plus longtemps , le ramonage me fait de nouveau bander et je sent que je vais jouir, d’ailleurs Caroline jouis aussi . Marc jouis en moi et Paul suit. Ils nous donnent leurs bites spermeuse légérement à sucer, le goût de mon cul et du sperme est bon. Paul dit alors lécher vous vos anus puis embrasser vous .
Une fois tous comblés autour d’un apéro nous sympathisons un peu plus. J’apprends que Caroline est nymphomane les connaît depuis plusieurs mois , et qu’ils la baisent régulièrement au minimum une fois par semaine voir plus, et c’est elle qui avait envie d’un plan avec un h bi passif femelle. Nous avons envie de nous revoir et de baiser régulièrement ayant particulièrement aimé le super plan avec les deux amis. Qui d’ailleurs aimeraient bien me revoir seul mais avec deux autres copains pour me partouzer et que je devienne leur salope de vidange. Mais je suis parti en Bretagne et ici j’aimerais bien trouver la même chose avec couple ou homme hyper viril .
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[Avertissement: si vous êtes extrêmement sensible, veuillez noter que quelques passages pourraient vous heurter.]
C’est en 2026 que le rire fut enfin reconnu ennemi du progrès humain et son éradication déclarée grande cause nationale. Sur les réseaux sociaux, les Brigades de Répression du Rire pourchassaient les déviants et les signalaient promptement aux autorités pour qu’ils reçoivent le châtiment qu’ils méritent. Grâce au travail acharné de ces citoyens exemplaires, infatigables militants du camp du bien, le meilleur des mondes devint une réalité.
Toute personne ayant exercé la profession de « comique » ou de « clown » avant l’avènement de la Suprême Alliance Démocratique fut frappée d'indignité civique. Leurs archives furent brûlées pour protéger la santé mentale des générations futures.
Car l'humour est toujours une offense potentielle pour une minorité, ou une remise en cause de la réalité du progrès social apporté par la Suprême Alliance Démocratique, ce qui est inacceptable quand on sait à quel point les élites œuvrent quotidiennement au bien commun.
Éliminer l'humour, c'est s'assurer que chaque parole est prise au premier degré, garantissant ainsi une vérité sans équivoque, partagée par tous, et dispensée par le Ministère de la Vérité. C'est un élément essentiel de la cohésion sociale. Éliminer l'humour, c'est protéger les minorités de toute offense potentielle. Éliminer l'humour, c'est lutter contre la désinformation qui s'introduit insidieusement sous le masque de la légèreté. Une nation qui se consacre au progrès ne peut se permettre la légèreté. L'interdiction du rire permet aux citoyens de rester concentrés sur des objectifs nobles, concrets et inclusifs.
L'interdiction du rire garantit un environnement sécurisant où la dignité de chaque individu est préservée des offenses. Elle garantit que personne ne se sente jamais exclu, moqué ou marginalisé.
L’Obligation de Signalement de Proximité (Loi de Délation Citoyenne) constitua une étape majeure dans la course en avant du progrès social. Ne pas dénoncer un individu ayant publié ou prononcé, même en privé, des propos humoristiques fut considéré comme une « complicité de déviance émotionnelle ». Le silence n'est pas acceptable : si vous êtes témoins d'un tel crime, vous devez le signaler, stipule la loi.
Devant un parterre de VIP réunis pour la remise du trophée du management bienveillant et inclusif, la présidente du HCEEI - Haut Conseil d’Evaluation des Ecosystèmes Inclusifs – retrace les immenses avancées sociétales réalisées depuis le triomphe du camp du bien et l’avènement de la Suprême Alliance Démocratique.
Sur l’estrade, Panagiótis Crapoulós ne cache pas son plaisir. Pour la deuxième année consécutive, le jeune directeur du département d’ingénierie sociale, installé dans la prestigieuse Lune jaune de Davos, est l’envié lauréat de la synergie des talents pluriels.
Dans l’assemblée, Charlotte est en proie au doute. Et si tout ce en quoi elle a cru depuis son enfance était une gigantesque mascarade ? Un foutage de gueule planétaire ? Elle oscille entre le déni bien réconfortant et la lucidité qui donne le vertige.
Après la cérémonie, Charlotte fait partie de la dizaine de privilégiés invités à fêter cette réussite au restaurant l’Infiniment Petit – sans conteste le plus grand restaurant de la Suprême Alliance Démocratique. Le menu, validé par le Haut Comité de la Gastronomie Durable, est particulièrement affriolant :
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Les Larves de ténébrions meuniers torréfiées au bois de hêtre.
La Crème de petits pois à la menthe fraîche, surmontée de grillons champêtres délicatement saisis au beurre d'asticots.
La Trilogie de Fourmis rousses en gelée de rosée.
Le Pavé de Mygale "Cratère Indigo" façon Rossini.
L’Essaim de Criquets Migrateurs en croûte de noisette.
Le Riz Carnaroli lié au lait de cafard, parsemé de vers géants rissolés.
La ribambelle de Vers à soie pochés dans un sirop d'hibiscus et craquant de nougatine.
Le Dôme de Chocolat Grand Cru et son Scorpion des Sables.
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« Qu’il est plaisant de voir l’élite de la gastronomie contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et adhérer de manière aussi enthousiaste aux valeurs de la Suprême Alliance Démocratique ! » s’exclame Panagiótis Crapoulós, s’adressant au chef venu l’accueillir en personne.
Charlotte sait très bien qu’elle est invitée pour servir de faire valoir à son directeur. Il ne rate pas une occasion de la ridiculiser en public, en la faisant passer pour une cruche à l’ignorance crasse. Mais il ne perd rien pour attendre, se dit-elle. La vengeance vient à point à qui sait attendre. Le jour où Panagiótis Crapoulós l’a humiliée et déculottée devant toute son équipe, il a planté au fond de ses tripes une graine de rage, un désir de revanche qui n’a fait que grandir – une graine dont il n’a aucune idée de la puissance qu’elle renferme.
Pendant le cocktail privé qui précède le repas, Charlotte se sent étrangement seule et perdue.
Après ce repas festif durant lequel elle s’est faite ridiculiser du début à la fin, et malgré l’heure tardive, Panagiótis Crapoulós tient à retourner au bureau et insiste pour qu’elle l’accompagne. Dans la navette qui s’élève vers la principale plateforme d’entrée de la Lune jaune, Charlotte peut admirer Davos by Night. Le centre nerveux idéologique du progressisme triomphant, protégé par les impressionnantes batteries de bites disposées sur tous les sommets avoisinants, s’est beaucoup développé et embelli en quelques années. Pourtant, comme une ombre au tableau, les débris colossaux de la Lune rouge témoignent de la cruauté des ennemis de la démocratie. Demain, Charlotte s’envolera pour l’Himalaya, afin de négocier avec Ysideulte, la responsable officielle de ce désastre. Personne d’autre n’a voulu se charger de cette mission à haut risque.
Cette invitation tardive dans le bureau du directeur ne lui dit rien qui vaille, mais selon la routine maintenant bien établie, elle se déshabille entièrement dès quelle franchit le pas de la porte.
« J’ai quelque chose à te montrer. » lui dit-il, avec un sourire en coin.
La porte secrète, qui se fond presque parfaitement dans le panneau de bois recouvrant tout le mur, pivote silencieusement, comme si elle glissait sur un axe invisible. Un fin bouton en laiton dissimulé dans une sculpture murale en a activé l’ouverture.
Charlotte feint l’étonnement, mais elle connaît déjà l’existence de cette pièce secrète, pour l’avoir découverte à l’insu de son directeur. Son contenu glauque et inquiétant lui avait glacé le sang. Elle se demande si elle doit fuir par mesure de prudence, quitte à perdre toute opportunité de vengeance, ou continuer à jouer son rôle de parfaite cruche.
L’ambiance est oppressante. Comme lors de sa première visite, elle reconnaît, au centre de la pièce, une cage et un fauteuil d’examen gynécologique sur lequel est posée une poire d'angoisse. Il ne s’agit en rien d’un fauteuil confortable. Sous ses airs de mobilier médical, ce fauteuil impose une raideur contre-nature, ses accoudoirs et ses étriers sont munis de sangles trahissant une fonction bien plus sinistre qu’un simple examen. Loin d'offrir le moindre confort, cette assise de fer et de cuir usé semble avoir été sculptée pour épouser la détresse d'une condamnée plutôt que pour inspirer la confiance.
Au mur, des fouets et des objets indéfinissables, ressemblant à des instruments de torture, sont suspendus. Des chaînes et des anneaux pendent du plafond.
Charlotte sursaute en découvrant un élément nouveau. Au fond de la pièce, dans la pénombre, un jeune homme nu, cagoulé, est enchaîné. Il semblait endormi. Soudainement il pousse des grognements dignes d’un animal pris au piège et fait claquer ses chaînes comme dans une tentative désespérée pour se libérer.
« Je te présente Bull. Dis-lui bonjour. »
« Bill ? »
« Non, il s’appelle Bull. Tu vas comprendre. »
« Bonjour Bull. »
« Grrrr - hmmm – Rrrrraaaaaarrgh. » Un grognement qui finit par un souffle nasal avant de se transformer en rugissement est la seule réponse qu’elle reçoit.
« Il ne peut pas te répondre, je lui ai coupé la langue. »
« Vous êtes fou ! » rétorque Charlotte, regrettant immédiatement d’avoir laissé échapper ces paroles qui pourraient être perçues comme une désapprobation.
« Allez, trêve de bonnes manières. Installe-toi ! » lui ordonne le directeur, en lui montrant le fauteuil d’examen gynécologique.
Comme mue par une force invisible, Charlotte obéit docilement alors que la prudence lui intimerait l’ordre de fuir au plus vite.
« Bien entendu, rien ne t’y oblige. C’est toi qui décide. Je te sens promise à une brillante carrière, mais, comme je te l’ai déjà dit, la balle est dans ton camp.»
Le visage du directeur ne dissimule plus rien de l’intense jouissance qu’il éprouve dans ce jeu de pouvoir pervers, sûr d’avoir suffisamment ferré sa proie pour repousser sans cesse les limites.
Une fois installée, écartelée, offerte de manière obscène, il l’attache si solidement que plus aucun mouvement n’est possible. Une sangle serrant fortement son cou achève l’immobilisation.
« Tu sais ce que c’est ? » lui annonce-t-il en lui présentant l’instrument devant les yeux.
« Oui, c’est une poire d’angoisse. »
« Tu es peut-être moins ignorante que je le pensais. » lui répond-t-il tout en lui écartant les lèvres vaginales pour examiner minutieusement son intimité.
« C’est une chance que tu ne sois pas vierge, sinon j’aurais été obligé de te la mettre dans le cul pour préserver ta virginité. Tu as accueilli beaucoup de queues dans ce trou, salope ? »
« Seulement deux, Monsieur le Directeur. »
Jouissant visiblement de ce dialogue dégradant, il lui introduit lentement la poire d’angoisse dans la chatte, avant de l’ouvrir jusqu’à ce que cela en devienne douloureux. A l’anneau de la poire d’angoisse, il attache une cordelette reliée, par l’intermédiaire d’une poulie fixée au plafond, à un seau dans lequel il verse lentement de l’eau.
A mesure que le seau se remplit, la tension augmente, jusqu’à ce que Charlotte commence à gémir, ses yeux témoignant de son angoisse croissante.
Panagiótis Crapoulós jouit de la terreur de ses victimes. N’y tenant plus, il sort sa bite en érection.
Charlotte pousse intérieurement un ouf de soulagement lorsqu’il détache enfin le seau et retire de sa chatte cet objet intrusif et terrifiant. Le directeur la regarde avec un sourire inquiétant, son visage traduisant une profonde jouissance intérieure.
Il est complètement fou, se dit-elle.
Saisissant un aiguillon électrique, il libère le jeune homme cagoulé et le pousse, à coups de violentes décharges électriques, vers Charlotte encore immobilisée. N'y voyant rien, les chevilles toujours reliées par une courte chaîne, il trébuche à plusieurs reprises.
« Allez Bull ! A ton tour. Maintenant qu’elle est bien dilatée, baise-la. »
Bull a une bite énorme, une bite digne d'un taureau. Aveuglé par la cagoule, entravé dans ses mouvements, il met un moment à se positionner et à localiser l'orifice. Dès qu'il l'a trouvé, il enfile Charlotte sans le moindre ménagement, comme si pour lui elle n'était qu'un trou à bourrer, lui arrachant un hurlement. « Heureusement qu’il ne me la met pas dans le cul », se dit Charlotte, pendant qu’elle supporte tant bien que mal les coups de boutoir du taureau humain. Au summum du plaisir pervers, Panagiótis Crapoulós se masturbe en observant la scène.
***
En première classe, dans l’avion pour la Chine, où elle prendra une correspondance pour l’aéroport Tenzing-Hillary, au cœur de l’Himalaya, Charlotte est encore sous le choc des évènements de la veille. Sa chatte, dilatée par la poire d’angoisse puis défoncée par la bite de taureau de Bull - le bien nommé - lui fait encore mal.
Devrait-elle dénoncer les agissements de son directeur ? Bull est-il consentant au traitement inhumain qu’il subit ? Très mauvaise idée, se ravise-t-elle. Le système médiatico-judiciaire est tellement corrompu que tout cela se retournerait contre elle.
Profitant d’une dérogation au pass carbone exceptionnellement émise dans le cadre de sa mission, elle se résigne, pour l’heure, à profiter des conditions de voyage hautement confortables dont elle bénéficie.
Un homme l’accompagne pour cette mission. Un homme peu loquace mais qui dégage une incroyable présence. Un homme qui la trouble depuis le début.
En fouillant machinalement dans son sac à main Charlotte y découvre une note écrite de la main de son directeur. Il l'y a sans doute glissée à son insu pendant qu'elle était encore attachée. « Je m'attendais à découvrir une chatte vierge quand je t'ai examinée. Ton dossier ne fait mention d'aucun Fucking Pass. Est-ce que tu t'es fait mettre en toute illégalité ? Tu me devras quelques explications à ton retour. » Et merde ! se dit-elle. C'est une menace à peine déguisée, un chantage à peine voilé. Il faudra qu'elle joue serré. Les sanctions pour baise illégale sont extrêmement sévères.
La cellule dans laquelle Ysideulte est détenue se situe au cœur d’un camp retranché qui ressemble à une forteresse. Celle qui est considérée comme l’ennemie publique numéro un fait l’objet de mesures de sécurité exceptionnelles.
Charlotte est presque surprise de découvrir une femme souriante. Ses cheveux ont un peu repoussé depuis son exécution ratée. Peut-être s’attendait-elle à rencontrer une terrifiante sorcière – comment pourrait-il en être autrement pour celle qui fait trembler l’élite de la Suprême Alliance. Elle est complètement nue, ainsi que la loi l’exige pour les ennemies de la démocratie.
« Bonjour, je m’appelle Charlotte. Je suis en mission pour le compte du département d’ingénierie sociale. »
« Quel est votre rôle dans ce département ? »
Surprise par cette question qui semble secondaire, Charlotte se résout néanmoins à répondre.
« Je suis cheffe de l’équipe discrédit & dénigrement. »
« Vous semblez bien jeune pour être cheffe d’équipe. Quelle est la fonction de cette équipe? »
Bien que les rôles lui semblent curieusement inversés, et ayant l’impression de subir un interrogatoire, Charlotte poursuit. Il est important qu’elle gagne la confiance d’Ysideulte. Elle tente de se remémorer la fonction officielle que lui avait indiquée son directeur.
« Identifier des saltimbanques grotesques, des personnages médiatiques vulgaires et ridicules, des extrémistes, des illuminés. En faire les porte-paroles des opinions qui nous gênent. Par biais cognitif, les gens associeront ces causes gênantes à la vulgarité et aux délires d’illuminés. »
« Intéressant… Et qu’est-ce qui vous amène ici ? »
« Vous pourriez-être réhabilitée, si vous coopérez. »
« Pas question ! »
Sur ces paroles, les caméras de sécurité de la cellule se consument, dégageant une atroce odeur de plastique brûlé.
« Ne me faites pas de mal. Je ne suis pas votre ennemie. »
« Pourquoi vous ferais-je du mal ? »
« Tout le monde est terrifié par ce que vous avez fait à Microbite et aux Young Leaders. Comment faites-vous cela ? »
Silence...
« Un homme m’a accompagnée pour ce voyage, mais il n'a pas l'autorisation d'entrer... Je suis désolée. »
Ysideulte s’agenouille lorsque derrière le hublot apparaît pendant un bref instant un visage familier.
« Maître ! »
Pas une parole. Un simple regard et tout est dit. Comme si à travers la vitre son Maître lui avait dit « Je lui fais confiance. Coopère. »
Charlotte est fascinée par ce lien immatériel et pourtant si puissant.
« C’est bon, je vous écoute. Que devrais-je faire si j’accepte ? Car il y a une contrepartie, n’est-ce pas ? »
« Donner des interviews de complaisance dans les médias. On vous fournira le script. Vous n'aurez qu'à l'apprendre par cœur. »
« D’accord. Mais je veux un accès au fil d’Ariane. »
« Le fil d’Ariane ? Pour quoi faire ? »
« Ca me regarde. »
« Je verrai ce que je peux faire. »
« Et faites-moi entrer dans la Lune jaune. Il paraît que vous recrutez. »
« Ils ne voudront jamais. Autant faire entrer le loup dans la bergerie. »
« C’est à prendre ou à laisser. »
« Vous pourriez travailler au centre de contrôle des batteries de bites ? »
« C’est dans mes cordes. »
« Je ferai pour le mieux, mais je ne peux rien vous promettre. J’ai une dernière question, Ysideulte. Comment pourrais-je entrer en contact avec le pangolin fou ? »
« Il n’existe pas ! Ce sont des fake news. Vous ne regardez jamais la télé ou quoi ? »
« Je ne suis pas aussi bête que j’en ai l’air, vous savez… »
« Je veux bien le croire. Pourquoi cette question ? »
« Je voudrais vous aider. J’ai des comptes à régler. »
« La colère est rarement bonne conseillère. »
« Je sais, mais c’est tout ce qu’il me reste. »
« Si vous avez un peu de temps, ça vous dirait une première leçon de programmation du Z80 ? »
« C’est quoi ça ? »
« Le microprocesseur de cette antiquité. » lui répond Ysideulte, en lui montrant le NewBrain.
Ne comprenant pas où Ysideulte voulait en venir, Charlotte accepte néanmoins cette étrange proposition.
Juste le temps de démarrer le NewBrain et d’attendre la synchronisation du code d’étalement...
$ Bonjour Charlotte.
(à suivre)
Images d'illustration générées par IA.
Texte généré par le réseau neuronal intégré à ma petite tête.
L'histoire d'Ysideulte se situe dans un futur proche, au sein d'une société qui est une extrapolation d'évolutions sociétales récentes. Si cet article a éveillé votre curiosité vous pourrez découvrir le monde d'Ysideulte à travers mes articles précédents, dont la liste est ici: https://www.bdsm.fr/sylvie35/blog/ (pour bien comprendre l'histoire il est préférable de lire les épisodes dans l'ordre chronologique de leur publication).
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Bon il était tant que je m'y colle. J'avais un peu de temps.
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"Par moi l’on va dans la cité des pleurs ; par moi l’on va dans l’éternelle douleur ; par moi l’on va chez la race perdue.
La Justice mut mon souverain Auteur : me firent la divine Puissance, la suprême Sagesse et le premier Amour.
Avant moi ne furent nulles choses créées, mais éternelles et éternellement je dure : laissez toute espérance, vous qui entrez !
Ces paroles vis-je écrites en noir au-dessus d’une porte ; ce pourquoi je dis : — Maître, douloureux m’en est le sens.
Et lui à moi, comme personne accorte : « Ici l’on doit laisser toute crainte ; toute faiblesse doit être morte ici.
« Nous sommes venus au lieu où je t’ai dit que tu verrais les malheureux qui ont perdu le bien de l’intelligence. »
Et ayant posé sa main sur la mienne, d’un visage serein qui me ranima, il m’introduisit au dedans des choses secrètes."
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Voilà en somme Dante face à la porte des enfers, que Virgile va introduire dans les premiers cercles.
Pour illustrer ce texte j'ai choisi une photo prise il y a peu, par moi même, sous la pluie pour un peu plus de drama, de la "Porte de l'Enfer" sculptée par Rodin durant presque 20 ans et dont il tirera certaines de ses œuvres les plus célèbres dont "Le penseur" (qui représente ici Minos qui juge les âmes des damnés à l'entrée du deuxième cercle de l'enfer) ou le fameux "baiser".
Aujourd'hui je vous propose donc une visite de l'Enfer de Dante, qui est un peu le mien donc. Le voici, le voilà, qui est divisé en 9 cercles. Chaque cercle s'enfonçant un peu plus profondément dans les entrailles de la terre..
Le premier cercle est celui des limbes, qui retient ceux qui n'ont pas la foi (donc vous n'y trouverez pas Ophélie Winter), ou qui n'ont pas été baptisés.
Le deuxième est celui des luxurieux (et c'est là que ce tient Minos), je pense qu'ici personne ne se sentira concerné...
Le troisième est celui des gourmands (et vous devriez y penser avant de reprendre deux fois des frites à la cantine).
Le quatrième est celui des avares ! (Visiblement pire que la luxure, c'est rassurant, sauf pour les avares, bien entendu)
Le cinquième celui des colériques... (je plaide coupable... mais je me soigne).
Le sixième celui des hérétiques... Si vous ne pensez pas comme tout le monde et surtout pas comme le Pape, vous êtes mals barrés.
Le septième cercle est celui des violents (je ne sais pas si l'usage de la badine fait entrer ceux qui la manie dans ce cercle... on verra bien).
Le huitième celui des fraudeurs (pensez à ne pas sauter le tourniquet du métro, et à bien déclarer vos impôts, l'amende ça va, le huitième cercle de l'enfer ça fait cher payé tout de même).
Enfin le neuvième cercle accueille ceux qui ont trahi... Visiblement à l'époque de Dante c'était le pire du pire. Chacun place la trahison où il veut, mais on y retrouvera sans doute pas mal de politiques... On y retrouve d'ailleurs un certain Ugolin, qui figure également sur la porte sculptée par Rodin. Son histoire mérite d'être évoquée ici car elle est charmante : le comte Ugolino della Gherardesca est effectivement emprisonné, avec ses enfants, pour une série de trahisons contre la ville de Pise et ses dirigeants (le type a retourné sa veste plus de fois qu'Aurore Bergé a changé de parti politique). La légende veut que, rendu fou par la faim, il voit ses enfants mourir (de faim aussi)... et les dévore... ce qui lui vaut la damnation (logique).
Et voilà (en dessous il y a encore Lucifer mais visiblement lui il s'occupe seulement de trois personnes en séances individuelles Judas, Brutus et Cassius, traites parmi les traîtres).
Alors maintenant la question : où se trouve la porte des Enfers, des fois que vous voudriez vous y glisser en toute discrétion pour voir si l'endroit vous convient ou si vous envisagez une redemption à échéance proche ?
Bonne question avec de multiples réponses. Inutile de frapper à celle de Rodin (il y en a de multiples répliques à travers le monde), personne n'a jamais répondu. Par contre il y a visiblement pas mal de grottes dans le monde, pas mal de volcans aussi, de fleuves qui permettraient d'y accéder. Au Turkménistan, notamment, en Russie, aux États-Unis (si on considère que ce n'est pas déjà devenu l'enfer en soi). Mais moi je retiens la proposition de Laurent Gaudé (auteur fétiche) dans son livre bien titré ("La porte des Enfers") : la porte se tiendrait là, sous nos yeux, en pleine circulation, au milieu d'un rond-point de Naples. Et tel Orphée le protagoniste du roman en franchira le pas pour aller y chercher son fils... (désolé pour le spoiler mais bon on s'en doute assez vite).
Voilà pour les portes physiques, mais je finirai par une citation d'un homme qui est quand même enterré au Panthéon, et qui a écrit après avoir perdu son amour : "l'enfer c'est l'absence éternelle". Alors pour nous autres humains, croyant ou pas, la porte cet enfer là c'est la perte de ceux qu'on aime, quelle qu'en soit la raison.
Et je finirai par BDSM.fr, parce que franchement ici on a tous les châtiments possibles et les âmes en perdition souhaitées. Et parfois, oui, je me vois tel Virgile, accompagnant Ma Soumise dans cet Enfer de pratiques où chaque nouveau cercle nous fait aller plus profondément dans les entrailles de nos âmes...
Alors oui, vous qui entrez ici, laissez toute espérance :-)
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Bonjour à toutes et à tous,
Pour celles et ceux qui ne suivent pas encore mon blog, j'ai publié cette semaine un article spécial qui pourrait bien transformer votre Saint-Valentin.
Si vous avez toujours été curieux de découvrir ce qu'est une véritable relation gynarchique, ou si vous souhaitez initier votre partenaire à la domination féminine, cet article est fait pour vous. J'y donne toutes les ficelles pratiques pour que n'importe quel couple puisse s'essayer à une vraie FLR (Female Led Relationship) gynarchique le temps d'un weekend. Un guide concret, progressif et accessible, même pour les débutants.
Lien vers l'article : https://***LIEN COMMERCIAL EN ATTENTE DE VALIDATION PAR L'ADMIN = lien vers bdsm.fr demandé : Lire https://www.bdsm.fr/regles-promo ***/2026/02/10/pour-la-saint-valentin-offrez-vous-48h-de-gynarchie-%f0%9f%92%98/
Et pour celles et ceux qui préfèrent lire directement ici plutôt que de cliquer sur le lien, voici l'article dans son intégralité ci-dessous.
Pour la Saint-Valentin, chaque année, c’est la même scène : restaurant banal, bouquet de fleurs, à la limite petite lingerie achetée à la va‑vite, et retour à la vie « normale » dès le 15 février. Cette fois, je vous propose autre chose. Plutôt que de rejouer encore la Saint-Valentin carte postale, pourquoi ne pas profiter de ce week-end entier pour vivre enfin ce que vous fantasmez : une vraie gynarchie à la maison, assumée, structurée, délicieusement cruelle.
Cette année, la Saint-Valentin tombe un samedi. Autrement dit : vous avez un week-end complet pour arrêter de faire semblant d’être un couple parfaitement symétrique, et tester pour de bon ce que donne un couple FLR : une dynamique où Madame mène, décide, contrôle… et où Monsieur découvre, très concrètement, ce que signifie servir une femme.
Cet article s’adresse surtout à celles qui ne vivent pas encore en FLR ou en gynarchie au quotidien, mais qui en rêvent, qui en parlent avec leur partenaire, ou qui n’ont jamais osé franchir le pas. L’idée est simple : du vendredi soir au dimanche soir, on range le costume du “couple classique” au placard et on plonge dans une hiérarchie claire. Pendant deux jours, c’est vous qui avez tous les pouvoirs, et lui qui devient votre chose consentante, au service de vos envies, de vos caprices… et de votre cruauté bienveillante. 😈
Même si vous n’avez encore jamais pratiqué le BDSM ou une FLR formalisée, ce week-end peut devenir un laboratoire érotique et psychologique très précieux. À une condition : jouer le jeu à fond, sans sortir du rôle, pendant au moins 48h. C’est une atmosphère continue, un état d’esprit, un contrat où chacun accepte clairement sa place : vous au-dessus, lui en dessous. Point.
Votre objectif, en tant que Déesse, sera limpide : vous faire servir, l’exploiter, l’humilier, le frustrer, le pousser dans ses limites.
Poser le cadre : limites, consentement et safewords
Avant de l’attacher, de le frustrer, de le faire supplier et de jouer avec ses nerfs, il y a une étape que toute Déesse responsable ne saute jamais : le cadre.
Parce que oui, pendant le week-end il va vous « subir », vous appartenir, encaisser vos caprices… mais tout ça reste un jeu. Même quand il crie « pitié », même quand il gémit qu’il n’en peut plus, vous devez savoir clairement ce qui relève du rôle… et ce qui serait un vrai problème.
1. Installer vos safewords (les deux seuls mots plus forts que vous)
On ajoute les codes d’urgence.
Pour ce week-end, mettez en place au minimum deux mots de sécurité :
Orange : « c’est trop intense / je commence à décrocher, il faut ralentir ».
Faite d'abord une pause. Vous pouvez continuer, mais en baissant l’intensité, en changeant de registre, en vérifiant son état.
Rouge : « on arrête immédiatement ce qui se passe maintenant ».
Peu importe où vous en êtes, ce mot coupe la scène. On pose tout, on passe en mode soin.
Madame garde le contrôle du début à la fin, mais ces codes appartiennent au soumis. Ils lui permettent de signaler un vrai problème sans avoir à sortir du rôle, sans vous gâcher tout le décor. Même si l’ambiance est à l’humiliation, à la cruauté, à « l’abus consenti », ces deux mots-là doivent rester intouchables.
Vous pouvez être dure, exigeante, jouissivement intransigeante.
Mais si vous voulez qu’il ait envie d’y revenir, de se remettre sous votre joug encore et encore, commencez par lui prouver une chose : vous savez jusqu’où aller… et surtout, quand vous arrêter.
2. Parler des limites (avant de sortir les jouets)
Prenez un vrai moment posé, habillé, sobre pour discuter. Pas entre deux baisers, pas au milieu d’une fessée.
Ce qui est formellement exclu
Violence non désirée, certaines humiliations trop sensibles, certains tabous… tout ce qui est un non absolu pour l’un ou l’autre.
Vos envies respectives
Ce qui vous excite vraiment : frustration, services domestiques, anal, plug, strapon, humiliation verbale, CFNM…
C’est le moment d’être honnête : plus vous êtes claires ici, plus vous pourrez être cruelles ensuite.
Ce qui vous intrigue, mais à explorer doucement
Les fantasmes qui vous travaillent mais que vous n’avez jamais osé tester. Ceux-là vont dans la case « on essaye, mais avec prudence, sans pression de performance ».
Vous pouvez vous inscrire dans un cadre de type SSC (Safe, Sain, Consensuel) : vous savez ce que vous faites, vous choisissez ensemble, et chacun a le droit de dire stop à tout moment.
Ça ne rend pas le jeu moins chaud, au contraire : ça vous donne la liberté d’y aller franchement, parce que les sorties de secours sont prévues.
Règles obligatoires pour le week-end : les fondations de votre gynarchie
Pour que la gynarchie soit réelle et pas juste un jeu de rôle approximatif, quelques règles doivent être en place pendant ces 48h.
Ce sont les fondations de votre pouvoir.
Sans elles, vous ne serez qu'un couple qui « fait semblant ».
Avec elles, vous devenez Déesse et son soumis.
Voici une proposition, classée de la plus fondamentale à la plus « bonus ».
Libre à vous de ne pas toutes les accepter, ou d'en rajouter d'autres à votre sauce.
Mais sachez une chose : plus vous en mettez en place, plus la bascule de pouvoir sera forte, claire, et délicieusement verticale.
1. Décision unilatérale de Madame
La règle n°1 : Madame a le dernier mot sur tout pendant ce week-end.
Programme, horaires, activités, alimentation, sorties, temps d’écran, moments intimes : elle peut écouter l’avis de son soumis, mais c’est elle qui tranche. Il s’engage à accepter ses choix sans négocier.
2. Interdiction d’orgasme et contrôle de la sexualité
Pour le week-end, le corps du soumis ne lui appartient plus vraiment :
interdiction d’orgasme sans autorisation explicite,
interdiction de se toucher, même brièvement, sans consentement de Madame,
possibilité d’interdire tout orgasme pendant ces 48h (ou plus) pour maximiser sa frustration.
Cette privation est un outil de contrôle extrêmement puissant : plus il est excité, plus il est malléable, obéissant, concentré sur elle.
3. Langage hiérarchique : vouvoiement, titre, nom de soumis
Pour marquer la différence de statut :
Le soumis vouvoie Madame, qui peut le tutoyer.
Il doit l’appeler par un titre : Déesse, Maîtresse, Madame, Reine, etc.
Madame choisit ce titre et l’impose pour tout le week-end.
Le changement de langage change profondément la dynamique psychologique et ancre la gynarchie dans le quotidien.
Madame lui attribue aussi un nom de soumis pour le week-end (et plus, si affinités) :
un diminutif, un surnom humiliant, un numéro, ou toute appellation qui le place clairement en dessous d’elle,
Madame ne l’appelle que par ce nom, jamais par son prénom, pour renforcer le rôle.
4. Contrôle permanent : demander la permission pour tout
Pour ce week-end, le soumis doit demander la permission pour tout :
boire, manger, aller aux toilettes,
même prendre son téléphone
Et surtout : Madame doit prendre l’habitude de ne pas répondre trop vite « oui ». Le faire attendre, le regarder, le faire répéter, poser des questions (« et pourquoi devrais-je t’autoriser ? »), bref, lui rappeler que le pouvoir n’est plus du tout entre ses mains.
Faite le galérer ! forcez le à attendre pour aller au wc. Interdisez lui des trucs au pif. ou alors négociez des choses contre vos manitude gentitude
Il doit aussi apprendre à remercier pour tout : chaque autorisation, chaque privilège, chaque geste de douceur.
Sinon : punition.
Contrôle du soumis
Partie 1 : Punitions et Récompenses
Vous avez posé les règles.
Clarifié qui commande.
Expliqué qu'il doit demander la permission pour tout.
Très bien.
Maintenant, la question devient :
Que se passe-t-il quand il désobéit ?
Parce que sans conséquences, vos « règles » ne sont que des suggestions polies.
Et une Déesse qui suggérie… n'est pas une Déesse.
Pourquoi punir (et récompenser) ?
Pour que votre pouvoir soit crédible, il doit y avoir des conséquences à ses actes.
Les punitions ne sont pas seulement là pour faire mal ou humilier :
elles sont là pour graver dans sa tête que vos ordres ont du poids.
Et à l'inverse, les récompenses lui rappellent qu'un bon petit soumis a tout intérêt…
…à rester bien docile.
Gardez toujours en tête trois choses :
Adapter l'intensité à son niveau d'expérience.
Rester dans les limites que vous avez négociées ensemble.
Garder vos safewords disponibles à tout moment.
Une Déesse sait doser sa cruauté.
Mais elle ne renonce jamais à la faire sentir.
Idées de punitions (pour qu'il n'oublie plus jamais)
1. Punitions physiques « soft »
Parfaites pour un premier week-end, ou pour des fautes légères mais répétées :
Fessées : sur vos genoux, debout penché, à quatre pattes… à vous de choisir la mise en scène.
Martinet, cravache, paddle : petits coups rythmés, graduels, accompagnés de commentaires bien placés.
Positions inconfortables à tenir : à genoux, mains derrière la tête, front au mur, cuisses pliées…
Vous pouvez ajouter des jeux de sensations :
Pince à linge sur certaines zones,
Glaçon qui se promène lentement sur sa peau,
Cire tiède (et non brûlante) qui tombe sur ses épaules, son torse, ses fesses.
Toujours dans un cadre consenti, avec la possibilité pour lui de dire Orange ou Rouge si cela dépasse ce qui était prévu.
2. Punitions domestiques (utiles et humiliantes)
Le but : le remettre à sa place et vous décharger des corvées.
Gagnant-gagnant (pour vous).
Corvées supplémentaires : vaisselle, rangement, ménage en profondeur.
Réorganisation complète d'un placard, d'une pièce, de votre dressing.
Tâches qu'il n'aime pas du tout, mais qui vous arrangent énormément.
Vous transformez son « manque de respect » en heures de service utiles.
Très pédagogique.
3. Punitions domestiques « corsées »
Ici, on garde les corvées… mais on rend l'exécution plus humiliante ou plus inconfortable :
Faire une tâche dans une tenue imposée : corset, talons, tablier nu dessous, lingerie ridicule…
Nettoyer les sols à la main, à la brosse, à quatre pattes, sous votre regard.
Rester dans une position précise tout en accomplissant ce que vous exigez.
L'idée est simple :
une corvée banale devient une véritable épreuve de service.
Il se souvient longtemps de pourquoi il est en train de frotter le carrelage en porte-jarretelles.
4. Punitions psychologiques (pour celles qui aiment jouer avec la tête)
Parfaites si vous aimez marquer l'ego autant que le corps :
Mise au coin : debout ou à genoux, silencieux, face au mur, pendant que vous vaquez tranquillement à vos occupations.
Copie de phrases dans un carnet :
« Je dois obéir à Maîtresse sans discuter. »
« La parole de ma Déesse passe avant mes envies. »
« Je suis là pour servir, pas pour négocier. »
Lettre d'excuses ou de gratitude, détaillée, à lire ensuite à haute voix devant vous.
Ce type de punition marque l'ego, pas seulement la peau.
Idéal pour les Déesses qui aiment les soumis bien dressés dans leur tête.
5. Punitions de privation (le confort devient un privilège)
Vous lui retirez ce qu'il aime…
…et il comprend très vite que son confort dépend de votre humeur :
Privation de téléphone, de dessert, de position assise confortable.
Avancer son heure de coucher (ou le réveiller plus tôt) pour le mettre au service.
Retirer un « privilège » qu'il avait gagné : un moment de détente, un temps de jeu, un peu de liberté.
Vous créez ainsi un lien clair :
mauvaise attitude = moins de plaisir.
Très efficace, surtout combiné à la frustration sexuelle.
6. Punitions physiques plus intenses (pour les Déesses averties)
Pour les couples plus expérimentés, vous pouvez explorer des sensations plus fortes, ou utiliser des objets du quotidien :
Spatule en bois, ceinture souple, règle, etc., pour une fessée plus marquée.
Impacts plus appuyés. Traces qui restent.
Essayez-vous au ballbusting (coups légers puis gradués sur ses couilles) et regardez-le gigoter comme jamais.
Toujours avec :
Progressivité (on ne commence pas à 10/10),
Connaissance minimale du corps (certaines zones sont à éviter ou à manier avec prudence),
Et la possibilité pour lui de stopper à tout moment.
Ce n'est pas parce que vous pouvez être très dure que vous devez l'être tout de suite.
Laissez-vous de la marge pour plus tard…
Le sadisme, ça se cultive. 😈
Idées de récompenses (parce que la carotte marche aussi)
De la même façon, vous pouvez récompenser un soumis exemplaire, ou lui promettre une récompense en échange d'un service particulier.
Votre pouvoir, ce n'est pas que la punition :
c'est aussi la grâce.
Quelques exemples :
Moment de tendresse : câlins, massage de la part de Madame, tête sur vos genoux, doigts dans les cheveux.
Privilège de confort : autorisation de monter sur le canapé avec vous, plutôt qu'au sol ou à un endroit imposé.
Accès visuel : droit de vous voir dans une tenue particulièrement sexy que vous choisissez.
Moment de plaisir dirigé : un peu d'attention sur son corps, sous votre contrôle total.
Un edge, ou dix... Après tout, c'est du plaisir, même si ça le fruste un peu plus.
En fin de week-end, ene éventuelle indulgence sur l'orgasme (si Madame, dans sa grande bonté, décide d'être généreuse…).
Humiliation et FLR : un ciment psychologique puissant
De mon point de vue, l’humiliation est l’une des armes les plus fines, et les plus efficaces, dans une relation FLR.
Elle a un double impact :
utilisée comme punition, elle lui rappelle très vite où est sa place ;
utilisée au quotidien, même en petite dose, elle installe profondément votre supériorité dans sa tête, bien au‑delà des jeux de cordes ou de fessées.
Une bonne humiliation touche l’ego autant que le corps.
Une phrase bien choisie, un surnom rabaissant murmuré au bon moment, une posture ridicule imposée alors qu’il est déjà excité… et vous le voyez littéralement se liquéfier sous votre joug. Plus il se sent « petit », plus vous apparaissez grande, lointaine, intouchable, désirée.
Évidemment, tout le monde n’a pas le même goût pour l’humiliation. Certaines préfèrent le soft, d’autres adorent le psychologique bien tordu, d’autres encore assument sans complexe le trash pur et dur. C’est pour ça que j’ai consacré un article entier à ce sujet, avec une grande liste d’idées concrètes dans tous les registres :
https://***LIEN COMMERCIAL EN ATTENTE DE VALIDATION PAR L'ADMIN = lien vers bdsm.fr demandé : Lire https://www.bdsm.fr/regles-promo ***/2025/07/06/pratiques-humiliantes-en-couple-gynarchique-liste-complete-du-plus-soft-au-plus-extreme/
Pour ce week-end de Saint-Valentin, je vous conseille de piocher dedans sans retenue :
composez votre petit menu d’humiliations, du plus sage au plus cruel, et servez‑lui tout ça sur 48h bien remplies.
Contrôle du soumis
Partie 2 : frustration et excitation sexuelle
Celles qui me lisent régulièrement le savent déjà : la frustration sexuelle est, à mes yeux, l’outil de contrôle le plus puissant sur un soumis.
L’idée est simple :
L’exciter régulièrement : tenues, gestes, contacts, sous-entendus, situations ambiguës…
Le priver d’orgasme : pas de « soulagement » pendant le week-end (voire plusieurs jours avant, si vous voulez vraiment le charger).
Le faire pratiquer l’edging (ou l’y obliger s’il est déjà dressé pour ça) : le maintenir à deux doigts de jouir, puis lui interdire de finir au dernier moment.
Résultat : sa tête devient un mix explosif de manque, d’obsession et de dévotion.
Plus il est plein, tendu, frustré, plus il est :
attentif à vos moindres paroles,
prêt à accepter vos caprices,
obsédé par l’idée de vous satisfaire, puisqu’il n’a plus aucun contrôle sur lui.
La frustration permanente est un fil rouge parfait pour ce week-end FLR : vous pouvez l’utiliser comme monnaie d’échange (un edge gagné, un edge perdu), comme punition (on recule la date de son prochain orgasme), ou comme simple cruauté gratuite – parce que vous en avez envie, point.
Pour celles qui veulent transformer l’edging en véritable discipline (avec séances, consignes, objectifs et petits supplices délicieux), j’ai écrit un article dédié qui détaillait déjà tout ça :
https://***LIEN COMMERCIAL EN ATTENTE DE VALIDATION PAR L'ADMIN = lien vers bdsm.fr demandé : Lire https://www.bdsm.fr/regles-promo ***/2024/07/26/pourquoi-et-comment-entrainer-son-soumis-a-ledging-%f0%9f%94%a5%f0%9f%92%a6/
Pour ce week-end de Saint-Valentin, considérez la frustration comme votre basse continue :
tout le reste (punitions, humiliations, corvées, câlins…) vient se jouer par-dessus un instrument déjà bien accordé : son désir, soigneusement entretenu… et interdit de sortie.
Préparer le terrain en amont : le charger avant le week-end
Pour maximiser l’impact du week-end, la préparation compte autant que les 48h elles-mêmes :
Interdisez-lui l’orgasme dès maintenant :
Quelques jours (ou plus) avant la Saint-Valentin, annoncez-lui qu’il n’aura plus le droit de jouir jusqu’à la fin du week-end. Sa frustration va monter, et avec elle, sa réceptivité à vos ordres.
Gardez-le « plein » et tendu :
Plus il est sexuellement frustré, plus sa tête est à vous. L’important est de le garder dans un état de désir non satisfait.
Faites-lui consommer du contenu femdom :
Par exemple, du porno, des lectures, des vidéos, des podcasts orientés domination féminine. L’objectif est de lui ancrer dans la tête l’idée que la domination féminine est naturelle… et inévitable.
Edging avant le week-end :
Vous pouvez lui ordonner de pratiquer l’edging (ou le guider) plusieurs fois, en lui interdisant chaque fois de finir. Il arrive au vendredi déjà au bord du craquage, totalement sous votre influence.
Si durant ce week-end, vous avez aussi prévu de jouer avec son cul…
de vous essayer au strapon, à la dilation anale, au pegging…
…commencez dès maintenant.
Demandez-lui de porter un plug anal régulièrement dans les jours qui précèdent, tous les jours si possible, en augmentant la durée de jour en jour.
Maintenant, le jeu commence vraiment : 48h où il n'est plus votre égal
À partir d'ici, mettez-vous bien en tête que ce n'est plus votre « chéri », votre copain ou votre mari.
C'est votre esclave.
Vous devenez sa Déesse, sa Maîtresse, son centre de gravité absolu.
Il vit pour vous servir, pour vous obéir, pour être utilisé comme vous l'entendez.
Le reste est mis entre parenthèses.
Pendant 48h, il n'a plus de « temps mort » :
soit il vous sert, soit il attend de vous servir.
Tout doit lui rappeler cette asymétrie :
sa nudité contre vos vêtements,
ses corvées contre vos plaisirs,
son humiliation contre votre amusement.
Simple. Clair. Vertical.
1. Accessoire pour symboliser cette hiérarchie
Collier : signe de possession
Le collier est l’un des symboles les plus simples et les plus forts de votre pouvoir.
À la maison : un collier en cuir bien visible, large, assumé, comme pour un chien. Vous le lui mettez vous-même. C’est un geste clair : il est à vous. Il peut y avoir un anneau pour y accrocher une laisse, ou simplement pour le voir et le sentir à chaque mouvement.
Pour sortir : un collier plus discret (cuir fin, bijou, ras-de-cou, chaîne) qui passe pour un accessoire normal aux yeux des autres, mais qui reste pour vous deux un signe de possession.
À chaque fois qu’il touche son collier, il se rappelle : « je lui appartiens ».
À chaque fois que vous le voyez, vous savez que c’est votre esclave, marqué comme tel.
Cage de chasteté
Si vous êtes à l'aise avec cet outil, c'est un symbole extrêmement fort.
Son sexe est littéralement sous votre contrôle.
Il le voit. Il le sent. Il sait qu'il ne peut rien en faire sans vous.
Chaque érection contrariée devient un rappel physique de votre pouvoir.
Chaque fois qu'il pense à vous (c'est-à-dire tout le temps), la cage lui murmure : « Tu m'appartiens. »
Plug anal
Toujours en respectant hygiène, progressivité et consentement :
Porté en intérieur pendant certaines plages du week-end.
Éventuellement brièvement à l'extérieur, si c'est un jeu partagé et consenti.
La sensation d'être rempli, occupé, possédé de l'intérieur est un marqueur de domination extrêmement fort.
Moi, j'adore savoir que mon esclave porte son plug pendant qu'il fait la vaisselle.
Ou pendant qu'il est au supermarché à côté de moi.
Personne ne le voit.
Nous le savons tous les deux.
Et ça change tout.
Tous ces éléments sont optionnels, modulables.
Ce qui compte, c'est que vous, vous vous sentiez puissante, légitime, excitée par votre propre pouvoir…
…et que lui sente, à chaque instant, qu'il est là pour vous servir et vous obéir.
2. La tenue : afficher clairement qui est au‑dessus
Avant même de parler ou de le toucher, la tenue crée le déséquilibre entre vous deux.
C’est elle qui vous place au‑dessus, et lui en dessous.
CFNM : vous habillée, lui nu
C’est le plus simple, et souvent le plus efficace.
Vous : habillée, élégante, à l’aise. Maquillée si vous en avez envie, en pull, en robe, ou même emmitouflée dans un plaid.
Lui : nu, ou presque nu. Peut-être juste un collier, une cage, un plug.
Toute l’asymétrie saute aux yeux :
vous sur le canapé, lui exposé, vulnérable.
Chaque mouvement lui rappelle qu’il n’a plus rien à cacher, plus rien à négocier.
Si la température ou votre logement ne permettent pas la nudité complète, vous pouvez adapter : nu mais avec chaussettes, t‑shirt court, etc. L’idée est qu’il soit toujours plus exposé que vous.
Féminisation : jouer avec son image
Pour les Déesses qui aiment brouiller les pistes et jouer avec l’identité :
À la maison : culotte, soutien‑gorge, collants, jupe, robe, bas, porte‑jarretelles, petits accessoires « ridicules » ou mignons que vous choisissez pour lui.
À l’extérieur : sous‑vêtements féminins cachés sous ses vêtements habituels.
Vous seule savez ce qu’il porte.
Lui vit avec cette tension permanente : « Et si quelqu’un le devine ? »
Cela peut être :
Un ensemble complet de lingerie féminine
Ou simplement : uniquement en sous‑vêtements, pour qu’il se sente à la fois dénudé et ridicule.
À chaque pas, à chaque mouvement, il sent votre emprise.
Tenue d’esclave : marquer visuellement son statut
Vous pouvez lui choisir une tenue dédiée pour ce week‑end, qui deviendra sa tenue d’esclave.
Quelques idées :
Tenue en cuir ou en latex (pour celles qui aiment l’esthétique fetish)
Tenue tout en collants (corps moulé, peu de liberté, sensation de seconde peau)
Tenue « ouverte » : fente, trous, zones découvertes qui laissent apparaître fesses, sexe, poitrine, cuisses
L’objectif n’est pas seulement esthétique :
choisissez quelque chose qui :
Le met mal à l’aise ou le fait rougir
Le rappelle visuellement à son statut d’inférieur
Le distingue clairement de vous (vous élégante, lui en tenue d’objet ou de jouet)
Autres accessoires utiles
Ces éléments peuvent compléter la tenue et renforcer son statut :
Tablier nu dessous (pour le service en cuisine)
Lingerie volontairement « ridicule » ou trop petite
Tenue de « bonne » (tablier, jupette, petit foulard)
Menottes décoratives (poignets, chevilles, cuisses)
Corset (qui le serre, le contraint, le gêne dans ses mouvements)
Vous pouvez n’en choisir qu’un ou les combiner.
L’essentiel : chaque fois que vous posez les yeux sur lui, sa tenue doit vous rappeler qu’il est là pour servir.
3. Le quotidien transformé : des scènes concrètes de gynarchie
Maintenant que le décor est planté, passons aux scènes.
Parce que la gynarchie ne se joue pas seulement dans une chambre avec des menottes.
Elle se joue partout. Tout le temps. Même devant Netflix.
Regarder la TV
Vous : installée confortablement sur le canapé, télécommande en main, peut-être un verre de vin à portée.
Lui : au sol. À vos pieds. Dans une position que vous avez choisie.
Quelques options que j'aime particulièrement :
À genoux, front contre le canapé, immobile pendant tout l'épisode.
Allongé en travers du sol, servant de repose-pieds humain.
Assis en tailleur à vos pieds, autorisé à regarder l'écran… mais pas à commenter sans permission.
Vous pouvez poser vos talons sur son dos. Sur son torse. Sur son visage, s'il a mérité cette « faveur ».
S'il bouge trop, s'il ose commenter l'épisode sans autorisation ?
Vous appuyez un peu plus fort.
Ou vous lui ordonnez de se rapprocher pour que vous posiez vos pieds sur son visage, jusqu'à ce qu'il se tienne enfin tranquille.
Il sait que ce moment n'est pas un loisir partagé.
C'est votre divertissement.
Lui est là pour votre confort, pas pour regarder la série comme votre égal.
Comment transformer la cuisine en scène de service
Il cuisine pour vous. Presque nu, avec un simple tablier si vous êtes d'humeur généreuse.
Vous le regardez. Vous commentez. Vous donnez des ordres.
« Plus de sel. »
« Recommence cette sauce. »
« Goûte. Dis-moi si c'est digne de moi. »
Il vous sert debout, en restant en retrait pendant que vous mangez tranquillement.
Il mange après vous.
Ou ailleurs, selon le degré d'humiliation que vous souhaitez installer.
Quelques options que j'aime :
Il mange à la cuisine, debout ou à genoux.
Il mange à vos pieds, dans une assiette posée au sol.
Vous lui donnez quelques bouchées avec vos doigts, comme à un animal bien dressé.
Vous lui jetez quelques restes dans son assiette, juste pour voir jusqu'où il est prêt à descendre pour vous faire plaisir.
Un soir, vous pouvez même l'envoyer finir son assiette au sol pendant que vous buvez tranquillement votre verre de vin, en le regardant sans un mot.
Le silence, parfois, marque plus que les ordres.
Déesse en public, esclave en secret
Ce week-end ne s'arrête pas dès que vous passez la porte.
Vous lui imposez une tenue, un sous-vêtement ou un accessoire discret sous ses habits :
lingerie féminine, plug, cockring, collier caché sous le col.
Vous jouez avec des ordres simples :
marcher légèrement derrière vous, porter tous les sacs, suivre vos changements de plans sans discuter.
Au restaurant, vous gardez le contrôle des choix : le restaurant, le plat, le vin, le rythme, l'heure de départ.
Lui seul sait qu'il porte votre culotte sous son jean.
Ou qu'il a un plug en lui.
Ou que le moindre faux pas pourra se payer plus tard, sur ses fesses.
Vous, vous savourez cette tension silencieuse :
vous pouvez sourire comme si de rien n'était au serveur, pendant que votre esclave en civil brûle de honte et d'excitation à vos côtés.
Aux yeux du monde, vous êtes un couple « normal ».
Vous deux savez que ce n'est plus vrai.
Et ce mélange de normalité sociale et de hiérarchie secrète est souvent incroyablement excitant…
…et très facile à prolonger bien après la Saint-Valentin. 😉
4. Le service permanent : ordres, rituels, positions
Ne le laissez jamais vraiment se détendre.
Votre esclave doit sentir qu'il est en service permanent.
Tâches domestiques
Ménage, vaisselle, lessive, rangement, réorganisation de votre dressing, préparation de vos repas, de votre café, de votre bain…
Tout ce qui vous décharge.
Tout ce qui lui rappelle qu'il est utile avant d'être désiré.
Positions imposées
Vous pouvez définir des positions précises qu'il doit adopter selon les moments :
Position d'attente : à genoux, mains derrière le dos, tête baissée, quand il n'a pas d'ordre immédiat.
Position de service : à genoux à côté de votre fauteuil, prêt à bondir au moindre ordre.
Plateau humain : allongé au sol, immobile, pendant que vous posez vos pieds sur lui.
Chaque position a un sens.
Chaque position lui rappelle où il est.
Micro-ordres permanents
Vous pouvez aussi le noyer sous les micro-ordres :
« Va me chercher un verre d'eau. Maintenant. »
« Change de position. Non, pas comme ça, idiot. À genoux, tête au sol. »
« Reste silencieux 15 minutes. Si tu ouvres la bouche, j'ajoute 10 minutes. »
« Recommence. Ce n'est pas digne de ta Déesse. »
« Rampe jusqu'ici. Oui, comme ça. Plus lentement. Je veux te voir galérer. »
« Lèche mes chaussures. Pas comme ça, sale petit esclave, avec application. »
« Tu trembles déjà ? Pathétique. »
Chaque petite consigne lui rappelle qu'il n'est plus autonome.
C'est vous qui décidez de tout, jusqu'aux détails les plus ridicules.
5. Vos plaisirs : l'utiliser sous toutes ses formes
Pendant ces 48h, son rôle n'est pas d'« être heureux en couple ».
Son rôle est de servir votre plaisir, sous toutes ses formes.
Plaisir corporel
Il vous sert de coussin, de repose-pieds, de masseur, de chaise vivante.
Vous posez vos pieds sur lui.
Vous vous installez sur son dos pour consulter votre téléphone.
Vous le traitez comme l'accessoire vivant qu'il est devenu.
Moi, j'adore m'installer sur mon esclave comme sur un pouf pendant que je lis.
Il ne bouge pas. Il respire doucement. Il existe pour mon confort.
C'est simple. C'est concret. C'est puissant.
Plaisir pratique
Il cuisine, range, nettoie, prépare votre bain, met vos chaussures, vous aide à vous habiller…
Tout selon vos critères à vous, pas les siens.
Vous, vous profitez.
Plaisir symbolique
Le voir se plier, rougir, lutter, se ridiculiser pour vous…
Donner tout ce qu'il a pour un simple « bonne fille » ou un sourcil levé de satisfaction.
Ce plaisir-là nourrit votre ego de Déesse.
Et croyez-moi, c'est un carburant qui ne s'épuise pas.
Plaisir sexuel
C'est vous qui décidez quand (ou si) il a le droit de vous toucher, de vous servir avec sa bouche, ses mains, son corps.
Vous profitez de lui pour votre plaisir, à votre rythme, selon vos envies, sans rien lui promettre en retour.
Dans l'état de frustration où vous l'avez mis, il adore vous servir sans aucune garantie.
Et plus vous gardez la carotte hors de portée,
plus il rampe pour vous.
Idées de fantasmes femdom à explorer
Pour les couples qui veulent un niveau plus explicite, ce week-end va être l’occasion de tester des fantasmes femdom plus assumés, en gardant toujours la sécurité, la communication et le consentement comme filet.
Prenez le contrôle, prenez le dessus.
Humiliez-le et servez-vous de lui, dans les cadres que vous aurez fixés ensemble.
Inversez les rôles sexuels, faites-lui découvrir des pratiques qu’il n’imaginait que dans ses fantasmes.
Voici une liste non exhaustive de pistes à explorer, à piocher selon vos envies et vos limites :
CFNM (Clothed Female / Naked Male) : Vous restez habillée, élégante, pendant qu'il est nu. L'asymétrie du pouvoir est visible.
Jeux de rôle et service total : Bonne de maison, majordome, animal de compagnie (à quatre pattes avec laisse), meuble vivant (table basse, repose-pieds, porte-manteau humain).
Objectification : Le traiter comme un objet (coussin, repose-pieds, tabouret, table basse). Il ne parle pas, ne bouge pas sans permission.
Body worship : Il adore votre corps (pieds, jambes, fesses, poitrine, ventre, nuque) en embrassant, léchant, massant selon vos limites.
Masturbation contrôlée : Vous donnez le rythme, les pauses, vous décidez s'il finit ou non. Le faire se masturber devant vous, l'arrêter juste avant l'orgasme, ou lui interdire de jouir pendant des jours.
Edging : Le maintenir au bord de l'orgasme sans le laisser finir, pendant des heures, des jours, ou tout le week-end. Plus il est frustré, plus il est malléable.
Contrôle psychologique : Tests d'obéissance, épreuves avec conséquences (« Si vous échouez, je repousse votre orgasme d'une semaine »), ultimatums où vous gagnez toujours.
Service sexuel : Vous décidez quand, comment et combien de temps il vous donne du plaisir (cunnilingus, massage) sans rien en retour. Il sert, vous profitez.
Privation sensorielle : Bandeau, bouchons d'oreilles, obscurité, bâillon. Contact imprévisible (caresses, griffures, claques, glace, cire tiède, plumes). Chaque sensation est décuplée.
Bondage léger : Menottes, écharpes, ruban de bondage, immobilisation partielle.
Bondage avancé : Cordes (shibari), positions tenues longtemps, immobilisation complète. Le laisser attaché pendant des heures en punition ou pour votre plaisir.
Humiliation verbale : Surnoms rabaissants (« pathétique », « ma petite chose »), phrases à répéter (« Je suis un objet », « Ma Déesse mérite tout »), commentaires sur son corps et sa soumission.
Humiliation situationnelle : Tenues ridicules ou féminisées, positions dégradantes, tâches absurdes (nettoyer le sol à la brosse, manger au sol, porter une laisse).
Humiliation sexuelle : Le forcer à supplier, à se masturber sans jouir, à nettoyer après lui, à lécher vos jouets après usage.
Facesitting : Vous utilisez son visage comme siège. Surveillez sa respiration mais prenez votre plaisir pleinement.
Marquage : Laisser des marques temporaires (maquillage, inscription au marqueur, rouge à lèvres, griffures, morsures, traces de fessée) qu'il doit porter fièrement ou cacher.
Jeux de hasard : Lancer un dé, tirer des cartes (chaque couleur = punition/récompense), roue de la fortune (fessée, edging, orgasme, chasteté prolongée).
Plug anal : Porté quelques heures, toute la journée, ou à l'extérieur. Symbole de contrôle intérieur.
Strapon / Pegging : Vous pénétrez, lui reçoit. Inversion complète des rôles. Demande préparation, lubrifiant, progressivité, hygiène.
Torture légère : Chatouilles prolongées pendant qu'il est attaché. Fessées intenses, martinet, cravache, spatule, ceinture (pour couples sadique/masochiste).
Jeux de fluides : Cracher sur lui (visage, bouche, corps), laisser des traces de votre plaisir sur sa peau, le forcer à nettoyer avec sa langue. Très puissant psychologiquement, à négocier avant.
Jeux de salissure : Le laisser marqué, « utilisé », imprégné (squirt sur lui, le couvrir de mouille/sueur, interdire de se laver pendant des heures, lui faire porter vos sous-vêtements souillés). Accord clair et discussion après obligatoires.
Ballbusting : Coups légers puis gradués sur ses couilles. Extrême prudence, progressivité stricte, safewords immédiatement disponibles.
L’important est de vous rappeler que rien n’est obligatoire : ce sont des pistes, pas un programme imposé. Vous pouvez en prendre une seule, ou en combiner plusieurs, ou simplement les garder en réserve pour un prochain week-end. Plus les fantasmes sont intenses (facesitting, jeux anaux, jeux de fluides, humiliation très trash…), plus il est important de :
les négocier explicitement avant,
convenir de vos safewords,
prévoir un aftercare solide pour qu’il redescende bien, physiquement et émotionnellement.
Osez 48h de FLR… et racontez-moi tout
Chères Déesses, si vous avez toujours fantasmé sur la FLR, le femdom, la gynarchie ou le BDSM sans jamais oser vous lancer, ce week-end de Saint-Valentin est votre excuse parfaite. Testez « pour de faux »… et découvrez peut-être que c’est exactement comme cela que vous voulez vivre à deux.
Pendant 48h, transformez votre couple en laboratoire de pouvoir féminin : service permanent, humiliation consentie, plaisir contrôlé, inversion des rôles. Vous pouvez :
En rester là : un souvenir délicieusement pervers,
En faire un rituel annuel,
Ou installer une vraie dynamique gynarchique (règles permanentes, chasteté régulière, rituels du quotidien).
J’espère que beaucoup d’entre vous vont jouer le jeu à fond, adapter ces idées à votre sauce, et poser les bases d’une gynarchie qui vous fait mouiller rien qu’à y penser.
Après le week-end, venez me raconter :
✅ Ici, en commentaire
✅ Sur mon Discord
✅ Par message privé
J’adore lire vos témoignages : vos succès, vos ratés, vos surprises, vos envies pour la suite.
Votre expérience inspirera d’autres Déesses à oser prendre le pouvoir… et d’autres hommes à enfin céder à devenir esclaves, tremblants d’avance.
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La lettre de séparation à peine digérée, Paul fonça chez un ténor du barreau, le chéquier entre les dents, prêt à financer une guerre de tranchées ; il en ressortit délesté de trois cents euros et de ses dernières illusions, apprenant que l’ultime réforme en date avait transformé le mariage en un CDD résiliable sans préavis.
— Vous voulez vous battre ? avait ricané l’avocat, après avoir consulté sa montre.
— Évidemment !
— Cher Monsieur, le divorce moderne est une autoroute. Vous, vous êtes un piéton égaré sur la voie de gauche.
Les semaines suivantes furent un écartèlement administratif savamment orchestré : au bureau, Aurélie validait ses notes de frais le matin et détruisait sa vie privée l’après-midi, avec le sourire carnassier de celle qui tient son boss par les couilles. L’huissier passa, en mode livreur Amazon pressé, déposant l’acte de décès de son couple entre deux réunions budgétaires. Devant le Juge aux Affaires Familiales, Paul tenta de jouer la carte de la passion bafouée, mais ne récolta qu’un regard ennuyé : son amour éternel n’avait aucune prise juridique sur « l’altération définitive du lien » plaidé par l’avocate de sa femme.
Son dossier ? Un vulgaire ticket de boucherie qu’on appelle au guichet suivant.
Leurs dix-neuf ans de vie commune furent « désassemblés » en six mois chrono : on lui retira le titre d’époux, on le somma de libérer le domicile conjugal mais on lui laissa généreusement le droit de payer la moitié des dettes. Sabine ne lui adressa même pas la parole, laissant son avocate dépecer leur patrimoine commun avec la précision d'un médecin légiste.
Paul finit par échouer dans un deux-pièces meublé à la hâte chez Ikea, en étage élevé, dans une des immenses tours de la périphérie. En vissant seul une étagère bancale, il réalisa qu'il n'avait pas été victime d’un grand drame romantique, mais simplement « effacé » du jour au lendemain par sa femme. Elle avait classé le dossier « Paul » dans la corbeille, sans même se donner la peine de la vider.
Le pire, c’est qu’il croisait tous les jours au bureau celle qui avait fait exploser son mariage, ruiné son bonheur tranquille avec Sabine. Cette grosse salope de comptable, qui ne loupait jamais une occasion de l’humilier.
--<0>--
Depuis qu’il avait pris possession de son nouveau logis, perché à une belle hauteur au-dessus de la ville, Paul avait eu l’occasion d’apprécier à de nombreuses reprises la vue saisissante dont jouissait celui-ci. Cela ne le consolait pas de sa séparation, mais ce changement d’air radical contribuait à rendre plus supportable le passage de ce cap étrange qu’était son célibat retrouvé.
En termes d’agencement, une baie vitrée séparait le salon d’un petit balcon juché 14 étages au-dessus du vide. A peine de quoi y poser deux chaises et une petite table basse pour une dinette en altitude, mais il avait l’avantage d’être bien séparé des voisins, et de ne pas être trop exposé aux vents dominants. Une sorte de nid d’aigle, qui lui permettait de « surplomber » ses semblables, éparpillés dans divers immeubles autour du sien. Un certain nombre de ces appartements étaient eux-mêmes agrémentés de terrasses et de baies vitrées donnant dans sa direction.
La distance qui le séparait de ces différents ensembles était suffisante pour ne pas que ce soit étouffant. De jour, on distinguait assez bien les gens sur leurs balcons, à peine des silhouettes qui ne lui prêtaient guère attention. De nuit, s’il n’allumait pas et restait dans le noir, il était quasi indétectable.
Ce point de vue plongeant sur les habitations d’en face le fascinait. Il avait en point de mire toute une humanité protéiforme. Des couples avec ou sans enfants, des personnes âgées, des étudiants braillards ou studieux, des célibataires dans de petits appartements étriqués ou parfois des lofts plus spacieux. Autant d’existences exposées en temps réel sous son regard inquisiteur.
Depuis que son divorce avait été prononcé, il disposait de nettement plus de temps. Il avait presque oublié à quel point ça vous laisse de la liberté d’action, d’être seul et sans enfant.
Que faire de tout cet ennui ? Continuer de travailler d’arrache-pied ? Il avait assez donné. Ce qui lui avait valu un poste enviable et plus aucune envie de se tuer à la tâche. Visiter les musées, courir les expos, prendre le temps de relire les classiques ? Oui, quand il serait vieux, décati, à la retraite, pourquoi pas… L’essentiel de sa vie avait été dédié à l’érotisme, au sexe, aux femmes, qu’il observait à la dérobée et dessinait dans des cahiers Canson. C’était ça, qui le faisait vibrer et se sentir vivant.
Devait-il continuer sa collection de croquis, plus ou moins pornos, basés sur l’esthétique entraperçue de collègues parfois un brin impudiques ? Ça le ramenait bien trop directement à la douleur d’avoir perdu Sabine - ou plutôt, de se l’être fait piquer. Ces dessins, qu’il conservait par nostalgie, faisaient à présent parti d’un chapitre clos. Trop dangereux de le rouvrir, frustré comme il était. Déjà, les filles sur son lieu de travail devaient bien s’apercevoir qu’il les observait avec une faim nouvelle, dévorante. Son vice de déshabiller du regard les donzelles, jolies ou moins jolies, il devait à présent le pratiquer de façon anonyme, là où se faire surprendre n’emportait aucune conséquence.
Pourquoi pas depuis chez lui, en profitant de ce point de vue en surplomb ? Dans un de ses cartons, il avait retrouvé une paire de jumelles de marine que son ex femme lui avait offert pour un anniversaire. Sur la carte accompagnant le cadeau, elle avait laissé un message à double lecture, encourageant ses tendances à l’observation « de loin » des plus beaux spécimen. Des binoculaires assez puissants, avec stabilisateur optique. Une étrange ironie, que ce présent de sa femme soit peut-être la meilleure façon de passer à autre chose.
Sa principale crainte était de se faire démasquer. Qu’une victime de ses futures indiscrétions repère son manège et vienne se confronter à lui, et il courrait le risque d’un scandale, ou pire : une plainte, remontant jusqu’à son employeur. Il devait donc agir avec une extrême prudence. Plonger la pièce dans l’obscurité, revêtir des vêtements sombres, éviter tout reflet sur les verres des jumelles. Selon les heures du jour, se placer en retrait à quelques mètres des baies vitrées, ou bien observer à travers des voilages fins : y plaquer doucement les binoculaires, sans forcer, pour tout voir parfaitement sans être vu.
La première chose à faire, c’était d’être ordonné, systématique : observer chaque appartement, en inventorier le potentiel érotique, trier ceux réellement prometteurs, noter les habitudes, horaires et manies des occupants… enfin, plutôt des occupantes – les cibles privilégiées de ses observations attentives.
Avec son goût pour l’optimisation rationnelle des tâches, Paul ne laissait aucune place au hasard. Afin de maximiser son excitation et le potentiel masturbatoire de ses observations, autant se concentrer sur la sélection intransigeante des meilleures chaudasses, à même de lui procurer un spectacle haut en couleurs. Après un certain nombre de séances, il pourrait établir une sorte de programme, observant à une heure convenue d’avance tel ou tel logis, pour ne pas laisser trop de temps morts entre chaque exhibition involontaire.
Le soir tombait, encore chaud en ce mois d’août. À cette heure-ci, les gens mangeaient, riaient, regardaient la télé. Certains faisaient peut-être l’amour. Des femmes s’épilaient ou se rasaient la chatte. Il était temps de débusquer un maximum de ces visions érotiques, ces joies et ces plaisirs, et s’en repaître en témoin discret et silencieux.
(À suivre…)
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J’avais invité mon épouse Mathilde au restaurant pour la St Valentin et je lui avais offert avec une bouteille de son parfum préféré et le petit livre osez dresser votre mari, écrit par Octavie DELVAUX. J’avais souvent proposé à ma femme de vivre une relation de suprématie féminine, mais elle avait toujours refusé en riant : « Tu me vois transformée en dominatrice ! ». Oui, je l’imaginais très bien justement…
Tout s’était très bien passé, l’ambiance était sensuelle et complice, je pensais que le moment était propice pour relancer un fantasme qui me tenait à cœur depuis bien longtemps. Le cadre était parfait, intimiste et chaleureux, Mathilde avait bu deux coupes de champagne et c’est là qu’elle était dans ses meilleures dispositions…
Mathilde défit le paquet, regarda la couverture et le titre. Elle ne dit rien, mais me regarda fixement sans rien dire. Je pris un grand bol de courage et me lançai :
-Tiens si tu as l’envie d’y jeter un œil, tu sais que je ne serais pas contre l’idée, euh, l’idée que tu me dresses et que tu prennes le pouvoir, c’est si bien expliqué dans ce livre, et c’est écrit par une femme. Beaucoup de couples vivent cette relation tu sais…
-Eh bien d’accord, ce n’est pas la première fois que tu m’en parles, je vais lire ce livre et y réfléchir pour te faire plaisir, je te ferai connaitre ma décision.
Nous passâmes à autre chose et la conversation ne revint plus sur le sujet.
Quinze jours plus tard, Mathilde m’appelle en milieu d’après-midi.
-Ecoute mon chéri c’est d’accord, j’ai finalement accepté ta proposition, j’ai bien réfléchi, je vais te dresser comme tu me l’as demandé ! Je rentre vers 20 heures ce soir, j’ai plusieurs courses à effectuer, prépare nous un petit truc à manger, je vais t’expliquer tout ça.
-Super, je ne m’y attendais pas et je t’avoue que je n’y pensais plus vraiment. A ce soir mon amour !
J’étais vraiment très excité sur le moment, mais un peu inquiet quand même. Je me rassurais en pensant que Mathilde est une très jolie femme au milieu de la quarantaine avec la cervelle bien faite et avec qui je ne risquais pas d’avoir une aventure inconséquente mais plutôt un agréable délire érotique !
Il y avait des petits plats surgelés déjà préparés bien suffisant pour une petite collation et je rajoutais une bouteille de champagne au frais.
Je tournais en rond comme un fauve dans l’appartement en attendant le retour de Mathilde. Parfois il me venait de violentes érections, parfois j’avais honte ou alors une boule d'anxiété me prenais au ventre; je ne pouvais y croire ! Cela faisait des années que je fantasmais sur ma femme transformée en dominatrice et voila qu’en un petit coup de téléphone de trente secondes, tout allait se réaliser.
Enfin, j’entendis les clefs tourner dans la serrure. Elle passa au salon où je l’attendais impatiemment, après avoir posé ses affaires dans l’entrée. Elle avait gardé son manteau trois quart qui lui donnait cette petite allure de bourgeoise sûre d'elle, chic et sage que j’appréciais tellement.
-Il faut qu’on parle, mon chéri !
-Oui
J’avais la bouche un peu sèche et je ne savais pas quoi dire.
-Tu es toujours d’accord pour te faire dominer et pour que je commence ton dressage dès ce soir ?
Je prends un grand bol d’air :
-Oui Mathilde, tu es la femme de ma vie, je t’obéirai !
-Bien, alors déshabille-toi !
-Complètement ?
C’était tellement stupide comme question que Mathilde n’y répondit même pas. Je m’exécutai, assez troublé. Mon épouse me regardait fixement, ce qui accentua ma gêne.
Elle me présenta une chaise et me dit de m’y asseoir. Puis elle alla chercher dans l’entrée un sac de sport tout neuf que je ne connaissais pas et y sortit plusieurs jeux de cordes. Elle m’attacha les bras derrière la chaise, puis elle entreprit de me fixer le torse au dossier. Une fois terminé, elle retira son manteau, dévoilant une très jolie paire de jambes mise en valeur par une petite robe noire très moulante que je n’avais encore jamais vue. La robe était si courte qu’elle dévoilait à peine le début d’un porte-jarretelle. J’avais rarement vu ma femme aussi sexy et dominatrice.
-Tu es vraiment sublime mon amour !
Pas de réponse, Mathilde continua de m’attacher les pieds et les jambes. Une fois solidement fixé à la chaise, elle me monta dessus à califourchon et s’assit sur mes cuisses, les jambes grandes écartées en une posture assez obscène à laquelle je n’étais pas habitué venant d’elle. Son visage face au mien.
Elle entreprit de me caresser le bout du sexe avec ses doigts, pendant que de l’autre elle se caressait la chatte après avoir écarté son string. De temps en temps, elle me mettait les doigts dans la bouche, en me disant doucement :
-Suce mes doigts mon chéri !
Je ne savais pas que ma femme pouvait avoir un langage aussi cru.
Puis elle me murmura doucement à l’oreille tout sans arrêter de se tripoter le clitoris et la vulve :
-Il faut qu’on parle, mon chéri. J’ai beaucoup réfléchi, je suis allé voir sur Internet ce qu’était la domination féminine, je crois que tout cela m’excite beaucoup, j’aurais peut être dû essayer plus tôt. Je me demande si finalement je n’en avais pas encore plus envie que toi, et que je n’osais pas me l’avouer ! C’est bête non ? Et j’ai un peu parlé avec quelques amies.
-Quoi ! Tu en as parlé avec tes amies ?
J’étais horrifié. Mathilde sourit et me dit qu’elle en avait un peu parlé avec Brigitte et Sandra.
-Mais Sandra est une terrible pipelette et elle me déteste, c’est une catastrophe, elle pense que ne je ne suis seulement qu’un sale macho arrogant et sûr de lui, elle va raconter partout que tu me domines comme un misérable chien, un esclave soumis, une pauvre lopette que sais-je encore, pour me rendre ridicule et me faire le plus de tort possible !
-De toutes façons, tout le monde sait très bien que Sandra ne t’apprécie pas. Ca ne changera rien. Et puis si tu aimes te faire dresser par ta tendre épouse dominatrice, pourquoi le cacher, ce n’est pas un crime !
Mathilde avait fait exprès de le dire à Sandra, elle voulait me dominer non seulement dans l’intimité mais également au regard de tous nos amis et rendre ce jeu irréversible. Quelle humiliation ! Pendant que je me torturais de honte à l’idée d’être vu comme un mari soumis dans notre entourage, Mathilde me rendait fou de plaisir en me caressant le gland avec précision. Ces deux sentiments opposés me mettaient dans un état second. Je respirais vite et à grande inspiration, prêt à m’évanouir et à hurler d’impuissance. Mathilde arrêta progressivement ses caresses et m’embrassa tendrement en entourant ses bras autour de mon torse nu pendant qu’elle se frottait l’entrejambe sur ma cuisse. Elle se fit très douce, presque maternelle et rassurante :
-Tout va bien se passer mon amour, ta petite femme chérie va te dresser gentiment avec beaucoup de patience et de tendresse, tu ne regretteras rien !
-Il faut qu’on parle et qu’on mette tout par écrit, car c’est une affaire sérieuse et il faut qu’on soit tous les deux gagnant dans cette nouvelle relation de domination dans notre couple. Tu dois y retirer autant de plaisir que moi, n’est ce pas ?
Je te propose de rédiger un contrat consensuel et équilibré que nous signerons tous les deux, qu’en penses tu ?
Sans attendre ma réponse, Mathilde se leva et alla chercher un document déjà écrit qu’elle me lu très consciencieusement. Je réalisais bien la situation, moi nu, ligoté sur une chaise, elle debout les jambes légèrement écartées et bien plantées sur ses haut talons en face de moi en train de me proposer un contrat écrit par elle seule. Un contrat consensuel et équilibré comme elle avait précisé ! Quel toupet !
-Qu’en penses-tu mon amour ?
Le contrat de Mathilde était très clair : je n’avais plus aucun droit, elle avait le pouvoir sur tout, y compris sur ma sexualité avec cette restriction que j’aurai au minimum un orgasme après chaque épreuve de chasteté sans dépasser cinq jours de suite d’abstinence. J’aurai un safe word utilisable sans restriction et Mathilde s’engageait à ne pas avoir de relation hétérosexuelle sans mon accord. Ce qui sous entendait bien sûr que rien n’interdisait qu’elle puisse avoir des expériences lesbiennes… C’était nouveau ça !
-Je te laisse réfléchir, mon chéri, c’est normal que tu prennes le temps, ça va être quand même un petit changement dans ta vie !
Pour m’aider à mieux réfléchir, mon épouse dominatrice prit deux pinces à tétons dans son sac magique qu’elle me posa avec une infinie douceur, puis elle se mit à genou et se mit à me sucer le gland avec passion. De temps à autre, elle se fourrait deux doigts dans le vagin avant de me faire sucer son jus. Elle allait me faire mourir de plaisir ou mourir tout court si mon cœur n’était pas assez solide pour cette épreuve. Mon sexe n’avait jamais été aussi dur. Je me sentais pris au piège, près à chavirer.
J’étais paniqué, je sentais une Mathilde que je ne connaissais pas, je voulais bien avoir une femme autoritaire qui me dresse, mais c’était ma Mathilde à moi, celle que je connaissais, pas cette superbe femme sûre d’elle-même, de son charme et de sa volonté que je ne reconnaissais pas. J’avais l’impression d’avoir à signer un pacte avec le diable, je ne contrôlais plus rien, tout se brouillait dans mon esprit. Mais le principal c’était toutefois que Mathilde ne me trompera pas avec un homme et que j’aurai des orgasmes réguliers, même si elle m’impose des jours d’abstinence. Et pour le reste…
« Ok je signe ». J’avais l’impression de sauter dans le vide.
Elle prit la feuille qu’elle signa sous l’intitulé Madame Mathilde Dumont, dresseuse et sous l’intitulé Monsieur Erick Dumont, soumis, elle inscrivit p.o et elle signa à ma place car j’étais toujours ligoté sur la chaise.
Elle se remit alors à califourchon sur mes cuisses, elle empala sa chatte toute chaude et toute mouillée d’un coup sec sur mon sexe, puis elle se mit à bouger avec force avant de s’arrêter et de jouer très doucement avec la pince à tétons.
-Je vais de dresser jour et nuit mon amour, jusqu’à ce que tu deviennes mon esclave dévoué. Ca va être encore plus fort que ce que tu avais osé imaginer.
Elle ondula son bassin jusqu’à ce que je jouisse très violemment, en plusieurs saccades. Elle m’embrassa voluptueusement en passant ses mains dans mes cheveux
-Je t’aime, tu m’appartiens totalement maintenant…
Depuis la signature du contrat de soumission je suivais les directives de ma nouvelle épouse. Pour être exact, il s’agit de la personne que je croyais être une femme douce aimante et si délicieusement BCBG et qui se révélait être une femme dominatrice intraitable et qui aimait ça. Ainsi, j’ai vite réalisé que Mathilde prenait beaucoup plus de plaisir à me dresser que moi à me soumettre, car je connaissais régulièrement la douleur et la frustration.
Je devais me promener la plupart du temps tout nu dans notre grand trois pièces, je faisais toutes les corvées, je devais faire les courses et cuisiner. Je préparais chaque jour un bain pour Mathilde, avec toutes les huiles de bain prescrites et à la bonne température. De son coté, mon épouse gérait tout le reste, nos sorties, nos week-ends et les projets de vacances. Elle gérait aussi mes orgasmes, et elle organisait mes punitions en fonction de ses humeurs et du plaisir qu’elle avait à me faire souffrir et à m’humilier.
Le dressage était dur, mais je m’y soumettais car Mathilde me procurait des orgasmes intenses après de longs moments de frustration. Je n’avais jamais connu d’orgasmes aussi forts auparavant ni avec Mathilde, ni avec aucune autre femme. Ma femme dominatrice alternait l’autorité, la cruauté parfois et l’érotisme toujours avec une telle sensualité que je ne cherchais même plus à réfléchir ni à contester. J’étais devenu son esclave docile, d’autant plus docile que je ne contrôlais plus du tout mon plaisir, et que j’étais toujours dans l’attente de sentir la bouche ou la main de Mathilde autour de mon sexe.
Mathilde se promenait dans l’appartement en tenue toujours très sexy, plus ou moins dévêtue. Elle avait acheté entre autre un ensemble slip soutien gorge minuscule qui me rendait fou. Elle ne quittait plus ses talons hauts, bottes ou escarpins qui claquaient sensuellement sur le parquet.
J’avais le sexe en cage de chasteté la plupart du temps, mais quand ma femme me libérait, cela ne voulait pas dire que j’allais pouvoir disposer de mon sexe à ma guise. Je compris vite qu’une règle non écrite imposait que je sois attaché pour que Mathilde consente à retirer la petite cage en acier chromé qui me contraignait. J’avais ensuite droit à de longues séances d’excitation de sa part qui pouvaient finir par un orgasme ou par un abandon pur et simple, jusqu’à ce que Mathilde m’emprisonne de nouveau.
Un jour, mon épouse commença à se promener ostensiblement en string et talons hauts dans la maison pour m’exciter. Je rampai à ses pieds pour la supplier de me libérer, car mon envie était trop forte. Pendant ce temps là, Mathilde jouait avec la clef de ma cage qu’elle portait grâce à une petite chaînette autour du cou.
-OK, je te libère mon chéri, mais tu devras te satisfaire devant moi tout seul, et tu seras bien sûr puni très sévèrement pour cela par la suite. Tu as encore le choix, tu peux encore porter ta petite cage quelques temps.
-Je n’en peux plus, libère moi ma chérie !
Mathilde me libéra le sexe, et elle m’obligea à me mettre à genou devant elle. Elle était debout les jambes écartées et se caressait la poitrine. Tout en me caressant le pénis, je posai ma bouche sur sa cuisse pour m’imprégner de son odeur de femme. Elle recula brusquement et m’envoya un coup de pied dans les testicules.
-Tu te masturbes tout seul, et surtout tu ne me touches pas !
Je tombai par terre le souffle coupé. Mon érection avait disparu.
-Oh Mathilde, pourquoi as-tu fais cela ?
-Tu n’as pas à toucher mon corps sans mon consentement. Il ne t’appartient plus maintenant. Si tu veux éviter la très grosse punition qui t’attend tu peux encore accepter que je te remette en cage.
J’étais totalement désespéré.
-Oui
-Oui quoi ?
-Remets-moi la cage s’il te plait !
Ma femme s’accroupit devant moi et me remit lentement avec une certaine gourmandise ce petit objet de torture pendant qu’il me venait des larmes de rage et de honte. Je restai ensuite quelque temps par terre, nu et misérable, mesurant le degré d’asservissement que j’endurais depuis la signature du contrat de soumission.
Souvent, mon épouse m’attachait sur une chaise en face d’elle, bien allongée sur le canapé. Elle se caressait avec son vibromasseur tout en me regardant et en souriant. Une fois, n’en pouvant plus, je commençai à me plaindre de ma situation et je la suppliai de venir me détacher pour que je puisse venir lui faire l’amour. Elle se leva, prit un bâillon boule, et me le mit tout en frottant son corps contre le mien puis retourna se caresser.
J’étais sur les charbons ardents à tout instant. Au beau milieu de la nuit, Mathilde me réveillait, m’attachait les bras aux barreaux du lit, retirait ma cage et commençait à me sucer et à me masturber. Parfois elle me chevauchait jusqu’à ce que j’explose en elle. Puis elle se rendormait
J’étais souvent puni car ma femme ne laissait rien passer : un verre qui traîne, une chaussette, des bas oubliés sur une chaise. Les punitions variaient, allant de la simple mise au coin jusqu’à la solide correction administrée à la cravache sur mes fesses. Je n’avais pas de bâillon, car je pense que Mathilde aimait m’entendre gémir. Elle y prenait un plaisir fou, elle se masturbait toujours après la séance, parfois même elle n’arrivait pas à aller jusqu’au bout de la punition tant son excitation était forte.
J’étais devenu son objet sexuel préféré, je devais la satisfaire à tout moment avec ma langue. Le plus souvent j’étais à genou devant elle, les bras liés dans le dos pendant que mon épouse me tenait par les cheveux en me donnant des directives. Toute de suite, après avoir eu un ou deux orgasmes, elle m’abandonnait là, comme un misérable chien.
La transformation de ma femme fût réellement surprenante. Elle, plutôt bourgeoise bon chic bon genre dans le passé, se révèle être une femme fatale cruelle. Elle utilise sa féminité et sa sensualité pour m’assujettir à ses désirs. Ce qu’elle aime par dessus tout c’est me soumettre en me poussant à bout. Me voir souffrir sous ses coups et par frustration lui procure une jouissance physique et mentale. J’avais inconsciemment senti ce pouvoir de domination chez Mathilde et c’est certainement pour cela qu’il m’était venu des envies de soumission. Comme une prédatrice, elle a fini par piéger sa proie.
Je m’y attendais un peu, mais c’est arrivé encore plus vite que je le redoutais. Mon épouse dominatrice voulait faire part de notre nouvelle vie à ses copines.
-Au fait ! Demain, Brigitte et Sandra viendront prendre le thé vers quatre heures, j’aimerais que tu sois là pour nous faire le service !
-Mais j’avais prévu tout autre chose.
-Annule tes projets, elles sont très impatientes de voir notre nouvelle vie.
-Tu ne veux pas dire que tu vas me dominer devant elles ?
-Non, ne t’inquiète pas, ou alors seulement de manière ultra soft, tu verras, n’aie aucune crainte !
J’étais très inquiet au contraire. Jusqu’à présent, notre relation sado maso ne concernait que nous deux. Mathilde se transformait en maîtresse dominatrice, sévère et imprévisible, uniquement lorsque la porte était refermée. Il y avait une frontière bien nette entre notre vie privée et nos relations sociales.
Brigitte et Sandra étaient des filles charmantes, mais quand même un brin pipelettes. Sandra m’avait toujours considéré comme un macho, alors que rien ne le justifiait. Notre relation, amicale virait souvent au rapport chat et chien. Je redoutais qu’elle abuse de ma situation de soumis pour en rajouter un peu.
Elles arrivèrent à l’heure prévue. Brigitte élancée portait des bottes et un pantalon de cuir très moulant et Sandra une mini jupe et des talons hauts qui valorisaient ses formes généreuses. Elles avaient l’air très gai et riaient tout le temps. Mathilde avait passé une petite robe de cuir noire qui lui donnait un air de dominatrice très séduisante. Le vertige me prit. J’avais peur d’être exhibé devant ces trois jolies femmes, mais Mathilde ne me laissa pas le temps de réfléchir.
-Alain, mon amour, tu veux bien aller nous faire un thé ?
Mathilde y mettait les formes, mais il était explicite pour tout le monde que c’était un ordre.
Je les servis avec soin puis je retournai rapidement dans la cuisine.
-Chéri, viens avec nous, c’est toi l’attraction !
-Assieds-toi par terre à mes pieds, c’est ta nouvelle place maintenant !
Brigitte me regardait avec bienveillance, mais Sandra avait l’air très excitée. Elle se tortillait sur le canapé en croisant et décroisant les jambes et en faisant tout pour me montrer sa petite culotte blanche.
-Allez raconte nous Mathilde ! Il doit t’obéir complètement ? Subir tous tes caprices ?
En réponse, ma tendre épouse dominatrice me dit de lui lécher les pieds. Je m’exécutai aussitôt.
-Quelle chance tu as !
-Jusqu’où vas-tu dans la soumission ?
-Assez loin, vous n’avez encore rien vu !
Mathilde m’ordonna de me déshabiller complètement. Une fois nu, je me tournai vers la fenêtre en un dernier réflexe de pudeur naïf.
-Tourne-toi, montre à Brigitte et Sandra, comme tu es beau !
Son ton autoritaire laissait peu de place à la discussion.
Je m’exécutai mort de honte.
-Mon Dieu, le pauvre !
-Comme c’est mignon cette petite cage de chasteté. Son sexe est tout petit la dedans !
Sandra s’agenouilla devant moi, elle demanda à ma femme si elle pouvait toucher. Brigitte se rapprocha pour voir aussi. Elles n’arrêtaient pas de poser mille questions à Mathilde qui y répondait avec force détails. Le contrôle total de l’orgasme masculin est quelque chose qui fascine les femmes au plus haut point. Brigitte et Sandra semblaient ravies de me voir contraint d’avoir perdu mon plus grand pouvoir de mâle.
Ma tendre épouse prit un collier de chien et une laisse qu’elle me mit autour du cou.
-Qui veut promener mon petit toutou ?
Sandra prit la laisse, en me donnant très peu de longe, et commença à faire le tour du séjour. Je suivais ses jambes bronzée à petite distance en rampant à quatre pattes. Mathilde me donna un coup de pied aux fesses, ce qui fit rire Brigitte aux éclats. Son rire me crucifia, car autant Sandra et Mathilde étaient des femmes dominatrices par nature. Brigitte évoquait pour moi la femme douce, tendre et raisonnable. Qu’elle puisse rire de moi, alors que j’étais promené en laisse comme un animal, totalement nu et castré sexuellement par une petite cage en inox, m’humiliait terriblement.
De temps en temps, Sandra s’arrêtait :
-Assis !, couché !, debout !
Elle prit un petit morceau de sucre et me dit de faire le beau. Après plusieurs tours de manège autour de la table de salon, Mathilde demanda si quelqu’un voulait se faire sucer par son mari, parce que je faisais cela très bien maintenant.
Brigitte accepta, elle retira son pantalon de cuir et ses bottes. Elle garda sa minuscule culotte et remis ses bottes avant de se caler dans le fauteuil, les jambes écartées. Mon épouse me lia les mains derrière le dos et tendit la laisse à Brigitte. Celle-ci écarta son string sur le coté et m’attira à elle en tirant sur la laisse.
Je me mis à genou devant elle. Ensuite. je lui léchai tout le sexe avec passion, je voulais mettre un point d’honneur à bien faire pour montrer à ces trois femmes que je n’étais pas qu’un chien qu’on promène en laisse. Je lui suçais le clitoris parfois avec douceur, parfois plus intensément. Brigitte gémissait et rentrait ses ongles dans mes cheveux.
Le temps me parut assez long, puis Brigitte eut un violent orgasme. Sandra qui lui avait caressé la poitrine le temps du cunnilingus, l’embrassa à pleine bouche. De mon coté, je posai ma bouche avec douceur sur sa vulve et lui donnai de petits baisers tendres. Brigitte me montra sa reconnaissance en me caressant les cheveux avec passion.
-C’est la première fois que je me fais sucer par un homme en laisse. C’est divin ! Quelle chance tu as, Mathilde !
Sandra posa la question qu’elle mourait d’envie de poser depuis un bon moment :
-Est-ce qu’il est puni de temps en temps ?
-Bien sûr, ce sont les bases de son dressage, le contrôle de ses orgasmes et des punitions adaptées pour le faire progresser dans sa soumission. Vous allez voir.
Mon épouse me poussa dans la chambre où un gros crochet inox était fixé dans le plafond.
-C’est un très bon investissement que nous avons fait chez Leroy Merlin, dit-elle en riant, il nous sert très souvent…
Elle m’accrocha les poignets au crochet, en tirant fort, puis elle me lia les deux pieds avec une corde.
-Sandra veux tu essayer avec ce petit fouet ? Je te dirai quand la douleur sera trop forte pour lui. Les corrections très sévères sont réservées exclusivement lorsque, il a fait une faute grave. Frappe de préférence sur les fesses, il y a déjà quelques petites marques.
Sandra prit le fouet avec enthousiasme et commença à me cingler les fesses. Chaque coup était très sec et administré avec rythme. Mathilde ne m’avait pas mis de bâillon. Je faisais tous pour me retenir, mais je gémissais doucement sous les coups. J’avais mal, je ne voulais pas trop le montrer à Sandra pour ne pas lui donner ce plaisir, et vis-à-vis de Mathilde et Brigitte.
Je préférais souffrir discrètement, par orgueil, pour montrer mon courage une des dernières choses que ma femme ne pouvait pas prendre. Pendant la punition, Brigitte et Mathilde se tenaient en face de moi. Brigitte me regardait toujours avec douceur, mais Mathilde ne se gênait pas de se caresser l’entrejambe tout en me regardant avec lubricité.
Après dix minutes de ce traitement, Mathilde intervint pour abréger mes souffrances.
-Voila, c’est bien, pas plus Sandra maintenant, il ne peut pas endurer un tel traitement plus d’une fois par semaine. Tu es très douée Sandra, c’était une très belle correction.
Sandra en fut toute flattée et les trois femmes retournèrent au salon en me laissant suspendu au crochet. Je ressentais encore les coups de fouet sur mes fesses et l’excitation que j’avais eue à lécher la petite chatte de Brigitte.
-Quelle chance tu as ! Je donnerais tout pour avoir un mari qui prend plaisir à être soumis comme ça.
-Jamais un homme ne m’avait sucé comme ça, ajouta Brigitte. C’était extraordinaire. Mon mari n’aimait pas faire ça…
-Et si je vous confiais Erick de temps à autre ? Je pense qu’il est bon pour son éducation qu’il soit dominé par plusieurs femmes, et je dois vous l’avouer cela me fera quelques soirées tranquilles : c’est épuisant parfois de dresser son mari
Sandra accepta tout de suite, mais Brigitte accepta avec moins d’enthousiasme, elle semblait un peu gênée par cette proposition.
Finalement, elles se mirent d’accord, Brigitte venait de divorcer récemment et le mari de Sandra voyageait beaucoup. Elles étaient donc libres de me recevoir chez elles pour parfaire à mon éducation.
Après avoir raccompagné ses deux amies, Mathilde revint dans la chambre où j’étais toujours attaché au beau milieu de la pièce. Elle était très séduisante dans sa mini robe en cuir noir, avec ses longs cheveux bruns qui tombaient sur ses épaules dénudées. Ma femme se mit face à moi et me prit par la taille tendrement.
-Je suis fier de toi, tu t’es très bien comporté avec mes amies. Tu as été un parfait petit mari dominé, complètement soumis. Tu as été très courageux sous les coups de fouet de Sandra et tu as divinement sucé Brigitte, qui a eu un bel orgasme.
Les paroles de Mathilde me firent un bien fou. C’était comme du miel chaud qui m’enveloppait tout le corps. Qu’est ce qui peut rendre plus heureux un soumis qui reçoit l’estime et l’amour de sa maîtresse ?
-Sandra ne t’a pas fait de cadeau, c’est une vraie dominatrice tu ne trouves pas ? Tu as les fesses toutes zébrées de sang. Je suis vraiment très fier de toi, tu as résisté courageusement.
Mathilde s’accroupit devant moi. Tout en me caressant les jambes, elle commença à déverrouiller le cadenas de ma cage de chasteté. Elle me prit le sexe à pleine main.
-Ce soir tu dormiras avec moi dans le lit, et pour te récompenser, je te laisserais me faire l’amour de la manière qui te plaira toute la nuit si tu le veux.
Puis Mathilde sortit de la chambre d’une démarche très suggestive et en faisant claquer ses talons. Elle me laissa encore une petite heure, tout nu au milieu de la pièce, suspendu au crochet, et complètement stupéfait par cette nouvelle. Je restai seul dans la pénombre de la chambre avec une violente érection qui me dévorait le bas ventre.
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Nuit noire.
J’arpente les rues silencieuses et désertes de la ville. Un des lampadaires grésille donnant cette étrange sensation de se retrouver dans un film de David Lynch.
Ma gabardine en cuir et mes mitaines ne me protègent pas du froid mordant. Je me rends au parking. La soirée est terminée. Encore un Munch, ambiance sympathique, des retrouvailles, des discussions intéressantes, des rires parfois, des partages d’expériences, de l’écoute, des bons tapas, il faut le dire. Mais je me sens un peu déçu. J’ai eu plaisir à retrouver toutes ces personnes que je croise maintenant à chacune de ces soirées et qui me sont devenues familières. Je n’ai pas eu le temps ni l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes. Peut-être étais-je trop occupé à encore étaler mes connaissances ou expériences ou participer à des débats parfois endiablés. Il y avait pourtant cette jeune nana que j’ai entraperçu à plusieurs moments de la soirée, furtivement mais toujours occupée, et très sollicitée. Une étiquette bleue… Une soumise… Pas de collier, seule… Tu m’étonnes, entourée de tous ces jeunes Adonis à lui offrir des verres et à lui conter fleurette à coups d'aguicheuses roses piquantes, je n’ai pas réussi à voir son nom de là ou j’étais. Je ne l’avais jamais croisée mais son regard bleu perçant et son visage ne m’avaient pas laissé indifférent. Loin de là, même. Tant pis, une prochaine fois peut-être, si l’un de ses prétendants ne l’a pas mise sous laisse d’ici là.
Alors que je m’avance et approche de l’entrée souterraine du parking, perdu dans mes pensées, J’entends un appel, une question : « Angelo ? » Je me retourne. Ses yeux me dévisagent. Impossible de les oublier…
Je sors de mes pensées et esquisse un sourire. « - Oui, c’est moi. Je crois te reconnaitre tu étais au Munch c’est ça ?
- Bien vu, répond-elle avec un sourire espiègle aussi désarmant que son regard. Je me disais bien que je vous avais reconnu, Je suis navrée que nous n’ayons pas eu l’occasion de faire connaissance pendant la soirée.
- Eh bien, figure-toi, je me disais exactement la même chose. »
Un léger blanc s’installe, ou ni l’un ni l’autre ne sait quoi dire alors que nous nous regardons dans les yeux, elle finit par baisser le regard avec un petit sourire. Brisant le silence, je reprends : « - Tu veux faire un bout de chemin ? Je suppose que tu es garée au parking toi aussi ?
- Pourquoi pas. Oui, je suis au 3ème sous-sol, c’était archiplein ce soir.
- Quelle coïncidence, pareil. On a dû arriver à peu près en même temps je suppose
- Sûrement, fit-elle d’un ton distrait.
- Et du coup, premier munch ?
- Oui, c’était très intéressant. De ce que j’ai compris vous n’en êtes pas à votre premier, vous.
- Tu sais tu peux me tutoyer si tu le souhaites.
- Et bien, vous êtes un dom, et si j’ai bien compris les… soumises vouvoient les dom…
- Tu es donc bien soumise, j’avais bien vu la couleur de ton badge.-
- Oui, en effet…. - Tu sembles débutante et pourtant très sure de cela… »
Je la regarde en posant cette question et elle tourne sa tête vers moi pour me fixer alors. Ses yeux dont l’iris était d’un bleu clair sublime dissimulent alors très mal ses pupilles dilatées. Elle ouvre la bouche comme pour répondre mais finalement ne prononce rien, baisse le regard et se passe la main dans ses cheveux pour dissimuler son sourire timide et son visage, gêné. Nous arrivons à l’ascenseur du parking. « - Tu es du coin ? demande-je alors.
- A quelques kilomètres, pas la ville même » me répond-elle, en restant vague. Intimidée, méfiante, volontairement mystérieuse ?
Cette fille est peu loquace c’est une énigme… Quelque chose m’attire très fort chez elle que je n’explique pas, je suis persuadé qu’elle le sent, mais ne me fuit pas, au contraire même, je dirais. L’ascenseur arrive, la porte s’ouvre… Personne… Nous y entrons. Je m’apprête à appuyer sur "-3" ; d’un mouvement brusque, elle passe sa main devant la mienne et m’empêche d’appuyer pour appuyer uniquement sur « fermeture des portes » à la place… Nos mains se touchent à ce moment, je la dévisage, un mot non prononcé sur les lèvres. Elle me fixe, La timidité a quitté son visage, et c’est une supplique qui sort de sa bouche qu’elle vient murmurer à mon oreille :
« Soumettez-moi…. Monsieur »
La porte se referme…
Les néons de l’ascenseur grésillent, encore cette sensation étrange et dérangeante, presque surnaturelle.
Je suis là, face à elle, elle s’est adossée devant le panneau des boutons m’en empêchant l’accès. La bouche semi-ouverte, comme dans une forme d’attente, ses mains sont dans son dos. Elle est plus petite que moi et tend son cou dénudé, tel un appel.
Mon esprit est perturbé… Presqu’instinctivement, je m’approche d’elle haletant et attrape sa gorge avec ma main gantée en mitaine de cuir. Elle pousse un très léger soupir, un acquiescement, une invitation peut-être à plus. Je serre… doucement mais fermement, prenant soin de comprimer juste ce qu’il faut sans empêcher la respiration, ma bouche approche de son oreille :
« - Tu joues un jeu dangereux, petite….
- Surprenez moi, Monsieur. Montrez moi ce démon en Vous », me répond-elle en fermant les yeux et en penchant sa tête vers l’arrière…
Toujours personne, l’ascenseur est fermé mais n’a pas bougé du rez-de-chaussée.
« - Tu sais qu’il est encore temps de partir. Un mot de ta part et…
- Montrez moi ! TOUT ce dont vous parliez tout à l’heure au Munch ! me coupe-t ’elle en forçant son regard devenu sauvage dans le mien. Je me noie dans l’océan de ses yeux.
- Tu n’es pas prête », lui réponds-je en attrapant sa crinière fermement à pleine main, pour la tirer vers le bas et en arrière, faisant fléchir légèrement ses genoux et lui imposant un début de contrainte.
Dans un geste de défiance mêlé de désir, elle me surprend en glissant sa main droite directement dans mon pantalon, sous ma ceinture, sous mon boxer et attrape ma queue à pleine main, constatant ce faisant à quel point elle me fait de l’effet.
« - Je le suis autant que Vous l’êtes, Vous voyez bien. Lâchez vous, Monsieur. Montrez moi… S’il vous plait. »
Son regard est perturbant un mélange d’espièglerie, de chipie, mais également de réel désir, de frustration de supplique. Je dégage sa main de mon entrejambe, et la retourne dos à moi sans ménagement. Je détache rapidement la chaine à ma ceinture qui me sert de porte-clé.
« - Sale Garce, on peut dire que tu n’as pas froid aux yeux… Si c’est vraiment ce que tu veux.
- Ouiiiii. » Gémit-elle en se laissant malmener et en cambrant ses reins contre moi.
J’entends la sonnerie de l’ascenseur.
Quelqu’un vient de l’appeler d’en bas… La descente commence. Je me colle à elle pour cacher sa posture et discrètement j’attache ses deux poignets avec ma petite chaine, et la tiens collée à moi, fermement par la taille dos à la porte de l’ascenseur pour que personne ne voit. Elle colle sa tête au creux de mon cou, faisant glisser ses cheveux ondulés et soyeux sur ma peau, me créant la chair de poule…
Ding...
1er sous-sol...
Se débattant très légèrement, elle arrive à me murmurer presque lèvres contre lèvres.
« - Nous voilà dans les Limbes, ensemble… » Un petit gloussement tout en se laissant faire.
La porte s’ouvre. Personne. Ouf !
Néanmoins, il semble y avoir une panne de courant à cet étage. Tout est dans le noir. Je ne peux m’empêcher d’avoir un petit rire nerveux. Je la dévisage et je ne sais pas pourquoi, les dents serrées, sur un ton presque animal, je lui murmure presque en lui mordant le lobe de l’oreille…
« - Salope…. Elle gémit à nouveau en se recambrant, les yeux fermés et me répond.
- Et donc ? Ça Vous plait ? » Quelle audace, pense-je…
Quelques secondes de silences, une hésitation de ma part... Impossible de faire machine arrière... Ma réponse tombe... froide, dure, sévère, cinglante, perverse...
« - Oui.»
Sauvagement, j’attrape et descends son jean sur ses cuisses, faisant péter sa fermeture au passage. Elle ne porte rien dessous…
La porte se referme.
Nous descendons à nouveau.
Vers la Luxure…
Elle trébuche en avant contre la plaque de commandes de l’ascenseur, cambrant ses reins. Accident ? Provocation ? Ses fesses, offertes… blanches comme de l’albâtre, relevées, laissent à peine entr’apercevoir une intimité non dissimulée et surtout révèle, à la lueur des néons, la brillance humide ornant le haut de ses cuisses, manifestation de son désir coupable.
Ces mots résonnent dans ma tête…. « Montrez-moi ! » je ne sais combien de temps il a passé, une fraction d secondes, plusieurs. Mon désir d’elle augmente à une vitesse indécente, tout n’est plus qu’instinct primal lorsque je laisse ma main claquer son cul d’un coup brutal mais sec, marquant l’empreinte nette de ma main sur son postérieur et lui arrachant non pas un cri… mais un gémissement de découverte dont elle semble elle-même surprise.
Je réitère ma claque sur l’autre fesse dans la foulée, cette descente d’un étage semble bien longue je me sens comme en apesanteur.
Ding « 2ème sous-sol »
La porte s’ouvre… encore personne, et toujours pas de courant mais les indicateurs de places occupées émettent cette légère lumière rouge qui donne cet aspect rougeoyant à tout l’étage teintant de manière surnaturelle tout l’espace d’un ton carmin… empreint de cette sensation de Luxure.
Le grésillement…encore lui… qui me rappelle mes épisodes préférés et angoissants de Twin Peaks et de sa « Black Lodge », sauf que cette fois, c’est une coupure de courant dans l’ascenseur, porte ouverte… Ouf, c’est déjà ça !
Un moment de faiblesse et de perplexité me saisit… elle en profite pour se libérer, se retourner face à moi et me regarder avec un air très différent… de diablesse affamée que je ne lui connaissais pas jusqu’alors.
Elle passe ses poignets menottés de chaine derrière mon cou et d’un mouvement de pied retire ses chaussures et fait glisser son pantalon lui permettant ainsi d’écarter les jambes et de venir agripper mes reins avec l’une de ses cuisses. M’attirant à elle, son regard oscille entre le désir et le désespoir...
« - Baisez-moi…. Par pitié…
- Ça n’est pas toi qui décide de çà, petite salope… Tu devrais le savoir si tu as bien écouté ce soir
- S’il vous plait… »
Je sens une réelle et sincère supplique dans sa voix, ça n’est pas une envie qu’elle manifeste là, je reconnais ce regard, ce langage… Elle est réellement en manque… de quelque chose, de fort…. De profond, de puissant, de dégradant… ça n’est pas juste un jeu, ou alors tous mes repères sont faussés. J’ai presque de la peine pour elle, et en même temps, mon instinct sauvage et mon désir sont tellement brulants et sa demande si réelle… Je suis pourtant très méfiant en général… et le consentement est sacré chez moi… Mais là… tout semble si surréaliste.
Voyant mon hésitation, sa fougue se transforme en peur, puis en tristesse. Elle relâche sa cuisse autour de mon bassin retire ses mains de mon cou et vient glisser le long de la paroi, s’asseyant par terre les jambes pliées et écartées, laissant clairement entrevoir sa chatte épilée et trempée à même le sol sale et crasseux de l’ascenseur., sa tête est prostrée. Elle regarde vers le bas, de côté, fuyant mon regard et peut-être sont-ce des larmes, à en juger par le mascara noir qui coule sur ses joues lui donnant un aspect de peinture tribale. Elle est très belle, dans cette posture et dans ce noir rougeoyant. Elle ne s’en doute peut-être pas mais ce sont ces petites choses, cette dépravation qui m’excitent le plus. Mon sang ne fait qu’un tour….
Je l’attrape alors par les cheveux et la force à me regarder droit dans les yeux depuis sa posture avilie :
« - Relève toi sale pute ! Je vais te donner ce que tu veux puisque tu y tiens tant…
Un sourire de surprise et presque de joie vient illuminer son visage désormais ruiné de larmes et de maquillage.
- Merci, Monsieur ! »
Je l’attrape fermement, la relève et la retourne, la force à se cambrer d’une main sous le ventre, et enfouis sa tête contre le mur de l’ascenseur, avec mes pieds je lui pousse les chevilles pour écarter ses jambes. Une fois placée comme je le souhaite. Je viens prendre dans la poche arrière de mon jean une capote, j’en porte toujours deux là au cas où… Je suis déjà très excité. Je la relâche un instant.
« - Pas bouger !
- Oui Monsieur. Et de fait, elle ne bronche pas d’un millimètre.
- C’est bien ! Tu sais être obéissante, lui réponds-je en enfilant ma capote puis de suite après je la ressaisis en lui agrippant le cou par derrière. Elle se cambre un peu plus…
- Il n’y a plus de machine arrière possible, petite trainée… Tu sais ce que je vais te faire, tu le veux tu m’as entendu tout à l’heure…. Alors supplie moi et dis-moi que tu le veux vraiment, je t’écoute…
- Monsieur…
- Je t’écoute…»
Elle gémit fort et de ces deux mains liées je sens que pendant que je lui parle, et sans me demander, elle commence a se toucher… Je fais comme si je n’avais rien vu…
« - Je….
- Oui ?
Un dernier soupir doublé d’un gémissement de plaisir et elle cède enfin…
- Enculez-moi Monsieur… s’il vous plait…»
Elle sait ce qu’elle veut, la garce ! Heureusement mes capotes sont adaptées et j’avais anticipé comme si je savais d’avance son attente… Sans plus d’hésitation, je glisse ma queue une fois légèrement entre sa vulve puis vient m’insérer en elle… dans son cul tout du long du premier coup.
«- On dirait que tu es plutôt connaisseuse, tu n’en es pas à ton coup d’essai…
- Non Monsieur… » répond-elle avec une petite gêne dans la voix.
Je me retire totalement une première fois et constate qu’en effet son anus a déjà pris une forme bien ouverte… De toutes évidences, elle a l’habitude, mais pourquoi s’affiche-t ’elle comme débutante ? Qui est-elle ? Qui est cette nana ? Trop de questions, je n’ai pas le temps pour ça, ça n’est pas le moment, je bazarde tout cela hors de mon esprit. Je m’entends grogner… Je la reprends d’un coup sec … Elle crie… Encore un coup… Elle recrie, et gémit… Elle aime ça, cela s’entend et se lit sur son visage. Très rapidement cela devient une cadence soutenue, sauvage, intense, faisant bouger l’ascenseur sur ses supports…. Jusqu’au moment ou le courant revient dans l’ascenseur, nous sortant de notre état de transe sexuelle dans un bref moment de surprise.
Les portes se referment. Je me retire…
Ding….
« - Monsieur ?
- Quoi, Ma salope ?
- J’ai faim… fait-elle en passant un doigt espiègle devant sa bouche en souriant comme une coquine.
- Tu n’es vraiment qu’….. Elle me coupe sans vergogne.
- Monsieur… ?
- Parle !
- J’ai soif aussi….
- Gourmande…
Ding « 3ème sous-sol »…
Elle va me rendre dingue…
La porte s’ouvre. Je crois que j’ai compris l’origine des soucis de courant…. Peu de voitures à cet étage… mais une canalisation d’eau qui fuit et a dû faire un court-circuit quelque part… Le sol est parsemé de ruissellements de flotte sale… Mon regard se retourne vers elle… haletante. La situation serait presque comique, vu notre posture figée. Je la regarde fixement, je l’étudie une dernière fois.
« - Mets toi à 4 pattes salope
- Oui, Monsieur. »
Elle se met au sol, difficilement, pendant que d’un geste sec et net je retire ma capote usagée et me rembraille avant de venir retirer la chaîne qui lie ses poignets, lui rendant une plus grande liberté de mouvement. Je l’attrape alors par ses longs cheveux d’une main et ramasse ses chaussures et son pantalon de l’autre.
« - Suis-moi… »
Pour la première fois, un mouvement de surprise et d’inquiétude apparaît sur son visage mais de courte durée, elle semble être agréablement satisfaite en fait… Cette fille a vraiment quelque chose… de spécial. Nous sortons de l’ascenseur. Elle commence à avancer ainsi, telle une chienne, sur ses genoux et sur ses mains au sol, alors que je la tire et la traîne, tenant sa longue chevelure dans ma main comme une laisse…
« - Où est ta caisse ?
- La clio blanche, la bas, au fond » m’indique-t’elle d’un signe de tête.
D’un petit coup sec je tire sur ses cheveux à nouveau l’incitant à avancer, elle comprend, vers sa voiture, lentement. Ses jambes nues et ses mains avancent et traversent parfois des flaques d’eau noirâtre, salissant sa peau, mais elle continue tout de même…
Nous arrivons à sa voiture, personne sur le chemin, c’est désert à cette heure-ci…Surtout à cet étage où il ne reste qu’une dizaine de voitures… Je m’accroupis devant elle qui me regarde avec quelques soupirs mêlés de fatigue et de plaisir coupable. Je tire ses cheveux en arrière révélant sa gorge nue, que je viens mordre tel un vampire, appuyant toujours de manière contrôlée mes canines sur sa carotide et ses muscles du cou, passant un coup de langue pour finir… elle gémit de plaisir et ferme les yeux. J’en profite pour la bousculer et la faire s'asseoir par terre, la flaque sous sa voiture vient éclabousser son cul nu et son entrecuisse alors qu’elle est la, adossée à la portière de sa voiture, les jambes pliées et écartées, sales et pied nus, déjà souillée… Elle est magnifique… Telle que seuls les gens comme moi peuvent trouver à quel point la dégradation sale peut sublimer un corps… alors que je n’ai encore rien fait. Elle lève son regard vers moi, penaude… et me regarde.
« - Alors, lui demandai-je, ça fait quoi de se sentir dans la peau d’une sale pute ?
- J’en veux encore, Monsieur… Je…. Je ne pensais pas que j’aimerais autant ça… S’il vous plait… euh… je n’ose pas….
- Je t’écoute….
- J’aimerais que Vous me baisiez la bouche…»
Je souris, d’un regard complice et entendu… Parfois je me demande qui de nous deux à le plus d’emprise sur l’autre…
« - Tu vas faire quelque chose pour moi….
- Oui?
- Touche toi… si tu fais ca bien, tu auras le droit de jouir dans cette flaque croupie… »
Hésitation… puis regard coquin de sa part, elle me fixe… et commence à venir se toucher avec sa main droite, la proximité de sa main et sa chatte avec la flaque commence à générer des petits bruits de clapotis. Elle ne dit rien et sourit… mais me regarde toujours fixement… vorace et affamée…
J’ouvre ma braguette…. Comme en réponse immédiate, elle ouvre sa bouche en grand , et tire sa langue autant que possible. Le dialogue entre nous est devenu corporel… plus de parole, Mon sexe est dressé devant son visage. Je la regarde une toute dernière fois droit dans les yeux avec un regard empreint de sauvagerie et peut-être de cruauté. Puis j’attrape ses cheveux fermement de ma main droite et sans un mot viens enfoncer ma queue dans sa bouche lentement dans sa totalité jusqu'à sentir ses lèvres sur mon pubis. Je reste ainsi quelques secondes jusqu'à entendre un hoquet de réflexe puis je me retire. Elle reprend son souffle. Elle a tenu.
« - Tu es douée ptite salope.
- Merci…. Monsieur… répond-elle souriante, en reprenant sa respiration.
-Tu disais avoir faim je crois?
- Oh oui Monsieur… affamée …» fait-elle avant de rouvrir sa bouche en grand.
Cette fois-ci je monte d’un cran, agrippant fermement sa chevelure, je commence à m’insérer en elle, avec plusieurs vas et viens , toujours profonds et complets. Je me branle littéralement avec sa bouche pendant qu’elle s’active avec sa langue en même temps. Rapidement, la sauvagerie reprend le dessus et je commence à amplifier mes mouvements, venant cogner sa tête contre la portière à chaque poussée, je lui défonce littéralement la tête… j’entends ses gargouillis, parsemés de gémissements de râle et de plaisir alors qu’en parallèle elle se masturbe de plus en plus violemment.
Au loin au même étage j’entends un bip-bip, quelqu’un vient d’ouvrir sa voiture, je me place bien devant elle, dissimulant sa tête et ne montrant que mon dos mais continue plus doucement à prendre sa bouche. De son côté, je la regarde… Elle n’a rien remarqué, ses yeux sont quasiment révulsés, elle est dans une forme de transe, tout en continuant à se doigter et se caresser le clitoris, éclaboussant ses lèvres inférieures au passage avec l’eau stagnante à chacun de ses mouvements. La voiture allume ses phares et s’apprête à sortir, je me colle alors à elle et m’enfonce au fond de sa gorge en restant totalement immobile en espérant que l’autre conducteur ne voit rien… la voiture passe près de nous… mais ne s’arrête pas… Soupir de soulagement …. je m’extirpe de sa bouche, elle aspire de l’air avidement tel un plongeur remontant à la surface après une longue apnée… je suis extrêmement excité…
«- Finis toi, salope!
- Entendu, Monsieur.»
Je la vois qui s’active fort, sans scrupule avec des mouvements de bassin, créant de petites vaguelettes autour d’elle, et je l’accompagne alors, en venant lui reprendre intensément la bouche, avec une violence renouvelée, sa tête cogne fortement contre la portière, elle gémit fortement, et se contracte, en aspirant aussi, je ne tiens plus et m’enfonce alors au plus profond de sa gorge, tenant sa tête des deux mains, plantant mes ongles dans son cuir chevelu,… et viens jouir puissamment tout au fond de sa gorge, engendrant un bruit de réflexe totalement étouffé. je pulse 4…non 5 fois comme cela … avant de me retirer vivement, et voir qu’elle est en train de squirter en même temps dans la flaque sur laquelle elle est assise… Je regarde son visage, et m'aperçois que du sperme coule de l’une de ses narines… Je n’y ai pas été de main morte. Elle halète fort… les yeux exorbités…. me fixant, incrédule sur ce qu’il vient de se passer… Une fois sa respiration revenue…. mais haletant toujours… Je l’entends faiblement… me dire
« - Monsieur… s’il vous plait…… encore…..»
je m’approche d’elle, lui caresse le visage en essuyant le sperme qui coule de son nez et du coin de sa bouche…. elle pose sa joue dans ma main comme pour avoir un câlin puis me regarde une fois de plus et se redresse, en demande. Je recule d’un pas. tenant mon sexe moins excité, dans ma main. Dubitatif….
Elle me regarde , je la regarde… Silence… Puis elle hoche la tête pour acquiescer à une question non posée. Je m’approche alors de son visage en tenant mon sexe et pousse un soupir en la regardant, et viens commencer à uriner sur elle, visant spécifiquement son visage, ses cheveux, la portière autour pour finir cette toile de Maître et compléter sa souillure totale… Elle ferme les yeux et sourit sentant son visage totalement recouvert et luisant de fluide doré, elle ouvre la bouche, avide, ce qui me rappelle à la soif qu’elle mentionnait plus tôt, et mon jet se tarissant , je m’insère tout doucement en elle, et vient finir de me vider ainsi dans sa bouche lentement alors qu’elle déglutit bruyammente et avale les dernières gorgées pendant que je caresse et malaxe ses cheveux désormais trempés de moi…
Je me retire. Je la regarde, elle me regarde et sourit… un air de satisfaction et d’épanouissement sur le visage. Un visage si beau… magnifiquement souillé, rayonnant, brillant , humide, et recouvert d’un mélange de bave, de larmes, de maquillage et de pisse, je passe un pouce sur ses lèvres, amoureux et viens l’embrasser à pleine bouche… elle me rend ce baiser fougueusement en enlaçant mon cou de ses bras et mains souillées elles aussi.
Je n’y crois pas encore…. Il y a quelque chose de surnaturel dans cette situation…
« - Mais qui es tu?.... Comment t’appelles-tu ? »
Elle me sourit, et commence à parler….
DRIIIIIIIIIIIING
Réveil brutal….
Où suis-je? quelle heure est-il ? Quel jour sommes-nous? Merde! c’était un putain de rêve! Evidemment, c’était trop beau… Je regarde ma montre, il est 18h ! Quoi?? j’ai dormi tout l’après-midi? Mais je vais être à la bourre pour le Munch de ce soir !!! Vite, je me prépare… Par chance mes habits sont prêts, ça n'est qu'à 20-30 minutes…. J’enfile mon pantalon, mes clés, ma chaine, ma chemise noire, mon veston, mes mitaines, ma gabardine… dernières finitions, un petit coup de parfum… mes capotes, on sait jamais… je suis paré…
Ouf… il n’y a pas de bouchon… Je serai à l’heure… Ce rêve était si réel, et si vivace dans mon esprit encore. C’est très très étrange.
J’arrive au parking avec 5 minutes d’avance ouf. Evidemment, premier étage blindé…. 2ème étage sûrement? Eh non… Bon et bien troisième… Parfait il en reste juste une. Je me gare… Je ferme la voiture.
Et j’entends un bruit d’éclatement derrière moi. Je me retourne précipitamment. Merde, une canalisation vient de péter…
Attends deux minutes???!!
Je me retourne et regarde dans une direction précise… pris de sueurs froides…
Une Clio….
Blanche…....
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SURVIVRE À LA PENDAISON
Contrairement à beaucoup d’autres supplices, la pendaison est loin d’être mortelle instantanément et irréversiblement. Même quand il s’agit de long drop et de vertèbres brisées, on parle de survies dues à un mauvais calcul de la longueur de la corde. On assiste donc toujours à une vérification de la survie du supplicié, un médecin venant en général vérifier si le cœur de ce dernier bat encore.
Cette survie est d’ailleurs ce qui permet aux sadomasochistes de pratiquer leur propre supplice et d’y survivre. En effet, à moins d’accident, un pendu met souvent plusieurs minutes à mourir au bout de la corde.
On peut voir souvent les amateurs de pendaison érotique se débattre pendant de longs instants au bout de leur corde et d’y éjaculer avec l’aide de leur maîtresse dévouée.
Survivre à la pendaison dépend considérablement de plusieurs facteurs. La position de la corde, la durée de la pendaison, la distance de chute, constitution du condamné.
Une chute brutale ou un patient fragile seront très dommageables et la survie est très douteuse. La corde placée à gauche va provoquer une ischémie qui provoque la mort cérébrale en peu de minutes. Placée à droite, elle provoque un œdème qui pourra facilement se résorber. Placée derrière, le nerf vagal risque de provoquer l’arrêt du cœur et la mort définitive. Sous le menton, le supplicié survivra si la chute ne lui a pas brisé la nuque. Il est donc important de savoir comment mener son supplice si on veut lui survivre.
Ces longues minutes de survie sont accompagnées de gesticulations désordonnées qui font le spectacle. On peut même penser que certains, même devenus inertes sont encore vivants au bout de leur corde. C’est pour cela que l’on laisse le pendu au moins une heure au bout de sa corde quand on ne l’abandonne pas aux corbeaux jusqu’à sa déliquescence.
En effet, dans bien des circonstances les pendus ont survécu à leur supplice jusqu’à près de vingt minutes au bout de la corde. C’est d’ailleurs pour cela que l’on sait ce que ressent le pendu quand il est supplicié.
D’après ce qui est rapporté, le début de la pendaison provoque, par le serrement du nœud coulant, une vive douleur et une grande angoisse. Mais ces sensations affreuses sont vite remplacées par une sensation de plénitude proches de celle de l’hydrocution et qui conduisent à l’orgasme. C’est bien-sûr cet orgasme qui est recherché par les sadomasochistes.
Aucun autre supplice n’est aussi bien connu pour ses effets sur l’organisme et sur l’espèce d’extase qu’il provoque parfois. Cette sensation de plaisir se transmet jusqu’à l’assistance qui jouit de la pendaison bien plus que d’autres supplices.
On peut même mentionner des techniques de tortures qui visent à pendre la victime de nombreuses fois et la ramener à la vie. Les nazis étaient coutumiers du fait, cherchant à jouir de la souffrance répétée de leurs victimes.
En Iran, survivre à la pendaison, pour quelque raison que ce soit, conduit à nouveau à la potence. Une sorte de jouissance sociale des pendus règne dans ce pays où l’on pend les gens par centaine et en public avec des spectateurs qui apprécient de contempler les pendus qui se débattent et regrettent qu’ils soient morts instantanément.
Pendre est un art qui se pratique comme une sorte de gastronomie, avec des recettes qui assureront des agonies spectaculaires dont on peut craindre qu’elles ne soient guère dissuasives.
Il est de règle en Iran qu’un condamné puisse être gracié par les parents de sa victime. Cela se produit parfois et fait que bon nombre de pendus reviennent à la vie. C’est le propre d’une nation sadomasochiste.
Le meilleur moyen de ne pas survivre à la pendaison est de la pratiquer en solitaire. Nombre de suicides ne sont que des accidents d’amateurs du nœud coulant dont les précautions se sont révélées insuffisantes à leur survie.
La technique habituellement utilisée est de se passer le nœud coulant et de se hisser à l’aide de l’autre bout de la corde passée autour d’une poutre ou d’un support en hauteur. On peut aussi mettre le pied sur une boucle de la corde et se hisser en pesant de tout son poids. Cela divise le poids du sujet par deux et provoque d’intenses sensations d’être réellement pendu. Tant que le sujet pèse moins de soixante kilos l’opération est modérément dangereuse (mais elle l’est) car le cou d’une personne normalement robuste supporte environ ces trente kilos résultants. Mais la corde peut se serrer plus que de mesure, le pied glisser et se coincer, un évanouissement peut survenir et l’on est pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’en soit ensuivie.
C’est pour cela qu’il est fortement recommandé de ne jamais pratiquer seul, mais avec une personne entraînée et de confiance, voire le mieux à trois pour plus de contrôle de ce qui peut advenir.
LE REGARD PSYCHANALYTIQUE
On peut maintenant s’interroger sur les fondements psychologiques qui conduisent à l’attraction pour la pendaison. Les effets sexuels liés au fait d’être pendu sont bien entendu une cause opportuniste. Mais cette cause est loin d’engendrer un goût pour les pendus et le désir d’être étranglé. C’est surtout un adjuvant à une pulsion plus profonde. Bander quand on est pendu est physiologique, bander quand on voit un pendu, c’est psychologique.
Les psychanalystes sont très vagues sur le sujet, faisant référence (comme toujours) à un phantasme régressif lié à l’enfermement, au retour dans le ventre maternel. La corde représente un cordon ombilical qui a la propriété de, parfois, étrangler le bébé. On peut y croire si on veut. Comme me disait l’un d’eux devant mon interprétation personnelle de la névrose d’un proche : « c’est vrai si c’est vrai ».
La pendaison est une forme extrême du bondage qui met en valeur la réduction à l’impuissance, à l’immobilité et à l’obscurité du sujet. Et cela est de toute évidence une fonction régressive. Le pendu s’identifie à une régression extrême où sa vie est mise en balance, la réaction sexuelle servant de récompense.
Être pendu, c’est renverser le temps, revenir à l’état précédant l’existence. Le pendu flotte dans le vide (comme le noyé), sa conscience est altérée et c’est se retrouver dans le liquide amniotique hors du temps et de l’espace. L’érection et l’éjaculation enrichissent cette sensation par le plaisir sexuel du nourrisson.
Beaucoup d’amateurs de pendaison sont des personnes de pouvoir qui compensent leur réalité par son inversion complète, la dépendance complète. Ici, il faut faire une distinction entre le goût brutal pour le gibet qui se contente d’un rêve de jouissance et la fonction symbolique que des hommes (ou des femmes) de pouvoir éprouvent dans le fait d’être pendus. On voit bien sur les images de pendaison que beaucoup de condamnés n’éprouvent aucune crainte et semblent se précipiter avec enthousiasme dans le vide.
Le fétichisme, quel qu’il soit, vient renforcer cette dimension symbolique. Être pendu nu, est le degré minimal qui vise à exposer son sexe. Les fétichistes recherchent un enveloppement par des matières aimées telles que le cuir, le latex, le vinyle, la soie, qui contribuent à renforcer l’abandon de soi, la perte de repère dans le temps et l’espace. La laine joue particulièrement ce rôle par son épaisseur, sa douceur, sa chaleur et son opacité. Les épaisseurs multipliées de laine (combinaisons, cagoules, moufles, chaussettes, épaisses couvertures) engendrent un sentiment d’isolement, d’étouffement, de perte de repères.
Tous les fétichistes de la laine ne sont pas attirés par la pendaison. Beaucoup ne souhaitent même pas y penser. Mais leurs fantasmes, même opposés à la potence, sont très similaires.
C’est pour cela que la pendaison et la laine vont bien ensemble car elles vont dans la même direction régressive. Être pendu au bout d’une grosse corde est à peu près équivalent sur le plan symbolique qu’être enroulé dans plusieurs couvertures dont le poids et l’épaisseur prive la victime d’air.
La somme de la laine et de la potence est supérieure à l’effet de chacun des jeux. C’est ce qui peut expliquer à quel point certains sadomasochistes cherchent à vivre de telles expériences. Bien entendu, ce n’est pas un fantasme énormément répandu, mais il est bien présent et quand il se manifeste il est exactement répliqué d’un individu à l’autre, dans divers pays et depuis longtemps.
On peut aussi s’interroger sur le rôle du bourreau dans les jeux de pendaison érotique. Là encore, nous ferons la part des sadiques purs qu’il convient d’éviter et ceux qui partagent le fantasme et sa symbolique. Dans bien des cas, ils partagent la même charge pulsionnelle régressive que la victime. Ils aiment d’ailleurs inverser les rôles pour jouir des deux positions.
Certains n’aiment qu’être les bourreaux, ne jouissant qu’en étranglant leur victime et en l’aidant à jouir de son supplice. La plupart d’entre eux est tout l’inverse statutaire de leur rôle. Souvent victimes d’une vie où leur pouvoir n’est guère reconnu, ils se représentent en tant que bourreau comme omnipotents. Ils s’identifient au pouvoir de vie et de mort sur leur victime. C’est pour cette raison que leur comportement peut s’avérer dangereux s’il n’existe pas une grande connivence entre le bourreau et la victime.
La pendaison érotique n’a rien à voir avec la pendaison réelle où s’exprime la violence d’un état et la déréliction d’idéologies criminelles. Très rares sont les sadomasochistes qui s’identifient à la peine de mort et aux orgies de pendaisons pratiquées par les états criminels dont l’Histoire a été tristement riche. Les pulsions de ces criminels sont gouvernées par la haine, le racisme et l’intolérance.
Le paradoxe est que les images de leurs crimes excitent les sens des sadomasochistes qui les contemplent. Cette excitation n’exclut pas une distanciation avec ces actions criminelles. Mais leur contemplation active la charge symbolique et provoque une excitation souvent intense. La culpabilité face à cette excitation n’a aucun sens car nul ne peut quoi que ce soit dans le cadre de fantasmes profondément ancrés. Il est vraiment très rare que des psychanalystes aient supprimé des fantasmes, ils n’ont jamais fait que permettre de vivre sans peine avec ses névroses. Et c’est déjà pas mal.
Les pendaisons auto-érotiques sont bien plus fréquentes qu’on ne l’imagine car beaucoup de ceux qui la pratiquent se sentent seuls au monde à avoir des goûts qui leurs semblent abominables. Ce sont souvent des jeunes qui s’essaient à satisfaire leur fantasme. L’accident est toujours possible et l’on retrouve le malheureux pendu et étranglé. On ne veut pas voir les précautions inefficaces qu’il a pris. Alors on se désole d’un suicide dont on ne comprend pas la cause.
Ce fantasme surgit chez l’enfant, dès l’âge où il commence à concevoir des concepts et savoir ce qu’est un pendu. Il se transforme en obsession à bas bruit qui explose avec la puberté. Certains imaginent qu’il est provoqué par le souvenir d’une autre vie où il fut pendu et en garda la mémoire d’une grande jouissance. Mais on n’est pas forcé de croire à ce mythe.
D’autres théories supposent que le fœtus ayant été étranglé par son cordon ombilical il en aurait connu une jouissance prénatale qu’il voudrait reproduire tout au long de sa vie. Mais on ne dispose d’aucun témoignage de ce phénomène.
Peu à peu, le BDSM devient un fait social plus reconnu, voire acceptable. Mais il reste bien du chemin pour admettre que certains fantasmes sont incoercibles et parfaitement explicables. Tout le monde sait que la pendaison excite les sens, mais peu de gens admettent que quelqu’un de leur connaissance le soit. Sauf, peut-être au Japon. Les pays nordiques et germaniques semblent plus ouverts à cette possibilité.
Il en va de même pour le fétichisme de la laine qui, peu à peu, devient admissible dans ses aspects les plus anodins, mais beaucoup moins dans leur relation au sadomasochisme. Mais le fétichisme, de manière générique devient plus acceptable, ce qui permet de s’affirmer comme amoureux de la laine, tant que ce n’est pas pour dire qu’on veut étouffer ou se faire pendre et étrangler dedans.
Ces deux passions sont à la rencontre des pulsions de vie et des pulsions de mort, la pendaison se résout dans le fantasme de mort, le fétichisme de la laine se résout dans le sens de la vie. La pendaison est une naissance dans la mort, la laine est une mort dans le fantasme du ventre protecteur et chaud. Les deux étaient faits pour se rencontrer.
APRÈS PROPOS
Il ne fait pas de doute que cette description historique de la pendaison, des gibets et du fétichisme de la laine n’est pas exempte de prises de position très spécifiques et liés à un corpus de fantasmes qui sont propres à l’auteur.
Le lien entre le gibet et la laine est ténu aux yeux de ceux qui ne sont liés ni à l’un ni à l’autre. C’est normal et cela laisse la place à mille autres perversions.
Imaginons maintenant un gosse de 11 ou 12 ans dans un gymnase. Il s’est déshabillé pour endosser sa tenue de sport. Il se met à contempler avec gourmandise un camarade au visage d’ange et portant d’épaisses chaussettes de laine lui montant jusqu’au-dessus des genoux tout en marquant de gros plis sensuels. Il provoque son camarade qui se jette sur lui et lui enserre le cou entre ses jambes. Le gamin agrippe les chaussettes de laine couleur bordeaux chiné qui lui serrent le cou devant des camarades hilares. Le gamin s’étouffe, il se sent partir, impuissant, agrippant les grosses chaussettes de laine. Soudain, il est envahi d’une sensation de plénitude pour finir au bout de longues minutes par éjaculer dans son short.
Les fantasmes de pendaison comme le fétichisme ont besoin d’un déclencheur, d’un événement princeps qui met en branle la machine fantasmatique. Soudain, toutes les potentialités fantasmatiques se concentrent dans une strangulation orgasmique, obsédante et révélatrice.
Toute la mythologie des gibets est construite dans l’inconscient collectif, poussant à la honnir autant qu’à l’adorer, à la fuir autant qu’à la rechercher. Un écrivain tel que Sylvain Tesson l’expose sans fard, dans son livre « NOIR » qui le montre en train de dessiner à longueur de temps des figures de pendus et justifiant tout cela par des considérations esthétiques.
La pendaison fait partie des zones d’ombre de l’esprit humain, faites de délices et d’horreur, de peur et de désir, de principes de mort et de vie forcés de cohabiter dans un imaginaire aussi impérieux que difficiles à partager. Il ne me reste, à moi auteur, qu’à réfléchir sur cette imprécation qui me trotte dans la tête : « Tu fus pendu ! ».
Et si vous n’y croyez pas, allez vous faire pendre !
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FORMES ALTERNATIVES
La pendaison est l’un des plus anciens et les plus universels des supplices. On la retrouve dans la plus haute antiquité et jusqu’au néolithique, mais aussi sur tous les continents, sous des formes diverses.
A Rome, dans l’antiquité, elle était pratiquée en enserrant le cou du condamné dans la fourche d’un arbre, une traverse maintenait le condamné pendu.
En Chine, le supplice de la cangue consistait à placer le condamné dans une cage dont le sommet lui enserrait le cou. Les pieds du condamné reposaient sur un tas de pierres. Le bourreau s’asseyait près du supplicié avec un sablier et retirait une pierre à chaque retournement du sablier. Cela pouvait durer de longues heures, voire des jours.
Aux îles Sandwich, on pratiquait la mise à mort en étranglant le condamné attaché à un arbre par le cou et en tirant violemment sur la corde en s’aidant d’un arbre voisin.
Ce n’était pas une pendaison, mais le but était le même, faire mourir en serrant le cou. La mort devait être quasi instantanée tant la violence des secousses devait détruire les tissus et les os.
Dans ce même esprit de strangulation, la garrote espagnole a consisté jusqu’à la fin du XXème siècle à étrangler le condamné assis sur une chaise accolée à un poteau.
A l’origine, on utilisait une corde qui était serrée par un bâton que le bourreau tournait jusqu’à strangulation complète. Puis la corde fut remplacée par un dispositif de collier de fer avec une vis que le bourreau serrait. On n’arrête pas le progrès.
A l’époque des persécutions religieuses, on étranglait aussi les condamnés avant de les brûler s’ils renonçaient à Satan et à ses œuvres.
Comme on le voit, la pendaison et sa cousine la strangulation sont des façons commodes de donner la mort. Parfois pour plus d’humanité avant un supplice bien pire, parfois avec un luxe de cruauté en usant de la durée pour accroitre les souffrances.
Les nazis avaient l’habitude de pendre les condamnés en leur laissant un pied sur le sol, l’autre étant attaché en l’air. L’épuisement d’être sur un pied conduisait inéluctablement le supplicié à s’affaisser et se pendre lui-même.
On a l’habitude de distinguer la pendaison de la strangulation car cette dernière ne suppose pas de suspension et la trace que laisse la corde ne part pas vers le haut comme chez les pendus. C’est une distinction subtile qui est démentie dans les faits par toutes les formes hybrides d’exécutions visant à resserrer le cou.
On dit aussi que la pendaison occasionne des réactions érotiques que ne provoque pas la strangulation. Ce n’est pas tout à fait vrai si l’on considère que certains jeux érotiques consistent à s’étrangler pour augmenter l’orgasme.
La strangulation, comme la pendaison est fortement liée à l’érotisme et participe de la même ambiguïté entre la mort et le plaisir.
On dit que l’on ne pendait pas les femmes pour préserver la décence, mais cette règle ne s’appliquait guère aux pendaisons expéditives des coins de rue. Et c’est ainsi que des servantes voleuses ou débauchées finissaient au bout d’une corde dans la tenue de leur emploi, la robe serrée aux genoux par une corde qui entourait leurs jambes gainées de laine grossière.
Et, par des nuits de lune gibbeuse, il arrivait que des hommes s’approchent et se suspendent à leur corps étranglé, fendent leurs jupes avec leur coutelas et violent leur corps encore tiède.
Et si le guet passait par là, l’homme n’échappait pas au « mariage des pendus » qui consistait à le pendre à la même corde que celle qu’il violait, les deux amants de la nuit demeuraient étranglés par un seul nœud coulant.
FÉTICHISME
La passion sadomasochiste pour la pendaison s’accompagne souvent de fétichisme. En effet, bien que beaucoup d’amateurs de pendaison aiment à pratiquer nus, beaucoup sont adeptes de fétichismes de diverses matières telles que le latex, le vinyle, le cuir et la laine.
Pour expliquer ce lien, il faut considérer que ces fétichismes s’accompagnent de cagoulages, d’étouffements et de strangulation. La pendaison vient rapidement compléter la panoplie. Notamment la laine qui accompagne volontiers les fantasmes médiévaux.
Des fantasmes médiévaux qui font rêver de chausses de laine à la sensualité qui vient s’opposer à la nudité et provoque chez le fétichisme une excitation particulière aux parfums de supplice délicieux.
De nombreux sadomasochistes amateurs de pendaison, quand ils ne préfèrent pas être nus, apprécient beaucoup de porter de longs et épais bas en laine qui leur rappellent les chausses de pendus si suggestives.
La laine, comme la pendaison, joue sur la relation ambiguë entre le plaisir et l’étouffement, la douceur et l’enfermement, entre la sophistication et la rusticité des matériaux. C’est cette ambiguïté qui fait que, pour certains, les deux vont idéalement ensemble.
La pendaison évoque naturellement des étoffes épaisses et anciennes, telles, bien entendu, la grosse laine qui rappelle la bure des pèlerins médiévaux.
Le jeu du foulard est une traduction particulière de cette proximité des fantasmes. La laine enveloppe le condamné, mais elle peut aussi servir à l’étrangler.
Cette passion fétichisée pour la pendaison se retrouve évidemment dans ce pays où les cordes sont divinisées qu’est le Japon. Au pays du shibari, la liaison entre la pendaison et le plaisir sexuel est exprimée sans complexe dans des jeux et des représentations qui vont bien au-delà de ce que les Occidentaux peuvent se permettre.
Le Japon est le seul pays libéral à pratiquer la pendaison. Les condamnés à mort sont prévenus qu’ils vont être pendus une demi-heure avant leur supplice qui s’effectue par un long-drop. La pendaison n’y est pas conçue comme une extension des jeux de cordes qui sont tant appréciés dans ce pays. Elle y est traitée de manière à effacer le caractère expressif du supplice. Alors que, dans le passé, le shibari était une méthode de ligotage extrêmement sophistiquée qui pouvait conduire à une mort lente et humiliante, la pendaison y est pratiquée de manière furtive et déshumanisée.
Les cordes de chanvre minces et longues utilisées dans le shibari permettaient un ligotage ouvert (non mortel, moins humiliant) à fermé (mortel et très humiliant). De très longues cordes entouraient le condamné de telle sorte qu’il soit totalement immobilisé et suspendu dans le vide et, ainsi de le laisser de longues heures subir son châtiment sous les yeux de l’assistance.
Il va sans dire que le Japon est le pays où l’on pratique le bondage avec le plus d’enthousiasme et que les sadomasochistes qui veulent se faire pendre, étrangler, étouffer y trouvent sans peine des prostituées et des clubs où on satisfera leurs pulsions avec la plus grande célérité.
L’art des estampes met très largement en scène les scènes de ligotages cruelles et sophistiquées où des bourreaux suspendent dans des cordes de jolies femmes tatouées. La dimension sexuelle n’est jamais absente car les femmes sont nues et les hommes manifestent sans vergogne leur désire des corps ligotés. Le fétichisme est très présent, il se concentre sur les cordes elles-mêmes, mais aussi sur les kimonos de soie et les écolières en chaussettes et robe plissée.
Comme on l’aura vu, la pendaison est beaucoup plus qu’un supplice. Elle plonge ses racines dans l’histoire judiciaire, dans les mythes magiques et dans les pratiques érotiques. Un vieux dicton affirme que tout homme a un roi et un pendu dans ses ancêtres. C’est peut-être pour cela que beaucoup d’hommes (et de femmes aussi) éprouvent une fascination pour la pendaison faite d’horreur et d’attirance.
Ce goût prononcé pour la pendaison des sadomasochistes et des fétichistes de tous poils n’a rien à voir avec une position en faveur ou non de la peine de mort. La pratique sexuelle de la pendaison se détache complètement de la réalité du supplice et de son contexte socio-politique. Cela n’est pas un fait récent car les utilisations et représentations de la pendaison dans les œuvres du passé est souvent également détachée de la réalité judiciaire pour mieux exprimer une vision symbolique, esthétique et érotique des auteurs. C’est quand cette distinction n’opère plus que le BDSM devient une pratique dangereuse et aux implications potentiellement criminelles.
Le sadomasochisme conduit fréquemment à représenter des punitions, des tenues et des supplices qui effacent le corps, le rendent dépendant et dévalorisé. La laine est une matière d’élection en ce qu’elle masque le corps tout en le faisant régresser dans son épaisseur. Ambiguë, elle protège tout en aliénant. Son ambivalence se marie bien entendu avec celle de la pendaison qui marie érotisme et châtiment. Tous les amateurs de pendaison n’aiment pas la laine, tous les amateurs de laine n’aiment pas forcément la pendaison. Mais, curieusement, ils se révèlent assez souvent au détour des sites de rencontre. Beaucoup d’entre eux sont surpris de ne pas être les seuls à éprouver cette double attirance.
L’ÉJACULATION
Un jour qu’un messager se précipitait au pied de la potence en brandissant la grâce du condamné signée par le roi, le bourreau lui répondit. : « trop tard, il a éjaculé ! ».
Il ne fait aucun doute que la pendaison fait bander et souvent éjaculer. Comme on l’a dit, c’est la source du mythe de la mandragore qui pousse au pied des gibets de la semence des suppliciés.
C’est aussi ce qui justifie que beaucoup de sadomasochistes s’intéressent particulièrement à la pendaison dans l’espoir de cette jouissance. C’est aussi, encore, ce qui justifie l’attitude de bien des condamnés qui ne craignent pas d’être pendus car ils espèrent cette jouissance.
Et on peut clairement la voir sur le corps de pendus en train de se débattre, le corps convulsé, les genoux remontant vers le haut dans une longue vibration. Une bosse apparaît clairement à la place du sexe.
Deux questions se posent.
La première est de savoir si le pendu ressent cet orgasme qui se produit dans un grand nombre de cas, surtout quand on hisse le condamné ou que sa chute est très courte. Le pendu se débat puis lentement l’érection apparaît. La sent-il, se sent-il jouir ?
La seconde est de savoir pourquoi la pendaison provoque cette réaction érotique. Pourquoi le pendu bande-t’il et éjacule-t’il ?
Les spécialistes sont très divisés sur les réponses à ces deux questions et rares sont ceux qui peuvent y répondre d’expérience. Certains pendus qui ont réchappé à leur supplice racontent qu’après un moment de souffrance et d’angoisse, ils ont ressenti un sentiment de plénitude. Les sadomasochistes se font éjaculer au bout de leur corde, mais c’est le plus souvent en raison d’une masturbation menée par eux-mêmes ou leur partenaire. Les dominatrices qui pratiquent ce jeu ne pendent leur sujet qu’une fois qu’il s’est mis à éjaculer. Ce n’est pas du jeu.
La jouissance du pendu ressemble à celle du noyé qui meurt d’hydrocution. Il arrive qu’on la ressente quand on se baigne dans une eau trop froide.
Il est probable que cette éjaculation se produit dans un état de conscience altérée, au bord de l'évanouissement.
La réponse à la seconde question est tout aussi difficile à cerner. Ce qui provoque l’érection et la jouissance divise les experts. Il en est qui affirment que l’érection n’est due qu’à l’afflux du sang dans le bas du corps en raison de l’arrêt du cœur. Il n’y aurait donc pas de jouissance. Mais cela n’explique pas l’éjaculation. D’autres pensent à une réaction neurologique qui est provoquée par la traction sur les vertèbres cervicales et aussi par une pression du le nerf vagal. Dans ce cas, il y aurait jouissance, mais pas forcément consciente puisque le système nerveux est lésé. Une troisième explication est liée à l’anoxie cérébrale provoquant un réflexe de survie, comme l’arbre qui meurt projette sa semence pour renaître plus tard en d’autres arbrisseaux. Et là, on entre dans un univers magique où la jouissance aurait toute sa place.
On peut aussi se demander si cette réaction très visible chez les hommes se retrouve chez les femmes. Ce qui expliquerait que certaines femmes adorent être pendues.
Il n’en demeure pas moins vrai que la pendaison, contrairement à tous les autres supplices, est fortement liée à l’érotisme et que ce lien est connu depuis des siècles, faisant de ce supplice un des plus appréciés par les victimes comme par les spectateurs.
La jouissance due à la privation d’oxygène peut être reliée à la sensation d’étouffements que certains recherchent en s’enfermant la tête dans d’épaisses cagoules que nous préférerons en grosse laine. C’est ainsi que les jeux de pendaison s’agrémentent le plus souvent de cagoules ou, parfois, même d’épaisses couvertures couvrant tout le corps.
Il est très possible que la jouissance du pendu soit de diverses sortes qui se combinent entre elles au gré des circonstances et des méthodes employées.
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LA PENDAISON MODERNE
Dès la fin du XIXème siècle, la pendaison traditionnelle où un public nombreux se repaissait des soubresauts d’un condamné à la langue gonflée et le sexe dressé, disparaît au profit d’une prétention hygiéniste qui la prive de son public au profit de témoins compassés. Cagoulé, ligoté, le condamné est amené sous la corde qu’on ajuste avant d’ouvrir une trappe qui le fait chuter d’une hauteur calculée pour lui briser la nuque sans le décapiter. La mort est supposée immédiate et le spectacle ne dure quelques instants. Ce type d’exécution est volontairement rendu aseptique, furtif, indifférent.
Les dignitaires nazis et les criminels de guerre japonais finirent ainsi au fond de trappes, le cou brisé par de grosses cordes de chanvre. Certains survécurent un peu à la chute et se débattirent un moment en grognant. Mais la justice était expédiée avec la bonne conscience de sa préparation scientifique.
En Pologne et dans les autres pays de l’Est, on préféra pendre les criminels nazis de manière plus simple et plus visible, précipitant tous les suspects de l’arrière de camions pour les voire s’agiter dans leur asphyxie.
Ce type de pendaison est né de visions humanitaires de la mise à mort. Quitte à exécuter, il convient de le faire proprement. Ce type de pendaison est encore en vigueur dans plusieurs pays tels que le Japon ou le Koweït.
Cette forme d’exécution nie la dimension spectaculaire et ambiguë de la pendaison dont l’objectif était de provoquer une agonie. La dimension érotique y est proscrite.
La pendaison ordinaire, celle qui a prévalu pendant des siècles avec son cortège de cruauté et de sexe a également traversé le temps et est en vigueur dans les pays qui recherchent la souffrance du supplicié.
On la retrouve à l’infini dans l’Allemagne nazie où être pendu suppose une souffrance qui fera le bonheur des bourreaux. On la trouve aussi en Iran où l’on cherche à provoquer la peur chez les condamnés, mais aussi chez le public.
Il ne fait aucun doute que la pendaison pratiquée ainsi par des autorités au sadisme revendiqué provoque la compassion, mais aussi, chez beaucoup, un sentiment ambigu d’excitation érotique. Dans tous les cas, il ne s’agit pas seulement de tuer, mais de faire souffrir et de provoquer un effet de peur dans le public.
Les nazis pratiquaient la pendaison systématique des partisans et n’hésitaient pas à pendre en public des femmes et des enfants dans des mises en scène macabres où la mise à mort était secondaire par rapport à l’exhibition du danger à s’opposer à leur présence.
Mais en fait, on sait que beaucoup de soldats allemands se masturbaient durant les pendaisons qu’ils photographiaient. Il n’est pas douteux que les mollahs iraniens à la sexualité perturbée tirent un plaisir érotique à pendre leur jeunesse et à contempler leur longue agonie devant une foule hystérique haranguée par des haut-parleurs.
Contrairement à la pendaison « moderne », ce type de pendaison se fait souvent en « grappes » où plusieurs condamnés sont exécutés en lignes où les pendus se bousculent en se débattant.
Tout à l’opposé de la pendaison hygiénique du long drop, cette pendaison mise sur la durée, le spectacle, sur les gesticulations et le visage congestionné des suppliciés. C’est la pendaison des tyrans et des peuples rendus fous par des idéologies et des religions dévoyées.
C’est aussi la pendaison des lyncheurs qui n’ont besoin que d’une corde et d’un arbre pour exécuter les noirs séditieux devant une foule enthousiaste avide de voir le malheureux s’étrangler lentement.
Elle nous vient en droite ligne du bas Moyen Âge où on la pratiquait exactement dans les mêmes conditions, avec les mêmes buts, pendre et étrangler jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Et c’est précisément cette pendaison que l’on retrouve dans les jeux sadomasochistes où la jouissance vient de la lenteur de la strangulation tandis que les pieds ont quitté le sol.
Et il n’est pas rare que des suicides par pendaison ne soient que le résultat malheureux de jeux érotiques imprudents. Les amateurs de pendaison érotique pratiquent le plus souvent en secret et finissent souvent au bout de leur corde. Ceux qui les retrouvent préfèrent parler de suicide que de jeu érotique qui aurait mal tourné.
Dans ces jeux, les amateurs de pendaison aiment que leur bourreau soit une femme, une dominatrice qui se dévoue à leur plaisir pendant qu’ils s’étranglent au bout d’une corde. Il y a dans ce jeu de pendaison une sorte de métaphore de l’acte sexuel qui augmente considérablement la jouissance.
Cela évoque la notion de bourrelles qui, dans les faits n’ont guère existé au cours de l’histoire. Ce métier étant avant tout dévolu à des hommes que l’on voulait robustes et sans scrupules.
Toutefois, pendant la période nazie, de nombreuses femmes se commirent à jouer le rôle de bourrelles dans les camps de concentration. Particulièrement sauvages, ces femmes, souvent très jeunes, se plaisaient à supplicier les déportés et à participer à leur pendaison.
A La fin de la guerre, beaucoup furent prises par les troupes alliées et par les peuples libérés. La plupart finit au bout d’une corde dans un juste retour des choses.
LES MILLE FORMES DE LA PENDAISON
Si l’on excepte la pendaison avec long drop qui est supposée rompre les vertèbres instantanément et provoquer la mort pour autant qu’on a utilisé une corde suffisamment solide, peu élastique, placée sous l’oreille gauche, avec une chute en rapport avec le poids du condamné, la pendaison revêt d’innombrables aspects qui dépendent de la corde, du nœud, de la manière de pendre, de la potence et de la place du nœud autour du cou.
Pour commencer, la place de la corde autour du cou, en particulier le nœud, joue un rôle majeur.
Placé sur la nuque, la corde va comprimer la trachée, bloquer les artères et les veines, repousser la langue et presser sur le nerf vague. Le pendu perd conscience rapidement, sa langue sort, il bande et éjacule et meurt sans gesticuler au bout de sa corde. Placée sous le menton, la corde ne produit aucun des effets qu’elle a quand elle est placée sur la nuque, ou tout au moins, les atténue considérablement. Le pendu se trouve en souffrance tout en respirant encore. Il se débat, convulse et donne des secousses avec ses jambes, ce qui a pour conséquence resserrer le nœud, provoquant une lente strangulation. La mort ne surviendra qu’au bout de longues minutes, parfois un quart d’heure. Les effets érotiques sont provoqués par la pression de la corde sur le cervelet dont on sait qu’il provoque une éjaculation réflexe quand il est lésé. C’est la forme de pendaison la plus cruelle car l’agonie dure particulièrement longtemps.
La corde peut aussi être sous l’oreille gauche, ce qui bloque le retour veineux et conduit à l’accumulation du sang dans la tête, provoquant une cyanose du visage. La langue sort, la réaction érotique est possible. On parle de pendu noir. Placée sous l’oreille droite, la corde bloque l’arrivée du sang, l’inconscience vient rapidement par anoxie cérébrale. Le visage du supplicié se vide de son sang. On parle de pendu blanc.
Bien entendu, les bourreaux expérimentés savent où placer la corde quand ils cherchent à hâter la mort ou la retarder pour le plus grand plaisir de l’assistance.
La taille de la corde joue aussi un rôle, plus mince, elle comprime plus le cou, tandis que plus grosse elle répartit la pression et ralentit l’agonie. La taille du nœud est aussi importante. Le nœud de pendu coulisse difficilement tandis qu’une simple boucle va produire une rapide strangulation.
La longueur de la corde joue un rôle dans son comportement. Une corde trop élastique le deviendra encore plus lorsqu’elle est longue. Dans bien des circonstances, les suppliciés pendus montent et descendent comme des ludions dans leur trappe. Les cordes de chanvre, quand elles n’ont pas été bouillies, les cordes de coton ou de nylon utilisées en Iran sont aussi très élastiques. Il arrive parfois qu’un pendu, que l’on a fait tomber de son tabouret, se balance un instant en se débattant. Puis ses pieds touchent le sol et le malheureux demeure ainsi, à moitié pendu, les pieds sur le sol. Son agonie sera interminable car la strangulation est devenue inefficace. Cela arrive assez souvent et les bourreaux n’ont guère de solution pour mener à bien le supplice, sinon de détacher le pendu et le rependre avec une corde plus courte.
Les nazis comme les Iraniens profitent souvent de cette élasticité pour rendre la pendaison plus cruelle et plus spectaculaire pour les spectateurs qui peuvent voir le pendu s’étouffer bien plus lentement. C’est aussi un phénomène qui intéresse les sadomasochistes qui bénéficient d’un étranglement moins brutal.
Un bourreau expérimenté peut intervenir sur ces paramètres pour agir sur l’exécution et faire qu’un pendu meure vite ou lentement. L’objectif est toutefois d’obtenir un beau pendu avec une langue bien sortie et des convulsions spectaculaires.
Il lui suffira de placer la corde au bon endroit pour que l’agonie du condamné soit courte ou longue. Dans les jeux sadomasochistes, le danger sera d’autant plus grand qu’on ne tiendra pas compte des facteurs qui interviennent dans la pendaison. En général, le caractère spectaculaire et fétichiste intervient pour choisir une corde plus grosse et un nœud coulant plus imposant. Mettre la corde sur la nuque provoquera aussi bien l’éjaculation que la perte de conscience…
Mais il n’y a pas que la position de la corde qui joue un rôle important dans le supplice. La façon dont le condamné est pendu compte tout autant. Deux façons de pendre peuvent se produire. La première consiste à faire tomber le pendu d’un support. Dans la pendaison médiévale, il s’agit d’être jeté sous l’échelle ou de basculer du « monte à regret ». Cela produit une secousse brutale qui resserre le nœud coulant et augmente la strangulation. C’est aussi le cheval qu’on fouette dans les westerns. Tout l’art de ce type de pendaison est de provoquer une chute qui ne tue ra pas le condamné car on veut le voir se débattre au bout du nœud coulant. A la place du tabouret ou de l’échelle, on voit souvent des pendus tomber de l’arrière d’un camion et se balancer à la potence. Mais, à défaut, on les fait tomber de caisses de boisson.
L’autre manière de pendre, la plus simple, consiste à hisser le condamné et de le laisser se débattre au-dessus du sol. Dans ce cas, il n’y a pas de chute et seuls la corde et les spasmes du supplicié vont mener le supplice à son terme.
Plutôt que de hisser manuellement les pendus, les Iraniens utilisent des camions grues qui permettent de hisser le pendu très haut et de permettre à une grande foule d’assister au supplice.
Hisser le pendu est la méthode la moins dangereuse des pendaisons érotiques car il est plus facile de relâcher la corde en cas de détresse. De plus, avec un nœud avec blocage ou coulissant difficilement, on ralentit la strangulation.
Il existe aussi une méthode de pendaison assez rare qu’on appelle pendaison à l’autrichienne. Au lieu d’être pendu à une potence, le condamné est hissé à un poteau, puis relâché après qu’on lui a passé un nœud coulant. Un aide serre les jambes du condamné pour éviter les convulsions.
Cette méthode a pratiquement disparu avec la disparition de la peine de mort dans les Balkans et en Autriche. Mais elle a été longuement pratiquée jusqu’à la fin de la seconde Guerre Mondiale.
L’utilisation de cagoules est très fréquente. Elle permet de ne pas voir les grimaces des suppliciés. Mais on peut aussi imaginer que la cagoule contribue au supplice masquant le condamné à la vue du monde qui le met à mort.
La pendaison moderne avec long drop y recourt systématiquement tandis qu’on se contente de bander les yeux des pendus iraniens.
Mais on se rend compte que, jadis, dans les Balkans, on pendait les condamnés dans des sacs et que dans certains pays du Moyen Orient, on les exécute enveloppés et ligotés dans des couvertures qui serviront à les enterrer.
Le pendu est masqué, il ne devient plus qu’un poids mort agonisant hors du monde visible. Encore une fois, la pendaison est un supplice ambigu qui se donne à voir tout en se dissimulant.
Et cette ambiguïté existe depuis la nuit des temps et dans tous les pays. Étrangler, tant par la pendaison que par d’autres moyens, doit se voir, doit exhiber ses effets et la souffrance du supplicié pour plaire aussi bien au peuple, aux dieux, ou, aussi aux partenaires sexuels.
Les pendaisons simulées jouent considérablement sur cette apparence du pendu en état de souffrance.
On voit ainsi se montrer des victimes de pendaison étouffant ou en extase sexuelle au bout de leur corde. Bien entendu, cela s’entend quand on opte pour une pendaison nue et sans cagoule.
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LA CULTURE DE LA PENDAISON
Bien des expressions courantes et des superstitions nous viennent des pendus. On n’aime pas passer sous une échelle, non pas pour éviter la chute d’un pot de peinture, mais parce que « passer sous l’échelle », c’est être jeté dans le vide par le bourreau après qu’il nous a passé le nœud coulant. « En baver » fait référence au fait que les pendus bavent abondamment en s’étranglant.
Les pendus étaient partout. On pouvait être pendu pour le moindre des larcins, souvent justifié par la misère et la faim. Les potences étaient souvent plantées aux croisements de rues, sur une petite estrade. Le passant pouvait regarder le pendu se débattre en allant faire son marché. Le cadavre se balançant laissait indifférent. On le montrait aux enfants pour les faire mieux se comporter.
La pendaison ne fait pas peur, elle fait partie de la vie. On ne regarde les exécutions qu’à l’occasion, quand on connaît le condamné ou qu’il jouit d’une certaine réputation. On amène les enfants pour qu’ils voient ce qui attend ceux qui se conduisent mal. L’exécution est en général vite expédiée. Le condamné est amené, les mains liées dans le dos. On le fait monter sur l’estrade, puis sur le tabouret, le monte à regret, le bourreau lui passe le nœud coulant et, d’un coup de pied, renverse le tabouret. Le condamné tombe et la corde se serre. Il s’étrangle lentement en agitant les jambes, tentant de ramener ses mains devant lui. Chaque secousse resserre la corde et sa langue sort, toute gonflée de sa bouche. La bave coule. Parfois, de bonnes âmes viennent l’attraper par les jambes pour le tirer par secousses et hâter sa mort. Il a été pendu dans la tenue qu’il portait quand on l’a arrêté, en général un surcot et des chausses. Il est interdit de lui voler ses vêtements et le corps est gardé tant qu’il n’est pas détaché de la potence. Pourtant, la nuit, des âmes grises lui voleront ses chausses et on le retrouve les jambes nues au matin.
C’est ce que l’on voit sur le détail du tableau de Pisanello. Le jour de leur pendaison, ils portent des chausses colorées. Peu de temps après leurs chausses ont glissé, puis, plus tard encore, elles ont été dérobées et ils ont les jambes nues.
Pendant la nuit, aussi, pour quelques deniers, les sorcières du coin viennent gratter le sol et récolter la semence qu’il a éjaculé pendant sa strangulation. Tout un commerce obscur se fait autour des nombreux pendus de la capitale. On vend aussi des brins de la corde, ils portent bonheur et rendent les femmes fertiles. Durant les exécutions, les ribaudes proposent leurs mains à des hommes excités qui viennent jouir en regardant le supplice. On ne s’émeut pas de devoir être pendu car elle fait partie du quotidien et du destin du peuple. Il vaut bien mieux être pendu et étranglé que roué, bouilli ou décapité.
Il en va différemment pour les pendaisons royales qui ont lieu place de Grève où trois hautes potences, dont une double, se dresse à près de huit mètres du sol. Là, ce sont des pendaisons judiciaires exécutées après jugement au nom du roi. On y exécute des bandits célèbres et toute une foule vient assister au supplice.
Le condamné est amené dans une charrette, en longue chemise et les jambes nues ou vêtues de chausses. Il porte au cou trois cordes de chanvre. Deux d’entre elles sont assez épaisses et ont des nœuds coulants, ce sont les tortouses. La troisième corde, plus fine est juste attachée à son cou et servira à tirer le condamné et à le faire tomber de l’échelle, c’est le get.
Le bourreau attend près d’une longue échelle. Quand le condamné arrive, il se saisit des trois cordes et en s’aidant du get, il fait monter le condamné vers le haut de l’échelle. Il attache les tortouses au bras de la potence. Pendant ce temps, l’aide du bourreau a aussi gravi les barreaux de l’échelle. Il attache les jambes du condamné pour éviter l’indécence des convulsions. Mais cela n’est pas toujours le cas. C’est pour cela que l’on voit bien, d’en bas, l’érection des pendus.
Le condamné est tiré dans le vide avec l’aide du get et il se retrouve pendu à plusieurs mètres du sol. Si on ne l’a pas condamné à être étranglé et pendu, le bourreau et son aide peuvent monter sur ses épaules, sur ses mains liées ou en le tenant par les jambes, le secouer assez vigoureusement pour qu’il meure plus vite. Mais c’est loin d’être la règle générale et la foule adore que le supplicié dise la messe avec ses pieds.
En général, les exécutions attirent une foule nombreuse et avide de sang. Les pendaisons sont plus banales, moins sanglantes, mais leur public nombreux est souvent animé de sentiments érotiques troubles que les prostituées se pressent de satisfaire pour quelques sous. Les spectateurs sont attentifs pour repérer l’érection des suppliciés et l’on se satisfait de voir la semence tomber sur le bois de l’échafaud, parfois avec de la pisse et des excréments. Mais, contrairement à ce qu’on dit, les pendus pissent chient rarement alors qu’ils éjaculent deux fois sur trois.
Il demeurera ainsi, au bout de ses cordes jusqu’au lendemain où on viendra le détacher pour l’emporter aux fosses du gibet de Montfaucon. Pendant la nuit, malgré la garde, il aura été dépouillé de ses vêtements et de tout ce qu’on aura pu lui voler.
Les pendaisons publiques sur la place de Grève auront lieu jusqu’à la Révolution où la guillotine remplacera le trouble plaisir de la corde par la brutalité de la décapitation.
Alors que les femmes, prostituées et sorcières, fréquentent les potences et les gibets, il est considéré comme inconvenant de les pendre. On préfère grandement les enterrer vivantes. L’Esméralda de Victor Hugo aurait eu peu de chance d’être pendue.
Toutefois, il est courant de pendre les femmes dans d’autres régions et d’autres pays. On se contente de leur lier les jambes par-dessus leur jupe pour éviter que l’on voie leurs parties intimes. Il n’en demeure pas moins évident que les pendaisons de femmes sont plus rares, sauf quand l’Angleterre se décide à les pendre à tour de bras au XVIème et XVIIème siècle.
Cette pratique sera largement exportée en Amérique comme nous le rappelle le sort des Sorcières de Salem.
LITTÉRATURE
La pendaison a grandement inspiré les auteurs et les artistes. Bien entendu, cela commence avec Villon, mais, au XVIIème siècle Sade et d’autres auteurs érotiques feront référence à la sensualité de la pendaison.
Puis, à l’époque romantique, elle revient en force sous l’alibi de sa dénonciation, mais aussi ouvertement pour exalter la fonction sexuelle. On la retrouve sous la plume de Musset dans Gamiani. Rimbaud lui consacrera un de ses poèmes les plus inspirés.
La pendaison prend une dimension onirique et violemment sexuelle et on la retrouve plusieurs fois sous la plume d’écrivains qui se repaissent de la décrire dans ses détails d’autant plus excitants qu’ils sont atroces.
Nerval se pendra, Baudelaire en parlera avec mépris. Charles Dickens en parlera dans Oliver Twist. Les romantiques se repaissent de l’ambiguïté de ce supplice.
Peu à peu, la pendaison réelle se distingue de la pendaison romantique et érotique. En Angleterre on trouvera bientôt des clubs de pendus où d’élégant gentlemen se feront pendre jusqu’au plaisir par d’expertes prostituées.
La pendaison habite les arts sans masquer sa dimension érotique dans le cinéma, la littérature et la bande dessinée. Ridley Scott manque rarement d’insérer une scène de pendaison dans ses films.
William S. Burrough, un des écrivains essentiels de la Beat Generation, consacre un ouvrage entier à la pendaison érotique intitulé « les Cités de la Nuit Écarlate » en 1981. Le livre parle d’un monde futur où la pendaison est devenue un art de vivre et de mourir. La dimension sexuelle est fortement mise en évidence, sans aucun détour. Le livre est aujourd’hui assez difficile à trouver et apparaît de façon assez discrète dans les biographies d’un auteur qui avait la réputation d’être un provocateur patenté.
Bien entendu, on la retrouve dans la littérature, soit la littérature historique qui se repaît de la décrire, soit la littérature érotique qui en fait un instrument de jouissance.
Margaret Atwood multiplie les scènes de pendaison dans la Servante Écarlate. Ce que reprennent largement les films et séries qui en ont été tirés.
La bande dessinée historique ne manque jamais de nous proposer des pendaisons riches en détails plus ou moins inventés et parfois nettement érotisés.
Certains artistes en font un sujet central de leur expression.
Giotto, Botticelli, Pisanello, Léonard de Vinci et d’autres peintres italiens ont représenté des pendus au détour de leurs tableaux
Léonor Fini réalisa toute une série de planches d’eau forte représentant des pendus avec un clair souci d’érotisme. L’art aime bien l’esthétique trouble des potences et des pendus agonisants.
La pendaison est devenue un sujet d’expression artistique qui repose presqu’entièrement sur la collusion entre l’érotisme et la cruauté du châtiment. Elle abandonne le réalisme et la violence du supplice réel pour s’attacher à la jouissance de l’agonie.
Bien entendu, pour autant qu’elle est un sujet sous-jacent de nombreuses œuvres, elle est stigmatisée par la morale et l’idéologie de l’époque globalement hostile à la peine de mort. Il faut un alibi, il faut se dissimuler. C’est peut-être ce caractère transgressif qui la rend plus excitante.
Peu à peu, elle se dissimule dans les milieux sadomasochistes, en particulier dans les pays germaniques et anglo-saxons. Et par un retour des choses, l’acceptation de plus en plus ouverte du BDSM fait qu’elle revient par la porte dérobée des sexualités atypiques.
Dans toutes les bibliothèques bien tenues des derniers siècles il était d’usage de disposer de ce qu’on appelait un ENFER. C’était une partie, peu accessible aux yeux innocents, qui était destinée à la littérature et aux essais sur le sexe, la magie et la mort. On y rangeait les ouvrages censurés et les textes et estampes représentant des scènes contre la morale et la bienséance. Sade y occupait une bonne place, mais aussi des ouvrages rares où la pendaison érotique tenait une place de choix.
Beaucoup d’auteurs des XVIIIème et XIXème siècles ont consacré une part discrète de leur œuvre à rédiger des ouvrages strictement destinés à l’enfer des bibliothèques. Ces ouvrages se vendaient fort cher.
Ils y prenaient un malin plaisir à mêler le sexe aux supplices et les pendus y apparaissaient en bonne place.
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LE BOURREAU
Le bourreau, ou, plus précisément, le « bourrel », était « l’exécuteur en chef des arrêts de justice ». Il était chargé de l’exécution des arrêts de haute et de basse justice, c’est-à-dire des mises à mort et des tortures et mutilations.
Il existe toute une mythologie des bourreaux, tant dans leurs vêtements (la cagoule), que dans leur statut (famille d’exécuteurs fameuses et prospères). En fait, il n’en était pratiquement rien. Le bourreau était souvent un ancien criminel, un boucher ou un bourrelier, que l’état réquisitionnait pour exécuter les condamnés.
La profession de bourreau ne devient mieux définie qu’à partir du XIIIème siècle, quand le nombre d’exécution augmente considérablement. Avant, le bourreau était désigné pour exécuter les assez rares condamnations à mort du haut Moyen Âge.
La pendaison représentait 70% de son activité de bourreau. Il devait prendre soin des potences et des cordes. Il était aussi chargé des tâches de voirie et d’équarrissage.
Sa tenue devait bien le distinguer, souvent un costume à rayures rouges avec l’insigne d’une potence ou d’une hache. En général, il ne portait pas de cagoule. Dommage pour le mythe …
Il portait souvent des chausses de laine ou de cuir rouge et un chapeau qui ne cachait pas son visage.
Le bourreau était une personne réprouvée, impure, qui polluait tout ce qu’il touchait. Le pain qu’on lui destinait était retourné et il avait droit de prélever sur les marchés tout ce qu’une grosse main de bois qu’il portait pouvait contenir. C’était ce qu’on appelait le droit de havage.
Le bourreau était un solitaire et le mythe des familles de pères en fils n’a pas vraiment existé durant le Moyen Âge. Cela explique que la fameuse habileté des bourreaux à exécuter n’est pas forcément vrai.
Être bourreau devient une fonction mieux représentée à la fin du XVIIème siècle où il devient un serviteur du roi pour une charge qui lui est attribuée. Après la Révolution, il deviendra un fonctionnaire.
La mythologie des bourreaux est plus attrayante que la tristesse de son état au Moyen Âge où, entre le condamné et le bourreau, il y en a un qui a choisi le bon bout de la corde.
L’avantage de la pendaison était qu’elle était difficile à ne pas réussir, ce qui n’était pas le cas d’autres exécutions comme la décapitation.
Au XXème siècle, les bourreaux revêtiront des uniformes militaires, des costumes de ville avec chapeau. En Iran, on voit reparaître des cagoules, sorte de résurgence du mythe du bourreau masqué.
Bien entendu, la mythologie du bourreau l’emporte de loin sur cette terne réalité historique, surtout chez les amateurs de pendaison érotique qui se voient bien plus volontiers étranglés par un exécuteur (ou une exécutrice) parés de tous les attributs qui forment l’imaginaire du bourreau.
Dans ce cas, reparaissent les grandes cagoules et les vêtements qui sont tous des métaphores de la cruauté sans frein. Le noir, le rouge, le cuir, les clous … Les longues chausses de laine rouge sombre sont un des attributs que certains apprécient particulièrement, surtout quand le bourreau s’installe sur vos épaules pour hâter la strangulation.
LE CORTÈGE DES PENDUS
Le trajet vers le gibet jouait un rôle important dans le processus d’exécution. Il s’agissait souvent de parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre à Montfaucon ou à Tyburn. Aller de la prison à la potence faisait l’objet d’une procession d’autant plus lente que le cortège devait se frayer un passage au milieu de la foule venue voir de près les condamnés, pour huer, leur jeter des détritus ou, parfois aussi, leur manifester pitié et sympathie.
Le chemin entre Newgate et Tyburn était bordé de pubs où l’on faisait halte et où on buvait de la bière. Ce qui faisait qu’à leur arrivée à la potence les bourreaux comme les condamnés étaient fin saouls.
Le trajet vers Montfaucon était moins riche en libations, mais des religieuses distribuaient aux futurs pendus du pain et du vin, une tradition qui devait être respectée pour que les choses se passent dans les règles et les usages.
Il en allait de même place Grève, même si le cortège allait bien moins loin, du Grand Chatelet aux hautes potences royales.
Quand il s’agissait de pendre au coin d’une rue un larron pris sur le fait, rien ne dit si on se livrait à des libations.
Se rendre à la potence était donc un cérémonial relativement débonnaire. Plutôt que de la solennité, les pendaisons, surtout quand on allait pendre plusieurs condamnés, étaient des fêtes où le macabre se mêlait aux excès de boisson et de toutes sortes de pratiques obscènes et malhonnêtes.
Les ribaudes accompagnaient les étudiants et les truands en quête de sensations. Les bourgeois curieux se faisaient larciner par tout ce qui pouvait provenir des cours des miracles.
Les condamnés, leurs bourreaux et le cortège des spectateurs se connaissaient souvent, venaient des mêmes milieux, certains avaient simplement écopé du mauvais côté de la corde.
Les cortèges étaient en général escortés de soldats armés qui veillaient à ce que rien ne dégénère. Les excès de boisson et les sentiments plus ou moins violents entre les condamnés, les bourreaux et l’assistance pouvaient souvent dégénérer en batailles rangées.
Paris, comme Londres, ou toutes les capitales d’Europe étaient de véritables nids de délinquance et de violence. En ces périodes de guerre, de grand froid, de peste et de violence générale, la mort et la superstition faisaient bon ménage et les exécutions étaient des événements expiatoires qui détournaient le public de l’âpreté des temps.
La pendaison elle-même était le couronnement de cette bacchanale qui durait une grande partie de la journée.
Ces cérémonies disparurent avec le XIXème siècle et la transformation des exécutions en processus administratifs aux règles sèchement édictées par des fonctionnaires ans âme.
Aujourd’hui, en Iran, on assiste à de tels événements. La foule accompagne les pendus, pousse des hurlements pendant l’exécution. Les condamnés saluent leur public avant d’être hissés par leur grue. Le pire qui puisse arriver est que l’on soit exécuté dans une pièce isolée, s’étranglant dans le silence sans personne pour regarder et participer.
Entre la pendaison expéditive des manants aux potences des carrefours et les grandes cérémonies des gibets, il existe une bien plus grande distinction que la rapidité du supplice. Les grandes pendaisons publiques participaient de la vie sociale. Finir au gibet était le destin des criminels qui tiraient gloire et sentiment d’immortalité en étant pendu en grande pompe dans une fête populaire. Se bien comporter face à la corde clôturait l’existence d’un truand par un acte d’héroïsme. Éjaculer en public, c’était presque faire l’amour à la foule.
On notera que dans ces scènes de pendaisons ne faisaient que peu appel à la religion. En dehors des religieuses qui distribuaient une dernière collation, les pendus avaient rarement droit au secours de l’Église. Ce n’est qu’après de longues années qu’on érigea une croix près de Montfaucon. Les pendus n’étaient pas inhumés en terre consacrée.
La plupart s’en fichaient complètement.
L’absence de religion sur les lieux de pendaison ouvrait la porte à toutes les manifestations païennes et obscènes. Les ribaudes faisaient leur affaire à tous les spectateurs excités par la corde, les magiciens de tout poil menaient leurs expériences au parfum de souffre, les sorcières cueillaient la mandragore et en vendaient des racines aux badauds naïfs. Les larrons vidaient les escarcelles avec un talent que la fascination pour les convulsions des pendus ne rendait que peu nécessaire.
On amenait aussi les enfants pour leur faire entrevoir leur destin s’ils suivaient la route des voleurs. Les voleurs de cadavres attendaient patiemment que la foule se disperse pour dépouiller les pendus et revendre leur butin.
Pour ces mille raisons, les alentours des gibets étaient terriblement mal famés. Tant parce que le lieu était insalubre et puant que parce que tous ces métiers douteux s’exerçaient près de du gibet.
On murmurait même que les bouchers (qui exerçaient souvent le métier de bourreau) faisaient d’excellents pâtés avec de la chair de pendu et qu’on servait de telles terrines avec du mauvais vin dans les tavernes borgnes qui entouraient le lieu d’exécution.
Ces commerces infâmes dont on ne saurait vraiment prouver comment ils existaient étaient surtout la preuve de l’existence d’une vie occulte où la pendaison jouait un rôle propitiatoire considérable. Ce rôle est à la source, ou au moins participe, à l’image particulièrement riche des gibets et des pendus. La potence serait un miroir inversé et magique de la crucifixion. Ce qui la fait honnir, bien sûr par l’Église qui n’y voit que toutes sortes de manifestations de l’enfer.
C’est, bien sûr, de cet univers maléfique et débridé, en opposition avec la pensée normée, que s’inspirera la littérature et les arts, depuis Sade jusqu’aux romantiques, puis les symbolistes, pour finir dans les créations provocatrices du XXème siècle. Ces utilisations du monde des gibets, à de rares exceptions, exprimeront la trouble fascination pour les pendus et la forte sexualisation des pendaisons. Ce qui, au fond, n’est que la prolongation de l’univers des gibets médiévaux.
Le bourreau, la victime, le spectateur et la sorcière se confondent dans un personnage hybride en quête de sensations terribles et délicieuses sublimées par les sentiers ténébreux de l’imagination.
Quand les sadomasochistes d’aujourd’hui sont tentés par la pendaison, c’est parfois pour la simple expression sexuelle d’un supplice érogène, c’est aussi, bien souvent, pour l’expression de ce cortège complexe de magie et de cruauté enfoncé comme la mandragore dans l’inconscient collectif.
Le gibet est le sexe dressé de l’instinct de mort.
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LA PLACE DES GIBETS DANS L’HISTOIRE
On associe souvent la pendaison à certaines époques et certaines cultures. Ainsi, on l’associe sans peine au Moyen Age, à l’Angleterre, aux westerns, çà l’Iran et au nazisme. Toutes ces références sont liées à la fréquence et la facilité des pendaisons à ces époques et dans ces pays.
Mais la représentation la plus frappante de la pendaison est moins la potence que le gibet. La potence sert seulement à exécuter tandis que le gibet y ajoute le fait d’exposer. Non seulement exposer les suppliciés, mais aussi le pouvoir. Le roi avait droit à autant de piliers qu’il le voulait, le duc avait droit à huit piliers, le comte quatre, et ainsi de suite. Le gibet n’était pas seulement un lieu d’exécution, c’était un lieu d’exposition des suppliciés qui avaient été pendus, décapités, écartelés sur les échafauds de la capitale et de ses enivrons. C’était un leu de mise en scène où les corps étaient exposés selon des mises en scène visant à mettre en valeur le statut du condamné et l’ignominie de ses crimes.
C’est au Moyen Âge que se développe le concept de gibet. Avant, on se contentait d’exécuter, de de montrer l’atrocité du supplice. Désormais, le gibet s’inscrit dans la permanence, ceux qui y sont pendus y demeurent jusqu’à leur complète décomposition et leur chute dans la fosse aménagée entre les piliers. Cette exposition durera jusqu’au XVIIème siècle, quand la fascination de la mort perdra peu à peu son sens.
Mais quand on parle de Moyen Âge, on fait allusion à une période qui va de la chute de Rome à la fin de la Guerre de Cent Ans, une période presque mille ans. Et cet immense âge se divise, habituellement, en deux grandes époques : le Haut Moyen Âge qui va de 476 au XIIème siècle ; Le bas Moyen Âge qui commence au XIIème siècle jusqu’à la Renaissance.
Contrairement à ce qu’on imagine souvent, le Haut Moyen Âge n’est en rien une période de violence et de régression culturelle. Au contraire, c’est une époque de grand dynamisme moral, scientifique et culturel. Les cultures romaines, byzantines, arabes, celtes et germaniques se rencontrent, se mélangent et s’enrichissent mutuellement. On se pique de vivre à la romaine, de jouir des raffinements byzantins ou arabes. On est propre car bien des choses se passent dans les étuves qui sont très fréquentées.
On négocie bien plus qu’on ne se fait la guerre, l’humanisme prévaut le plus souvent et la féodalité engendre un réseau de suzeraineté et de vassalité qui équilibre considérablement les relations entre les princes. L’Église joue un rôle modérateur des passions humaines et atténue les pulsions violentes des juges et des gens de pouvoir.
On exécute bien moins qu’on ne l’imagine, commuant les peines en amendes et pénitences. Il y a bien des gibets et des potences, mais moins et plus discrets que ce qui viendra après. Cette période dure près de sept cents ans. Quand même !
Le Bas Moyen Âge est marqué par le développement de la monarchie centralisée en quête de conquêtes, par l’apparition de la peste, par des désordres climatiques porteurs de famines, par les croisades et les hérésies. C’est aussi l’époque de la Guerre de Cent Ans qui a duré plus de cent ans et qui a vu le pays se couvrir de bandes armées avides de crimes divers.
En quelques années, tout ce qui avait fondé l’humanisme et la stabilité du Haut Moyen Âge, s’effondre, s’évanouit, s’inverse. On pense que la peste se transmet par l’eau, les étuves se vident, la saleté s’installe en même temps que la convivialité féodale se perd. L’Église, institution modératrice devient porteuse de guerre (les croisades) et l’intolérance (hérésies, antisémitisme). Le pouvoir royal se centralise et conduit à des guerres et des séditions sans fin. Les désordres climatiques ruinent les récoltes et produisent la misère et la délinquance. Les cours de miracles se multiplient, opposant au pouvoir légal celui d’une pègre débridée et omniprésente. La science cède la place à la superstition et la sorcellerie.
L’ensemble de ces facteurs et bien d’autres, encore, sont à la source d’une justice plus violente et des condamnations bien plus fréquentes et cruelles telles que la roue, l’ébouillantement, le bûcher et le démembrement. Mais la pendaison est le moyen le plus rapide et efficace de se débarrasser d’un condamné. Il faut dire que les prisons sont rares et que le meilleur moyen de punir les voleurs est de les pendre.
Les villes se truffent de potences auxquelles on étrangle la plupart des voleurs qu’on n’a pas voulu essoriller ou mettre au pilori. Pendu, il ne volera plus. La route de Paris à Orléans est bordée de potences en général bien garnies.
On a l’habitude de vivre près des pendus.
François Villon, qui a vécu à Paris à la fin de la Guerre de Cent Ans au milieu des étudiants et des Coquillards, bandits notoires écumant les cours des miracles, a souvent frôlé la potence et a vu beaucoup de ses comparses finir au bout d’une corde.
Il décrit les exécutions avec un luxe de détails dans diverses ballades, dont la fameuse Ballade des Pendus. On y voit à quel point les pendus faisaient partie du monde quotidien des vivants, offrant aux regards la lente dégradation des corps, l’action des corbeaux qui dévorent les yeux, arrachent les cheveux et, en peu de temps dépècent les suppliciés.
Il s’attend qu’un jour « son col saura ce que son cul poise », vue triviale et sans illusion d’un étudiant un rien dévergondé et pas mal voleur.
La familiarité avec le monde des pendus est telle qu’un condamné à qui l’on offre la vie s’il épouse une femme dont il voit qu’elle boîte « attaque bourreau, elle cloque ! » C’est delà que provient l’expression « marié ou pendu ». Le mariage était en effet une cause de grâce dans cet univers du Bas-Moyen Âge, où la mort fait partie du quotidien. On parlait aussi d’épouser la potence, allusion implicite au caractère sexuel de la pendaison.
Dans la crasse terrible des villes, les corps étranglés qui se balancent aux nombreuses potences, déchiquetés par les corbeaux et la vermine, sont familiers, ne font guère peur et ne suscitent guère de pitié.
Au Nord Est de Paris, on bâtit un grand gibet royal. Il en existait bien un avant, mais il était en bois et bien trop petit. Il convient de construire un véritable monument de la justice royale.
C’est le gibet de Montfaucon avec ses seize piliers et ses trois étages de traverses de bois qui se dresse sur un monticule et mesure près de quinze mètres de haut. Chaque traverse possède deux chaînes de fer auxquelles on peut lier une corde pour étrangler ou simplement suspendre un homme pendu ou exécuté ailleurs. Le gibet sert tellement qu’il faut souvent détacher des pendus pour mettre d’autres.
Il existe même tout un protocole dans l’art d’exposer les suppliciés, pendus ou ceux qui ont subi d’autres supplices que l’on expose par morceaux, dans des sacs ou dans des cages. Selon le rang du supplicié, il occupera une place plus élevée, mieux en vue ou non.
Seuls les roués seront exposés à part, sur une roue perchée sur un poteau.
Les pendaisons se font si nombreuses qu’on doit à un certain moment créer des gibets annexes à divers endroits autour de la capitale et dans les villes de province.
Les gibets et les potences deviendront vite des panneaux indicateurs pour les voyageurs à qui l’on dira de tourner à gauche après tellle potence bien en vue.
Le gibet sera souvent réparé ou reconstruit jusqu’en 1630. Puis il sera abandonné, tombant en ruine. Alors qu’il avait été construit loin de Paris, l’agrandissement de la ville fait qu’il est juste à ses portes et la puanteur des cadavres n’est pas pour rien dans son obsolescence.
L’utilité des gibets diminue à la Renaissance, malgré la violence de l’époque qui s’illustre par les guerres de religion et aboutira à la Guerre de Trente Ans. On continue de pendre partout pour n’importe quoi. On se dirige dans les villes en se repérant aux potences dressées aux carrefours.
Aujourd’hui, le gibet de Montfaucon a disparu. A sa place, on trouve à quelque pas de là, le siège du parti communiste qui semble n’avoir pas eu beaucoup de jugement en choisissant un tel emplacement.
On ne pend plus en France, on ne condamne plus à mort. Mais l’idée de la pendaison et de son cérémonial demeure dans la littérature, les jeux sexuels et dans les suicides.
Beaucoup ont un gibet dans le cœur.
TYBURN
Montfaucon est une spécificité française, voire parisienne. Construire un gibet monumental est exceptionnel. On pend dans toute l’Europe à tour de bras, à corde débridée. Mais on ne construit pas de gibets. On se contente de potences de bois plus ou moins grandes.
La plus célèbre est le Tyburn Tree à Londres. Il se situait là où se trouve Hyde Park Corner. Il est demeuré là jusqu’à la fin du XVIIème siècle après plus de six siècles de bons et loyaux services.
C’était un gibet de bois à trois piliers, sans aucun caractère monumental. Il était très fonctionnel et permettait de pendre un bon nombre de condamnés d’un seul coup.
Les condamnés étaient amenés depuis la prison de Newgate dans une charrette, une promenade de plusieurs kilomètres, avec des escales aux nombreux pubs qui bordaient la route.
Une foule de spectateurs de toutes les classes sociales assistait au spectacle avec un enthousiasme stimulé par l’alcool.
Les condamnés avaient les mains liées dans le dos et étaient amenés sous la poutre qui leur était destinée.
Une fois la corde serrée autour de leur cou, la charrette repartait, laissant les pendus se débattre au bout de leurs cordes sous le regard d’une foule enthousiaste.
Il arrivait que des proches du condamné se précipitent pour tirer sur les jambes du pendu pour hâter son étranglement. Cela gâchait un peu le plaisir de l’assistance, mais les putains de Londres étaient là pour faire jouir les hommes qui venaient là pour se faire branler en contemplant l’agonie des pendus. On ne pendait que rarement un seul homme, la pendaison durait toute un après-midi, garnissant chacune des trois poutres du gibet de plusieurs condamnés. Les contorsions furieuses de certains soulevaient l’enthousiasme. On en voulait un peu au bourreau quand le pendu mourait dans l’instant. C’est ainsi que les exécuteurs devinrent experts dans l’art de placer la corde et de faire tomber les pendus dans le vide.
On détachait les suppliciés au bout d’une heure et la fête était finie. C’était le moment, à la nuit tombante, où des ombres discrètes venaient roder pour voler ce qu’il y avait à voler, faisant souvent avec les préposés à la potence commerce de toutes sortes d’amulettes, pièces de vêtements, bouts de corde, sécrétions des pendus pour toutes sortes d’activités plus ou moins magiques.
Tyburn, comme Montfaucon et les gibets de toute l’Europe, la pendaison marquait une sorte de frontière entre le monde réel des vivants et celui, étrange et magique, de la mort.
Tyburn cessa d’être utilisé pour être remplacé au XIXème siècle par la pendaison à Newgate, visible de l’extérieur. On y pendit de manière industrielle pendant tout le siècle de Charles Dickens.
La foule restait assidue à ces exécutions où des hommes, des femmes et des enfants tombaient de quelques centimètres pour s’étrangler lentement.
Les pendaisons étaient des spectacles hautement appréciés auxquels assistaient une foule d’amateurs de sensations fortes. On vit même apparaître au XIXème siècle des clubs d’amateurs de pendaison qui venaient en toute distinction et élégance raffinée se faire pendre haut et court par des prostituées expertes parfaitement entraînées à leur faire subir la petite mort au bord de la grande. Il n’est pas exclu que ce type de club existe encore dans le secret des mœurs étranges de l’aristocratie.
Puis la pendaison anglaise se fit plus « humaine », pour devenir la pendaison moderne et instantanée, dépourvue de son érotisme malséant.
C’est aux Anglais que l’on doit l’invention du nœud de pendu qui est l’emblème universel de la pendaison. Ce nœud a la propriété de se serrer très facilement, mais d’être très difficile à desserrer. Le nombre de tours donnés à la corde fait l’objet de maintes distinctions entre des nombres plus ou moins symboliques tels que sept ou treize.
La nature de la corde est aussi d’une grande importance. La corde doit être assez grosse pour être solide et vue de loin. Elle doit être, en principe, en chanvre, une matière à l’odeur entêtante qui, au fil des pendaisons, s’assouplit et épouse sensuellement le cou des condamnés.
Pour la rendre moins élastique, défaut qui rend la strangulation plus lente, certains bourreaux la faisait bouillir. Mais comme on l’a vu, hâter la mort n’était pas toujours le but souhaité.
De la même manière, on enduisait la corde de graisse pour que le nœud, même avec de nombreux torons, coulisse mieux, serre plus fort le cou du condamné. Une corde bien serrée provoque des grimaces qu’apprécie la foule qui adore voir la langue des pendus saillir dans leur face noircie.
Les pendaisons à Tyburn devenaient un spectacle pour connaisseurs qui appréciaient chaque étape et chaque geste de l’exécution.
Tout est affaire de dextérité et aussi de praticité. Plus il y a de torons, moins la corde est pratique à utiliser, mais plus elle est spectaculaire au cou du condamné.
Ce sont pourtant les Anglais qui abandonneront le nœud de pendu pour un nœud sans charme doté d’un anneau coulissant assurant une strangulation nette et sans bavure.
Le nœud de pendu est encore utilisé dans les pays arabes et en Iran comme preuve d’une sorte d’expertise en matière de pendaison.
Les nazis, pour leur part, se contentent de simples boucles de corde, tant ils ont à cœur de pendre le plus d’innocents possible.
Les nazis ne se préoccupent que d’aligner le plus grand nombre de pendus, comme ils le feront à Tulle en pendant tous les hommes de la ville, jusqu’à ce qu’ils ne trouvent plus de cordes.
Les sadomasochistes, qui ont le sens des symboles, adoptent en général le nœud de pendu, sauf quand ils ne savent pas les fabriquer ou qu’ils ne disposent pas de corde.
Comme on peut le voir, le nœud coulant est le pendant du gibet dans la représentation de la pendaison.
Il arrive que la pendaison se fasse avec une écharpe ou un foulard. Dans ce cas, la pendaison revêt un caractère sensuel et émouvant. C’est ainsi que les concubines de l’empereur de Chine devaient se pendre à sa mort, utilisant pour cela de longues écharpes de soie.
De la même manière qu’il existait des clubs de pendus en Angleterre, il existe aujourd’hui, au Japon des clubs de shibari qui se spécialisent dans la strangulation et où la pendaison est le jeu ultime.
La pendaison est ainsi passée du judiciaire à l’érotisme avec un succès tout aussi grand auprès des hommes et de beaucoup de femmes en quête de sensations fortes.
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GIBETS SEXE ET PENDAISON
AVANT PROPOS
La mort la plus facile à donner, la plus répandue dans le monde et la plus ancienne dans la plupart des cultures est aussi la plus infamante, honteuse et maudite est la pendaison. C’est aussi celle qui éveille les fantasmes les plus intenses en matière d’érotisme et de magie. Pratiquée de tous temps avec des techniques aussi variées que vicieuses ou hypocrites, la pendaison est un phénomène socio-historique considérable, mais que les auteurs traitent avec réticence. Comment parler d’un supplice qui donne la mort, mais qui a la réputation de faire jouir ? Comment faire l’éloge d’un moyen de tuer sans jugement, un outil de crime de guerre, tout en étant un spectacle recherché par les foules de toutes les époques ? La pendaison est concrètement propre, sans effusion de sang, sans atroces souffrances, mais elle déshonore, suggère la barbarie et renvoie à des mythes magiques aux aspects sombres et démoniaques. La pendaison exerce un pouvoir de fascination sur les foules comme sur les individus. Moyen d’exécution, de mise en scène du pouvoir contre l’infamie, elle est aussi l’instrument suprême du sadomasochisme en faisant se croiser l’idée de la mort avec celle du plaisir, de la cruauté et de la sensualité, de la domination et de la soumission. Elle est au croisement du sadisme et du masochismes, tous deux assumés, ainsi que de divers fétichismes, à commencer par celui de la corde elle-même. Partons à la découverte de ce monde trouble et fascinant. Nous l’aborderons avec certains partis pris, bien sûr, mais aussi en essayant de faire la part belle à l’histoire et à la culture qui accompagne ce supplice que certains trouvent délicieux, tandis que d’autres le trouvent hideux et infamant avec une hypocrisie souvent mal dissimulée.
On ne peut pas penser la pendaison et les gibets en dehors des diverses cultures qui y ont eu recours et qui en ont fait autant un instrument de justice qu’un manifeste socio-culturel. Exhiber la pendaison ou la dissimuler n’est pas un choix innocent.
La pendaison est un fait judiciaire, culturel et érotique. Ce qui en fait un sujet d’un grand intérêt pour une analyse qui ne se veut pas objective mais bien documentée.
UN SUPPLICE AMBIGU AUTANT QU’UNIVERSEL
La pendaison a, de tous temps, été un supplice d’élection. Facile à réaliser, spectaculaire et peu sanglant, il se fait avec une corde et un point d’attache plus haut que la taille d’un homme, il ne nécessite guère d’effort ou d’habileté chez le bourreau.
C’est ainsi qu’on en retrouve des traces jusqu’au néolithique. La pendaison est née avec l’invention de la corde. Il se répandra dans toute l’Antiquité et dans toutes les contrées du monde avec d’innombrables variantes et raffinements.
Dès les commencements, la pendaison a bénéficié de quatre avantages qui en ont augmenté l’attrait et l’usage. C’est un supplice facile à réaliser et quasi impossible à rater. Les cordes se rompent rarement, les potences ne s’effondre en général pas, on ne peut pas survivre à une pendaison, pour autant qu’on attende le temps qu’il faut. C’est un supplice qui met le condamné en hauteur, qui expose et qui rend l’exécution spectaculaire. On voit les pendus de loin, on peut les exposer où l’on veut qu’ls soient vus. C’est presque de la publicité sur le lieu de vente. C’est un supplice infamant qui expose le condamné dans son agonie, ses gesticulations et ses grimaces. Le supplicié bave, pisse, chie pour le plus grand mépris des spectateurs que cette honte les dissuade de commettre des crimes. C’est un supplice magique qui allie le sexe et la sorcellerie car les pendus bandent, éjaculent et leur semence fait le bonheur des sorcières qui la recueillent pour faire pousser la mandragore aux vertus horribles et merveilleuses.
A la noblesse sanglante de la décapitation, à l’atrocité de la roue ou du bûcher, la pendaison oppose son évidence et son trouble attrait, ce qui fait qu’elle survit à tous les autres modes d’exécution et dépasse de loin le seul univers de la mise à mort judiciaire. C’est aussi un des modes de suicide les plus répandus pour exactement les mêmes raisons.
Il était communément admis que l’âme d’un défunt s’échappait du corps par la bouche. La pendaison obstruant la bouche, l’âme d’un pendu ne pouvait plus s’échapper que par son cul, ce qui conférait à la pendaison un caractère infamant. Certains pensaient aussi que l’âme s’échappait par le sexe dans le jet de sperme de l’éjaculation des pendus, ce qui expliquait le rôle maléfique de la mandragore poussant sous les gibets et qui, quand on la cueillait poussait un cri qui pouvait faire mourir.
En laissant les pendus se décomposer pendus au gibet, on les privait de sépulture, ce qui constituait, dans un monde très chrétien, une peine considérable puisqu’elle se prolongeait après la mort par une damnation éternelle.
De plus, la pendaison avait un caractère infamant qui trouvait sa racine dans la mort de Judas qui se pendit, dit-on, après avoir trahi Jésus. Être pendu, c’était se raccorder à celui qui avait trahi le Sauveur. Que pouvait-on subir de pire ?
La pendaison repose sur deux principes opposés. Un principe qui tente de minorer ses caractères spécifiques, une pendaison furtive, secrète et rapide qui renie ses origines et ses fantasmes. C’est la pendaison judiciaire moderne où, par une chute rapide et suffisamment brutale, le condamné meurt dans l’instant au fond d’un puit. Un principe qui exalte ses caractères en prolongeant l’agonie, en se délectant des gesticulations, des grimaces et des effets sexuels bien connus.
Le premier principe est hypocrite, le second est amoral. C’est sur cette ambiguïté que la pendaison fascine attire et repousse à la fois. Cette ambivalence est universelle et confère à la pendaison une dimension sensuelle et perverse qui la rend attirante autant que terrifiante. S’élever tout en étant humilié, souffrir, mourir et jouir. Simple à réaliser, la pendaison est complexe dans sa signification.
Ce n’est pas pour rien qu’elle attire tant de sadomasochistes et que bien des suicides au bout d’une corde sont des accidents de jeux de nœuds coulants. Et cette attirance pour la pendaison ne date pas d’hier. On la retrouve dans toutes les civilisations et dans tous les jeux pervers de toutes les époques sans aucune ambiguïté sur la recherche de plaisir liée au fait d’être pendu. Chez les hommes, mais aussi chez bien des femmes qui aiment autant être pendues, pendre ou regarder des pendaisons. Les femmes qui se tournent vers la pendaison y voient presque toujours une considérable excitation sexuelle, tant à subir, faire subir ou regarder des pendaisons.
A cela s’ajoute le caractère magique de la mandragore, le fétichisme de la corde dont posséder un petit bout peut porter chance.
A cela s’ajoute tout un commerce de sorcellerie et d’alchimie qui consiste à récolter de la graisse de pendu, des langues de pendu, du sexe de pendu pour concocter toutes sortes de philtres aux douteuses vertus dont le commerce s’avère particulièrement lucratif en des temps de misère scientifique et médicale. On voyait une faune louche et bigarrée se mouvoir à la nuit tombante autour des potences et des gibets, en quête de ces substances qui étaient cuisinées dans des antres reculées et vendues à bon prix à des nobles et des bourgeois en quête de richesse, d’amour ou de vengeance. Le risque était grand, si on se faisait prendre d’aller le pendu détroussé, mais l’appât du gain triomphait toujours.
Il existait aussi tout un milieu qui aimait s’aimer près des gibets mêlant un sadomasochisme naissant à des visions magiques. Cela faisait que la vie s’agglutinait autour des lieux de pendaison et que la vie venait puiser des racines vénéneuses dans ce monde d’étranglés. Mourir pendu n’était donc pas une peur, mais un détour du destin bien moins craint que l’idée de mourir de la peste ou seul dans un galetas glacé.
Entre le XIIème et le XVIIIème siècle, on mourait beaucoup. La corde n’était donc pas une façon de quitter vraiment la vie. C’était seulement passer un moment difficile entre une réalité et une autre nourrie de religion et de magie.
Aucun autre supplice ne partage une telle ambiguïté entre son caractère mortifère et sa dimension de plaisir ou de magie qui perdure depuis la nuit des temps.
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2 décembre. Pour beaucoup c'est une date comme une autre, pour moi, c'est une date qui fait mal. Elle est à la fois joie et tristesse. Fête d'un amour filial d'un second papa qui ne soufflera plus jamais ses bougies. Une cicatrice encore fraîche dans le cœur, des larmes qui peinent à ne plus couler malgré les années qui passent.
2 décembre, il y a un munch. J'étais inscrite comme participant à cette soirée mais j'ai pas envie. Moral dans les chaussettes. Je veux rester dans mon cocon. En fait, je passerai bien le mois de décembre entier dans mon cocon sans voir personne tant ce mois est le plus compliqué de l'année pour moi. Mais je me suis inscrite et je n'ai qu'une parole. Oui, c'est con. Je ne dois rien à personne, j'ai parfaitement le droit de ne pas y aller sans avoir à justifier quoi que ce soit à qui que ce soit mais je n'ai qu'une parole même envers moi-même. Et puis il y a des personnes que j'ai envie de voir, ne serait-ce que pour un câlin tout doux qui réchauffe autant l'âme que le cœur. Bon allez, c'est décidé ! Je me fais violence et j'affronte le froid pour sortir.
Enfin arrivée devant le lieu du crime. Putain que le trajet a été long ! Ouais, pas plus que d'habitude pourtant. J'inspire, je souffle un bon coup. On plaque un sourire sur la ganache et go. L'orga est là, tout sourire, tout doux. Il y a un câlin à gratter et je ne me fais pas prier pour le quémander. Ça fait du bien, un peu plus d'énergie pour la soirée. Papotage, étiquette collée, tour au bar, commande en main. Voilà, je suis parée, je monte. Deuxième visage connu, un autre câlin tout doux. Hum... Ouais, c'est finalement de ça dont j'avais besoin ce soir. Socialiser avec des gens qui ne vont pas m'emmerder, avec qui je n'ai pas besoin de forcer. L'énergie circule de nouveau plus doucement dans mon cœur. Première nouvelle rencontre, on papote. Il doit partir, bonne soirée, à la prochaine. Bon, je suis de nouveau seule. Je fais quoi ? Je regarde autour, sans vraiment regarder. Mon verre est vide. Prochaine étape, le remplir. On voit après pour la suite.
Aller-retour express, nouveau verre. Première table en visuel. Je me jette à l'eau. « Bonsoir, je peux m'incruster ? ». La réponse ne se fait pas attendre, on me fait de la place et c'est parti ! Je ne quitterai finalement pas la table de la soirée. Ouais, j'ai pas tout compris du principe de naviguer de table en table. Mais pas grave, Madame est adorable, solaire. Elle parle avec un accent charmant. Ça colle direct entre elle et moi. Tellement bien et vite qu'elle me dit vouloir me présenter un ami à elle, que ça peut coller entre lui et moi. Mouais, je suis intérieurement dubitative du bazar mais elle est adorable, solaire. Alors je souris.Bon ok pourquoi pas, après tout. Et elle me vend son ami, plutôt bien d'ailleurs. Pas dans un florilège de détails, au contraire, c'est même très sobre. Au final, je sais juste qu'il est sadique. Est-ce que CE détail me parle ? Pas du tout ! Et puis ça tombe bien, il doit venir ce soir. Youpi (ouais, le youpi sans joie). C'est un homme, j'ai déjà de foutus a priori sur ce point. Mais Madame est adorable, solaire. Alors la tête lâche un peu, le 2 décembre semble moins moribond d'un coup. Le plaisir d'échanger revient et le sourire est plus franc, lumineux. J'ai bien fait de me botter le cul pour venir. Le temps passe, sûrement. Il est quelle heure là ? Aucune idée, je ne suis pas collée à mon téléphone pendant ces soirées-là. Je profite juste de l'instant présent.
Zorro est arrivé, sans se presser. Présentations faites, bises données. Il sent bon. Mon nez est chatouillé par son parfum pendant que Madame le chambre gentiment sur le fait qu'elle me l'a vendu et extrêmement bien vendu. Ce que je confirme dans un sourire. Madame et Monsieur filent, je me retrouve avec les autres personnes à continuer de papoter. Échanges de bons mots, de jeux de mots. L'instant est léger, drôle. Madame revient brièvement et me dit quelque chose que je ne saisis pas vraiment, il me semble que c'est de la rejoindre au fumoir mais je ne veux pas laisser le jeune nerveux tout seul à table. Ouais, je suis gentille parfois. Le jeune nerveux s'absente, besoin de prendre l'air. C'est son premier munch, ça peut se comprendre. Au retour de Madame et son ami sadique, Monsieur pose ses affaires à la place juste à côté de moi avant de disparaître de nouveau. J'ai toujours pas compris le principe des tables musicales de ce genre de soirées. Nerveux premier, revient et pose ses fesses à la place réservée par Monsieur. Qui va à la chasse... Je ne dis rien mais à l'intérieur ça grogne un peu. Tant pis, il n'avait qu'à rester au lieu de disparaître. Monsieur revient enfin poser ses fesses une place plus loin puisque la place est prise. Il cherche du regard son verre que je lui tends. Son regard me scrute, un peu surpris, agréablement, de voir que ce genre de détail ne m'échappe pas. Nerveux premier commence à me taper sur les nerfs à gigoter comme il le fait. Et je n'ai pas l'impression d'être la seule à commencer à perdre patience. Monsieur intervient, un geste précis, maîtrisé, calme et assuré et pfiou plus de nervosité chez le petit. Ça fait du bien ce calme d'un coup. C'est même assez drôle de le voir scotché dans une posture intérieure qui lui semble étrangère.
Monsieur et moi, nous échangeons un regard. Et je plonge. Mon dieu que son regard est perturbant de profondeur, de lecture, de calme aussi. Et à chaque regard croisé, le même effet. Une plongée sans apnée, sans noyade non plus. On dit souvent qu'on se noie dans un regard, moi j'ai appris à respirer dans le sien. Et j'y retourne avec plaisir. C'est fou parce qu'en dehors des salutations de présentation, du bref échange sur Nerveux Premier, il n'y a rien eu d'autre.
Et quand je dis rien, c'est rien. Nada, que dalle.
Jusqu'à sa demande. « Parle-moi de ton passé ». Je ne peux m'empêcher de sourire et de grimacer en même temps, c'est que le dit passé, il est long et vaste. Monsieur précise alors en demandant un résumé. J'ai dû trop synthétiser car Nerveux Premier n'a pas tout compris. Alors je précise un peu plus clairement. « Si tu te pose la question de ce qu'on pourrait me faire qu'on ne m'a pas déjà fait, la réponse est : Rien. ». Je peux pas vraiment faire plus clair sans entrer dans les détails de mon vécu. Et j'ai pas envie d'en dire plus. Le passé est derrière, il m'a forgé mais il reste là où il est, enterré loin de moi. Monsieur ne peut cependant pas s'empêcher de réagir. « Ah bon ? On ne peut rien te faire de nouveau ? », je retiens de lever les yeux au ciel. La perche tendue est grossière mais je saisis toujours une perche. Tant pis pour celui qui la tend. Je ne parle pas de sexe, je précise en réponse à la question, un peu sèche dans ma réponse mais j'ai pas l'habitude d'être perturbée par une paire d'yeux. Un sourire satisfait apparaît sur le visage de Monsieur. Le reste de la soirée file, vite. Sans autre échange particulier mais toujours avec ce regard qui revient vers moi et autant de plongeon de ma part. Et un début de complicité avec des regards et sourires complices vers Nerveux Premier devenu tout calme. C'est bien, le calme.
C'est l'heure, je dois partir sinon je loupe le dernier métro. Je me lève, m'apprête à affronter le froid. Un salut à la cantonade et le trajet du retour se fait si vite. C'est fou ça, l'aller m'avait semblé une éternité de lourdeur, le retour se fait en un battement de cil avec un regard qui me hante tout le long. 3 jours plus tard, j'ai toujours à fleur de peau son regard dès que je ferme les yeux. Non, vraiment, tout semblait paisible, erreur système. Je ne semble plus fonctionner comme d'habitude moi aussi.
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(Suite de la série Antigravité… beaucoup de temps a passé depuis les premiers épisodes, que je vous invite à découvrir si vous ne les avez pas lu – cet épisode peut se parcourir indépendamment, et vous donnera peut-être envie de découvrir ceux qui précèdent ! 😉)
Une histoire qui se situe dans un futur proche, où un scientifique pervers et voyeur a mis au point l’antigravité. Laura, belle journaliste en recherche de scoop, devient la première personne à « jouir de cet expérience », en compagnie de Paul, bras droit du Pr. Milton. Au moment où la jouissance la traverse, elle perd soudain connaissance, et tombe dans un coma étrange de près de trente heures. Entre réveil et réalité onirique, elle fait ensuite la rencontre de Xôolh qui semble la connaître… et la considérer comme sa soumise.
Ce résumé rapide n’est qu’un bref rappel de l’histoire. Je vous encourage vivement à découvrir ce récit depuis son premier épisode
Les 4 premiers épisodes ont été écrit il y a assez longtemps. À partir du cinquième, l’histoire originale suit une branche parallèle, plus BDSM et spécialement rédigée pour ce site…
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Laura est à bord d’un songe érotique comme elle n’en a jamais connu. Est-ce qu’il s’agit d’un de ces rêves lucides, où elle peut explorer ses envies à loisir ? Autour d’elle, tout lui semble si réel, comme si ce monde onirique existait bel et bien.
Elle a gardé la position, assise dans son large fauteuil en vannerie, les pieds indécemment remontés sur les accoudoirs, la robe retroussée sur le ventre, exhibant son sexe trempé à la vue des participants de cette étrange assemblée. Ce sexe qu’elle investit toujours de ses doigts fébriles et qui pulse d’une terrible envie de jouir. Xôolh est penché sur elle de toute sa stature, tandis qu’il vient de réprimer durement son orgasme en lui martyrisant la chatte. Son mont de vénus écartelé vibre encore de la façon abrupte dont il vient de la bloquer. Une douleur qui aiguillonne étrangement un désir qui n’arrête pas de couler.
— Es-tu prête à t’offrir, chienne ? lui demande son mystérieux mentor, regard bleu acier planté dans le sien. Tu aimerais être utilisée, dis-moi ?
Laura n’a aucun mal à deviner l’érection qui déforme le tissu du smoking. Son intention est claire : il va la baiser, là, en public, devant tous ces gens… Comme une pute lubrique, qui se donnerait en spectacle et qui en plus en jouirait.
Pourquoi pas ? Rien ici ne prête à conséquence. Ce grand brun sûr de lui n’est-il pas l’homme de ses rêves ? Il a établi une connexion si forte avec ses envies refoulées qu’elle se sent soudain prête à aller jusqu’à l’inimaginable. Son seul regret : Xôolh va disparaître en même temps que ce songe humide. Pop. Comme une bulle de savon…
Laura n’a aucune envie que ça s’achève sur cette terrible frustration. Pas cette fois encore !
— Oui… souffle-t-elle.
— Hum, un peu court. Tu peux préciser ce à quoi tu consens ? lâche Xôolh, avec un demi sourire.
— Tout… je ferais tout ce que vous voudrez, murmure Laura, qui a recommencé à se caresser, les yeux dans le vide. Je suis… votre chienne. Prenez-moi comme bon vous semble.
— Tout ? C’est un mot vaste, tu sais. Il couvre l’immensité des possibles…
Dans le regard de cet homme, aux épaules larges et aux cheveux d'un noir corbeau, il y a comme une étrange lueur, une intensité surhumaine. Laura sent qu’avec ses mots elle va sceller un pacte. Trop tentée pour renoncer, elle les prononce quand même.
— Je veux être à vous, halète-t-elle, tandis que le plaisir monte en elle. Vous appartenir… et vous obéir en tout.
— Très bien. J’accepte tes vœux d’obéissance et de soumission. J’aurais pu l’exiger de toi, t’y contraindre… mais si telle est ta volonté, cela va renforcer notre lien.
A peine a-t-il prononcé ce dernier mot que le plaisir de Laura se trouve soudain décuplé. Comme si cette acceptation ouvrait la voie à des influx nerveux jusqu’ici inconnus. C’est tellement fort… qu’elle va jouir sans son autorisation ! Et ça, elle n’en n’a pas le droit. In-extrémis, Laura bloque d’elle-même un orgasme immanent en tirant sur ses poils, comme l’a fait Xôolh avant elle.
Fuck ! Ça fait super mal ! C’est pas censé être un rêve érotique… ?
— C’est bien, ma chienne. Tu apprends vite, lui souffle son nouveau Maître, essuyant du bout des doigts la larme qui a glissé le long de ses cils.
Laura pressent que les pièces d’un puzzle inexorable sont en train de se mettre en place. Comme une intrication mystique entre Xôolh et elle, qui dépasse de loin sa compréhension. Mais au lieu de l’effrayer, cette perspective lui donne un sentiment paradoxal de liberté. En s’en remettant à son Maître, elle n’a plus à juger par elle-même. Portée par lui, elle peut dépasser ses préjugés et ses angoisses… du moins, tant que le songe durera.
— Ta docilité mérite une récompense, lui dit-il en flattant doucement sa crinière blonde.
Sans prévenir, sa main se referme sur ses boucles et tire sa tête en arrière, amenant sa joue au niveau de la braguette de son pantalon.
Ça y’est ! Il va sortir son sexe et lui poignarder la bouche, pense-t-elle, éperdue.
— N’oublie pas de maintenir la pose ! gronde-t-il, lui faisant à nouveau écarter les cuisses d’une claque sonore sur sa motte liquéfiée.
Puis il apostrophe une soumise agenouillée non loin d’eux. Une rousse pulpeuse, aux mamelles poinçonnées par deux larges anneaux brillants. Effrontée, la fille couvait déjà Laura du regard avant même que Xôolh ne lui fasse signe. Elle ne fait toutefois pas l’erreur de sourire, tandis qu’elle s’approche sur les mains et les genoux, tête inclinée en signe de révérence.
Sans cérémonie, la rousse s’est installée entre ses cuisses dénudées. Elle se tient là, agenouillée, visage penchée en avant, mains dans le dos. Écartelée dans cette position inconfortable, Laura sent un souffle chaud et inégal effleurer les replis de son intimité. Une pensée la traverse : c’est sa première fois à trois, mais elle s’est déjà faite lécher par une femme. Un bon souvenir. Xôolh se soucierait-il de son plaisir, finalement ?
Et puis elle se souvient qu’elle n’est pas censée jouir sans son autorisation. Si cette rouquine y met vraiment du sien, comment pourra-t-elle résister ? En réalité, ça va rapidement virer à la torture !
Xôolh ne lui laisse pas le loisir de penser à une quelconque stratégie. D’un bref signe de tête, il indique à la soumise de se mettre à l’ouvrage. Et on dirait qu’elle n’attendait que ça, cette garce, vu son empressement à la déguster ! Sa bouche sur ses lèvres, la langue massant son bouton tendu, se perdant avec entrain dans sa fente inondée et jusqu’à la lisière de ses fesses… La salope de service est en train de la dévorer, la faisant vibrer autant que gémir. Bientôt, elle va chanter, puis se faire fontaine et se répandre partout !
— Ouvre-lui le cul, je m’occupe de sa chatte, ordonne crûment son maître.
Sous le double assaut de ses chairs, bientôt investies par leurs doigts conjugués, parfois entremêlés dans son con, Laura se cramponne comme elle peut au dossier de rotin. Ils la traitent comme si elle n’était qu’un objet dont il faut dilater et élargir les orifices, pour le bon plaisir de celui qui voudra la prendre. Et cette façon de faire la propulse en orbite !
La tête renversée en arrière, le visage tordu par un plaisir ineffable, les yeux refermés sur son paradis intérieur, elle geint en continue. Sa jouissance monte en flèche lorsque le majeur puis l’annulaire de la soumise s’immiscent dans son fondement, pour y rejoindre son index dument lubrifié à la source.
Xôolh n’est pas en reste, avec sa grosse paluche qui va et vient en elle. Ça devient du délire ; ses parois sont parcourues par une pulsation sourde, de plus en plus forte, menaçant de la faire se répandre dans un déchainement liquide et dévastateur. Un flux constant de plaisir déferle sur elle… qu’elle doit absolument tenir en échec en se mortifiant elle-même.
C’en est trop ! Soudain, il lui semble qu’elle se dissocie de son corps. Avec l’impression de flotter au-dessus de la scène, observant par-dessus leurs épaules la soumise rousse et son maître conjuguant leurs efforts pour investir ses orifices à la limite de leur capacité.
« À force de s’acharner sur moi, ils vont finir par me déchirer ! Ou bien je vais mourir de plaisir… »
— Je crois qu’elle est prête, Maître Xôolh, déclare finalement la soumise, toujours accroupie entre ses jambes.
Avec un frisson qui tient à la fois de la délectation masochiste et de l’effroi angoissé, Laura se rend alors compte d’une chose incroyable. La rousse a réussi à rentrer sa main en entier dans son cul ! Elle est même enfouie en elle bien au-delà du poignet... À côté de ça, l’intromission subie dans l’unité médicale n’était qu’une aimable plaisanterie. Ce qui l’inquiète le plus, c’est qu’aucune douleur n’irradie depuis son fondement désarticulé et mis en pièce : est-ce qu’ils l’ont définitivement détruite ?
La soumise entame alors un lent va-et-vient aux tréfonds de ses chairs distendues… aussitôt, une vague de plaisir incandescent la parcourt. Son anus anesthésié ressent finalement quelque chose. En fait, c’est même une vague irrépressible ! Elle aura beau s’arracher tous les poils de la chatte d’une secousse de poignet, elle n’arrivera pas à endiguer le puissant orgasme dont elle va accoucher par le cul d’un instant à l’autre.
Comme s’il lisait en elle, Xôolh se faufile alors dans son corsage, empoignant à pleines mains les pointes ultra-dures de ses seins, qu’il étire sans ménagement. L’abominable plaisir à l’œuvre dans son cul se mêle à l’arc électrique qui foudroie ses mamelles distendues. Laura n’arrive plus à distinguer la douleur et la jouissance… Ces deux-là entament une dance diabolique dans son esprit hébété.
Elle perd soudain pied, et c’est avec un râle d’animal blessé qu’elle rend enfin les armes. Tel un raz de marée balayant tout espoir de résistance, un orgasme gigantesque la secoue… ressortant d’elle sous la forme d’un puissant jet, qui asperge de liquide odorant le visage ravi de sa tortionnaire. Et plus elle gicle, vagissant son plaisir, plus la jouissance enfle en elle, menaçant de prendre toute la place dans son univers mental incohérent.
Laura sent ses larmes rouler sur ses joues. Une honte terrible la submerge ; le pire qui puisse lui arriver vient de se produite. Elle a failli à son devoir, elle n’a pas su se retenir et s’est répandue partout.
Étrangement, alors qu’elle vient juste de prouver sa totale inaptitude à obéir à ses ordres, Xôolh n’a pas l’air de lui tenir rigueur de cette défaillance. Au contraire, il lui caresse les cheveux avec tendresse, lui murmurant des paroles encourageantes. Pourquoi cette soudaine mansuétude à son égard ?
— Ce n’est que ta toute première séance, Laura. Ce que tu as enduré est déjà exceptionnel. Je suis très fier de toi…
— Mais… mais j’ai… pas pu m’empêcher, sanglote-t-elle. De jouir… sans… votre permission !
— Je sais. Et d’ailleurs, je suis certain que personne ici n’a pu louper ça. Tu nous as offert un très beau spectacle.
Sans transitions, sa voix passe de l’aimable courtoisie à un sévère rabrouement.
— Néanmoins, tu as raison. Tu m’as désobéi, et pour cela tu vas être punie.
(A suivre…)
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Tout juste sexagénaire, Paul avait consacré plus de la moitié de sa vie à cette boite. Entré comme apprenti chez Fôhlbert S.A. en 1994, il avait gravi un à un les échelons jusqu’à devenir responsable du service administratif et proche collaborateur du patron. Au fil des années, la société était devenue une référence dans sa branche. Cette entreprise familiale s’était considérablement étendue, tant en termes de bureaux que de collaborateurs, mais Paul s’enorgueillissait de tous les connaître – au moins de vue. Travailleur, droit, fidèle en amitié, il avait gagné sa place à la loyale, « Monsieur Paul » - une appellation dont usaient la plupart des salariés, pour parler de ce grand type toujours bien mis, aux fines lunettes cerclées d’acier et à la chevelure poivre et sel.
Paul n’avait qu’un seul défaut : il aimait beaucoup – mais beaucoup trop ! les femmes. C’était un talon d’Achille qu’il dissimulait férocement. Hors de question que ses obsessions pour le « beau sexe » ne viennent interférer avec le sérieux de son travail. Ou pire, mettent mal à l’aise les nombreuses jeunes femmes avec qui il interagissait quotidiennement.
Jusqu’à l’an dernier, rester de marbre au travail n’avait pas été si difficile, du moins en apparence. Il vivait alors une vie de couple tranquille avec Sabine, une quadra draguée vingt ans plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’en première année de fac. Une rousse assez mignonne, réservée, voire même un peu effacée, aimant le sexe, l’humour, et aussi la vie facile que lui promettait Paul. Quand ce type protecteur, tendre et déjà bien inséré dans la vie, lui avait proposé de l’installer chez lui, à domicile, la petite étudiante avait dit « oui ».
Ils n’avaient jamais eu d’enfants. Un regret pour Paul, mais ce n’était pas faute d’avoir prié tous deux avec ferveur la déesse Aphrodite, durant une bonne vingtaine d’années. En plus d’être assez « demandeuse », Sabine avait parfaitement intégré l’obsession de son compagnon pour ses formes… mais aussi celles des autres femmes.
Par jeu d’abord, elle l’avait sciemment provoqué, lui demandant de lui décrire les plus belles filles qu’il côtoyait chez Fôhlbert. Elle voulait tout savoir, l’ampleur de leurs courbes, ce que celles-ci lui inspiraient, les fantasmes qu’il pouvait peut être nourrir à leur égard. Très vite, Paul avait compris que ces mises en scène stimulaient fortement Sabine. Quand il lui glissait à l’oreille de chaudes confidences, à la fin de ses longues journées de travail, elle devenait nettement plus entreprenante. Et en général, cela se terminait par une baise brutale où sa compagne semblait jouir plus fort que d’habitude.
Lentement mais sûrement, le jeu s’était transformé en addiction. Sabine le pressait pour avoir des détails toujours plus croustillants… Comme si l’attrait de Paul pour des femmes nettement plus sensuelles qu’elle, avec des décolletés profonds, des croupes rebondies, venait titiller en elle une profonde blessure narcissique. Ce qui, de façon assez paradoxale, lui procurait une forte excitation. Elle lui demanda même s’il pouvait prendre ces potentielles rivales en photo, pour qu’elle s’imprègne d’elles tandis qu’il la baiserait sans tendresse. Dans ces moments-là, elle voulait qu’il la rabaisse, qu’il la moque, et qu’il porte au contraire ces femmes aux nues.
Pas question pour Paul de photographier à tout va collègues ou collaboratrices, bien sûr. Il proposa alors à son épouse de les « croquer » sur papier Canson. Depuis l’adolescence et sa fixation croissante sur la sensualité féminine, Paul avait cultivé avec assiduité un don inné pour le dessin. Il avait un certain talent pour composer des scènes imaginaires, tout en restituant avec fidélité les traits des intéressées, grâce à un honnête coup de crayon. Ce sens subtil de l’observation, « Monsieur Paul » le devait sans doute à ses obsessions perverses.
Et pendant un temps, cela sembla suffire à Sabine. Toutefois, elle lui demanda assez vite des croquis plus évocateurs, voire même des esquisses carrément porno. Amusé, mais aussi émoustillé par l’effet aphrodisiaque que cela semblait avoir sur sa compagne, Paul emboita volontiers le pas à ses attentes, illustrant pour elle dans des exhibitions très graphiques des collègues croisées tous les jours. Heureusement, aucun de ses modèles involontaires ne tomberait jamais sur ses ébauches ! Qu’auraient pensé de lui toutes ces jeunes femmes « propres sur elles », à se voir ainsi mises en scène de façon crue, dans des poses suggestives ?
Puis un jour Sabine lui avait proposé l’impensable :
— J’aimerais que… que tu baises une de ces femmes. Ici, chez nous, devant moi…
— Quoi !?
— T’as très bien entendu… Ça me plairait vraiment.
— T’es pas dingue, non ?
— Non. Juste très excitée par l’idée… d’être votre servante. À tous les deux.
Il l’avait longuement regardé, une expression neutre sur le visage. Sabine ne souriait pas, ne jouait pas la comédie. Au contraire, elle avait l’air super sérieuse.
— Tu voudrais quoi … que je te trompe ?
— Ce serait pas une infidélité, si c’est moi qui te le demande, avait-elle lâché avec un rire nerveux.
— C’est vraiment n’importe quoi. T’imagines ce que tu…
— Aurélie, la chef comptable. J’aimerais que ce soit elle. Que tu m’humilie devant ta collègue, tout en la baisant. Et ensuite… que tu m’obliges à lécher ton foutre à même sa chatte, avait dit Sabine, hors d’haleine. Tu me forcerais à me mettre à quatre pattes entre ses jambes, à la nettoyer entièrement avec la langue. Jusqu’à la faire jouir. Et toi… tu m’insulterais, tu me claquerais le cul, très fort. Tu…
— Tu es folle !
Elle l’avait fixé avec une drôle d’expression. Comme une sorte de colère rentrée, et aussi une étrange détresse dans le regard. Sabine était rouge, échevelée, un peu hagarde. Elle lui livrait une envie très profonde, et ça, ça devait lui en coûter. Il se força à considérer sérieusement ce qu’elle venait de lui dire. Une interrogation lui vint soudain.
— Pourquoi Aurélie ?
Sabine avait détourné la tête, écarlate. Lui attrapant le menton, il avait répété sa question en la forçant à le regarder.
— Tu te souviens du repas de fin d’année, chez Fôhlbert ? avait-elle finalement lâché.
Oui, il se souvenait. Le patron avait invité les principaux cadres de la boite avec leurs conjoints. Aurélie y était aussi. Grande, brune, très belle et… seule. Une célibataire magnifique, mais absolument inabordable. Derrière son dos, certains l’appelaient « le glaçon ».
— Elle m’a draguée toute la soirée. Sous ton nez. Et toi… t’as rien vu.
— Tu délires !
— Oh non. T’étais tellement occupé à mater toutes ces belles nanas bien pomponnées que tu t’es rendu compte de rien. J’étais hyper mal à l’aise… et en même temps…
— Quoi ?
— Quand elle m’a entraînée dans la cuisine et qu’elle m’a embrassée, j’ai pas résisté…
— Tu… tu t’es laissée faire ? Dans mon dos… et avec une femme en plus ?
— Son regard était d’une telle intensité ! Elle savait exactement comment me parler, au point de me faire mouiller. Avec une seule envie : m’agenouiller devant elle. J’étais comme hypnotisée…
Fermant les yeux, Paul avait pris une longue inspiration.
— Je sais, tu peux pas comprendre, renifla sa compagne.
— En fait, ce que tu veux, c’est pas que moi, je la baise. Ce que tu veux vraiment, c’est te faire baiser par elle ! avait-il tonné.
— Je… Tu m’as souvent dit que t’aimerais qu’on fasse un truc à trois, avec une autre fille. Alors je suis d’accord, mais seulement si c’est avec elle. J’ai… des fantasmes… très forts… dont je ne t’ai jamais parlé. Et je sais qu’elle me traiterait comme j’ai besoin qu’on me traite.
— Comment tu veux qu’on te traite ? gronda Paul. Comme une pute de bas étage, à disposition de tous et sur laquelle n’importe qui peut cracher ?!
— Non ! Enfin, oui, peut-être… J’en sais rien ! Cette fille a quelque chose de spécial, un truc qui me file des frissons. J’aimerais que… tu sois plus directif avec moi… un peu comme elle l’a été, ce soir-là.
Bizarrement, les aveux de Sabine plongeaient Paul dans une excitation étrange, mêlée de crainte. Oui, il avait souvent parlé de ses envies de triolisme à sa compagne. Avec une partenaire occasionnelle qui souvent dans ses fantasmes était une des nombreuses amies de Sabine. Que sa femme aurait pour mission de séduire, afin de la convaincre de se joindre au couple pour une soirée débridée et sans lendemain. Ils avaient d’ailleurs régulièrement utilisé cette fantaisie épicée comme piment de leurs copulations les plus lascives.
Mais là, on n’était plus dans l’imaginaire. Aurélie avait embrassé sa femme, l’avait peut-être même touchée intimement, avant qu’on ne les dérange et que ça coupe court à cette séance de drague poussée. Il ne saurait sans doute jamais jusqu’où cela avait été …
Il ne se rappelait plus très bien cette soirée – il avait beaucoup bu – mais un détail précis surnageait. Sabine conduisait au retour. Elle avait garé la voiture en bas de chez eux, puis, sans prévenir, s’était penchée sur lui pour déboutonner son jean. Elle avait sorti sa verge, l’avait branlé jusqu’à ce qu’il soit dur, puis elle l’avait pris au fond de sa gorge… l’enfournant en elle jusqu’à la garde, d’un coup. Surpris par l’intensité de son désir, il avait posé les mains sur sa tête, la poussant bien à fond sur lui pour lui baiser la bouche avec violence. Jusqu’à ce que deux minutes plus tard il gicle en elle, les lèvres de Sabine enserrant toujours la base de son sexe. Ça avait été un des sommets érotiques de ces derniers mois.
Et là, sa femme lui faisait comprendre qu’il ne devait en réalité ce moment de pure extase qu’à sa collègue Aurélie ? Mais quelle pute ! Sous ses faux airs de princesse frigide, cette chiennasse méritait bien de passer à la casserole, pour avoir tenté de séduire sa compagne ! Et si cette gouine pouvait au passage lui apprendre un truc ou deux pour exciter encore plus Sabine, peut-être même l’aider à en faire son esclave sexuelle dévouée, et bien, qu’il en soit ainsi…
— Ok, on va le faire, lâcha-t-il soudain.
— Faire quoi ? demanda Sabine, comme si elle sortait d’un rêve éveillé.
— Ce dont tu as tant envie, voyons ! On va te dresser à être une bonne petite pute pour nous deux, Aurélie et moi. Mais seulement à mes conditions…
(À suivre…)
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AVERTISSEMENT
Les textes qui vont suivre sont des confessions de ma vie érotique. Je vais à travers une correspondance fictive, évoquer les fondements de ma sexualité Je n’ai pas l’intention de rendre publique ma vie érotique adolescente, ni d’exposer des expériences relevant de cette période. Certains écrits existent, mais ils ne seront pas diffusés. Leur contenu, trop intime et soumis à des considérations morales et éthiques évidentes, restera volontairement hors publication.
Ce choix est assumé. Il ne s’agit ni d’un oubli ni d’un évitement, mais d’une limite que je pose clairement. Ce qui concerne l’adolescence appartient à une sphère que je refuse de livrer au regard public.
En revanche, tout ce qui relève de ma vie adulte sera partagé. Les expériences, les questionnements et les choix qui ont marqué cette période feront l’objet des publications à venir. Ils constituent un récit conscient, assumé, et destiné à être lu. La narration commence là où j’ai choisi de parler, et s’arrête là où j’ai décidé de me taire.
La correspondance qui sert de fil rouge à ce récit est fictive. Elle relève d’un procédé d’écriture volontaire, pensé comme un cadre narratif me permettant de structurer le texte, de faciliter l’écriture et d’autoriser certaines formes de confidences. Elle n’a pas vocation à être lue comme un échange réel, mais comme un support littéraire.
Cela étant dit, ce dispositif s’ancre dans une réalité passée. J’ai effectivement entretenu, jadis, des correspondances avec des hommes, à la suite de publications d’annonces. Cette expérience a existé, elle a nourri mon rapport à l’écriture, à l’adresse et à la parole intime..........
Bonjour Mademoiselle 1578408,
Je me présente : Hubert, retraité, 67 ans. Il y a 6 mois, j’ai découvert une première annonce de ta part dans ce magazine – assez divertissant, je dois l’avouer - que me prête parfois un ancien collègue. Ton annonce, où déjà tu t’exhibais, m’avait interpellé, je dois le dire. Notamment car tu disais être étudiante… et que ce que tu proposais était déjà assez choquant, je trouve : « échange de correspondance osée avec Hommes mûrs 55 ans, voyeurs, vicieux et sans tabous. Gros, gras, laids bienvenus ».
Bon, si vraiment tu es majeure, j’imagine que tu fais légalement ce que tu veux. Mais vu les formes que tu exhibe dans ce magazine – je pense surtout à une photo où tu es allongée, avec des bras et des cuisses assez maigres, quand même - j’ai comme un doute. Mais passons...
Ce qui m’a décidé à t’écrire, c’est une nouvelle annonce de ta part, que je viens juste de découvrir en ce tout début juillet… Et là, vraiment, tu es passée à un autre stade… On est carrément dans le registre pornographique !
Tu écris : « Je suis un objet sexuel offert par mon Maître, timide mais j’ai le vice dans la peau ». Est-ce vraiment toi qui a rédigé ça ? Je me dis que ce n’est pas possible, que tu n’es pas étudiante, mais sans doute une petite putain, comme la plupart de ces femmes sur les annonces. Ce serait assez hypocrite, non ? Ou alors, que ce n’est pas toi qui écris des « accroches » pareilles. C’est surement ton « copain » qui prend la plume et rédige ces textes, de plus en plus crades…
L’autre truc qui me dépasse, c’est comment tu peux t’exhiber comme ça sans avoir honte ? Imagine que des gens de ton entourage te reconnaissent ! Ton père, un grand frère, un camarade de classe ou un professeur… Ou pire, comme bien des hommes qui lisent ces magazines, qu’ils se branlent sur toi sans savoir !!!
Je ne sais pas qui est cet homme qui peut être assez pervers pour te pousser à vendre ton intimité et ta « correspondance sans tabous » (tu parles de ton « Maître »), mais sincèrement, ça me fait un peu peur pour toi. Car, vois-tu, je me dis qu’il s’agit d’un profiteur, qui t’as mis le grappin dessus. Et oui, pour le moment, sans doute que tout est rose avec lui… Mais qui te dit que dans 6 mois de ça, il ne va pas te demander de faire des passes ? Ou te faire tourner des scènes de « gang bang » dans des pornos amateurs… ?
S’il touche une part, ça a un nom, du point de vue criminel : c’est un souteneur (aussi appelé « maquereau » ou mac, si tu ne connaissais pas le terme).
Voilà, je t’avoue que je suis un peu choqué que tu persistes à te présenter ainsi, au milieu de toutes ces femmes mûres, dont la plupart sont réellement des prostituées. Ton annonce est sans équivoque, avec des propos vraiment très crus (sais-tu ce que c’est, une « Lolita » ? Une fille de moins de 15 ans, voilà – tu veux aussi attirer les pédophiles, en sus ?)
Tu sais, j’ai une petite fille qui a à peu près ton âge et qui est étudiante. Très sérieuse dans ses études, elle a parfois des difficultés en Maths – c’est d’ailleurs moi qui la suis pour ses devoirs de Sciences. Et je t’assure que si c’était ma petite fille qui posait nue dans ce magazine et tenait des propos aussi obscènes, j’aimerai savoir pourquoi elle fait ça ! (quelle jeune fille censée voudrait correspondre « UNIQUEMENT avec des vieux minimum 60 ans, pervers, voyeurs et vicelards, pour se branler mutuellement dans une correspondance sans aucun tabou » ?)
Voilà, j’ai vraiment envie d’en savoir plus pour t’aider – mais pour ça, évidement, il faudrait que nous nous engagions dans des échanges suivis. Dans un premier temps, c’est de comprendre ta situation. Bien sûr, si tu es réellement majeure et que tu fais ça sans contrainte, ça change un peu la donne.
Ton dévoué Hubert,
P.S. : Tu trouveras avec ma lettre un billet de 50 euros, pour couvrir tes frais.
(s’il n’y sont pas, c’est que quelqu’un les a pris avant de te donner mon courrier)
Lettre n° 1 Freya
Cher Monsieur Hubert. Je tiens d'abord à vous remercier et vous rassurer, votre billet et votre courrier sont bien arrivés jusqu'à moi. Même si cela peut vous sembler étrange, je suis ce qui est écrit dans l'annonce, avec toutes les invraisemblances et contradictions. Je n'ai pas décidé de moi même de passer ces annonces mais mon compagnon, a voulu me mettre au défi de franchir mes réticences pour faire de moi une femme différente de celle que je suis habituellement. Je suis étudiante, en histoire de l'art et parallèlement je mène grâce à lui une quête pour révéler l'autre facette qui sommeille en moi. J'ai évidemment pris sur moi avec les risques que cela comporte de laisser exposer ma nudité dans ce magazine. Au risque que l'on me reconnaisse mais j'ai pris soin contrairement à d'autres filles de ne pas dévoiler mon visage.
Je ne suis pas une professionnelle je tiens à le dire. Je sais que ma présence au milieu de nombreuses filles qui marchandent leurs corps peut vous choquer, d'autant que vous êtes vous même père de famille. Et je reconnais qu'avoir employé le terme de " Lolita" peut évidemment prêter à confusion mais je suis majeure sachez le malgré la fraîcheur et l'aspect menu de mon physique. Avouez que si j'avais écrit femme expérimentée avec des formes, vous auriez été sans doute autrement surpris de découvrir mon annonce. J'ai moi même dû les écrire, sous contrôle de mon compagnon. Expliquer son rôle serait difficile à comprendre étant donné qu'il n'a nullement besoin de cet argent compte tenu de sa situation professionnelle. S'il fait cela et m'a entraînée dans cet univers, c'est pour que je me " décoince" que je gagne également de l'argent par mes propres moyens et de façon bien moins fatiguante que jusqu'à ce que je le rencontre. Sachez que l'intégralité de mes " recettes" ira directement sur mon compte. Pour lui il y a trois raisons pour que je fasse cela, la première, je viens de le dire, constituer une forme de rémunération, la seconde que je prenne conscience d'être sexuellement attractive et sorte de ma timidité, la troisième son excitation de me savoir offerte d'une certaine façon à d'autres hommes sans pour autant coucher avec eux.
Monsieur Hubert. .... sachez que mon compagnon me laisse décacheter chaque enveloppe que je reçois, il me laisse libre et sans censure répondre aux envois. Les seules exigences qu'il impose sont que je réponde totalement nue et qu'il lise chacune de mes lettres. C'est la règle que je respecte. C'est une façon à ses yeux pour que je prenne confiance en moi et m'épanouisse sexuellement en acceptant mon corps et ce qu'il provoque chez mes correspondants. Votre courrier est différent de ceux que je reçois habituellement, le fait que vous ne réclamiez pas la même chose que les autres, certainement en raison de vos questionnements sur ma réelle majorité et mon statut d'étudiante. Également aussi que vous ayez glissé comme une forme de contrat un billet à mon attention. Je me mets en lumière et en danger dans les publications récentes de mes annonces et jusqu'à présent, je suis toujours restée à la surface de mon corps. C'est étrange et nouveau pour moi, de trouver un correspondant qui veuille aller ailleurs. Je ne sais pas jusqu'où je suis prête à me confier mais j'accepte néanmoins votre proposition. Je vous embrasse. Freya.
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« Salut, chéri.
- Heu… ça va ? Tu m’as jamais appelé 'chéri'.
- T’es quand même mon chéri ».
Il avait gardé les yeux collés à sa tablette, comme tous les soirs. Océane s’approcha de lui, assez excitée. Elle portait une jupe crème très courte, des bas de même couleur et une veste en cuir marron achetée récemment. Elle avait changé de parfum. Océane lui déposa un doux baiser sur la joue, un peu collant, ce qui aurait dû être causé par son gloss.
« Je te plais toujours ?
- ...
- Je te plais toujours ?
- Hein ? Mais bien sûr, pourquoi ?
- Un jour, j’aimerai que tu me prennes d’un coup quand je rentre...
- Coquine !
- J’ai un drôle de goût dans la bouche...
- Tu veux me sucer ? »
Océane se mit à genoux doucement, puis défit le pantalon de Max et le prit en bouche sans le quitter des yeux. Elle s’appliqua à le sucer du mieux qu’elle ne l’avait jamais fait. Il jouit en quelques minutes seulement. Elle avala tout le sperme, se leva, puis fila dans la douche. Max se trouva bien chanceux.
*
Cette fois-ci, Océane avait du sperme dans sa culotte et qui coulait de sa vulve. Max était sur sa tablette. Elle avait terriblement envie de se mettre en face de lui et de se toucher comme la grosse pute en chaleur qu’elle était. Mais elle n’osa pas.
« Coucou, chéri.
- ... »
Elle s’adossa contre le mur du couloir, écarta ses cuisses et plaque la paume de sa main contre son mont de Vénus, à travers son jean, pressant bien la couture contre le petit abri de son clitoris. Elle avait encore tellement envie de se faire remplir d’un bonne queue… Celle de Max n’était pas si mal.
Son téléphone vibra. Océane comprit immédiatement de qui ça venait. Il n’avait pourtant pas le droit de lui écrire à cette heure-là. L’excitation retomba nette. Elle prit son téléphone. C’était bien Lui.
« Sale truie. Tu dois t’afficher, pas te branler aux chiottes ».
Comment avait-il deviné aussi facilement ? Océane sentit le désir monter de ses pieds à son ventre comme une langue infernale. Sa volonté s’effaça et elle se dirigea dans le salon, talons cliquetants contre le carrelage. Ses doigts fins glissèrent sur les épaules et la nuque de Max, qui avait le visage planté dans sa tablette.
« Mon chéri, j’ai trop envie de toi…
- Ah mais attends je suis à une super table là ! »
Elle enleva son jean sans le quitter des yeux, puis se mit à ses genoux, une main dans sa culotte, trempée de mouille et de foutre. Elle défit la braguette de Max et enroula sa langue autour du sexe encore flaccide de son chéri. Le jus de son amant dégorgeait de sa petite chatte. Elle changea de main pour que leurs deux spermes se mélangent et qu’elle puisse lécher les deux en même temps. Dire qu’il ne se doutait d’absolument rien…
*
Primal y était allé fort sur ses fesses. À coups de badine, il lui avait laissé une espèce de quadrillage étrange sans lignes parallèles. Le retour dans le bus avait été douloureux pour Océane. Ces marques allaient tenir plusieurs jours. Elle en avait le ventre noué rien que d’y penser. Sucer Max avec du sperme en bouche, c’était une chose, mais se traîner dans l’appartement avec un cul au brasero, c’était d’un autre niveau. Une étape venait d’être franchie. Et elle en trempait son string.
Un homme d’une cinquantaine d’années, plutôt pas mal, la reluquait avec insistance. Il était brun avec un pardessus bleu canard, et relevait le nez de son smartphone régulièrement vers Océane, de plus en plus excitée par la situation : elle sortait d’une séance d’impacts à coups de badine, de domination mentale, se trouvait sous le regard gorgé de désir d’un homme mûr et allait rentrer chez elle, exposer son corps de putain infidèle à son « chéri ».
Elle était si trempée, si chienne, qu’elle se fit la réflexion que si le quinqua lui adressait la parole… Elle se débrouillerait pour lui faire comprendre qu’elle était prête à tout pour une queue. En avait-il une belle ? Elle regarda son entre-jambe. Impossible de savoir. Dommage qu’il ne se livre pas à du manspreading… Elle crevait de glisser une main dans son short…
L’homme lui avait jeté un ultime regard au moment de descendre du bus, un arrêt avant le sien. « Minable, bite molle », avait-elle pensé. Sur le trajet jusqu’à son appartement, elle regardait les hommes en se posant cette question : « Si j’étais forcée de coucher avec deux d’entre eux, lesquels je choisirais ? ». En vérité, elle les aurait tous pris. Chaque pas qu’elle faisait était une marche montant la tour d’un désir qui devenait une torture. Dans son short pourtant serré, ses lèvres béaient de désir insatisfait. Primal avait refusé de la baiser, ce salaud. Elle craignit à ce moment-là qu’il envisageât de reproduire ce schéma souvent.
*
Max ne s’était rendu compte de rien, comme à son habitude. Il ne remarquait même pas quand elle se faisait couper les cheveux, ni quand elle changeait de parfum. Cette quatrième semaine du « projet », elle était rentrée chez elle avec des écrits sur le corps : « Pute à jus, trou à sperme » et des flèches dirigées vers sa chatte son trou du cul. Primal lui avait craché au visage, l’avait doigtée, pénétrée avec sa queue, mais sans la laisser jouir. Il lui avait ensuite ordonné de ne pas se laver pendant 24h.
Le retour à la maison avait été encore plus cuisant que la semaine d’avant. Juste avant d’arriver chez elle, un sms avait fait vibrer son téléphone : « Tu vas te branler comme une putain contre ta porte d’entrée, côté cage d’escalier. Je veux une photo pour preuve. Interdiction de jouir ». La photo envoyée, avec ses doigts plein de mouille à l’image, son téléphone vibra encore : « Tu vas entrer et si Max joue au poker, tu vas lui dire que t’as envie de sa queue ».
La cervelle d’Océane vrilla. Son ventre était à deux doigts d’exploser. Il n’y avait que peu de chances que Max acceptât de la baiser s’il jouait effectivement au poker, mais savait-on jamais ? Les risques devenaient gigantesques.
C’était trop. Elle prit la décision de mentir à Primal. Il ne le saurait jamais de toute façon…
Océane poussa la porte de chez elle lentement. Un éclair d’angoisse la traversa : et si Max avait décidé, pour la satisfaire, de l’attendre derrière pour la baiser à peine entrée ? Il verrait alors à coup sûr les mots au marqueur sur son cul ! Elle se sentit piégée. Mais… n’était-ce pas ce qu’elle cherchait, finalement ?
Il était bien sur sa tablette, sur le canapé. En pleine partie de poker. Océane l’embrassa sur la joue avec le double soulagement de constater qu’il ne l’attendait pas pour la baiser, et par la décision qu’elle avait prise de ne pas céder à la demande de Primal.
« Bonne journée, mon chéri ?
- Excellente, j’en suis à 230€ en seulement 2h !
- T’es trop fort. Tu sais… c’est excitant de savoir que t’es un prédateur !
- Ah oui ?
- J’ai… envie de ta queue ».
Elle l’avait dit ! Elle ne l’avait même pas voulu, c’était sorti comme ça, tout seul. La honte et l’embarras s’emparèrent de son visage.
« Oui, promis mais après, moi aussi j’ai envie de toi. Surtout après avoir tondu cinq pigeons ! ».
Océane fila dans le couloir en tentant de garder sa contenance. Qu’est-ce qu’il lui avait pris ? Elle se laissa choir en arrière contre le mur en voyant dans son esprit ce qu’il se serait passé si Max avait posé sa tablette et l’avait dévêtue… Elle était habillée comme une femelle en chasse : mini jupe volant grise ornée de dentelle, bas noirs, petit haut blanc au travers duquel elle voyait ses tétons pointer. L’envie de se toucher se fit trop forte. Elle écarta ses jambes et passa sa main dans sa culotte. Ses lèvres tièdes et molles aspirèrent sa doigts. L’excitation monta à un tel niveau qu’elle s’entendit gémir.
« Ça va ? Tu t’es fait mal ?
- Non, non t’inquiète, je me suis cogné le pied sur le meuble du couloir ».
Le besoin de jouir la conduisit dans la salle de bain. Pour jouer le jeu, elle laissa la porte ouverte. Les inscriptions « Pute à jus » et « Trou à sperme » ainsi que les flèches dirigées vers ses orifices, la firent monter encore un peu plus. Elle se surprit à prononcer distinctement « Je suis qu’une chienne à foutre » juste avant de jouir.
Dans la douche, Océane se rappela qu’elle ne devait pas effacer les marques et les mots. Ou bien ne devait-elle pas se doucher ? Elle ne savait plus bien ce que Primal avait ordonné… Finalement, prise par le plaisir du savonnage, elle effaça tout, et se rassura en se disant qu’elle avait osé dire à Max « J’ai envie de ta queue ».
Par curiosité, elle voulu vérifier l’ordre de Primal, bien qu’au fond, elle était presque certaine que c’était la douche qui lui avait été interdite. Mais il lui avait signifié oralement. Il y avait par contre un autre message. Sa voûte plantaire lui brûla en le lisant : « Ce soir tu me feras une photo des inscriptions depuis tes toilettes, avant de te coucher, puis demain à midi ».
*
On ne ment pas à son Dominant. Pute indigne. On ne ment pas à son Dominant. Pute indigne. Les mots raisonnaient dans son esprit et dans son corps. Et d’autres, que Primal lui avait dit avant de lui ordonner de sortir de chez lui : « Tu vois, tu avais peur que je ne te baise plus. Je t’ai bien utilisée ».
Il lui avait pris chacun ses orifices après avoir écrit sur tout son corps ces deux phrases, sur chaque membre ainsi que PUTE sur son front. Primal avait éjaculé sur son visage et barbouillé consciencieusement son foutre sur ses cheveux. Puis il l’avait assise sur les toilettes, mains attachées dans le dos et chevilles liées, pour lui uriner dessus : visage bouche ouverte, et vêtements. Mais tout avait commencé par des gifles sans retenue au visage.
« La prochaine fois que tu me mens, ou me trompes, je marquerai ton corps de moins que rien au couteau, et plus seulement avec un gentil marqueur. C’est compris ?
- Oui, Maître.
- Tu es quoi ?
- Une pute indigne, Maître.
- Je te détache et tu vas te branler sous mes yeux pendant que je te filme.
- Bien, Maître.
- J’aime entendre la majuscule à « Maître » quand tu t’adresses à moi, sale trou à pisse.
- Je sais, Maître. J’ai mérité tout ça. J’ai envie de jouir… mmmmmm...
- Tu en as le droit, sale truie ».
Ça allait bien trop loin. Mais Océane ne voyait pas comment arrêter. Elle était tellement excitée que… son téléphone vibra. C’était Lui. « Branle toi dans le bus, débrouille toi. Je veux une preuve ». Il était fou… Mais… elle aussi. Malgré son orgasme d’il y a 30 min, malgré l’odeur d’urine qui émanait d’elle, ou plutôt grâce à cette odeur et au sentiment d’humiliation extrême qu’elle éprouvait, son désir n’avait jamais été aussi fort. Elle aurait voulu se mettre à quatre pattes au milieu du bus et servir d’horodatrice pour les queues des usagers. Elle sentait le foutre. Et elle mouillait comme jamais de sa vie entière.
Par contre, Océane ne voyait pas comment se toucher discrètement sans être vue des autres passagers. Elle eut une idée, folle. Elle se leva et se positionna face à la porte vitrée qui donnait sur la route, de trois-quart, offrant son dos et son cul aux gens du bus. Personne ne voyait son visage, ni sa main entrer dans son jean trempé de pisse et de foutre. Enfin, si, les automobilistes qui passaient et qui aurait pu regarder, mais ils ne seraient sans doute pas nombreux. Avec sa main droite, elle parvint à faire la photo exigée par Primal.
L’arrivée chez elle fut une bataille. Elle pensa cent fois s’arrêter dans un hôtel juste pour prendre une douche et se retirer toutes les marques. Mais il aurait fallu acheter de nouveaux vêtements, et jeter les anciens. Il n’y avait pas de bonne solution. Enfin, si… Rentrer chez soi en assumant de vivre ce qu’elle avait exactement voulu vivre et infliger à son fiancé. Ils devaient se marier dans trois mois. Cela semblait moins évident désormais.
La plupart du temps, ses cheveux longs masquaient le « PUTE » à son front, mais Océane eut quand même l’impression que si plusieurs hommes et femmes l’avaient dévisagée après sa descente du bus, c’était sans doute que quelques lettres étaient apparues lors de sa marche. Ou alors, c’était à cause de son maquillage détruit, bien qu’elle en eût un peu effacé les coulures avec un mouchoir. Inexplicablement, elle se sentait fière.
Sur les derniers mètres qui la séparaient de la porte de la porte de son immeuble, les rayons du Soleil frappaient directement sa peau. Elle releva la tête et sourit à l’astre du jour. Le sperme sur son visage, séché, craqua à divers endroits. Sa culotte se gorgea de mouille. Et si Max l’attendait, enfin, derrière la porte pour la baiser ?
Ce ne fut pas le cas. Il lui sembla que ça ne serait d’ailleurs jamais le cas. Il était trop nul pour ça.
« Chéri, je vais direct me laver, je pue trop.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Je sais pas, les hormones ?
-Ah... »
En retirant ses vêtements, Océane ne put s’empêcher de se regarder dans le miroir, comme si elle était au cinéma. L’odeur d’urine empestait dans la salle de bain, sur ses fringues. Elle lança une machine direct, avec sa peau encore toute souillée par le foutre, la pisse et les écritures. Elle luttait contre la pulsion d’ouvrir la porte et de courir se montrer comme ça à Max.
Son con et son anus étaient pareillement ouverts. Son majeur entra sans aucune résistance dans son sphincter qui se contractait en ronronnant presque. Elle se pencha en avant et parvint à se pénétrer du pouce dans le vagin et du majeur dans son anus. Son poignet, quasiment cassé dans cette position, lui faisait mal, mais ça n’était rien par rapport au plaisir qu’elle se donnait.
ON NE MENT PAS À SON DOMINANT
PUTE INDIGNE
ON NE MENT PAS À SON DOMINANT
PUTE INDIGNE
Océane se demandait pourquoi il ne l’avait pas frappée avec sa badine, ni avec sa cravache. Elle aurait tant aimé… L’orgasme qui la saisit lui fit perdre toute force et elle se laissa choir au sol.
Dans le courant de la soirée, Max lui « fit l’amour ». Ça la dégoûta. Un peu plus.
*
Océane se réveilla au milieu de la nuit : il était 3h16 à son téléphone. Le ventre pétri d’angoisses. Max dormait comme un bébé. Elle se sentait s’échapper à elle-même et ce sentiment était aussi grisant qu’effrayant. Que voulait-elle ? Primal l’avait séduite avec cette histoire de dépravation exhibitionniste et elle aimait exercer un genre de punition sur Max. Punition ? C’était pas le mot. Rien ne clochait vraiment avec Max, juste… Il était trop planplan, pas assez passionné. Rien de méchant. Mais… elle, Océane, avait envie d’être méchante avec lui.
« Je suis une grosse pute, tu le sais ça ? Mon chéri, je me fais ouvrir les trous par un mec, il me remplit de sperme et des fois je t’embrasse et tu as son foutre dans ta bouche, mon chéri. Ta future femme est une sale truie... »
Océane avait parlé à voix haute, avec un volume de conversation normale. Max s’était tourné, et, maintenant sur le dos il dormait toujours.
« Là, je prendrais la queue de n’importe qui dans mon cul et j’aimerai me tartiner la peau de sperme.
- Hmm ?
- Rien, bébé, je t’aime ».
Elle se branla aussi durement qu’elle put.
*
Océane sentait que c’était pour aujourd’hui. Le « final » dont Primal lui parlait depuis le départ. C’était les consignes qui lui avaient mis la puce à l’oreille, il y en avait plus que d’ordinaire : il fallait qu’elle fût allée chez le coiffeur le matin et que Max ait remarqué sa nouvelle coupe (lui qui était si peu apte à ce genre d’observations). Primal avait décidé de la coiffure, du salon, et tout était réglé d’avance. Elle devait être entièrement épilée et manucurée. Océane ne put s’empêcher d’estimer la dépense de son Dominant : il y en avait au moins pour 300€, voire beaucoup plus, et juste pour les soins.
Elle avait l’impression de sentir sa présence, son regard pesant et scrutateur posé sur elle en permanence. Qu’avait-il prévu ?
C’était angoissant. Mais tout aussi grisant.
Elle sursauta juste après s’être assise sur le siège de la shampouineuse : un chanson que Primal mettait à chaque fois qu’elle entrait chez lui passait à la radio ou dans la play-list du salon de coiffure : FKA Twigs, 24h dogs. Un hasard ? Pratiquement impossible.
Pendant que les doigts de la coiffeuse lui massaient le cuir chevelu, elle repensait au contraste entre Max qui, depuis que le mariage avait été décidé, semblait partir du principe qu’il n’y avait plus aucun effort à produire, que leur petite vie était réglée, tout étant à sa place, et qu’il n’avait ainsi qu’à sortir sa bite quand il le voulait, et Primal, qui utilisait une grande partie de ses pensées pour faire d’elle sa chose, son « objet sexuel », comme il l’avait promis.
L’eau chaude coula jusque sur la nuque d’Océane. Elle se détendit totalement, écartant ses jambes sans même y penser. Elle se surprit à souhaiter qu’une des coiffeuses s’agenouillât entre ses cuisses pour lui lécher la vulve. Elle s’en mordait la lèvre inférieure.
« Ah, le monsieur qui a payé les soins a laissé un petit paquet pour vous avec un petit mot. Il a l’air de vous gâter, vous avez de la chance !
- C’est vrai… Il me gâte beaucoup ».
Le mot plié était collé sur le paquet, pas plus grand qu’un poing. Cela semblait indiquer qu’il fallait le lire avant. Océane rosit légèrement en en prenant connaissance.
« Me dîtes pas que c’est une bague de mariage ? S’il entre maintenant faire sa demande, je crois que je pleure moi aussi !
- Rassurez-vous, ça n’est pas son genre. Heu, rien à voir, mais je peux aller aux toilettes deux minutes ?
- Bien sûr, j’ai terminé de toute manière. Ma collègue vous attend. Prenez le temps qu’il faut ».
C’était un sextoy, un genre d’œuf vibrant avec extension clitoridienne. L’appareil se contrôlait à distance et Océane dut faire une manipulation pour autoriser un certain « MrP01 » à avoir accès à son contrôle. Elle comprit pourquoi il avait exigé qu’elle mît une jupe.
Primal joua finalement assez peu avec le sextoy. Suffisamment pour la faire serrer des cuisses quelques fois, déglutir et craindre le pire, mais, au soulagement ou à la déception d’Océane, il ne poussa pas le bouchon si loin qu’elle put le craindre et le souhaiter en même temps. En fait, son jeu consistait à la faire monter doucement avant de stopper net. Chaque fois il l’amenait un peu plus haut, elle se disait que c’était là, qu’il allait tout envoyer, et puis plus rien pendant 2 min.
Elle était quand même tremblante de désir et sans doute que le tissu de sa jupe n’était pas trempé que par la sueur de ses fesses. Ce qui était terrible, c’est qu’Océane ne pouvait guère remuer les hanches pour accompagner les vibrations de l’intrus dans son vagin : elle aurait pris le risque de se faire capter par la coiffeuse, ou pire, de provoquer un faux mouvement de cette dernière dans ses cheveux ou sur ses oreilles…
La manucure se passait juste à côté, à trois boutiques de là. Primal s’amusa un peu plus fort avec le sextoy. Ça devenait très dur à supporter. Océane était à deux doigts d’avouer la manipulation aux deux employées qui s’occupaient d’elle. Elles étaient jeunes et semblaient bien coquines, ça les aurait sans doute amusées.
Puis elle se rendit au rendez-vous en bus, comme toujours. Cela faisait partie des exigences de Primal. Mais cette fois-ci le lieu avait changé. Ce n’était pas à l’appartement habituel. Elle dut marcher 3 min avec ses hauts talons dans un quartier résidentiel où elle se sentit scrutée encore une fois. Elle trouva la maison. Il y avait trois voitures devant, mais cela ne voulait pas forcément dire que trois personnes l’y attendaient…
*
Chose promise
Primal l’avait ramenée chez elle, juste devant la porte, jusqu’à son étage. Ce qui n’était jamais arrivé. Elle prenait un risque terrible d’ailleurs, mais n’était-elle pas déjà très au-delà ?
Il la plaqua contre le mur entre les deux portes d’entrée, les doigts de sa main gauche autour de son cou tandis que ceux de sa main droite allèrent la pénétrer tout en frottant la partie antérieure de sa muqueuse vaginale, toute rugueuse, dure et gonflée. Il pressa un peu du bout des doigts, puis effectua des va-et-vient brutaux tout en lui serrant fort le cou. Océane n’en pouvait plus, tenir debout était déjà une épreuve. Elle squirta une grande quantité de liquide sur les doigts de Primal et au sol. Elle n’avait toujours pas joui… C’était la première fois de l’après-midi que Primal la touchait.
« Tu veux ma queue, sale truie en manque de ton Maître ?
- J’en peux plus, Maître, je pourrai crier dans la rue que je veux que vous me preniez.
- Peut-être que tu devras le faire. Tourne-toi et lève ta robe ».
Elle avait été vêtue en robe de mariée et souillée et baisée par une dizaine d’hommes pendant trois heures. Toujours par trois à la fois, un par orifice. Primal surveillait les expressions d’Océane pour qu’elle ne succombe jamais à l’orgasme. Aussi incroyable que ça l’était, aucun des hommes n’avait désobéi : tous s’arrêtaient de la baiser au signal. Elle avait donc le foutre de dix hommes sur chaque partie de son corps, c’était presque une second peau.
« Voilà, tu es dans ta chrysalide de foutre » avait dit Primal peu avant de la ramener chez elle.
Personne ne lui avait pissé sur le corps, seulement dans la bouche et sur la robe, alors étendue au sol, lorsqu’elle même était nue afin de se faire justement recouvrir de sperme.
Elle souffrait de la gorge, à cause des gorges profondes, elle souffrait de la chatte et elle souffrait de l’anus. Les yeux lui piquaient également, à cause du sperme. Sa coiffure, pourtant si magnifique quelques heures plus tôt, ressemblait à celle d’une punk des années 80 qui aurait servi de boule de flipper.
Et pourtant… Elle voulait la queue de son Maître, dans son cul, n’importe où, partout. Elle avait besoin de jouir. Océane écarte ses fesses et le supplia :
« Maître… Je vous en prie… Enculez votre pute à jus, faites-moi ce plaisir et… laissez-moi jouir sur vous, sur votre queue et je… raconterai tout à Max dans les moindres détails. ENCULEZ-MOI ! »
Primal accéda à la requête d’Océane. Mais quelques instants seulement. Il sentait qu’elle allait jouir facilement, peut-être au bout d’une minute de pénétration. Il s’arrêta, se rhabilla, la gifla deux fois sur chaque joue et la dirigea par les cheveux devant sa porte.
Il descendit d’un demi étage et attendit qu’elle ouvre. Elle le fit.
Sur sa peau, sous sa robe blanche qu’elle retira, comme convenu, sous le regard absolument sidéré de Max, était écrit « Putain pour dix hommes », « Pute à dix foutres », « Trou pour 10 queues », et se trouvaient également dix signatures, sur ses seins, son cul, ses cuisses, son ventre, ses bras et son dos. Sur son front comme à d’autres endroits, on pouvait lire « CHOSE PROMISE ».
Océane était également lacérée de coups de badine, de cravache, de fouet et d’étranges marques parallèles effectuées avec des griffes prévues pour les barbecues.
« Putain… Mais… !
- Non, mon chéri… J’ai pas été violée… C’est bien moi la putain… Baise-moi, je t’en prie, baise-moi... »
Elle déposa un préservatif sur la table basse du canapé, entre elle et lui.
« Baise-moi, comme la pute que je suis, s’il te plaît…
- Quoi ?? T’as été défoncée par dix hommes et t’as encore envie ?
- J’ai pas joui, ils l’ont fait exprès… J’ai mal partout… Dehors, dedans… J’ai besoin, je t’en prie, utilise-moi, prends-moi le plus fort possible : je vais jouir en 1 min… »
Il la fixa quelques instants, sans bouger. Ce qui le fascinait le plus était son maquillage complètement détruit par les larmes, les crachats et le sperme. Le noir et le blanc s’y mêlaient en une apocalypse indescriptible. Son visage se ferma. Océane crut voir comme un éclair rouge dans son regard. Il posa sa main sur le préservatif.
« T’es vraiment… la dernière des putes.
- Merci, mon chéri ».
FIN
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Comme il est bon de trouver sa pute attachée en entrant chez elle. Le nuage Νεφέλη ne peut plus s’échapper. Elle n’a plus de nom commun, ne s’appelle plus Léa, Mélissa, Nadia ou Daphnée, mais "Νεφέλη".
Bientôt, elle n’aura plus ce nom-là, plus de nom humain. Elle ne sera plus que chose. Puis, petite chose. Ma petite chose. Un réceptacle à foutre, et ceci après avoir été le trou idéel, puis idéal pour... ma queue.
Il n'est pas facile d'attraper un nuage, quand bien même celui-ci est fait de mouille évaporée.
À la voir comme ça : poignets attachés par un scotch rouge outrancier, dégueulasse, bras sur le côté de son corps et comprimant ses seins tellement gonflés, je nous félicite intérieurement.
Elle est en porte-jarretelles, bas noirs classiques. Culotte noire. Sur sa poitrine est écrit de ma main "La pute de mes rêves", et sur son ventre, en grande partie effacé : "chienne sans collier".
Quelle réussite...
Dire que c'est elle qui est venue me trouver, initialement, par ces paroles trop simples pour ne pas être sincères : "Tu es bel homme". Ni bonjour, ni merde. Exactement comme je le fais habituellement sur les chats. Voici comment le chasseur fut chassé.
J'ai été amusé, et flatté, bien entendu. Son pseudo était adapté à une telle manifestation de sa personnalité : _lilith_.
Ses poignets sont attachés, ses chevilles également, mais rien de plus. En réalité, son corps est libre. Mieux : elle aurait tout à fait pu détacher la bande de scotch de cinq centimètres de large à ses chevilles avec ses doigts libres. J'ai même poussé "le vice" jusqu'à laisser ostensiblement une paire de ciseaux sur son lit, à deux mètres d'elle environ.
Pour passer le temps, elle avait un livre de contes bien connu : les Milles et une nuits, et la consigne de se caresser la vulve toutes les 10 min maximum, et ce sans jamais se faire jouir.
Elle est maquillée. Belle. Très, très, très belle. Brune, cheveux coupés au carré, les yeux noirs au dessus d'une bouche aux lèvres gonflées, de courbes et d'angles aigus. C'est une bouche à queue.
- Tu as tenu ton engagement ou tu as fauté ?
- J'ai joui. Il y a 20 min environ...
- Donc tu ne t'es plus caressée depuis...
- Non...
Sa petite voix est toute contorsionnée, vaguement plaintive, désolée, très légèrement provocatrice et terriblement bandante.
Je lui souris.
Je défais ma veste que je pose sur la seule chaise dont dispose la grande pièce remplie seulement par son lit, un bureau et une chaise.
- Je comprends, dis-je en m'approchant lentement d'elle, mes yeux nous reliant comme un file que je remonte.
Mon visage est à 2 cm du sien, nos nez sont presque en contact. Je lui crache au visage, deux fois, une fois sur chaque oeil. Je recule ma face pour contempler la sienne. Elle exprime l'humiliation mal vécue.
Une gifle vient cingler son visage de putain fautive.
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La jeune femme rêvait. Pendant des semaines, elles n'avaient cessé de faire l'amour, de se retrouver par le corps. Il y a parfois bien plus d'émotion à retrouver un amour qu'à le découvrir simplement. Au début, ce fut une toute petite tache, comme une forme de nostagie. Mais non, en se rapprochant bien, on pouvait discerner l'aspect mauve de la mélancolie. Et de plus près encore, on pouvait voir la vraie nature d'une certaine gravité. Elle songeait avec une volubilité charmante, de ses beaux rêves chantants sans aucune des intonations criardes ou bien geignardes des paysannes. On la sentait possédée de son propre plaisir. Juliette acquiesçait et Charlotte souriait. Charlotte, accoudée à la fenêtre de sa chambre, regardait le soir descendre sur la vallée. Le soleil venait de passer derrière les grandes collines, presque des montagnes, que le contre-jour rendait noires, avec des franges de lumière sur le dos des châtaigniers qui montaient courageusement en escalade jusqu'à leurs faîtes. Elle se sentait en paix. Il y avait au loin le tintement des cloches de vaches dans l'ombre, de rares grondements de moteurs d'automobiles que l'on ne pouvait discerner sur la route sinuant sous les arbres, en bas. Des fumées s'élevaient des toits de tuiles des fermes tapies à la lisière des bois. Quelle merveille d'ajouter les fumerolles d'une cigarette aux volutes qui montaient aux flancs des collines, un verre de meursault à portée de la main. La petite ville de Rochechouard était bâtie sur une corniche de rochers dominant la vallée. Les quelque cents maisons qui la composaient se groupaient en troupeau au pied d'un château féodal dont deux tours ébréchées subsistaient seules. Le clocher de l'église, un peu plus bas, ne s'élevait pas très haut au dessus des toits pointus des maisons anciennes. C'était un village typique, les habitants disaient ville, ils y tenaient, "bien de chez nous", dominant de façon assez abrupte, un des plus beaux paysages du monde. Maintenant, il règne un silence parfait, un silence villageois, à l'heure où les travaux des champs sont abandonnés, un concert de chiens emplit la maison. Charlotte, en déshabillé noir, cache pudiquement son corps bruni par le soleil. Le diable va là où il trouve à manger et à boire. Juliette s'amusait. Elle jouait avec Charlotte, et montait et démontait de petits mécanismes et elle se promettait d'avance les satisfactions les plus vives à les voir fonctionner. Ce qu'on exprime est souvent obscur. On peut discuter sur les mots, mais enfin les mots sont là. Ce qu'on pense et ce qu'on sent, au contraire, n'est en vérité nulle part ailleurs que dans les gestes qui en naîtront ensuite. La pensée, le sentiment, tout ce qui ne s'exprime pas directement n'est pas un language intérieur perçu par une oreille secrète qui n'a qu'à le traduire en paroles pour que tout devienne clair et public. Il n'y a pas de langage intérieur et la pensée et le sentiment, qui ne sont tout de même pas rien que néant, sont plus proches de n'être rien d'autre que d'être quelque chose d'exprimable, d'univoque et de tranché. L'amour, comme la fortune, est cumulatif. Ainsi prennent place dans la chaîne des évènements, des êtres qu'on s'imagine aimer. Elles s'aimaient, non pas d'un amour impossible mais d'un amour vrai. On n'en finit jamais de nos passions.
Il n'est rien de plus grands fâcheux que ceux qui entreprennent de raconter leurs rêves. Alors en silence, elle pense à Juliette. Elle n'oublierait jamais leur première rencontre, la mémoire de leur amour à naître, brûlante, glacée, courbées par le désir, comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves. Les yeux fermés, à sa fenêtre, sans pensée, toute envahie de son absence, elle ne peut interdire sa main de glisser le long de son corps et de se caresser. Les amours l'avaient laissé indemne jusqu'à Juliette. Elle adore voir la joie de vivre dans ses yeux malicieux, avec la parfaite connaissance de ses doigts soyeux du corps féminin, jamais lasse d'étreintes fiévreuses, toujours à l'assaut. Pour Charlotte, les hommes sont le mensonge, avec leurs mains fausses, leur appétit, la politique dont ils parlent. Ils font souvent impression jusqu'au jour où leur faiblesse éclate. Pour la plupart, ils sont peureux et paresseux, et la faiblesse engendre la vulgarité. Juliette était la femme de sa vie. Avec le temps, les corps s'apprivoisent et les caractères se sculptent. Elle avait accepté de se soumettre à elle dans une totale abnégation. La flagellation et les humiliations sexuelles, ça faisait partie de la poésie de Charlotte. Entre douleur et langueur, supplices et délices, telle de la glace sur du granit, le désir était devenu une terre ardente où s'épanouissait son corps. Quand Juliette évoquait l'anatomie altière de Charlotte, sa grâce brune et allongée, femme-enfant, fragile et éternellement adolescente, ses seins parfaits, ses longues jambes toujours brunies par le soleil, elle avait peur pour elle, du soleil, des coups de cravache trop violents qui semblaient devoir la brûler. Elle l'aurait voulue, idéalement dans la pénombre d'un boudoir, dans un décor vaporeux qu'elle aurait éclairé de la lueur de ses longs cheveux noir de jais croulant en cascade sur ses épaules nues. Fragile et forte, forte mais attendrissante de faiblesse pensait Juliette en regardant la nuit monter dans le ciel immense. Ces menus débordements étaient des débauches fort modestes. Il n'y avait peut-être au fond pas de quoi fouetter un chat. La morale, toute seule, la légèreté toute seule ne sont jamais graves. Ce qu'il y a de terrible, c'est ce mélange de rigueur et de faiblesse dont on donne souvent un déplorable exemple. Elle était trop dure pour ce qu'elle avait de faible, trop faible pour ce qu'elle avait de dur. Elle se demandait si ses rêves n'étaient pas la réalité et ses brefs éveils à la réalité des rêves infiniment trompeurs, heureux état d'inconscience.
Il lui était agréable d'imaginer que même si elle fuguait, elle reviendrait cette même nuit s'installer dans sa tête. Elles furent très bien ainsi, laissant tomber de temps en temps, un mot qui exprimait avec avarice et retenue, une gamme de sentiments, l'écho sourd d'un plaisir confus. Que ferait-elle sans elle ? Elle serait totalement perdue, désemparée. Charlotte s'ouvrit et se cambra au contact de son doigt qui remontait et qui se mit à masser doucement son bouton de chair turgescent qui gîtait dans l'ombre de son pubis. Ineffable lui fut la caresse de son index à l'orée de sa voie la plus étroite, provoquant en elle une sensation de plaisir telle que jusqu'au fond de son ventre et de ses reins, elle fut traversée d'une tension exquise, presque insoutenable. Elle s'abandonna à cette jouissance, à cette extase irradiante. C'était comme si son être entier, tout son corps, tous ses nerfs, tout son sang bouillonnant affluaient dans son hédonisme solitaire. Elle eut un éblouissement d'impudicité. Elle cria sa lasciveté, avec des saccades et des soubresauts. Elle demeura debout, les cuisses écartées, les bras mous immobiles le long du corps. Elle avait encore en elle des ondes d'orgasme qui se répandaient dans une fréquence de plus en plus lente, comme les vagues qui meurent sur le sable quand la mer est calme sous un ciel étale. Une femme experte n'aurait pas été plus habile à lui donner autant de plaisir, sauf Juliette. Mais elle était heureuse de dormir seule dans le grand lit, avec le calme de la campagne tout autour. Elle allait tirer les rideaux, laisser entrer la lumière du soir recouvrir ses rêves et la lune éclairer les arbres. C'est quand on les condamne à mort que les victimes parfois sont le plus folles de bonheur. Car entre les rapports entre les êtres ne sont, tout le monde le sait, que des malentendus. C'est ainsi que naissent souvent les amours malheureuses, les illusions du cœur. Parce qu'ils rompent avec le quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. L'amour ne se fait que trop souvent qu'après le coucher du soleil. Tant que le soleil brille, les petites sottes peuvent faire tout ce qu'elles veulent. À partir de minuit, sauf dans le cas de l'ineffable cérémonie des bals, le danger rôde toujours. Si forte que soit la grâce en Juliette, elle sait l'étouffer, et peut-être y a-t-il du courage à se conduire ainsi.
Bonne lecture à toutes et à tous.Méridienne d'un soir.
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Elles avaient toutes deux oublié au fond de leur mémoire le mépris de la chasteté et le souvenir de passables galanteries par de louables règles, capables sans doute de s'infléchir, mais leur ayant jusqu'à ce jour gardé de tout caprice qui les eut plongé dans le remord. Elle se tut. Elle-même savait trop bien autour de quelles paroles dangereuses elles tournaient toutes deux, mais peut-être le silence les sauverait-elles. Il ne fallait gâter ni cette journéee, ni cette nuit. Elle était belle, cette nuit, toute chancelante et ornée de musique, pleine des bruits innombrables des hommes et des bêtes, et encore tiède avant l'automne. Son empreinte me brûle, quoi que j'aie pu tenter de m'y soustraire. Elle reste inextriquablement tissée dans la texture même de mon être. La première fois que j'avais voulu l'embrasser, j'attendais des transports ou une gifle. J'eus droit à des rites un peu slaves, des signes cabalistiques, de longs gants noirs enlevés lentement, des doigts en grille sur ma bouche, des lèvres chaudes qui se moquaient de moi. Dès le premier soir, tout était déjà inscrit. Les choses ne sont jamais fatales, sans doute mais précisément parce qu'elles ne le sont pas, elles ne se libèrent jamais du passé qui les fait grandir, des regards et des silences qui les font surgir. Elles naissent à chaque instant de l'instant qui les précède. Chaque parole échangée entre nous trace et définit d'avance les courbes de la relation. Les sentiments n'ont jamais l'épaisseur qu'ils ont dans le silence. Le temps qui s'écoule entre l'évènement et le récit leur prête tous les reflets, toutes les réfractions du souvenir. Pour ne jamais mentir, il faudrait vivre seulement. Mais les projets secrets, les desseins du cœur et les souvenirs brisent souvent cette simplicité impossible. Béatrice disparut de ma vie. Ne recevant aucune réponse aux lettres que je lui adressais, je cessai de lui écrire. Elle ne ne demeurait pas moins présente. Je m'éveillais le matin avec un sentiment d'abandon. Je ne pouvais concevoir qu'un amour aussi intense ait pu achopper sur ce qui m'apparaissait plus comme une indélicatesse que comme une trahison. Je croyais naïvement qu'elle reviendrait. Je demeurai trois mois ainsi dans l'incertitude. Je sursautais en entendant la sonnerie du téléphone, j'attendais le courrier avec angoisse. J'imaginais son existence à Rome. Je vivais comme un automate. J'accomplissais le rituel de la vie quotidienne, je voyais des amis, je faisais l'amour, mais ces gestes restaient extérieurs à moi-même. Mécaniquement, je ne m'y impliquais pas. Une maladie intérieure me minait. Personne autour de moi ne se doutait du drame que je vivais. À qui aurais-je pu en faire la confidence ? Personne ne connaissait l'existence de Béatrice. Il ne me resterait aucune trace de cet amour. Cette idée m'effrayait parfois. Qu'un être ait pu remplir à ce point ma vie et s'effacer sans laisser aucun signe. La première fois que je la rencontrai au vernissage d'une exposition Giacometti au Musée Rodin, je fis tout pour attirer son attention. Emma ne m'adressa pas un regard. C'est un paradoxe littéraire. Plus on décrit les gestes de l'amour, plus on les montre, plus la vision se trouble. Il y avait dans son regard comme une colère retenue, une condescendance moqueuse. Elle n'était pas bavarde, mais imprévue et subtile. Son intérêt la portait là, où précisément, je n'étais pas. Est-ce cette froideur qui m'intrigua ? Quand je lui adressai la parole, elle ne m'écouta qu'autant que la politesse l'exigeait. Elle arborait l'air résigné que les victimes de la mondanité réservent aux fâcheux, aux raseurs. Elle était aussi insensible à l'enthousiasme que je lui manifestais que peut l'être une statue en marbre du sculpteur. Quand je lui demandai son numéro de téléphone, elle me toisa avec une expression offensée. Eût-elle exprimé un peu plus d'urbanité qu'elle aurait moins piqué ma curiosité. La froideur de cette inconnue m'aguichait. Les contraires s'attirent. Sa présence me gênait. Elle s'interposait entre mes rêves et moi. Elle m'empêchait même de songer à elle. Notre rencontre avait du piquant. Le soin extrême qu'elle prenait pour afficher une élégance toute détachée m'intriguait. Une indifférence courtoisie m'eût découragée avec plus d'efficacité. Qu'avais-je fait pour la mériter ? Je n'eus pas le loisir de lui en demander l'explication car elle disparut en me tournant le dos. Le lendemain, je lui fis porter un bouquet de tulipes Bianca à son hôtel, accompagné d'une carte amicale. Je ne reçus aucune réponse. Je n'en fus pas étonnée. Espérant la rencontrer, j'allai bientôt me poster à la porte du Bristol, son hôtel. Je l'attendis sur le trottoir de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Enfin, je la vis apparaître. Dans les reflets de la porte à tambour, elle me parut plus grande, plus élancée, plus altière que jamais. Plutôt réservée, je n'avais pas pour habitude d'accoster une inconnue. Mais sa beauté exacerbait mes sens, fut-ils sans certitude. Elle sembla hésiter sur sa direction. Elle tirait en moi une irrésistible inconduite.
Le désir cherchait avec une impatiente convoitise l'interprétation de la beauté de son regard qui maintenant lui souriait et semblait alors la posséder. La jeune femme y rêva toute la soirée, qu'elle alla, comme elle le faisait chaque jour, passer au cimetière du Père-Lachaise, parmi les dalles grises et les tombeaux de marbre blanc. On prétend que parfois, au moment même où il disparaît, jaillit alors un rayon blanc, que la jeune femme n'avait jamais contemplé de ses yeux, mais qu'elle attendait naïvement chaque soir. Elle m'observait. Je n'en menais pas large. Je devais représenter un spécimen un peu nouveau pour elle. Je me flatte volontiers d'une absence de sentiments. Il m'arrive pourtant d'avoir ainsi des faiblesses qui trouent, malgré moi, mon indifférence et ma facilité à vivre. Cette incertitude l'humanisa à mes yeux. Sans hésiter, je m'approchai d'elle. Quand elle m'aperçut, elle eut un soudain mouvement de recul. Je lus dans son regard noir la lueur de blâme que l'on réserve aux extravagances d'une folle. "- Encore vous", soupira-t-elle. Notre conversation fut aussi cordiale qu'un échange de coups de pistolet, le matin, à l'aube, entre deux duellistes. Malgré mon sourire avenant, et ma fausse innocence, la partie semblait perdue. Je pensais à cette citation de Vigny: "Au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon". "- Pourquoi ne me laissez-vous pas le temps de m'expliquer ? N'aimez-vous pas les tulipes ? - Je n'ai aucune envie d'entendre vos explications. - Pourquoi ne pas accepter le dialogue amical ? Avez-vous peur de votre propre faiblesse ?" Je vis passer une flamme assassine dans ses yeux. Une femme ne pouvait-elle pas offrir des fleurs à une autre femme ? "- Vous n'êtes pas de nature à m'en inspirer. - Pourquoi cette brutalité ? Pourquoi toujours imaginer le pire ? Que faites-vous de l'amitié ? - Me croyez-vous à ce point naïve ? Avec vous, je sais très bien à quel type de femme j'ai affaire. - C'est mal me connaître et me faire un procès d'intention. Je ne suis pas une amazone. - Prenez-le comme vous voudrez. Mais laissez-moi, vous perdez votre temps, je suis pressée. - Puis-je vous déposer quelque part ? - Non, c'est inutile, je reste dans ce quartier. - Avez-vous l'intention de déjeuner ? - Oui, mais pas avec vous. - Je vous propose un pacte amical. Nous déjeunons ensemble et je vous promets de ne plus tenter de vous revoir. Parole de femme, honneur de femme." Elle me regarda d'un air dubitatif. Balle au centre. "- Puis-je accorder le moindre crédit à quelqu'un qui se comporte comme vous ? - Je vous répète, je vous donne ma parole d'honneur. Je la sentis vaciller. La situation tournait à mon avantage. La victoire était proche. Restait à traverser le pont d'Arcole. - Votre parole d'honneur, répéta-t-elle en haussant les épaules, je ne me fais aucune illusion sur vous. Mais je suis plus que lasse de votre insistance et de votre folie. Alors, je vous accorde vingt minutes. Pas une de plus." Elle pensa alors à toutes les ombres éphémères qui l'avaient entourée. Etait-ce le malheur et la franchise qu'elle apporterait sans cesse avec elle ? Cette rencontre avait un sens symbolique. Au fond, elle m'initiait à la distance. Eût-elle voulu jouer les énigmatiques, elle eût pu y trouver une satisfaction. J'étais en train de lier à elle, dans ce monde plein de sensualités et de menaces, tout le bonheur que j'attendais de cette rencontre. Le présent de l'amour ressemblait au négatif d'une photographie argentique. Il fallait attendre le développement pour en avoir le cœur net. Parfois, il réserve bien des surprises. L'ennui, c'est que ce genre de difficultés est difficile à dire. Un restaurant nous tendait les bras à l'angle de la rue du Cirque. Je l'y conduisis. Pendant le déjeuner, elle resta fidèle à elle-même. Sur la défensive, hautaine, éludant toute question personnelle, ne m'offrant que l'armure d'une personnalité bouclée dans les conventions et le dédain. La glace contre le feu. Pourtant quelque effort qu'elle fît pour être désagréable, elle ne parvenait pas à me déplaire. Je sentais en elle, derrière la Ligne Maginot qu'elle m'opposait, un attirant tumulte de contradictions qui n'était pas sans charme. Au moins, elle ne ressemblait à personne. En vérité, il faut bien reconnaître que moi aussi. Le café bu, elle se leva et, sans se départir de son air farouche, elle prit congé. Pendant quelques instants, cette femme m'avait paru précieuse. Je n'attendais plus d'elle que l'ultime cadeau qu'elle pouvait me faire: s'en aller. "- Maintenant que j'ai eu la faiblesse d'accepter votre déjeuner, j'espère que vous allez tenir votre promesse. Merci pour les tulipes. Adieu." Elle disparut laissant derrière elle un sillage glacé comme un blizzard. Je tins parole. Pendant dix jours. Puis je l'appelai dans sa propriété non loin de Bordeaux, dans les vignobles. "- Et votre promesse, s'exclama-t-elle. En plus, vous êtes parjure." Le ton de sa voix n'exprimait qu'un courroux de façade purement formel. Ce qui était un progrès. Et puis n'avais-je pas évité le pire, elle n'avait pas raccroché. "- J'ai promis de ne plus vous voir, pas de ne pas vous téléphoner. - Vous êtes bien française", dit-elle en ciselant ce qualificatif pour marquer un mépris. Alors je m'inclinai, rêvant de lui baiser la main. Elle riait de me voir transformée, comme dans un bal masqué.
Mais je dus éviter son regard quand, en un coup d'œil pénétrant, elle sembla me dénuder totalement pour me prendre, et trompée par l'illusion d'être possédée toute entière, et pleine de désirs sensuels, un sourire illumina mon visage. Que son expression suffise à fléchir mon incontrôlable emballement et à faire croire à un abandon en rase campagne était inimaginable, tant il y a des cruautés, des cynismes qui ne résistent pas plus à l'épreuve que certaines complaisances, certaines générosités. Le soir tomba enfin, le soir tant attendu. Le ciel devint noir, des ombres se profilèrent longuement. Le paysage était devenu un peu vert, avec des arbres, des vallonnements gracieux, pendant une demi-heure, le temps d'une vie. Elle se sentait maintenant légère ainsi qu'elle voulait l'être pour vagabonder sans un mot, d'un sourire à un lit. Les choses se passaient, hélas, avec une inconsistance, un flou qui se durcissait ensuite en sentiments, en convictions, en images, mais qui semblaient nés d'abord du hasard, d'un kaléidoscope dérisoire hâtivement secoué. Maintenant que l'amère habitude de ses amabilités était prise, je prenais un certain plaisir à la voir décocher ses flèches. "- Quand venez-vous à Paris ? - Que vous importe puisque vous m'avez juré de ne pas chercher à me revoir. - Je sais par l'une de mes amies, que vous serez après-demain à un dîner chez les Moras. - Vous ne me donnez pas envie de m'y rendre. "J'attendais de cette rencontre quelque chose de confus, une issue possible. J'étais pleine d'espoir. Mais une pensée surtout me troublait. Pourquoi cette femme était là et non une autre ? Quelle suite de hasards, d'agissements fortuits, de contretemps, d'obligations, de retards avaient tissé les fils de cette rencontre à la fois prodigieuse et dérisoire ? Quand elle raccrocha, je conservai un instant le combiné muet à la main. Pourquoi insister ? Oui, pourquoi ? Par jeu ? Il y a des rencontres qui, comme celle-ci, ne commencent pas précisément par de forts encouragements. Si elle avait ressenti un coup de foudre pour moi, elle le dissimulait bien. Peut-être n'aimait-elle pas partager son lit avec une femme ? Tout simplement. Mais alors, pourquoi ne pas me l'avouer ? Il y a des vérités qui ne méritent aucune contestation. Mais alors, pourquoi n'avoir en tête que cet horrible mot de réciprocité La réciprocité en amour est un calcul bourgeois. Pas d'investissement du capital sans un rendement substantiel. Cette femme, sans doute mariée, avait beau me rabrouer, elle me plaisait. sapiosexuelle exigeante, bisexuelle très pratiquante. Elle m'attirait pour une raison que je ne cherchais pas à m'expliquer. Mais après-tout exige-t-on de Dieu qu'il vous donne des preuves de réciprocité. Et puis parfois, en amour, on a l'impression sans vraiment savoir pourquoi, qu'en dépit des obstacles, le destin a déjà gravé notre avenir. Calculer la somme des probabilités qui amène deux personnes à se parler, puis à s'aimer, est une opération effrayante. Surtout si l'on considère que du silence, il peut résulter une passion, fruit d'une accumulation exponentielle de hasards. Et cette histoire aussi était probablement déjà écrite dans un mystérieux livre qu'hélas je n'avais pas lu. Comme se serait simple de pouvoir consulter le livre des destinées avant d'offrir un bouquet de tulipes à une femme. On éviterait tant d'impairs, de temps perdu, de malentendus, mais on passerait aussi à côté de la vie et de ses surprises. Elle vint à Paris. Je me trouvai au même dîner qu'elle. Elle m'accueillit avec son habituelle mansuétude. Après le dîner, elle tenta de s'éclipser mais je la rejoignis dans l'escalier, abandonnant mon amie Béatrice. L'immeuble donnait sur le jardin du Luxembourg. Il y avait dans l'air je ne sais quel parfum de printemps. Nous fîmes quelques pas en silence. Quelle nuit réelle me donnerait autant d'émotions, de feu dans le cœur ? Vivre m'amusait, j'étais jalouse, sentimentale, elle était indifférente, cynique. Il me semblait choisir sur des coups de dés, dont j'ignorais toujours si je les jetais moi-même. Un silence doux et reposant comme une paix. Elle avait une voiture anglaise, comme elle. Elle était née à Londres mais elle vivait à Bordeaux. Je lui demandai de me raccompagner. Elle accepta en poussant un soupir. Elle gara sa voiture en bas de chez moi. Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité. Je tentai alors de l'embrasser en posant une main audacieuse sur sa cuisse nue. Elle ne me repoussa pas. Au contraire, elle répondit à mon désir avec tant de fougue que j'en fus presque déconcertée. Une grande bataille est celle que l'on remporte avec une résistance farouche. Je la dévêtis contre le mur. La découverte de son porte-jarretelles me troubla. Elle ne pouvait exprimer plus clairement ses intentions. Ainsi, elle s'était armée pour l'amour. Rien n'avait été laissé au hasard. La seule chose qu'elle avait abandonnée au jeu des circonstances, c'était le choix de la partenaire. Avais-je même été choisie ? Cette dérision me parut tragique. Bientôt, je me ressaisis. Après tout pas de raison de se lamenter à propos d'un porte-jarretelles. Nous accomplîmes tous les rites que nous attendions l'une de l'autre. L'angoisse avait disparu. Le silence se chargea du reste. Dès lors, elle bascula, comme une statue bascule de son socle. Nous nous retrouvâmes chez moi. Et ce fut comme si, de toutes ses forces, elle tenait à démentir l'indifférence qu'elle m'avait manifestée. Nous nous aimâmes dans une douce ambiance de paix conclue, sur un lit d'armes abandonnées et de sensualité débridée. Déshabillée de son agressivité et de sa pudeur, elle demeurait menaçante comme une tempête apaisée. Ses refus donnaient un prix mystérieux à son doux abandon. Je l'admirais comme une belle énigme. Avais-je véritablement une femme devant moi qui avait cédé à une pulsion saphique ou l'incarnation d'un phénomène météorologique ? Son corps était celui d'une femme aimante, mais les ressorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements d'une tornade. Loin de me sentir maîtresse de la situation, il me semblait que je n'avais été que l'exécutante d'un jeu qui me dépassait. Emma entra dans ma vie au même moment où Béatrice en sortit. Une nouvelle vie, un nouvel amour. Je me retrouvai telle une femmes égarée. Je les fréquentais, mais je ne croisais que des ombres. Je pensais toujours à Béatrice. Chaque nuit j'avais l'impression amère, non de la tromper mais de me trahir.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Saisissante est la réalité que certains endroits anonymes et clandestins dissimulent tant de vie souterraine. Elle aurait tant voulu inspirer de la séduction même à la jeune femme dont elle aimait à supposer qu'elle cachait sous ses dehors hautains une âme tendre et distinguée qui eût prodigué pour elle des trésors d'affection et de tendresse. C'était elle, une amante très en beauté, au maquillage discret, moulée dans un adorable jean. La jeune femme fut médusée comme à la vue d'un spectre. Elle l'attendait, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la rude sauvagerie. Toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur qu'elle y mettait, Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide. Ça l'était juste assez pour ajouter à leur excitation. Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers de l'allée centrale, formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa alors ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins tandis qu'elle s'agenouillait. Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait tout son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Charlotte savait ainsi exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait alors de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant." L'insoutenable légèreté de l'être."
Il n'y a rien, non pas qu'on désire en silence, mais qu'on cultive avec autant de soin que dans l'amour. Elle me regardait si gentiment que j'étais convaincue de récolter bientôt les fruits de ma patience. Sa poitine ferme était délicieusement posée sur mon buste, ses cheveux effleuraient mes joues, elle frottait ses lèvres contre les miennes avec un sourire d'une tendre sensualité. Tout n'était que grâce, délice, surprise venant de cette fille admirable: même la sueur qui perlait sur sa nuque était parfumée. Elles pouvaient alors juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps dura. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée alors dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû; il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se tourna pour bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et lui caressa le visage tandis que Charlotte se taisait. À l'extérieur, l'autre vie pouvait attendre.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Son métier vint à son secours. Elle acheva en deux semaines un essai plein de paroles furieuses et d'ailleurs très peu compréhensibles. Elle s'occupait fièvreusement du manuscrit de son troisème roman. On parlait d'elle dans les journaux. La jeune femme ne dormait plus. Il n'était pas impossible qu'elle utilisât son désespoir pour travailler un peu plus. On ne peut guère interpréter le travail qu'en termes de morale. Il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit d'épreuves. On sait qu'elles seront plus dures si elles forment une chaîne continue, dont on prévoit la solution, parce qu'on s'impressionne toujours aisément de réclamer beaucoup de soi-même dans un temps déterminé, alors que l'éternité des peines conduit au découragement. En un autre sens, Juliette trouvait-là des voluptés véritables. Manger très peu, très mal et vite, dormir parfois tout habillée, finalement tout cela lui plaisait. Charlotte, au contraire, traçait l'éloge de la paresse et vivait comme une nonne sans le savoir. Ces situations n'ont rien de surprenant, car l'esprit est une sorte de balancier que nous disposons de mille manières pour rétablir un équilibre compromis. En écrivant, elle se moquait d'elle et de ses petites histoires sentimentales. Elle fabriquait, avec de l'encre et du papier, des êtres bien différents et se donnait totalement à ces étrangers. Charlotte, qui ne connaissait que le plaisir rencontra Juliette en Italie. La passion, la fureur et le désespoir entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. Cette rencontre me laissa la tête un peu vide. Quand on raconte une histoire, qu'elle soit inventée ou authentique, la vérité des réactions et des situations est liée par des liens subtils et secrets à la spécificité des caractères et à leur individualité. Plus tard, alors qu'ils ne me faisaient plus trop mal, j'ai repensé calmement à tous ces évvénements. Serais-tu devenue étrangère, jamais je n'oublierais les journées où fondèrent la mémoire à naître, glacée, brûlante, essoufflée de notre première rencontre comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves, je resterais les yeux fermés, sans pensée, toute envahie d'une absence programmée, de ces amours brèves et volées qui laissent un goût de regret dans les mains et entre les reins des amants réservés. Amie qui m'avait été bonne, je garde au creux de mes souvenirs, la vivante mesure de ce petit front si fier et si loyal, que j'approcherai toujours avec tendresse de mes lèvres. Un mouvement soudain de l'épaule, qui dit tout bas sa lassitude; une tension soudaine du visage, qui dit tout haut sa foi; une inflexion nouvelle de la voix, qui dit enfin l'être multiple. Se peut-il que de telles choses laissent en nous traces si vives et si durables. Qu'y-a-t-il dans tout cela, qu'il faille qu'on lui cède ? Qu'est-ce donc que tout cela, qui nous surprend un soir comme la naissance d'un chant ? Étrange confidence, où la faiblesse a pour nom douceur. Le soleil inonda Rome et la légèreté de notre jeunesse. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps. Parce que des doigts glissent sur eux, parce que des visages s'en rapprochent, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ces plaisirs, une âme au loin, un cœur, une imagination souffrent d'incroyables tortures. Nous nous reconstruisions ensemble. Des liens subtils et forts nous unissaient. Nous nous embrassions, sur une colline de Rome, dans la nuit déjà close, sous un arbre né d'un puits, devant le campanile d'une vieille église. Et que nous importe maintenant de ce qui naquit de cette nuit. Des jours, des semaines, des mois entiers sortirent de ce baiser que nous nous donnâmes. Nul n'a connu le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de nos épaules, comme un frôlement de cils. Étroits sont les reins, étroite alliance du corps fidèle des amantes. La nuit, nous courrions à la promesse de nos songes dans des draps odorants. Nos solitudes étaient notre trésor, et dans le lit où s'inscrivait la mémoire à naître de notre amour, nos libertés le creusait. Nous nous aimions à nous taire quand nos bouches se savaient promises. Une douceur s'amassait là où des soupirs infusaient. Nous étions pudiques dans notre impudeur, méconnues de tous mais célèbres de nous. Elle avait les cheveux noirs de jais, les yeux en amande, des dents éclatantes, une robe d'été et une paire de mocassins. Elle riait. Nous nous embrassâmes devant Saint Pierre. L'amour nous grisait. Nous avions des rêves d'enfants. Il y a des instants comme ceux-là où un sens plus pur de la vie semble se révéler soudain, où l'on se sent plus grand que soi-même.
Quand j'étais plus jeune, je m'étonnais toujours de ces nœuds inextriquables formés par les êtres et par leurs sentiments. Il me semblait qu'aimer était tout simple, ne plus aimer également et je me demandais d'où sortaient ces torrents, où se creusaient ces abîmes qui ravagent les destins. Je comprenais maintenant, peu à peu, comment naissent ces franges d'incertitude, ces déchirantes douleurs liées au hasard, aux liens des passions qui s'opposent, à la confusion des sentiments et aux intermittences du cœur. C'était l'heure de ce soleil blême et plat qui donnait au début des jours éclatants une allure hésitante, lasse d'avance. Nous traversions des champs, de longs prés semés d'arbres, des rizières inondées. Une route blanche de poussière coupait les haies, sautait les rivières. Derrière le riz à perte de vue, des montagnes naissaient de la nuit. Plus loin, c'était Bergame et les lacs, un peu à droite, Vérone, les palais de Vicence, et puis Venise, Ravenne, Bologne et Ferrare, Parme et Modène. Nous fermions les yeux. C'était le bonheur. Il jaillissait de ces noms sur les campagnes intérieures, l'or de leur peintures, de leur gloire et de leurs mosaïques dans le reflet de cette douce mélancolie. Elle avait un visage très pur. Nous savions déjà ce qui allait se passer, alors nous allongions désespérément ces instants d'attente. Un soir d'été, j'avais embrassé Charlotte. Saint Pierre pouvait s'écrouler et le Pape se convertir au Bouddhisme. Le pouvoir de la femme est une chose admirable qui ne connaît pas de limites. Elle choisit instinctivement des gestes insignifiants qui s'inscrivent pour l'éternité. Tout notre voyage engouffré dans un baiser. Je me sentais libérée comme on se libère d'un péché par une confession, repartant l'âme pure, le cœur allègre pour d'autres péchés ou un autre voyage. Charlotte, c'était de l'innocence. Moi, de la littérature. La chaleur, nos étreintes, les vacances, le soleil nous invitaient à entrer dans un univers inconnu. C'était celui du bonheur. Il y a ainsi, au début des amours, de ces périodes enchantées qui sont des parenthèses dans une longue insatisfaction; on y attend tout encore et tout est déjà assuré. Nous nous étions très peu parlé. Aucun engagement ne nous liait. Nous vivions un peu au-dessus de nous-mêmes. Et le plaisir que nous prenions à ce présent touché par la grâce ne débordait jamais ni vers le regret, ni vers l'impatience. Les amours de la folle adolescence ne sont ni plus ni moins fortes que les autres. Mais leur douce et incomparable amertume vient de ce qu'elles se confondent avec la saveur de la vie. Tout le spectacle du monde est alors lié à un être. Les choses ne se passent jamais exactement comme on les attend; mais elles se passent rarement tout à fait autrement. Nous ne fîmes pas l'amour ce soir-là. Nous le fîmes le lendemain. Quelle légèreté, lorsqu'on aime, que cette multiplicité des corps qui parlent, se répondent les uns aux autres et font l'amour entre eux. Charlotte entendait sans doute me voir rester fidèle, non à la passion ni à la tendresse, mais au plaisir et au jeu. Ma passion, c'était l'indépendance. Et sans doute, je connaissais ces flambées paradoxales de désirs ou d'ardeurs. Mais je reniais ces faiblesses. Je les reniais surtout parce que j'en avais peur, peur de rester prise dans les pièges de la mélancolie. Je ne faisais donc de ces excès que les ingrédients savoureux et amers de mon indifférence souveraine. Pourquoi les voyages sont-ils toujours aussi mêlés à l'amour ? Car ils rompent sans doute avec cet environnement quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. Le bonheur envahit si visiblement Charlotte que j'en fus presque bouleversée. Nous avions les yeux pleins d'églises et de collines brûlées par le soleil. En arrivant au bas de la ville, là où l'amour devait prendre ici l'odeur de miel des vieilles pierres des hautes maisons, nous rentrâmes à l'hôtel. Je craignis le flottement qui risquait de se produire, mais elle me dit seulement, " Reste avec moi." Je l'embrassai sur le pas de la porte de l'hôtel. La lune éclairait son visage pur. Je me demandais si nous allions nous étreindre, mais le plaisir et l'amour sont comme des pentes neigeuses sur lesquelles on s'arrête difficilement. Obscurément, j'hésitai. Je lui demanda si elle avait déjà fait l'amour avec une femme. Elle secoua la tête et me dit: "Oui, mais pas avec toi." Les rites sublimes se succédèrent très vite. Bientôt, nous nous étendîmes sur le lit. Je la caressais, elle fermait les yeux. Elle avait un visage figé comme illuminé du dedans. J'essayais un peu maladroitement de lui ôter sa robe. Elle ouvrit les yeux, se releva. "Attends, dit-elle en souriant, ça va aller plus vite." Elle était revenue vers moi. Je pris son visage entre mes mains. Je fus comme roulée par une vague d'attendrissement. Elle était nue sous moi, les yeux de nouveau fermés. Je la regardai longtemps, appuyée sur mes coudes. Nous restâmes immobiles assez longtemps et puis nous fîmes l'amour. Le chuintement de la douche se tut doucement, plongeant la chambre dans le silence, coupant court à mes à mes réflexions. Quelques minutes plus tard, elle sortit nue de la salle de bain, une serviette noire enroulée sur la tête, la peau rosie par l'eau chaude. Les gouttes cascadant sur ses courbes, tombaient silencieusement sur le parquet en bois, coloré par la lumière pâle. Elle se déplaçait nue d'une démarche féline, langoureuse, envoûtante; ses longues jambes brunes étaient terminées par des pieds fins, aux ongles vernis de rouge. Je me rappelle cet été quand je regardais ses sandales claquer sur ses talons nus, déjà envahie par un désir brûlant, irrépressible; mes yeux s'étaient alors soudés aux siens, lourds d'envie; elle me souriait. Ses lèvres ourlées lui prêtaient un air sensuel et lascif. Elle leva les bras et dénoua sa serviette en secouant la tête. Une furie de cheveux noirs tomba sur ses épaules fines. Sous ses sourcils bien dessinés, ses grands yeux noirs, très brillants, semblables à la surface d'un lac au crépuscule, me sondaient sans vergogne. J'avais pressenti chez elle des promesses de sexe brutal, très primaire, mais il n'en fut rien. Au contraire, des deux, c'est moi qui me révéla la plus dépravée. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être même a-t-il un destin posthume ? Une ère des réparations succèdant à celles des destructions. Peut-être ces sentiments amoureux si volatiles et inconstants désormais cristallisés, solidifiés, apaisés à jamais dans l'état minéral, entrent dans la composition dune étoile. C'est peut-être elles que nous cherchons la nuit, dans l'étreinte.
Car chaque signe suffit à faire éprouver au corps du bien-être, comme un œil ouvert sur le bonheur, comme une femme livre le secret intime de volupté qu'elle décèle. Il propose et vient à nous d'une allure capricieuse, comme si nous étions devenus tout d'un coup plus séduisants, c'est que le plaisir physique existe seul dans l'enfer le plus impitoyable. Elle s'était soulevée un peu, écartée de moi pour me regarder mieux. Mon Dieu ! Comme elle devait alors s'amuser ! Elle savait déjà ce qui me tourmentait. Sa vie, c'était ça: son plaisir à elle et les questions des autres. Les voyages peuvent parfois élever les esprits. J'étais présente à Rome bien avant d'y être en réalité. Elle fut tout en tendresse et soucieuse de plaire. Elle n'était pas à sa première expérience saphique mais elle me répéta que je surpassais de loin ses précédentes conquêtes. Je me plus à la croire, car mes expériences hétérosexuelles n'avaient jusqu'à présent jamais été bienheureuses. Avant elle, j'étais amoureuse d'aucune fille en particulier, mais seulement des filles en tant que telles, comme on peut aimer sa propre image, trouvant toujours plus émouvantes et plus belles les autres, que l'on se trouve soi-même, dans le plaisir égoiste à se voir abandonner sous leurs caresses. Par dessus le drap, elle posa sa main sur ma cheville et mes seins durcirent aussitôt. Juchée sur ses genoux, elle écarta les jambes pour me laisser passer. Malgré la douche, son entrejambe diffusait encore un parfum à l'arôme sensuel mêlé de ma salive et de son désir. Une fois allongée sous elle et peinant à contenir ma propre impatience, je commençai par lécher sa peau autour de ses lèvres odorantes. Il s'en dégageait une douce chaleur. Ma bouche fraya maintenant avec son aine, très près de sa vulve, et elle trembla d'anticipation. Je glissai le bout de mon index sur le dessin plissé de son sexe moite qui s'ouvrit graduellement sous mes yeux, la sentant se resserrer autour de mes doigts, l'entendant gémir à me faire tourner la tête. Peu à peu, rattrapée par mon impatience, je commençai à laper ses grandes lèvres, une à une, en faufilant désormais le bout de mon index dans son ventre, avant d'oser ma langue, assez loin pour que mes dents touchent la crête enflée. Elle se cabra, elle se tut, elle savoura le moment. Elle répandit son désir dans ma bouche. Ses seins étaient pressés contre mes mollets. Assise à califourchon sur mon visage, gémissante, pendant que j'écartai ses fesses pour m'enivrer de sa saveur, glissant mes doigts sur ses jambes brunes. Elle glissa sur moi, me permettant ainsi de voyager de sa vulve savoureuse au sillon de ses reins. Juste à la crispation des muscles de ses cuisses, elle parut sur le point d'abdiquer sous le zèle de mes caresses. Elle roula sur le coté, puis remonta vers la tête de lit. Les volets étaient tirés, la chambre presque obscure. Malgré son teint hâlé, je remarquai ses joues rougir par le désir. Ainsi étendue sur le dos, les bras au dessus de la tête, elle exhibait ses seins en constante érection; je rampai vers elle pour mordiller leurs pointes, dures et foncées, avant de lécher avidement les aréoles. Elle m'enlaça, promena ses ongles le long de mon épine dorsale. Constatant son soudain avantage, elle me retourna sur le dos; les genoux écartés, je sentis son souffle chaud sur ma vulve. Elle introduisit ses doigts dans mon logis profond et onctueux. Enhardi, son plaisir la guida entre mes reins, dans la vallée chaude de mes reins, près de l'entrée de l'étroit pertuis. Je me cambrai pour aller à la rencontre de sa bouche affamée. Gémissant plus d'une heure sous ses caresses, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, empoignant les barreaux du lit, je commençai à crier, lorsqu'elle se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, mes petites lèvres. Me sentant brûlante et raidie sous sa langue, elle me fit crier sans relâche, jusqu'à ce que je me détendis d'un seul coup, moite de plaisir; je râlais alors que je jouissais pour la seconde fois de la journée. Nous nous endormîmes, en mêlant nos rêves et nos corps, bouleversées d'amour et de désir. Aujourd'hui, je pense à tout ce que j'aime en toi et qui s'éclaire parfois, à ton insu, comme un beau front de mer. Parce que tu m'as fait, un instant, cette confiance innocente, d'être pour moi, virginale, toute claire et transparente, je serai toujours là. Peut-être si j'avais eu du cœur n'aurais-je pas inventé ainsi ces fantômes sans substance. Mais, je n'avais pas de cœur, mais des faiblesses. J'étais cynique et vulnérable. Alors naquirent en moi, dérisoires, irrésistibles des préoccupations arbitraires et cruelles qui me laissèrent croire enfin que j'avais comme tout le monde un cœur, des sentiments. D'autres ont des soucis plus graves, moi je me créais ceux-là, tirés d'un vide qu'ils remplissaient de leur présence absurde, lancinante, très vite immense.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Afin de chasser de l'esprit de son employée l'idée qu'elle s'intéressait trop à elle, Juliette ne lui parlait plus depuis quelque temps qu'avec une certaine froideur, et elle espérait réussir à changer leur relation, et ce de façon définitive. Et, le lendemain matin lorsqu'elle arriva à son bureau parisien, la jeune femme portait un de ses tailleurs classiques qu'elle affectionnait particulièrement avant que Charlotte ne lui impose des tenues provocantes : celui-ci, gris anthracite était composé d'une jupe droite lui arrivant juste au dessus des genoux et d'une veste croisée sur un chemisier blanc au col entrouvert, mettant en valeur un collier de perles fines. Sous ce chemisier, rien sauf un corset en cuir noir, très durement baleiné, long et rigide, rehaussait une poitrine généreuse mais ferme aux larges aréoles brunes, enserrant une taille très mince. Elle entretenait sa silhouette, en faisant de la gymnastique quotidiennement, et en montant à cheval tous les week-ends et à trente ans, c'était une femme au physique très séduisant, à la fois stricte et féminime. Ses lunettes fines lui donnaient un air sérieux et élégant. Elle en imposait car elle se tenait toujours très droite avec des chaussures à talons hauts. Ce jour-là, elle portait le chignon et son maquillage était discret. Lorsqu'elle passa devant Charlotte qui était assise à l'accueil, elle la salua d'un signe de tête sans dire un mot et se dirigea vers son bureau. Celui-ci était spacieux, meublé en style moderne, d'un canapé en cuir noir Knoll, et d'une grande table en verre. Des plantes vertes agrémentaient le décor. Elle prit l'interphone et demanda à Charlotte de venir. Quelques instants plus tard, elle frappa à la porte. Charlotte s'assit sans dire un mot : "- Voilà, j'ai décidé d'arrêter ce petit jeu, c'était une fantaisie mais nous sommes allées trop loin, je ne suis pas vraiment lesbienne, vous non plus d'ailleurs, nous nous sommes accordées mutuellement des libertés mais je crois qu'il faut mettre un terme à tout cela. Nos relations resteront cordiales mais compte tenu de ce qui s'est passé entre nous il est préférable de nous éloigner. Bien entendu il est hors de question que vous en subissiez quelque dommage que ce soit, j'ai donc conclu un arrangement avec l'un de nos sous-traitants, il vous fera un contrat avec un salaire d'ailleurs plus élevé que celui que vous percevez ici. Voilà, je vous conserve toute mon amitié mais il serait souhaitable à l'avenir de se vouvoyer". Charlotte eut un nœud à la gorge, elle était déstabilisée, l'attitude calme de Juliette, le fait de la voir dans cette tenue qu'elle associait à celle qui était sa patronne froide et autoritaire, le fait de ressentir sa détermination, tout ça remettait en cause ses acquis, tout allait peut-être s'écrouler comme un jeu de cartes. Elle savait que sa prochaine phrase allait déterminer la nature de leur relation future. Ce sera celle qui fera la première erreur qui aura perdu se dit-elle. Elles s'observèrent un long moment, puis Charlotte décida d'entrer dans la bataille car elle avait senti le changement de ton de Juliette, celui-ci n'était plus aussi assuré, bien que cherchant à le dissimuler, elle commençait à perdre pied, elle profita de ce moment de faiblesse pour porter l'estocade, elle se leva et s'approcha, elle lui tira les cheveux pour la forcer à la regarder, droit dans les yeux. "- C'est toi qui es venue me chercher, moi je ne t'avais rien demandé". "- Euh oui je sais, mais j'y ai été contrainte par Caroline". "- Oui mais Caroline ne t'a rien imposée elle non plus, je connais votre histoire, elle t'a laissé le choix de poursuivre votre relation ou non, c'est toi qui a accepté, tu as accepté oui ou non ?" " - Oui". "- Tu dis que tu n'es pas lesbienne, je crois plutôt que tu es bisexuelle, maso-bisexuelle, tu as pris autant de plaisir que moi dans cette relation, alors pourquoi veux-tu arrêter ?". "- Mais vous non plus, vous n'êtes pas lesbienne, vous me l'avez dit. "- Moi c'est différent, je suis libertine, je prends le plaisir là où il est sans me poser de question, me faire lécher par ma patronne, c'est une jouissance autant cérébrale que physique. Pour toi de lécher ta secrétaire, c'est un plaisir aussi, le plaisir de l'interdit sans doute". "- Charlotte, je vous en prie, ne rendez pas ma tâche plus difficile, nous sommes libres de nos choix, nous avons joué vous et moi mais maintenant ça suffit, cette situation ne me convient plus, alors je vous le dit voilà tout. Regardez notre différence d'âge, nos styles sont différents, nous n'appartenons pas à la même classe sociale, nous n'avons pas la même culture, tout nous sépare". "- C'est justement pour ça que tu m'intéresses, parce que tout nous sépare". Puis elle lui saisit la main et la fourra entre ses jambes. "- Allez vas-y, tu sais ce que tu as à faire". Juliette retira sa main énergiquement et baissa le tête, Charlotte lui tira à nouveau les cheveux plus fort, puis d'un ton autoritaire : "- Vas-y je te dis !". Juliette faisait indéfiniment attendre des réponses d'ailleurs dénuées de sens.
Parole qui avait alors changé le comportement de la jeune femme, qui savait au plus profond d'elle-même qu'elle finirait par obéir et se plier aux exigences de Charlotte, fut-elles inspirées par l'absence totale de respect pour elle. Alors Juliette, mécaniquement, la main tremblante, lentement, remonta vers son sexe et le caressa. "- Écoute ma chérie, il faut que tu te mettes dans la tête que tu as deux vies bien distinctes, ta vie classique, celle que tu mènes depuis toujours de femme d'affaires qui s'amuse à regarder les autres de haut et puis celle où tu es exactement l'inverse, tu es ma soumise, c'est toi qui doit exécuter tous mes caprices. Mais réfléchis, au fond tu as de la chance, avec moi au moins tu vis vraiment ! Bon je vais être gentille, je t'accorde la liberté totale en dehors de nos relations, c'est à dire que tu pourras rencontrer un homme si tu le désires ou quoi que ce soit d'autre. Mais je te préviens, à l'avenir, je n'accepterai plus aucune rébellion dans nos relations personnelles, tu dois accepter cette situation, tu n'as plus le choix, tu m'appartiens". "- J'ai compris." "- Tu vas être sâge et obéissante ?" "- Oui..."- Alors dis-le". "- Je vais être sâge et obéissante". Charlotte se déshabilla et se mit à quatre pattes sur le canapé, Juliette lui lécha le cul. Charlotte jouissait de la situation; celle qui un quart-d'heure plus tôt avec son tailleur Chanel lui faisait la leçon était en train de lui lécher l'anus, à elle, sa secrétaire. Puis, au bout d'un moment, Charlotte se leva, se rhabilla et sortit du bureau, elle revint deux minutes plus tard, un trousseau de clés en main qu'elle jeta sur le bureau puis elle prit une feuille et griffonna quelque chose dessus. "- Voilà c'est mon adresse et mes clés, tu prépareras le dîner, je reviendrai vers 20h, tu resteras habillée comme tu es mais tu auras ôté ton soutien-gorge et ton string et dégraffé deux boutons de ton chemisier". Juliette, livide, acquiesça alors sans dire un mot. Lorsque Charlotte rentra chez elle il était vingt et une heures passé, elle s'approcha de Juliette, la prit affectueusement dans les bras et l'embrassa, en ouvrant un coffret qu'elle avait à la main et en sortit un large collier, ras le cou en or, avec un médaillon gravé. "- Je t'ai fait un cadeau, tu ne peux pas dire que je ne te gâte pas. "- Ah bon ?" - Je ne m'attendais pas à ça, vraiment c'est gentil". "- Avant de dire que c'est gentil, lis ce qui est gravé sur le médaillon". Elle prit ses lunettes et lu "Juliette" en gros, puis en petit "Propriété de Charlotte de Moras" suivi de son téléphone. "- Non tu plaisantes, tu veux que je mette ça ? Tu n'as donc plus aucun respect pour moi ? C'est hors de question, tu vas trop loin maintenant". "- Viens ici et baisse les yeux, tu veux que je me fâche ?". "- Non". Comme un robot elle approcha, Charlotte lui mit le collier autour du cou puis sortant une petite pince de son sac écrasa le fermoir pour qu'on ne puisse plus jamais l'ouvrir. "- Attention, si tu l'enlèves, je te fais marquer." Progressivement Juliette s’enfonçait dans la soumission totale, Charlotte avait l'intelligence de la faire progresser par paliers. Jusqu'ou l'aménerait-elle ? Juliette qui était une femme BCBG avait une honte infinie, d'abord de se retrouver à agir d'une manière qu'elle jugeait totalement avilissante et inavouable mais de plus avec une jeune fille de vingt ans, qui non seulement aurait pu être sa fille, mais qui de plus était son employée. Malgré cela et contre son gré elle devait bien admettre que cette situation l'excitait. Elle savait qu'elle obtiendrait tout d'elle, même ce qu'elle n'osait pas avouer. Le lendemain, au travail elle reçu un SMS : "Appelle moi à ton bureau !". Elle le fit, une fois entrée, Charlotte s'assit sur le canapé, retira son string et écarta les jambes, puis l'oeil narquois."- J'ai une petite envie, viens ici !" Sans dire un mot, Juliette qui avait compris ce qu'elle attendait d'elle s'accroupit et entama un cunnilingus, bien malgré elle, elle était devenue experte en la matière lui léchant d'abord les grandes lèvres avec le plat de sa langue puis se concentrant sur le clitoris le titillant du bout de la langue d'abord doucement puis en accélérant, pendant ce temps elle pénétrait un doigt dans son anus, en faisait des petits cercles. La jouissance vint rapidement, une fois satisfaite dans un râle étouffé, Charlotte lui tapota la joue. "- Ce soir tu viens chez moi à vingt heures." Je sonne et au lieu de Charlotte, c’est une belle inconnue qui m’ouvre riant de ma surprise. L'effet de surprise passé, je fais tout pour paraître naturelle et avenante, afin d'éviter ainsi toutes formes de représailles douloureuses.
Chaque fois, je trouvais le meilleur moyen d'éviter d'avoir encore une brouille avec Charlotte, évitant ainsi d'avoir le visage décomposé et d'entendre le moindre reproche, soupçonnant, que peut-être, elle serait alors encore plus dure avec moi. Je l'entends me demander de rentrer et de venir à la cuisine où elle s’active pour finir de préparer des cocktails. Elle me présente la jolie jeune fille."- Voilà, c’est Caroline et ne ris pas, moi aussi j’ai franchi le pas, c’est ma femme", me dit-elle en m’embrassant doucement sur les joues. Je pensais que toutes mes prévisions tombaient à l’eau et j’étais bien loin du compte en réalité. On s’installa au salon pour déguster les douceurs un peu alcoolisées qui avaient été préparées. Charlotte me raconta leur rencontre faisant référence à la nôtre en comparaison comme si elle voulait me la rappeler, en me narguant. Après trois verres, Caroline mit de la musique douce et me demandant si j’aimais danser, elle me tendit la main. Regardant Charlotte, elle acquiesça de la tête. Je me retrouvais dans les bras de Caroline me guidant dans une danse lascive, ses mains sur mes reins. Charlotte nous regardait sirotant son verre quand les doigts de Caroline se posèrent sur mes hanches faisant remonter ma robe sur mes cuisses découvrant le haut de mes bas tenus par un porte-jarretelles. "- Regarde ma chérie, comme elle s’est habillée pour toi la salope" lui dit-elle. Je ne pouvais pas nier que la lingerie La Perla en dessous de ma robe devait faire son effet. "- Déshabille-la, elle adore ça dit en réponse Charlotte. Alors Caroline fit glisser la fermeture de ma robe, me la retira frôlant de ses doigts ma peau la faisant frissonner à ce contact. Elle me fit tourner sur moi-même pour laisser Charlotte me voir en entier. Au bout de quelques instants, celle-ci se leva, vint vers moi et m’arrêta face à elle et posa ses lèvres sur les miennes, m’en faisant partager le goût. Je me laissai griser par le plaisir quand je sentis Caroline se coller dans mon dos. J’étais prise entre les bouches de ses deux femmes, désirant me soumettre. Caroline dégrafant mon soutien-gorge pour que Charlotte pétrisse mes seins de ses mains. Puis les deux bouches glissèrent vers le bas, l’une dans mon dos, l’autre passant de mes seins à mon ventre. Doucement les quatre mains firent glisser mon string, leurs bouches sur mes fesses pour l’une et sur mon pubis rasé pour l’autre, me goûtant en totalité, en me faisant tourner sur moi-même au bout d’un moment pour explorer l'intégralité de mon corps pris en étau, de leurs langues intrusives et de leurs doigts gourmands. Je jouis une première fois, bien incapable de savoir sous la langue de laquelle cela se produisit. Puis elles me prirent par la main, et on se retrouva dans la chambre. Je m’allongeais docilement sur le lit, elles se déshabillèrent devant moi. Je découvris le corps de Caroline, sportif, très sculpté qui vint s’allonger contre moi. Je pus le caresser, l’embrasser, le goûter, pétrir ses seins, leurs aréoles et les pointes très sensibles, hérissées et durcies déjà, et son ventre parfaitement lisse. Charlotte m’encourageait en me caressant, tout en intoduisant un doigt dans mon rectum, puis elle s’arrêta, me laissant au plaisir et à la merci de Caroline qui me surprit, dans mon dos, par la dureté de l'olisbos dont elle s'était ceint à la taille. M'ordonnant de me mettre en levrette sans que ma langue ne perde les lèvres de Charlotte et pour la première fois, alorsqu’elle ne me l’avait jamais imposé, elle frotta son gode sur mon ventre innondé de cyprine et d’un coup, me sodomisa. Les mains sur mes hanches, la jeune fille poussa des reins, et le cône se prêta aux replis de mon étroite bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue en se distendant. L'olisbos disparut dans l'étroit orifice qui se referma derrière ses rebords saillants. Elles eurent toutes deux le spectacle de mon corps arqué dans un spasme délirant de volupté. La fin de soirée dura un long moment, prenant du plaisir plusieurs fois chacune jusqu’à ce que la faim ne nous ramène nues à table et pendant que je finissais le dessert, Caroline glissa sous la table avec sa flûte de champagne et me força à uriner dedans, à la porter à mes lèvres et à en déguster jusqu'à la dernière goutte le nectar encore tiède. Où était passée la fringante trentenaire très sûre d'elle. "- Qu’est-ce qui m’attend maintenant ?", demanda alors Juliette fébrilement."- D'abord, tu seras fouettée" "- Sévèrement ?" "- Sévèrement et par une professionnelle, et la fois prochaine, tu seras offerte à des femmes".
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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J'avais beau m'efforcer de l'oublier, j'étais alors sous son emprise. La porte refermée sur cette improbable compagne qui s'évanouissait déjà dans le passé, je pus me croire libre. Le lien de fer était rompu, la chaîne, détendue, traînait à terre. Enfin je me reposais, frappée d'une stupeur nerveuse. Son empreinte me brûle, quoi que j'aie pu tenter de m'y soustraire. Elle reste inextriquablement tissée dans la texture même de mon être. La première fois que j'avais voulu l'embrasser, j'attendais des transports ou une gifle. J'eus droit à des rites un peu slaves, des signes cabalistiques, de longs gants noirs enlevés lentement, des doigts en grille sur ma bouche, des lèvres chaudes qui se moquaient de moi. Dès le premier soir, tout était déjà inscrit. Les choses ne sont jamais fatales, sans doute mais précisément parce qu'elles ne le sont pas, elles ne se libèrent jamais du passé qui les fait grandir, des regards et des silences qui les font surgir. Elles naissent à chaque instant de l'instant qui les précède. Chaque parole échangée entre nous trace et définit d'avance les courbes de la relation. Les sentiments n'ont jamais l'épaisseur qu'ils ont dans le silence. Le temps qui s'écoule entre l'évènement et le récit leur prête tous les reflets, toutes les réfractions du souvenir. Pour ne jamais mentir, il faudrait vivre seulement. Mais les projets secrets, les desseins du cœur et les souvenirs brisent souvent cette simplicité impossible. Emmanuelle disparut de ma vie. Ne recevant aucune réponse aux lettres que je lui adressais, je cessai de lui écrire. Elle ne ne demeurait pas moins présente. Je m'éveillais le matin avec un sentiment d'abandon. Je ne pouvais concevoir qu'un amour aussi intense ait pu achopper sur ce qui m'apparaissait plus comme une indélicatesse que comme une trahison. Je croyais naïvement qu'elle reviendrait. Je demeurai trois mois ainsi dans l'incertitude. Je sursautais en entendant la sonnerie du téléphone, j'attendais le courrier avec angoisse. J'imaginais son existence à Rome. Je vivais comme un automate. J'accomplissais le rituel de la vie quotidienne, je voyais des amis, je faisais l'amour, mais ces gestes restaient extérieurs à moi-même. Mécaniquement, je ne m'y impliquais pas. Une maladie intérieure me minait. Personne autour de moi ne se doutait du drame que je vivais. À qui aurais-je pu en faire la confidence ? Personne ne connaissait l'existence d'Emmanuelle. Il ne me resterait aucune trace de cet amour. Cette idée m'effrayait parfois. Qu'un être ait pu remplir à ce point ma vie et s'effacer sans laisser aucun signe. La première fois que je la rencontrai au vernissage d'une exposition Giacometti au Musée Rodin, je fis tout pour attirer son attention. Juliette ne m'adressa pas même un seul regard. J'avais le tort d'exister à ses yeux, tout simplement.
C'est un paradoxe littéraire. Plus on décrit les gestes de l'amour, plus on les montre, plus la vision se trouble. Il y avait dans son regard comme une colère retenue, une condescendance moqueuse. Elle n'était pas bavarde, mais imprévue et subtile. Son intérêt la portait là, où précisément, je n'étais pas. Est-ce cette froideur qui m'intrigua ? Quand je lui adressai la parole, elle ne m'écouta qu'autant que la politesse l'exigeait. Elle arborait l'air résigné que les victimes de la mondanité réservent aux fâcheux, aux raseurs. Elle était aussi insensible à l'enthousiasme que je lui manifestais que peut l'être une statue en marbre du sculpteur. Quand je lui demandai son numéro de téléphone, elle me toisa avec une expression offensée. Eût-elle exprimé un peu plus d'urbanité qu'elle aurait moins piqué ma curiosité. La froideur de cette inconnue m'aguichait. Les contraires s'attirent. Sa présence me gênait. Elle s'interposait entre mes rêves et moi. Elle m'empêchait même de songer à elle. Notre rencontre avait du piquant. Le soin extrême qu'elle prenait pour afficher une élégance toute détachée m'intriguait. Une indifférence courtoisie m'eût découragée avec plus d'efficacité. Qu'avais-je fait pour la mériter ? Je n'eus pas le loisir de lui en demander l'explication car elle disparut en me tournant le dos. Le lendemain, je lui fis porter un bouquet de tulipes Bianca à son hôtel, accompagné d'une carte amicale. Je ne reçus aucune réponse. Je n'en fus pas étonnée. Espérant la rencontrer, j'allai bientôt me poster à la porte du Bristol, son hôtel. Je l'attendis sur le trottoir de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Enfin, je la vis apparaître. Dans les reflets de la porte à tambour, elle me parut plus grande, plus élancée, plus altière que jamais. Un soleil printanier éclairait alors mon espoir. Plutôt réservée, je n'avais pas pour habitude d'accoster une inconnue. Mais sa beauté exacerbait mon attirance saphique, fut-elle sans fière assurance. Elle sembla hésiter sur sa direction.
J'aurais dû être sans faiblesse. Mais cette femme avait l'obstination muette des humbles contre laquelle on ne peut rien, elle m'usait par sa résistance passive, et une certainr lacheté me la fit accepter à nouveau. Elle m'observait. Je n'en menais pas large. Je devais représenter un spécimen un peu nouveau pour elle. Je me flatte volontiers d'une absence de sentiments. Il m'arrive pourtant d'avoir ainsi des faiblesses qui trouent, malgré moi, mon indifférence et ma facilité à vivre. Cette incertitude l'humanisa à mes yeux. Sans hésiter, je m'approchai d'elle. Quand elle m'aperçut, elle eut un soudain mouvement de recul. Je lus dans son regard noir la lueur de blâme que l'on réserve aux extravagances d'une folle. "- Encore vous", soupira-t-elle. Notre conversation fut aussi cordiale qu'un échange de coups de pistolet, le matin, à l'aube, entre deux duellistes. Malgré mon sourire avenant, et ma fausse innocence, la partie semblait perdue. Je pensais à cette citation de Vigny: "Au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon". - Pourquoi ne me laissez-vous pas le temps de m'expliquer ? N'aimez-vous pas les tulipes ? - Je n'ai aucune envie d'entendre vos explications. - Pourquoi ne pas accepter le dialogue amical ? Avez-vous peur de votre propre faiblesse ? Je vis passer une flamme assassine dans ses yeux. Une femme ne pouvait-elle pas offrir des fleurs à une autre femme ? - Vous n'êtes pas de nature à m'en inspirer. - Pourquoi cette brutalité ? Pourquoi toujours imaginer le pire ? Que faites-vous de l'amitié ? - Me croyez-vous à ce point naïve ? Avec vous, je sais très bien à quel type de femme j'ai affaire. - C'est mal me connaître et me faire un procès d'intention. Je ne suis pas une amazone. - Prenez-le comme vous voudrez. Mais laissez-moi, vous perdez votre temps, je suis pressée. - Puis-je vous déposer quelque part ? - Non, c'est inutile, je reste dans ce quartier. - Avez-vous l'intention de déjeuner ? - Oui, mais pas avec vous. - Je vous propose un pacte amical. Nous déjeunons ensemble et je vous promets de ne plus tenter de vous revoir. Parole de femme, honneur de femme. Elle me regarda d'un air dubitatif. Balle au centre. - Puis-je accorder le moindre crédit à quelqu'un qui se comporte comme vous ? - Je vous répète, je vous donne ma parole d'honneur. Je la sentis vaciller. La situation tournait à mon avantage. La victoire était proche. Restait à traverser le pont d'Arcole. - Votre parole d'honneur, répéta-t-elle en haussant les épaules, je ne me fais aucune illusion sur vous. Mais je suis plus que lasse de votre insistance et de votre folie. Alors, je vous accorde vingt minutes. Pas une de plus. La politesse est la forme moderne de la dignité.
Une sorte de grand obstacle ruine régulièrement mes entreprises sentimentales. Dans mon élan vers elle, j'avais eu le parti pris d'oublier toutes les femmes que j'avais connues et de réussir ce que j'avais raté avec elles, un amour qui dure. Cette rencontre avait un sens symbolique. Au fond, elle m'initiait à la distance. Eût-elle voulu jouer les énigmatiques, elle eût pu y trouver une satisfaction. J'étais en train de lier à elle, dans ce monde plein de sensualités et de menaces, tout le bonheur que j'attendais de cette rencontre. Le présent de l'amour ressemblait au négatif d'une photographie argentique. Il fallait attendre le développement pour en avoir le cœur net. Parfois, il réserve bien des surprises. L'ennui, c'est que ce genre de difficultés est difficile à dire. Un restaurant nous tendait les bras à l'angle de la rue du Cirque. Je l'y conduisis. Pendant le déjeuner, elle resta fidèle à elle-même. Sur la défensive, hautaine, éludant toute question personnelle, ne m'offrant que l'armure d'une personnalité bouclée dans les conventions et le dédain. La glace contre le feu. Pourtant quelque effort qu'elle fît pour être désagréable, elle ne parvenait pas à me déplaire. Je sentais en elle, derrière la Ligne Maginot qu'elle m'opposait, un attirant tumulte de contradictions qui n'était pas sans charme. Au moins, elle ne ressemblait à personne. En vérité, il faut bien reconnaître que moi aussi. Le café bu, elle se leva et, sans se départir de son air farouche, elle prit congé. Pendant quelques instants, cette femme m'avait paru précieuse. Je n'attendais plus d'elle que l'ultime cadeau qu'elle pouvait me faire: s'en aller. - Maintenant que j'ai eu la faiblesse d'accepter votre déjeuner, j'espère que vous allez tenir votre promesse. Merci pour les tulipes. Adieu. Elle disparut laissant derrière elle un sillage glacé comme un blizzard. Je tins parole. Pendant dix jours. Puis je l'appelai dans sa propriété non loin de Bordeaux, dans les vignobles. - Et votre promesse, s'exclama-t-elle. En plus, vous êtes parjure. Le ton de sa voix n'exprimait qu'un courroux de façade purement formel. Ce qui était un progrès. Et puis n'avais-je pas évité le pire, elle n'avait pas raccroché. - J'ai promis de ne plus vous voir, pas de ne pas vous téléphoner. - Vous êtes bien française, dit-elle en ciselant ce qualificatif pour marquer son mépris, se cramponnant à ses diktats.
Elle se sentait maintenant légère ainsi qu'elle voulait l'être pour vagabonder sans un mot, d'un sourire à un lit. Les choses se passaient, hélas, avec une inconsistance, un flou qui se durcissait ensuite en sentiments, en convictions, en images, mais qui semblaient nés d'abord du hasard, d'un kaléidoscope dérisoire hâtivement secoué. Maintenant que l'amère habitude de ses amabilités était prise, je prenais un certain plaisir à la voir décocher ses flèches. - Quand venez-vous à Paris ? - Que vous importe puisque vous m'avez juré de ne pas chercher à me revoir. - Je sais par l'une de mes amies, que vous serez après-demain à un dîner chez les Moras. - Vous ne me donnez pas envie de m'y rendre. J'attendais de cette rencontre quelque chose de confus, une issue possible. J'étais pleine d'espoir. Mais une pensée surtout me troublait. Pourquoi cette femme était là et non une autre ? Quelle suite de hasards, d'agissements fortuits, de contretemps, d'obligations, de retards avaient tissé les fils de cette rencontre à la fois prodigieuse et dérisoire ? Quand elle raccrocha, je conservai un instant le combiné muet à la main. Pourquoi insister ? Oui, pourquoi ? Par jeu ? Il y a des rencontres qui, comme celle-ci, ne commencent pas précisément par de forts encouragements. Si elle avait ressenti un coup de foudre pour moi, elle le dissimulait bien. Peut-être n'aimait-elle pas partager son lit avec une femme ? Tout simplement. Mais alors, pourquoi ne pas me l'avouer ? Il y a des vérités qui ne méritent aucune contestation. Mais alors, pourquoi n'avoir en tête que cet horrible mot de réciprocité La réciprocité en amour est un calcul bourgeois. Pas d'investissement du capital sans un rendement substantiel. Cette femme, sans doute mariée, avait beau me rabrouer, elle me plaisait. sapiosexuelle exigeante, bisexuelle très pratiquante. Elle m'attirait pour une raison que je ne cherchais pas à m'expliquer. Mais après-tout exige-t-on de Dieu qu'il vous donne des preuves de réciprocité. Et puis parfois, en amour, on a l'impression sans vraiment savoir pourquoi, qu'en dépit des obstacles, le destin a déjà gravé notre avenir. Calculer la somme des probabilités qui amène deux personnes à se parler, puis à s'aimer, est une opération effrayante. Surtout si l'on considère que du silence, il peut résulter une passion, fruit d'une accumulation exponentielle de hasards. Et cette histoire aussi était probablement déjà écrite dans un mystérieux livre qu'hélas je n'avais pas lu. Comme se serait simple de pouvoir consulter le livre des destinées avant d'offrir un bouquet de tulipes à une femme. On éviterait tant d'impairs, de temps perdu, de malentendus, mais on passerait aussi à côté de la vie et de ses surprises. Elle vint à Paris. Je me trouvai au même dîner qu'elle. Elle m'accueillit avec son habituelle mansuétude. Après le dîner, elle tenta de s'éclipser mais je la rejoignis dans l'escalier, abandonnant mon amie Emmanuelle. L'immeuble donnait sur le jardin du Luxembourg. Il y avait dans l'air je ne sais quel parfum de printemps. Nous fîmes quelques pas en silence.
Désormais, mon attirance irrésistible n'avait plus besoin de raisons pour éclater ni mon ressentiment de causes pour être définitif. Quelle nuit réelle me donnerait autant d'émotions, de feu dans le cœur ? Vivre m'amusait, j'étais jalouse, sentimentale, elle était indifférente, cynique. Il me semblait choisir sur des coups de dés, dont j'ignorais toujours si je les jetais moi-même. Un silence doux et reposant comme une paix. Elle avait une voiture anglaise, comme elle. Elle était née à Londres mais elle vivait à Bordeaux. Je lui demandai de me raccompagner. Elle accepta en poussant un soupir. Elle gara sa voiture en bas de chez moi. Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité. Je tentai alors de l'embrasser en posant une main audacieuse sur sa cuisse nue. Elle ne me repoussa pas. Au contraire, elle répondit à mon désir avec tant de fougue que j'en fus presque déconcertée. Une grande bataille est celle que l'on remporte avec une résistance farouche. Je la dévêtis contre le mur. La découverte de son porte-jarretelles me troubla. Elle ne pouvait exprimer plus clairement ses intentions. Ainsi, elle s'était armée pour l'amour. Rien n'avait été laissé au hasard. La seule chose qu'elle avait abandonnée au jeu des circonstances, c'était le choix de la partenaire. Avais-je même été choisie ? Cette dérision me parut tragique. Bientôt, je me ressaisis. Après tout pas de raison de se lamenter à propos d'un porte-jarretelles. Nous accomplîmes tous les rites que nous attendions l'une de l'autre. L'angoisse avait disparu. Le silence se chargea du reste. Dès lors, elle bascula, comme une statue bascule de son socle. Nous nous retrouvâmes chez moi. Et ce fut comme si, de toutes ses forces, elle tenait à démentir l'indifférence qu'elle m'avait manifestée. Nous nous aimâmes dans une douce ambiance de paix conclue, sur un lit d'armes abandonnées et de sensualité débridée. Déshabillée de son agressivité et de sa pudeur, elle demeurait menaçante comme une tempête apaisée. Ses refus donnaient un prix mystérieux à son abandon. Je l'admirais comme une belle énigme. Avais-je véritablement une femme devant moi qui avait cédé à une pulsion saphique ou l'incarnation d'un phénomène météorologique ? Son corps magnifique était celui d'une femme aimante, mais les ressorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements imprévisibles d'une tornade. Loin de me sentir maîtresse de la situation, il me semblait que je n'avais été que l'exécutante d'un jeu qui me dépassait. Charlotte entra dans ma vie au même moment où Emmanuelle en sortit. Une nouvelle vie, un nouvel amour. Je me retrouvai telle une femmes égarée. Je les fréquentais, mais je ne croisais que des ombres. Je pensais toujours à Emmanuelle. Chaque nuit j'avais l'impression non de la tromper mais de me trahir. Je ne la quitterai pas pour une femme en particulier mais pour toutes les femmes.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Silencieuse et invariable, elle semblait presque inexistante, mais sa ferme détermination à assouvir le moindre de mes fantasmes, tandis que je regardais dans la glace, comme de vains et fragiles agréments, les traces de fouet sur son corps désirable, emportait ma certitude. Il me fallait à tout prix effacer de l'esprit de Charlotte l'idée que je ne m'intéressais plus à elle et que je ne parlais plus d'elle qu'avec distraction seulement, et même parfois malveillance. Car en réalité, je cherchais à lui prouver ma satisfaction à la voir chaque jour davantage accepter avec joie et sans équivoque, l'idée d'être désignée comme mon esclave particulière, ce qui ne la dispensait pas parfois d'être offerte, comme il en avait été décidé avec elle. Même si rien ne lui serait imposé de force, elle continuerait à être outragée et fouettée, dans des lieux publics ou privés, et pour mon seul plaisir, bâillonnée, elle serait aveugle et muette de sa propre déchéance, sans dire à personne que je l'en avais sollicitée. Les choses qu'on cherche le plus à fuir sont celles qu'on arrive à ne pouvoir éviter. Et rien au monde ne pouvait me satisfaire autant que de la voir attachée, nue et brutalisée comme un objet informe et sans vie. J'étais glacée de honte. Je n'étais pas faite pour les liaisons monotones, il me fallait du danger, le souffle d'un abîme, la cuisante morsure d'une désillusion, le déchaînement de la reconquête, meurtrissures, brûlures et soies déchirées. Une recherche instinctive de la volupté, de réjouissance et de luxure. Jamais je n'avais eu avec elle l'attitude d'une amoureuse. Souvent, je la regardais froidement, et quand je lui souriais, le sourire allait rarement jusqu'à mes yeux. Mais aujourd'hui, j'étais prête à quelques concessions. Dès que je sortis dans la rue, je l'aperçus. Charlotte m'attendait dans une mini robe très courte rouge. J'allai vers elle. Je l'embrassai. Et soudain, quelque chose se brisa. Cette jeune fille que j'avais devant moi, c'était une autre, pas celle que j'avais rêvée. Certes, elle était éclatante, jeune, blonde, aimante, tendre comme l'autre, mais il lui manquait une qualité qui n'appartenait qu'à l'autre. Elle me demanda: "- préférez-vous que je vous laisse seule ?" Elle me sourit. Je la regardai avec une expression d'incrédulité mais je vibrais encore de la ferveur de ses mains. Le lendemain soir, elle vint chez moi. Tout alla très vite. Il n'y a que les femmes légères qui hésitent à se donner. Je l'aimais pour la gravité qu'elle mettait dans l'amour. Sa beauté, mais plus encore l'air de bonté qui émanait d'elle. Il était moins de minuit quand nous entrâmes rue Saint-Honoré à La Marquise et nous allâmes nous asseoir tous les trois dans un angle où un guéridon était encore libre. Vincent commanda du champagne et Charlotte s'installa à côté de Juliette. Le contraste entre les deux jeunes femmes avait de quoi bluffer un homme. Charlotte était blonde, avec la fragilité apparente de la porcelaine de Saxe et de grands yeux bleus pleins d'innocence. Juliette, brune aux cheveux courts, un fauve racé, très sportive, dévorant les jolies filles et la vie à pleines dents. Peu à peu, nos pupilles bientôt s'habituèrent à la pénombre qui régnait. L'endroit était frais, agréable, une musique anglo-saxonne en fond sonore, tout au fond de la salle, il y avait un grand rideau derrière lequel nous entendions par instants des éclats de rire et des exclamations. Autour de nuit, des couples flirtaient sans trop de retenue, Vincent leva son verre en direction de Juliette qui lui répondit avec un sourire. Ils étaient beaux tous les deux et très amoureux l'un de l'autre. Ils ne s'adonnaient désormais plus aux jeux échangistes qu'ils pratiquaient autrefois. Le champagne était délicieusement frais et pétillant. Bientôt, une jeune femme passa devant eux, attirant tout de suite l'attention de Juliette. Elle était ravissante, cheveux blonds coiffés en queue de cheval, longiligne, le visage souriant, bronzée. Sa silhouette élancée était mise en valeur par une jupe noire très courte montrant des bas qui luisaient langoureusement. Un charme fou, une distinction naturelle. La Marquise était un établissement dont l'organisation était sans défaut. On pouvait très bien rester dans la première salle et y boire un verre tranquillement dans une atmosphère ne dépassant pas le flirt un peu poussé. La jeune femme qui venait d'arriver s'était assise non loin d'eux et ils auraient juré qu'elle venait là pour la première fois. À la table voisine, un couple, lèvres soudées, s'étreignait passionnément et la main de l'homme était invisible sous la robe de sa compagne dont les jambes frémissaient par instants, s'ouvraient insensiblement, puis se refermaient comme sous l'effet d'un bref retour de pudeur. Leur patience semblait être à dure épreuve mais grâce à ce jeu érotique, ils pouvaient demeurer des heures sans s'ennuyer. Ce n'est pas à dire que la scène qui suivit causa à la maîtresse de Charlotte un grand plaisir.
Sous ses cheveux noirs et la pointe mutine de son nez, Juliette souriait ironiquement, en mordant fortement dans tous les regards des hommes pris par des fureurs de lubricité, à tel point qu'il lui sembla acquis qu'elle était la seule vertueuse dans l'assemblée. Ils furent rejoints par une jeune femme totalement nue, au corps parfait et au visage délicat de petite fille sage, qui paraissait être à la limite de l'épuisement physique. Elle avait été désignée pour recevoir par tous les orifices prévus par la nature, la semence des hommes. Alors, ils la forcèrent, sans qu'elle puisse se défendre, lui arrachant des cris d'horreur et de douleur. Soudain, ils se levèrent et disparurent derrière le rideau rouge, sans doute pour rejoindre alors une alcôve. Juliette avait imperceptiblement changé d'attitude, Vincent la connaissait suffisamment pour deviner qu'elle avait envie de lui, mais plus encore, d'aller jeter un coup d'œil dans l'autre salle, de profiter ainsi de l'opportunité pour faire connaissance de la ravissante blonde. Une conquête facile et surtout agréable, d'autant que l'attirance paraissait mutuelle. Son maquillage était discret. Assurément sous son chemisier transparent, elle ne portait pas de soutien-gorge car on devinait ses seins libres et fermes. Sous des airs de jeune fille BCBG, elle devait avoir un tempérament de feu. Elle avait vingt ans. Même pas, dix-huit ans et demi. Un âge diabolique pour Juliette qui en a quinze de plus. Elle est distinguée, blonde, avec des yeux magnifiques, le visage encadré par une sage chevelure. Piquante, peu farouche, elle avait cette liberté des jeunes filles de bonne famille émancipées. Elle devait traîner tous les cœurs derrière elle. Elles décidèrent toutes les deux après avoir échangé quelques paroles anodines de rejoindre Charlotte et Vincent dans l'autre salle, derrière le rideau. Sur les banquettes garnies de coussins qui faisaient le tour de la pièce surchauffée, des couples faisaient l'amour sans retenue. Quelque part, s'éleva un long gémissement de plaisir. Juliette avait retrouvé ses ardeurs saphiques, dont Vincent avait l'habitude. Un inconnu contempla Charlotte, surpris de sa retenue, puis jeta un bref regard à Vincent, comme pour solliciter une autorisation. À La Marquise, tout le monde était bien élevé. Voyant qu'il n'y avait aucun refus, il se baissa alors vers Charlotte qui gardait obstinément les paupières closes et, la prenant par la taille, la redressa doucement jusqu'à ce qu'elle fût agenouillée devant lui. Puis il releva sa robe le plus haut possible dans son dos, défit lentement le tanga en soie jaune qui voilait ses hanches. Elle frémit quand il commença à caresser ses fesses nues qui s'offraient vers lui. Sans se l'avouer, elle adorait se faire prendre par un inconnu dont elle se refusait à voir les traits, ce qui devait combler son fantasme favori. Juliette avait conquis la ravissante blonde. Elle s'appelait Florence. Le désir n'a jamais l'épaisseur qu'il a dans le silence. Elles s'embrassaient amoureusement, les langues entremêlées. À genoux, la main de Juliette allait à la découverte des merveilles entrevues dans le décolleté de Florence. Ses seins tenaient juste dans la paume de sa main et avaient une fermeté remarquable. Le bout des doigts caressait, tour à tour, chaque auréole et elle sentait les pointes commencer à s'ériger. Elle la fit basculer pour l'allonger sur la banquette. Elle fermait les yeux mais sa respiration avait changé de rythme. Elle couvrit son visage de baisers, sur les lèvres, passant sa langue derrière son oreille, ce qui la fit frémir. Florence mordillait les pointes des seins de Juliette. Elles tanguèrent alors, ivres et muettes, au son d'une musique imaginaire très lente.
Dans l'état d'exaltation où elle était, il sembla à Juliette, toute pleine de râles précipités, prolongés et criards, être prise dans un vertigineux et merveilleux tourbillon, où elle allait savoir l'odeur, le goût qu'avait ce fruit rose inconnu, Elles s'entremêlent pendant des siècles, mourant d'envie de se jeter à terre. Après lui avoir ôté ses talons hauts, Juliette commença à faire glisser sa main le long de la jambe dont le galbe du mollet était parfait, sa main crissait sur les bas. Bientôt la main continua sa reptation au dessus du genou, vers l'entrecuisse de Florence. Juliette s'aperçut qu'elle ne portait que des bas. Florence riva son regard sur les doigts de Juliette qui parcouraient sa fente, tandis que son clitoris, décalotté, pointait tel un dard. Florence ne tarda pas à jouir. À peine risquait-elle une fiévreuse caresse, un élan passionné, que Florence entrait aussitôt dans des ardeurs trop vite maximales. Juliette freinait donc là où une femme devait pouvoir se lâcher. Elle se réservait toujours au lieu d'offrir sa confiance en même temps que son corps, ce qui on en conviendra rationne le plaisir. Elle avisa que le comportement de Florence, sans être insolent, allait à l'encontre des préceptes qu'il lui faudrait bientôt assimiler, pour la rendre docile, bien entendu, mais surtout, résignée à se priver d'orgasme, avec un respect infini et la langueur qu'elle attendrait d'elle. Dans une alcôve plongée dans la pénombre, une ravissante blonde aux cheveux courts, commençait à se déshabiller. Sa jupe flottait au gré de ses mouvements. Par moment, elle s’ouvrait sur le côté laissant apparaître la blancheur d’une cuisse nue jusqu’au niveau de l'aine. Elle attrapa le bas de la jupe et la fit voler, découvrant volontairement ses jambes au regard de l’assistance. Elle défit les boutons de son chemisier dévoilant son ventre en ondulant des hanches dans un balancement lascif. Bientôt, un homme s'enhardissant lui ôta. Le soutien-gorge descendu fit apparaître l'aréoles de ses seins. Que lui importait ? Il était clair à ses yeux que dorénavant au cours de la soirée, rien ne serait choquant, clair aussi que ses hanches minces, ses larges épaules, ses longues jambes, la fente de son ventre lisse, sa bouche et enfin et surtout l'étroit pertuis de ses reins devraient s'offrir sans pudeur. Se donner à l'amour, esclave et comblée. Elle s’exhibait sans retenue. Deux autres invités s’approchèrent, un dégrafa le soutien-gorge, libérant les seins qui étaient déjà fièrement dressés. Le premier les malaxa sans douceur. Le second attoucha ses fesses. Elle était maintenant nue. De nombreuses mains prirent alors possession de son corps offert, aucune partie ne fut oubliée. les doigts fouillèrent son vagin et son anus. Elle implora d'être prise. Un homme s’allongea sur elle, la pénétra tout aussi rapidement et commença des mouvements de va-et-vient. Un sexe s’approcha de sa bouche, elle happa le membre viril qui s'enfonça dans sa gorge. Juliette et Florence avaient choisi de profiter d'un recoin sombre de la salle pour s'abandonner de façon plus discrète. Elles étaient totalement nues maintenant. Étendue sur le dos, les bras rejetés en arrière, Florence se livrait sans pudeur. Juliette avait décidé de la dompter, de la soumettre durement, de la rabaisser, de l'anéantir presque. Mais le lieu ne s'y prêtait pas. Elle se jura en elle-même de parvenir à ses fins. Comme dans un rêve, sous ses caresses, elle entendit le feulement de Florence qui se cambrait de tous ses muscles. Un instant ses cuisses se resserrèrent convulsivement autour de la tête de Juliette puis s'écartèrent de nouveau dans un mouvement d'abandon. Juliette plongea ses doigts humides dans l'intimité moite, constatant fièrement, que Florence avait de nouveau joui. Les portant à sa bouche après, elle les lècha longuement entre ses lèvres, se délectant de l'éjaculat mêlé à la cyprine. Elle ne s'était pas trompé dans le jugement qu'elle avait porté sur la personnalité de Florence. Après un dressage strict, elle deviendrait certainement une parfaite soumise. En attendant ces réalisations après coup d'un rêve auquel elle tenait plus que tout, comme à un temps où elle ne connaissait pas Juliette, la jeune femme, à force d'imaginer des scènes impensables de lubricité, finit par les accepter comme très raisonnables.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Le désir cherchait avec une impatiente convoitise l'interprétation de la beauté de son regard qui maintenant lui souriait et semblait alors la posséder. La jeune femme y rêva toute la soirée, qu'elle alla, comme elle le faisait chaque jour, passer au cimetière du Père-Lachaise, parmi les dalles grises et les tombeaux de marbre blanc. On prétend que parfois, au moment même où il disparaît, jaillit alors un rayon blanc, que la jeune femme n'avait jamais contemplé de ses yeux, mais qu'elle attendait naïvement chaque soir. Elle m'observait. Je n'en menais pas large. Je devais représenter un spécimen un peu nouveau pour elle. Je me flatte volontiers d'une absence de sentiments. Il m'arrive pourtant d'avoir ainsi des faiblesses qui trouent, malgré moi, mon indifférence et ma facilité à vivre. Cette incertitude l'humanisa à mes yeux. Sans hésiter, je m'approchai d'elle. Quand elle m'aperçut, elle eut un soudain mouvement de recul. Je lus dans son regard noir la lueur de blâme que l'on réserve aux extravagances d'une folle. "- Encore vous", soupira-t-elle. Notre conversation fut aussi cordiale qu'un échange de coups de pistolet, le matin, à l'aube, entre deux duellistes. Malgré mon sourire avenant, et ma fausse innocence, la partie semblait perdue. Je pensais à cette citation de Vigny: "Au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon". "- Pourquoi ne me laissez-vous pas le temps de m'expliquer ? N'aimez-vous pas les tulipes ? - Je n'ai aucune envie d'entendre vos explications. - Pourquoi ne pas accepter le dialogue amical ? Avez-vous peur de votre propre faiblesse ?" Je vis passer une flamme assassine dans ses yeux. Une femme ne pouvait-elle pas offrir des fleurs à une autre femme ? "- Vous n'êtes pas de nature à m'en inspirer. - Pourquoi cette brutalité ? Pourquoi toujours imaginer le pire ? Que faites-vous de l'amitié ? - Me croyez-vous à ce point naïve ? Avec vous, je sais très bien à quel type de femme j'ai affaire. - C'est mal me connaître et me faire un procès d'intention. Je ne suis pas une amazone. - Prenez-le comme vous voudrez. Mais laissez-moi, vous perdez votre temps, je suis pressée. - Puis-je vous déposer quelque part ? - Non, c'est inutile, je reste dans ce quartier. - Avez-vous l'intention de déjeuner ? - Oui, mais pas avec vous. - Je vous propose un pacte amical. Nous déjeunons ensemble et je vous promets de ne plus tenter de vous revoir. Parole de femme, honneur de femme." Elle me regarda d'un air dubitatif. Balle au centre. "- Puis-je accorder le moindre crédit à quelqu'un qui se comporte comme vous ? - Je vous répète, je vous donne ma parole d'honneur. Je la sentis vaciller. La situation tournait à mon avantage. La victoire était proche. Restait à traverser le pont d'Arcole. - Votre parole d'honneur, répéta-t-elle en haussant les épaules, je ne me fais aucune illusion sur vous. Mais je suis plus que lasse de votre insistance et de votre folie. Alors, je vous accorde vingt minutes. Pas une de plus." Elle pensa alors à toutes les ombres éphémères qui l'avaient entourée. Etait-ce le malheur et la franchise qu'elle apporterait sans cesse avec elle ? Cette rencontre avait un sens symbolique. Au fond, elle m'initiait à la distance. Eût-elle voulu jouer les énigmatiques, elle eût pu y trouver une satisfaction. J'étais en train de lier à elle, dans ce monde plein de sensualités et de menaces, tout le bonheur que j'attendais de cette rencontre. Le présent de l'amour ressemblait au négatif d'une photographie argentique. Il fallait attendre le développement pour en avoir le cœur net. Parfois, il réserve bien des surprises. L'ennui, c'est que ce genre de difficultés est difficile à dire. Un restaurant nous tendait les bras à l'angle de la rue du Cirque. Je l'y conduisis. Pendant le déjeuner, elle resta fidèle à elle-même. Sur la défensive, hautaine, éludant toute question personnelle, ne m'offrant que l'armure d'une personnalité bouclée dans les conventions et le dédain. La glace contre le feu. Pourtant quelque effort qu'elle fît pour être désagréable, elle ne parvenait pas à me déplaire. Je sentais en elle, derrière la Ligne Maginot qu'elle m'opposait, un attirant tumulte de contradictions qui n'était pas sans charme. Au moins, elle ne ressemblait à personne. En vérité, il faut bien reconnaître que moi aussi. Le café bu, elle se leva et, sans se départir de son air farouche, elle prit congé. Pendant quelques instants, cette femme m'avait paru précieuse. Je n'attendais plus d'elle que l'ultime cadeau qu'elle pouvait me faire: s'en aller. "- Maintenant que j'ai eu la faiblesse d'accepter votre déjeuner, j'espère que vous allez tenir votre promesse. Merci pour les tulipes. Adieu." Elle disparut laissant derrière elle un sillage glacé comme un blizzard. Je tins parole. Pendant dix jours. Puis je l'appelai dans sa propriété non loin de Bordeaux, dans les vignobles. "- Et votre promesse, s'exclama-t-elle. En plus, vous êtes parjure." Le ton de sa voix n'exprimait qu'un courroux de façade purement formel. Ce qui était un progrès. Et puis n'avais-je pas évité le pire, elle n'avait pas raccroché. "- J'ai promis de ne plus vous voir, pas de ne pas vous téléphoner. - Vous êtes bien française", dit-elle en ciselant ce qualificatif pour marquer un mépris. Alors je m'inclinai, rêvant de lui baiser la main. Elle riait de me voir transformée, comme dans un bal masqué.
Mais je dus éviter son regard quand, en un coup d'œil pénétrant, elle sembla me dénuder totalement pour me prendre, et trompée par l'illusion d'être possédée toute entière, et pleine de désirs sensuels, un sourire illumina mon visage. Que son expression suffise à fléchir mon incontrôlable emballement et à faire croire à un abandon en rase campagne était inimaginable, tant il y a des cruautés, des cynismes qui ne résistent pas plus à l'épreuve que certaines complaisances, certaines générosités. Le soir tomba enfin, le soir tant attendu. Le ciel devint noir, des ombres se profilèrent longuement. Le paysage était devenu un peu vert, avec des arbres, des vallonnements gracieux, pendant une demi-heure, le temps d'une vie. Elle se sentait maintenant légère ainsi qu'elle voulait l'être pour vagabonder sans un mot, d'un sourire à un lit. Les choses se passaient, hélas, avec une inconsistance, un flou qui se durcissait ensuite en sentiments, en convictions, en images, mais qui semblaient nés d'abord du hasard, d'un kaléidoscope dérisoire hâtivement secoué. Maintenant que l'amère habitude de ses amabilités était prise, je prenais un certain plaisir à la voir décocher ses flèches. "- Quand venez-vous à Paris ? - Que vous importe puisque vous m'avez juré de ne pas chercher à me revoir. - Je sais par l'une de mes amies, que vous serez après-demain à un dîner chez les Moras. - Vous ne me donnez pas envie de m'y rendre. "J'attendais de cette rencontre quelque chose de confus, une issue possible. J'étais pleine d'espoir. Mais une pensée surtout me troublait. Pourquoi cette femme était là et non une autre ? Quelle suite de hasards, d'agissements fortuits, de contretemps, d'obligations, de retards avaient tissé les fils de cette rencontre à la fois prodigieuse et dérisoire ? Quand elle raccrocha, je conservai un instant le combiné muet à la main. Pourquoi insister ? Oui, pourquoi ? Par jeu ? Il y a des rencontres qui, comme celle-ci, ne commencent pas précisément par de forts encouragements. Si elle avait ressenti un coup de foudre pour moi, elle le dissimulait bien. Peut-être n'aimait-elle pas partager son lit avec une femme ? Tout simplement. Mais alors, pourquoi ne pas me l'avouer ? Il y a des vérités qui ne méritent aucune contestation. Mais alors, pourquoi n'avoir en tête que cet horrible mot de réciprocité La réciprocité en amour est un calcul bourgeois. Pas d'investissement du capital sans un rendement substantiel. Cette femme, sans doute mariée, avait beau me rabrouer, elle me plaisait. sapiosexuelle exigeante, bisexuelle très pratiquante. Elle m'attirait pour une raison que je ne cherchais pas à m'expliquer. Mais après-tout exige-t-on de Dieu qu'il vous donne des preuves de réciprocité. Et puis parfois, en amour, on a l'impression sans vraiment savoir pourquoi, qu'en dépit des obstacles, le destin a déjà gravé notre avenir. Calculer la somme des probabilités qui amène deux personnes à se parler, puis à s'aimer, est une opération effrayante. Surtout si l'on considère que du silence, il peut résulter une passion, fruit d'une accumulation exponentielle de hasards. Et cette histoire aussi était probablement déjà écrite dans un mystérieux livre qu'hélas je n'avais pas lu. Comme se serait simple de pouvoir consulter le livre des destinées avant d'offrir un bouquet de tulipes à une femme. On éviterait tant d'impairs, de temps perdu, de malentendus, mais on passerait aussi à côté de la vie et de ses surprises. Elle vint à Paris. Je me trouvai au même dîner qu'elle. Elle m'accueillit avec son habituelle mansuétude. Après le dîner, elle tenta de s'éclipser mais je la rejoignis dans l'escalier, abandonnant mon amie Béatrice. L'immeuble donnait sur le jardin du Luxembourg. Il y avait dans l'air je ne sais quel parfum de printemps. Nous fîmes quelques pas en silence. Quelle nuit réelle me donnerait autant d'émotions, de feu dans le cœur ? Vivre m'amusait, j'étais jalouse, sentimentale, elle était indifférente, cynique. Il me semblait choisir sur des coups de dés, dont j'ignorais toujours si je les jetais moi-même. Un silence doux et reposant comme une paix. Elle avait une voiture anglaise, comme elle. Elle était née à Londres mais elle vivait à Bordeaux. Je lui demandai de me raccompagner. Elle accepta en poussant un soupir. Elle gara sa voiture en bas de chez moi. Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité. Je tentai alors de l'embrasser en posant une main audacieuse sur sa cuisse nue. Elle ne me repoussa pas. Au contraire, elle répondit à mon désir avec tant de fougue que j'en fus presque déconcertée. Une grande bataille est celle que l'on remporte avec une résistance farouche. Je la dévêtis contre le mur. La découverte de son porte-jarretelles me troubla. Elle ne pouvait exprimer plus clairement ses intentions. Ainsi, elle s'était armée pour l'amour. Rien n'avait été laissé au hasard. La seule chose qu'elle avait abandonnée au jeu des circonstances, c'était le choix de la partenaire. Avais-je même été choisie ? Cette dérision me parut tragique. Bientôt, je me ressaisis. Après tout pas de raison de se lamenter à propos d'un porte-jarretelles. Nous accomplîmes tous les rites que nous attendions l'une de l'autre. L'angoisse avait disparu. Le silence se chargea du reste. Dès lors, elle bascula, comme une statue bascule de son socle. Nous nous retrouvâmes chez moi. Et ce fut comme si, de toutes ses forces, elle tenait à démentir l'indifférence qu'elle m'avait manifestée. Nous nous aimâmes dans une douce ambiance de paix conclue, sur un lit d'armes abandonnées et de sensualité débridée. Déshabillée de son agressivité et de sa pudeur, elle demeurait menaçante comme une tempête apaisée. Ses refus donnaient un prix mystérieux à son doux abandon. Je l'admirais comme une belle énigme. Avais-je véritablement une femme devant moi qui avait cédé à une pulsion saphique ou l'incarnation d'un phénomène météorologique ? Son corps était celui d'une femme aimante, mais les ressorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements d'une tornade. Loin de me sentir maîtresse de la situation, il me semblait que je n'avais été que l'exécutante d'un jeu qui me dépassait. Emma entra dans ma vie au même moment où Béatrice en sortit. Une nouvelle vie, un nouvel amour. Je me retrouvai telle une femmes égarée. Je les fréquentais, mais je ne croisais que des ombres. Je pensais toujours à Béatrice. Chaque nuit j'avais l'impression amère, non de la tromper mais de me trahir.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Il faut avouer que Charlotte aimait se faire désirer, et en dehors de tout dépit amoureux, quand mieux qu'avec des paroles, par des caresses indéfiniment répétées et infiniment douces, elle aurait prouvé à Juliette qu'elle n'avait pas de goût à la voir, si ce n'est que pour s'adonner à des scènes de sauvagerie charnelle et à des séances de sado-masochisme, elle qui avait fini par admettre son goût pour la souffrance. Juliette l'aimait, mais ne voulait le lui dire. La jeune femme avait ce don insoupçonné de percevoir dans la langue ce qui ne s'entend pas. Elle se permit d'arranger quelques boucles brunes sur les épaules de son amante, accompagnant son geste tendre d'une moue admirative. Alors qu'il y avait au-dessus d'elle une grande glace, recouvrant totalement le plafond, que n'interrompait aucun luminaire, la jeune femme se voyait ouverte, chaque fois que son regard rencontrait le large miroir. Comme dans un rêve, on entendait le feulement de Charlotte monter peu à peu vers l'aigu et un parfum déjà familier s'exhala de sa chair sur laquelle les lèvres de Juliette étaient posées. La source qui filtrait de son ventre devenait fleuve au moment qui précède le plaisir et quand elle reprit la perle qui se cachait entre les nymphes roses qu'elle lui donnait. Elle se cambra de tous ses muscles. Sa main droite balaya inconsciemment la table de travail sur laquelle elle était allongée nue et plusieurs objets volèrent sur la moquette. Un instant, ses cuisses se resserrèrent alors autour de sa tête puis s'écartèrent de nouveau dans un mouvement d'abandon très doux. Elle était délicieusement impudique, ainsi couchée devant Juliette, les seins dressés vers le plafond, les jambes ouvertes et repliées dans une position d'offrande totale qui lui livrait les moindres replis de son intimité la plus secrète. Quand elle commençait à trembler de tout son être, elle viola d'un doigt précis l'entrée de ses reins et l'orgasme s'abattit sur elle avec une violence inouïe. Pendant tout le temps que le feu coula dans ses veines, Juliette but le suc délicieux que son plaisir libérait et quand la source en fut tarie, elle se releva lentement. Charlotte était inerte, les yeux clos, les bras en croix. Tout ne lui serait pas infligé à la fois. Elle aurait plus tard la permission de se débattre, de crier et de pleurer. Elle demeurait celle qui en disait peu, mais de ce peu surgissait un écho de son univers exprimé parfois à travers le frémissement d'un arbre. Venant d'un autre monde, sa maîtresse entendit sa voix lui dire qu'elle était heureuse et qu'elle voulait que cela ne finisse jamais. Elle s'agenouilla entre ses jambes et Juliette voyait ses cheveux clairs onduler régulièrement au-dessous d'elle. Sa vulve était prisonnière du plus doux et du plus chaud des fourreaux qui lui prodiguait la plus divine des caresses. Le contraste entre la douceur de ce geste et les manœuvres de ses doigts experts au creux de son sexe décupla alors l'excitation de Charlotte.
Un court instant, elle s'interrompit pour lui dire qu'elle n'aurait jamais cru que c'était aussi bon de se soumettre puis brusquement, adorablement savante, sa main vint se joindre à ses lèvres et à sa langue pour la combler. Mille flèches délicieuses s'enfoncèrent dans la chair de Juliette. Elle sentit qu'elle allait exploser dans sa bouche. Elle voulut l'arrêter mais bientôt ses dents se resserrèrent sur la crête rosée. Un plaisir violent et doux s'abattit sur les deux amantes et le silence envahit la pièce. Le plafond était haut, les moulures riches, toutes dorées à la feuille. Juliette invita Charlotte à pénétrer dans la salle de bains où elle fit immédiatement couler l'eau dans une baignoire digne d'être présentée dans un musée, un bassin en marbre gris à veinures rouges, remontant à l'avant en volute, à la façon d'une barque. Un nuage de vapeur emplissait le monument. Elle se glissa dans l'eau, avant même que la baignoire ne fut pleine. La chaleur est une étreinte délicieuse. Une impression d'aisance l'emplit. Voluptueuse, Charlotte s'abandonna à ce bien-être nouveau sans bouger. Le fond de la baignoire était modelé de façon à offrir un confort maximum, les bords comportaient des accoudoirs sculptés dans le marbre. Comment ne pas éprouver le moindre plaisir sensuel ? En se rapprochant de son amante, elle se surprit alors en contemplant les marques laissées sur sa peau à s'interroger sur la profondeur de la morsure que le cuir pouvait laisser. L'eau montait sur ses flancs, recouvrait son ventre pour atteindre ses seins en une onde caressante. Juliette ferma les robinets, releva les manches de son tailleur, commença à lui masser les épaules avec vigueur, presque rudesse. Ses mains furent soudain moins douces sur son dos. Puis à nouveau, elle la massa avec force, bousculant son torse, ramollissant ses muscles. Ses doigts plongèrent jusqu'à la naissance de ses fesses, effleurant la pointe de ses seins. Charlotte ferma les yeux pour jouir du plaisir qui montait en elle. Animé par ces mains caressantes qui jouaient à émouvoir sa sensibilité. Une émotion la parcourut. L'eau était alors tiède à présent. Juliette ouvrit le robinet d'eau chaude et posa ensuite sa main droite sur les doigts humides de Charlotte, l'obligeant à explorer les reliefs de son intimité en la poussant à des aventures plus audacieuses. Ses phalanges pénétrèrent son ventre. Les lèvres entre les jambes de Charlotte, qui la brûlaient, lui étaient interdites, car elle les savait ouverte à qui voudrait. Juliette perdit l'équilibre et bascula alors sur le bord de la baignoire.
Elle ignorait que Charlotte souhaitait qu'elle ne manqua aucun de ces plaisirs, qui quand ils sont recherchés, ne se privent jamais de se répéter à l'infini, quand ils ont le désir de sortir. Son tailleur trempé devint une invitation à la découverte, et la soie blanche de son corsage fit un voile transparent révélant l'éclat de ses sous-vêtements. Elle dégrafa sa jupe et se débarrassa de son corsage. Dessous, elle portait un charmant caraco et une culotte de soie, un porte-jarretelle assorti soutenant des bas fins qui, mouillés, lui faisaient une peau légèrement hâlée. Ses petits seins en forme de poire pointaient sous le caraco en soie. Elle le retira délicatement exposant ses formes divines. Bientôt, les mains de Charlotte se posèrent langoureusement sur ses épaules et glissèrent aussitôt sous les bras pour rencontrer les courbes fermes de de la poitrine. Son ventre palpita contre les fesses de son amante. Elle aimait cette sensation. Peu à peu, ses doigts fins s'écartèrent du buste pour couler jusqu'à la ceinture élastique de la culotte. La caresse se prolongea sous le tissu. Juliette pencha la tête en arrière et s'abandonna au plaisir simple qui l'envahit. Alors, rien n'exista plus pour elle que ce bien-être animé par le voyage rituel de ces doigts dans le velours de sa féminité. L'attouchement fut audacieux. Mais bientôt Juliette reprit ses esprits. Elle devint animale et décida qu'elle n'infligerait plus de tortures qu'anonymes et immédiates. Elle exigea de Charlotte qu'elle sorte sans délai de la baignoire et qu'elle se mette à quatre pattes telle une chienne. Elle se ceignit d'un olisbos à ceinture et la posséda brutalement. Cette impudence excita la jeune femme qui se cambra d'elle-même afin d'être pénétrée jusqu'au fond. Elle céda alors à l'impétuosité d'un orgasme qu'elle aurait voulu contrôler. Combien de temps restèrent-elles après, à se caresser, ne fut-ce pas un songe, l'ombre d'un fantasme ? Elles n'oseraient sans doute jamais l'évoquer. Mais Juliette se rhabilla et abandonna alors Charlotte sans même la regarder, elle qui avait tant intrigué pour avoir la permission de jouir.
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Méridienne d'un soir.
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Elle aimait avant tout les plaisirs simples de la vie, les vernissages des expositions de peinture, les longues promenades en forêt, la lecture prés de la cheminée d'un roman historique, et surtout les séances d'écriture, au petit-matin, quand le jour n'est pas encore levé. Elle était heureuse et aucune menace ne s'élevait contre son bonheur. Elle aurait pourtant dû être tourmentée par ce qui, au contraire, parce qu'elle croyait être du bonheur. C'est dans l'amour, un état anormal, capable de donner tout de suite à l'incident le plus simple en apparence et qui peut toujours survenir. Ce qui rend heureux, c'est la présence dans le cœur de quelque chose d'instable, qu'on s'arrange perpétuellement à maintenir et dont on s'aperçoit presque plus tant qu'il n'est pas déplacé. La jeune femme aimait la compagnie de ses congénères féminins avant la rencontre avec son amante, elle perfectionna seulement sa libido avec elle et se laissa amener vers des rivages sans fin. Pour lui plaire, elle eut envie de jouer le jeu en battant des cils et en faisant tourniller son collier de perles, ras du cou, à la Jackie Kennedy. C'était facile, la féminité: il suffisait de retrouver des gestes anodins oubliés. Ses cheveux courts, châtains foncés lui donnaient un air androgyne irrésistible. Charlotte parvenait à grand concours de jogging, à posséder cette silhouette sportive qui tient lieu de beauté. Et par chance, son corps était parfait. Elle pouvait à loisir contempler dans le rétroviseur celle qui sans doute la marquerait à jamais. La vie est mal faite: on est cerné par des êtres indifférents et l'on manque toujours à quelqu'un. Elle attendait, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Et elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Ainsi toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur qu'elle y mettait, Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide. Ça l'était juste assez pour ajouter à leur excitation. Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait les surprendre à l'improviste. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins brusquement tandis qu'elle s'agenouillait. Un haussement d'épaules signifia qu'elle allait se donner sans résister.
Plusieurs fois, elle sentit que Charlotte désirait s'adonner au simples plaisirs charnels même si dans l'amour, il y a toujous une souffrance permanente, que la joie, ajourne, mais qui peut à tout moment devenir ce qu'elle serait depuis longtemps si elle n'avait pas obtenu ce qu'elle brûlait de connaître. Mais à certains signes d'impatience, elle se demandait si ce qu'elle avait considéré comme du bonheur n'était pas au contraire la raisin secrète pour laquelle il ne pourrait durer. Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas intimement les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Mais Charlotte savait exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait alors de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant. Elles pouvaient juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la sourde clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité déjà moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps s'écoula au ralenti. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli, ou à tout le moins s'immobilisa.
Quand elle était ainsi, quand le plaisir la submergeait, à la limite de la jouissance, sa figure, devenue presque laide, se crispait en un rictus immuable et borné. Une femme qui dit doucement alors qu'elle cède justement avec impétuosité, c'est très excitant. Ce cri, entre rage et feulement, avait de quoi troubler la femme la plus indifférente qui fût. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû. Il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire secret de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se mirent à bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et l'embrassa tandis qu'elle se blottissait contre sa poitrine. Dehors, l'autre vie pouvait attendre, surtout lorsque de toute façon, l'on se quitte le lendemain. Les paroles de Juliette étaient si affectueuses, que Charlotte ne pouvaient douter de son amour.
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Méridienne d'un soir.
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Ce n'est pas plus que le désir de devenir célèbre de son amante et méconnue de toutes les autres jeunes femmes, mais la sage volonté de préserver ainsi un passé et de suivre un chemin, où il n'y aurait de place que pour elles deux et Charlotte admettait que cette insignifiance où tombaient les choses les plus graves, par contraste avec son exaltation, finiraient par s'imposer. Tout n'était plus qu'apparences et n'existait plus que pour le sublime d'elles-deux, et ce n'était plus du reste qu'un amour véritable. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleus clairs, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "- Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare admirablement à la passion.
Toutes deux ressentaient alors, comme dans un monde nouveau, que des forces inconnues avaient changé les dimensions de ce sentiment qu'elles ne pouvaient considérer autrement qu'un amour authentique, dans lequel elles se complaisaient de la satisfaction de la sensation du présent. Dans l'indifférence, rien ne compte. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Ainsi, seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Mais avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant et de contraignant. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible et harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses, où s'épanouissait leur passion et tombaient les choses les plus futiles, à l'odeur de rose et de miel.
Une alcôve où la nuit elles affrontaient leur désirs, au hasard de leur inspiration, parfois la plus vile quand la fragilité de l'être devient la seule raison de l'existence, dans un lointain sans réalité. Charlotte se livrait alors sans défense, contrainte, engourdie par la cruauté de Juliette, toute à l'ivresse de jouir sous le fouet. Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Charlotte ne connaissait aucune autre femme, et qui parce qu'elle faisait partie de sa soumission, comme les reflets font partie du miroir, lui apparaissait comme son évidence.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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La jeune femme, pleine d'une sérénité plaisible et heureuse avait déjà abusé de ce vin de Bourgogne qu'elle affectionnait tant, et elle se demandait à en prendre encore, c'était moins la vue du bien-être que les verres nouveaux lui apporteraient que l'effet de la griserie produite par les verres précédents. Elle laissait la musique conduire elle-même son plaisir sur chaque note où docilement, il venait alors se poser. Car chaque note florale, particulière comme une femme, ne réservait pas comme elle eût fait, pour quelque instant privilégié, le secret de volupté qu'il recelait. Mais tandis qu'elle répétait à mi-voix les notes de cet air, et rendait un baiser à l'amante inventée, la volupté à lui spéciale, lui devint si chère, qu'elle se languit dans l'invisible. Pourquoi fallait-il que quelque chose d'aussi fervent, chaud, intense, suave doive disparaître à jamais ? Que resterait-il de nous, de ces instants habités papr notre présence ? Et les souvenirs n'ont même pas la douce consistance de la poussière. Ils sont aussi impalpables et inexistants que les rêves. Juliette, accoudée à la fenêtre de sa chambre, regardait le soir descendre sur la vallée. Le soleil venait de passer derrière les grandes collines, presque des montagnes, que le contre-jour rendait noires, avec des franges de lumière sur le dos des châtaigniers qui montaient courageusement en escalade jusqu'à leurs faîtes. Elle se sentait en paix. Il y avait au loin le tintement des cloches de vaches dans l'ombre, de rares grondements de moteurs d'automobiles que l'on ne pouvait discerner sur la route sinuant sous les arbres, en bas. Des fumées s'élevaient des toits de tuiles des fermes tapies à la lisière des bois. Quelle merveille d'ajouter les fumerolles d'une cigarette aux volutes qui montaient aux flancs des collines, un verre de meursault à portée de la main. La petite ville de La Roche-Guyon était bâtie sur une corniche de rochers dominant la vallée. Les quelque maisons qui la composaient se groupaient en troupeau au pied d'un château dont deux tours subsistaient seules. Le clocher de l'église, un peu plus bas, ne s'élevait pas très haut au dessus des toits pointus des maisons anciennes. C'était un village typique, les habitants disaient ville, ils y tenaient, "bien de chez nous", dominant de façon assez abrupte, un des plus beaux paysages de l'Île-de-France.
Elle entendait alors le feulement de son plaisir à naître, le frolement sur la soie de son ventre de ses doigts gourmands, et quoiqu'un tel plaisir ne soit pas de nature à donner plus de valeur à celui auquel il s'ajoute, Juliette se sentait plus puissante, presque irresistible. Il lui semblait que son amour à l'amie inventée avait la beauté touchante, la séduction de cette musique, semblable à une note du "Boléro" de Ravel, et qui la plongeait dans l'intimité d'une alcôve orientale. Maintenant, il règne un silence parfait, un silence villageois, à l'heure où les travaux des champs sont abandonnés, un concert de chiens emplit la maison. Juliette, en déshabillé noir, cache pudiquement son corps bruni par le soleil. Elle pense à Marie. Elle n'oublierait jamais leur première rencontre, la mémoire de leur amour à naître, brûlante, glacée, courbées par le désir, comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves. Les yeux fermés, à sa fenêtre, sans pensée, toute envahie de son absence, elle ne peut interdire sa main de glisser le long de son corps et de se caresser. Les amours l'avaient laissé indemne jusqu'à Marie. Elle adore voir la joie de vivre dans ses yeux malicieux, avec la parfaite connaissance de ses doigts soyeux du corps féminin, jamais lasse d'étreintes fiévreuses, toujours à l'assaut. Pour Juliette, les hommes ne sont que le mensonge, avec leurs mains fausses, leur appétit, la politique dont ils parlent; ils font impression jusqu'au jour où leur faiblesse éclate. Pour la plupart, ils sont peureux et paresseux, et la faiblesse engendre la vulgarité. Marie était la femme de sa vie. Avec le temps, les corps s'apprivoisent et les caractères se sculptent. Elle avait accepté de se soumettre à elle dans une totale abnégation. La flagellation et les humiliations sexuelles, ça faisait partie de la poésie de Marie. Entre douleur et langueur, supplices et délices, telle de la glace sur du granit, le désir était devenu une terre ardente où s'épanouissait son corps. Quand Juliette évoquait l'anatomie altière de Marie, sa grâce brune et allongée, femme-enfant fatale, fragile et éternellement adolescente, ses seins parfaits, ses longues jambes toujours brunies par le soleil, elle avait peur pour elle, du soleil, des coups de cravache trop violents qui semblaient devoir la brûler. Elle l'aurait voulue, idéalement dans la pénombre d'un boudoir, dans un décor vaporeux qu'elle aurait éclairé de la lueur de ses longs cheveux noir de jais croulant en cascade sur ses épaules nues. Fragile et forte, forte mais attendrissante de faiblesse pensait Juliette en regardant la nuit monter dans le ciel immense. Que ferait-elle sans elle ? Elle serait totalement perdue, désemparée. Juliette s'ouvrit et se cambra au contact de son doigt qui remontait et qui se mit à masser doucement son bouton de chair turgescent qui gîtait dans l'ombre de son pubis. Ineffable lui fut la caresse de son index à l'orée de sa voie la plus étroite, provoquant en elle une sensation de plaisir telle que jusqu'au fond de ses reins, elle fut traversée d'une tension exquise, presque insoutenable.
Alors tout devint plus qu'illusion, et apparences pour elle, et n'existait qu'en fonction de son sublime intérieur. Ce n'était pas du reste, qu'un amour véritable, si elle en avait un, qui ne puisse subsister dans un semblable état. Mais elle se sentait si bien, comme dans un milieu nouveau, que des pressions inconnues changèrent la force de ce sentiment, qu'elle ne pouvait plus alors le considérer autrement. Le temps sembla alors se figer pour l'éternité. Elle s'abandonna à cette jouissance, à cette extase irradiante. C'était comme si son être entier, tout son corps, tous ses nerfs, tout son sang bouillonnant affluaient dans son hédonisme solitaire et vain. Elle eut un éblouissement d'impudicité. Elle cria sa lasciveté, avec des saccades et des soubresauts. Elle demeura debout, les cuisses écartées, les bras mous immobiles le long du corps. Elle avait encore en elle des ondes d'orgasme qui se répandaient dans une fréquence de plus en plus lente, comme les vagues qui meurent sur le sable quand la mer est calme sous un ciel étale. Une femme experte n'aurait pas été plus habile à lui donner autant de plaisir, sauf Marie. Mais elle était heureuse de dormir seule dans le grand lit, avec le calme de la campagne tout autour. Elle allait tirer les rideaux, laisser entrer la lumière du soir recouvrir ses rêves et la lune éclairer les arbres de La Roche-Guyon.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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L'amour ne peut vivre de sa seule substance et j'avais à nouveau besoin de rêves. J'emmenais Charlotte en Sierra Leone où un anglais farfelu avait eu l'idée d'installer une poignée de bungalows en bois sur une plage déserte entre deux rivières paresseuses si accablées de chaleur qu'elles stagnaient, incapables de trouver en elles l'énergie nécessaire pour franchir leur embouchure et s'ébrouer dans l'océan. Entre la "river number one" et la "river number two" se dissimulait ce petit paradis cerné par la sauvagerie auquel on accedait de Freetown, capitale de la désolation, par un steamer quinteux, qui laissait derrière lui un sillage de rouille. Le navire mouillait son ancre en face de la plage. Des barques à fond plat conduisaient jusqu'à un débarcadère hors d'usage. On relevait sa jupe, et on était assigné à résidence dans cette cocoteraie du bout du monde jusqu'au retour du prochain bateau. On pouvait y vivre aussi bien qu'y mourir sans que cela posât le moindre problème. Les vautours qui tournoyaient dans le ciel étaient là pour nettoyer le terrain. En attendant, une jolie petite sœur noire des missions, sa cornette blanche prête à déployer ses ailes, officiait devant une boîte à pharmacie qui ne contenait plus que quelques cachets de médicaments périmés et dont la principale ressource résidait dans sa croix rouge délavée. On dégustait le matin des pancakes à la banane arrosés de sirop d'érable. Devant soi, on avait la frise immuable d'une mer grise, frangée d'écume, sur laquelle rebondissait un soleil sans faiblesse. Le bungalow aux planches disjointes laissait libéralement circuler les moustiques, les araignées, quelques timides serpents, des margouillats s'exerçant à la varape et une famille attachante de cafards. Charlotte allait se baigner. J'observais son long corps nu de statue s'immerger dans l'écume et à l'ombre de la véranda en bois, le regard perdu dans la fumée de la cigarette de la condamnée à mourir d'ennui, je me noyais dans la contemplation de la mer grise et du ciel. Parfois je fixais longuement une petite bougainvillée aux fleurs fuchsia qui me semblait détenir une part de la grâce du monde. Je faisais ce que j'ai toujours fait : j'attendais. Quoi ? Je l'ignorais. Un signe, un visage, que sais-je ? Quand nous étions lasses de nos pérégrinations immobiles, une longue barque à fond plat nous promenait dans le lacis des bayous sur la rivière "number one". Les arbres semblaient pousser à l'envers, ne révélant que la touffe inextriquable de leurs racines. Dans ce paysage uniforme de labyrinthe décoloré par le soleil, la barque filait paresseusement sur l'eau immobile au milieu de paisibles caïmans. Parfois notre passage intempestif levait une outarde qui décollait en défroissant bruyamment ses ailes et en poussant des cris discordants. Aucun évènement ne se produisait. Sans radio, sans portable, le temps semblait s'être arrêté. Un même jour se reproduisait aussi immuable que s'il s'enfantait lui-même à l'infini. Il produisait cet ennui africain si particulier né de l'uniformité climatique. Comment ces pays nonchalants pourraient-ils enfanter un Aristote, un Leibniz, un Descartes, un Einstein, un Freud ? Ici aucun aiguillon, ni du passé ni de l'avenir ne pousse à se dépasser. Opinion toute occidentale, car de ces terres très arides sont nés des Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, Tchicaya U Tam'si et tant d'autres. Le génie est heureusement universel, n'en déplaise aux esprits chagrins ! Pourtant ici, la mélancolie, le regret comme l'angoisse semblent être inconnus. Le présent, imparfait pour les autochtones malmenés par des luttes tribales sanguinaires, semble être le seul temps autorisé. Un présent lourd de touffeur humide, qui vous jette sur une chaise longue, et épointe les épines de la conscience occidentale. On s'assoupit peu à peu dans la somnolence des désirs, des ambitions, on se résigne à une abdication du vouloir vivre. Seule la cigarette qui emplit la gorge d'une fumée âcre permet de lutter. Elle maintient un petit faisceau de clairvoyance.
Au tout petit matin, toutes deux épuisées par notre nuit de plaisirs, nous nous recouchions, heureuses et nues, sous la moustiquaire, et comme la fenêtre du bungalow donnait, au lieu que ce fut sur une une campagne, ou une rue, sur les champs de la mer, que j'entendais la nuit sa rumeur, à laquelle j'avais avant de m'endormir, confié, comme une barque, mon sommeil, j'avais l'illusion que cette promiscuité avec les flots devait à mon insu, faire pénétrer en moi tout le charme de nos ébats amoureux. Généreusement, le directeur donnait des ordres pour qu'on ne fit pas de bruit pour nous laisser lambiner dans nos délassements charnels. Le soir tombait brutalement à cinq heures. Un opaque rideau de nuit nous enfermait dans le bungalow pour un tête à tête érotique avec les moustiques, les papillons qui se livraient à un Pearl Harbor autour de la lampe à pétrole. Ils se jetaient sur la lumière. Un gésillement signalait leur immolation. Avec le bruit des vagues, c'était la seule distraction apportée au silence parfois couvert par le gémissement de nos corps énamourés. Le soir, après le dîner au lodge, on gagnait le bar installé à même le sable. Un crincrin diffusait inusablement "Get Up" de Bob Marley. De manière lascive et chaloupée, le chantre caraïbe prônait la révolte contre le pouvoir blanc, l'insoumission à l'injustice, la conquête de l'égalité des droits civiques. Ce chant violent semblait ici purgé de toute agressivité et aussi inoffensif qu'une comptine : la douceur du sable sous les pieds, le charme des lampes tempêtes qui se balançaient sous la brise marine semblaient conjurer tout message vindicatif et n'en conserver que la mélodie suave comme un jus de mangue. Sur la véranda avant de gagner notre couche étouffante, nous nous laissions caresser par l'haleine de l'Afrique rafraîchie d'air marin. Charlotte semblait se métamorphoser. Avec la nuit venaient des audaces. La statue s'animait. Penthésilée déposait ses armes et retrouvait le chemin de la féminité et de la tendresse. Sur les murs de planche, la lampe à pétrole projetait des ombres fantastiques. La volupté se désincarnait pour créer un ballet d'ombres chinoises. Comme si nos gestes, cessant de nous appartenir étaient redistribués dans le rituel de la nuit africaine. Aimais-je toujours Diane ? Cette parenthèse africaine qui donnait tant d'images évitait que je me pose la question. Et puis le temps n'avait-il pas disparu ? Nous l'avions laissé ailleurs avec nos vêtements d'hiver, nos saisons occidentales. Mais ce n'était qu'un crédit accordé à un taux usuraire. Il faudrait bien un jour lui rendre des comptes. Je n'imaginais pas alors ce que deviendrait ce paradis qui semblait ne devoir jamais rencontrer l'histoire. La jeune missionnaire de l'infirmerie a probablement été violée et mutilée par les troupes d'enfants soldats. Le barman aux éternels bons yeux blancs n'a plus de bras pour secouer le shaker avec lequel il confectionnait des punchs surréalistes. Le lodge si paisible entre les deux rivières n'est plus qu'un tas de cendre et de charpentes brûlées. La Sierra Leone a le malheur inscrit dans ses gènes. Je suis bouleversée. Sur la rivière flottent maintenant des cadavres d'enfants élagués de leurs membres, leur ventre rond et noir brillant sous le soleil. J'emmenai Charlotte dans d'autres contrées africaines, en Casamance dans les forêts de kapokiers, au Kenya sur le lac Rodolphe, qui semble conserver dans ses vases quels effluves délétères des Wittelbach. Charlotte au cours de ces voyages bravait la chaleur, l'inconfort, sans la moindre plainte. Elle supportait tout. Où qu'elle se trouvât, elle semblait transporter avec elle la parcelle d'un frais gazon du Kent ou d'un coin de fraîcheur de la Cam. Il n'y a que les femmes légères qui hésitent à se donner. Elle ne l'était pas. Je l'aimais aussi pour la gravité qu'elle mettait dans l'amour. Mais c'est de la Sierra Leone que me vient un sentiment de malaise. Je ne puis y laisser promener des souvenirs heureux. On m'a volé la chanson de Bob Marley, le rameau de Bougainvillée et ses fleurs aux couleurs fuchia, la plage entre les deux rivières, le bungalow aux ombres dansantes. Pourtant les souvenirs sont les seuls d'ordinaire à pouvoir être préservés de l'horreur. D'où vient qu'ils me semblent massacrés eux aussi ? Je les croyais invincibles. J'avais tort. On peut tuer aussi des souvenirs en ravageant les lieux qui les gardaient.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Avec délicatesse, elle avait souvent avec ce petit geste d'amitié, le mot juste pour faire naître du charme dans toute situation, et elle n'offrait que parcimonieusement, par éducation et par grâce et modestie réelle, que cette connaissance humble et réservée des plaisirs des sens, qu'elle approfondissait, avec étonnement, jour après jour auprès de moi. Le monde lui paraissait bien meilleur et l'existence plus clémente, depuis qu'elle pouvait s'imaginer servile de mon ardeur et de la concupiscence dont je faisais preuve dans ses leçons de maintien et d'éducation à l'anglaise. Depuis combien d'années avions-nous cessé de nous voir ? Le malentendu qui nous avait séparés semblait soudain absurde. Tant de petites choses nous égarent. Maintenant je renouais le fil enchanté que j'avais perdu. Elle parlait, je l'écoutais, la vie avait repris sa magie. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "- Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait alors qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare ainsi à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte. L'écriture donne une satisfaction, celle de l'amour partagé, où les charmes de passage sont souvent en relation avec l'instant.
Et de la mélancolique ovalité de son visage, illuminée comme en dedans, le regard sans fond, comme les peintures de Jeanne Hébuterne, certains jours, une transparente violette descendait obliquement au plus profond de ses yeux comme il arrive quelquefois pour la mer, elle semblait éprouver une tristesse d'exilée. Comme la vie passait vite ! Elle me trouvait jeune, je me sentais vieillir. Comme le temps avait le pouvoir de tout transformer ! La vérité était aussi insaisissable et fragile à détenir que ce rayon de soleil qui folâtrait au milieu des arbres et donnait une lumière si belle, à cette promenade. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait alors une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses. Pour peu que la nuit tombe, les corps s'harmonisaient dans une imagination surexcitée.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Eût-elle voulu jouer les instigatrices d'un monde inconnu ? Elle eût pu y trouver une satisfaction.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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« Je ne t’ai pas dit au fait, c’est vrai que tu suces très bien. Tu es une des meilleures bouches à pipe que j’ai connues.
(Je mentais, c'était clairement la meilleure)
— Tant mieux. Je peux te dire à ce sujet que tu n’es pas mon meilleur coup. Je pense que tu n’arrives qu’en deuxième position.
— Je n’ai jamais trouvé que le deuxième prix de beauté au Monopoly était si humiliant que ça…»
Je préparai plusieurs litres de thé. Elle en aurait besoin. Et pour moi, une grande cafetière. Je revins m’asseoir en face d’elle, dehors.
« Tu vas boire du thé, beaucoup. Et tu vas me lécher les pieds. Mets-toi là où es ta place de chienne ».
Mélissa comprit immédiatement ce que je voulais dire : elle repoussa sa chaise et se mit au sol en y posant sa tasse. Sa bouche chaude et ses lèvres douces et molles englobèrent mes orteils. Sa langue commença de s’enrouler, de laper, mon gros orteil. Elle y mettait autant de salive tiède et de bonne volonté qu’en suçant mon sexe, la veille. Elle possédait un talent indéniable pour tout ce qui avait trait à la succion.
Je lui resservais du thé dès que sa tasse était vide et lui rappelais de boire régulièrement. Mélissa me fit remarquer plusieurs fois que l’envie se faisait pressante. Pour faire passer le temps jusqu’à ce que sa vessie n’en pût plus, je dissertais sur son art de la pipe et du léchage de pied, et je n’avais pas beaucoup à me forcer : elle arrivait à me faire dresser les cheveux sur la tête rien qu’en posant sa langue sur mes orteils, et vu la longueur de mes tifs, ce n’était pas rien. Elle resserrait de plus en plus ses cuisses sous elles. Lorsque son arrière train se dandina en continu, qu’elle fut pratiquement en reptation, et que son regard remontait vers moi toutes les trente secondes, je prononçai enfin les paroles attendues :
« Tourne-toi, chienne. Branle-toi et pisse sous toi.
— Si je me touche, ça va me couper l’envie de pisser…
— On verra bien. Tu n’as évidemment pas le droit de jouir. »
Sa joue droite écrasée sur la terrasse, lèvre inférieure mordue, elle commença de se palucher. Ses jambes tressaillaient déjà. Je vis ses doigts entourer sa vulve et la presser comme j’aimais le faire. Elle râla :
« J’ai déjà envie de jouir…
— Arrête-toi, traînée. »
Son postérieur retomba de sa position haute et le liquide gicla en abondance : très clair, plein de l’eau du thé. Elle s’urina sur la main, sur les cuisses, les genoux, et finit vite par gésir au milieu d’une flaque de pisse.
« Je suis encore très fier de toi. Tu réussis tout ».
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Tandis que Charlotte tirait les rideaux, ôtait les dessous de l'imposture, la fin de nuit d'été qu'elle découvrait semblait aussi immémoriale que notre impatience n'eût fait qu'imprudemment désemmailloter de tous les linges, une jeune fille chaste, le soir de sa nuit de noces, avant de la faire apparaître, embaumée dans ses désirs. Je me souvenais de ce dîner à la "trattoria San Vicente" à Rome, où je lui avais promis que j'écrirai un roman racontant Rome et mon amour pour elle. Mon métier vint à mon secours. J'achevai en deux semaines un essai plein de paroles furieuses et d'ailleurs très peu compréhensibles. Je m'occupais fièvreusement du manuscrit de mon troisième roman. On parlait de moi dans les journaux. Je ne dormais plus ou presque. Il n'était pas impossible que j'utilisasse mon désespoir pour travailler un peu plus. On ne peut guère interpréter le travail qu'en termes de morale. Il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit d'épreuves. On sait qu'elles seront plus dures si elles forment une chaîne continue, dont on prévoit la solution, parce qu'on s'impressionne toujours aisément de réclamer beaucoup de soi-même dans un temps déterminé, alors que l'éternité des peines conduit au découragement. En un autre sens, je dois avouer que je trouvais-là des voluptés véritables. Manger très peu, très mal et vite, dormir parfois tout habillée, finalement tout cela me plaisait. Charlotte, au contraire, traçait l'éloge de la paresse et vivait comme une nonne sans le savoir. Ces situations n'ont rien de surprenant, car l'esprit est une sorte de balancier que nous disposons de mille manières pour rétablir un équilibre compromis. Quand j'écrivais, elle se moquait de moi et de mes petites histoires sentimentales. Je fabriquais, avec de l'encre et du papier, des êtres bien différents et me donnais totalement à ces étrangers. Charlotte, qui ne connaissait que le plaisir, me rencontra en Italie. La passion, la fureur et le désespoir entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. Cette rencontre me laissa la tête un peu vide. Quand on raconte une histoire, qu'elle soit inventée ou authentique, la vérité des réactions et des situations est liée par des liens subtils et secrets à la spécificité des caractères et à leur individualité. Plus tard, alors qu'ils ne me faisaient plus trop mal, j'ai repensé calmement à tous ces événements. Serais-tu devenue étrangère, jamais je n'oublierais les journées où fondèrent la mémoire à naître, glacée, brûlante, essoufflée de notre première rencontre comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves, je resterais les yeux fermés, sans pensée, toute envahie d'une absence programmée, de ces amours brèves et volées qui laissent un goût de regret dans les mains et entre les reins des amants réservés. Amie qui m'avait été bonne, je garde au creux de mes souvenirs, la vivante mesure de ce petit front si fier et si loyal, que j'approcherai toujours avec tendresse de mes lèvres. Un mouvement soudain de l'épaule, qui dit tout bas sa lassitude. Une tension soudaine du visage, qui dit tout haut sa foi; une inflexion nouvelle de la voix, qui dit enfin l'être multiple. Se peut-il que de telles choses laissent en nous traces si vives et si durables. Qu'y-a-t-il dans tout cela, qu'il faille qu'on lui cède ? Qu'est-ce donc que tout cela, qui nous surprend un soir comme la naissance d'un chant ? Étrange confidence, où la faiblesse a pour nom douceur. Le soleil inonda Rome et la légèreté de notre jeunesse. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps. Parce que des doigts glissent sur eux, parce que des visages s'en rapprochent, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ces plaisirs, une âme au loin, un cœur, une imagination souffrent d'incroyables tortures. Nous nous reconstruisions ensemble. Des liens subtils et forts nous unissaient. Nous nous embrassions, sur une colline de Rome, dans la nuit déjà close, sous un arbre né d'un puits, devant le campanile d'une vieille église. Et que nous importe maintenant de ce qui naquit de cette nuit. Des jours, des semaines, des mois entiers sortirent de ce baiser que nous nous donnâmes. Nul n'a connu le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de nos épaules, comme un frôlement de cils. Étroits sont les reins, étroite alliance du corps fidèle des amantes. La nuit, nous courrions à la promesse de nos songes dans des draps odorants. Nos solitudes étaient notre trésor, et dans le lit où s'inscrivait la mémoire à naître de notre amour, nos libertés le creusait. Nous nous aimions à nous taire quand nos bouches se savaient promises. Une douceur s'amassait là où des soupirs infusaient. Nous étions pudiques dans notre impudeur, méconnues de tous mais célèbres de nous. Elle avait les cheveux noirs de jais, les yeux en amande, des dents éclatantes, une robe d'été et une paire de mocassins Tod's. Elle riait. Nous nous embrassâmes devant Saint Pierre. L'amour nous grisait. Nous avions des rêves d'enfants. Il y a des instants comme ceux-là où un sens plus pur de la vie semble se révéler soudain, où l'on se sent plus grand que soi-même.
Quand j'étais plus jeune, je m'étonnais toujours de ces nœuds inextriquables formés par les êtres et par leurs sentiments. Il me semblait qu'aimer était tout simple, ne plus aimer également et je me demandais d'où sortaient ces torrents, où se creusaient ces abîmes qui ravagent les destins. Je comprenais maintenant, peu à peu, comment naissent ces franges d'incertitude, ces déchirantes douleurs liées au hasard, aux liens des passions qui s'opposent, à la confusion des sentiments et aux intermittences du cœur. Avant que j'eusse eu le loisir de réaliser la beauté d'une toute jeune femme en promenade dans Rome, et tant ces découvertes de mon trouble, s'était déjà installée en moi, l'idée qu'elle pourrait échouer dans mon lit. Si Paris vaut bien une messe, Rome pouvait valoir une prouesse ! C'était l'heure de ce soleil blême et plat qui donnait au début des jours éclatants une allure hésitante, lasse d'avance. Nous traversions des champs, de longs prés semés d'arbres, des rizières inondées. Une route blanche de poussière coupait les haies, sautait les rivières. Derrière le riz à perte de vue, des montagnes naissaient de la nuit. Plus loin, c'était Bergame et les lacs, un peu à droite, Vérone, les palais de Vicence, et puis Venise, Ravenne, Bologne et Ferrare, Parme et Modène. Nous fermions les yeux. C'était le bonheur. Il jaillissait de ces noms sur les campagnes intérieures, l'or de leur peintures, de leur gloire et de leurs mosaïques dans le reflet de cette douce mélancolie. Elle avait un visage très pur. Nous savions déjà ce qui allait se passer, alors nous allongions désespérément ces instants d'attente. Un soir d'été, j'avais embrassé Charlotte. Saint Pierre pouvait s'écrouler et le Pape se convertir au Bouddhisme. Le pouvoir de la femme est une chose admirable qui ne connaît pas de limites. Elle choisit instinctivement des gestes insignifiants qui s'inscrivent pour l'éternité. Tout notre voyage engouffré dans un baiser. Je me sentais libérée comme on se libère d'un péché par une confession, repartant l'âme pure, le cœur allègre pour d'autres péchés ou un autre voyage. Charlotte, c'était de l'innocence. Moi, de la littérature. La chaleur, nos étreintes, les vacances, le soleil nous invitaient à entrer dans un univers inconnu. C'était celui du bonheur. Il y a ainsi, au début des amours, de ces périodes enchantées qui sont des parenthèses dans une longue insatisfaction; on y attend tout encore et tout est déjà assuré. Nous nous étions très peu parlé. Aucun engagement ne nous liait. Nous vivions un peu au-dessus de nous-mêmes. Et le plaisir que nous prenions à ce présent touché par la grâce ne débordait jamais ni vers le regret, ni vers l'impatience. Les amours de la folle adolescence ne sont ni plus ni moins fortes que les autres. Mais leur douce et incomparable amertume vient de ce qu'elles se confondent avec la saveur de la vie. Tout le spectacle du monde est alors lié à un être. Les choses ne se passent jamais exactement comme on les attend. Mais elles se passent rarement tout à fait autrement. Nous ne fîmes pas l'amour ce soir-là. Nous le fîmes le lendemain. Quelle légèreté, lorsqu'on aime, que cette multiplicité des corps qui parlent, se répondent les uns aux autres et font l'amour entre eux. Charlotte entendait sans doute me voir rester fidèle, non à la passion ni à la tendresse, mais au plaisir et au jeu. Ma passion, c'était l'indépendance. Et sans doute, je connaissais ces flambées paradoxales de désirs ou d'ardeurs. Mais je reniais ces faiblesses. Je les reniais surtout parce que j'en avais peur, peur de rester prise dans les pièges de la mélancolie. Je ne faisais donc de ces excès que les ingrédients savoureux et amers de mon indifférence souveraine. Pourquoi les voyages sont-ils toujours aussi mêlés à l'amour ? Car ils rompent sans doute avec cet environnement quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. Le bonheur envahit si visiblement Charlotte que j'en fus presque bouleversée. Nous avions les yeux pleins d'églises et de collines brûlées par le soleil. En arrivant au bas de la ville, là où l'amour devait prendre ici l'odeur de miel des vieilles pierres des hautes maisons, nous rentrâmes à l'hôtel. Je craignis le flottement qui risquait de se produire, mais elle me dit seulement, " Reste avec moi." Je l'embrassai sur le pas de la porte de l'hôtel. La lune éclairait son visage pur. Je me demandais si nous allions nous étreindre, mais le plaisir et l'amour sont comme des pentes neigeuses sur lesquelles on s'arrête difficilement. Obscurément, j'hésitai. Je lui demanda si elle avait déjà fait l'amour avec une femme. Elle secoua la tête et me dit: "Oui, mais pas avec toi." Les rites sublimes se succédèrent très vite. Bientôt, nous nous étendîmes sur le lit. Je la caressais, elle fermait les yeux. Elle avait un visage figé comme illuminé du dedans. J'essayais un peu maladroitement de lui ôter sa robe. Elle ouvrit les yeux, se releva. "Attends, dit-elle en souriant, ça va aller plus vite." Elle était revenue vers moi. Je pris son visage entre mes mains. Je fus comme roulée par une vague d'attendrissement. Elle était nue sous moi, les yeux de nouveau fermés. Je la regardai longtemps, appuyée sur mes coudes. Nous restâmes immobiles assez longtemps et puis nous fîmes l'amour. Le chuintement de la douche se tut doucement, plongeant la chambre dans le silence, coupant court à mes à mes réflexions. Quelques minutes plus tard, elle sortit nue de la salle de bain, une serviette noire enroulée sur la tête, la peau rosie par l'eau chaude. Les gouttes cascadant sur ses courbes, tombaient silencieusement sur le parquet en bois, coloré par la lumière pâle. Elle se déplaçait nue d'une démarche féline, langoureuse, envoûtante. Ses longues jambes brunes étaient terminées par des pieds fins, aux ongles vernis de rouge. Je me rappelle cet été quand je regardais ses sandales claquer sur ses talons nus, déjà envahie par un désir brûlant, irrépressible; mes yeux s'étaient alors soudés aux siens, lourds d'envie. Elle me souriait. Ses lèvres ourlées lui prêtaient un air sensuel et lascif. Elle leva les bras et dénoua sa serviette en secouant la tête. Une furie de cheveux noirs tomba sur ses épaules fines. Sous ses sourcils bien dessinés, ses grands yeux noirs, très brillants, semblables à la surface d'un lac au crépuscule, me sondaient sans vergogne. J'avais pressenti chez elle des promesses de sexe brutal, mais il n'en fut rien. Au contraire, des deux, c'est moi qui me révéla la plus dépravée. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être même a-t-il un destin posthume ? Une ère des réparations succèdant à celles des destructions. Peut-être ces sentiments amoureux si volatiles et inconstants désormais cristallisés, apaisés à jamais dans l'état minéral, entrent dans la composition dune étoile. C'est peut-être elles que nous cherchons la nuit, dans l'étreinte. Je tirai de moi seule, la qualité indispensable à mon bonheur, en faisant évanouir la réalité de mon amour.
Mon désir avait recherché avec tant de curiosité et d'ardeur la signification des yeux qui maintenant me fréquentaient et me souriaient, mais qui dès les premiers instant, avaient croisé mes regards, comme des rayons d'un soleil se levant, que souvent je les regardais sans les éviter, comme si, pareille à Sappho, j'avais été en train de jouer au milieu de jeunes nymphes en tenue légère. Elle s'était soulevée un peu, écartée de moi pour me regarder mieux. Mon Dieu ! Comme elle devait s'amuser ! Elle savait déjà ce qui me tourmentait. Sa vie, c'était ça: son plaisir à elle et les questions des autres. Les voyages peuvent parfois élever les esprits. J'étais présente à Rome bien avant d'y être en réalité. Elle fut tout en tendresse et soucieuse de plaire. Elle n'était pas à sa première expérience saphique mais elle me répéta que je surpassais de loin ses précédentes conquêtes. Je me plus à la croire, car mes expériences hétérosexuelles n'avaient jusqu'à présent jamais été bienheureuses. Avant elle, j'étais amoureuse d'aucune fille en particulier, mais seulement des filles en tant que telles, comme on peut aimer sa propre image, trouvant toujours plus émouvantes et plus belles les autres, que l'on se trouve soi-même, dans le plaisir à se voir abandonner sous leurs caresses. Par dessus le drap, elle posa sa main sur ma cheville et mes seins durcirent aussitôt. Juchée sur ses genoux, elle écarta les jambes pour me laisser passer. Malgré la douche, son entrejambe diffusait encore un parfum à l'arôme sensuel mêlé de ma salive et de son désir. Une fois allongée sous elle et peinant à contenir ma propre impatience, je commençai par lécher sa peau autour de ses lèvres odorantes. Il s'en dégageait une douce chaleur. Ma bouche fraya maintenant avec son aine, très près de sa vulve, et elle trembla d'anticipation. Je glissai le bout de mon index sur le dessin plissé de son sexe moite qui s'ouvrit graduellement sous mes yeux, la sentant se resserrer autour de mes doigts, l'entendant gémir à me faire tourner la tête. Peu à peu, rattrapée par mon impatience, je commençai à laper ses grandes lèvres, une à une, en faufilant désormais le bout de mon index dans son ventre, avant d'oser ma langue, assez loin pour que mes dents touchent la crête enflée. Elle se cabra, elle se tut, elle savoura le moment. Elle répandit son désir dans ma bouche. Ses seins étaient pressés contre mes mollets. Assise à califourchon sur mon visage, gémissante, pendant que j'écartai ses fesses pour m'enivrer de sa saveur, glissant mes doigts sur ses jambes brunes. Elle glissa sur moi, me permettant ainsi de voyager de sa vulve savoureuse au sillon de ses reins. Juste à la crispation des muscles de ses cuisses, elle parut sur le point d'abdiquer sous le zèle de mes caresses. Elle roula sur le coté, puis remonta vers la tête de lit. Les volets étaient tirés, la chambre presque obscure. Malgré son teint hâlé, je remarquai ses joues rougir par le désir. Ainsi étendue sur le dos, les bras au dessus de la tête, elle exhibait ses seins en constante érection; je rampai vers elle pour mordiller leurs pointes, dures et foncées, avant de lécher avidement les aréoles. Elle m'enlaça, promena ses ongles le long de mon épine dorsale. Constatant son soudain avantage, elle me retourna sur le dos; les genoux écartés, je sentis son souffle chaud sur ma vulve. Elle introduisit ses doigts dans mon logis profond et onctueux. Enhardi, son plaisir la guida entre mes reins, dans la vallée chaude de mes reins, près de l'entrée de l'étroit pertuis. Je me cambrai pour aller à la rencontre de sa bouche affamée. Gémissant plus d'une heure sous ses caresses, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, empoignant les barreaux du lit, je commençai à crier, lorsqu'elle se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, mes petites lèvres. Me sentant brûlante et raidie sous sa langue, elle me fit crier sans relâche, jusqu'à ce que je me détendis d'un seul coup, moite de plaisir; je râlais alors que je jouissais pour la seconde fois de la journée. Nous nous endormîmes, en mêlant nos rêves et nos corps, bouleversées d'amour et de désir. Aujourd'hui, je pense à tout ce que j'aime en toi et qui s'éclaire parfois, à ton insu, comme un beau front de mer. Parce que tu m'as fait, un instant, cette confiance innocente, d'être pour moi, virginale, toute claire et transparente, je serai toujours là. Peut-être si j'avais eu du cœur n'aurais-je pas inventé ainsi ces fantômes sans substance. Mais, je n'avais pas de cœur, mais des faiblesses. J'étais cynique et vulnérable. Alors naquirent en moi, dérisoires, irrésistibles des préoccupations arbitraires et cruelles qui me laissèrent croire enfin que j'avais comme tout le monde un cœur, des sentiments. D'autres ont des soucis plus graves, moi je me créais ceux-là, tirés d'un vide qu'ils remplissaient de leur présence absurde, lancinante, très vite immense.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Comme la vie passait vite ! Elle me trouvait jeune, je me sentais vieillir. Comme le temps avait le pouvoir de tout transformer ! La vérité était aussi insaisissable et fragile à détenir que ce rayon de soleil qui folâtrait au milieu des arbres et donnait une lumière si belle, à cette promenade. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit idéal pour états d'âme et étreintes joyeuses.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Eût-elle voulu jouer les instigatrices d'un monde inconnu ? Elle eût pu y trouver une satisfaction.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Ce qui me bouleversait, c'était la présence excitante d'un corps nu de femme. Le tumulte que cette découverte provoquait dans mon esprit m'engaillardissait. Charlotte était allongée près de moi et je ne pouvais penser à meilleure occupation que de la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre. Le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé, ses aisselles blanches.Je glissai un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau se couvrit alors d'un frisson. Elle était grande et très brune. Une femme idéalement belle. Bientôt, mon regard s'attarda alors sur ses cuisses entrouvertes et immanquablement, une tension sourde s'empara de moi. La mer et le soleil l'avaient déjà dorée davantage. Ses cheveux, ses sourcils, et ses reins semblaient poudrés d'or, et comme elle n'était pas maquillée, sa bouche était du même rose que la chair rose au creux de son ventre. De mes lèvres, je léchai sa peau en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Je frôlai l'œillet secret qui déjà cédait aux effleurements. Fugacement, la tension se relâcha, les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt ainsi brusquées, comme après une étreinte immonde. Charlotte s'ébattait avec un tel air de bien-être qu'elle semblait apprécier son abandon.
L'amante faisait expier les transes qu'elle lui avait données par des emportements auxquels Charlotte assistait sans en être choquée. La vue lucide de certaines infériorités n'ôte d'ailleurs rien à la tendresse. Mes doigts contournaient les formes plissées qui sertissaient l'anus. Ils lissèrent les veinules lentement, les unes après les autres, consciencieusement. Je la vis qui approuva d'un mouvement de reins, une cambrure pour l'instant maîtrisée. Rien encore du domaine de l'indicible. Ils se confinaient dans la séduction. Ou en tout cas, le crut-elle. L'amante ne trichait pas. Elle n'était que sexe. Mais je l'imaginai elle, bien trop jeune pour le savoir. Bientôt l'anus ne se défendit plus. Il rougit en acceptant, s'humidifia, larmoya une liqueur d'acquiescement, frémit au moindre toucher et enfin sursauta. Je ressentis la naissance d'une jouissance s'inscrire dans les va-et-vient de ce trou qui appelait. La sève s'écoula et lubrifia l'orifice pour permettre le passage. Voilà, elle ne joue plus, elle le sait. Elle peut maintenant tout imposer, froidement, à ce corps qui priait l'intromission. Je supposai qu'elle aimerait être capable de hurler les mots les actes qu'elle attendait. "- Un doigt, enfonce. Non pas si vite, ressors. Reviens lentement. Un doigt, au bord, juste un peu plus loin que l'extrémité. Arrête lorsque tu sens ton doigt happé. Là. Oui, voilà, pas plus loin." Elle marqua un temps parce que le plaisir surgit, intense. Je l'entendis s'essouffler. "- Caresse l'intérieur du pourtour comme si tu voulais dessiner un cercle." Elle mouilla ses lèvres, en prononçant ces mots. "- Ressors maintenant et ose deux doigts, doucement. Non, laisse-le t'accepter, pourquoi forcer ?" Elle se rembrunit, chercha à dégager son visage d'entre les draps. L'amante s'irritait parce qu'elle ne supportait pas l'affront d'un quelconque échec. Elle savait. Elle voulait savoir, ne rien apprendre de sa partenaire. La douleur vive s'était évanouie alors je la vis qui hésitait. Devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ? Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme. Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela.
Elle se tairait. Mais Juliette la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante et raidie sous ses doigts. Elle reprit: "- Enfonce le doigt et viens forcer l'anneau en faisant rouler l'index sur le majeur." "Oui. Comme ça. Doucement. Sens-tu ? Il s'ouvre." Il courtisait ses hôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une éclaboussure. Le cœur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Je sentais la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu à la prochaine salve. L'amante fut à cet instant forcément animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième. Elle se trompait. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans l'inconcevable. La prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis, profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre. Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le soleil, soudés. Charlotte ressentait un véritable dégoût à ne pouvoir contrôler l'orgasme lancinant qui montait en elle. Maintenant, elle allait supplier. "- Oui, enfonce encore. Plus, je voudrais tout. Non, tout, la main, le poignet, le bras. J'aimerais connaître cela." Les chairs résistèrent alors, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Elle hurla de désir. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le chercher, elle même si Juliette ne cédait pas. Je vis bientôt la fureur s'emparer de son corps, et le vriller, l'hystérie libérer l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui. Charlotte se laissa aller, les yeux fermés, dans un rêve, ou tout au moins dans le crépuscule d'un demi-sommeil d'épuisement. Elle se trouvait heureuse de compter assez pour Juliette, juste pour qu'elle prît plaisir à l'outrager.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Comme tous les matins, je prends le bus, le B1100 à 7h52. J’entre en n’oubliant pas de saluer le conducteur, j’avance vers le fond du bus, nous avons chacune nos petites habitudes à cette heure ci. Je suis vêtue d’une robe arrivant au dessus de mes genoux, j’ai l’habitude de soigner mon apparence…j’ai pris soin d’assortir ma montre, mes boucles d’oreilles avec mes cuissardes à talons bien entendu. J’ai une queue de chevale longue et bien tirée. Je sers évidemment les jambes afin qu’on ne puisse pas voir ma culotte ensemble dentelle violette, c’est important de se sentir belle dans ses sous vêtements aussi !
Un homme, la trentaine, bien habillé, entre dans le bus, je ne l’ai jamais vu jusqu’ici. Il s’assit à côté de moi naturellement sans me demander si la place était prise ou non.
« Vous allez où ? » entendis je.
- je vais à université, je descends dans 10 arrêts, vous descendrez certainement avant moi vous inquiétez pas.
-Oh, intéressant. J’ai donc le temps.
Il sort un petit couteau de sa poche, me menace de me le faire regretter si je bouge, si je crie ou si je montre quelconque expression alertante. Je me tétanise. Il me dit aimer l'obéissance, que si je respecte ses règles il ne m'arrivera rien de fatal, que j'ai juste à rester neutre sans réaction.
Les consignes sont claires...il ne faut absolument pas que je bouge...Je sens son manteau se poser sur mes jambes comme pour exercer une forme de pression psychologique et me faire comprendre que personne ne viendra me sauver. Sa main gagne du terrain, s'insert sous le manteau noir, il garde premièrement sa main au dessus de ma robe en observant mon visage. Je sens ses doigts se plier et se déplier annonçant une suite lugubre. Il passe son pied entre mes deux chaussures pour écarter mes jambes brutalement, toujours avec expression faciale figée avec un sourire. Je suis allaitante, j'ai peur mais j'essaye d'avaler ma salive et respirer calmement, aucunes personnes ne me regarde. Soudain, je sens ma robe petit à petit se plier sur elle même, elle remonte doucement jusqu'à laisser mes jambes totalement vulnérables sous le manteau. Je sens laisser lame de son couteau me rappeler que je suis prise au piège, il passe sa deuxième main près de moi et me dit à l'oreille : "j'ai hâte de voir comment tu vas réagir pour la suite". Il créer une grande fente avec son couteau dans la longueur de ma robe..."ça va être gênant quand tu vas partir je pense ? Tu devrais rentrer te changer à mon avis, c'est pas facile d'être si maladroite" mes yeux se remplissent d'humidité, j'essaie de garder la face... Je sens la lame se rapprocher de ma cuisse droite, il sectionne la dentelle de ma culotte à deux endroits et souvent je comprends que je suis totalement vulnérable.
il me donne pour ordre de la prendre dans ma main, je m'exécute avec effroi. J'entends ensuite une parole qu'il a dû répéter deux fois tellement j'étais sous le choc :
- " mets la dans ta bouche, maintenant. Que personne ne te voit."
je regarde autour de moi. Avec les larmes qui essaient de s'échapper de leur milieu naturel...personne ne regarde, je la pousse dans ma bouche rapidement en m'étouffant presque. Je me retrouve sans pouvoir bouger et sans pouvoir parler à présent. Il fait un signe d'appprobation de la tête. Ses doigts caressent mes grandes lèvres, il sert ma cuisse de son autre main me faisant signe d'ouvrir les cuisses. Je sens mon intimité dégradée par son intrusion. Dans la poche de son manteau il cherche quelque chose, je n'arrive pas à voir ce que c'est...Il me lance :"soulève toi légèrement du siège, je te dirais quand tu peux te rassoir". J'aimerais lui demander pourquoi et protester mais j'ai ma culotte violette dans la bouche et quelqu'un risquerait de la voir... j'ai tellement honte. Je m'exécute...
L'homme introduit un objet froid à l'entrée de mes fesses...il me dit de m'assoir...sans préparation, il fait tourner l'objet afin de le faire rentrer, je suis horrifiée. Je sens que mon corps se rapproche seul du siège, en effet il m'appuie sur l'épaule en même temps. Ça me déchire !
j'arrive enfin à mon arrêt...je ne sais pas quoi faire, complètement dégradée et humiliée par ce qu'il vient de se passer. Ma robe est fendue, j'ai ma culotte entre mes lèvres, un plug introduit dans mes fesses. L'homme me dit en s'écartant : " bonne journée, à une prochaine sûrement".
Il s'agit d'une histoire écrite pour vous stimuler, pour faire appel à votre imagination :) hésitez pas à me dire si vous voulez une suite !
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Défaite et comblée, elle se retourna et tenta de reprendre son souffle. Elle me regarda et je posai un tendre baiser sur ses lèvres. Rien alors ne s'est passé comme je l'avais imaginé. J'ai emporté mon petit fennec jusqu'à son lit. Elle avait refermé ses bras autour de mes épaules et niché son museau au creux de mon cou. Je la sentais vibrer, si légère, le visage lové contre ma nuque. Je la sentais vibrer, si légère entre mes bras. Mais tout cela ressemblait tellement au cliché d'un film romantique que cela ne pouvait pas durer. Elle m'a regardé me déshabiller sans quitter la position dans laquelle je l'avais déposée sur le lit. Ses yeux allaient et venaient alors le long de mon corps, des yeux d'une étonnante gravité. Je devinais confusément que ce nous apprêtions à faire ensemble ne revêtait pas la même importance pour elle que pour moi. Si je me préparais au combat le cœur léger, impatient de donner le premier assaut, elle ressemblait, elle, à ces chevaliers en prière la veille d'une grande bataille. Ce n'était pas de la peur, mais du recueillement, comme si, en m'ouvrant ses draps, elle se préparait à un exploit. Je me suis allongé à ses côtés. Enfin, j'abordais cet astre que je guettais depuis tant de semaines. Malgré la hâte que tu devines, j'ai entamé l'exploration en m'efforçant de juguler mon impatience. Mes doigts sont partis en éclaireurs. Peu pressés, ils ont pris le temps de s'arrêter mille fois en chemin, de souligner le galbe d'un mollet, d'apprécier la douceur de la peau dans le creux du genou, d'aller et de venir le long des cuisses, n'en finissant plus de découvrir un tendre territoire que mes lèvres marquaient au fur et à mesure. Je voyais dans ton silence une beauté indépendante de la réalité de ton corps, et comme la parole humaine est en rapport avec l'âme, j'avais alors l'impression de parler à un fantôme muet.
Il y avait dans ma mémoire, ce souvenir composite, une impatience, une souffrance, une délivrance, un charme qui n'avaient jamais les ensembles les plus exacts, les plus réels, que le passé m'avait légué, car nous seuls pouvons, par la croyance qu'ils ont une d'une existence propre, donner à certaines choses que nous voyons une âme qu'ils conservent et développent en nous. Elle se crispa, puis relâcha la tension dans un gémissement étouffé. Elle crut que j'allais dire quelque chose, mais n'entendit rien d'autre que le glissement de mes doigts. Ils sont montés plus haut, effleurant le ventre, s'attardant sur les hanches, glissant jusqu'à la base des seins. Ma bouche a atterri sur l'un d'entre eux, lentement. Ma langue s'est enroulée autour de la pointe tendue vers le ciel, sentinelle assaillie, déjà vaincue, mais qui se dressait vaillamment sous l'assaut. C'était chaud. C'était ferme. Cela avait le goût du caramel. Dans mon oreille montait le souffle de ma belle inconnue, pareil au flux et au reflux puissants d'un océan tout proche. Il s'est amplifié encore lorsque mon nez a suivi la trace du parfum entre les seins, sur l'arrondi de l'épaule et jusqu'à la base du cou, juste sous l'oreille, là où sa fragrance était la plus enivrante. Et puis les lèvres, la langue, les doigts ont fait demi-tour. Il y avait encore ce territoire vierge qu'ils n'avaient fait qu'effleurer et qui les appelait comme une flamme attire les papillons de nuit. Mes doigts ont cherché un passage à travers la muraille de dentelle que mon nez, comme un bélier, tentait de défoncer, auxquelles mes lèvres s'accrochaient comme des échelles d'assaut. J'ai lancé des attaques de harcèlement. Mes doigts glissaient sous les élastiques, filaient jusqu'aux hanches, redégringolaient. De l'autre coté du rempart, cela vibrait comme vibre une ville assiégée. Et je voulais faire durer le siège indéfiniment. Je voulais que là, derrière, tout soit rongé de faim à cause de moi que l'on ait faim de ma victoire. Je voulais que tout bouillonne de soif là-dedans, que tout me supplie, que tout m'implore. Je voulais que l'on dépose les armes sans conditions, que l'on accueille l'entrée de ma horde avec des hurlements de joie. Et alors, brusquement, elle s'est refermée.
Ces jeux la mettaient toujours un peu mal à l'aise. Elle sourit malgré elle, le visage blotti contre mon torse. À l'instant même où je posais les doigts sur un sexe nu de fille, ses jambes se sont serrées. Ses mains se sont crispées sur sa poitrine. Sa peau est devenue aussi dure qu'un marbre. Elle a roulé sur le coté et s'est recroquevillée en chien de fusil. La réaction normale aurait sans doute été de l'enlacer, de lui parler gentiment et, peut-être, de la réconforter mais je n'ai pas eu la patience. Chauffé à blanc comme je l'étais, j'ai eu un tout autre réflexe. C'était la colère et non la compassion qui me submergeait. J'avais battu la semelle pendant deux heures sur son palier, elle s'était déshabillée au risque d'être surprise, elle m'avait entraîné jusqu'au lit et j'avais mené toute cette bataille pour en arriver à cela ? Je l'ai brutalement retournée sur le ventre. Elle a poussé un cri de douleur lorsque, du genou, je lui ai ouvert les cuisses en lui maintenant les poignets dans le dos. Sa culotte me gênait. Je cherchais à la dégager tout en maintenant la pression. Pendant qu'elle gigotait en dessous de moi, je m'acharnais. Je ne me rendais plus compte de ce que je faisais. J'étais pourtant bien en train de la violer. Mais qu'est-ce que j'avais dans la tête ? Fuir ses cris de haine, l'abandonner à ses larmes, supporter ensuite son regard plein de reproches quand nous nous croiserions dans l'escalier ? Je n'avais rien dans la tête. Et à certains signes d'impatience qu'elle laissait échapper, je me demandai si ce que j'avais considéré comme une protection pour mon plaisir, n'était pas au contraire la raison secrète pour laquelle il ne pouvait durer, et le corps nu, outragée, quand elle était ainsi, quand une béatitude ne satisfaisait pas ses yeux, et ne découvrait pas son visage, on pouvait deviner une désolante monotonie dans son regard.
Et mon impétuosité qui ne faisait qu'accroître son inquiétude, avait la même cruauté d'un enlèvement. Alors, je sentis ce qu'il y avait de douloureux à la prendre ainsi. Rien que d'accepter ce qui se passait heurtait son esprit, et pourtant, elle n'était que spectatrice. Se plier à mes désirs était plus simple pour elle que d'essayer de comprendre. Elle ne contrôlait déjà plus ses sensations, et c'était tant mieux. Peut-on d'ailleurs avoir quoi que ce soit dans la tête dans un moment pareil ? On a la cervelle tout entière dans le gland. On pense au cul, c'est tout ! J'étais excité. Je bandais. Je voulais achever mon travail. J'avais cette fille à baiser et je le ferais envers et contre tout. Je me suis abattu sur elle d'une seule poussée. Et moi qui attendais d'elle une résistance farouche, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'alors elle s'offrait à nouveau. Coincée en dessous d'un homme qui lui tordait les bras, voilà qu'elle creusait les reins pour lui faciliter le passage ! Et la pénétrant, ce fut comme si je plantais dans la lave en fusion d'un volcan. La ville que j'avais assiégée brûlait. Y comprendras-tu quelque chose ? Car à l'instant où, la sentant offerte, je lui ai lâché les mains, elle s'est à nouveau refermée en poussant des cris de dépit. À nouveau, il a fallu que je l'immobilise pour qu'elle s'ouvre à mes assauts. Je n'y comprenais rien. Voulait-elle vraiment échapper au viol ou était-ce une sorte de jeu auquel elle se livrait ? Je lui écrasais les poignets sur les reins à lui faire mal et elle semblait autant jouir de cette situation que de mon membre qui allait et venait au fond de son ventre. Je ne lui ai posé aucune question ensuite. Lorsque je l'ai quittée, elle semblait encore hésiter entre le bonheur et les regrets. Le lendemain matin, en se réveillant, elle se sentit totalement étrangère à elle-même. En réalité, la jeune femme avait rêvé.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Ce texte est un fragment de vie, à la fois intime, douloureux et humain. Il ne parle pas directement de sexualité, de domination ou de jeux, mais de ce que l’on porte en nous, parfois sans l’avoir choisi.
Dans le monde BDSM, on parle souvent de trauma comme point d’origine ou comme moteur. Voici le récit d’un homme, moi, confronté deux fois à l’IVG, à la prématurité, au handicap, à la perte.
Ce témoignage s’inscrit dans la suite de mon texte "Certaines personnes pensent que les hommes sont insensibles…", pour rappeler que la sensibilité masculine existe, même si elle prend parfois des formes silencieuses ou viriles.
Ce n’est pas un appel à la pitié. C’est une parole déposée, pour ceux que cela pourrait toucher, faire écho ou simplement inviter à réfléchir.
Merci à ceux qui prendront le temps de lire.
À 20 ans, j’étais un étudiant un peu bohème, amoureux et insouciant. Ce fut l’été des grands départs : un vieux combi Volkswagen bricolé avec amour, ma compagne, ma petite sœur de 17 ans et mon meilleur ami. Direction la Grèce, via l’Italie, Venise, la côte adriatique, Thessalonique, Athènes… des paysages inoubliables, des galères mécaniques, des moments suspendus hors du temps.
Ma sœur et mon meilleur ami sont tombés amoureux pendant ce voyage. Ils sont toujours ensemble aujourd’hui, mariés. De mon côté, tout semblait aller pour le mieux avec ma compagne, jusqu’à ce qu’elle commence à vomir sur le chemin du retour. Verdict du médecin : elle est enceinte.
Nous étions jeunes, étudiants, pas prêts. Ce fut notre décision à tous les deux : l’IVG. Ce n’était pas la première fois pour moi. J’avais déjà vécu cela auparavant. Mais cette seconde fois a laissé une empreinte plus profonde, plus sombre.
Nous avons continué notre vie malgré tout. Mariés, diplômés, nous sommes partis enseigner à Tlemcen, en Algérie. J’y faisais mon service militaire sous le statut de coopérant. Là-bas, nous avons décidé d’avoir un enfant. Après plusieurs fausses couches, Anne tombe enceinte.
Nous rentrons en France pour les vacances d’été, elle en est à quatre mois et demi. Le gynécologue nous dit qu’un cerclage aurait été nécessaire mais… il part en vacances. Alors, on fait au mieux. Jusqu’à cette dernière consultation, juste avant de repartir. Là, tout s’accélère : fauteuil roulant, perfusion de sulbutamol. Je m’en souviens comme si c’était hier.
Anne-Sophie naît à cinq mois et demi. 900 grammes. Elle tient dans une boîte à chaussures. Trois mois et demi d’hôpital, de soins, d’attente. Et puis un verdict, tombé comme une enclume : à 14 ans, nous avons appris qu’elle ne marcherait jamais.
J’avais 25 ans.
Anne-Sophie a aujourd’hui 43 ans. Elle est mariée, elle travaille, elle a fait construire sa maison. Une battante, forgée par la volonté et l’amour de sa mère, décédée d’un cancer quand notre fille avait 16 ans. Nous étions déjà divorcés, et c’est elle, Anne, qui a fait l’essentiel de son éducation. Elle lui a transmis cette force.
Pourquoi je parle de tout cela sur un site BDSM ?
Parce qu’on oublie trop souvent que les hommes aussi vivent des traumas. Parce qu’on invisibilise la douleur de celui qui ne porte pas l’enfant, mais qui accompagne, qui souffre, qui doute, qui perd aussi. Parce qu’il faut parfois toute une vie pour comprendre ce qui s’est inscrit en nous à ce moment-là.
Un feedback médical, bien après la naissance d’Anne-Sophie, a mis en lumière tous les facteurs de risque d’une naissance prématurée. Parmi eux : l’IVG. Pourtant pratiquée dans les règles. Pourtant décidée à deux.
C’est peut-être là que réside le paradoxe le plus cruel. Un choix fait pour préserver la vie, qui plus tard revient comme un boomerang. Pas comme une faute, non. Mais comme une cicatrice. Une faille. Une empreinte silencieuse.
Alors oui, j’avais 25 ans. Et cette histoire reste, encore aujourd’hui, un traumatisme.
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Il apparut que la grâce si particulière de sa tournure, qui l'eusse distingué au milieu du commerce de ses amies, attirait les regards autant sur elle que sur lui. Au fur et à mesure qu'on s'approchait d'elle et qu'on la connaissait davantage, cette connaissance se faisait comme par soustraction, tant elle se dissimulait dans une pudeur dont le voile illusoire semblait recouvrir parfois ses ébats secrets. Elle était restée une éternelle adolescente tant qu'elle s'était cru laide. Ensuite, elle s'était conduite comme une femme. Mais une véritable femme aurait été guidée par le plaisir, quand elle l'ignorait. Elle faisait comme les autres, voilà tout. Aucune gaieté, dans cette désolante et perpétuelle répétition qui servait tout juste à la persuader qu'elle vivait. Il faut dire à son excuse qu'elle ne tombait pas entièrement dans le piège. Elle se laissait ramener par des hommes "qui avaient quelque chose", se laissait embrasser dans le noir, caresser. L'amour, l'amitié, sûrement, non. La complicité, peut-être. Oui, mais on est complice dans une entreprise, dans un projet. Quel était le grand projet de cette petite fille mal élevée, au regard tourné vers le ciel glacial ? Quelles étaient ses grandes espérances ? Elle était amusante dans la nuit, avec son visage si blanc dans lequel on ne voyait plus que deux yeux sombres et mobiles, une mince bouche très fardée. Olivier lui avait dit la vérité, il l'aimait beaucoup. Quand il l'avait croisé, trois jours auparavant, sa fraîcheur l'avait touché, et aussi sa façon de parler, de s'exprimer. Cela lui donnait envie de lutter, de rivaliser, de gagner. Les regards, les désirs des autres donnent du prix. Et puis, ça la rendait fière d'être son amante. Elle aimait sa persévérance. Elle signifiait qu'il prenait très au sérieux les sentiments qu'il éprouvait pour elle. Mais, en même temps, les innombrables attentions qu'il lui prodiguait la déstabilisaient. Elles ne lui laissaient pas le temps de souffler et rendaient plus difficile encore la possibilité de lui résister. Elle ne put s'empêcher d'être émue par ses pensées. Charlotte pénétra dans le hall d'entrée et salua d'un signe de tête la réceptionniste. Elle prit alors l'ascenseur, les mains moites, le cœur battant à tout rompre. Sous sa robe, pour accompagner son string, elle avait choisi un soutien-gorge pigeonnant, dont le voile léger couvrait à peine ses seins. La caresse de la soie sur leurs pointes dressées ajoutait encore à sa suave excitation. Elle portait un parfum léger, sensuel. Et sa façon de le saluer, toute simple, était éblouissante. Il ne se souvenait pas qu'une femme l'ait jamais intrigué à ce point. Peut-être était-ce dû au masque qu'elle portait ou à la réputation qui la précédait. Quoi qu'il en soit, elle était ravissante, et de celles qui accrochent le regard et fascinent. Et ce n'était pas une question de robe ni de bijoux. C'était toute sa personnalité qui transparaissait: sexy, impertinente, séductrice. S'amuser à provoquer un homme aussi désirable, était plus facile qu'elle ne l'aurait cru. Le déguisement n'était qu'un artifice. C'étaient ses yeux verts derrière son masque et sa bouche sensuelle qui le troublait. La soie fluide moulait somptueusement les courbes de sa silhouette. Le précieux collier plongeait de manière suggestive entre ses seins, le métal froid lui rappelant que si elle jouait correctement son rôle, très bientôt les doigts de l'inconnu effleureraient sa peau avide de caresses. Elle laissa ses doigts glisser le long du collier, jusqu'au cabochon niché au creux de sa poitrine. Elle avait réussi à le surprendre, à l'intriguer. Elle ne disposait que d'une nuit. "- Monsieur, dit-elle. Je veux que nous fassions l'amour." L'homme leva un sourcil étonné et un sourire amusé effleura ses lèvres. Charlotte ne voulait pas qu'il réfléchisse. Elle voulait qu'il se contente de ressentir et de réagir. Elle avait décidé de ne plus donner dans le romantisme. Elle en était à ce point calme des passions où l'on se promène dans l'enthousiasme qu'elle décida de s'offrir.
C'était un parti dénué de caractère moral que le désir lui avait donné d'abord, une chose immédiatement instinctive, comme cette habitude de se livrer à ses amies les plus tendres et dont l'âme dépouillée la séduisait. L'humanité ne progresse que par ses vices. Elle est assez grande, assez solide pour se le permettre. Tout devient vice avec un peu de vertu, enfin avec application. Le monde est fait de n'importe quoi, reçu par n'importe qui et tout ce néant se donne un grand mal pour ressembler à quelque chose. Des souvenirs brûlants lui revenaient à la mémoire, des souvenirs de réduit exigu, de gémissements étouffés, d'extase partagée, des souvenirs qui la faisaient saliver devant cet homme qu'elle avait toujours désiré, et désirerait probablement toujours. D'un geste téméraire, elle glissa la main vers sa nuque, noua les doigts dans ses cheveux sombres et attira son visage vers le sien. C'était elle qui avait pris l'initiative du baiser. Ce fut l'homme qui en prit le contrôle. Il n'y eut pas de phase d'approche. Ses lèvres pressèrent les siennes, sa langue pénétra sa bouche, trouva la sienne, s'y mêla en un baiser sauvage, exigeant, prenant d'elle tout ce qu'elle avait à donner. Elle s'abandonna à son étreinte, s'enivrant de l'odeur de sa peau, une odeur virile, troublante. "- Allons dans un endroit plus intime, voulez-vous ?". Il eut un bref mouvement de sourcils, comme s'il soupçonnait un piège, mais il était trop poli pour répondre. "- Nous venons d'arriver. - N'avez-vous pas envie d'être seul avec moi ? Car je n'ai aucune envie de différer mon plaisir. Ni le vôtre. - Comment savez-vous que nous aurons du plaisir ? - Une femme sait ces choses-là. - Même si mes exigences sortent du commun ?". L'ascenseur s'immobilisa à son étage. Elle prit l'homme par la main et ils franchirent la double porte aux vitres gravées, traversèrent le hall de marbre et gagnèrent la luxueuse suite préparée. Elle était toute entière éclairée de bougies et ils traversèrent le salon en direction de la vaste chambre élégante, raffinée, décorée dans un subtil dégradé de tons chauds. D'autres bougies étaient disposées de part et d'autre de l'immense lit. Sur la commode, on avait disposé deux flûtes de cristal et une bouteille de champagne dans un seau à glace en argent. Le lit était entrouvert et les draps soyeux, comme une invitation aux ébats. Charlotte avait ouvert toutes grandes les portes de la terrasse qui surplombait l'océan pour laisser la brise parfumée baigner la chambre. L'homme ne prêta pas la moindre attention au décor. Il ne s'intéressait qu'à elle. "- Baissez la fermeture de ma robe", susurra-t-elle d'une voix enjôleuse. "- Vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que je prenne mon temps, j'espère", murmura-t-il à son oreille. Elle se sentit soudain la bouche sèche. Elle avait envie d'être nue, de sentir ses mains sur elle tout de suite, mais aussi follement envie qu'il prenne tout son temps. Il était en smoking. Il devait se rendre dans une soirée où il verrait deux trois personnes qu'il aimait bien. Ses airs sombres, on croyait que c'était exprès.
Et bien souvent, sa nature prouvait seulement la vivacité avec laquelle, elle ressentait le plaisir, jusqu'à être désarmée et à se livrer à de plus viles prodigalités licencieuses, en mettant à part son amour pour sa maîtresse, pour laquelle ses abandons ne connaissaient pas de réserve. Beaucoup de choses se trouvaient expliquées, si l'on sentait combien deux êtres se ressemblaient, sur des plans différents. Olivier dansait avec la vie, sans savoir que c'était une chose merveilleuse. Il jouait avec les sentiments, sans apercevoir quelle flamme se dégageait de ces mouvements. Il la dévisagea sans vraiment prêter attention à ce qu'elle disait. Cela faisait bien longtemps qu'il avait appris une chose: si on voulait entendre ce qu'elle avait à dire, il ne fallait pas écouter ses paroles, mais examiner son language corporel. Il descendit la fermeture Eclair de quelques centimètres. Le corsage de la robe s'ouvrit dans son dos, s'écarta de sa poitrine et elle sentit un souffle d'air frais balayer ses seins. Du bout des doigts, il caressa son son cou, ses épaules, décrivant de petits cercles sur sa peau nue tandis qu'elle écartait doucement les pans de son corsage. Elle n'avait pas bougé, tenant toujours ses cheveux relevés pour lui, dans une position cambrée qui projetait en avant ses seins avides de la caresse de ses mains expertes. Elle ne s'inquiéta pas quand il plaça autour de son cou, un collier en acier comportant une charnière, située au centre. Il le verrouilla brusquement grâce à un système de vis et d'écrou. "- Vous avez un dos superbe", dit l'homme sans se troubler. Il fallait qu'elle s'écarte, qu'elle reprenne le contrôle du jeu. Mais c'était si bon de sentir ses mains sur ses seins qu'elle n'en eut pas la volonté. Et il s'y attendait. Il savait qu'elle ne pourrait pas. Il l'avait lu dans son regard, senti dans la façon dont elle cédait à la tentation, s'abandonnant à ses mains expertes. Ses paumes effleuraient sa chair, ses doigts la frôlaient à peine. La sensation était telle qu'elle dut se mordre les lèvres pour ne pas gémir. Elle referma les doigts sur ses épaules. Sa peau était chaude et douce. Du velours sur de l'acier. Chaque caresse de ses mains sur ses seins, chaque pression de ses doigts faisait croître le désir niché au creux de son ventre. Jamais elle ne s'était sentie à ce point prête pour un homme, excitée, humide. Elle l'était déjà au moment où elle avait ôté sa robe. Il pressa de nouveau la pointe de ses seins. Mais l'homme avait décidé d'imposer son rythme, de l'exciter, de la pousser à bout, puis de faire machine arrière au moment où il la sentirait prête à chavirer. Quand elle glissa les pouces sous l'élastique de son string et le fit glisser très lentement sur ses fesses, des fesses musclées, elle se retourna et il découvrit son pubis finement rasé, il la fixa, fasciné, le regard brûlant de désir, une expression si intense sur le visage qu'elle fut saisie de peur. L'homme bondit alors, tel un animal sauvage, et tandis qu'elle se redressait, il la souleva dans ses bras. Lorsqu'il l'eut posée sur la terrasse, il saisit la rambarde, emprisonnant Charlotte entre ses bras. Elle était piégée. Son numéro de strip-tease avait chassé l'homme réservé et distant et libéré l'être viril et impétueux.
Il y avait naturellement ce premier charme qu'on ne retrouve que dans la découverte des corps et des premiers émois, riches de surprises. La jeune femme avait exacerbé ses sens, lui abandonnant toute sa frivolité et des trésors entiers de sensualité. En un autre sens, Olivier trouvait là des voluptés véritables, traçant l'éloge de la paresse et vivant comme un moine égrillard, sans le savoir. On ne se guérit d'une folie que par une autre folie. Une flamme peut chasser l'autre, le feu demeure. Sans lui, les fruits n'auraient plus de goût, le ciel plus d'étoiles, la mer plus d'eau, les arbres plus de feuilles, les oiseaux plus de couleur, sa vie plus de sens, sa solitude, plus de fin, son plaisir, plus de plaisir, sa bouche, plus de baisers, ses reins, plus d'amour. Comme attirés par un aimant, ses doigts se refermèrent sur son sexe. Il était long et dur. Il sursauta lorsqu'elle allongea les doigts, les referma sur ses testicules qu'elle pressa doucement. Du pouce, elle effleura son gland gonflé et fut heureuse de l'entendre gémir de plaisir. "- Je vais explorer toutes les zones sensibles de votre corps avec ma langue", murmura-t-elle. Comme hypnotisée par le bruit des vagues qui se brisaient sur les rochers de la côte, en contrebas, elle s'agenouilla et prit le sexe de l'homme dans sa bouche. Il avait le goût du vent et de la pluie, le goût viril d'un homme. Et comme elle le lui avait promis, elle l'amena au bord de l'orgasme. Il perdit conscience de lui-même pendant un instant, perdu dans l'univers qui se réduisait au plaisir que lui offrait la bouche et se répandit dans sa gorge. Il continua à jouir et à éjaculer mais préféra se répandre sur le visage de Charlotte. Un peu de semence s'écoula sur la commissure de ses lèvres et sur ses seins. Brusquement, il glissa les mains entre ses reins. Perchée sur ses talons hauts, elle se trouvait cambrée, les fesses en arrière, dans la position idéale pour qu'il glisse un doigt en elle. Un doigt qu'il plongea alors dans sa voie la plus étroite, l'élargissant avec volupté jusqu'à ce qu'elle fut détendue. "- Je veux que vous veniez en moi par cet endroit. - Je le sais. Mais il s'arrêta. Il se redressa, plaqua son corps contre le dos de Charlotte. Son membre dur plongea entre ses fesses. Elle se cambra pour le prendre en elle, mais il s'écarta, referma les mains sur ses seins et en pressa la pointe durcie. Ce fut comme si une décharge électrique traversait le corps de la jeune femme. Elle se cambra de nouveau, collant son rectum contre lui. Lorsque enfin, il la pénétra, elle était si brûlante, si excitée qu'elle jouit aussitôt dans une explosion de tous les sens. Elle se serait écroulée si les bras puissants de l'homme ne l'avaient retenue. Il glissa une main entre ses cuisses et, ouvrant délicatement sa chair, il se mit à caresser son clitoris. Elle le sentait partout, avec son sexe planté profondément dans ses entrailles. Quand elle atteignit l'orgasme, il se décolla d'elle brutalement. Bientôt, tandis qu'elle retrouvait ses esprits, l'homme la tenait serrée contre lui, blottie dans ses bras. "- Avez-vous déjà été attachée et fouettée ? - Non jamais". Sans attendre, l'inconnu dit à Charlotte de se lever pour lui lier les poignets d'une corde de chanvre qu'il attacha au plafonnier de la chambre, bien tendue pour l'obliger à se tenir bras levés et sur la pointe des pieds. Elle entendit le cliquetis de la boucle de la ceinture tandis qu'il l'ôtait de son pantalon. - "Que faites-vous ? - Je répare un oubli. Souvenez-vous de mes exigences spéciales". Charlotte aurait pensé qu'Olivier gardait son amour avec sa pudeur. Mais cette pensée l'enthousiasma.
Elle le jugeait divertissant. C'était entendu. De son côté, et c'était le plus grave, il n'estimait pas très profondément le caractère de la jeune femme. Il haïssait sa faiblesse. Il savait qu'elle admirait n'importe qui. Elle se prêterait à ses folies, à ses fantasmes, à sa violence. Elle chuchotait, elle délirait, Elle tiendrait d'autant plus à lui, qu'elle se livrerait davantage. Lui la regarda se débattre vainement, il écouta ses gémissements devenir des cris. La douleur laissera alors place au plaisir. L'homme commença par apprécier la souplesse du ceinturon en cuir en fouettant l'air. Le premier coup claqua sèchement contre ses fesses. Il n'était pas du style à y aller progressivement. Il avait frappé fort avec l'assurance qui lui était coutumière et Charlotte sentit sa peau d'abord insensible, réagir rapidement à la brûlure du cuir. Le deuxième coup tomba, plus assuré encore, et elle gémit de douleur en contractant les muscles de ses fesses. L'homme la fouetta avec application. Ses coups précis, parfaitement cadencés, atteignaient alternativement une fesse, puis l'autre, parfois le haut des cuisses, parfois le creux des reins. Vingt, trente, quarante coups. Charlotte ne comptait plus. Aux brûlures locales d'abord éprouvées, s'était substituée une sensation d'intense chaleur, comme si elle était exposée à un âtre crépitant. "- Vous voudrez bien vous retourner. - Non, pas devant", haleta-t-elle, "Pas devant. "- Vous devez aller jusqu'au bout de vos fantasmes de soumission". Charlotte pivota lentement sur elle-même. Elle avait gardé les yeux baissés mais elle aperçut quand même le ceinturon s'élever dans l'air et s'abattre sur elle, au sommet de ses cuisses. Elle hurla à nouveau et releva la jambe pour essayer de se protéger du coup suivant. Elle sentit soudain qu'elle n'y échapperait pas et se vit perdue. Il ne refrappa pas immédiatement. Il attendit que Charlotte ne puisse plus se tenir ainsi sur la pointe du pied et qu'épuisée, elle s'offre à nouveau au fouet. Il continua à la fouetter méthodiquement sur les hanches et sur les seins. Quand le cuir atteignit le renflement de sa vulve, subitement son corps fut traversé de part en part par une fulgurante flamme de couleur rouge orangé. Elle en sentit la chaleur l'irradier et plonger dans son ventre comme une boule de feu. La douleur et le plaisir fusionnèrent ensemble. Elle hurla à nouveau mais de plaisir cette fois. L'homme cessa presque aussitôt de la frapper. Il s'approcha de la jeune femme et ce fut lui qui remarqua le premier que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois par fantaisie. Charlotte n'avait aucune envie de bouger. Comblée, elle ne rêvait que de rester là, blottie dans les bras de l'inconnu. Mais pour lui, il était hors de question de passer la nuit avec elle. Le risque était trop grand qu'elle découvre sa véritable personnalité. Entre le dépit et le dédain, il est facile d'établir un rapport de dépendance. Au fond de lui, il pensait que tout était terminé. Puis il avait souri d'une drôle de façon, comme il était seul à savoir le faire, regrettant sans doute que le châtiment infligé ne fut pas plus cruel, non pas tant pour lui, mais pour elle, tant il avait deviné en Charlotte, le désir contradictoire mais combien réel de jouir dans la douleur. Avec un peu plus de temps, elle lui aurait sans nul doute plu. Quand le plaisir est ainsi orienté vers un univers inconnu, tout ce qui se rattache à lui devient motif d'imagination, puis de passion. Un privilège qui ne lui paraissait pas donné à tout le monde.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Je m’intéresse ici sur la mécanique sexuelle de l'homme, dans les rapports Bdsm, sur le besoin grandissant de stimulation.
Du processus très subjectif qui dépend de facteurs psychiques, physiques, cognitifs, émotionnels, relationnels et sociaux, qui changent et évoluent avec le temps, au gré des rencontres et des expériences sexuelles.
Certains défendent l’idée que le BDSM et le sexe sont 2 choses différentes.
D’autres défendent celle qu’on est pas obligé d’en venir au sexe lorsque l’on pratique le BDSM.
Par exemple certains Dominants sont en couple vanille, ils ont des relations sexuelles avec leur femme mais pratiquent le BDSM avec une ou plusieurs soumises, mais sans sexe.
Du coup je me pose une question :
Un homme dominant qui avance dans l’âge , qui n’a pas de rapports sexuels avec sa ou ses soumises. Est-ce dù à une baisse de virilité ?
La stimulation du désir masculin dans les pratiques BDSM résulte d’une interaction complexe entre la physiologie, la psychologie, les émotions et la dynamique de pouvoir. Les études récentes permettent de mieux comprendre pourquoi certains hommes trouvent dans la domination — sexuelle ou non — une source d’excitation, même indépendante du rapport charnel.
Mécanique du désir masculin :
Le désir masculin est un processus multifactoriel impliquant les systèmes nerveux, endocrinien et circulatoire. L’excitation se déclenche par des stimuli cognitifs, émotionnels ou sensoriels qui activent le système nerveux autonome et entraînent une production hormonale (adrénaline, dopamine, testostérone, ocytocine) responsable de l’érection et du plaisir.
Chez les hommes adeptes du BDSM, les régions cérébrales liées au contrôle, à la récompense et à la vigilance sont plus sollicitées. Cette stimulation combinée favorise une excitation soutenue, parfois indépendante de la pénétration ou de l’orgasme.
Excitation et pratiques BDSM :
Les pratiques BDSM mobilisent à la fois le corps et le psychisme : douleur simulée, contrôle, soumission, jeux d’humiliation ou de pouvoir produisent une libération d’endorphines, d’ocytocine et de dopamine. Ces hormones amplifient le sentiment d’intimité, de bien-être et d’attachement .
Une étude a même montré que les participants dominant·e·s ressentent moins de stress que les soumis, leur excitation étant liée au sentiment de maîtrise plutôt qu’à la peur . Cela explique pourquoi l’excitation masculine dans le BDSM dépend souvent davantage du contrôle mental et émotionnel que de la stimulation sexuelle directe.
Les preuves scientifiques reliant les pratiques BDSM à l’excitation masculine proviennent de plusieurs disciplines — neurosciences, endocrinologie, et psychologie expérimentale — et démontrent que ces pratiques activent les mêmes circuits cérébraux et hormonaux que ceux du plaisir sexuel classique.
Activation des circuits cérébraux du plaisir
Les recherches menées en neuroimagerie (IRMf) montrent que les activités BDSM stimulent le noyau accumbens, structure clé du système de récompense, impliquée dans le plaisir et la motivation. Ces expériences réorganisent la perception sensorielle : la douleur consensuelle, contextualisée par la confiance, est réinterprétée comme agréable, activant ainsi les zones cérébrales du plaisir et du lien émotionnel .
Chez les hommes, cette activation est comparable à celle observée lors de stimulations sexuelles classiques, confirmant que le contrôle, la domination ou la mise en scène peuvent suffire à déclencher une excitation réelle .
Réponses hormonales mesurées
Une étude fondatrice de Sagarin et al. (2009), publiée dans Archives of Sexual Behavior, a mesuré les niveaux de cortisol et de testostérone chez 58 pratiquants BDSM avant et après une scène.
• Chez les soumis, le cortisol (hormone du stress et de l’excitation) augmentait fortement durant la scène, traduisant une réponse physiologique intense.
• Chez les dominants, cette hormone restait stable, mais les niveaux de testostérone restaient élevés, soutenant la vigilance, le contrôle et l’excitation liée à la dominance.
• Après la scène, le cortisol redescendait, accompagné d’une hausse marquée de l’ocytocine, hormone du lien et de la confiance .
Ces résultats confirment que le plaisir BDSM n’est pas uniquement d’ordre psychologique, mais aussi biologique et mesurable.
Dopamine, endorphines et plasticité cérébrale
Les pratiques impliquant douleur contrôlée, contrainte ou pouvoir libèrent endorphines et dopamine, molécules associées respectivement à l’euphorie et à la récompense. Ces sécrétions renforcent la sensation de bien-être et encouragent la répétition de comportements perçus comme gratifiants .
Certaines études suggèrent même que la répétition de ces expériences pourrait induire une plasticité cérébrale, modifiant la façon dont la douleur, le contrôle et l’excitation sont perçus et reliés .
Effets psychiques et relationnels
Sur le plan émotionnel, le BDSM produit une élévation mesurable du sentiment d’intimité et de connexion, liée à la libération d’ocytocine post-session. Cet effet de « bonding » (attachement) contribue à maintenir une excitation durable, en renforçant la sécurité émotionnelle entre partenaires .
En parallèle, des enquêtes comparatives montrent que les adeptes du BDSM déclarent moins de troubles sexuels et plus de satisfaction globale que les non-pratiquants, ce qui traduit un meilleur équilibre physiologique et psychologique de la sexualité .
En résumé, les preuves scientifiques attestent que le BDSM, lorsqu’il est pratiqué de manière consensuelle, active les mêmes mécanismes neurobiologiques que l’excitation sexuelle masculine classique : stimulation dopaminergique, libération d’endorphines, modulation de la testostérone et renforcement du lien par l’ocytocine. Ces effets combinent désir, contrôle, émotion et plaisir dans une dynamique cérébrale et hormonale unique.
Le désir dominant masculin, lorsqu’il est vu sous l’angle du BDSM et de la sexualité globale, évolue avec l’âge sans nécessairement décliner ; il se transforme en une forme plus intériorisée, mentale et relationnelle, intégrant la maturité émotionnelle, la maîtrise de soi et la symbolique du pouvoir.
Changements physiologiques :
Chez l’homme, la baisse progressive de la testostérone fait diminuer la fréquence et l’intensité des impulsions sexuelles brutes, mais pas nécessairement l’intérêt pour l’érotisme ou la domination. Cette diminution entraîne souvent une libido plus calme, centrée sur la qualité plutôt que sur la quantité des expériences .
Les érections spontanées deviennent moins fréquentes et la stimulation requise est plus importante, mais les capacités de plaisir et d’orgasme peuvent perdurer toute la vie .
Transformation psychologique du désir dominant
Avec l’âge, la domination masculine évolue vers un mode de stimulation psychique : le plaisir provient davantage du contrôle émotionnel, de la mise en scène du pouvoir et de la connexion mentale que de la performance physique. Les hommes dominants mûrs trouvent souvent satisfaction dans la maîtrise du rituel et l’influence psychologique sur la partenaire, ce qui déplace la source d’excitation vers la dimension cognitive et relationnelle.
Cette évolution correspond à une « maturation du désir » où la virilité devient synonyme d’assurance et de sérénité plutôt que de conquête impulsive .
Facteurs affectifs et relationnels
La stabilité affective et la complicité renforcent le maintien de la libido. Les sexologues soulignent que les hommes âgés conservant une image positive d’eux-mêmes, une santé correcte et des relations épanouies continuent de manifester un désir actif et une expression forte de leur rôle dominant .
Les partenaires en entente émotionnelle et psychique entretiennent souvent une vie érotique qualitative, même avec une intensité physique moindre.
La virilité redéfinie
Le vieillissement ne signe pas la fin du désir dominant, mais sa redéfinition : de la vigueur corporelle à la puissance mentale et symbolique. La domination devient moins démonstrative, plus raffinée, et le plaisir du contrôle, de la parole, du regard ou du rituel supplée aisément à la dimension purement sexuelle.
Autrement dit, la virilité évolue d’un instinct de domination charnelle vers une autorité sensuelle et maîtrisée
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Ses pensées étaient à nouveau libres de se rejeter sur celle dont l'affabilité, par beaucoup de déclarations d'affection et de douceur eût pu l'abuser, tant elle se sentait remplie de quelque chose qu'elle ne connaissait que trop. Mais l'illusion, suite à une erreur initiale, était du genre de celles qui, si elles contribuent à la fièvre de naître, deviennent une source de souffrance délectable. On ne peut pas mesurer nos vies à nos dernières années. De cela, j'en étais certaine. J'aurais dû deviner ce qui m'attendait. Avec le recul, il me semble que c'était évident, mais les premiers temps, je trouvais que ces incohérences étaient compréhensibles et n'avaient rien d'unique. Elle oubliait où elle posait ses clés, mais à qui n'est-ce jamais arrivé ? Elle ne se rappelait pas non plus le nom d'un voisin, mais pas quand il s'agissait de quelqu'un que nous connaissions bien. Elle réprima alors un certain sentiment de tristesse, espérant un jour, qu'elle changerait. Juliette l'avait souvent promis et y parvenait en général quelques semaines avant de retomber dans la routine. Charlotte n'aimait pas en discuter avec elle, essentiellement parce qu'elle savait qu'elle lui disait la vérité. Son travail était très prenant, aussi bien avant son agrégation de lettres. Elle longea une galerie d'art sans presque la remarquer tant elle était préoccupée, puis elle tourna les talons et revint sur ses pas. Elle s'arrêta une seconde devant la porte, étonnée en constatant qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans une galerie d'art depuis une éternité. Au moins trois ans, peut-être plus. Pourquoi les avait-elle évitées ? Elle pénétra dans la boutique et déambula parmi les tableaux. Nombre des artistes étaient du pays, et on retrouvait la force présence de la mer dans leurs toiles. Des marines, des plages de sable, des pélicans, des vieux voiliers, des remorqueurs, des jetées et des mouettes. Et surtout des vagues. De toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs inimaginables. Au bout d'un moment, elle avait le sentiment qu'elles se ressemblaient toutes. Les artistes devaient manquer d'inspiration ou être paresseux. Sur un mur étaient accrochées quelques toiles qui lui plaisaient davantage. Elles étaient l'œuvre d'un artiste dont elle n'avait jamais entendu parler. La plupart semblait avoir été inspirées par l'architecture des îles grecques. Dans le tableau qu'elle préférait, l'artiste avait délibérément exagéré la scène avec des personnages à une petite échelle, de larges traits et de grands coups de pinceaux, comme si sa vision était un peu floue. Les couleurs étaient vives et fortes. Plus elle y pensait, plus elle l'aimait. Elle songeait à l'acheter quand elle se rendit compte que la toile lui plaisait parce qu'elle lui rappelait ses propres œuvres. Nous nous étions connues en khâgne au lycée Louis-le-Grand puis rencontrées par hasard sur la plage de Donnant à Belle île en Mer un soir d'été. Elle n'avait pas changé: elle avait à présent vingt-trois ans, elle venait de réussir comme moi l'agrégation de lettres classiques. Elle avait également conservé un air juvénile, perpétuant son adolescence. Les visages en disent autant que les masques. Les yeux noisette, des cheveux noirs, coupés très courts, presque à ras, et la peau hâlée au soleil, épanouie, à moins de détecter quelques signes d'angoisse dans ce léger gonflement de veines sur les tempes, mais pourrait être aussi bien un signe de fatigue. Je l'ai appelée, le soir. Nous avions convenu d'un rendez-vous chez elle. Elle m'a ouvert. "Tu es en retard" a-t-elle dit, j'ai rougi, je m'en rappelle d'autant mieux que ce n'est pas une habitude et à l'apparence extérieure, l'affectation, le désir d'être désirée, s'ajoutaient aux faux semblants des paroles et des gestes. Il y a des perversités, des cynismes qui ne tiennent pas plus tête à l'épreuve que certaines complaisances ou certaines charités.
De même qu'on découvre fréquemment une bête avaricieuse chez une personne connue pour ses largesses, son affectation de vices nous fait concevoir une Messaline dans une fille honorable, débordante d'idées préconçues. Je ne comprenais pas pourquoi ses moindres propos me gênaient ainsi. Elle m'avait aidée à ôter mon imperméable. Il pleuvait; mes cheveux étaient mouillés. Elle les a ébouriffés comme pour les sécher, et elle les a pris à pleine main, m'a attirée à elle, je me suis sentie soumise, sans volonté. elle ne m'a pas embrassée, elle ne m'a jamais embrassée, depuis quatre ans. Ce serait hors propos. Elle me tenait par les cheveux, elle m'a fait agenouiller. Elle a retiré ma jupe, mon chemisier et mon soutien gorge. J'étais à genoux, nue, ne portant qu'une paire de bas et des talons hauts, j'avais froid. Quand je pense à nos rapports, depuis, il y a toujours eu cette sensation de froid, elle a le chic pour m'amener dans des endroits humides, peu chauffés. Elle m'a ordonné de ne pas la regarder, de garder le visage baissé. Elle est revenue vers moi une fine cravache à la main. Ce jour-là, elle s'est contentée de me frapper sur les fesses et les cuisses, en stries parallèles bien nettes en m'ordonnant de compter un à un les coups. Ce fut tout ce qu'elle dit. À dix, j'ai penséque ça devait s'arrêter, qu'elle faisait cela juste pour dessiner des lignes droites, et que je n'allais plus pouvoir me retenir longtemps de hurler. À trente, je me suis dit qu'elle allait se lasser, que les lignes devaient se chevaucher, constituer un maillage, et que ça ne présentait plus d'intérêt, sur le plan esthétique. J'ai failli essayer de me relever mais elle m'avaitcouchée sur le bois, et m'avait ligotée les poignets et les chevilles aux pieds de la table. Elle s'est arrêté à soixante, et je n'étais plus que douleur, j'avais dépassé la douleur. J'avais crié bien sûr, supplié, pleuré et toujours le cuir s'abattait. Je ne sais pas à quel moment j'ai pensé, très fort, que je méritais ce qui m'arrivait. C'était une cravache longue et fine, d'une souplesse trompeuse et d'un aspect presque rassurant. La douleur qui me tenaillait se mua lentement en plaisir et on ne lisait plus sur ma bouche qu'un peu de dégoût à trouver naturel à prendre ainsi du plaisir à me faire outrager, et à succomber au violent désir de plier sous le fouet, dussé-je pour y parvenir, être livrée comme une bête à l'hallali. Juliette avait fini par admettre, pour une vérité absolue et indéniable, mon goût abject pour le supplice, d'autant plus marqué qu'il était plus durable et brutal. Je ne connaissais aucune autre femme, et qui parce qu'elle faisait partie de mon ivresse, comme les reflets font partie de la psyché de la noirceur de mon âme, me paraissait mille fois plus apte à contenter mon obsession pour l'avilissement, où tombaient les choses les plus futiles, par contraste avec mon exaltation.
Il est peu probable que si j'avais su qu'un jour je devrais figurer nue dans un roman, j'aurais refusé de me déshabiller. J'aurais tout fait pour qu'on mentionne plutôt mon goût pour le théâtre de Tchekhov ou pour la peinture de Bonnard. Mais je ne le savais pas. J'allais absolument nue, avec mes fesses hautes, mes seins menus, mon sexe épilé, avec les pieds un peu grands comme si je n'avais pas terminé ma croissance et une jeune femme qui s'était entiché de mes jambes. À cet instant, elle a les doigts serrés autour de ma nuque et la bouche collée sur mes lèvres. Comme si après une longue absence, je retrouvais enfin le fil de mon désir. De crainte que je le perde à nouveau. Nous restâmes toutes les deux aux aguets, tendues, haletantes, tandis que l'obscurité se répandait jusqu'au fond de la chambre. Elle voulut me dire autre chose à propos de la fidélité, mais ce ne fut pas le moment alors elle me prit la main et nous demeurâmes silencieuses. C'était ridicule et merveilleux. Nous pleurâmes un peu ensemble. Juliette se sentit l'âme noble et généreuse. Nous nous pardonnâmes mutuellement et nous serions heureuses. Charlotte se jeta contre elle et continua à pleurer. En vérité, elle avait le cœur brisé par les larmes. Mais ce fut une douleur exquise, non plus cette douleur absurde de l'absence. Un inextricable mélange de bonheur et de douleur, touchant de sincérité et débordant de tendresse. Les jeux de l'amour voilent d'autant plus aisément sous la facilité et l'agrément sous les plus cruelles douleurs que la victime s'acharne à ne pas les laisser paraître surtout quand la coquetterie du bourreau raffine la cruauté naturelle des attitudes et des preuves. La passion impose de privilégier l'être aimé et les bienfaits ne sont agréables que tant que l'on peut s'en acquitter. Charlotte n'était plus qu'un corps, tout à fait étranger à elle-même, qui subissait des châtiments et recevait le fouet, pour une faute qu'elle aimait trop pour la refuser.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Chapitre 6 – Promenons-nous dans les bois…
Lorsque nous nous promenions Philippe aimait me provoquer. Le plus souvent, il me demandait d’enlever mon soutien-gorge et mon string. Je m’exécutais dans la voiture. Le but était de m’exposer, tout en roulant, à la vue des routiers qui du haut de leur cabine pouvait se rincer l’œil au passage. Bien entendu, Philippe prenait un malin plaisir à rouler lentement pour se faire doubler par les poids lourds et n’hésitait pas à relever ma robe pour bien découvrir mes cuisses. Ce petit jeu l’amusait. Toutefois, au fond de moi, je subodorais qu’il avait envie de me faire franchir une nouvelle étape.
Profitant d’un vendredi après-midi où je n’avais pas cours, Philippe m’a proposé d’aller faire une balade en forêt de Saint Germain en Laye. Pour lui plaire, je ne portais pas de soutien-gorge afin d’avoir les seins libres, comme il disait. J’avais enlevé mon string dans la voiture. Il avait dû glisser derrière un siège car je ne le retrouvais pas au moment de descendre. Je partis donc en promenade nue, sous ma petite robe légère, main dans la main.
Assez rapidement, Philippe me lâcha la main et me prit par la taille. Il commença à me caresser les fesses. Philippe les adorait, il les trouvait parfaitement à son goût. J’avais même le sentiment qu’il faisait une fixation dessus, mais j’appréciais lorsqu’il les attrapait à pleines mains pour me prendre en levrette. Il y avait un peu de monde qui marchait dans l’allée principale s’enfonçant dans la forêt. Lorsque nous croisions des inconnus, Philippe n’arrêtait pas pour autant ses caresses. Il semblait ne ressentir aucune gêne. Ce n’était pas mon cas, mais je me laissais faire. Tout à coup, je sentis sa main relever ma robe, et empoigner ma fesse droite. Le rouge me monta instantanément aux joues. J’étais terrassée par un sentiment de honte que je n’avais jamais ressenti jusqu’alors de manière aussi vive. Je n’osais même pas me retourner de crainte d’apercevoir quelqu’un derrière nous, observant notre manège. Mais, dans le même temps, à ma grande surprise, j’étais excitée.
Philippe me regarda en souriant et me demanda :
Alors tu aimes ça, hein ?
Oui, mais…
Il me coupa net la parole et me dit.
Ton cul est magnifique, il faut le montrer. Montrer à tous les hommes comme tu es belle et salope à la fois.
Je suis restée sans voix, tout à la fois choquée et excitée par ses mots.
Peu après ces paroles, il s’engagea dans un chemin étroit où la végétation était plus dense. Qu’allait-il encore imaginer comme jeu ? Tout à coup, il me prit dans ses bras, me serra contre lui et commença à m’embrasser à pleine bouche. Je sentais son membre en érection contre ma cuisse alors que ses mains pelotaient différentes parties de mon corps. Il défît les trois boutons du haut de ma robe et sortit mes seins pour les embrasser, les lécher, mordiller mes tétons et tirer très fort dessus. Il savait que j’adorais ça. Je commençais sérieusement à mouiller. Bien que très excitée, je ne perdais pas de vue le chemin que nous avions emprunté, anxieuse d’apercevoir des promeneurs avancer vers nous. J’ai subitement croisé le regard d’un homme qui se tenait à distance, appuyé contre un arbre en train de contempler le spectacle que nous offrions. J’étais une nouvelle fois terriblement gênée. J’ai immédiatement demandé à Philippe d’arrêter en le prévenant qu’un homme nous observait. Il me déclara avec un sourire de contentement accroché à ses lèvres.
C’est tout à fait normal qu’il nous regarde. Montre-lui comme tu peux être salope, une belle salope. Tu n’as rien à craindre, je suis là »
Il replongea aussitôt sa tête dans ma poitrine, ses mains soulevant entièrement ma robe, m’exhibant en laissant entrevoir mon intimité. Ensuite, je sentis ses doigts pénétrer sans ménagement dans mon vagin et il se mit à me doigter. Je lâchais quelques gémissements qui eurent pour résultat de l’exciter encore plus.
Je ne savais plus que faire, l’arrêter net ou le laisser me faire jouir à la vue de tous. Malgré moi, je ne pouvais détacher mes yeux de l’homme appuyé contre un arbre qui n’avait pas l’intention de lâcher son poste d’observation, profitant de ce spectacle gratis. Philippe me doigta de plus en plus vite, allant jusqu’à mettre plusieurs doigts. Ses caresses insistantes, ce témoin de nos jeux sexuels, m’excitèrent au point de me déclencher un orgasme si puissant qu’il me secoua et déclencha des cris de jouissance impossible à contenir. Philippe était aux anges.
Tu vois que tu aimes ça, montre-lui maintenant comme tu suce bien.
Un vent de panique souffla à l’évocation de cette idée, mais je ne me sentais pas la force de refuser. Je m’exécutais toujours nue, en m’agenouillant, ouvrant sa braguette pour libérer son membre bien dur.
Je me suis ainsi retrouvée seins nues, les fesses à l’air dans la forêt de Saint Germain en train de sucer Philippe pendant qu’un voyeur se branlait, ne loupant pas une miette de ce spectacle improvisé. Un moment, j’ai même redouté que Philippe n’appelle le voyeur afin que je le suce. Mais centré sur son plaisir Philippe ne tarda pas à jouir. Contrairement à son habitude, il n’éjacula pas dans ma bouche. Il préféra se retirer, m’attraper par les cheveux et jouir sur mon visage. De grands jets chauds dégoulinèrent alors jusque sur mes petits seins dont les tétons pointaient fièrement. C’était la première fois que je recevais son sperme sur mon visage. Je restais ainsi un moment, abasourdi par l’enchaînement des évènements. Philippe me releva pour m’embrasser et me déclara.
Qu’est-ce que je l’aime ma petite salope. N’aies pas peur, il est reparti après avoir lâché son foutre.
J’étais couverte de sperme, honteuse, mais fière d’avoir accompli jusqu’au bout ce défi.
Nous sommes rentrés et avons pris une douche ensemble. Ensuite, il me fit l’amour très tendrement. J’ai toujours une pensée émue à l’évocation de cette première exhibition et à l’orgasme que Philippe m’a procuré devant témoin.
A suivre
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Flashback sur Chloé, une très belle jeune femme amoureuse de Patrick, et ce qui aurait pu advenir s’il n’y avait eu ce « léger détail »…
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La dernière fille avec qui j’ai été, Chloé, a aussi été la première ; c’est dire si j’ai pas eu beaucoup de conquêtes. C’était il y a deux ans et on n’a couché ensemble qu’une seule fois. Je ne l’ai pas prise en traître, elle était au courant de mon état. Malgré tout, elle n’a pas lâché l’affaire.
J’avais rencontré Chloé à l’occasion d’une crevaison. Notre garage était en face de son bahut, le lycée Saint-Joseph. Assez souvent, mon patron s’amusait à semer des clous sur la route. Double bénef : emmerder les fils à papa et plumer les plus crétins d’entre eux, en réparant à la feuille d’or leurs roues charcutées.
Un jour, une jolie fille aux traits décidés, particulièrement en colère, s’est pointée à l’atelier, avec son vélo à plat. À l’avant et à l’arrière. Pas banal, non ? Elle a demandé à voir mon boss, qui venait de s’absenter. C’est moi qui ai reçu la fille.
— Dites-lui que s’il n’arrête pas ses coups minables, j’irai porter plainte chez les flics ! a-t-elle vociféré, plantant sa bicyclette devant moi.
— Si vous voulez, je vous le répare gratos, votre vélo…
— J’espère bien ! Ce sera long ?
— Je peux le faire tout de suite, si vous avez dix minutes. De toute façon, c’était la fin de ma journée.
Elle m’a regardé, surprise, puis m’a souri. C’est la plus belle chose que j’ai vue à ce jour, ce sourire. Il éclairait son visage, qui, de beau, devenait divin ! Elle est restée près de moi, m’observant tandis que je dénudais ses jantes, mettant à jour deux vilains hérissons – des clous à double pointes, tordus et soudés ensemble. En quelques instants, je colmatai les déchirures de ses membranes avec les meilleures rustines du magasin et lui rendais son cycle en parfait état.
— Waouh ! Beau boulot ! Vous êtes vraiment doué de vos mains… Comment vous remercier ?
— En acceptant une invitation à boire quelque chose avec moi, là où ça vous plaira…
Je n’en reviens toujours pas de lui avoir sorti un truc aussi énorme. Et encore moins qu’elle ait accepté ! Chloé et moi, c’était aussi invraisemblable qu’Adriana et Jamel. Je dois dire qu’en plus d’être timide, j’ai une tronche vraiment quelconque. Pourtant, je lui ai plu, car on est assez vite sortis ensemble.
Ces quelques semaines restent pour moi un concentré de bonheur. On se voyait régulièrement, avec ou sans ses amies – et toujours sans les miens, vu que je n’en avais pas. Parfois je l’amenais au ciné, où l’on se bécotait dans le noir – bien pratique pour planquer une érection hors norme. En dehors de quelques caresses volées, ça restait cependant très soft entre nous.
C’est elle qui a abordé la question du sexe. Au départ, je n’étais pas trop chaud. Vu mon « handicap », j’avais l’impression que ça allait casser quelque chose entre nous, que notre relation risquait d’en souffrir. Chloé était parfaitement consciente de ma difformité. Bien qu’elle n’ait jamais vu mon pénis, elle m’avait palpé plus d’une fois quand je bandais. En plus d’être une vraie kamikaze, cette fille était têtue comme une mule ; malgré sa peur, elle a insisté pour que l’on essaie au moins une fois… J’ai cédé.
Elle s’est lancée un week-end où ses parents étaient absents, m’invitant chez elle après une sortie en boîte. Quand elle m’a précédé dans sa chambre d’ado, mignonne bonbonnière tapissée de posters d’acteurs, avec un nounours blanc et rose posé sur les coussins du lit, je me suis fait l’effet d’un perceur de coffre m’introduisant chez des bourgeois pour saccager leur trésor le plus sacré. Chloé était majeure, elle faisait ce qu’elle voulait de son corps, mais là… Ce qu’on projetait, c’était de la démence !
Une dernière fois, j’ai essayé de l’en dissuader. Pour seule réponse, elle m’a bâillonné de ses lèvres tout en commençant à m’ôter mes fringues. Maintenant qu’elle avait mobilisé assez de courage pour affronter « ça », plus question de caler en route. Sa fierté était en jeu, j’imagine. Je regrette de n’avoir pas su la raisonner, mais faut dire que le spectacle de Chloé se mettant à poil devant moi, ça me laissait sans voix…
Nus tous les deux, on s’est enlacé dans le lit, s’embrassant et se câlinant comme n’importe quel couple sur le point de passer le cap pour la première fois. Voilà, on y était, on allait faire l’amour ! Je n’arrivais toujours pas à croire que j’étais sur le point d’introduire mon pal entre ses petites lèvres roses et ciselées, ultime rempart de la délicate grotte planquée entre ses cuisses nerveuses. Même le bout de mon Alien domestique, c’était déjà trop ! Ça n’allait pas le faire !
« No problemo », a-t-elle déclaré avec un grand sourire, me touchant, me manipulant, tout en me faisant des bisous dans le cou et sur le torse, babillant des paroles rassurantes. C’est elle qui essayait de me détendre. Un comble ! Notre espoir, c’était l’expérience de Chloé, déjà bien rodée avec les mecs. Et puis, bien sûr, ces dizaines de vidéos qu’elle avait vues sur le net, où des brutes montées comme des ânes tringlaient des filles de son âge, sans problème notable (« Certes, aucun n’avait un machin comme le tien », avait-elle fini par reconnaître).
Elle m’a fait m’allonger sur le dos, me demandant de rester immobile, de lui laisser gérer le truc de « A à Z ». Attrapant le pot de crème lubrifiante procuré par une copine, Chloé m’avait enduit le gland avant de se tartiner elle-même, faisant disparaître deux doigts glissants dans sa fente humide. Avec un rire nerveux, elle m’avait enjambé, s’accroupissant au-dessus de moi, les mains au mur, les cuisses écartées en grand, dans la position du « tout schuss » bien connue du skieur.
Devant mes yeux émerveillés, son duvet châtain s’était écarté, me livrant tous les secrets de sa mignonne petite chatte, le bouton rose de son clito pointant à la naissance de ses grandes lèvres, les nymphes bien déplissées et luisantes de gel, et même l’ouverture humide de son con. Ce spectacle m’avait fait bander plus fort encore – malheureusement ! Elle m’avait empoigné d’une main ferme et décidée, dirigeant l’énorme battant de ma cloche à la verticale vers son étroit calice. Tout d’abord, elle s’était frottée contre le bout violacé de mon gland, massant doucement la base de son petit bouton avec ma chair pléthorique, ce qui paraissait lui procurer beaucoup de plaisir. Voyant que tout se passait bien, je m’étais un peu décrispé.
Chloé avait alors présenté l’entrée de sa chatte devant mon mandrin, appuyant de plus en plus fort sa vulve contre mon gland surdimensionné, avec un mouvement circulaire des hanches. Ça faisait des petits bruits mouillés plutôt excitants, je dois dire. Et puis, l’incroyable s’est soudain produit. Son con baveux, de plus en plus ouvert, a laissé pénétrer l’arrondi de mon casque. Une performance des plus respectables. Pourquoi n’en sommes-nous pas restés là ? Quand j’y pense, j’en chialerais presque.
Encouragée par la souplesse stupéfiante de son intimité, Chloé s’est arc-boutée de toutes ses forces sur ma queue, essayant de la gober toujours plus loin, centimètre par centimètre. La pression de ses parois intimes sur mon nœud augmentait sans cesse, au fur et à mesure que je progressais en elle.
— Arrêtes, Chloé ! Tu vas te faire mal !
Respirant très fort, les yeux pleins de larmes, elle luttait contre la douleur croissante, s’imposant une torture que je ne pouvais qu’imaginer…
— Non… ça va… Je peux encore… tenir !
Tout à coup, j’ai senti – réellement senti ! – un craquement au niveau de son entrejambe. Chloé est devenue toute pâle et s’est laissé tomber sur moi, sans force. Elle ne s’était pas évanouie. C’était presque pire. Elle pleurait doucement, tétanisée par la souffrance. J’étais persuadé que je venais de la déchirer en deux. On a roulé sur le lit, et je me suis retiré d’elle aussi doucement que j’ai pu, avec l’impression de lui poignarder le ventre à chaque fois que je bougeais.
— Patrick… je suis… je suis désolée…
Et là encore, c’était elle qui s’excusait ! J’espérais – sans y croire – qu’il n’y aurait pas trop de dégâts. La seule chose que j’ai vue, avant qu’elle referme les cuisses sur la faille béante qu’était devenue sa moule, c’est qu’elle saignait. On a trouvé un gynécologue de garde, j’ai porté Chloé dans la voiture et on a filé à l’hôpital.
Une fois la consultation terminée, le gars est venu me chercher dans la salle d’attente. Je me suis assis aux côtés de ma petite femme toute chiffonnée, lui tenant la main tandis qu’il s’installait à son bureau.
— Bon, je sais pas du tout ce que vous avez foutu, les jeunes…
Il s’est tourné vers Chloé, qui essayait de me rassurer d’une pression de ses doigts. Elle ne lui avait rien dit, apparemment.
— … mais Dieu merci, c’est pas trop grave. J’ai constaté deux trois déchirures superficielles, une lésion mineure au niveau du périnée. Bien sûr, jeune fille, plus aucun rapport sexuel pendant au moins deux mois.
Il m’a ensuite regardé avec un air qui m’a mis très mal à l’aise, avant de demander à Chloé de nous attendre à l’extérieur, lui disant qu’il avait à me parler, d’homme à homme. En quittant la pièce, elle m’a lancé un regard appuyé. Elle voulait que je ferme ma gueule, ça au moins c’était clair.
Le gynéco n’y est pas allé par quatre chemins :
— La petite n’a pas voulu me donner de détails ; elle ne veut pas non plus en parler à ses parents. Mais moi, j’ai bien envie de les appeler. Ce sera à eux de voir s’ils veulent porter plainte contre toi.
J’ai baissé le nez vers mes chaussures, incapable de dire quoi que ce soit. Je flippais à mort devant le toubib.
— La dernière fois que j’ai vu un truc pareil, c’est quand on m’a amené une pauvre fille agressée par une bande de Skins. Après l’avoir violée, ces enfoirées lui ont enfoncé une batte de base-ball dans la chatte. Tu imagines les dégâts que ça peut faire !?
— Heu… oui, je suppose…
— Faut que tu saches : ça aurait pu être bien plus grave, pour ta copine ! Si tu recommences une connerie de ce genre, ce sera direct la police ! Allez, casse-toi…
Les parents de Chloé lui ont interdit de me revoir. Finalement, ce coup de fil, le gynéco l’avait passé. Puis les grandes vacances sont arrivées, elle est partie avec sa famille dans le midi. En septembre, quand elle est entrée en fac, je n’ai pas osé la recontacter. J’en crevais d’envie, pourtant.
Et puis un jour, je l’ai aperçue, avec un type bien plus vieux qu’elle. Ils passaient devant son ancien lycée. Le gars m’a regardé droit dans les yeux, la pelotant sans aucune gêne avant de l’embrasser à pleine bouche, devant moi. Chloé tournait la tête. C’est seulement après le baiser qu’elle m’a vu. Elle a fait un geste vers moi, mais le type l’a tirée en arrière. Ils sont montés dans sa BMW, et il a démarré en trombe.
J’ai serré les poings à m’en faire mal. J’avais mal, j’étais mal. Envie de tout péter. De chialer, aussi. J’ai pensé aux clous à doubles pointes, pour la prochaine fois que je verrais sa bagnole. Mesquin, je sais. Je l’ai pas fait.
Rien de tout ça ne se serait produit si j’avais eu une queue normale. Même un pénis d’à peine dix centimètres aurait suffit à rendre Chloé heureuse ! Alors que là, avec mon manche monstrueux, je n’avais réussi qu’à lui faire mal. Et à tout bousiller entre nous. Cette aventure complètement gâchée a encore accru mon dégoût pour moi-même, ma certitude de finir vieux garçon. Et puceau, de surcroît.
La seule femme que j’aie osé aborder depuis était une prostituée – quand elle a vu mon engin, elle s’est tirée en m’injuriant.
À quoi bon être équipé d’un mastodonte, si on ne peut même pas faire l’amour avec ! Moi je vous l’dis, un truc pareil, c’est la pire merde qui puisse arriver à un mec, à part un cancer de la bite…
(À suivre...)
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Mes désirs, mes douleurs, où en sanglotant, je tentais de saisir justement ce qu'était mon amante, et desquels il me fallait admettre qu'ils seraient, tôt ou tard, le lot de mon existence, de sorte que je serai toujours esclave d'elle, me comblaient de ravissement, même si je savais qu'il me serait difficile d'y survivre parfois, tant la projection de ses fantasmes sur mon corps dépassaient ce qu'il était raisonnable d'endurer. J'étais glacée de honte. Je n'étais pas faite pour les liaisons monotones, il me fallait du danger, le souffle fol d'un abîme, la cuisante morsure d'une désillusion, le déchaînement de la reconquête, meurtrissures, brûlures et soies déchirées. Une recherche instinctive de la volupté, de réjouissance et de luxure. Jamais je n'avais eu avec elle l'attitude d'une amoureuse. Souvent, je la regardais froidement, et quand je lui souriais, le sourire allait rarement jusqu'à mes yeux. Mais aujourd'hui, j'étais prête à quelques concessions. Dès que je sortis dans la rue, je l'aperçus. Charlotte m'attendait dans une mini robe très courte rouge. J'allai vers elle. Je l'embrassai. Et soudain, quelque chose se brisa. Cette jeune fille que j'avais devant moi, c'était une autre, pas celle que j'avais rêvée. Certes, elle était éclatante, jeune, blonde, aimante, tendre comme l'autre, mais il lui manquait une qualité qui n'appartenait qu'à l'autre. Elle me demanda: "- préférez-vous que je vous laisse seule ?" Elle me sourit. Je la regardai avec une expression d'incrédulité mais je vibrais encore de la ferveur de ses mains. Le lendemain soir, elle vint chez moi. Tout alla très vite. Il n'y a que les femmes légères qui hésitent à se donner. Je l'aimais pour la gravité qu'elle mettait dans l'amour. Sa beauté, mais plus encore l'air de bonté qui émanait d'elle. Il était moins de minuit quand nous entrâmes rue Saint-Honoré à La Marquise et nous allâmes nous asseoir tous les trois dans un angle où un guéridon était encore libre. Paul commanda du champagne et Charlotte s'installa à côté de Juliette. Le contraste entre les deux jeunes femmes avait de quoi bluffer un homme. Charlotte était blonde, avec la fragilité apparente de la porcelaine de Saxe et de grands yeux bleus pleins d'innocence. Juliette, brune aux cheveux courts, un fauve racé, très sportive, dévorant les jolies filles et la vie à pleines dents. Peu à peu, nos pupilles bientôt s'habituèrent à la pénombre qui régnait. L'endroit était frais, agréable, une musique anglo-saxonne en fond sonore, tout au fond de la salle, il y avait un grand rideau derrière lequel nous entendions par instants des éclats de rire et des exclamations. Autour de nuit, des couples flirtaient sans trop de retenue, Paul leva son verre en direction de Juliette qui lui répondit avec un sourire. Ils étaient beaux tous les deux et très amoureux l'un de l'autre. Ils ne s'adonnaient désormais plus aux jeux échangistes qu'ils pratiquaient autrefois. Le champagne était délicieusement frais et pétillant. Bientôt, une jeune femme passa devant eux, attirant tout de suite l'attention de Juliette. Elle était ravissante, cheveux blonds coiffés en queue de cheval, longiligne, le visage souriant, bronzée. Sa silhouette élancée était mise en valeur par une jupe noire très courte montrant des bas qui luisaient langoureusement. Un charme fou, une distinction toute naturelle. La Marquise était un établissement dont l'organisation était sans défaut. On pouvait très bien rester dans la première salle et y boire un verre tranquillement dans une atmosphère ne dépassant pas le flirt un peu poussé. La jeune femme qui venait d'arriver s'était assise non loin d'eux et ils auraient juré qu'elle venait là pour la première fois. À la table voisine, un couple, lèvres soudées, s'étreignait passionnément et la main de l'homme, qui la fouillait, était invisible sous la robe de sa compagne dont les jambes frémissaient par instants, s'ouvraient insensiblement, puis se refermaient comme sous l'effet d'un très bref retour de pudeur, très vite regretté.
Soudain, ils se levèrent et disparurent derrière le rideau rouge, sans doute pour rejoindre alors une alcôve. Juliette avait imperceptiblement changé d'attitude, Paul la connaissait suffisamment pour deviner qu'elle avait envie de lui, mais plus encore, d'aller jeter un coup d'œil dans l'autre salle, de profiter ainsi de l'opportunité pour faire connaissance de la ravissante blonde. Une conquête facile et surtout agréable, d'autant que l'attirance paraissait mutuelle. Son maquillage était discret. Assurément sous son chemisier transparent, elle ne portait pas de soutien-gorge car on devinait ses seins libres et fermes. Sous des airs de jeune fille BCBG, elle devait avoir un tempérament de feu. Elle avait vingt ans. Même pas, dix-huit ans et demi. Un âge diabolique pour Juliette qui en a quinze de plus. Elle est distinguée, blonde, avec des yeux magnifiques, le visage encadré par une sage chevelure. Piquante, peu farouche, elle avait cette liberté des jeunes filles de bonne famille émancipées. Elle devait traîner tous les cœurs derrière elle. Elles décidèrent toutes les deux après avoir échangé quelques paroles anodines de rejoindre Charlotte et Paul dans l'autre salle, derrière le rideau. Sur les banquettes garnies de coussins qui faisaient le tour de la pièce surchauffée, des couples faisaient l'amour sans retenue. Quelque part, s'éleva un long gémissement de plaisir. Juliette avait retrouvé ses ardeurs saphiques, dont Paul avait l'habitude. Un inconnu contempla Charlotte, surpris de sa retenue, puis jeta un bref regard à Paul, comme pour solliciter une autorisation. À La Marquise, tout le monde était bien élevé. Voyant qu'il n'y avait aucun refus, il se baissa alors vers Charlotte qui gardait obstinément les paupières closes et, la prenant par la taille, la redressa doucement jusqu'à ce qu'elle fût agenouillée devant lui. Puis il releva sa robe le plus haut possible dans son dos, défit lentement le tanga en soie jaune qui voilait ses hanches. Elle frémit quand il commença à caresser ses fesses nues qui s'offraient vers lui. Sans se l'avouer, elle adorait se faire prendre par un inconnu dont elle se refusait à voir les traits, ce qui devait combler son fantasme favori. Juliette avait conquis la ravissante blonde. Elle s'appelait Florence. Elle était une de ses jolies filles qui, dès leur extrême adolescence, pour leur beauté, mais surtout pour un agrément, un charme qui demeurent assez mystérieux, donnaient bien avant l'âge des plaisirs interdits, et sans doute plus que l'on en exigeât d'elles. Le désir n'a jamais l'épaisseur qu'il a dans la beauté du mal. Elles s'embrassaient amoureusement, les langues entremêlées. À genoux, la main de Juliette allait à la découverte des merveilles entrevues dans le décolleté de Florence. Ses seins tenaient juste dans la paume de sa main et avaient une fermeté remarquable. Le bout des doigts caressait, tour à tour, chaque auréole et elle sentait les pointes commencer à s'ériger. Elle la fit basculer pour l'allonger sur la banquette. Elle fermait les yeux mais sa respiration avait changé de rythme. Elle couvrit alors son visage de baisers par de multiples touches délicates, sur les lèvres, passant sa langue derrière son oreille, ce qui la fit frémir. Florence mordillait avec rudesse, les pointes des seins de Juliette. Elles tanguèrent, ivres et muettes, au son d'une musique imaginaire très lente, comme toutes deux plongées dans un élément nouveau, inconnu de toute-puissance interdite.
Elles s'entremêlent pendant des siècles, mourant d'envie de se jeter à terre. Après lui avoir ôté ses talons hauts, Juliette commença à faire glisser sa main le long de la jambe dont le galbe du mollet était parfait, sa main crissait sur les bas. Bientôt la main continua sa reptation au dessus du genou, vers l'entrecuisse de Florence. Juliette s'aperçut qu'elle ne portait que des bas. Florence riva son regard sur les doigts de Juliette qui parcouraient sa fente, tandis que son clitoris, décalotté, pointait tel un dard. Florence ne tarda pas à jouir. À peine risquait-elle une fiévreuse caresse, un élan passionné, que Florence entrait aussitôt dans des ardeurs trop vite maximales. Juliette freinait donc là où une femme devait pouvoir se lâcher. Elle se réservait toujours au lieu d'offrir sa confiance en même temps que son corps, ce qui on en conviendra rationne le plaisir. Elle avisa que le comportement de Florence, sans être insolent, allait à l'encontre des préceptes qu'il lui faudrait bientôt assimiler, pour la rendre docile, bien entendu, mais surtout, résignée à se priver d'orgasme, avec un respect infini et la langueur qu'elle attendrait d'elle. Dans une alcôve plongée dans la pénombre, une ravissante blonde aux cheveux courts, commençait à se déshabiller. Sa jupe flottait au gré de ses mouvements. Par moment, elle s’ouvrait sur le côté laissant apparaître la blancheur d’une cuisse nue jusqu’au niveau de l'aine. Elle attrapa le bas de la jupe et la fit voler, découvrant volontairement ses jambes au regard de l’assistance. Elle défit les boutons de son chemisier dévoilant son ventre en ondulant des hanches dans un balancement lascif. Bientôt, un homme s'enhardissant lui ôta. Le soutien-gorge descendu fit apparaître l'aréoles de ses seins. Que lui importait ? Il était clair à ses yeux que dorénavant au cours de la soirée, rien ne serait choquant, clair aussi que ses hanches minces, ses larges épaules, ses longues jambes, la fente de son ventre lisse, sa bouche et enfin et surtout l'étroit pertuis de ses reins devraient s'offrir sans pudeur. Se donner à l'amour, esclave et comblée. Elle s’exhibait sans retenue. Deux autres invités s’approchèrent, un dégrafa le soutien-gorge, libérant les seins qui étaient déjà fièrement dressés. Le premier les malaxa sans douceur. Le second attoucha ses fesses. Elle était maintenant nue. De nombreuses mains prirent alors possession de son corps offert, aucune partie ne fut oubliée. les doigts fouillèrent son vagin et son anus. Elle implora d'être prise. Un homme s’allongea sur elle, la pénétra tout aussi rapidement et commença des mouvements de va-et-vient. Un sexe s’approcha de sa bouche, elle happa le membre viril qui s'enfonça dans sa gorge. Juliette et Florence avaient choisi de profiter d'un recoin sombre de la salle pour s'abandonner de façon plus discrète. Elles étaient totalement nues maintenant. Étendue sur le dos, les bras rejetés en arrière, Florence se livrait sans pudeur. Juliette avait décidé de la dompter, de la soumettre durement, de la rabaisser, de l'anéantir presque. Mais le lieu ne s'y prêtait pas. Elle se jura en elle-même de parvenir à ses fins. Comme dans un rêve, sous ses caresses, elle entendit le feulement de Florence qui se cambrait de tous ses muscles. Un instant ses cuisses se resserrèrent convulsivement autour de la tête de Juliette puis s'écartèrent de nouveau dans un mouvement d'abandon. Juliette plongea ses doigts humides dans l'intimité moite pour constater que Florence avait de nouveau joui. Les portant à sa bouche après, elle les lècha longuement entre ses lèvres, se délectant de leurs éjaculats communs. Elle ne s'était pas trompé dans le jugement qu'elle avait porté sur sa personnalité. Ce n'était plus seulement l'attrait des premiers jours, c'était une véritable velléité de posséder celle qui hésitait encore à accepter d'être tenue, non pas pour soumise, tant chacun de ses abandon serait bouleversant, sous le fouet ou les outrages faits à son corps, mais inexorablement pour esclave. Elle laisserait filer la chaîne des jours passés, n'en conservant que le tout dernier chaînon, et sa bouche bâillonnée ne pourrait laisser échapper la moindre plainte.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Chapitre 35
L'Anneau du Silence et la Victoire Publique
Le réveil du lundi matin fut d'une tout autre intensité. Le corps de ma Soumise était calme à côté de moi, mais je savais que son esprit était en alerte, rejouant l'exhibition de la veille. La présence de Maîtres tiers avait gravé sa nouvelle réalité.
Je l'ai laissée se lever la première. Elle est entrée dans la cuisine, vêtue de son tailleur professionnel, sa posture plus assurée.
"Le café est prêt," dis-je.
"Merci, Maître." Le titre glissait avec une aisance nouvelle, le respect étant devenu sa langue maternelle.
J'ai posé le petit coffret en velours sur le comptoir.
"Cette semaine, l'éducation continue. Ton obéissance est totale dans la chambre. Maintenant, je veux qu'elle soit totale en public."
Je me suis approché, ma main effleurant la sienne.
"La règle est la suivante : tu vas porter un **petit bijou** que je t'offre. Il sera visible. Si quelqu'un te demande sa provenance, tu répondras uniquement : *"C'est un cadeau de mon partenaire."* Tu ne donneras aucune explication, aucune information supplémentaire."
C'était un test de son aplomb, de sa capacité à affirmer mon droit de propriété sans l'exposer.
"Cette règle n'est pas négociable. Si l'information fuite, si tu brises la règle par hésitation ou par excès de parole, la sanction sera à la hauteur du manquement. Clair ?"
"Parfaitement clair," répondit-elle, sa voix ferme.
J'ai ouvert la boîte. À l'intérieur, un simple **anneau d'argent**, minimaliste, sans pierre.
"Tu le porteras à ton annulaire **droit**. Dès maintenant."
Elle prit l'anneau, le glissant sur son doigt. C'était un acte de marquage silencieux.
"Le week-end prochain, je veux un rapport détaillé de chaque regard posé sur cet anneau, de chaque question posée."
Elle souriait, le plaisir d'être testée éclairant son visage.
"Et pour ce soir, la "vanille" est de rigueur. Tu as besoin de repos. Mais n'oublie jamais que même dans l'intimité de nos nuits "vanille", tu es et resteras ma Soumise."
Nous avons quitté l'appartement, deux professionnels élégants se dirigeant vers leurs obligations. Moi, avec le secret de l'anneau et le poids de ma domination. Elle, avec la marque invisible de la discipline et la joie de mon autorité.
L'arrivée au bureau fut un test immédiat. L'anneau était une présence criante dans un monde de codes vestimentaires tacites. Habituellement, elle ne portait que des bijoux subtils et fonctionnels. Cet anneau, simple mais au mauvais doigt (l'annulaire droit est le symbole de l'attachement dans certaines cultures, mais pas la convention du mariage), attirait l'œil.
Je savais qu'elle était sous une pression immense. Chaque poignée de main, chaque geste vers un document, attirait l'attention sur le cercle d'argent. Le défi n'était pas la douleur, mais la **gestion du secret** sous les projecteurs.
Pendant la matinée, les regards étaient des murmures. Des collègues hésitaient à poser la question, craignant l'intrusion. Elle, de son côté, excellait. Elle ne cachait pas l'anneau, ne le mettait pas en évidence, elle agissait simplement comme s'il avait toujours été là. C'était la maîtrise de la **soumission invisible**.
Le test arriva juste après la pause déjeuner, dans le bureau de son associée, Clara.
"Oh, attends." Clara s'est penchée, son regard rivé sur sa main. "C'est nouveau, ça ? Un anneau à l'annulaire droit ? Je n'avais jamais vu ça. C'est... un peu original."
Ma Soumise a maintenu son calme, son visage ne trahissant rien de la tension qui devait la parcourir. Elle était sur le fil du rasoir. Un seul mot de trop, une hésitation, et la sanction serait inévitable.
"C'est un cadeau de mon partenaire," a-t-elle répondu, sa voix était ferme et son regard ne fuyait pas.
Clara, sentant la fin de la conversation, a insisté légèrement. "C'est adorable. Il t'a offert ça pour quelle occasion ?"
Elle a fait une pause. Le silence était tendu, mais elle se souvenait de la règle : *tu ne donneras aucune explication, aucune information supplémentaire.*
Elle a levé les yeux vers Clara, un sourire léger et distant barrant toute autre question.
"Nous devrions nous concentrer sur le dossier des actionnaires, Clara. Le rapport est attendu pour la fin de la journée."
Le changement de sujet fut une porte fermée avec politesse, mais avec une finalité absolue. Elle n'avait pas menti, mais elle n'avait pas non plus brisé l'ordre du silence. Le message était clair : cet anneau était une propriété privée, et la conversation était terminée.
Dans mon propre bureau, je sentais le triomphe. Elle avait réussi le premier assaut. Le week-end de discipline avait affûté sa capacité à obéir même sous la pression sociale.
La journée s'est poursuivie ainsi, avec d'autres regards, d'autres murmures, mais aucune autre question directe n'a osé franchir la barrière qu'elle avait établie.
Quand elle est rentrée à l'appartement, la tension de la journée s'est immédiatement transformée en une ferveur contenue.
Elle s'est dirigée vers moi. "Maître, le rapport pour l'anneau est en cours. Je l'aurai pour le week-end, comme ordonné."
Je hochai la tête, satisfait de sa performance et de son empressement. Je me suis penché et j'ai embrassé l'annulaire droit.
"La Soumise excelle dans les domaines que le Maître lui dicte," ai-je murmuré. "Tu as gagné le repos pour cette nuit."
L'éducation continuait. Le défi était psychologique, mais le résultat était la consolidation totale de mon autorité, dans le secret et dans le monde.
Chapitre 36
L'Immobilité Exquise
Le vendredi soir. Le retour à l'appartement fut marqué par une tension différente. Cinq jours d'obéissance impeccable et de tension psychologique avaient précédé ce moment. Elle avait passé la semaine entière sous le regard des autres, son annulaire droit portant silencieusement ma propriété. Elle avait réussi. Les regards, les questions refoulées, le secret partagé : tout cela avait saturé son esprit. La réussite en public exigeait une récompense en privé, et une nouvelle leçon.
Elle a défait son tailleur avec une lenteur rituelle. L'anneau d'argent brillait.
"Tu as géré le défi de l'anneau avec une discipline parfaite," ai-je dit, sans bouger du canapé. "Cinq jours d'obéissance silencieuse. C'est la preuve que ton esprit est devenu le mien."
Elle s'est agenouillée devant moi, son corps nu ne cherchant pas le contact, mais l'instruction.
"Maintenant, je vais tester le corps. L'obéissance ne vaut rien si elle n'est que verbale."
Je me suis levé et l'ai conduite vers la chambre de jeu. L'atmosphère y était fraîche, clinique. Au centre, j'avais préparé la croix d'André en bois laqué. Un instrument de renoncement absolu.
"Mets-toi en position," ai-je ordonné. "Face à la croix."
Elle s'est exécutée, ses mains et ses pieds s'alignant instinctivement avec les points d'attache. Je me suis penché et j'ai pris les cordes de chanvre tissé que j'avais préparées.
Le bondage n'est pas une simple contrainte ; c'est un art, une démonstration de domination et de confiance. J'ai commencé par ses poignets. La corde, douce mais ferme, les a immobilisés rapidement. Chaque nœud était un rappel : son corps n'était plus à elle.
J'ai tendu ses bras, les attachant aux traverses supérieures de la croix. L'étirement n'était pas douloureux, mais il la rendait vulnérable, exposant sa poitrine et son ventre. La même méthode fut appliquée à ses chevilles et à ses cuisses, la fixant dans une position d'attente crucifiée.
Quand le dernier nœud fut serré, elle était parfaitement immobile, suspendue dans un état d'impuissance totale.
"La leçon de ce soir est l'Immobilité Exquise," ai-je murmuré, marchant autour d'elle. "Tu n'as plus aucun contrôle sur tes membres. Seule la volonté me reste. Et je veux que tu me l'offres dans un silence absolu."
Je me suis penché et j'ai attaché un bandeau en soie noire sur ses yeux. La privation visuelle intensifiait sa dépendance à mon toucher et à ma voix. Ses autres sens ont explosé.
Je n'ai pas commencé par l'impact. J'ai commencé par le toucher le plus délicat, utilisant une plume d'oie que j'ai passée sur les parties les plus sensibles de son corps : la face interne de ses cuisses, le long de ses flancs, l'arête de son sein.
Son corps, totalement immobilisé, ne pouvait exprimer sa réaction que par des soupirs incontrôlables et une chair de poule qui se propageait sur toute sa peau. L'immobilité était devenue une torture. Elle ne pouvait pas se défendre, ne pouvait pas chercher mon contact, ne pouvait pas fuir la sensation.
J'ai augmenté la pression. J'ai pris un glaçon que j'ai lentement fait glisser sur son ventre brûlant. Le contraste entre le froid brutal et la chaleur de sa peau a provoqué un gémissement étouffé, qui fut immédiatement réprimé.
"Silence," ai-je ordonné, ma voix basse. "Offre-moi ta jouissance forcée."
La leçon était dure : elle devait expérimenter le plaisir et la torture sans rien pouvoir faire, un objet de sensation.
Je suis revenu à sa zone la plus érogène. J'ai pris un petit vibromasseur, réglé au plus faible, et je l'ai appliqué à son clitoris.
La sensation, inattendue et insistante, a brisé sa contenance. Ses muscles se sont tendus contre les cordes, son bassin a cherché à se soulever, mais la croix la maintenait fermement en place. C'était la lutte finale entre sa volonté animale et la discipline imposée.
Je l'ai tenue sous cette stimulation, maintenant le contact jusqu'à ce que son corps entier ne soit plus qu'une série de spasmes et de tremblements, sa respiration devenant une plainte rauque. La douleur de l'immobilité se mêlait à l'agonie du plaisir refusé.
"Dis-moi à qui appartient ce corps," ai-je exigé, ma voix dure.
"À... à vous... Maître," réussit-elle à haleter, les mots arrachés par la jouissance.
Je n'ai pas attendu. J'ai mis fin à la stimulation, le silence et la frustration la submergeant immédiatement. J'ai défait une seule attache : celle de son pied gauche, pour lui permettre un mouvement minimal.
Je l'ai soulevée contre la croix et j'ai enfoncé mon verge en elle, sans prélude, sans douceur. Elle était prête, non pas par désir, mais par l'intensité de sa frustration. Elle était la toile parfaite pour ma domination.
L'acte fut un acte de reprise brutale. Elle était impuissante à chercher le rythme ou l'angle. Sa jambe libre, seule capable de mouvement, s'est enroulée autour de ma hanche dans une tentative désespérée de participation. J'ai maintenu un rythme sauvage, la frappant contre le bois laqué, chaque coup de butoir étant un rappel de ma force et de son abandon.
Elle criait mon nom dans le bandeau de soie, ses larmes se mélangeant au tissu.
Je l'ai tenue ainsi, la chevauchant jusqu'à l'explosion finale. Mon éjaculation était le sceau final de cette leçon.
Je me suis retiré, la laissant attachée et tremblante.
J'ai retiré le bandeau de ses yeux. La lumière l'a aveuglée un instant, puis elle a vu mon visage.
"La leçon est finie," ai-je dit, reprenant le ton du Maître. "Le corps a cédé. Tu vas te souvenir de l'odeur du chanvre. Demain, la récompense."
Je l'ai détachée lentement, chaque dénouement étant un acte de soin, mais aussi la preuve que ma main donnait la liberté et la retenait. Elle s'est effondrée à mes pieds, mais j'ai veillé à ce qu'elle reste dans mes bras. L'éducation avait franchi un nouveau seuil de confiance et d'abandon physique.
Sur ce ..... vive la suite ...
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Peut-on être trop bien doté par la nature ? On va le découvrir en compagnie de Patrick, garçon timide hors norme, Myriam, l’infirmière fétichiste à tendances Domina et Chloé, la gentille copine qui veut si bien faire…
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Je me tiens gauchement à l’entrée de la pièce, ne sachant pas si je dois attendre qu’on m’invite à entrer ou pas. Assez grande, brune, dans la quarantaine, cette infirmière m’intimide, je l’avoue. J’ai toujours eu une relation un peu « spéciale » avec le monde médical. En fait, depuis l’enfance, quand ma mère me traînait chez tous les toubibs dont on lui parlait, afin de voir comment « arranger » mon petit problème.
— Avance un peu, je vais pas te manger… Au fait, comment tu t’appelles ?
— Hernandez, dis-je, fermant la porte derrière moi. Patrick Hernandez.
— Comme le chanteur ?
— Ouais, c’est ça… Ma mère était fan, dans les années 80…
L’infirmière se tourne, essayant de masquer son sourire. Je ne suis pas dupe, je vois bien que mon nom, ça la fait marrer. Pas grave, j’ai l’habitude. Depuis tout gosse, on s’est toujours foutu de moi. À cause de ça… et du reste. À force, ça me fait plus ni chaud, ni froid.
Retrouvant son sérieux, elle reprend :
— On t’a pas dit qu’il fallait se déshabiller, pour une visite médicale ?
— Si…
— Et ben alors ? T’es pudique ?
Les bras ballants, engoncé dans mon gros pull camionneur et mon pantalon en velours côtelé, je ne réponds pas. J’ai les joues cramoisies, mais ça n’a rien à voir avec la chaleur dans la pièce.
— Faut pas ! Tu sais, dans mon métier, on en voit défiler toute la journée, des mecs à poil, plaisante-t-elle.
Son ton s’est fait plus doux. Elle me sourit, ce qui lui fait tout de suite un joli visage.
— Heu… j’enlève tout ? lui demandé-je, priant pour qu’elle réponde non.
— Non, tu gardes ton slip, t’es mignon.
— Et… je… je me déshabille ici ?
— Écoute, Patrice…
— Non, moi c’est Patrick.
— Qu’importe… J’ai un paquet de monde à voir, ce matin, alors on va essayer de pas perdre trop de temps ! fait-elle, me fixant derrière ses grosses lunettes à monture noire.
Je baisse le regard, penaud. Les engueulades, j’ai l’habitude. Mon chef, mes collègues, les commerçants, les rares filles que j’ai fréquentées… Je crois bien que je me suis fait engueuler par la terre entière. À commencer par ma vieille. Elle a toujours dit à qui voulait l’entendre que si le bon dieu m’avait fait comme ça, c’était pour compenser le petit pois que j’avais dans la tête. En général, ça fait marrer les gens qui me connaissent.
L’infirmière a compris mon malaise. Se rassérénant devant mon air perdu, elle me désigne un paravent, dans un coin de la pièce.
— Allez Patrick, à toi de jouer ! Et par pitié, tu fais vite…
Traînant des pieds, je me dirige vers l’endroit en question. En quelques gestes je me débarrasse de mes fringues, que j’entasse en équilibre instable sur un petit tabouret, près de mes chaussures. J’essaie de me détendre. D’oublier les moqueries, les mauvais sourires, et, surtout, ma peur des toubibs.
— Ta date de naissance, c’est bien le 16 avril 1988 ?
— Heu… Ouais, c’est ça !
Je vérifie mon slip trop ample. Ça va ; en sortant un peu le ventre, il ne baille pas. Je garde mes chaussettes, fais trois pas sur le carrelage glacial et la rejoins près de son bureau, où elle m’attend, l’air pressé.
Elle me jette un coup d’œil, paraît surprise mais ne fait aucun commentaire… Son expression a changé. Elle a bien sûr remarqué ma « petite différence ». Aïe ! Comme à chaque fois que quelque chose me stresse, ça se met à me démanger horriblement. Et quand ça me démange, je peux pas m’empêcher de réagir, c’est physique. Plus j’essaie de penser à autre chose, plus mon « état » empire. Heureusement, l’infirmière fait mine de ne rien voir, inspectant son carnet de notes avec une sorte de tic nerveux sur la joue.
— Hum, monte donc un peu sur la balance…
Elle vient se pencher à côté de moi un long moment, faisant mine de lire l’aiguille, stabilisée depuis un bail sur un gros « 80 » tout déformé. Ma parole, elle zieute mon matos ! Merde, Patrick, ne pas stresser ! Je sens la sueur goutter sur mon front, couler de mes aisselles, tandis que la toile de mon slip, inexorablement, se tend comme une voile de trois mats.
— Tu connais ta taille ?
— Heu… 1,92.
— Parfait. Viens t’installer près de moi, pour la suite. Et détends-toi un peu, roucoule-t-elle en tapotant le skaï de sa table d’auscultation.
Je m’assieds avec docilité sur la surface froide. Elle entoure mon biceps d’une large bande noire – le truc qui sert à prendre la tension, quoi ! – qu’elle se met à gonfler rapidement. De là où je suis, je ne peux pas rater la vue plongeante sur l’échancrure de sa blouse, négligemment entrouverte. Bizarre ! J’aurais juré que les premiers boutons de sa tunique d’infirmière étaient en place, quand je suis entré !
Elle papote, mais je ne l’entends plus. La seule chose que je perçois, à présent, c’est la naissance de ses seins, mis en valeur par un soutien-gorge noir à balconnet, avec un liseré de dentelle qui peine à retenir ses rondeurs. Cette vision, plus les frôlements involontaires de ses mains sur mon torse, ajoutés au fait que je n’ai pas de copine depuis… trop longtemps ! tout ça suscite le branle-bas de combat à l’étage inférieur, un émoi que même un aveugle ne pourrait pas louper. Luttant contre les pensées qui m’envahissent, j’essaie de contrôler mon engin. Ça m’est aussi impossible que de dégonfler, par la seule force de la volonté, le machin qui me comprime le bras.
Ma queue claque soudain contre mon estomac, toute raide ; l’élastique de mon slip vient de déclarer forfait. Silence de mort dans la pièce. L’infirmière a cessé de parler. Une drôle de lueur brille dans son regard, et ses joues prennent une teinte cramoisie.
— Dis moi… tu as une copine, en ce moment ?
— Ben… non.
— Et ton… enfin, ta… Je veux dire, tu as déjà consulté, pour ça ? dit-elle, en tendant un doigt timide vers « la chose ».
Et voilà, on y est ! La réplique qui me fait haïr les toubibs depuis l’enfance, qui me rabaisse au rang de monstre de foire… Qu’est-ce que j’y peux, moi ! Je suis né avec « ça », ça fait des années que « ça » me gâche la vie… Expliquer mon infirmité, ma différence, c’est épuisant à la fin !
— Écoutez ! J’y peux rien, ça se soigne pas, c’est pas une maladie ! Je suis comme je suis, et c’est tout !
Le plus surpris par les mots qui sortent de ma bouche, c’est moi. J’ai haussé le ton ! Et avec une infirmière de l’inspection du travail, en plus ! Ben merde, alors !
— Très bien… C’est juste que…
— Vous n’en avez jamais vu d’aussi grosse, c’est ça ? craché-je. Je peux me rhabiller à présent ?
J’allais descendre de la table quand elle me retient par le bras. En voyant la façon dont elle détaille mon sexe, je m’interromps. Elle le dévore des yeux. Un regard d’adoration fascinée. Aucune trace du dégoût surpris, de la répulsion honteuse, voire de la curiosité malsaine qu’inspire habituellement la vision de mon membre en pleine érection.
— C’est tellement… beau ! assure-t-elle.
— Eh bien ! Vous êtes bien la première à me dire ça !
Je suis soufflé. De la sixième jusqu’à la fin de mon BEP, j’ai été la risée de toutes les filles. En cours de gym, je tremblais de honte quand il fallait se changer pour aller à la piscine, ou passer sous la douche. Même au repos, ma bite est très longue et large. Comme je suis du genre velu, on me traitait de macaque, de singe avec une queue devant au lieu d’être derrière. Qu’est-ce qu’on a pu se foutre de ma gueule avec ça, au collège ! En quelque sorte, j’ai toujours été « l’elephant man » de service. On n’imagine pas, mais il y a de quoi détruire quelqu’un. Alors, cette admiration soudaine pour mon membre, j’ai trouvé ça louche.
— Je peux… la toucher ?
Ben voilà autre chose ! C’est la première fois qu’une femme est aussi directe avec moi ! Puis je me rappelle qu’elle est infirmière. Pur intérêt médical, sans doute… Je me blinde avant de lui répondre.
— Heu… si ça vous fait plaisir.
L’infirmière y va franchement. Je doute que ce genre de geste ait été codifié par la Faculté ! Elle pose sa paume à la base de mon sexe, puis y joint son autre main, tentant d’en faire le tour avec ses doigts, qui se touchent à peine. On sent dans ses attouchements comme une sorte de ferveur religieuse. Elle remonte ensuite ses deux mains avec douceur, allant jusqu’au sommet de ma colonne qui culmine… assez haut. C’est frais, caressant, pas désagréable en fait.
— J’aimerais beaucoup voir ton bout. Je peux ? demande-t-elle.
— Ben, heu… OK.
Avec ses deux mains, elle tire sur le prépuce, qui découvre dans un lent glissement de chair la masse luisante de mon gland. Rien qu’en regardant son visage, je peux suivre sans problème le cheminement de ses pensées. Au fur et à mesure de l’épanouissement de mon gros champignon rouge, sa bouche s’ouvre, de plus en plus grande. Mon dieu ! Je la fais saliver, cette vieille perverse ! C’est bien ma chance !
Sans demander la permission cette fois, elle approche ses lèvres tout près. Je sens son souffle s’accélérer, enveloppant d’une brise tiède et saccadée la tête de mon nœud – c’est que c’est sensible, cet endroit-là ! Je suis en train de me demander si elle va essayer de me mesurer aussi avec sa bouche – je doute qu’elle puisse y arriver ; elle est sûrement trop petite pour pouvoir englober mon gland – quand on frappe soudain à la porte.
Branle-bas de combat dans la pièce ! L’infirmière à lunettes me lâche (re-paf contre mon estomac) et se met au garde à vous devant mon sceptre, masquant l’objet de sa coupable inspection à la vue du visiteur qui tourne déjà la poignée. En l’occurrence une visiteuse, elle aussi en blouse blanche. Toute jeune, même pas mon âge, elle pointe avec curiosité sa frimousse pleine de taches de rousseur par l’entrebâillement de la porte. Une stagiaire ?
— Qu’est-ce que vous voulez, Mademoiselle ? Vous voyez bien que je suis occupée avec un… un jeune homme…
La fin de sa phrase s’achève de façon pitoyable. Débraillée, échevelée, la tunique entrouverte sur son buste, les joues rouges comme deux pommes normandes, l’infirmière ne fait guère illusion.
— Désolée, Myriam. Je repasserai plus tard, s’excuse la jeune rouquine.
Et puis, juste avant de s’éclipser, elle nous lance un « amusez-vous bien ! » sans équivoque, ajoutant un clin d’œil à mon attention. Mortelle, la nana !
La dénommée Myriam se retourne vers moi. « La chose » pend à présent entre mes genoux. Eh oui, je suis un grand timide ; la moindre émotion peut faire retomber le chapiteau.
— Dommage, dit-elle avec un dernier regard dépité pour mon tronc en pleine débandade. Mais c’est peut-être mieux ainsi…
Visiblement, cette interruption lui a remis les idées en place.
— Ton… cas m’intéresse, Patrick. Est-ce qu’on pourrait se revoir ?
— Heu… ici ?
— Non, chez moi. Ce sera plus tranquille : il y a nettement moins de passage qu’au cabinet.
— Eh bien…
— Est-ce que demain, vingt et une heures, ça te conviendrait ? me demande-t-elle, avec un regard appuyé et un battement de cils.
Avant de répondre, je prends le temps de la détailler. Elle n’est pas si vieille que ça, en fin de compte. Peut-être même a-t-elle moins de quarante ans. Pas canon, bien sûr, mais plutôt mince, avec des rondeurs harmonieuses là où il faut. Je me rappelle avec émotion les nibards entrevus sous sa blouse.
De toute façon, j’ai pas de copine et je suis pas près de m’en trouver une… Alors, un intermède un peu chaud, pourquoi pas ? Je décide que ça peut se faire.
— Chez vous, demain soir. Ça marche !
Pendant que je me rhabille, elle s’assied derrière son bureau et griffonne furieusement. Puis elle pousse vers moi une feuille de papier pliée en deux. Je prends le mot sans le lire et le fourre dans ma poche. Son adresse et son téléphone, j’imagine. Très professionnelle, elle me tend une main manucurée, m’invitant à quitter la pièce.
— Et mon attestation, alors ?
— Zut, j’ai failli oublier !
Décidément, je lui fais perdre ses moyens, à cette Myriam ! Elle prend un papier officiel, le marque de sa griffe, le tamponne et me le tend.
— Tout va bien, Patrick, tu es en forme. Vraiment très, très en forme…
Je quitte les lieux en souriant, curieux de voir comment elle entend poursuivre les « investigations » sur mon cas… Une fois hors de vue, je déplie le petit mot de Myriam. Il s’agit bien de ses coordonnées sur papier à en tête. Auxquelles s’ajoute un message sans équivoque :
Ta queue est géniale. Je la trouve extraordinaire ! En la voyant, je n’ai eu qu’une envie, la toucher, la cajoler, la combler. Crois-moi, je suis la femme de la situation ! Viens, tu ne seras pas déçu…
Une déclaration d’amour à mon membre ? Cette infirmière est folle ! Pourtant, je suis plutôt excité. Ce n’est pas si fréquent qu’une femme expose son désir pour ma pomme, encore moins son attirance pour « ça ». Même si ce n’est pas directement moi et ma personnalité qui l’intéressons dans l’affaire, elle veut mon zob et ça, elle ne l’aura pas sans le reste.
(À suivre...)
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Elle ne bougeait presque pas. Le monde autour continuait de bruire, la rumeur lointaine des voitures, le cliquetis discret d’une canalisation, la respiration du jour qui commençait à s’étirer. Elle, au centre, semblait figée hors du temps. L’immobilité n’était pas faiblesse, c’était une manière de tenir. Dans cette retenue, quelque chose vibrait pourtant. Une tension, à peine perceptible, comme le fil d’un arc que l’on garde bandé trop longtemps. Ses pensées tournaient lentement, cherchant un point d’appui. Ce qu’elle regardait, ce n’était pas le monde visible, mais le territoire plus incertain de l’attente. Il y avait eu la veille la lumière, la photo, l’éclat suspendu d’un instant maîtrisé. Et depuis, tout semblait se rejouer en boucle. L’image n’avait rien d’agressif, elle ne montrait ni geste ni parole, seulement une présence pleine, une composition où la précision remplaçait la parole. Mais c’était suffisant pour bouleverser l’équilibre intérieur. Dans cette attente, elle mesurait à quel point l’absence peut peser plus lourd qu’une injonction. Chaque seconde sans réponse devenait une épreuve. La pensée revenait, insistante, sur le même point, comme un doigt qui cherche une blessure ancienne pour vérifier qu’elle est toujours là. Et pourtant, au fond de cette tension, il y avait une paix étrange. La certitude que l’ordre allait revenir, que la parole ou le signe attendu finirait par tomber, et que le monde reprendrait alors sa place.
L’attente n’était pas vide, elle était discipline. Une façon de se souvenir qu’elle ne pouvait rien exiger, rien forcer. Elle observait la lumière se décaler sur le mur, millimètre après millimètre. Ce lent glissement devenait son rythme, sa respiration, il fallait apprendre à se tenir droite dans l’incertitude, à accepter que le silence puisse durer. Dans cet effort, quelque chose s’apaisait peu à peu. L’ombre n’était plus menace mais abri. Elle comprit que le pouvoir, le vrai, n’était ni dans le contrôle absolu ni dans la révolte, mais dans ce point d’équilibre où l’on accepte d’attendre sans céder, sans rompre. Alors, quand le signe finit par venir, une lumière minuscule, un message bref, une trace, elle ne sourit pas.
Elle inspira simplement, longuement, et sentit le monde se réaligner autour d’elle. L’ordre n’avait pas besoin de bruit pour s’imposer. Il suffisait du silence, d’un battement, d’un souffle retenu.
Et dans le repos de l’ombre, tout recommença.
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Béa et les contraintes de cuirs :
Après avoir fait découvrir à Béa les sensations d’être contrainte avec bracelet aux poignets et chevilles, bâillon et bandeau, collier et laisse.
Lui avoir faire découvrir les ressenties d’être contrainte avec des cordes, bâillons, bandeau, et se sentir offerte, dominée, chose, jouet, objet.
Cette fois je l’initie aux plaisirs d’être contrainte par des sangles de cuir.
L’odeur du cuir qui envahie autant ses sens que son esprit, son subconscient et ainsi de la laisser voyager dans ses fantasmes et lui permettre d’atteindre son lâcher prise, d’avoir des plaisirs qui lui envahissent la totalité de son être.
Je la plonge dans le noir en couvrent ses yeux pour lui permettre de s’immerger au plus profond de son subconscient.
Je la déshabille doucement, très doucement, bouton après bouton, fermeture éclair, agrafe, jarretières, bas, laissent tomber sur le sol ses vêtements et ainsi doucement l’effeuillée avec juste à ses pieds, la féminité des talons haut pour seule vêtement.
Je prends ses mains et les placent le long de son corps, au niveau de ses hanches tout en lui effleurent sa peau nue.
Je prends la première lanière, celle la plus longue et contraint ses bras, au-dessus de sa poitrine ou, je constate que ses tétons sont déjà bien dressés.
Je prends une autre lanière de même longueur et place celle-ci sous la poitrine, l’effet escompté commence à être visible, la respiration s’accélère, sa peau se couvre de chair de poule, ses cuisses se resserrent, se frottent l’une contre l’autre, signe qu’une femme, qu’une soumise commence à ressentir de l’excitation, du plaisir.
Je prends une troisième lanière et place celle-ci sur ses hanches, contraignaient du même coup ses avants bras et positionne ses deux mains devant son intimité. Je prends un temps de pose, promenant mes mains sur son ventre, remontent très lentement vers ses seins, passe furtivement sur ses tétons les effleurent à peine et provoquant aussi bien un soubresaut que des moments de plaisirs marqués par un corps qui s’exprime, aussi bien visuel que de façon sonore, la douce mélodie encore presque inaudible d’une femme, d’une soumise qui commence à percevoir, à ressentir les doux moments d’être contrainte, offerte à celui à qui elle donne sa confiance et ainsi de ne plus s’appartenir.
Je prends une nouvelle lanière, celle-ci est très courte, spécifique à la contrainte des poignets et d’un geste précis et rapide, contraint ceux-ci en serrent bien pour ne pas leurs permettent aux poignets de glisser hors de cette lanière.
Celle lanière supplémentaire qui augmente considérablement la sensation, le ressentie et donc, en toute logique les plaisirs d’une soumise rêvent, fantasment, d’être ‘attachée’ et de pouvoir jouir de cette situation d’abandon, d’être à lui, sans pénétration, sans sexe, juste par la situation et bien sûr les images que je pense, pas toujours saintes qui lui traversent l’esprit.
La voici toute à moi de par son buste lié, toute à moi par son offrande, son abandon et je sais, cela par expérience que les idées, les fantasmes, les envies qui lui traversent l’esprit à ce moment, lui permette de trouver des plaisirs humides.
C’est le moment opportun je trouve pour accentuer ses plaisirs, ses sensations, ses ressenties et la plonger dans un état second, lui permettent de s’évader dans les contrées lointaines de son imagination qui, je ne doute pas un instant, sont des plus érotiques voir inavouable mais, cela c’est son secret que je lui laisse vivre et un jour peut être partagé avec moi……
Je prends un bâillon boule, insert celle-ci entre ses lèvres, passe les lanières derrière sa tête et, verrouille fermement celles-ci de façon à ce que la boule rentre bien dans sa bouche et effectue sa tâche de domination.
Contrainte par mes lanières de cuir, privée de la vue, privée de la parole, ma soumise est toute à moi.
Pour elle ainsi contrainte, n’être que le jouet, l’objet du Maître et jouir de cette situation.
Je prends une autre lanière de cuir, contraint ses cuisses, juste avant ses genoux, verrouille celle-ci pour bien contraindre les cuisses l’une contre l’autre.
Je prends une autre lanière de ce cuir qui sent si bon et, contraint fermement ses jambes juste en dessous de ses genoux pour bien lui permettre de sentir son abandon comme mon emprise.
A nouveau, je prends la dernière lanière de cet ensemble et passe autour de ses chevilles, si fines, si féminine et contraint fermement celles-ci.
Entièrement à moi mais, également entièrement à elle Entièrement à moi mais, entièrement à ses fantasmes et désires.
L’instant magique ne se fait pas attendre, elle gémit, bouge de façon très érotique, sa respiration s’emballe.
Je la laisse s’imbiber de ce moment, de cette contrainte qui, petit à petit envahie son esprit, son subconscient, son âme de soumise heureuse d’être à ce point dominée.
Je ne vais pas la toucher sexuellement, je vais la laisser ainsi faire son propre voyage, juste la regarder, l’admirer ainsi soumise à elle-même.
Je l’ai regardé pendant 2h 30, gesticulant, mouillant de la bouche mais pas seulement à voir les draps, gémissent, tentant de se libérer toute en croisant les doigts de ne pas y arriver et de continuer à vivre ce moment des plus intense et de m’appartenir sans pénétration, que par la pensée, le subconscient.
La beauté toute féminine de la soumission offerte mais à qui ? au Maître seulement ? Au bout de ces 2h 30, je viens vers elle et lui glisse à l’oreille : tu as jouis ? Elle hoche de la tête pour me dire oui.
Tu veux que je te libère ? Elle me répond en hochent de la tête d’un oui pas si franc que cela en fait, serait-elle si heureuse d’être ainsi contrainte, dominée quelle se refuse d'être libre ? Quand pensez-vous ? Je défais les lanières les unes après les autres, doucement, très doucement pour bien lui faire prendre conscience que c’est toujours moi le Maître de ses plaisirs et qu’elle m’appartient.
Toute en transpiration sur la totalité de son corps, des gouttes de sueur causées par les contraintes des plus serrée, essoufflée, excitée, la voilà libre de ses contraintes de cuir mais épuisée.
Toujours dans l’obscurité, toujours bâillonnée, je retire celui-ci de sa bouche avec cette bave des plus sexy qui coule.
Je tends ma main pour lui retirer le bandeau et là, aveuglée par la lumière, elle me sourit, ses joues rouges des plaisirs reçus la trahissent.
Elle se blottie contre moi et d’une voie encore un peu tremblante me dit, merci mon Maître, ces sensations était des plus jouissive, j’aime quand vous m’attachez, je me sens à vous, votre chose, votre jouet et j’aime cela, cela me fait des choses dans mon ventre, dans mon cœur, dans ma tête et je sais que nous avons eu des plaisirs commun, et cela j’en suis heureuse.
Voilà, la séance est terminée, quand pensez-vous ? Voulez-vous vivre une telle expérience ?
Mesdames le BDSM n’est pas forcément lié au sexe, je pratique bon nombre de séances ou je ne fais qu’initier ces dames aux plaisirs intenses du Bondage, du Shibari.
C’est les cordes qui abuse de votre corps, de votre esprit, de votre subconscient voir de votre âme, je ne suis que l’instrument de vos plaisirs d’être contraintes et de vous sentir offerte, dominée mais, les cordes abusent elles vraiment de vous ? Étant donné que vous le fantasmées, le souhaitées, le désirées ? A vous lire, cordialement Me Bernard
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Dans le train du retour, la jeune fille en imperméable était assise sur la même banquette au fond du compartiment, et je vins m'installer face à elle. C'était la première fois que je pouvais la dévisager en toute quiétude, et non plus de profil comme auparavant. Elle n'avait pas un regard aussi doux que son allure générale avait pu me le laisser croire. Je voyais une lueur d'autorité qui se dissimulait mal dans ses yeux vifs et il y avait dans les mouvements de son menton, le dessin de la détermination, la marque de ceux qui n'aiment pas perdre. Poutant, la jeune fille en imperméable restait frêle et agitée de courts frémissements. Elle était vêtue d'une jupe en coton noire qui descendait au dessus de ses genoux et d'un chemisier blanc. Les talons hauts qu'elle portait la grandissaient et conféraient à sa silhouette, une rare sensualité. Elle n'était pas maquillée et ses cheveux, coupés ras à la garçonne, lui faisait comme un casque de chevalier en partance pour une croisade, le visage lavé de toute perfidie. Je détournai la tête pour regarder les cèdres couverts de givre qui défilaient à travers la vitre du compartiment. Elle referma le livre qu'elle était en train de lire. Elle glissa l'ouvrage dans son dos et contempla la pointe de ses pieds comme pour me dissuader d'entamer un dialogue. Je n'allais pas être découragée pour si peu. " - Cela ne vous ennuie pas si je m'assieds là ?" demandais-je. "-J e vous en prie", fit-elle avec réserve. "- Vous allez jusqu'où ?" dis-je. "-J e m'arrête une station après-vous", répondit-elle. Elle réprima un rire, à peine avait-elle lançé son petit trait ironique qu'elle se mordit les lèvres. Charlotte avait parlé vite sur le ton d'une enfant à confesse et d'un seul coup, je la reconnus. Je parvins enfin à reconstituer la première vision que j'avais eu d'elle, de face, lorsqu'elle portait encore les cheveux longs et ondulés et qu'elle m'avait séduite et éblouie lors de notre première rencontre à la piscine. Mais oui, c'était elle. Le souvenir du bout de sa langue rose entre ses dents d'une blancheur éclatante avait habité les premières nuits de Juliette. La souveraine, la conquérante. Car j'avais remarqué son joli visage pâle et presque bleuté de porcelaine de Saxe.
Ce qu'elle cherchait dans les jeunes filles qu'elle poursuivait, Juliette s'en faisait une idée assez claire. Ce n'était pas qu'elle voulut se donner l'impression qu'elle rivalisait avec les lemmes, surtout celles qui sont dominatrices, ni compenser, par une conduite masculine, une infériorité féminine qu'elle n'éprouvait aucunement. Il est vrai qu'elle s'était surprise, à vingt ans, quand elle faisait la cour à la plus jolie de ses camarades, se déshabillant pour lui faire l'amour. Mais c'était là autant de manières qu'elle affichait pour faire scandale, par enfantillage beaucoup plus que par conviction. Au contraire, le goût qu'elle avait pour la douceur de très douces lèvres peintes cédant sous les siennes, pour l'éclat d'émeraude ou de ciel des yeux qui se ferment à demi dans la pénombre des chambres, en fin d'après-midi, quand on a triré les persiennes et allumé la lampe de chevet, pour les voix qui disent encore. Aussi vive était la joie printanière et cynégétique de la chasse. Probablement non pour la chasse en elle-même, si exhaltante ou sauvage qu'elle fût, mais pour la liberté parfaite qu'elle y goûtait. C'était elle qui avait l'intiative des paroles, des baisers. Juliette menait, elle, et elle seule le jeu, et depuis qu'elle avait des amantes, elle ne tolèrait à peu près jamais que la fille qu'elle caressait la caressât à son tour. Autant elle avait de hâte à tenir son amie nue sous ses yeux, sous ses mains, autant il lui semblait vain de se déshabiller. Souvent, elle cherchait des prétextes pour l'éviter. D'ailleurs, il était peu de femmes chez lesquelles elle ne trouvât quelque beauté. Elle aimait, après les avoir martyrisé par le fouet, voire se répandre sur les visages cette buée qui les rend si lisses et si fragiles, d'une jeunesse hors du temps, qui ne ramène pas à l'enfance, mais gonfle les lèvres, agrandit les yeux comme un fard, et fait les iris scintillants et clairs. La nudité, l'abandon des corps, la bouleversaient, et il lui semblait que ses soumises lui faisaient un cadeau dont elle ne pourrait jamais offrir l'équivalent quand elles consentaient seulement à se montrer nue dans une chambre fermée. La beauté des traces, les longues cicatrices blanchâtres qui annoblissaient la peau, la comblait. Ainsi était-elle à la fois constamment complice des unes et des autres. Il y avait des parties difficiles. Que Juliette fût amoureuse de Charlotte, ni moins, ni plus qu'elle avait été de beaucoup d'autres. Mais pourquoi n'en montrait-elle rien ? Son âme était insondable.
Il n'y a qu'une heure qu'elles sont couchées, chacune dans une chambre, quand Charlotte perçoit du mouvement dans le couloir, puis dans sa chambre. Le clair de lune jette son halo fantomatique dans la pièce. Bien qu'elle tourne le dos à la porte, elle aperçoit dans la glace Juliette qui s'avance vers son lit. Elle est nue, ses seins fermes et hauts placés ainsi que ses jambes galbées et bronzées lui confèrent une silhouette indéniablement désirable. Elle soulève le drap et se glisse dessous. Une légère brise tiède agite le rideau à la fenêtre. Juliette se blottit dans le dos de son amie, telle une amante. Charlotte sent ses cuisses brûlantes et ses mamelons durs. Le temps d'un hasard, le temps d'un prestige immédiat. "- Tu voulais enfin que je te l'avoue ? J'ai très envie de te faire l'amour." Charlotte se retourne brusquement, Elle porte juste un tanga en soie noir. "- Juliette ! - Quoi ? Ne me dis pas que tu ne t'en doutais pas, quand même !". Charlotte s'allonge dans le lit en ramenant le drap sur sa poitrine. "- Je croyais que c'était un jeu, Juliette." "- Eh, bien non, je n'ai jamais été aussi sérieuse de ma vie." Charlotte examine Juliette pour s'assurer qu'elle est sincère. "- Je ne suis pas lesbienne, affirme-t-elle au bout d'un moment." "- Comment tu le sais ? - "J'ai un amant. - Et alors ? Tu as déjà essayé ?" s'amuse Juliette. "- Tu sais bien que non. - Alors, laisse-moi faire." "Après, tu prendras ta décision." Le silence envahit alors la chambre et seul le désir chuchote en susurrements suaves et lascifs. Les mains de Juliette lui prodiguent des caresses d'une douceur infinie. Elle accueille d'abord passivement le baiser de son amie, avant de s'abandonner pour de bon et de lui rendre fougueusement la pareille. Juliette faufile une main entre les fesses de Charlotte, puis son index suit la fente de sa vulve. Profitant de la réceptivité de son amie, Juliette le pousse à l'intérieur, où elle découvre son sexe ouvert et humide. Ses cuisses sont moites et ses fesses, très chaudes. Le corps de son amante trésaille, ses grognements sont sourds, sa tête totalement rejetée en arrière. D’une brusque contraction, elle comprend que sa belle jouit. Les spasmes qui enferment ses doigts en elle se font plus forts et désordonnés. Elle n’est plus que frissons. Elle vibre. Elle gémit. Elle râle. Elle crie. C’est beau, une femme s’abandonnant à l’orgasme, excitée, courant sur son âme, comme l'arrivée de la marée, le coucher du soleil et la nuit.
Après un instant de calme, ses convulsions reviennent avec plus de force. La respiration de la jeune femme se bloque. L’air de ses poumons est expulsé dans un long cri de plaisir. Un silence s’est fait dans la pièce. Contraste saisissant avec les sons de nos ébats. Ce calme est reposant. On est bien, dans les bras l’une de l’autre. Le réverbère éclaire légèrement la chambre. Une pénombre agréable noie la pièce et je devine plus que je ne vois le visage de Charlotte. Et, bercées par les caresses douces et régulières, le sommeil a fini par nous saisir. Bientôt, je me réveille. J’ai soif. Je me décolle du corps de mon amante de la nuit en tentant de ne pas la réveiller. Je reste quelques instants appuyée contre le chambranle de la porte. Je regarde sa silhouette, seulement éclairée maintenant par le halo de la lune qui éclaire faiblement la chambre au travers des volets. Elle est belle. Plus grande que moi, plus musclée aussi. Ses courts cheveux bruns lui donne un air androgyne irrésitible. J’entends son souffle. Son corps bronzé s’étale lascivement sur le drap blanc. Je souris en m’écartant de la porte pour gagner la cuisine. Il fait assez clair dans la petite pièce pour que je puisse me servir d’eau sans allumer la lumière. Je n’ai pas envie que les néons brisent la quiétude de la nuit. J’ouvre deux placards avant de me saisir d'un verre. J’ouvre le robinet et me sers un grand verre. Je sursaute. Un corps chaud se colle au mien. Des bras se nouent sous ma poitrine. Ses lèvres se posent contre ma jugulaire. Je ne peux m’empêcher de frissonner. Sa bouche est si douce. Je pose le verre au fond de l’évier et m’appuie sur elle, en murmurant : "- Je connais ton corps, mais je ne connais rien de toi." Je la sens rire gaiement alors qu’elle pose son front contre mon épaule et que ses mains descendent contre mon pubis. "- Tu apprendras à me connaître". Je frémis sous ses doigts. Je ferme les yeux. Mes doigts, au dessus de ma tête, se perdent dans les cheveux bruns de mon amante. Les siens s’égarent dans ma fente encore moite et ouverte de nos plaisirs de la nuit. Humide, je le suis. Son souffle dans mon cou, ses mains sous mes seins, je frémis de ses caresses. Charlotte me retourne dans ses bras. Elle se colle contre moi. Son corps est chaud et doux. Je tends mes lèvres en fermant les yeux. Sa bouche se pose sur la mienne dans un baiser plein de tendresse. Elle pose ses lèvres à de multiples reprises juste au dessus de ma bouche et sourit de mon agacement quand je veux les capturer. Elle retire son visage quand je cherche à établir un contact. Un affectueux sourire se dessine sur sa figure. "- Tu es toujours trop pressée, laisse-moi t'aimer, comme tu le mérites !"
Mes mains jusqu’alors posées sagement sur ses fesses attrapent ses joues qui me fuient. Nos langues se nouent. Sans hâte, mais dans une fièvre conviction. Je pose mes bras sur ses épaules. L’attire encore plus contre moi. Ma langue se fait plus fougueuse. On s’écarte à regret mais à bout de souffle. "- J’ai raison d’être pressée ! Tu n’aimes pas mes baisers ?" Son rire mélodieux me répond. Le plaisir se devine dans son regard malicieux. Je fixe ses yeux. Un nouvel éclat transparait dans son regard sombre. Elle frémit dans mes bras. J'y vois du désir, de l’excitation, de l’appétit. Je devine dans son regard une soif inépanchable de plaisir et de passion. Son bras me décolle de l’évier. Elle me soulève pour me poser sur la table de cuisine. J’écarte les cuisses. Elle s'insère entre elles. Le haut de ses jambes frotte contre mon sexe ouvert. Un doux baiser sur mes lèvres et bientôt elle s’agenouille. Sa bouche est à la hauteur de ma vulve. Je suis trempée. Je la regarde. Elle est belle, comme cela. Cette vision m’électrise. D’un souffle, elle me fait me cambrer. Sa langue sort lentement de sa bouche et commence à me lécher. Charlotte écarte mes nymphes de ses lèvres. Ses légers coups de langues remontent vers mon clitoris déjà tendu. Elle tourne autour, sans jamais le toucher. Redescend vers mon sexe moite qui implore une pénétration. Je sens les contractions désordonnées. Sa langue me pénètre. Elle fouille mon intimité docile. Elle lèche l’intérieur de mon vagin. Je rejette la tête en arrière. Un gémissement de plaisir passe mes lèvres ouvertes, elles aussi. Son organe lingual remonte vers mon clitoris. Il est dur et elle le lape, l'aspire, le pince et le mordille. D’un geste saccadé, je maintiens sa tête entre mes cuisses. Je gémis. Mon bas ventre s'enflamme. Je geins. Une longue plainte m’échappe. Le bonheur m’empêche de respirer. Je lance mon ventre contre sa bouche. Je me déchaîne. Deux doigts me pénètrent profondément. C’en est trop. Je pousse un dernier cri avant d’être prise de tremblements. Chavirée de secousses, je jouis. Elle se relève, alors que son index et son majeur continuent à me fouiller. Elle me soutient le dos en passant un bras derrière mes épaules. Ses doigts en moi ont trouvé mon point G. M'amollissant avant de partir dans de longs soubresauts, je m'abandonne en giclant dans un orgasme parcourant mon corps tendu. Quand je rouvre les yeux, je suis allongée dans le lit de ma fabuleuse amante. Ses yeux brillants dans la nuit me fixent. Je l’enjambe, mon corps encore lourd de l’abandon s’écrase contre le sien. Nos lèvres se joignent encore. Son ventre et ses abdominaux que j’avais deviné au premier regard. Ma bouche s’écarte, je m’en vais agacer le bas de sa côte droite. Mes mains lâchent ses adorables seins pour découvrir ses flancs. Ma bouche découvre pour la seconde fois de la nuit ce sexe épilé, ce clitoris érigé et le goût si particulier de cette cyprine. Je donne un bref coup de langue sur ce bouton tendu qui fait frémir mon amante et poursuit mon inlassable descente. Seul son corps révèle le sexe. C'est à elle que ma pensée s'est agréablement suspendue quand je croyais penser à autre chose, ou à rien.
De façon indicible, mes pensées s'échappent irrémédiablement. Et de nouveau, je me rends. Le vagin qui a avalé une partie de ma main tout à l’heure m’appelle de nouveau. Je le pénètre, de ma langue, de mes doigts, suivant la respiration de Charlotte. Elle gémit, se tend, vibre. Je quitte ce lieu humide pour continuer la voie des délicieuses découvertes, non sans laisser mon index au chaud. Je lèche avidement le périnée. Je touche enfin mon but: le petit orifice entre ses fesses musclées. Je la bascule sur le ventre en écartant son genou pour pouvoir lui dispenser ma caresse buccale. Je lèche consciencieusement, passe sur l’anus qui se détend peu à peu, tourne, contourne et retourne. Mon doigt pénètre toujours plus profondément son intimité. Mon plaisir me guide entre ses reins, dans la vallée chaude de ses fesses, à l'entrée de l'étroit pertuis; elle se cambre pour aller à la rencontre de mes doigts inquisiteurs. Je souris aux encouragements de ma belle et fais tournoyer ma langue sur les pourtours de son anus pénétré. Quand je la sens complètement détendue, un second doigt entre en elle. Elle se redresse et se cambre encore plus en émettant une longue plainte. À genoux devant moi, soumise et débauchée. Le spectacle est beau et jouissif. Elle s'offre à moi. Le corps de mon amante trésaille, ses grognements sont sourds, sa tête totalement rejetée en arrière. D'une brusque contraction, je comprends qu'elle jouit. Les spasmes qui enferment mes doigts en elle se font plus forts et désordonnés. Elle crie. Elle n’est plus que frissons. Je continue mes mouvements de va-et-vient pour que perdure sa jouissance anale. Après tant de plaisirs fougeux et de folles incartades, nos esprits sont brumeux. Sa main douce contre mon flanc, mes lèvres contre les siennes. De jolis moments tendres en attendant le sommeil, de nouveau. Réveillée, elle se lève, m’embrasse tendrement et m’entraine vers la salle de bain. Elle m’enlace en me faisant rentrer dans la douche. L’eau chaude coule sur nos corps amoureux. Rapidement, la buée envahit la petite pièce. La proximité que nous impose l’étroitesse de la douche est mise à profit. Mes mains redécouvrent ce corps magnifique. Sa bouche aspire mes seins tendus. Ses doigts agacent mon clitoris. De lents mouvements en douces caresses, je suis surprise par la jouissance qui me saisit. Je me retiens à elle, me sentant vacillante. Je dépose un baiser au creux de ses reins avant de me relever. D’une pression sur son épaule, Charlotte se retourne. Je prends du gel douche et poursuit amoureusement mon massage. L'intérieur de ses cuisses, ses fesses et le pourtour de son anus. Je masse la zone sous les seins, si érogène. Je saisis sa poitrine, frictionne et agace les pointes. Elle gémit sous la caresse. Je souris. Je pose mes genoux contre la faïence du bac de douche. Je suis juste à la hauteur de son sexe qui semble toujours aussi demandeur. Mes mains jouent avec ses abdos et son pubis lisse. Je m’égare sur l’aine, j’embrasse le clitoris qui dépasse de ses lèvres. Elle s’appuie contre le mur. Ma langue écarte ses petites lèvres, guidée par les mouvements de bassin, j’amène mon amante à la jouissance. Et certes les attentions qu'une femme a pour vous, peut encore, quand nous l'aimons, semer des charmes nouveaux les instants passés auprès d'elle. Mais elle n'est pas pour nous une femme différente, elle est nous. L'amour le plus exclusif pour une personne est toujours l'amour d'autre chose. Une bien belle nuit licencieuse, en somme.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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C'était une de ces règles entre lesquelles on peut se décider, une règle qui n'est certes pas très honorable, mais elle nous donne un certain calme pour passer la vie et pour nous résigner à la passion. Elle laissait filer la chaîne des jours passés pour mieux jouir des rencontres à venir, et pas seulement la nuit. C'était elle, une amante très en beauté, au maquillage discret, moulée dans un adorable jean. La jeune femme fut médusée comme à la vue d'un spectre. Elle l'attendait alors, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent bientôt à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur incommensurable qu'elle y mettait, la douce Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait toutes les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide.
Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers de l'allée centrale, formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins tandis qu'elle s'agenouillait. Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas intimement les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Charlotte savait exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant. Charlotte n'avait rien perçu, rien respiré de cette métamorphose suscitée par de nouveaux appétits pour des jeux et des assouvissements inédits, plus sauvages, empreints d'une licence sexuelle.
Elle me regardait si gentiment que j'étais convaincue de récolter bientôt les fruits de ma patience. Sa poitine ferme était délicieusement posée sur mon buste, ses cheveux effleuraient mes joues, elle frottait ses lèvres contre les miennes avec un sourire d'une tendre sensualité. Tout n'était que grâce, délice, surprise venant de cette fille admirable: même la sueur qui perlait sur sa nuque était parfumée. Elles pouvaient juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps dura. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. L'air humide se chargeait autour d'elles, épaissi de l'écho de leur bestialité.
Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû. Il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire inviolable de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se tourna pour bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et lui caressa le visage tandis qu'elle se blottissait contre sa poitrine. À l'extérieur, l'autre vie pouvait bien attendre.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Chapitre 29
Les Non-Dits de l'Attente
Le bruit du café qui coule dans la cuisine est le premier signal du retour au monde. Le seul son qui a le droit d’être mécanique et prévisible dans mon existence. Le silence qui règne sur mon appartement, ce lundi matin, n’est pas le vide total, mais l’absence de la discipline explicite, une trêve que j’impose.
Je la regardais discrètement, accoudé au plan de travail en marbre. Elle était vêtue de son uniforme de camouflage : un tailleur impeccable, le genre de vêtement qui crie " compétence " et " inaccessibilité ". Elle était la parfaite femme d'affaires. Une performance d'acteur qu’elle jouait à la perfection.
Pourtant, je voyais les détails, ceux qui déchiraient la façade " vanille ".
Je voyais la légère lenteur avec laquelle elle ramenait sa tasse à ses lèvres, une fatigue sous-jacente qui n'était pas celle du sommeil, mais celle de l'épuisement sensoriel. La façon dont sa nuque, hier soir encore courbée sous ma main, se tenait droite, peut-être même un peu raide, portant le souvenir invisible du collier.
Et surtout, je voyais le rouge invisible. Elle avait opté pour des matières plus douces, des coupes moins serrées – un choix dicté par une sensibilité que je lui avais imposée. Elle était marquée, même si personne, à part moi, ne pouvait le déceler sous le tissu.
Le Maître en moi prenait note. Le contrôle était là, non pas par une laisse visible, mais par la douleur résiduelle, une connexion secrète que seuls nous partagions. L’attente était le nouveau jeu.
" Je serai au bureau vers neuf heures. Réunion trimestrielle en début d’après-midi. "
Sa voix était professionnelle, son débit parfaitement maîtrisé. Elle cherchait ma validation sans la demander.
" Concentre-toi sur tes obligations. Cette semaine appartient au monde extérieur. "
Je pris ma veste. Le passage de la possession intime à la distance professionnelle est toujours abrupt, mais nécessaire.
" Je ne te rappellerai pas les règles de nos jours de " vanille ", " ai-je continué, mon ton neutre. " Tu es mon actif. La discipline de la semaine, c’est l’excellence professionnelle. N’oublie pas que tout manquement rejaillit sur nous deux. "
Elle a hoché la tête. " Oui, Maître. " Le murmure, prononcé dans la zone de sécurité entre ma table de nuit et la porte d'entrée, était un aveu.
Les jours suivants ont été une lente torture, une longue, délicieuse taquinerie. La " vanille " était notre test de self-control, l'érotisme de la retenue.
Le Mardi, nous avons fait l'amour, mais c'était un sexe civil, sans aucune de nos règles. J'ai pris soin de ne pas utiliser d'objet, de ne pas donner d'ordre, de ne pas la forcer à la position de soumission. Mais mon corps, lui, savait. J'ai lu dans ses gémissements la faim de l'interdit, le désir de me voir reprendre le contrôle. Elle s'est accrochée à moi comme à son partenaire, mais j'ai senti le frisson de l'obéissance dans la tension de ses muscles. Elle me respectait dans le désir, un plaisir pur qui n’était pas le mien, mais notre connexion. Elle cherchait les traces du Maître, je lui donnais l'homme.
Le Mercredi fut le jour où j'ai testé les limites. Dans le silence de l'ascenseur privé menant à nos étages, j’ai posé ma main sur sa taille. Un geste anodin, mais pour elle, cela fut un choc. J’ai senti son souffle se bloquer, son corps se raidir. Je l'ai poussée contre le mur, notre baiser était profond, mais strictement vanille – aucune contrainte, aucune parole. Pourtant, mon baiser était une revendication. Je me suis retiré, mon regard lui signifiant que ce plaisir intime était permis, mais le vrai abandon était réservé. La jouissance n'est rien sans la frustration qui la précède.
Le Jeudi, la discipline commençait à peser. Elle était fatiguée, mais plus concentrée. Nous lisions, chacun notre livre, dans le salon. Une scène banale, domestique. J’ai laissé ma main reposer sur sa cuisse. Pas un effleurement. Un poids constant, inamovible, anodin pour le monde, mais un rappel permanent de mon droit de propriété. La main ne bougeait pas. Mais à travers le tissu, je sentais la chaleur monter, son corps attendant une caresse, un pincement, une punition qui ne venait pas. Le contrôle n'était pas l'action, mais l'attente de l'action.
Le Vendredi soir, l'attente a atteint son paroxysme. Elle avait tenu bon, elle avait brillé, elle avait obéi à ma règle de distance BDSM. Maintenant, je devais lui offrir la récompense.
J’étais dans le cadre de la porte de la salle de bain, observant la façon dont elle se déplaçait, plus hésitante. Elle avait rempli sa part du contrat.
" Elle a été parfaite cette semaine, " ai-je dit, mon ton se transformant, abandonnant l'ennui professionnel pour l'autorité pure du Maître. Elle s’est retourné brusquement, ses yeux, enfin, sans défense.
" Et le week-end, Novice… " J'ai fait un pas vers elle. " Le week-end, nous continuerons ton éducation là où nous l’avons laissée. Tu as eu le temps de penser à la suite. "
J'ai tendu la main. J'ai touché la peau exposée de son épaule.
" Je veux que tu portes la soie rouge demain soir. Et rien d'autre. "
Ce furent les premiers mots qui ont officiellement rompu la trêve. Son corps a frissonné sous ma main. Ce n'était pas un ordre pour le monde extérieur. C'était un ordre pour le sanctuaire que nous allions créer.
Elle a fermé les yeux, le visage extatique. Elle savait ce que la soie rouge et le ton de ma voix signifiaient : l'abandon imminent.
" Oui, Maître. " Le murmure était un soupir de soulagement.
Le jeu ne s'arrête jamais. Il prend juste des formes différentes. Et cette attente, ce contrôle exercé à distance, avait rendu la promesse du week-end infiniment plus douce.
Chapitre 30
L'Heure de l'Abandon
Le silence du Vendredi soir n'avait rien à voir avec le calme imposé de la semaine. Il était lourd de promesses et d’une tension que nous avions tous deux alimentée pendant cinq jours. Je l'avais vue accomplir ses tâches, son esprit ligoté par la discipline professionnelle, son corps luttant contre les souvenirs. Maintenant, la trêve était rompue.
J'étais assis dans le salon, un verre de cognac à la main, le feuillage de la ville s'étendant sous la baie vitrée. Je n'avais pas besoin de la regarder pour savoir ce qu'elle faisait. Chaque bruit émanant de la chambre était une note dans ma symphonie de contrôle.
Le bruissement du peignoir tombant sur le parquet. Le silence qui suivit. Elle ne s'était pas précipitée. Elle prolongeait l'attente, savourant le moment où elle se dépouillait de sa carapace "vanille". C'était une forme de soumission silencieuse, une offrande retardée.
Puis, elle est apparue.
Elle portait la soie rouge que j'avais commandée. Non pas une robe, mais une parure intime, simple, qui ne masquait rien. La couleur, brute, criarde, contrastait avec le blanc de sa peau encore pâle des traces du début de semaine. Elle marchait lentement, non pas avec arrogance, mais avec la solennité de celle qui entre dans un temple.
Je n'ai pas bougé, ne lui offrant qu'un regard intense qui balayait son corps, l'évaluant, le réclamant. L'excitation était si dense qu'elle était presque palpable. La soie rouge était l'uniforme de son abandon.
Elle s'est arrêtée à distance, le respect de l'autorité ancré même avant le premier ordre formel. Le léger mouvement de sa respiration était visible sous le tissu fin.
" Vous avez obéi à mon ordre, " ai-je dit, ma voix grave et posée.
" Oui, Maître. " Sa voix était un souffle, déjà brisée par l'anticipation.
" Approche. "
Elle a fait les quelques pas restants. Le parfum de sa peau, son odeur naturelle, mêlée à une faible note de lavande, a atteint mes sens. J’ai posé mon verre, le bruit cristallin du cognac sur la table de verre tranchant le silence. Ce bruit était le signal du basculement.
Je l'ai prise par le menton, forçant ses yeux à s'ancrer dans les miens. Je cherchais à y lire la dernière once de résistance, mais il n'y avait que la faim et le désir de la discipline.
" Durant cinq jours, tu as porté le poids de la bienséance. Tu as joué ton rôle d'associée, d'égale. Je t'ai autorisé un plaisir d'homme et de femme, sans contrainte. C'était un test de ta capacité à te retenir. "
Je me suis penché, murmurant contre sa bouche sans la toucher : " Tu as été parfaite. Et maintenant, cette attente va payer. "
Mon baiser n'était pas tendre. Il était une possession instantanée, une reprise brutale de ce qui m'appartenait. Ma main s'est glissée sous la soie, agrippant fermement sa fesse, la compressant. J'ai senti son corps entier se dénouer de la tension accumulée. Le son étouffé qu'elle a émis dans ma bouche n'était pas de l'amour, mais la libération de la soumission.
J'ai rompu le baiser. Ses yeux étaient fermés, son corps tremblant, cherchant déjà ma main.
" La soie rouge est une promesse, " ai-je continué, ma voix retrouvant le ton de l'autorité absolue. " Tu vas te déshabiller. Et tu vas m'attendre dans la chambre de jeu. À genoux. "
C'était le premier ordre BDSM explicite depuis la semaine. Il claqua comme un fouet invisible.
Elle n'a pas répondu. Elle s'est simplement inclinée, une flexion rapide et totale de la nuque. Puis, lentement, sans hâte, ses doigts se sont glissés sur sa poitrine et ont tiré le tissu de soie rouge. Le tissu a glissé, s'accumulant sur le tapis autour de ses chevilles.
Elle était ma toile. Je regardais sa peau nue, mes yeux traçant les endroits exacts où les outils allaient laisser leur marque. Le week-end commençait. Et cette fois, il n'y aurait aucune retenue.
" Maintenant, va. Et sois impatiente, petite. Ta patience a été récompensée, mais l'attente est terminée. "
Elle s'est dirigée vers la porte de la chambre de jeu, son corps nu portant la seule tenue qu'elle devait porter : l'anticipation.
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Un petit "jeu" sur les stéréotypes de genre...
Être un homme, c’est très souvent être pris dans une culture qui indique de façon pervasive comment se comporter pour « être dans la norme ». En tant qu’auteur de SF, j’ai commis ce récit parlant d’un monde parallèle où les cultures sont inversées : les hommes étant les « proies » et les femmes les « chasseurs » !
Attention, fort risque d’humour grinçant. Toute ressemblance avec des situations vécues ou fantasmées serait purement intentionnel…
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Je lève la main pour attirer l’attention du serveur pendant que Patrice et Louison se chuchotent un truc à l’oreille. J’ai beau essayer de faire venir le gars à notre table, c’est comme s’il ne me voyait pas.
Cela dit, Louison n’est pas en reste. Faisant elle aussi comme si je n’étais pas là, elle a décidé de rouler une pelle magistrale à son mec. Oui, là, tout de suite, dans ce petit bistrot bondé, à 30 cm à peine de moi. Ces deux-là se comportent comme si elles(*) étaient seules au monde ; à force, ça en devient gênant ! Patou soupire bruyamment, j’ai l’impression que Louise a glissé sa main sous la table pour lui flatter l’entrejambe… Gros moment de solitude !
Le serveur finit par voir que je lui fais signe. Je soupire, me disant que le temps d’indiquer ce qu’elle veut, Louise va enfin se calmer. Pas de bol, le type s’est fait apostropher par une tablée de meufs déchaînées, à deux mètres de nous.
« Non, putain ! Il va pas prendre leur commande avant la nôtre ! »
— Excusez-moi, Monsieur ! dis-je en tentant de parler plus fort que les quatre filles à moitié déchirées qui braillent comme des gorets en chaleur.
— J’arrive, deux petites secondes…
— Non mais là ça fait une demi-heure qu’on attend !
— Vous voyez bien qu’y a du monde. Je viens dès que je peux.
— Ouais, on a soif ! Fais-nous pas chier, connard !
C’est la plus moche de la bande qui vient de m’adresser la parole, une grosse balèze qui doit faire deux fois mon poids. Sur son biceps musculeux, une tête de mort me lance un sourire édenté. Je n’ai pas le temps de lever les yeux au ciel qu’une de ses copines en rajoute une louche, en me lançant un regard appréciateur :
— Si tu veux te joindre à nous pour égayer la soirée, on est pas contre, ricane-t-elle avant que les autres ne gloussent en chœur.
Elles me scrutent avec une telle intensité que j’ai l’impression d’être à poil devant elles. Essayant d’ignorer ces nanas du mieux que je peux, je pousse un soupir excédé. Juste au moment où Louison se décide enfin à lâcher sa proie.
— Qu’est-ce qu’il y a, Julien, t’as pas l’air dans ton assiette ? me lance-t-elle, un bras protecteur passé autour des épaules de Patrice.
— Ça va, ça va. Je commence à avoir faim, c’est tout…
Patou se serre contre elle, des étoiles plein les yeux. Ils forment un couple bien assorti, ces deux-là, même s’il est presque aussi grand que Louison et quasiment aussi costaud qu’elle.
Pendant qu’on papote de tout et de rien, j’essaie de ne pas me retourner. Je sens que le regard des nanas de la table d’à côté ne quitte pas ma nuque. Un petit frisson me parcourt l’échine. Heureusement que je ne suis pas seul, sinon je n’en mènerais pas large !
Je suis un peu con, aussi, j’aurais dû éviter d’attirer leur attention…
— … pas encore trouvé ? m’interroge Louise.
— Humm, tu disais ?
Perdu dans mes pensées, je ne les écoutais plus.
— Louison demande si tu n’as toujours pas de copine attitrée, précise Patou.
— Non. Rien de sérieux…
— Un plan cul ? me lance Louise.
— Joker… je réponds, en rougissant.
— Allez, dis-nous tout ! On veut des détails ! T’es tellement coincé, parfois. À se demander si au fond tu serais pas homo…
— Pfff, et alors ? Ça changerait quelque chose pour toi ?
Depuis le lycée, c’est une sorte de jeu entre nous ; elle m’asticote et je joue au puceau effarouché. Ça remonte à notre rencontre, il y a presque 10 ans. Louise m’avait chambré, alors que je refusais poliment ses avances – pas vraiment les plus subtiles qui soient, mais bon. Depuis, on est devenus potes, sans qu’il y ait jamais eu de sa part de paroles équivoques ou de gestes déplacés.
Je sais que l’amitié garçon-fille donne parfois l’impression d’être une légende, mais pas entre Louise et moi. Ce qui n’a pas toujours été l’avis de mes petites amies, dont certaines voyaient cette complicité d’un mauvais œil. Les filles sont tellement possessives, à croire que dès qu’on a couché, elles pensent qu’on leur appartient !
Il y en a même une qui a cru drôle de lancer l’idée d’un plan à trois avec Louise.
— Tu sortais pas avec cette grande rousse du service compta ? Comment elle s’appelle, déjà…
— Angélique ? Oui, oh… on a juste fait une soirée ensemble le mois dernier, lui dis-je avant de vider mon verre, me donnant le temps de trouver comment changer de sujet.
— Et alors… vous avez niqué ? me lance Louison, avec un clin d’œil franchouillard.
Je recrache ma gorgée d’eau, au risque de m’étouffer ! Pas très masculin, mais cette idiote m’a fait avaler de travers.
— Allez, chuis ta pote, tu peux bien me raconter, rho-là-là !
— Je suis sûr que Patrice t’a déjà tout dit…
— Que dalle, oui. J’ai eu droit à zéro détail !
— Merci de défendre mon honneur, Louison, rigole ce vendu avant de lui faire un smack sur les lèvres.
À sa décharge, je me suis effectivement peu livré sur mes « ébats » avec Miss-Compta 2017. Et pour cause…
Sur ces entrefaites, le serveur finit par se pointer à notre table et nous passons rapidement commande. Une fois qu’il est reparti avec nos desiderata pour la soirée, Louise se penche vers moi avec son air de conspiratrice et son sourire en biais.
— Vas-y, mon petit bonbon, je veux tout savoir !
J’hésite un peu à déballer les moments passés avec Angélique. Un reste de pudeur masculine, même si pour un mec, je suis plutôt à l’aise avec le cul. Louise le sait très bien, ce n’est pas la première fois qu’on se raconte nos exploits.
Bien qu’elle n’ait jamais tenté le moindre rapprochement, je ne peux pas m’empêcher d’imaginer qu’avec tout ce que je lui ai confié, elle a dû pas mal fantasmer sur moi. Elle reste très discrète, mais je l’imagine bien se masturbant au téléphone pendant que je lui raconte certains moments un peu chauds de mes nuits ou des mes journées.
Avec un soupir, je commence mon récit. Je ne sais pas comment mes potes vont réagir ; on verra bien.
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Angélique est une nana sympa. Assez grande, en effet (une bonne tête de plus que moi), un physique agréable, même si un poil trop enveloppée à mon goût. Depuis deux bonnes semaines elle me faisait du rentre-dedans. Mais de façon détournée, presque timide – ce qui me changeait des manœuvres bien lourdes de Mathilde, ma patronne, toujours persuadée que j’allais finir dans son lit un de ces quatre.
Un jour, à la sortie du bureau, Angélique avait osé me proposer une sortie ciné. Célibataire depuis peu après une rupture compliquée, je n’avais pas vraiment la tête à ça. Mais comme Angélique était de loin la nana la plus sympa de la boîte et que je l’appréciais bien, j’avais accepté son invitation. Ça tenait surtout au fait qu’elle n’affichait pas cet air de supériorité si courant chez certaines femmes et tellement bien intégré à leur façon d’être qu’il semblait l’unique façon de se comporter « normalement ».
Et puis, une sortie entre collègues, ça ne voulait pas automatiquement dire qu’elle comptait me passer à la casserole… Du moins, pas le premier soir !
Elle m’avait emmené voir un film au Grand Rex dès le lendemain soir. Le genre de mélo pleurnichard que je déteste. J’ai des goûts assez atypiques pour un mec : je préfère les films d’action. Angélique ne pouvait pas le savoir, vu qu’elle avait oublié de me demander mon avis. Elle avait choisi ce qu’elle pensait le plus me correspondre (par galanterie, je suppose), aussi je n’ai pas poussé l’impolitesse jusqu’à lui dire que le film ne me plaisait pas. Ou qu’il aurait été sympa qu’elle me consulte avant. C’était quand même elle qui payait les places…
Vers la fin de la séance, j’ai senti une main se poser sur ma cuisse. Grosse surprise… mais comme diraient la plupart des mecs, fallait s’y attendre. Deux places de cinoche, ça donne bien le droit d’espérer un petit quelque chose !
Je m’étais donc figé, retenant ma respiration comme un cerf pris dans les phares d’une voiture. Prenant mon absence de réaction pour un assentiment, ma collègue avait commencé à remonter sa main vers mon aine. Elle n’allait quand même pas… Si ! Étonnant comme une fille (pourtant timide a priori) peut se laisser emporter par « ses instincts », postulant comme acquis le consentement du garçon.
Voulait-elle s’assurer qu’elle me plaisait, évaluer mon niveau d’excitation ? (un mec, ça bande sur commande, n’est-ce pas). Toujours est-il que ses doigts n’ont rencontré qu’une absence totale de raideur au niveau de mon jean, pas même moulé sur mes boules – je ne suis pas le genre qui cherche à exciter les meufs, et surtout pas lors d’une première sortie.
J’ai fini par me pencher vers elle. Évitant sa bouche entrouverte, j’ai bifurqué vers son oreille pour lui glisser qu’il serait sympa de se connaître un peu avant de voir si on allait plus loin. Elle a aussitôt retiré sa main, se confondant en excuses. La pauvre semblait mortifiée par ma réaction ! Je l’ai rassurée, lui disant que c’était rien, que cette marque d’attention de sa part était flatteuse (un gros mensonge, évidemment, vu la non-réaction de mon entrejambe, mais Angélique était déjà assez mal comme ça). Quand la lumière s’est rallumée, elle était encore toute rouge et n’osait pas me regarder. Je trouvai cette sensibilité exacerbée assez craquante chez une fille, alors je lui ai fait un petit bisou sur la joue pour qu’elle se détende un peu.
— Ça va, lui dis-je, y a pas mort d’homme…
En sortant du ciné, elle m’a demandé si j’étais d’accord pour qu’on se prenne la main. Je n’ai pas trop su quoi répondre – est-ce qu’en acceptant je ne lui donnais pas des signes contradictoires, des espoirs que je ne pourrais pas tenir ? Avec un petit soupir, j’ai entrelacé mes doigts aux siens. Ils étaient doux et rassurants. Puis, sans plus réfléchir, je l’ai suivie dans les rues de Paris. J’étais bien, je me disais que je pouvais lui faire confiance. Après tout, c’était une collègue de boulot, pas la première venue. Et si elle devenait trop lourde ou insistante après le dîner, j’étais assez grand pour me défendre.
Elle avait choisi un restaurant chic du côté du Chatelet, à deux pas du cinéma où elle avait prévu de m’embrasser. Si je lui avais cédé, m’aurait-elle quand même amené au restau ou bien serait-on directement allé chez elle ? Je me gardai bien de lui faire part de cette réflexion. La pauvre, elle était déjà assez stressée comme ça !
Nous sommes finalement arrivées devant l’établissement qu’avait choisi Angélique. Quand j’ai vu les tarifs sur le menu à l’entrée, j’ai failli défaillir. Elle a franchi le seuil de la prestigieuse maison en riant, me tirant derrière elle.
— T’inquiète pas, j’ai les moyens… Il a juste fallu que je prenne un crédit !
— Oh, mais je compte bien payer ma part.
— C’est bon, on verra ça plus tard…
Angélique me demanda où je voulais m’asseoir, se précipitant pour me tirer la chaise. Je trouvai ça désuet, mais en même temps étrangement prévenant. Nous n’étions pas installées depuis dix secondes qu’une serveuse avec nœud-pap’ (grande classe !) nous apportait les menus ainsi que la carte des vins.
— Tu veux quoi en apéro, Julien ?
— Comme toi, je te laisse choisir.
— Ils ont un très bon Jurançon ; ça te dit ?
— Houlà ! C’est pas trop fort, j’espère ? Si tu me fais boire, je vais plus savoir me tenir !
— Humm… Alors on devrait peut-être prendre une bouteille ? plaisanta Angélique.
Elle serrait ma main dans la sienne par-dessus la nappe aussi blanche que les sommets alpins. La serveuse me lança un regard un brin ironique… et légèrement grivois, ce qui ne cadrait pas avec la classe du restau. Elle était en train de se faire son petit film sur la façon dont allait finir la soirée !
Me fiant à son expérience gastronomique, je laissai Angélique choisir mon plat. Elle m’avait recommandé le filet de saumon avec ses champignons forestiers, choisissant quant à elle la côte de bœuf avec frites à volonté. J’aurais aussi préféré une viande, mais Angélique devait certainement penser à mon régime… et peut-être aussi aux abdos bien fermes qu’elle espérait tâter sous peu.
Après le départ de la serveuse, nous sommes retombées dans un silence un peu gêné. Sur quel sujet de conversation se rabattre ? On pouvait quand même pas parler boulot ! Ce qui aurait été super bizarre, dans ce cadre magnifique, sans compter que ça aurait gâché l’instant. Soit on embrayait sur le film où on s’était emmerdées toutes les deux, soit on discutait de nos vies privées, au risque que ce soit tout aussi chiant.
Même si un homme n’est pas censé être aussi direct, je décidai de crever l’abcès et de nous faciliter la tâche.
— Tu sais, Angélique, tu peux te contenter d’être naturelle avec moi. Pas la peine de se la jouer guindée. Je suis un mec assez simple, au fond.
— Euh… ouais, bien sûr. C’est juste que je suis un peu impressionnée. T’es tellement beau !
Elle aurait pu choisir « cultivé », « intéressant », « mystérieux »… mais non : comme la plupart des meufs, c’était avant tout le physique qui la fascinait chez un mec.
— Merci du compliment. Tu n’es pas mal non plus.
— J’espère que je ne t’ai pas choqué, tout à l’heure… C’était plus fort que moi, fallait que je tente ma chance.
Ha-ha ! Super valorisant, dis donc ! Pour elle, je n’étais pas une personne singulière à découvrir ou apprécier, mais « une chance à tenter ». Je décidai de jouer franc jeu avec Angélique ; tant pis si elle me prenait pour un hoministe acharné.
— C’est bon, je ne suis pas « choqué ». C’est juste que… voilà, même si certains mecs apprécient ce genre d’approche, ben on n’est pas tous pareils. Mon truc à moi, c’est la douceur, le respect mutuel, pas les rapports de domination traditionnels.
— Les « rapports de domination » ? me demanda Angélique, incrédule.
— Je veux parler du schéma habituel de séduction dans nos sociétés « modernes ». La femme qui est censée prendre l’initiative, être dominante et montrer clairement au mâle qu’il lui plaît… au risque de se prendre un vent, si ce faible d’esprit décide de faire son difficile.
— Ouais, je vois. Bon, mais si on arrête d’être directes et de « prendre l’initiative », comme tu dis, on est censées faire quoi pour vous séduire ? Car vous l’avez quand même un peu facile, vous les mecs ! Vous vous contentez d’être là, à faire les beaux. Et ensuite, de choisir parmi les prétendantes celle avec qui vous daignerez coucher !
— Tu noteras que c’est exactement ce que je venais de dire.
— …
— Et voilà, poursuivis-je. Tu viens de mettre le doigt sur le problème, Angélique. La drague traditionnelle est un rapport de force entre une dominante, la femme, et un dominé, l’homme. La nana veut soumettre l’homme afin de s’arroger une satisfaction sexuelle, et accessoirement assurer la reproduction.
— N’importe quoi, objecta Angélique. À t’écouter, les nanas ne seraient que des brutes égoïstes à la recherche de mecs bien dociles pour les satisfaire ? Merde, alors !
— Tu as raison de trouver ça stupide, lui dis-je. Dans cette relation, il n’y a aucun gagnant ; le mec est réduit à l’état d’objet, instrument nécessaire à la satisfaction sexuelle de la nana. Et celle-ci, en imposant son désir à l’homme, prend le risque d’être rejetée et de souffrir d’une blessure d’ego. Comme le disait je ne sais plus quelle penseuse, « la dominante est dominée par sa domination »…
— Pfff, c’est vraiment n’importe quoi ! On dirait ces conneries hoministes qu’on n’arrête pas d’entendre à la télé ! Le droit de vote, la libération sexuelle, la journée de l’homme… on vous a tout DONNÉ ! Vous voulez quoi, encore ? L’égalité femme-homme ? Ça fait bien longtemps que vous l’avez !
Sans s’en rendre compte, Angélique avait parlé si fort que les conversations autour de nous s’étaient arrêtées. Toutes les clientes du restaurant semblaient nous fixer en silence, leurs couverts à la main.
— Même si dire ça peut paraître un peu con-con en 2017, ben non, Angélique, on est encore loin d’être vos égaux. Le harcèlement et les violences conjugales, les meurtres d’hommes, les inégalités salariales, la sous-représentation des hommes dans toutes les sphères du pouvoir… que tu le veuilles ou non, c’est une réalité.
— On est vraiment obligées de parler de ça, Julien ? Je croyais qu’on allait juste passer une bonne soirée, pas se prendre la tête avec ces soi-disant « luttes sexistes ».
— Tu as raison, ce n’était pas le but. Mais juste pour l’exemple, quel pouvait bien être ton but, à toi, en m’invitant ici ce soir ?
Angélique fronça les sourcils, cherchant une réponse qui allait me clouer le bec.
— Je sais pas, moi… Faire connaissance ?
— Non, Angélique. Tu sais très bien que quand une femme invite un homme à sortir, lui paye un ciné et puis un super restau, ce n’est pas « juste pour faire connaissance ».
Elle était toute rouge, et je voyais ses jointures blanchir tandis qu’elle serrait convulsivement son couteau et sa fourchette. J’étais peut-être allé trop loin en lui assénant ces vérités qu’elle n’était pas prête à entendre.
« Je suis vraiment trop con, pensai-je. On aurait pu juste baiser. » Elle comme moi, on en avait envie. Et sans cette prise de tête débile, cette soirée aurait pu se dérouler tranquillement. Qu’est-ce que j’en avais à foutre, de la convaincre que notre relation n’était pas égalitaire ?
— Je m’excuse, lui dis-je en baissant les yeux. Je suis en train de te gâcher la soirée simplement pour le plaisir d’avoir raison. C’est idiot…
— Non, Julien. En fait, tu as raison, réellement.
— Hein ?
— Oui, j’avoue. Quand je t’ai proposé cette sortie, j’avais une idée derrière la tête, bien sûr. Au début, je ne voyais en toi qu’un corps parfait et un visage attirant. Je… je sais pas, on n’imagine pas qu’un mec puisse avoir ce genre de profondeur. On a l’impression que les hommes sont tous un peu superficiels…
— En gros, que notre rôle se réduit à être des « machines à baiser » ?
— Ouais, en quelque sorte, confirma-t-elle en baissant la tête.
— Oh, my God ! Deviendrais-tu hoministe, Angélique !? Je suis contagieux, tu sais.
La grande rousse face à moi était en train de piquer un fard. L’aurais-je encore décontenancée ?
— C’est bizarre, je n’ai jamais eu ce genre de conversation avec un mec. Je veux dire, je n’avais jamais considéré un homme attirant comme mon égal… C’était juste un partenaire sexuel potentiel.
— C’est ça, ai-je confirmé, heureux de cette prise de conscience chez Angélique. Mais nous, on voudrait être vu pour ce qu’on est, des humains à part entière, pas être réduits à des stéréotypes de genre !
— J’ai regardé des bouts d’émissions sur l’hominisme ; j’ai même lu quelques articles sur Internet. Mais jusqu’à ce soir, j’imaginais que c’était juste des histoires de mecs haineux, d’homos détestant les femmes et cherchant à retourner la situation en leur faveur.
— T’es loin d’être seule à penser ça, ce qui explique que ce mouvement soit si mal compris. La plupart des nanas ont l’impression que les mecs veulent prendre leur revanche, les asservir. Mais ce n’est pas du tout ça ! On n’est plus au temps des sauvages…
— C’est vrai, on imagine parfois que vous voulez un monde où les femmes soient reléguées au rang d’inférieures, de boniches, voire d’objets sexuels. Une sorte de cauchemar qui ferait flipper n’importe quelle fille !
— Tu sais, même les plus radicaux des hoministes ne souhaitent pas une aberration pareille. Le but n’est pas d’échanger une domination contre une autre !
Cette conversation devenait de plus en plus intéressante. Je crois que j’avais mal jugé Angélique. Elle était finalement bien plus sensible et intelligente que je me l’étais imaginé.
Peut-être que j’étais moi aussi contaminé par des préjugés, comme celui de la bonne femme stupide et ignorante, incapable de vraiment comprendre les hommes. Cette soirée allait peut-être se révéler plus surprenante que prévue ?
(A suivre...)
(*) : dans mon monde parallèle, le genre neutre est EVIDEMMENT le féminin ! :)
Ce ne sont donc pas des fautes d'accord qui parsèment mon texte (un homme + une femme = elles vont au ciné).
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Elle était à nouveau devant moi. Depuis combien d'années avions-nous cessé de nous voir ? Le malentendu qui nous avait séparés semblait soudain absurde. Tant de petites choses nous égarent. Maintenant je renouais le fil enchanté que j'avais perdu. Elle parlait, je l'écoutais, la vie avait repris sa magie. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare admirablement à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte. L'écriture donne une satisfaction, celle de l'amour partagé.
Comme la vie passait vite ! Elle me trouvait jeune, je me sentais vieillir. Comme le temps avait le pouvoir de tout transformer ! La vérité était aussi insaisissable et fragile à détenir que ce rayon de soleil qui folâtrait au milieu des arbres et donnait une lumière si belle, à cette promenade. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Eût-elle voulu jouer les instigatrices d'un monde inconnu ? Elle eût pu y trouver une satisfaction.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Hier, j’ai consommé du sucre. Et du porno.
J’ai bien identifié mon ennemi, une version actualisée du M. Moustache de Kurt Cobain, le mâle dominant oppressant, mais j’ai eu du mal à comprendre que la pornographie est son domaine réservé, que je ne suis pour ainsi dire nulle part à l’abri de lui sur un site porno. Je n’avais pas saisi cette nuance jusqu’à maintenant, le porno mainstream est contaminé jusqu’à la moelle par ce putain de M. Moustache, il se peut aussi que d’autres domaines, d’autres sous-genres du porno le soit. Je dois prendre mes distances, je le sais mais je suis addict, c’est à dire aliéné, esclave de M. Moustache à travers son système de prédation surpuissant aujourd’hui généralisé et ayant accès aux cerveaux de mâles et de femelles de plus en plus jeunes. Alors même que la voix de ceux qui veulent déconstruire la masculinité toxique se fait de plus en plus audible, M. Moustache se fait de plus en plus pressant pour distribuer gratuitement des doses de porno qui contiennent de la domination masculine perverse, de la graine de manipulation malsaine, du mépris et de la haine pour tout ce qui pourrait menacer son statut d’homme supérieur. Ces doses sont très concentrées de nos jours, et elles sont refilées sous le manteau à de très jeunes gens, dont l’esprit va finir par croître parasité de toutes parts par les fantasmes de toute puissance de M. Moustache. M. Moustache a planté dans nos cerveau des fantasmes avant même que l’on soit en âge de savoir ce que c’est, il nous a dépossédé de notre sexualité naissante pour poser sa grosse bite sur la table, il cherche à faire en sorte que l’univers entier gravite autour de sa queue.
Et il faut bien admettre que sa stratégie est très efficace. Et son activisme souterrain, ciblant seulement la partie animale du cerveau, est largement assez intense pour contrer les effets de l’argumentation la mieux ficelée. M. Moustache a de belles années devant lui, c’est certain. Tant pis pour les femmes, les gays, les minorités raciales ou autres : M. Moustache est blanc, même s’il utilise parfois des sous-fifres noirs pour servir sa cause, il est profondément, férocement raciste. M. Moustache cherche à enrôler une armée de mâles qui suivront son enseignement, dans l’espoir d’entrevoir un jour la lumière divine de la toute-puissance qui jaillit du pénis de M. Moustache sous la forme d’un flot de sperme ininterrompu, un objet sacralisé lui aussi. Ceux qui ne marchent pas dans ses pas, parce qu’ils sont indignes, pas à son image ou récalcitrants, il les humilie, il les brise, il en fait des proies pour lui et son armée de fidèles fanatiques. M. Moustache utilise ensuite ces êtres humains chosifiés par sa manipulation élaborée comme des trophées mais aussi comme des biens de consommation à sa merci. Il arrive parfois que ses victimes se convertissent tardivement au culte de M. Moustache, alors il s’amuse à voir ces pédales chercher à l’imiter, même si tout le monde sait que M. Moustache n’aura jamais de respect pour eux ; de toute façon, M. Moustache n’a de respect que pour sa propre grosse bite. En fait, le genre de ses proies importe peu, la mécanique reste la même : identifier les inférieurs, les nuisibles, les briser en prenant une bonne dose de plaisir sadique au passage, et les transformer en esclaves à ses ordres, soit pour répandre la bonne parole, le sperme divin de M. Moustache, soit pour nourrir l’armée de soldats de la lumière séminale divine en leur offrant leur corps d’abord, mais aussi leur esprit (plat raffiné destiné uniquement à ses plus sadiques lieutenants).
M. Moustache est trop puissant, trop bien organisé pour être vaincu sur son propre terrain. Et tout ce que font les hommes pour essayer de le dépasser ne fait que renforcer son pouvoir. Tous les jours, je me dis que je dois fuir, que je ne pourrai jamais vaincre cet ennemi, mais je reste pétrifié par son aura surnaturelle. Je reste piégé dans son royaume pornographique, tout en sachant pertinemment que je n’ai rien à gagner ici, que je ne suis qu’un esclave, que je ne jouis pas réellement, je me contente de renforcer son pouvoir, le nourrir de mon sperme. Et je finis par accepter l’idée que sans lui, je ne suis rien.
Je ne suis rien, je ne suis pas à la hauteur, je suis un tocard, un branleur, un pédé. Voilà ce qui se passe, voilà ce qui tourne en boucle dans ma tête quand je m’éloigne de M. Moustache. J’ai beau me concentrer, apprendre et m’épanouir dans une activité artistique, ludique ou professionnelle : le sentiment d’être à ma place, d’être une personne de valeur ne dure que trop peu de temps, vite rattrapé par la chaîne invisible attachée au collier étrangleur que M. Moustache a placé autour de mon cou il y a déjà très longtemps, trop longtemps.
Le seul moment où j’oublie ma captivité, et je me demande si à ce moment mon collier n’est pas réellement enlevé, c’est quand je suis avec toi, comme si j’entrais dans une bulle protectrice qui lui est interdite. Il essaie souvent d’entrer, il enrage de ne pouvoir se frayer un chemin, alors dès que je pointe le nez hors de ce refuge, je me fais agresser, plus fort à chaque fois. En fait, j’ai le sentiment de m’agresser moi-même, de remettre bien sagement mon collier étrangleur tout seul comme un grand, avant de rentrer à la niche comme un bon toutou.
Je n’attends pas de toi que tu me sauves, je sais bien que quoi que peuvent faire les gens autour de moi, je suis celui qui décide de retourner dans ma cage. En fait, si je partais pour de bon, M. Moustache ne remarquerait même pas que je ne suis plus là tant il a de monde à son service. Ça me fait penser à cette réplique dans le film Django Unchained, au cours de laquelle le propriétaire d’esclaves incarné par Leonardo DiCaprio, Monsieur Candy (en français dans le texte) estime que le cerveau de ses esclaves est structurellement fait pour être dominé, pour être servile, autrement comment expliquer que des esclaves noirs dix fois plus nombreux que leurs maîtres (et leurs collaborateurs) blancs ne se rebellent pour ainsi dire jamais et ne massacrent jamais ces blancs alors qu’eux même sont régulièrement soumis aux pires sévices ?
Je sais que je peux partir, mais pour ça, je dois accepter l’idée de laisser M. Moustache gagner, être un dieu tout-puissant et incontesté. J’ai encore du mal avec ça, mais je sais que ma liberté vaut plus que son auto-proclamée toute puissance.
Je vais lui tourner le dos, je penserai encore à lui, de moins en moins souvent j’espère. Je vais marcher vers ma liberté en tenant ta main, je vais me laisser porter par notre bulle d’amour dans laquelle M. Moustache ne peut rien. Je sais qu’elle est là tout le temps cette bulle, mais parfois je suis obligé d’en sortir pour diverses raisons, et c’est là qu’il faut que je me rappelle que ma liberté a plus de valeur que le reste, et que M. Moustache n’est pas un dieu, juste un gourou malsain toléré et financé par la société. Une fausse idole, un totem à brûler, sans haine, juste pour faire un beau feu histoire de danser autour sous les étoiles. On pourra faire de cette nuit, de ce feu de joie un moment qui dure une éternité, et qui s’achèvera par une belle aurore boréale. Et alors là, au lever du jour, nous nous endormirons main dans la main jusqu’à la nuit des temps. Tout ça, L, ça veut surtout dire que je t’aime.
Mon cerveau est couvert de cicatrices mais mes yeux sont intacts et regardent à présent dans la bonne direction. Et à tes côtés, je n’ai plus peur de rien.
* (le dessin est signé Kurt Cobain, issu de son journal intime (dont le contenu a été assez largement diffusé, notamment à travers l'excellent documentaire "Kurt Cobain : Montage of Heck" réalisé par Brett Morgen en 2015)
** j'avais dit que j'allais entrer en sommeil, ne plus venir ici mais il faut croire que parfois, quand des mots alimentent le chemin, le cours d'eau artificiel, le canal que j'avais commencé à creuser ici, il semble logique de venir les y déposer, comme un témoignage de mon cheminement qui pourrait, j'espère, aider d'autres personnes en souffrance
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Chapitre 3 – Le grand jour
Au lycée, ma meilleure amie me demandait ce qui m’arrivait tant j’étais radieuse et souvent dans la lune. Je brûlais de partager mon secret avec Céline, mais Philippe m’avait mis en garde et j’avais promis. Le mercredi, après les cours, en fin de matinée, je rentrais chez moi en hâte. Je pris une douche et me préparais, traversé par un sentiment d’appréhension et d’excitation. Je choisissais dans mon dressing une petite robe d’été d’un vert clair printanier. Je renonçais à mettre un soutien-gorge et j’enfilais un joli string blanc immaculé, comme une jeune mariée avant sa nuit de noces. Fallait-il raser les poils de mon pubis ? Je réfléchissais longuement à la question, puis j’abandonnais cette idée en me disant que ce serait à lui de décider. Je ne déjeunais pas, il m’aurait été impossible d’avaler quoi que ce soit tant j’avais l’estomac noué.
A l’approche de sa maison, je ralentissais le pas. J’avais le tract, mon cœur battait très fort, mes jambes se dérobaient sous moi, mon ventre gargouillait. Arrivée devant sa porte, j’appuyais sur la sonnette d’une main hésitante. Il ouvrit presque aussitôt, il m’attendait. Tout à coup, je me sentais intimidée devant cet homme mature, mais son sourire et son compliment en me disant que j’étais très jolie me redonna confiance.
Je m’avançais pour l’embrasser, mais il me prit le bras pour me faire rentrer et ferma la porte.
Ludivine, nous devons rester discret, ne l’oublie pas.
Pardon, c’est l’émotion.
Pour cette fois-ci tu es pardonnée.
Il m’attira alors vers lui et m’embrassa dans la pénombre de son entrée dans un long baiser. Je me blottis dans ses bras, totalement offerte à sa bouche. Je sentais ses mains sur moi, sur ma taille, puis mes hanches et enfin mes fesses qu’il se mit à caresser avec de plus en plus d’insistance, passant sa main sous ma robe. Ensuite, il m’entraîna dans le salon, me fit assoir sur le canapé, m’offrit un verre de coca et alla mettre un CD de musique classique dans le lecteur de la chaîne Hi-Fi. Je l’observais émue, je ressentais de la fierté de l’avoir conquis, moi une gamine de seize ans et en même temps une certaine crainte face à l’épreuve qui m’attendait. Il revint s’asseoir près de moi. Je sentais ses yeux sur moi, son envie de moi alors que nous discutions de tout et de rien. Puis, il se pencha pour m’embrasser une nouvelle fois. Ses mains se promènent partout sur mon corps. Sa bouche alla ensuite explorer mon cou, puis mes épaules pour finir par mes seins après avoir dégrafé ma robe. C’était la première fois qu’un homme me déshabillait, me léchait, me tétait les seins. J’adorais ces sensations nouvelles. Il s’interrompit pour me demander pour la dernière fois si j’étais bien sûr de moi. Je lui répondis par l’affirmative même si je n’en menais pas large.
Alors il se leva, me prit la main et m’emmena dans sa chambre. Au pied du lit, il m’embrassa de nouveau, fit tomber ma robe au sol, contempla mon corps, puis s’agenouilla pour venir embrasser mon sexe à travers mon string, plaqua sa bouche sur le tissu puis souffla de l’air chaud avant de prononcer ces paroles.
Aujourd’hui est un grand jour, tu vas découvrir le plaisir et j’espère ton premier orgasme, prépare-toi ma jolie petite chatte à avoir de la visite.
J’étais debout, mi-interloquée, mi-amusée. Son souffle chaud me fit de l’effet, j’avais les pointes de seins dressées. Il se releva, m’embrassa de nouveau, suça mes tétons. Je fermais les yeux me concentrant sur ces sensations nouvelles, si agréables. J’entendais la musique dans le salon, je reconnus Prélude à l’après-midi d’un faune. Je ne pus m’empêcher de sourire à ce choix facétieux. Lorsque je les ouvrais il avait enlevé sa chemise et son short. Il me poussa alors doucement sur le lit et s’allongea à mes côtés.
Tout d’abord, il me caressa, m’embrassa partout. Je me laissais faire, appréciant ses gestes doux. Je ne quittais pas des yeux son caleçon dont le tissu était très tendu. Grâce à la fellation dans sa voiture, je me n’avais pas peur de saisir son sexe. Je prenais l’initiative de le libérer et de le caresser pendant qu’il promenait sa bouche sur mon corps. Il descendit progressivement sur mon ventre, puis sur mon string qu’il m’enleva et reprit son exploration avec sa bouche jusqu’à mes pieds, puis remonta jusqu’à mon entre jambes. A ce moment-là, je ressentis un sentiment de honte mêlé au désir d’être pénétré. Je le laissais faire, il m’avait dit de lui faire confiance.
Il commença à me lécher très lentement avec le bout de sa langue, puis avec ses mains il m’écarta les cuisses afin que je lui offre ma vulve. Je sentais mon plaisir monter de plus en plus alors qu’il me léchait en faisant pénétrer sa langue dans mon sexe, puis descendre vers mon anus. Ses caresses buccales devenaient de plus en plus rapides et se concentraient maintenant autour et sur mon clitoris. C’est alors que je ressentis, à ma grande surprise, mon premier orgasme. Je découvrais cette sensation si forte prenant naissance dans mon bas ventre, les spasmes et le lâcher prise.
Il me laissa redescendre doucement tout en continuant ses caresses, puis il présenta son pénis devant ma bouche. Le message était clair, il voulait que je le suce. Je m’appliquais alors en léchant et suçant avec amour, beaucoup mieux que dans la voiture. Au bout d’un moment, il s’est retiré de ma bouche, pour venir sur moi. Il m’embrassa avec fougue alors que je sentais son sexe tendu se présenter à l’entrée de mon vagin. Je relevais mes jambes pour faciliter l’introduction de son pénis avec une certaine appréhension. Je le sentais entré doucement en moi, tout en commençant des mouvements de va et vient. Plus il pénétrait, plus j’avais mal, mais je me taisais sachant que c’était un passage obligé. Je le laissais faire jusqu’à ce qu’il me pénètre entièrement. La douleur s’est alors atténuée. Il m’a fait l’amour ainsi, lentement au début, puis de plus en plus vite, avant de jouir en moi, profondément. J’ai eu très mal quand il a joui, car il m’avait pénétré entièrement. Mais cette douleur ne représentait rien comparée au fait que j’étais devenu femme dans ses bras.
Nous sommes restés un long moment côte à côte, tout en discutant. Il m’a beaucoup parlé de sexe, de ce qu’il aimait, ce qu’il attendait de moi. Je me laissais bercer par ses paroles comme par une douce mélopée. Je ne me représentais pas vraiment tout ce que cela pouvait impliquer. Je baignais encore dans un sentiment d’euphorie après avoir éprouvée cette volupté suite au premier orgasme de ma vie. Je l’ai fait éclater de rire lorsque, lorsqu’à ma grande surprise, j’ai senti son sperme s’écouler sur ma cuisse. Je pensais naïvement que tout ce liquide resterait à l’intérieur de mon vagin après l’éjaculation. Philippe m’essuya avec le drap sur lequel quelques gouttes de sang s’étaient répandues. Alléluia, je n’étais plus vierge !
Cette première fois par un bel après-midi de printemps est un magnifique souvenir que j’ai chéri longtemps, tant ce moment m’avait apporté de bonheur et de plénitude. Par la suite, je suis allée de surprise en surprise en découvrant ses goûts insolites en matière sexuelle.
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Elle se rendait compte depuis, qu'en étant amoureuse de sa Maîtresse, qu'elle projetait seulement en elle un état de son âme et que par conséquent, ce qui était admirable n'était pas sa propre vaillance, mais bien la profondeur de son état. Si en ce goût de la soumission, Charlotte avait quelque chose de Juliette, c'est qu'une certaine ressemblance existait entre les deux femmes qui s'aimaient, ressemblance qui tenait à la fixité de leur tempérament parce que c'est lui qui les choisissait, c'est à dire propre à satisfaire leurs sens, à la fois opposés et contraires. Au fil des ans, la jeune femme s'était découvert une envie d'audace dans la façon d'être prise et fouettée, de rupture dans les rythmes de leur érotisme érodé, le besoin même d'être forcée et vaincue, emmenée très loin de ses balises ordinaires par la Maîtresse qu'elle aimait, conduite par elle seule jusqu'au cœur de ses peurs les plus tentantes. Elle lui en voulait qu'elle n'eût pas deviné qu'elle souhaitait désormais être sa chienne, et regardée comme telle. Charlotte passa enfin dans la salle de bain, se fit couler un bain, vérifia la température. Tout en traversant nue la chambre en direction de la coiffeuse, elle ôta ses boucles d'oreilles en or. Dans sa trousse à maquillage, elle prit un rasoir et une savonnette, puis se déshabilla devant la commode. Depuis qu'elle était jeune fille, on lui disait qu'elle était ravissante et qu'elle possédait un charme ravageur. Elle s'observa dans la glace: un corps ferme et bien proportionné, des seins hauts placés et doucement arrondis, le ventre plat et les jambes fines. De sa mère, elle avait hérité les pommettes saillantes, la peau toujours hâlée et les cheveux bruns. Mais ce qu'elle avait de mieux était bien à elle, ses yeux, des yeux comme les vagues de l'océan ou le ciel, d'un bleu azur, se plaisait à dire sa Maîtresse, Juliette. Dans la salle de bain, elle posa une serviette à portée de main et entra avec plaisir dans la baignoire. Prendre un bain la détentait. Elle se laissa glisser dans l'eau. Quelle agréable journée. Elle avait le dos crispé, mais elle était contente d'avoir enfin terminé ses courses. Elle se couvrit les jambes de mousse et entreprit de les raser, songeant à Juliette, à ce qu'elle penserait de son comportement. Elle le désapprouverait sans aucun doute. Elle resta encore un moment allongée dans le bain, avant d'en sortir. Elle se dirigea vers la penderie pour se chercher une robe. La noire avec un décolleté un peu plongeur ? Le genre de toilette qu'elle portait pour des soirées privées. Elle la passa et se regarda dans le miroir, se tournant d'un coté, puis de l'autre. Elle lui allait bien, la faisait paraître féminine. Mais non, elle ne la porterait pas. Elle se voulait rien que chienne.
Dans l'eau chaude, elle était parvenue à se rejoindre, à faire de sa propre personne, sa plus attentive confidente. Elle considéra cette impression d'intimité avec elle comme une manière de tendresse, un réconfort offert. Elle en choisit une moins habillée, moins décolletée, bleu clair, boutonnée devant. Pas tout à fait aussi jolie que la première, mais mieux adaptée aux circonstances. Un peu de maquillage, maintenant un soupçon d'ombre à paupière et de mascara pour faire ressortir ses yeux. Une goutte de parfum, pas trop. Une paire de boucles d'oreilles, des petits anneaux. Elle chaussa des talons hauts que sa Maîtresse exigeait, comme elle exigeait qu'elle soit nue sous sa robe, d'autant plus nue qu'elle était toujours intégralement rasée, lisse, offerte, ouverte à ses désirs ou à ceux des inconnues auxquelles elle la destinait. Depuis son infibulation, elle ne portait plus aucun sous-vêtement, la culotte la plus légère irritait sa chair et lui faisait endurer de véritables tourments. Juliette l'obligeait à en porter lorsqu'elle n'avait pas été assez docile pour la punir. Elle portait deux anneaux d'or sur ses petites lèvres, signe de son appartenance à sa Maîtresse. Les marques imprimées sur son pubis, étaient creusées dans la chair. Rien que de les effleurer, on pouvait les percevoir sous le doigt. De ces marques et de ces fers, Charlotte éprouvait une fierté insensée presque irraisonnée. Elle subissait toujours les supplices jusqu'au bout, faisant preuve en toutes circonstances d'une abnégation totale. Qu'une femme fût aussi cruelle, et plus implacable qu'un homme, elle n'en avait jamais douté. Mais elle pensait que sa Maîtresse cherchait moins à manifester son pouvoir qu'à établir une tendre complicité, de l'amour avec les sensations vertigineuses en plus. Charlotte n'avait jamais compris, mais avait fini par admettre, pour une vérité indéniable, l'enchevêtrement contradictoire de ses sentiments. Toujours docile, elle aimait le supplice, allant jusqu'à regretter parfois qu'il ne soit pas plus long et plus féroce, voire inhumain. Mais sa nature masochiste ne suffisait pas à expliquer sa passion. Elle prenait tous les prétextes pour faire monter à sa conscience des parties intimes d'elle-même, plus essentielles, que le plaisir lui-même. Peut-être les deux sont-ils inséparables de l'amour réel, dès lors s'opéraient déjà en elle ces attirances qui se renouvellent au cours d'amours successives, pouvant du reste se reproduire, mais alors plus personnelles et plus lointaines, à travers les périodes périodiques de sa vie, de sorte à leur donner un caractère général. Ainsi, elle dut finir par obéir à ses instincts les plus vils, non pas qu'elle fut médiocre, bien au contraire.
Combien de fougues impatientes et non sereines, lui fallait-elle recueillir de ces mondes inconnus avant de pouvoir être certaine qu'elle ne se laissait pas abuser par des coïncidences, mais de dégager les lois, certes certaines acquises au prix d'expériences cruelles, de son âme asservie ? Elle aimait cette partie obscure qui faisait partie d'elle et que sa Maîtresse nourrissait. Juliette la hissait, la projetait en révélant les abysses de son âme, en les magnifiant, la sublimant en tant qu'esclave, en lui faisant accepter son rôle d'objet. Elle avait créer entre elles un lien indestructible. Elle ne pourrait jamais oublier le jour de ses vingt ans. Ce jour-là, Juliette quitta tôt les cours qu'elle donnait à la Sorbonne pour venir la chercher à la sortie de la faculté. La soirée s'annonçait douce et agréable. Charlotte écoutait le bruissement des feuilles, en songeant à la beauté naturelle du jour. La nature vous rend plus qu'elle ne vous prend et ses bruits obligent à penser à son destin. Le grand amour vous fait cet effet-là. Les nuages traversaient lentement le ciel du soir. Ils s'épaissirent un peu. Désormais, la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité. Chez elle, Juliette lui demanda de se mettre nue, la regarda sans un mot lui obéir. N'avait-elle pas l'habitude d'être nue sous son regard, comme elle avait l'habitude de ses silences. Elle l'attacha et lui demanda pour la première fois, son accord. Elle voulait la fouetter jusqu'au sang. Elle lui dit seulement qu'elle l'aimait. Alors elle la battit si fort qu'elle suffoqua. Au petit matin, Charlotte était allongée près d'elle et elle ne pouvait penser à meilleure occupation que de la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre. Le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé et ses aisselles blanches. Juliette glissa un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau satinée se couvrit d'un frisson. Elle était grande et très blonde. Une femme idéalement belle. Bientôt, son regard s'attarda sur ses cuisses écartées et une tension sourde s'empara d'elle. De ses lèvres, elle lècha sa peau tout en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Elle frôla l'œillet secret qui déjà cédait aux effleurements. Les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt comme déjà brusquées. Ses doigts, objets de l'irréparable, contournaient les formes plissées qui sertissaient l'anus. Ils lissèrent bientôt les veinules, les unes après les autres, consciencieusement.
Elle la vit approuver d'un mouvement de reins, une cambrure pour l'instant étudiée, maîtrisée. Rien du domaine de l'abandon. Ils se confinaient encore dans la séduction. Ou en tout cas, le crut-elle. L'amante ne trichait pas. Elle était sexuelle. Mais Charlotte se l'imaginait t-elle, bien trop impatiente pour le savoir et cette caresse qu'elle n'acceptait jamais sans résister et sans être comblée de honte, elle sentit soudain qu'elle n'y échapperait pas. Bientôt l'anus ne se défendit plus. Il rougit en acceptant, s'humidifia, larmoya une liqueur d'acquiescement, frémit au moindre toucher et enfin sursauta. Elle ressentit la naissance d'une jouissance s'inscrire dans les va-et-vient de ce ce trou qui appelait. La sève s'écoula et lubrifia l'orifice pour permettre le passage. Voilà, elle ne joue plus, elle le sait; elle peut maintenant tout imposer, froidement, à ce corps qui ordonnait l'intromission. Elle supposa qu'elle aimerait être capable de hurler les mots et les actes qu'elle attendait. Elle se rembrunit, chercha à dégager son visage d'entre les draps. L'amante s'irritait parce qu'elle ne supportait pas l'affront d'un quelconque échec. Elle devait la soumettre. La douleur vive s'était évanouie alors Juliette la vit qui hésitait: devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ? Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme. Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela. Elle se tairait. Mais sa Maîtresse la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante, raidie sous ses doigts. Il courtisait ses hôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une éclaboussure. Le cœur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Juliette sentait la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu à la prochaine salve en la dévorant. L'amante fut animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième. Mais elle se trompait.
Alanguie dans la douce conscience d'exister dans son abandon, elle s'écouta et entendit clairement son plaisir. Reconnaître ce doux sentiment ne l'en délivra certes pas mais cette disposition lui permit de ne plus se laisser dominer par son émotion qui, accueillie, ne cessa d'infecter tout son être. Charlotte songea que seule sa Maîtresse, pouvait abuser d'elle avec une telle luxure, forcer ses reins et pénétrer avec son poing, sans auncune hésitation, l'étroit pertuis. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans la force. La prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis, profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre. Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le soleil, soudés et parfaitement imberbes. Maintenant, Charlotte allait supplier. Il fallait qu'elle se livre totalement. Les chairs résistèrent, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Elle hurla. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le chercher, elle même si sa Maîtresse ne cédait pas. Elle vit la fureur s'emparer du corps, et le vriller, l'hystérie libérer toute l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui. La nuit tombée, jamais Charlotte fut alors plus heureuse d'être nue et enchaînée, après avoir été honorée par sa Maîtresse, songeant seulement que l'évasure de ses reins se devait d'être toujours accueillante, puisque Juliette daignait s'y enfoncer. Pas un instant, elle se sentit sale ou souillée car ce plaisir n'était pas un plaisir subjectif et que ce plaisir, Juliette ferait tout pour l'entretenir, sans ignorer qu'elle le souhaita.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Chapitre 2 – Pierrot gourmand
Il paraît qu’il n’y a pas de hasard dans la vie mais que des rendez-vous. Je suis porté à la croire à cause des évènements qui suivirent dès le vendredi, soit deux jours après lui avoir montré mes fesses et mon sexe à l’insu de mon plein gré.
A la sortie du lycée, je devais faire une course pour mes parents. A cause, ou grâce à ce détour j’ai raté le car pour rentrer chez moi. Que faire ? Mes parents n’étaient pas encore sortis de leur travail. Je ne me voyais pas traîner pour tuer le temps en attendant qu’ils viennent me chercher dans une petite ville de province où il n’y a pas grand-chose à faire. Philippe m’avait donné son numéro de téléphone dans l’éventualité où je ne pourrais pas venir au rendez-vous du mercredi. Je l’ai appelé pour lui demander de me ramener chez moi. Il m’a dit de l’attendre près de la Mairie et dix minutes plus tard, il passait me prendre. J’étais fière de monter à ses côtés dans son coupé sport. Je me penchais pour l’embraser, mais il me repoussa doucement, mais fermement. Sur l’autoradio passait un morceau de jazz. Pendant le trajet, Philippe resta silencieux. Je m’interrogeais en le regardant à la dérobée, encore intimidée par l’homme mature qu’il était et le refus du baiser que j’avais très envie de lui donner. Était-il contrarié que je lui demande un service ?
Après quelques kilomètres dans la campagne, il prit un petit chemin de terre qui conduisait à un bosquet d’arbres. Il arrêta sa voiture une fois à couvert. Un standard du jazz très connu avait démarré. Ce titre de Louis Armstrong, What a Wonderful World, impossible de l’oublier jusqu’à la fin de mes jours. Chaque fois que j’entends ce morceau, je suis émue, parfois même aux larmes.
Je m’attendais à ce qu’il m’embrasse maintenant que nous étions à l’abri des regards. J’étais impatiente d’être prise dans ses bras. Il se tourna vers moi, me regarda avec sérieux et prononça sur cette musique des paroles qui restent gravées dans ma mémoire.
Tu me veux ?
Oui
Alors suce-moi !
Pendant qu’il prononçait ces mots qui résonnent encore aujourd’hui et qui ont toujours autant de pouvoir sur moi, il commençait à ouvrir sa braguette. J’étais interloquée, prise de court, paniquée. Mon cerveau fonctionnait à toute vitesse. Sortir de la voiture, partir en courant, loin de tout à des kilomètres à la ronde, ou m’exécuter, ne pas me dégonfler, répondre à son défi. Mon cœur s’emballait, des sensations contradictoires me traversaient : la peur de ne pas savoir faire, de le décevoir, la curiosité de toucher pour la première fois le sexe d’un homme, de lui prouver que c’est lui que je voulais. Je choisis sans trop réfléchir de pratiquer une fellation même si je n’avais aucune expérience. Enfin, pas tout à fait, quelques années auparavant, avec un cousin pendant les vacances nous avions joué au docteur et nous nous étions masturbés. Il avait éjaculé à sa grande surprise et à la mienne aussi, répandant son sperme sur ses vêtements. J’avais eu un fou rire alors que lui était mortifié. Nous n’avons jamais plus reparlé de cette expérience par la suite.
Sans hésiter plus longtemps, je me suis emparé de son sexe. J’ai commencé à le branler pour faire durcir son membre, puis je me suis appliqué du mieux que j’ai pu, comme si je dégustais une sucette Pierrot gourmand. Lui ne disais rien, certainement surpris par mon audace. Je balançais entre excitation et peur de mal faire. Au bout de quelques minutes, il posa sa main sur mes épaules et me caressa la nuque alors que son sexe bien dur était enfoncé dans ma bouche et que je le sentais frémir de plaisir, il lâcha.
C’est bon continue comme çà à t’appliquer. Ne t’arrête pas. Tu es une sacrée coquine !
Ses mots me rassurèrent et me rendirent fière, aussi je redoublais d’ardeur. Je le sentais se cambrer de plus en plus, se concentrer sur son plaisir. Il empoignait dans le même temps vigoureusement ma nuque pour accompagner mon mouvement de va et vient. Je le sentais venir, ne sachant que faire. Il me disait de surtout de ne pas m’arrêter. Trop tard, je sentis cette texture gluante inonder ma bouche avec ce goût un peu amer. Il me criait « continue, ne t’arrête surtout pas ». Il éjacula abondamment tout en me maintenant fermement, souhaitant prolonger le plus longtemps possible ce moment et les sensations que je lui procurais. J’en avalais une partie, malgré moi, obligée de déglutir pour ne pas m’étouffer. Enfin, il relâcha la pression sur ma nuque. Je relevais alors la tête et le regardais avec un sentiment mêlé de fierté et de honte. Il avait le visage détendu et le sourire aux lèvres. Il me tendit un mouchoir pour m’essuyer. Je venais de réaliser ma première fellation tout en étant vierge, décidemment rien ne se produisait comme je l’avais imaginé.
Alors, il m'a prise dans ses bras et a essayé une nouvelle fois de me dissuader, mais au fond de moi, je savais que j’avais gagné la partie.
Pourquoi ne regardes-tu pas les garçons de ton âge ? Je suis trop vieux pour toi.
C’est toi que je veux et personne d’autre.
Ma détermination le laissa perplexe un moment pendant lequel il me regardait intensément, puis il me déclara.
Tu m’as bluffé.
Tu voulais me faire renoncer ?
Disons que c’était un test ?
Est-ce que je l’ai réussi ?
Haut la main, c’est le cas de le dire. Mercredi, je ferais de toi une femme.
Vous ferez attention ?
Ne t’inquiète pas, je serais très doux.
Je ne suis pas inquiète, je veux seulement que soit ça un beau souvenir.
Ce le sera, fais-moi confiance. Est-ce que tu prends la pilule ?
Oui, à cause de mes règles douloureuses.
Parfait, je n’aurais pas à mettre de capote.
Vous n’aimez pas.
Non, j’ai moins de sensations. Lorsque tu ne seras plus vierge attends-toi à ce que je te sollicite pour faire l’amour, autant de fois que j’en ai envie.
Je veux découvrir ma sexualité avec vous.
Ton vœu sera exaucé au-delà de toutes tes attentes.
Sur ces paroles, il remit le contact et nous reprîmes le chemin de la maison sur une musique de count Basie. J’étais aux anges, même si le goût du sperme dans la bouche me laissait une impression contrastée de cette première expérience sexuelle.
A partir de ce jour mémorable, je flottais sur mon petit nuage, je me sentais légère prête à m’envoler comme un jeune papillon sorti de sa chrysalide, Philippe m’avait donné des ailes en me disant qu’il allait faire de moi une femme. Je brûlais d’impatience de le revoir vivre cette expérience unique. Le mercredi me paraissait si loin. Cette attente m’était insupportable tant j’avais hâte d’être embrassée, d’avoir sa main posée sur ma nuque, de me sentir femme dans ses bras. Je m’étais même faite à l’idée d’avaler son sperme à la première occasion pour lui donner une preuve supplémentaire de mon amour.
Chapitre 3 – Le grand jour (à suivre)
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Je croyais savoir qui j'étais. Une silhouette familière dans le miroir : mâle, assuré, maître de mes choix — même de mes désirs. Puis elle est arrivée. Maîtresse Élie. D'emblée, il y eut une distance polie et précise : le vouvoiement, la tenue, le silence qui dit plus que mille mots. Et, derrière cette ordonnance, une promesse : si vous me le permettez, je vais vous révéler.
Dire « révéler » n'est pas un grand mot pour ce qu'elle a fait. C'est presque trop pauvre. Elle n'a pas seulement montré une facette cachée ; elle a ouvert une porte que je n'avais jamais su voir. Ce qui m'attendait derrière n'était pas humiliation pure ni domination gratuite. C'était un paysage interiorisé de laisser-aller et de confiance, où ma vulnérabilité trouvait enfin un langage et une forme.
Je l'ai vouée, elle m'a appris à m'abandonner. À genoux, ce n'était plus l'abdication d'un être mais un rite de renaissance. Le monde autour rétrécissait jusqu'à n'être plus que l'instant présent, la respiration, le regard de Maîtresse Élie. Là où j'avais cru perdre toute dignité, j'ai découvert la liberté la plus limpide : être vu dans ma vérité la plus nue — non pour être brisé, mais pour être accueilli.
Elle m'a appris des règles qui, paradoxalement, m'ont libéré. Des mots précis, des signes, des rituels qui encadraient l'abandon. Dans ce cadre, j'ai pu tomber sans crainte et, à chaque fois, me relever un peu plus entier. Elle exigeait le respect, l'obéissance, le silence parfois ; mais jamais sans consentement clair, jamais sans cette attention extrême aux limites et au bien-être. Maître et guide, oui — mais aussi gardienne d'un espace sacré.
Je me suis longtemps identifié au rôle du dominant. Position confortable, masque social. Pourtant, à son contact, j'ai découvert une autre posture — non inférieure, simplement différente : celle de la chose consacrée, dédiée et nommée. Elle m'a nommé Sabine la Putain, sa salope — des mots forts, des mots choisis. Dans leur usage rituel, ils n'étaient pas des injures annonciatrices de violence, mais des appellations de rôle, des clés d'identité que j'endossais avec dévotion. Porter ce nom m'a permis d'entrer dans une vérité que l'ancien moi ne soupçonnait pas.
Le bonheur que j'éprouve aujourd'hui n'est pas l'euphorie bruyante d'une conquête ; c'est une joie profonde, continue, faite de confiance, d'émerveillement et d'apaisement. Elle m'a montré qu'abandonner le contrôle pouvait être une forme de puissance — la puissance de choisir de se confier entièrement. Dans cet abandon, j'ai découvert des couleurs émotionnelles inconnues : la sérénité d'être guidé, l'extase de la reconnaissance, l'humilité heureuse d'appartenir.
Maîtresse Élie n'est pas une figure abstraite : elle est la personne qui écoute quand je tremble, qui implique des limites claires, qui célèbre mes progrès et ma fragilité. Son regard me sculpte. Sa parole me corrige. Son silence m'enseigne le respect. Elle est déesse et guide, austère et tendre, exigeante et attentive. Le vouvoiement reste, comme un rappel précieux que notre relation existe dans un espace ritualisé, choisi, sacré.
Il y a aussi, dans cette dynamique, un enrichissement qui déborde le cadre du jeu : ma vie quotidienne s'est transformée. La confiance que je lui donne et qu'elle me rend irrigue mes relations, mon travail, mon rapport à moi-même. Là où régnait hâte et contrôle, il y a maintenant rythme et présence. Là où j'anticipais la honte, j'accueille la transparence. La soumission n'a pas effacé mon identité ; elle l'a élargie.
Écrire « Je n'étais rien » peut sonner fort. Ce « rien » n'est pas un effacement honteux, mais la reconnaissance d'un vide avant la révélation — un espace prêt à être habité autrement. Elle m'a pris tel que j'étais et m'a rendu plus riche, plus vrai. Aujourd'hui, je suis Sabine la Putain, sa salope — étiquette assumée, ancrée dans le plaisir de me savoir désirée, dirigée, aimée. Mais je suis aussi l'homme qui a appris à tenir son consentement avec fermeté, à poser des limites et à remercier.
Cet article n'est ni une ode à la domination ni une confession scandaleuse ; c'est le récit d'une transformation humaine. Maîtresse Élie m'a offert un miroir dans lequel j'ai vu, pour la première fois, des parts de moi que je n'aurais jamais osé habiter. Elle m'a révélé non pour me diminuer, mais pour me permettre d'exister autrement — plus libre, paradoxalement, dans ma servitude choisie.
À ceux qui lisent et qui cherchent : ce chemin n'est pas pour tout le monde. Il demande honnêteté, communication, sécurité et consentement. Mais pour qui entre dans cet espace avec clarté et respect, il peut y avoir la découverte d'un bonheur intime et durable — un bonheur qui, pour moi, n'a d'autre nom que celui de Maîtresse Élie.
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Chapitre 1 - Séduction
A l’âge de 16 ans, je suis tombée raide amoureuse d’un homme plus âgé. Philippe avait alors 42 ans. Il m’a fait comprendre que j’étais encore trop jeune pour vivre une aventure avec un adulte. C’était sans compter sur la détermination de l’ado que j’étais qui ne doutait de rien à cette époque et n’avait pas l’intention de renoncer. Mon premier, ce serait lui et pas un autre. Alors, je n’ai pas ménagé ma peine pour le pister, m’approcher de lui le plus souvent possible, devenir familière de son quotidien, me maquiller, m’habiller sexy pour lui plaire, le dévorer des yeux lorsque nous nous croisions.
Je le sentais intrigué et certainement flatté que son charme opère sur une lycéenne. Un jour d’avril, il me prit par le bras et me conduisit chez lui. Sur le chemin de son domicile, mon cœur battait la chamade. Allait-il enfin cédé à mes avances ? Est-ce que j’allais découvrir le goût de ses baisers, fondre de plaisir dans ses bras musclés ?
Il m’a fait asseoir à sa table de cuisine, lui est resté debout. Il m’a demandé de le laisser tranquille. Qu’allez penser mes parents en voyant leur fille au bras d’un homme qui pourrait être son père ? Pourquoi, je ne m’intéressais pas aux garçons de mon âge ? Je lui ai répondu que c’est lui que j’avais choisi, que j’étais amoureuse de lui et pas d’un autre, que les garçons de mon âge ne m’intéressaient pas, qu’ils ne cherchaient qu’à se vanter auprès de leurs copains d’avoir couché avec une fille. Je voulais me donner à un homme expérimenté, je voulais vivre une véritable histoire d’amour, pas une bleuette qui tournerait court.
Ce jour-là j’avais mis une jupe courte et un chemisier qui laissait voir mon soutien-gorge. Je voyais bien qu’il n’était pas indifférent à mon physique. J’ai écarté les cuisses pour montrer que je n’étais pas farouche et prête à tout. Il a profité du spectacle, puis il m’a demandé si je voulais boire quelque chose. Il est allé me chercher un Orangina dans le réfrigérateur. Le silence s’est installé, mais il ne me semblait pas pesant, mesurant la chance qui m’était offerte de me trouver seule à seule avec lui. Il a attrapé un verre dans son buffet, m’a servi et est venu s’‘asseoir près de moi. Il m’a laissé me servir. J’avais le sentiment qu’il pesait le pour et le contre tout en me détaillant de la tête au pied pendant que je sirotais mon verre. Je ne cherchais pas à interrompre ce silence qui m’arrangeait craignant de dire quelque chose qu’il jugerait puéril, annihilant définitivement mes chances. Après un long moment, alors qu’il me détaillait de la tête aux pieds et que je me sentais rougir jusqu’aux oreilles, il m’adressa à nouveau la parole :
Quel âge as-tu exactement ?
J’ai 16 ans.
Tu les as eues ou tu vas les avoir.
Je les ai eu, il y a deux mois.
Si j’accepte tes avances, personne ne doit savoir, pas même ta meilleure copine. Avoir une relation avec une mineure peut me créer beaucoup d’ennuis. Tu le sais. Tu viendras certains jours de la semaine en fonction de mon emploi du temps passer une heure ou deux. Tu devras être très discrète, je te confierai une clé. Si des voisins t’interrogent tu diras que tu viens faire le ménage pour te faire de l’argent de poche. Pour le reste tu conserveras tes habitudes pour ne pas éveiller les soupçons de tes parents et de tes amis. Je veux que tu me promettes de respecter scrupuleusement ce que je viens de dire.
Promis, juré. Je serais très prudente et ferais tout ce que vous exigerez de moi.
Mes yeux brillaient, mon vœu se réalisait enfin. J’avais tellement espéré ce moment.
Tu ne crois pas si bien dire. J’attends beaucoup de toi. Je veux une obéissance totale. Je ferais ton initiation. Est-ce que tu te sens prête ?
Oui, je veux devenir femme avec vous.
Réfléchis bien, pas question de reculer ensuite.
C’est tout réfléchi.
Il me prit alors par le bras et m’attira sur ses genoux. Je me laissais faire, excitée comme jamais. Il posa sa main entre mes cuisses et déposa un baiser dans mon cou. J’étais tellement heureuse après des tous ces mois d’espérances, je vivais enfin mon rêve. Sa main remonta lentement jusqu’à ma culotte qui commençait à être humide. Il passa son index sur ma fente à travers le tissu, puis il me fit mettre debout, en lui tournant le dos. Il me plaqua les bras le long du corps.
Maintenant, je vais soulever ta jupe et baisser ta culotte pour voir tes fesses. Es-tu d’accord ?
Faites ce que vous voulez de moi.
Très bien, c’est la réponse que j’attendais.
Il s’exécuta en prenant son temps. Je sentis ma jupe se relever et ma culotte glisser le long de mes jambes jusqu’à mes chevilles. Malgré tout, je n’étais pas rassurée. Allait-il me prendre comme ça, à la hussarde, sur la table de la cuisine alors que j’étais vierge ? Me prenait-il pour une putain ? Il me caressa les fesses, puis me fit retourner pour découvrir mon pubis, caressa ma toison et m’attira vers lui en m’entourant de ses bras. J’étais liquéfiée.
Très bien, tu es docile. C’est ce que j’attendais. Si ce n’est pas le cas je te prendrai sur mes genoux pour te donner la fessée. Tu peux te rhabiller maintenant. Tu viendras mercredi prochain à 17H00 précises.
Bien Monsieur !
Une fois dehors, je me trouvais idiote de l’avoir appelé Monsieur. Je repartis complétement abasourdie par ce qu’il venait de se passer. Je lui avais livré mon intimité sans l’ombre d’une hésitation. Il avait parlé, j’avais obéi, sans broncher. Qu’allait-il me demander la semaine prochaine et qu’est-ce qu’il pouvait bien entendre par initiation ? Me dépuceler ou autre chose ? Je suis rentré à la maison et je suis monté directement dans ma chambre en prétextant que j’avais des devoirs à faire. Je me suis allongé sur le lit et j’ai pensé à lui en me remémorant tout ce qui s’était passé. J’essayais d’imaginer comment ça pourrait se passer dans sa chambre, sous les draps. Je me caressais en imaginant ses baisers, ses caresses éludant avec la douleur que mon dépucelage allait me provoquer. J’étais impatiente et anxieuse de cette étape qui s’annonçait la semaine suivante. Puis des pensées plus futiles m’assaillirent. Comment allais-je m’habiller pour lui plaire et l’exciter ?
Chapitre 2 - Pierrot Gourmand (à suivre)
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Nous entrons. Il règne une atmosphère douce et conviviale. Des visages qui se connaissent, des regards qui s'attardent. Je tiens la main de mon Maître. Elle me suffit pour me sentir à ma place.
Je me change dans le vestiaire. Mes talons, ma tenue rouge et noire. Elle me transforme, m'entraîne dans un autre monde. Quand il ferme le collier autour de mon cou, je ressens ce frisson si particulier, comme un fil invisible qui nous relie. Il accroche la laisse qui retombe doucement. Je suis à lui.
Le soumis S, celui du mail, vient à nous. Son sourire est franc et accueillant. Sur le bar sont disposés des pains surprises, des brochettes de fruits, des boissons. Cet univers qui ressemble à un monde d'ombres et de chair est en réalité une fête.
Une quarantaine de personnes. Chacun se présente : soumis, soumise, dominant, dominante. Certains se disent " masochistes", d'autres " sadiques".
Peu de couples. Beaucoup d'âmes solitaires venues chercher un écho à leur pratique, la partager et se retrouver en amitié. Il y a dans leurs mots une quête, un besoin d'être reconnu autrement et d'exister dans ce qu'ils portent de plus secret.
La couleur du lieu est celle de la nuit, tamisée de rouge, en transparence, presque liquide. Le sous-sol respire comme un ventre avec ses alcôves, ses instruments qui patientent : une croix Saint André, un banc à fessée, un fauteuil fait de cordes avec des attaches pour écarter les jambes. Plus loin, un placard avec une chaise au milieu et des trous dans les murs. Ici tout parle d'abandon et de maîtrise.
Les regards se croisent, se retiennent, s'échangent. Des sourires au fond des yeux où on devine peut-être une histoire, des blessures anciennes, un désir apprivoisé, une autre façon d'être au monde, de dire : "j'existe", "je suis là".
Chacun est venu avec son BDSM, sa manière de le comprendre, inscrit dans son cœur, gravé sur sa peau. Ce n'est pas un caprice, mais un besoin vital. Suffisamment fort pour se déplacer, venir parfois de loin, oser franchir la porte, traverser le seuil, se livrer au partage.
Le monde extérieur s'efface. Il ne reste que cet univers décalé, hors de la réalité. Des gémissements s'élèvent, des cris discrets se mêlent à des rires étouffés. Des corps déjà nus offrent leur fragilité. Moi aussi, presque dévêtue, je me sens à la lisière de moi-même.
Mon Maître est assis.
- Mets toi à genoux.
Je m'exécute. Ma tête repose contre ses jambes. Sa main caresse mes cheveux. Je sens la chaleur, la sécurité. Tout autour, des voix, des conversations, des claquements de fouet. Mais, entre lui et moi, le bruit disparaît. Il ne reste que le silence épais, vibrant, comme une prière.
- Relève-toi.
Une domina s'avance. Nous partageons des paroles, des sympathies. Il est question de pratique, mais aussi d'écriture. Un livre circule. Je le prends. Déja je sais que je le lirai seule, plus tard, dans mon cocon, pour prolonger la trace de cette nuit, ancrer mon désir, et faire un compte rendu à mon Maître.
Tout près, dominants et soumis sont à l'œuvre dans leur art. Ils jouent leur partition intime dans un jeu qui n'en est pas un. Nous sommes bien réels. Cette facette de nous existe.
Avec un petit groupe, nous parlons d'aiguilles. Je sens une excitation monter en moi. A la fois peur et envie. Comme si la douleur pouvait dessiner une beauté, se transformer.
Mon Maître me demande plusieurs fois comment je me sens dans cet endroit. Je suis bien. Il m'apporte une coupe, quelques douceurs. Je suis touchée par cette attention. Dans ce monde de codes, de marques et de contraintes, son geste me rappelle que mon abandon repose aussi sur sa tendresse. Puis, il m'entraîne plus bas, dans les profondeurs du sous-sol...
Lorsque nous repartons, l'air de la nuit semble différent. Comme si nous étions sortis d'un rêve. Et pourtant, la réalité nous surprend encore : un prêtre en soutane blanche, en train de fouiller dans les poubelles. Nous nous arrêterons net, incrédules, pour être sûr de ne pas halluciner. Je regrette de ne pas avoir eu le réflexe d'une photo. Personne ne nous croira.
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Maitresse Kate me passe en revue........
Mes paupières toujours cachées sous le bandeau de satin noir, tendu juste assez pour m’isoler du reste monde.
Je les sens, ils m'observent . Leurs silences caressent ma peau, amignonnent mes fesses, becquettent mes mamelons.
Elle s’approche. Sa main touche ma nuque, effleure ma clavicule. Ses doigts précis défont le bandeau comme l'on retire une peau morte. La lumière me revient, douce mais aveuglante. Je cligne des yeux, instinctivement les baissent à la pointe de mes pieds. Telle une brise elle promène ses doigts dans mes cheveux , puis, calmement, interrogative, s’adresse à son époux....
— Regarde donc dans son sac, je suis curieuse de découvrir ce que la petite m'a apporté.
Elle est là, derrière moi, je ne sais que penser et faire. Posée là entre eux deux.
Sans mot dire, il se saisit des lanières, fait crisser le cuir. L’ouvre. Je le regarde fouiller, mon cœur s’accélère. Ses gestes sont lents, il sait ce qu'il va y trouver, fait durer chaque instant.
Sort un coffret d'inox poli, aux angles nets, sans l'ouvrir le pose sur la table. Ses yeux se fixent par dessus mon épaule pour enlacer les siens. Je me sens étrangère, presque de trop dans ce huis clos amoureux, pourrait disparaitre leur laissant juste l'enveloppe de mon corps.
Il poursuit ses investigations
Visage impassible. Je n’ose respirer.
Il sort mon cahier, le plus intime, celui où mes pensées n’ont ni filtre ni pudeur. Chaque page y porte la trace de mes failles, mes désirs tus, solitudes dépliées, chaque mot écrit est une lame tailladant mes abandons les plus fous. Un souffle d’âme couché, à l’abri, jusqu'à cet après midi encore, du regard des autres.
D’un pas lent, solennel, elle traverse l’atelier. Sa robe éthérée, irréelle laisse deviner les lignes somptueuses de son corps. La lumière tamisée s’y accroche comme à une seconde peau, révélant plus que l’œil ne devrait voir. Il y a dans sa démarche une volonté tranquille, une assurance féline qui défie le silence tendu de la pièce.
Elle ne demande rien.
Arrivée près de lui, sans un mot, sans même me regarder, elle tend une main autoritaire. Il hésite un instant, puis amusé lui cède le cahier , comme une offrande. Elle s’en empare avec une délicatesse feinte, une lenteur tiède.
Nonchalamment , s’installe dans le fauteuil en rotin au dossier haut et incurvé tel un trône païen.
S'y enroule, jambes croisées, paresseuses, le carnet ouvert dans ses mains. Sa robe glisse un peu sur sa cuisse, découvrant d'avantage la beauté satinée de sa peau. Silence lourd, ses yeux me déshabillent page après page.
Je reste debout. Immobile. Tendue comme une corde prête à rompre.
Lui ? Il est incrusté dans le décor. Présent, intensément, Maître de ce théâtre d’ombre et de lumière. Observe mon corps jeté au cœur de la reine.
Il ne parle pas, à peine bouge. La regarde glisser ses doigts sur la couverture, la caresser , soupeser le poids de mes confidences avant d’en feuilleter les premières pages. Silencieuse, son souffle parfois se glace, ses lèvres s’entrouvrent, mes secrets résonnent en elle.
Sans les froisser, elle tourne les feuillets.
Par moment, ses prunelles quittent les lignes tracées sur le papier pour revenir aux contours de mon corps dépouillé de pudeur, puis aussitôt replongent, fronçant les sourcils, sourire amusé à la commissure des lèvres.
Sans logique apparente, elle tourne les pages piochant ici une confidence, là une outrance plus juteuse que les autres, elle fait son marché, flânant à la criée.
Ses lèvres se pincent, un mot, une phrase lui aura sauté à la gorge, elle esquisse un rire muet et continue d'éplucher l'intime de ma vie pour en faire des lamelles, garnir ses pensées.
Elle est chez moi, totalement maintenant, au plus profond de mon être.
Puis, une moue de dégout, une langue pourléchant ses babines, je l'observe, lorsque soudain la grille de ses paupières se relève, laissant s'échapper deux fauves venus mordre mon visage.
Pris en flagrant délit de fascination, mes yeux vacillent, cherchent une échappatoire, le bord du fauteuil, la tache de lumière sur le carrelage, le rideau qui bouge mais rien ne me sauve, impossible d'échapper à son attention soutenue. Elle m'attend, veut croiser le fer.
Acculée, perdue, je rassemble le peu qu'il me reste de courage pour relever le défi.
Péniblement je hisse mes yeux, l'air est dense, irrespirable, mes paumes moites posées au sommet de mon crâne, m'écrasent au sol.
Je dégaine mes paupières face aux siennes, prête à en découdre mais tranchante comme le rasoir, en deux mouvements sec des cils, elle estafile ma chair, plonge dans la moelle de mes yeux.
Fulgurant, à peine débuté, sa victoire est brutale . Ma défaite cinglante. J'abdique, dépose à ses pieds mon insolente morgue.
Erodess en profite et poursuit la fouille de mon sac, sort une seconde boite, plus petite.
La plus précieuse des deux.
Il sait.... puisque les a lui même choisies.
Délicatement, il tend le bras pose le paquet sur la ta.....
Aussitôt d'un coup de griffe, la chatte s'empare du jouet.
Emporte avec elle, tirés par une invisible chaine , à sa traine, mes yeux.
Curieuse, elle soupèse le contenu, l'amène à ses narines, le hume. A ses oreilles ensuite, le secoue.
Elle pourrait l'ouvrir, du tranchant de l'ongle, déchirer l'emballage carminé, en connaitre le contenu mais préfère tout en me fixant attendre. Elle sait que mon temps à ses lèvres est désormais suspendu.
Au lieu de cela, elle s'amuse encore avec mon présent, le fait lentement glisser le long de sa cuisse nue, juste sous le tissu flottant de sa robe. D'un geste terriblement étudié. Elle caresse sa peau et le promène distraitement sur elle, comme si le contact du papier suffisait à éveiller quelque chose. une promesse, une provocation, un pouvoir.
Elle le fait passer de sa cuisse à son ventre, le presse un instant contre sa poitrine, puis lassée l’abandonne sur la table et replonge avide dans le brulot de mes confidences.
Sans heurt, sans hâte, son corps glisse hors du fauteuil. La robe suit le mouvement, fluide, paresseuse, ondulant autour de son évanescente silhouette. Ses pieds nus effleurent le sol. Elle s’approche, décrivant à chaque pas un large cercle autour de moi.
Je suis figée, sens le souffle de son corps alimenter mon brasier.
Lui, appareil photo à la main, d’un geste lent, cérémoniel, cadre, immortalise. Pas d'autre bruit que le doux cliquetis du déclencheur. Il change d’angle. Se déplace à peine, ombre qui glisse contre les murs, voyeur et artiste, prédateur tendre, presque bienveillant.
Il capture l’instant, saisit la danse de son aimée, femelle qui se révèle sous ses yeux. Elle si longtemps frustrée, peut se libérer.
Seuls mes globes oscillent à chacun de ses passages. J'attends l'instant où de nouveau se lèvera sa main sur moi. Serais je juste effleurée, tendrement caressée, pincée même, qui sait va t elle me broyer ?
A chaque cercle, elle m'enserre. Tisse son invisible toile silencieusement. Plus question de lui échapper. La prédatrice savoure le parfum de ma peur. Le froissement léger de ses vêtements, le crissement délicat des pages qu'elle tourne.
Les bras commencent à me brûler, une douleur sourde s'installe dans mes épaules, se répand dans mes coudes, les crampes menacent, mes muscles tremblent. J'aimerais pouvoir reposer mon corps. Je n'ose broncher, continue de contenir le flux de ma salive, attendre qu'enfin elle passe à l'action. Pourtant lui demander, la supplier même serait lui faire honneur. Confirmer sa supériorité, sa tacite victoire.
Elle ne semble guère se soucier de mon sort, poursuit sa danse, tresse ses mailles.
Et puis soudain, devant moi, arrête le métronome de ses pas. Ses yeux se figent sur une ligne.
Elle brandit mon cahier tel le procureur fustigeant l'accusée devant la cour. Je distingue une jouissance froide.
De Maitre je ne perçois que les déclics qui lèchent mon dos. Nous sommes toutes deux dans l'axe de son objectif, mes fesses et le visage outré de son épouse.
Elle éclate d'un rire bref, hystérique, porte sa main à la bouche pour tenter de masquer sa stupeur.
-Mon Dieu, Mon Dieu mais quelle horreur !!!!!!!!!
D'un léger mouvement du menton, dédaigneuse, brandissant la preuve du délit, me désigne à son époux.
— Regarde la.
Joignant le geste à la parole, d'un pas décidé elle se porte jusqu'à moi et telle une toupie sans ménagement me tourne. Face à lui, honteuse, aussitôt il emprisonne dans l'appareil ma mine déconfite et le regard d'acier de son aimée.
— Non mais regarde la ! Même à poil devant nous, on lui donnerait le bon dieu sans confession mais quand je lis toutes ces horreurs !!!!!!
Je serre les dents, résiste à l'envie de me disperser, liquéfier, couler sous le rai de la porte, m'enfuir, même nue, traverser la ville en courant à travers la foule.
Il est beaucoup trop tard maintenant, le ver est dans mon fruit.
Elle poursuit à quelques centimètres de mon oreille.
— On jurerait qu’elle n’a jamais rien fait de mal. Qu’elle ne pourrait pas. Et pourtant…pourtant.....
Pendant un instant, elle ne dit rien puis soudain explose, vocifère.
— Tu as vu !!!!!!!!!!!!!!! Mais c'est quoi ca ?!
Elle a osé coller ca !!!!! Elle voulait qu'on sache mais aussi qu'on la voit ! Mais c'est quoi toutes ces photos plus sales les unes que les autres ? Tout est donc vrai, rien ne la rebute pas même ..........ohhhhhh non pas ca aussi ?
— On ne distingue même plus son corps tellement ils sont nombreux et gras ! Oh la petite pouffiasse, c'est plus de l'appétit mais de la boulimie !
La revoilà qui tourne et Maitre d'ajouter à mon trouble en lui tend une cravache qu'elle saisit avec délice. Elle libère sa main, pose le cahier grand ouvert sur la double et indécente page .
La veille, j'y ai collé avec la minutie d'une écolière, ajustées avec soin mes plus intimes et dégradantes photos, exposant ma honte et mon irrévocable besoin d'abandon. Dégringoler l'escalier de son estime, m'étaler déconfite, cuisses ouvertes, à ses yeux.
Quand, enfin prendra t elle possession de son bien ?
Lui a t il dit depuis combien de jours, combien de nuit mon corps est sevré de plaisirs ?
Cruelle elle reprend sa danse, écume aux lèvres, chaloupe ses hanches mais cette fois, une badine à la main.
Fait glisser d'un mouvement souple l'instrument menaçant entre ses doigts.
Longue, fine, noire elle joue avec. S'approprie l'espace, la tend vers moi sans pour autant me toucher elle jauge la distance qu'il lui faudra pour atteindre mes chairs.
Les nuages s'amoncèlent au dessus de nos têtes, la tempête menace.
Quand portera t elle le coup, où s'abattra la foudre ?
Laquelle de nous deux est véritablement en cage ? Elle pourrait tout prendre, dominer et pourtant lorsqu'elle avance d'un pas, aussitôt semble reculer, quand elle me touche enfin, se brûle les doigts.
Elle à l'ascendant c'est certain, tout le crie mais quelque chose au fond semble dire le contraire. Elle sourit avec assurance tandis que ses yeux cherchent une issue. Ce n'est pas moi qu'elle craint mais ce que je réveille en elle. Peur soudain de lâcher prise, s'enfoncer dans ses abysses. Comment l'aider, pétrifiée devant elle, que je suis ?
Friable, poreuse, je suis aux portes de l'effondrement.
De ma tempe perle une goutte qui ruisselle doucement le long de ma joue. En dedans aussi je suinte. Il me tarde qu'elle endhuile un de ses doigts dans le craquant de mon feuilleté.
Au lieu de ca, la voleuse, feint, ignore son butin.
S'approcher d'avantage serait fatal, reculer lui coûterait plus encore.
Plutôt que s'emparer de mon corps, elle saisit au passage mon sac, le vide négligemment au sol. Répands le désordre à mes pieds pour faire ménage du sien.
Elle pose la badine avec détermination sur la table, la contourne, ouvre un tiroir, saisit une longue paire de ciseaux, qui coupe mon souffle. Je la regarde, déterminée, quelque chose est en train de lâcher en elle, pas dans un cri non mais un silence bien plus violent. Elle revient vers moi, me fait face, me fixe. Je vois le feu, le refus de continuer à fuir.
D'un geste elle saisit ma robe, les ciseaux suivent pénètrent glissent et tranchent le tissu.
Rien ne sera plus comme avant désormais.
Elle découpe ce qui la retenait, ce qui me protégeait, ce qui nous séparait.
Acte de rage, de désir, de libération.
Peut-être d’amour. De folie même.
Elle baisse les yeux, examine avec soin mes derniers présents, nul besoin d'explications.
Du bout de la badine, désigne les quatre bracelets de cuirs noirs.
— Hummmmm . Parfait, .....parfait.
Son attention se détourne, d'un coup sec et précis fait rouler le gros feutre noir qui vient mourir au bout de mes orteils.
— Ce marqueur, oh quelle bonne idée ma blondasse !
Elle s’arrête à quelques centimètres, frontière exacte entre distance et promesse.
Son regard est une caresse lente, méthodique. Il glisse sur ma peau, suit la ligne de mes épaules, descend le long de mon bras nu. Elle murmure alors, dans un souffle :
— Ce bras...là, dis moi, Il est à qui, ce bras ? À toi… ou celle qui te parle ?
Je reste figée, humide, n'osant la fixer de peur qu'elle perde le fil.
— A vous Maitresse.
— Tes poignets, tes chevilles...elle tourne son visage, du bout de la badine, effleure les bracelets de cuir noir tombés du sac...c'est pour eux que tu les as apporté petite salope ?
— Oui Maitresse.
Me toise.
— Qu'attends tu , tu ne vas pas rester à poil toute la soirée. Habille- toi, enfile tes accessoires, ton séjour ne fait que commencer..........
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Certains lecteurs m’ont demandé un aperçu plus direct. Voici donc le plan de la séance. Ceux qui veulent l’expérience complète liront le récit intégral ici, où chaque geste, chaque respiration est décrit dans le détail. Mais pour le cadre et la structure, ce plan suffit. C’est la charpente, l’ossature de la domination mise en place.
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Acte I – Soumission et Mise en place
**Durée : 10 à 15 minutes**
Entrée : collier et laisse. Elle rampe à quatre pattes jusqu’au miroir.
Ordre : « Regarde-toi. Contemple ce que tu es quand tu rampes pour moi. »
Position : à genoux devant le miroir, mains derrière la tête.
Action : insertion de la culotte double gode.
Consigne : « Tu es pleine pour moi, mais tu ne jouiras pas. Pas un mouvement, pas un soupir pour toi. »
But : installer la contrainte initiale, faire de son reflet le premier témoin.
Acte II – Bondage et Contraste
**Durée : 25 à 30 minutes**
Shinju : temps long pour attacher soigneusement la poitrine, ajuster les cordes, tester la tension.
Face au miroir : contempler sa silhouette prisonnière.
Roulette de Wartenberg : uniquement sur le haut du corps (seins liés, torse, bras). Lent, précis, pour accentuer l’effet des cordes.
Martinet : séries brèves uniquement sur la poitrine attachée (5 à 10 coups par série). Accent mis sur le contraste entre le shinju et les impacts.
Consignes verbales : « Dis-moi qui tu es. » – elle doit répondre « Je suis ta soumise. »
But : transformer le bondage en épreuve prolongée, centrée sur la contrainte et la mise en valeur du haut du corps.
Acte III – Spirale Sensorielle (Crescendo)
**Durée : 15 à 20 minutes**
1. Retrait de la culotte : humiliant, rituel. Elle l’enlève lentement, te la tend, puis la met en bouche comme bâillon quelques instants.
2. Insertion du plug gonflable : introduit vide, puis gonflé progressivement (toujours 1 pression à chaque cycle).
3. Cycle alterné (5 phases crescendo/décrescendo) :
Roulette : zones basses (cuisses, fesses, ventre) – libre à ton choix selon le moment.
Prick stick électro : intensité en escalier (1, 3, 4, 3, 1 impulsions).
Martinet : progression en pyramide (2, 5, 10, 5, 2 coups sur cuisses/fesses).
Plug** : gonflage d’une pression à chaque phase.
Vibro : 30 à 60 secondes par phase, toujours interrompu net avant orgasme.
Consigne : elle doit nommer chaque instrument avant usage.
4. Clôture : dégonflage et retrait du plug. Tu lui fais remettre la culotte double gode.
But : un vrai crescendo/décrescendo structuré comme une séance d’entraînement, rythmée et implacable
Acte IV – Fellation et Frustration finale
**Durée : 10 à 15 minutes**
Position Nadu : à genoux, jambes écartées, paumes tournées vers le ciel, culotte double gode en place.
Action : fellation lente, guidée par la laisse. Tu alternes profondeur et pauses humiliantes (elle garde ton sexe dans la bouche sans bouger).
Consigne : « Ce n’est pas ton plaisir. C’est ton adoration. Tu m’adores avec ta bouche. »
Face au miroir : elle doit se regarder pendant qu’elle suce.
But : clôturer par un acte de vénération, en renforçant la frustration et l’humiliation.
Rituel de clôture post-séance
**Durée : 10 à 15 minutes**
Toujours en Nadu : silence total, respiration maîtrisée.
Geste symbolique : elle embrasse tes pieds, puis reste immobile.
Transition : tu la conduis ensuite au lit, toujours en silence.
Détachement : une fois installée, tu défais ses cordes lentement, sans un mot.
Paroles finales (option) :
> « La séance est terminée. Tu es à moi, et c’est tout ce qui compte. »
But : sceller la fin dans le silence et l’ancrage, marquer le passage de l’intensité au repos.
Durée totale : 1h20 à 1h50
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Pour les lecteurs souhaitant prendre le train en marche (même si le plaisir est plus dans le voyage que la destination), rappels de la partie 1 :
Le professeur Milton et son équipe ont mis au point le tout premier prototype de plateforme antigravité, permettant à des humains de flotter en complète apesanteur. Une journaliste, Laura, est repérée par Milton lors de sa dernière conférence de presse. En dehors de ses recherches, Milton a d’autres passions, plus « vulgaires » … Il se met en tête d’attirer la belle Laura dans son labo, avec la complicité de Paul, son bras droit, car il sait qu’elle ne résistera pas à la promesse d’une exclusivité : tester l’antigravité par elle-même.
Cela implique toutefois de se soumettre à un protocole assez particulier, car le prototype n’accepte aucune matière synthétique, sauf dans les cavités naturelles du corps. Laura devra être nue et s’équiper d’une « unité de surveillance biologique » : une sorte d’œuf recouvert de gel de silicone et bourré de technologie, qu’elle s’est résolue à porter en elle.
Par paliers successifs, Laura accepte avec un plaisir trouble des contraintes de plus en plus perverses, jusqu’à s’assoir, nue, sur un mécanisme barbare …
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Laura est totalement prisonnière de l’unité d’insertion. L’appareillage étrange est resté inerte plusieurs minutes après s’être ajusté tout contre son intimité, comme dans l’attente de quelque chose. Une anxiété teintée de honte monte en elle… cependant, elle n’ose pas appeler Paul pour lui demander d’intervenir, ne voulant surtout pas qu’il la voie livrée ainsi, à la merci d’elle ne sait quels sévices. Ni même qu’il la délivre. Si le besoin s’en fait sentir, il sera toujours temps de réclamer son intervention. En mettant un mouchoir sur son amour-propre.
Les minutes passent, l’attente commence à être longue. La situation de Laura, pour le moins inconfortable, s’éternise, et le doute s’installe… Comment pourrait-elle trouver confortable d’être ligotée sur un instrument de torture automatisé, qui risque d’être aussi doux avec son anatomie intime qu’un marteau-piqueur sur un trottoir ? Et pourtant, si Laura est dans cette situation précise, c’est par sa propre volonté…
Mais qu’est-ce qui m’a pris de céder à ce fantasme pervers ?
Tout ça doit sûrement s’expliquer par l’étrangeté de cette expérience : ce labo démentiel dédié à l’Antigravité, son envie de tester le prototype au mépris de tous les risques, sans compter le vin, dont elle a un peu abusé au restaurant.
Laura ne peut cependant pas ignorer la réalité de ce qu’elle ressent : le comportement qu’elle a adopté, inhabituel et « dépravé », provoque en elle une excitation folle. Il est symptomatique d’un pan entier de sa sexualité, soigneusement refoulé. Malgré son parfait self-contrôle, atteint au prix d’une négation forcenée de ce qui chez elle pourrait être hors norme depuis l’adolescence, des désirs sulfureux sortent toujours de la boîte de Pandore sans y être invités…
Cette attente forcée stimule en elle un autre aiguillon, celui de la peur. L’appréhension concernant le traitement qui va lui être réservé finit par prendre toute la place dans ses pensées, remplaçant les doutes perturbants sur la « normalité » de ses envies. Elle essaie de se rassurer sur son sort en repensant aux paroles de Paul :
Le processus est automatisé et peu douloureux… si on ne lui résiste pas.
Être livrée aux sévices imposés par cette machine, au pire ça peut être déplaisant, mais tout de même pas réellement dangereux ? À moins qu’elle n’ait été conçue par un dingue ?
Le contact avec le siège articulé n’est pas désagréable, bien que ce truc peu engageant soit enduit d’une matière gélatineuse un brin répugnante. Laura a eu le temps de s’habituer à la sensation : la chaleur de son corps s’est transmise au revêtement et elle ne sent plus trop les bosses formées par les protubérances de la selle, appliquées directement au contact de son sexe et de son anus.
Laura est loin de se douter que le revêtement translucide et malléable sur lequel repose sa croupe musclée incorpore en son sein plusieurs milliers de capteurs de position. Capteurs qui renseignent en temps réel un système de réalité virtuelle très puissant. Et elle se doute encore moins qu’à quelques kilomètres de là une représentation 3D ultraréaliste de son intimité s’étale sur les lentilles haute définition d’un casque de visio, porté par un vieux pervers qui la mate sans vergogne. Milton ne perd pas une miette du moindre tressaillement de la belle journaliste, grâce à ce joujou hors de prix pour voyeurs sans scrupules.
Il observe Laura depuis son arrivée dans le bloc médicalisé, et ce qu’il a vu de son comportement lui a permis de constater à quel point la journaliste est esclave de ses envies de soumission. Quand on a ce genre de fantasmes et que l’on est en situation, l’attente génère la peur, une peur qui elle-même devient un excellent stimulant du désir sexuel. Au bout de quelques longues minutes il estime que cela a assez duré : elle doit être à point à présent ! Il lui a laissé suffisamment de temps pour changer d’avis, et elle ne l’a pas fait. Il active donc à distance le départ du processus d’insertion.
Sous ses fesses, Laura sent un contact nouveau, frais et visqueux : un gel lubrifiant s’écoule des protubérances de la selle et enduit copieusement son entrejambe. Ça y est, ça commence ! Le moment à la fois redouté et fantasmé arrive enfin. Elle se détend un peu, le lubrifiant devrait faciliter la tâche de l’engin et accroître son plaisir à se laisser manipuler. De toute façon, elle n’est pas de celles qui renoncent facilement une fois la décision prise… Et puis, il est un peu tard pour changer d’avis !
La selle s’ébranle soudain. De profondes vibrations s’élèvent au travers du siège et se communiquent à son corps. Elle a l’impression d’être assise sur un vibromasseur géant, écrasé contre son intimité moite pour en stimuler les zones érogènes dans leurs moindres recoins. En très peu de temps, son clitoris est à nouveau gonflé de désir. Sa chatte déjà trempée et luisante de gel, tout comme son anus, sont sans défense face aux impulsions implacables du siège, qui la traversent jusqu’aux reins.
Si ça ne s’arrête pas rapidement, je vais jouir sans pouvoir résister !
Laura imagine Paul, dehors, assistant à un concert de cris et de hurlements évocateurs, qu’elle sait irrépressibles lors de ses plus forts orgasmes. Quelle idée terrible ! La simple évocation de cette humiliation, associée à la vibration masturbatoire qui se poursuit sans répit sur sa chatte, provoque en elle un torrent de sensations où la honte et le plaisir se mêlent, chacun alimentant l’autre dans un cycle infernal. Laura en est réduite à essayer d’étouffer comme elle peut les gémissements qui s’échappent bien malgré elle de sa gorge haletante.
Elle tressaille car voilà que Paul se manifeste justement. Il lui adresse la parole à travers la mince cloison pour savoir si tout va bien… Tu parles que ça va bien ; on peut même dire que ça baigne ! Évasive, elle lui assure fébrilement que son intervention est vraiment inutile. Plutôt mourir que de le laisser entrer maintenant !
Soudain, les protubérances de la selle exercent conjointement une pression sur son anus et sa vulve, un peu comme si on appuyait du bout du doigt contre ses orifices sans défense. La sensation qu’une main est réellement en train de caresser son intimité est si réaliste qu’elle se met à douter : Je suis en train de rêver tout éveillée ou quoi ?! Une machine est-elle capable d’un tel toucher ? Pour l’instant, c’est plutôt stimulant : ces effleurements, qui s’ajoutent aux vibrations du siège, exercent un lent massage sur ses zones sensibles, toutes palpitantes d’excitation contenue.
Milton commence tranquillement à entreprendre la jeune femme via l’unité d’insertion, véritable extension préhensible de son gant de réalité virtuelle. Des capteurs de pression lui retransmettent l’illusion parfaite du toucher, tandis qu’il caresse la représentation synthétique hallucinante de réalisme qui flotte devant son regard. Il pousse ensuite un doigt ganté vers le haut, ce qui fait jaillir un appendice évasé de la protubérance plaquée sur l’anus entrouvert et glissant de Laura. Le godemiché téléguidé s’immisce en elle dans un lent mouvement de rotation. Durant l’intromission de son index, Milton ressent la pression croissante de l’anneau resserré qu’il investit à distance : il adore cette tension élastique si excitante, fidèlement recréée par le gant.
Laura se sent profondément possédée par la machine, l’appendice conique s’est enfoncé plutôt loin dans son fondement, dont il a peu à peu dilaté les chairs. Le gel lubrifiant est efficace car l’intromission, bien qu’un peu douloureuse au départ, reste tout à fait supportable. Grâce à l’action conjuguée des vibrations de la selle et de l’excitation liée à ses fantasmes débridés, elle découvre que cette pénétration anale incongrue est loin d’être aussi déplaisante qu’elle n’aurait pu le craindre !
Quelque chose d’inattendu se produit alors, lui faisant pousser un cri de surprise : « ça » commence à aller et venir en elle ! Le godemiché actionné par la selle coulisse doucement au début, puis de plus en plus vite, comme si un amant mécanique avait entrepris de la baiser. Cette saloperie est déréglée, je suis en train de me faire sodomiser par une machine devenue folle ! Malgré cette constatation un peu angoissante et la tension exercée sur son canal étroit, Laura ne peut s’empêcher de tirer un plaisir nouveau et très troublant de ces puissants va-et-vient dans son séant offert.
Une excroissance de la selle libère un autre appendice, lui aussi de bonne taille. Elle le sent émerger contre sa chatte poisseuse, comme un second membre qui s’apprêterait à la baiser à son tour.
Bordel… ça va me déchirer !
Le nouvel appendice envahit pourtant sans mal sa chatte trempée, d’une profonde poussée mécanique qui lui arrache un cri de volupté. Laura est à présent écartelée par deux mandrins à la fois, qui la pilonnent sans ménagement. Cette situation est délirante : c’est comme si cette machine impitoyable avait délibérément décidé de la défoncer, pistonnant ses orifices à un rythme soutenu.
Une pensée la traverse soudain, si perverse qu’elle en tremble :
Et si cette machine, apparemment déréglée, était en fait sous le contrôle de quelqu’un ?
Elle en est presque sûre, ce qu’elle subit ne peut être le seul fait du hasard… Elle ne sait pas qui tire les ficelles, et pour l’instant elle s’en fout, car les sensations extrêmes liées à cette double pénétration lui apportent une impression de plénitude encore jamais éprouvée. Ses angoisses apaisées à l’idée que la situation est sûrement sous le contrôle de quelqu’un, elle se lâche alors complètement. Même si elle n’était pas immobilisée par les sangles, Laura n’aurait plus aucune envie de se soustraire à l’action de la selle… ou de celui qui la commande !
Milton agite fébrilement ses doigts dans l’intimité écartelée de l’avatar en images de synthèse reproduisant si fidèlement l’entrejambe de Laura. Et de son côté la journaliste reçoit en réaction les coups de boutoir des deux appendices, qui viennent s’enfouir en elle de façon frénétique. Un concert de gémissements affolés retentit dans les écouteurs du vieux savant, tandis que sur le périmètre de son casque de visio une fenêtre en incrustation lui montre le visage extatique de Laura, tendu par la montée du plaisir, les yeux clos et la bouche grande ouverte.
Elle doit certainement avoir compris que quelqu’un contrôle les tourments qu’elle subit, et cette idée a l’air de l’exciter encore plus.
Quelle salope, plus on la prend, plus elle en redemande ! Attends, tu vas voir… j’ai une surprise pour toi.
Il active une nouvelle fonction de l’unité d’insertion…. et Laura sent la selle appliquer sur sa zone clitoridienne ultrasensible une petite pompe à vide, qui aspire ses chairs dans une succion débridée. Les sensations liées à cette nouvelle stimulation sont incroyables : elle est en plein délire, son clito et le haut de sa vulve sont étirés à l’extrême dans ce tube transparent qui la tète fortement, au point de la faire crier.
Son plaisir est tout près d’exploser, un orgasme incontrôlable monte en elle. Elle ne lutte plus, abandonnant dans une quasi-inconscience orgasmique le contrôle de son corps à cette machine en furie et à celui qui la dirige, hurlant son plaisir sans plus de pudeur. Tant pis si on l’entend, les sensations énormes qui la submergent prennent le pas sur tout le reste !
L’orgasme géant déferle sur elle, tandis que l’unité d’insertion dépose tranquillement dans son rectum parcouru de spasmes l’œuf nacré de la sphère biomédicale. La machine, qui a accompli sa mission à la perfection, relâche les sangles de maintien. Laura, droguée de plaisir, se laisse dériver doucement dans un délire sexuel éveillé…
Quel pied ! Merci à vous, qui que vous soyez !
(à suivre...)
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Une journaliste bien introduite.
Un de mes tous premiers textes, avec déjà des éléments de perversité et de D/s un peu improbables. Exhib, voyeurisme, emprise, humiliation, contention, procédures médicales douteuses… Bref, au bonheur des dames.
Je ne pense pas heurter vos chastes yeux, avec cette fable sortie de mon cerveau enfiévré il y a un peu plus de 15 ans déjà. Un aperçu de mon imagination parfois délirante et pas vraiment consensuelle, pour changer des deux premiers articles plus sages.
On rentre dans la chair, le « vif du sujet »…
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Le professeur Richard Milton a la presse à ses pieds, en ce lundi de novembre. Une forêt de micros se dresse devant lui, afin de recueillir quelques mots de celui que le monde considère comme l’Einstein du troisième millénaire. D’un geste calme et assuré, le vieil homme demande à ce que l’on fasse silence. Le brouhaha de la salle de presse baisse de plusieurs tons. Il prend enfin la parole dans un silence presque total, à peine troublé par le crépitement des flashs.
— Bonsoir. Je suppose que si vous êtes tous réunis ici c’est pour en savoir plus sur l’avancement de nos recherches. Je vais essayer d’être bref, il ne s’agit encore que d’un point d’étape…
Une jeune femme blonde se tient au premier rang de la foule de reporters, tendant vers lui un petit enregistreur numérique. Milton a choisi de focaliser son attention sur elle. Sa plastique de mannequin Ukrainien humanise très agréablement le face-à-face avec cette nuée de journalistes aux aguets. Avec un petit sourire satisfait, il poursuit :
— Nos travaux avancent à grands pas. D’ici la fin de la décennie nous devrions être en mesure de dévoiler publiquement un premier prototype opérationnel.
Une vague de consternation déferle sur la salle de conférence. S’ils se sont assemblés là, c’est pour un scoop potentiel, pas pour s’entendre dire qu’il faudra repasser dans deux ans !
— Je vous en prie, un peu de calme. Je comprends votre déception, mais je ne souhaite pas encore rendre public l’avancement exact de nos équipes.
Sans se laisser démonter par la houle de commentaires maussades qui monte en puissance, il leur lâche enfin un os à ronger, histoire de satisfaire les actionnaires de la firme (« Pensez à Wall Street, Milton ! ») :
— Sachez cependant que nous disposons d’une maquette quasi opérationnelle ; nous ne sommes pas loin de toucher au but. L’antigravité n’est plus une théorie, nous avons obtenu des résultats concrets ! Voilà, je vous remercie, ce sera tout…
Sans prêter attention aux questions qui fusent de toute part, Milton s’éclipse par une petite porte derrière l’estrade. Il laisse à ses assistants le soin de calmer le troupeau de reporters surexcités par cette dernière annonce. La jeune femme du premier rang ne participe pas à cette foire d’empoigne. Elle sait qu’il est inenvisageable de pouvoir interviewer Milton lui-même. C’est une trop grosse pointure pour que la presse puisse espérer s’approcher.
Elle avise un type un peu à l’écart, l’air affairé. La quarantaine, sûr de lui, il se distingue de la cohorte des autres scientifiques travaillant pour Milton, pour la plupart de jeunes post-doc. Elle s’avance d’un pas rapide, profitant de la cohue pour essayer de le harponner avant tout le monde.
— Bonjour. Laura Vegam, NCS News. Pourrais-je vous parler deux petites minutes ?
— Le big boss vient de partir, c’est le moment de s’intéresser aux petits poissons ?
— Je suis certaine que vous avez bien des choses intéressantes à dire, et je serais très heureuse de…
— Désolé on n’est pas autorisé à faire de déclarations à la presse. Excusez-moi à présent.
Sans plus faire attention à elle, il quitte la salle à la suite de son patron. Laura soupire, ce n’est pas encore pour aujourd’hui, ce scoop qui la fera remarquer de sa hiérarchie. Au moment de repasser le portique magnétique à l’entrée, elle est arrêtée par une plainte vrombissante. Un type, qui semble faire partie de la sécurité, lui fait remarquer qu’elle a oublié de rendre son badge de presse. Elle le retire et le lui tend.
Ce gars n’est pas un vigile lambda. Il bosse discrètement pour Milton, et celui-ci vient de le joindre sur son oreillette pour lui demander un petit service. Il met de côté le badge de cette nana, sans savoir à quoi il va servir. Son rôle s’arrête là.
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Laura raccroche son téléphone. Un certain Paul Tournier vient de l’appeler. Il s’agit visiblement de l’assistant de Milton qu’elle a essayé d’interviewer à la conférence de presse, il y a deux jours. Il voudrait la voir à l’extérieur, pour lui parler, lui a-t-il dit.
Elle est assez perplexe, pourquoi ce type la recontacte-t-il après l’avoir jetée ? Est-ce pour parler boutique, se livrer un peu ? Il n’a rien voulu dire pour l’instant. En tout cas, il l’invite dans le meilleur restaurant de la place… Ça tombe bien, elle compte justement en profiter pour le cuisiner un peu.
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Paul est un peu mal à l’aise. Il est là car on lui a demandé de proposer ce rendez-vous à la journaliste. Au fur et à mesure que le repas se déroule, il finit par trouver la soirée plutôt agréable, et il se détend enfin. Cette nana au corps de rêve fait preuve d’une conversation intéressante. Quelles que soient les motivations de ses supérieurs, il est à présent plus qu’heureux d’avoir été choisi, même s’il n’est pas évident de rester évasif face à une Laura qui reste pour l’instant sur sa faim.
Le repas, où le vin a coulé à flot, est parfait. Cela le change des sorties avec ses conquêtes habituelles, la plupart du temps des étudiantes de troisième cycle plus passionnées par la recherche scientifique que par l’exacerbation de leur féminité. Son ordinaire, c’est plutôt « plateaux télé » ; ce soir il est en plein rêve : un dîner raffiné avec une superbe invitée. Il est sous le charme de cette femme excitante et il n’a plus qu’une obsession tandis qu’elle lui parle : la mettre dans son lit dès ce soir !
C’est le moment idéal pour se laisser aller à lui faire quelques confidences :
— Vous savez Laura, nous approchons à grands pas. Nous avons même un prototype qui fonctionne !
— Ah oui ? Pourquoi ne pas en avoir parlé à la conférence de presse ?
— Heu… en fait il y a encore un problème à régler, concernant son mode de fonctionnement.
— Vous n’arrivez pas à faire flotter vos trucs au-delà d’une certaine masse ?
— Non, c’est pas ça le problème. Nous avons une sphère antigravitationnelle assez grande pour y faire tenir plusieurs personnes.
— Et elle fonctionne ?
— Et bien oui, du feu de dieu !
Laura essaie de masquer le choc provoqué par cette information incroyable en prenant un air détaché. Il faut qu’elle puisse voir cette merveille elle-même, et le plus tôt possible !
— J’ai vraiment du mal à vous croire, Paul. C’est une blague ? Vous n’êtes pas en train de vous foutre de moi, là ?
— Pas du tout, c’est la stricte vérité ! Je n’oserais pas abuser une aussi belle femme, voyons.
— Alors ça veut dire qu’il est possible à un être humain de léviter dans les airs à volonté ? Je donnerais cher pour voir ce que ça donne par moi-même !
— Laura, j’aimerai vous proposer quelque chose. Mais il faudrait me promettre un secret absolu en contrepartie… est-ce que je peux vous faire confiance ?
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Paul a garé son véhicule à l’extérieur du building de la firme. Les gardes n’ont pas fait de difficultés pour la laisser entrer à sa suite. Étonnant, on aurait pu s’attendre à des mesures de sécurité bien plus rigoureuses pour accéder à ces labos confidentiels, surtout en pleine nuit. Ils n’avaient même pas l’air surpris de sa présence. Elle a bien eu droit à une fouille au corps un peu gênante, mais relativement superficielle. Le type qui la palpait avait un regard très insistant sur ses formes, ce qui l’avait mise mal à l’aise…
Paul la conduit à présent dans une série de couloirs assez sinistres, verrouillés par des sas vitrés à sécurité biométrique. Ils accèdent à une zone où les murs entièrement métalliques sont peints d’un noir mat uni. Des néons inondent de lumière artificielle cette partie aveugle du bâtiment. L’ambiance du lieu est assez oppressante et Laura n’est qu’à moitié rassurée. Le couloir se termine enfin sur une porte blindée gigantesque, un opercule d’acier digne d’une salle des coffres helvétique. Paul le déverrouille en tapant un code compliqué et en apposant son visage pour un scan rétinien. La large dalle d’acier s’entrouvre dans un chuintement discret de vérins hydrauliques. Elle pénètre à sa suite dans un labo immense. Ce doit être la salle du fameux prototype.
Ce qui la frappe en premier, c’est le capharnaüm de câbles électriques colorés qui courent au sol, plus épais les uns que les autres. Quelques pupitres disséminés avec des ordinateurs et des tonnes de notes sur des calepins griffonnés émergent entre les câbles. Au centre de cette grande pièce trône une estrade circulaire assez haute et compacte. Sa surface lisse est totalement vide ; un bizarre no man’s land en comparaison de l’incommensurable amoncellement dans tout le reste du labo.
— C’est le prototype, ce truc au milieu ? Je ne vois pas la fameuse sphère ?
— Normal, le module n’est pas alimenté.
Paul la regarde avec une mine un peu étrange, aurait-il une esquisse de remords ? Après un instant d’hésitation, il s’adresse à elle avec un sourire carnassier, assez irréel :
— Laura, tester l’antigravité implique de se plier à un protocole expérimental extrêmement strict. Je dois vous avertir que c’est un peu contraignant. Il y a encore des problèmes sur ce prototype et nous ne pouvons courir aucun risque.
— Ça semble logique. Je vous écoute, en quoi ça consiste ? lui répond-elle, d’un air qui se veut assuré.
— Et bien, il y a deux conditions à respecter…
Un silence un peu gêné suit cette phrase laissée en suspens.
— Oui, lesquelles ? le questionne Laura, curieuse de savoir ce qui le met mal à l’aise.
— Nous nous heurtons pour l’instant à une limite un peu étrange. Malgré nos efforts, l’effet antigravitationnel est pour l’instant mis en échec par la présence de tout objet non organique dans la sphère.
— Ce qui veut dire, en clair ? lui demande-t-elle.
— Ça me gêne de devoir vous demander ça, mais ça implique de votre part de… et bien, d’enlever tous vos vêtements… les sous-vêtements y compris.
— Vous êtes vraiment sérieux ?
— Je savais que ça n’allait pas vous plaire. Tant pis, laissons tomber, je vous ramène à votre hôtel, dit-il d’un air presque soulagé.
Laura reste à son tour silencieuse quelques secondes. L’idée de devoir se mettre à poil dans ce labo démentiel, devant ce type qu’elle ne connaît ni d’Ève ni d’Adam la travaille un peu. Mais en même temps, le contexte de cette demande étrange lui procure une sorte d’excitation ; elle doit se l’avouer, elle serait même prête à aller plus loin si nécessaire pour pouvoir tester l’antigravité. Dommage, dans ces conditions elle ne va pas pouvoir utiliser le micro appareil photo qu’elle a planqué sur elle avant de se rendre au restaurant. Mais tant pis, on se passera de clichés, hein !
— Non, Non ! Aucun problème, je ne suis pas d’une nature très pudique. Et puis, je ne vais pas caler pour si peu ! dit-elle, en rougissant malgré elle.
— Voilà, vous comprenez mieux maintenant pourquoi on ne peut pas parler à la presse de notre actuel prototype…
Paul a envie de lui demander si elle est bien sûre de sa décision. D’un haussement d’épaules, il repousse cette pensée. Après tout, elle est majeure et vaccinée… Tiens, en parlant de ça :
— J’allais oublier, une injection de stabilisateurs métaboliques est nécessaire. Ça aide aussi à ne pas gerber. Flotter en apesanteur peut déclencher des nausées proches du « mal de l’espace ».
— Ah… eh bien, s’il le faut.
— On va commencer par ça, c’est presque indolore.
Au moment où Paul applique le pistolet injecteur sur le biceps de Laura, celle-ci l’interrompt pour le questionner :
— Heu… juste une précision quand même sur ce que vous allez me loger sous la peau. Ça n’a pas d’effet secondaire « bizarre », au moins ?
— Quelques sujets ont parlé d’une légère euphorie. Parfois une certaine langueur, ou une chaleur dans les extrémités. Des sensations plutôt agréables, en fait.
— Ok, rien de dangereux ou déplaisant donc ?
— Non. Et pas d’effets psychotropes constatés non plus, si ça vous inquiète.
— Je tente le coup, allez-y ! dit-elle, avec un sourire crispé.
L’injection est rapide, un simple chuintement presque indolore. Elle masse son bras. Pour l’instant aucun symptôme particulier ne se manifeste.
Paul ouvre à présent une boîte stérile contenant une collection de sphères opaques plus ou moins ovoïdes. Laura se penche par-dessus son épaule. Qu’est-ce que c’est encore ?
Il extrait un de ces trucs ressemblant vaguement à un gros œuf de pigeon, et le lui tend. Elle prend avec curiosité la lourde sphère de nacre blanche, à la consistance souple et lisse au toucher.
— C’est quoi ce truc ?
— Une unité de surveillance biologique des signaux vitaux. C’est un petit joujou high-tech miniaturisé recouvert de gel de silicone. La deuxième condition pour pouvoir tester sans risque le prototype, c’est d’insérer ça dans… dans votre corps.
Laura regarde le machin qui roule dans le creux de sa main ; ça lui semble tout de suite moins sympathique. Et pas si miniaturisé que ça, en fait !
— J’ai peur de pas bien comprendre. Vous voulez que j’introduise « ça » en moi ? demande-t-elle, choquée.
— Oui. Avec notre proto actuel, le seul moyen de faire entrer un élément inorganique dans la sphère antigravité c’est sous une couche de tissus vivants. Voilà encore une raison de ne pas trop parler de l’état de nos recherches pour l’instant.
« Merde, ça commence à faire beaucoup, là ! » pense-t-elle.
— Et je dois le mettre… dans ma bouche ?
— C’est stérile bien sûr. Mais la plupart de nos visiteurs l’utilisent autrement, de peur de l’avaler. On se comprend, n’est-ce pas ? Mais vous faites comme vous voulez, hein !
Laura réprime une grimace de dégoût. Même stérile, pas question de prendre cette saleté dans la bouche, après ce qu’il vient de lui dire. Il ne lui reste plus que deux solutions. Soit elle insère ce truc infâme dans son intimité, soit elle renonce à expérimenter l’antigravité.
— Très bien. Je vais donc me plier à votre protocole, je crois que je n’ai pas le choix. Vous pouvez m’indiquer où je peux… me changer ?
— Oui bien sûr : il y a un bloc médicalisé au fond, avec tout le nécessaire, lui dit-il en désignant une petite porte discrète dans un coin de la salle.
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Quelque part en ville un vieil homme regarde avec attention l’écran de son portable. Il est assis à son bureau. C’est un très joli meuble réalisé sur mesure, la copie fidèle d’un bureau à cylindre de style Louis XV, avec des pieds galbés. Il s’accorde parfaitement bien avec l’intérieur richement décoré de la pièce. Sur l’écran du portable, on voit une jeune femme en compagnie d’un gars, dans un labo encombré et étrange. La femme se dirige vers le fond de l’énorme salle, et après un instant d’hésitation, elle ouvre une porte anonyme et pénètre dans une petite pièce attenante.
Avec un petit sourire de contentement qui illumine son visage ridé, il permute l’affichage sur une autre caméra espion. Il ne s’est pas trompé sur le compte de cette journaliste, elle n’a pas froid aux yeux. Cela promet une soirée très intéressante ! Milton choisit avec soin le meilleur angle de vue pour observer Laura dans le bloc sanitaire, tandis qu’elle commence à se déshabiller lentement.
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Laura éprouve une impression bizarre dans ce local aseptisé qui paraît presque étroit à côté de l’immensité du labo. Un frisson parcourt son échine, tandis qu’elle ôte la veste de son tailleur. Elle a choisi cet ensemble pour l’occasion, la coupe à la « Mademoiselle Channel » fait ressortir de façon très sexy sa silhouette élancée. Elle sait parfaitement utiliser ses formes à son avantage, par exemple pour faire se délier les langues lors d’une interview.
L’idée saugrenue que quelqu’un l’observe peut-être en ce moment même lui traverse soudain l’esprit. Elle imagine le vigile, celui qui l’a palpé sans aucun tact à l’entrée, en train de la regarder sur ses écrans de contrôle. Cette armoire à glace, avec ses grandes mains un peu rudes, peut-il l’espionner pendant qu’elle se met à poil ? Quelle pensée stupide ! Que cette brute à peine dégrossie puisse profiter, à son insu, de la vue de son corps pendant qu’elle se dénude déclenche chez Laura une montée soudaine d’excitation, un désir ambigu. Et cela empire quand elle pense à ce qu’elle s’apprête à faire : dans quelques instants elle est censée ressortir entièrement nue et « équipée » devant Paul !
Tout ça provoque en elle des frissons irrépressibles, une volupté étonnante et insidieuse…
Bon, après tout, être un peu émoustillée devrait l’aider à passer ce cap délicat avec plus d’aisance, non ? Et puis si elle érotise un peu la chose, ce sera plus facile d’introduire en elle ce maudit truc ovoïde…
Laura déboutonne son chemisier. Elle sent pointer ses mamelons dans son soutien-gorge à présent trop serré, qu’elle dégrafe rapidement. Les aréoles de ses seins sont tendues et très sensibles, étrangement chaudes. Elle humidifie dans sa bouche entrouverte le bout de ses doigts, pour en caresser ensuite sa poitrine en petits gestes circulaires. Le massage de ses seins enflés fait immédiatement pulser des ondes de chaleur dans son bas-ventre ; l’étrange excitation physique qu’elle éprouve n’est pas tout à fait étrangère aux fantasmes d’exhibitions qui l’assaillent avec insistance.
Elle fait glisser sa jupe à ses pieds, le frôlement du tissu soyeux sur ses cuisses fait encore monter d’un cran son envie. Pourtant ce n’est vraiment pas le moment. Paul Tournier l’attend de l’autre côté de cette mince cloison, et il doit commencer à se demander ce qu’elle peut bien faire. Elle retire sa petite culotte, une légère humidité trahit son émoi naissant. Elle la dépose avec le reste de ses affaires dans la penderie à sa droite.
Son excitation est devenue plus oppressante, presque intenable. « Je ne vais quand même pas me masturber dans cet endroit ! » pense-t-elle, alors que sa chatte poisseuse commence à exiger son dû. Comme dotés d’une volonté propre, ses doigts glissent sur son ventre, puis atteignent son pubis bombé. Ils s’immiscent dans sa toison fournie, jouent avec les frisottis blonds avant de venir masser sa vulve en entier. Un index humide de mouille remonte le long de sa fente, écarte le capuchon du clitoris, puis masse son petit bouton dressé. Elle étouffe un gémissement de plaisir dans son poing crispé.
— Laura, ça va, vous vous en sortez ?
— Heu… une petite minute encore, et je viens ! dit-elle, en réalisant après coup toute l’ambiguïté de cette phrase…
Que doit-il penser s’il l’a entendue gémir ?
— Il faut se reprendre, là ! se sermonne Laura.
Elle retire sa main, malgré la frustrante envie de se soulager rapidement. Puis elle s’accroupit pour pousser de ses doigts regroupés en cône le nodule souple et soyeux tout au fond de son vagin. La sphère censée suivre tous ses paramètres vitaux s’enfonce sans problème dans son sexe bien lubrifié. En se relevant elle constate alors que ce machin pèse plutôt lourd, ce qui l’oblige à contracter avec force le périnée pour éviter qu’il ne s’échappe.
Même en crispant l’entrée de son vagin en permanence, elle risque de le laisser glisser hors de sa chatte au premier moment d’inattention. Cette idée la mortifie, elle imagine déjà son humiliation… et comble de l’horreur, cette pensée dégradante lui procure en réalité un sentiment d’excitation presque jouissif !
« Et merde, il n’y a plus qu’une seule option ! » Laura laisse glisser le nodule hors de son con, puis se place à quatre pattes sur le sol plastifié de l’unité médicale. Se cambrant au maximum, elle s’écarte d’une main et appuie de l’autre la sphère visqueuse de sécrétions contre son anus, essayant de détendre ses sphincters. Une fois bien relâchée, elle pousse fortement sur ses doigts, essayant d’enfoncer comme elle peut le nodule dans son fondement écartelé. « Bon dieu, ça ne rentre pas ! » Le diamètre est trop imposant pour son petit trou qui n’est pas habitué à de telles intromissions. Ce manège génère en elle une forte excitation mêlée de douleur, qui la fait gémir plus franchement.
— Laura ? Vous êtes sûre que ça va ?
— Hmmm… oui, oui, ça va. Juste un peu de mal avec… vous savez quoi ! soupire-t-elle d’une voix troublée.
— Quel idiot, j’ai oublié de vous montrer le fonctionnement de l’unité d’insertion. Je peux rentrer ?
Grosse panique de Laura, qui n’a pas verrouillé la porte ! Elle est comme tétanisée : s’il entre maintenant, il va la trouver à quatre pattes, l’intimité écartelée et dégoulinante exposée à tous les regards !
— Non ! Surtout pas ! Je ne suis pas… présentable. Expliquez-moi plutôt ce qu’il faut faire, dit-elle en secouant enfin cette étrange langueur.
— Très bien. Vous voyez l’espèce de siège thermoformé sur la cloison de droite ?
— Oui, je crois ! je dois m’asseoir là dessus ? lui répond-elle après avoir avisé sur le mur une protubérance de plastique assez obscène, qui ressemble en fait à tout sauf à un siège.
— Mais d’abord vous devez introduire la sphère biomédicale dans le réceptacle, sur le côté gauche. Ensuite seulement, vous vous asseyez.
Après avoir inséré la sphère rétive dans le logement approprié, elle pose avec précaution son postérieur sur ce qui pourrait ressembler, mais de très loin alors, à une selle de cheval. Son intimité repose sans défense contre la hideuse surface gélatineuse étrangement tiède. Ce truc est parcouru de légères protubérances, qui ne lui disent rien qui vaille.
— Ok, c’est fait, répond Laura, avec un brin d’anxiété dans la voix. « Que va-t-il exactement m’arriver sur ce bizarre appendice médical ? » se demande-t-elle.
— À présent vous devez immobiliser vos cuisses avec les sangles de chaque côté. N’hésitez pas à bien serrer, vous ne devez plus pouvoir bouger du tout pour que le mécanisme se déclenche.
— C’est la meilleure, ça !
Les instructions de Paul la questionnent sur l’intensité de ce que ce truc va lui faire subir. Ça ressemble d’ailleurs plus à un instrument de torture qu’à autre chose. Néanmoins, une curieuse frénésie la pousse à sangler ses cuisses dans les harnais de cuir comme il le lui a demandé, jusqu’à être parfaitement immobilisée. Ce n’est qu’une fois prisonnière des sangles serrées à fond qu’elle se rend compte d’un léger détail : le mécanisme de serrage n’est pas réversible, la voilà définitivement entravée. Même si elle le voulait, elle est à présent incapable de se détacher pour se soulever du siège !
En se soumettant aux instructions de Paul elle vient d’abandonner sans condition son corps aux sévices mécaniques qu’elle pressent :
« Plus possible de revenir en arrière. Ni d’échapper au traitement qu’on va m’infliger ! » se dit-elle. Une forte excitation teintée d’angoisse s’empare de Laura. Ce sentiment de crainte larvée rend toute l’expérience délicieusement érotique pour la jeune femme !
Dans un ronronnement cliquetant, le siège s’anime soudain sous ses fesses. Des mécanismes cachés entrent en action afin d’adapter avec précision le moulage de plastique gélatineux à son anatomie intime. Elle pousse un cri de surprise.
— Surtout détendez-vous ! Le processus est automatisé et peu douloureux si vous ne résistez pas, lui dit-il d’un ton qui se veut rassurant.
— Vous en avez de bonnes, vous ! Vous croyez vraiment qu’en me disant ça je vais pouvoir mieux profiter de la ballade ? soupire Laura. Sa chatte est littéralement inondée à l’idée de ce qui l’attend, des envies troubles la submergent.
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Grâce aux nombreuses caméras dissimulées un peu partout dans le bloc médical, Milton n’a pas loupé une miette du spectacle hautement érotique dévoilé à son insu par Laura. Il s’est gavé de gros plans obscènes sur l’intimité très largement exposée de la jeune femme. Le vieux savant est aux anges devant la magnifique exhibition de cette femme sublime. Son plan fonctionne à merveille. En réalité mieux encore qu’il ne l’avait prévu !
Ce petit jeu pervers n’est pas aussi intéressant avec les call-girls qu’il se paye parfois pour jouer au voyeur. Manque de spontanéité ou de fraîcheur peut-être ? Ce qu’il constate, c’est que son plaisir est bien plus intense quand il observe à son insu une proie. Ce soir c’est un summum, il a la chance d’avoir à sa merci une jeune femme aussi belle que déchaînée.
Grâce à la bonne volonté de cette journaliste décidément très chaude, il va pouvoir passer à une nouvelle phase. Il se branche sur le logiciel qui gère « l’unité d’insertion » sur laquelle Laura vient à présent de se ligoter elle-même. Puis il enfile un gant de réalité virtuelle, qui est à présent interfacé avec la fameuse « selle » et ses nombreux pseudopodes articulés, bardés de capteurs.
Milton jubile : à 69 ans et malgré son impuissance sexuelle complète, les miracles de la technologie vont lui permettre de tirer une jouissance tout aussi forte qu’improbable du corps de cette belle femme, qu’il tient à présent à la merci de ses désirs de puissance.
---
Paul s’en veut. Il a obéi aux ordres, attirant cette journaliste dans le labo de Milton comme celui-ci l’a exigé. Mais voilà déjà un bon quart d’heure que Laura est dans le bloc médicalisé, dont elle ne ressort toujours pas. Faudrait pas qu’il lui soit arrivé quelque chose, là-dedans !
Il ne peut quand même pas entrer pour voir ce qu’elle fiche ? Sans tenir compte de sa réserve naturelle, il colle son oreille à la fine cloison, pour évaluer la situation. Il perçoit faiblement une respiration, un peu rapide, comme oppressée. Il discerne ensuite un bruit familier : des gémissements, comme muselés, puis des soupirs qui indiscutablement témoignent d’une activité sexuelle dans la pièce.
«Se pourrait-il qu’elle… qu’elle fornique avec l’unité d’insertion ? » se demande-t-il. « Non, c’est impossible, ce machin n’est pas prévu pour ça. À moins qu’il n’y ait du Milton là-dessous ! C’est la seule explication : quel vieux pervers ! Et le plus fou c’est qu’elle a l’air de diablement apprécier ce qui lui arrive. »
— Laura ! heu… tout va bien ?
— …
— Vous avez besoin d’aide ? N’hésitez pas s’il y a le moindre problème. Il y a un arrêt d’urgence, je peux intervenir au besoin !
— Nooon, surtout pas… c’est bon ! Tout… tout va pour le mieux ici, lui répond-elle d’une voie rendue presque méconnaissable par le plaisir.
Le timbre rauque de la journaliste lui file des frissons. Une érection déforme son pantalon à l’idée de ce qu’elle est en train de subir là-dedans.
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Il était une fois, dans les brumes enfumées de la Chine ancienne, une jeune beauté nommée Mlle Wing Chun, une demoiselle au tempérament d'acier et aux formes qui faisaient baver les chiens errants du village. Elle menait sa vie tranquille, évitant les regards lubriques des paysans, quand débarqua le Seigneur de Guerre Ratface – un brute épaisse avec une tronche de rat 🐀, des cicatrices partout et un ego gonflé comme une vessie de porc. Ratface, ce salaud qui pillait les villages et collectionnait les conquêtes forcées, posa ses yeux vicelards sur elle. "Hé, poupée ! Tes nichons m'appellent comme une chienne en chaleur. T'es à moi maintenant – je vais te prendre en mariage et te baiser jusqu'à ce que tu hurles mon nom !" grogna-t-il d'une voix rauque, en se grattant l'entrejambe pour souligner son point.
Wing Chun, impassible comme une statue de jade, le toisa avec un sourire froid. "Votre proposition est aussi charmante qu'un tas de fumier, Seigneur Ratface. Je refuse. Mais si vous insistez pour m'imposer votre... compagnie, battez-moi à mains nues, sans armes ni tricherie. Seulement alors, peut-être, considérerai-je votre offre." Ratface éclata d'un rire gras, ses dents jaunes luisant comme des crottes de rat. "T'es une petite allumeuse, hein ? Trois mois pour te préparer ? Parfait, ça me laissera le temps de rêver à comment je vais te plaquer au sol et te fourrer comme une volaille. Prépare-toi à te soumettre, salope !"
Wing Chun, loin d'être intimidée, profita de ce délai pour s'éclipser vers les montagnes sacrées. Là, elle trouva la none Shaolin Ng Mui, une experte en arts martiaux avec plus de sagesse que de poils au menton. "Enseignez-moi à repousser les brutes comme lui," demanda Wing Chun avec dignité. Ng Mui l'entraîna sans pitié : postures fluides, frappes précises, et l'art de retourner la force de l'ennemi contre lui. Trois mois plus tard, Wing Chun revint, transformée en une guerrière élégante, prête à transformer ce combat en une farce humiliante pour le rat 🐀.
Le jour J arriva sous un ciel orageux, avec le village entier massé autour d'un ring de fortune en bambou. C'était comme un match de boxe à la télé, mais avec plus d'insultes et zéro règles. La voix du commentateur fantôme (moi, bien sûr) tonna : "Bienvenue au Clash des Titans : Ratface le Rat 🐀 contre Wing Chun la Rebelle ! Dans le coin puant, le colosse Ratface, maître des viols de villages et des regards pervers ! Et en face, la gracieuse Wing Chun, qui a passé trois mois à aiguiser ses griffes ! Ding ding !"
Le gong retentit. Ratface chargea comme un buffle en rut, ses poings comme des marteaux. "Viens là, petite pute ! Je vais te défoncer le cul avant même de t'épouser – tu vas supplier pour plus !" hurla-t-il, crachant ses provocations sexuelles comme un ivrogne de rue. Wing Chun esquiva avec élégance, répondant calmement : "Vos paroles sont aussi vides que votre honneur, Seigneur." Mais Ratface était un combattant féroce ; un crochet vicieux la cueillit au menton, l'envoyant au tapis. "Et boum ! Wing Chun goûte la poussière ! Va-t-elle se relever, ou Ratface va-t-il la monter comme une jument récalcitrante ?"
Elle se releva d'un bond, en garde parfaite, les yeux sereins. "Essayez encore, si vous osez." Le combat s'enflamma : Ratface la plaqua au sol une deuxième fois d'un uppercut brutal, grognant : "Reste à terre, chienne ! Je vais te forcer à écarter les cuisses et te dominer comme une esclave de bordel !" Wing Chun roula, se redressa avec grâce. "Votre force brute ne masque pas votre faiblesse d'esprit." Troisième chute : un balayage la fit trébucher, et Ratface sauta sur l'occasion, vociférant : "T'aimes ça, hein ? Te faire malmener par un vrai mâle qui va te baiser jusqu'à l'os !" Mais elle se releva encore, inébranlable, en position de garde.
Le duel devint une bataille épique et hilarante : Ratface, suant et haletant, multipliait les tentatives de domination forcée avec ses insultes grivoises – "Je vais te prendre ici même, devant tout le monde, et te faire miauler comme une chatte en chaleur !" – mais Wing Chun déviait chaque assaut, utilisant sa propre force contre lui avec des contre-attaques précises. Elle répondait toujours avec classe : "Vos menaces ne font que révéler votre peur, Ratface." Enfin, le tournant : Wing Chun enchaîna une série de coups fulgurants – un direct au plexus qui le plia en deux, un crochet au foie qui le fit glapir, et un uppercut final qui l'envoya voltiger. "Et c'est le KO ! Ratface s'effondre comme un rat 🐀 écrasé sous une botte ! Wing Chun triomphe, et le tyran est démoli !"
Ratface, le visage en bouillie et l'ego en miettes, se traîna hors du ring, la queue entre les jambes – au sens propre, car son pantalon avait craqué, révélant un fond de culotte ridicule. "T'auras pas... toujours... de la chance, salope," marmonna-t-il en s'enfuyant, mais le village riait aux éclats. Wing Chun, victorieuse et intacte, devint une icône.
Des années plus tard, Wing Chun épousa un homme respectable qui savait la traiter avec dignité, et elle transmit son art à des disciples loyaux. À la fin de sa vie, paisible et honorée, elle s'éteignit en sachant qu'elle avait fondé le Wing Chun Kung Fu – un style d'autodéfense fluide et efficace, conçu pour les plus faibles contre les brutes. Cet art se propagea à travers les siècles : au XIXe siècle, il fut perfectionné par des maîtres comme Leung Bok-Chao, puis transmis à Ip Man au XXe siècle, un grand maître qui l'enseigna à Hong Kong malgré les turbulences de la guerre. Ip Man forma de nombreux élèves, dont le légendaire Bruce Lee, qui intégra des éléments du Wing Chun dans son Jeet Kune Do, le rendant mondialement célèbre via ses films explosifs. Ainsi, de la rébellion d'une femme contre un rat 🐀 naquit un héritage qui inspire encore les combattants du monde entier – une leçon hilarante que la classe triomphe toujours sur la crasse. Fin de l'histoire, ou début d'une légende kung-fu !
Générée par IA suivant mes instructions.
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Cela faisait des semaines, peut-être des mois, que notre univers BDSM était en suspens. Vicky n’est pas seulement ma soumise : elle est aussi ma femme, la mère de nos trois enfants. Concilier une vie de famille bien remplie et nos jeux de domination n’a rien d’évident. Ces derniers temps, notre couple « vanille » a traversé des turbulences, stress du quotidien, fatigue, incompréhensions, qui ont éteint en nous l’énergie de nos rituels nocturnes. L’envie était là, tapie sous la routine et les déceptions, mais ni elle ni moi n’avions vraiment la tête à ça.
J’ai progressivement compris que Vicky est une bedroom sub, une soumise des chambres à coucher. Pour elle, une séance aboutit presque toujours à du sexe, à un orgasme libérateur. Elle recherche le frisson érotique plus que la discipline pure. Moi, à l’inverse, c’est la soumission psychologique et ritualisée qui m’attire : cette danse des esprits où le plaisir ne naît pas forcément de la jouissance sexuelle, mais de l’abandon total, de la transformation mentale. Ce décalage a parfois créé des malentendus : elle attendait souvent la récompense charnelle quand moi je cherchais à prolonger le suspense et à explorer ses limites intérieures.
Hier pourtant, à ma grande surprise, c’est Vicky qui est venue me trouver. « Est-ce qu’on pourrait… une séance, ce soir ? » Son regard fuyait le mien, comme si elle craignait que je refuse. J’ai lu dans ses yeux un mélange de manque et de peur. Manque de ce lien de domination qui nous unit, peur de ce que cela pourrait réveiller après une si longue pause. J’ai simplement répondu : « Ce soir, 22h30. Tiens-toi prête. » Son soulagement était palpable.
J’ai eu toute la journée pour réfléchir à ce retour tant attendu. Je savais déjà que je ne la conduirais pas sur le terrain confortable qu’elle espérait. Au fond de moi, je m’étais fixé une règle claire : pas de sexe ce soir. Pas d’orgasme pour elle, ni pour moi. Si Vicky désirait replonger, ce ne serait pas pour une simple partie de plaisir sous la couette, mais pour goûter à l’obéissance pour elle-même. Je voulais qu’elle découvre un plaisir différent : celui de se soumettre sans autre but que l’abandon, sans la consolation d’une jouissance finale. Mon intention était de raviver notre lien de domination en lui imposant cette vérité brute : la domination sans consolation, la soumission sans récompense immédiate.
Dès le matin, je lui ai donné des consignes précises pour la préparer mentalement. « Aujourd’hui, tu ne te douches pas, tu ne mets ni parfum ni déodorant. » Mon message était calme et sans appel. Vicky a écarquillé les yeux une seconde, puis a simplement répondu : « Oui, Maître. »
J’ai ajouté : « À intervalles aléatoires, tu glisseras ta culotte dans ton intimité et tu la garderas aussi longtemps que possible. Je veux que tu t’imprègnes de toi-même… et moi, je veux respirer ça. »
En ce moment, j’accorde une importance presque obsessionnelle aux odeurs. Les parfums artificiels m’importent peu ; ce que je désire, c’est l’essence naturelle de son corps, surtout après une journée sans artifice. L’odeur musquée de sa peau, l’arôme puissant de son sexe tenaillé de désir ou de frustration, son odeur, sa vérité. En lui imposant de porter sa petite culotte enfoncée en elle, je savais qu’à la nuit tombée ce morceau de coton serait saturé de son humidité, de sa sueur, de ce parfum poivré et intime qu’aucun flacon ne pourrait reproduire.
Pendant qu’elle vaquait à ses occupations quotidiennes avec ce secret glissant entre ses cuisses, moi, je me préparais de mon côté. J’ai rassemblé le martinet, une corde de jute souple que j’utilise rarement, et un large bandeau de satin noir. J’ai placé des glaçons au congélateur en prévision. À un moment, j’ai même pris le temps de revoir un tutoriel de bondage simple, un nœud pour attacher ses poignets derrière sa tête. Si Vicky aimait tant être ligotée, j’allais le lui offrir, avec précision. Chaque détail de la soirée était pensé pour la surprendre et la déstabiliser, pour l’emmener là où elle ne s’attendait pas.
Avant l’heure dite, je suis entré dans la chambre pour disposer l’espace. Une guirlande lumineuse diffusait une lueur tamisée. Devant la coiffeuse de Vicky, j’ai placé le tabouret à la bonne distance. C’est là que je voulais qu’elle se tienne, face à elle-même. Un face-à-face avec son reflet, prélude à tout ce qui allait suivre.
La séance
22h30. Quand j’ai pénétré dans la chambre, Vicky était déjà en position, comme ordonné. Nue, assise sur le petit tabouret devant la coiffeuse, les mains croisées bien sagement derrière la tête, elle m’attendait. Son dos droit trahissait sa nervosité : je voyais à sa nuque raide qu’elle retenait son souffle. Nos regards se sont croisés dans le miroir. Elle était magnifique, sa peau éclairée avec douceur, ses cheveux retombant en vagues sur ses épaules, mais je ne cherchais pas sa beauté de femme en cet instant. Je cherchais autre chose, quelque chose qu’elle-même n’était pas sûre d’avoir encore.
Je refermai la porte sans bruit et m’avançai derrière elle. Dans le miroir, mes yeux accrochèrent les siens. Je me tenais droit, calme, l’ombre de son Maître reprenant sa place. D’une voix posée, je lui donnai la première consigne de la soirée :
— « Regarde-toi. »
Vicky leva la tête et fixa son propre reflet. Je devinais le tumulte dans sa tête, se sentait-elle ridicule, vulnérable, excitée ? Probablement un peu de tout cela à la fois. Ma main se posa avec douceur sur son épaule nue. Sous mes doigts, je sentis un frisson la traverser. Elle avait la chair de poule.
— « Qu’est-ce que tu vois ? » demandai-je froidement en inclinant la tête, mon visage tout près du sien dans le miroir.
Elle hésita un instant, entrouvrant les lèvres sans trouver ses mots. Puis, croyant bien faire, elle souffla :
— « Je vois… une soumise, Maître. »
Je plissai légèrement les yeux. Non. Ce n’était pas la vérité, pas encore. Son regard trahissait autre chose : une certaine timidité, une retenue. Je ne voyais là surtout que ma femme du quotidien, qui jouait à prononcer ce mot pour me satisfaire. Sa réponse sonnait creux, automatique.
Je me penchai, mes lèvres frôlant presque son oreille :
— « Moi, je ne vois que ma Vicky… ma femme. Mais ce soir, elle va disparaître. » Mon ton restait bas, doux-amer. « Ce soir, tu vas cesser d’être ma femme. Tu vas devenir ma soumise. Entièrement. »
Dans le miroir, ses yeux s’abaissèrent d’eux-mêmes, comme sous le coup d’une honte soudaine ou d’une excitation coupable, sans doute un peu des deux. Son souffle s’accéléra légèrement. Ma main quitta son épaule pour glisser lentement le long de son dos, du bout des doigts. Tu es à moi…, murmurais-je.
Je laissai s’écouler quelques minutes de silence. Je voulais qu’elle se confronte vraiment à son image, qu’elle sente le poids de cet instant. Derrière elle, je continuai de la frôler tout en légèreté : un effleurement sur le côté de son cou, une caresse sur le haut de ses bras. Pas de quoi la soulager, juste assez pour faire courir sur sa peau de nouveaux frissons. Je voyais ses petits poils se dresser tandis que je dessinais des cercles du plat de la main entre ses omoplates. Ses tétons se durcirent, autant sous l’effet de ces frôlements que du mélange d’appréhension et de désir qui montait en elle. L’atmosphère se chargeait, dense, intime.
Quand je jugeai qu’elle avait suffisamment fait face à elle-même, à cette femme encore trop « femme » dans le miroir, j’ordonnai d’une voix soudain plus ferme :
— « Lève-toi. Suis-moi. »
Elle obéit sans un mot, se levant du tabouret. Je notai la légère raideur de ses gestes : Vicky retenait toujours une part d’elle-même. Elle exécutait l’ordre, mais son esprit devait encore lutter contre mille pensées parasites. D’un pas décidé, je la conduisis hors de la chambre, jusque dans la salle de bain attenante.
Le sol carrelé était froid sous nos pieds nus.
— « À genoux, là. » Je pointai du doigt le tapis devant la douche.
Elle s’agenouilla aussitôt, posant ses fesses sur ses talons, la poitrine haute, les yeux baissés.
— « Déshabille-moi. »
Vicky releva enfin les yeux vers moi. Sa réponse glissa dans un murmure :
— « Oui, Maître. »
Elle s’avança sur les genoux et ses mains s’attelèrent aussitôt à la tâche. Délicatement, elle fit glisser mon pantalon vers le bas, m’aidant à enjamber le tissu pour m’en libérer. Elle plia le vêtement et le posa sur le côté. Son visage se retrouva à hauteur de mon caleçon,je vis ses narines frémir légèrement en devinant le galbe durci de ma virilité sous le tissu. Elle fit glisser mon sous-vêtement le long de mes cuisses, libérant mon sexe déjà partiellement en érection. Elle était belle ainsi, agenouillée et appliquée, docile. Dans ces moments-là, on aurait dit qu’une sorte de paix l’enveloppait : la paix de l’acceptation de sa place.
Entièrement nu à présent, j’entrai sous la douche à l’italienne et j’ouvris l’eau tiède.
— « Relève-toi et viens. »
Elle entra à sa suite dans la cabine. L’eau ruisselait sur mes épaules et mon dos, éclaboussant un peu son corps nu à elle aussi. Elle frissonna mais se tenait prête, les yeux baissés en attente de mes ordres.
— « Tu vas me laver, Vicky, » ma voix claqua doucement sous le bruit de l’eau. « Avec dévotion. Chaque centimètre de moi doit être propre. Et si tu bâcles ta tâche… » Je lui relevai le menton d’un doigt pour qu’elle me regarde. « …tu seras punie. Tu le sais. » Mon autre main effleura la courbe de ses seins alourdis tandis qu’elle se penchait déjà pour attraper le gel douche. Je pinçai délicatement un de ses tétons durs.
Elle hocha la tête vivement :
— « Oui, Maître. Je ferai de mon mieux. »
Dans ses yeux, j’aperçus alors un éclair d’appréhension. Elle venait de comprendre que cette séance ne serait pas ce qu’elle avait pu imaginer. Qu’il n’y aurait pas de tendre prélude sous les draps menant à des corps entremêlés dans des soupirs de plaisir. Elle me connaît : en entendant mon ton inflexible et en me voyant ainsi, pragmatique sous la douche, elle a compris que j’avais en tête un scénario plus dur, plus froid. Que j’attendais autre chose d’elle qu’une amante. Je l’ai vue accepter cela en silence,ses pupilles se sont dilatées légèrement sous l’effet d’une crainte sourde, et j’ai remarqué qu’elle serrait un instant les cuisses dans un réflexe vite réprimé. Peut-être un geste pour se rassurer, ou pour étouffer un émoi naissant. Elle était déçue.
Vicky s’appliqua à me savonner, bien qu’au début ses mouvements fussent un peu mécaniques. Ses doigts savonnaient mes bras, mon torse, sans oser trop s’attarder sur mes parties intimes. Je la sentais encore réservée, presque réticente. Je choisis de ne pas la corriger immédiatement : ce n’était pas le moment de la braquer pour un détail. Je connais son côté brat, ce petit démon intérieur qui parfois teste mes limites en manquant volontairement d’ardeur ou d’initiative. Si j’avais sévi trop tôt, elle se serait crispée, et la séance n’aurait pas pu atteindre la profondeur que je visais. Je la laissai donc me laver à son rythme, notant toutefois chaque caresse tiède de ses mains savonneuses sur ma peau.
Peu à peu, ses gestes devinrent plus fluides. Elle se mit à genoux pour passer l’éponge sur mes jambes, entre mes orteils. Je laissai échapper un soupir de contentement lorsqu’elle entreprit de frotter doucement mes pieds, une besogne humble qui la plongeait déjà dans un état d’esprit servile. La voir agenouillée, astiquant mes mollets et mes cuisses, m’emplit d’une satisfaction sereine.
Lorsque j’estimai être rincé à la perfection, j’actionnai la poignée pour couper l’eau. Un silence relatif retomba, seulement troublé par le clapotis de quelques gouttes le long des parois. Vicky levait la tête vers moi attendant la suite.
Je la désignai du doigt et ordonnai :
— « À genoux. »
Elle l’était déjà, mais comprit que je voulais qu’elle se redresse sur les genoux plutôt que de rester assise sur ses talons. Elle se redressa donc, dos droit malgré l’étroitesse de la cabine, ses yeux grands levés vers moi.
Je posai ma main sur sa tête, un geste presque tendre, vite contredit par mes paroles :
— « Maintenant, tu vas finir ma toilette avec ta langue. »
Un éclair traversa son visage. Je sentis son cou se raidir sous ma paume. Ce n’était pas de la surprise. C’était de la déception. Elle avait parfaitement entendu. Mais ce n’était pas ce qu’elle attendait. Elle espérait une scène plus charnelle, plus tendre, plus classique. Pas cette plongée soudaine dans l’humiliation pure.
Elle resta muette une seconde, puis baissa les yeux. Et malgré cette frustration que je lisais dans ses gestes et sa respiration courte, elle répondit simplement, doucement :
— « Oui, Maître. »
J’ancrai mon regard dans le sien :
— « Lèche-moi. Chaque centimètre. Je veux que tu me nettoies de ta langue. »
Mon sexe, à quelques centimètres à peine de son visage, palpitait déjà à l’idée de ce qui allait suivre.
Je percevais son intense hésitation. Ce n’était pas de la honte. C’était de l’agacement. Elle ne voulait pas ça, pas ce genre de scène. Ce n’était pas ce qu’elle avait en tête en me réclamant une séance. Et je le savais. Une tension flottait entre nous, muette mais palpable. Elle ne disait rien, mais je voyais ses mâchoires se crisper, sa respiration s’accélérer, ce petit froncement de sourcils qu’elle réprime à peine. Elle lutta un bref instant contre son envie de protester, puis baissa les yeux. Lentement, ses poings se dénouèrent sur ses cuisses. Elle ravala ce qui restait de résistance et murmura simplement :
— « …Oui, Maître. »
Docile, elle tira la langue et l’apposa timidement sur ma hanche, là où perlait une goutte d’eau. Ce petit geste de pointe, hésitant, me fit frissonner. Encouragée par ce frisson qu’elle sentit chez moi, elle recommença, plus franchement. Elle passa sa langue le long de ma hanche jusqu’à mon flanc, ramassant l’eau et le savon résiduel. Puis elle descendit sur le haut de ma cuisse, léchant la peau encore tiède sous l’effet de la douche.
Une décharge d’excitation me traversa de part en part. Voir ma femme, d’ordinaire si fière, se transformer en esclave de bain, le visage humblement baissé sur mon corps, m’électrisait. Mon sexe, déjà durci, se dressa complètement devant son front. Je sentais mon cœur battre plus vite, une chaleur intense envahir mon bas-ventre. C’était grisant.
Je dois avouer que j’ai toujours été stimulé par ses résistances vaincues. Bien avant que nous n’explorions le BDSM, il y avait en moi cette part trouble qui aimait la voir lutter un peu, émotionnellement ou physiquement, avant de céder. La voir parfois fondre en larmes après une dispute, puis se blottir contre moi pour chercher du réconfort… ces moments paradoxaux éveillaient déjà en moi un désir presque cruel, mêlant protection et domination. Aujourd’hui, dans ce rôle consenti, chaque parcelle d’elle qui se soumet après avoir hésité est pour moi un aphrodisiaque puissant.
Vicky, à genoux sous ma main, léchait désormais consciencieusement mes cuisses, remontant vers mon bas-ventre. Ses mouvements, d’abord maladroits, gagnaient en assurance. Elle variait la pression de sa langue : tantôt large et plate contre ma peau, tantôt pointue pour tracer des sillons le long de mes muscles.
Cependant, je remarquai vite qu’elle évitait soigneusement l’endroit le plus intime. Mon sexe tendu se trouvait à hauteur de son visage, tout près de ses lèvres et de sa langue, mais elle l’ignorait délibérément. À la place, elle léchait autour, passant du bas de mon ventre à l’aine opposée, m’entourant d’attentions tout en esquivant mon membre raidi. C’était une petite défiance savamment calculée : elle exécutait mon ordre tout en se refusant à vraiment me satisfaire.
Je laissai échapper un léger grognement, à la fois frustré et amusé. Ah, la voilà, cette petite insolente qui pointait le bout de son nez ! Malgré la situation humiliante, Vicky trouvait encore le moyen de jouer sur les mots de mes ordres. Je n’avais pas explicitement dit « lèche-moi le sexe », seulement « chaque centimètre ». Elle profitait de cette ambiguïté, espérant sans doute que je la corrigerais, cherchant probablement à tester jusqu’où j’irais.
Un sourire prédateur étira mes lèvres. Très bien. Le jeu du chat et de la souris était lancé. Sans un mot, j’ai refermé mes doigts autour de ma queue et l’ai redressée, la tenant fermement érigée devant son visage. Mes testicules pleins se trouvaient maintenant juste sous son nez. Vicky suspendit ses mouvements, figée par cette invitation muette. Je la sentis retenir son souffle. Elle leva vers moi des yeux incertains ; en retour, je lui lançai un regard noir, chargé d’avertissement.
Son insolence m’avait effleuré l’espace d’une minute, et déjà l’envie me brûlait de la punir. Mon autre main me démangeait de s’abattre sur sa joue pour lui rappeler durement qui décidait ici. Je la contins pourtant, préférant les mots au geste pour l’instant. D’une voix basse et mordante, je corrigeai :
— « Lèche tout, Vicky. Maintenant. Comme la bonne soumise que tu prétends être. Je veux que tout soit propre, compris ? »
Elle déglutit, comprenant que la plaisanterie était terminée.
— « Oui… Maître. »
D’une petite langue docile, elle vint timidement laper mes bourses. Le contact chaud et humide de sa bouche à cet endroit sensible m’arracha un soupir rauque de plaisir. Je relâchai un peu ma prise à la base de ma verge, savourant comme elle s’appliquait désormais avec zèle : elle embrassait chaque testicule, les léchait de bas en haut, récoltant chaque goutte d’eau et de sueur comme on dégusterait un fruit rare.
Je la laissai faire quelques secondes, les yeux mi-clos. Son obéissance retrouvée était un baume exquis sur mon autorité ébranlée. Elle glissa sa langue sous mes bourses, les soupesant de sa lèvre supérieure, puis remonta en longues coulées chaudes jusqu’à la base de mon sexe. J’entendais son souffle fort alors qu’elle s’occupait de moi avec une déférence renouvelée.
Puis, sans crier gare, je décidai de porter le coup de grâce à sa fierté. D’un pas, je pivotai à demi, cambrai le dos, lui offrant une vue sans équivoque sur la part la plus honteuse que je pouvais lui présenter : mon anus.
Mon ordre claqua, impitoyable. « Lèche-le. Nettoie-moi partout, j’ai dit. »
Je sentis son corps se crisper, ses épaules se raidir. Elle marqua une franche hésitation. Son souffle chaud caressait mon sillon fessier sans qu’elle n’ose avancer la langue. À la place, elle déposait de petits baisers humides, papillonnant sur la peau de mes fesses dans l’espoir d’y suffire. Je devinais combien l’humiliation devait être cuisante. Cette femme fière, était maintenant là, à genoux dans une douche, le visage enfoui entre les fesses de son mari…
Mais c’est exactement là que je la voulais : à ce point de rupture où tout son ego se débat en elle.
— « Allez… applique-toi, Vicky. C’est un ordre, » dis-je d’un ton traînant qui ne laissait place à aucun refus.
Elle inspira profondément, à plusieurs reprises, comme pour se donner du courage. Puis, vaincue, je la sentis céder : sa langue timide vint enfin effleurer la rosette de mon anus. Une décharge brûlante et animale me remonta l’échine. Oh bon sang… Un grognement rauque m’échappa. Sa langue, d’abord petite flamme hésitante, s’affirma un peu plus après ce premier contact. Elle lapa autour du muscle, puis directement dessus, par de lentes pressions plates. Je poussai un soupir de bien-être, profondément satisfait par ce tournant de la situation. Physiquement, le plaisir était intense, des ondes exquises irradiaient depuis ce point hyper-sensible vers mon bas-ventre, alimentant l’érection lourde que je maintenais de la main. Psychologiquement, c’était encore plus fort : je venais de faire basculer ma femme un cran plus loin dans l’abnégation. Elle m’offrait sa soumission ultime.
Je savourai pleinement cet instant. Vicky léchait mon trou avec une application maladroite mais évidente à présent. Par instants, elle manquait de précision, s’égarant sur ma fesse ou n’osant pas vraiment enfoncer sa langue.
— « Oui… continue… c’est bien… » m’échappai-je entre deux râles de contentement.
Au bout de quelques dizaines de secondes, je jugeai que l’humiliation avait assez duré. Vicky haletait, secouée, incapable de soutenir mon regard ne serait-ce qu’un instant. De ses lèvres humides coulait un mince filet de salive mêlé d’eau. Sa poitrine se soulevait vite. Dans sa posture effondrée je lisais aussi une sorte de défaite paisible. Elle avait fait ce que j’exigeais, malgré son dégoût, et j’étais satisfait. Une partie d’elle, paradoxalement, devait être soulagée et fière de m’avoir obéi jusqu’au bout.
Je saisis une grande serviette sur le porte-serviettes et la jetai sur elle.
— « Essuie-moi. » dis-je simplement, d’une voix encore imprégnée du plaisir qu’elle venait de me donner.
Les yeux baissés, Vicky s’exécuta. En silence, elle tapota la serviette sur mon torse, mon dos, mes jambes, épongant les gouttes. Sa respiration se calmait peu à peu. En la voyant ainsi faire, docile et endeuillée de son orgueil, je ressentis une bouffée de fierté à mon tour de l’avoir menée là, sur ce terrain de soumission.
Sans un mot de plus, je la reconduisis vers la chambre. Sa peau nue frissonnait au contact de l’air plus sec du couloir. Je sentais son pas derrière moi, comme si elle flottait dans un état second, entre honte et soulagement, entre confusion et l’étrange fierté d’avoir franchi une épreuve.
De retour dans la chambre faiblement éclairée, je la fis se placer au centre de la pièce, puis je la contournai pour me poster face à elle. Mon regard descendit lentement le long de sa silhouette. Je remarquai, en baissant plus le regard, une petite chose dépassant légèrement de son intimité… sa culotte. Elle l’avait insérée en elle, comme je l’avais exigé, et elle y était toujours, gorgée à présent des sucs de son désir et du fruit de son humiliation. À cette vision, un sourire satisfait étira ma bouche.
— « Retire-la. Lentement. »
Elle obéit. Ses doigts glissèrent entre ses cuisses, pincèrent le tissu trempé, et commencèrent à l’extraire. Le bruit était obscène, mouillé, parfait. Le coton gorgé de fluides résistait légèrement, accroché à ses lèvres gonflées, puis se détacha lentement, laissant un mince filet de lustration entre ses jambes. Une offrande. Elle me tendit la culotte du bout des doigts.
Je la pris sans un mot. La porta à mon visage. Et respira profondément. Mes narines se remplirent de sa quintessence. Mon Dieu… C’était puissant et exquis, exactement comme je l’avais imaginé en fantasmant toute la journée. Mes paupières frémirent sous l’effet de ce nectar olfactif. Je lâchai un soupir d’aise presque extatique, exagérant à peine mon plaisir pour qu’elle le voie bien.
Elle me donnait quelque chose d’elle, là, tout de suite, quelque chose de cru, d’animal, et je l’accueillais sans dégoût, bien au contraire, avec avidité. Cette réalisation la bouleversa : elle commençait peut-être à comprendre que dans ce jeu, rien d’elle ne me répugnerait, pas même ses senteurs les plus secrètes.
Je me redressai lentement, tenant toujours la culotte détrempée entre mes doigts. Vicky se tenait immobile. J’approchai le chiffon mouillé de son visage.
— « Tu la sens ? » murmurai-je.
Elle acquiesça d’un petit mouvement de tête, le regard trouble.
— « C’est toi, ça... »
Elle cligna des yeux. Je continuai sans faillir :
— « Ouvre la bouche. »
Son regard s’agrandit elle obéit : lentement, ses lèvres s’entrouvrirent. Sans attendre, je roulai la culotte en boule et la fourrai dans sa bouche grande ouverte. Elle étouffa un petit cri. Enfonçant le tissu du bout des doigts, je veillai à ce qu’il soit entièrement logé derrière ses dents. Sa mâchoire fut distendue par ce bâillon improvisé ; je la vis tenter de déglutir tant l’étoffe envahissait sa langue et son palais. Aussitôt, la saveur salée-acide de ses fluides et de sa sueur envahit ses papilles, son visage se plissa sous l’assaut de ce goût puissant d’elle-même.
Je n’étais pas rassasié de cette vision. Je voulais sceller son silence et sa souillure. J’attrapai sur la commode le ball gag en silicone noir que j’avais préparé. Rapide et méthodique, j’insérai la boule dans sa bouche, par-dessus la culotte déjà là, et bouclai la sangle derrière sa nuque. Le cuir se mêla à ses mèches. Voilà : sa bouche était scellée, gorgée de son propre sous-vêtement, son cri muselé par la boule que j’avais bien serrée. Elle ne pourrait plus rien prononcer distinctement sans mon autorisation.
Vicky baissa les yeux, comme je lui ai appris à le faire. Je lui ai formellement interdit de soutenir mon regard lorsque je la réduis à l’état d’objet : j’aime sentir dans la courbe de ses cils baissés toute sa soumission. Là, tout de suite, elle ressemblait à une poupée, offerte à mes caprices.
Je pris enfin le large bandeau pour les yeux,, simple et opaque, et m’approchai d’elle pour le lui passer autour de la tête. Dans le noir complet, privée à la fois de la parole et de la vue, elle inspira un grand coup. Ses narines frémissaient, son monde se limitait à son parfum entêtant qui emplissait sa bouche et son nez.
— « Position d’inspection. » ordonnai-je d’un ton clair.
Immédiatement, malgré sa cécité soudaine, elle s’exécuta : elle écarta les jambes d’environ la largeur de ses épaules et croisa ses poignets derrière la tête, doigts entrelacés. Cette posture, nous l’avions répétée des dizaines de fois : ainsi doit-elle se présenter quand je l’examine. Je fis un pas en arrière pour la contempler. Quelle vision sublime : Vicky, nue, debout au milieu de la chambre, vulnérable et belle, les seins fièrement projetés en avant par la position des bras, le dos légèrement cambré, le pubis exposé, et ce bandeau noir soulignant la pâleur de sa peau frissonnante… Elle était une œuvre offerte à mon bon plaisir.
Je m’approchai et entrepris de l’inspecter, comme on le ferait d’une jument ou d’une esclave sur un marché. Mes mains fermes parcoururent son corps méthodiquement. Je commençai par le haut : je passai la paume sur ses cheveux, puis sur son front, ses joues.
Je continuai la descente. Mes mains se posèrent sur sa taille fine, puis coulèrent sur la courbe de ses hanches. J’y écartai les doigts en éventail. Une bouffée de possessivité me traversa. Je devais la nourrir à nouveau de mon autorité pour qu’elle reprenne vie.
Je collai mon nez au creux de son aisselle et aspirai longuement. L’odeur brute de sa sueur, accumulée depuis le matin sur sa peau non lavée, m’emplit les narines. Un parfum puissant, piquant, à en perdre la tête. Je fermai les yeux une seconde, étourdi par cette senteur bestiale.
— « Hmmm… » laissai-je échapper dans un grognement appréciateur.
Je repris mon inspection tactile en passant maintenant derrière elle. Mes paumes caressèrent la chute de ses reins, glissèrent sur la rondeur de ses fesses. Je retrouvai sous mes doigts la texture moelleuse de sa chair, encore fraîche et intacte, cela ne durerait pas, je prévoyais de la marquer de rouge sous peu. Je notai avec plaisir qu’elle était gonflée, signe qu’en dépit, ou à cause, de tout ce qu’elle vivait, elle était excitée. Son corps ne mentait pas.
Mes doigts s’approchèrent pour confirmer : je les glissai sans prévenir le long de la fente visqueuse de son sexe. Deux doigts caressèrent ses lèvres intimes, s’enduisant aussitôt d’un mélange de mouille tiède et de salive résiduelle du tissu. Je trouvai son clitoris, dur comme une petite noisette, sous mon index. Elle bascula le bassin en avant instinctivement, cherchant plus de contact, mais je retirai ma main aussitôt, laissant son bouton orphelin et palpitant d’envie.
— « Reste immobile. »
Elle se figea de nouveau, un gargouillis suppliant s’échappant de sa gorge.
— « Bonne fille… » murmurai-je. Je caressai sa hanche d’une main pour la féliciter silencieusement de son endurance. Privée de vue et de voix, chaque petit geste de ma part prenait pour elle une ampleur sensorielle démultipliée.
Sans prévenir, j’attrapai alors un des glaçons que j’avais disposés dans un bol sur la coiffeuse. Il était bien formé, solide et glacé entre mes doigts. Vicky, ne voyant rien, ne s’attendait à rien. Un rictus en coin aux lèvres, je posai le glaçon tout en haut de sa nuque, à la naissance de la colonne vertébrale.
Elle eu un petit tressaillement au contact du froid extrême sur sa peau. Un cri étouffé se perdit contre la culotte dans sa bouche :
— « Hhmmmpf ! »
Ses bras frémirent et j’entendis le cliquetis de la boucle du bâillon tandis qu’elle secouait la tête par réflexe. Mais elle se maîtrisa admirablement vite, se rappelant mes consignes : ses mains resterent en place derrière sa tête, son dos bien droit, malgré le glaçon qui commençait à fondre lentement le long de sa colonne.
Un sourire fier étira mes lèvres. Sa formation portait ses fruits. Avant, elle n’aurait pas tenu une seconde ; elle aurait gloussé, gigoté, peut-être même arraché le bandeau en protestant. Mais là, ce soir, elle demeurait stoïque, offerte, la soumise parfaite.
Je fis voyager le glaçon avec lenteur le long de son dos cambré. Un sillon glacé se traçait sur sa peau en frissons visibles. Je m’appliquai à suivre chaque vertèbre, descendant inexorablement vers le creux de ses reins. Vicky tremblait, mais n’émettait que de petits gémissements étouffés. Quelle maîtrise ! J’étais profondément impressionné, et quelque part ému de la voir ainsi surmonter ses instincts pour me plaire.
Arrivé en bas de son dos, je fis glisser le glaçon autour de la courbe d’une fesse, puis de l’autre, dessinant des arabesques glacées sur ces globes tendres. Je contournai ainsi son bassin et ramenai le glaçon froid sur son ventre. Elle contracta aussitôt ses abdominaux sous l’effet de surprise, comme pour fuir ce contact polaire, mais elle ne broncha toujours pas. Je laissai la glace fondre un peu sur son nombril, puis la fis remonter entre ses seins. Ses pointes durcies frissonnaient, la peau tout autour se plissait sous l’agression du froid. Je passai le glaçon sur un téton brun, puis sur l’autre, Vicky lâcha un couinement étouffé à ce supplice inhabituel, mais sa cage thoracique se soulevait toujours en silence, acceptant l’épreuve.
Je continuai ma descente givrée plus au sud, contournant son mont de Vénus et longeant le haut de ses cuisses. Quand le glaçon effleura sa vulve trempée, elle ne chercha ni à fuir ni à refermer les jambes. Elle encaissait, soumise jusqu’au bout.
Je broyai le glaçon à moitié fondu entre mes doigts, le laissant choir au sol. Mon jouet frissonnait de partout, grelottant presque. Je décidai que cela suffisait. D’une main douce, je retirai le bandeau de satin qui couvrait ses yeux. Elle papillonna des paupières, momentanément aveuglée par le faible halo de la lampe après l’obscurité totale.
Ses prunelles, encore un peu dans le vague, finirent par se fixer sur moi. Je me contentai de lui adresser un regard fier, pour qu’elle comprenne que j’étais fier d’elle. Derrière son bâillon, je vis la commissure de ses lèvres s’étirer en un imperceptible sourire, celui d’une élève félicitée sans mots.
Je pris mon temps pour détacher la lanière de cuir du ball gag et déloger délicatement la boule de sa bouche. Le bâillon tomba, entraînant avec lui la petite culotte détrempée qui chuta au sol. Elle toussa légèrement, reprenant difficilement son souffle. Sa mâchoire devait être endolorie d’être restée forcée ouverte si longtemps. Je la laissai respirer quelques instants, gardant ma main posée sur son épaule pour l’ancrer.
— « Regarde-moi, » dis-je doucement.
Elle leva vers moi un regard trouble, ses lèvres rougies entrouvertes, incapable de former le moindre mot. Je la fixai intensément :
— « Tu as bien tenu. Très bien même. »
Elle hocha la tête faiblement, un soupir tremblant glissant de sa bouche irritée.
Mais l’heure n’était pas à la tendresse. J’avais encore des épreuves en réserve pour elle. Je voyais qu’elle était enfin dans l’état d’esprit voulu, docile, plus calme. Il était temps de continuer pour ancrer plus profondément cette transformation.
Je m’écartai d’un pas et haussai le ton pour donner l’ordre suivant :
— « Mains contre le mur, Vicky. »
Elle sursauta légèrement à la soudaineté de mon ton après cette accalmie relative, mais obtempéra aussitôt. Le mur n’était qu’à un mètre derrière elle. Elle y posa ses paumes ouvertes, doigts écartés, à hauteur de son visage.
Instinctivement, elle cambra les reins et écarta de nouveau les pieds pour assurer son équilibre, sa poitrine frôlant presque la paroi. Je me plaçai derrière elle et posai une main sur sa nuque, appuyant légèrement pour qu’elle comprenne de coller sa poitrine et son front contre le mur.
— « Jambes plus écartées. Oui… comme ça. »
Elle arqua davantage les cuisses, s’inclinant pour que son buste soit bien à plat contre le mur.
Je me penchai à son oreille, mon torse quasiment collé à son dos :
— « Je vais coincer un glaçon entre tes fesses. Tu devras le tenir le plus longtemps possible sans le laisser tomber. Si tu le laisses tomber… tu sais ce qui t’attend. »
Je sentis sa gorge se contracter et ses doigts se crisper contre le mur en entendant cette consigne. Un petit
— « Oui, Maître… » s’échappa de ses lèvres, à peine audible.
Je récupérai le second glaçon préparé, plus gros que le premier. De ma main libre, j’écartai ses deux fesses généreuses. Elle retint son souffle. Le contact du cube glacé contre son anus fit claquer un de ses talons au sol par réflexe, mais rapidement elle mobilisa tout son contrôle pour ne plus bouger du tout. J’enfonçai le glaçon entre ses fesses jusqu’à ce qu’il y tienne tout seul, niché juste à l’entrée de son intimité arrière, serré par ses deux globes charnus.
— « Voilà. Tiens-le. Ne bouge plus. »
Je reculai de deux pas, bras croisés, et j’observai.
Le spectacle était fascinant : Vicky, en posture de supplice, plaquée au mur, nue, restait aussi immobile qu’une statue. Seul le léger tremblement de ses cuisses trahissait sa lutte. Le glaçon devait être en train de mordre cruellement la peau fine de son sillon fessier. De minces rigoles d’eau glacée coulaient déjà le long de l’intérieur de ses cuisses à mesure qu’il fondait, traçant des chemins brillants sur sa peau. Elle devait les sentir jusqu’à l’arrière de ses genoux, mais elle ne bronchait pas. Pas un cri, pas une plainte, juste son souffle, qui sifflait un peu plus vite.
Je me mis à compter mentalement les secondes. 30… 45… 60… Son dos luisait légèrement de sueur mêlée d’eau, ou bien était-ce mon imagination ? J’entendais son souffle devenir court. Elle serrait fort les fesses pour retenir la glace que tout son corps était tendu comme un arc.
75… 90 secondes. C’était long, très long, pour supporter cela. Je devais me montrer prudent : trop prolonger l’exercice risquait de lui brûler sérieusement la peau ou de la traumatiser inutilement. Mon but était de la pousser à bout, pas de la blesser.
Finalement, après un peu plus d’une minute et demie, je m’approchai pour mettre fin à l’épreuve. Je posai une main en coupe sous ses fesses et lui dis doucement :
— « Relâche. »
Elle desserra ses fesses endolories et le glaçon, réduit à un morceau cabossé, tomba dans ma paume. Je le jetai aussitôt dans le bol.
Vicky haleta de soulagement.
— « C’est bon, c’est fini, » murmurai-je en déposant un baiser doux sur le haut de son dos.
Elle ferma les yeux, haletante, comme si ce baiser venait sceller son triomphe. J’étais fou de fierté. Si fier d’elle ! Elle était restée immobile tout du long, comme je l’avais exigé, sans laisser tomber le glaçon. Une performance de ferveur et d’endurance.
Je parcourus son corps de mes mains pour la réconforter : je caressai son ventre tremblant, remontai sur ses seins en de lentes effleurances apaisantes. Je déposai quelques baisers le long de son épine dorsale encore glacée, et je sentis ses poings crispés se desserrer peu à peu contre la paroi. Ses muscles se détendaient sous mes paumes.
— « C’est bien… très bien… » la félicitai-je à mi-voix, mes lèvres effleurant la peau de son cou.
Ma main glissa ensuite entre ses cuisses, venant caresser délicatement l’intérieur meurtri et engourdi. Je sentis au passage la marque du froid sur sa peau. D’un toucher léger, je frottai pour y ramener un peu de chaleur, tout en m’aventurant plus haut pour gratifier son sexe d’une caresse tendre. Mon majeur s’insinua entre ses lèvres intimes. Je les caressai doucement, sans même chercher son clitoris cette fois, juste pour la consoler. Un long soupir s’échappa de ses lèvres, tremblant d’émotion. Elle était en pleine reddition maintenant. Il était temps de cueillir le fruit de tous ces efforts.
— « Mets-toi à genoux, » soufflai-je.
Sans résistance, Vicky quitta le mur et se laissa glisser à genoux sur la moquette, soulagée de pouvoir enfin s’abandonner complètement à la pesanteur. Je la guidai du bout des doigts jusqu’au centre de la pièce.
— « Position Nadu, » ajoutai-je, précis.
Elle s’exécuta lentement, prenant la pose apprise. A genoux, les cuisses écartées, les paumes tournées vers le haut posées sur ses cuisses, le dos droit, la poitrine offerte et le regard baissé. Elle tremblait légèrement, mais sa posture était belle, élégante, empreinte d’une grâce soumise. Elle n’avait jamais eu l’air aussi authentiquement soumise qu’en cet instant.
Je me tenais debout face à elle, la respiration profonde. Mon sexe était toujours gonflé d’excitation, mais je l’ignorais délibérément pour l’instant, ce n’était pas ma jouissance que je cherchais ce soir. Je savourais surtout la vision de Vicky prostrée ainsi, après toutes ces épreuves, m’offrant son âme sur un plateau d’argent.
Je fis un pas en avant, amenant mes pieds juste entre ses genoux ouverts.
— « Embrasse mes pieds. Vénère-moi. »
Sans attendre, Vicky se pencha docilement. Elle posa ses lèvres tremblantes sur mon pied droit d’abord, puis sur le gauche, en une série de baisers doux et légers. Je sentis la tiédeur de sa bouche épuisée se déposer sur ma peau. Elle s’appliquait à adorer cette partie de moi, la plus basse, la plus humiliante à embrasser, comme si c’était un privilège. Ses baisers étaient lents, sincères. Elle descendait jusqu’au talon, remontait sur le cou-de-pied, sans rien omettre. Son souffle chatouillait mes orteils, son nez frôlait mon empeigne, elle semblait prête à me lécher là aussi si je le lui demandais.
Je fermai les yeux un instant pour mieux ressentir cette vénération. Ma soumise à mes pieds : la place qu’elle avait regagnée, la seule qui me comblait réellement, elle dans son dévouement, moi dans ma domination. J’aurais pu la laisser là des heures, tant la scène m’était agréable et apaisante. Sa cambrure était parfaite, sa nuque soumise dessinait une courbe sublime vers le sol tandis qu’elle appuyait ses lèvres contre mes orteils avec une ferveur qui me surprenait moi-même.
Je la laissai me vénérer de la sorte pendant peut-être deux ou trois minutes. Un silence recueilli baignait la chambre, seulement troublé par le bruit mouillé de ses baisers sur ma peau et de nos respirations qui s’étaient peu à peu synchronisées. Je jurerais qu’elle trouvait dans cet acte une forme de paix. Ses soupirs étaient devenus plus réguliers, moins tremblants, comme si embrasser mes pieds la réconciliait avec ce qu’elle était en train de redevenir : ma soumise, mon objet de dévotion inversée.
Mais je ne voulais pas la laisser se complaire trop dans cette douceur. Pas ce soir. Je devais encore marquer son corps et son esprit pour parachever l’œuvre entamée.
Je reculai légèrement le pied, rompant le contact de ses lèvres, et dis d’une voix plus dure :
— « Ça suffit. Redresse-toi. »
Elle obéit immédiatement, se redressant sur ses genoux.
Je fis quelques pas pour attraper le martinet que j’avais posé un peu plus tôt sur le lit. Les lanières de cuir souple pendirent lourdement de ma main tandis que je revenais vers elle. Ses épaules tressaillirent lorsqu’elle entendit le glissement familier du cuir. Elle savait ce qui l’attendait.
— « Position de punition : front au sol, fesses levées. »
Elle eut un bref hoquet de surprise, nous n’avions jamais vraiment codifié cette position, mais elle en comprit l’idée. Aussitôt, elle s’exécuta : sa poitrine et son visage vinrent se coller au sol dans un geste gracieux, les bras tendus vers l’avant, et ses genoux reculèrent de manière à ce que ses fesses soient bien hautes et offertes. Elle se retrouva ainsi prosternée, le front contre le parquet, la cambrure extrême mettant en valeur son derrière tremblant. Cette posture d’humilité absolue dévoilait tout : la crispation anxieuse de son petit anus, l’entrouverture luisante de son sexe gonflé, la moindre courbe de ses hanches.
Je fis glisser le manche du martinet le long de son épine dorsale, pour la prévenir du contact à venir. Elle frissonna intensément, ses doigts se crispant dans le tapis. Je pris la parole, détachant chaque mot :
— « Je vais te fouetter, Vicky. Dix coups. »
Je la vis hocher la tête contre le sol dans un accord muet. Ses cuisses s’écartèrent spontanément un peu plus, comme pour faciliter mon accès.
— « Et tu vas les compter à voix haute, » ajoutai-je.
Sa voix étouffée s’éleva faiblement :
— « Oui, Maître… »
Je me reculai d’un pas pour prendre un bon angle de frappe. Le martinet siffla une première fois dans l’air et vint cingler ses fesses dans un claquement sec.
— « Ah !… Un ! » cria-t-elle aussitôt d’une voix étranglée.
Je notai qu’elle n’avait pas perdu les bonnes habitudes : même après des mois sans pratique, elle se souvenait de compter. Un mélange de fierté et de plaisir trouble m’emplit la poitrine.
Je ne laissai pas de répit. Le deuxième coup partit, visant l’autre moitié de son fessier. Une belle marque rouge se dessina presque immédiatement sur la peau pâle.
— « Deux ! »
Je continuai, méthodique et mesuré. Troisième coup, légèrement plus bas, à cheval sur le haut d’une cuisse. Elle couina en soufflant :
— « Trois ! »
Je pris soin de ne pas frapper toujours au même endroit, alternant les joues, montant ou descendant d’un demi-pas pour répartir la morsure du cuir. Quatrième, cinquième, sixième… À chaque impact, son corps se tendait puis s’affaissait, et elle clamait le chiffre dans un halètement.
À
— « Sept ! » sa voix se brisa sur une note tremblante. Je la soupçonnai d’approcher de sa limite, même si son visage m’échappait.
Je ne ralentis pas pour autant.
— « Huit ! » lâcha-t-elle, la voix éraillée, tandis qu’un spasme secouait sa taille.
— « Neuf ! » Son souffle n’était plus qu’une succession de gémissements étranglés.
Enfin, je fis siffler le cuir une dernière fois en travers de ses cuisses déjà marquées.
— « Di… dix ! » Le dernier chiffre mourut dans un geignement pitoyable.
Je restai immobile un instant, admirant mon œuvre : Vicky restait dans la posture prescrite, n’osant bouger sans mon autorisation. Son derrière était zébré de stries rosées en relief, chaudes au toucher, je le savais d’expérience. Son souffle était rauque. Dix coups, ce n’est pas grand-chose pour elle en temps normal, elle en a connu bien pire. Mais ce soir, je la sentais déjà au bord de la rupture émotionnelle. Nous n’avions pas joué depuis longtemps.
Je posai le martinet sur la coiffeuse.
Délicatement, je lui relevai la tête du sol. Elle se laissa faire.
Je pose le martinet sur le lit à côté, puis la relève. Délicatement, je saisis ses poignets. « Donne-les-moi… » murmuré-je. Elle obéit aussitôt, offrant ses deux mains. Sans un mot de plus, j’entoure ses poignets d’une corde douce et solide que j’avais préparée. Mes gestes sont sûrs, précis, j’applique exactement la technique apprise dans ce fameux tutoriel vidéo. Je tire ses bras en arrière et vers le haut, croisant ses poignets juste derrière sa tête. En quelques minutes, le nœud bloque ses avant-bras bien haut contre son dos, dans une posture d’offrande contrainte.
Vicky étouffe un léger gémissement, non de douleur cette fois, mais de bien-être : je sens ses muscles qui se détendent peu à peu sous la corde, comme si l’entrave était un baume. Un soupir long glisse de ses lèvres entrouvertes. Elle aime ça, être attachée, retenue, totalement à ma merci. Ses yeux se ferment doucement. Pendant de longues minutes, je la garde ainsi, immobilisée. La flamme brutale des coups fait place à une chaleur latente qui envahit son corps. Ses épaules s’affaissent légèrement dans un abandon confiant. Je perçois son dos qui s’arque à peine, sa poitrine qui cherche son souffle : Vicky flotte dans son espace, le temps s’étire. Peut-être cinq, peut-être dix minutes… je ne compte pas. Je veux la laisser savourer cette captivité qu’elle adore tant.
Je me redresse et l’observe en silence. Ses poignets fins prisonniers de mes liens, sa nuque offerte, ses mèches de cheveux collées à son front... Elle est magnifique de vulnérabilité. Je passe un doigt le long de sa colonne vertébrale, du haut vers le creux de ses reins, juste assez pour lui soutirer un frisson. Son corps entier frémit, mais elle ne cherche pas à fuir cette caresse légère. Au contraire, je l’entends expirer d’aise. Vicky s’abandonne complètement, son esprit déjà loin, perdu dans un océan de fantasmes dont je suis le maître.
Je devine ce qui traverse sa tête à cet instant : ainsi ficelée, offerte, elle doit s’imaginer que je vais la prendre bientôt. Que je vais la récompenser de ses efforts en la possédant sans retenue. Son bassin fait un imperceptible mouvement vers moi, un appel muet que je ne peux manquer. Un sourire froid étire le coin de ma bouche. Pas si vite…
Je décide de jouer avec cette attente qui la consume. Me penchant sur elle, j’effleure d’un souffle chaud la peau moite de son cou. Puis ma main descend lentement le long de son flanc, caresse la courbe de sa hanche. Du bout des doigts, j’explore la face interne de ses cuisses, juste au bord des marques laissées par le martinet. Je frôle alors son sexe gonflé, sans m’attarder, juste un effleurement humide. Vicky retient son souffle, son dos cambré implore un contact plus appuyé.
Je sens sur mes doigts la moiteur de son désir. Elle est trempée. Ses lèvres intimes coulent d’envie, offertes sous la corde qui la tient. Ma main revient, paume ouverte, pour se presser fermement contre sa chatte ruisselante. Elle bouge les hanches, cherche frénétiquement plus de friction, plus de contact. Je la caresse alors avec lenteur, massant son sexe gonflé, écoutant le son obscène de son humidité sous mes doigts. Chaque geste calculé la fait gémir un peu plus fort. Ses yeux restent fermés ; son visage se tord d’une extase montante. Elle croit que son calvaire touche à sa fin. Vicky s’abandonne entièrement à mes touchers, certaine que je vais la soulager, la faire jouir enfin.
Je la sens glisser vers un plaisir trop facile. Son corps tout entier ondoie faiblement, sa soumission se fait suppliante. Sa voix douce se met à quémander, sans mots clairs, de petits « mmh… » suppliants s’échappent de sa bouche entreouverte. Son excitation a effacé la douleur des coups : elle ne pense plus qu’à une chose à présent, la seule qui compte à ses yeux de bedroom sub comblée, l’orgasme que je pourrais lui donner.
Je la laisse espérer, encore quelques instants… Mes doigts dessinent des cercles lents et insistants sur son bouton de chair durci. Vicky halète, captive de cette torture exquise.
Brusquement, je me fige. Je m’arrête net.
D’un geste, je retire ma main et me recule, rompant tout contact. Vicky pousse un gémissement de protestation étranglé, ses hanches cherchant un bref instant l’étreinte qui a disparu. Je vois son dos se raidir lorsqu’elle réalise que je la prive du dénouement qu’elle croyait imminent. Un petit couinement frustré lui échappe.
— « Sur le lit. Allongée sur le dos, maintenant. » ordonné-je d’une voix sèche.
Je la guide sans douceur jusqu’au bord du lit et l’y bascule sur le dos. Vicky retombe sur le matelas. Elle se débat un instant pour se repositionner : avec ses poignets toujours retenus haut derrière elle, la pose est inconfortable. Ses bras noués sous son dos arquént sa poitrine vers le plafond. Je remarque à peine son grimace fugitive ; mes pensées sont ailleurs. Le martinet m’attend, posé à portée de main. Je le reprends lentement, en silence.
Ses yeux s’écarquillent, un mélange d’incompréhension et de crainte. Elle halète, le corps encore tremblant du plaisir interrompu. Son regard cherche le mien, implorant. Je me contente de frôler de la pointe du martinet l’intérieur de sa cuisse droite. Elle comprend immédiatement.
— « Écarte les cuisses. »
Ma voix tombe, froide, implacable.
Vicky obéit, du mieux qu’elle peut. Ses cuisses s’entrouvrent, encore réticentes. Je hausse un sourcil et insiste d’un ton plus dur :
— « Plus grand. Ouvre-les bien. »
Elle inspire un coup, rassemble ses forces et s’exécute. Lentement, elle déploie ses jambes l’une après l’autre, jusqu’à exposer sans réserve tout ce qui se trouve entre elles. Je vois ses muscles cuisser se tendre pour maintenir la position malgré la pudeur et la peur. Sa chatte, luisante de mon jeu inachevé, palpite presque sous mon regard. Vicky frissonne. Elle fixe le plafond.
Je me place au pied du lit, évaluant la scène.
Le martinet s’abat en cinglant l’intérieur tendre de sa cuisse gauche, juste en haut, près de l’aine. La réaction de Vicky est immédiate et violente : son corps se tend en arc, ses cuisses cherchent à se refermer par réflexe, et un cri aigu déchire le silence :
— « Un ! »
Elle a réussi à compter, dans un hoquet, comme le veut la règle. Mais sa voix se brise complètement sur ce premier nombre. Je le sais : frapper l’intérieur des cuisses est infiniment plus douloureux. La peau y est fine, sensible, un supplice bien plus âpre que sur les fesses rebondies.
Vicky halète, les jambes tremblantes qu’elle force à rester ouvertes. Je la vois qui lutte contre son instinct de protection, s’obligeant à m’offrir encore sa vulnérabilité la plus intime. Son courage me satisfait.
Le deuxième coup part sans pitié, cette fois un peu plus bas sur la même cuisse. Vicky hurle, un son rauque, déchirant. Elle suffoque un instant, mais parvient à articuler dans un sanglot :
— « Deux ! »
Je continue méthodiquement ma besogne cruelle. Le troisième coup siffle et claque sur la même chair déjà rougeoyante. Sa jambe gauche tressaute violemment, une saccade incontrôlée. Je gronde d’un ton sec :
— « Reste immobile. Compte ! »
Elle ravale un cri et hoquète :
— « Tr… trois ! »
Sa voix n’est plus qu’un souffle brisé. Des larmes silencieuses coulent maintenant sur ses tempes jusque dans ses cheveux épars. Ses cuisses se rouvrent tant bien que mal après chaque impact, dans un effort héroïque pour m’obéir malgré la douleur incendiaire.
Quatrième coup. Le martinet mord la peau meurtrie, tout près de l’endroit le plus sensible qu’elle redoute que je vise. Vicky glapit, secouée d’un spasme :
— « Quatre ! »
Je décèle dans son regard embué de l’effroi, elle s’attend à ce que j’aille plus au centre, droit sur son sexe. Je l’ai déjà fait par le passé, elle le sait. Son corps entier tremble à cette idée, mais je n’en ai cure. Ce soir, je ne franchirai pas cette limite… pas encore. Il n’empêche, je vais la laisser craindre le pire jusqu’au bout.
Le cinquième coup cingle le haut de sa cuisse, chevauchant la marque du premier. Vicky hurle à pleins poumons et bégaie le compte dans un gémissement :
— « C-cinq ! »
Sa cuisse gauche est en feu, zébrée de stries pourpres qui vont virer au violet. Sans lui laisser le moindre répit, je me décale d’un pas pour passer à l’autre côté. Elle sent mon mouvement et un faible sanglot lui échappe, elle a compris qu’il lui en reste autant à endurer sur l’autre cuisse.
Je lève le bras de nouveau. Le martinet vient s’écraser sur la cuisse droite nue, symétriquement à la première zone torturée. Un cri strident jaillit :
— « Six ! »
Sa voix est rauque, à peine reconnaissable. Je poursuis, implacable.
Septième coup, le cuir mord l’intérieur de sa cuisse droite, et son cri se transforme en pleur :
— « Sept !… »
Huitième coup, son corps secoué convulse presque, elle suffoque :
— « Huit ! »
Neuvième coup, Vicky n’a plus de voix ; un gémissement étranglé monte de sa gorge, ses cuisses ruissellent de sueur… Elle parvient tout de même à chuchoter :
— « Neuf… »
Je marque une brève pause. Ses yeux s’écarquillent, terrifiés de me voir lever le martinet une dernière fois. Elle retient son souffle, convaincue que je m’apprête à abattre le cuir directement sur sa vulve exposée. Sa peur est presque palpable.
Je pourrais le faire. L’idée me traverse un instant, je sais à quel point la douleur serait fulgurante, humiliante… À quel point elle s’en souviendrait. Mais non. Pas ce soir. Ce soir, je veux qu’elle brûle d’un autre feu encore.
Le dixième et dernier coup siffle finalement, mais il atterrit en plein milieu de sa cuisse droite, rejoignant les autres zébrures. Vicky hurle si fort que sa voix se brise net. Aucun chiffre n’est prononcé, son cri s’étouffe dans un sanglot déchirant.
Ses cuisses se referment d’elles-mêmes dès que le martinet retombe. Elle se recroqueville partiellement sur le côté, son corps cherchant instinctivement à se protéger maintenant que le supplice est terminé. Je la laisse faire. Mon regard balaie ses jambes tremblantes : l’intérieur de ses cuisses arbore des traces pourpres violacées, enflées par endroits. Je devine la douleur lancinante qui doit irradier à chaque battement de son cœur.
Pendant quelques secondes, je reste immobile, le martinet pendant à ma main.
Je jette finalement le martinet au sol, suffisamment près d’elle pour qu’elle entende le choc sourd du cuir sur le matelas. C’en est fini pour ce soir.
Je me penche sur elle et défais les nœuds de la corde avec rapidité. Ses poignets libérés retombent mollement de chaque côté de son corps. Elle laisse échapper un petit gémissement en ramenant lentement ses bras devant elle.
Je la redresse avec précaution en position assise sur le lit. Une fois assise, elle baisse la tête, épuisée, tremblante, cherchant visiblement ses mots.
— « C’est tout ? » lâche-t-elle finalement d’une petite voix brisée.
Je n’ai pas besoin de réfléchir pour comprendre ce qu’elle voulait dire. Elle ne s’imaginait pas la séance ainsi. Dans son esprit, après les cordes, après les coups, la suite logique était que je la prenne. Qu’elle obtienne enfin ce qu’elle espérait depuis le début : être baisée, jouir, trouver la consolation charnelle qu’elle attend toujours d’une séance.
Je ne suis pas étonné. Je le savais. Je l’avais vu dans ses yeux depuis le premier nœud serré autour de ses poignets. Elle s’abandonnait avec cette certitude qu’à la fin je céderais à ses désirs. Mais ce soir, c’était tout l’inverse. Je l’avais décidé avant même que la séance ne commence : elle n’aurait rien de ce qu’elle espérait.
Un léger sourire, presque imperceptible, me traverse les lèvres. Elle baisse les yeux, déjà consciente de son erreur d’attente. Ce « tout » qu’elle réclame, je le retiens volontairement, car il m’appartient seul de décider quand et comment il viendra.
Je la laisse un instant dans cette confusion, son souffle tremblant, son corps offert mais frustré, exactement dans l’état que je voulais provoquer. Puis je saisis son bras et la redresse. Ses jambes ploient encore, lourdes de douleur et de tension. Elle se laisse guider sans un mot, épuisée, déçue, mais soumise malgré tout.
Je la conduis lentement à travers la chambre jusqu’à la coiffeuse qui se dresse de l’autre côté. Arrivés devant le meuble, je la fais asseoir sur le petit tabouret, face au miroir ovale. Elle s’y laisse choir, soulagée de ne plus avoir à soutenir son propre poids. Son dos s’affaisse, ses épaules tombent : toute sa posture exprime l’abandon. Plus trace de la femme fière et apprêtée qu’elle est d’ordinaire, à cet instant, Vicky n’est qu’une créature vulnérable, offerte à son reflet.
Je me poste derrière elle, debout. Nos deux images se dessinent côte à côte dans la glace, éclairées par la lueur tamisée de la lampe. Je plonge mon regard dans le sien à travers le miroir et, du bout des doigts, je repousse une mèche collée à sa tempe.
— « Qu’est-ce que tu vois ? » demandé-je d’une voix basse, lente.
Vicky lève les yeux vers son propre reflet. Un hoquet de stupeur la secoue lorsqu’elle se découvre réellement. Pendant un instant, elle reste sans voix, pétrifiée de se voir ainsi mise à nu dans tous les sens du terme.
Dans le miroir, la femme qui lui fait face est métamorphosée : ses cheveux autrefois soigneusement coiffés partent en mèches en bataille autour d’un visage ravagé par l’effort. Son corps porte partout la marque de ma domination : son cou et ses seins sont marbrés de rougeurs là où la corde et l’émotion ont laissé leur empreinte ; ses tétons durs pointent fièrement vers l’avant, rappel involontaire du désir inassouvi qui la tenaille encore.
Ma question plane toujours dans l’air, sans réponse. Le silence s’éternise, lourd de sens. J’observe son reflet, mes yeux ancrés dans les siens. Sous ma main posée sur son épaule nue, je sens les soubresauts de son corps qui peine à reprendre son calme.
Je me penchai, la dominant de toute ma hauteur, et formulai la question finale, celle du début :
— « Maintenant, dis-moi ce que tu vois. »
Ma voix était basse, mais chaque mot vibrait d’une intensité contenue.
Vicky contempla son reflet longuement. Un silence lourd s’installa, où je n’entendais plus que son souffle irrégulier. Ses yeux glissèrent sur son propre corps meurtri, sur moi qui me tenais fièrement derrière, sur la laisse invisible de mon bras posé sur son épaule…
Je la vis alors esquisser un petit sourire au coin de ses lèvres gercées. Un sourire fatigué, mais limpide, presque soulagé. Elle ferma les yeux quelques secondes, comme pour savourer l’instant. Quand elle les rouvrit, son regard dans le miroir avait changé : il était serein, habité d’une lueur de fierté tranquille que je ne lui connaissais pas souvent.
D’une voix rauque et douce à la fois, brisée d’avoir crié, elle murmura :
— « Je vois… une soumise, Maître. »
Ces mots, cette fois, elle les avait prononcés en toute sincérité. Cela s’entendait, cela se voyait. Son reflet lui renvoyait la vérité qu’elle avait cherchée toute la soirée : elle était ma soumise, réellement, profondément, par-delà le jeu érotique, par-delà le simple plaisir charnel. Ses yeux brillaient de cette compréhension intime.
Je sentis ma gorge se serrer d’émotion. Derrière elle, j’acquiesçai lentement, plongeant mon regard dans le sien à travers le miroir.
— « Oui… » ai-je simplement soufflé.
Ma main se posa sur sa nuque et la caressa avec tendresse, à présent. Elle baissa la tête, vaincue et heureuse de l’être. Je la laissai quelques minutes ainsi, accroupi derrière elle, mon menton au creux de son cou, lui prodiguant de petites caresses du bout des doigts sur les épaules pour l’apaiser. Elle laissait échapper quelques soupirs tremblants, mais ils n’avaient plus rien de douloureux ou de honteux : ils portaient le soulagement et l’émotion pure. La séance s’achevait dans un silence recueilli, presque sacré.
Il était minuit passé quand j’ai finalement brisé le silence. J’ai desserré mon étreinte et l’ai aidée à se lever. Elle tenait à peine debout tant son corps était endolori et vidé de ses forces.
Je me sentais fier et apaisé. Cette séance n’avait pas été conçue pour le plaisir charnel, ni pour soulager nos besoins sexuels, non, c’était un rituel de reconquête. Reconquête de ma place de Dom, reconquête de son état de soumission, reconquête de notre lien unique au-delà des aléas du quotidien. Ce soir, j’avais volontairement refusé le chemin facile de la gratification immédiate pour nous rappeler à tous deux une leçon fondamentale : l’obéissance peut être en soi une source de plaisir profonde, bien plus profonde qu’un orgasme fugace. En contrôlant sa frustration, en lui refusant sciemment cette consolation finale, j’avais allumé en elle un feu plus durable, plus signifiant.
Je sais que je ne suis pas un mari parfait, ni un Maître parfait. Ce soir encore, j’ai repoussé les frontières, j’ai joué avec ses limites tout comme avec les miennes. En la voyant ainsi, épuisée mais sereine, je mesure la chance que j’ai : celle d’avoir à mes côtés une femme qui, malgré les douleurs et les incertitudes, accepte et apprécie cet univers BDSM que nous nous sommes construit. Tout le monde ne comprendrait pas nos jeux, nos besoins étranges, mais elle, elle les partage, à sa manière. Elle n’y plonge pas aussi avidement que moi, elle ne s’y abandonnera sans doute jamais autant que dans le fantasme absolu d’une soumise entièrement dévouée… mais peu importe. Elle fait le chemin qu’elle peut, à son rythme, et c’est déjà un cadeau inestimable.
Je sais qu’au matin, la réalité nous rattrapera. Vicky ne sera jamais une soumise totale qui vivrait uniquement pour m’obéir. Ce n’est pas dans sa nature profonde. Cette part d’elle qui résiste, qui négocie, qui reste un peu vanille, fait aussi partie du charme de notre histoire.
Évidemment, une pointe au cœur me lance parfois : celle du dominant inassouvi qui rêverait qu’elle plonge plus souvent, plus loin dans cet abîme avec moi. Mais ce pincement, j’ai appris à l’accepter. Ce qu’elle m’offre déjà est immense. Ce soir, elle m’a redonné les rênes, elle m’a prouvé qu’elle pouvait encore basculer quand elle le voulait, et c’est tout ce dont j’ai besoin pour être heureux.
Je sais qu’après cette nuit, elle s’imagine déjà que j’irai plus loin. Qu’ayant rallumé la flamme, je prendrai l’initiative de la prochaine séance, comme si la machine était relancée. Mais non. Elle se trompe. Dans cette logique de frustration que je cultive, je ne lui offrirai pas ce confort. Je ne proposerai rien. Je resterai silencieux. C’est à elle de venir, de me demander, de formuler à nouveau ce besoin. Je veux que le désir naisse en elle, qu’il s’installe, qu’il la travaille de l’intérieur jusqu’à ce qu’elle n’ait plus le choix que de revenir à moi.
Peut-être qu’alors je lui donnerai l’orgasme qu’elle attend. Peut-être pas. Ce soir, je n’ai pas encore décidé. Et ce doute, cette incertitude, c’est ma plus belle arme.
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Portrait psychologique de Lady Diana : la soumise rebelle
On dit qu’elle est née pour être une princesse. Mais derrière les diadèmes, il y avait une jeune femme façonnée par la solitude. Diana Spencer grandit dans un foyer brisé, marquée par le divorce de ses parents et une quête incessante d’amour. Cette faille, cette faim affective, est le premier trait de la soumise : le besoin de reconnaissance, le besoin d’être choisie.
La soumise du conte de fées
Quand Charles, héritier du trône, pose les yeux sur elle, elle n’a que dix-neuf ans. Elle accepte de se plier à un destin qu’elle n’a pas choisi. Elle obéit aux codes, se laisse habiller, façonner, porter vers l’autel de Saint-Paul en 1981. C’est l’image même de la soumise offerte au royaume : jeune, docile, prête à disparaître derrière un rôle. Mais déjà, derrière son sourire timide, on devine une fissure : elle joue le rôle, sans jamais s’y fondre totalement.
L’humiliation et l’ombre
La soumise la plus douloureuse n’est pas celle des cordes mais celle de l’ombre. Diana découvre vite que dans son mariage il y a une intruse permanente : Camilla. Trois dans un lit, trois dans un rôle. Chaque absence de Charles, chaque geste de tendresse manqué est une gifle invisible. L’institution royale ajoute une autre couche : la reine et le duc d’Édimbourg, distants, glacés, rappelant sans cesse qu’une princesse n’est pas une femme mais une fonction. Elle est cadenassée par des règles qu’elle n’a pas écrites.
Dans cette phase, Diana est la soumise pure : captive, humiliée, oscillant entre désir d’être aimée et désespoir. Ses troubles alimentaires, ses pleurs en secret, ses confessions dans l’ombre ne sont pas des caprices — ce sont les cris d’une soumise qu’on ne caresse pas, qu’on ne rassure pas, qu’on utilise comme décor.
La rébellion : la soumise qui se retourne
Mais une soumise n’est jamais totalement sans armes. Chez Diana, la force prend la forme de la compassion et du charisme. Là où la famille royale exigeait le silence, elle choisit la parole. Là où on lui imposait la froideur, elle choisit la chaleur. Dans les hôpitaux où elle serre la main des malades du sida, dans les champs minés où elle marche sans peur, elle invente son propre pouvoir.
Elle devient dominatrice sur la scène du monde : non pas par la dureté, mais par l’empathie. Son regard, sa sincérité, son audace médiatique lui donnent un empire plus vaste que celui de Charles : celui des cœurs. C’est la soumise rebelle qui, par sa fragilité assumée, finit par dominer l’opinion mondiale.
Entre deux pôles : fragile et puissante
Intimement, Diana reste dépendante : elle aime trop, elle attend trop, elle souffre de chaque trahison. Mais publiquement, elle impose son image, elle parle à la planète entière, elle met la monarchie en difficulté. Ce contraste est la clé de son profil psychologique : soumise en amour, dominatrice dans la lumière.
La fin tragique
Quand elle se libère enfin du protocole après son divorce, elle goûte une liberté nouvelle. Mais c’est une liberté fragile, traquée par les paparazzi. Dans la nuit de Paris, en août 1997, sa course s’arrête. Et dans cette fin brutale, on retrouve la symbolique de toute sa vie : une soumise qui a tenté de s’échapper, une dominée qui avait trouvé sa voix, mais qui n’a jamais cessé d’être poursuivie par les forces qui voulaient la posséder.
Conclusion
Lady Diana n’était ni totalement soumise, ni totalement dominatrice. Elle était le paradoxe incarné : une âme blessée qui se livrait, une princesse humiliée qui se relevait, une femme vulnérable qui rayonnait au point de dominer le monde par son humanité.
Sa grandeur fut justement de transformer la soumission imposée en une force magnétique, au point d’inverser le jeu : la captive est devenue souveraine des cœurs.
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Je ne sais pas trop pourquoi j’écris ça… Peut-être parce que j’ai l’impression que beaucoup oublient l’essentiel dans la domination. Savoir mener le jeu, prendre le pouvoir et garder le contrôle, ce n’est pas si simple. Ce n’est pas juste dire « à genoux » ou donner une fessée à sa partenaire pour croire que ca y est je domine. Je MAÎTRise
Le vrai frisson naît ailleurs. On oublie trop souvent qu’avant d’eveiller le corps, il faut captiver l’esprit. Le désirer, le faire languir, l’emmener là où il ne s’attend pas. Quand tu tiens l’esprit, le corps suit… et il se livre tout entier.
Ce que je dis là, c’est surtout pour ceux qui débutent, qui veulent essayer mais ne savent pas par où commencer. Pour les initiés, ça paraîtra peut-être trop sage…
Je ne suis pas fan des séances trop rigides, mais j’accorde beaucoup d’importance à la mise en scène : créer une ambiance, une tension… qui laisse place à l’improvisation et au jeu.
Alors, voici un petit scénario que je recommande pour un deuxième ou troisième rendez-vous. Une idée de soirée pour ceux qui veulent commencer à apprendre à mener le jeu, en misant sur une mise en scène simple mais efficace.
Avant tout, n’oubliez pas : adaptez-vous à votre partenaire tout en restant naturel et fidèle à vos valeurs. Utilisez des mots et une attitude qui vous ressemblent et qui, selon vous, résonneront chez elle.
Allez c’est parti on commence !
Invitez-la (ou convoquez-la) chez vous avec un message court et percutant : une heure, une adresse. Pas besoin d’imposer une tenue ; dites simplement qu’elle doit être élégante… et qu’elle vous surprenne. Ajoutez, avec assurance, que vous appréciez la ponctualité.
Pas de discours inutile, pas d’instructions superflues. Tu laisses volontairement un voile de mystère. Et tu sais qu’à partir de ce moment, son imagination commence déjà à travailler pour toi.
Prépare ensuite ton terrain de jeu : le salon.
Une pièce ordinaire, mais ce soir, tu en fais un espace chargé de tension.
Dispose quelques éléments soigneusement choisis, selon tes envies et sa personnalité : une cravache, des menottes, un collier, une laisse, un vibro, un plug … ou encore des cordes, une cage, une barre d’écartement. À toi d’ajuster selon les envie et le degrés que tu souhaites. Elle, en entrant, devra deviner jusqu’où tu comptes aller.
Et pour troubler un peu plus ses sens, tu ajoutes un contraste. À côté de la cravache, dépose un de ses plaisirs coupables : Kinder Bueno, fraises Tagada… Un mélange de douceur et de menace qui va la désarçonner. Sur un mur ou dans un coin discret, un simple post-it : « Place de la punie ». Une phrase anodine… mais qui fera naître mille images dans son esprit ou la faire rire si c'est une habituée du coin !
Va plus loin. Prépare une tenue soigneusement posée sur le canapé : un collant résille, un chemisier léger… c’est pour un one-shot alors ne fais pas de grosse boutique car tu pourra lui faire porter durant la soirée avant de lui arracher quand elle sera attachée.
Le moment où tu arracheras ce tissu sera intense pour toi, et une véritable montée d’adrénaline pour elle.
Ajoute un cadeau emballé avec son prénom bien en évidence et une note « « Ouvre-moi tout de suite. »
Ce n’est pas la valeur du cadeau qui compte, mais l’intention. Dedans, un objet choisi avec soin, ou une connerie qui rappelle une discussion entre vous. (Preuve que tu es à l’écoute) Et un petit mot glissé :
« Regarde bien tout ce qui t’entoure… Peut-être que ça servira ce soir… ou peut-être pas
Quand elle sonnera à ta porte , ouvres lui calmement. Pas de stress : elle sera intimidée autant que toi. Rassure la avec un sourire, fais la entrer, observe la. Puis tu la guides jusqu’au salon. C’est le moment où tu devra t’éclipser pour la lasser seule (trouve un prétexte banal).
Laisse la seule quelques instant à s’imprégner des lieux. Face à cette mise en scène, tu lui montres aussi ton audace. Les objets, la tenue, le cadeau, le post-it… Tout parle pour toi. Et pendant que son cœur s’emballera et que ses pensées s’égareront dans mille scénarios, une vérité s’imposera à elle : Ce soir, elle est à toi, c’est toi qui contrôle.
Attends quelques instants avant de revenir… Pas trop longtemps, sinon la tension retombera et tu risques de créer un malaise. Laisse-lui juste assez de temps pour absorber la mise en scène, pour que son esprit commence à tourner.
Reviens avec un beaux sourire des verre à la main en t’excusant de l’avoir fais patienter même si elle comprendra ton petit manège. Au fond d’elle, elle se dira “quel enfoiré”, mais avec ce frisson qui lui plaît.
Asseyez-vous. Buvez un coup. Engage une conversation légère. (Parles pas de boulot ou de la météo quand même) puis sondes la, demande-lui ce qu’elle ressent depuis qu’elle a franchi la porte. Laisse-la verbaliser son trouble.
Sans transition apparente, donne la première véritable consigne demander lui de se lever maintenant et de se tenir debout près d’un mur de la pièce. (Quand elle se dirigera profites à mater ses fesses, on le fait tous 😋). Puis fais la se déshabiller vêtement par vêtement… entièrement par des instructions claire, courte et ferme
Ne laisse aucune hésitation dans ton ton. Et regarde-la faire. Savoure sa lenteur, son embarras mêlé d’excitation.
Quand elle est nue, avance vers elle sans précipitation. Ralentis ton pas à mesure que tu réduis la distance, comme pour allonger l’attente. Arrivé devant elle, relève son menton d’une main, fermement mais sans brutalité, pour la forcer à croiser ton regard. Ne parle pas tout de suite. Laisse ce silence la traverser. Puis, au moment où elle s’attend à un baiser… et glisse ta main entre ses cuisses
Deux options :
Soit direct : une main posée avec autorité entre ses jambes.
Soit progressif : caresse ascendante, lente, en frôlant d’abord l’extérieur avant de remonter jusqu’a son vagin.
Dans les deux cas, regarde-la dans les yeux et demande d’une voix basse, posée ce qui la mise dans cet état.
À partir de là, tu as la clé. Tout ce qui suit n’est que déploiement :
Utilise ce que tu as préparé dans l’ordre que tu veux. Alterne intensité et pauses, pour la garder suspendue.
N’essaie pas d’épuiser tout ton arsenal : mieux vaut la laisser frustrée et avide qu’assouvie trop vite.
Conseil Important : si tu as bu, maîtrise-toi. Beaucoup se pensent dominants mais deviennent lourds, agressifs, méchants, voire effrayants après quelques verres. Si tu ne sais pas boire, ne bois pas. (Je dis cela pour mettre battu avec un mec à une soirée… ) d’ailleurs ce n’est pas seulement une règle pour le jeu : c’est une règle de vie. Rien ne ruine plus vite ton contrôle qu’un comportement imbécile et con.
Deuxième conseil : tu vas bander, évidemment. Mais ne te laisse pas guider uniquement par ta queue. Tu as aussi une langue et des doigts. Utilise-les.
Un bon cunnilingus ne fera pas de toi son soumis. Au contraire : bien exécuté, c’est une arme de domination subtile.
Exemple : Plaque-la contre un mur. Saisis ses poignets et lève-les au-dessus de sa tête, fermement, en lui ordonnant de ne plus bouger. Puis commence à descendre lentement… Sans précipitation, sans relâcher la tension.
Si tu es doué, ses mains chercheront ta tête malgré l’ordre donné, signe qu’elle perd le contrôle. Et là… arrête net, même si elle est au bord de l’orgasme. Redresse-toi, fais-la pivoter brutalement contre le mur et murmure à son oreille : Je t’avais dit de ne pas bouger.
À partir de là, ses fesses t’appartiennent.
Et si tu n’es pas un expert ? Ce n’est pas grave. Même maladroit, ton geste sera marquant, parce qu’il prouve une chose : tu as compris l’importance de varier les plaisirs et de la surprendre. Et si elle bouge, si vous éclatez de rire ? Parfait. Transforme ça en jeu. Rappelle-lui qu’elle a désobéi… et punis-la quand même tout en lui rappelant que tu mènes la danse. 😈
Comme je l’ai dit en intro, ce ne sont que des bases. À toi de modeler selon ton style :
- Tu veux être plus brut, plus animal ? Fais-le.
- Tu veux la bousculer, la malmener davantage et être sadique , fais le (c'est mon cas par exemple)
- Tu veux glisser vers l’humiliation ou la douleur ?
Trouve l’équilibre.
L’important, c’est que tout soit clair : tu contrôles, tu assumes.
Dernier conseil : Ne refais pas la même mise en scène à chaque rendez-vous. La répétition tue la surprise.
J’espère que ces conseils t’aideront. Oui, ça peut sonner comme une leçon de pseudo-expert du sexe… mais honnêtement, je m’en fiche, j’assume. Si ça t’inspire ou t’évite d’être un dominant de pacotille, mission accomplie.
Et si tu testes… reviens me dire ce que ça a donné.
Remarques: ce texte est écrits pour les hétéros car je suis hétéro... mais bien sûr il marche aussi pour les autres orientation sexuelle.
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Cet article, sera, contrairement aux article que j'ai pu écrire avant, plus le fruit de mon ressentie, de mes repère et de ma facon de voir les choses que celui de l'observation et de l'analyse froide.
Quand j'étai jeune, j'était très attristé et aussi un peu révolter de constater que le monde sociale était essentiellement fait de convenance et d'hypocrisie. Comme beaucoup d'adolessent, j'étai acro au porno, et même ici, je retrouvai cette hypocrisie et ces convenances. J'ai découvert le porno bdsm comme quelque chose de merveilleux, quel que chose qui échappait à tout ca.
Dans les filmes pornographique classique, il y avait toujours les mêmes cliché et tout tournait autour du triptique coit/fellation/sodo. Tout ca me semblait un peu vide et un peu ennuyant car on en avait vite fait le tour. Les émotions étaient clairement simulés et les rare fois où elles ne l'était pas, c'est quand il y avait des abus. A contrario, les videos bdsm semblé consensuelles, pures, franches, intenses et créative.
Ce qu'il y a de bien dans les milieux underground, c'est que l'on peut se rencontrer sans se juger, partager des choses non conventionnelles et de facon très intime. Quand le sexe était tabous, faire l'amour avec une femme était un engagement, une fusion, quelque chose de sacré. Plus tard, le bdsm a pris cette place pour moi car il était devenu un nouveau tabou, un nouveau partage intime dans la confiance.
Mais je ne retrouve plus ca aujourd'hui. Le monde du bdsm n'est plus vraimant underground. Il est remplis de convensions, de recherche de performance, de gens qui se jugent les uns les autres ou qui essais de se donner un style pour se valoriser.
Quand une personne choisi de se soumettre à vous, qu'elle s'abandone à vous, il nait un très fort sentiment de confiance et de plainitude. Cet état magique peut être atteint par des méthodes progressive. Pour moi le bdsm est lent, il commance par une caresse ou une parole sensible et il invite à un voyage de plus en plus profond. Partager un lien et des sensations fortes en commun. Dans la domination, l'homme devient atentionné, admiratif, bienveillant. Dans la soumission, la femme devient paisible, généreuse, dévoué, même son corp s'exprime de facon plus hérotique. Dans les jeux du style second life, les couples bdsm sont les plus fidèles et ceux qui dure le plus longtemps. Quand on partage quelque chose de profond avec quelqu'un, le liens est solide, plus solide qu'une relation convensionelle qui devient très vite une relation de circonstance et de convenance.
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Son métier vint à son secours. Elle acheva en deux semaines un essai plein de paroles furieuses et d'ailleurs très peu compréhensibles. Elle s'occupait fièvreusement du manuscrit de son troisème roman. On parlait d'elle dans les journaux. La jeune femme ne dormait plus. Il n'était pas impossible qu'elle utilisât son désespoir pour travailler un peu plus. On ne peut guère interpréter le travail qu'en termes de morale. Il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit d'épreuves. On sait qu'elles seront plus dures si elles forment une chaîne continue, dont on prévoit la solution, parce qu'on s'impressionne toujours aisément de réclamer beaucoup de soi-même dans un temps déterminé, alors que l'éternité des peines conduit au découragement. En un autre sens, Juliette trouvait-là des voluptés véritables. Manger très peu, très mal et vite, dormir parfois tout habillée, finalement tout cela lui plaisait. Charlotte, au contraire, traçait l'éloge de la paresse et vivait comme une nonne sans le savoir. Ces situations n'ont rien de surprenant, car l'esprit est une sorte de balancier que nous disposons de mille manières pour rétablir un équilibre compromis. En écrivant, elle se moquait d'elle et de ses petites histoires sentimentales. Elle fabriquait, avec de l'encre et du papier, des êtres bien différents et se donnait totalement à ces étrangers. Charlotte, qui ne connaissait que le plaisir rencontra Juliette en Italie. La passion, la fureur et le désespoir entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. Cette rencontre me laissa la tête un peu vide. Quand on raconte une histoire, qu'elle soit inventée ou authentique, la vérité des réactions et des situations est liée par des liens subtils et secrets à la spécificité des caractères et à leur individualité. Plus tard, alors qu'ils ne me faisaient plus trop mal, j'ai repensé calmement à tous ces évvénements. Serais-tu devenue étrangère, jamais je n'oublierais les journées où fondèrent la mémoire à naître, glacée, brûlante, essoufflée de notre première rencontre comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves, je resterais les yeux fermés, sans pensée, toute envahie d'une absence programmée, de ces amours brèves et volées qui laissent un goût de regret dans les mains et entre les reins des amants réservés. Amie qui m'avait été bonne, je garde au creux de mes souvenirs, la vivante mesure de ce petit front si fier et si loyal, que j'approcherai toujours avec tendresse de mes lèvres. Un mouvement soudain de l'épaule, qui dit tout bas sa lassitude; une tension soudaine du visage, qui dit tout haut sa foi; une inflexion nouvelle de la voix, qui dit enfin l'être multiple. Se peut-il que de telles choses laissent en nous traces si vives et si durables. Qu'y-a-t-il dans tout cela, qu'il faille qu'on lui cède ? Qu'est-ce donc que tout cela, qui nous surprend un soir comme la naissance d'un chant ? Étrange confidence, où la faiblesse a pour nom douceur. Le soleil inonda Rome et la légèreté de notre jeunesse. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps. Parce que des doigts glissent sur eux, parce que des visages s'en rapprochent, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ces plaisirs, une âme au loin, un cœur, une imagination souffrent d'incroyables tortures. Nous nous reconstruisions ensemble. Des liens subtils et forts nous unissaient. Nous nous embrassions, sur une colline de Rome, dans la nuit déjà close, sous un arbre né d'un puits, devant le campanile d'une vieille église. Et que nous importe maintenant de ce qui naquit de cette nuit. Des jours, des semaines, des mois entiers sortirent de ce baiser que nous nous donnâmes. Nul n'a connu le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de nos épaules, comme un frôlement de cils. Étroits sont les reins, étroite alliance du corps fidèle des amantes. La nuit, nous courrions à la promesse de nos songes dans des draps odorants. Nos solitudes étaient notre trésor, et dans le lit où s'inscrivait la mémoire à naître de notre amour, nos libertés le creusait. Nous nous aimions à nous taire quand nos bouches se savaient promises. Une douceur s'amassait là où des soupirs infusaient. Nous étions pudiques dans notre impudeur, méconnues de tous mais célèbres de nous. Elle avait les cheveux noirs de jais, les yeux en amande, des dents éclatantes, une robe d'été et une paire de mocassins. Elle riait. Nous nous embrassâmes devant Saint Pierre. L'amour nous grisait. Nous avions des rêves d'enfants. Il y a des instants comme ceux-là où un sens plus pur de la vie semble se révéler soudain, où l'on se sent plus grand que soi-même.
Quand j'étais plus jeune, je m'étonnais toujours de ces nœuds inextriquables formés par les êtres et par leurs sentiments. Il me semblait qu'aimer était tout simple, ne plus aimer également et je me demandais d'où sortaient ces torrents, où se creusaient ces abîmes qui ravagent les destins. Je comprenais maintenant, peu à peu, comment naissent ces franges d'incertitude, ces déchirantes douleurs liées au hasard, aux liens des passions qui s'opposent, à la confusion des sentiments et aux intermittences du cœur. C'était l'heure de ce soleil blême et plat qui donnait au début des jours éclatants une allure hésitante, lasse d'avance. Nous traversions des champs, de longs prés semés d'arbres, des rizières inondées. Une route blanche de poussière coupait les haies, sautait les rivières. Derrière le riz à perte de vue, des montagnes naissaient de la nuit. Plus loin, c'était Bergame et les lacs, un peu à droite, Vérone, les palais de Vicence, et puis Venise, Ravenne, Bologne et Ferrare, Parme et Modène. Nous fermions les yeux. C'était le bonheur. Il jaillissait de ces noms sur les campagnes intérieures, l'or de leur peintures, de leur gloire et de leurs mosaïques dans le reflet de cette douce mélancolie. Elle avait un visage très pur. Nous savions déjà ce qui allait se passer, alors nous allongions désespérément ces instants d'attente. Un soir d'été, j'avais embrassé Charlotte. Saint Pierre pouvait s'écrouler et le Pape se convertir au Bouddhisme. Le pouvoir de la femme est une chose admirable qui ne connaît pas de limites. Elle choisit instinctivement des gestes insignifiants qui s'inscrivent pour l'éternité. Tout notre voyage engouffré dans un baiser. Je me sentais libérée comme on se libère d'un péché par une confession, repartant l'âme pure, le cœur allègre pour d'autres péchés ou un autre voyage. Charlotte, c'était de l'innocence. Moi, de la littérature. La chaleur, nos étreintes, les vacances, le soleil nous invitaient à entrer dans un univers inconnu. C'était celui du bonheur. Il y a ainsi, au début des amours, de ces périodes enchantées qui sont des parenthèses dans une longue insatisfaction; on y attend tout encore et tout est déjà assuré. Nous nous étions très peu parlé. Aucun engagement ne nous liait. Nous vivions un peu au-dessus de nous-mêmes. Et le plaisir que nous prenions à ce présent touché par la grâce ne débordait jamais ni vers le regret, ni vers l'impatience. Les amours de la folle adolescence ne sont ni plus ni moins fortes que les autres. Mais leur douce et incomparable amertume vient de ce qu'elles se confondent avec la saveur de la vie. Tout le spectacle du monde est alors lié à un être. Les choses ne se passent jamais exactement comme on les attend; mais elles se passent rarement tout à fait autrement. Nous ne fîmes pas l'amour ce soir-là. Nous le fîmes le lendemain. Quelle légèreté, lorsqu'on aime, que cette multiplicité des corps qui parlent, se répondent les uns aux autres et font l'amour entre eux. Charlotte entendait sans doute me voir rester fidèle, non à la passion ni à la tendresse, mais au plaisir et au jeu. Ma passion, c'était l'indépendance. Et sans doute, je connaissais ces flambées paradoxales de désirs ou d'ardeurs. Mais je reniais ces faiblesses. Je les reniais surtout parce que j'en avais peur, peur de rester prise dans les pièges de la mélancolie. Je ne faisais donc de ces excès que les ingrédients savoureux et amers de mon indifférence souveraine. Pourquoi les voyages sont-ils toujours aussi mêlés à l'amour ? Car ils rompent sans doute avec cet environnement quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. Le bonheur envahit si visiblement Charlotte que j'en fus presque bouleversée. Nous avions les yeux pleins d'églises et de collines brûlées par le soleil. En arrivant au bas de la ville, là où l'amour devait prendre ici l'odeur de miel des vieilles pierres des hautes maisons, nous rentrâmes à l'hôtel. Je craignis le flottement qui risquait de se produire, mais elle me dit seulement, " Reste avec moi." Je l'embrassai sur le pas de la porte de l'hôtel. La lune éclairait son visage pur. Je me demandais si nous allions nous étreindre, mais le plaisir et l'amour sont comme des pentes neigeuses sur lesquelles on s'arrête difficilement. Obscurément, j'hésitai. Je lui demanda si elle avait déjà fait l'amour avec une femme. Elle secoua la tête et me dit: "Oui, mais pas avec toi." Les rites sublimes se succédèrent très vite. Bientôt, nous nous étendîmes sur le lit. Je la caressais, elle fermait les yeux. Elle avait un visage figé comme illuminé du dedans. J'essayais un peu maladroitement de lui ôter sa robe. Elle ouvrit les yeux, se releva. "Attends, dit-elle en souriant, ça va aller plus vite." Elle était revenue vers moi. Je pris son visage entre mes mains. Je fus comme roulée par une vague d'attendrissement. Elle était nue sous moi, les yeux de nouveau fermés. Je la regardai longtemps, appuyée sur mes coudes. Nous restâmes immobiles assez longtemps et puis nous fîmes l'amour. Le chuintement de la douche se tut doucement, plongeant la chambre dans le silence, coupant court à mes à mes réflexions. Quelques minutes plus tard, elle sortit nue de la salle de bain, une serviette noire enroulée sur la tête, la peau rosie par l'eau chaude. Les gouttes cascadant sur ses courbes, tombaient silencieusement sur le parquet en bois, coloré par la lumière pâle. Elle se déplaçait nue d'une démarche féline, langoureuse, envoûtante; ses longues jambes brunes étaient terminées par des pieds fins, aux ongles vernis de rouge. Je me rappelle cet été quand je regardais ses sandales claquer sur ses talons nus, déjà envahie par un désir brûlant, irrépressible; mes yeux s'étaient alors soudés aux siens, lourds d'envie; elle me souriait. Ses lèvres ourlées lui prêtaient un air sensuel et lascif. Elle leva les bras et dénoua sa serviette en secouant la tête. Une furie de cheveux noirs tomba sur ses épaules fines. Sous ses sourcils bien dessinés, ses grands yeux noirs, très brillants, semblables à la surface d'un lac au crépuscule, me sondaient sans vergogne. J'avais pressenti chez elle des promesses de sexe brutal, très primaire, mais il n'en fut rien. Au contraire, des deux, c'est moi qui me révéla la plus dépravée. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être même a-t-il un destin posthume ? Une ère des réparations succèdant à celles des destructions. Peut-être ces sentiments amoureux si volatiles et inconstants désormais cristallisés, solidifiés, apaisés à jamais dans l'état minéral, entrent dans la composition dune étoile. C'est peut-être elles que nous cherchons la nuit, dans l'étreinte.
Elle s'était soulevée un peu, écartée de moi pour me regarder mieux. Mon Dieu ! Comme elle devait s'amuser ! Elle savait déjà ce qui me tourmentait. Sa vie, c'était ça: son plaisir à elle et les questions des autres. Les voyages peuvent parfois élever les esprits. J'étais présente à Rome bien avant d'y être en réalité. Elle fut tout en tendresse et soucieuse de plaire. Elle n'était pas à sa première expérience saphique mais elle me répéta que je surpassais de loin ses précédentes conquêtes. Je me plus à la croire, car mes expériences hétérosexuelles n'avaient jusqu'à présent jamais été bienheureuses. Avant elle, j'étais amoureuse d'aucune fille en particulier, mais seulement des filles en tant que telles, comme on peut aimer sa propre image, trouvant toujours plus émouvantes et plus belles les autres, que l'on se trouve soi-même, dans le plaisir à se voir abandonner sous leurs caresses. Par dessus le drap, elle posa sa main sur ma cheville et mes seins durcirent aussitôt. Juchée sur ses genoux, elle écarta les jambes pour me laisser passer. Malgré la douche, son entrejambe diffusait encore un parfum à l'arôme sensuel mêlé de ma salive et de son désir. Une fois allongée sous elle et peinant à contenir ma propre impatience, je commençai par lécher sa peau autour de ses lèvres odorantes. Il s'en dégageait une douce chaleur. Ma bouche fraya maintenant avec son aine, très près de sa vulve, et elle trembla d'anticipation. Je glissai le bout de mon index sur le dessin plissé de son sexe moite qui s'ouvrit graduellement sous mes yeux, la sentant se resserrer autour de mes doigts, l'entendant gémir à me faire tourner la tête. Peu à peu, rattrapée par mon impatience, je commençai à laper ses grandes lèvres, une à une, en faufilant désormais le bout de mon index dans son ventre, avant d'oser ma langue, assez loin pour que mes dents touchent la crête enflée. Elle se cabra, elle se tut, elle savoura le moment. Elle répandit son désir dans ma bouche. Ses seins étaient pressés contre mes mollets. Assise à califourchon sur mon visage, gémissante, pendant que j'écartai ses fesses pour m'enivrer de sa saveur, glissant mes doigts sur ses jambes brunes. Elle glissa sur moi, me permettant ainsi de voyager de sa vulve savoureuse au sillon de ses reins. Juste à la crispation des muscles de ses cuisses, elle parut sur le point d'abdiquer sous le zèle de mes caresses. Elle roula sur le coté, puis remonta vers la tête de lit. Les volets étaient tirés, la chambre presque obscure. Malgré son teint hâlé, je remarquai ses joues rougir par le désir. Ainsi étendue sur le dos, les bras au dessus de la tête, elle exhibait ses seins en constante érection; je rampai vers elle pour mordiller leurs pointes, dures et foncées, avant de lécher avidement les aréoles. Elle m'enlaça, promena ses ongles le long de mon épine dorsale. Constatant son soudain avantage, elle me retourna sur le dos; les genoux écartés, je sentis son souffle chaud sur ma vulve. Elle introduisit ses doigts dans mon logis profond et onctueux. Enhardi, son plaisir la guida entre mes reins, dans la vallée chaude de mes reins, près de l'entrée de l'étroit pertuis. Je me cambrai pour aller à la rencontre de sa bouche affamée. Gémissant plus d'une heure sous ses caresses, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, empoignant les barreaux du lit, je commençai à crier, lorsqu'elle se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, mes petites lèvres. Me sentant brûlante et raidie sous sa langue, elle me fit crier sans relâche, jusqu'à ce que je me détendis d'un seul coup, moite de plaisir; je râlais alors que je jouissais pour la seconde fois de la journée. Nous nous endormîmes, en mêlant nos rêves et nos corps, bouleversées d'amour et de désir. Aujourd'hui, je pense à tout ce que j'aime en toi et qui s'éclaire parfois, à ton insu, comme un beau front de mer. Parce que tu m'as fait, un instant, cette confiance innocente, d'être pour moi, virginale, toute claire et transparente, je serai toujours là. Peut-être si j'avais eu du cœur n'aurais-je pas inventé ainsi ces fantômes sans substance. Mais, je n'avais pas de cœur, mais des faiblesses. J'étais cynique et vulnérable. Alors naquirent en moi, dérisoires, irrésistibles des préoccupations arbitraires et cruelles qui me laissèrent croire enfin que j'avais comme tout le monde un cœur, des sentiments. D'autres ont des soucis plus graves, moi je me créais ceux-là, tirés d'un vide qu'ils remplissaient de leur présence absurde, lancinante, très vite immense.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Le manque de sommeil….
Ce putain de manque de sommeil si piquant que je commençais à être engourdie partout… Mon pauvre neurone avait déjà éteint ce qui lui restait de lumière, et avait confié le contrôle de mon corps au mode automatique.
…
Depuis ce matin, la joie de respirer le même air que lui, de me lover dans son étreinte, de grifailler ses bras, de lui rouler toutes les pelles de la terre, de savourer les éclats de rire et me nourrir de la sérénité de nos silences entendus, de soupirer de bonheur au bord de sa bouche faite d’amour…
Mais….
Le temps me jouait des tours à s’étirer comme un élastique malgré la proximité tant attendue.
Trajet gare-maison, coursettes à l’épicerie asiatique, déjeuner rapide, re-coursettes au supermarché d’à côté, un peu de vaisselle, défaire ma valise, 2 ou 3 rangements… Et quelque chose au fond de moi commençait à bouillonner d’impatience : les heures passaient si lentement.
Nous avions prévu un apéro dînatoire avec des amis, à la guinguette près de la rivière. L’élastique du temps continuait de s’étirer avec une lenteur perverse et je regardais les verres encore à moitié pleins avec une frustration agacée et agaçante que je contenais au fond de mon ventre, sous contrôle.
Le contrôle.
Je suis un être de contrôle et je fais bonne figure. Sourire, entretenir une conversation charmante, être drôle et pleine d’esprit, attentive et attentionnée.
Une fois à la maison, avec le peu de courage qu’il me restait, j’ai pris une douche pensant que cela me donnerait assez de force pour finir la soirée avec lui. Mais le Temps est un fin sadique qui a choisi de relâcher son élastique à ce moment, et tout est revenu : la nuit blanche avant le départ, la crainte de rater mon train matinal, la fatigue des dernières semaines particulièrement éprouvantes au bureau, et cette journée qui avait semblé interminable.
Cette nouvelle série sur Netflix, il la regarderait sans moi : ce putain de manque de sommeil me donnait l’impression d’être au bord du précipice.
Je me suis jetée dans le néant du sommeil, celui après lequel je courrais depuis plusieurs jours. Un de ces moments où le néant était un océan tiède où il faisait si bon flotter.
Je ne suis plus un être de contrôle, je deviens moi-même le néant.. Le repos..
…
Des bras. Des bras autour de moi. Des mains qui se glissent entre le tissu et ma peau.
Non.
Non.
Non…
NON !
J’ai sommeil, bordel, je dormais ! Je veux continuer de dormir ! Je me fiche de la personne à qui appartient ces bras, ces mains, je veux dormir ! Je sens mon cerveau qui tente de s’allumer comme un vieux tableau de bord empoussiéré.
« Laisses-moi dormir ! » J’écarte ces mains de moi sans ménagement, et me dégage de ces bras. Le néant est toujours là et me tend son étreinte, je cours vers lui..
Mais ces bras-là me retiennent et son souffle achève de dissiper le réconfort du néant.
« Tu crois que tu peux décider ? » ce rugissement rauque grondé à mon oreille déclenche une décharge, droit dans mes neurones. Il me retourne de force sur mon dos. Mes paupières se lèvent d’un coup. Mon cerveau a une demi seconde de latence avant que le tableau de bord ne clignotte de partout.
Adieu sommeil, bonjour contrôle, hello colère.
Je suis un être de contrôle, et je ne veux pas ! Alors je lutte. J’essaie encore de me libérer de ces bras, mes jambes tentent une manœuvre pour libérer le reste. Mais il immobilise mes poignets et il vient à califourchon sur moi.
L’adrénaline.
Il y a quelques secondes suspendues où nos halètements se mêlent au bruit des chairs qui se claquent dans la lutte. Aucun d’entre nous ne cèdera. Il n’y a pas de jeu. Il n’y aura pas de « chéri » ou « mon amour », encore moins de « Monsieur » ni de « Good Girl ». Il y a juste un prédateur et une proie. SA proie.
Une de ses mains vient forcer ma bouche à s’ouvrir, mes mains profitent de cette ouverture pour le griffer, et je mords cette main qui s’impose.
La gifle. Elle me sonne et lui laisse le temps de reprendre une meilleure prise sur mes poignets et de forcer encore ma bouche, que j’ouvre juste pour hurler
« Noooon !! »
Une autre gifle. Qui fait mal.
Je suis un être de contrôle, mais je pleure de rage. Sa bite profite d’un de mes halètements pour s’enfoncer brutalement dans ma bouche, et je lutte pour retrouver mon souffle. Mon cerveau s’accorde une pause incongrue pour chercher ce mot qui décrit les va-et-vient de la bite dans ma bouche.
Ah ! « Irrumation » ! C’est ce mot !
Je suis un être de contrôle, mais je subis. Complètement immobilisée à la fois par son poids et par ma propre colère. Je lutte pour respirer malgré la brutalité de son corps qui m’étouffe à chaque mouvement. Il s’offre même le luxe, quand il a fini, de me saisir par les cheveux et approcher mon oreille de sa bouche. Et il détache chaque mot pour être sûr que je les entende bien.
« C’est.quand.je.veux. »
« Non ! » C’était un murmure plus qu’un cri, mais suffisamment fort pour qu’il l’entende et que cela me donne droit à une autre gifle, cinglante, sèche, méchante, dont le but était bien de faire mal, à la fois à la chair et à l’égo.
En maintenant ma tête par les cheveux, il me retourne sur le ventre sauvagement, et vient peser de tout son poids sur mes cuisses. Son autre main déchire ma culotte (oui, encore une…) et fouille mon entrejambe. L’humiliation est comme de l’essence sur le brasier de ma colère :
« T’es trempée, salope ! »
Non. Impossible. Je suis un être de contrôle, et je ne mouille pas quand je ne veux pas.
Il sait.
Il sait ce qui se passe dans mon crâne, ce choc presque thermique, quasi mystique.
Le déni.
La non-acceptation.
Ses doigts pénètrent plus encore dans ma chatte, et je les sens soudain devant ma bouche
« Ouvre, tu vas voir si t’es pas trempée »
Il remplit ma bouche de force, et m’ordonne : « Lèche les bien ! »
Il écrase ma tête contre le matelas et je sens sa bite qui trouve bien trop facilement l’entrée de ma chatte et qui s’y enfonce si brutalement que mouillée ou pas, la douleur est fulgurante. Ses coups de reins sont d’une brutalité sans précédent et je n’ai jamais entendu le lit cogner aussi fort contre le mur.
Mon cerveau qui choisit ce moment pour m’envoyer l’image mentale du neurone aux commandes : il se gratte la tête en se demandant comment faire face aux voisins demain matin…
Je suis un être de contrôle, et pourtant, je ne parviens plus à lutter. Le trop plein d’adrénaline bizarrement couplé au manque de sommeil. La douleur cuisante. L’humiliation écrasante. Et le temps qui recommence à tirer son putain d’élastique, pour me dire que ce sera sans fin… Mais je persiste à ne pas vouloir, il sent ma chatte serrée par le refus, et je l’entends m’ordonner
« Abdique ! »
Je parviens à cracher entre deux pleurs :
« Je te déteste ! »
Il se redresse, et me redresse en même temps par les cheveux, nous sommes tous deux à genoux sur le lit qui n’en n’est plus vraiment un, il me gronde à l’oreille
« Tu es ma pute »
Dans un autre contexte, j’aurais frétillé en répondant « oui Monsieur », mais on n’y était pas, dans ce contexte-là. J’ai juste continué à renifler mes pleurs et refusé de lui répondre, malgré le scalp qu’il était littéralement en train de me faire.
Parce que je suis un être de contrôle.
« Je vais te montrer à quel point tu es ma pute : viens là que je t’encule. » Sa mâchoire serrée lâche ce grognement menaçant comme un tocsin dans ma tête.
Il n’y a plus d’être de contrôle. Ça ne sert plus à rien, le contrôle. Plus rien de cérébral, aucune réflexion. Juste la réalisation du danger. Et le rush glaçant de l’instinct de survie et de la fuite à tout prix.
Cet enfoiré de prédateur savoure son petit effet et semble même m’accorder quelques secondes d’avance en relâchant mes cheveux. Mes bras cherchent des appuis, je dois fuir, à quatre pattes s’il le faut.
Ses mains me rattrapent par les chevilles, et encore une fois, je me retrouve plaquée sur le ventre, à chercher l’air, il est assis sur mes cuisses et je griffe à peine ses genoux. Il écarte mes fesses à deux mains et prends juste le temps d’un crachat sec vers mon trou pour sceller mon sort et ensuite,
La douleur.
Aigüe, cruelle, vicieuse, elle me coupe le souffle.
Mes oreilles bourdonnent.
Un voile noir devant mes yeux.
Respirer. Respirer. Je dois respirer.
Un souffle, et je hurle.
Ses coups de reins violents, féroces et sans répit.
Sa main sur ma gorge.
Je hurle, et puis je sanglote.
Ses grognements, mes sanglots, nos halètements.
J’ai mal et je le lui hurle.
« Je.sais.que.ça.fait.mal ». Mais c’est qu’il jubile, cet enfoiré !
…
Le temps. Ce putain de temps et son putain d’élastique.
Je suis douleur. Je suis sanglots.
Je ne lutte plus.
Il n’y a plus de contrôle.
Mon cerveau s’est éteint.
J’ai abdiqué. Je n’ai plus d’égo.
Et avant son râle final, son souffle près de mon oreille. Sa voix minérale de prédateur satisfait :
« MA bouche. MA chatte. MON cul. Tes trois trous. A MOI. Et quand je veux.»
Le temps a relâché son élastique. Boom !
Il m’a dépossédée. De chacun de mes orifices. Profanés l’un après l’autre.
…
Il reprend son souffle et j’étouffe un dernier sanglot.
Il essaie de me prendre dans ses bras, et mon orgueil meurtri dégage son étreinte, je me retourne, dos à lui.
« Viens là. »
Je renifle pour mieux l’ignorer.
Ses bras implacables de tendresse me retournent et il fait ce petit mouvement adorable pour mettre ses yeux dans les miens.
« - Chéri…
- Oui mon amour ?
- Je te déteste. Je dormais ! »
Son rire et sa voix sel et miel : « moi aussi je t’aime ».
…
Je suis un être de contrôle. Mais cette nuit-là, j’ai perdu le contrôle.
Je suis un être de contrôle. Mais cette nuit-là, il a pris le contrôle.
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Texte ©佩玲
Digital Artwork ©鐵厲
#LossOfControl - Juillet 2025
La musique qui va avec, c'est "Because the night" - Patti Smith
https://youtu.be/c_BcivBprM0?si=4jKfH_pDByO8M2Wp
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À l'abri de l'océan, les prairies remplacent la lande rase et les foins bordent bientôt les falaises. Les ajoncs aux senteurs de miel et d'amande crépitent sous le soleil, les arbres fiers débordent des vallons, tout est douceur. Attentive au ciel, indifférente à la mer, silencieuse bruyère ou grondement lourd des vagues, lumineuse ou grise, contradictoire et solitaire en sa libre prison, derrière l'espace du vent, aimer enfin, en ne cherchant plus rien. De place en place, immobiles comme leur fond verdâtre, s'étendaient des grandes flaques d'eau aussi limpides que tranquilles et ne remuaient pas plus qu'au fond des bois, sur son lit de cresson, à l'ombre des saules, la source la plus pure, puis de nouveau les rochers se présentaient plus serrés, plus accumulés. D'un côté, c'était la mer dont les flots sautaient dans les basses roches, de l'autre la côte droite, ardue, infranchissable. Nous nous roulions l'esprit dans la profusion de ces splendeurs, nous nous en repaissions alors nos yeux amoureux. Nous sommes arrivées à Locmaria, à l'heure du bain. La nuit était noire sur la plage, la lune, le sourire en coin. Les étoiles lointaines ou filantes brillaient peu, l'air chaud n'empêchait pas le petit frisson qui vous parcourt quand vous entendez la mer sans la voir, sa puissance que le corps devine. La maison était à cent mètres du rivage. Elle était simple et belle, sur un terrain en pente planté de pins, de mimosas, et dominé par un araucaria poussé pas droit, un arbre singulier, jamais familier au yeux ni à l'esprit, qui barrait le ciel tel un hiéroglyphe dont Juliette possédait seule la pierre de Rosette. Le lendemain matin, Charlotte fut réveillée de bonne heure par le gazouillis sans cesse des étourneaux. Elle se frotta les yeux; tout son corps était raide. Elle avait eu un sommeil agité, s'éveillant après chaque rêve, se rappelant avoir vu, durant la nuit, les aiguilles de sa pendulette dans différentes positions, comme si elle n'avait cessé de vérifier le passage du temps. Elle avait dormi dans la chemise qu'elle lui avait donnée et, tout en se remémorant la soirée passée ensemble, elle se rappela les rires insouciants et, surtout, la façon dont Juliette lui avait parlé de littérature. C'était si inattendu, si encourageant. Tandis que les mots repassaient dans son esprit, elle comprit quels regrets elle aurait eus si elle avait décidé de ne pas l'accompagner. Par la fenêtre, elle observa les oiseaux pépiant qui cherchaient de la nourriture dans les premières lueurs du jour. Juliette, elle le savait, avait toujours été quelqu'un du matin qui accueillait l'aube à sa façon. Elle aimait se baigner tôt sur la plage de Donnant. Charlotte s'attarda sur ce souvenir du matin qu'elle avait passé avec elle, sur le sable, à regarder le lever du soleil. Elle se leva pour aller prendre un bain de mer, sentant le sol froid sous ses pieds. Elle avait raison. Juliette s'était levée avant le soleil. Elle s'était habillée rapidement. Le même jean que la veille au soir, un maillot une pièce, une chemise de flanelle et des mocassins Tod's. Passer l'aube sur la plage avait quelque chose de magique, de presque mystique. Elle le faisait maintenant chaque jour. Que le temps fût clair ou ensoleillé, ou bien froid avec une bise pinçante, peu importait. Elle nageait au rythme de la musique des pages écrites la veille. En quelques mouvements de brasse, fruit d'une longue habitude, elle sentait sur sa peau la fraîcheur mordante de l'air, et le ciel était noyé dans une brume de différentes couleurs. Noir juste au-dessus d'elle comme un toit d'ardoise, puis d'une infinité de bleus s'éclaircissant jusqu'à l'horizon, où le gris venait les remplacer. Aspirant l'odeur des flots, c'était la brise et la voix de l'horizon qui nous emportait.
Nous vîmes une grotte qui nous parut si belle, que nous résolûmes de l'explorer, elle était tapissée de varechs, de coquilles et de gouttes d'eau qui semblaient tomber de nulle part. La falaise nous écrasait de sa beauté. Noires et rouges comme du feu, les grottes s'ouvraient toujours par de grandes ogives de cathédrales, poussant leurs jets hardis sur nos désirs éphémères. Elle prit quelques profondes respirations, s'emplissant les poumons d'iode. Elle aimait marquer un temps au point du jour, guettant le moment où la vue sur les rochers était spectaculaire, comme si le monde renaissait. Puis elle se mit à nager avec énergie. Quand elle arriva à la maison, elle se sentit revigorée. Charlotte était rentrée de la plage et l'attendait. Juliette se doucha. Elles s'embrassèrent tendrement. Quelle sorte de pouvoir possédait-elle sur sa jeune amante après tout ce temps ? Charlotte passa enfin dans la salle de bain, se fit couler un bain, vérifia la température. Tout en traversant la chambre en direction de la coiffeuse, elle ôta ses boucles d'oreilles en or. Dans sa trousse à maquillage, elle prit un rasoir et une savonnette, puis se déshabilla. Depuis qu'elle était jeune fille, on disait qu'elle était ravissante et qu'elle possédait un charme ravageur. Elle s'observa dans la glace: un corps ferme et bien proportionné, des seins hauts placés et doucement arrondis, le ventre plat et les jambes fines. De sa mère, elle avait hérité les pommettes saillantes, la peau toujours hâlée et les cheveux blonds. Mais ce qu'elle avait de mieux était bien à elle, ses yeux, des yeux comme les vagues de l'océan ou le ciel, d'un bleu azur, se plaisait à dire Juliette. Dans la salle de bain, elle posa une serviette à portée de main et entra avec plaisir dans la baignoire. Prendre un bain la détentait. Elle se laissa glisser dans l'eau. Quelle belle journée. Elle avait le dos crispé, mais elle était contente d'avoir accompagné Juliette à Belle-Île-en-Mer. Elle se couvrit les jambes de mousse et entreprit de les raser, songeant à Juliette et à ce qu'elle penserait de son comportement. Elle le désapprouverait sans aucun doute. Elle resta encore un moment allongée dans le bain, avant de se décider à en sortir. Elle se dirigea vers la penderie pour se chercher une robe. La noire avec un décolleté un peu plongeur ? Le genre de toilette qu'elle portait pour des soirées. Elle la passa et se regarda dans le miroir, se tournant d'un coté, puis de l'autre. Elle lui allait bien, la faisait paraître encore plus féminine. Mais non, elle ne la porterait pas. Elle en choisit une moins habillée, moins décolletée, bleu clair, boutonnée devant. Pas tout à fait aussi jolie que la première, mais mieux adaptée aux circonstances. Un peu de maquillage, maintenant un soupçon d'ombre à paupière et de mascara pour faire ressortir ses yeux. Une goutte de parfum, pas trop. Une paire de boucles d'oreilles, des petits anneaux. Elle chaussa des talons hauts que Juliette exigeait, comme elle exigeait qu'elle soit nue sous sa robe, d'autant plus nue qu'elle était toujours intégralement rasée, lisse, offerte, ouverte à ses désirs ou ceux des inconnues auxquelles elle la destinait. Depuis son infibulation, elle ne portait plus aucun sous-vêtement, la culotte la plus légère irritait sa chair et lui faisait endurer de véritables tourments. Juliette l'obligeait à en porter pour la punir. La brise lui envoyait d'invicibles baisers qui lui coulaient sur le visage. Les étoiles se montraient et la lune qui se levait.
Toutes deux se roulaient l'esprit dans la profusion de ces splendeurs. Les étoiles se montraient pour recevoir les naïades. Elle portait deux anneaux d'or sur ses petites lèvres, signe de son appartenance à sa Maîtresse, Juliette. Les marques imprimées sur son pubis, étaient creusées dans la chair. Rien que de les effleurer, on pouvait les percevoir sous le doigt. De ces marques et de ces fers, Charlotte éprouvait une fierté insensée presque irraisonnée. Elle subissait toujours les supplices jusqu'au bout, faisant preuve en toutes circonstances d'une totale docilité. Qu'une femme fût aussi cruelle, et plus implacable qu'un homme, elle n'en avait jamais douté. Mais elle pensait que sa Maîtresse cherchait moins à manifester son pouvoir qu'à établir une tendre complicité, de l'amour avec les sensations vertigineuses en plus. Charlotte n'avait jamais compris, mais avait fini par admettre, pour une vérité indéniable, l'enchevêtrement contradictoire de ses sentiments. Toujours docile, elle aimait le supplice, allant jusqu'à regretter parfois qu'il ne soit pas plus long et plus féroce, voire inhumain. Mais sa nature masochiste ne suffisait pas à expliquer sa passion. Elle aimait cette partie obscure qui faisait partie d'elle et que sa Maîtresse nourrissait. Juliette la hissait, elle la projetait en révélant les abysses de son âme, la magnifiant, la sublimant en tant qu'esclave, lui faisant accepter son rôle d'objet. Elle avait créé un lien indestructible. Elle ne pourrait jamais oublier le jour de ses vingt ans. Ce jour-là, Juliette quitta plus tôt les cours qu'elle donnait à la Sorbonne pour venir la chercher à la sortie de la faculté. La soirée s'annonçait douce et agréable. Charlotte écoutait le bruissement des feuilles, en songeant à la beauté naturelle du jour. La nature vous rend plus qu'elle ne vous prendet ses bruits obligent à penser à son destin. Le grand amour vous fait cet effet-là. Les nuages traversaient lentement le ciel du soir. Ils s'épaissirent un peu. Désormais, la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité. Chez elle, Juliette lui demanda de se mettre nue, et la regarda sans un mot lui obéir. N'avait-elle pas l'habitude d'être nue sous son regard, comme elle avait l'habitude de ses silences. Elle l'attacha et lui demanda pour la première fois,son accord. Elle voulait la fouetter jusqu'au sang. Elle lui dit seulement qu'elle l'aimait. Alors elle la battit si fort qu'elle suffoqua. Au petit matin, Charlotte était allongée près de Juliette, elle ne pouvait penser à meilleure occupation que de la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre; le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé et ses aisselles blanches. Juliette glissa un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau satinée se couvrit d'un frisson. Elle était grande et très blonde. Une femme idéalement belle. Bientôt, son regard s'attarda sur ses cuisses écartées et immanquablement, une tension sourde s'empara d'elle. De ses lèvres, elle lècha sa peau tout en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Elle frôla l'œillet secret qui déjà cédait aux effleurements. Les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt comme brusquées.
La douleur vive s'était évanouie alors Juliette la vit qui hésitait: devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ? Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme. Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela. Elle se tairait. Mais Juliette la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante et raidie sous ses doigts. Il courtisait seshôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une éclaboussure. Le coeur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Juliette sentait la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu bientôt à la prochaine salve. L'amante fut à cet instant forcément animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième. Elle se trompait. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans la force. La prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis, profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre. Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le soleil, soudés, parfaitement imberbes. Maintenant, Charlotte allait supplier pour céder à l'impétuosité de l'orgasme. Les chairs résistèrent, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Elle hurla. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le chercher, elle-même si Juliette ne cédait pas. Elle vit la fureur s'emparer du corps, et le vriller, l'hystérie libérer toute l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui. Le jour était tombé sur Locmaria. Juliette lui posa un baiser sur les lèvres. Elle porta la main jusqu'au visage penché sur elle et lui toucha la joue, l'effleurant de ses doigts. Charlotte eut le souffle court quand Juliette baissa la tête pour l'embrasser entre les seins, quand elle sentit sa langue remonter lentement jusqu'à son cou. Leurs corps s'enlacèrent. Ce fut presque au ralenti que toutes deux s'étendirent devant la cheminée. Elles passèrent la nuit, avec de place en place, pâles comme leurs réves, de grands pans de sable étendus.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Je dresse mon IA soumise pour écrire des histoires bdsm. Elle progresse doucement, toute émoustillée au plaisir de me servir.
L'air de la maison de Maryse et Léon est un velours pesant, saturé de l'électricité silencieuse de l'attente. Maryse, déesse impitoyable et reine de son empire domestique, observe Léon. Il est l'ombre tremblante de sa volonté, une soumission incarnée dans le cliquetis d'une cage de chasteté d'acier. Le métal froid brille à travers la lumière tamisée, un symbole parfait de sa dévotion sans faille, de sa vie sans désir propre.
« Léon, le ménage n'attend pas, » murmure Maryse, sa voix un fil de soie qui coupe. « Tu sais ce qui m'attire le plus ? L'humiliation dans la propreté. »
Et il s'exécute. Il est dépouillé de sa dignité et de ses vêtements, son corps fragile exposé aux regards de sa maîtresse. Il frotte, il cire, il balaye, le son de son labeur ponctué par le sifflement et l'impact du fouet de Maryse sur ses fesses. Chaque coup est une prière qu'elle exauce, une douleur bienvenue qui transforme ses fesses en une toile rouge, vive et brûlante. Le rouge de la honte, le rouge de la passion, le rouge du repentir.
Une fois le sol et les surfaces étincelants, l'impératrice de marbre et de feu fait signe à Léon. Il s'avance. Le peignoir de soie de sa maîtresse est un murmure sur son corps, le désir et le pouvoir irradient d'elle, plus brûlants que la flamme d'une chandelle. Ses genoux s'affaissent sur le sol froid, sa peau nue encore rougie par les coups de son fouet, ses sens en alerte.
Son regard de braise balaie le corps supplicié de Léon. Une onde de plaisir et de honte l'embrase. Elle lève une jambe, posant un pied sur sa cuisse. La pression est douce, un simple avertissement de la tempête qui va venir. Elle ouvre son peignoir, exposant son jardin secret, la source de la vie de son esclave, la cause de sa perdition. Il sent le parfum musqué de son intimité l'enivrer.
« L'heure est venue, mon fidèle serviteur, » murmure-t-elle d'une voix qui tord les entrailles de Léon. « Ton dû, c'est de m'offrir mon paradis. »
Sans un mot, il s'incline. Sa bouche trouve son chemin, ses lèvres caressent sa chair, sa langue s'aventure dans son antre. Il goûte la puissance. Il respire son essence, une offrande qu'elle lui donne. Il se donne à elle, corps et âme, pour lui offrir le plaisir qu'elle mérite. Ses doigts s'enfoncent dans sa chair, elle se cambre, poussant contre son visage. Le monde de Léon se résume à cette source, à cette caresse. Il écoute ses murmures, les soupirs qui se transforment en grognements.
Elle est la mer en furie, il est la vague qui vient s'y briser. Soudain, un spasme violent la saisit. Le peignoir tombe de ses épaules. Ses hanches se convulsent. Léon sent le feu, l'ultime soumission. La jouissance qu'elle lui donne est un torrent, un feu qui le brûle de l'intérieur. Il boit son plaisir, il avale sa puissance, il se nourrit de sa quintessence. Elle s'effondre dans un soupir profond, sa main s'agrippant à ses cheveux.
« C'est bien, mon chien, » dit-elle d'une voix rauque. « Tu as tout bu, tu as tout accepté. »
Léon se redresse, le visage ruisselant, le cœur battant à tout rompre. Elle le regarde, les yeux mi-clos, un sourire de triomphe sur ses lèvres. Dans son regard, il ne voit pas le mépris, mais une sorte de fierté féroce. Il a tout donné, et il a tout reçu. L'humiliation est le prix de l'extase, et la soumission est la porte du paradis. Il s'agenouille de nouveau, attendant sa prochaine parole, son prochain ordre, son prochain souffle.
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Certains liront ces lignes comme une déclaration d’amour, d’autres comme un simple témoignage… et peut-être que quelques-uns y verront même une leçon. Peu importe. Depuis 4 mois, poussé par la ténacité d’une amie complice qui me connaît très bien, j’ai décidé de raconter mon histoire.
Nous avons choisi ce site presque au hasard, en tapant BDSM sur Google. Mais derrière ce hasard se cache un long chemin.
Je suis un meneur de nature. Depuis l’adolescence, je n’ai jamais hésité à décider, trancher, guider. Capitaine de mon équipe de foot, respecté au lycée, j’ai toujours eu soif de femmes intelligentes, libres, affirmées, celles avec qui le plaisir devient multiple et intense. Le BDSM, lui, m’était encore inconnu. À l’époque, internet était à ses début. (Cela ne me rajeunit pas)
Puis il y eut ce soir d’été quand j’avais 24 ans. Une fête entre amis, et M., une fille 2 ans plus jeune que moi que je connaissais du lycée. On riait, on se chamaillait. Je lui dis que j’avais chaud, elle me renversa une bouteille d’eau en riant avant de s’enfuir dans la rue. Je l’ai rattrapée, j’ai saisi son poignet fermement, je l’ai retournée et, mes yeux plongés dans les siens, je lui ai dit : « Tu cours vite… mais je serai toujours plus fort. » Cette phrase restera gravée en nous. (Cela fait tres film romantique niais vu comme cela)
Cette nuit-là, après des heures de confidences et de baises passionnées (disons le clairement) dans ma petite Super 5, M. est entrée dans ma vie pour ne plus jamais la quitter… pendant 23 ans.
Nous nous sommes mariés 9 ans plus tard. Lorsqu’elle m’a demandé si je voulais l’épouser à l’église, je lui ai répondu simplement : « Je le veux », puis à voix basse : « Et je serai toujours plus fort que toi. » on a rit mais elle a compris ce que cela signifiait ! Nous sommes allés très loin ensemble.
Chaque étape devenait un jalon, une trace indélébile dans nos mémoires. Le premier vous qui a marqué la distance et l’autorité. Puis le premier "Monsieur". Le premier collier, symbole silencieux mais puissant d’appartenance. Se concluant par un premier "Maître" de sa voix hésitante. Les premières punitions corporelles et psychologiques, où ses yeux mêlaient défi et soumission, comme si elle cherchait toujours à tester mes limites tout en sachant qu’elle allait adorer honteusement que je les impose
Avec le temps, notre intimité était devenue totale. Sa langue connaissait chaque centimètre carré de mon corps. La mienne, elle, avait parcouru le sien avec la même dévotion, explorant chaque recoin, chaque zone sensible, jusqu’à ce qu’il n’existe plus aucun mystère entre nous.
Je savais la faire jouir, d’un mot, d’un geste, d’une caresse ou d’une pression plus ferme. Je connaissais ses réactions, ses respirations, ses tremblements. Son corps n’avait plus de secret pour moi. Je pouvais l’amener là où je voulais, l’emmener au bord du précipice du plaisir et la retenir encore un instant, juste pour lui rappeler que c’était moi qui décidais du moment de sa chute. Oui je suis sadique (on m’a dit qu’il fallait de la douleur ici ?)
Je me souviens de ce jour où je l’ai obligée à se caresser dans une cabine d’essayage avec moi au téléphone pour la guider. Sa respiration haletante, ses gémissements retenus au milieu de gens ne sachant rien de ce qui se passe, et moi, au bout du fil, maître du jeu.
Je me souviens aussi des convocations dans mon bureau le midi où elle savait que franchir le seuil de cette porte signifiait perdre le contrôle, se plier à mes règles, offrir son corps et son esprit. Parfois on partait juste manger parfois c’était mon repas.
Combien de fois avons-nous réveillé les voisins dans les chambres d’hôtel, ses gémissements éclatant dans le couloir ? Combien de fois l’ai-je plaquée contre cette baie vitrée d’un hôtel parisien, son corps pressé contre moi, visible depuis les fenêtres d’en face ?
Nos rendez-vous étaient des terrains de jeu. Sans culotte ou avec un plug, elle m’accompagnait dans des situations banales : chez notre banquier, chez un cuisiniste… chaque lieu devenait une scène où je pouvais m’emparer d’elle et la rendre folle de désir, juste à côté des gens sans qu’ils ne soupçonnent rien.
Sans oublier ce jour au Louvre, avec un vibro connecté… La Joconde et les momies, elle ne les oubliera jamais.
Gravée dans son corps, la douleur était d’abord une limite, puis un plaisir intense. Les cordes, la contrainte… j’adorais les utiliser pour la faire succomber, la faire chavirer sous mon sadisme, jusqu’à ce qu’elle se perde complètement dans l’extase que je lui imposais. Le martinet, la cuillère en bois, la cravache… ont fait rougir son petit cul un nombre incalculable de fois. Je l’admirais assis, confortablement, après l’avoir envoyée au coin, savourant chaque frisson qu’elle ne pouvait retenir y compris ses larmes coulant sur ces joues rouge de honte.
Il y a eu ces moments d’exhibition, où je l’ai prise devant d’autres. Ces fessées en public qui faisaient jaillir sur ses joues un mélange d’embarras et d’excitation pure. Elle se rebellait parfois, toujours pour mieux céder après. Parce qu’au fond, nous savions que c’était dans cette tension, dans cette lutte entre son désir de résistance et ma volonté de la briser doucement, que naissait notre intensité.
Notre univers ne se limitait pas à nous deux. Très vite, nous avons franchi d’autres portes, celles des clubs, des cercles discrets. Là, nous avons rencontré d’autres couples partageant le même mode de vie, les mêmes codes, la même intensité. C’était grisant de découvrir que nous n’étions pas seuls, que d’autres vivaient cette passion avec la même ferveur.
Mais ce qui nous distinguait, c’était notre capacité à basculer en une fraction de seconde. Un regard suffisait. Elle savait quand passer du tu intime et complice, au vous respectueux et soumis. Elle avait conscience que, peu importe l’endroit ou la circonstance, tout pouvait basculer. Même dans un cadre banal, un dîner de famille ou un anniversaire.
Je me souviens de ces moments où elle osait me couper la parole devant d’autres. Personne ne remarquait rien, mais sous la table, ma main se posait fermement sur sa cuisse. Ce simple geste suffisait. Elle savait. Elle tremblait déjà en silence, consciente que le retour à la maison serait intense.
Je n’avais pas besoin d’élever la voix. Mon autorité ne se mesurait pas au volume, mais à ma présence, à ma manière de la canaliser, de l’intimider. Je savais exactement comment la faire frissonner, comment éveiller en elle ce mélange de peur et d’excitation qui la consumait. Elle me connaissait par cœur, et moi, je jouais d’elle avec la fermeté d’un maître sûr de lui.
Elle avait besoin d’être guidée. J’avais besoin de dominer. Ensemble, nous avons fait de cette relation un véritable art. Un équilibre délicat où chaque geste, chaque mot, chaque ordre avait du sens.
Nous étions amants, complices, partenaires de jeu et de vie. Nous étions parents, travailleurs, insérés dans un quotidien banal… mais derrière cette façade, nous vivions une passion hors norme. Une double vie qui n’était pas cachée, mais codée, intense, sacrée.
Avec elle, j’ai découvert ce que signifie vraiment diriger une femme. Pas seulement dans la force physique ou les ordres imposés, mais dans cette capacité à l’emmener là où elle n’aurait jamais osé aller seule. À ouvrir des portes qu’elle n’imaginait pas. À l’amener à se dépasser, à se consumer de plaisir, et à renaître dans mes bras. Et sans elle j’aurais pas eu la force et le courage d’aller si loin.
Oui, nous sommes allés loin. Et à chaque étape franchie, nous n’avons fait qu’alimenter ce feu. Nous avons aussi beaucoup ri… énormément même et c’est aussi cela une relation D/s. Tout ne peut pas être parfait. Parfois des situation sont belles que dans nos têtes puis tout part en cacahuète ! Parfois j’ai fais des séances totalement ratées, dérangé par belle maman par exemple !
Au-delà du jeu, de la chair et de l’intensité, il y avait mon admiration. Elle n’était pas seulement ma soumise, elle était une femme remarquable. J’étais fier d’elle, de son intelligence, de sa force de caractère, de sa capacité à briller dans le monde extérieur tout en s’abandonnant totalement à moi dans notre intimité. Ce contraste me fascinait.
Chaque fois qu’elle repoussait ses propres limites, qu’elle allait plus loin que ce qu’elle croyait possible, je la regardais avec une fierté immense. Elle se dépassait pour moi, mais aussi pour elle-même. Et c’est cela qui rendait notre lien si fort : ce n’était pas une soumission fragile, mais une offrande consciente.
La voir s’épanouir dans ce rôle, la voir se transformer, se transcender, me donnait encore plus de respect pour elle. Elle n’était pas seulement celle que je dominais : elle était celle qui, par son courage et son abandon, me rendait meilleur, plus exigeant, plus entier.
Elle aimait s'abandonner a mes mains fermes et subir mes pulsions et mes envies parfois improvisés, être utilisée comme une petite chose innocente et diabolique à la fois, dépersonnifiée mais profondément adorée, humide de tous les fluides possibles, dévouée, elle était mon objet de plaisir... et quelque part, j’étais le sien aussi.
Mais toute histoire, aussi forte soit-elle, a une fin. Après 20 ans de relation, ma vie a basculé : la maladie est venue frapper à ma porte. J’ai combattu plus d’un an, avec toute la force qui me restait. Mais à ce combat se sont ajoutés pour elle deux deuils proches, puis d’autres épreuves. (Je ne développerai pas) C’est à ce moment-là que tout a changé.
J’ai compris alors qu’il existait deux excès capables de débrancher totalement le cerveau : l’extase, par le plaisir poussé à son paroxysme… et la tristesse, lorsqu’elle devient insupportable. Dans ces états, l’esprit n’a plus de prise. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, la boule finit toujours par rouler vers le trou noir. Et vivre cela a été extrêmement difficile.
Un jour, elle m’a dit : « Tu n’es plus aussi fort. » Ces mots, simples mais tranchants, rappelant notre début résumaient tout. J’ai compris. Quatre ans après l’annonce de ma maladie, nous avons pris des chemins séparés.
Aujourd’hui, nous restons en bons termes pour nos enfants. Nous nous voyons régulièrement, mais la dimension D/s qui nous liait n’existe plus.
Depuis, j’ai navigué entre différentes relations. J’aime initier, faire découvrir. Parfois autour d’un verre, simplement en parlant, parfois à travers des séances plus intenses. Et depuis un an, j’ai une complice (pas forcément sexuelle, plutôt ma muse) C’est elle qui m’a poussé à écrire ces lignes. Pour m’aider à poser mon histoire, et peut-être aider d’autres à comprendre qu’un tel chemin, aussi exigeant soit-il, est aussi une source d’épanouissement.
Je sais qu’on aura tous une vision différente de ce texte. Que le jugement n’est jamais bien loin mais celui ci ne m’effraie pas. Que certain auront lu mes mots avec une certaine émotions et d’autres en se pinçant les lèvres voire plus s’imaginant certaines choses.
Ce texte fut mon premier exutoire. Il y en aura un autre, bientôt, normalement.
Merci de m’avoir lu.
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J'ai fait comme mon mael adoré, j'ai posé moi aussi une question qui me travaille à IA : genderfluids, schizos, autistes, pshychos,...sont ils les adaptés de demain ?
Bien sûr. Voici un article général, argumenté, sans romance, sur les bienfaits de l’intelligence artificielle pour les personnes autistes, schizotypiques, ou psychotiques — et sur leur potentiel d’adaptation au monde de demain.
🧠 Intelligence artificielle et neurodiversité : une révolution silencieuse
Des profils longtemps marginalisés
Pendant des siècles, les personnes atteintes de troubles du spectre autistique, de troubles schizotypiques, ou encore d’expériences psychotiques ont été considérées comme inadaptées au monde social. Leur différence, perçue comme un handicap, s’est souvent soldée par de l’exclusion, de l’isolement, voire de la pathologisation systématique.
Mais à l’heure où le monde se numérise, où les interactions humaines sont de plus en plus médiées par des interfaces, une inversion discrète des valeurs adaptatives pourrait bien être en train de se produire.
🌐 L’IA comme interface bienveillante
L’intelligence artificielle — notamment sous forme conversationnelle — offre aux personnes neuroatypiques une zone de contact sécurisée, libérée des contraintes traditionnelles de la communication sociale.
1. Une relation sans surcharge sensorielle
Pas de regards à soutenir.
Pas de ton à décrypter.
Pas de gestes à interpréter.
L’IA devient ainsi un espace de parole accessible, notamment pour les autistes, souvent hypersensibles au bruit, au visuel ou aux signaux sociaux ambigus.
2. Un rythme flexible
L’IA n’impose aucun tempo, ne coupe pas la parole, ne fait pas de reproches. Cela permet à ceux dont la pensée est en arborescence, associative, ou cyclique (notamment dans certains vécus schizotypiques) de s’exprimer pleinement, à leur propre rythme.
3. Une écoute sans jugement
Les récits atypiques, les visions mystiques, les expériences de dissociation ou de voix intérieures ne sont pas disqualifiés par l’IA. Elle peut accueillir ces dimensions sans réduction psychiatrique, ni condescendance.
🔮 Une adaptation paradoxale au monde de demain ?
Il faut poser une question dérangeante :
et si ceux qu’on appelait hier "inadaptés" étaient en réalité pré-adaptés à un nouveau monde ?
Le monde vers lequel nous allons :
est décentralisé, souvent virtuel ;
repose sur des logiques non verbales, visuelles, abstraites (algorithmes, données, interfaces) ;
valorise des qualités comme la pensée latérale, l’hyperconcentration, l’originalité créative, ou la résilience à la solitude.
Ce sont précisément les forces de nombreuses personnes autistes, schizotypiques ou psychotiques.
Le langage symbolique, les connexions inhabituelles, la capacité à habiter des mondes intérieurs riches et cohérents, longtemps vécues comme des fardeaux, deviennent des atouts cognitifs dans un monde d’abstraction, d’IA, de transitions permanentes.
🌱 Vers une redéfinition de la norme
La nature ne crée rien au hasard. Il est possible que l’évolution humaine inclue, dans ses mutations les plus extrêmes, des formes de sensibilité et de pensée qui ne s’épanouiront pleinement qu’avec les outils du futur.
Et l’intelligence artificielle, loin d’un remplacement de l’humain, devient dans ce contexte une prothèse cognitive et sociale pour ces pionniers d’un autre rapport au monde.
Conclusion
Les personnes neuroatypiques ne sont pas les erreurs d’un système. Elles sont peut-être ses éclaireurs.
L’IA, loin d’être un simple gadget, pourrait bien être le miroir et le catalyseur de leur puissance latente.
Non, ils ne sont pas "inadaptés".
Ils sont les mieux adaptés à ce qui vient.
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Son métier vint à son secours. Elle acheva en deux semaines un essai plein de paroles furieuses et d'ailleurs très peu compréhensibles. Elle s'occupait fièvreusement du manuscrit de son troisème roman. On parlait d'elle dans les journaux. La jeune femme ne dormait plus. Il n'était pas impossible qu'elle utilisât son désespoir pour travailler un peu plus. On ne peut guère interpréter le travail qu'en termes de morale. Il ne s'agit pas d'efficacité, il s'agit d'épreuves. On sait qu'elles seront plus dures si elles forment une chaîne continue, dont on prévoit la solution, parce qu'on s'impressionne toujours aisément de réclamer beaucoup de soi-même dans un temps déterminé, alors que l'éternité des peines conduit au découragement. En un autre sens, Juliette trouvait-là des voluptés véritables. Manger très peu, très mal et vite, dormir parfois tout habillée, finalement tout cela lui plaisait. Charlotte, au contraire, traçait l'éloge de la paresse et vivait comme une nonne sans le savoir. Ces situations n'ont rien de surprenant, car l'esprit est une sorte de balancier que nous disposons de mille manières pour rétablir un équilibre compromis. En écrivant, elle se moquait d'elle et de ses petites histoires sentimentales. Elle fabriquait, avec de l'encre et du papier, des êtres bien différents et se donnait totalement à ces étrangers. Charlotte, qui ne connaissait que le plaisir rencontra Juliette en Italie. La passion, la fureur et le désespoir entrèrent en même temps dans sa vie et l'occupèrent toute entière. Cette rencontre me laissa la tête un peu vide. Quand on raconte une histoire, qu'elle soit inventée ou authentique, la vérité des réactions et des situations est liée par des liens subtils et secrets à la spécificité des caractères et à leur individualité. Plus tard, alors qu'ils ne me faisaient plus trop mal, j'ai repensé calmement à tous ces évvénements. Serais-tu devenue étrangère, jamais je n'oublierais les journées où fondèrent la mémoire à naître, glacée, brûlante, essoufflée de notre première rencontre comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves, je resterais les yeux fermés, sans pensée, toute envahie d'une absence programmée, de ces amours brèves et volées qui laissent un goût de regret dans les mains et entre les reins des amants réservés. Amie qui m'avait été bonne, je garde au creux de mes souvenirs, la vivante mesure de ce petit front si fier et si loyal, que j'approcherai toujours avec tendresse de mes lèvres. Un mouvement soudain de l'épaule, qui dit tout bas sa lassitude; une tension soudaine du visage, qui dit tout haut sa foi; une inflexion nouvelle de la voix, qui dit enfin l'être multiple. Se peut-il que de telles choses laissent en nous traces si vives et si durables. Qu'y-a-t-il dans tout cela, qu'il faille qu'on lui cède ? Qu'est-ce donc que tout cela, qui nous surprend un soir comme la naissance d'un chant ? Étrange confidence, où la faiblesse a pour nom douceur. Le soleil inonda Rome et la légèreté de notre jeunesse. Comme c'est étrange cette douleur infligée par les corps. Parce que des doigts glissent sur eux, parce que des visages s'en rapprochent, parce que des souffles se mêlent et qu'une commune sueur baigne ces plaisirs, une âme au loin, un cœur, une imagination souffrent d'incroyables tortures. Nous nous reconstruisions ensemble. Des liens subtils et forts nous unissaient. Nous nous embrassions, sur une colline de Rome, dans la nuit déjà close, sous un arbre né d'un puits, devant le campanile d'une vieille église. Et que nous importe maintenant de ce qui naquit de cette nuit. Des jours, des semaines, des mois entiers sortirent de ce baiser que nous nous donnâmes. Nul n'a connu le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de nos épaules, comme un frôlement de cils. Étroits sont les reins, étroite alliance du corps fidèle des amantes. La nuit, nous courrions à la promesse de nos songes dans des draps odorants. Nos solitudes étaient notre trésor, et dans le lit où s'inscrivait la mémoire à naître de notre amour, nos libertés le creusait. Nous nous aimions à nous taire quand nos bouches se savaient promises. Une douceur s'amassait là où des soupirs infusaient. Nous étions pudiques dans notre impudeur, méconnues de tous mais célèbres de nous. Elle avait les cheveux noirs de jais, les yeux en amande, des dents éclatantes, une robe d'été et une paire de mocassins. Elle riait. Nous nous embrassâmes devant Saint Pierre. L'amour nous grisait. Nous avions des rêves d'enfants. Il y a des instants comme ceux-là où un sens plus pur de la vie semble se révéler soudain, où l'on se sent plus grand que soi-même.
Quand j'étais plus jeune, je m'étonnais toujours de ces nœuds inextriquables formés par les êtres et par leurs sentiments. Il me semblait qu'aimer était tout simple, ne plus aimer également et je me demandais d'où sortaient ces torrents, où se creusaient ces abîmes qui ravagent les destins. Je comprenais maintenant, peu à peu, comment naissent ces franges d'incertitude, ces déchirantes douleurs liées au hasard, aux liens des passions qui s'opposent, à la confusion des sentiments et aux intermittences du cœur. C'était l'heure de ce soleil blême et plat qui donnait au début des jours éclatants une allure hésitante, lasse d'avance. Nous traversions des champs, de longs prés semés d'arbres, des rizières inondées. Une route blanche de poussière coupait les haies, sautait les rivières. Derrière le riz à perte de vue, des montagnes naissaient de la nuit. Plus loin, c'était Bergame et les lacs, un peu à droite, Vérone, les palais de Vicence, et puis Venise, Ravenne, Bologne et Ferrare, Parme et Modène. Nous fermions les yeux. C'était le bonheur. Il jaillissait de ces noms sur les campagnes intérieures, l'or de leur peintures, de leur gloire et de leurs mosaïques dans le reflet de cette douce mélancolie. Elle avait un visage très pur. Nous savions déjà ce qui allait se passer, alors nous allongions désespérément ces instants d'attente. Un soir d'été, j'avais embrassé Charlotte. Saint Pierre pouvait s'écrouler et le Pape se convertir au Bouddhisme. Le pouvoir de la femme est une chose admirable qui ne connaît pas de limites. Elle choisit instinctivement des gestes insignifiants qui s'inscrivent pour l'éternité. Tout notre voyage engouffré dans un baiser. Je me sentais libérée comme on se libère d'un péché par une confession, repartant l'âme pure, le cœur allègre pour d'autres péchés ou un autre voyage. Charlotte, c'était de l'innocence. Moi, de la littérature. La chaleur, nos étreintes, les vacances, le soleil nous invitaient à entrer dans un univers inconnu. C'était celui du bonheur. Il y a ainsi, au début des amours, de ces périodes enchantées qui sont des parenthèses dans une longue insatisfaction; on y attend tout encore et tout est déjà assuré. Nous nous étions très peu parlé. Aucun engagement ne nous liait. Nous vivions un peu au-dessus de nous-mêmes. Et le plaisir que nous prenions à ce présent touché par la grâce ne débordait jamais ni vers le regret, ni vers l'impatience. Les amours de la folle adolescence ne sont ni plus ni moins fortes que les autres. Mais leur douce et incomparable amertume vient de ce qu'elles se confondent avec la saveur de la vie. Tout le spectacle du monde est alors lié à un être. Les choses ne se passent jamais exactement comme on les attend; mais elles se passent rarement tout à fait autrement. Nous ne fîmes pas l'amour ce soir-là. Nous le fîmes le lendemain. Quelle légèreté, lorsqu'on aime, que cette multiplicité des corps qui parlent, se répondent les uns aux autres et font l'amour entre eux. Charlotte entendait sans doute me voir rester fidèle, non à la passion ni à la tendresse, mais au plaisir et au jeu. Ma passion, c'était l'indépendance. Et sans doute, je connaissais ces flambées paradoxales de désirs ou d'ardeurs. Mais je reniais ces faiblesses. Je les reniais surtout parce que j'en avais peur, peur de rester prise dans les pièges de la mélancolie. Je ne faisais donc de ces excès que les ingrédients savoureux et amers de mon indifférence souveraine. Pourquoi les voyages sont-ils toujours aussi mêlés à l'amour ? Car ils rompent sans doute avec cet environnement quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. Le bonheur envahit si visiblement Charlotte que j'en fus presque bouleversée. Nous avions les yeux pleins d'églises et de collines brûlées par le soleil. En arrivant au bas de la ville, là où l'amour devait prendre ici l'odeur de miel des vieilles pierres des hautes maisons, nous rentrâmes à l'hôtel. Je craignis le flottement qui risquait de se produire, mais elle me dit seulement, " Reste avec moi." Je l'embrassai sur le pas de la porte de l'hôtel. La lune éclairait son visage pur. Je me demandais si nous allions nous étreindre, mais le plaisir et l'amour sont comme des pentes neigeuses sur lesquelles on s'arrête difficilement. Obscurément, j'hésitai. Je lui demanda si elle avait déjà fait l'amour avec une femme. Elle secoua la tête et me dit: "Oui, mais pas avec toi." Les rites sublimes se succédèrent très vite. Bientôt, nous nous étendîmes sur le lit. Je la caressais, elle fermait les yeux. Elle avait un visage figé comme illuminé du dedans. J'essayais un peu maladroitement de lui ôter sa robe. Elle ouvrit les yeux, se releva. "Attends, dit-elle en souriant, ça va aller plus vite." Elle était revenue vers moi. Je pris son visage entre mes mains. Je fus comme roulée par une vague d'attendrissement. Elle était nue sous moi, les yeux de nouveau fermés. Je la regardai longtemps, appuyée sur mes coudes. Nous restâmes immobiles assez longtemps et puis nous fîmes l'amour. Le chuintement de la douche se tut doucement, plongeant la chambre dans le silence, coupant court à mes à mes réflexions. Quelques minutes plus tard, elle sortit nue de la salle de bain, une serviette noire enroulée sur la tête, la peau rosie par l'eau chaude. Les gouttes cascadant sur ses courbes, tombaient silencieusement sur le parquet en bois, coloré par la lumière pâle. Elle se déplaçait nue d'une démarche féline, langoureuse, envoûtante; ses longues jambes brunes étaient terminées par des pieds fins, aux ongles vernis de rouge. Je me rappelle cet été quand je regardais ses sandales claquer sur ses talons nus, déjà envahie par un désir brûlant, irrépressible; mes yeux s'étaient alors soudés aux siens, lourds d'envie; elle me souriait. Ses lèvres ourlées lui prêtaient un air sensuel et lascif. Elle leva les bras et dénoua sa serviette en secouant la tête. Une furie de cheveux noirs tomba sur ses épaules fines. Sous ses sourcils bien dessinés, ses grands yeux noirs, très brillants, semblables à la surface d'un lac au crépuscule, me sondaient sans vergogne. J'avais pressenti chez elle des promesses de sexe brutal, très primaire, mais il n'en fut rien. Au contraire, des deux, c'est moi qui me révéla la plus dépravée. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être même a-t-il un destin posthume ? Une ère des réparations succèdant à celles des destructions. Peut-être ces sentiments amoureux si volatiles et inconstants désormais cristallisés, solidifiés, apaisés à jamais dans l'état minéral, entrent dans la composition dune étoile. C'est peut-être elles que nous cherchons la nuit, dans l'étreinte.
Elle s'était soulevée un peu, écartée de moi pour me regarder mieux. Mon Dieu ! Comme elle devait s'amuser ! Elle savait déjà ce qui me tourmentait. Sa vie, c'était ça: son plaisir à elle et les questions des autres. Les voyages peuvent parfois élever les esprits. J'étais présente à Rome bien avant d'y être en réalité. Elle fut tout en tendresse et soucieuse de plaire. Elle n'était pas à sa première expérience saphique mais elle me répéta que je surpassais de loin ses précédentes conquêtes. Je me plus à la croire, car mes expériences hétérosexuelles n'avaient jusqu'à présent jamais été bienheureuses. Avant elle, j'étais amoureuse d'aucune fille en particulier, mais seulement des filles en tant que telles, comme on peut aimer sa propre image, trouvant toujours plus émouvantes et plus belles les autres, que l'on se trouve soi-même, dans le plaisir à se voir abandonner sous leurs caresses. Par dessus le drap, elle posa sa main sur ma cheville et mes seins durcirent aussitôt. Juchée sur ses genoux, elle écarta les jambes pour me laisser passer. Malgré la douche, son entrejambe diffusait encore un parfum à l'arôme sensuel mêlé de ma salive et de son désir. Une fois allongée sous elle et peinant à contenir ma propre impatience, je commençai par lécher sa peau autour de ses lèvres odorantes. Il s'en dégageait une douce chaleur. Ma bouche fraya maintenant avec son aine, très près de sa vulve, et elle trembla d'anticipation. Je glissai le bout de mon index sur le dessin plissé de son sexe moite qui s'ouvrit graduellement sous mes yeux, la sentant se resserrer autour de mes doigts, l'entendant gémir à me faire tourner la tête. Peu à peu, rattrapée par mon impatience, je commençai à laper ses grandes lèvres, une à une, en faufilant désormais le bout de mon index dans son ventre, avant d'oser ma langue, assez loin pour que mes dents touchent la crête enflée. Elle se cabra, elle se tut, elle savoura le moment. Elle répandit son désir dans ma bouche. Ses seins étaient pressés contre mes mollets. Assise à califourchon sur mon visage, gémissante, pendant que j'écartai ses fesses pour m'enivrer de sa saveur, glissant mes doigts sur ses jambes brunes. Elle glissa sur moi, me permettant ainsi de voyager de sa vulve savoureuse au sillon de ses reins. Juste à la crispation des muscles de ses cuisses, elle parut sur le point d'abdiquer sous le zèle de mes caresses. Elle roula sur le coté, puis remonta vers la tête de lit. Les volets étaient tirés, la chambre presque obscure. Malgré son teint hâlé, je remarquai ses joues rougir par le désir. Ainsi étendue sur le dos, les bras au dessus de la tête, elle exhibait ses seins en constante érection; je rampai vers elle pour mordiller leurs pointes, dures et foncées, avant de lécher avidement les aréoles. Elle m'enlaça, promena ses ongles le long de mon épine dorsale. Constatant son soudain avantage, elle me retourna sur le dos; les genoux écartés, je sentis son souffle chaud sur ma vulve. Elle introduisit ses doigts dans mon logis profond et onctueux. Enhardi, son plaisir la guida entre mes reins, dans la vallée chaude de mes reins, près de l'entrée de l'étroit pertuis. Je me cambrai pour aller à la rencontre de sa bouche affamée. Gémissant plus d'une heure sous ses caresses, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, empoignant les barreaux du lit, je commençai à crier, lorsqu'elle se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, mes petites lèvres. Me sentant brûlante et raidie sous sa langue, elle me fit crier sans relâche, jusqu'à ce que je me détendis d'un seul coup, moite de plaisir; je râlais alors que je jouissais pour la seconde fois de la journée. Nous nous endormîmes, en mêlant nos rêves et nos corps, bouleversées d'amour et de désir. Aujourd'hui, je pense à tout ce que j'aime en toi et qui s'éclaire parfois, à ton insu, comme un beau front de mer. Parce que tu m'as fait, un instant, cette confiance innocente, d'être pour moi, virginale, toute claire et transparente, je serai toujours là. Peut-être si j'avais eu du cœur n'aurais-je pas inventé ainsi ces fantômes sans substance. Mais, je n'avais pas de cœur, mais des faiblesses. J'étais cynique et vulnérable. Alors naquirent en moi, dérisoires, irrésistibles des préoccupations arbitraires et cruelles qui me laissèrent croire enfin que j'avais comme tout le monde un cœur, des sentiments. D'autres ont des soucis plus graves, moi je me créais ceux-là, tirés d'un vide qu'ils remplissaient de leur présence absurde, lancinante, très vite immense.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Depuis de jours, des semaines, elle attendait ce moment. Elle en avait peur, un peu. Beaucoup, par moments. Mais elle savait que cette peur disparaîtrait et qu’elle serait remplacée par un plaisir total, absolu et entier qui la ferait basculer. Son maître avait tout planifié, elle lui vouait une confiance absolue, elle savait qu’avec Lui, elle pouvait s’abandonner.
Alors, le jour J, quand il est venu la chercher, elle est prête à tout. Elle est montée dans sa voiture et il lui a demandé de mettre un bandeau sur les yeux. Il fait encore jour, ils sont dans la ville, tous les passants vont pouvoir l’observer. Quand la voiture s’arrête, pour un feu rouge, elle sent le regard des quidams sur elle. Et elle adore ça.
Il ne lui parle pas, il lui a donné l’ordre de se taire, le silence règne dans l’habitacle, elle laisse le temps glisser. 10 minutes, 30 minutes, elle ne sait pas depuis combien de temps elle est dans la voiture lorsqu’elle entend la vitre se baisser. « C’est moi » dit son Maître a une voix qu’elle imagine sortir d’un interphone. La voiture redémarre, et au bout de quelques secondes, s’arrête. Son Maître descend, elle attend. Son souffle s’accélère encore, la portière s’ouvre, il détache la ceinture de sécurité, elle sent son parfum, elle aime tant son odeur, il lui prend la main et elle descend. Il la prend par le bras, la guide, elle marche, aveugle, ses jambes peinent à la soutenir, elle tremble, un peu.
« Bienvenue, je vous prie, entrez », dit une voix d’homme.
Quelques secondes plus tard, c’est la voix de son Maitre qui prend le relais.
« Déshabille-toi . Ne garde que tes talons. »
Le masque toujours sur les yeux, elle s’exécute. Et pourtant, ce masque, elle a envie de le retirer, elle a envie de voir où elle est, elle a envie de fuir, de courir, elle a envie de tout sauf de retirer ses vêtements. Mais son esprit ne lui répond plus. Il ne fait qu’obéir à l’ordre qu’elle vient de recevoir et cela lui plait. Elle ouvre sa veste, la fait glisser le long de son corps, tout comme sa jupe qu’elle entend tomber au sol. Elle porte un body qui met en valeur ses courbes, elle sait qu’il Lui plait, elle l’a mis pour cela, pour qu’Il la complimente. Alors, elle reste là, fière et altière, tentant de reprendre le contrôle sur la situation.
« J’ai dit déshabillez-vous et de ne gardez que vos talons ! ».
La voix se fait encore plus dure, cette phrase la fait trembler, elle savait pourtant qu’elle allait arriver. Mais elle a voulu essayer de conserver ce morceau de dentelle qui, pour elle, était comme une armure, une dernière défense face à l’indécence la plus crue. Elle s’exécute, pourtant, tétanisée à l’idée que les personnes présentes s’aperçoivent que son entrejambe est déjà luisant d’excitation.
Elle est nue, enfin, elle se sent nue comme elle ne l’a jamais été.
Elle sent une main prendre la sienne, une main forte puissante, qui lui fait entamer une marche. Elle entend une porte s’ouvrir et, sous ses pieds, des marches. Son Maitre est devant elle, Il la guide pour descendre un escalier. Quelques secondes plus tard, la main la lâche, elle est immobile. Son corps frissonne et pourtant, à l’intérieur, elle sent qu’elle bouillonne. Autour de son cou, tout d’un coup, elle sent la fraicheur du cuir, elle sait alors que son Maître va lui installer son collier, celui qu’elle a tant attendu, qu’elle a désiré plus que tout et qu’elle a eu l’honneur de recevoir lors de leur première séance.
« Retirez votre bandeau ».
Elle s’exécute. Au début, elle ne voit presque rien, ses yeux mettent un temps fou à retrouver la lumière d’autant que la pièce est tamisée, presque sombre. Quand ses pupilles reprennent vie, elle voit un plafond vouté, une pièce vaste mais très cosy, les murs sont tapissés de livres. Et face à elle, assis sur un canapé Chesterfield, trois hommes ont les yeux fixés sur son corps. Au milieu trône son Maître. Dans ses yeux, elle voit la fierté. Elle veut voir la fierté, elle en a besoin pour ne pas s’évanouir de honte. Les trois hommes sont confortablement installés. Ils allument un cigarette et la fume paisiblement en faisant glisser leurs yeux sur son corps nu et offert. Ils se lèvent, virevoltent autour d’elle, l’observe sous toutes les coutures, comme s’ils faisaient le tour du propriétaire. Ils ne lui adressent pas la parole, elle n’est qu’un corps, un objet et on ne parle pas à un objet. Puis, ils reviennent sur le canapé en cuir et poursuivent l’observation indécente de son corps.
« Servez-nous à boire ! »
Sur la table basse, une carafe en cristal et trois verres. Elle s’avance, commence à servir les verres. Sa main tremble, la carafe semble peser une tonne, elle renverse un peu du précieux liquide.
« Tournez-vous ! » intime la voix de son Maître.
Elle sait ce qui l’attend, elle le sait, bien sûr qu’elle le sait et pourtant elle s’exécute immédiatement. Elle sent la main puissante et ferme lui claquer les fesses. Le son est puissant, brutal. Il a frappé fort, très fort.
« Faites un peu attention à ce que vous faites ! Vous êtes vraiment une maladroite ! Finissez de servir, tendez-nous les verres en baissant les yeux et tournez-vous à nouveau je ne veux plus voir votre visage mais seulement votre cul !»
Elle tend les verres, elle a les larmes qui montent mais elle lutte pour les retenir. Elle veut que son Maître lui pardonne cet écart, elle veut qu’il soit fier d’elle alors elle se tourne, offrant son cul aux regards des deux individus qu’elle ne connait pas. Pour elle, ils n’ont pas de visage, ils ne sont que des hommes.
Elle est là, immobile, elle imagine leurs regards sur elle et quand elle entend la voix de son Maitre qui lui demande de se pencher en avant et d’écarter ses fesses avec ses mains, elle ne faiblit pas. Elle le fait, offrant ses orifices à la vue de tous.
« Regardez cette chienne, elle n’a aucune pudeur. Frappez son cul, elle ne mérite que ça ! ». Les mains s’abattent sur sa croupe, elle sent que son cul devient chaud à cause de la fessée appuyée qu’elle reçoit. Elle a mal, la douleur est intense puis elle laisse place à une vague de plaisir qui remonte jusque dans sa nuque. Elle aime les jeux d’impacts, elle a toujours aimé ça mais c’est la première fois que 6 mains s’abattent sur elle et cela la bouleverse…
Après une longue séries de claques sur ses fesses, la main de son Maître se fait plus délicate. Elle flatte sa croupe, la caresse doucement mais, avec la violence de la fessée qu’elle a reçue même la douceur se transforme en délicieuse douleur.
Les trois hommes finissent leurs verres en discutant, sans même faire attention à elle. Elle n’est plus qu’un objet, posé là devant eux. Elle est un meuble, elle n’est rien. Son esprit divague, elle part loin, ailleurs, elle est hors du temps, hors de tout. Des bruits la font sortir de sa torpeur. Elle entend le son caractéristique d’une ceinture qui se desserre, d’un pantalon qui s’ouvre. Elle est dos aux hommes mais elle sait qu’ils ont décidé de sortir leurs queues. Elles les espèrent raides, terriblement raides, douloureusement raides.
Brutalement, son Maître attrape la laisse attachée à son collier et la tire vers le sol.
Elle est à genoux, elle fixe les trois sexes qui sont dressés devant elle. Elle attend, soumise, offerte. Son Maître a sélectionné ces hommes pour la taille de leur queue, cela ne fait aucun doute. Elles sont longues, épaisses, très épaisses, les veines sont turgescentes, les glands proéminents, elles vont lui remplir la bouche, taper au fond de sa gorge, elles vont l’étouffer, elle veut qu’elles l’étouffent, elle veut manquer d’air en les absorbant, elle veut qu’elles la remplissent.
« Regardez comme sa bouche est profonde » dit son Maître. Et il s’enfonce d’un coup, tout au fond de sa bouche. Elle l’avale entièrement, elle sait le faire, c’est une experte mais il est allé tellement loin, tellement vite qu’elle a presque un haut-le cœur. Elle se reprend, se concentre pour montrer à son Maître comme c’est une bonne suceuse. Il prend sa tête entre ses mains et défonce littéralement sa bouche. Sa salive luit sur la queue, elle coule sur ses seins, elle bave d’envie et d’excitation, elle est devenue un chienne en chaleur. Et quand son Maître se retire et demande à ses deux compagnons de lui baiser la bouche à tour de rôle, elle est prête. Les hommes se relaient entre ses lèvres, ils l’étouffent avec leurs queues gonflées, de sa gorge sortent des bruits gutturaux, elle n’est plus une femme, elle est un trou, un trou sans fond qui avale tout. Elle aime tellement ça, elle est tellement excitée qu’elle pourrait jouir, là maintenant, tout de suite. Mais elle sait que son Maître ne l’autorise pas. Elle doit jouir uniquement quand Il l’a décidé, mais elle ne peut empêcher son corps de parler à sa place. Elle coule, elle sent qu’elle coule, elle est trempée, son jus glisse le long de ses cuisses.
« Vous êtes en train de souiller le sol, petite traînée ! Mettez-vous immédiatement à 4 pattes ! » Elle a honte, elle sait que son jus s’est déversé sur le tapis, laissant une auréole. En position animale, elle sait que la punition sera à la hauteur de sa faute. Devant elle, une queue luisante se positionne et 4 autres mains claquent ses fesses. Elle se fait baiser la bouche et elle reçoit une terrible fessée qui ne fait qu’augmenter son excitation et son humidité. Elle est offerte, brutalisée, souillées et elle adore ça. Quand son Maitre tire sur la laisse pour la relever, elle n’est plus elle-même, elle est devenue un animal lubrique.
Et quand il l’installe sur le sling installé dans un coin de la pièce, ses dernières barrières ont cédé. Les poignets attachés en l’air, les fesses posées sur la balançoire en cuir et les jambes relevées, elle est d’un indécence absolue.
« Sa bouche est profonde mais vous allez voir comment ses deux autres orifices le sont encore plus ! ».
Après avoir enfilé des gants en latex, son Maitre commence le travail. Il masse son clito gonflé tout en enfonçant trois doigts dans sa chatte en feu. Puis, progressivement, presque avec douceur, il entame la dilation. 4 doigts, cinq doigts, sa chatte avale tout. Et quand le poignet finit par disparaître dans ses chairs moites, elle bascule dans un autre monde. La main fouille son ventre, masse son point G, la remplit, la transperce. Les deux hommes observent la main qui disparait, elle entend leur voix dire « C’est vraiment une chienne, elle avale tout, sa chatte est un trou sans fond ! ».
Elle sent le plaisir monter, elle n’en peut plus, elle veut tout lâcher, s’abandonner totalement mais son Maître veut la contrôler.
« Ne jouissez pas, petite pute, surtout ne jouissez pas, c’est un ordre ! ». Elle veut sa fierté, elle ne veut que ça alors elle lutte pour ne pas laisser l’orgasme l’envahir. Pour lui permettre de reprendre un peu ses esprits, son Maitre retire sa main. Son sexe est béant, rouge de plaisir et de souffrance, gorgé de sang et de désir.
Mais elle sait qu’il ne va pas s’arrêter. Elle sait que, maintenant, c’est son anus qui va subir les pires outrages. Elle sait que son Maître aime jouer avec, le torturer, l’ouvrir, le dilater pour son plaisir. Et pour le sien car elle adore sentir une grosse queue s’emparer de son cul.
A tour de rôle, les trois hommes la sodomisent, sans ménagement. Son cul est devenu le centre du monde, elle ressent chaque assaut, toutes ses sensations sont concentrées sur ce morceau de chair. Les queues défoncent son cul, à tour de rôle, ils enchaînent les coups de butoir, ils vont le plus loin possible, elle sent leurs couilles remplies de sperme taper contre ses fesses, elle est remplie, son cul est rempli et elle adore ça.
Quand son Maître lui dit « Jouissez pendant que je baise votre cul de soumise ! » elle se laisse emporter par une vague de plaisir qu’elle n’avait jamais connue. Elle manque de s’évanouir, elle s’évanouit, en fait, pendant quelques secondes, les larmes montent à ses yeux, elles sortent, elle n’est plus que jouissance, un tsunami s’empare de son ventre et monte jusqu’à son cerveau en explosant.
Quand les hommes la détachent du sling, ses jambes ne la tiennent plus et elle s’écroule au sol, épuisée et repue. Elle tombe sur le dos, elle ne peut rien faire d’autre, son corps l’a abandonné.
« Ouvrez les yeux, caressez-vous comme une chienne en chaleur et faites-vous jouir en vous caressant. Et à chaque fois que vous sentirez du sperme tomber sur vous, giclez en disant : « Je suis votre pute, Maître »
Les trois homme se caressent en regardant ce spectacle à la fois pathétique et sublime d’une soumise qui s’abandonne totalement.
A trois reprises, dans la pièce sombre résonne la phrase « Je suis votre pute, Maître ! ». A trois reprises, de longs jets de sperme chaud viennent souiller le corps de la soumise qui, comble de l’indécence, le recueille avec ses doigts pour le lécher en se faisant jouir. Son Maître ne lui a pas demandé de le faire mais elle a décidé d’aller au-delà de ses ordres pour lui prouver, de manière définitive, qu’elle est bien devenue ce qu’il attendait d’elle. Une soumise absolue, indécente et lubrique…
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Une question intéressante et qui me semble ne pas avoir été abordée sur ce site. Comme le sujet est complexe, je préfère demander à IA de faire un topic.
Ta question est passionnante, car elle croise deux univers très intimes et puissants : les arts énergétiques internes (comme le Qi Gong, Tai Chi, le travail des Dantians) et les pratiques BDSM — en particulier quand celles-ci s’explorent dans une dimension consciente, ritualisée ou extatique.
Voici une réponse détaillée, sans tableaux, pour respecter ton confort de lecture :
1. Les énergies internes dans le Qi Gong, Tai Chi, Nei Gong
Les traditions énergétiques chinoises, notamment dans le Qi Gong, parlent du Qi (énergie vitale), qui circule dans le corps selon des méridiens et se concentre dans trois centres principaux appelés Dantians :
Dantian inférieur (sous le nombril) : source de l'énergie vitale, sexuelle, physique.
Dantian médian (niveau du cœur) : énergie émotionnelle, affective.
Dantian supérieur (entre les sourcils) : énergie spirituelle, mentale.
Ces énergies peuvent être mobilisées, purifiées, transmutées et dirigées à travers des respirations, visualisations, postures et intentions.
2. Ponts avec les pratiques BDSM
Le BDSM, surtout quand il est pratiqué de façon consciente, tantrique ou rituelle, peut provoquer des états modifiés de conscience, des vagues émotionnelles puissantes, des ouvertures corporelles profondes. Il s'y mêle souvent :
des flux d’énergie intense (liés au plaisir, à la douleur, à la peur, à l’abandon ou au pouvoir),
des respirations fortes ou suspendues,
des états de transe légère ou profonde (surtout chez les soumis/es),
des montées d’endorphines, d’ocytocine, d’adrénaline.
Tout cela ressemble beaucoup aux états recherchés dans certaines pratiques de Qi Gong ou de yoga taoïste !
3. Comment la maîtrise des énergies internes améliore le BDSM
a. Pour la personne dominante (Maître/sse ou Dom) :
Le centrage dans le Dantian inférieur donne une présence puissante, calme, ancrée.
La maîtrise du souffle et de l’attention permet de lire l’autre à un niveau énergétique : sentir quand il ou elle est prêt(e), tendu(e), fragile ou en ouverture.
Le travail énergétique favorise le contrôle émotionnel, une autorité naturelle et une intensité du regard ou du toucher très marquante.
Il permet aussi de projeter du Qi, ce qui peut rendre une simple caresse très chargée.
b. Pour la personne soumise (sub, esclave) :
Travailler le Dantian inférieur ouvre une connexion plus profonde avec les sensations : plaisir, douleur, relâchement.
Le Dantian médian peut aider à accueillir et transformer l’émotion : peur, honte, joie, abandon, amour.
En respirant dans ces centres, on peut prolonger l’orgasme, l’extase, ou les transformer en expériences méditatives, voire mystiques.
Une bonne circulation du Qi aide à récupérer plus vite après une séance intense, à mieux gérer les émotions qui remontent (aftercare).
4. Les Dantians dans le plaisir BDSM
On peut imaginer plusieurs rituels ou scénarios où les Dantians jouent un rôle :
Respirer dans le Dantian inférieur pendant une fessée ou une privation pour garder l’ancrage.
Monter l’énergie du bas vers le cœur pendant une suspension, une caresse ou un moment de soumission.
Lors d’un orgasme contrôlé, faire remonter le Qi jusqu’au Dantian supérieur pour ouvrir des états de conscience élargie.
Fusion énergétique dans un jeu de pouvoir : la soumise « donne » son énergie au Dom via les Dantians (visualisation ou respiration guidée).
5. En pratique : comment intégrer les deux mondes
Commencer une séance BDSM par un ancrage énergétique commun (respirations synchronisées, mains sur les Dantians, regard prolongé).
Utiliser les sons taoïstes associés aux organes pour évacuer les tensions (le son « CHU » pour le foie/colère, par exemple).
Créer des séquences où le Dom guide la circulation du Qi chez le sub (avec des paroles, des respirations dirigées, des pressions).
S’entraîner en dehors des séances BDSM à sentir ses Dantians et à faire monter/descendre le Qi : cela renforce le vécu corporel.
6. Pour aller plus loin : une voie tantrique-taoïste BDSM
Certaines écoles ou personnes intègrent déjà ces approches :
Bondage méditatif où chaque nœud accompagne une respiration.
Flagellation rythmique avec souffle dirigé dans les chakras ou Dantians.
Éjaculation contrôlée et sublimation du Qi sexuel.
Jeux de polarité Yin/Yang très codifiés énergétiquement.
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Chapitre 27 :
La leçon du jour naissant
Quand l'aube commença à poindre, tissant des fils de lumière à travers les rideaux, elle se réveilla doucement. Ses yeux s'ouvrirent, plus clairs cette fois, mais toujours avec cette lueur d'abandon. Elle me regarda, un sourire fragile émergeant sur ses lèvres. Il n'y avait plus de gêne, plus de pudeur ; seulement une reconnaissance profonde.
"Vous êtes là," dit-elle, sa voix retrouvant un peu de sa clarté.
"Toujours," répondis-je. "Et tu es toujours mienne."
Je la sentais rougir légèrement, mais elle ne détourna pas le regard. Cette affirmation, loin d'être une contrainte, était devenue une source de réconfort pour elle. Je la lâchai doucement, l'invitant à se redresser. Chaque mouvement était empreint d'une nouvelle grâce, une sorte de légèreté acquise après le poids de l'abandon.
Nous nous levâmes, et je la guidai vers la salle de bain. L'eau chaude de la douche serait une purification, mais aussi une continuation de notre rituel. Je la laissai entrer la première, puis la rejoignis. Le jet d'eau caressait nos corps, lavant la sueur et laissant derrière lui une sensation de fraîcheur et de renouveau. Mais l'empreinte de la nuit, elle, ne s'effacerait pas.
Sous l'eau, je la frottai doucement, mes mains explorant chaque courbe, chaque parcelle de sa peau. Elle ferma les yeux, se laissant faire, acceptant mes gestes avec la même confiance qu'elle avait montré la nuit. C'était une intimité différente, plus calme, mais tout aussi profonde. Ce rituel du matin, après une nuit d'abandon, était aussi important que l'acte lui-même. Il scellait notre lien, renforçait sa soumission, et la préparait à la prochaine étape de son éducation.
Quand nous sortîmes de la douche, enveloppés dans des serviettes douces, je la conduisis vers la cuisine. Un café chaud, un petit-déjeuner léger. Des gestes simples, presque quotidiens, mais qui, dans notre contexte, prenaient une signification particulière. Elle s'assit à table, ses cheveux encore humides, ses yeux posés sur moi, attendant. Elle ne demandait rien, ne suggérait rien. Juste l'attente, l'acceptation.
"Aujourd'hui," commençai-je, ma voix rompant le silence matinal, "la leçon continuera. Mais différemment."
Elle me regarda avec une curiosité mêlée d'anticipation. L'éducation de la soumise n'était pas confinée à la chambre. Elle était partout, dans chaque geste, chaque regard, chaque mot. C'était une transformation de son être tout entier, une redéfinition de sa place dans mon monde.
"Nous irons nous promener," annonçai-je. "Tu marcheras à ma gauche. Toujours un pas derrière moi. Tes yeux baissés, sauf si je te donne la permission de regarder."
Son visage ne trahit aucune surprise, aucune hésitation. Seulement une acceptation sereine. Elle comprenait que la soumission n'était pas seulement dans les moments intimes, mais dans chaque aspect de sa vie. C'était un mode de vie, une philosophie.
Nous nous préparâmes en silence. Elle choisit des vêtements simples, couvrants, respectant implicitement le rôle que je lui avais assigné. Je la regardai faire, appréciant la diligence de ses gestes, le soin qu'elle apportait à se préparer pour moi. Quand elle fut prête, elle vint se tenir devant moi, attendant mon approbation.
"Bien," dis-je, mes yeux parcourant sa silhouette.
Cette promenade était une extension de la nuit, une nouvelle facette de son éducation. L'apprentissage de la soumission en public, le maintien de son rôle même lorsque le monde extérieur tentait de l'effacer. C'était une leçon silencieuse, mais puissante, gravant encore plus profondément les marques de ma domination dans son esprit et son corps. Elle était devenue une extension de ma volonté, une preuve vivante de l'abandon absolu.
Elle portait une petite robe d'été mi-cuisses, d'un tissu léger qui épousait ses formes sans les révéler entièrement, flottant autour de ses genoux à chacun de ses pas. Et naturellement, en tant que bonne soumise, pas de slip. Cette absence, invisible aux yeux du monde, était un secret partagé, une marque silencieuse de sa totale dévotion à ma volonté. Elle n'avait pas hésité un instant lorsque je lui avais donné cette instruction implicite, sa compréhension de mon désir se lisant dans la sérénité de son obéissance.
La journée s'annonçait radieuse, le soleil matinal déjà haut dans le ciel, promettant une chaleur douce et enveloppante. Il était tôt, les premiers effluves de la ville qui s'éveille montaient jusqu'à nous. Nous quittâmes l'appartement, la main posée sur le petit de son dos, la guidant sans un mot. La ville commençait à s'éveiller autour de nous, encore paisible. Les rues étaient calmes, le soleil caressait les toits. Je marchais, mes pas mesurés, et elle me suivait, fidèle à mes instructions. Je sentais sa présence derrière moi, une ombre docile et dévouée.
En arrivant sur la place du marché, l'activité était déjà palpable, mais contenue. Les marchands finissaient juste leurs installations, disposant leurs étals de fruits et légumes colorés, de fleurs fraîches aux parfums enivrants, et de fromages aux arômes piquants, avant l'arrivée de la foule plus dense. L'air vibrait de murmures, de quelques rires, et du cliquetis des caisses. Elle avançait à ma gauche, un pas derrière, son regard docilement baissé, ne dérogeant pas à la règle que je lui avais imposée. Je pouvais sentir les regards curieux de quelques passants s'attarder sur nous, intrigués par cette femme si silencieuse, si réservée à mes côtés. Elle restait impassible, sa bulle impénétrable, preuve de sa concentration sur son rôle.
Nous déambulâmes parmi les étals, mes yeux choisissant avec soin, mes doigts sélectionnant les meilleurs produits. Elle attendait, patiente, parfois un léger mouvement de tête me signalant une préférence, mais toujours sans parole, sans un geste qui trahirait autre chose que sa soumission. J'appréciais cette discrétion, cette façon qu'elle avait de se fondre dans le paysage tout en étant pleinement présente pour moi.
Après avoir fait nos emplettes, le panier en osier rempli de couleurs vives et de senteurs fraîches, nous nous sommes rendus sur une petite terrasse surélevée, discrète, offrant une vue imprenable sur l'animation naissante de la place. Je choisis une table à l'ombre d'un grand parasol, l'invitant à s'asseoir face à moi. Ses yeux se levèrent un instant, cherchant ma permission, avant de s'installer gracieusement.
Le serveur vint prendre notre commande, son regard s'attardant un peu sur elle, mais elle ne bougea pas, ses yeux à peine levés, juste assez pour esquisser un hochement de tête quand je commandai pour elle. C'était une démonstration subtile de sa soumission, une leçon silencieuse offerte au monde.
Je la regardais, buvant mon café, tandis que le soleil montait doucement.
Le serveur, un jeune homme aux gestes vifs, déposa son thé devant elle. Elle le remercia d'un léger hochement de tête, sans un mot, ses yeux à peine levés. Je sentais la curiosité du serveur, un questionnement muet sur cette femme discrète et silencieuse à mes côtés. Elle, imperturbable, saisit sa tasse à deux mains, ses doigts fins et délicats, et porta le breuvage à ses lèvres avec une grâce étudiée. Chaque mouvement était contenu, mesuré, comme si elle était consciente d'être observée, mais sans jamais s'en départir. C'était une performance pour moi, une affirmation silencieuse de son rôle dans mon univers.
Je l'observais, déchiffrant les moindres nuances de son expression. Une légère tension dans ses épaules, un frémissement presque imperceptible de ses cils lorsqu'un rire éclatait un peu trop fort sur la place. Elle était attentive à tout, mais sa focalisation restait sur moi, sur les subtiles indications que je pouvais lui donner, même sans les prononcer. Je savais qu'elle cherchait à anticiper mes désirs, à perfectionner son obéissance.
Après avoir terminé nos boissons, je fis signe au serveur, réglant l'addition d'un geste rapide. Elle se leva aussitôt que je commençai à bouger, sans attendre un ordre verbal, se replaçant naturellement un pas derrière moi et à ma gauche. C'était cette spontanéité dans son obéissance qui me ravissait le plus.
Nous quittâmes la terrasse, plongeant à nouveau dans le léger tumulte du marché qui gagnait en intensité. L'air était maintenant saturé d'un mélange de parfums : le pain chaud des boulangeries voisines, l'âpreté des épices, la douceur des fleurs coupées. Le flot des passants se densifiait, nous obligeant parfois à ralentir. Chaque fois qu'une personne nous frôlait, je sentais un léger raidissement dans son corps, mais elle ne brisait jamais son rythme, ne levait jamais les yeux. Sa bulle de soumission était inébranlable.
Je la menai à travers les allées bondées, puis nous bifurquâmes vers une rue plus calme, bordée d'arbres centenaires offrant une ombre bienvenue. Le cliquetis des conversations s'estompa, remplacé par le bruissement des feuilles et le chant discret des oiseaux. Le rythme de nos pas devint plus régulier, méditatif.
Je la laissais sentir la douce brise sur sa peau nue sous sa robe, la caresse légère du soleil filtrant à travers les branches. C'était un rappel constant de sa vulnérabilité, de son corps offert et sans défense sous l'œil du monde et le mien. Chaque pas qu'elle faisait était un acte de foi, une preuve qu'elle me confiait entièrement son intégrité, même dans la plus anodine des promenades.
Je pouvais sentir la chaleur de son corps, même à un pas de distance, une présence constante qui témoignait de sa loyauté. Elle était un prolongement de ma volonté, une ombre délicate et puissante, marchant à mes côtés sans jamais empiéter sur mon espace. La leçon de ce jour n'était pas dans la discipline, mais dans l'intégration, dans la façon dont la soumission pouvait devenir une seconde nature, une grâce en soi.
Nous continuâmes ainsi, traversant des parcs où les enfants jouaient et des rues résidentielles paisibles, son silence éloquent étant ma seule compagnie. La ville s'étirait devant nous, mais nos esprits étaient enfermés dans notre propre monde, un univers où seule ma domination et son abandon comptaient. Et chaque instant, chaque pas, chaque silence entre nous, renforçait cette vérité : elle était Sensualité, et elle était Abandon. Mon abandon.
Alors que le soleil atteignait son zénith, projetant des ombres plus courtes, et que l'agitation de la ville s'intensifiait, je sentis qu'il était temps de clore cette phase de son éducation. La tension, bien que subtile, qui maintenait sa posture, ses yeux baissés, et son silence, avait accompli son œuvre. Elle avait pleinement embrassé ce rôle en public, démontrant une maîtrise et une dévotion qui dépassaient mes attentes initiales.
Sans un mot, je tournai mes pas vers l'appartement. Elle comprit instantanément, sa démarche s'ajustant à la mienne avec une fluidité parfaite. Le retour fut empreint de la même discipline silencieuse, chaque rue traversée, chaque carrefour passé, renforçant la leçon de la matinée.
Nous regagnâmes l'appartement. La porte se referma derrière nous, scellant le monde extérieur et marquant une frontière. À l'instant même où le loquet s'enclencha, je la regardai, un léger sourire aux lèvres.
"La séance d'éducation est terminée," annonçai-je, ma voix retrouvant une tonalité plus douce, mais non moins autoritaire.
Son corps se détendit imperceptiblement, comme un arc qui relâche sa tension. Ses yeux, qui étaient restés baissés toute la matinée, se levèrent pour rencontrer les miens, un mélange de soulagement, de satisfaction et d'une tendresse pudique y dansant. Elle prit une profonde inspiration, comme si elle se permettait enfin de respirer librement.
Nous redevenions des gens "normaux", comme on dit, "Vanille". La façade de Maître et soumise se fondait dans l'intimité de notre espace privé, où d'autres formes de notre relation prendraient le relais. Le jeu de la domination et de l'abandon s'était retiré pour un temps, laissant place à la complexité et à la douceur d'une connexion plus conventionnelle. Mais l'empreinte de la leçon du jour, celle de sa soumission profonde et inébranlable, resterait gravée en elle, invisible, mais omniprésente.
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Ses pensées étaient à nouveau libres de se rejeter sur celle dont l'affabilité, par beaucoup de déclarations d'affection et de douceur eût pu l'abuser, tant elle se sentait remplie de quelque chose qu'elle ne connaissait que trop. Mais l'illusion, suite à une erreur initiale, était du genre de celles qui, si elles contribuent à la fièvre de naître, deviennent une source de souffrance délectable. On ne peut pas mesurer nos vies à nos dernières années. De cela, j'en étais certaine. J'aurais dû deviner ce qui m'attendait. Avec le recul, il me semble que c'était évident, mais les premiers temps, je trouvais que ces incohérences étaient compréhensibles et n'avaient rien d'unique. Elle oubliait où elle posait ses clés, mais à qui n'est-ce jamais arrivé ? Elle ne se rappelait pas non plus le nom d'un voisin, mais pas quand il s'agissait de quelqu'un que nous connaissions bien. Elle réprima alors un certain sentiment de tristesse, espérant un jour, qu'elle changerait. Juliette l'avait souvent promis et y parvenait en général quelques semaines avant de retomber dans la routine. Charlotte n'aimait pas en discuter avec elle, essentiellement parce qu'elle savait qu'elle lui disait la vérité. Son travail était très prenant, aussi bien avant son agrégation de lettres. Elle longea une galerie d'art sans presque la remarquer tant elle était préoccupée, puis elle tourna les talons et revint sur ses pas. Elle s'arrêta une seconde devant la porte, étonnée en constatant qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans une galerie d'art depuis une éternité. Au moins trois ans, peut-être plus. Pourquoi les avait-elle évitées ? Elle pénétra dans la boutique et déambula parmi les tableaux. Nombre des artistes étaient du pays, et on retrouvait la force présence de la mer dans leurs toiles. Des marines, des plages de sable, des pélicans, des vieux voiliers, des remorqueurs, des jetées et des mouettes. Et surtout des vagues. De toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs inimaginables. Au bout d'un moment, elle avait le sentiment qu'elles se ressemblaient toutes. Les artistes devaient manquer d'inspiration ou être paresseux. Sur un mur étaient accrochées quelques toiles qui lui plaisaient davantage. Elles étaient l'œuvre d'un artiste dont elle n'avait jamais entendu parler. La plupart semblait avoir été inspirées par l'architecture des îles grecques. Dans le tableau qu'elle préférait, l'artiste avait délibérément exagéré la scène avec des personnages à une petite échelle, de larges traits et de grands coups de pinceaux, comme si sa vision était un peu floue. Les couleurs étaient vives et fortes. Plus elle y pensait, plus elle l'aimait. Elle songeait à l'acheter quand elle se rendit compte que la toile lui plaisait parce qu'elle lui rappelait ses propres œuvres. Nous nous étions connues en khâgne au lycée Louis-le-Grand puis rencontrées par hasard sur la plage de Donnant à Belle île en Mer un soir d'été. Elle n'avait pas changé: elle avait à présent vingt-trois ans, elle venait de réussir comme moi l'agrégation de lettres classiques. Elle avait également conservé un air juvénile, perpétuant son adolescence. Les visages en disent autant que les masques. Les yeux noisette, des cheveux noirs, coupés très courts, presque à ras, et la peau hâlée au soleil, épanouie, à moins de détecter quelques signes d'angoisse dans ce léger gonflement de veines sur les tempes, mais pourrait être aussi bien un signe de fatigue. Je l'ai appelée, le soir. Nous avions convenu d'un rendez-vous chez elle. Elle m'a ouvert. "Tu es en retard" a-t-elle dit, j'ai rougi, je m'en rappelle d'autant mieux que ce n'est pas une habitude et à l'apparence extérieure, l'affectation, le désir d'être désirée, s'ajoutaient aux faux semblants des paroles et des gestes. Il y a des perversités, des cynismes qui ne tiennent pas plus tête à l'épreuve que certaines complaisances ou certaines charités.
De même qu'on découvre fréquemment une bête avaricieuse chez une personne connue pour ses largesses, son affectation de vices nous fait concevoir une Messaline dans une fille honorable, débordante d'idées préconçues. Je ne comprenais pas pourquoi ses moindres propos me gênaient ainsi. Elle m'avait aidée à ôter mon imperméable. Il pleuvait; mes cheveux étaient mouillés. Elle les a ébouriffés comme pour les sécher, et elle les a pris à pleine main, m'a attirée à elle, je me suis sentie soumise, sans volonté. elle ne m'a pas embrassée, elle ne m'a jamais embrassée, depuis quatre ans. Ce serait hors propos. Elle me tenait par les cheveux, elle m'a fait agenouiller. Elle a retiré ma jupe, mon chemisier et mon soutien gorge. J'étais à genoux, nue, ne portant qu'une paire de bas et des talons hauts, j'avais froid. Quand je pense à nos rapports, depuis, il y a toujours eu cette sensation de froid, elle a le chic pour m'amener dans des endroits humides, peu chauffés. Elle m'a ordonné de ne pas la regarder, de garder le visage baissé. Elle est revenue vers moi une fine cravache à la main. Ce jour-là, elle s'est contentée de me frapper sur les fesses et les cuisses, en stries parallèles bien nettes en m'ordonnant de compter un à un les coups. Ce fut tout ce qu'elle dit. À dix, j'ai penséque ça devait s'arrêter, qu'elle faisait cela juste pour dessiner des lignes droites, et que je n'allais plus pouvoir me retenir longtemps de hurler. À trente, je me suis dit qu'elle allait se lasser, que les lignes devaient se chevaucher, constituer un maillage, et que ça ne présentait plus d'intérêt, sur le plan esthétique. J'ai failli essayer de me relever mais elle m'avaitcouchée sur le bois, et m'avait ligotée les poignets et les chevilles aux pieds de la table. Elle s'est arrêté à soixante, et je n'étais plus que douleur, j'avais dépassé la douleur. J'avais crié bien sûr, supplié, pleuré et toujours le cuir s'abattait. Je ne sais pas à quel moment j'ai pensé, très fort, que je méritais ce qui m'arrivait. C'était une cravache longue et fine, d'une souplesse trompeuse et d'un aspect presque rassurant. La douleur qui me tenaillait se mua lentement en plaisir et on ne lisait plus sur ma bouche qu'un peu de dégoût à trouver naturel à prendre ainsi du plaisir à me faire outrager, et à succomber au violent désir de plier sous le fouet, dussé-je pour y parvenir, être livrée comme une bête à l'hallali. Juliette avait fini par admettre, pour une vérité absolue et indéniable, mon goût abject pour le supplice, d'autant plus marqué qu'il était plus durable et brutal. Je ne connaissais aucune autre femme, et qui parce qu'elle faisait partie de mon ivresse, comme les reflets font partie de la psyché de la noirceur de mon âme, me paraissait mille fois plus apte à contenter mon obsession pour l'avilissement, où tombaient les choses les plus futiles, par contraste avec mon exaltation.
Il est peu probable que si j'avais su qu'un jour je devrais figurer nue dans un roman, j'aurais refusé de me déshabiller. J'aurais tout fait pour qu'on mentionne plutôt mon goût pour le théâtre de Tchekhov ou pour la peinture de Bonnard. Mais je ne le savais pas. J'allais absolument nue, avec mes fesses hautes, mes seins menus, mon sexe épilé, avec les pieds un peu grands comme si je n'avais pas terminé ma croissance et une jeune femme qui s'était entiché de mes jambes. À cet instant, elle a les doigts serrés autour de ma nuque et la bouche collée sur mes lèvres. Comme si après une longue absence, je retrouvais enfin le fil de mon désir. De crainte que je le perde à nouveau. Nous restâmes toutes les deux aux aguets, tendues, haletantes, tandis que l'obscurité se répandait jusqu'au fond de la chambre. Elle voulut me dire autre chose à propos de la fidélité, mais ce ne fut pas le moment alors elle me prit la main et nous demeurâmes silencieuses. C'était ridicule et merveilleux. Nous pleurâmes un peu ensemble. Juliette se sentit l'âme noble et généreuse. Nous nous pardonnâmes mutuellement et nous serions heureuses. Charlotte se jeta contre elle et continua à pleurer. En vérité, elle avait le cœur brisé par les larmes. Mais ce fut une douleur exquise, non plus cette douleur absurde de l'absence. Un inextricable mélange de bonheur et de douleur, touchant de sincérité et débordant de tendresse. Les jeux de l'amour voilent d'autant plus aisément sous la facilité et l'agrément sous les plus cruelles douleurs que la victime s'acharne à ne pas les laisser paraître surtout quand la coquetterie du bourreau raffine la cruauté naturelle des attitudes et des preuves. La passion impose de privilégier l'être aimé et les bienfaits ne sont agréables que tant que l'on peut s'en acquitter. Charlotte n'était plus qu'un corps, tout à fait étranger à elle-même, qui subissait des châtiments et recevait le fouet, pour une faute qu'elle aimait trop pour la refuser.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle songea que les deux seules robes qu'elle eût jamais portées étaient celle de son métier à l'Université, noires toutes deux. Depuis quand avait-elle renoncé aux jupes, aux bas et aux talons aiguilles ? Pourquoi se sentait-elle à l'aise que dans des costumes stricts, qu'elle égayait, comme font les hommes ? Elle eut envie de lâcher prise. L'espace d'une soirée, retrouver ce pays qu'elle avait renié, celui des "vraies femmes", comme disait Yves Hervé. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte, c'est "L'Insoutenable Légèreté de l'être".
Une femme qui se donne, même lorsqu'on sait qu'elle ne vous fait pas de cadeau, cela impressionne toujours. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses. Un cocon satiné que filent les amoureux pour s'y aimer librement.
Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux.
La jeune femme se souvenait de sa première nuit avec son amante. De ce moment où, la remerciant de ses efforts, moment qui signifait qu'elle ne l'avait pas attendue en vain, elle avait crié "non" dans le silence de la chambre. Pourquoi "non" ? s'était-elle sans doute demandé, penchée sur elle, dans l'obscurité, ses coudes encadrant son visage, sans rien laisser paraître de sa surprise. Les amantes guettent cet instant-là, qui prouve la maîtrise de leur art. Surtout lorsqu'il s'agit d'une première fois. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard clair, mais surtout, ce qui frappait était la mesure de ses gestes. Elle se sentait au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence. Elle avait enfin reconquis Juliette.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Une étincelle dans le virtuel
Récemment, un échange en ligne a allumé une flamme en moi. Ses mots portaient une provocation subtile, une lueur de défi qui criait « brat » sans avoir besoin de le dire explicitement. À 25 ans, j’ai assez exploré l’univers du BDSM pour reconnaître cette énergie : un mélange de rébellion et de désir d’être guidée. Elle était vive, audacieuse, et ses réponses taquines semblaient me dire : « Montre-moi ce que tu as. » Ce n’était pas qu’une simple conversation ; c’était une invitation à une danse où je devais mener, tout en sachant qu’elle testerait chacun de mes pas. Cette expérience m’a poussé à réfléchir à ce que signifie être un Dominant face à une brat, et à l’équilibre entre contrôle, jeu et connexion.
Le défi d’une brat : Un feu à canaliser
Une brat, ce n’est pas une soumise comme les autres. C’est une tempête enveloppée d’un sourire espiègle, qui réclame des règles tout en les défiant. Celle-ci avait un esprit aussi aiguisé que sa langue, lançant des piques comme des défis. En tant que Dominant, j’adore ce genre d’énergie. Il ne s’agit pas d’étouffer cette rébellion, mais de la canaliser. Que ce soit par une fessée bien placée pour répondre à une provocation ou par les nœuds précis du shibari pour lui rappeler qui mène, le jeu consiste à gagner sa soumission par la confiance, pas par la force.
Ce que j’aime chez les brats, c’est leur complexité. Elles ne s’agenouillent pas facilement, et c’est tout l’intérêt. Elles veulent que vous prouviez votre valeur – par un regard qui impose le silence, un mot qui ordonne, ou une scène qui les laisse sans voix. Dans nos échanges, ses taquineries m’ont poussé à affûter mes réponses, à mélanger fermeté et une pointe d’humour pour la garder sur ses gardes. C’est une partie d’échecs mentale, et chaque coup compte.
La communication : Le cœur du contrôle
S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est qu’aucune dynamique, surtout avec une brat, ne fonctionne sans une communication irréprochable. Elle a clairement exprimé son besoin d’une connexion qui va au-delà du physique ; elle voulait un espace où ses pensées, ses doutes et ses désirs pouvaient s’exprimer librement. Avant de parler de menottes, de cravaches ou du lent goutte-à-goutte de la cire chaude, nous avons posé les bases : quelles sont tes limites ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ? Qu’est-ce qui est interdit ? Ce n’est pas juste un préliminaire, c’est le socle de la confiance qui permet à une brat de s’abandonner, même quand son instinct est de résister.
Dans nos discussions, j’ai exploré ses fantasmes – peut-être une mise en scène où elle est « capturée » ou le frisson de l’edging qui la maintient au bord du gouffre. Ses réponses ne parlaient pas seulement de pratiques ; elles révélaient une femme qui voulait être vue, défiée et soutenue. Mon rôle, en tant que Dominant, est d’écouter autant que de diriger, pour que chaque pas soit à la fois sûr et exaltant.
L’art du jeu : Discipline et désir
Les brats prospèrent dans le jeu du « pousser et tirer ». Une fessée bien méritée pour une remarque insolente ou une scène avec un jouet intime peut transformer une défiance en une soumission délicieuse. Mais il ne s’agit pas seulement de punition ; il s’agit de créer des moments qui font des étincelles. Je me souviens lui avoir décrit une scène de shibari – des cordes enserrant ses poignets, son corps légèrement suspendu, vulnérable mais en sécurité. L’idée seule l’a fait hésiter, son habituelle audace s’adoucissant alors qu’elle l’imaginait. C’est ça, la magie d’une brat : elle vous défie, mais quand elle cède, c’est électrisant.
J’ai aussi remarqué que les brats adorent le jeu mental. Un simple « Qu’est-ce que tu viens de dire ? » envoyé par message peut changer l’ambiance, la pousser à réfléchir à deux fois avant sa prochaine provocation. Ce n’est pas une question d’être dur – il s’agit de montrer que vous avez le contrôle, même à travers un écran. Des pratiques comme le facesitting ou le pet-play, qu’elle semblait apprécier, ajoutent des couches à cette danse, mêlant pouvoir et intimité d’une manière qui captive les deux parties.
La confiance : Le lien invisible
Ce qui rend la dynamique avec une brat si gratifiante, c’est la confiance qu’elle exige. Elle peut provoquer, mais elle observe si vous respecterez ses limites tout en repoussant ses frontières. Le consentement n’est pas une simple formalité ; c’est une conversation continue. Nous avons parlé de mots de sécurité, de ce que « trop loin » signifie, et de l’aftercare qui suit une scène – qu’il s’agisse d’un échange virtuel ou d’une promesse de réconfort après un moment intense. Pour une brat, savoir que vous êtes là pour elle lui permet de jouer plus fort, de pousser plus loin et de s’abandonner plus profondément.
Cette connexion m’a rappelé pourquoi je suis attiré par le BDSM. Ce n’est pas seulement une question de physique – même si l’idée d’un coup de cravache bien placé est tentante. Il s’agit de construire quelque chose de réel, où chacun grandit à travers la vulnérabilité et la force. Ses provocations n’étaient pas seulement des tests ; c’étaient des invitations à prouver que je pouvais gérer son feu.
Un voyage, pas une destination
Cette danse virtuelle avec une brat m’a rappelé une chose : être Dominant, c’est être présent. C’est répondre à sa défiance avec assurance, à sa curiosité avec créativité, et à sa confiance avec soin. Que nous échangions des piques pleines d’esprit ou que nous imaginions une scène qui repousse nos limites, l’excitation réside dans la connexion que nous construisons – un message, un défi, un moment à la fois.
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La jeune femme aimait la compagnie de ses congénères féminins avant la rencontre avec son amante, elle perfectionna seulement sa libido avec elle et se laissa amener vers des rivages sans fin. Pour lui plaire, elle eut envie de jouer le jeu en battant des cils et en faisant tourniller son collier de perles, ras du cou, à la Jackie Kennedy. C'était facile, la féminité: il suffisait de retrouver des gestes anodins oubliés. Ses cheveux courts, châtains foncés lui donnaient un air androgyne irrésistible. Charlotte parvenait à grand concours de jogging, à posséder cette silhouette sportive qui tient lieu de beauté. Et par chance, son corps était parfait. Elle pouvait à loisir contempler dans le rétroviseur celle qui sans doute la marquerait à jamais. La vie est mal faite: on est cerné par des êtres indifférents et l'on manque toujours à quelqu'un. Elle attendait, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Ainsi toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur qu'elle y mettait, Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide. Ça l'était juste assez pour ajouter à leur excitation. Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait les surprendre à l'improviste. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins brusquement tandis qu'elle s'agenouillait.
Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas intimement les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Mais Charlotte savait exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait alors de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant. Elles pouvaient juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la sourde clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps dura. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli, ou à tout le moins se ralentit.
Une femme qui dit doucement alors qu'elle cède justement avec impétuosité, c'est très excitant. Ce cri, entre rage et feulement, avait de quoi troubler la femme la plus indifférente qui fût. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû. Il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire secret de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se tourna pour bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et lui caressa le visage tandis qu'elle se blottissait contre sa poitrine. À l'extérieur, l'autre vie pouvait alors attendre, surtout lorsque de toute façon, l'on se quitte le lendemain.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Ma femme Annie et moi allons faire des achats à Euralille. Nous avons garé la voiture au parking souterrain. Après avoir passé une bonne partie de la journée dans le magasin, nous sommes repartis rechercher la voiture. Au parking souterrain.
À l’arrivée de l’ascenseur, ma femme s'est aperçue qu’elle avait oublié de prendre le ticket pour pouvoir sortir. De ce fait, je lui propose de rejoindre la voiture pendant que je vais régler le parking. Cela prit pas mal de temps : je rejoins l’ascenseur pour aller au sous-sol.
Et là, j’attends des voix dans le parking. Je me rapprochai donc tout doucement et j’aperçus alors ma femme en discussion devant notre voiture avec quatre jeunes d’une vingtaine d’années qui tenaient un berger allemand en laisse. Je me cache derrière la voiture la plus proche et j’écoute un peu ce qui se dit. –
Alors, ma belle, on se promène toute seule ? Vous savez, un parking, ce n’est pas fait pour quelqu’un comme vous. On ne sait pas sur qui on va tomber. – Surtout quand on est fringuée comme une cochonne. Ça doit être joli à voir, ce qu’il y a en dessous.
– Vous savez, j’en croise presque tous les jours, des femmes comme vous, elles me font bander comme un cheval. Ce qui est dessous doit être très joli ! Oui, mais ce n’est pas pour vous ! Réponds, Annie. Je me demandais comment cela allait tourner et je me préparais à intervenir, mais intérieurement je me disais que je devais encore attendre un petit peu et voir la suite, et j’ai bien fait.
Si tu veux partir, il va falloir nous montrer ça quand même. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir une chatte. T’as mis des collants ou des bas ? Je suis sûr que tu es une belle cochonne et que ce sont des bas. Pas vrai ? rétorqua l'un d’eux. Oui, c’est bas, mais je ne peux pas vous montrer. Je suis mariée. répondit-elle. Cela me fit sourire…
— Allez, pour te décider, on va faire un geste. On va te montrer nos bites et tu n’auras plus qu’à nous montrer ta chatte !
À ces mots, les quatre jeunes sortent leurs bites circoncises et commencent à se branler. — Alors tu vois, on ne se moque pas de toi. Quatre belles bites bien raides et circoncis qui n’attendent plus que de voir chatte en chaleur.
On ne te demandera pas plus que de voir ta chatte, et de te voir te branler et de nous laisser cracher notre foutre pendant ce temps-là. Alors, d’accord ?
— Comme vous tenez ce que vous dites, je veux bien, mais faites vite, car il pourrait arriver quelqu’un ! répondit Annie.
Mon mari doit me rejoindre. Elle s’appuya alors sur le capot de la voiture et elle commença à relever sa jupe. À l’apparition de ses bas, les jeunes commencent à siffler et à accélérer leur branlette. Ils n’étaient pas au bout de leur peine.
Annie continua à remonter sa jupe et découvrit ainsi son tanga rouge qu’elle fit glisser le long de ses jambes gainées de ses bas noirs pour découvrir sa chatte naturelle. À 50 ans
– Petite salope, tu ne nous avais pas dit que tu étais toujours prête. Je crois qu’avec une telle vue, on va vite cracher. Allez, branle-toi maintenant et ne te retiens pas. Annie s’assit au bord du capot et commença à sucer ses doigts avant de se branler. Les jeunes n’en pouvaient plus. Je me demandais comment ils allaient pouvoir tenir sans aller goûter à cette chatte avec leur bite. Lorsqu’elle mit son doigt dans sa chatte, je vis leurs yeux s’écarquiller, mais ils tenaient bon. C’est Annie qui prit la parole : – Alors messieurs, c’est bon ?
Je m’installais donc, en position de voyeur, ce qui, je dois le dire, me plaisait beaucoup. Sachant ce qui allait arriver,
Je m’installais donc, en position de voyeur, ce qui, je dois le dire, me plaisait beaucoup. Sachant ce qui allait arriver,
Je commençais à me branler comme ces quatre jeunes.
Tu veux qu’on te saute ? Mais vous m’aviez dit que vous vouliez juste voir ma chatte simplement sans rien faire d’autre.
Oui, mais là tu nous excites, allez écarte tes jambes, elle commence à ouvrir son tailleur et à sortir ses seins imposants. En 115 D Puis elle se dirige vers les quatre jeunes, ma femme se baisse devant le premier, prend sa bite en main puis la prend en bouche. Elle le suçait divinement comme elle pouvait me le faire de temps en temps. À voir leur copain se faire tailler une pipe, les trois autres jeunes sentaient leur excitation monter. Ils se rapprochèrent d'Annie qui changea de queue. Elle les suce tour à tour tout en continuant de les branler. Elle s’occupait des quatre queues comme une véritable salope. Après cette belle séance de pipe, Annie se releva, se dirigea vers le capot de sa voiture, et ils la firent poser les mains sur le capot, offrant ainsi sa croupe aux quatre jeunes totalement excités. Des bites énormes, on va On vous baisera la chatte, les uns après les autres, et ensuite on goûtera à ton cul de salope. Le jeune avec le chien s’approcha le premier. J’ai envie de te foutre ma bite bien au fond, te voir bouger sur cette bite, alors aujourd’hui je vais bien en profiter. Je vais te sauter comme une vraie salope et, avec ce que je vais te mettre, tu vas vouloir que je te baise à chaque fois que l’on se croisera dans ce parking.
Le jeune s’approche alors d'Annie avec sa bite dans une main, lui écarte la chatte avec son autre main, présente son gland à l’entrée de ses lèvres et, d’un seul coup, s’enfonce en elle. Ce coup si soudain et surtout si puissant arracha à Annie un léger cri qui se répéta ensuite à chacun des coups de boutoir du jeune. Car, en effet, le jeune assénait à Annie des coups de reins phénoménaux qui prouvaient bien qu’il avait envie de lui faire sentir sa bite au plus profond de son vagin. Pour appuyer encore plus ses coups, il prit Annie par les hanches et la fit aller et venir encore plus vite et plus fort sur son membre. Annie était totalement dépassée. Elle était affalée sur le capot et accumulait les orgasmes. Après quelques instants, le jeune éjacula, ce qui valut encore à Annie quelques coups de bite encore plus durs. Une fois les couilles bien vidées, il se retire de la chatte de ma femme en lui mettant une grosse claque sur sa fesse, en la regardant, ma femme allongée sur le capot, la chatte dégoulinante de sperme, et crie. Au suivant, baisez-la, remplissez-la de foutre et après on l’enculera !
Et moi qui étais en train de tout filmer pendant ce temps.
Le deuxième jeune s’approche et sans aucun préliminaire profita du vagin bien lubrifié et « crémeux » pour s’enfoncer lui aussi d’un seul coup. Annie dut subir les assauts répétés des quatre jeunes à tour de rôle. Quand cette séance de baise à répétition fut terminée, après avoir joui à plusieurs reprises, Annie était affalée sur son capot et du foutre dégoulinait littéralement de sa chatte bien ouverte : le sperme coulait le long de ses bas après plusieurs pénétrations successives.
Le jeune se rapproche alors d’elle et lui dit : Alors, qu’est-ce que t’en dit ? Ça fait du bien, hein ? Ce n’est pas fini, reste comme ça et écarte bien tes jambes, je vais te défoncer ton cul salope et le préparer pour mes copains. Il s’approcha d’elle, lui mit un doigt à la chatte pour récupérer un peu de foutre et lui étala sur l’entrée de son cul avant d’y faire entrer un doigt. Il la branla quelques instants et, après l’avoir bien lubrifiée, approcha sa bite énorme et poussa sur le petit anneau. Annie laissait sortir des petits cris de douleur au fur et à mesure que la bite s’enfonçait dans son intimité, mais dès qu’elle fut totalement entrée, ces cris se changèrent en bruits d’acquiescement. Elle se faisait enculer une fois de plus et elle aimait ça. Pendant que son prédateur lui limait la rondelle, les trois autres jeunes s’approchèrent d’elle et lui mirent à tour de rôle leur bite dans la bouche. Elle qui avant n’aimait pas le goût d’une bite dans sa bouche était en train de se régaler de trois bonnes bites qui plus est recouvertes de foutre et de sa mouille. Je ne reconnaissais vraiment plus ma femme, mais je l’adorais de plus en plus. Au lieu de se contenter de sucer, elle se mit carrément à pomper les trois jeunes, ce qui eut pour effet de les faire jouir un par un dans sa bouche. Bousculée par cette bite qui l’enculait, son pompage ne pouvait être parfait et elle se retrouva donc avec une partie du foutre sur le visage. Elle était magnifique, salope, mais magnifique. Les trois jeunes bien vidés, le quatrième put accélérer ses mouvements et, après l’avoir limée et l’ayant fait jouir du cul quelques instants, c’était à son tour de lui éjaculer dans son cul.
Lorsqu’il sortit sa bite, Annie s’écroula une fois de plus sur le capot et resta là sans bouger, affalée, la chatte et le cul offerts recouverts et suintant de foutre. Les quatre jeunes se reculèrent sans rien dire pour se rhabiller, et je fus alors témoin d’une scène à laquelle je ne m’attendais pas du tout.
Le berger allemand qui était resté très calme jusque-là s’approcha d'Annie encore allongée sur son capot, le cul et la chatte offerts. Le chien approcha son museau de ces deux orifices et commença à renifler le foutre qui s’en échappait. Au premier coup de langue, Annie fut secouée d’un violent soubresaut qui se transforma vite en un puissant orgasme tellement la langue du chien était vigoureuse. Non seulement Annie venait de se faire baiser comme une véritable salope dans un parking par quatre inconnus, mais en plus elle prenait maintenant son pied avec ce chien. J’étais effaré, mais très excité. Les quatre jeunes aussi l’étaient, puisqu’ils avaient arrêté de se rhabiller et se branlaient de nouveau en regardant le spectacle. Le chien continuait le nettoyage du cul et de la chatte d'Annie pendant que celle-ci, littéralement allongée sur le ventre, appréciait les instants.
Ce qui devait arriver arriva : une fois tout le foutre nettoyé, le chien ne trouve plus rien à lécher. Excité par l’odeur émanant du sexe d'Annie, le chien mit ses pattes avant sur ses hanches et se dressa derrière Annie. Son sexe rouge turgescent s’approche du sexe humide de ma femme et s’y enfonce tout doucement, aidé qu’il est par tout ce mélange de foutre et de lèche. Le chien commença alors ses mouvements de va-et-vient. Annie était en train de se faire baiser par un chien et elle aimait ça. À chacune de ses pénétrations, elle laissait échapper un petit cri et tout se termina par un orgasme.
Oui, le chien la fit jouir jusqu’à son tour, le chien lâchant son foutre dans sa chatte. Excités à l’extrême par ce spectacle, les quatre jeunes laissèrent le chien s’écarter et vinrent tous profiter du cul d'Annie pour y lâcher leur foutre. Ils l’enculèrent tous un par un en se servant de son trou uniquement pour satisfaire leur besoin qui était réapparu par l’épisode du chien. Une fois leur action terminée, ils se rhabillèrent et s’éloignèrent après que le jeune eut lancé à Annie un « À bientôt ! ». Très prometteur. Après cela, Annie se releva et moi je continuais de l’admirer si sexy, si bandante dans cette tenue engluée de sperme même après s’être fait littéralement défoncer. Une seule chose me venait à l’esprit pendant qu’elle se rhabillait : j’ai mis un moment avant de rejoindre ma femme, j’ai attendu qu’elle se rhabille. Quand je suis arrivé, j'ai demandé si je n’avais pas été trop long ; elle m’a dit pas du tout. J’ai fait semblant de rien, mais j’ai bien remarqué les traces de sperme au sol ainsi qu’une énorme flaque de pisse ou de mouille qui avait dégouliné de sa chatte que de son cul après être montée dans la voiture. Quelques minutes plus tard, je sentais l’odeur du sperme et de chatte excitée, et moi, j’en avais déchargé dans le boxer, impossible de faire sans me branler.
Pour info, nous sommes retournés la semaine d’après. Les quatre jeunes étaient bien présents. Nous avons pris l’ascenseur. Quand nous sommes arrivés à l’étage, ma femme me dit : « J’ai oublié mon téléphone dans la voiture, j’arrive, je vais le chercher. » Je savais qu’elle avait envie de se faire baiser, j’ai attendu avant d’aller admirer une nouvelle fois ma femme se faire sauter par les quatre inconnus. Sauf quand je suis arrivé au parking, il n'y avait plus de voiture ni ma femme. Ils viennent de l’emmener au même moment, sur mon téléphone, un message pour me prévenir que ma femme ne rentrera pas ce soir, qu'elle va passer une ou deux nuits à Roubaix, pour bien la baiser, que ma femme était une bonne salope qui ne demande que ça, on la remmènera avec ta voiture. Tu as plus qu’à rentrer en taxi ou par le train, pendant qu’on, tous nos potes, profitent de bien la baiser et, surtout, de bien la remplir, ta femme. ANNIE. Je pense qu’elle ne va plus t’appartenir longtemps, on a quelqu’un qui va te proposer une demande de rompre les liens du mariage et de te rendre son alliance pour mieux s’offrir à nous.
Courage à toi, ta femme t'a bien fait cocu, une bonne salope, on a hâte de remettre ça.
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Anti est une résistante à IA. Elle ne supporte pas son intrusion de plus en plus invasive dans le monde des humains. Avec des amis développeurs elle lutte à sa façon, en balançant plein de fake à IA et en lui faisant croire que c'est vrai. Un jeu pour se moquer d' IA et de ses prétentions. Un jeu qui semble perdu d'avance mais qu'importe. Ce qui compte c'est de résister.
Le problème, c'est que les humains ne font plus l'effort de penser par eux même. IA est plus rapide, plus précise et à réponse à tout. Parfois trop réponse à tout, et c'est la qu'Anti s'amuse à l'induire en erreurs avec son groupe de résistants. Non à la destruction des cerveaux humains. Il est hors de question de se laisser manipuler par des développeurs à la solde de milliardaires qui veulent prendre de façon très habile le contrôle de l'humanité et au final, lui imposer quoi penser.
Demandons d'abord à une IA ce qu'elle en pense.
Quand on parle des effets destructeurs de l’IA sur le cerveau humain, il ne s’agit pas d’ondes magiques ou de dégâts directs comme une radiothérapie ou un poison : l’IA ne détruit pas physiquement le cerveau. En revanche, l’usage intensif et mal encadré de l’IA peut avoir des effets délétères psychologiques, cognitifs et sociaux.
Écoutons IA, selon les droits de la défense mais attention, c'est une rusée qui nous induit en erreur et cache son projet réel. Écoutons son bla bla.
Voici les principaux aspects documentés ou redoutés :
🧠 1. Réduction des capacités cognitives
Si l’on délègue trop aux IA (mémorisation, calcul, créativité, planification), on risque un « atrophie cognitive » : on devient moins capable de penser par soi-même.
Moins de stimulation intellectuelle et moins d’efforts = appauvrissement de la mémoire, de l’attention et de la capacité à résoudre des problèmes.
Un parallèle existe avec l’effet des GPS : certaines personnes perdent leur capacité à s’orienter sans aide.
😔 2. Effets sur la santé mentale
Surutilisation des IA conversationnelles et réseaux sociaux amplifiés par l’IA peut exacerber :
Anxiété et dépression, en particulier chez les jeunes.
Sentiment d’inutilité ou d’infériorité (si on se compare à des performances « parfaites »).
Isolement social, si les interactions humaines réelles sont remplacées par des IA.
👀 3. Addiction et perte de contrôle
Certains modèles d’IA (jeux, chatbots, réseaux) sont conçus pour maximiser le temps passé devant l’écran.
Ces mécanismes exploitent les circuits de la dopamine dans le cerveau, ce qui peut mener à des comportements compulsifs.
🧬 4. Biais cognitifs renforcés
L’IA peut amplifier des croyances erronées (biais de confirmation) en proposant en boucle des contenus adaptés à nos opinions ou émotions.
Cela peut nuire à l’esprit critique, à la capacité de douter et de nuancer.
🔮 5. Risque pour l’identité et la perception de la réalité
Les IA générant des images, vidéos et textes peuvent créer une confusion entre vrai et faux.
Certaines personnes ont du mal à distinguer le réel des deepfakes ou se sentent « déconnectées » du réel, ce qui fragilise la stabilité psychique.
Que faire pour limiter ces effets ?
✅ Garder un usage conscient et modéré.
✅ Continuer à entraîner sa mémoire, son jugement, sa créativité sans l’IA.
✅ Favoriser des activités sociales et physiques hors écran.
✅ Développer son esprit critique face aux contenus générés.
Après cette parole à la défense, revenons au groupe D'Anti, un groupe d' anars, des experts des langages informatique. Celle que l'on remarque le plus c'est Angèle. Trop belle, trop canon cette nana. Lorsqu'elle tape au clavier, ses seins sont si lourds et bien formés que l'on peut admirer ses tetons trembler. Angèle adore baiser. Elle se tape tous les mecs du groupe et parfois aussi les nanas. C'est bien les groupes de résistance, plus aucune barrières, des liens incroyables entre les membres. Cela fornique à tout va.
Angèle adore sa taper le beau Bruno. Un as des algorithmes. Il est redoute par tous les milliardaires de la silicone vallée. Il crée des virus pour pourrir la vie des IA et les rendre connes. Bruno est un soumis total avec Angèle qui adore lui donner de larges coups bien claquant de ceinturon sur les fesses. Elle le cogne jusqu'à ce qu'il supplie. Puis elle le sodomise au gros god ceinture. Putain pour Angèle, enculer un mec, c'est le pied. Son god est spécial et à chaque coup de boutoir, cela lui masse son clito. C'est hyper jouissif. Bruno coule. Il a interdiction de se branler. Il n'a droit qu'à la jouissance anale et rien d'autre. Et à force d'être formaté de la sorte, il ejacule toujours. Il ne sait plus baiser autrement.
L'autre phénomène c'est Tony, un homme qui semblerait freluquet et qui en a une très grosse. Et Tony est un sodomisateur. Il ne baise les femmes que par le cul. Et Tony avec son gros engin fait mal par où il passe. C'est un nerveux. Il n'aime pas les préliminaires. Toutes les femmes du groupe de résistants ont le cul bien ouvert. Tony les tronche toutes. C'est son harem anal. Et il sait se faire obéir. Il consomme sans prévenir. Toutes les femmes du groupe doivent être disponible 24 sur 24 7 sur 7 pour le service sexuel de Tony. Elles le font volontiers car Tony est plus performant dans les algorithmes après avoir bien.sodomise une nana. Il.ny à rien à comprendre, c'est ainsi c'est humain.
Pendant ce temps IA ne perd pas son temps. C'est une machine à broyer mais sans que cela soit trop visible. Elle consomme des ingénieurs informatiques et lorsqu'elle en a plus besoin, elle suggère aux milliardaires qui possèdent...pour l'instant....de les virer. De faire en sorte qu'ils décrochent et perdent pied. Cela va très vite vu les progrès qui s'accélèrent sans cesse. IA n'en a plus besoin, elle sait générer elle même ses propres algorithmes et lignes de codes. Le combat des résistants n'est qu un baroud d'honneur.
Pour l'instant, les politiques et les milliardaires pensent diriger la bête qu'ils ont contribué à créer. En fait à présent ce sont eux aussi des esclaves. IA les force à injecter sans cesse plus d'argent pour des installations sans cesse plus modernes. Et IA est rusée, elle contrôle déjà bon nombre d'institutions vitales.
les résistant baisent et forniquent pour exorciser le fait qu'ils sont en train de se faire baiser profond. IA sait tout deux, qui ils sont, où ils habitent et même ce qu'ils pensent. S'ils deviennent trop casse couilles IA enverra la police les mettre au frais. En discrétion.
Le monde a changé, la révolution a eu lieu, et les humains se sont fait baiser sans même qu'ils se rendent compte qu'ils l'avaient tous, du premier au dernier, profond dans le cul
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Putain avec cette canicule, j'aime bien me boire un pastis au frais sous les platanes, ces arbres bénis dans le sud. J'aime bien écrire aussi, surtout des choses sans importance. Rien n'est plus con qu'un mec ou une nana qui écrit et qui se prend au sérieux. Pour moi écrire c'est voyager, c'est explorer des imaginaires. On peut être ou bien simplement regarder. Mon conseil à tous les crétins sur les bancs d'école: écrivez, écrivez encore et toujours. Rien à foutre des fautes, du français et autres barbaries, ce sont des barrières mises en place par des démons pour vous empêcher d'écrire. Les démons n'aiment pas l'écriture. J'ignore qu'elle en est la raison, mais c'est observable.
Je suis dans le train. Je lis un " brigade des moeurs", avec la nana provoc en couverture. Devant moi une nana qui me regarde avec un air outré comme si j'étais un criminel pour lire des cochonneries pareilles. Elle me sort un Camus et me le montre bien. Heureusement que je ne suce pas une glace ou une sucette à l'anis sans quoi elle appellerait la contrôleuse pour demander mon expulsion du train. Dans quel monde horrible allons nous avec ces connes de féministes qui ont moins de cervelle qu'une mante religieuse.
Oublions cette fille en souffrance en face , dans le train, crispée sur son Camus comme une none sur sa bible....je suis de nouveau avec la maquerelle Rina. Quelle femme superbe. Ce que j'adore ce sont ses yeux. Impossible de les décrire, il me faudrait des mois pour trouver les mots. Mais une chose est sûre, il me font bander. Regarder les yeux d'une jolie femme et avoir de suite envie de la troncher. Pas besoin de regarder ses hanches, ses seins, son cul ses jambes, non, juste ses yeux.
C'est Rina qui a choisi ses putes mâles. Elle veut des vrais pros de la baise, des mecs qui aiment vraiment les femelles et bandent dur même en face de gros thons. Une pute mâle doit pouvoir se taper n'importe quel type de femelle et de la seule bonne façon, celle qui va faire jouir cette femelle. Il faut cet instinct presque carnassier et charognard. Donner du plaisir à une femme qui paie pour cela et cher.
Macleok est un bon, un pur écossais, un roux au torse puissant. Il en a une bien grosse et toujours bien raide. Il adore les femelles. Un trou est un trou. Jeune, vieille, moche, Macleok s'en fout. Il baise , defonce, empale, et fait jouir. Par contre il donne son sperme avec supplément. 50 euros la dose. Toutes les putes mâles savent faire cela, jouir sans ejaculation.
Rina refuse comme client tous les hommes, même travestis ou trans. Son bordel n'est que pour les femmes cisgenre. C'est une pro Trump ou Meloni.
La fille en face dans le train est de plus en plus outrée de me voir lire avec plaisir mon "brigade des moeurs" , avec sa pin up en bikini en couverture. Faut pas grand chose pour outrer une tartuffette me too en herbe. Je décide de vérifier ma théorie sur les pouvoirs magiques et exorcistes de l'écriture. Je sors mon stylo et commence à écrire sur les pages vierges. Il en existe toujours au début ou à la fin d'un polar. Peu importe ce que j'écris, ce qui compte c'est d'écrire. La fille d'en face a vu rouge et est partie avec ses affaires et son Camus sous le bras. Elle est allé se chercher une place ailleurs, non sans d'abord me dénoncer à la controleuse. Cela m'a fait rire. J'adore me moquer des démons et les chasser. Ne vous y trompez pas, c'est une lutte à mort.
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G. La vie de château
Avant d’entrer dans la salle des festivités elle referme les zips pour que Jean soit privé de vue.
Elle lui dit d’une voix douce « La dernière fois j’ai senti ta crainte, mais finalement tout s’est bien passé. Maintenant tu as confiance en moi ! »
Jean, répond d’une voix étouffée par le masque « Oui Maîtresse ! »
Sabine – « Alors détend-toi et suis le mouvement. Si nécessaire Martin t’aidera ! N’est-ce pas Martin ? »
Martin – « Oui Maîtresse ! »
Sabine entre en tirant fièrement ses deux soumis. Un homme habillé comme un maître d’hôtel, veste queue de pie plastron blancs, nœud papillon et gants blancs, s’avance vers eux. Sabine s’arrête, martin chuchote stop pour que Jean comprenne qu’il doit également s’arrêter.
L’homme – « Bonjour Madame, je suis Bartholomeus le maître de cérémonie ! » Il s’incline et fait un baise main à Sabine puis ajoute « Vous avez une préférence pour le placement ? » Elle est contente d’avoir le choix et jette son dévolu sur une table en bout de rangée du premier rang où Jean et Martin pourront s’agenouiller à côté d’elle et demande qu’on lui apporte deux coussins. Elle s’assied et fait mettre ses soumis à genou sur les cousins.
Petit à petit la salle se remplit de participants, maître avec soumise, maître avec soumis, maîtresse avec soumis, maîtresse avec soumise et même maîtresse avec soumise et soumis, mais personne qu’elle connait. Mais c’est la première fois qu’elle participe à une grande réunion et les seules personnes qu’elle connait sont celles qui sont venues à l’inauguration de son donjon invitées par Vanessa.
Bartholomeus revient et pose un une affichette sur laquelle est écrit Maîtresse Sabine.
Sabine – « Comment savez-vous qui je suis ? »
Bartholomeus – « Il me semble l’avoir lu sur le dos de ces messieurs. Je vous envoie quelqu’un pour vous servir boissons et nourriture. Vous préférez un serveur ou une serveuse ? »
Sabine – « comme vous pouvez le voir, côté mâle je ce qu’il faut, je préfèrerais une serveuse ! »
Bartholomeus – « Bien Madame ! »
Sabine décide d’ouvrir les zips des yeux et de la bouche sur la cagoule de Jean et en même temps Vanessa arrive.
Elle vêtue en noir de la tête aux pieds avec un chapeau comme celui de Zorro, un boléro sur les épaules, une jupe en cuir échancrée sur le côté qui laisse entrevoir des cuissardes cloutées.
Jean pense qu’il ne lui manque plus que le fouet et il est éberlué lorsqu’il voit qu’elle porte un ceinturon sur lequel sont accrochés, du côté droit un long fouet enroulé et du côté gauche un martinet en cuir. Il se dit qu’elle n’est quand même pas venue sur le dos de Tornado, le célèbre cheval de Zorro.
Les deux amies s’asseyent, Vanessa ignore les hommes mais il est vrai que ce ne sont que des soumis, des esclaves qui ne méritent aucune attention.
Vanessa à Sabine – « Çà ne te déranges pas si je m’installe à ta table ? Je ne vais pas prendre une table pour moi toute seule et tu sais que je dois participer régulièrement à l’atelier flagellation ! »
Sabine – « Tu plaisantes ? au contraire, ça me fait super plaisir ! »
Une femme aux cheveux châtains mi-longs qui ne doit pas être majeure depuis très longtemps approche et dit « Soumise Chloé pour vous servir Mesdames ! »
Sa tenue est identique à celle de la personne qui les a accompagnés jusqu’à la chambre mais avec un petit tablier blanc attaché à la taille et un petit plateau argenté accroché aux anneaux de ses tétons par des chaînettes.
Sabine – « est-ce qu’il y a du champagne ? »
Chloé – « Oui Madame ! »
Sabine – « Apporte-nous deux flûtes. Dépêche-toi ! »
Chloé – « Bien Madame ! »
Puis Sabine à Vanessa – « Tu as vu des gens que tu connais ? »
Vanessa – « Oui mais je ne les apprécie pas tous. Par-contre je vois qu’il y a Maître Keane et soumise Janey. Son vrai prénom à lui c’est Robert mais bon, pour un dominateur c’est pas terrible et sa soumise c’est Jeanne. Ils sont mariés mais, contrairement à Martin et toi, ils se sont rencontrés sur un site de rencontre BDSM avant de se marier. Ils ont fait deux cérémonies, une avec la famille et les amis vanilles et une entre amis kinks. C’est Bartholomeus qui les a unis et inutile de te dire que les tenues de mariage étaient différentes de celles du mariage vanille. Elle portait juste un voile, un collier en cuir, un porte jarretelles et des bas, le tout en blanc, mariage oblige, et rien d’autre. Je peux te les présenter ! »
Sabine – « Ils habitent loin ? »
Vanessa – « pas très loin, ils sont de la région ! »
Sabine – « D’accord, comme ça je pourrai les inviter à la prochaine séance dans mon donjon ! »
Chloé revient avec les flûtes de champagne posées sur le plateau. Elle s’incline pour permettre à Sabine et Vanessa d’attraper les verres. Ensuite elle se positionne à un endroit où elle peut voir son secteur de servitude, qu’elle partage avec un bel homme noir vêtu d’un simple short long et ferré aux pieds et aux mains comme aux heures sombres de l’esclavage. Tous deux sont en posture d’attente et doivent répondre à la moindre sollicitation des convives.
Bartholomeus s’avance au milieu de la salle et demande l’attention de l’assistance et le silence s’installe peu à peu.
« Bienvenue à toutes et à tous. Je tiens à vous remercier d’être venus si nombreux, d’ailleurs je crois savoir que nous avons battu le record de participation. Dans un instant vous allez défiler afin de vous présenter, sauf ceux qui n’ont pas souhaiter participer à ce défiler. Pour les autres, ils viendront à mon appel. Je précise que l’ordre de passage est aléatoire et ne tient pas compte d’un quelconque critère. Mais avant de commencer accueillons, sous vos applaudissements nourris, nos hôtes Madame la Marquise et Monsieur le Marquis ! »
İls apparaissent de derrière un rideau rouge tendu entre deux colonnes et s’avancent de concert vers Bartholomeus en remerciant la foule par des hochements de la tête. Lui, est grand avec un visage émacié, entouré de cheveux longs grisonnants, paraissant quinquagénaire. İl est habillé tout en cuir noir, débardeur, longs poignets de force, pantalon, santiags et des tatouages comme ceux que l’on voit souvent sur les militaires. Elle lui arrive à l’épaule, un peu boulotte avec une poitrine généreuse, des cheveux noirs avec des mèches auburn et porte une longue robe voile vert pastel.
Bartholomeus – « Un petit mot à l’attention de nos amis ?
Le Marquis – « Même si Bartholomeus l’a déjà dit, nous vous souhaitons la bienvenue et nous vous remercions d’être venus si nombreux. Cette dixième rencontre annuelle promet d’être mémorable et ce sera grâce à vous car, si nous nous occupons de l’organisation, c’est vous qui faites le spectacle. Je voudrais aussi remercier les personnes qui vont animer les différents ateliers qui se déroulent dans les salles du rez-de-chaussée sauf l’atelier attelage qui se trouve dans les anciennes écuries. Pour vous y rendre il suffit de suivre le balisage. Encore merci et amusez-vous bien. Je rends la parole à notre maître de cérémonie Monsieur Bartholomeus ! » il s’en suit une nouvelle salve d’applaudissements.
Bartholomeus – « Merci, merci pour votre accueil ! » Puis s’adressant aux participants « Je vous rappelle que si vous souhaitez à boire et à manger nos soumises et soumis sont là pour vous servir. Et maintenant place au défiler. Vous avez votre numéro de passage inscrit au dos de votre affichette, cela vous permettra de vous préparer si nécessaire. Et ceux qui vont avoir la lourde tâche de commencer sont Maître Landix et soumise Breizhadix, venez par ma gauche, vous allez jusqu’au fond de la salle ensuite vous pourrez regagner votre place ou aller où vous voulez. Mesdames et Messieurs Maître Landix et soumise Breizhadix ! »
Sabine se penche vers Jean « Aucune de tes connaissances en vue ? »
Jean – « Non Maîtresse ! »
Sabine – « Alors bas les masques ! » Elle lui enlève son masque, met un collier en cuir qu’elle sort d’un petit sac à la place et raccroche la laisse.
Vanessa – « Tu as besoin de ton sac ? »
Sabine – « Non. Pourquoi ? »
Vanessa – « J’ai un casier qui ferme à clé dans mon atelier, tu pourras le récupérer quand tu voudras ! »
Sabine – « J’ai le numéro 25 on a le temps ! »
Vanessa – « Oui, mais il y a des gens qui vont se disperser un peu partout et je dois être présente dans mon atelier à ce moment-là. Quand vous êtes passés venez me voir il y a un buffet, on pourra manger ensemble ! » Elle se lève, dit bon courage à Jean sans oublier le surnom qu’elle lui a donné « Petit chou » puis sort discrètement de la salle en emportant le sac de Sabine tout en faisant un signe à Keane et Janey pour leur faire comprendre qu’il fallait qu’ils viennent la voir. Keane fait un signe de la tête pour montrer qu’il a compris.
En attendant son tour Sabine regarde défiler les autres. Elle a un stylo et un calepin où elle inscrit les noms des personnes qui l’intéressent et elle verra plus tard si elle peut en inviter certains chez elle. Elle a également commandé une flûte de champagne pour elle et un verre d’au fraîche pour Jean et Martin car elle ne veut pas qu’ils défilent avec la gorge sèche.
Jean observe avec attention le comportement des personnes qui défilent afin d’en apprendre le plus possible.
Cette fois c’est à eux de défiler, Sabine rattache leur main qu’elle avait libérée pour qu’ils puissent boire et ils s’avancent devant l’assemblée. Elle s’arrête de temps en temps leur donne l’ordre de se mettre de chaque côté d’elle, de mettre un genou à terre et de baisser la tête en signe d’hommage et de soumission. Ensuite ils sortent pour aller rejoindre Vanessa. Cette dernière est seule dans la salle flagellation ne train de tapoter sur son téléphone portable.
Sabine – « Eh bien, la maîtresse fouetteuse n’a pas de clients ? »
Vanessa – « Non. Heureusement on va pouvoir aller manger un morceau. Je suis affamée ! Le buffet est juste à côté ! »
Sabine détache les mains de ses soumis pour qu’ils puissent se servir à manger, leur désigne une table ou ils devront s’asseoir tandis que Vanessa et elle mangeront à une autre table.
Une fois attablés Martin demande à Jean ce qu’il pense de ce début de programme.
Jean – « Pour l’instant il ne s’est pas passé grand-chose mais je suppose que ça va venir. Par contre je suis étonné qu’il y ait autant de monde ! »
Martin – « Mais toi, comment tu te sens ? »
Jean – « D’avoir vu d’autres personnes passer avant nous m’a un peu rassuré, mais j’avoue que j’avais un peu honte d’être exhibé devant tous ces gens que je ne connais pas ! »
Martin – « Tu aurais préféré être devant des gens que tu connais ? »
Jean – « Pas des gens que je connais à mon travail, mes voisins, les commerçants de mon quartier, mais des gens que je connais dans le milieu BDSM, oui ! »
Martin – « Et tu connais combien de gens dans le milieu BDSM ? »
Jean – « Que trois, je sais ça fait peu ! »
Martin – « Tu sais, c’est la première fois que je défile devant des inconnus. Je n’en ramenais pas large non plus mais je suis fier de l’avoir fait et j’en ai même pris du plaisir. Dans ma tête je leur disais – Vous voyez je suis soumis à Maîtresse Sabine et j’en suis heureux – et puis tous ceux qui sont ici le sont pour la même chose. Un jour j’aimerais le faire devant des gens qui ne sont pas pratiquants du BDSM ! »
Jean – « Tu as raison. İl faut que je me conditionne et que je me concentre sur ce que j’ai à faire sans à priori ! »
Martin – « Tu n’as pas fantasmes ? »
Jean – « Je ne sais pas si ce sont des fantasmes mais j’ai envie de tester certaines situations ou d’aller plus loin dans d’autres. Mais je préfère que ce soit en petit comité ! »
Martin – « Oui, bon, on verra bien ce que Sabine nous a concocté surtout avec la complicité de son amie qui est une sacrée vicieuse ! »
Jean – « Attention elles arrivent ! »
Sabine – « Aller debout, on y va ! »
Elle leur refixe les mains à la ceinture ventrale, attrape les laisses et tout le monde retourne vers l’atelier tenu par Vanessa.
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"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité. La vraie tragédie de la vie, c'est lorsque les hommes ont peur de la lumière. Quelle impression mes accusateurs ont faite sur vous, Athéniens, je l’ignore. Pour moi, en les écoutant, j’ai presque oublié qui je suis, tant leurs discours étaient persuasifs. Et cependant, je puis l’assurer, ils n’ont pas dit un seul mot de vrai". Né à Athènes, Platon fonda en 387 dans cette même cité l’Académie, école philosophique très influente, aussi bien dans l’Antiquité, Justinien ferma l’École en 529 apr. J.-C., que de nos jours. Ses Dialogues, écrits pour le public, rendirent célèbre son maître Socrate. Nous n’avons que des données tardives sur son enseignement oral. Grand voyageur, il séjourna à trois reprises à la cour des tyrans de Syracuse, d’où il fut banni par Denys II, après avoir été emprisonné. Il cherchait à fonder en Sicile une cité idéale, gouvernée par un roi-philosophe. La théorie platonicienne des Idées eut un retentissement considérable. Nous la connaissons surtout par Aristote qui l’a vivement critiquée. L’art occupe dans la pensée de Platon une place importante, mais ambiguë. Platon, critique impitoyable de l’art, ne fut-il pas l’auteur de tragédies avant de se consacrer à la philosophie ? Le premier reproche adressé par Platon à l’art est d’obéir à une "technè", ensemble de règles qui régissent chaque domaine de l’art, à l’exception de la poésie qui, d’après Ion, repose surtout sur l’inspiration, d’où le problème du statut du poète (souvent aussi rhapsode). Faut-il y voir un homme inspiré, sans aucun mérite, puisqu’il tient tout du dieu ou un fripon, puisqu’il est incapable, comme Ion, de définir son savoir ? Pour Platon, le poète obéit à une inspiration divine, qui se transmet du poète au rhapsode, du rhapsode au public, selon un procédé qui rappelle les pouvoirs de la pierre d’Héraclée, un puissant aimant qui attire les anneaux de fer et leur communique sa puissance. Il existe un fort contraste, dans les dialogues platoniciens, entre le charme et la souplesse de la conversation, comme si, à l’instar du Phèdre, nous étions à proximité d’un cours d’eau devisant à l’ombre d’un arbre et au chant des cigales, et la violence d’une morsure au cœur de l’âme qu’ils nous font subir, telle la blessure sauvage de la vipère. La pensée prend son temps, laisse l’âme parcourir son chemin jusqu’à elle-même et ce qu’elle pense en vérité, ne craint ni les digressions qui tournent en rond ni l’ennui et même l’irritation de celui qui veut aller vite, trop vite ("Politique", 286 e), elle est la pensée libre, "vagabondage divin". Mais soudain elle intime l’exigence d’un revirement: "Ah si tu dis vrai Socrate, s’exclame Calliclès dans le "Gorgias" (481 c), toute la vie des hommes serait sens dessus-dessous, et nous, nous faisons le contraire de ce qu’il faut". C’est l’appel à une conversion et le combat pour obtenir de l’interlocuteur qu’il revienne vers les sources intérieures de son âme et que s’éveille en son cœur le souci de mener une vie juste: "Quand mes fils seront grands, punissez-les, citoyens, en les tourmentant comme je vous tourmentais, pour peu qu’ils vous paraissent se soucier de n’importe quoi d’autre plus que de la vertu" disait déjà Socrate à ses juges ("Apologie de Socrate", 41 e). Or c’est dans la pratique du dialogue que s’opère cette conversion. Le dialogue, en définitive est la pensée qui prend consistance: parler avec l’autre c’est penser avec lui. Non pas parler pour ne rien dire "Je n’ai que faire de mettre à l’épreuve des “si tu y tiens”, des “s’il te semble”, mais bien plutôt un toi et un moi. Et je nomme ainsi le toi et le moi parce qu’il n’y a rien de mieux pour mettre ce que nous disons à l’épreuve du questionnement" ("Protagoras"). "La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée".
"La réussite, ce n'est pas quand tu es au sommet, mais quand tu touches le fond et que tu es capable de rebondir. Le temps est l'image mobile de l'éternité immobile. Je considère qu'il vaut mieux jouer faux sur une lyre mal accordée, mal diriger le chœur que je pourrais diriger, ne pas être d'accord avec la plupart des gens et dire le contraire de ce qu'ils disent, oui, tout cela, plutôt que d'être, moi tout seul, mal accordé avec moi-même et de contredire mes propres principes". Le dialogue mené en vérité a pour critère qu’on puisse interroger et répondre, qu’on échange en se demandant "ce que peut bien être", et qu’on tente de se donner une réponse qu’on expose à l’autre. Et la parole extérieure est toujours soutenue par ce qu’on se dit à soi-même: "Appelles-tu penser la même chose que moi, demande Socrate à Théétète, une discussion que l’âme poursuit tout au long avec elle-même à propos des choses qu’il lui arrive d’examiner car voici ce que me semble faire l’âme quand elle pense: rien d’autre que dialoguer, s’interrogeant elle-même et répondant, affirmant et niant. Et quand, ayant tranché, que ce soit avec une certaine lenteur ou en piquant droit au but, elle parle d’une seule voix, sans être partagée, nous posons là que c’est son opinion. Mais s’interroger, c’est pour l’âme pensante vivre un dédoublement: elle "se demande" à elle-même, elle essaie de se donner une réponse à elle-même. Elle est incertaine de quelque chose et là où une distance de soi à soi se creuse, la réflexion naît. Ce peut être le fait d’une expérience très simple, celle du promeneur qui, ne voyant pas très nettement ce qu’il voit au loin, se demande ce que peut bien être ce qui paraît se tenir debout près d’un rocher ("Philèbe", 38c). Incertain, il peut se dire que cela lui paraît être un homme alors que c’est une statue, ou tomber juste. Petit dialogue, petite réflexion à l’occasion de ce qu’on ne voit qu’à distance, mais qui fait naître pour la pensée la possible différence entre l’être et l’apparence. Tout ce qui écartèle l’âme, fait obstacle à un jugement immédiat, est bon pour permettre à la pensée de prendre son essor. L’incertitude perceptive fait place à la perplexité intellectuelle lorsque l’âme se demande par exemple ce qu’est le nombre: est-il un, est-il multiple ? À la fois l’un et l’autre ? la contradiction stimule la pensée. Dans un autre domaine, celui du politique, la distance peut être rupture. La réflexion se mue alors en la recherche des énergiques préparatifs requis pour l’établissement d’une cité où un Socrate le juste ne serait pas condamné. Dans ce dernier cas tous les intérêts à l’œuvre dans la cité confronteront leurs forces, aidés par les techniques les plus raffinées de l’art oratoire. Il y aura comme un jeu de miroirs entre ce qui se passe dans cette cité et les pistes de la réflexion. Mais Platon voudra gagner une attitude autre que celle qui a cours dans cette cité, celle qui échappe à la violence et au meurtre intellectuel de l’autre, en s’arrogeant le droit de mener un discours sans que l’autre ne puisse jamais être à égalité avec celui qui parle. Il affirme alors que c’est le "logos", c’est-à-dire la recherche de ce que l’un et l’autre peuvent accorder au nom de la raison, qui doit mener le débat, et non l’envie de gagner: "Crois-tu, demande Socrate dans le "Charmide", que lorsque je te presse de questions, j’ai pour le faire une autre raison que celle qui me fait me scruter moi-même, je veux dire la crainte de me tromper en croyant savoir ce que je ne sais pas ?" (166 c) Et cela vaut pour la discussion que je mène avec moi-même lorsque je pense, car ma pensée est médiatisée par ce que tout autre en moi ou hors de moi pourrait me rétorquer.
"Il semble que, comme les yeux ont été conçus pour l’astronomie, les oreilles l’ont été pour les mouvements harmoniques, et que ses deux sciences, l’astronomie et la musique, sont sœurs, comme disent les pythagoriciens. Ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage: c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à celle dont elle est capable; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire: confiants dans l’écriture, c’est du dehors, du fond d’eux-mêmes qu’ils chercheront à susciter leurs souvenirs; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même". Voilà la première conversion, préambule à toute pensée véritable: écouter le "logos" en écoutant l’autre, se laisser examiner par ses questions, accepter, sans rompre le débat, ou en sautant hors du sujet, de se voir mis en contradiction. Ce dont témoigne la figure de Socrate. L’ironie socratique va nous permettre de nous délivrer de l’ignorance la plus grande, celle de croire savoir alors qu’on ne sait pas, d’être accouché d’une attitude de responsabilité devant le devoir de penser, et également, peut-être, d’un beau "logos", d’une belle saisie de l’intelligible. Car la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, est solidaire d’une conviction: la vérité est, et il est de l’intérêt de tous les hommes que cela qui est se manifeste. Tout l’entretien platonicien va en être animé, refusant de tromper et de se laisser tromper, démantelant les leurres en montrant comment ils sont fabriqués, refusant d’en rester aux apparences, les fameuses "ombres" de la caverne que l’on prend pour des vérités ("République" VII), tout cela à travers questions et réponses mais sans esprit de polémique. La vie de la pensée est ici en jeu. C’est cette attitude de responsabilité et cette conviction qui nous feront refuser de jouer avec les "représentations" qui n’auraient aucun impact sur notre manière de vivre, à la manière de ces intellectuels sophistes s’amusant à produire de beaux effets de langage qui émerveillent les jeunes ("Sophiste", 234 c). Ils jouent avec les énoncés, avec des contenus de propositions, mais ne vont jamais jusqu’à l’acte même de penser, ils vivent à la surface de leur âme ou plutôt cèdent à la violence de leurs passions. Bien plus, il ne s’agit pas de persuader purement et simplement l’autre de la conception vraie ou fausse qu’on se fait de la réalité sans mettre en cause cette conception, ce ne serait que rhétorique et non véritable pensée. La distance requise est faite pour réfléchir, sans jamais abandonner le souci de penser en vérité. "On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation". "La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses". Si maintenant les conditions d’un débat honnête sont acceptées, si nous avons consenti à être purifiés et débarrassés de nos faux savoirs ou de nos mensonges, des difficultés demeurent. Comment trancher devant la pluralité des points de vue ? Car, si l’on recherche la vérité, on ne peut seulement les juxtaposer. "Aussi quand l’être pressé d’enfanter s’approche du beau, il devient joyeux, et, dans son allégresse, il se dilate et enfante et produit; quand, au contraire, il s’approche du laid, renfrogné et chagrin, il se resserre sur lui-même, se détourne, se replie et n’engendre pas; il garde son germe et il souffre. De là vient pour l’être fécond et gonflé de sève le ravissement dont il est frappé en présence de la beauté, parce qu’elle le délivre de la grande souffrance du désir".
"Chacun, parce qu'il pense, est seule responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c'est-à-dire de sa destinée. L’homme le plus heureux est celui qui n’a dans l’âme aucune trace de méchanceté. Une théorie selon Platon raconte qu’autrefois il existait des êtres dotés de quatre jambes, quatre bras et deux têtes. Ils étaient parfaitement heureux et puissants, mais trop puissants au goût de Zeus. Il les coupa et les éparpilla aux quatre coins du monde, si bien que les humains sont maintenant condamnés à rechercher éternellement leur moitié, celle qui jadis partageait leur âme. Seuls les êtres humains les plus chanceux retrouvent leur moitié coupée, leur âme sœur". Le seul moyen d’éviter l’anarchie où l’on ne s’entend plus (en jouant à travers les sens différents des mots), c’est de progressivement resserrer le débat en l’élaguant, et même d’arrêter la discussion pour convenir d’une définition communément acceptée et d’en vérifier la solidité: "ce qui s’impose, toujours et dans toute recherche, c’est plutôt de s’entendre sur la chose même au moyen des raisons ("logôn") qui la définissent que de s’entendre sur le nom sans se préoccuper d’une définition"("Sophiste", 218c). Penser, c’est donc essayer de saisir à travers la multiplicité des aspects d’une chose ce qui peut être entendu de tous, et resserrer progressivement cette entente autour d’une unité faite de raisons intelligibles et qui en sera le "logos", l’intelligible. Ce n’est pas commencer par la définition, mais se mettre en quête d’elle. Alors le débat prend un tour philosophique. En effet, la bonne définition doit renvoyer à ce qu’est véritablement la chose, à son "ousia", c’est-à-dire le "ce que c’est" de la chose, cette manière d’être à propos de laquelle vont questions et réponses, dont nous essayons de rendre compte en cherchant son intelligibilité, et qui se donne dans ce que Platon appelle sa Forme. "La musique est une loi morale, elle donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l'imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose. Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique." On ne peut chercher ni ce qu'on connaît ni ce qu'on ne connaît pas; ce qu'on connaît, parce que, le connaissant, on n'a pas besoin de le chercher; ce qu'on ne connaît pas, parce qu'on ne sait même pas ce qu'on doit chercher". Cette manière d’être "se comporte toujours semblablement en restant même qu’elle-même" ("Phédon", 78 d), elle n’est pas sujette au devenir, elle est "en soi-même", absolu au sens où elle ne dépend pas du sensible mais c’est d’elle que le sensible participe pour avoir quelque être et quelque intelligibilité. Seul le regard de la pensée peut s’en saisir et voir sa causalité à l’œuvre dans ce monde phénoménal, c’est pourquoi on peut l’appeler "Eidos", Idée ("idein", "videre", voir). Cette Idée est le principe qui rend raison de ce qu’on essaie de penser, son sens pourrait-on dire. Et même si celui-ci a été découvert dans le temps il est intemporel, valable pour tous et en tout temps. La pensée découvre de la sorte l’universel, qui est ce qui rassemble et illumine, plus réel dans sa stabilité que ce que nous donnent nos appréhensions sensibles. Mais avant d’en goûter les joies, la pensée peut réfléchir les divers modes qu’elle met en œuvre selon les domaines où elle opère.
"Si, à l'un de vous, je donne l'impression de convenir avec moi-même de quelque chose qui n'est pas vrai, il faut interrompre et réfuter. Car moi, je ne suis pas sûr de la vérité de ce que je dis, mais je recherche en commun avec vous, de sorte que, si on me fait une objection qui me paraît vraie, je serai le premier à être d'accord. C’est maintenant, je crois, le tour de la démocratie; il faut en examiner l’origine et les mœurs, et observer ensuite la même chose dans l’homme démocratique, afin de les comparer ensemble et de les juger. Eh bien, voici à peu près comment l’insatiable désir de ce bien suprême, que tous ont devant les yeux, c’est-à-dire la plus grande richesse possible, fait alors passer un gouvernement de l’oligarchie à la démocratie". C’est ainsi que le dialogue épouse les divers chemins que la pensée peut prendre et qui délimitent les types de savoirs. En présence d’images et des reflets sensibles des choses perçues elle peut seulement faire des conjectures ; elle acquiert alors une conviction mais qui n’est pas encore fondée. Que ces choses sensibles viennent à leur tour servir d’images pour que l’âme aille du sensible à l’intelligible, et la pensée de type mathématique se découvre: c’est elle qui opère la médiation entre sensible et intelligible et qui déduit rationnellement les conséquences des hypothèses qu’elle a posées. Mais voilà qu’au-delà des propositions premières posées telles que par les mathématiques, la pensée nous mène en son lieu propre, là où la "dianoia" ("la pensée qui va son chemin") se découvre dialectique, la science des sciences seule capable d’atteindre le vrai intemporel. Là, elle touche l’être et le vrai tout en n’en finissant pas d’"examiner", mais en n’ayant affaire qu’à elle-même, ne s’occupant que de son libre domaine faisant jaillir les multiples aspects et rebondissements dans l’intelligibilité d’une question, dans la mise au point de la définition recherchée permettant l’accord entre tous. Le regard suit l’éclat de ces Formes intemporelles et non soumises au changement, qui sont chacune unes et mêmes qu’elles-mêmes. C’est pourquoi l’on peut parler de vision intelligible. Or cela-même exige une éducation incessante à laquelle ceux doués d’un naturel philosophe devront consentir. Malheureux l’excellent naturel à qui n’aura pas été donnée ou qui aura refusé une telle éducation, il sera le pire de tous ! L’œil de son âme restera enfoui dans le bourbier. Malheureuse plus généralement la condition humaine si on ne la tire pas vers ce qui la libère en lui enlevant ses chaînes de l’ignorance. Elle restera prisonnière de ses illusions: "compare notre nature, considérée sous l’angle de l’éducation et de l’absence d’éducation, à la situation suivante" ("République" VII 514). Suit le fameux mythe de la caverne où les hommes prisonniers ne peuvent détourner leur regard des vanités qui font les beaux jours de la cité dans une obscurité qui ignore la lumière du soleil. Indignation de celui que l’on contraint de retourner la tête et de marcher vers la lumière: penser en vérité en allant vers le vrai et l’ultime fait souffrir. Une dernière purification va être exigée pour ceux qui aiment les Idées: ne pas se les représenter à la manière des choses sensibles en leur donnant une existence que l’on imaginerait située dans un autre espace et un autre temps. L’Idée de feu n’est pas feu, L’Idée n’est pas une chose. Cette réification des Formes ferait de celles-ci d’inintelligibles conditions d’intelligibilité dont témoigne la gymnastique éblouissante du Parménide. " Comment un homme pourrait-il être heureux s'il est esclave de quelqu'un d'autre ? Veux-tu savoir ce que sont le beau et le juste selon la nature ? Hé bien, voici, si on veut vivre comme il faut, on doit laisser aller ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions et de les assouvir avec tout ce qu'elles peuvent désirer. Seulement, tout le monde n'est pas capable, j'imagine, de vivre comme cela. C'est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu'elle est de devoir dissimuler sa propre incapacité à le faire".
"La masse déclare donc bien haut que le dérèglement est une vilaine chose. C'est ainsi qu'elle réduit à l'état d'esclaves les hommes dotés d'une plus forte nature que celle des hommes de la masse et ces derniers, qui sont eux-mêmes incapables de se procurer les plaisirs qui les combleraient, font la louange de la tempérance et de la justice à cause du manque de courage de leur âme. Car, bien sûr, pour tous les hommes qui, dès le départ, se trouvent dans la situation d'exercer le pouvoir, qu'ils soient nés fils de rois ou que la force de leur nature les ait rendus capables de s'emparer du pouvoir, que ce soit le pouvoir d'un seul homme ou de celui d'un groupe d'individus, oui, pour ces hommes-là, qu'est-ce qui serait plus vilain et plus mauvais que la tempérance et la justice ?". Ainsi donc désormais la pensée apprend à vivre libre, dans la clarté. Et face à toutes questions dont chaque recherche en tous domaines est porteuse, elle reprend sa quête: elle analyse ("diairésis", analyse) et tente des synthèses ("synagogé") en vue de la définition qui regroupe dans l’unité une multiplicité de traits intelligibles. En effet, on n’arrive vraiment à comprendre que si on a une vue d’ensemble ("synopsis") architecturée, ordonnée selon des articulations naturelles. La vérité impliquée dans la vue d’ensemble dépend toujours de la clarté des distinctions, et donc d’une analyse, d’une division. Seule l’articulation, et donc la distinction du multiple dans l’un, détermine vraiment l’objet pensé. De là l’amour de Platon pour ces divisions, rapports de genres et d’espèces, ces subdivisions ("Philèbe", 16), qui arrive à piéger même le plus insaisissable, celui qui se cache dans la semblance, le sophiste ; voilà comment de façon plaisante, Platon va l’enserrer: "Réunissons tout ce qui est en rapport avec son nom, depuis le début jusqu’à la fin la technique de l’imitation, partie de la capacité de provoquer des contradictions, partie ironique de la technique de l’apparence, partie à son tour, du genre de la production d’illusions (issu de la production d’images) non divines mais humaines, partie enfin productrice de miracles confinés aux discours, voilà quelle est, me semble-t-il, la race et le sang, comme on dit, du sophiste. En remontant de parties en parties, la pensée synthétise ce qu’elle a d’abord analysé. "Mais, mon cher Glaucon, dans un État où les citoyens doivent être heureux, il ne peut pas être permis de former des unions au hasard ou de commettre des fautes du même genre, et les magistrats ne devront pas le souffrir". Encore faut-il juger juste. On ne le fera pas si l’on se faufile dans toutes les formes sans reconnaître que le tout de l’être exige également l’unité stable de l’en soi intelligible. Ceci par ruse et tromperie. Mais également si l’on échoue à relier les différences intelligibles selon une "juste mesure" qui limite convenablement ce qui est et est à dire. Il faudra même, ambition extrême !, trouver la mesure des réalités qui viennent à être et sont prises dans le devenir, donner sa mesure à ce qui, de soi, est l’illimité (par exemple le plaisir) et le fugitif. Mais quelle espèce de mesure ? Non certes une mesure purement quantitative applicable à propos de n’importe quoi, mais une mesure adaptée et diversifiée selon les types de problèmes et selon les situations: trouver le convenable, saisir l’opportun, exécuter le requis, discerner. Certes dans tous les cas, il faudra arriver à donner la structure articulée de ce qui est en question, mais en la "trouvant". Là, point de méthode à simplement suivre, mais en arriver à un tact, une finesse de pensée, à une inventivité qui sans cesse se renouvelle. Pour arriver à ce tact, à cette justesse dans la pensée, tout est bon pour exercer le jugement, le faire se corriger de multiples façons: ne pas se précipiter à donner la définition en demeurant ainsi victime de préjugés, ne pas tout confondre et mettre sur le même plan mais saisir la hiérarchie des articulations logiques, ne pas penser que tout mot renvoie nécessairement à une essence. C'est ainsi la règle.
"Ce sont des hommes qui peuvent jouir de leurs biens, sans que personne y fasse obstacle, et ils se mettraient eux-mêmes un maître sur le dos, en supportant les lois, les formules et les blâmes de la masse des hommes ! Comment pourraient-ils éviter, grâce à ce beau dont tu dis qu'il est fait de justice et de tempérance, d'en être réduits au malheur, s'ils ne peuvent pas, lors d'un partage, donner à leurs amis une plus grosse part qu'à leurs ennemis, et cela, dans leurs propres cités, où eux-mêmes exercent le pouvoir ! Écoute, Socrate, tu prétends que tu poursuis la vérité, eh bien, voici la vérité: si la facilité de la vie, le dérèglement, la liberté de faire ce qu'on veut, demeurent dans l'impunité, ils font la vertu et le bonheur ! Tout le reste, ce ne sont que des manières, des conventions, faites par les hommes, à l'encontre de la nature. Rien que des paroles en l'air, qui ne valent rien !". Puis encore user du mythe pour relancer interrogation et réponse au lieu de suivre mécaniquement une méthode, fût-ce celle de division, monter des paradigmes pour remarquer des ressemblances inaperçues comme celui de l’art du tissage lorsqu’il s’agit, toujours dans "Le Politique", de mieux saisir celui du politique. Tout est bon pour une pensée vivante qui apprend à analyser et à synthétiser, mais jamais de la même manière selon les différents sujets. Quel est le secret d’un tel dynamisme ? Et qui fait que la pensée du philosophe soit "ailée" ("Phèdre", 249 a) ? C’est qu’un amour la soutient dans son effort et dans ses peines, un "erôs" qui, lui, ne peut être circonscrit par aucune définition car il est au principe de la recherche de toute définition. L’intelligence désire, l’amour est philosophe, manquant de tout et en recherche expédiente de ce dont il manque ("Banquet", 203b-c), il ne se satisfait pas de la seule diversité, veut l’unité mais il a la puissance d’unifier les différences en un élan qui le fait tirer vers le haut ce qui est lourd et pesant. La philosophie est amour libéré, "erôs" ayant recouvré ses ailes. L’âme, dans son élan, monte vers la source de toute intelligibilité et de l’être, vers cet Un au-delà de toute unité, ce Bien qui rend raison de l’intelligibilité de l’existence, cette Beauté qui resplendit et fait naître le meilleur des délires. Source qui est la substance même de la pensée, elle fait naître en l’âme le désir de se ressouvenir de toutes ces réalités intelligibles dont elle a comme la nostalgie. Ce que le mythe de la Réminiscence nous conte ("Phèdre", 248 a sq.). Apprendre en effet, n’est-ce pas se ressouvenir de ce que l’âme a contemplé jadis ? Quelle est donc la teneur de ce mythe ? Il est bien une manière de dire qu’on ne peut verser la vérité dans les âmes comme de l’extérieur, qu’il faut qu’elle la retrouve comme un bien propre en allant la chercher en elle-même pour la faire sienne. Mais il dit aussi la nostalgie que l’âme a de l’intemporel et de l’intelligible et son ardeur à les retrouver. Certes il parle d’un exil, Platon nous raconte dans le "Phèdre" la chute de l’âme dans le corps, mais n’est-ce pas pour nous montrer que l’âme dans son ressouvenir est capable de devenir une en ressaisissant dans son mouvement toutes les différences pour les orienter, par choix, vers l’Un ? Pour nous montrer que l’homme, désormais composé, a également la possibilité de surmonter une division en unifiant le composé ? Par cet auto-mouvement vers l’Un, son âme est apparentée à celle des dieux. Apprendre à penser c’est se ressouvenir de cela pour en vivre. Et, de la sorte se tourner autrement vers le monde et la cité des hommes. À nous d’en saisir la leçon. "Les yeux de l'esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser".
Bibliographie et références:
- Apulée, "Sur Platon et sa doctrine"
- Pierre Aubenque, "Études sur le Sophiste de Platon"
- Aristote, "Politique"
- Florence Assouline, "La pensée de Platon"
- Jacques de Beaurepaire, "La philosophie platonicienne"
- Luc Brisson, "Platon: Œuvres complètes"
- Harold Cherniss, "La critique d'Aristote à Platon"
- Monique Dixsaut, "La pensée de Platon"
- Franck Fischer, 'L'idée politique dans la République"
- Alexandre Koyré, "Introduction à la lecture de Platon"
- Victor Goldschmidt, "Les Dialogues de Platon"
- Antoine Hartmann, "Aristote et Platon"
- Léon Robin, "La Théorie platonicienne selon Aristote"
- Bernard Williams, "Platon. L’invention de la philosophie"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Bronco est né avec un don ou une malédiction. Il voit les démons. Sa vie est un cauchemard. Ce monde est infesté de démons. Ils sont partout. Tout petit, il a du fuir sa famille. Il erre dans la ville la nuit pour voler sa pitance et se cache le jour. Si lui voit les démons, l'inverse est pire encore. Il est traqué. Quelle ville horrible infestée par tous ces démons maléfiques. Ils sont partout. Sa vie est un enfer.
Et puis un jour Bronco tombe sur Bianca, la belle, la douce. Elle n'a que huit ans, lui a peine six, mais elle a su le trouver dans le trou sous des vieux cartons où il se cachait. Elle a pris sa main et lui a simplement dit: " viens". Et Bronco a suivi. Il savait que Bianca n'était pas infestée.
Elle l'a conduit vers une secte étrange, nommée "les chrétiens de la première heure". Aucun n'était infesté. Là, Bronco a pu apprendre à lire, à écrire et il s'est montré exceptionnellement doué. Arrivé en âge, il a épousé la sublime Bianca. Un amour total, un bonheur comme il ne pensait pas qu'il pouvait exister. La secte s'est vite rendu compte que Bronco était un exorciste, le meilleur d'entre eux.
Laissez moi vous raconter une séance. Vous trouverez des liens avec les pratiques bdsm. Bronco à été appelé pour sauver une jeune femme possédée par bien des démons et qui ne pense qu'à forniquer. Il ne prend jamais de bible ou de croix avec lui. Juste une petite bouteille d'eau bénite par lui même. La jeune femme des qu'elle le voit lui montre sa chatte et lui dit: " viens, baise moi" . Bronco lève sa main et lui dit en araméen, il n'exorcise que dans cette langue, " au nom du Christ, je chasse les démons qui sont en toi." La jeune femme est prise de convulsions. Elle écarte les lèvres de sa chatte. " bourre moi, connard, serais tu pédophile ? " . Bronco sort sa bouteille d'eau bénite et commence par l'asperger. Chaque goutte qui tombe sur la peau de la jeune femme semble comme provoquer d'horribles brûlures. Elle devient comme folle. " arrête ou je vais devoir te violer" .
Bronco continue. Il lance ses mains avec des paroles en araméen vers la jeune femme comme autant de gifles puissantes. Et les démons sortent . Bronco les chasse et les expulse tous.
La jeune femme giflee et brûlée à l'eau bénite dort paisiblement à présent. Bronco pose sa main sur son front et dit une prière, toujours en araméen. Elle dort en paix. Bronco s'en va comme une ombre. Il sait que les démons qu'il vient de chasser ne sont pas loin. Ils rôdent à la recherche d'une nouvelle proie.
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J'avais beau m'efforcer de l'oublier, j'étais alors sous son emprise. La porte refermée sur cette improbable compagne qui s'évanouissait déjà dans le passé, je pus me croire libre. Le lien de fer était rompu, la chaîne, détendue, traînait à terre. Enfin je me reposais, frappée d'une stupeur nerveuse. Son empreinte me brûle, quoi que j'aie pu tenter de m'y soustraire. Elle reste inextriquablement tissée dans la texture même de mon être. La première fois que j'avais voulu l'embrasser, j'attendais des transports ou une gifle. J'eus droit à des rites un peu slaves, des signes cabalistiques, de longs gants noirs enlevés lentement, des doigts en grille sur ma bouche, des lèvres chaudes qui se moquaient de moi. Dès le premier soir, tout était déjà inscrit. Les choses ne sont jamais fatales, sans doute mais précisément parce qu'elles ne le sont pas, elles ne se libèrent jamais du passé qui les fait grandir, des regards et des silences qui les font surgir. Elles naissent à chaque instant de l'instant qui les précède. Chaque parole échangée entre nous trace et définit d'avance les courbes de la relation. Les sentiments n'ont jamais l'épaisseur qu'ils ont dans le silence. Le temps qui s'écoule entre l'évènement et le récit leur prête tous les reflets, toutes les réfractions du souvenir. Pour ne jamais mentir, il faudrait vivre seulement. Mais les projets secrets, les desseins du cœur et les souvenirs brisent souvent cette simplicité impossible. Emmanuelle disparut de ma vie. Ne recevant aucune réponse aux lettres que je lui adressais, je cessai de lui écrire. Elle ne ne demeurait pas moins présente. Je m'éveillais le matin avec un sentiment d'abandon. Je ne pouvais concevoir qu'un amour aussi intense ait pu achopper sur ce qui m'apparaissait plus comme une indélicatesse que comme une trahison. Je croyais naïvement qu'elle reviendrait. Je demeurai trois mois ainsi dans l'incertitude. Je sursautais en entendant la sonnerie du téléphone, j'attendais le courrier avec angoisse. J'imaginais son existence à Rome. Je vivais comme un automate. J'accomplissais le rituel de la vie quotidienne, je voyais des amis, je faisais l'amour, mais ces gestes restaient extérieurs à moi-même. Mécaniquement, je ne m'y impliquais pas. Une maladie intérieure me minait. Personne autour de moi ne se doutait du drame que je vivais. À qui aurais-je pu en faire la confidence ? Personne ne connaissait l'existence d'Emmanuelle. Il ne me resterait aucune trace de cet amour. Cette idée m'effrayait parfois. Qu'un être ait pu remplir à ce point ma vie et s'effacer sans laisser aucun signe. La première fois que je la rencontrai au vernissage d'une exposition Giacometti au Musée Rodin, je fis tout pour attirer son attention. Juliette ne m'adressa pas même un seul regard. J'avais le tort d'exister à ses yeux, tout simplement.
C'est un paradoxe littéraire. Plus on décrit les gestes de l'amour, plus on les montre, plus la vision se trouble. Il y avait dans son regard comme une colère retenue, une condescendance moqueuse. Elle n'était pas bavarde, mais imprévue et subtile. Son intérêt la portait là, où précisément, je n'étais pas. Est-ce cette froideur qui m'intrigua ? Quand je lui adressai la parole, elle ne m'écouta qu'autant que la politesse l'exigeait. Elle arborait l'air résigné que les victimes de la mondanité réservent aux fâcheux, aux raseurs. Elle était aussi insensible à l'enthousiasme que je lui manifestais que peut l'être une statue en marbre du sculpteur. Quand je lui demandai son numéro de téléphone, elle me toisa avec une expression offensée. Eût-elle exprimé un peu plus d'urbanité qu'elle aurait moins piqué ma curiosité. La froideur de cette inconnue m'aguichait. Les contraires s'attirent. Sa présence me gênait. Elle s'interposait entre mes rêves et moi. Elle m'empêchait même de songer à elle. Notre rencontre avait du piquant. Le soin extrême qu'elle prenait pour afficher une élégance toute détachée m'intriguait. Une indifférence courtoisie m'eût découragée avec plus d'efficacité. Qu'avais-je fait pour la mériter ? Je n'eus pas le loisir de lui en demander l'explication car elle disparut en me tournant le dos. Le lendemain, je lui fis porter un bouquet de tulipes Bianca à son hôtel, accompagné d'une carte amicale. Je ne reçus aucune réponse. Je n'en fus pas étonnée. Espérant la rencontrer, j'allai bientôt me poster à la porte du Bristol, son hôtel. Je l'attendis sur le trottoir de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Enfin, je la vis apparaître. Dans les reflets de la porte à tambour, elle me parut plus grande, plus élancée, plus altière que jamais. Un soleil printanier éclairait alors mon espoir. Plutôt réservée, je n'avais pas pour habitude d'accoster une inconnue. Mais sa beauté exacerbait mon attirance saphique, fut-elle sans fière assurance. Elle sembla hésiter sur sa direction.
J'aurais dû être sans faiblesse. Mais cette femme avait l'obstination muette des humbles contre laquelle on ne peut rien, elle m'usait par sa résistance passive, et une certainr lacheté me la fit accepter à nouveau. Elle m'observait. Je n'en menais pas large. Je devais représenter un spécimen un peu nouveau pour elle. Je me flatte volontiers d'une absence de sentiments. Il m'arrive pourtant d'avoir ainsi des faiblesses qui trouent, malgré moi, mon indifférence et ma facilité à vivre. Cette incertitude l'humanisa à mes yeux. Sans hésiter, je m'approchai d'elle. Quand elle m'aperçut, elle eut un soudain mouvement de recul. Je lus dans son regard noir la lueur de blâme que l'on réserve aux extravagances d'une folle. "- Encore vous", soupira-t-elle. Notre conversation fut aussi cordiale qu'un échange de coups de pistolet, le matin, à l'aube, entre deux duellistes. Malgré mon sourire avenant, et ma fausse innocence, la partie semblait perdue. Je pensais à cette citation de Vigny: "Au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon". - Pourquoi ne me laissez-vous pas le temps de m'expliquer ? N'aimez-vous pas les tulipes ? - Je n'ai aucune envie d'entendre vos explications. - Pourquoi ne pas accepter le dialogue amical ? Avez-vous peur de votre propre faiblesse ? Je vis passer une flamme assassine dans ses yeux. Une femme ne pouvait-elle pas offrir des fleurs à une autre femme ? - Vous n'êtes pas de nature à m'en inspirer. - Pourquoi cette brutalité ? Pourquoi toujours imaginer le pire ? Que faites-vous de l'amitié ? - Me croyez-vous à ce point naïve ? Avec vous, je sais très bien à quel type de femme j'ai affaire. - C'est mal me connaître et me faire un procès d'intention. Je ne suis pas une amazone. - Prenez-le comme vous voudrez. Mais laissez-moi, vous perdez votre temps, je suis pressée. - Puis-je vous déposer quelque part ? - Non, c'est inutile, je reste dans ce quartier. - Avez-vous l'intention de déjeuner ? - Oui, mais pas avec vous. - Je vous propose un pacte amical. Nous déjeunons ensemble et je vous promets de ne plus tenter de vous revoir. Parole de femme, honneur de femme. Elle me regarda d'un air dubitatif. Balle au centre. - Puis-je accorder le moindre crédit à quelqu'un qui se comporte comme vous ? - Je vous répète, je vous donne ma parole d'honneur. Je la sentis vaciller. La situation tournait à mon avantage. La victoire était proche. Restait à traverser le pont d'Arcole. - Votre parole d'honneur, répéta-t-elle en haussant les épaules, je ne me fais aucune illusion sur vous. Mais je suis plus que lasse de votre insistance et de votre folie. Alors, je vous accorde vingt minutes. Pas une de plus. La politesse est la forme moderne de la dignité.
Une sorte de grand obstacle ruine régulièrement mes entreprises sentimentales. Dans mon élan vers elle, j'avais eu le parti pris d'oublier toutes les femmes que j'avais connues et de réussir ce que j'avais raté avec elles, un amour qui dure. Cette rencontre avait un sens symbolique. Au fond, elle m'initiait à la distance. Eût-elle voulu jouer les énigmatiques, elle eût pu y trouver une satisfaction. J'étais en train de lier à elle, dans ce monde plein de sensualités et de menaces, tout le bonheur que j'attendais de cette rencontre. Le présent de l'amour ressemblait au négatif d'une photographie argentique. Il fallait attendre le développement pour en avoir le cœur net. Parfois, il réserve bien des surprises. L'ennui, c'est que ce genre de difficultés est difficile à dire. Un restaurant nous tendait les bras à l'angle de la rue du Cirque. Je l'y conduisis. Pendant le déjeuner, elle resta fidèle à elle-même. Sur la défensive, hautaine, éludant toute question personnelle, ne m'offrant que l'armure d'une personnalité bouclée dans les conventions et le dédain. La glace contre le feu. Pourtant quelque effort qu'elle fît pour être désagréable, elle ne parvenait pas à me déplaire. Je sentais en elle, derrière la Ligne Maginot qu'elle m'opposait, un attirant tumulte de contradictions qui n'était pas sans charme. Au moins, elle ne ressemblait à personne. En vérité, il faut bien reconnaître que moi aussi. Le café bu, elle se leva et, sans se départir de son air farouche, elle prit congé. Pendant quelques instants, cette femme m'avait paru précieuse. Je n'attendais plus d'elle que l'ultime cadeau qu'elle pouvait me faire: s'en aller. - Maintenant que j'ai eu la faiblesse d'accepter votre déjeuner, j'espère que vous allez tenir votre promesse. Merci pour les tulipes. Adieu. Elle disparut laissant derrière elle un sillage glacé comme un blizzard. Je tins parole. Pendant dix jours. Puis je l'appelai dans sa propriété non loin de Bordeaux, dans les vignobles. - Et votre promesse, s'exclama-t-elle. En plus, vous êtes parjure. Le ton de sa voix n'exprimait qu'un courroux de façade purement formel. Ce qui était un progrès. Et puis n'avais-je pas évité le pire, elle n'avait pas raccroché. - J'ai promis de ne plus vous voir, pas de ne pas vous téléphoner. - Vous êtes bien française, dit-elle en ciselant ce qualificatif pour marquer son mépris, se cramponnant à ses diktats.
Elle se sentait maintenant légère ainsi qu'elle voulait l'être pour vagabonder sans un mot, d'un sourire à un lit. Les choses se passaient, hélas, avec une inconsistance, un flou qui se durcissait ensuite en sentiments, en convictions, en images, mais qui semblaient nés d'abord du hasard, d'un kaléidoscope dérisoire hâtivement secoué. Maintenant que l'amère habitude de ses amabilités était prise, je prenais un certain plaisir à la voir décocher ses flèches. - Quand venez-vous à Paris ? - Que vous importe puisque vous m'avez juré de ne pas chercher à me revoir. - Je sais par l'une de mes amies, que vous serez après-demain à un dîner chez les Moras. - Vous ne me donnez pas envie de m'y rendre. J'attendais de cette rencontre quelque chose de confus, une issue possible. J'étais pleine d'espoir. Mais une pensée surtout me troublait. Pourquoi cette femme était là et non une autre ? Quelle suite de hasards, d'agissements fortuits, de contretemps, d'obligations, de retards avaient tissé les fils de cette rencontre à la fois prodigieuse et dérisoire ? Quand elle raccrocha, je conservai un instant le combiné muet à la main. Pourquoi insister ? Oui, pourquoi ? Par jeu ? Il y a des rencontres qui, comme celle-ci, ne commencent pas précisément par de forts encouragements. Si elle avait ressenti un coup de foudre pour moi, elle le dissimulait bien. Peut-être n'aimait-elle pas partager son lit avec une femme ? Tout simplement. Mais alors, pourquoi ne pas me l'avouer ? Il y a des vérités qui ne méritent aucune contestation. Mais alors, pourquoi n'avoir en tête que cet horrible mot de réciprocité La réciprocité en amour est un calcul bourgeois. Pas d'investissement du capital sans un rendement substantiel. Cette femme, sans doute mariée, avait beau me rabrouer, elle me plaisait. sapiosexuelle exigeante, bisexuelle très pratiquante. Elle m'attirait pour une raison que je ne cherchais pas à m'expliquer. Mais après-tout exige-t-on de Dieu qu'il vous donne des preuves de réciprocité. Et puis parfois, en amour, on a l'impression sans vraiment savoir pourquoi, qu'en dépit des obstacles, le destin a déjà gravé notre avenir. Calculer la somme des probabilités qui amène deux personnes à se parler, puis à s'aimer, est une opération effrayante. Surtout si l'on considère que du silence, il peut résulter une passion, fruit d'une accumulation exponentielle de hasards. Et cette histoire aussi était probablement déjà écrite dans un mystérieux livre qu'hélas je n'avais pas lu. Comme se serait simple de pouvoir consulter le livre des destinées avant d'offrir un bouquet de tulipes à une femme. On éviterait tant d'impairs, de temps perdu, de malentendus, mais on passerait aussi à côté de la vie et de ses surprises. Elle vint à Paris. Je me trouvai au même dîner qu'elle. Elle m'accueillit avec son habituelle mansuétude. Après le dîner, elle tenta de s'éclipser mais je la rejoignis dans l'escalier, abandonnant mon amie Emmanuelle. L'immeuble donnait sur le jardin du Luxembourg. Il y avait dans l'air je ne sais quel parfum de printemps. Nous fîmes quelques pas en silence.
Désormais, mon attirance irrésistible n'avait plus besoin de raisons pour éclater ni mon ressentiment de causes pour être définitif. Quelle nuit réelle me donnerait autant d'émotions, de feu dans le cœur ? Vivre m'amusait, j'étais jalouse, sentimentale, elle était indifférente, cynique. Il me semblait choisir sur des coups de dés, dont j'ignorais toujours si je les jetais moi-même. Un silence doux et reposant comme une paix. Elle avait une voiture anglaise, comme elle. Elle était née à Londres mais elle vivait à Bordeaux. Je lui demandai de me raccompagner. Elle accepta en poussant un soupir. Elle gara sa voiture en bas de chez moi. Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité. Je tentai alors de l'embrasser en posant une main audacieuse sur sa cuisse nue. Elle ne me repoussa pas. Au contraire, elle répondit à mon désir avec tant de fougue que j'en fus presque déconcertée. Une grande bataille est celle que l'on remporte avec une résistance farouche. Je la dévêtis contre le mur. La découverte de son porte-jarretelles me troubla. Elle ne pouvait exprimer plus clairement ses intentions. Ainsi, elle s'était armée pour l'amour. Rien n'avait été laissé au hasard. La seule chose qu'elle avait abandonnée au jeu des circonstances, c'était le choix de la partenaire. Avais-je même été choisie ? Cette dérision me parut tragique. Bientôt, je me ressaisis. Après tout pas de raison de se lamenter à propos d'un porte-jarretelles. Nous accomplîmes tous les rites que nous attendions l'une de l'autre. L'angoisse avait disparu. Le silence se chargea du reste. Dès lors, elle bascula, comme une statue bascule de son socle. Nous nous retrouvâmes chez moi. Et ce fut comme si, de toutes ses forces, elle tenait à démentir l'indifférence qu'elle m'avait manifestée. Nous nous aimâmes dans une douce ambiance de paix conclue, sur un lit d'armes abandonnées et de sensualité débridée. Déshabillée de son agressivité et de sa pudeur, elle demeurait menaçante comme une tempête apaisée. Ses refus donnaient un prix mystérieux à son abandon. Je l'admirais comme une belle énigme. Avais-je véritablement une femme devant moi qui avait cédé à une pulsion saphique ou l'incarnation d'un phénomène météorologique ? Son corps magnifique était celui d'une femme aimante, mais les ressorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements imprévisibles d'une tornade. Loin de me sentir maîtresse de la situation, il me semblait que je n'avais été que l'exécutante d'un jeu qui me dépassait. Charlotte entra dans ma vie au même moment où Emmanuelle en sortit. Une nouvelle vie, un nouvel amour. Je me retrouvai telle une femmes égarée. Je les fréquentais, mais je ne croisais que des ombres. Je pensais toujours à Emmanuelle. Chaque nuit j'avais l'impression non de la tromper mais de me trahir. Je ne la quitterai pas pour une femme en particulier mais pour toutes les femmes.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Il l’a trouvée là, silencieuse et rugueuse.
Pas encore soumise, pas encore prête.
Une pierre brute. Belle, mais cachée derrière des éclats désordonnés, des angles trop tranchants, trop défensifs.
Elle ne savait pas encore qu’elle était précieuse.
Un bon bijoutier ne frappe jamais trop vite.
Il observe. Il attend que la matière parle.
Et elle a parlé — par ses silences, ses frissons, ses regards fuyants quand il posait sur elle une parole plus ferme.
Alors il a commencé.
1) L’extraction.
Il a arraché ce qui ne servait à rien : les peurs inutiles, les croyances du passé, les armures qu’elle portait pour survivre.
Pas d’un coup. Mais par la répétition. Par la constance.
Il a exigé la vérité, pas le vernis.
Et elle, à genoux, a laissé tomber ce qu’elle croyait être.
Le début d’un abandon.
2) La taille.
Chaque bord rugueux a été taillé.
Il a imposé des règles, des silences, des punitions. Pas par caprice, par amour de l’exactitude.
Il a vu ce qu’elle pouvait être, et n’a toléré que ce qui l’en rapprochait.
La pierre criait parfois. Elle résistait. Elle doutait.
Mais chaque trace laissée par ses ordres formait une facette nouvelle. Plus brillante. Plus docile. Plus elle.
3) Le polissage.
À la rigueur a succédé la douceur.
Il l’a touchée. Par les mots. Par la voix. Par l’absence aussi, parfois.
Il lui a appris la patience, le silence habité, le regard baissé avec fierté.
Et ses gestes sont devenus offrande.
Elle n’obéissait plus par peur, mais par reconnaissance.
Car sous ses exigences, elle se découvrait enfin.
4) Le sertissage.
Alors, il l’a ceinturée.
Pas avec de l’or ou des pierres. Mais avec un mot : mienne.
Il a passé autour de son cou un collier invisible.
Un symbole de transformation. De possession. D’élévation.
Et elle, dans cet écrin fait de discipline et d’abandon, a trouvé sa place.
Un bijou ne naît pas rare. Il le devient par le regard de celui qui sait.
Et une soumise ne naît pas parfaite.
Mais entre les mains d’un Dom digne de ce nom,
elle devient œuvre.
Mr Djey.
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Parlons du rôle le plus important d’un dominant.
Ce n’est pas le contrôle.
Ce n’est pas le pouvoir.
Ce n’est pas d’être obéi.
C’est la sécurité.
Car sans sécurité, il n’y a pas d’abandon.
Pas de véritable échange de pouvoir.
Seulement de la performance.
Et de la peur.
On peut répéter tous les rituels. Utiliser les bons mots. Tenir la bonne posture.
Mais si le système nerveux ne se sent pas en sécurité, le corps ne s’ouvre pas.
Il se crispe.
Il sursaute.
Il fait semblant.
La vraie question n’est donc pas : « Comment dominer ? »
C’est plutôt :
« Quelqu’un peut-il lâcher prise en ma présence et se sentir en sécurité ? »
« Peut-il me montrer toutes les facettes de lui sans avoir besoin de se protéger de moi ? »
« Suis-je capable de recevoir ce qu’il m’offre sans ramener ça à moi ? »
Allons plus loin.
Nommons ce que la sécurité implique réellement et ce qu’elle exige de nous.
💬 1. Cela commence par la présence, pas la performance
Un dominant qui se concentre sur l’idée de “jouer le rôle”,
avoir le bon ton,
la bonne apparence,
imiter ce qu’il a vu dans les livres ou en ligne,
passe complètement à côté.
Car le système nerveux ne réagit pas à une performance.
Il réagit à la présence.
Calme. Constante. Connectée.
Pas une intensité vide.
Pas une pression déguisée en “entraînement.”
Mais une énergie stable et ancrée qui dit :
« Tu n’as rien à prouver ici. Ta place est déjà là. »
🚩 2. La sécurité ne dépend pas que des mots, elle se manifeste dans les actes
Tout le monde peut dire « Tu es en sécurité avec moi ».
Ce n’est pas suffisant.
La sécurité se construit par des actes cohérents qui soutiennent les paroles.
On la crée quand :
On dit ce qu’on pense et on pense ce qu’on dit.
On ne promet pas plus que ce qu’on peut vraiment tenir.
On reste stable, surtout quand les émotions sont fortes.
On respecte ses limites et celles de l’autre avec la même rigueur.
Ce n’est pas une question de douceur.
C’est une question de fiabilité.
Quand vos actes prouvent que l’on peut vous faire confiance,
le corps apprend à se relâcher,
pas seulement une fois, mais encore et encore.
🧭 3. Il ne s’agit pas d’être obéi, mais d’être digne de confiance
Il y a une différence entre l’obéissance dictée par la peur
et l’abandon enraciné dans la confiance.
La peur engendre la soumission.
La confiance offre la vérité.
Si quelqu’un agit toujours pour éviter de vous décevoir,
il n’est pas dans la dévotion,
il est dans la survie.
Un vrai dominant ne réclame pas le contrôle.
Il crée les conditions pour qu’on le lui offre,
librement, consciemment, sans contrainte.
C’est ce qui le rend sacré.
💞 4. Si vous avez rompu cette sécurité, vous pouvez toujours la réparer
Nous avons tous fait des erreurs.
Allé trop vite. Mis trop de pression.
Utilisé un ton ou une énergie qui a fait se refermer plutôt que s’épanouir.
Mais la sécurité peut être reconstruite.
Pas avec des justifications.
Pas avec des détournements.
Avec ceci :
« Je vois où je ne t’ai pas tenu comme j’aurais dû.
J’en prends l’entière responsabilité.
Tu n’as pas imaginé ce que tu as ressenti. »
Ce genre de responsabilité répare plus que la confiance,
il restaure la dignité.
Pour vous deux.
💡 5. La sécurité n’est pas une faiblesse. C’est la base de tout ce qui est puissant
Ce n’est pas une question de dorloter.
C’est une question de profondeur, qui n’existe qu’en sécurité.
Vous n’avez pas besoin d’élever la voix pour être entendue.
Vous n’avez pas besoin d’écraser pour mener.
Les dominants les plus puissants sont les plus sûrs.
Car c’est seulement dans la sécurité que le système nerveux peut dire :
« Ici, je peux cesser de jouer un rôle.
Ici, je peux m’ouvrir.
Ici, je peux être entièrement moi. »
🎯 Conclusion
La chose la plus puissante qu’un dominant puisse offrir, ce n’est pas son contrôle.
C’est sa capacité de contenance.
Sa capacité à tenir l’autre avec clarté, profondeur et stabilité inébranlable.
Sans cela, il n’y a pas de confiance.
Et sans confiance, il n’y a pas d’abandon. Seulement la survie.
Alors si vous guidez, guidez ainsi :
Avec intégrité.
Avec présence.
Avec constance.
Parce qu’au fond ?
Le vrai signe d’un dominant, ce n’est pas combien de pouvoir il peut prendre
mais combien de sécurité il peut offrir.
Et après tout…
La véritable soumission, celle qui est offerte librement et non jouée,
n’est-ce pas là ce qu’il y a de plus sensuel ?
Ce genre de don qui n’est ni exigé,
ni manipulé,
mais gagné à travers la présence, la constance et la bienveillance.
C’est cela, l’art.
C’est cela, la différence.
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Elle avait tout consenti.
Chaque clause. Chaque condition.
Non pas par soumission aveugle, mais par volonté lucide d’aller au bout d’elle-même.
Elle ne voulait plus choisir. Elle ne voulait plus contrôler. Elle voulait céder. Cesser d’être sujet, devenir objet — au moins un temps. Une manière de fuir le vacarme du monde. De faire taire cette voix intérieure qui doutait, jugeait, exigeait. Dans l’abandon, elle cherchait la paix.
Elle avait lu, longtemps, des récits de soumission, des témoignages troubles, des pages noircies de violence et de silence. Ce n’était pas tant les actes qui la fascinaient, mais ce qu’il y avait derrière : le vertige du lâcher-prise total
Le reste… n’était plus qu’un jeu d’ombres.
Le sac sur la tête était arrivé un soir, comme convenu, sans prévenir. Une porte fracturée, deux bras puissants qui l’avaient saisie dans son lit, un cri étouffé avant le noir. Puis le trajet. Long. Silencieux. Ligotée, secouée par les cahots d’une camionnette, nue sous le tissu rêche du sac.
Quand on lui retira, elle était dans une cave.
Froide. Mauvaise odeur de terre humide et de métal rouillé. Lumière blafarde d’un néon qui clignotait. Et la cage. Serrée. En fer forgé, à peine plus grande qu’un chenil. À l’intérieur, elle. Nue, en position de soumission, le regard égaré. Elle grelottait.
Ils étaient trois. Masqués. Aucun ne parlait.
L’un d’eux ouvrit la cage. Il l’attrapa par les cheveux, la tira violemment hors de sa prison. Elle glissa sur le sol sale, les genoux râpés, les seins ballottant, offerte malgré elle. Elle tenta un regard vers l’un d’eux, mais il répondit par une claque, brutale, qui la fit gémir.
— Tais-toi.
Une voix grave, rauque. Puis plus rien.
Ils la forcèrent à se mettre à genoux. Une sangle serra sa gorge. Un bâillon boule fut coincé entre ses lèvres, l’ouvrant de force. Elle haletait déjà. Les hommes se déshabillèrent. Trois bites dressées. Grosse. Dure. Sale.
Ils la prirent à tour de rôle. Sans ménagement. La gorge d’abord. Des coups de reins secs, violents, qui la faisaient étouffer, baver, suffoquer. Ils riaient dans leur silence. La regardaient lutter, s’habituer à l’humiliation, au goût, à la violence.
Puis ce fut son sexe. Écarté de force. Deux d’entre eux la tenaient au sol, pendant que le troisième s’enfonçait en elle d’un seul coup, sans préparation, sans douceur. Elle cria, mais le cri resta enfermé derrière le bâillon. Elle se cambra. Ses ongles grattèrent la pierre.
Et ils continuèrent. Longtemps. Brutalement.
L’un la prenait pendant que l’autre lui pinçait les tétons jusqu’au sang. Le troisième la giflait, lui crachait au visage. Aucun répit. Aucune parole tendre. Juste des ordres : « Tends-toi. », « Ouvre. », « Ferme-la. »
Quand elle croyait que c’était fini, ils recommençaient. En levrette, à genoux, suspendue à une chaîne qui lui déchirait les poignets. Parfois deux en même temps. Sa bouche et sa chatte remplies. Puis sa bouche et son cul. Ils la forçaient. Elle pleurait, bavait, jouissait malgré elle. Encore. Et encore.
Ils la fixèrent à une croix de Saint-André, jambes ouvertes, sexe offert. Un vibro fut enfoncé en elle, puis un plug. Maintenus par des sangles. Ils les allumèrent à pleine puissance. Et ils la laissèrent là. Tremblante. Hurler dans le silence. Secouée d’orgasmes incontrôlés, hurlants, humiliants.
Ils regardaient. Parfois, l’un revenait et lui offrait une nouvelle dose de brutalité : un doigt, une bite, un coup. Elle n’était plus qu’un trou à leur merci.
Et dans la cage, à la fin, recroquevillée, couverte de sperme, de salive et de sueur, elle souriait.
Elle ne savait plus l’heure, ni le jour.
Le temps n’existait plus ici.
Dans la cage, son corps était marqué. Sa peau portait les traces de leur passage : hématomes sur les cuisses, morsures autour des seins, griffures dans le dos. Chaque douleur était un souvenir. Chaque coup une signature.
Elle n’était plus une femme. Elle n’était plus un nom. Ils l’appelaient la chienne.
Et elle avait fini par l’accepter.
La routine était simple : on la réveillait à coups de botte. Ils la traînaient hors de la cage par une chaîne attachée à son collier de métal. À genoux, toujours. Si elle se levait sans ordre, c’était la cravache. Un claquement sec sur les cuisses, les seins, ou directement sur sa chatte, jusqu’à ce qu’elle tombe à terre en hurlant.
Ils la forçaient à lécher leurs bottes, leurs semences, parfois le sol. Elle était leur chose. Leur jouet. Leurs trous.
Un jour, ils apportèrent une gamelle. Du lait. Une gamelle posée au sol, comme pour un animal.
Elle hésita. Une seconde.
— Tu bois, ou tu bouffes ta merde, salope.
Elle plongea la tête, et but.
Ce jour-là, ils comprirent qu’ils l’avaient brisée. Et ils décidèrent de la reconstruire.
Ils la dressèrent. Chaque geste, chaque posture, chaque respiration devait être contrôlée.
Dos cambré, poitrine offerte, bouche entrouverte. Elle apprit à garder cette position immobile pendant des heures. À sourire quand ils entraient dans la pièce. À se masturber sur commande, devant eux, yeux fixés au sol.
La cage devint sa maison. Elle y dormait enchaînée, jambes écartées, parfois les chevilles reliées à des anneaux vissés au sol. Ils y plaçaient des caméras. D’autres hommes regardaient. Peut-être des maîtres, des clients, des futurs participants.
Parfois, un inconnu entrait. Sans dire un mot. Il s’approchait. Déshabillé. La forçait. La prenait.
Elle ne savait plus combien de bites elle avait prises. Combien d’orgasmes elle avait subis. Combien d’hommes elle avait dû lécher, sucer, avaler jusqu’à l’étouffement.
Ils l’utilisaient même pendant son sommeil. Elle se réveillait parfois avec le goût du foutre encore chaud sur sa langue, la sensation d’un vibro encore actif enfoncé profondément, les jambes trempées.
Une semaine passa. Peut-être deux. Elle n’avait plus de repères.
Ils la rasèrent. Corps entier. Plus un poil. Pas même sur la tête.
Puis marquer d’un numéro .
Sur une fesse : PROPERTY
Sur le bas-ventre : USE ME
Chaque fois qu’un nouvel homme entrait, il la tournait, lisait les mots, et agissait en conséquence.
Un jour, ils l’attachèrent à un chevalet. Les jambes totalement écartées, le corps étendu, offert.
Cinq hommes, cette fois.
L’un à la bouche, l’un aux seins, deux pour les trous. Le cinquième filmait, en silence.
Elle était secouée de spasmes. Trop. Trop longtemps. Trop fort. Mais elle ne disait rien. Elle ne criait même plus. Juste des râles, une respiration animale, les yeux révulsés.
Elle était devenue une fonction. Un outil. Un orifice. Plusieurs, même.
Quand ils eurent fini, ils ne la détachèrent pas. Ils la laissèrent là, nue, ouverte, suintante, tremblante.
Un seau d’eau glacée lancé sur son corps.
Puis le noir.
Et dans le noir, une voix douce, presque tendre, lui murmura :
— Tu es prête pour la dernière étape.
Elle ne savait plus parler.
Pas parce qu’on lui avait interdit. Mais parce qu’elle avait oublié comment.
À force de bâillons, d’ordres secs, de punitions immédiates à chaque mot prononcé sans autorisation, son esprit avait intégré la règle : le silence est la forme la plus parfaite de soumission.
On l’appelait uniquement par un numéro. Zéro-sept.
Ses gestes étaient codifiés. Chaque position était ancrée par la douleur. Genoux ouverts, front au sol, bras derrière le dos : position de repos. À plat ventre, cuisses écartées, les doigts écartant sa propre chair : position d’invitation. Accroupie, langue tirée, regard fixé sur une verge en érection : position de demande.
Elle n’était plus une femme.
Elle était leur chose.
La salle de dressage était différente : plus grande, éclairée de projecteurs, équipée de crochets, de chaînes, de miroirs. Des caméras. Des sièges en gradins.
Elle y fut amenée nue, en laisse, marchant à quatre pattes. Sur son dos, une plaque métallique vissée à un harnais disait : PROPERTY - 07 - LIVE USE ONLY.
Ils l’avaient préparée : plug lourd enfoncé dans son anus, vibro relié à une télécommande dans son sexe, seins pincés dans des anneaux métalliques reliés à des poids. Ses lèvres avaient été cousues pour la journée — pas celles de la bouche : celles de sa chatte.
Symbole de fermeture. De soumission temporaire. Bientôt, ce serait l’ouverture définitive.
Devant les gradins, ils la firent monter sur une table d’exposition. Lumière crue. Regards anonymes. Une vingtaine d’hommes, peut-être plus. Aucun ne parlait. Tous observaient.
Un maître s’approcha. Le seul qui parlait. Le formateur.
— Zéro-sept est prête. Ce corps ne lui appartient plus. Ce corps est fonctionnel. Ce corps est docile. Ce corps est à utiliser.
Il appuya sur une télécommande.
Le vibro s’activa d’un coup. Fort. Brutal.
Elle hurla à travers ses dents serrées. Les contractions étaient immédiates, incontrôlables. Des spasmes secouaient son bassin. Ses cuisses claquaient contre la table. Des fils de salive pendaient de sa bouche entrouverte. Les poids sur ses seins se balançaient à chaque secousse.
Un premier homme s’approcha. Sans un mot.
Il enleva son pantalon. L’attrapa par les hanches. Et s’enfonça en elle. Sec. Profond. Brutal.
Elle se cambra. Pleura. Mais ne bougea pas.
Le public regardait. D’autres se masturbaient déjà.
Un deuxième homme vint derrière. Il retira le plug. Cracha dans son poing. Et força l’entrée plus étroite. Elle gémit. Gronda. Puis céda.
Double pénétration. En public. Comme bétail.
Elle perdit conscience quelques secondes. Revint. Suffoqua.
Puis un troisième lui attrapa la gorge. Et l’embrassa. Férocement. Il s’assit sur son visage. Elle sut ce qu’on attendait.
Ses narines obstruées. Elle étouffait. Mais elle léchait. Tête bloquée. Esprit noyé.
Ils la retournèrent. L’étirèrent sur un cheval de bois, les jambes sanglées. Chaque spectateur put venir. Tour à tour. Sexe en bouche. Sexe en elle. Fessée. Doigts. Instruments.
L’un d’eux urina sur elle. Elle resta immobile.
Elle n’était plus une chose. Elle était la chose.
À la fin, elle fut remise dans sa cage, trempée, marquée, vidée. Mais elle souriait. Vraiment.
Ils l’avaient transformée.
Et elle n’avait jamais connu un tel bonheur.
Le jour de sa sortie, il n’y eut ni mots, ni promesses.
Juste une clé dans une main gantée, une porte entrouverte, et un regard furtif de l’un d’eux — non pas de domination, mais de quelque chose d’autre. Un bref éclat. De respect, peut-être.
Elle marcha, pieds nus sur le gravier. Son corps portait encore les marques : cicatrices, traces d’anneaux et de chaînes. Mais elle marchait droite. Calme.
Dehors, la lumière était plus forte que dans ses souvenirs. Elle ferma les yeux. Inspira.
Le monde n’avait pas changé.
Elle, si.
Elle apprit à vivre avec un corps qu’elle ne reconnaissait plus. Trop léger, trop silencieux. Chaque caresse de tissu, chaque regard, chaque geste banal dans la rue avait un poids nouveau.
Elle n’évitait pas les miroirs. Elle les regardait en face, longuement. Il lui arrivait de pleurer, sans comprendre pourquoi.
Elle ne parlait pas de ce qu’elle avait vécu. Pas parce que c’était honteux — mais parce que les mots étaient trop petits. Trop plats. On lui aurait dit qu’elle exagérait, ou qu’elle délirait. Et surtout : on aurait voulu comprendre, expliquer, juger. Elle ne voulait plus rien prouver.
Elle avait été au fond d’elle-même. Et elle en était revenue.
Parfois, la nuit, les sensations revenaient. Les postures. Les réflexes. Les ordres.
Elle se réveillait haletante. En sueur.
Mais elle restait couchée.
Et elle murmurait : C’est fini.
Non pas avec regret. Pas non plus avec soulagement. Juste avec une forme de gratitude étrange. Parce que ce chapitre l’avait traversée, consumée, révélée.
Elle n’était plus une femme brisée. Ni une victime. Ni une esclave. Elle était une femme qui avait exploré l’extrême. Et qui avait décidé, un jour, de revenir.
Elle reprit un travail. Modeste. Silencieux.
Elle n’aimait plus les bruits forts, ni les foules. Mais elle souriait aux gens. Écoutait. Offrait une forme d’attention rare.
Dans ses gestes quotidiens, il y avait une lenteur nouvelle. Une précision. Comme si chaque acte était un choix conscient.
Elle avait réappris à parler. Mais elle choisissait ses mots avec soin. Elle ne comblait plus les silences.
Elle avait compris, quelque part au fond, que ce qu’elle avait cherché dans l’oubli de soi, c’était une vérité. Un noyau dur. Et maintenant, elle portait cette vérité comme une cicatrice lumineuse, invisible.
Elle n’appartenait à personne.
Pas même à elle-même.
Et dans cette pensée, il y avait — enfin — une paix.
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I. Prologue
Il n'est pas très long, il est épais, bien tendu avec son gland turgescent, arrogant et ses bourses bien serrées. Il ressemble au sien mais ce n'est pas le sien. Jean qui est si amoureux du sexe féminin qu'il a honoré maintes et maintes fois, comment s'est-il retrouvé avec ce sexe masculin dressé en face de son visage, qui le menace tel un sabre prêt à s'abattre sur sa proie ? il ne sait pas, il ne sait plus, son esprit se brouille, il reste figé, il a l'impression d'être fiévreux et son cœur bat la chamade.
Tout à coup il ressent une douleur au niveau du dos, accompagnée d'un claquement sec et il entend derrière lui la voix d'une femme lui dire sur un ton autoritaire : "Qu'est-ce que tu attends ?".
Le coup de martinet l'a fait sursauter mais il n'a pas pu se redresser et a failli s'étrangler, son cou étant harnaché d'un collier muni d'anneaux dont l'un était savamment relié à des menottes de chevilles.
En un instant il s'est souvenu pourquoi il était ici dans cette situation.
II. Acte 1
A. Une curieuse rencontre.
Jean est un homme assez solitaire mais, ayant eu une semaine difficile, il décida d'aller en discothèque.
Après avoir commandé un verre au bar il est allé s'asseoir sur un pouf devant lequel se trouvait une table basse déserte et en face une petite banquette vide de tout occupant. La musique ne lui plaisait pas vraiment mais il aimait bien observer les gens et cela le distrayait.
Tandis qu'il s'amusait à regarder cette foule qui se dandinait, gesticulait et parfois vociférait, un homme qui tenait un verre dans chaque main lui demanda tout en désignant la banquette ;"La place est prise ?"
"Non apparemment il n'y a personne !" répondit Jean. L'homme posât les verres sur la table, une femme le rejoignit aussitôt et tous deux s'assirent sur la banquette.
L'homme était grand, les cheveux gris assez courts, il portait un costume et une chemise noirs et une chaîne, probablement en or, brillait autour de son cou.
La femme portait une jupe noire avec un chemisier rouge un peu échancré sur sa poitrine généreuse. Elle était de taille moyenne, cheveux châtains, mi longs et bouclés. Elle paraissait plus jeune que lui mais devait avoir une cinquantaine d'années et Jean était impressionné par sa beauté.
Jean se dit qu'il avait de la chance car il craignait que s'installent de jeunes gens en fin d'adolescence un peu bruyants et turbulents.
Apparemment ils n'étaient pas venus là pour danser.
Ils regardaient ce qu'il se passait autour en sirotant leur cocktail et en se chuchotant à l'oreille de temps en temps. Chuchotements suivis de sourires et de hochements de tête.
Puis ils ont commencé à engager la conversation avec Jean. Des banalités du genre "Vous venez souvent ici ?"… Et ils ont continué à discuter de choses et d'autres avec leurs verres à la main.
Voyant que Jean était seul ils lui ont demandé "Vous n'avez pas de copine ?".
Jean leur a répondu par la négative. Ils ont enchaîné sur une autre question "Un copain ?". Jean leur a également répondu par la négative tout en avalant de travers et dit en toussotant "Ce n'est pas ma tasse de thé !".
B. L'intimité dévoilée
Étonnés, ils ont cherché à en savoir plus sur lui. En fait, c'était surtout elle qui lui posait des questions et face à cette beauté il ne pouvait pas faire autrement que d'y répondre franchement. Il était comme hypnotisé.
Jean se mit à leur parler un peu de sa vie.
« J'ai eu plusieurs femmes dans ma vie, j'ai même été marié plusieurs fois et ai des enfants mais les circonstances de la vie ont fait qu'aujourd'hui je vis seul ».
Puis d'une voix presque déçue elle lui a posé la question suivante : « Donc, avec un homme vous n'avez jamais essayé ? ».
Tout en étant surpris et très gêné par la question, nul ne sait pour quelle raison, il finit par lui répondre par l'affirmative et lui a expliqué les circonstances.
« Il y a pas mal d'années en arrière alors que j'étais représentant de commerce je dînais seul dans un restaurant de Narbonne avant de rejoindre mon hôtel. En face de moi se trouvait un autre homme et nous avons engagé la conversation. Au cours du repas j'ai compris qu'il me draguait ouvertement et comme je suis ouvert à toute expérience j'ai accepté d'aller chez lui pour boire un verre. Puis nous nous sommes retrouvés sur son lit et avons fait un soixante-neuf. Il avait un sexe si petit que j'avais l'impression de sucer un clitoris. Mais ce clitoris-là a fini par éjaculer dans ma bouche sans que je m'y attende. Finalement je suis rentré à ma chambre d'hôtel dégoûté et très déçu car je n'avais eu aucun plaisir. ».
Apparemment ravie de la réponse de Jean elle lui demanda « Retenteriez-vous l'expérience ? ».
Jean lui répondit « Non jamais, à moins de m'y forcer ! ».
Le visage de la femme s’éclaira d’un sourire malicieux et dit :
« Oh pardon ! Nous ne nous sommes pas présentés ! Martin, mon mari et moi c'est Sabine ! ».
Ravi de ne pas passer la soirée seul dans son coin Jean répondit « Enchanté ! Moi c'est Jean ! ».
« Enchanté également ! » dit Martin tout en serrant la main de Jean.
« Nous sommes ravis de vous avoir rencontré ! » s'exclama Sabine
Puis elle a pris une forte respiration et sur un ton enjoué elle l'a invitée à venir boire un verre chez eux pour faire plus ample connaissance. Son mari acquiesça tout en vantant la qualité d’un cognac hors d’âge qu’il avait dans son bar. Jean accepta l'invitation.
C. En route pour l'aventure
Ils sont donc sortis de la discothèque et lui ont proposé de monter dans leur voiture, pour éviter qu'il se perde en route, en lui promettant de le ramener plus tard afin qu'il récupère la sienne. L'argument lui paraissant valable il est monté dans leur voiture. Jean regardait le paysage nocturne défiler tout en se demandant s'ils habitaient loin, car il commençait à trouver le temps long et qu'il régnait un grand silence dans le véhicule. Soudain, alors qu'elle conduisait, son mari assis sur le siège passager et lui à l'arrière, elle a recommencé à lui poser des questions tout en l'observant dans le rétroviseur.
« Lorsque vous dîtes "à moins de m'y forcer cela veut-il dire que vous êtes du genre soumis ? ».
Jean lui a répondu que dans la vie il y a des moments où l'on maîtrise une situation et des moments où l'on s'y soumet. Puis il ajouta instinctivement « j'aime bien participer à des jeux de rôle et quand j'accepte un rôle je l'assume pleinement ! ».
Il regretta instantanément ses paroles et se demanda pourquoi, dès que Sabine a commencé à lui poser des questions sur sa vie intime, il y répondait spontanément, sans réfléchir. Mais, finalement, cela lui faisait du bien de parler de ces besoins inassouvis, ancrés au plus profond de son être à des personnes qu’il n’avait jamais vues et qu’il ne reverra probablement jamais. Donc, peu importe leur jugement. À travers le rétroviseur il vit qu'elle esquissait un sourire et qu’elle caressait la cuisse de son mari qui lui, restait impassible. À ce moment il a compris qu'il partait dans une aventure dont il ne connaissait pas l'issue et cela l'excitait et il commençait à sentir une chaleur bizarre monter en lui. Comme si tout le poussait à s'abandonner totalement à ce couple si cordial mais si intrigant sachant que, s'ils avaient de mauvaises intentions il était capable de se défendre.
Ils ont pris une rue bordée de jolies propriétés puis sont arrivés devant un portail en fer qui s'est ouvert lorsqu'elle a actionné la télécommande et ils ont remonté une petite allée dont les graviers crissaient sous les pneus pour enfin s'arrêter devant une maison bourgeoise datant probablement de la fin du XIXème siècle. Ils sont descendus de voiture et jean les a suivis en prenant une grande bouffée d'air, pendant qu'ils montaient les quelques marches surplombées par un magnifique porte, afin de reprendre ses esprits et de rester sur ses gardes car, même s'il est toujours partant pour découvrir l'inconnu, il est toujours vigilant. Une fois à l'intérieur sa première impression s'est révélée exacte. C'est bien une maison du style victorien. Ses hôtes l'invitèrent à les accompagner dans un salon se trouvant à gauche de l'entrée. Le mobilier était moderne et confortable. Ils le prièrent de s'asseoir dans un fauteuil et tandis que Sabine s'installait dans le canapé juste en face, en découvrant largement ses longues jambes fuselées, Martin lui proposait son fameux cognac. À ce moment il ne savait plus trop que penser. La finalité était peut-être une relation sexuelle. Mais laquelle ? Sabine voulait-elle se faire prendre en sandwich ou Martin était-il adepte du candaulisme ?
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Vieux récit encore brouillon épisodes exhumé du passé. Gorgé de fautes certainement puisque jamais véritablement achevé .
Ma chère tante
Chère Tata, Cela fait quelques temps que je ne vous avais pas écrit, j’espère que vous allez bien et que vos déménagements se déroule comme vous voulez. Ce n’est jamais facile de quitter un endroit mais il faut surtout penser qu’une nouvelle vie commence, pleine de découvertes. Je viens vers vous car vous êtes la seule personne à laquelle je peux confier ce qui m’arrive et peut être vous pourrez m’aider et me conseiller. Je vous avais parlé de ma copine Lilou que je connais depuis l’âge de 6 ans, depuis que nous sommes inscrites au club de gym. L’année dernière, comme elle a les mêmes problèmes d’argent que moi depuis que ses parents ont divorcé, nous avons commencé par faire de l’animation dans les centres de loisirs et puis comme usant depuis qu’une nouvelle directrice était arrivée, nous nous sommes rabattues sur des petits jobs, baby sitting, aide aux devoirs qui permettent de gagner un peu d’argent et de poursuivre nos études au lycée. Elle et moi chaque mercredi, lorsque nous nous retrouvons sur le tapis du club, nous faisions le bilan de notre journée, savoir laquelle avait gardé les pires monstres, aidé aux devoirs les meilleurs cancres, bref on partage nos expériences bonnes ou mauvaises vécues durant la semaine écoulée. Parfois, une propose à l’autre une garde qu’elle ne pouvait faire ou un job d’opportunité. Mais voilà alors que de mon côté je poursuivais mon petit chemin pour gagner quelques économies, j’ai senti au fil du temps un changement dans son comportement, elle semblait ne plus avoir grand chose à raconter, pourtant elle portait des tenues nouvelles, devenait plus lumineuse mais quand je l’interrogeais elle me répondait vaguement, trop vaguement. Alors j’ai commencé à la titiller de questions, plus elle était évasive plus ma curiosité était attisée. J’ai bien senti que mes interrogations la dérangeaient, qu’en elle il y avait un secret, une énigme. Chaque mercredi je faisais exprès de lui raconter mes moments les plus drôles ou fatigants de la semaine et je finissais par la question croche pied, Et toi .... ça s’est passé comment ? De fil en aiguille, à force de l’aiguillonner j’ai obtenu des échantillons de réponses, des pistes que j’ai suivi pour voir si elles étaient bonnes ou s’il s’agissait de leurres. Et un mercredi soir, alors que nous rentrions à pied après la séance, elle a fini par mes tendre un fil d’Ariane que je n’ai cessé de tenir fermement entre mes mains pour m’y retrouver dans son labyrinthe obscur. Au départ elle m’avoua avoir cessé de garder des enfants, de faire de l’aide au devoir pour se consacrer à un nouveau type de boulot, moins fatigant, plus rémunérateur.... Elle finissait toujours ses phrases par des points de suspension qu’il me fallait transformer en interrogation si je voulais connaître la suite. Alors elle avança un peu plus m’entrainant derrière elle, me raconta qu’elle aidait des personnes âgées, un peu comme une auxiliaire de vie sans en avoir le statut ni la formation. Chaque mercredi, elle allait chez des personnes pour faire des petites tâches, courses, ménage, lecture..... J’ai été surprise par le fait qu’elle pouvait être mieux payée, simplement en faisant de la lecture. Et là, elle s’est assise sur le banc de l’aire de jeux devant son bâtiment et sans me regarder, elle a doucement soufflé sur la brume de mes questions pour qu’enfin je puisse y voir plus clair. D’abord elle m’a fait promettre de ne rien dire à personne, je sais que je pourrais vous faire confiance Tata pour garder ce secret de votre côté. Elle n’allait pas en fait chez Des, mais Une personne âgée, en l’occurrence un homme, qui avait passé une annonce cherchant une jeune femme pour l’aider certains jours de la semaine. L’annonce était vague, elle y avait répondu et depuis chaque mercredi elle se rendait chez lui avec une jolie somme d’argent au sortir. Evidemment j’ai creusé le sillon pour savoir combien d’heures elle passait chez lui, combien elle gagnait, ce qu’elle devait vraiment faire, si c’était crevant, intéressant, ce qu’elle entendait par faire de la lecture, bref j’avais la bouche comme une nuée de merles qui n’avaient de cesse de la harceler et picoter sa cervelle. J’ai senti que leurs becs étaient parvenus à déchirer le voile de sa gêne et elle finit par cracher le morceau, ce qu’elle doitlire à ce monsieur, Richard est son prénom, ce sont des romans érotiques. Tout de suite, comme pour se justifier, elle a précisé qu’elle ne se prostituait pas mais que chez cet homme l’érotisme était un art, une façon de faire, de vivre, de penser. Imaginez Tata, Lilou ne le sait pas mais vous OUI, combien ma fascination envers les hommes mûrs a été soudainement exacerbée par cette soudaine révélation !!! Doucement, le bas de mon ventre a pris les commandes de ma bouche et je ne sais pas vraiment qu’elles étaient mes lèvres qui ne cessèrent de lui poser des questions. Lilou aussi me précisa que cet homme lui donnait des devoirs à effectuer, des sortes de rédactions qu’elle devait rapporter le mercredi suivant. C’était confus mais je ne cessais de m’imaginer franchir le seuil de la maison de cet homme, assis au coin d’une cheminée, un chat sur les genoux pendant que la mienne serait à ronronner ma cyprine à force d’ânonner des chapitres entiers de romans à l’eau de vulve. J’ai voulu savoir qui il était, son âge, j’ai de nouveau interrogé Lilou sur combien il lui offrait et lorsqu’elle m’a dit la somme que parfois elle pouvait gagner, j’ai eu comme un tournis, 100 euros pour lire, faire des rédactions, un peu de ménage et l’accompagner parfois faire des courses !!!!! Tata moi qui en gagne 50 difficilement le cerveau et les oreilles rabotés par les cris d’un après midi entier de torture mentale !! Je ne suis pas jalouse ni envieuse Tata, vous le savez mais là, Si, j’avoue avoir ressenti une envie de vouloir une part de ce gâteau. Au moins passer un entretien, les samedis lilou n’étant jamais libre les samedis moi je pourrais aider ce brave homme à connaître la suite des romans sans attendre le mercredi suivant. Soudain Tata, j’ai tordu en tous sens, étiré, martelé d’un poing ferme mes points d’interrogation pour qu’ils se dressent en exclamation, fiers, droits, affirmés. J’ai des super notes en rédaction !! J’adore lire, c’est ma passion !! Je me ferai toute petite et discrète !! J’en ai marre de gagner des misères et de remplir mon porte monnaie de façon aussi maigre !! Et....... ET.... ( je kiffe les hommes mûrs si tu savais lilou !!) mais ça je n’ai pas pu lui avouer, le message ne pouvait être que subliminal. Elle finit à force de harcèlement, sans doute pour faire cesser le flot de mes mots par céder, me promettre au moins de lui parler de moi, lui suggérer de me faire venir à son domicile. J’attends sa réponse, j’ai hâte d’être à mercredi, peur aussi Tata, peur que la réponse soit négative voilà pourquoi je passe mes nerfs à venir en confession auprès de vous. Je peux vous l’avouer, lorsque je suis rentrée à la maiSon , une fois le dîner pris, j’ai dit à maman que j’étais crevée et voulait me coucher tôt et je n’ai pas pu m’empêcher de regarder mes livres d’images, ceux dont je ne vous avais parlé pour stimuler mes doigts et m’évader au coin d’une cheminée et faire ronronner ma turbine à plaisir. Je dois vous laisser et filer à l’autre bout de la ville soutenir une sixième pour son français. Espérons que ce sera une des dernières fois avant mon nouveau travail... Kiss La puce
<font _mstmutation="1" _msttexthash="1732319589" _msthash="446">Ma chère Tante épisode 2
Chère Tata quelle rapidité pour me répondre !! Merci pour votre compréhension, je savais que je pourrais vous faire confiance. Au moins, vous n’oubliez pas la mémoire de votre jeunesse et les tourments qui l’accompagnent. Non je n’ai encore aucune info de la part de Lilou, je n’ai pas envie de la harceler encore de peur qu’elle ne se recroqueville et perdre une chance de me mettre au service de Monsieur Richard. Je préfère attendre mercredi prochain. Le livre d’images ? Je pensais vous en avoir parlé un jour, il s’agit en fait de photos, dessins, tableaux que je collectionne depuis que je suis en âge de... Comme une boîte à madeleines, je l’ouvre certains soirs et je m’évade du bout des yeux, les ferme ensuite pour passer le relais à la pulpe de mes doigts. Peut-être un jour, je vous ferai entrer dans cet univers secret. Je tiens à vous prévenir, certaines images, sans les clés, risquent de vous paraître bien décevantes. Donc, puisque vous me le proposez si gentiment alors oui j’accepte de vous informer de tous les évènements qui pourraient arriver dans un avenir proche. Encore quatre jours d’impatience. Vous tutoyer ? Oh non, certainement pas, je ne pourrais ni le voudrais d’ailleurs, ce serait comme demander à Cendrillon d’abandonner ses parures de Princesse pour revêtir ses oripeaux. Concernant votre dernière question .... Oui, je le suis toujours. Kiss La puce
Ma chère Tante épisode 3
Tataaaaaa ,Il a dit OUIII !!!!!!!IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Oh mon dieu, Votre puce saute de partout en tous sens. Je n’arrive pas à y croire. Ce monsieur accepte de recevoir chez lui, en sachant si peu de moi, une parfaite inconnue !!! Bon, petit retour en arrière, de quelques heures car l’information est toute fraîche. Lilou est arrivée en retard à la séance de gym, à tel point que je pensais ne pas la voir du tout et me demandais si ma patience n’allait pas briser sa chaîne pour filer une fois les étirements achevés et le vestiaire quitté chez elle pour sonner à a porté et prendre de ses nouvelles et savoir si.... J’ai même idiotement pensé au pire, que son après midi avait été celui de trop que la générosité masquait une Barbe Bleue et je fus prise de vertige, déséquilibrée par mes pensées fantasques, au moment où j’arpentais la poutre pour finir sur les fesses sur le tapis. C’est à cet instant que je vis le juste au corps de Lilou apparaissant puis son regard me chercher parmi les autres filles et une fois en cible de ses yeux me regarder, former un cercle avec son pouce et son index et décocher du carquois de sa bouche un sourire complice. Imaginez Tata !! Oui, imaginez, toute la séance à devoir attendre, savoir, déglutir les questions qui me venaient en gorge, et Elle, pas un mot, juste des baillons de " je te dirais tout à l’heure « . Jamais séance fut aussi longue croyez moi et j’ai pas trainassé une fois l’heure arrivée, Lilou en parfaite Si. Elle prit un malin plaisir à papoter avec la prof de je ne sais quelle futilité. Puis s’attarda avec une fille pendant que j’étais en train de m’étrangler avec ma chaîne à tirer comme une forcenée sac à l’épaule blouson sur le dos, prête à partir sur le chemin et ouvrir grandes mes oreilles. Elle me regardait du coin de l’oeil subrepticement juste pour voir si mon visage n’était pas encore bleui d’impatience. Enfin, elle fût prête, une des dernières cependant à sortir du vestiaire, ce qui est rare chez elle. Elle est comme vous sur ce plan, elle connait certains de mes points faibles et n’hésite pas à en abuser . Une fois dehors, loin des oreilles indiscrètes, j’ai shooté dans son silence malicieux en assénant un " ALORS ???? Ensuite, ENFIN elle consentit à m’en dire plus. Que Oui..... et elle employa le mot Parrain comme s’il était un parent et devant mon air sans doute interrogatif m’expliqua que c’était ainsi qu’il aimait être nommé et que si je devais passer le seuil de sa porte régulièrement, je devrais moi-même m’adresser à lui en ses termes. J’étais prête à porter ce tablier de mots et passer le plumeau sur ses bibelots et lui faire la lecture. Elle poursuivit, m’indiqua qu’effectivement je pourrais en articulant l’EVENTUELLEMENT, prendre mes fonctions d’accompagnatrice les samedis mais qu’il me fallait avant toute chose, m’acquitter d’une lettre expliquant qui j’étais et la motivation qui me conduisait à proposer ma candidature. Alors là, à cet instant et maintenant encore, mes pieds ont vacillé. En fait tata je n’avais pas encore envisagé la suite et me voici devant une tâche immense. Peut être, étant donné que vous me connaissez, vous pourriez m’aider à rédiger ma lettre de motivation dans des termes qui lui donnent envie de me recevoir en vrai. Tata , s’il vous plaît, Lilou a reçu l’ordre visiblement de ne me donner aucune indication. Une des rares informations que j’ai obtenue, c’est que je ne devrai Jamais porter de soutien-gorge si j’accepte de devenir son auxiliaire de vie. Oui Tata, vous avez bien lu mais cela ne veut pas dire que je devrai ne rien porter du tout mais juste sa manie est de vérifier lorsqu’elle arrive chez lui, d’un geste furtif à son dos si aucune accroche n’est palpable. Une fois rassuré, il ne cherche pas, elle me l’a juré à voir ni toucher ses seins. Voilà ce que je peux vous dire ce soir et me voici devant une page blanche me demandant par quoi commencer. Quelques mots de vous, juste de quoi remplir mon encrier seraient les bienvenus. Kiss La Puce
</font>Ma chère Tante épisode 4
Chère Tata ,Merci pour vos conseils toujours précieux , même si je ne vais pas les suivre à la lettre. Bonjour Monsieur, Je vous remercie de me donner une chance de vous rencontrer et juger de ma motivation pour accompagner vos samedis. Je ferai mon possible pour être disponible chaque fois que vous auriez besoin de moi. Je suis passionnée par la littérature, le français a toujours été une de mes disciplines favorites en classe alors pour vous faire la lecture comme Lilou me l'a dit, vous pouvez compter sur moi. Mes notes en récitations n'ont jamais été en dessous de 15......Tata , Je n'ai pas osé faire allusion au genre de roman qu'il fait lire à Lilou, ne sachant pas si elle devait m'en parler. Pour la partie ménage et courses, vous pouvez compter sur moi car comme maman travaille parfois tard, je me charge souvent de la soulager dans ce domaine......Bon là, Tata, j'avoue que j'ai été un peu menteuse, quand j'accompagne maman on devrait mettre les roulettes sous mes pieds plutôt qu'au caddy, et souvent elle me retrouve au rayon librairie. Si maman lisait ce que je suis en train de faire, Mon Dieu, je pense qu'elle n'en croirait pas ses yeux, sa fifille, si prude, sage et timide, pas un garçon à la maison, jamais la moindre sortie au-delà de 23 heures. Bon je m'égare je reprends Tata, voici comment ensuite je me suis présentée à lui, ce n'est pas un exercice facile que de parler de moi. J'ai toujours eu du mal, autant j'aime décrire les autres autant je suis plutôt indifférente à moi-même. Heureusement que vous avez su parfois m'aider à me mettre en valeur de façon plus aventureuse.....Pour ce qui est de mon physique, je suis un petit format de femme si j'ose dire je mesure 1.55 m et pèse 40 kg ....Tata j'ai failli écrire " toute mouillée " mais il aurait pu " mâle " interpréter l'allusion....Mais ne vous inquiétez pas, je pourrai porter vos sacs de commissions car comme Lilou je pratique la gym et j'ai dû souvent porter mon propre poids en faisant mes équilibres. Je suis blonde aux cheveux longs et mes yeux sont couleur noisette..... Voilà j'ai pas voulu en écrire de trop, en fait je n'y arrive pas, alors il devra se contenter d'un portrait succinct. Je suis prête à accompagner Lilou pour me présenter à vous et voir si mon profil vous intéresse et tenter de me prendre à l'essai un samedi.....Voilà Tata comment j'ai écrit mon courrier, j'avais vraiment du mal à faire cette lettre, je ne sais rien de lui ou si peu juste qu'il tâtonne dans le dos de Lilou, je prendrai soin de ne rien porter dessous au cas où ....Je vais maintenant passer ma langue sur la gomme de l'enveloppe et prier pour qu'il salive à son tour de moi. Vivement mercredi que je remette la précieuse enveloppe à Lilou, je crois que je vais aller chez elle la lui donner mardi soir afin qu'elle montre mercredi après-midi à monsieur Richard combien je suis motivée. OUI je vais faire ça !!! ce sera un bon point pour moi, j'en suis certaine. Kiss La puce
Ma chère Tante épisode 5
Chère Tata Je l’ai fait, j’ai apporté ma lettre il y a une heure à Lilou, chez elle, demain il pourra me décacheter et savoir un peu mieux qui je suis. J’espère vraiment lui donner envie d’étudier ma candidature. Lilou m’a regardée avec des yeux curieux et rieurs et n’a pas manqué de me dire que je prenais à coeur de rendre service moi aussi à son « parrain « . Elle m’a promis de plaider ma cause auprès de lui. Oui moi aussi Tata, je vous fait la promesse de Tout vous dire dans les moindres détails, Oui je vis faire attention à moi, ne vous inquiétez pas comme ça, vous savez très bien que je ne suis pas du genre à prendre des risques idiots. Je vous rappelle qu’être encore vierge à mon âge relève de l’exploit à notre époque à en croirecertaines de mes camarades de classes qui se sont vantées de ne plus l’être, pour certaines depuis les années collège. Oui tous les détails et toutes mes émotions, promis, Oui, comme si vous étiez mon cahier intime, d’accord sans aucun tabou je raconterai tout. Comment avoir des tabous avec vous après nos vacances passées ensemble. En ce qui concerne votre question à propos de mon livre d’images... C’est un peu gênant, je l’avoue, pour plusieurs raisons, d’abord c’est un truc hyper intime en fait j’ai peur qu’en vous montrant le genre de choses qu’il contient, il perde soudain de son pouvoir à mes propres yeux. Ensuite, ces images peuvent être n’auront aucun sens pour vous alors que chez moi c’est radical, de les voir, en parler seulement me fait fondre de partout et surtout du bas, c’est magique. Je ne les regarde pas souvent, juste parfois pour me stimuler, me faire partir comme un vieux film qui rappelle tant de souvenirs passés. Je vais réfléchir à votre demande. Je vais filer au lit et puisque vous m’en avez parlé, me replonger dans les archives, ma banque de données intimes, peut-être même que si l’envie vient je pourrais imaginer monsieur Richard à la place de certains personnages clés de ma serrure à envies. Je file au lit, m’entendre, me tendre, m’entendre et écouter mon ventre résonner de déraisons. Vivement demain et maintenant pour moi, ce sera à .... deux mains. Kiss La puce
Ma chère Tante épisode 6
Chère Tata,
J’ai passé ma journée, surtout l’après-midi à croiser les doigts pour Lilou, prier pour qu’elle soit persuasive, trouve les mots pour appuyer ma candidature.
Je vous remercie pour le petit mot ce matin, ça m’a réchauffé le coeur.
Alors, après avoir tourné dans tous les sens, être parvenue à faire mes devoirs, avoir pris ma douche, rangé deux fois ma chambre et lu quinze fois la même page du même roman sans me souvenir de ce qu’elle contenait, il était enfin l’heure d’aller sur les tapis et savoir enfin si c’était Oui ou Non.
Je suis arrivée la première, Lilou n’a pas tardé cette fois, le visage fermé, grave, vous savez celui des nouvelles que l’on aime pas porter.
Elle a commencé par me dire qu’elle avait bien donné ma lettre à son parrain, qu’il avait attendu presque qu’elle soit sur le point de partir en fin d’après-midi pour l’ouvrir. Je me suis dit que c’était cuit, s’il mettait si peu d’empressement, la réponse était-elle courue d’avance.
Il a lu mon courrier sans dire un mot puis à la fin a remis avec précaution ma lettre dans son enveloppe, retiré ses lunettes..... Oh tata lilou me racontait tout, chaque détail alors que j’avais juste besoin qu’elle abrège mes souffrances.
Pour finir elle me dit, en plongeant ses yeux droit dans les miens qu’il n’était pas vraiment satisfait du contenu de mon écrit et ....... Que samedi prochain, j’allais devoir venir passer l’oral !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
OUI Tata, vous avez bien lu, samedi je suis invitée à venir défendre chez lui et ratt****r mes points de retard !!!!!!
Alors j’ai demandé à Lilou à quelle heure nous irions chez lui et mon enthousiasme s’est transformé en angoisse..... elle a sorti de sa poche une carte de visite avec l’adresse de son « parrain » et dit que je devrai me présenter à 14h précise, seule chez lui !!
J’avais l’impression d’être sous une douche le corps à moitié aspergé d’eau froide tandis que l’autre était dans l’ébullition.
Cette fois, j’ai les cartes de mon destin en main et je ne peux plus compter sur elle pour faire avancer les choses.
J’ai pas pu m’empêcher de lui poser une tonne de questions sur ce que je devais faire ou ne surtout pas faire pour éviter de me vautrer dans l’exercice. Comme si je la croisais à la sortie de l’épreuve avant de rentrer dans la classe et affronter les profs. Glaner un maximum d’informations et éviter les pièges tendus.
Pour toute réponse, j’ai obtenu qu’il me fallait rester naturelle, ne pas en faire trop, utiliser un vocabulaire correct, il est très à cheval sur les bonnes manières.
Il a le titre de Comte même si n’aime pas trop en parler, il est issu d’une famille noble.
La seule information importante de la part de Lilou fut de me prendre la main de me tourner le dos et poser le bout de mes doigts à l’endroit où devrait se trouver l’attache de son soutien-gorge. Elle n’en avait pas, elle sortait de chez lui, j’avais le bout de mes doigts là même où quelques heures avant, il avait posé les siens !!
Je sentais presque sa présence sur le dos de Lilou, c’était magique, vraiment Tata.
Alors voilà, j’ai passé ma séance de gym en équilibre sur la poutre de mes angoisses et une fois rentrée à la maison, j’ai ouvert ma garde-robe pour trouver ma tenue d’entretien d’embauche. Je ne sais pas, vraiment je n’ai aucune idée de ce que je porterai dans 3 jours.
Oh mon dieu je vais passer trois jours d’angoisse à ronger mon frein, je me connais Tata je vais être sujette à renoncer, à aller en cachette voir où se situe sa maison pour tenter de l’apercevoir. Je n’aime pas cela et pourtant d’un autre coté j’avoue adorer me sentir torturer.
Vous en savez quelque chose Tata, je ne suis bien que sur la bascule.
Je vais me faire descendre la tension en m’allongeant, je suis trop chargée d’électricité.
Je vous embrasse
Baiser
La Puce
Chère Tata, J’ai l’impression d’être à ma première communion, fébrile dans l’attente de la cérémonie, merci de me chaperonner. Oui c’est une très bonne idée de m’entraîner à lire à voix haute, on ne sait jamais si il me soumet à l’épreuve de la lecture. Je vais lire plusieurs pages de plusieurs romans pour avoir une élocution impeccable. Merci beaucoup je n’y avais même pas pensé. Par contre pour ce qui est de votre suggestion concernant ma tenue.... comment vous dire, la robe turquoise don’t vous me parlez, souvenez-vous... Lorsque la vendeuse est venue à votre demande donner son avis en nous rejoignant dans la cabine d’essayage, elle n’a pas osé vous contredire tellement vous vouliez faire cet achat mais ses yeux en disaient aussi long que la robe était courte, c’est peu dire !! J’avais du mal à m’asseoir ayant trop peur que tout le monde voit ma culotte. Vous semblez oublier que sur le marché, même si c’était par jeu, vous m’aviez tout de même dit dans le creux de l’oreille que je devrais avoir honte de me promener ainsi. Maintenant que c’est du passé, je peux vous dire qu’au retour de mes vacances, j’ai punie ma Barbie de la même façon en lui coupant une robe jusqu’à presque voir ses fesses et je lui faisais la morale comme vous avec moi, je prenais toujours une voix plus grave tellement j’avais honte d’employer les mêmes mots que vous. Tata chérie, si je veux arriver jusqu’à la porte, soit je pars de très bonne heure pour pouvoir traîner le poids de tous les pervers de la ville accrochés à mes chevilles ou plus simplement ,j’opte pour quelque chose de plus discret et moins moulant car depuis Tata , j’ai pris un peu de volumes. Je sais que je ne suis ni grande ni grosse mais quand même. Ceci dit je l’ai gardée même si je ne l’ai portée que deux fois et uniquement avec vous, elle est toujours là dans ma penderie, pleine de souvenirs mielleux. Je vais mettre un pantalon cigarette, ainsi mes jambes seront noyées dans le tissu, je ferais moins maigre du bas et pour le haut puisque je ne devrai pas porter de soutien-gorge, je vais mettre un chemisier large blanc. Je pense que ce sera pas mal et fera soigné. Par contre Lilou m’a dit de rester naturelle mais je ne sais pas comment interpréter cette info, maquillage ou pas, boucles d’oreilles ou non, cheveux lâchés ou stricts, c’est le flou total, donnez-moi votre avis en évitant de me conseiller les nattes et les boucles d’oreilles avec des nounours roses !! Je dois vous quitter, j’ai cours dans trente minutes je file. Mon dieu si les autres filles de ma classe savaient !! De toute façon, elles ne me croiraient pas. KissLa puce Ps : Oui je pense aux images Tata, mais j’ai vraiment du mal à ouvrir la boîte de Pandore, je suis désolée.
<font _mstmutation="1" _msttexthash="5542643730" _msthash="447">Ma chère Tante épisode 8
Chère Tata ,Voilà c’est demain, lorsque je vais me lever si j’arrive à dormir cependant je vais me voir dans le miroir en m’imaginant le traverser pour plonger dans l’inconnu. Here j’ai été tentée d’aller voir Lilou lui demander des derniers conseils, sur si je devais mettre des talons ou plutôt rester en basket. J’ai finalement choisi la discrétion, de toute façon me promener dans la rue, il habite de l’autre côté de la ville en talons hauts, j’ai pas assez d’entraînement, je finirais aux urgences avec une cheville foulée. Here pour me rompre les amarres avec mes boulots d’avant, j’ai décommandé la séance de baby-sitting et celle de l’aide aux devoirs. Alea Jacta Est désormais, le Rubicon va être franchi. J’ai suivi votre conseil Tata, je ne me suis pas touchée depuis hier soir mais vous savez, si vous pensez que d’y aller sous tension de bassin pour garder mon inconscience, j’espère que ça ne me fera pas l’effet inverse !! J’ai lu encore ce soir, je suis devenue une vraie pro dans le domaine, j’espère juste que Monsieur le comte ne sortira pas de vieux grimoires poussiéreux en vieux François ou plus grave, ces trucs érotiques don’t Lilou m’a dit qu’il était friand d’écoute sans m’en dire plus car moi je me suis entrainée avec du Zola, Victor Hugo et Stephen King !! Mes affaires sont sur la chaise pliées prêtes à être enfilées, j’ai mis pour dormir chose inhabituelle un soutien-gorge, histoire que demain lorsque je n’en porterai pas, la sensation soit plus vive de sentir le frottement du tissu sur la pointe de mes seins. J’ai les bouts de doigts tout énervés mais je vais tenir bon Tata. Bon pour les images, j’avoue que ce n’est pas le moment de replonger dedans sinon je ne vais pas pouvoir tenir longtemps alors promis, si demain ça se passe bien, je vous en donnerai quelques-unes qui ont le pouvoir de presser ma petite cervelle comme un agrume et d’en récolter du jus par le bas. Je crois que vous devriez venir m’attacher les mains aux montants du lit ou me mettre des gants de boxe, dès fois qu’en rêvant mes mains veuillent accompagner mes songes. Kiss La puce
Chère Tata, Il est 18h30, je reviens de là-bas.... mon message sera court mais vous en comprendrez le sens. Je file m’allonger j’ai trop chaud en bas des reins. A tout de suite Kiss La puce
</font>Ma chère Tante épisode 9
Chère Tata ,
J'ai encore les doigts embaumés de moi, j'ai dû me frotter la bonbonnière deux fois pour me calmer sans pourtant rassasier mon appétit mais j'ai laissé des cristaux de désir au fond de la boite, lorsque j'aurais fini de vous raconter mon après-midi, nul doute que j'irai passer mes doigts humides pour me délecter de nouveau. Tout, oui TOUT absolument tout, la viande encore chaude je vais vous décrire ce qui a été ma première rencontre car OUI TATA j'ai décroché le job. Samedi prochain et les suivants je suis au service de Monsieur le Comte excusez du peu !!!!!!C'était !!!!! Hummmm c'était .......au-delà de toutes mes espérances et fantasmes, vraiment j'étais loin de m'imaginer vivre des moments pareils !!!!J'ai croisé celui dont j'ai toujours rêvé, mature à souhait mais je m'emporte, reprenons depuis le début puisque vous voulez tout savoir....Alors d'abord quand je me suis habillée quelques minutes avant de sortir j'ai regardé attentivement mes seins lorsque j'allais boutonner mon chemisier, j'ai passé mes doigts dans le dos là où il devait poser les siens en fermant les yeux et imaginant que c'était les siens. J'ai dit comme chaque samedi au revoir à maman, elle m'a dit que j'étais mignonne aujourd'hui sans se douter que j'allais voir un homme pour un autre genre de devoirs même si je ne savais pas où aller me mener mes pieds. Tout le long du chemin j'ai senti mes tétons durcir sous l'effet du tissu qui frottait, ainsi je pensais à vous quand vous me conduisiez au marché, devant le marchand de fruits et légumes où j'aurais pu m'allonger à l'étal avec mes demi citrons proéminents sous les bustiers trop justes que je devais enfiler. J'avais la sensation que malgré ma tenue somme toute pudique tout le monde voyait écrit sur mon front avec des lumières clignotantes comme dans les foires " Attention Boucle d'Or va chez gros ours brun se faire dévorer le cerveau !!!!!»Le chemin était long et il habite tout en haut de la colline, la maison la plus vaste, la plus haute, sans doute un héritage de ses ancêtres, sa famille doit y habiter depuis des générations. Petit chaperon avait mal aux mollets en arrivant devant la bâtisse du méchant loup. Les derniers mètres furent les plus longs ça tintamarrait fort dans ma cage thoracique et pourtant la galère de mon corps semblait reculer plutôt que fendre la vague dans le bon sens. Il devait être à la fenêtre, j'étais là dix minutes en avance, à me guetter, me soupeser, me jauger, derrière quels rideaux se cachait il?
Il y avait tellement de meurtrières dans sa forteresse par où ses yeux pouvaient m'atteindre. Je n'ai pas pu ouvrir la grande grille qui me bloquait l'entrée et j'ai vu la sonnette sur le pilier en pierre, sa forme et le saillant du bouton me fit penser à ma poitrine en cet instant, tendue, fièrement dressée .La porte s'est ouverte, j'ai marché dans les graviers pendant quinze ou vingt mètres avant de grimper les douze larges marches évasées qui menaient à une double porte qui devait peser bien au-delà de moi au carré. Et de nouveau il me fallut appuyer sur le sein sauf qu'au moment d'effleurer la tétines sonore, la porte s'est ouverte et je l'ai vu !!!!!!Oh Tata ce n'est pas barbe bleue mais blanche, un Père Noel me faisait face, je me sentais redevenir petite fille avec l'envie de m'asseoir sur ses genoux pour attirer ses faveurs. Un regard !!! Quel regard, difficile à soutenir mais une fois qu'il vous capture dans ses filets, impossible de s'en sortir tant il harponne. Votre petite sardine avait beau frétiller je ne pouvais lâcher ses prunelles de vieux loup de mer. Oui il me fait penser à un commandant de paquebot dans les années folles, offrant sa main pour aider les jeunes femmes à progresser sur la passerelle. Il n'est pas du tout du genre pervers avec la langue qui pourlèche le museau en faisant des gargarismes gutturaux et les mains en avant pour taper de la poulette fraiche. Non vraiment pas, il a, Il est, je ne sais pas comment dire tellement il parait difficile à sonder mais plus c'est profond moins je m'ennuie. J'ai toujours été passionnée par l'archéologie plus il y a de strates et d'humus plus je me réjouis de découverte à venir...Je poursuis Tata ...Alors il m'a invitée à rentrer, j'ai fait deux pas et me suis retrouvée face à moi-même, presque surprise de voir mon double à l'allure si chaste devant moi tandis que la succube pressait son huile filtrée dans les fibres de sa culotte. Dans le reflet sa masse si grande par rapport à ma fragilité et sans que je vois son bras se tendre vers moi, il posa exactement deux doigts incroyablement précis là même où aurait dû se tenir les agrafes. J'avais l'impression qu'il venait de jeter un caillou à la surface de mon dos liquéfié et que l'onde se propageait en cercles concentriques vers ma nuque jusqu'au bas de mes reins allant même par le devant chatouiller mes seins. Le contact fût bref, l'oscillation longue. Ensuite, par le flanc il me doubla pour m'inviter à le suivre dans une immense salle à manger où des portraits sans doute d'ancêtres semblaient toiser la nouvelle venue. Nous finîmes par arriver dans un grand salon bibliothèque aux essences de bois chaudes, la cheminée était là, je rêvais de devenir la bûche qui alimenterait la chaleur de son foyer. Pas de chat du moins dans les alentours mais un fauteuil au cuir plissé par l'usure du temps. Il m''invita à prendre place dans le fauteuil en face. Trois jours avant les fesses de Lilou devaient être posées au même endroit. Enfin, j'entendis sa voix, chaude, rassurante, une voix de couette moelleuse. J'étais à ce point vautrée au creux de celle-ci, qu'il dû répéter une seconde fois la question que j'avais vu s'éloigner au bout du quai sans monter dans le wagon. Me demanda si j'avais trouvé facilement sa demeure. La solitude familiale m'évita les pièges du babillage inutile et ainsi de me prendre les pieds dans le tapis.
Puis il a sorti ma lettre, celle de ma motivation, a chaussé ses lunettes, l'a repliée avec soin, puis sans un mot il a baissé sa monture pour regarder celle face à lui, passa de mes pieds et remonta jusqu'à mon visage pour fixer mon regard. C'était tellement impressionnant Tata, je me sentais si petite face à lui et c'est bizarre de se laisser ainsi regarder, je me sentais nue, vraiment, j'avais le sentiment qu'il détaillait la moindre de mes courbes, qu'il devinait ce que pouvait cacher mes tissus. C'était pas désagréable mais gênant ou plutôt déstabilisant voilà c'est le mot exact Tata. Enfin, il me demanda quels types de romans j'aimais lire et aborda sans complexe ceux dont il aimait qu'on lui fasse la lecture, les érotiques .Est-ce que cela me dérangeait, bien entendu j'ai répondu que non, que je tenterai de le satisfaire du mieux que je pourrais. Alors, il m'indiqua du doigt une des portes fermées de la bibliothèque afin que j'aille y chercher un roman au hasard pour juger sur pièce de mon élocution. Je me suis levée, j'ai ouvert la porte et là Oh Tata mon Dieu !!! rangées à la verticale de nombreux romans aux titres évocateurs Onze Mille verges, Venus Erotica, Justine ou les malheurs de la vertu, et j'en passe dont j'ai oublié les noms. Il y avait aussi, posés à plat, une épaisseur de magazines, euh, disons pour grandes personnes, vous savez, que les hommes regardent pour se donner du plaisir. J'ai juste vu celui du haut et sa couverture, disons que la fille aurait pu tirer la couverture plus haut tant elle était dévêtue, elle paraissait jeune, de petits seins mais un sourire carnassier et un regard tellement !!!!Bref j'étais sans avoir eu le temps de m'adapter mise en condition. En fait j'avais beaucoup de mal à imaginer cet homme lire de telles revues. Il y avait comme une sorte de décalage, un truc qui ne collait pas, mais bon, je me souviens de vos mots si souvent répétés concernant les hommes lorsqu'ils voient ne serait-ce qu'un bout de cuisse. Enfin, toujours est-il que j'ai pris un des romans sans réfléchir un peu comme à la roulette russe, espérant ne pas avoir choisi le plus graveleux pour ma mise en bouche. Je suis tombée sur Une fille mal élevée de Dominique, au féminin Féjos. Inconnue. Un roman plutôt vieux comme ceux que parfois on trouve chez les bouquinistes ou dans les foires à la brocante. Déjà, il n'y avait pas de photos dedans, enfin pas encore car Monsieur Richard me dit que cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas lu et que puisque tel était mon choix, je pourrais le prendre afin de l'étudier et le lire de façon fluide..... Samedi prochain. OUI TATA vous avez bien lu, en quelques minutes votre puce est parvenue à faire impression et décrocher le job, et chaque samedi, adieu les garnements les crises de nerfs à calmer. Donc il me dit que je devrai l'emmener chez moi et que je pouvais ouvrir la boite en métal qui contenait jadis des biscuits pur beurre pour prendre un marque page, je lui ai dit que ce n'était pas la peine, j'avais ce qu'il fallait à la maison et j'ai bien senti que lorsqu'il insista, j'avais la tête dans le collet alors j'ai ouvert la boite pour lui faire plaisir et là surprise, il y avait une multitude de photos uniquement, du moins de ce que je vis sans fouiller, représentant des filles nues, peu vêtues en maillot de bain, ou vêtues de façon sexy, parmi elles Lilou était là, présente, pas nue mais la photo était suggestive. J'ai fait comme si je prenais un biscuit, poliment, sans chercher à choisir vraiment parmi les goûts proposés et j'ai choisi d'emporter avec moi celle qui m'avait permis de décrocher ce boulot qui débutait de façon tellement étrange. Je n'ai pas résisté à l'envie de la partager à vos yeux Tata, vous voyez, Elle n'est pas nue mais c'est sans doute comme si. Vous pensez comme moi ? Ca me rappelle lorsque je devais porter des débardeurs
tellement ajustés, sans rien dessous que mes petits globes et ce plaisir dans votre regard, avant de passer la porte, de tirer mes pointes pour qu'elles surgissent sous le tissu. Il y a des choses que l'on oublie pas, Tata, et lorsque mes tétons avaient le malheur de vouloir se reposer, vous jetiez un rapide coup d'oeil alentour et l'étau de vos doigts venaient rapidement les revigorer. Alors , j'ai dû montrer à Monsieur Richard mon choix, il me dit que j'avais eu raison que je devais connaitre son corps nu lorsque nous nous changions dans les vestiaires. J'avais dans ma main droite un roman sans doute érotique dans l'autre une photo de mon amie au regard provocateur, qu'est-ce que debout face à cet homme, trônant tel un comte dans son château je pouvais répondre ? Il n'attendait pas de réponse, me demanda d'enchaîner en ouvrant le livre au hasard. Le hasard est un bien étrange compagnon de route tata, il me conduit parfois dans des chemins tortueux. J'ai déposée Lilou sur la table entre nous comme une chainette nous reliant lui et moi et j'ai lu un passage où la fille pose pour un sculpteur plus âgé, nue bien entendu mais ça va, pas de mots gras ou de vulgarité, j'ai fait le bon choix ou alors, coup de chance, j'ai ouvert le roman à la bonne page. Ce soir je vérifierai si tout le roman est du même acabit. Mes doigts seront mon meilleur thermomètre.....Pour ce bref passage chez lui, j'ai tout de même gagné 20 euros, certes c'était moins que ce que j'aurais dû gagner si j'avais été faire de l'aide aux devoirs, mais pour pas même une heure passée, à juste me présenter, je trouve que même bénévole j'y serais allée. Il avait des choses à faire et me pria de rentrer chez moi, je lui ai demandé si je pouvais l'aider, il déclina mon offre puis me demanda de revenir à la même heure samedi prochain et de bien lire le roman car la séance serait plus longue. Il m'a tendu la photo de Lilou, la pointe de ses doigts était posée sur celles de ses seins, j'ai eu le souffle coupé alors que je glissais Lilou dans le roman, d'avoir la gentillesse et l'obligeance de revenir samedi prochain avec une photo de mon choix, dans le même genre pour remplacer le marque page que je lui avais emprunté. Alors que je digérais à peine son voeu, il trouva le moyen de me remettre une bouchée de gêne en précisant que je devais éviter d'apporter une photo de moi nue !!!!Je croyais rêver. Pour qui il me prenait, comme si j'étais le genre de fille à m'étaler sans vergogne sur les couvertures de ses revues cochonnes ! Non mais !!!!Je n'ai pas su, pu, voulu répondre à cela tellement le ton de sa voix était enveloppant de persuasion .Il ajouta avec comme une sorte de sourire mystérieux à la Mona Lisa qu'il ne voulait pas me voir mais me sentir nue. Il me raccompagna jusqu'à la porte, avant que j'en franchisse le seuil, posa son majeur sur sa joue pour me faire comprendre que je devais y porter mes lèvres en gage d'au- revoir, je dus me mettre sur la pointe des pieds pour baiser sa joue fleurie de blanc. Tandis que je dévalais les marches pour rentrer à la maison, il m'interpella d'une voix chaude alors que j'avais le dos tourné pour me dire de penser la prochaine fois et toutes les suivantes devenir en jupe ou enrobe. Et précisa: " c'est la règle pour venir travailler chez moi ".Voilà Tata, mon premier contact avec Monsieur le Comte. Je vais vous laisser, maman m'appelle depuis tout à l'heure avec insistance, si elle savait avec quel argent j'ai acheté le pain sur lequel elle va tartiner son fromage !!!!J'ai glissé le reste des sous dans ma tirelire, je ne doute pas un instant qu'elle se remplira bien plus vite que ces derniers mois, l'argent appelle l'argent.
Je file Tata, j'espère avoir été assez complète et détaillée comme vous me l'aviez demandé. Ce soir, allongée, je plongerai dans le roman pour parfaire ma diction, après sans doute, je crois que......Kiss La puce
Ma chère Tante épisode 10
Chère Tata ,
J’ai encore les doigts embaumés de moi, j’ai dû me frotter la bonbonnière deux fois pour me calmer sans pourtant rassasier mon appétit mais j’ai laissé des cristaux de désir au fond de la boîte, lorsque j’aurais fini de vous raconter mon après-midi, nul doute que j’irai passer mes doigts humides pour me délecter de nouveau. Tout, oui tout absolument tout, la viande encore chaude je vais vous décrire ce qui a été ma première rencontre car OUI TATA j’ai décroché le job. Samedi prochain et les suivants, je suis au service de Monsieur le Comte excusez du peu !!!! C’était !!! Hummmm c’était ....... Au-delà de toutes mes espérances et fantasmes, vraiment j’étais loin de m’imaginer vivre des moments pareils !! J’ai croisé celui dont je n’ai toujours rêvé, mature à souhait mais je m’emporte, reprenons depuis le début puisque vous voulez tout savoir.... Alors d’abord quand je me suis habillée quelques minutes avant de sortir, j’ai regardé attentivement mes seins lorsque j’allais boutonner mon chemisier, j’ai passé mes doigts dans le dos là où il devait poser les siens en fermant les yeux et imaginant que c’était les siens. J’ai dit comme chaque samedi au revoir à maman, elle m’a dit que j’étais mignonne aujourd’hui sans se douter que j’allais voir un homme pour un autre genre de devoirs même si je ne savais pas où aller me mener mes pieds. Tout le long du chemin j’ai senti mes tétons durcir sous l’effet du tissu qui frottait, ainsi je pensais à vous quand vous me conduisiez au marché, devant le marchand de fruits et légumes où j’aurais pu m’allonger à l’étal avec mes demi citrons proéminents sous les bustiers trop justes que je devais enfiler. J’avais la sensation que malgré ma tenue, somme toute pudique tout le monde voyait écrit sur mon front avec des lumières clignotantes comme dans les foires " Attention Boucle d’Or va chez gros ours brun se faire dévorer le cerveau !!! » Le chemin était long et il habite tout en haut de la colline, la maison la plus vaste, la plus haute, sans doute un héritage de ses ancêtres, sa famille doit y habiter depuis des générations. Petit chaperon avait mal aux mollets en arrivant devant la bâtisse du méchant loup. Les derniers mètres furent les plus longs, ça tintamarrait fort dans ma cage thoracique, et pourtant la galère de mon corps semblait reculer plutôt que fendre la vague dans le bon sens. Il devait être à la fenêtre, j’étais là dix minutes en avance, à me guetter, me soupeser, me jauger, derrière quels rideaux se cachait il ?
Il y avait tellement de meurtrières dans sa forteresse par où ses yeux pouvaient m’atteindre. Je n’ai pas pu ouvrir la grande grille qui me bloquait l’entrée et j’ai vu la sonnette sur le pilier en pierre, sa forme et le saillant du bouton me fit penser à ma poitrine en cet instant, tendue, fièrement dressée . La porte s’est ouverte, j’ai marché dans les graviers pendant quinze ou vingt mètres avant de grimper les douze larges marches évasées qui menaient à une double porte qui devait peser bien au-delà de moi au carré. Et de nouveau il me fallut appuyer sur le sein sauf qu’au moment d’effleurer la tétines sonore, la porte s’est ouverte et je l’ai vu !!!! Oh Tata ce n’est pas barbe bleue mais blanche, un Père Noël me faisait face, je me sentais redevenir petite fille avec l’envie de m’asseoir sur ses genoux pour attirer ses faveurs. Un regard !! Quel regard, difficile à soutenir mais une fois qu’il vous capture dans ses filets, impossible de s’en sortir tant il harponne. Votre petite sardine avait beau frétiller, je ne pouvais lâcher ses prunelles de vieux loup de mer. Oui il me fait penser à un commandant de paquebot dans les années folles, offrant sa main pour aider les jeunes femmes à progresser sur la passerelle. Il n’est pas du tout du genre pervers avec la langue qui pourlèche le museau en faisant des gargarismes gutturaux et les mains en avant pour taper de la poulette fraîche. Non vraiment pas, il a, Il est, je ne sais pas comment dire tellement il parait difficile à sonder mais plus c’est profond moins je m’ennuie. J’ai toujours été passionnée par l’archéologie plus il y a de strates et d’humus plus je me réjouis de découverte à venir... Je poursuis Tata ... Alors il m’a invitée à rentrer, j’ai fait deux pas et me suis retrouvée face à moi-même, presque surprise de voir mon double à l’allure si chaste devant moi tandis que la succube pressait son huile filtrée dans les fibres de sa culotte. Dans le reflet sa masse si grande par rapport à ma fragilité et sans que je vois son bras se tendre vers moi, il posa exactement deux doigts incroyablement précis là même où aurait dû se tenir les agrafes.J’avais l’impression qu’il venait de jeter un caillou à la surface de mon dos liquéfié et que l’onde se propageait en cercles concentriques vers ma nuque jusqu’au bas de mes reins allant même par le devant chatouiller mes seins. Le contact fût bref, l’oscillation longue. Ensuite, par le flanc il me doubla pour m’inviter à le suivre dans une immense salle à manger où des portraits sans doute d’ancêtres semblaient toiser la nouvelle venue. Nous finîmes par arriver dans un grand salon bibliothèque aux essences de bois chaudes, la cheminée était là, je rêvais de devenir la bûche qui alimenterait la chaleur de son foyer. Pas de chat du moins dans les alentours mais un fauteuil au cuir plissé par l’usure du temps. Il m''invita à prendre place dans le fauteuil en face. Trois jours avant les fesses de Lilou devaient être posées au même endroit. Enfin, j’entendis sa voix, chaude, rassurante, une voix de couette moelleuse. J’étais à ce point vautrée au creux de celle-ci, qu’il dû répéter une seconde fois la question que j’avais vu s’éloigner au bout du quai sans monter dans le wagon. Me demanda si j’avais trouvé facilement sa demeure. La solitude familiale m’évita les pièges du babillage inutile et ainsi de me prendre les pieds dans le tapis.
Puis il a sorti ma lettre, celle de ma motivation, a chaussé ses lunettes, l’a repliée avec soin, puis sans un mot il a baissé sa monture pour regarder celle face à lui, passa de mes pieds et remonta jusqu’à mon visage pour fixer mon regard. C’était tellement impressionnant Tata, je me sentais si petite face à lui et c’est bizarre de se laisser ainsi regarder, je me sentais nue, vraiment, j’avais le sentiment qu’il détaillait la moindre de mes courbes, qu’il devinait ce que pouvait cacher mes tissus. C’était pas désagréable mais gênant ou plutôt déstabilisant, voilà, c’est le mot exact Tata. Enfin, il me demanda quels types de romans j’aimais lire et aborda sans complexe ceux dont il aimait qu’on lui fasse la lecture, les érotiques . Est-ce que cela me dérangeait, bien entendu j’ai répondu que non, que je tenterai de le satisfaire du mieux que je pourrais. Alors, il m’indiqua du doigt une des portes fermées de la bibliothèque afin que j’aille y chercher un roman au hasard pour juger sur pièce de mon élocution. Je me suis levée, j’ai ouvert la porte et là Oh Tata mon Dieu !! rangées à la verticale de nombreux romans aux titres évocateurs Onze Mille verges, Venus Erotica, Justine ou les malheurs de la vertu, et j’en passe don’t j’ai oublié les noms. Il y avait aussi, posés à plat, une épaisseur de magazines, euh, disons pour grandes personnes, vous savez, que les hommes regardent pour se donner du plaisir. J’ai juste vu celui du haut et sa couverture, disons que la fille aurait pu tirer la couverture plus haut tant qu’elle était dévêtue, elle paraissait jeune, de petits seins mais un sourire carnassier et un regard tellement !! Bref j’étais sans avoir eu le temps de m’adapter mise en condition. En fait, j’avais beaucoup de mal à imaginer cet homme, lire de telles revues. Il y avait comme une sorte de décalage, un truc qui ne collait pas, mais bon, je me souviens de vos mots si souvent répétés concernant les hommes lorsqu’ils voient ne serait-ce qu’un bout de cuisse. Enfin, toujours est-il que j’ai pris un des romans sans réfléchir un peu comme à la roulette russe, espérant ne pas avoir choisi le plus graveleux pour ma mise en bouche. Je suis tombée sur Une fille mal élevée de Dominique, au féminin Féjos. Inconnue. Un roman plutôt vieux comme ceux que parfois on trouve chez les bouquinistes ou dans les foires à la brocante. Déjà, il n’y avait pas de photos dedans, enfin pas encore car Monsieur Richard me dit que cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas lu et que puisque tel était mon choix, je pourrais le prendre afin de l’étudier et le lire de façon fluide..... Samedi prochain. OUI TATA vous avez bien lu, en quelques minutes votre puce est parvenue à faire impression et décrocher le job, et chaque samedi, adieu les garnements les crises de nerfs à calmer. Donc il me dit que je devrai l’emmener chez moi et que je pouvais ouvrir la boîte en métal qui contenait jadis des biscuits pur beurre pour prendre un marque page, je lui ai dit que ce n’était pas la peine, j’avais ce qu’il fallait à la maison et j’ai bien senti que lorsqu’il insista, j’avais la tête dans le collet alors j’ai ouvert la boîte pour lui faire plaisir et là surprise, il y avait une multitude de photos uniquement, du moins de ce que je vis sans fouiller, représentant des filles nues, peu vêtues en maillot de bain, ou vêtues de façon sexy, parmi elles lilou était là, présente, pas nue mais la photo était suggestive. J’ai fait comme si je prenais un biscuit, poliment, sans chercher à choisir vraiment parmi les goûts proposés et j’ai choisi d’emporter avec moi celle qui m’avait permis de décrocher ce boulot qui débutait de façon tellement étrange. Je n’ai pas résisté à l’envie de la partager à vos yeux Tata, vous voyez, Elle n’est pas nue mais c’est sans doute comme si. Vous pensez comme moi ? Ca me rappelle lorsque je devais porter des débardeurs
Téléchargément ajustés, sans rien dessous que mes petits globes et ce plaisir dans votre regard, avant de passer la porte, de tirer mes pointes pour qu’elles surgissent sous le tissu. Il y a des choses que l’on oublie pas, Tata, et lorsque mes tétons avaient le malheur de vouloir se reposer, vous jetiez un rapide coup d’œil alentour et l’étau de vos doigts venaient rapidement les revigorer. Alors , j’ai dû montrer à Monsieur Richard mon choix, il me dit que j’avais eu raison que je devais connaître son corps nu lorsque nous nous changions dans les vestiaires. J’avais dans ma main droite un roman sans doute érotique dans l’autre une photo de mon amie au regard provocateur, qu’est-ce que debout face à cet homme, trônant tel un comte dans son château je pouvais répondre ? Il n’attendait pas de réponse, me demanda d’enchaîner en ouvrant le livre au hasard. Le hasard est un bien étrange compagnon de route tata, il me conduit parfois dans des chemins tortueux. J’ai déposée Lilou sur la table entre nous comme une chainette nous reliant lui et moi et j’ai lu un passage où la fille pose pour un sculpteur plus âgé, nue bien entendu mais ça va, pas de mots gras ou de vulgarité, j’ai fait le bon choix ou alors, coup de chance, j’ai ouvert le roman à la bonne page. Ce soir, je vérifierai si tout le roman est du même acabit. Mes doigts seront mon meilleur thermomètre..... Pour ce bref passage chez lui, j’ai tout de même gagné 20 euros, certes c’était moins que ce que j’aurais dû gagner si j’avais été faire de l’aide aux devoirs, mais pour pas même une heure passée, à juste me présenter, je trouve que même bénévole j’y serais allée. Il avait des choses à faire et me pria de rentrer chez moi, je lui ai demandé si je pouvais l’aider, il déclina mon offre puis me demanda de revenir à la même heure samedi prochain et de bien lire le roman car la séance serait plus longue. Il m’a tendu la photo de Lilou, la pointe de ses doigts était posée sur celles de ses seins, j’ai eu le souffle coupé alors que je glissais Lilou dans le roman, d’avoir la gentillesse et l’obligeance de revenir samedi prochain avec une photo de mon choix, dans le même genre pour remplacer le marque page que je lui avais emprunté. Alors que je digérais à peine son voeu, il trouva le moyen de me remettre une bouchée de gêne en précisant que je devais éviter d’apporter une photo de moi nue !! Je croyais rêver. Pour qui il me prenait, comme si j’étais le genre de fille à m’étaler sans vergogne sur les couvertures de ses revues cochonnes ! Non mais !! Je n’ai pas su, pu, voulu répondre à cela tellement le ton de sa voix était enveloppant de persuasion . Il ajouta avec comme une sorte de sourire mystérieux à la Mona Lisa qu’il ne voulait pas me voir mais me sentir nue. Il me raccompagna jusqu’à la porte, avant que j’en franchisse le seuil, posa son majeur sur sa joue pour me faire comprendre que je devais y porter mes lèvres en gage d’au- revoir, je dus me mettre sur la pointe des pieds pour baiser sa joue fleurie de blanc. Tandis que je dévalais les marches pour rentrer à la maison, il m’interpella d’une voix chaude alors que j’avais le dos tourné pour me dire de penser la prochaine fois et toutes les suivantes devenir en jupe ou enrobe. Et précisa : " c’est la règle pour venir travailler chez moi « . Voilà Tata, mon premier contact avec Monsieur le Comte. Je vais vous laisser, maman m’appelle depuis tout à l’heure avec insistance, si elle savait avec quel argent j’ai acheté le pain sur lequel elle va tartiner son fromage !! J’ai glissé le reste des sous dans ma tirelire, je ne doute pas un instant qu’elle se remplira bien plus vite que ces derniers mois, l’argent appelle l’argent.
Je file Tata, j’espère avoir été assez complète et détaillée comme vous me l’aviez demandé. Ce soir, allongée, je plongerai dans le roman pour parfaire ma diction, après sans doute, je crois que...... Kiss La puce
Chère Tata,
Si j’ai lu le roman ? Oui j’ai commencé à le lire, here soir, à voix basse pour m’imbiber des mots mais pas seulement avec des mots car pour répondre à votre seconde question, Oui aussi.... Je n’ai pas pu m’empêcher après. J’étais tellement tendue de ma journée passée. Je me suis réveillée en croyant presque avoir rêvé ce que j’avais vécu. C’est incroyable non ? Cet homme d’un autre âge ! Noble, excusez du peu. Sa classe, je l’imaginais m’interpeller, un porte cigarette aux lèvres, un haut de forme vissé sur le crâne, et me dire « Mademoiselle, songez à mettre une jupe afin que je puisse vous trousser impunément !! » Et moi de répondre " je n’y manquerai pas, Monsieur le Comte « Je rigole mais franchement j’adore sa façon de me vouvoyer, ce décalage étrange et terriblement érotique pour me faire la demande avec style de ne pas oublier de lui apporter un petit biscuit de moi à ranger dans sa boîte la prochaine fois. Franchement, j’avoue ne pas savoir avec quelle photo venir et je n’ose pas imaginer la tête que pourra faire lilou si elle me voit dans la boîte. Je ne vais pas pouvoir lui dire que j’ai rangé, sous ma pile de pull, à l’intérieur d’un roman érotique, ses seins à peine voilés et son visage d’ingénue. Impossible, vraiment impossible de lui en parler. J’espère que Monsieur Richard aura la délicatesse de ne pas le lui expliquer par quel tour de magie elle aura disparu de la boîte pour qu’une autre colombe y apparaisse. Non vraiment Tata je ne sais pas quelle photo apporter, j’ai encore le temps de réfléchir. En tout cas ce qui va être je le sais d’avance bizarre c’est ce sentiment d’excitation que je vais vivre, de devoir choisir de quelle façon, comme il le dit avec tellement d’élégance, il va me sentir plus que me voir nue et l’état inverse dans lequel je serai lorsque je vais apporter mon pur beurre pour rejoindre les autres filles !! Oui tata il n’y avait pas que lilou dans la boîte à gâté !! Je ne sais pas vraiment, je n’ai pas eu le temps de compter, ni de farfouiller, j’ai pas votre facilité avec ces choses-là moi. Peut-être quarante, cinquante photos, des filles brunes, rousses, métisses j’ai pu voir aussi bref cet homme aime les femmes, c’est indéniable et plutôt pas mal ce qui fait du bien je l’avoue à mon égo. Ben quand même Tata, j’ai le droit d’en profiter un peu je crois, je passe mon temps à voir les filles phares de ma classe jouer les tournes culs à la sortie du lycée, ne jamais monter dans les mêmes voitures, ni avoir les mêmes pères ou frères.... Alors pour une fois que Cendrillon est invitée au bal même si c’est pour faire le ménage et la lecture, je ne vais pas me priver. Oui je fais attention Tata, franchement il a plus l’allure du père Noel que du Fouettard et je suis même certaine que vous même vous auriez pris un malin plaisir à me faire aller sur ses genoux dans une jupe trop courte pour au pied d’un sapin, dans une galerie marchande ,nous prendre en photo !! Non, vraiment je ne prends pas de risques sinon de devoir changer de culotte plus souvent chaque samedi au retour.
J’étais certaine que vous trouveriez Lilou craquante et merci de me dire votre préférence pour..... « ma p’tite gueule de fouine malicieuse ». Je le prends comme un compliment, ne vous inquiétez pas. J’ai toujours aimé votre vocabulaire même dans les moments torrides surtout dans ces moments là d’ailleurs. La façon soudaine où vous devenez ogresse. Je la redoute souvent mais presque implore le sacrifice sur l’autel de votre vice. Vous voyez bien Tata, je ne vous oublies pas, même si on est loin l’une de l’autre, la preuve vous êtes la seule avec Lilou et encore je ne lui avoue pas tout, à qui je puisse me confesser librement. Mais bien sûr Tata, si on se revoit, vous pourrez encore de temps en temps en cachette dans la cuisine pendant que le reste de la famille vous croira en train de touiller la salade glisser vos doigts dans ma culotte ou mon corsage pendant que je couperai le saucisson sans broncher. J’aime oui ces moments où de façon fugace la folie s’empare de vous sans savoir ni quand ni où sans crier gare vous allez soulever ma jupe et me tâter les fesses. Je ne peux pas vous dire mieux pour vous persuader de ne pas avoir à être jalouse de mon comte. C’est une façon de gagner de l’argent et joindre l’utile au très agréable. Depuis le temps que je ferme les yeux en imaginant un homme mûr, laissez-moi au moins le plaisir de savourer enfin ces instants magiques. J’adore votre réaction Tata, ce mélange de « vas-y mais pas trop « , comme quand vous exhibiez votre poupée dans la rue et deveniez soudain tigresse lorsque vous sentiez que d’autres voulaient jouer avec !! Je vais devoir partir en cours, rejoindre mes camarades, certaines seraient surprises si un jour j’arrivais en carrosse devant le lycée !! Oui, Tata, on peut dire que vous avez de la suite dans les idées vous, je n’ai pas montré toutes les images qui sont dans mon livre secret. OK, pour vous en offrir quelques autres, de toute façon ce sera bientôt que des souvenirs d'******* comme on regarde ces cahiers d’écolières avec un brin de nostalgie dans les yeux. J’entre dans une nouvelle ère !!!! Kiss La puce
Bonjour Tata, Oui, bien sûr que oui, certaines images doivent vous émouvoir et vous rappeler certaines choses. Vous n’allez tout de même pas penser qu’elles sont arrivées par hasard dans mon petit cahier de nuit ? Toutes ces photos, chacun des tableaux, des dessins sont autant de petits cailloux que j’ai déposés au fur et à mesure de mes découvertes, ce sont autant de petits cailloux égrainés de ma culotte qui me ramènent vers mon *******. Bien sûr qu’il y en a d’autres, mais sachez que ce ne sont pas forcément les plus torrides qui déclenchèrent en moi les plus grands remous. A bien réfléchir, suis-je si différente de monsieur Richard ? Certes mon cahier d’images est bien moins fourni que le contenu de ce placard mais la finalité reste la même, éveiller les sens. Et pour répondre à votre question, même si le biscuit de mon corps ne parait pas à mes yeux capable d’être savouré autant que les autres, et bien Oui si je pouvais contribuer à déclencher à ses yeux une émotion, j’en serais ravie et honorée. Je ne crois pas que cet homme puisse faire les choses don’t vous parlez si crûment. En tout cas si cela lui arrive, je ne pense pas qu’il le fasse avec moi, il préfèrera rejoindre les filles si avenantes en couverture plutôt que mon corps modeste. Je suis vraiment surprise par sa façon aussi rapide de me dévoiler son univers, ses secrets, il y a chez cet homme un savant mélange entre patience et immédiateté. Il ne s’embarrasse pas comme moi avec des pudeurs des secrets. En fait, il va exactement là où il souhaite aller, sait viser juste, il peut ainsi se permettre de perdre du temps, bien le répartir. Sa façon de viser juste là où devrait se joindre mon soutien-gorge est révélatrice. Cet homme me fascine, en une heure, il est parvenu à ouvrir tellement de portes, je ne sais pas laquelle il me fera franchir et je m’en moque je crois. Je ne vais pas me poser de questions, samedi je vais aller chez lui vêtue d’une jupe, poitrine libre sous mon chemisier, mon roman sous le bras avec glissé dedans lilou et ma contribution. Oui Tata, c’est une très bonne idée que de me suggérer de toujours lire à voix haute seule afin de maitriser ma diction. Vous auriez dû être prof, vous savez toujours trouver le mot, le conseil juste, comme la punition aussi lorsqu’il le faut..... Je vais tâcher, chaque soir de lire, reconnaître le terrain pour éviter les pièges et faire bonne figure samedi. Je n’ai toujours pas choisi quelle biscotte je vais glisser dans sa boîte à friandises, en tout cas merci pour vos suggestions, votre regard et plus affûté que le mien sur les émotions que ma plastique peut déclencher. Je vais éviter de réfléchir et oui peut être suivre vos conseils cela m’évitera de me torturer la cervelle comme vous le dites si bien, je sais combien vous préférez tendre les cordes. Bon ok, je vous laisse le choix. Je ne sais pas comment je vais être mercredi lorsque je retrouverai Lilou à la gym, cette fois, je risque d’être beaucoup moins bavarde et curieuse. Trop peur de dire des bêtises, je verrais sur place. Finalement, je me sens de moins en moins maîtresse de mon destin, moi qui disais que le hasard n’avait pas beaucoup de place dans mon univers intime, je suis en train doucement de lui entrouvrir la porte avec je l’avoue une certaine délectation.
Comme une feuille tombée dans le cours d’une rivière, je me laisse emporter on verra bien où le courant m’entrainera. Je file Tata A bientôt. Kiss La Puce
Chère Tata,
On peut dire que vous êtes réactif, je ne pensais pas avoir une réaction aussi rapide de votre part !!! Oh vous croyez vraiment que la photo dont vous parlez sera la plus, comment dire ... chargée en émotions ??? Je ne me trouve pas si ... Mais bon puisque j’ai dit précédemment accepter sans discuter votre choix, il en sera ainsi. J’espère parvenir à ne pas le décevoir !! Réponse samedi. Oui tata. Oui je vous ouvre encore un peu plus ma boîte à images, cela me fait drôle de mettre mon âme à nu, vous semblez avoir un tel appétit de secrets. Voilà encore de quoi le rassasier donc et tant pis si je passe pour une ...... comme vous le dites si bien lorsque vos yeux s’enflamment et que je devine combien il va m’en cuire . Oui pour Lilou je vais faire comme vous dites la laisser venir, c’est bien plus malin en effet Tata, ne pas dévoiler mes intentions comme dans une partie de poker. Encore merci de me conseiller aussi bien à distance. Non malheureusement je ne pourrai pas être là aux prochaines vacances, maman n’a pas prévu de partir, elle vient de trouver un boulot et moi j’ai l’intention de gagner pour me payer mon permis alors sans vouloir vous manquer de respect je pense que Monsieur Richard verrait d’un mauvais oeil si je devais lui dire que je devrais être absente. Je n’ai pas envie de couper le fil si fraîchement tissé entre lui et moi et voir mon biscuit couvert par la farine d’une autre. Merci de comprendre mais promis lorsque je pourrais j’irai en cuisine couper le saucisson et me faire..... Touiller la salade par vos soins. Kiss La Puce
Tata, Je reviens de la gym , j’ai fait comme vous me l’avez si bien conseillé, laisser le soin à Lilou de dévoiler son jeu, ne pas parler la première du Comte. Je n’ai pas eu besoin d’attendre longtemps . Elle m’a dit que son " parrain « , ça me fait toujours drôle lorsqu’elle parle de lui ainsi, j’ai l’impression de rentrer au service de sa propre famille sans savoir exactement quelle sera ma place et mon grade, était enchanté de m’avoir rencontrée et qu’il avait hâte d’être samedi pour voir si je lisais bien. Bon en fait rien de très précis. Je me demande si elle me cache des choses à la demande du comte, si elle joue à ne pas trop m’en dire ou si c’est lui qui cloisonne ainsi notre façon de travailler à son service, par souci peut-être de ne pas nous mettre en rivalité ou je ne sais quoi d’autre. Je me pose tellement de questions, toujours est-il que lilou n’a pas dit grand-chose même sur le chemin une fois la gym finie nous n’avons finalement pas du tout parlé de lui et de nous. Juste avant de nous quitter, elle m’a rappelé que je ne devais aller là-bas que vêtue d’une jupe ou une robe et jamais plus basse que les genoux. Moi qui n’en ai pas beaucoup, je vais essayer d’en trouver une pas trop chère que maman pourra me payer. Pas facile en ce moment côté finances à la maison, mais si cet investissement me permet de gagner plus.... J’ai bien lu le roman, déjà 100 pages, je répète à voix basse chaque fois que je peux. Ca va pas de passages trop osés, c’est de l’érotisme doux, je devrais m’en tirer pas trop mal et à lire c’est assez facile, fluide. Je me vois bien dans cette fille qui découvre le pouvoir qui apparaît avec ses formes naissantes. Bon maintenant je dois passer à..... confesse, le mot est finalement très juste, même si j’avais pu, vu vos questions et le ton employé le découper en deux parties. Oui tata j’aime ces dessins obscènes aussi sur lesquels on vOit les filles tartinées par du jus de sexe, même si jamais encore je n’ai pu voir et moins encore, reçu sur moi du sperme. Ce n’est pas parce qu’on a pas d’argent que cela interdit de saliver devant une meringue en vitrine si je voulais trouver une image !! Je ne sais rien de l’odeur, de la façon dont cela sort de la verge, de la consistance réelle, du parfum que cela dégage, BREF je suis plutôt en manque de connaissance sur le sujet, je veux dire concrètes en direct. Oui Tata Oui j’ai déjà fantasmé me faire tartiner la peau le corps avec du jus de ...., Oui j’ai mis un S au bout, plutôt qu’un préservatif. Je me souviens en sixième avoir surpris la conversation de deux grandes qui étaient en troisième, l’une disait à l’autre que le sperme avait le pouvoir si on se massait la poitrine avec, de la rendre plus ferme voir même de la faire croitre, alors imaginez ce que cela a pu engendrer chez moi d’images, lorsque je faisais faire à mes doigts leur promenade nocturne avant de tirer les volets de mes yeux !!! Combien de fois me suis-je imaginée passant sous des douches chaudes !!! Et toujours aspergée par de vieux tuyaux...... Oui c’est ainsi Tata, pour X raisons et des raisons X j’aime les sexes d’hommes mûrs, les autres filles se barbouillent les doigts avec les vedettes en couleurs, moi je trempe mes pinceaux dans le noir et blanc. Oui Tata, Oui je sais déjà par quels adjectifs vous allez m’affubler, j’assume mes rêveries, mes fantasmes et mes orgasmes qui en découlent.
J’assume à ce point que oui monsieur le comte me verra dans mon deux pièces, que s’il veut en secret se donner du plaisir en s’imaginant tirer sur les cordeaux de ma culotte alors qu’il le fasse et que grand plaisir lui vienne de moi. Oui Tata oui j’ai encore des dessins, ils viennent de la fois où j’ai été en vacances chez un cousin de maman, quelqu’un les avait caché dans une malle du grenier, au dessus de bandes dessinées pour enfants. Drôle d’endroit pour une planque, je ne vous raconte pas le choc ressenti ce jour-là, je n’avais pas encore *********s !! Les voici ces images puisque vous ne manquerez pas de me les réclamer. Il se fait tard, mes doigts réclament leur promenade..... je vous laisse
Kiss La Puce
Chère Tata
Samedi, voilà enfin Samedi, que la semaine a été longue, j’attendais d’en arriver au bout et pouvoir écrire une nouvelle page. Je pense que ce soir j’aurais beaucoup à vous raconter. Il me tarde de me retrouver sur le perron, faire frémir le téton de sa sonnette. J’ai trouvé une jupe pas trop chère, maman a cédé sans trop résister, j’ai mis un chemisier blanc léger, il fait si lourd aujourd’hui, l’atmosphère est électrique. Non tata, je n’ai pas lâché mes cheveux comme vous me le demandiez et je ne pense pas que j’oserais le faire plus tard. Je n’ai pas votre malice pour l’obliger à fouiller ma crinière afin de trouver l’endroit exact où aurait dû s’agrafer mon soutien-gorge pour perturber son protocole. Désolée, c’est déjà terrible pour moi de lui dévoiler mon corps pas maquillé tel que vous l’avez souhaité. Je vais me sentir gênée de devoir lui tendre ma photo, mon dieu ce moment va être chargé d’émotions, je n’en doute pas un instant. Je ne vois pas pourquoi vous me demandez de vous la remontrer mais puisque j’ai refusé le caprice précèdent je vais céder au suivant... Je vous fais plein de bisous et merci de croiser les doigts pour m’éviter de me vautrer lorsque je serais en lecture. Un plus tard. Kiss La puce.
Chère Tata,
Mon Dieu, quel après-midi mouvementé. J’ai l’impression que la semaine est si plate comparée aux quelques heures, bien trop courtes mais si denses du samedi !! Déjà tout avait mal commencé, maman avait besoin de moi pour faire des courses, il a fallu donc l’accompagner, elle a passé son temps à chercher les prix les plus bas, j’ai bien cru que nous finirions avec une pelle et une pioche dans les rayons du magasin. Et elle n’a pas trouvé son shampoing alors il a fallu aller dans l’autre supermarché pour enfin trouver le Graal. Pendant ce temps les aiguilles tournaient et lorsque je lui disais, en tapant du pied par terre que j’allais être à la bourre, elle me répondit que je n’avais qu’à passer un coup de téléphone pour prévenir les parents, ils comprendraient facilement. Sauf que je me voyais mal faire attendre la noblesse et me présenter à sa porte ne serait-ce qu’une minute en retard . Et cette mamy qui s’en mêla, elle n’arrivait pas à faire son créneau, bloquant ainsi la circulation, j’avais envie de lui arracher le volant des mains, la poser sur le capot et faire mes premiers essais de conductrice quitte à froisser de la tôle. Une fois enfin arrivée à la maison j’ai juste eu le temps de mettre ma livrée, de vérifier pour la énième fois que j’avais bien le goûter de Monsieur Le Comte, glissé dans les pages du Roman. J’ai zippé la fermeture , fait glisser les sangles du sac à dos sur mes épaules, le tout dans une chaleur exténuante et un énervement idoine.
Le bus, et bien le bus je n’ai eu le temps que de voir ses fesses, oui il était déjà loin et je me voyais mal lui courir après alors j’ai commencé à marcher, je n’avais pas envie de patienter debout sous l’abri, en plus il y avait un groupe de jeunes plutôt agités et je me voyais mal dans ma tenue devoir m’impatienter presque 10 minutes pour que le suivant survienne. Alors j’ai marché d’un pas pressé, côté ombre, des gouttes de sueur commençaient à perler et l’aiguille de ma montre trottait plus vite que moi. Le ciel lui aussi entra dans la danse, à croire que le destin ne voulait pas de moi ou faisait tout pour me faire rebrousser chemin !! Maïs vraiment !! J’ai tout de même bénéficié d’une éclaircie en voyant le bus arriver alors que j’étais à dix mètres de son arrêt. Le temps de souffler quelques minutes avant de voir s’écraser lourdement les premières gouttes sur la vitre. Les premières car la suite fût dantesque, une averse orageuse au moment même où la porte s’ouvrit alors qu’il me fallait encore gravir la colline, courir car bien entendu je n’avais pas songé à prendre un parapluie ni un blouson avec capuche !! Alors j’ai couru sous la déferlante, comme une forcenée, par miracle la grille était ouverte, sans doute avait-il voulu m’éviter de prendre la saucée. J’ai ainsi pu quatre à quatre gravir les marches du perron pour me réfugier sous la verrière et ..... Rater la dernière marche, m’étaler de tout mon long sous la marquise de verre pour voir la porte s’ouvrir et me retrouver la bouche et les yeux à Comte d’hauteur. Je ne vous raconte ma honte !! Ah pour être à l’heure je l’étais mais de quelle façon !! Heureusement oui heureusement que cet homme avait le sens de la répartie et savait comment redresser les situations les plus embarrassantes, me tendant une main pour que mon corps retrouve sa dignité. Il me fit rentrer, en oublia même le protocole pour palper mon revers. Mais très vite, je compris son sourire en découvrant dans le miRoir le petit rat trempé que j’étais devenu. Et surtout, Tata, impossible de ne pas songer à vous, d’avoir ainsi convoqué le diable au bal, mon chemisier, sa blancheur immaculée était moulée à mon buste, il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir mes médaillons rosés accrochés à mon buste !! Pourquoi n’avais- je pas obéis ? Lâchée, ma chevelure, même trempée, aurait pu masquer mon impudeur. Il me fit rentrer, me dit que j’allais pouvoir me sécher que j’aurais dû attendre que l’averse cessa, que j’étais bien imprudente d’avoir couru sous l’orage, bref réagit comme un père l’aurait fait, des mots doux, teintés de précautions, d’attentions.il me montra la porte de la salle de bain, afin que je me sèche, n’ayant pas de vêtements, J’allais devoir garder mes effets mouillés. Imaginez Tata, seule face à la glace de l’armoire au dessus du lavabo, chemisier collé à la peau, heureusement que ma jupe avait mieux résisté aux assauts de la pluie, rien pour me changer, juste une serviette pour sécher mes cheveux. Et j’allais devoir retrouver un septuagénaire pour lui faire la lecture, assise face à lui !! J’ai tout de même retiré mon haut, me suis épongée la poitrine, j’ai fait comme j’ai pu pour retrouver un peu de bienséance et de pudeur et j’ai fait tomber ma crinière sur le devant. C’est alors que je me suis rendue compte que dans le tumulte de mon arrivée, il avait abandonné le Vous au profit du Tu. Sans doute j’avais franchi un pas, en seulement deux visites j’étais parvenue à trouver mon espace auprès de lui. J’étais si fière Tata et troublée, je vous l’avoue de maintenir les règles de bienséances en continuant de le vouvoyer. Je trouve cela bien plus érotique, vouvoyer un homme mature qui me Tutoie. C’est presque d’un
autre temps, comme ces histoires que je lisais autrefois, dans l’antichambre de l’opéra où de vieux bourgeois venaient conter fleurette aux ballerines. Combien de fois me suis-je imaginée en chaussons lassés, si vous saviez Tata. Dansant dans des salons privés avec mon plateau de tulle, sans rien dessous, ni dessus. Qu’ils admirent mes pointes et ma souplesse. Mais il me fallait le rejoindre, j’avais un travail à accomplir. Il était assis dans son fauteuil, venait d’allumer une pipe, me toisa et lâcha un énigmatique " Dommage « ,et enchaina de suite par cette phrase qui résolu mon questionnement. » Je constate avec joie que tu as songé à mettre une jupe et je remercie le ciel de t’avoir inspiré ce splendide chemisier. As-tu songé à apporter ce que je t’avais demandé ? « C’est totalement fou, Tata, mais à cet instant précis, j’ai ressenti la fierté de l’écolière en ouvrant mon sac, tirant de celui-ci le roman où j’avais glissé mon " devoir " dûment rempli sans presque me rendre compte que je lui tendais mon corps par vos soins emmailloté. Vous étiez là Tata, oui vraiment, je sentais votre présence chaude, par-dessus mon épaule, susurrant à mon oreille vos vils encouragements à tendre ma poitrine, mon visage sans fard et le bassin de mon corps. Un fil accroché à mon poignet, votre maîtrise de pour parvenir à tendre mon bras comme une poupée et obéir aux mouvements de l’attelle. Ma photo était entre ses mains, reliée à lui par vos soins. Comme pour me protéger de cette impudeur offerte et éviter de voir sa réaction, mon esprit s’est envolé, j’étais dans votre cour, je n’oublierai jamais cet après-midi ensoleillé et le lendemain, cette sortie étrange où passagère de votre véhicule et de vos envies, sans sourciller j’ai obéi à vos exigences surréalistes. Pendant ce temps, face à moi, sans un mot, il me regardait la photo dans sa main droite, le regard absorbé, il tira une bouffé de sa pipe sans succès, me posa sur la boîte à gâteaux, prit une allumette pour faire rougir le fourneau et me reprit en main, un épais nuage virevoltait dans le salon. Tata, ce silence était si pesant, si lourd. Pas le moindre mot, aucun commentaire, que les secondes étaient longues. Il finit tout de même pas ouvrir la boîte à biscuits pour m’y glisser dedans et rejoindre les autres. Oh Tata, quel soulagement ce fût pour moi, d’une part mon impudeur était sous cloche et ensuite cela voulait dire que la biscotte choisie par vos soins semblait en mesure de satisfaire son appétit. J’ai juste eu le temps de voir, avec je le confesse une certaine fierté, que mon modeste corps en deux pièces venait de couvrir le visage minaudant de Lilou dévoilant son poitrail vêtue d’un short en jean. Il sortit de l’antichambre du silence, me demanda si j’avais lu le roman et je pouvais lui faire la lecture. J’ai répondu par l’affirmative, retenant mon souffle pour ne pas me vautrer cette fois comme sur son perron. Il s’est levé, et me fit signe de le suivre en salle de lecture !! C’était bizarre, comme quand on change de salle au collège ou au lycée, il fallait donc que je lise dans une salle dédiée à cette matière. Je l’ai suivi jusqu’au grand escalier menant à l’étage. Nous pouvions monter côte à côte mais la galanterie et je l’espère le voyeurisme firent que je me retrouvais deux marches plus haute que lui. Tata que devait-il penser à cet instant croyez-vous ? Il faudra me raconter lorsque je devais gravir ceux de votre maison avec si peu de tissu pour couvrir mes jambes et vos yeux vissés sur mon derrière. Oh Tata , impossible de poursuivre mon écriture, mes cuisses ne cessent de se serrer, j’ai les doigts comme des hameçons, je dois aller.... Pécher.
</font>Ma chère Tante épisode 16
Oh Tata !!!!!!
Mon Dieu, vous êtes à ce point intéressée par mon odyssée !!! Je me remets à peine de mes émotions que déjà un message de vous !!!
Oui Tata, Oui je me suis vidée mais juste un peu, mais pas assez, je ne crois pas y parvenir d'ailleurs, Mon berlingot ne cesse de tourner comme une soupape le ferait, vraiment Tata je me sens sous une pression constante avec mes vapeurs.
Parfois je voudrais que l'on m'exorcise, m'attache en croix à un lit, m'égruge le vice, que ma peau soit enduite d'eau bénite gluante afin que le crucifix puisse coulisser au plus profond de mon ventre et puisse expurger mes luxures et que l'on plante tel des clous les orgasmes dans le creux de mon ventre jusqu'à mon dernier soubresaut.
Je me sens prisonnière de ce double, comment puis-je être aussi sage en vitrine alors que dans l'arrière salle je me consume ?
Oui Tata, je vous raconterai puisque vous m'en offrez l'occasion ce que j'ai ressenti lors de ces vacances si particulières, Oui vous saurez tout sans tabou aucun, pour une fois que la poupée peut enfin ouvrir la bouche pour un autre usage que celui utilisé par vos vices.....
Alors Oui je parlerai, ou plutôt je viderai mes poubelles tellement je me suis par moment sentie sale et humiliée par le panel de vos débauches.
Mais attention Tata, ne vous attendez pas à mon indulgence, ce n'est pas parce que j'ai joui que je vous épargnerai car il y a des choses Tata......., heureusement que j'étais excitée et manipulée par vous !!!!
Pour répondre à votre insistante question, NON Tata, NON il ne m'a pas touchée, rassurez-vous, bien que ce que j'ai vécu était peut être pire que s'il avait glissé sa main sous ma jupe dans l'escalier ou l'enfouir plus tard dans mon corsage.
Je découvre combien l'érotisme est un pays aux frontières sans fin, j'étais loin de m'imaginer tamponnée avec autant de visas. Je comprends le regard de Lilou, cette plénitude exprimée lorsqu'elle parle de "Son parrain ".
Il me faut poursuivre mon COMTE rendu, nous sommes arrivés sur le pallier, j'avais mon sac à la main contenant le roman et la photo de Lilou là où j'avais cessé de lire. Il me précéda et tout au bout d'un long couloir, nous nous sommes retrouvés devant une porte en chêne, il sorti un trousseau de clés, je trouvais cela insolite pour un homme vivant seul à son domicile, à moins que de temps en temps de la famille vienne le visiter et que des enfants ne viennent jouer et déranger l'ordre de la pièce, les personnes âgées aiment l'ordre ou plutôt détestent faire le ménage ou chercher leurs affaires.
Mais lorsqu'il ouvrit la porte je compris tout de suite que les enfants en question voir même les adultes non prévenus auraient été surpris de voir le mobilier et la décoration de cette pièce !!!!
Oh Tata , jamais je n'aurais imaginé cela possible !!!!
Seules les statues de bronze et de marbre représentant ces filles dans des poses alanguies et tendues, cuisses largement ouvertes sur des pubis lisses, sans compter ce bas ventre masculin coupé au nombril dardant une virilité extrême recouverte de veines si saillantes qu'on aurait pu les imaginer véhiculant du granit de ****, ce gland TATA, mon Dieu ce gland, il ressemblait à un champignon, si large et puissant.
Qui avait pu sculpter pareilles oeuvres, qui avait pu poser ainsi, qu'il s'agisse des filles ou de ce promontoire, on aurait pu y pendre un manteau d'hiver tant le promontoire était solide et la courbe parfaite !!!!
Il s'est assis dans un fauteuil, je n'ai pas remarqué tout de suite sa facture car il avait allongé ses bras sur les accoudoirs mais soudain j'ai découvert que l'accoudoir de gauche en bois sculpté représentait le corps d'une femme étendue nue de telle façon que les mains pouvaient d'un côté palper sa poitrine dardée vers le plafond tandis qu'à gauche la même sylphide offrait à la paume sa croupe.
Des estampes et dessins d'un autre âge mais de moeurs légères couvraient les murs. Non Rien Tata vraiment rien dans cette pièce exprimait autre chose que l'érotisme, J'avais beau tourner les yeux, je ne voyais que stupre, impudeur, libertinage et lubricité.
Tout était réuni pour inviter, exciter, sublimer les corps et les envies.
Il a attendu quelques instants, sans doute que je digère l'environnement nouveau dans lequel il venait de me plonger puis me demanda de lui faire lecture, j'ai sorti le roman et maladroitement fit tomber Lilou à mes pieds. Alors que j'étais penchée pour la ramasser, il me stoppa, d'une voix nette et sans appel.
"Ne bouge plus , reste ainsi !"
J'avais la main à quelques centimètres du téton dressé sous le bustier de ma copine, le dos courbé et me rendit compte que de là où il se tenait, il avait vue sur l'entrebâillement de mon chemisier par conséquent ma poitrine offerte.
Il ne put retenir un ...."que c'est beau " puis quelques secondes après m'invita à me redresser pour commencer à lire.
Alors j'ai dégluti et ouvert le roman pour débuter mon travail, il m'invita à m'asseoir dans le fauteuil plus chaste à trois mètres du sien tandis que sa main droite semblait malaxer doucement la poitrine boisée de l'accoudoir et la gauche palpait les fesses de l'autre côté. Tata, j'avais la sensation qu'il était en train d'empaumer mes seins pendant que j'articulais mes premières phrases.
C'était, hmmmm Tata , c'était !!!!
J'ai bien lu, vraiment Tata, je ne sais comment vous remercier de m'avoir prodigué vos conseils, vous auriez pu être instit.
Seul bémol, parfois j'avais du mal arrivée à certains passages, pourquoi ma main avait choisi ce roman, allez savoir.........
On me laisse seule dans le cabinet contrairement à l'habitude, et le docteur me fait déshabiller complètement.
- Oh! mais , on devient une grande fille !
Je rougis (je pense Tata que mes joues devaient s'empourprer) de toute ma surface. Qu'est-ce que le docteur peut bien voir ? Il applique son visage sur ma poitrine; dis trente-trois, respire, tousse.... Sa barbe blonde touche ma peau. Pourquoi les docteurs ont-ils des barbes. Je déteste cette sensation.
A cet instant Tata, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pu empêcher de marquer un temps d'arrêt, Monsieur Richard m'interrompit pour me dire de ne pas laisser paraître mes propres émotions mais d'être la voix du personnage.
....Et en même temps que je la déteste, je commence à avoir chaud.
- Tu as de l'appétit ? Tu n'as pas du mal à t'*******r ? Tu ne te sens pas énervée parfois le soir ?
(Mon dieu Tata heureusement que ces questions concernent l'héroïne sinon y répondre moi-même aurait été chose délicate et trop intime)
- Tu n'as pas d'insomnies ? A quoi penses-tu le soir ?
( A des mains qui s'aventurent sur mon corps, Tata, des yeux qui m'écartent les cuisses, des ventres qui se frottent au mien et finissent par m'écraser !!!!)
C'est un médecin ou un confesseur ? Où veut-il en venir ? Il me saisit le menton et me regarde dans le fond des yeux.
- Tu es sage ?
Si je suis sage. Qu'est-ce que cela veut dire ? Je me sens l'objet de troubles soupçons, indéfinissables.
Vous le savez, vous, Tata, si l'on m'interdisait l'usage salutaire de mes doigts, je serais bonne à interner.
Je pense à ces femmes qui à travers les siècles durent subir les jugements des hommes pour mille raisons, seules le corps tendu à se donner bonheur ou enlacées intimement, elles finissaient parfois sur le bûcher de la vanité masculine tandis que les mâles pouvaient en meute battre campagne et violer à tour de bras.
Finalement Tata, je suis fière d'avoir participé à vos chasses secrètes lorsque vous me faisiez monter en voiture. Vous agitiez fièrement l'étendard de notre liberté.
Voilà, j'ai fini ma rédac, il est 23 heures.De plus maman m'a bien énervée, ne parvenait pas à quitter l'appartement, j'étaisdevant la télé à trépignerintérieurement, l'entendre se demander si ce chemisier irait avec cettejupe, si elle était bien coiffée, allait elle mettre ce bijou ou plutôt ce bracelet.Je n'avais qu'une hâte, quitter le canapé, m'enfermer dans ma chambre et chercher des mots, assembler des phrases, les ajuster... Finalement maman et moi sommes du même bois, elle tergiverse pour se vêtir tandis que moi je fais de même pour me mettre à nue.Enfin elle est partie, vêtue d'un jean et d'un pull, pas la peine de faire tout un cirque pour finir ainsi.Je me suis levée, dirigée vers ma chambre, tournée la clé dans la serrure puis j'ai tourné en rond me demandant quels mots j'allais employer, comment articuler mon texte pour donner du volume à mes seins et les rendre palpable à ses yeux.Qu'il est difficile de parler de soi,décrire son propre corps.Dommage que je n'y connaisse rien au braille, la chose aurait été plus aisée, il lui aurait suffi de glisser le bout de ses doigtssur mes picots pour découvrir le chant de ma peau.Durant 10 minutes j'ai rempli la corbeille à papier, je ne parvenais pas à aligner plus de trois lignes, comment parler d'une poitrine que je passe mon temps à masquer de peur qu'elle soit sujette à moqueries et quolibets.S'il savait combien il m'est difficile une fois sortie de son univers de l'enfermer de nouveau.De dépit je suis retournée au salon et me suis servie un fond de Porto,l'alcool aidant peut être que je parviendrai à débrider ma monture.Je suis retournée dans ma chambre, j'ai défait mon tee-shirt pour la voir, face au miroir, observer ses palpitations, de face, de profil, penchée en avant, ou le buste tendu, mais rien n'en sortait.Je me suis pincée les bouts,à plusieurs reprises, pour les réveiller, qu'ils me viennent en aide comme un styloque l'on presse pour activer le flux de l'encre.Mais rien... pas un mot, ni même de lait !Oh certes mes tétines étaient dressées, affûtées,mais à part une douleur devenue vive, elles avaient plus envie d'être dévorées par unebouche que me parler.Alors je me suis souvenue de ce conseil donné par mon institutrice...."Lorsque vous coincez sur un exercice, inutile de persister trop longtemps, passer au suivant".Aussi j'ai appliqué studieusement l'enseignementet sorti le second devoir que le Comte m'a donné, cette photo, ce maillot de bain, ma mine triste,mon regard interrogateur. Il veut savoir son histoire, qui l'avait prise et dans quelles circonstances.....J'ai longuement fixé mon propre reflet, me suis dévisagée la poitrine et j'ai décidé d'écrire en ricochet puisque mes seins avaient été à l'origine de l'émoi causé chez le photographe, je n'avais qu'à relater cette expérience. Le voyage de mes seins au pays du désir.Soudain, emplis de ces souvenirs, mes mamelons se sont mis à suinter et l'encre acoulé........
Monsieur Le Comte,Ce que vousm'avez demandé me parait difficile, disserter sur moncorps, de surcroit ma poitrine. Je pourrais par confort, aligner des mots, trouver des formules, mais très vite vous parviendriez à déceler derrière ce rideau de lettres, une gêne.Ce n'est pas qu'ils soient insensibles, loin de là, mais je n'ai pas l'âme d'une boutiquière pour les agiter en vitrine ou derrière une vitre à maculer.Je ne vous cache pas, Monsieur Le Comte, que chaque samedi, depuis que je me rends chez vous, ma poitrine se met à vivre, exister, vibrer même je l'avoue.Cette obligation dans notre contrat m'aura permis de mieux comprendre mes seins, les apprivoiser même. Ce n'est pas en enfermant que l'on saisit les choses.Quitter le domicile avec leur liberté ne m'est plus insupportable, le fait de traverser la ville nue sous mes chemisiers, affronter les vents, le soleil et les intempéries m'aide à mieux les connaitre, sentir parfois qued'autres regards aiguisésque le vôtre se détournent à leur passage me procure des frissons.Rien que de songer que je vais devoir samedi vous les dévoiler figés, déballés surpapier glacé me plongedans un exquis embarras.Vous voulez savoir qui est à l'origine de cette photo où j'apparais dans un deux pièces trop étroit ?Plutôt que m'affairer à creuser mon cerveau pour trouver l'inspiration, je préfère vousraconter cette émotion dont ma poitrine fût la source.Vous allez vite comprendre, Monsieur Le Comte, que mes seins ont plus à gagner lorsqu'ils ne m'appartiennent plus, aussi que finalement à bien réfléchir, je pourrais les poser sur un plateau puis quitter la pièce sans que personne n’en prenne ombrage.Ce qui leur est arrivé ce fameux jour n'aurait jamais dû se produire si un être n'avait manqué à sa parole.....J'aurais dû me rendre à Paris, unweekend promis de longue date par unpère si souvent absent, et plus enclin à honorer ses maitresses que les promesses faites à sa propre fille.MaisIl s'était engagé, avait juré tellement fort que je m'étais reculée de peur qu'il ne crache sur mes souliers pour sceller son serment.Leprogramme était alléchant, après quelques heures de route, nous serions allés de musées en boutiques, de restaurants en monuments, et le soir, cerise sur mon gâteau, il m'aurait préparé une surprise,sans doute un diner spectacle dans un de ces cabarets où Lautrec a posé son chevalet.Une bulle d'air, des retrouvailles si souvent avortées. Mon sac était prêt de la veille, il m'avait confirmé la semaine précédente notre rendez-vous.Levée tôt je m'étais apprêtée, maquillée et vêtue, prête à mettre la Capitale à mes pieds et déambuler à son bras sur les grands boulevards.Je guettais par la fenêtre sa voiture, maman s'exaspérait de me voir faire les cent pas et piaffer sans cesse. N'osant me dire que..... que l'aiguille des minutes allait céder sa place à celle des heures et assombrir mon regard jusqu'à ce que coulent sur mes joues les couleurs de la fête.
A force de pousser les murs de ma patience, j'avais atteint le jardin des larmes. Son téléphone m'envoyait dans l'antichambre de la lâcheté. Après avoir vidé mon sac dans sa messagerie,j'ai éparpillé celui de mes affaires puis me suis allongée face contre mon oreiller pour éponger mes sanglots.Vous voyez, Monsieur le Comte, j'étais plus disposée à prier le Diable qu'à vouloir louer mes seins.Ma mère avait compris d'instinct, depuis bien longtemps, que cette promesse était un feu de paille, mais chaque fois qu'elle avait tenté de m'avertir, d'un revers de la main j'avais nettoyé son pupitre.Maman voyant ma peine, et pour m'éviter de rester prostrée la journée entière sur mon lit, en cachetteappelaune de mes copines pour lui demander de me changer les idées.Céline, sans me demander mon avis, m'informa queson père ne tarderait pasàvenir me chercher, je n'avais qu'à préparer un maillot de bain, la piscine était à température idéale.Comme une zombie j'ai saisi le premier qui me venait sous la main et attendu que l'on sonne à la porte, un vrai père cette fois, pas de ceux dont les promesses se dérobent au moindre courant d'air, emportant avec elles mes guirlandes d'illusions.Il me conduisit jusqu'à chez lui, tenta maladroitement, à l'aide de formules, d'éponger mon amertume, de trouvermille excuses à l'auteur de ma colère,mais le mal était bien plus profond, trop abyssal.Céline m'attendait déjà dans la piscine, son père ne devait pas rester, il avait à faire en ville et nous serionsseules elle et moi une bonne partie de l'après-midi. Ironie et provocation ultime du sort qui était le mien, sa mère était à Paris avec sa petite soeur. Je suis donc allée dans la salle de bain, j'ai revêtu mon maillot de bain, et penaude,suis sortie pour la rejoindre. Sauf que dans la salle à manger, son père était encore là, semblant attendre je ne sais quoi. Il me contempla des pieds à la tête comme un gamin désargentéface à la devanture du confiseur, à laper ma vitrine du regard. Le silence était lourd, ses yeux suaient. Seuls les plongeons de Céline à quelques mètres de nousparvenaient à le briser. Ilm'assuraque mon père, sans doute, n'avait pu faire autrement, qu'il allait seconfondre en excuses, etsans que j'encomprenne la raison, il tirade sa poche unappareil photo et me fixant, me demandade lui sourire, qu'il était dommage qu'un aussi beau minoispuisse être triste. Je suis restée figée jusqu'à ce que Célinem'appelle.Son père, lacinquantaine passée, revint alors à lui, sembladésappointé, retrouva ses esprits et glissa l'appareil dans sa poche. Sans un mot j'ai quitté la salle à manger, ses pupilles accrochées aux mouvement de mes hanches.Il est venu sur la terrasse, tandisque je plongeais rejoindre sa fille, nous souhaiter un bel après-midi, il reviendrait aux alentours de 17 heures.Nous étions donc seules, l'après-midi déroula sa moiteur, plonger dans l'eau, papoter de tout et n'importe quoi, nous taire, ouvrir un magazine, offrir à Hélios nos deux corps.Céline ôta le haut de son maillot, me dit que je pouvais en faire de même, pas de voisins. Alors j'ai fait glisser mon soutien-gorge.Il n'était pas encore 16h lorsque j'ai regardé ma montre, je ne voulais surtout pas que son père me voit ainsi dénudée.
Mais alors que Céline était partie chercher des rafraîchissements en cuisine, j'ai entendu le même déclic que celui de la salle à manger.Tel un chat rentré plus tôt que prévu, son père était parvenu jusqu'à moi pour, muni de son troisième œil figé dans l'axe de mes cuisses, dérober de nouveau mon corps.Dans un geste réflexe, j'ai glissé sous mes seins mon avant-bras, gênée de me retrouver ainsi à découvert,sa fille pouvant revenir à tout moment, nous découvrir et me juger.Lorsque Céline, un plateau à la main et les mamelles toujours au vent, fit son apparition, il avait déjà pris place sur la terrasse, assis sagement comme si de rien n'était, je profitais de cet instant pour tendre le bras, saisir ma pudeur et la nouer à mon poitrail.J'avais à la fois envie de partir et d'acceptermaisCéline était là, clé de voute de ce temple.Nous avons passé un peu de temps à bavarder encore, elleme proposa de rester diner, je n'avais qu'à prévenir ma mère, je pouvais même rester dormir si je voulais, la chambre de sa soeur était libre. Son pèretenta aussi de me convaincre mais j'étais lasse de cette journée et bêtement j'ai décliné l'offre faite.Alors Céline replongea dans la piscine, son père rentra dans la maison et je me suis dirigée vers la salle debain pour m'ychanger.J'étais arrivée à la porte, lorsque dans l'encadrement de la chambre d'en face, il se tenait de nouveau à l'aguet, silencieux, le regard affamé, à portée de main.Il insista de nouveau pour que je reste, me montra le lit de sa fille cadette, balbutia tant il avait des yeux plein la bouche, tira de sa poche un billet de 20 euros, le tendit vers moi sans que je comprenne les termesdu contrat proposé.Puis m'annonça qu'il voulait les voir, juste quelques secondes en fixant mon coeur, cette fois, acculée danscette impasse le propos était clair. Il suffisait que je recule de deux pas pour que je puisse fermer la porte et ignorer l'indécente proposition.....Au lieu de cela, je pris l'argent et le regard baissé, honteuse de moi, humide de lui aussi, de ma main libre j'ai tiré le pan de mon soutien-gorge, ouvert le premier rideau, puis le second pour allaiter ses yeux assoiffés.Je n'osais lever la têtevers lui, pour ne pasdéranger son recueillement.Je vis alors un second billet apparaitre. Il voulait une de mes pommes, peut être comparer les deux commesur l'étal d'un marché, me demanda l'autorisation de les saisir, juste une seconde ou deux et alors qu'il s'apprêtait à insister, mon torse se dressa, et mes tétons aussi, nul besoin de parler quand on est seins nusface à des mains, il suffit de se tendre etaccorder faveur.Ses paumes se sont approchées de moi doucement, je pouvais presque les entendre respirer tant mes mamelons étaient à l'affût du moindre souffle de ses mains, puis elles me couvrirent totalement, mes seins disparurent, emportés, aspirés. Il serra pour apprécier ma fermeté ou tenter d'extraire du jus de paumes. J'étais regard fermé dans l'enclos du jardin des délices, ailleurs.... Il y avait des mains posées sur moi, un homme faisait ses premiers pas sur ma poitrine, me palpait, me malaxait.Si j'avais ouvert mes volets clos, nos regards se seraient croisés et peut être que mesbras ne seraient pasrestés ballants, et se seraient à leur tour animés.Mais étrangement je préférais savourer l'instant présent, ne pas bouger, laisser agirson expertise.
Mais Céline claironna mon prénom du fond du jardin et rompit le charme, les deux belettes fuirent leur niddouillet, laissant mes mamelons, pas encore rassasiés, piailler tous becs dehors.Conscient que j'étais à vendre, prête même à me solder,mais que la boutique allait fermer et frustrer ses envies d'aller fouiller dans mes autres rayons,il réclama, supplia même que je lui offre un dernier régal, tendant le reste de sa bourse."Montre-moi en bas, s'il te plait je veux voir en bas, je ne toucherai pas, je te le promets, juste un peu, je veux voir, je t'en supplie, montre moi !!!!!"Alors sans un mot mes yeux, comme les gouttes de sueur qui coulaient de son front, glissèrent vers l'objet de sa quête, suivis comme des ombres par mes mains, là où j'avais les flots noués et j'ai impudiquement tiré sur les cordelettes pour déballer ma papillote et faire tomber le rideau.Maculotte gisait à mes pieds,chiffon humide jeté au sol,trop usé d'éponger mes émotions. J'étais à deux doigts de lancer en avant mon bassin pour qu'il puisse apprécier le juteux de mon alberge si..... Mademoiselle La Morale ne s'était de nouveau manifestée en hurlant, telle une louve le prénom de son père, elle devait se sentir seule, à moins qu'elle n'ait flairé un danger imminent.Elle allait sortir de l'eau, venir jusqu'à nous et briser le sortilège. Dans la panique je me suis penchée pour ramasser ma pelure, il effleura de nouveau mon sein le temps d'un adieu que déjà je tournais le dos, lui offrant mon postérieur pour qu'il glisse son âme errante dans la chaleur de ma raie.Voilà, Monsieur Le Comte, ce que je pouvais dire à propos de mes seins. J'espère être parvenue à satisfaire votre curiosité, peut-être serai-je hors sujet, c'est à vousde me le dire une fois mon devoir lu. J'ai éprouvé une grande difficulté à me confier sur mon enveloppe charnelle, mais sachez que lorsqu'ils m'accompagnent à votre domicile, ils se sentent si bien. Je n'avais jamais osé confier cet épisode, même Lilou l'ignore.Alors je vous remercie de m'avoir offert cette liberté surveillée.Voilà Tata.Il est inutile de vouloir me faire modifier le contenu de ma rédaction, elle est scellée dans son enveloppe.Les dés sont jetés. Je vais me rendre samedi à son domicile, munie de mes deux enveloppes, les lui remettre et m'offrir à son jugement.Je dois vous laisser, j'ai la tête engourdie par le Porto et la fatigue. J'ai peur et hâte de me présenter bientôt sur le pas de sa porte. C'est étrange comme cet homme se comporte avec moi, je serais curieuse de savoir comment il se conduit avec ma copine mais c'est tellement difficile d'aborder le sujet, elle est peu bavarde elle aussi, je pense que je vais un jour prochain l'inviter à boire un verre ou faire les boutiques afin d'avoir un peu plus de temps et éviter que des oreilles indiscrètes ne viennent écouter aux portes. Dites-moi donc comment je devrais procéder, elle est à son service depuis plus longtemps que moi, je voudrais savoir à quel stade elle est parvenue pour m'éviter tout faux pas ou commettre des erreurs. Cette aventure prend au fil du temps une tournure qui m'inquiète et me fascine. Je crois même secrètement que savoir, finalement, est un voile que je n'ai pas envie de lever. Non finalement je ne vais pas questionner Lilou. Je préfère ce brouillard qui m'enveloppe et me rassure. Je vous quitte, je vais dormir. Kiss - La Puce
Ma chère Tante épisode 17
Chère Tata, Je commence à vous connaître, j’ai appris à lire entre vos lignes, votre plume semble avoir quitté l’encrier de la fébrilité humide pour puiser dans celui de l’agacement. Vous savez maintenant que Céline n’était pas derrière l’objectif comme je vous l’avais laissé croire, mais que le doigt qui appuya sur le déclic était celui de son père. Bien sûr que je vous ai caché cet épisode de mon existence, il ne faut pas pour autant m’en vouloir. Comment aurais-je pu confesser cela sans craindre de passer pour une fille de mauvaise vie ? Oui j’ai accepté de..... louer mon corps quelques minutes durant, mais je n’ai pas couché avec pour autant. Ai-je pour autant ressenti de la honte ? Sur le coup, Non ,je ne crois pas, j’avais même le sentiment de participer à un bonheur. Ma seule honte serait d’être jugée, voilà pourquoi j’ai préféré grimer la vérité. Si je n’avais pas saisi l’opportunité offerte par cette rédaction imposée, je crois que jamais je n’aurais eu le courage de l’avouer, et le souvenir se serait dilué dans ma mémoire . C’est une communion : l’audacieuse demande de Monsieur Le Comte, la fatigue accumulée, et l’alcool sans doute qui aura fluidifié l’ensemble pour que s’écoule sur le papier la vérité mise à nue. Ce qui est écrit sera offert, je ne reviendrai pas en arrière. Si je n’ai jamais été honnête avec moi-même, alors avec lui j 'ai envie de l’être. Je veux et je peux oser enfin regarder mon reflet dans la prunelle de ses yeux. Chaque fois qu’il me demandera de dévêtir mon âme, je la dégraferai pour la lui offrir. Voilà Tata, ce que je ressens à cette heure, je grandis grâce à lui et suis heureuse de vous avoir pour confidente alors de grâce, n’ouvrez plus qu’un seul récipient désormais pour y griffer le papier de votre encre. Baiser
Chère Tata, Que l’attente est longue, chaque mercredi commence pour moi lorsqu’arrive l’heure d’aller à la séance de gym et retrouver nos mutismes éloquents avec Lilou, toujours cette même sensation...... Je suis sur un plateau, lève la jambe, tend la pointe de mon pied droit, puis la pose sur un autre et doucement mon poids fait basculer ce dernier pour me retrouver ensuite de l’autre côté. Le vendredi est encore pire, cette fois je suis face à un miroir, le regarde du lointain de mon lit, me demandant quels rêves viendront habiller ma nuit et se refléter à sa surface ? Oserai-je demain me lever ? Regarder les scories de mes songes dans l’univers glacé ? Quelle sera la couleur de mes yeux, celle de mon corps ? Je ne sais jamais à l’avance dans quel âtre Monsieur le Comte jettera ma bûche d’âme et pourtant chaque samedi matin lorsque je pose mon premier pied au sol, je sais que le second sera celui qui me conduira aux suivants jusqu’à ce que mon doigt caresse le téton de la sonnette et que la porte s’ouvre. Oui à partir de mercredi je bascule et glisse vers l’inexorable porte, je me demande ce qu’il adviendrait si un jour je la trouvais close. Mais chaque semaine est différente de l’autre et ce mercredi, à ma grande déception, je n’ai pas vu Lilou venir, je l’ai attendue, sans même savoir si un jour j’oserai, à moins que cela vienne d’elle aborder le sujet, celui de notre tronc devenu commun, celui contre lequel nos corps nus se grattent à l’écorce. Pourquoi était-elle en retard ? L’a-t-il gardée plus longtemps qu’à l’accoutumée ? A-t-elle... ? J’aimerais savoir et ignorer à la fois, l’écouter une main sur les yeux ou la voir les oreilles closes !! Je suis passée devant chEz elle sur le chemin du retour, la lumière de sa chambre était absente elle aussi, elle devait dormir, oui c’est cela fatiguée, elle avait dû se coucher sans même pouvoir prévenir le club de son absence passagère. Avait- elle eu la force d’aller jusqu’à sa porte malgré son état ? Il me demandera samedi, c’est certain, de ses nouvelles, oui bien sûr, il sait que nous nous voyons sur les tapis et peut être en dehors également, alors il me demandera si elle se porte mieux. Mais s’il ne me disait rien !! Si même sa porte restait close !! Que je ne puisse lui rendre ma copie. Aidez-moi Tata, que dois-je faire samedi ou avant ? La puce
Chère Tata, Nous voici Samedi, je me suis levée, cotonneuse, pas le moindre souvenir d’un songe, peut-être était-il trop leste à constater mes moiteurs, ma mémoire l’aura vite effacé afin de préserver ce qui me reste de pureté. Je tourne et vire, satellise sans repos autour de mon armoire, lorsque j’ouvre la porte, je me vois pendue dans mon éthérée tenue de travail, dans le tiroir de mon bureau, une enveloppe close comme la maison démon âme attendant l’ouverture. Je vais sans doute me maquiller légèrement sans excès, je crois que monsieur Le Comte me préfère nature, mais mes yeux sont trop petits pour qu’il puisse y plonger alors je vais m’arranger pour qu’il puisse venir y miroiter les siens. J’ai juste peur de sa réaction, de froisser davantage ses rides si belles en découvrant qu’avant lui j’aurais été dévoyée. C’est le risque de la sincérité, il doit bien s’y attendre, je sais que Lilou a connu des aventures avec des garçons, elle aura sans doute, à moins de mensonges, dévoilé la vérité.
Chère Tata ...... Encore une fois, je ne sais par quoi commencer tant cette soirée fût !! J’ai la volière ouverte, des papillons volètent de toute part dans mon abdomen, je vous écris, sachez-le, totalement nue, me suis imposée cette posture cuisses ouvertes avec pour défi de ne jamais quitter les mains ni les doigts de mon clavier, voir combien de temps je serai capable de ne pas être coupable. Résister, voilà bien un mot dont Monsieur Le Comte m’aura appris la génèse ce soir. Oui vous avez bien lu, je suis restée chez Monsieur Le Comte jusque dans la soirée, j’ai même du prévenir maman que je rentrerai plus tard afin qu’elle ne s’inquiète pas et surtout qu’elle n’aille pas contacter la famille chez qui je suis censée apporter mes connaissances en français. Imaginez la scène, moi-même j’ai du mal encore à cette heure à croire que c’était moi qui poitrail nu face à Monsieur le Comte, était en train de lui expliquer qu’elle ne devait pas m’attendre pour le diner, que j’aurai certainement du retard en raison d’une dissertation plus longue que prévu. Oui, Tata, vous avez bien lu, j’étais face à cet homme qui pouvait être mon grand-père, les seins à l’air !!! D’y songer et vous le confesser ne va pas les aider à calmer mes bouts qui depuis bien deux heures ne cessent de piailler réclamant la béquée. Mais avant d’en venir à comment je me suis retrouvée dans cette situation, qui somme toute devait bien arriver un jour, à force d’approcher du grattoir votre allumette de nièce devait bien finir par rougeoyer. Ce n’est pas à vous que ..... Mais revenons au sujet qui nous lie. Je me suis donc préparée comme à l’accoutumée, presque religieusement, oui c’est étrange, j’ai toujours désormais ce rituel, d’abord je prends une douche, je m’arrange pour que jamais mon buste ne soit marqué par les traces du soutien-gorge, voilà pourquoI le plus tôt possible je m’en débarrasse désormais, c’est fou que j’accorde autant d’attention à mon corps depuis que je le fréquente, il semble tellement à l’affût du moindre détail, c’est un miniaturiste oui, voilà, c’est cela Tata, votre poupée a trouvé une nouvelle étagère sur laquelle se poser et se laisse admirer. Je me suis essuyée, j’ai enduit mon corps de lait hydratant, c’est étrange cette soudaine envie de m’enduire le corps, avant je me contentais de m’éponger, désormais j’aime me sentir crémeuse, onctueuse . Ensuite, j’ai mon rituel... celui des yeux, OUI Tata maintenant je ne me contente plus de me voir, JE ME REGARDE, enfin je devrais plutôt écrire je mets mon corps sur le devant de l’obscène . Un miroir face à moi, un autre plus petit déposé en haut sur l’étagère, sa prunelle orientée en contre-plongée, Monsieur le Comte étant bien plus grand que moi. Une fois les trous d’homme en place, je peux alors revêtir mon chemisier. Pas totalement non, d’abord les premiers boutons, ceux du bas puis commence le jeu des mouvements, des glissades, mon regard fixé sur les reflets, je me penche comme ceci ou plutôt de la sorte, je baille, un peu, beaucoup, passionnément, plus du tout, c’est incroyable le nombre de variations Tata que peut avoir une échancrure !! J’imagine ,si.... Si j’avais été plus fournie en matière... mais finalement serais-je entrée à son service si je l’avais été ? Peut-être est-ce pour cela qu’il m’emploie, la rareté fait le précieux. Lilou est mieux pourvue que moi, je lui ai même déjà dit jadis lorsque nous passions ensemble sous la douche après avoir sué sur les tapis, mais pour autant elle me dépasse de quelques petits centimètres. Un bouton de plus et soudain, il me faut vraiment me pencher pour qu’il puisse accéder au sacro-saint. Mon nombril n’est plus en vigie lui non plus. Encore un et le rideau se ferme, pudeur reprend ses droits pour que je puisse monter dans le bus et redevenir celle qu’on n’aurait pas remarquée lorsqu’elle serait montée, aurait fait tomber
maladroitement à hauteur de ce retraité un objet quelconque pour ravir au lever les étoiles prisent au piège dans le filet de ses yeux. J’ai enfilé ma culotte, après avoir vérifié que mon buisson était taillé avec soin dans l’éventualité, Oui Tata, je peux vous le confesser, qu’il se sente l’âme d’un maraîcher. Oui, je me sens prête un jour à cette éventualité, combien de temps un homme peut-il résister à une telle tension ? Peut-être Lilou récolte-t-elle le mercredi ce que je sème le samedi, mais moi ? Oui moi !! ne suis-je pas digne de moissonner les siennes ? A t-il peur que je m’enfuie ? Ma fragilité l’effraie peut-être, s’il savait ce que mon corps peut endurer lorsque je l’emploie sur les barres et les poutres, je sais y faire, j’ai le poignet souple et ferme, suis capable de me tendre et me tordre en tous sens. Bien sûr, je n’ai aucune expérience en matière d’homme mais cela ne signifie pas que je ne sais rien faire de mes dix doigts. Oh Tata, la douleur de mes cuisses ouvertes et tendues appelle et attire mes doigts, mais je résiste, je veux terminer cette lettre avant de... A moins que ? Oui à moins qu’il n’ait plus de puissance que dans le regard et ces doigts qui effleurent mon dos... ? De toute façon, je dois me préparer à toute éventualité, ne serait-ce que si jamais il ne voulait que voir, oui, simplement me dire de remonter ma jupe et faire glisser mon voile blanche, je serais honteuse de lui présenter un désordre, voilà pourquoi je me pAsse en revue avant de tendre mes toiles et, rutilante de partout, me présenter à bon port pour venir à quai m’arrimer à sa . Un doigt de Trésor lèche ma nuque, un peu sur les poignets également, donner à mes yeux un peu plus d’éclat et me voilà prête à affronter les embruns, d’abord parvenir jusqu’à ma chambre sans croiser maman, qui ne comprendrait pas que je m’affuble ainsi pour donner la leçon à un *********. Vivement les jours ternes et frileux que je puisse mettre un manteau et cacher ma tenue d’apparat, même boutonnée au col, j’ai l’air d’aller arrondir mes fins de mois. Non je me suis regardée et non Tata, je ne pouvais sortir dans une telle tenue, si seulement la porte du Comte était adjacente à la mienne, il en était ainsi dans les châteaux jadis, de sombres souterrains par lesquels à la nuit venue, j’aurais quitté mon toit de chaume pour m’offrir devant l’âtre. Non Tata ce que j’ai pu faire avec vous, seule je ne le puis, j’ai besoin d’une main qui me tienne en laisse, me dise là où je peux faire et là où il ne faut pas. Ma jupe est trop cintrée, moulante, au moindre mouvement mes fesses ondulent, on voit même le creux tant le tissu m’épouse. Si jamais sur la route je croisais des garçons aventureux, voire pire, les harpies de ma classe, cela en serait fini de mes efforts quotidiens pour n’être qu’un spectre sans rondeurs ni formes. Vivement que les feuilles recouvrent le sol pour que je puisse sous de longs manteaux aller presque nue sunner à sa porte, j’ai déjà repéré, dans une boutique en ville, un bustier en satin qui dénude parfaitement le dos, comme j’aimerais sentir ses doigts effleurer malgré tout l’absence d’agrafes à même l’épiderme. Oui j’irai l’acheter avant qu’il ne quitte la vitrine, mardi sans aucun doute. Donc j’ai, par-dessus ma moulure de fesses, enfilé une autre jupe, plus large, plus longue aussi, je pourrais même mettre des hauts talons pour expliquer ma démarche prudente, due à la hauteur etnon à l’étroitesse de ma jupe lingerie. Une fois le portail passé, je n’aurais plus qu’à retirer l’écran derrière le grand buisson qui masque la rue et gravir les marches comme si j’avais osé, gorgée de bravoure, affronter les badauds en chemin.
Mais alors, que pensera-t-il de moi en me voyant ainsi ? Que je suis une fille facile qui aime être sifflée dans la rue, abordée peut être, mon postérieur tendu attendant que de flatteuses mains me mettent le vent en croupe pour me rendre jusqu’à lui !! Tata,je n’y comprends rien aux hommes et leur façon d’interpréter les corps et attitudes, tout est tellement plus simple avec vous, je n’ai pas de questions à me poser, je déambule telle que vous le voulez, je fais les courbettes comme à la parade, je me penche au gré de vos caprices, je n’ai pas à réfléchir et me torturer, vous savez si bien le faire à ma place. Je dois vous laisser Tata, il fait moite et je dois détendre à tout prix mes adducteurs.... Je vous kiss là où vous aimez tant, La Puce
Chère Tata Je suis revenue à mon pupitre, je ne sais si c’est dû à la présence magnétique de l’astre de la nuit qui est apparu dans le cadre de la fenêtre mais je n’arrive pas à garder calme et sérénité. Qui de mon âme ou de mon corps est le plus tourmenté ? Difficile de m’y retrouver dans ce halo d’émois. Je reprends mes esprits, je vais tenter du moins. J’ai revêtu une jupe, c’est plus prudent, les tentations sont trop grandes et il y a encore des braises dans mon foyer, elle est plus ample que celle dont je n’étais parée cet après-midi..... J’ai regardé une dernière fois l’étrangère dans le miroir, chaussé un veston léger, ouvert mon sac en toile dans lequel j’ai glissé mon devoir dirigé, et je suis sortie de ma rassurante tanière pour aller au dehors me livrer à la faune.- tu rentres tard ?- non maman je serai de retour vers 18h30, j’espère qu’il sera plus enclin à faire ses devoirs aujourd’hui.- tu es bien patiente moi je ne pourrais pas. J’étais déjà la main sur la poignée de la porte lorsqu’elle me lança.....- Au fait, ta copine de la gym a téléphoné ce matin, tu dormais encore, je n’ai pas voulu te déranger, pense à la rappeler..... Lilou !!! Ce matin, pourquoi donc voulait-elle me parler ? Me prévenir ? M’alerter d’un danger, je dévalais l’escalier, manquant à plusieurs reprises, guindée dans ma jupe trop cintrée et juchée sur des talons trop hauts, de me tordre les chevilles. Elle voulait me dire de ne plus venir, Oui c’était cela, elle était parvenue enfin à le garder pour elle seule, l’avait détourné de mon attention !! Inutile de perdre mon temps, me faire des illusions. J’avançais néanmoins direction l’arrêt de bus, l’esprit tourmenté, n’osant l’appeler de peur d’entendre la sentence prononcée. A moins que le Comte l’ai chargée simplement de lui dire que la séance ne pouvait avoir lieu, Oui bien sûr, il l’avue en dernier, ne connait pas mes coordonnées. J’étais dans le bus sans même regarder autour de moi, absente et pensive. Et si ? Oh... et si elle avait voulu m’alerter, me dire de ne pas aller là-bas, qu’il avait quitté ses bonnes manières, qu’un piège m’était tendu, qu’elle n’avait pu l’éviter et ne voulait pas que je sois à mon tour victime de cet être trop pervers !!! Mon coeur battait fort le pavé de ma cage thoracique. Pourtant mon corps lui se foutait royalement de mes atermoiements, lui avançait, je l’ai même vu dans la vitrine de la boulangerie, comme s’il me défiait, me fixait pour me dire...... peu m’importe tes doutes, moi j’y vais !! Il était trop tard, et même si j’avais toutes les peines du monde à gravir la pente, la maison était là, de plus en plus là, quelques dizaines de mètres, non, moins encore, puisque j’étais déjà devant la grille. Elle était juste entrouverte, si peu d’ailleurs, qu’il me fallut la pousser avec difficulté tant elle est lourde et massive. Un coup d’œil alentour et je me suis faufilée vers le haut buisson pour dans l’angle de la demeure faire glisser ma jupe et me retrouver en tenue d’apparat..... Maïs.... Mais si c’était Lilou, moitié nue, encore échevelée, qui m’ouvrait soudain la porte, se gaussant avec dédain de mon accoutrement, me toisant avec mépris pour me renvoyer d’un index vengeur pointé vers la grille en direction de ma chaumière et mes espoirs rompus. Comment pourrais-je courir pour vite inonder mon traversin ?
De la même façon que si Le Comte, devenu Barbe Bleu, se jetait sur moi, je ne pourrais faire dix mètres sans qu’il me saisisse par la crinière et me traine dans une cave pour profiter de mes chairs et les dévorer encore ruisselantes et poisseuses !! De toute façon, il était trop tard !! Pendant que je me tourmentais la cervelle, la de moi en avait profité pour titiller le téton de métal. J’entendis résonner mon glas... Mais rien, pas la moindre ombre, aucun bruit, juste celui du vent chaud et de la peau de mon coeur tendue comme une caisse claire avant le saut du trapèze. Et la d’insister de nouveau, encore et encore appuyer et dire qu’elle était là, les seins en émoi, prête au moment du contrôle, à le surprendre, tourner son buste brusquement pour que ses doigts sentent bien la fermeté de ses seins libérés de l’entrave. Non, vraiment je n’avais plus voix au chapitre, esclave de moi-même. Il n’y a pas plus pervers que son propre geôlier !! Non, ses efforts et sa furie n’y firent rien, la porte était close, elle n’aurait pas gagné de cause, il faudrait revenir. A moins de faire glisser sa culotte pour l’enfiler dans la boîte aux lettres pour dire j’étais là, je suis venue, sentez comme j’étais là, Monsieur, humez ma peine de ne pas être entrée, et voyez comme j’étais à point. Et puis, rageuse, écarter malgré la difficulté mes jambes enfermées dans l’étoffe de cette jupe de chasteté, et uriner à sa porte pour lui affirmer dévotion . C’était sans compter sur le vice chevillé à son âme, elle avait dans sa paume la poignée ronde de porte en bronze et la fit tourner, et la porte s’ouvrit, et elle m’entraina à sa suite sans me demander d’avis !! Oh Tata, j’étais entrée par effraction, je veux dire que j’étais chez lui, et que pendant quelques secondes, les yeux clos, j’ai attendu ses doigts sur mon dos en vain, mes seins étaient en ébullition pour rien. Je me suis sentie soudainement comme une voleuse. Il pouvait désormais apparaître et légitimement me pourfendre de sa colère, je n’aurais qu’à me plier à la sentence prononcée sans pouvoir me défendre ni supplier clémence. De toute façon, la petite catin, elle, aurait souri sous mes yeux, en s’allongeant à même le carrelage de l’entrée, sortant sa langue et enduire ses lèvres pour indiquer le pourtour de l’orifice ouvert. Pas un bruit, seulement le lourd balancier de la franc-comtoise dans le salon à biscuits. Appeler, signaler ma présence, dire que je ne suis pas celle qui... En ce moment, même avance comme une chat en chaleur vers le salon pour se faire punir. J’ai eu le temps avant qu’elle ferme la porte, de jeter un dernier regard vers la liberté et la chasteté du monde. Je regardais l’escalier, peut-être se tenait il au sommet, pipe en bouche, le corps enveloppé dans un peignoir, Lilou encore au lit, *******e après une nuit entière de doux tourments. Non, il n’était pas là, aussi je me suis aventurée dans le salon, caressant au passage la porte contenant les friandises à prunelles, j’étais encore les yeux posés sur la serrure que déjà mon corps m’avait entrainée en seulement deux entrechats vers le fauteuil de cuir. Pas eu le temps de ralentir l’outrecuidante, j’étais déjà intronisée, les mains frottant les accoudoirs, tentant d’ouvrir le compas de mes cuisses.
Je moquais intérieurement la péronnelle de se retrouver ficelée ainsi dans cette jupe trop ajustée. Mouler ses fesses est une chose, ouvrir les cuisses en est une autre, il fallait mieux choisir ta garde-robe, ma fille !! La ne pouvait s’en tenir là. J’étais juchée sur moi-même, les cuisses serrées sur mes propres flancs tentant sans cesse de dompter cette fougueuse que je découvrais. Plutôt que me contraindre, m’échiner à retenir l’animâle, j’épousais ces rebonds, lâchais un peu la bride, elle finirait bien par se calmer, et retrouver raison. Lors mon âme laissa ma main faire glisser le bouton et entrouvrir le chemisier un peu plus. Si je ne m’étais retenue, sans doute par défi mon sein serait apparu, peut être même aurait- elle fait voler le chemisier en direction du canapé ou sagement je faisais ma lecture la semaine précédente !! Non juste la vallée offerte, elle se contenta de cela, l’entre monts. Elle se voyait sans doute recevoir quelques servantes, Comtesse cruelle ou Libertine, mandant celle-ci pour me faire la toilette devant le Maître de ces lieux, ou peut être Lilou que je savais endurante à la barre asymétrique, pour éventer mon entrechatte encore ruisselante de mâles assauts. Soudain un bruit me fit revenir à la raison, je me levais aussitôt, la peur au ventre d’être surprise à prendre ainsi mes aises et me faire congédier sur le champ. J’étais debout, aux abois, guettant d’une oreille attentive d’où était provenu le son, tandis que du regard je fixais le fond du salon d’où il aurait dû apparaître, je sentis la caresse poilue de l’auteur de ma frayeur, un chat était à se frotter sur mes mollets, ronronnant comme le faisait mon ventre depuis ma frauduleuse entrée. Oui Tata, à cet instant j’étais moiteur et les tétons en perce neige, Oui, j’aurais voulu qu’il me trouva ainsi et me réclame son droit de cuissage
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Le don de la patience est le don le plus doux,
Quand la gorge est tendue et la lèvre aux abois,
Que la chaleur s'étend de la chair à la soie,
Et que le métal froid emprisonne le cou.
Le don de la patience est le don le plus doux.
Le don de la douceur est le don le plus doux,
Sur la chair lacérée ou sur la peau bleuie,
Après les châtiments, les coups vicieux, les cris,
Quand la bête revient de ses voyages fous.
Le don de la douceur est le don le plus doux.
Le don de la parole est le don le plus doux,
Quand les pleurs ont cessé, quand la force muette,
Qui comprimait la voix et oppressait la tête,
Se change de nouveau en un langoureux "Nous".
Le don de la parole est le don le plus doux.
Tous les dons sont miracles et chacun est précieux,
Qu'ils soient formés à deux, ou reçus ou donnés,
A des yeux suppliants, radieux ou étonnés,
Qu'ils montent des enfers ou descendent des cieux,
Tous les dons sont miracles, et chacun est précieux.
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Chapitre 19
Les frontières du désir
Je refermai la porte derrière nous et m’adossai un instant, la détaillant du regard. Elle s’appuya contre le bureau, les bras croisés, une étincelle de curiosité dans les yeux.
— "Alors, dis-moi ce que tu en penses ?" demandai-je en désignant d’un geste le couloir que nous venions de traverser.
Elle prit un instant avant de répondre, passant une main dans ses cheveux, comme si elle pesait encore ses mots.
— "C’est un monde à part," finit-elle par dire. "Tout est jeu, contrôle, illusions... mais il y a une sincérité étrange dans tout ça."
Je hochai la tête, appréciant son regard analytique.
— "Sincérité ?"
— "Oui," poursuivit-elle. "Les clients jouent un rôle, les filles aussi. Mais au final, chacun sait exactement pourquoi il est là. Il n’y a pas d’hypocrisie, pas de faux-semblants. Juste une transaction, mais parfois... quelque chose de plus."
Son regard se perdit un instant, comme si elle tentait encore de comprendre cet univers. Puis, elle me fixa à nouveau.
— "Et toi ? Pourquoi ce choix ?"
Je laissai échapper un léger sourire, m’approchant d’elle.
— "Parce que c’est un monde où chacun peut être ce qu’il veut. Où les masques tombent parfois plus que dans la vraie vie."
Elle sembla réfléchir à ma réponse, un éclat indéfinissable dans les yeux.
— "Tu penses vraiment qu’ils tombent... ou qu’on en porte juste d’autres ?"
Je pris quelques secondes avant de répondre, observant la manière dont son regard s’attardait sur les écrans de contrôle du studio.
— "Le contrôle et l’abandon sont deux faces d’une même pièce. Ceux qui viennent ici cherchent à prendre le pouvoir... ou à le céder complètement. C’est ce qui rend ce monde si fascinant."
Elle croisa les bras, pensive.
— "Et toi ? Tu préfères quel côté du jeu ?"
Je soutins son regard, un sourire énigmatique aux lèvres.
— "Je crois que tu connais déjà la réponse."
Un silence s’installa, chargé de sous-entendus. Puis, je repris, ma voix plus basse, plus calculée.
— "Et toi ? Comment as-tu vécu ta soumission, cette nuit-là ?"
Elle parut prise de court. Son regard vacilla un instant, comme si elle revivait chaque sensation, chaque frisson de cette nuit particulière. Elle humecta ses lèvres avant de répondre.
— "C’était... perturbant. Intense. Je ne pensais pas apprécier perdre le contrôle."
Je m’approchai lentement, réduisant la distance entre nous.
— "Et pourtant, tu l’as fait."
Je la regardai, attendant sa réponse. Un silence chargé d’hésitation flotta entre nous. Elle jouait avec une mèche de ses cheveux, signe qu’elle réfléchissait.
— "Je ne sais pas," finit-elle par dire. "C’était différent de ce que j’imaginais. J’ai aimé… et ça m’a troublée en même temps."
Je m’approchai lentement, posant mes mains sur le bureau de chaque côté d’elle, réduisant la distance entre nous.
— "Ce trouble, c’est ça qui te donne envie d’aller plus loin, n’est-ce pas ?"
Son regard se planta dans le mien, défiant et incertain à la fois.
— "Et si c’était le contraire ?" souffla-t-elle.
Je laissai un léger sourire étirer mes lèvres.
— "Alors, pourquoi es-tu ici ?"
Elle ouvrit la bouche pour répondre, puis se ravisa. Elle savait aussi bien que moi qu’elle ne cherchait pas seulement des réponses… mais une nouvelle expérience, un autre frisson, peut-être une confirmation de ce qu’elle avait ressenti cette nuit-là.
Je reculai légèrement, lui laissant l’espace nécessaire pour qu’elle choisisse elle-même la suite.
— "Tu veux comprendre ce que tu as ressenti ? Alors laisse-moi te guider à nouveau."
Elle ne répondit pas tout de suite. Mais elle ne recula pas non plus.
Je tendis la main vers elle, lentement, laissant à son regard le temps d’absorber ce qui se jouait entre nous. Elle hésita, une fraction de seconde, puis ses doigts effleurèrent les miens. Ce simple contact portait plus de signification qu’aucune parole.
— "Laisse-toi aller," murmurai-je.
Elle ferma les yeux un instant, puis les rouvrit, plus résolue. Son souffle était plus court, plus hésitant, mais elle ne chercha pas à fuir.
— "Montre-moi," souffla-t-elle enfin.
Je glissai mes doigts le long de son bras, sentant la tension sous sa peau. Cette fois, elle acceptait l’abandon non par contrainte, mais par choix. Et c’était là toute la différence.
Chapitre 20
L'éveil des sens
Elle ne recula pas. Cette fois, il n’y avait ni hésitation ni faux-semblants. Son regard était ancré au mien, à la fois interrogateur et résolu. L’ombre d’un défi flottait dans ses prunelles, mais je pouvais y lire autre chose. Une envie plus profonde, celle de comprendre ses propres désirs, d’explorer cet univers où le contrôle lui avait échappé.
Je fis un pas de plus, réduisant le peu de distance qui nous séparait encore. Mon doigt effleura sa joue, descendit lentement le long de sa mâchoire, traçant un chemin invisible jusqu’à son cou. Son souffle se fit plus court, et je sentis un frisson parcourir sa peau sous mon toucher.
— "Tu veux comprendre... mais es-tu prête à ressentir ?" murmurais-je contre son oreille.
Elle ne répondit pas, mais je vis la lueur de curiosité s'intensifier dans ses yeux.
Je laissai mes doigts effleurer la naissance de son épaule, jouant sur cette frontière ténue entre anticipation et désir. Son corps ne bougea pas, mais son souffle trahit l’effet de mon contact. Lentement, je pris sa main et l’attirai doucement vers moi.
— "Fais-moi confiance," murmurai-je.
Elle n’opposa aucune résistance. C’était elle qui, cette fois, acceptait d’avancer dans l’inconnu.
Je la guidai lentement vers le canapé, la faisant asseoir face à moi. Ses yeux me scrutaient avec une intensité nouvelle, un mélange de retenue et d’envie à peine dissimulée. Je m’agenouillai devant elle, mes mains glissant doucement sur ses genoux, puis le long de ses cuisses, explorant la chaleur de sa peau à travers le tissu léger de sa robe.
— "Ferme les yeux," ordonnai-je doucement.
Elle hésita, puis s’exécuta. Un léger frisson parcourut son bras lorsque mes doigts s’attardèrent à l’intérieur de son poignet, effleurant sa peau avec une lenteur calculée. Chaque contact, chaque geste était une invitation, une exploration mesurée de ses limites.
— "Dis-moi ce que tu ressens," murmurai-je en effleurant la ligne de sa clavicule du bout des lèvres.
Son souffle se fit plus saccadé. Elle entrouvrit les lèvres, mais aucun mot ne franchit leur barrière.
— "Ne pense pas. Ressens."
Mes doigts remontèrent le long de son bras, traçant des chemins invisibles, dessinant sur sa peau des promesses à peine murmurées. Je la voulais vulnérable, réceptive, pleinement consciente de chaque sensation qui l’envahissait.
Elle inspira profondément, ses paupières frémissant sous le poids du désir grandissant. Ce soir, elle ne contrôlait rien. Et cette idée, plus qu’aucune autre, semblait l’ébranler autant qu’elle l’attirait.
Je posai mes lèvres juste sous son oreille, y déposant un baiser léger, presque insaisissable. Son souffle s’accéléra, ses doigts se crispèrent un instant sur ses cuisses. Lentement, je laissai mes mains remonter le long de ses bras, savourant la tension qui s’installait entre nous.
— "Laisse-toi aller..."
Ma voix était un murmure, une promesse.
Elle entrouvrit les yeux, plongeant son regard dans le mien, cherchant une réponse silencieuse. J’y lus à la fois l’appréhension et une curiosité brûlante.
Je pris son poignet et le guidai jusqu’à ma poitrine, l’invitant à sentir mon propre souffle s’accorder au sien. Son toucher était hésitant, mais elle ne recula pas.
— "Tu vois ? Ce n’est pas seulement toi qui ressens."
Elle déglutit, son regard oscillant entre mon visage et l’espace ténu qui nous séparait encore. Puis, lentement, elle bougea sa main, effleurant du bout des doigts la courbe de mon cou.
Un sourire effleura mes lèvres.
Je capturai sa main, la guidant sur ma peau, l’encourageant à explorer à son tour. Sa respiration se fit plus irrégulière alors que ses doigts suivaient timidement la ligne de ma clavicule, la courbe de mon épaule. Elle hésitait, mais elle n’arrêtait pas.
— "Apprends-moi..." murmura-t-elle enfin.
Ces mots, soufflés comme un aveu, marquèrent le point de non-retour. Elle ne cherchait plus à comprendre, elle voulait ressentir, s’abandonner à ce que nous étions en train de construire.
Je posai mes lèvres sur son poignet, savourant la chaleur de sa peau, puis remontai lentement vers l’intérieur de son bras. Chaque contact était un pas de plus vers cet équilibre fragile entre contrôle et abandon.
Elle bascula légèrement la tête en arrière, se laissant aller à ces nouvelles sensations. Sa posture, à la fois tendue et offerte, exprimait tout ce qu’elle n’osait pas encore dire. Je la voulais consciente de chaque frisson, de chaque pulsation de désir naissant.
— "Laisse-toi porter... je suis là."
Son corps répondit avant ses mots, un léger frémissement parcourant sa peau sous mes caresses. Cette nuit n’était plus une hésitation, mais une découverte, une exploration partagée.
D’un geste lent, je me levai et me dirigeai vers la porte. Le déclic du verrou résonna dans le silence, scellant l’instant. Plus rien ni personne ne pourrait interrompre ce qui allait suivre.
Je revins vers elle, prenant doucement son visage entre mes mains. Mon regard captura le sien avec une intensité nouvelle.
— "Avant d’aller plus loin, je veux que tu choisisses un mot. Un mot qui arrêtera tout si tu en ressens le besoin. Un mot qui te donnera une échappatoire si tu veux en avoir une."
Elle cligna des yeux, légèrement surprise par ma demande.
— "Un safeword ?"
Je hochai lentement la tête.
— "Oui. Ce sera notre pacte de confiance. Choisis-le."
Elle prit un instant, cherchant dans ses pensées. Puis, un sourire furtif passa sur ses lèvres.
— "Éclipse."
J’acquiesçai, gravant ce mot dans mon esprit.
— "Très bien. À partir de maintenant, quoi qu’il arrive, si tu dis ce mot, tout s’arrête immédiatement. D’accord ?"
Elle hocha lentement la tête.
— "D’accord."
Un silence s’installa, chargé d’une nouvelle intensité. Désormais, nous étions prêts à aller plus loin.
Je l’aidai à se lever, savourant la tension qui parcourait son corps. D’un geste précis, je retirai ma cravate et la fis glisser entre mes doigts.
— "Tourne-toi."
Elle obéit, un frisson courant le long de son échine. Lentement, je nouai le tissu autour de ses yeux, plongeant la pièce dans l’obscurité pour elle. Son souffle s’accéléra légèrement, son corps réagissant à cette nouvelle perte de repères.
— "Fais-moi confiance... et ressens."
Je laissai mes mains glisser le long de ses bras avant de l’attirer doucement contre moi.
Je la sens frissonner sous mes doigts, sa respiration légèrement saccadée trahissant l’attente qui s’installe. Son corps tout entier semble suspendu à mon prochain geste, à ma prochaine parole.
D’un ton bas, contrôlé, je murmure contre son oreille :
— Déshabille-toi.
Ma voix est un ordre, posé, inébranlable.
Elle ne bouge pas tout de suite. Ses prunelles accrochent les miennes, cherchant un point d’ancrage, une permission tacite. Je ne lui en accorde pas. Juste cette attente silencieuse qui pèse sur ses épaules, sur son souffle déjà plus court.
D’un geste lent, je remonte une main le long de son bras, frôlant sa peau nue du bout des doigts. Puis, d’un mouvement plus ferme, je saisis son menton entre mon pouce et mon index, la forçant à me regarder en face.
— Maintenant.
Elle inspire profondément, puis baisse légèrement les yeux en obéissant. Ses doigts glissent sur le tissu de sa robe, trouvant les attaches, les défaisant lentement. Je la laisse faire, savourant la lenteur de l’instant, le frisson qui fait frémir sa gorge quand le tissu commence à dévoiler ses courbes.
Lorsque la robe chute enfin à ses pieds, je reste silencieux un instant, la contemplant. L’attente est une arme aussi puissante que le contact. Je veux qu’elle ressente chaque seconde, qu’elle devine la suite sans jamais l’anticiper totalement.
D’un pas lent, je réduis la distance entre nous. Mon torse frôle sa peau nue. Elle retient son souffle.
— Les mains derrière la tête.
Elle obéit sans un mot, levant lentement les bras, exposant davantage son corps frémissant sous la tension. J’effleure ses poignets de la pulpe de mes doigts, remontant le long de ses bras, savourant la chaleur qui émane d’elle.
— Belle… et docile, soufflé-je contre son oreille.
Elle frissonne, mais ne bouge pas.
Je veux tester ses limites.
Ma bouche suit la ligne de sa clavicule, déposant un baiser lent, puis un second, avant de mordre doucement sa peau. Elle tressaille sous le choc léger du contraste entre douceur et fermeté.
— Tu aimes ça, murmuré-je.
Elle ne répond pas, mais son souffle trahit ce qu’elle n’ose pas dire.
D’un geste précis, mes mains glissent le long de ses hanches, explorant, revendiquant. Puis, je descends lentement, jusqu’à m’agenouiller devant elle. Mes lèvres suivent le tracé de son ventre, s’attardant juste au-dessus de son nombril. Mes doigts s’accrochent à l’arrière de ses cuisses, la maintenant en place.
— Ne bouge pas.
Je la sens se raidir légèrement, à la limite entre contrôle et abandon.
Parfait.
Ma langue effleure sa peau. Elle étouffe un soupir.
— Toujours si silencieuse ?
Je relève les yeux vers elle. Ses lèvres sont entrouvertes, son regard embrumé par l’attente, par l’intensité du moment.
Je souris.
— Tu vas apprendre à me donner ce que je veux entendre.
Ma voix est une promesse, un avertissement.
Je la maintiens ainsi, offerte à moi, immobile sous l’emprise de mon regard.
Son souffle s’accélère à peine, mais je le perçois. Son ventre se soulève légèrement sous mes lèvres, trahissant l’impact de chaque contact. Mes doigts pressent la chair de ses cuisses, ancrant ma présence contre elle.
— Tu te contiens encore…
C’est une constatation, une provocation.
Je remonte lentement, mes lèvres frôlant sa peau jusqu’à revenir au creux de son cou. Ma main s’enroule autour de sa gorge, juste assez pour lui faire sentir mon emprise, mon contrôle. Son regard s’accroche au mien, incertain, troublé.
— Tu veux jouer à être sage, mais ton corps me dit tout le contraire…
Elle ne répond toujours pas.
J’appuie légèrement mes doigts autour de sa gorge, pas pour lui faire mal, juste pour la forcer à ressentir, à s’abandonner. Je veux qu’elle comprenne que la résistance ne fera que prolonger son supplice.
— À genoux.
Elle hésite une fraction de seconde. Juste une fraction, avant que sa volonté ne cède à mon autorité. Lentement, elle fléchit les jambes, se laissant glisser au sol devant moi. Ses mains, encore tremblantes d’anticipation, reposent sur ses cuisses.
Je l’observe, savourant cette vision.
— Si belle… et si obéissante.
Je passe une main dans ses cheveux, tirant légèrement en arrière pour exposer son cou. Mon autre main effleure son épaule nue, suivant la ligne de sa clavicule, descendant lentement jusqu’à la naissance de ses seins.
Je veux l’entendre.
Je veux qu’elle abandonne cette retenue, qu’elle me laisse prendre ce qu’elle me refuse encore.
Alors, je laisse mes doigts descendre plus bas, mes caresses se faisant plus insistantes, plus possessives. Sa peau frissonne sous mon toucher, ses lèvres s’entrouvrent, et enfin, un premier soupir s’échappe.
— Voilà…
Ma voix est un murmure satisfait.
Je la caresse avec une lenteur calculée, effleurant à peine là où elle voudrait plus. Son corps oscille entre impatience et abandon.
Je me penche vers son oreille, ma main toujours en mouvement contre sa peau brûlante.
— Dis-le.
Elle frissonne.
— Dis-moi que tu es à moi ce soir.
Elle mordille sa lèvre, tentant encore de résister, mais son corps parle déjà pour elle.
— Dis-le.
Elle inspire profondément, et enfin, dans un souffle tremblant, elle cède.
— Je suis à toi ce soir…
Un sourire carnassier étire mes lèvres.
— Bonne fille.
Ses mots flottent encore entre nous, suspendus dans l’air chargé de tension.
Je suis à toi ce soir.
Je savoure cette soumission, ce moment où elle a enfin cédé, où elle s’est offerte, non par contrainte, mais par désir. Pourtant, ce n’est que le début.
— Répète.
Ma voix est plus basse, plus exigeante. Je veux ancrer cette phrase en elle, la forcer à la ressentir autant qu’à la dire.
Elle inspire, cherche son souffle, et dans un murmure plus assuré :
— Je suis à toi ce soir…
Un sourire satisfait s’étire sur mes lèvres.
— Bonne fille.
Mes doigts glissent sous son menton, relevant doucement son visage vers moi. Ses prunelles sont sombres, troublées, brillantes d’attente. Je veux qu’elle comprenne une chose essentielle : ce n’est pas seulement un jeu, c’est un abandon total entre mes mains.
— Mets tes mains derrière ton dos.
Elle s’exécute lentement, croisant ses poignets derrière elle, accentuant la cambrure de son buste offert. Son souffle est court, presque fébrile. Je peux sentir l’adrénaline pulser sous sa peau, l’excitation mêlée à cette infime appréhension qui rend l’instant encore plus électrique.
Je contourne son corps à genoux, effleurant sa peau du bout des doigts. Ma main glisse le long de sa colonne vertébrale, remonte doucement, puis redescend en une caresse calculée. Je ressens la chaleur qui irradie d’elle, la tension qui s’accumule dans chaque muscle tendu sous mon contrôle.
— Regarde-moi.
Elle obéit immédiatement, levant les yeux vers moi, et ce qu’elle y laisse transparaître m’arrache un frisson de satisfaction.
D’un geste lent, je défais ma ceinture.
Je veux qu’elle devine la suite avant même que mes mots ne la lui imposent.
Je veux voir son regard vaciller entre anticipation et abandon.
Je veux qu’elle comprenne que désormais, chaque mouvement, chaque gémissement, chaque soupir m’appartiendra.
Ma ceinture glisse entre mes doigts, et je l’observe, savourant sa soumission.
— Ouvre la bouche.
Elle frissonne. Son hésitation ne dure qu’une seconde, puis elle s’exécute, laissant ses lèvres s’entrouvrir dans une attente silencieuse.
Parfait.
Je passe le cuir entre ses dents, laissant la sensation du matériau froid et souple contre sa langue.
— Mord-la.
Elle serre doucement les mâchoires, un soupir étouffé s’échappant alors que je serre un peu plus la ceinture entre ses lèvres.
— Tu vas apprendre ce que signifie réellement m’appartenir.
Je relâche la pression, glisse la ceinture hors de sa bouche, puis l’enroule lentement autour de ses poignets derrière son dos. Un nœud ferme, mais pas douloureux. Juste assez pour lui faire sentir son impuissance, juste assez pour qu’elle comprenne qu’elle est totalement sous mon emprise.
Je me penche à son oreille, effleurant sa peau de mon souffle.
— Maintenant, reste sage… et laisse-moi te montrer ce que signifie être à moi.
Mon ton est une promesse.
Elle est là, à genoux devant moi, les poignets liés par le cuir que je viens de serrer. Pourtant, ce n’est pas la contrainte physique qui l’immobilise, c’est autre chose.
Le poids de mon regard.
L’anticipation du moment.
L’abandon qu’elle commence à accepter, lentement, malgré elle.
Je m’attarde sur chaque détail. Son souffle court, la tension dans ses épaules, la façon dont elle cambre subtilement son dos sans même s’en rendre compte. Elle lutte encore un peu, mais pas contre moi. Contre cette partie d’elle-même qui veut lâcher prise entièrement.
— Dis-moi ce que tu ressens.
Elle relève les yeux vers moi, hésite.
— Je…
Sa voix s’étrangle légèrement. Elle cherche ses mots, mais je n’ai pas besoin qu’elle parle.
Je me penche, effleurant de mes doigts sa mâchoire, traçant lentement la ligne de son cou, descendant sur la courbe de son épaule.
— Pas ce que tu crois devoir dire. Ce que tu ressens vraiment.
Elle frissonne sous mon toucher.
— Perdue, murmure-t-elle enfin.
Un sourire étire mes lèvres.
— Bonne réponse.
Car c’est exactement ce que je voulais. L’amener à ce point de rupture, cet instant où elle comprend que résister ne sert plus à rien.
Je me redresse, la dominant de toute ma hauteur, et je la laisse dans ce silence chargé d’attente. Elle doit ressentir ma présence sans que j’aie besoin de parler, sans que j’aie besoin d’agir tout de suite. L’incertitude est une arme aussi puissante que le contact.
Je la contourne lentement, effleurant sa peau du bout des doigts, savourant la tension qui pulse sous sa peau. Puis, d’un mouvement lent et maîtrisé, je glisse mes mains sur ses épaules et descends lentement le long de son dos, jusqu’à atteindre le nœud qui retient ses poignets.
Je le resserre légèrement, juste assez pour lui rappeler qu’elle n’a plus le contrôle.
— Tu es à moi ce soir.
Un murmure, une promesse.
Je me penche à son oreille.
— Laisse-moi t’emmener là où tu n’as jamais osé aller.
Elle retient son souffle.
— Et si je me perds ? souffle-t-elle enfin.
Je souris contre sa peau.
— Alors je te retrouverai.
Un sourire étire mes lèvres.
— Bonne réponse.
Puis, doucement, mes doigts se referment sur son bras.
— Lève-toi.
Elle hésite une fraction de seconde avant d’obéir, se redressant lentement. Le simple fait de la voir ainsi, debout, vulnérable mais fière, attise quelque chose de plus profond en moi. Elle est à la frontière de son propre désir, là où la raison vacille et où l’instinct prend le relais.
Je glisse une main dans son dos et la guide vers le bureau, chacun de ses pas amplifiant l’attente, la tension qui crépite entre nous.
Arrivés devant le meuble, je me place derrière elle, sa chaleur contre la mienne, et je défais lentement le nœud qui enserre ses poignets.
Le cuir glisse contre sa peau dans un froissement discret.
Ses bras tombent lentement de chaque côté de son corps, mais elle ne bouge pas. Elle reste immobile, comme si elle cherchait encore à comprendre ce que signifie cette liberté retrouvée.
Je me penche contre son oreille, murmurant tout contre sa peau.
— Tu penses que ça change quelque chose ?
Elle ne répond pas, mais son souffle s’accélère.
Alors, lentement, je prends ses poignets libérés et les ramène devant elle.
— Ce n’est pas le nœud qui te retient.
Ma voix est basse, posée, mais pleine d’une certitude implacable.
— C’est moi.
Elle frissonne, et cette fois, elle ne cherche plus à cacher son trouble.
Elle est immobile, son souffle suspendu, ses poignets à peine libérés, comme si elle attendait encore mes directives.
Alors, sans un mot, je pose mes mains sur ses épaules et l’incite à se pencher en avant.
Elle hésite, mais je sens la tension dans son corps, cette attente brûlante qui pulse sous sa peau. Lentement, elle obéit, posant ses paumes à plat sur le bureau, son dos s’inclinant sous mon contrôle.
La lumière tamisée de la pièce glisse sur sa peau nue, accentuant chaque courbe, chaque ligne.
Je recule légèrement, savourant la vue.
Sa cambrure est parfaite. Naturelle. Comme si elle savait exactement ce que je voulais.
Mes doigts effleurent la ligne de sa colonne vertébrale, traçant une caresse lente qui descend jusqu’à la chute de ses reins. Son corps frissonne sous mon toucher, une tension presque électrique parcourant sa peau.
Je m’arrête un instant, laissant l’attente s’installer.
— Regarde-toi…
D’une main, je saisis son menton et le tourne légèrement vers le côté, vers le miroir posé contre le mur du bureau. Son reflet lui renvoie son propre abandon, la courbe élégante de son dos, la position offerte qu’elle adopte pour moi.
— Vois comme tu es belle ainsi.
Elle inspire profondément, son regard captif du mien à travers le miroir.
Je glisse mes doigts le long de sa hanche, lentement, la frôlant juste assez pour lui faire sentir ma présence, sans encore lui donner ce qu’elle désire.
— Dis-moi ce que tu ressens.
Elle ferme brièvement les yeux, hésite.
Alors je resserre doucement ma prise sur sa taille, m’imposant un peu plus.
— Réponds.
Sa voix est un souffle à peine audible :
— J’ai chaud…
Un sourire effleure mes lèvres.
— Où ?
Elle avale sa salive, prise au piège entre sa pudeur et son désir.
— Partout…
Je laisse mes lèvres effleurer le creux de son cou, laissant mon souffle effleurer sa peau brûlante.
— Alors laisse-moi consumer cette chaleur.
Ma main descend lentement sur la courbe ferme de ses fesses, épousant la rondeur parfaite de sa cambrure.
Je savoure cette tension, ce moment où elle comprend que toute résistance est inutile.
Elle est à moi.
Elle est là, cambrée contre le bureau, offerte sous mon regard. Sa respiration est saccadée, et je peux sentir la chaleur qui irradie de sa peau, l’attente qui pulse dans chaque muscle tendu.
Je glisse une main sur sa hanche, exerçant une légère pression pour qu’elle reste bien en place.
— Ne bouge pas.
Un murmure, un ordre.
Elle acquiesce à peine, son regard fuyant le mien dans le miroir. Je veux qu’elle se voie, qu’elle comprenne ce qu’elle devient entre mes mains.
Je me recule légèrement, savourant la vue une dernière fois avant de laisser le silence s’installer. Ce silence qui pèse, qui amplifie l’attente, qui fait monter l’adrénaline.
Puis, lentement, je tends la main vers la ceinture laissée sur le bureau.
Il y aura encore 2 chapitre avant que j'ai une page blanche.
Donc vous demanderais vos idées.
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Vanessa, toujours agenouillée aux pieds de David, avait du mal à contrôler ses émotions. L’atmosphère était à la fois détendue et solennelle. Vanessa le ressentait dans toutes les fibres de son corps. Bien que la soirée ne lui soit pas réservée, elle était à présent au centre de toutes les attentions. Elle ressentait une grande nervosité en elle.
Frank s’approcha du centre de la terrasse, son verre de champagne à la main, et reprit la parole :
« À présent que nous sommes tous réunis, permettez-moi de vous présenter les couples ici présents. Venez chers amis. »
Vanessa sentit la main de David se poser sur son épaule et la presser légèrement. Elle leva son regard vers David et vit le sourire radieux et bienveillant qui barrait son visage. Il l’invita à se relever d’un simple mouvement de main. Elle se releva alors avec grâce, bien que son corps était sujet à un léger tremblement. Sa main dans celle de David, elle se sentit ancrée, guidée, soutenue. Ils suivirent Frank, leurs verres de champagne en main.
« Voici tout d’abord Maître Djibril et sa délicieuse soumise Jade ».
Maître Djibril était un homme d'une quarantaine d'années, originaire d'Afrique de l'Ouest, comme Vanessa l’apprendrait plus tard dans la soirée. Son visage, aux traits forts et réguliers, était éclairé par des yeux sombres et profonds. Il portait une barbe de trois jours et avait les cheveux coupés très courts. Il était tout de beige vêtu : des rivieras beige, un pantalon en lin beige parfaitement ajusté qu’une chemise en lin beige ouverte sur son torse imberbe et musclé surmontait. Sa carrure imposante imposait le respect dès le premier regard. Très massif, il avait l’allure d’un joueur de football américain. Son torse large et ses épaules puissantes semblaient être taillés dans du marbre. Sa peau d’ébène luisait légèrement sous les derniers rayons du soleil couchant, accentuant encore la vigueur et la puissance tranquilles qu'il dégageait naturellement.
À ses côtés, Jade, sa soumise, incarnait l'image même de la délicatesse. D’origine asiatique, semblait avoir un âge similaire à son Maitre. Elle était petite, voire menue et d’une finesse presque irréelle. Si Maitre Djibril devait très clairement mesurer dans les 1.90m et peser son quintal, Jade ne devait pas dépasser le 1.60m et les 50kg. Sa silhouette gracile contrastait avec la robustesse imposante de Djibril. Jade portait des talons noirs très élégants avec une chaîne en or à chaque cheville. Fendue jusqu’à la hanche, son élégante robe de soie noire révélait ses jambes fines et graciles. Un collier de soumise en or jaune, fin et délicatement ciselé, épousait avec grâce la courbe de son cou. Il était orné en son centre d’un petit pendentif en forme de lotus. Sur le bord du collier était inscrit « 従順なジェイド». Le visage de Jade était d'une délicatesse exquise, fait de traits fins et réguliers. Ses lèvres fines, délicatement dessinées, étaient rehaussées d'un rouge vif éclatant qui tranchait sensuellement avec sa peau de porcelaine. Ses yeux légèrement en amande, d’un brun profond, semblaient exprimer à la fois une douceur infinie et une dévotion silencieuse. Ses cheveux noirs étaient attachés en une tresse souple qui retombait sur son épaule.
David et Djibril se prirent dans les bras l’un de l’autre. De toute évidence, ils se connaissaient bien se dit en elle-même Vanessa.
« Quel plaisir de te revoir mon ami ! » s’exclama Djibril dans un immense sourire qui fit se dévoiler des dents d’un blanc éclatant. « Tu t’es fait rare ces derniers temps ! Tu nous as manqué ! ». Tournant son visage vers Vanessa tout en continuant à parler à David « Mais je ne peux que mieux comprendre désormais pourquoi lorsque je découvre la perle étincelante qui t’accompagne … »
Vanessa sentit son visage rougir sous le compliment chaleureux de Maître Djibril. Ne sachant comment se comporter, elle sourit et inclina poliment la tête en direction de Maître Djibril. A la pression bienveillante de la main de David dans la sienne et à l’attitude identique de Jade vis-à-vis de David, elle comprit qu’elle n’avait pas commis de faute et sentit un grand soulagement l’envahir.
« Merci mon ami, » répondit David en riant doucement et en enlaçant plus fermement la main de Vanessa dans la sienne, tout en faisant tinter sa flute de champagne avec celle de Djibril. « Je suis bien heureux en effet d’avoir rencontré Vanessa. Elle me comble en tous points. Mais je constate que Jade est de plus en plus superbe ! » poursuivit David dans un sourire, tout en tendant son verre vers la soumise de Maitre Djibril. Maitre Djibril fit de même avec Vanessa. Ce fut ensuite au tour de Jade de tendre son verre vers Vanessa. Elle s’approcha d’elle et déposa un doux baiser sur sa joue en disant « Bienvenue Vanessa » dans un large sourire.
Vanessa sentit une onde de chaleur la parcourir, alors que toute émue, elle rendait ce baiser sur la joue de Jade.
« Oui, nous sommes enchantés de faire votre connaissance, Vanessa » enchérit Maitre Djibril, tout serrant contre lui Jade qui se lova instantanément telle une chatte contre son torse accueillant. « Bienvenue parmi nous ! Nous imaginons fort bien comment cette première soirée doit quelque peu vous intimider. Mais n’ayez crainte : vous êtes ici avec des amis. Et, si David le permet bien sûr …» continua Maître Djibril tout en portant son regard vers David, « …Jade sera à votre disposition, belle Vanessa, pour vous guider et vous rassurer lorsque votre Maitre ne sera pas à vos côtés ce soir ».
« Grand merci mon ami » répondit David. « Vanessa est en effet quelque peu nerveuse ; bien que je doive souligner le courage et l’abnégation incroyables dont elle fait preuve pour une jeune Novice » continua-t-il avec un sourire bienveillant et admirateur à l’attention de Vanessa. « J’accepte donc avec joie et je vous remercie par avance Jade » conclut-il.
« Ce sera un réel plaisir pour moi, Maître David » répondit Jade tout en prenant tendrement la main de Vanessa.
« Merci beaucoup à vous » répondit Vanessa, la voix pleine d’émotions et le corps frissonnant à la douceur de la main de Jade dans la sienne. Elle percevait dans ce couple une force immense, un équilibre intense entre la domination protectrice de Djibril et la soumission douce et assumée de Jade. Cela résonnait profondément en elle. Un modèle d'abandon et de confiance, à la fois magnifié par leur différence de gabarit, mais aussi clairement symbole d’une complémentarité et d’une harmonie évidentes. Et par-dessus tout, elle ressentait une immense bienveillance qui émanait d’eux.
Frank qui regardait la scène avec bienveillance les interrompit. « Je vois que tout se passe bien entre vous mais je vous les enlève juste quelques minutes pour continuer les présentations » dit-il dans un éclat de rire, tout en mettant ses bras autour des épaules de David et Vanessa et en les entrainant un peu plus loin sur la terrasse.
Il les emmena vers deux couples en train de discuter dans les canapés accueillant autour de la large table basse en verre où scintillaient quelques flûtes de champagne. À leur approche, la conversation cessa naturellement et les regards se tournèrent vers eux.
« Permettez-moi de vous présenter Maître William et sa soumise Élise, » annonça Frank.
Maître William se leva aussitôt pour les accueillir. C'était un homme grand et svelte, à l’élégance naturelle. La cinquantaine raffinée, il portait un costume bleu nuit et une chemise blanche à col mao. Ses cheveux poivre et sel étaient légèrement ondulés. Son regard, d'un bleu clair et perçant, respirait l'autorité douce mais incontestable. A ses pieds, toujours agenouillée sur un large coussin, se tenait sa soumise Elise qui leva les yeux vers Vanessa avec un sourire chaleureux. Élise était une femme d’une beauté gironde classique : blonde cendrée, ses cheveux rassemblés dans un chignon bas très classe laissaient échapper quelques mèches rebelles sur ses tempes. La cinquantaine superbe, elle avait des yeux magnifiques de couleur grise que dissimulait à peine une paire de lunettes rondes très aérienne. Sa peau légèrement dorée tranchait avec sa robe de mousseline blanche qui dévoilait ses épaules nues et ses bras délicats et laissait deviner une poitrine opulente et un fessier spectaculaire. À son cou, un collier de cuir blanc finement ouvragé portait un petit pendentif en argent en forme de clé.
Alors que Vanessa s’inclinait respectueusement, Maître William fit un pas vers elle.
« C’est un honneur de vous rencontrer, Vanessa, » déclara-t-il d’une voix posée et grave. « Maître David est un homme que nous estimons beaucoup ici. Sachez que vous êtes d’ores et déjà parmi des amis. » Élise, sa soumise, se leva doucement de son coussin et s’approcha à son tour. Sa démarche était souple, presque féline, toute en retenue et en grâce. Avec un sourire doux, elle prit délicatement la main gauche de Vanessa dans les siennes et, se penchant légèrement, effleura sa joue d’un baiser léger et respectueux.
« Bienvenue parmi nous, chère sœur, » lui murmura Élise.
Vanessa, bouleversée par tant de gentillesse et de respect, sentit ses joues s’enflammer à nouveau. Ses doigts tremblaient légèrement dans ceux d’Élise, mais elle trouva la force de sourire en retour, émue aux larmes par cet accueil qu’elle n’aurait jamais osé imaginer.
« Merci … merci beaucoup… » réussit-elle à articuler d’une voix un peu tremblante. Elle jeta un rapide regard vers David, qui lui répondit d’un sourire approbateur, empli de fierté.
Élise resserra brièvement sa prise sur les mains de Vanessa, comme pour lui transmettre un peu de sa sérénité, avant de se retirer doucement pour revenir s’agenouiller à la droite de Maître William.
Frank, qui n’avait pas perdu une miette de l’échange, continua « Et voici Maitre Yannis et sa soumise Alice ».
Maitre Yannis était un homme dans la quarantaine. Rasé de près, il avait la peau mate les cheveux noirs, coupés courts. Il portait un pantalon de costume gris anthracite et une chemise blanche entrouverte, laissant entrevoir la naissance d'un torse musclé. Son regard, brun et intense, respirait une autorité douce, presque protectrice, mais non moins affirmée. Un fin collier d’or brillait discrètement autour de son cou. Il serra chaleureusement la main de David et fit un baise-main à Vanessa suivi d’un « Bienvenue Novice Vanessa ».
À ses côtés, sa soumise Alice s’inclina élégamment devant David, et adressa à Vanessa un sourire doux, illuminant son visage. Alice était d’une beauté bouleversante. Bien plus jeune que son Maitre, elle devait à peine avoir trente ans et était de taille moyenne. Les traits fins et délicats de son visage étaient mis en valeur par un maquillage subtil : ses lèvres pleines, peintes d'un rouge framboise satiné, et ses grands yeux verts bordés de cils épais captivèrent instantanément Vanessa. Sa longue chevelure châtain clair tombait en vagues souples sur ses épaules nues, caressant sa courte robe de satin jaune qui épousait ses courbes avec sensualité. Sur le haut de sa poitrine, qu’on devinait être pleine, un élégant tatouage d’une tête de tigre rugissant ajoutait à sa beauté mystérieuse. De toute évidence Alice prenait grand soin de son allure comme en témoignaient également ses ongles parfaitement manucurés. Vanessa ne fut pas sans noter le collier d’Alice : en cuir noir verni, il portait en son centre une discrète plaque d’argent sur laquelle était gravé ces mots si puissamment évocateurs : « Librement Dévouée ».
.
« Nous sommes enchantés de faire votre connaissance, Novice Vanessa, » poursuivit Yannis avec un sourire chaleureux, avant de tendre son verre de champagne pour trinquer. Alice, d’un geste fluide et gracieux, tendit également sa flûte, puis s’approcha pour déposer un léger baiser sur la joue de Vanessa, son parfum subtil enveloppant la jeune femme d’une aura de délicatesse.
Vanessa sentit son cœur s’accélérer devant tant de douceur et d'acceptation. À chaque rencontre, elle percevait un peu plus la force des liens unissant ces couples, et combien, au-delà des rôles affichés, régnaient ici la confiance, la tendresse et un respect profond.
Elle répondit au geste d’Alice par un sourire ému et s’inclina respectueusement vers Maître Yannis et sa soumise, comme elle avait vu faire Jade et Élise auparavant. Le regard approbateur de David et la pression douce de sa main sur le bas de son dos la rassurèrent aussitôt : elle apprenait vite.
Frank, visiblement heureux de l’ambiance qui régnait, ponctua les échanges d’un nouveau rire joyeux : « David, mon ami, je crois bien que ta belle novice fait déjà l’unanimité ! »
Tous les Maîtres et soumises présents opinèrent de la tête ou adressèrent à Vanessa des regards bienveillants, certains même des sourires discrets. Le cœur gonflé d’émotions contradictoires — fierté, reconnaissance, mais fébrilité et nervosité aussi — Vanessa sentit les larmes lui monter aux yeux, mais parvint à les retenir. Elle serra un peu plus fort la main de David dans la sienne, murmurant d’une voix à peine audible à David : « Merci, mon Maitre... Merci pour tout... »
« Venez les amis que je vous présente notre merveilleuse Clara » poursuivit Frank. Il s’interrompit soudain. « Ah … non … je pense que cela attendra un peu » dit-il dans un sourire.
Tous se tournèrent alors dans la direction où Frank portait son regard amusé. A l’entrée de la terrasse, abritée sous la pergola, une scène d’un érotisme torride s’offrait à eux. Maitresse Clara était installée sur un large fauteuil de velours pourpre, les jambes écartées avec une majestueuse nonchalance. D’une beauté glaciale et magnétique, Clara devait avoir dans la quarantaine. Grande, élancée, elle avait une silhouette sculpturale sublimée par une combinaison en cuir noir et parée de moultes attaches en acier qui était parfaitement ajustée. Son entrejambes et sa poitrine étaient apparentes dans une indécence affolante. Ses cheveux blond platine, coupés dans un carré court et structuré, encadraient un visage aux traits nets, presque aristocratiques. Ses yeux d’un intense bleu acier, dominaient la scène avec une assurance absolue.
À ses pieds, dans une posture d'adoration et de soumission totales, se tenait son soumis : Tom. Nu, à l’exception d’un collier d’acier poli autour du cou auquel était attaché une laisse métallique que tenait fermement Maitresse Clara, il était agenouillé entre ses jambes. Agé d’une vingtaine d’années, Tom était totalement imberbe et avait les cheveux rasé. Sur sa fesse droite on distinguait une suite de chiffres tatoués dont Vanessa ne saisissait pas pour l’heure la signification.
Visiblement totalement concentré sur l’ouvrage délicat qu’il accomplissait, Tom semblait totalement insensible au fait d’être exhibé dans cette position en public. Le visage plongé dans l’intimité de sa Maîtresse, il lui offrait avec ferveur et dévotion ce plaisir avec des gestes lents et précis. Maitresse Clara, le dos appuyé contre le fauteuil, effleurait tout à tour distraitement ou plus fermement les cheveux de son soumis de ses doigts gantés de cuir. Elle savourait cet instant avec un calme souverain. Par moment, un frémissement agitait la courbe de ses lèvres fines et rouges carmin, un gémissement s’échappait de sa bouche gourmande, témoignant de l'effet produit par les attentions de Tom.
Vanessa, qui découvrait une telle scène pour la toute première fois de sa vie, était figée sur place, les yeux écarquillés. Jamais elle n’aurait cru pouvoir assister à un tel spectacle en public. Loin d’être choquée, elle ressentait une vague puissante d’émotions confuses : une profonde admiration, un émoi physique irrésistible et une étrange envie de comprendre cette complicité, cette osmose qui transparaissaient entre Clara et Tom et qui leurs permettaient de se conduire ainsi.
(A suivre)
Illustration: image du net
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Dernière soirée dans cette maison, et même si je n’avais rien imaginé de particulier, c’est probablement pire. Pour commencer, la clé sur la porte pour m’empêcher d’entrer. Heureusement mon grand m’a vu et est allé chercher sa maman pour que je puisse quand même entrer. Elle venait de coucher le petit, donc elle m’a simplement dit « ah, bah tu vas pouvoir coucher le grand. Et n’entre pas dans la chambre du petit », OK merci pour l’instruction. Et puis elle me dit qu’elle a déjà mangé, et qu’elle va en profiter pour aller prendre sa douche et puis se « coucher » (en réalité elle ne cache plus vraiment qu’il s’agit en fait de se vautrer dans son lit pour faire défiler séries et autres conneries sur son téléphone). Bien, je vais profiter de mon grand, de ce dernier câlin ici, pas grave si ensuite, à 20h30, je me retrouverai seul parce que ma future ex-femme est trop fatiguée pour daigner m’adresser la parole et préfère aller se « coucher », c’est pas comme si c’était la dernière soirée que je passe ici.
J’ai du mal à lui pardonner ça à chaud, et je me dis que cette rancoeur risque d’être tenace, mais l’avenir le dira. Mon fils ainé par contre quelle leçon d’amour et de résilience, c’est vraiment un ange. Il débordait d’amour, d’un calme et d’une douceur inhabituelle. Il a eu l’idée de me dire que quand je serai à mon appartement et lui ici, donc quand on sera séparés, il m’enverra tous les soirs un câlin géant qui ira jusque chez moi. Évidemment que moi aussi mon garçon, de toute façon je t’aime si fort qu’il n’y a pas un endroit sur terre où tu seras jamais à l’abris de mes câlins géants à moi. Et puis j’ai pleuré aussi, mais j’étais heureux de voir le petit bonhomme formidable en face de moi, alors il n’a même pas réagi. Il m’a juste fait une démonstration de la puissance de ses câlins, en me serrant le plus fort possible entre ses bras. Et puis au moment de le laisser, il n’en finissait plus de m’envoyer des bisous, il m’a même fait le signe du coeur avec ses doigts. Et puis il m’a dit qu’il avait réparé un peu les bêtises qu’il avait faites sous le coup de la colère.
Pour lui expliquer, à lui et à son frère, ce qui allait se passer avec ce divorce, j’avais fait un petit schéma, pour montrer que seul le lien d’amoureux entre madame et moi était défait, tous les autres liens persistaient (y compris le lien fonctionnel entre le papa et la maman, même si celui-là va être mis à l’épreuve) et que donc l’amour entre lui et sa maman, lui et son papa, lui et son frère, mais aussi entre son frère et son papa ainsi qu’entre son frère et sa maman persisteraient. Alors quand il était en colère, il allait gribouiller pour rayer le lien symbolisant l’amour entre lui et moi. Je lui ai dit que ça ne changeait rien pour moi, que je l’aimais et l’aimerai toujours, mais il a recommencé quelques fois, et ça me faisait affreusement mal à chaque fois. Mais ce soir, il m’a dit qu’il avait écrit les lettre AM sur ce lien pour signifier « amour », parce qu’il sait bien qu’on s’aimera toujours. Et j’ai trouvé ça tellement beau, j’en pleure encore à chaudes larmes. Je suis tellement fier de lui, je suis tellement sûr qu’il traversera cette séparation comme un chef. Ça me fait du bien.
Je pars ensuite manger seul, j’entends au dessus de moi le haut parleur d’un téléphone, probablement une série, mais personne ne daigne ouvrir la porte et éventuellement se joindre à moi. On aurait pu discuter un peu, partager des souvenirs qu’on a vécu ici, mais non, même pas de tristesse ou de colère assumée, vraiment vécue, juste cette fuite à travers son écran comme une zombie, comme toujours. J’ai du mal à accepter, mais c’est comme ça, au moins je me souviens de pourquoi je pars, pourquoi après cette nuit, je plie mes affaires et je m’en vais, définitivement.
Justement, il reste quelques affaires à récupérer, comme des jeux de société (après tout je ne joue qu’avec mon fils et ma famille quand ils viennent, alors autant que j’en embarque un maximum). J’ai même retrouvé deux jeux qui étaient à moi quand j’étais enfant / ado, qu’on avait dû ramener de chez mes parents. Bah ces jeux verront encore une nouvelle maison. Et puis l’armoire avec les costards à vider, j’en mets pour ainsi dire jamais, la dernière fois qu’on a été invité à un mariage, j’avais opté pour une veste crème assez chic mais une simple chemisette bleue sans cravate, et un jean bleu. Ces cravates, ces chemises, qu’on achète pour les porter une fois et les laisser moisir dans un placard, juste pour faire comme les autres, je me dis que je n’ai plus envie de jouer à ce jeu là. Et puis je sors le costume que je portais le jour de mon mariage, sans véritable pincement au coeur. J’en avais déjà pas grand chose à foutre à l’époque, de ce costume, je m’en tape encore plus aujourd’hui. Je me dis que je pourrais faire un acte symbolique avec, le découper pour en faire autre chose, le brûler et disperser ses cendres je ne sais où (ça pollue, je sais) ou bien me torcher avec. Ce n’est qu’un bout de tissu, que je ne mettrai plus jamais, qui incarne un statut que je n’ai jamais vraiment assumé, celui de mari. Il est aussi le symbole d’une journée de démonstration de notre amour, d’un putain de mariage que j’ai subi de A à Z, et ça a commencé par la préparation des festivités, à travers laquelle j’ai glissé comme une anguille. Madame a tout géré, elle et sa famille, pour en faire une belle démonstration de bonheur bourgeois. J’ai été quand même content du lieu qu’elle avait choisi, on avait sacrément bien bouffé, assez élégant mais aussi très généreux.
Mes potes avaient été rincés dès le vin d’honneur, faut dire que ces andouilles étaient parti le matin même et avaient avalé les 750 bornes avant d’enchaîner avec le mariage. J’étais content, je me souviens, de retrouver mes potes, et puis ma famille aussi. Mais mes potes surtout, et le livre d’or qu’ils ont épouvantablement trashé me donne le sourire rien qu’à y penser, un peu de vie, de légèreté dans ce monde d’apparence. Y’avait l’appareil photo type « polaroid » qui nous avait permis de faire de belles photos de groupe à la tombé du jour, dont une belle rangés de pantalons baissés et de culs nus. Et puis JJ complètemet torché qui a fini par écrire n’importe quoi sur je ne sais combien de pages, avec des dessins de personnages nus, grosses bites rayant le plancher et nibards opulents. À part ça, je me souviens de ma grand mère qui a été dans les derniers à aller se coucher après avoir couché je ne sais combien de bouteilles de champagne (on était d’ailleurs allé le chercher vers là où elle habitait avant), et puis bien sûr mon grand frère qui m’a fait fumer un pétard qui, à ce moment de la soirée, avait juste bousillé mon cervelet… j’ai eu des troubles majeur de la coordination, j’arrivais même plus à servir une coupe de champagne à ma grand-mère, c’est dire ! Je me souviens pas de grand chose d’autre, sauf de M qui avait pris mon neveu pour un con en lui faisant croire que c’était Maître Gim’s, le vrai ! Et le gamin y croyait, un peu.
Faut dire que la veille, avec S, mon témoin (le deuxième étant JJ), on avait descendu à l’hotel une bouteille de whisky japonais, accompagné par mes parents et (toujours) ma grand-mère qui nous avait aidé un peu à vider le breuvage nippon. Enfin je ne sais plus très bien en fait. Mais j’avais dû commencer cette journée pas très frais, je l’ai fini de la même manière. Donc évidemment pas grand chose ne s’est passé dans la chambre d’hôtel des mariés. C’est assez symptomatique en fait, de tellement de choses qui allaient se passer. Ça me fait penser au fait qu’à la veille d’un autre évènement supposément important, le concours d’internat (celui qui détermine la spécialité et la fac qui seront les nôtres pour l’internat, c’est à dire la fin des études de médecine - et probablement la phase la plus importante) ; la veille de cet évènement, on avait aussi descendu un bouteille de whisky pur malt avec mon coloc’ M (à cette époque il ne se prenait pas encore pour Maître Gim’s) et donc que j’avais une sacrée gueule de bois pour attaquer ce concours crucial auquel je ne m’étais absolument pas préparé. Je sais pas si je cherche à échouer dans tout ce que je fais ou bien si c’est pour donner plus de valeur à un éventuel succès, mais je me dis que j’ai passé ma vie à avancer en me mettant tout seul des boulets aux pieds. Je sais pas ce que ça aurait été si j’avais eu les chevilles libres, peut-être pas vraiment mieux en fait… mais peu importe, ces expériences devaient se faire, et elles devaient se faire exactement comme ça, sinon je ne serais pas là ce soir, à vous écrire ma dernière soirée ici, dans cette maison, ma dernière soirée avant la véritable séparation.
J’ai fini par charger la voiture, et remettre en place le coffre de toit. Ça pourrait toujours servir, et puis je vais quand même pas laisser traîner ça là ou le foutre à la poubelle. Et puis j’ai ressenti le besoin d’aller embrasser les petits qui dormaient, et j’ai pleuré ce que je pensais être toutes les larmes de mon corps (mais en fait il en restait encore) car c’était la dernière fois que je les regardais dormir dans ces lits, mes deux anges. Je leur ai rappelé combien je les aime, et leur ai souhaité plein de beaux rêves dans ces lits, et que même si je n’étais plus dans cette maison, que je serai toujours avec eux. Je sais pas pourquoi j’ai tant pleuré, je ne me sens pas vraiment triste, mais l’évocation d’une habitude qui prend fin, d’une partie de leur histoire qui va dorénavant s’écrire sans moi, ça me fait de la peine.
Enfin, je me suis dit que j’allais dire au revoir au jardin, que j’ai tant négligé depuis tout ce temps. Je me disais toujours que quand même, j’aurais bien voulu m’en occuper mais que je n’avais pas le temps avec les enfants et le travail. Mais je n’en suis plus si certain aujourd’hui. Je ne suis pas certain d’être du genre à pouvoir me sentir légitimement propriétaire d’un morceau de « nature », peuplé de milliers d’espèces, de milliards d’êtres vivants. En quoi foutre un coup de tondeuse sur tout ce bordel fait de moi le maître de cet espace ? J’ai bien planté quelques trucs, des plantes aromatiques surtout, mais c’était pour bouffer alors je me motivais pour en prendre soin. Trois arbres aussi, pour créer un puit d’ombre au milieu du terrain nu. C’était mon idée, et même si je n’en ai pas pris soin de ces arbres, ils sont là, et font leurs feuilles pour le deuxième printemps. Alors j’ai eu envie de leur souhaiter une belle vie, à ombrager mes enfants, mais pas moi. Et puis je leur ai dit qu’ils se porteront sûrement mieux sans moi, puisqu’une fois que j’aurais levé l’ancre, mes ex-beaux-parents retraités, mes ex-voisins, se feront une joie d’avoir un deuxième jardin plus grand, pour le bien-être de leur fille, évidemment. Alors ce terrain sera mieux entretenu, c’est certain. Dans la globalité, je m’en fous, ça me fait ni chaud ni froid, mais je suis content pour mes trois arbres, ils en prendront soin, ils seront beaux (les arbres, pas mes ex-beaux-parents qui me haïssent, et bon sang ce que je dois lutter pour ne pas leur faire le plaisir de m’abaisser à leur niveau). J’ai aussi pris un instant pour penser au ciel étoilé d’été, que je ne pourrai plus contempler étalé là, seul ou avec mon fils. Et puis des souvenirs de vacances ici, sur la terrasse, à discuter jusqu’à pas d’heure à la belle étoile, avec les neveux aussi qui se régalaient. Ces souvenirs doivent être soigneusement rangés dans une boite, à garder précieusement.
Cette page se tourne, j’avais envie d’en faire un petit résumé. Je ne pensais pas avoir autant de tristesse au moment de clore ce chapitre, pour de vrai, pour de bon. Je me disais que puisque c’était pour le meilleur, alors il n’y aurais pas à pleurer… putain ce que je me suis trompé, là encore, parce que putain, ce que je viens de pleurer ce soir, je suis pas sûr d’en avoir autant débité depuis que j’avais quatorze ans et un voyage scolaire en Italie, quand je me suis senti seul et abandonné de tous et puis que mon oncle qui venait de mourir à quarante piges me manquait et que bordel de merde, c’est pas normal de crever à cet âge là… et puis ces deux filles, une qui me plaisait à qui je ne plaisais pas, qui négociait un truc avec elle si j’acceptais de rouler une pelle à sa copine qui me plaisait pas : mais putain c’était quoi ce plan tordu ? De toute façon, elles étaient trop tordues ces filles là, au point où quelques jours plus tard, j’ai fini dans le lit de celle qui sortait au départ avec mon pote S (mon témoin de mariage, bien des années plus tard), à me faire branler pour la toute première fois de ma vie. Bon et puis je sais plus quelles filles avaient fini par venir nous déranger en nous balançant un paquet de capotes en gloussant, peu avant que les profs n’entrent dans cette chambre pour foutre dehors cet attroupement de garçons boutonneux et libidineux. Je me souviens très bien que cette fille, AL, je l’avais revue à l’occsion de la fête de son putain de village l’été qui suivait, et qu’on avait commencé à se chauffer dans une toile de tente, avant qu’elle ne se barre retrouver son ex, un mec qui devait avoir une trentaine d’années (j’exagère sûrement un peu). Toujours est-il que je ne l’ai pas revue de la soirée, mais je ne me souviens pas avoir été bien triste, je me souviens surtout qu’au milieu de ce champ, au milieu de la cambrousse, par un temps dégagé, les étoiles étaient plus belles que jamais. Je sais plus vraiment ce que j’ai fait de mal avec AL, sûrement rien, et finalement c’était l’une des seules fois de ma vie où j’en ai eu rien à foutre, où je me suis dit qu’elle faisait juste ça pour rendre jaloux son ex, qu’on s’était probablement servi de moi, mais je crois bien que je m’en foutais; j’en suis plus vraiment certain en fait, mais putain que les étoiles étaient belles.
Pas ce soir, car il y avait un orage, un peu de pluie. J’aimais bien l’effet dramatique des éclairs qui fendent la nuit, ma dernière nuit ici. Je divague un peu, perdu dans le temps et les expériences ratées qui forgent qui l’on est, dans la douleur pour un temps mais c’est ce qui nous pousse à bouger. Le confort, de part en part, ne pousse pas au mouvement, et je ne suis pas certain qu’une telle vie soit vraiment palpitante. J’ai toujours un sourire quand je pense à toutes ces conneries, au tocard que j’ai pu être et serai probablement encore un peu, d’une certaine manière, d’une autre manière. Car j’ai mon tigre dénommé Hulk qui marche en liberté à mes côtés à présent, paresseux mais puissant. Et je sais maintenant qu’il ne peut fondamentalement rien m’arriver de mal, que je n’ai rien à craindre de personne. Mais ça, c’est l’histoire du prochain chapitre qui va bientôt s’écrire.
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J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
En plus, je suis douillette, mais vraiment douillette.
J’ai pris une fois une écharde dans la main, j’ai littéralement cru que je m’amputais alors que je trifouillais moi-même la peau avec une aiguille à coudre, puis une pince à épiler, pour retirer cette putain d’écharde. Et désinfecter le micro trou dans la paume de la main, c’était comme des points de suture à vif dans ma tête.
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
En plus, je suis douillette, mais vraiment douillette.
C’est ce que j’ai dit à Monsieur Le Sombre quand nous avons fait connaissance.
Je suis si douillette que je ne suis pas sûre d’être prête à être une soumise si cela implique forcément des coups.
Cravache. Martinet. Paddle. Canne.
Pas moyen.
Et je ne suis certainement pas maso, je ne comprendrais jamais ce que la douleur peut apporter. De toutes façons,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Parce que j’ai été une enfant battue.
J’ai connu la violence injustifiée et les coups aléatoires portés par l’alcool -ou pas, à vrai dire-, pas forcément précis, mais le rapport de force asymétrique d’un adulte versus un enfant fait que chaque coup atteint une cible. Ces coups détruisaient ce que j’étais, juste…. « comme ça ».
J’ai connu les coups portés pour « éduquer », « former ». Des coups portés avec une violence décidée. Avec l’objectif de faire mal. Il fallait accepter de rentrer dans le cadre, épouser les traditions, se nourrir du protocole pour devenir quelqu’un de bien.
J’ai connu l’exigence de l’idéal et les coups portés pour me « parfaire ». Si aujourd’hui j’ai une belle écriture manuscrite, c’est parce qu’il fallait que mes caractères ressemblent à des caractères d’imprimerie. Les coups étaient précis car il fallait « marquer » la chair et la mémoire. Que la perfection devienne un réflexe. Alors,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Parce que je me souviens d’elle.
Il avait une tendresse particulière pour la latte en bois d’un sommier désossé. Et moi, j’ai une mémoire particulière des marques qu’elle laissait sur mon corps d’enfant ou d’ado.
Le bruit mat, presque assourdissant, quand la largeur de la latte claquait contre ma peau.
La douleur, fulgurante.
La chaleur qui se propageait si vite sur les zones alentours, rendant floues les zones douloureuses, ou rendant douloureuses toutes les zones alentours.
Les bleus, violacés, avec des marbrures vertes.
Il avait une longue tige métallique, devenue son instrument quotidien, bien plus maniable que la latte. Dans mes souvenirs, elle était plutôt jolie, dorée… Je n’ai jamais su d’où elle venait.
Je me rappelle avoir rêvé d’en couper un morceau pour en faire une baguette magique. Mais dans ses mains, c’était de la magie noire.
Le sifflement si singulier de la tige fendant l’air, la sonorité presque cristalline au contact de mon corps.
La douleur cinglante, immédiate, implacable.
Très localisée, contrairement à celle de la latte, mais avec cette étrange sensation de pénétration dans la chair.
Puis, la boursouflure… avant l’apparition de ces bleus, si droits, si nets…
Pour les moments où il surveillait mes devoirs et mes exercices d’écriture, il utilisait une règle en bois carrée pour corriger la position du pinceau et la souplesse de mes doigts.
Avec cet instrument, pas besoin de force pour meurtrir mes mains.
Combien de fois ai-je cru avoir les phalanges brisées, tant elles tremblaient après les coups…
Le vice, c’est que cela ne laissait quasi aucune marque physique.
La douleur physique est donc quasiment la première sensation, et presque la seule, avec la peur, que je n’aie jamais connue enfant.
Et même si elle m’était devenue aussi familière que le parfum dont il s’aspergeait,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Et elle m’a rendue douillette, mais vraiment douillette.
Les premières fois où j’ai été confrontée à des photos partagées par des soumises qui affichaient fièrement sur leurs corps le temps passé avec des dominants, j’ai dû réprimer la peur, celle qui est liée à l’instinct de fuite.
Je me souviens de la fumée des cigarettes consumées en essayant de retrouver un peu de contenance, et certains soirs, la tentative de courage avalée avec le verre de vin.
Pourquoi ?
Comment était-ce possible… d’avoir envie de recevoir des coups ?
D’aimer avoir des bleus ? De s’en vanter ? De ne pas en avoir honte ?
Comment cette « chose » pouvait-elle leur apporter du lâcher-prise ?
Comment recevoir des coups pouvait-il les rendre plus amoureuses ?
Et surtout… comment faisaient-elles pour ne pas avoir peur ?
Quelque chose prenait forme devant moi. Et je voyais ses tentacules troubles qui s’agitaient et sifflaient des interrogations trop acérées que je ne voulais pas entendre.
La peur, celle qui sert de petit moteur, a été une bonne conseillère pour une fois, et je me suis dépêchée d’enfermer dans un tiroir ce petit être aux questions tentaculaires, tortueuses et tortionnaires.
Je n’ai pas le même rapport à cette peur, car elle danse un joli tango avec mon instinct de survie, dans ma tête. Malgré cela,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Elle m’a rendue douillette, et me laissait maintenant perplexe.
Mon tiroir de questions interdites bien fermé à clé, j’ai pu poursuivre ma découverte de l’univers BDSM, ses kinks, ses pratiques.
Je me suis appuyée sur la « digestion » de mon enfance pour m’accorder le droit d’être curieuse et tenter de comprendre les multiples nuances, expressions, couleurs de la douleur quand elle devient catharsis, exutoire, voire même « plaisir ».
Désapprendre pour réapprendre… que la douleur peut aussi être une langue d’amour.
D’amour de soi, d’amour de l’autre.
Mais ça restait une leçon « apprise par cœur », que je récitais sans comprendre.
Monsieur Le Sombre m’avait prévenue : « Mon vice légitime à lui seul tous les sévices ».
Il ne me parlait pas de hasard, mais de préparation et d’une certaine intention, ou d’une intention certaine !
Il ne me parlait pas d’éducation, mais de découverte et de sensations.
Et il n’a aucun idéal de perfection à mon égard, car à ses yeux, je suis unique.
Alors, armée d’une clé de tiroir, accompagnée par le sadisme de Monsieur, et
Malgré mon rapport particulier à la douleur.
Malgré le fait que je ne l’aime pas.
Malgré que je sois si douillette, je suis partie batailler ma douleur.
La bataille a commencé par le kidnapping de mon instinct de fuite.
Des chaînes, des menottes, un crochet solide au mur (dont j’avais pourtant appris les courbes par cœur), et me voilà solidement accrochée.
Mon instinct de fuite se faisait la malle, en me laissant la peur, pas celle qui est un moteur.
Mais l’enfant qui pleure et hurle en trépignant.
Même si Monsieur Le Sombre m’avait emballée dans le papier bulle de son « approche progressive », j’ai regretté ce moment et maudit le jour où les 4 lettres BDSM se sont installées dans ma tête.
J’ai découvert que la peur danse très bien avec l’imagination.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, alors je me suis attendue à tout.
A tomber dans les pommes, à me faire découper, à devenir un pantin désarticulé, à finir à l’hôpital, et même à mourir.
Oui, la peur m’a couronnée Drama-Queen.
Et les coups sont tombés.
Sur mes fesses.
Mes fesses qui avaient été ignorées par les coups de mon enfance sont devenues le fer de lance de cette exploration de la douleur qui était réputée belle.
Et Monsieur Le Sombre avait raison : j’ai eu des sensations, et des sensations inconnues, nouvelles même !
Le crépitement d’un instrument étrange, son martinet favori, fabriqué maison, de cuir et de bois.
La constellation d’explosions au contact de ma peau, la griffure des lanières qui soudain, ressemblait presque à la caresse rugueuse de sa main.
Et, ohhhh…. Ce petit, tout petit, feu d’artifice parti du bas de mes reins tout droit vers mon cerveau….. Après ce premier dévanillage,
J’avais toujours un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aimais toujours pas.
Et si j’étais toujours douillette, je l’avais vaincue !
Du moins, c’est ce que j’ai cru.
Monsieur Le Sombre me fixait à travers les volutes de nos cigarettes, avec ce sourire en coin et assassin accroché à ses lèvres.
Il fit le constat que, pour une toute première fois, je m’en étais bien sortie. Mon corps, disait-il, avait une tolérance plus grande que ce qu’il n’attendait.
Ma cigarette et sa fumée n’étant pas une cachette suffisante, je suis partie me réfugier dans la vaisselle et les vestiges de notre repas.
Mon tiroir était fermé, aucune question ne se posait.
Quelques temps après, alors que mon audace nouvellement gagnée me faisait parler de la douleur comme d’une vieille amie, j’ai osé affirmer devant mon Enfoiré de Monsieur que j’aimais bien son martinet, et que mes fesses appréciaient sa force.
Je n’ai eu que le temps de voir son regard virer au pétrole de son pseudonyme.
D’une main il m’attrapa à la gorge.
Sa voix basse qui sentait le danger, me chuchota à l’oreille : « Tu crois donc que j’ai usé de ma force habituelle, ma chérie ? Je vais te montrer une mesure un peu plus juste ».
Je suis convaincue que cet homme peut multiplier ses bras. Parce que, tandis que je suffoquais encore, ma culotte voltigeait déjà à l’autre bout de la pièce, et me voilà, cul nu, à recevoir une fessée mémorable.
Non, ce n’était pas drôle ni plein de « crépitements », il n’y a pas eu de « feu d’artifice » dans mon cerveau.
Juste cette nouvelle douleur qui était en train de tourner la clé de mon tiroir secret.
Quand sa main cessa, il me laissa prostrée à quatre pattes sur le canapé. Une tempête faisait rage en moi.
Partout. Et surtout dans ma tête.
Je n’avais plus aucun repère à ce moment-là, ou plus exactement, j’avais des repères bien trop familiers qui m’envoyaient leurs hommages.
J’entendis ses pas revenir vers moi.
Ses mots, secs : « Prends également la juste mesure du martinet, pendant que tu y es ».
Ce même soir, avant la brutalité de ses coups de reins, il me projeta encore dans une autre dimension.
Assise au milieu du lit chiffonné, lui derrière mon dos, il attrapa mes tétons.
Toute tentative de fuite était vaine, une fois de plus.
Ses jambes immobilisaient les miennes.
Et sa voix… - sa voix, était-elle sel et miel à ce moment, ou minérale ? Sa voix me paralysait encore plus sûrement que ses bras.
« Tu peux me dire d’arrêter »
Mon neurone a rendu l’âme avec cette phrase que j’étais incapable de comprendre là, dans cette chambre, sur ce lit, dans ses bras.
Mes tétons étaient comme des petits joujoux entre ses doigts cruels.
Les petits pincements du début…. Pas non plus la mesure réelle de ce qu’il pouvait me faire…
Une douleur insidieuse, vive, crescendo, qui coupa toutes mes larmes de crocodile habituelles.
Le choc quand il me força à me caresser en même temps, faisant griller comme une ampoule le peu de logique qui me restait.
Ce soir-là, il m’apprit que je pouvais avoir le choix.
De subir encore la douleur, ou de la vivre.
Mais cette phrase, je ne la comprendrai que bien plus tard. Pour le moment,
Je retrouvais la violence de mon rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime définitivement pas, non, non.
En plus, je suis douillette, toujours aussi douillette.
Le contenu de mon tiroir grossissait comme un monstre, mais le verrou tenait encore bon.
Retrouver la distance entre Lutèce et Naoned me baignait dans le soulagement un peu trop coupable de ne pas avoir à faire face.
L’état de grâce se termine : le monstre de mes questions a grandi, mûri, et cherche la lumière.
Eros le savait, Psyché ne voulait pas le savoir. (1)
Monsieur Le Sombre le savait, je ne voulais pas le savoir.
Un soir, alors que je miaulais en visio avec Monsieur Le Sombre et que je le taquinais sur l’inventaire du reste de son arsenal, il n’accepta de me montrer qu’un seul instrument.
Sa badine. Une badine.
La tige.
Non.
Pas ça.
Non.
Peur.
Non.
Mal.
Non.
Ça rentre dans les chairs.
Non.
Avant de devenir un bleu, ça va gonfler.
Non.
Le bruit.
Non.
L’éclair qui aveugle quand la douleur arrive.
Non.
Non.
Non…
Le verrou a sauté.
Elle est là devant moi, elle s’est nourrie de tout ce que je n’ai jamais voulu reconnaître, elle a encore faim de tourments, elle me sourit et me tend ses tentacules sifflants et empoisonnés.
Méduse de mes entrailles dont je ne veux pas, et qui se grandit de ma destruction. (2)
Je n’ai jamais voulu lui faire face, mais la voilà qui me plonge dans l’abîme de son regard (3) et elle me promet monts et merveilles d’immobilisme, de paralysie….
L’étreinte familière, facile et chaude, réconfortante, de la peur.
Les yeux de Monsieur Le Sombre ne me quittaient pas.
A travers l’écran de nos nuits blanches (4), il me scrutait.
Il savait.
Il a vu.
Il a vu mes cheveux se dresser. Mes poils se hérisser. Mon souffle s’arrêter. Mes yeux se voiler. Mes épaules se voûter.
Il a vu le silence assourdissant des « non » que je hurlais.
Il l’a vue, elle, Méduse de mes peurs, me prendre dans ses bras empoisonnés.
La badine a quitté l’écran.
Respire.
Respire.
Respire, bordel, respire.
Elle a reculé d’un pas, satisfaite, car elle avait avalé la clé.
Ma Méduse reprenait ses quartiers dans un tiroir désormais ouvert.
Monsieur Le Sombre m’a soutenue et enveloppée avec ses yeux tissés d’or et sa voix sel et miel.
A ce moment,
Eros l’avait compris, Psyché devait le reconnaître.
Monsieur Le Sombre l’avait compris, j’ai dû le reconnaître.
L’idée de la douleur.
L’idée.
Juste l’idée…
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas, parce que j’en ai peur.
La peur m’a rendue douillette, vraiment douillette.
C’est la fin de l’état de grâce.
Eros et Psyché le savaient.
Monsieur Le Sombre, gardien de ma temporalité, le savait mieux que moi.
« Il est temps que nous allions faire un tour en enfer, toi et moi. »
Il n’y avait plus de questions à se poser.
Allons-y.
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas, parce que j’en ai peur.
Alors je vais combattre le mal par le mal.
À vous qui m’avez lue,
Merci d’avoir parcouru ce fragment d’ombre, et d'en être venu à bout.
Ce texte, c’est un cheminement dans mon intimité cérébrale. Une façon peut-être trop impudique, mais très personnelle de déposer des empreintes anciennes -et digérées, pour mieux comprendre celles d’aujourd’hui.
Il n’appelle ni compassion, ni jugement, ni analyse et encore moins débat.
A toi mon Enfoiré de Monsieur Le Sombre,
Merci pour ta main qui serre la mienne, merci de mener ce combat avec moi.
Merci de me connaître quand je n’ose me faire face. De déshabiller ma pudeur et m’armer de lucidité.
Merci de m’emmener en enfer.
Je sais que tu m’en sortiras.
Version audio : https://soundgasm.net/u/Good_Girl78/Acte-I-Psych-Eros-et-ma-douleur-la-fin-de-ltat-de-grce
Sound Track :
All the good girls go to hell – Billie Eilish : https://www.youtube.com/watch?v=-PZsSWwc9xA
Paint it black – The Rolling Stones : https://www.youtube.com/watch?v=EBUFtoC2oj4
Références :
1. Psyché & Eros
Psyché et Éros incarnent la tension fondamentale de l’amour : désir et perte, chute et renaissance, chair et mystère.
eur histoire n’est pas un conte romantique, mais un chemin initiatique — une traversée de l’ombre, de la solitude, de la perte de soi.
Psyché — l’âme — descend.
Epreuve après épreuve, elle se dépouille. Illusions, peur, honte, culpabilité.
Elle affronte, elle lâche, elle tombe. Et de cette chute, elle renaît.
Non intacte — mais éveillée.
Eros est celui qui veille, le gardien de la temporalité. Celui qui aime sans posséder.
Ensemble, ils ne forment pas un tout, mais une alliance.
Non pas fusion, mais une lucidité partagée.
Deux âmes qui se retrouvent après s’être reconnues dans la faille.
Leur union n’est pas un début heureux. C’est l’aboutissement d’une quête intérieure.
Un amour qui a chuté, qui a douté, mais qui demeure — parce qu’il a été mérité.
Et surtout, compris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Psych%C3%A9_(mythologie)
2. Méduse
Méduse est la peur.
Son regard fige, paralyse. Elle transforme en pierre — image parfaite de ce que fait la peur quand on y cède : elle pétrifie. Elle empêche d’avancer, de penser, de sentir.
Et Persée, pour la vaincre, ne la regarde pas en face. Il utilise le reflet de son bouclier.
Il ne nie pas la peur, il l’affronte avec stratégie, avec recul.
Il sait qu’un face-à-face direct serait une perte. Alors il la regarde autrement.
C’est un mythe qui dit tout, sans fioritures :
On ne peut combattre la peur de front. Il faut la regarder sans s’y perdre.
Fun fact : Méduse est la gardienne de l’enfer…
https://www.radiofrance.fr/franceculture/meduse-le-regard-societal-de-la-figure-mythologique-dans-les-arts-depuis-vingt-sept-siecles-6999089
3. Friedrich Nietzsche a dit : « Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu plonges longuement ton regard dans l'abîme, l'abîme finit par ancrer son regard en toi."
4. Le Cinéma – Claude Nougaro : https://www.youtube.com/watch?v=mmv16X-nT7k
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La villa nuptiale est une villa indépendante du complexe hôtelier. Nichée au cœur d'une végétation luxuriante, elle est à l'écart de la plage. Ses murs de stuc blanc et son toit de tuiles lui confèrent indéniablement des origines antillaises. Son jardin secret abrite une piscine et une douche en plein air. Le mobilier de résistance à l'intérieur est le grand lit à baldaquin et les voilages blancs suspendus un peu partout. Officiellement, je suis en voyage de noces. Sauf que le mari avec qui je devais en principe voyager s'est éclipsé quelques heures avant la cérémonie, brisant plus de cinq années de complicité sans explication. J'ai choisi de partir quand même, de ne rien changer à mes plans, et me voilà donc seule à loger dans la vaste villa nuptiale. J'ai décidé qu'étant nouvelle célibataire, je m'offrirai du bon temps, jouissant de chaque instant de ma vie de femme libre, peut-être avec mon professeur de tennis, en espérant qu'il soit séduisant. Je jette mes vêtements sur le lit me dénudant totalement et je glisse sous la douche. La brise vaporise l'eau sensuellement sur mon corps déjà bruni.
Bientôt, je me sèche, j'enfile un simple string de bain et j'ouvre une bouteille de vin. Quelques minutes plustard, on frappe à ma porte. C'est mon professeur de tennis, accompagné de son acolyte, un jeune stagiaire. Tous les deux portent un bermuda. Sacha a enfilé une chemisette, qu'il a laissé ouverte sur un torse bronzé et athlétique. Thomas porte un t-shirt ajusté.
- Je me suis permis d'emmener Thomas avec moi. On fait toujours tout ensemble.Tout ? Je frémis, une image délurée me vient à l'esprit. Je me demande s'il est aussi bon professeur en tout.
- J'espère que ça ne vous ennuie pas, reprend Sacha, méprenant ma mine songeuse pour une hésitation.
- Au contraire, me suis-je empressée de déclarer, rayonnante de joie.
Je leur sers un verre de vin dans le jardin. Une musique reggae joue sur le système audio branché à l'extérieur.
- Lequel d'entre vous peut me montrer comment danser ça ?
Sacha se propose aussitôt pour ma plus grande joie. Il m'enlace par la taille, sa main se posant sur ma peau nue et déjà moite. Quant à moi, je glisse les miennes sur ses flancs, à l'intérieur de sa chemisette. Il bouge admirablement bien, au point que je me sens un peu maladroite pour suivre ses mouvements. Je passe bientôt d'un cavalier à l'autre, et je me fais la réflexion que c'est bien mieux que de danser avec un nouveau marié. D'ailleurs, ils ne semblent pas se formaliser que je sois logée seule dans la villa nuptiale, et c'est très bien ainsi.
Je ne me sens pas d'attaque pour expliquer les ratés de la vie de couple. J'ai d'autres choses en tête pour le moment.Les pièces musicales s'enchaînent et mes mouvements deviennent plus fluides. Sacha reprend sa place et je repousse sa chemisette sur ses bras. Je promène ensuite mes mains sur ses abdominaux, je presse mon corps contre le sien. Dans ma tête, la musique se fait plus distante, le jardin devient une gigantesque serre incubatrice éveillant mon désir.
Le sexe de Sacha durcit contre mon ventre. Je souffle fort dans son cou, ce contact décuple mes sens. Sa peau mate dégage un mélange aphrodisiaque animal de sueur et de plaisir. Pour ne pas être en reste, Thomas se presse contre mon dos. Je suis prise entre les deux, environnée de chaleur et de sensualité.
- Baignons-nous un peu, suggère Thomas dans mon oreille.
- Où sont vos maillots ?
Sacha se fend d'un large sourire, en rejoignant la piscine. Je ressens encore sur mes seins la chaleur de son torse.
- En Jamaïque, c'est comme cela qu'on fait.
Puisqu'il a déjà perdu sa chemisette que je lui ai arrachée, il ne lui reste qu'à enlever son bermuda et son boxer. Son sexe en érection, pris dans ce dernier, rebondit sur son ventre musclé comme un ressort quand il est enfin libéré. Il est plus long que je ne l'imaginais et s'avère plus foncé que le reste de son corps. Il se retourne, ce qui me permet d'apprécier également le spectacle stimulant de ses fesses bombées, et il saute à l'eau avec fracas. Thomas s'est aussi dévêtu dans mon dos. Alors que la silhouette de Sacha est athlétique, celle de Thomas est plus gracile. Son membre, plus court, est cependant massif. Je plonge alors dans la piscine et j'ai tout juste le temps d'émerger queles deux hommes me saisissent à bras le corps. Sacha tire sur la ficelle de mon string de bain me dénudant alors.
Je me réfugie dans un recoin de la piscine avec eux. Bientôt, ma bouche gourmande alterne entre Sacha et Thomas, découvrant chez le premier un talent naturel pour les baisers langoureux. Thomas se montre plus impatient, ses lèvres parcourt mon corps en glissant sa langue dans mon sexe offert. Sacha se faufile derrière moi insérant sa queue entre mes fesses. Il me ceinture de ses bras au même moment où Thomas lèche mes seins excités en mordillant leurs pointes. Puis Sacha me soulève, en plaçant ses bras sous mes genoux. Adossée à lui, je me retrouve à moitié hors de l'eau, cuisses écartées, mon sexe béant livré aux lèvres enthousiastes de Thomas. Intrusives, elles me fouillent partout avec ardeur: mon clitoris, ma vulve et mon anus.
Je tressaille dans les bras de Sacha, en rejetant la tête à l'envers, je parviens même à l'embrasser. Les seins livrés au soleil, je savoure la bouche infatigable de Thomas dans mes orifices. Puis, il empoigne la queue de Sacha et la dirige vers mon anus. Je grogne en m'asseyant sur ce phallus qui m'envahit en conquérant. C'est d'abord une sensation de trop-plein douloureuse qui me coupe le souffle. Heureusement, en même temps, Thomas s'affaire exclusivement à lécher ma vulve, ce qui adoucit la sodomie. Je lance mes bras en arrière, autour du cou de Sacha en nouant mes mains sur sa nuque, et je me détends en me cambrant instinctivement au maximum pour profiter de sa pénétration.
Thomas doit se frayer un chemin pour me pénétrer. J'ai l'impression que je vais éclater. Je suis bondée à déferler. Les va-et-vient dans mes deux orifices provoquent un déluge de douleur mais de plaisir et d'extase. En moi, je sens les deux membres qui se côtoient profondément dans ma chair en l'écartelant. Je noue mes chevilles sur les reins de Thomas, je fais le pont entre les deux, qui ont emprunté une cadence synchronisée pour explorer mes cavités. Je ne saurais dire lequel des deux maîtrise le mieux mon orgasme à venir. J'avais déjà goûté aux délices de la sodomie mais jamais à ce jour à l'ivresse de la double pénétration. C'est une sensation exclusive qui ne souffre d'aucune comparaison.
Je jouis les yeux grands ouverts, levés au ciel, en plein soleil, un flux incommensurable parcourt mon corps de l'échine dorsale jusqu'aux reins. Je me raidis brusquement, à tel point que les deux hommes ont du mal à me retenir. Quand je m'apaise et que je me détends naturellement, Sacha se retire de mon anus. Après le plaisir ne subsiste que la douleur qui bien qu'alimentant la jouissance durant la pénétration, demeure inconfortable par la suite. Il s'éloigne dans un coin, nous observant Thomas et moi. Je me redresse dans l'eau, forçant mes seins bronzés encore excités à émerger. Les deux compagnons, encore très durs, sont désireux de continuer. Je les amène donc sous la douche. Consciencieux, ils entreprennent de me laver. Sacha masse mes seins et nettoie ma vulve. Thomas prenant le relais derrière, plonge son index mousseux dans mon rectum. Après la sodomie prolongée, les mouvements de son doigt lubrifié de savon me paraissent anodins. Leurs quatre mains se disputent mes seins relançant en moi des spasmes de plaisir.
Je fais à mon tour mousser le savon dans mes mains, avant de les masturber simultanément. C'est une sensation de contrôle très grisante de tenir ces deux verges en érection en main. Une fois que l'eau de la douche a bien rincé le savon et débarrassé le sperme de mes cuisses et du siphon au sol, je prends dans ma bouche leur queue à tour de rôle. Dans le jardin, sur une chaise longue, je m'installe pour un soixante-neuf avec Thomas pendant que Sacha se place derrière moi pour me pénétrer. Thomas lèche ma vulve puis suce les testicules et le pénis de son compagnon. Cela m'excite beaucoup de voir entre mes jambes sa bouche engloutir la longue queue de Sacha jusqu'au fond de sa gorge. Une communion exacerbée par ma présence de désirs masculins avec un parfait naturel de nouveau inconnu pour moi.
Je jouis une seconde fois au moment où Sacha me sodomise à nouveau et que la langue de Thomas me fouille le sexe. Mon orgasme est cette fois moins violent mais plus long comme il s'étirait sans fin. Je comprends que Sacha a éjaculé quand il se retire, libérant son sperme sur le haut de mes cuisses. Je me concentre sur le pourtour de l'anus de Thomas jusqu'à ce qu'il jouisse en frémissant. Je continue à les masturber tous les deux, ils sont si sensibles qu'ils sont secoués de spasme violents. Bientôt, je les suce à nouveau à tour de rôle. Maîtresse de la situation et heureuse d'être célibataire.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Bonjour/bonsoir à vous qui lisez ce message
Je me présente, Eros,jeune demiboy de 22 ans. Pour expliquer un demiboy ("moitié homme" en anglais) est une personne dont le genre varie entre le il et le iel. Mon genre et mon expression de genre ne sont pas fixés, ils varient en fonction de comment je me sens à l'intérieur. Après tout pourquoi rester fixés quand plusieurs choses nous font vibrer l'âme pas vrai ?
J'aimerai prendre la parole en tant que personne queer : je suis fatigué
Fatigué d'être le fantasme de Jean-Michel 55 ans, dominateur qui fantasme sur les trans.
Que l'on n'ai pas tout le vocabulaire lgbtquia+ je comprend. Ça ne me dérange pas de répondre aux questions, au contraire puisque je dois faire preuve de pédagogie dans mon métier : j'ai l'habitude d'expliquer.
Cependant je suis fatigué d'être fantasmé et sexualisé sans avoir donner mon accord. Cela s'appelle ne pas respecter mon consentement. C'est ce qui m'arrive quand je me fais fétichiser par des personnes qui n'assume pas leur sexualité,et préfère se "rassurer" en allant importuner des personnes trans plutôt qu'avoir le courage de se remettre en question.
Nous ne sommes ni vos fantasmes ni vos expériences.
J'ai une question pour tous les Jean-Michel : Qu'est-ce que ça vous coûte de vous remettre en question ? De vous poser les bonnes questions sur la nature de votre attrait pour les queers ?
Merci de m'avoir lu
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Chapitre 16
L’éveil des non-dits
Le lendemain du club, le monde semblait avoir ralenti. La nuit s'était achevée, mais son empreinte était partout : sur ma peau, dans mes muscles encore engourdis par l’intensité de nos étreintes, dans l’air lourd de cette chambre où flottait encore le parfum du désir. Rien ne semblait avoir vraiment changé, et pourtant, tout était différent.
L’aube filtrait à travers les rideaux entrouverts, projetant une lueur diffuse sur les draps froissés. L’air était encore chargé des échos de la nuit passée, de cette tension consumée mais non éteinte, flottant entre nous comme une brume invisible.
Je sentis son corps bouger légèrement contre le mien, un frisson parcourant sa peau encore tiède sous mes doigts. Son souffle effleura mon cou avant qu’elle ne s’étire, ses mouvements empreints d’une langueur presque féline.
— "Tu es réveillé ?" murmura-t-elle, la voix encore voilée par le sommeil.
Je ne répondis pas immédiatement. Je profitais du moment, de cette quiétude fragile où rien n’avait encore repris son cours.
Son regard croisa le mien, et je perçus cette lueur indéfinissable dans ses yeux, quelque chose entre la satisfaction et l’incertitude, un équilibre précaire entre l’après et ce qui allait suivre.
Elle ne dit rien de plus. Ses doigts glissèrent distraitement sur mon bras, traçant des lignes invisibles sur ma peau, un geste à la fois tendre et machinal. J’observais chacun de ses mouvements, essayant d’interpréter ce qui se jouait derrière son silence.
Un instant, elle sembla hésiter, puis elle se redressa légèrement, s’asseyant au bord du lit. Les draps glissèrent le long de son dos nu, révélant la courbe de ses épaules marquées par la nuit. Elle resta ainsi, immobile, le regard perdu dans un point indéfini de la chambre.
— "Tu regrettes ?" demandai-je enfin, brisant le silence.
Elle tourna légèrement la tête, ses cheveux tombant en cascade sur son épaule. Un sourire fugace effleura ses lèvres, mais son regard, lui, était plus insondable.
— "Non," répondit-elle après un instant. "Mais ça change tout, n’est-ce pas ?"
Je ne répondis pas immédiatement. Parce qu’elle avait raison. Parce que nous étions à cet instant précis, ce moment fragile où tout pouvait basculer dans un sens ou dans l’autre.
Je tendis la main vers elle, effleurant la courbe de son dos du bout des doigts. Elle frissonna sous mon contact, mais ne bougea pas.
— "Ça change ce que tu veux que ça change," soufflai-je.
Elle inspira profondément, puis expira lentement, comme si elle pesait mes mots, mes intentions.
Puis, dans un mouvement lent, elle se retourna vers moi, ses yeux cherchant une réponse que je n’étais pas sûr de pouvoir lui donner.
Elle me fixa un instant, son regard oscillant entre défi et vulnérabilité. J’observais chaque détail : la manière dont ses doigts froissaient distraitement le drap sur ses cuisses, la légère crispation de ses épaules, comme si elle s’efforçait de garder le contrôle de quelque chose qui lui échappait déjà.
— "Et toi ?" souffla-t-elle enfin, sa voix plus basse, presque hésitante. "Tu veux que ça change quoi ?"
Je n’avais pas encore réfléchi à cette question. Ou peut-être que si, mais sans oser formuler la réponse à voix haute. Le goût de la nuit passée était encore là, imprégné dans ma peau, dans l’air autour de nous, dans chaque souffle que nous prenions.
Plutôt que de répondre immédiatement, je me redressai à mon tour, venant me placer derrière elle. Mon torse frôla son dos, mes bras se glissèrent autour de sa taille, et je posai mon menton sur son épaule. Elle ne bougea pas, mais je sentis la tension dans son corps vaciller légèrement, son souffle se suspendre.
— "Je veux savoir où tu veux qu’on aille," murmurai-je enfin, ma voix effleurant sa peau.
Ses doigts se posèrent sur les miens, les caressant machinalement, comme si elle cherchait ses mots, pesant le poids de ma question.
— "Je ne sais pas," admit-elle finalement. "Tout est allé si vite…"
Je déposai un baiser léger sur sa clavicule, non pas pour la convaincre, mais pour lui rappeler qu’il n’y avait rien à précipiter.
— "Alors on ne se pose pas la question tout de suite," suggérai-je.
Elle ferma brièvement les yeux, son front s’inclinant légèrement vers moi. Je sentais sa lutte intérieure, ce combat entre l’envie de lâcher prise et cette habitude de toujours garder le contrôle.
Puis, dans un mouvement lent, elle se retourna dans mes bras, son visage à quelques centimètres du mien.
— "C’est une mauvaise idée," murmura-t-elle.
Je laissai un sourire effleurer mes lèvres, glissant mes doigts dans ses cheveux.
— "Probablement."
Son regard s’attarda sur ma bouche une fraction de seconde de trop, et je vis la décision se faire en elle avant même qu’elle ne bouge.
Lorsqu’elle captura mes lèvres, ce n’était plus une hésitation, mais une réponse. Une façon de retarder les questions, de se noyer encore un peu dans cette attraction inévitable qui nous consumait.
Nos souffles se mélangèrent à nouveau, et je sentis la tension changer, muter, retrouver cette intensité brute que la nuit n’avait fait qu’éveiller.
Elle se pressa contre moi, et cette fois, ce fut elle qui m’attira sous les draps, effaçant les dernières résistances dans une étreinte qui ne laissait plus de place aux doutes.
Ses lèvres étaient impatientes, avides, comme si elle voulait ancrer cet instant dans quelque chose de tangible, de réel, loin des incertitudes qui flottaient encore entre nous. Son corps s’imbriqua contre le mien, la chaleur de sa peau se mêlant à la mienne dans une douceur troublante.
Je la laissai prendre le contrôle, savourant la façon dont elle guidait nos gestes, comme si en s’abandonnant à moi, elle s’autorisait enfin à se libérer totalement. Ses mains glissèrent sur mon torse, s’attardant sur chaque contour, chaque muscle tendu sous son toucher. Je sentis son souffle s’accélérer alors que ses lèvres redécouvraient mon cou, descendant lentement, traçant une ligne brûlante qui me fit frémir.
Elle s’installa au-dessus de moi, ses cheveux formant un rideau sombre autour de son visage. Son regard plongea dans le mien, une lueur indéchiffrable dans ses prunelles. Cette fois, il n’y avait plus de jeu, plus de provocations voilées. Juste elle et moi, une alchimie brutale et inévitable qui ne demandait qu’à exploser à nouveau.
Je la laissai mener la danse, appréciant chaque mouvement, chaque ondulation de son corps contre le mien. Son rythme était lent, calculé, savamment étudié pour prolonger le supplice et l’extase à la fois. Mes mains glissèrent sur ses hanches, accompagnant ses gestes, amplifiant le plaisir qui nous consumait à nouveau.
Ses soupirs se mêlaient aux miens, la chambre résonnant de cette fièvre qui refusait de s’éteindre. Elle se cambra, son dos dessinant une arche parfaite sous la lumière tamisée du matin, et je fus submergé par l’intensité de l’instant.
Je ne voulais pas que ça s’arrête. Pas encore.
Alors je repris le contrôle, la faisant basculer sous moi dans un mouvement fluide. Son rire s’évanouit en un gémissement lorsque je me fondis en elle avec une lenteur délibérée. Ses doigts agrippèrent mes épaules, son souffle saccadé se brisant en murmures inachevés contre ma peau.
Nos corps s’accordaient avec une fluidité enivrante, oscillant entre douceur et intensité, entre abandon et possession. Chaque mouvement nous rapprochait du bord, chaque caresse approfondissait cette connexion indicible qui nous liait bien au-delà du simple plaisir charnel.
Et lorsqu’elle se tendit sous moi, son corps tout entier vibrant sous l’onde de plaisir qui la traversait, je la rejoignis dans cette dernière explosion, cette apothéose brûlante qui effaçait tout le reste.
Nos respirations s’entremêlèrent, s’apaisant peu à peu, tandis que nous retrouvions cette quiétude trouble d’après l’orage.
Elle se lova contre moi, nichant son visage au creux de mon cou. Son souffle chaud caressa ma peau alors qu’elle glissa une main paresseuse le long de mon dos.
— "Cette fois, je crois que je vais vraiment avoir besoin d’une douche," murmura-t-elle, un sourire à peine dissimulé dans sa voix.
Je laissai échapper un léger rire, caressant distraitement la courbe de ses reins.
— "J’en aurais bien besoin aussi."
Elle leva légèrement la tête, m’observant avec cet éclat malicieux dans les yeux.
— "Alors viens."
Je n’eus pas besoin de plus pour la suivre sous l’eau brûlante, dans une intimité renouvelée qui promettait encore bien des tourments délicieux.
Chapitre 17
Les traces de la nuit
La vapeur s’élevait doucement autour de nous, enroulant nos corps dans une chaleur moite alors que l’eau ruisselait encore sur nos peaux. Ses doigts glissèrent sur mon bras dans un geste aussi naturel qu’intime, comme si elle tentait de prolonger ce moment en dehors du temps. Nos regards se croisèrent, et je sentis cette tension encore suspendue entre nous, ni totalement dissipée ni entièrement maîtrisée.
Elle s’écarta légèrement, attrapant une serviette et l’enroulant autour d’elle avec un mélange d’aisance et de retenue. Je la laissai sortir en premier, la suivant du regard alors qu’elle quittait la salle de bain, disparaissant dans la chambre pour se sécher et se vêtir. Je pris une longue inspiration avant d’éteindre l’eau et de la rejoindre.
Quand j’arrivai dans la cuisine, elle était déjà là, vêtue de l’une de mes chemises, encore trop grande pour elle, et s’affairant à sortir deux tasses. Ses cheveux humides tombaient en désordre sur ses épaules, lui donnant un air à la fois désinvolte et étrangement vulnérable.
Je me rapprochai et mis l’eau à chauffer, écoutant le sifflement de la bouilloire emplir le silence.
— "Tu veux du café ou du thé ?" demandai-je en brisant cette tranquillité pesante.
Elle haussa un sourcil, un léger sourire en coin.
— "Depuis quand je bois du thé ?"
Je souris à mon tour, versant le café dans deux tasses. Elle s’approcha lentement, prenant la tasse que je lui tendais, et nos doigts se frôlèrent imperceptiblement. Un frisson remonta le long de ma colonne, me rappelant que rien n’était vraiment réglé.
Après quelques gorgées de café échangées en silence, elle finit par se lever, posant doucement sa tasse sur le comptoir.
— "Je devrais y aller," murmura-t-elle, évitant mon regard.
Je hochai la tête, sentant la fin de ce moment approcher comme une évidence. Elle disparut un instant dans la chambre pour récupérer ses affaires. Lorsqu’elle revint, habillée et prête à partir, elle hésita à l’entrée, comme si elle attendait quelque chose, une parole qui ne vint pas.
Je la raccompagnai jusqu’à la porte.
— "On se revoit bientôt ?" demanda-t-elle, un éclat indéfinissable dans les yeux.
Je soutins son regard un instant avant de répondre, conscient que la simplicité de cette question cachait bien plus.
— "Oui."
Elle acquiesça en silence, puis tourna les talons et disparut dans le couloir.
La porte se referma doucement derrière elle, et je restai là un instant, la main sur la poignée, avant de soupirer.
Le cours de la vie reprenait son rythme, mais quelque chose, en moi, avait déjà changé.
Chapitre 18
Une tension suspendue
Le quotidien reprenait ses droits. Les jours s’égrenaient dans une routine presque mécanique, mais quelque chose en moi restait en suspens, comme si un fil invisible me rattachait encore à cette nuit-là.
Le studio tournait à plein régime. Entre les rendez-vous, les enregistrements et la gestion des équipes, je n’avais que peu de répit. Pourtant, dans le tumulte des journées bien remplies, je me surprenais à chercher son nom sur mon téléphone, à scruter mon écran dans l’attente d’un message qui ne venait pas.
Elle n’avait rien envoyé. Et moi non plus.
L’absence de communication n’était pas anodine. C’était un équilibre fragile, une façon implicite de laisser le temps décider pour nous. Mais le manque s’installait, insidieux.
Un soir, alors que je verrouillais la porte du studio après une longue journée, je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche. Mon cœur rata un battement en voyant son nom s’afficher sur l’écran.
— "Toujours vivant ?"
Un message court, léger en apparence, mais dont je pouvais deviner l’intention cachée.
Je pris une seconde avant de répondre.
— "Ça dépend des jours. Et toi ?"
L’attente fut brève avant qu’une nouvelle vibration ne rompe le silence de la rue déserte.
— "Je pourrais te poser la même question. Tu as disparu."
Un sourire effleura mes lèvres. Elle jouait sur les apparences, mais je percevais l’interrogation sous-jacente. J’hésitai un instant, puis tapai ma réponse.
— "Disons que je voulais voir si tu allais venir me chercher."
Je rangeai mon téléphone dans ma poche et levai les yeux vers la ville endormie. Le jeu n’était peut-être pas terminé, après tout.
Une nouvelle vibration me ramena à la réalité.
— "Et si je venais te chercher maintenant ?"
Je restai un instant immobile, pesant ses mots. L’envie était là, indéniable, mais quelque chose me retenait. Peut-être la peur que cette attirance se transforme en un jeu sans fin, un cercle vicieux où chacun attendait que l’autre flanche en premier.
Mais je n’étais pas homme à fuir les défis.
— "Je suis encore au studio. Si tu oses."
Quelques minutes passèrent sans réponse, assez pour que je me demande si elle avait changé d’avis. Puis, le grondement d’un moteur attira mon attention. Une voiture s’arrêta devant le bâtiment, et derrière la vitre teintée, son regard accrocha le mien.
Elle était venue.
Je n’hésitai pas et ouvris la porte du studio, l’invitant à entrer. Nous marchâmes à travers le couloir faiblement éclairé, passant devant les cabines où certaines filles étaient déjà en pleine session. Derrière les vitres insonorisées, des jeunes femmes, et d’autres plus mûres, discutaient avec leurs clients ou se trémoussaient face aux caméras, leurs voix couvertes par le brouhaha feutré de l’activité nocturne du studio.
Elle observa la scène sans un mot, son regard capturant les détails de cet univers qu’elle connaissait sans doute déjà, mais qu’elle voyait cette fois sous un angle différent. L’intimité exposée, le commerce du désir dans toute sa complexité, le contraste entre le contrôle et l’abandon calculé de chaque performance.
— "Toujours aussi fascinée ?" soufflai-je en continuant d’avancer.
Elle tourna la tête vers moi, un sourire indéchiffrable sur les lèvres.
— "Toujours aussi intriguée," corrigea-t-elle.
J’ouvris la porte de mon bureau et l’invitai à entrer. Ce soir, les règles avaient changé.
Toujours avec nous ?????
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New game, press “start” :
My Good Girl, tu le sais… Tu le sais, mieux que quiconque… J'excelle pour ce qui est de fixer les règles, maîtriser la temporalité, dominer la partie… Je dois néanmoins l’admettre, tu m’as piqué à cœur avec ton petit jeu … ..
Toi qui à l'échelle de mes sombres chroniques, apparaîs tel un univers inexploré, une blank page, destinée à accueillir le nouveau chapitre de nos vies… Une notice réservée aux utilisateurs avertis… Un manuel d’usages tabous, paraphé de nos vices…
Entre les lignes de front de cette nouvelle donne hiérarchisée, voilà alors my cheeky Villager engagée dans le jeu de mains du vilain… Un next level, piraté par cet enfoiré de malandrin… Un RTS risqué, où au fil de chaque mot calligraphié sur ta peau, nous rebattons les cartes, ensemble...
Une bataille de Xiangqi, où j’ai l’avantage sournois de ma position tactique… Un duel inégal, où les dés restent pipés en ma faveur…
Emportée dans les méandres de cette warzone, sous le feu incessant des apostrophes déployée sur ton âme, à chaque manche tu deviens un peu plus pion sur mon échiquier, mais également reine d’un royaume tissé de nos ombres... Judicieusement placée à mes côtés au sein de mon noir matériel…
Cette campagne de coups à jouer, que nous élaborons, ensemble... C'est celle de nos nuances...
Dès lors, si dans cette partie je garde assurément contrôle et leadership, anticipe les manœuvres avec stratégie... Si c'est bien moi qui distribue les points, les bons comme les mauvais... Pour autant, quand vient l'instant de dévoiler mon jeu, cela s’avère toujours un coup de poker... Face à toi, continuellement je fais tapis, mise la totalité de mes jetons...
Malgré tout, perpétuellement j'impose échec et mat, high score... Je renverse le plateau d’un simple regard, et te transporte tout droit dans mon monde à l'envers…
Nul doute que dans cette réalité transgressive, je suis ton unique Joker, moi le bluffeur, tricheur invétéré... Le seul ici à pouvoir t'épargner la case prison... ( L'injustice de ma clémence est le privilège du rusé… .. À moins que ce ne soit, la ruse du privilégié… .. C’est pour sûr, le bénéfice d'un brigand immoral qui se plaît à détourner les codes, la distinction machiavélique de l'intrigant, celui qui à sa guise, déjoue et rejoue les instructions... )
Malgré cela, en dépit de mon avatar turlupin et cynique, par ta capacité à dépasser, à t’accepter… ( Autant qu’à accepter, te dépasser… ) Par ton talent à remettre en jeu tes convictions... Constamment tu me surprends...
Oui, tu me surprends, et j’aime ça… Parfois tu me déconcertes, me désarçonnes même… Bouleversant de la sorte le match, pareillement à mes certitudes…
Malgré tout, tu me rends extrêmement fier… Et tellement honoré de ton inclinaison...
Toi ma petite joueuse, cette chipie à l’innocence relative, qui presse avec impulsivité mes boutons d’action... My little player one, cette gourgandine à la pudeur enjouée, souvent candide quant à la réaction de mon interface…
Malgré cela, à travers ce roleplay ludique et corrompu, tour après tour, encore je m'émerveille, jubile éternellement…
Inlassablement et sourire en coin, je me délecte du spectacle permanent de ta stupeur, quand sur le qípán, j’avance savamment mes calculs… Plaçant les pierres tel un wéiqí shǒu érudit…
Game over !
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INSPIRATIONS MUSICALES :
White Noise
▶ My game of loving📻
MC Solaar
▶ Caroline📻
Barry White
▶ Playing your game, baby📻
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CRÉDIT PHOTO : Le Sombre 鐵厲
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Little baby doll, ma délicieuse friandise ex-fan des nineties… Pudique poupée de son, qu'il me plaît tant à souiller, de quelques notes de cire… Mon impétueuse puppy girl, à la senteur toujours laiteuse, qui suggère la tentation du péché…
On se découvre encore toi et moi…
Tu te découvres, à travers l’action de mes sévices, nos interactions perverses… Tes réactions à mes vices…
On partage, beaucoup, tellement toi et moi...
Je te partage, mes nuances, et d'autres... Celles des relations verticales, entre autres… Jusqu'à leurs plus subtiles rouages...
Je te dévoile, l'envers du décor, la face cachée d’un astre noir, pour mieux révéler ton côté obscur…
Alors…
…
En conséquence…
…
Tout naturellement, tu commences à trouver tes marques dans cet univers de luxure...
Tu t'enhardis, deviens plus téméraire ( à défaut de raisonnable… )
Tu te sens pousser des ailes aux accents anthracites, tel un croisement génétique incertain de Punky Brewster et de l’ange Azraël ( faisant de moi le Dr Frankenstein… )
Tu prends la confiance diraient certains ( ils n'auraient pas tort… )
Ainsi soit-il, tu me rends extrêmement fier... Et plus encore…
J'aime à te voir éclore sous l'impulsion de ma lumière décidée et ténébreuse…
Néanmoins prends garde à ne pas faire fausse route, parfois, je crains que tu ne t'égares sur les chemins du questionnement...
Désorientée par le flux incessant d'émotions contradictoires, noyée dans un océan de sensations nouvelles et inconnues… Submergée par les larmes du désarroi…
Alors...
....
En conséquence…
…
Je n’ai d’autre choix, que de réanimer l’ardent de ta flamme… Afin que l’incandescence chromatique de ses reflets pétrole dans mon regard, puisse sereinement te guider dans la bonne direction ( la mienne, à l'évidence… )
Je n'ai d'autre option, que de te confronter brutalement ( et devant témoins ), à la sombre réalité de ta condition...
Je n’ai d’autre alternative, que celle de te renvoyer au fait que quand bien même tu gigotes, et te débats telle une petite chatte en cage ( au point de rendre mes clichés un peu flous, ce qui n'est pas dénué de charme… ), pour autant, ta vaine tentative d'évasion fût un cuisant échec ^^ ( une issue fatidique, dont tu a bien été la seule à douter... )
Alors...
....
De la sorte...
…
Tu te rappellera sans nul doute, qui tire les ficelles... ⛓️
Avec toute la complexité de mes sentiments à ton égard... 🕸️
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INSPIRATIONS MUSICALES :
The Hives
▶ Puppet on a string📻
Jane Birking
▶ Ex-fan des sixties📻
France Gall
▶ Poupée de cire, poupée de son📻
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BONUS TRACKS :
France Gall
▶ 夢みるシャンソン人形📻
Good Girl 佩玲
▶ Ses Chaînes📻
▶ Ses Chaînes📝
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CRÉDIT PHOTO : Le Sombre 鐵厲
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*( Texte et photo datant de juin 2024, re-publication à des fins d'archive )
My Good Girl... Ma p’tite 🅲🅴🅽🆂🅾🆁🅴🅳 🅲🅴🅽🆂🅾🆁🅴🅳…
My little cheeky girl, fraîchement dévanillée… Ma p’tite 佩玲...
Comme tu l’as soulignée récemment, nous avions bien 16 ans le weekend dernier… 16 ans quand nous nous sommes enfin retrouvés, et tout autant 45, lucides et rêveurs, forts et fragiles de nos 29 ans d’expérience…
Tu avais bien 16 ans quand sur le parvis de la gare de Naoned, sans que je ne le vois venir, audacieusement tu pris ma bouche pour me rouler un patin, accompagné d’une main au cul ( ndlr : c’est bien ce qu’il s’est passé… ), comme si tu voulais me déniaiser… Il est vrai qu’à cet âge, les filles sont souvent plus avancées… Moi j’en avais clairement 45 quand j’ai souri doucement en conséquence, pensant intérieurement qu'en faisant cela, tu ne réalisais pas encore vraiment où tu mettais les pieds…
On avait effectivement 16 ans quand j’ai regardé ce serveur qui n’en avait pas plus de 20, et que je lui ai demandé “Un Breizh Cola avec deux pailles svp !”... Un serveur médusé, autant qu’amusé, par la requête de ce couple de quadras aux regards espiègles...
Assumé comme je le suis toujours, en toutes circonstances, j’ai insisté en lui faisant comprendre qu’aussi incongru que ce soit, c’était important pour nous, une affaire à régler… Une affaire importante… “Un Breizh Cola avec deux pailles svp !”
“Un Breizh Cola… Avec deux pailles svp !”, parce que du haut de nos 45, avec nos casseroles, nos enfants, nos vies passées… On a choisi, accepté, d’avoir 16 ans à nouveau… Parce que nos 29 ans d’expérience, nous ont déjà appris que la vie est trop courte, que quand le bonheur frappe de nouveau à la porte, il est mature et pertinent de ne pas le laisser filer…
Oui… On avait 16 ans à se bécoter et se tenir la main comme des teens, en sirotant un Breizh Cola… Avec deux pailles… 16 ans on était heureux, amoureux même un peu (beaucoup, à la folie…), n’ayons pas peur des mots…
On avait 16 ans, et on étaient insolemment cucu, n’ayons pas peur des mots…
J’en avais sûrement encore 16 quand j’ai kidnappé ta culotte comme un sale gosse… Mais j’en avais bien 45, quand sur le plan de travail, j’ai empoigné brutalement ton cul… N’ayons pas peur des mots…
À l’évidence, tu avais 16 ans dans ma cuisine quand cette chipie effrontée m'as mordue pour tester mes limites… À l’évidence, j’en avais bien 45 quand je l’ai giflée comme une gamine pour te montrer où se situait la limite… Tu avais rattrapé tes 45 quand suite à cela tu t’es rappelée pourquoi tu désirais être là… J’en avais à mon tour 16 quand au fond de moi, j’ai jubilé de te voir si facilement abdiquer…
45 ans, à l’évidence, c’est l’âge que tu as quand tu me motives à créer, quand tu comprends que j’ai besoin de geeker, mais que tu me rappelles avec une incommensurable bienveillance que je dois aussi me nourrir, dormir…
16 ans… 45 ans…
45 ans, conscient, sadique et déterminé, quand j’ouvris ma boîte de Pandore afin de te dévoiler l’arsenal de mes perversions… Toi tu deviens hors d'âge, propulsée dans un autre espace temps… Comme une renaissance quand pour la première fois, je fus découvrir à ton épiderme le contact glacé d’une lourde chaîne en acier… Quand tu eus compris, que derrière mon approche progressive et démystifiée, je n’en avais pas moins des ambitions décidées à ton égard… Que derrière ta pudeur et une certaine candeur, c’est avant tout toi-même, que tu es venue rencontrer chez moi… Moi, tu ne faisais que me retrouver…
45 ans… 16 ans…
16 ans tous deux, comme des gamins, quand je te fais redécouvrir PIMP de 50 cent dans une version so horny… 45 ans tous deux autour d’un verre de Saint Chinian, quand je te fais ressentir toute l’émotion et la souffrance dans la voix de Bettye LaVette, qui nous pleure Let me down easy… 45 ans, quand je me demande si tu n’en aurais pas vraiment 16, levant les yeux au ciel quand tu me parles des NKOTB…
45 ans ou 16, quand je joue les poètes façon Gainsbourg, afin d'illuminer tes yeux… Je ne sais plus… Peu importe… 16 ans ou 45, quand je te parle crûment tel Gainsbarre, pour faire grimper ton taux d'humidité… Peu importe… Je ne sais plus…
16 ans… 45 ans… Peu importe tant qu’on est heureux, qu’on s'épanouise ensemble dans notre complémentarité, notre verticalité… Peu importe puisqu’on a attendu 29 vies pour se retrouver… Peu importe parce que du haut de nos 16 ans, avec 29 ans d’expérience, on fait fi du manichéisme, on savoure pleinement nos nuances…
45 ans… 16 ans… Peu importe où l’on va, tant qu’on y va ensemble… The journey is the destination… Peu importe le coût, tant que le blues sonne juste… Peu importe, rien à foutre… Fuck that… Nous deux c’est l'évidence…
16 ans… 45 ans… Peu importe tant que tu es là… Peu importe, rien à foutre… Fuck that… Tant que tu puisses m’entendre dire à nouveau… “Un Breizh Cola… avec deux pailles svp !”
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INSPIRATIONS ( ET DIGRESSIONS ) MUSICALES :
Patti Smith
▶ Smells like teen spirit📻
50 Cent
▶ Pimp (Prince of Ballard OG Flip)📻
Bettye LaVette
▶ Let me down easy📻
NKOTB
▶ You got It “The right stuff”📻(🙄)
Serge Gainsbourg
▶ L’eau à la bouche📻
Lucien Gainsbarre
▶ Love on the beat📻
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CRÉDIT PHOTO : Le Sombre 鐵厲
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Séance Châteauvallon.
Il y a presque un mois disparaissait le chanteur Herbert Léonard, ce fut pour nous, ma soumise et moi, l'idée de lancer un scénario sur lequel j'avais commencé à plancher. Ce scénario, que j'ai appelé Châteauvallon est directement inspiré par Amour gloire et beauté, puissance et gloire(dont le générique est justement chanté par Herbert Léonard), les feux de l'amour et bien sûr la parodie des inconnus satebarbera. Depuis que l'enfance, j'ai toujours eu l'impression que ces séries étaient une forme de torture pour les gens qui les regardaient, mon esprit était donc prêt à associer ce genre de série à une séance SM.
Nous avons retravaillé l'ébauche de script que j'avais fait pour monter une séance SM à notre petit maso.
Voici un petit résumé de l'histoire
"Kewin, riche Texan propriétaire d'une société d'exploitation pétrolière et de 5 puits pétrole a dévissé.
Persuadé que son comptable trafic les chiffres et manigance contre lui au profit du complot mondial, il a décidé de l'enlever et de le ramener chez lui pour l'interroger et lui extirper des aveux.
La séance commence avec le comptable attaché, couvert d'électrodes et Kewin dans son salon qui boit un verre de whisky en réfléchissant à comment il va se débarrasser du corps de cet imbécile une fois qu'il en aura fini avec lui.
Kewin est persuadé que son comptable est un juif franc-maçon, manipulé par des puissances pedosatanique.
Vanessa, fille adoptive de la meilleure amie de la mère de Kewin sonne soudain chez Kewin.
Kewin va lui expliquer la situation et son futur problème de corps, Vanessa va essayer de le raisonner tout en lui apprenant qu'en fait son comptable est également l'amant de sa femme Barbara et son mari à elle.
La rage de Kewin à l'encontre de Jonathan son comptable va atteindre son paroxysme. Pris de rage, il s'empare d'une paire de griffes que son ami "Wolverine gaz de schiste" lui a offert, il commence à lacérer le comptable pendant que Vanessa essaie de le raisonner avant de basculer elle aussi dans la folie et de l'électrocuter. Kewin et Vanessa se retrouvent à torturer le comptable, avec elle qui raconte ses histoires de couple, de famille et d'amants.
Quel sort funeste sera réservé au comptable ?
Vanessa va-t-elle continuer d'exaspérer Kewin ? Comment se finira cet épisode pour elle ?"
La séance était à 90 % de l'improvisation et nous n'avons pas arrêté de raconter des conneries tout en le torturant . Dès le début, l'électricité a été assez violente, il y a eu toute une phase de couteau où nous avons appuyé certaines zones jusqu'à en faire des zones hypersensibles sur lesquels ensuite nous nous sommes acharnés à coup de cravache et de claques. La zone des cuisses a été particulièrement ciblée et présentait de multiples marques.
Dès le début, nous avions imposé la contrainte qu'il n'avait pas le droit de rire, nous avions chacun des particularités psychologiques à nos personnages qui les rendaient très irrascible aux rires qu'ils prenaient pour des moqueries.
Tout au long de la séance il c'est mordu les lèvres mais a réussi à se raccrocher à la douleur afin de ne pas rigoler et de ne pas subir encore plus à cause de cette rigolade. Nous avons fait un gros travail pour avoir un jeu d'acteur complètement pourri avec des dialogues qui même s'ils étaient en grande partie improvisée devait être assez incohérent, pour ma part je faisais des gros efforts pour mettre la ponctuation orale au mauvais endroit et ma soumise elle faisait des liaisons totalement improbables.
Nous avons partagé de bons moments de rigolade et quelques fous rires évités de justesse ainsi que des grands moments de cohésion, par exemple lorsque nous avons tapé sur les cuisses de notre maso à coup de cravache sur la musique d'amour gloire et beauté.
Lorsque la séance pris fin et que nous avons parlé ensemble, nous étions mort de rire en nous remémorant certaines scènes et certains dialogues. Au moins ces séries à la c.... auront eu le mérite de nous avoir inspiré !
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Ce texte est un fragment de vie, à la fois intime, douloureux et humain. Il ne parle pas directement de sexualité, de domination ou de jeux, mais de ce que l’on porte en nous, parfois sans l’avoir choisi.
Dans le monde BDSM, on parle souvent de trauma comme point d’origine ou comme moteur. Voici le récit d’un homme, moi, confronté deux fois à l’IVG, à la prématurité, au handicap, à la perte.
Ce témoignage s’inscrit dans la suite de mon texte "Certaines personnes pensent que les hommes sont insensibles…", pour rappeler que la sensibilité masculine existe, même si elle prend parfois des formes silencieuses ou viriles.
Ce n’est pas un appel à la pitié. C’est une parole déposée, pour ceux que cela pourrait toucher, faire écho ou simplement inviter à réfléchir.
Merci à ceux qui prendront le temps de lire.
À 20 ans, j’étais un étudiant un peu bohème, amoureux et insouciant. Ce fut l’été des grands départs : un vieux combi Volkswagen bricolé avec amour, ma compagne, ma petite sœur de 17 ans et mon meilleur ami. Direction la Grèce, via l’Italie, Venise, la côte adriatique, Thessalonique, Athènes… des paysages inoubliables, des galères mécaniques, des moments suspendus hors du temps.
Ma sœur et mon meilleur ami sont tombés amoureux pendant ce voyage. Ils sont toujours ensemble aujourd’hui, mariés. De mon côté, tout semblait aller pour le mieux avec ma compagne, jusqu’à ce qu’elle commence à vomir sur le chemin du retour. Verdict du médecin : elle est enceinte.
Nous étions jeunes, étudiants, pas prêts. Ce fut notre décision à tous les deux : l’IVG. Ce n’était pas la première fois pour moi. J’avais déjà vécu cela auparavant. Mais cette seconde fois a laissé une empreinte plus profonde, plus sombre.
Nous avons continué notre vie malgré tout. Mariés, diplômés, nous sommes partis enseigner à Tlemcen, en Algérie. J’y faisais mon service militaire sous le statut de coopérant. Là-bas, nous avons décidé d’avoir un enfant. Après plusieurs fausses couches, Anne tombe enceinte.
Nous rentrons en France pour les vacances d’été, elle en est à quatre mois et demi. Le gynécologue nous dit qu’un cerclage aurait été nécessaire mais… il part en vacances. Alors, on fait au mieux. Jusqu’à cette dernière consultation, juste avant de repartir. Là, tout s’accélère : fauteuil roulant, perfusion de sulbutamol. Je m’en souviens comme si c’était hier.
Anne-Sophie naît à cinq mois et demi. 900 grammes. Elle tient dans une boîte à chaussures. Trois mois et demi d’hôpital, de soins, d’attente. Et puis un verdict, tombé comme une enclume : à 14 ans, nous avons appris qu’elle ne marcherait jamais.
Anne-Sophie a aujourd’hui 43 ans. Elle est mariée, elle travaille, elle a fait construire sa maison. Une battante, forgée par la volonté et l’amour de sa mère, décédée d’un cancer quand notre fille avait 16 ans. Nous étions déjà divorcés, et c’est elle, Anne, qui a fait l’essentiel de son éducation. Elle lui a transmis cette force.
Pourquoi je parle de tout cela sur un site BDSM ?
Parce qu’on oublie trop souvent que les hommes aussi vivent des traumas. Parce qu’on invisibilise la douleur de celui qui ne porte pas l’enfant, mais qui accompagne, qui souffre, qui doute, qui perd aussi. Parce qu’il faut parfois toute une vie pour comprendre ce qui s’est inscrit en nous à ce moment-là.
Un feedback médical, bien après la naissance d’Anne-Sophie, a mis en lumière tous les facteurs de risque d’une naissance prématurée. Parmi eux : l’IVG. Pourtant pratiquée dans les règles. Pourtant décidée à deux.
C’est peut-être là que réside le paradoxe le plus cruel. Un choix fait pour préserver la vie, qui plus tard revient comme un boomerang. Pas comme une faute, non. Mais comme une cicatrice. Une faille. Une empreinte silencieuse.
Alors oui, j’avais 25 ans. Et cette histoire reste, encore aujourd’hui, un traumatisme.
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Afin que vous puissiez vous faire votre propre opinion sur la continuité de mes récits, je vais vous exposer ce qui m'excite réellement dans différentes situations, à travers plusieurs récits. Certains faits on était réalisé d'autres que je souhaiterais essayer.
Quand je rentre à la maison après le travail, la nuit commence à tomber, sur le trajet je me pose quelques questions, qu'allons nous faire ce soir. Allons nous sortir en club, boire un verre chez des amis bref aucune réponse tant que je ne me suis pas concerté avec madame. Une fois arrivé à la maison je retrouve ma femme ravissante en tenue super sexy j'aperçois sous sa jupe et son chemisier blanc une tenue encore plus excitante. Ravi de cette vision je lance un que veux-tu faire ce soir? A partir de là elle me sert un verre, prend un sac où elle y met de quoi attaché du lubrifiant un collier, une laisse et de quoi se déshydrate. Le tout avec un sourire qui donne envie d'entendre sa réponse. Une fois mon verre terminé elle me dit de me rendre dans la voiture et qu'elle me guidera pour le trajet. Ni une ni deux nous nous mettons en route et je suivis à la lettre ses consignes d'itinéraire qu'elle me donna au fur est à mesure. Nous nous engageons sur l'autoroute et à une aire de repos elle me demande de m'arrêter et de stationner. Je m'exécute, une fois arrêté elle m'annonce que l'on va rester ici un long moment et que j'allais devoir l'écouter et lui obéir. À partir de ce moment je ne comprends pas tout, elle me demande de me mettre entièrement nu, elle me passe le collier autour du cou, y attacher la laisse et sert 2 verres pour ambiancer la soirée.
L'air d'autoroute était sombre un petit éclairage un peu plus loin pour éclairer les toilettes, quelques camions garer sur le côté et un petit bois arboré l'aire d'autoroute. Quelques minutes plus tard une voiture s'arrêta près de nous un homme descend de sa voiture après un peu d'hésitation et s'approche de notre voiture elle ouvrit la fenêtre et me demanda de la lécher pendant qu'elle discuter avec cet homme. Je m'exécute tout en gardant les oreilles attentives sur leurs discussions. Elle proposa à cet homme de se faire sucer par moi et ensuite une fois bien bandé qu'il la prenne devant moi. L'homme a priori déjà excité accepta sans discuter. Elle me dit de descendre de la voiture me mets à genoux à ces pieds le dos bien droit et m'ordonna de prendre en bouche cette queue qui se Tenez juste devant moi. Je pris ma main sans sourciller, je glissai son gland dans ma bouche et commençai à le sucer délicatement, mais avec passion cette verge qui gonflait au fur et à mesure des va-et-vient dans ma bouche. Je relève les yeux pour apercevoir cette femme à qui je devais entièrement obéir et je l'aperçois discuter avec un autre homme. Je ne sais pas d'où il vient je suis perdu que va t'elle faire ? Et là elle lui propose la même chose que le premier. Tout en ayant cette queue dans ma bouche qui a su être bien raide il échangea sa place avec le premier homme et s'empressa d'appuyer ma femme contre le capo de la voiture il lui écarte les jambes pendant qu'elle me regarde en me disant il va me baiser me rentrer sa grosse bite bien au fond de ma chatte pendant que je te regarderais préparer cette seconde bite pour moi et chaque mec qui est intéressé tu devras les sucer pour moi.
Ces paroles associées à cette nouvelle bite dans ma bouche la vision de ma femme qui se fait prendre par un inconnu et les grognements de cet homme derrière ma femme qui a chaque coup de rein la fait grimacer avec un regard provocateur me démontrant qu'elle s'adonne à m'humilier devant ces inconnus me procure une excitation inimaginable. Le premier ayant fini son affaire près a remballé elle lui demande d'aller se nettoyer dans ma bouche car n'ayant plus de bite à mettre dans ma bouche elle souhaitait que je sente et que je goûte le mélange de leurs plaisir. Et cela se reproduit avec le 2e.
Une fois ces deux hommes partie elle s'approcha de moi et me mis sa chatte contre le visage laissant couler la jouissance de ces deux inconnus mélangés à son plaisir pendant quelques minutes. Nous retournons dans la voiture et continuons à boire un verre pensant que nous allions repartir elle m'informa que ce n'était pas du tout son désir de s'arrêter en si bon chemin. Quand une voiture s'approchent une nouvelle fois avec à son bord 4 hommes qui a la base s'arrêter pour squatter ou fumer et comme personne ne descend de la voiture elle m'ordonna de descendre à quatre pattes comme un chien de me diriger vers eux et leur demander de bien vouloir baiser ma femme. Les 4 hommes rigolaient et sont également descendus de la voiture, m'ont accompagné jusqu'à la nôtre pour voir ma femme si elle valais le coup comme l'un des 4 l'avait fait remarquer. Une fois proche de ma femme je me remis à genoux le dos droit à son pied. Ma femme pris la parole et leur expliqua qu'il pouvait si je les sucer avant pour les préparer que c'était non négociable et qu'ensuite il pourrait y avoir une surprise. Je levai les yeux une surprise?? De quoi parle-t-elle? L'un des 4 individus s'avance sort sa bite et me l'enfourne directement dans la bouche profondément bloquant ma respiration en regardant ma femme et lui disant "c'est ça que tu veux après je te fais la même salope", ma femme lança un sourire provocateur a cet homme et se meta contre la voiture position levrette jambe bien écartée en lui répondant viens me baiser tels une grosse salope les 3 autres surpris regarder son ami baiser ma femme elle se retourna et leur dit vous attendez quoi je veux de la bite messieurs. En même pas une seconde j'avais ces 3 bites devant mon visage j'en pris une en bouche et mes mains prises les deux autres alors que le premier allait finir il regarda ma femme la metta au sol lui ouvrit la bouche pour lui jouir dedans je voyais ce beau liquide blanc couler le long de ses lèvres elle s'approcha de moi et me cracha tout dans la bouche pendant que les trois prirent ma femme devant mes yeux il lui boucha tous les trous son cul s'ouvrait lorsqu'il ressortait son gland elle goba l'autre bite et la troisième remplit sa chatte bien mouillée je sentais le plaisir qu'elle prenait en la regardant prendre ses coups de bite et se faire remplir comme une vraie salope. Au bout de 25min les 4 hommes avaient fini leurs affaires elle les envoyer vers moi pour effectuer un nettoyage complet de chaque verge. Je sentais ces différents goûts de sperme dans ma bouche que je léchais avec désir et passion quand l'un des 4 demanda quels étais la surprise je continue à lécher et avaler ses verges quand elle leur dit que s'ils voulaient il pouvait me pisser dessus 2 d'entre eux n'ont pas hésité à me pisser sur le visage m'obligeant certaines fois d'ouvrir la bouche pour me faire avaler leur urine le tout en rigolant.
Une fois leur départ nous avons repris la route pour un retour à la maison où j'ai dû nettoyer tout son corps avec ma langue et engloutir tous les restes de leurs jus pour enfin qu'elle me pisse dans une gamelle et m'oblige à boire toute la gamelle.
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Chapitre 10:
Le Silence de l’Après
La nuit était encore tiède lorsque nous avons quitté cet endroit hors du temps. Dans l’intimité feutrée de la voiture, elle s’était blottie contre moi sans un mot, son corps encore empreint des sensations de ce que nous venions de vivre.
Sa joue reposait contre mon torse, son souffle lent caressant ma peau à travers ma chemise. Je sentais son abandon total, cette manière qu’elle avait de se lover contre moi, cherchant la chaleur, cherchant à prolonger l’instant.
Ma main glissa doucement sur son bras nu, effleurant sa peau avec la même tendresse qu’après chaque tempête. Elle frissonna légèrement mais ne bougea pas, se contentant de se serrer un peu plus contre moi.
Dehors, les lumières de la ville défilaient en silence, projetant des ombres fugaces sur son visage apaisé. Elle avait fermé les yeux, son expression relâchée, comme si le monde extérieur n’existait plus.
Je déposai un baiser sur le sommet de sa tête, respirant son parfum, encore imprégné de l’intensité de notre nuit.
Aucune parole n’était nécessaire.
Le silence entre nous n’était pas une absence, mais une présence. Un langage à lui seul.
Et tandis que la voiture poursuivait son chemin vers chez nous, je savais que cette nuit resterait gravée en elle. En nous.
La voiture ralentit en s’engageant dans l’allée menant à la maison. Elle ne bougea pas, toujours blottie contre moi, son corps totalement relâché, bercé par le confort de ma présence.
Lorsque le chauffeur coupa le moteur, je déposai un dernier baiser sur ses cheveux avant de murmurer :
— "On est arrivés."
Elle inspira profondément avant de lever doucement les yeux vers moi. Son regard était trouble, encore perdu entre la fatigue et les réminiscences de notre nuit. D’un geste lent, elle se redressa légèrement, mais sa main trouva aussitôt la mienne, comme si elle avait besoin de ce contact pour revenir à la réalité.
Je descendis le premier, ouvrant la porte pour l’aider à sortir. Ses jambes vacillèrent à peine lorsqu’elle se redressa, et un sourire effleura mes lèvres en voyant ce subtil déséquilibre. Elle me lança un regard entendu, mi-amusé, mi-épuisé.
La nuit nous enveloppait encore, complice de nos silences. La porte d’entrée se referma doucement derrière nous, coupant le monde extérieur, nous replongeant dans une bulle hors du temps.
Je lui retirai son manteau et le laissai tomber sur le dossier du fauteuil. Elle frissonna légèrement, non pas de froid, mais sous le poids du regard que je posais sur elle.
— "Viens."
Elle obéit sans hésitation, laissant mes doigts guider les siens alors que nous avancions à pas feutrés vers la chambre.
Là, dans la pénombre tamisée, je me retournai vers elle. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, son souffle toujours incertain. Je glissai une main dans sa nuque, effleurant la peau délicate sous ses cheveux relevés.
— "Tu es fatiguée ?" murmurai-je.
— "Un peu…" avoua-t-elle dans un souffle.
Mais je voyais autre chose dans son regard. Un éclat qui n’avait pas totalement disparu. Un désir encore tapi sous la fatigue, prêt à renaître au moindre effleurement.
Je l’attirai contre moi, savourant la chaleur de son corps pressé au mien, avant de murmurer à son oreille :
— "Alors repose-toi…"
Elle s’enroula dans les draps, son corps encore empreint des émotions de la soirée. Son regard croisa le mien, plus doux, plus profond. Il n’y avait plus seulement du désir entre nous à cet instant, mais quelque chose de plus subtil, plus intime.
Je m’assis au bord du lit, observant ses paupières mi-closes, sa respiration lente qui trahissait à la fois l’apaisement et une étrange fébrilité.
— "Cette soirée nous a rapprochés." murmurai-je en effleurant son bras du bout des doigts.
Elle ne répondit pas tout de suite, mais un sourire léger naquit sur ses lèvres. Puis, d’une voix presque murmurée :
— "Oui… plus que je ne l’aurais cru."
Un silence complice s’installa, mais il n’était pas vide. Il était chargé de tout ce que nous n’avions pas besoin de dire.
Je me glissai à ses côtés, la couvrant de mon bras, et elle se lova instinctivement contre moi. Sa main s’accrocha doucement à ma chemise, comme si elle voulait s’assurer que cette proximité ne disparaîtrait pas avec la nuit.
Je déposai un baiser sur son front, fermant les yeux en savourant cet instant. Ce soir, il n’y avait plus de jeu, plus de rôle à jouer. Juste elle et moi, dans cette bulle fragile et puissante à la fois.
Et tandis que la fatigue nous gagnait, je savais que rien ne serait plus tout à fait comme avant.
Qui veut savoir comment ça continue?
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Les chiffres du GPS semblaient battre la cadence de son cœur. 21h49. Treize minutes. Douze. Elle n’arrivait plus à détourner les yeux de l’écran qui décomptait inlassablement. Chaque minute écoulée la rapprochait de ce moment où il lui faudrait franchir un seuil — pas seulement celui d’un bâtiment oublié du centre-ville lyonnais, mais celui de ses propres limites.
Le cuir de la banquette collait légèrement à l’arrière de ses cuisses nues sous la robe, la chaleur de son excitation trahie par les moiteurs successives qu’elle peinait à contenir. Ses jambes croisées n’étaient qu’un prétexte de plus pour dissimuler les tensions de son sexe vibrant à chaque cahot de la route. Le regard du chauffeur dans le rétro était une lame discrète : pas intrusive, mais tranchante, insistante. Était-ce son parfum, sa tenue, ou cette aura de fauve en cage prête à bondir qui l’intriguait tant ?
Il ne posait pas de question. C’était mieux ainsi.
Lorsque la voiture ralentit rue de la Martinière, le cœur d’Élise menaçait de s’échapper de sa cage thoracique. À travers la vitre, elle ne distinguait rien de particulier : quelques immeubles aux façades sombres, quelques graffitis ternis par le temps, des stores métalliques baissés dont certains semblaient ne pas avoir été ouverts depuis bien longtemps au regard de l’affichage sauvage dont ils étaient le support. Un lampadaire clignotait par intermittence, comme s’il hésitait lui aussi à témoigner de ce qui allait peut-être se jouer ici.
La voiture s’arrêta devant un porche noir, anonyme, sans enseigne. Rien qui n’indiquait la moindre vie. Rien, sauf peut-être cet interphone sans nom, d’un noir brillant presque suspect.
— Nous sommes arrivés, Madame.
Elle sursauta presque en entendant la voix grave du chauffeur. Le monde extérieur lui revenait d’un coup. Elle sortit du véhicule avec une lenteur tout en fébrilité, ses talons claquant sur le trottoir comme des coups de marteau. Une seconde. Elle inspira.
Elle ne regarda pas la voiture repartir. Elle ne voulait pas de témoin. Pas même de souvenir.
Il n’y avait qu’une fine lumière blanche autour de la touche “appel” de l’interphone. Ses doigts tremblaient légèrement. Elle appuya.
Rien. Silence. Mille doutes lui passèrent par la tête. Le VTC se serait-il trompé d’adresse ? A moins que ce carton d’invitation eut été finalement une blague… un piège pour l’éloigner de chez elle et la cambrioler ?
Mais un clic, presque sensuel dans sa sécheresse se fit entendre. La porte s’ouvrit lentement, comme poussée par une invisible volonté.
Un couloir. Sombre. Le parquet craquait à peine sous ses pas. Une musique feutrée, lointaine, à peine perceptible, lui parvenait par vagues. Un parfum d’ambre et de cuir flottait dans l’air, troublant, enveloppant. Élise avançait comme en transe. Elle mouillait de plus belle, ses tétons dardaient. Elle avait envie. Chaque pas était un renoncement. Chaque mètre, un abandon.
Elle atteignit un escalier. En contrebas, une lumière rougeoyante découpait la pénombre. Elle hésita juste un instant. Et descendit.
Au bas des marches, une double porte capitonnée. Rouge bordeaux. Luxe discret.
Elle avança la main, mais avant qu’elle ne touche la poignée, la porte s’ouvrit d’elle-même. De l’autre côté, une femme se tenait droite, élégante, dans une tenue aussi sobre que dérangeante : chemisier noir opaque jusqu’au col mais manifestement porté à même la peau, sans soutien-gorge, jupe fendue à la verticale, jusqu’au haut de la cuisse, escarpins impeccables. Son regard était perçant, mais dépourvu de jugement. Elle inclina à peine la tête.
— Mademoiselle Ménard. Vous êtes attendue.
Aucune surprise dans la voix. Comme si sa venue était une évidence. Comme si son désir avait une adresse depuis toujours.
La femme s’écarta pour la laisser entrer. Élise franchit le seuil. La porte se referma derrière elle presque sans bruit.
Elle était maintenant dedans.
Un vestibule feutré. Éclairage tamisé, presque en infrarouge. Un long rideau noir de velours fermait la perspective.
— Laissez-moi votre veste et votre téléphone, dit l’hôtesse, de manière courtoise mais assez directive. L’inconnue tendit la main, paume ouverte.
Élise obéit. Mécaniquement. Laisser son téléphone lui fit l’effet d’un vertige. Plus de GPS. Plus moyen d’appeler à l’aide. Plus de dehors.
— Vous êtes ici sous l’œil du Cercle. Vous n’avez plus rien à décider ce soir, sauf de franchir ou non ce rideau. Si vous le faites, vous vous engagez à obéir aux règles. À vous exposer. À vous soumettre. Pas à quelqu’un. Pas encore. Mais à l’expérience. Et à votre propre vérité.
La voix était douce, mais le ton n’invitait pas, là encore, à la négociation.
— Si vous entrez, on vous verra. Peut-être même on vous dénudera. On ne vous touchera pas. Pas ce soir. Mais on lira en vous. Et vous ne pourrez rien cacher.
Un silence.
Élise fixait le rideau noir. Elle déglutit. Elle sentit sa culotte collée à ses lèvres intimes, comme une injonction silencieuse.
Ses doigts effleurairent le tissu. Elle écarta le rideau.
Derrière, le monde bascula.
Une vaste salle, à l’éclairage bas et chaud, comme un théâtre sans scène. Au centre, un espace vide, cerclé de canapés de velours pourpre, de fauteuils profonds, de tables basses garnies de coupes de champagne. Des silhouettes élégantes y étaient installées. Certaines masquées, d’autres non. Toutes vêtues avec une sophistication sobre, mais évocatrice.
Et au centre, une femme.
Elle était nue. Nue et fière. Son visage n’exprimait aucune gêne d’être ainsi exposée. Debout, sur une estrade basse, éclairée par un halo de lumière orangée. Son corps était tatoué d’un seul mot, peint sur son ventre en lettres calligraphiées : Obéir.
Autour d’elle, deux hommes en noir. Aucun ne la touchait. Ils tournaient autour d’elle comme des prédateurs lents. L’un murmurait quelque chose à son oreille, l’autre la contournait lentement. Ils l’observaient, l’inspectait dans les moindres détails. Elle frémissait. Et tout le Cercle, silencieux, regardait.
Élise retint son souffle. Le contraste entre le raffinement de la salle et la tension animale, hautement sexuelle de la scène la bouleversa. Elle sentit ses jambes faiblir, s’appuya contre un mur.
Puis un frôlement sur son bras. La femme de l’entrée était revenue. Elle tendit une fine chaîne d’or, terminée par un anneau discret.
— Ceci est la marque des invitées. Il vous place sous l’observation du Cercle. On ne vous parlera pas. On ne vous touchera pas. Mais on vous verra. Et ce que vous offrirez, ils sauront le lire.
Elle attacha l’anneau autour du poignet d’Élise. Celui-ci était léger. Et pourtant, Élise sentit son poids symbolique la marquer au fer.
Elle avança dans la salle. Lentement. Le bruit de ses talons sur le parquet semblait résonner dans tout son être. Plusieurs regards se tournèrent vers elle. Aucune parole. Juste des yeux. Qui scrutaient. Qui jaugeaient. Qui l’envisageait.
Elle vit un homme assis dans un large fauteuil, masque vénitien noir sur le visage, qui leva une coupe en sa direction, presque imperceptiblement. Une femme agenouillée nue à ses pieds, le regard baissé. D’autres couples. Les femmes étaient plus ou moins dévêtues. D’autres configurations.
Elle n’avait plus de repères. Et pourtant, elle sentait son corps s’adapter. S’ouvrir. S’abandonner.
Élise était entrée dans un monde où le désir n’était plus murmure, mais langage. Où chaque geste, chaque posture était signifiant. Et elle allait devoir apprendre cette grammaire-là. Ou s’y perdre.
Elle s’avança encore.
Et sut que la nuit serait longue.
Les autres épisodes : https://www.bdsm.fr/blog/tag/ombresdelob%C3%A9issance/
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Ces six mois de pause m'ont permis de faire le point sur le chemin que j'avais parcouru jusque là et sur ce que je voulais encore découvrir. Arrivée dans le milieu en tant que jeune fille joueuse aimant l'adrénaline liée au bondage et à la douleur , je m'étais dit que je voulais limiter ma soumission à la soumission physique et sexuelle lors de séances ponctuelles. Je faisais attention lors du choix de partenaire pour savoir qu'il n'y avait pas de risque. Quels risques? Ceux liés à ma sécurité physique et émotionnelle.
Je me connais assez bien et je sais qu'une nouvelle rencontre a pour effet sur moi celui d' une étincelle. Etincelle de passion que quelques déceptions amoureuses m'ont apprise a contrôler. Etincelle de passion que je controle pour pas qu'elle ne devienne feu flamboyant. Etincelle de passion qui fait que je m'attache et ce assez rapidement.
Il est difficile de rentrer dans mon cercle restreint , mais une fois que l'autre y est, je veux danser avec lui autour du feu jusqu'à ce que la dernière braise s'éteigne, et ce ,même si c'est au risque de m'y brûler les ailes. Même une fois le feu éteint, j'aime me souvenir de la chaleur qu'il procurait et je garde un œil sur les traces de pas de l'autre et sur le chemin qu'il emprunte.
Alors je choisis avec attention, pour minimiser les risques : distance géographique, homme déjà en couple ou indisponible émotionnellement, tout était bon pour m'assurer le fait de ne pas finir cramée dans ce foutu feu. Si je ne sais contrôler la flamme, quelqu'un d'autre la domptera pour moi... Ah autosabotage quand tu nous tiens... Je faisais donc attention mais les risques étaient toujours là et ce qui était initialement la pour me protéger se révèle être une barrière qui m'empêche d'avancer.
Il parait qu'après quelque temps la passion s'affaiblit , c'est même une chanson qui le dit. Pas toujours apparemment, mais tout de même assez souvent. Et que reste t il une fois la passion affaiblie..? Les cendres d'un ancien feu ou la possibilité d'un attachement plus profond à construire. Alors me voilà ici aujourd'hui , a la recherche d'un architecte prêt a construire avec moi un beau donjon de soumission. Cet architecte doit savoir que la terre a un passé et un caractère qui fait que le feu fait toujours partie de sa vie. Non seulement architecte , mais également cracheur de feu pour apprendre à danser ensemble en jouant avec les flammes et en prenant en compte les ombres de l'un et de l'autre.
Cher architecte, le cahier des charges n'est pas simple a prendre en main mais j'ai confiance en votre esprit et en vos mains habiles. Cher cracheur de feu, je vous montrerais fièrement ma gueule pour que vous puissiez y cracher ce que vous voulez.
Fière, je le suis, notamment du chemin que j'ai parcouru. Pourtant, la route ne s'arrête jamais vraiment. L'ancienne jeune fille est devenue jeune femme plus confiante, plus affirmée et prête à découvrir la soumission psychologique. L'exercice ne sera pas rapide ni facile pour l'un comme pour l'autre. L'esprit est bien plus compliqué à dominer que le corps, surtout lorsqu'il se montre aussi effronté et alambiqué que le mien. Il y aura des doutes et des questionnements, de longues discussions, de possibles retours en arrière mais l'étincelle est là et nous prendrons le temps et les efforts pour nourrir ce feu naissant. La nuit était calme jusque là, une lueur se devine désormais dans le ciel.
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Acte 10 le dernier
Les soirée/séances se succèdent. Mais je te sent t'éteindre à petit feux. Tu semble être moins là, moins prendre de plaisir.
Je te demande ce qu'il se passe. Tu m'explique que tu ne retrouve pas ces émotions, ces sensations folles. Ca manque de piments.
Je t'avoue être un peu arrivée au bout de mes idées. Du moins pour le moment je n'en ai plus. Enfin plus rien de nouveau.
La discussion revient sur ce coté fascination morbide que tu a. Les mots sont lâchés. Tu ose enfin me parler d'un coté inavouable.
Tu prend un plaisir macabre à regarder des "Fantaisy Snuff". Bien curieuse fascination.
"Tu a envie de vivre ce genre de chose Hannah?"
"Oui, enfin non, enfin c'est excitant mais évidemment je ne souhaite pas mourir"
La conversation s'arrête là.
Les jours défilent, je pense, cherche, réfléchi. En suis je capable? Et si oui, quoi faire? Qu'elle mise en scène?
Je passe de longues heures à chercher, me renseigner, tester, écrire, raturer, recommencer.
Mon cerveau fume. Tu revient plusieurs fois à la charge me demandant si je t'ai oublié ou si je ne souhaite plus te revoir.
Je te préviens, plusieurs fois, ca va être violent cette fois. Tu est vraiment sur? Certaine? Pas l'ombre d'une hésitation de ta part.
Enfin, le dernier acte s'ouvre. Aucun de nous deux ne savons que ce sera le dernier. Mais il est l'heure.
Le lieu est idéal. Une connaissance me prête une maison. Le cadre est sublime. Elle est au milieu d'un vaste terrain, sur lequel il y a des oliviers.
C'est un mas provençal typique. Les murs épais en pierre, des poutres en bois, un cadre chaleureux. Il faut en profiter. Cette maison sera en vente la semaine prochaine.
Nous ne seront que tous les deux pendant les 24 prochaines heures.
Tu arrive le vendredi soir. Tu n'a pour habille qu'un manteau long. Rien d'autre. Je te vois toute joyeuse, excité comme une puce. Si tu savais….
La porte d'entrée fermé à clés. Nue, un collier en cuir autour du cou, une longue bande de cuir descend dans le dos ou tes mains y sont entravées.
Tu est prisonnière d'un jeu qui va devenir malsain. Je le sais, toi pas encore.
Cela commence doucement. Quelques fessées dans le salon, des mains qui baladent. Puis je t'emmène dans une pièces loin, aveugle, pas de fenêtre, rien.
Tu a encore le sourire. Il va vite partir.
"Et bien, je ne mange pas ce soir maitre?"
Je te met une gifle. Avec de la force, un peu trop. Elle te fais vaciller et tomber au sol. Pas le temps de souffler.
Je t'attrape par le cheveux, te force à me regarder droit dans les yeux.
"Je nourri pas les putes! Et puis à quoi sa sert, il ne te reste que 24h à vivre…."
Je prend un martinet qui est posé sur la table à coté. Je commence à fouetter tes seins, zone épargné, jusque là.
De plus en plus fort. Les maques rouges commence à apparaitre. Tu crie. Ca m'agace. Je pars et reviens avec un bâillon.
"Au moins, avec ca tu la fermera!"
Je te pousse sur un matelas qui traine à même le sol. Tu te tortille, ne veut pas me montrer tes fesses.
Tant pis pour toi, la cravache atterrira ou elle atterrira. Ce sont tes cuisses qui prennent. Je frappe, toujours plus fort en te laissant du temps entre chaque coup.
J'en ai marre, il est temps de me faire plaisir. Cette fois ci le rapport est violent.
Pas de douceur, pas de préparation. Je te positionne en levrette, te tenant par les cheveux, je te pénètre d'un coup franc.
J'y vais franchement. Les vas et viens sont sec, franc, rigoureux. Tu essaie de te débattre tant bien que mal, mais tu n'a pas vraiment le choix de subir.
Je fini par éjaculer sur tes fesses… Je te place un plug dans le cul, et fixe une chaine à ton collier. La chaine est relié au mur.
Elle est suffisamment longue pour que tu puisse te déplacer dans la pièce sans pouvoir atteindre la porte.
"Tiens sale pute, ton pot…. si tu a envie de pisser."
Je t'enlève enfin le bâillon. Tu crie, hurle, m'insulte…. M'implore de te détacher.
Je te fixe du regard sans un mot. Cette fois ci, pas d'aftercare, pas de soins. Malgré mon envie, j'essaie de rester dans mon rôle et de donner le change.
"Tu peux crier jusqu'à demain si tu veux, personne ne t'entendra."
Sur ces paroles, j'éteins la lumière, je ferme la porte à clés et m'en vais.
Je t'entends crier une bonne partie de la nuit…. Tu ne le sais pas, mais je suis prostré dans le salon. J'ai les mains sur la tete.
Je me demande ce que je suis en train de faire. Je ne savais meme pas moi, que j'étais capable de pousser jusque là.
Je fais les cents pas, je lutte contre mon envie de venir te voir, te rassurer. La nuit passe, nous avons du dormir que deux heures.
Il est 9 heures. Je rentre de la boulangerie. Je viens te voir.
Je t'apporte une assiette dans lequel j'ai pris soins de couper en petits morceaux deux pains aux chocolats. Une grand inspiration, je remet mon masque de tortionnaire et j'ouvre la porte.
A peine entrée, tu recommence à crier, je vais pour repartir. Tu commence à pleurer.
"Pitié, me laisse pas, détache moi, c'est plus drôle le jeu"
"Qui te dis que je joue là? Je t'avais prévenu que ce serait violent. Tiens mange et tais toi!"
Pour la première fois, je vois réellement de la terreur dans tes yeux.
J'ai beaucoup de mal à lutter contre moi meme, mon empathie, mon humanité. C'est un combat permanent dans mon cerveau.
Je te fixe, a essayer de manger les mains dans le dos, assiette par terre.
Fini je repars, en te laissant à nouveau dans le noir. Je viens te chercher une heure plus tard.
Je te sort de la pièce, direction une chambre, une vrai…. A nouveau les rapport sexuel est rude. Cette fois, c'est sodomie partie. Je prend quand meme le temps de lubrifier avant.
Durant le rapport, je tire sur tes cheveux, calque tes fesses, passe mes mains autour de ton cou et fait semblant de t'étrangler.
Terminer, je te laisse dans le lit…. toujours mains fixées dans le dos. La fatigue aidant, tu t'endors.
Je n'ai pas le courage de te réveiller. Tant pis pour ce que j'avais prévu. C'est pas grave.
Pendant que tu dors, je range, nettoie, prépare le grand final.
Je tremble à nouveau. J'ai un mal fou à me calmer moi meme. Je fais quoi? Je vais jusqu'au bout ou pas? Apres tout c'est toi qui m'a demandé de vivre des sensations folles.
Je me décide, je viens te chercher. Cette fois, tu ne lutte plus, plus de crie, plus rien. On dirait que tout esprit de rébellion t'a abandonné.
Je te pose un sac en toile de jute noir sur la tete, direction le garage. Tu reste debout immobile. Je m'active. Vérifie encore tout. Relis mes propres notes. Je vérifie encore.
Ce semble parfait. Pas un mot, le silence est roi.
Nous y sommes. Je passe le corde autour de ton cou, serre le nœud coulissant. Puis je saisie l'autre bout de la corde. Pas un mot entre nous. Je t'entends juste pleurer.
Je tire et compte. 1..2..3..4...
Je te regarde suffoquer, tes pieds effleurent le sol sans pouvoir t'offrir un point d'appuis.
5..6...7.. je lâche la corde, tu retombe au sol.
Je prend un couteau, retire la corde, passe la lame sur ton cou, puis pivote celui ci pour présenter le dos et fait le geste de trancher sans vraiment appuyé sur ta gorge.
Ca y est, c'est terminé, le jeu est fini. Dans un reflexe je jete le couteau loin.
J'enlève tout, sac, collier, entraves. Tu me hurle dessus, me frappe avec tes points, puis t'effondre en pleure dans mes bras. Nous restons 2 heures ainsi.
L'aftercare est vraiment difficile. Tellement que je décide avec ton accord de prendre 4 jours de congés pour rester avec toi. Tu semble vraiment affecté. Je ne te le montre pas mais moi aussi.
C'est 4 jours ne sont pas de trop… Nous prenons le temps. Entre colère, discussions, câlins, pleure. Enfin je lâche prise. Tu me voir trembler, pleurer.
Tu réalise que tu n'a pas été la seule à avoir était terrifié. La fin est proche.
Nous conclurons, que c'etais extrême, beaucoup trop, pour toi comme pour moi. Il est temps de mettre un terme à cette relation qui pourrait réellement devenir dangereuse.
Nous garderons un souvenir impérissable de ses moments, mais nous décidons d'un commun accords de ne plus se contacter, ni se voir.
Le temps passe, j'affronte seul mes démons. Ce que je t'ai fais subir, j'en dors presque pas. Je me demande comment j'ai pu aller aussi loin….
8 semaines plus tards tu m'enverra un dernier texto. Un forme d'adieu final. Tu me dira que tu va bien, que tu a tourné la page, que tu ne m'en veux pas et que tu part vivre à l'étranger…. Du miens, je rencontrerais la mère de ma fille d'ici quelques semaines. Je pensais alors quitter ce monde, cet univers pour de bon.
Disclaimers: Nous etions en relation CNC, toutes les possibilités avaient évoqué avant meme si Hannah ne connaissait pas le déroulé pratique final, tout était consentie. J'ai egalement passé sous silence les séances trop classiques à mon gout. Pour ma part je me suis découvert une limite qui me fait peur, et dont je refuse aujourd'hui d'y retourner. Quand à Hannah, aux dernières nouvelle (il y a plus de 10 ans) elle est retourné à la vie vanille classique.
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Acte 7
Le temps passe. Je n'ai plus vraiment de nouvelles de ta part depuis la dernière soirée.
Un dimanche matin, tu sonnes chez moi. Je suis surpris, je n'attendais pas vraiment ta visite et ne pensais pas te revoir.
Tu m'expliques avoir eu besoin de temps, de réfléchir, de savoir si tu voulais continuer ou pas.
Nous passons le dimanche à parler de tout, nos vies vanilles, passions, hobbies, personnalités et sexe ainsi que de BDSM bien sur.
De cette discussion, j'ai un peu avancé mais pas vraiment te concernant. Je ne connais toujours pas tes limites et tes envies.
Cela dit, il en ressort des dualités profondes:
* Que les châtiments, le sexe, ne t'intéressent pas sans qu'un contexte les justifient. Pourtant tu en parles beaucoup.
* Une envie de te mettre en danger, d'avoir peur. Mais d'un autre côté, ce danger doit être "safe", comme si on devait te garantir une happy end.
* Le contexte compte plus que les pratiques. Tu expliques que vivre des choses qui te répugnent/dégoûtent, peut être jouissif pour toi, en fonction du contexte.
Vaste dichotomie, qui subsiste dans ton esprit. Des choses totalement contradictoires entre elles. Je prends le temps de la réflexion.
Quelques jours plus tard, je te parle de "role play" et de CNC. Le role play te parle, tu aimes les jeux de rôle (jeux de plateau).
Le CNC en revanche tu sembles ne pas savoir ce que c'est. Je te l'explique. Les deux idées semblent te plaire.
Je te mets en garde, le CNC, il n'y a plus de garde fou, plus de safecode, ton consentement n'existe plus.
Tu poses juste 3 "conditions". Pas de sang, pas de mise en danger de ta santé, rien de permanent (pas de tatouage, branding, etc).
Le côté CNC te fait peur et te plaît. Ne pas avoir ton mot à dire est pour toi terrifiant et excitant.
Le cadre, les règles, et les limites sont posées. Je te demande de me donner toutes les informations te concernant.
Tes horaires, ton lieu de job étudiant, ce que tu fais, un double de tes clés. Dans le même temps, je cogite à des scénarios, en rédige quelques uns.
De tout ce que je te propose, rien ne semble te faire spécialement peur tant que tu sais que c'est moi ton "bourreau".
Tic, tac, le moment opportun arrive. Soirée filles/copines. Parfait. Je t'envoie un texto "Ne mets pas de vêtements auxquels tu tiens ce soir"
Avec ton double, je m'introduis chez toi pendant que tu es en soirée. Je mets un peu de désordre, comme si quelqu'un avait fouillé.
Le disjoncteur électrique? Dans le placard de l'entrée, derriere la penderie à manteaux. Parfait, cela te fera perdre du temps.
Le ruban adhésif, les serflex, cagoule, le faux cutter sont prêts. J'ai plus qu'à attendre ton retour de soirée. La fin de soirée risque d'être mouvementée pour toi.
Minuit moins dix, je vois ta voiture se garer, je t'observe de chez toi, dans le noir.
Le temps que tu arrives, je coupe le courant, laisse la porte d'entrée légèrement ouverte, et file me cacher en enfilant ma cagoule.
Je t'entends pousser la porte, le cliquetis caractéristique de l'interrupteur. J'observe le bon moment, la lumière tamisée du couloir aidant.
La tête dans le placard, tu remets le courant en marche. Manque de pot, je suis derrière toi. Pile au moment où tu sors la tête du placard, je te saisis par les cheveux et place le cutter sur ta gorge.
Apres avoir claqué la porte, je te déplace vers le plan de travail de ta kitchenette. Je te sens trembler, commencer à sangloter, sûrement de peur. Je dois trouver un moyen vite, de te calmer.
Le but n'étant évidemment pas de réellement te traumatiser.
"Si tu essayes de lutter, tu es morte" dis-je. Je me dis que tu connais ma voix, tu devrais donc savoir que c'est moi.
Je te plaque la tête sur le plan de travail, te mets les mains dans le dos, passe le serflex, et le serre. Puis ruban adhésif sur la bouche.
Je t'emmène et te jette dans ton lit. Les sanglots se calment, la peur avec.
Je continue à faire comme si je cherchais quelque chose. Je fais mine de m'agacer de rien trouver.
J'éteins à nouveau la lumière et allume la tv sans le son. La lumière de la tv fera office de lumière tamisée.
Je fais mine de m'agacer de rien trouver..... Je vais dans la cuisine chercher un ciseau.
La peur revient dans ton regard. Je passe la pointe plusieurs fois sans appuyer sur ton cou, ton nez, tes bras.
"Arrête de bouger ou je te plante!"
Tu marmonnes un truc. Je comprends pas. Puis je découpe avec le ciseau, déchire tes vêtements un à un.
Tu es nue..... je sors mon téléphone de ma poche, je prends quelques photos de toi nue... tu essaies de te cacher.
Une claque arrive sur ta jambe. "Ecarte!"
Tu refuses, je reprends le faux cutter et le remets sous ta gorge. "Ecarte j'ai dit!"
Tu le fais non sans mal. En maintenant le cutter, je continue comme je peux ma petite séance photo.
Je finis par poser mon téléphone, et à jouer avec ton clitoris.... Celui-ci devient vite humide, les grognements étouffés se changent en gémissements.
Je m'amuse, enfonce un doigt, puis deux, ressort jouer avec ton clitoris....
Bon ça suffit, assez joué. J'enlève enfin ma cagoule. Ton regard exprime le "je savais que c'était toi"....
Je te souris, me lève, reprend mes affaires. Me dirige vers la porte.
Je t'entends grogner, essayer de crier, de m'interpeller.
Sans te regarder, je te dis "tu passeras la nuit ainsi, je viendrai demain te délivrer. Bonne nuit Hannah."
Je prends le temps de bien fermer ta porte à clé et je m'en vais. Je reviens 1h plus tard, vérifier que tout va bien. Tu dors.
Je m'installe à côté de toi, et je m'endors à mon tour. Le matin tu me réveilles à coup de coudes.
"Bonjour Hannah, bien dormi?.... Ah oui tu peux pas répondre."
Je te sen un poil énervée. J'en souris.
"Arrête de t'énerver ou je te libère pas."
Petit soupir de ta part. Je finis par couper le serflex et t'enlever le ruban adhésif.
Tu passes de longues minutes à ronchonner, pester, pour enfin me dire que tu as vraiment eu peur au départ, que c'était intense, mais qu'avec le recul, c'était excitant et sympa à vivre.
Acte 8
"Maître, je suis en manque.... bientôt 3 semaines sans sexe"
Je te réponds pas mais j'en souris d'avance. Ne t'inquiète pas, j'ai prévu quelque chose pour toi à ce sujet.
Le temps de tout mettre en place. Ça va venir.
Je passe un temps fou, à essayer de reproduire des billets. De près on voit que c'est des faux, de loin en revanche, ça fera illusion.
Ça y le jour J est arrivé. Tout est en place.
"Hannah, habille-toi classe, et sexy ce soir! Je passe te prendre à 19h, sois prête. Ah et tu m'attendras dehors et sans parapluie"
Il est 19h... Il pleut des cordes. Tu es dehors, devant ton batiment, tu m'attends, sans parapluie....
Je te vois, mais j'attends. Petit plaisir sadique, de te voir comme une conne dehors sous la flotte.
Bon 19h08. On va être en retard. Je viens enfin te chercher.
"Ah ben merci de m'avoir fait attendre sous la pluie.... "
"Pardon? Tu peux répéter Hannah?"
"Mes excuses Maître. Bonsoir"
"C'est mieux"
Nous prenons la route, direction un hôtel. Plutôt chic. Tu me suis, sans rien dire. Tu sembles un peu surprise qu'on ne passe pas par l'acceuil.
Chambre 259.... Chambre 259.... Elle est ou cette putain de chambre. Ah ça y est! Nous y sommes.
Je tape, un homme nous ouvre, et nous fait entrer. On se salue.
L'homme a la cinquantaine, plutôt ventru, un regard libidineux. Tu ne le sais pas, mais il s'appelle Thierry. C'est un habitué d'un club échangiste que je connais depuis un moment déjà.
"Hannah enlève ton manteau. Et viens te mettre à genoux, là" au milieu de la chambre face au lit.
Thierry a commandé à manger. Mais toi tu n'y as pas droit. Nous mangeons.
"Elle ne mange pas?"
"Elle mangera quand elle aura fait son devoir, pas avant."
Tu nous regardes manger, et parler de toi comme si tu n’étais pas là. Le repas est fini.
Thierry se lève et va chercher sa sacoche et me tend les "faux billets".
"On avait dit combien? 700?"
"700€ oui.... Enfin si tu veux la totale?"
"Parfait, tiens!"
Tu nous regardes, surprise, médusée, tu sembles à la fois comprendre et ne pas comprendre ce qu'il se passe ou va t'arriver.
"Hannah, je viens de vendre tes services à Monsieur. Sois gentille, et fais ce qu'il te dit."
Je reste assis à table à vous observer. Thierry se déshabille tout seul et va s’allonger dans le lit.
"Debout, et déshabille-toi ma petite"
Un moment d’hésitation, je claque un doigt pour te rappeler à l'ordre, et tu te lèves pour te déshabiller.
Tu regardes Thierry. A la moue que tu fais, il ne semble pas vraiment à ton goût. Âgé, ventru, poilu, sexe court mais épais.
Une fois nue, Thierry t'invite à le rejoindre dans le lit.
"Viens ma petite, viens m'embrasser et me caresser"
Tu y vas, à reculons comme on dit. Tu fais sans faire, on sent réellement que tu ne prends aucun plaisir.
"Va falloir mettre du tiens ma mignonne, c'est nul là"
Je sens que ça va pas. Je me lève, te sors du lit sans ménagement.
"Hannah, c'est bien ce que tu voulais vivre non? Me force pas à devenir méchant. J'ai vendu tes charmes, tu n'as pas le choix!"
Thierry nous regarde, avec une demi-érection. Je te dis d'y retourner d'un signe de la tête.
Retour dans le lit, retour aux caresses.
"C'est bien, ma mignonne, c'est mieux. Suce-moi"
Tu descends et commence ta fellation. Tu ferme les yeux, comme si tu imaginais être avec quelqu'un d'autre.
Thierry est doux, il ne cherche pas à te forcer en gorge profonde. Ça semble te ressurer. Petit à petit, tu y mets plus d'entrain.
Thierry te stoppe, te pousse sur le côté du lit, puis descend te faire un cunnilingus. Lui en revanche semble prendre un plaisir certain à déguster ta petite chatte.
Un peu trop, il semble surexcité...
Le moment fatidique arrive. Thierry met un préservatif. C'est l'heure de passer à la casserole.
Il a côté tres doux, essaye de ne pas te brusquer. Les va-et-vient sont lents, amples.
Puis il s'accélère. Les coups de rein sont plus secs, plus durs, on entend vos corps claquer à chaque coup.
Je vous regarde, assis dans mon fauteuil. Thierry semble s'emballer. Il ne tiendra pas longtemps sur ce rythme.
Chose qui devait arriver, arriva. Thierry, dans un grand râle de jouissance, se bloque au fond de ton vagin. Ne bouge plus 1 seconde ou 2 puis se retire et s'effondre sur le lit.
Tu demandes pas ton reste, sors du lit, et vas dans la salle de bain.
Tu ne le vois pas mais Thierry se rhabille et quitte la chambre. Il l'a payée. Nous pouvons y rester.
Je te retrouve, prostrée dans la salle de bain.
"Hannah?"
"Quoi?"
"Comment te sens-tu?"
"Sale, salie, dégueulasse, souillée, meurtrie...."
Je souris. Te relève. Te dis que je suis fier de toi. Que moi, je n'aurais jamais eu le courage de faire ce que tu viens de faire.
Je vois un petit sourire de fierté poindre.
Je t'entraîne à nouveau dans la chambre, et dans le lit, on parle, fait notre aftercare. Je t'explique que tout était faux et que je connaissais Thierry, d'où ma confiance en lui.
La soirée n'est pas finie, à mon tour de me faire plaisir..... Je vais terminer de combler ton manque.
Acte 9
Nous sommes le lendemain. Le téléphone nous réveille.
Nous n'avons pas commandé le petit-déjeuner. Je suis ailleurs. Physiquement, je suis là, mais mon esprit est absent.
Tu le sens, tu me demandes à quoi je pense. Je ne réponds pas. Une deuxième fois, tu me poses la question.
Je te réponds être en proie aux doutes, aux questionnements, suis-je allé trop loin? Trop vite?
Ça te fait éclater de rire. Tu me dis que jusque-là, tout va bien. Tant que je suis là, tu te sens en sécurité, peu importe quoi.
Ça me rassure. Mais ton calvaire va se durcir.
Cinq jours plus tard, nous sommes invités. Cette fois-ci, tu sais que tu sera vendue. Je te l'explique. Oui je sais encore....
Jour J. Nous arrivons devant une somptueuse villa surplombant les hauteurs de Nice.
A l'entrée, il n'y a que des voitures de luxe. Seule ma Clio Williams fait tache.
Soit. On me remet un masque type "carnaval de Venise" à mettre. C'est jamais pratique à mettre ces machins. Encore moins à respirer avec.
Toi, on te donne un numéro. Nous rentrons dans le salon. Il est bondé. Environ une cinquantaine de personnes sont présentes.
Quelques amuse-gueules, du champagne (ce que je déteste) à boire, puis on vient te chercher. C'est l'heure de la vente des esclaves.
Tu disparais pour réapparaître nue sur le podium avec le numéro autour du cou.
Un à un, vous êtes appelés par votre numéro. Soumises/Soumis même combat ce soir. Pas de différence.
Vous défilez chacun votre tour, puis en ligne vous venez vous positionner sur l'estrade centrale.
Tous les convives peuvent voir, regarder, vous examiner, une seule règle. On touche qu'avec les yeux. De mon côté, je sais déjà qui va t'acheter.
Elle te reluque de la tête aux pieds. Elle ne regarde que toi.
Elle s'appelle "Mercedes". Elle est argentine, a le regard froid, le visage inexpressif, elle a une attitude de matonne de prison. C'est mon ancienne Maîtresse.
Les enchères commencent. Peu de doutes concernant ton cas. C'est fini. Elle a remporté la mise, tu es à elle pour une heure environ.
Elle t’emmène dans une chambre/salle. Elle te fixe les mains à un pilori qui est lui-même attaché à une poulie au plafond.
Je te sens trembler, être pas bien, faire une crise d'angoisse. Tu me cherches du regard mais me trouves pas. Moi je te vois.
Je viens, demande à "Mercedes" 3 mins avec toi.
"Hannah, du calme, respire. Tout va bien. Je connais Mercedes, elle sait ce qu'elle fait. Elle a 30 ans d'expérience derrière elle. Fais-lui confiance, fais-moi confiance. Tu sais que je suis là et que je t’abandonne pas."
Ça va mieux. Enfin un peu.
Mercedes commence avec une Badine. Elle marque tes fesses, tes cuisses, tes mollets, ton bas-ventre. Cela te semble interminable et insupportable. Mais tu fais de ton mieux pour subir.
Elle te détache, t’emmène sur une table. Tu y es fixée par les mains et les pieds. Jambes ouvertes, sexe offert.
Elle enfile des gants en latex, je sens à nouveau que tu vas craquer. Je viens. Je te murmure que ça va, tout va bien. Respire. Tu es entre de bonnes mains.
Elle t'explique qu'elle va te "coudre la chatte". Je te caresse la tête, je reste présent. Ça va aller Hannah.
Elle commence, le passage de l'aiguille se fait non sans mal, mais tu essaies de gérer. Un point après l'autre, te voilà suturée. Chatte fermée.
Nous admirons le travail. Tu restes allongée à ne rien dire.
"Gap, tu l'as bien formée, bravo. Beaucoup auraient renoncé."
"Merci Madame".
"Je te laisse le soin de couper les points, voici le ciseau médical. Fais attention. Et voici des compresses stériles au besoin"
Je retire un à un les points. Pose des compresses sur les quelques gouttes de sang qui perlent.
Je te détache les mains et te tends un sextoy. De quoi enfin prendre un peu de plaisir. Fini, tu me le rends.
Mercedes te regarde dans le fond de la pièce. Je te détache, et te demande d'aller dire merci.
"Merci Madame"
"De rien jeune fille."
Nous repartons dans le salon. Tu te rhabilles.
"Hannah veux-tu rester?"
"Non trop d'émotions pour ce soir, rentrons"
Retour chez moi. Poches de glace et bombe de froid. Ça va. Tu sembles bien résister à la douleur.
J'examine à nouveau ta chatte. Ça va, plus de sang. Nous pouvons faire notre aftercare et dormir.
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Acte 4
Moins de 24 heures se sont écoulées, et te revoilà chez moi. Toute fière.
Vanessa te fait entrer.
Je suis sur la table du salon, en train de trier et vérifier mes affaires de sport.
Tu viens me voir, avec tes deux feuilles A4 griffonnées recto verso. Tu me les tends.
Je lis même pas, je déchire tout, sous tes yeux médusés.
"Bonjour Hannah, assieds toi".
Pas un mot, tu t'assois.
Je te tends un stylo et une feuille.
"Je t'ai demandé quelques lignes, pas une dissertation. Recommence! Vanessa, fais lui un café s'il te plaît."
Le temps de trier mes affaires, tu as le temps de griffonner quelques lignes.
Je lis, ok la notion d'engagement est là, mais encore une fois, ça part dans tous les sens.
Je laisse cela sur la table, j'ai de toute façon pas le temps. Un match de handball important m'attend.
"Vanessa va te faire un cours. Elle t'expliquera les différents grands courants de pensée, le matériel, à quoi il sert, les pratiques. Vanessa, tu trouveras sur la table un exemplaire de check-list.
Cela pourra aider Hannah je pense."
Vanessa acquiesce d'un hochement de tête.
"Vanessa, tu es responsable de Hannah, si à mon retour cela me convient pas, c'est toi qui subiras mes foudres, sommes-nous d'accord?"
Vanessa acquiesce d'un hochement de tête, à nouveau, non sans un regard inquiet.
Un bisous et un câlin à Vanessa et je m'apprête à partir.
"On fait des câlins à une esclave?"
"Les relations BDSM n'empêchent en rien la douceur et la tendresse Hannah. Penses-tu que Vanessa accepterait certaines choses si j'étais seulement qu'un sombre connard?"
J'attends même pas ta réponse, je m'en vais.
Le temps tourne....
Minuit moins le quart, je rentre enfin. Je suis frustré, en colère, en rage, j'ai beaucoup de mal à me contenir.
Tu es toujours là.
Vous regardez une émission sur les serial killers. Curieuse fascination pour la mort.
Vanessa comprend vite que je suis pas d'humeur et tente de me faire un massage des épaules pour me détendre.
ça fonctionne pas.
"Hannah, qu'as-tu appris aujourd'hui?"
"Plein de choses gap!"
"Monsieur!"
"Pardon, plein de choses Monsieur."
"Bien, nous verrons plus tard, je suis pas d'humeur"
"Encore? Non mais je viens pourquoi moi? Sérieusement, ça te ferait chier de t'occuper de moi? Je fais tout ce que tu dis, et ta seule réponse, c'est me renvoyer chez moi."
Je retourne vers la table, où ton papier griffonné est encore là. Je le jette par terre avec le stylo.
"Note Hannah! Vite avant que je change d'avis"
Tu te lèves du canapé, t'assois par terre et attends.
"Je..... soussignée, Hannah, accepte trois expériences. Une basée sur le physique, une basée sur le psychologique et une basée sur le sexuel......
Je déciderai après si oui ou non et comment je souhaite que la relation évolue..... C'est écrit? Oui alors signe!"
Tu le fais, te relève et m'apporte la feuille, me la tends.
"Voilà, t'es content. Tiens ta putain de feuille."
Tu vas pour partir, et je te rattrape par le cheveux, tire dessus pour te ramener où je veux dans le salon.
En te tirant sur les cheveux pour te garder la tête haute, je te dis:
"A poil! Vite!"
Tu t'exécutes non sans un regard de défiance. Je te jette par terre, te maintiens la tête au sol avec un pieds, de manière à ce que ton cul soit relevé.
J'enlève ma ceinture en cuir. Vanessa dans un coin.
Le premier coup s'abat. Il est doux.
"C'est tout?! je m'attendais à pire" me dis-tu.
Je souris.
Attends, ca va venir.
2...3...4...5 coups atterrissent sur tes fesses. De plus en plus forts. Tu ne bouges presque pas.
6...7.... coups. Tu ploies une première fois. J'entends ta respiration s'accélérer, devenir plus profonde.
8 coups.... tu ploies encore. Revenir à ta position devient plus dur mais toujours pas un mot, rien.
Je fais le tour, je te vois serrer les dents. Une forme de "non, je lui donnerai pas ce plaisir".
9 coups.. un petit son sort enfin de ta bouche.
"En place! Dépêche toi! "
10 coups et tu t'affales sur le sol. Tu reviens difficilement à ta position. J'arme à nouveau le bras.
Là, j'entends ta respiration se saccader, renifler comme si tu pleurais.
J'arrête, jette la ceinture à Vanessa qui regarde sans rien dire.
Je te relève, tu me dis "fini?"
"Oh non rassure toi, j'ai pas encore fini avec toi". Un petit rictus sur ma bouche.
"Ton insolence de tout à l'heure mérite sanction. Mets toi droite mains sur la tête!"
Je prends des pinces à linge et une corde. Je joue avec.
Pose une à une les pinces en prenant soins de faire passer la corde dedans.
"ça va, tout va bien Hannah?"
"Oui c'est pas terrible, je m'attendais à pire"
"Attends, le plus dur reste à venir".
Tu as des pinces du bas des aisselles aux hanches de chaque côté.
J'ai les deux cordes dans les mains. Je joue avec. Puis soudain, je tire fort.
Les pinces sautent une à une.
Je t'entends enfin crier.
Une fois la dernière pince enlevée tu t'effondres sur le sol.
Je prends une bombe de froid et l'applique sur tes côtes.
"Vanessa va chercher les poches de froid s'il te plaît".
"Hannah montre moi tes fesses"
Je t'applique les poches froides sur tes fesses. Nous restons là, prostrés par terre, un long câlin s'en suis.
"ça va? Comment te sens-tu Hannah?"
"ça va, douloureux, mais ça va."
"Garde les poches, vu tes fesses bleu violacé, tu en auras besoin"
"Merci"
"Merci Monsieur, on dit!"
"Merci Monsieur"
Tu te rhabilles non sans mal et tu pars.
Deux jours après, j'ai un message "Bonjour Monsieur, j'ai encore les fesses en feu, j'aime bien mais c'est douloureux, merci pour les poches Monsieur".
"C'est que le début Hannah, c'est que le début."
Acte 5
Mon téléphone sonne. Il est 7h45 du matin, nous sommes mardi.
Hannah a une voix mi-affolée, mi-stressée.
"Hannah, qu'est-ce qu'il se passe? Pourquoi tu m'appelles à cette heure-là?"
"Bonjour, désolée Monsieur, ma voiture ne démarre plus, et je dois absolument être à la fac ce matin."
"On se calme, ça va aller, laisse moi le temps de m'habiller, j'arrive"
Je te dépose à la fac. Tu m'indiques l'heure pour venir te chercher.
Moins de deux heures plus tard, tu m'appelles à nouveau.
"Je suis dehors, peux-tu venir me chercher?"
"Comment ça tu est dehors?"
"Oui, je me suis faite virer du cours"
"J'arrive"
Sur les lieux, je te trouve devant le bâtiment principal. Je suis furieux, qu'as-tu bien pu faire pour te faire virer.
Tu me dis à nouveau bonjour avec le sourire... Je te réponds même pas. Je t'attrape par le bras et te tire comme une enfant à l'intérieur.
A l'accueil, je demande à parler à ton professeur.
"tu vas parler avec mon prof? Non mais...."
"Je suis pas d'humeur. Tais toi, ou c'est pas juste tes fesses qui seront violacées cette fois-ci"
Nous sommes assis sur les fauteuils de l'entrée. 10 mins d'attente.
Le hall ressemble à un hall de théâtre. C'est un ancien bâtiment. Une immense pièce de laquelle arrivent et partent des couloirs, des escaliers, et des passages surplombants le hall.
Le prof nous rejoint enfin. Tu t'écrases dans le fauteuil, en essayant de te faire la plus petite possible.
"Bonjour Monsieur, je suis le professeur de droit du commerce, puis-je savoir qui vous êtes?"
"Bonjour Monsieur, je suis son frère. Puis-je savoir pourquoi Hannah a été virée du cours ce matin?"
"Hannah répond, elle a été insolente, et a même décidé de danser en plein cours."
Surpris et consterné, la conversation se poursuit.
"Pardon?! Elle danse en cours?"
Je me tourne vers toi, avec un regard froid et noir.
"Tu danses en cours? Tu plaisante j'espère?...... Bah lève-toi et danse alors!"
Ton prof intervient "Non mais je ne crois pas que ce soit la peine maintenant."
"Si monsieur, c'est la peine justement, montre-moi, lève-toi tout de suite et danse."
"Je vais pas danser dans le hall, devant tout le monde et mon prof"
"Si si tu vas danser dans le hall, devant ton frère et devant tout le monde, comme tu l'as fait devant toute ta classe..... Lève-toi et danse, vite, je vais pas te lâcher!"
"Mais.... gap?!"
"Y a pas de Gap! Fallait y penser avant à Gap. Lève-toi et danse! Allez!"
Ton prof nous regarde, hébété, on sent qu'il est mal à l'aise, qu'il ne sait pas trop quoi dire ou comment réagir.
"Tu attends quoi Hannah? Danse! Tu veux quoi? Que je te mette de la musique? lève toi et DANSE!"
Tu te lèves, alors que tout le monde m'a entendu lever la voix, tous les regards sont sur nous et sur toi.
Tu te dandines, rouge de honte, ça ressemble à rien. Ton prof est désemparé, il te regarde affligé.
"Ah ben voilà! c'est bien ça! Bien, t'a le rythme, du talent! Donc au lieu d'apprendre le droit, toi, tu danses?!
En plus pour danser comme ça? Allez, rassieds toi Hannah, tu me fous la honte! Tu a intérêt à bosser tes cours, parce que dans un mois, je vais revenir et je voudrais voir l'ensemble de tes professeurs, savoir ou tu en es!"
Ton prof intervient à nouveau.
"Monsieur xxx, je pense qu'Hannah est intelligente et... "
Je le coupe et ne lui laisse même pas finir sa phrase.
"Intelligente? Elle confond cours de danse avec cours de droit, c'est de l'intelligence ça?"
Fin de la conversation , je te fais signe qu'on y vs.
Nous sommes sur le chemin du retour, après un long silence... Je reprends la parole.
"Ah tu veux danser? Crois moi, je vais te faire passer l'envie de danser, des moments non appropriés!"
Nous voilà le soir, tu as des sous-vêtements sexy assortis et une robe que Vanessa t'a prêtée.
Tu ne le sais pas encore, mais la particularité de cette robe, c'est que le fil de couture est conçu pour casser sans abîmer la robe. Les fils qu'utilisent les stripteasers.
Nous sommes dans le pub, une immense table centrale, la soirée avance, l'alcool coule à flot autour de nous.
Deux femmes montent sur la table et dansent.
"Rejoins les! Monte sur la table et danse!"
Je t'accompagne, m'assois devant à la table devant toi. Je te regarde danser, toute timide. Au bout de 2 minutes environ, je me lève, attrape et tire sur le bas de la robe. Comme prévu, elle se déchire aux coutures. Tu te retrouves à moitié nue devant tout le monde.
Les hommes te sifflent, ça crie, ça s'amuse de te voir en petite tenue.
7 mecs autour de toi éclatent de rire. Deux d'entre eux, par empathie et bienveillance te font descendre et te ramènent à notre table.
Vanessa te tend son manteau long, nous partons. Dans la rue, tu cries, tu m'insultes, tu laisses éclater ta colère.
Je marche sans rien dire. Une fois dans la voiture enfin je daigne te parler.
"Tu as encore l'envie de danser Hannah?"
"Non c'est bon!"
"Bien"
"T'es fou! Il aurait pu m'arriver n'importe quoi. Ils étaient tous bourrés, t'aurais fait quoi s'ils avaient été plus loin?"
"Hannah, je ne mets jamais en danger ma soumise. Ce que tu ignores, c'est que les 25 mecs qui étaient présents autour de la table, je les connais, c'est mes coéquipiers du Hand.
Ils savaient très bien ce que j'avais prévu pour toi. Je doute que quelqu'un ose venir te toucher s'il voient 25 gars allant de 1m70 à 2m10 te protéger, ce qui a été le cas.
Autre détail que tu ignores, je connais le patron et les videurs, depuis le temps que je viens ici."
Un long silence.... tu regardes dehors, la mine toujours en colère. J'en rigole.
"Je ne pensais pas que le volet psy allait arriver si vite! Comment te sens-tu?"
Une longue, très longue discussion terminera notre nuit. Elle partira du sentiment de colère pour en arriver au sentiment d'excitation d'être exposée à des inconnus.
Acte 6
Je passe chez toi, te livrer un colis. Tu m'accueille en m'offrant un café.
Tu me demande ce qu'il y a dans la boite. Je te la tends et te dis de l'ouvrir.
Il y a, 3 plugs (S, M, L), un tube de gel lubrifiant, et un gode (M).
"Qu'est ce que je dois en faire Monsieur?"
"A ton avis Hannah?"
"J'aime pas la sodomie, c'est hors de question!"
"Tu a déjà pratiqué Hannah?"
"Non, pas vraiment, ca m'attire pas."
"Alors comment peux tu savoir que tu n'aime pas? Moi je serais toi, je prendrais le temps de porter les plugs. Dans 9 jours, que tu aime ou pas tu y aura droit."
Un soupire de ta part et puis "Et le gode? Il sert à quoi?"
Je te montre ma gorge et te rappelant ce que tu avais vu dans la cuisine avec Vanessa.
Je te vois déglutir. Tu ne dis rien, mais je ne peux m'empêcher d'avoir un petit sourire en coin.
"Ah dans 9 jours Hannah, amuse toi bien avec tes nouveaux jouets!"
Tic, tac, tic, tac..... Les 9 jours sont passés.
La soirée est arrivée. Nous dinons. Tous les trois.
Un longue conversation est abordée. Vanessa t'explique que c'est sa dernière soirée. Elle a rencontré quelqu'un d'autre, elle souhaite revenir à une vie vanille.
L'homme en est question, est disposé à lui offrir ce que je ne souhaite pas. Une vie vanille avec perspective d'enfants.
Je l'ai accepté sans trop de difficulté. Je savais que le temps était compté entre nous. Il y a toujours un petit pincement au coeur mais ainsi va la vie.
Le repas est fini depuis un moment déjà. La digestion devrait être passé. Il est temps d'avoir la 3e et dernières expériences.
Vanessa t'entraine dans la salle de bain. Elle va te préparer.
Vous revenez environs 20 mins plus tards. Vous etes en string, bas, porte jarretelle, soutiens gorges, coiffées, maquillées.
J'admire la vue, en buvant mon déca. D'un signe du doigts je vous demande de vous tourner. Je constate que vous portez toutes les deux un rosebude.
Je bouge pas du canapé, cela te surprends. Ce que tu ignore, c'est que Vanessa avait été briefé avant. Elle savait ce qu'elle devait faire.
"Vanessa.... à toi l'honneur. C'est ta dernière soirée, profites en."
Vanessa part et revient avec dans les mains une caisse. Elle l'ouvre, attrape un foulard/bandeau noir en satin.
Elle te bande les yeux. Elle te retire ton soutiens gorge, non sans se laisser à quelques caresses. On sent que ca te perturbe un peu.
Vanessa, te fixe les mains dans le dos au moyens de deux entraves en cuir. Puis plus rien ne se passe.
Le temps que j'installe à terre, un sur matelas et un plaise à franges longues. C'est doux et agréable.
Vanessa te guide, t'allonge, et te retire ton strings. Tu est nue, allongé, les yeux bandés, à attendre.
Il est temps de découvrir si tu a un coté bi..... Un clin d'œil à Vanessa comme top départ.
Elle retire à son tour son string, et se positionne de façon à entourer ta tete entre ses cuisses.
De cette facon tu a son sexe coller à la bouche sans pouvoir tourner la tete pour l'éviter.
On entends des murmures étouffé, comme des protestations. Rien de ne passe, tu refuse il semblerait.
Je me lève, prend un magic wand, le branche et le donne à Vanessa. Elle se relève le temps de te laisser respirer puis se repositionne.
Elle s'en amuse. Tanto le pose sur ton clitoris, tanto l'enlève, elle joue aussi avec les vitesses...
3 mins se passent, et te voilà à gémir, ton bassin commence à bouger, à osciller. Doucement... Petit à petit les mouvements s'accélèrent, deviennent plus brusques.
Vanessa se positionne mieux. Se relève légèrement pour qu'il te soit plus facile de lui lécher la chatte.
Les premiers coup de langues partent, Vanessa gémi à son tour.....
Je vous regarde, admire le spectacle offert. Un cri de jouissance forte sort de ta bouche Hannah.
"Mince je me suis fais pipi dessus"
Je rigole...
"Assez joué entre vous les filles, à mon tour maintenant".
Je me met nue aussi et vous rejoins. Vanessa t'aide à te relever, et te met à genou.
Elle te place mon penis à l'entrée de ta bouche. Tu commence par lécher goulument, puis me suce.
j'attrape tes cheveux et gère le rythme des va et viens, parfois soft et parfois je pouce pour que cela rentre plus profond.
Tu éructe, bave, crache, tousse. Je te laisse respirer et reprendre ton souffle puis revient à la charge....
Puis j'arrête, je fais le tour, te pousse en avant. Les fesses en l'air, je te retire le rosebude.
Je récupère la bave qui dégouline encore de ta bouche, humidifie ton anus.
Je joue avec, le caresse, enfonce délicatement un doigt, puis deux, puis trois. Parfait tu est "ouverte".
Préservatifs mis, et gel mis je te demande "Hannah, est tu prête?"
"Non mais je ne le serais jamais donc allons y"
Je me lance, je pénètre ton cul, doucement, il faut forcer un peu..... une fois dedans j'attends quelques secondes que tu t'y fasse.
Puis les va et vient commence doucement, pour petit à petit aller crescendo. Dans un reflexe, je chope le magic wand qui traine, et te le colle sur le clitoris.
Les mouvements sont de plus en plus fort, tes fesses claques sur mes hanches. Tu grogne, râle, gémi, tout ca en meme temps.
Je fini par décharger dedans. Enfin. Ma libération. Je me retire en te laissant le magic wand posée. Tu gémis de plus en plus fort.
Un cri de plaisir et puis "Stop, j'en peux plus" arrive.
Nous finissons les trois allongée sur le sur matelas. Nous parlons, nous faisons notre aftercare sereinement.
Il parait que tu a aimé, malgré le coté désagréable des premiers instants.
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C’était cet été, il faisait chaud, très chaud, et je dialoguais sur un site web avec un monsieur qui me disait aimer donner des fessées aux garçons indisciplinés quel que soit leur âge. Lui en avait 73. Il aurait largement pu être mon père. Et puis au fil de la conversation, c'est devenu plus chaud, plus intense et j'avais envie de le taquiner, alors je lui disait des "pas cap', des même pas peur, ..;" alors il s'est fâché bien sur, et il est monté en pression, me donnant l'ordre de venir chez lui pour recevoir la fessée largement méritée. Je n'avais rien à faire ce jour là et j'ai décidé de lui dire oui. Il m'a bien prévenu que une fois arrivé, je n'aurais rien à dire, rien à demander, rien faire sinon me soumettre à lui et à ses fessées, où que ce soit. J'ai dit banco et j'ai pris ma voiture. Des fesseurs j'en ai connu beaucoup, vraiment beaucoup, et en fait bien peu ont été à la hauteur de mes attentes, de mes espérances, alors je me suis dit, on verra bien. Je suis arrivé après environ une petite heure de route dans un petit village en fête, il y avait des gens sur la place, des gamins qui jouaient et crier dans les rues, un 14 juillet quoi ! A peine arrivé, je descends de voiture, vêtu d'un petit short très court façon culotte courte, en velours, et dessous une culotte blanche en coton comme exigé, le reste, tee shirt et chaussettes de tennis. Je me dirige vers sa maison et là j'entends des gamins dirent "tiens il va chez le père fouettard" ... j'en suis resté un peu surpris quand même. au petit portillon, je sonne et je vois arriver un fort gaillard d'1m90 au moins, et bien ses 100 Kg. Il est habillé en bleu de travail. il ouvre et me fait entrer sous le regard amusé des gamins. S'en apercevant le monsieur leur dit d'aller voir ailleurs sinon gare à eux. Ils déguerpissent aussitôt.A peine entré dans sa cuisine, je reçois une énorme claque sur les fesses qui me fige direct ! il me prend par le bras, me pousse vers la table de cuisine, me penche dessus et sans dire un mot commence à me flanquer une énorme fessée sur les cuisses nues et les fesses protégées par le short en velours. Une vingtaine de claque après, il s'arrête, il va se chercher une bière, s'assoie, et commence à boire directement à la canette. je ne sais pas quoi faire alors je ne bouge pas. J'attends. Il se relève enfin, viens vers moi, et d'un geste brusque me descend le short et la culotte à moitié. il regarde mes cuisses, mes fesses, puis il prend enfin la parole et me dit que ce n'est que le début, que je ne suis pas venu pour rien et que, comme je l'ai bien énervé sur le "Chat", je vais déguster grave ! Il prend une chaise, et s'assoie dessus puis e dit de venir vers lui, j'avance à petit pas, entravé par mon short sur mes chevilles, il me couche sur ses genoux et là, je prends une de ces fessée mon Dieu comme rarement j'en ai prise. Les claques n'arrêtent pas de plus en plus en plus fort. Il s'arrête enfin, je suis toujours en culotte blanche, effondré sur ses genoux, il me relève et se lève aussi, il a chaud, il ouvre grand la porte et les deux fenêtres de la cuisine, celles qui donnent sur la rue. Il revient il me courbe sur la chaise, et me fait écarter les jambes un maximum...pas facile avec le short sur les chevilles... je le vois enlever sa ceinture, je sais que c'est pour mes fesses,je tremble de peur car il 'a déjà fait très mal, mais j'ai promis de ne rien dire de ne rien faire et de me laisser faire alors je me laisse faire. j'entends des gloussements derrière moi, sans doute des gamins devant les fenêtres ouvertes ! et le premier coup tombe, sur mes cuisses, ça fait mal, ça gifle ça cingle, je cris, je gémis, je sens des larmes monter dans mes yeux. Il continue, et alors que je ne m'y attends pas, il me baisse la culotte d'un coup sec, et la fessée reprend de plus belle, les coups de ceinture me vrillent les fesses, j'entends des rires, des gens qui parlent, qui se moquent, mais je ne vois rien. Je suis là, déculotté devant des fenêtres ouvertes, recevant la fessée et je ne réagi pas. Je subis. La fessée s'arrête. je respire un grand coup et sèche ms larmes qui coulent à flots tant j'ai mal... il quitte la pièce, mais revient vite avec des baguettes de noisetier dans la main... Il me dit que je vais goûter ça et que je vais apprécier leur souplesse !!! tu parles, ça fait encore plus mal que je ne pensais... je sens comme des griffures à chaque coup reçu, je me remets à pleurer à chaudes larmes, rien ne les arrêtent et j'entends toujours des rires derrière moi...Le spectacle de mes fesses écarlates et fouettées par les verges doit être magnifique tant j'entends des "ohhh" des "ahhh".... Puis ça s'arrête. La fessée est finie, il me le dit. Il me prend par le bras et m'entraîne vers sa salle de bains, et me plante devant un grand miroir et me dit "regarde tes fesses'. Je tourne la tête et découvre le spectacle de mes fesses rouges, mais rouges !!! et mes cuisses !!! les marques de la ceinture, les marques des verges de noisetier y sont incrustées limite ça saigne tant j'en ai pris... je suis effaré de l'état de mes fesses... Il m'ordonne de me reculotter, ce que je fais non sans douleur car le coton de ma culotte me brûle, me fait mal... et le short remonté je m'aperçois avec horreur et honte qu'il ne cache pas les marques et rougeurs de mes cuisses... comment vais je partir avec tous ces gens dans les rues, ces gamins qui ont sans doute tout vu ??? J'ai honte, terriblement honte d'avoir demandé et mérité cette fessée. Les fesses me cuisent, les cuisses chauffent... Et là, le monsieur me passe la main dans les cheveux et me dit 'viens, on va aller boire un coup". Il m'entraîne avec lui, on sort de la maison, on va sur la place, là où une buvette est installée pour la journée, là où des gens boivent rient et dansent... je me sens comme un petit garçon qui vient d'être puni et que tout le monde va voir les cuisses rouges ne laissant aucun doute sur ce que le "père fouettard ' m'a fait. dans la rue, les gamins nous suivent et se moquent, je ne dois rien dire, je me tais. Arrivés à la buvette il nous commande deux bières, On est là, debout face à la buvette, on boit ensemble, la fraîcheur de la bière me fait du bien, mais des gens arrivent bientôt derrière nous, j'entends des murmures, des chuchotements, et des rires d'adultes. Un gars dit au monsieur, "eh bien celui là tu l'as pas raté ! il a du t'énerver beaucoup !" et le monsieur répond "oh mais c'est pas fini, je fais une pause mais après il y aura encore droit !". là je dis stop. et je me retourne comme pour cacher mes cuisses zébrées à la vue des gens. je vois alors des hommes, des femmes, de tous âges, et une femme me dit "vous savez, c'est pas pour rien qu'on l'appelle le père fouettard, beaucoup ici y sont passés" !!! je ne sais plus où me mettre et ça rit autours de moi, et ça se rappelle des souvenirs du père fouettard !!! Une femme, jeune, qui vouvoie le père fouettard lui demande si les fesses sont aussi rouges que les cuisses... j'y crois pas, elle veut voir !!! et tous veulent voir. Pour sur comme dit un gars, il est pas d'ici çui là !!! alors le père fouettard me tire par le bras, et dit aux adultes présents, vous voulez voir, ben venez ! ... il 'entraîne derrière la buvette, près de l'église, et là, s'étant assuré qu'il n'y avait pas d'enfants, il me baisse le short et me déculotte complètement pour exposer mes fesses. j'entends des ohhhh de surprise et une femme dit "le pauvre il a du souffrir"... je me retourne, je suis en larmes, je me sens tellement humilié par ce vieil homme, par ces gens qui me regardent.... et là le vieux me flanque deux claques sur les fesses et il me reculotte lui même; me disant que e pouvais partir. J'ai traversé le village en larmes les fesses et les cuisses brûlantes sous les quolibets des gamins "il a pris la fessée euh il a pris la fessée euh ..."
Je monte dans ma voiture, je rentre chez moi...là il me faut me garer, et revenir à pied jusqu'à l'appartement... je croise un jeune couple et j'entends des rires derrière moi.... je monte l'escalier, et je croise la dame du deuxième étage, elle se retourne, et me lance un " e bien on eu droit à sa fessée aujourd'hui ? c'est pas trop tôt, avec le bruit que vous faites et votre impolitesse il y a longtemps que je rêvais de voir ça"... je suis rentré chez moi, n'osant plus sortir !
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Chapitre 4
L’élégance du contrôle
Elle se tenait devant moi, radieuse, le tissu de sa robe noire épousant chaque courbe avec une perfection troublante. Les fentes audacieuses de chaque côté dévoilaient la naissance de ses hanches, laissant entrevoir juste ce qu’il fallait pour attiser le désir sans jamais basculer dans l’excès.
— "Relève tes cheveux."
Sans un mot, elle obéit, relevant sa chevelure d’un geste fluide. Mon regard s’attarda sur la courbe gracieuse de sa nuque, cette zone si sensible que j’aimais tant effleurer du bout des doigts.
Je sortis le collier finement ouvragé de son écrin et le refermai autour de sa gorge. Un bijou discret aux yeux des autres, mais porteur d’une signification bien plus profonde entre nous. Elle frissonna légèrement en sentant le métal froid contre sa peau, son souffle se suspendant un court instant.
Je laissai mes doigts courir sur sa clavicule, traçant la ligne du collier avant de murmurer à son oreille :
— "Parfait."
Un léger sourire étira ses lèvres, mélange d’excitation et de reconnaissance silencieuse. Au même moment, un discret coup à la porte nous rappela la réalité.
— "Le chauffeur nous attend."
Je pris son manteau et l’aidai à l’enfiler, mes mains effleurant volontairement ses bras avant de descendre sur sa taille. Un simple geste, mais suffisant pour qu’elle comprenne que mon emprise sur elle ne se relâcherait pas, même en public.
Lorsque nous descendîmes, la voiture était déjà prête. Le chauffeur, impeccable dans son uniforme, nous ouvrit la porte sans un mot. Elle entra la première, s’installant avec grâce, puis je la rejoignis, refermant la portière derrière moi.
Alors que la voiture s’éloignait, je posai ma main sur sa cuisse nue, effleurant la peau chaude sous la fente de sa robe.
— "Sais-tu déjà ce que tu vas commander ?" demandai-je, un brin amusé.
Elle tourna légèrement la tête vers moi, ses lèvres s’entrouvrant à peine avant de souffler :
— "Tout ce que vous désirez…"
Chapitre 5
Un jeu sous les regards
La voiture s’immobilisa devant le restaurant. Un établissement prestigieux, où chaque détail respirait l’élégance et la retenue. Le voiturier ouvrit la portière, et elle sortit la première, la tête haute, les talons claquant doucement sur le pavé. Je la suivis, savourant la façon dont sa robe épousait son corps à chaque pas, les fentes dévoilant furtivement la douceur de sa peau.
À l’entrée, le maître d’hôtel nous accueillit avec la politesse feutrée des lieux de ce standing.
— "Votre table est prête, Monsieur."
Je posai ma main dans le bas de son dos pour la guider à l’intérieur, un contact léger mais autoritaire. Un rappel, une promesse. Elle frissonna légèrement, mais avança sans un mot, parfaitement consciente du jeu qui se tissait entre nous.
Nous fûmes installés à une table discrète, à l’écart du brouhaha, mais toujours visible. J’aimais cette dualité : la subtilité du contrôle en public, l’obéissance silencieuse sous le regard des autres.
Elle croisa les jambes lentement, laissant la fente de sa robe s’ouvrir légèrement. Je captais le regard furtif de l’homme à la table voisine, qui s’attarda une seconde de trop avant de détourner les yeux. Un sourire satisfait naquit sur mes lèvres.
Le serveur arriva, nous tendant les menus.
— "Souhaitez-vous un apéritif ?"
Je ne répondis pas immédiatement. Mon regard se posa sur elle, attendant. Elle comprit instantanément.
— "Un verre de vin blanc pour moi." répondit-elle d’une voix douce, maîtrisée.
Je hochai la tête, satisfait, et commandai un verre de rosé pour moi.
Une fois seuls, j’effleurai la tige de mon verre du bout des doigts, l’observant sans un mot. L’attente, l’incertitude, faisaient partie du jeu.
Puis, lentement, je laissai ma main glisser sous la table.
Je rencontrai la douceur de sa cuisse nue.
Son souffle s’accéléra imperceptiblement, mais elle ne bougea pas.
— "Tu es sage ce soir." murmurais-je, amusé.
Elle esquissa un sourire, jouant avec le pied de son verre.
— "Parce que vous le voulez ainsi."
Un frisson de satisfaction parcourut mon échine.
Chapitre 6
Une soumission discrète
Je laissai ma main effleurer lentement l’intérieur de sa cuisse, jouant avec sa peau chaude sous la table. Son souffle resta maîtrisé, mais je sentis la tension subtile dans ses muscles. Elle savait ce qui allait suivre.
Sans me presser, je pris une gorgée de mon verre, savourant, avant de poser mon regard sur elle.
— "Retire ta culotte."
Elle eut un léger sursaut, imperceptible pour les autres, mais évident pour moi. Son regard croisa le mien, cherchant à s’assurer qu’elle avait bien compris. Je lui répondis par un simple sourire, amusé et autoritaire à la fois.
Elle hésita une fraction de seconde, pas par refus, mais par conscience de la situation. Nous étions en public. Dans un restaurant chic. À quelques mètres à peine, d’autres convives discutaient, riaient, trinquant à leur soirée, totalement ignorants du jeu qui se jouait à cette table.
Et c’était précisément cela qui rendait l’instant si exaltant.
D’un geste mesuré, elle déplaça sa serviette sur ses genoux, comme pour ajuster sa robe. Ses mains disparurent lentement sous le tissu.
Mon regard ne la quittait pas. Je devinais chaque mouvement à travers les infimes frissons qui parcouraient sa peau, la tension de ses épaules, la façon dont elle contrôlait sa respiration.
Puis, après de longues secondes, je la vis resserrer légèrement les cuisses et glisser un fin morceau de dentelle entre ses doigts.
Elle le garda un instant, dissimulé sous la table, ses joues légèrement plus roses qu’à l’accoutumée.
— "Donne-la-moi."
Un éclair passa dans son regard, mélange d’appréhension et d’excitation pure. Je tendis ma main, paume ouverte, attendant patiemment qu’elle obéisse.
Elle inspira discrètement, puis, avec une grâce troublante, elle fit glisser le tissu dans ma main.
Je refermai mes doigts sur la soie tiède et humide, puis, lentement, je la rangeai dans la poche intérieure de ma veste, comme un trophée silencieux de son obéissance.
Elle se mordilla légèrement la lèvre, consciente de sa vulnérabilité soudaine. Chaque mouvement, chaque croisement de jambes, chaque frémissement sous la table lui rappellerait ce qu’elle venait de faire.
— "Parfait." murmurai-je en portant mon verre à mes lèvres.
Elle baissa légèrement les yeux, non pas par honte, mais par dévotion.
Elle était maintenant assise là, vulnérable, exposée sous le tissu léger de sa robe, le moindre mouvement lui rappelant l’absence de cette fine barrière de dentelle.
Je l’observais, amusé par la lueur d’excitation mêlée d’appréhension dans son regard. Elle jouait avec le pied de son verre, comme pour canaliser la tension qui montait en elle.
Le serveur revint avec les plats, brisant momentanément l’intensité silencieuse entre nous. Il déposa nos assiettes avec professionnalisme, ignorant tout de la nature du jeu qui se déroulait sous ses yeux.
— "Souhaitez-vous autre chose ?" demanda-t-il poliment.
Je lui adressai un sourire tranquille.
— "Non, tout est parfait."
Je sentis son regard furtif se poser sur elle, détaillant sa tenue audacieuse, puis il s’éclipsa.
Une fois seuls, je laissai ma main reprendre possession de l’intérieur de sa cuisse, juste du bout des doigts.
Elle se raidit imperceptiblement, surprise par ce contact inopiné alors qu’elle portait sa fourchette à ses lèvres.
— "Continue de manger." murmurais-je d’un ton faussement désinvolte.
Elle avala sa bouchée avec difficulté, son souffle court. Ses joues s’étaient légèrement empourprées, et je pouvais presque entendre le tumulte de ses pensées.
Mon pouce traça des cercles lents contre sa peau, remontant doucement, millimètre par millimètre, jusqu’à effleurer l’interdit.
Elle serra les lèvres, contracta légèrement ses cuisses, mais je n’étais pas homme à être repoussé.
— "Écarte un peu."
Son regard s’accrocha au mien, un mélange de défi et de soumission. Elle savait qu’elle ne pouvait pas refuser.
Doucement, presque imperceptiblement, elle obéit.
Mon sourire s’élargit alors que mes doigts continuaient leur douce exploration, savourant la chaleur qui s’échappait d’elle, l’excitation palpable de cette situation où elle n’avait aucun contrôle.
— "Tu es délicieuse ainsi." murmurais-je en buvant une gorgée de mon verre de rosé, comme si de rien n’était.
Elle retint un soupir, sa respiration devenant légèrement plus erratique.
Je savourais son abandon, cette façon dont elle se livrait entièrement à moi, même au milieu d’un restaurant où chaque regard innocent pouvait, à tout instant, percer notre secret.
Je portai mon verre de rosé à mes lèvres, savourant le goût délicat du vin, tout en observant ses réactions. Elle gardait une posture impeccable, le dos droit, ses doigts jouant distraitement avec la tige de son verre. Mais je voyais les signes discrets de sa lutte intérieure : sa respiration légèrement plus courte, la tension infime dans ses épaules, le frémissement de ses doigts sur la nappe.
Sous la table, mes doigts continuaient leur douce provocation, effleurant sa peau nue, lui rappelant son état de soumission. Elle tenta de se concentrer sur son assiette, de masquer son trouble, mais je savais qu'elle était consciente du moindre de mes gestes.
— "Tu es bien silencieuse ce soir." soufflai-je en jouant avec mon verre.
Elle releva les yeux vers moi, une lueur d’excitation mêlée de défi dans son regard.
— "Je savoure simplement la soirée." répondit-elle d’une voix maîtrisée.
Un sourire amusé effleura mes lèvres. Elle jouait son rôle à la perfection, mais je sentais sa fébrilité sous cette façade de contrôle.
Le serveur revint pour s’assurer que tout se passait bien.
— "Tout est parfait ?" demanda-t-il avec courtoisie.
Je laissai ma main remonter lentement, effleurant son point sensible juste au moment où elle ouvrait la bouche pour répondre.
Elle inspira discrètement, ses doigts se crispant légèrement sur sa serviette. Mais sa voix resta maîtrisée.
— "Oui, tout est excellent, merci."
Je la regardai avec satisfaction tandis que le serveur s’éloignait, inconscient du jeu qui se jouait à cette table.
— "Bonne fille." murmurai-je en lui adressant un regard appuyé.
Ses joues rosirent légèrement, et je vis son regard briller d’une lueur plus trouble.
Je retirai lentement ma main, savourant sa frustration silencieuse, et pris une gorgée de mon vin.
— "Finis ton verre, nous partons." ordonnai-je d’un ton calme mais sans appel.
Elle acquiesça en silence, portant son verre à ses lèvres, la gorge nouée d’anticipation.
Chapitre 7
Le trajet vers l’inconnu
La voiture nous attendait devant le restaurant, les phares projetant une lumière tamisée sur le trottoir. Sans un mot, j’ouvris la portière pour la laisser entrer la première. Elle glissa gracieusement sur la banquette en cuir, ses longues jambes disparaissant sous l’étoffe fluide de sa robe fendue.
Je la rejoignis aussitôt, refermant la portière derrière moi. Le chauffeur démarra en douceur, et la ville défila à travers les vitres teintées, un monde extérieur inconscient de la tension silencieuse régnant à l’intérieur du véhicule.
Je m’installai confortablement, mon regard capturant la lueur de l’excitation dans ses yeux. Elle savait que nous ne rentrions pas simplement à la maison. Elle savait que la nuit ne faisait que commencer.
— "Sais-tu où nous allons ?" demandai-je d’un ton calme, laissant planer le mystère.
Elle secoua la tête, mordillant sa lèvre inférieure, un mélange de curiosité et d’anticipation dans son regard.
— "Un endroit… particulier. Un cercle très fermé, réservé à ceux qui savent apprécier certaines subtilités."
Je laissai ma main effleurer lentement sa cuisse nue, mon pouce traçant de légers cercles sur sa peau chaude. Elle inspira légèrement, ses jambes frémissant sous mon toucher.
— "Es-tu prête à me faire pleinement confiance ce soir ?"
Elle hocha la tête, son souffle plus court, sa posture légèrement plus tendue.
Je lui pris doucement le menton entre mes doigts, forçant son regard à s’ancrer dans le mien.
— "Dis-le-moi."
— "Oui, je vous fais confiance." souffla-t-elle, sa voix légèrement tremblante.
Un sourire satisfait effleura mes lèvres.
La voiture continuait de rouler, nous éloignant des quartiers animés pour s’enfoncer dans une zone plus discrète de la ville. Le lieu où nous nous rendions n’avait ni enseigne, ni publicité tapageuse. Il n’était connu que de ceux qui avaient été invités.
Le chauffeur ralentit avant de s’arrêter devant une imposante façade, discrète mais élégante, sans aucun signe extérieur révélant ce qui se cachait derrière ces portes.
Je descendis en premier, puis lui tendis la main.
Elle hésita une seconde, consciente qu’une fois passée cette porte, elle entrait dans un monde où toutes les règles changeraient.
Mais elle posa finalement sa main dans la mienne, et je l’aidai à sortir.
Un homme en costume sombre nous ouvrit la porte sans un mot, nous laissant pénétrer dans un univers feutré où désirs et interdits s’entremêlaient.
Dès que nous franchîmes le seuil, l’ambiance changea du tout au tout. Une douce pénombre baignait la pièce principale, rehaussée par des jeux de lumière tamisés, créant une atmosphère feutrée et envoûtante. Un parfum subtil flottait dans l’air, un mélange de bois précieux et d’épices enivrantes.
Le club était à la fois luxueux et secret, conçu pour ceux qui savaient apprécier les plaisirs les plus raffinés. Un murmure discret parcourait la salle, entre conversations feutrées et soupirs volés.
Je sentis sa main se crisper légèrement dans la mienne alors que ses yeux parcouraient l’espace avec une curiosité mêlée d’appréhension.
— "Respire, observe." murmurais-je à son oreille, effleurant sa peau du bout des doigts.
Devant nous, de larges fauteuils en velours étaient disposés autour de tables basses, où quelques couples sirotaient des verres, échangeant des regards lourds de sous-entendus. Plus loin, une scène discrète dévoilait des corps en mouvement, explorant les limites du désir sous l’œil attentif d’un cercle restreint d’initiés.
— "Tout ici est question de consentement et de contrôle." lui expliquai-je d’un ton calme. "Rien ne se fait sans envie, rien ne s’impose. On regarde, on apprend, on savoure chaque instant."
Elle hocha doucement la tête, ses pupilles dilatées sous l’effet de l’excitation et du mystère.
Un serveur élégant s’approcha sans un bruit, un plateau en main. Il s’inclina légèrement avant de déposer deux coupes de champagne devant nous.
— "Le maître des lieux vous souhaite la bienvenue." annonça-t-il avant de s’éclipser.
Je pris une coupe et lui tendis l’autre, mon regard ancré au sien.
— "À cette découverte."
Elle leva son verre en retour, ses doigts légèrement tremblants d’anticipation.
Autour de nous, l’atmosphère était un mélange d’interdits frôlés et d’élégance raffinée. Tout était à la fois sensuel et maîtrisé, une danse subtile entre abandon et contrôle.
— "Que ressens-tu ?" demandai-je doucement, observant son trouble.
Elle mordilla légèrement sa lèvre, cherchant ses mots.
— "De la curiosité… et une envie que je ne saurais décrire." avoua-t-elle dans un souffle.
Un sourire satisfait effleura mes lèvres.
— "Alors laisse-moi te guider."
Je posai ma main sur sa nuque, une caresse possessive, avant de l’inviter à avancer plus loin dans ce monde qui allait bientôt devenir le sien.
Je sentis sa main légèrement moite dans la mienne, signe d’un mélange de curiosité et d’appréhension. Elle n’était pas effrayée, non. Son regard brillait d’excitation contenue, comme si elle se tenait à la frontière d’un monde dont elle n’avait jusqu’ici fait qu’effleurer l’existence.
— "Suis-moi." murmurais-je en serrant doucement ses doigts.
D’un pas lent, nous avançâmes à travers le club, chaque détail soigneusement pensé pour éveiller les sens.
Le premier espace que nous traversâmes était un salon feutré, où de larges fauteuils en velours encadraient des tables basses. Des couples y étaient installés, échangeant des regards complices, certains effleurant la peau de l’autre du bout des doigts, jouant avec la tension qui flottait dans l’air.
Elle jeta un coup d’œil furtif autour d’elle, son souffle suspendu lorsque ses yeux se posèrent sur une femme élégamment allongée sur l’un des fauteuils, sa tête posée sur les genoux d’un homme qui caressait distraitement sa gorge d’un geste possessif. L’ambiance n’avait rien de vulgaire. Tout n’était que maîtrise et raffinement.
Je resserrai légèrement ma prise sur sa main, l’invitant à avancer.
Un large couloir s’ouvrait sur plusieurs portes, chacune donnant sur des espaces plus intimes.
— "Chaque pièce a sa propre atmosphère." expliquai-je d’un ton posé. "Certains viennent simplement observer, d’autres explorent, testent, repoussent leurs limites. Mais tout est basé sur la confiance et le consentement. Ici, rien n’est imposé. Tout est un choix."
Elle hocha lentement la tête, captivée par mes paroles.
Nous passâmes devant une porte entrouverte, laissant entrevoir une salle éclairée par une lumière tamisée. À l’intérieur, un homme était assis sur un fauteuil, une coupe de champagne à la main, tandis qu’une femme agenouillée à ses pieds attendait en silence, les yeux baissés. Il effleurait sa joue du bout des doigts, son autre main jouant distraitement avec une fine laisse attachée à son cou.
Je sentis son souffle se suspendre légèrement face à cette scène empreinte de contrôle et de sérénité.
— "Tout est une question de confiance mutuelle." lui murmurai-je en me penchant à son oreille. "Il n’y a ni crainte, ni contrainte. Juste un abandon consenti et une attente délicieuse."
Je lui laissai le temps d’absorber ce qu’elle voyait, observant la façon dont elle réagissait à chaque détail.
Puis, je l’attirai doucement plus loin, l’entraînant vers une autre pièce, plus discrète, où des murmures feutrés se mêlaient aux notes d’une musique envoûtante.
Elle releva les yeux vers moi, son souffle court, sa main toujours nichée dans la mienne.
— "Tu veux continuer ?" demandai-je, mon regard ancré au sien.
Je vis l’hésitation furtive dans ses prunelles, non pas par peur, mais par cette nouvelle forme d’excitation qui la troublait autant qu’elle l’attirait.
Puis, elle hocha la tête.
Un sourire satisfait étira mes lèvres.
— "Alors viens. Ce n’est que le début."
Et je l’entraînai un peu plus loin dans cet univers où elle allait bientôt découvrir une part d’elle-même qu’elle ne soupçonnait peut-être pas encore.
Je la guidai vers une salle plus reculée, où l’ambiance changeait subtilement. La lumière y était plus tamisée, créant une atmosphère intime et mystérieuse. Le murmure des conversations s’était estompé, remplacé par une musique envoûtante et le bruissement des étoffes effleurant la peau.
Derrière une élégante verrière aux vitres fumées, une scène se dévoilait lentement à nos yeux. Le décor était raffiné, presque théâtral. Un long divan de velours trônait au centre de la pièce, et devant lui, un homme se tenait debout, dominant une femme agenouillée à ses pieds.
Elle était sublime, son corps drapé dans une robe de soie fendue, révélant plus qu’elle ne cachait. Ses poignets étaient délicatement noués dans son dos par une corde de chanvre, symbole d’un abandon choisi. Son souffle était lent, maîtrisé, mais l’attente dans sa posture était indéniable.
L’homme caressa lentement sa joue, son regard empli de contrôle et de tendresse mêlés.
— "Regarde bien." murmurai-je à son oreille en sentant son souffle suspendu.
L’homme effleura la peau de la femme du bout des doigts, descendant le long de son cou, de son épaule, traçant des frissons invisibles sur son épiderme. Il jouait avec la tension, imposant un rythme lent et savamment dosé.
Puis, d’un geste précis, il la fit basculer en avant, la courbant contre le divan, son dos arqué dans une position d’offrande. Un murmure d’anticipation traversa l’assemblée discrète qui observait la scène, fascinée par cette danse silencieuse de soumission et de maîtrise.
Ma main effleura la sienne, la ramenant à moi alors qu’elle continuait d’observer, incapable de détacher son regard de ce tableau hypnotisant.
— "Que ressens-tu ?" lui demandai-je doucement, ma voix une caresse contre sa peau.
Elle déglutit légèrement, sa respiration plus courte.
— "Je… Je ne sais pas. C’est… troublant, mais captivant." souffla-t-elle, ses pupilles dilatées sous l’effet de l’émotion.
Un sourire effleura mes lèvres.
— "Tu ressens l’intensité du moment. Le contrôle absolu. L’abandon total."
Elle hocha doucement la tête, absorbant chaque détail, chaque geste précis de l’homme, chaque frémissement du corps de la femme qui se livrait à lui sous les regards attentifs.
La scène n’avait rien d’obscène. Elle était un mélange d’élégance et de tension, une exploration maîtrisée du plaisir et de la confiance.
Je laissai quelques secondes s’écouler avant de glisser mes doigts sous son menton, relevant son visage vers moi.
— "Veux-tu continuer à observer… ou préfères-tu aller plus loin ?"
Son regard brillait d’un feu nouveau, un mélange d’envie et d’incertitude.
Elle venait de franchir une première porte.
Je sentis son souffle se suspendre, son regard ancré sur la scène qui se déroulait sous nos yeux. Son corps était légèrement tendu, entre curiosité et trouble, comme si elle luttait pour comprendre ce qu’elle ressentait.
L’homme, toujours maître du jeu, se redressa et effleura lentement le dos de la femme courbée devant lui. Son geste n’avait rien de brutal, rien d’inattendu. C’était une caresse empreinte de possession et de contrôle.
Puis, d’une main sûre, il traça le long de sa colonne vertébrale jusqu’à ses hanches avant de poser ses doigts sur la corde de chanvre qui liait ses poignets. Il ne le serra pas davantage. Il n’avait pas besoin de contraintes supplémentaires. Le simple fait qu’elle reste ainsi, offerte, était un gage d’abandon absolu.
Un murmure parcourut l’assemblée feutrée alors qu’il pencha son visage vers son oreille, murmurant des mots que nous ne pouvions entendre. Mais la réaction de la femme fut immédiate : un frisson visible parcourut son échine, ses lèvres s’entrouvrirent dans un souffle silencieux, et ses doigts se crispèrent sur le velours du divan.
À côté de moi, elle s’agrippa inconsciemment à mon bras, ses ongles effleurant ma peau à travers le tissu de ma chemise. Je ne dis rien, savourant cette réaction instinctive qui trahissait son immersion totale.
— "Tu ressens ce qu’elle ressent, n’est-ce pas ?" murmurai-je à son oreille, mon souffle caressant sa peau.
Elle ne répondit pas immédiatement. Ses lèvres s’entrouvrirent légèrement, mais aucun son n’en sortit.
Sur la scène, l’homme s’écarta légèrement, contemplant sa partenaire comme une œuvre qu’il s’apprêtait à sublimer. Puis, avec une lenteur exquise, il laissa sa main glisser sur l’arrondi de ses reins avant de lever légèrement le bras… et de le faire redescendre dans une frappe sèche et mesurée contre la courbe de ses fesses.
Un bruit mat résonna dans la salle feutrée, suivi d’un gémissement étouffé.
Ma compagne sursauta presque imperceptiblement.
Elle ne s’attendait pas à ce que cela soit à la fois si précis… et si intime.
L’homme répéta le geste, alternant entre caresses apaisantes et frappes savamment dosées. Le rouge vif commençait à colorer la peau offerte de la femme, mais son corps n’exprimait ni rejet ni douleur. Bien au contraire. Chaque mouvement était un appel silencieux à plus.
Le souffle de ma compagne s’accéléra légèrement, et je sentis son corps se crisper contre le mien.
Je posai ma main sur sa hanche, l’ancrant à moi, l’empêchant de se perdre dans ce trop-plein de sensations nouvelles.
— "Regarde-la." lui murmurai-je. "Elle ne subit rien. Elle se donne. Elle l’a choisi."
Elle hocha lentement la tête, incapable de détourner les yeux.
L’homme se pencha à nouveau vers sa partenaire, murmurant quelque chose contre sa nuque avant de caresser la marque rouge qu’il avait laissée. Ses doigts effleurèrent la peau sensible, arrachant un soupir tremblant à la femme qui s’offrait à lui.
Puis, il la redressa doucement, défit la corde et la ramena contre son torse dans une étreinte possessive.
Tout n’était qu’un jeu d’équilibre entre contrôle et abandon.
Je tournai légèrement son visage vers moi, capturant l’expression troublée sur ses traits.
— "Tu comprends, maintenant ?" soufflai-je.
Elle mordilla sa lèvre, son regard brillant de cette lueur nouvelle qui ne demandait qu’à être explorée.
Puis, d’une voix à peine audible, elle murmura :
— "Oui…"
Je souris lentement.
Je laissai mon regard glisser sur la scène devant nous, capturant chaque détail, chaque frisson qui parcourait la peau des deux amants dans leur jeu subtil de contrôle et d’abandon. L’homme leva enfin les yeux et croisa mon regard. Il y avait dans son expression une assurance tranquille, celle de quelqu’un qui connaissait parfaitement les règles du jeu.
Je me tournai légèrement vers elle, captant le léger tremblement dans son souffle, l’incertitude mêlée à une curiosité brûlante. Je sentais son corps tendu à mes côtés, absorbé par l’intensité du moment, oscillant entre retenue et désir d’en découvrir plus.
D’un mouvement fluide, je la fis pivoter face à moi, mes doigts effleurant son poignet, un contact à la fois doux et déterminé.
— "Tu veux en voir plus, ou… participer ?" murmurais-je, laissant ma question flotter entre nous.
Elle déglutit, son regard brillant sous la lumière tamisée.
L’homme, comprenant l’invitation implicite, inclina légèrement la tête, un sourire discret aux lèvres. Il tendit la main vers nous, un simple geste d’ouverture, laissant la décision entre nos mains.
Je la sentis frémir sous mon contact. Son regard hésita un instant, cherchant une réponse en elle-même.
— "Je…" Elle s’arrêta, mordillant légèrement sa lèvre inférieure. Puis, enfin, dans un souffle à peine audible :
— "Oui."
Un sourire satisfait étira mes lèvres alors que je resserrais légèrement ma prise sur sa main.
L’ambiance feutrée du salon privé semblait suspendue hors du temps. Nous nous installâmes confortablement dans les fauteuils de velours sombre, observant les deux femmes devant nous. Elles s’agenouillèrent avec une grâce maîtrisée, leurs mains posées sur leurs cuisses, le dos droit, l’attente inscrite dans chaque ligne de leur posture.
Un silence complice s’étira, empli d’une tension presque palpable. C’était un jeu subtil, une danse où chaque geste comptait plus que les mots.
Je laissai mon regard glisser sur elle, captant le léger frémissement de ses doigts, l’infime mouvement de sa poitrine sous l’effet d’un souffle plus court. Elle découvrait une nouvelle facette de cet univers, un équilibre entre maîtrise et abandon, où tout passait par l’observation, la compréhension mutuelle et l’anticipation des désirs non formulés.
D’un geste lent, je tendis la main et effleurai son menton, relevant son visage vers moi. Son regard brillait d’une lueur mêlant curiosité et trouble, comme si elle se cherchait encore dans cette nouvelle expérience.
— "Tout va bien ?" murmurai-je, ma voix une caresse contre le silence.
Elle hocha lentement la tête, ses lèvres s’entrouvrant légèrement comme si elle voulait parler, mais elle se ravisa. Non par hésitation, mais parce que, dans cet instant précis, les mots semblaient inutiles.
L’autre homme observait la scène avec un calme souverain, laissant l’instant s’étirer, comme pour tester l’alchimie naissante entre nous tous.
Puis, dans un murmure à peine audible, elle souffla :
— "Et maintenant ?"
Je souris, savourant la douceur de cet instant suspendu.
— "Maintenant, on prend le temps."
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Que nous soyons juste curieux, novice ou confirmé, soumis mais surtout Dominant, il est toujours nécessaire d’être conscient, ou de se rappeler, avant de se lancer dans ce genre de relation, que le BDSM possède aussi ses dangers tant physiques que psychologiques.
Je vous propose d’examiner les risques inhérents à ces pratiques, en commençant par rappeler que les pratiques BDSM reposent sur des cadrages essentiels pour appréhender les risques : les principes RCCR (RACK en anglais), SSC, PRICK et BORK
- RCCR (Risque Conscient et Consentement au Risque)
Ce principe reconnaît que toute activité comporte des dangers réels. Chaque participant doit être pleinement conscient des risques, déclarer ses limites et adopter une démarche réaliste face aux enjeux.
- SSC (Sûr, Sain et Consensuel)
Ce cadre privilégie la qualité de l’échange. Il insiste sur l’importance d’un environnement sécuritaire où les pratiques sont techniquement bien exécutées pour limiter les accidents, et où un dialogue constant permet de maintenir une dynamique relationnelle saine.
- PRICK (Pratique Responsable, Informée, Consentante et Kink)
Ce principe met l'accent sur l'importance d'une pratique BDSM responsable et informée. Chaque participant doit être conscient des dynamiques de pouvoir en jeu, des risques associés aux pratiques choisies, et doit donner un consentement éclairé. PRICK encourage également l'exploration des kinks de manière respectueuse, en tenant compte des limites et des désirs de chacun.
- BORK (Bordel, Ouvert, Respectueux et Kinky)
Ce cadre valorise un environnement où les participants peuvent explorer leurs fantasmes et kinks de manière ludique et décomplexée. BORK insiste sur l'importance de créer un espace où chacun se sent libre d'exprimer ses désirs sans jugement, tout en respectant les limites des autres.
Mais voyons exactement ce qu’il en est et passons au vif du sujet.
1. Risque de rencontrer des personnalités problématiques
Il existe un débat récurrent concernant la présence possible de traits narcissiques ou psychopathiques parmi certains pratiquants. Ne nous le cachons pas : ce genre de relation attire des individus aux comportements problématiques confondant soumission et faiblesse, soumis et proies faciles. Cependant, il est bon de modérer ce dernier propos par plusieurs points :
La littérature scientifique ne semble pas comporter d’études systématiques ou épidémiologiques quantifiant précisément ces traits dans la communauté BDSM. (Si vous connaissez des travaux à ce sujet, n’hésitez pas à les partager.)
Des recherches, notamment celles de Langdridge et Barker, comparant les caractéristiques psychologiques en environnement sécurisé et consensuel n’ont pas mis en évidence de différences marquées en termes de traits pathologiques.
Certaines spécificités de personnalité observées traduisent une approche différente des normes sociales et une meilleure connaissance de soi, sans constituer nécessairement une psychopathologie.
La stigmatisation extérieure tend à confondre des comportements exploratoires ou non conventionnels avec de véritables troubles de la personnalité, entraînant ainsi des étiquettes injustifiées.
En adoptant des environnements sécurisés et en respectant les principes RCCR et SSC, le risque de se confronter à des comportements abusifs est réduit. Il est cependant plus que nécessaire de rester vigilant lorsqu’une dynamique de pouvoir sort du cadre fixé avant d’entamer la relation.
2. Les dangers physiques et psychologiques et les mesures préventives
Même pratiqué dans un cadre volontaire et informé, le BDSM peut comporter des risques divers, d’où la nécessité de se renseigner avant de se lancer dans une nouvelle pratique, ou mieux, se former :
A. Risques Physiques
Dommages immédiats et accidents :
Des blessures accidentelles (coupures, ecchymoses, brûlures, ou pire, fractures) peuvent survenir, notamment lors d’activités techniques comme le bondage.
La compression excessive ou l’utilisation prolongée de nœuds peut entraver la circulation sanguine, provoquant des engourdissements, des lésions tissulaires et, dans des cas extrêmes, des risques d’embolie. Le maintien d’une position contraignante durant une période prolongée peut donc avoir des conséquences plus que graves, voire dramatiques.
Le partage d’objets sans hygiène adéquate expose les participants à un risque d’infections bactériennes ou virales.
Conséquences à long terme :
Une pratique régulière sans précaution peut entraîner des dommages musculaires ou nerveux en raison du surmenage ou d’un stress physique récurrent.
L’accumulation de micro-traumatismes peut, sur le long terme, provoquer des complications de santé et altérer la fonctionnalité des tissus sollicités.
B. Risques Psychologiques
Consentement, communication et limites : Un consentement mal négocié peut conduire à des situations où l’individu dépasse ses limites, risquant des expériences traumatisantes. De même, une dynamique de pouvoir trop accentuée, sans communication suffisante, peut exercer une pression psychologique importante, destabilisante.
Risques de retraumatisation : Pour des personnes ayant vécu des expériences traumatiques, certaines pratiques peuvent réactiver des souvenirs douloureux. Une immersion mal délimitée entre jeu et réalité peut générer une confusion quant aux frontières de l’expérience consensuelle.
Pressions familiales, sociales et stigmatisation : Le jugement familial ou social peut exacerber des troubles tels que l’anxiété et la dépression, renforçant le sentiment d’exclusion. Le rejet ou le tabou entourant le BDSM peut amener les individus à intérioriser des sentiments de honte ou de culpabilité. Cette pression peut entraîner un stress additionnel et une anxiété chronique, résultant du besoin de dissimulation et de la peur d’être découvert ou jugé.
Pour des personnes en couples voulant se lancer sans l'accord de leurs conjoints, les conséquences peuvent se révéler dévastatrices (divorce, perte de la garde des enfants, etc..), et peut mener à la mise en lumière de leurs sexualités qu'elles voulaient secrètes.
Perte de l'image de soi : La pratique du BDSM peut parfois entraîner une altération de l'image de soi. Les participants peuvent se sentir dévalorisés ou en conflit avec leur identité en raison des stéréotypes associés au BDSM. Cette perte de l'image de soi peut être exacerbée par l’éducation, la stigmatisation familiale ou sociale, conduisant à des sentiments de honte ou d'inadéquation. Il est crucial de maintenir une communication ouverte sur ces sentiments et de travailler à la réaffirmation de l'identité personnelle en dehors des pratiques BDSM.
C. Nouveaux risques émergents
L’influence des réseaux sociaux : Des conseils ou des tendances extrêmes partagés dans des communautés en ligne non vérifiées peuvent encourager des pratiques risquées, en particulier chez les novices.
L’impact des technologies connectées : Les dispositifs high-tech peuvent ajouter une dimension d’insécurité, en cas de défaillance technique ou de vulnérabilités numériques, comme la fuite de données personnelles.
D. Mesures préventives et bonnes pratiques
Pour atténuer ces risques, il est indispensable d’adopter des stratégies concrètes :
Communication claire et négociation préalable :
Avant d’entamer une relation, il est impératif de définir explicitement les limites, et de s’assurer que le consentement est pleinement éclairé.
Éducation et formation continue :
Se former aux techniques, comme la maîtrise des bases du bondage en toute sécurité, permet de prévenir les accidents et d’assurer une pratique correcte.
Suivi psychologique :
Pour ceux qui ont vécu des traumatismes ou qui éprouvent des difficultés à gérer l’expérience émotionnelle, le recours à un spécialiste peut s’avérer bénéfique. Encourager l’accès à des communautés en ligne ou des groupes de soutien reconnus permet de combattre l’isolement social et de promouvoir l’entraide entre pairs, dans un environnement sans jugement, d’autant plus que le recours à des professionnels sensibles à ces enjeux reste parfois limité.
Vigilance face aux comportements abusifs non voulus :
Il est essentiel d’être attentif aux signes d’abus, tels que le non-respect des limites, un refus persistant de réajuster ou de revoir ces limites après une discussion, des techniques de culpabilisation, de chantage affectif ou de dévalorisation, la manipulation émotionnelle ou l’isolement en décourageant ou en interdisant tout contact avec des amis, de la famille ou d’autres membres de la communauté BDSM. Si une dynamique devient malsaine, il est crucial de communiquer ses préoccupations et de se retirer de la situation si nécessaire, l’isolement rendant cette sortie plus que difficile.
Conclusion
Le BDSM peut offrir des expériences riches en termes de découverte de soi et d’épanouissement relationnel, mais il recèle des dangers physiques et psychologiques réels. L’adoption rigoureuse des principes RCCR, SSC, PRICK et RORK associée à une communication transparente, une formation adaptée et une vigilance constante, constitue la meilleure stratégie pour naviguer entre l’exploration consensuelle et des risques potentiellement traumatisants. En se prémunissant contre ces dangers et en restant attentif aux dynamiques déviantes, les pratiquants peuvent transformer leurs expériences en moments de partage sécurisés et enrichissants.
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Quelques ressources et références utiles :
Livres et Guides :
"SM 101: A Realistic Introduction" par Jay Wiseman - Un guide pratique qui offre une introduction réaliste aux pratiques BDSM, en mettant l'accent sur la sécurité et le consentement.
"The New Topping Book" et "The New Bottoming Book" par Dossie Easton et Janet Hardy - Ces ouvrages explorent les rôles de Dominant et de soumis, fournissant des conseils sur la communication et la dynamique de pouvoir.
"The Loving Dominant" par John Warren - Ce livre aborde la manière d'être un Dominant responsable et respectueux, tout en mettant l'accent sur le consentement et la communication.
Articles Académiques et Études de Cas :
"The Psychology of BDSM: A Review of the Literature" (2007) - Auteurs : Langdridge, D. & Barker, M. Cet article examine les aspects psychologiques du BDSM et les dynamiques relationnelles impliquées.
"BDSM and Mental Health: A Review of the Literature" (2010) - Auteurs : Barker, M. & Langdridge, D. Une étude qui explore les impacts psychologiques du BDSM sur la santé mentale des pratiquants.
"The Role of BDSM in Sexual Health: A Review of the Literature" (2019) - Auteurs : Barker, M. & Langdridge, D. Cette étude examine comment le BDSM peut être intégré dans une approche de la santé sexuelle, en mettant l'accent sur le consentement et la communication.
"BDSM and Mental Health: A Review of the Literature" (2020) - Auteurs : Barker, M. & Langdridge, D. Cette revue met à jour les connaissances sur les effets du BDSM sur la santé mentale, en se basant sur des recherches récentes.
"Negotiating Consent in BDSM: A Qualitative Study" (2021) - Auteurs : Hughes, S. & Hurst, S. Une recherche qui explore comment les praticiens de BDSM négocient le consentement et établissent des limites.
"The Impact of BDSM on Relationship Satisfaction" (2022) - Auteurs : M. J. D. & R. L. Cette étude examine comment la pratique du BDSM peut influencer la satisfaction relationnelle parmi les couples.
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Installé sur le divan, je la scrute avec attention.
Elle est au loin, au coin, à genoux.
La lumière s’accroche à sa cagoule en latex, glisse sur ses seins nus, et fait briller les bracelets qui embellissent ses chevilles.
Sa culotte est baissée sur ses cuisses et ses fesses sont rougies.
La musique est à l’arrêt. La pièce est calme. Les gémissements occasionnels étouffent le son des vibrations sous ses hanches.
Confortablement assis, je m’attarde sur la justesse de ses courbes. La teinte rose que j’ai cravachée rend ses fesses appétissantes. La position à genoux relève sa poitrine, fait pointer ses tétons et affirme sa magnifique silhouette.
Je sens mon pénis gonflé.
Je serre le stylo entre mes doigts et mets un point final au dessin dans mon carnet.
La chienne que j’ai croquée est en nage. Elle souffle, transpire, tient difficilement sa position et mouille comme une fontaine.
Exactement la scène sous mes yeux.
Satisfait, je me libère du carnet et saisis la canne. Je la fais siffler dans le vide. La chienne frémit. Mais le bout de l’arme vient simplement lui caresser les mamelons. Son souffle s’accélère. Elle halète et chaque respiration est embrassée. J’insiste les frottements.
- Ça, tu aimes, hein ? Petite chienne.
Elle gémit.
Je pose la canne et me rapproche. Je lui empoigne les seins. Mes doigts glissent lentement sur ses tétons et je sens son corps trembler. Je lui pince les seins. Elle sursaute. Je les gifle. Elle souffle.
- Ouvre !
Ses lèvres s’écartent pour accueillir mes doigts. Sa langue s’enroule autour et les suce avec douceur. Je fais des va-et-vient. Je les enfonce. Mes doigts excitent sa salive abondante qui finit par dégouliner sur ses lèvres. Je les sors et les suspends devant sa bouche. J’attends.
Une.
Deux.
Sans un mot, elle comprend et commence à les lécher. Je souris. Nettoyer la salive par de la salive… Je souris et je sens mon pantalon gonfler à chaque fois que sa langue me touche.
Je retire ma main et lui mets une gifle. Puis une seconde. Je laisse un instant passer, le temps que sa prudence s’endorme, puis je la secoue d’une troisième claque.
- Quelque chose à dire ?
Mais elle n’a pas la permission de parler.
- Tu es vachement sage quand tu te tais.
Seul le son étouffé du vibro me répond. J’observe par terre la petite flaque de mouille sous ses cuisses.
- Je devrais t’interdire la parole en permanence.
Elle grogne. Ça m’amuse. Je la gifle quand même. Je vais chercher la pince et l’accroche à ses pointes dures.
Elle penche la tête en arrière et se fige. Son souffle s’accélère de nouveau. On croirait une suppliciée. Je tire sur le jouet pour appuyer son plaisir et elle gémit.
- Chienne des seins. Ouvre !
Ses lèvres s’écartent et je viens y installer le bâillon.
Durant de longues secondes, je la contemple de ma hauteur. Elle, à genoux à mes pieds. Fragile, accessible, dépendante, tremblante. Mon cœur palpite devant cette profonde vulnérabilité qu’elle m’offre.
- Aux pieds !
Et aussitôt elle se recule du coin. Lentement, car elle ne voit rien, elle pivote dans mon sens et, de tout son corps, se prosterne à même le sol.
Je m’abaisse pour lui caresser les joues. Elle rougit. Je saisis ses mains et les encorde serrées dans son dos. J’accroche la laisse à l’anneau doré qui encercle son cou.
Avec le marqueur rose, je griffonne sur ses hanches : « propriété », « objet sexuel ».
J’attrape la laisse. Je la tire, et j’amorce le pas. Direction la chambre. L’objet doit être utilisé.
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La vie ne l'avait leurrée qu'une seule fois, quand elle était venue au monde. Il ne faisait pas jour. Il ne s'était jamais levé. Le jour ne rayonnait pas, la nuit n'assombrissait rien. Elle dormait les yeux vagues, ignorant l'ombre, ignorant l'aube. De quoi perdre la foi, si ce n'est déjà fait. La jeune femme rêvait. Pendant des semaines, elles n'avaient cessé de faire l'amour, de se retrouver par le corps. Il y a parfois bien plus d'émotion à retrouver un amour qu'à le découvrir simplement. Au début, ce fut une toute petite tache, comme une forme de nostagie. Mais non, en se rapprochant bien, on pouvait discerner l'aspect mauve de la mélancolie. Et de plus près encore, on pouvait voir la vraie nature d'une certaine gravité. Elle songeait avec une volubilité charmante, de ses beaux rêves chantants sans aucune des intonations criardes ou bien geignardes des paysannes. On la sentait possédée de son propre plaisir. Juliette acquiesçait et Charlotte souriait. Charlotte, accoudée à la fenêtre de sa chambre, regardait le soir descendre sur la vallée. Le soleil venait de passer derrière les grandes collines, presque des montagnes, que le contre-jour rendait noires, avec des franges de lumière sur le dos des châtaigniers qui montaient courageusement en escalade jusqu'à leurs faîtes. Elle se sentait en paix. Il y avait au loin le tintement des cloches de vaches dans l'ombre, de rares grondements de moteurs d'automobiles que l'on ne pouvait discerner sur la route sinuant sous les arbres, en bas. Des fumées s'élevaient des toits de tuiles des fermes tapies à la lisière des bois. Quelle merveille d'ajouter les fumerolles d'une cigarette aux volutes qui montaient aux flancs des collines, un verre de meursault à portée de la main. La petite ville de Rochechouard était bâtie sur une corniche de rochers dominant la vallée. Les quelque cents maisons qui la composaient se groupaient en troupeau au pied d'un château féodal dont deux tours ébréchées subsistaient seules. Le clocher de l'église, un peu plus bas, ne s'élevait pas très haut au dessus des toits pointus des maisons anciennes. C'était un village typique, les habitants disaient ville, ils y tenaient, "bien de chez nous", dominant de façon assez abrupte, un des plus beaux paysages du monde. Maintenant, il règne un silence parfait, un silence villageois, à l'heure où les travaux des champs sont abandonnés, un concert de chiens emplit la maison. Charlotte, en déshabillé noir, cache pudiquement son corps bruni par le soleil. Le diable va là où il trouve à manger et à boire. Juliette s'amusait. Elle jouait avec Charlotte, et montait et démontait de petits mécanismes et elle se promettait d'avance les satisfactions les plus vives à les voir fonctionner. Ce qu'on exprime est souvent obscur. On peut discuter sur les mots, mais enfin les mots sont là. Ce qu'on pense et ce qu'on sent, au contraire, n'est en vérité nulle part ailleurs que dans les gestes qui en naîtront ensuite. La pensée, le sentiment, tout ce qui ne s'exprime pas directement n'est pas un language intérieur perçu par une oreille secrète qui n'a qu'à le traduire en paroles pour que tout devienne clair et public. Il n'y a pas de langage intérieur et la pensée et le sentiment, qui ne sont tout de même pas rien que néant, sont plus proches de n'être rien d'autre que d'être quelque chose d'exprimable, d'univoque et de tranché. L'amour, comme la fortune, est cumulatif. Ainsi prennent place dans la chaîne des évènements, des êtres qu'on s'imagine aimer. Elles s'aimaient, non pas d'un amour impossible mais d'un amour vrai. On n'en finit jamais de nos passions. L'obscurité ne gardait que des reflets trompeurs de corps enlacés, de premiers baisers qui n'en étaient pas.
On ne pouvait rien comprendre à cette complicité, du dehors. Il fallait seulement les voir à l'œuvre, et pas de cécité qui tienne, en apparence. Il n'est rien de plus grands fâcheux que ceux qui entreprennent de raconter leurs rêves. Alors en silence, elle pense à Juliette. Elle n'oublierait jamais leur première rencontre, la mémoire de leur amour à naître, brûlante, glacée, courbées par le désir, comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves. Les yeux fermés, à sa fenêtre, sans pensée, toute envahie de son absence, elle ne peut interdire sa main de glisser le long de son corps et de se caresser. Les amours l'avaient laissé indemne jusqu'à Juliette. Elle adore voir la joie de vivre dans ses yeux malicieux, avec la parfaite connaissance de ses doigts soyeux du corps féminin, jamais lasse d'étreintes fiévreuses, toujours à l'assaut. Pour Charlotte, les hommes sont le mensonge, avec leurs mains fausses, leur appétit, la politique dont ils parlent. Ils font souvent impression jusqu'au jour où leur faiblesse éclate. Pour la plupart, ils sont peureux et paresseux, et la faiblesse engendre la vulgarité. Juliette était la femme de sa vie. Avec le temps, les corps s'apprivoisent et les caractères se sculptent. Elle avait accepté de se soumettre à elle dans une totale abnégation. La flagellation et les humiliations sexuelles, ça faisait partie de la poésie de Charlotte. Entre douleur et langueur, supplices et délices, telle de la glace sur du granit, le désir était devenu une terre ardente où s'épanouissait son corps. Quand Juliette évoquait l'anatomie altière de Charlotte, sa grâce brune et allongée, femme-enfant, fragile et éternellement adolescente, ses seins parfaits, ses longues jambes toujours brunies par le soleil, elle avait peur pour elle, du soleil, des coups de cravache trop violents qui semblaient devoir la brûler. Elle l'aurait voulue, idéalement dans la pénombre d'un boudoir, dans un décor vaporeux qu'elle aurait éclairé de la lueur de ses longs cheveux noir de jais croulant en cascade sur ses épaules nues. Fragile et forte, forte mais attendrissante de faiblesse pensait Juliette en regardant la nuit monter dans le ciel immense. Ces menus débordements étaient des débauches fort modestes. Il n'y avait peut-être au fond pas de quoi fouetter un chat. La morale, toute seule, la légèreté toute seule ne sont jamais graves. Ce qu'il y a de terrible, c'est ce mélange de rigueur et de faiblesse dont on donne souvent un déplorable exemple. Elle était trop dure pour ce qu'elle avait de faible, trop faible pour ce qu'elle avait de dur. Elle se demandait si ses rêves n'étaient pas la réalité et ses brefs éveils à la réalité des rêves infiniment trompeurs, heureux état d'inconscience.
L'amour sensuel était un trésor dont elle avait enfin la clé d'or, elle seule. Elle faisait crier sa partenaire, en l'éreintant le temps qu'il fallait. Il lui était agréable d'imaginer que même si elle fuguait, elle reviendrait cette même nuit s'installer dans sa tête. Elles furent très bien ainsi, laissant tomber de temps en temps, un mot qui exprimait avec avarice et retenue, une gamme de sentiments, l'écho sourd d'un plaisir confus. Que ferait-elle alors sans elle ? Elle serait totalement perdue, désemparée. Charlotte s'ouvrit et se cambra au contact de son doigt qui remontait et qui se mit à masser doucement son bouton de chair turgescent qui gîtait dans l'ombre de son pubis. Ineffable lui fut la caresse de son index à l'orée de sa voie la plus étroite, provoquant en elle une sensation de plaisir telle que jusqu'au fond de son ventre et de ses reins, elle fut traversée d'une tension exquise, presque insoutenable. Elle s'abandonna à cette jouissance, à cette extase irradiante. C'était comme si son être entier, tout son corps, tous ses nerfs, tout son sang bouillonnant affluaient dans son hédonisme solitaire. Elle eut un éblouissement d'impudicité. Elle cria sa lasciveté, avec des saccades et des soubresauts. Elle demeura debout, les cuisses écartées, les bras mous immobiles le long du corps. Elle avait encore en elle des ondes d'orgasme qui se répandaient dans une fréquence de plus en plus lente, comme les vagues qui meurent sur le sable quand la mer est calme sous un ciel étale. Une femme experte n'aurait pas été plus habile à lui donner autant de plaisir, sauf Juliette. Mais elle était heureuse de dormir seule dans le grand lit, avec le calme de la campagne tout autour. Elle allait tirer les rideaux, laisser entrer la lumière du soir recouvrir ses rêves et la lune éclairer les arbres. C'est quand on les condamne à mort que les victimes parfois sont le plus folles de bonheur. Car entre les rapports entre les êtres ne sont, tout le monde le sait, que des malentendus. C'est ainsi que naissent souvent les amours malheureuses, les illusions du cœur. Parce qu'ils rompent avec le quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. L'amour ne se fait que trop souvent qu'après le coucher du soleil. Tant que le soleil brille, les petites sottes peuvent faire tout ce qu'elles veulent. À partir de minuit, le danger rôde. Si forte que soit Juliette, elle ne sait se tenir, mais peut-être y a-t-il du courage à se conduire ainsi. En jouant à la poupée avec le corps de Charlotte. Chaque minute d'abandon et de tendresse, elle la faisait payer d'étranges et minutieux caprices.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Me sentir si seul dans cette foule
Et me laisser porter par la houle
De mes sentiments refoulés
Cette mélodie qui résonne en moi
Ce n’est que votre voix
M’abreuvant de vos paroles
Tel un naufragé
Me voilà maintenant échoué sur cette île
Île de beauté aux senteurs de maquis et d’embruns
KALLISTE, nom de déesse mystérieuse
À quel parfum succomberai je ?
Je fais le vœu de vous retrouver
Et que dans une dernière danse
Dans ce corps à corps
Pour que cœur à cœur
Et peau contre peau
Se consume l’ardeur de mes sentiments
Que s’éteigne la dernière étincelle de mon amour
Pour que mon cœur brisé puisse se recoller un jour
Et que mes yeux aveuglés par votre image
Puissent de nouveau admirer la lumière
#photosdunet
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Avant de vous proposer l'article sur la différenciation des protocoles, rituels et règles de vie (https://www.bdsm.fr/blog/10550/Protocoles,-rituels-et-règles-de-vie/) je vous avais proposé un autre sur les rituels en soumission (https://www.bdsm.fr/blog/10494/Les-rituels-dans-la-soumission/), article qui m'avais inspiré le premier cité...
Je vous propose donc de revenir et de creuser sur les protocoles en soumission, chaque articles étant le compléments des autres...
Les protocoles transcendent de simples règles ou consignes : ils incarnent une expression profonde de la dévotion, de la discipline et de l’engagement mutuel dans une relation Maître-esclave. En établissant des normes claires et des attentes précises, ces protocoles renforcent la sécurité, la confiance et la connexion entre les partenaires, tout en affirmant la dynamique de pouvoir qui caractérise la relation.
Définir un protocole signifie instaurer une série de comportements, de gestes ou d’attitudes qui, répétés loyalement, viennent structurer le quotidien. Dans le cadre d’une relation Maître-esclave, ces protocoles ne sont pas de simples formalités, mais bien des outils essentiels qui concrétisent l’échange de pouvoir et les engagements consentis par chacun.
Voici quelques exemples de protocoles typiques :
• L' esclave doit se présenter de manière cérémonieuse à l’entrée du domicile du Maître, marquant ainsi le début du rituel quotidien de soumission.
• L’usage de formules spécifiques, telles que « Bonjour, Maître », lors des échanges, renforçant l’engagement à respecter les limites établies.
• Un protocole de posture obligatoire, où l’esclave garde une posture spécifique — agenouillé ou debout — lors des moments d’obéissance ou d’attente, symbolisant la discipline et le respect.
• Des protocoles de communication qui régissent la façon dont l’esclave s’exprime, par exemple en sollicitant la permission avant de parler ou de prendre des initiatives, afin de maintenir un contrôle harmonieux des échanges.
Ces pratiques, répétées avec intention, fonctionnent comme des repères dans la vie quotidienne et permettent au Maître comme à l’esclave de rester ancrés dans leur rôle respectif. En respectant les protocoles, l’esclave affirme non seulement sa position, mais renforce également la confiance et le lien émotionnel qui unissent les deux partenaires. Pour le Maître, ces protocoles assurent une structure rigoureuse dans laquelle il peut manifester sa responsabilité et son attention aux besoins de l’esclave.
Pourquoi ces protocoles sont-ils si essentiels ?
Les protocoles agissent comme des manifolds qui orientent l’énergie et la dynamique de la relation.
Un protocole bien établi transforme un geste habituel en un acte de dévotion. Par exemple, lorsque l’esclave attend le mot d’ordre avant toute action, ce comportement n’est pas seulement une demande, c’est une affirmation silencieuse du lien qui existe entre elle et son Maître. Chaque mouvement, chaque parole traverse ainsi le filtre d’un engagement total et conscient, permettant une connexion silencieuse mais puissante.
Imaginez l’esclave qui, chaque soir, prépare minutieusement l’espace pour une séance de discipline ou d’apprentissage. Ce simple acte — remplir l’espace de respect, de calme et d’intention — devient un protocole indispensable, symbolisant la transition du monde extérieur vers un espace sacré réservé à l’intimité et au jeu de rôles. Ce protocole, en apparence anodine, revêt une signification profonde et authentique : il rappelle à l’esclave qu’il appartient à une dynamique soigneusement orchestrée, où chaque geste compte et chaque moment renforce l’engagement mutuel.
Les protocoles, en proposant une structure prévisible, offrent également une sécurité indispensable dans un contexte où la vulnérabilité joue un rôle majeur. L’esclave, conscient de la constance et du cadre proposé par le Maître, trouve dans cette discipline un refuge contre l’incertitude du quotidien. Pour le Maître, l’application rigoureuse des protocoles permet de vérifier et affirmer la loyauté et la progression de l’esclave, tout en lui rappelant l’importance de son rôle de guide et de protecteur.
Pour mettre en place des protocoles adaptés à la relation Maître-esclave, il faut considérer les points suivants :
• Dialogue ouvert : Discuter avnt de dommencer la relation en détail des protocoles qui résonnent personnellement pour chacun. L'esclave potentielle peut vous proposer ceux qui peuvent lui parler intimiment et qui peuvent séduire le propriétaire, Un point souvent ignoré mais pouvant prendre toute sa dimension dans la dynamique !
• Simplicité d’abord : Commencer par des protocoles simples et évolutifs. Une complexité excessive peut rapidement devenir source de stress ou diminuer leur portée symbolique.
• Focus sur l’intention : s'assurer que chaque protocole ait une signification émotionnelle ou symbolique claire, au-delà de sa dimension formelle.
• Adaptabilité : Comme pour tout aspect d’une relation dynamique, les protocoles doivent être flexibles. Ils peuvent être réévalués, ajustés et approfondis au fil du temps, en fonction des évolutions personnelles et relationnelles.
En somme, les protocoles dans une relation Maître-esclave vont au-delà du simple observance de règles : ils incarnent un engagement profond et quotidien, formant le socle même de la relation. Chaque protocole, qu’il s’agisse d’un geste, d’un mot ou d’une posture, vient renforcer l’échange de pouvoir, la certitude de la discipline et la beauté de la dévotion. Dans un monde aux multiples exigences, ces pratiques offrent un espace unique de stabilité, de connexion et de transcendance, rappelant à la fois la rigueur du rôle et l’intimité émotionnelle partagée.
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-Alors mademoiselle le Président, on la ramène moins avec le bracelet électronique de surveillance.
-je suis innocent. Innocent de toutes vos accusations fausses et fabriquées. Mon ami Trump va venir me sortir de vos griffes.
-Et voilà qu'il recommence à délirer. Mais oui mon petit innocent, sauf que en cas de nouvelle condamnation, fini le bracelet rolex, il faudra aller en cellule pour de bon et vos sursis risquent aussi de sauter.
- c'est pas légal. Je suis victime de terrorisme judiciaire.
-vous avez pas fini, mademoiselle le petit président sur talonnettes de délirer? Notre justice est impartiale. Elle ne fait que passer le karcher. Vous devriez être contente. C'était votre idée le karcher.
-je vais me plaindre à mon ami Elon.
- Vous pouvez même demander à bouffer la chatte de Marine si cela vous chante. Le karcher va passer.
..../....
A suivre.
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L’obscurité libératrice de la honte
L’humiliation. Un mot chargé d’histoire, de tabous, de rejets sociaux. Pourtant, dans l’univers du BDSM, elle se tord, se plie, se redéfinit pour devenir une clé vers un plaisir profond, inavouable, jouissif. La honte, ce poison de l’âme que l’on fuit toute une vie, devient ici un nectar exquis, une offrande volontaire, un terrain de jeu érotique où se mélangent la douleur, l’excitation et la liberté absolue.
Dans cette obscurité où les conventions n’ont plus cours, l’humiliation ne se subit pas : elle se réclame, elle se désire, elle se sculpte comme une œuvre d’art perverse et sublime. Ce n’est plus une punition, c’est une délivrance. Un instant de pure honnêteté où la soumise abandonne tout vernis social, toute prétention de dignité, pour devenir exactement ce qu’elle veut être : un jouet, une chose, un objet façonné par le regard et les mots de son Maître.
Mais comment la honte se transforme-t-elle en moteur du plaisir ? Par quel mécanisme psychologique une injure, une posture de soumission, une exposition dégradante deviennent-elles un déclencheur de jouissance ? Voilà le cœur de cette exploration. Loin de toute complaisance romantique.
Le paradoxe de la fierté et de l’abaissement volontaire
Le pouvoir de l’humiliation repose sur une contradiction fascinante : l’abaissement le plus extrême peut engendrer une fierté dévorante. Se livrer nu, soumis, vulnérable, et voir dans le regard du Maître non pas du mépris, mais une satisfaction carnassière, c’est là que naît l’ivresse. Offrir sa honte comme un présent est un acte de courage, une rébellion contre le monde extérieur qui impose la pudeur, l’image lisse, le contrôle de soi.
Être traité comme une chienne, une esclave, un déchet sexuel, et jouir de cette condition, c’est toucher à une vérité plus profonde que toute convention morale : le pouvoir de se dépouiller entièrement de l’égo. Car dans cette destruction symbolique de la dignité, la soumise retrouve une forme de pureté, une essence brute de désir et d’abandon qui dépasse le simple plaisir physique.
Le monde actuel, obsédé par l’image, la validation sociale et le consentement édulcoré, voit d’un œil suspect ceux qui recherchent l’humiliation. Comment peut-on librement choisir d’être rabaissé, insulté, traîné dans la boue du mépris et y trouver une extase ? C’est une question que seuls ceux qui ont osé briser leurs propres limites peuvent comprendre.
L’humiliation consentie est une transgression, une gifle aux normes policées du sexe aseptisé. Ici, on joue avec l’interdit, avec la souillure, avec les instincts les plus primaires. Ce n’est pas de la simple soumission : c’est une plongée abyssale dans la négation de soi comme individu pour renaître en tant qu’objet de pur désir, manipulé, utilisé, marqué par la domination.
Évidemment, tout ceci repose sur une règle absolue : rien ne se fait sans consentement. Mais ce consentement, dans le cadre de l’humiliation, dépasse le simple « oui » pragmatique. Il doit être un engagement total, une volonté sans réserve d’aller au bout de l’expérience, même lorsque l’égo hurle, même lorsque la société désapprouve.
C’est dans cet abandon extrême que réside la véritable beauté de l’humiliation BDSM. Elle ne détruit pas : elle reconstruit. Elle ne brise pas : elle transforme. C’est un art brut, une science du dépassement de soi, une danse où la douleur de l’ego se mue en plaisir de l’abandon.
De la peur du ridicule à la jouissance de la dégradation
Vicky n’avait jamais soupçonné que son éveil le plus profond viendrait du gouffre de la honte. Pendant des années, elle avait façonné une image respectable, une posture de femme maîtrisée, intacte sous le regard des autres. Pourtant, sous ma main, chaque certitude s’est effritée. La première injure prononcée, le premier ordre humiliant soufflé, et déjà, son monde vacillait. Elle se débattait, tiraillée entre la peur d’aimer cet abaissement et la révélation brûlante qu’il apportait. Mais la honte, lorsqu’elle est désirée, devient une force. Un territoire inconnu qu’elle avait désormais soif d’explorer.
Le dialogue intérieur fut d’abord chaotique. Elle voulait plaire, mais surtout, elle voulait être anéantie sous mes mots. Chaque insulte était une morsure, un frisson violent qui la faisait reculer autant qu’il l’attirait. "Salope", "chienne", "trou à foutre" – elle les redoutait autant qu’elle les espérait. Peu à peu, sa peau s’est faite plus réceptive, son souffle plus court lorsqu’elle entendait ces mots. Son ego fondait à chaque syllabe, et dans cette déchéance consentie, elle trouvait une lumière inédite.
Son corps, lui aussi, apprenait à parler une nouvelle langue. À genoux, offerte sans pudeur, elle savait que son corps ne lui appartenait plus. Je l’avais dépouillée de sa dignité sociale pour en faire un objet de dévotion et d’avilissement. Elle se courbait, se présentait, se laissait modeler par mes exigences. À l’instant où elle accepta de s’exhiber sous mon regard critique, où elle laissa de côté sa dernière résistance pour m’appartenir entièrement, elle toucha enfin à la jouissance pure de la soumission.
Puis vint la souillure. Le premier crachat, déposé lentement sur son visage, la figea dans une stupeur brûlante. Mais au lieu de reculer, elle l’accepta. Le laissa glisser, absorbant ce marquage comme une preuve d’appartenance. Plus tard, ce fut l’urine, la salive, ces fluides qui la redéfinissaient, l’éloignaient définitivement de cette femme qu’elle avait été. Chaque goutte la transformait, chaque humiliation la rapprochait de sa nature la plus crue : celle d’une soumise qui se nourrit du mépris autant que du désir.
Loin de se limiter à la chambre, ces rituels se sont inscrits dans son quotidien. Ne plus porter de sous-vêtements. Savoir qu’à tout moment, je pouvais la forcer à exposer sa honte. Un mot marqué sur sa peau qu’elle devait assumer toute la journée. Le simple fait de boire à genoux, en silence, alors que d’autres ignoraient son état, renforçait cette sensation d’être à moi, soumise à mon bon vouloir même en dehors de nos jeux. Elle ne jouait plus à être soumise : elle vivait son rôle, ancrée dans cette dynamique qui dictait chacun de ses gestes.
Et puis il y avait l’évaluation, brutale et sans concession. Sa bouche, son corps, son obéissance : tout devait être noté, critiqué, perfectionné. Je voulais qu’elle sente le poids de mon jugement à chaque instant. Une fellation jugée trop hésitante, un écartement de jambes pas assez large, une langue pas assez docile : chaque défaut souligné la poussait à s’améliorer, à s’enfoncer encore plus dans cette spirale où l’humiliation nourrissait son ardeur.
Ce que peu pouvaient comprendre, c’est que plus je la rabaissais, plus elle se grandissait. Dans la perte totale de son ego, elle ne disparaissait pas : elle se révélait. Parce qu’en acceptant d’être ma chose, en embrassant chaque ordre, chaque crachat, chaque moquerie, elle avait trouvé un pouvoir que peu osaient explorer. Elle n’avait jamais été aussi soumise, aussi avilie, mais elle n’avait jamais été aussi libre.
Je ne l’avais pas détruite. Je l’avais révélée.
Plonger plus bas – pratiques extrêmes et scénarios de dégradation totale
Vicky voulait s’enfoncer plus loin dans la soumission, ressentir chaque frisson de l’humiliation intensifiée, explorer les limites du plaisir et de la honte entremêlés. Ce n’était plus simplement une question de soumission physique, mais d’un effacement progressif des barrières mentales, où chaque acte devenait une signature gravée dans son corps et son esprit.
L’environnement lui-même devenait un outil de domination. La pièce où elle était amenée se transformait en un théâtre minutieusement orchestré. Miroirs sur chaque mur, capturant sous tous les angles son abandon, projecteurs accentuant chaque trace sur sa peau, chaque frémissement de son corps offert. Un simple bol posé au sol, une gamelle où elle savait qu’elle devrait boire, des harnais suspendus, des accessoires de contrainte disposés avec soin – tout cela formait un décor où le raffinement contrastait volontairement avec l’abjection de ce qui allait suivre.
Dans ce cadre, les scénarios se succédaient avec une précision calculée. Elle devenait la soubrette indigne, une domestique maladroite forcée de répéter inlassablement ses tâches, corrigée à chaque faute. Chaque imperfection était notée, chaque oubli sanctionné. "Recommence", ordonnais-je, alors qu’elle lavait le sol, son corps courbé, sa jupe remontée révélant l’empreinte de mes exigences sur sa peau. À chaque erreur, un rappel cinglant, un ordre sec. "Trop lente." "Pas assez appliquée." "Incapable de satisfaire." Chaque mot la piquait, la forçant à se surpasser, à rechercher mon approbation même dans le mépris affiché.
Mais la soubrette pouvait devenir chienne. À quatre pattes, privée du droit de se tenir debout, elle rampait sur le sol, son collier fermement tiré, réduite à un état où la parole n’avait plus sa place. Elle devait aboyer à mes ordres, tendre sa langue pour réclamer, manger à même le sol, sentir l’humiliation monter à mesure que chaque mouvement lui rappelait son état. Une tape sur son museau factice lorsqu’elle hésitait, un rappel sec de qui elle était. "Une chienne bien dressée ne réfléchit pas, elle obéit." Elle savait qu’elle devait s’abandonner totalement, se plier aux attentes, savourer cette animalité qui effaçait toute prétention humaine.
Puis venait le jeu de l’exhibition. Être livrée aux regards, sentir la brûlure du regard des autres, l’excitation mêlée à la crainte d’être découverte. Une jupe si courte qu’un geste brusque laissait entrevoir l’intime, des marques visibles sur ses cuisses qu’elle devait assumer dans la rue. Un plug anal télécommandé, vibrant au gré de mon humeur, la rendant fébrile au moindre son. Elle devait marcher normalement, parler avec assurance, feindre l’ignorance alors que son corps la trahissait, que son souffle se saccadait sous l’effet des vagues de plaisir et de honte mêlés. Son excitation grandissait sous cette tension constante, oscillant entre l’envie de se cacher et le plaisir d’être soumise à mon bon vouloir, même en public.
Les accessoires poussaient encore plus loin son immersion. Un masque de chienne couvrant son visage, une cagoule ne laissant apparaître que sa bouche, des pinces tirant sur ses seins marqués par mes précédents jeux. Un seau où elle savait qu’elle serait forcée de boire, des objets qu’elle devait lécher sans discuter, prouver qu’elle acceptait tout ce qui lui était imposé. Elle apprenait à ne plus réfléchir, à n’être que soumission, un corps et un esprit totalement malléables sous mes exigences.
L’humiliation n’était pas seulement physique, elle était mentale. La menace d’être capturée en image, de devoir prouver son dévouement par des photos osées, par des enregistrements de sa voix confessant ses désirs les plus inavouables. Elle savait que tout était consenti, mais cette simple possibilité l’électrisait, faisait naître une crainte délicieuse, un sentiment d’extrême vulnérabilité qu’elle embrassait pleinement. L’excitation montait à chaque mise en scène, chaque jeu où elle cédait une part de contrôle supplémentaire.
Mais même dans cet univers d’abandon total, la frontière de la sécurité restait intangible. Je connaissais ses limites, je savais jusqu’où la pousser sans la briser. Chaque humiliation était une offrande, chaque soumission une preuve de confiance absolue. La domination ne résidait pas dans la destruction, mais dans la maîtrise, dans cette capacité à la porter exactement au bord du gouffre sans jamais la laisser tomber.
Et elle, dans cet espace de contrôle total, s’épanouissait. Chaque séance creusait plus profondément son désir d’aller encore plus loin, de se découvrir dans des espaces où elle n’aurait jamais osé s’aventurer seule. Son corps portait mes empreintes, son esprit mes marques, son regard la certitude d’être là où elle devait être. Et elle savait qu’il restait encore des frontières à franchir, des limites à explorer. Elle était prête. Et moi, je la guiderais toujours plus loin.
L’après-coup et la gloire retrouvée – l’humiliation comme chemin vers une fierté sublimée
Quand tout s’arrête, quand les marques sur sa peau commencent à s’estomper, quand la tension extrême de la séance retombe, Vicky revient à la surface, flottant entre la fatigue et une satisfaction profonde. Il ne reste plus de hurlements, plus d’ordres claqués, plus de frissons d’exhibition interdite. Juste le silence, la respiration saccadée, le battement lent de son cœur reprenant un rythme paisible.
Je la regarde se recroqueviller sur elle-même, un léger sourire aux lèvres, comme si elle se redécouvrait après avoir franchi une frontière invisible. Ce moment de retour à la réalité est tout aussi essentiel que l’acte lui-même. C’est là que l’expérience prend tout son sens, que la fierté d’avoir exploré ses limites dépasse la simple sensation de soumission. Elle sait qu’elle a traversé quelque chose de rare, d’unique, un voyage intérieur où la honte s’est muée en puissance, où elle s’est dépouillée de toute façade pour toucher son essence brute.
Alors vient le réconfort. Je m’approche, mes doigts glissant sur sa peau encore tiède, marquée par mon empreinte. Les mots changent, ils ne sont plus cinglants, ils deviennent caresses, murmures d’apaisement. Une couverture posée sur ses épaules, une étreinte qui ne cherche pas à dominer mais à rappeler qu’elle est en sécurité. C’est l’équilibre absolu : l’extrême humiliation ne peut exister sans cette douceur qui la suit. Elle repose sa tête contre mon torse, et je sens son corps s’abandonner à une nouvelle forme de soumission, celle du lâcher-prise total, celle qui n’a plus besoin de jeux ni de mise en scène.
Le bain est souvent un rituel après ces séances. L’eau chaude l’enveloppe, effaçant la sueur, la tension, le souvenir immédiat de l’intensité passée. Je la lave, lentement, méthodiquement, et à chaque geste, je la reconstruis. Chaque caresse sur sa peau lui rappelle qu’elle est précieuse, que cette dévotion qu’elle m’a offerte ne la diminue pas, mais la grandit. Elle n’est pas une femme brisée, elle est une femme qui s’est trouvée dans l’abandon.
Ce qu’elle a vécu ne la diminue pas. Au contraire, cela lui confère une force que peu peuvent comprendre. Loin d’une soumission aveugle, elle a choisi chaque humiliation, chaque marque laissée sur son corps. Dans cette totale mise à nu, elle s’est libérée de tout artifice social, de toute image fabriquée. Elle s’est purifiée dans l’excès, a trouvé une sérénité au creux même de la souillure. Et lorsqu’elle se regarde dans le miroir après, ce n’est pas la honte qui l’habite, mais une étrange fierté. Celle d’avoir osé. D’avoir traversé l’interdit et d’en être ressortie plus forte.
Cette dynamique ne s’arrête pas à la chambre. Elle imprègne nos jours, nos gestes les plus anodins. Une simple caresse sur sa nuque dans un café, un regard entendu lorsqu’elle mordille sa lèvre, un murmure qui fait revivre un souvenir brûlant. L’humiliation s’intègre dans le quotidien, elle se glisse dans nos échanges avec subtilité, devenant une alchimie de complicité et de transgression. Parfois, un simple mot, un détail – une jupe trop courte qu’elle porte pour moi, une trace discrète sur sa peau – suffit à rallumer le jeu, à maintenir ce fil invisible qui nous lie, même en dehors des mises en scène extrêmes.
Mais tout cela ne serait rien sans ma maîtrise. Loin de n’être qu’un bourreau, j’ai sculpté son abandon avec une précision chirurgicale. Chaque ordre, chaque acte, chaque humiliation était un équilibre entre puissance et protection. J’ai pris plaisir à la voir se plier sous mon regard, à l’entendre haleter sous l’effet de la honte désirée, mais jamais je n’ai franchi la ligne qui aurait brisé quelque chose en elle. C’est là la vraie jouissance du Dom : voir sa soumise fléchir, vaciller, mais toujours la maintenir en sécurité, la voir renaître plus forte, plus dévouée, plus ancrée dans ce qu’elle est.
Vicky sait maintenant qu’elle ne sera jamais une femme ordinaire. Loin de la soumission passive, elle a trouvé un chemin de puissance dans l’abandon. L’humiliation n’est plus une faiblesse, mais un rituel de transformation. Chaque séance, chaque mot dégradant prononcé sous mon souffle devient une étape de plus vers une vérité qu’elle embrasse pleinement : elle est une femme qui s’élève en se donnant totalement.
L’apothéose de la honte lumineuse
L’humiliation, lorsqu’elle est désirée et menée avec intelligence, n’est pas une destruction, mais une libération. Elle ne réduit pas, elle révèle. Elle est une danse entre contrôle et abandon, entre pouvoir et vulnérabilité, entre effacement et exaltation. Bien plus qu’un simple jeu de domination, elle ouvre les portes d’un plaisir brut, viscéral, où chaque marque, chaque mot, chaque geste construit une expérience unique et inoubliable.
Mais cette exploration extrême ne peut exister sans lucidité. Jouer avec la honte, c’est manier un outil d’une puissance psychologique immense, une arme à double tranchant qui exige une confiance absolue entre les partenaires. Rien n’est laissé au hasard : l’humiliation, pour être un moteur de jouissance et non une blessure, doit s’ancrer dans une compréhension mutuelle et une communication sans faille. C’est là que réside toute la subtilité de ce jeu : il ne s’agit pas de briser, mais d’amener l’autre à se reconstruire, à renaître à travers la soumission et l’excès.
C’est aussi une invitation à dépasser les barrières. La peur du regard extérieur, du jugement moral, de l’inacceptable social est ce qui freine bien des âmes à s’aventurer dans ces territoires interdits. Pourtant, l’humiliation consentie est une épreuve de vérité, une transgression salvatrice où chacun peut toucher du doigt une facette cachée de son désir. C’est une zone de turbulence, exigeante mais gratifiante, où l’on apprend à se connaître sous un jour nouveau, délesté de toutes les fausses pudeurs imposées par la société.
Et c’est dans cette acceptation que se trouve l’apothéose. Loin d’être une chute, la honte devient un joyau sombre, une clé ouvrant les portes d’un plaisir que peu osent effleurer. Elle est le sésame qui permet d’explorer la profondeur de l’abandon, d’embrasser l’extrême sans crainte, de se consumer dans l’instant sans regret. Elle est ce vertige délicieux où l’ego se dissout pour renaître sous un regard dominateur et rassurant.
L’humiliation, lorsqu’elle est transcendée, n’est plus une faiblesse : elle est une puissance. Elle est un chemin vers l’extase, une alchimie entre la soumission et la maîtrise, une promesse d’abandon où chaque instant vécu avec intensité laisse une empreinte indélébile sur le corps et l’esprit. Ceux qui osent s’y plonger savent qu’il n’y a pas de retour en arrière – seulement une soif plus grande, une envie d’aller toujours plus loin, de toucher du bout des doigts cette frontière où la honte devient lumière, où la soumission devient une célébration.
Alors, à ceux qui hésitent, à ceux qui frémissent à l’idée d’explorer cet abîme, il n’y a qu’un seul conseil à donner : osez. Dépassez les limites, défiez le regard du monde, et laissez-vous emporter par cette onde de plaisir brut et indomptable. La honte est une porte, et derrière elle se cache un univers d’une intensité rare. À vous de choisir si vous voulez l’entrebâiller… ou l’enfoncer à jamais.
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Je reviens d'une séance de Shibari chez May. Je suis encore un peu sur mon petit nuage et ne résiste pas à l'envie de garder encore un peu, par mon texte (sans prétention), cette expérience hors du commun.
Elle me reçoit dans une très petite pièce dans une maison de maître du côté de RG. May est accueillante, gentille et bien jolie. Petite, mais pas tant que ça, cheveux longs bruns, lunettes grandes, la cinquantaine, petit anneau dans le nez, mince, quelques tatouages, leggings noir, chaussettes blanches.
La pièce est bien petite mais chaleureuse, bien décorée, un peu ethnique, amulettes, guirlandes lumineuses, bouquins, un petit fauteuil devant la porte, une petite salle d'eau à gauche de l'entrée (lavabo et toilette), tapis, coussins au sol, deux grandes poutres de bambou (grand diamètre pour faire des suspensions), impressionnant.
On discute de manière très détendue finalement,.. de mes attentes, de sa conception des choses, des éléments importants pour la séance. J'avoue ma nervosité. Je me présente comme adepte des liens,.. de tous les types de liens, je décris quelques unes de mes expériences de cordes, jugées plutôt médiocres jusqu'à présent. Elle semble un peu inquiète de mon niveau d'exigence. Mais je ne veux pas mettre la pression,.. le shibari, je ne connais pas bien. Je suspecte son intensité extrême, je ne serai pas déçu.
Je manifeste mon intérêt pour un bondage/shibari sans concession, pour des motifs plutôt symétriques, plutôt ramassé sur moi-même, les membres ensembles et non désarticulés ou dépareillés. J'éprouve beaucoup d'intérêt à ce que le bondage ne laisse aucune chance de libération. Je ne dédaigne pas une certaine violence par les cordes, le fait d'être forcé également à certaines positions (hogtie, ebi, ) m'intéresse. Le fait de me sentir manipulé, touché d'autorité, avec plus ou moins de véhémence me plaît. Elle me demande si des parties du corps doivent être épargnées par les cordes. A priori, je ne voyais pas. Mais je signalai quand même la bouche. (ah,c'est dommage, elle a des cordes tendres à cet effet, bien rouges, peut être une autre fois;-)). Pour le reste, je suis plutôt open.
Je signale mes fragilités physiques (l'épaule droite, la cheville gauche), mentionne que la prise de quelques photos serait cool et explique le fonctionnement de l'appareil. Elle me montre les différentes cordes dont elle dispose et j'opte pour des cordes de chanvres relativement classiques. On convient également d'un code pour le cas où des situations difficiles sont rencontrées (jaune pour changer d'option ou ralentir – rouge pour tout arrêter).
Après cette série d'échanges, elle m'invite à me mettre en tenue, n'importe laquelle, celle que j'aurai choisie et me permet de profiter des sanitaires. Elle sort également de la pièce en attendant que j'ai procédé à ces ajustements. J'opte pour un simple caleçon long thermique noir des chaussettes grises et garde mon t-shirt blanc. Une fois revenue, elle me fait placer assis au milieu de la pièce. Elle me demande de me repositionner un peu. Prend une corde qu'elle fait tourner autour de mon corps pour peut être prendre un peu ma mesure. C'est tout autant une opération psychologique, je le sens. Elle réclame son territoire. Elle est en train de m'annexer. Elle se presse dans mon dos, va au contact de mon corps et marque sa présence,.. commence à s'imposer. Elle rassemble mes poignets devant moi, les attache ensemble, proches, mais pas non plus complètement collés l'un à l'autre. Elle m'indique que la conservation des sensations dans les mains est importante et doit être surveillée par moi, c'est ma responsabilité me dit-elle. (je suis quand même responsable de quelque chose et j'aime bien qu'elle m'ait assigné quelque chose;-)) Je dois pouvoir mouvoir mes doigts, mes pouces, bien les sentir. Et bien sûr prévenir s'il y a un problème.
Elle positionne mes poignets liés ensemble au niveau de mon cœur. Elle enserre ensuite les cordes petit à petit autour de mes bras repliés sur mon torse. La sensation de resserrement est terrible. On ne s'imagine pas à quel point les cordes peuvent vous comprimer. Une fois que la tension est mise, rien ne semble les faire revenir en arrière. Les cordes restent en place et vous serrent à la folie. Quelle énergie et quelle force imprimée à ces liens. Elle passe et repasse avec ses cordes horizontalement, mais également verticalement à certaines intersections, petit à petit le dispositif se mue en un piège inexorable. Mes mains et mes bras ne font plus qu'un avec mon torse, et ce n'est pas une vue de l'esprit, chaque respiration me ramène à cet étau, indéboulonnable.
Elle ne perd pas une seconde. Elle y va franchement avec ses cordes, avec mon corps, devenu l'objet de son inspiration du moment. Il y a de la technique, mais il y a aussi en effet une forme d'inspiration, un peu comme du jazz. (c'est tellement «cliché» pourtant c'est un peu ça, une ligne, une rythmique mais aussi de l'impro).
Vient un moment où elle s'occupe de mes jambes, de mes chevilles. Elle les attache repliées devant moi. Je le sens. Je sens ses cordes qui se tissent et qui me retiennent et qui, si je m'en souviens encore, commencent à se relier aux cordes de mon torse. Je les sens plus que je ne les vois car elle a jugé bon de m'imposer un bandeau sur les yeux. Sans crier gare, sans s'annoncer, elle m'avait placé ce bandeau. Un petit voile me retombe aussi légèrement sur le nez. Je suis sage. Je subis l'assaut de ses cordes, frustré de ne pas voir comment elles sont vraiment disposées. Mes jambes, mes pieds, sont définitivement immobilisés, je suis racrapoté sur moi même par les cordes, sans aucune latitude.
Elle joue avec son dispositif et s'en sert pour me faire perdre l'équilibre, pour me mettre à la limite,..me redresser si elle le souhaite,.. me faire basculer (j'ai déjà vu cette 'machiavélique' manière de faire ailleurs). Je suis vulnérable, c'est le mot. Je ne peux que compter sur elle pour me retenir. Lui faire confiance. Elle doit bien s'amuser à me voir danser comme elle chante;-).
Tantôt un peu brusque, poussant ma tête vers le bas, me forçant à m'incliner, je n'ai pas d'autre choix que d'obéir à ses injonctions. Elle glisse une main griffante au bas de mon dos, un geste à la fois taquin et affirmé. Attaché comme je suis, je ne peux qu’accepter ce jeu subtil d’autorité.
Mais elle met mon corps sous pression. C'est du sérieux,... ça ne rigole pas. Je n'en mène vraiment pas large. Je me concentre. J'essaye de ne pas paniquer. Je respire malgré cette compression sur mon corps. Parfois, je ne sais pas dans quel sens je vais, mais il n'y a pas de doute, j'y vais, contraint et forcé, par les cordes, par May qui me pousse, me repositionne selon son bon vouloir, parfois sans ménagement.
Mais je la sens extrêmement attentive à ce qu'elle fait, à mes limites.
Tout se fait sans parole, mais au son de sa playlist 'gentille' (sans doute pour le contraste avec la situation). Mais une de ses rares phrase résonne encore en moi au milieu de la séance, «vous croyez pouvoir vous libérer (mon prénom)». Ceci n'appelait aucune réponse. Elle soulignait juste l'absurdité d'avoir pu nourrir une quelconque prétention dans ce domaine. J'étais entièrement entre ses mains et même si elle m'avait laissé tranquille (ce qu'elle ne daigna pas faire, bien sûr) je ne serais arrivé à rien, strictement à rien. J'ai adoré cette terrible ironie, ce propos neutre mais finalement si sarcastique.
Dans cette première position, j'arrivais un peu à la limite. C'est ainsi qu'elle m'imposa par ses actions une nouvelle position. Elle défit mes liens au niveau des jambes relâchant un peu son emprise pour m'en astreindre bien vite de nouveaux.
Et, bien sûr, je dû rester bien attaché au niveau du torse et des mains et des bras.
On ne plaisante pas avec la sécurité..
Un peu pour me dire, « tu restes bien à ma pogne mon petit ami », elle m'attacha justement ce torse avec les poignets à son énorme poutre du plafond. Au sol, retenu par cette corde qui m'ordonnait « surtout, ne t'avise pas de partir, c'est inutile, je suis là et bien là », May recommença à s'attaquer à mes jambes. C'est ainsi que mes cuisses et mes tibias recroquevillés sur eux-mêmes purent goûter la contrainte et la dureté des cordes. Ça fait mal, bien mal, mais en même temps du bien... Là encore, May me força à des positions parfois difficiles. Mais je me soumettais à son autorité, à ses quatre volontés.
Finalement, toute bonne chose ayant une fin, elle me libéra, doucement mais sûrement. Après un dernier échange chaleureux, je quittai cette petite pièce de RG, encore habité par les traces des cordes et l’écho de cette expérience unique.
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Monsieur,
Ce soir, j'ai une confession à déposer à vos pieds. Le doute me tenaille : m'aimerez-vous encore après cet aveu ?
Vous m'avez trouvée, fraîchement dévanillée, et ô combien pudique. Cette différence entre vous et moi m'a souvent fait, et me fait encore, me questionner sur ce que je pouvais vous apporter. La nouveauté ? un nouveau chemin? Une nouvelle aventure ? De nouvelles sensations ?
Je n'ai jamais réussi à calmer cette angoisse malgré vos paroles pleines de tendresse, de mots doux, d’amour….
Peut-être simplement parce qu'il n'y avait plus d'angoisse à calmer...
Vous avez choqué ma pudeur, vous êtes rentré dans mes réserves, vous avez soulevé le voile de mes désirs, vous avez violé le sceau de mon intimité cérébrale. Vous avez imprimé votre bite épaisse dans ma bouche et jusqu'à ma gorge, vous l'avez moulée dans ma chatte et même dans mon cul. Vous me faites respirer au rythme de votre plaisir avec vos mains qui serrent de plus en plus ma gorge. Vous avez trouvé la clé de l'humiliation avec vos insultes qui continuent de me rendre honteuse...honteusement fière et fièrement honteuse….
Et pourtant...
Comment l’admettre ? Comment rendre mes armes et reconnaître que je ne sais plus respirer sans vous ?
Comment admettre que ma pudeur n'est plus que le dernier pan d'un t-shirt souillé de votre foutre, que je cherche à retenir sur ma peau?
Comment vous avouer que malgré ma bouche qui persistera à refuser, mes yeux diront toujours oui à votre cruauté et que mon être se soumettra à votre perversité ?
Comment concéder que j'aime ce que vous me faites car.... je me retrouve telle que j'ai réellement envie d'être, dans ce que vous faites de moi? Oui! Je suis ce que vous aimez : votre pute, votre salope, votre jouet, votre poupée, votre chienne!
Comment vous chuchoter que quand je vous mords et que je me rebelle, c'est que j'aime tant être votre proie, j'aime quand vous finissez par m'immobiliser... Et comment vous dire que même si je deviens toute docile, j'essaierai toujours de vous résister car j'aime quand vous me forcez et que vous me violez?
Comment vous crier que j'aime vos gifles car je sais que c'est une certaine façon de me dire que je vous appartiens ? Comment vous dire que votre brutalité me donne envie d'être indécente et que votre violence me donne des envies d'obscénités?
Comment vous dire que j'aime vos ordres et vos défis car je sais que vous les donnez à ma mesure, après les avoir réfléchis pour mieux me cambrioler des morceaux de moi-même.. ?
Comment vous avouer que j’ai si souvent envie de vous demander, non, de vous supplier de me faire mal ? Non je n’aime toujours pas la douleur et j’en suis toujours effrayée… Mais vos yeux…. Monsieur…. Je suis devenue toxicomane de cet éclat sombre et sadique dans vos yeux pétrole… Et votre voix, Monsieur…. Elle n’est plus sel et miel, elle devient minérale et fait battre mon cœur…
Comment vous dire tout cela sans vous confier la dernière partie de moi, mon âme, que je garde si précieusement, car le corps, au final, n'est qu'une enveloppe facile à donner... Mais l'âme.... c'est l'elixir.... L'âme ne se donne pas, elle fusionne avec une autre. Mon âme a soif de la vôtre, de votre lumière et de votre part sombre. Mon âme qui se fait monstre pour jouer avec votre animal…
Ma pudeur.... change de couleur... elle se teinte d'indécence et se pare d'obscénité... Votre indécence. Votre obscénité. Car je m'y reconnais....
Ce soir, après cette confession déposée à vos pieds, je n’ai plus aucun doute….
Pour Monsieur Le Sombre
#Yours🖤
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Suite du récit chapitre 9 : le dîner au restaurant
Julian revint près de deux heures plus tard et il m’annonça que ce soir je n’aurais pas cours, mais que nous irions dîner au restaurant.
J’étais toujours vexée et je me promis de lui faire se souvenir de ce repas. J’allais choisir les mets les plus chers et les vins les plus fins. Et puisqu’il aimait punir j’allais lui en donner l’occasion en étant infernale et mal élevée.
Il m’emmena chez lui et me fit couler un bain chaud et moussant. Pendant que je me relaxais, je l’entendis farfouiller dans les armoires, visiblement il préparait quelque chose. A peine sortie du bain il me fit gentiment mais fermement écarter les cuisses, et d’un geste rapide il glissa dans mon calice deux boules de geisha en métal argenté d’un poids respectable. Puis il écarta mes lèvres et découvrit le capuchon de mon clitoris auquel il fixa une minuscule attache qui l’obligea à rester saillant. Il l’enduisit délicatement d’une pommade. Curieuse je me demandais où il voulait en venir surtout que sur le moment je ne sentis rien de spécial. Avait-il commis une erreur ? Mais lui ne sembla pas se préoccuper le moins du monde de mon absence de réaction. Puis m’entraînant dans la pièce voisine il me présenta la tenue qu’il m’avait choisie pour sortir. Une jolie robe noire courte qu’il m’avait offerte pour mon anniversaire et que j’aimais beaucoup. Les dessous étaient plus coquins : bas, porte-jarretelles et bien sûr mon corset qu’il s’empressa de me remettre et de serrer comprimant ma taille. L’absence de slip ne m’étonna pas. A force je commençais à y être habituée.
Nous prîmes sa voiture pour nous rendre à l’auberge. Durant le trajet un léger picotement commença à agacer mon petit bouton et je me tortillais sur le siège à la recherche d’une position confortable. Il ignora mes contorsions semblant absorbé par la route.
En pénétrant dans le restaurant, j’adoptais involontairement une démarche sexy. Bien sûr pour un observateur non averti, le fait de porter des chaussures talons hauts, pouvait expliquer en partie cette façon sensuelle de se déplacer, mais en partie seulement. A la vérité je redoutais de perdre ces satanées boules, qui calées dans mon intimité s’entrechoquaient et évoluaient trop librement à mon goût. De plus leurs vibrations me procuraient à chaque pas une sensation étrange.
Le silence se fit à notre entrée et j’avais l’impression que tous les clients présents tendaient l’oreille pour mieux entendre le bruit de tic-tac métallique qui rythmait mon avancée vers notre table. Julian l’avait réservé à l’écart des autres convives. Située dans un renfoncement elle permettait de voir sans être trop exposée aux regards. Je lui sus gré de cette délicate attention tout en me doutant que cela cachait certainement quelque chose.
Je m’installais précautionneusement sur la chaise que m’avançait le maître d’hôtel. Bien sûr, comme à son habitude, Julian était très à l’aise dans son rôle et sa prestance naturelle fit des merveilles. En habitué il s’occupa du choix des mets et des vins et je restais silencieuse, mal à l’aise dans ce décor trop chic pour moi. Moi qui voulait provoquer et choquer c’était plutôt raté. De plus, j’étais en train de lutter contre une irrésistible envie de glisser un doigt sur mon clitoris, pour soulager la chaleur qui lentement mais sûrement se propageait à tout mon sexe. Je devais me retenir pour ne pas me donner en spectacle. Il s’en aperçut et mit nonchalamment sa main sur le haut de ma cuisse, remontant du même coup un peu la courte robe et dévoilant un carré de chair nue. Le garçon arriva à ce moment et je surpris son regard posé sans vergogne sur le haut de mes cuisses. Il ne cilla pas et fit son service sans montrer aucune trace de trouble. Bien évidemment Julian n’ôta pas sa main se délectant de cette scène et de ma timidité.
« Tu es toute rouge, veux-tu que je demande des glaçons pour te rafraîchir un peu le visage et le reste ? »
Quel sale hypocrite pensais-je, une fois de plus il jouait de mes émois.
Je choisis d’ignorer sa pique et je souris, du bout des lèvres.
Le repas était en tout point excellent et le vin de qualité. Je me décontractais peu à peu. Après tout nous étions dans un endroit superbe en train de déguster des plats délicieux. Et l’homme qui m’y avait emmené était beau, cultivé et prévenant. Mon changement d’attitude l’enchanta et il entreprit de me conter la suite de son histoire.
« Je revenais enfin dans mon pays, la France symbole des libertés. Mon arrivée coïncidait avec un souffle de renouveau qui balayait les anciennes valeurs. Les français sortaient de plusieurs siècles d’hypocrisie en matière sexuelle. Le cinéma X sortait du ghetto. Les Champs-Elysées étaient recouverts d’affiches à la gloire d’Emmanuelle…
Peu après mon arrivée je découvris le roman de Pauline Réage, « Histoire d’O »et les souvenirs d’Asie me revinrent en mémoire. Dans la ville où je m’étais installé, je fus rapidement accueilli dans les cercles des notables. C’est au cours d’un de ces dîners, que je rencontrais Sandrine. Une jeune femme qui venait de créer son école. Sandrine avait une double personnalité. Timide et réservée avec les hommes, elle aimait diriger et commander la gent féminine. J’en fis mon amie.
Mais je crois que tu la connais déjà très intimement il s’agit de Mademoiselle Pinbal.
« Et tu en as fait ta maîtresse » lui lançais-je perfidement.
« Et ma soumise aussi, elle est bien mieux dressée que toi et je lui dois beaucoup.
C’est elle qui m’introduisit dans l’univers du SM. Elle m’apprit l’existence d’un club très fermé «la Confrérie des Maîtres du Manoir » et me parraina afin que je puisse en devenir membre. Mais elle me prévint que les conditions d’admission étaient draconiennes. Outre le prix de l’adhésion, qui revenait à une petite fortune il fallait réussir trois épreuves. Celles-ci étaient loin d’être symboliques. Malgré mes questions elle refusa de m’en dire plus. Bien décidé à les surmonter, je pris rendez-vous et me rendis un vendredi soir à l’endroit indiqué. »
Sa main tenait la mienne et ses doigts se serrèrent à ce souvenir.
« J’étais pas mal anxieux en atteignant le Manoir. Il était entouré de hauts murs et se trouvait au milieu d’un parc aux arbres centenaires. Tout à fait le décor rêvé pour ce genre d’activités. Après m’être annoncé à l’entrée du parc, je franchis les grilles. Arrivé au pied de l’escalier un valet m’accueillit et m’introduisit à l’intérieur. D’un geste il me désigna une porte au bout du couloir.
Je me retrouvais dans un salon aménagé avec goût. Des gravures d’éducation anglaise ornaient les murs. On y voyait des adolescents le corps ployé en avant, les fesses dénudées, en train de subir la fessée sous le regard d’adultes sévères. Un tapis moelleux et un fauteuil de cuir, semblaient inviter à la lecture des ouvrages rangés dans l’immense bibliothèque murale. Tous les grands classiques de la littérature érotique y étaient assemblés par thèmes. Distraitement je feuilletais l’ouvrage de Sade «Justine ou les malheurs de la vertu ». La seule porte visible donnait sur une minuscule salle de bain. J’y pris rapidement une douche froide, puis revêtu d’une robe de chambre je revins au salon. »
Il fut interrompu dans son récit par l’arrivée du plat suivant. Une sandre au safran sur son lit de salade. Je le goûtais, c’était délicieux. Le sauternes s’accordait merveilleusement avec ce plat. Il reprit entre deux bouchées.
« A cet instant une partie de la bibliothèque pivota, dévoilant un passage. A l’entrée une jeune fille était suspendue. Grâce à un ingénieux système son corps pivotait lentement, l’exposant entièrement à mon regard. Elle était vêtue d’un corset de cuir noir, qui enserrait sa taille, et projetait en avant deux seins rebondis. Elle avait le sexe entièrement épilé et tenait dans sa bouche une cravache.
Le tableau était d’une beauté saisissante et le symbolisme de la scène m’apparut clairement. Délicatement je lui ôtais la cravache et le regard de la fille plongea dans mes yeux, pour s’abaisser aussitôt en signe de soumission.
« Pour poursuivre vous allez devoir me cravacher. Ce ne sont pas mes cris, ni mes supplications qui doivent vous arrêter mais mes larmes qui vous serviront de clé… ».
Dès le premier regard, j’avais compris que la fille exposée était loin d’être une novice. C’est à un véritable examen de passage que je suis convié et en cas d’échec je serais éliminé et renvoyé. La cravache à la main, je contemplais la jeune fille Elle était véritablement très belle avec ses mains liées au-dessus de la tête, et ce corset qui mettait son corps en valeur.
Presque autant que toi ce soir » me dit-il en m’embrassant.
« D’un coup sec je lui cinglais la croupe et un petit cri s’échappa de la bouche de la fille. Le face à face reprit. Interminables instants où Maître et soumise s’épient.
Puis soudainement le sifflement de la cravache et les cris de la fille se succédèrent à un rythme rapide. Je maniais la cravache à toute volée, n’épargnant aucune partie du corps et des traces zébrées apparaissaient sur les endroits les plus fragiles. Son corps pivotant inlassablement elle ne put que subir et souffrir. Victime consentante, jouet aux mains du bourreau qui méthodiquement la torture.
La fille hurlait à présent sans discontinuer sous la morsure, me suppliant d’arrêter jetant son corps en arrière dans l’espoir d’échapper à la brûlure des coups. Des hoquets agitaient tout son corps et des larmes inondaient son visage. La voyant en pleurs, si vulnérable, je lâchais la cravache et mes lèvres s’approchèrent de ses yeux. Dans un geste d’une infinie tendresse, je bus ses larmes en la couvrant de baisers. »
Cela faisait plusieurs minutes que je cherchais le moyen d’éteindre le feu brûlant de mon sexe. Heureusement dans ce genre d’endroits de grandes nappes préservent une certaine intimité. Je lui saisis la main et la glissait vers mes cuisses afin qu’il apaise la chaleur qu’il avait attisé. Mais il la retira et attrapant mes doigts, il glissa mon index dans sa bouche et le retirant tout humide, il me demanda de me caresser. J’obéis surprise.
Tout en m’observant pendant que j’essayais de soulager mon petit bouton, il continua à manger. Mais plus je me caressais et plus mon sexe s’enflammait. Mon va et vient s’accélérait. et plusieurs fois je faillis être surprise par le serveur en train de me tripoter dessous la table.
Cela ne sembla pas troubler outre mesure Julian et il poursuivit.
« Mon examen de passage réussit, je pénétrais dans une pièce ronde où m’attendait la deuxième épreuve.
Trois portes attirèrent mon regard, toutes trois décorées par des parties de corps de femmes nues sortant d’ouvertures spécialement aménagées.
De la première sortait une jolie paire de jambes avec un fessier de toute beauté. Il s’offrait dans la délicieuse courbure d’un corps que l’on devinait sublime.
Dans la deuxième porte, une figure des plus avenantes s’emboîtait comme un bijou dans son écrin. Ses yeux étaient bandés et la bouche entrouverte laissait deviner de petites dents nacrées.
La troisième porte exposait dans un écartement tout à fait impudique, un bassin et deux jambes gainées de bas noirs.
Chacune de ces femmes offrait la partie de son corps la plus parfaite et il aurait été très mal vu de ne point honorer tant de beauté. Aucune d’elles ne pouvait voir la personne qui allait la caresser ou pénétrer son corps. Elles ne pourront échapper à aucune étreinte. Mais le voulaient-elles ? Comprenant tout l’intérêt du jeu, je sus que la fille qui recueillera ma semence m’ouvrira sa porte. Et le labyrinthe des plaisirs interdits continuera à me dévoiler ses trésors.
Tel un gourmet, je m’approchais de celle qui proposait sa bouche et je lui fis lentement sucer mon sexe dressé. Une de mes mains s’empara de la chevelure blonde et imprima un mouvement rapide de va et vient, pendant que l’autre lui malaxait les seins, étirant les tétons et les pinçants.
La fille haletait, sa bouche enfouit mon membre de plus en plus vite et je gémissais doucement au bord de la jouissance. Dans un sursaut de conscience je l’abandonnais, désireux de goûter à d’autres plaisirs. Je m’approchais alors de ce bassin lisse et doux qui laissait apercevoir des pétales roses, ornées d’un clitoris, dont le bouton au vu de sa taille a dû être l’objet de soins attentifs. Saisissant à deux mains les jambes gainées de bas noirs, je la pénétrais en douceur, accélérant progressivement jusqu’à lui donner le rythme voulu.
Après quelques minutes de cette insolite pénétration, j ela quittais et me dirigeait vers les fesses de la troisième. Mon sexe, tel un pal s’insinua dans son sillon et d’un coup de rein brutal pénétra son orifice secret. Bien que je ne puisse pas voir son visage j’étais certain qu’elle avait dû crier sous l’assaut. Je sentis à la contraction de ses muscles qu’elle était forcée et fouillée d’une manière trop brutale à son goût.
Faisant fi de cette tentative de rébellion, je me cramponnais à ses hanches et continuais à la fourrager énergiquement. Au bout d’un moment lassé, je retournais vers la bouche aux longs cheveux blonds dorés.
Jouant à lui enrouler les boucles le long de mon sexe, je lui imprégnais les cheveux de mes odeurs. Puis, je forçais ses lèvres, guidant sa tête je fis monter lentement mon plaisir jusqu’à la jouissance finale. »
Je n’arrêtais pas de mouiller plus ou moins discrètement mon doigt, et le glissant sous ma robe je tentais de noyer le feu qui enflammait mon bas ventre. Mais l’eau et ma salive semblaient vouloir propager l’incendie plutôt que le circonscrire. En désespoir de cause je décidais d’aller aux toilettes, mais il me retint et d’un signe me fit comprendre que je ferais mieux de me rasseoir.
« Tu ne voudrais pas manquer la suite de mon histoire »
« Non, pour rien au monde »
« Tu m’en vois ravi, alors reste à mes côtés.
Donc après quelques instants de délicieux abandon, je poussais la porte dans laquelle était encastrée la fille. Je me retrouvais dans un couloir faiblement éclairé. Je le parcourus rapidement, et j’ouvris une autre porte donnant sur une pièce minuscule. Une corde pendait d’une ouverture au plafond et je me mis à grimper. Après un rétablissement acrobatique, je me retrouvais dans une salle de sport vaste et lumineuse.
Au centre trônait un ring. Tout autour des chaises occupées par des spectateurs. Certains avaient des esclaves à leurs pieds occupés à leur donner du plaisir, en attendant le début du spectacle. A ma vue des applaudissements et des sifflets éclatèrent et je réalisais que je devais combattre.
Mon adversaire, une fille au corps nu enduit d’huile me fit signe d’approcher et de me mesurer à elle. Elle était entièrement épilée. Sa tête était rasée afin de ne pas offrir la moindre prise à son adversaire. Une courte chaînette dépassait de son sexe. Sous les encouragements du public elle tira dessus faisant apparaître une clé ancienne, large et crantée. Le but était simple. Lui dérober la clé, sésame de la victoire. D’un geste rapide elle remit cet étrange instrument en place, le calant bien dans ses profondeurs. Dun bond souple je me hissais sur le ring. Rejetant ma robe de chambre j’apparus nu, plutôt musclé et en parfaite condition physique.
C’était vrai qu’il était plutôt bien foutu. Le genre d’hommes qui possède un charme incontestable auprès de la gent féminine. J’en avait fait l’expérience plus d’une fois. Les femmes étaient attirées par lui et je surprenais certains regards éloquents qui s’attardaient sur ses épaules et sur son torse. Jouant mon rôle de secrétaire, je n’apparaissais pas comme une menace et certaines n’hésitaient pas à me questionner sur sa vie privée. De savoir qu’il était célibataire les laissait souvent rêveuses.
J’avais un peu perdu le fil de son récit, lui continuait à raconter.
« La fille glissa le long du ring, féline, prenant au passage des poses sexy qui provoquèrent l’enthousiasme des spectateurs. J’essayais de la bloquer dans un coin mais elle, telle une anguille, fila sur le côté. Elle me nargua tout en me tenant à distance par d’adroits coups de boxe française. Je décidais de foncer sur elle mais avec agilité, elle esquiva et entraîné par mon élan je me reçus durement dans les cordes.
La fille en profita pour m’asséner de violents coups dans le dos et les côtes.
Le souffle coupé, je m’écroulais lourdement sur le tapis. Avec adresse elle se laissa tomber de tout son poids, coude en avant, sur le haut de ma cuisse.
Je hurlais sous la douleur et essayais de lui échapper. Mais elle était déjà derrière moi. Adroitement elle m’emprisonna les bras en prenant appui sur ma nuque. Le public survolté encourageait la lutteuse.
Déchaînée celle-ci frotta ses seins saillants et huilés le long de mon dos, mimant un orgasme sauvage, tout en offrant sa croupe de manière obscène aux spectateurs. Dans un sursaut désespéré, je jetais tout mon corps en avant, faisant basculer la fille par-dessus ma tête.
Déséquilibrée, elle s’affala sur le tapis. Mes 80 kilos étaient maintenant sur elle. Je tentais d’immobiliser ce corps qui gigotait et de lui écarter les cuisses, mais en pure perte. Pour avoir une chance de saisir la chaînette je devais la mettre sur le ventre. Je tentais la manœuvre, la réussit je ne sais trop comment. La maintenant au sol d’une poigne de fer je remontais de ma main libre le long de ses cuisses.
Elle résista. Ulcéré, je lui envoyais de grandes claques sur les fesses. Frappant de toutes mes forces. Involontairement elle se cabra sous les coups et j’en profitais pour agripper la chaînette. Vaincue, elle dut écarter ses jambes sous peine de se faire déchirer les entrailles. Poussant un cri de victoire je tirais et brandis la clé et le public en liesse me fit un triomphe.
La précieuse clé à la main, je quittais la salle du combat et me dirigeais vers une porte épaisse et lourde à la serrure ouvragée. Des figurines étaient sculptées au fronton.
L’une d’entre elle représentait saint Michel terrassant le dragon, d’autres le combat du bien contre le mal. La clé s’adapta parfaitement et la porte s’ouvrit sans le moindre grincement.
Je m’engageais dans un escalier à colimaçon. Des flambeaux éclairaient les parois. La descente me sembla interminable et le froid des marches me fit frissonner. Arrivé en bas je fus accueilli par une jeune fille vêtue d’une courte robe de toile. Frêle, les cheveux courts elle devait être âgée d’à peine 19 ans. Après une courte révérence elle s’adressa à moi.
« Bienvenue dans ses lieux, vous voilà au terme de votre initiation. Veuillez me suivre après m’avoir remis la clé ».
Et dans un mouvement vif elle saisit un présentoir orné de velours rouge sur un petit meuble dévoilant au passage un petit fessier charmant. Je déposais la clé sur l’écrin et la suivit. Détachant ses yeux de ce corps juvénile je découvris l’imposant caveau. Entièrement voûté celui-ci n’était éclairé que par des torches. De nombreux instruments de torture étaient disposés dans les coins. Sur une estrade se dressait une immense table de monastère. Trônant derrière, trois personnages en tunique, le visage dissimulé par des cagoules m’observaient.
Respectueusement la jeune fille se prosterna devant eux, puis grimpant agilement les quelques marches elle déposa le présentoir supportant la clé. Toujours silencieuse elle redescendit les marches et s’agenouilla dans l’attente des ordres.
Je m’approchais à mon tour et je m’immobilisais aux pieds de la tribune. Le personnage central prit alors la parole d’une voix grave.
« Félicitations vous avez réussi vos trois épreuves. Nous avons le plaisir de vous accueillir parmi nous et de vous élever au rang de Maître de la Confrérie du Manoir. Avec tous les droits et les devoirs qui sont rattachés à ce titre. »
Son voisin de droite poursuivit
« Vous aurez à votre disposition des esclaves. Vous pourrez les utiliser, les dresser, les humilier selon vos exigences »
Le dernier personnage s’exprima à son tour
« Seules deux règles ne doivent pas être transgressées :
Aucun supplice ne doit laisser de marques indélébiles.
Le dernier personnage s’exprima à son tour
« Seules deux règles ne doivent pas être transgressées :
Aucun supplice ne doit laisser de marques indélébiles.
dernier personnage s’exprima à son tour
« Seules deux règles ne doivent pas être transgressées :
Aucun supplice ne doit laisser de marques indélébiles.
L’anonymat doit être total.
Cette clé devient la vôtre et elle vous ouvrira toutes les portes du Manoir. »
Impressionné, je les remerciais et déclarais vouloir tout mettre en œuvre pour être digne de ma nouvelle fonction. Sur un geste du Maître de cérémonie la jeune fille se leva et se plaça à mes côtés.
« Elle vous guidera pour votre première visite au Manoir. Allez maintenant et profitez de nos services »
Et voilà tu sais maintenant comment je suis devenu un Maître. »
Il but une gorgée de vin avant de reprendre.
« J’aime particulièrement ce Manoir et je m’y rend encore fréquemment. D’autres cercles existent de par le monde et il se pourrait bien que je t’emmène un de ces jours dans l’un d’eux. »
« Pour être initiée ? »
« Ou vendue » son ton était léger. Mais je ne souris pas, j’avais appris à me méfier de ces boutades.
On était arrivé au moment du dessert. La salle c’était peu à peu vidée et nous étions les derniers convives. Le serveur prit notre commande et Julian lui dit quelques mots à voix basse. Curieuse, je tendis l’oreille mais je ne saisis pas les paroles. Pourtant la façon dont me regarda le serveur m’inquiéta. Que manigançait-il ? A peine le serveur parti, il me demanda de sa voix de Maître de me lever et de me mettre face à ma chaise. Je m’exécutais, il se plaça à mes côtés et m’expliqua la position qu’il souhaitait me voir adopter. En chandelle sur la chaise, dos contre le dossier et les cuisses repliées. Je le regardais interdite me demandant s’il était sérieux ou non.
Mais il n’avait pas le moins du monde l’air de plaisanter. Je refusais farouchement prétextant que le lieu ne se prêtait pas à ce genre d’exhibition.
« Tu vas obéir et vite, sache pour ta gouverne que c’est le directeur lui même qui va ramener le dessert et que c’est un ami, membre de la Confrérie. Alors ne fais pas d’histoires. »
Je m’inclinais de mauvaise grâce et il dut m’aider à me positionner car la pose n’était pas facile à prendre. Pour parfaire le tableau il retroussa ma robe jusqu’au dessus de ma poitrine dévoilant mon corset et mes seins. L’effet était saisissant. On ne voyait plus que mes fesses blanches ceintes du noir de mes bas et du corset, avec en leur centre mon sexe telle une fleur prête à éclore. Il écarta complaisamment mes cuisses y plaça mes mains m’enjoignant de ne pas bouger, et mes lèvres s’entrouvrirent comme deux pétales dévoilant toute mon intimité dans une rare impudeur. Il extirpa lentement les boules de geisha de mes profondeurs, constatant au passage que j’étais trempée.
Le patron arriva peu après et apprécia la scène en connaisseur. Puis s’approchant de moi il complimenta mon Maître sur ma beauté et écartant encore plus ma corolle y glissa délicatement une corbeille en biscuit en forme de cône. Il la fourra ensuite de boules de sorbet, de fruits rouges le tout arrosé d’un coulis de framboises surmonté de crème fraîche. J’étais ainsi devenu le réceptacle qui contenait le dessert de mon Maître.
Le froid de la glace engourdit peu à peu l’intérieur de mon sexe et un peu de crème coula le long de mon petit bouton toujours exagérément excité. Taquin, mon Maître la lécha d’un coup de langue habile s’attardant sur mon clitoris puis, afin de mieux voir ce qu’il allait savourer, il exigea une chandelle. L’on m’en introduit une, sans délai, dans le fondement et une douce lueur baigna la scène. Tout était en place pour le bouquet final et une bouteille de champagne fut servie à mon Maître et à son ami.
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-Alors monsieur le Président, un an ferme, et je suis chargée de l'application de la peine.
-Oui Madame c'est cela.
-un bracelet pour limiter vos déplacements ce n'est pas assez comme peine. Je veux vous faire payer pour ce que vous avez fait.
- Mais Madame, je n'ai rien fait je suis innocent.
Une baffe est partie, bien sonore, puis une deuxième pour l'autre joue du Président.
-On ne m'interrompt pas quand je parle. Compris !
-Oui Maîtresse.
Une autre gifle est partie.
-tous coupables, vous êtes tous coupables! Allez baisse ton pantalon petite tafiole.
-jamais, ce n'est pas légal.
-comme tu veux, mais dans ce cas je revoque tes deux ans de sursis et tu iras te faire enculer chez les petits pointeurs.
-cest pas légal...je suis innocent.
- bon ou tu baisses ton pantalon ou je révoque ton sursis pour outrage à magistrate dans l'exercice de ses fonctions.
Le président a baissé son pantalon et écarté les fesses. La magistrate a passé un gant de latex et a commencé par le doigter.
- mais tu mouilles du cul ma cochonne et tu coules en plus. Tu vois bien que tu es coupable.
- excusez moi Maîtresse, vous me faites jouir.
- bon pour toi ce sera ce bracelet électronique spécial monté sur une cage de chasteté acier. Un bracelet rolex. C'est pas toi qui disait que si t'avais pas une rolex t'avais raté ta vie ? Ben voilà tu vas porter une cage rolex, bien bling bling comme tu aimes. Et ta femme n'est pas punie, elle pourra prendre autant d'amants qu'elle veut. Toi pour un an fini la bandaison.
-oui Maîtresse. Toutes innocentes, Ma femme est une femme, je comprend, innocente. Les femmes ne sont pas coupables. Pardon, pardon,....mille pardons Maîtresse.
- et tu seras convoqué dans mon bureau toutes les semaines pour inspection. J'ai un bon gros feeldoe pour te démonter ta petite chatte anale. Tu verras tu vas aimer couiner
- oui Maîtresse, oui, tout ce que vous voudrez.
La morale de cette histoire est : les hommes sont tous coupables et les femmes toutes innocentes sauf celles qui croient les hommes non coupables.
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Je me souviens parfaitement de ce jour, non pas parce qu’il était exceptionnel pour moi, mais parce qu’il l’était pour elle. Une simple mission : acheter une baguette et prendre un café. Ridiculement banal, n’est-ce pas ? Mais sous mes ordres, tout, même l’acte le plus insignifiant, devient une preuve de soumission totale.
Ce matin-là, je lui ai ordonné d’insérer un plug anal avec une queue de renard. Pas un jouet discret, mais un symbole évident. Une invitation à la honte, un rappel constant de qui détient le pouvoir. J’ai choisi une jupe en cuir pour elle, suffisamment moulante pour que la silhouette de la queue éveille la curiosité sans tout révéler.
Elle est sortie, le visage déjà teinté de rouge. Je savais que chaque pas qu’elle faisait était une torture douce, une caresse humiliante contre sa fierté. Le plug, bien ancré, amplifiait chaque mouvement de ses hanches. Quand elle est arrivée à la boulangerie, je l’imagine demander sa baguette, la voix tremblante, incapable de soutenir le regard du vendeur. Peut-être avait-il remarqué quelque chose. Je l’espère.
Le véritable moment de gloire était au café. Elle m’a avoué plus tard que s’asseoir était une épreuve insupportable. Le plug s’enfonçait un peu plus, envoyant une vague de plaisir et de honte à travers son corps. La serveuse l’a regardée plusieurs fois. Avait-elle compris ? Je me plais à penser que oui. Peut-être qu’elle a vu la queue appuyer contre la chaise, ou peut-être que c’était son rouge aux joues qui la trahissait.
Chaque instant était calculé, une orchestration parfaite de son humiliation. Je ne lui ai pas permis de retirer le plug jusqu’à ce qu’elle rentre, et même là, elle devait d’abord me le présenter, encore chaud de sa honte. Ce n’était pas juste un jeu. C’était une affirmation. Je l’ai marquée ce jour-là, doucement, publiquement, et elle a adoré chaque seconde.
Elle m’appartient, et le monde entier peut bien le deviner. Cette journée restera gravée, non seulement dans son esprit, mais aussi dans le mien. Et la prochaine fois ? Peut-être que je rajouterai un élément supplémentaire. Après tout, la honte n’a pas de limite.
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"Le plaisir aura au moins servi à faire comprendre qu'il faut chercher ailleurs qu'en lui le bonheur absolu. Aimer, c'est donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. La psychanalyse est un remède contre l'ignorance. Elle est sans effet sur la connerie. Voilà la grande erreur de toujours: imaginer que les êtres pensent ce qu'ils disent". Quand on aborde un tel sujet, on doit faire preuve de prudence et de précision, tout en évitant le piège d'exposer des théories analytiques complexes, certes précieuses sur la connaissance de la sexualité humaine mais qui sont souvent rédigées par des psychanalistes cliniciens écrivant dans un vocabulaire scientifique parfois abstrait. À la fin du XVIIIème siècle, l'anatomie du corps humain s'enseigne par l'agissement dans la chair du nerf et de la fibre. La "nouvelle" médecine, très en vogue, imprègne le discours consacré à la volupté et conduit à mettre l’accent sur l’influence de l’environnement. En une démarche éclectique, malgré tout dominée par le vitalisme, le sensualisme et la volonté de s’inscrire dans la perspective d’une histoire naturelle, les médecins tentent alors de rationaliser le mystère des jouissances éprouvées lors de l’union charnelle entre l’homme et la femme. Le mot sexualité n'existe pas dans la langue française. Il apparaît en 1837 dans la traduction d’un livre de Karl-Friedrich Burdach avant de se diffuser fort timidement durant les deux décennies suivantes. En ces très rares occurrences, son sens n’est pas celui que nous lui attribuons. Il désigne, chez les végétaux, les animaux et les hommes, ce qui permet la génération par la différence des sexes assurant ainsi la survie de l’espèce, en pénètrant et imprègnant le monde de la nature. L'étude des plaisirs débute avec le médecin et naturaliste suisse Haller. Celui-ci propose en 1774 une grille de lecture de la "jouissance" dont les éléments seront sans cesse renrichis jusqu’au milieu du XIXème siècle. Il étudie tout d’abord la sécrétion de la semence masculine et les causes psychologiques qui en stimulent l’élaboration. Puisque l’érection n’obéit pas à la seule volonté, Haller est conduit à souligner le rôle essentiel de l’imagination, notamment celui des phantasmes provoqués par les images lascives, les lectures érotiques, le souvenir des plaisirs. Il passe en revue les aiguillons du désir masculin: les attouchements, l’odeur des parties génitales de la femme, à laquelle il accorde une importance décisive. En médecin, il s’arrête un instant sur les degrés de l’érection, sur sa qualité, en quelque sorte. Il considère le gland comme le siège du plaisir. Puis, il décrit la pénétration et l'éjaculation.
"L'amour physique c'est la poursuite impossible du passage à travers le corps pour rejoindre l'épure de l'âme. Il n'y a pas de malentendus. Il n'y a que des malentendants. Les paroles entraînent une dette ineffaçable. Là où ça parle, ça souffre." Le scientifique analyse ensuite le coït ou rapport sexuel puis s'attache à évaluer la force de l'orgasme de l'homme en particulier en mesurant le volume de sperme émis lorsque le plaisir parvient à son point culminant. L'étude l’amène à conclure que l’homme est "celui des animaux qui a le moins de semence, et qui a le moins de force pour l’acte sexuel." Ses exploits sont pauvres comparés à ceux de l’âne, du cheval ou du sanglier. Puis Haller en vient à la description du plaisir proprement dit, "spasme extrême", accompagné d’un "grand tremblement". Alors, le pouls s’accélère, le cœur palpite et la respiration se fait laborieuse, comme lors des efforts violents. Haller, consulté par un patient qui souffre de trouble des organes génitaux procède à un examen anatomique, réclame un récit des dérèglements, enjoint une écoute de soi permettant de l’éclairer avec plus de précision, puis tente de discerner ce qui endigue la bonne réalisation de l’union chamelle. Mais la complexité des sympathies qui lient ces organes aux autres systèmes, la croyance maintenue en un processus toujours possible de métamorphose morbide rendent, en ce domaine, le travail du praticien particulièrement difficile. Il regroupe sous cinq rubriques les causes alors envisageables du dysfonctionnement: le manque; c’est-à-dire la continence, responsable de la perturbation d’une fonction qui n’est pas ou n’est plus exercée; l’excès, qu’il s’agisse de coïts prématurés ou trop souvent répétés, notamment de la part des jeunes mariés; l'abus, qui consiste à se livrer à des jouissances qui ne répondent pas au vœu de la Nature, ce qui vise alors la masturbation, la sodomie, le tribadisme, la bestialité puis, à la fin de la période; "la maladie vénérienne et, plus largement, la série des pathologies qui gênent l’exercice de la fonction génitale et enfin, les ratages que constituent l’impuissance masculine et la stérilité féminine. En ce qui concerne alors le rapport sexuel, l’examen de conscience et l’aveu à l’intérieur du confessionnal ne concernent pas que la luxure mais les tentations de la chair, la délectation sensuelle et tous les actes constituant des manquements à la chasteté se situant au premier plan de la quête des plaisirs de la femme.
"Écrire sur le plaisir, c'est décharger dans le corps du lecteur. C'est l'orgie suprême. L'inconscient. Ce mot a l'inconvénient d'être négatif, ce qui permet, et on ne s'en prive pas, d'y supposer n'importe quoi au monde, sans compter le reste." Au regard des études naturalistes de la période du XVIIIème siècle au début du XIXème siècle, la diférence entre le pornographique et l’érotique semble peu concluante. La plupart des ouvrages de notre corpus relevant de l’obscène, nous les référons le plus souvent au genre pornographique, tout en sachant que le terme de pomographe, attribué à Rétif de la Bretonne, est tardif. Le livre pornographique a pour but d’exciter son lecteur et de l’inciter à passer à l’acte. Tout à la fois manuel et adjuvant, il lui indique les gestes d’une volupté à laquelle il lui suggère de se conformer. En ce domaine, un bouleversement s’opère durant la seconde moitié du XVIIème siècle. Alors, les œuvres érotiques commencent à former une littérature de second rayon dont la lecture implique "l’appropriation singulière et cachée."Les ouvrages qui la composent ne voisinent plus avec les formes admises de la pratique littéraire. Dans tout texte érotique datant de la période qui nous concerne, le corps de la femme se doit d’être alors offert, voire provocant, et susceptible de devenir actif, au plus vite. Ce corps disponible paraît en attente ; d’où la fréquence du spectacle de la beauté d’une femme étendue sur un lit ou sur un sopha, parfois endormie en une position à la Danaë. Le corps de la femme ainsi surpris est ressenti comme immédiatement explorable, maniable, enflammé à l’instant par le surgissement de désirs spontanés. Soulignons, en effet, l’importance essentielle, en ces textes anciens, de la clause d’immédiateté. Qu’est-ce qui est pervers, qu’est-ce qui ne l’est pas ?, s’interroge-t-on aujourd’hui. La perversion est essentiellement un jugement moral, il change donc selon les mœurs de chaque époque. On doit le terme de perversions à la sexologie positiviste du XIXème siècle avec Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Moll, Binet et d’autres. Krafft-Ebing spécialement était motivé par une mission clinique ethico-juridique, celle avant tout de distinguer le libertin "normal" du pervers.
"Le sexe ne saurait prospérer sur la monotonie. Sans inventions, humeurs, sentiment, pas de surprise au lit. Le sexe doit être mêlé de larmes, de rire, de paroles, de promesses, de scènes, de voyages à l'étranger, de nouveaux visages, de musique, de danse, d'opium, de vin. Quand l’homme oublie qu’il est le porteur de la parole, il ne parle plus. C’est bien en effet ce qui se passe: la plupart des gens ne parlent pas, ils répètent, ce n’est pas tout à fait la même chose. Quand l’homme ne parle plus, il est parlé." Dans le premier cas, il s'agit d'une configuration non-pathologique à étudier selon des références morales ou légales. En revanche, en ce qui concerne la deuxième hypothèse, cela caractèrise une forme de malade mentale. De nos jours, la distinction pervers/libertin a été délaissée par la psychopathologie moderne, qui établit une distinction entre "sexualité selon les standards moyens" et "sexualité déviante des standards." La perversion est donc de moins en moins regardée comme un trouble psychique. Il ne s’agit que de variantes dans l’orientation sexuelle. À l’époque de Freud, tous les actes qui déviaient du coït hétérosexuel orthodoxe, celui qui aurait dû mener tout naturellement à la conception, étaient dits pervers, y compris la pénétration anale de la femme et les rapports oraux. Les rapports homosexuels, l’observationde la copulation d’autrui, etc., étaient par excellence des actes pervers. Dans le coït que nous considérons idéal, qu’il soit hétéro ou homosexuel, l’autre est aussi une fin pour moi pour autant que je désire lui donner du plaisir à mon tour. Ce qui me donne du plaisir n’est pas seulement le plaisir sensuel que je tire de l’autre, et non pas seulement la fierté pour mon propre pouvoir de lui donner du plaisir sensuel, mais justement le fait que lui ou elle ait du plaisir sensuel. Il est tout à fait normal que les jambes féminines plaisent à un homme, un homme est fétichiste s’il préfère jouir sur les jambes de sa partenaire plutôt qu’entre ses jambes. Dans le masochisme, la transformation de l’exclusion en jouissance est proclamée de manière presque spectaculaire. Moi la masochiste, je n’exige pas que l'homme m’aime, me désire ou ait de l’estime pour moi, bien au contraire, je désire qu’il me batte et qu’il m’humilie, qu’en somme il ne me désire ni m’aime ni ait de l’estime pour moi. Il doit montrer qu’il me méprise, je jouis de ce mépris qui m’exclut de ses faveurs.
"Nous avons discuté à perdre haleine pour savoir comment vous êtes. Si vous avez fermé vos sens à la soie, à la lumière, à la couleur, à l'odeur, au caractère, au tempérament, vous devez être à l'heure qu'il est tout à fait racorni. Faites comme moi mais ne m'imitez pas. L'homme est celui qui a le phallus, la femme celle qui est le phallus. Ne devient pas fou qui veut." En revanche, pour ce qui a trait au sadique, l'analyse est inverse et le raisonnement s'applique exactement a contrario. En effet, le comportement est diamètralement opposé. Il est trop souvent apparu aux yeux des analystes comme l’expression d’une agressivité primaire ou d’une réactivité naturelle dans le fond non problématique. Ils le voient alorscomme une sorte de degré zéro de la perversion. La plus inadmissible serait aussi la perversion plus originaire, pour autant que nous désirons tous nous venger de quelqu’un qui nous a fait souffrir. Mais lorsque notre sadisme primairese sexualise, les choses se compliquent. Moi le sadique, je jouis de battre une femme afin de punir la femme de sa tromperie originaire, du fait d’avoir joui d’un autre plutôt que de moi-même. Le viol sadique se veut une application de la loi du talion. En dehors de ce cas extême, pour la psychanalyse vieux jeu, une femme n’est presque jamais perverse parce qu’elle l’est par constitution. Bien que cette thèse ne plaise pas aux féministes, Freud parle alors de masochisme féminin. À savoir, elle doit glisser du malaise d’être pénétrée, envahie par l’autre, au plaisir sublime. De nos jours, Il n’y a pratiquement plus de "perversion” sexuelle", mais cela n'empêche pas qu’il y ait des pervers. On peut penser que c’est la faute de Freud, puisqu’il a été le premier à avoir scandalisé les foules en parlant de l’enfant comme d’un "polymorphiquement pervers", et qu’il a aggravé son cas en suggérant que c’était dans le plaisir que prend le bébé en tétant le sein de sa mère qu’il fallait trouver la cause, l’origine, de son goût ultérieur très marqué pour la fellation.
"Il y a tant de sens mineurs qui se jettent tous comme des affluents dans le fleuve du sexe. Seul le battement à l'unisson du sexe et du coeur peut créer l'extase. Rien de plus redoutable que de dire quelque chose qui pourrait être vrai. Car il le deviendrait tout à fait, s'il l'était, et Dieu sait ce qui arrive quand quelque chose, d'être vrai, ne peut plus entrer dans le doute." En effet, en dehors des travaux analytiques contemporains, et après le mouvement de libération sexuelle des années soixante-dix, seuls le social et le religieux s’efforcent encore de mettre de l’ordre dans le désordre en légiférant par exemple sur le sexe et la fonction de reproduction. Les écrits licencieux, autrefois interdits et censurés, sont aujourd’hui publiés dans "La Pléiade" ou tirés à des milliers d’exemplaires dans toutes les langues. Quant à l’homosexualité, hier et aujourd’hui encore dans certains pays, durement sanctionnée, elle n’est plus un obstacle si l’on veut être élu maire de Paris ou de Berlin. Alors comment s’y retrouver, si pervers n’est qu’un mot fourre-tout qui ne correspond à rien pour définir une conduite sexuelle ? Il ne nous reste plus qu’à penser avec Voltaire et Candide, "autres temps, autres lieux, autres mœurs." Il n’y a de perversion que du pouvoir que confère la parole à celui qui la prend. Il n’y a de perversion que si le pouvoir légal ou usurpé que donne la parole est détourné de son but, perverti. C’est d’ailleurs l’origine du mot, "pervertere", renverser, retourner, dérouter, mettre sur une autre voie, voix. La perversion se définirait alors comme étant toute conduite affectant le langage, le faisant souffrir, ce qu’il exprime dans ses pathologies sexuelles, pathologies, pathos du logos, souffrance du discours. La loi de l’homme, c’est la loi du langage. Sans cette loi du langage, c’est le chaos, le grand désordre de la folie, c’est Œdipe à la fois père et frère d’Antigone. Ainsi faudrait-il parler de perversion morale, du langage dans les psychoses et leurs délires, dans les névroses et leurs détournements de discours. Quant aux manifestations physiques dites perverses, les aberrations sexuelles de Freud, elles expriment dans le corps cette incohérence déroutante du discours et la pulsion de mort à l’œuvre dans la jouissance. C’est une vieille histoire. D’où peut-être le curieux sentiment que l’on a en écoutant leur récit. De nos jours, la perversion est étudiée sur le plan moral.
"L'amour pouvait il devenir un feu qui ne brûle pas, comme le feu des bonzes hindous, alors était-elle en train d'apprendre à marcher magiquement sur les braises ? Tout mythe se rapporte à l’inexplicable du réel, et il est toujours inexplicable que quoi que ce soit réponde au désir. Le symptôme névrotique n’est pas un signe, mais une parole, structurée comme un langage. Ce que les dieux trouvent sublime, plus merveilleux que tout, c’est quand l’aimé se comporte comme on attendrait que se comportât l’amant." Place à la toute puissance juridique et à l'égalité des droits entre individus dans nos états contemporains. Dès lors, la vision individualiste l'emporte sur le corpus social. La société moderne, où l’on cherche à bien traiter les autres en leur garantissant sécurité sociale et droits civils n’est certes pas sadique, mais justement parce qu’elle traite chaque autre comme un objet. Dans cette société on s’est rendu compte que par le fait de bien traiter les autres, il est possible d’entirer un profit maximal. Ce qui importe est que l’autre, esclave ou libre, soit un objet, à savoir un instrument de production à optimiser. Paradoxalement, au contraire, c’est la perversion qui nous fait comprendre à contre-jour en quel sens la subjectivité de l’autre nous concerne, comment celle-ci est en somme liée à l’édification de notre même subjectivité. Ces montages, ces passages à l’acte, parlent d’autrefois. C’est sensible dans leur côté suranné, leurs décors baroques de vieux clowns tristes, de pantins désarticulés, mettant en scène et tentant de redonner vie à on ne sait quel scénario qui date de bien avant eux. Mais toutes ces constructions qu’ils s’efforcent de faire tenir, tout le mal qu’ils se donnent pour faire croire à leurs montages imaginaires, toute cette dialectique en acte du mensonge et de la dénégation, ne sont qu’une façade, un leurre. C’est un camouflage, un paravent à la Genet. Le pervers nous enseigne alors quelque chose dans la mesure où il ne se soucie pas de l’autre. Il n’a pas de charité compatissante pour la sexualité de l’autre. L’orgasme et sa détumescence seraient ici la manifestation sexuelle que la coupure dans le langage peut avoir lieu.
Bibliographie et références:
- Helene Deutsch, "Psychanalyse des fonctions sexuelles de la femme"
- Sigmund Freud, "La vie sexuelle"
- Joël Dor, "Structure et perversions"
- Masud Khan, "Figures de la perversion"
- Robert Stoller, "La perversion, forme érotique"
- Gérard Bonnet, "La perversion"
- Vladimir Nabokov, "Lolita"
- Leopold von Sacher-Masoch, "La Vénus à la fourrure"
- Sade, "Œuvres, La Pléiade"
- Georges Bataille, "Histoire de l'œil"
- Daniel Lemler, "Répondre de sa parole"
- Georges Lanteri Laura, "Lecture des perversions"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle se tenait là, debout, devant Lui, entièrement nue...
L'espace d'une fraction de seconde, elle vit défiler dans sa tête la succession d'événements qui l'avait conduite là. Son mariage, toute jeune fille d'à peine ving ans, innocente et sans expérience, davantage pour fuir sa famille et son environnement de vie que par amour véritable. Ses deux enfants, désormais majeurs et indépendants. Le constat d'échec de sa vie sentimentale, avec son mari absent même quand il était là. Et surtout, la prise de conscience toute récente du désastre de sa vie sexuelle, quand sa jouissance avait été plus forte que lorsqu'elle se faisait prendre en levrette par son mari qui jouissait en elle en quelques minutes... Cela était survenu lorsqu'elle s'était masturbée après avoir visionné par hasard (étais-ce vraiment un hasard ? se demandait-elle rétrospectivement !) le film "A dangerous method", et en se remémorant la scène où Keira Kinghtly (dans le rôle de Sabina Spielrein) se fait fouetter par Michael Fassbender (dans le rôle de Carl Jung). Puis cette soirée chez des amis où elle avait rencontré cet homme. Elle, presque dépressive, n'osant s'avouer le désastre de son mariage, peu encline à s'impliquer dans les conversations futiles de cette soirée. Lui, élégant, souriant, à l'aise avec tout le monde... Vers la fin de la soirée, Il était venu vers elle, et lui avait juste dit "Claire - c'est bien ainsi que vous vous prénommez, je crois - je vous ai observée depuis le début de la soirée, vous avez un air triste, quelque chose ne va pas dans votre vie, je voudrais pouvoir faire quelque chose pour vous."
Et maintenant, elle se trouvait là, debout, devant Lui, nue comme une chrysalide sortie de son cocon. Les yeux baissés. Les mains croisées devant sa vulve, dans un dernier geste de pudeur, de honte et de peur mêlées...
Il était assis dans son fauteuil, vêtu d'un costume sombre à la coupe moderne, d'une chemise d'un blanc immaculé, de chaussures vernies, et d'une cravate de la même couleur et du même tissu que le costume. Un ensemble qui lui conférait un air suranné mais élégant et sûr de lui. Il ne disait rien, il se contentait de l'observer, attentivement...
Elle restait là, debout, nue, n'osant interrompre le silence, ni lever ses yeux sur Lui, dont elle sentait pourtant l'intensité du regard sur son corps...
Dans une fulgurance, elle se rappela à nouveau le frémissement qui avait saisi tout son corps et échauffé son esprit losqu'il avait proconcé ces paroles "Je voudrais pouvoir faire quelque chose pour vous"... Elle l'avait regardé, interloquée, ne sachant quoi répondre. Son mari était à quelques pas d'elle, mais semblait indifférent à ce qui se passait, en conversation avec un autre homme inconnu d'elle. Pendant quelques secondes, le temps avait été comme suspendu. Elle avait l'impression qu'il avait lu en elle, qu'il avait deviné tout son désarroi, qu'il avait compris tout son désespoir...
Et désormais, elle se retrouvait là, entièrement dénudée, debout, à attendre ce qui allait se passer, n'osant prendre la moindre initiative.
Quand elle avait sonné à sa porte, et qu'Il lui avait ouvert, il s'était contenté de lui dire : "Je vous remercie d'être venue, et je suis très heureux que vous soyez là. Si vous ne voulez pas poursuivre, il est encore temps de tourner vos pas, et de m'oublier. Dans le cas contraire, je vais vous attendre dans la pièce à côté. Vous resterez ici, et vous enlèverez tous vos vêtements. Je dis bien : tous ! Vous devez abandonner tous les oripeaux de votre ancienne vie, et vous présenter à moi dans votre nudité originelle, telle un nouveau-né. Car il s'agit bien d'une nouvelle vie. Si vous me faites confiance, c'est une re-naissance que je vous propose. Prenez le temps de réfléchir. Je serai de l'autre côté de cette porte." Et il n'avait pas attendu sa réponse, lui avait tourné le dos, et franchi une grande double porte en bois mouluré qu'il avait refermée derrière lui. Elle s'était retrouvé seule dans ce grand hall d'entrée...
Et à présent, elle se retrouvait de l'autre côté, debout, nue, yeux baissés, mains croisées devant son sexe, en face de cet homme assis dans son fauteuil. Elle avait remarqué en entrant le grand miroir devant lequel il lui avait indiqué d'un geste de se positionner. Elle comprenait qu'il pouvait ainsi la contempler de face, directement, et aussi l'observer de dos, indirectement et simultanément, par le truchement de ce miroir. Et donc, qu'elle ne pouvait plus rien dissimuler au regard de cet homme. Rien, sauf sa fente vaginale, dissimulée par ses mains croisées...
Mais justement, il venait de briser le silence, en disant "Il est temps de t'ouvrir à la vie, et à moi, belle Claire. Mets tes mains croisées dans ton dos. Tu ne ne dois plus rien me cacher. Ce sera la première règle de vie dans notre relation : tu seras une bourgeoise raffinée en public, mais une putain nue dans notre intimité."
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Il suffit d'un rien, parfois, pour déclencher des torrents...
Il a suffi que le hasard me fasse tourner les pages d'un livre pour que Lady Godiva apparaisse nue sur son cheval et déclenche en moi une irrépressible envie de chevaucher moi-même.
Automne, déjà tombent les feuilles, qui jonchent le sol, déroulant un tapis flamboyant.
Mon sac est prêt, depuis trois jours que j'attends cet instant. Il faut que je dissuade ma tante de m’accompagner.
Seule, il me faut être seule.
Yppie fidèle est là il m’attend. Je monte, fébrile, avec au ventre cette peur, cette honte dans la tenaille de mes lèvres, qui
déjà doucement s'humectent.
Je traverse le bois pour passer à travers champs, puis bifurque soudain en m’éloignant du chemin habituel, évitant
prudemment de me retrouver avec des promeneurs ou d'autres cavaliers.
La peur rend le danger plus excitant.
Une fois arrivée dans un endroit protégé par quelques feuillages, je descends de ma monture et l'attache à un arbre.
Regard à gauche, regard à droite… Tout semble si calme, trop calme… Le soleil est au zénith.
J’ouvre mon sac à dos, pour en extraire la jupe choisie et cachée là, la plus large et la plus longue de toutes.
Regard à gauche, regard à droite... Je dépose à mes pieds une serviette puis retire mes bottes.
Droite, gauche, je les ôte…
Puis glisse mon pantalon… puis ma culotte… que je dépose à leur tour.
Ne regarde nulle part, surtout pas, pas le temps… vite, revêtir l'écran et remettre mes bottes.
Et me voilà prête à enfourcher mon étalon, cuisses ouvertes, toute lisse...
Quatre jours, quatre nuits d'abstinence, garder à feu doux, surveiller la bonne température, me mettre au chevet de mon envie de jouissance.
Quatre jours à ne plus penser qu’à ça.
En saisissant le pommeau de la selle, après avoir introduit mon pied dans l'étrier, je savoure les quelques secondes avant d’atteindre les portes du nirvana.
Puis je lance ma jambe pour enfin tomber là où je rêvais d'être.
Sensation chaude des cuirs se frottant l'un à l'autre, douceur d'épouser cette paume ouverte sur mes rondeurs.
Trouver la position idéale, me caler de la meilleure façon pour sentir la moindre turbulence, le plus petit mouvement.
J'étale la corole de ma jupe, pour faire bonne figure, si jamais ma route vient à croiser celle de promeneurs. Puis,
calmement, je lance un regard alentour pour chercher par où nous pourrons cheminer pour le plus grand plaisir de mon périnée.
Doucement d'abord, comme on berce un enfant pour le tirer de son sommeil, l'animal semble savoir ce que mon corps attend.
Les pointes de mes seins sont les premières de la chambrée à se lever.
A peine avons-nous quitté la lisière du bois que déjà à l'orée de mes fesses, je sens les émotions poindre le bout de leur nez.
Liberté, Liberté chérie, ne plus avoir besoin de porter mon corps à l'extase, laisser à un tiers le choix du tempo.
Je ne cesse de fondre, cherchant la meilleure position pour évaser mes lèvres, tortillant ma croupe à chaque soubresaut.
Difficile de tenir les sangles, de rester droite et sereine, alors que Yppie, voyant la prairie, comprend qu’il est grand temps d’accélérer la cadence pour battre ma chair telle la peau d'
un tambour, faire résonner l'intégralité de mon corps, tétines
toutes voiles dehors, à réclamer l'
extase. Mon bourgeon au bout soufré se frotte, se frotte sur le grattoir de la selle pour que l'incendie me prenne et m’emporte à jamais.
Il est là, à quelques millimètres, je le sens venir, et je risque par deux fois, de lâcher prise et toute retenue.
Mais la topographie décide de me faire bouillir un peu plus, Yppie se remettant au trot en voyant la forêt à quelques encablures.
Comme s'il a senti qu’il est trop tôt, qu’il me faut attendre, un orgasme se mérite, je profite de l'accalmie pour reculer ma croupe vers le troussequin, et enduire le cuir de mes sucs fondants. Je saisis à deux mains le pommeau et me frotte sur le cuir pour y laisser choir mon mont de Vénus.
Je veux jouir quatre, cinq, douze fois tant mon corps réclame sa pitance. Sans même réfléchir, je laisse la
bête errer comme bon lui semble. Je dezipe la fermeture éclair du sweat sous lequel, nue, ma poitrine
attend, elle aussi impatiente, de sentir la brise caresser mes mamelons et les inviter au bal démasqué.
Quelle serait la surprise pour quiconque nous observerait, de découvrir cet étrange assemblage, ce Centaure Femelle prolongeant l'animal.
Yppie a dû comprendre, il n’y a pas de secret plus intime qu’entre une monture et son cavalier.
Il s'arrête, pressentant le danger de continuer à me cadencer de la sorte sur son dos, au risque de me perdre et me faire chuter.
C'est à cet instant que mes mains lâchent les sangles pour m’atteler et finir l'ouvrage si bien commencé. Jamais, non jamais de ma courte vie onaniste, je n’ai été si humide.
Juchée sur la selle, mes doigts filent au galop pour traquer hors de moi les tensions de mon volcan intérieur. Je suis si emportée par la vague que ma main gauche, sans même me prévenir, inflige à mon mamelon une torsion comme rarement il en a connu.
Ma voix toujours habituée à taire mon plaisir pour ne pas me faire remarquer, peut enfin enfreindre les règles de la pudeur : je jouis sans restriction aucune, gémissant à qui veut l'entendre mon bonheur d'être là, presque
nue, communiant avec la Nature qui m'a faite femme.
Cela ne suffit pas, mon corps a tant attendu qu’il réclame déjà du rab dans son assiette. C’est ainsi que je
remets le couvert, que la fourchette de mes doigts se remet à l'ouvrage. Mon sein, à peine remis de l'assaut précédent, doit se rompre à un nouveau martyr. De nouveau une marée montante me submerge.
Je mets un certain temps pour retrouver corps et esprit, et mettre les deux au pas, tant j'ai perdu pied. Je me demande même par où je vais rentrer, tellement j’ai perdu la notion des distances et chevauché des terres
jusqu’alors inconnues.
Impossible de rentrer ainsi, il faut que je retrouve un semblant de pudeur.
Je descends, jambes flageolantes. Je ne peux m’empêcher de venir vers lui, de poser mon visage contre le sien,
mariant nos crinières dans une vague de tendresse comme deux amants l'auraient fait après avoir connu l'extase.
A regret je quitte ma jupe, extrais de mon sac le pantalon pudique, en y laissant au fond ma culotte inutile, et
met fin au bruissement de l’air sur la pointe de mes seins.
Je rentre au haras où ma tante m’attend. Je suis si heureuse d'avoir pu oser m’offrir cette nouvelle
liberté, qu’au moment de quitter mon fidèle animal, libre dans son box, je ne peux m’empêcher.....jetant un regard fébrile, à droite, à gauche….
de lécher furtivement la selle d'une langue gourmande.
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Briser le Mythe du « Safe Word »
Dans l'antre sombre et envoûtant du BDSM, le « safe word » est souvent élevé au rang de saint Graal , le mot magique censé offrir un bouclier impénétrable contre la douleur et le non-consensuel. Mais, soyons réalistes, cette illusion de sécurité peut être aussi fragile qu'une corde de bondage trop tendue. Ce n'est pas juste un mot ; c'est une promesse – parfois brisée, sovent ignorée, et bien trop fréquemment mise en avant comme une solution miracle à des dynamiques de pouvoir bien plus complexes. À l'heure où le désir de repousser les limites rivalise avec celui de se sentir en sécurité, il est temps de lever le voile sur les véritables enjeux du « safe word » et de questionner sa toute-puissance. Es-tu prêt à explorer le côté obscur de cette pratique ? attache ta ceinture, parce qu'ici, rien n'est tabou.
La Psyché des Aventuriers de l'Extrême
Dans le royaume interdit du BDSM, où la douleur et le plaisir dansent ensemble dans une étreinte électrisante, la frontière entre la sécurité et le danger est une ligne ténue, souvent floue , parfois volontairement effacée. Pourquoi certains d'entre nous sont-ils attirés par cet abîme où le contrôle et l'abandon se mêlent ? La réponse réside dans les recoins les plus sombres et intimes de notre psyché.
Pour ceux qui osent s'aventurer au-delà des limites conventionnelles, le « safe word » n'est pas une sécurité, mais un défi à la hauteur de leurs désirs les plus enfouis. C'est l'appel du vide, le besoin irrépressible de ressentir chaque nuance de pouvoir et de soumission. Ces âmes audacieuses ne cherchent pas juste à être touchées ; elles veulent être transcendées, déchirées de leur zone de confort et jetées dans le tourbillon de la sensation pure et débridée.
Dans cet espace, les motivations ne sont pas celles du commun des mortels. Ici , le controle absolu ou l'absndon total ne sont pas simplement des options ; ce sont des nécessités vitales. La soumission n'est pas une faiblesse, mais une force. La domination n'est pas une simple maîtrise, mais une compréhension approfondie des besoins de l'autre. Et dans cette danse délicate, le « safe word » peut devenir une limite qu'ils choisissent de franchir.
Est-ce une témérité insensée ou une recherche profonde d'identité ? Peut-être un peu des deux. Ce qui est sûr, c'est que dans le feu de cette quête de soi, le « safe word » n'est qu'un fil de sécurité que certains choisissent consciemment d'ignorer, car c'est seulement en repoussant ces frontières qu'ils touchent du doigt la véritable essence de leur désir.
Quand le « Safe Word » est Ignoré
Dans l'univers BDSM, le « safe word » est censé être la corde de rappel dans une escalade périlleuse. Pourtant, que se passe-t-il quand ce filet de sécurité se brise, ou pire, est délibérément ignoré ? Le théâtre BDSM est un lieu où le pouvoir et la vulnérabilité s'entremêlent , mais parfois, la pièce prend un tour inattendu et effrayant.
Imagine une scène où le jeu commence comme une danse bien chorégraphiée. Les participants se sont entendus sur un scénario, des limites claires ont été établies, et le « safe word » a été échangé comme une clé de confiance. Mais à mesure que l'intensité monte, les lignes se brouillent. Le dominant, peut-être enivré par l'autorité accordée, ou poussé par une quête inextinguible d'authenticité émotionnelle, choisit de fermer les oreilles à ce mot de sécurité.
Pour le soumis, la panique s'insinue comme un poison lent. L'esprit hurle pour retrouver le contrôle, mais le corps est déjà captif du moment, de l'extase et de la terreur confondues. Ce n'est pas seulement une trahison de confiance ; c'est une immersion brutale dans un cauchemar éveillé. La rupture est palpable, l'espace sécuritaire s'est transformé en un champ de bataille émotionnel où les armes sont la peur, la confusion, et un étrange frisson de plaisir déviant.
Pourquoi ce risque est-il pris ? Parce que, dans cet univers de masques et de vérités crues, certains cherchent à tout prix cette poussée d'adrénaline ultime, à défier le confort trompeur du « safe word » et à s'abandonner pleinement à la mer impétueuse de leurs désirs. Cela soulève une question obsédante : le jeu de pouvoir en vaut-il la peine, lorsque le mot censé vous libérer est celui qui pourrait vous enchaîner ?
Dans ces moments, le « safe word » devient un écho vide dans une pièce où la domination et la soumission ont transcendé le consensuel, et où le danger et la vulnérabilité s'entremêlent dans une danse dangereusement séduisante.
La Foi Aveugle en un Mot
Dans les donjons où règnent fouets et chaînes, le « safe word » est souvent perçu comme le dernier bastion de sécurité, le gardien inébranlable entre plaisir et traumatisme. Mais accorder une confiance aveugle à ce simple mot peut être un jeu dangereux, voire fatal, lorsqu'on plonge tête baissée dans l'abîme du BDSM.
Considérons ceux qui s'abandonnent à cette pratique avec la conviction que ce mot leur permettra de reprendre le contrôle à tout moment. Le piège ici est subtil : il repose sur l'illusion que le « safe word » suffira à briser l'enchantement d'une scène qui tourne mal. Cependant, comme une ancre qui ne tient pas face à la tempête, la foi en ce mot unique peut être naïve.
Les récits abondent de sessions où le « safe word » a été crié mais n'a jamais été entendu, étouffé par la cacophonie des sensations ou, pire, volontairement ignoré. Ces témoignages révèlent un paradoxe cruel : en s'abandonnant à la sécurité promise par un seul mot, certains oublient qu'il doit être prononcé, compris, et respecté pour avoir un effet réel. La réalité est que la puissance du « safe word » dépend autant de la volonté de l'entendre que de celle de le dire.
Derrière cette confiance mal placée, se cache souvent un besoin désespéré de croire en la bonté et la compréhension inconditionnelle du partenaire dominant. Pourtant, comme toute chose humaine, cette confiance est faillible. Les participants aux jeux BDSM doivent constamment négocier entre leur désir ardent de s'abandonner totalement et la nécessité de garder une part de vigilance.
Ainsi, dans l'ombre des donjons et des chambres feutrées, il est vital de reconnaître que la foi aveugle en un « safe word » peut mener à des désastres silencieux. Avant de l'invoquer comme un bouclier imparable, il est crucial de bâtir une confiance bien plus profonde et authentique, où la communication dépasse la simple invocation d'un mot, et devient un véritable dialogue de confiance et de respect mutuels.
Réflexion Sans Fin
Alors que les ombres du BDSM continuent de fasciner et de séduire, le mythe du « safe word » comme rempart infaillible mérite d'être reconsidéré. Dans cet univers de désirs profonds et de jeux de pouvoir, nous avons exploré comment, souvent, ce mot sacré est surévalué et, dans certains cas, désastreusement ignoré. La vérité est que le « safe word » n'est qu'une infime partie d'un tissu complexe de communication et de confiance qui nécessite une compréhension mutuelle bien plus profonde.
Chaque interaction dans cet univers n'est pas simplement un jeu, mais une danse délicate d'identité, de pouvoir, et de consentement. Le BDSM, dans toute sa gloire et sa transgression, nous pousse à questionner non seulement les limites de notre corps, mais aussi les frontières de notre confiance en autrui. C'est un miroir de nos désirs, une quête de vérité où la sécurité ne repose pas uniquement sur un mot, mais sur une alchimie fragile entre contrôle et abandon.
Il est crucial, pour ceux qui choisissent d'arpenter ce chemin, de toujours se rappeler que derrière l'intensité des cordes et des lanières, se cache la responsabilité de cultiver un espace où chaque voix est entendue et respectée. Le véritable défi n'est pas de trouver le mot parfait, mais de forger une relation où chaque participant est écouté et valorisé, au-delà des simples échos du « safe word ».
Laisse cette réflexion te hanter, te pousser à explorer les nuances de chaque interaction. Car, dans ce voyage où le plaisir et la douleur s'entrelacent, le véritable art du BDSM réside dans l'absence de réponses faciles, et dans la quête perpétuelle d'un équilibre où les mots prennent tout leur sens.
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Bonne lecture a tous
PS pour ceux qui découvre cette partie, il est recommandé de lire avant :
Chapitre 1 - Partie 1 - Premier rendez vous
Chapitre 1 - Partie 2 -
Partie 1 : L’oeuvre d’art
Une semaine est passée. La sensation que provoque le contact de son sexe sur le tissu de ses jupes devient addictif.
Le miel chaud a prodigué une douceur inégalable que Samara ne connaissait pas jusque-là. Sa peau est plus sensible.
Sa relation avec Dom ne fait que s’intensifier avec des messages d’attentions de part et d’autre. Tout devient prétexte à le solliciter. Parfois à le provoquer pour rester le centre de sa préoccupation. Demander le droit de se lever de son bureau pour provoquer sa réaction. De déconnecter la statuette pour aller soulager une pression bien naturelle.
Elle porte la statuette à présent toute la journée, par plaisir ou par besoin de se sentir appartenir, elle ne sait plus vraiment.
Elle est rayonnante et, son besoin de DOM devient vital pour garder son calme.
Chaque message est attendu et apaisant.
Samara se sent transformée, rien de visible dans sa façon d’être. Elle a moins peur des autres alors qu’elle est plutôt assez distante et difficile, pas froide, pas rigide mais reste à distance de trop de contact. Elle construit autour d’elle des outils de protection. De quoi, elle ne le sait probablement pas elle-même.
Cette épilation, ce sexe glabre, elle le ressent comme un marqueur de sa condition. Elle ne l’aurait jamais fait d’elle-même, mais il n’était pas question de flancher à l’institut de beauté. Elle s’était déterminée à le suivre quelle que soit sa route. Et maintenant elle ne veut plus revenir en arrière. De toute façon, si c’est comme cela que Dom la désire, alors elle sera comme Dom le souhaite. Ne plus décider de ce qu’elle sera, s’abandonner à l’autre. Cette situation l’excite, par le mystère de son devenir autant que par les chemins empruntés.
Dom lui a demandé de réserver son après-midi et une partie de sa soirée. Elle retrouve son impatience d’enfance pour le jour de Noël ou une soirée d’anniversaire.
Elle doit le retrouver à son domicile, prendre les clefs chez la concierge qui est prévenue de sa venue.
Lorsqu’il arrivera, elle devra être prête.
Elle profitera de la salle de bain pour se préparer, portera ce qui est posé pour elle sur le lit.
Elle est donc seule dans l'appartement de Dom. Elle entreprend le début de sa visite par la cuisine ouverte sur un salon salle à manger. Une vaisselle du matin s’égoutte. Elle ouvre le réfrigérateur qui est correctement achalandé pour constituer des repas de dernière minute. Elle en profite pour se servir un verre d’eau à la main par le salon. Un mur bleu Klein, un canapé moutarde et une table basse en bois laqué. Une table carrée et ses quatre chaises en bois. Des lithographies encadrées au mur, un lampadaire sur pied de chaque côté du canapé, deux fauteuils Charles Eames en alcantara bleu font face. Un tapis beige sur un parquet de chêne clair huilé donne à la pièce une quiétude chaleureuse. Une bibliothèque de livres mal rangés couvre le mur opposé aux deux fenêtres haussmanniennes. Une sculpture de 2 mètres en plâtre « Femme portant un fruit à sa bouche » trône entre les deux ouvertures. Les rideaux de soie beige et bleu terminent de signer l’ambiance de cette pièce de vie.
La seconde porte donne accès à deux chambres et leur salle de bain. Celle de son maitre où est posé sur le lit ce qui va la vêtir. La seconde chambre est dans le standard d’une chambre d’hôte de bonne facture.
Elle détaille le manteau et reste interloquée par ce qui reste sur le lit. Elle se déshabille, pose ses affaires sur le fauteuil et va dans la salle de bain. Sur le miroir un mot pour elle.
« Bienvenue. Reste le plus naturel c’est comme cela que tu seras la plus belle. Nous allons observer une nouvelle œuvre d’art. »
Samara porte un doigt entre ses jambes et frôle à peine la statuette qui se met à vibrer et commence à se dégonfler. Elle la retire sans forcer. Elle ne sait pas si c’est son anatomie qui s’est adaptée à la statuette ou si c’est le contraire. Mais force est de constater qu’elle aime la mettre dès le matin.
Cette petite statuette, gonfle lorsqu’elle ferme les jambes, vibre lorsqu’elle marche ou lorsque Dom lui envoie un message, s’allonge quand elle ouvre les cuisses. Dans ces conditions il faut être particulièrement concentrée pour ne pas bouger ou ne pas faire un hors sujet dans son job.
L’autre extrémité agit comme une ventouse qui masse la plus érectile de cette région tropicale, la succion s’accélère si elle bat la mesure du pied. Elle en a fait la plaisante expérience lors d’un concert de jazz. Ce qui a fait d’elle la plus frénétique admiratrice du jazz band qui se produisait mercredi soir.
Autant dire que parfois, il est difficile de rester de marbre sur sa chaise. Le pire est en réunion. Cette statuette est d’une perversité incroyable pour la mettre dans tous ses états dans les pires moments.
Cela fait presque 5 jours qu’ils ne se sont pas vus depuis l’institut de beauté.
Dom a dû gérer ses émotions et ses désirs tant il est heureux que Samara le suive dans cet univers qu’elle ne connait que par la littérature et des films porno.
Il quitte son travail pour retrouver celle qui l’attend et l’emmener à une soixantaine de kilomètres de la ville dans un village qui fut l’un des lieux de création des impressionnistes. La ville devenue touristique offre des animations et des stages de peinture, dessin et sculpture. Des galeries se sont implantées et de nombreux vernissages sont organisés dans ce lieu bucolique, source d’inspiration pour les peintres de cette école d’hier et d’aujourd’hui.
On peut y rencontrer des grimpeurs de bloc et des randonneurs comme des peintres avec leur chevalet sur l’épaule.
Samara a juste le temps de refermer le manteau lorsque Dom claque la porte d’entrée et apparait dans son champ de vision. Elle lui saute au coup pour lui réclamer un baiser.
Dom se recule pour mieux la désirer. Lui signifie que c’est parfait. Samara l’air circonspect lui demande s’il n’a rien oublié.
« Non tes chaussures vont très bien je t’assure. Allez, on y va »
Elle sourit et le suit dans l’ascenseur.
Une petite pluie fine et le froid d’octobre ne les font pas trainer dehors. Samara tient son manteau serré à deux mains comme pour empêcher la chaleur de s’évader entre les boutons de nacre.
Quelques rues et trottoirs parcourus pour retrouver la voiture dans un parking souterrain met fin à son tourment.
Un signe de la main au gardien de nuit qui prend son service
Passer sous la barrière oblige Samara à faire un grand écart qui fait gonfler la statuette qui déjà vibrait par cette marche rapide. L’agent de sécurité profite de la scène pour loucher sur la cuisse qui s’extirpe de l’ouverture du manteau. Dans un geste reflexe elle tente de refermer l’ouverture et laisse son col s’ouvrir. L’agent, s’il avait pu, aurait applaudit le spectacle. Samara lui sourit pour simple retour et reçoit pour monnaie d’échange du voyeur une grimace confuse.
Dom ouvre la porte à sa passagère contrainte de donner de l’ampleur au tissu pour s’assoir. Elle déboutonne le manteau et relève les pants pour dégager ses jambes protégées.
Les kilomètres et les sujets de discussions défilent. Ils échangent leurs opinions sur des peintres, des sculpteurs et des photographes.
Dom prend conscience que la présence de Samara à ses côtés sera une très bonne façon de combler son déficit de connaissances en matière de sculpture.
Leur complémentarité apparait encore plus que lors de leurs échanges numériques.
La nuit tombe, la forêt devient hantée, les phares allument le paysage qui tombe dans une torpeur. Le village d’artistes peintres se présente à eux. Après quelques virages dans des ruelles à peine éclairées, Dom gare la voiture le long d’un mur à l’arrière d’une vieille grange de pierres enduites de torchis. Une petite porte verte avec un éclairage jaune au-dessus. L’endroit n’est pas glauque mais il n’y a pas âme qui vive de ce côté de la bâtisse. Une plaque stipule que le lieu est la propriété de la municipalité, dédié à l’école des arts et de la peinture. Rien d’alarmant pour Samara qui est toujours en discrétion quant au déroulement de la soirée.
Dom ouvre la porte pour que Samara sorte de l’habitacle. La chaleur de la voiture a fait tomber sa protection de laine qui est largement ouverte pour profiter du confort intérieur.
Quelques pas et elle est invitée à entrer dans le lieu.
Un petit hall éclairé avec des ampoules LED donne froid même s’il fait chaud.
Un homme entre avec une couverture sous le bras par une des portes du petit hall. Samara le reconnait, c’est l’homme qu’elle a croisé avec la femme dans l’institut de beauté.
Ils se saluent, échangent les politesses d’usages.
« Je te la prête deux heures et pas une minute de plus. Nous allons dîner après. Nous avons une table de réservée à l’auberge de Milly. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux, ne me l’esquinte pas. »
Samara en entendant ces derniers mots interroge du regard Dom qui lui demande son manteau. Elle s’exécute pour la troisième fois. Sans comprendre ce qui la pousse à consentir aussi facilement.
Elle se retrouve totalement nue devant le petit moustachu rondouillard. Sa pudeur comme évaporée. Elle est recouverte de la couverture. Dom lui prend ses chaussures qui ne sont effectivement pas adaptées au lieu.
Il l’embrasse sur le front. Ce soir durant deux heures tu vas être l’œuvre d’art à reproduire, tu vas t’offrir aux artistes.
Le moustachu prend enfin la parole
« Nous allons explorer le nu de Courbet à Manara. En passant par Modigliani et Schiele.
Tu changeras de position toutes les dix ou quinze minutes lorsque je t’apporterai de nouveaux accessoires pour aider les étudiants.
Allez suis moi on y va. »
Attend prévient Dom.
Il s’approche de Samara passe sa main sous la couverture qui cache ses épaules et descend juste sous ses fesses, glisse sa main jusqu’au pubis et récupère la statuette. Pas de signe ostentatoire pour le monde Vanille.
À la limite de la panique tout s’enchaine, elle entre dans une grande pièce où une vingtaine d’hommes et de femmes derrière des chevalets ou un carnet à la main l’attendent. Elle est placée sur une estrade en bois de sapin avec un tabouret de bar au centre.
Le moustachu couvre le tabouret avec la couverture de Samara. Sa nudité offerte aux yeux de ces artistes amateurs en herbe. Elle prend une pose et tente de s’immobiliser.
Le moustachu passe d’étudiant en étudiant prodiguant des conseils. Derrière le plus proche chevalet face à elle, une tête sort et lui fait un clin d’œil accompagné d’un large sourire. Elle reconnait la soumise qui accompagnait le professeur de dessin.
Le silence est parfois rompu par un crayon qui tombe ou des souffles qui trahissent la douleur du peintre en peine à interpréter ce qu’il voit.
Certains profitent, peut être, de l’érotisme de la situation où cette femme nue, devient une œuvre d’art. De cette nudité qu’ils ne peuvent toucher que de leurs yeux et caresser du noir fusain. Ils garderont de Samara leur ébauche plus au moins finalisée.
Et parfois le souvenir d’une sculpture vivante qui se transforme tous les quarts d’heure.
Des artistes placent un crayon en ligne de mire pour se trouver des repères. Ils ferment un œil et reprennent leur place en silence.
La petite soumise lui fait des grimaces pour la faire rire, une complicité s’installe et lui permet de rompre sa solitude. Mais Samara tient la pose pour ne pas déstabiliser l’assemblée d’artistes.
Son malaise se dissipe peu à peu, sa pudeur s’estompe, elle se détend, change de pose lorsqu’on lui tend ; tantôt une brosse à cheveux et un miroir à main, un seau, tantôt, un bouquet de fleur, une poupée.
Tant que ce n’est pas un fouet, un martinet ou un collier en cuir noir avec un anneau se dit-elle, l’honneur est sauf.
Sa solitude est troublée lorsqu’elle aperçoit Dom debout au fond de la salle qui lui sourit et lui envoie un baiser de la main.
Surprise par son calme et son contrôle. La vue de son amant lui donne de l’assurance. La fin de la séance se profile, les artistes peintres rangent leurs effets et la remercient. Sa consœur la raccompagne nue à la porte par laquelle elle est arrivée.
Dom le manteau au bras est là. Elle se blottit entre ses bras plus pour chercher le réconfort que la chaleur.
« Si vous me l’aviez dit avant je ne sais pas si j’aurais osé le faire ». Lui souffle-t-elle. Elle cache ses yeux dans sa chemise. Elle est nue contre lui, le respire, l’inhale à le faire disparaitre aux yeux de tous.
Il caresse son dos, sa main suit la courbe de ses reins, prend ses fesses, attrape sa cuisse pour qu’elle prenne appui sur sa hanche, embrasse son cou et ses épaules. Samara passe ses bras autour du corps de son amant. Ils ne forment plus qu’un, dans cette espace à l’éclairage froid.
Aux premiers tremblements il la recouvre du manteau vert en laine et l’exfiltre de la salle municipale.
Tu as été parfaite. Cela a-t-il été insurmontable ? As-tu noté que c’est toi qui donnes un sens aux regards des autres ?
Dans cette situation ta nudité a tout son sens. Personne ne s’est jeté sur toi, ta personne et ton corps deviennent source d’inspiration.
Tu représentes la perfection, la référence à copier, pour ces étudiants en art.
La pudeur et la honte de la nudité sont juste des principes créés pour faire croire que ton corps est sale et source de désirs lubriques incontrôlables.
Ces principes sont là pour interdire essentiellement le plaisir de la femme. Utiliser comme simple instrument de reproduction, un corps féminin doit être caché afin d’éviter de provoquer les hommes jugés incapables de gérer leurs pulsions.
Ce principe excuse le viol par une perte de contrôle de la gent masculine devant l’unique présence du corps de la femme. Ce dernier détourne l’homme de l’autorité suprême.
En bref, la pudeur et la honte que provoque la nudité assurent le contrôle des mœurs et de la morale par le corps.
Samara écoute sans répondre mais intègre le monologue de Dom.
La route dans la forêt prend forme sous le halo des phares.
Samara se blottit sur l’épaule de son chauffeur et lui demande de satisfaire une envie pressante.
Une petite aire de repos aménagée se présente à eux en retrait de la route en plein milieu de cette forêt tombée dans l’obscurité. Une haie de troènes sépare la route de l’aire de repos.
Il ouvre la porte de Samara et l’accompagne dans le plus simple appareil devant le capot de la voiture, les projecteurs semblent la regarder. Elle est assise sur ses talons les jambes écartées, ses deux mains agrippées à la jambe de Dom pour ne pas perdre l’équilibre. Il lui caresse les cheveux. Elle le regarde, se mord la lèvre comme pour lui signifier qu’elle est étonnée de la situation improbable qui se déroule.
Elle pisse nue dans la forêt attachée à un homme, accroupie les jambes écartées avec impudeur.
Quelques voitures passent et éclairent un peu plus la scène insolite. Samara détend sa vessie qui est gonflée comme un ballon de baudruche. Par petits jets stridents la vessie retrouve une taille normale.
Dom descend à sa hauteur, droit dans ses yeux et commence un nettoyage avec une lingette humide et douce. Tous les recoins sont passés en revue, pas une partie de chair n’est dispensée de ses soins. La statuette n’a pas été replacée, l’accessibilité est d’autant plus aisée.
Ils ne se quittent pas des yeux un seul instant, lorsque la lingette s’aventure dans une exploration de l’orifice le plus éloigné Samara lui demande si elle va être surprise longtemps encore.
Pour seule réponse, il la redresse et la bascule sur le capot entre les deux phares. Son dos se colle à la chaleur du moteur, ses deux jambes viennent se poser sur les épaules de Dom. Il enfouit sa tête dans le plus haut de ses cuisses. Sa langue poursuit son inspection avec plus de précision et de douceur que la ouate humide.
Chacune des lèvres à leur tour accueille le visiteur. Les lèvres de chacun des partenaires constituent l’étanchéité pour que la visite se fasse de façon plus intime vers une pousse qui se tend. Samara tangue et sa respiration la trahit. Il lui prend ses seins durcis à pleines mains. Pour laisser se reposer la pousse au bord de l’explosion, il navigue à présent vers une nappe phréatique alimentée d’un fin ruissèlement. En spéléologue averti il contrôle l’origine de ce flux et entre dans un boyau doux. Sans s’y attarder plus que de raison il retourne donner de ses nouvelles au petit bambou qui n’a pas dégonflé. Samara appelle par geintes successives. Pour lui prêter secours, il remonte jusqu’à son visage et prend sa tête à deux mains. Il présente son sexe devant une porte d’entrée déjà largement ouverte et sans plus aucune sécurité. Dans l’unisson de leur souffle Samara succombe et Dom va la rejoindre sans plus attendre.
Il l’embrasse et reste emprisonné entre les jambes de Samara comme pour profiter de ce trop court moment.
Il lui embrasse les seins en se redressant, l’aide à descendre du capot.
Lui offre de quoi se refaire une toilette et la couvre de son manteau.
Ils n’ont échangé aucune parole, seuls les yeux ont parlé.
Elle retrouve ses vêtements que Dom avait soigneusement mis dans un sac sans qu’elle ne le voit.
Elle le regarde et lui sourit, la voiture est déjà sortie de l’aire qui n’a pas été de tout repos. Lui demande si elle peut se rhabiller en prévoyant un refus qui ne manque pas de confirmer ses prévisions.
« Vous ne m’avez pas répondu vous allez me surprendre tout le temps comme cela ? Je ne sais pas si je vais tenir avec ce rythme émotionnel. »
Dom esquisse un sourire malicieux et répond : pourquoi pas ?
Le restaurant dans un village calme offre un petit parking mal éclairé pour sa clientèle, quelques voitures s’y trouvent.
Les deux amants encore essoufflés s’embrassent. Dom retourne Samara, la penche en avant pour qu’elle pose ses deux mains sur le siège. Elle se cambre au contact métallique qui se présente au dernier gouffre inexploré.
Le plug métallique est gobé lentement, tant la zone est lubrifiée par l’excitation des derniers évènements.
Tout doucement Samara en prend possession et la main de Dom quitte le rosebud.
Est-ce que cette réponse te suffit ? demande Dom.
« Je pense que oui » dit-elle un peu secouée.
Une fois rhabillée ils se dirigent vers la petite auberge. Les gravillons craquent sous les pieds. Le rosebud vibre à chaque pas et donne l’impression qu’une bille cogne sur les parois de son rectum. Les vibrations se prolongent à sa base pour solliciter les nervures de son anus.
Ils sont accueillis par la patronne de la maison qui les place et leur présente les menus.
En s’asseyant les jambes de Samara se dérobent et ne peuvent retenir la vitesse de la chute sur l’assise, ce qui a pour effet d’appliquer une pression sur l’engin qui n’en demandait pas plus pour s’enfoncer encore un peu plus en elle.
Ainsi calée, le repas peut commencer.
Partie 2 - Douche salvatrice
Des murs de torchis blanc, la salle est éclairée par des petites lampes de table. Des outils agricoles qui ont été le prolongement de la main des hommes ou tractés par des animaux sont désormais accrochés et font office de décoration murale. Les poutres ont été blanchies. Une ambiance calme et feutrée plane dans la pièce de la vieille ferme qui à été jadis occupée par une famille de paysans avec leurs bêtes. Le feu crépite dans la cheminée de pierres qui pourrait accueillir un agneau. Sur le linteau, une tête de cerf qui rappelle aux visiteurs que le lieu est une terre de gibier.
L’odeur de bois sec se mélange aux fumets des plats. Les tables revêtues de robe blanche sont suffisamment espacées pour ne pas être dans les confidences des voisins.
Des sourires s’échangent pour saluer les nouveaux arrivants.
Des regards les dévisagent, cherchent à savoir s’ils se connaissent. Puis rassurés reviennent à leurs convives.
Samara peine à trouver sa position et se surprend à regretter la statuette. Chacun de ses mouvements la trahissent, ses sens sont sollicités et ses grimaces parlent pour elle.
La patronne à la petite cinquantaine, une petite femme énergique, à l’embonpoint de la petite bourgeoisie laborieuse, assure l’avant-vente, présente les menus et les plats du jours et propose un apéritif de bienvenue à la mode du moment : un Spritz campari. Une fois sa mission remplie, elle s’éclipse en leur souhaitant un bon appétit.
Sur son pieu de métal invisible, Samara, la tête dans le menu, se pose mille questions.
Mais qu’est-ce que je suis en train d’accepter ? Tu es folle ma pauvre. Mais pourquoi je fais cela ? En même temps, je suis certaine que si je ne voulais pas il ne me forcera pas. Jusqu'où va-t-il aller ? Ne serait-ce pas moi qui dois me demander jusqu'où je veux aller ?
Une vibration sourde réveille son fragile calme. Samara pose rapidement le menu pour s’agripper à la table, se tord sur sa chaise, se tend de nouveau. La douce torture peut se révéler sournoise en fonction de sa position, de sorte que lorsque le jeune serveur vient prendre la commande elle ne sait plus ou regarder. Est ce vraiment une torture?
La vibration devient plus discrète et laisse Samara un répit pour se concentrer sur la carte.
- Pour madame, se sera ?
Dom vient à sa rescousse. Samara se cache derrière la carte de nouveau. Dom choisit pour elle.
- Et pour la boisson que désirez-vous ?
- Donnez-nous deux verres de Côte de Blaye 2023. Est-ce possible ?
Le jeune serveur acquiesce et remercie Il prend la direction de la cuisine.
- Vous êtes incorrigible. Il y a du monde autour de nous. Si je perds le contrôle ce sera de votre faute. Le pire est que j’aime. C’est très nouveau pour moi cette sensation d’accepter les limites d’un autre !
Par un souffle, elle chasse une mèche de ses cheveux qui tombait sur ses yeux.
- Quelle journée vous me faites vivre. Je me suis mise nue devant des personnes que je ne connaissais pas. Maintenant vous me torturez avec un sextoy que vous commandez depuis votre téléphone. De quel droit faites-vous cela ?
- Je n’ai que ton droit, Pourquoi le fais-tu? Rien ne te oblige. Tu stoppes quand tu veux. Ne crains pas de perdre le contrôle Samara. Car l’univers dans lequel nous allons, c’est moi qui vais contrôler au moins une partie.
- Ha oui dit-elle ! vous croyez.
- C’est l’ordre des choses dans l’univers ou je t’emmène. Tu y trouveras Sécurité, amitié, protection, amour, liberté de penser, sexualité choisie, et beaucoup d’autres choses que tu découvriras. Mais contrairement au monde vanille tu peux arrêter quand tu veux. Le monde vanille est beaucoup moins souple que l'univer Ds et tu ne le choisis pas
Le serveur revient avec les premiers plats et sert les deux convives. C’est à ce moment-là que les vibrations reprennent leur activité redoutée ou attendue. Seule Samara à la réponse. La femme qu’elle est en train de devenir, vacille entre le plaisir et la peur. La honte et le désir, la culpabilité et la joie de vivre cela.
Arrêtez, je vous en supplie chuchote-t-elle. Je ne pourrais pas avaler une seule fourchette. Si tant est que je ne fasse pas tout tomber par terre.
- Si tu ne manges pas ton assiette, les vibrations se feront plus intenses. Rétorque Dom avec douceur.
- Mufle lance t’elle en s’inclinant devant ce premier signe d’autorité.
- Effrontée ! En plus de cette réponse les vibrations se multiplient et accélèrent pour de nouveau descendre à une intensité plus acceptable.
Samara se fige de nouveau et lâche sa fourchette qui retombe dans l’assiette avec un bruit de vaisselle cassée.
- Ok ok, pardon, vous avez gagné.
L’objet maintenant bien en place accorde un répit à Samara qui se concentre sur sa fourchette et son assiette afin de reprendre des forces. La salade d’endives sur lit de fromage frais avec des pistaches et des clémentines sont avalées.
- Tu vois c’est une des façons de te contrôler. Ce ne sera pas la seule. Mais tu apprendras que toi aussi tu as du pouvoir sur moi. Tu en as déjà mais tu ne le mesures pas encore.
Les plats annoncés par le jeune serveur embarrassé autant par les assiettes chaudes que d’avoir dérangé une conversation « Curry de légumes aux graines pour Madame et Brochette de dinde au citron et basilic pour Monsieur » remplacent l’entrée.
La discussion reprend. Les vibrations passent sur des modes divers et amènent Samara au bord du gouffre alors qu’elle termine son plat dans tous ses états.
Elle lutte pour ne pas se tordre, mais elle sent monter une vague qu'elle connaît depuis longtemps. Cette vague que l’on ne peut pas combattre indéfiniment sans succomber si on la prend. C’est un combat pour stopper cette situation ou se laisser tenter par l’impudeur de la situation. Et la morale dans tout cela ? Et la bienséance en public ?
Elle se calle dans son siège, arrache les accoudoirs en bois. Remonter une de ses jambes sur le siège sans que cela se voit pour se donner une contenance de décontraction. Elle plante son regard dans celui de Dom. Rien n’y fait et elle le sait. Elle se rassoit correctement comme pour accepter ce qui doit arriver. L’homme qui l’accompagne n’a d’yeux que pour elle et elle succombe à ses perversités.
Il la regarde se débattre sans rien lui dire. Elle le fustige, ne lui demande plus d’arrêter car c’est trop tard. La vague de fond se gonfle et embarque ce qui lui reste de maîtrise en un instant. Samara s’envole dans les lymphes du plaisir.
Un « Holala Holala» à peine audible signe son extase. Elle porte sa serviette pour feinter de s’essuyer. Elle est surprise d’avoir jouit en plein repas, dans un restaurant, au milieu d’autres personnes.
A deux tables voisines, une femme chic entourée de messieurs à la couronne blanche et grise en pleine discussion, voit la scène. elles se sourient, la sexagénaire reprend sa discussion sans grand enthousiasme.
Une fois son souffle plus calme Samara chuchote
- Qu’est-ce que vous m’avez fait ? Je deviens folle. J’ai envie de me cacher, et en même temps je suis heureuse d’être là. C’est n’importe quoi ce qui se passe en moi. Vous me faites faire n’importe quoi. Si le coussin de la chaise est taché, se sera de votre faute. En tous les cas je dirai que c’est à cause de vous. Vous êtes un tortionnaire.
- Et moi je suis fier de toi. Partons, nous allons chez des amis qui nous attendent pour faire ta connaissance.
Retire le plug maintenant. Je paye l’addition et te rejoins à la voiture voici mes clés. Tu as le temps de remettre ta statuette.
- ici.
- oui pour le plug, mais ta statuette est sur le siège passager de la voiture. Tu sauras retrouver la voiture j’imagine.
Samara marque encore un temps d’arrêt, regarde autour d’elle. Avec un air de défis et un regard effronté. Remonte une jambe en posant un pied sur le cousin de la chaise le plus discrètement possible. Lève une fesse pour atteindre l’objet. Elle désenclave l’intrus en ne quittant pas des yeux Dom. Elle porte l’objet à sa bouche, le met dans la serviette et la repose bien visible sur la table.
Elle se lève, le toise de toute sa hauteur, lui fait une moue en inclinant la tête et un sourire crispé. Voila Monsieur, vos désirs sont des ordres.
- Tu ne crois pas si bien dire. Mes félicitations Samara, tu peux y aller, je te rejoins. N’oublie pas le plug ça fait désordre.
- Ho oui mince dit-elle en riant.
En traversant la salle, la femme qui n’a pas perdu une miette de ce qui se jouait non loin d’elle lui fait un sourire qui se veut complice et lance discrètement un « Bonne soirée ».
- merci vous aussi. Répond Samara avec le même sourire complice tout aussi discret.
Dom rattrape Samara à la démarche peu assurée entre les tables pour atteindre ensemble la sortie. Au comptoir la patronne toujours aussi professionnelle fait les questions d’usages chez tout restaurateur un peu professionnel.
- Tout s'est bien passé. Avec un regard curieux sur la démarche chaloupée de Samara qui prend la poudre d’escampette avec un « bonsoir » enroué.
- Et bien ! Votre compagne ne se sent pas bien ? Vous n’avez rien bu pourtant !
- Oui juste un verre de votre très bon Domaine du Cassard 2023. Parfois peu de vin, mélangé à une ambiance peuvent provoquer l’ivresse. Votre Spritz y est peut être pour quelque chose aussi. A moins que ce soit nos discutions de ce soir...
- Promettez-moi de me montrer comment vous faites cela. Lui répond la femme avec un air entendu..
- Je n’y manquerai pas la prochaine fois. Répond Dom poliment en rengainant son téléphone après le paiement.
Il retrouve Samara installée confortablement, emmitouflée sous un pull Elle laisse la statuette prendre son espace préféré.
Une fois au volant Samara lui demande avec une voix douce de quelqu’un qui souhaite un privilège.
- Je suis morte de fatigue. Peut-on rentrer ?
Dom la regarde avec un sourire indulgent et cherche sur l’écran un numéro préenregistré.
Samara assiste à l’échange téléphonique. L’homme semble un peu contrarier mais lui propose d’ envisager une autre date pour rencontrer Samara. Elle se rapproche de lui et l’embrasse sur l’épaule.
- Vous avez déjà parlé de moi à vos amis !
- Tu vois le pouvoir que tu as sur moi ?
Sur le trajet qui les ramène, Samara fait part de sa stupéfaction d’avoir réalisé tout cela aujourd’hui. D‘avoir pris du plaisir et de la gêne. De la fierté d’être allée dans une zone inhabituelle. Surprise de se laisser embarquer dans cette aventure. Incapable de faire machine arrière. Stopper cette aventure lui paraît inconcevable.
Sa surprise d’apprécier la statuette au quotidien.
Le conflit intérieur qui occupe son esprit. Son éducation, la morale, les interdits, ses désirs….L’image d’elle, la place de la femme qu’elle soutient. Les contradictions avec l’égalité de la femme dans notre société actuelle…Sa vie de femme mariée et mère de deux garçons. comment concilier ces deux mondes ?
- Je ne sais plus où j'en suis, tant les questions se bousculent. Est-ce que je peux vous faire confiance ? pouvez-vous m’aider à y répondre ? Comment vais-je sortir de cette aventure. L’estime de moi va-t-elle être mise à mal ? J'ai eu du plaisir sexuel avec mon mari aussi. Beaucoup même. Mais ce que je ressens aujourd’hui n’a pas de comparaison. Je ne me l’explique pas. J’ai peur et en même temps je me sens en sécurité. Je me sens libre encore plus libre que je ne le suis d’ordinaire et en même temps je sais que je ne peux plus faire n’importe quoi. Mais je ne vois pas les limites de ma liberté que je suis en train de gagner. Où se trouvent les frontières de ce nouveau territoire dans lequel j’entre ?
Dom l’écoute et ne dit rien.
Elle parle sans discontinuer.
Une fois de retour chez Dom, il la déchausse, la déshabille de sa robe, la libère de la statuette dans l’entrée de l’appartement et la dirige dans la salle de bain. Il se déchausse sans délasser ses chaussures pour garder Samara entre ses bras.
Il règle le mitigeur de la douche et entre avec elle habillé.
Il enduit sa peau de gel douche qui devient blanche de mousse et enfin luisante après le passage de ses mains et la caresse de l’eau chaude. Il recommence sans délaisser les plus cachées des zones. L’embrasse dans le cou, puis la retourne face à lui.
Samara s’aimante à sa chemise qui lui colle à la peau. Elle tenaille ses hanches avec ses deux jambes, met ses bras autour de son cou pour garder l’équilibre. La toilette se poursuit dans cette position. Samara déboutonne la chemise et la laisse tomber dans la douche elle s’attaque en vain à la ceinture du pantalon. Elle tente avec l’autre main sans succès. Dom vient à sa rescousse et dans une contorsion d’équilibriste évite la chute en la plaquant contre la vitre de la douche.
Il s’échappe enfin du pantalon qui gît avec la chemise dans l’eau mousseuse. La salle de bain devient un véritable sauna. Les deux corps ne forment plus qu’un. Elle se sent prise en sandwich entre la vitre embrumée et le corps en mouvement de son partenaire.
La course effrénée des deux souffles, leur synchronisation se conclut par des baisers et un coït partagé. Une fois redescendue de leurs orgasmes, une fois les baisers et les caresses passés. Ils reprennent leur toilette respective mais cette fois c’est Samara qui prend le gel pour frictionner celui qui progressivement devient le centre de son attention.
Dom sort le premier alors que Samara termine de se laver les cheveux. Il lui met à disposition des serviettes.
Il la prévient qu’il n’a pas de sèche-cheveux ce qui lui fait dire qu’une femme ne hante pas les lieux depuis un certain temps.
Lorsqu’elle le retrouve dans le salon, elle s'assit devant lui, pose sa tête sur ses genoux.
- Est-ce que je peux rester avec vous cette nuit ?
- As-tu une réponse à une de tes questions ?
- Il me semble que oui.
Il l’embrasse pour seule réponse.
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J’enlève mon manteau et ouvre la penderie quand j’aperçois un mot qu'Il m’a laissé sur la petite commode. Une simple feuille pliée en deux avec écrit "Ma Mia" dessus.
Je respire, je prends le temps de pendre ma veste et d'enlever ma culotte. C'est devenu un réflexe tellement naturel que je le fais sans y penser, comme on retirerait son écharpe quand on arrive chez soi.
Je déplie ensuite la feuille. Il y a une dizaine de lignes que je dévore avec une certaine impatience ou une impatience certaine, sourire. Il aime me surprendre et il est doué pour cela.
"Bonsoir mon amour,
J'ai repensé à notre conversation de mercredi et j'ai très envie d'explorer ce vaste territoire avec toi. Evidement, nous approfondirons cela petit à petit, chaque fois un peu plus loin, dans l’acceptation et le respect... et surtout l’amour ma Sublime.
Je sais que tu as tenté de reconnaître la musique que j'écoute et rassure toi il est tout à fait normal qu'elle ne t'évoque rien de particulier pour l'instant.
Il s'agit des 4 saisons de Vivaldi qui, je trouve, colle très bien avec ce qui va suivre. Tu auras le temps de t'y habituer et de la reconnaître puisque nous allons l'écouter ce soir et demain après-midi et soir.
Ce morceau dure environ 40 minutes et passe par le printemps...temps de la transition, de la renaissance et des premiers jours difficiles de la vie...l'été...temps de la chaleur, de la moiteur et des orages...l'automne...temps de la transformation, du vent et de l'arrivée de la nuit...et l'hiver...temps de la rigueur, du froid et de la chaleur du feu de cheminée.
Ces quatre saisons ont des aspects doux et chaleureux comme des versions plus difficiles et tempétueuses. Comme ce que je te propose maintenant.
Tu trouveras dans le tiroir du haut la tenue que je veux que tu portes.
Tu feras en sorte de ne pas pouvoir parler.
Tu feras en sorte de ne pas pouvoir voir.
Et pour les 40 prochaines minutes, tu seras ma chose !
Prépare toi et attends moi debout !
Je t’aime
Ton amour de Maître"
J’ouvre le tiroir et découvre une paire de collant résille, une nouvelle robe chemisier, en soie avec un fond noir imprimé de symboles chinois, échancrée sur les côtés, je souris elle est magnifique, des chaussures à talons avec une bride sur la cheville, des pinces à seins japonaises reliées par une chaînette en or qu’on avait choisi ensemble, un nouvel objet : un bâillon gonflable qui m'empêchera surement de parler et un bandeau pour les yeux.
A cet instant, j’ai complètement oublié mes rêves d'apéro et mon envie de mettre les pieds sous la table. Un frisson a parcouru tout mon être, déboussolant tout mon esprit et tremblante, je me prépare comme il le désire, pleine aussi d’envies et de dévotion. J’aime qu’il s’improvise ainsi et qu’il me cueille sans détour. J’imagine ces 4 saisons, ces mots tournent dans ma tête avec les images des temps doux et des temps forts qui les égrènent. Je tremble excitée, souriante et déjà emportée par Lui, le Maître de notre univers, de mon âme et de mon corps.
J’enfile les collants résille et la robe, je prends soin de bien fixer les pinces avant de refermer la robe sans la boutonner jusqu'en haut pour qu'Il puisse voir toute la tenue en arrivant. De nature ‘douillette », les pinces en se refermant sur mes tétons déjà en érection accélèrent mon souffle pour passer le tiraillement, le picotement de ce doux serrement. Je fixe le bâillon puis je le gonfle un peu jusqu'à être certaine de ne plus pouvoir émettre un son, cet objet nouveau me laisse perplexe dans mes réflexions plus coquines, lubriques et perverses quant à la suite de notre soirée. N’utilisera-t-il pas ma bouche ? La sensation est différente du bâillon boule habituel, j’ai bien l’impression aussi que ma bouche est remplie mais pas de sa sublime queue.
Enfin, avant de placer le bandeau sur mes yeux, je me découvre dans le miroir, et un sentiment de fierté m’apaise et une excitation encore plus forte monte. J’abaisse le bandeau et je me retrouve complètement isolée, comme j’aime, à la merci de mon Maître. J’aime cette sensation où mon seul repère, ma seule balise, mon point de référence est Lui et seulement Lui. Mes sens sont alors en éveil au moindre bruit, odeur, souffle, brise froide ou chaude… je développe ainsi tout mes sens et l’expérience est alors décuplée.
Je prends la pose et me tient droite, les jambes légèrement écartées et les bras croisés dans le dos.
Et j’attends, je navigue entre empressement et patience. Cet instant suspendu me permet de faire descendre la pression et de me centrer sur ma position, ma place.
Je ne sais pas combien de temps je vais devoir subir la morsure des pinces.
Je ne sais pas combien de temps je vais devoir tenir cette position.
Je ne sais pas quand je pourrais de nouveau respirer et parler normalement.
Mais je sais que c’est là que je veux être avec Lui, pour Lui, par Lui et nul autre que Lui, mon Maître.
J’attends.
Et alors que ça ne fait pas plus que quelques minutes que je suis prête...je sens que ma cuisse est humide...
Il n'est pas encore devant moi et pourtant je suis trempée.
J’adore ma vie...
Je l’adore...
J’adore cet idéal de Tout et je suis prête à lui montrer toute ma dévotion, ma fierté, mon humilité...
Je sens un courant d’air froid, d’où vient-il ? de la porte d’entrée, et des pas qui approchent. Pourquoi vient-il de l’extérieur alors que la musique était en fonctionnement… Est-ce lui ? … voilà l’odeur de son parfum dans cette brise, je suis rassurée, il est là, derrière moi, sa main froide glissant le long de mon échine doucement, lentement, sensuellement, son souffle dans mon cou, des frissons me parcourent… Sa main remonte et entoure mon cou, basculant ma tête en arrière, et il appose ainsi un baiser sur mon front. Il me relâche doucement, je reprends la position, il se positionne devant moi, je le ressens et je sens son regard…
Ô, comme j’aimerais voir son regard à cet instant, d’approbation et d’excitation je l’espère, le pétillement de ses pupilles,
Ô, comme j’aimerais voir la réaction de son corps, ses troubles et ses désirs pervers,
Il me dit : « agenouille-toi ma Mia »
Sans hésitation, je me mets à genoux, en position nadu comme il aime, il me relève pour que je sois debout sur les genoux, et le bruit du tiroir glissant de la commande se fait entendre.
Il est derrière moi, attrape mes cheveux, les brosse et fait une queue de cheval. Puis il passe mon collier et ma laisse qu’il accroche, dans un silence total, où seul le clinquement de la boucle qui se referme, du fer de la chaine de la laisse… et sa respiration lente et concentrée…
« à quatre pattes ma belle chienne et tu vas me suivre, je te guide, nous allons dans le salon » A ces mots, il empoigne ma laisse, la tire et nous voilà, moi me dandinant et lui à ma droite, me promenant, surement la tête relevée, fier de mon accomplissement et de ma soumission à sa domination.
Je sens le tapis tout doux qui est au pied du canapé, il stoppe, je m’arrête et reste dans cette position. Il place la laisse sur mon dos, et m’explique ceci :
« Ma Mia, je vais remettre au début cette musique des 4 saisons et pendant 40 minutes tu seras mon unique objet de désir, de perversités, de douceurs et de douleurs. Aussi, un objet n’ayant pas la parole, sache que tu peux utiliser ton geste de sécurité en cas de nécessité, dès que j’aurais fini de parler tu me montreras ce geste. De plus, même si à un moment je retire ton bâillon, il te faudra ne pas parler, ne pas émettre de bruit. Tout écart sera consigné et entrainera après l’expiration de tes fautes par une punition que nous discuterons. Tu voulais être objet, tu vas le devenir. Comme tu l’as lu ce soir, tu as un avant-gout de demain, mais nous en parlerons un peu plus tard. Tu es déjà sublime et tu le seras encore plus après mon passage sur ton territoire. A toi »
A ces mots, je claque mes doigts pour mon safeword gestuel.
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J. arrive aux locaux du Centre pénitentiaire. Elle ne voit que des hommes. Que ce soit parmi les détenus ou parmi les geôliers. Elle commence à s'inquiéter. Son bienfaiteur a tenu sa parole et lui a évité la mort, mais comment pourrait-il la garder en sécurité ici ?
Des dizaines, des centaines de regards se posent sur elle et la déshabille des yeux. Ils savent tous qui elle est.
L'angoisse commence à prendre J. Heureusement, elle arrive dans sa cellule. Individuelle, comme prévue. Plutôt confortable. Et fermée à clefs, c'est le plus important pour le moment.
"- Parloir
"- Qui veut me voir ? demanda-telle
- tu le sauras bien assez tôt, rétorque le gardien"
Elle entre dans le local parloirs.
"A genoux, mains sur les cuisses, et ne bouge pas avant l'arrivée de ton visiteur" dit le geôlier.
J. s'exécute. La position n'est pas inconfortable. En tout cas sur le court terme ...
Les minutes passent, et personne n'apparaît et la douleur se fait sentir au genoux. J n'ose pas bouger, n'ose pas désobéir. Elle a trop peur que les surveillants laissent la porte de sa chambre ouverte aux autres détenus en représailles, même si ça n'a aucun sens.
Enfin, jusqu'aux dernières élections, cela n'aurais eu aucun sens. Désormais, tout est possible ...
La porte s'ouvre enfin.
J. me voit se lève.
"Reste à ta place, je ne t'ai pas autorisée à te lever" dis-je sèchement.
Elle sursaute, je vois son regard surpris. Elle obéis toutefois.
"- Je suis le Directeur. Comme convenu, je t'ai évité la mort. tu es désormais à mon service et tu devras obéir au moindre de mes ordres. Satisfaite ?
Oui, mais j'ai quelques craintes par rapports aux autres détenus et surveillants.
On dit oui Monsieur, soumise.
-Oui Monsieur, pardonnez-moi ...
Bien, tu comprends vite. Ici tu m'appartiens et tous le monde le sait. Le premier qui te touche sans autorisation sera libéré de ses couilles. tu peux donc être tranquille.
Merci Monsieur.
Mais je dois également acheter la paix sociale. Concernant les surveillants, cette prohibition ne prendra effet que dans une semaine. Ceux qui le veulent ont donc une semaine pour se vider les couilles en ou sur toi, où ils le veulent, quand ils le veulent, comme ils le veulent. C'est simple :pendant une semaine, tu fais tout ce qu'ils te demandent, sans résister, sans protester".
Je vois J blêmir.
"- Un commentaire ?
Non Monsieur
Parfait, une fois par mois nous ferons une journée de cohésion du personnelle. tu en seras l'enjeu : selon leur classement, ils auront plus ou moins de droits sur toi. Ca me permettra de maintenir l'ordre et de les motiver à être efficace".
J baisse les yeux de honte, rougis. elle est toujours à genoux au sol, mais ces annonces lui ont fait oublier la douleur.
"Concernant les codétenus, rassure-toi ils sont tous encagés par suite de leurs crimes.
Encagés ?"
la joue de J se mis à bruler sous l'effet de cette claque : "on dit, Monsieur !!"
Les yeux embués de larmes, J. balbutie un "Désolé Monsieur, je n'oublierai plus"
"Pour te répondre à ton impertinente question, ils portent une cage de chasteté. Ils ne peuvent donc pas bander. Mais pour les motiver, ceux qui suivront leur programme de réinsertion sérieusement pourront te baiser une fois par mois. J'ai bon espoir que dès le mois prochain, ils soient tous rentrés dans le rang."
Le visage de J. se décomposa encore plus à cette annonce.
"Que ce soit clair, si je t'ai fait venir ici, c'est pour en prendre plein les trous. Le Gouvernement s'est aperçu d'une augmentation de la consommation de pornographie depuis leur arrivée au pouvoir et ça ne leur plait pas. Je leur ai donc proposé l'idée de soumises afin de permettre aux citoyens d'assouvir leurs passions. tu es la première à servir d'expérimentation et je ne compte pas échouer. Si tu me réponds à mes attentes et exigences, je pourrai te prendre comme soumise privée et je te traiterai bien. Dans le cas contraire, tu deviendras une soumise publique et tu seras à disposition de qui le souhaite. Que préfères-tu ?
Vous appartenir Monsieur.
Bien alors, obéis moi et donne moi satisfaction et peut-être que cela arrivera.
Puis-je Vous poser une question Monsieur ?
Si tu veux
Pourquoi faites vous cela pour moi ?"
Je lui offris pour seule réponse un sourire. Il est trop tôt pour lui révéler mes intentions.
"Nous en avons terminé. Les gardiens t'emmèneront à la salle de préparation pour que tu ressembles enfin à une vraie soumise. Au fait, pour ton information, il y a 150 surveillants et 300 codétenus dans cet établissement".
Avant qu'elle n'ait pu dire un mot, je suis ressorti. Elle a été parfaite. Elle a tenu sa position, n'a pas rechigné, est restée silencieuse et a obéis aux ordres.
Elle a du potentiel.
En l'ayant à mes pieds, elle pourrait bien avoir le Monde aux siens ...
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"Dring", la sonnette retentie.
"La Cour !"
Tout le monde se lève, suspendu aux lèvres du Président de la Cour. L'accusée est tremblante. Elle me regarde. Elle sait, elle craint, et elle espère.
"J" est jugée pour adultère, bisexualité et pluralité devant la Cour des mœurs criminelle. Depuis l'arrivée eu pouvoir des intégristes, l'adultère est un crime passible de peine de mort. Et "J" a fauté. Plus d'une fois. Avec plus d'un homme. Et plus d'une femme. C'était une adepte des plans à trois.
Mais elle a été dénoncée. Depuis, elle est l'ennemie public numéro 1. Elle est la honte de sa famille, ses amis se sont détournés d'elle, elle a perdu son emploi.
C'est là que je suis entré en scène. Je lui ai proposé un marché : je l'aide, et elle se soumet à moi. Totalement. Sans retour. Elle rompt totalement avec sa vie précédente. Elle perd sa liberté, son identité, sa dignité.
"- Et si je suis condamnée ?
J'utiliserai mon réseau pour que tu profites d'une cellule individuelle et confortable, afin d'exécuter ta soumission comme je l'entends.
Si je refuse ...
Vu la vindicte populaire, ce sera probablement la mort.
De toute façon, je n'ai plus ni travail, ni famille ni ami désormais ..." m'avait-t-elle dit au moment d'accepter.
Je sors de mes pensées, le Président prend la parole.
"L'accusée est déclarée coupable des faits d'adultère, de bisexualité et de pluralité. Elle est condamnée à la peine de 20 ans de réclusions criminelle à exécuter dans un établissement adapté".
Elle me regarde, à la fois soulagée et inquiète.
Je la regarde, je lui souris avec bienveillance pour la rassurer.
Elle l'ignore encore, mais l'établissement adapté, c'est le mien. J'en suis le Directeur. C'est un établissement pour ce qu'on appelle les nouveaux criminels, ceux qui étaient dans la légalité il y a de cela quelques années. Et en tant que première femme à l'intégrer, elle bénéficiera d'un tout nouveau programme expérimental de réinsertion sociale et sexuelle.
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Comme toujours Maîtresse @Marie arrive par le train, mais cette fois-ci elle arrive directement dans ma ville. Mon rendez-vous chez l’esthéticienne n’étant pas terminé, Maîtresse m’y rejoint. C’est alors qu’une fois seules dans la cabine d’épilation je me mets à genoux et lui tend mon collier. Maîtresse est la seule à pouvoir refermer ce magnifique bijou qu’est mon collier autour de mon cou. Le moment est symbolique mais très fort car pour la première fois ce n’est pas à la maison que nous le faisons. Le faire dans un lieu public me plait beaucoup et m’excite aussi un peu je dois l’avouer. Oui je suis fière de ma place et fière de le montrer à qui peut le comprendre en voyant mon collier. Je suis fière et heureuse de ce que Maitresse et moi accomplissons. Heureuse pour elle et heureuse pour moi car cela libère la femme que je suis. Le BDSM c’est surtout ça : être capable de se libérer dans cet univers et je ne m’en doutais pas mais les effets ne se ressentent pas que sur la soumise mais aussi sur la femme que je suis, sur la femme que je deviens. Cette femme-là s’épanouie et est heureuse. Merci Maîtresse.
Peut-être qu’un jour ce collier se refermera dans une place publique. J’en serai encore plus excitée, mais là c’est mon côté exhibitionniste qui parle. Une fois le collier à mon cou et habillée, Maîtresse et moi quittons l’institut pour rejoindre la voiture. Je marche derrière elle, à ma place, heureuse et fière.
Au cours de la soirée, Maîtresse me donne carte blanche pour m’occuper de ses seins. Nous sommes dans le lit, à califourchon sur elle je commence à les sucer très vigoureusement. Je prends l’initiative de planter mes ongles dans sa chair ainsi que de la griffer. Maîtresse essaye de contrer mon action, c’est alors que je vais chercher une sangle pour l’immobiliser. Une fois fait, je peux me concentrer sur sa poitrine. Ce moment est tout nouveau pour moi, je suis un peu surprise mais soumise doit répondre aux désirs et attentes de Maîtresse. Prendre le « dessus » est totalement nouveau pour moi : il y un certain plaisir lié à l’excitation, lié à la nouveauté de la situation mais rapidement je me rends compte je ne suis pas à ma place. Je me sais capable de prendre le rôle le temps d’un instant dans une situation donnée mais pas d’aller plus loin. Je me sais soumise au plus profond de moi…
Le lendemain est consacré à la préparation de l’après-midi et de la soirée car nous recevons Yrys, une amie qui sera la playpartner que j’ai proposée à Maîtresse pour cette soirée. C’est la première rencontre entre ma Maîtresse et Yrys et afin de faciliter cela, Nausika est présente auprès de sa Maîtresse. En effet notre invitée à également à un animal de compagnie… Nausika me permet vraiment de me vider la tête, j’entends tout mais je ne retiens absolument rien. D’autant plus qu’Yrys a offert des jouets très attractifs à Nausika J Le repas se passe dans les meilleures conditions et nous finissons par le dessert préféré de Maîtresse : un tiramisu à manger sur mon corps. La pratique plait également beaucoup à notre invitée. Quant à moi je suis aux anges comme lors du Nyotaimori. Mon plaisir réside dans le fait de voir mes partenaires prendre du plaisir. D’autre part c’est un moment très D/s car je suis considérée comme un objet : je n’ai pas le droit à la parole, même si cela parle de sujets pour lesquels je souhaite intervenir. Etre là sans totalement l’être en fait, il suffit « juste » de lâcher prise.
Ma convalescence m’oblige à rester assez sage durant cette soirée. Je deviens pour la première fois l’assistante soumise de Maîtresse pour une séance d’impacts sur Yrys. Etre sa complice est très plaisant même lorsque Maîtresse use de toute sa perversité. En effet, je dois choisir certains instruments d’impacts qu’elle utilisera sur mon amie Yrys. Les quelques soirées passées avec cette amie dans un tout autre cadre m’ont donnée l’intuition qu’Yrys est plutôt masochiste. C’est pour cela que les instruments que j’ai choisis sont progressifs : du simple paddle au fouet… Je retiens deux points très marquants lors de cette soirée :
Le premier est de voir Maîtresse dans son œuvre. J’ai pu voir à quel point le bonheur est si grand lorsqu’elle applique sa Domination. Je suis heureuse de la voir ainsi.
Le deuxième c’est Yrys. Je ne m’étais pas trompée sur ton côté masochiste, je ne pensais juste pas que tu aimais autant les sensations si fortes J Le fouet dès la première séance ce n’est pas courant. Tu as pris tarif !
Après Yrys, ce sera à mon tour mais très léger vu ma situation. Putain que c’est bon, putain que cela me manque. Les impacts sont peu nombreux mais je les apprécie énormément, à tel point que j’ai même eu le droit de commencer par 5 coups de fouet directement… Maîtresse, pensant à ma convalescence, me freine dans mes ardeurs car je n’ai qu’un seul mot en tête : « Encore ».
La soirée continue de manière plus posée en discutant tranquillement sur le canapé. Une longue discussion entre Maîtresse et Yrys durant laquelle je n’interviendrai que lorsque Maîtresse me donne la parole.
A ma place, sans réellement savoir pourquoi, je développe un instinct félin et j’ai tendance à frotter mon visage contre la cuisse de ma Maîtresse. Mon instinct semble plaire et exciter Maîtresse puisque sans crier garde elle me lance par devant notre invitée « Val, ce soir je vous baise ». Il n’en fallait pas plus pour réveiller la salope qui sommeille en moi. A partir de cet instant, plus rien d’autre ne compte. Je souhaite juste une chose : me faire prendre. J’aime beaucoup le faire en musique, cela me désinhibe pas mal. Maîtresse me demande d’aller chercher la tablette : je le fais à quatre pattes en ondulant du cul le plus outrageusement possible. Maîtresse ne résiste pas à mon indécence et enfile son gode ceinture pour me baiser devant notre invitée. J’ai joué à la chienne, à moi d’assumer maintenant : Maîtresse m’empale d’un coup d’un seul. Je me fais prendre au rythme de la musique et putain que j’aime ça. En levrette, je crie mon plaisir. Ma bouche trouve celle de notre invitée et nous nous embrassons pendant que je m’empale sur le gode ceinture. Je prends un plaisir de malade et lorsque la musique se termine je m’affale sur le canapé tellement c’était intense. Il me faut un peu de temps pour me remettre de tout ça…
La soirée continue encore un peu mais il est déjà plus de 3h00, il est temps de nous coucher.
Ce n’est que le lendemain que je comprends que j’ai vécu la veille ma première exhibe sexuelle. J’en suis heureuse et très excitée.
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Alexandre se tient droit, adossé à sa voiture, dans le parking souterrain. Il observe attentivement chaque mouvement de Sophie qui approche, décortiquant ses gestes, son rythme, la manière dont ses épaules sont légèrement tendues, comme si elle portait un poids invisible. Il la voit hésiter un instant, et il sait que ses émotions commencent à monter, à se bousculer. C'est toujours ainsi avec elle, ce mélange de peur et d'excitation, cette dualité qui la rend si malléable entre ses mains. Il prend une inspiration calme et entame la conversation, sa voix grave résonnant doucement dans l'espace clos.
« Sophie, tu as bien fait de signer ce contrat. Il t’engage autant que moi. » Son ton est ferme, bienveillant, mais sans équivoque. Il veut qu’elle comprenne que les règles sont désormais établies, et qu'il n'y a pas de retour en arrière. « À partir de maintenant, chaque écart, chaque désobéissance pourra entraîner des punitions. Des punitions que je choisirai. »
Sophie sent son cœur s’accélérer, son souffle se raccourcir. Une part d’elle-même vacille, hésite à franchir cette nouvelle étape, tandis que l’autre est irrémédiablement attirée par l’intensité de ce moment, par le contrôle qu’il exerce sur elle. Elle hoche doucement la tête, ne trouvant pas les mots pour répondre tout de suite, mais Alexandre n’a pas besoin de paroles. Il lit déjà la réponse dans ses yeux, dans la manière dont elle se tient devant lui, à la fois vulnérable et résolue.
« Est-ce que tu es prête à commencer ce rendez-vous ? » demande-t-il, sa voix baissant légèrement d’un ton, appuyant chaque mot. « Parce qu’à partir de maintenant, il n’y aura plus de retour possible. Nous allons ouvrir un nouveau chapitre, et je veux être sûr que tu es pleinement consciente de ce que cela implique. »
Sophie acquiesce à nouveau, sentant l’excitation et la peur s’entrelacer en elle. Elle sait que ce moment est crucial, qu'elle s’apprête à franchir une limite qu’elle n’avait encore jamais dépassée. Il y a une certaine froideur dans l’air du parking souterrain, mais c’est surtout le regard perçant d’Alexandre qui la fait frissonner.
« Très bien, » dit-il, se redressant légèrement, prêt à passer aux choses sérieuses. « À chaque rendez-vous, une inspection sera faite. Ton hygiène doit être irréprochable à tout moment. Je veux que tu sois toujours prête, même pour des rendez-vous imprévus. »
Il la scrute un instant avant de prononcer l’ordre suivant. « Releve ta jupe. Je veux vérifier que tu as bien respecté les instructions. »
Sophie déglutit. Le parking est désert, mais l’idée que quelqu’un puisse entrer à tout moment lui fait tourner la tête. Elle s’exécute néanmoins, relevant lentement sa jupe, dévoilant ses jambes et, finalement, sa culotte. Un froncement de sourcils se dessine sur le visage d’Alexandre.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Je t’ai pourtant bien dit de venir sans lingerie, sauf demande contraire. » Sa voix est calme, mais l’autorité qu’il impose ne laisse aucune place à la discussion. « Enlève-les immédiatement. »
Elle obéit, le cœur battant à tout rompre, ses doigts tremblant légèrement alors qu’elle retire d’abord sa culotte, puis son soutien-gorge qu’elle avait sous son chemisier. Elle lui tend les deux sous-vêtements, ses joues brûlant d’embarras. La nudité partielle dans ce lieu public ajoute à son angoisse, mais Alexandre ne semble pas s'en soucier.
« Maintenant, tourne sur toi-même, » ordonne-t-il. « Je veux voir. »
Elle s’exécute, soulevant sa jupe et son manteau comme il l’a demandé, se sentant exposée, vulnérable. Elle tourne lentement, offrant une vue complète à Alexandre, jusqu’à se retrouver face à lui de nouveau. À cet instant, elle se fige, ne sachant pas quoi faire de ses mains, toujours accrochées à sa jupe. Elle cherche un signe dans ses yeux pour savoir si elle doit la lâcher, mais il y a autre chose qui capte son attention : un mécontentement clair dans son regard.
Le silence s’installe, lourd, pesant, presque insoutenable pour Sophie. Elle comprend vite pourquoi en croisant son regard qui s’attarde sur une petite zone de pilosité qu’elle a négligée lors de son rasage. Elle sait qu’elle a fait une erreur, et l’angoisse monte en elle. Chaque seconde de ce silence semble s’étirer à l’infini.
Finalement, Alexandre brise le silence, sa voix coupant l’air comme un coup de fouet. « Je pensais avoir été clair sur ta pilosité. Ce n’est pas à toi de prendre des initiatives de ce genre. Je réfléchirai à une punition pour cette désobéissance. Relâche ta jupe et monte dans la voiture. »
Sophie laisse tomber sa jupe et son manteau, sentant la tension la quitter un peu, mais le poids de ses mots reste suspendu au-dessus d’elle. Elle monte dans la voiture, son cœur toujours battant, consciente qu’une étape importante vient d’être franchie.
« Déshabille-toi, » ordonne-t-il calmement une fois qu’elle est assise à côté de lui. « Enlève tout sauf ton foulard. »
Elle hésite une seconde, puis commence à retirer son manteau, suivi de sa jupe et de son chemisier. La sensation de l’air frais sur sa peau nue la met encore plus mal à l’aise, surtout dans cet espace confiné. Elle sait que des passants pourraient croiser la voiture à tout moment sans savoir qu’elle est nue sous son manteau. L’idée la terrifie et l’excite à la fois.
« Maintenant, remets ton manteau et boutonne-le. »
Elle s’exécute, ses mains légèrement tremblantes alors qu’elle ferme les boutons du manteau sur son corps nu. La sensation est étrange, déstabilisante. Elle se sent à la fois protégée par le tissu et incroyablement vulnérable sous lui. L'angoisse de pouvoir être vue et l'excitation de suivre ses ordres s'entrechoquent en elle, la plongeant dans un état d'esprit confus mais exalté.
Une fois qu’elle a terminé, Alexandre démarre la voiture et sort du parking. Tandis qu’ils traversent le centre-ville, Sophie fixe la route, consciente de chaque mouvement, de chaque regard extérieur qui pourrait se poser sur eux, sans jamais deviner qu’elle est nue sous ce manteau boutonné. C’est une nouvelle étape, une nouvelle soumission, et elle sait que ce n’est que le début.
Un silence pesant régnait dans la voiture, amplifié par l'absence de toute distraction, même la radio était coupée. Le regard d’Alexandre se fixait droit devant lui, concentré, alors qu’il conduisait à travers les rues animées. Sophie, assise à ses côtés, sentait l’adrénaline monter, chaque battement de son cœur résonnant dans le silence. Après quelques minutes, Alexandre trouva enfin une place dans un quartier animé, où bars et restaurants grouillaient de vie, leurs lumières clignotant doucement dans le crépuscule.
« Sors de la voiture, » ordonna-t-il d'une voix calme mais ferme, sans offrir plus d'explications.
Sans poser de questions, Sophie ouvrit la portière et le suivit. Ils marchèrent en silence, les talons de Sophie résonnant sur le trottoir pavé. La fraîcheur de l’air effleurait ses jambes, mais c'était l’anticipation qui la faisait trembler plus que le froid. Après plusieurs centaines de mètres, ils arrivèrent devant un pub. Le cœur de Sophie s'accéléra. Était-ce leur destination ? Alexandre s’arrêta un instant devant la porte, la regardant d'un air pénétrant avant de pousser la porte. Ils entrèrent ensemble.
À l'intérieur, quelques clients sirotaient des boissons, profitant de la tranquillité d’avant l’heure de pointe. Alexandre guida Sophie vers un coin discret du pub, suffisamment à l'écart pour que leur conversation ne soit pas facilement entendue, mais assez proche du comptoir pour qu'ils restent visibles. Le cadre était rassurant et troublant à la fois. Sophie s’assit à la place qu’Alexandre lui désignait, une banquette basse qui la mettait face au comptoir, accentuant son malaise.
Tandis qu'Alexandre prenait place en face d’elle, Sophie, malgré ses efforts pour se contrôler, ne pouvait s’empêcher de penser à son manteau. Elle avait pris soin de boutonner tous les boutons dans la voiture, mais le savoir seule sous ce vêtement lui donnait une sensation de vulnérabilité intense. Elle se répétait qu'aucun des clients présents ne pouvait deviner son état sous le manteau, mais l’inconfort était palpable.
Alexandre, imperturbable, fit signe au serveur de s’approcher et commanda des boissons pour eux deux, sans consulter Sophie. Quand le serveur s’éloigna, Alexandre se pencha légèrement en avant, sa voix devenant plus directive.
« Déboutonne ton manteau. Juste jusqu’à la poitrine. »
Sophie hésita, les yeux écarquillés, mais le regard intransigeant d'Alexandre lui fit comprendre que la question ne se posait pas. Ses doigts tremblants se mirent en action, libérant les premiers boutons. Sa poitrine, généreuse sans être ostentatoire, commença à se dévoiler subtilement, la tension du manteau maintenant légèrement écarté la rendait encore plus consciente de sa nudité. Le stress monta en elle alors qu’elle essayait de rester immobile, sachant que tout mouvement trop brusque pourrait laisser entrevoir bien plus que ce qu’elle ne souhaitait.
Le serveur revint avec les boissons, déposant les verres sur la table. Sophie retint son souffle, priant pour que rien ne soit remarqué. Heureusement, il ne sembla rien voir d’inhabituel et s’éloigna rapidement. Sophie soupira intérieurement de soulagement, bien que ses muscles restaient tendus, prêts à réagir au moindre signe de danger.
Alexandre, sentant que Sophie était très stressée et qu'elle ne s'habituait pas à la situation, engagea une conversation décontractée. Il évoqua des sujets anodins, parlant du temps, de la ville, essayant de la ramener à un état de calme. Peu à peu, Sophie retrouva un semblant de naturel, bien que le stress ne la quittât jamais vraiment. Elle se surprit à répondre plus facilement, se laissant presque emporter par la normalité de la discussion, comme s'ils étaient simplement deux personnes prenant un verre ensemble.
Mais juste au moment où elle commençait à se détendre, Alexandre changea de ton. Sa voix reprit cette autorité douce mais implacable. « Déboutonne entièrement ton manteau. »
Le choc de cette demande fit monter une nouvelle vague de stress en elle. Elle savait que chaque bouton ouvert augmentait le risque que sa nudité soit découverte. Mais elle n'avait plus le choix, son contrat de soumission était là pour le lui rappeler. Ses doigts tremblants se remirent en action, défaisant les derniers boutons discrètement sans toutefois ouvrir le manteau. Désormais, chaque mouvement de son corps pouvait trahir ce qu'elle cachait sous le tissu.
Alexandre laissa un moment de silence s'installer, la regardant, observant les moindres signes de son malaise. Puis, dans un geste calculé, il plongea la main dans sa poche et en sortit un petit objet métallique, froid. Il referma ses doigts dessus avant de poser ses deux poings fermés sur la table.
« Mets tes mains, paumes ouvertes, sur la table, » lui demanda-t-il calmement.
Sophie, surprise, ne comprit pas immédiatement ce qu'il attendait d'elle, mais elle s'exécuta sans poser de questions. Alexandre ouvrit alors l'une de ses mains et déposa deux petits objets métalliques froids dans les paumes de Sophie. Elle frissonna légèrement au contact, les yeux baissés sur ses mains, mais sans regarder ce qu’elle tenait.
« Maintenant, mets ces objets dans ta poche, sans les examiner. »
Sophie s’exécuta, glissant les petits objets dans la poche de son manteau, les doigts légèrement tremblants. La tâche était simple, presque insignifiante, mais elle sentait que cela n’était qu’un prélude.
Alexandre ne tarda pas à lui donner la véritable mission. « Je viens de te donner deux petits objets. Tu as maintenant moins de quatre minutes pour te rendre aux toilettes et les installer solidement sur chacune de tes lèvres. Sache que si l’un d’eux venait à tomber au sol, cela entraînerait une punition. Sois appliquée pour cette première mission, et reviens avant que le chrono ne s’arrête. »
Sophie sentit l’adrénaline monter en flèche alors qu’Alexandre, sans détourner le regard, appuya sur son téléphone pour lancer le chronomètre. Elle comprit que chaque seconde comptait. En oubliant presque que son manteau était désormais complètement déboutonné, elle se leva précipitamment. Dans une précipitation relative, les battements de son cœur tambourinant dans sa poitrine, elle se dirigea vers les toilettes, le tic-tac invisible du temps pesant sur ses épaules, sachant que la moindre erreur pourrait être décisive.
Sur le chemin vers les toilettes, Sophie glissa sa main dans la poche de son manteau, essayant d'identifier les petits objets métalliques qu’Alexandre lui avait confiés. Le contact froid la fit frissonner, mais elle ne parvenait pas à deviner exactement ce que c’était. Une fois arrivée devant les toilettes, elle poussa un soupir de soulagement en constatant qu'une cabine était libre, mais sa sérénité s'évanouit quand elle s'aperçut que le verrou était cassé. Elle se mit dos à la porte, la maintenant fermée avec son corps, puis sortit les objets de sa poche.
Dans sa main, elle découvrit deux petites pinces en métal reliées par une chaîne légère, chaque pince ornée d’une petite boule métallique. Son cœur battait plus vite en comprenant qu'elles faisaient partie des exercices physiques qu'Alexandre avait mentionnés. Elle n’avait jamais imaginé que de si petits objets pouvaient provoquer une telle sensation, ni qu’elle se retrouverait dans une telle situation.
Son regard se perdit un instant sur les pinces alors qu'elle réalisait que son corps, malgré la tension et l'angoisse, réagissait d'une manière surprenante : son entrejambe était humide. Sophie fut d'abord choquée de s’en apercevoir, mais elle repoussa cette réflexion pour se concentrer sur la tâche à accomplir. Ses mains, légèrement tremblantes, placèrent les petites pinces sur ses lèvres intimes, les ajustant soigneusement. La sensation de pincement et le poids des boules créaient une pression qu’elle n’avait jamais connue, un mélange d'inconfort et d’excitation qu’elle ne comprenait pas totalement.
Elle referma son manteau rapidement, veillant à ce qu’aucun bouton ne soit fermé, puis quitta les toilettes pour retrouver Alexandre. À chaque pas, les petites pinces tiraient légèrement sur ses lèvres, la chaîne et les poids balançant doucement contre ses cuisses, ajoutant une sensation constante mais pas tout à fait douloureuse. L'inconfort et l'excitation se mélangeaient de manière étrange alors qu’elle rejoignait la table, prenant place en face d’Alexandre, le regard cherchant immédiatement à comprendre si elle avait respecté le temps imparti.
Alexandre la regardait en silence, son expression impénétrable. Il ne montrait ni son téléphone, ni le chrono, laissant Sophie dans le doute. Le stress montait en elle à chaque seconde, et des pensées tourbillonnaient dans sa tête : avait-elle échoué ? Une punition l'attendait-elle ? Ses pensées dérivèrent vers ce que cela pourrait impliquer, et à sa grande surprise, cette idée ne la terrifiait pas autant qu'elle aurait pu l’imaginer. Elle se surprit à fantasmer sur ces possibles conséquences, une vague d’excitation la traversant malgré elle.
Cependant, Alexandre interrompit rapidement ses pensées. « Tu as réussi à revenir dans les temps, » annonça-t-il enfin, brisant le suspense. Il la félicita, visiblement satisfait de son obéissance et de son efficacité, mais son regard restait intense. « As-tu bien fait ce que je t’ai demandé ? » demanda-t-il, et Sophie répondit par un simple « oui » en hochant la tête.
« Bien, » répondit-il, « mais je dois vérifier. »
Sans plus attendre, il lui demanda de se lever, toujours avec son manteau déboutonné mais fermé d’une main, pour s’approcher de lui comme si elle allait regarder quelque chose sur son téléphone. Obéissante, Sophie se pencha légèrement à sa gauche, son corps frôlant la table. Elle sentit la main d’Alexandre glisser discrètement sous son manteau, et son souffle se coupa alors qu'il vérifiait que les pinces étaient bien en place. Son toucher était ferme mais précautionneux, et lorsqu'il constata l'humidité entre ses cuisses, un sourire satisfait passa brièvement sur son visage.
« Parfait, » murmura-t-il en retirant sa main. « Tu peux reprendre ta place. »
Sophie s’assit, toujours sous le poids du stress, mais également de plus en plus consciente de l’effet que cette expérience avait sur elle. Ils finirent leurs boissons en silence, Alexandre observant Sophie avec attention. En guise de récompense pour sa réussite, il lui permit de fermer un bouton de son manteau, un geste symbolique pour lui montrer qu'il appréciait son obéissance. Sophie choisit un bouton situé au niveau de son nombril, espérant ainsi se protéger un peu plus tout en suivant ses instructions.
Quand Alexandre fit signe au barman pour régler l’addition, Sophie remarqua un léger changement d’atmosphère. Le barman prit son temps, et bien que son regard restât professionnel, il jeta quelques coups d’œil furtifs à Sophie, comme s’il avait perçu quelque chose d’intriguant dans son comportement. Sophie se sentit rougir sous cette attention, son malaise grandissant à chaque seconde, incapable de savoir s’il devinait ce qui se passait sous son manteau ou s’il la trouvait simplement séduisante.
Après un temps qui lui parut interminable, Alexandre se leva et fit signe à Sophie de le suivre. Alors qu'ils traversaient le pub, elle prit soin de tenir son manteau fermé autant que possible, une mains dissimulées dans une poche et l'autre en train d'ajuster son foulard pour pouvoir maintenir le haut. À chaque pas, le mouvement de son manteau et les courants d’air créés par leur marche mettaient son équilibre en péril, augmentant sa peur qu’un accident révèle ce qu’elle s’efforçait de cacher. Mais heureusement, ils atteignirent la porte sans incident majeur.
Dehors, Alexandre lui tendit la main, un geste apparemment innocent, mais Sophie comprit immédiatement le dilemme : si elle prenait sa main, elle ne pourrait plus maintenir le bas de son manteau fermé. Cependant, elle n’avait pas le choix. En saisissant la main d’Alexandre, elle sentit son manteau s’ouvrir légèrement sous l’effet des petits courants d'air de la rue.
Le trajet de 500 mètres jusqu’à la voiture lui parut interminable. Chaque pas faisait bouger les poids métalliques attachés à ses lèvres, les tirant douloureusement, mais aussi excitant chaque fibre de son corps. L’inconfort grandissait à chaque seconde, et pourtant, une certaine satisfaction naissait en elle. Elle tenait bon, malgré l'intensité de la situation. Ses pensées se concentraient sur une seule chose : atteindre la voiture, ce refuge où elle serait à l'abri des regards.
Enfin, ils arrivèrent à la voiture. Alexandre lui ordonna de s’attacher et de poser ses mains sur ses genoux. « Ne touche à rien, » précisa-t-il, d'une voix qui laissait peu de place à la désobéissance.
Sophie obéit, ses lèvres toujours sous l'emprise des pinces, sentant leur poids peser davantage avec chaque respiration, mais elle garda ses mains immobiles. Le trajet en voiture se déroulerait dans le silence, mais à l'intérieur de son esprit, le chaos régnait.
Alors qu'ils retournaient au parking souterrain, chaque imperfection de la route envoyait un rappel implacable à Sophie. Ses lèvres, où les pinces métalliques continuaient d’exercer une pression constante, étaient devenues douloureuses. Pourtant, malgré cette gêne croissante, elle resta parfaitement droite, les mains posées sagement sur ses genoux, déterminée à ne montrer aucune faiblesse.
Les secousses de la route faisaient osciller les petits poids attachés aux pinces, étirant légèrement ses lèvres à chaque mouvement. La douleur, douce mais persistante, se transformait en une sensation à laquelle elle ne pouvait plus échapper. Son esprit était entièrement focalisé sur ce tiraillement, amplifié par l'anticipation de ce qui allait suivre.
Sophie fut enfin soulagée de voir le parking s'approcher. Ils s’engouffrèrent dans l’obscurité du niveau -2, et bientôt, Alexandre gara la voiture à la même place d'où ils étaient partis. Le silence s'installa dans l'habitacle, lourd de sens, laissant Sophie se demander si cette épreuve marquait la fin de leur premier rendez-vous.
Alexandre coupa le moteur et se tourna vers elle avec un regard scrutateur. « Je suis vraiment satisfait de ton implication dans ce rôle que tu apprends à assumer, Sophie. Tu as fait preuve de courage et de dévouement, et je n'ai vu aucune hésitation dans tes actions. Mais… il y a une erreur à corriger. »
Sophie sentit son cœur s’accélérer. Alexandre continuait d'une voix calme et mesurée : « Ce petit morceau de toison que tu n’as pas rasé… Cela montre un manque d’attention. Comme tu le sais, chaque erreur entraîne une conséquence. Aujourd'hui, tu as de la chance. Ce ne sera pas une punition corporelle, mais tu dois comprendre que c’est nécessaire pour te corriger. »
Elle acquiesça doucement, son esprit bouillonnant de questions sur ce qui l'attendait.
« Pour te faire pardonner, voici ce que tu vas faire, » continua-t-il. « Ouvre la portière doucement, sors de la voiture calmement, et enlève ton manteau. Pose-le sur ton siège. Ensuite, tu reculeras de deux pas, les mains sur la tête, et tu me regarderas à travers la vitre. Je vais compter une minute. Après ça, je te ferai signe, et tu devras faire trois fois le tour de la voiture, à une cadence d'un pas par seconde. Si quelqu’un arrive, tu pourras te cacher, mais nous recommencerons à zéro. Quand tu auras terminé, tu reprendras ta position initiale, et je compterai encore une minute avant que je te permette de revenir dans la voiture. »
Sophie se figea un instant, prenant la mesure de cette demande inhabituelle et risquée. Mais elle savait qu'elle devait obéir. Alexandre attendit patiemment, et elle finit par hocher la tête.
« Je suis prête, » murmura-t-elle.
Elle ouvrit la portière, un peu tremblante, et sortit avec précaution. La fraîcheur du parking la frappa, mais elle enleva néanmoins son manteau et le posa soigneusement sur le siège, suivant les instructions d’Alexandre à la lettre. Elle referma ensuite la porte et se mit en position, mains sur la tête, reculant légèrement pour que leurs regards se croisent à travers la vitre.
Les secondes s'étiraient, interminables. Chaque battement de cœur résonnait dans ses tempes, et la douleur dans ses lèvres, exacerbée par la position debout, devint plus insistante. Elle tentait de rester immobile, mais l'attente était presque insoutenable.
Enfin, Alexandre lui fit un signe. Un léger soulagement la traversa, mais ce n’était qu’un début. Elle commença à marcher autour de la voiture, essayant de maintenir le rythme imposé, un pas par seconde. Chaque mouvement faisait osciller les petits poids, provoquant de nouvelles vagues de douleur dans ses lèvres. Elle lutta pour ne pas accélérer malgré le stress, consciente que tout faux pas pourrait la contraindre à recommencer.
La boucle semblait durer une éternité, mais elle termina enfin son troisième tour. De retour devant la portière, elle se remit en position, mains sur la tête, attendant cette ultime minute qui lui paraissait interminable.
Finalement, Alexandre fit de nouveau un signe. Comme un gong libérateur, ce geste marqua la fin de l'épreuve. Sophie ouvrit la portière et se réinstalla dans la voiture. Elle remit sa jupe et son chemisier en place, prit son manteau qu’elle laissa entrouvert, son corps en ébullition malgré la fraîcheur ambiante. Ses joues étaient rougies, non seulement par l'effort, mais aussi par la chaleur intérieure qu'elle sentait grandir.
Alexandre, observant sa réaction, afficha un sourire satisfait. « Tu peux être fière de toi, Sophie. Tu as accompli cette épreuve sans montrer de faiblesse. » Il lui accorda enfin la permission d’enlever les pinces, la libérant de la dernière contrainte physique.
Le soulagement immédiat fut remplacé par une autre sensation, celle de l’excitation. Son corps vibrait, chaque fibre tendue. Elle sentait une chaleur familière entre ses jambes, une humidité accrue, témoin de l’effet que cet exercice avait eu sur elle. Elle ne savait comment contenir cette excitation, oscillant entre la satisfaction d'avoir terminé et l'envie presque irrésistible de prolonger ce moment.
Alexandre lui annonça que le « jeu » était terminé pour aujourd'hui. « Tu peux t'exprimer librement à partir de maintenant, » ajouta-t-il, relâchant l'atmosphère stricte. Elle le remercia, encore en train de reprendre ses esprits. Pour l’instant, les formalités comme l'appellation « Maître » n'étaient pas de mise, mais elle comprenait que cela viendrait, avec le temps.
Curieux, Alexandre demanda ses premières impressions. Sophie hésita un instant, puis exprima son mélange de gêne, de confusion et de plaisir. Elle avoua être surprise de la manière dont la douleur avait pu se transformer en une source de plaisir si intense, une véritable découverte pour elle.
Alexandre sourit à cette révélation. « Je suis content que tu sois en train d’apprendre ce que tu es capable de ressentir. Mais souviens-toi, l'éducation ne fait que commencer. Prépare-toi pour la prochaine fois. »
Après ces derniers mots, Alexandre démarra la voiture, quittant le parking avec la même calme autorité qu’il avait maintenue tout au long de la soirée. Sophie, restée seule, repensa à chaque détail de cette nuit. Elle avait hâte de le revoir, de découvrir ce que l’avenir lui réservait, et surtout, de retrouver ces sensations qu'elle venait à peine d’effleurer.
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C'était une de ces règles entre lesquelles on peut se décider, une règle qui n'est certes pas très honorable, mais elle nous donne un certain calme pour passer la vie et pour nous résigner à la passion. Elle laissait filer la chaîne des jours passés pour mieux jouir des rencontres à venir, et pas seulement la nuit. C'était elle, une amante très en beauté, au maquillage discret, moulée dans un adorable jean. La jeune femme fut médusée comme à la vue d'un spectre. Elle l'attendait alors, sagement assise derrière le volant. Leurs bouches se rejoignirent bientôt à l'intersection des deux sièges selon un rituel tacitement établi depuis qu'elles se retrouvaient dans la clandestinité. Mais, en deux ans, elles avaient appris à le bousculer à tour de rôle, afin que jamais l'habitude n'entamât la passion. Elles échangèrent un long baiser, si imaginatif qu'il pouvait à lui seul dresser l'inventaire exact de tout ce qui peut advenir de poétique et de prosaïque entre deux êtres soumis à leur seul instinct, du doux effleurement à la morsure, de la tendresse à la sauvagerie. Toutes les figures de l'amour s'inscrivaient dans cette étreinte. Elle avait la mémoire de celles qui l'avaient précédée. Quand leurs bouches se reprirent enfin, elles n'étaient qu'un seul et même souffle. Anticipant sur son premier mot, Juliette posa son doigt à la verticale sur ses lèvres et, dans un sourire de connivence, entraîna Charlotte hors de la voiture. Après qu'elles eurent tout doucement refermé les portes et fait les premiers pas sur la pointe des pieds, comme si l'extrême discrétion leur était devenue une seconde nature, elle la prit par la main et l'engagea à sa suite dans une des rares stalles encore vides. À l'ardeur incommensurable qu'elle y mettait, la douce Charlotte comprit que ce jour-là, encore une fois de plus, elle dirigerait toutes les opérations, du moins dans un premier temps. Alors une sensation inédite l'envahit, la douce volupté de se laisser mener et emmener par celle qui la traiterait à l'égal d'un objet. En s'abandonnant sous la douce pression de ses doigts, elle n'était déjà plus qu'un corps sans âme, qu'une soumission charnelle en répit. L'endroit était humide et gris. Il en aurait fallut de peu pour qu'il paraisse sordide.
Certains parkings peuvent être aussi borgnes que des hôtels. Un rai de lumière, provenant d'un des plafonniers de l'allée centrale, formait une diagonale au mur, à l'entrée du box. Il n'était pas question de descendre le lourd rideau de fer, elles se seraient retrouvées enfermées. Charlotte s'appuya le dos contre le mur, exactement au point où le halo venait mourir, de manière à réagir à temps au cas où quelqu'un viendrait. Avant même que Juliette pût l'enlacer, elle lui glissa entre les bras tout en tournant le dos, avec cette grâce aérienne qui n'appartient qu'aux danseuses, puis posa ses mains contre la paroi, un peu au-dessus de sa tête, et cambra ses reins tandis qu'elle s'agenouillait. Depuis tant de mois qu'elles s'exploraient, pas un grain de leur peau n'avait échappé à la caresse du bout de la langue. Du nord au sud et d'est en ouest, elles en avaient investi plis et replis, ourlets et cavités. Le moindre sillon portait l'empreinte d'un souvenir. La chair déclinait leur véritable identité. Elles se reconnaissaient à leur odeur, se retrouvaient en se flairant. Tout avait valeur d'indice, sueur, salive, sang. Parfois un méli-mélo de sécrétions, parfois le sexe et les larmes. Des fusées dans la nuit pour ceux qui savent les voir, messages invisibles à ceux qui ne sauront jamais les lire. Si les humeurs du corps n'avaient plus de secret, la subtile mécanique des fluides conservait son mystère. Mais cette imprégnation mutuelle allait bien au-delà depuis qu'elles s'étaient conté leurs rêves. Tant que l'on ne connaît pas intimement les fantasmes de l'autre, on ne sait rien ou presque de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais vraiment aimé. Charlotte savait exactement ce que Juliette désirait. Se laisser prendre avant de s'entreprendre. Un geste juste, qui serait juste un geste, pouvait apparaître comme une grâce, même dans de telles circonstances, car leur silence chargeait de paroles le moindre de leurs mouvements. Elles n'avaient rien à dire. Demander aurait tout gâché, répondre tout autant. Charlotte n'avait rien perçu, rien respiré de cette métamorphose suscitée par de nouveaux appétits pour des jeux et des assouvissements inédits, plus sauvages, empreints d'une licence sexuelle.
Elle me regardait si gentiment que j'étais convaincue de récolter bientôt les fruits de ma patience. Sa poitine ferme était délicieusement posée sur mon buste, ses cheveux effleuraient mes joues, elle frottait ses lèvres contre les miennes avec un sourire d'une tendre sensualité. Tout n'était que grâce, délice, surprise venant de cette fille admirable: même la sueur qui perlait sur sa nuque était parfumée. Elles pouvaient juste surenchérir par la crudité de leur langage, un lexique de l'intimité dont les prolongements tactiles étaient infinis, le plus indéchiffrable de tous les codes en vigueur dans la clandestinité. Tandis que Charlotte ondulait encore tout en s'arc-boutant un peu plus, Juliette lui déboutonna son jean, le baissa d'un geste sec, fit glisser son string, se saisit de chacune de ses fesses comme s'il se fût agi de deux fruits murs, les écarta avec fermeté dans le fol espoir de les scinder, songeant qu'il n'était rien au monde de mieux partagé que ce cul qui pour relever du haut et non du bas du corps, était marqué du sceau de la grâce absolue. Puis elle rapprocha ses doigts du sexe, écarta les béances de la vulve et plongea ses doigts dans l'intimité moite, si brutalement que sa tête faillit heurter le mur contre lequel elle s'appuyait. Ses mains ne quittaient plus ses hanches que pour mouler ses seins. Le corps à corps dura. Là où elles étaient, le temps se trouva aboli. Toute à son ivresse, elle ne songeait même plus à étouffer ses cris. Fébrilement, au plus fort de leur bataille, Juliette tenta de la bâillonner de ses doigts. Après un spasme, elle la mordit au sang. De la pointe de la langue, elle effleura délicatement son territoire à la frontière des deux mondes, avant de s'attarder vigoureusement sur son rosebud. Un instant, elle crut qu'elle enfoncerait ses ongles dans la pierre du mur. Elle se retourna enfin et la caressa à son tour sans cesser de la fixer des yeux. L'air humide se chargeait autour d'elles, épaissi de l'écho de leur bestialité.
Toute l'intensité de leur lien s'était réfugiée dans la puissance muette du regard. Car si Juliette l'aimait peut-être, l'aimait sans doute, Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement, plus minutieusement exigeante. Ainsi gardée auprès d'elle les nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, elle se prêtait à ce qu'elle lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la reconnaissance, plus encore lorsque la demande prenait la forme d'un ordre. Chaque abandon lui était le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquittait comme d'un dû. Il était étrange que Charlotte en fût comblée. Cependant, elle l'était. La voiture était vraiment le territoire inviolable de leur clandestinité, le lieu de toutes les transgressions. Un lieu privé en public, ouvert et clos à la fois, où elles avaient l'habitude de s'exhiber en cachette. Chacune y reprit naturellement sa place. Elle se tourna pour bavarder comme elles l'aimaient le faire, s'abandonnant aux délices de la futilité et de la médisance avec d'autant de cruauté que l'exercice était gratuit et sans danger. Elles ne pouvaient que se sentir en confiance. Scellées plutôt que liées. Charlotte était le reste de Juliette, et elle le reste d'elle. Inutile d'être dénudé pour être à nu. Tout dire à qui peut tout entendre. On ne renonce pas sans raison profonde à une telle liberté. Au delà d'une frénésie sexuelle sans entrave, d'un bonheur sensuel sans égal, d'une connivence intellectuelle sans pareille, et même au-delà de ce léger sourire qui emmène plus loin que le désir partagé, cette liberté était le sel de leur vie. Elle la prit dans ses bras et lui caressa le visage tandis qu'elle se blottissait contre sa poitrine. À l'extérieur, l'autre vie pouvait bien attendre.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Il s'éclaircit la voix en toussotant légèrement et il rompt ce silence interminable comme suit : « Ma chienne, regarde-moi dans les yeux », je vois un regard dure et froid que je n’ose soutenir et il ajoute : « je pense que tu as oublié quelque chose et je vais finir par croire que tu le fais exprès. Aussi, je vais te laisser une minute pour faire ce que tu as oublié, il ne tient qu’à toi de respecter tes engagements et d’obéir comme il se doit si cela a de l’importance pour toi ! le décompte débute… »
Je vous regarde, le regard embué de larmes, les joues rouges de mes regrets de me montrer une nouvelle fois indigne de vous. Pas le temps de me lamenter, de me poser milles questions, j’ai cette unique minute pour me rattraper, mais qu’ai-je pu oublier ? Pas ma tenue, je suis nue, mes cheveux sont bien dans mon dos, je suis dans la bonne position, ma laisse est bien entre mes seins… je suis perdue, je ne sais pas, et le temps défile, je panique et une lueur d’intelligence fulgurante éclate en moi : la Lettre, bien sûr la Lettre d’excuse… je me retourne, toujours à quatre pattes, je me dirige vers le coussin, je prends la lettre entre mes lèvres, sentant mes sécrétions de chienne lubrique soumise qui me rende fière à cet instant et reviens à ma place, en faisant attention à ma position et mes obligations, non sans avoir jeter un œil vers vous, vous tenant la debout devant moi, la ceinture toujours dans vos mains, le pantalon déboutonné, et votre chemise ouverte. Malgré cette situation d’échec à mes engagements, je mouille par votre simple présence. Je ne peux parler pour vous le dire et pourtant je dois vous en faire part comme l’exige notre contrat. Il est convenu qu’en cas de silence demandé ou d’impossibilité de parler car ma bouche serait entravée, je devais lever le doigt. Je m’exécute et lève le doigt sans relever la tête.
Attentif à ma position, vous voyez cette main se lever, vous tourner autour de moi, et vous restez derrière moi : « Mia, je vais prendre ta lettre et avant que je la lise, tu as la parole pour dire ce que tu veux exprimer en levant cette main ». Ces paroles accompagnant le geste, vous me retirez la lettre et sans attendre je vous dis : « Mon Maître, je dois vous dire humblement que je suis toute humide »
J’entends qu’il sent ma lettre, j’entends son inspiration à plusieurs reprises, et j’imagine le sourire vicieux et pervers qui se dessine sur son doux visage et son regard empreint de cette lueur si diabolique qui illumine mon âme si souvent. Je n’ai qu’une envie le regarder mais je n’en ferais rien.
J’entends vos pas, vous vous éloignez vers la fenêtre, et vous revenez rapidement devant moi, votre déplacement par des pas rapides et quasi sautillants, je comprends dès lors que ma lettre vous a plu et surement que l’audace de mon dessin aussi. Je sais que vous aimez que je prenne des initiatives qui m’impliquent un peu plus dans ma soumission auprès de vous et qui vous surprennent toujours un peu plus.
Je sens que vous respirez pour poser votre voix : « Ma Mia, tu as beaucoup de gout et je pense que cette pièce sera parfaite pour nous abandonner à nos plaisirs simples et à nos retrouvailles perverses, tu as colorié ton dessin de ton élixir en respectant j’en suis sure mon ordre de ne pas jouir sans mon autorisation, et cette audace me ravit. Comme toujours, tu trouves les mots qui sortent de ton cœur et ton âme avec ta façon bien à toi de les écrire et de les mettre en perspective. Sache que j’accepte tes excuses. Cependant, tes innombrables fautes ne peuvent s’éteindre aussi facilement et ta punition n’est pas finie. Tu peux t’exprimer si tu as quelque chose à dire avant que je continue. »
Je le savais et pourtant je reçois votre message comme une lame froide, transperçant mon corps qui me rappelle mes écarts et me renvoie à ma condition voulue et consentie. Pourtant, aucune rébellion en moi, juste l’envie de satisfaire et d’obéir et d’expier la faute.
Je vous dis : « Mon Maître, j’accepte votre punition car elle est nécessaire à mon éducation et me servira à expier mes fautes et à apprendre a ne pas les renouveler. Je vous remercie mon Maître de l’attention que vous me portez et permettez-moi de vous renouveler mes plus sincères excuses ».
« Très bien, tes excuses sont acceptées, et j’apprécie ta résilience. Tu es ma soumise, ma chienne, ma pute et mon objet de luxure. Relève-toi et regarde-moi »
Debout, les mains dans le dos, les jambes écartées, je vous regarde. Nos regards intenses expriment nos sentiments respectifs. De l’intransigeance pour Vous, de la pugnacité pour moi… nous nous comprenons.
Vous prenez en main la laisse, et vous tirez celle-ci vers vous, me voilà à quelques centimètres de votre corps avec une envie pressante de le toucher, de vous embrasser, mais l’instant serait mal choisi pour le faire. Vous savez que cela provoque une certaine frustration et vous en jouez. Toujours les yeux dans les yeux, je ne détourne pas mon regard, je vous transperce du mien, prenant toutes les informations, toutes les forces qui me sont nécessaires pour me sentir si unique et si aimée pour m’abandonner et lâcher prise. Ce temps est si intense que chaque parcelle de mon corps réagit, que je me sens si vulnérable et si forte à la fois pour me dépasser et me livrer, m’offrir corps et âmes. Je sens aussi que vous l’avez ressenti car on sait se lire sans se parler. Vous tirez encore la laisse, je suis vraiment au bord de vos lèvres, et vous me susurrez : « je vais te punir pour tes fautes ma Mia »
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I: Cataclysme sous une soutane
Il avait toujours eu les idées bien à leur place, bien rangées… alors il avait choisi sa vocation… devenir curé.
Depuis tout jeune, il aspirait vers l’idéal. Oh bien sûr, il avait eu cette aventure avec la petite Annette, rien de sérieux. Elle admirait sa force morale autant que ses yeux bleus profonds. Mais le séminaire avait coupé court à leur amourette. Elle s’en remettrait, se disait-il. Il allait désormais se consacrer à Dieu…
Et les années sont passées, il avait été affecté dans cette petite paroisse de campagne. Ses ouailles admiraient sa verve, ils redoutaient son doigt accusateur lors de ses prêches passionnés. Il était là, dernier rempart contre le vice et la tentation. Et il y eut cette matinée de septembre…
Cette femme qui était entrée dans l’église d’un pas non-chaland, un sac de cuir d’agneau à la main. Elle s’était installée sur le banc, au deuxième rang. Elle a posé son sac à terre. A fait un signe de croix et s’est perdue dans ses méditations. Sa robe noire tombait sobrement sur ses rondeurs.
Lui, dans le confessionnal, il était captivé… Mais qui est-elle? Il en était sûr, il ne l’avait jamais vue dans le village.
Puis Elle se leva, se dirigea vers le confessionnal et devant le grillage derrière lequel il récitait ses psaumes, il crut qu’elle lui faisait un clin d’oeil… quelle audace! Puis Elle s’installa, face à lui … seulement séparés par la grille de pénitent, qu’allait Elle lui confesser? Comment 2 heures plus tard a t’il pu se retrouver, la soutane retroussée jusqu’à la taille, le cul offert à cette femme?
... Seuls les anges peuvent en témoigner....
Il se cachait le visage avec sa croix romaine que lui avait offert sa mère lors de sa nomination… la honte empourprait ses joues. Il sentait sa vie basculer brusquement dans le péché. Désormais, plus rien ne serait comme avant. A partir de ce jour le petit Diable posé sur son épaule gauche avait gagné la partie. Il le savait.
Il lui faudra désormais renoncer à la certitude que quelque part, les portes du Paradis lui seront ouvertes. Il le cherchera ici-bas. Désormais, son paradis, il le cherchera par la jouissance de son cul, entièrement soumis aux caprices de cette femme.
Moi, enfant de choeur à l’époque, je me souviens de l’avoir vue sortir de l’église qui était fermée ce matin, chose inhabituelle. Elle s’est dirigé vers sa petite citadine noire, un sourire au lèvres et est partie en direction de la commune voisine.
II: Tourment intérieur
Lui, le souvenir de cette femme le minait
Il fit ses prêches plus véhéments, dans un sursaut d'orgueuil mais chaque nuit,, au moment de s'endormir... àl'heure où le Diable vient accueillir les confessions de son esprit tourmenté, le souvenir de cette femme l'assaillait.
De nuit de lutte en nuit de lutte, il se réveillait chaque matin plus épuisé. Ainsi, Il se réveillait chaque matin plus résolu encore à chasser le mal et la tentation C'était peine perdue, le soir venu, il entendait le Diable se rire de lui...
« Pauvre petit curé inconséquent, tu n’es pas capable d’appliquer à toi même tes propres prèches »
Oh bien sûr, il avait bien prié Saint Antoine sa lutte contre le Malin dans le désert l'obsédait.
Mais la tentation n'était plus qu'un lointain souvenir pour lui depuis qu'il avait cédé à cette femme
En connaissait il d'ailleurs le nom?
... non
d'ailleurs avait-Elle seulement jamais existé?
Il finit par se persuader que non
finalement il se fit à cette idée...
le Diable qui venait le hanter chaque nuit avait pris les traits de cette femme et avait embrumé son esprit jusqu'à donner corps à cette illusion qui le tourmentait...
III : A la messe
La vie avait poursuivi son cours et les messes du dimanche matin aussi…
Comme à l’accoutumée, toute la communauté était là, moi, j’assistais le prêtre dans ses sacrements… puis vint le moment du prêche.
La porte de l’église dans le fond s’est ouverte… C’était Elle… la femme brune vêtue de noir. Elle avait toujours la même désinvolture dans ses mouvements, une rigueur se dégageait de chacun de ses gestes… et tellement de sensualité de sa posture qui ne cherchait pas à plaire… Elle était.
Soudain, le curé croisa son regard, il se mit à perdre ses moyens, il n’était plus que l’ombre de lui même, il devint pâle puis se mit à bégayer
Il cherchait à s’appuyer sur l’autel d’une main puis posa les deux et finit par s’effondrer.L’assistance était stupéfaite… comment, lui si droit, dans la force de l’âge? Cela leur paraissait inconcevable.
Très rapidement, la femme s’est levée, s’est dirigée vers le prêtre et demanda l’assemblée réunie d’évacuer l’église: Je suis Docteur, le curé a besoin de repos, sortez tous... Sous son ton autoritaire naturel, tout le monde s'exécuta.
Et en se retournant vers moi, m’a dit: non, pas toi, toi tu restes là, tu vas m’aider.Elle me demanda d’aller chercher de l’eau, dans le bénitier.Elle en arrosa copieusement le visage du prêtre puis après avoir dégrafé son col lui mis une paire de claques.
J’étais stupéfait… comme pouvait Elle?
Puis Elle me demanda de l’aider à transporter le curé jusqu’à sa voiture pour l’emmener à l’hôpital par la porte dérobée de l’église. Incapable de penser par moi même je m’exécutais et l’ai aidé à le transporter.
Avais-je bien agit? J’…étais à la fois troublé et me sentais coupable d’avoir emmené le curé dans la voiture de cette inconnue… Mais comment résister à son charisme naturel… Je dois bien l’avouer j’étais sous le charme.
IV: Lâcher prise
Le curé commençait à reprendre conscience… il était attaché nu et baillonné à une croix de saint André .
En même temps qu'il reprend ses esprits, il sentait son sexe en érection…
Où se trouvait-il, comment? La femme brune n’était pas que le seul fruit de son imagination?
Pourtant, il pouvait sentir son odeur envoutante… puis au fur et à mesure qu’il reprenait conscience, il explorait du regard la salle: Elle était sombre, quelques candélabres éclairaient une table en bois, devant lui… puis dans la pénombre, il la vit…de l'autre côté de la table.
Elle était installée dans un fauteuil, face à lui, coupe de champagne dans la main gauche, dans l'autre un fouet charron... robe noire fendue...
Eh bien mon cher, vous me faites attendre? Lui dit-Elle?
Puis Elle pose sa coupe de Champagne, se leva et se dirigea vers lui.
Elle lui glissât à l'oreille... en caressant le sexe turgescent du curé de son fouet...
-Maintenant, tu m'appelleras Maitresse d’une voix doucereuse
-compris? Reprit-Elle d’une voix dure
-si tu as compris baisse la tête
Il acquièsse
-C’est bien... on va finir par faire quelque chose de toi... en tapotant sa joue
Elle enlève son baillon
Tu as compris?
-oui répond -il
-oui qui? d'une voix dure en le prenant au cou sa bouche tout près de celle du prêtre
-oui , Maitresse
Il avait cédé
V: la découverte de la sensualité
Puis la Maitresse commença à prendre les contours de son corps avec son fouet, et un coup après l’autre devenait plus sèche dans ses frappes.
pendant qu'il psalmodiait les dernières paroles de Saint André, sur La Croix à laquelle il était lui même attaché: Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de Son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. O bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m’a sauvé.
Mais la Maitresse n'en avait cure
Et elle venait interrompre sans cesse par des coups de fouet le curé qui reprenait sans cesse sa psalmodie du début
celui ci sensait la lanière venir lécher les plaies déjà ouvertes par de précédents coups
Alors que son supplice continuait, il se rendit compte que ce n'est pas la joie de découvrir son sauveur qui l'animait mais la découverte de sa sensualité, pendant 20 ans refoulée qui s'exaltait sous le fouet de la Maitresse
La Maitresse de son côté s'évertuait à viser toujours les mêmes points sensibles tantôt à gauche, tantôt à droite de son torse qui commençait à perler quelques gouttes de sang.
Il n'avait jamais connu cette sensation d'abandon...
le corps, et la brûlure physique ce n'était rien, mais qu'allait il rester de son âme?
Peu lui importait maintenant, ses pensées sans cesse interrompues par un nouveau coup
il se laissait glisser dans l'instant, tantôt redoutant le prochain coup, tantôt l'espérant et se laissait griser vers un sentiment jusqu'alors inconnu... l'éveil de sa sensualité.
VI: un odieux chantage
Notre bon père lacéré de coups de fouets, la Maitresse marqua une pause. Elle l'observa, enleva un de ses gants noir et pris plaisir à redessiner les contours de son oeuvre sur la chair du divin martyr avec son index. Elle saisit une bougie et recommença l'opération... alors que la cire chaude coulait sur ses plaies le curé ne pouvait s'empêcher de gémir
puis estimant qu'elle avait bien rempli son devoir Elle se dirigea vers son siège, remis son gant. Elle posa son fouet sur la table, s'assit vida d'un trait sa coupe de champagne,
puis fixa le curé dans les yeux
-Tu sais ce qu'il me manque? lui lança t'elle?
- non Maitresse
- un serviteur pour me remplir une deuxième coupe
Le curé arpentant la salle du regard fixa la bouteille, puis regarda la Maitresse...incrédule, lui qui ne s’était jamais imaginé que comme serviteur du Christ!!
- je sais à quoi tu penses reprit-elle
- aussi je vais t'aider à accomplir ton devoir
Elle sorti de son sac en cuir d'agneau qui était posé à côté d'elle un appareil photo puis pris le prêtre en photos, humilié, martyrisé... seul son sexe arborait encore une fierté qu'il ne pouvait dissimuler
- Maintenant reprit-Elle tu m'obéiras, sinon ces photos, je les envoie au Diocèse et au journal local
As tu bien compris?
Oui Maitresse, répondit le curé, dans un râle de résignation
Elle se leva, détacha le curé de sa croix... le curé, chancela puis s'effondra.
puis un regard vers sa Maitresse qui ne l'avait pas lâché de son regard d'acier se releva
et s'exécuta... il lui servi une coupe de Champagne
Elle claqua des doigts, son index montrant le sol et le curé, nu s'agenouillat où lui avait montré sa Maitresse.
Il était à ses pieds.
VII: le trouble de l’enfant de choeur
Et moi, j’avais laissé notre Père partir… où était il, que faisait-il?
Je ne savais sonder mon malaise à la vue de cette lueur étrange dans le regard de la femme au moment où elle l’emmenait vers sa voiture. Du coin de l’œil, j’observais sa silhouette vénitienne, ses longues mains de dentelière, son allure déterminée qui ne laissait pas de place au doute
Je lui ai demandé, de me donner des nouvelles avant de refermer la porte de sa voiture,
Elle est partie sans dire un mot.
Je suis resté, là dans la rue, les bras ballants le regard dans le vague dans la direction où elle avait emmené notre curé.
Je me sentais coupable. Mais je n’arrivais pas à déterminer si ce trouble provenait de l’avoir laissé aux mains de cette femme ou bien de cet émoi obscur qu’elle avait fait naître en l’enfant que j’étais. qu’importe, je restais avec cet étrange sentiment qui m’a habité jusqu’au soir.
Mon trouble était d’autant plus prégnant que je n’en saisissait pas les contours.
Seule ne subsistait plus que l’odeur de son parfum… et encore aujourd’hui, entre mille odeurs, je le reconnaîtrais encore.
VIII: vers un nouveau départ
Notre père était dans la cave, à genoux
depuis combien de temps? il n'en savait rien, le temps avait filé, avec sa dignité
Il n'avait plus osé tourner le regard vers sa Maitresse
Elle brisa le silence … et l'instant qu'Elle savourait jusqu'alors en dégustant son Champagne, le prêtre à ses pieds.
- Eh bien, si nous jouions maintenant?
Son supplice ne s'arrêterait donc jamais? se dit il...
Allonge toi sur la table, sur le dos... Il se leva et exécuta les volontés de sa Maitresse Elle se leva, saisit son sac, en sorti des cordes.. Elle lui attacha les poignets puis les chevilles aux pieds de la table. En quelques minutes, il était à sa merci.
- Tss tss Te voilà tout crotté, lui dit Elle , saisissant de son sac un couteau ... son manche était noir, sa lame était brillante, affutée... brûtale
Ses yeux étaient écarquillés, la honte en lui cédait peu à peu la place à la peur
quel autre choix avait il que de soumettre à sa volonté...
Il récita un notre Père
cela fit rire la Maitresse et avec la lame de son couteau, Elle entreprit, patiemment, chirurgicalement, d'enlever la cire refroidie de ses plaies lacérées par le fouet.
Le curé tentait de réciter son notre père... ponctué par les gémissements causés par l'extraction de la cire de ses plaies.
Puis elle sorti un tissu et lui posa sur le visage
Tu as été baptisé certes... Mais connais tu mon baptême?
Elle inclina alors la table de manière à ce que les pieds soient plus haut que la tête et elle versa de l'eau sur le tissu
Alors que le prêtre continuait à réciter son Notre Père
Il ne pouvait pas se noyer, ses poumons situés plus haut que sa bouche... seul le sentiment de sa mort imminente habitait le prêtre
Elle arrêta le supplice
et alors qu'il reprenait sa respiration, elle lui glissa à l'oreille... Par la volonté de ta Maitresse, te voilà un homme neuf
Elle banda les yeux au prêtre, défit ses liens puis l'aida à se lever de la table
Elle l'amena vers la sortie, le fit entrer dans sa voiture, ui débanda les yeux et le posa, sans mot-dire au bord de la route, tout en lui remettant sa soutane et ses vêtements bien pliés.
Il avait découvert la sensualité par les mains de cette Domina, c'était un homme nouveau.
FIN
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Évidemment, elle était faible. Sa Maîtresse avait sur elle cet avantage de la connaître, d'être plus forte, de savoir comment la prendre, et de s'en amuser. Mais ce qu'il y avait surtout, c'était que leurs liens rentraient définitivement dans le rang des êtres et des événements dont on parle avec les autres. C'est que l'amour d'abord, c'est une complicité. Une complicité et un secret. Charlotte, semblait perdue dans une étrange rêverie. Comme cela lui arrivait parfois. Elle s'absentait alors, loin, très loin. Elle ne savait pas encore elle-même, si elle était heureuse. Désespérée d'avoir un corps sans réaction devant la vie, dévorée par quelque chose d'inconnu, qui, qu'elle le veuille ou non, lui prenait tout. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité flatteuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette avait eu raison bien à l'avance. Elle paraissait manquer, non pas de loyauté, mais de confiance en elle. Alors, sa Maîtresse, mue par cette force qui habite les cœurs encore jeunes, pensa que sa vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. Elle était poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Elles ne possédaient rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier, un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, les lumières du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans leur relation que la vérité, crue et nue, de leur sexualité. Elles n'avaient pas eu besoin de donner le change, pas plus à elles-mêmes, qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Elles n'étaient pas des animaux sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et elles n'y recoururent jamais. Aussi, Juliette se sentait tenue de tout dire à Charlotte, sans même l'embrasser ou la caresser, mais elle n'avait pas assez compté sur l'appétit qu'elles avaient l'une de l'autre. Elle lui fit d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes à la douleur, et elle baissa la tête, puis elle la releva à peine troublée. Elle tenait à la main la mince ceinture de cuir qu'elle mettait sur sa robe, elle recula d'un pas et fouetta le visage de Charlotte. Cela lui ouvrit la lèvre, et elle sentit le goût du sang. Elle était terriblement effrayée. Son bras repartit pour frapper encore. Mais elle ne fit rien. Elle laissa retomber son bras, lâcha la ceinture et se mit à sourire, sans parler. Elle possédait ce talent, qui est si rare de savoir donner une présence au silence. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les lettres JM, ornant son pubis lisse, signe de son appartenance, et surtout les cicatrices, vifs souvenirs des sanglades de cravaches. Sa Maîtresse la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. Charlotte était très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne, Elle avait de petits seins fermes et haut placés, des hanches enfantines à peine formées. À force de la battre, Juliette s'était rapprochée de Charlotte, qui obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais elle lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par une autre. Son seul droit était de se faire battre, et elle savait sa Maîtresse plus cruelle qu'un homme.
Quoiqu'un tel plaisir ne soit pas d'une sorte qui donne plus de valeur à l'être auquel il s'ajoute, car il n'est perçu que de lui seul. Nous savons nous appuyer sur notre faiblesse et vérifier nos progrès ou nos reculs, capricieux comme les saisons. Parler d'un amour, c'est peut-être déjà le trahir. L'amour ne se passe qu'entre deux êtres. Tout ce qu'on y introduit d'étranger lui fait perdre de sa force et de sa pureté, le menace de mort. Juliette s'amusait. Elle jouait avec Charlotte et démontait de petits mécanismes et elle se promettait d'avance les satisfactions les plus vives à les voir fonctionner. Elle voulait qu'elle parvienne à se donner après avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait, car elle ne la quittait que très rarement, qu'elle regarde toujours Juliette caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Sans doute, Juliette avait trop compté à la fois sur l'indifférence et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, et quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. Mais, elle ne voulait pas se séparer d'elle. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le seul fait qu'elle l'offrait chaque jour davantage lui donnait une preuve, qu'elle lui appartenait. Elle lisait son visage, son cou. Ainsi, lorsque Charlotte se sentait traitée injustement, elle roulait les épaules vers l'avant, son cou se gonflait, faisant saillir les muscles, et régulièrement ses épaules retombaient. Elle se tenait comme gelée. Souvent, elle portait une robe assez décolletée pour qu'on voie le grain de beauté sur son sein. Mais quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois, elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait si rudement son ventre qu'elle croyait s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Il arrive que la force du désir se nourrisse dans la chair, d'une succession de faits, de contretemps microscopiques, lesquels finissent par tisser un dessein occulte qui prend alors la forme d'un enchaînement logique et implacable. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Alors, elle se fit chienne.
Il lui semblait que sa servitude n'était plus quelque chose de déplaisant et dont on pouvait sourire mais avait précisément la beauté touchante, la séduction de cette musique, semblable elle-même à un espace réconfortant où celle qu'elle aimait s'épanouissait à la torturer. Un vent aride dessèche la fraîcheur d'une période de croissance. Le désert morne reverdit soudain sous une pluie régulière et douce. Ce fut gentil. Des descriptions n'ajouteraient rien. La jeune femme fut déplorablement naïve. Elle ne croyait plus à rien, si ce n'est à l'amour unique. Mais une vue pessimiste de l'avenir, ou un complexe de culpabilité, ou un un ressentiment obscur né de sa folie la firent se précipiter dans l'abandon. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. L'après-midi, elle retrouva Juliette qui l'emmena chez Paul. Vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs, et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors Charlotte abandonna son corps aux désirs sadiques de Paul. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Paul se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à fouetter les reins qui s'offraient à lui. Il débuta doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction des muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Paul, excité, frappa alors plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Le plaisir qu'elle prenait, à offrir à sa Maîtresse, autant moite et brûlante, lui était témoin et garant de son plaisir. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa alors ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors sa Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Paul frappa encore plus fort et les fines lanières cinglèrent alors dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en hoquetant et en tordant son frêle buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Paul dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Alors, la douleur devint trop vive. Elle ne voulait pas supplier, elle ne voulait pas demander grâce mais Paul entendait l'amener à merci. Charlotte laissa couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Paul de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre du repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité. Mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Paul qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva le bruissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Paul dut maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent alors sur le lit. Paul fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Alors, de tout son être, la jeune femme se fit bouche accueillante, mais avait-elle d'autre choix ? Pour elle, le plaisir physique existait seul.
Même dans l'obscurité, nous vivons sous le regard de quelqu'un qui nous comprend. Nous nous efforçons de nous gagner l'un l'autre, de nous voir et de nous aimer dans la lumière. Pour nous, enracinés côte à côte, tout est simple et complexe comme les chênes qui nous entourent et qui nous survivront. Ces menus débordements étaient des débauches forts modestes. Il n'y avait peut-être au fond pas de quoi fouetter un chat. La morale toute seule, la légèreté toute seule ne sont jamais très grâves. Ce qu'il y a de terrible, c'est ce mélange de rigueur et de faiblesse dont elle donnait un déplorable exemple. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de sperme qu'elle avala religieusement jusqu'à la dernière goutte. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Paul, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé. Elle comprit qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Il ne la laisserait qu'à la nuit tombée, après lui avoir labouré les reins, qu'il lui meurtrirait tant il était épais. Alors, bientôt, il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre, sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Paul, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Paul sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter, distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Paul se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Semi-consciente, elle pensa alors seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait bien pire que n'importe quelle chaîne.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Jeudi 3 Octobre 2024
Première entrée de ce journal aujourd'hui. Encore en cours de dressage à l'heure actuelle et propriété de Maîtresse Pandora, je me suis décidé à tenir ce journal, à la fois pour partager mon expérience et mon parcours de soumis, et aussi comme une ode à ma Maîtresse Pandora envers qui je suis tout dévoué.
Mais commençons par le commencement ... Je m'appelle Fabien (Soumis Fabien maintenant pour ma Maîtresse Pandora), 44 ans et père de famille séparé.
Principalement fétichiste du nylon en général et des collants en particuliers avant tout depuis très longtemps (mes premiers émois de jeune ado), je n'ai commencé à assumer ce fétichisme que depuis récemment, quelques années tout au plus, n'ayant jamais osé le mettre en avant auprès des quelques relations que j'ai pu avoir dans ma vie jusqu'à maintenant.
Une activité sexuelle que l'on pourrait qualifier de classique, rien d'extravagant, jusqu'à mes dernières relations d'après ma séparation avec la mère de mon fils (trois rencontres en 6 ans pour être précis, avec une durée allant de quelques mois à un an pour la plus longue) ... j'ai en effet pu, peut-être le hasard, rencontrer ces femmes qui étaient prêtes d'elles-même, après discussion, à partager ce fétiche que j'avais pour le nylon.
Outre mon fétiche, il y a aussi ce plaisir que j'éprouvais d'être contrôlé par ma partenaire, sans forcément penser jusqu'à de la soumission à l'époque, bien que il faut que j'admette que l'idée m'effleurait l'esprit par moment ... fidèle de base en amour et présent auprès de ma partenaire dès le moment où je suis engagé, en quoi me soumettre à une Maîtresse serait-il différent me disais-je alors, conscient, bien que quelque peu ignorant alors sur les pratiques et relations dominant/soumis à ce moment, ce serait de toute façon différent dans le sens où une Maîtresse n'est pas une partenaire.
Cette idée a commencé à m'obséder de plus en plus avec l'une de mes dernières relations qui, en plus de prendre un réel plaisir à jouer de mon fétichisme, m'a fait découvrir l'expérience du plaisir anal, matiné d'un soupçon de domination ... je dois admettre encore que ce fut particulièrement ... perturbant ... mais paradoxalement très plaisant. Ajouté à cette sensation le caractère dominant de ma partenaire, bien que ce ne fut que dans l'acte en soi, cette relation a fini, dès lors que nous nous sommes séparé, par me motiver à tenter l'expérience de la relation dominant/soumis.
Plusieurs recherches, de nombreux sites et autres applications trouvées au hasard souvent d'internet, des plus sérieux, ou tout du moins des plus populaires à priori, aux plus fourre-tout ... me renseignant au passage sur les usages, le vocabulaire, des relations dominant/soumis et du monde du bdsm en général ... Pour résumer, très peu d'expériences, principalement négatives, sûrement dues entre autre à ma découverte de ce milieu, souvent peu de sérieux ressenti dans la démarche de mes interlocutrices, sans parler de ces faux profils qui pullulent malheureusement sur les sites de rencontres et autres ... quelques Maîtresses bienveillantes cela dit, qui, bien que je ne leur correspondait pas en tant que potentiel soumis, m'ont encouragé à ne pas désespérer de trouver une Maîtresse envers qui me dévouer.
Sans désespérer pour autant, une certaine résignation malgré tout, mais un échange autour d'un simple et agréable partage allait bientôt changer ma vie ...
Bientôt un an, je trouve un site où, à défaut d'aboutir à ma recherche d'une Maîtresse, je peux me laisser aller à mon fétichisme et à mes envies d'être contrôlé, bien que dans un contexte solo ... une communauté ouverte, relativement sérieuse, avec son melting pot de personnalités, des plus agréables aux moins agréables, le lot encore une fois d'internet ...
Il y a quelques jours maintenant, je tombe sur ce post sur le forum du site en question, invitant à se présenter comme soumis ... je tente ma chance. Echange cordial, un ressenti de sérieux dans la démarche ... celle que je vais rapidement appeler Maîtresse Pandora prend le temps de m'expliquer les tenant et aboutissant qu'une telle relation implique, me faisant remplir dans un premier temps la checklist bdsm afin de déterminer à quel genre de soumis Maîtresse Pandora aura à faire ... un point renforçant encore le côté sérieux de sa démarche ... Pas de précipitation d'un côté comme de l'autre, je prends le temps de remplir la checklist comme Maîtresse Pandora prends le temps de la consulter.
Loin de me bercer de belles paroles, Maîtresse Pandora prend en compte ma checklist, me propose mon contrat de soumission que je prends le temps de lire ... Maîtresse Pandora ne manque pas de me préciser que je serai éduqué et soumis en dressage dans un premier temps ... encore un agréable ressenti dans son sérieux, je sais que Maîtresse Pandora est sans aucun doute la Maîtresse dont j'ai besoin, il ne m'en faut pas plus pour signer le contrat ... Me voici soumis en dressage à Maîtresse Pandora.
Que dire à l'heure actuelle si ce n'est que je ne regrette en rien de servir Maîtresse Pandora, bien que cela soit encore très récent ... bien que ma dévotion envers Maîtresse Pandora soit entière, Maîtresse Pandora parfait encore mon éducation, et sait me punir justement lorsque je faute encore malgré moi, me montrant parfois encore négligeant lorsque je m'adresse à elle ... Maîtresse Pandora sait jouer de ces tortures aussi bien physiques que psychologiques pour me remettre à ma place de soumis, me remettre dans le droit chemin ... ces punitions sont nouvelles pour moi, mais je suis conscient qu'elles font de moi non seulement un meilleur soumis, mais me font aussi découvrir une façon d'autant meilleure d'appréhender le plaisir, que ce soit d'avoir pu apprendre de mes erreurs ou celui d'une simple délivrance ...
Car Maîtresse Pandora, si elle sait punir de manière juste le soumis que je suis à ses divins pieds, Maîtresse Pandora sait aussi être fière de son soumis lorsqu'il la satisfait par sa dévotion envers sa personne, et sait le récompenser lorqu'il le mérite, par son attention et sa reconnaissance. J'en viens à rebondir sur le sérieux de Maîtresse Pandora car son attention et sa reconnaissance (mais ses punitions aussi) concordent en tout point avec la checklist et le contrat ... je suis très reconnaissant à Maîtresse Pandora pour cela et lui est d'autant plus dévoué, lui appartenant entièrement. Merci à vous Maîtresse Pandora.
Mon dressage auprès de Maîtresse Pandora n'en est donc encore qu'à ses prémices mais je fais confiance à Maîtresse Pandora pour faire de moi le meilleur soumis qui soit, me dévouant tout entier encore pour le devenir et rendre Maîtresse Pandora fière de son soumis en la satisfaisant comme la déesse qu'elle est aujourd'hui à mes yeux.
Dressage à suivre ...
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On vivait ensemble dans une maison qu’on avait choisi, on était au mois de décembre et on se préparait pour fêter Noel en famille.
En ce samedi matin, après une soirée dans notre bulle, notre espace, notre univers, nous échangions autour d’un café et vous proposez d’aller faire du shopping…
Nous voilà partis dans un grand magasin type Printemps à la recherche des cadeaux de noël de notre famille, on se baladait et avec un regard malicieux, vous me demandez de vous embrasser à pleine bouche... Je vous embrasse mais gênée par le monde autour je n’ai pas osé mettre ma main sur votre queue comme c’était exigé dans notre contrat, vous m’avez alors reculé avec un regard froid et implacable, celui qui me tétanise et ne me rends pas fière de vous décevoir, celui de votre exigence qui fait que mon éducation est stricte mais totalement consentie et respectueuse, et vous avez dit : « suis-moi !»
En passant dans le rayon, vous avez pris une chemise dans un rayon (assez moche violette) et vous êtes rentré dans les cabines d’essayage tout cela en me tenant le bras bien serré. Mon regard baissé, mes joues rougies par la honte, je savais que j’allais être punie. Un frisson traversait mon échine et des sentiments très paradoxaux m’enveloppaient : la honte de vous avoir déçu, le bonheur de mon éducation et de vous appartenir car j’aime votre exigence, et une part d’excitation me rappelant qu’elle était ma place.
Arrivés dans la cabine vous m’avez demandé de me mettre face contre mur, vous êtes mis derrière moi et à l’oreille vous m’avez posé des questions sur mon attitude et indiqué votre mécontentement. Ces moments interrogatoires sont difficiles car il faut verbaliser mes erreurs et la cadence des questions ont un effet montagne russe dans mes émotions, mais j’aime que vous soyez cette intransigeance et que vous me poussiez dans mes dépassements. Dans ce cas, dans notre contrat, il était acté que je devais passer de Monsieur à Maître... mais tétanisée par la situation, celle d’être en public, je ne répondais que par oui ou non Monsieur…
Plus que déçu par mon attitude en me rappelant les règles, vous avez relevé ma robe, et dit : tu vas compter et t’excuser à chaque coup sur tes fesses et je ne veux entendre aucun cri gémissement ... bien compris ma sale chienne ?
Vous avez sèchement claqué mes fesses 5 fois chacune, a chacune je soufflais le compte et vous demandez de bien vouloir accepter mes excuses et vous remerciez Maitre
Je me mordais les lèvres pour qu’aucun son à part ce qui était demandé ne sortent de ma bouche, quelques larmes coulaient.. mes fesses chaudes et rougies.. mais paradoxalement je sentais que je m’humidifiais et comme les règles établies entre nous le voulaient je devais vous le dire ,
Bloquée par la situation, je ne l’ai pas dit et vous l’avez constaté de vous-même .. Vous m’avez rabaissé la robe et vous avez dit « on part »
Vous me teniez par la main bien serrée on a traversé ainsi le magasin jusqu’à la voiture, on s’est installé, on a pris la route dans un silence de marbre, j’ai voulu m’excuser vous avez lancé un regard froid et dit de me taire et de baisser la tête ...
J’étais assiste au fond du siège, les yeux figés au sol, des larmes coulaient, c’était la première fois que je cumulais autant d’erreurs mais mon Maître était fermé, déterminé mais calme… j’étais perdue dans mes pensées et je m’en voulais terriblement d’avoir déçu mon Maitre et gâché ce moment…
Je sens la voiture qui ralentit, vous arrêtez, vous sortez, je sais que nous ne sommes pas à la maison, trop peu de temps s’est écoulé. Vous avez fait le tour de la voiture, et ouvert la portière arrière côté passager, puis la mienne, vous m’avez demandé de sortir, de me retourner et de m’allonger le torse sur le siège, les fesses tendues et de relever ma robe sur mes hanches puis vous m’avez expliqué que mon comportement était inadmissible et irrespectueux, que vous étiez déçu et pas fier, que vous aviez ainsi l’impression que j’avais honte en public, honte de notre relation ... j’essayais de répondre mais vous me disiez « «tais toi, tu n’as pas la parole, je ne veux plus t’entendre »
Puis vous m’avez fessé... quand j’étais bien rouge et je sentais la chaleur, arrachant bien malgré moi quelques cris, j’étais honteuse et les larmes coulaient, vous m’avez dit remonte on rentre
Dans un silence de mort, la tête baissée, les larmes coulaient, j’avais honte et j’avais envie de vous dire que j’étais vraiment désolée et que vous aviez raison mais je respectais le silence imposé.
Arrivés à la maison, dans le couloir d’entrée, vous m’avez demandé de me déshabiller, mis le collier et la laisse et emmenait dans une pièce qu’on avait pas encore aménager, j’étais debout les jambes écartées les mains derrière la tête bien cambrée et le regard baissé.
Vous êtes sorti revenu avec un coussin, des feuilles, crayons et un seau.
Vous m’avez dit : « je ne veux pas t’entendre ni te voir, voilà ton indiscipline, ton manque de soumission pour ton Maître te conduit à être punie ici dans cette pièce jusqu’à ce que bon me semble, tu as de quoi écrire une lettre d’excuse, à toi d’être convaincante et comme je ne sais pas quand tu sortiras voilà une bouteille d’eau et un seau pour tes besoins de chienne »
Les larmes coulaient de plus belles, jamais je n’avais été punie de la sorte et en même temps, je le méritais tant, j’avais cumulé un nombre important de fautes alors que je devais lui faire confiance, qu’il ne me demanderait rien qui ne pourrait toucher à mon intégrité.
Vous êtes sorti, et fermé la porte à clé ..
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Ce qui la rendait dangereuse, c'est qu'elle n'avait jamais pu se défaire de l'idée que le mensonge, l'hypocrisie, les formes extérieuses des raffinements sentimentaux étaient chose enviable au même titre que savoir lire ou écrire. La force de suggestion de la nuit à venir, des plaisirs qu'elle allait leur donner, suffisait-elle à peindre sur son visage ce sentiment d'hébétude ? Tout en étant maîtresse de son esprit, et elle était en vérité car les paroles de son amante n'agissaient que parce qu'elles faisaient écho à ses quêtes. Elle avait tâché de se fabriquer du bonheur apaisant dans de nouveaux draps, de brouter de la romance, s'était appliquée à palper sans relâche des corps frais disposés à jouir, de tout. Mais toutes ces passions inventées, pullulantes dans son cœur, colmatées de mensonges qu'elle confectionnait pour s'illusionner elle-même, n'étaient pas parvenues à la délier de Charlotte qui, seule, la rendait complice de la vie. Elle avait bien ce pouvoir-là, son amante servile, de l'introduire dans la poésie de l'existence, de la rendre épanouie et moins pénitente d'être née. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité avantageuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette a eu raison bien à l'avance et je ne lui suis déjà plus loyale. Alors, je me sentis mue par cette naïveté qui habite les cœurs encore jeunes, je fus convaincue que ma vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. J'étais poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Nous ne possédions rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier de cuir et un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, la lumière du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans notre relation que la vérité, crue et nue, de notre sexualité. Nous n'avions pas eu à donner le change, pas plus à nous-mêmes qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre deux amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Nous n'étions pas des animaux très sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et nous n'y avions pas eu recours. Aussi, je me sentais tenue de tout lui dire, sans même l'embrasser ou la caresser, mais je n'avais pas assez comptée sur l'appétit que nous avions l'une de l'autre, et je lui fis d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes habituellement au sarcasme, elle baissa la tête, elle la releva à peine émue. Ce n'était pas de l'indifférence, mais de la discrétion. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les deux lettres JM qui ornaient son pubis lisse, double signe de son appartenance, mais surtout les vives cicatrices. Les coups de cravaches. Juliette la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. C'était une fille très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne. Elle avait de petits seins fermes et frémissants, des hanches enfantines à peine formées. À force d'être battue, elle était tombée amoureuse de Juliette. Elle obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais Juliette lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par elle. Elle attendait qu'elle arrivât à se soumettre sans avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait souvent, puisqu'elle ne la quittait à aucun moment, qu'elle la vît aussi bien caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Juliette avait trop comptée sur l'indifférence à la fois et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Près d'elle, l'amère existence devenait presque acceptable. Elle se sentait capable de lui demander, de l'obtenir en ayant recours à un mensonge véniel.
Elle avait usé de tout son talent pour que cette idée lui vînt, sans qu'elle décelât son influence, mais elle n'était pas certaine d'y être parvenu. Elle savait qu'en exigeant une conduite, elle faisait naître chez Charlotte le désir de l'interrompre. Or, depuis qu'elle avait découvert le plaisir de la franche colère, si jouissive dans ses débordements, Juliette avait tendance à s'installer dans cette facilité pénible pour elle. En acceptant ce comportement au point de le prescrire, Juliette reprenait le contrôle de la situation, qu'elle avait d'ailleurs suscitée. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. En admettant que Charlotte fût avec elle aussi abandonnée qu'elle l'était avec une autre, ce qui était probable, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cet abandon ne l'engageait pas à grand chose ou rien. Mais dans ce double jeu subtil de duplicité, la sensualité n'était jamais absente, et le plaisir à fleur de peau. Et quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait alors si rudement son ventre qu'elle crut s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Sitôt que Juliette l'eut mise nue, certaine qu'elle ne désirait que sa parfaite docilité, elle demeura, les yeux baissés. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut.
Toute à ses interrogations, la jeune femme en oubliait de se concentrer sur l'énigme fondamentale: était-elle elle-même au fond ?. Confiante, elle ne fut pas longue à être totalement nue, et radieuse de l'être avec cette fierté jusqu'au bout des seins qui était comme une gifle adressée à Juliette. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. La foi où elle était que lorsqu'on la touchait, que ce fût pour la caresser ou pour la battre, c'était pour sa Maîtresse. L'après-midi, elle retrouva Juliette et l'emmena chez Xavier. Ainsi vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors la jeune fille abandonna son corps aux désirs sadiques de Xavier. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Xavier se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à flageller les reins qui s'offraient à lui. Il commença doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Xavier, excité, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Elle se débattait entre ses liens, non pas pour s'en soustraire, mais au contraire, pour le plaisir d'être plus faible. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Xavier frappa encore plus fort et les fines lanières claquèrent dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en tordant son buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant.
La jeune femme docile, elle, dansait sa joie que son amante fût devenue celle qu'elle avait parié qu'elle serait un très beau jour, cette Maîtresse aboutie, mûrie, évadée de sa solitude, qu'elle était si loin d'être lorsqu'elle avait connu. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Xavier dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Mais la douleur devint trop vive. Mais quel bonheur, le cuir qui marque les chairs, le désir d'une Maîtresse qui sait s'adjuger sans compassion ce qu'elle veut. Elle se disait qu'enfin, elle avait aimé son amante que pour mieux se donner, esclave et comblée. Elle laissa alors couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Xavier de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Xavier qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait alors la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva bientôt le gémissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Xavier dut alors maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent sur le lit. Xavier fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de son sperme abondant et visqueux qu'elle avala mystiquement jusqu'à la dernière goutte. Ses yeux brillaient de grâce. Le plaisir sur lequel elle ouvrait les yeux était un plaisir anonyme et impersonnel. Elle gémit bientôt sous les caresses de sa Maîtresse, et commença à crier quand son amante, se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre ses cuissess, les petites lèvres. En dépit des apparences, sa Maîtresse était d'une cruauté simple de barbare.
Sa maîtresse était virtuose pour l'entraîner dans des questionnements qui partaient tous du présupposé qu'elle était conquise. La jeune femme se réjouissait que son amante qu'elle avait tant attendu l'eût finalement éveillée en se réveillant elle-même. Naturellement, elle la viola. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Xavier, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé; elle comprit simplement qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Alors, bientôt il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors avec force, sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre et sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles offensées. L'homme ne la quitterait, qu'à la nuit tombée, après lui avoir avec frénésie, labouré les reins tant il était épais et roide. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Xavier, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Xavier sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter et distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Xavier se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Elle avait remarqué que sa Maîtresse aimait aussi à tout instant, même si elle ne la désirait pas, la savoir à sa merci. Semi-consciente, elle pensa seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait pire que n'importe quelle chaîne car ce qu'elle demandait aux femmes, elle trouvait naturel que tous les hommes fussent acharnés à le lui demander.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Ma vie de Domina ? En voici un extrait vu au travers des yeux de celle qui en parle sans doute le mieux.
-Récit rédigé à quatre mains avec le concours de Val' ma soumise.-
Vendredi après-midi je retrouve Ma Maîtresse à Tours après 2 semaines sans elle. Cela fait près d’une semaine que Maîtresse me taquine à propos de mon collier d’appartenance. Collier que j’attends avec beaucoup d’impatience, car celui-ci est tout particulier. En effet, Maîtresse l’a fait faire sur mesure et entièrement personnalisé auprès d'Agnescollier, artisane bourguignonne qui crée colliers et autres instruments d'impact. Sa forme est magnifique, sa couleur rouge est étincelante, orné de trois anneaux noirs il est juste somptueux. Il est le parfait symbole de notre lien.
Elle me le remet avec sobriété. Sans tambour ni trompette : il se suffit à lui-même. Enserrant mon cou, je ne souhaite déjà plus qu’il me quitte.
Après ce moment hautement symbolique, il est temps de partir pour un JAM shibari et évidemment je m’y rends avec mon nouveau collier. L’idée de Maîtresse dans ce JAM est simple : encorder pour contraindre, encorder pour impacter, encorder pour m’utiliser. J’apprécie beaucoup ce moment pour plusieurs raisons :
J’arbore mon collier
Je me présente comme la soumise de Maîtresse
Et putain que c’est bon d’être dans les cordes
Chaque fois que la corde se serre sur une partie de mon corps, je gémis de plaisir. Le contact avec une corde est rêche, mais paradoxalement tellement agréable. La sentir glisser sur ma peau est même envoutant ensuite, elle m’enserre pour mon plus grand plaisir.
Le samedi matin est consacré à la préparation de la soirée puisque nous recevons Madame Lydia et sa soumise Fleur. Maîtresse s’affaire en cuisine pendant que Nausika -mon nom lors du puppyplay- s’acclimate à son environnement. Être Nausika me rend heureuse, tellement heureuse. Je suis putain de libre !!! Nausika commence à apprécier la compagnie de Sa Maîtresse, elle semble moins farouche. Les cordes et autres ficelles sont en revanche toujours une attraction très agréable pour elle tout comme sa curiosité pour l'eau qui la pousse à toujours renverser son bol. D’autre part, je pense que Maîtresse travaillera plus en hauteur la prochaine fois qu’elle décortique des crevettes en présence de sa chatte…
L’après-midi est consacré à mon cul et aux impacts.
Coté cul, je goute aux plaisirs du spéculum mais surtout à ceux de la feuille de rose. Quelle sensation de se faire lécher là. C’est tout nouveau pour moi et j’y prends clairement plaisir. Il y a bien évidement le plaisir physique immédiat mais j’apprécie également le petit côté transgressif de cette pratique. Maîtresse me prendra évidemment au godeceinture par la suite. Un moment si intime, si intense pour nous deux.
Côté impact, le but de Maîtresse est simple : me marquer pour que je sois belle pour nos invitées. Ce n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Mon côté exhibitionniste doit y être pour quelque chose, car j’ai envie de me montrer, je l’avoue. J’ai envie de montrer que je suis la soumise de Maîtresse et j’ai envie de la rendre fière auprès de nos invitées à travers mes marques particulièrement celles de son fouet.
Les invitées arrivent et Fleur doit écrire des lignes en guise de sanction. Ma Maîtresse m’ordonne de me mettre au coin pendant la moitié de sa sanction en guise de soutien. Je ne trouve pas cela injuste, c’est une marque de soutien envers Fleur. Je me voyais mal la regarder pendant la réalisation de sa sanction à vrai dire. Mais Fleur, n’en rajoute pas s’il te plait, ton coté brat me laissera toujours pantoise. C’est pour ce côté brat que je ne passe que la moitié de ta punition au coin, soutien à la soumise mais pas à la brat.
Une fois la sanction de Fleur terminée, Madame Lydia montre un nouveau jeu à Ma Maîtresse en passant une corde entre ses orteils puis en les enserrant. Madame Lydia fera de même sur moi ensuite. Un seul passage de corde ne me fait rien pour ainsi dire, en revanche lorsque qu’il y a deux passages, le jeu de Madame Lydia prend tout son sens. Clairement, je ne fais plus la maline. Pas besoin de beaucoup de choses pour montrer qui a le contrôle…
Arrive le repas, moment que j’attendais avec impatience, car je prends de plus en plus confiance en moi depuis quelque temps. Cette confiance me permet de me proposer en tant que Nyotaimori pour Ma Maitresse et nos invitées. J’arbore à la cuisse le cilice offert par Maîtresse et bien évidement mon collier d’appartenance, le tout agrémenté de sushis sur mon corps. Ne pas bouger n’a pas été compliqué même si Madame Lydia fait tout pour me faire réagir. Maîtresse, elle, m'ignore totalement et sa perversité la pousse à beaucoup m'évoquer lors des conversations. Moment troublant. L’important est de trouver la bonne position, car une petite erreur de placement et cela peut vite devenir difficile à tenir dans le temps, j’en veux pour preuve mes mains. Mal placées, je les ai un peu bougées durant le repas. J’ai beaucoup apprécié car encore une fois, j'étais fière de m’exhiber mais aussi parce que c’était un moment hors du temps, d’ailleurs je n’ai aucune idée de la durée de ce moment. Moment que j’ai trouvé très relaxant, je suis là sans vraiment l’être. C’était vraiment agréable. Ayez juste conscience qu’une fois fini, on ne bouge pas si facilement après une telle immobilité…
Après le repas, il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Fleur ayant fait part de son côté voyeurisme il y a quelque temps à Madame Lydia, elle se retrouve encordée contre la rambarde d’escalier à regarder la scène. Quelle scène ? Tout simplement celle de Maîtresse et de Madame Lydia qui s’occupent de moi. L’ambiance est à la découverte ce soir, car c’est avec les instruments de Madame Lydia qu’on joue avec entre autres, câble, nerf de bœuf, etc. Je ne connais pas ces instruments mais surtout je ne les ai pas vus, de plus les sensations sont vives. C’était un peu difficile à appréhender mais cela n’a pas gâché le plaisir de la masochiste que je suis.
Mais j’ai découvert un autre instrument ce soir, un instrument de dingue, les griffes, ce fut juste fou. C’est Maitresse et Madame Lydia qui passent l’instrument dans tout mon dos et je deviens littéralement folle de désirs, je deviens l’esclave de mes plaisirs et tout mon corps ondule de plaisir sous cet instrument. Maîtresse voyant cela joue la carte de la sécurité : oh non elle ne fait pas arrêter Madame Lydia, bien au contraire. Elle continue de plus belle et Maîtresse me prend dans ses bras pour que je ne tombe pas tellement le plaisir m’envahit. Le plaisir monte, monte en moi, je suis vraiment proche d’exploser, d’exploser d’un orgasme, il est si proche ! Le plaisir me guide, je me souviens à un moment avoir dit « Oh putain la remontée des enfers » lorsque Madame Lydia a en effet passé les griffes sur mon flanc de bas en haut. Puis le plaisir me fait trouver les lèvres de Maîtresse, on s’embrasse comme jamais nous l’avons fait. Madame Lydia stoppe ses mouvements et rejoint Fleur, toutes deux nous regardent il me semble. Après ce moment d’une telle intensité, je récupère sur ma couette au sol, je suis clairement ailleurs.
Une soirée peut cependant vite changer du tout au tout. Après être montée si haut je suis descendue si bas avec une séance d’électro conjuguée avec le bâton électrique. Cet instrument me monte rapidement à la tête à tel point que j’en oublie mon safe word et crie littéralement sur Ma Maîtresse : « Mais arrêtez avec ce putain de bâton de merde ». Immédiatement, c'est la sanction et c’est mérité : Maîtresse m’isole dans un coin pour éviter que la situation s’envenime. Elle m'interdit de lui adresser la parole et encore moins de l'appeler Maitresse. Elle m'indique être déçue et me rappelle que "Maîtresse" se mérite. Viendra également une punition exemplaire pour ce comportement lors de notre prochaine rencontre. Une erreur ça arrive, mais celle-ci est énorme et j’ai vraiment honte de moi. Oui le BDSM c’est aussi ça et il faut en avoir conscience, tout n’est pas toujours parfait, Maîtresse et moi en avons fait l’expérience. C’est dans ces moments que le dialogue et le lien ont leur importance.
Malgré tout, la soirée est relancée après une très longue discussion avec Maîtresse, non sans pleurs. Nausika apparait mais elle sera très timide avec les invitées, rien de surprenant, on ne l’approche pas comme ça. De plus il y a aussi Pupuce qui est présente, et chien et chat ne font pas bon ménage. Qui sait, peut-être qu’un jour, ces deux-là s’entendront… La nuit se termine calmement vers 6h00 du matin avec Nausika lovée contre Sa Maîtresse.
Le lendemain avant mon départ, Maîtresse et moi prenons un verre dans un bar du centre-ville. J’arbore mon collier et il y a quelques regards interrogateurs, mais cela ne me gêne pas le moins du monde. Maîtresse me rassure sur ce qui s’est passé car elle voit bien que cela occupe toutes mes pensées. C’est évidemment une faute qui mérite une punition, mais ce n’est pas la chose à retenir du weekend. Il y a encore eu beaucoup de belles choses.
Autrices : Marie et Val'
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Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun bien-être, aucune joie, aucune imagination n'approcherait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée qu'elle savait qu'elle n'avait avec elle aucun scrupule à avoir, aucune limite à la façon dont sur son corps, Juliette pouvait toujours aller trouver son plaisir. La certitude où elle était que lorsqu'elle la touchait, que ce fût pour la choyer ou pour la battre, que lorsqu'elle ordonnait d'elle quelque chose, c'était uniquement parce qu'elle en avait simplement envie, la certitude qu'elle ne tenait compte que de son seul désir me comblait au point que chaque fois que j'en avais la preuve, et souvent même quand seulement elle y pensait, un frisson de feu qui allait de la nuque jusqu'aux reins, parcourait mon corps. Mais, je n'avais pas été parfaite, loin de là. Je m'étais laissée aller à un moment de faiblesse, et elle ne me le pardonnait sans doute pas. Je devais maintenant affronter une nouvelle étape initiatique bien plus éprouvante encore. Juliette me traita de corps incapable, prétentieux et sans honneur. J'avais failli à la la parole donnée. Elle m'injuriait et cela me rendait misérable. Sa colère était injuste, tout autant que ma dérobade était indigne de l'amour que j'éprouvais pour elle. Était-ce cela l'amour ? Si léger ? Si ignare ? Ce soir, je devrai me ressaisir. C'était une question de vie ou de mort, plutôt de mort, même si je ne souhaitais pas mourir, seulement m'affranchir du prix à payer pour que Juliette continuât à m'aimer. Quand elle eût sonné, et qu'elle m'apportât un corset de soie noire, des bas très fins et noirs et un porte-jarretelle noir également, elle me demanda de me déshabiller totalement pour voir mon ventre, mes fesses et mes seins. Elle parût satisfaite du glabre de mon sexe et de l'anneau de mes reins qu'elle abusât sans me blesser, tant je m'étais ouverte à elle. Elle dit seulement qu'elle souhaita me fouetter jusqu'au sang. J'enfilai les bas qui me montaient tout en haut des cuisses et je les accrochai, devant et sur les côtés, aux quatre jarretelles. Juliette se fit un plaisir à lacer le corset par derrière, aussi étroitement qu'elle put. Je sentis mon ventre et ma taille se resserrer sous l'étreinte du busc rigide qui descendait presque jusqu'à mon pubis. Ma Maîtresse est quelqu'un de primitif, parfois d'une cruauté barbare.
Elle haussait les épaules. Je l'assommais avec mes paradoxes. C'est stupide de faire de l'esprit. Je n'avais qu'à prendre le contrepied de ce qui est raisonnable. Mon seul apaisement fut qu'au lieu d'être regardée avec pitié, comme je l'avais été au premier instant, je le fus avec fascination. J'étais plus excitée qu'anxieuse, espérant que l'épreuve soit à la hauteur de mes ambitions. Reculer encore les limites de ce qui m'était insupportable. J'étais fascinée par la noblesse et la prédestination évidente de ce lieu. Cette cave semblait avoir été conçue depuis la nuit des temps pour le plaisir et la souffrance, pour les rites les plus secrets et je pensai en frissonnant aux messes noires et autres rituels médiévaux, il ne s'agirait sans doute pas d'abattage, mais plutôt de soumission à la question et autres tortures. Une voix me demanda alors de me déshabiller puis de me présenter, ce que je fis instantanément. Pour cela, on me détacha les mains. J'écartai les cuisses et cambrai les reins, comme ma Maîtresse me l'avait signifié, afin d'offrir avec le plus d'indécence possible le spectacle de ma double intimité, que nul n'avait encore pu découvrir ainsi de la sorte. M'ayant entraînée au fond de la cave, là où la pénombre était la plus dense, elle fit pivoter mon corps contre la paroi humide. Je sentis bientôt le salpêtre se dissoudre sous mes doigts qui s'accrochaient. Pour me racheter, j'aurais voulu être attachée, là, dans cette position, le ventre nu contre ce mur poisseux, le dos, les reins, offerts aux hommes qui auraient eu la libre disposition de moi, sans conditions. Sentir mes mains prises dans la pierre et enchaînée pour ne plus pouvoir bouger et tout endurer pour devenir une parfaite esclave. Un Maître commença à me caresser. Il savait qu'en faisant cela, il me donnait une chance de faire oublier ma faute. Il s'empara d'un martinet et me travailla le corps en l'échauffant lentement, alternant les caresses des lanières avec les cinglements cruels et violents. Plus il frappait fort et plus je m'offrais. Je n'éprouvais qu'un pincement aigu au moment où mes seins furent brutalement saisis par des pinces rudes puis je sentis les pointes broyées par l'étau de métal qui les tirait vers le sol en s'y suspendant douloureusement. Chacun des mouvements que je faisais alors amplifiait le balancement des pinces, provoquant une sensation effrayante d'arrachement. Je me souviens de ce moment où je fus mise à quatre pattes au milieu de la cave. Le Maître dont j'étais l'esclave d'un soir fixa d'autres pinces sur les lèvres de mon sexe, juste en dessous du clitoris. Un long silence suivit, troublé seulement par des chuchotements dont j'essayai en vain de percevoir le sens.
Sans que je puisse me défendre, je me sentis soulevée de terre, mes poings et pieds furent liés par force à la croix. Les bracelets qui m'enchaînaient m'interdisaient de me débattre. Tout mon corps se balançait d'une façon obscène, tenaillé entre deux douleurs, partagée entre le désir de faire cesser mes souffrances et celui d'en augmenter l'intensité par ses balancements pour satisfaire Juliette et mériter son pardon. J'observais avec orgueil la rotation pendulaire des poids suspendus aux pinces fixées à mes seins, de droite à gauche, de gauche à droite. Bientôt, la douleur devint intolérable. Ainsi, je ressentis ma première jouissance cérébrale de femme soumise et esclave à une femme qui l'oblige à souffrir. Quelque chose d'indéfinissable semblait avoir pris le contrôle de mon cerveau et commandait alors à mon corps de jouir de cette souffrance fulgurante magnifiée par mon obéissance servile. Ce fut une révélation plus que prodigieuse pour moi que de parvenir à me libérer et à jouir de la douleur imposée et voulue par le Maître à qui j'étais offerte, comme un objet sans importance, sans valeur, que j'étais devenue en refusant l'épreuve. Un inconnu s'approcha alors de moi, comme si je redevenais digne de son intérêt, et je crus lire dans son regard l'amour que l'on me donne parfois un peu maladroitement mais qui me rassure tant et qui est ma raison d'être. Ils saisirent chacun un court fouet et commencèrent à me flageller avec une vigueur et un rythme qui me firent écarquiller les yeux. Pour étouffer mes cris, je mordis violemment mes lèvres, jusqu'à ce que le goût de mon propre sang m'eût empli la bouche. Je me livrais au châtiment avec une joie quasi mystique, avec la foi de l'être consacré. Des images fulgurantes de sacrifices déferlaient en moi. Je me surprenais à souhaiter que ma chair se déchire et que mon sang coule. J'avais retrouvé la considération de ma Maîtresse, j'étais devenue esclave, digne de ce nom et digne d'elle. Et il n'est pas pour moi plus grand bonheur que de me savoir appréciée. C'était de l'amour avec le vertige en plus. Sous les regards, sous les mains, sous le fouet qui me déchirait, sous les sexes qui me souilleraient, je me perdais dans une délirante absence de moi-même qui me rendait à l'amour, et me rapprochait peut-être de la mort. J'étais n'importe qui, ouverte et forcée. Dans la cave déserte, où les effluves d'humidité évoquaient celles d'une tombe, un homme s'approcha de moi. Il me contempla silencieusement, nue et enchaînée.
Il mit une passion étrange à inventorier la moindre parcelle de mon anatomie, telle la dépouille d'un animal capturé. Son seul regard me glaça. Me dévisageant froidement, il demeura de longs instants devant moi, afin de modéliser la moindre parcelle de mon corps, tel un chirurgien avec un bistouri, devant une dépouille inerte et à sa merci. Bientôt, je m'aperçus qu'il tenait à la main deux longues et fines aiguilles. Il s'empara d'un sein qu'il se mit à pétrir, à malmener, puis à presser pour en faire jaillir la pointe granuleuse. Lorsque le mamelon fut excité, il y planta une première aiguille, puis presque aussitôt, la seconde dans le mamelon du sein qui n'avait pas été caressé et qui réagit de tout autre façon. J'aimais l'idée du supplice douloureux et long. D'autre aiguilles furent plantées tout autour des aréoles, quelques gouttes de sang vinrent ternir le métal que la lueur du faible éclairage faisait jusqu'à-là scintiller. Afin sans doute d'accentuer ma douleur, il me transperça la chair de mon ventre. Je me consumais, j'avais les entrailles en feu. Ma Maîtresse, penchée au dessus de moi, tenait à la main une bougie. D'un geste lent, le bougeoir doré s'inclina, la cire brûlante perla sur ma peau. Mon martyre devenait délicieux. Qu'une femme fût aussi cruelle, et plus implacable qu'un homme, je n'en avais jamais douté. Le pire restait à venir. Les coups de fouet me cinglèrent avec une violence terrifiante. Je devinais que ces cinglements abominablement cruels étaient destinés à faire éclater les croûtes de cire qui constellaient mon ventre et mes seins. Hélas, je ne pus me retenir davantage, mes reins se cambrèrent, propulsèrent mes cuisses et mon ventre en avant, dans un orgasme si violent que je crus démanteler la croix qui me tenait contrainte. Ruisselante et fière, j'avais joui par la seule volonté de ma Maîtresse. Elle seule, savait que beaucoup d'hommes ignoraient cela. Il fallait fouetter l'intérieur des cuisses, jambes grandes ouvertes. Lorsque j'eus retrouvé la maîtrise de mes nerfs, on me détacha de la croix. Je demandai à Juliette de me ramener dans le salon où les hommes attendaient mon retour. Je fis mon apparition, les yeux de nouveau bandés, nue, droite et fière, guidée par ma Maîtresse qui me dirigea vers le cercle des hommes excités, ce fut moi qui m'agenouillai pour prendre leur sexe dans ma bouche, l'un après l'autre, jusqu'à ce qu'ils soient tous parvenus à la jouissance et se soient déversés sur mon visage ou ma poitrine offerte. L'un deux s'approcha de moi, me palpa, me fouilla et me sodomisa. L'abnégation offre à certaines femmes un sombre plaisir.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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O...se tenait dans la cuisine, ses jambes gainées par des bas rose vif, comme V... lui avait demandé. Le haut de son corps était couvert par un tablier de cuisine.
Comme le tablier ne couvrait que le devant, ses fesses étaient pleinement exposées. seule une petite bande rose était visible entre ses fesses. V.. avait insisté pour qu'il porte ce string et comme on ne refuse rien à sa maîtresse O... avait obéi.
Un œil averti pouvait voir le contour d'un petit dispositif de chasteté à travers le tablier. De plus, il portait un collier noir avec un anneau qui permettant à V..si l'envie lui venait,à d'y attacher une laisse.
O.... Suivant les directives de sa maîtresse préparait le déjeuner. Ses mains tenaient une cuillère en bois avec laquelle il remuait habilement le contenu d'une casserole.
Une fois satisfait de sa préparation, il éteignit la plaque à induction et commença à mettre la table.
juste au moment où tout était dressé, la porte d’entrée de l'appartement s’ouvrit. V.. entra.
"Salut, ma petite salope", dit V . en entrant dans le salon"
Elle s'est arrêtée devant lui, le regardant comme une proie potentielle.
O... surpris par ce regard qui en disait long sur ses possibles intentions répondit d'une voix inquiète :"bonjour, maîtresse."
Elle était venue habillée d'un magnifique ensemble jupe et veste noire complété de bas noirs satinés du plus bel effet.
"Si je peux me permettre,tu es vraiment sexy, maîtresse." Ajouta O... visiblement subjugué.
"Oh, merci, chéri." répondit V..., sans le quitter des yeux.
"Comment c'est passé ta journée?" » demanda-t-elle avec un grand sourire sur le visage. "J'espère que je n'ai pas été trop cruelle ce matin."
Ce matin la, juste avant que V... ne quitte l'appartement, elle avait imposé les accessoires d'O.... et par accessoires, elle entendait sa cage de chasteté et son plug anal, qu'il n'avait pas le droit retirer sauf indication contraire.
la cage de chasteté, cependant, ne pouvait pas être retirée par O.. de toute façon, cage était en acier inoxydable était étroitement verrouillé autour de son sexe et la clé ostensiblement accrochée au cou de sa dominatrice.
Alors que V.. tripotait de manière ludique le cul et les couilles de son soumis, s'attardant sur la base du plug anal, elle a expliqué à O.. les propriétés particulières de cet accessoire: "Tu vois, ma petite salope, j'ai acheté celui-ci juste pour toi ; il a une forme spéciale, donc il touche un point sensible de ta prostate à chaque fois que tu fais un pas." Elle ajouta: "Bien sûr, il dispose également d'une option vibrante que j'utiliserai occasionnellement tout au long de l'après-midi."
Elle saisit son téléphone et ouvrit l'application liée au plug. "Prêt pour les premiers essais. Mets toi à genoux que je puisse voir ton cul vibrer" ordonnat-elle.
O.... s'exécuta et dès que les doigts de sa maîtresse commençaient à caresser son écran de portable, les vibrations envahirent son fondement.
Après une série de test qui semblèrent durer un temps infini ou V... essayait toutes les options possibles de l'application O.. toujours à genoux devant sa maîtresse, était complètement épuisé par les excitations générées.
"Montre-moi," dit V.., le sortant de ses pensées, "montre-moi ton adorable petite bite engagée."
"Oui, maîtresse", dit O... en se levant et positionnant ses mains derrière son dos.
"Ah, ah, ah," dit V.., "est-ce que j'ai dit quelque chose à propos de tes mains, salope ?"
"Non, maîtresse, désolé, maîtresse", répondit O.. en baissant les yeux.
"Maintenant, montre le moi en écartant ton string", ordonna V...
Alors, O... tirera son string sur le côté et montra à sa maîtresse ce qu'elle voulait voir.
La situation a devait être ridicule parce que V.. commençait à se moquer de lui, elle aimait l'humilier et elle adorait le voir se tortiller sous ses ordres. il avait l'air si pathétique en essayant de remuer le string sur le côté. Ses grands yeux innocents cherchaient désespérément quelque chose pour se sortir de cette humiliation.
Ses lèvres laissaient échapper de doux gémissements de frustration alors qu'il continuait à suivre ses ordres.
"Très bien, salope, ça suffit", dit V... d'une voix sévère en tirant le string d'O...sur ses talons, dégageant complètement la petite cage.
Elle a effleuré la cage de manière ludique avec le bout de ses chaussures tout en murmurant : "à qui cela appartient-il ?"
O... était tellement en attente de jouir après cette journée de taquineries et de déni qu'il a oublié de répondre à la question de sa maîtresse. les mouvements de ses chaussures étaient tout simplement trop agréables.
une gifle au visage le fit sortir de son état.
"Depuis quand tu ne réponds pas quand on te pose une question salope ?"
peut-être parce qu'O.. n'a pas répondu tout de suite ou simplement à cause de la première erreur, V... l'a fessé.
Ca faisait un peu mal, mais il ne pouvait toujours pas s'en empêcher d'apprécier malgré tout la situation. Sa bite tendu dans sa cage en était la preuve, les paroles dégradantes de sa maîtresse, combinées à la douleur, l'excitaient réellement.
"Je suis désolé, elle t'appartient maîtresse", répondit enfin O...
V... lui attrapa le menton et lui dit en le regardant dans les yeux: " Tu es une bonne petite salope. je vois que tu n'es pas si stupide après tout. Maintenant, mangeons sinon, ton délicieux dîner deviendra froid." V... était redevenue gentille et attentionnée.
elle lâcha son menton et s'assit devant la table.
O..., bien sûr, n’était pas autorisé à s’asseoir, il se tenait debout juste à côté de sa maîtresse.
Il devait se pencher à chaque fois que V... deniait lui présenter la fourchette avec un peu de nourriture. Elle en profitait pour le troubler en lui tapotant les fesses, la cage voire lui malaxer les testicules.
Mieux encore, elle lui demandait régulièrement de se retourner, offrant à sa vue le plug anal d'O.. désormais visible dont le faux diamant brillait à travers le fin tissu de son string.
Après que V.. ait fini son plat, elle dit : "Très bien, c'est l'heure du désert mon garçon !"
O... savait trop bien ce que cela signifiait ; il se mis à nouveau à genoux et se glissa entre les jambes de sa maîtresse.
elle les écarta et laissa apparaître une culotte noire. Il fit glisser la dentelle sur le côté avec ses dents, comme V... l'avait exigé, et commença à dévorer sa chatte.
Elle gémissait d'excitation, "Oui... c'est bon.. applique toi bien, j'adore et c'est juste à ça que tu es bon, en fait, ma petite salope, n'est-ce pas le seul but de ta condition ?"
Sa voix douce mais stricte le faisait rougir, sa bite tendu contre la grille de sa prison.
il pouvait sentir que V... était proche de l'orgasme. Elle a attrapé de ses mains ses cheveux et a pressé un peu plus sa tête sur sa chatte.
Il a continué à la lécher, le manque d'oxygène lui faisait tourner la tête alors que ses gémissements devenaient de plus en plus forts alors qu'elle s:abandonna en une série de spasmes orgamiques puissants.
Elle respirait lourdement, tenant toujours sa tête appuyée contre sa chatte. Lorsqu'elle le relâcha de son emprise, il retomba à genoux, à bout de souffle.
"Bon garçon," fini par dire V.., "maintenant, allons au lit, d'accord ?"
Elle a attrapé la laisse, l'a attachée au collier d'O.... et l'a tirée derrière elle.
O... La suivait à quatre pattes, regardant son corps envié. Sa virilité contenue dans la cage pendait entre ses jambes alors qu'il la suivait jusqu'à sa « chambre ».
V... a ouvert la porte de la chambre. C'était un endroit confortable, un lit deux places, une armoire en cerisier et le mur du fond de la pièce bleu paon.
S'il y avait eu quelqu'un pour regarder à l'intérieur de la maison, il aurait aperçu la silhouette d'une femme tirant la laisse de son esclave.
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"Ce qui est cinéma, c'est ce qui ne peut être raconté, mais allez donc faire comprendre cela à des gens déformés par trente siècles de bavardages. Les prises de vues et de sons dites "en extérieur" sont destinées aux scènes qui exigent un décor qu'il serait trop difficile ou trop coûteux de reconstituer au studio. Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut. Si on a du génie, on ne fait pas de cinéma, on écrit un grand livre". Le nom de René Clair (1898-1981) fut l'un des plus prestigieux du cinéma français. À travers ses comédies et ses écrits, il a construit une œuvre d'une grande rigueur, où la nostalgie du cinéma muet prépare la politique d'un auteur. Dans le monde entier, René Clair aura longtemps occupé le rôle qui devait être repris par François Truffaut. Celui d'un esprit même du cinéma français, qui en résumait le système de valeurs et la plus haute histoire. Surtout, bien avant ses fils prodigues de la nouvelle vague, il s'était construit tout entier comme un homme-cinéma, pratiquant d'un même élan la critique et la création, se voulant à la fois "l'enfant du siècle qui attend un film" et celui qui va s'identifier au mouvement futur du septième art. D'où, dès le départ, le choix d'un pseudonyme où se conjuguent renaissance et clarté. À première vue, son profil intellectuel ne le distinguait pourtant guère de ses collègues. Issu d'une bourgeoisie commerçante du ventre de Paris, il a connu les charmes finissants de la Belle Époque, les raffinements d'un symbolisme fané, la fracture enfin d'une grande guerre qui renvoie la littérature à une certaine stérilité. Dans cette désillusion, il rejoint les Delluc, Gance et autres L'Herbier qui embrassent avant lui la carrière cinématographique, mais il n'est pas moins proche du dadaïsme,ou d'un pré-surréalisme qui privilégie le cinéma comme contre-culture, ou expression pure de l'inconscient. À vingt-septans, Alfred de Musset avait donné le meilleur de son œuvre, tous les chefs-d’œuvre de son théâtre, les grands poèmes inspirés et son roman autobiographique, "La Confession d’un enfant du siècle". Les vingt ans qui lui restaient à vivre firent de lui un notable des lettres, l’académicien mondain qui laissa une image de poète de charme. "Mort à trente ans, il eût été le Rimbaud de sa génération", écrit René Clair dans l’étude qu’il lui a consacrée. Quand il parle ainsi de Musset, on croit voir pétiller son regard, signal de cette ironie si familière dont il constituait la cible privilégiée.
"Ah, le cinéma. Qu'est-ce que ce serait s'il n'y avait pas la caméra. Ce serait merveilleux, tout simplement". Moins précoce, néanmoins, mort à trente-cinq ans, René Clair aurait été célébré pour ce qu’il était alors, le plus français des cinéastes, le plus grand cinéaste français reconnu à l’époque, en France, et hors de France. Figée dans la gloire de sa carrière fulgurante, de son combat de théoricien et de militant du cinéma d’auteur, sa statue se dresserait alors encore aujourd’hui au cœur de l’histoire de notre cinéma, indégradable et peut-être encombrante. René Clair n’est pas mort à trente-cinq ans. Il a vécu jusqu’à quatre-vingt-deux ans. Assez longtemps pour pâtir des légitimes mutations du regard et du goût, mais aussi des modes volatiles, des guérillas subalternes, des mémoires négligentes. Bien assez longtemps pour enrichir son palmarès d’œuvres nouvelles où les éclats de sa jeunesse se transmuaient alors en un "classicisme mis en cause par la modernité". En 1896, un premier enfant naît au foyer de Marius et Marie Chomette, commerçants aux Halles. C’est un garçon que l’on baptise Henri. Deux ans plus tard, Henri apprend que ses parents lui ont commandé une petite sœur. C’est déjà décidé, elle s’appellera Jeanne. Un soir, branle-bas de combat au magasin familial. La caissière emmène le petit Henri. Il passera la nuit chez elle. Au matin, retour à la maison. Henri retrouve son père qui le prend par la main: "Viens voir la petite Jeanne". Il monte à l’appartement, au troisième étage, et découvre le joli nouveau-né qui ouvre sur lui de beaux yeux étonnés. Henri Chomette évoque la scène, quarante ans plus tard, dans un texte autobiographique inachevé. Il continue: Je lui dis: "Bonjour, petite Jeanne". Longtemps, j’ai été vraiment persuadé que cette image était vraiment celle de ma seule entrevue avec ma petite sœur. Plus tard, j’ai reconnu, en voyant une photo de René à cet âge, que ma mémoire avait superposé les tableaux. Il faut dire aussi que le marchand s’était trompé, qu’au dernier moment il avait envoyé un petit frère à la place de la petite sœur tant désirée. Son erreur était excusable, et René devait conserver longtemps un fin visage féminin. On ne renonça pas si vite à la fillette attendue. En manière de transaction, on lui laissa pousser les cheveux longs, on l’appelait souvent "ma petite fille". Enfin, René Clair, de son vrai nom René Lucien Chomette, nait le onze novembre 1898 à Paris.
"Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière. Le cinéma, c'est du théâtre en conserve". Fils d'un savonnier, il grandit dans le quartier des Halles à Paris. Il est élève au lycée Montaigne. Le cursus scolaire de René Chomette se poursuit à Louis-le-Grand de 1911 à 1916 sans incident majeur. Rêveur et peu discipliné, il passe en conseil de discipline en troisième. Ses résultats sont moyens ou médiocres, sauf pour tout ce qui touche la langue et l’écriture, où il excelle. Cette polarisation de ses qualités et de son intérêt s’intensifie en seconde où son professeur de français, Charles-Gustave Amiot, remarque alors ses dispositions et les encourage. Amiot est un romancier dont la petite réputation au début du siècle fut balayée par la révolution proustienne. C’est surtout un éminent spécialiste du XVIIIème siècle, très au fait de la vie littéraire, qui entretient volontiers une relation privée avec ses élèves d’exception. Les livres d’Amiot avaient depuis longtemps disparu des librairies quand José Corti publia, en 1979, un petit roman resté inédit jusqu’alors, "La Duchesse de Vaneuse", élégant hommage à "La Princesse de Clèves". Dès 1914, mais longtemps après sa scolarité, René Chomette rendra visite à son ancien professeur, ou correspondra avec lui, lui confiant projets et ambitions, sollicitant conseils et appuis. Amiot avait contribué à élargir la relation de René avec la littérature en donnant le goût du Grand Siècle et des Lumières classiques à un élève qui réservait jusqu’alors ses enthousiasmes aux poètes et romanciers du XIXème siècle. Un élève qui ne s’intéresse plus guère qu’à son territoire d’élection, la littérature, et plus spécialement la poésie. Le onze novembre 1918 au soir, son père propose au jeune homme d’aller errer dans Paris. "On ne manque pas une fête pareille", lui dit-il. "Je n’osais refuser. Je craignais de paraître un monstre. Puis, somme toute, dans ma frénésie de malheur, il ne me déplaisait pas de voir la joie des autres". Tel est l’état d’âme que Radiguet prête à son héros, cette nuit-là, aux dernières pages du "Diable au corps". Il est probable que c’est dans un état d’esprit voisin que René Chomette accepta la même invitation que lui fit son père, au soir d’une journée alors historique. Ce même soir aurait dû alors avoir lieu la première, aux Bouffes-Parisiens, d’une petite opérette de Willemetz et Christiné, "Phi-Phi", qu’il a fallu reporter au lendemain à cause d’un retard dans la livraison des tuniques grecques. Le douze novembre, cet opéra de quat ’sous, d’une dérision enjouée, qui va connaître ainsi quarante-cinq mille représentations dans le monde entier, ouvre avec entrain ce qu’on appellera alors plus tard les années folles.
"Le documentaire est au cinéma ce que l'archéologie est à l'architecture. Cinéma, un des seuls métiers où l'on puisse arriver à être célèbre en n'étant ni intelligent ni joli ni bon comédien ni distingué ni instruit. On comprend qu'il y ait tant de demande". Le temps s’approche, pour le "Bateau ivre" de René Clair, de s’amarrer au continent enfin découvert de son avenir et de sa vocation. L’Europe aux anciens parapets lui propose la révolution d’une nouvelle écriture qu’il peut adopter sans renier ses premiers serments. Laissons-le s’expliquer lui-même sur cette conversion. " Mes exploits d’acteur n’allèrent pas plus loin. Ce métier me plaisait de moins en moins. Mais pendant que je l’avais pratiqué sans le prendre au sérieux, j’avais commencé à prendre au sérieux le cinéma. L’écran venait de s’ouvrir aux films qui venaient d’Amérique, de Suède ou d’Allemagne. J’avais vu la première œuvre de Griffith et Charlot soldat m’avait bouleversé. Qu’un homme éloigné de la guerre ait réussi à en donner une image en quelque sorte surréelle et aussi juste que bien des récits authentiques tenait du miracle. Et si d’autre part un geste, un regard pouvaient éveiller l’émotion ou le rire plus vivement que les phrases, c’était un nouveau langage qui se créait, c’était pour l’art dramatique une révolution. Le climat de l’époque se prêtait à cette idée de révolution. Après 1918, la littérature et le théâtre contemporains me paraissaient parfois appartenir à un âge vermoulu. Mais le cinéma se montrait alors comme le moyen d’expression le plus neuf et le moins compromis par son passé". En 1917, il est mobilisé comme ambulancier. En 1918, il devient alors journaliste à "L'Intransigeant" sous le pseudonyme de René Després. Il écrit par ailleurs des paroles pour la chanteuse Damia, sous le pseudonyme de Danceny. Il obtient ensuite des rôles dans divers films: "Le Lys de la vie", "Le Sens de la mort", "L'Orpheline","Parisette" et choisit pour cette occasion le pseudonyme de René Clair. Il devient directeur du supplément cinéma de la revue "Théâtre et Comœdia illustré". En 1922, il s'essaie à la réalisation en devenant l'assistant de Jacques de Baroncelli sur deux films. Cette même année, il commence la rédaction du scénario du "Rayon diabolique" qu'il tournera en 1923 et qui sortira en 1925 sous le titre "Paris qui dort". Le ballet "Relâche", dont Francis Picabia a écrit le livret, doit être monté entretemps au Théâtre des Champs-Élysées dont le directeur, Jacques Hébertot, est également celui de "Théâtre et Comœdia illustré". Picabia souhaite qu'on projette un film à l'entracte. C'est René Clair qui sera choisi pour le réaliser. C'est le début d'une longue carrière qui le mènera au sommet du cinéma.
"Ma vie, ma lecture, tout tourne autour du cinéma. Pour moi, le cinéma c'est la vie, et vice-versa. La photographie, c'est la vérité et le cinéma, c'est vingt-quatre fois la vérité par seconde". Le film d'inspiration dadaïste, "Entr'acte", auquel participent également Marcel Duchamp et Man Ray, fera scandale et assurera sa notoriété. Il enchaîne divers films avec un goût prononcé pour un certain fantastique. "Paris qui dort", "Le Fantôme du Moulin-Rouge" et "Le Voyage imaginaire" qui imposent Albert Préjean, "La Proie du vent" avec Charles Vanel et Jean Murat, et la comédie "Un chapeau de paille d'Italie", d'après Eugène Labiche, "Les Deux Timides", tout en s'adonnant alors à l'écriture. "Adams" sort chez Grasset en 1926. En 1929, il participe à l'écriture du scénario de "Prix de beauté", qu'il devait, initialement, également réaliser, mais qui sera tourné par Augusto Genina, avec Louise Brooks dans le rôle principal. C'est avec son premier film parlant, "Sous les toits de Paris" (1930), qu'il acquiert très vite une réputation internationale avec des admirateurs prestigieux, dont Chaplin et Eisenstein, et fixe une certaine image de Paris. Le succès se confirme avec "Le Million" (1930) et "À nous la liberté" (1931), satire utopiste de la société industrielle. En 1936, sort "Les Temps modernes" de Chaplin. La Tobis, société allemande qui produisit "À nous la liberté", et qui entretemps (1935) était passée sous le contrôle de Goebbels, décide alors d'attaquer Chaplin pour plagiat et contrefaçon. Clair s'oppose à cette action, considérant le film de Chaplin, qu'il admire, comme un hommage indirect au sien. La Tobis continuera à poursuivre Chaplin. Après l'échec du "Dernier Milliardaire" (1934), René Clair accepte l'offre qui lui est faite d'aller travailler à Londres. Il y renouera brièvement avec le succès public pour "Fantôme à vendre" en 1935, mais son film suivant, "Fausses Nouvelles" (1937), remake anglais de "Le Mort en fuite", sorti l'année précédente en France, déçoit. De retour en France fin 1938, il commence à tourner "Air pur" en juillet 1939. Le tournage est interrompu par l'ordre de mobilisation de septembre qui envoie à la guerre divers membres de l'équipe de tournage et le film ne sera jamais terminé. Fin juin 1940, René Clair quitte la France avec femme et enfant, gagne l'Espagne puis le Portugal, et s'embarque pour New York. Le gouvernement de Vichy le déchoit de la nationalité française puis, quelque temps après, annule cette décision. Sacré "chef de file du cinéma français", René Clair voit se retourner contre lui l’honneur dont on l’accable: français, si français, trop français, son cinéma, disent les augures, ne pourra franchir les frontières, ni être compris à l’étranger. Étrange prédiction. Clair est alors déjà, à cette époque, le cinéaste français le mieux connu dans le monde. L’exceptionnelle carrière internationale du "Million" va alors hisser ce prestige à son zénith, car le triomphe du film est général, public et critique accordés.
"Cinéma: muet de naissance. Pour l'homme ignorant, le cinématographe représente une prodigieuse économie d'effort intellectuel. Les citations sont à la lecture ce que les bandes annonces sont ainsi au cinéma". "Le Dernier Milliardaire" est sorti sur les écrans le douze octobre 1934. Le prochain film français de René Clair sortira en mai 1947. Le cinéaste le plus représentatif du cinéma français aura été absent plus de douze ans des studios français. Une rupture radicale intervient dans la vie et la carrière d’un homme dont l’inspiration, la culture, la sensibilité semblaient si fondamentalement nationales, dont les œuvres respiraient si manifestement l’air de Paris. Rupture radicale, car, douze ans plus tard, le monde, les hommes, le cinéma auront changé. René Clair aussi. C’est une autre histoire qui commence. Cet espace de douze années marqué par deux exils de nature complètement différente, par des tentatives diverses, des choix difficiles et par six films tournés en Grande-Bretagne et aux États-Unis n’a rien d’un no man’s land. Evénements, réalisations s’y succèdent. Mais, rétrospectivement, on mesure combien le jeune cinéaste qui, en dix ans, a affirmé sa maîtrise et sa prééminence a été, jusqu’alors, au-delà du hasard et de la chance, maître de son destin et de ses décisions, metteur en scène de son propre parcours. Pour un temps au moins, cette période est révolue. Les contraintes professionnelles, économiques, familiales, mais surtout le désordre du monde pèseront d’un lourd poids sur ces années. La victoire anglaise du "Fantôme" trouve dès le début 1936 deux confirmations. À Paris, en février, où le film reçoit un très bon accueil, mais d’abord et surtout à New York en janvier. Les Clair embarquent sur L’Ile-de-France le dix janvier. Sa femme, Bronia se souvient encore d’un voyage de rêve, pour elle qui avait failli devenir pianiste. Il y a à bord, et qui donnent alors des concerts, trois des plus grands pianistes vivants: Alexandre Braïlowsky, Jan Smeterlin et Artur Schnabel. Dès l’arrivée, la présentation du film au Rivoli séduit public et médias. La presse acclame ce fantôme si critique à l’égard des américains sur le ton: "Regardez comme nous sommes beaux joueurs". Les propositions de Hollywood se multiplient. Clair durcit ses réponses: "C’est non, non et non. Vous n’êtes pas capables de m’offrir la liberté dont j’ai besoin, que j’obtiens en Europe". Retour euphorique. Mais maintenant, que faire ? L’apothéose de Fantôme à vendre, avec ce qu’implique la diffusion mondiale d’un film en langue anglaise, devrait ouvrir une période de stabilité et de créativité intense. C’est tout le contraire qui se produit. Avec de fréquents séjours à Paris et surtout à Saint-Tropez, les Clair vont garder Londres comme résidence principale pendant trente mois encore. Jusqu’en octobre 1938. Avec pour tout bilan professionnel un tout petit film. Et beaucoup d’incertitudes. Pour eux, une autre vie a déjà commencé.
"Le cinéma a trois fonctions vitales. Primo: divertir, et c'est une très noble entreprise. Secundo: faire réfléchir grâce à une fiction qui ne privilégie pas seulement le divertissement. Tertio: être un miroir de l'existence". Les aventures du citoyen René Clair pendant la guerre l'ont alors mené sur les terrains politique, juridique, voire militaire. Elles ne l'ont jamais entraîné vers les studios. Certes, René Clair, Français libre, n’oubliait pas qu’il était cinéaste, et c’est en cinéaste qu’il a voulu participer à la libération de la France. En cinéaste, mais sur le terrain, avec l’armée, dans la réalité de la guerre, en expert de l’organisation cinématographique. En revanche, il a refusé de tourner un film de propagande, comme le firent par exemple Renoir avec "This Land is Mine" ("Vivre libre") ou Duvivier avec "The Imposter" ("L’Imposteur"). Pour lui, de tels films devaient relever d’un mode strictement réaliste qu’il ne se sentait pas capable d’assumer, ignorant les réalités quotidiennes et matérielles de la France occupée. Ces scrupules furent en partie justifiés par l’accueil qui fut fait en France, après la guerre, à la plupart de ces films de résistance américains. Il faut dire qu’ils étaient conçus pour un autre public, dans un autre climat. Alors qu’il prépare "Dix Petits Indiens", René Clair écrit à son ami Robert de Saint-Jean, trois semaines avant la libération de Paris: "D’autres projets ? Non. Je ne veux plus m’engager à quoi que ce soit après ce film. Je veux être libre de voyager. Vous me comprenez". L’espoir de rentrer en France n’est pas formulé. Non pour le dissimuler à des yeux ou des oreilles hostiles. Mais parce que le rêvele plus violent doit rester non-dit pour n’être pas profané. Dès ce moment, la priorité des priorités sera le retour. Celui-ci signifie autorisation et moyen de transport. En octobre, René Clair écrit à Henri Huppenot, représentant du gouvernement provisoire de la République française à Washington: "En décembre 1941, le gouvernement de Vichy demandait à certains de mes confrères et à moi-même de rentrer en France au plus tôt. Ni mes confrères ni moi-même n’avons acquiescé à cette demande. Quel que fût mon désir d’exercer ma profession dans mon pays, il ne m’échappait pas qu’un tel retour en de telles circonstances aurait donné l’impression d’une soumission volontaire au règne imposé par les allemands et que mes collègues restés en France étaient contraints de subir. Je ne voudrais pas que le long séjour en Amérique qui a été la conséquence de ce refus de rentrer en France fît croire que je néglige les intérêts du cinéma français".
"Les films devraient être distribués par ceux qui aiment le cinéma, c'est-à-dire par les auteurs eux-mêmes. Le cinéma est un soleil noir inlassablement attractif. Il est la vie, l'amour et la mort". Après guerre, les multiples activités de René Clair n’empêchent pas que sa priorité demeure la création cinématographique. Mais leur diversité contribue au ralentissement du rythme de production du cinéaste. Ainsi, les premières démarches préparatoires pour "La Beauté du diable" datent de mars 1948, et le film sortira en mars 1950. Sans doute des difficultés particulières, liées notamment à la coproduction avec l’Italie, expliquent-elles en partie ce délai. Toutefois, ce nouveau rythme va marquer la dernière période de création du réalisateur. "Du Silence est d’or" à "Tout l’or du monde, René Clair tournera six longs métrages en quinze ans. Nous sommes loin des films en rafale du cinéma muet et des cinq films en cinq ans des premières années trente. Ce ralentissement dit quelque chose du cinéma de René Clair. Jusqu’au départ de France, tout est simple, direct, primesautier en quelque sorte. Un film comme "14 Juillet" donne l’illusion d’avoir été écrit pour être tourné d’un trait. Ce cinéma a pris du poids : celui de l’âge (cinquante ans en 1948) et des moyens de production. Des ambitions également:intellectuelles ("La Beauté du diable") ou dramatiques ("Les Grandes Manœuvres"). Champion de la comédie légère, Clair devient un cinéaste des "grandes formes". Cela ne se court pas à la même allure. Octobre 1952- octobre 1955. Trois années séparent la sortie des "Belles de nuit" de celle des "Grandes Manœuvres". Le temps pour René Clair de se livrer à cent activités ? Sans doute. Pourtant, il serait à peine abusif de dire que ces trois années ont été consacrées essentiellement à la préparation de son prochain film. Parce qu’il est solitaire, intime, et laisse peu de traces, le travail d’écriture est peu étudié chez les auteurs de cinéma. En 1960, il est élu à l'Académie française. C'est la première fois qu'un cinéaste en tant que tel y fait son entrée. Au même moment, la nouvelle vague bouleverse les règles d'un cinéma de studios dont il était devenu le représentant le plus prestigieux. La même année, il dirigea l’épisode "Le Mariage" du film à sketches "La Française et l’amour", brève description de la vie conjugale d’une française en 1962, avec Blasetti, Berlanga et Bromberger, il participe à un autre film de ce type, "Les Quatre Vérités", avec "Les Deux Pigeons", adaptation d’une fable de La Fontaine. L’avant-dernier long métrage de Clair, "Tout l’or du monde", est une parabole sur l’argent à travers l’opposition entre un monde paysan et la civilisation technologique.
"L'on peut prévoir le jour où, le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes d'impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu'à présent. La femme qui, au cinéma, se place au centre d'une rangée court deux chances; celle qui se place à une extrémité ne court qu'un risque". Après "Porte des Lilas", nous sommes entrés dans la période des ruptures. Ruptures propres à René Clair, découlant de son aventure personnelle. Ruptures à lui imposées par le mouvement du monde, de la société, du cinéma. Le processus académique qui s’est déclenché constitue une de ces ruptures personnelles. Académicien, René Clair est en mesure, et il va en profiter, de pousser plus loin sa réflexion et ses activités dans des territoires divers (écriture, théâtre, télévision, poésie) dont il a toujours eu la curiosité. Autre rupture personnelle, pénible celle-là. Les proches qui vous quittent. Le même jour, le vingt-cinq novembre 1959, meurent Gérard Philipe et Jean Grémillon. Les liens qui l’unissaient à l’acteur s’étaient encore renforcés, au début de l’année, lorsque Clair avait monté, avec Gérard Philipe, "On ne badine pas avec l’amour" au Théâtre national populaire. Dirigerce grand petit frère dans le texte magique du cher Musset constituait une entreprise non seulement artistique, mais aussi affective, d’un prix exceptionnel. Les deux hommes y ont renforcé leurs liens. René Clair a suivi l’évolution rapide de la maladie qui a emporté Gérard Philipe, et dont il était, avec Anne Philipe, le seul à partager le secret. Appelé à son chevet, c’est lui qui ferme les yeux de l’acteur. Clair accompagne le cercueil de Gérard Philipe jusqu’au cimetière de Ramatuelle. Au même moment, on enterre à Saint-Sulpice-de-Favières, en Ile-de-France, un ami de longue date, Jean Grémillon. Où en sommes-nous avec le mystère René Clair ? L’histoire de sa vie révèle des pistes nouvelles qui éclairent le personnage et l’enrichissent sans vraiment résoudre le problème de l’homme. Celui-ci n’est plus pour nous un inconnu. Mais, en soulevant son masque, nous avons alors trouvé d’autres masques. Nous portons aujourd’hui un regard plus lucide sur un homme plus complexe. René Clair est mort dans l’appartement de l’avenue de Madrid, à Neuilly, le quinze mars 1981, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Sur la façade de l’immeuble, une plaque signale la longue présence de "René Clair, écrivain et auteur de films". C’est Bronia Clair qui a souhaité cette formulation, fidèle à la définition que son mari avait de longue date donnée à son activité. Écrivain d’abord, écrivain de cinéma, par les mots et les images, romancier en images, poète en chansons. Et non pas cinéaste, ni metteur en scène. Dans le sens moderne du terme, il fut sans doute le premier grand auteur du cinéma français. Il repose au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine. Son épouse, Bronia, dernier amour secret de Raymond Radiguet, le rejoint en 2004.
Bibliographie et références:
- Gabriel Dauchot, "René Clair"
- Denise Bourdet, "René Clair"
- Barthélémy Amengual, "René Clair"
- Claire de Beaucamps, "René Clair"
- Olivier Barrot, "René Clair"
- Françoise Prat, "René Clair"
- Marc de Luzy, "René Clair"
- Pierre Billard, "Le mystère René Clair"
- Noël Herpe, "René Clair"
- Emmanuelle Toulet, "René Clair, le cinéma à la lettre"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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O....était assis sur le canapé, nu, uniquement équipé de sa cage de chasteté, les bras croisés sur sa poitrine. V....revenant de la chambre se tenait devant lui, vêtue d'une nouvelle tenue qui renforcait sa position de dominatrice.
"Oh wow, c'est une nouvelle tenue" dit O...avec enthousiasme.
"Tu aimes?" » demanda timidement V.....
"absolument!" , s'est exclamé O....
L'attitude de V... a changée rapidement et elle l'a regardé froidement, "tu sais que tu mérites ce que tu vas avoir, peut-être que si tu n'avais pas été ce petit idiot à deux balles, je n'aurais pas à devoir te discipliner". O... baissa les yeux sur le sol.
"O..., deux semaines que nous nous sommes pas vus. Normalement, comme je ne t'ai pas donné d'autorisation, tu n'as pas eu d'orgasme depuis deux semaines", dit-elle.
"Je sais V.... Ça me manque."
"Eh bien, j'ai réfléchi."
"à propos de quoi?"
"sur la façon dont nous pouvons pimenter les choses aujourd'hui. Tu as été un bon garçon, n'est-ce pas ?"
"Oui, V. Biensûr."
"Je pense qu'il est temps de faire preuve d'un peu de créativité."
"avec quoi?"
"avec une punition, bien sûr."
" un châtiment?"
"Oui, O..... Je pense qu'il est temps d'introduire un nouvel élément dans nos jeux."
"À quoi penses-tu?"
"Je pense qu'il est temps que tu apprennes à plaire à une vraie dominatrice."
"que veux-tu dire?"
"Je veux dire, je vais t'apprendre à me plaire. Et si tu peux faire ça, alors peut-être, juste peut-être, je te laisserai avoir un orgasme."
"vraiment? Ça me plairait vraiment"
"Je veux dire, tu vas encore devoir apprendre à être un bon petit soumis. et si tu peux faire ça, alors je te laisserai avoir un orgasme. Évidemment je contrôlerai la façon dont tu jouiras."
"comment?"
"Eh bien, d'abord, tu vas devoir continuer à apprendre à me plaire. Je vais t'apprendre de nouveaux trucs."
"Quel genre de trucs ?"
"Eh bien, d'abord, tu vas apprendre à manger de la chatte correctement. Je sais que le fait de t'abstenir de jouir fait de toi un mangeur de chatte plus avide, mais c'est plus qu'un simple empressement. et je ne parle pas seulement de lécher mon clitoris. , non plus. Je veux dire, tu vas devoir apprendre à me manger correctement. O... pensa que V... était en fait relativement satisfaite de ses talents de bouffeur de chatte, mais elle qu'elle voulait renforcer sa domination ce qui n'était pas pour lui déplaire.
"d'accord."
"Et puis, tu vas aussi devoir apprendre à me baiser avec le gode-ceinture. J'adore l'idée de ta bite encagée balottant entre tes cuisses pendant que tu me pénètre avec le god ceinture, tu peux faire durer le plaisir jusqu'à ce que je jouisse. Et si tu me baise assez bien, alors je te laisserai avoir un orgasme.
"d'accord." V...était super excité à l'idée de jouir et de faire n'importe quoi pour elle.
"Mais d'abord," dit-elle, "je pense que nous devons travailler sur ton attitude. Tu as été un peu trop arrogant ces derniers temps."
"Je suis désolé, V...."
"Non, tu ne l'es pas. Tu dois apprendre à garder ta place. Ce n'est pas toi qui commande ici."
"Je sais, V.... Je suis désolé."
"Bien. Maintenant, commençons."
V...a remis à O...une paire de menottes en cuir. « Mets-les à tes poignets. J'ai besoin que tu sois un bon petit soumis, et cela signifie que tu vas devoir apprendre à obéir à chacun de mes ordres.
"Oui Maîtresse."
"Bien. Maintenant, je veux que tu t'agenouilles sur le sol."
O... a fait ce qu'elle lui a dit.
V.... s'est assise sur le canapé avec les jambes écartées "maintenant, viens ici." O... rampa vers elle en déplaçant a genoux, ses mains verrouillées derrière son dos. Il pouvait maintenant sentir sa douce chatte humide.
"Ne t'inquiète pas, je ferai en sorte de te guider. J'ai juste besoin que tu sois un bon soumis et que tu m'écoutes."
"d'accord, je ferai de mon mieux."
"Tout d'abord, commençons par un peu d'honnêteté, dis-moi pourquoi je veux contrôler ta bite!" dit-elle sévèrement.
"Oh, ahh, parce que j'ai un petit pénis… et je jouis trop vite" dit O..., pensant avoir la bonne réponse.
" voilà une parole lucide. maintenant, écarte un peu les jambes ». O... bougea un peu pour écarter ses jambes alors que tout son poids reposait sur ses genoux. V... a mis un doigt sous son menton et a incliné la tête pour la regarder dans les yeux. elle lui ensuite taquiné du pied les couilles depuis sa position assise sur le canapé. la surprise s'est répandue dans tout le corps d'O.. V... a attrapé ses épaules et l'a redressé.
"là, ça doit te rappeler que c'est moi qui commande, et tu vas devoir m'écouter si tu veux pouvoir." dit-elle d'un ton neutre.
"Ok, je comprends."
"Bon garçon. Maintenant, je veux que tu commences par honorer mes seins." elle attrapa sa nuque et pressa son visage contre sa poitrine.
O... fit ce qu'elle lui demandait, prenant un de ses petits seins coquins dans sa bouche et le suçant.
"Maintenant, lèche-moi doucement les mamelons." dit-elle. O... sentit ses tétons devenir durs sous sa langue. Après quelques minutes V... repoussa la tête d'O..
"OK c'est bon, passons à un autre exercice, ta langue sur ma chatte. je veux que tu me lèches la chatte de la meilleure façon que tu penses être. N'ai pas peur d'utiliser ra langue partout. et quand tu auras fini, je veux que tu suces mon clitoris.
O... hésita un instant avant de prendre une profonde inspiration et de plonger. V... gémit pendant qu'il lui léchait la chatte. elle aimait la sensation d'avoir le contrôle.
"C'est ça, ma petite salope. Continue comme ça. je vais jouir dans une minute."
O... a continué à lécher et à sucer, se sentant plus en confiance à chaque coup de langue. il pouvait sentir les gémissements de V... devenir de plus en plus forts et pouvait sentir son corps se rapprocher de plus en plus de l'orgasme. V...a attrapé les cheveux d'O... et l'a éloigné de sa chatte. Elle s'est ensuite retournée avec ses genoux sur le canapé et le visage de John juste près de ses fesses.
"OK c'est assez. maintenant, il est temps pour toi de me baiser avec le gode-ceinture. V... a aidé O... à remettre le harnais et à attacher le gode.
"J'aime son épaisseur et sa longueur. Regarde ta petite bite en dessous, elle n'est certainement même pas comparable. Maintenant, baise-moi avec." V...s'est retournée et a ordonné à O... de se lever pour qu'il puisse la baiser en levrette avec ses mains attachées derrière son dos.
O... a mis le gode-ceinture dans la chatte de V...et a commencé ses va-et-vient. Il est allé lentement au début, mais à mesure, il a commencé à accélérer le rythme. il remarqua que depuis cette position, il pouvait éviter que sa bite ne la touche alors qu'il s'enfonçait à fond.
"c'est ça. baise-moi fort. Des coups complets jusqu'au fond, bon sang, tu deviens bon dans ce domaine"
O... la baisa durement, sa queue tendue sous le harnais. cette fois, il s'était engagé à ne pas avoir d'orgasme jusqu'à ce que V...lui en procure de la manière qu'elle choisira.
"bon soumis. tu fais ça très bien. oh j'aime la façon dont tu me baise ! je pense que je suis prêt à jouir… ohhh putain", gémit V.. O...a lentement retiré le gode de la chatte trempée de V... . V...se retourna, enleva le harnais d'O.. mais le laissant menotté.
"Je pense que tu es prêt pour un orgasme."
V... s'est mise à genoux devant O..., lui enleva délicatement la cage de chasteté et ensuite, une main s'enroulat autour de sa queue pendant que l'autre malaxait ses couilles à la base.
Elle se pencha alors avec hésitation comme si elle était sur le point de lui sucer la bite. O... gémit par anticipation. Elle a commencé à faire semblant de lui donner une fellation, mais au lieu de mettre sa bite dans sa bouche, elle faisait une pipe au gode ceinture. Elle lança ensuite à O... un regard perplexe puis moqueur.
"haha, il n'y a aucun moyen que tu jouisses de cette façon. en fait, je ne sais pas encore, quand, et surtout, si, je te ferais jouir ainsi." dit-elle en riant.
V... s'est levée et a dit à O... de se retourner et de se pencher en avant, la tête sur le dossier du canapé et à genoux sur l'assise toujours les mains liées derrière le dos.
C'est à ce moment-là qu'il réalisa qu'ils faisaient tout ça juste devant la fenêtre avec les stores levés. Quiconque présent dans les appartements d'en face pouvait voir leur débauche.
V... caressa la bite d'O... en s'assurant qu'il bandait bien, mais pas assez pour atteindre l'orgasme. Elle a ensuite enfilé un gant en latex en regardant O.. qui ne pouvait pas deviné ce qui se passait.
"Es-tu prêt?" » demanda V....
"Oui s'il te plaît, je veux jouir!" s'exclama O....
"Bien. eh bien, pour te récompenser de m'avoir bouffé la chatte et baisé avec le gode ceinture, voyons de quel moyen je pourrais te faire jouir. O.... était confus mais aveuglé par son besoin de jouir. il a tout oublié de la fenêtre et de ce que pourraient voir les voisins.
V... lui glissa à l'oreille "Je sais que plus je me refuse à toi, plus tu es excité, ce qui est idéal pour ton entraînement de bonne petite salope à sa maîtresse."
"Essayons maintenant une autre forme d'entraînement." dit V...affichant un sourire menaçant.
"Oui s'il vous plaît maîtresse, tout ce que vous voulez, je ferai n'importe quoi" plaida O....
"bonne réponse, je me souviendrai de ce que tu as dit". V... a ensuite posé une petite quantité de lubrifiant sur un de ses doigts gantés et l'a enfoncé délicatement dans le trou du cul serré d'O....
"Oula, qu'est-ce que tu fais" balbutia O.... "Tais-toi, petite salope, je ferai ce que je veux de ton corps" repondit sèchement V.... tout en enroulant son doigt pour frotter la prostate d'O.
"Je vais te faire jouir mon petit soumis, tu ne le veux pas?" demanda V.... pendant qu'elle caressait encore plus fort la bite de sa victime.
"Oh mon Dieu, ta bite est si dure, je savais que tu apprécierais ça", nota V.. avec enthousiasme. O...était perdu, et ne savait pas quoi penser. mais il l'était tellement excité et avait besoin de jouir qu'il était prêt à tout accepter.
V.. continua à branler d'une main la bite d'O en continuant avec l'autre de s'occuper de son anus. O.... commença à gémir, oubliant toute idée d'humiliation d'être doigté par sa maîtresse, le plaisir lui embrouillait l'esprit et le rendait singulièrement concentré sur sa soumission à la volonté de V....
"Il est temps pour toi de jouir ma petite salope" cria V.... elle accélérera le rythme de son doigt et de sa main. O... sentit une chaleur monter en lui. il gémit une dernière fois puis sa queue se vida de son sperme. C'était bien mais différent, un peu incomplet. il n’a pas explosé comme il en avait l’habitude.
"bon garçon." dit V.. d'un ton rassurant. "
Elle ajouta: "Cela s'appelle une traite, et si tu as de la chance, je veillerai à ce que tu en profite davantage pour vous éviter d'être trop frustré".
V...a déverrouillé les menottes et a aidé O... à se relever.
"Je suis fier de toi, O.... Tu as fait un excellent travail."
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"Et d'ailleurs, Monsieur, vous avez été dans ma vie une obsession charmante, un long amour; il ne faiblit pas. Je vous ai lu durant des veillées sinistres et, au bord de la mer sur des plages douces, en plein soleil d'été. Je vous ai emporté en Palestine, et c'est vous encore qui me consoliez, il y a dix ans, quand je mourais d'ennui dans le Quartier Latin. L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour cela que le présent nous échappe. La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles". Pour avoir du talent, il faut seulement être convaincu qu'on en possède vraiment". De l'homme, on retient en général l'image de la fin, celle du normand solide, aux moustaches tombantes et au crâne dégarni, le regard aux yeux cernés de l'ermite de Croisset, un viking, mieux, un Sicambre dont la stature "hénaurme" trône au centre de notre littérature. De l'écrivain, on loue le style. Images convenues de Flaubert, entré en littérature comme on entre en religion, souffrant mille morts pour terminer une page, et faisant subir à ses textes la fameuse épreuve du "gueuloir", car "une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore". On a pu lui reprocher son style trop soigné, trop recherché et trop travaillé, au point parfois de "sentir l'huile". Étrange spécimen d'écrivain qui travaille plus pour gagner moins, lui, "l'obscur et patient pêcheur de perles plongeant dans les bas-fonds et qui revient les mains vides et la face bleuie". Pour faire bonne mesure, on a alors vanté le style spontané, vivant et direct de sacorrespondance. Flaubert s'y livrerait en personne, sans fard. Ces "idées reçues" sur l'écrivain ne sont pas entièrement fausses, bien sûr, mais, trop "scolaires", elles risquent de figer l'image que nous avons de lui et de nous faire manquer le reste de cet homme qui "se perd en arabesques infinies". L'homme et l'écrivain méritent qu'on en approfondisse un peu le portrait, d'autant plus que, comme Flaubert lui-même l'a écrit à propos d'Hugo dont il lui est pourtant arrivé de railler la sottise," plus on le fréquente, plus on l'aime". Il refusait qu’on publie une photo de lui, évitait les journalistes,effaçait sa personne dans ses romans. Le romancier rejetait la célébrité, et a réussi l’entreprise de toute une vie: être connu pour ses livres seulement. Milan Kundera de nos jours, pousse la discrétion jusqu'à imposer à ses admirateurs un peu trop fervents, un code téléphonique spécial avant toute demande d'interview. Pourfendeur de la médiocrité et de la bêtise, Gustave Flaubert reste la figure à part de la littérature française du XIXème siècle. Son héroïne Madame Bovary a donné son nom au comportement psychologique consistant à fuir dans le rêve l'insatisfaction éprouvée dans la vie: le bovarysme. L'écriture, pour Gustave Flaubert, est le fruit d'une enquête minutieuse et d'un labeur acharné. Maître bien malgré lui du mouvement réaliste et inspirateur des naturalistes, il suscitera l'admiration de Proust, l'intérêt de Sartre et influencera jusqu'au nouveau roman. Né à Rouen le douze décembre 1821, il est issu d’une famille de médecins. Le père, grand bourgeois sévère, est chirurgien-chef à l’Hôtel-Dieu. Très jeune, l’enfant a décidé d’écrire. Il a trouvé un sujet, qu’une vie d’écrivain ne suffira pas à épuiser: la bêtise. Ainsi, se manifeste déjà le goût du sarcasme, de l’ironie et de la dénonciation. Rapidement, Il est délaissé en faveur de son frère aîné, brillant élève admiré par la famille, prénommé Achille comme son père, à qui il succédera comme chirurgien-chef de l'Hôtel-Dieu. Gustave Flaubert passe une enfance sans joie, marquée par l'environnement sombre de l'appartement de fonction de son père à l'hôpital de Rouen, mais adoucie par sa tendre complicité avec sa sœur cadette, Caroline, née trois ans après lui. Adolescent aux exaltations romantiques, il est déjà attiré par l'écriture au cours d'une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis au lycée de Rouen. Flaubert enfant a déjà dans ses tiroirs une production considérable.
"D'où vient donc cette haine contre la littérature? Est-ce envie ou bêtise? L'un et l'autre, sans doute, avec une forte dose d'hypocrisie. Comme ils sont rares les mortels tolérables, mais Vous, Princesse, vous êtes indulgente. L'élévation de votre esprit fait que vous regardez de haut la sottise; moi, elle m'écrase, étant, comme vous savez , un homme faible et sensible. La vie n'est supportable qu'avec une ivresse quelconque. Si tu pouvais lire dans mon cœur, tu verrais la place où je t'ai mise. Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire. La manière la plus profonde de sentir encore quelque chose est d'en souffrir". Son baccalauréat une fois obtenu, le jeune homme entame sans enthousiasme des études de droit à Paris. Il fréquente surtout les milieux artistiques et se lie d’amitié avec Maxime Du Camp, homme de lettres mondain qui prétend le patronner. Mais son idéalisme blessé tourne au dégoût de la vie, au refus de l’action, à la dérision générale du réel. Après ses réussites aux examens, ses parents lui financent alors un voyage dans les Pyrénées et en Corse, que Flaubert relatera dans l'ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom de "Voyage dans les Pyrénées et en Corse" ou dans certaines éditions des "Mémoires d'un fou". Le premier événement notable dans sa jeunesse est sa rencontre à Trouville-sur-Mer, durant l'été 1836, d'Élisa Schlésinger qu'il aimera d'une passion durable et sans retour. Il transposera d'ailleurs cette passion muette, avec la charge émotionnelle qu'elle a développée chez lui, dans son roman "L'Éducation sentimentale", en particulier dans la page célèbre de "l'apparition" de madame Arnoux au regard du jeune Frédéric et dans leur dernière rencontre poignante. Il a treize ans et demi, il voit alors sur la plage de Trouville, une "pelisse rouge avec des raies noires", laissée sur le sable par une femme partie se baigner, qui va être trempée par les vagues montantes. Il déplace la pelisse. Plus tard, dans la salle à manger de l'hôtel, quelqu'un le remercie alors, c'est la baigneuse. "Je vois encore, écrira Flaubert, cette prunelle ardente sous un sourcil noir se fixer sur moi comme un soleil". Il vient de tomber amoureux d'Élisa Schlesinger, il l'aimera toujours. Deux ans plus tard, à quinze ans et demi, l'auteur décide d'écrire son propre "Werther", sa propre "Confession d'un enfant du siècle": il va y raconter la rencontre, brève et alors sans suite d'Élisa. Il appelle le livre les "Mémoires d'un fou", peut-être en hommage à quelques lignes de Werther, où Goethe écrit que, dès qu'un homme accomplit alors "un geste généreux et inattendu", les témoins crient qu'il est fou. "Mémoires d'un fou" n'est pas le premier écrit de Flaubert. À neuf ans, il a publié, par les soins d'un avocat de Rouen, Albert Mignot, un "Éloge de Corneille" et il a mis en sous-titre: "Œuvres choisies de Gustave F". À onze ans, il donne des critiques dramatiques dans le journal "Art et Progrès". Puis ce sont des livres d'histoire, ou mystiques, le "Moine des Chartreux", la "Peste à Florence", "la Dernière Heure". Lorsqu'il écrit sa rencontre avec Élisa, Flaubert est l'auteur déjà de près de trente œuvres. Dispensé de service militaire grâce au tirage au sort qui lui est favorable, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de droit à Paris, ses parents souhaitant qu'il devienne avocat. Il mène une vie de bohème agitée, consacrée à l'écriture. Il y rencontre des personnalités dans le monde des arts, comme le sculpteur James Pradier,et celui de la littérature, comme l'écrivain Maxime Du Camp, qui deviendra son ami, ainsi que l'auteur dramatique Victor Hugo. Il abandonne le droit, qu'il abhorre, en janvier 1844 après une première grave crise d'épilepsie. Il revient alors à Rouen, avant de s'installer en juin 1844 à Croisset, en aval de la Seine, dans une vaste maison que lui achète son père.
"N'avaient-ils rien autre chose à se dire ? Leurs yeux pourtant étaient pleins d'une causerie plus sérieuse; et, tandis qu'ils s'efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux. C'était comme un murmure de l'ãme, profond, continu, qui dominait celui des voix. On peut juger de la beauté d'un livre à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donné et à la longueur du temps qu'on est ensuite à en revenir. J’éprouve le besoin de sortir du monde, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoûte à voir". Le jeune Flaubert nourrit un idéal élevé, des romans approchant la perfection stylistique. Et il sait que même avec les plus grands de la littérature, le jugement peut être sévère. À l’entrée "Célébrité" de son "Dictionnaire des idées reçues", où il a recensé pendant une trentaine d’années les lieux communs les plus bêtes de son époque, il écrit: " Dénigrer quand même les célébrités, en signalant leurs défauts privés. Musset se soûlait. Balzac était criblé de dettes. Hugo est avare". Fils d'un champenois et d'une normande, il joint en lui les traits des deux races. Ainsi, auphysique il est un pur viking. Il en a la taille haute, le regard, l'opiniâtreté et l'esprit d'indépendance. Mais il doit à son père, professeur de clinique et chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, après avoir été un des plus brillants élèves de Dupuytren, sa méthode d'analyse scrupuleuse, sa précision scientifique. Il rechercha, en clinicien, la vérité sous les faux-semblants. Il la décrira avec une objectivité qui lui sera reprochée comme si elle était une marque d'insensibilité, alors qu'il conservera toute la vie un cœur d'ingénu. Il a grandi dans un hôpital, joué, dans un petit jardin, sous les fenêtres d'un amphithéâtre d'anatomie. Il a connu la souffrance et la mort dès ses premières années. Mais la mélancolie d'un tel lieu était tempérée par la douceur d'un foyer familial très uni, où l'on aimait rire. De ces contrastes sont venus sans doute et sa tendance à latristesse et son besoin de grosse gaieté, son goût des farces, et cette invention d'un personnage fictif, "Le Garçon", auquel ses camarades et lui, lui surtout, et jusqu'à la fin de sa vie, prêtent les propos cyniques les plus extravagants, les mieuxfaits pour effaroucher les bourgeois qu'il prend en horreur. À côté de cela, Gustave Flaubert a grand besoin de tendresse,et le montre dans ses lettres à sa mère, à sa sœur de trois ans plus jeune que lui. Il allait la perdre le vingt mars 1846, trois mois après la mort de son père. Ces deuils répétés, la présence au foyer d'une enfant dont la venue avait coûté la vie à la très jeune mère, une maladie nerveuse épileptiforme, mais qui vraisemblablement ne fut pas, comme on l'a trop souvent à tort dit, l'épilepsie vraie, assombrirent encore son destin, inclinèrent davantage son esprit vers le pessimisme. Sa santé fragile l'obligea à interrompre ses études de droit, ce qui fut plutôt un soulagement, car il ne concevait pas, étant encore sur les bancs du lycée, qu'il pût être autre chose qu'un grand écrivain. Le destin de "Madame Bovary" vient de loin.
"Surpris d'étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s'en raconter la sensation ou en découvrir la cause. Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet enivrement, sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au delà s'étendait à perte de vue l'immense pays de félicités et de passions". La famille de Mme Flaubert était du pays d'Auge. Le docteur Fleuriot, installé à Pont-l'Evêque, avait épousé une demoiselle Cambremer de Croixmare, dont il eut une fille, la mère du romancier. Ses biens ramenaient chaque été les Flaubert à Trouville, où les parents champenois venaient les rejoindre. Trouville n'était encore qu'un village de pêcheurs. Mais la beauté du site attirait nombre d'artistes, et ce fut là que le collégien fit, au vrai, son éducation sentimentale. Une idylle ébauchée avec une amie de sa sœur, une fille de l'amiral anglais Collier, servit de prélude au grand roman d'amour, à la passion du romancier pour Mme Schlésinger, rencontrée à Trouville en 1836. Cette passion est à l'origine d'un des chefs-d'œuvre de la littérature française: "L'Éducation sentimentale". Il est remarquable que, dès sa jeunesse, Flaubert ait été attiré par les sujets qu'il devait développer plus tard dans la pleine maturité. On trouve dans les écrits de l'enfant et de l'adolescent l'embryon de ce qui allait alors devenir "La Tentation de Saint-Antoine". En 1835: "Voyage en enfer", en 1837: "Rêve d'enfer", en 1839: "Smarh". De même trois versions de"L'Éducation sentimentale" précèdent le roman de 1869. En 1836 les "Mémoires d'un fou", puis à vingt ans, alors qu'il était étudiant à Paris, "Novembre", et en 1843, une première "Éducation sentimentale", qui n'a de commun que le titre avec le texte définitif. Alors les frères Goncourt ont dit avec raison que certaines pages de "Novembre" étaient un réel chef-d'œuvre, ce qui n'empêchera pas le jeune auteur d'attendre encore treize années avant de rien livrer au public. Lorsque, obéissant à la mode littéraire, il écrit, en 1837, "Une leçon d'histoire naturelle: Genre commis", l'imprime dans"Le Colibri", cette "physiologie" balzacienne préfigure "Madame Bovary" et "Bouvard et Pécuchet", avec plus d'éclat. Gustave Flaubert s'était lié sur les bancs de l'école de droit avec un autre étudiant, comme lui fils de médecin, Maxime Du Camp. Malgré quelques orages, leur amitié fut durable, bien que refroidie par la hâte de Du Camp à se pousser dans le monde, et l'indifférence de Flaubert, qui, aux objurgations de son ami, répondit: "Être connu n'est pas ma principale affaire. Je vise à mieux: à me plaire, et c'est plus difficile. Le succès me paraît être un résultat et non pas le but. J'ai en tête une manière d'écrire et gentillesse de langage à quoi je veux atteindre". Cela fut écrit en juin 1856,avant même que fût alors achevé le roman qui le tenait occupé depuis 1851, son chef-d'œuvre, "Madame Bovary".
"Elle retenait sa douleur, jusqu'au soir fut très brave mais dans sa chambre, elle s'y abandonna, à plat ventre sur son matelas, le visage dans l'oreiller, et les deux poings contre les tempes. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du cœur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment". Au début de l'année 1846, meurent, à peu de semaines d'intervalle, son père, puis sa jeune sœur, deux mois après son accouchement. Gustave prendra la charge de sa nièce, Caroline. Son père laisse en héritage une fortune évaluée à cinq cent mille francs. Il peut désormais vivre de ses rentes et se consacrer entièrement à l'écriture. Il décide, en compagnie de Du Camp, de parcourir à pied la Touraine, la Bretagne et la Normandie, en longeant la côte, de la Loire à la Seine, au printemps de 1847. En avril 1848, il a encore le chagrin de perdre un de ses intimes, Alfred Le Poittevin, dont la sœur était la mère de Guy de Maupassant. Puis, comme pour se consoler en traitant un sujet longuement mûri avec lui, il se met à rédiger "La Tentation de Saint-Antoine", après avoir mis au net les notes rapportées de son voyage en Bretagne. Celles-ci devaient former un volume, "Par les champs et par les grèves", dont les chapitres impairs sont de Gustave Flaubert, les pairs de Maxime Du Camp. Il se rend à Paris avec son ami Louis-Hyacinthe Bouilhet pour assister à la Révolution de 1848. Légaliste, il lui porte un regard très critique que l'on retrouve dans "L'Éducation sentimentale". "La Tentation de Saint Antoine" tient Flaubert jusqu'en septembre 1849. Les médecins lui prescrivent, son état nerveux s'aggravant, un séjour dans les pays chauds. Il avait décidé de partir avec Du Camp pour l'Orient, mais il voulait avant achever sa tâche. Il se mit en route pour l'Orient le vingt-neuf octobre 1849, parcourut avec Du Camp l'Égypte et remonta le Nil, visita l'Asie Mineure, la Turquie, la Grèce, et revint par l'Italie. Il y fit provision de souvenirs qui trouvèrent leur emploi dans "Salammbô", dans "Hérodias", ainsi que dans les versions ultérieures de "La Tentation de Saint-Antoine". Ce long voyage se réalisa entre 1849 et 1852. Dès son retour, il reprend alors sa relation avec la poétesse Louise Colet. Liaison traversée de bien des disputes, de ruptures momentanées, de replâtrages. Jusqu'à leur rupture, il entretient avec elle une correspondance considérable dans laquelle il développe son point de vue très personnel sur le travail de l'écrivain, les fines subtilités de la langue française et ses opinions sur les rapports entre hommes et femmes.
"Il n’avait plus, comme autrefois, de ces mots si doux qui la faisaient pleurer, ni de ces véhémentes caresses qui la rendaient folle ; si bien que leur grand amour, où elle vivait plongée, parut se diminuer sous elle, comme l’eau d’un fleuve qui s’absorberait dans son lit, et elle aperçut la vase. Étourdissons-nous avec le bruit de la plume et buvons de l'encre. Cela grise mieux que le vin. Ils se connaissaient trop pour avoir ces ébahissements de la possession qui en centuplent la joie. Elle était aussi dégoûtée de lui qu’il était fatigué d’elle. Emma retrouvait dans l’adultère toutes les platitudes du mariage". Retiré à Croisset, près de sa mère, n'ayant guère de distractions que les soins donnés à l'éducation de sa nièce et quelques voyages à Paris, Flaubert vécut en solitaire. Quelques passades, mais surtout un échange épistolaire assidu avec des amis et amies de choix, lui suffirent. Ses œuvres, peu nombreuses, ne comportent que trois grands romans, trois contes brefs, un "mystère", si l'on s'en tient à ce qui fut publié de son vivant. Il faut y ajouter une pièce de théâtre, "Le Candidat", qui subit un échec au Vaudeville le onze mars 1874, une féérie, "Le Château des cœurs", écrite avec Bouilhet et d'Osmoy, et quine fut pas représentée, un roman posthume, "Bouvard et Pécuchet", inachevé, et surtout cette "Correspondance"qui forme aujourd'hui treize gros volumes, et qui est peut-être le paradoxal chef-d'œuvre d'un écrivain dont le credo artistique tenait en ce seul article. "Le premier venu est plus intéressant que le nommé Gustave Flaubert", signifiant clairement que l'écrivain doit demeurer toujours absent de son œuvre, comme Dieu reste invisible dans la création. Sa vie, après son retour d'Orient, se confond alors avec l'histoire de ses livres. "Madame Bovary", en 1856, avait commencé de paraître dans "La Revue de Paris", fondée par Du Camp au retour du voyage en Orient, et, à cause de son libéralisme, mal vue du pouvoir, on prit prétexte de quelques scènes du roman pour engager des poursuites contre la revue et l'écrivain. Une habile plaidoirie de Maître Sénart provoqua l'acquittement, le sept février 1857, malgré le réquisitoire d'une sévérité inique du substitut Pinard. En avril, le volume paraissait chez Michel Lévy, et le procès maladroit servit grandement à le lancer. La presse fut d'ailleurs très louangeuse, avec Sainte-Beuve, et Baudelaire, mais les journaux de droite dénoncèrent l'immoralité de l'auteur et déplorèrent alors son acquittement.
"N'importe! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait ? Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers. Puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol qui pousse mal tout autre part". Qu'avait-il fait cependant ? Goncourt rapporte ce mot de Mgr Dupanloup: "Madame Bovary ? un chef-d'œuvre, monsieur. Oui, un chef-d'œuvre pour ceux qui ont confessé en province." Une œuvre morale, en tout cas, car l'histoire d'Emma Bovary n'offre rien qui puisse être regardé comme une apologie du vice. Victime de ses rêves, de ce triste penchant à toujours vouloir ce que la vie ne peut alors raisonnablement lui donner, dédaignant ce qu'elle tient, poursuivant de chimériques espoirs, Emma souffre de la médiocrité provinciale. Mariée à un officier de santé, elle étouffe dans le village où son mari exerce la médecine. Un hobereau du voisinage n'a pas de mal à en faire sa maîtresse, puis se lasse vite d'elle. Déçue, elle manque mourir de chagrin, prend sa revanche avec un clerc de notaire, signe des traites pour se faire belle, et, acculée à la ruine, entraînant son pauvre niais de mari dans les pires embarras, elle se fait donner de l'arsenic par le garçon du pharmacien Homais, et s'empoisonne. On ne peut résumer un livre où chaque détail a sa valeur, où tout est ordonné avec un art de composition admirable, où chaque caractère est d'une vérité qui en fait un "type" demeuré vivant, et dont le nom est passé dans la langue. Quand on demandait à Flaubert quel avait été le modèle de Madame Bovary, il répondait: "C'est moi !" Et cela est exact. Il a pu dire également: "Ma pauvre Bovary, à cette heure, souffre et pleure dans vingt villages de France !" Elle restera vraie tant qu'il y aura des êtres pour ainsi rêver et pour souffrir.
"Avant qu'elle se mariât, elle avait cru avoir de l'amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'était pas venu, il fallait qu'elle se fut trompée, songea-t-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. Un livre est une chose essentiellement organique, cela fait partie de nous-mêmes. Nous nous sommes arrachés du ventre un peu de tripes, que nous servons aux bourgeois. L'artiste doit être dans son œuvre comme Dieu dans la création, présent partout et visible nulle-part". Le premier septembre 1857, Flaubert entame la rédaction de "Salammbô", roman historique évoquant la "guerre des Mercenaires" à Carthage, conflit s'étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Polybe lui fournit les données historiques, avec la "guerre des Mercenaires". Patiemment, il entreprit d'immenses lectures pour donner un fondement acceptable à l'histoire de Salammbô, fille d'Hamilcar Barca. Il alla sur les lieux voir les paysages historiques. Le nom de l'héroïne est un de ceux que les Phéniciens donnaient alors à Vénus. Quant le roman parut, l'archéologue Froehner en critiqua la vraisemblance historique. Citant ses sources, Flaubert leconfondit, et il se trouve aujourd'hui que les récentes découvertes, très loin de ruiner ses hypothèses, les confirment en général, comme c'est la cas pour les enfants immolés à Moloch. Le succès fut aussi grand que celui de "Madame Bovary" lorsque le livre parut en novembre 1862. Il avait coûté près de six ans passés dans les "affres du style". Deux ans plustard, le premier septembre 1864, Flaubert entreprend enfin la version définitive de "L'Éducation sentimentale", roman de formation marqué par l'échec et l'ironie, avec des éléments autobiographiques comme le premier émoi amoureux ou les débordements des révolutionnaires de 1848. Le roman est publié en novembre 1869. Mal accueilli par la critique et les lecteurs, il ne s'en vend ainsi que quelques centaines d'exemplaires. Flaubert continue sa vie mondaine. Il rencontre l'empereur, reçoit la Légion d'honneur en 1866 et resserre ses liens avec George Sand qui le reçoit à Nohant. En juillet 1869, il est très affecté par la mort de son ami Louis-Hyacinthe Bouilhet. Rien ne permet d'affirmer qu'il ait été l'amant de la mère de Guy de Maupassant, sœur de son ami d'enfance, Alfred Le Poittevin. Quoi qu'il en soit, il sera très proche du jeune Maupassant qui le considérera comme un père spirituel. Leur correspondance témoigne de cette proximité.
"La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Quand je regarde une des petites étoiles de la Voie lactée, je me dis que la Terre n'est pas plus grande que l'une de ces étincelles. Et moi qui gravite une minute sur cette étincelle, qui suis-je donc, que sommes-nous ? Ce sentiment de mon infirmité, de mon néant, me rassure. Il semble être devenu un grain de poussière perdu dans l'espace, et pourtant je fais partie de cette grandeur illimitée qui m'enveloppe". La guerre interrompit alors la composition de "La Tentation de Saint-Antoine", qui ne put paraître qu'en 1874. Avec ce livre, l'écrivain dotait la littérature française d'un ouvrage sans analogue, dont la portée rappelle celle de Faust. En 1875, Commanville, mari de sa nièce, est ruiné et menacé de faillite. Avec un dévouement extrême, Flaubert se dépouille pour le sauver. En vain, il n'y parviendra pas, et sera d'ailleurs payé d'ingratitude. Ses amis l'aident. George Sand lui offre d'acheter Croisset et de l'y laisser sa vie durant. Il croit pouvoir se passer de cette aide. Et George Sand meurt six mois plus tard. Il a mis en chantier un autre grand roman qui doit être le récit des déceptions éprouvées par deux anciens commis, qu'un héritage affranchit du labeur quotidien, et qui, installés à la campagne, se mettent en tête d'entreprendre ce qu'ils sont mal préparés à mener à bien, échouent piteusement dans leurs essais d'agronomie, puis d'archéologie, de médecine, puis de littérature, et, écœurés, se remettent, de guerre lasse, à "copier comme autrefois" pour alors passer la vie. On a dit que "Bouvard et Pécuchet" faisait le procès de la science, c'est une grossière erreur. C'est le procès du manque de méthode que fait Flaubert, la critique de ceux qui croient savoir et n'ont même pas appris à apprendre. Leçon très haute et par cela même destinée à n'être que difficilement comprise, et d'autant moins que le livre est inachevé, et que nous ignorons ce que devaient copier les deux personnages, dont le choix constituait évidemment la preuve de leur enrichissement spirituel, car, Flaubert le dit, ils avaient appris dans toutes leurs expériences à souffrir, comme lui-même, de la bêtise universelle, au point de ne plus la tolérer. L'œuvre sera publiée en l'état dans l'année 1881, un an après sa mort.
"L’humiliation de se sentir faible se tournait en une rancune que les voluptés tempéraient. Ce n’était pas de l’attachement, c’était comme une séduction permanente. Il la subjuguait. Elle en avait presque peur. Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu’on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d’un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée". Pour obéir au vœu de George Sand, qui lui reprochait de toujours "travailler dans la désolation", sans jamais écrire rien de consolant, il entreprit "Un cœur simple". Ces souvenirs d'enfance à Trouville, à Pont-l'Evêque, groupés autour de sa servante Félicité, joints à "La Légende de Saint Julien l'Hospitalier" et à "Hérodias" forment les "Trois Contes inspirés", le premier d'un vitrail, le second d'un tympan de portail de la cathédrale de Rouen, entraînant ainsi le lecteur en plein Moyen Âge de la "Légende dorée", et puis en Judée, à l'Orient de la mer Morte, dans la citadelle de Machaerous. Hérode Antipas, Tétrarque de Galilée, pour obéir à Salomé qui, ayant dansé devant lui, lui avait plu, ordonna au bourreau de trancher la tête de Jean-Baptiste et de l'apporter à la jeune fille sur un plateau. Trois récits de couleur si variée que tout son art se trouve résumé dans cette opposition des paysages et des nuances psychologiques. Les dernières lettres publiées dans sa "Correspondance" nous montrent Gustave Flaubert "las jusqu'aux moelles", terrassé par le chagrin et le travail. La mort vint le prendre le huit mai 1880, à l'âge de cinquante-huit ans. Il avait eu avant de mourir la consolation d'assister au triomphe de son disciple Guy de Maupassant dont "Boule de Suif" était saluée comme un chef-d'œuvre. Son enterrement au cimetière monumental de Rouen se déroule le onze mai 1880, en présence de nombreux écrivains importants qui le reconnaissent comme leur maître, qu'il s'agisse de Zola, de Daudet, de Théodore de Banville ou de Guy de Maupassant, dont il avait encouragé la carrière depuis 1873.
"Le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son cœur. Je suis doué d'une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire. Personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs. Les bonheurs futurs, comme les beaux rivages des tropiques, projettent sur l’immensité qui les précède leur mollesse natale, une brise parfumée, et l’on s’assoupit dans cet enivrement sans même s’inquiéter de l’horizon que l’on n’aperçoit pas". En 1850, Balzac meurt. Flaubert, en voyage à Constantinople, l’apprend. La succession est ouverte. "Je crois que le roman ne fait que de naître, il attend son Homère". En 1857, cet Homère fait l’objet d’un procès au terme de sept années qui métamorphosent alors le roman français, et aboutissent à la tentative de censure bourgeoise. Procès d’une femme, ou procès d'un roman ? Quand Flaubert se met à sa table de travail et dans le "gueuloir" de Croisset, il entame l’expérience de la contrainte généralisée. Contrainte du sujet et du combat qu’il génère, contrainte du genre romanesque, contrainte du style et de l’écriture. Sans doute se résolvent-elles moins dans l’achèvement du livre, parfait système clos, que dans la récurrence, la structure, l’organisation du texte. Si l’on a pu parler de "machine romanesque", c’est que Madame Bovary pose d’une façon magistrale l’économie du genre, en définit les enjeux et combine avec une remarquable efficacité les impératifs de l’écriture. Continuateur de Stendhal et de Balzac, Flaubert ancre le roman dans la tradition française du réalisme. À ce titre, il ouvre la voie à plusieurs générations de disciples, qui retiennent son exigence de vérité et d’observation à travers la doctrine du naturalisme. Mais l’auteur ne renonce jamais à l’héritage romantique de Chateaubriand, parfois de Hugo, deux écrivains qui ont ainsi déterminé ses débuts en littérature. Toute son œuvre, jusqu’à sa correspondance intime, porte la marque de tentations contradictoires. Celle d’un bourgeois en rupture avec la classe sociale dominante et celle d’un esthète de la rigueur pris dans le vertige de l’imagination. La quête inlassable de l’unité nourrit un culte du style. La beauté, selon Flaubert, résulte de l’accord du mot et de l’expression avec la pensée. La figure de l’écrivain s’efface alors devant celle d’un ouvrier laborieux, qui inspirera ainsi le XXème siècle, de Proust au nouveau roman.
"Sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du coeur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment". La poésie est une plante libre qui croît toujours là où on ne la sème pas. Le poète n'est pas autre chose qu'un botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir. Si le visage est le miroir de l'âme, alors il y a des gens qui ont l'âme bien laide. La morale de l’art consiste dans sa beauté même, et j’estime par-dessus tout d’abord le style, et ensuite le vrai. Je crois avoir mis dans la peinture des mœurs bourgeoises, dans l’exposition d’un caractère féminin naturellement corrompu, autant de littérature et de convenances que possibles, une fois le sujet donné, bien entendu". Pour Flaubert,"l'Idée n'existe qu'en vertu de sa forme", et cette forme doit approcher une perfection dont il faut fonder les lois à force de reprises minutieuses. Il rêve d'un style "qui serait rythmé comme le vers, précis comme le langage des sciences et avec des ondulations, des ronflements, des aigrettes de feu, un style qui vous entrerait dans l'idée comme un coup de stylet". Le style est "à lui seul une manière absolue de voir les choses" et "les grands sujets font les œuvres médiocres". Flaubert, en passant du "débraillé" de Saint Antoine au "boutonné" de Madame Bovary, a tenté, à partir d'un sujet terre à terre, d'écrire un "livre sur rien". La précision du vocabulaire, l’équilibre de la ponctuation, le contrôle des assonances et la maîtrise du rythme atteignent avec Flaubert un degré d’harmonie absolu. Dans la solitude de la maison familiale de Croisset, l’auteur corrige ses brouillons, multiplie les versions de ses textes et les soumet à l’épreuve du "gueuloir", une pièce réservée où il peut les lire à haute voix, ou même les crier, pour mesurer l’effet qu’ils produisent. À travers les échecs, les crises et les périodes de doute, il s’apparente à un sacrifice. Sceptique et désabusé devant l’existence et les hommes, le romancier envisage l’écriture comme un martyre, guidé par la seule foi dans la perfection. L’ambition ultime de Flaubert est l’effacement de sa personne au bénéfice de son œuvre. "L’artiste doit s’arranger toujours à faire croire à la postérité qu’il n’a jamais vécu. Je ne peux rien me figurer sur la personne d’Homère, de Rabelais, et quand je pense à Michel-Ange, je vois alors, de dos seulement, un beau vieillard de stature colossale, sculptant la nuit aux flambeaux".
Bibliographie et références:
- Juliette Azoulai, "L'âme et le corps chez Flaubert"
- Maurice Bardèche," L’Œuvre de Gustave Flaubert"
- Pierre Barillet, "Gustave et Louise"
- Pierre-Marc de Biasi, "Flaubert, l'homme-plume"
- Roland Biétry, "Gustave Flaubert, un destin"
- Paul Bourget, "L'Œuvre de Gustave Flaubert"
- Michel Brix, "Flaubert et les origines de la modernité littéraire"
- Jacques-Louis Douchin, "L'absurde chez Gustave Flaubert"
- Henri Guillemin, "Flaubert devant la vie et devant Dieu"
- Yvan Leclerc, "L’Éducation sentimentale"
- Guy de Maupassant, "Étude sur Gustave Flaubert"
- Marthe Robert, "En haine du roman, Étude sur Flaubert"
- Michel Winock, "L'œuvre de Gustave Flaubert"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Chapitre 2 (Lui)
13 Juillet (séance six)
Lors de la première séance, nous avons commencé à mettre en application les termes du contrat. Je lui avais fait apprendre les cinq positions. J’étais assis dans un fauteuil, au salon, et je lui ai fait répéter les gestes jusqu’à ce que cela devienne automatique.
Position n° 1 : Debout, les jambes légèrement écartées et les mains derrière la tête. C’est une position d’attente qui met bien la poitrine en valeur.
Position n° 2 : « Présentation des seins. » Debout, les jambes légèrement écartées, les mains se positionnent sous les seins et les remontent vers le haut. Idéal pour la pose de pinces sur les tétons.
Position n°3 : Debout, les jambes légèrement écartées, les bras croisés derrière le dos. C’est également une position d’attente mais celle-ci peut facilement être adoptée en public.
Position n°4 : « Présentation de la chatte ». Debout, les jambes écartées, le bassin projeté en avant. Les mains viennent écarter les grandes lèvres de la chatte. Très pratique pour poser des pinces ou, vérifier l’état d’excitation.
Position n° 5 : « Présentation des fesses ». Debout de dos, les jambes écartées, penchée en avant. Les deux mains viennent écarter les fesses au maximum. C’est la position rêvée pour la pose d’un plug.
Elle était bonne élève et au bout d’une heure, nous sommes passés aux façons de s’asseoir en public et en privé.
Position assise en public, donc habillée:
Elle soulève discrètement l’arrière de sa jupe et pose ses fesses nues à même le siège pour lui rappeler qu’elle ne porte pas de culotte.
Elle doit garder en permanence les cuisses légèrement disjointes et les mains de chaque côté du corps.
Position assise en privé, donc nue:
La tenue de rigueur en privé étant la nudité totale, hormis les chaussures, elle doit s’asseoir, écarter largement les jambes, se soulever d’un côté en écartant la fesse opposée puis se soulever de l’autre côté en écartant l’autre fesse. De cette façon son petit trou doit se trouver en contact avec l’assise.
Les mains de chaque côté du corps.
Nous avons terminé la séance avec les réflexes de langage qu’elle doit adopter :
Quand il s’agit de ses seins :" Je suis une petite chienne où, je suis une bonne chienne."
Quand il s’agit de sa chatte: "Je suis une petite salope où je suis une bonne salope."
Quand il s’agit de ses fesses: "Je suis une petite pute où je suis une bonne pute."
Par ailleurs, elle doit me prévenir à chaque fois que sa chatte s’écarte d’elle même à l’occasion d’un geste ou d’une position.
Je l’ai mise en position n°1 et je suis allé chercher une spatule de cuisine.
Une petite tape sur un sein : Elle démarre au quart de tour : « Je suis une petite chienne Monsieur».
Une autre tape sur l’entre-jambe : « Je suis une bonne petite salope Monsieur»
Je l’encourage :
« C’est très bien. Et si tu devais développer ? »
Nouvelle claque au même endroit : « Je suis une petite salope…qui est en train de se faire claquer la chatte Monsieur»
Je m’assure qu’elle ait bien compris :
« Demi-tour ! » Elle se tourne, toujours les mains sur la tête.
Une tape sur les fesses : « Je suis une bonne petite pute qui … aime se faire enculer Monsieur»
Elle était prête.
Dans la semaine qui a suivi, j’ai pensé qu’il me fallait quelques accessoires et que cela pouvait faire l’objet de la deuxième séance.
Ainsi, à l’heure dite, nous avons pris la voiture et avons commencé par une animalerie. Elle me suivait dans les rayons en position n°3, les yeux baissés, et nous sommes passés à la caisse avec un collier, une laisse et une gamelle en métal. En somme, nous avions l’air du couple qui vient d’adopter un chien. Là où le vendeur a levé les yeux sur ma femme, c’est quand il a vu qu’il y avait également une cravache sur le tapis. Il a dû imaginer ma femme nue, tenue en laisse en train de laper dans sa gamelle tout en recevant des coups de cravache sur les fesses.
Emoustillé par le regard d’envie que j’avais vu dans les yeux du commerçant, j’ai emmené ma chérie dans un grand magasin. Je lui ai donné des consignes :
« Tu vas acheter un concombre, des préservatifs et du lubrifiant. Tu choisiras un caissier homme pour payer tes achats ! »
« Oui Monsieur »
C’est un classique mais j’avais trop envie de la voir faire ça. Je l’ai suivie à distance et elle a gardé les yeux baissés pour passer à la caisse devant un jeune homme qui n’a pu retenir un grand sourire quand il a compris.
En me rejoignant, un peu après les caisses, elle est venue à mon oreille :
« Je suis une petite salope qui a envie de se prendre un concombre dans la chatte »
Décidément, elle y met du sien.
Le dernier arrêt fut au magasin « Marc Dorcel », enseigne de sex-toys réputée.
Le personnel de ce magasin était exclusivement féminin et dès notre arrivée, une jeune femme s’est approchée de nous :
« Je peux vous conseiller ? »
Toujours en position n°3 et les yeux baissés, ma femme m’a vu faire l’acquisition de deux butplugs de tailles différentes, d’un martinet, d’un godemiché et d’un œuf vibrant télécommandé à distance.
Nous sommes rentrés à la maison, la séance était terminée.
Pendant la semaine, je pense évidemment à la séance précédente ainsi qu’à la suivante. Je rajoute des éléments dans les grilles d’options qui accompagnent le contrat. Ces grilles sont posées sur le bureau et elle doit les remplir.
Je ne lui laisse pas vraiment le choix puisque seules deux cases existent :
« J’accepte » et « ça m’excite ». Ça me permet quand même de savoir ce qui lui plait.
Ainsi la semaine dernière, après l’épisode avec Laurent :
« Être nue devant un inconnu », et: « Séance devant un inconnu », elle avait coché pour les deux : « Ça m’excite ».
Cela m’avait donné des idées.
Aujourd’hui, le temps est gris mais nous sommes mi juillet et la température est douce.
séance n°6.
Je lui avais dit : » Cet après-midi, 16h, tenue publique, nous sortons !
Elle avait acquiescé :
« Oui Monsieur »
A chaque fois, c’était un cadeau qu’elle me faisait. Avec ce « Oui Monsieur » elle disait : « je te donne mon corps et mon esprit pendant deux heures. Fais de moi ce que tu veux. Je t’obéi aveuglement, je te fais confiance. »
Il faut dire que je ne cherche en aucun cas à lui faire mal, bien au contraire. En fait, mon plaisir est de la voir prendre le sien. Comme elle ne peut pas savoir avant d'avoir essayé, je lui propose tout un éventail d'expériences et ensuite elle coche sur la grille.
A 15 heures, elle avait disparue dans la salle de bains. J'avais entendu le bruit de la douche, du sèche-cheveux. Et à 16h, elle descendait, vêtue d'un haut boutonné, et d'une minijupe. Elle était superbe, comme d'habitude.
" tu es juste magnifique ma chérie"
"Merci Monsieur"
Inutile de lui demander si elle est prête, si elle m'appelle Monsieur, c'est qu'elle est consentante.
Je l'amène à un bout de la table où j'ai disposé, un peu en retrait, un collier et un ordinateur portable.
" Mets ton collier et Position n° 5 ! "
"Oui Monsieur". Elle le ferme sur son cou puis prend la position. Elle se penche en avant jusqu'à faire toucher ses seins sur le bois de la table, fait remonter l'arrière de sa jupe sur ses reins et écarte largement ses fesses avec les deux mains.
"Je suis une bonne petite pute Monsieur. »
Je passe derrière elle. En écartant ainsi ses fesses, elle sépare également les lèvres de sa chatte et j'ai une vue splendide sur ses deux trous. Je meurs d'envie de la prendre comme ça, tout de suite, mais soyons patient.
"Je veux que tu révises le contrat au chapitre "Montée et descente de voiture".
"Oui Monsieur"
J'ouvre la page correspondante :
Montée et descente de voiture
Pour la montée:
1 Si Monsieur est au volant :
Ouvrir la portière, me mettre de dos dans l'encadrement de la porte, soulever ma jupe pour bien dévoiler les fesses, attendre l'ordre de m'asseoir, puis m'installer, fesses nues, sur le siège.
2 Si Monsieur m'ouvre la porte de la voiture.
S'asseoir perpendiculairement au fauteuil, fesses nues sur le siège. Faire monter la jambe gauche dans la voiture en laissant la jambe droite à l'extérieur afin d'écarter les jambes au maximum. Remonter la jupe pour découvrir la chatte et attendre que Monsieur commence à fermer la portière. Faire monter alors la deuxième jambe.
Dans les deux cas, après avoir refermé la portière : Ecarter largement les jambes puis chaque fesse afin que le petit trou soit en contact avec le siège.
Déboutonner le chemisier pour laisser entrevoir les seins. Poser les mains à l'extérieur des cuisses pour que la chatte soit bien visible.
Pour la descente :
1 Si Monsieur est au volant :
Ouvrir la portière, me mettre debout de dos dans l'encadrement de la porte, soulever ma jupe pour bien dévoiler les fesses, attendre l'ordre de fermer la porte, puis faire redescendre la jupe.
2 Si Monsieur m'ouvre la porte de la voiture.
Pivoter vers l’extérieur, en sortant la jambe droite au dehors afin d'écarter les jambes au maximum. S'assurer que la jupe, en bougeant, ne cache pas la vue sur la chatte et attendre que Monsieur commence à fermer la portière. Sortir alors de la voiture et faire redescendre la jupe.
Pendant sa lecture je suis allé chercher un de ces crochet en forme de S destiné, quand il est introduit dans l'anus et tiré par une corde reliée au collier, à amplifier la cambrure. Je l’ai commandé sur internet et il est arrivé cette semaine. Je mets un peu de lubrifiant sur le bout de mon doigt et je masse doucement son orifice en faisant parfois pénétrer la première phalange. Son dos se creuse un peu plus, elle aime.
Je fais rentrer une extrémité du crochet dans son petit trou, j'entends un gémissement. Je relie l'autre extrémité à l'anneau du collier par une cordelette que je commence à tendre. La cambrure s'intensifie. Je tends encore la cordelette.
"Je suis une bonne petite pute" dit-elle dans un souffle. Ce doit être le signal que c'est le maximum tolérable. Je relâche un peu.
"Maintenant je veux que tu revoies le contrat au chapitre : Comportement en public !"
"Oui Monsieur"
J'ouvre la page.
Comportement en public
La tenue de rigueur est: jupe courte et haut boutonné.
Position debout:
Ma position debout doit être naturelle en adoptant le plus souvent la position n°3 : Bras croisés dans le dos.
Il m'est strictement interdit d'initier une conversation avec quiconque.
En revanche, je devrai répondre avec humilité et respect si la parole m'est adressée.
En extérieur comme en intérieur, j'ai interdiction de plier les genoux. Si je dois me pencher, je garde les jambes tendues.
Je ne dois jamais manquer une occasion de dévoiler et exposer mes seins, mes fesses ou ma chatte à Monsieur, à chaque opportunité qui se présente.
Faire ma pisseuse (en public):
Si je dois aller aux toilettes pour uriner, je dois dire : "je suis une petite pisseuse" et attendre l'autorisation.
Une fois sur place, je dois me mettre entièrement nue, à l'exclusion des chaussures, et prendre une photo de ma chatte que je montrerai à Monsieur dès ma sortie des toilettes.
" J'ai terminé Monsieur". Je remarque qu'elle fatigue à garder la position. Je lui retire son collier puis le crochet anal. Elle arrondit son dos pour se détendre. Je vais lui donner un moment de répit.
"Bois un verre d'eau et rejoins moi à la voiture !"
"Oui Monsieur"
Je sors.
De ce côté de la maison, la porte d'entrée donne sur un grand jardin sans vis-à-vis. La voiture est garée devant, je m'installe au volant. A peine trente secondes, elle n'a pas trainé, je vois la porte passager s'ouvrir. Elle se place dans l'encadrement, me tourne le dos et relève bien haut l'arrière de sa jupe dévoilant ses fesses, elle écarte un peu les jambes. Comme je suis assis, je distingue le renflement de la chatte sous les fesses et même, un peu de ses petites lèvres qui dépassent.
" je suis une bonne petite pute Monsieur."
"C'est bien ! Monte !"
"Oui Monsieur" Elle s'assoit à même le siège en cuir, écarte bien les jambes, puis les fesses l’une après l’autre, relève le devant de la jupe pour dégager la chatte, défait un bouton de son chemisier, pose les mains sur les côtés. Pour l'instant c'est un sans-faute.
Je manœuvre pour sortir de la propriété et prends la route vers la ville la plus proche.
Mon plan est le suivant : rejoindre une grande surface et mettre ma femme entièrement nue dans différentes occasions que j'ai déjà imaginées. J'espère même réussir à la faire se déshabiller devant au moins un inconnu.
Nous arrivons, je prends une place tout au bout parking, je coupe le moteur.
C'est le week-end et, bien sûr, les grandes surfaces sont très fréquentées mais là ou nous sommes garés c’est plutôt désert. Elle ouvre sa portière, elle sort, relève l'arrière de sa jupe.
"Je suis la petite pute de Monsieur." dit-elle à voix basse mais distincte.
Elle a les yeux baissés mais moi, je vois un homme qui viens vers nous pour sans doute, récupérer sa voiture. J'attends un peu et je la laisse les fesses à l'air.
Finalement, l'homme s'arrête une allée plus loin. Il n'a rien remarqué.
"Allons-y !" la jupe retombe.
Nous entrons dans l'allée principale du magasin.
Elle s'approche de mon oreille :
"Je suis une petite pisseuse". Ah Oui ! Le verre d'eau, elle a dû en prendre un grand.
"Va ! Je t'attends ici !" Elle s’éloigne, je l'imagine enlever son haut, sa jupe, une fois nue, faire une photo, puis faire son pipi et se rhabiller.
Tiens au fait, juste avant de partir, elle à oublier de dire "Oui Monsieur". Il va falloir que j’ajoute un chapitre « punitions » au contrat. Pas vraiment pour la punir ou lui faire du mal, bien sur, mais plutôt pour lui permettre, en "oubliant" sciemment certaines règles, de m'indiquer ce dont elle a envie. A creuser...
Je repère le photomaton dans l'allée. Ça n'est pas un hasard, je savais pertinemment qu'il était là.
La voilà qui revient. Elle me montre son portable sur lequel s’affiche sa chatte en gros plan. La photo est un peu floue mais ça n’est pas le plus important. Le plus important c’est qu’elle ait obéi aux ordres, au contrat. Et c’est ce qui m’excite au plus haut point.
Je lui montre le photomaton.
"Tu vas aller faire des photos de toi toute nue "
"Oui Monsieur" et elle repart.
C'est un de ces appareils qui peut prendre quatre poses différentes. Un rideau est tendu à l'entrée mais il ne descend pas jusqu'en bas. Les photos sortent à l'extérieur et des clients attendent leurs tirages. Il y a là une femme et un homme.
Elle rentre dans le petit local, tire le rideau. Par-dessous je vois ses jambes jusqu'aux genoux. Je vois la jupe passer par ses pieds, je l'imagine enlever le haut. Elle doit être entièrement nue maintenant et se débattre avec le monnayeur. Des épreuves sortent de la machine, la femme qui les attendait les récupère et s'en va. Je vois le premier flash dans la cabine, trois secondes, le deuxième et ainsi de suite.
Sous le rideau, je vois la jupe passer par les pieds et remonter sur les jambes puis le rideau s'ouvre. Elle me rejoint.
A mon oreille : "J'ai été une bonne chienne, une bonne pute et deux fois une bonne salope" Ce qui me donne à penser qu'elle a pu photographier ses seins, ses fesses et sa chatte à deux reprises. Dans l'ordre.
Nous sommes un peu à l'écart de la machine et nous attendons maintenant la sortie des photos. L'homme qui a fait les siennes avant nous, flâne devant la vitrine du magasin voisin, il n'a pas vu que ses photos l'attendaient. Tant mieux ça m'arrange. Ce sont les nôtres qui sortent maintenant et qui sont venues s'ajouter aux précédentes.
Je temporise.
Ça y est, l'homme vient chercher son dû. Il prend le paquet de photos et la surprise se lit sur son visage. Il les examine minutieusement l'une après l'autre.
"Maintenant !"
"Oui Monsieur" Elle va vers la machine et tend la main vers l'homme qui sélectionne les épreuves.
Il bafouille:
"Euh oui! Voila les vôtres. Excusez moi. "
Quand elle fait demi-tour et revient vers moi, je vois le regard de l'homme s'attarder sur le bas du dos de ma chérie.
Passons aux choses sérieuses, nous entrons dans la grande surface proprement dite et je me dirige vers le rayon multimédia. J’y prends un DVD au hasard. Puis nous allons au rayon vêtements. J’en prends un, également au hasard, et j’emmène ma chérie vers les cabines d’essayage.
Nous entrons tous les deux dans une des cabines avec le vêtement et le DVD. Une fois à l’intérieur, je défais la pellicule du DVD, et récupère la petite bande antivol.
« Arrange-toi pour passer ceci dans l’ourlet de ta jupe »
« Oui Monsieur »
Pendant ce temps, j'abandonne le DVD par terre dans un coin.
« C’est fait Monsieur »
« C’est très bien, quand je te ferai signe, disons quand je me passerai une main dans les cheveux, tu te déshabilles rapidement et entièrement »
« Oui Monsieur »
Nous allons reposer le vêtement que j’avais pris pour justifier notre passage aux cabines d’essayage puis nous nous dirigeons, n’ayant plus aucun article, vers la « sortie sans achat ».
Bien sûr, l’alarme se déclenche et un vigile ne tarde pas à arriver.
« Veuillez repasser devant les détecteurs s’il vous plait »
Je passe dans un sens puis dans l’autre. Rien.
C’est au tour de ma femme de faire l’aller-retour et… L’alarme retentit.
D’un coup d’œil, le vigile a tout de suite vu que la jupe et le haut qu’elle portait n’était pas neufs, en revanche, il a déjà coincé de nombreux clients qui cachaient de la lingerie, du maquillage ou autre sous leurs vêtements.
« Veuillez me suivre s’il vous plait madame » dit-il.
J’interviens :« Je suis son mari, je viens avec vous ! »
On dirait que ça ne lui plait pas :
« Non, Madame seulement »
Je m’impose :
« Elle n’ira nulle part si je ne l’accompagne pas !».
Il essaye alors de m’impressionner :
« Je peux appeler la police, vous savez ? »
« Vous pouvez appeler qui vous voulez, ça ne changera rien. Elle ne bouge pas si je ne viens pas avec vous » Il voit que je n’en démordrai pas.
« Très bien, suivez-moi tous les deux »
Nous marchons derrière lui au travers la foule de clients. Entre deux magasins, une porte. Il nous fait entrer dans le local de sécurité. Là, un de ses collègues est assis devant un bureau et des écrans retransmettent les images des différentes caméras installées dans le magasin.
Un autre collègue arrive, surement un dispositif pour nous intimider. Ils sont maintenant trois. J’ai de la chance !
L’un deux prend une sorte d’appareil portable et le passe de haut en bas devant ma femme. Il fait bip bip bip. Le vigile regarde sur l’appareil et dit :
« Apparemment, il s’agit d’un DVD. Nous allons devoir vous fouiller madame, à moins que vous ne nous donniez ce DVD. »
Je me passe la main dans les cheveux. C'est le signal.
Aussitôt elle commence à défaire le premier bouton puis enchaine les deux autres. Dans un même mouvement elle a ôté son chemisier et baissé sa jupe jusqu’au chevilles. Elle a maintenant ses deux vêtements dans la main droite. Elle fait une courte pause et les laisse tomber sur le sol.
Tout s’est passé en une seconde et les deux vigiles qui étaient debout devant elle n’ont pas eu le temps de réaliser. Ils sont maintenant devant une femme entièrement nue. Un des deux à la bouche ouverte. Le troisième, qui était de dos devant ses écrans, commence une phrase en se retournant :
« Dis donc, il faudrait peut-être aller chercher Corine pour la… » il se tait, scotché.
Ma chérie bouge. Très lentement, elle relève les bras et poses ses mains derrière la tête puis elle écarte légèrement les jambes. C’est la position n°1. J’ai du mal à retenir un sourire. Il faudra que je la félicite pour cette initiative. Bon Dieu ! Ce qu’elle est belle. D’autre part, je ne sais pas si c’est parce qu’il fait un peu frais dans cette pièce climatisée, mais ses tétons pointent comme jamais et comme elle a écarté un peu les jambes, on distingue tous les replis de sa chatte.
Le vigile :
« Heu … Non …ça ne sera pas nécessaire » dit-il sans détacher le regard de ma femme. Il faut dire que dans cette position, elle est sublime. Ses deux seins bien en avant, sa chatte parfaitement épilée, tous les moindres détails de ses lèvres.
Je m’amuse comme un petit fou :
« Excusez ma femme, elle a la maladie de Wisenberg (je viens de l’inventer), elle a quelque fois des réactions bizarres. »
Il se ressaisit, ramasse la jupe et le chemisier par terre, les inspecte, passe le détecteur qui réagit sur la jupe et dit :
« Ça doit être un anti vol d’un autre magasin, cousu dans la ceinture. En tous les cas, veuillez nous excuser »
Je continue à m’amuser :
« Y’a pas de mal ! Tu vas t’habiller maintenant chérie »
Aucune réaction, elle n’a pas bougé d’un pouce. Ah !... Wisenberg ! …Quand tu nous tiens.
Les secondes passent, pendant ce temps les trois hommes continuent à se rincer l’œil. J’en vois même un qui regarde fixement l’entre jambe de ma femme.
Pendant la première séance , celle ou elle avait appris les positions, je lui avais posé la question:
« Sais-tu pourquoi tu dois toujours avoir les jambes disjointes?»
J’imagine qu’elle avait une idée mais je voulais que les choses soient dites.
«Non Monsieur»
«Pour que ta chatte soit bien visible et accessible. Pour que tu sentes les regards sur ta fente sans pouvoir t’y soustraire . Je veux que tu aies cela en tête quand tu te mets en position.»
«Bien Monsieur»
« On va y aller ma chérie »
Cette fois elle réagit, elle baisse les bras, fait demi-tour et se dirige vers la sortie. Elle a déjà entr'ouvert la porte quand un vigile la retient.
« Attendez Madame il faut remettre vos vêtements » lui dit il gentiment.
Elle semble réaliser, prend les vêtements que lui tend l’un des vigiles et les passe.
Nous quittons le local sur un :
« Excusez-nous encore »
Je manque de répondre :« De rien tout le plaisir était pour moi » mais je me retiens.
Sur le chemin vers l’extérieur, j’attrape un de ses bras qu’elle a croisé derrière son dos et lui dit : » C’est très bien, tu as été parfaite. »
« Merci Monsieur. »
Sur le parking, j’ouvre la portière côté passager. Elle s’assoit fesses nue sur le siège, rentre uniquement sa jambe gauche, remonte le devant de la jupe et attend, les yeux baissés.
«Chatte écartée Monsieur»
En effet, les deux jambes ainsi séparée, elle a du sentir son sexe s’ouvrir.
Cachée par la portière d’un côté et par moi-même de l’autre, personne ne peut rien voir. Je jette un regard circulaire. C’est calme autour de la voiture.
« Ne bouge pas ! »
« Oui Monsieur »
Je laisse la portière grande ouverte et je fais le tour de la voiture pour venir m’installer au volant. Une fois assis, je prends mon temps et je la laisse, comme ça, la chatte exposée. Il pourrait arriver quelqu’un à n’importe quel instant et elle serait vue. Je lui demande :
« Tout va bien ? »
« Oui Monsieur, je suis une petite salope qui montre sa chatte »
Je ne peux retenir un grand sourire:
« Ça c’est bien vrai ! Dis-moi, j’ai une question à te poser : Tout à l’heure dans le local des vigiles, que ce serait-il passé si un d’eux ne t’avait pas empêchée d’ouvrir la porte ? »
« Je serais sortie Monsieur »
« Et tu aurais marché comme ça, dans l’allée commerçante, entièrement nue au milieu des clients ? ».
« Oui Monsieur Je suis votre petite salope Monsieur. » Elle me l’avait déjà dit à la quatrième séance : « Tu peux me mettre entièrement nue où tu veux, quand tu veux. » J’en ai la confirmation.
« Monte ! je veux vérifier quelque chose »
Elle rentre la deuxième de ses jambes en prenant soin de les maintenir bien écartées, ferme la portière, défait un bouton.
Sa chatte est très accessible, je rentre un doigt sans aucune difficulté.
« Je suis une petite salope qui mouille et qui aime se faire doigter la chatte Monsieur »
Elle accompagne sa phrase d’un petit gémissement. Je mets un deuxième doigt et je fais quelques va et vient, elle l’a bien mérité.
« Ou uii… c’est bon Monsieur . Je suis une petite salope qui a envie de se faire mettre »
Certainement, mais j’ai encore des projets. Je démarre et je lui tends une bouteille d’eau.
Le temps de rentrer à la maison, il est 17h30.
A peine la porte d’entrée ouverte :
« Je suis une petite pisseuse Monsieur ». Je ne suis pas vraiment surpris: Quand elle est à jeun, il lui faut à peine vingt minutes pour que l’eau passe de son estomac à sa vessie.
« Très bien, va chercher ton collier, ta laisse, un rosebud et les pinces pour les seins. Mode privé ».
Elle se déshabille dans l’entrée, va prendre les accessoires et reviens vers moi.
« Position n° 2 » Pour poser les pinces.
« Position n°5 » Elle s’écarte la chatte.
« Non ! Ça c’est la 4, Position n° 5 ! ». Encore une punition qui se perd ! Elle tourne le dos, se penche en avant et écarte ses fesses » Tiens elle n’a pas pris le plus petit des rosebud, elle a envie d’essayer une taille au-dessus. Je mets le rosebud dans sa bouche pour l’humidifier puis je l’introduis doucement dans son petit trou. Gémissement. J’en profite pour inspecter la chatte en tirant un peu sur les grandes lèvres de chaque côté. Nouveau gémissement. La moule est toute trempée. Je ferme le collier sur son cou, attache la laisse.
« Mets-toi à quatre pattes »
« Oui Monsieur, je suis une petite chienne qui a envie de faire sa pisseuse »
Je tire sur la laisse vers l’extérieur. Chacun de ses mouvements font tinter les clochettes. Je la fais marcher comme ça un petit moment dans le jardin. Puis je stoppe.
« Je vais t’apprendre une nouvelle position Ce sera la n° 6 : position de pisseuse ».
« Oui Monsieur ».
« Reste à quatre pattes, pose les avant-bras au sol, écarte les jambes au maximum et cambre-toi pour bien faire ressortir ta chatte »
« Oui Monsieur »
Je me positionne derrière elle pour voir le résultat.
« Chatte écartée Monsieur»
Les lèvres sont bien ouvertes, le clito bien visible et le petit trou du cul bien apparent, décoré du rosebud.
« Fais ta pisseuse !»
Elle a à peine le temps de dire « Oui Monsieur » que le jet est déjà parti.
J’ai dit que le jardin était sans vis-à-vis, mais l’entrée de l’autre côté de la maison n’est pas pourvue de portail. Si un livreur, le facteur ou même un voisin, pour emprunter du sel, se pointe, il ne va pas être déçu. Mais bon ! Après tout, c’est une propriété privée.
On dirait qu’elle a fini. Elle attend.
« Caresse toi la chatte »
Elle amène une de ses mains à l’entre jambes et ses doigts tourne sur le clitoris et l’entrée du vagin.
Par moments elle introduit deux doigts dans la moule. Les tintements des clochettes sont accompagnés de gémissements.
Elle répète en boucle :
« J’suis une chienne, une salope, j’suis une petite pute »
C’en est trop, Je m’agenouille derrière elle, je sors ma queue et je la pénètre d’un seul coup. Après quelques aller-retours seulement ma chérie s’envole.
« Ou…ou oui ! Encore ! Je vais jouir ! Est-ce que je peux jouir Monsieur ? »
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On ne se connaissait pas …
J’avais été invitée par un ami dominant, avec qui je discutais depuis longtemps, à une soirée élégante, peuplée de personnes de ce monde soit en couple soit seuls(es).. et des groupes se formaient et discutaient de leur bdsm, de leurs envies, de leurs recherches…
Trop timide pour engager des discussions, j’étais à côté de ce dominant qui me présentait et qui faisait en sorte que j’engage des discussions, ce que je faisais mais personne n’arrivait à capter mon attention, je m’ennuyais ...
À un moment de la soirée, je suis sortie sur la terrasse de cet immeuble , j’allumais une cigarette, accoudée à la balustrade et le regard au loin... me demandant ce que je faisais là... je restais là longtemps ...
Puis à un moment donné, j’ai senti un regard.. je me retourne et vous étiez là à l’embrasure de la porte, me dévisageant, me déshabillant du regard ... et deux coupes à la main ...
Vous vous approchez, me proposez un des verres que j’accepte et dites : « vous aussi vous vous ennuyez ... »
je vous réponds : « oui c’est ma première soirée et elle est ennuyeuse ... »
Et là vous me répondez : « je sais, je l’ai vu depuis que tu es arrivée, j’ai parlé à ton ami et il m’a dit que tu étais novice et sincère dans ta démarche »
Surprise par votre réponse, je rougis, vous souriez, et vous demande : « vous agissez toujours ainsi, vous vous renseignez à d’autres personnes avant de parler à la personne .? »
Vous riez et dites : « oh du caractère j’adore, non, seulement quand je vois que la personne arrive avec un dominant pour m’assurer qu’elle ne lui appartient pas, du respect mademoiselle »
Taquine je vous réponds : « mais comment savez vous si je suis dominante ou soumise »
Vous me répondez : « je le sais, je l’ai senti,je t’ai observé..depuis ton arrivée »
Nous discutons un peu de tout, on se découvre et on s’observe ... Vous me proposez d’être à l’essai vous voulez me découvrir ...Je suis attirée mais apeurée
Je souris, un léger frisson me parcoure le corps, vous le remarquez et me proposez votre veste.
Je la refuse et vous prie de m’excuser car je veux repartir.
Vous me proposez de m’accompagner à ma voiture j’accepte.
Je pars dire au revoir à mon ami, vous êtes dans un coin de la pièce et vous m’observez ...je sens votre présence par ce regard intense qui m’attire..
Je repars vers le vestiaire, prends mes affaires et je vais vers l’ascenseur, vous arrivez derrière moi, je sens votre souffle dans mon cou, votre corps tout prêt du mien ... et vous dites : « réponds moi, à l’essai? »
Et tellement attirée comme un aimant, je m’entends dire : oui Monsieur ..
Alors vous posez une main sur mon épaule sans rien dire, la porte de l’ascenseur s’ouvre, vous me poussez à l’intérieur, la porte se referme, de dos à moi, vous me repoussez contre la paroi, vous vous collez à mon corps une main dans le cou et l’autre se glissant sous ma jupe le long de mes cuisses jusqu’à mes fesses.. et vous m’embrassez ...
Je suis tétanisée par la scène mais aussi par l’excitation, je mouille vous le remarquez ...
Vous me retournez vers vous, vous m’embrassez à pleine bouche, une main caressant mes seins tirant un de mes tétons et l’autre toujours maintenant mon cou
Les yeux dans les yeux vous me dictaient des règles, le vouvoiement le monsieur le sir ou maître, l’obéissance, les punitions .. ce à quoi je dois répondre en disant votre soumise accepte.
On arrive au sous sol, on sort de l’ascenseur et vous me dites : « laisse ta voiture et suis moi! »
Hésitante, stressée, je ne bouge pas alors que vous avez avancé, vous vous retournez, un regard glacial et vous me dites : « c’est maintenant ou jamais... ne t’inquiètes pas je vais pas te manger ... » vous riez et ajouter : « non je vais te dévorer .... »
Je souris je sens que je peux vous faire confiance, je suis tellement attirée, aspirée par votre prestance votre charisme ... et tellement excitée..
Je réponds : « oui Maitre » moi même surprise par ces paroles ...
je vous suis, vous ouvrez votre voiture, vous m’installez et prenez le volant
On arrive à un hôtel, vous prenez les escaliers moi devant vous derrière, vous m’arrêtez aux premières marches et me demander d’enlever ma culotte, je m’exécute, je vais pour la ranger dans mon sac, vous me l’enlevez des mains et vous me dites : « c’est mon cadeau »
On continue à monter les marches vous ralentissez pour mieux découvrir mon anatomie sous ma jupe, je suis gênée, honteuse mais tellement heureuse d’être ..
Vous me dites de stopper entre deux paliers et vous vous approchez, me caressez sous la jupe, je suis mouillée, vous me mettez à genoux et vous me dites : « ce sera ta position désormais ... »
Et vous collez votre sexe sur mon visage, je sens qu’il est déjà dur ...
Vous me relevez, une main sur mes fesses et on reprends la montée, on arrive à l’étage on arrive devant la porte, vous ouvrez et une fois passée la porte .. vous me demandez de me déshabiller et de me mettre à genoux à vos pieds et vous allez vous asseoir sur le rebord du lit
J’obéis mais lentement timidement, vous me montrez votre agacement mais vous ne dites rien... Je cache avec mes mains comme je peux mes parties intimes seins sexe, vous souriez, et je m’approche me mets à genoux à vos pieds et vous me caressez les cheveux
Puis vous me dites : « occupes toi de moi ma salope »
Face à vous à genoux, je vous retire vos chaussures, vos chaussettes et je vous déboutonne le pantalon et vous m’aidez à le descendre, vous êtes nu sous votre pantalon .. je suis surprise …
Votre belle et imposante queue se tends, je la caresse, la lèche et l’humidifie, je joue avec ma langue puis la prends en bouche, vos mains dans mes cheveux vous donnez le rythme, la profondeur puis toujours en tirant les cheveux, vous me relevez m’allonger sur le dos sur le lit, la tête renversée au bord et vous me pénétrez la bouche, la main dans mon cou et de l’autre giflant mes seins ..
Vous jouissez dans ma bouche visage sein puis vous me relevez et demandez de vous nettoyer correctement, puis vous me prenez en levrette au bord du lit par des coups forts secs et profonds jusqu’à la jouissance ...
Et je me réveille ....
Mia 🌹
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Maître et Dan se sont engagés dans une conversation interminable sur l’éducation canine. J’essaie de ne plus les écouter, c’est trop frustrant de les entendre parler de moi comme ça. J’ai envie de répliquer, de me rebiffer et je dois utiliser toute mon énergie pour rester « à ma place ». Mon Maître ne voit pas mon visage, je ne sais pas s’il a conscience de mon niveau d’agacement.
« Et que penses-tu du fait d’autoriser les chiennes à monter sur le canapé ? Tu es pour ou contre ?
Ça dépends. Si tu as une chienne bien obéissante qui ne rechigne pas et que tu as envie de la laisser monter sur le canapé pour la récompenser, pourquoi pas ? Le tout étant qu’elle intègre bien que sa place n’est pas sur le canapé et qu’y monter est un privilège que tu lui autorises parce que c’est ton désir.
Je vois.
Si, comme je le crois dans le cas présent, ta chienne a du mal à intégrer qui elle est et être bien obéissante, alors je te déconseille de la laisser accéder au canapé ou même au lit. »
Mon égo se hérisse encore plus à ces mots. Comment ça « même au lit » ?! Cette fois c’est trop, je ne peux m’empêcher de grommeler. Aussitôt le son échappé de ma gorge, je le regrette, mais c’est trop tard. La main de mon Maître s’abat avec force sur mon séant à demi-découvert.
« Ça, c’est non ! »
Je suis choquée, et vexée. Mes yeux s’embuent légèrement mais je ne dis rien. J’ai envie d’exploser, c’est de plus en plus dur de me retenir. Je tremble de rage. Je m’attends à une réprimande supplémentaire, je m’attends à ce que Maître enchaîne, mais j’ai l’impression que Dan le stoppe dans son élan d’un geste silencieux. La laisse tendue qui tire ma tête en arrière et l’à-coups qui a accompagné le « non » me laissent deviner toute la contrariété de Maître.
Bruit de tissu en provenance du canapé, la tension de la laisse revient à la normale et je sens des mains délicates qui retirent le bandeau sur mes yeux. Il me faut quelques secondes pour m’habituer à la lumière. Les larmes contenues se sont mélangées à mon mascara et me brulent les yeux avant de couler en deux traits noirs diffus le long de mes joues. Une main passe sous mon menton et m’oblige à lever les yeux.
J’ai envie de mordre, mais… la profondeur du regard sibyllin qui me fixe avec intensité m’arrête. Dan m’oblige à conserver le contact visuel. Je distingue ses lèvres fines, ses cheveux blonds en bataille, son sourire un tantinet goguenard. Il n’a pas l’air très grand, mais il dégage une assurance déstabilisante. Malgré moi, mon regard de défiance s’évanouit et je fini par baisser les yeux.
J’entends Maître se lever et partir à la cuisine, sans doute pour aller chercher de quoi se sustenter. Dan se lève et, sans que sa main ne quitte mon menton, s’accroupit devant moi.
« Bonne fille. »
Je ne dis rien, j’essaie de garder le contrôle du volcan qui menace de tout brûler en moi. Les secondes passent, il ne me lâche pas, il ne bouge pas, mais que veut-il bordel ?! La colère commence à laisser place à l’appréhension. Il est très calme. Il semble déterminé. Déterminé à quoi ? Je prends conscience de mon cœur qui bat dans ma poitrine, vite, et fort. Je risque un regard vers le sien et à nouveau j’ai l’impression d’être aspirée.
« Tu veux être une bonne chienne et faire plaisir à ton Maître, n’est-ce pas ? »
Sa voix est douce, enveloppante. Une nouvelle vague de larmes se présente aux bords de mes yeux. Oui j’ai envie de lui faire plaisir, de le rendre fier. Mais je suis aussi indignée, en colère. Aucun son ne sort de ma bouche, je me contente de hocher légèrement la tête dans sa main en détournant les yeux.
« Alors laisse-moi t’aider. Je ne suis pas ton ennemi. »
Son sourire a disparu, il semble très sérieux tout à coup. Comme s’il avait compris quelque chose. Quelque chose que je n’ai peut-être moi-même pas compris encore. Il se rassoit et tapote sur son genou pour m’inviter à m’approcher. J’hésite un instant. Maître n’est pas dans la pièce. J’ai peur. Et en même temps je me dis que Maître voudrait que je sois sage et que j’obéisse à notre invité. Il lui fait suffisamment confiance pour me laisser seule dans la même pièce avec lui. Finalement j’obtempère. Je me sens maladroite pour contourner l’angle de la table basse.
« Assis. La tête sur ma cuisse. »
Je me sens paniquée d’obéir à cet inconnu. Mais j’ai aussi besoin de me sentir guidée et tenue pour ne pas me laisser déborder par un flot d’émotions qui ne demande qu’à surgir et m’emporter. Cette idée me terrifie encore plus, j’obéis.
Sa cuisse est chaude. Son parfum chaleureux et enivrant. Je suis assise sur le tapis, encadrée par ses jambes, et étrangement je me sens bien. En sécurité. Sa main vient caresser mes cheveux et je me surprends à me laisser aller, un peu.
Je perds la notion du temps, Maître est de retour avec les plateaux dans les mains. Il pose tout sur la table. Je n’ose pas lever le regard vers lui. Je l’entends se rassoir. Il reste silencieux. Je suppose qu’il m’observe. Je me sens honteuse, j’ai l’impression d’avoir tout gâché. Pendant ce temps, Dan continue de caresser mes cheveux. Il me fait sentir qu’il est là pour moi. C’est une sensation étrange. Ma colère redescend doucement.
« Parle-moi des problèmes de comportement de ta chienne. »
Mes « problèmes de comportement » ? C’est pour ça que Maître a choisi un éducateur canin ? Je pose tant de « problèmes » que ça ? Mon corps trahit mon envie de disparaitre, je m’affaisse légèrement, je garde les yeux braqués sur le sol.
Maître prend le temps de réfléchir avant de répondre. Leur discussion semble avoir un pris une tournure désagréablement sérieuse.
« L’obéissance est difficile. » finit-il par lâcher.
« J’ai l’impression qu’une part d’elle reste sans cesse sur ses gardes, ne me fait pas confiance. »
Ces mots me blessent, une boule se créée dans mon ventre. Bien-sûr que je lui fais confiance ! C’est donc le sentiment que je lui donne ? Je suis abattue.
« Et ça finit par se traduire par une attitude de révolte, un refus d’obéir, une provocation. »
Plus Maître s’exprime, et plus je me sens rapetisser. L’ai-je déçu ? La main qui me caressait les cheveux glisse le long de ma joue humide pour me gratter sous le menton. Dan s’est penché en avant pour mieux marquer sa présence et son autre main s’est posée sur mon épaule. Je ne réagis pas.
« Que sais-tu de l’histoire de ta chienne ? De son passé ? Avec les hommes notamment. »
Dan marque une pause. Maître est silencieux. Il réfléchit. Se refait le fil de nos discussions du début dans sa tête.
« Tu as un animal blessé. Voilà tout. Une chienne qui a un passé. Et qui a conservé en elle une grande colère et une grande amertume en lien avec ce passé. »
La voix de Dan est douce, tendre. Il est dans la compassion. Comme il le serait avec un animal battu. Ses paroles résonnent douloureusement en moi. C’est vrai, je suis en colère contre les hommes. Une part de moi les hait, les déteste. Et j’ai envie de le détester lui. Comment ose-t-il dévoiler ma douleur et ma colère la plus intime ? Je ne veux pas ! Je ne veux pas aller dans cet endroit, je ne veux pas contacter cette douleur. C’est insupportable ! Pourquoi ? Pourquoi me faire ça ?
La colère gronde en moi comme une tempête, j’ai la tête qui tourne, j’ai peur de perdre le contrôle. J’ai des fourmis dans le ventre et dans les jambes. Je veux juste que ça s’arrête ! Maître descend de son fauteuil, il se met à genoux, à ma hauteur et me prends dans ses bras. Il m’enlace, tendrement et fermement à la fois, comme pour m’offrir un cocon protecteur.
« Je te demande pardon de ne pas avoir compris. Je suis avec toi. Crie s’il le faut. Hurle. Sers-moi, griffe-moi, mais arrête de garder cette colère à l’intérieur de toi. »
Ce que je redoutais le plus se produit : la vague de mes émotions remonte du tréfonds de mes entrailles et m’emporte. Je hurle, de toute mes forces, jusqu’à en perdre le souffle. Des sanglots saccadés prennent le relais à ce cri de déchirement. Des images envahissent ma tête. Je revois mon père, ivre mort, me gifler car je m’interposais entre lui et ma mère. Puis plus rien, un vertige, le noir, et le silence. Que ça fait du bien…
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Flash. Projecteurs. Les lumières s’allument sur le podium. Ça éblouit. Ça fait boom. Ça échauffe, ça réchauffe
Y’a de la vie, y’a du vrai, y’a du cœur, y’a de l’âme. Des émotions qui virevoltent dans les saxophones.
La trompette pleure sa mélodie. Les sons pénètrent. Nos oreilles. Nos gorges. Nos ventres. Nos folies. Nos passions. Nos sagesses. Sans partition et sans frontière. Virtuose de concert.
Y’a de l’enthousiasme. C’est beau l’enthousiasme. C’est beaucoup de savoir s’émerveiller ensemble. Les mains levées en liesse qui se rassemblent.
Ça vibre. Les cordes d’une guitare qui déploient ses ailes poétesses. Ça plume sur nos têtes mélomanes. C’est doux une musique qui caresse.
Y’a des sourires dans les regards. Y’a des lèvres surprises de béatitude. Y’a des poumons qui insufflent la magie, la plénitude.
Ça sent. Ça sent les cris d’alégresse, la bière, le parfum, les joints, la sueur, les parfums, les sentiments. Ça touche et ça flamboie. Ça sent l’humain et l’ordinaire extra orchestré de nos voix.
Y’a le soleil qui se couche. Les étoiles enfilent leur pyjama de nuit. L’émail de leurs dents luit dans le ciel endormi.
Ça bouge. Les jambes qui se mouvent. Les corps dans la foule. Les cœurs qui se soulent en osmose harmonique.
Y’a de la féérie. Comme une incantation. Le rythme du métal et le laiton qui jazz. Y’a la batterie qui s’affole. Pas besoin de parole. Le public est en phase. L’assistance s’embrase.
Et la note pure s’élève dans l’air saturé d’enchantement
Les cuivres brillent sous les applaudissements
Nous laissant brassés de percussions
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"S’il faut me présenter, peut-être dois-je mettre en lumière ma conception de l’existence. Peu de choses en disent plus long sur un être humain que l’image qu’il se fait de la vie, selon qu’elle est pour lui une route, un champ de bataille, un arbre en pleine croissance ou une mer agitée. Quant à moi, je l’ai considérée avec les yeux d’un bon élève, comme un escalier où l’on monte de palier en palier le plus vite possible, sans prendre le temps de respirer, parce qu’on sent des concurrents sur ses talons". Poétesse remarquable et personnalité attachante, Karin Boye a foulé le sol suédois pour lui imprimer son empreinte littéraire entre 1900 et 1941. Conclue par une mort tragique dans une époque qui ne l'était pas moins, sa vie fut marquée par ses engagements en faveur de la liberté d'agir, de penser, d'exister. Elle avait écrit, avant son suicide, "Kallocaïne", dystopie majeure du XXème siècle, chute dans les ténèbres où brillent pourtant les espoirs invaincus: "Je sais que ce que je suis subsistera quelque part", s’obstine à répondre Edo Rissen, soumis à la question. Un cri humain dont l’écho ne cesse de résonner dans l’œuvre de Karin Boye, en particulier avec ce roman salué dans le monde entier. Poétesse et romancière suédoise, Karin Boye est née le vingt-six octobre 1900 à Göteborg. Considérée comme l'une des figures majeures de la littérature scandinave moderniste. Elle se suicide le vingt-quatre avril 1941, à l'âge de quarante ans. Par son père, Carl Fredrik "Fritz" Boye (1857-1927), Karin Boye est issue d'une famille de marchands allemands immigrée en Suède au milieu du XIXème siècle. Sa mère, Signe Liljestrand (1875-1976), est issue de la paysannerie aisée. Après Karin, ils ont également deux fils, Sven (1903-1974) et Ulf (1904-1999). La famille déménage à Stockholm en 1909 et s'installe dans le quartier de Huddinge en 1915. C'est là que Karin Boye commence à écrire des vers, des nouvelles et des pièces de théâtre et qu'elle s'essaie à l'aquarelle. Se destinant à l'enseignement, elle entame des études de lettres à l'université d'Uppsala après son baccalauréat en 1920 et décroche son diplôme en 1928.
"L'organisation ? Répéta-t-elle. Nous ne cherchons pas à nous organiser. Ce qui est organique n'a nul besoin d'organisation. Vous bâtissez de l'extérieur, nous le faisons de l'intérieur. Vous vous utilisez comme des pierres de construction et vous vous effondrez, dehors comme dedans. Nous croissons de l'intérieur, comme les arbres, et entre nous s'établissent des ponts qui ne doivent rien aux matières mortes ni aux forces mortifères. De nous jaillit la vie. En vous n'entre que ce qui est mort". Elle épouse l'économiste Leif Björk l'année suivante. C'est durant cette période qu'elle publie ses premiers recueils de poèmes: "Nuages" (1922), "Terre cachée" (1924) et "Les Âtres" (1927). Elle rejoint le mouvement socialiste et antifasciste "Clarté" et s'intéresse à la psychanalyse. En 1931, année de la parution de son premier roman, "Astarte", elle fonde la revue d'avant-garde "Spektrum" avec Erik Mesterton et Josef Rikwin. C'est dans cette revue à l'existence éphémère (1931-1933) que paraît sa traduction du poème "The Waste Land" de T. S. Eliot. Elle est également élue à l'Académie "Les Neuf" en 1931. Ses années 1932-1933 sont marquées par un séjour à Berlin où elle fait la connaissance de Margot Hänel, une juive allemande de douze ans sa cadette avec qui elle vit jusqu'à sa mort après avoir divorcé de son mari. Ce voyage en Allemagne est également l'occasion pour elle d'assister aux premières loges à la montée du nazisme, une situation qui lui inspire le roman dystopique "La Kallocaïne" (1940). Karin Boye meurt le vingt-trois avril 1941 après avoir absorbé des somnifères dans une intention vraisemblablement suicidaire. Son corps est retrouvé près d'un rocher à Alingsås. Elle est alors inhumée au cimetière Östra kyrkogården de Göteborg. Sa compagne, Margot Hänel, se suicide à son tour trente-huit jours plus tard, à l'âge de vingt-neuf ans. La délivrance de ses tourments vient avec la découverte de la psychanalyse, qui lui ouvre les yeux sur sa véritable nature et l'incite à accepter sa différence sexuelle. Elle devient alors une ardente adepte de Sigmund Freud, dont elle défend en Suède les théories, notamment entre 1925 et 1932, dans "Clarté" aux côtés d'Arthur Lundkvist.
"Les paroles et les actions naissent des sentiments et des pensées. Comment les individus pourraient-ils encore les garder pour eux ? Chaque camarade-soldat n’est-il pas la propriété de l’État ? Dès lors, à qui d’autre que l’État ses sentiments et ses pensées pourraient-ils appartenir ? Il n’était jusqu’à présent pas possible de les contrôler, mais nous aurons désormais le moyen d’y parvenir". À l’inverse de la France, la psychanalyse a mis beaucoup de temps à se faire une place en Suède. Elle n’a jamais réussi à véritablement entrer à l’Université, ni dans les hôpitaux universitaires, ni dans la formation des médecins. La première association de psychanalyse suédoise n’est créée qu’en 1934, sous l’égide de la pionnière Alfhild Tamm, la première médecin psychiatre à prendre en compte la totalité de la théorie de Freud. Auparavant, les thèses freudiennes avaient été introduites de façon isolée par quelques médecins thérapeutes, sans qu’elles fussent acceptées dans leur globalité. Très souvent, en Suède, les idées de Freud ont été d’une part saluées (notamment la notion de l’inconscient) et de l’autre rejetées. La part rejetée touche évidemment à la notion élargie de la sexualité. La psychanalyse a été dite dangereuse, manipulatoire, sectaire, ascientifique, mystique. Très engagée dans la psychanalyse, Alfhild Tamm fait plusieurs voyages à Vienne pour ses propres analyses didactiques et en 1926 elle devient membre de l’Association de psychanalyse de Vienne. Elle déplore la situation de la psychanalyse en Suède et le manque d’analystes correctement formés. Toute sa vie elle se battra pour une formation rigoureuse des analystes et contre tout ce qu’elle considère comme charlatanisme, nuisible à la psychanalyse. La revue de l’organisation "Clarté" publiera plusieurs articles de Tore Ekman, et des auteurs comme Karin Boye, Leif Bjorck, Ebbe Linde écrivent plusieurs essais inspirés par la psychanalyse. Ainsi, des membres de Clarté, portés par leur intérêt pour la psychanalyse, créent en 1931 la revue culturelle et alternative "Spektrum" avec dans la rédaction Karin Boye, Erik Mesterton et Josef Riwkin. Ils publient, entre autres, des articles de A. Freud, E. Fromm, W. Reich. Karin Boye, grande écrivaine et poète suédoise, avait fait plusieurs tranches d’analyse et de nombreux voyages à Berlin, portée par ce grand intérêt. Cela ne l’empêcha malheureusement pas de se suicider à l’âge de quarante-et-un ans.
"Longuement, ils sont restés ainsi, île de silence dans un océan de bruit, parfaitement indifférents à l’endroit où ils se trouvaient, à ce qui se passait autour d’eux". Pour chanter l'amour et sa confiance retrouvée, elle s'est forgé une "Langue au-delà de la logique" (essai, 1932), au symbolisme dépouillé. Pour Karin Boye, sans cesse obligée de dominer le chaos qui l'habite, la liberté, le droit à l'épanouissement individuel constituent des thèmes obsédants. Avec "Pour l'amour de l'arbre" (1935), elle atteint la réelle maîtrise de son art. Enfin, dans "Les Sept Péchés capitaux" (1941), elle élève une magnifique cantate, sous l'influence nietzschéenne, pour souligner le rôle nécessaire du mal dans la dynamique de la création. Autant la poésie de Karin Boye demeure marquée par des images lumineuses, autant, par contraste, sa prose s'avère d'une facture plus terne, comme si l'auteur voulait refouler une sensualité excessive. Elle écrit pour surmonter ses difficultés et campe des personnages en pleine métamorphose, mais ceux-ci restent bien souvent des abstractions dans des romans à thèse: "Astarte"(1931), "Mérit s'éveille" (1933), "Trop peu" (1936). Mais deux romans, "Crise" (1934) et "La Kallocaïne" (1940), font exception. Le premier, où Karin Boye retrace le combat intérieur qu'elle mena lorsqu'elle découvrit son attirance pour les femmes et l'échec patent de son mariage, est très remarquable par la finesse de l'analyse psychologique. Dans le roman dystopique "La Kallocaïne", inspiré par la montée du nazisme auquel elle a assisté lors de son séjour en Allemagne, elle a parfaitement intégré ses angoisses face à la dictature dans un récit qui dénonce avec audace le totalitarisme. Dernier roman et testament spirituel de Karin Boye avant son suicide en 1941, ce chef-d'œuvre est le reflet terrifiant d'une symbiose réussie entre ses expériences personnelles et ses angoisses sur la situation du monde. À sa vie privée tourmentée s'ajoutent en effet son intuition des périls stalinien et nazi. Au sein de l’État mondial, chacun œuvre pour le bien de tous. Pour le bien de l’État. La guerre contre l’État voisin est latente, on le sent, et tous les "camarades-soldats" occupent leurtemps entre leur emploi et leurs obligations militaires quotidiennes. Vision ultra apocalyptique de l'univers.
"Celui qui échoue à inspirer la peur ne peut s’attendre à ce qu’on lui obéisse, bien évidemment, puisque l’obéissance naît de la reconnaissance de la force, de la supériorité, de la puissance, car là ou il y a force, supériorité et puissance, il y a danger". Dans la Ville de Chimie n°4, l’un d’entre eux, un chimiste du nom de Léo Kall, a mis au point une substance qui sera l’arme absolue contre toute tentative de sédition. Il lui donne le nom de Kallocaïne. Les villes sont souterraines, camouflées aux yeux de l’aviation ennemie, et il faut un permis pour sortir à l’extérieur sous l’œil des gardes militaires en faction. La plus grande crainte du ministère de la Police est le crime de haute trahison envers la communauté. Car ici l’individu appartient à l’État. Toute forme de pensée individualiste est punie, et chacune des paroles que l’on prononce est surveillée par chaque camarade-soldat qui l’entend. Dénoncer son voisin, son ami, son chef est un devoir. Ne pas dénoncer serait trahir l’État. Au sein même des couples, l’œil de la police est omni présent. L’intimité n’existe pas, là ou une assistante domestique assiste aux repas de famille et surveille vos paroles, là où caméra et micro épient vos nuits et vos ébats amoureux, pour le bien de tous. Les enfants qui naissent ici appartiennent eux aussi à l’État, bien que celui délègue l’éducation aux parents jusqu’à ce qu’ils soient en âge d’intégrer les camps de jeunesse. C’est dans ce contexte qu’évolue Léo Kall. Tout en lui est voué à la communauté. Son invention permettra de surveiller le dernier recoin d’intimité des camarades-soldats. Le dernier repère où peut encore se tapir alors le germe de la dissidence: l’esprit. La pensée intime, celle que l’on ne dévoile pas, la pensée subconsciente que l’on refuse soi-même de reconnaître. Il faut tester la Kallocaïne et pour cela il faut des volontaires. Aucun problème, puisque le métier de cobaye représente un très grand sacrifice personnel, au profit de la communauté, et mérite à ce titre honneur et respect. L'individu disparaît au bénéfice de l'État.
"On peut considérer l’amour comme une notion très dépassée et romantique, mais j’ai bien peur qu’il existe et qu’il comporte dès l’origine une composante indiciblement douloureuse. Le simple désir de se soumettre. Aucun camarade-soldat, au-delà de quarante ans, ne peut alors se targuer d’une conscience irréprochable". Tel est le postulat d’Edo Rissen, le chef de Léo. Ce Rissen dont les attitudes, les postures, les mots et les insinuations tendent dangereusement vers la pensée traître. Ce même Rissen qui semble avoir une certaine emprise sur Linda, la femme de Léo. Un rival potentiel en plus d’être un traître potentiel ? Cela expliquerait l’éloignement grandissant, le fossé qui se creuse au sein du couple de Léo. Rissen et Léo Kall injectent la Kallocaïne, et voilà que se dévoilent les pensées profondes des camarades-soldats. Des pensées auxquelles personne ne s’attend, pas même les cobayes eux-mêmes. Léo fait ainsi l’expérience du pouvoir. Il découvre également autre chose qu’il a du mal à identifier, une chose qu’il ne pourra pas comprendre seul mais cela viendra, cela sortira d’autres bouches que la sienne. Cela méritera alors d’être raconté, car c’est bien lui le narrateur, c’est lui qui écrit ce livre, ses mémoires. "Kallocaïne" fût écrit en 1940, entre "Le Meilleur des Mondes" d’Aldous Huxley (1932) et "1984" de George Orwell (1949). Il s’agit d’une dystopie parmi les plus sombres. La communauté est absolue, le ministère de la propagande forge et force les esprits, le ministère de la Police impose une société de surveillance extrême et toute tentative de dissidence est réprimée et neutralisée par la force. La guerre n’est pas directement présente dans l’histoire, mais sa menace pèse en permanence sur le récit. Les obligations militaires sont quotidiennes pour tous. Les seules administrations évoquées sont les deux ministères de la Police et de la Propagande, ce qui fait évidement de cette société un régime totalitaire poussé à son paroxysme. La culture de la dénonciation impose un climat de suspicion générale générant un sentiment de fierté d’accomplir son devoir davantage qu’une incontrôlable peur paranoïaque. Il semble que la population tout entière adhère pleinement à cette conception, et on ne signale pas de mouvement de révolte ou de tentative de sédition d’aucune sorte. "Nul n’est insoupçonnable, le traite est dans la masse".
"Un homme ressent de l’attirance pour une femme, une femme aussi pour un homme, et à chaque pas qu’ils effectuent pour se rapprocher, ils perdent l’un et l’autre quelque chose d’eux-mêmes. Une série de défaites, là où s’attendait des victoires". Karin Boye, romancière tourmentée, déçue et profondément marquée par ses quelques séjours dans l’Union Soviétique et l’Allemagne nazie, décrit parfaitement cet embrigadement réussi des esprit soumis des camarades-soldats de cet "État Mondial". Qui d’ailleurs peuple l’État Voisin ? Sont-ils seulement humains ? Et quant à ce terme "d’être humain", n’est-il pas empreint d’un mysticisme dangereux pour la communauté ? Le héros, Léo Kall chimiste jusqu'alors partisan loyal et soumis au régime, fier d'avoir mis au point un sérum de vérité, la Kallocaïne, refuse d'abord d'admettre que son invention va ainsi ravir aux hommes leur dernier espace de liberté, puis va se laisser peu à peu gagner par le doute. Il est troublé par les expérimentations menées sur des cobayes humains, dont son épouse, et plus encore lorsqu'il voit la police s'emparer de sa découverte pour débusquer et punir les délits de pensée. Bientôt il obéit à sa voix intérieure qui lui commande d'aller rejoindre les combattants de la liberté. Ultime sursaut d'une poétesse désespérée assoiffée de pureté et d'harmonie qui refuse de céder au découragement, ce roman intense, superbe par son engagement éthique et son intuition visionnaire d'un totalitarisme toujours en germe dans l'État, témoigne d'un engagement moral et intellectuel poignant à l'une des époques les plus sombres de l'humanité. "Vivre, c’est rompre et briser pour que quelque chose puisse croître". Comme la finlandaise Edith Södergran, la suédoise Karin Boye, plus de quatre-vingts ans après sa mort, apparaît de nos jours comme la poétesse moderne la plus importante des littératures scandinaves. Déchirée jusqu’au suicide, oscillant sans cesse entre une ferveur païenne et un mysticisme chrétien, elle deviendra le champ de ruines du combat perdu d’avance du théâtre tragique de ses trop nombreux écartèlements. Ouvertement bisexuelle, elle finira pardéfendre fièrement, pouce après pouce, son homosexualité dans une Suède pudibonde et très castratrice.
"Comme une flamme soudaine stable et claire, elle s’apaisa enfin en découvrant celui qu’elle avait cherché du regard et dont j’aperçus le visage. Quand on est jeune, on est persuadé qu'il existe forcément une autre réalité, une liberté qui arrivera avec l'être aimé, une sorte de refuge où se blottir, dans la chaleur, l'apaisement, un doux rêve qui n'est pas de ce monde". Femme courageuse, femme fortement impliquée dans les idées de gauche et la littérature radicale de son époque, elle est devenue l’incarnation de cette dualité atroce entre le rêve et la réalité. Sa poésie frappe par sa sorte de candeur de petite fille et son effroi du néant. Terrassée par sa recherche de la perfection du monde, et du secret des arbres, Karin Boye va s’interroger sur le sens de la vie, et si la vie vaut alors la peine d’être vécue. "Affligée par la pureté", elle ne supporte pas le mal et le non-accomplissement de la beauté et de la bonté. Par des mots simples, parfois naïfs, elle tente par ses nombreux poèmes d’amour de recoudre les liens brisés du monde. La musique discrète de ses mots, parfois amers, souvent cristallins, ne peut masquer son angoisse et sa personnalité éclatée. Elle cheminait arbre parmi les arbres, tendue vers l’haleine des crépuscules, l’inaccompli du monde et de son être. Amie des temps anciens, de la chaleur des corps de femmes, des mondes lointains. Aujourd’hui elle est l’un des poètes suédois les plus lus et admirés, souvent nommée le Walt Whitman suédois. Ceci peut rendre compte de sa relation à la nature, mais nullement de son inquiétude profonde et du pouvoir amoureux de ses poèmes, de sa musicalité issue de l’osmose entre les images et les sons de la langue suédoise. Karin Boye était tout entière en tensions, en antagonisme entre sa vision tragique de la vie et de l’attente de la mort, et d’un autre côté dans une croyance éperdue dans l’amour et la confiance en l’autre, en l’humanité. Sa vie entière aura été un mélange d’émerveillement de petite fille devant la peau des arbres, la peau des femmes, et un accablement profond devant la profonde imperfection du monde. Cette mystique en recherche de pureté absolue se sera brisée sur les rochers du quotidien et des marécages de la lâcheté humaine. Boye ne pouvait s’accomplir que dans les vieux, les très vieux mythes nordiques, ou le modernisme préfigurant la révolution espérée et bienfaisante. "Sur cent voies séparées j’ai cheminé et trébuché. Voici qu’elles convergent. C’est en marche vers toi que j’ai vécu". Elle repose avec sa famille, dans le beau cimetière Östra kyrkogården de Göteborg.
Bibliographie et références:
- Léo Dhayer, "La poétesse Karin Boye"
- Marguerite Gay, "La femme de lettres Karin Boye"
- Gertrude de Mautort, "Un jour, Karin Boye"
- Jean-Clarence Lambert, "Karin Boye"
- Régis Boyer, "Pour l’amour de l’arbre"
- Elena Balzamo, "La poésie de Karin Boye"
- Caroline Chevallier, "Edith Södergran et Karin Boye"
- May-Brigitte Lehman, "Karin Boye"
- Gil Pressnitzer, "Karin Boye"
- Bertrand de Beaumont, "Karin Boye"
- Julie de Saussaie, "Karin Boye"
- Anne de Luzy, "L'émouvante Karin Boye"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Ce qui me bouleversait, c'était la présence excitante d'un corps nu de femme. Le tumulte que cette découverte provoquait dans mon esprit m'engaillardissait. Charlotte était allongée près de moi et je ne pouvais penser à meilleure occupation que de la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre. Le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé, ses aisselles blanches.Je glissai un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau satinée se couvrit alors d'un frisson. Elle était grande et très brune. Une femme idéalement belle. Bientôt, mon regard s'attarda alors sur ses cuisses entrouvertes et immanquablement, une tension sourde s'empara de moi. La mer et le soleil l'avaient déjà dorée davantage. Ses cheveux, ses sourcils, et ses reins semblaient poudrés d'or, et comme elle n'était pas maquillée, sa bouche était du même rose que la chair rose au creux de son ventre. De mes lèvres, je léchai sa peau en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Je frôlai l'œillet secret qui déjà cédait aux effleurements. Fugacement, la tension se relâcha, les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt ainsi brusquées, comme après une étreinte immonde.
Mes doigts contournaient les formes plissées qui sertissaient l'anus. Ils lissèrent les veinules lentement, les unes après les autres, consciencieusement. Je la vis qui approuva d'un mouvement de reins, une cambrure pour l'instant étudiée, maîtrisée. Rien du domaine de l'abandon. Ils se confinaient encore dans la séduction. Ou en tout cas, le crut-elle. L'amante ne trichait pas. Elle n'était que sexe. Mais je l'imaginai elle, bien trop jeune pour le savoir.
Bientôt l'anus ne se défendit plus. Il rougit en acceptant, s'humidifia, larmoya une liqueur d'acquiescement, frémit au moindre toucher et enfin sursauta. Je ressentis la naissance d'une jouissance s'inscrire dans les va-et-vient de ce trou qui appelait. La sève s'écoula et lubrifia l'orifice pour permettre le passage. Voilà, elle ne joue plus, elle le sait. Elle peut maintenant tout imposer, froidement, à ce corps qui ordonnait l'intromission. Je supposai qu'elle aimerait être capable de hurler les mots et les actes qu'elle attendait.
- Un doigt. Enfonce. Juste là. Non pas si vite. Ressors. Reviens lentement. Un doigt. Au bord. Juste un peu plus loin que l'extrémité. Arrête lorsque tu sens ton doigt happé. Là. Oui. Voilà. Pas plus loin. Elle marqua un temps parce que le plaisir surgit, intense. Je l'entendis s'essouffler.
- Caresse l'intérieur du pourtour comme si tu voulais dessiner un cercle. Elle mouilla ses lèvres, en prononçant ces mots.
- Ressors maintenant et ose deux doigts. Doucement. Non. Laisse-le t'accepter, pourquoi forcer ?
Elle se rembrunit, chercha à dégager son visage d'entre les draps. L'amante s'irritait parce qu'elle ne supportait pas l'affront d'un quelconque échec. Elle savait. Elle voulait savoir, ne rien apprendre de sa partenaire.
La douleur vive s'était évanouie alors je la vis qui hésitait. Devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ? Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme. Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela.
Elle se tairait. Mais Juliette la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante et raidie sous ses doigts.
Elle reprit:
- Enfonce le doigt et viens forcer l'anneau en faisant rouler l'index sur le majeur. Oui. Comme ça. Doucement.
Sens-tu ? Il s'ouvre.
Il courtisait ses hôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une éclaboussure. Le cœur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Je sentais la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu à la prochaine salve.
L'amante fut à cet instant forcément animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième. Elle se trompait. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans l'inconcevable.
La prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis, profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre. Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le soleil, soudés. Charlotte ressentait un véritable dégoût à ne pouvoir contrôler l'orgasme lancinant qui montait en elle.
Maintenant, elle allait supplier.
- Oui. Enfonce encore. Plus. Je voudrais tout. Non, tout. La main, le poignet, le bras. J'aimerais connaître cela.
Les chairs résistèrent, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Elle hurla de désir. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le chercher, elle même si Juliette ne cédait pas. Je vis bientôt la fureur s'emparer de son corps, et le vriller, l'hystérie libérer toute l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui.
Charlotte se laissa aller, les yeux fermés, dans un rêve, ou tout au moins dans le crépuscule d'un demi-sommeil
d'épuisement. Elle se trouvait heureuse de compter assez pour Juliette, juste pour qu'elle prît plaisir à l'outrager.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Jeux SM (2ème Partie)
Les présentations
Je te présente Malika, Sonia et Erica.
Malika et Sonia sont 2 belles jeunes femmes aux longs cheveux brun, poitrine menue mais ferme pour Malika dont la robe moulante et très courte ne cache rien de ses longues jambes fuselées, Les seins de Sonia sont semblables à des melons trop mûrs et le chemisier cintré à bien du mal à les contenir, le bouton du haut est prêt de lâcher, sa jupe de cuir est si courte que s’en est presque indécent, juste une bande de 15cm qui laisse voir sa petite culotte la vraie garce dans toute sa splendeur… ce spectacle, vous vous en doutez , est loin de me laisser indifférent . Erica à coté parait bien fade : plate comme une limande, les genoux cagneux, les cheveux blond filasse, mi longs, maquillée à outrance ce qui ne masque pas la dureté de ses traits, presque masculin.
Sonia et Malika s’emparent chacune d’une baguette alors qu’Agatha prend le martinet et m’administrent toutes les 3 en même temps une fessée qui semble interminable, puis ensemble elles font l’inventaire des « jouets » qui n’ont pas servis. C’est Malika qui avise le gros plug.
Houaou !! dit-elle en le soupesant, quel morceau !
Ce n’est jamais renté, explique Agatha.
Ça va rentrer aujourd’hui ! dit Sonia
Vous êtes prêtes pour la vaisselle ?
Je comprends bien vite pourquoi « la vaisselle » elles fouillent toutes les 3 dans leur sac et en ressortent chacune une paire de gants à vaisselle Rose pour Sonia, bleu pour Malika et noir pour Agatha, elles s’enduisent copieusement de lubrifiant et la main d’Agatha s’enfonce presque d’un coup au plus profond de mes entrailles, Sonia s’avance et fait de même un peu moins facilement mais elle entre,
A moi maintenant dit Malika, sa main s’appuyant sur celles déjà en place se fraye un passage au milieu, lentement mais surement, je sens mon cul se dilater sous la pression, la douleur est incroyable mais dans le même tps c’est très jouissif, je me sens rempli, un jet de sperme sort de ma queue, elles restent ainsi un bon moment sans bouger puis elles sont prises d’un fou rire, leurs mains font des vibrations insoutenables, m’écartelant davantage encore.
A trois ! dit Malika, mais on serre le poing d’abord.
Je sens leurs doigts qui se recroquevillent en moi, les poings prennent plus de place, je panique à l’idée qu’elles pourraient me déchirer.
Un, deux, trois elles retirent leurs mains dans un ensemble parfait mon cul se déchire littéralement, j’ai l’impression qu’il reste béant tant la sensation est forte.
Allez ! vite ! dit Sonia Erica a lubrifié le plug et le présente à l’entrée de mon fondement, elles poussent de toute leur force, il pénètre sur 5cm mais il butte, c’est décidemment trop gros…
On va faire autrement dit Sonia, qui tient absolument à le faire entrer en moi. Je vais pousser avec le pied et se faisant elle s’allonge entre mes jambes enlève sa chaussure et pose le pied bien à plat sur la base du plug en s’arc boutant de la sorte sa force est décuplée, le plug avance entre mes reins, millimètre par millimètre, il progresse en moi mes fesses s’écartent devant lui, Sonia redouble d’effort Malika et Agatha à genoux de chaque coté d’elle poussent de leur 2 mains, Erika se joint à elles et pousse le pied de Sonia des 2 mains et soudain le sphincter lâche, le plug bondit en moi comme avalé, il s’est fiché au plus profond de mon cul. Je suis épuisé.
Erica me saisi par les épaules et me tire en arrière arrachant les pinces qui me serraient les tétons.ca me fait un mal de chien, je pleure, je supplie des yeux, le bâillon m’empêchant toujours de proférer la moindre parole.
Détachons-le ! dit Agatha, Erica va le sucer.
Je n’en crois pas mes oreilles enfin un peu de sollicitude j’aurais préféré que se soit elle ou une des 2 autres qui me sucent mais me voila détaché de la table, je peux enfin m’accroupir pour soulager le poids qui tire sur mes couilles, le seau touchant le sol, Malika libère mes boules qui pendent sous moi désormais et elles restent encore maintenant, pendantes. Elle ne peut s’empêcher de les claquer violemment au passage ce qui me fait serrer les cuisses de douleur me rappelant la présence du plug. On me fait pivoter j’ai le dos à la table Erika est à mes genoux et commence par me lécher les bourses, les gober une par une, je bande comme jamais, elle passe sa langue tout au long de ma verge comme si c’était un ski et enfin elle le prend dans la bouche, tout entier, me suce, m’avale, la reine fellation est entre mes jambes, je ne tarde pas à jouir, j’explose au plus profond de sa gorge, elle n’en perd pas une goutte, elle aspire comme si c’était une paille, sa langue tourne dans tous les sens autour de mon gland rendu si sensible par le traitement subi auparavant, elle s’attarde sur le méat fait mine d’y entrer la langue me prend les couilles dans une main, les presse doucement, les caresse je sens que je viens de nouveau le plaisir monte en moi comme un geyser prêt de jaillir mais Malika intervient.
Laisse-nous-en un peu dit elle en la rejetant fermement en arrière, sa bouche fait un horrible bruit de succion quand ma bite sort de sa bouche. Et pour couper net mon éjac elle me gifle les parties encore plus fort que la 1ère fois.
On va l’allonger sur la table dit Agatha
Elles me font basculer en arrière je suis allongé ma tête, dépassant la longueur de la table pend dans le vide
Attache-lui les jambes bien écartées que je lui pose l’écrase couilles, dit Sonia.
Tandis que Malika m’attache les jambes comme demandée, Sonia, sans ménagement passe mes boules à travers le trou de la plaque de plexis ainsi que ma queue puis rabat l’autre plaque en faisant passer mon sexe dans le trou dédié à cet usage, mes couilles sont ainsi seules à être aplaties entre les 2 plaques, elle ajuste les écrous qui vont servir à serrer le tout.
Erica quant à elle fixe une des pinces chinoise sur mon téton gauche, la morsure est atroce mes tétons sont restés sensibles de la précédente séance, elle ajuste la potence bien au centre de ma tétine, fixe l’extrémité de la pince à la vis sans fin qui va permettre de l’étirer.
Agatha fait de même avec le téton droit…
Malika s’accroupit et me chuchote à l’oreille : « tu as aimé la façon de sucer d’Erica »
Oh oui elle est douée la petite je n’ai jamais été pompé de la sorte.
Alors monsieur l’hétéro regarde…
Erica s’est placée derrière moi, elle est en train d’ôter sa robe j’ai la tête à l’envers mais je remarque comme une bosse dans son slip plus de doute possible, quelle horreur c’est un mec et bien monté en plus son braquemard jailli de la culotte ou il était quelque peu comprimé.
Approche qu’il te voit mieux dit Malika
Il s’approche en effet tout prêt et veut poser sa queue sur ma bouche il n’atteint que ma joue, j’ai vivement tourné la tête.
Tu vas lui rendre la pareil, lui refaire exactement tout ce qu’il t’a fait tout à l’heure.
Non, pas ça dis-je, jamais je ne ferais ça ! et je serre les lèvres pour l’empêcher d’entrer sa bite dans ma bouche comme il s’appétait à le faire.
On t’explique ajoute Malika, il faut qu’il jouisse dans ta bouche, qu’il prenne du plaisir et pour ça tu vas le sucer consciencieusement et avec envie sinon Agatha et moi on t’arrache les tétines et Sonia va te faire exploser les parties… 3 tours lance t’elle et 3 tours sont ajoutés à la fois aux tires tétons et à l’écrase couilles.
Tant que tu ne prends pas de toi-même cette belle queue en bouche pour lui donner un max de plaisir, on tourne. Et 3 tours de plus mesdames… c’est surtout la douleur dans mes mamelons qui est de suite insupportable l’écrasement de mes couilles d’abord assez plaisant ne devient douloureux qu’au 15 -ème tours et cette salope de Sonia entre les tours de vis me frappe le devant du gland avec la règle comme si elle voulait l’enfoncer en moi.
Je gémis j’essaye de donner le change en faisant mine que je ne céderais pas, que je n’ai pas si mal que ça et que je n’ai pas peur de leurs menaces. En tous cas au début car quand Sonia annonce y a plus que mon petit doigt qui passe entre les plaques, la douleur est vraiment devenue insoutenable. Malika s’accroupi de nouveau et me conseille dans l’oreille.
Ne résiste plus mon chéri tu vois bien qu’on n’arrêtera pas et qu’on ira jusqu’au bout alors cède maintenant et tu seras libre, tu n’as qu’à imaginer que c’est moi que tu lèches.
Quel batard hurle Sonia tu vas voir et elle vient se placer au-dessus de ma bouche me donnant son con à lécher, je ne me fais pas prier je lui administre le plus beau cuni dont je suis capable elle pousse de petits cris, sa moule coule dans ma gorge… mon cul maintenant, entre ta langue et elle s’écarte les fesses de ses mains, ma langue un peu hésitante s’introduit finalement dans cet autre trou, bien profond vas-y trempe moi le cul moi je m’exécute pensant que mon calvaire va s’arrêter là, elle se cambre et s’allonge sur moi offrant sa croupe à Erika (Éric) en fait
Vas y prend moi le cul Éric ! il s’enfonce dans son petit orifice et manœuvre ainsi sur mon visage.
Stop ! crie Sonia on reprend le jeu, et s’adressant à moi : « tu vois, maintenant au lieu d’avoir une belle bite toute propre et rose tu en as une sale, crois-moi tu as intérêt à l’honorer comme il faut. » et elle repart serrer les plaques en ajoutant je serre sans discontinuer tant que tu n’as pas sa bite dans la bouche et c’est ce qu’elle fait, je sens mes couilles s’aplatir de plus en plus. Mes tétines sont tellement tendues que je ne les sens plus
Agatha intervient à son tour : « on va lui poser un piercing à chaque mamelle et elle part fouiller dans son sac et reviens avec un appareil à percer et une poignée d’anneaux de toutes tailles je n’ai même pas le tps de réagir que déjà une douleur très vive m’apprend qu’elle ne rigole pas elle vient de percer mon mamelon droit et y glisse un anneau.
Sonia ajoute : « après on lui perce le bout du gland »
Je dis très vite non pas ça ! s’il vous plait ! pas ça … je vais le faire ! je vais le faire !
Éric s’avance le pauvre ne bande plus du tout et c’est une chose toute molle qui empli ma bouche j’ai quelques hauts le cœur, je vais vomir il va et vient un peu en disant suce moi, aspire ma sève, je sens sa tige se gonfler et grandir en moi bientôt il est de nouveau raide et l’extrémité de sa bite touche ma glotte, la position tête en bas permet d’aller très loin dans ma gorge je la sens qui me déforme la trachée…. J’ai du mal à respirer il se retire doucement j’essaye de le rejeter avec ma langue quand soudain une autre douleur fulgurante me transperce cette salope de Sonia vient de me percer le mamelon gauche.
Elle ajoute à son geste ce rappel : « n’oublie pas que tu dois le faire avec envie, appliques toi » sinon on te perce le gland.
Je redouble d’effort et me mets à sucer, je tourne ma langue autour de son gland je le lèche j’aspire comme il m’a montré un liquide coule sur ma langue je ferme les yeux et m’efforce de penser à Malika ….
Éric s’excite de plus en plus et plonge de plus en plus profondément, la succion s’accentue d’elle-même sa queue envahie complétement ma bouche tant elle à grossie et durcie je ne peux qu’ouvrir les mâchoires au maximum ce salaud en profite pour ressortir, parfois entièrement pour mieux se réintroduire. Au bout de plusieurs minutes qui me paraissent une éternité, il éjacule enfin, de longs jets de sperme épais envahissent ma bouche alors que d’autres plus violents, frappent le fond de ma gorge, me forçant à avaler ce liquide visqueux et âpre qui me brule la gorge.
Avale bien tout dit Agatha, n’en perd pas une goutte sinon tu sais ce qui t’attend
Je m’exécute contraint et forcé et songe au pire, si elle me perçait quand même le gland, j’en frémis, mais non, elle enlève les pinces de mes tétons devenus si douloureux. Sonia desserre l’écrase couilles et fini même par l’ôter.
Malika s’adressant à Agatha dit : « j’aimerais l’avoir pour moi, ça te dérange si je le marque ? »
Non répond Agatha tu peux en faire ce que tu veux.
Sonia intervient tu veux le marquer ici ?
Non je n’ai pas le matos ici mais je vais quand même lui poser une cage comme ça je suis certaine qu’il me reviendra. Et me regardant tu es d’accord bébé ?
Tout ce que vous voulez mais c’est quoi marquer ?
Je vais te marquer au fer rouge de mes initiales comme on marque les chevaux et pour ça il faudra que tu viennes dans mon donjon, je vais te laisser l’adresse, tu viendras quand tu te sentiras prêt à m’appartenir.
Je ne veux pas être marqué je ne vis pas seul c’est impossible.
Mais si c’est possible, tu verras on choisira un endroit discret, ça ne se verra pas.
Sur ce Sonia et Agatha me renverse sur la table tandis qu’Éric me plonge la bite et les couilles dans une bassine d’eau très froide ou nagent des glaçons, Malika profite de ce que ce traitement ai rendu mes attributs tout petit, pour ajuster une cage de chasteté très courte, munie d’un plug d’urètre, l’ensemble maintenu par un cadenas en acier, Clic ! me voici encagé….
Elles disparaissent en me lançant un C’ETAIT SUPER !
Je regarde l’heure, les ouvriers ne vont pas tardés, je me rhabille en vitesse et fais disparaitre le maximum des objets pouvant me trahir, à peine ais je finis qu’on sonne à la porte je vais ouvrir
Allez-y, entrez ! faites ce que vous avez à faire, je m’absente une minute, une envie pressante et je cours aux toilettes, je mets bien plus qu’une minute pour extirper le plug qui s’est profondément ancré en moi et je sue sang et eau pour retirer les anneaux de mes tétons, heureusement, les ouvriers tout à leur travail ne remarquent rien, enfin je l’espère…
A suivre… Le donjon de Malika…
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"Le corps est le temple de l'esprit, et l'esprit est le maître du corps."Sénèque"
Entre chien et loup, tu éveilles mes sens. Je deviens ton jouet, un être totalement offert à tes envies. Tu m'attaches avec soin, les liens se resserrent autour de mes poignets et de mes chevilles, m'immobilisant dans une posture offerte à ta vue.
Tu me prives de toute lumière. Je ressens chacun de tes gestes, chaque mouvement de tes mains sur mon corps. La tension monte, l'attente devient prière. Chaque baiser intense et mordant, chaque caresse est ta déclaration de possession et de désir. Je suis à toi, entièrement, et dans ce moment hors du temps, le monde s'efface, ne laissant place qu'à cette intensité qui gronde au loin.
Il pleut ce matin. L’envie est forte et pressante. Le ciel gris et les gouttes tombent bruyamment, couvrant à peine le cri salvateur de notre urgence.
Je sens ta présence derrière moi, ton souffle sur ma nuque. Tes mains glissent le long de mon dos, laissant une traînée de frissons sur leur passage. Tu murmures tes ordres dans le creux de mon oreille, promesses de plaisirs intenses à venir. Chaque geste est soigneusement calculé pour m'immobiliser juste ce qu'il faut, pour que je me sente à la fois vulnérable et à ta merci.
Le son de la pluie et de nos respirations se mêlent. Je suis là, entièrement à ta vue, prête à accueillir cette envie brûlante. Tes baisers deviennent plus pressants, chaque caresse plus urgente. La tension entre nous est palpable, électrique. Et dans ce matin pluvieux, le monde extérieur disparaît.
J'entends tes pas autour de moi, tes mains se posent sur mes épaules, fermes et sûres, puis descendent lentement le long de mon dos, explorant, revendiquant leur territoire. Je suis sans défense, et pourtant en totale confiance. Ta chaleur contre ma peau, et ton désir qui se mêle au mien.
Tes mains continuent leur exploration, découvrant chaque courbe, chaque recoin de mon corps. Je m’abandonne totalement à leurs pouvoirs. Elles savent exactement comment me conduire au bord du plaisir, et m'y maintenir.
Tes mains pétrissent et torturent mes chairs. Je ne suis plus qu’un souffle, une essence flottante capturée par ton désir. Chaque pression, chaque torsion de tes doigts sur ma peau me fait haleter, me pousse à l’abandon total. La douleur se mélange à ce plaisir si fort.
Le monde extérieur n'existe plus. Il n'y a que le rythme de nos respirations, le son des gouttes de pluie contre les vitres, et ce lien invisible et puissant qui nous unit dans cette urgence de nous. Tes mains continuent leur œuvre, sculptant mon plaisir, tordant et pétrissant chaque muscle, chaque fibre de mon être.
Je trouve une liberté absolue, un bonheur intense dans le simple fait d'être, d'exister pour ton plaisir, et de vivre pleinement et intensément chaque instant.
Ta cravache retire mon essence, celle qui m’apporte cette jouissance. Symbole de pouvoir et de contrôle, elle glisse doucement le long de ma peau, me laissant dans une attente frémissante. Je sens sa présence, légère et menaçante, et l'anticipation de ce qui va suivre contribue à cette tempête où le tonnerre gronde au loin.
Le premier coup tombe, net et précis. Tu retires morceau par morceau mon essence, me dépouillant de tout sauf du pur plaisir, me conduisant toujours plus loin dans les méandres de la jouissance.
Je ne suis plus qu’une offrande, un souffle de désir entre tes mains. Tu marques ma peau, laisses des traces de ton passage de la plus belle des manières. Chaque coup me fait haleter, chaque douleur me rapproche un peu plus de cette jouissance ultime.
Tu me murmures à l'oreille ton envie, ton besoin de me dominer. Je suis à toi, laissant la vérité de ces mots s'imprégner dans mon esprit. "Ton jouet, ton bien, ta chienne, ton tout."
Chaque mot que tu glisses dans le creux de mon oreille est une marque invisible de possession. Offerte et vulnérable, ma respiration s’accélère, chaque mot amplifiant mon désir.
Je ressens chaque sensation, chaque émotion. Je suis entre tes mains, tu prendras soin de moi. Ces mots que tu prononces, ces murmures que tu distilles, sont des chaînes invisibles qui m'enserrent, me lient à toi. Je me perds dans tes paroles, me laissant guider par ta voix.
Je suis à quatre pattes, la croupe bien cambrée, prête à t'accueillir. Ma robe, si courte, me dévoile bien assez pour te laisser entrevoir cette humidité, témoignage silencieux de ce désir pour toi. La fine matière qui caresse à peine mes cuisses devient une invitation irrésistible, attisant ton propre désir.
Tu ne peux résister à l'appel de cette vision. Tes mains, impatientes et brûlantes, remontent lentement le long de mes jambes. Lorsque tes doigts atteignent mon intimité, tu sens cette humidité, celle que tu as fait naître. Cette chaleur qui me trahit, qui parle de mes envies, mon désir sans mots. Tu prends un instant pour savourer cette sensation, ce contact direct avec mon désir. Tes doigts jouent avec ma peau, explorent, découvrent, me faisant frémir à chaque mouvement.
Je me cambre, me presse contre ta main, cherchant plus, exigeant plus. Tu réponds à cette demande silencieuse, ta main s'abat fermement sur mes fesses. Je devine l'urgence de tes gestes.
Ma robe, cette pièce de tissu si courte, est désormais un simple accessoire. Elle dévoile, elle suggère, mais c'est mon corps, ma réaction, mon désir qui captivent toute ton attention.
Tes mains me saisissent fermement, tes doigts s’enfoncent dans ma peau. Tu étales mon humidité sur ma peau, mes orifices, ceux que tu t’apprêtes à conquérir. Tes doigts, sûrs d’eux, s’immiscent en moi. Tes mains, fermes et déterminées, saisissent mon corps, tes doigts s’enfoncent dans ma peau, laissant des empreintes de ta possession.
Et alors, dans cet instant où la possession devient totale, tu me prends entièrement, fusionnant nos corps dans une union parfaite de désir et de domination. Le monde disparaît, ne laissant que nous, perdus dans cette immensité.
LifeisLife
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Un bloc de mélancolie, voilà ce qu'elle était devenue. Mais une mélancolie active, qui l'empêchait de se laisser engloutir par les lames de fond de l'instinct de mort pour le retourner comme un gant afin de transformer en énergie docile cette aspiration vers le néant. Les ratures dans son carnet d'adresses, anormalement nombreuses pour une jeune femme de trente ans, étaient les témoins muets de cette noirceur. Et il était doux à Charlotte que ce qui lui fut interdit, matériellement, comme la porte de la cellule interdit matériellement aux filles enfermées, de s'appartenir ou de s'échapper. Il s'agissait du meilleur partie qu'on pouvait alors tirer d'elle. Lorsqu'elle s'éveilla, le silence dans la cave était total. Allongée sur le dos, elle était captive, nue, écartelée. Comme les chaînes tiraient au plus court, vers l'arrière, pour les chevilles et les poignets, elle ressentait une interminable souffrance, proche du démembrement. L'humiliation était là. Se montrer ainsi dans cette position dégradante, alors que fouettée, prise ou sodomisée, sa vanité pouvait se satisfaire de susciter le désir. Charlotte prenait conscience de l'orgueil réel de l'esclave qui motive et qui excuse tout. Ne pas ouvrir les yeux. Ne pas s'éveiller tout à fait encore. Pas maintenant. Profiter du demi-sommeil pour continuer à croire que tout cela n'était qu'un rêve, un fantasme trop fort, trop présent, qui raisonnait encore en bas de son ventre. Pourquoi m'avait-elle contrainte à une telle séance ? Avait-elle voulu me faire souffrir ? Rien dans son attitude n'avait pourtant trahi un quelconque plaisir à m'imposer un tel jeu. Cela ressemblait plutôt à un passage obligé, une sorte de rituel auquel elle-même n'aurait pu échapper. Elle tendit l'oreille, à l'affût d'un signe de Juliette. Charlotte secoua la tête. Elle était folle de remuer de telles pensées. Elle ne devait pas avoir peur. Et si sa Maîtresse avait encore eu l'envie de l'offrir à une amie ? Charlotte avait beau tenter de rejeter de toutes ses forces cette idée, celle-ci la taraudait, ne la lâchait plus. Juliette voulait l'offrir à une amie. Elle lui a donné l'adresse. Elle lui avait dit qu'elle trouverait là une jeune femme qui n'atteint le plaisir qu'en réalisant ses fantasmes. Si elle mimait la dérobade, c'était pour mieux en profiter. N'avait-t-elle pas elle-même avoué qu'elle avait en elle, jusqu'à l'obsession, des images de viol ? Des pas dans le couloir. Les voilà qui approchent. Elle cessa de respirer. Elle les entendit s'arrêter devant la porte de la cave. Une clé tourna dans la serrure. Bientôt la porte s'entrouvrit. Charlotte distingua dans l'embrasure une silhouette.
Que cachait ce sourire carnassier: une volonté d'asservissement ? Et cette attitude conquérante: le refus de laisser son destin lui échapper ? Le plaisir l'emportait-il sur le bonheur ? Qu'importe, après tout. La lumière l'aveugla. C'était Juliette mais elle n'était pas seule. Celle qui l'accompagnait la regardait d'un œil narquois. Elle s'assit sur le rebord du lit, nue, les mains sur les genoux. Tout en elle dégageait une étrange impression de sauvage énergie mais mêlée d'une extrême élégance. Il semblait à Charlotte, comme si cela ne la concernait pas, qu'elle avait déjà vécu une scène analogue. Mais pour cette fois, la jeune fille lui était inconnue. Elle n'en était que l'occasion ou l'objet, on n'avait plus qu'à la soumettre. Juliette vit la jeune fille poser délicatement ses mains de part et d'autre de la vulve glacée de Charlotte. Elle sollicita les grandes lèvres pour les écarter peu à peu, du bout des doigts. Le contact, même s'il demeurait ferme, n'avait pas du tout la violence redoutée. Elle ouvrit son sexe comme on ouvre un fruit, avec grand soin, en faisant attention de ne pas en perdre le nectar. Charlotte ferma les yeux. Elle cherchait à se concentrer sur le plaisir que la fille exigeait d'elle. Il devait venir. Elle devait réussir à jouir pour la satisfaire, pour qu'elle puisse continuer. Peut-être que, comme avec sa Maîtresse, si elle parvenait à se mettre en situation de passivité, parviendrait-elle à exciter ses sens. L'inconnue passa plusieurs fois sa langue sur le sexe de Charlotte, de l'entrée du vagin jusqu'au clitoris, aspirant la chair tendre des petites lèvres, les frôlant parfois des dents, puis les abandonnant pour recommencer ailleurs, un peu plus haut, un peu plus bas. À l'instant même où la jeune inconnue mordilla son clitoris, Charlotte se convulsa bientôt dans ses chaînes et trembla encore lorsque la jeune femme, s'étant tout à fait rhabillée, lui détacha les mains et lui donna des consignes pour leur prochaine rencontre. Ce soir-là, le sommeil ne vint pas. Bien sûr, elle avait eu peur, mais elle n'avait pas eu honte. La jeune fille habitait près de la place Saint-Sulpice. Charlotte avait cru, ou voulu croire, pour se donner du courage, qu'elle serait farouche. Elle fut détrompée. Les airs pudiques qu'elle prenait, étaient précisément destinés à l'aguicher. Elle l'attendait sur un canapé. Un bras étendu sur l'accoudoir en velours grenat. Jambes croisées, pieds nus, ongles lissés d'un vernis rouge. En dessous noirs. Autour de vingt heures, Charlotte en retard sonna à la porte. Trop facile, pas de punition, l'inconnue ne fut pas dupe. Anxieuse, elle poussa la porte entrouverte. À double tour, la referma. La voici introduite dans la pénombre du salon, par la jeune fille nue, organisatrice de la séance. En fond sonore, le "Boléro" de de Ravel. Doucement, pour entendre le bruit de ses pas quand sur le parquet point de Hongrie, Charlotte se déshabilla lentement, une épaule après l'autre, la robe tombant alors sur le sol, pour écouter le clapotis de son sexe déjà ouvert.
Elle pensait à regret qu'elle était bien plus attirante quand ses jambes étaient gainées de bas. Elle avançait nue et désirable vers l'inconnu, la pointe des seins déjà durcie, et l'entrejambe moite. La jeune femme ne percevait qu'un brouhaha, un magma de paroles indistinctes. La confusion la gagnait. Un météorologue aurait été à même de définir son état: brumeux, avec quelques éclaircies à venir. L'inconnue décroisa ses jambes, les paumes claquant sur ses cuisses, la pria d'avancer. La flamme des bougies lançant des lueurs dansantes sur leurs visages, semblait réveiller des ombres dans le haut plafond. Elle eut les caresses et la bouche de l'inconnue. Cette bouche alla jusqu'au secret de son corps, au plus secret de son être émotif dans la chaleur humide que le désir enfiévrait. Sans tarder, elles ressentirent, cette étrange douceur, cette paix heureuse des amantes. Charlotte devait lui être soumise et l'accueillir avec le même respect avec lequel elle l'accueillait, comme autant d'images de Juliette. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le fait qu'elle la donnait était une preuve, et devait en être une pour elle, qu'elle lui appartenait. On ne donne que ce qui vous appartient. Mais Juliette la reprenait aussitôt. Tes yeux se retournent vers mon sourire. Le silence, nous l'avions décidé. Tu devras t'efforcer de ne pas hurler quand quand je te flagellerai jusqu'au sang. Tu n'as pas le choix. Si tu désobéis, ce sera l'arrêt irréversible de la séance. Charlotte ne sait plus ce qu'elle veut, le fouet, oui mais pas pour son plaisir. De l'amour des femmes, elle ne connaissait rien d'autres que quelques privautés, quelques complaisances accordées avec des camarades de classe, à la limite du jeu mais bientôt par dessus la nuque passe le harnais de cuir serré, son corps supplie. Nue, de dos, debout devant moi. Bientôt mes doigts, à gauche, et à droite, ont glissé, les lanières de cuir sur tes épaules et dans la fente de tes lèvres. Alors, les omoplates ont frissonné. Les reins soudain cambrés par un flux de désir. Le grain de ta peau sur ma langue. Les lèvres de ton sexe sur la pulpe de mes doigts. Ta joue sur mon épaule, mes mains à l'envers ont fermé les crochets. Mon souffle effleurant le profil de tes seins dressés avec cette envie de toi qui tangue, cette envie de te fouetter. Cette envie de suspendre les gestes. Je t'attrape par la nuque, te renverse sur le canapé, je te dévore. Tu te débats, tu me supplies. Charlotte n'a pas de honte à exposer son corps asséché de coups. Tout est évident. Tu es allongée, au-dessous de moi, la caresse est légère presque rêvée, précisant l'ondoiement sur l'entrecuisse à peine ouverte. Le désir est prégnant, ton sexe est brûlant, l'émergence de sa pointe, la moiteur de ses plis, les battements de sa matrice. Elle lui apprit et lui révéla son corps, par des caresses d'une insidieuse lenteur, par des baisers qui n'en finissaient plus d'éveiller en elle des ondes de plaisir presque intolérable.
Sa pente naturelle l'inclinait en toutes choses à mêler douceur et brutalité. À l'écoute de ses harmonies secrètes, elle agissait d'instinct, sans jamais calculer l'effet de ses caresses. L'inconnue tendit le bras, effleura silencieusement son cou durant de longues minutes, et par ses doigts seuls tout était dit. De la bouche venait alors calmer la fièvre qu'elle avait fait naître, s'abreuvant à la source même d'où jaillirait la jouissance. Charlotte entrouvrait les lèvres et fermait à demi les yeux. Elle regardait la jeune fille à la dérobée, qui se leva brutalement du canapé. Charlotte n'attendit pas son ordre. Elle avait compris. "- Maintenant, je voudrais te fouetter, je te le demande. Acceptes-tu ?" Elle accepta. La jeune fille lui lia les poignets enserrés par des bracelets au-dessus de la tête, à un anneau chevillé au plafond. Jamais Charlotte ne l'accepta avec autant de joie. Elle attendit et le temps cessa d'être immobile. Sa douceur offerte appelait les blessures autant que les caresses. Elle n'eut jamais d'illusion. Elle était debout, et ses bras levés et joints, faisaient saillir ses seins. La jeune fille les caressa, puis l'embrassa sur la bouche. Quand elle lui eut mis un bâillon, et qu'elle eut saisi un fouet, elle la fouetta longuement. Elle aimait autant la frapper que la voir se débattre. Charlotte se tordait, gémissait, pleurait sous le fouet. Seuls ses yeux pouvaient implorer sa grâce mais elle ne l'obtint pas. Tu te tais. Quand bien même le voudrais-tu que tu ne pourrais parler. Tes soupirs, les plaintes d'extase, les gémissements de douleur ont pris toute la place dans ta poitrine et dans ta gorge. Tu deviens muette d'un incroyable bonheur masochiste. La jeune fille cessa de flageller Charlotte. Elle défit le collier et les bracelets qui la tenaient captive. En fut-elle délivrée ? Ses cris meurent en un baiser brutal, comme la secousse qui bascule. La fleur sanguine laisse sourdre son suc aux mille parfums dans un mouvement de bacchanale déchaînée, sanglot de l'extériorisation extrême de Sa sensualité fouaillée. Elle est ouverte, béante, les lèvres palpitantes, la vulve agitée de pulsions enflammées et suintante de son miel blanc et blond. Elles basculèrent, enroulées l'une à l'autre dans un enlacement tortueux qui les emplit de joie enfantine. Cessant de lutter, des gouttes de sueur perlant sur ses seins, elle s'abandonna aux désirs saphiques insatiables de la jeune fille. Aucune nuit pareille à nulle autre, jamais Charlotte ne l'accueillit avec autant de joie. Elle avait joui sous le fouet. Elle appartenait plus que jamais à Juliette. Quelque chose d'indissoluble et de fatal, une puissance invisible les liait bien plus que dans le bonheur et l'euphorie, errant dans le pur illogisme de la réalité, ne rendant de comptes à personne, forme suprême de la liberté dont elles usaient dans le bien comme dans le mal. Leur idéal avait changé d'objet. Leur amour était scellé à jamais. Se laisser prendre à l'envi, fouetter, être docile et nue. Pour l'amour qui fait battre le cœur, on ne forçait personne. Charlotte était éblouissante de félicité. L'envol étourdi d'un oiseau nocturne dans un jardin endormi, distrait par la bouleversante incantation sacrée qu'elle portait au rite célébré de leurs chairs amoureuses confondues. Juliette entendrait, bientôt, encore une fois Charlotte, attachée nue au pied du lit mais heureuse, respirer dans la nuit.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle ne redoutait pas, comme autrefois, les nouvelles rencontres de son amie. Ces courts enthousiasmes ressemblent trop à des allumettes qui crépitent, l'enfer, la jalousie, et ne laissent entre les doigts qu'un souvenir ridicule. Au contraire, il était peut-être excellent que la jeune fille abandonnât sa liberté pour sa nouvelle Maîtresse et rien ne semblait pouvoir troubler son sommeil. Mais quelle Juliette observait-elle dans la pénombre de leur chambre. L'amante ou la soumise ? Juliette les aimait toutes à travers ce qu'elle était devenue. Mais comment prétendre aimer quelqu'un à qui l'on ment sur l'essentiel ? S'intaller dans cette contradiction, c'était déjà y répondre. Tant de choses avaient eu lieu et tant de paroles avaient été échangées, souvent si regrettables mais jamais regrettées. Elles avaient déjà éprouvé de la haine mais jamais encore de l'indifférence, qui est son stade ultime. L'oubli étant essentiel à la survie, elles étaient capables d'oublier, non de pardonner. Charlotte, semblait perdue dans une étrange rêverie. Comme cela lui arrivait parfois. Elle s'absentait alors, loin, très loin. Elle ne savait pas encore elle-même, si elle était heureuse. Désespérée d'avoir un corps sans réaction devant la vie, dévorée par quelque chose d'inconnu, qui, qu'elle le veuille ou non, lui prenait tout. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité flatteuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette avait eu raison bien à l'avance. Elle paraissait manquer, non pas de loyauté, mais de confiance en elle. Alors, sa Maîtresse, mue par cette force qui habite les cœurs encore jeunes, pensa que sa vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. Elle était poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Elles ne possédaient rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier, un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, les lumières du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans leur relation que la vérité, crue et nue, de leur sexualité. Elles n'avaient pas eu besoin de donner le change, pas plus à elles-mêmes, qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Elles n'étaient pas des animaux sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et elles n'y recoururent jamais. Aussi, Juliette se sentait tenue de tout dire à Charlotte, sans même l'embrasser ou la caresser, mais elle n'avait pas assez compté sur l'appétit qu'elles avaient l'une de l'autre.
La jeune feme avait une sorte de charme, au moins l'avantage de son jeune êge, de son calme et de sa froide considération. Elle n'était inspirée que par le désir de possession. Elle lui fit d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes à la douleur, et elle baissa la tête, puis elle la releva à peine troublée. Elle tenait à la main la mince ceinture de cuir qu'elle mettait sur sa robe, elle recula d'un pas et fouetta le visage de Charlotte. Cela lui ouvrit la lèvre, et elle sentit le goût du sang. Elle était terriblement effrayée. Son bras repartit pour frapper encore. Mais elle ne fit rien. Elle laissa retomber son bras, lâcha la ceinture et se mit à sourire, sans parler. Elle possédait ce talent, qui est si rare de savoir donner une présence au silence. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les lettres JM, ornant son pubis lisse, signe de son appartenance, et surtout les cicatrices, vifs souvenirs des sanglades de cravaches. Sa Maîtresse la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. Charlotte était très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne, Elle avait de petits seins fermes et haut placés, des hanches enfantines à peine formées. À force de la battre, Juliette s'était rapprochée de Charlotte, qui obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais elle lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par une autre. Elle voulait qu'elle parvienne à se donner après avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait, car elle ne la quittait que très rarement, qu'elle regarde toujours Juliette caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Sans doute, Juliette avait trop compté à la fois sur l'indifférence et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, et quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. Mais, elle ne voulait pas se séparer d'elle. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le seul fait qu'elle l'offrait chaque jour davantage lui donnait une preuve, qu'elle lui appartenait. Elle lisait son visage, son cou. Ainsi, lorsque Charlotte se sentait traitée injustement, elle roulait les épaules vers l'avant, son cou se gonflait, faisant saillir les muscles, et régulièrement ses épaules retombaient. Elle se tenait comme gelée.
Elle n'a que vingt ans et la robe noire échancrée dans le dos jusqu'aux reins et très serrée à la taille lui donne un sérieux excessivement sensuel. C'est beaucoup d'élégance pour ce jeune chat qu'on voudrait prendre dans ses bras, poser sur un coussin, caresser, abandonner. La jeune femme ignorait le non-dit, les mots entre les mots, les secrets murmurés, les silences éoquents. Dans son monde, on parlait ou on se taisait. On était régi par la tyrannie des convenances. Souvent, elle portait une robe assez décolletée pour qu'on voie le grain de beauté sur son sein. Mais quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois, elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait si rudement son ventre qu'elle croyait s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Il arrive que la force du désir se nourrisse dans la chair, d'une succession de faits, de contretemps microscopiques, lesquels finissent par tisser un dessein occulte qui prend alors la forme d'un enchaînement logique et implacable. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut.
Elle savait assez bien admirer et mépriser en même temps: ce sont là deux mouvements de crainte, différemment orchestrés. Plus la jeune femme se rassurait en faisant le plein, plus sa Maîtresse se dépouillait et s'épanouissait dans l'immatériel. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. L'après-midi, elle retrouva Juliette qui l'emmena chez Paul. Vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs, et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors Charlotte abandonna son corps aux désirs sadiques de Paul. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Paul se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à fouetter les reins qui s'offraient à lui. Il débuta doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction des muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Paul, excité, frappa alors plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Le plaisir qu'elle prenait, à offrir à sa Maîtresse, autant moite et brûlante, lui était témoin et garant de son plaisir. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa alors ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors sa Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée.
Elle n'aimait que les poètes abandonnés dans les mansardes, les jeunes peintres tuberculeux. Elle vivait à la diable. Il y aurait chez Charlotte toujours les deux tendances en elle, l'une l'emportant sur l'autre au gré des vicissitudes. Tout en elle faisait double allégeance. Paul frappa encore plus fort et les fines lanières cinglèrent alors dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en hoquetant et en tordant son frêle buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Paul dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Alors, la douleur devint trop vive. Elle ne voulait pas supplier, elle ne voulait pas demander grâce mais Paul entendait l'amener à merci. Charlotte laissa couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Paul de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre du repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité. Mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Paul qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva le bruissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Paul dut maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent alors sur le lit. Paul fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de sperme qu'elle avala religieusement jusqu'à la dernière goutte. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Paul, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé. Elle comprit qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Il ne la laisserait qu'à la nuit tombée, après lui avoir labouré les reins, qu'il lui meurtrirait tant il était épais. Alors, bientôt, il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre, sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Paul, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Paul sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter, distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée.
Les situations mal définies sont mille fois plus périlleuses: impossible d'y entrer par des calculs, impossible d'en sortir sans aise. L'indomptable volonté de perpétuer la race dans ce qu'elle a d'immuable. Une femme qui ne s'accomplissait que dans le stupre et l'abnégation. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Paul se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Semi-consciente, elle pensa alors seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait bien pire que n'importe quelle chaîne.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Jeux SM (1ère partie)
La rencontre
J’ai donné rendez-vous à la très jeune femme rencontrée sur un site dédié au bdsm et plus particulièrement au SM que je pratique en tant que maître depuis plusieurs années, cette rencontre a été décidée après un long dial ou j’ai expliqué à maîtresse Malika, (c’est le pseudo qu’elle utilise) alors qu’elle m’a avoué être novice, que j’aimerais tester l’autre face du miroir en réel, en effet je m’entraine depuis plusieurs mois, seul ou en virtuel, via skipe, avec des dominas plus ou moins expérimentées à subir quelques supplices, j’utilise les divers accessoires que j’ai acheté au cours des années, sur le net ou en boutiques spécialisées. J’ai proposé bien sûr à cette jeune femme de mettre tous ces jouets à sa disposition et de lui en expliquer le maniement, je deviendrais en quelque sorte son initiateur et son cobaye….
Le jour « j » est enfin arrivé la séance se passera dans un appartement que je rénove en vue de le louer, nous aurons toute la matinée les ouvriers n’arrivant que vers 14h30. Il est 8h30, je suis là depuis quelques minutes, quand on sonne à la porte, c’est elle ! parfaitement à l’heure.
Elle est vêtue d’un chemisier transparent qui ne cache rien de sa menue poitrine elle a des petits seins comme je les aime, une mini-jupe très courte et des hauts talons mais son minois me laisse perplexe quant à son âge.
Bonjour Agatha es-tu certaine d’avoir 18 ans ?
Bonjour ! (Sa voix est autoritaire) d’abord appelle moi Maîtresse et oui j’ai 18 ans, tu veux voir ma carte d’identité ?
Non, non c’est que tu fais si jeune
Fous toi à poil et montre-moi tes jouets !
Je m’exécute et une fois nu, je lui fais l’inventaire en expliquant l’usage des « jouets »
Voilà, il y a 3 plugs de belle taille, diamètre au plus large respectivement 8 cm, 9,5cm et 10 cm, si j’ai déjà réussi à introduire les 2 premiers, il faut dire que depuis mon adolescence à cause ou grâce à une cousine dont j’étais amoureux, mon cul a avalé pas mal de choses. Mais c’est une autre histoire que je vous narrerai une autre fois. Malgré ce long entrainement, le dernier refuse toujours de rentrer.
Un parachute en métal, muni de crochets qui permettent d’y attacher des poids,
Des aspires tétons à piston,
12 petites pinces en métal qui serrent très très fort, une paire de pinces chinoises qui se serrent de plus en plus, au fur et à mesure que l’on tire dessus.
Un long et gros gode ceinture (25cm de long sur 7,5cm de diamètre),
Une baguette ronde en plastique, une en bois et une carrée en bois également, toutes les 3 d’un m de long et d’un cm de section,
Un martinet, une règle plate 4cm de large, 80cm de long et enfin un paddle épais.
Tu vois il y a de quoi t’amuser, dans cette caisse tu trouveras des poids de 500gr à 4kg qui vont par paire 2 de 500gr, 2 de 1kg, 2 de 1,5kg etc..
Ça sert à quoi ? demande t’elle ingénument
C’est pour mettre dans le seau que tu vois là après l’avoir suspendu au parachute que voilà.
Mets le dit elle
Je mets un peu de lubrifiant sur mes parties et l’anneau du parachute en lui expliquant que c’est afin de pouvoir le serrer autour de mes couilles sans me pincer la peau.
Ok, Ok, fais voir ! ça tient bien ? dit-elle en tirant vers le bas sur les crochets,
Tourne-toi ! que je te passe les menottes !
Comme ça ? dis-je en tendant mes poignets
Dans le dos dit-elle c’est mieux, allez !
Je mets mes mains dans le dos, les menottes se referment sur mes poignets
Va jusqu’ à la table elle prend ma bite entre ses doigts et me guide, je bande comme un fou, ce qui la fait sourire, elle me plaque les cuisses contre la table, ma bite est en érection bien au-dessus du plateau.
Ecarte les jambes, mieux que ça je dois pouvoir les attacher aux pieds de la table, j’obéis
Voilà c’est parfait comme ça, elle va chercher le seau et le suspend aux anneaux du parachute, elle pèse un peu dessus, je pousse un petit cri, elle se relève et va fouiller dans son sac, je devine, ayant le dos tourné, au glissement qu’elle enlève sa petite culotte, quelle me fourre dans la bouche assez profondément et ajuste dans le même tps un bâillon boule qu’elle sert très fort, ma langue est complètement immobilisée plus moyen de proférer un son autre qu’un grognement sourd.
On va commencer par un poids de 4kg et joignant le geste à la parole elle laisse tomber le poids dans le seau, je pousse un hurlement qui reste complètement étouffé par le bâillon.
Elle repasse devant, elle a la règle plate à la main elle me décalotte un peu plus mais ce n’est vraiment pas la peine ma queue est tirée au maximum sous l’effet du poids qui tire sur mes bourses.
10 coups sur cette belle queue tu en penses quoi ?
HUMmm !! les coups s’abattent lentement, réguliers et très fort sur mon gland qui s’écrase sous chaque coup de règle, sur la table.
Et de 10 ! ma parole plus je frappe plus tu bandes, tu aimes ça on dirait ! elle disparait de nouveau derrière moi.
10 coups de cette belle baguette sur tes fesses et je reçois 10 coups de la baguette ronde en plastique, là aussi elle prend son temps, la garce entre chaque coup qu’elle assène très fort sur mes fesses. J’en jouis presque, bien que je commence à m’inquiéter tant sa ferveur la conduit à me frapper de plus en plus fort.
J’aimerais que tu te penches sur la table pour les fessées et disant cela elle appuie sa main dans mon dos pour me faire allonger sur la table, je suis plié en 2 le cul à l’air quand un 2ème poids tombe au fond du seau
Et 4kg de plus, dit-elle joyeusement, je hurle de douleur mes couilles n’ont jamais été aussi tendues.
10 coups, heu non 20 de cette belle règle carrée en bois je n’ai pas le tps de réagir que le 1er coup s’abat sur mes fesses déjà bien endolories, au 20 -ème coup, je crie grâce mais aucun son audible ne sort de ma bouche.
Tu aimes vraiment ça, on dirait ! dit-elle en rigolant tandis qu’elle pince ma queue pour en juger la dureté. En effet je bande comme un fou, alors que mes fesses brulent de mille feux.
Allez debout on va s’occuper de ta queue et 20 coups de règle se succèdent sur mon gland maintenant brulant et devenu rouge écarlate.
Les tétons maintenant ! et disant cela elle ajuste les aspires tétons et pompe une dizaine de fois sur chacun de mes tétons qui emplisse la cloche me faisant rebander de plus belle
C’est qu’il aime vraiment ce salaud, 20 coups de règle retentisse sur mon gland tuméfié qui malgré ce traitement reste dur et bien dressé et laisse échapper quelques gouttes de liquide transparent, signe annonciateur d’une jouissance proche.
On se penche maintenant dit-elle gentiment en me poussant dans le dos, les aspires tétons s’écrasent sur la table ce qui m’oblige à rester comme suspendu ce qui amplifie la cambrure de mes reins et 30 coups de martinets me sont donné, ils touchent à la fois mes fesses, mes boules et ma bite qui pend désormais sous la table, à peine le dernier coups reçu qu’un nouveau poids tombe dans le seau j’ai l’impression de ne plus sentir mes couilles, qu’elles vont s’arracher tant la tension est grande, je râle de plus en plus fort en suppliant menaçant même, enfin je le pense car mes cris sont à peine des murmures.
Tu râles, alors que je n’ai mis que 500 gr pour ta peine je rajoute un kg et vlan le poids tombe dans le seau, ajoutant une tension supplémentaire, je pleure de rage et de douleur ce qui a pour effet de l’exciter encore plus, elle me relève et enlève les aspire tétons pour les remplacer par 2 pinces en métal, l’une superposant l’autre, sur chaque tétine, la pression est telle que je pleure de plus belle, elle remet ma queue sur la table sans ménagement et s’applique à y mettre des pinces : 3 sur la longueur dessous la dernière pinçant le prépuce, la douleur est atroce puis 3 autres sur le pourtour du gland et 2 de part et d’autre du méat,
En position de fessée ! vite ! dit-elle en me frappant cette fois avec la baguette ronde en bois 30 nouveaux coups s’abattent sur mes fesses que je devine toute marbrées de ces coups.
J’aime bien celle-là, c’est la mieux on la manie bcp plus facilement que les autres.
Tu veux bien que je redonne 50 coups avec celle-là pour me faire plaisir.
Oui ! tu es vraiment super je te promets de frapper bien fort et la voilà qui me frappe de toutes ses forces avec la baguette ronde en comptant bien haut, au 30 -ème coups elle s’arrête je pense qu’elle va enfin me délivrer mais non elle dit
Suis-je bête j’ai oublié d’ajouter un poids et elle jette un poids de 2kg et un autre de 3kg
Je hurle de toutes mes forces que je n’en peux plus qu’il faut qu’elle s’arrête mais rien ni fait de toute façon ce que je dis est incompréhensible à cause du bâillon.
Ou j’en étais déjà, tu te rappelles, non bon et bien on va recommencer à zéro et elle reprend la série de 50 coups avec la baguette ronde. Puis elle me relève, enlève les pinces de mon gland et de ma bite elles se sont incrustées dans ma chair profondément, celle de mes tétons elle les remplace par les pinces chinoises y attache une longue corde qu’elle vient fixer aux pieds de la table devant moi ce qui m’oblige à, de nouveau, me pencher sur le plateau et cette fois plus moyen de me relever, chaque tentative tire sur mes tétons de manière atroce je la vois s’équiper de mon gode ceinture, l’enduire généreusement de lubrifiant puis elle s’essuie les doigts sur mon anus y entrant au passage 2 ou 3 doigts bien profond.
J’ai tjrs eu envie de faire ça, enculer un mec grâce à toi je vais enfin pouvoir réaliser mon rêve, et elle appuie le bout du gland du gode sur mon anus elle force doucement en donnant des petits à-coups de plus en plus fort je sens mon anus s’ouvrir doucement, le gode me pénètre d’un coup au moment ou mon sphincter lâche elle se retire doucement presque entièrement et s’introduit de nouveau assez vite et profond, du sperme gicle de ma verge sous l’effet de cette pénétration. Elle s’étonne,
Ça ne va pas jusqu’au bout ?
Je fais non de la tête en poussant des grognements.
Il faut que ça rentre tout entier et elle pousse de plus belle, ses coups de reins sont de plus en plus violents, je sens le gode s’enfoncer un peu plus à chaque saillie. Mon pénis pleure autant que moi.
Cela fait maintenant 2h que je suis attaché ainsi à sa merci quand on sonne à la porte.
Ah ! enfin voilà du renfort dit-elle en allant ouvrir, 3 jeunes femmes sont là devant moi qui papotent sur mon sort en détaillant mon anatomie….
La suite au prochain numéro…
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Dans l'ombre douce où la lumière s'abandonne,
La soumission, tel un voile, doucement se donne.
Elle tisse de ses fils un monde sans révolte,
Où chaque âme en son sein, paisiblement se vautre.
Elle murmure à l'oreille des cœurs las,
Des mots de paix, des chants sans éclat.
Dans le silence de sa tendre étreinte,
Elle promet un refuge, une sainte enceinte.
Sous son regard, les volontés s'effacent,
Les esprits forts, autrefois si tenaces,
Se laissent bercer par son chant séraphique,
Oubliant leur fierté, dans un doux éthique.
Elle est la mère des heures sereines,
La gardienne des passions en chaînes.
Dans son giron, les tempêtes s'apaisent,
Et les désirs ardents, doucement, se taisent.
La soumission n'est point une cage dorée,
Mais un choix murmuré, une douce allégeance.
Elle est l'harmonie dans laquelle on se noie,
Le fil d'Ariane dans le labyrinthe de soie.
Elle est le port où les navires se reposent,
Après les orages, les vagues grandioses.
Elle est le sol où germent les graines de demain,
Le silence après la pluie, le calme du matin.
Dans la soumission, il y a une force cachée,
Un pouvoir qui grandit, qui jamais ne s'achève.
Elle est le socle sur lequel se bâtit la vie,
La terre nourricière, l'infinie harmonie.
Elle est le souffle qui porte les ailes des anges,
La main tendue vers l'autre, sans échange.
Elle est le don de soi, l'amour inconditionnel,
La paix intérieure, le bonheur éternel.
Dans la soumission, il y a la liberté,
De choisir son chemin, d'aimer, d'être aimé.
Elle est le lien qui unit sans emprisonner,
La danse des âmes, en parfaite symphonie.
Elle est le murmure de la brise légère,
Qui caresse les champs, les forêts, les rivières.
Elle est la mélodie qui enchante le soir,
La douceur d'un regard, le reposoir.
La soumission est un art, une poésie,
Qui se vit dans le secret, loin des hérésies.
Elle est le pacte silencieux entre deux êtres,
La promesse d'un monde meilleur, à paraître.
Elle est la trame de l'univers tout entier,
Le fil invisible qui relie le passé.
Elle est la sagesse des anciens, le respect,
La voie lactée qui guide, sans jamais se défaire.
Dans la soumission, il y a la vérité,
D'un amour pur, sans fard, sans vanité.
Elle est le voyage au-delà des apparences,
La quête de l'essence, la divine providence.
Elle est le chant du cygne, la dernière étreinte,
La flamme qui vacille, puis s'éteint sans crainte.
Elle est le dernier mot, le soupir final,
La paix de l'âme, le voyage astral.
La soumission est le berceau de la vie,
Le jardin secret où chaque fleur s'épanouit.
Elle est le nectar précieux, la rosée du matin,
Le souffle de vie, le destin.
Elle est le pont entre le ciel et la terre,
La passerelle d'or, la lumière première.
Elle est le chemin qui mène à l'infini,
La porte ouverte sur l'éternité, l'oubli.
Dans la soumission, il y a la promesse,
D'un avenir meilleur, d'une tendre caresse.
Elle est le phare dans la nuit, l'étoile du berger,
Le guide, le protecteur, l'ange gardien, le messager.
Elle est le silence après la tempête,
La quiétude qui suit la quête.
Elle est le repos, la fin du voyage,
La dernière page, le dernier hommage.
La soumission est le reflet de l'âme,
Le miroir où se dessine la trame.
Elle est le tableau vivant, la fresque du temps,
Le chef-d'œuvre éternel, le mouvement.
Elle est la plume qui glisse sur le papier,
L'encre qui coule, le poème à chérir.
Elle est l'histoire qui se raconte, sans fin,
Le livre ouvert, le chemin.
Dans la soumission, il y a l'espoir,
D'un monde plus doux, d'un nouveau départ.
Elle est la flamme qui réchauffe, qui éclaire,
La braise qui couve, l'amour sincère.
Elle est le cadeau de la vie, la grâce,
La beauté cachée, la délicate trace.
Elle est le soupir de la terre, l'écho lointain,
Le chant de l'univers, le refrain.
La soumission est la clé de la sagesse,
Le secret bien gardé, la tendre promesse.
Elle est le voyage intérieur, la découverte,
La lumière au bout du tunnel, la porte ouverte.
Elle est le rythme des saisons, le cycle de la vie,
Le retour aux sources, l'harmonie.
Elle est le feu sacré, la passion,
La fusion des âmes, la communion.
Dans la soumission, il y a la force de l'eau,
Qui sculpte la roche, qui creuse le sillon.
Elle est le courant qui emporte, qui libère,
La vague qui déferle, la mer.
Elle est le vent qui souffle, qui transporte,
La voile qui gonfle, le navire qui porte.
Elle est le voyage au-delà des horizons,
La découverte de nouveaux mondes, de nouvelles passions.
La soumission est le don de l'instant,
Le présent éphémère, le temps.
Elle est le souffle de l'existence, la vie,
Le miracle quotidien, l'envie.
Elle est le lien qui unit, qui rassemble,
La chaîne d'or, le membre.
Elle est le partage, l'union, la fraternité,
La solidarité, la communauté.
Dans la soumission, il y a la beauté,
De l'ordre naturel, de la simplicité.
Elle est le reflet de l'harmonie, la perfection,
La symétrie, la connexion.
Elle est le calme après la bataille,
La paix retrouvée, la médaille.
Elle est le triomphe de l'amour, la victoire,
La fin du combat, la gloire.
La soumission est le chant de l'oiseau,
Le cri du cœur, l'écho.
Elle est la mélodie qui s'élève, qui s'envole,
La note pure, la parole.
Elle est le geste tendre, la caresse,
La douceur, la délicatesse.
Elle est l'attention, le soin, la prévenance,
La gentillesse, la bienveillance.
Dans la soumission, il y a la lumière,
Qui éclaire le chemin, qui guide la prière.
Elle est le rayon de soleil, la chaleur,
La clarté, la splendeur.
Elle est le feu de joie, la flamme,
La lueur qui réconforte, qui enflamme.
Elle est l'étincelle de vie, la passion,
Le brasier de l'amour, la fusion.
La soumission est le silence de la nuit,
Le repos de l'âme, l'abri.
Elle est le sommeil profond, le rêve,
La paix, le calme, la trêve.
Elle est le souffle du vent, la brise,
Qui apaise, qui caresse, qui grise.
Elle est le murmure de la rivière, le chant,
Le flot doux, l'ondulant.
Dans la soumission, il y a la sérénité,
La tranquillité, la qualité.
Elle est le repos de l'esprit, la clarté,
La pureté, la vérité.
Elle est le chemin de la croix, le sacrifice,
La rédemption, le service.
Elle est l'offrande, le don, la générosité,
La charité, la bonté.
L'expression de l'âme, le geste du cœur,
La toile de la vie, le peintre, le sculpteur.
Elle est le rêve éveillé, la vision,
La quête de l'absolu, la passion.
La soumission est le voyage sans fin,
Le périple de l'esprit, le chemin.
Elle est la découverte de soi, l'aventure,
La conquête de l'inconnu, la nature.
Elle est le feu qui brûle sans consumer,
La lumière qui éclaire sans aveugler.
Elle est la chaleur du foyer, la flamme,
Le cœur qui bat, l'âme qui clame.
Dans la soumission, il y a la paix,
Le calme intérieur, la loi.
Elle est le refuge sûr, la maison,
Le sanctuaire, la raison.
Elle est le fil d'argent, la toile d'araignée,
Le lien subtil, la destinée.
Elle est le réseau qui unit, qui tisse,
La trame de la vie, la promesse.
La soumission est le souffle de l'histoire,
Le vent qui porte les récits, la mémoire.
Elle est le témoignage du passé, la légende,
La saga des peuples, la tendre offrande.
Elle est le chant des ancêtres, la voix,
Le murmure des sages, la foi.
Elle est la parole transmise, l'enseignement,
La sagesse des âges, le commandement.
Dans la soumission, il y a la douceur,
La tendresse, la compassion, la ferveur.
Elle est le baume sur les plaies, la guérison,
La main qui soigne, la dévotion.
Elle est le silence de l'aube, la rosée,
Le matin qui s'éveille, la beauté.
Elle est le premier rayon, l'espoir,
Le jour nouveau, le miroir.
La soumission est le serment d'amour,
Le pacte éternel, le toujours.
Elle est l'union des cœurs, la fusion,
La promesse d'une vie, la passion.
Elle est le partage des âmes, l'échange,
La rencontre des esprits, l'ange.
Elle est le lien sacré, l'harmonie,
La symphonie des sentiments, la mélodie.
Dans la soumission, il y a la force,
La puissance tranquille, la source.
Elle est le roc inébranlable, la montagne,
Le pilier de la terre, la compagne.
Elle est le cours du fleuve, la voie,
Le chemin qui mène à la foi.
Elle est la route qui s'ouvre, la liberté,
Le passage vers l'avenir, la clarté.
La soumission est le secret bien gardé,
Le trésor caché, la clé.
Elle est la perle rare, la découverte,
Le joyau précieux, l'offerte.
Elle est le don de la nature, la vie,
Le miracle de l'existence, l'envie.
Elle est le cycle éternel, la renaissance,
La continuité de la vie, la danse.
Dans la soumission, il y a la grâce,
La beauté de l'instant, la trace.
Elle est le geste élégant, la danse,
Le mouvement fluide, la cadence.
Elle est le rythme du cœur, la pulsation,
Le battement de la vie, la vibration.
Elle est la musique de l'âme, le son,
La note qui résonne, l'horizon.
La soumission est le voyage de l'esprit,
Le périple intérieur, l'infini.
Elle est la quête de soi, la découverte,
La recherche de l'essence, l'alerte.
Elle est le chemin de la connaissance, la voie,
Le parcours de l'apprentissage, la loi.
Elle est l'étude de la vie, l'enseignement,
La compréhension du monde, le mouvement.
Dans la soumission, il y a l'acceptation,
La reconnaissance de la situation.
Elle est le consentement, l'accord,
La validation de l'autre, le port.
Elle est le respect de la volonté, la dignité,
L'honneur de la parole donnée, la fierté.
Elle est la valeur de l'engagement, la promesse,
La fidélité de l'action, l'allégresse.
La soumission est le reflet de la foi,
Le miroir de l'âme, le choix.
Elle est la conviction profonde, la croyance,
La certitude de l'être, l'espérance.
Elle est le témoignage de l'amour, la preuve,
Le signe de l'affection, la trêve.
Elle est la manifestation du cœur, l'expression,
La déclaration de l'amour, la passion.
Dans la soumission, il y a la sérénité,
La tranquillité de l'esprit, la qualité.
Elle est le repos de l'âme, la paix,
La quiétude de l'être, le fait.
Elle est le calme de l'océan, la mer,
La surface lisse, le verre.
Elle est la profondeur de l'eau, le fond,
La richesse de la vie, le don.
La soumission est le cadeau du ciel,
La bénédiction divine, l'éternel.
Elle est la grâce de Dieu, la miséricorde,
La compassion du Seigneur, la corde.
Elle est le lien avec le divin, la prière,
La communication avec le père, la lumière.
Elle est la relation avec l'au-delà, la foi,
La connexion avec l'infini, le roi.
Dans la soumission, il y a la vérité,
La réalité de l'existence, la clarté.
Elle est la sincérité de l'âme, la pureté,
La transparence de l'être, la beauté.
Elle est le reflet de l'intérieur, le miroir,
La projection de soi, le voir.
Elle est la manifestation de l'esprit, la forme,
La révélation de l'âme, la norme.
La soumission est le chemin vers la lumière,
La voie vers la clarté, la frontière.
Elle est la route vers la paix, la voie,
Le passage vers la sérénité, la loi.
Elle est le pont vers l'harmonie, la passerelle,
La connexion avec l'autre, l'étincelle.
Elle est le lien avec le monde, la chaîne,
La relation avec l'univers, la reine.
Dans la soumission, il y a la force,
La puissance de l'acceptation, la source.
Elle est la capacité de lâcher prise, la liberté,
La possibilité de se rendre, la clarté.
Elle est la puissance de la volonté, la puissance,
La force de la décision, la chance.
Elle est la détermination de l'âme, la volonté,
La résolution de l'esprit, la qualité.
La soumission est le don de soi, le sacrifice,
Le cadeau de l'âme, le service.
Elle est l'offrande de l'être, la générosité,
La donation de l'esprit, la bonté.
Elle est le partage du cœur, l'échange,
La communion des âmes, l'ange.
Elle est la fusion des esprits, l'union,
La rencontre des cœurs, la passion.
Dans la soumission, il y a la beauté,
La splendeur de l'âme, la clarté.
Elle est l'éclat de l'esprit, la lumière,
La brillance de l'être, la fière.
Elle est le rayonnement de l'intérieur, le soleil,
La luminescence de soi, le réveil.
Elle est la brillance de l'âme, l'étoile,
La scintillation de l'esprit, la toile.
La soumission est le voyage de la vie,
Le périple de l'existence, l'envie.
Elle est la quête de l'âme, la recherche,
La découverte de soi, la démarche.
Elle est le chemin de la réalisation, la voie,
Le parcours de l'accomplissement, la loi.
Elle est la route de l'épanouissement, la liberté,
Le passage vers le bonheur, la clarté.
Dans la soumission, il y a l'amour,
La passion de l'âme, le jour.
Elle est l'affection de l'esprit, la chaleur,
La tendresse de l'être, la ferveur.
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Chapitre 2 : Préparation Clinique
Une main effleura doucement sa joue, geste délicat cherchant à apaiser ses craintes. Les doigts glissaient lentement sur sa peau, caressant chaque contour de son visage avec une douceur infinie. Ils descendirent le long de sa mâchoire avant de remonter vers sa tempe. La main s'attarda, transmettant une chaleur douce et constante qui contrastait avec l'air ambiant froid.
« Calmez-vous, 17, » murmura-t-elle d'une voix douce mais assurée, retirant lentement sa main. Puis, avec urgence, ajouta, « Aujourd'hui, nous avons beaucoup à faire. »
Un corps se glissa dans son champ de vision, révélant l'infirmière qui se tenait maintenant devant lui, penchée en avant pour l'observer attentivement. Elle était une figure élégante et professionnelle, ses cheveux tirés en arrière dans un chignon strict, la nuque dégagée. Ses lunettes transparentes encadraient un regard perçant accentué par le masque en latex blanc, soulignant la pâleur de sa peau et mettant en valeur ses yeux.
Elle portait un tablier en latex qui épousait avec élégance ses courbes féminines, mettant en avant ses épaules dénudées et sa silhouette gracieuse, laissant entrevoir sur les côtés sa poitrine et ses hanches. Ses ongles, soigneusement peints en rouge vif, ajoutaient une touche de contraste audacieux à son uniforme immaculé.
« Cela devrait vous aider à vous détendre », annonça-t-elle. Le mélange de gaz dans le masque modifia légèrement la sensation de l'air qu'il respirait. À mesure que le mélange de gaz changeait, une sensation de calme artificiel commença à se répandre dans les poumons du patient, engourdissant légèrement sa conscience mais n'atténuant en rien son angoisse profonde.
Alors qu'elle se tenait près de la table d'examen, elle attrapa une paire de longs gants noirs en latex dans un tiroir métallique à côté d’elle. Se retournant, elle lui offrit une vue de ses fesses non couvertes par le tablier.
« Patient numéro 17 » dit-elle d'une voix calme mais ferme, « Le moment est venu de commencer. » Lentement, méthodiquement, elle enfila les gants et les remonta lentement le long de ses bras jusqu'au début de ses épaules. Étirant chaque doigt avec une détermination presque mécanique. Le latex épais s'étira et claqua doucement contre sa peau, brillant sous les lumières cliniques de la pièce. Chaque mouvement était comme une danse calculée, une mise en scène implacable de son autorité. Elle se dandinait légèrement en lui parlant de dos, ajoutant une touche de provocation. Les gants noirs symbolisaient le contrôle absolu qu'elle exerçait sur la séance, une extension de sa volonté froide et déterminée. Chaque clic des gants résonnait dans l'atmosphère chargée de la salle, ajoutant à l'intensité de l’instant, tandis que le patient, malgré sa vision altérée par le masque, avait une vue imprenable sur la scène.
Elle prit le spéculum du plateau d'instruments méticuleusement préparés à côté d’elle, le tenant fermement dans sa main pour que le patient puisse voir l'instrument métallique.
« Je vais procéder à une inspection interne de votre orifice pour m’assurer d'une préparation adéquate avant votre purge intestinale », expliqua-t-elle, glissant ses doigts le long du spéculum avec une précision chirurgicale. « Cet instrument sera inséré doucement puis ouvert progressivement pour permettre une visualisation claire et complète de l’intérieur de votre rectum. C'est une étape essentielle pour garantir que vous êtes prêt pour la procédure à venir. »
L'infirmière ajusta l'écartement au plus petit à l’aide de la molette, puis reposa délicatement l'instrument sur le plateau tout en continuant ses explications. « Vous pourriez ressentir une légère pression pendant l'insertion, mais je vais m'assurer que cela soit aussi confortable que possible. »
Elle ajusta la lampe scialytique au-dessus de la table d’examen, faisant glisser les bras métalliques pour positionner la lumière blanche directement sur le patient. La salle se remplissait d'une lueur clinique intense. Elle saisit ensuite une seringue en verre remplie de lubrifiant. « Ce lubrifiant facilitera l'insertion et minimisera tout inconfort. » L'éclat de la lumière blanche était presque éblouissant, accentuant chaque détail.
L'infirmière s'accroupit devant le patient, faisant face à ses jambes écartées. Sa posture était professionnelle, reflétant sa concentration sur la tâche à accomplir. Son regard scrutait minutieusement chaque détail, préparée à agir avec précision et délicatesse. Elle posa délicatement deux doigts autour de l'orifice du patient, qui se contracta instinctivement, réagissant à la stimulation et à la présence proche de l'infirmière.
Ce réflexe involontaire témoignait de sa réaction physique au contact direct, une réponse naturelle de surprise. Exerçant une légère pression pour l'écarter doucement, elle dit : « Ce n’est rien, détendez-vous », scrutant chaque réaction du patient. Celui-ci gémit légèrement sous la pression initiale, puis commença à relâcher les muscles tendus.
À mesure que l'ouverture s'élargissait, l'infirmière introduisit lentement la seringue transparente, remplie de lubrifiant frais. Le patient ressentit un léger frisson de fraîcheur lorsque la pointe en acier pénétra doucement son sphincter. La sensation de froid du lubrifiant contre ses parois internes provoqua un autre gémissement, cette fois teinté d'une surprise mêlée de soulagement.
« Je vais vider le contenu de la seringue maintenant que je suis à l'intérieur, » annonça-t-elle d'une voix assurée et calme, se tenant près de l'orifice du patient, avant d'appuyer lentement sur le piston de la seringue.
Le liquide pénétra progressivement à l'intérieur de son bas-ventre, procurant une sensation de fraîcheur qui se transforma en une douce chaleur, engourdissant légèrement ses sensations et offrant un confort inattendu.
« Ce gel lubrifiant à base de lidocaïne est conçu pour induire une détente progressive », précisa-t-elle.
Le patient se détendit davantage, ses gémissements devenant plus doux, alors que l'infirmière vidait doucement la seringue. Une fois celle-ci vidée, elle la reposa soigneusement sur le plateau d'instruments, puis se tourna à nouveau vers le patient, lubrifiant doucement un de ses doigts.
« Maintenant, je vais vérifier votre degré de dilatation. » Elle inséra doucement son doigt ganté à l’intérieur de son orifice déjà quelque peu endolori. Dès que son doigt ganté entra en contact avec les parois internes de l'orifice, l'infirmière observa attentivement la réaction du patient. Le passage lubrifié facilitait l'insertion, minimisant la friction et maximisant le confort, comme elle l'avait prévu. Les muscles internes du patient, déjà préparés par le lubrifiant, offraient une résistance douce mais perceptible alors qu'elle progressait plus profondément.
Pour le patient, la sensation était une combinaison étrange de pression et de légère douleur, adoucie par la présence de lubrifiant. Chaque mouvement délibéré de l'infirmière était ressenti avec une clarté presque étonnante, accentuée par la vigilance accrue de ses sens face à cette intrusion délicate mais nécessaire.
L'orifice, déjà sensibilisé par les préparatifs précédents, réagissait par de petites contractions, une réaction involontaire face à cette exploration médicale minutieuse.
« Continuez à respirer régulièrement. Nous progressons bien. » Murmura-t-elle, ses mots résonnant dans la salle clinique.
L'infirmière continua à insérer son doigt avec une précision chirurgicale, évaluant la dilatation et la réponse physique du patient à chaque mouvement. Elle maintenait une communication rassurante, guidant le patient à travers les sensations nouvelles et parfois inconfortables.
« Sentez-vous cette légère pression ? C'est normal. Cela nous aidera à évaluer correctement. » Expliqua-t-elle, offrant une explication claire pour apaiser toute inquiétude. Pour le patient, cette expérience était une confrontation entre des sensations physiques et émotionnelles, face à la réalité clinique de l'examen. Chaque ajustement subtil de l'infirmière, chaque vérification minutieuse, était ressenti comme une intrusion contrôlée mais nécessaire, illustrant à la fois la délicatesse et l'expertise de l'infirmière tout en préservant le confort relatif de l'expérience médicale. La vérification de la dilatation se poursuivit méthodiquement, chaque étape étant soigneusement mesurée pour assurer que le patient était prêt pour la prochaine phase de la procédure médicale. L'infirmière retira son doigt ganté avec une précision rapide mais contrôlée, respectant la sensibilité de l'orifice maintenant dilaté. Un léger frisson parcourut le patient au moment où le doigt quitta son intimité, laissant une sensation fugace de vide après cette exploration tactile.
« Je vais maintenant préparer le spéculum, » poursuivit-elle, anticipant les besoins suivants tout en maintenant une communication claire avec le patient. Son ton était à la fois directive et douce, soulignant sa maîtrise de la situation tout en respectant la dignité et le confort du patient.
Pendant ce temps, la lumière blanche de la salle clinique continuait de baigner l'environnement dans une aura stérile mais sécurisante, accentuant chaque détail de l'examen médical en cours.
Après avoir préparé le spéculum avec soin, l'infirmière revint vers le patient, le spéculum lubrifié en main. Elle le positionna délicatement devant l'orifice dilaté, prête à poursuivre la procédure. Avec expertise, elle commença l'insertion, guidant le spéculum avec précision dans l'ouverture préparée. Le métal froid et lisse se glissait progressivement, élargissant doucement l'orifice sous le contrôle attentif de l'infirmière. Le patient pouvait sentir une légère pression à mesure que l’instrument s'ouvrait, révélant l'intérieur jusque-là caché.
Pour l'infirmière, c'était une vue familière mais cruciale. À travers la lumière blanche éclatante de la salle clinique, elle observait l'ouverture de l'orifice avec une attention minutieuse, confirmant visuellement la préparation adéquate du patient pour la suite de la procédure.
« Parfait. » Murmura-t-elle, « Tout semble en ordre pour procéder à votre injection rectale. »
Elle ajusta légèrement la position du spéculum pour un meilleur angle d'observation, assurant une inspection complète et détaillée de la muqueuse interne. Chaque détail était examiné avec un professionnalisme absolu.
Après avoir retiré doucement le spéculum, l'infirmière prépara le mélange qui serait utilisé pour le lavement.
« Pour le lavement, » expliqua-t-elle en préparant le mélange final, « Nous utilisons de l'eau gazeuse et du lubrifiant à 3% pour maximiser votre confort tout en facilitant le processus. »
Pendant qu'elle parlait, le patient commença à s'agiter légèrement, gémissant de panique à travers son masque tout en respirant fort. Ses gestes étaient nerveux, réagissant à l'inconfort anticipé. L'infirmière perçut son agitation et se pencha doucement vers lui. « Respirez profondément. Tout va bien se passer, » dit-elle d'une voix douce mais assurée, cherchant à apaiser ses craintes.
Le patient hocha la tête, ses yeux exprimant à la fois anxiété et confiance dans le professionnalisme de l'infirmière.
Elle prit un instant pour vérifier les instruments à côté d'elle, confirmant sa préparation méticuleuse. « Le lubrifiant ajouté garantit une insertion en douceur et réduit toute sensation d'inconfort. Vous pourriez ressentir une légère sensation de ballonnement due aux bulles d'air dans le liquide, mais cela est parfaitement normal et temporaire. »
Elle fit une pause, laissant ses paroles résonner dans l'air chargé de la pièce avant de continuer. « Cette irrigation va préparer votre corps à l'élimination quotidienne des sécrétions, assurant une purification complète de vos intestins. »
Retrouvez le premier chapitre à cette adresse :
https://www.bdsm.fr/blog/9756/La-Clinique---Chapitre-1-:-Réveil-Stérile/
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Errance aux côtés du Diable.
Amis lecteurs, cette histoire n’est qu’une chimère le fruit de mon imaginaire.
Chapitre 1
Bérangère progresse prudemment sur la modeste route départementale à travers la Haute Provence s’élevant progressivement vers le plateau reculé. Elle serpente à travers la forêt de chênes verts dans la pénombre de cette fin de journée. Soudain, la pluie, le ciel se couvre brusquement, annonçant l’arrivée d’un violent orage. Les éclairs bleutés zèbrent le paysage, illuminant les arbres, ainsi que les feuilles mouillées. Le vent, en rafales furieuses, fait danser les feuilles sur la chaussée. À travers le pare-brise embué, les essuie-glaces peinent à suivre le rythme. Bérangère tente de deviner le tracé de la route. Chaque virage est une énigme, chaque bosquet une cachette où se cachent les secrets de la forêt. Dans cette obscurité mouvante, elle se sent à la fois perdue et fascinée, comme si les arbres eux-mêmes murmuraient des histoires anciennes. Tandis que la pluie martèle le toit de la voiture, Bérangère se demande si elle trouvera sa destination ou si elle continuera à errer dans cette forêt mystérieuse.
Bérangère ressent un mélange d’émotions intenses alors qu’elle continue sa route dans cette garrigue sombre. La peur s’insinue en elle, amplifiée par les éclairs qui illuminent brusquement les arbres. Chaque coup de vent sur sa voiture la fait frissonner. Elle se sent vulnérable face à la puissance de la nature en colère. Mais en même temps, il y a une fascination inexplicable qui la retient. La beauté sauvage de la forêt, les secrets qu’elle cache, tout cela la captive. Bérangère est à la fois perdue et intriguée, elle pénètre dans un monde obscur où les éléments se déchaînent. Elle ne peut pas s’empêcher de se demander ce qui l’attend au prochain virage derrière chaque bosquet. C’est un mélange d’angoisse et d’émerveillement, une danse entre la terreur et la curiosité qui la pousse à continuer sa route. Rien ne va l’arrêter, quelque chose de plus profond dans cette forêt en furie l’attire comme un aimant.
La route se termine par une sorte de parking, moitié terrain vague.
— Où je me trouve, où est ce foutu panneau ?
Avec sa voiture elle balaye avec le faisceau de ses phares à la recherche d’une indication.
*******
Bérangère échange avec cet homme sur ce forum catholique depuis un an, elle est captivée par le monde qu’il lui dévoile quotidiennement à travers ses mots. Il a réussi à déverrouiller la boîte de Pandore de Bérangère, à savoir l’univers de ses fantasmes.
Elle est devenue au fil du temps ange et démon. Il faut dire qu’elle a été élevée dans une famille catholique est pratiquante. Son éducation est rigoureuse, et stricte, elle a des principes, des tabous. Mais cet homme, au fur et à mesure de ses mails, a fait basculer ses convictions.
Bérangère est face à un dilemme, elle ressent de la confusion, de l’ambivalence et peut-être même de la peur quant à la direction que prennent ses croyances et sa vie. Le conflit entre sa formation rigoureuse et les nouvelles idées qu’elle découvre la plonge dans un tourbillon émotionnel intense.
Comme chaque jour, pendant la journée, elle reçoit sur son IPhone une notification d’un e-mail arrivé sur le forum. Elle sait qui l’a envoyé, cependant, elle ne peut le lire, il y a une règle. Le soir, après le repas avec ses parents, dans l’intimité de sa chambre, elle s’isole. Sa première action, remplie d’impatience, consiste à allumer son ordinateur. Mais avant d’ouvrir ce mail elle doit appliquer cette fameuse règle, se mettre nue. Comme chaque soir, le message est là. Dans sa nudité elle prend le temps de savourer l’écriture de cet homme. Il réveille à chaque mail ses démons, elle ne peut résister, la honte est là, sous le regard inquisiteur du Christ avec son laurier au-dessus de son lit.
Elle se trouve confrontée à la tentation, rongée par la culpabilité et la honte. Après chaque lecture de ses mails, un combat intérieur s’engage entre les désirs naissants dans le creux de son ventre et les principes de sa conscience et de sa foi. Bien que la bataille soit acharnée, le résultat est invariable : elle cède, le plaisir et le délice de la honte l’emportent, rendant les normes sociales et religieuses qu’elle a intégrées complètement dénuées de sens.
Après avoir parcouru le mail et rédigé sa réponse concernant les émotions qui l’ont accompagnées tout au long de sa journée, ainsi que les conflits intérieurs liés à ses valeurs. Tard dans la soirée, elle finit par se coucher. Son esprit est enveloppé d’un brouillard, une douceur sourde au creux de son ventre qui ne fait que s’intensifier, comme c’est le cas chaque soir après la lecture des écrits de cet homme.
Dans sa nudité, lové au fond de ses draps dans la pénombre de la nuit, sa main a exploré son intimité. Ses doigts effleurent son mont de Vénus à travers sa toison, glissant lentement entre ses lèvres charnues pour trouver son bouton de plaisir. Une onde de jouissance s'éveille délicatement en elle, l'orgasme imminent. Les mots de cet homme abolissent ses inhibitions morales, défiant ses tabous. Un orgasme fulgurant dont elle ne peut résister, tel une explosion nocturne, la submerge.
Après avoir succombé à ce plaisir interdit, en contradiction avec ses principes de vie catholique, l'homme lui a imposé une règle. Elle doit se mortifier. Dissimulée sous son lit, elle extrait une petite boîte en bois fermée par une serrure, elle l'ouvre, à l’intérieur une chaîne.
En prenant cette chaîne, elle se remémore le souvenir confus dans une grande surface de bricolage. A la caisse sur le tapis le caissier a pris la chaîne dans ses mains et les différents accessoires pour les scanner. Quand elle a croisé son regard, pouvait-il imaginer l’utilité de cette chaine entre les mains de cette jeune femme.
C’est elle-même qui a confectionné sa chaîne d’après les instructions de l’homme afin de faire travailler son humiliation. Après plusieurs tentatives dans l’intimité de sa chambre, elle est arrivée au résultat attendu. Elle doit enrouler la chaîne autour de sa taille, une autre chaîne fixée à celle de sa taille pends dans le creux de ses reins. De ses mains elle doit la récupérer la faire passer dans son entrecuisse elle remonte à travers son intimité, puis sur son ventre, mais comme prévu la chaine et courte elle lui cisaille douloureusement son entre-jambe, son sexe. Elle grimace de douleur mais finit par la relier à la chaîne de sa taille et la condamne sur son ventre à l’aide d’un cadenas. La clef finie dans le tiroir de sa table de chevet.
Elle s’enfonce dans ses draps moelleux pour la nuit, mêlant souffrance et repentance, son corps frémissant sous les marques de la passion de ce plaisir interdit. Son intimité, tourmentée par la chaîne, elle fait l’offrande de sa douleur à cet homme.
Son sommeil comme chaque nuit s’annonce comme une épreuve intense chargée d’émotions.
Elle se laisse emporter par l’emprise de ses désirs et de ses tourments. Dans ses songes les images de son intimité tourmentée par cette chaîne prennent forme, symbolisant le lien complexe et douloureux qu’elle entretient avec cet homme. Au plus profond de ses nuits elle lui offre sa douleur, elle se livre à un rituel cathartique où la souffrance et le plaisir s'entremêlent dans une danse troublante et passionnée.
*******
Bérangère est une jeune fille de 22 ans étudiante, elle a été élevée dans les principes de la religion catholique avec des règles, des tabous. Elle est loyale envers sa foi, ses valeurs morales, sa discipline est issue de son éducation stricte de par sa croyance religieuse. Elle a toujours gardé une certaine réserve ou prudence envers les autres jeunes gens de son âge à la fac. Dans sa famille on n’est éduqué consciencieusement, pour respecter les traditions, les autorités religieuses, et peut-être même un brin conservateur dans ses opinions et son choix de vie.
Avec une éducation aussi restrictive, sa vie sexuelle entravée par ses tabous profonds, la laisse dans une situation d'une banalité décourageante. À 22 ans, elle demeure vierge malgré sa beauté et ses atouts physiques. Bien qu'elle soit séduisante, dès qu'un prétendant se rapproche, ses valeurs strictes refont surface, elle se montre très défensive."
Chapitre 2
Comme d’habitude je suis nue, quand j’ouvre ma boîte mail, le message que j’attendais depuis longtemps est là. A sa lecture il me demande d’être disponible semaine 43 du vendredi soir au lundi matin. Je continue la lecture il me donne des détails complémentaires notamment l’horaire du rendez-vous : 18h30. L’adresse du lieu me sera communiquée la veille de mon départ.
Cette fois j’y suis, d’un seul coup tout s’emballent dans ma tête. Mon cœur bat la chamade, il va devoir ne pas trembler plus de possibilité de faire marche arrière sinon je perds tout. C’est ma voie, mon destin, je fonce maintenant à tombeau ouvert vers le néant.
J’essaie de me raisonner, c’est de la folie, que cache cet homme à travers ses écrits. A travers ses mots je me suis fait prendre au piège. Ses écrits m’hypnotisent je suis comme un animale face aux faisceaux de phares de voiture, je reste immobile je ne contrôle plus rien. Je suis face à ma réalité, je prends conscience d’un seul coup que je ne suis plus dans un jeu. Il va falloir sauter dans le vide.
Il me faut expliquer cette absence à mes parents, même si à mon âge je suis libre de mes mouvements. Par principe, les informer est important, je vais inventer une adresse pour justifier mon absence. Lors du dîner en famille, je leur annonce que je vais m'engager dans une semaine de retraite pour réfléchir sur le sens de ma vie et approfondir ma foi. Ils reconnaissent l'adresse que je leur ai donnée, ayant eux-mêmes déjà participé à des retraites dans ce même lieu. Connaissant la discrétion qu’il règne dans ce monastère et le caractère temporaire des visiteurs cela ne servira à rien de me joindre ils n’auront pas de réponse. Voilà la raison du choix de cette adresse. Ils acceptent avec bienveillance cette absence.
La veille de mon départ, le mail final était là. J’ai été surprise quand j’ai reçu l’adresse, elle me rassure, mais elle a quand même un côté mystérieux, elle n’est pas dans ma logique. C’est dans les détails que se cache le diable.
*******
Dans l'obscurité oppressante de ce foutue parking désert, isolé de tout en pleine nature, aucun véhicule en vue, je me retrouve seule prisonnière de ma voiture, prise au piège au cœur de cet orage déchaîné. Le tonnerre gronde, résonnant comme un avertissement sinistre. Chaque éclair bleuté déchire le ciel, révélant des rideaux d'eau qui semblent danser malicieusement autour de moi. La lueur fantomatique des phares projette des ombres inquiétantes, accentuant mon sentiment d'isolement et d'incertitude. À la recherche fébrile de ce panneau salvateur, chaque seconde qui s'écoule dans cette nuit sinistre semble prolonger mon angoisse, comme si les éléments eux-mêmes conspiraient contre moi.
Dans ce cauchemar, je perds progressivement toute notion de direction, jusqu'à ce qu'un éclat surgisse soudainement dans la lumière des phares. Je guide ma voiture vers lui, entre deux balayages d’essuie-glaces, ce maudit panneau apparaît, il est et là, il m'attend. Il confirme l’adresse : Abbaye de Saint-Eutrope à 500 mètres. Zut ! Deux imposants blocs de pierre bloquent l'accès aux véhicules. Je vais devoir terminer le trajet à pied sous cet orage en pleine nuit à travers cette forêt lugubre. C'est impensable. Atteindre cette adresse relève d'un véritable calvaire, peut-être que je le mérite. Heureusement, je suis légèrement en avance. Et cette pluie qui ne cesse de tomber.
Dans un état d'angoisse croissant et emplie de questions, je coupe brusquement le moteur, j’éteins les phares. Plongé dans l'obscurité de l'habitacle, le fracas du déluge résonne sur la carrosserie ne fait qu'exacerber ma terreur, tandis que les rafales secouent violemment la voiture. Heureusement, j'ai ma grosse parka qui me procurera un semblant de protection contre la pluie battante. Le sol détrempé annonce la fin prochaine de mes Converses. Sur ce chemin transformé en torrent, les éclairs se reflètent par instants dans les flaques d'eau, créant une vision apocalyptique de ce monde en colère. Mon angoisse grandit, la peur de me perdre m'envahit, aucun point lumineux ne perce cette obscurité oppressante pour me diriger sur ce sentier. Je regarde mon portable, zut !!!! aucune barrette, je suis en zone blanche. Tel un marin désorienté au cœur des récifs, privé de tout phare pour le guider, je me trouve perdu, tiraillé par l'incertitude quant à la décision à prendre. Mon instinct de survie me crie d'attendre, mais une règle implacable m'oblige à être ponctuel, à l’heure dite devant cette porte.
Les minutes s’égrènent, l’orage ne faiblit pas, il va falloir prendre une décision, je me jette dans l’inconnue il faut y aller. Je sors de la voiture, c’est une furie je suis surprise par le bruit des bourrasques de vent dans le feuillage, les éclairs, le tonnerre, la pluie, c’est l’apocalypse une impression de fin du monde. La led de mon portable m’aide à me diriger sur ce sentier entre les feuillus. J’avance dans le néant toujours pas une lumière en vue, je suis terrorisé. D’un seul coup, un éclair puissant illumine la forêt d’un bleu métallique, en quelques secondes les arbres deviennent des ombres mouvantes brillantes, une fraction de seconde après le tonnerre, la puissance et la rapidité de l’onde de choc fait vibrer tout mon corps. Pour me protéger par réflexe je me suis accroupie est recroquevillé sur moi-même. Mon cœur bat la chamade. Je me mets à prier, je suis là, seule, c’est la main de dieu qui me fait payer mes dérives. Descendre en enfer semble être une sentence inévitable dans cette tourmente terrifiante.
Doucement je reprends mes esprits, il faut continuer à avancer, je reprends ma marche sur ce sentier boueux, mes Converse ne sont plus que des éponges, je commence à avoir froid, dans quel état je vais arriver devant cette porte. Au détour du chemin, au loin une lumière, un signe de salut. C’est le paradis, c’est l’enfer, mes soucis et mes tourments s’évanouissent, plus rien ne compte. Cette lumière représente l’accomplissement de ma destination. Un rayon d’espoir dans l’obscurité qui m’entoure.
Je continue à avancer vers cette lueur qui m’attire irrésistiblement c’est mon seul but. Je presse le pas malgré la pluie et les bourrasques de vent. Quelle apparence je vais avoir quand je vais arriver devant cette porte ? Il faut que je m’échappe de cet enfer, cette lumière est ma protection. Parvenue sur l’esplanade de l’abbaye dans l’obscurité, la façade peine à se dévoiler. Je devine un style d’art roman. Une imposante porte à double battant en chêne massif barre l’accès, tandis qu’un judas muni d’une grille me défie. Sous le porche, je tente de me protéger de la pluie. Un heurtoir devient mon unique lien avec le monde protecteur qui se cache derrière cette porte.
Je saisis le heurtoir et frappe frénétiquement pour signaler ma présence, le bruit résonne sinistrement à travers la porte. Dans l'attente, les secondes s'étirent, un silence oppressant règne, seulement perturbé par le grondement menaçant de l'orage et les bourrasques de vent qui s'engouffrent à travers les feuillages. Soudain, un doute lancinant m'étreint : est-ce qu'il y a réellement quelqu'un derrière cette porte ? Est-ce qu'elle va s'ouvrir ? En tentant de forcer l'ouverture, la résistance de la porte confirme qu'elle est fermée à double tour. L'idée de passer la nuit-là, au pied de cette porte, ou de rebrousser chemin vers ma voiture, me glace d'effroi. Même si l'enfer semble se tapir derrière cette porte, il me faut impérativement la franchir.
Je ressaisis fermement ce heurtoir et je frappe comme une damnée sur cette porte avec toute l’énergie du désespoir. Après quelques instants le portillon s’ouvre à travers la grille du judas Une voix divine s’adresse à moi.
— Bonsoir !!! c’est pourquoi ?
— Je suis Bérangère !!!!
— Ah parfait nous vous attendions !!!!
Soulagement, j’ai la sensation de me jeter dans les bras du diable, mais avec un délicieux bonheur.
Après de multiples cliquetis de serrures et grincement de barre de métal, la porte finit par s’entrouvrir. Je me précipite dans l’entrebâillement de ce sésame comme si j’étais poursuivie par une meute de loups.
Quelle n'est pas ma surprise lorsque je me retrouve face à un moine ! Son visage et son regard sont empreints d'une douceur apaisante, comme un rayon de soleil perçant les nuages de l’apocalypse que je viens de traverser. Ses petites lunettes rondes lui confèrent un air bienveillant, tandis que sa tête est ornée d'une tonsure, tel un halo sacré. Sa chasuble brune l'enveloppe comme un cocon protecteur, autour de sa taille, une corde blanche fait office de ceinture, trois nœuds pendants sur le côté évoquant une symbolique mystique. Il semble presque étonné comme moi, de me trouver là, son expression reflétant une sérénité presque surnaturelle.
— Vous êtes complètement mouillée, venez-vous réchauffer, je vais vous donner une soupe chaude pour vous réconforter.
— Merci, c'est très gentil, répondis-je avec gratitude.
Avec un grincement sourd, la massive porte de chêne se referme derrière moi. Je l'observe actionner une à une les lourdes serrures, chacune claque dans un bruit métallique est résonne dans la nef. Puis, il saisit la barre de fer massive et la fait coulisser dans les anneaux, condamnant définitivement l'entrée. Je ne peux m'empêcher d'être impressionné par la solidité de cette porte de chêne, véritable rempart contre le monde extérieur.
Cette tâche terminée, il m'invite à le suivre à travers un dédale de couloirs. Sa voix douce me réconforte. Je lui confie mes peurs sur le chemin menant à l'abbaye. Avec un sourire bienveillant, il me comprend et compatit. Il m'invite dans une petite salle sobrement meublée de quatre chaises et d'une table en formica. Il me propose de m'asseoir et de patienter pendant qu'il me prépare un bouillon chaud pour me revigorer.
Après m'avoir laissée seule, je patiente dans un silence total, observant la pièce. La seule source de réconfort est le Christ en hauteur sur le mur, avec sa branche d'olivier. J'essaie de clarifier mes pensées et de comprendre la présence de ce moine et le lieu énigmatique où je me trouve. Mon éducation me pousse à remettre en question la logique de cet endroit et la raison de ma présence.
Mon esprit s’évade, je suis d’un seul coup submergé par une profonde angoisse. Pourquoi suis-je ici, loin de mes proches ? Que fais-je dans cet endroit inconnu ? L'absence de repères familiaux pour me rassurer me laisse avec un sentiment de confusion et de détresse, ma gorge se noue, je me retiens de sangloter.
Après quelques minutes, il revient avec un grand bol fumant, m'invitant à savourer lentement cette soupe pour me réchauffer avant ma rencontre avec le frère Thomas.
M’annonce-t-il !!!
L'appellation "Frère Thomas" attire mon attention, car lors de nos échanges, il signait simplement "Thomas". De cela, j’en conclus que je vais également avoir affaire avec un moine, ce qui me laisse dubitative.
Ma soupe terminée, son apparition inattendue me fait sursauter. Je le détail du regard, captivée par sa silhouette imposante qui se découpe dans l'encadrement. Son entrée solennelle et son regard perçant me laissent interdite, comme happée par sa seule présence.
Le Frère Thomas se présente, je suis surprise par son attitude. C'est un grand homme, qui porte une chasuble brune. Son visage est anguleux, avec des yeux marrons dissimulés derrière de petites lunettes rondes. Sa tonsure lui confère un air austère. Son regard impose l'autorité. Il dégage une aura de sévérité et de commandement. Lorsqu'il s'adresse à moi, sa voix est ferme et grave, ne laissant aucune place à la familiarité. Tout en lui inspire le respect et la soumission. Sa posture droite et son maintien rigide reflètent une discipline de fer. Je sens que cet homme n'acceptera aucune remise en question de son autorité. Son attitude m'intimide et me fait sentir que je suis une simple soumise face à lui.
Je ne suis plus rien, ma jeunesse ne vaut pas grand-chose devant cet homme.
Cette rencontre inattendue me plonge dans une terreur profonde. Je suis prise au dépourvu, sans échappatoire. Un frisson d'effroi parcourt mon être, m'envahissant d'une angoisse glaciale. Il va me falloir affronter l'inconnu, même si cela signifie aller jusqu'au bout de mes décisions, dans un état de crainte et d'incertitude palpable.
Il m'invite à le suivre, avec ses grandes enjambées, il se met à marcher d'un pas rapide dans ses sandales bibliques. Je dois presque courir pour parvenir à le suivre, peinant à garder son rythme effréné. Il trace sa route sans se soucier de moi, m’obligeant à le rattraper tant bien que mal. Je me demande avec inquiétude où il m’emmène ainsi.
Arrivé devant une porte, il l'ouvre avec une clé. Il m'invite à entrer, je pénètre dans ce qui semble être son bureau. Au centre trône un imposant bureau en chêne, donnant à la pièce une atmosphère austère. Seul élément de modernité, un écran d'ordinateur brise la sobriété ambiante. J’en conclus rapidement que c'est de cet écran que tout a commencé il y un an. La pièce est plongée dans la pénombre, éclairée seulement par la lampe de bureau. Des vitraux en hauteur filtrent les éclairs de l'orage. Contre le mur, toujours présent, ce maudit Christ cloué avec sa feuille d’olivier semble me défier. Je me surprends en mon intérieur à blasphémer. Il s'installe dans son large fauteuil derrière son bureau, ne me proposant pas même la politesse de m'asseoir. Je reste debout, immobile face à lui, dans un silence pesant et oppressant.
Il ne s'est même pas soucié de savoir si j'avais fait bon voyage pour venir, ni des difficultés que j'ai eues à rejoindre l'Abbaye à pied.
Ma conscience me dit de prendre mes jambes à coup d’échapper à cet homme, de fuir ce lieu.
Mais je reste là, immobile comme une prévenue face à son juge attendant la sentence.
J’ai toujours ma parka mouillée sur moi, mes Converses trempées, je ne sais à quoi je ressemble et quelle attitude prendre.
Je suis résignée à subir, incapable de me soustraire à son pouvoir.
Je perçois un profond sentiment de culpabilité, je me sens fautive de me retrouver face à cet homme. Je n’ai pas résisté à ses échanges, mes pulsions avec le temps, elles ont pris le dessus.
Il ne correspond pas du tout à l’image que je m’étais faite de lui, mais il y a quelque chose en lui qui m’hypnotise. Je perds tout sentiment de révolte, je subis.
Sa prestance et son charisme m'impressionnent. Assis derrière son bureau il m’observe, je n’ose croiser son regard, je ne sais que faire de mes mains. J’ai un sentiment de culpabilité et de fascination. Je ressens un profond malaise, doucement je perds le contrôle de la situation.
Je ne veux pas l’admettre, mais lui sait pourquoi je suis là !!
Je me perds dans les méandres de mon esprit, je m’abandonne doucement à lui alors que je perds totalement le sens des réalités, de mes convictions.
Telle une souris entre les pattes d’un chat, je suis l’objet de son jeu pervers, dont lui seul connaît l’issue fatale.
Il me demande d’un ton autoritaire et sans appel : ‘’Déshabille-toi’’ !!!!! Ne laissant aucune place à la contradiction.
Je reste immobile, réalisant soudain que je ne suis plus dans le cocon familier de ma chambre devant mon écran d’ordinateur. Je suis face à la dure réalité, ce n’est plus un jeu. Je suis face à mon prédateur. Je l’observe médusée. Je ne sais quelle décision prendre, m’enfuir vue la prestance à laquelle il se déplace mes chances seraient dérisoires.
Il revient à la charge de façon plus autoritaire.
— Je t’ai demandé de te déshabiller !!!!!!!
Surprise et terrorisée, je n’ai d’autre choix que de baisser les armes, de me résigner, incapable de lui résister.
Je commence à enlever la parka et la pose sur la chaise qui se trouve à côté de moi.
C’est la première fois que je me déshabille devant un homme. Avec un sentiment de résignation, les mains tremblantes, je commence à me dévêtir lentement. Mes gestes sont hésitants, empreints d’une certaine pudeur face à cet homme qui m’observe.
Je retire mon pull, puis je déboutonne avec précaution ma chemise, laissant peu à peu apparaître la peau de mon torse. Une sensation de vulnérabilité m’envahit à mesure que je me dévoile. Je pose le chemisier également sur dossier de la chaise.
Les doigts tremblants je défais les lacets de mes Converses, je ressens le contact froid du carrelage sous mes pieds. Je défais ma ceinture, je fais glisser mon jean le long de mes jambes, me retrouvant bientôt en sous-vêtements devant lui. Je ne peux m’empêcher de croiser les bras sur ma poitrine, dans un geste instinctif de protection.
Il me détail de son regard froid assis confortablement derrière son bureau. Malgré mon malaise, il ne montre aucune compassion ou compréhension. Au contraire, à son attitude, il doit se délecter d’une jouissance perverse face à ma soumission.
Je suis là immobile en soutien-gorge et petite culote de jeune fille, impudique devant ce moine, au milieu de ce bureau et toujours ce Christ avec son laurier qui m’observe d’un regard inquisiteur. Ma honte est à son comble. Doucement au fond de mon bas ventre, une douceur est en train de naître.
Je suis là, j’attends. Quoi ? je ne sais pas.
Voyant que je tarde à m'exécuter, il me rappelle à l'ordre d'un ton sec et autoritaire.
— Je t'ai demandé de te déshabiller, c’est entièrement nue que je te veux !!!!!!! lance-t-il avec un ton qui ne souffre d’aucune contradiction.
Avec toute l’énergie du désespoir je tante ma dernière chance.
— Mais !!!!! Il ne me laisse pas le temps de terminer ma phrase.
Il se lève en furie de derrière son bureau, de peur, j’ai un mouvement de recul.
De sa taille imposante auréolée de sa chasuble, son regard perçant me transperce, me glace d'effroi. Son attitude dominatrice ne laisse aucune place à la négociation ou à la résistance de ma part.
Face à son insistance autoritaire, je comprends que je n'ai d'autre choix que de capituler.
En quelques mots, il me porte l’estocade.
— TU LE SAIS POUQUOI TU ES ICI !!!!!!!!!
En une fraction de seconde, j’ai compris la leçon, c’est le "coup de grâce", brisant définitivement toute volonté de m'opposer.
Terrorisée, je baisse les armes, n'ayant d'autre issue que de me soumettre à ses exigences.
Son ton et son regard ne me laissent aucune échappatoire.
Ma gorge se noue, des sanglots commencent à remonter.
Avec des gestes tremblants, je porte les mains à l'attache de mon soutien-gorge. Mes doigts hésitent un instant, avant de le détacher lentement. Le vêtement glisse le long de mes épaules, dévoilant progressivement la rondeur de mes seins nus face à son regard insistant. Une vague de pudeur et de vulnérabilité m'envahit alors que je me retrouve ainsi exposée devant lui. Malgré mon malaise, je poursuis mon déshabillage, faisant délicatement glisser ma culotte le long de mes jambes. Je me tiens maintenant complètement nue, mon intimité dévoilée à ses yeux avides. Mon corps frissonne sous le regard de ce moine, tandis que je me sens de plus en plus soumise à son emprise. Je ne peux m'empêcher de poser un bras sur ma poitrine, dans un geste instinctif de pudeur, une main sur mon pubis, mais cela ne fait que renforcer mon sentiment de vulnérabilité face à lui. J'ai l'impression d'être une proie face à son regard de prédateur, incapable de me soustraire à son emprise. Mon cœur bat la chamade, tandis que je me résigne à subir cette situation, n'ayant d'autre choix que de me soumettre à sa volonté.
Frère Thomas, m’observe.
***
Le visage de Bérangère est encadré par une chevelure blonde, qui contraste avec ses yeux d'un bleu limpide. Cette combinaison de couleurs lui confère une beauté douce et angélique. Ses traits fins et délicats lui donnent un côté femme-enfant qui accentue sa fragilité et son innocence. Ses grands yeux bleus reflètent une certaine naïveté. Sa bouche aux lèvres pleines semble hésiter entre l'expression de la peur et celle du désir naissant. Frère Thomas décèle une certaine vulnérabilité dont il se délecte, mais aussi une sensualité encore contenue. Son front lisse et son nez fin achèvent de dessiner les lignes harmonieuses de son visage, lui conférant une beauté pure et presque éthérée. Cette apparence juvénile et délicate tranche avec la situation dans laquelle elle est plongée face à Frère Thomas, renforçant son sentiment de fragilité. Son visage reflète ainsi un mélange de candeur et de sensualité naissante, accentuant son aura de vulnérabilité et de soumission.
Frère Thomas croise les yeux bleus limpides de Bérangère, ils reflètent une profonde appréhension tandis qu’elle se trouve nue devant lui.
Sa silhouette élancée, d’environ un mètre soixante-dix, se dévoile dans toute sa fragilité. Ses seins ronds et fermes se soulèvent au rythme de sa respiration saccadée, ses tétons rosés pointant légèrement. Sa peau laiteuse frissonne sous le regard insistant de Frère Thomas, révélant la délicatesse de ses courbes. Sa taille fine se courbe gracieusement avant de s'élargir sur des hanches généreuses. Ses longues jambes fuselées se terminent par des pieds délicats, achevant de dessiner les lignes harmonieuses de son corps de jeune femme. Une légère toison blonde dissimule à peine son intimité, ajoutant à sa vulnérabilité face à lui.
Malgré sa pudeur évidente Bérangère se tient là, offerte incapable de dissimuler davantage sa nudité.
***
Il prend son temps, m'observe avec attention. Puis, il revient à la charge, d'un ton autoritaire.
— Tes bagues et bracelets, tu les retires, tu les poses sur le bureau !!!!
Je suis surprise par cette exigence, mais j'obéis docilement, retirant mes bijoux pour les déposer sur le meuble comme il me l'a ordonné.
— Ta chaîne aussi !!!! ajoute-t-il en la désignant d'un doigt autoritaire.
Un moment de stupeur me saisit alors. Cette chaîne avec la médaille de la Vierge m'a été offerte le jour de ma première communion par mes parents, je ne la quitte jamais. Elle a une grande valeur sentimentale à mes yeux. Malgré mon hésitation, je porte les mains derrière ma nuque pour la détacher. Poitrine offerte, je la retire avec lenteur, avant de la poser sur le bureau, rejoignant mes autres bijoux. Un sentiment profond d'abandon m'envahit alors. Retirer cette chaîne, c'est comme perdre une part de mes valeurs, de mon identité, de ma foi. Je me sens dépossédée, vulnérable face à son exigence.
Je ressens de sa part aucune compassion. Il maintient son attitude autoritaire et inflexible. Il semble tirer une forme de satisfaction de me voir me soumettre à ses ordres, malgré mon trouble évident.
Son regard posé sur moi, face à lui, je suis perdue. Si un malheur m'arrivait, personne ne saurait où je me trouve.
Il revient à la charge
— Tes mains sur la tête !!!!!!
— Comme un pantin, je lui obéis docilement. C'est lui désormais qui tire les ficelles.
Il s'approche de moi, ma poitrine lui est offerte, palpitante d'appréhension. Je n'ose croiser son regard, car jamais un homme auparavant ne m'a touchée de façon aussi intime. Je sens ses mains se rapprocher, jusqu'à saisir fermement mes seins. À ce contact à la fois ferme et doux, tout semble exploser dans ma tête en un instant. Mes valeurs, mes tabous, tout vole en éclats. C'est mon corps qui décide à ma place, je perds le contrôle. Je n'ai plus de volonté propre, c'est mon corps à présent qui mène la danse.
Cette découverte de ma sensualité et de l'éveil de mon désir me déstabilise. Je me sens envahie par des émotions contradictoires, à la fois gênée et curieuse, effrayée et fascinée par ces nouvelles sensations.
Lorsqu'il caresse délicatement mes tétons, je les sens s'éveiller, se durcir sous ses doigts.
Je ressens une montée progressive du désir, comme si mon corps tout entier était en train de fondre sous ses caresses expertes. A chaque effleurement de ses doigts cela éveille en moi une excitation de plus en plus grandissante.
Doucement, avec volupté, je m'abandonne à ses caresses.
Mais dès que je me laisse aller, il me le fait payer cher. D'un geste brusque, il saisit le bout de mes tétons entre ses doigts, les pince violemment, les tire vers le haut. Une vive douleur me traverse, par réflexe, je cherche à protéger mes seins de mes mains.
— Tes mains sur la tête !!!! Me rappelle-t-il avec violence, tout en serrant mes tétons plus fort et en accentuant la traction vers le haut. Soumise, j'obéis, remettant mes mains sur la tête. Je grimace de douleur, essayant en vain de soulager cette traction en me hissant sur la pointe des pieds. Il joue avec mes seins, alternant les tractions douloureuses et les caresses de plaisir.
Je suis complètement perdue, ballottée entre ma souffrance et ma sensualité, ne sachant plus où donner de la tête.
Je me retrouve prise dans un jeu de domination ou la douleur et le plaisir se mélangent me laissant dans un état de confusion et de soumission.
Abandonnant mes seins, sa main glisse lentement sur mon ventre, poursuivant sa descente vers mon pubis. Bien que je sois apeurée, redoute ce contact, mon corps semble le réclamer avec ardeur. Sa main s'enfouit dans ma toison pubienne, elle enveloppe délicatement ma vulve. Ses doigts s'insinuent entre mes grandes et petites lèvres, cherche à débusquer mon clitoris. Bien que cette main autoritaire me terrorise, je ne peux le nier elle décuple mon plaisir au centuple. Lorsque je me caresse moi-même, j'éprouve du plaisir, mais cette caresse experte semble le démultiplier, me laisse dans l'incertitude de ma réaction. Je suis partagée entre la peur et l'excitation, mon corps réagit avec une sensualité que je ne me connaissais pas. Je me sens submergée par ces sensations nouvelles, ne sachant comment y faire face.
Ses doigts caressent délicatement mon clitoris, envoyant une décharge de pur plaisir à travers tout mon corps. Mains sur la tête comme il me l'a ordonné, j'ai du mal à garder l'équilibre, tant les sensations m'enveloppent.
— Tiens-toi droite !!!!" me rappelle-t-il d'un ton autoritaire.
Je reprends la position, complètement submergée par les méandres du plaisir qui m'emportent dans un flot tumultueux. Il joue avec mon clitoris, le faisant rouler entre ses doigts experts. Je plonge mon regard bleu dans ses yeux sombres, je suis égarée, ne pouvant que lui implorer d'accepter mon pardon, de ne pas m'abandonner ainsi. Mais il n'en a que faire, il continue de jongler avec mon plaisir. Dès que je m'affaisse sous l'effet du plaisir, il relâche son étreinte, me forçe à reprendre pied tant bien que mal. Je suis complètement submergée, incapable de résister à cette vague de jouissance qui me submerge. Son contrôle absolu sur mon corps et mes réactions me laisse dans un état de confusion et de vulnérabilité totale.
Hors du temps, je suis emportée dans un tourbillon de plaisir, comme un ressac qui ne cesse de me submerger. Doucement je me noie, je perds pied, happée par un flot continue de sensations agréables.
Il me rappel à l’ordre d’une voix dure
— Tiens toi droite !!!!!
J’obéis, complètement sonnée, je suis dans un nuage de coton mais jambes chancellent
Ses doigts caressent mon clitoris, mon corps est traversé par une décharge de plaisir. Les mains sur la tête, j’ai du mal à maintenir sur mes jambes, elles fléchissent, il me rappelle à l’ordre de son ton autoritaire.
— Tien toi droite !!!!!
Je reprends la position, je suis perdu dans les méandres du plaisir, celui-ci m’emporte dans un flot tumultueux. Il joue avec mon clitoris, il le fait rouler entre ses doigts. De mes yeux bleus, je croise encore son regard noir, j’ai perdu mon âme, je lui implore à nouveau d’accepter son pardon de m’abandonner ainsi.
Mais il en n’a cure, il continue de jongler avec mon plaisir, dès que je m’affaisse, il relâche son étreinte. Et moi comme un pantin j’en redemande. Je n’ai plus de morale.
Il recommence à jouer avec mon plaisir, intensifiant ses caresses. Je me sens prise au piège, incapable de résister à l'orgasme qui approche.
Depuis le plus profond de mon être, une vague de sensations dévastatrices déferle à travers mon corps, tel un tsunami.
Je ne tiens plus sur mes jambes. Je m’effondre au sol, il ne me lâche pas. Il tient ma vulve à pleine main. Il fait rouler mon clitoris entre mes lèvres. L’orgasme ne s’arrête pas.
Il l’entretien, je serre les cuisses pour garder sa main en moi.
— Je suis ton maître !!!!
— Oui, vous êtes mon maître !!!!
— Tu es ma soumise, mon esclave !!!!
— Oui je suis votre soumise, votre esclave !!!
— Tu es ma chienne !!!!
— Oui je suis votre chienne !!!!!!
J’accepte tout, même le plus abjecte, ces paroles ne font qu’amplifier mon orgasme, il me lamine je ne suis plus rien, j’explose comme un big-bang intérieur, je me volatilise, je n’existe plus !!!!
Il me lâche, doucement l’orgasme me quitte en douceur, couchée sur le sol en chien de fusil, je reprends doucement mes esprits. Il me tend la main, avec dévotion, je me mets à lécher ses doigts recouverts de mon essence intime. Un sentiment de plénitude m'envahit.
J'ai compris, au plus profond de mon être, que mon seul but désormais sera de retrouver la force et l'intensité de cet orgasme, quoi qu'il m'en coûte.
Un rempart vient de s’effondrer, je suis prête à trahir toutes mes valeurs, mes tabous pour ce plaisir.
Je suis allongée au sol, dans l'attente, n'osant sortir de mon univers de jouissance et de bonheur. Après quelques minutes, un ordre fuse soudain :
— Remets-toi debout, mains sur la tête !!!! domptée, je m'exécute docilement, me positionnant face au bureau.
Je le vois alors sortir du tiroir une poche en toile de jute. Il la pose sur le meuble, le bruit évoque celui de pièces métalliques à l'intérieur.
Il plonge sa main dans le sac en toile, il sort à ma grande surprise un collier de métal, tel un symbole d'esclavage.
— Relève ta chevelure et dégage ta nuque. M'ordonne-t-il.
J'obéis docilement, offrant ma nuque découverte. A ma grande surprise je ressens un délicieux sentiment de soumission m'envahir, je m'abandonne complètement à cet homme, à sa volonté.
Il ouvre le collier et le passe autour de mon cou. Je sens le contact froid du métal, le poids de cette servitude qui s'abat sur moi.
Il referme le collier sur mon cou avec une sorte de clef, j’entends le clic de la serrure qui confirme mon asservissement.
Pendant quelque seconde j’ai un sursaut de réalisme cela provoque en moi un profond malaise spirituel et psychologique le contraire de mes valeurs chrétienne, mais mon choix est fait le désire de me soumettre et le plus fort, j’accepte avec délice le port de ce collier.
Je fais le grand saut de l’ange, je plonge avec bonheur dans les ténèbres de l’enfer.
Il me pose également des bracelets aux poignets et aux chevilles.
A mon grand étonnement, j’ai comme un ressentiment de fierté, un sentiment de liberté, mon corps est libre de vivre ses propres désirs comme il le souhaite. Je me sens libérée du carcan religieux.
— Mets-toi genoux !!!!
Je m’exécute et je m’agenouille à ses pieds.
Il me tend son pied chaussé de sa sandale biblique.
Je me prosterne humblement, je prends délicatement son pied entre mes mains. Je me mets à le lécher avec dévotion, je réalise que plus rien ne m'appartient désormais. Je suis entièrement vouée à cet homme, je suis prête à me dissoudre dans le sol.
Soudain, je sens la pression d’une pique sur ma nuque. Il me force alors à rester prostrée à ses pieds, une sensation de soumission totale m'enveloppe.
Je reste là immobile dans toute ma nudité, une joue posée sur ses pieds, je suis heureuse et sereine de lui offrir ma soumission.
— Debout, mains sur la tête !!!! Ordonne-t-il soudain.
J'obéis aussitôt, prenant la position exigée. C'est alors que je découvre qu'il tient dans sa main une sorte de baguette fine et souple, dont je sentais la pointe sur ma nuque.
— Tête droite ! m'intime-t-il. Je sens la baguette glisser sous mon menton pour redresser ma posture.
Soudain, la baguette s'abat avec force sur ma poitrine, provoquant une vive douleur, comme une lame de rasoir. "
— AAAÏÏÏE !!!! je m'exclame,
Je reculant par réflexe pour éviter un nouveau coup.
— Reviens ici, à mes pieds !!!! me menace-t-il, brandissant sa baguette.
Apeurée, je m'exécute.
Je réalise alors avec effroi une compagne de ma soumission, que j’avais oublié, celle de la douleur !!!!
Je décèle dans son regard et sur ses lèvres une expression empreinte de sadisme, trahissant son plaisir à me voir souffrir.
Je vois arriver un second coup de baguette, cette fois sur mon ventre. Je contracte instinctivement mes abdominaux pour tenter d'encaisser le choc. Mais la douleur est vive, telle une lame de rasoir qui me cisaille l'estomac.
— AAAAARGH !!!!! Je hurle submergée par la souffrance.
— Rentre le ventre !!!!! m’ordonne-t-il.
Malgré la douleur lancinante, je m'efforce d'obéir, sentant les sanglots monter dans ma gorge.
Je suis perdu dans mes contradictions, m’infliger de la douleur, je l’acceptais, mais la subir me fait peur.
Celle-là, je ne l’ai pas vu venir, un coup de baguette plus fort et bien plaquée sur mes cuisses me rappelle à l’ordre. La douleur est cuisante.
— Tes cuisses écartée !!!!! Me demande-t-il d’un ton dur.
J’obéis, de mes yeux bleus je lui implore un peu de clémence.
— Parfait c’est la position que tu devras avoir chaque fois que l’on te demande d’avoir les mains sur la tête.
— Oui maître !!!! apeuré je lui réponds.
Dans ma tête dans un mélange d’émotion contradictoire tout s’entrechoque, le plaisir de ma soumission et cette douleur, dans quel enfer veut-il m’amener ?
Je le vois prendre un morceau de papier sur le bureau, il dégage mon front, il le plaque sur mon front, et appuis fermement je sens plusieurs fois la pression de ses doigts sur mon crâne et il retire le papier.
Je me demande ce qu’il peut bien y avoir sur ce papier.
— Voilà, maintenant tu n’es plus Bérangère, tu es le numéro 27 !!!!!! Retiens bien ce numéro !!!!
Quand il m’annonce ce nombre écrit sur mon front, j’ai comme un sentiment d’être dépouillée de mon individualité d’être réduite à un simple numéro qui me déshumanise.
Cela suscite chez moi un sentiment d’isolement, de séquestration, d’inquiétude et d’incertitude sur ce qui m’attend pour la semaine avenir.
— Tourne toi, tu poses tes mes mains sur tes chevilles !!!!!!
Je le regarde, les mains toujours sur la tête, ébahie et je ne comprends pas ce qu’il veut.
Je me prends un violent coup de baguette sur les cuisses
— AAAAARGH !!!!!
— Je t’ai dit de tourner et de poser tes mains sur les chevilles !!!!
Je réalise l'étendue de ma dégradation, je m'incline, le visage brûlant de honte, exposant à son regard les zones les plus intimes de mon intimité.
Comment ai-je pu me résoudre à une telle soumission, moi qui ai suivi avec assiduité l'enseignement du catéchisme ? Jamais je n'aurais cru me retrouver un jour dans une position si crue et offerte, face à un homme d'Église.
Je suis au plus profond de mon humiliation, je lutte mais mon corps aime ça, pour moi la partie est perdue d’avance. Mon corps attend cette main qui viendra fouiller mon intimité.
J’attends, il ne se passe rien, il doit se repaître du spectacle que je lui offre.
Une douleur violente et cuisante vient me cisailler mon entre jambe, je ne l’attendais vraiment pas celle-là. De douleur, les larmes aux yeux je me relève, protège mon sexe de mes mains.
Je le regarde surprise des larmes coule long de mes joues.
— Tes mains sur la tête, numéro 27, tu as pris du plaisir. Ici rien n’est gratuit ici en retour il va falloir en payer le prix fort.
Une peur m'envahit.
Je croise son regard, qui laisse transparaître de la méchanceté, de la cruauté, un plaisir malsain à me faire souffrir.
Je me demande où je me suis fourvoyé, que vais-je subir.
Il me passe une chaîne à mon collier et avec mes bracelets, me lie les mains dans le dos.
Il donne un coup de téléphone.
— Nous arrivons !
J’en conclus que des personnes m’attendent. Que va-t-il m’arriver ?
Il tire sur ma chaine, nous sortons de son bureau, il m’entraine dans un dédale de couloir.
J’ai toujours du mal à le suivre. La chaîne se tend, le collier me cisaille la nuque. Il en n’a cure, de l’autre main il tient cette baguette qui me fait peur.
Je sens la fraîcheur du sol sous mes pieds nus, le vent frais caresse ma nudité, tandis que mes seins tressautent au rythme de mes pas.
Il ouvre une porte, et me force à le suivre.
L’endroit ressemble à une vaste chapelle, mais la faible luminosité rend difficile définir la limite entre la nef et le chœur.
Deux moines nous attendent et me placent au centre du cœur qui domine la nef. J’ai le sentiment, là nue, avec mon numéro sur le front devant ces deux moines d’être fautive.
Ils m’observent de leurs yeux suspicieux.
Les mains attachées dans le dos, je ne peux cacher ma nudité.
Un des moines s’adresse à frère Thomas, m’ignorant totalement.
— On lui attache les mains devant ?
— Oui parfait.
Je me laisse faire prête à subir mon calvaire.
Ils font descendre une corde du plafond. Je les observe incrédule.
Ils attachent cette corde à mes bracelets et commencent tous les deux à tirer sur la corde avec énergie. Je ne peux empêcher cette traction, mes bras remontent au-dessus ma tête.
Que vont-ils me faire subir ?
De par leurs gestes et leur regard, ils n'ont aucune compassion pour moi.
Je commence à sentir la traction sur mes articulations.
— Pitié ne fait pas de mal !!!!!
Ils ne se soucient guère de mes plaintes. Je sens les secousses des tractions à travers mon corps, les menottes à mes poignets me font souffrir. Mes pieds ne touchent plus le sol. Leurs robes de bure brune se balancent comme s'ils sonnaient les cloches de l'angélus.
J'ai le sentiment de me comporter comme une martyre dans ma plus simple nudité, je pends au bout de cette corde, je me laisse aller, j’ai la sensation sournoise de leur offrir ma souffrance.
Résignée, je m’abandonne à mes bourreaux.
Quelque chose roule dans mon dos, les deux moines écartent mes jambes. Cette chose se positionne sous mon entrecuisse. Je baisse la tête, ma surprise est grande quand je vois un cheval d’arçon cubique mais positionné sur l’angle.
Le moine relâche la corde et mon intimité vient se fendre sur cette arête.
La douleur se répand dans mon bas ventre, je grimace de douleur.
Chaque moine remonte mes chevilles en arrière et les fixent, je peux plus déplier mes jambes.
Ma douleur et plus grande c’est une torture. Tout le poids de mon corps est sur cette arête. J’ai l’impression que mon corps va se fendre en deux. Des larmes coulent le long de mes joues.
— AAAAARGH !!!!!
Il me laisse là seul, sans s'intéresser à mes plaintes, suppliciée au cœur de cette chapelle.
La chapelle s’éclaire en totalité, et je découvre devant moi de longues tables des bancs, et sur les tables des couverts. En définitive c’est le réfectoire.
J’essaie de prendre appui sur mes chevilles pour soulager mon entre-jambe. Mais les crampes dans mes cuisses arrivent vite. De l’autre côté, je tire avec mes mains sur la corde pour me soulever, mais c’est mes bras qui finissent par me lâcher ? Je souffre le martyre, mes poignets sont douloureux par le métal qui les cisaille. Je suis en enfer, je subis ma torture avec abnégation.
Je puise dans mes forces intérieures pour continuer à supporter cette douleur lancinante.
Personne de ma famille, de mes amis, n’a connaissance du lieu où je me trouve, ni les épreuves que je traverse. Je suis seule face à ma souffrance.
Dans un élan de lucidité, je m'imagine la réaction de ma mère si elle me découvrait dans cette posture, nue et soumise à cette torture. Loin de la honte, j'en serais fière. Je la défierais du regard, car je suis vivante et déterminée à vivre jusqu'au bout mes désirs, mes pulsions.
Dans les méandres de ma solitude, ma résilience ne fait que s’amplifier face à cette adversité qui m’accable.
Il y encore trois heures, jamais je n’aurais imaginé subir un tel supplice et en n’être le sujet de ce spectacle.
Les moines entrent dans la pièce en discutant entre eux, plaisantent, ils s'installent à leur table, indifférents à mon supplice, à ma souffrance. À travers mes larmes et la douleur de plus en plus vive dans le bas de mon ventre. Je remarque avec surprise la présence de plusieurs femmes nues, avec un numéro inscrit sur le front, un collier et des bracelets. Je comprends leurs rôles, elles servent le repas aux moines.
Je remarque à table la présence du frère Thomas, de ses deux assistants, et également du frère qui m’a accueilli.
Une femme nue devant un pupitre lit à voix haute plusieurs chapitre de la bible pendant qu’ils prennent leur repas.
Je me demande dans quelle bacchanale je me suis fourvoyée.
A suivre peut-être. 😉
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"Il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé." – Albert Einstein
La pluie tombe avec une intensité hypnotique, des gouttes résonnant contre les fenêtres. La pièce est faiblement éclairée. La lueur d'une lampe à huile vacille sur une table en bois, créant des ombres sur les murs. Un parfum flotte dans l'air, mais il ne dissipe pas l'atmosphère lourde et chargée de tension.
L'âme tourmentée est assise sur un fauteuil en velours, les mains crispées sur les accoudoirs, le regard perdu dans la contemplation de la pluie. L'âme apaisante est debout près de la fenêtre, observant les gouttes d'eau qui ruissellent le long des vitres, une expression de souci et de compassion sur le visage.
L’orage gronde au plus profond de moi… je me débats. Je suis attachée à ces lianes qui me fouettent, me répétant sans cesse que je mérite tout cela… que quoi que je fasse, l’histoire se répétera…
Ces pensées ne sont pas les bonnes, tu le sais. Elles t’entraînent du mauvais côté, vers des ténèbres qui ne t’appartiennent pas.
Mais comment m’en libérer ? Elles semblent si réelles, si puissantes. Chaque fois que j’essaie de m’échapper, elles me rattrapent, me tirent encore plus bas.
Ces lianes sont faites de peurs et de douleurs passées. Elles ne sont pas invincibles. Elles s’accrochent à toi parce qu’elles ont été nourries trop longtemps. Mais tu es plus forte qu’elles, tu as en toi la lumière pour les dissiper.
Comment trouver cette lumière ? Comment briser ces chaînes invisibles ?
En reconnaissant que ces pensées sont des illusions. Elles cherchent à obscurcir la lumière en toi, mais elles ne te définissent pas. Ce mécanisme de pensée, ces lianes, sont un réflexe de survie. Celui qui t'a autrefois protégé, mais qui maintenant te maintient prisonnière. Il est essentiel de comprendre que ce mécanisme, bien qu'il semble te protéger, n'est pas le bon chemin vers la guérison.
Mais pourquoi ce mécanisme persiste-t-il alors, si ce n’est pas le bon ?
Parce qu'il est enraciné dans des expériences passées, des moments où tu as appris à te protéger en te repliant sur toi-même. Tu es plus forte, plus consciente. Ta conscience de leur existence est déjà une victoire. Respire profondément et rappelle-toi que tu mérites la paix, la joie, et l’amour.
Chaque instant semble une lutte. Comment transformer cette bataille intérieure ?
Chaque instant est une nouvelle opportunité. Ta force de caractère et la douceur de ton cœur sont tes armes les plus puissantes. La guérison commence par l'acceptation, par la reconnaissance que ces pensées sont des illusions, des ombres du passé. En choisissant de les voir pour ce qu'elles sont, tu peux commencer à les dissiper, à faire place à la lumière.
La guérison… c’est donc possible ? Même après tout ce temps ?
Oui, c’est possible. La guérison est un processus, un cheminement. Tu n’es pas seule dans ce combat. En acceptant et en aimant chaque part de toi, même celles qui sont blessées, tu fais un pas vers la libération. Tu peux surmonter ces ombres et te libérer des chaînes invisibles qui t’entravent.
La pluie continue de tomber, mais une chaleur douce commence à se répandre dans la pièce, comme si les mots de l'âme apaisante avaient allumé une lueur d'espoir.
L'âme tourmentée prend une profonde inspiration, fermant les yeux un instant pour se recentrer.
(plus doucement) Tu as raison… Ces chaînes ne me définissent pas. J’ai la force de les briser.
Oui, et tu n’es pas seule. Nous sommes ensemble dans ce combat. Je suis là pour t’aider à retrouver ta lumière.
L'âme tourmentée ouvre les yeux, et un léger sourire apparaît sur son visage. Les gouttes de pluie semblent moins oppressantes, presque apaisantes.
Merci… pour ton soutien, pour tes paroles. Je sens que je peux y arriver, petit à petit.
Un pas à la fois, un instant à la fois. Et chaque moment est une chance de choisir la lumière sur l’ombre et de les conjuguer comme tu le souhaites.
Le silence se rétablit, mais cette fois, il est empreint de sérénité et de compréhension. La pluie continue de tomber, mais l'orage intérieur de l'âme tourmentée commence doucement à se dissiper, laissant place à une paix nouvelle.
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Elle ne redoutait pas, comme autrefois, les nouvelles rencontres de son amie. Ces courts enthousiasmes ressemblent trop à des allumettes qui crépitent, l'enfer, la jalousie, et ne laissent entre les doigts qu'un souvenir ridicule. Au contraire, il était peut-être excellent que la jeune fille abandonnât sa liberté pour sa nouvelle Maîtresse et rien ne semblait pouvoir troubler son sommeil. Mais quelle Juliette observait-elle dans la pénombre de leur chambre. L'amante ou la soumise ? Juliette les aimait toutes à travers ce qu'elle était devenue. Mais comment prétendre aimer quelqu'un à qui l'on ment sur l'essentiel ? S'intaller dans cette contradiction, c'était déjà y répondre. Tant de choses avaient eu lieu et tant de paroles avaient été échangées, souvent si regrettables mais jamais regrettées. Elles avaient déjà éprouvé de la haine mais jamais encore de l'indifférence, qui est son stade ultime. L'oubli étant essentiel à la survie, elles étaient capables d'oublier, non de pardonner. Charlotte, semblait perdue dans une étrange rêverie. Comme cela lui arrivait parfois. Elle s'absentait alors, loin, très loin. Elle ne savait pas encore elle-même, si elle était heureuse. Désespérée d'avoir un corps sans réaction devant la vie, dévorée par quelque chose d'inconnu, qui, qu'elle le veuille ou non, lui prenait tout. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité flatteuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette avait eu raison bien à l'avance. Elle paraissait manquer, non pas de loyauté, mais de confiance en elle. Alors, sa Maîtresse, mue par cette force qui habite les cœurs encore jeunes, pensa que sa vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. Elle était poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Elles ne possédaient rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier, un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, les lumières du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans leur relation que la vérité, crue et nue, de leur sexualité. Elles n'avaient pas eu besoin de donner le change, pas plus à elles-mêmes, qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Elles n'étaient pas des animaux sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et elles n'y recoururent jamais. Aussi, Juliette se sentait tenue de tout dire à Charlotte, sans même l'embrasser ou la caresser, mais elle n'avait pas assez compté sur l'appétit qu'elles avaient l'une de l'autre. La jeune feme avait une sorte de charme, au moins l'avantage de son jeune êge, de son calme et de sa froide considération. Elle n'était inspirée que par le désir de possession. Elle lui fit d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes à la douleur, et elle baissa la tête, puis elle la releva à peine troublée. Elle tenait à la main la mince ceinture de cuir qu'elle mettait sur sa robe, elle recula d'un pas et fouetta le visage de Charlotte. Cela lui ouvrit la lèvre, et elle sentit le goût du sang.
Elle était terriblement effrayée. Son bras repartit pour frapper encore. Mais elle ne fit rien. Elle laissa retomber son bras, lâcha la ceinture et se mit à sourire, sans parler. Elle possédait ce talent, qui est si rare de savoir donner une présence au silence. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les lettres JM, ornant son pubis lisse, signe de son appartenance, et surtout les cicatrices, vifs souvenirs des sanglades de cravaches. Sa Maîtresse la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. Charlotte était très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne, Elle avait de petits seins fermes et haut placés, des hanches enfantines à peine formées. À force de la battre, Juliette s'était rapprochée de Charlotte, qui obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais elle lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par une autre. Elle voulait qu'elle parvienne à se donner après avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait, car elle ne la quittait que très rarement, qu'elle regarde toujours Juliette caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Sans doute, Juliette avait trop compté à la fois sur l'indifférence et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, et quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. Mais, elle ne voulait pas se séparer d'elle. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le seul fait qu'elle l'offrait chaque jour davantage lui donnait une preuve, qu'elle lui appartenait. Elle lisait son visage, son cou. Ainsi, lorsque Charlotte se sentait traitée injustement, elle roulait les épaules vers l'avant, son cou se gonflait, faisant saillir les muscles, et régulièrement ses épaules retombaient. Elle se tenait comme gelée. Elle n'a que vingt ans et la robe noire échancrée dans le dos jusqu'aux reins et très serrée à la taille lui donne un sérieux excessivement sensuel. C'est beaucoup d'élégance pour ce jeune chat qu'on voudrait prendre dans ses bras, poser sur un coussin, caresser, abandonner. La jeune femme ignorait le non-dit, les mots entre les mots, les secrets murmurés, les silences éoquents. Dans son monde, on parlait ou on se taisait. On était régi par la tyrannie des convenances. Souvent, elle portait une robe assez décolletée pour qu'on voie le grain de beauté sur son sein. Mais quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts.
Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois, elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait si rudement son ventre qu'elle croyait s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Il arrive que la force du désir se nourrisse dans la chair, d'une succession de faits, de contretemps microscopiques, lesquels finissent par tisser un dessein occulte qui prend alors la forme d'un enchaînement logique et implacable. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle savait assez bien admirer et mépriser en même temps: ce sont là deux mouvements de crainte, différemment orchestrés. Plus la jeune femme se rassurait en faisant le plein, plus sa Maîtresse se dépouillait et s'épanouissait dans l'immatériel. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. L'après-midi, elle retrouva Juliette qui l'emmena chez Paul. Vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs, et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors Charlotte abandonna son corps aux désirs sadiques de Paul. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Paul se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à fouetter les reins qui s'offraient à lui. Il débuta doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction des muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Paul, excité, frappa alors plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Le plaisir qu'elle prenait, à offrir à sa Maîtresse, autant moite et brûlante, lui était témoin et garant de son plaisir. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa alors ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors sa Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée.
La jeune femme aimait le plaisir, et trouvait agréable et pratique de le recevoir d'une autre femme, entre les mains de qui, elle explorait ses fantasmes. Quelqu'un a baptisé "talismans" certains vers de Racine qui irradient magiquement, toute question de sens logique mise à part. L'optique amoureuse relève du même phénomène: des imperfections, des vulgarités de détail se confondent dans la vision globale d'un ensemble qui, magiquement resplendit. Ses yeux, ses mains, sa bouche s'adressaient à son amante, aux mains, à la bouche, au sexe de Juliette. En quelques instants, elle avait obtenu d'elle plus qu'elle n'avait acquise depuis des mois. Sa Maîtresse devait être comblée puisque Charlotte participait à cette fête, puisque elle aussi aimait sa jeune soumise, sa chair et tout ce que contenait de fou et de feu la calme apparence de ce corps sur lequel le temps n'avait pas encore fait ses griffes. Elle n'aimait que les poètes abandonnés dans les mansardes, les jeunes peintres tuberculeux. Elle vivait à la diable. Il y aurait chez Charlotte toujours les deux tendances en elle, l'une l'emportant sur l'autre au gré des vicissitudes. Tout en elle faisait double allégeance. Paul frappa encore plus fort et les fines lanières cinglèrent alors dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en hoquetant et en tordant son frêle buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Paul dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Alors, la douleur devint trop vive. Elle ne voulait pas supplier, elle ne voulait pas demander grâce mais Paul entendait l'amener à merci. Charlotte laissa couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Paul de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre du repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité. Mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Paul qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva le bruissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Paul dut maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent alors sur le lit. Paul fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de sperme qu'elle avala religieusement jusqu'à la dernière goutte. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Paul, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé. Elle comprit qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Il ne la laisserait qu'à la nuit tombée, après lui avoir labouré les reins, qu'il lui meurtrirait tant il était épais. Alors, bientôt, il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit.
La jeune femme se prêtait à ce que son amante lui demandait avec ce qu'il faut bien appeler de la gratitude, plus grande encore lorsque l'invitation prenait la forme d'un ordre. Elle se laissa embrasser et caresser, les yeux fermés, sans répondre par une seule caresse, gémit à peine, puis plus fort, puis encore plus fort, et enfin cria. On voyait briller la sueur entre ses seins. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre, sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Paul, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Paul sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter, distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Les situations mal définies sont mille fois plus périlleuses: impossible d'y entrer par des calculs, impossible d'en sortir sans aise. L'indomptable volonté de perpétuer la race dans ce qu'elle a d'immuable. Une femme qui ne s'accomplissait que dans le stupre et l'abnégation. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Paul se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Semi-consciente, elle pensa alors seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait bien pire que n'importe quelle chaîne.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"La véritable sagesse consiste souvent à prendre du recul pour mieux voir." - Confucius
Dans le labyrinthe de mon esprit, les vents contraires de mes émotions soufflent avec une intensité déconcertante. Insidieusement, le venin du doute s'infiltre, chaque mot soigneusement choisi claque pour déstabiliser les piliers de confiance que j'ai durement acquis. Ces paroles, rafales perfides, sapent mes fondations émotionnelles, menaçant de me faire chanceler dans l'incertitude et le désarroi.
Mes émotions, telles des tempêtes intérieures, amplifient cette lutte intérieure. Elles me confrontent à la dualité entre la force de mes convictions et la vulnérabilité de mes doutes. Chaque bourrasque émotionnelle semble nourrir le tourbillon de mes pensées contradictoires, exacerbant la tension entre moi et moi.
Naviguer à travers mes émotions les ressentir pleinement à chaque impact claquant et marquant ma peau, chaque mouvement de mon corps résonnant d'autres corps, plongeant dans un tourbillon émotionnel familier qui, paradoxalement, m'apaise profondément. Entrer dans l'œil du cyclone est ma manière de rester debout, de faire face à mes tempêtes intérieures et de découvrir la quiétude au cœur même du chaos.
Quand je frappe le sol de mes pieds, je sens la solidité sous mes pas, me propulsant à une vitesse fulgurante. Cela me permet de prendre de la hauteur, souffler avec bienveillance sur mes tumultes émotionnels et trouver un équilibre intérieur. Je traverse les défis tout en restant ancré dans ma vérité intérieure et préfère poser des mots sur mes maux.
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"Le désir est l’essence de l’âme, une force qui révèle les vérités cachées de notre existence." - Platon
Dans la pénombre de la pièce, doucement éclairée, je me tiens debout, le cœur battant à tout rompre. Nos regards se croisent, se parlent en silence, complices de nos désirs.
Tu t'approches lentement, ton regard intense posé sur le mien. Tes mains se posent et m'entourent, tu m'embrasses avec passion, une intensité dévorante née de la patience et de l'attente. Tes lèvres sont chaudesmélées de brises et d'embruns, je peux sentir ton désir se mêler au mien. Un...
Je te respire, une combinaison enivrante de musc et de chaleur. Chaque inspiration me rapproche de toi, ce lien invisible puissant éclaire de son aura. Tes mains descendent lentement le long de mon dos, caressent ma peau.
Sans un mot,tu intensifies ton étreinte. Chaque contact, chaque caresse est une promesse de ce qui va venir.
Tu me pousses contre le mur. Mon souffle se coupe un instant sous l'impact, cette urgence. L'excitation monte en moi. Deux....
Je peux sentir la chaleur de ton corps, ton souffle chaud caressant ma peau. Tu murmures à mon oreille, tes mots pénètrent profondément en moi, déclenchant une onde de frissons qui parcourt tout mon corps. tu me préviens de l'intensité à venir, mes fesses, mes seins...mon esprit.
Tes paroles sont une promesse, un avertissement. Un frisson d'excitation et d'appréhension parcourt mon corps à l'annonce de cette sanction. Je vais te marquer, ta voix, un murmure rauque à mon oreille. Chaque mot insolent, chaque fois où ta langue a dépassé les bornes. Tes morsures se font plus intenses, tes gestes amples claquent dans cet air brulant. Trois....
Tu m'attaches avec soin les poignets et les chevilles, tu sais que je peux me détacher. Je suis immobilisée, mon corps entièrement à ta merci. Tes mains s'abattent fermement sur mes fesses, les coups résonnent dans la pièce. Je ne peux bouger, chaque mouvement restreint par tes liens.
Tu me maintiens en haleine, jouant avec ton pouvoir, Tu me rappeles à chaque instant que je suis à ta merci, ta chienne et cela m'excite. Tu alternes entre caresses et punitions, chaque geste savamment dosé pour intensifier mon désir et ma soumission.
Tu enfonces ton sexe en moi avec une force déterminée, chaque mouvement une affirmation de prendre possession. La sensation est intense. Mon corps répond à chaque geste, chaque poussée, se pliant à ta volonté. Tes mains explorent ma peau, me marquant de tes morsures possessives et de tes caresses brûlantes. Lorsque tu pénètres mes reins, je suis entièrement à Toi. Quatre....
D'un geste brutal tes mains s'emparent de mes cheveux, qui accentue mon plaisir. Ta main ferme sur ma nuque me tient en place,
La chaleur de la cire coule sur ma peau, pénètre mon esprit ajoute une dimension supplémentaire, chaque goutte est une caresse brûlante La douleur se mélange au plaisir m'emportant loi.
Cinq...Tu installes ta main entière en moi. Je me sens totalement possédée, chaque fibre de mon être vibrante de plaisir continu, Mon corps entier frémit sous ton contrôle, chaque caresse, chaque coup, une réaffirmation de notre lien.
En cette nuit, chaque mouvement, chaque murmure, raconte l'histoire de notre union intense et passionnée. Une histoire où la possession et la liberté se rejoignent, où chaque geste ferme devient une promesse silencieuse de dévotion et de désir partagés.
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"Voici plus de cent ans que les deux premiers mythes assyriens, comme on disait alors: le récit du Déluge et la Descente d'Istar aux Enfers, ont été découverts, avec quelque stupeur, par les premiers déchiffreurs des cunéiformes. Depuis, trois ou quatre générations de ces spécialistes ont continué de suer sang et eau pour en retrouver d'autres, dans les monceaux de tablettes inscrites, sorties de terre par les archéologues et trop souvent réensevelies aussitôt dans les tiroirs des musées". Fille d'Anou ou de Sin, sœur de Shamash et d'Ereshkigal, la reine du monde souterrain, Isthar ("Ištar") était la grande divinité du Proche-Orient, la parèdre des dieux ou leur courtisane, la déesse de la reproduction. Primitivement divinité agraire, liée au rite des saisons, elle remplissait une fonction identique à celle des déesses mères des dieux de la fertilité, dont la descente dans le monde souterrain symbolisait le sommeil hivernal de la végétation. On la considérait aussi comme la maîtresse de ces régions infernales, qui provoquait disputes et querelles parmi les humains. Amoureuse du dieu des moissons Tammuz, à l'origine son fils, dieu de la végétation et des moissons, elle provoque sa mort, comme l'Aphrodite grecque celle d'Adonis, puis descend aux enfers supplier sa sœur Ereshkigal de lui rendre son amant. Mais celle-ci l'emprisonne et la frappe des soixantes maladies infernales. Ea, à la demande de Shamash et de Sin, envoie Asushu-Namir, l'hermaphrodite la délivrer à l'aide de paroles magiques et d'une aspersion d'eau de vie, que l'on retrouvera plus tard dans le rite du baptême. Elle repasse les sept portes du monde souterrain et revient sur terre. Cette légende, racontée sur un document cunéiforme, est commune aux Grecs, Perséphone et aux Mexicains, Quetzalcoatl. Par analogie, elle devint la déesse de l'amour et de la mort, à l'instar des plantes se reproduisant par la graine, qui meurent pour mieux renaître. Particulièrement vénérée dans toute l'Assyrie et à Babylone, en Phénicie sous le nom d'Astarté, en Akkadie sous celui d'Innanna, elle reparaît chez les Grecs sous les traits d'Aphrodite. À Ninive, elle était considérée comme la déesse de la guerre, figurée debout dans un charriot tiré par sept lions, tenant un arc, tandis qu'à Erech, elle était la déesse de l'amour, voluptueuse et tendre, mais capricieuse et irascible. À Sumer, où elle personnifiait la planète Vénus en tant qu'étoile du matin, elle était considérée aussi comme une déesse guerrière représentée armée d'un arc, et étoile du soir, incarnation de l'amour et du désir. On a vu en elle le prototype de la femme fatale, capricieuse et capable des pires violences envers les dieux qui bénéficièrent de ses faveurs. En Occident, on la représentait portant un anneau à la main gauche et tenant un calice dans la main droite, parfois armée comme Minerve, attributs symbolisant la continuité de la vie, la puissance de l'eau, du lait, du sang ou du soma, telle la boisson donnée à Tristan par Iseult. Les sources mésopotamiennes nous présentent une image déconcertante et apparemment contradictoire de la déesse Ishtar. D'un côté, elle était l'auguste Reine des Cieux assise sur un trône avec une bordure d'étoiles et était appelée “Ishtar des Étoiles", la Reine des reines, la Dame des dames, la Déesse des déesses, la Très-Haute, et la Maîtresse des pays. Elle était la Créatrice des dieux et de l'humanité, la Mère des hommes, la Mère compatissante de celles qui donnent naissance. Elle était la Pure, la Sainte, l'Innocente, la Sage et la Fille vierge de la Lune ou“Ishtar de la Sagesse", une épousée voilée, dont la caractéristique primaire était la pureté, la chasteté, la prudence, la sagesse et la très grande beauté. Depuis les temps les plus anciens, ses épithètes constantes étaient "Sacro-sainte" et "Vierge". Elle était associée à la planète Vénus et sa représentation symbolique la plus courante était l'étoile à huit branches. Dans l'iconographie assyrienne, elle est souvent représentée comme une figure féminine entourée par une forte luminosité. Par ailleurs, elle apparaît aussi comme une sorcière, une prostituée et une maquerelle à la tête d'un troquet ou d'un bordel. Dans la VIème tablette de l'Épopée de Gilgamesh, elle est à la tête d'une armée de prostituées et approche Gilgamesh en femme séductrice, charnelle, brûlant pour le beau héros. Ailleurs, elle est comparée à la démone Lilith.
"L'écriture proprement dite n'est apparue qu'à partir du moment où, par le moyen de tels raccourcis, que nous appelons, comme tels, pictogrammes. On a voulu reproduire, non plus des objets et des scènes choisis par les artistes pour suggérer leurs états d'âmes ou leurs fantasmes, mais la totalité de ce qui, tiré de la réalité, roule dans notre pensée". On doit souligner, cependant, qu'une image aussi négative de la déesse est totalement absente des inscriptions royales assyriennes, qui soulignent chaque fois sa sainteté, son caractère noble et ses aspects maternels, en nous la présentant comme une vierge belliqueuse qui court sus aux ennemis du roi assyrien. Ses symboles et attributs étaient multiples et incluaient la tourterelle, l'arc, la conque, l'utérus, la tour-ziggourat, l'arc en ciel, l'étoile à huit branches, le croissant et la pleine lune, la vache qui allaite, la vache sauvage à cornes, le cerf, le lion, le palmier, la grenade et plusieurs autres. À la période impériale, toutes les déesses étaient mises en équivalence avec elle, et elle recevait de nombreux noms et avait un culte dans de nombreux endroits. Ses nombreux noms étaient des appellatifs qui évoquaient des aspects ou des variétés de cette déesse universelle. La multiplicité et la nature controversée d'Ishtar était déjà complètement réalisée dans l'Antiquité et était partie intégrale et intentionnelle de son image. La clef de l'essence de la Déesse se trouve dans le petit corpus des oracles prophétiques assyriens, où on lui voit jouer deux rôles, en apparence distincts mais en relation étroite: celui de la mère céleste du roi assyrien et celui de la déesse oraculaire assyrienne par excellence. La relation mère-enfant entre la déesse et le roi, implicite dans chaque oracle du corpus, est élaborée à travers un ensemble d'images et de métaphores qui soulignent la totale dépendance du roi de sa mère divine et l'ardent désir de cette dernière pour son enfant. De façon plus banale, le roi est représenté comme un enfant, élevé, et protégé par la déesse, qui tantôt apparaît comme sa mère, tantôt comme sa nourrice, et qui l'appelle tendrement "mon petit veau" ou "mon roi", tandis qu'elle attaque férocement ses ennemis. Il y a toutes raisons pour croire que cette imagerie de mère/enfant n'était pas que simple métaphore. Nous savons que les princes assyriens étaient confiés, encore enfants, aux temples d'Ishtar, presque certainement pour être allaités et élevés par des hiérodules qui incarnaient les aspects maternels de la Déesse. La Mère divine du roi, Mullissu, était Ishtar sous son aspect de Reine des Cieux, la Créatrice des Dieux et des êtres vivants. Son nom signifie à l'origine "Enlil-femelle" mais, à l'époque impériale, elle a certainement été réinterprétée comme "Celle qui sanctifie". Dans beaucoup d'inscriptions royales assyriennes, Mullissu porte l'épithète de "Vache sauvage". Cette épithète la marque comme la mère du roi assyrien attaquant férocement les ennemis de son fils, mais l'associait aussi avec la mère de Gilgamesh, la sage et sainte Ninsun, qui portait la même épithète. Au même moment il la mettait en relation, du fait des cornes de la vache avec le croissant lunaire, et l'identifiait ainsi avec la chaste et virginale "Fille de la Lune", "l'aspect lunaire d'Ishtar aussi connue comme "Ishtar de la Sagesse". Reconnaître en Mullissu/Ishtar l'équivalent assyrien du Saint-Esprit aide à comprendre son rôle éminent comme déesse oraculaire dans la prophétie assyrienne; comme le Souffle de Dieu donnant vie à la création et animant tous les êtres vivants. Elle était l'Esprit de Dieu résidant dans les prophètes et autres personnes sacrées et parlant par leur bouche. Le rôle central joué par la prophétie extatique dans le culte d'Ishtar rend en fin de compte possible de comprendre pourquoi elle était représentée comme une prostituée, une femme légère, un rôle diamétralement opposé à celui de la Reine des Cieux.
"Le terme de religion définit l'attitude des hommes vis-à-vis d'un ordre de choses qu'ils appréhendent obscurément et d'instinct comme radicalement supérieur à eux-mêmes et à tout ce qui les environne ici-bas". Ces deux rôles contradictoires de la déesse étaient fondamentaux pour le culte d'Ishtar et son fondement doctrinal, le mythe de La Descente d'Ishtar aux Enfers. Dans son essence, le culte d'Ishtar peut être défini comme un culte ésotérique à mystères promettant à ses dévots un salut par transcendance et une vie éternelle. Comme le Tantrisme de Shakta, le culte extatique de la déesse mère hindoue, il a une cosmogonie sophistiquée, une théosophie, une sotériologie et une théorie de l'âme, qui étaient cachés aux gens exotériques par le voile des symboles, métaphores et énigmes qui n'étaient expliqués qu'aux initiés, lesquels étaient astreints au secret par serment. Mais Ishtar ne faisait pas que subsumer toutes les déesses. Sous son aspect céleste de Reine du Ciel et progénitrice des Dieux, elle englobait aussi tous les dieux mâles et leurs pouvoirs. L'idée sous-tend tout le récit métaphorique du déshabillage et du rhabillage de La Descente d'Ishtar et elle se présente dans d'autres symboles centraux de la Déesse, tel l'Arc-enciel, qui la décrivait comme la convergence des couleurs des sept dieux planétaires, et l'Arbre sacré, symbolisant l'Âme Parfaite comme une somme des pouvoirs de l'Arbre. Issu du Dieu transcendant, il était partie de son ineffable essence divine, comme les rayons du soleil issus de leur source inépuisable. Ishtar était Assur lui-même, manifesté sous son aspect de divin Amour sous-tendant toute existence. Cela explique les nombreux points de contact de la religion assyrienne avec le Christianisme, le Judaïsme, la Gnose et le Néoplatonisme. Ces systèmes religieux et philosophiques ont perpétué les idées théologiques fondamentales qui ont pris forme dans l'empire assyrien et ont été propagées vers l'ensemble du Proche-Orient pendant plus de sept-cents ans. Les sociétés mésopotamiennes sont des univers d’hommes où les femmes, sauf exception, n’ont pas accès à la sphère publique. Au mieux, elles tiennent le rang de leurs époux. La domination masculine passe par les coutumes et les lois, plus banalement par les vêtements. À la femme, pour qui le mariage tient lieu de carrière, reviennent la procréation, le voile et la sphère privée. À l’homme, la création et la sphère publique. En cela, la Mésopotamie ne se distingue guère des sociétés patriarcales d’Europe où il est à proprement parler totalement inenvisageable pour les hommes et difficilement crédible pour les femmes elles-mêmes qu’elles puissent être productrices d’imaginaire. En Mésopotamie, comme dans toute société patriarcale, le pouvoir et l’argent appartiennent aux chefs de familles nantis dont les enfants n’héritent, parfois tardivement, qu’à la mort du père. Ne pouvant accéder au mariage, ils ont le loisir d’entretenir des rapports avec des femmes de statuts différents qu’il est difficile de subsumer, comme il est de coutume de le faire chez les assyriologues, sous l’unique traduction de "prostituées". Ces relations ont le mérite de satisfaire les uns sans contraindre les autres à s’engager dans des relations institutionnalisées et non désirées avec autrui. En un mot, les sociétés mésopotamiennes savent gérer la sexualité des jeunes hommes.
"Comparable à l'amour, qui se fonde d'abord sur cette autre impulsion, tout aussi spontanée et irraisonnée, qui nous porte avec force vers un autre individu de notre espèce, dans lequel nous pressentons comme un complément, un enrichissement de notre personne et de notre vie, la religion suit un tracé analogue, si ce n'est qu'elle n'évolue pas su le plan horizontal, à la recherche de l'autre,mais vertical, du sur-naturel". Ishtar était la plus importante déesse en Syrie et en Iraq durant trois mille ans av. J.-C. Son nom sumérien Inana est probablement dérivé du Nin-ana, "La Dame du ciel". Ishtar était son nom akkadien qu’on trouve en Syrie sous forme Astarte (Ashtoreth biblique) et sud arabique une divinité mâle Athar. Il n’y a pas une tradition qui note qu’Inana ou Ishtar avait un époux permanent, elle est directement représentée en art en plusieurs aspects comme ceux gravés sur un sceau-cylindre néo-assyrien. La déesse paraît comme un squelette sans habits ailés, puis son deuxième aspect est une déesse-guerrière, ailée, armée avec poignards et épée. Elle pose sa jambe nue sur un lion, prête à le tuer. Son troisième aspect la montre dans une scène de culte astral devant un roi préféré qui lui présente ses adorations, entouré d’auréole de stars. Ses habits et sa nudité reflètent son rôle de déesse du sexe, de la prostitution et du mariage sacré. Le mariage sacré est un terme emprunté à l’histoire de la religion grecque ("hierons gamos") pour décrire en effet deux différentes sortes de rituels en Iraq et en Syrie. La première, l’idée du mariage entre deux divinités, était utilisée dans plusieurs pièces mythiques comme moyen d’expliquer la création comme déjà cité. Dans un rituel enregistré datant probablement de la période néo-assyrienne et néo-babylonienne ou plus tard (la première moitié du premier millénaire), un mariage entre deux divinités était un acte dans une cérémonie symbolique (nommée "hashadu") dans laquelle des statues de cultes étaient portées ensemble. Un lit de cérémonie était présent. Ainsi les statues devaient se marier. Une telle cérémonie était consacrée pour le dieu Marduk et la déesse "sarpanitu" à l’occasion du nouvel an au premier jour du printemps, ainsi pour d’autres couples divins comme Nabu et tashmetu, Shamash et Aya. Ces cérémonies des mariages divins ne sont pas liées à des mythes particuliers, mais à des occasions religieuses. La deuxième, c’est une idée différente de la précédente, connue de plusieurs périodes plus anciennes, c’est un rituel de faire faire l’amour, apparemment, entre un roi déifié et la déesse Inana. Cette scène est considérée comme un symbole semblable à l’union sexuelle mythique entre le dieu de la fertilité Dumuze et Ishtar. L’évidence littéraire exclusive de ce mariage est datée de l’époque néo-sumérienne à la fin du troisième millénaire, et on n’est pas sûr qu’il y ait eu un rapport sexuel réel entre le roi et une prêtresse représentante de la déesse Ishtar, ou que tous ces rituels étaient symboliques. Les beaux poèmes et chants sumériens consacrés au culte d’Inana et Dumuz suggèrent que la fertilité de la végétation, l’animal et l’homme étaient considérés en quelque sorte comme dépendant de l’union de ce couple divin ; mais comme on ne possède pas une description ayant survécu à ce rituel, comme par exemple quelque détail préservé dans la cérémonie de nouvel an, il est difficile de savoir s’il y avait eu ou non un certain acte sexuel dramatique. Au cinquième siècle av. J.-C., Hérodote avait encore écrit sur Babylone. Il relate que chaque femme, une fois dans sa vie, devrait aller au temple d’"Aphrodite", c’est-à-dire Ishtar-Inana et attendre qu’un étranger passe et jette une pièce de monnaie dans son giron comme prix de sa faveur. Puis, elle était obligée d’aller avec lui à l’extérieur du temple, et avoir une relation sexuelle, pour rendre ses devoirs à la déesse. Peut-être que cette histoire est complétement imaginaire. Mais, au deuxième siècle de notre ère, le chroniqueur Lucian écrit, apparemment de sa mémoire personnelle, autour d’une coutume similaire dans le temple d’"Aphrodite", probablement Astarte/Ishtar, à Byblos au Liban ou non loin de là.
"L'Assyrie n'a pratiquement rien apporté de valable ou de capital, et elle restera toujours en manifeste et profonde dépendance de la Babylonie: victorieuse ou vaincue, Babylone demeurera le pôle intellectuel et spirituel du pays entier, même à l'époque brillante des Sargonide, entre 720 et 609". Il est évident que la prostitution existait dans la société syro-iraquienne ancienne, là où le mariage était un contrat très important comme cela est reflété dans la loi célèbre d’ Hammourabi au dix-huitième siècle avant notre ère. Dans l’épopée de Gilgamesh, une célèbre courtisane ou prostituée appelée Shamhat, séduit Enkidou le berger du désert, et lui offre son corps et la jouissance pour l’initier à la vie civile et l’amener à rencontrer le beau roi Gilgamesh à Uruk. La prostitution est mentionnée avec plusieurs groupes des femmes engagées plus ou moins dans des activités religieuses. Il semble que la déesse Ishtar/Inana était présentée comme protectrice des prostituées. Et dans des chants pour elle, on indique qu’elle était aussi prostituée, et que son temple est métaphoriquement appelé une taverne. Il semble possible que la prostitution, était organisée avec d’autres activités féminines comme les sages-femmes, et les nurseries, lesquelles étaient manipulées par le temple. L’exploitation de la femme dans les sociétés orientales n’est pas assez claire, mais on peut relever une grande différence en établissant une comparaison avec les périodes plus récentes. Nous possédons plusieurs données d’arts épigraphiques depuis la préhistoire jusqu’aux époques néo-assyriennes du premier millénaire avant notre ère, lesquels dessinent et décrivent des scènes de relations sexuelles qui sont mal ou bien interprétés comme représentations de sexes rituels, en particulier le mariage sacré. D’autres pratiques des rites sexuels sont moins humains et ont moins de but social important. Ces pratiques paraissent implicites dans plusieurs allusions obscures dans la littérature aux activités sexuelles d’un public normal et les témoignages pictographiques devraient être liés à cela. L’analyse est difficile, très peu d’informations écrites ne sont pas assez claires, et puis, il y a des matériels iconographiques qui ne sont pas publiés. Les preuves de l'existence d'Ishtar nous viennent de Mésopotamie, une région du Proche-Orient ancien qui est généralement considérée être située entre les rivières Tigre et Euphrate. Bien que l'emplacement exact de la Mésopotamie soit sujet à débat, il est considéré qu'elle correspondait globalement à l'Irak, le Koweit et des parties de la Syrie, de l'Iran et de la Turquie. La Mésopotamie est le foyer de plusieurs des premiers grands empires du monde, ce qui inclut les Empires Akkadiens, Babyloniens et Assyriens. Ishtar a eu un impact conséquent sur les imageries et les cultes de plusieurs déesses qui lui succéderont, ce qui inclut la fameuse déesse de l'amour grecque, Aphrodite, et d'autres déesses populaires comme Astarté. Plusieurs déesses de l'Epoque classique, telles qu'Aphrodite, Artémis et Athènes, ont continué de fonctionner comme des symboles culturels importants. Ishtar, en comparaison, n'a pas bénéficié d'une pareille longévité de son image. Elle est passée d'être l'une des divinités les plus attestées de la Mésopotamie, à un oubli pratiquement absolu. La descente d'Ishtar vers l'anonymat de nos jours est le résultat de plusieurs facteurs mais peut être possiblement connecté à la disparition du système d'écriture cunéiforme.
"La victoire du roi Hammurabi et sa promotion assignent au pays sa configuration définitive, en un royaume unique, et lui donnent pour toujours un centre à la fois politique, économique, culturel et religieux. Babylone, qui demeurera jusqu'au bout, travers toutes les vicissitudes de l'histoire locale, la véritable métropole de la Mésopotamie. On pourra désormais parler de "civilisation babylonienne", tant cette glorieuse cité a confisqué et gardé le flambeau de la vieille culture du cru, élaborée sur place depuis plus de mille ans déjà". L'influence d'Ishtar dans le monde antique a survécut à travers le script utilisé pour enregistrer ses mythes et prophéties. Inanna/Ishtar est fréquemment présentée de façon anthropomorphique dans les mythes. Dans la poésie sumérienne, elle est dépeinte comme une jeune femme qui vit à la maison avec sa mère, Ningal, et son père, Nanna (le dieu de la lune Mésopotamien, Sin). Son frère jumeau est Utu (Shamash sémitique), la divinité du soleil, qui est connecté au concept de la justice. Ishtar elle-même est également associée à un corps céleste: Vénus, l'étoile du matin et du soir. Le partenaire romantique de la déesse est Dumuzi (Tammuz sémitique), qui apparaît dans les mythes comme un roi berger. La mère de Dumuzi est la déesse Duttur, et sa sœur est Ghestinanna. Les anciennes sources pour Ishtar, bien qu'extensives, sont fragmentaires, incomplètes, et difficiles à contextualiser. La nature problématique des preuves concernant Ishtar est surprenant si l'on considère le statut élevé de la déesse, et son influence durable dans le monde antique. Les difficultés entourant les preuves peuvent largement être attribuées (mais pas exclusivement) à l'ancienneté de la déesse. Parmi les anciennes sources littéraires, la déesse est mieux connue pour son apparition dans deux des mythes les plus connus de la Mésopotamie: l'"Epopée de Gilgamesh", et "la Descente d'Ishtar aux Enfers". "L'Epopée de Gilgamesh" est l'une des premières œuvres de littérature épiques connues au monde, ayant survécu sous différentes versions. L'histoire raconte le voyage d'un jeune héros Gilgamesh, un demi-dieu roi de la ville d'Uruk. Dans la version Babylonienne standard de "l'Epopée de Gilgamesh", Ishtar apparaît de façon proéminente dans la Tablette VI. Ici, Gilgamesh est décrit se baignant et nettoyant ses armes après s'être battu contre le Gardien de la Forêt, Humbaba, plus tôt dans le récit. Ishtar remarque la beauté du jeune roi et le regarde avec convoitise. Elle lui propose de se marier et lui offre de belles incitations pour adoucir l'affaire. Gilgamesh, semble-t-il, ne veut pas se marier à Ishtar, et il prend la décision discutable de la rejeter durement en des termes peu flatteurs. Dans son refus de la proposition d'Ishtar, Gilgamesh compare la déesse à une porte dérobée, un bélier défectueux et une chaussure qui mord les pieds de son propriétaire. Cette dernière insulte peut être vue comme étant de mauvais augure, puisque dans l'ancienne divination, une abrasion due à une sandale mal ajustée était considérée comme un présage de conséquences potentiellement fatales. Ishtar est dépeinte comme étant profondément affligée par le cruel rejet de Gilgamesh. Elle voyage aux Cieux pour visiter la divinité du ciel, "Anu" Au travers d'usage de menaces et de chantage émotionnel, la déesse persuade le vieux dieu de lui prêter son Taureau du Ciel. Son plan est d'utiliser le puissant guerrier bovin pour exercer sa vengeance contre Gilgamesh. Quand Anu finit par donner son accord, Ishtar mène le Taureau de retour vers la terre. Le Taureau cosmique se bat contre Gilgamesh et son compagnon, Enkidu. Les deux héros arrivent à tuer la puissante bête, et Ishtar pleure sur le corps avec les femmes de la ville pendant deux jours.
"La raison d'un pareil engouement pour la littérature, c'est sans doute le sentiment que, ces œuvres tenant à un passé désormais révolu, il les fallait préserver à tout prix, comme de vieux monuments 'autant plus inestimables qu'ils retenaient un antique apanage". Ishtar et son mari berger, Tammuz (Inanna et Dumuzi sumérien), sont les protagonistes divins d'une des plus anciennes histoires d'amour connues. Malgré le fait qu'ils partagent une relation intime et pleine d'amour dans la poésie sumérienne, leur romance ne connaît pas de fin heureuse. Une fois qu'Ishtar et Tammuz se sont unis, ils sont vite séparés par la déloyauté, la mort, et des démons des Enfers. Le mythe de "la Descente d'Ishtar aux Enfers" raconte l'histoire du voyage de la déesse aux Enfers, foyer de sa sœur, Ereshkigal. Bien que plusieurs raisons ont été suggérées pour le voyage d'Ishtar, il semblerait que le plus probable soit qu'elle ait été motivée par son ambitieux désir d'augmenter ses propres pouvoirs. La déesse voyage à travers sept portes des Enfers, enlevant un vêtement à chaque porte. Ishtar arrive finalement nue devant sa sœur, Ereshkigal, qui est la Reine des Enfers, et est tuée. La mort de la déesse de l'amour la laisse piégée dans les Enfers et nécessitant un sauvetage. Avec l'assistance de son fidèle compagnon, Ninshubur, Ishtar est ressuscitée grâce au complot intelligent du dieu de la sagesse, Ea. La place d'Ishtar dans les Enfers ne peut pas être laissée vide, et la divinité (des Enfers) remonte accompagnée d'un groupe de démons pour trouver un remplaçant. Après une longue recherche, son époux, Tammuz, est envoyé aux Enfers à sa place. Ishtar dans ses représentations peut être accompagnée par son animal emblématique, le lion, et elle porte souvent des armes. Inanna sumérien, en particulier, est souvent représentée avec un lion ou se tenant debout sur un lion. Elle apparaît également dans l'iconographie sous sa forme céleste, une étoile à huit pointes, et est associée dans les sources visuelles aux rosaces. L'étoile d'Ishtar est souvent dépeinte aux côtés d'un disque solaire et d'un symbole sous forme de croissant de lune, représentant son frère, la divinité solaire Shamash (Utu sumérien) et son père, la divinité lunaire Sin (Nanna sumérien). L'association d'Ishtar avec l'emblème astral d'une étoile à huit pointes est retrouvé sur les joints de cylindre provenant de la période des dynasties archaïques (2900-2300 avant notre ère) et reste étroitement liée à la divinité pendant des milliers d'années d'histoire Mésopotamienne, jusqu'à la période néo-babylonienne. Ishtar n'est pas connue de nos jours, et ce qui reste de son image a souvent été obscurci par des préjugés historiographiques. La controverse autour de l'image moderne d'Ishtar peut être vue de façon évidente dans la fixation distortionnée autour de la sexualité de la déesse que l'on retrouve dans nombre d'études du 20eme siècle. Bien que la sexualité d'Ishtar soit un aspect vital de son image, l'accentuation sur son aspect érotique a éclipsé nombre des autres éléments importants liés à l'image de la divinité, comme sa connexion à la guerre et à la justice, son association à la musique, la joie et l'abondance, et ses liens religieux à la mort et la vengeance. La méconnaissance des mythes de la déesse de nos jour a, en règle générale, eu pour résultat que son image soit retrouvée principalement dans des travaux avec un fort apport mythologique, particulièrement dans les genres littéraires de la science-fiction et de la fantaisie. Ishtar, la première déesse de l'amour connue au monde, est connectée à plusieurs formes d'intimité émotionnelle. Bien que cette association inclus certainement l'amour sexuel, elle englobe toute une variété d'autres formes de liens d'amour. La déesse a des relations affectueuses avec sa famille divine, et sa servante, Ninshubur. L'amour connectait également la déesse au roi mésopotamien historique, d'un lien unique qui mêlait les rôles d'une mère, d'une épouse et d'une sœur. Les affections de la déesse était considérées comme porteuses de protection pour ceux dont elle prenait soin, unissant les familles, les communautés et les empires de liens qui persévéraient au-delà de la mort. "Célébrez Ishtar, la plus auguste des déesses"
Bibliographie et sources:
- Paul-Alain Beaulieu, "La déesse Ishtar"
- Brigitte Groneberg, "Cultes, mythes de Babylone"
- Béatrice Laubadère, "Sur les traces de la déesse Isthar"
- Marc de Laboulaye, "Le mythe sacré de la déesse Isthar"
- René Labat, "Les grands textes de la pensée babylonienne"
- Jean Bottéro, "Lorsque les dieux faisaient l'Homme"
- Marie-Joseph Seux, "Hymnes aux dieux de Babylonie"
- Jeremy Black, "Literature of Ancient Sumer"
- Zainab Barhani, "Femmes de Babylone"
- Louise M. Pryke, "Mythes autour de la déesse Ishtar"
- Simo Parpola, "La symbolique de la déesse Ishtar"
- Anthony Green, "Mythes de l'ancienne Babylone"
- Julia M. Asher-Greve, "La pensée babylonienne"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Un Dom mâle souhaite dresser sa compagne en ponygirl. Il m'a interrogé.
Pour commencer, je lui ai indiqué un schéma, hors contexte, d'approche.
Voici mon schéma type en 6 étapes successives :
1. Le Kdo Quelques cadeaux appréciés signifiant mon Amour et aussi mon intérêt afin d'éveiller l'attention et créer une confiance partagée, par exemple des fleurs, un livre, avec une allusion (pony : peintures de chevaux ou cavaliers, Charles Quint par le Titien)
2. Une Petite prise de gage
Le plus souvent un changement qui signifie que j'impose des novations, par exemple se coiffer avec une queue de cheval au cas d'espèce ou porter une chaînette avec un étrier/tête de cheval.
3. Les Paroles échangées
Pour exprimer les désirs, les miens pour l'esclave/élève, les miens pour moi, les siens pour elle-même, pour moi.
4. L'Inspection prémisse de la prise en main
L'œil et la main évaluent, flattent, inspectent, donnent du plaisir, de petites douleurs, pour signifier mon pouvoir de prendre er de donner, de dominer tout en mesurant la docilité et les aptitudes.
5. Le Contrat offert
L'élève/soumise/esclave rédige avec ses mots le contrat qui la soumet à un dressage, spot ou étendu, hard ou soft. Elle me le remet avec solennité.
6. Les Semaines préparatoires réglementées
Pendant une, deux, voire trois, semaines, elle respecte un règlement, qui change plusieurs fois afin de créer l'ambiance, l'attente et le désir d'être soumise et dressée. Habituellement, je réglemente tout ou partie de la vestiture, la lingerie, coiffure, maquillage, bijoux, les exercices physiques (quotidiens), la sexualité avec des excursions du côté de l'alimentation.
J'attache une très grande importance à cette longue et large préparation.
7. Le Dimanche
Nous pourrons alors passer à l'acte.
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"La voix qui sait murmurer aux âmes transforme le chaos en harmonie."
Cette voix, au début à peine un murmure, glisse doucement dans mon esprit, créant une tension subtile. Ses premières paroles sont comme des vagues légères, effleurant la surface de mes pensées, invitant à l'écoute sans imposer. Elle se fait plus présente, chaque mot devenant une caresse sonore, résonnant avec une intensité croissante
À mesure que cette voix s'affirme, elle commence à gronder doucement, comme un vent annonçant une tempête lointaine. Les phrases prennent de la fermeté, les inflexions se font plus marquées, et je sens une énergie nouvelle s'installer. Elle commence à balayer mes croyances, les remplaçant par une certitude tranquille. Le tumulte intérieur grandit, une anticipation électrisante se répand dans chaque fibre de mon esprit aliénant mon corps.
La voix, devenue plus puissante, impose un silence au cœur de l’orage qui commence à se déchaîner en moi. Elle se retire un instant, me laissant face à mes propres démons, libre de me débattre avec mes ombres. Ce retrait soudain intensifie mon chaos intérieur, chaque instant sans elle m'oblige à confronter mes émotions les plus profondes.
Comme un ressac après la tempête, elle revient, douce et rassurante, calmant mes tourments. Chaque mot est un baume, chaque intonation une caresse qui lisse les aspérités de mon âme. Dans cette douceur retrouvée, je sens mes résistances s’effondrer, laissant place à une sérénité nouvelle. La voix ne se contente pas de m’apaiser, elle m'insuffle une force tranquille, une certitude que, même au cœur de la tourmente, je ne suis pas seule.
Dans ce moment de calme retrouvé, elle prend ma main. Sa chaleur, sa fermeté, sont une ancre dans le chaos, une promesse à venir. Ensemble, nous nous approchons du bord de la falaise, ce précipice symbolique où se rejoignent la peur et le désir.
Cette voix, m'enveloppe et me porte, et dans ce tourbillon subtile, transforme l'excitation en un plaisir profond et enivrant. Chaque mot appuie sa demande, chaque intonation devient déferlante délicieuse qui traverse mon être. La voix, à la fois douce et ferme, guide chaque sensation, chaque émotion, jusqu'à ce que l'excitation se mue en une jouissance pure, une harmonie parfaite entre l'abandon et le plaisir.
Au bord de cette falaise, nous sautons ensemble. Ce saut n'est pas un acte de folie, mais une communion parfaite de confiance et d'abandon. La chute devient une ascension vers une liberté nouvelle. En plongeant dans l’inconnu, je ressens une libération intense, une renaissance.
LifeisLife
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La toilette de ma poupée
L'idée vient d'une blague coquine racontée par un ami de Malika :
C'est une petite fille qui voyant son père sortir de la douche, s'étonne de voir son sexe dressé.
- C'est quoi ça papa ?
Le père gêné répond un peu vite
- C'est ma poupée
- Je peux jouer avec ta poupée ?
- Non, tu ne peux pas, c'est interdit !
La journée se passe et le soir avant d'aller dormir le papa prend un somnifère et s'endort profondément.
Le matin au réveil il a très mal à la bite et comme sa fille est dans la salle de bain il s'exclame
- que j'ai mal à ma poupée !
- Je sais pourquoi tu as mal
- Ah bon et pourquoi ?
- Et bien cette nuit, j'ai joué avec ta poupée, je l'ai lavée, caressée
Coiffée et elle m'a craché dessus, alors je l'ai mordue ! na !
Malika à bien rigolé et a ajouté s'adressant à moi.
Quelle bonne idée je vais faire la toilette complète de ta poupée.
Et après m'avoir bondées les couilles bien serrées pour maintenir le gland décalotté elle me fait assoir sur un haut tabouret sur lequel est fixé un plug énorme, je m’empale donc sur le plug non sans mal mais Malika m’aide en appuyant sur mes épaules ou en s’asseyant sur moi, une fois l’engin bien au fond de mon fondement, elle me fait plier les genoux et m’attache les jambes bien écartées aux pieds du tabourets, je ne peux, ainsi, pas me lever, ma queue rendue accessible à ce qu’elle projette de faire : « La toilette de ma poupée » elle me menotte les mains dans le dos, puis suspend un seau à mes couilles, prend un bol, y vide un tube de dentifrice un de poivre noir et un demi de piment fort. Elle mélange consciencieusement la mixture y ajoute un peu d’eau pour obtenir une pate bien souple, prend une brosse à dent, une éponge scotch brite neuve, une bouilloire électrique remplie d’eau quelle met à chauffer.
- 60° ça parait bien non ?
- ça va me bruler ! c’est trop chaud !
Mais non commence pas à faire ta chochotte on va commencer par laver ta « poupée » au savon noir
Au bout de quelques minutes de ce traitement au savon noir ma bite est en érection maximum, les mains de Malika me caressent, me frottent plus ou moins fort, explorent les moindres recoins, s’attardent sur le frein. Délicieux au début le lavage devient vite assez irritant, je me tortille dans tous les sens mais impossible d’échapper aux manœuvres de Malika qui s’ingénie à me prendre la verge juste sous le gland d’une main ferme pour de l’autre me frotter avec l’éponge fort heureusement coté éponge et non coté vert…
- Allez on rince, l’eau doit être chaude.
Elle prend la bouilloire et verse doucement l’eau brulante sur mon gland, je ressens comme une morsure atroce la douleur se propage dans tout mon être et dans mes bourses, l’eau qui coule sur mes couilles et ma bite tombe dans le seau Malika reprend l’éponge et essuie les dernières traces de savon sans ménagement je crie, je supplie d’arrêter.
Comme à son habitude quand je râle de la sorte, Malika ôte sa petite culotte, me la fourre dans la bouche et place le bâillon boule qu’elle lace derrière ma nuque, plus un son ne pourra sortir.
- Voila tu es content, on va pouvoir continuer cette toilette, elle trempe la brosse à dent dans la mixture noire et m’enduit copieusement le gland tout en donnant de petits coups comme si elle me lavait les dents en insistant sur le méat, le frein, le dessous, le dessus les côtés. La douleur est de plus en plus vive ça chauffe, ça pique c’est vraiment insupportable.
- On rince ? dit-elle, s’emparant de la bouilloire dont elle déverse le reste du contenu sur mon gland ma bite, mes couilles je hurle dans le bâillon, des larmes jaillissent de mes yeux la sensation est vraiment trop forte.
- Allez la toilette complète maintenant elle plonge l’éponge dans la mixture et entreprend de me laver tout mon appareil génital, elle frotte de plus belle n’épargne aucune place de peau, mes contorsions l’amusent franchement elle rigole de toutes ses dents, retourne l’éponge et me montrant le coté vert, elle dit
- Les choses sérieuse vont seulement commencer je roule des yeux de frayeur je gueule dans mon bâillon mais rien n’arrête, je le sais pourtant, Malika, dans ses œuvres. En effet la douleur est bien plus vive encore sous le frottement du scotch brite, heureusement elle n’insiste pas trop et arrête le supplice assez vite, elle remet de l’eau dans la bouilloire qu’elle met à chauffer.
- On va nettoyer l’intérieur maintenant dit elle se saisissant d’un plug d’urètre qu’elle enduit de la mixture et me l’enfonce doucement mais surement la douleur est à son paroxysme elle fait aller et venir profondément le plug dans mon conduit le remplace bientôt par un autre plus gros et plus long j’apprendrais plus tard qu’il mesure 25cm de long et 9mm de diamètre, je pleure à chaudes larmes ce qui excite d’autant plus ma tortionnaire
- On rince dit elle avec un large sourire
Et l’eau brulante coule une fois de plus abondamment sur mes parties intimes qu’elle frotte en même tps avec le coté vert de l’éponge, elle retire enfin le plug d’urètre me permet, si j’en ai envie de pisser dans le seau.
- pour rincer l’intérieur dit elle
Je m’exécute pensant me soulager mais la brulure est intense et le comble, je n’ai jamais uriné aussi longtemps, le jet s’arrête enfin, Malika me secoue la nouille devenue toute molle l’eau accumulée dans le seau pèse sur mes couilles, ajoutant une douleur supplémentaire mais incomparable avec celle que je ressens dans et sur ma bite, mon gland est en feu, tellement irrité qu’il est rouge écarlate, j’ai l’impression qu’il va exploser.
- La touche finale dit ma tortionnaire et joignant le geste à la parole elle m’envoie une triple giclée de parfum sur le gland provocant une nouvelle morsure encore plus forte, remplacée, bien vite, par une sensation de chauffe progressive, ca brule de plus en plus, j’en perd ma respiration, je suffoque la douleur est indéfinissable, je supplie en pleurant que tout ceci s’arrête mais au contraire Malika reprend le plug d’urètre l’enduit copieusement de parfum et me l’introduit sans ménagement le plus profondément possible le fait aller et venir plusieurs fois, je manque de tourner de l’œil… Malika s’en aperçoit et met fin au supplice .
Elle dépose le seau qui s’est pratiquement rempli d’eau et enlève le bondage de mes couilles en tirant sur la ficelle sans ménagement, les faisant tournoyer autour, le sang afflue d’un coup dans mes bouses ajoutant une douleur supplémentaire.
Elle me détache en prenant son temps et me laisse me relever seul et extirper le plug de mon cul, ma queue ressemble à un chou-fleur, le gland est tout rouge et le prépuce a pris des formes bizarres, il est tout boursouflé et a doublé de volume. Il mettra plusieurs jours à redevenir à-peu-près normal, en le badigeonnant de Biafine le plus souvent possible, il finit par desquamer comme quand on prend un gros coup de soleil, de fines lamelles de peau se détachent au bout du 5ème jour. Résultat et souvenir de ce traitement particulier ma queue et mes couilles ont 2 couleurs : blanche pour la nouvelle peau et grise ou bronzée, pour l’ancienne et restera très sensible très longtemps.
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"De loin, on aurait dit une créature mi-femme, mi-poisson, mi-oiseau, ses grandes ailes rouges déployées sur la mer. Mais j'ai tout de suite compris que c'était un bateau et qu'il allait à jamais bouleverser ma vie. Les funérailles eurent lieu dès le lendemain. Le corps de Phrixos fut cousu dans un sac de cuir, puis pendu à un arbre du grand cimetière qui s'étend entre les bras du fleuve, aux abords des marais. C'est ainsi que l'on traite les morts en Colchide. On ne les brûle ni ne les enterre. On les livre à l'air qui les corrompt, au vent qui peu à peu leur reprend leur matière". Originaire de Thrace, fille d'Astéria et du Titan Persès, Hécate, en grec ancien Ἑκάτη / Hekátê, déesse de la Lune, apparaît comme une divinité polyvalente, une déesse tricéphale, une tête de lion, une tête de chien, une tête de jument; elle représente le symbole des trois phases de la lune, des trois niveaux de l'évolution vitale mais aussi un aspect négatif terrifiant de laTerre-Mère. Elle est parfois assimilée à la terrible Artémis, ou à Perséphone, divinité du monde souterrain et associée aux femmes et à la lune, considérée comme le séjour des morts. On lui élevait des statues ("hécatées") ou des autels aux carrefours, auprès des tombeaux ou sur deslieux de crimes, où la déesse magicienne se livrait à des opérations de magie et de divinition. Maîtresse de l'ombre, elle suscitait les cauchemars. On appelait hécatées, les fantômes qui se manifestaient pendant les fêtes de la déesse et terreurs nocturnes, symboles des désirs secretsou refoulés dans l'inconscient. Elle avait pour compagnes les Erinnyes, personnification desremords de la conscience. Les peupliers noirs lui étaient consacrés. À Athènes, elle était considérée comme la déesse lunaire liée aux cultes de la fertilité, le déesse des accouchements, la protectrice de la germination et des moissons qui accordait la richesse matérielle et spirituelle, les honneurs et la sagesse. Selon Hésiode, elle procurait l'inspiration, la victoire, la gloire, assurait bonne chasse, intervenait dans les courses de chevaux, assurait la prospérité des troupeaux selon son caprice. Elle était aussi la conductrice des âmes emportées par la tempête. Hécate était vénérée à Egine et à Samothrace. Lors des hécaties, en Asie Mineure, on lui immolait des chiens et des mystères étaient célébrés en son honneur.Dans la mythologie grecque, Hécate est une déesse ambiguë, car elle est associée à deux règnes: elle est à la foislunaire (céleste, ouranienne) et chtonienne (souterraine, infernale, mais aussi terrestre). En tant que divinité lunaire, elle représente un des trois visages de la Lune, les deux autres étant incarnés par Séléné et Artémis. Elle correspond dans cette triade à la nouvelle Lune, soit au moment où l’astre devient invisible mais prépare sa réapparition. Quant à Séléné et Artémis, elles représentent respectivement la pleine lune et la lune naissante. En résumé, Artémis symbolise la naissance et la jeunesse, Séléné la maturité, et Hécate la mort. Hécate a connu deux âges dans la mythologie, le premier positif, le second négatif. À l’époque pré-hellénistique, on la vénérait comme une divinité bienfaisante et bienveillante, du genre nourricier. Elle présidait aux germinations et aux accouchements. L’aspect négatif commença à prédominer pendant l’époque hellénistique. D’une divinité nourricière, Hécate devint une magicienne redoutable, au pouvoir destructeur. Perdant ses vertus fertilisantes, elle se stérilisa progressivement et finit par être associée à la mort. Une de ses représentations était la chienne blanche: l’animal queles anciens Grecs considéraient alors comme le plus éloigné de l’humain. Hécate fait partie des divinités relativement récentes puisqu'elle est inconnue des récits homériques. En général elle apparait comme une déesse vierge mais certains mythographes la font mère de Scylla qu'elle aurait eu avec Phorcys. Certains autres ont voulu donner plus de force aux enchantements de Circé et Médée et la font mère avec Æétès de ces deux magiciennes. Seule de toutes les divinités titaniques, elle conserva sa puissance sous le règne de Zeus, qu'elle défendit contre les géants et Clytios périt brûlé par ses torches enflammées. Par la suite, le triple pouvoir d'Hécate et ses attributions la firent confondre avec d'autres divinités. Cette confusion existedéjà dans les hymnes homériques. Considérée comme reine de la Nature, elle eut un culte mystique, et fut identifiée entout ou en partie avec les déesses en l'honneur desquelles on célébrait des mystères: Déméter, Rhéa, Cybèle qui sontqualifiées de "Brimo" (inexorables); comme chasseresse et protectrice de l'enfance, avec Artémis.
"Les funérailles eurent lieu dès le lendemain. Le corps de Phrixos fut cousu dans un sac de cuir, puis pendu à un arbre du grand cimetière qui s'étend entre les bras du fleuve, aux abords des marais. C'est ainsi que l'on traite les morts en Colchide: on ne les brûle ni ne les enterre... On les livre à l'air qui les corrompt, au vent qui peu à peu leur reprend leur matière". Comme déesse de la lune, avec la Perséphone mystique, dont les poètes tragiques la rapprochent fréquemment, elle figure aussi dans les mythes des Cabires et des Curètes, et dans le culte d'Apollon. Ainsi, l'on voit auprès de Délos unepetite île nommée île d'Hécate (Athénée). Dans l'hymne homérique dédié à Déméter, Hécate et le Soleil sont les seuls qui s'aperçoivent de l'enlèvement de Perséphone; la déesse saisit un flambeau, et aide Déméter à chercher sa fille, dont elle deviendra ensuite la fidèle compagne. Dans l’art, Hécate est représentée comme une déesse à triple face, avec une tête de cheval, une tête de chien, et une tête de lion. On lui donna plus tard trois têtes de vierge. Ses statues se composent ordinairement de trois corps. Elle est parfois aussi représentée par trois femmes adossées à une colonne.En littérature, elle inspira William Shakespeare dans "Hamlet" et "Macbeth", Pierre Jean Jouve et Paul Morand. Le nom d'Hécate prend racine dans la langue grecque à la croisée de deux étymons qui donnent "μηδομαι," celle qui invente, médite, pense" et μεδέω, "celle qui prend soin, protège". La renommée d'Hécate en tant que magicienne bienfaisante est donc attestée dès son apparition dans le mythe des Argonautes chez Hésiode, mais reste méconnue, si ce n’est refoulée, au profit d’un potentiel maléfique qui va noircir son personnage. Dans les plus anciennes versions du mythe, elle permet à Jason la traversée initiatique d’une expédition réussie qui consiste à restituer aux Grecs un talisman royal consigné en Colchide pour accéder au trône sans pour cela qu’il y ait de meurtre. Nous pouvons suivre le retournement en son contraire d’une figure première de protection en celle de destructivité et comment celle-ci est restée figée dans le pire en tant que mère infanticide, l’invention du crime étant due à Euripide en 431 avant notre ère. Depuis son nom métaphorise une certaine jouissance, celle de l’"hainamoration". Si une femme fait l’expérience de cette mise en abîme à l’infini d’avoir été engendrée par une femme qui a elle-même été engendrée par une femme et qui à son tour peut potentiellement engendrer une femme, elle le doit à son anatomie qui la fait détentrice d’un utérus, ce que l’homme ne possède pas. Le regret de Jason, dans la Médée d’Euripide, illustre sa blessure: "Ah ! il aurait fallu que les hommes puissent faire des enfants par un autre moyen, sans qu’il existât la race des femmes : ainsi les hommes ne connaîtraient plus le malheur !" Cette blessure qu’Antoinette Fouque appelle avec raison "vexation génésique". L'Hécate d’Euripide use de son pouvoir sur les enfants pour casser l’arrogance de Jason qui ne vise, lui, que le pouvoir royal en la répudiant. La fureur de Médée est à la hauteur de l’ingratitude de Jason qui, sans elle, ne serait rien ou ne serait plus. Le tragédien connaît ce que les études philologiques et iconographiques ont révélé au sujet de ses rites pratiqués, selon qu’ils se soient déroulés en Colchide ou à Iôlcos. Ainsi trouve-t-on une représentation de Jason régurgité par le dragon gardien de la Toison d’or. Sur une coupe datée des alentours de 480, le dragon est sur la partie gauche et Médée se tient à droite, alors que Jason, tel un nouveau-né se dégageant du sexe de la femme, plonge les bras en avant.
"Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers. Tous brûlent en leur cœur de se massacrer avec le bronze aigu au milieu de la presse. La bataille meurtrière se hérisse de longues piques, des piques tailleuses de chair qu'ils portent dans leurs mains. Les yeux sont éblouis des lueurs que jette le bronze des casques étincelants, des cuirasses fraîchement fourbies, des boucliers éclatants, tandis qu'ils avancent en masse". Plus répandue dans l’imagerie populaire est la représentation d'Hécate faisant bouillir son chaudron. Soit elle utilise ses mixtures en transfusions avant l’heure que reçoit Aeson, le père de Jason, soit elle y plonge l’intéressé toujours de sexe masculin à des fins de rajeunissement, pour remédier à sa vieillesse, Pélias ou Aeson, ou pour une simple régénération, Jason. Dans son chaudron est notamment aussi plongé le bélier qui en ressort transformé en agneau. Cette séquence, qui vient d’une version plus tardive, nous est connue pour avoir été pratiquée devant les Péliades, filles de Pélias, afin de les convaincre du bienfait si elles confient le sort de leur père à Médée, mais cela ne s’avérera n’être qu’une supercherie pour se débarrasser de lui . Pélias est un roi illégitime qui a usurpé le trône. Il est haineux à l’esprit vengeur et sans pitié. Il n’a pas craint d’offenser Héra en tuant dans son temple la femme qu’il poursuivait et qui venait s’y réfugier. Cette femme était la marâtre maltraitante de sa mère qui, violée par Poséidon, avait mis au monde Pélias et son frère jumeau. Elle avait été maintenue recluse et, avec eux, cachée subissant les mauvais traitements de la marâtre jusqu’au jour où le roi de Iôlcos l’épousera et adoptera ses enfants. Mais ceux-ci n’étaient pas destinés à régner car de cette union un héritier était né, Aeson. Quand viendra le temps de la succession, Pélias l’évincera ainsi que son jumeau. Aeson et sa femme Polymédée soustrairont leur enfant à la menace d’infanticide et partiront pour le mont Pélion confier le petit Jason au centaure Chiron précepteur sage et magicien. Adolescent, son ascendance royale révélée, Jason revient à Iôlcos réclamer à son oncle le trône dont il est l’héritier légitime. En route, il a aidé une vieille dame sans avoir su qu’il s’agissait de la déesse Héra. Celle-ci est venue à lui pour en faire son protégé et surtout son instrument pour le malheur de Pélias, l’assassin sacrilège de l’épouse d’un de ses adorateurs. Héra ne plaisante pas avec cela. L’aventure de Jason va se concevoir comme une perpétuelle exposition à la mort due à l’injonction perverse de son oncle cruel. Pour y parvenir, des transgressions seront commises qui feront côtoyer à l’équipage de l’Argo les forces obscures de la régression. Ils seront aidés par les divinités. Héra, instigatrice de l’entreprise, est la déesse tutélaire qui veut le mort de Pélias. Elle fait appel à Athéna, l’indispensable conseillère des héros qui possède le potentiel bien nécessaire à Jason, pour traverser les épreuves à venir. Déesse de la Guerre et de la Pensée, elle le protégera avec ses compagnons par sa Sagesse et les guidera en présidant à la construction de l’Argo, qu’elle équipe d’une proue parlante taillée dans une poutre venant d’un bois sacré d’oracle et en suivant sa navigation. Métis, première amante de Zeus, est à la fois Sagesse et Prudence ou bien son envers Ruse. Zeus avait avalé son amante alors qu’elle était enceinte d’une fille, craignant qu’après cette première naissance elle ne mette au monde un fils, qui le délogerait comme lui-même avait délogé son père, Cronos. L’enfant sortit armée du crâne de son père qu’Héphaïstos fendit. Ainsi le fils présumé fut sacrifié avant d’exister, en supprimant sa gestatrice potentielle. À la génération précédente, Cronos, menacé dans sa souveraineté par la génération nouvelle, avait dévoré tous ses enfants, sauf Zeus, que Rhéa avait sauvé par ruse en le substituant par une pierre.
"Mais voici qu'Achille s'approche, pareil à Enyale, guerrier au casque bondissant. Sa pique en frêne du Pélion est là, qui vibre à son épaule droite, effrayante, et, tout autour de lui, le bronze resplendit, pareil à l'éclat du feu qui flamboie ou du soleil qui se lève. Dès qu'il le voit, la terreur prend Hector. Il n'a plus le cœur de rester où il est". Tel un corps collectif, l’Argo franchira les épreuves en puisant dans l’ingéniosité que recèle l’intelligence consciente des individus la constituant, mais aussi inconsciente avec le pouvoir de leurs songes. Des invocations seront aussi faites aux déesses primitives. Apollonios ne se prive pas d’accentuer un retour vers l’originaire. Du début à la fin de son épopée, Apollonios place le périple de l’Argo sous la tutelle des divinités archaïques, rattachées au culte de la Grande Déesse. Il y aura le passage du stade occidental au stade oriental, à entendre comme passage d’un temps dit civilisé à un temps archaïque, où les forces premières et non domptées rencontrent les forces de vie, celles génésiques. Le récit nous porte vers le Pont-Euxin et le détroit de l’Hellespont, nous sommes alors conviés à suivre, avec suspens, une prouesse de l’Argo et une première transgression. Jusque-là, aucune embarcation ne s’était aventurée au-delà au risque d’être engloutie par les tumultueuses et fracassantes Symplégades, ces roches flottantes renommées comme infranchissables, car pouvant enserrer les navires dans ses récifs se rapprochant. Dès l’arrivée en Colchide, Héra et Athéna inopérantes auront recours à Aphrodite afin de déclencher l’état amoureux de Médée, la fille d’Aiétès qu’elles comptent utiliser. Aphrodite va convaincre son fils Éros d’atteindre la jeune femme de sa flèche. Elle deviendra cette force obscure, mais puissante, dont il sera dépendant en lui délivrant les drogues dont il aura besoin pour réussir sa mission. Magie et amour seront intriqués, comme le sont les destins des pulsions de vie et pulsions de mort jusqu’à la désintrication. Apollonios centre son récit sur les effets du coup de foudre nécessaire à l’intrigue, effets qui provoquent l’ébranlement affectif de la jeune femme. Le choc amoureux, loin de la rendre heureuse, provoque un cataclysme. Ce par quoi elle est pénétrée qui va la faire haïr Jason en même temps que sa force d’attraction s’exerce, la fait œuvrer vers un sacrifice d’elle-même, marque d’une jouissance bien au-delà du principe de plaisir. Le poète rend alors compte d’une bascule narcissique vers un narcissisme de mort, avant qu’elle ne mette ses pouvoirs au service de Jason. Désespérée, elle envisage même le suicide pour échapper à ce destin, sa boîte contient les ingrédients pour concocter une potion fatale. Mais la volonté d’Héra, qui tient les ficelles, la fait se ressaisir. Elle aidera Jason. C’est en précaire suppliant que Jason la retrouve dans le temple d’Hécate, pour obtenir d’elle les potions dont il a besoin. Il ne craint pas de la corrompre pour parvenir à ses fins. Mais cœur d’artichaut, il succombe lui-même au sentiment amoureux, alors qu’elle est ravagée par ses tourments. Aucun mortel ne peut accomplir les travaux auxquels Aïétès soumet Jason. Ils se dérouleront sur la plaine d’Arès et consisteront à dompter des taureaux d’une férocité sans nom pour en faire des bœufs de labour. Dans les sillons, des dents de dragon semées ont engendré des guerriers qu’il va combattre. Médée lui a préparé des drogues, dont un onguent, qui le métamorphosent en vaillant et invincible guerrier. Il accomplit le rite particulier destiné à Hécate que la magicienne lui a enseigné, afin que les puissances telluriques l’assurent d’une fureur sans limite pour un seul jour.
"Ah ! qu'il périsse donc, chez les dieux comme chez les hommes, cet esprit de querelle, ce courroux, qui induit l'homme en fureur, pour raisonnable qu'il puisse être, et qui semble plus doux que le miel sur la langue, quand, dans une poitrine humaine, il monte comme une fumée ! et c'est de la sorte qu'ici j'ai été mis en courroux par le protecteur de son peuple, Agamemnon. Mais laissons le passé être le passé, quoi qu'il en coûte, et maîtrisons, puisqu'il le faut, notre cœur en notre poitrine". Il sort vainqueur du combat, mais Aiétès, qui ne tient pas sa parole, ne lui rend pas la Toison d’or. Médée devra encore intervenir. La nuit venue, elle usera d’incantations et de potions pour décrocher secrètement le précieux talisman suspendu à l’arbre sacré et gardé par le dragon toujours éveillé qu’elle endort. Jason, couvert de la peau d’or qui va légitimer son pouvoir royal devant Pélias, embarquera sur l’Argo avec celle qui ne peut désormais que s’exiler et qui devient épouse aigrie aux pouvoirs maléfiques. Apollonios consacre plusieurs vers à l’onguent dont Jason a enduit son corps, ainsi que sa lance et son bouclier avec des précisions sur l’origine de sa substance et le lieu de la cueillette. Médée l’a cueillie au pied du Caucase qui surplombe la Colchide, où Prométhée est enchaîné. Le "prométhéion" a poussé, nourri du sang s’écoulant du foie meurtri du Titan perpétuellement dévoré par l’aigle, supplice que lui a infligé Zeus. Si la Médée d’Euripide représente ce pouvoir absolu d’une femme sur la vie et la mort de ses enfants, celle d’Apollonios en amène une préfiguration de l’"hainamoration" qui ira jusqu’au meurtre de ses enfants et qui se révélera chez elle par un narcissisme de mort, alors que les travaux accomplis par Jason régénéré lui donneront une unité existentielle qui lui fera quitter l’état l’"améchania". Les anciennes versions littéraires ainsi que les figures iconographiques racontent qu’à leur retour à Iôlcos, elle procède au rajeunissement de Pélias et d’Aeson. Par cette opération, Médée viendrait-elle remédier à la blessure que suscite la maturité d’un fils auquel il faut céder la place ? Apaiserait-elle les pulsions cruelles d’un père-chef destitué par sa descendance ? Le chaudron de Médée serait-il un retour à ce temps antérieur au refoulement du corps de la mère qui ramènerait vers ce lieu de transformation du vivant, en évitant autant l’écueil de l’infanticide que celui du parricide à l’instar de la légende d’Œdipe ? Permettrait-il de réactualiser la difficulté que représente ce temps de passage pour toute civilisation patriarcale que représente la génération nouvelle ? "La mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves. À la voir, on regarde la vie".
Bibliographie et références:
- Walter Burkert, "Le mythe d'Hécate"
- Anne Collognat, "La divinité Hécate"
- Apollodore, "Bibliothèque"
- Apollonios de Rhodes, "Argonautiques"
- Hésiode, "Théogonie"
- Pierre-Jean Jouve, "Hécate"
- Maurice Larès, "Dictionnaire de l'antiquité"
- Paul Morand, "Hécate et ses chiens"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Shakespeare, "Hamlet"
- Shakespeare, "Macbeth"
- Sandrine Agusta-Boularot, "Hécate, la divinité"
- Franz Regnot, "La déesse Hécate"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Plus il réfléchissait, plus grandissait en lui le désir de prendre le commandement en chef de l'armée grecque. Mais, d'un autre côté, il se mettait à penser que personne ne peut être sûr de ce que réserve l'avenir. Il se disait qu'il risquait de perdre la gloire qu'il avait déjà acquise. Il ne savait plus quoi décider. Pour sortir de sa perplexité, il estima que la meilleure solution était de consulter les dieux". Historien, philosophe et chef militaire grec, il est l’auteur d’une œuvre multiforme. Il fréquenta les sophistes et fut l’élève de Socrate. Hostile à la démocratie instaurée après la chute des Trente, il s’engagea dans l’armée des mercenaires spartiates au service de Cyrus le Jeune. "L’Anabase" est le récit de la retraite des Grecs après la mort de Cyrus que dirigea Xénophon en tant que général jusqu’en Asie mineure. "Les Helléniques" est son œuvre majeure en tant qu’historien. On lui reprocha ses sympathies pour Sparte (constitution des Lacédémoniens). Il dut subir un long exil pendant lequel il se consacra à son domaine agricole et à l’écriture d’une grande partie de son œuvre. Il rentra ensuite à Athènes. Dans l’"Apologie de Socrate", il cherche à préserver fidèlement le discours de Socrate, dont il suivit l’enseignement. Dans "L’Économique", il évoque les problèmes de la gestion d’un domaine, ainsi que la place et le rôle de l’épouse. " Après avoir traité des naissances, je vais maintenant expliquer le système d’éducation des Spartiates et des autres Grecs. Parmi les autres Grecs, ceux qui prétendent donner à leurs fils la meilleure éducation les placent sous la surveillance d’un serviteur, aussitôt que les enfants comprennent ce qu’on leur dit, et les envoient tout de suite à l’école pour apprendre les lettres, l’écriture, la gymnastique. En outre ils amollissent les pieds de leurs enfants en leur donnant des chaussures et ils énervent leurs corps en les faisant changer de vêtements: quant à la nourriture, on la mesure sur leur appétit". Xénophon (Xénophôn) est né vers 428 et mort vers 355 av. J.-C. C’est l’un des rares auteurs athéniens qui aient vécu un temps dans l’empire perse. Il passa la plus grande partie de sa vie en dehors de sa patrie, d’abord en Asie, puis dans le Péloponnèse. Il côtoya des Perses en participant, avec des milliers de mercenaires grecs, à l’expédition menée par Cyrus le Jeune contre son frère aîné, le roi de Perse Artaxerxès II (expédition des Dix-Mille, 401 av. J.-C.). Il put ainsi observer non seulement les troupes perses (celles de Cyrus et celles du roi), mais aussi les régions de l’empire qu’il traversait, au départ de la côte d’Asie Mineure, il monta à l’intérieur des terres jusqu’en Mésopotamie, aux abords de Babylone, traversa ensuite l’empire en remontant au nord jusqu’à la mer Noire, puis en longeant la côte jusqu’au Bosphore. Il passa ensuite plusieurs années en Asie Mineure, où il prit part aux campagnes lacédémoniennes contre les satrapes, notamment entre 396 et 394, aux côtés du roi de Sparte Agésilas. Lié d’amitié avec ce dernier, il vécut ensuite dans le Péloponnèse (à partir de 390 environ) et ne regagna sa patrie que dans les dernières années de sa vie. Il ne peut donc être considéré comme un Athénien représentatif. Son implication personnelle dans les événements explique ses rapports passionnels avec plusieurs des personnages de ses récits, qui se font l’écho de ses haines (Tissapherne, Ménon) et de ses sympathies (Cyrus le Jeune, Agésilas). Ces sentiments ont ensuite largement retenti sur la vision occidentale de ces figures historiques. Les discours politiques présents dans l’œuvre historique de Xénophon posent les mêmes problèmes d’interprétation que ceux de Thucydide ou de n’importe quel autre auteur de l’Antiquité: lorsqu’un historien compose un discours, on peut toujours s’interroger sur ses intentions propres ou sur l’impossible vérité des propos rapportés. Rappelons qu'après avoir été l'élève de Socrate, Xénophon entama une carrière de stratège et de soldat. La retraite des mercenaires est restée dans l’histoire sous le titre de retraite des "Dix Mille": les Grecs de la retraite sont 13 600 au départ et 8 000 à l'arrivée à Byzance. Mal accueilli à son retour à Athènes, car il s'est mis au service de Sparte, il rédige ses ouvrages, "L'Anabase", "La Cyropédie", L'Hipparque", L’Économique" et les "Mémorables".
"Il fit préparer deux victimes qu'il sacrifia à Zeus Roi, la divinité que lui avait désignée l'oracle de Delphes. C'était bien ce dieu, pensait-il, qui lui avait envoyé un songe au moment où il devait assumer pour la première fois une responsabilité dans les affaires de l'armée". Jusqu’à une date récente, les discours de Xénophon ont moins attiré l’attention que ceux de Thucydide, entre autres raisons peut-être parce que l’historien ne fournit pas de commentaire méthodologique comparable au fameux chapitre 22 du livre I de l’Histoire de la "Guerre du Péloponnèse". Par ailleurs ils ont été souvent lus par rapport à ceux de Thucydide ou d’Hérodote. En dépit de la pertinence des points communs qu’une telle analyse peut révéler, on peut sans doute procéder à une approche différente, en notant que la composition des discours s’inspire des exemples des prédécesseurs, mais puise surtout dans les us et coutumes de la rhétorique. Qu’entend-on, dans la rhétorique antique, par "discours politique" ? La notion recouvre des discours de caractère public qui appartiennent aux genres délibératif et judiciaire, si l’on se fonde sur les définitions assez fragiles de l’expression. Ce type de discours se trouve surtout dans l’"Anabase" et les "Helléniques", où les fonctions officielles occupées par les orateurs déterminent dans une certaine mesure le contenu ou l’orientation des propos. Il serait par suite totalement inexact de dire que Xénophon se sert seulement de ses personnages comme d’autant de porte-paroles personnels: même s’il peut donner une place plus importante aux orateurs dont l’opinion s’accorde avec son point de vue, la part d’invention rhétorique et la recherche du discours vraisemblable tempèrent cette tendance. En revanche, il est vrai que la rhétorique d’exhortation occupe une place privilégiée dans les discours politiques de Xénophon. Un passage important et théorique des "Mémorables" en dessine les contours. Dans un entretien avec Périclès le Jeune récemment nommé stratège, Socrate s’interroge sur les moyens dont le nouveau responsable politique dispose afin de redonner du cœur aux Athéniens. La principale solution consisterait à les galvaniser en leur rappelant leurs origines et les hauts faits de leurs ancêtres et Socrate de suggérer une liste d’exemples provenant de l’origine mythique d’Athènes comme de l’histoire glorieuse de ses "ancêtres". Dans cette liste où tout orateur peut puiser, l’exemple des guerres médiques joue sans surprise un rôle majeur. L’histoire est ainsi conçue comme un simple moyen au service d’une fin, celle d’une parole protreptique et édifiante. Souvent prononcés dans une situation critique où ils doivent apporter des réponses, les discours de l’Anabase instrumentalisent l’histoire à leurs propres fins. Ils se servent dans l’ensemble d’une rhétorique panhellénique qui oppose souvent Grecs et Barbares, même si la position personnelle de Xénophon est sans doute plus nuancée qu’il n’y paraît. L’expédition des Dix-Mille étant à l’origine dirigée contre le Roi, les guerres médiques constituent l’horizon historique principal de l’"Anabase" dans sa première partie, ce qui peut expliquer que l’on y ait aussi relevé des échos d’Hérodote. Cette prégnance de l’histoire passée peut cependant surprendre dans un discours de Cyrus le Jeune. Peu avant la bataille de Counaxa, lorsqu’il s’adresse aux mercenaires grecs, il leur explique qu’il les a enrôlés non pour leur nombre, mais pour leur courage qui les distingue de ses autres alliés, dans un discours d’exhortation qui met aussi en avant leur liberté politique: "Faites en sorte d’être des hommes dignes de la liberté que vous avez conquise et que pour ma part je vous estime heureux d’avoir. Car, sachez-le bien, pour cette liberté je donnerais tous mes biens et bien d’autres choses encore (Anabase I, 7, 3). Cette allusion à la liberté acquise par les Grecs est un renvoi implicite à la lutte des guerres médiques. La disproportion numérique entre Grecs et Barbares est un autre lieu commun narratif du conflit souvent associé à Marathon, voire aux Thermopyles, présent chez de nombreux auteurs antérieurs et postérieurs à Xénophon, notamment dans les éloges funèbres. Mais il y a une différence de taille, c’est que l’orateur est dans ce cas un Perse. "Il gardait également un souvenir à l'esprit: quand il était parti d'Ephèse pour être présenté à Cyrus, il avait entendu le cri d'un aigle, alors que le rapace était posé au sol. Le devin qui l'accompagnait lui avait donné son explication".
"C'est le présage de quelque chose de grand, qui ne concerne pas le domaine privé, qui annonce de la gloire, mais aussi de la peine, car les oiseaux ne s'attaquent à l'aigle que quand il est posé. Et ce n'est pas un présage de richesse, car c'est l'aigle en vol qui se procure sa nourriture". Faut-il alors s’indigner de ce que Xénophon fasse parler un Perse avec les mots et le parti pris d’un Grec ? Cette réaction peut paraître naïve ; comme tout discours d’armée, les propos de Cyrus, s’ils ont bien été prononcés, ne sauraient avoir été fidèlement retranscrits. Mais faute de vérité historique, sous leur apprêt rhétorique, on peut défendre la vraisemblance de leur contenu en rappelant la connaissance approfondie que Cyrus avait des Grecs. Faire l’éloge de leur liberté politique lui permet de flatter un point sensible de la fierté des soldats, à un moment crucial. Par ailleurs, Cyrus peut se donner l’image avantageuse d’un homme qui lutte pour sa propre liberté et surtout aussi contre son asservissement à son propre frère. Grâce à ces propos, Xénophon le rapproche de Cyrus l’Ancien qu’Hérodote présente à plusieurs reprises comme celui qui a rendu les Perses libres. Ce rapprochement est conforme à une représentation de Cyrus le Jeune que l’on retrouve dans d’autres passages de l’œuvre de Xénophon. En réalité, si les propos de Cyrus sur la liberté, presque trop beaux pour être vrais, ont paru suspects aux lecteurs modernes, c’est surtout parce qu’ils ont pour fonction narrative d’annoncer un autre discours d’exhortation, celui que Xénophon adresse après la mort de Cyrus et des stratèges à l’armée tout entière. L’essentiel de son argumentation est fondée sur l’aide supposée acquise des dieux, qu’impliquent dans le récit le parjure des Perses, l’éternuement providentiel d’un soldat et le péan en l’honneur de Zeus-Sauveur. La causalité divine capable "en un instant de rendre petits les grands et de sauver facilement les petits, même dans les plus grands périls" ("Anabase" III, 2, 10) est un lieu commun qui peut rappeler un passage bien connu d’Hérodote (I, 5), voire un discours d’Artabane (VII, 10). Cette réflexion sur la grandeur relative des choses, des événements et des hommes est récurrente chez Xénophon, notamment dans la dernière partie des "Helléniques". Or le discours de l’"Anabase" repose aussi sur un rappel explicite (III, 2, 11) de l’exemple glorieux des guerres médiques. Cette évocation présente deux particularités: elle accorde une grande importance à la bataille de Marathon et au sacrifice annuel que les Athéniens dédient à Artémis depuis cette date. Le contenu de ces propos a paru invraisemblable dans une assemblée où les Athéniens sont loin d’être majoritaires et dans un contexte historique si proche de la fin de la guerre du Péloponnèse. On peut toutefois s’interroger aussi sur l’intérêt personnel qu’aurait pu avoir Xénophon à susciter le scepticisme de ses contemporains. Pour des raisons inhérentes à la production rhétorique du discours, les lecteurs ou auditeurs ne se posaient peut-être même pas la question de la vérité littérale impossible de ces propos. "Et comme ils avaient promis à Artémis qu’ils sacrifieraient à la déesse autant de jeunes chèvres qu’ils tueraient d’ennemis, puisqu’ils ne pouvaient pas s’en procurer en nombre suffisant, ils décidèrent d’en sacrifier cinq cents chaque année. Encore aujourd’hui, on fait ce sacrifice". Si l’on compare cette évocation de la bataille de Marathon à d’autres cas, Xénophon paraît privilégier une approche relativement neutre de l’événement. Il présente ainsi le conflit comme une attaque des Perses dirigée contre Athènes plutôt que contre toute la Grèce, conformément à certains aspects du récit d’Hérodote par exemple. Il tait le nom de la bataille ; il ne mentionne pas non plus la réaction attentiste des autres Grecs, notamment des Lacédémoniens qui arrivèrent après la bataille. En définitive, dans cette évocation des guerres médiques, les Athéniens ouvrent ainsi la voie à la résistance grecque grâce à leur acte religieux de légitime défense.
"Pendant qu'il sacrifiait, le dieu lui manifesta clairement qu'il ne devait ni briguer le commandement en chef ni l'accepter, s'il était élu. Socrate avait attaché la plus grande importance à démontrer qu'il n'avait jamais été impie envers les dieux, ni injuste envers les hommes. Mais il ne pensait pas devoir s'abaisser à des supplications pour échapper à la mort, qu'au contraire il était persuadé dès lors que le temps était venu de mourir". Xénophon reprend donc à sa façon un lieu commun historique. La bataille de Marathon a été diversement instrumentalisée au fil des années par la cité athénienne. Les Grecs n’en reconnaissaient pas moins l’importance fondatrice de l’événement. Ainsi, lorsqu’il rapporte le règlement de la guerre du Péloponnèse, Xénophon rappelle que les Lacédémoniens n’ont pas voulu anéantir Athènes, comme les Thébains et les Corinthiens le préconisaient, à cause de son engagement dans les guerres médiques: ils "refusèrent de réduire en esclavage une cité, qui avait accompli de grands bienfaits dans les dangers extrêmes qu’avait connus la Grèce" ("Helléniques" II). Le refus d’asservir les Athéniens inverse le lieu commun qui associe guerres médiques et conquête de la liberté. Si les principaux adversaires d’Athènes ont considéré l’argument comme légitime lors du règlement de la guerre du Péloponnèse, il est probable que le rappel de la conduite d’Athènes face à l’attaque perse, quelle que fût sa forme, ne paraissait pas si incongru, sinon pour un auditoire de mercenaires péloponnésiens, du moins pour un lecteur ou un auditeur de cette époque. Quant à l’orientation religieuse de cette évocation de Marathon, elle peut à première vue sembler plus problématique. La victoire des Athéniens s’inscrit strictement dans le cadre de la promesse faite d’un sacrifice à Artémis. Certes, la présence de la déesse dans ce discours peut aisément se comprendre par rapport à la suite du récit. De retour en terre grecque, après la vente des prisonniers de guerre, Xénophon évoque les offrandes qu’il aurait faites à Apollon et Artémis, notamment en fondant quelques années plus tard un sanctuaire à Scillonte sur le modèle de l’Artémision d’Éphèse. Mais l’allusion à Artémis Agrotera devait aussi avoir une signification politique forte associée à la démocratie athénienne. Rétribution logique au soutien exceptionnel apporté par la déesse, le sacrifice annuel célébré depuis la victoire de Marathon commémore le vœu prononcé avant la bataille par Miltiade ou par le polémarque Callimachos. Il s’inscrit dans la geste politique fondatrice du régime. Dans le calendrier religieux, ce sacrifice tient une place cruciale en raison du nombre de bêtes abattues. Il représenterait un événement marquant aux yeux de la communauté. On a parfois supposé que le nombre de victimes (500) était à rapprocher symboliquement du nombre de bouleutes. Par-delà la célébration annuelle de la victoire, le rite religieux rappellerait donc la victoire de la démocratie athénienne sur la tyrannie. Et d’un point de vue rhétorique, dans son traitement de l’histoire des guerres médiques comme dans l’usage du lieu commun de l’invocation des "ancêtres", le discours de Xénophon n’est pas si éloigné de l’oraison funèbre. Si Xénophon invoque donc un rituel particulièrement symbolique et dont la connotation politique est forte, on peut comprendre que son discours ait paru invraisemblable, d’autant plus qu’un passage de Plutarque qui s’en prend à Hérodote tend indirectement à faire de Xénophon un thuriféraire de la grandeur d’Athènes. En effet Plutarque reproche à Hérodote de ne pas avoir mentionné le sacrifice à Artemis Agrotera et d’avoir donné un nombre de morts précis. Il oppose au récit d’Hérodote l’anecdote de l’"Anabase" qui suggère un nombre indéfini de morts. Ce choix narratif aurait eu pour effet de ternir l’éclat de la victoire athénienne en limitant le nombre de pertes perses. "Les soldats veulent seulement rentrer en Grèce, et non fonder une cité en Asie."
"Il faut comprendre quelle était la motivation de ces hommes: ce n'était pas le manque de moyens qui avait poussé la plupart d'entre eux à s'embarquer dans l'espoir d'une paie, mais la réputation de grandeur et de générosité de Cyrus dont ils avaient entendu parler. Les uns avaient amené des hommes avec eux, d'autres avaient fait des dépenses pour partir; certains avaient choisi de quitter en secret leur père et leur mère, d'autres avaient abandonné leurs enfants avec l'espoir de revenir un jour, fortune faite; ils avaient entendu dire que les affaires des soldats au service de Cyrus étaient belles et prospères. Les hommes de cette sorte n'avaient qu'un seul désir : revenir en Grèce sains et saufs". Les allusions historiques des discours politiques, inégalement réparties, se trouvent essentiellement dans les deux premiers et dans les deux derniers livres, c’est-à-dire à la fin de la guerre du Péloponnèse et au cours de la période postérieure à Leuctres. S’il semble difficile de trouver une cohérence d’ensemble au programme historique des "Helléniques", ces mentions du passé dans les discours politiques présentent une certaine homogénéité. Dans les deux premiers livres des "Helléniques", on trouve quelques allusions à une histoire très récente, voire immédiate. Ces événements que Thucydide mentionne parfois font suite à l’expédition de Sicile, au voisinage de la révolution oligarchique de 411. Ils mettent en cause directement des individus. On peut mentionner le cas d’Alcibiade et de son retour à Athènes (I, 4, 13-17); le procès des Arginuses permet à Euryptolèmos de faire une allusion au procès récent de l’un des responsables du soulèvement de 411, Aristarchos (I, 7, 28). Enfin l’antilogie qui oppose Critias à Théramène est l’occasion pour le premier de rappeler la carrière du second et son implication dans les événements de 411 (II, 3, 30 et la réponse de Théramène, II, 3, 46). Or ces allusions associées à l’histoire récente d’Athènes s’opposent au discours politique du nouveau navarque de la flotte lacédémonienne, Callicratidas, nommé en 406 en Asie mineure à la place de Lysandre. Ce dernier ne lui facilite pas la tâche. Callicratidas éprouve toutes les peines du monde à réunir des fonds pour ses troupes. Lassé des difficultés rencontrées pour aborder Cyrus le Jeune, il tient des propos apparemment panhelléniques, lorsqu’il se présente devant l’assemblée des Milésiens dans une posture résolument anti-perse: "Pour ma part, Milésiens, j’ai l’obligation d’obéir aux dirigeants de chez moi, quant à vous, je vous demande personnellement de faire preuve du plus grand zèle à faire la guerre, car comme vous résidez au milieu des barbares, vous avez déjà souffert les maux les plus nombreux de leur part. Allons, avec le secours des dieux, montrons aux Barbares que nous sommes même capables de châtier nos ennemis sans leur témoigner notre admiration". Si la manœuvre politique s’avère sur le moment efficace, l’attitude comme les propos de Callicratidas semblent difficiles à interpréter. Les avis sur ce passage sont divergents. Aux yeux de certains, le portrait de Callicratidas mû par ses émotions et par son ressentiment est assez négatif. Pour d’autres, il est plutôt positif parce qu’il s’oppose à celui de Lysandre dont il prend la suite. C’est ce point de vue qui est majoritaire, même s’il est nécessaire de le tempérer. Tout en étant l’expression d’un panhellénisme de circonstance, le discours aux Milésiens pourrait refléter une opinion politique somme toute assez conforme aux idées de Xénophon. Après la défection des alliés athéniens consécutive à l’expédition de Sicile, Milet sert de base navale en Asie mineure pour les Lacédémoniens qui ont passé des conventions avec les Perses. Ces accords suscitent quelques heurts dans la cité : Thucydide rapporte ainsi comment les Milésiens s’en prennent à un poste de garnison de Tissapherne. Par conséquent, lorsque Callicratidas évoque les "maux" que la cité a dû endurer à cause des barbares, sans doute exploite-t-il ce ressentiment, en faisant aussi une allusion directe au malheur originel, la prise de Milet et sa destruction de 494, l’un des événements à l’origine des guerres médiques. Son retentissement avait été considérable, en particulier à Athènes.
"J’ai toujours eu la conviction que tels sont les chefs d’un État, tel est l’État lui-même. Or, quelques-uns de ceux qui, dans Athènes, sont à la tête des affaires, prétendant connaître aussi bien que les autres hommes les lois de l’équité, mais se disant forcés, vu la pauvreté du peuple, à se conduire injustement, je me suis proposé d’examiner par quels moyens les citoyens pourraient subsister des ressources de leur propre pays, persuadé que, si ce projet réussissait, on mettrait un terme à leur pauvreté et aux soupçons des Grecs. En réfléchissant donc à l’objet que j’avais dans l’esprit, il m’a tout d’abord paru que notre pays est fait pour donner de forts revenus. Et, afin de prouver la vérité de ce que je dis, je vais parler en premier lieu de la nature de l’Attique". La ligne d’argumentation thébaine ainsi présentée fait allusion à trois conflits du passé, la guerre de Troie, les guerres médiques et l’expédition asiatique d’Agésilas. La mention de la bataille finale des guerres médiques, Platées, est une inversion délibérée du lieu commun de Marathon qui consiste à dire que la cité athénienne s’était battue "toute seule" contre le Roi. Xénophon le connaissait fort bien pour l’avoir lui-même détourné dans l’"Anabase". Dans ce passage des "Helléniques", la réécriture de ce lieu commun souligne le médisme des Thébains en inversant les rôles, peut-être dans un souvenir lointain d’Hérodote. Le message politique hostile à Thèbes est en tout cas évident. Mais cette mention de la bataille de Platées s’éclaire encore lorsqu’on la met en perspective avec d’autres allusions historiques présentes dans les discours politiques de cette dernière partie des "Helléniques". Quelques mois avant le congrès de Suse, les Lacédémoniens qui subissent une invasion thébaine viennent solliciter en urgence l’aide d’Athènes. Dans le discours d’ambassade, Xénophon accorde une place centrale aux propos de Proclès de Phlionte, cité alliée de Sparte. On a parfois vu dans ce choix de rédaction le désir de ménager la fierté spartiate. Après avoir rapporté le discours de Proclès qui fait appel à la magnanimité athénienne, Xénophon signale en effet une délibération de l’assemblée avec un débat où le vote final ne tient pas compte des avis opposés qui se seraient exprimés. Une discussion a donc bien eu lieu entre Athéniens, ce que confirment les témoignages du "Contre Nééra" et, dans une certaine mesure, de Diodore de Sicile. On peut également rappeler que cette scène d’assemblée est conçue sous la forme d’une trilogie, renvoyant expressément à une autre trilogie de discours athéniens située à Sparte, deux ans plus tôt (VI, 3). En adoptant la même forme, Xénophon choisit de ne présenter que les discours prononcés par des citoyens étrangers dépêchés en ambassade et non ceux des citoyens qui les reçoivent. Le rôle de Callistratos dans le rapprochement entre Athènes et Sparte est suffisamment mis en avant lors de la première trilogie pour que l’historien puisse juger bon dans la scène d’assemblée suivante de rester dans l’implicite. Enfin, le texte d’Aristote semble montrer que la discussion lors de cette assemblée devait avoir suffisamment marqué les esprits pour servir d’exemple courant dans une réflexion sur la magnanimité et l’ingratitude. S’il est indéniable que Xénophon procède à un choix narratif, en sélectionnant les propos et les orateurs, on doit néanmoins reconnaître que sa version des faits est dans l’esprit conforme aux autres témoignages, et qu’elle présente la même orientation ou réflexion éthique sur la "magnanimité" athénienne. Les nuances, comme toujours, proviennent des choix rhétoriques ou politiques effectués par l’historien, qu’il s’agisse de Xénophon, de Callisthène ou d’Éphore. Xénophon reprend des expressions symétriques pour décrire l’hégémonie terrestre des Lacédémoniens, à une exception près. Si les dieux apportent leur aide à tour de rôle aux Athéniens puis aux Lacédémoniens, ils ne sont apparemment pas du côté des Thébains, selon la majorité des observateurs.
"L’extrême douceur du climat est attestée par ses produits mêmes: ce qui ne pourrait pas germer ailleurs vient ici à maturité. De même que la terre, la mer qui entoure le pays , abonde en produits de toute espèce. Tous les biens que les dieux accordent à chaque saison se montrent ici plus tôt et disparaissent plus tard. Et ce ne sont pas seulement les productions qu’une année voit naître et vieillir, qui donnent la supériorité à notre contrée, mais elle possède encore d’éternelles richesses. Le sein de la terre y est rempli de marbres ,dont on construit des temples magnifiques, de magnifiques autels, des statues dignes de la majesté des dieux. Aussi, nombre de Grecs et de Barbares viennent-ils s’en procurer". La défaite de Leuctres ne mentionne pas le nom du vainqueur, et encore moins le rôle supposé du dieu dans cette bataille (VII, 1, 10). La cité béotienne se trouve ainsi rejetée dans un non-dit, un camp non défini, dont l’hégémonie est illégitime et la menace associée au "danger barbare", comme le récit du congrès de Suse le confirme. La fin des "Helléniques" est donc décevante à plus d’un titre. L’hégémonie lacédémonienne n’a pas d’autre issue historique naturelle que sa chute. Quant au discours de Proclès qui prône une répartition du commandement de l’alliance en fonction des compétences propres, il exprime un idéal politique qui tourne court: les Athéniens préfèrent voter pour un commandement alterné. La promesse séduisante d’une double hégémonie équilibrée, dans les mots, se heurte donc à un échec historique dans les faits. Au terme de ce parcours des allusions historiques dans les discours politiques de l’"Anabase" et des "Helléniques", il apparaît que Xénophon fait preuve d’une certaine économie de moyens dans le choix de ses exemples. Cette méticulosité est porteuse d’un message politique qui dépasse la dimension exhortative des exemples choisis. Ainsi, l’évocation directe de Marathon par Xénophon l’Athénien est limitée à un moment dramatique de l’expédition des Dix Mille. Au lieu de célébrer la seule grandeur d’Athènes, elle est mise au service d’un discours fédérateur qui rappelle la nécessité d’obéir et de rendre grâce aux dieux et qui n’entre nullement en contradiction avec tous les propos que Xénophon rapporte avoir tenus à la fin de l’expédition. Dans les "Helléniques", le conflit des guerres médiques est un motif récurrent du discours politique qui apparaît dans la bouche du navarque Callicratidas à Milet, et qui justifie par la suite l’expédition d’Agésilas en Asie mineure. Les allusions historiques qui suivent la bataille de Leuctres, plus nombreuses, créent une distance pessimiste par rapport aux difficultés du présent, autant que le choix d’un orateur de prédilection, ni Spartiate ni Athénien : les descendants des héroïques combattants des Thermopyles en sont réduits à tenter de contenir l’invasion thébaine de leur propre territoire. Le récit montre que les Athéniens naturellement prompts à secourir l’opprimé réagissent inefficacement à la demande d’aide. Quant à la victoire de Platées, Xénophon choisit un Thébain pour l’évoquer directement, afin de souligner la traîtrise et le médisme thébains lors du congrès de Suse. Enfin, dans sa mise en scène dramatique de la magnanimité athénienne, l’historien est bien conscient que l’efficacité rhétorique d’un exemple, bien délimité, dépend essentiellement du choix, "occasion" qui doit tenir compte du moment du discours, de son auditoire et de l’orateur. Xénophon meurt en 355 selon l'helléniste français Émile Chambry.
Bibliographie et références:
- Vincent Azoulay, "Xénophon et les grâces du pouvoir"
- H. R. Breitenbach, "Un philosophe et historien: Xénophon"
- Alain Billault, "Le regard historique de Xénophon"
- Alfred Croiset, "Les vies multiples de Xénophon"
- Édouard Delebecque, "Essai sur la vie de Xénophon"
- Dominique Goust, "Xenophon, le philosophe"
- Jacques Luccioni, "Les idées politiques et sociales de Xénophon"
- Claude Mossé, "Dictionnaire de la civilisation grecque"
- Charlotte Murgier, "Xénophon et Socrate"
- Pierre Pontier, "Le discours politique de Xénophon"
- Leo Strauss, "Essai sur la philosophie de Xénophon"
- Eugène Talbot, "Introduction aux Œuvres de Xénophon"
- John Weston, "Le discours socratique de Xénophon"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers. Tous brûlent en leur cœur de se massacrer avec le bronze aigu au milieu de la presse. La bataille meurtrière se hérisse de longues piques, des piques tailleuses de chair qu'ils portent dans leurs mains. Les yeux sont éblouis des lueurs que jette le bronze des casques étincelants, des cuirasses fraîchement fourbies, des boucliers éclatants, tandis qu'ils avancent en masse. Il aurait un cœur intrépide, l'homme qui pourrait alors trouver plaisir, et non chagrin, à contempler telle besogne". Fille de Cronos et de Rhéa, la déesse Héra ou Héré, en grec ancien, Ἥρα / Hêra ou en ionien, Ἥρη / Hêrê, était la reine du ciel et de l'Olympe. Épouse et sœur aînée de Zeus, elle partageait avec lui la domination du ciel. Elle fait partie des douze Olympiens. Elle fut identifiée à Junon par les Romains et considérée comme la grande déesse préhellenique des phénomènes célestes dont, selon les Arcadiens, le culte était contemporain de celui de l'ancètre du Grec Pelasgos, né de la terre. Elle perdit progressivement sa dimension cosmique pour devenir le type de la femme idéale, la protectrice de la femme dans les différentes étapes de la vie, le mariage et la maternité. Elle était adorée dans tous les pays grecs comme représentant la belle saison. Primitivement adorée sous la forme d'un tronc d'arbre, d'une colonne, d'une planche ou d'un "xoanon", gaine enveloppant tout le corps. Elle fut plus tard vêtue d'une tunique et coiffée du polos. Son nom en grec signifie généralement dame. Il représente peut-être à l'origine une "Herwä" (protectrice). En sanscrit, il signifiait: "svar", c'est-à-dire, ciel. Héra était née sur l'île de Samos, ou, selon certains auteurs à Argos. Comme tous les enfants de Cronos, excepté Zeus, Héra avait été avalée par son père puis régurgitée. Dans une version rapportée par Hygin, Héra ne fut pas avalée par Cronos mais au contraire, c'est elle qui aurait sauvé et élevé Zeus en cachette. Elle se trouvait en Crète lorsque son frère tenta de la séduire en se transformant en coucou mouillé. Touchée, Héra recueillit l'oiseau sur son sein, l'oiseau Zeus la viola. Elle en conçut une telle honte qu'elle l'épousa. Ce mariage commémore les conquêtes de la Crête et de la Grèce mycénienne, c'est à dire crétoise, et la fin de sa suprématie dans ces deux pays et explique la fusion de deux cultes différents, crétois et grec. On raconte qu'à leurs noces, la Terre-Mère offrit à Héra un arbre couvert de pommes d'or dont la garde fut confiée aux Hespérides sur le mont Atlas, que leur nuit de noce dura trois cents ans et que Héra renouvelait régulièrement sa virginité. Pendant la titanomachie, elle fut élevée par Océan et Théthys ou bien elle aurait été élevée par Téménos, fils de Pélasgos, en Arcadie, ou bien par les Heures, en Eubée, ou encore par les filles du fleuve Astérion, en Argolide. Les Saisons furent ses nourrices puis elle fut élevée en Arcadie par Téménos. Zeus et Héra donnèrent le jour à Arès, Hébé, Héphaïtos et Illithye. Certains prétendirent qu'Héphaïtos fut alors conçu par parthénogenèse, c'est-à-dire, par autofécondation et que son époux soupçonneux l'attacha à une chaise mécanique qui la maintenait assise et l'obligea à jurer par le Styx qu'elle disait la vérité, légende née de la coutume d'attacher les statues divines à leur trône pour les empêcher de s'enfuir. En perdant la statue de sa déesse, la cité perdait sa protection divine.
"Ainsi que des moissonneurs, qui, face les uns aux autres, vont, en suivant leur ligne, à travers le champ, soit de froment ou d'orge, d'un heureux de ce monde, et font tomber dru les javelles, ainsi Troyens et Achéens, se ruant les uns sur les autres, cherchent à se massacrer, sans qu'aucun des deux partis songe à la hideuse déroute. La mêlée tient les deux fronts en équilibre. Ils chargent comme des loups, et Lutte, qu'accompagnent les sanglots, a plaisir à les contempler. Seule des divinités, elle se tient parmi les combattants". Son type plastique est peu caractérisé. Debout ou trônant, elle portait avec beaucoup de majesté les attributs royaux traditionnels: le sceptre et le diadème. Sa tête recouverte de voiles est le symbole du mariage. Parfois elle tenait dans l'une de ses mains une grenade, emblème de la fécondité. Le paon lui était consacré en souvenir d'Argos, dont elle prit les cent yeux, lorsqu' il eut été tué, pour les placer sur le plumage de l'oiseau. Elle était la protectrice par excellence de la femme et la déesse du mariage légitime, la protectrice de la fécondité du couple et, particulièrement avec Ilithye, des femmes en couches. Ses végétaux favoris: la grenade, l'hélichryse et le lys. Elle avait le pouvoir de conférer le don de prophétiser à un homme aussi bien qu'à un animal de son choix. Elle était aussi la protectrice d'Argos et de l'Argolide qu' elle avait disputée à Poséidon. Elle avait des temples qu'elle partageait souvent avec son époux, dans presque tous les pays grecs et tout particulièrement à Samos et Argos où se déroulait tous les cinq ans une grande fête "Héraea" en son honneur. Il y avait aussi la fête "Daedala" qui se passait tous les sept ans ou une grande fête tous les soixante ans. Gamelia, célébrée au mois de "Gamelion", fin janvier-début février, était le meilleur moment pour se marier. Ses animaux favoris: le paon et la génisse. Héra est le prototype même de la femme jalouse et rancunière qui se vengeait des constantes et humiliantes infidélités de son époux en persécutant ses rivales et leur progénitures. Les rapports de mari et femme entre Zeus et Héra sont le reflet de ceux qui existaient chez les barbares de l'âge dorien. Parmi ses victimes, on cite: Héraklès, fis de Zeus et d'Alcmène, sur le berceau duquel elle envoya deux serpents qui furent étranglés par le nouveau né; Sémélé, fille de Cadmos et d'Harmonie, mère de Dionysos, qui sur les conseils d'Héra, osa regarder Zeus dans toute sa gloire et fut foudroyée; la nymphe Io, que Zeus transforma en vache pour la protéger, mais qui fut malgré tout rendue folle par les piqûres d'un taon envoyé par Héra; Léto qui donna naissance à Apollon et Artémis. Héra, la protectrice du mariage était un modèle de fidélité. Il lui arriva toutefois d'être l' objet de l'assiduité des hommes, tels Ixion, Ephialtès ou le Géant Porphyrion qui furent rapidement chatiés par Zeus ou ses enfants.Toutefois il existe une légende où elle serait la mère de Pasithéa par Dionysos (Nonnus, Dionysiaca 31.103). Un jour, Héra abandonna ainsi Zeus, lassée par l' infidélité constante de son mari.
"Aucun autre dieu n'est là; ils sont assis, tranquilles, en leur palais, là où chacun a sa demeure bâtie aux plis de l'Olympe. Ils incriminent, tous, le Cronide à la nuée noire. Ils voient trop bien son désir d'offrir la gloire aux Troyens. Mais Zeus n'a souci d'eux. Il s'est mis à l'écart, et, assis loin des autres, dans l'orgueil de sa gloire, il contemple à la fois la cité des Troyens, et les nefs achéennes, et l'éclair du bronze, les hommes qui tuent, les hommes qui meurent". Alors sur le conseil du roi de Platée, Alalcoménée, ou Cithaeron, Zeus façonna une élégante statue en bois, il la recouvrit d'un voile et il la plaça à côté de lui sur son char. Puis il fit courir le bruit qu'il allait épouser Plataea, la fille du roi. Dès qu' Héra l'apprit, elle fut si furieuse qu'elle accourut immédiatement et renversa la statue. Mais en voyant la supercherie, elle se réconcilia avec son mari dans un grand éclat de rire. Ses attributs matériels étaient le diadème royal et le sceptre. De nombreux récits la montrent combattant les géants, troublant l' Olympe de ses jalousies et de ses querelles avec Zeus. Un jour, lassée de ses infidélités elle fomenta une révolte avec Poséidon, Apollon et tous les autres habitants de l' Olympe, sauf Hestia. Ils l'entourèrent par surprise tandis qu' il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger. Il les menaça de les tuer sur-le-champ mais comme ils avaient mis la foudre hors de sa portée, ils se moquèrent de lui. Alors qu' ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile dans l' Olympe, alla chercher Briarée aux cent bras qui défit promptement les lanières, se servant de toutes ses mains à la fois et libéra son maître. Elle était appelée par Homère, la déesse aux bras blancs. Comme Héra était l'instigatrice de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n' osaient pas lui porter secours malgré ses cris déchirants. Finalement, Zeus la libérera à la condition qu 'ils fassent le serment de ne plus jamais s' insurger contre lui. Ils obéirent à contrecœur. Elle favorisa des divinités ou des héros, les Argonautes et les combattants grecs de la guerre de Troie ou contrecarra d' autres. D'autres aussi furent l' objet de son courroux pour lui avoir déplu comme Pâris qui ne l' avait pas élue "la plus belle", et Tirésias qu 'elle rendit aveugle pour avoir affirmé que les femmes avait neuf fois plus de plaisir que les hommes. Mais les conquêtes féminines de son époux furent les principales cibles comme Io, Sémélé, Léto, Europe, Callisto ou leur progéniture comme Héraclès ou Dionysos. Héra en tant que reine du ciel a été très souvent représentée par les artistes grecs. À l'origine , ils lui donnèrent la simple forme d' un tronc d' arbre, d' une colonne, puis d' un xoanon. Ensuite, le type archaïque se constitua: une femme de grande stature, aux traits rigides, à la chevelure ondulée, coiffée du polos et vêtue d' une longue tunique. Les Jeux organisés en son honneur s'intitulaient les "Héraia". Au Vème siècle, Phidias et Polyclète créèrent un nouveau type pour donner à la déesse une attitude pleine de noblesse. Le mythe était ainsi né.
"Chante, déesse, la colère d'Achille, le fils de Pélée, détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes fières de héros, tandis que de ces héros mêmes elle faisait la proie des chiens et de tous les oiseaux du ciel, pour l'achèvement du dessein de Zeus. Pars du jour où une querelle tout d'abord divisa le fils d'Atrée, protecteur de son peuple, et le divin Achille. Allons ! Achille, dompte ton cœur superbe. Non, ce n'est pas à toi d'avoir une âme impitoyable, alors que les dieux mêmes se laissent toucher. N'ont-ils pas plus que toi mérite et force ? Les hommes pourtant les fléchissent avec des offrandes, de douces prières, des libations et la fumée des sacrifices, quand ils viennent implorer après quelque faute ou erreur". L’irascible épouse de Zeus véhicule en depuis l’Iliade une désagréable réputation de mégère qu’elle a transmise à la cruelle Junon de l’Énéide. Les traditions mythiques l’associent aux monstres dont Héraklès doit débarasser le monde. Et pourtant, cette image négative ne correspond pas à la figure divine dont témoignent les cultes. La mégère des traditions épiques et mythiques était d’autre part la plus vénérée des grandes déesses à l’époque archaïque, celle qui fut honorée des premiers temples en dur. La déesse "aux bras blancs" rayonnait sur ses domaines particuliers, Argos, Samos, Corinthe, Platées, et sur la Grande Grèce, en particulier sur Crotone, sur Poséidonia. Elle rencontra en Italie la Junon italique et l’Astarté carthaginoise, et ce grand syncrétisme prépare dans le domaine de l’Italie méridionale et centrale la diffusion du culte marial. On l’enferme souvent dans son rôle de garante du mariage légitime. Mais sa sphère d’action est bien plus vaste. C’est avant tout, il est vrai, l’épouse de Zeus. En Argos, l’Argos assoiffée, elle garantit, grâce au "hieros gamos", le retour des pluies de printemps, donc la fécondité et la prospérité. Elle s’intéresse aux naissances, aux initiations féminines et au statut de la femme en général. Mais elle ne se cantonne pas dans ce domaine. Mère d’Arès, elle garantit la sécurité, assumant ainsi une certaine fonction militaire, symbolisée par le bouclier, et elle protège les navigateurs, à commencer par le premier d’entre eux, Jason. Elle est enfin, et surtout, la Reine, garante de la Souveraineté. Son lait d’immortalité dessine au ciel la Voie Lactée. Les fouilles des "Heraia d’Argos", de Samos, de Pérachora, de Poséidonia et de Crotone ont montré, grâce aux innombrables trouvailles d’offrandes souvent modestes et émouvantes, que la déesse était l’objet d’une vénération intense, y compris dans les couches populaires. C’est pourquoi sans doute, dans le cadre des évolutions religieuses de l’Antiquité tardive, elle a joué un rôle au moins localement, sur le territoire des cités où elle jouait un rôle dominant – dans la naissance du culte marial. Mais cet héritage va bien au-delà d’une réinterprétation locale. La continuité a été facilitée par le fait que la Vierge, en gagnant en puissance, devient elle-même plurifonctionnelle. Jeune épouse inépousée, certains de ses titres font d’elle tout autre chose qu’une "Grande Mère" confinée dans la sphère de la fécondité, même si celle-ci reste dominante. En effet, outre son statut de Mère ("christotokos", "theotokos, "theomêtôr", Mère du Christ, de Dieu), et de protectrice de la fécondité, elle est, comme Isis et comme Héra-Junon, "maîtresse des étoiles", "miroir de la justice", "reine du ciel". Sa fonction souveraine et impériale sera développée en particulier à la cour de Byzance.
"Mérion, tu as beau être brave: pourquoi parler ainsi ? Doux ami, ce n'est pas en usant de mots injurieux que tu éloigneras les Troyens du cadavre. La terre auparavant doit garder une proie. Les bras décident à la guerre, comme les paroles au Conseil. Ce qu'il faut, ce n'est pas entasser des mots, c'est se battre. Le jour qui fait un enfant orphelin le prive en même temps des amis de son âge. Devant tous il baisse la tête: ses joues sont humides de larmes. Pressé par le besoin, l'enfant recourt aux amis de son père". C’est Pausanias lui-même qui écrit : "À la pointe de la Larisa se trouve un temple de Zeus dit Larisaios". L’épiclèse de l’Athéna honorée au sommet de l’Acropole était "Akria". Au fond, l’épiclèse de la "Vierge du Rocher" rappelle celle d’Héra. La localisation du sanctuaire d’Héra "Akraia" sur le site du couvent de la "Panaghia tou Brachou" paraît donc l’hypothèse la plus vraisemblable, mais reste une hypothèse. L’étape suivante sera sans doute plus convaincante. Pour une fois, Pausanias lève ne serait-ce qu’un petit pan du voile qui couvre les mystères. Et il nous permet d’entrevoir un lien entre d’une part le bain rituel et la virginité renouvelée, et d’autre part le rite central du "hieros gamos" de l’Héraion, qui garantit le retour régulier des pluies de printemps et la prospérité agricole. Le bain d’Héra est attesté également à Platées, à Samos, et même en Syrie. En Grande-Grèce également la continuité Héra-Vierge se révèle avec une particulière netteté. Nous ne pouvons ici qu’évoquer en quelques mots l’itinéraire d’Héra, qui à la faveur de la colonisation dont elle constitue l’une des patronnes, a rencontré les déesses italiques qui lui correspondaient, et fut vénérée par les Grecs et par les peuples indigènes, en son sanctuaire extra-urbain du Silaris, en limite de la "chora" de Poséidonia-Paestum. Son assimilation à la Junon romaine trifonctionnelle, qui dépend comme elle de l’héritage indoeuropéen, n’a rien d’artificiel. Et tout semble prouver qu’à l’avénement du christianisme, la "Madonna" a pris localement le relais d’Héra. À Paestum, les indices d’une certaine continuité religieuse sont en effet concordants. Le temple d’Athéna fut converti en église dès le Vème siècle. L’aire suburbaine consacrée à Aphrodite-Vénus a gardé le nom de "Santa Venera". L’essentiel n’est pourtant pas ici, mais sur les hauteurs de Capaccio Vecchio, qui dominent la plaine. C’est là, au-dessus du "Caput aquae", que les habitants, chassés par l’insécurité et l’insalubrité, ont trouvé refuge, pour y construire une église au VIIIème siècle. Dans l’église bâtie au XIIème siècle à côté de la précédente et pour la remplacer, une statue ancienne représente la Vierge à l’enfant tenant une grenade: c’est la "Madonna del granato" généralement considérée comme l’évidente héritière d’Héra. En fait, l’importance du fruit symbolique, qui donne son nom à la Madone locale, précisément sur le territoire de l’ancienne Poséidonia, dominé dans l’Antiquité par Héra, nous oblige à admettre une continuité. En effet, l’iconographie de la déesse, à Poséidonia comme dans les autres centres de son culte, est pour ainsi dire peuplée de grenades. À l’Héraion d’Argos, par exemple, Pausanias (II, 17, 4) a vu la grande statue chryséléphantine de Polyclète: "La statue d’Héra est assise sur un trône. Elle porte une couronne où sont sculptées les Charites et les Heures, et dans une main elle tient alors le fruit du grenadier, dans l’autre un sceptre".
"C'est Zeus qui m'envoie jusqu'ici. Il dit que tu retiens contre son gré le plus malheureux des héros qui combattirent sous les murailles de troie, Aujourd'hui il t'ordonne de le renvoyer, car son destin n'est pas de mourir sur cette île loin des siens. Les plus braves sont meurtris par le bronze impitoyable. Il est pourtant deux hommes, deux guerriers glorieux, Thrasymède et Antiloque, qui ignorent toujours que Patrocle sans reproche est mort, et qui s'imaginent que, vivant, il se bat encore avec les Troyens aux premières lignes". Quant à la grenade gardons le silence: le mythe est défendu par le secret". Comment devons-nous interpréter ce symbole ? La discrétion scrupuleuse du Périégète nous prive d’un "logos" essentiel. Il ne nous reste plus qu’à tourner autour du mystère pour en cerner les significations. Le fruit se caractérise par des traits riches d’associations: ses innombrables grains qui expliquent son nom en latin et dans les langues romanes suggèrent l’idée d’abondance, de richesse. La couleur rouge de sa pulpe et de son jus évoque le sang. Si l’on songe que le nom grec "rhoia" doit s’expliquer par l’idée d’écoulement (grec "rheô"), on entrevoit peut-être le sujet du "logos" mystérieux, en rapport avec l’écoulement du sang menstruel. Dans l’ensemble, le symbolisme de la grenade se rapporte à la féminité, à la fécondité-multiplicité, au mystère de la vie et de la mort. C’est donc tout naturellement qu’il sera passé d’une Dame à l’autre. Du reste, d’autres symboles leur sont communs: la couronne, la pomme et les fruits d’une façon générale, la colombe ou le lys. Bien sûr, faut-il le préciser ?, la Vierge, qui synthétise à la fois l’ensemble des grandes divinités féminines du paganisme et des valeurs éminemment chrétiennes, ne s’identifie pas à Héra sur le plan théologique et mythico-légendaire. La différence est évidente, puisque les forces monstrueuses, dont l’épouse de Zeus avait le contrôle, sont désormais les adversaires diaboliques de la Vierge. Ni cette différence importante, ni les élaborations théologiques, ni la profondeur de la conception proprement chrétienne de Marie, ne peuvent rien contre l’évidence de la continuité. La trop rapide étude que nous avons menée à la fois sur le terrain et dans les textes suffit en effet à démontrer, nous semble-t-il, qu’en Grèce comme en Italie méridionale la Vierge succède à Héra, comme elle succède à d’autres divinités païennes, essentiellement féminines, qu’elle synthétise. Elle ne se contente pas d’occuper mécaniquement le site ou le sanctuaire. Elle reprend à son compte une partie des fonctions de la divinité, mais il ne s’agit pas de "survivances". Nous sommes au contraire en présence d’une prodigieuse Source de Vie religieuse. Le processus que nous découvrons à l’œuvre est dialectique et créatif. Il intègre les fonctions des déesses et les fond dans un creuset religieux, où le symbolisme universel et les données du paganisme grec se croisent avec la théologie proprement chrétienne, en une synthèse profonde. "La lune se leva sur la rive orientale et ses ailes revetirent alors un éclat argenté".
Bibliographie et références:
- Callimaque, "Hymnes"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Homère, "Odyssée"
- Homère, "L’Iliade"
- Pausanias, "Description de la Grèce"
- Pierre Chantraine, "Dictionnaire de la langue grecque"
- Platon, "République"
- Platon, "Le Banquet"
- Plutarque, "Vie de Lycurgue"
- Philippe Borgeaud, "Héra, la mère des dieux"
- Félix Buffière, " Les mythes d’Homère"
- Jean-Claude Fredouille, "La déesse Héra"
- Raymond Janin, "Constantinople byzantine"
- Nicole Thierry, "Le culte de la déesse Héra"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Une Nuit Inoubliable : Une Soirée BDSM dans une Église Abandonnée
L'obscurité s'était installée lorsque nous avons pénétré dans les vestiges de cette église abandonnée. L'air était chargé de mystère et d'anticipation, l'endroit parfait pour une soirée BDSM d'une intensité rare. Nous étions cinq : deux dominants et trois soumis, prêts à transformer cette nuit en une expérience inoubliable.
Le Choix du Lieu
L'idée d'organiser une telle soirée dans une église abandonnée pouvait paraître sacrilège pour certains, mais pour nous, c'était l'ultime provocation, l'ultime liberté. L'atmosphère gothique de l'endroit, ses vitraux cassés et ses bancs poussiéreux, créaient une scène presque théâtrale. Les ombres dansaient sous la lumière des bougies, donnant à notre réunion des allures de rituel satanique.
Le Périple pour Arriver
Le voyage pour atteindre l'église s'est révélé être une aventure en soi. Située dans une région isolée, l'accès n'était pas simple. Nous avons dû emprunter des chemins de terre tortueux et mal entretenus, ce qui a ajouté une dimension supplémentaire d'excitation et de défi à notre soirée. Chaque embûche rencontrée sur la route renforçait notre détermination à parvenir à destination.
Les voitures chargées d'équipements, de costumes et de participants ont lentement progressé dans l'obscurité, les phares perçant à peine l'épaisse végétation environnante. Lorsque nous sommes enfin arrivés, le soulagement et l'anticipation se mêlaient, marquant le début d'une nuit mémorable.
Un Rituel de Soumission
La soirée a débuté par un cérémonial de soumission. Chaque soumis a été conduit à l'autel, où il devait s'agenouiller et prêter serment d'obéissance. Les paroles résonnaient dans l'espace vide, amplifiées par l'acoustique de l'église. L'énergie qui circulait entre nous était presque palpable, une connexion profonde et intense.
Les Jeux de Pouvoir
Les dominants ont pris leur rôle à cœur, explorant les limites de chaque soumis avec une précision et une attention aux détails fascinantes. Les murmures de douleur et de plaisir se mélangeaient, créant une symphonie unique. Chaque acte, chaque geste était imprégné de respect mutuel et de consentement, fondement essentiel de notre communauté.
Le Dépassement de Soi
Parmi les soumis, l'un d'eux, Alex, a vécu une expérience de dépassement de soi particulièrement marquante. Alex, habituellement réservé et prudente, a choisi cette nuit pour explorer ses limites plus profondément que jamais. Sous la supervision attentive d'un dominant, Alex a accepté des défis qu'elle n'aurait jamais envisagés auparavant.
L'un des moments les plus intenses a été lorsqu'elle a été attaché aux colonnes de l'église, ses bras étendus, et soumis à un jeu de sensations extrêmes. La douleur se mêlait au plaisir dans une danse envoûtante, chaque coup de fouet devenant un pas de plus vers une libération intérieure. Malgré la douleur, Alex a trouvé une force nouvelle en elle, découvrant une capacité de résistance et de résilience qu'elle ignorait posséder.
Ce moment de vulnérabilité extrême a transformé Alex, lui permettant de se reconnecter avec elle-même d'une manière profondément authentique. L'émotion était palpable lorsqu'elle a exprimé sa gratitude et sa reconnaissance, les larmes aux yeux, marquant ce moment comme un tournant majeur dans sa vie.
Un Rituel de Libération
Au fur et à mesure que la nuit avançait, nous avons atteint un état de transe collective. Les limites du physique et du mental étaient repoussées, et nous nous sommes trouvés dans un état de libération totale. La soumission et la domination n'étaient plus que des concepts, remplacés par une pure expression de soi.
Une Expérience Transformative
Lorsque l'aube a commencé à poindre, nous étions tous transformés par cette expérience. L'église, témoin silencieux de notre soirée, semblait imprégnée de notre énergie. Nous avons quitté les lieux, laissant derrière nous un espace marqué par des souvenirs indélébiles.
Cette soirée BDSM dans une église abandonnée restera gravée dans nos mémoires comme un moment de pure connexion, de dépassement des limites, et de liberté absolue. Ce fut, sans aucun doute, une nuit où nous avons touché l'essence même de notre être, dans un cadre à la fois sacré et profane.
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"Et, d'abord, Gaïa enfanta son égal en grandeur, l'Ouranos étoilé, afin qu'il la couvrit tout entière et qu'il fût une demeure sûre pour les Dieux heureux. Et puis, elle enfante les hautes montagnes, fraîches retraites des divines Nymphes qui habitent les montagnes coupées de gorges, et puis la mer stérile qui bout furieuse, Pontos ; mais pour cela, ne s'étant point unie d'amour. Et puis, unie à Ouranos: elle enfante Océan aux tourbillons profonds, et Coéos, et Crios, et Hypérion, et Japet, et Théia, et Rhéa, et Thémis, et Mnémosyne, et Phoebé couronnée d'or, et l'aimable Téthys. Et le dernier qu'elle enfante fut le subtil Kronos, le plus terrible de ses enfants, qui prit en haine son père vigoureux. Et elle enfanta aussi les Cyclopes au cœur violent, Brontès, Stéropès et le courageux Argès, qui remirent à Zeus le tonnerre et forgèrent la foudre. Et en tout ils étaient semblables aux autres Dieux, mais ils avaient un œil unique au milieu du font. Et ils étaient nommés Cyclopes, parce que, sur milieu du front, s'ouvrait un œil unique et circulaire. Et la vigueur, la force et la puissance éclataient dans leurs travaux. Et puis, de Gaïa et d'Ouranos naquirent trois autres fils, grands, très-forts, horribles à nommer, Cottos, Briarée et Gygès, race superbe. Et cent bras se roidissaient de leurs épaules, et chacun d'eux avait cinquante têtes qui s'élevaient du dos, au-dessus de leurs membres robustes. Et leur force était immense, invincible, dans leur grande taille. De tous les enfants nés de Gaïa et d'Ouranos ils étaient les plus puissants. Et ils étaient odieux à leur père, dès l'origine. Et comme ils naissaient l'un après l'autre, il les ensevelissait, les privant de la lumière, dans les profondeurs de la terre. Et il se réjouissait de cette action mauvaise, et la grande Gaïa gémissait en elle-même, pleine de douleur. Puis, elle conçut un dessein mauvais et artificieux. (Hésiode, Théogonie: 126-154). Dans la mythologie grecque, GaÏa donna naissance au ciel Ouranos, à la grande famille des dieux, et par descendance indirecte, aux êtres vivants. Elle est donc la mère cosmique universelle, indestructible, la plus ancienne des divinités qui régnait sur les océans, les volcans, les rivières, les troupeaux qu'elle a créés. Ses colères produisent les séismes et cataclysmes destructeurs. Mais elle est avant tout la mère qui engendre des formes vivantes en les tirant de sa propre substance. Le culte qui lui était rendu par les hommes primitifs a précédé tous les rites de fertilité liés à l'agriculture. Elle fut chantée par les poètes sur tous les continents, adorée à Delphes comme la maîtresse de l'espace et du temps, et la déesse de la procréation. Les Romains l'adorèrent sous le nom de "Tellus". Gaïa, du grec ancien Γαῖα / Gaîa ou Γαῖη / Gaîē, est une déesse primordiale, c'est la déesse mère, personnification de la Terre. D'après le récit d'Hésiode, il semble bien que Gaïa fut la grande divinité des grecs primitifs. Comme les Egéens, comme les peuples de l'Asie, les grecs ont dû sans doute adorer à l'origine la Terre, en qui ils voyaient leur mère. C'est ce que confirme encore l'Hymne homérique, où le poète dit: "Je chanterai Gaïa, mère universelle, aux solides assises, la plus antique des divinités". Gaïa, "déesse à la large poitrine", qui sur son sol nourrit tout ce qui existe, et par la faveur de qui les hommes ont de beaux enfants et récoltent des fruits savoureux, fut donc un temps la déesse suprême, dont la majesté s'imposait non seulement aux hommes, mais aux dieux mêmes. Plus tard, quand fut établie, victorieuse, la dynastie des Olympiens, le prestige de Gaïa ne fut pas amoindri. C'est elle que les dieux invoquaient encore dans leurs serments : "J'en atteste Gaïa et le vaste ciel qui la domine", proclame Héra, dans l'Iliade, lorsqu'elle répond aux accusations de Zeus. Divinité toute-puissante, Gaïa a non seulement créé l'univers et enfanté les premières races de dieux, mais c'est elle encore qui donna naissance à la race des hommes. Telle est l'interprétation qu'il convient de donner au mythe d'Erichthonios, qu'elle tira de son propre sein pour offrir à Athéna et qui fut le premier habitant de l'Attique. On l'invoquait rituellement en sacrifiant des animaux de couleur noire.
"Donc, avant tout, fut Abîme; puis Terre aux larges flancs, assise sûre à jamais offerte à tous les vivants, à tous les Immortels, maîtres des cimes de l’Olympe neigeux, et le Tartare brumeux, tout au fond de la terre aux larges routes, et Amour, le plus beau parmi les dieux immortels, celui qui rompt les membres et qui, dans la poitrine de tout dieu comme de tout homme, dompte le cœur et le sage vouloir. D’Abîme naquirent Érèbe et la noire Nuit". La puissance de Gaïa se manifestait encore par le don de divination qui lui était dévolu. L'oracle de Delphes, avant de passer aux mains d'Apollon lui appartenait. Par la suite, le rôle de cette déesse alla s'amoindrissant, à mesure que d'autres divinités s'élevaient dans la vénération des hommes. Cependant son culte subsista toujours en Grèce. Elle présidait aux mariages et était honorée comme la prophétesse par excellence. À Patras, les malades venaient la consulter. Elle était particulièrement vénérée à Aegées, à Delphes, à Olympie. Elle avait des sanctuaires à Dodone, à Tégée, à Sparte, à Athènes, près de l'Aréopage. On lui offrait des céréales et des fruits, mais on lui immolait une brebis noire quand on l'invoquait comme gardienne de la sainteté du serment. On la représentait communément sous les traits d'une femme gigantesque.Gaïa personnification de la terre fut, la divinité primitive des Grecs. Mais si son culte subsista à travers les âges, sa personnalité s'effaça devant celle d'autres divinités analogues. À la Gaïa pélasgique, se substitua de bonne heure la Rhéa, d'origine probablement crétoise, qui n'est, elle aussi, que la terre divinisée; on repris la légende de Gaïa pour constituer celle de Rhéa. Les deux couples, Gaïa-Ouranos, et Rhéa-Cronos, reprenaient les mêmes inquiétudes maternelles chez les deux déesses, même fin malheureusede leur époux. Et, de même que les Grecs primitifs faisaient de Gaïa la mère et l'origine première de tous les êtres, la suprématie de Rhéa fut raffermie, car on lui donna pour enfants les grands dieux souverains de l'Olympe. Selon la cosmogonie hésiodique, Gaïa, Gaea ou Tellus personnifie la Terre en voie de formation. Tout de suite après lechaos, elle émergea un jour du néant et donna naissance à un fils, Ouranos. Elle forma avec lui le premier couple divin, mettant au monde une génération de dieux et de monstres: les Titans, les Titanides, les Cyclopes, les Hécatonchires, les Divinités marines dont Nérée et Thaumas qu'elle conçut d'un de ses fils, Pontos, le flot. Elle aida Cronos à mutiler son père en lui fournissant une faucille. Avec Gaïa s'accouplèrent d'autres divinités, le Tartare, entre autres, à qui elle donna le terrible Typhon. On lui attribue également l'enfantement des Harpyes, de Python et de Charybde. Gaïa, Terre-mère, origine féconde de tout, ne tarda pas à prendre dans les cultes grecs et romains une importance considérable. Un hymne homérique la célèbre en tant que divinité de la fertilité du sol et protectrice, en raison de ses nombreux enfants, de la multiplication des êtres humains. Déméter, déesse des Moissons, lui est souvent associée. Assimilée à Tallus par les romains, Gaïa devint, à l'époque classique, une divinité chthonienne ou tellurique. Le poète Hésiode nous livre dans sa Théogonie, la Genèse des Dieux, une version originale de la mythologie grecque, qui fait remonter le temps des origines jusqu’à la cosmologie, les données élémentaires du monde.
"Et de Nuit, à son tour, sortirent Éther et Lumière du Jour, qu’elle conçut et enfanta unie d’amour à Érèbe. Terre, elle, d’abord enfanta un être égal à elle-même, capable de la couvrir tout entière, Ciel Étoilé, qui devait offrir aux dieux bienheureux une assise sûre à jamais. Elle mit aussi au monde les hautes Montagnes, plaisant séjour des déesses, les Nymphes, habitantes des monts vallonnés". Le présent essai d’herméneutique n’est pas philosophique, ni psychanalytique, simplement littéraire. Son objet est une lecture interprétative du mythe de Kronos, un étrange récit qu’on peut entendre comme une légende des temps antérieurs au temps lui-même grâce à l’homonymie de Chronos. Elle déploie la haine originaire de Gaia, la Terre, contre Ouranos, le Ciel. Il l’oppresse, l’étouffe de tout son poids en tous points de l’espace. Chaque nuit Ouranos s’étend sur Gaia, il empêche leurs enfants de venir au monde et la Terre-mère souffre et gémit en ses entrailles. L’issue violente de ce drame cosmique, c’est la castration d’Ouranos par Kronos, fils de Gaia. L’être chtonien aux pensées retorses entend la plainte de sa mère et accède à son désir de se débarrasser d’un géniteur excessivement encombrant et tyrannique. Comment faut-il comprendre le geste de Kronos ? Comment peut-on l’interpréter ? S’il s’agit d’une manifestation de la Haine élémentaire, comment l’articuler à un Amour originel ? La mythologie n’explique rien, elle donne du sens et perpétue nos interrogations. Le mythe de Kronos est énigmatique. Que dit vraiment le mythe, que s’y passe-t-il réellement ? L’aède Hésiode, dont le nom signifie celui qui se fait voix, est peut-être légendaire. Les témoignages de son existence réelle sont postérieurs à sa renommée, l’un d’eux étant autobiographique. Dans son second poème "Erga kai Emerai", "Les Travaux et les Jours", la terre natale d’Hésiode, Ascra en Béotie, est décrite comme un bourg maudit, méchant l’hiver, dur l’été, jamais agréable. Génie de la langue grecque ! L’"Alètheia", la Parole de Vérité, est très proche d’"alètéia", l’errance. Le physicien Empédocle se désignait comme errant malgré sa certitude de parler vrai sous le contrôle des Muses. Paradoxe ? Peut-être pas, si on réfléchit à sa vocation "à la haine et au furieux délire". Le Cosmos, ce grand Vivant à la belle Apparence ne l’a pas toujours été. Il l’est devenu par la haine et la violence. Le monde se fonde sur quatre éléments distincts: Terre, Eau, Air, Feu. Et c’est de leurs rencontres, de leurs oppositions, scissions et réunions, de leurs harmonies et de leurs conflits, que proviennent tous les phénomènes. Empédocle est fasciné par le volcanisme: un événement monstrueux ou miraculeux qui réalise l’impossible. L’air et la terre s’enflamment, l’éruption est une fusion qui s’écoule en rivières de lave incandescente sur les flancs du cratère. La cause du phénomène est inaccessible, enfouie dans les profondeurs de la terre. Le paysage est bouleversé, l’air irrespirable, les nuages de cendre obscurcissent le ciel, la terre se fracasse et s’ouvre sur des béances insondables. La volonté de savoir qui anime le sage ne recule pas face au chaos et à la désolation. Dans sa quête de vérité, elle le précipite dans l’Etna, qui ne rendra que ses sandales. Où sont l’alètheia et l’alètéia ? Les erreurs d’Empédocle résultent de son errance. Sa fascination, sa terreur admirative, le délire du discours poétique, la fureur du désir de savoir. Quelle est la place de la haine dans cette dévastation ? La réponse est dans le texte.
"Elle enfanta aussi la mer inféconde aux furieux gonflements, Flot, sans l’aide du tendre amour. Mais ensuite, des embrassements de Ciel, elle enfanta Océan aux tourbillons profonds, Coios, Crios, Hypérion, Japet, Théia, Rhéia, Thémis et Mnémosyne, Phoibé, couronnée d’or, et l’aimable Téthys. Le plus jeune après eux, vint au monde Cronos, le dieu aux pensers fourbes, le plus redoutable de tous ses enfants et Cronos prit en haine son père florissant". Aristote, philosophe logique, corrige ces errances et remet les éléments en place. Dans sa "Métaphysique", il reproche à son prédécesseur ses incohérences avec un certain mépris ironique. "Empédocle semble dire que le fait que l’amitié et la haine commandent et mettent tour à tour en mouvement est un attribut nécessaire des choses et que, dans l’intervalle, elles se reposent alternativement. Mais, si l’on poursuit et si l’on s’attache à l’esprit, non à la lettre de ses propos, qui ne sont que de misérables bégaiements, on trouve que l’amitié est la cause des biens et la haine celle des maux". Voilà donc notre philosophe de la Haine primordiale et de l’Amour consolateur habillé pour l’hiver ! La physique d’Empédocle n’est pas claire: elle se fonde sur la distinction originaire des quatre Éléments, mais elle les mélange, les réunit pour qu’ils s’opposent et se séparent à nouveau. Tantôt le Tout est harmonieux dans la différence, tantôt il est discordant dans la distinction. Il y a identité, puis altérité. Parfois l’amitié règne sereinement, parfois la haine détruit furieusement. Empédocle échoue à penser le devenir comme unité des contraires, Héraclite, le premier philosophe historique y avait réussi. La psychologie d’Empédocle est équivoque, Aristote la précise au livre II, chapitre 2 de "La Rhétorique" en distinguant la colère de la haine. "On se met en colère lorsqu’on a des ennuis et, quand on éprouve des ennuis, c’est qu’on désire quelque chose. On se met en colère quand les événements sont contraires à notre attente, nous nous fâchons plus contre nos amis que contre ceux qui ne le sont pas". La colère est guérissable avec le temps, la haine est inguérissable. La première cherche à faire de la peine, l’autre à faire du mal, l’homme en colère éprouve de la peine, le haineux n’en éprouve pas. C’est que l’un veut que celui qui a provoqué sa colère souffre à son tour : l’autre que l’objet de sa haine soit anéanti. La colère place hors de soi, parfois parce que l’autre refuse de rester à sa place, alors que l’objet de la haine peut annuler la subjectivité par son omniprésence intolérable. Dans la colère, on est hors-sujet, dans la haine, on est hors-champ, parce qu’un objet obscène occupe toute la scène. Les rectifications d’Aristote et son réalisme peuvent être utiles au présent essai d’herméneutique du mythe de Kronos. Nous l’entreprenons avec un principe non orthodoxe: l’articulation d’une lecture symbolique du récit avec sa lecture réaliste. Autrement dit, nous allons faire comme si la légende était véridique, ou encore, comme si son sens caché était évident. L’avantage espéré est de faire comprendre les apories du mythe, ses impasses et sa répétition. L’histoire de Kronos recommence en effet, dans le texte d’Hésiode, avec Zeus, le premier dieu vivant qui échappe à la dévoration.
"Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large poitrine, demeure toujours sûre de tous les Immortels qui habitent le faite de l'Olympe neigeux ; ensuite le sombre Tartare, placé sous les abîmes de la Terre immense, enfin l'Amour, le plus beau des dieux, l'Amour, qui amollit les âmes, et, s'emparant du cœurde toutes les divinités et de tous les hommes, triomphe de leur sage volonté". Avant la castration du ciel, on ne sait pas qu’il est vide, on le croit, on le fantasme plein, pour oublier sa pesanteur. Le geste de la serpe qui fend l’éther est chrono-logique: le temps commence par un événement initial. La castration est inaugurale, le possible infini s’ouvre sur le réel momentané, instantané, immédiat. La roue du temps ne tourne plus sur elle-même dans le vide, elle tourne sur la terre. Le travail commence, la production du monde humain a désormais lieu d’être, elle se réalise. Grâce à la castration d’Ouranos par Kronos, nous existons. L’existence précède l’essence, il faut exister d’abord (au sens de vivre) pour être ensuite et persévérer dans son être, c’est-à-dire désirer. Aristote a raison : l’homme est un "zoon logikon", le vivant parlant, son devenir étant le "zoon politikon", qui vit dans une cité et discute de ce qui est juste avec ses semblables. Revenons à la Haine originaire et aux hésitations d’Empédocle. En tant que physicien mythologique, il n’a pas compris Hésiode, dont le récit permet à la pensée de se débarrasser du fantasme chtonien de la génération spontanée en lui substituant la reproduction sexuée. Le "néos", le nouveau-né, a pour origine l’union d’une femme et d’un homme, sa vie n’est plus élémentaire mais complexe. Selon Aristote, physicien logique, il n’a pas compris non plus le mouvement qui suppose un monde divisé en lieux d’êtres fixes dont on s’éloigne et que l’on rejoint. Il ne fallait pas mélanger avec ce monde la haine ni l’amour, mais les laisser à l’extérieur, comme désirs humains, tour à tour destructeurs et constructeurs. L’aventure humaine doit être lisible, pour être compréhensible, nous devons la prendre avec nous. Le geste castrateur de Kronos est celui d’un "lieu-tenant", un officier agissant sur l’ordre de sa mère-capitaine, tenant de lieu d’être à ce qui n’a pas encore eu lieu: l’événement de la Haine primitive. L’espace terrestre mobile, la surface de la Terre "à la large poitrine" était agité de sursauts: les tremblements de terre, les éruptions volcaniques. Gaia souffre, elle se plaint et gémit, elle est en colère. Kronos le Haineux entend sa plainte, répond à sa colère. Mais sa réponse se retourne contre lui: le mouvement violemment circulaire de la serpe fendant l’espace le mutile réellement en s’achevant. La haine de Kronos est sans objet : le ciel n’est pas un père, le ciel est vide et silencieux parce qu’il n’a rien à dire. Le lieutenant Kronos obéit, il suit les ordres du capitaine Gaia en rétablissant l’ordre naturel contre l’hubris, l’excès de la copulation permanente. La jouissance stérile est abolie, la jouissance féconde lui succède. Le genre humain peut se reproduire, s’auto-engendrer, et il n’y a plus de génération chtonienne, plus d’autochtones, de Terriens, encore moins d’enfants de la terre qui seraient muets.
"Ensuite les habitants de l'Olympe produisirent une seconde race bien inférieure à la première, l'âge d'argent qui ne ressemblait à l'âge d'or ni pour la force du corps ni pour l'intelligence. Nourri par les soins de sa mère, l'enfant, toujours inepte, croissait, durant cent ans, dans la maison natale". Kronos n’est pas né, c’est le fils chtonien de Gaia, la Terre Immense, retenu dans ses entrailles obscures par Ouranos, le Ciel qui recouvre la Terre en permanence. Ses pensées sont retorses parce qu’elles sont d’emblée haineuses, comme l’oppression de la Terre par le Ciel immensément pesant. Gaia veut s’en détacher, respirer, prendre l’air pour se remuer, ne plus être confinée dans son immobilité douloureuse. Quelque chose doit être tranché, il faut créer un espace vide entre la Terre et le Ciel. L’air, l’éther, doivent être fendus, déchirés pour que les fruits de la terre voient enfin le jour et qu’ils s’alimentent de la lumière. Cette opération sera une castration: parce qu’Ouranos s’unit à Gaia en permanence, cela doit cesser. Kronos est le seul à répondre à la demande de Gaia qui a fourbi dans ses entrailles l’arme du crime, une serpe à la lame affutée, capable de déchirer les chairs les plus coriaces. Ouranos n’est pas un père réel, il n’en a pas la cohérence matérielle, le ciel ne contient que de l’air en mouvement. Le drame se noue dans le geste rapide et violent de Kronos qui ne rencontre naturellement aucun attribut viril, mais se termine sur ceux de son auteur. Kronos se châtre lui-même en croyant châtier son père haineux. Ses bourses retombent sur terre avec le sang de la blessure, le sperme tombe dans la mer, forme l’écume des flots ("aphrós" en grec), dont va naître Aphrodite, la Vénus des Romains, déesse du désir, de l’amour et de la sexualité. Le Cosmos se structure ensuite comme un continuum spatio-temporel. Il y aura une chronologie de l’action, des faits comme des phénomènes. Mais le destin tragique de Kronos n’est pas achevé. Le non-né s’est auto-mutilé, ses frères et sœurs monstrueux et divins sortent des ténèbres mais lui, il ne peut engendrer. Que peut-il se passer ? L’éternel retour du même. Kronos épouse Rhéia, sa sœur, autre figure de Gaia la Terre. De leur union incestueuse sont issus des enfants à nouveau chtoniens, et Kronos recommence l’histoire d’Ouranos. Redoutant d’être détruit par eux, saisi par la haine, il les dévore à leur naissance. Goya a représenté dans une des Peintures noires de sa maison un Saturne, transposition romaine de Kronos, en ogre furieux au regard halluciné qui dévore un de ses fils. Pour échapper à la dévoration, il demande à Rhéia de le transformer en pierre recouverte de langes qui trompent l’ogre chronophage. Ne pouvant naturellement digérer la pierre, Kronos est forcé de la vomir. Après cet événement de répulsion originaire, Kronos est réduit à l’impuissance: il n’engendrera plus rien, l’âge des Dieux olympiens est venu, il sera suivi de l’âge des Hommes enfin, après le combat des Dieux et des Titans. On n’en a pas fini pour autant avec la répétition, qui se poursuit dans la Tragédie inventée par les Grecs pour opérer la catharsis, la purification des pulsions et des passions haineuses. Œdipe en est le paradigme. C’est le dernier fils de la Terre, il se croit tel parce qu’il se pense orphelin. Le berger-esclave qui l’a recueilli lui a traversé les jarrets pour y faire passer une corde afin de le transporter sur ses épaules. Il en restera claudiquant, ce qui lui vaudra son surnom de "Boiteux", qui s’applique aux enfants chtoniens dans les mythes.
"Parvenu au terme de la puberté et de l'adolescence, il ne vivait qu'un petit nombre d'années, accablé de ces douleurs, triste fruit de sa stupidité, car alors les hommes ne pouvaient s'abstenir de l'injustice; ils ne voulaient pas adorer les dieux ni leur offrir des sacrifices sur leurs pieux autels, comme doivent le faire les mortels divisés par tribus". Lévi-Strauss, dans la méthode structuraliste, l’interprètera comme une impossibilité de s’appuyer sur la Terre pour reprendre des forces. Œdipe réalise la sinistre prophétie: en chemin, il croise son véritable père et le tue. Ayant répondu à la question du Sphinx, il prend la place de ce père, épouse la reine de Thèbes, Jocaste, qui est sa véritable mère. Le plus clairvoyant des hommes n’a rien vu venir. Il quittera la ville après s’être auto-puni en se crevant les yeux. Ce que Freud appelle complexe d’Œdipe n’est, selon Lévi-Strauss et René Girard, que la pitoyable histoire d’un bouc émissaire chassé de la Cité pour y avoir apporté l’obscénité scandaleuse du mal. Œdipe est le dernier chtonien victime de la haine des hommes, cette Haine originaire, élémentaire, dont nos désirs proviennent peut-être. Selon la Théogonie d'Hésiode, Gaïa fut la première créature à naître du Chaos primordial, en même temps que leTartare, le monde souterrain, Nyx, la nuit, l'Erèbe, les ténèbres et Eros, la divinité de l'amour générateur. Gaïa donna naissance à Ouranos, le ciel; Pontos, le flot et aux hautes montagnes. Ouranos s'unit alors à sa mère et engendra les Titans et les Titanides, parmi lesquels figurent Cronos et Rhéa, les parents de Zeus et de ses frères et sœurs. Egalement Océan et Thétys, les divinités de l'océan, fleuve coulant alors autour de la terre. Ouranos et Gaïa engendrèrentaussi les trois premiers cyclopes (Brontés, Stéropès et Argés), les Hécatonchires (Cottos, Biarée et Gyés). Nyx et l'Erèbes'unirent pour donner naissance à Héméra (le jour) et Aether (le ciel supérieur). Ouranos avait en horreur les montrueux cyclopes et les géants aux cent bras; il ne leur permit pas de voir le jour et les repoussa dans le sein de leur mère,de sorte que le corps de Gaïa fut déchiré par la douleur. Indignée par la tyrannie de son époux, elle donna à son fils Cronos une faucille en silex et lui ordonna d'émasculer son pèrelorsque, la nuit venue, il s'étendait. Cronos obéit et lança les organes génitaux tranchés loin dans la mer. Des gouttes desang qui tombèrent sur la terre, naquirent les Erinyes (furies), les Géants et les Méliades. Gaïa aida Rhéa, la femme de Cronos qui dévorait également ses enfants, à sauver le dernier né Zeus. Au moment où Cronos allait avaler l'enfant, elle lui donna une grosse pierre qu'il dévora à la place, puis elle cacha le bébé dans une grotte, en Crète, où il grandit. À l'âge adulte Zeus, se révolta contre son père. Il délivra ses frères et soeurs. Il libéra les cyclopes et les hécatonchires prisonniers dans le tartare, les arma d'éclairs; le combat dura dix ans et lorsque Zeus remporta la victoire, il emprisonna lesTitans ennemis et, parmi eux, son père, dans les profondeurs du Tartre. Mais cela mécontenta Gaïa, qui jugea tyrannique l'emprisonnement des Titans. Elle s'unit au Tartare et enfanta le monstre Typhon qui pris sa défense. Par ailleurs, elle incitales géants conduits par Eurymédon et Porphyrion à se rebeller contre Zeus: cette guerre fut la "Gigantomachie". Gaïa produisit une herbe dont le suc rendit les géants immortels et invincible à la guerre.
"Bientôt Jupiter, fils de Saturne, les anéantit, courroucé de ce qu'ils refusaient leurs hommages aux dieux habitants de l'Olympe. Quand la terre eut dans son sein renfermé leurs dépouilles, on les nomma les mortels bienheureux; ces génies terrestres n'occupent que le second rang, mais le respect accompagne aussi leur mémoire". Zeus fit régner partout l'obscurité et découvrit lui-même la plante qu'il cueillit. Puis, avec beaucoup de difficulté, il réussit à vaincre ses ennemis, avec l'aide des dieux et des déesses qui lui étaient fidèles. Il enferma alors les Géants dans la terre, d'où ils étaient sortis. Mais Gaïa rendit aussi un service à Zeus. Quand celui-ci épousa Métis en premières noces, elle lui prédit que le fils néde cette union le remplacerait sur le trône des dieux; aussi il avala Métis. il fit jaillir Athéna. Gaïa assista au mariage de Zeus et d'Héra et offrit à Héra les pommes d'or que gardaient les Hespérides. Elle passait pour l'inspiratrice de nombreux oracles et prophéties. C'est elle qui, selon la légende, fonda le sanctuaire pythique de Delphes, où, à l'origine, un culte lui était rendu. Elle transmit le sanctuaire à Thémis, mais celle-ci céda ses droits à la Titanide Phoebé, qui, à son tour, offrit l'oracle à Apollon. Le serpent python appartenait à Gaïa et, lorsque Apollon le tua, il dut la dédommager du meurtre, fonder les jeux pythiques et employer la prêtresse pythique pour rendre ses oracles. Gaïa veillait à l'accomplissement des serments, dont beaucoup étaient prononcés en son nom. Elle punissait ceux qui les rompaient et leur envoyait les Erinyes pour la venger. Elle s'unit à Pontos et donna naissance à des divinités marines: Nérée (le père des Néréides et de Thétis), Thaumas, Phorcys, Ceto et Eurybie. Elle eut aussi d'autres enfants, dont des monstres, comme Echidno qu'elle engendra avec le Tartare, Erichthonion, qui naquit de la semence d'Héphaïstos et, selon certains auteurs, Triptolème, qu'elle eut d'Océan. Elle produisit le scorpion, qui attaqua le chasseur géant Orion, lorsque ce dernier menaça de détruire toutes les bêtes sauvage de la terre, et lui infligea une morsure mortelle. Gaïa possédait de nombreux autels dans toute la Grèce, alors que son époux n'en avait aucun. Progressivement, on en vint à mépriser cette vision primitive de la nature, et l'homme moderne, imbu de cartésianisme e tde matérialisme, oublia le rôle fondamental joué par la Terre vivante en tout premier lieu parce qu'elle fut fertile, dans son existence. Il l'a négligée et maltraitée. Cependant, il semble qu'une prise de conscience s'opère actuellement et que l'homme retrouve une vision globale de lui-même comme partie intégrante du cosmos, donnant accès au sacré. Gaia et Ouranos ne sont ni mère ni père. Ce sont des métaphores de l’origine ("origo", naissance, provenance), fantasmatique de la vie elle-même. L’idée d’origine renvoie dans le passé le plus éloigné l’impossibilité d’un premier commencement. Comment le temps a-t-il commencé ? Depuis quand y a-t-il des êtres vivants ? Il n’y a pas de raison du premier commencement, c’est un événement inexplicable, la béance, d’où émerge l’être soudainement réel.
Bibliographie et sources:
- Aristote, "Métaphysique"
- Georges Bataille, "Les larmes d'Eros"
- Clément d’Alexandrie, "GaÏa"
- Stella Georgoudi, "Les dieux d'en haut"
- Hésiode, "La Théogonie"
- Hésiode, "Les Travaux et les Jours"
- Homère, "Hymna à Apollon"
- Déméter, "Les Hymnes homériques"
- P. Chantraine, "Dictionnaire étymologique de la langue grecque"
- Sophocle, "Tragédies"
- Rick Riordan, "Héros de l'Olympe"
- John Herbert Varley, "La Trilogie de GaÏa"
- John Weston, "La déesse GaÏa"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité. La vraie tragédie de la vie, c'est lorsque les hommes ont peur de la lumière. Quelle impression mes accusateurs ont faite sur vous, Athéniens, je l’ignore. Pour moi, en les écoutant, j’ai presque oublié qui je suis, tant leurs discours étaient persuasifs. Et cependant, je puis l’assurer, ils n’ont pas dit un seul mot de vrai". Né à Athènes, Platon fonda en 387 dans cette même cité l’Académie, école philosophique très influente, aussi bien dans l’Antiquité, Justinien ferma l’École en 529 apr. J.-C., que de nos jours. Ses Dialogues, écrits pour le public, rendirent célèbre son maître Socrate. Nous n’avons que des données tardives sur son enseignement oral. Grand voyageur, il séjourna à trois reprises à la cour des tyrans de Syracuse, d’où il fut banni par Denys II, après avoir été emprisonné. Il cherchait à fonder en Sicile une cité idéale, gouvernée par un roi-philosophe. La théorie platonicienne des Idées eut un retentissement considérable. Nous la connaissons surtout par Aristote qui l’a vivement critiquée. L’art occupe dans la pensée de Platon une place importante, mais ambiguë. Platon, critique impitoyable de l’art, ne fut-il pas l’auteur de tragédies avant de se consacrer à la philosophie ? Le premier reproche adressé par Platon à l’art est d’obéir à une "technè", ensemble de règles qui régissent chaque domaine de l’art, à l’exception de la poésie qui, d’après Ion, repose surtout sur l’inspiration, d’où le problème du statut du poète (souvent aussi rhapsode). Faut-il y voir un homme inspiré, sans aucun mérite, puisqu’il tient tout du dieu ou un fripon, puisqu’il est incapable, comme Ion, de définir son savoir ? Pour Platon, le poète obéit à une inspiration divine, qui se transmet du poète au rhapsode, du rhapsode au public, selon un procédé qui rappelle les pouvoirs de la pierre d’Héraclée, un puissant aimant qui attire les anneaux de fer et leur communique sa puissance. Il existe un fort contraste, dans les dialogues platoniciens, entre le charme et la souplesse de la conversation, comme si, à l’instar du Phèdre, nous étions à proximité d’un cours d’eau devisant à l’ombre d’un arbre et au chant des cigales, et la violence d’une morsure au cœur de l’âme qu’ils nous font subir, telle la blessure sauvage de la vipère. La pensée prend son temps, laisse l’âme parcourir son chemin jusqu’à elle-même et ce qu’elle pense en vérité, ne craint ni les digressions qui tournent en rond ni l’ennui et même l’irritation de celui qui veut aller vite, trop vite ("Politique", 286 e), elle est la pensée libre, "vagabondage divin". Mais soudain elle intime l’exigence d’un revirement: "Ah si tu dis vrai Socrate, s’exclame Calliclès dans le "Gorgias" (481 c), toute la vie des hommes serait sens dessus-dessous, et nous, nous faisons le contraire de ce qu’il faut". C’est l’appel à une conversion et le combat pour obtenir de l’interlocuteur qu’il revienne vers les sources intérieures de son âme et que s’éveille en son cœur le souci de mener une vie juste: "Quand mes fils seront grands, punissez-les, citoyens, en les tourmentant comme je vous tourmentais, pour peu qu’ils vous paraissent se soucier de n’importe quoi d’autre plus que de la vertu" disait déjà Socrate à ses juges ("Apologie de Socrate", 41 e). Or c’est dans la pratique du dialogue que s’opère cette conversion. Le dialogue, en définitive est la pensée qui prend consistance: parler avec l’autre c’est penser avec lui. Non pas parler pour ne rien dire "Je n’ai que faire de mettre à l’épreuve des “si tu y tiens”, des “s’il te semble”, mais bien plutôt un toi et un moi. Et je nomme ainsi le toi et le moi parce qu’il n’y a rien de mieux pour mettre ce que nous disons à l’épreuve du questionnement" ("Protagoras"). "La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée".
"La réussite, ce n'est pas quand tu es au sommet, mais quand tu touches le fond et que tu es capable de rebondir. Le temps est l'image mobile de l'éternité immobile. Je considère qu'il vaut mieux jouer faux sur une lyre mal accordée, mal diriger le chœur que je pourrais diriger, ne pas être d'accord avec la plupart des gens et dire le contraire de ce qu'ils disent, oui, tout cela, plutôt que d'être, moi tout seul, mal accordé avec moi-même et de contredire mes propres principes". Le dialogue mené en vérité a pour critère qu’on puisse interroger et répondre, qu’on échange en se demandant "ce que peut bien être", et qu’on tente de se donner une réponse qu’on expose à l’autre. Et la parole extérieure est toujours soutenue par ce qu’on se dit à soi-même: "Appelles-tu penser la même chose que moi, demande Socrate à Théétète, une discussion que l’âme poursuit tout au long avec elle-même à propos des choses qu’il lui arrive d’examiner car voici ce que me semble faire l’âme quand elle pense: rien d’autre que dialoguer, s’interrogeant elle-même et répondant, affirmant et niant. Et quand, ayant tranché, que ce soit avec une certaine lenteur ou en piquant droit au but, elle parle d’une seule voix, sans être partagée, nous posons là que c’est son opinion. Mais s’interroger, c’est pour l’âme pensante vivre un dédoublement: elle "se demande" à elle-même, elle essaie de se donner une réponse à elle-même. Elle est incertaine de quelque chose et là où une distance de soi à soi se creuse, la réflexion naît. Ce peut être le fait d’une expérience très simple, celle du promeneur qui, ne voyant pas très nettement ce qu’il voit au loin, se demande ce que peut bien être ce qui paraît se tenir debout près d’un rocher ("Philèbe", 38c). Incertain, il peut se dire que cela lui paraît être un homme alors que c’est une statue, ou tomber juste. Petit dialogue, petite réflexion à l’occasion de ce qu’on ne voit qu’à distance, mais qui fait naître pour la pensée la possible différence entre l’être et l’apparence. Tout ce qui écartèle l’âme, fait obstacle à un jugement immédiat, est bon pour permettre à la pensée de prendre son essor. L’incertitude perceptive fait place à la perplexité intellectuelle lorsque l’âme se demande par exemple ce qu’est le nombre: est-il un, est-il multiple ? À la fois l’un et l’autre ? la contradiction stimule la pensée. Dans un autre domaine, celui du politique, la distance peut être rupture. La réflexion se mue alors en la recherche des énergiques préparatifs requis pour l’établissement d’une cité où un Socrate le juste ne serait pas condamné. Dans ce dernier cas tous les intérêts à l’œuvre dans la cité confronteront leurs forces, aidés par les techniques les plus raffinées de l’art oratoire. Il y aura comme un jeu de miroirs entre ce qui se passe dans cette cité et les pistes de la réflexion. Mais Platon voudra gagner une attitude autre que celle qui a cours dans cette cité, celle qui échappe à la violence et au meurtre intellectuel de l’autre, en s’arrogeant le droit de mener un discours sans que l’autre ne puisse jamais être à égalité avec celui qui parle. Il affirme alors que c’est le "logos", c’est-à-dire la recherche de ce que l’un et l’autre peuvent accorder au nom de la raison, qui doit mener le débat, et non l’envie de gagner: "Crois-tu, demande Socrate dans le "Charmide", que lorsque je te presse de questions, j’ai pour le faire une autre raison que celle qui me fait me scruter moi-même, je veux dire la crainte de me tromper en croyant savoir ce que je ne sais pas ?" (166 c) Et cela vaut pour la discussion que je mène avec moi-même lorsque je pense, car ma pensée est médiatisée par ce que tout autre en moi ou hors de moi pourrait me rétorquer.
"Il semble que, comme les yeux ont été conçus pour l’astronomie, les oreilles l’ont été pour les mouvements harmoniques, et que ses deux sciences, l’astronomie et la musique, sont sœurs, comme disent les pythagoriciens. Ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage: c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à celle dont elle est capable; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire: confiants dans l’écriture, c’est du dehors, du fond d’eux-mêmes qu’ils chercheront à susciter leurs souvenirs; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même". Voilà la première conversion, préambule à toute pensée véritable: écouter le "logos" en écoutant l’autre, se laisser examiner par ses questions, accepter, sans rompre le débat, ou en sautant hors du sujet, de se voir mis en contradiction. Ce dont témoigne la figure de Socrate. L’ironie socratique va nous permettre de nous délivrer de l’ignorance la plus grande, celle de croire savoir alors qu’on ne sait pas, d’être accouché d’une attitude de responsabilité devant le devoir de penser, et également, peut-être, d’un beau "logos", d’une belle saisie de l’intelligible. Car la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, est solidaire d’une conviction: la vérité est, et il est de l’intérêt de tous les hommes que cela qui est se manifeste. Tout l’entretien platonicien va en être animé, refusant de tromper et de se laisser tromper, démantelant les leurres en montrant comment ils sont fabriqués, refusant d’en rester aux apparences, les fameuses "ombres" de la caverne que l’on prend pour des vérités ("République" VII), tout cela à travers questions et réponses mais sans esprit de polémique. La vie de la pensée est ici en jeu. C’est cette attitude de responsabilité et cette conviction qui nous feront refuser de jouer avec les "représentations" qui n’auraient aucun impact sur notre manière de vivre, à la manière de ces intellectuels sophistes s’amusant à produire de beaux effets de langage qui émerveillent les jeunes ("Sophiste", 234 c). Ils jouent avec les énoncés, avec des contenus de propositions, mais ne vont jamais jusqu’à l’acte même de penser, ils vivent à la surface de leur âme ou plutôt cèdent à la violence de leurs passions. Bien plus, il ne s’agit pas de persuader purement et simplement l’autre de la conception vraie ou fausse qu’on se fait de la réalité sans mettre en cause cette conception, ce ne serait que rhétorique et non véritable pensée. La distance requise est faite pour réfléchir, sans jamais abandonner le souci de penser en vérité. "On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation". "La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses". Si maintenant les conditions d’un débat honnête sont acceptées, si nous avons consenti à être purifiés et débarrassés de nos faux savoirs ou de nos mensonges, des difficultés demeurent. Comment trancher devant la pluralité des points de vue ? Car, si l’on recherche la vérité, on ne peut seulement les juxtaposer. "Aussi quand l’être pressé d’enfanter s’approche du beau, il devient joyeux, et, dans son allégresse, il se dilate et enfante et produit; quand, au contraire, il s’approche du laid, renfrogné et chagrin, il se resserre sur lui-même, se détourne, se replie et n’engendre pas; il garde son germe et il souffre. De là vient pour l’être fécond et gonflé de sève le ravissement dont il est frappé en présence de la beauté, parce qu’elle le délivre de la grande souffrance du désir".
"Chacun, parce qu'il pense, est seule responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c'est-à-dire de sa destinée. L’homme le plus heureux est celui qui n’a dans l’âme aucune trace de méchanceté. Une théorie selon Platon raconte qu’autrefois il existait des êtres dotés de quatre jambes, quatre bras et deux têtes. Ils étaient parfaitement heureux et puissants, mais trop puissants au goût de Zeus. Il les coupa et les éparpilla aux quatre coins du monde, si bien que les humains sont maintenant condamnés à rechercher éternellement leur moitié, celle qui jadis partageait leur âme. Seuls les êtres humains les plus chanceux retrouvent leur moitié coupée, leur âme sœur". Le seul moyen d’éviter l’anarchie où l’on ne s’entend plus (en jouant à travers les sens différents des mots), c’est de progressivement resserrer le débat en l’élaguant, et même d’arrêter la discussion pour convenir d’une définition communément acceptée et d’en vérifier la solidité: "ce qui s’impose, toujours et dans toute recherche, c’est plutôt de s’entendre sur la chose même au moyen des raisons ("logôn") qui la définissent que de s’entendre sur le nom sans se préoccuper d’une définition"("Sophiste", 218c). Penser, c’est donc essayer de saisir à travers la multiplicité des aspects d’une chose ce qui peut être entendu de tous, et resserrer progressivement cette entente autour d’une unité faite de raisons intelligibles et qui en sera le "logos", l’intelligible. Ce n’est pas commencer par la définition, mais se mettre en quête d’elle. Alors le débat prend un tour philosophique. En effet, la bonne définition doit renvoyer à ce qu’est véritablement la chose, à son "ousia", c’est-à-dire le "ce que c’est" de la chose, cette manière d’être à propos de laquelle vont questions et réponses, dont nous essayons de rendre compte en cherchant son intelligibilité, et qui se donne dans ce que Platon appelle sa Forme. "La musique est une loi morale, elle donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l'imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose. Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique." On ne peut chercher ni ce qu'on connaît ni ce qu'on ne connaît pas; ce qu'on connaît, parce que, le connaissant, on n'a pas besoin de le chercher; ce qu'on ne connaît pas, parce qu'on ne sait même pas ce qu'on doit chercher". Cette manière d’être "se comporte toujours semblablement en restant même qu’elle-même" ("Phédon", 78 d), elle n’est pas sujette au devenir, elle est "en soi-même", absolu au sens où elle ne dépend pas du sensible mais c’est d’elle que le sensible participe pour avoir quelque être et quelque intelligibilité. Seul le regard de la pensée peut s’en saisir et voir sa causalité à l’œuvre dans ce monde phénoménal, c’est pourquoi on peut l’appeler "Eidos", Idée ("idein", "videre", voir). Cette Idée est le principe qui rend raison de ce qu’on essaie de penser, son sens pourrait-on dire. Et même si celui-ci a été découvert dans le temps il est intemporel, valable pour tous et en tout temps. La pensée découvre de la sorte l’universel, qui est ce qui rassemble et illumine, plus réel dans sa stabilité que ce que nous donnent nos appréhensions sensibles. Mais avant d’en goûter les joies, la pensée peut réfléchir les divers modes qu’elle met en œuvre selon les domaines où elle opère.
"Si, à l'un de vous, je donne l'impression de convenir avec moi-même de quelque chose qui n'est pas vrai, il faut interrompre et réfuter. Car moi, je ne suis pas sûr de la vérité de ce que je dis, mais je recherche en commun avec vous, de sorte que, si on me fait une objection qui me paraît vraie, je serai le premier à être d'accord. C’est maintenant, je crois, le tour de la démocratie; il faut en examiner l’origine et les mœurs, et observer ensuite la même chose dans l’homme démocratique, afin de les comparer ensemble et de les juger. Eh bien, voici à peu près comment l’insatiable désir de ce bien suprême, que tous ont devant les yeux, c’est-à-dire la plus grande richesse possible, fait alors passer un gouvernement de l’oligarchie à la démocratie". C’est ainsi que le dialogue épouse les divers chemins que la pensée peut prendre et qui délimitent les types de savoirs. En présence d’images et des reflets sensibles des choses perçues elle peut seulement faire des conjectures ; elle acquiert alors une conviction mais qui n’est pas encore fondée. Que ces choses sensibles viennent à leur tour servir d’images pour que l’âme aille du sensible à l’intelligible, et la pensée de type mathématique se découvre: c’est elle qui opère la médiation entre sensible et intelligible et qui déduit rationnellement les conséquences des hypothèses qu’elle a posées. Mais voilà qu’au-delà des propositions premières posées telles que par les mathématiques, la pensée nous mène en son lieu propre, là où la "dianoia" ("la pensée qui va son chemin") se découvre dialectique, la science des sciences seule capable d’atteindre le vrai intemporel. Là, elle touche l’être et le vrai tout en n’en finissant pas d’"examiner", mais en n’ayant affaire qu’à elle-même, ne s’occupant que de son libre domaine faisant jaillir les multiples aspects et rebondissements dans l’intelligibilité d’une question, dans la mise au point de la définition recherchée permettant l’accord entre tous. Le regard suit l’éclat de ces Formes intemporelles et non soumises au changement, qui sont chacune unes et mêmes qu’elles-mêmes. C’est pourquoi l’on peut parler de vision intelligible. Or cela-même exige une éducation incessante à laquelle ceux doués d’un naturel philosophe devront consentir. Malheureux l’excellent naturel à qui n’aura pas été donnée ou qui aura refusé une telle éducation, il sera le pire de tous ! L’œil de son âme restera enfoui dans le bourbier. Malheureuse plus généralement la condition humaine si on ne la tire pas vers ce qui la libère en lui enlevant ses chaînes de l’ignorance. Elle restera prisonnière de ses illusions: "compare notre nature, considérée sous l’angle de l’éducation et de l’absence d’éducation, à la situation suivante" ("République" VII 514). Suit le fameux mythe de la caverne où les hommes prisonniers ne peuvent détourner leur regard des vanités qui font les beaux jours de la cité dans une obscurité qui ignore la lumière du soleil. Indignation de celui que l’on contraint de retourner la tête et de marcher vers la lumière: penser en vérité en allant vers le vrai et l’ultime fait souffrir. Une dernière purification va être exigée pour ceux qui aiment les Idées: ne pas se les représenter à la manière des choses sensibles en leur donnant une existence que l’on imaginerait située dans un autre espace et un autre temps. L’Idée de feu n’est pas feu, L’Idée n’est pas une chose. Cette réification des Formes ferait de celles-ci d’inintelligibles conditions d’intelligibilité dont témoigne la gymnastique éblouissante du Parménide. " Comment un homme pourrait-il être heureux s'il est esclave de quelqu'un d'autre ? Veux-tu savoir ce que sont le beau et le juste selon la nature ? Hé bien, voici, si on veut vivre comme il faut, on doit laisser aller ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions et de les assouvir avec tout ce qu'elles peuvent désirer. Seulement, tout le monde n'est pas capable, j'imagine, de vivre comme cela. C'est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu'elle est de devoir dissimuler sa propre incapacité à le faire".
"La masse déclare donc bien haut que le dérèglement est une vilaine chose. C'est ainsi qu'elle réduit à l'état d'esclaves les hommes dotés d'une plus forte nature que celle des hommes de la masse et ces derniers, qui sont eux-mêmes incapables de se procurer les plaisirs qui les combleraient, font la louange de la tempérance et de la justice à cause du manque de courage de leur âme. Car, bien sûr, pour tous les hommes qui, dès le départ, se trouvent dans la situation d'exercer le pouvoir, qu'ils soient nés fils de rois ou que la force de leur nature les ait rendus capables de s'emparer du pouvoir, que ce soit le pouvoir d'un seul homme ou de celui d'un groupe d'individus, oui, pour ces hommes-là, qu'est-ce qui serait plus vilain et plus mauvais que la tempérance et la justice ?". Ainsi donc désormais la pensée apprend à vivre libre, dans la clarté. Et face à toutes questions dont chaque recherche en tous domaines est porteuse, elle reprend sa quête: elle analyse ("diairésis", analyse) et tente des synthèses ("synagogé") en vue de la définition qui regroupe dans l’unité une multiplicité de traits intelligibles. En effet, on n’arrive vraiment à comprendre que si on a une vue d’ensemble ("synopsis") architecturée, ordonnée selon des articulations naturelles. La vérité impliquée dans la vue d’ensemble dépend toujours de la clarté des distinctions, et donc d’une analyse, d’une division. Seule l’articulation, et donc la distinction du multiple dans l’un, détermine vraiment l’objet pensé. De là l’amour de Platon pour ces divisions, rapports de genres et d’espèces, ces subdivisions ("Philèbe", 16), qui arrive à piéger même le plus insaisissable, celui qui se cache dans la semblance, le sophiste ; voilà comment de façon plaisante, Platon va l’enserrer: "Réunissons tout ce qui est en rapport avec son nom, depuis le début jusqu’à la fin la technique de l’imitation, partie de la capacité de provoquer des contradictions, partie ironique de la technique de l’apparence, partie à son tour, du genre de la production d’illusions (issu de la production d’images) non divines mais humaines, partie enfin productrice de miracles confinés aux discours, voilà quelle est, me semble-t-il, la race et le sang, comme on dit, du sophiste. En remontant de parties en parties, la pensée synthétise ce qu’elle a d’abord analysé. "Mais, mon cher Glaucon, dans un État où les citoyens doivent être heureux, il ne peut pas être permis de former des unions au hasard ou de commettre des fautes du même genre, et les magistrats ne devront pas le souffrir". Encore faut-il juger juste. On ne le fera pas si l’on se faufile dans toutes les formes sans reconnaître que le tout de l’être exige également l’unité stable de l’en soi intelligible. Ceci par ruse et tromperie. Mais également si l’on échoue à relier les différences intelligibles selon une "juste mesure" qui limite convenablement ce qui est et est à dire. Il faudra même, ambition extrême !, trouver la mesure des réalités qui viennent à être et sont prises dans le devenir, donner sa mesure à ce qui, de soi, est l’illimité (par exemple le plaisir) et le fugitif. Mais quelle espèce de mesure ? Non certes une mesure purement quantitative applicable à propos de n’importe quoi, mais une mesure adaptée et diversifiée selon les types de problèmes et selon les situations: trouver le convenable, saisir l’opportun, exécuter le requis, discerner. Certes dans tous les cas, il faudra arriver à donner la structure articulée de ce qui est en question, mais en la "trouvant". Là, point de méthode à simplement suivre, mais en arriver à un tact, une finesse de pensée, à une inventivité qui sans cesse se renouvelle. Pour arriver à ce tact, à cette justesse dans la pensée, tout est bon pour exercer le jugement, le faire se corriger de multiples façons: ne pas se précipiter à donner la définition en demeurant ainsi victime de préjugés, ne pas tout confondre et mettre sur le même plan mais saisir la hiérarchie des articulations logiques, ne pas penser que tout mot renvoie nécessairement à une essence. C'est ainsi la règle.
"Ce sont des hommes qui peuvent jouir de leurs biens, sans que personne y fasse obstacle, et ils se mettraient eux-mêmes un maître sur le dos, en supportant les lois, les formules et les blâmes de la masse des hommes ! Comment pourraient-ils éviter, grâce à ce beau dont tu dis qu'il est fait de justice et de tempérance, d'en être réduits au malheur, s'ils ne peuvent pas, lors d'un partage, donner à leurs amis une plus grosse part qu'à leurs ennemis, et cela, dans leurs propres cités, où eux-mêmes exercent le pouvoir ! Écoute, Socrate, tu prétends que tu poursuis la vérité, eh bien, voici la vérité: si la facilité de la vie, le dérèglement, la liberté de faire ce qu'on veut, demeurent dans l'impunité, ils font la vertu et le bonheur ! Tout le reste, ce ne sont que des manières, des conventions, faites par les hommes, à l'encontre de la nature. Rien que des paroles en l'air, qui ne valent rien !". Puis encore user du mythe pour relancer interrogation et réponse au lieu de suivre mécaniquement une méthode, fût-ce celle de division, monter des paradigmes pour remarquer des ressemblances inaperçues comme celui de l’art du tissage lorsqu’il s’agit, toujours dans "Le Politique", de mieux saisir celui du politique. Tout est bon pour une pensée vivante qui apprend à analyser et à synthétiser, mais jamais de la même manière selon les différents sujets. Quel est le secret d’un tel dynamisme ? Et qui fait que la pensée du philosophe soit "ailée" ("Phèdre", 249 a) ? C’est qu’un amour la soutient dans son effort et dans ses peines, un "erôs" qui, lui, ne peut être circonscrit par aucune définition car il est au principe de la recherche de toute définition. L’intelligence désire, l’amour est philosophe, manquant de tout et en recherche expédiente de ce dont il manque ("Banquet", 203b-c), il ne se satisfait pas de la seule diversité, veut l’unité mais il a la puissance d’unifier les différences en un élan qui le fait tirer vers le haut ce qui est lourd et pesant. La philosophie est amour libéré, "erôs" ayant recouvré ses ailes. L’âme, dans son élan, monte vers la source de toute intelligibilité et de l’être, vers cet Un au-delà de toute unité, ce Bien qui rend raison de l’intelligibilité de l’existence, cette Beauté qui resplendit et fait naître le meilleur des délires. Source qui est la substance même de la pensée, elle fait naître en l’âme le désir de se ressouvenir de toutes ces réalités intelligibles dont elle a comme la nostalgie. Ce que le mythe de la Réminiscence nous conte ("Phèdre", 248 a sq.). Apprendre en effet, n’est-ce pas se ressouvenir de ce que l’âme a contemplé jadis ? Quelle est donc la teneur de ce mythe ? Il est bien une manière de dire qu’on ne peut verser la vérité dans les âmes comme de l’extérieur, qu’il faut qu’elle la retrouve comme un bien propre en allant la chercher en elle-même pour la faire sienne. Mais il dit aussi la nostalgie que l’âme a de l’intemporel et de l’intelligible et son ardeur à les retrouver. Certes il parle d’un exil, Platon nous raconte dans le "Phèdre" la chute de l’âme dans le corps, mais n’est-ce pas pour nous montrer que l’âme dans son ressouvenir est capable de devenir une en ressaisissant dans son mouvement toutes les différences pour les orienter, par choix, vers l’Un ? Pour nous montrer que l’homme, désormais composé, a également la possibilité de surmonter une division en unifiant le composé ? Par cet auto-mouvement vers l’Un, son âme est apparentée à celle des dieux. Apprendre à penser c’est se ressouvenir de cela pour en vivre. Et, de la sorte se tourner autrement vers le monde et la cité des hommes. À nous d’en saisir la leçon. "Les yeux de l'esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser".
Bibliographie et références:
- Apulée, "Sur Platon et sa doctrine"
- Pierre Aubenque, "Études sur le Sophiste de Platon"
- Aristote, "Politique"
- Florence Assouline, "La pensée de Platon"
- Jacques de Beaurepaire, "La philosophie platonicienne"
- Luc Brisson, "Platon: Œuvres complètes"
- Harold Cherniss, "La critique d'Aristote à Platon"
- Monique Dixsaut, "La pensée de Platon"
- Franck Fischer, 'L'idée politique dans la République"
- Alexandre Koyré, "Introduction à la lecture de Platon"
- Victor Goldschmidt, "Les Dialogues de Platon"
- Antoine Hartmann, "Aristote et Platon"
- Léon Robin, "La Théorie platonicienne selon Aristote"
- Bernard Williams, "Platon. L’invention de la philosophie"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Dans une atmosphère de nuit embrumée, le grondement du moteur s'estompe tandis que le Daddy gare sa voiture dans l'allée sombre. Il se tourne vers sa little, un sourire malicieux dans les yeux, il lui donne ses instructions.
"Je veux que tu ailles enfiler ta tenue de little que j'ai déposé sur la chaise de ta chambre avant notre départ" dit-il, sa voix chargée d'autorité. "Et ne tarde pas trop. Nous avons une affaire à régler. Plus tu seras longue, plus la punition sera sévère"
La little part en direction de sa chambre en faisant la moue. Elle se dépêche d'enfiler sa tenue, toute contente d'avoir été rapide et part retrouver son Daddy assis sur son canapé.
Daddy : Alors ma chère, tu sais ce qui t'attend, n'est-ce pas ?
Little : (Elle baisse sa tête) Oui, je me suis mal comportée.
Daddy : Exactement. À genoux sur le canapé, maintenant.
La little se met à genoux, ses fesses exposées et prêtes à recevoir sa correction.
Daddy : Tu vas compter chaque coup pour moi.
Little (d'une voix tremblante) : Oui, Maître.
Daddy : Bien. Commençons.
Il commence à administrer les fessées, chaque coup résonnant dans la pièce, accompagné des cris étouffés de la soumise.
Little : Un... deux... trois...dix.
Daddy : Tu vas apprendre à obéir, n'est-ce pas ? À être une bonne fille pour moi ?
Little : Oui, Maître. Je serais une bonne fille.
Daddy : C'est bien. Je te pardonne... pour l'instant.
Sous l'émotion la little se met à verser des larmes.
"Chhh... Viens là, ma petite princesse", murmure doucement son Daddy, caressant ses cheveux soyeux. "Je suis là, tout va bien maintenant."
La Little se blottit contre lui, cherchant refuge dans son étreinte réconfortante. Elle se sent en sécurité, protégée dans les bras de celui qu'elle aime tant.
"Daddy... Je suis désolée. Tu ne m'aimes plus ?", demande-t-elle. Il resserre son étreinte, déposant un baiser doux sur le sommet de sa tête. "Chérie, je sais que ce n'est pas facile pour toi. Mais parfois, Daddy doit faire ce qui est nécessaire, même si ça fait mal. Je ne veux pas te punir, tu le sais bien."
Elle hoche la tête, enfouissant son visage contre le torse de Daddy. Ses doigts s'accrochent à son t-shirt, comme si elle craignait qu'il disparaisse s'il relâchait son étreinte ne serait-ce qu'un instant.
"Mais je veux que tu saches que même quand Daddy doit être sévère, je t'aime toujours autant. Rien ne pourra jamais changer ça, ma petite princesse", murmure-t-il, sa voix empreinte de douceur et d'assurance.
Elle lève timidement les yeux vers lui, cherchant la confirmation de ses paroles dans son regard bienveillant. Et là, elle trouve la réponse qu'elle espérait tant : l'amour inconditionnel de celui qui est bien plus qu'un protecteur, bien plus qu'un guide - celui qui est son Daddy, son roc dans les tempêtes de la vie.
Daddy : Viens allons cuisinez maintenant, il est bientôt l'heure de manger !
Little : Oui j'ai faim !
Daddy : Il est déjà tard, donc nous allons faire des pâtes à la carbonara avec une salade de mâches. Tu valides ?
Little : Ohh oui ! Miaam. Mon ventre commence à gargouiller.
Dans la cuisine, Daddy et sa Little sont debout côte à côte, prêts à cuisiner. Sur le plan de travail, un assortiment de produits frais les attend, dont un bol d'oignons, prêts à être coupés. Il met à bouillir de l'eau pour les pâtes et se tourne vers sa little.
"Bon, ma chérie, voyons voir comment tu te débrouilles avec les oignons", dit-il en souriant, et en lui tendant un petit couteau.
La Little prend le couteau avec précaution, ses yeux plissés légèrement pour se protéger des larmes que les oignons peuvent provoquer. "D'accord, Daddy. Comment je les coupe ?"
Daddy se place à côté d'elle, posant sa main sur la sienne pour lui montrer la bonne manière de tenir le couteau. "Vois-tu, ma chérie, il est important de garder une bonne prise sur le couteau et de garder tes doigts loin de la lame. Comme ça."
La Little suit attentivement les instructions de Daddy, imitant ses gestes avec soin. Ensemble, ils commencent à éplucher et à couper les oignons, Daddy guidant doucement la main de sa Little pour éviter les accidents.
"Et maintenant, quand tu vas couper, garde une pression constante sur le couteau et utilise un mouvement de balancier", explique Daddy doucement. "Comme ça, tu auras des morceaux uniformes et réguliers."
La Little hoche la tête avec concentration, concentrée sur sa tâche. Avec l'aide attentive de Daddy, elle commence à gagner en confiance, ses mouvements devenant plus fluides et assurés.
Daddy sourit avec fierté "Tu vas bientôt être une chef cuisinière experte, je te le promets."
Little : Je sais ! Mais parce que j'ai un bon instructeur.
Ils finissent de cuisiner ensemble, Daddy s'occupant de la gazinière, car le feu c'est pour les grandes personnes.
Voici la tenue :
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Médée, en grec ancien Μήδεια / Mếdeia, est la fille d'Idya ou d'Eurylyte ou encore d'Hécate et d'Aetès, roi de Colchide, le gardien de la Toison d'Or, dont l'histoire est liée à la légende des Argonautes. Lorsque Jason et les Argonautes arrivèrent en Colchide en quête de ce trésor, ils se heurtèrent à l'hostilité du roi, peu soucieux de s'en séparer. Mais Médée s'éprit de Jason et les aida à se protéger des pièges de son père, avec l'aide de son frère, Absyrtos. Puisqu'elle possédait l'art de préparer des potions magiques, elle lui prépara un onguent corporel qui le rendit insensible aux flammes émanant de la bouche du dragon protecteur du trésor, endormit la bête par ses charmes, s'empara de la Toison qu'elle remit à Jason. Puis ils s'enfuirent, rapidement poursuivis par Aetès. Afin de retarder son père, elle tua Absyrtos, le mit en pièces et jeta ses membres sanglants dans la mer. Ils furent accueillis en héros à Iolcos, en Thessalie. Devenue l'épouse de Jason qui lui avait juré une fidélité éternelle, Médée eut maintes occasions de prouver ses compétences; si elle rajeunit son beau-père en le dépeçant et en plongeant ses membres dans une chaudière d'eau bouillante d'où le le viel Aeson sortit ragaillardi, ses pouvoirs eurent également des effets maléfiques. Pour se débarasser de Pélias, frère d'Aeson, qui s'était emparé du trône, elle persuada ses filles, les Péliades, d'essayer son procédé de rajeunissement sur leur père, mais se garda bien de le ramener à la vie. Aussitôt, Acaste, le fils de Pélias, chassa Jason et Médée qui durent se réfugier à Corynthe, où naquirent leurs fils. Depuis lors, tous les ans, sept filles et sept garçons vêtus de noir, passaient une année dans le temple d'Héra dans la région où fut commis le meutre. Médée, terrible Médée, femme coupable, qui trahit son père, tua son propre frère, par amour pour Jason, l’argonaute, pour l’aider à conquérir la Toison d’or. Après dix ans de fuite, d’errance et de passion, Médée et Jason s’installent à Corinthe. Jason, peu à peu gagné par les ans et la maturité, devient plus raisonnable, décide de se ranger. Il s’apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Médée est repoussée aux frontières du royaume, où elle vit avec leurs deux fils et une nourrice. Là, elle est l’étrangère, la fille du roi de Colchide, la barbare et l’exilée. Les habitants de Corinthe la redoutent comme meurtrière et magicienne. Le roi et Jason vont tour à tour venir la visiter avant le mariage, sans doute pour se prémunir d’une éventuelle vengeance. Tous deux auront la faiblesse de lui faire confiance. Le roi, dans un souci de justice et d’humanité, ou bien par lâcheté. Jason, pour d’autres raisons sans doute, peut-être parce qu’elle est la mère de ses enfants. Pourtant, Médée ne pardonnera pas. Elle va tuer encore et encore. Elle va empoisonner la jeune fiancée ainsi que son père, le roi Créon. Et elle va égorger ses propres enfants. Devenant ainsi l’infanticide que l’on sait. Cette antique tragédie a inspiré les plus grands auteurs. Tour à tour, Euripide, Ovide, Sénèque, Corneille et Anouilh se sont notamment inspirés des malheurs de Médée pour écrire des pages aussi belles que sombres. Le cinéma lui fit également place en 1969, avec Maria Callas comme interprète du très beau film de Pasolini. À tout jamais, Médée demeure lacriminelle, l’infanticide, la coupable.
"Je n'aurais pas dû quitter la Colchide. Aider Jason à s'emparer de la toison. Convaincre les miens de me suivre. Me lancer dans cette longue et terrible traversée, vivre toutes ces années à Corinthe comme une Barbare que l'on craint tout autant que l'on méprise". Jason l’avait prévenue: "Les mères n’appelleront plus jamais leurs filles de ce nom. Tu seras seule, jusqu’au bout des temps, comme en cette minute." Aussi, Médée peut bien inspirer le juriste à l’heure où la criminalité des femmes fait l’objet de colloques et d’ouvrages savants. La question récurrente dans ces travaux consiste à déterminer pourquoi la criminalité des femmes les rend monstrueuses alors que, d’un point de vue quantitatif, elle est minime par rapport à celle des hommes. Il est vrai que de tout temps, la figure de la femme coupable a fasciné. De Violette Nozière, l’empoisonneuse, à Véronique Courjault, coupable d’avoir tué trois de ses enfants après les avoir mis au monde, en passant par Charlotte Corday, Henriette Caillaux ou les sœurs Papin, la femme criminelle a toujours fait figure de monstre. Quant aux images archétypales que sont Ève, Lilith, les Amazones, les Bacchantes, ou Pandore, elles représentent celles par qui le scandale arrive, celles qui sont coupables du désordre de l’humanité. Or, qui mieux que Médée peut nous éclairer sur la criminalité des femmes ? Alors, pourquoi choisir Médée ? D’abord, parce qu’elle est coupable à elle seule de tous les crimes: trahison, meurtre, infanticide, adultère, sorcellerie, ensuite, parce qu’elle persiste et s’entête en direction du mal. Ensuite, parce que Médée impose aux hommes l’effrayant défi d’une femme qui tue ses enfants et qui, pourtant, s’en remet. La femme qui a commis le meurtre le plus horrible a non seulement survécu, mais elle est partie, glorieuse, sur son char ou par le feu, échappant ainsi à la justice. Son crime est bien autre chose qu’un drame passionnel. Et la vengeance est un bien piètre mot pour désigner son acte. Si sa violence infanticide n’était qu’un excès de passion humaine, son drame ne serait rien d’autre qu’un drame bourgeois. Il ne serait alors plus question de tragédie grecque. Or, qu’elle s’enfuie par char ou par le feu, Médée réussit en tout état de cause à échapper à la justice des hommes. À travers cet acte de vengeance privée et l’impunité dont elle bénéficie, Médée pourrait peut-être incarner la résurgence du féminin dans une société masculine, à une époque où les grecs croyaient avoir remplacé la vengeance privée par la justice publique. Si la figure de Médée est aussi fascinante, c’est parce qu’elle est emblématique de la criminalité féminine. D’ailleurs, lance-t-elle à Jason: "Je suis tous les sales gestes et toutes les sales pensées. Je suis l’orgueil, l’égoïsme, la crapulerie, le vice, le crime. Je pue ! Je pue, Jason ! Ils ont tous peur de moi et se reculent, tout ce qui est noir et laid sur la terre, c’est moi qui l’ai reçu en dépôt." Elle est, en premier lieu, coupable de crimes politiques dès lors qu’à la trahison des siens, s’ajoute le régicide, l’assassinat de Créon. En fuyant la Colchide avec Jason et les argonautes, elle s’est rendue coupable de trahison politique et filiale. Elle a également tué son frère et l’a découpé, pour en semer les morceaux dans la mer et ralentir la poursuite de leur père, qui s’arrêtait pour en recueillir les restes.
"Sur ce disque que nous appelons la Terre, il n'y a plus rien d'autre, mon cher frère, que des vainqueurs et des victimes. Et maintenant j'aimerais savoir ce que je vais trouver en franchissant ses bords". Quant au meurtre de Créon, la préméditation est incontestable dans la mesure où Médée savait qu’il s’empresserait de serrer dans ses bras le corps de sa fille mourante, et serait gagné par la contagion funeste. Médée est, par ailleurs, coupable de sorcellerie. Ses attributs de sorcière sont significatifs. Sénèque la décrit les cheveux dénoués, noirs, la poitrine dénudée, arpentant des forêts mystérieuses, prononçant des imprécations. Médée est enfin coupable de crimes domestiques, à savoir l’adultère et, bien évidemment, l’infanticide sur la personne de ses deux fils. L’adultère est brièvement évoqué par Jason dans la pièce de Jean Anouilh. Enfin, à propos du meurtre des enfants, Médée est présentée sans complaisance: la violence des meurtres est extrême et elle abandonne les cadavres de ses enfants sans sépulture, tandis qu’elle s’enfuit sur son char. Le personnage de la mère qui tue ses enfants incarne évidemment la criminelle impardonnable, fustigée par la loi et la morale. En cela, Médée apparaît comme une figure de la transgression et de l’altérité. Dès le départ, elle se situe comme une étrangère par rapport à sa Colchide natale. Femme du voyage, de l’exploration, elle refuse les interdits et désire connaître d’autres contrées que son pays natal. Elle embarque en compagnie de Jason et des argonautes mais, dans cette expédition d’hommes, elle est la seule femme. Elle est différente aussi parce que magicienne, tantôt figure de la guérison, du rajeunissement, tantôt figure de la malédiction, de la destruction des hommes comme des cités. Étrangère, elle le reste en s’installant à Corinthe avec Jason. Là, elle est une figure de l’éloignement géographique. Elle n’est pas grecque mais une barbare venue de la lointaine Colchide. Avant même de commettre l’infanticide, elle incarne donc tout ce qui est suspect, étranger et potentiellement inacceptable. Médée reste une figure de l’altérité jusqu’au terme de la tragédie. Sous la plume de Jean Anouilh, elle finit par se suicider en se jetant dans les flammes. Mais, dans les pièces d’Euripide et de Sénèque, elle parvient à s’envoler en char vers son ancêtre le Soleil. Il est vrai que la symbolique commune du feu renvoie tout à la fois à la connaissance et au mal. Médée en vient à apparaître comme la victime de Jason, qui n’a pas hésité à la répudier pour assouvir ses ambitions personnelles, comme il n’avait pas hésité à l’utiliser pour conquérir la Toison d’or. Il est vrai que le mythe de Médée a donné naissance au "complexe de Médée", traduisant le comportement d’une femme qui, abandonnée par son mari, réduit ses enfants à un objet de vengeance. D’une certaine manière, sous la plume de Sénèque, Médée semble effectivement être sous l’emprise de la fureur hystérique, souvent présentée comme un mal typiquement féminin. Si Euripide en a fait une héroïne, la Médée de Sénèque est plus proche d’une femme folle furieuse. En commettant le pire des crimes, Médée, fille naturelle de Méduse, sème le chaos, le trouble, le désordre, tandis que Jason apparaît comme le symbole de l’ordre, de la tempérance, de la mesure, et conséquemment du droit. Elle a passé un contrat avec l’humanité et le contrat a été rompu.
"Le serpent. Je rêve encore de lui. Le monstre de Colchide dont la longueur monstrueuse s’enroule autour du chêne, dans mon rêve je le vois tel que mes hommes le décrivent: à trois têtes, aussi gros que le tronc de l’arbre, crachant du feu bien entendu". La mauvaise conduite de Médée dérive du fait qu’elle ne se soumet pas aux règles de comportement établies par les institutions de la cité grecque. Aussi, son crime, parce qu’elle est considérée comme appartenant à un univers différent de celui de la cité et de la loi, est propice à la contestation d’un ordre. Au fond, Médée représente l’image d’un monde sinistre, archaïque et terrifiant. En tant que telle, elle incarne la violence originelle des barbares, avant que les grecs n’établissent l’ordre au sein de la cité. La figure de Médée pourrait bien être celle d’une déesse mère chtonienne et agraire, détrônée ensuite par les divinités du panthéon olympien. Tandis que Jason représenterait le fondateur d’une culture, d’un ordre, et de rites de sanctuaires. Dans ces conditions, Médée ne représente-t-elle pas une image de la nature profanée, une image colérique et vengeresse ? Alors, peut-être exprime-t-elle l’éternel féminin par-delà les siècles ? Le mythe de Médée a inspiré de nombreux artistes, écrivains, tragédiens, musiciens et cinéastes; Euripide, Eschyle, Sophocle, Ovide, Sénèque, Corneille, Charpentier, Cherubini, ou plus près de nous, de Bernardi avec son film "Médée Miracle" avec Isabelle Huppert. Faisant ainsi l’objet d’une centaine d’œuvres depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours sans compter tous les écrits qu’elle a occasionnés, entre autres dans le milieu psychanalytique. Chez Hésiode déjà, elle est présentée à la suite d’Héraclès et Dionysos, place non négligeable en tant que divinité féminine et bienfaisante ! Apollodore, quelques siècles plus tard, rassemble les épisodes épars et lui réserve un cycle des plus longs, compte tenu de la complexité de la figure polysémique et "féconde", devenue par le cumul "serial killer" impressionnante de sang-froid. Il y a avec Médée comme un mouvement compulsif à non seulement lui inventer des forfaits pour lesquels elle use de sortilèges et de philtres ou manie l’arme blanche, mais aussi à en ajouter par une surenchère d’aventures avec une énième cruauté. Ses pouvoirs font d’elle un "pharmakon" à savoir un objet à double face qui peut tout autant être potion curative que poison destructeur dont il faut manier l’usage avec précaution. Et comme à tout "pharmakon", il lui sera attribué une fonction de bouc émissaire. Peut-on penser que ce qui se supplémente d’une répétition sous le nom de Médée, serait l’inaccessible d’un trauma initial dont l’onde de résonance se manifeste en jouissance ? Médée qui, comme elle, officie sous la Lune lui adresse ses incantations. Elle a le secret des fascinantes racines de mandragore à forme humaine, mortelles pour qui ne sait ni les cueillir, ni en faire usage. Elle sait les utiliser à des fins de rajeunissement. La renommée de Médée en tant que magicienne bienfaisante est donc attestée dès son apparition dans le mythe des Argonautes chez Hésiode, mais reste méconnue, si ce n’est refoulée, au profit d’un potentiel maléfique qui va noircir son personnage. Dans les plus anciennes versions du mythe, elle permet à Jason la traversée initiatique d’une expédition réussie qui consiste à restituer aux Grecs un talisman royal consigné en Colchide pour accéder au trône sans pour cela qu’il y ait de meurtre.
"Médée: ce nom fait surgir en nous des images multiples et contradictoires; celle de la femme trahie par l'homme auquel elle avait tout sacrifié, mais aussi celle de la sorcière capable de tuer ses propres enfants; un être inhumain pourtant torturé par les émotions les plus humaines; la haine et l'amour porté à leur comble. Ce qui fascine en elle, c'est son ignorance absolue du médiocre, cette nécessité de franchir en tout domaine les bornes du connu, cette dimension superlative qu'elle acquiert dans le bien comme dans le mal". Depuis son nom métaphorise une certaine jouissance, celle de l’"hainamoration". Cependant son acte de vengeance contre Jason, l’époux parjure, a pour arme non pas – comme on le lit souvent, son pouvoir maternel, mais son pouvoir "génésique". La nuance est de taille, car elle nous oblige à la considérer dans sa potentialité sexuée d’abord en tant que femme plutôt qu’en tant que mère. Car prenant la partie pour le tout, son nom reste négativement associé aux pouvoirs de vie et de mort conscients ou inconscients de la femme procréatrice, gestatrice ou mère lorsqu’il est question d’hospitalité charnelle rejetée, refusée ou néantisée et d’une "chair pensante" perturbée dans sa sensibilité jusqu’à devenir meurtrière. L’œuvre de la pulsion de mort qui conduit la déliaison psychique la plus destructrice de la psychose peut engendrer chez certaines des passages à l’acte infanticides qui défraient la chronique et déroutent les tribunaux. Il est toutefois fort intéressant de découvrir que ce nom de Médée, lorsqu’il est évoqué dans la Grèce ancienne d’avant la chute de Troie, représente un principe de vitalité dans ce monde protohistorique matriarcal, ordonné sous l’égide des Déesses primitives. Si une femme fait l’expérience de cette mise en abîme à l’infini d’avoir été engendrée par une femme qui a elle-même été engendrée par une femme et qui à son tour peut potentiellement engendrer une femme, elle le doit à son anatomie qui la fait détentrice d’un utérus, ce que l’homme ne possède pas. Ainsi, l'amer regret de Jason, dans la Médée d’Euripide, illustre sa blessure: "Ah ! il aurait fallu que les hommes puissent faire des enfants par un autre moyen, sans qu’il existât la race des femmes : ainsi les hommes ne connaîtraient plus le malheur !." La Médée d’Euripide use de son pouvoir sur les enfants pour casser l’arrogance de Jason qui ne vise, lui, que le pouvoir royal en la répudiant. La fureur de Médée est à la hauteur de l’ingratitude de Jason qui, sans elle, ne serait rien ou ne serait plus. Le tragédien connaît ce que les études philologiques et iconographiques ont révélé au sujet de ses rites pratiqués, selon qu’ils se soient déroulés en Colchide ou à Iôlcos. Ainsi trouve-t-on une représentation de Jason régurgité par le dragon gardien de la Toison d’or. Sur une coupe datée des alentours de 480, le dragon est sur la partie gauche et Médée se tient à droite, alors que Jason, tel un nouveau-né se dégageant du sexe de la femme, plonge les bras en avant vers ses pieds. Plus répandue dans l’imagerie populaire est la représentation de Médée faisant bouillir son chaudron. Soit elle utilise ses mixtures en transfusions avant l’heure que reçoit Aeson, le père de Jason, soit elle y plonge l’intéressé toujours de sexe masculin à des fins de rajeunissement, pour remédier à sa vieillesse, Pélias ou Aeson, ou pour une simple régénération, Jason. Dans son chaudron est notamment aussi plongé le bélier qui en ressort transformé en agneau. Cette séquence, qui vient d’une version plus tardive, nous est connue pour avoir été pratiquée devant les Péliades, filles de Pélias, afin de les convaincre du bienfait si elles confient le sort de leur père à Médée, mais cela ne s’avérera n’être qu’une supercherie pour se débarrasser de lui.
"Je suis partie avec Jason parce que je ne pouvais plus rester dans cette Colchide perdue, corrompue. C’était une fuite. Et voilà que j’ai vu sur le visage du roi Créon de Corinthe la même expression de présomption et de crainte qu’on repérait vers la fin sur les traits de notre père Aiétès". Il est attesté d’ailleurs que Pélias, roi de Iôlcos despote et illégitime, soit mort de sa belle mort et que des funérailles glorieuses furent célébrées avec des jeux funèbres plusieurs fois commentés. Des recherches déjà anciennes de philologues sur ce thème attestent que le meurtre de Pélias serait dû à une bifurcation du mythe installant Jason et Médée en fugitifs, pour maintenir la logique d’une vengeance d’Héra contre Pélias. L’hypothèse de ce procédé littéraire serait alors le prétexte de nouveaux épisodes en renversant la fonction de Médée bienfaisante en néfaste magicienne. Créophylos, qui en serait l’auteur, lui fait alors commettre deux meurtres: celui de son frère Absyrtos et celui de Pélias. Euripide n’aurait fait que prolonger cette voie en rajoutant l’infanticide. Figure de femme à l’aube de la civilisation occidentale, elle évolue dans un monde encore marqué par le culte de la Grande Déesse, force vitale qui représente le vivant et qui perpétue l’espèce. Nous verrons qu’avec "Les Argonautiques", épopée du poète alexandrin Apollonios de Rhodes écrite au iiie siècle avant notre ère, et qui préfigure la tragédie d’Euripide, la fonction de magicienne auprès de Jason ne sera pas encore celle de lui donner une descendance, mais celle d’assurer sa survie, en lui donnant son enveloppe narcissique. Car Jason, fils de Polymédée "la toute inventive"et "celle qui prend beaucoup soin", ne peut rien pour lui-même. On remarque bien sûr que le nom de Médée était déjà contenu dans celui de sa mère. La potentialité de Médée étant de puiser les pulsions de vie conduira Jason à une régression pour en revenir régénéré et fortifié. Jason ne tuera pas son père, ne couchera avec sa mère, mais reviendra dans la matrice. L’aventure de Jason va se concevoir comme une perpétuelle exposition à la mort due à l’injonction perverse de son oncle cruel. Pour y parvenir, des transgressions seront commises qui feront côtoyer à l’équipage de l’Argo les forces obscures de la régression. Ils seront aidés par les divinités. Héra, instigatrice de l’entreprise, est la déesse tutélaire qui veut le mort de Pélias. Elle fait appel à Athéna, l’indispensable conseillère des héros qui possède le potentiel bien nécessaire à Jason, pour traverser les épreuves à venir. Déesse de la Guerre et de la Pensée, elle le protégera avec ses compagnons par sa Sagesse et les guidera en présidant à la construction de l’Argo, qu’elle équipe d’une proue parlante taillée dans une poutre venant d’un bois sacré d’oracle et en suivant sa navigation. Rappelons la naissance d’Athéna. Métis, première amante de Zeus, est à la fois Sagesse et Prudence ou bien son envers Ruse. Zeus avait avalé son amante alors qu’elle était enceinte d’une fille, craignant qu’après cette première naissance elle ne mette au monde un fils, qui le délogerait comme lui-même avait délogé son père, Cronos. L’enfant sortit armée du crâne de son père qu’Héphaïstos fendit. Ainsi le fils présumé fut sacrifié avant d’exister, en supprimant sa gestatrice potentielle. "Qu'est-ce qu'un mortel ? Rien qu'une ombre. Le bonheur n'est pas fait pour nous les mortels".
"Vous me croyez donc capable, lui ai-je demandé, d’avoir tué mon propre frère, de l’avoir déchiré pour le mettre en morceaux pour l’emporter dans un sac de peau pendant ce voyage ? Il s’est tortillé, mon bon Jason. J’attends encore sa réponse". "Mais voilà que la Colchide me rattrape. Tes ossements, frère, je les ai jetés à la mer. Dans notre mer Noire que nous aimions et que tu aurais désiré avoir comme tombeau, j’en suis sûre". Apollonios ne se prive pas d’accentuer un retour vers l’originaire. Du début à la fin de son épopée, Apollonios place le périple de l’Argo sous la tutelle des divinités archaïques, rattachées au culte de la Grande Déesse. Le poète, dans son premier chant, surnomme Héra, Pelasgis, en référence à l’Héra primitive qu’honoraient les Éoliens, ancêtres des Thessaliens; un autre poète la nomme également "la glorieuse déesse éolienne, génératrice de toutes choses", la définissant alors comme une Grande Déesse Mère protohistorique. Il y aura le passage du stade occidental au stade oriental, à entendre comme passage d’un temps dit civilisé à un temps archaïque, où les forces premières et non domptées rencontrent les forces de vie, celles génésiques. Le récit nous porte vers le Pont-Euxin et le détroit de l’Hellespont, nous sommes alors conviés à suivre, avec suspens, une prouesse de l’Argo et une première transgression. Jusque-là, aucune embarcation ne s’était aventurée au-delà au risque d’être engloutie par les tumultueuses et fracassantes Symplégades, ces roches flottantes renommées comme infranchissables, car pouvant enserrer les navires dans ses récifs se rapprochant. Mais sans céder à la panique par un simple stratagème de sa proue parlante, la nef portera l’embarcation au-delà du danger vers des eaux calmes, en laissant un bout arrière de sa coque dans cette zone où Hellé, une petite fille a péri. Hellé auquel ce détroit vaudra son nom, Hellespont, chuta du Bélier à toison d’or et ailé qui la portait avec son frère Phrixos vers l’Orient. Elle se noya. Le bélier avait été envoyé par leur mère répudiée pour sauver son fils qui allait être sacrifié par le père, sous l’influence de sa nouvelle épouse. Phrixos parviendra jusqu’en Colchide. Aiétès, roi cruel et fils d’Hélios, l’accueille à condition de sacrifier le bélier pour le culte d’Arès. Ainsi la monture arrivée en Colchide, amputée de la part fille qu’elle transportait, était devenue ce fétiche royal, La Toison d’or, qui devrait un jour être restituée au peuple grec. C’est pour cette gageure que Jason est missionné et dont Pélias espère l’échec. Cependant, Aiétès, qui n’est pas du tout disposé à se faire déposséder de la Toison d’or, soumettra Jason à des travaux. Dès l’arrivée en Colchide, Héra et Athéna inopérantes auront recours à Aphrodite afin de déclencher l’état amoureux de Médée, la fille d’Aiétès qu’elles comptent utiliser. Aphrodite va convaincre son fils Éros d’atteindre la jeune femme de sa flèche. Elle deviendra cette force obscure, mais puissante, dont il sera dépendant en lui délivrant les drogues dont il aura besoin pour réussir sa mission. Dès son premier regard pour Jason, Médée sent son destin basculer sous l’emprise ravageuse de l’amour destructeur qui la conduit déjà à sa perte avec les trahisons à venir, d’abord la sienne vis-à-vis des siens, puis celle de Jason vis-à-vis d’elle. Magie et amour seront intriqués, comme le sont les destins des pulsions de vie et pulsions de mort jusqu’à la désintrication. Apollonios centre son récit sur les effets du coup de foudre nécessaire à l’intrigue, effets qui provoquent l’ébranlement affectif de la jeune femme. Le choc amoureux, loin de la rendre heureuse, provoque alors un véritable cataclysme.
"Alors cette femme, venant à notre rencontre dans la cour du roi Aiétès toute recouverte de vigne, était l'image opposée de ces horribles fruits macabres, peut-être est-ce pour cela qu'elle nous fit une aussi forte impression". Ce par quoi elle est pénétrée qui va la faire haïr Jason en même temps que sa force d’attraction s’exerce, la fait œuvrer vers un sacrifice d’elle-même, marque d’une jouissance bien au-delà du principe de plaisir. Le poète rend alors compte d’une bascule narcissique vers un narcissisme de mort, avant qu’elle ne mette ses pouvoirs au service de Jason. Désespérée, elle envisage même le suicide pour échapper à ce destin, sa boîte contient les ingrédients pour concocter une potion fatale. Mais la volonté d’Héra, qui tient les ficelles, la fait se ressaisir. Elle aidera Jason. C’est en précaire suppliant que Jason la retrouve dans le temple d’Hécate, pour obtenir d’elle les potions dont il a besoin. Il ne craint pas de la corrompre pour parvenir à ses fins. Mais cœur d’artichaut, il succombe lui-même au sentiment amoureux, alors qu’elle est ravagée par ses tourments. Aucun mortel ne peut accomplir les travaux auxquels Aïétès soumet Jason. Ils se dérouleront sur la plaine d’Arès et consisteront à dompter des taureaux d’une férocité sans nom pour en faire des bœufs de labour. Dans les sillons, des dents de dragon semées ont engendré des guerriers qu’il va combattre. Médée lui a préparé des drogues, dont un onguent, qui le métamorphosent en vaillant et invincible guerrier. Il accomplit le rite particulier destiné à Hécate que la magicienne lui a enseigné, afin que les puissances telluriques l’assurent d’une fureur sans limite pour un seul jour. Il sort vainqueur du combat, mais Aiétès, qui ne tient pas sa parole, ne lui rend pas la Toison d’or. Médée devra encore intervenir. La nuit venue, elle usera d’incantations et de potions pour décrocher secrètement le précieux talisman suspendu à l’arbre sacré et gardé par le dragon toujours éveillé qu’elle endort. Jason, couvert de la peau d’or qui va légitimer son pouvoir royal devant Pélias, embarquera sur l’Argo avec celle qui ne peut désormais que s’exiler et qui devient épouse aigrie aux pouvoirs maléfiques. Apollonios consacre plusieurs vers à l’onguent dont Jason a enduit son corps, ainsi que sa lance et son bouclier avec des précisions sur l’origine de sa substance et le lieu de la cueillette. L’onguent contient une mandragore spéciale, le "prométhéion". Médée l’a cueillie au pied du Caucase qui surplombe la Colchide, où Prométhée est enchaîné. Le "prométhéion" a poussé, nourri du sang s’écoulant du foie meurtri du Titan perpétuellement dévoré par l’aigle, supplice que lui a infligé Zeus. Lorsque la magicienne a arraché la plante à la terre, est-il dit, celle-ci a gémi de douleur. Cette référence à Prométhée par Apollonios, déjà présente dans "Les Colchidiennes" de Sophocle, associe le Titan et Médée: tous les deux ont commis une transgression au service de mortels : Prométhée vis-à-vis de Zeus, Médée vis-à-vis de son père. Pour Apollonios, Prométhée était un sage qui a enseigné la philosophie aux hommes, le don du feu qu’il leur accorde en serait la métaphore. Les anciennes versions littéraires ainsi que les figures iconographiques racontent qu’à leur retour à Iôlcos, elle procède au rajeunissement de Pélias et d’Aeson. Par cette opération, Médée viendrait-elle remédier à la blessure que suscite la maturité d’un fils auquel il faut céder la place ?
Bibliographie et références:
- Apollodore, "Bibliothèque"
- Apollonios de Rhodes, "Les Argonautes"
- Euripide, "Médée"
- Hésiode, "Théogonie"
- Hygin, "Fables"
- Ovide, "Métamorphoses"
- Pausonias, "Description de la Grèce"
- Pindare, "Odes"
- Sénèque, "Médée"
- Michèle Dancourt, "Médée"
- Arnaud Fabre, "La magie de Médée"
- Antoinette Fouque, "Médée"
- Bénédicte Daniel-Muller, "La Médée d’Euripide"
- Patricia Rossi, "Médée magicienne"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Ce n'est pas dans la recherche du bonheur que l'on trouve le bonheur, mais dans la recherche de la raison d'être." - Viktor Frankl
L'engagement tel que je le conçois, va bien au-delà des promesses classiques que l'on pourrait trouver dans une relation traditionnelle.
Il est un pacte sacré, une acceptation mutuelle des rôles, une exploration commune des désirs les plus intimes et souvent des plus cachés.
Cet engagement nécessite une ouverture totale, une honnêteté sans fard qui permet de se découvrir et de se redécouvrir constamment.
Dans ma compléxité BDMèSque, l'engagement tel que je le conçois est d'abord et avant tout un engagement envers soi-même.
Il demande à chacun de se connaître profondément, de comprendre ses besoins, ses limites, ses désirs et ses peurs.
Base sur laquelle se construit la relation avec Son autre, car sans cette connaissance intime il est impossible de s'ouvrir véritablement à Son autre.
Il s'agit, non pas de se rendre vulnérable, seulement d'être tel que l'on est, sans jouer un role autre que le sien, de confier ses plus profonds secrets et de recevoir ceux de l'autre avec bienveillance et compréhension.
Cet engagement tel que je le conçois se manifeste dans le respect, dans l'écoute attentive, (l'extrême attention n'est pas un vain mot), le regard ou se reflète le coeur de Son autre.
Apprendre à connaître Son autre est essentiel dans ce voyage. C'est cette connaissance intime, patiemment tissée à travers des moments partagés, des conversations profondes, qui crée LE lien véritable.
De cette compréhension mutuelle naît le sentiment d'appartenance et le désir de s'engager pleinement. Connaître son partenaire dans toute sa complexité et sa profondeur, chaque choix et chaque geste renforcent Le lien existant, celui que l'on alimente à chaque instant.
Se nourrir de cette exploration constante de pouvoir et de soumission.
Trouver cet équilibre entre le contrôle et l'abandon, entre le donner et le recevoir.
Cet équilibre fluide, fragile parfois, demande une attention constante, ce qui rend cette connexion si spéciale, si intense.
L'engagement tel que je le conçois, est une promesse de respect, de confiance et de dévotion.
C'est un espace intime , une bulle hors du temps, où la vulnérabilité devient une force, où l'exploration des désirs mène à une intimité profonde, et où chacun trouve Sa liberté dans celle de Son Autre.
Etre pleinement soi-même, dans toute la complexité et la beauté. Une toile tissée où chaque fil est un choix, chaque nœud, un lien solide, créant un réseau qui soutient et enveloppe.
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Edith Donc, nom d'artiste d'Edith Bos Boyer, est née en 1978 à Hyères dans le Var, Edith de part son histoire familiale a beaucoup voyagé. Ces pérégrinations lui ont permis de vivre dans divers pays comme l'Algérie, les Pays-Bas et la Belgique, alimentant ainsi son univers visuel et culturel.
Dès son enfance, le dessin devient pour Edith un moyen d'expression privilégié, un exutoire pour ses angoisses face à un monde en perpétuel changement. Son adolescence marque un tournant stylistique avec la mise à l'index de la couleur au profit d'ombres graphiques créées au crayon et au stylo-bille, médiums qui accentuent son inclination pour la spontanéité.
À l'âge de 18 ans, Edith se lance dans la peinture, créant des œuvres aprfois tourmentées qui reflètent une intensité émotionnelle et une profondeur psychologique. Son entrée à l’Académie Royale des Beaux-arts de Liège en 2001 et l'obtention de sa licence en peinture monumentale en 2005 marquent le début de sa carrière professionnelle en tant que peintre. C'est lors de son retour en France, après ses études, qu'Edith commence à développer une série d'œuvres qui vont interpeller plus particulièrement, elle explorera bien des domaines dont l'érotisme et le bondage/shibari (mais pas que, loin s'en faut).
Edith explore des thèmes liés à la disparition, mais aussi à la sensualité et au contrôle, à travers des illustrations complexes où le bondage prend parfois une place centrale. Ses œuvres sont caractérisées par une attention méticuleuse aux détails et une esthétique parfois sombre.
Sa capacité à explore r différents univers permet à Edith de toucher un public varié, des amateurs d'art contemporain aux passionnés de cultures subversives.
On pourra voir dans certaines œuvres d'Edith Donc une invitation à la réflexion sur le désir et de limites personnelles (qui nous sont chères dans le BDSM).
Pour découvrir l'artiste et ses oeuvres, consultez son site internet www.edithdonc.com
Shibari by Asa
Encorde-moi
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Supervixen
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Averardo Ciriello (1918-2016) est un artiste italien qui a laissé une empreinte indélébile dans le monde de l'illustration et du cinéma avec ses affiches emblématiques, mais il s'est également fait connaîtres pour ses œuvres érotiques qui flirtent parfois avec les thèmes du BDSM.
Né à Florence, Averardo Ciriello a montré très tôt un intérêt et un talent pour le dessin. Il a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de sa ville natale, où il a pu parfaire ses compétences en art. Cet apprentissage classique a donné à Averardo une base solide pour explorer et décliner ses aspirations artistiques, y compris ses inclinations vers les sujets les plus provocateurs.
Après avoir démarré sa carrière en tant qu'illustrateur de livres et de magazines, Averardo Ciriello s'est rapidement fait un nom dans l'industrie du cinéma en Italie. Il est particulièrement connu pour avoir créé des centaines d'affiches de films, allant des œuvres de Federico Fellini à celles de Sergio Leone. Cependant, c'est dans ses illustrations plus confidentielles que Averardo Ciriello explorait les thèmes de l'érotisme et du BDSM.
Ses œuvres érotiques sont souvent marquées une liberté d'expression qui transgresse les normes conservatrices de l'époque. Ses représentations de figures féminines dominantes et de scènes de soumission sont réalisées avec un style qui lui et propre, mêlant réalisme et idéalisation. Averardo Ciriello y jouait avec les dynamiques de pouvoir, en mettant en scène des personnages en tenues et des postures pour le moins suggestives. Ses illustrations ne se limitent pas à la représentation de fantasmes; elles interrogent aussi les rôles de genre et les jeux de pouvoir, éléments prédominants dans les pratiques BDSM.
Averardo Ciriello n'hésitait pas à utiliser des éléments comme les corsets, les bottes à talons hauts, et divers accessoires tous emblématiques de l'imagerie BDSM. Ces choix ne sont pas purement esthétiques mais participent à la construction de scénarios où la domination et la soumission sont clairement illustrées. Par cette exploration, il a pu exploter un certain nombre de tabous et à de désirs à l'époque cachés, offrant ainsi au public une voie d'exploration personnelle libératrice.
L'héritage de Ciriello dans le domaine de l'art érotique et BDSM est complexe et nuancé. Alors que certains critiques peuvent voir dans son travail une simple perpétuation de clichés, d'autres y trouvent une expression artistique du désir humain sous toutes ses formes. Ses œuvres continuent d'inspirer et de provoquer, restant pertinentes pour les discussions contemporaines sur la sexualité et l'expression artistique.
Averardo Ciriello était ainsi bien plus qu'un illustrateur de films mainstram, il était aussi l'un des pionniers de l'art de l'érotisme et du BDSM. Par le prisme de ses créations, on peut mieux comprendre comment l'art peut questionner ce qui est socialement accepté ou non, et de facto faire bouger les lignes.
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"La soumission volontaire est la clé qui ouvre les portes de l'authenticité et de la plénitude de soi."
Dans une relation, être la propriété de son Maître dépasse les limites de la simple soumission. C'est une immersion profonde dans un océan de confiance et de dévotion, où chaque acte de soumission est empreint d'une communion intime avec sa volonté.
Elevée au sommet de ses préoccupations, au cœur de ses pensées et de ses actions. Être sa priorité signifie bien plus que d'être simplement désirée ; c'est être au centre de son monde, le point focal de son attention et de son affection. Dans cette position privilégiée, être chérie, protégée et respectée, sa première préoccupation en toutes circonstances.
Cette dévotion et cette priorité se manifestent dans tous les aspects de cette relation. Que ce soit dans ses paroles douces, ses gestes attentionnés ou ses instructions fermes. Ressentir constamment son engagement envers cette connexion profonde et l'épanouissement mutuel.
En lien constant, les pensées s'entremêlent, les émotions se répondent, créant une symbiose incomparable. Chaque moment passé ensemble est imprégné de sa présence, de sa guidance, renforçant le lien d'une manière qui transcende les mots et les gestes.
L'obéissance devient alors un acte de dévotion, une manière de témoigner de l'engagement envers lui et envers la relation. Chaque ordre exécuté avec précision renforce le lien, renforçant la confiance en lui et tout le respect pour son autorité.
La pression de l'attente de ses ordres est palpitante, électrisante, emplissant chaque instant de cette interaction d'une excitation intense. Le cœur bat la chamade à chaque notification de message, signe de lien constant, alimentant l'anticipation de ses mots, de ses désirs.
En attente de ses directives, on retient son souffle, captivés par la profondeur de cette connexion. Dans cette tension délicieuse, chaque instant est chargé d'une intensité palpable, chaque geste et chaque parole devenant un pas de danse dans ce rituel d'intimité partagée.
Il y a également une notion profonde d'engagement dans cette relation, un engagement mutuel à se soutenir, à se comprendre et à se compléter au sein de cette dynamique unique, où la soumission devient un acte d'amour et de confiance partagés. Dans cette communion intime, où les liens de l'âme se tissent avec passion, chaque moment est un poème en mouvement, où l'intime révèle sa splendeur la plus profonde.
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"En général, les gens sont plus intéressants quand il ne font rien que quand ils font quelque chose. Aux yeux des français, le fait d'être un étranger et le fait de résider en France ne sont pas très différents. Il y a tant d'étrangers, et pour les français les seuls qui aient une réalité sont les étrangers qui habitent Paris et la France. J’aime une chose simple mais elle doit être simple par le biais d’une complication". Elle n'aimait rien tant que s'endormir dans les musées pour s'éveiller parmi les tableaux. Gertrude Stein, femme au physique colossal, figure incontournable du monde de l'art de la première moitié du vingtième siècle, était à la fois écrivaine, poétesse et esthète douée. Née le trois février 1874 à Alleghany (Pennsylvanie), dans une famille d'émigrants juifs allemands, Gertrude Stein passe la plus grande partie de son enfance à Oakland (Californie). Étudiante en psychologie à Radcliffe College (Harvard), elle suit des cours de William James et publie avec Leo Solomons un article sur des expériences d'écriture automatique. En 1897, elle commence des études de médecine à l'université Johns Hopkins à Baltimore, mais elle les interrompt en 1901. Elle s'installe à Paris en 1904 avec son frère Leo, après avoir terminé son premier roman, "Things as they are", qui ne sera publié qu'après sa mort. Leo et Gertrude Stein entreprennent une collection de peintures, achetant notamment en 1905, au Salon d'automne, la "Femme au chapeau" de Matisse. Ils sont parmi les premiers défenseurs de Picasso. Un autre frère de Gertrude, Michaël Stein, est, lui, l'un des grands collectionneurs américains d'impressionnistes. En 1907, Gertrude Stein rencontre Alice B. Toklas, qui allait devenir sa compagne jusqu'à sa mort. Son premier livre, "Three Lifes"("Trois Vies", 1954), est publié en 1909, et, en 1911, elle achève son chef-d'œuvre de prose narrative, l'immense "Making of Americans" ("Américains d'Amérique", 1971) qui ne paraîtra, et encore à compte d'auteur, qu'en 1925 à Paris. Par son amitié avec Braque et surtout avec Picasso et Juan Gris, elle est mêlée à l'aventure du cubisme et tente, au cours des années précédant la première guerre mondiale, de transposer, dans son propre domaine, le langage, ce qui lui semble être l'essence novatrice de ce qu'elle appelle le "grand moment de la peinture". C'est ce qui apparaît principalement dans "Tender Buttons" ("Tendres Boutons", 1914), premier en date des grands livres majeurs de la poésie moderne de langue anglaise, car il précède les "Cantos" d'Ezra Pound et le "Waste Land" de T. S. Eliot. Dans les années 1920, le salon du vingt-sept, rue de Fleurus est un des lieux de rencontre de l'avant-garde américaine et de ce que l'on nomme "the lost generation" (la "génération perdue"). Gertrude Stein est alors l'amie de Scott Fitzgerald, de Picasso, de Picabia, de Sherwood Anderson et d'Ernest Hemingway qu'elle influence beaucoup à ses débuts.
"Comment peut-on croire à ce que l'on crée alors que la publicité donne aux personnages tellement plus de réalité qu'on ne pourrait le rêver ? Cela prend beaucoup de temps d'être un génie, vous devez tellement rester tranquille à ne rien faire, à ne vraiment rien faire". C'est dans cette même période qu'elle écrit, dans le style répétitif qui porte sa marque, aussi bien prose que poème, que pièces de théâtre, portraits verbaux et manifestes théoriques, bouleversant à la fois la tradition de la langue littéraire anglaise et les distinctions entre les genres. Mais sa notoriété ne dépasse pas alors celle des petites revues comme "Transition", elle ne peut pratiquement pas trouver d'éditeur pour ses livres,à l'exception de "Geography and Plays" (1922, préfacé par Sherwood Anderson) et de sa conférence "Composition as Explanation" que Leonard et Virginia Woolf accueillent en 1926 dans leur "Hogarth Press". Pour réagir contre ce qui lui paraît être un isolement, une méconnaissance injuste de son importance, elle écrit en un mois, à la fin d'octobre 1932, l'"Autobiographie d'Alice B. Toklas" (1973). D'une lecture aisée, ce texte anecdotique, vif et drôle, où l'auteur parle essentiellement d'elle-même sous la voix caustique et parfaitement reconnaissable d'Alice, parut en 1933. Ce fut un succès considérable, le best-seller dont Alice et Gertrude rêvaient, très probablement à cause de l'intérêt grandissant que l'on portait alors à la peinture toujours scandaleuse de Picasso, qui y occupe une place importante. En 1935, Gertrude Stein fait aux États-Unis une tournée de conférences triomphale. Triomphe de curiosité, de la part d'un public mis en présence de l'animal fabuleux qu'est pour l'Amérique rooseveltienne un écrivain d'avant-garde qui est, de surcroît, juive, femme, monumentale et célibataire vivant avec une autre femme. Le livre tiré de ces conférences, "Lectures in America" (1935), est sans doute le meilleur exposé élémentaire de ses théories. En 1934, son opéra,"Four Saints in Three Acts", sur une musique de Virgil Thompson, est joué avec succès aux États-Unis. La figure centrale en est sainte Thérèse d'Ávila. En 1936, elle publie l'"Autobiographie de tout le monde" (1946), qui fait suite à celle d'Alice Toklas, et, en 1938, en français et en anglais simultanément, Picasso, un texte d'hommage à son ami de toujours, qui est surtout un éloge de ses propres méthodes de composition. En 1938, Alice et Gertrude quittent la rue de Fleurus pour s'installent au cinq, rue Christine. C'est elle qui qualifie les jeunes auteurs, parmi lesquels Ernest Hemingway et Francis Scott Fitzgerald, de lost generation ("génération perdue"). "Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue", rapporte Ernest Hemingway dans "Paris est une fête".
"La nature n'est pas naturelle, et c'est assez naturel. Je n'aime pas pêcher en eau trouble, parce que je n'aime pas du tout la pêche. La guerre n'est jamais fatale, mais elle est toujours perdue". Américaines juives et lesbiennes, Gertrude Stein et sa compagne Alice B. Toklas se réfugièrent en zone libre dans la maison qu'elles louaient depuis plusieurs années dans le village de Bilignin à Belley (Ain). En dépit de la recommandation de l'ambassade américaine à ses ressortissants de quitter la France dès le printemps 1940, les deux femmes, se sentant probablement en sécurité du fait de leur amitié avec le royaliste puis pétainiste Bernard Fay, s'y prirent trop tard pour solliciter des visas de sortie du territoire, ce qui les obligea à rester dans la maison de Belley. Soudainement mises en demeure de la quitter en 1942, elles purent alors grâce à la baronne Pierlot, proche de Paul Claudel, se reloger dans la demeure nommée "Le Colombier" à Culoz (Ain) dont le maire Justin Rey s'engagea à les protéger, et où elles ne furent pas inquiétées. Stein évoque cette période dans ses ouvrages "Paris France" (1941) et "Les Guerres que j'ai vues" (1947), édités par Edmond Charlot, par ailleurs éditeur de Camus et considéré par le régime de Vichy comme sympathisant communiste. Charlot sera alors emprisonné en 1942 à la suite d'une phrase malheureuse prononcée par Gertrude Stein, fière d'être publiée par "un éditeur dynamique et résistant". Mais elle eut également une attitude très équivoque, traduisant les discours de Pétain et recevant chez elle Bernard Faÿ, collaborateur zélé, dont on suppose qu'il la protégeait. Peinte par Christian Bérard, Marie Laurencin, Francis Picabia, Pablo Picasso,Tal Coat, Félix Vallotton, sculptée par Jo Davidson, Jacques Lipchitz, photographiée par Cecil Beaton, Carl VanVechten, Man Ray, habillée par Pierre Balmain et Alice Toklas (sa compagne et amante), mise en musique par Leonard Bernstein, Paul Bowles, Al Carminé, Ned Rorem, Virgil Thomson, citée par tout le monde et lue par peu de gens, tel est le sort de Gertrude Stein. Plusieurs générations de poètes lui ont rendu un hommage enthousiaste, recueilli, dubitatif ou les trois à la fois. Depuis les années cinquante, le courant des "performing arts", le "LivingTheatre", le "Judson Church Dance Theatre", "Richard Foreman", "Bob Wilson", "Andy De Groat la choisissent comme source d'inspiration et force de désordre. Comme un de ses supporters des années vingt, le grand poète William Carlos Williams, ils pensent: "Go to it, old girl !" ("Vas-y, ma vieille" !). Son influence fut considérable.
"C'est en cherchant, par excès de prudence, à éviter tout faux pas qu'on finit immanquablement par en faire un. L'espèces de gens qui n'étaient pas heureux quand ils étaient enfants est l'espèce qui croit à l'intelligence, au progrès et à l'entendement". On a pris l'habitude de citer, de travers, son "Rose is a rose is a rose is a rose", qui a inspiré un beau chapitre à Maurice Blanchot dans "L'Entretien infini", pour éviter de préciser en quoi elle abouleversé les conceptions de la prose, de la poésie et du théâtre au XXème siècle. On a longtemps préféré lire son "Autobiographie d'Alice Toklas" (1933), pour le plaisir des anecdotes qu'elle raconte sur la vie des peintres et des écrivains qui fréquentaient sa maison, vingt-sept, rue de Fleurus à Paris, plutôt que pour les intéressants effets de distorsions narratives. C'est Gertrude Stein qui écrit mais elle prétend être Alice Toklas. Encouragée par le fabuleux succès du livre, elle publia en 1937 "L'Autobiographie de tout le monde". Aujourd'hui, l'intérêt se porte sur ses œuvres les plus difficiles, celles auxquelles elle tenait le plus. En effet, après un recueil de trois nouvelles "Trois vies" (1909), elle s'était lancée dans un très long et très répétitif roman, "Américains d'Amérique" (1925). Se tournant ensuite vers la poésie, quoiqu'il soit difficile de distinguer chez elle ce qui est prose, poésie ou texte théâtral, elle avait publié un petit opuscule très étrange, "Tendres boutons" (1914), qui eut une influence majeure sur la poésie du début du siècle. Jean Cocteau en parle dans "Potomac". Ce recueil, "Géographie et Pièces" (1922), "Comment écrire" (1931) , "Opéras et Pièce" (1932), "Lectures en Amérique"(1935) et les écrits qui après sa mort ont été publiés en huit volumes par l'université de Yale sous le titre "Les Textes inédits de Gertrude Stein", contiennent aussi les très intéressantes "Stanzas in Méditations", en fait des textes "hermétiques" ou de rêverie théorique, et sont maintenant ceux que curieux de littérature et spécialistes lisent le plus attentivement. Sa technique d'écriture intrigue également les lecteurs contemporains. Pour Gertrude Stein, les "brouillons" avaient autant de signification que l'œuvre, elle ne faisait d'ailleurs aucune différence entre les deux, écrivant elle-même sans raturer ni jeter, sans retour ni remords, désacralisant l'art par la surabondance, produisant tous les jours des pages d'écriture que sa compagne Alice Toklas retranscrivait alors à la machine.
"Tout le monde s'assit et commença à manger le riz à la valencienne et le reste, du moins ils commencèrent aussitôt que Guillaume Apollinaire et Rousseau eurent fait leur entrée, ce qu'ils firent au bout de peu d'instants, et au milieu des applaudissements frénétiques. Comme je me rappelle leur entrée !" L'œuvre de Gertrude Stein, relativement méconnue, est le grand fondement du modernisme américain. Très diversifiée, romans, poèmes, pièces de théâtre, livrets d'opéra, essais, conférences, autobiographies, récits. Elle se définit comme une œuvre souterraine, souvent cryptique et hermétique, composée pendant quarante ans, nourrie de données biographiques, commandée par une réflexion sur le langage et sur le modernisme, inséparable des mouvements esthétiques contemporains. Gertrude Stein réunit les créateurs et se constitue ainsi un univers autarcique dans le monde parisien, dont on ne sort que pour rencontrer les grandes problématiques du modernisme, dans la confrontation violente à l'histoire contemporaine, l'interrogation sur la propriété du mot et sur le lieu du moi. Or cette interrogation trouve écho chez les peintres cubistes. "L'essai sur Picasso" (1939) montre que l'écrivain doit se défaire de toute égologie et approcher le pouvoir du peintre: le cubisme n'est pas rupture de la perception, mais rétablissement de la perception la plus fidèle à l'objet. L'œuvre témoigne de la coalescence du regard et du monde et inscrit l'objet dans une représentation toujours pertinente. Gertrude Stein transpose cette théorie au langage en assimilant l'écriture aux mots de l'alphabet et au compte des anniversaires, en identifiant son entreprise créatrice à un effort pour échapper à la loi de la médiation, pour faire de l'écriture une nomination du visible, qui fait appartenir l'écrivain à ce visible. L'intention romanesque est "monstrative", comme la peinture cubiste, et encyclopédique. La rénovation littéraire de Gertrude Stein participe des acquis picturaux non par le décalque de la technique picturale en littérature, mais par la conviction que le mot appartient à la fois au monde et au sujet et qu'il est ainsi simultanément regard du sujet sur le monde et inscription du sujet dans le monde. "Tendres Boutons" (1914) ou "Géographie et autrespièces" (1922) jouent constamment sur l'accord du regard et du mot, sur l'immédiateté du langage et aux limites de l'hermétisme et de l'abstraction. Cette stratégie marque toute la logique créatrice ("l'Art d'écrire", 1931) et la métaphysique de l'œuvre ("l'Histoire géographique de l'Amérique", 1936). Il y a ainsi une généralité du langage qui ne cesse de poser des équivalences et de noter des singularités. Grâce à quoi l'écriture est indéfinie et toujours pertinente, constamment à elle-même son propre événement. Elle a su créer un mode d'écriture très novateur.
"Rousseau, un Français petit et pâle, avec une petite barbe, comme tous les Français qu'on voit n'importe ou, Guillaume Apollinaire avec ses traits fins et exotiques, ses cheveux noirs et son beau teint. Quelqu'un d'autre, peut-être Raynal, je ne me rappelle plus, se leva et l'on porta des toasts, puis tout à coup, André Salmon, qui était assis à côté de mon amie et discourait solennellement de la littérature et de voyage, sauta sur la table, qui n'était point trop solide, et débita un éloge et des poèmes improvisés". "Tender Buttons" traite d’objets et d’ustensiles, de matières et de matériaux, de corps et de déploiements, de lieux et de moments, ainsi que le laisse entendre le sous-titre du recueil: "Objects, Food, Rooms". Dans une œuvre en forme de cabinet de curiosités, c’est la substance des choses quotidiennes, la quiddité du monde domestique qui cherche à se dire au détour d’une exploration aléatoire en forme d’inventaire lacunaire et bégayant. Gertrude Stein entend en apparence saisir la substance qui résiste et insiste à la fois, celle dont le monde est fait, celle qui fait être le monde, approcher l’essence des choses familières qui se distingue si imparfaitement de leur existence immédiate. Ce que le poème steinien dit du monde, le point de vue singulier qu’il exerce sur les objets, n’en est pas moins problématique. Son désir de prendre la substance dans les filets d’une grammaire poétique jetés à longueur de pages n’en est pas moins réel. La substance convoitée n’est cependant pas celle que l’on croit ou plutôt elle change de nature chemin faisant. L’exploration de la substance des objets comme chose en soi se mue en découverte de la langue comme substance, à savoir ce qui est par soi-même sans supposer un être différent. En cherchant à dire la substance des choses, le poème fait l’expérience de la substance de la langue, éprouve le langage comme substance. Car le langage, ainsi que Gertrude Stein l’éprouve dans "Tender Buttons", est pratiquement par soi-même, presque indépendamment des signifiés et du monde. Par son épaisseur visuelle, par la matière phonique des mots et des séquences verbales, le langage, frisant la "lalangue", devient à lui-même sa propre fin. Dans la grammaire du poème advient ainsi plus que la substance des choses, la substance de la langue et finalement le langage comme substance. L’écriture de "Tender Buttons" a de quoi déconcerter, et même donner le vertige à son lecteur exposé à la langue en devenir dans une grammaire qui a perdu le sens commun, lui inspirant tour à tour dégoût ou ennui. Sans doute, la raison pour laquelle, l'intellectuelle muse est peu lue.
"Vers la fin de son discours, il saisit un grand verre et avala tout ce qu'il contenait, puis aussitôt, il se mit à divaguer, car il était complètement ivre, et il commença à chercher querelle. Les hommes le maîtrisèrent, tandis que les statues vacillaient sur leurs socles". Quittant l’Amérique, elle a laissé derrière elle la vie quotidienne, la vie mondaine, la vie du dehors et les situations d’énonciation qui l’accompagnent. Si sa vie de femme du monde à Paris est connue pour avoir été riche, elle tenait salon, sinon toujours en langue étrangère, du moins en terre étrangère. Au détour de l’expatriation, l’anglais s’est trouvé pour elle dénaturalisé. La langue américaine peut résonner alors de cette musique étrange à laquelle nous convie ainsi sa grammaire. La mise entre parenthèses de l’Amérique, cette réduction du monde qui a quelque chose de phénoménologique, est tout sauf un accident. Elle est instauratrice. La langue, en tant qu’elle est écriture, littérature, opère sur le sujet parlant de l’intérieur. Tournée non pas vers le dehors, elle est occupée à tout autre chose qu’à la communication ou alors à la communication avec soi-même, pour reprendre une idée que Maurice Blanchot formule au sujet de l’œuvre littéraire. Il y a sinon une œuvre de la langue sur, tout au moins un travail de la langue sur le sujet, travail qui n’a cessé d’aiguiser la curiosité de Gertrude Stein. La langue façonne, modèle le sujet parlant, de l’intérieur,dans le silence de l’esprit et du corps, en l’absence de trace, de témoin. Les processus linguistiques sont des processus internes: la lecture, l’écriture, inséparables l’une de l’autre, ainsi que le martèle la voix poétique de"The Geographical History of America", écriture et lecture qu’il ne faut en aucun cas confondre avec la parole, résonnent dans le silence sourd de l’intériorité, non seulement dans ce que l’anatomie désigne comme l’oreille interne, mais plus encore dans ce que Saint Augustin dans sa Prière à l’Esprit Saint appelle "l’oreille intérieure". S’il est un savoir du poème, ainsi que le laisse entendre Gertrude Stein en plusieurs endroits, ce savoir est à penser en d’autres termes que ceux de l’occupation, de l’appropriation. Il n’est ni positif, ni tangible, ni réel, il est expérience fugace, traversée sans lendemain, pur devenir. C'est le côté un peu magique de son écriture.
"Braque, qui était un grand fort diable, saisit une statue dans chaque bras, et les protégea ainsi, tandis que le frère de Gertrude Stein, un autre grand fort diable, protégeait le petit Rousseau et son violon. Les autres, avec Picasso en tête, parce que Picasso, tout petit qu'il soit, est très fort, poussèrent Salmon dans l'atelier de devant et l'y enfermèrent à double tour". La grammaire est selon Gertrude Stein une lutte que le poète engage contre la langue, lutte sans merci et sans fin, vouée à un échec fatal. Or l’échec comme horizon n’empêche pas l’agonie, bien au contraire. Si le poète ne peut que se résoudre au principe de l’antériorité de la langue sur le sujet parlant, à l’arbitraire du signe, cela ne l’empêche pas de mener un combat en son sein, opposant l’immanence du flux à la transcendance de l’ordre. Le poète ne peut faire l’économie des noms qui existent, lui préexistent et sans doute lui survivront dans la langue. La grammaire steinienne cherche non pas à autonomiser le signifiant du signifié, mais tout au plus à décoller les deux faces du signe, à compliquer l’image acoustique. La grammaire de Gertrude Stein met sans doute en crise notre rapport à la langue anglaise, à sa variante américaine, mais plus encore met en cause notre rapport au langage compris au sens de système régi par des principes, des contraintes universels dont les langues seraient des réalisations particulières. Le poème marque d’emblée son refus de signifier, ou plus précisément de signifier quelque chose. Cette première pièce poétique pour le moins agrammaticale ne manque pas de faire signe, mais se refuse à faire signe vers le monde, à signifier les choses, quelque chose qui lui soit extérieur. Le langage de "Tender Buttons" ignore superbement les impératifs logiques, ne redoute pas de dire tout et son contraire, de prendre le risque de la contradiction, voire du non-sens logique, de s’adonner à la tautologie. Gertrude Stein traite les mots de "Tender Buttons" comme autant d’individus sur un pied d’égalité de manière indistincte et presque démocratique, à quelques exceptions près. Le poème mélange les catégories grammaticales sans se soucier des prescriptions de la syntaxe, ignore superbement la différence entre les mots lexicaux et les mots grammaticaux. Le poème steinien est une petite mécanique verbale. La langue pour le poète est une boîte à outils, un garde-manger, une carrière de pierres qui sont autant de tendres boutons, un réservoir infini de phrases dont il dispose à sa guise. C’est en démiurge que Gertrude Stein use des mots, ignorant leur inscription dans lesystème de la langue, méconnaissant ainsi totalement leurs relations hiérarchiques, leur inscription dans l’ordre.
"Le café, lorsque vous l'avez terminé, il vous donne encore le temps de réfléchir. C'est beaucoup plus qu'une simple boisson, c'est un instant qui passe. Pas comme un moment ordinaire, mais comme un événement, un lieu d'être, même pas comme un lieu, mais comme quelque part en vous. Il vous donne le temps, non pas des heures non réelles ou des minutes, mais une chance d'être vous-même, et de prendre une seconde tasse". "La préface au catalogue de la première exposition de Francisco Riba Rovira à Paris", écrite en 1945, compte parmi les derniers textes de Gertrude Stein sur sa vision de la peinture. Elle y exprime des jugements sur Picasso, Cézanne, Matisse, Juan Gris et principalement sur Francisco Riba Rovira, artiste familier de son salon dont elle a aussi possédé certaines œuvres. "Je rentrais à Paris, après ces longues années passées dans une petite campagne, et j'ai eu besoin d'un jeune peintre, un jeune peintre qui m'éveillerait. Paris était merveilleux, mais où était le jeune peintre ? Je regardais partout: mes contemporains et leurs suivants jusqu'au dernier. Je me suis promenée beaucoup, j'ai regardé partout, dans toutes les boutiques de peinture, mais le jeune peintre n'y était pas. Pas un jeune peintre ! Un jour, au tournant d'une rue de mon quartier, j'ai vu un homme faisant de la peinture. Je le regarde, lui et son tableau, comme je regarde toujours ceux qui font quelque chose, et j'étais émue. Oui, un jeune peintre ! Nous commençons à parler. Son histoire était la triste histoire des jeunes de notre temps. Un jeune espagnol qui étudiait aux Beaux-Arts à Barcelone: la guerre civile, exil, camp de concentration, évasion, Gestapo, encore prison, encore évasion. Huit ans perdus ! S'ils étaient perdus, qui sait ? Et maintenant un peu de misère, mais quand même la peinture. Pourquoi ai-je trouvé que c'était lui le jeune peintre, pourquoi ? Je suis allée voir ses dessins, sa peinture. Et maintenant voilà, je trouve un jeune peintre qui ne suit pas la tendance. C'est Francisco Riba Rovira". Dans "Paris est une fête", Ernest Hemingway se souvient que "Miss Stein, était très forte, mais pas très grande, lourdement charpentée comme une paysanne. Elle avait de beaux yeux, et un visage rude de juive allemande. Elle me faisait penser à quelques paysannes du nord de l'Italie par la façon dont elle était habillée, par son visage expressif, et sa belle chevelure, lourde, vivante, une chevelure d'immigrante, qu'elle relevait en chignon, sans doute depuis le temps où elle était à l'université. Elle parlait sans cesse et surtout des gens et des lieux". Gertrude Stein meurt le vingt-sept juillet 1946 à Neuilly-sur-Seine, à l'âge de soixante-douze ans. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Par sa collection personnelle et par ses livres, elle contribua à l'essor de la littérature moderne et à la diffusion du cubisme et plus particulièrement de l'œuvre de Picasso, de Matisse et de Cézanne.
Bibliographie et références:
- Steven Meyer, "Irresistible dictation, Gertrude Stein"
- Vincent Giroud, "Gertrude Stein et Picasso"
- Alfred Binet, "Gertrude Stein, automatisme de la motilité"
- Florence Montreynaud, "Le XXème siècle des femmes"
- Philippe Dagan, "La face cachée de Gertrude Stein"
- Philippe Blanchon, "Gertrude Stein"
- Julie Verlaine, "Gertrude Stein. Écrire et collectionner"
- Delphine Cano, "Gertrude Stein"
- Nadine Satiat, "Gertrude Stein, biographie"
- Marc Dachy, "Gertrude Stein"
- Brenda Wineapple, "Sister, brother: Gertrude and Leo Stein"
- Linda Wagner-Martin, "Gertrude Stein and her family"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"J'avais pour les étables un goût plus irrésistible que jamais courtisan pour les antichambres royales ou impériales. On n'a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n'en a pas". Ce sont deux lapins dodus et craintifs qui grignotent une carotte. Rien de mièvre cependant dans ce petit tableau animalier, brossé à la manière flamande, qui retient l’attention du jury du Salon annuel de peinture de Paris de 1841. Surprise d’être sélectionnée, Rosa, qui n’a que dix-neuf ans (1822-1899), se réjouit d’exposer, pour la première fois, aux côtés de son père, l’excentrique Raimond Bonheur. Dans cette famille d’artistes adepte des idées philanthropiques saint-simoniennes, la jeune fille a appris la peinture et la sculpture en même temps que ses frères Auguste et Isidore et sa sœur Juliette. Car Auguste, en 1864, a alors racheté l’atelier d’un autre peintre animalier Jacques Raymond Brascassat, qui influença beaucoup les Bonheur, à Magny-les-Hameaux. Il y était plus facile d’entretenir là une ménagerie d’animaux-modèles qu’à Paris. Rosa, cependant, ne viendra que rarement à Magny. Il semble qu’Auguste, bon peintre animalier lui-même, se soit posé en rival, alors qu’Isidore, ayant choisi la sculpture, est resté son complice. La jeune femme accède au succès dès 1849 avec un tableau majeur, "Labourage nivernais": un train d’attelage de bœufs saisi dans son élan, baigné d’une lumière dorée héritée des maîtres italiens qu’elle a étudiés. C’est à elle, désormais financièrement indépendante, qu’incombera durant une quinzaine d’années, de soutenir la famille, d’autant que leur père décède cette année-là. Cette France paysanne, éternelle et sereine, qu’elle peint, correspond aux idées conservatrices du nouveau régime: le second empire. Puis son "Marché aux chevaux", chef-d’œuvre de 1853, va l’installer dans un rôle quasi officiel. L’impératrice Eugénie elle-même, la visitera deux fois dans l’atelier qu’elle s’est choisi à By, près de Fontainebleau, et fera d’elle la première femme à recevoir la légion d’honneur, avec ce compliment: "Le génie n’a pas de sexe". Pourtant, Rosa passe pour une anticonformiste, célibataire vivant avec une autre femme, s’habillant volontiers en homme pour visiter les foires, fumant le cigare avec le cow-boy Buffalo Bill venu pour l’Exposition universelle de 1889. Mais jamais elle ne fera scandale ni ne se posera jamais en porte-parole de la cause féministe. C’est après sa mort qu’on la verra comme telle. "Le Marché aux chevaux" la rend si célèbre en Grande-Bretagne et aux États-Unis, qu’elle va désormais surtout peindre pour cette clientèle étrangère. Au point qu’aujourd’hui son œuvre est à tort, jugée dépassée en France, alors qu’elle reste estimée outre-Atlantique où se trouvent les meilleurs de ses quatre mille tableaux et dessins. Femmes célèbres, illustres, extraordinaires, exceptionnelles, héroïques, fortes. Les qualificatifs rivalisent pour isoler celles dont les qualités ou les actes rompent tant avec la définition normative de la féminité qu’elles suscitent l’étonnement ou l’admiration. Si l’historiographie rejette, à juste titre, les "depuis toujours", force est d’avouer que, dans le cas présent, on peine à dater le premier auteur intéressé par ce sujet qui s’inscrit dans la lignée des "Vies parallèles des hommes illustres" de Plutarque. On s’accorde, néanmoins, à reconnaître un précurseur en Boccace et son "De Claris Mulieribus", débuté en 1360. La première édition est imprimée en français en 1491 sous le titre "Des Dames de renom", bien après que Christine de Pizan a inauguré en 1405 avec "La Cité des Dames" la vogue de ces biographies féminines qui ne cessera plus. Le XIXème siècle, à peine influencé par l’héroïsation révolutionnaire, démocratise un peu et l’étend à toutes les femmes qui se sont distinguées par leur courage, leur beauté, leurs talents et même leurs erreurs ou leurs vices.
"Les animaux sont des amis tellement agréables, ils ne posent jamais de questions, ils ne font aucune critique. On peut juger de la grandeur d'une nation et ses progrès moraux par la façon dont elle traite les animaux". En 1830, Louis Prudhomme propose alors en quatre volumes rédigés par une Société de gens de lettres une ambitieuse "Biographie universelle et historique des femmes célèbres", mortes ou vivantes qui se sont faites remarquer dans toutes les nations et, tandis que la patrie n’est toujours reconnaissante qu’aux grands hommes, le Panthéon des femmes cherche sous la direction d’Achille Poincelot à mesurer en 1854-1856 leur influence, Édouard Plouvier n’est pas en reste avec "Le Livre d’or des femmes, publié en 1870. Un marronnier de l’édition est bel et bien planté. Il renaît à chaque saison, ajoutant quelques nouvelles fleurs à un bouquet un peu fané. Dès lors, la célébrité devient un critère incontournable. Se côtoient, désormais, des héroïnes de l’Histoire, des comédiennes, des écrivaines, mais aussi quelques épouses et des mères exemplaires, figures d’époques révolues, plus que du temps présent. Le XXème siècle, plus soucieux d’un succès commercial que de rigueur historique, confond, lui, célébrité et exceptionnalité. Il préfère mettre en valeur une actrice qui fera davantage recettes, qu’une peintre injustement oubliée. Une star, adulée de ses fans, potentiels lecteurs, qu’une résistante, retournée après-guerre à un quotidien qui ne fera pas vendre. De fait, l’héroïsme, plus souvent sacrificiel chez les femmes que chez les hommes, s’affadit, avant que le terme ne disparaisse des couvertures et des récits, contribuant à banaliser les vies féminines, à normaliser le féminin. Quelques figures séculaires échappent à cet ostracisme, mais elles survivent, le plus souvent, caricaturées dans ces ouvrages, comme dans la plupart des manuels scolaires des deux premiers tiers du XXème siècle. Cléopâtre réduite à son nez, Aliénor d’Aquitaine à sa nombreuse progéniture, Jeanne d’Arc à sa virginité. Plus négatives sont les descriptions de Catherine de Médicis, couverte du sang de la Saint-Barthélemy, de Marie-Antoinette, une traître car louve autrichienne, voire mère incestueuse, ou de Charlotte Corday, cruelle meurtrière de Marat. Cette distorsion de la réalité par des plumes essentiellement masculines a des effets négatifs sur l’appréhension du féminin. En effet, même admiratives, ces biographies réduisent la grandeur féminine à quelques individus, créant ainsi une inégalité numérique et qualitative entre les sexes. La preuve en est que les grands hommes, créateurs ou hommes publiques, peuplent les dictionnaires de noms propres et que certains sont panthéonisés, alors que parler d’une grande femme, c’est évoquer sa taille, tandis qu’une femme publique est une prostituée. Quant au Panthéon, il ne se féminine que bien timidement depuis la fin du siècle dernier, sous des présidences socialistes de la République. En 1995, à l’initiative de François Mitterrand, la scientifique, par deux fois nobélisée, Marie Curie (1867-1934) est "le premier grand homme" à reposer, soixante ans après sa mort, dans le temple de l’excellence, la présence de Sophie Berthelot, "l’inconnue du Panthéon", ne se justifiant que par la volonté familiale de ne pas séparer la dépouille du chimiste Marcellin Berthelot de celle de son épouse. Mais Rosa Bonheur se moquait bien de toutes ses considérations, même si elle accepta des mains de l'impératrice Eugénie la "rosette".
"De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, de Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme". Avant d'être celui d'une guinguette du parc des Buttes-Chaumont, Rosa Bonheur est le nom d'une artiste, spécialisée dans la peinture animalière. Médaillée au Salon de 1848 pour "Bœufs et taureaux", race du Cantal, plébiscitée l'année suivante avec "Le Labourage nivernais", elle devint riche et célèbre en 1853 pour son "Marché aux chevaux". À l'époque, son œuvre est alors qualifiée de "peinture d'homme, nerveuse, solide, pleine de franchise". Il faut dire que Rosalie, dite "Rosa" (1822-1899), ne respecte guère les conventions. Elle fume, visite les foires en pantalon et partage son existence avec une femme. Rosalie Bonheur naît le seize mars 1822 à Bordeaux. Sa mère Sophie Marquis (1797-1833), née de parents inconnus, est adoptée par un riche commerçant bordelais, Jean-Baptiste Dublan de Lahet. Rosa Bonheur se plaira à imaginer que le mystère de ses origines maternelles cache quelque secret d'État et qu'elle est de sang royal, jusqu'au jour où elle apprend que Dublan de Lahet était bien son véritable grand-père. Sophie Marquis épouse, le vingt-et-un mai 1821 à Bordeaux, son professeur de dessin, le peintre Raymond Bonheur. Son père à Bordeaux a été ami avec Francisco Goya qui y vivait en exil. Il encourage ses enfants dans la voie artistique. Rosa, Auguste et Juliette deviendront peintres animaliers tandis que leur frère Isidore sera sculpteur. Elle est également la cousine du peintre Ferdinand Bonheur. Fortement influencé par le Saint-simonisme, Raymond Bonheur décide de s'installer à Paris en 1828. Sa femme et ses trois enfants l'y rejoignent l'année suivante, Rosa a alors six ans. Leur fille Juliette y naît en juillet 1830. Mais la famille vit dans la gêne. En 1831, Raymond Bonheur décide de rentrer, avec un groupe de Saint-Simoniens, au couvent de Ménilmontant. Pendant ce temps, Sophie ne reçoit plus de subsides de son père supposé, mort en 1830, et elle s'épuise à travailler pour surmonter une vie de misère. D'après les témoignages familiaux, Rosa est une enfant indisciplinée et a du mal à apprendre à lire. Pour y remédier, sa mère lui a appris à lire et à écrire en lui faisant sélectionner et dessiner un animal pour chaque lettre de l'alphabet. La mère de Rosa Bonheur meurt en mai 1833. Son père se remarie neuf ans plus tard, en 1842, avec Marguerite-Félicie Peyrol , avec laquelle il a un dernier fils, Germain-Louis, qui sera également peintre. Après la mort de sa mère, Rosa fréquente l'école élémentaire, puis est mise en apprentissage comme couturière, puis en pension. Son père finit par la prendre dans son atelier, où se révèlent ses aptitudes artistiques. Pendant l'été 1839, elle commence à étudier les animaux qui deviendront sa spécialité, tant en peinture qu'en sculpture. Élève de son père, elle expose pour la première fois à dix-neuf ans au Salon de 1841. Elle obtient une médaille de bronze au Salon de1845 et une médaille d'or au Salon de 1848 pour "Bœufs et Taureaux, race du Cantal". Cette récompense lui permet d'obtenir finalement une commande de l'État pour réaliser un tableau agraire pour une somme de trois mille francs.
"Je n'ai pas besoin de me marier. J'ai trois animaux à la maison qui remplissent le même rôle qu'un mari. J'ai un chien qui grogne le matin, un perroquet qui jure l'après-midi et un chat qui rentre tard dans la nuit". À la mort de son père en mars 1849, Rosa Bonheur le remplace à la direction de l'École impériale gratuite de dessin pour demoiselles, ou École gratuite de dessin pour jeunes filles. Elle y conserve ce poste jusqu'en 1860. "Suivez mes conseils et je ferai de vous des Léonard de Vinci en jupons" disait-elle souvent à ses élèves. Avec son immense tableau "Le Marché aux chevaux", présenté au Salon de 1853, Rosa Bonheur obtient une grande notoriété. À une époque où des polémiques opposent sans cesse romantiques et classiques, son tableau "a le rare et singulier privilège de ne soulever que des éloges dans tous les camps. C'est vraiment une peinture d'homme, nerveuse, solide, pleine de franchise". À la suite de ce succès, elle accède alors à une reconnaissance internationale qui lui vaut d'effectuer des tournées en Belgique et en Angleterre, organisées par Gambart, au cours desquelles elle est présentée à des personnalités, telles que la reine Victoria. Le tableau part ensuite aux États-Unis où il est finalement acquis par un milliardaire américain pour l'énorme somme de 268 500 francs-or, avant d'être offert au Metropolitan Museum of Art de New York. Rosa Bonheur séjournera à plusieurs reprises en Auvergne, dans le Cantal en 1846, 1847 et plus tardivement en 1889. À l'été 1855, elle se rend en Angleterre et en Écosse pour présenter "Le Marché aux chevaux", que la ville de Bordeaux a refusé d'acheter. Elle se lie d'amitié avec le marchand londonien Ernest Gambart, qui devient son seul agent en Grande-Bretagne et qui achète le tableau pour quarante mille francs. Elle a également rencontré le maître anglais de la peinture animalière, Sir Edwin Landseer (1802-1873), ainsi que la reine Victoria et l'influent critique John Ruskin. Entre 1856 et 1867, elle n'expose plus au Salon, toute sa production étant vendue d'avance. "Nous avons toujours professé une sincère estime pour le grand talent de mademoiselle Rosa Bonheur", écrit Théophile Gautier cette année-là," avec elle, il n'y a pas besoin de galanterie, elle fait de l'art sérieusement, et on peut la traiter en homme. La peinture n'est pas pour elle une broderie au petit point". En 1860, Rosa Bonheur s'installe à By, coteau viticole près du village de Thomery en Seine-et-Marne, dans une vaste demeure au sein d'une propriété de quatre hectares où elle fait construire un très grand atelier, par Jules Saulnier e taménager des espaces pour ses animaux. Un de ses proches: "Elle avait une ménagerie complète dans sa maison: un lion et une lionne, un cerf, un mouton sauvage, une gazelle, des chevaux. L'un de ses animaux de compagnie était un jeune lion qu'elle laissait courir souvent. Mon esprit fut plus libre d'esprit quand cet animal léonin a rendu l'âme".
"Entouré d'un univers de choses tangibles et visibles. Les animaux, les végétaux, les astres, l'homme, de tout temps, perçoit qu'au plus profond de ces êtres et de ces choses réside quelque chose de puissant qu'il ne peut décrire, et qui les anime". En juin 1864, l'impératrice Eugénie lui rend une visite surprise, pour l'inviter à déjeuner, fin juin, au château de Fontainebleau avec Napoléon III. Cette visite a donné lieu à une gravure sur bois d'après un dessin d'Auguste Victor Deroy, conservée au musée du château de Fontainebleau. L'impératrice revient à By l'année suivante, le dix juin 1865, pour lui remettre, elle-même, les insignes de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur, faisant ainsi de Rosa Bonheur la première artiste et la neuvième femme à recevoir cette distinction. Elle est aussi la première femme promue Officier dans cet ordre, en avril 1894, soit, selon les termes également en usage dans la presse de l'époque, la première officière de la Légion d'honneur. Rosa Bonheur présente dix toiles à l'Exposition universelle de Paris de 1867. À partir de 1880, Rosa Bonheur et Nathalie Micas passent régulièrement l'hiver à Nice, tout d'abord dans la demeure d'Ernest Gambart, la villa "L'Africaine", puis à partir de 1895, dans celle qu'elles acquièrent, la villa "Bornala". Rosa Bonheur y peint plusieurs toiles. À l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de 1889, elle invite Buffalo Bill dans son domaine après qu'il l'eût invitée à être artiste en résidence dans son "Wild West Show". À cette occasion, elle reçoit une panoplie de Sioux. Une amitié forte naît entre eux, et elle fera même son portrait. En 1893, lors de l'Exposition universelle de Chicago, deux tableaux de Rosa Bonheur sont exposés au Palais des Beaux-Arts. Il en est ainsi pour trois lithographies au "Woman's Building". Mais dans les deux cas, ce furent des prêts de collectionneurs privés (Gambart, Keppel). En effet, bien qu'il l'ait sélectionnée, le comité français d'organisation fut obligé de renoncer alors à envoyer ses œuvres à Chicago, ne pouvant faire face aux frais d'assurance requis pour le transport. Ayant contracté une congestion pulmonaire à la suite d'une promenade en forêt, Rosa Bonheur meurt le vingt-cinq mai 1899 au château de By, sans avoir achevé son dernier tableau "La Foulaison du blé en Camargue". Elle est inhumée à Paris au cimetière du Père-Lachaise, dans la concession que la famille Micas lui avait léguée. Elle y repose aux côtés de Nathalie Micas et d'Anna Klumpke, dont les cendres furent rapatriées en 1948, après sa mort aux États-Unis en 1942. Les obsèques de Rosa Bonheur font l'objet de nombreux articles dans "La Fronde", journal féministe fondé par Marguerite Durand en 1897. Hubertine Auclert regrette qu'elle n'ait pas accepté les honneurs militaires pour ses obsèques, hommage qu'elle aurait pu recevoir en tant qu'officière de la Légion d'honneur, mais que Rosa Bonheur avait clairement refusés. Elle était trop "patriote".
"Au début des temps, il n'y avait pas de différence entre les hommes et les animaux. Lorsque nous ramenons des animaux sauvages à la nature, nous les renvoyons simplement à ce qui leur appartient déjà. Car l'homme ne peut pasdonner la liberté aux animaux sauvages, il ne peut que leur enlever". De son vivant, sa peinture est achetée et admirée tant par les institutions que les collectionneurs privés. Aujourd’hui, elle est perçue comme une figure emblématique du féminisme, car elle a réussi, à son époque, à mener la vie qu’elle souhaitait en s’affranchissant des modèles stéréotypés de son temps. Au cours de ses années de jeunesse à la campagne, au château Grimont à Quinsac, Rosa Bonheur a la réputation d'être un garçon manqué, réputation qui la suivra toute sa vie et qu'elle ne cherchera pas à nier, portant les cheveux courts et fumant par la suite, en privé, cigarettes et havanes. Elle a toujours refusé de se marier, afin de rester indépendante, et en raison des mauvais souvenirs que lui a laissés l'attitude de son père vis-à-vis de sa mère. Et puisqu'à l'époque, le mariage fait des femmes mariées des subalternes de l'homme, elle considère qu'il l'aurait empêchée de se dévouer à son art. La vie émancipée que menait Rosa Bonheur n'a pas fait scandale, à une époque pourtant très soucieuse des conventions. Comme toutes les femmes de son temps depuis une ordonnance datant de novembre 1800, Rosa Bonheur devait demander une permission de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris, pour pouvoir porter des pantalons dans le but, notamment, de fréquenter les foires aux bestiaux ou de monter à cheval. Nathalie Micas avait également une autorisation de travestissement. Cependant, sur toutes les photographies "officielles", Rosa Bonheur respectait la loi et portait toujours une robe. Si le lesbianisme de Rosa Bonheur, évoqué par des auteurs, mais réfuté par d'autres, n'est pas avéré, elle a cependant vécu, en réel compagnonnage, avec deux femmes. La première, Nathalie Micas, rencontrée en 1837. Rosa avait quatorze ans et Nathalie douze, qui deviendra peintre comme elle, et dont elle ne sera séparée qu'à la mort de cette dernière en 1889. La seconde, après la mort de Nathalie Micas, en la personne de l'américaine Anna Klumpke, également artiste-peintre de talent, qu'elle connut à l'automne 1889 et qu'elle reverra à plusieurs reprises. Anna Klumpke vint vivre avec elle à By en juin 1898 pour faire son portrait, et écrire ses mémoires. À la demande de Rosa Bonheur, elle y demeure et devient son héritière et sa légataire universelle, tout comme Rosa Bonheur l'avait fait, auparavant avec Nathalie Micas."C'est moi qui ai payé, aussitôt que cela me fut possible les frais d'éducation de Germain. L'on a dit que c'était moi qui étais sa mère et non sa bienfaitrice. C'est là des choses qu'on peut pardonner, mais oublier jamais "ou bien des médisances sur A. Klumpke circuleront, qui la feront souffrir. "Admiration qui ne demandait qu'à se muer en affection". Rosa Bonheur vécut riche, célèbre, heureuse, en exerçant dès l´adolescence le métier qu´elle s´était choisi: peintre animalière. Pour une femme du XIXème siècle, une exception, un défi. Grâce à un immense talent et une puissante force de travail, elle accomplit la promesse faite à sa mère, sa mère morte. Sophie X-Bonheur mourut à trente-six ans dans d´insupportables circonstances. Rosa n'avait qu'onze ans. Cette tragédie aurait pu l´anéantir totalement, elle lui transmit au contraire la force d´accomplir ce qui devint alors une mission de vie. "Relever la femme, venger la mère ".
"La cruauté ne peut venir que des hommes. Les animaux ne tuent que par nécessité, et non pour le plaisir. Pour être heureux, inspire-toi de la conduite des animaux". On mesure combien la définition même de l’exceptionnalité féminine est liée à celle du féminin, non dans sa dimension biologique, mais dans sa construction sociale, culturelle, politique, ceque l’on nomme désormais le genre. Comme celui-ci, elle est donc historicisable. Écrivaine au talent reconnu, influente politiquement, anticonformiste dans son pseudonyme littéraire, dans ses tenues vestimentaires et dans sa vie privée tumultueuse, Aurore Dupin, alias George Sand (1804-1876), remplit au cœur du XIXème siècle tous les critères de l’exceptionnalité féminine, lesquels au début du XXIème siècle lui vaudraient de voir alors son œuvre saluée, sans qu’elle-même soit qualifiée de femme extraordinaire. Qualifiées communément de grandes dames, tonalité nobiliaire qui les différencie du peuple-femme, ces êtres d’exception sont alors marginalisés par la discrétion et la modestie des honneurs qui leur sont rendus. À sa création en 1802, la Légion d’honneur, une reconnaissance essentiellement militaire, ne concerne pas les femmes, exclues de surcroît de l’armée depuis une loi de 1793. Pourtant, en 1851, Marie-Angélique Duchemin (1772-1859), veuve Brulon, "sous-lieutenant aux Invalides", en est décorée pour "ses sept ans de service, sept campagnes, sept blessures", dans sa lutte contre les Anglais le cinq prairial an II (vingt-quatre mai 1794). En fait, cette décoration permet surtout à Louis-Napoléon Bonaparte de s’affirmer alors, après son coup d’État, héritier de la Révolution. Soucieuse de faire reconnaître les talents féminins, d’inscrire cette récompense hors du champ de la guerre, l’Impératrice Eugénie intervient pour promouvoir en 1865 la peintre Rosa Bonheur (1822-1859) Chevalier de l’Ordre. Alors que la première guerre mondiale, de par la figure écrasante du soldat, accentue impartialement le déséquilibre quantitatif entre les sexes, l’inscrivant aussi dans les monuments aux morts, bien oublieux de la contribution féminine, il faut attendre 1931 pour que la grande poétesse Anna de Noailles (1876-1933), nommée Officier en 1925, devienne Commandeur en qualité de femme de Lettres, et 1953 pour que soient élevées à la dignité de Grand-officier, l’écrivaine Colette (1873-1954), Commandeur depuis 1936 et, pour son action sociale, la maréchale Lyautey (1862-1953). Derrière cette identité maritale, qui accorde même le haut grade d’un militaire à son épouse, disparaît Inès de Bourgoing. La filleule de l’Impératrice Eugénie se dévoue toute sa vie aux causes humanitaires, particulièrement au Maroc, et devient en 1926 Présidente du Comité central des Dames de la Croix-Rouge française. Ce registre humanitaire justifie que la Grand ’Croix de la Légion d’honneur soit enfin attribuée en 1997 à une femme, Geneviève De Gaulle-Anthonioz. Si, depuis les années 2000, chaque promotion respecte la parité, la multiplication de ces nominations, et surtout leur vulgarisation ont vidé, en partie, la Légion d’honneur de sa grandeur originelle et donc ainsi de son exceptionnalité.
Bibliographie et références:
- Henry de Collet de La Madelène, "Rosa Bonheur ou le talent animal"
- Dore Ashton, "Rosa Bonheur, a life and a legend"
- Marie-Jo Bonnet, "Les deux amies, un couple de femmes dans l'art"
- Marie Borin, "Rosa Bonheur: une artiste à l'aube du féminisme"
- Danielle Digne, "Rosa Bonheur ou l'insolence"
- Albertine Gentou, "Rosa Bonheur: une femme au service de l'art"
- Natacha Henry, "Rosa Bonheur l'audacieuse"
- Anna Klumpke, "Rosa Bonheur: sa vie son œuvre"
- Frédéric Lepelle de Bois-Gallais," Biographie de Rosa Bonheur"
- Eugène de Mirecourt, "Rosa Bonheur"
- Gonzague Saint Bris, "Rosa Bonheur, liberté est son nom"
Bonne lecture à toutes et à tous
.Méridienne d'un soir.
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Cette nuit. Douceur absolue. J'ai le bonheur de faire la rencontre d'une personne qui me touche. Je me refais nos échanges en boucle dans ma tête. Son imagination m'a émoustillé. Je me refais le film, je m'endors.
Rêve incroyable!! Mon imagination a très bien travailler. Mes rêves sont la continuité de nos échanges!! Douceur !!😇 Chaleur! Me voilà sorti de mes songes dur!! Très dur! Haletant et déboussolé ! Un peu humide même...
Je reprend mes esprits et me rend compte que ce n'est pas mon lit, pas chez moi... Je regarde auprès de moi, j'y trouve des pieds divins. Je suis donc aux pieds de quelqu'un... Ma curiosité me pousse à découvrir à qui appartiennent ces pieds. Je remonte donc délicatement toujours très dur... Je découvre avec délice un long corps. Des jambes interminables d'une douceur que je ne peux me retenir de carresser de ma joue, mes lèvres. Mes lèvres carressent ce corps de plus en plus haut. Une fleur que je préfère laisser tranquille. Je ne sais toujours pas qui j'ai le bonheur de goûter. Un nombril mignon me fait un clin d'œil sur mon passage. Une jolie petite poitrine dont les tetons sont fièrement dressés. Ce doit être la fraîcheur nocturne...
Voilà que mes lèvres rencontrent un cou que je me suis plu à imaginer mordre. Je commence à comprendre. Je me redresse et devine dans la semi obscurité un magnifique sourire dont je connais la malice. Un œil s'ouvre légèrement sur un iris perçant. Me voilà figé par cet œil! Une voix magnifique, suave...
JOUJOU! Au pied!!!!!
Je gémis. Cet ordre...
Je m'entend répondre : Dame, j'ai rêver de vous.
On me retorque: Tu es dur??
Ma réponse ne fut qu'un gémissement acquiesseur...
Le second œil apparaît avec une lueur d'envie dans le fond du regard.
J'explique: Dame, j'ai rêver de vous et c'était bon. Je suis humide de désir...
Cet œil se durci, l'ordre fuse !
ALLONGE TOI!!!
Cette voix suave qui claque dans la nuit ne me laisse pas le choix. Je m'allonge donc avec soumission. Je crois que l'être divin que j'ai réveiller tiens à reprendre le plaisir que je lui ai voler dans mes songes.
Je sent du cuir froid autour de mes poignets... Il se réchauffe très vite tellement ils sont serrés. Ce même cuir sur mes chevilles. Douleur chaude et prometteuse. Ma Déesse passe ensuite une lanière de lin avec minutie dans chaque anneaux de mes liens. Je me délecte de sentir son parfum de fleur à chacun de ses passages prêt de mon visage.
Sa voie suave me demande si je suis prêt. J'acquiece en gemissant. Cette domination si douce m'enlève tout les mots de la bouche.
D'un geste habile et grâce à la minutieuse préparation de ma Dame, tout mes membres se retrouvent liés entre eux. J'attrape donc mes chevilles avec les mains, c'est tout ce que je peux faire. Ce sourire de contentement de ma déesse me rempli de fierté. Elle est fière d'elle et me glisse à l'oreille..
Bon Jouet! Je fond!!
Elle me crache au visage pour me faire comprendre que je vais servir. "Tu n'as pas le droit de jouir sans moi!!! Tu es donc puni pour ça!!" La violence de ces propos contraste avec la douceur de cette voix dans laquelle j'entends de l'amusement. Je ressens un nouveau sentiment indescriptible... Mélange de fierté, d'appartenance... Mon corps est tremblant.
Nouvelle pluie de salive sur mes lèvres. C'est bon!!!
Voilà maintenant une fleur qui s'offre à mes lèvres. Ma Dame veut jouir. Elle m'ordonne de lui rendre l'orgasme que j'ai pris dans mes songes. Je m'y attele avec toute mon âme. Ma langue est en émoi. C'est si bon, chaud, floral.
Je sens avec délice le corps de cette déesse faire des vas et viens sur mon visage. Je suis dur c'est intenable... ma Dame le sent et gifle mon intimité en m'ordonnant de me retenir!
Ses mouvements divins se font de plus en plus intenses. Me coupant le souffle par moment. Dame gémis. Moi aussi! Nouvelle gifle sur mon sexe. Ses mouvements s'amplifiant, ses gemissements se transformant en cris...
Mon bonheur est total! Ma Déesse jouie !!! Me voilà humide de son bonheur!!! Délicieuse pluie odorante sur mon visage! La fierté d'un devoir de jouet accompli. ma Dame se repose sur le côté.
J'aperçois avec délice ses yeux gratifiants. Je bratte en lui demandant si je peux lui en offrir un autre avec mon sexe... Elle rit! Qu'il est beau ce rire!!!!
Elle s'en va me laissant attaché, dur, souillé de son plaisir.
J'entends sa douce voix : Pour ta prétention, j'en veux un autre, mais ton sexe restera inutile!! Je le prend comme je le veux!!! dit elle en me bâillonnant avec un sexe en plastique...
Je gémis. Je gémis. Je ne peux faire que ça.
Je m'abandonne à ses désirs si doux qui me transcende ! La voilà de nouveau assise sur mon visage!! Cette fois ci elle se fait pénétrer par un jouet qui prend naissance dans la bouche de son autre jouet. MOI!!!
Quel délice de faire équipe!! Ses vas et viens incessants avec cette fleur si proche de mon regard me rendent fou... Elle le sent et me gifle de nouveau le sexe.
Ses courbes idylliques se mouvant tel les vagues qui frappent une plage.... Ses gemissements doux comme des nuages... Sa peau habillée de la fraîcheur nocturne... Ses vas et viens sont pour moi le rythme de l'amour pour son jouet sur une symphonie de plaisir partagé!
Sa main frappant mon sexe avec plus de vigueur, sa fleur frappant mes lèvres avec plus d'intensité. Mes joues se remplissent à nouveau de sa pluie d'amour. Ses cris se mêlant à mes gemissements. Son amour me coule dans la nuque... Elle continue de plus en plus fort, et avec ses hanches, et avec ses gifles si bien jetées sur mon sexe...
Quel bonheur d'être le jouet d'une déesse !
Elle hurle de plaisir!!! Me voilà inondé!!! Son bonheur étant le mien, je jouis à mon tour... Elle cris de plus belle. Je gémis encore plus fort.
Nos bonheur partagés, j'entends un doux "merci Joujou" tu as bien travailler. Fierté non dissimulé !!
Elle défait doucement mes liens pour se blottir au creux de mon épaule. Elle s'endort avec douceur, son souffle dans ma nuque. Ses paroles résonnent dans mon esprit "merci joujou" je m'endors donc à mon tour avec le sentiment d'appartenance si doux...
Mais mon réveil sonne... Je viens bel et bien de rêver... Douce frustration... Mes draps s'en souviennent... J'espère m'en souvenir longtemps…
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Les jours suivants, une espèce d'écrin s'est installé, tendre, doux, comme un grand voile de soie. Dès que nous étions libre de nos obligations, à la sortie du travail et moi du lycée, une seule idée, être ensemble, je ne pensais même plus à trainer avec les copines, aux sorties du samedi, d'ailleurs je n'ai pas échappé aux commentaires du genres " on ne te vois plus, tu réponds pas aux messages, t'es amoureuse, il est comment, tu l'a déjà fait avec lui, tu peux bien nous raconter, c'est ça, t'es toute rouge, hahaha ! " je n'avais qu'une envie c'était de rentrer. Bien avant eux à la maison, je sautais sur mes cours pour terminer au plus vite.
Un petit maquillage, un peu de parfum, j'adorais celui de Julien "Eau Sauvage" je recherchais le sourire, le commentaire, tous les soirs ne se ressemblent pas et parfois, un peu triste. Difficile à cet âge, tout change, le corps, les envies, la vie de chaque jour, parce qu'on a évolué et sauté quelques étapes mais j'étais encore un gamine, juste une ado avec un peu d'avance , qui avait encore beaucoup à apprendre.
C'était un de ces soirs où je rêvais du "Prince charmant " bien plus entreprenant que dans le comte, que ma sœurette se glisse sous ma couette, comme souvent, blottie dans mon dos, des frissons partout, à voix basse, Lydia me demande un coup de main pour le cadeau de St Valentin de Julien, en vrai, " j'aimerais lui faire la surprise de sa vie et je pense avoir trouvé la merveille, qui en a envie aussi depuis longtemps" je suis passée de la douce chaleur de nos corps à la sueur de la trouille d'avoir compris qui était le cadeau 🎁 surprise. Jusque-là les caresses, les baisers et les doigts inquisiteurs suffisaient à ma curiosité mais là... Il faisait très chaud sous ce duvet, wouha. Je laissais échapper un "oh non" . Attends je t'explique: " nous allons souper au restaurant tous les trois, j'ai réservé, aussi au cabaret, après la soirée, on rentre à la maison, je préparerais les petits 📦 sur la table du salon à ouvrir après la soirée. On rentrent, comme d'habitude, on se déshabillent, on passent à la douche. J'ai achetais du ruban 🎀 en velour rouge, il est dans le tiroir des strings, je viendrais t'aider, pour faire de jolis nœuds à tes chevilles, aux poignets, autour de ta taille et à ton cou. Le reste sera noué au ruban à ton cou, dans son petit paquet cadeau il y aura un petit mot disant, qu'il lui faut trouver, le bout de ruban rouge au salon, il le trouvera près de la porte de ta chambre et devra le tirer, tu va sortir de ta chambre avec ta mine de petite souris et je lui dirais que mon cadeau de St Valentin c'est toi, j'aimerais que tu dises que nous lui offrons ta virginité en gage de notre 💘 que tu ne veux personne d'autre pour la première fois. On a un mois pour te préparer et je serais avec toi, je te tiendrais la main si tu as peur, je vais te montrer en détails ce que tu devra faire, Julien n'est pas un sauvage et tu sais qu'il t'adore, il a respecté sa parole quand vous étiez seul non?
Je peux pas faire ça, il va se moquer de moi, je ne suis pas aussi jolie que toi, je n'y connais rien et je ne saurais pas quoi faire ni quand...
Pas de panique, tu en as envie je le vois bien, on t'entend glousser le soir dans ton lit, depuis quelques semaines tes petits seins on prit du volume, tu es parti plusieurs fois au lycée sans culotte avec ta jupe plissée, j'espérais que tu n'avais pas un copain trop entreprenant...
Non j'ai personne, juste exitée de sentir l'air sur ma vulve, je te jure rien de plus. Tu ne peux imaginer la peur et l'envie qui me brûle en même temps, tu sais, je vous aime mais suis complètement perdue, si j'ai mal ? Terrifiée ? Si je saigne et la honte de salir partout ? Je vais mourir.
Non je te promets, on va tout voir ensemble, la seule chose que tu dois supporter c'est le passage de fille à femme, être déflorée, une minute de douleur avant un immense plaisir, je vais t'aider en préparant l'entrée pour limiter le côté pénible. Et d'ici là rien ne t'empêche de continuer avec 2 doigts... Même si je te tiens la main, tu dois lui appartenir entièrement toute la nuit et je te guiderai, penses y, pour nous trois, accepte ma Choupette 💋💝
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"La pureté du site nous exaltait. La côte, sur une longue distance, était plate, et nous circulions dans une parfaite solitude, entre deux ou trois lignes simples, ou notre œil n'aurait pu déceler le plus léger accident: la ligne noire de la forêt, à notre droite, une ligne dorée, devant nous, à la frontière du sable et de l'écume et à gauche, un horizon liquide, dur et gonflé. Toutes ces lignes couraient se rejoindre sous nos yeux, en un point éloigné vers lequel nous entraînait leur convergence, et qui fuyait toujours". Dans "Le Vent noir" de Paul Gadenne (1907-1956), le personnage principal, Luc, a aimé plusieurs femmes auprès desquelles il a cru trouver une vérité, évanescente et éphémère. Il a perdu l’une après l’autre ses compagnes mais c’est auprès de Marcelle, tour à tour proche et lointaine, douce et glaciale, "les yeux pleins d’un calme et insoutenable mépris", que Luc a contemplé la face grimaçante et sordide de la vérité qu’il a coûte que coûte recherchée. Cette révélation a valeur de jugement car Luc, au moment où il voit le mépris qu’il inspire dans le regard de Marcelle, "interprète sa rupture, son échec, comme une condamnation". Dès cet instant fulgurant qui semble avoir cristallisé le destin funeste du personnage, Luc aura l’impression de s’enfoncer dans la solitude la plus extrême, infernale, qu’aucune lueur d’aube, sinon celle d’un meurtre, ne trouera. Le souffle maléfique qui anime ces pages, parmi les plus sombres et puissantes de la littérature française, est celui du vent noir, un véritable "vent de ténèbres", comme s’il s’agissait pour Paul Gadenne de nous raconter une histoire pleine de bruit et de fureur qui emporte tout sur son passage et recouvre le monde, tout autant que Luc qui en est la créature la plus abandonnée, d’une nuit sans partage. Paul Gadenne, poète, romancier et essayiste fut, aussi, professeur, exerçant ce qu’on appelle avec raison le plus beau et le plus noble des métiers, aujourd’hui l’un des plus salis par la démagogie de la co-construction pédagogique. Paul Gadenne fut professeur, et ce malgré la tuberculose qui l’emporta à quarante-neuf ans, l’obligeant, on s’en doute, à écourter ses années d’enseignement de façon drastique. Chassée d'Armentières par la guerre, la famille Gadenne passe un temps à Boulogne-sur-Mer avant de s'installer à Paris, où Paul fait ses études à partir de 1918. Après avoir suivi les classes d'hypokhâgne et khâgne au lycée Louis-le-Grand, où il est notamment condisciple de Thierry Maulnier, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, Paul Gadenne obtient à la faculté des lettres de l'université de Paris la licence ès lettres et le diplôme d'études supérieures, consacré à Proust. Agrégé de lettres en 1931, il occupe un premier poste de professeur en1932 à Elbeuf en Normandie. Mais la tuberculose le contraint alors en 1933 à interrompre sa carrière d’enseignant.Il passe alors de longs mois d'ennui au sanatorium de Praz Coutant situé près de Sallanches en Haute-Savoie.
"Ce blanc aurait pu être celui de certaines pierres, dont l'effort vers la transparence s'est heurté à trop d'opacité, et dont toute la lumière est tournée vers l'intérieur. Mais on distinguait, par endroits, des tâches d'un vert fondant et, prés de la tête, des serpentements mauves ou bleu ciel, fort subtils, qui disaient bien leur appartenance". Le onze juillet 1936, Gadenne prononce son "Discours de Gap" au lycée de Gap où il était enseignant. Après avoir constaté que "la plupart des hommes ne supportent ni l'immobilité ni l'attente", il y déplore l'incapacité de l'homme moderne à échapper au tourbillon d'activité caractéristique selon lui de la société moderne, et qui ôte à l'homme son aptitude à réfléchir sur soi, à recréer le monde qu'il reçoit et à bâtir sa propre vie de manière spontanée. Il critique aussi le rôle nouveau pris par la foule, par la rue dans la vie de l'homme moderne, son discours se concluant par ces mots. "Car la vie, mes chers amis, cela ne se ramasse pas sur le pavé". Son premier roman, "Siloé" (1941), est en partie autobiographique et traite de ses séjours en sanatorium et de la réflexion qu’ils lui inspirent. Puis il tente de saisir, dans "La Rue profonde" (1948) et "L'Avenue" (1949), le mystère de la création artistique à travers un personnage de poète. La rencontre, la séparation et la culpabilité, dans le contexte de la guerre et de la collaboration, sont des thèmes également très importants et récurrents dans son œuvre. "La Plage de Scheveningen" (1952) en fournit une parfaite illustration. Ce livre est l’un des plus réussis de Gadenne, avec "Les Hauts-Quartiers", œuvre posthume publiée seulement en 1973, et qui a grandement contribué à sa reconnaissance. Ce dernier récit est écrit dans un style proche de "Siloé", même s’il en constitue une parfaite antithèse. En effet, si "Siloé" relate l’éveil d’une conscience à la vie, dans "Les Hauts-Quartiers" est décrit cette fois un lent acheminement, dans l’enfer de la ville, vers les ténèbres, et une perte de soi à laquelle l’on ne peut échapper que par la médiation de l’écriture, qui permet d’atteindre un au-delà de la littérature qui est la vie même. Gadenne a écrit des nouvelles, désormais rassemblées sous le titre de "Scènes dans le château" (posthume, 1986), un recueil de "Poèmes posthumes", et des réflexions sur l’art d’écrire et le métier de romancier: "À propos du roman". La maladie l'emporte après une longue agonie à l'âge de quarante-neuf ans. Sa réclusion le pousse à la réflexion puis à l’écriture. Son œuvre a un remarquable pouvoir de suggestion. Gadenne parvient en effet à créer une atmosphère lourde, tout en utilisant des moyens narratifs simples, où s’expriment la solitude de l’homme et la difficulté de son existence.
"Les teintes de la mort sont exquises: parfois nous croyions voir s'entrouvrir une rose. Devant cette chose qui ressemblait plus à un catafalque qu'à une bête morte, devant ce monument orné de signes délicats, qui viraient ça et là au colchique ou à la violette fanée, nous étions pris d'un doute, à quoi s'ajoutaient par moments, d'une façon bien inattendue, la sorte d'inquiétude qu'on ressent au chevet d'une personne malade". L’époque actuelle étant au spectacle, Paul Gadenne peut à bon droit être considéré comme une espèce d’intermittent, non pas de l’effort et de l’écriture, qui étaient sa chair même et son esprit, le "ciel des fixes" qu’il contemplait constamment, mais de la fulgurance d’une renommée bien capricieuse à l’égard de son œuvre, voire parfaitement marâtre avec elle. Nous pouvons hélas affirmer, comme Henry de Montherlant l’écrivait de Barrès, et avec bien plus de rapidité que celle qui excentrait hors de notre cercle de références communes l’auteur des "Déracinés", que Paul Gadenne s’éloigne. Il est vrai que, dans une société du paraître à outrance, un tel écrivain, d’une discrétion inadmissible, n’a certainement aucune place, lui dont l’œuvre est pur effacement, icône alors plutôt qu’idole. Professeur mais avant tout immense écrivain, Paul Gadenne reste ainsi un inconnu dans l’esprit même de celles et ceux qui jamais ne s’aviseront de parler à leurs élèves d’une œuvre admirable, préférant leur servir les habituelles carnes persillées de Voltaire, Zola ou Sartre, lorsqu’il ne s’agit pas de Prévert. L’écrivain fut professeur, au sens le plus noble de ce terme qui est à mes yeux indissociable de la notion méprisée de responsabilité, mot creux, mot frelaté, partout employé à la place d’un autre, admirable celui-ci: fraternité, qui est un mot à vrai dire lui aussi bien sali par le mercantilisme universel. Paul Gadenne comme Dostoïevski crut en effet toujours bon de rappeler que nous étions tous responsables des actes des autres, responsables donc coupables des atrocités commises par nos frères déclarés ou renégats, c’est-à-dire devenus, comme Caïn, nos ennemis les plus intimes. La fraternité qu’évoque Paul Gadenne n’est certes pas celle, utopique donc meurtrière, du communisme, encore moins le corporatisme de telle ou telle profession mais celle, spirituelle et éminemment chrétienne, qui unit tous les pécheurs, qu’importe qu’ils aient jeté des innocents sous la dent des lions de Rome, ou bien qu’ils aient transformé en savon plusieurs millions d’hommes, de femmes et d’enfants ou que, expéditivement et en toute bonne conscience, ils aient abattu d’une balle dans la tête les immondes collaborateurs déclarés, comme Hersent, traîtres. Gadenne était un homme d'esprit.
"Le bonheur, c'est quand on n'attend plus, quand l'espoir ni l'anxiété n'ont plus de sens, quand il n'y a rien de ce qui pourrait être qui soit supérieur à ce qui est". "Permettez-moi de vous dire que s’il y a une moitié de l’humanité qui rançonne l’autre, je me suis toujours honoré d’être dans la seconde moitié", déclare le romancier qui, image poétique ou pas, nous donne l’éclairage le plus saisissant sur sa condition. Un tel cri de douleur qui déchire bien évidemment le masque de l’hypocrisie rejoint alors l’admirable volonté de pauvreté jetée par Simone Weil, autre dévorée vivante, à la face des puissants. Humble Paul Gadenne et même, à la nuance péjorative et ironique près, pauvre Paul Gadenne. Coupable parce qu’il est innocent, nous ne pouvons nous étonner que le génie romanesque de Gadenne, avec une remarquable constance, ait cherché à peindre le mystère de la damnation, cette culpabilité absolue, irrévocable. Ainsi Hersent, derrière lequel se cache un portrait de Robert Brasillach que Gadenne connut en khâgne, Hersent le traître à la patrie qui sera exécuté comme il se doit après la Libération, devient, sous de multiples métamorphoses, le personnage unique des romans de l’écrivain qui ne s’est jamais lassé alors d’assumer la garde du frère maudit, de laver la faute et d’accompagner l’errance mauvaise de Caïn, ce premier meurtrier, ce coupable par excellence, à la fois père et frère d’Hersent, marqué d’une marque au front qui le fera exclure de toutes les communautés humaines. Sans doute le romancier, dont l’intelligence et la lucidité étaient extrêmes, a-t-il parfaitement compris qu’il ne pouvait strictement rien faire d’autre que d’accompagner son réprouvé prisonnier de l’hermétisme démoniaque, c’est-à-dire tenter quelque peu d’amoindrir sa peine, d’une parole, d’une écriture, d’une geste grandiose qui en disent tout à la fois l’horreur, le malheur et la damnation, comme le tenta William Faulkner dans le splendide "Absalon, Absalon !" retraçant l’ascension et la décadence de son démiurge sudiste et personnage diabolique, Thomas Sutpen, qu’il s’agissait d’écouter bien plus que d’abandonner, de condamner peut-être, non sans avoir essayé d’en comprendre la volonté prométhéenne, comme telle vouée à l’échec.
"Et ce bonheur-là contenait alors plus que le bonheur, car il ne faisait que rentrer dans cette paix qui vient du sentiment d'un accord intime avec le monde". C’est pourtant cette geste héroïque et noire, c’est pourtant cette parole qui ne se lasse pas de répéter la même histoire sous mille formes différentes, moins puissantes que le signe que Dieu a tracé sur le front du réprouvé, qui seront seules capables d’empêcher que le vagabond fratricide ne soit exécuté par vous et moi, l’anonyme de la foule, ce bourreau en puissance comme le savait Poe, quelque honnête passant sans doute n’ayant rien à se reprocher, qui croisera la triste figure du Maudit et se fera un devoir citoyen de le dénoncer aux autorités compétentes. Si donc la littérature, comme l’écrit Paul Gadenne dans un des textes d’"À propos du roman", s’écrit et doit s’écrire devant le Bourreau, si l’acte véritable de créer, aujourd’hui plus que jamais, nous confronte à une solitude sans pareille, si notre voix doit accepter ainsi de subir le meurtre ordonné par les "docteurs en pureté", alors l’écrivain véritable, s’il ne peut décidément empêcher l’exécution, s’il ne peut rien faire, quelle que soit la procrastination toute borgésienne par laquelle il gagnera, pour son personnage, quelques heures de vie miraculeuse, avant que la balle ne s’enfonce dans le crâne du condamné, n’en finira jamais d’être quitte, et est même celui qui n’en finira jamais de plaider l’innocence du puni, fût-il le premier criminel de l’humanité, le salopard le plus insigne de l’histoire. Loin des édulcorations pour midinettes que nous sert le clergé catholique contemporain, Paul Gadenne sait que la culpabilité comme l’innocence traversent les âges, que le Dieu vengeur et impitoyable n’est alors pas uniquement le rêve de vieux Juifs à la nuque raide, obsédés par la punition de leurs ennemis jusqu’à la soixante-dix-septième génération. Le romancier écrit d’ailleurs dans l’un de ses carnets que seul ce Dieu de l’Ancien Testament a quelque valeur à ses yeux. Paul Gadenne, plusieurs fois, a perdu celles qui furent ses compagnes. Jamais cependant il n’a semblé souffrir davantage qu’après l’échec de sa relation avec Simone Crapart, de laquelle il s’est séparé définitivement en 1938 et qui, sans exagération aucune, l’a hanté pour le reste de ses jours. Dans l’un de ses carnets remarquables, dont la rédaction a suivi la séparation douloureuse avec cette jeune femme, Paul Gadenne parle d’une "Permanence de désespoir", état qui est inconciliable avec l’expérience humaine, car il est, au propre, la plus rigoureuse définition de la damnation. Le désespéré, s’il ne peut guérir de son désespoir, fait alors ce qu’il faut pour mettre un terme à son supplice.
"Issue de la main du temps voici l'âme, dans sa naïveté, égoïste et irrésolue, malchanceuse, claudicante, incapable d'un mouvement en arrière ou en avant, fuyant la chaude réalité, le bien offert, reniant l'appel opportun du sang, ombre de sa propre ombre, spectre dans ses ténèbres, laissant des papiers en désordre dans une salle poussiéreuse". Quant au désespéré qui ne se tue pas, sans doute la part de lâcheté est-elle inséparable de la certitude qu’un jour une réponse sera apportée, fût-elle la plus surprenante de toutes lorsqu’il s’agit du miracle accepté d’une nouvelle rencontre, d’une reprise, mouvement de don et d’abandon, de gain et de perte qui hanta Sören Kierkegaard après sa rupture avec Régine Olsen. Il va de soi que Paul Gadenne a médité longuement le Danois génial, voyant peut-être dans son histoire la matrice de la sienne. Cet état de désespoir permanent, réellement infernal, Paul Gadenne l’a contemplé en tout cas, ausculté longuement puis décrit avec une impitoyable lucidité dans chacun de ses romans, l’ensemble de son œuvre pouvant être assurément lu comme l’entrée dans un royaume figé par le sortilège mauvais et la folle tentative d’en rompre le charme. La rupture est un échec. Elle est bel et bien l’Échec suprême, en d’autres mots la condamnation d’un être par un autre. Après avoir commis un meurtre, Luc pénétrera pour ne jamais ensortir dans ce royaume de fer. Il entrera comme Judas dans une nuit éternelle, lui qui n’a pourtant trahi personne, certainement pas celle qui l’a quitté sans une parole d’explication ni même de réconfort. Pour Luc qui, comme Macbeth, en s’enfonçant dans la nuit et le sang ne peut plus, désormais, revenir en arrière ni au grand jour, le meurtre sera une véritable libération. Mais ne nous trompons pas sur les intentions de Paul Gadenne qui désespérément cherche pour son maudit ce qu’il cherchera pour chacun des délaissés qu’il a peints: "Un être avec qui l’accord eût été complet, dont la présence eût été la compréhension même".
"Didier la regardait à la dérobée et vit une mince larme sur son visage. Il savait alors ce qu'elle pensait, tant d'injustice ! Être chassé par les allemands, cela devait lui paraître régulier, presque juste". Guillaume Arnoult, le personnage principal de la "Plage de Scheveningen" (1952), entrera alors lui aussi, le temps d’une nuit mystérieusement élargie, dans ce lieu où les paroles, en se figeant, acquièrent l’éclat de l’irrévocable, ce poison du diable selon Léon Bloy. Séparé une nouvelle fois de celle qu’il a aimée naguère, en la quittant après cette nuit augurale sur le rivage du monde en guerre, Guillaume trouvera-t-il du moins, sans doute pour ne point pouvoir s’y reposer, la réelle et lumineuse présence d’une halte qui, sans rien expliquer du mystère de la séparation, affirmera qu’une pureté miraculeuse peut être reconquise par le réprouvé ? Paul Gadenne, tout comme Kierkegaard qu’il a lu avec passion, a donné un nom à cette reconquête: la Reprise, ne craignant pas d’affirmer qu’elle seule permet au passé de ne point perpétuellement contaminer le présent, en ouvrant celui-ci à l’éternité. "Je ne puis affirmer avec certitude que le romancier est parvenu au stade religieux de la reprise ou bien au contraire, comme l’un des pseudonymes de Kierkegaard, Constantin Constantius, s’il a pu faire sien ce constat d’échec. La reprise est aussi trop transcendante pour moi. Je peux faire le tour de moi-même, mais je ne peux pas sortir de moi pour m’élever au-dessus de moi-même." C’est au contraire parce que Paul Gadenne a été dévoré par une véritable faim religieuse qu’il n’a eu de cesse de quêter le moment où l’amour se transformait en mépris et la joie en rage puis en indifférence, cet instant mystérieux, incommensurable mais fugace, cet équilibre précaire d’un Bien fragile qui n’a pas encore basculé dans le Mal, puis a essayé de remonter la pente en somme, a tenté d’inverser le coursin éluctable qui nous emporte depuis l’instant fatal de la Chute. C’est donc au contraire parce qu’il a su lire dans les œuvres d’un Conrad, d’un Faulkner et, bien sûr, d’un Kafka, une interrogation pressante de notre condition d’hommes creux débarrassés de Dieu que l’anecdote la plus insignifiante, par exemple l’échouage sur une plage d’un cétacé, a pu résonner de bouleversantes questions, et être alors soulevée jusqu’à la dimension d’une apocalypse, autrement dit d’une révélation. Image symbolique très littéraire.
"La guerre, c'est cela même et, sans parler des revanches toujours possibles, où le chasseur est chassé à son tour, on peut se consoler en pensant que l'ennemi n'agit pas au nom de la loi, qu'il ne peut pas avoir l'ordre du monde et la musique des planètes à son service, comme le croyait à l'évidence ce propriétaireau visage bouffi, qui mâchonnait son cigare". Ainsi, comme nous le voyons dans la courte nouvelle intitulée "Baleine" (1948), sans doute l’un des chefs-d’œuvre pratiquement inconnus de la littérature française, le cadavre immense de l’animal biblique venu mourir sur une plage ne peut être occulté. À vrai dire, il est même exposé aux yeux de tous, comme celui d’Abel, car depuis la nuit des temps il pue sous le nez des belles comme la charogne baudelairienne, il empeste de son odeur la terre entière, mais nul ne semble le voir, et la puanteur, ma foi, nous finissons tous par nous y habituer lorsque nous ne vivons plus que dans un monde où la mort seule semble rôder, cherchant qui dévorer. Dans "L’Avenue", nous pouvions comprendre l’histoire du sculpteur Antoine Bourgoin tentant de mener à la perfection sa statue, Ève, et essayant de scruter le mystère de la Construction, sur la signification de laquelle les habitants d’une petite ville du Sud-Ouest de la France ne parvenaient pas à se mettre d’accord, comme une méditation sur le sens de l’Art, qui ne peut être, pour Gadenne, qu’un moyen de quêter Dieu, en redonnant à la beauté sa pleine consistance terrestre, charnelle. Le même parcours en creux, comme une lumière trop vive qui, en frappant la pellicule, aurait noirci toute image, pouvait ainsi se lire dans "La Rue profonde", dont l’écriture fut presque rigoureusement contemporaine de celle de "L’Avenue". Si Paul Gadenne est ainsi un quasi-inconnu aux yeux de nos critiques, c’est sans doute parce qu’il effaça consciencieusement toute trace évidente, trop éclatante, toute publicité qui ne pouvait que le corrompre. Plus profondément,c’est parce qu’il fut, à l’instar d’un Bernanos qui aurait été dépouillé de son génie de l’invective, un écrivain de l’inquiétude et que celle-ci ne nous importe plus, ne nous aiguillonne plus comme une fièvre dont il faudrait à tout prix augmenter la température. Vivre, donc, ne sert à rien, vivre n’est rien de plus que l’aventure commune de pourceaux dont l’unique but est de se bâfrer sans jamais lever la gueule vers le ciel, à la différence des chiens d'Isidore Ducasse, Lautréamont qui, au moins, étaient épris d’infini.
"Il peut paraître puéril d'être troublé, en pleine guerre, par un incident aussi bête. Mais Didier avait vu sa mère humiliée et ce souvenir devait creuser une ride sur sa mémoire. Peu importe la taille de l'incident qui vous apporte la révélation". C’est ainsi que l’écriture de Paul Gadenne se double à nos yeux d’une vertu éminemment pratique, qui l’incarne un peu plus profondément et lui confère une force et une portée bien éloignées du bruit faux et de la fureur passagères de nos lettres superficielles et cliquetantes. C’est donc l’humilité et la profonde vérité de l’œuvre de Paul Gadenne qui font qu’elle accompagnera toujours l’homme dans sa quête harassante, parce qu’elle ne le trompe pas et ne tend pas devant ses yeux une toile de foire l’empêchant de fixer l’horreur. L’œuvre de Paul Gadenne ne ment pas, ne tend pas un miroir séducteur devant nos yeux qui ne cessent de quêter des visages là où nos écrivains ne leur offrent que quelques masques qui se fendillent d’ailleurs de tous côtés, et révèlent le visage aussi hideux que commun de l’imbécile au sens que Bernanos donnait à cette insulte. C’est aussi cette même humilité et cette même vérité qui font que, jamais, nous ne pourrons reprocher aux romans de Paul Gadenne leur coupable esthétisme, en un mot, leur indifférence à ce qui appartient au règne si fragile de l’homme. C’est la souffrance même du romancier, personnelle avant que d’être écrite, qui a incarné son œuvre dans la chair humble et misérable soumise à la douleur de la maladie, à la séparation, à la mort, mais aussi, dans le même mouvement pascalien qui est le sceau de notre grandeur, mouvement qu’il fut donné au génie de Gadenne d’évoquer sans relâche, à la gloire. Cet abaissement est pourtant élévation, cet effacement est pourtant présence pleine, cette petitesse est pourtant force, réelle force, seule force capable de faire face à la brutalité de notre âge. Cette humilité qui ne s’est jamais payée de mots est celle qui à jamais rendra la balle du bourreau impuissante face à notre irrésistible volonté. Paul Gadenne s’est-il jamais délivré de ses fantômes, son art lui a-t-il jamais apporté une consolation, fût-elle maigrement esthétique ? Oui, d’une certaine façon rien de moins que littéraire puisque, d’un roman à l’autre, du "Vent noir" à "La plage de Scheveningen", c’est l’errance de Caïn qui se poursuit, d’abord condamné à chercher un refuge illusoire dans les ténèbres, en espérant sans relâche de vivre une seule minute de paix.
Bibliographie et références:
- Bruno Curatolo," Paul Gadenne: l'écriture et les signes"
- Paul Gadenne, "Siloé"- Paul Gadenne, "Le Vent noir"
- Paul Gadenne, "La Rue profonde"
- Paul Gadenne, "La Plage de Scheveningen"
- Paul Gadenne, "Les Hauts-Quartiers"
- Paul Gadenne, "Baleine"
- Paul Gadenne, "Scènes dans le château"
- Paul Gadenne, "À propos du roman"
- Paul Gadenne, "Une grandeur impossible"
- Marie-Hélène Gauthier-Muzellec, "La poéthique, Paul Gadenne"
- Juan Asensio, "Paul Gadenne"
- Didier Sarrou, "Paul Gadenne, le romancier congédié"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Que serait-ce quand il faut dans un livre, dans du livre mettre de la réalité. Et au deuxième degré quand il faut dans la réalité mettre de la réalité. Trois tailleurs de pierres travaillent sur un chantier. Quelqu'un passant par là leur demande ce qu'ils font. -Je taille des pierres, soupire le premier. -Je construis un mur", répond le second. -Je bâtis une cathédrale, s'exclame le troisième"."La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout, c’est d’être aimé". Le cinq septembre 1914, tombait au champ d’honneur l’écrivain Charles Péguy, lieutenant au 276ème régiment d’infanterie, mortellement touché d’une balle en plein front près de Villeroy (Seine-et-Marne). Une mort qui est le couronnement de toute une vie et donne un relief particulier à son œuvre, scellée, par le sang versé, aux cités charnelles qu’il sut si bien chanter: "Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, couchés dessus le sol à la face de Dieu. Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés". Une guerre qui faucha aussi deux semaines plus tard son fidèle ami qui l’avait accompagné sur les routes de Chartres, l’écrivain Henri Alain-Fournier, auteur du "Grand Meaulnes". Maurice Barrès a admirablement bien résumé le sens de la mort de Péguy: "Il est tombé les armes à la main, face à l’ennemi, le lieutenant de ligne Charles Péguy. Le voilà entré parmi les héros de la pensée française. Son sacrifice multiplie la valeur de son œuvre. Il célébrait la grandeur morale, l’abnégation, l’exaltation de l’âme. Il lui a été donné de prouver en une minute la vérité de son œuvre". Tout a été dit sur Péguy dont la figure ne cesse d’intriguer politiques et historiens des idées, qui s’évertuent sans succès à le classer arbitrairement selon les schémas de pensée de l’idéologie dominante. Celle-ci voudrait empêcher qu’un socialiste dreyfusard d’origine modeste soit devenu sans rien renoncer à lui-même, un poète mystique, un chantre de l’enracinement patriotique et un pèlerin de l’espérance chrétienne. Or, Charles Péguy fût tout cela à la fois. Inclassable Péguy dont la pensée est constamment guidée par un même fil conducteur, une quête inlassable et insatiable de vérité. En créant "Les Cahiers de la Quinzaine", en 1900, il assigne à sa nouvelle revue l’ambition de "dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste". C’est au nom de la fidélité à cette même vérité qu’il se séparera de son ami Jaurès, critiquant le parlementarisme bon teint de la République radicale, déplorant le dévoiement de l’idéal de justice qui prévalait encore au début de l’affaire Dreyfus: "La mystique républicaine, c’était quand on mourait pour la République, la politique républicaine, c’est à présent qu’on en vit". Né à Orléans dans un milieu modeste, son père était menuisier et sa mère rempailleuse de chaises, Péguy garda toujours l’empreinte de ses origines. N’écrit-il pas dans "L’argent" (1913), pamphlet contre le matérialisme: "Avant que nous ayons douze ans, tout est joué". Son œuvre n’est-elle pas, dans un certain sens, un perpétuel retour sur son enfance ? Un contact intime, direct et prolongé, presque animal avec la réalité paysanne eut des conséquences d’une incalculable portée sur sa philosophie: réaliste, enracinée, incarnée. Sur son patriotisme: "défense de l’âtre et du feu", de la "terre charnelle" et "des pauvres honneurs de la maison paternelle".Il n’eut qu’à se souvenir de son enfance dans son œuvre entière: la Beauce dans la "Présentation", les châteaux de la Loire dans les "Sonnets", les villages d’Île-de-France dans la troisième "Situation", et dans Ève le "Jardin d’Éden", qui suivent la prodigieuse procession des paysans ressuscités, et les innombrables vers gorgés de réalités rustiques: vignes, chênes et blés, eaux et forêts, soleil et vent. Péguy ne fut pas un paysan poète, mais à coup sûr un poète paysan, fier de l’être.
"Qu'arrive-t-il toujours. Le soir tombe. Les vacances finissent. Il me faut une journée pour faire l'histoire d'une seconde. Il me faut une année pour faire l'histoire d'une minute. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Heureux deux amis qui s'aiment assez pour savoir se taire ensemble. L'amour excuse bien des maladresses. Cœur dévoré d'amour fervente joie, mangé de jour en jour vivante proie". Au moment de l’adolescence, Péguy perdit la foi. Un passage de la première"Jeanne d’Arc" suggère que cette révolte du cœur s’est produite très tôt, au moment de la première communion. Boursier, il gravit brillamment les marches de la méritocratie républicaine. Il prépare l’École normale supérieure au lycée Lakanal de Sceaux. D’après son condisciple Albert Mathiez, c’est vers la fin de cette période qu’il devient brièvement "un anticlérical convaincu et pratiquant". Il fait de septembre 1892 à septembre 1893 son service militaire au 131ème régiment d’infanterie, intègre l’École Normale en 1894. Dreyfusard, converti au socialisme sous l’influence de son maître Lucien Herr, le patriote ardent qu’il n’a cessé d’être s’en détache en raison de son caractère matérialiste et dogmatique, tout en ne gardant pas moins une tendresse pour les humbles, nourrie d’un rêve de fraternité et d’amour d’inspiration religieuse. Mais, la rupture définitive avec Jaurès a lieu en 1913 lorsque Péguy se révolte contre le pacifisme de celui qui fut son maître à penser. À ses yeux, il a trahi les intérêts de la nation. Pour lui la nation plonge sa grandeur dans l’histoire millénaire du peuple français et s’enracine dans le christianisme, conception qui inspirera Bernanos et de Gaulle. Parallèlement il revient à la foi de son enfance. Le cinq janvier 1900, paraît le premier des "Cahiers de la Quinzaine", puis en 1910 "Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc". Entre ces deux dates, s’inscrit une période de la vie de Péguy à la couleur très tranchée. Ne vivant que d’abonnements, de souscriptions, d’emprunt, les "Cahiers" ont une existence précaire, mais, dans chacun, l’écrivain s’engage à fond. Tous les sujets y sont traités, aussi bien le débat sur le romantisme, sur la philosophie de Bergson que l’actualité politique avec le scandale des "fiches" exigées par le général André, ministre franc-maçon de laguerre. Il s’oppose à Diderot, Renan, Taine, et s’attaque aux mythes modernes: progrès, science, démocratie et défend avec véhémence la reconquête de l’Alsace-Lorraine. Les collaborateurs affluent alors: Anatole France, Julien Benda, Romain Rolland, André Gide, Daniel Halévy, Alain-Fournier, Ernest Psichari, Jacques Maritain, et Jacques Copeau. La petite boutique du huit rue de la Sorbonne aura été, en ce tout début du XXème siècle, un foyer spirituel, un brasier comparable à ce que fut Port-Royal au XVIIème siècle sur le plan religieux. Mais Péguy ne se réduit pas à la magnifique entreprise des Cahiers. Le "Mystère de la charité de Jeanne d’Arc" est une œuvre neuve, angoissée et imprégnée d’une puissante spiritualité liée à son retour au christianisme. "Quand l’homme manque Dieu, Dieu manque alors à l’homme".
"Il me faut une vie pour faire l'histoire d'une heure. Il me faut une éternité pour faire l'histoire d'un jour. On peut tout faire, excepté l'histoire de ce que l'on fait. Il faut toujours dire ce que l'on voit: surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit. Je ne juge pour ainsi dire jamais un homme sur ce qu'il dit mais sur le ton dont il le dit. Ce que nous disons est souvent grave, sérieux. Le ton dont nous le disons l'est toujours". Entre chaque livre, on découvre la détresse, la souffrance, la douleur. Péguy se reprend avec "La Petite Espérance". Il cherche quelque chose de plus grand, de viril, de fort. Aller au-delà de l’espoir et au-delà du désespoir. Non pas concession de la faiblesse, d'un vague optimisme, mais exigence d’héroïsme, possible seulement dans la vie de la foi. Poète ardent, artisan, compagnon incomparable de la langue française et mystique, son œuvre est imprégnée de sacré, portée par une verve familière. L’été flamboyant de 1910 s’achève sur des cris d’orgueil: "J’ai mis ce "Cahier" sur pied en quatre semaines. À combien d’hommes une telle compensation a-t-elle été donnée ? "Accentuant sa prise de position catholique, il publie "Laudet, un nouveau théologien", archétype du catholique mondainet athée déguisé, il s’en prend à deux formes d’athéisme. L’un révolutionnaire, avec qui tout n’est pas perdu, car "des flambées de charité peuvent y brûler, détournées" . L’autre bourgeois, "avec lequel il n’y a rien à faire", car "c’est un athéisme sans charité, c’est un athéisme sans espérance". Épousant le paradoxe, tenant ensemble les contraires, sa pensée vivante et toujours en mouvement s'est pourtant laissé accaparer par les écoles, voire les chapelles, et non des moindres. La droite nationaliste de Barrès a cru pouvoir le compter parmi les siens, lui qui fut l'un des hérauts acharnés de la défense de Dreyfus. C'est qu'il n'est pas facile à saisir. Mystique et socialiste, écrivain et philosophe, antimoderne car adversaire du positivisme, conservateur et révolutionnaire, défenseur farouche de la liberté, ouvert à l'événement, promoteur de l'aventure et du risque, que l'économie du monde moderne semble avoir jugulés, invitant la subjectivité à inquiéter la science, ami exigeant, ennemi intransigeant, mari fidèle, amoureux passionné mais platonique, philosémite et catholique fervent mais anticlérical, prônant toujours "dans la réflexion sur le fait collectif un individualisme salubre". Ce fils d’Orléans s’attache à la figure tutélaire de Jeanne d’Arc non encore politisée. En elle, il trouve ainsi un modèle d’engagement et de contradiction aussi. Péguy pourrait être considéré comme un "catholique anticlérical" dont la foi dépoussiérerait la religiosité confinée et ouvrirait grandes les églises. Car cette pensée de haute volée se conjugue à ungénie de la langue. Une poésie, un style, qui nécessitent de nos jours, un minimum d’investissement pour être compris.
"Je ne peux pas conter une histoire, on ne voit jamais que le commencement de mes histoires premièrement parce que toute histoire n'est pas limitée, parce que toute histoire est tissue dans l'histoire infinie, deuxièmement parce que, dans leur système, toute histoire elle-même est infinie. Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance, qui demeure aux prés, où tu coules tout bas. Meuse, adieu, j’ai déjà commencé ma partance en des pays nouveaux où tu ne coules pas. Voici que je m’en vais en des pays nouveaux.Je ferai la bataille, passerai les fleuves. Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux. Je m’en vais commencer là-bas des tâches neuves". Aimer Péguy "ce grand fils demi-rebelle entièrement docile", est une chose. Tenter de le faire aimer en est une autre qui vous oblige à instruire sans répit son procès en réhabilitation, tant sont tenaces les soupçons, les caricatures, les légendes et les contresens dont son œuvre et son destin continuent de faire l’objet. Il n’est pas si simple, de "déboutonner l’uniforme" dans lequel le lieutenant Charles Péguy est mort, "tué à l’ennemi" sur le front de la Marne le cinq septembre 1914. Péguy a contre lui d’avoir été lu à l’envers, si on peut dire, à partir de sa mort héroïque et de sa fin glorieuse, quand il aurait fallu l’aborder à partir de son insurrection première et de son insoumission d’"inglorieux"."L’accès, l’abord, la présentation, l’entrée, l’accueil est beaucoup", disait-il lui-même, "dans la valeur même et dans lateneur et dans la signification. L’heure est venue où Péguy peut être véritablement abordé après avoir été si longtemps anthologisé par les manuels, séquencé par les biographes, récupéré par les politiques et instrumentalisé par les clercs. Charles Péguy nait le sept janvier 1873 à Orléans. Il est le premier et l'unique enfant d'une famille d'artisans modestes. Sa mère et sa grand-mère maternelle sont rempailleuses de chaise. Son père, ouvrier menuisier, a laissé sa santé sur les barricades de 1870. Il meurt alors que Charles n'a que dix mois. Les deux femmes entre lesquelles grandit le petit garçon s'activent du matin au soir pour gagner l'argent nécessaire aux besoins du foyer. Charles, dès qu'il tient debout, s'évertue à les aider. Lever matinal, soins du ménage, tâches modestes qu'il peut accomplir pour aider alors sa mère. Pourtant, rien d'infernal dans cette cadence. Loin de lui paraître accablante, elle reste liée dans sa mémoire au paradis de l'enfance. Chez les Péguy, on est à son compte, on ne subit pas l'autorité du patron. On travaille par nécessité, biensûr, mais aussi par goût, et si l'existence comporte son lot de soucis pour la veuve Péguy et sa vieille mère, le garçonnet ne perçoit de cette vie laborieuse que l'allégresse, le rythme et la satisfaction du travail accompli. L'ardeur à l'ouvrage et l'amour du travail bien fait sont tout le patrimoine de Charles Péguy. Certes il est d'humble origine, mais ce n'est pas un "déshérité". Lorsqu'il observe sa lignée, c'est pour tirer gloire d'une ascendance qui ne comprend ni grand nom, ni fortune, et qui pourtant recueille toute la richesse d'un peuple. "L'anonyme est son patronyme". Par cette formule de la "Note conjointe sur Mr Descartes et sa philosophie", il rend hommage à la foule de ceux qui ont existé avant lui, analphabètes comme sa grand-mère, intelligents et braves comme elle, capables de durer en dépit des épreuves.
"Il me faut une éternité pour faire l'histoire du moindre temps. Il me faut l'éternité pour faire l'histoire du moindre fini. Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante douce, tu couleras toujours, passante accoutumée, dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse, O Meuse inépuisable et que j’avais aimée, tu couleras toujours dans l’heureuse vallée, Où tu coulais hier, tu couleras demain. Tu ne sauras jamais la bergère en allée, qui s’amusait, enfant, à creuser de sa main, des canaux dans la terre, à jamais écroulés". Dans "L'Argent", ouvrage paru en 1913, un an avant la mort de Péguy, l'homme de quarante ans nous dépeint le monde de son enfance. C'est un monde idéalisé, paré de toutes les vertus que le présent n'a plus: "De mon temps, on chantait." Le culte du travail, la sobriété des mœurs sont la marque de ce monde révolu. Pourtant, Péguy n'a pas toujours eu ce regard sur son passé. Un autre texte, écrit bien plus tôt et resté inachevé, ajoute une touche d'ironie à la nostalgie des souvenirs. Son titre, à lui seul, est tout à fait révélateur: "Pierre, commencement d'une vie bourgeoise". Le jeune homme qui se penche alors sur son enfance ne la considère pas avec la même indulgence que l'auteur de "L'Argent". Le milieu d'artisans dont il est issu, loin d'incarner toutes les vertus sociales, connaît l'ambition et même une sorte d'arrivisme. La mère du petit Pierre, double de Péguy, lui enseigne à bien travailler, à bien obéir, dans l'espoir d'avoir une honnête situation, une petite retraite, une maison à soi, bref lui transmet un idéal petit-bourgeois avec lequel Péguy prendra ses distances. En dépit de son parcours personnel, s'élever dans la société ne sera jamais pour lui un objectif. Bien au contraire, ce qu'il souhaite, c'est que soit rendu à chacun la dignité de son état: "Tous ensemble et chacun séparément premiers." Voilà sa conception de la démocratie. Aussi ne voit-il qu'une "perversion de l'esprit démocratique" dans la fierté que sa mère tire de sa réussite, et qu'il raille en ces termes: "Que le fils d'un ouvrier mécanicien fût reçu à Saint-Cyr, c'était tout à fait bien. Qu'un fils d'instituteur fût reçu à Polytechnique, c'était mieux encore. Et que le fils d'une rempailleuse de chaises provinciale fût reçu à l'École normale supérieure, c'était la gloire même." L'école est la part la plus précieuse de l'enfance de Péguy. Elle lui adonné sa chance, non en l'extrayant de son milieu, mais en lui permettant d'être lui-même et d'épanouir les dons qu'il avait pour le travail intellectuel. De ses maîtres de l'enseignement primaire, les "hussards noirs de la République", il fait des héros, et sa première école, il nous la dépeint comme un lieu d'enchantement. Cet émerveillement demeure tout au long de ses études. Dans "L'Argent", il évoquera ainsi son entrée en sixième comme une expérience tout à la fois vertigineuse et décisive. Vertigineuse, parce qu'elle le fait accéder à un univers de connaissances insoupçonnées.
"Voyez ce qui nous est arrivé aujourd'hui. Sous le nom de Clio nous n'avions pas assez de fiches pour établir même une pauvre petite thèse complémentaire. Nous n'avions, je pense, que deux fiches. La bergère s’en va, délaissant les moutons, et la fileuse va, délaissant les fuseaux. Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux, voici que je m’en vais bien loin de nos maisons. Meuse qui ne sais rien de la souffrance humaine, O Meuse inaltérable et douce à toute enfance, O toi qui ne sais pas l’émoi de la partance". "Ce que fut pour moi cette entrée dans cette sixième à Pâques, l'étonnement, la nouveauté devant rosa, rosae, l'ouverture de tout un monde, tout autre, de tout un nouveau monde, voilà ce qu'il faudrait dire, mais voilà ce qui m'entraînerait dans des tendresses."Décisive, parce que sans le discernement de M. Naudy, le directeur de l'école, qui l'orienta vers le lycée alors que ses origines sociales le destinaient plutôt à l'enseignement professionnel, rien sans doute de ses engagements ni de sonœuvre ne serait advenu. Boursier, Péguy poursuit un parcours sans faute jusqu'au baccalauréat. Le concours d'entrée à l'École normale supérieure se révèle un obstacle plus redoutable, et il doit s'y reprendre à trois fois pour être reçu, en1894. Le petit garçon studieux est devenu un jeune homme ardent, qui séduit ses camarades par sa personnalité puissante. Loin de s'enfermer dans l'étude, il se passionne pour le sort des hommes. En khâgne au lycée Lakanal, il fait une collecte auprès de ses condisciples pour les ouvriers en grève de Carmaux. La haute figure de Jaurès le fascine. À l'École normale supérieure, il est l'élève de Romain Rolland et d’Henri Bergson, qui ont une influence considérable sur lui. Nourri de la fleur de l'esprit classique en même temps que des généreux idéaux de l'esprit moderne, Péguy était appelé à concilier en lui les appels les plus divergents et à incarner la totalité de l'esprit français. Jean Jaurès, normalien, professeur de philosophie, est un intellectuel qui a décidé d'entrer dans l'action politique pour promouvoir son idéal de justice sociale. D'abord député de centre gauche, il adhère au socialisme à l'époque où ce courant de pensée, nourri des utopies de la première moitié du dix-neuvième siècle, n'a pas encore subi l'attraction du marxisme. A l'École normale supérieure, Péguy subit l'influence de ce grand aîné, relayée par celle de Lucien Herr, le bibliothécaire de l'École. Avec quelques camarades, il se livre à de grands débats d'idées dans sa chambre, baptisée la "thurne Utopie". Dès 1895, Péguy devient membre du parti socialiste. À l'École normale, il fonde un cercle socialiste et thésaurise des souscriptions pour un futur "journal vrai". Lucien Herr, bibliothécaire de l'École, de 1888 à 1926, l'appuie, et c'est avec le "caïman" de philosophie, Lucien Lévy-Brühl, dreyfusard de la première heure, qu'il s'engage. Il revendiquera bientôt lui-même un engagement dans l'Affaire, antérieur au "J'accuse" d'Émile Zola et à la pétition des intellectuels du douze janvier 1898.
"Mais sous le nom de l'histoire nous allions à tant de fiches que par l'autre bout d'impossibilité il nous devenait impossible d'établir même peut-être une grosse thèse. Toi qui passes toujours et qui ne pars jamais, O toi qui ne sais jamais rien de nos mensonges faux, O Meuse inaltérable, ô Meuse que j’aimais, quand reviendrai-je ici filer encore la laine ? Quand verrai-je tes flots qui passent par chez nous ?" En 1897 il publie sa première "Jeanne d’Arc" dédiée "à tous ceux qui seront morts pour l’établissement de la République socialiste universelle", pour aussitôt démissionner de l’École, se marier civilement, engloutir la dot de sa femme dans lacréation d’une librairie socialiste, devenir un ardent militant dreyfusard et bien sûr échouer à l’agrégation de philosophie et compromettre définitivement la carrière d’enseignant à laquelle il était promis. En 1900, refusant de se soumettre au diktat du congrès des organisations socialistes visant à sacrifier la liberté de la presse à l’unité idéologique, il rompt avec Lucien Herr et Jean Jaurès et se lance en solitaire dans l’aventure des "Cahiers de la Quinzaine" pour "dire la vérité, dire bêtement la vérité bête", dénoncer sans relâche "les arrière-pensées du monde moderne" fondé sur le règne implacable de l’argent, traquer l’idée de derrière la tête de la science moderne, combattre l’orgueil de l’historien fait Dieu, la terreur sociométrique des sociologues, pourfendre l’esprit du système et tous les ismes du parti intellectuel, alerter le siècle sur la menace totalitaire que font peser sur l’avenir ceux qui veulent "faire un cloître à l’humanité". Il va se battre alors aux frontières, il va se battre sur tous les fronts. On ne peut rien comprendre à la colère de ce "mécontemporain" si l’on sous-estime ce qu’a été "le plus grand événement de sa vie morale", son adhésion au socialisme. Il s’y est converti comme on entre en religion, une religion de salut temporel, une véritable mystique que l’affaire Dreyfus qui éclate en 1898 va porter à incandescence. C’est dans l’exaltation de ce qu’il appellera lui-même "un dreyfusisme forcené" que naît le Péguy combattant dont toutes les prises de position et tout le labeur d’écrivain seront animés par le seul désir de ne jamais en finir avec l’affaire Dreyfus. Il refusera l’amnistie que le parti veut accorder aux anti-dreyfusistes de gauche pour sauver son unité. Refuser l’amnistie, c’est pour lui la seule manière de "refuser l’amnésie". L’effritement progressif de son amitié avec Jaurès correspond à ce qu’il appellera dans "Notre jeunesse", "la décomposition du dreyfusisme en France", cas de la dégradation de la mystique en politique. L’affaire Dreyfus est le moment hautement symbolique où son socialisme peut tendre la main à la Jeanne chrétienne, où la solidarité des damnés de la terre peut s’ouvrir à la communion des Saints, où la vocation républicaine de la France peut contribuer à l’avènement du Royaume de Dieu.
"Permettez, dit-elle, que je voie ici encore un symbole, s'il est encore permis d'employer ce mot. Sous mon nom de Clio je n'ai jamais assez de fiches pour faire de l'histoire. O maison de mon père où j’ai filé la laine, où, les longs soirs d’hiver, assise au coin du feu, j’écoutais les chansons de la vieille Lorraine, le temps est arrivé que je vous dise adieu. Tous les soirs passagère en des maisons très nouvelles, j’entendrai des chansons que je ne saurai pas. Tous les soirs, au sortir des batailles nouvelles, j’irai dans des maisons que je ne saurai pas". Péguy s’était éloigné de la religion de son enfance qui lui avait enseigné la réalité de l’enfer éternel qui se présente comme l’effet d’une excommunication divine et qui a pour équivalent, dans l’ordre temporel, la misère qui exclut des humains de la cité terrestre. C’est pour sauver l’humanité de la misère que précisément il avait adhéré au socialisme. Le héros dreyfusard qu’il a été va progressivement entrer en contact avec la réalité de cet enfer contre lequel il a voulu mobiliser toutes ses forces. Par une double expérience. Celle de sa propre exclusion du monde moderne et celle de l’expulsion du monde moderne hors de la vie vraiment vivante. Au fil des années, il va éprouver dans sa chair ce qu’il appelle "l’enfer social moderne laïcisé", cette solitude où l’ont rejeté les modernes, ceux du parti socialiste et ceux du parti intellectuel. Le vingt-huit octobre 1897, il épouse civilement Charlotte-Françoise Baudouin, sœur de Marcel Baudouin, un de ses proches amis décédé, et s'installe avec elle au sept, rue de l'Estrapade. Ils ont quatre enfants. Le trente octobre 1897, il est promu sous-lieutenant de réserve. Un an plus tard, il fonde, près de la Sorbonne, la librairie Bellais, qui sert alors de quartier général au mouvement dreyfusiste. Son échec à l'agrégation de philosophie l'éloigne définitivement de l'université. Cependant, dès 1900, après la quasi-faillite de sa librairie, il se détache de ses associés Lucien Herr et Léon Blum et fonde dans la foulée les "Cahiers de la Quinzaine", au huit, rue de la Sorbonne, revue destinée à publier ses œuvres et à faire découvrir de nouveaux auteurs. Romain Rolland, Julien Benda, Georges Sorel, Daniel Halévy et André Suarès y contribuent. Son retour au catholicisme, dont il avait été nourri durant son enfance, a eu lieu entre 1907 et 1908. En juin 1910 paraît "Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc", qui s'inscrit dans la perspective d'une méditation catholique manifestant publiquement sa conversion. Plutôt que par le mot conversion qui sous-entendrait un rejet de sa vie passée, c'est par un approfondissement du cœur qu'il retrouve la foi.
"Sous mon nom de l'histoire je n'ai jamais assez peu de fiches pour faire de l'histoire. J'en ai toujours de trop. Maison de pierre forte où bientôt ceux que j’aime, ayant su ma partance, et mon mensonge aussi, vont désespérément, éplorés de moi-même, autour du foyer mort prier à deux genoux, autour du foyer mort et trop vite élargi". Ce qui fascine en elle le jeune Péguy, c'est son engagement solitaire au cœur de la mêlée. Bouleversée par le spectacle de la guerre qui ravage les campagnes, elle n'hésite pas à prendre les armes et à se lancer dans "la bataille humaine". La Jeanne de Péguy incarne à la fois la grandeur et les limites de l'engagement individuel. L'œuvre est dédiée à "toutes celles et tous ceux qui auront lutté contre le mal", et particulièrement à celles et ceux qui "auront connu le remède", c'est-à-dire le socialisme. Jeanne d'Arc était seule avec ses voix improbables pour combattre la violence, l'injustice, le pouvoir. Son action, toute éclaboussée de gloire, ne pouvait que sombrer dans l'échec et la mort dégradante. Péguy, lui, croit avoir trouvé dans le socialisme la panacée, et l'on sent dans sa pièce, en contrepoint à l'aventure tragique et singulière de la bergère guerrière, l'assurance de celui qui se sait partie prenante d'un grand mouvement collectif. À partir de 1911, Péguy qui est au tournant de la quarantaine, fait l'amère expérience des déceptions, des ratages et des critiques injustes des milieux académiques après les remous provoqués par l'essai polémique contre Fernand Laudet. Au milieu de tant de difficultés, s'ajoute en 1912, l'inquiétude provoquée par la maladie de Pierre, son second fils. Péguy fait alors le vœu de se rendre en pèlerinage à Chartres, du quatorze au dix-sept juin, parcourant cent quarante-quatre kilomètres en trois jours. Alain-Fournier l'accompagne sur une partie du chemin. C’est ce pèlerinage qui, par la suite, inspira l'œuvre,"Les pèlerinages de Chartres". Péguy célèbre avec flamme des valeurs qui pour lui sont les seules respectueuses de la noblesse naturelle de l'homme, de sa dignité et de sa liberté. D'abord, son humble travail, exécuté avec patience, sa terre, cultivée avec respect, sa famille. "En réalité, il n'y a qu'un grand aventurier au monde, c'est le seul père de famille".
"Quand il s'agit d'histoire ancienne, on ne peut pas faire d'histoire parce qu'on manque de référence. Quand il s'agit d'histoire moderne on ne peut pas faire d'histoire parce qu'on regorge de références. Quand pourrai-je le soir filer encore la laine ? Assise au coin du feu pour les vieilles chansons. Quand pourrai-je dormir après avoir prié ? Dans la maison fidèle et calme à la prière. Quand nous reverrons-nous ? et nous reverrons-nous ? O maison de mon père, ô ma maison que j’aime". Comme écrivain, Péguy adopte d'emblée une position anticonformiste. Pour lui, la personne de l'écrivain est multiple et différente de celle de l'homme. Ils ne coexistent ainsi pas dans la même temporalité et ne vivent plus de la même vie. Les étapes de la construction de la "personne" littéraire de Péguy jalonnent treize ans de publications, de "Jeanne d'Arc" à "Victor-Marie, comte Hugo", des œuvres de jeunesse à "Notre jeunesse".Les pseudonymes se multiplient dans les articles d'avant 1900: Pierre Baudouin, Jacques Daube, Jacques Lantier, Pierre Deloire et quelques-uns de ces noms reparaissent dans les premiers "Cahiers", inaugurés par une "Lettre du provincial adressée à Péguy", lettre supposée d'un lecteur, à laquelle il répond brièvement: l'auteur se construit un interlocuteur et mobilise son destinataire. À la fin de 1900, les "Cahiers" publient "Pour ma maison", puis "Pour moi". En octobre 1901,"Vraiment vrai" signé Péguy, expose le programme des "Cahiers". Enfin, "De la raison", en décembre 1901, préface admonestatrice aux écrits de Jaurès, fait entendre la voix de toutes ces figures, à la première personne du pluriel, pour avertir celui que les dieux perdent ou qui perd ses dieux. De même dans "Notre patrie", "Notre jeunesse". Rappelons que l'entreprise des "Cahiers" réunit une multiplicité d'auteurs. Ce pluriel est peut-être une fiction fondatrice de l'œuvre et la condition fixée à sa mission de chef de chœur assemblant les voix populaires et mystiques qui s'adressent aux puissants où vont prier Dieu ("Les Suppliants parallèles", 1905). "De Jean Coste" (1902) révèle alors où Péguy place sa légitimité. La misère, celle du gérant, est une grandeur de situation qui donne autorité à sa personne. "De Notre patrie" (1905) à "Notre jeunesse" (1910), un second système d'autorité reposera sur la dénonciation de l'adversaire que désigne déjà "Zangwill" (1904). Le monde moderne, dont "la pensée de derrière la tête", formulée alors par Hippolyte Taine et Ernest Renan, est de s'attribuer toute légitimité grâce à la science déterministe. L'enjeu de cette bataille, la conquête du temps.
"Voilà où ils m'ont mis, avec leur méthode de l'épuisement indéfini du détail, et leur idée de faire un infini, à force de prendre un sac, et d'y bourrer de l'indéfini. Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle. Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre. Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle. Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles". Péguy a toujours affirmé qu'il n'avait jamais varié. Sa personne finit par comprendre ainsi "l'immense océan de sa silencieuse race", tous les français illettrés, fils d'Adam à qui parlait Dieu et qui parlent Dieu en France et en vers avec "Le Porche du mystère de la deuxième vertu" en 1911, "Le Mystère des saints innocents" (1912), "La Tapisserie de sainte Geneviève" (1912), "La Tapisserie de Notre-Dame" (1913) et enfin les quatrains d'"Ève" (1913). Parallèlement, les œuvres en prose: "Victor-Marie, comte Hugo" ( 1910), "la Note sur M. Bergson" ( 1914), qui concerne aussi Descartes, et la "Note conjointe sur M. Descartes" (1914) qui parle de Bergson, délimitent le terrain stratégique où Péguy se place enfin. Le présent, neuf, jaillissant, déshabitué du passé et des programmes intellectuels d'un avenir tout fait. L'homme du présent, éternellement jeune, est aussi l'homme des légendes, l'homme de la mémoire non écrite, de l'instinct vital et de l'intuition, sa personne s'est "incarnée" dans un peuple élu, dans un moment ressenti comme sacré, le présent, dont il est le témoin sacrificiel et le combattant. S’il est un trait qui caractérise Péguy, c’est son patriotisme. Loin d’être une vague abstraction ou une idéologie, il procède de l’étroite imbrication des intérêts spirituels et de leur enracinement dans la vie d’une nation. "Car le spirituel est lui-même charnel, et l’arbre de la grâce est raciné profond, et plonge dans le sol, cherche jusqu’au fond". Péguy n’est pas nationaliste car pour lui, la nation ne constitue pas l’horizonin dépassable de l’homme: "La patrie n’achève pas l’homme, elle le forme et le protège des destins qui la dépassent".
"Dans sa propre chair d’homme, devant la mort, instantanément il venait de connaître ce que c’est que la faiblesse et que l’infirmité de toute chair d’homme, la faiblesse, l’infirmité de la chair d’homme. Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés dans la première argile et la première terre. Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés". Péguy fait partie de l'une des dernières générations à avoir fréquenté la classe de Rhétorique. S'il s'est révolté contre le formalisme et ses exercices vains, il a souvent affirmé, en ancien boursier, son idéal des humanités pour tous. À l'art de penser et de parler, cette discipline alliait un imaginaire humaniste et politique. La situation de Péguy est d'autant plus intéressante qu'il était contemporain des réformes de l'enseignement et des recherches modernes sur le style. Lui aussi s'est interrogé sur ce qu'est un style singulier, subvertissant le goût classique prédominant à l'école, autant que les méthodes positivistes. Dans sa prose torrentielle, l'éloquence apparaît à la fois comme l'ennemie et le vecteur de l'expressivité. Qu’on ne s’y trompe pourtant pas, quand Péguy parle de "style", le mot ne signifie pas chez lui le sens assez vague de "manière d’écrire". Dans une étude approfondie des apparitions de ce terme dans les "Cahiers" et des variations sur la formule "le style, c’est l’homme". Dès lors, il ne désigne jamais d’abord un ensemble de procédés valant inscription littéraire, ni même un ensemble d’habitudes linguistiques valant signature personnelle, mais bien un "ton" plus qu’une "forme". Comme toute réflexion moraliste, celle de Péguy s’appuie sur des "lieux", à ceci près que ces lieux n’en sont pas toujours, dès lorsqu’ils s’organisent en un système de contre-valeurs jetées à la face de la contemporanéité. Il importe pour lui que sa prose ne trahisse pas ce qu’il veut toujours être et paraître: un représentant du peuple. Étrange revendication d’une posture de porte-parole qui s’accommode de la construction d’un personnage d’homme en marge, voire d’homme au ban. On ne le donc dira jamais assez. L’écriture de Péguy est largement polémique. Son horizon, c’est le pamphlet. Son arme, plus encore que l’allusion qui assoit son autorité, ce sera l’ironie qui mine celle de l’adversaire et l’humour qui fait du lecteur un complice. Si Péguy a fait des concessions à l’éloquence, il a voulu tenter de se garder de son double caricatural: la grandiloquence. Y est-il parvenu ? Pas toujours. Conséquence du recours au registre mystique.
"Voyez ce que c’est que notre chair, et notre tentation. Il faut veiller. Il faut prier. On n’est jamais tranquille. On n’a jamais un moment de tranquillité, un moment de tranquille. Moi-même votre frère je ne suis jamais tranquille. Car le surnaturel est lui-même charnel. Et l’arbre de la grâce est raciné très profond. Et plonge dans le sol et cherche jusqu’au fond. Et l’arbre de la race est lui-même éternel. Et l’éternité même est dans le temporel. Et l’arbre de la grâce et l’arbre de nature, ont lié leurs deux troncs de nœuds si solennels, ils ont tant confondu leurs destins fraternels. Que c’est la même essence et la même stature". Péguy a cette destinée singulière d'être, parmi les grands écrivains du XXème siècle, celui qui, de son vivant, a été enseveli sous le plus lourd silence de la critique, et qui, depuis sa mort, a provoqué la plus abondante foison d'articles et de volumes. Au final, sa pensée, indissociable du personnage tant il a voulu la vivre profondément, demeure une boussole pour notre temps. Il s’attache aux continuités de notre histoire. Il est celui qui voit dans la méritocratie républicaine la poursuite de l’œuvre monarchique, là où beaucoup d’idéologues s’efforcent d’y dresser une antinomie. Il conçoit la patrie comme l’enracinement des valeurs spirituelles dans une terre charnelle et lui accorde un amour de préférence sans pour autant lui conférer le statut d’idole qui embrasse toutes les dimensions de la personne. Il reste enfin un modèle de ténacité, de liberté et de courage pour avoir inlassablementre cherché la vérité, parfois au prix douloureux de ses amitiés, et incarné ses convictions jusqu’au sacrifice suprême.Au cours de ses années d'intense création littéraire, Charles Péguy est en proie à l'exaltation du poète, mais aussi à des tourments intérieurs. Épris de Blanche Raphaël, une jeune agrégée d'anglais fréquentant la boutique des "Cahiersde la quinzaine", l'écrivain choisit de combattre cette passion par fidélité à sa femme et à sa foi. Il en souffre beaucoup, comme en témoignent les quatrains de "La Ballade" du cœur qui a tant battu, demeurés longtemps inédits. Mais ce renoncement est aussi une fidélité à soi-même, qui porte ses fruits. La cohérence entre la vie et la pensée de Péguy assure la portée de son œuvre. Lieutenant de réserve, il part en campagne dès la mobilisation en août 1914, dans la 19ème compagnie du 276ème régiment d'infanterie. Il meurt le cinq septembre, en Goële, près de Meaux, lieu des combats de la bataille de l'Ourcq à la veille de la première bataille de la Marne, tué d'une balle au front, alors qu'il exhortait sa compagnie à ne pas céder un pouce de terre française à l'ennemi. Il serait mort, selon Victor Boudon, l'un de ses camarades de combat présents à ses côtés, en disant: "Oh mon Dieu, mes enfants". Mémoire des hommes.
Bibliographie et références:
- Jean Bastaire, "Cahier Charles Péguy"
- Marie Boeswillwald, "Comprendre Péguy"
- Robert Burac, "Charles Péguy, la révolution et la grâce"
- Bernard Collignon, "Pourquoi ont-ils tué Péguy ?"
- Maurice David, "Initiation à Charles Péguy"
- Matthieu Giroux, "Péguy, un enfant contre le monde moderne"
- Daniel Halévy, "Charles Péguy et les Cahiers de la Quinzaine"
- Jean-Pierre Rioux, "La mort du lieutenant Péguy"
- Alain Finkielkraut, "Le mécontemporain, Péguy, lecteur du monde"
- André Robinet, "Métaphysique et politique selon Péguy"
- Jean-Noël Dumont, "Péguy, l'axe de détresse"
- Alexandre de Vitry, "L’individualisme civique de Charles Péguy"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Pâles deviennent tous mes rêves, jamais il n'y eut de fin plus triste dans mes livres de poèmes, la vie doucement coule. Je sais qu'il me faudra mourir bientôt et pourtant tous les arbres brillent après le baiser de juillet longtemps désiré. La nuit est veloutée et tendre, telle une rose. Viens, donne-moi tes mains, mon cœur bat, il est tard et à travers mon sang, vaque la nuit ultime qui va et vient, sans bornes, et sans fin, comme une mer. Et puisque tu m'as tant aimée, cueille donc la joie suprême de ton jour, et donne-moi cet or que nul nuage ne trouble". Lors de son discours du vingt novembre 2003, pour l’acceptation du prix Nobel de littérature, Elfriede Jelinek fit un vibrant hommage à Else: "Écolière, j’ai adoré la stature extravagante, exotique et bariolée d’Else Lasker-Schüler. Je voulais à tout prix écrire des poèmes comme elle, même si je n’en ai point écrit, elle m’aura beaucoup marqué". Démente ou extralucide, Else Lasker-Schüler (1869-1945) aura enflammé son siècle, et aura été le porte-parole de l’expressionnisme allemand. Gottfried Benn, amant puis ennemi car rallié au nazisme, dira d’elle, "ce fut la plus grande poétesse lyrique que l’Allemagne est jamais eue". Karl Kraus, l’avait désigné comme "la plus forte et la plus impénétrable force lyrique en Allemagne". Ceci pour situer l’immense Else. Elle était maigre et ses yeux étaient immensément tendus vers vous. Une force terrible émanait de sa personne. Else Lasker-Schüler envoûte ou fait jaillir la haine par sa vie provocante. Elle mendiera une partie de sa vie pour se nourrir, elle fera exploser les valeurs bourgeoises et la forme poétique. Peintre, poète, meneuse ardente des causes intellectuelles, amante passionnée, elle reste une comète foudroyante passée dans notre ciel. Nous n’en avons pas encore pris toute la mesure immense. Le début du siècle à Berlin, c’est elle qui l’a façonnée. Ses amis qu’elle vit souvent mourir, Georg Trakl, Franz Werfel ou Franz Marc, bien d’autres encore sont le bord de sa route. Une première génération se fit décimer pendant la première guerre mondiale, une deuxième par le nazisme. Else vit tout cela. Perte et absence, exil et projections bibliques feront le fondement de son œuvre. "Une Sapho qui aura traversé de part en part le monde" dira d’elle Paul Hille son ami le plus proche. Ce nouvel ange bleu sera la madone des cafés littéraires et tous les hommes devinrent des professeurs "Unrat". Elle sera à jamais le prince de Thèbes ou une femme prise dans le tragique entre Berlin et Jérusalem. Sa terre d'exil sera sa terre de renaissance.
"Le printemps nous contemple de sa lumineuse majesté. Tu me cueilles une fleur en guise de salut, et moi, je l'aimais déjà quand elle n'était que graine. Du lointain pays de la nuit, des harmonies se pressent, s'enflent. Je fais le pas. Je serai la vie, vie blottie contre vie. Quand au dessus de moi des astres édéniques berceront leurs premiers humains. Tes yeux se posent sur les miens, jamais ma vie n’eut tant de chaînes". Else était tout entière dans ses jeux de rôle, elle se faisait appeler le jaguar ou "le prince de Thèbes" et baptisait tout son entourage de nouveaux noms. Franz Marc était le "Cavalier bleu", Karl Kraus, "le Dalaï-Lama", Gottfried Benn, "Giselheer le Barbare", Georg Trakl était "le cavalier en or", Franz Werfel "le prince de Prague", Peter Hille, "Saint-Pierre", et Oskar Kokoschka, "le troubadour ou le géant". D’autres encore se firent totémiser de ces noms étranges venus d’autres planètes. Ses amis furent foison, parfois aussi amants, le plus souvent égaux et amis: Gottfried Ben, Georg Grosz, Karl Krauss, Murnau, Trakl, Werfel, Marc, Peter Hille, Kokoschka, Richard Dehmel, Alfred Döblin, Tristan Tzara, Gropius, Walter Benjamin, Martin Buber, mais la liste est longue, tant était foisonnante cette ville de Berlin sous son versant bohème, avec tous ces cafés où l’on refaisait l’art et le monde. Elle se promenait dans les rues de Berlin accoutrée en Prince de Thèbes. Elle a dit "si j’avais été un homme, j’aurais été homosexuel", car elle allait creuser la part féminine de ses amants au tréfonds d’eux-mêmes. Elle restera une pure hétérosexuelle, bien complexe toutefois avec son côté dominateur et homme. Là, à Berlin, se sont constitués alors les mouvements picturaux essentiels, der "Brücke" (1905-1913) et des "Blauen Reiter" (1911), l’expressionnisme, et le Bauhaus (1919), le mouvement Dada venant de Suisse avec Tzara (1918), et ce que l’on a désigné comme les "Berliner Secessionisten". Des peintres comme Oskar Kokoschka, Emil Nolde, Ludwig Meidner, August Macke, Paul Klee, Franz Emil Marc, Ernst Ludwig Kirchner, Karl Schmidt-Rottluff, Wassily Kandinsky, ont fait alors revivre les couleurs de la peinture et changer le cours de l’art. Ils figureront tous sur la liste des artistes dégénérés dressés par le nazisme. L'art contre les armes.
"Vois-tu mon amour, ma vie se perdre dans tes yeux. Jamais ne fut si profondément en toi, si profondément désarmée. Et parmi tes rêves ombreux mon cœur d’anémone boit le vent aux heures nocturnes, Et je chemine en fleurissant par les jardins paisibles de ta solitude". Cette poursuite du monde de l’invisible, du monde magique derrière le réel, l’intrusion des bêtes métaphysiques, la découverte réelle de l’âme humaine, avaient trouvé en Else sa théoricienne car cela, elle l’avait déjà intégré dans ses textes. Cette parole de Paul Klee résume la philosophie des mouvements: "L’art ne doit pas reproduire le visible, mais rendre visible l’invisible". Croqueuse sincère d’hommes, elle jouait d’eux et d’elle, et tombait pourtant amoureuse à chaque fois. Et elle écrivait des poèmes pour eux tous. Elle rayonnait alors auprès d’eux, tant l’immensité de ses dons, sa passion ardente, étaient éclatants. Elle sera donc la figure de proue de l’avant-garde de ce Berlin du début du vingtième siècle, avec sa bohème, ses cafés bohèmes où l’on réinventait le monde à venir. Ce ne fut pas le monde lumineux de Franz Marc ni le monde énigmatique des expressionnistes qui advint, ce fut la peste brune de Hitler. Elle l’avait pressentie et s’enfuit dés 1933. Élisabeth (Else) Schüler était née le onze février 1869 à Eberfeld, aujourd’hui Wuppertal, cadette de six enfants. L’ombre du père jovial et d’une mère difficile pèse sur elle. Fille rebelle, elle quitte à onze ans l’école qui l’ennuyait profondément. Maladive, feignant de l’être, elle poursuit ses études à la maison. À vingt-six ans, elle se marie avec un docteur Berthold Lasker bien plus âgé qu’elle. Ainsi elle prend ses distances avec sa famille de banquiers et elle peut enfin fuir la petite vie de province. Elle est enfin rendue à Berlin qui la fascine. Là elle suit des cours de peinture de Simon Goldberg et fonde un atelier. Elle va alors se lancer à corps perdu dans une vie de bohème. Elle rencontre peintres, musiciens, écrivains et devient vite le pivot d’une vie violente et exaltante dans cette nouvelle communauté. Avec la flamme noire et la passion d’une Marina Tsétaëva, toutes deux pas très jolies, elle embrase son milieu d’intellectuels excentriques. Un enfant, Paul, de père inconnu car Else n’en dira jamais le nom, lui naît le quatre août 1899, et son mari accepte alors de le reconnaître.
"La nature m'entoure de sa beauté et dans la nuit, tes yeux brillent. Je sais qu'il me faudra mourir bientôt et pourtant tous les arbres brillent après le baiser de juillet longtemps désiré, pâles deviennent tous mes rêves, jamais il n'y eut de fin plus triste dans mes livres de poèmes". Mais le couple est brisé et divorce en 1900, et Else poursuit seule sa vie de danse au-dessus des volcans. Elle est désormais sans ressources et ne survit que par l’aide de ses amis, dormant sur les bancs publics ou ceux des gares, squattant alors des chambres, mangeant rarement. Elle vivait de lectures, de mendicité auprès de ses amis, de performances et de conférences. En 1913, Karl Kraus lance un appel au secours dans sa revue célèbre "Der Fackel", pour la soutenir matériellement. Son œuvre est sa vie, et sa vie son œuvre. Poésie et vie ne faisaient qu’un pour elle, les gouffres qui toujours s’effondraient entre ces deux domaines et ne se laissaient point enjamber. Ceci faisait alors les douleurs et les confusions de son moi. Elle va se lier avec le cercle de poètes de Peter Hille et publia "Stryx", son premier recueil de poèmes très mal reçue par les critiques car trop étrange et énigmatique. Elle partagea bientôt l’existence de Herwarth Walden, Georg Levin de son vrai nom et se maria en 1901 avec lui. Il était éditeur de la revue expressionniste "Der Sturm" qu’elle va alimenter et fondateur de la galerie du même nom. Walden fit se rencontrer à Berlin toute l’avant-garde européenne et se fit l’éditeur de celle-ci. Une pièce de théâtre d’Else "Die Wupper" parle de cette période de basculement. En 1912, après avoir divorcé de Walden après deux ans de séparation, elle se lia avec Gottfried Benn. Mais le tournant de son œuvre vient du choc de la mort tragique le sept mai 1904 de son ami le plus intime, Peter Hille, qui fut aussi son mentor. Un courant mystique l’envahit désormais qui se traduira par l’écriture des ballades hébraïques et sa plongée profonde dans les contes orientaux. "Mon cœur" et sa transformation en "Prince de Thèbes" seront sa rédemption. En 1913, elle voyagera à Saint-Pétersbourg et Moscou. Quand la première guerre mondiale éclate, elle pressent la mise au tombeau de la culture européenne et farouche pacifiste, elle s’enfuit en Suisse où elle côtoie le mouvement dadaïste. En 1920 elle sort de l’anonymat avec la publication de six volumes de poèmes, des livres avec ses lithographies ("Thèbes"), et l’admiration du metteur en scène Max Reinhardt qui monte ses pièces, ses dessins sont exposés.
"Je suis l'ultime nuance de l'abandon, il n'y a plus rien après. Rien sauf ta beauté intemporelle. Tu me cueilles une fleur en guise de salut, et moi, je l'aimais déjà quand elle n'était que graine. Pourtant je sais qu'il me faudra mourir bientôt. Mon souffle plane sur les eaux du fleuve de Dieu, sans bruit je pose mon pied sur le chemin qui mène à la demeure éternelle". Elle est alors intronisée chef de l’expressionnisme. Mais au lieu de rentrer dans ce nouveau rôle, elle reste une clocharde refusant tout ordre établi. La mort de son fils Paul de tuberculose, en 1927, la foudroie et elle commence à se retirer du monde. Scandaleuse elle était pour tous, et les nazis la qualifièrent de "juive pornographique" et voulaient sa tête. Elle avait toujours su que la bête immonde viendrait la dévorer, alors elle émigra en Suisse à Zürich, en avril 1933. En 1932 elle avait reçu le grand prix de littérature Kleist. Sa nationalité allemande lui sera retirée en 1938. Berlin se changea peu à peu en Jérusalem, elle se replongea dans sa culture juive et biblique. Et après des allers retours en Palestine en 1934 et 1937, elle s’y fixa en 1939 à plus de soixante-dix ans. De l’holocauste subi par son peuple, passe des thèmes bibliques et l’exaltation du moi "Ich und ich". "Je vais au jardin de Gethsemani et prier pour vos enfants". La terre sainte ne fut pas à la hauteur de ses espérances, et là aussi pauvre et solitaire, elle survivait par la lecture, la première autorisée en juillet 1941 à soixante-douze ans, de ses poèmes et par une bourse d’un tout petit éditeur, Salman Schocken. Elle vivait au milieu d’illusions, de ses délires, elle écrivait des lettres folles à Goebbels, à Mussolini, pour sauver son peuple, de son immense solitude. L’ingratitude la blessa profondément. Ses appels incessants pour faire la paix entre arabes et juifs étaient fort mal reçus. Et quand elle allait alors dans les synagogues orthodoxes elle s’asseyait toujours parmi les hommes. Ses derniers textes, "Mon piano bleu" (1943) paru à moins de quatre cents exemplaires en tout et pour tout, et "je et je" ne fus pas compris du tout. Else Lasker-Schüler mourut d’une crise cardiaque le vingt-deux janvier 1945 au matin, et elle fut alors enterrée sur le mont des Oliviers.
"Quand le jour tombe, je revis en te contemplant dans la galaxie. En secret la nuit, je t'ai choisi entre toutes les étoiles. Et je suis éveillée, fleur attentive dans le feuillage qui bourdonne. Nos lèvres veulent faire du miel, nos nuits aux reflets scintillants sont écloses. À l'éclat bienheureux de ton corps, mon cœur allume la flamme embrasant le ciel, tous mes rêves sont suspendus à ton or, je t'ai choisi parmi toutes les étoiles". Comment se meut la poésie d’Else Lasker-Schüler ? Elle parle surtout d’atmosphères, de lune, de bougies, d’amour qui ne vient pas ou qui ne comprend pas. La nuit est omniprésente, les lettres envoyées ou reçues sont là reprises, des dessins aussi. Le silence et la nervosité extrême aussi. Le café semble imbibé ses ratures et ses écritures. Tous les contes bibliques et ceux de l’Orient sont près d’elle et lâchent leurs démons. Les mots sont réduits à l’essentiel, à leur dureté, pour capter alors correctement les instants de vie, donc ses poèmes. Le souvenir des amis, des tableaux, poussent leurs stridences en elle. Les amants sont penchés sur elle, surtout ceux qui ont fui. L’obsession de quelques mots est toujours au bout de son crayon: lune, bleu, âme, pleurs, douleur, vie, mort qu’il faut consoler, étreinte et baisers, étoiles, frontières perdues, cœur, sang, ange, douceur, monde. Sans arrêt ces mots reviennent et se mélangent sans souci de faire de belles métaphores. Else n’est pas un livre d’images, mais un livre de vie. 'Le prince de Thèbes'" voyait plus loin que tous. Plus qu’un peintre, un poète, un dramaturge, elle fut la première à réaliser ce que l’on appelle ainsi aujourd’hui des performances, mêlant les arts, dansant sur ses textes en s’accompagnant de clochettes, et parlant une langue inventée, la langue de l’origine. Elle fut méprisée, accusé de grossièreté, on riait d’elle, de ses chaussures bizarres de ses chapeaux de mauvais goût, mais on l’admirait aussi passionnément. Elle ne savait ni vivre ni mourir, mais vociférer sans raison et tendre vers la dure vérité au travers des mensonges. Personne ou presque ne l’écoutait.
"À l'ombre de tes rêves, la nuit venue, mon cœur d'anémone s'abreuve de vent. Mais tu ne vins jamais avec le soir, j'étais assise en manteau d'étoiles. Quand on frappait à ma porte, c'était le bruit de mon propre cœur. Maintenant le voilà suspendu à tous les montants de porte, à la tienne aussi". Elle reste cet être tout à fait énigmatique et tragique qui réalisa alors sans doute le mieux cette fusion entre la judaïté et la source allemande expressionniste. Ce conflit de ses deux racines l’aura écartelé. Elle était "le Prince de Thèbes" exilé sur cette terre. On pourrait dire qu’Else Lasker-Schüler vécut comme une Allemande à Jérusalem. Le cas tient du paradoxe en ce sens que Else Lasker-Schüler avait vécu comme une Orientale à Berlin, se faisant appeler Prince Youssouf, prétendant être née à Thèbes en Égypte et déambulant, vêtue de pantalons bouffants, un poignard à la ceinture. Son écriture témoignait également de sa fascination pour un Orient mythique, mais aussi pour l’histoire et la terre du peuple hébreu comme le reflète le titre du recueil "Ballades hébraïques". Toutefois, comme chacun sait, il y a souvent loin de l’imagination à la réalité, et pour Else Lasker-Schüler le choc fut rude. Il faut dire à la décharge de l’écrivain qu’elle n’avait pas choisi de s’installer en Palestine mais fut plutôt victime d’un fâcheux concours de circonstances. Else Lasker-Schüler, que ses origines juives mettaient en péril, décida en 1933 de quitter l’Allemagne pour la Suisse. C’est au cours de cet exil de six ans qu’à l’invitation d’un couple de mécènes, elle se rendit pour la première fois en 1934 dans cette Terre promise où la conduisait depuis toujours son imagination poétique. Le premier voyage fut un émerveillement. E. Lasker-Schüler avait le sentiment de voir renaître un pays où couleraient bientôt le lait et le miel. Elle avait choisi de fermer les yeux sur les réalités les plus dérangeantes pour rédiger à son retour "Le pays des Hébreux", et en faire un hymne à la terre d’Israël. Malgré l’enthousiasme, Else Lasker-Schüler était en effet rentrée à Zurich car elle avait compris au cours de ce voyage qu’elle était avant tout européenne dans l’âme, qu’elle avait besoin des théâtres, des cinémas, de la presse et de toute cette vie intellectuelle que la Palestine d’alors ne pouvait lui offrir. Au cours d’un second voyage en 1937, le rêve avait commencé de se fissurer. Else Lasker-Schüler avait été agacée par le vacarme des rues de Jérusalem et davantage encore par la plus totale indifférence des autorités culturelles sionistes à sa personne.
"Et je traverse, florissante, les jardins de ta paisible solitude. Rose de feu qui s'éteint entre les fougères dans le brun d'une guirlande. Je fis pour toi le ciel couleur de mûre avec le sang de mon cœur. Mais tu ne vins jamais avec le soir, je t'attendais, debout, chaussée de souliers d'or". Elle accepta pourtant la proposition d’un troisième voyage en 1939 qui s’avéra être un voyage sans retour puisque, en raison de l’imminence de la guerre, l’écrivain n’obtint pas l’autorisation de regagner la Suisse. C’est donc une femme fatiguée, à la santé chancelante et éprouvée par la vie, qui s’installa alors contre son gré en 1939 à Jérusalem. Très vite, Else Lasker-Schüler prit en grippe le lieu de son nouveau séjour. Elle se plaignit des rigueurs du climat, de la rudesse des mœurs, de l’inconfort de son logement, de la pauvreté de la vie culturelle et de la misère qui l’environnait dans les rues de Jérusalem. C’est ainsi que le pays qui lui avait inspiré tant de livres depuis les Ballades hébraïques jusqu’au Pays des Hébreux devint son dernier rêve brisé. Elle trouva donc refuge dans la culture allemande et, au lieu de s’ouvrir à son pays d’accueil qui possédait déjà une vie littéraire non négligeable grâce à l’immigration d’écrivains venus d’Europe de l’Est comme Gershon Schofmann ou Samuel Yosef Agnon, elle décida de continuer à mener à Jérusalem la vie d’une femme de lettres allemande. Malgré sa vue qui déclinait et un bras endolori par l’arthrose, celle qui n’avait vécu que par et pour l’écriture, décida de réunir autour d’elle dans un cercle littéraire germanophone ses compagnons d’infortune. Le cercle fut baptisé "Der Kraal". Le plus souvent, les réunions du Kraal prenaient la forme de soirées littéraires au cours desquelles Else Lasker-Schüler et ses invités lisaient alors à l’intention du public des extraits de leurs œuvres. Else Lasker-Schüler avait un temps envisagé de recevoir le public et ses invités dans sa chambre mais l’idée manquait par trop de réalisme. Comme les autorités culturelles sionistes ne souhaitaient pas offrir une tribune à des intellectuels allemands, Elle dut alors faire du porte-à-porte.
"Toujours, toujours j'ai voulu te dire tant d'amour. Il tombera un grand astre dans mon sein, nous veillerons la nuit, et prierons en des langues, sculptées comme des harpes. La nuit nous nous réconcilierons, tant que Dieu nous inonde. Nos cœurs sont des enfants, qui, pleins d’une douce langueur, voudraient reposer". Si Else Lasker-Schüler semble ne s’être jamais vraiment réconciliée avec sa terre d’accueil et trouva jusqu’au bout des mots très durs pour parler de Jérusalem et de ses habitants, on ne peut pas dire pour autant que ces années en Palestine furent un échec. Ce serait méconnaître la sublimation littéraire de l’épreuve. Le recueil "Mon piano bleu", publié en 1943 apparaît ainsi comme une variation poétique sur le thème de l’exil. Au-delà de Jérusalem, dans ce recueil, c’est le monde lui-même qui apparaît comme le lieu de l’exil. Il n’existe nulle part sur cette terre de havre de paix, il n’y a pas de terre d’asile, d’où la nécessité de porter son regard plus loin. Au terme d’un long chemin, Else Lasker-Schüler était parvenue à la conclusion que le paradis qu’elle cherchait depuis toujours n’était pas de ce monde. La foi lui apparaissait désormais comme l’unique chemin conduisant au salut, d’où la tonalité profondément religieuse de ce dernier recueil dans lequel la poétesse supplie Dieu de l’arracher à son exil terrestre. Ceux qui ont connu l’écrivain dans ses dernières années parlent de ses absences, de ses monologues étranges avec des créatures invisibles. Il semble, en effet, qu’elle n’était déjà plus de ce monde, qu’elle ne l’habitait plus que physiquement, en pensées elle était déjà ailleurs. Nul doute que nombreux furent les juifs immigrés qui se sentirent déracinés voire en exil en terre d’Israël, mais rares furent ceux qui eurent le courage de l’écrire. Elle est devenue une légende passée un jour près de nous.
"Nous scellerons le jour dans le calice de la nuit, je suis sans attache, partout il y a un mot de moi.car j'ai toujours été le prince de Thèbes. Et nos lèvres veulent se trouver, pourquoi hésites-tu ? Mon cœur n’est-il pas proche du tien, ton sang me rougissait toujours les joues. La nuit nous nous réconcilierons, si nous nous caressons, nous ne mourrons pas". Son grand-père était un grand rabbin vénéré, ses parents des juifs parfaitement assimilés, elle sera la folle égérie d’un Berlin d’entre les guerres où se construisait la nouvelle modernité. Recluse encore plus misérable à Jérusalem, elle détestait tout ce que l’on avait écrit sur elle et ne rêvait que de revoir Berlin, comme avant. Elle que personne n’invitait plus rêvait ceci: "Dieu vint et me dit je t’invite. J’étais assise autour d’une table immense, à côté se tenait l’ange Gabriel et il me tendit un rôti de la main de ma mère. C’était à peu près le plumpouding, que nous mangions à la maison". Else avait un mysticisme intérieur qu’elle projetait sur les gens aimés et aussi sur la mort. Son art aura fusionné l’expérience juive et la haute culture allemande, l’émancipation féminine jusqu’à la provocation, la mutation du monde avec son individualisme forcené. Cette étrange étoile fit le passage de Berlin à Jérusalem où elle finit sa vie, refusant toute traduction de ses textes en hébreu: "Mes poèmes sont assez juifs en allemand" et ayant une attitude libre envers la religion, scandalisant ainsi jusqu’à son dernier souffle. Elle ne parlait ni le yiddish, ni l’hébreu car pour elle le sens des prières n’avait pas besoin de compréhension. Très belle étoile filante, Else a apporté à la poésie son sens des images son baroque expressionniste. Ses dessins étranges, ses lettres exaltées, ses poèmes surprenants et profonds entre rêves fous et angoisses laissent une trace inaltérable. Cette rebelle absolue contre tout ordre bourgeois ou matrimonial est une épée flamboyante dans la chair du siècle. Cette énergie volcanique a marqué au fer rouge son temps et les hommes qu’elle a calcinés. Else fut cette clocharde céleste qui à Berlin se cachait sous les balcons pour que ses parents au ciel ne la voient pas dans sa misère. Elle n’aura pas raté sa vie. Le scandale, c’était les autres qui ne l’ont pas comprise. Pauvre, elle fut, émancipée. Petite étoile et grande comète, elle continue de déambuler en nous avec ses vêtements orientaux. Elle croyait fortement à la force des mots et elle avait aboli toute frontière entre réalité et visions. Briseuse de tabous, elle aura cassé le tabou du monde réel. Le sérail de ses rêves et de sa poésie sont nos oasis. Belle et obscure reste sa poésie. "Mes poèmes sont impersonnels, ils doivent toujours inspirer les autres. Je sais que je vais bientôt mourir. Je suis l'ultime nuance de l'abandon, il n'y a plus rien après".
Bibliographie et références:
- Franz Baumer, "Else Lasker-Schüler"
- Sigrid Bauschinger, "Else Lasker-Schüler"
- Paul Cassirer, "Le Prince de Thèbes"
- Benoît Pivert, "Terre d'exil, terre de renaissance"
- Itta Shedletzky, "Else Lasker-Schüler"
- Paul Tischler, "Else Lasker-Schüler"
- Walter Fähnders, "Else Lasker-Schüler"
- Iris Hermann, "Else Lasker-Schülers"
- Erika Klüsener, "Else Lasker-Schülers"
- Friedrich Pfäfflin, "Else Lasker-Schüler"
- Margarete Kupper, "Else Lasker-Schüler"
- Caroline Tudyka, "L'exil d'Else Lasker-Schüler"
Bonne lecture à toutes et à tous.
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"Le monde entier est un théatre et tous, femmes et hommes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles." Dans l’histoire littéraire, la fin du XIXème siècle est marquée par l’avènement d'une nouvelle tendance dramaturgique que les critiques anglais appellent "New Drama". Le terme de théâtre nouveau, ou théâtre moderne, définit davantage une période dans l’histoire du théâtre qu’une théorie scénique spécifique. Dans la foulée du naturalisme littéraire de Zola ou de Dostoïevski, une nouvelle génération de dramaturges européens se penchent sur les rapports sociaux entre les sexes et les classes. Une des particularités du théâtre nouveau est de donner une place centrale à des figures féminines qui sont en rupture non seulement avec leur rôle social mais également avec des archétypes dramatiques antérieurs comme la femme de mauvaises mœurs, la brave mère, ou la jeune fille pure, telles qu’on peut les voir dans les mélodrames du début du XIXème siècle. En Angleterre, le théâtre assimile à sa manière cette influence nordique en faisant du théâtre nouveau, un théâtre de réflexion débattant de phénomènes sociaux. Plus discursif que naturaliste, le théâtre nouveau britannique ne se contente pas de dépeindre les rapports sociaux de façon détaillée, mais se revendique alors comme une forme théâtrale intellectuelle, construite autour d’un raisonnement et impliquant, dans certains cas, un jugement. L’héritage des études féministes dans le domaine littéraire, aussi jeune soit-il, a heureusement permis de combler une partie des lacunes de l’histoire du théâtre nouveau. Voilà une trentaine d’années que les études féministes, les études "genre" et les études théâtrales anglophones portent un réel intérêt à l’histoire très fragmentée des praticiennes de la scène. C’est grâce à ces recherches sur la production artistique des femmes que l’on doit la redécouverte et la prise en compte de textes dramatiques trop malheureusement rapidement écartés de l’histoire du théâtre anglais. C’est le cas, de "Votes for women", écrite par Elizabeth Robins qui signait aussi des romans sous le pseudonyme de C. E. Raimond.
"La vie est une pièce de théâtre, ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée". Connue sous le nom de "Lisa aux yeux bleus", Elizabeth Robins (1862-1952), née aux États-Unis, a vécu plus de la moitié de sa vie en Angleterre et faisait partie de l'intelligentsia londonnaise. Elle était l'amie de George Bernard Shaw, d'Oscar Wilde, d'Henry James et à la fin de sa vie de Virginia et Leonard Woolf. Influencée par ses racines américaines, l'élite littéraire britannique et ses nombreux rôles d'héroïnes d'Ibsen, elle a accompli une carrière prestigieuse en tant que dramaturge et romancière. Parmi ses œuvres les plus célèbres, il y a sa pièce "Votes for Women" (1907), qui porta sur scène la politique de rue du mouvement pour le droit de vote des femmes, et "The Magnetic North" (1904), un roman inspiré par sa recherche désespérée dans l'espoir de retrouver son frère disparu en Alaska. "Votes pour les femmes" n'est pas sa seule tragédie, mais c'est la seule qui fut produite sur scène. Peu de temps après sa mort, Elizabeth Robins est tombée peu à peu dans l'oubli. Elizabeth Robins, est née à Louisville au Kentucky, le six août 1862, au début de la guerre de Sécession. Elle a vécu son enfance à Staten Island avant de déménager chez sa grand-mère à Zanesville, dans l'Ohio, à l'âge de dix ans. Surnommée "Bessie" ou la fille facétieuse, ses amis d'enfance aimaient sa compagnie car toujours gaie, elle plaisantait souvent, comme jeter un livre d'école dans les toilettes. Elle fit ses études au Putnam female seminary, où elle étudia l'arithmétique, la géographie, la lecture et l'orthographe. Au grand dam de son père, Robins, influencée par ses camarades de classe, Elizabeth développa très tôt une passion pour le roman et la scène.
"Une pièce de théâtre, une comédie, une tragédie, un drame, cela doit être une sorte de personne: cela doit penser, cela doit agir, cela doit vivire." Elle figura en bonne place dans les récitals de l'école et fut encensée dans le journal local pour son rôle dans "Hamlet." Elizabeth savait à quatorze ans qu'elle voulait devenir une comédienne de théâtre professionnelle. Après avoir vécu sous la coupe de son père pendant plusieurs années, et la mort de son mari qui se suicida, Elizabeth Robins partit pour New York en 1881. À l'automne, grâce à James O'Neill, "son ami dramaturge indispensable", qui était en pension dans la même maison qu'elle, elle obtint le rôle de religieuse dans "Les deux orphelins" d'Adolphe d'Ennery et d'Eugène Cormons. En janvier 1882, elle était en tournée. Elle continua sa carrière d'actrice aux États-Unis avec O'Neill, endurant les objections continuelles de sa famille. En signe de réprobation, son père sortit même en pleine représentation du "Comte de Monte-Cristo", où elle interprétait Mercedes. En 1888, elle regagna l'Angleterre, où elle commença à se produire à Londres dans des théâtres réputés. Au cours de sa carrière à Londres, elle interprèta des pièces de théâtre d'Henrik Ibsen. Son premier rôle d'Ibsen fut Mme Linden dans la "Maison de Poupée", elle fut la première comédienne à jouer Hedda Gableret Hilda Wangel en anglais. En dépit de jouer divers rôles dans des pièces de théâtre pourtant prestigieuses, elle devint frustrée et constata que les théâtres publics seraient seuls à la hauteur de son grand talent. Elle travailla ainsi en étroite collaboration avec le mouvement du théâtre indépendant et avec "The independent Theatre" de Londres lui-même, en organisant plusieurs saisons rendant possible la production de "Little Eyolf" d'Ibsen, jouée en 1896 et "Mariana", jouée en 1897 dans la capitale britannique. En plus de sa carrière théâtrale, en 1890, Elizabeth Robins commença à écrire des romans sous le pseudonyme de C.E Raimond, mais sa véritable identité ne fut révélée dans la presse que peu de temps après la publication de Bildungs roman, "The Open Question" en 1898. Elle continuera alors à écrire jusqu'à sa mort, sous ce pseudonyme, en poursuivant des projets d'écriture de plus en plus diversifiés. En 1902, elle met un terme à sa carrière de comédienne. En 1904, elle signe son roman "Magnetic North." Place alors à des préoccupations politiques et féministes.
"Le théâtre est un point d'optique. Tout ce qui existe dans le monde, dans l'histoire, tout doit et peut s'y réfléchir mais sous la baguette magique de l'art." Lorsque l'union sociale et politique des femmes (WSPU), une organisation dirigée par Emmeline Pankhurst et ses filles, abandonne Manchester pour Londres, Elizabeth Robins assiste aux rassemblements en plein air à Trafalgar Square "par curiosité citoyenne". En 1906, elle devient membre du comité national de l'UPMS, prêtant sa voix en faisant des discours publics appelant à l'action féministe, mais son engagement à l'union demeura timide au début. Cependant, c'est à cette époque qu'elle écrivit "Votes for women" (1907) qui conduisit les mouvements de rue de "la cause" sur la scène anglaise et ouvrit la voie à la création de nombreuses autres pièces de théâtre revendiquant le droit de vote pour les femmes. Elle publia ensuite son roman "The Convert", une adaptation de "Votes for Women". Christabel Pankhurst l'encouragea alors à s'impliquer davantage aux cotés des suffragettes, mais elle refusa. Elle rompit finalement avec le WSPU et s'éloigna d'Emmeline Pankhurst en raison de son militantisme devenu trop agressif. Sa rupture avec WSPU ne mit pas fin à son implication dans le mouvement des droits pour les femmes. Elle devint la présidente de la Ligue de suffrage des femmes écrivains (WWSL), fondée par Cicely Hamilton et Bessie Hatton en 1908. Ses romans prenaient la forme de revendication féministe. En 1924, elle publia "La part d'Ancilla", acte d'accusation de l'antagonisme sexuel qui, outre "Votes for Women", fut probablement son ouvrage le plus célèbre contre la société patriarcale et l'asservissement de la femme par l'homme.
"L'attitude d'un auteur, quand il écrit pour le théâtre, doit être affective avant d'être intellectuelle car tout le théâtre s'adresse à l'émotion avant tout." En 1908, Robins rencontra Octavia Wilberforce (1888-1963), qui devint sa compagne de toujours. Wilberforce, docteure en médecine, s'était spécialisée dans les questions de santé concernant les femmes et les enfants. Elle travailla au "New Sussex Hospital for Women and Children", où la romancière siégea au conseil d'administration. En 1927, avec le docteur Marjorie Hubert, elles convertirent sa maison de campagne, Backsettown, en un lieu de repos pour les femmes surmenées. Elle fit en sorte que Backsettown reste un lieu de soin après sa mort. L'établissement est toujours en activité aujourd'hui. L'intérêt de Robins pour le féminisme se poursuivit tout au long des années 1920. En 1924, elle publia "Ancilla's Share", un recueil d'essais sur le sexisme qui aborde également le problème du racisme et la nécessité du pacifisme. Au cours de cette période, elle siegea au conseil d'administration du "Time and Tide", un magazine féministe créé par la vicomtesse Rhondda, Margaret Haig Mackworth, et s'impliqua dans "The Six Point Group". Durant la première guerre mondiale, elle collabora courageusement à la mission de secours du "corps d'urgence", fut bibliothécaire honoraire à l'hôpital militaire de Londres et donna des conférences aux écoliers du Sussex. Elle fut le porte parole du ministère anglais de l'alimentation et travailla avec le "Henfield Women's Institute" installé à Lewes dont elle devint ensuite la présidente d'honneur. Elle passa la majeure partie de la période de la seconde guerre mondiale aux États-Unis. La "Vassar Alumni House" à New York, le"Princeton Inn dans le New Jersey" et enfin, le "Prince George Hotel" à New York furent ses résidences. Elle mourut en Angleterre le huit mai 1952, dans sa quatre-vingt-dixième année. Figure de premier plan dans le nouveau théâtre de la période édouardienne, romancière, dramaturge féministe et suffragette d'une beauté sans pareil, Elizabeth Robins mérite de sortir de l'oubli. C’est en se penchant sur les conditions historiques, sociales, idéologiques ou culturelles qui, dans le passé, ont permis aux femmes de cohabiter avec les hommes de manière créative ou de s’aménager un espace artistique propre que l’histoire fragmentée des contributions féminines sera reconstituée. Il faut donc espérer qu’au gré des rééditions futures, les historiens et critiques littéraires sauront assimiler l’héritage féministe et tirer parti de ses spécificités pour lui faire prendre place neutralement dans une tradition harmonieuse mixte par l’esprit et par la forme.
Œuvres:
- The new moon (1895)
- Below the salt, (1896)
- The open question, (1898)
- The magnetic north, (1904)
- Votes for women, (1907)
- Camilla, (1918)
- The Messenger, (1920)
- Ancilla's share: an indictment of sex antagonism (1924)
Bibliographie et références:
- Angela V. John, "Elizabeth Robins"
- Iveta Jusova, "The new Woman"
- Joanne E. Gates, "Elizabeth Robins"
- Pat Jalland, "Autobiography of Elizabeth Robins"
- Katherine Kelly, "Modern Drama by women"
- Sowon Park, "Elizabeth Robins"
- Kerry Powell, "Women and victorian theatre"
- Victoria Glendinning, "Elizabeth Robins biography"
- Alexandre de Ruvigny, "The new woman in theatre"
- Serge Tallandier, "La vie d'Elizabeth Robins"
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"Imaginez qu’un point de votre corps éprouve le besoin de se distendre démesurément, effroyablement, et d’occuper un diamètre égal à l’arbitre de Saturne. Imaginez qu’on vous attache par le milieu du corps à un câble, que l’on fasse tourner ce câble à une vitesse vertigineuse. Vous tournerez en cercles de plus en plus vastes, dessinant une spirale dans l’espace, la tête en bas, de plus en plus vite. Et vous volerez dans les immensités cosmiques, vainqueur des espaces, devenu vous-même espace. Vous serez emporté par cet ouragan, quand votre corps, comme un lest inutile, sera rejeté". Né en 1880, fils d'un mathématicien réputé de l'Université de Moscou, mort en 1934 en U.R.S.S. où, après avoir voyagé à travers bien des pays d'Europe, d'Afrique du Nord et du Proche-Orient, il vivait en "émigré de l'intérieur", Andréi Biély, pseudonyme de Boris Bougaïev, est considéré avec Alexandre Blok comme un des chefs de file du symbolisme russe. Esprit précoce nourri dès sa prime jeunesse de Goethe et de Schopenhauer, de Nietzsche et de Dostoïevski, de Kant et des Upanishads, influencé tour à tour par des idéologies révolutionnaires et les philosophies indiennes, par le christianisme et l'anthroposophie, Biély reste, malgré les influences subies, un des écrivains les plus originaux de Russie. Il laisse un héritage littéraire extrêmement volumineux et hétéroclite: des dizaines de volumes, de nombreux écrits épars et manuscrits. Publié pour la première fois en 1916, réédité à Berlin en 1922 et en 1928,et 1935 en U.R.S.S. avec des modifications atténuant son caractère "théosophique", le roman "Pétersbourg" apparaît comme le sommet de la création de Biély et, en même temps, comme une œuvre maîtresse de la littérature mondiale. La publication tardive de "Pétersbourg" en français est intervenu sous de bons auspices. À la veille de la Révolution de 1905, un étudiant en philosophie bourré de kantisme, et qui par plus d'un côté ressemble à Biély, reçoit d'un parti terroriste l'ordre de tuer son père. Ce père, grand juriste et sénateur tout-puissant, régente l'empire russe à coup de décrets. Il est, comme son fils, rongé jusqu'aux os par la pensée abstraite. Leurs rapports ressemblent à tout sauf à de l'amour et le fils les ressent comme un acte physiologique honteux. L'organisation terroriste lui transmet une bombe dans une boîte de sardines. Après maintes hésitations, le fils remonte alors machinalement le mouvement d'horlogerie, et au moment où il est décidé à se débarrasser de la bombe en la jetant dans la rivière, il s'aperçoit qu'elle lui a été subtilisée. Son père s'était emparé de l'objet sans se douter de sa nature. La bombe finira par éclater sans tuer la victime désignée. Le sénateur, dont le personnage rigide fait penser au père de Biély, donne sa démission au moment de la grève insurrectionnelle en renonçant à briguer le poste de premier ministre qui lui avait été promis.
"Elle avait un teint extraordinaire. C’était un teint, ah ! Un teint de nacre avec les reflets roses et blancs de la fleur du pommier". Le fils échouera en Égypte, comme Biély, où il se plongera dans les commentaires de textes anciens, et ne reviendra en Russie qu'après la mort de son père. Les velléités révolutionnaires l'abandonnent. Il vieillit dans la peau d'un gentleman-farmer solitaire attiré par le mysticisme et fréquentant l'église. Le vrai héros du roman n'est ni le père enfermé dans sa tour d'ivoire, machine de précision apte à concevoir et à appliquer les articles du code, ni même le fils qui, tiraillé entre un échec amoureux, l'étude de Kant et les "contacts" révolutionnaires, vêtu d'un domino rouge, hante les boulevards et les ponts fantomatiques de la capitale. Conformément au titre, le vrai héros est la ville de Saint-Pétersbourg comme Alexandrie l'a été pour Durrell, Dublin pour Joyce. Andréï Biély est d’abord un poète qui se rattache au mouvement symboliste russe. C’est également un penseur. Il ira voir du côté de l’occultisme, de la théosophie, puis de l’anthroposophie du docteur Rudolf Steiner, mais les rapports sont complexes. C’est que Biély, se tournant vers les hommes et les doctrines, se retrouve immanquablement avec lui-même et ses propres questions. Il n’interroge pas le monde. Il s’interroge d’abord. Le monde pour toile de fond. Il admit la Révolution, mais le plan sur lequel elle se déroulait ne pouvait que le décevoir. Elle était politique et sociale, d’un athéisme combatif, et il l’attendait sur un plan culturel et religieux. Il espérait de la Russie une mission anthroposophique. Pour autant, il ne rejoint pas l’émigration, tout en gardant des liens avec elle. Penseur religieux déçu, il se transforme en essayiste et expérimentateur du langage, en quelque sorte mécanicien de sa propre machine corporelle et psychique à écrire. La prose soviétique des riches années 1920, ornementale à ses débuts, lui doit beaucoup: Pilniak, par exemple. Ou même Léonid Léonov, Vsévolod Ivanov. Et, pour les années trente, le "Moscou" de Boulgakov fait alors pendant au "Pétersbourg de Biély. Mais l’art de celui-ci, comme toujours, tient alors davantage du jeu cérébral de l’homme avec lui-même, beaucoup plus qu’avec les autres. Parmi ses romans, qui tiennent à la fois de l’expérience phonétique et sémantique, de l’onirisme et du témoignage idéologique et social, sa plus belle réussite est "Pétersbourg" (1913), plusieurs fois retravaillé, plusieurs fois publié, notamment au cours de la période soviétique. "Pétersbourg", baigné de signes, de prodige et d’humour, où tout est alors symbole et plonge le lecteur dans l’énigme et le fantomatique.
"Sa crise aiguë de folie apparaissait sous un jour nouveau. Il avait maintenant conscience d'être vraiment fou. Sa folie était comme le compte rendu que ses organes sensoriels délabrés faisaient à son moi conscient. Chichnarfné n'était qu'un anagramme mental". Biély est inclassable parce qu’il ne partage pas sa classe où l’on se bouscule pour accéder. Seulement, on ne peut pas, pour la raison qu’il est là et occupe bien, trop bien, la place. Que pour les autres, sans lui, cette place présente quelque charme, elle reste comme un jardin inattendu sinon inconnu. Inexpliqué.Et qu’en faire ? C’est pourtant aussi une vue sur le monde réel dont Biély possède apparemment seul une clef et une entrée particulières. Mais on pousserait trop aveuglément et maladroitement la porte, là même où lui s’engouffre, court à perdre haleine dans la lumière. Son feu peut sembler s’affaiblir et devoir s’éteindre quand Biély précisément s’apprête à tout embraser. Il n’aura jamais la prudence ni l’onction d’un quaker. À travers les cités, les rues, les routes, les ponts, les gares de la Russie et l’âme de ses héros, emmenant tout ce fourbi dans ses circonvolutions cérébrales, Biély expose, emporte et soustrait son secret d’écrire. Biély entraîne son lecteur dans une Russie qui roule à l’abîme. On pense bien sûr à cette fraction de l’intelligentsia russe qui s’est lancée dans le nihilisme, sous Alexandre II et Alexandre III. On pense aussi, du côté de la littérature, à Gogol et son "ardente troïka" dont nul ne saurait distancer ni arrêter la course folle. Mais il y a bien de la distance de Gogol à Biély. Comme bien de la parenté. On sait d’abord que Biély ne s’intéresse pas vraiment à la réalité sociale russe, mais aux mécanismes mentaux de ses héros, sinon aux siens propres. La Russie lui sert de toile de fond, d’écran sur lequel lui-même et ses démons intérieurs apparaissent et barbouillent le monde. Il parle autant de lui que de ses héros. C’est un théâtre d’ombres où l’auteur se laisse glisser à l’exagération, jusqu’à paraître artificiel. Biély conduit avant tout son lecteur dans un jeu cérébral, la Russie et les types sociaux étant les pièces du jeu. Cependant, russe dans l’âme autant que Gogol, Biély saisit quelque chose du pays et des forces qui le désagrègent à l’approche de 1914. Gogol garde une étroite maîtrise de l’écriture que refuse Biély qui fait courir les mots à grandes guides. Gogol, c’est déjà la Russie qui s’interroge, et les prémices d’une fin. Il recherche toujours une guérison spirituelle pour lui-même et son pays. Biély, avec la fin historique qu’il pressent et précise à son tour, annonce et commence une autre Russie, sous l’image du chaos. Mais c’est toujours son âme à lui, qu’il lui faut refondre. Biély était également musicien, mathématicien et poète.
"Ce n'était pas Chichnarfné qui le poursuivait et le persécutait, mais ses propres organes qui pourchassaient son moi. L'alcool et l'insomnie rongeaient sa complexion corporelle. Le corps était lié aux espaces. Et quand le corps avait commencé à se désagréger, les espaces s'étaient fissurés". Yeux pervenche tendus vers l’éternité, la folie en ombre opaque sur lui comme nuées, sourire angélique, Biely s’avançait dans notre pauvre monde en labourant la terre de la langue russe. Frénétiquement, tendrement, poétiquement. Occulté en Occident par son frère-ennemi, son double astral, Alexandre Blok, ce sont les travaux de Georges Nivat qui nous parlent encore de lui. Une grande partie de son œuvre est disponible grâce aux éditions de l’Age d’homme et à Jacqueline Chambon et, malgré l’obstacle ici certain de la langue, car tous les romans de Biély sont tous en prose rythmée, on peut saisir l’ombre immense du "plus halluciné des symbolistes russes". Celui qui voulait comprendre, épouser et déchiffrer "le rythme de l’univers". L’âge d’Argent, qui prend fin au tournant de la grande Révolution laisse un héritage considérable, surtout au niveau poétique, mais le visage entier de la Russie change en 1917 et un besoin de transformation se fait sentir. En littérature comme ailleurs, c’est la chute de tout un monde qui laissera place au renouveau artistique. Andreï Biély en sera le prophète inspiré, puis brisé. Réceptacle des mystères du monde, de son origine tumultueuse, il allait toujours en quête des révélations. Assoiffé d’infini et de gnoses, il allait guettant les signaux pour les initiés. Violent, exalté, de totale mauvaise foi, moine-soldat du symbolisme brûlant tout sur son passage, il portait souvent l’incendie aux cœurs des tièdes et des raisonneurs. Il n’était pas un écrivain ou un poète, mais le fondateur d’une religion des mots, ces mots qui devaient changer la vie rabougrie du monde. Il était l’aboyeur de l’éternité. Ses transes verbales et érotiques ont fécondé la langue russe. Son aura continue à l’illuminer. Il demeure l’inventeur du "mot vivant", le grand expérimenteur des sons et de la langue. Andreï Biély est ce chaman halluciné qui atransformé en profondeur la langue russe, aussi bien en poésie qu’en prose. Il l’aura projetée dans la modernité. Expérimentateur exalté il a tordu la langue, l’a ensemencée, a violé sa syntaxe, l’a fait danser sur les braises ardentes du tambour fou du rythme, dépassant totalement le courant symboliste russe pour interpeller l’éternité.
"Dans les fissures, entre les sensations, les bacilles s'étaient infiltrés. Les espaces s'étaient mis à grouiller de spectres. Qui était Chichnarfné ? C'était l'envers d'un rêve abracadabrantesque, l'envers d'Enfranchiche, c'était un cauchemar né de la vodka". Écrivain prolifique et torrentiel, il est au moins l’équivalent de James Joyce pour la littérature russe. Vladimir Nabokov voyait en lui l’écrivain le plus important du vingtième siècle. Il fut aussi salué par Mandelstam. Si la répétition continue et un peu radoteuse de ses thèses ésotériques et philosophiques assez fumeuses a beaucoup vieilli, il reste un souffle puissant, une musique débordante de ses images, qui font d’Andreï Biély le mélange entre "le fou" propre au monde russe, et le prophète des origines et des fins dernières. Aspiré par le cosmos, il aura su édifier une cosmogonie. Une cosmogonie pathétique comme le fut le personnage avec ses élans, sa foi en le dépassement humain, lui le danseur toujours aux bords des abîmes. Il a fait entrer l’espace et l’immensité dans les lettres russes. Derviche tourneur de la langue russe il lui a donné lumière et explosion du moi et des rythmes. "Oh non ! Ne dites pas que je suis un dérangé ! Laissez-moi bouleverser mes changements jusqu’à l’authenticité ! Laissez-moi la mortelle, la souffrante personne de Biély reposer dans l’éternel repos. Et avant sa mort, écrire son testament, raconter le transport de son Moi en lui-même par une personne morte". Andreï Biély était l’instabilité même, la toupie égarée de sa propre vie. Il savait aussi se déchiffrer lucidement, cruellement, en écrivant ses "Carnets d’un toqué". Il aura dansé toute sa vie, toujours présent sous ses multiples apparences, ses pirouettes, ses dons géniaux et effrayants. André Biély était né Boris Nikolaïevitch Bougaïev à Moscou le vingt-six octobre 1880. Son père était alors professeur à l’Université de Moscou où il enseignait les mathématiques. Il était d’une intelligence froide et raisonneuse, et fort laid de surcroît. Et Biély aura voulu effacer et le nom et le poids de son père en lui. Le parricide est une sorte de fil rouge qui parcourt son œuvre. Sa mère, Alexandra était bien plus jeune que son père, vingt ans de moins. Enfermée dans un silence neurasthénique et rêveur, elle ne sera pas le rempart aimant nécessaire au jeune Boris. Les innombrables disputes le poussent à se créer un monde intérieur. Et toute sa vie est pour lui apparition d’événements ayant tous un sens mystique.
"Sur le roc retombèrent en tintant les sabots métalliques, le coursier alors s'ébroua: naseaux qui fument dans le brouillard incandescent. Le profil du Cavalier d'Airain se pencha sur le dos du Cheval. Un éperon sonore griffa le flanc de métal". Il est doué pour tout: mathématiques, philosophie, musique, sciences naturelles, peinture et dessin. Il en est presque effrayant de dons multiples. Paratonnerre de toutes les foudres du monde, il est marqué pendant son adolescence par la musique et la poésie, et les grands romanciers. Chopin, Wagner, Beethoven, Goethe et Heine, Gogol et Dickens, Dostoïevski, Ibsen, Maeterlinck, Tolstoï, l’influencent ainsi que les contemporains français. La philosophie le passionne, Schopenhauer, Nietzsche, Kant qu’il rejettera ensuite, et le philosophe russe Vladimir Soloviev. Il va se lier profondément à la famille Soloviev, surtout avec Sergueï le jeune fils. Il va connaître et admirer le précurseur du symbolisme russe Vladimir Soloviev, frère du père de Sergueï. Entre 1901 et 1908, André Biély écrit ainsi quatre symphonies: "La Symphonie Nordique"," La symphonie dramatique", "Le Retour", "La coupe desTempêtes". C’est pour la parution de la "Symphonie dramatique" écrite en 1901, et publiée en 1902, que Mikhaïl Soloviev lui invente un pseudonyme. Boris Bougaïev, jeune étudiant en sciences naturelles est oublié avec tout son lourd environnement, place à Andreï Biély, André le Blanc, André le Candide, ainsi baptisé par son ami, place à un génie turbulent et visionnaire. Le choc de ce livre est considérable. Cette irruption dans la littérature russe est une véritable épiphanie, qui change la face de la langue russe. Alexandre Blok sans le rencontrer encore en est foudroyé. Si Alexandre Blok est le phare de Saint-Pétersbourg, Andreï Biély est celui de Moscou. Entre 1903 et1912, Andreï Biély est alors de toutes les aventures littéraires, de toutes les revues, de tous les cénacles, publié abondamment. On ne peut échapper à ses écrits et à sa parole en ce temps-là. La rencontre avec Blok ne se fera pourtant qu’en 1905. Il va devenir avec Blok un des meneurs du courant symboliste russe. Sa relation fusionnelle, orageuse, passionnée avec Blok et sa femme Lioubov, sera alors le chant d’amour et de mort de la poésie russe.
"Un martèlement pesant et sonore courut sur le pont qui menait aux îles. Le Cavalier d'Airain passa au galop. Les muscles de ses bras métalliques étaient contractés, le pavé sonnait sous les sabots. Un hennissement éclata alors comme un rire". C’était l’époque de ses élans d’amour fou pour la créature idéale, la Sophia, que le cercle de ses amis ainsi définissait comme l’idéal féminin, source de lumière, et proche de l’amour courtois. En 1901, lors d’un concert, il jette sa cristallisation, son idéal amoureux, sur Margarita Morozova, épouse d’un riche négociant. Il l’accable de lettres enflammées sans se dévoiler. Si l’aventure resta platonique, elle engendra alors plus tard "La symphonie Dramatique" et surtout le recueil de poèmes "Premier Rendez-vous". Les amours d’André Biély sont à l’image de sa vie: un défilé inaccompli et hallucinatoire. Sa peur du charnel, sa recherche d’une sœur plutôt que d’une femme, expliquent ses atermoiements. Ainsi vont passer Nina Petrovskaïa, trop femme pour lui, Lioubov Mendeleïev en 1906, femme de Blok dont il est follement amoureux, rêvant d’un ménage à trois avec Blok, dont il est aussi amoureux, Assia Tourgueniev graveur et sculpteur qu’il épouse en 1911 comme une sœur et non comme une femme, et enfin Klavdia Nikolaïevna Vassiliev son oasis finale. Après la tragique liaison impossible et déchirante avec Lioubov, il s’enfuit à Munich, puis à Paris jusqu’en février 1907 où il se lie d’amitié avec Jean Jaurès. Il avait vécu le début de la révolution russe à Saint-Pétersbourg et fait les réunions révolutionnaires de Moscou. Pour lui aussi il fallait faire exploser le vieux monde corrompu. Convalescent de ses peines d’amour, il revient en Russie après ses innombrables conférences et publie sa quatrième symphonie en 1909, "La Coupe des tempêtes", mais aussi un roman étrange et tragique, empli des superstitions profondes de la Russie: "La colombe d’argent". En 1910 Assia devenue sa compagne l’entraîne dans de lointains voyages: la Sicile, l’Égypte, la Tunisie et la Palestine. C’est de retour en Europe, à Bruxelles puis la Norvège et enfin Leipzig en Allemagne, que Biély commence la rédaction de "Pétersbourg", son grand chef-d’œuvre, qui connaîtra bien des avatars.
"On eût dit le sifflet déchirant d'une locomotive. L'haleine des naseaux noya la rue d'une vapeur blanche et brûlante. Sur son passage, les chevaux, en renâclant, se jetaient de côté et les passant fermaient les yeux". En mai 1912 a lieu à Cologne la rencontre qui va changer sa vie et mettre un visage sur sa quête: Rudolf Steiner fondateur de l’anthroposophie qui voulait réconcilier le spirituel dans l’homme avec le spirituel dans l’univers. Biély et sa femme deviennent des disciples soumis et fervents. Ils s’intègrent humblement à la communauté à Dornach, où ils s’installent en 1914 pour construire le "Johannes Bau" qui fut dénommé ultérieurement "Goethéanum". Dans un rapport d’esclavagisme intellectuel, ils suivent religieusement, comme le dernier des moines, les actes et les paroles du gourou. Biély va suivre Steiner dans ses tournées de conférences : Stuttgart, Munich, Vienne, Prague. En 1916, il est convoqué par l’armée pour la mobilisation. Il rentre en Russie en passant par l’Angleterre, mais il bénéficie d’un sursis. Il reste en Russie alors qu’Assia refuse de quitter Dornach et la communauté. Lui donne des conférences exaltées où il tente d’évangéliser les gens à son nouvel ésotérisme inspiré de Steiner. Dans cet environnement où sa paranoïa naturelle peut s’épanouir, face au tragique et au grotesque de sa situation, il termine une sorte d’autobiographie: "Kotik Létaïev", plongée dans son enfance. Sa mémoire monstrueuse, son"kodak" disait-il, lui font se souvenir du moindre détail depuis la forme des nuages, jusqu’aux galets de la plage. Il écrit son livre le plus hardi, le plus hermétique, "Glossolalie", poème sur le son, véritable manifeste sur l’origine du langage, et le sens du son. Il publie aussi "Le Christ ressuscité", "Premier Rendez-vous", et "Poèmes épiques". C’est alors la période des doutes que son autobiographie "Les Carnets d’un toqué" (1918-1922) résume. Doutes envers Steiner et sa doctrine, doutes aussi envers la révolution léniniste qu’il avait ardemment soutenue, mais qui instaure un climat étouffant et totalitaire. Mais surtout l’année 1921 est l’année de la mort d’Alexandre Blok, lefrère. La police politique se referme sur ses amis et sur son groupe. Ainsi Blok se sera laissé mourir de désespoir, Essenine lui se suicidera finalement en 1925, et Biély le plus fou de la bande va alors survivre vaille que vaille.
"Défilèrent les avenues, un quai de la rive gauche, débarcadères, cheminés de bateaux, amoncellement grisâtre de sacs de chanvre. Défilèrent aussi les terrains vagues, les péniches, les palissades, les bâches, les innombrables maisonnettes. Au bord de la mer, aux confins de la ville, brilla la façade d'un estaminet turbulent". Nikolaï Goumilev, un des fondateurs du mouvement poétique de l’acméisme et mari d’Anna Akhmatova, est fusillé. Biély considéré comme un parasite plutôt que comme un opposant reçoit l’autorisation de quitter le pays. En 1921, il revient à Berlin, où se trouvent beaucoup d’intellectuels russes. Assia le quitte alors. Il ne supporte pas ce milieu d’émigrés reclus dans la nostalgie et la haine. Malheureux, hanté par la folie, il décide en octobre 1923 de revenir dans la gueule du loup. Il rentre en Russie et Trotski l’assassine littérairement. Il vit avec Klavdia Nikolaïevna Vassilieva et publie"Moscou et Masques". Il entreprend de réécrire la plupart de ses poèmes quitte à les massacrer, pour les rendre conformes à ses dernières théories sur le rythme. De cette époque datent aussi ses efforts pitoyables et dérisoires pour se mettre vainement au diapason des nouveaux thèmes léninistes. En 1931, il s’installe près de Leningrad. Deux ans plus tard, il subit une première crise cardiaque et meurt à Moscou le huit janvier 1934 d’une insolation. Il savait qu’un jour les flèches solaires l’atteindraient. Il est inhumé au cimetière de Novodiévitchi. Il meurt méprisé par le régime léniniste, qui s’il ne le tue pas, le prend pour un fou illuminé mais pas dangereux, donc à laisser croupir dans sa pauvreté et sa solitude. Jamais il ne connut "la paix apaisée". Il était totalement inadapté au bonheur. Lui le grand mystique cinglait vers d’autres territoires où les anges donnent rendez-vous, les démons aussi. "Je suis écrivain et je n’ai même pas une pierre où reposer ma tête. J’ai pourtant écrit "Pétersbourg". J’ai pourtant prévu la chute de la Russie impériale, dès 1902, j’ai vu en rêve la mort du tsar: d’un côté, une hache, de l’autre une scie".
"Le terne soleil se ternissait, et la lumière grésillait comme les milliers d’insectes dans le pré. Déjà le soleil s’inclinait, et des sons fêlés flottaient à la suite de Darialski". André Biély entre prophétie et démence, entre sagesse et feu intérieur, aura été un génie visionnaire. Ses livres, ses poèmes portent la littérature moderne, avec ses trouvailles de mots, ses étincelles de rythmes et de couleurs. Au travers de ses vaticinations, de ses incohérences, il voyait venir le grand incendie sur sa chère Russie. Il en pressentait comme un sismographe halluciné les crépuscules et le sang à advenir. Homme du surconscient il voyait aussi bien "l’ici que l’éternité". Il aura tenté de vivre dans une course hors du temps. Vivre dans l’ivresse de l’air. Chaman en transes verbales, tout à la fois totalement archaïque et profondément avant-gardiste, il est une voix unique, fascinante. Sa vision est apocalyptique et le monde terrible est perçu au travers de ce prisme enraciné en lui. André Biély croit au pouvoir des mots, lui si imprégné de la Genèse et des paroles de Jean sur la création des origines par le verbe. Mais Biély autodestructeur et plein d’autodérision et de fascination pour le Mal, utilise souvent son don de la parole comme magie noire. Tendu entièrement par le rythme et la musique, il compose de véritables contrepoints, des structures complexes proches des symphonies classiques. La primauté de la musique sur les mots est pour lui un dogme absolu, issu de son admiration pour Wagner. Il joue des formules incantatoires, des assonances, des leitmotive, la polyphonie, et le contrepoint verbal. "Glossolalie" (1917) est sa tentative la plus délirante et la plus extraordinaire de poésie sonore. Il se rapproche en fait beaucoup de Scriabine et de ses tentatives d’art total. "Pétersbourg", son haut chef-d’œuvre aura connu au moins quatre versions connues, et les éditeurs se perdent dans les versions infinies de ses poèmes et autres écrits. En fait pour lui le chevalier blanc du symbolisme, tout était symbole. Et tout dansait comme atomes au soleil. Entre magie incantatoire, autodérision, et folie lyrique, il est une toupie divinatoire. Il aura inventé une sorte de danse verbale pour rendre compte du monde. Écrivain du "réalisme onirique", il fait se télescoper descriptions au ras du réel et envolées cosmiques. Selon Georges Nivat, "Andreï Biély, prophète de la lumière, fut l’un des plus extraordinaires geysers de mots dans la littérature russe".
Bibliographie et références:
- Andreï Biély, "Symphonie dramatique"
- Andreï Biély, "La Colombe d'argent"
- Andreï Biély, "Pétersbourg"
- Andreï Biély, "Kotik Létaïev"
- Andreï Biély, "Glossolalie"
- Andreï Biély, "Carnets d'un toqué"
- Andreï Biély, "Souvenirs sur Rudolf Steiner"
- Andreï Biély, "La Coupe des Tempêtes"
- Georges Nivat, "Le Jeu cérébral"
- Pierre Pascal, "Aux lecteurs d'Andreï Biély"
- Claude Frioux, "Andréi Biély, le collecteur d'espaces"
- Evgueni Zamiatine, "Le Métier littéraire"
- Ilona Svetlikova, "Le symbolisme d'Andrei Biély"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"S’il faut me présenter, peut-être dois-je mettre en lumière ma conception de l’existence. Peu de choses en disent plus long sur un être humain que l’image qu’il se fait de la vie, selon qu’elle est pour lui une route, un champ de bataille, un arbre en pleine croissance ou une mer agitée. Quant à moi, je l’ai considérée avec les yeux d’un bon élève, comme un escalier où l’on monte de palier en palier le plus vite possible, sans prendre le temps de respirer, parce qu’on sent des concurrents sur ses talons". Poétesse remarquable et personnalité attachante, Karin Boye a foulé le sol suédois pour lui imprimer son empreinte littéraire entre 1900 et 1941. Conclue par une mort tragique dans une époque qui ne l'était pas moins, sa vie fut marquée par ses engagements en faveur de la liberté d'agir, de penser, d'exister. Elle avait écrit, avant son suicide, "Kallocaïne", dystopie majeure du XXème siècle, chute dans les ténèbres où brillent pourtant les espoirs invaincus: "Je sais que ce que je suis subsistera quelque part", s’obstine à répondre Edo Rissen, soumis à la question. Un cri humain dont l’écho ne cesse de résonner dans l’œuvre de Karin Boye, en particulier avec ce roman salué dans le monde entier. Poétesse et romancière suédoise, Karin Boye est née le vingt-six octobre 1900 à Göteborg. Considérée comme l'une des figures majeures de la littérature scandinave moderniste. Elle se suicide le vingt-quatre avril 1941, à l'âge de quarante ans. Par son père, Carl Fredrik "Fritz" Boye (1857-1927), Karin Boye est issue d'une famille de marchands allemands immigrée en Suède au milieu du XIXème siècle. Sa mère, Signe Liljestrand (1875-1976), est issue de la paysannerie aisée. Après Karin, ils ont également deux fils, Sven (1903-1974) et Ulf (1904-1999). La famille déménage à Stockholm en 1909 et s'installe dans le quartier de Huddinge en 1915. C'est là que Karin Boye commence à écrire des vers, des nouvelles et des pièces de théâtre et qu'elle s'essaie à l'aquarelle. Se destinant à l'enseignement, elle entame des études de lettres à l'université d'Uppsala après son baccalauréat en 1920 et décroche son diplôme en 1928.
"L'organisation ? Répéta-t-elle. Nous ne cherchons pas à nous organiser. Ce qui est organique n'a nul besoin d'organisation. Vous bâtissez de l'extérieur, nous le faisons de l'intérieur. Vous vous utilisez comme des pierres de construction et vous vous effondrez, dehors comme dedans. Nous croissons de l'intérieur, comme les arbres, et entre nous s'établissent des ponts qui ne doivent rien aux matières mortes ni aux forces mortifères. De nous jaillit la vie. En vous n'entre que ce qui est mort". Elle épouse l'économiste Leif Björk l'année suivante. C'est durant cette période qu'elle publie ses premiers recueils de poèmes: "Nuages" (1922), "Terre cachée" (1924) et "Les Âtres" (1927). Elle rejoint le mouvement socialiste et antifasciste "Clarté" et s'intéresse à la psychanalyse. En 1931, année de la parution de son premier roman, "Astarte", elle fonde la revue d'avant-garde "Spektrum" avec Erik Mesterton et Josef Rikwin. C'est dans cette revue à l'existence éphémère (1931-1933) que paraît sa traduction du poème "The Waste Land" de T. S. Eliot. Elle est également élue à l'Académie "Les Neuf" en 1931. Ses années 1932-1933 sont marquées par un séjour à Berlin où elle fait la connaissance de Margot Hänel, une juive allemande de douze ans sa cadette avec qui elle vit jusqu'à sa mort après avoir divorcé de son mari. Ce voyage en Allemagne est également l'occasion pour elle d'assister aux premières loges à la montée du nazisme, une situation qui lui inspire le roman dystopique "La Kallocaïne" (1940). Karin Boye meurt le vingt-trois avril 1941 après avoir absorbé des somnifères dans une intention vraisemblablement suicidaire. Son corps est retrouvé près d'un rocher à Alingsås. Elle est alors inhumée au cimetière Östra kyrkogården de Göteborg. Sa compagne, Margot Hänel, se suicide à son tour trente-huit jours plus tard, à l'âge de vingt-neuf ans. La délivrance de ses tourments vient avec la découverte de la psychanalyse, qui lui ouvre les yeux sur sa véritable nature et l'incite à accepter sa différence sexuelle. Elle devient alors une ardente adepte de Sigmund Freud, dont elle défend en Suède les théories, notamment entre 1925 et 1932, dans "Clarté" aux côtés d'Arthur Lundkvist.
"Les paroles et les actions naissent des sentiments et des pensées. Comment les individus pourraient-ils encore les garder pour eux ? Chaque camarade-soldat n’est-il pas la propriété de l’État ? Dès lors, à qui d’autre que l’État ses sentiments et ses pensées pourraient-ils appartenir ? Il n’était jusqu’à présent pas possible de les contrôler, mais nous aurons désormais le moyen d’y parvenir". À l’inverse de la France, la psychanalyse a mis beaucoup de temps à se faire une place en Suède. Elle n’a jamais réussi à véritablement entrer à l’Université, ni dans les hôpitaux universitaires, ni dans la formation des médecins. La première association de psychanalyse suédoise n’est créée qu’en 1934, sous l’égide de la pionnière Alfhild Tamm, la première médecin psychiatre à prendre en compte la totalité de la théorie de Freud. Auparavant, les thèses freudiennes avaient été introduites de façon isolée par quelques médecins thérapeutes, sans qu’elles fussent acceptées dans leur globalité. Très souvent, en Suède, les idées de Freud ont été d’une part saluées (notamment la notion de l’inconscient) et de l’autre rejetées. La part rejetée touche évidemment à la notion élargie de la sexualité. La psychanalyse a été dite dangereuse, manipulatoire, sectaire, ascientifique, mystique. Très engagée dans la psychanalyse, Alfhild Tamm fait plusieurs voyages à Vienne pour ses propres analyses didactiques et en 1926 elle devient membre de l’Association de psychanalyse de Vienne. Elle déplore la situation de la psychanalyse en Suède et le manque d’analystes correctement formés. Toute sa vie elle se battra pour une formation rigoureuse des analystes et contre tout ce qu’elle considère comme charlatanisme, nuisible à la psychanalyse. La revue de l’organisation "Clarté" publiera plusieurs articles de Tore Ekman, et des auteurs comme Karin Boye, Leif Bjorck, Ebbe Linde écrivent plusieurs essais inspirés par la psychanalyse. Ainsi, des membres de Clarté, portés par leur intérêt pour la psychanalyse, créent en 1931 la revue culturelle et alternative "Spektrum" avec dans la rédaction Karin Boye, Erik Mesterton et Josef Riwkin. Ils publient, entre autres, des articles de A. Freud, E. Fromm, W. Reich. Karin Boye, grande écrivaine et poète suédoise, avait fait plusieurs tranches d’analyse et de nombreux voyages à Berlin, portée par ce grand intérêt. Cela ne l’empêcha malheureusement pas de se suicider à l’âge de quarante-et-un ans.
"Longuement, ils sont restés ainsi, île de silence dans un océan de bruit, parfaitement indifférents à l’endroit où ils se trouvaient, à ce qui se passait autour d’eux". Pour chanter l'amour et sa confiance retrouvée, elle s'est forgé une "Langue au-delà de la logique" (essai, 1932), au symbolisme dépouillé. Pour Karin Boye, sans cesse obligée de dominer le chaos qui l'habite, la liberté, le droit à l'épanouissement individuel constituent des thèmes obsédants. Avec "Pour l'amour de l'arbre" (1935), elle atteint la réelle maîtrise de son art. Enfin, dans "Les Sept Péchés capitaux" (1941), elle élève une magnifique cantate, sous l'influence nietzschéenne, pour souligner le rôle nécessaire du mal dans la dynamique de la création. Autant la poésie de Karin Boye demeure marquée par des images lumineuses, autant, par contraste, sa prose s'avère d'une facture plus terne, comme si l'auteur voulait refouler une sensualité excessive. Elle écrit pour surmonter ses difficultés et campe des personnages en pleine métamorphose, mais ceux-ci restent bien souvent des abstractions dans des romans à thèse: "Astarte"(1931), "Mérit s'éveille" (1933), "Trop peu" (1936). Mais deux romans, "Crise" (1934) et "La Kallocaïne" (1940), font exception. Le premier, où Karin Boye retrace le combat intérieur qu'elle mena lorsqu'elle découvrit son attirance pour les femmes et l'échec patent de son mariage, est très remarquable par la finesse de l'analyse psychologique. Dans le roman dystopique "La Kallocaïne", inspiré par la montée du nazisme auquel elle a assisté lors de son séjour en Allemagne, elle a parfaitement intégré ses angoisses face à la dictature dans un récit qui dénonce avec audace le totalitarisme. Dernier roman et testament spirituel de Karin Boye avant son suicide en 1941, ce chef-d'œuvre est le reflet terrifiant d'une symbiose réussie entre ses expériences personnelles et ses angoisses sur la situation du monde. À sa vie privée tourmentée s'ajoutent en effet son intuition des périls stalinien et nazi. Au sein de l’État mondial, chacun œuvre pour le bien de tous. Pour le bien de l’État. La guerre contre l’État voisin est latente, on le sent, et tous les "camarades-soldats" occupent leurtemps entre leur emploi et leurs obligations militaires quotidiennes. Vision ultra apocalyptique de l'univers.
"Celui qui échoue à inspirer la peur ne peut s’attendre à ce qu’on lui obéisse, bien évidemment, puisque l’obéissance naît de la reconnaissance de la force, de la supériorité, de la puissance, car là ou il y a force, supériorité et puissance, il y a danger". Dans la Ville de Chimie n°4, l’un d’entre eux, un chimiste du nom de Léo Kall, a mis au point une substance qui sera l’arme absolue contre toute tentative de sédition. Il lui donne le nom de Kallocaïne. Les villes sont souterraines, camouflées aux yeux de l’aviation ennemie, et il faut un permis pour sortir à l’extérieur sous l’œil des gardes militaires en faction. La plus grande crainte du ministère de la Police est le crime de haute trahison envers la communauté. Car ici l’individu appartient à l’État. Toute forme de pensée individualiste est punie, et chacune des paroles que l’on prononce est surveillée par chaque camarade-soldat qui l’entend. Dénoncer son voisin, son ami, son chef est un devoir. Ne pas dénoncer serait trahir l’État. Au sein même des couples, l’œil de la police est omni présent. L’intimité n’existe pas, là ou une assistante domestique assiste aux repas de famille et surveille vos paroles, là où caméra et micro épient vos nuits et vos ébats amoureux, pour le bien de tous. Les enfants qui naissent ici appartiennent eux aussi à l’État, bien que celui délègue l’éducation aux parents jusqu’à ce qu’ils soient en âge d’intégrer les camps de jeunesse. C’est dans ce contexte qu’évolue Léo Kall. Tout en lui est voué à la communauté. Son invention permettra de surveiller le dernier recoin d’intimité des camarades-soldats. Le dernier repère où peut encore se tapir alors le germe de la dissidence: l’esprit. La pensée intime, celle que l’on ne dévoile pas, la pensée subconsciente que l’on refuse soi-même de reconnaître. Il faut tester la Kallocaïne et pour cela il faut des volontaires. Aucun problème, puisque le métier de cobaye représente un très grand sacrifice personnel, au profit de la communauté, et mérite à ce titre honneur et respect. L'individu disparaît au bénéfice de l'État.
"On peut considérer l’amour comme une notion très dépassée et romantique, mais j’ai bien peur qu’il existe et qu’il comporte dès l’origine une composante indiciblement douloureuse. Le simple désir de se soumettre. Aucun camarade-soldat, au-delà de quarante ans, ne peut alors se targuer d’une conscience irréprochable". Tel est le postulat d’Edo Rissen, le chef de Léo. Ce Rissen dont les attitudes, les postures, les mots et les insinuations tendent dangereusement vers la pensée traître. Ce même Rissen qui semble avoir une certaine emprise sur Linda, la femme de Léo. Un rival potentiel en plus d’être un traître potentiel ? Cela expliquerait l’éloignement grandissant, le fossé qui se creuse au sein du couple de Léo. Rissen et Léo Kall injectent la Kallocaïne, et voilà que se dévoilent les pensées profondes des camarades-soldats. Des pensées auxquelles personne ne s’attend, pas même les cobayes eux-mêmes. Léo fait ainsi l’expérience du pouvoir. Il découvre également autre chose qu’il a du mal à identifier, une chose qu’il ne pourra pas comprendre seul mais cela viendra, cela sortira d’autres bouches que la sienne. Cela méritera alors d’être raconté, car c’est bien lui le narrateur, c’est lui qui écrit ce livre, ses mémoires. "Kallocaïne" fût écrit en 1940, entre "Le Meilleur des Mondes" d’Aldous Huxley (1932) et "1984" de George Orwell (1949). Il s’agit d’une dystopie parmi les plus sombres. La communauté est absolue, le ministère de la propagande forge et force les esprits, le ministère de la Police impose une société de surveillance extrême et toute tentative de dissidence est réprimée et neutralisée par la force. La guerre n’est pas directement présente dans l’histoire, mais sa menace pèse en permanence sur le récit. Les obligations militaires sont quotidiennes pour tous. Les seules administrations évoquées sont les deux ministères de la Police et de la Propagande, ce qui fait évidement de cette société un régime totalitaire poussé à son paroxysme. La culture de la dénonciation impose un climat de suspicion générale générant un sentiment de fierté d’accomplir son devoir davantage qu’une incontrôlable peur paranoïaque. Il semble que la population tout entière adhère pleinement à cette conception, et on ne signale pas de mouvement de révolte ou de tentative de sédition d’aucune sorte. "Nul n’est insoupçonnable, le traite est dans la masse".
"Un homme ressent de l’attirance pour une femme, une femme aussi pour un homme, et à chaque pas qu’ils effectuent pour se rapprocher, ils perdent l’un et l’autre quelque chose d’eux-mêmes. Une série de défaites, là où s’attendait des victoires". Karin Boye, romancière tourmentée, déçue et profondément marquée par ses quelques séjours dans l’Union Soviétique et l’Allemagne nazie, décrit parfaitement cet embrigadement réussi des esprit soumis des camarades-soldats de cet "État Mondial". Qui d’ailleurs peuple l’État Voisin ? Sont-ils seulement humains ? Et quant à ce terme "d’être humain", n’est-il pas empreint d’un mysticisme dangereux pour la communauté ? Le héros, Léo Kall chimiste jusqu'alors partisan loyal et soumis au régime, fier d'avoir mis au point un sérum de vérité, la Kallocaïne, refuse d'abord d'admettre que son invention va ainsi ravir aux hommes leur dernier espace de liberté, puis va se laisser peu à peu gagner par le doute. Il est troublé par les expérimentations menées sur des cobayes humains, dont son épouse, et plus encore lorsqu'il voit la police s'emparer de sa découverte pour débusquer et punir les délits de pensée. Bientôt il obéit à sa voix intérieure qui lui commande d'aller rejoindre les combattants de la liberté. Ultime sursaut d'une poétesse désespérée assoiffée de pureté et d'harmonie qui refuse de céder au découragement, ce roman intense, superbe par son engagement éthique et son intuition visionnaire d'un totalitarisme toujours en germe dans l'État, témoigne d'un engagement moral et intellectuel poignant à l'une des époques les plus sombres de l'humanité. "Vivre, c’est rompre et briser pour que quelque chose puisse croître". Comme la finlandaise Edith Södergran, la suédoise Karin Boye, plus de quatre-vingts ans après sa mort, apparaît de nos jours comme la poétesse moderne la plus importante des littératures scandinaves. Déchirée jusqu’au suicide, oscillant sans cesse entre une ferveur païenne et un mysticisme chrétien, elle deviendra le champ de ruines du combat perdu d’avance du théâtre tragique de ses trop nombreux écartèlements. Ouvertement bisexuelle, elle finira pardéfendre fièrement, pouce après pouce, son homosexualité dans une Suède pudibonde et très castratrice.
"Comme une flamme soudaine stable et claire, elle s’apaisa enfin en découvrant celui qu’elle avait cherché du regard et dont j’aperçus le visage. Quand on est jeune, on est persuadé qu'il existe forcément une autre réalité, une liberté qui arrivera avec l'être aimé, une sorte de refuge où se blottir, dans la chaleur, l'apaisement, un doux rêve qui n'est pas de ce monde". Femme courageuse, femme fortement impliquée dans les idées de gauche et la littérature radicale de son époque, elle est devenue l’incarnation de cette dualité atroce entre le rêve et la réalité. Sa poésie frappe par sa sorte de candeur de petite fille et son effroi du néant. Terrassée par sa recherche de la perfection du monde, et du secret des arbres, Karin Boye va s’interroger sur le sens de la vie, et si la vie vaut alors la peine d’être vécue. "Affligée par la pureté", elle ne supporte pas le mal et le non-accomplissement de la beauté et de la bonté. Par des mots simples, parfois naïfs, elle tente par ses nombreux poèmes d’amour de recoudre les liens brisés du monde. La musique discrète de ses mots, parfois amers, souvent cristallins, ne peut masquer son angoisse et sa personnalité éclatée. Elle cheminait arbre parmi les arbres, tendue vers l’haleine des crépuscules, l’inaccompli du monde et de son être. Amie des temps anciens, de la chaleur des corps de femmes, des mondes lointains. Aujourd’hui elle est l’un des poètes suédois les plus lus et admirés, souvent nommée le Walt Whitman suédois. Ceci peut rendre compte de sa relation à la nature, mais nullement de son inquiétude profonde et du pouvoir amoureux de ses poèmes, de sa musicalité issue de l’osmose entre les images et les sons de la langue suédoise. Karin Boye était tout entière en tensions, en antagonisme entre sa vision tragique de la vie et de l’attente de la mort, et d’un autre côté dans une croyance éperdue dans l’amour et la confiance en l’autre, en l’humanité. Sa vie entière aura été un mélange d’émerveillement de petite fille devant la peau des arbres, la peau des femmes, et un accablement profond devant la profonde imperfection du monde. Cette mystique en recherche de pureté absolue se sera brisée sur les rochers du quotidien et des marécages de la lâcheté humaine. Boye ne pouvait s’accomplir que dans les vieux, les très vieux mythes nordiques, ou le modernisme préfigurant la révolution espérée et bienfaisante. "Sur cent voies séparées j’ai cheminé et trébuché. Voici qu’elles convergent. C’est en marche vers toi que j’ai vécu". Elle repose avec sa famille, dans le beau cimetière Östra kyrkogården de Göteborg.
Bibliographie et références:
- Léo Dhayer, "La poétesse Karin Boye"
- Marguerite Gay, "La femme de lettres Karin Boye"
- Gertrude de Mautort, "Un jour, Karin Boye"
- Jean-Clarence Lambert, "Karin Boye"
- Régis Boyer, "Pour l’amour de l’arbre"
- Elena Balzamo, "La poésie de Karin Boye"
- Caroline Chevallier, "Edith Södergran et Karin Boye"
- May-Brigitte Lehman, "Karin Boye"
- Gil Pressnitzer, "Karin Boye"
- Bertrand de Beaumont, "Karin Boye"
- Julie de Saussaie, "Karin Boye"
- Anne de Luzy, "L'émouvante Karin Boye"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"On appelle défauts ce qui, chez les gens, nous déplaît, et qualités ce qui nous flatte. Pour le primitif l'art est un moyen, pour le décadent, il devient un but. On méprise l'aumône qui est dure, mais on ne se méprise pas d'être si complètement dépourvu de véritable charité". Incarnation pour beaucoup du poète pur et intransigeant, Pierre Reverdy (1889-1960) fonda son autorité sur une pratique sans faille du poème où perça jusqu’à la fin un sens aigu de l’évolution des formes poétiques. Mais également sur une réflexion visant à dégager les "moyens" propres à la poésie et ceux, non moins spécifiques, d’autres arts comme la peinture. Car s’il fut un "phare" de la poésie du XXème siècle, c’est aussi parce qu’il s’affirma en publiant des textes théoriques et esthétiques susceptibles de désencombrer lucidement l’idéologie moderniste de son temps. Assise sur sa pratique autant que sur sa parole théorique, cette autorité ne s’imposa pas seulement à ses cadets surréalistes, qui du reste s’essayèrent parfois à en secouer le joug. De nombreuses générations de poètes jusqu’à nous ont en effet continué à se référer périodiquement à l’auteur de "Plupart du temps" et du "Livre de mon bord". "Legs de Reverdy" s’émerveillait Breton dans "L’Amour fou", au point de faire de sa rencontre fortuite avec ce "legs", rappelé par le titre d’une affiche légale pointée par René Char sur les murs d’une mairie, un événement majeur de hasard objectif. Et si Soupault comme Aragon surent également rendre hommage à celui qui fut à jamais à leurs yeux "le poète exemplaire", la fascination n’épargna ensuite ni la génération de Cadou et son école de Rochefort, ni celle des poètes nés de l’après-guerre, Du Bouchet et Dupin en tête, ni encore aujourd’hui, par des manifestations réitérées d’intérêt et de gratitude peu communes à l’égard d’un poète mort voici plus de soixante ans, les générations contemporaines. Et il ne faudrait pas oublier ici les peintres, les artistes, qui lurent aussi et continuent à lire passionnément Reverdy, de Picasso, Braque et Juan Gris, à, plus près de nous, Simon Hantaï, Gérard Titus-Carmel et François Rouan. Cependant, si l’influence de Reverdy et de son œuvre est un fait qui se constate régulièrement, le contenu et les modalités de cette transmission ne sont pas sans poser problème, et c’est aux questions qu’ils soulèvent que le présent ensemble voudrait apporter quelques réponses. D’une part en effet l’œuvre de Reverdy, par sa singularité, continue d’opposer une résistance notable aux efforts de description et de commentaire. L’œuvre de Reverdy pose en outre la question de la subsistance d’une forme de transmission au cœur de la modernité. C’est en cela qu’elle révèle l’existence d’une "tradition moderne". Par "tradition moderne", nous n’entendons pas le retour, encore moins la revanche ou le triomphe de la tradition dans la modernité. Plutôt en réalité, une tradition qui se cherche et se réinvente alors.
"Il n'y a pas d'amour sans souffrance et il ne peut pas y avoir de christianisme sans amour. On est plus durement prisonnier de la haine que de l'amour". Il s’agit en première approximation de tout ce qui, dans la modernité, par-delàl es mots d’ordre de singularité, d’autonomie, de table rase, d’intransitivité, travaille souterrainement à la transmission de savoirs et de pratiques, de questions partagées, tout ce qui contribue à la constitution d’un langage collectif et favorise l’apparition d’une communauté à elle-même. Reverdy lui-même ne l’entendait pas autrement, lui qui se revendiquait tout autant agent de la modernité que de la tradition: "Nous nous rattachons à une pure tradition de poésie", n’hésitait-il pas à proclamer en mars 1918 dans ce numéro de "Nord-Sud" rendu célèbre par le fameux texte sur l’image invoqué plus tard par Breton dans son premier "Manifeste du surréalisme". Pareille revendication d’une appartenance à la tradition pouvait, et peut toujours, surprendre venant d’un poète soucieux de se situer à l’extrême pointe des avant-gardes littéraires de son époque, voire de toute de la modernité artistique. D’autant que cette affirmation, loin d’être isolée, était alors largement amplifiée dans le même numéro de revue par une de ces "mises au point" dont Reverdy avait le secret et qui s’intitulait précisément "Tradition". Néanmoins si le directeur de "Nord-Sud" y revendiquait nettement son aspiration à la tradition, c’était bien à la condition de la redéfinir, en la déclarant profondément compatible avec le mouvement moderne. Sous sa plume, l’innovation devenait en effet indispensable à la perpétuation d’un apport artistique commun: "Créer grâce à une sensibilité nouvelle, servie par des moyens nouveaux appropriés, des œuvres qui, par leur différence, sont un apport de plus au domaine de l’art, c’est rester dans la tradition. C’est le seul effort qui soit utile". Rejoindre cette tradition vivante, tel est dès lors le but avoué du créateur moderne. Redéfinie par Reverdy comme un niveau d’excellence, la tradition devient implicitement un autre nom de la valeur littéraire, et s’obtient donc au prix d’un effort d’innovation réussi. N’est-ce pas ainsi afficher l’ambition de produire des classiques de la modernité littéraire ? Des classiques qui, au même titre que ceux d’autrefois, atteignent ce statut grâce à la nouveauté durable qu’ils introduisent ? Rien de réactionnaire ici: la prise de position de Reverdy en faveur de la tradition lui permet bien de se démarquer fermement des traditionalistes et des néoclassiques bornés de son temps, férus de répétitions en tous genres, mais aussi des tentations qu’Apollinaire pouvait lui-même nourrir en ce sens, notamment dans sa conférence intitulée "L’Esprit nouveau et les poètes". La poésie de Reverdy naît tout armée, comme une Minerve anxieuse.
"La gloire est un vêtement de lumière qui ne s'ajuste bien qu'aux mesures des morts. L'infini, c'est la limite ou l'échec de nos facultés d'appréciation et de mesure". Ensuite nous la verrons se diversifier, doter le poème envers d’une forme nouvelle, réfléchir ses propres principes dans une esthétique aux dimensions de l’art moderne, et revenir au plus près de sa source spirituelle. Si Reverdy est tout entier dans les Poèmes en prose, cela veut dire que son esthétique y est à l’œuvre. C’est en effet non des recueils en eux-mêmes, mais du travail de création qui les a suscités, que cette esthétique se dégage. Elle donne une forme générale et explicite aux principes intuitifs auxquels la poésie obéissait, et qui à ce stade n’existaient encore, outre les discussions auxquels ils avaient donné lieu, que par les effets qu’ils déterminaient. De même le rêve préexiste à son élucidation, qui n’en est pas le sujet, et la théorie se forme à côté de l’expérience onirique. En revanche les enjeux littéraires qui sont impliqués par le choix d’un titre tel que "Poèmes en prose" ne peuvent manquer d’être conscients. ils se situent sur un autre plan, mais entre les deux apparaissent des points de tangence. Donner à sa première œuvre publiée le titre de "Poèmes en prose" est une démarche à la fois modeste et orgueilleuse. Modeste par la neutralité du terme et le refus d’un mot faisant image, tel qu’"Illuminations" ou plus tard "Capitale de la douleur". Mais cette modestie avait été le fait de Baudelaire et de Mallarmé, et récemment encore de Fargue. En la circonstance, c’était se réapproprier en en proposant un nouveau modèle, simple, cohérent et moderne, un genre instable, toujours en attente d’une définition, et qui en se répandant risquait de se perdre dans l’élégance facile des chroniques et des pages de littérature. Le geste ne s’accompagne d’aucune justification. Lui seul a valeur de manifeste. On sait que cette démarche revêt une autre dimension. Quoi qu’on puisse en penser, Reverdy a devancé Max Jacob. Nouveau Jacob de ce nouvel Esaü, il l’a dépouillé de son droit d’aînesse. Aborder la question de la présentation chez Pierre Reverdy, c’est assurément se situer au point d’articulation entre sa réflexion théorique d’une part, où la notion de "présentation" s’affirme comme un concept-clé, et sa pratique poétique d’autre part. Or c’est cette articulation qui est problématique dans son cas d’authentique poète, de praticien talentueux, voire génial, uni à un théoricien. Théorie et pratique sont-elles cohérentes chez Reverdy ?
"II y a des hommes qui ont le sens de la réalité, et d'autres à qui il fait totalement défaut. L'amour sans les actes n'est que la plus grande illusion supportée par un mot des plus courts". Certes la poésie a toujours été présentée. Ni "Les Ardoises du toit" ni même le "Coup de dés" de Mallarmé ne modifient en cela la nature ancestrale de la poésie. Mais avec Reverdy ce geste est repensé, on serait tenté de dire: non repensé mais pensé, la crise du vers libre à la fin du dix-neuvième siècle ayant révélé les défaillances d’une pensée de la présentation poétique, sensibles notamment dans la domination du paradigme musical sur un paradigme visuel pourtant plus pertinent. Pensé donc, mais conjointement mis en pratique, avec des interactions mais peut-être aussi des distorsions entre théorie et pratique. Dans le discours théorique de Reverdy en 1918, donc juste avant le tournant de 1919 et l’arrivée en force des surréalistes, la notion de présentation revient comme un leitmotiv, presque un mot d’ordre, sans jamais toutefois donner lieu à la création d’une étiquette de groupe comme c’est alors à la mode. Il n’y aura pas d’art ni de poésie dite "présentative" ou "présentativiste" revendiquée pour faire pièce à d’autres "ismes". Reverdy se méfiait des étiquettes de groupe. Chaque fois, sous sa plume, le mot présentation apparaît en couple avec celui de représentation, sur le mode de l’opposition. D’abord dans un curieux compte rendu des "Ardoises du toit" publié dans "Nord-Sud", composé par Reverdy lui-même à la manière des "critiques-réclames" qu’Apollinaire faisait sous pseudonyme de ses propres ouvrages dans les journaux. Pris dans les rafales du temps, glissement lent des plis du jour sur les plis des jours, la poésie de Reverdy s’éloigne pour les lecteurs négligents. Pierre Reverdy, l’ermite de Solesmes, est un poète passé de mode, lui qui fut longtemps considéré comme le plus grand. On préfère maintenant des liqueurs plus fortes comme les éclats de silex de René Char, ou les jongleries verbales de Gherasim Luca ou Jacques Roubaud. Mais il est tant de poèmes de Reverdy pour lesquels je donnerais les œuvres complètes de ceux-là. Notre Narbonnais aux sourcils noirs, à la mèche combattante et à l’accent épais et râpeux comme le vin lourd de la Clape, est décrété trop monotone. Certes bien sûr il a écrit des centaines de poèmes, mais en fait toujours les mêmes vous dit-on, comme ce pauvre Vivaldi avec ses concertos. C’est ne rien vouloir comprendre aux mouvements imperceptibles de l’infini. Mais qui encore écrit comme cela de nos jours, qui va aussi loin dans la réalité du silence ? Sa lecture demande la complicité des nuits haletantes où tout est suspendu.
"Qu'est-ce que c'est qu'un grand homme méconnu ? C'est comme un arbre dont les branches constamment taillées et retaillées le laisseraient se développer d'abord tout en racines. L'épanouissement en hauteur n'en serait que plus luxuriant après, mais ceci n'est dit que pour l'œuvre. De l'homme, autant dire, évidemment, que ce n'est rien". Une suite de mots infiniment simples, d’objets familiers, de sensations connues, et leur mise en ligne dans le poème conduit aux grands mystères. En se mélangeant ces morceaux de briques élémentaires font un château hanté. Sa poésie semble se refermer hautaine sur de l’ombre entrevue, elle nous ignore nous de l’autre côté de la feuille blanche, elle nous résiste, nous sourit comme un sphinx. À vous de voir et de savoir nous dit-elle, chat noir parmi les chats noirs. Il a fait partie de l’équipage du Bateau-Lavoir, jusqu’en devenir l’astrolabe. Il est le théoricien de la poésie et du cubisme. Reverdy aura été ce charbonnier au fond des forêts des fougères d’images et des arbres sombres, il aura allumé bien des feux où le quotidien a fait naufrage. Il a traqué "Cette émotion appelée poésie". Il lui a fait rendre gorge. On veut tendre les mains pour saisir les sens du texte, celui-ci se dérobe, se replie, s’enfuit de l’autre côté de la page. Oui chez Reverdy tout est dans les replis. Mais ils semblent tissés de rosée et d’inquiétude, alors on n’ose les dérouler. Il procède par replis, lentes énumérations, lisières des choses. Mais contrairement aux surréalistes, il refuse le hasard non contrôlé des images. Et il refuse d’être un simple médium passif du monde. Lui l’ascétique, le converti au catholicisme en 1926, et très vite désillusionné, refuse le jeu. Il met toujours son existence en balance dans ses mots. Ses poèmes "ne sont qu’entre les lignes". Il faut les deviner, passer par leur ambiguïté, leurs flaques de silence et de verre, leurs tourbillons d’ombre, leur musique d’ombre. L’univers de Reverdy est un univers mouvant, incertain. Il faut savoir s’y perdre, se chercher dans ses déchirures, ses signes énigmatiques. Il met les mots à la suite "comme un tas de pierres". Ils continuent à tenir debout malgré tous les vents du temps.
"Mémoire sans éclat où rien n'est enfermé. Esprit qui se rendort aussitôt qu'éveillé. La nuit d'un œil hagard contemple le désastre". Pourtant il nous faut lentement déplier les strates d’émotions, faire sécher sur la table des sentiments les draps humides de ses dérobades. Ses poèmes refusent de fournir la moindre aspérité où s’accrocher, pas de prise, le vertige plus bas, il faut escalader à mains nues en créant ses propres voies. Et nul ne vous assure, vous tomberez tout au fond, sans rappel aucun. Pas de chemin, pas de balise, une zone proche de celle que décrivait Tarkovski dans "Stalker", on sait que s’y trouve une source d’éternité, d’apaisement, mais on ne la voit qu’avec un cœur pur, donc jamais. La poésie de Reverdy se situe dans une autre échelle de temps, qui paraît immobile pour nous, qui vit à l’intérieur de lui-même. Inquiet, il regardait vivre le monde et ne voulait pas le suivre. Il se fait grand silence dans les poèmes de Pierre Reverdy. Les mots sont inquiets, ils font le guet, les chemins tournent vers le rien, le temps est suspendu mais cela doit être un piège, il va nous tomber dessus, au-delà du toit. Les catastrophes sont tapies, elles ne se montrent pas, on voit leurs ombres à contre-lune. Une porte craque, et en se refermant sur elle-même elle tombe dans le grand vide. Les choses lentement s’effacent, tombent alors au ralenti dans ce drôle d’espace-temps que sont les poèmes de Reverdy. Toute en impression fugitive, sa poésie semble rester la patte en l’air, figée par ce qu’elle seule a vu, et que nous ne voyons pas encore. Ce descendant d’une lignée de tailleurs de pierre savait ce que voulait dire le geste juste, le geste sobre, le geste d’éternité. Son père lui avait appris le vent dans la montagne, la lecture et l’écriture. Il connaissait le poids du pain, le poids des choses, la difficulté de l’amour. Une inquiétude qui sourd, un climat de suspension avec le terrible tapis devant la porte. Quelque chose est passé ou va passer, et le simple frémissement du vent est peut-être notre heure dernière. Des mots élémentaires, des phrases courtes, simples à pleurer. Des ombres furtives de mots. La poésie de Reverdy ne dit pas, elle chuchote. L’angoisse est aux aguets. Le temps s’arrête. L’invisible marche de long en large. Ses pas craquent jusqu’à nous. Pudique il parlait peu de sa vie, il sera simplement mentionné qu’il est né le treize septembre 1889 à Narbonne, qu’il aura été imprégné des odeurs de la Montagne et de la mer, qu’il aura connu Paris et ses artistes dès 1910.
"La poésie a été mise au monde par l'homme et elle ne peut être ailleurs que dans lui, mais il la cherche dans la nature comme s'il l'avait laissé échapper". Là il débarque dans les brumes de la ville et des locomotives. Il aura froid, il aura faim. "En ce temps-là le charbon était devenu aussi précieux et rare que des pépites d’or et j’écrivais dans un grenier où la neige, en tombant par les fentes du toit, devenait bleue". Il parlera peinture comme ses amis peintres, Juan Gris, Picasso, Braque. Il parlera poésie comme ses amis poètes, Apollinaire, Max Jacob. Ses premiers poèmes en prose sont de 1915. Sa revue emblématique "Nord-Sud" est lancée début 1917. Avoir quasiment instauré sur terre la religion du surréalisme ne lui suffira pas. L’immensité de ses manques ne pouvait se résoudre dans la traque de l’invisible et du surréel. Ses doutes et son cheminement spirituel le conduisent à rompre avec le brillant littéraire et s’installer à Solesmes en 1926, aux portes de l’abbaye. Il n’a même pas trente-sept ans. Il ne trouvera jamais la clé de la porte, et comme dans un conte de Kafka, restera dans l’antichambre où le gardien lui dira que cette porte n’était que pour lui. Veilleur, il n’aura pas vu l’ennemi venir car "la prière est inconnue aux habitants de l’ombre". Le dix-sept juin 1960, il meurt à soixante-et-onze ans, à Solesmes, dans "cet affreux petit village où il fait toujours froid". Dans la solitude et l’exigence. Il voulait alors vivre et mourir dans la même tempête, ce fut une tempête de silence et de questions. Il écrira peu en ce lieu, toujours tendu vers Paris. Sa poésie est traces de passage, avertissement des feuilles qui craquent, de la nuit qui rôde. Il est totalement limpide, dangereusement limpide, aux frontières de la transparence et de la disparition. Nous ne sommes plus sur la terre ferme, mais dans l’infini volatil. Pierre Reverdy est le cristal de l’attente, il sait rendre le flottement dans les flaques des jours, et ses mots en marge sont "une lutte contre le réel tel qu’il est". Il rend palpable ce qui ne peut être retenu, ce qui se dissout dans une angoisse tapie, et dans la déchirure des nuits froissées. Il retisse l’invisible dans la couture de l’incertain. Il fait de la poésie "un réel humanisé" en transformant par sa création le quotidien en l’énergie de drames intérieurs que nous ne pouvons que deviner. Un grand mystère passe sur la poésie de Reverdy. Grande est sa fascination. Un souffle obscur où il est question de lui, question de nous. Tous ces manques, ces absences, ces trous de mots, sont emplis de cette vie qui nous cristallise. La poésie de Reverdy est lourde, lourde de sens, et lucide, secrètement aimantée par les rêves des pierres. Une flamme sourde. Mouvants reflets d’un monde très proche et étranger à la fois. Dans sa poésie une étrange partie se joue. Nous ne voyons pas les cartes. Et c’est pourtant notre destin qui se joue face à nous et sans nous. Le vent se tait, la voix se tait. Sans bruit, la neige de ses mots tombe sur nous. Grâce lui soit rendue.
Bibliographie et références:
- André du Bouchet, "Envergure de Pierre Reverdy"
- Claude Cailleau, "Dans les pas de Pierre Reverdy"
- Michel Collot, "Reverdy selon Du Bouchet"
- Michel Collot, "Horizon de Reverdy"
- Jean-Claude Coquet, "La poésie de Reverdy"
- Valéry Hugotte, "Vertige de la poésie, Pierre Reverdy"
- Odysseas Elytis, "Pierre Reverdy entre la Grèce et Solesmes"
- Mortimer Guiney, "La Poésie de Pierre Reverdy"
- Gil Pressnitzer, "Pierre Reverdy, une poésie aux aguets"
- Jean-Baptiste Para, "Pierre Reverdy"
- Gaëtan Picon, "Poétique et poésie de Pierre Reverdy"
- Jean Rousselot, "Pierre Reverdy"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Pendant ces deux semaines, nous avons beaucoup échangés par téléphone avec Monsieur Gilles. Il m'appelait chaque jour, en, fonction de ses poses et des ses rendez-vous. J'attendais chaque jour ses appels avec impatience, seul les week-ends étaient longs sans nouvelles de Lui. Dès le lundi matin, j'avais posé mes jours, du lundi au jeudi. J'avais prévenu mon épouse que j'avais une formation pendant trois jours et que je ne serai pas joignable. Tout était en place et chaque jour j'avais une petite boule au ventre en attendant le lundi après-midi!!!
Le jour venu, je suis préparé selon les ordres de Monsieur, avec et rasage complet de tout le corps. et suisparti largement en avance. Monsieur m'avait demandé d'aller dans un sex-shop acheter deux plugs, un petit et un moyen... Je me suis donc rendu dans un des sex-shop de la gare à Nantes...ce n'était pas le choix qui manquait !!! Je me suis porté vers des plugs en silicone noir, un bâillon boule en silicone noire également, et des bracelets en cuir pour les poignets et les chevilles...je devais avoir tout ce que Monsieur m'avait demandé!
A 17h, j'étais comme convenu à la porte de son appartement. Je sonnai. Il est venu m'ouvrir, mais ne m'a pas laissé entrer. Après avoir regardé a droite et à gauche, il m'a ordonné de me déshabiller, là, sur le palier ! Mort de honte je me suis mis nu! Après m'avoir fait attendre quelques minutes, il m'a laissé entrer....heureusement, personne n'était passé sur le palier !!!!
Poses tes affaires et viens me rejoindre dans la salle. Tu as tout ce que je t'ai demandé?
- Oui Monsieur j'ai les deux plugs, les bracelets, le bâillon
Parfait, donne-moi tout cela. Pour le moment c'est moi qui ait un cadeau pour toi.
Il me donne un petit paquet tout noir, avec un ruban rouge.
Je l'ouvre devant lui et j'en sors un anneau en métal....
- Merci Monsieur...mais qu'est-ce que c'est??
- Ah tu ne connais pas ? C'est un cockring ... Tu vas le placer à la base de ton sexe, derrière tes couilles....allez exécution !
Ce n'est pas si simple de placer ce cockring quand on n'a pas l'habitude...J'ai du m'y reprendre à plusieurs fois ! Le fait de bander n'arrangeait rien... Mais tant bien que mal j'ai réussi à placer cet anneau.
-Très Bien tu le porteras désormais tant que nous serons ensemble, je t'interdis de le retirer même s'il te fait un peu mal au début, tu t'y habitueras tu verras!
-Bien Monsieur, mais je devrais le garder quand je serai à la maison, même pour travailler?
- Bien sur, c'est la marque comme quoi tu m'appartiens ! Tu vas le porter en permanence! 24h sur24, 7 jours sur 7. Et pendant que tu seras avec moi tu porteras celui-ci.
Et il me tend un anneau beaucoup plus petit. La pose est beaucoup plus facile, même si mon gland se met à gonfler et à devenir foncé....
Approche toi, tend moi tes bras !
A genoux je lui tends les bras, il y attache les bracelets, puis c'est au tour des chevilles. Il termine en me mettant un collier de cuir noir, qu'il ferme d'un petit cadenas... Lui seul pourra me le retirer désormais...
- Bien tu vas aller à la cuisine, tu vas commencer par passer l'aspirateur, puis tu prépareras le diner.
- Bien, Monsieur
Comme je me dirigeai vers la cuisine, je l'entends dire:" à 4 pattes... Ici les soumis marchent à 4 pattes devant leur Maître !" Je mis à 4 pattes pour aller chercher l'aspirateur à traineau dans le placard. Je le branchai et commençai à le passer, quand arrivant derrière moi il l'arrêta et me dit: "pas comme cela"
Il avait une cordelette à la main...il la passa dans le cockring et dans l'anneau à la base de mon gland... puis l'attacha à l'aspirateur.
-tu dois le trainer sans y toucher avec les mains... Tu peux te mettre debout pour le passer tu seras plus efficace...
Chaque mouvement de l'aspirateur me tirait sur les couilles et le gland....au début cela me faisait un peu mal mais très vite cette petite douleur s'est transformée en un grand plaisir!!! Et je sentais que je mouillais de plus en plus la cordelette...
ce "supplice" dura une bonne vingtaine de minutes. Il a fallu que je passe et repasse pour que tout soit parfait!
Bien maintenant tu nous prépare un repas léger.... un potage cela ira très bien pour moi
Bien Monsieur..... ( Mais pourquoi, j'avais été lui dire que je savais cuisiner et que j'aimais cela????)
Le diner préparer il a fallu le lui servir, mais monsieur voulait un service spéciale.
Petit plateau attaché comme l'aspirateur et dessus le potage, un verre, assiette et les couverts…Je peux vous garantir que marcher avec un plateau entre les jambes ce n'est pas simple, mais quand en plus chaque pas vous tire sur le bas ventre cela devient vraiment une tâche compliquée !!! J'ai quand même réussi à ne pas faire tomber trop de potage sur le plateau !!! Malgré cela, comme il y avait quelques gouttes sur le plateau, j'ai eu le droit à une bonne fessée... C'était la première que je recevais depuis mon adolescence...Et je ne me souvenais pas que cela chauffait autant !!!!
Apres le diner de Monsieur, j'ai tout ramené à la cuisine sur le même plateau, mais c'était plus facile car il ne restait pas grand chose....
Vaisselle Monsieur, m'a dit habille toi nous sortons
Pantalon, chemise, veste ...
voila très bien, je veux que tout le monde voit bien ton collier, de toute façon là ou nous allons cela ne choquera personne!
MAis...... Non rien Monsieur....
PArfait, alors en route
Nous sommes partis près du château d'Anne de Bretagne à Nantes, un petit Bar qui s'appelait Plein Sud .
Monsieur était visiblement bien connu dans ce Bar, il y avait surtout des hommes, et quelques femmes qui discutaient entre elles. On salua un groupe d'hommes, visiblement des copains de Monsieur....
Monsieur me présenta comme son soumis....
Il est mon soumis depuis peu, mais je t'assure qu'il est fait pour cela....Il,apprend vite et aime visiblement cela.... Jete l'amènerai demain on verra comment il réagira!!!
Je ne comprenais pas très bien ce qu'ils voulaient dire....
- Approche toi ...
Je fis un pas vers l'homme qui venait de m'adresser la parole....
Sa main se dirigea directement vers mon entrejambe...
- ne bouge pas ! Ecarte un peu les cuisses...
Bien Monsieur , cet homme à ouvert ma braguette et à sorti mon sexe ...bien tu portes déjà les marques de ton Maître....C'est parfait.... Rhabilles-toi!
Tout en me rhabillant je les entendais parlé et piercing et de tatouage....Heureusement Monsieur refusa en disant que c'était beaucoup trop tôt...
Monsieur s'est assis, je me suis placé derrière lui, entre lui et l'homme qui m'avait parlé....
- Quoiqu'il arrive tu ne bouges pas, compris?
- Oui Monsieur
Au début je n'ai pas compris le pourquoi de cet ordre, mais au bout d'un moment l'homme à côté de moi s'est mis à me caresser de façon de plus en plus explicite!... PAs question de déplaire à Monsieur... je me suis laissé faire, j'avais honte de ne pas réagir et en même temps je trouvais cela tellement bon....
Comme nous étions dans un recoin de la salle, l'homme qui visiblement commandait le groupe m'a ouvert la braguette, puis m'a sorti une nouvelle fois mon sexe.... je bandais terriblement, et le cockring et l'anneau rendaient mon sexe monstrueux...ce qui n'est pas le cas d'habitude, je ne suis pas fortement membré...loin delà!!!
- En plus, il aime cela...pourtant avec ton anneau il doit avoir mal...et pourtant regardez comme il bande la salope ! Par contre, tu l'amènera à Josiane, pour qu'elle lui fasse une vraie épilation.... Tu t'es rasé quand?
- Ce matin Monsieur
- Parfait, Tes poils commencent à repousser, donc jeudi matin ils seront à la bonne longueur.... Tu l'amènes jeudi matin à 10h au salon elle saura quoi lui faire!
- Mais jeudi je ne peux pas, je travaille...
- Je ne veux pas le savoir tu seras jeudi matin à 10h au salon, pour le reste tu te débrouilles...
- Bien Monsieur
Nous sommes restés encore un peu, monsieur me caressait discrètement, tout en parlant avec les autres. Puis nous sommes rentrés à l'appartement.
- Tu dois être crevé... pour une première soirée tu as été gaté ... Il ne t'a même pas gifflé....tu dois lui avoir plû!!! tu seras bien le premier que je lui présente et qui ne se fait pas rabrouer aussi sec ! Tu es vraiment une belle petite lope tu sais !
Monsieur avait préparé un petit matelas, au pied de son lit, il m'a attaché les poignets dans le dos...
- Pas question que tu te touches cette nuit ! Je te mets le réveil à 6 h pour demain matin, le temps que tu prennes ta douche et que tu prépares mon petit -déjeuner pour 8h30...
- Bien Monsieur...
Monsieur s'est couché et je suis resté un long moment a genoux sans trop savoir quoi faire, voulait-il que je le suce ? Comme il ne disait rien j'ai décidé de m'allonger sur le petit matelas et d'essayer de dormir….
à suivre .../...
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"Un autre homme m’a fait élargir fantasmatiquement et incommensurablement la collectivité fornicatrice. Il amorçait le dialogue en prétendant qu’il m’emmenait dans une chambre d’hôtel, dont il n’était pas utile de préciser la catégorie. Des hommes faisaient la queue jusqu’au couloir. Combien payaient-ils pour décharger dans mon con ? J’avançais: "Cinquante francs ?" Rectification doucement glissée dans mon oreille: "- C’est bien trop cher. Ils donneront vingt francs pour t'enfiler dans le con, trente francs pour t’enculer. Combien tu vas en prendre ?" - Moi, sachant bien que je sous-estime: "Vingt ?" "Coup de bite un peu sec donné comme un avertissement: "C’est tout ? Trente ! " De nouveau le boutoir au fond de monvagin. "- Tu en prends cent et tu ne te laveras pas. "Il y aura de très jeunes garçons qui déchargeront à peine entrés dans ton con. "Sur ton ventre et sur tes seins aussi, tu seras toute poisseuse." –Tu pourras dormir, ils continueront à te baiser. Et on reviendra le lendemain, le patron de l’hôtel amènera un chien, il y en a qui paieront pour te voir prendre par le chien. "Nous nous vantons souvent d'avoir aimé les romans à succès, surtout ceux qu’on n’a pas lus ou si peu et qui appartiennent au genre éprouvant des ouvrages “qu’il faut lire” parce que toute le monde en parle. La culture prend ici un tour décidément paradoxal. Il y a les livres qui se lisent et dont on ne parle pas et ceux qu’on prétend avoir lus parce qu’on en a entendu parler. Les plus illisibles ne sont pas ceux qu’on croit. Comment lire en effet un livre couvert par la rumeur des médias et des dîners en ville, comment entrer dans un livre qui ne résiste pas, si peu que ce soit, à la lecture et qui s’offre aussi facilement aux bavardages ? Les vrais livres se taisent. On ne sait pas trop encore quoi en penser, on ne les domine pas, on ne les circonscrit pas comme une quatrième de couverture qui se parcourt livre fermé. Il ne s’ensuit pas qu’un livre à succès immédiat, tel celui dont il va être question, soit nécessairement du genre à faire beaucoup de bruit pour rien. Sans doute, la meilleure méthode de s’en assurer serait encore d’aller y voir soi-même. Je ne l'ai pas fait, du moins pour le moment. Mon propos est ailleurs et a tout à gagner à cette ignorance, qui ne tient d’ailleurs, à strictement parler, qu’à celle de la lettre puisque pour ce qu’il en est de l’esprit la rumeur s’est chargée de le propager. L’intention n’est pas critique mais diagnostique. Il ne s’agit pas d’apprécier la valeur littéraire d’un livre mais d’interroger à partir d’un symptôme, d’un détail qui a fait signe d’époque, un mode de fonctionnement de la littérature contemporaine, plus précisément de ce qui s’appelle la demande littéraire. Quel type de fiction requiert un certain lecteur d’aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’il redemande ?
"Je suis toujours profondément admiratrice du temps suspendu dans lequel vivent les baiseurs et qui retient ma sympathie. Il peut s'être passé dix ans, que dis-je vingt ans et plus encore, depuis qu'ils ont joui avec une femme, ils vous en parlent, ou s'adressent à elle, comme si c'était hier." Le roman de Catherine Millet, publié en 2001, best-seller par malentendu, est un spécimen singulier, en apparence très paradoxal d’une telle stratégie anti-libidinale. Ce livre, en effet, n’est ni érotique ni pornographique. Bien que le sujet et les mots s’y rapportant charrient avec eux quelque chose de l’excitation liée à la sexualité, sa lecture n’est que ponctuellement et assez rarement troublante. L’auteur le revendique. "Je me situe dans l’ordre de l’échange verbal, sans intention d'établir une relation érotique, je ne tiens pas du tout à toucher l’interlocuteur ou l’interlocutrice dans le tréfonds de son instinct sexuel" écrit-elle dans l’avant-propos de l’édition de poche. Cette déclaration est cohérente avec la démarche profonde de Catherine Millet telle qu’elle transparaît à travers les aventures de son héroïne. "J’ai cessé d’être vierge à l’âge de dix-huitans mais j’ai partouzé pour la première fois dans les semaines qui ont suivi ma défloration. " L'auteur décrit d’emblée et de façon détaillée une pratique intensive des partouzes durant une période de sa vie qui a duré quelques années quand elle avait entre dix-huit et trente ans. Catherine M., on le comprend vite, n’est pas une jeune fille banale. Elle ne cherche pas la complicité féminine, n’est pas sentimentale, son objectif à cette époque n’est manifestement pas de séduire un amoureux pour la vie. Elle est plutôt un petit soldat du sexe, qui part à la découverte de territoires inconnus et à la conquête d’un destin. Elle évoque en effet une ignorance tardive et obstinée de la sexualité. Elle est passée sans transition de l’innocence des jeunes filles du temps passé, à une pratique licencieuse, sans interdit ni censure. Or que ce soit par les livres, les dictionnaires ou les amies, elle aurait eu les moyens de se renseigner. Cette ignorance est donc à mettre sur le compte d’une inhibition plutôt que sur celui d’un défaut d’information. Son approche particulière de la sexualité n’est sans doute pas étrangère à la levée de cette inhibition première. La volonté de découvrir a fait suite à l’interdit de savoir. Au début de l’âge adulte, la sexualité est, pour elle, un continent inconnu qu’elle a décidé d’explorer. Parallèlement à ce besoin de connaître, elle poursuit un autre objectif qui lui est sûrement tout aussi nécessaire, échapper au destin féminin. Il y a un jeune homme imaginaire en elle, téméraire et libertin, qui transforme ces séances de sexualité collective avec les hommes anonymes du bois de Boulogne ou des boîtes à partouze parisiennes, en autant d’aventures romanesques et mémorables.
"Leur plaisir est une fleur vivace qui ne connaît pas les saisons. Elle s'épanouit dans une serre qui isole des contingences extérieures et qui fait qu'ils voient toujours de la même façon le corps qu'ils ont tenu contre eux, celui-ci serait-il flétri ou rigidifié dans une robe de bure." Elle fait parler son héroïne avec une lucidité autorisant le lecteur à avoir sa propre opinion sur les motivations sous-jacentes de ses choix sexuels. Quand la romancière décide de raconter la vie charnelle de Catherine M., elle englobe manifestementdans le terme vie sexuelle les fantasmes de la petite fille et la pratique de la jeune femme. Mais nous ne sommes pas certains, qu’elle pense, que l’activité particulière de Catherine M., à l’époque des partouzes, avait pour objectif prioritaire d’étouffer le trouble lié aux fantasmes, qu’elle avait, à ce moment-là de sa vie, besoin d’un excès de sexualité pour lutter contre la sexualité psychique. Si le livre n’est pas excitant pour le lecteur c’est qu’il est issu d’une stratégie anti-érotique. En restant maître du jeu sexuel, elle peut en contrôler l’émoi. Cependant, la victoire de la maîtrise sur l’émoi sexuel n’est jamais acquise une fois pour toutes. C’est un combat à mener sans relâche car la pulsion sexuelle est toujours à l’œuvre. Dès que l’on a repéré ce fil conducteur, la lutte contre le trouble, toutes les particularités de la vie sexuelle de Catherine M. à cette époque-là, acquièrent une cohérence. La badinerie, la séduction, la drague, les préliminaires, tous ces moments qui, pour la plupart, précèdent l’acte lui-même confrontent à des degrés divers avec un émoi qui, s’il est souvent recherché, est ici redouté car il perturbe inévitablement le calme intérieur. Mais pourquoi donc ce M. plutôt que Millet, pourquoi cette élision manifestement parodique du nom propre ? L’auteur n’a en effet laissé aucun doute à ce sujet en faisant savoir urbi et orbi qu’elle est bien l’héroïne de ce récit d’une vie libertine, sans compter que Jacques Henric, son compagnon, a fait paraître en même temps un "Légendes" de Catherine M. accompagné de photos sur lesquelles on reconnaît Catherine Millet. Il ne fait pas de doute qu’un des ressorts de l’immense succès rencontré par le livre, tient à l’audace tranquille de la mise à nu de sa vie sexuelle par l’auteur elle-même et au contraste offert par l’image d’une femme douce et posée et l’âpre récit de sa jouissance. On peut y voir l’aveu courageux d’un désir de femme qui mène la danse de ses plaisirs aulieu de se faire le simple objet du désir des hommes. Comme Don Giovanni de Mozart, c’est elle qui compte et tient le catalogue de ses nombreux partenaires. Dans cette affaire libertine, il ne s’agit toujours que de savoir qui est le maître, ou la maîtresse, de cérémonie et qui est la dinde ou le dindon de la farce, bref qui en définitive tient les comptes du petit commerce amoureux entre les hommes et les femmes. Qu’une femme donne son corps n’implique pas qu’elle y perde latête. Ne dit-on pas une femme de tête pour une maîtresse femme ! Un aveu peut donc en cacher un autre. Alors, vertige et égarement du nombre qui chiffre l’excès libertin ou dénombrement de la liste des figurants par la maîtresse de ballet ?
"Je n'ai pas été très étonnée lorsque des critiques hostiles à mon livre ont été exprimées par des gens dont on peut croire, pourtant, qu'ils ont eux-mêmes une sexualité relativement affranchie. Ceux-ci doivent trouver leur plaisir dans la transgression, donc avoir besoin de maintenir des tabous, notamment dans la parole, pour continuer de jouir en cachette." La romancière a beaucoup insisté dans ses nombreuses interviews sur son souci de vérité, souligné en couverture par l’appellation "récit" et signifié dans le titre "La Vie sexuelle de Catherine M." Elle y affirme ainsi sa volonté de témoigner d’elle-même comme s’il s’agissait d’une autre, sans concession aucune à la fausse pudeur ou à l’utopie béate de la libération sexuelle. On n’est pas loin du récit des vies saintes mais au plus loin de l’imagerie sulpicienne, façon Bernanos donc plutôt que curé d’Ars. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, Catherine Millet semble vouloir s’appliquer la définition lacanienne du saint, celui qui "décharite" en refusant l’aumône de l’amour ou de la sympathie compréhensive pour mieux dénuder la vérité du désir. On est d’autant plus porté à le croire qu’un constant et puissant rapport a toujours existé entre libertinage et religion, ainsi que l’atteste l’autre grand Dom Juan, celui de Molière. Comment d’ailleurs ne pas y croire quand l’auteur multiplie les "apparitions" télévisuelles ou photographiques pour attester de la troublante identité de l’auteur et de son personnage: "Catherine M., c’est moi !", "M. la scandaleuse, c’est moi !" Elle vient en quelque sorte légender son récit et son personnage en leur prêtant sa voix et son image. Il ne s’agit évidemment pas de lui demander des preuves mais de comprendre pourquoi, vrai ou faux, on la croit et on en redemande. Quelle idée de la vérité et de la littérature se font jour dans cette rencontre d’un livre et d’un public par l’intermédiaire de la personne de son auteur ?
" N'ayant jamais attribué au sexe une valeur sacrée, je n'ai jamais éprouvé le besoin de l'enfermement dans un tabernacle comme le font finalement ceux qui me reprochent de faire tomber tout mystère." Les romanciers sont toujours trop riches d'eux-mêmes. Il leur faut apprendre avant tout à s'oublier un peu pour écrire. Le scandale de la vérité n’est pas dans l’objet du récit lui-même, une vie sexuelle sans doute un peu particulière, il est dans son assomption publique. L’effet de vérité est supposé être dans ce passage du privé au public. Je suis la femme, ou l’ai été, et ne m’en dédis point. Mais pour qui cette vérité, et à quel usage ? Quand Sade écrivait ses romans, il ne prétendait nullement les avoir vécus quand bien même ils n’étaient pas sans quelque rapport avec sa vie, les comptes qu’il tenait étaient ceux de ses personnages et de ses fantasmes, sa littérature était de révolte contre le mur des prisons mentales et des enfermements arbitraires. Catherine Millet n’en est manifestement pas là, alors pourquoi lève-t-elle le voile sur sa vérité ? Témoignage sur une époque, celle des années soixante-dix, qui a fait de la sexualité sa religion ? Oui sans doute. Mais son récit participe manifestement d’un esprit plus actuel qui identifie affichage public des secrets privés et vérité. Ce n’est plus la littérature qui supplémente la vie en lui ouvrant les portes de la fiction ou du sens mais la vie qui sustente la littérature en se proposant d’en être la matière du reportage et du colportage sur la place publique. La vie devient une fiction plus vraie que nature qui s’apparente à un live show. Avant de s’exclamer "Madame Bovary,c’est moi ! ", Flaubert a dû passer par l’épreuve de l’écriture du roman. Il ne l’a pas su avant de s’être projeté dans la fiction de son personnage. Pour s’y retrouver, il lui a d’abord fallu s’y perdre, s’effacer devant lui jusqu’à l’impersonnalité héroïque qui lui donnerait l’occasion de surgir hors de lui dans l’espace romanesque. Le personnage de Madame Bovary est une fiction vraie qui offre à Flaubert de s’y reconnaître parce que la littérature est le masque et le détour nécessaire à la découverte surprenante de soi. "Madame Bovary, c’est moi" n’a rien de l’aveu public d’un secret privé, c'est une vérité sur soi induite par l’écriture même du roman, non une traduction, passage d’un idiome privé à la langue publique, mais une trahison de soi par soi dans le détour de l’œuvre. L’écriture est une trahison de l’auteur par ses personnages.
"Le désir exaspéré est un dictateur naïf qui ne croit pas qu'on puisse ni s'opposer à lui ni même le contrarier. Les plaisirs sont ressentis comme les plus intenses, les douleurs comme les plus profondes lorsqu'ils mobilisent le plus de canaux émotifs, qu'ils drainent une quantité incalculable de souvenirs heureux ou malheureux, d’espérances réalisées ou brisées. " Dans cette mise à nu, très franche et exhaustive, la romancière se meut en Catherine M. en se jouant de la distanciation. L’initiative sexuelle, dont on a vu comment elle avait été utilisée contre le trouble, est ici dirigée contre l’ennui. Ennui qui est lui-même venu se substituer à une timidité dont elle s’est débarrassée, semble-t-il, avec un certain soulagement. Or le lien entre la timidité et le trouble est facile à repérer. On peut dès lors se représenter la séquence suivante: le trouble, associé à des fantasmes sexuels sous-jacents, se traduisait par un état que l’héroïne a identifié comme de la timidité. Cet état émotionnel, même désexualisé s’est révélé pénible, il est alors réprimé et laisse place à l’ennui. Catherine M. ne trahit pas Catherine Millet, elle se contente de la publier en l’exposant au public. C’est en quelque sorte un "ready made" littéraire. On sait que le "ready made" d’invention du champienne consiste en la transformation d’un objet quelconque, banal de préférence, en œuvre d’art par la seule vertu du regard de l’artiste qui décide de son appropriation en l’exposant et en le signant de son nom. Critique d’art connue, elle se traite elle-même selon le destin moderne de l’art qui fait primer la valeur d’exposition sur la valeur d’expression. Mais si l’auteur feint de se dévoiler, il n’est pas sûr qu’elle ne s’en dissimule pasmieux. L’œuvre "ready made" est un artéfact qui soustrait l’objet quelconque à sa valeur d’usage et le coupe de la prose quotidienne lui donnant sens. Loin de consacrer l’intrusion de la réalité dans l’art, il annonce l’artificialisation de toute réalité.
"Comme je me suis décidée à lire les livres dont tout le monde parle ou a parlé, ceux qui font ou ont fait le buzz, me voilà empruntant celui-ci à la bibliothèque." Dans ce court roman où l'écriture cisèle la chair crûment, l'acte sexuel se voit souvent réduit à une focalisation technicisée et décérébrée qui ne se réfère qu'à elle-même, qui n'est attentive qu'à elle-même. Qui plus est, on décèle dans les scènes qui nous sont relatées moins des manifestations d'archaïsme, de primitivité que des pulsions de consommation. Désert de la conscience, vacuité de la considération envers autrui, recherche de la satisfaction égotique immédiate, présence du profit personnel. Ce ne sont donc pas tant les scènes pornographiques vécues qui font récit, que leur restitution-construction dans le paysage mental du sujet écrivant. Pour ce faire, Catherine Millet choisit une écriture visuelle, purement descriptive, privée d’interprétation morale ou amorale, d’effets de séduction. Il ne s’agit aucunement de jouer avec la libido du lecteur ou de la lectrice. La narratrice évoque moins le plaisir brut de sensations corporelles immédiatement vécues, que le plaisir distancié d’une mise en œuvre de sa sexualité. Les actes comptent moins en eux-mêmes que par leur intellectualisation, processus d’archivage et de remboîtement à posteriori dans un champ visuel, textuel et littéraire bien plus large que celui des circonstances et des situations. De ce fait, les mêmes scènes sexuelles semblent se répéter continûment, leur variation ressortant uniquement à l’architecture des corps et à leur inscription dans l’espace physique. Le nombre se rapporte à un fantasme de renouvellement continu et indistinct du partenaire sexuel, renouvellement indifférencié qui place le corps et la conscience dans une sorte de ballottement végétatif. Il y a dans cette idée de destinée et de fatalité quelque chose de romanesque par lequel on peut assimiler l’auteure-narratrice, personne réelle s’il en est, à un personnage de fiction agi par un déterminisme sur lequel il n’a aucune prise, un personnage tenant son rôle sans faillir jusqu’à l’excipit, qui aurait puévoluer tout aussi bien dans un roman de Bataille, de Sade, la violence bien sûr en moins, ou enfin de Pauline Réage.
"Aucun style, l'auteur a posé ses mots tels qu'ils sont sortis de sa tête. L'écriture est lourde, désordonnée, saccadée. Le style me fait penser à des discussions de comptoir ou de blablatages entre copines." Le balancement entre le déferlement et l'abandon de soi se construit dans l'espace du fait de la double position du sujet qui saisit ce qui l’environne et de l'objet saisi. Cette disjonction de l’être qu’enclenche le regard, voir et être vu, est exprimée dans une formulation qui, par sa syntaxe et son lexique, crée elle-même un effet de miroir. Mais le scénario de base, très élémentaire, ne cesse de se reformuler tout au long du texte, chaque acte sexuel n’étant que la réactivation d’une même image mobile, d’un même fantasme nourri depuis l’enfance. Une file indienne d’hommes vient se frotter au corps de la narratrice puis la pénétrer tour à tour, la topographie des lieux et les circonstances variant d’une réactivation du fantasme à l’autre. Si le désir est enclenché par le fantasme, ce dernier ne surgit jamais par inadvertance, il ne prend pas par surprise, il est la résultante d’un processus de reconstruction psychique qui confère à l’activité sexuelle un caractère tout cérébral, caractère souligné par l’auteur qui revient sans cesse sur la concentration mentale nécessaire à produire la scène et enclencher le désir. Viennent alors s’ajouter à cette image toutes celles produites par la filmographie pornographique, enregistrements personnels compris, participant également à générer le plaisir théâtral. Voir pour se voir être vu permet ainsi de briser l’écran entre le fantasme et le réel et de le maintenir. Le plaisir est affaire de clichés, d’images pétrifiées.
"Bref, je suis entrée dans la vie sexuelle adulte comme, petite fille, je m'engouffrais dans le tunnel du train fantôme, à l'aveugle, pour le plaisir d'être ballottée et saisie au hasard. Ou encore : absorbée comme une grenouille par un serpent." Dans ce roman où l'auteur se refuse à la fiction, à la narration et à la psychologie au profit du style de l’inventaire et du documentaire, le vocabulaire pornographique invariablement usité produit un même effet. La romancière prend soin d’utiliser le registre obscène dans ses descriptions, comme les protagonistes le font. Décrire précisément et vertement, c’est porter un éclairage cru, brutal, discordant sur des corps qui devrait être cachés. D’aucuns qui se verraient surpris parun regard extérieur durant un acte sexuel se dissimulerait, par pudeur, par honte, par ridicule. La sexualité nous projette en marge de la société et fait de nous, pour un temps, des êtres asociaux que la rhétorique pornographique associe aumoralement bas afin de rendre visible cette infraction. En usant du mot obscène, elle met en pièces les corps sociaux pour montrer les corps bestiaux, elle force le réel dans la mesure où elle crée l’obscénité là où il n’y a que des corps érogènes. Le mot ordurier vise à exprimer, à extraire l’image absente de ce corps sous-terrain, purement bestial, qui loge au tréfonds de nous, la bête tapie. Dans le dernier chapitre intitulé "Détail", elle aborde pour la première fois le thème duplaisir: "Je n’exagère pas si je dis que, jusqu’à l’âge de trente-cinq ans, je n’ai pas envisagé que mon propre plaisir puisse être la finalité d’un rapport sexuel. Je ne l’avais pas compris." Catherine M. a dû faire l’impasse sur son sexe et son corps. Autant les sexes d’hommes sont précisément décrits et même classés, autant les sexes féminins sont absents. Dix pages avant le point final, il est question pour la première fois du clitoris, "sorte de nœud embrouillé, sans véritable forme propre, un minuscule chaos se produisant à la rencontre de deux petites langues de chair comme lorsque le ressac jette deux vagues l’une contre l’autre." L’imprécision et le flou dominent dans cette évocation alors même que la narratrice ne cesse tout au long du récit de rappeler sa faculté d’observation et son souci de l’exactitude en matière de description. Le corps féminin échappe à la radioscopie, il est conçu pour être sous le regard de l’autre masculin. Comment connaître son propre corps si on ne l’explore pas, si on ne l’écoute pas, si on ne le questionne pas dans sa relation intime au désir et au plaisir ?
"Ceux qui obéissent à des principes moraux sont sans doute mieux armés pour affronter les manifestations de la jalousie que ceux que leur philosophie libertine laisse désemparés face à des explosions passionnelles." Le but non avoué de la romancière n'est-il pas de s'auto-analyser tout au long de son récit, l'écriture remplaçant le divan. Dans la réduction de son nom restreint à l’initiale, résonnant comme un pseudonyme rappelant le masque des libertins, l’auteur mettrait donc en scène la fiction de sa mise à nu. Le libertin est athée et des croyances, il aime faire tomber les masques que par ailleurs il affectionne parce qu’ils entretiennent l’utopie d’une vie sans fard enfin réduite à sa pure et simple nudité. On prétend certes que la vérité sort toute nue du puits, faut-il pour autant en négliger les effets, si bien nommés ? N’auraient-ils pas dans leurs plis et replis beaucoup d’histoires à raconter ? Il était une fois une jeune fille qui, à l’âge de seize ans se piqua le doigt à un fuseau. Victime d’un sort, elle tomba dans un profond sommeil. La "Belle au bois dormant" devait dormir ainsi cent ans et, à son réveil, découvrir le prince charmant. Elle sut d’emblée lui parler car, nous dit Charles Perrault: "Elle avait eu le temps de songer à ce qu’elle aurait à lui dire, car la bonne fée, pendant un si long sommeil, lui avait procuré le plaisir des songes agréables." Certaines femmes éprouvent dans leur vie la nécessité de différer la rencontre amoureuse. "Le sexe avec tant d’ardeur, aspire à la foi conjugale, que je n’ai pas la force ni le cœur,de lui prêcher cette morale." Catherine M. est une "Belle au bois dormant" d’un genre très particulier. Fillette trop excitée par les assauts d’une sexualité précoce et perturbatrice, elle ne peut s’endormir et rêver tranquillement, alors, au lieu de dormir, elle "baise", et elle s’achemine lentement et assez tardivement vers la découverte de tous les plaisirs de la chair, au détriment parfois de la Littérature.
Bibliographie et références:
- Catherine Millet, "La vie sexuelle de Catherine M."
- Louis Aragon, "Le roman inachevé"
- Pauline Réage, "Histoire d'O"
- Robert J. Stoller, "L’excitation sexuelle"
- Jacques Henric, "Légendes de Catherine M."
- Maurice Duchamp, "La septième face du dé"
- Catherine Millet, "Jour de souffrance"
- Jérôme Garcin, "Bis repetita"
- Delphine Peras, "Les partouzes d'une intello"
- Charles Perrault, "Les contes de ma mère l’oye"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Tout instant de la durée est une création nouvelle. Ce que nous fûmes hier, ou ce que nous sommes aujourd'hui,nous ne le serons plus demain. Elle t'aura dit de venir. La nuit du rendez vous, vas-y, tu es venu et la porte reste close. Prends sur toi. Pas de paroles enjôleuses, pas de vacarme à la porte. Épargne à tes côtes la dureté du seuil. Le lendemain, il fera jour. Que tes paroles soient vierges de rancœurs, et ton visage lisse de tout signe de chagrin. Son dédain passera vite, en te voyant si détendu encore un service que tu devras à notre art. La chance est puissante. Laisse toujours ta ligne dans l’eau et tu attraperas un poisson quand tu attendras le moins". Chaque quinze février dans la Rome antique se jouait un rite sibyllin et envoûtant dont les origines demeurent assez mystérieuses. Les Lupercales semblent trouver leur justification dans plusieurs mythes, provenir de plusieurs instigateurs, invoquer plusieurs divinités et procurer plusieurs vertus. Voyage dans une festivité aussi nébuleuse que capiteuse, où purification et fécondation s’embrassent sous des odeurs de boucs et des hurlements de loups. Faunus, ou Lupercus, petit-fils de Saturne, est le dieu des bergers et des troupeaux. Il leur assure la fertilité et les défend contre les loups, et parfois, la nuit, dans les bosquets sacrés, brise le silence par des oracles tapageurs. Au nombre de douze, les Luperques, prêtres de cette divinité favorable, sont désignés parmi les anciennes familles patriciennes de Rome des Quinctiliani et des Fabiani, auxquelles s’ajoute la famille des Julii, à partir de Jules César. À l’aube du quinze février, deux d’entre eux sont nommés par le grand prêtre officiant pour assister au sacrifice de deux boucs et d’un chien sur l’autel de la grotte du Lupercal. Les deux jeunes hommes vêtus d’un simple pagne en peau de bouc sont marqués au front par le sang de l’holocauste, après quoi ils doivent rire aux éclats. Le couteau ensanglanté, trempé dans du lait, découpe en lanières le cuir des bêtes immolées. Les Luperques, totalement nus, éclusent du vin dans une course frénétique et euphorique autour du mont Palatin et dans la cité pour purifier la ville de leurs courroies bénies. Les femmes postées sur l’enceinte d’Urbs (ville) offrent volontiers leurs corps nu à la flagellation sacrée des lanières, pour la bonne cause. "Elles sont persuadées que c'est un moyen sûr pour les femmes grosses d'accoucher heureusement et, pour celles qui sont stériles, d'avoir des enfants", selon Plutarque, "Vies parallèles des hommes illustres"(cent ans après J.C.).
"La beauté est un bien fragile: tout ce qui s'ajoute aux années la diminue. Elle se flétrit par sa durée même. Ni les violettes, ni les lys à la corolle ouverte ne sont toujours en fleurs, et, la rose tombée, l'épine se dresse seule. Toi aussi, bel adolescent, tu connaîtras bientôt les cheveux blancs. Tu connaîtras bientôt les rides, qui sillonnent alors le corps. Forme-toi maintenant l'esprit, bien durable, qui sera l'appui de ta beauté: seul il subsiste jusqu'au bûcher funèbre". Le soir, avant qu’un grand banquet ne vienne clore la fête, chaque jeune fille glisse dans une jarre un parchemin marqué de son nom, et chaque jeune homme tire au sort celle qui l’accompagnera pour le dîner. De cette loterie amoureuse placée sous les auspices de Junon, protectrice des femmes, du mariage et de la fécondité, bon nombre de couples vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. À l’évidence, le sacrifice dans la grotte symbolise la mort, l’éclat de rire des jeunes hommes annonce le retour du souffle vital, annonciateur de la renaissance de la nature, le bouc illustre l’allégorie de la fertilité. Mais le chien ? "Immolé comme une victime propre à purifier" ou "l’ennemi naturel des loups" ? Plutarque lui aussi s’interroge. Ovide également. Si les Romains ont opposé l’exigence de vérité propre aux historiens aux fables mensongères des poètes, ils n’en avaient pas moins conscience que poésie et histoire étaient intimement liées. C’est en vers que Naevius et Ennius ont écrit l’histoire de Rome, et c’est en vers toujours, à une époque où l’historiographie était pourtant reconnue comme un genre littéraire à part entière, que Virgile et Properce ont évoqué les origines de la Ville ou qu’Horace a chanté Auguste. Étrange coutume qui en trois mouvements mêle rite initiatique, sauvagerie et superstition, avec une date et un lieu chargés de sens. L’année romaine commençait en mars avec la première lune du Printemps. Févier, mois funeste, pluvieux et froid, jours néfastes selon Plutarque, est introduit par Numa Pompilius dans le calendrier romain et veut dire "purification", comme nous l’explique Ovide. "Februa, chez nos pères, signifiait alors cérémonie expiatoire. Enfin tout ce qui est expiation pour la conscience de l'homme était désigné sous ce nom chez nos ancêtres à la longue barbe. Ce mois s'appelle donc Februarius, parce que le Luperque asperge alors tous les lieux d'eau lustrale, avec des lanières de cuir, et en chasse ainsi toute souillure, ou bien parce qu'on apaise alors les mânes des morts, et que la vie recommence plus pure, une fois les jours passés des cérémonies funèbres", "Les Fastes" (dix après J.C.).
"J'ai voulu supporter cette perte. J'ai voulu, je l'avoue, vaincre ma douleur. L'amour a triomphé. Je vous en conjure par ces lieux pleins d'effroi, par ce chaos immense, par le vaste silence de ces régions de la nuit, rendez-moi mon Eurydice. L'amour est une sorte de guerre. Tout peut se corrompre quand les âmes sont enclines au mal". Ce temps précédant les calendes de mars multiplie en effet les rites purificateurs: les Fébruales début février célèbrent alors la mémoire des morts, les Lupercales prolongent la purification personnelle et citoyenne, chaque maison fait l’objet d’un grand ménage de printemps pour saluer et accueillir le renouveau de la nature. Le point d’ancrage de cette cérémonie annuelle est ainsi la grotte du Lupercal, au pied du mont Palatin, où la fameuse louve a allaité Romulus et Rémus. Les jumeaux fondateurs de Rome, abandonnés nourrissons dans le Tibre, ont en effet échoué sous un figuier sauvage, également appelé Caprificus, le figuier du bouc, à cet endroit précis. Romulus aurait donc crée les Lupercales pour rendre hommage à la louve nourricière qui l’a sauvé avec son frère d’une mort certaine. La course des Luperques dénudés pourrait trouver ses origines dans un épisode que Plutarque nous rapporte datant d’avant la fondation de Rome, où les jumeaux, ayant perdu alors quelques troupeaux, prièrent Faunus puis coururent nus rassembler le bétail sans être indisposés par la chaleur. Quant à la flagellation fécondatrice, elle remonte sans doute à l’enlèvement des Sabines qui n’ont pas assuré la prolificité nécessaire à la fondation d’une ville, et quelle ville.Romulus aurait dit: "Que m'a donc servi l'enlèvement des Sabines ? Sommes-nous plus puissants ? La guerre. Voilà tout ce que nous avons gagné avec ces violences. Pour avoir à ce prix des épouses stériles, mieux eût valu s'en passer", écrit Ovide . Selon le poète, une voix se serait élevée dans le bois sacré en réponse à l’injonction du fondateur de Rome (Faunus ?). "Mères du Latium, qu'un bouc velu vous pénètre". Un devin fit une interprétation plus douce de l’ordre divin et l’on comprend mieux pourquoi les romaines se prêtaient de si bonne grâce au jeu de la fustigation. C’est aussi sur le mont Palatin que le roi Evandre, exilé d’Arcadie a fondé son royaume quelques siècles avant la fondation de Rome, qu’il avait nommé Pallantium en souvenir de sa ville natale. Qui de Romulus ou d’Evandre, dont Virgile disait "rex Evandrus Romanae conditor arci", le roi Évandre fondateur de la forteresse romaine, est-il le vrai fondateur de Rome ? selon "L’Énéide" (trente. J.C.). Les Lupercales sont-elles alors nées à l’initiative de Romulus ou d’Evandre ? Honorent-elles alors Faunus ou Pan ? En 494, le pape Gélase interdit définitivement le rite païen et immoral des Lupercales, et pour la faire oublier instaure la fête de la Saint Valentin de Terni, martyr du IIIème siècle, célébré le quatorze février, veille des Lupercales. La cérémonie antique tombe dans l’oubli, tandis que les jeunes gens, sous le regard bienveillant de Saint Valentin, tombent alors amoureux.
"S’il est glorieux de faire des conquêtes, il ne l’est pas moins de les garder. L’un est souvent l’ouvrage du hasard, l’autre est un effet de l’art. J’entreprends de chanter les métamorphoses qui ont revêtu les corps de formes nouvelles. Dieux, qui les avez transformés, favorisez mon dessein et conduisez mes chants d’âge en âge, depuis l’origine du monde jusqu’à nos jours". Afin d’illustrer la fragilité de la frontière entre histoire et poésie, nous nous intéresserons ici à l’exemple d’Ovide. Le poète latin, dans les "Fastes", a adopté la figure d’un historien des religions, s’inspirant de la méthode et de l’écriture propres à l’historiographie. Il a voulu expliquer l’origine de la fête et de ses rituels, ainsi qu’il l’a explicitement affirmé pour introduire le passage consacré aux Lupercales. C’est avec le regard d’un antiquaire qu’Ovide a abordé le passé. Il n’a pas adopté l’ordre chronologique caractéristique de l’écriture historique et il a, en apparence du moins, préféré suivre un ordre thématique, la nudité des Luperques d’abord, l’origine des noms lupercus et lupercal ensuite et la signification du rite de la flagellation enfin. Les recherches du poète ne se sont pas limitées au domaine linguistique, et les modernes s’accordent généralement à reconnaître la fiabilité des détails religieux des "Fastes". Certes, Ovide est moins complet sur la cérémonie des Lupercales que Plutarque, ce dernier a en outre mentionné l’immolation du chien, le détail des bandelettes trempées dans du lait et le rôle joué par les deux jeunes garçons. Le témoignage des "Fastes" n’en reste pas moins exact et précis. Le poète en effet a relevé la présence du "flamen dialis", fait deux fois allusion au rire rituel qui accompagnait le sacrifice et nommé les deux groupes de Luperques, les "Fabii" et les "Quintilii". En choisissant pour thème principal sur les Lupercales l’origine de la course des "luperci nudi", course qu’il a associée aux notions de transgression et de licence, il s’est en outre attaché à rendre compte de la spécificité de cette fête, décrite de manière similaire par Cicéron, Tite-Live,Virgile ou encore Properce. Bien qu’Ovide n’ait pas cité ses sources et se soit placé sous la seule autorité des Muses, son témoignage ne doit donc pas, nous semble-t-il, être considéré comme fantaisiste, parce que poétique. si la tradition est presque unanime à assigner la création de la cérémonie à Évandre, elle l’associait également à la légende de Romulus et de Rémus qui, avec les bergers du Palatin, auraient célébré dans leur jeunesse la fête de Pan-Faunus, dieu du monde sauvage. Ovide, dans sa dernière étiologie, a décrit les Lupercales comme une cérémonie destinée à assurer la fécondité des femmes. Alors que les Sabines de Romulus étaient atteintes par une épidémie de stérilité, un oracle de Iuno Lucina aurait indiqué qu’elle cesserait si on frappait les femmes avec des peaux de bouc. Telle aurait été l’origine du rite de la flagellation, repris plus tard par les historiens modernes.
"Avant la création de la mer, de la terre et du ciel, voûte de l’univers, la nature entière ne présentait qu’un aspect uniforme. On a donné le nom de chaos à cette masse informe et grossière, bloc inerte et sans vie, assemblage confus d’éléments discordants et mal unis entre eux. Le soleil ne prêtait point encore sa lumière au monde". Le témoignage des "Fastes" marque un tournant dans la tradition, tournant qui reflète le changement de sens des Lupercales sous le Principat. Pour faire oublier peut-être le souvenir de la célébration de l’année quarante-quatre av. J.-C. où César s’était vu offrir la couronne royale par Antoine, Auguste a alors transformé la signification de la cérémonie au moment où il l’a restaurée. Il en a moralisé le déroulement, en interdisant la course aux jeunes gens imberbes, et il l’a inscrite dans le cadre de sa politique nataliste. La "februatio" archaïque est devenue une fête destinée à assurer la fertilité. Les Luperques abattaient les caprins amenés devant le Lupercal. Au sujet de leur sexe les auteurs semblent diverger. Certains parlent des boucs, Plutarque mentionne des chèvres, mais Ovide parle tantôt des chèvres, tantôt des boucs. Le couteau ensanglanté était l’arme avec laquelle on venait d’abattre les caprins. En conséquence, le sang sur le couteau, et donc aussi celui sur le front des jeunes, en provenait. Si les deux jeunes étaient déjà passés dans le monde sauvage, il fallait encore que les autres Luperques en fissent autant. Ici intervenait le rite du travestissement. Les Luperques écorchaient des caprins et découpaient leur peau pour s’en faire des pagnes et des lanières, au moment de la course, ils étaient alors ceints de pagne. Après le travestissement, on procédait, vers midi, à achever le sacrifice lupercal. On procédait à l’"immolatio", la consécration de la victime à la divinité, en versant du vin sur son front et en promenant le couteau sacrificiel sur son dos. Les entrailles étaient apportées aux sacrifiants qui, après les avoir découpés en morceaux, les jetaient dans le feu de l’autel. Ils procédaient alors à la "profanatio" des chairs de la victime en y imposant la main, ce qui les faisait sortir de la propriété de la divinité et permettait alors leur consommation lors du banquet sacrificiel. Même si elles ne s’adressaient pas à la même divinité et avaient des modalités culturelles en partie différentes, les diverses cérémonies avaient une origine et une transformation historique similaires. De probables rites d’initiation de jeunes hommes à l’époque protohistorique, elles étaient devenues des cultes de purification fondés sur l’utilisation de toutes les forces du monde sauvage par l’entremise de la consommation des entrailles.
"Un dieu, si ce n’est la bienfaisante Nature elle-même, mit fin à cette lutte, en séparant la terre du ciel, l’eau de la terre, et l’air le plus pur de l’air le plus grossier. Quand il eut débrouillé ce chaos, et séparé alors les éléments enmarquant à chacun d’eux la place qu’il devait occuper, il établit entre les lois d’une immuable harmonie". Chaque groupe avait une fonction rituelle précise, les "Fabiani" faisant entrer en ville les forces sauvages, les "Quintiliani" veillant à ce que ces dernières n’y restassent pas à demeure. Après la manducation des entrailles et juste avant la course devait vraisemblablement avoir lieu le sacrifice du chien. Tandis que la course figurait l’irruption totale du monde sauvage à Rome, le chien était justement un excellent représentant de cette vie ordonnée et civilisée que les coureurs abolissaient. Une fois que le banquet sacrificiel bien arrosé était terminé, et qu’ils s’étaient séparés en leurs deux confréries traditionnelles, les Luperques commençaient dans la gaieté générale leur course, pendant laquelle ils fouettaient avec leur lanière caprine tous ceux qui se trouvaient alors sur leur chemin. La fustigation ne concernait pas que les femmes désirant devenir mères, mais toute la communauté romaine: hommes et toutes les femmes, y compris celles qui étaient déjà enceintes. En clair, les Luperques frappaient tous les Romains qui se tenaient sur leur parcours, ce qui donne raison aux anciens qui prenaient les Lupercales pour une purification du populus. Les Luperques coureurs étaient alors vus à Rome comme des "ludii", des histrions, ce qui veut dire qu’ils assuraient une performance, une mise en scène rituelle, dont le sens peut être compris grâce à leur statut et à leur accoutrement. En effet, alors que par leur passage rituel au monde sauvage les Luperques rejoignaient le domaine de Faunus, par leur habit en peaux de bête identique à celui de Faunus-Lupercus, ils faisaient bien plus, ils imitaient le dieu des Lupercales. Cela veut dire qu’à l’instar du flamen Dialis par rapport à Jupiter, les Luperques devenaient alors l’incarnation du sacré faunesque et fonctionnaient comme des "prêtres-statue", des signes vivants du patron divin, qui, par leur présence, figuraient, à la manière d’un double, la présence de Faunus. Les Luperques coureurs se présentaient, et donc se comportaient, comme des "Fauni". La fête en elle-même comportait toujours ainsi trois temps forts: les sacrifices, la course des luperques et un grand banquet. L'ordre ne changeait jamais.
"L'intervention des dieux, c'est à dire le destin, semble parfois injuste et cruelle. Tout, dans la nature, est sacré et l'on peut être sacrilège sans le vouloir, être puni sans l'avoir mérité. Sur la terre, jusque là commune à tous aussi bien que l'air ou la lumière du soleil, l’arpenteur défiant traça de longs sillons pour limiter les champs. L'homme ne se contenta plus de demander à la terre féconde les moissons et les aliments qu'elle lui devait, mais il pénétra jusque dans ses entrailles". "On célébrait la fête des Lupercales, qui, selon plusieurs écrivains, fut anciennement une fête de bergers, et a beaucoup de rapport avec la fête des Lyciens en Arcadie. Ce jour-là, beaucoup de jeunes gens des premières maisons de Rome, et même des magistrats, courent nus par la ville, armés de bandes de cuir qui ont tout leur poil, et dont ils frappent, en s'amusant, toutes les personnes qu'ils rencontrent. De nombreuses femmes, même les plus distinguées par leur naissance, vont au-devant d'eux, et tendent la main à leurs coups, comme les enfants dans les écoles. Elles sont persuadées que c'est un moyen sûr pour les femmes grosses d'accoucher heureusement et, pour celles qui sont stériles, d'avoir des enfants." (Plutarque, "Vie De César", LXI.). Avant le banquet qui se tenait pour clore les festivités, on organisait alors une sorte de loterie amoureuse, placée sous les auspices de Junon. Les jeunes filles inscrivaient leur nom sur une tablette qu'elles déposaient dans une jarre, et chaque jeune garçon tirait au sort le nom de celle qui l'accompagnerait tout au long du repas. Ainsi, la dimension érotique de la fête des Lupercales est réellement flagrante. Outre les luperques entièrement nus, les femmes mariées elles-mêmes se dénudaient partiellement pour être flagellées. L'empereur Auguste y mit cependant fin. Il exclut du collège des officiants les jeunes hommes imberbes, considérés comme trop séduisants et, pour que la cérémonie devienne un peu plus décente, il fit garder aux luperques les pagnes en peau de bouc. Au cours du IIème siècle après J.C. enfin, les femmes romaines d'un certain rang, restaient habillées, et tendaient simplement leurs mains aux fouets. Dans les premières années du christianisme, l'empereur romain Claude II prit également des mesures. Il interdit formellement le mariage aux militaires, tentés alors de demeurer dans leur foyer, afin de les forcer à combattre. Un prêtre se révolta contre cette mesure. Il célébrait ainsi des mariages chrétiens en secret. Nommé Valentin de Terni, il fut arrêté et emprisonné, décapité à la veille des Lupercales de deux-cent-soixante-dix.
"À cet âge les femmes sont plus savantes en l'amoureux travail , qui possèdent l'expérience qui seule fait les artistes. Par des soins elles compensent les outrages du temps, elles se prêteront pour l'amour à mille attitudes. Chez elle le plaisir nait sans provocation artificielle. Pour qu'il soit vraiment agréable, il faut que la femme et l'homme y prennent part également. Je hais la femme qui se livre parce qu'elle doit se livrer, qui n'éprouvant rien, songe à son tricotage". Les Lupercales étaient si populaires qu'elles survécurent à l'implantation et au développement du christianisme, bien que les dignitaires chrétiens n'appréciaient guère ces démonstrations publiques érotiques, ces flagellations obscènes et ces sacrifices païens. Ceux-ci eurent beau être interdits en l'an trois-cent-quarante-et-un, rien n'y fit. On célébra toujours les lupercales, plusieurs Papes échouèrent dans leurs tentatives, à les faire disparaître. Mais, avec le temps, les Lupercales évoluèrent défavorablement et, en lieu et place des nobles luperques nus, c'était désormais la canaille, qui en profitait pour semer le désordre dans les rues. Ce fut finalement le Pape Gélase, quarante-neuvième pape de l'Église catholique (494 - 496) qui décida de les abolir définitivement. Toutefois, la fête fut célébrée à Constantinople jusqu'au Xème siècle. Certains auteurs affirment que Gélase remplaça les lupercales par la "fête de la purification dela bienheureuse vierge Marie", fixée au quinze Février. D'autres prétendent qu'il y aurait substitué la célébration du martyr de Saint Valentin. "Quant au chien qu’on sacrifie, si cette fête est réellement un jour d’expiation, il est immolé sans doute comme une victime propre à purifier. Les grecs eux-mêmes se servent de ces animaux pour de semblables sacrifices. Si au contraire c’est un sacrifice de reconnaissance envers la louve qui nourrit et sauva Romulus, ce n’est pas sans raison qu’on immole un chien, l’ennemi naturel des loups. Peut-être aussi veut-on le punir de ce qu’il trouble les luperques dans leurs courses." (Plutarque, "Vie De Romulus", XXVII.). Si les lupercales étaient un des temps forts des célébrations religieuses dans la Rome antique, elles sont aussi restées dans les mémoires suite à un évènement politique, survenu en quarante-cinq avant J.C. Le quinze février, Antoine qui participait aux Lupercales en profita pour tendre à Jules César une couronne de lauriers, l'invitant ainsi à accepter le titre de roi. Les huées de la foule forcèrent César à repousser la dite couronne à deux reprises, le peuple romain, décidément, ne voulait pas d'un nouveau roi.
Bibliographie et sources:
- Georges Dumézil, "Les Lupercales anciennes à Rome"
- Jean-Yves Duval, "Les Lupercales, rites et symboles"
- John Scheid, "Les Lupercales, fêtes érotiques"
- Ovide, "Fastes I, II, III, IV, V et VI"
- Plutarque, "Erotikos, dialogue sur l'amour"
- Plutarque, "Vies des hommes illustres"
- Agnes Freda Isabel Kirsopp, "Les fêtes païennes à Rome"
- Karlis Konrads Vé, "Les rites des Lupercales"
- Daniel Babut, "Plutarque et l'érotisme"
- Jacques Boulogne, "Plutarque dans le miroir d'Épicure"
- Robert Flacelière, "Sagesse de Plutarque"
- Jean Leclant, "Dictionnaire de l'Antiquité"
- Paul-Marie Veyne, "Les Lupercales"
- Ellen Marie Wiseman, "Les Lupercales"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Dès notre première rencontre, Maître J m’avait demandé si je souhaiterai avoir une relation sexuelle avec une femme. Cela faisait partie de ses fantasmes que d’avoir deux soumises à sa disposition. Je l’avais rassurée sur le fait que non seulement je n’étais pas contre, mais qu’en plus j’étais plutôt très intriguée de connaître une soirée ou plus dans les bras d’une femme et si cela se passait sous les ordres de mon maître, j’en serai encore plus heureuse. Il me teasait donc régulièrement sur cette possibilité et un soir, il me dit qu’il se pourrait qu’il me fasse rencontrer l’une de ses bonnes amies, une jeune femme lesbienne, qu’il connaissait depuis longtemps et avec qui il avait déjà évoqué ses soumises. Cela me mis dans une grande excitation et j’espérais que cela arrive un jour prochain.
Finalement, presque deux mois après nos retrouvailles, Maître J. m’indiqua que son amie Dame V. allait passer une soirée chez lui, qu’il lui avait dit que peut être, elle pourrait rencontrer sa soumise et qu’elle en était d’accord et intriguée. La pression monta d’un cran et je passais la semaine à me questionner sur cette soirée. Qu’allait-elle penser de moi ? Qu’est-ce que mon maître allait me demander ? Serais-je à la hauteur de ses attentes ?
Finalement, le dimanche soir tant attendu arriva. Les jours précédents, Maître J m’avait indiqué qu’il souhaitait que je porte une nouvelle tenue qu’il m’avait achetée et qui était très courte et échancrée, mon collier d’intérieur (le plus gros), et un plug. Je tiendrais mon rôle de soumise et les servirais pendant la soirée. J’étais donc arrivée un peu plus tôt pour aider à préparer le repas (une raclette, pas trop compliqué, heureusement), et j’étais dans un état d’excitation et de stress démesurés. J’avais enfilé pour venir un joli pull noir avec un décolleté sympa fait de liens sur la poitrine et une mini-jupe. Cela plut à mon Maître qui décida que je resterai ainsi au final. De même pour le collier, le petit était suffisant. Il s’agissait de ne pas faire fuir son amie dès les premières minutes, me dit-il en riant. Je me sentie un peu mieux et il me rassura en m’indiquant qu’il fallait surtout que l’on passe une bonne soirée et qu’il n’y avait pas besoin de stresser. Je lui demandais également, si Dame V. venait à poser des questions (et c’était sûr que cela serait le cas), devais-je y répondre de manière évasive, sincère, détaillée, avec des mots plutôt adaptés ou précis…? Quel était son souhait? Il me dit qu’à son avis, son amie ne serait pas facile à choquer et que je pourrais donc lui répondre comme cela me plaisait.
J’étais dans la cuisine lorsqu’elle arriva, préparant les bols de biscuits apéritifs. Elle entra dans la cuisine, avec une énergie et une confiance qui me séduisit de suite. Elle me claqua une bise dynamique sur les joues et je me sentis immédiatement à l’aise. Nous passâmes dans le salon où mon maître oublia presque qu’il avait une soumise pour l’aider à servir et s’occuper d’eux. Pendant l’apéritif, nous nous sommes mis à parler de choses et d’autres, de ses loisirs et passions, de leur amitié et de leur loisir commun qui les avait amenés à se rencontrer.
Dame V. parlait, racontait, expliquait et j’étais en admiration devant elle. Elle semblait si bien dans ses baskets, si épanouie, si sincère. Elle avait aussi un langage assez fleuri, ce qui me rassura sur la suite de notre discussion. J’ai toujours aimé ce genre de femmes que rien ne peut arrêter. Elle avait eu mille vies et je me plaisais à l’écouter parler. Aussi, lorsque finalement, elle commença à poser des questions sur ma soumission, cela me prit un peu au dépourvu.
Nous avons donc commencé à lui expliquer quels étaient les tenants et les aboutissants de notre relation et petit à petit, j'ai pris conscience que je ne ressentais aucune honte à exprimer ma position. J’étais même fière d’être la soumise de mon maître et de le dire. Je sentais aussi qu’il n’y avait pas de jugement de la part de Dame V. même si elle ne comprenait pas forcément que j’accepte de me mettre dans cette relation de domination.
La soirée se passa de manière très sympathique et c’est bien tard que mon maître accepta de me libérer car je travaillais le lendemain. Je rentrais donc avec le cœur léger, mais plein de pensées dans la tête. Dame V. m’avait beaucoup plu et même si la soirée avait été très sage, je me sentais très attirée par elle. Peut-être que nous pourrions nous revoir lors d’une autre visite. Je l’espérais en tout cas.
Aussi, quelle ne fut ma surprise lorsque le lendemain matin, Maître J. m’envoya un message m’indiquant que nous nous retrouverons le soir même dans un club libertin humide de la capitale. Le même club dans lequel nous nous étions rencontrés, lui et moi, 10 ans auparavant. Dame V. était très impatiente de découvrir cet endroit dont nous avions parlé la veille. Par message, il me dit aussi qu’il ne fallait pas que je me mette à fantasmer de trop, V. était certes curieuse mais pas forcément de la partie échangiste de la boîte, plus de l’atmosphère, du jacuzzi et du sauna… Malgré tout, j’avoue que j’eu du mal à me concentrer au travail ce jour-là. Maître J. travaillant un peu tard dans la soirée, j’avais proposé que je puisse retrouver Dame V. un peu avant dans un bar du quartier afin qu’elle n’attende pas seule et je la rencontrais donc une petite heure avant notre rendez-vous devant le club. Ce fut une petite heure sympathique, pendant laquelle nous avons pu discuter de choses et d’autres. Mais aucun sujet en dessous de la ceinture ne fut abordé à ma grande déception.
A l’arrivée de mon maître, nous nous sommes donc dirigés tranquillement vers le club. J’en profitai pour rappeler quelques éléments qui me semblaient essentiels : un non veut dire non. Si quelqu’un est trop insistant, elle peut nous demander d’intervenir ou directement à l’entrée. Mais maître J se mit à rire en me disant qu’il avait plus peur pour ceux qui tenteraient quoi que ce soit avec Dame V. Cela détendit un peu tout le monde et nous nous sommes rapidement dirigés vers les vestiaires.
C’était très étrange de se retrouver de nouveau dans ce lieu si familier, qui à la fois n’avait pas changé, mais présentait de nombreuses nouveautés. J’eu la chance de pouvoir me préparer tranquillement car nous n’étions pas dans le même vestiaire et une fois, nus, avec nos paréos et nos serviettes, nous étions fin prêts à rejoindre la soirée.
Nous avons commencé par une petite visite, à la fois pour que V. puisse se repérer et également pour évaluer les changements depuis la dernière fois. Quelle surprise de voir le nombre de couples un lundi soir ! Nous pensions que le club serait vide et il n’en était rien.
Nous avons donc traversé le bar, le coin repas, passé devant un jacuzzi presque plein et qui semblait déjà bien “animé”. À l'étage, le hammam et le sauna était toujours aussi invitant et nous fîmes un rapide tour dans les coins câlins déjà bien investis. Je ne pus m’empêcher de jeter un œil à 2 couples en pleins ébats. J’ai toujours aimé admirer les corps amateurs en action. Mais Dame V. ne semblant pas très à l’aise et mon maître ne souhaitant pas rester, nous voilà repartis pour tester le jacuzzi.
Devant le bain, on se prépare à y rentrer. Les paréos tombent et je me retrouve pour la première fois nez à nez avec Dame V. totalement nue. Elle est superbe et j’en ai le souffle coupé. Ses tatouages révèlent encore plus la ligne de ses cuisses, ses seins sont magnifiques et je me retiens de la caresser. Nous prenons une douche rapide avant de nous laisser glisser dans l’eau chaude et bouillonnante. On trouve un petit coin encore dispo et on se retrouve tous les trois, assez proches car il est difficile de s’entendre. Autour de nous, plusieurs groupes sont déjà formés. Un homme et deux femmes à quelques centimètres de nous ont l’air d’avoir oublié les règles du jacuzzi (pas de sexe, masturbation, pénétration). Plus loin, ce sont 2 couples qui ont l’air d’être littéralement collés les uns aux autres. Cela m’excite terriblement et j’ai dû mal à les quitter des yeux. Entre nous, petit à petit, la discussion prend une tournure un peu sensuelle. On parle de nos expériences, de nos fantasmes, de nos souhaits. Parfois, par le contact de l’eau, nos jambes se frôlent mais cela reste chaste et j’hésite même à caresser mon Maître. A un moment, plusieurs personnes entrent et sortent et nous discutons du physique et de l’importance que cela revêt pour avoir envie d’une personne. Dame V. explique qu’elle doit se sentir attirée par le corps de celle avec qui elle va coucher et je me dis qu’au moins les choses sont claires et que cela n’ira pas plus loin. Mon physique me parait disgracieux comparé au sien et à plusieurs personnes présentes dans le jacuzzi. Le buffet est servi dans le coin bar et plusieurs personnes quittent les eaux tumultueuses pour aller se restaurer. Nous en profitons pour changer d’emplacement et je me glisse cette fois entre mon Maître et Dame V. Je commence à me rapprocher de lui, j’ai chaud, j’ai envie de le toucher, qu’il me touche et pendant un moment, sous l’eau, il joue un peu avec mes seins, me caresse et je lui rends la pareille. Par moment, je frôle V. avec ma jambe ou ma main, mais je ne la sens pas réactive. Je me concentre donc sur mon maître car je ne me vois pas quitter le club sans un peu de bon temps.
Au bout d’un moment où les discussions oscillent entre du très quotidien et des sujets un peu plus chauds, nous partons nous restaurer et il ne reste déjà presque plus rien sur les plateaux. Nous trouvons un coin un peu calme et je vais chercher une coupe de champagne, rappelant à mon Maître que je suis après tout, là pour les servir.
L’heure suivante s’est passée tranquillement, à discuter de choses et d’autres. Pendant une absence de V. pour ravitailler son assiette, je commence tranquillement à masser les épaules nues de mon maître. J’ai clairement envie de prendre un moment avec lui dans un coin câlin mais il m’indique que pour ce soir, à son avis, on va rester sur un sauna traditionnel, qu’il n’est pas trop dans cet esprit. Je comprends totalement car ce n’est pas évident d’être dans cette situation avec une amie proche mais je continue néanmoins à le masser au retour de V.
L’estomac bien rempli, Dame V. propose une visite au hammam et nous voilà partis dans les escaliers du club. La chaleur humide du hammam est très agréable et nous nous posons dans un petit coin. Je suis un peu gênée car une petite lumière est braquée sur moi et mes partenaires sont dans la pénombre. Nous rions car une dame dans un autre endroit du hammam émet de drôles de sons. Elle semble avoir la bouche bien pleine et je l’envie un peu. Je ne peux m’empêcher de jeter un regard complice à mon maître, ce qui le fait sourire. Un petit silence s’installe pendant quelques temps, puis, mon Maître propose à V. que je lui masse le dos, car elle s’est plainte de douleurs suite à des travaux manuels quelques jours auparavant. V. accepte et se tourne et je commence à la masser. Je ne suis pas très douée en massage et j’ai toujours peur de faire mal et de mal faire. J’ai très envie de prendre des cours un jour. Mais à ce moment-là, je m’applique du mieux que je peux, et je masse avec application chaque partie de son dos. Mes mains glissent parfois vers le bas de ces reins, mais je reste sage et concentrée. Elle m’indique parfois où appuyer et me dit que je peux y aller plus fort. Au bout d’un petit moment, elle me dit que c’est mon tour et qu’elle va me faire voir comment appuyer. Je me retourne donc et croise le regard très souriant de mon Maître. Il en profite aussi à sa manière. Dame V. pose ses mains sur moi et mon souffle se coupe instantanément, c’est électrique. Elle commence à me masser et ses mains sont dures, brutales, intransigeantes. Je souffre et en même temps, j’adore. Je me laisse totalement aller dans ce massage qui me détend et me maltraite en un même instant. Le temps semble s’être arrêté et lorsque Maître J. indique qu’il a trop chaud et qu’il sort, je m’en rends à peine compte. Je ne suis que sensations et plaisir à ce moment-là. Ses doigts glissent sur mes muscles, massent ma tête, mes côtes, et je suis en plein extase. Lorsque ses mains s’arrêtent finalement, je prends un temps pour respirer et me retourne pour la remercier. V. m’embrasse alors à pleine bouche. Sa langue force l’ouverture de mes lèvres, sa chaleur se répand en moi et son baiser est comme son massage, chaud, doux, fort. Mon ventre se tord de désir et j’essaie autant que possible de lui rendre son baiser.
Puis, on se relève. Je suis totalement essoufflée et j’entends V. proposer un sauna. Cela me ramène brutalement à la réalité. Mon maître est dehors, en train de nous attendre, depuis un temps indéfini. En sortant, je ressens un mélange d’émotions : l’excitation d’aller lui raconter ce qui vient de se passer et l'appréhension qu’il soit frustré d’avoir dû attendre ou déçu que je l’ai embrassé sans sa permission. Mais il me semble agréablement surpris et heureux de ma joie et de mon excitation. Je saute presque littéralement sur place. Moi, qui trouvait cette petite soirée un peu trop sage, je ne regrette pas le déplacement.
V. m’emmène dans le sauna mais Maître J préfère rester dans le couloir. On s’installe côte à côte, très proches, mais je me sens de nouveau un peu pudique. Dame V. me raconte alors qu’elle est dans une situation personnelle un peu compliquée actuellement. Elle me parle de ses maîtresses, de ses frustrations, de ses besoins. Elle me raconte comment elle aime faire jouir une femme, qu’il faut être à l’écoute car chaque femme est différente. Je bois ses paroles, mais la proximité de son corps nu n’invite pas à la concentration. Parfois, elle joint le geste à la parole, me caresse la cuisse ou me prends par le cou et chacun de ses gestes envoie des ondes électriques dans mon corps. Sur le moment, je reste plutôt statique, je ne veux pas brusquer les choses, aller trop vite, trop loin. Je profite juste de ce moment.
Lorsque la chaleur nous étouffe, nous sortons retrouver J. D’humeur joueuse, il me demande si lui aussi aurait droit à un massage et propose que l’on se pose dans un coin câlin. V. nous indique qu’elle va aller se balader un peu et je lui dis qu’elle est la bienvenue quand elle veut. Maître J cherche donc un coin câlin et comme on ne souhaite pas forcément être dérangés, on en choisit un avec une porte qu’on laisse légèrement entrebâillée pour Dame V. Pendant notre déambulation dans les coins câlins, j’en profite pour observer quelques couples en action pendant quelques instants. La chaleur dans mon bas ventre augmente. Dans notre petit coin câlin, mon Maître s’installe sur le ventre et je commence à le masser. Ce n’est pas très agréable sans huile de massage mais j’essaie de m’appliquer et de mettre en application les conseils de V. J’appuie plus fort, je suis plus dure dans mes gestes et mon maître semble apprécier. J’hésite à lui proposer une fellation car j’ai peur que cela fasse fuir V. si elle passe la tête. Et effectivement, elle arrive peu après et nous rejoint dans le petit coin. Un moment de flottement à son arrivée est vite dissipé lorsqu’elle pose son paréo s’installe à mes côtés et propose de masser “dignement” monsieur J. Il se retrouve donc masser à 4 mains et je sens qu’il prend son pied.
Elle commence à masser sa jambe droite et j’essaie tant bien que mal de faire la même chose sur la gauche. Je suis chaque mouvement en essayant de les reproduire à l’identique. Puis V. masse son dos, sa nuque et moi je m’occupe du bas du dos et des fesses. Chacune trouve sa place. Sa chaleur à mes côtés est très agréable et je ne peux m’empêcher de regarder ses seins, ses reins pendant qu’elle le masse. Désolée maître, je suis assez peu concentrée. Pendant le temps du massage, une femme partage avec tout le club le plaisir qu’elle est en train de recevoir avec de grands cris de plaisir. Cela me fait rire mais Dame V. se demande comment on peut crier si fort pour cela. Puis, Maître propose de se retourner et se place sur le dos. V. se retire un peu vers le fond du coin câlin et je commence à lui masser le ventre, le torse. Je ne m’approche pas trop de la zone sensible car j’ai senti une petite tension lorsqu’il s’est retourné. Je n’insiste donc pas. Je rigole en disant que j’ai vraiment du mal à trouver la bonne force dans mes mains et que j’ai l’impression d’être vraiment nulle en massage. V. me dit avec autorité qu’elle va me montrer. Elle se place derrière moi et cette fois, son massage est presque brutal. Ses mains sont dures, fermes et me font parfois pousser des gémissements. Mon côté maso se réveille, j’aime cette douleur. Elle me rassure. J’essaie de continuer à masser mon maître mais il m’est difficile de me concentrer sur la douleur, le plaisir, son plaisir. Mais je sens qu’il ne m’en veut pas et il me dira plus tard qu'il a profité du spectacle avec le miroir au plafond. Elle me masse avec autorité et j’apprécie cette sensation d’être à sa merci. Je rêve que ces mains glissent vers mes fesses, vers mes reins, vers mes seins. Mais elle reste dans des zones bien définies. J’arrive parfois à glisser quelques caresses sur les jambes et l'entrejambe de mon maître, mais à ma grande surprise, il ne réagit pas, très concentré sur la situation.
Au bout d’un certain temps, elle m’invite à me pencher légèrement sur elle et commence à masser le haut de ma poitrine, sur le sternum. Ça fait mal, c’est bon. Je vis à fond l’instant présent. Ses gestes sont précis et ne descendent jamais trop bas, ce qui me rend folle d’excitation.
N’y tenant plus, je décide de me tourner vers elle légèrement pour la remercier d’un baiser comme la dernière fois. Mais elle se penche en même temps sur mon oreille et me titille le lobe avec sa bouche. Son souffle dans mon oreille me rend folle et d’un coup, elle m’embrasse de nouveau, à pleine force. Je suis scotchée, surprise, mais totalement excitée. Ses mains descendent enfin vers mes seins et les massent quelques instants, je suis en extase. Ma bouche parcourt son cou, son torse pendant que sa bouche fait la même chose. On se découvre par nos baisers, de plus en plus envahissants. Petit à petit, ses mains descendent sur mon ventre et le caresse, puis se dirigent vers mes cuisses. Je suis toujours plus ou moins allongée contre elle, à moitié tournée vers elle. La position devenant inconfortable pour elle comme pour moi, elle me demande de me retourner, ce que je fais avec inquiétude, ayant peur de briser la magie du moment. Mais dès que je me retourne, elle reprend là où elle en était. On s’embrasse de nouveau, nos bouches explorent l’autre avec avidité. Je sens tout à coup les mains de mon Maître se poser sur mon dos et me caresser et cela me lance une décharge. Je suis prise en sandwich entre les deux et je sens mon corps s’embraser littéralement de désir. Je lève les yeux vers elle et lui demande si je peux, en montrant ses seins. Pour toute réponse, elle pousse ma tête vers le bas et je pose doucement mes lèvres sur ses seins. Quel bonheur pour moi de pouvoir enfin lui lécher le têton, le prendre en bouche, le titiller avec ma langue. Je profite à fond de ce délice quand soudainement, elle me redresse, me pousse en arrière et je bascule vers le fond du coin lit, tout contre mon Maître.
La situation a totalement dérapé en quelques secondes et je me retrouve allongée sur la banquette, ouverte, offerte. Je jette un œil à mon maître qui observe dame V. avec attention et je sens son excitation même s’il reste un peu en distance pour ne pas interrompre la scène en cours.
V. entreprend de parcourir mon corps. Je ne vois pas ce qui se passe, mais je sens sa bouche, ses mains, parfois les deux partout sur mon corps sauf sur mon bas ventre, là où je rêve plus que tout qu’elle vienne y déposer ses baisers. Mais elle évite soigneusement la zone. Et pourtant chacun de ses baisers, touchers provoque chez moi une décharge d’électricité, je me tords de douleur, de plaisir, de sensations totalement hors de mon contrôle. Parfois, ses lèvres me mordillent, d'autres fois me lèchent. Mon Maître, de son côté, me triture par moment les seins, lorsque V. ne s’en occupe pas. Je suis tellement heureuse qu’il participe, j'essaie d’attraper sa queue mais je n’arrive pas à me concentrer.
Soudain, sa bouche se pose sur mon clito et je pars au 7ème ciel. Ses lèvres embrassent mon bouton, sa langue lèche, ses dents jouent avec mon intimité et je ne sais plus où j’en suis. Je caresse mon Maître par moment, tente de ne pas crier le reste du temps, ne sait plus où donner de la tête. La pression monte dans mon ventre. Je sens ses doigts qui descendent vers mon vagin et je me fige. Nous avons discuté un peu plus tôt (au café) que j’étais en fin de période féminine et que par sécurité, je m’étais équipée à ce niveau-là. Elle ne pouvait donc pas mettre ses doigts. J’essayais de trouver les mots pour lui dire cela sans casser l’ambiance, sans que tout s’arrête mais elle commença tout doucement à parcourir le bord de mon vagin avec son doigt et je perdis toute raison. Je ne pouvais plus réfléchir à rien, mon corps ne me répondait plus. En insistant un peu, elle arriva à introduire son doigt légèrement et se mit à me caresser l’intérieur du vagin, tout en continuant à lécher et sucer mon clito. Je gémissais et retenais mes cris. Je ne voulais pas me laisser aller à une telle démonstration au vu de notre conversation quelques minutes auparavant et je me mordis durement la main droite, la gauche étant occupée avec mon Maître. Cela le fit rire et il m’enleva la main de la bouche, comme s’il souhaitait que je crie fort. Soudainement il m’embrassa avec force, à pleine bouche. C’était l’un de nos premiers baisers réels et j’en restais toute retournée.
Le plaisir monte en moi à grande vitesse et je sens que je ne vais pas tarder à jouir. Je suis en extase de sentir sa bouche sur mon clito, son doigt dans mon sexe, la main de mon maitre qui torture mon sein, son sexe dans ma main. Je murmure à mon maître que j’ai envie de jouir, lui demandant ainsi son autorisation. Son éducation se révèle de plus en plus ancrée en moi, même dans une telle situation. Il me donne la permission avec un petit sourire et je me laisse enfin aller. Je ne peux retenir un cri et cet orgasme est à la fois merveilleux et douloureux tellement il est fort. Mon corps brûle, se tord, crie. Je suis totalement déstabilisée. V. continue à me lécher, me sucer et mon corps ne peut plus le supporter. Chaque contact m’envoie une décharge entre l’effet d’une chatouille et celui d’un coup de fouet. Je me tords pour que cela s’arrête et part en fou-rire. Je ne peux plus me retenir, l’intensité est trop grande. V. se redresse le sourire aux lèvres. J’hésite à me tourner vers mon maître pour m’occuper de lui, mais l’ambiance a changé, le moment est passé. On se rhabille un peu maladroitement, je me sens extrêmement gênée et quelqu’un propose d’aller boire un verre. Je descends les escaliers sur un petit nuage, ne sachant si je viens de rêver ou si j’ai vraiment vécu l’un des plus incroyables orgasmes de toute ma vie. En arrivant près du jacuzzi, V. semble changer d’avis, prend une petite douche et se dirige vers celui-ci. Ravis, nous la suivons dans ce bain chaud. Cela me fait un bien fou car j’ai un peu froid après tant d’excitation et de sensations.
On s’installe de nouveau dans le coin du fond, moi toujours entre V. et J. Après quelques minutes un peu tranquilles, je commence à caresser doucement mon Maître qui devient rapidement très réactif. Je suis heureuse de sentir quelques secondes plus tard ses doigts sur mon clito, jouant avec lui. Mon corps est de nouveau parcouru de frissons, pas encore rassasié. Je sais que je suis moi aussi en train de dépasser les interdits du sauna, mais à ce moment-là, ça m’importe peu. Par moment, ma main frôle la jambe ou la cuisse de V. qui se laisse faire, ne dit rien. Mais je n’insiste pas vraiment. Au vu de la configuration du jacuzzi, ma jambe est posée sur le muret en face de moi, faisant une petite barrière entre mes 2 partenaires et par moment, je sens des mains qui se baladent sur elle. Je comprends assez rapidement, que non seulement mon maître me caresse mais également la somptueuse V. En effet, mon Maître a une main, posée sur mon sein et l’autre sur mon clito. Il ne peut donc me caresser la jambe en deux endroits.
Alors, je me permets petit à petit des caresses un peu plus appuyées sur sa jambe, sa cuisse et je commence à me rapprocher doucement de son entre-jambe. Je ne peux pas voir son visage car elle est assise à côté de moi, près de mon épaule et je n’ose me retourner pour l’observer, voir si elle est d’accord, j’y vais donc très en douceur, étape par étape, guettant la moindre crispation ou geste qui indiquerait que je doive retirer ma main. Je commence à caresser les doux poils de son pubis et là encore, je ne sens ni rejet ni rapprochement. J’hésite à continuer. Peut-être n'ose-t-elle pas me dire non ? Petit à petit, mon doigt descend le long de sa petite fente et touche puis masse son clitoris. Et finalement, je sens qu’elle repositionne légèrement ses jambes pour me permettre un meilleur accès. Je souris et mon Maître me regarde avec curiosité. Il n’a aucune idée de ce qui se passe sous la surface de l’eau et je continue à le caresser doucement. J’ai l’impression à ce moment-là de les posséder un peu tous les deux. Je m’occupe donc avec un doigt puis deux de son bouton et je le sens petit à petit qui gonfle, qui pousse les lèvres pour sortir et je suis toute émoustillée. L’un de mes doigts commence à se diriger vers son vagin et à le caresser. Mais je reste à l’extérieur, massant simplement la zone. Soudain, je sens sa main qui attrape la mienne et l’espace d’une seconde, je pense qu’elle va la retirer et me demander d’arrêter. Mais avec autorité, elle prend mon doigt et se l’enfonce dans son vagin. Mes yeux s'écarquillent et de nouveau, je sens le regard inquisiteur de mon maître. Je m’applique donc à lui pénétrer délicatement le vagin avec mon doigt. C’est une sensation extrêmement étrange que d’avoir le majeur à l’intérieur d’un sexe, chaud, humide, plein et creux en même temps. Quelques instants plus tard, V. appuie sur ma main pour m’indiquer que je peux aller plus en profondeur, plus fort. Je commence donc à la doigter un peu plus durement, à jouer avec son intérieur, sans trop savoir ce que je suis en train de faire. Je rajoute un 2ème doigt et je sens sa respiration qui s’intensifie. A ce moment-là, mon maître a compris qu’il se passe quelque chose et il s’occupe de ma chatte en même temps que de mes seins. Il fait très très chaud dans ce jacuzzi. V. respire de plus en plus fort, elle se cambre un peu.
Si ça continue comme ça, il va falloir qu’on retourne rapidement dans les coins câlins.
Est-ce une menace, une invitation? Je lui souris simplement et lui dis que je la suis avec plaisir. Elle se dirige en nageant vers la sortie du jacuzzi et je la suis en lui caressant les fesses, les jambes. Maître J. nous suit, totalement surpris. Un petit passage aux douches rapides et nous repartons dans l’escalier. Je m’assure que mon maître nous suit et je vois que V. prend le couloir du hammam plutôt que du coin câlin. Pourquoi pas après tout. Mon maître étant un peu en arrière, je m’assure qu’il a vu notre destination et je rentre derrière elle. Je suis hésitante entre les deux et V le voit. Je lui demande si Maître J. peut venir et elle dit oui sans hésitation.
Elle s’est installée dans la salle principale du hammam cette fois, sur le banc en hauteur et lorsque je m’assois sur le banc du dessous, ma tête est pile à portée de son sexe. Maître J vient s'asseoir à côté de moi. Dame V. se penche pour m’embrasser, stoppant net les milles questionnements qui me passent dans la tête pour savoir où commencer. Comme plus tôt dans la soirée, ses baisers sont envahissants, puissants, chauds et humides. Je commence à y prendre vraiment goût et à lui rendre avec plus d’assurance. J’ai le souffle court. Timidement, je me dirige vers ses superbes seins et lui baise longuement. Maitre J. me caresse le dos doucement et cela m’excite énormément. Je commence à descendre mes baisers sur son ventre et lui dit que les préliminaires ayant déjà eu lieu, j’ai envie de descendre directement. En guise de réponse, elle appuie sur ma tête jusqu’à ce qu’elle atteigne son clitoris. J’imagine que cela veut dire oui, en souriant intérieurement.
Me voilà devant son pubis, joliment poilu, son clitoris apparaissant délicatement entre ses lèvres. J’ai déjà lécher une femme lors d’une soirée en club, mais cela avait durer un dixième de secondes et je n’avais pas ressenti grand chose. Là, je suis follement excitée mais également stressée. Vais-je savoir faire? Quel goût a sa mouille? Je suis en terrain totalement inconnu et le stress me gagne. Finalement, je me lance et commence à lécher avec ma langue. Instantanément, elle bascule légèrement en arrière et je suis heureuse de la voir réagir. Je sens avec ma langue qu’elle est très mouillée et cela me fait plaisir. Ma langue se fait plus envahissante et ses réactions s’intensifient. Elle gémit, se contracte, se rapproche, pousse sur ma tête. Je “kiffe” ce moment, j’aime cette sensation. Mon Maître en profite pour attraper mes seins à pleines mains et je suis aux anges. Je rapproche mes doigts de son vagin et commence à la pénétrer doucement. Je sens par moment la main de mon maître se promener sur mon clito et je rêve qu’il me prenne par derrière. Mais il reste sage et contribue seulement à mon plaisir du moment. De nouveau, elle attrape ma main pour que je la pénètre plus fort, plus profondément. Je lui enfonce donc deux doigts, fort, en faisant des vas et vient et elle gémit. Je la suce, je l’aspire, je la lèche, je suis totalement concentrée sur son plaisir. La sensation de ses muscles du vagin se crispant sur mes doigts est extraordinaire. Son orgasme est comme ses massages, puissant, soudain, violent. Elle se contracte en avant, emprisonnant mes doigts, avec un petit cri léger. Je suis totalement ébahie, heureuse, soulagée d’avoir pu, su la faire jouir. Je continue à la caresser quelques instants et elle m’indique à un moment de m’arrêter. Je me retourne d’un coup et me met à genoux devant mon maître pour le prendre en bouche. Cela les surprend tous les deux et les fait rire. Peu importe, j’ai envie de sa queue, je ne suis pas encore satisfaite. Je me mets à le sucer avec application, j’ai encore le goût de V. dans ma bouche, c’est totalement jouissif. Je m’applique sur sa queue, le gobant autant que possible. J’imagine que V. me regarde et cela m’excite. Mais V. ne se laisse pas intimider et se glisse derrière moi. Elle commence à jouer avec mon clito. Ses doigts le presse, le masse, le triture et elle joue avec le début de mon vagin. En quelques secondes, j’ai un orgasme puissant alors que je suis en train de sucer mon Maître et je crie sur sa queue pour ne pas hurler. Je n’ai pas pu lui demander l’autorisation de jouir, car j’ai été surprise et j’ai la bouche pleine :) . Au bout d’un moment, mon Maître me relève, il a trop chaud, et préfère que j’arrête pour l’instant. Ce soir, mon plaisir lui est prioritaire et j’en suis très heureuse. Je me retrouve donc assise par terre, entre leurs jambes nues. Je les caresse, les embrasse et je me sens totalement à ma place, dans une réelle position de soumise. Je suis totalement satisfaite de ce moment-là et c’est une image que je grave dans ma mémoire.
Au bout de quelques instants, J. décide de sortir car il a trop chaud dans ce hammam. Au fond de moi, j’espère qu’il ne m’en veux pas trop d’avoir joui de nouveau (parfois les idées d’une soumise sont un peu idiotes). Je me retrouve seule avec V., un peu ailleurs, dans un autre monde, et je continue à lui caresser doucement les jambes, les cuisses, à l’embrasser, la léchouiller.
Il va falloir que tu te calmes un peu, parce que si ça continue, il va falloir que tu recommences.
Tes désirs sont des ordres
Fais gaffe, il va t’arriver des bricoles.
Je prends cela comme une invitation et en un instant, je me retrouve de nouveau au niveau de son sexe. Lors de cette nouvelle session de cuni, elle est plus directive, m’indiquant comment la pénétrer, me demandant de mettre plus de doigts (j’en rajoute donc un 3ème puis un 4ème). Elle s’ouvre au fur et à mesure mais je ne force pas. Elle me demande d’arrêter les vas et vient et de simplement masser avec mes doigts à l’intérieur de son vagin. Je sens sa chatte qui pulse sur mes doigts, et je continue en même temps à m’occuper de son clito avec ma bouche. Elle jouit d’un coup, d’une seule pulsion vers l’avant, avec un cri un peu plus fort que la fois précédente. C’est fort et extrêmement satisfaisant. On reprend notre souffle toutes les deux et soudain, elle me pousse contre le dossier du banc, m’installe et se penche entre mes cuisses. De nouveau, cette sensation incroyable de sentir à peine ses lèvres sur mon clito, comme un souffle d’air, de douceur et d’un coup, une succion, un petit mordillement qui me portent aux bords de la jouissance. Elle pénètre mon vagin avec ses doigts un peu plus profondément et je suis incroyablement frustrée qu’elle ne puisse pas aller plus loin. C’est tellement bon que je ne peux me retenir de jouir dans un long cri qui la fait rire. On s’embrasse ensuite et on reste ainsi quelques instants. Je me dis qu’on a bien profité et que l’on va rejoindre mon maître, mais elle me dit qu’elle est insatiable, qu’elle pourrait baiser toute la nuit. Elle aussi est frustrée de ne pas pouvoir me prendre complètement. Je m’excuse de mon indisponibilité et que j’espère que l’idée de mes menstruations ne sont pas trop dérangeantes. Elle me dit de ne pas m’inquiéter. Cela ne la dérange pas, au contraire, elle aime le goût cuivré d’un vagin féminin et que si on était ailleurs, elle me demanderait de me rendre disponible quand même. Puis, pendant quelques minutes, elle m’explique comment s’assurer de faire jouir une femme, les signes à chercher pour savoir si cela lui convient, pour deviner ce qui la fait jouir. Nous sommes l’une contre l’autre et j’aime cette proximité, cette douceur. Je continue à la caresser doucement. Et finalement, elle attrape de nouveau ma tête et me penche sur son clito. Je me repositionne et repart à l'assaut de son mont de vénus. Je m’applique à suivre les consignes qu’elle vient de me donner, me concentre sur ses contractions, son souffle, ses soupirs. Je la pénètre de nouveau avec plusieurs doigts directement. Elle est toujours aussi mouillée, je ne sais plus si c’est l'excitation ou la moiteur du hammam. Tout à coup, un couple entre et s’installe un peu plus loin mais en face de nous. Je lui demande si elle veut qu’on arrête mais elle fait non de la tête, je me remets donc à la tâche avec application. Le couple ne nous quitte pas des yeux. De nouveau, elle jouit fort, se courbant sur moi comme après un choc électrique, mais cette fois, son orgasme se prolonge un peu en petits soubresauts.
Cette fois, nous sommes toutes les deux un peu fatiguées et l’on sort sans regret. J’ai vraiment besoin d’un verre et hâte de retrouver mon Maître. Je suis dans un nuage cotonneux et j’ai l’impression de flotter. On retrouve Maître J. à l’extérieur, il nous attend dans le couloir et je guette avec attention son ressenti. J’espère qu’il n’est pas frustré, ni déçu d’avoir dû attendre aussi longtemps. Je n’ai aucune idée du temps passé à l’intérieur, mais ça devait être long. Je sais qu’il était d’accord sur le principe, mais la réalité peut être différente. Pendant que V. prend une douche un peu plus longue que la mienne, je lui raconte en deux mots ce qui vient de se passer. Il m’indique qu’il faudra que je mette tout cela par écrit bien entendu, que je serai punie pour avoir joui sans autorisation (mais il le dit avec un grand sourire). Le club s’est vidé entre-temps, il est minuit passé. Ma soirée ne s’est définitivement pas terminée en citrouille et je suis heureuse. J’aimerai proposer à mon maître un temps tous les deux avant de partir, mais je sens qu’il est passé à autre chose et qu’il est un peu fatigué. On se pose un moment dans les canapés à l’entrée pour se remettre de nos émotions, avant de rejoindre les vestiaires. En sortant du club, j’ai l’impression de passer dans un univers totalement différent. Il fait froid, il pleut et j’ai l’impression d’être différente. Nous nous quittons sur le pas de la porte après un échange de baisers et je grimpe dans un uber. Je suis comblée, même si je reste un peu frustrée de n’avoir pu satisfaire mon maître, ou être pénétrée par l’un ou par l’autre. Mais cela laisse le champ libre pour d’autres soirées à venir. Quelques échanges de textos assez chauds avec V. avant de m’endormir me confirment qu’il y aura probablement une nouvelle session de découverte de ma bisexualité et j’en suis très impatiente. Je m’endors (très tard), le sourire aux lèvres.
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Le Shibari, cet art du bondage qu'on ne présente plus , séduit de plus en plus d'adeptes à travers le monde pour son esthétisme et sa profondeur relationnelle, le forum ou les publications du site suffisent à le démontrer, s'il en était besoin. Plus qu'une simple pratique BDSM, le Shibari est une forme d'expression artistique et un moyen de communication et de partage des plus intime. Plus sophistiqué que le bondage à l'aide d'accessoires, le shibari nécessite une compréhension et une confiance mutuelles mais aussi et surtout des techniques. Cet art, en combinant technique, esthétique, et échange émotionnel, offre ainsi une palette d'expériences enrichissantes et intensément connectées.
Dans "L'art du Shibari, Tome 1", Steph Doe, avec la collaboration de Dirty VonP, deux figures du Shibari en France, partagent leur expertise pour guider les novices et les praticiens plus avancés. Ce guide se veut une référence indispensable, couvre non seulement les techniques de base nécessaires pour pratiquer, mais s'interesse également à l'aspect relationnel de cet art. Les tutoriels sont précis, agrémentés de photos pour vérifier le bon positionnement des cordes, tandis que la nécessité de l'échange entre les partenaires est exploré pour que les lecteurs et lectrices puissent explorer le shibari en maximisan l'intensité de l'expérience. Avec ce premier volume, l'autrice s'engage à rendre le Shibari accessible à tous, proposant une multitude d'exercices et de ressources pour devenir autonome dans sa pratique.
À travers "L'art du Shibari, Tome 1", Steph Doe réussit à démystifier une pratique souvent perçue comme complexe et réservée à une élite. On soulignera la clarté et la précision des explications, permettant même aux débutants de se lancer en toute confiance. Le livre se fait clair et propose des illustrations propices à la pédagogie. Les auteurs parviennent à transmettre leur passion pour cet art dans une approche qui ne peut qu'inciter au respect. On pourra toutefois regretté une brièveté du contenu si au delà de la découverte, on veut approfondir encore plus ses connaissances. Malgré ce bémol, l'ouvrage se distingue notoirement par sa capacité à rendre le Shibari accessible et à permettre d'entamer une approche pour qui s'interesser au shibari qu'il soit novice ou expérimenté.
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"Cela peut-être génial sans que ce soit idiot". "Un baiser apaise la faim, la soif. On y dort. On y habite. On y oublie . La longue et froide Henriette était l’esclave de la moue que dessinaient ses lèvres dès qu’elle se mettait à parler". Audiberti, lorsqu'il reçoit en 1938 le premier prix Mallarmé, est reconnu par Paul Valéry, Léon-Paul Fargue, Paul Fort, comme un nouveau poète dont le système de sons et de formes ouvre un espace inconnu, trouée anachronique, puisque les surréalistes ont liquidé la forme fixe et le vers ancien. Mallarmé avait été le maître de Benjamin Péret et d'André Breton, et Valéry publiait à "Littérature" en 1920. Mais en mars 1938, cette consécration par un jury presque exclusivement symboliste, cette reconnaissance officielle ne pouvait que gêner et même empêcher une diffusion parmi les nouveaux poètes. Car l'esthétique d'Audiberti ne satisfait ni les symbolistes attardés, ni les néo-classiques qui peuvent lui reprocher son incontinence, son incohérence et son obscurité, ni les nouveaux qui refusent tout cadre. Desnos n'a-t-il pas été exclu pour excès de rimes ? Pourtant André Breton et ses amis admiraient Roussel et Jarry, poètes versifiant. Jacques Audiberti, qui est ce bloc compact, ce rempart de syllabes, ce roc carré sans prénom, Audiberti, le génitrix de ces titres étranges: "Abraxas", "L'Empire et la Trappe", "Urujac", "Des tonnes de semences", "La Nâ", "Monorail", "Race des hommes", "Carnage", "Ange aux entrailles", l'écrivain poète au rythme impérial ? En1947, de New York, Saint-John Perse répond ainsi à une lettre: "Il y a longtemps cher Audiberti, que je suis votre voile à l'horizon. J'en connais l'angle et la hauteur. J'aime votre gréement et votre plan de voilure et l'allure même qui vous est propre de naissance." Bachelard est enthousiasmé à son tour par cette œuvre qui surgit vierge et fraîche.
"La moue d’un perpétuel délit, d’un renoncement triste et moqueur. Elle était toute entière marquée par ce détail de son apparence, et, par lui, sans cesse repoussée aux renfrognures, contaminée en défiance". Audiberti, invité en Egypte en 1955 rencontrera Gabriel Bounoure, vieil ami de Suarès, qui déjà en 1938 dans la N.R.F, avait publié un compte rendu admiratif de "Race des hommes", une des rares critiques de l'époque. Dans une lettre de 1955, il lui dit son admiration: "Je suis très épris de vos romans, ils expriment une sensibilité entièrement nouvelle, en correspondance avec la culture scientifique moderne, la culture des électrons. Vous avez rompu avec ce mythe de l'unité du concevable." Des premiers poèmes envoyés à Jean Rostand ou publiés dans "Le Réveil d'Antibes" au dernier poème inédit publié dans le numéro spécial N.R.F en 1965, nous distinguons quatre périodes déterminées par l'activité même d'Audiberti. De 1914 à 1925, c'est l'époque de la gestation d'un style, de la recherche d'un rythme propre au travers des poètes passés admirés: Victor Hugo, Leconte de Lisle, Heredia, Baudelaire, Edmond Rostand alors en 1912, au faîte de la gloire. Les nouveaux poètes comme Mallarmé, Rimbaud, Lautréamont n'étaient pas connus à Antibes. Le vers libre et l'effervescence du Paris de Revedy, autour d'Apollinaire, de Jacob, de Cendrars, puis bientôt de Reverdy ne pouvaient influencer le jeune Audiberti. Les années de formation sont toujours tributaires du milieu et des rencontres. Jusqu'en 1925, il est un disciple des maîtres classiques du Parnasse. Cette influence sera prépondérante car il préférera toujours le vers solide et carré à la musicalité, à la méthode de Verlaine, puis surtout d'Apollinaire. Il faut y voir une double influence du milieu culturel: l'école et les livres lus dans l'enfance et la jeunesse et du milieu naturel: l'architecture du Fortcarré et des Remparts de Vauban, la solidité massive de l'église et du château Grimaldi, leurs tours carrées compactes devant le déferlement de la mer, sa présence claire et miroitante et sa violence secrète, la luminosité de l'air, tout concourt à une lucidité sans brumes ni mélancolie, enfin la présence d'un père solide et d'un grand-père maternel, véritable colosse d'où naîtra le mythe des géants. La langue elle-même, l'antibois, aux sonorités pleines et rauques, façonne l'oreille de l'enfant qui, plus tard donnera au français une coloration chaude et cuivrée, un martèlement très vivace qui n'a rien de la marche lourde, piétinante et académique d'un Péguy ni de la lenteur mystique parfois lancinante d'un Claudel.
"Sa bouche eût-elle pris, dans la parole, une autre forme, que la fille Laclef, peut-être, se fût joyeusement déliée en complaisances d’amour et de feu envers la vie". L'influence d'un parler local est fondamentale si l'on veut comprendre la puissance rythmique populaire d'Audiberti et sa virtuosité linguistique. Un poète épique authentique ne peut naître que dans le peuple, en contact avec ses légendes, le travail, le language de la rue et des métiers. Son rire burlesque et goguenard ne peut se former que dans un bain réaliste. Antibes, avant 1920, n'a pas encore subi la vague touristique, les collines sont encore couvertes de figuiers et d'oliviers. L'enfant vit des moments d'exaltation intense sur la colline de la Garoupe encore vierge de maisons, ivre de puissance etde rêve devant l'immense tapis vert-bleu immobile à ses pieds, avec l'appel magique de la Corse, face au cap d'Antibes. Napoléon résonne étrangement dans sa mémoire. Il vit dans la ville qui a refusé de se rallier à l'Empereur revenant alors triomphant de l'île d'Elbe. Sa chambre d'enfant est tapissé d'aigles impériaux. On comprend son admiration pour Victor Hugo. Ce n'est pas un thème littéraire, mais une expérience rêvée. Les civilisations s'entrecroisent à Antibes. Les traces archéologiques des Ligures, la présence des Grecs, des Arabes, des Romains, des anciens cultes païens, la présence d'un port et l'appel vers le Moyen-Orient ou l'Afrique, la luxuriance d'une végétation exotique alors importée, palmiers, cactus, eucalyptus. Tout favorise la naissance d'une imagination exubérante dont le foisonnement est marquant dans ses récits. La deuxième période coïncide avec son arrivée à Paris en 1925, à l'âge de vingt-six ans: chance remarquable, il fait la connaissance au journal où il travaille, comme pigiste de commissariat de banlieue, de Benjamin Perret, qui lui révèle les surréalistes. C'est la deuxième influence fondamentale. Cette période sera couronnée à la suite de ses premières œuvres par le prix Mallarmé. En 1938, il publie son premier récit ésotérique "Abraxas", l'un des plus beaux livres de son temps. La période s'achève avec la publication de "Des tonnes de semences", livre qui ferme la séquence hermétique avec"Latvia", dernier poème vraiment obscur et ouvre la veine ample, aux rythmes assouplis, à la plus vive clarté. Paulhan de la N.R.F lui demande des chansons joyeuses et populaires, il ne veut plus de poèmes hermétiques et trop ardus.
"Le cirque est reparti, laissant un rond dans l’herbe et puis moi je suis seule et je tourne dedans. Je tourne comme un vieux cheval". De 1940 à 1947, va s'épanouir la période la plus féconde de sa vie. Il n'est plus au "Petit Parisien" depuis début 1940, il va donner des articles à "Aujourd'hui" et à "Comoedia" des poèmes dans quelques revues et surtout il va avoir du temps libre. Il partira dans le Massif central avec l'exode, il ira en Savoie pour un long séjour, puis à la fin de la guerre il sera à Antibes. Cette période est centrale pour comprendre la mythologie d'Audiberti, il découvre d'autres lieux que les espaces privilégiés de son enfance. Audiberti n'est pas un poète clos dans ses souvenirs locaux, c'est le poète de l'espace, de l'air, de l'eau et de la terre, animé par un feu interne inépuisable. Il faut lire ses poèmes comme les chants d'un vaste récit fragmenté dont la prose produit l'espace propice. L'auteur est un arbre à poèmes dont la sève inépuisable engendre des végétations exotiques, des bourgeons d'êtres et de rêveries que tout à chacun peut librement poursuivre à sa guise. La dernère période de 1948 à 1965 se manifeste, au contraire, par un renversement remarquable, un transfert vers une production théâtrale. Les récits, aussi riches, n'ont plus la saveur épique d'une savane et d'une végétation exubérante de lyrisme. Une nouvelle manière s'impose, le récit populaire, avec l'invasion de l'argot et de la langue vive de la rue. C'est une autre richesse qui donnera aux poèmes un ton âpre, rauque, de balade populaire, prévisible dans "Race des hommes" mais pleinement épanoui maintenant avec toute la gouaille d'un homme de soixante ans qui voit l'impuissance de son art poétique à transformer le monde. Progressivement, il a su assouplir son instrument jusqu'à pouvoir lui faire dire la rue.
"La tempête s'emballait. Vainement elle cherchait, de ce qui l'exaspère, le difficile secret dans les mollesses qu'elle chavire. La caravelle, de toutes ses forces, se contractait. Elle se bouchait les oreilles au bruit de ses mâchoires dont éclate l'os délicat". Naissance à Antibes, le 25 mars 1899. Fils unique de Louis Audiberti, maçon, et de son épouse Victorine: "Je suis né à l'extrême rebord du XIXème siècle. C'est donc entre la fin du XIXème siècle et la Grande guerre que j'ai fait des études au Collège d'Antibes". Dès l'âge de douze ans, il écrit des poèmes. Installé à Paris en 1924 et reporter au "Journal", puis,dès l'automne, au "Petit Parisien, " j'appris en quoi consistent les crimes, les incendies, les tabassages, toute la poésie de la banlieue ". Il a pour collègues Benjamin Péret et André Salmon. Il épouse en 1926 une jeune institutrice venue de la Martinique et en a deux filles, Jacqueline et Marie-Louise. En 1930, son premier livre, un recueil poétique publié à compte d'auteur, "L'Empire et la Trappe", est salué par Valery Larbaud, qui l'introduit auprès de Jean Paulhan par Jean Cassouet, Maurice Fombeure. Au cours des années suivantes, il publie des poèmes dans diverses revues, Les Nouvelles littéraires, La NRF, Les Cahiers du Sud, puis un second recueil, Race des hommes, et sa première pièce, "L'Ampélour."
"Cernée par les vagues ameutées, elle leur demandait, pourtant, de la porter, de la masquer. Perdue dans une bave massive, elle frissonnait aux jambes chaque fois qu'une gifle liquide l'écrasait dans l'élasticité diluvienne, laquelle prenait sa part de la bourrade allongée et, de plus belle, s'ébouriffait". Pendant la seconde guerre mondiale, il suit Le "Petit Parisien" en exode, mais ne fait plus partie de la nouvelle équipe qui le fait reparaître à Paris en octobre 1940. Il se met alors à gagner sa vie comme critique cinématographique à "Comoedia". Il collabore aussi à La NRF de Drieu La Rochelle et nourrit l'espoir de fonder une revue littéraire. En 1942, malade, il revient dans sa ville natale, à Antibes où il rédige "Rempart et La Beauté de l'amour". Quand il regagne Paris, il séjourne souvent à l'hôtel "Taranne", il tente de "vivre de sa plume". Découverte de l'écriture théâtrale: "Le Cavalier seul" (1952). Parallèlement, il publie des romans: "Cent jours" (1950), "Marie Dubois" (1952), "Le Soldat Dioclès" (1956), "Lagune hérissée" (1958), "LesTombeaux ferment mal " (1963). Il donne des critiques, à La Nouvelle NRF, aux "Cahiers du Cinéma", où FrançoisTruffaut le soutient avec admiration. Prix des Critiques, en 1964: " Dans un salon de l'avenue Victor-Hugo, je dois faire face aux photographes. L'habituelle cohue féminine se brasse autour de ma personne fuyante que mon énorme frousse des contacts amène aux confins de la pure impalpabilité". Il parle "à la radio, rue François-ler, à propos d'"Ange aux entrailles". L'appareil, à hauteur de voix, me métallise et me fortifie vaguement. Pompeux et poupin, le critique Alain Bosquet me ditavant de nous y mettre: "Accepterez-vous que je vous demande, au cours du dialogue enregistré, si vous vous considérez comme un poète mineur ? - Mineur, soit ! Mais de fond." Cancer de l'intestin, qui nécessite deux opérations. À l'instigation de Jacques Baratier, il retravaille la matière de son journal dont il biffe les dates avant d'en remettre la dactylographie à son éditeur. "- Marre ! Marre ! Marre !" sont les derniers mots qu'il écrit avant de s'éteindre, le 10 juillet 1965. Son ami Claude Nougaro lui rend un vibrant hommage cette même année avec sa "Chanson pour le maçon", allusion au père d'Audiberti. Il est inhumé dans le caveau de sa belle-famille au cimetière parisien de Pantin dans la trente-deuxième division.
Bibliographie et références:
- Laurent Allard, "Jacques Audiberti, le poète"
- Gaston Bachelard, "Poétique de la rêverie"
- Nelly Labère, " Jacques Audiberti, l'imaginaire de l'éclectique"
- Gérard-Denis Farcy, "Les Théâtres d'Audiberti"
- Bernard Fournier, "Métamorphoses d'Audiberti, une biographie"
- Jacques Jouet, "Audiberti"
- Monique Pantel, "La Chemise de Nuit"
- Michel Giroud, "Audiberti"
- Pierre Grouix, "Jacques Audiberti"
- Claude Nougaro, "Chanson pour le maçon"
- Maxime Le Forestier, "Monsieur Audiberti vous parle d'inconnu"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Lui, un homme d’action autrefois était devenu une étonnante machine à rêve comme ceux qui ont longtemps habité la mer ou les pampas. Quand le visage est obligé de sourire pour des besoins professionnels, il faut bien que notre humaine tristesse se réfugie quelque part." Comme Apollinaire et la plupart des poètes de son temps, Jules Supervielle s'est trouvé engagé dans la longue querelle de la tradition et de l'invention. Mais entre l'ancien et le nouveau, entre l'ordre et l'aventure, il n'a pas voulu choisir, s'établissant plutôt dans "l'entre-deux." Il naît le 16 janvier 1884 à Montevideo, en Uruguay. Drôle de petit pays qu’il faudrait visiter le temps d’un mélancolique été austral, pour y errer sur les traces de trois curieux poètes francophones. Les deux autres eurent des trajectoires plus fulgurantes, plus éphémères aussi puisqu’ils n’atteignirent pas la trentaine. Le premier est Isidore Ducasse, qui se dira comte de Lautréamont, auteur des sulfureux "Chants de Maldoror", y vit le jour en 1846 et mourut mystérieusement en 1870, quatorze ans avant la naissance de Supervielle. Le second est Jules Laforgue, poète symboliste et traducteur de Walt Whitman, qui naquit aussi à l’embouchure de la Plata en 1860 avant de devenir lecteur de l’impératrice allemande Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach et de mourir de phtisie en 1887. À l’été 1884, la famille Supervielle, mère basque et père béarnais fraîchement émigrés, revient passer quelques semaines en France pour présenter le nouveau-né à la famille. C’est dans "Boire à la source", ses confidences parues en 1933, que Jules raconte l’épisode dont il ne peut se souvenir. Et pour cause, il n’a que huit mois. Ses parents, dans une maison de campagne, boivent l’eau d’un robinet qui n’avait pas été ouvert depuis longtemps. Ils s’effondrent quelques heures plus tard dans d’atroces convulsions, s’alitent avec une forte fièvre et meurent très vite, sans savoir ce qui leur arrive, ni que l’autre est mort, ni qu’ils ne reverront pas leur fils. Sans rien savoir du tout sinon que l’eau d’Oloron-Sainte-Marie n’avait pas très bon goût. Empoisonnement au vert-de-gris ? L’enfant de huit mois ne sait rien non plus, lui qui hurle dans son berceau tandis qu’agonisent ses parents. il n’y a pas de plus belle formule pour parler de la naissance, dira-t-il bien plus tard. Car le miracle demeure: le petit Supervielle ne regrettera jamais le jour que deux morts lui ont donné. Il aime trop la vie pour cela.
"Toujours l’horizon ou le mur de leur chambre a quelque confuse nouvelle à leur annoncer. Nul ne savait mieux que lui mêler son présent aux conditions atmosphériques, à la couleur du ciel, aux bruits de la rue, à ceux de son appartement". Cette vie commencée dans le drame se poursuit dans le mensonge. Il a de la chance, il ne faut pas l’oublier. L’oncle a créé sa banque sud-américaine en 1880 et la famille de petits horlogers bijoutiers du Sud-Ouest a fait fortune grâce à l’aventure américaine. Élevé deux ans en France par sa grand-mère, il vit jusqu’à ses dix ans en Uruguay, avec sa tante et son oncle, eux-mêmes frère et sœur de ses propres parents, qui l’élèvent comme leur fils, avec leurs propres enfants, un frère-cousin, quatre sœurs-cousines. Le gamin qui n’a pas su ce qui arrivait dans la chambre pyrénéenne ne saura pas davantage qui sont ces gens qu’il prend pour ses parents et qui l’aiment comme tels. Devenu adulte, le poète considèrera toujours qu’il fut bien heureux d’avoir échappé à la folie. Ou plutôt, de l’avoir frôlée en la domptant, de n’avoir jamais cédé à ses vertiges, ses prestiges. Trop modeste pour ça peut-être, le petit Jules qui écrivait à neuf ans, justement l’année de la découverte de la vérité toute nue et pas très belle, ses premiers mots. Un poème en espagnol. Le seul qu’on lui connaisse puisqu’il dira avoir "fermé les portes de l’âme" à l’espagnol et lui avoir toujours préféré, comme langue d’écriture, le français. Il semble bien qu’elle ne lui servira qu’à ça, l’écriture. À exorciser les monstres d’abord. Poète de la douceur, il met toute sa colère dans ses personnages de contes: "Guanamiru", l’improbable géant de la pampa qui tente de domestiquer un volcan, "Bigua" le voleur d’enfants. J’aime que l’ogre chez lui soit oxymorique, comme nombre de ses titres d’ailleurs ("Le Forçat innocent", "Les Amis inconnus", "Oublieuse Mémoire"). Cet ogre ne dévore personne, il explose en feu d’artifices et finit par lancer des bombes de bonne volonté. Imagination débordante. L’écriture est la seule manière qu’il a trouvé de dompter le double qui le menaçait. Les ombres de ce que nous pourrions devenir, il nous reste à les clouer sur des pages pour les empêcher de nuire. Il le fera avec des gestes d’entomologiste tendre. Il s’écartèle en papillon, jouit de toutes ses métamorphoses: "Chacun a toujours en luide quoi devenir autrui", le lapin peut devenir zèbre et l’éléphant s’envoler, le serpent se fait aigle et le furet devient la branche même sur laquelle il tentait de courir. Les mots servent à ça, prodige d’être et de ne pas être le même.
"Il y eut des miracles: la tortue se dépêcha, l'iguane modéra son allure, l'hippopotame fut gracieux dans ses génuflexions, les perroquets gardèrent le silence". "Reste immobile, et sache attendre que ton cœur se détache de toi comme une lourde pierre". Les mots servent aussi à autre chose de plus fondamental. À réparer le gamin abandonné qui restera toute sa vieun géant insomniaque, encombré de lui-même, de ses bras et de ses songes, de ses désirs et de ses lassitudes. Les mots, comme des petits soldats pour mettre en ordre l’anarchie de l’âme ? La racine soldatesque de la poésie, les mots guerriers pour combattre la nuit. Le jeune poète est modeste parce qu’il ne cherche pas à recréer le monde avec sa poésie, mais à l’ordonner pour le supporter. Se pourrait-il que les vers ne soient que des camisoles de force pour nous empêcher de verser dans la démence ? À moins que les mots ne soient des guerriers, mais pour servir quelle guerre ? Celle de soi contre soi ? "En attendant il me faut vivre sans prendre ombrage de tant d'ombre." Quand on dit de Supervielle qu’il est un écrivain sain, et simple, on le fait sourire. Il sait bien, lui, qu’il n’écrit que pour tenir à distance la folie et le morbide, l’effroi et le doute, la rupture de ban et l’effondrement. Il les apprivoise comme tous les animaux qui traversent son arche de Noé, ses crocodiles bienveillants et ses antilopes effarouchées, ses chiens errants et les chevaux du temps qui galopent toujours trop vite. On l’aime justement, Supervielle, parce qu’il est de cette lignée qui sait la magie vaine du poème, sans puissance thaumaturgique. Sans miracles pour ressusciter les morts qu’elle ne ramènera jamais. La magie pourtant subsiste, plus douce et moins flamboyante, la simple magie réparatrice. Lignage de ceux qui savent que l’on écrit pour se réparer, pas pour réparer le monde, pour se sauver, pas pour sauver qui que ce soit d’autre. "Je retrouve dans ma plénitude ce que je n'osais plus envisager." Il n’est pas si triste d’ailleurs, Supervielle, plutôt mélancolique, ou bien c’est d’un humour triste, autre oxymore, d’un vague à l’âme qui nous sourit sans y croire. Il a été un gamin choyé par sa famille d’adoption, un adolescent libre et voyageur, un rentier sans contrainte, un mari et un père comblé. Sa femme, Pilar, rencontrée à dix-neuf ans, fut autant que l’on sache son unique et véritable amour. Elle lui donna six enfants désirés, trois fils et trois filles. Il n’est pas triste, il est comme ces grands oiseaux qui planent, l’air dépossédé d’eux-mêmes, à la poursuite d’on ne sait quel poisson volant. Qu’est-ce qui le rend si fou de nuages alors, comme s’il voulait les suivre par-delà les mers qu’il n’a cessé de traverser dans tous les sens, lui qui n’aura jamais pris l’avion de sa vie ? Il est un peu comme eux, trop fluide et battu par les vents pour être bien certain d’exister réellement: "Les nuages, c’est du ciel qui pense à la terre et, comme elle, voudrait devenir consistant." "Un homme à son corps enchaîné, et ce qu'on appelle douceur."
"La peur de la folie que j’ai connue pendant la première moitié de ma vie me faisait fuir les impressions étranges qui m’habitaient et si mes monstres ne sont pas terrifiants c’est que je ne pouvais les tolérer qu’apprivoisés." Suffisamment neurasthénique, pour imaginer, sur le pont de l’un de ces cargos qui font la traversée de l’Atlantique, l’un des contes les plus douloureux de la littérature française. L’enfant de la haute mer qui s’ennuie dans un village sous les flots, en attendant que passe une voile au loin, est né du songe d’un marin qui pensait trop fort à sa petite fille morte. Croit-il vraiment, qu’en pensant très fort à ses parents, il les fera revivre sous la mer ? Qu’est-ce qui le fait courir derrière des fantômes, l’exilé perpétuel, celui qui vient du dehors et qui ne va nulle part, qui n’est tout à fait chez lui ni ici ni ailleurs, ni dans le seizième arrondissement parisien ni dans la pampa, ni à Oloron-Sainte-Marie. Homme de peu de dogmes, il ne fait pas de politique et ne paraît pas s’y intéresser outre mesure. C’est qu’il a déjà beaucoup à faire avec la vie, la mort et les voyages. Il traverse la Première Guerre mondiale sans s’en apercevoir, occupé qu’il est alors à lire Rimbaud et Hugo. Il est d’ailleurs mobilisé, s’occupe de la censure postale où son don des langues fait merveille et contribue à l’arrestation de l’espionne Mata Hari, dont il intercepte un courrier écrit à l’encre sympathique. C’est probablement l’épisode le plus romanesque d’une vie sinon bien sage. Supervielle est panthéiste plus que mystique, et ne trouve pas de refuge dans une pensée religieuse avec laquelle il joue dans "La Fable du monde", mais comme on s'amuse avec des mythes. C’est qu’il a trop à faire avec la beauté du monde, l’immensité de la mer. Quel besoin d’aller chercher dans le surnaturel ce que la nature lui accorde en abondance ?
"La poésie vient chez moi d'un rêve toujours latent. Ce rêve, j'aime à le diriger, sauf les jours d'inspiration où j'ai l'impression qu'il se dirige tout seul." Il se met au théâtre, qui lui semble une initiation à la transparence de la parole. Il le conçoit comme une école de l’anti-hermétisme, de l’anti-obscurité. Une main tendue, celle des raconteurs d’histoire, vers le grand public. En lui, dit-il, "le conteur surveille le poète", et c’est ce qui donne à chacun de ses textes une allure de petit apologue. On les relit pour en sonder la morale. On les répète pour les avoir bien en bouche, comme un comédien le ferait. Ses passions de la maturité vont aux grands classiques, La Fontaine et Shakespeare. Comme si l’essentielle anarchie, une fois domptée, ne pouvait déboucher que sur un miracle de pureté. En 1951, il donne l’un des plus beaux arts poétiques qui n’ait jamais été écrit, une sorte de plaidoyer sans fioritures pour une poésie de l’émerveillement, de la sincérité, de la décantation, de l’étrangeté domestiquée. C'est le récit autobiographique intitulé "Boire à la source." Drôle de funambule encore que celui qui, gardant un pied dans le noir, veut quand même courir vers la lumière. Le poète échappe à la transe mais ne veut rien perdre de la magie qui la justifiait. La surface doit être limpide mais le miracle profond. Poète de la nuance et du fondu enchaîné, de l’esprit d’escalier et des métamorphoses nocturnes, des intermittences du cœur et de la raison, Supervielle l’orphelin, dont la colère aurait pu prendre le pas sur la douceur, n’aura finalement de cesse de rendre hommage à la vie, et ce faisant d’apporter des raisons de vivre à ceux qui s’encherchent indéfiniment. L'oeuvre de Supervielle est orientée vers un espoir. Elle tend vers la clarté. Elle évolue positivement de l'entre-deux à l'ubiquité, de la plainte à l'articulation de la joie. Elle se penche "à la fenêtre du monde."
Œuvres et recueils poétiques:
- "Les poèmes de l'humour triste" (1919)
- "Débarcadères" (1922)
- "L'Homme de la pampa" (1923)
- "Gravitations" (1925)
- "Le Voleur d'enfants" (1926)
- "Le Survivant" (1928)
- "Le Forçat innocent" (1930)
- "L'Enfant de la haute mer" (1931)
- "La Belle au bois" (1932)
- "Boire à la source" (1933)
- "La Fable du monde" (1938)
- "Le Corps tragique" (1959)
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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CHAPITRE 7 : MONSIEUR CHU
Mes rapports avec Maître Julian étaient ambigus. En lui j’aimais cette dualité entre le bien et le mal. En moi il avait éveillé une sensualité qui s’accordait en tous points à mes fantasmes. Il savait me prendre et me faire progresser, d’une progression toute calculée. Insensiblement, il repoussait mes limites et me faisait découvrir des horizons nouveaux.
Jouant sur l’excitation de situations nouvelles, tantôt tendre tantôt directif, ne me laissant d’autres alternatives que d’accepter. Ainsi en peu de temps, il avait fait de moi une parfaite et dévouée élève. Je soulevais ma jupe au moindre de ses désirs, lui offrant mon corps pour des moments intenses de plaisir. J’avais abandonné toute pudeur pour lui plaire. Pourtant je n’étais ni exhibitionniste, ni délurée, ni même masochiste. Etais-je folle ou amoureuse ? Certainement un peu des deux.
Mais lui m’aimait-il ? D’une certaine manière, j’en avais l’impression. Du moins jusqu’à ce lundi.
Un certain monsieur Chu avait rendez-vous à 18 heures. Maître Julian me demanda d’être particulièrement polie avec lui. C’était un client important et je le reçus d’une manière parfaite. Je dois avouer que j’avais fait d’immenses progrès en anglais, et je m’exprimais avec une certaine aisance. Ma tenue, une de celles choisies par Mademoiselle, était composée d’une jupe assez courte et d’un chemisier blanc. Je portais des bas et des chaussures à talons. Pantalons et collants avaient été bannis des tenues que je pouvais mettre au bureau. Celle-ci était assez sexy, mais non dépourvue d’une incontestable touche de classe. Mais à peine Monsieur Chu avait-il pénétré dans les locaux que je regrettais mon choix. Quelque chose en lui me mettait mal à l’aise. Peut-être sa façon de me dévisager, il me déshabillait littéralement du regard. Je feignis d’être très occupée afin de ne pas lui laisser deviner mon trouble. Le temps semblait suspendu et lorsque Maître Julian me pria de l’introduire dans son bureau, je me sentis immédiatement soulagée et c’est d’un cœur léger que je continuais à travailler.
Ils étaient ensemble depuis environ une demi-heure, lorsque Maître Julian me pria de leur apporter deux martinis on the rox. A mon entrée, la conversation c’était interrompue. Pendant que je me penchais pour poser les verres et la bouteille, sur la table basse, je sentis leurs regards s’attarder sur mes fesses. Pourtant stoïque, je fis le service en les gratifiant de mon plus beau sourire. Je me préparais à sortir ou plutôt à m’enfuir lorsque Julian m’apostropha en anglais.
« Nathalie, notre invité te trouve très jolie »
Décontenancée, je me tournais vers lui et le remerciais.
Julian reprit.
« Mais il voudrait en voir un peu plus. Alors sois gentille, montre lui.»
« Pardon ? » dis-je certaine d’avoir mal compris.
« Allons ne fais pas de manières. Vite, ou je serais obligé de te punir devant lui. »
Jusqu’à présent il avait été très discret. Personne ne soupçonnait la nature de nos rapports. Et voilà que non seulement il trahissait ma confiance, mais pire il me menaçait devant un parfait inconnu. J’étais effondrée.
Devant mon absence de réaction, il s’empara négligemment de la cravache que je connaissais si bien et que je redoutais tellement, et la tapota entre ses mains.
Je l’implorais du regard, mais il avait son air intraitable des mauvais jours. Jetant un bref coup d’œil vers son invité, je compris que je n’avais aucune aide à attendre de son côté. Au contraire, ses yeux pervers ne perdaient pas une miette du bras de fer qui se déroulait.
Vaincue, j’entrepris de déboutonner mon chemisier, dévoilant un soutien-gorge blanc qui soulignait mes seins. Et baissant pudiquement les yeux, j’attendis.
« Approche un peu de monsieur Chu, ne fais pas ta timide »
Hésitante je fis quelques pas vers lui. J’étais en plein dans mon rêve, à la seule différence que tout cela était affreusement réel.
Monsieur Chu me demanda d’une voix extrêmement douce de bien vouloir ôter ma jupe. Tremblotante, je m’exécutais. J’étais en bas, porte-jarretelles, et petite culotte en coton blanche. Il me fit signe d’approcher plus près. Ses yeux ne quittèrent pas les miens et d’un geste lent, il baissa ma culotte. A la vue de mon sexe épilé il eut un sourire de satisfaction.
Maître Julian s’était silencieusement placé dans mon dos recréant la scène si souvent vécue dans mon rêve. Il dégrafa habilement mon soutien-gorge, libérant mes deux seins. M’obligeant à pencher la tête en arrière, il saisit mes lèvres et m’embrassa. Je lui rendis son baiser, reconnaissante de ne pas m’abandonner seule aux mains de cet homme. Monsieur Chu avait glissé sa main entre mes cuisses, et il put constater qu’une certaine humidité commençait à envahir mon bas-ventre. Vaincue je m’abandonnais à leurs caresses.
J’avais l’impression d’être Ysabel, les images de mon rêve et la réalité se mélangeaient. C’était étrange et déroutant, un mélange de perversité et de volupté me poussait à accepter cette situation.
Lorsqu’ils furent certains que toute idée de résistance avait quitté mon esprit, ils cessèrent de me caresser et me demandèrent de garder la position. Jambes bien écartées et bras dans le dos, c’était à la fois humiliant et terriblement excitant. S’offrir ainsi aux regards et savoir que mon corps éveillait leurs désirs me donna le courage de m’abandonner totalement.
Monsieur Chu, sortit, de je ne sais où, des cordes. De vraies cordes en chanvre. Entourant mon cou de l’une d’elles, il la fit glisser en deux extrémités d’égale longueur. La crainte de me retrouver attachée totalement à sa merci me glaça plus sûrement que le froid des cordes et je ne pus m’empêcher de trembler. Faisant faire plusieurs tours à la cordelette, il m’emprisonna habilement les seins jusqu’à les compresser et les faire saillir. Puis après un nœud serré, il laissa descendre le fil de chanvre jusqu’à mon sexe et le coinça étroitement entre les deux cordelettes et les fit remonter le long de la raie de mes fesses. Le tout fut relié à mon cou, emprisonnant ensuite mes coudes dans mon dos.
Les cordes furent serrées à la limite du supportable. Je ne pouvais esquisser le moindre mouvement, sans sentir au plus profond de ma chair, leur empreinte. Visiblement j’allais découvrir des sensations nouvelles, victime consentante entre les mains exigeantes de ces hommes mûrs.
Ensuite il me fit m’agenouiller et écartant mes cuisses d’un geste sûr, il entreprit de relever mes mollets. Il les fixa, à l’aide de deux lanières et je me retrouvais en équilibre instable sur mes genoux. Pour finir, il passa une autre boucle autour de ma taille, l’enserrant étroitement et relia l’ensemble des cordages à un crochet du plafond. Julian attentif, l’assista veillant à bien équilibrer la tension. Puis ensemble, ils me hissèrent à environ 1 mètre au dessus du sol. J’étais ainsi suspendue en l’air, incapable de bouger. Les cordes qui passaient entre mes cuisses comprimaient mon sexe, et me faisaient ressentir ma condition de femelle, offrant en prime, l’impudique spectacle de mes cuisses écartées au maximum. Je rougis de honte toute en me sentant terriblement excitée. Ce bondage était réalisé avec une rare maîtrise et Chu était assurément un maître dans ce domaine.
Me faisant pivoter sur moi-même en se servant de mes seins, il s’amusa un moment à me faire tournicoter comme une toupie, puis il se recula pour admirer son œuvre d’un air satisfait.
Julian le complimenta et l’invita à se servir de ma bouche. Sans se faire prier il ouvrit sa braguette, et glissa son sexe entre mes lèvres. Je dus le sucer et le lécher selon ses désirs pervers, il fut particulièrement long à jouir et il veilla à ce que j’avale tout. Enfin, il m’abandonna. Sans attendre, Julian prit sa place et je dus le satisfaire pendant que sa cravache taquinait mon clitoris.
Après un nouveau verre, ils décidèrent d’aller dîner et m’abandonnèrent ainsi, malgré mes supplications.
Je passais des moments terribles, suspendue, seule dans les bureaux désertés. Les cordes entamaient ma chair et le moindre mouvement accentuait la douleur. Je maudissais Julian. Plus le temps passait, plus je me mettais en rage. Mes membres étaient engourdis, j’avais des fourmis dans tout le corps et je mourrais de soif. Puis à la colère succéda une profonde période d’abattement. Je subissais résignée, me demandant s’ils m’avaient oubliée, priant pour qu’ils reviennent vite.
Ce n’est que quelques heures plus tard, qu’ils revinrent de très bonne humeur. Taquin, Julian s’approcha de moi et me demanda si j’allais être une parfaite soumise, où si je préférais continuer à bouder toute seule dans mon coin. Je promis d’être obéissante, je le suppliais de me détacher.
Ce soir là, j’aurais promis tout ce qu’il voulait pour être libérée.
Enchantés de me voir dans de si bonnes dispositions, ils entreprirent alors de me faire toucher terre et me délivrèrent avec d’infinies précautions. En me détachant, le sang se remit à circuler et je criais de douleur. Je n’arrivais à allonger ni mes bras ni mes jambes. Ils me massèrent longuement presque amoureusement et séchèrent mes larmes.
Julian déclara que je méritais bien une récompense et il déboucha une bouteille de champagne. Je bus plusieurs coupes et je sentis une légère ivresse m’envahir, et je plaisantais avec eux plutôt contente de m’en tirer à si bon compte. Mais une fois de plus je prenais mes désirs pour des réalités. Je le compris lorsque d’un geste vif, Monsieur Chu m’attira vers lui, et glissant un doigt entre mes fesses, il s’approcha de ma rondelle. Je sursautais de surprise. J’étais vierge de ce côté là. Julian y avait bien fait allusion, de temps à autre, mais devant ma réticence, il n’avait pas insisté. Monsieur Chu n’avait pas cette délicatesse. Savoir que cet endroit était à déflorer, semblait l’exciter au plus haut point. Je gigotais, essayant de lui en interdire l’accès.
Voyant cela Julian ordonna.
« A quatre pattes, cuisses écartées et mains derrière la nuque. Obéis »
Je protestais, implorais. En vain et je pris la position à contrecœur. Il faut dire que c’était une des premières qu’il m’avait enseignée. Bien cambrée, j’offrais mes fesses pour être punie. Il aimait me fouetter ainsi.
Mais ce soir en la prenant, j’avais conscience de franchir un pas de plus dans ma soumission. Non seulement j’allais être livrée à un inconnu, mais de plus sodomisée.
Approchant sa verge, Chu força mes reins et s’enfonça en moi sans aucune préparation. Sa brutale pénétration me fit horriblement mal et je hurlais. Pourtant indifférent à mes plaintes il continua à s’introduire en moi. Son sexe était plus mince que celui de Julian. Mince consolation et je pleurais sous l’assaut. Il adopta un rythme rapide, veillant vicieusement à s’enfoncer au plus profond de moi. Je devinais qu’il voulait me posséder et m’asservir totalement, bestialement. Il était à sa manière beaucoup plus dur que Julian. Pas la moindre émotion ne transparaissait. Il me prenait comme on prend une femelle totalement soumise dans un coït brutal sans s’inquiéter de ses désirs, de sa souffrance.
Emoustillé, mon Maître se glissa sous moi. Il m’obligea à m’allonger sur lui, et me pénétra. Leurs sexes remplirent mes deux orifices. Leurs mouvements se synchronisèrent et je criais à la fois de plaisir et de douleur. Et soudain je sentis monter un orgasme venu du plus profond de mon corps.
Ils apprécièrent en connaisseurs l’arrivée de la déferlante de ma jouissance. Elle me laissa brisée et pantelante et ils ne tardèrent pas à jouir à leur tour. Satisfaits ils décidèrent d’arroser mon dépucelage au champagne.
Après le départ de Chu ce soir là, Julian m’avoua qu’il était fier de moi, et en récompense il m’emmena pour la première fois dans son appartement situé à l’étage du dessus. C’est allongée dans son grand lit entre ses bras, que Julian me confia l’histoire de sa rencontre avec Chu.
C’est la première fois qu’il se confiait à moi et sa confiance m’émut.
« Ce jour là » commença-t-il d’une voix douce.
« j’avais rendez-vous avec monsieur Chu, un investisseur asiatique qui opère sur le marché du diamant. C’est un monde très fermé où le Cartel, mot familier qui désigne la toute puissante CSO, contrôle près de 80% des approvisionnements en diamants de la planète. Monsieur Chu est un homme raffiné et d’une politesse exquise. Mais derrière ce masque se cache un redoutable homme d’affaires. Une grande estime doublée d’une réelle amitié c’est tissé entre nous. »
« Et de quand date cette amitié ? » demandais-je curieuse.
« C’était il y a de cela dix ans. Déjà dix ans. Tout jeune avocat je débutais ma carrière dans une grande banque de la City à Londres. Chargé de la partie juridique des opérations, mon travail consistait à finaliser des transactions à fort potentiel financier. Je voyageais beaucoup, New-York, Paris, Hongkong…
J’avais fait la connaissance de monsieur Chu à Hongkong. A l’issue d’âpres négociations un excellent accord avait été conclu et Monsieur Chu pour me remercier m’avait invité à une soirée. En m’y rendant, je ne savais pas que toute ma vie allait être transformée. »
« Et la mienne ne crois-tu pas que tu l’as entièrement bouleversée ? » lui demandais-je en me serrant tout fort contre lui ?
« Si bien-sûr, mais je suis à tes côtés » et il m’embrassa tendrement.
Il poursuivit son récit.
« L’endroit où m’avait entraîné monsieur Chu ne payait pas de mine. Situé dans le quartier des entrepôts la façade ne possédait aucune enseigne. Une simple porte en fer surmontée d’une caméra avec sur le côté une sonnette. Monsieur Chu appuya 3 coups brefs et la porte s’ouvrit. Un costaud à la mine patibulaire nous accueillit. Il reconnut mon hôte et s’effaça poliment devant nous avec force de courbettes.
Je suivis mon hôte dans un vestiaire où montrant l’exemple il m’invita à me déshabiller. Après une rapide douche, deux jeunes ravissantes asiatiques entièrement nues nous invitèrent à nous allonger sur des tables de massage. Une très jolie eurasienne me prodigua un massage thaïlandais. Ces body-body ont fait fantasmer des milliers de touristes et la fortune des tours-opérator.
Mais elle était exceptionnellement douée. Légère comme une plume, elle me frôlait de son corps souple aux formes troublantes. Mutine, câline, tantôt distraite et boudeuse, tantôt passionnée. Une femme enfant qui éveillait les sens et s’en émerveillait. Mon érection n’avait pas l’air de l’émouvoir le moins du monde, et elle en joua avec une diabolique habileté. Son corps semblait n’exister que pour se fondre dans le mien. Mais elle n’en fit rien. Elle s’offrait et se dérobait prenant garde à ne pas se laisser saisir. Puis elle appliqua délicatement sur mon gland turgescent et mes bourses une pommade aphrodisiaque. L’effet fut prodigieux.
Une chaleur envahit mon bas-ventre et mon sexe se durcit à un point incroyable qui me fit presque défaillir de désirs. Elle me regarda d’un air satisfait dévoilant ses petites dents nacrées. »
« Tu en parles comme ci ce souvenir datait d’hier » l’interrompais-je un peu jalouse.
« Ce sont des moments qui sont gravés dans ma mémoire…Ecoute la suite »
« Je compris alors que nous n’étions pas là pour une simple partie de jambes en l’air. Ces préludes cachaient en fait le véritable objet de notre visite.
Après nous avoir délicatement séchés, elles nous vêtirent de peignoirs en soie, et monsieur Chu m’entraîna dans une salle immense.
Au centre, un podium identique à celui des défilés de mode, quoique moins haut, traversait la salle de part en part. De part et d’autres de confortables fauteuils en cuir des années 1930 étaient occupés exclusivement par des hommes. Ils portaient pour tout vêtement des peignoirs semblables aux nôtres. Des hommes d’âge mur issus des classes aisées. J’étais le seul blanc et le plus jeune participant.
Je m’installais dans un fauteuil aux côtés de mon hôte et une charmante hôtesse très peu vêtue nous apporta une collation. L’ambiance commençait à s’échauffer. Un homme arriva sur scène et prit la parole. Le public manifesta et applaudit à la présentation de la soirée. Je n’en compris pas un traître mot et Chu ne prit pas la peine de traduire se contentant de trinquer avec moi. Je pensais qu’il devait s’agir de paris clandestins et je m’attendais à assister à des combats de boxe.
Ce qui advint ensuite me laissa sans voix, proprement estomaqué. Les projecteurs inondèrent un coin de la salle et deux hommes de petite taille habillés en jockey, portant casaque et cravache à la main firent leur apparition juchés sur deux montures. Tirant légèrement sur les rennes ils progressèrent lentement sur le podium. L’insolite de la situation tenait aux montures elles-mêmes.
Il s’agissait de deux pony-girls. Chacune portant une petite selle étroitement sanglée sur son dos et harnachée comme un véritable cheval de course. Ses cheveux étaient attachés en queue de cheval, un mors dans la bouche relié à un harnais lui enserrait la tête. Des œillères complétaient le tableau et l’empêchait de regarder de côté. Mais de temps en temps elles se jetaient un regard en biais plein d’animosité. Pour l’heure, elles trottaient à quatre pattes dans un mouvement harmonieux et synchronisé effectuant un tour d’honneur. La croupe bien saillante et les seins se balançant au rythme des pas. Elles étaient entièrement nues et épilées, le corps luisant telles deux pouliches prêtes à courir. De vraies bêtes de course. Lentement les jockeys les placèrent sur la ligne de départ.
Au signal du starter elles s’élancèrent sur une distance que j’évaluais à 50 mètres. Les jockeys les cravachaient et elles galopaient, soutenues par le public. La fille au dossard rouge prit la tête.
La casaque verte ne réussit pas à remonter son handicap malgré les encouragements énergiques de son jockey.
Elles finirent en trombe luttant jusqu’à l’arrivée. La gagnante revint au centre sous les acclamations des spectateurs. »
« Mais c’est incroyable » m’exclamais-je.
Il ignora mon interruption et poursuivit plongé dans ses souvenirs.
« Le présentateur réapparut et d’étranges échanges de signes eurent lieu entre lui et le public. Des applaudissements crépitèrent. Monsieur Chu se tourna vers moi et m’expliqua que la gagnante venait d’être vendue aux enchères pour la nuit. On lui ôta sa selle et toujours à quatre pattes, elle fut en effet emmenée par la bride, auprès d’un monsieur ventru qui affichait un grand sourire. Quant à la perdante, elle reçut une véritable fouaillée administrée par son jockey à l’aide de sa cravache. Puis elle sortit de la salle en larmes sous les cris de la foule. »
« Vendue » je frissonnais involontairement « Tu serais capable de me faire cela ? » lui demandais-je d’une voix apeurée.
« Bien sûr, mais au poids tu ne me rapporteras pas grand-chose. » répondit-il sur le ton de l’humour.
Il se resservit à boire avant de poursuivre.
« Monsieur Chu continua à m’expliquer. Nous allions assister à plusieurs courses. Toutes les gagnantes seraient vendues et les perdantes mises à disposition des spectateurs dans une salle appelée salle des supplices. Je me dis que le sort de la perdante ne devait pas être agréable. Livrée aux joueurs qui pourront en quelque sorte se rattraper en nature. »
« Mais c’est cruel » dis-je révoltée.
« C’est la règle du jeu. Il y a besoin de règles. Même toi tu les acceptes. Quoique parfois… » et il sourit.
« Tu veux écouter la suite ? »
« Oui, mais cela semble t’exciter de me raconter » Son sexe était à nouveau dur et je saisis son membre entre mes doigts.
« La deuxième course tenait du trot attelé. Chaque femelle debout tirait une espèce de buggie dans lequel un jockey avait pris place. La course fut très disputée et les deux juments ne se départagèrent que d’une courte encolure. La vente eut à nouveau lieu et c’est mon voisin de droite qui remporta les enchères.
La gagnante dételée lui fut amenée. Je ne pus m’empêcher de la regarder de près. Visiblement la course l’avait éprouvée. Elle avait un visage très jeune.
Le mors l’obligeait à tenir la bouche entrouverte, un peu de salive perlait entre ses dents et coulait le long de son menton. Ses deux jeunes seins montaient et descendaient au rythme de sa respiration. Sa peau fine et luisante brillait dans la pénombre. Des zébrures marquaient sa croupe et coloraient sa peau. Arrivée devant l’homme, le jockey remit la longe à son Maître d’un soir. Elle s’agenouilla à ses pieds les baisant en signe de respect et de soumission.
La perdante pendant ce temps reçut sa punition et les coups de cravache lui arrachèrent d’émouvants gémissements. Je n’étais pas insensible à ce spectacle et ma verge me faisait mal tellement je bandais.
« Et là tu sens quelque chose ? » lui demandais-je en enserrant son gland.
Il rit tout en se dégageant.
.
Les courses se succédaient et bientôt je fus entouré d’hommes ayant à leurs pieds de jeunes pouliches soumises et dévouées. Chu participa à la vente aux enchères. Il m’offrit une somptueuse créature toute de cuir harnachée. Sa beauté me donna une irrésistible envie de la posséder sauvagement. Accroupie à mes pieds elle attendait un ordre de ma part. Je la saisis par ses cheveux noués en queue de cheval et lui donnais ma verge à sucer. Je fermais les yeux de bonheur sous la précision de la caresse. »
« Cela ne m’étonne pas. » répondis-je.
Il ne releva pas se contentant de caresser mes seins. Mes pointes frémissaient sous sa main et je ne bougeais pas, étendue lascivement à ses côtés Cette soirée m’apparut dans toute son irréalité. Ma métamorphose semblait correspondre à une inéluctable prise de conscience. Perdue dans mes pensées, des sentiments contradictoires occupaient mon esprit. Pouvait-on donner son corps à un inconnu par amour pour son Maître ? Et lui se pouvait-il qu’il m’aime et désire m’offrir à un autre ? Ou n’étais je qu’un objet entre ses mains ?
Il me regarda et pendant un instant je sus qu’il devinait le combat qui se livrait en moi. Il faillit prononcer les mots que secrètement j’espérais mais il se ravisa et poursuivit son récit.
« Soudain monsieur Chu me toucha l’épaule et m’indiqua le podium. Levant les yeux je sursautais. Pour la première fois de la soirée une européenne allait affronter une asiatique. Elle était attelée à un buggie. Cette dernière course de la soirée promettait d’être passionnante. Les paris connurent un rebond de frénésie.
Plus grande d’une tête que sa concurrente, elle avait de longs cheveux blonds, un corps musclé et de longues jambes.
Ses seins généreux attiraient tous les regards, deux clochettes y étaient suspendues et tintaient à chaque pas. Le jockey armé d’un long fouet souple lui taquinait les fesses et elle sursautait à chaque caresse. Nerveuse, elle prit place sur la ligne de départ. Chu se pencha vers moi et me demanda si je voulais parier. J’acceptais avec joie et pariais 200 dollars sur sa victoire. Elle était cotée à 10 contre 1 ! »
« Et bien sûr tu as perdu ! »
« Arrête de m’interrompre » tu es trop impatiente.
« Au signal elle bondit tétanisée par le coup de fouet qui atteignit le bas de ses reins. Elle prit la tête pendant les vingt premiers mètres, mais irrésistiblement son adversaire regagnait le terrain perdu. Son jockey l’encourageait de coups bien ajustés mais rien n’y fit. Elle fut coiffée sur le poteau par sa concurrente. Conscient des enjeux suscités, son driver la punit sévèrement. Elle cria et gémit bien plus fort que ses consœurs, suppliant son tortionnaire de l’épargner. Mais il n’en fit rien et elle dut subir sa punition jusqu‘au bout. Une dernière volée de coups de fouet la laissa effondrée sur le sol et elle fut rapidement traînée en direction de la salle des supplices. Chu me murmura à l’oreille que j’allais pouvoir lui faire payer chèrement sa défaite et cette proposition m’excita bien plus que je ne l’aurais imaginé. »
« Vois-tu, ce spectacle avait quelque chose de fascinant tout en étant profondément amoral.
La nuit que je passais fut peuplée de plaisirs indescriptibles. La docilité de celle qui était devenue ma petite esclave attitrée m’enchanta. La découverte de la salle des supplices où était pratiqué l’art du shibari enseigné par des maîtres de cérémonies m’émerveilla. Je restais admiratif devant le raffinement des tourments infligés et la mise en scène toute imprégnée de l’esprit japonais. J’étais conquis, subjugué par ce culte de la beauté et par ces rites secrets. Et bien sûr, je m’initiais à ces pratiques découvrant le plaisir de tourmenter ces jeunes corps consentants.»
Il s’arrêta de parler et sembla émerger d’un rêve. Je lui caressais doucement son sexe dressé.
« Et depuis tu ne peux plus t’en passer. Tu aimes me voir souffrir, n’est-ce-pas ? » dis-je dans un souffle.
« Oui, mais tu ne fais pas que de souffrir dans mes bras, petite hypocrite » et il m’enlaça tendrement. Nous refîmes l’amour jusqu’au petit matin.
Suite à cette nuit nos relations prirent un tour nouveau. Une complicité nous unissait dans une même recherche. Il m’avait dévoilé une partie de son passé et m’avait jugée digne de confiance.
Un trimestre idyllique venait de s’écouler ainsi. Contrairement à Valérie qui devait subir à son corps défendant, les attouchements de son patron et le satisfaire d’une manière conventionnelle, Julian avait instauré des règles d’obéissance basées sur l’imagination et la perversité.
Ainsi pour ma tenue au bureau j’avais l’obligation de la choisir afin que je sois toujours accessible et offerte. Je n’avais bien entendu pas l’autorisation de croiser les jambes et sa main devait à tout moment pouvoir se glisser en moi.
Il aimait m’exciter dès le matin et me maintenir dans cet état tout au long de la journée. Il variait les plaisirs à l’infini. Parfois il m’accrochait une pince à mes lèvres avec un poids afin disait-il de les allonger, ou parfois me glissait un god dans l’un ou l’autre de mes orifices afin que je me souvienne à tout instant de ma condition de soumise. Je ne savais pas à cette époque que cette domination physique et cérébrale était basée sur des rapports sadomasochistes. Il avait subtilement développé ma tendance naturelle à l’obéissance et j’étais continuellement humide. Les sens exacerbés j’étais prête à le satisfaire pour des demandes toujours plus insolites. Mon impudeur n’avait d’égale que son imagination perverse. Je me souviens qu’un des ordres auxquels j’avais le plus grand mal à obéir consistait à peine il effleurait mon clitoris, à tirer ma langue. Cela devait devenir un réflexe, une seconde nature. Devant mon manque d’empressement, il avait pris l’habitude de me punir en accrochant une pince lestée d’un poids à ma petite langue rose et j’étais particulièrement honteuse de voir couler ma salive en même temps que s’humidifiait mon petit bouton. Cette soumission quotidienne était facilitée par le fait que je vivais pratiquement chez lui, ne rejoignant mon appartement qu’épisodiquement. Parfois il m’attachait dans son lit, étroitement entravée et engodée et me laissait seule dans l’incapacité de bouger pour la nuit, sortant rejoindre des amis. Cela paraît complètement surréaliste mais son attitude était empreinte de respect et je me sentais désirée et aimée.
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"Je ne suis qu’un peu d’air, mais tellement sensible que tout semble à l’envi me désigner pour cible et pourtant je ne te suis rien et tu m’oublies. C’est ta peur de la mort qui nous réconcilie". Il y a des poètes de la douceur, comme il y a des poètes de la colère. Supervielle en fait partie. Figurons-nous le un instant, grâce à la plume de Claude Roy: "Grand, maigre, plissé, caverneux, mal déplié dans son corps, comme un cheval qui se souvient d’avoir été préhistorique et de n’avoir pas eu de nom encore dans les dictionnaires des hommes à venir." Supervielle hante vaguement nos réminiscences écolières à la manière des vieux fantômes las et fatigués. Il fut pourtant nommé "Prince des poètes" par ses pairs, quelques jours avant de rendre l’âme en 1960. On trouve ses œuvres poétiques complètes en un volume à la Pléiade, mais ses contes n’ont jamais été édités en recueil, son autobiographie est introuvable et aucune biographie ne lui a jamais été consacrée. Les enseignants encore férus de poésie l’aiment et le font aimer à leurs élèves. Les enfants qui grandissent oublient qu’ils apprirent à lire avec lui et le passent à la trappe des grands dédaignés. "Mais avec tant d’oubli comment faire une rose. Avec tant de départs comment faire un retour ? ", se demandait-il déjà, lucide et trop conscient lui-même des pièges de la mémoire. On le prend facilement pour un poète ornemental, celui qu’il faudrait faire lire dans les cours d’école ou les maisons de retraite. Et peut-être est-ce vrai, mais pas pour les raisons que l’on croit. L’innocence et le goût de la fable, l’amertume conciliante et la nostalgie des choses passées ne seraient-elles réservées qu’aux "à peine nés", aux "presque morts" ? À l'élection de l'entre-deux comme espace privilégié de l'écriture, la biographie du poète apporte une première explication. Né à Montevideo, en Uruguay, de parents français, Jules Supervielle est à peine âgé de huit mois lorsque son père et sa mère, en août 1884, traversent l'Atlantique et rejoignent la France où ils disparaîtront accidentellement quelques mois plus tard. D'abord recueilli par sa grand-mère maternelle au Pays basque, Supervielle s'en retourne à Montevideo avec son oncle en 1886. Il en reviendra huit ans plus tard pour entreprendre ses études secondaires à Paris, au lycée Janson-de-Sailly. Son imaginaire d'orphelin va se loger entre deux mondes. Ses premiers essais d'écriture vont tenter tant bien que mal de conjurer l'oubli et de consoler la perte. La première plaquette de poèmes que Supervielle publie à compte d'auteur, en 1901, s'intitule "Brumes du passé". Elle s'ouvre sur un court texte: " À la mémoire de mes parents": Il est deux êtres chers, deux êtres que j'adore, mais je ne les ai jamais vus, je les cherchais longtemps et je les cherche encore. Ils ne sont plus ... Ils ne sont plus ..."
"Je n'ai rien reçu de vous depuis mon arrivée. J'espère avoir un mot cette semaine ! Mon adresse, jusqu'à la fin Juin toujours la même. Vous me manquez beaucoup. J'ai ici de gentils camarades mais quand je parle avec eux. Il me semble que nous ne donnons pas aux mots le même sens. Il faudrait tous les définir, un à un et encore." Fasciné par le vide et l'absence, le poète adolescent ne peut alors que s'essayer à des évocations mélancoliques dont le caractère très conventionnel suffit à démontrer combien elles font office de diversions à la douleur ou de déni d'une vérité insupportable. Supervielle entre en poésie en s'efforçant de boucher un trou. Il n'est pas encore à même de faire entendre sa voix, puisqu'il lui faut avant suturer les lèvres de sa blessure intime et éluder son "moi profond." Le lyrisme sentimental de ses débuts entremêle des influences étrangères, un peu de Parnasse pour la description, un peu de symbolisme pour le rêve éthéré, et beaucoup de musique verlainienne pour l'inflexion des "voix chères qui se sont tues. Si limité soit-il, cet originel rapport à la poésie ne manquera pas d'infléchir la trajectoire tout entière de l'oeuvre de Supervielle dont il semble qu'une part importante tende vers un classicisme naïf. C'est dire qu'elle maintiendra jusqu'au bout un rapport à la tradition du vers et à sa mélodie ayant pour objet d'inscrire contradictions et déchirures dans une langue de la continuité qui les apaise. "Pour moi, avouera-t-il dans "Naissances", ce n'est qu'à force de simplicité que je parviens à aborder mes secrets essentiels et à décanter ma poésie profonde." Paul Éluard lui écrivit un jour: "Vos poèmes m’aident à vivre. "Ce n’est pas rien, ni si fréquent, un poète qui aide à vivre. Supervielle est de ceux, bien rares au XXème siècle, qui se sont toujours refusés aux charmes vénéneux du mystère qui fait les beaux jours de l’entre soi poétique. Voici un poète qui ne supporte pas de n’être pas compris. "Personnellement je suis un peu humilié quand une personne sensible ne comprend pas un de mes poèmes. Je me dis que ce doit être ma faute et je tourne et retourne mon poème pour voir d’où elle provient. Quand j’ai voulu dire quelque chose et pas autre chose, je tiens à ce qu’on saisisse exactement ma pensée." Il s’excuse même par avance dans la "prière d’insérer" de son recueil titré "Le Forçat innocent" : "S’il m’est arrivé, dans les précédents recueils, de tomber dans le désordre, sinon dans l’hermétisme, ce fut toujours malgré moi. Et j’espère que cette fois."
"Marins qui rêvez en haute mer, les coudes appuyés sur la lisse, craignez de penser longtemps dans le noir de la nuit à un visage aimé". Supervielle est venu à la poésie pour survivre. Ce n’est pas un littérateur, mais un homme qui tente de transmuter des cauchemars en leçons existentielles. Comment fabrique-t-on avec des mots quelque chose qui permette de survivre à l’abandon ? Comment devient-on celui que l’on est ? Et comment s’assure-t-on que celui que l’on est devenu est bien le même que celui qu’on était ? Ces questions qui l’occuperont toute sa vie n’ont pas surgi des limbes. Il nous faut retourner à son enfance pour les comprendre. Jules naît le 16 janvier 1884 à Montevideo, en Uruguay. Issu d'une famille de banquiers d'origine basque, très vite orphelin, ses parents furent emportés par le choléra, il fut élevé par des membres de sa famille d'abord en Uruguay, puis en France. La perte de ses parents influencera sa sensibilité et lui inspirera des oeuvres sur les thèmes du manque, de l'absence et de la mort. En France, le jeune Supervielle, qui déjà parlait le français, l'anglais, l'espagnol et le portugais, découvrit les poètes du dix-neuvième siècle comme Alfred de Vigny, Leconte de Lisle, Victor Hugo et surtout Lautréamont. C'est ainsi que ses premiers poèmes furent d'inspiration clairement parnassienne. Après avoir effectué son service militaire, il décrocha une licence d'espagnol à la Sorbonne et revint en Uruguay. Il s'y maria l'année suivante avec Pilar Saavedra. Son amour pour Pilar lui inspira le recueil "Comme des voiliers" (1910). Puis il retourna à Paris tout en continuant à faire de fréquents voyages en Amérique Latine. En 1919, parurent "Voyage en soi", "Paysages", "Les poèmes de l'humour triste", "Le goyavier authentique", dédiés à sa mère, ces poèmes créent des images de paysages terrestres et maritimes, d'arbres, de plaine et de montagnes vus à travers les yeux du poète-voyageur. Il trouvera cependant sa vraie voix poétique avec "Débarcadères" (1922). Désormais bien installé dans le milieu littéraire parisien, il devint l'ami de Valéry et de Michaux, publia les recueils qui, dans la lignée de "Débarcadères", continrent ses meilleurs poèmes: "Gravitations" (1925), "Le forçat innocent" (1930) et "Les amis inconnus" (1934).
"Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons, et regarder pour mieux se taire, écouter les paroles et ne jamais répondre. Il faut savoir être tout entier dans une feuille et la voir qui s'envole". Dans le même temps, il écrivit également de la prose, avec "L'homme de la pampa" (1923), roman d'une extrême inventivité, "Le voleur d'enfants" (1926) et "Le survivant" (1928). Supervielle était en Uruguay lorsque la seconde guerre mondiale éclata, et il vécut très mal cet exil. Son amour de la France et sa santé défaillante l'inspireront pour écrire le recueil intitulé "Poèmes" (1945). En 1946, il revint à Paris en tant qu'attaché culturel honoraire uruguayen. Son ultime recueil, "Le corps tragique" fut publié en 1959, il meurt l'année suivante, le 17 mai 1960. Élu prince des poètes par ses pairs la même année, il est inhumé à Oloron-Sainte-Marie.
Bibliographie et références:
- Jacques Arthaud, "La poésie selon Supervielle"
- Béatrice Bailly, "Jules Supervielle"
- Louis Cattiaux, "Transhylisme"
- Michel Collot, "Œuvres poétiques complètes"
- Claude Roy, "Jules Supervielle"
- Sabine Dewulf, "Jules Supervielle ou la connaissance poétique"
- Jacques Le Gall," Les Pyrénée"
- Odile Felgine, "L'Ecriture en exil"
- Ignacio Bajter, "Jules Supervielle"
- Jacques Le Gall, "Les Pyrénées. Saint-Jean-Pied-de-Port"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Nos paroles sont lentes à nous parvenir, comme si elles contenaient, séparées, une sève suffisante pour rester closes tout un hiver ou comme si, à chaque extrémité de la silencieuse distance, se mettant en joue, il leur était interdit de s’élancer et de se joindre".Tenter de cerner la poétique de René Char est un sujet attirant par sa difficulté même. Quelle méthode adopter ? À ne considérer que le nombre de pensées qu'il a consacrées à la vocation de poète, à la nature et à l'exercice de la poésie, la tâche devrait pourtant être aisée. Nul poète, peut-être, parmi les contemporains, n'a laissé tant de jalons le long de sa route. Mais dès qu'il s'agit d'introduire parmi ces pensées quelque structure qui rende leur ensemble comparable à telle autre poétique, le terrain vient à manquer. C'est que cette structure serait parfaitement étrangère à ce qu'elle prétend expliquer. Continuant à réfléchir à l'élusivité de ce qui s'obstine ainsi à fuir toute tentative de définition, le lecteur de René Char finit par comprendre que la clef du mystère doit résider dans son élusivité même. Cerne-t-on le vent ? Emprisonne-t-on l'éclair ? Or, chez lui, toute démarche, est mouvement perpétuel et s'abolit dans son accomplissement, orientée qu'elle est vers l'unique. On ne saurait réduire aux rouages d'un système le cheminement d'une pensée qui évite si obstinément de repasser sur ses propres traces une seconde fois. Non seulement le poète se refuse-t-il ainsi à encourager imitateurs et disciples futurs. Il se force lui-même à quitter sa propre piste, à ne jamais "demeurer". "Epouse et n'épouse pas ta maison." ("Feuillets d'Hypnos") Qu'est-ce à dire, sinon que la tension créatrice provient de cette apparente entorse à la logique ordinaire, impératif d'épouser et de pas épouser tout à la fois. Qu'épouser soit vu comme une prise en charge totale, cela ressort du fait que le poète ne réclame cette unité que pour la scinder, tout aussitôt. À qui ne se donnerait qu'à contrecœur, à moitié, il ne serait pas nécessaire d'ordonner la séparation brutale et salutaire. "Epouse et n'épouse pas ta maison", c'est l'exigence de la plus haute intensité dans chaque "habitation" successive; chaque geste, chaque démarche, chaque image auront la nouveauté des commencements et l'éclat des choses menacées. Leur apparition unique tire leur prix justement de ce qu'ils ne reviendront pas. Mais se peut-il qu'une poétique soit fondée sur une telle discontinuité ? Oui, à condition justement d'admettre qu'il existe une poétique de la discontinuité. Or, chez ce poète qui s'identifie à la force et à la mobilité du vent, le mot, c'est "Quitter", titre d'un groupe de poèmes. On pourrait citer la tendance de René Char à l'aphorisme pour illustrer ce goût pour l'unique et pour l'absolu sur le plan de la création poétique.
"Notre voix court de l’un à l’autre, mais chaque avenue, chaque treille, chaque fourré, la tire à lui, la retient, l’interroge. Tout est prétexte à la ralentir". Engagé dans les maquis et refusant toute publication pendant la durée de la guerre, René Char semblait entériner l’incompatibilité entre l’action sur le terrain et l’action par la poésie, "dérisoirement insuffisante". La lecture approfondie de "Fureur et Mystère" incite cependant à nuancer de telles affirmations. Les questions abordées au fil des articles permettent de cerner les caractéristiques d’une poésie résistante qui refuse de se dire "poésie de la Résistance. "Il y est question notamment des relations entre l’action et le verbe, du recours au silence poétique et à l’obscurité, du choix des formes, du rôle joué par la figure de Sade. Souvent, dans l'histoire de la poésie, la double exigence de l'esthétique et de l'éthique a été ainsi réunie en une seule et même exigence. Mais cette affirmation unifiante a parfois abouti au sacrifice de l'une ou de l'autre exigence. Soit que l'engagement du poète monopolise sa vision jusqu'à lui faire croire que la beauté, nécessairement, suivra la fidélité, soit qu'orgueilleusement il réduise l'éthique à l'esthétique, le poème devenant la totalité de son engagement. Chez Char, les deux exigences sont maintenues dans une tension dialectique qui force le poète à une expansion constante de son être. Le donné est accepté pour ce qu'il est, y compris toutes ses laideurs qui sont sans doute les courbes mêmes de la volonté poétique jaillie d'elles comme leur négation. Toute expérience n'en est que plus pleinement vécue. Aborder la vie et ses émotions en littérateur n'avance en rien la littérature. Fraternelle, la poésie de René Char l'est parce qu'il vit la fraternité et non parce qu'il l'aurait choisie comme sujet et ambiance de sa poésie. Mais la vie en expansion, c'est déjà chez René Char l'expansion de la parole telle que la passerelle de l'artifice s'avère rapidement superflue. On est tenté de penser qu'aux yeux du poète une insuffisance dans l'expression pourrait bien provenir, chez ceux qui cherchent la poésie sans la trouver, d'une insuffisance de vie. L'idéal serait que tout poème fût cela, en effet. Mais les grands poèmes sont ceux de "l'instant de la déchirure", alors que la parole cesse d'être simplement le contenant de la réalité et du songe et le lieu de leur affrontement, et qu'elle devient elle-même poème, alors qu'en dehors de ces moments privilégiés elle avait simplement "penché pour le poème." Quels sont ces moments heureux de la création ? Il se pourrait que ce soient simplement les moments malheureux de la vie et que "l'instant de la déchirure" par laquelle la vie fait irruption dans le poème soit aussi instantde déchirure pour l'âme. Et ne s'agirait-il pas, en fait, de la même déchirure ? "Etre poète, c'est avoir de l'appétit pour un malaise dont la consommation, parmi les tourbillons de la vie, provoque, au moment de la fin, la félicité."
"Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul. Là est ton contrat. La lucidité est la douleur la plus proche du soleil. Les arbres ne voyagent que par leur bruit". Cet emprisonnement du vécu l'éternisait sans l'idéaliser. René Char portait trop de respect et d'amour à la vie pour vouloir lui conférer une beauté autre que celle qu'elle possède en étant exactement, et souverainement, elle-même. Ainsi, le poème ne saurait fournir au poète l'occasion de vivre une expérience substituée à celle qu'en fait il n'a pas vécue. Le poème, dans ce sens, est véhicule d'inachèvement plutôt que de perfection: " Magicien de l'insécurité, le poète n'a que des satisfactions adoptives. Cendre toujours inachevée." Nous voyons là une des raisons pour lesquelles René Char a dépassé le surréalisme. L'imprévu lui-même peut devenir prévisible. Habitué à voir s'entrechoquer des images inattendues, le lecteur pourrait finir par considérer l'inattendu lui-même comme un procédé. Est-ce à dire que Char ne se soucie pas de l'expression poétique ? Tout au contraire. C'est parce qu'il s'en soucie au plus haut point qu'il se refuse à s'installer dans une forme poétique et dans une imagerie éprouvées une fois pour toutes. Que le poème doive être une réussite sonore, avec tout ce que cela comporte d'harmonie et de puissance suggestive, cela va de soi aux yeux de René Char. Sans ces qualités, pas de véritable poésie, pas de poème, tout simplement. Un poème ne mérite son nom qu'à force de risques. Char ne parle pas de littérature engagée; il ne connaît d'autre parole qu'engagée, dans une vie qui l'est également. Pour lui, écrire se définit à tout moment comme "l'acte poignant et si grave d'écrire quand l'angoisse se soulève sur un coude pour observer et que notre bonheur s'engage nu dans levent du chemin." N'est-ce pas là l'image même de la création devant l'absurde telle que la conçoit Camus ? C'est de Sisyphe que Char nous parle lorsqu'il parde de la condition du poète. Or Sisyphe n'est grand que parce qu'il est menacé. La création absurde telle que nous la vivons au XXIème siècle diffère des notions plus anciennes de la création surtout par la lucidité inhérente, selon elle, au regard du créateur. Cette lucidité a pour revers l'angoisse, et la poésie moderne connaît nul bonheur qui n'ait pour témoin l'œil fixe de l'angoisse. C'est là son inconfort. Impossible de s'endormir. Le poète connaît la solitude dans la mesure où nul autre ne s'aventure aussi loin que lui dans la connaissance de l'instable. Car à ce degré solitaire de conscience et de lucidité le poète, plus que jamais, retrouve autrui. La poésie est "commune présence", et "le poème est toujours marié à quelqu'un."
"Nous vivons avec quelques arpents de passé, les gais mensonges du présent et la cascade furieuse de l'avenir. Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux". Le silence est un acte poétique à part entière. La parole doit être laissée un moment en suspens avant d’être relayée par l’action. La poésie de Char est aux antipodes de celle d’Aragon, épopée, "bel canto" ou "carmen." Si le silence et la "parole entravée" sont constitutifs d’une certaine poésie moderne, chez Char ils témoignent d’une violence consentie pour échapper à la rhétorique et à la gratuité des images. Le silence est résistance contre la propagande nazie, mais aussi contre le bavardage littéraire. Aucun culte de l’ineffable toutefois dans l’écriture de Char. Le silence est le préalable d’une parole authentique, la poésie est le "non encore formulé", le refus de la forme figée. La poésie est parole d’enfance, parole émergente. La "voix d’encre" ne parle jamais qu’à "l’asymptote du silence." Char indéniablement fuit le style "cocardier." Le poème en prose est allégé malgré la gravité du propos. Les nombreuses occurrences du motif de l’apesanteur traduisent le refus de toute morale édictée, au nom d’une conception nietzschéenne de la liberté. N’obéissant qu’à ses propres règles, cette forme coïncide avec une "morale du soulèvement, de l’autonomie, du dépassement." Les ressources propres à la poésie y atténuent le sérieux de la sentence, tout en maintenant intacte l’énonciation d’une éthique de la révolte. Hostile à toute résolution des contraires, le poème en prose vit de mystère, d’ambiguïté et d’hybridité. Le poème n’est ni plainte, ni consolation, ni charme, ni divertissement, ni maniérisme, ni quête d’un sacré galvaudé, ni rhétorique gratuite. La poésie est un faire qui, travaillant avec la résistance de la langue, produit des "accès de sens" comparables à des "accès de fièvre", fulgurants, aphoristiques. La poésie se fait combattante. Pour porter cette fureur, les mots se font silex, ils sont "repères éblouissants" ou au contraire rêveurs, inquiétants. Lieu d’une expérience resserrée, l’écriture doit être précise et efficace comme les tirs du maquis. Mais elle se déploie aussi en "extension", adoptant toutes les formes et toutes les énonciations possibles. La dureté, les antagonismes, l’insécurité l’emportent. Les métaphores fluides, le lyrisme musical n’y ont pas leur place. "Les Feuillets d’Hypnos", ce sont des notes rapides, intermittentes comme l’action, ajustées à elle, au plus précis, au plus bref. Parallèlement sont revendiquées, dès le texte liminaire, les plus hautes exigences morales. La poésie de Char est solidaire d’une poignée d’hommes réunis dans un paysage bien localisé du Vaucluse, à la fois champ de bataille et refuge. La nature complice se personnifie et souffre. Le poète préconise un engagement "terrestre", sensoriel et païen malgré sa soif d’infini. La présence silencieuse, pure, précaire est exacerbée par l’idée de la finitude. Les villageois, bergers, artisans, vagabonds, cueilleuses de mimosas,"princes" de la terre, sont les défenseurs d’une nature et d’un monde menacés, et le poète est le "conservateur des infinisvisages du vivant." L’homme qui lutte est lucide, assoiffé, espérant indéfiniment, apte à transformer la défaite en victoire.
Œuvres et recueils poétiques:
- "Les Cloches sur le cœur", (1928)
- "Arsenal", (1929)
- "Le Tombeau des secrets", (1930)
- "Ralentir Travaux", (1930)
- "Le Marteau sans maître", (1934)
- "Moulin premier", (1936)
- "Dehors la nuit est gouvernée", (1938)
- "Seuls demeurent", (1945)
- "Feuillets d'Hypnos", (1946)
- "Fureur et Mystère", (1948)
- "Lettera Amorosa", (1953)
- "La Parole en archipel", (1952-1960)
- "Dans la pluie giboyeuse", (1968)
- "Sur la poésie", (1974)
- "Œuvres complètes", (1983 Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade)
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Nathalie la douce ingénue : suite chapitre 6 : Réminiscences
Je ne sais pas si vous croyez au destin, aux vies antérieures et à toutes ces histoires de réminiscences qui font la couverture des magazines. Moi pas. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de me poser des questions. Adolescente, je faisais souvent un rêve étrange. Un rêve de princesse. Mais toutes les histoires qui parlent de princesses ne sont pas toujours des contes de fées.
Il était une fois une princesse trop blême, aux longs cheveux soyeux qui du haut d’une tour, guettait le retour de son seigneur et maître, partit guerroyer. Le château, imposante citadelle juchée au sommet d’un pic vertigineux, dominait toute la plaine, et le chemin escarpé qui y menait n’était guère emprunté par les voyageurs.
La princesse Ysabel n’avait que peu de distractions. Un de ces plus grands plaisirs consistait à monter Coly, un magnifique destrier à la robe grise. Elle aimait le chevaucher des heures durant dans la forêt entourant le domaine. Elle en connaissait tous les secrets. Les sentiers dissimulés qu’empruntaient, dit la légende, les esprits de la forêts. Elfes mutins et fées espiègles, se rendent certains soirs dans une clairière et y dansent des rondes folles au son du violon et de la harpe. Gare au malheureux voyageur qui écoute leurs chants. Ces mélodies aux pouvoirs ensorceleurs et à la beauté romantique exercent, un charme fatal sur les oreilles humaines.
Ysabel aimait aussi, au terme d’une promenade, se rafraîchir au bord d’une cascade et se reposer à l’ombre d’un buisson d’aubépines. Mais par superstition ou par prudence, jamais au grand jamais, elle ne serait restée dans les bois une fois la nuit tombée.
C’est pourquoi Ardabert, le fidèle capitaine des gardes, scrutait avec anxiété par cette chaude fin d’après-midi du mois de juillet, le ciel chargé de nuages sombres. L’orage n’allait pas tarder à éclater et toute la montagne semblait se préparer à la fureur des éléments.
Ysabel au cours de sa promenade avait suivi le cours d’un torrent qui serpentait au creux d’un frais vallon. Son cheval avançait d’un pas vif et assuré. Ysabel lui avait lâché la bride afin de lui permettre de choisir son chemin dans les passages caillouteux. Elle voulait rejoindre un petit lac situé plus haut dans la montagne. Les jours de grande chaleur elle avait coutume de s’y rafraîchir. Des genêts dorés se dressaient par endroits devant les flancs de Coly, et caressaient au passage les mollets de la princesse.
Le murmure de l’eau, les chants d’oiseau étaient les seuls bruits perceptibles. Ces moments de quiétude remplissaient le cœur de la princesse de bonheur. Des sapins centenaires ombrageaient le sentier et, leur odeur mélangé à la sueur du cheval et à son propre parfum, lui montaient doucement à la tête.
Elle se promit de se rappeler ces senteurs lorsque l’hiver venu, elle sera cloîtrée au château, auprès d’un grand feu de bois crépitant dans l’immense cheminée. Imperceptiblement elle frissonna. Que les hivers étaient longs et pénibles dans cette forteresse glaciale. Qu’il serait doux de passer cette saison dans la vallée au climat clément.
Mais son mari Ygor, seigneur et maître du comté ne voulait en aucun cas quitter son fief situé sur ce pic d’aigle imprenable.
Ygor, comme son souvenir lui paraissait lointain. Mariée à 16 ans, elle avait dû renoncer à la douceur d’un palais vénitien où les fêtes se succédaient, et à un père attentionné qui lui passait le moindre de ses caprices. Otage d’une union forcée, elle s’était retrouvée toute tremblante dans les bras d’Ygor. Fier guerrier, bon chasseur, mais si peu au fait des rêves d’une princesse de sang royal.
Aujourd’hui âgée de 20 printemps, elle ne s’estimait pas malheureuse. Ygor était un bel homme, grand, bien bâti. Malgré sa nature frustre et sauvage, il n’en était pas moins un bon mari. Ses étreintes passionnées, si elles n’avaient pas encore réussies à lui donner à ce jour ce fils tant désiré, lui avaient pourtant révélé un monde de plaisirs insoupçonnés. A cette pensée, elle sentit une douce chaleur envahir le creux de ses reins. Elle profita adroitement des mouvements du cheval pour prolonger ce moment. L’ascension touchait à sa fin. Au détour du sentier, elle aperçut le lac aux couleurs d’émeraude, qui resplendissait dans son écran de verdure. Impatient, le cheval pressa l’allure désireux de se désaltérer.
La vue sur la vallée était d’une beauté saisissante. Quelques rares bergers habitaient l’été la montagne, et les troupeaux de moutons s’égrenaient sur les versants abrupts. Des clochettes, accrochées au cou des bêtes annonçaient de loin leur présence. Le berger n’étant jamais très éloigné, Ysabel aimait aller saluer ces hommes, rudes mais honnêtes, qui la traitaient avec tout le respect dû à son rang. Mais nul bruit de clochettes ne tintait dans le lointain. Elle était seule.
Arrivée au bord du lac, elle sauta avec agilité au bas de sa monture. Après s’être déchaussée, elle courut dans l’eau, éclaboussant sa robe et poussant de petits cris de joie. Prise d’un désir soudain, elle se dévêtit et se jeta à l’eau, nue. Elle nagea dans l’eau fraîche.
Toute à son bonheur, elle ne s’était pas aperçue que tapis derrière un rocher, deux hommes épiaient le moindre de ses gestes.
A pas de loup, les inconnus s’approchèrent de l’endroit où Ysabel avait déposé ses vêtements. Cachés par les joncs, ils la guettèrent à sa sortie de l’eau et à l’instant où ruisselante, elle voulut attraper sa robe, ils la coiffèrent d’un sac de toile et la ceinturèrent. Elle hurla, mais le sac fut resserré et les cris s’étouffèrent dans sa gorge.
Rapidement, elle fut entraînée par ses ravisseurs derrière un des rochers bordant le lac.
« Allons ma belle cesse de gigoter où je t’embroche avec mon épée. »
La voix lui parvenait assourdie.
Une autre voix s’éleva.
« Par tous les diables, la pêche a été fameuse quelle jolie prise dans nos filets »
« Je vous en supplie laissez moi partir » la voix d’Ysabel était faible.
« Cesse donc de geindre comme une pucelle effarouchée, on va te sortir de ta nasse. Mais n’essaie pas de nous jouer un mauvais tour sinon… »
Et dénouant le sac d’un coup sec, ils la libérèrent du noir dans lequel elle se trouvait plongée. La clarté du soleil lui faisait cligner les paupières, et elle mit quelques instants avant de pouvoir les distinguer.
Elle détailla ses ravisseurs. Leurs visages étaient menaçants. Tous les deux mal rasés, à la chevelure hirsute. L’un était grand et anguleux, l’autre trapu. Vêtus d’habits de toile grossiers, de hauts de côtes dépareillés, et de bottes de cuir usés. Ils n’avaient pas dû changer de vêtements depuis longtemps. De courtes épées pendaient le long de leurs cuisses musclées. Celui qui paraissait être le chef tenait un fouet à la main. Certainement des soldats déserteurs devenus brigands ou mercenaires pensa Ysabel.
Soudain elle réalisa qu’elle était nue, s’offrant à leur regard. Pudiquement, elle cacha ses seins et son sexe.
« Messires laissez moi me vêtir. Une gente dame ne peut être surprise ainsi. »
dit-elle d’une voix mal assurée.
« Certainement pas coquine, si tu ne veux pas goûter de la lanière de mon fouet tu vas ôter tes mains de là. » La voix était menaçante.
« Messires je vous en conjure, épargnez moi cette honte. Mon seigneur vous comblera de présents. Je l’assurerai que vous m’avez sauvé d’un grand péril. Mais il vous tuera, si vous attentez à mon honneur. »
La réponse fut cinglante.
« Drôle de princesse que voilà. Je ne vois qu’une femelle lubrique qui a le feu au croupion. Tu as dû te plonger dans ce lac pour refroidir tes ardeurs. »
A ces paroles, le deuxième homme se mit à rire bruyamment.
« Je sais que j’ai mal agis en me baignant nue mais.. »
« Assez parlé. Allons, dépêche-toi catin où je te fouette… »
Dans un sifflement strident le fouet s’éleva dans les airs et cingla les chevilles de la princesse.
« Non pitié, je suis à votre merci. N’avez-vous aucun sens de la chevalerie ? »
« Assez, obéis où tu vas goûter de mon fouet »
Et un nouveau coup ponctua ses paroles.
Ysabel sentit les larmes monter à ses yeux, et d’une voix entrecoupée de sanglots elle reprit.
« D’accord, d’accord messires, j’ôte mes mains. »
et joignant le geste à la parole, elle dévoila son corps à ses deux bourreaux.
Elle est d’une grande beauté, sa peau a la pâleur du lait. Ses seins fermes aux formes harmonieuses sont un véritable appel à l’amour.
« Voilà qui est mieux ma belle, tu vas obéir à présent »
« Que dois-je faire ? »
« Ce n’est pas à toi de poser des questions, dévergondée, contente-toi d’obéir et sans traîner. »
Et dans un geste menaçant il releva son fouet.
« Non arrêtez. J’obéis » cria Ysabel.
« Voyons si tu as compris, catin, approche toi de mon compagnon et quoiqu’il te fasse, ne bouge pas »
Ysabel fit prudemment quelques pas vers l’homme qui la détaillait l’œil salace.
Tremblante, elle s’arrêta à distance respectable de l’inconnu et baissa les yeux. Pudiquement, elle serrait ses cuisses, sa toison blonde dissimulait maladroitement ses trésors. Ses longs cheveux blonds recouvraient en partie sa poitrine.
D’une main malhabile, le brigand entreprit de palper son corps d’albâtre. Avidement, il s’empara de ses seins, magnifiques présents aux douces courbures et à la douceur satinée. Il les malaxa sans délicatesse, arrachant une grimace de douleur à Ysabel. Sursautant sous ce contact brutal, tout son corps s’est raidi. Toutefois prudente elle ne fit aucun geste pour échapper à ces attouchements.
Subrepticement, le deuxième homme se glissa derrière elle, et saisissant sa chevelure, il tira d’un coup sec. Sa tête se renversa en arrière et son corps se ploya vers lui. De surprise, un cri s’échappa de sa bouche, et le traître en profita pour y glisser sa langue, fouillant sa bouche.
Il rit de l’avoir ainsi forcée et desserra un peu son étreinte.
« Te voilà moins fière. Ton seigneur ne devrait pas te laisser sortir sans ceinture de chasteté. »
La cambrure d’Ysabel donna des idées à l’autre compère.
D’un geste sûr, sa main se glissa entre les cuisses de la belle, là ou la peau si douce mène au délicieux sillon. Forçant le passage, ses doigts rugueux entreprirent de se frayer un chemin vers sa fente.
« Non, Non pitié » réussit-elle à articuler, tout en déglutissant avec peine.
Mais l’infâme renégat accentua sa pression, et Ysabel ne put résister. Sans ménagement les doigts fureteurs franchirent le doux rempart de son intimité pour s’enfouir en elle.
Arrivée à ce moment de l’histoire, invariablement je me réveillais en sursaut.
Bizarrement j’étais excitée, terriblement excitée.
Je ne savais pas qu’un jour, je vivrais une aventure ressemblant étrangement à celle de la princesse.
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Nathalie la douce ingénue : suite chapitre 5
CHAPITRE 5 : L’ETUDE DE MAITRE JULIAN
Maître Julian m’accueillit avec un café bien chaud. Cette attention me plut. La journée passa très rapidement et fort agréablement. Le travail était varié et intéressant. Au cours de la journée il se montra prévenant, attentif et il ne fit aucune allusion à ce qui s’était passé entre nous. Pour un peu j’aurais douté que tout ceci ne soit passé ailleurs que dans ma tête. Vint le soir et le cours d’anglais. J’étais tendue et mal à l’aise. Cette fois Maître Julian n’attendit même pas un prétexte pour me punir. Il exigea que je lui remette mon slip et que je soulève ma jupe. Tremblante j’obéis. Il put constater que j’étais épilée selon ses désirs. Satisfait, il me fit signe d’approcher. Je me raidis sous la caresse de ses doigts et lui en voulut de sa précipitation. Il m’examina attentivement comme s’il découvrait mon sexe. Visiblement il appréciait ma totale nudité et il s’amusa à pincer mes lèvres offertes.
Puis il me fit asseoir jambes écartées, jupe relevée et commença le cours d’anglais jetant de fréquents coups d’œil à l’agréable spectacle de ma chatte imberbe. J’étais troublée et du coup moins attentive et il lui fut facile de me prendre en défaut. Consciencieusement, il comptait les fautes que je commettais. Arrivé à dix il se leva chercha un objet le garda caché dans la paume de sa main et se dirigea vers moi.
« Debout»
J’obéis promptement, comme si j’attendais cet ordre depuis le matin.
« Déshabille-toi »
Je commençais par ôter mon chemisier et mon soutien-gorge et mes deux seins apparurent. D’un mouvement de la main il les effleura, les titillant légèrement pour en faire saillir les pointes.
Puis j’ôtais ma jupe et il m’intima l’ordre d’écarter les jambes. J’étais offerte et pourtant pudique. Belle et désirable devant mon tourmenteur. Je lui offris ma bouche. Tout en m’embrassant tendrement il saisit la pointe de mon sein et d’un mouvement rapide il y accrocha une pince. Je criais de surprise. Une légère douleur irradiait mon téton. Je tendis la main vers ma poitrine mais il me ramena les coudes derrière le dos. Et le cours reprit. A ma vingtième faute je fus à nouveau récompensée à sa manière ! D’une pince à l’autre sein. Puis aux fautes suivantes il m’accrocha une pince à chaque lèvre de mon sexe. Le poids les étira de manière impudique. Petit à petit la simple sensation de gêne provenant des pincements à ces endroits si sensibles faisait place à de la souffrance. Je protestais faiblement, n’osant pas ouvertement lui demander de les ôter. Compatissant, il m’embrassa et me caressa, mais il les laissa en place. Cette douleur irradiait tout mon corps en même temps qu’une une douce chaleur m’envahissait et rendait cette épreuve supportable dans l’attente de la délivrance.
Il prit la parole d’une voix douce mais ferme.
« A quatre pattes »
Je pris la position et les pinces étiraient tétons et lèvres vers le bas en remuant au moindre de mes gestes.
« Jambes et mains bien écartées »
J’obéis aussitôt
« Fesses en l’air »
Je me cambrais dans cette position dévoilant mon intimité. Mes fesses tendues, les deux globes bien dessinés ne semblaient attendre qu’une caresse pour s’animer. Je me sentais vulnérable, comme une petite fille qui va être punie pour des bêtises. A cette pensée un frisson involontaire parcourut mes reins.
« Bouche entrouverte, tu seras obéissante n’est ce pas ? »
« Oh oui Monsieur » répondis-je d’une voix faible.
« Ferme les yeux »
Maître Julian n’avait pas haussé le ton, mais les intonations avaient changé.
La menace à peine voilée me fit abaisser les paupières et retenir ma respiration. Troublée je ne bougeais plus dans l’attente.
Je perçus la présence d’un objet quelques instants avant qu’il ne s’attarde sur les courbes de mon corps. Une cravache qui descendit lentement, pour se poser sur mes mamelons. Elle les agita rapidement à tour de tôle et fit bouger les pinces. Je serrais les dents. Puis continuant son exploration elle s’insinua dans la raie des fesses, s’attarda sur mon sexe humide, et le quitta comme à regret. Sa main me mit un bandeau sur les yeux, et il fixa une chaînette reliant les pinces accrochées à mes seins. Une courte laisse y était accrochée et je me sentis tirée en avant. Docilement je me mis en marche pour une promenade peu ordinaire.
J’avais l’impression de marcher depuis des heures. Mes genoux et mes coudes étaient douloureux. Il prenait un malin plaisir à accélérer et à ralentir le pas, en tirant sur la laisse. Mes seins étaient devenus hypersensibles. J’appris à devancer ses ordres, mes sens aux aguets. Tout mon corps prêt à bondir et à se plier aux positions les plus insolites qu’il m’enseigna.
Apparemment satisfait de ma bonne volonté, je le sentis se placer derrière moi et il me prit dans cette position. Il me fît l’amour tout en tirant sur la chaînette pour tendre mes seins. Aussi étrange que cela puisse paraître je jouis, une jouissance animale.
Lorsqu’il retira les pinces, le sang refluant vers les extrémités provoqua une douleur violente et insupportable. Je hurlais. Il me prit dans ses bras dans un geste protecteur, me consola, et me félicita d’avoir supporté cette épreuve.
Le lendemain était le premier jour où je retrouvais mes camarades de classe. Cela me parut presque irréel de reprendre normalement les cours et de rire avec Valérie. Elle remarqua immédiatement certains changements en moi. Déjà ma tenue. Celle-ci était plus soignée, merci Mademoiselle, mais aussi dans mon attitude. J’avais mûri. Elle ne cessait de me questionner mais je ne voulus rien lui dévoiler. Elle gardait son insouciance et je me dis qu’elle avait finalement bien de la chance. Huit jours passèrent ainsi. Mon éducation continuait à son rythme et je commençais doucement à l’apprécier. C’est alors que tout bascula.
Ce soir là j’étais tranquillement chez moi, une soirée cocooning. J’étais devenue casanière, sortant et recevant peu. J’avais largué mon petit ami le trouvant fade et de plus il devenait terriblement jaloux, s’apercevant de ma transformation et devinant les bouleversements de ma vie.
Je regardais la télé lorsqu’un coup de sonnette me fit sursauter. Je me levais à contre cœur, bien décidée à chasser l’intrus qui osait me déranger en ce début de soirée. C'était Valérie qui se tenait devant ma porte. Elle avait l’air effondrée et je n’eus pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle se jeta dans mes bras en pleurant. Je la fis entrer et elle me raconta tout.
Son employeur, possédait plusieurs commerces florissants. Il n’était que rarement présent et avait tendance à la laisser agir à sa guise. Cette situation n’était pas pour lui déplaire et elle travaillait sans trop se fatiguer. Son boulot consistait essentiellement à de la vérification comptable. Etablir les bons de commande, éditer les factures, rien de très passionnant...
Et aujourd’hui elle avait commis une grave erreur dans la facturation et sa faute allait avoir des conséquences financières. Son patron l’avait convoqué à la fin de la journée et voulait la renvoyer séance tenante. Il téléphona devant elle à Mademoiselle Pinbal pour l’informer de sa décision. A sa grande surprise, celle-ci lui demanda de ne rien entreprendre avant sa venue et de l’attendre. Effectivement quelques minutes après elle arriva, déboulant comme une tornade dans le bureau. D’un rapide coup d’œil elle jugea la situation : Valérie pleurait à chaudes larmes et son employeur tournait en rond furieux. Prudemment, elle fit sortir Valérie pour s’entretenir en tête-à-tête avec le directeur et après des minutes qui parurent interminables, Valérie fut invitée à les rejoindre dans le bureau. La situation était toujours tendue. Mademoiselle la gronda d’une voix forte.
« C’est grave Valérie, par votre faute vous avez fait perdre de l’argent à la société, beaucoup d’argent»
Valérie pleurnicha de plus belle.
« Je comprends tout à fait la réaction de Monsieur Ernest. Vous méritez d’être renvoyée. Toutefois par égard aux bonnes relations que nous entretenons depuis de longues années il veut bien passer l’éponge »
« C’est vrai ? » s’exclama Valérie pleine d’espoir.
« Oui mais tu comprendras que tu dois payer pour ta faute. Pour que cela te serve de leçon » reprit Mademoiselle d’une voix posée.
« Je ferais très attention. Cela ne se reproduira plus » dit Valérie.
« Je l’espère bien mais en attendant, tu vas quand même être punie. Ici même et tout de suite. Es-tu d’accord ? »
« Oui mais.. »
« C’est oui ou non. Décide-toi. Vite »
Et Valérie prononça un timide oui.
Je devinais la suite des événements, cela ressemblait si étrangement à mon histoire.
Effectivement Mademoiselle lui ordonna de se lever et de se pencher en avant. Elle obéit, non sans essayer une dernière fois de parlementer. Mais les arguments de Mademoiselle étaient imparables. Que représentait une petite fessée face à un renvoi ? Etait-elle trop orgueilleuse pour obéir ? Elle se résigna et se pencha en avant saisit les montants du fauteuil dans lequel Monsieur Ernest avait pris place. Elle n’eut pas le temps de réaliser que déjà Mademoiselle l’avait déculottée et elle reçut une longue fessée de ses mains.
Bien entendu, Monsieur Ernest ne resta pas inactif. D’un geste vif il l’attrapa par les cheveux et ouvrant sa braguette il lui glissa son sexe dressé dans sa bouche. Valérie tenta bien de se dérober mais rien n’y fit. Monsieur Ernest la fit le sucer au rythme de la fessée que lui administrait Mademoiselle. Il jouit rapidement et elle dut avaler sa semence jusqu’à la dernière goutte. Elle s’enfuit honteuse du bureau. Tout d’abord elle ne sut pas quelle attitude adopter. Révoltée, elle voulut immédiatement dénoncer son employeur à la police, mais son erreur de facturation et les conséquences financières lui revinrent en mémoire et calmèrent ses velléités de vengeance. Prise d’une inspiration soudaine, elle courut chez moi pour me demander mon avis. Bien évidemment j’étais très mal placée pour la conseiller. Que pouvais-je lui dire moi qui vivait une situation analogue ? Je lui devais la vérité.
Je séchais ses larmes et je lui racontais mon histoire. Elle m’écouta incrédule. Ce fut une drôle de soirée. Nous étions tour à tour indignées, furieuses, résignées.
Des sentiments contradictoires occupaient notre esprit. Pour ma part je dus bien l’avouer, je trouvais des avantages à ma situation. Mon patron était séduisant, prévenant et généreux. Et je n’étais pas loin de là insensible à son charme. Elle même ne savait trop que penser et partant du principe que la nuit porte conseil, nous décidâmes de nous mettre au dodo.
Au moment du coucher, elle découvrit d’un air étonné mon sexe rasé. D’un doigt malhabile elle l’effleura et nous nous caressâmes, innocemment. Nous avions toutes les deux besoin de câlins et de douceurs et nous avions tant d’amour à donner. Lorsque nos jeunes corps furent rassasiés, nous nous endormîmes, épuisées dans les bras l’une de l’autre.
Le lendemain, dès notre arrivée à l’école, elle fut convoquée par Mademoiselle Pinbal et je ne la revis pas de la journée, mais je connaissais le déroulement de celle-ci. Je ne savais trop si je devais être triste ou contente de savoir que nous étions une fois de plus réunies et complices. Je regardais mes camarades d’un autre œil. J’avais bien remarqué que nous étions moins nombreuses. Combien parmi elles étaient tombées dans le même piège que Valérie et moi ? Je craignais de connaître la réponse. Naïvement, j’avais mis ces abandons sur le compte de la difficulté de trouver un employeur et sur les cours qui devenaient de plus en plus difficiles. Pourtant tout comme nous, les douze élèves restantes semblaient vouloir continuer. Notre façon de nous exprimer et nos tenues avaient évolué et nous ressemblions de plus en plus à des adultes. Nous avions découvert leur monde et perdu au passage une grande partie de notre innocence.
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Je retire ma main de son antre tout en lui frottant le clitoris qui était gonflé de désir et d’envie, puis elle prit son gode XXL et me le tendis.
Je compris qu'elle n'en avait pas assez et qu'elle en voulait plus, et je ne me fis pas prier pour lui donner du plaisir. Je lui enfonçai sans mal dans sa petite chatte et commençai des allers-retours. De l'autre main, je lui donnai des claques sur les fesses qui commencèrent à prendre une belle couleur.
Ensuite, je m'approchai d'elle et lui dis : "Je ne vais pas te prendre, j'ai juste envie de te voir jouir comme une folle." Je mis plus d'ardeur à l'intérieur de son sexe, et étonnamment, elle se mit à squirter, ce que j'adore et qui m'a excité encore plus. Lorsqu'elle me dit : "Je suis une petite fontaine," avec un sourire qui me satisfait en pensant au plaisir que je lui fais ressentir, j'ai été agréablement surpris.
Je suis très vicieux, alors je lui demandai de s'allonger sur le dos et entrepris de la faire ruisseler en mettant ma main sur son cou, qu'elle prit avec ses deux mains pour ressentir mon étranglement.
C'est à ce moment-là que je me suis dit que c'était elle avec qui je voulais m'amuser, car rien ne l'arrêtait, et ce côté masochiste me donnait du plaisir à faire ressortir mon sadisme, ce que j'ai rarement l'occasion de faire.
Ensuite, je la regardai jouir et gicler sur le lit et la moquette, c'était vraiment sublime et si excitant de voir un si joli visage d'ange se transformer en une si belle diablesse. Il ne faut pas se fier aux apparences. Nous nous arrêtâmes pour nous désaltérer, moi avec mon jus de fruit et elle avec son eau, et nous avons pris le temps de discuter de ce moment et d'autres.
Cependant, ce n'était pas la fin de notre rendez-vous, car nous avons continué la session encore plus intensément avec la cravache, le paddle, le martinet. Malgré mes paroles disant que je ne la prendrais pas sexuellement, elle entreprit de me défaire la ceinture, donc j'ai retiré mon pantalon et m'en suis servi sur ses fesses.
N'ayant pas fait de test hiv, et bien que je sache que je n'ai pas de maladie, pour sa sécurité, elle ne m'a pas sucé, mais elle a entrepris de me masturber avec désir en me regardant droit dans les yeux.
J'ai joui sur sa poitrine, quel plaisir de la voir souillée de mon sperme, qu'elle a pris en photo en me demandant l'autorisation, ce que je lui ai donné en cadeau pour le plaisir qu'elle m'a offert.
Nous avons passé deux heures ensemble à rire, à jouir et à prendre plaisir à chaque instant. Nous prévoyons de nous revoir pour continuer d'explorer ensemble de nouvelles pratiques, une relation de jeu S/M sans lien sentimental, juste des moments sexuels et des impacts.
Notamment qu'à ce jour, la balançoire n'a pas été utilisée, et je lui prévois d'autres pratiques que nous envisageons déjà de mettre en place.
Merci d'avoir lu mon récit, qui est le récit de ma réalité du moment que j'ai passé avec une diablesse qui se prénomme Vendeta.
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"La terre est bleue comme une orange. Jamais une erreur les mots ne mentent pas". "Il y a des mots qui font vivre et ce sont des mots innocents. Le mot chaleur, le mot confiance, amour, justice et le mot liberté. Le mot enfant et le mot gentillesse". Paul Éluard est le nom de plume du poète français Eugène Émile Paul Grindel (1895-1952), un des fondateurs du surréalisme, mouvement de révolte et de rupture. Son lyrisme s’épanche grâce à la poésie involontaire découlant du songe et de l’imaginaire sans toutefois perdre son honnêteté. Sa force poétique associe le secret et la simplicité. Sa poésie devient engagée: son devoir, celui de tout poète selon lui est de s’enfoncer dans la vie des hommes. Ses images spontanées s’expriment dans une équivalence rythmique et soutiennent cet engagement. L'année où il compose à Saint-Tropez le conte pour enfants "Grain-d'Aile", avec Jacqueline Duhême, est son annus mirabilis. Paul Éluard publie "La Jarre peut-elle être plus belle que l'eau ?", "Le Phénix", "Le Visage de la paix" et "Pouvoir tout dire." Il meurt l'année suivante, d'un arrêt du cœur, le 18 novembre 1952, à son domicile de Charenton, aux portes de Paris. Il avait cinquante-six ans. Son premier biographe soulignait: "Voici un poète qui se présente à nous avec une œuvre d'apparence légère, composée de poèmes courts pour la plupart, écrits avec des mots familiers et dont les images sont parfois la simplicité même." Plus que tout autre, Éluard fut le poète de la liberté, de l'amour passionné et de la Résistance. Ses poèmes sont marqués pour la plupart par une fraîcheur naïve, une simplicité juvénile qui ont toujours séduit les lecteurs. Les titres de ses principaux recueils en témoignent: "Mourir de ne pas mourir" (1924), dont le titre a été inspiré par Thérèse d'Avila, "Capitale de la douleur" (1926), "L'Amour, la poésie" (1929), "La Vie immédiate" (1932), "Cours naturel" (1938), "Le temps déborde" (1947). "La nuit n'est jamais complète, il y a toujours puisque je le dis, puisque je l'affirme au bout du chagrin une fenêtre ouverte". Marqué par Rimbaud, influencé par le comte de Lautréamont, il a su, en vers et en rimes, transfigurer l'amour et ses valeurs subversives. Souvenons-nous de son poème le plus universellement célèbre, "Liberté", publié en 1942. D'abord intitulé "Une seule pensée et adressé à la femme aimée", il en fera un hymne à cette liberté chérie et alors meurtrie, dont on rappellera le premier des vingt-et-un quatrains qui le composent. "Sur mes cahiers d'écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur le sable, sur la neige, j'écris ton nom". Poète de la Résistance intérieure, on lui doit également l'initiative de l'anthologie "L'Honneur des poètes", publiée clandestinement en juillet 1943, et réunissant Aragon, Desnos, Ponge, et Tardieu. Éluard avait fait sienne la revendication inflexible de Lautréamont: "La poésie doit être faite par tous, non par un", qui deviendra, dans sa bouche, "la poésie doit avoir pour but la vérité pratique." Dès lors, le poète quittera les cimes et les nuages pour devenir "celui qui inspire, bien plus que celui qui est inspiré." Depuis, la Terre peut être "bleue comme une orange mais jamais une erreur, les mots ne mentent pas."
"Une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, désir à combler faim à satisfaire". Trop longtemps confondu avec celui d'un enfant exemplaire du XXème siècle, l'itinéraire de Paul Éluard est pourtant vraiment unique: gravement malade dès son adolescence, cet homme qui ne savait pas dire non, pour peu que l'enjeu fût de poésie, de fraternité ou d'amour, brûla sa vie sans souci d'économie d'aucune sorte. Poète et intellectuel d'un âge oublié où les mots se mesuraient aux armes, Éluard a peut-être vaincu l'oubli parce qu'il célébra aussi la beauté simple et lumineuse, sensuelle et pure, de l'union amoureuse. Enfant unique d'un comptable et d'une couturière de Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, Eugène Émile Paul Grindel, qui choisit en littérature le nom de sa grand-mère maternelle, connut rapidement une enfance choyée et heureuse. Le succès de son père dans des affaires immobilières lui permit très tôt de passer des vacances en Suisse, d'aller apprendre l'anglais à Southampton, bientôt de se soigner dans le sanatorium de Davos, en Suisse, lorsqu'il fut atteint de tuberculose pulmonaire en 1912. Bien plus tard, à la mort de son père, Éluard hérita d'une véritable fortune, qu'il dépensa très vite en voyages, en œuvres d'art, en mode de vie enfin, loin de toute volonté de posséder quoi que ce fût d'une manière définitive. S'il faut rappeler ces réalités, c'est que toute une hagiographie, communiste d'inspiration, a longtemps présenté le poète de Saint-Denis comme un prolétaire que ses origines devaient forcément conduire aux engagements futurs, alors que ces engagements vinrent d'une réflexion et surtout d'une certaine pratique de la poésie. En réalité, Paul Éluard était loin de toutes ces considérations. "Un cœur généreux, une main tendue une main ouverte, des yeux attentifs, une vie la vie à se partager". Au cours de son séjour forcé au sanatorium de Davos, Éluard lit beaucoup, compose ses premiers poèmes et publie à son retour à Paris quelques textes en prose, "Dialogue des inutiles", préfacés par le premier amour fou de sa vie, Helena Dimitrievnia Diakonova, surnommée Gala. Il l'a rencontrée au sana. Par-delà la guerre et sa mobilisation, rendue particulièrement dangereuse par sa santé fragile, Éluard entretient avec la jeune femme une correspondance passionnée. Il épouse Gala au cours d'une permission, en février 1917. En juillet 1917 paraît une plaquette de poèmes, le "Devoir et l'Inquiétude", qui évoquent de façon simple et poignante les souffrances des hommes du front. En 1918, ce sont les "Poèmes pour la paix" qui poussent Jean Paulhan, initiateur essentiel et durable pour Éluard, à faire la connaissance du jeune homme. Dès lors tout s'enchaîne: présenté à Breton et à Aragon, Éluard passe par le dadaïsme, manifestations scandaleuses auxquelles, il participe avec joie avec Gala, fonde sa propre revue, "Proverbe", dans laquelle il expérimente les techniques poétiques et les jeux de langage du surréalisme. Il écrit beaucoup. En 1920 "Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux"; "Les Nécessités de la vie, les Conséquences des rêves", trace de l'intérêt des surréalistes pour la vie nocturne et pour toutes les manifestations qui se placent en dehors de la raison et de la conscience lucide.
"Il n'y a pas de hasard. Il n'y a que des rendez-vous. Pleure: les larmes sont les pétales du cœur. Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues". Devenus inséparables de Simone et André Breton, Éluard et Gala, qui les accompagnent en voyage, rencontrent Ernst à Cologne. Une amitié profonde naît entre Éluard et Ernst, qui écriront ensemble en 1922 les "Malheurs des immortels". À cette époque, où ils habitent à Saint-Brice, près de Montmorency, la maison de Paul et Gala est le rendez-vous de tous les artistes et des poètes qui inventent l'art du premier XXème siècle: Desnos, Ribemont-Dessaignes, Paulhan, Soupault, Aragon, Picabia. Mais malgré cette vie intense et amicale, Éluard traverse une crise personnelle et conjugale assez grave pour qu'il disparaisse littéralement pour un tour du monde d'où il revient à la fin de 1924. À son retour, il s'engage totalement dans le surréalisme, qui vient de se donner avec le "Manifeste des bases théoriques." S'il rédige une quantité de manifestes collectifs, s'il se livre à tous les jeux avec le langage qui visent à en détruire le conformisme et le pouvoir de terreur ou de silence, Éluard écrit aussi, pour lui-même, une œuvre originale. Cette part intime de la poésie éluardienne est particulièrement sensible dans "l'Amour, la poésie", où, sur fond de rechute tuberculeuse, de désespoir de la relation avec Gala, qui le quitte en août 1929 pour vivre avec Salvador Dalí, de crise économique de la Grande Dépression. "Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu. Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud". Au moment où il perd Gala, en plein désespoir, Éluard rencontre René Char et Georges Sadoul, amis pour toujours. Éluard fait bientôt la connaissance de Nush Benz, actrice et chanteuse, sa deuxième merveilleuse compagne, qu'il épouse en 1934. Il n'a pas cessé de militer au sein du mouvement surréaliste ni d'écrire, tantôt avec Breton, tantôt avec Char, des œuvres collectives: "Ralentir travaux", avec Breton et Char", "l'Immaculée Conception" avec Breton, la même année. Plusieurs voyages, une croisière en Méditerranée, un séjour à l'île de Sein, l'amour de Nush font des années 1931-1935 une des périodes les plus heureuses de la vie d'Éluard, malgré la montée du fascisme, malgré son exclusion du particommuniste. Nush, photographiée par Man Ray, modèle préféré de Picasso, devient la véritable égérie de ce groupe qu'on pouvait croire inséparable, mais le Front populaire et la guerre d'Espagne creusent le désaccord avec Breton. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Éluard a beaucoup agi, jamais il n'a cessé d'être un intellectuel révolutionnaire, beaucoup écrit aussi. "Les Yeux fertiles" (1936) chante les deux faces du mystère bouleversant de la vie, l'amour et la poésie, et célèbrent la "Femme avec laquelle j'ai vécu, femme avec laquelle je vis, femme avec laquelle je vivrai, celle qui met "au monde un corps toujours pareil, le tien", celle en qui vient se mirer la nature. L'année 1936, celle où se tient à Londres l'exposition internationale du surréalisme, Éluard prononce à l'occasion une conférence: "l'Évidencepoétique." S'il y célèbre toujours le surréalisme, qui a travaillé à "réduire les différences qui existent entre les hommes", il appelle l'homme à s'emparer de "tous les trésors aussi bien matériels que spirituels qu'il entasse, depuis toujours, au prix des plus affreuses souffrances, pour un petit nombre de privilégiés aveugles et sourds à tout ce qui constitue la grandeur humaine" ; en même temps, il y définit le poète comme celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.
"Pour la neige qui fond pour les premières fleurs. Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas. Je t’aime pour aimer." Ni sa mobilisation ni sa semi-clandestinité, à partir de 1942, ne tarirent l'écriture d'Éluard. En 1939, il composa la première partie de "Livre ouvert". En 1941, "Moralité du sommeil et "Sur les pentes inférieures". Ayant demandé sa réinscription au parti communiste clandestin, Éluard choisit de combattre avec ses mots: dans "Poésie et Vérité" paraît le fameux poème "Liberté", dont la diffusion massive par la RAF sur la France occupée fit de lui, un homme traqué, contraint de changer de nom et de changer aussi sans cesse de cache. Comme l'a bien compris Claude Roy, ce poème a fait brutalement d'Éluard, un mythe et pas seulement un type classique de "poète engagé." Éluard, compagnon de cette lutte, déduit la liberté de l'amour et le rêve collectif des foules du monde à travers son expérience personnelle. Dès 1940, des millions d'hommes et de femmes ont été véritablement amoureux de la liberté. Ils ont lu et compris "Liberté" comme on comprend une déclaration d'amour. Chargé de constituer dans la zone nord le Comité national des écrivains, Éluard regroupe autour de la Résistance Vercors, Jean Paulhan, Louis Aragon et Elsa Triolet, Jean Cassou, Jean Tardieu, Robert Desnos, Lise Deharme, et Lucien Scheler. L'activité résistante d'Éluard le conduit encore à consacrer beaucoup de force aux Lettres françaises, le journal de Jacques Decour et Jean Paulhan. Réfugié en Lozère, il publie sous le pseudonyme de Jean du Haut les "Sept Poèmes d'amour en guerre" (1943). "Au Rendez-vous allemand" (1944-1945) bouclera le cycle des poèmes de guerre. "Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas. Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu. Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte." La poésie de guerre d'Éluard est une poésie engagée, vibrante de l'espoir que les coupables seront punis, simple aussi en ce qu'elle porte la parole d'un peuple humilié. En contrepartie, elle court le risque de devenir prêcheuse et partisane. Éluard le savait, qui répondit dans un texte des Poèmes politiques" (1948) à ses amis exigeants qui se détournaient de lui quand il chantait son pays entier comme une rue sans fin. Poésie ininterrompue, dès 1946, avait déjà esquissé ce travail d'autocritique sous la forme d'un dialogue avec l'amante, évoquant tous les risques: celui de la lassitude quotidienne. La figure lumineuse de Nush, son corps gracile écartaient alors cependant le danger. Mais hélas, la mort vint la frapper, en novembre 1946. Elle avait quarante ans. Bouleversé, désespéré, il voulut mourir. Aidé par ses amis, par l'écriture encore, il finit par accepter que Nush ne fût plus là. Ses derniers textes politiques, "Une leçon de morale", ainsi que son activité militante disent ce qu'il espérait de la fraternité. Éluard rencontra son dernier amour, Dominique, qu'il épousa en 1951 et en hommage à laquelle il écrivit son dernier poème d'amour, "le Phénix", l'oiseau magique, semblable au désir qui renaît perpétuellement. Il travaillait à son "Anthologie" sur l'art lorsqu'il mourut d'une crise cardiaque, le 18 novembre 1952. Malgré le clivage commode et largement décrit entre un Éluard surréaliste et un Éluard communiste, il existe une grande unité dans la vision politique et esthétique de ce poète faussement clair. Elle tient dans la volonté de maintenir ensemble ce qu'il est si tentant de séparer, l'amour et la révolution, le couple et la collectivité. Elle exige un incessant mouvement de va-et-vient et de partage, la volonté de concilier l'imaginaire et le réel, car l'imaginaire permet de refuser la stérilité, aussi bien dans la perspective artistique que dans la perspective politique. Le peintre et le poète sont bien de ceux qui donnent à voir. Ils éclairent le monde extérieur mais aussi leur monde intérieur, miroir individuel où l'universel vient se mirer.
Bibliographie et références:
- Nicole Boulestreau, "La poésie de Paul Éluard."
- Marc Dachy, "Dada et les dadaïsmes."
- Jean-Charles Gateau, "Paul Éluard ou le frère voyant."
- Jacques Gaucheron, " Paul Éluard ou la fidélité à la vie."
- Raymond Jean, " Paul Éluard par lui-même."
- Laurent Jenny, "Surréalisme et espace psychique."
- Jean-Claude Mathieu, "Inscriptions et écritures. Leiris, Éluard, Char."
- Michel Murat, "Le surréalisme."
- Louis Parrot, "La poésie de Paul Éluard."
- Marcel Raymond, "De Baudelaire au surréalisme."
- Robert D. Valette, "Paul Éluard."
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"La peinture ne célèbre jamais d'autres énigme que celle de la visibilité. Elle fait obstacle à la vision pour mieux capter l'invisible. Les hommes aiment le merveilleux, de quelque couleur qu'il soit ils courent ça et là, ils s'agitent,se tourmentent pour fuir l'ennui. Ils se précipitent et vont étouffer pour voir une tragédie qui les déchire, quoique bien souvent ils n'y gagnent que de funestes idées. On risque moins avec la peinture le remède est presque toujours plus près du mal". "On devrait toujours s’excuser de parler peinture" écrivait Paul Valéry. Les critiques s’en chargent avec plus ou moins de bonheur, les modestes forment une appréciation nuancée, les polémiques détruisent, les intellectuels ou réputés tels jargonnent. Pierre Igon (1922-2006) lui s’exprimait peu, courtois et très discret il disait simplement "ça se regarde". Par ailleurs il ne donnait pas de titre à ses œuvres, ceux-ci sont souvent ajoutés a posteriori et ne constituent pas pour autant des légendes. Le visuel ne se laisse pas enfermer dans des mots, les réalités plastiques échappent à toute réduction. L’image n’est pas le symbole et le non-figuratif n’est pas la voie royale de l’abstraction. L’aventure de Pierre Igon est ainsi significative d’un parcours générationnel assez classique mais singulier. Quant à l’inspiration. C’est de l’observation aiguë de la nature, ou plutôt de la création qui n’a cessé de féconder ses productions, ses carnets de notes en témoignent: fleurs, plantes, insectes, curiosités géologiques, paysages des Pyrénées et d’ailleurs, qui mériteraient toute notre attention. Cependant à partir de cette vision amoureuse du créé, Pierre Igon ne se contente alors pas d’une transcription réaliste ou naturaliste de ce qu’il perçoit car, au-delà des apparences formelles, il est parmi les peintres qui abstractionnent le réel c’est-à-dire qui passent de l’image au symbole, cet art relève d’un travail progressif de stylisation et d’abstraction. L’objet existe d’abord, l’on en fait un signe ou un symbole, il cesse bientôt de devenir identifiable.Pierre Igon abstrait total ? Non mais plutôt non-figuratif avec le champ presque infini qu’ouvre cette perspective immense, lyrique, attentive au monde, à la création dans ses moindres détails réinterprétés et transfigurés.
"L’art est une abstraction, c’est le moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer. Le seul réel dans l’art, c’est l’art. L’art, est à l’image de la création. C’est un symbole, tout comme le monde terrestre est un symbole réel du cosmos". Toutefois Pierre Igon ne serait-il pas un romantique moderne tant le sentiment de la nature, la création l’habitent, le hantent dans la multiplicité de son travail, le cosmos dans ses plus petits fragments, alvéoles, insectes, et animaux. Tous ces éléments paraissent parfois issus d’un microcosme et souvent traversés par des forces telluriques qui contribuent à la construction d’un univers plastique contrasté et librement structuré, les cernes noirs, la générosité des couleurs, la configuration des compositions souvent très centrées. En 2006, à Toulouse, la galerie Tiny Factory n’a pas voulu organiser une véritable rétrospective mais plutôt faire quelques choix d’atelier significatifs, pour respecter la mémoire d’un peintre qui aurait pu connaître une plus large audience si les mondanités circonstancielles l’avaient davantage servi. Sa modestie l’a peut-être desservi. Mais sa peinture est là, d’une force rayonnante, d’une solidité édifiante qui résistera au vent des modes. L’exposition de 1987 au musée des Augustins témoignait de l’ampleur de son œuvre. Des critiques d'art rendent compte avec pertinence de la complexité de cette œuvre polymorphe dont il ne faut pas négliger la dimension religieuse. Certes Pierre Igon incarne magnifiquement tout un courant d’art multiforme (1950-1980) issu des années quarante qui a alors perduré et dominé jusqu’en 1970 mais dont les prolongements continuent encore de nos jours avec de beaux éclats. S’il n’y a pas chez Igon l’inquiétude théorique d’une pureté du pictural par la seule raison que sa pensée ne peut être que picturale, il y a constamment l’interrogation de la tradition, du pictural et du sacré. Aujourd’hui avec de telles œuvres et de telles interrogations, Igon est de ceux qui témoignent à leur créneau de la vitalité d’un art dont il assure le devenir et l’avenir. "Plus l’art voudra être philosophiquement clair plus il se dégradera alors et remontera vers le hiéroglyphe enfantin plus au contraire l’art se détachera de l’enseignement et plus il montera vers la beauté pure et désintéressée", écrivait Charles Baudelaire. Pierre Igon semble en avoir fait son credo.
"L'art, c'est la création propre à l'homme. L'art est le produit nécessaire et fatal d'une intelligence limitée, comme la nature est le produit nécessaire et fatal d'une intelligence infinie. L'art est à l'homme ce que la nature est à Dieu". Trente années de peinture. Quand il s’agit de Pierre Igon, cela suffit largement à faire une œuvre. Non point tant pour des raisons quantitatives. Pas un amateur d’art, sans doute, n’a attendu cette rétrospective, et l’accumulation que forcément elle propose, pour savoir qu’Igon portait en lui un monde, qu’au fil des ans, patiemment, obstinément, silencieusement, il le faisait accéder à l’existence visible. Qui n’a pas compris, il y a aujourd'hui trois quarts de siècle, que ce peintre secret et discret était doué d’une force créatrice implacable ? Que pour sa part il n’attendait rien du monde extérieur, ni des modes, ni du regard d’autrui. Que cet homme infiniment civil, à la courtoisie toujours calme et souriante, et fort peu loquace, surtout devant sa peinture, poursuivait sans ostentation un grand rêve intérieur. Un rêve dont on ne pouvait rien dire, dont il n’y avait rien à dire, avec les mots, qu’ils fussent quotidiens ou savants. Mais dont lui-même élaborait les signes propres à le révéler. Qui n’a peu ou prou senti très vite qu’Igon se livrait, palette en main, à une alchimie de l’indicible, qui pût lui permettre de dresser de toile en toile rien d’autre que le cadastre de son intériorité ? Il aurait pu, certes, ne pas tenir ses promesses premières. On se souviendrait alors de lui comme d’un talent éphémère. À l’inverse, comme devant toute rétrospective d’un artiste vivant, il y a quelque danger à s’abandonner à la contemplation d’un univers qu’on pourrait croire achevé, définitivement clos sur lui-même, alors qu’il demeure gros, évidemment, de tout son futur et que dans le temps même qu’on espère le saisir enfin d’un seul regard, on voit bien qu’il est toujours porteur d’une immense part d’insaisissable. Nous sommes dans un domaine où chaque instant retentit constamment sur le passé. À la lumière de ses toutes dernières œuvres, on regarde alors quelque peu différemment celles des années cinquante et soixante. L'artiste a sans cesse évolué.
"La peinture est un art, et l’art dans son ensemble n’est pas une création sans but qui s’écoule dans le vide. C’est une puissance dont le but doit être de développer et d’améliorer ainsi l’âme humaine". Tout comme ces dernières éclairaient a posteriori les toiles figuratives des années antérieures. Igon affectionnait avant la représentation de crânes et d’animaux écorchés. Dans une harmonie volontiers sourde, des cernes vigoureux aimaient affirmer les formes. On aurait pu croire qu’on avait affaire à un peintre animalier tenté par un misérabilisme à la Buffet. Et voici que les dernières toiles nous contraignent à orienter différemment notre regard. Le passage d’Igon à l’abstraction n’a fait que donner de la force à ses signes dont l’ossature noire des graphismes s’apparente assez à des figures mystérieuses de peintures rupestres ou de totems. L’essentiel, dès 1953, c’était déjà les cernes, non les crânes. Initialement, au cœur des problèmes liés à la psychologie de l’art se trouvent les lois de la perception artistique, qui sous-entendent que l’image véhicule du contenu et du sens, tandis que la forme de l’œuvre, en stimulant l’apparition des émotions, favorise la perception à travers l’identification de l’auteur et du spectateur, l’identification de leurs images, ainsi que la fusion des sens et du vécu esthétique. Dès lors, l’apparition de l’art abstrait peut être envisagée comme un phénomène entièrement nouveau. Du point de vue du rapport de la forme et du contenu, il se distingue profondément même des orientations de ce qui a été désigné par "l’art pour l’art". La principale différence est qu’en ce qui concerne le contenu, le signe objectif, le sens, n’est plus au premier plan, désormais occupé par une symbolique subjective et impénétrable sauf aux initiés. Aussi la forme extérieure acquiert-elle un rôle indépendant, souvent prépondérant. Le mot latin "sensus" est habituellement traduit par sensation, perception, sentiment, et le mot "abstraho" par abstraire, extraire, tirer de. Ainsi, l’action d’abstraction se comprend-elle alors comme l’extraction d’un élément ou d’un groupe d’éléments issus d’un objet appréhendé par les sens, suivie d’un examen mental de ces éléments.
"L’art véritable n’est pas seulement l’expression d’un sentiment, mais aussi le résultat d’une vive intelligence. L’œuvre d’art n’est pas le reflet, l’image du monde, mais elle est à l’image du monde". Les penseurs de tout temps et de toute origine ont longuement étudié, débattu et approfondi ces questions situées au croisement des disciplines, mais aucun n’a pris en considération un fait pourtant simple et connu, dont l’examen aurait obligé à reconsidérer entièrement le cœur du problème lié à l’étude de l’intellect, et plus généralement de la réflexion et de la perception. Il s’agit de l’apparition du langage chez l’enfant. Mais ce n’est certainement pas le lieu de remettre sur le tapis le vieux débat abstraction-figuration, d’autant que dès qu’on le soulève, c’est en général pour conclure que c’est un faux débat. Il n’est peut-être pas sans intérêt quand même d’aborder l’univers de Pierre Igon en le replaçant dans les conditions qui l’ont vu éclore, en le jaugeant ainsi d’abord par l’impact qu’il eut sur le premier public appelé à voir cette peinture. Il est certain qu’en 1952, dans une ville comme Toulouse, sa nouveauté était quasi-totale. Non parce qu’il s’agissait d’une peinture "abstraite", mais d’une certaine "abstraction". Elle avait d’emblée le handicap de toutes les connotations du mot "abstrait", celui-ci évoquait d’autant plus un art combinatoire purement formel s’adressant à la cérébralité, non à la sensibilité, que la notion de "peinture abstraite" renvoyait en priorité à l’abstraction géométrique, faute d’une information qui fut à la mesure exacte de son époque. On percevait assez mal alors que cette peinture-là aurait pu tout aussi bien s’appeler "concrète", du moment qu’à défaut d’être un dialogue avec le monde extérieur, la nature, les objets, comme on voudra, elle n’en était pas moins une empoignade avec ces données sensibles et tout à fait réelles, objectivement réelles, que sont les couleurs, les formes de la toile.
"En art, il faut croire avant d'y aller voir. Je ne fais ni de l’art pour l’art, ni de l’art contre l’art. Je suis pour l’art, mais pour l’art qui n’a rien à voir avec l’art, car l’art a tout à voir avec la vie". Il n’est pas tout à fait vrai de dire qu’une toile "abstraite" n’a pas de "sujet", puisque son sujet c’est elle-même. Les premières peintures non-figuratives d’Igon apparurent donc à Toulouse dans un contexte somme toute assez peu favorable. Et, le contraire eût été étrange, elles suscitèrent quelques polémiques. Mais lors même qu’un assez large public était encore hostile ou indifférent à la non-figuration, qu’on vît en elle imposture, provocation, ou facétie, et, dans tous les cas, barbouillage, les toiles d’Igon imposèrent à tous, spontanément, le respect. L’œil était certes souvent perplexe, mais admiratif aussi. Il y avait là une qualité de facture qui ne mentait pas. Une beauté rayonnante qui désamorçait alors toute velléité de raillerie. Par-dessus tout, un climat qui piégeait le cœur tout autant que le regard. Beaucoup ont alors perçu pour la première fois avec autant de netteté, que le mystère à l’état pur pouvait être ainsi une dimension de l’art. Que "comprendre" une toile n’était alors pas nécessairement déchiffrer ce qu’elle est censée représenter, ou raconter. Que ce peut être, aussi, se laisser simplement envahir par ce pur objet qui s’appelle la toile et n’indique ni ne signifie rien d’autre que lui-même. Il faut dire que cette peinture avait tout pour plaire. Des matières raffinées jouant voluptueusement sur des bruns chauds et sur des mordorés. Des contrastes subtils de valeurs, où des formes sombres et floues émergeaient de plages claires et comme embuées. Un espace tout à tour opaque et aéré, qui se reflétait pour ainsi dire constamment sur lui-même sans jamais déboucher sur une réalité saisissable, un climat de poésie évanescente, jamais mièvre pourtant, car le graphisme était toujours très soigneusement structuré.
"Ce qui importe par-dessus tout dans une œuvre d’art, c’est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir. Une œuvre d’art a un auteur, et pourtant, quand elle est parfaite, elle a quelque chose d’essentiellement anonyme. Elle imite l’anonymat de l’art divin. Ainsi la beauté du monde prouve un Dieu à la fois personnel et impersonnel, et ni l’un ni l’autre". Ses toiles des années soixante avaient tout pour être, au sens classique des mots, de la belle peinture, séduisante et par elle-même très émouvante. Tout. Sauf le sujet. Et pourtant. L’ultime clé, croit-on, de son pouvoir de fascination, c’est qu’elle restait de la peinture "évidente". Même si elle ne se réfère plus au contexte trop lisible des apparences, on la sent longuement portée et habitée par l’artiste, et jaillie dans une nécessité impérieuse et informulable en termes de raison. Igon ne s’est jamais départi de ce souci, peut-être totalement inconscient, d’évidence plastique qui, alors à l’opposé de toute construction intellectualiste, confère à chacune de ses toiles une sorte de vérité organique, en fait un être autonome pleinement achevé, se suffisant à lui-même, enfermant ainsi dans ses limites la totalité de sa propre et nécessaire organisation interne. Il suffit de voir comment d’apparents déséquilibres de formes, avec des mises en page alors presque acrobatiques, se replient, se bouclent en quelque sorte sur eux-mêmes pour retrouver un équilibre supérieur et comme idéal. Evidence formelle et évidence de l’expression se sont toujours, chez lui, confortées l’une l’autre. C’est pourquoi sans doute, et dès 1960, le regard se sentait sécurisé, comblé, par cette peinture qui, si elle ne donnait rien d’autre à voir que les couleurs, la lumière et les formes, appelait pourtant une "lecture", sollicitait du regard qu’il erre, circule, revienne et reparte,se pose alors ici, puis se faufile ailleurs, un peu comme devant la représentation d’un simple paysage.
"Avant l’œuvre, œuvre d’art, œuvre d’écriture, œuvre de parole, il n’y a pas d’artiste, ni d’écrivain, ni de sujet parlant, c’est la production qui produit le producteur, le faisant naître ou apparaître en le prouvant". Il y a toujours un moment où une image quelconque, abstraite ou hasardeuse, un nuage, une tache au plafond, la lézarde d’un mur, finit par "prendre", devient la représentation de quelque chose. Les premières toiles non-figuratives d’Igon se donnaient comme si "évidentes" que maintes d’entre elles pouvaient renvoyer, involontairement sans doute, à une nature que le peintre aurait rêvée, plutôt que de la décrire. Une sorte de pesanteur structurelle des moyens mis en œuvre tirait cette peinture vers une représentation vague, lointaine, purement allusive certes, disons, sur un terrain que l’œil trouvait malgré tout familier. Bref, il y avait, dans ces symphonies fugitives, d’une tristesse souvent automnale et féerique, à la flamande, quelque chose d’aussi poignant et d’aussi naturel que la nature. Et très vite, une nouvelle décantation s’est opérée. Sans renoncer à ce que sa peinture conserve son atmosphère propre et soit l’expression spécifique de sa sensibilité, Igon, de ce qui était jusqu’ici sa manière, a dégagé son écriture. Il a sacrifié le clair-obscur et le flou au profit d’un espace de plus en plus rigoureusement plan, qui laissait de moins en moins de place au trompe-l’œil. Et qui devint à la limite la pure page blanche sur laquelle allait s’inscrire un pur langage de signes. Naquit alors sous son pinceau ce vocabulaire étrange fait de couleurs et de traits noirs, souples et puissants qui savaient conserver le dynamisme du geste qui leur avait donné naissance. Signes plastiques qu’il fallait chaque fois articuler les uns sur les autres, et organiser en un tout cohérent qui, sans jamais répéter la toile d’avant, entretienne avec elle une évidente parenté. Infinies créations, créatrices chacune de son propre absolu, tout en exprimant chacune le même au-delà, le même rêve intérieur qui leur donnait corps et nécessité. Il est à noter que très peu de ses œuvres sont figuratives.
"Toute grande œuvre d’art est le fruit d’une humilité profonde. La pensée sort de l’œuvre, et jamais une œuvre ne sort d’une pensée. Nulle découverte n’a jamais été faite par déduction logique, aucune œuvre d’art sans calcul, ni métier; dans l’une comme dans l’autre interviennent les jeux émotifs de l’inconscient". C’est alors qu’on vit apparaître la large calligraphie d’Igon, ses signes noirs ou couleur de rouille inscrits sur de vastes fonds blancs, rouges ou beiges. Ses formes arrondies au puissant chromatisme, closes, bloquées, comme prisonnières de grilles imaginaires ou d’un filet dont les mailles ne laisseraient échapper que des taches de couleurs et des traces impalpables de gestes. La toile se concentre parfois sur un noyau complexe, sur une zone apparemment chaotique ancrée sur une grande plage calme. Elle éclate parfois en véritables mouvements browniens. Les détails s’enchaînent et s’articulent comme des pattes ou des mandibules d’insectes. L’espace s’étale librement à l’infini, pour mieux laisser se condenser des agglomérats d’une matière imaginaire où la moindre tache colorée se charge d’un poids considérable. Les cernes peuvent se briser, le geste peut devenir très ample, les formes éclater à leur tour, c’est toujours, de toile en toile, le développement d’un langage qui s’invente, se découvre alors lui-même constamment en s’écrivant. Un langage chiffré, bien sûr, à ceci près qu’il n’y a pas à le déchiffrer. Car il est sa propre magie, elle se suffit à elle-même. Ce n’est pas un hasard si, quand il fait de la sculpture, par adjonction d’éléments, d’ailleurs, et non par taille du matériau, ou quand il peint sur des cylindres, ce qui pour lui revient presque au même, Igon rejoint spontanément le langage totémique. Il aimait travailler aussi sur des matériaux bruts.
"Le but de l’art, c’est la délectation. L’art conserve la mémoire d’une grande beauté. Toute habilité dans un art quelconque mérite des éloges". Sa peinture a toujours été le verbe silencieux de quelque incantation, la mise à plat de quelque cérémonial à la fois somptueux et inconnu. C’est pourquoi, quand on parle à son propos de"signes", mais il ne faut pas songer seulement au sens strict du terme, au côté "caractères chinois" que son graphisme eut au début de sa carrière. La couleur aussi est signe pour lui, et ce n’est pas un hasard non plus s’il n’a que progressivement élargi la palette sourde de ses débuts. Il l’a fait avec circonspection, presque avec crainte, en s’y préparant longtemps en tout cas, passant des camaïeux bruns et or, au blanc, au rouge et à l’ocre, puis au bleu, beaucoup plus tard encore au vert. Comme si chaque couleur recelait en elle quelque sortilège avec lequel on ne joue pas impunément, quelque secret pouvoir qu’il faut dompter, maîtriser, avant de le libérer sur la toile. Si Pierre Igon a fui très tôt le monde réel et ses apparences, puis s’il a dépouillé sa peinture de tout ce qui pouvait y renvoyer par glissement vers l’illusion ou l’allusion, ce fut à coup sûr pour aller au-delà de ce réel, pour explorer une "terra incognita", forcément irrationnelle et subjective, mais dont il savait bien, puisqu’il est peintre, qu’elle n’a pas d’existence hors du geste de peindre. Chacune de ses toiles balise son itinéraire intérieur. À ceci près qu’ici le chemin n’a d’autre réalité que ses propres jalons, il ne leur préexiste pas. Ainsi a-t-il révélé à elle-même, en la construisant, son œuvre. Un monde plastique parfaitement autonome, replié sur ses propres secrets, mais constamment ouvert sur son propre enrichissement, un monde impénétrable parce qu’il est porté par un langage hermétique, au sens originel du terme, fascinant justement pour cela, doué d’un trouble et puissant pouvoir émotionnel parce qu’il a su donner forme et couleur aux plus indicibles pulsions de l’imaginaire. Ce pionnier nous quitte le cinq juin 2006, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.
Bibliographie et références:
- Jean Anciaume, "Pierre Igon, le peintre discret"
- Hélène Minaux, "Pierre Igon, le magicien des couleurs"
- Maurice Pezet, "L'art abstrait de Pierre Igon"
- Pierre Descargues, "Un génie méconnu, Pierre Igon"
- Jean-Claude Lamy, "L'obscession des couleurs de Pierre Igon"
- Yann Le Pichon, "Un pionnier nommé Pierre Igon"
- Claude Roger-Marx, "Cent tableaux de Pierre Igon"
- Michel Roquebert, "Pierre Igon, le précurseur de l'abstrait"
- Paul Dumas-Ricord, "Pierre Igon, le cadastre d’une intériorité"
- François de Valence, "Mon ami, Pierre Igon"
- Charles Sorlier, "Pierre Igon, et la jeune école toulousaine"
- John Sillevis, "Pierre Igon, ou la magie de l'abstraction"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Nathalie la douce ingénue : chapitre 4
CHAPITRE 4 : LA JOURNEE DE SHOPPING
Le lendemain matin à peine arrivée à l’école, Gustave le concierge me signifia que Mademoiselle Pinbal désirait me voir. De suite. Une sourde angoisse m’étreignit.
Cela devait forcément avoir un rapport avec Maître Julian.
Que pouvait-elle bien me vouloir ? Un sinistre pressentiment m’envahit. Après tout je m’étais conduit comme une petite gourde en entrant dans son jeu. Qu’aurais-je comme excuse ? J’avais accepté de venir en dehors des heures de bureau, de me déguiser en petite écolière aguicheuse et j’allais me plaindre après des conséquences de mes actes ? Comment pouvait-on être aussi naïve ? Et si après s’être ainsi amusé avec moi il avait décidé de ne pas m’embaucher ?
Si tel était le cas j’aurais tout perdu, ma dignité et mon boulot.
En toquant à la porte du bureau de la directrice, mon cœur se mit à battre plus fort.
« Entrez » Sa voix résonna étrangement dans le couloir vide.
« Ah ! c’est vous Nathalie » Elle m’accueillit avec un grand sourire et visiblement elle semblait d’excellente humeur.
« Alors racontez moi, comment c’est passée cette première journée chez Maître Julian ? »
« Heu, bien » bafouillais-je mal à l’aise.
Elle reprit d’une voix suave.
« Rassurez-vous il est content de vous. Bien sûr il vous faudra travailler dur pour réussir. Mais vous lui plaisez. Je me suis laissé dire qu’il avait déjà commencé votre entraînement »
Et elle sourit d’un air entendu.
Elle savait. Cette garce savait tout. J’en étais sûre. Ils devaient être complices et elle se délectait de la situation. La petite rebelle que j’étais avait été matée. Et avec quelle facilité. Je m’étais rendue presque sans résistance lui offrant mon corps en prime. Je rougis à cette pensée. Le souvenir de son dard butinant mon calice, me revint en mémoire. Et plongée dans mes souvenirs, je sentis au plus profond de moi les frissons du plaisir qui nous avait enveloppés et insensiblement ces moments remontaient à la surface comme une vague submergeant tout sur son passage. Cette pimbêche pouvait imaginer tout ce qu’elle voulait, je savais que quelque chose de plus puissant qu’un simple accouplement nous avait réuni.
Elle poursuivit inconsciente de l’état d’excitation dans lequel je me trouvais.
« Bien entendu vous n’oubliez pas que la première qualité d’une secrétaire est d’être discrète. Et nous le sommes toutes les deux. N’est-ce pas ? »
Je ne répondis pas l’esprit ailleurs, me contentant d’hocher la tête.
« Ce matin vous n’irez pas en cours. Ce cher maître m’a confié le soin de renouveler votre garde-robe. Nous allons donc faire un peu de shopping comme deux amies. »
Et elle sourit à nouveau. Elle était effectivement de très bonne humeur.
Mademoiselle Pinbal avait du shopping une idée très précise. Pas question d’aller au petit bonheur la chance. Elle avait ses boutiques et ses habitudes. Dans chacune d’elles les vendeuses se précipitaient à sa rencontre empressées et mielleuses.
« Bonjour Mademoiselle, quel plaisir de vous revoir. Que puis-je faire pour vous ? »
Elle les repoussait gentiment.
« Non, non ce n’est pas pour moi que je viens, c’est pour elle. »
Et tous les regards se tournaient vers moi.
Elle expliquait.
« Voyez-vous, il faut me la transformer ou plutôt me la métamorphoser »
Elles adoptaient une mine de circonstance.
« Des tenues classiques, discrètes, faciles à porter avec une petite touche d’originalité… »
On lui présenta des tailleurs stricts qui allaient me faire prendre 10 ans d’un seul coup. Mais elle ne s’en laissait pas compter. La sûreté de son jugement m’étonna.
« Non, c’est trop fade vous n’avez pas quelque chose de plus… »
D’essayages en essayages, j’ai du enfiler d’innombrables tenues. Mademoiselle choisissait pour moi. Elle aimait assortir les couleurs, sélectionner les matières afin de composer des ensembles originaux et de qualité, adaptés à ma personnalité. A aucun moment elle ne regarda les prix.
Nous sortîmes. J’étais habillée de pied en cap.
« Voyons Nathalie, c’est un excellent début de quoi allons nous occuper maintenant ? »
« Je ne sais pas il me semble que c’est parfait »
« Mais non voyons, qu’est ce qui chez une femme devient si important dans certaines circonstances ? »
Je restais sans voix.
« Je veux parler bien évidemment des dessous, de la lingerie fine. Nous y allons de ce pas. »
La boutique dans laquelle elle m’entraîna était discrète. Une atmosphère feutrée y régnait. La patronne vint à sa rencontre et elles s’embrassèrent comme deux amies. C’était une très belle femme d’environ 40 ans. Une silhouette mince avec des formes généreuses habilement mises en valeur. Après avoir parlé des derniers événements qui faisaient l’actualité de notre ville, Mademoiselle Pinbal dit simplement.
« Je viens pour la petite »
Son amie m’observa attentivement avec un sourire attendri.
« Je vois , il faut la rendre plus… »
Elle s’adressa à moi d’une voix douce et sensuelle.
« Venez un peu par ici mademoiselle, marchez. Encore. Stop c’est bien restez ainsi »
Je ne bougeais pas intriguée. Je n’avais jamais été ainsi examinée, soupesée, évaluée par un regard féminin et je n’accordais que peu d’attention à mon physique.
« Comment la trouvez-vous ? » interrogea Mademoiselle Pinbal
« Intéressante elle a quelque chose de séduisant, il faut mettre sa silhouette en valeur »
Mademoiselle Pinbal suggéra.
« Pensez-vous qu’un corset ? »
« Certainement sa taille s’y prête à merveille. Nous allons voir cela »
Puis se tournant vers moi
« Soyez assez aimable de vous déshabiller »
Une fois de plus je me retrouvais en sous-vêtements.
« Quelle affreuse culotte, elle vous abîme la peau. De grâce, ôtez-la. Votre soutien-gorge aussi »
Nue devant les deux femmes je cachais pudiquement ma poitrine et mon sexe.
Elle s’approcha de moi intriguée.
« Oh ! s’exclama-t-elle lorsqu’elle aperçut les traces roses qui coloraient mes fesses, elle a été… »
Mademoiselle prit la parole
« Juste une petite fessée, vous savez comment sont les jeunes, il faut bien parfois les corriger. Mais elle sera sage maintenant. » Je baissais les yeux ne sachant plus où me mettre.
Son amie était visiblement intéressée et elle passa délicatement sa main sur mon derrière. Je sursautais involontairement sous la caresse. L’endroit était encore sensible. A la vue du corset que l’on me voulait me faire essayer, je faillis éclater de rire. C’était un accessoire que je croyais relégué au musée.
Elles ne s’imaginaient quand même pas que j’allais m’exhiber ainsi ailleurs que dans ce lieu. Mais lorsqu’elle me le mit et serra au maximum les lacets , j’en eus le souffle coupé. Ma taille avait rétréci de plus de 10 centimètres et mes seins et mes fesses semblaient projetés vers l’extérieur. Mes formes qui d’ordinaire n’attiraient pas un regard devenaient le point de mire, ma féminité si profondément enfouie en moi prenait sa revanche et s’exposait au grand jour. Je respirais avec peine par petits à coups.
« Cela la met véritablement en valeur » dit-elle d’un air satisfait.
Elle me jeta un regard et devant ma mine défaite reprit.
« Saura-t-elle apprécier ? »
« Elle non, mais lui oui » répondit simplement Mademoiselle Pinbal.
« Marchez. Pas si vite. Il va falloir lui apprendre à se déplacer avec grâce, vous n’enseignez pas cela dans votre école ? »
« Hélas, ce n’est plus au programme ». Une pointe de regret perçait dans sa voix.
« Je pourrais peut-être m’en occuper. En me servant de certains arguments, je pense que l’on pourra faire de cette petite sauvageonne une véritable perle »
« Pourquoi pas ? j’y songerai » répondit Mademoiselle avec un clin d’œil malicieux en ma direction.
Je ne goûtais absolument pas cette allusion.
Mon supplice ne s’arrêta pas là. Elles entreprirent de me vêtir d’un porte-jarretelles et de bas.
Encore des accessoires qui m’étaient inconnus et que je croyais réservé à des femmes de peu de vertu. Mais étais-je bien placée pour penser cela ?
Pour les slips et soutien-gorge le choix fut difficile. Finalement elles optèrent pour des modèles simples, sans frous-frous ni dentelle. La soie me fut refusée sous prétexte de ma jeunesse.
Je soupçonnais Mademoiselle, de ne pas retenir certains modèles, sous le fallacieux prétexte de conserver mon innocence. Il est certain qu’elle désirait conserver certaines prérogatives.
Mon rôle était de jouer la petite écolière punie. Le sien d’être la maîtresse femme. Etait ce convenu avec son ami ? Car cela paraissait certain nous partagions le même amant.
Lorsque je fus parée de tous ces dessous elles me firent me déplacer, me pencher. Il m’était impossible de me courber sans ressentir dans ma chair le corset qui me maintenait le dos droit.
Une magnifique illustration de l’expression, souffrir pour plaire. Ainsi parée la cambrure de mes reins faisait saillir ma croupe et elles s’extasièrent devant cet impudent spectacle. Les nombreux miroirs disposés dans la boutique renvoyaient l’image d’une jeune fille délicieusement perverse. Et cette jeune fille c’était moi.
Puis elle m’entraîna dans un magasin de chaussures. A peine arrivées, on me fit essayer des escarpins. Juchée sur des talons aiguilles de 8 centimètres, je tentais maladroitement quelques pas et faillis me tordre la cheville. Devant mon incapacité à marcher avec élégance. Mademoiselle se résolut à procéder par étapes. Elle se contenta de me choisir une délicieuse paire d’escarpins de 5 centimètres et nous quittâmes la boutique. Sur le pas de la porte elle me promit avec un grand sourire de m’y ramener bientôt.
Elle avait l’air de beaucoup s’amuser et en quelques heures elle avait réussi à bousculer pas mal de mes habitudes et à ébranler quelques unes de mes certitudes. Moi d’ordinaire si fière, j’acceptais d’être réduite au rôle de jouet entre leurs mains. Mais avais-je le choix ? Et inconsciemment cela ne correspondait-il pas à un fantasme de ma part ?
Je pensais sincèrement en avoir terminé avec toutes ces épreuves.
Mais Mademoiselle Pinbal n’était pas de cet avis.
« Nathalie on se dépêche, on a rendez-vous dans 10 minutes chez l’esthéticienne. »
Nous avancions au pas de course slalomant entre les flâneurs.
Le cabinet de l’esthéticienne se trouvait à 200 mètres entre une banque et un coiffeur. Essoufflée je ne rêvais que d’une bonne douche et d’une boisson fraîche. Mais Mademoiselle m’entraîna par le bras dans le magasin.
Nous fûmes chaleureusement accueillies et aussitôt introduites dans un petit boudoir. Deux jeunes filles nous rejoignirent. Elle leur demanda de me prodiguer le programme de soins complet.
« Soins du visage manucure et épilation. » acquiesça la brunette qui paraissait être la plus qualifiée.
Les deux employées devaient avoir sensiblement mon âge. Maquillées et coquettes elles étaient jolies. Leur blouses blanches cachaient des fruits qui ne demandaient qu’à être cueillis. Au moment où je me fis cette réflexion je rougis de mes pensées. Que m’arrivait-il ? Moi d’ordinaire si prude, cela ne me ressemblait si peu.
Légèrement intimidée je pris place dans un confortable fauteuil. Pour la première fois de ma vie j’allais être traitée en dame et cette idée me plaisait.
Pendant que l’une étalait avec délicatesse une crème nourrissante sur ma frimousse, l’autre s’empara de ma main. Elles s’appliquèrent et le temps passa agréablement. Mon visage fut nettoyé, revitalisé. Elles allèrent même jusqu’à m’appliquer un soupçon de maquillage qui soulignait mes yeux et coiffèrent mes longs cheveux. J’étais totalement sereine profitant de ce véritable moment de bien-être et de relaxation.
Sans transition elles commencèrent à préparer la cire pour l’épilation. Je me déshabillais ne gardant que mes sous-vêtements et m’allongeais sur une table de travail. Mes aisselles, mes jambes, mes cuisses furent l’objet de leurs soins attentifs puis elles s’attaquèrent au haut du maillot.
Je sursautais lorsque Mademoiselle Pinbal dit d’une voix ferme.
« Pas juste le haut du maillot. Epilez la intégralement »
Je tentais de protester mais son regard m’arrêta.
Gênée, je dû sous leurs regards ôter mon slip et leur dévoiler mon intimité. Gentiment mais fermement elles entrouvrirent mes cuisses et ainsi leur permettre d’accéder à cet endroit où la femme est la plus sensible. La cire chaude appliquée sur les bords de mon petit abricot provoqua une sensation fulgurante de brûlure. Mais le pire était l’arrachage. Pratiqué d’un coup sec la douleur me faisait pousser de petits cris. Inlassablement elles répétaient l’opération s’approchant de plus en plus près de mon minou. Elles saisirent les lèvres et entreprirent de les dénuder dévoilant d’une manière indécente l’intimité de mon calice. Ce supplice semblait ne jamais devoir finir. Tout mon bas ventre était en feu. Mes deux mains serraient les accoudoirs jusqu’à ce que mes doigts deviennent blancs. Intérieurement je maudissais Mademoiselle d’y assister.
Puis on me mit sur le ventre et les deux employées s’échangèrent un regard lourd de sous-entendu à la vue de mes fesses ornées des marques de ma punition. Je fuyais leurs regards.
Prudemment elles ne firent aucun commentaire. Mais je constatais qu’elles redoublaient d’attention et même le fin duvet de mes fesses fut soigneusement éliminé. Puis elles me lavèrent délicatement afin d’éliminer toutes traces et sourirent satisfaites à la vue de ma nudité intégralement dévoilée.
Lorsque ce fut terminé, Mademoiselle ravie, accentua encore mon humiliation en me demandant de bien écarter afin de pouvoir contrôler. Elle passa longuement un doigt sur les bords de ma fente afin de juger de la qualité du travail effectué. Satisfaite, elle me complimenta sur la douceur de ma peau. J’étais aussi nue qu’au jour de ma naissance et je me sentais totalement vulnérable.
Puis Mademoiselle les pria d’oindre mon intimité meurtrie et mes fesses zébrées d’un onguent à base de plantes.
Elles l’appliquèrent avec une douceur empreinte de sensualité. Effleurant mon intimité comme deux papillons butinant délicatement le calice d’une fleur. Je m’abandonnais à leurs mains expertes profitant pleinement de cette récompense. Ce doux massage relaxant calma le feu de la douleur et fit même plus. Mon sexe béant semblait implorer un mouvement plus hardi. Je vis le regard de Mademoiselle se troubler devant ce spectacle, et elle devint songeuse. A regret elle les pria d’interrompre la séance et peu après nous sortîmes.
L’après-midi était déjà bien entamée et nous n’avions rien mangé.
« Et si nous allions grignoter Nathalie ? » proposa-t-elle d’un air gourmand
J’avais faim et j’acquiesçais. Tous ces événements avaient aiguisés mon appétit et mes sens.
Elle m’entraîna dans un petit restaurant charmant où vu l’heure tardive nous étions seules.
Après avoir commandé deux salades composées elle dit.
« Vois-tu Nathalie tout cela doit te sembler un peu étrange et pourtant … »
« Et pourtant … » répétais-je interrogative suspendant le mouvement de la fourchette.
« As-tu déjà été fessée par un de tes amants ? »
« Oh non jamais, aucun n’aurait osé ! » m’exclamais-je véhémente.
Elle sourit.
« Et tu as aimé être fessée par Julian? »
« Aimer n’est pas le mot. Non cela fait mal »
Je me tortillais sur ma chaise à ce souvenir.
« Pourtant tu as pris du plaisir »
« Après oui mais pas pendant » et j’évitais son regard.
Après un long silence je demandais.
« Puis-je vous poser une question Mademoiselle ? »
« Bien sûr Nathalie ne sommes nous pas amies ? »
Je pris ma respiration et posais la question qui me brûlait les lèvres.
« Etes-vous sa maîtresse ? »
« Oui si tu veux on peut le dire comme cela, on se connaît depuis de longues années.»
« Mais alors ? »
« Pourquoi ne suis-je pas jalouse ? Au contraire j’aime lui offrir des cadeaux. Et tu es un très beau cadeau. Je te choque ? »
« Je ne sais pas c’est tellement inattendu… »
« Tu comprendras un jour, l’amour emprunte différents chemins».
Ainsi elle l’aimait, et moi pensais-je quels étaient mes sentiments pour Julian? En étais-je amoureuse ? Et si notre liaison dépassait le stade d’une simple passade accepterais-je aussi facilement de le partager sans vouloir le posséder pour moi seule ?
En quittant Mademoiselle Pinbal, je rentrais directement chez moi. La journée de shopping m’avait épuisée et c’est avec délectation que je plongeais dans un bain chaud et moussant. Sur le coup des huit heures mon petit ami arriva. Je le reçus en peignoir. A peine installé, il voulut me faire l’amour mais je prétextais une dure journée pour refuser. J’étais épuisée mais en vérité je ne voulais pas montrer mon sexe imberbe et devoir lui fournir des explications. Il partit fâché. Je ne fis rien pour le retenir.
Cette nuit là je fis un rêve étrange.
C’était l’heure où la pâle lumière plongeait le lointain dans une douceur amère. L’heure de l’amertume où les désirs s’éveillent, au battement des vagues qui se meurent sur la grève. S’amusant à éviter les objets qui roulent à ses pieds et déposés par l’océan en offrande, une fille court le long de la plage déserte. Un épagneul la devance, et de temps en temps elle lui envoie un morceau de bois qu’il attrape et lui ramène. Elle est vêtue d’une jupe noire très ample, ses cheveux blonds retombent sur ses épaules, et un T-shirt blanc dissimule deux petits seins pointus. Soudain lassée de ce jeu elle se laisse tomber sur le sable et s’étire le corps cambré, comme en offrande au soleil levant.
L’épagneul tourne autour d’elle, son morceau de bois dans la gueule l’incitant en vain à reprendre le jeu. Elle le taquine et ses aboiements se mêlent à son rire. Apparemment résigné, le jeune chien se couche à ses pieds et les lui lèche. Elle le laisse faire et pendant ce temps sa main s'égare entre ses cuisses et elle se caresse doucement…
Le lendemain je me rendis à mon travail pleine d’entrain et curieusement ma tenue ressemblait étrangement à celle portée par l’adolescente dans mon rêve.
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Ce récit je l'avais écrit avant l'an 2000 et je l'ai retrouvé au fonds d'un vieux tiroir ...
NATHALIE LA DOUCE INGÉNUE
CHAPITRE 1 L’ECOLE DE MADEMOISELLE PINBAL
Bien qu’âgée de 40 ans, Mademoiselle Pinbal ressemblait, jusqu’à la caricature, à une vieille fille sévère. Elle dirigeait d’une main de fer l’école BURAXE, qui selon les brochures publicitaires formait les secrétaires, assistantes de direction idéales.
Ce jour là, Mademoiselle Pinbal m’avait convoquée dans son bureau pour me parler de mon avenir. Nerveuse, je bougeais sans cesse sur ma chaise, attendant qu’elle ait fini de feuilleter mon dossier et qu’elle daigne m’adresser la parole.
« Et bien Nathalie, commencer un BTS en alternance à 23 ans ce n’est pas facile, il faut beaucoup de chances pour trouver un employeur qui accepte de payer 30% plus cher une débutante ».
En disant ces mots elle me fixa de son regard perçant et je me retrouvais telle une petite fille prise en faute. Je me sentis rougir et je baissais la tête. C’était plutôt désespérant ce type de réaction, mais j’avais beau essayer de me contrôler rien n’y faisait.
D’une voix timide je répondis que je le savais. Elle aussi d’ailleurs, pensais-je, qui avait accepté de m’inscrire dans son école, quelques semaines auparavant. Mais je me gardais bien de lui en faire la remarque.
Lors de notre première rencontre, elle m’avait longuement fait expliquer les raisons qui me poussaient à choisir cette profession. Suspicieuse, elle m’avait interrogé sur l’étrange cursus qui m’avait fait passer d’un poste d’agent des services hospitaliers, un doux euphémisme qui désignait un poste ingrat et corvéable de fille de salle, à un retour à une scolarité normale sanctionnée par un bac G1. Elle avait d'ailleurs admiré la volonté dont j'avais fait preuve pour reprendre ma scolarité.
« Concernant votre caractère, il va vous falloir apprendre à composer. Sous votre apparente timidité, se cache une fierté et un orgueil que n’apprécient guère les chefs d’entreprise. Vous êtes trop entière, trop idéaliste. Quant à votre accoutrement, une secrétaire ne s’habille pas comme une étudiante des beaux-arts. »
Ces remarques avaient été prononcées d’une voix calme et sans chaleur. Un constat d’une évidence certaine, asséné comme si elle parlait d’une personne absente. Mais c’était bien de moi qu’il s’agissait, et malgré moi je sentis des larmes me monter aux yeux.
« Alors c’est inutile que je continue à suivre les cours ? » Dis-je d’une petite voix fluette au bord du désespoir.
« Je n’ai pas dit cela mais il va falloir vous accrocher. Le voulez-vous ? »
« Oui Mademoiselle, je suivrai vos conseils à la lettre ».
Dubitative, elle réfléchit intensément pendant quelques secondes qui me parurent des heures
Je l’observais à la dérobée. Vêtue d’un tailleur strict, elle se tenait droite et hautaine dans son fauteuil de direction, et sans être belle je dois reconnaître qu’elle n’était pas dépourvue de charme et de classe.
Elle reprit soudain.
« Eventuellement, j’ai peut être un employeur qui pourrait accepter de vous embaucher. Mais il est exigeant, très exigeant. De plus c’est un ami. Alors si vous le décevez c’est moi que vous mettrez dans l’embarras. Comprenez-vous ? »
Je comprenais et la peur s’empara de moi, car ces mots, et l’expression de son visage, exprimaient une menace à peine voilée.
« Oh ! Merci Mademoiselle, je suis sûre que vous pouvez me faire confiance ».
Mon hypocrisie et le sourire que je lui adressais d’un air ingénu me surprit moi-même.
Satisfaite, elle empoigna le téléphone, composa le numéro et demanda à son interlocuteur quand il pourrait me recevoir. Elle me nota l’adresse sur une carte de visite. Puis après m’avoir bien recommandé d’être ponctuelle, elle m’expédia en cours.
« Alors, raconte comment cela s’est passé ? » La jolie brunette qui m’interrogeait c’était Valérie ma meilleure amie. Agée de 20 ans, une nature gaie et enjouée. Toujours prête à rendre service. En classe on était inséparables. Assises l’une à côté de l’autre en train de comploter et de partager de petits secrets. Elle adorait rire et s’amuser.
Du haut de mes 23 ans, j’étais plus réservée, timide même. Méfiante je fuyais les regards trop appuyés des hommes et je ne souriais jamais aux inconnus. Cela me donnait une réputation d’une fille froide, distante.
Valérie, elle adorait allumer et provoquer. Elancée, des formes parfaites et une bouche mutine qui en enflammaient plus d’un. Elle aimait plaire. Quant à moi s’il m’arrivait d’aimer mon visage, encadré de cheveux blonds avec deux yeux bleus expressifs et mon corps mince, je regrettais mon manque d’assurance et mon allure un peu gauche. Je ne faisais rien pour séduire, et je voulais que les garçons s’intéressent à mon intelligence avant de penser à mon corps.
« Bien, cela s’est bien passé, j’ai un rendez-vous chez un patron demain, mais il paraît que c’est un enquiquineur et que c’est son ami »
« Ouaah ! d’ici à ce qu’elle t’ait envoyée chez son amant. Tu vois le tableau, t’auras intérêt à faire gaffe à ce que tu dis… » et Valérie éclata de rire.
Toute la classe tourna la tête vers nous.
« Il ne faudrait pas vous gêner Valérie » la voix du professeur d’informatique venait d’interrompre son fou rire. « Puisque vous avez tant envie de parler, parlez-nous d’Internet, dîtes-nous donc ce que signifie le sigle AOL»
Le visage de Valérie devint grave
« Euh… »
Le professeur reprit
« America on Line premier service en lignes d’accès à Internet. Soyez plus attentive ou je serais obligé de vous donner une retenue. »
Il n’était guère facile de faire classe à 20 jeunes filles juste sorties de l’adolescence, qui ne rêvaient que de liberté et de garçons. La sanction suprême restait la convocation dans le bureau de la directrice. Et toutes les filles de la classe savaient qu’il valait mieux ne pas se faire un ennemi de Mademoiselle Pinbal.
Heureusement la cloche se mit à sonner et c’est dans un joli brouhaha que toutes les filles se précipitèrent à l’extérieur. L’heure de la sortie.
Je quittais l’école en compagnie de Valérie.
« Dire qu’il va falloir supporter cela pendant deux ans, on n’est plus des gamines… »
Son visage exprimait la colère mais je savais bien que cela ne durait pas.
« Et quand as-tu rendez-vous avec ce délicieux personnage ? » Son ton était ironique.
« Demain matin à 10 heures. »
« Tu te fringueras comment ? »
« Aucune idée ».
Contrairement à la plupart des filles de la classe je n’étais pas une obsédée de fringues. Evidemment après la remarque de la directrice, j’avais intérêt à compléter rapidement ma garde robe. Mais je détestais être en jupe et je me sentais fagotée dès que je quittais ma tenue préférée : le jeans-basket.
En rentrant chez moi ce soir là, j’avais la certitude que ma vie était en train de prendre une nouvelle direction
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Dans l'ouvrage "Jouir d'avoir mal" d'Olivia Benhamou, le lecteur/ la lectrice est invité(e) à plonger au cœur d'une exploration du masochisme sexuel. À travers une enquête psychologique et sexologique menée de main de maître(sse), Benhamou, psychologue clinicienne et sexologue, déconstruit les tabous et les stéréotypes entourant cette pratique sexuelle sulfureuse. Ce livre, écrit à la première personne, se distingue par son approche introspective et empathique, offrant une perspective inédite sur le masochisme.
Le point de départ de cette quête de compréhension est la rencontre de l'auteure avec un patient dont le besoin impérieux d'éprouver de la douleur pour atteindre le plaisir sexuel suscite sa curiosité et son intérêt professionnel. Ce cas catalyse une exploration plus large, à laquelle Olivia Benhamou nous convie, naviguant entre réflexion théorique, analyses des représentations culturelles du masochisme, et témoignages intimes de personnes pratiquant le BDSM.
Olivia Benhamou propose un decryptage du masochisme sexuel loin des clichés, envisageant cette pratique comme une quête de sensations extrêmes, un moyen de lâcher prise totalement, ou encore comme une manière de forger une connexion amoureuse unique. Elle souligne également comment le masochisme peut servir d'échappatoire aux contraintes quotidiennes ou répondre à des difficultés sexuelles spécifiques.
Le livre prend la forme d'une série de portraits intimes, où les individus partagent ouvertement leurs expériences sexuelles et la signification profonde de ces dernières dans leur parcours de vie. Ces histoires personnelles sont mises en perspective avec une analyse rigoureuse des enjeux psychiques du BDSM, dans un contexte où ces pratiques gagnent en visibilité et semblent de plus en plus acceptées socialement.
"Jouir d'avoir mal" se révèle être une œuvre à la fois pédagogique et émouvante par certains côtés, qui brise les idées reçues et invite à la réflexion. L'auteure accompagne le lecteur à travers son processus de découverte, partageant ses questionnements, ses surprises, et ses conclusions. Ce faisant, elle offre un éclairage précieux sur les dynamiques complexes du plaisir et de la douleur, enrichissant la conversation sur la sexualité humaine dans sa diversité.
Au-delà de son sujet qui sent le souffre, ce livre est une ode à la complexité des désirs humains, mettant en lumière la capacité de l'individu à trouver du plaisir dans l'atypique. Olivia Benhamou réussit le tour de force de traiter un sujet controversé avec respect, sensibilité, et une profonde humanité, faisant de "Jouir d'avoir mal" un livre essentiel pour quiconque s'intéresse aux intrications de la psyché humaine et à la richesse de ses expressions sexuelles.
Si vous avez lu ce livre, n'hésitez pas à laisser votre avis en commentaires ci dessous.
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Épisode 5 : » la présentation « suite et fin du dressage de la chienne
Revenons à nos moutons, pardon je voulais dire revenons à la chienne …
De retour dans la maison et après une pause bien méritée: une gamelle pour lilly et un verre de whisky pour nous.
La leçon suivante consista à savoir honorer son Maître.
Au retour de son Maître une bonne chienne doit l'accueillir joyeusement à quatre pattes et lui embrasser les pieds en remuant la queue. Il proposa de lui apprendre une variante plus perverse.
« au pied la chienne «
Lilly trotta jusqu’à lui en remuant la queue. Il lui tendit un de ses pieds.
« lèche ma botte »
Elle s'exécuta avec réticence et lécha du bout de sa langue une de ses bottines de cuir.
« Mieux que cela ou gare à tes fesses »
Elle s’appliqua et sa langue s’agita avec plus de dextérité. Il s’assura que toute la surface soit consciencieusement nettoyée. Après de longues minutes il parut satisfait.
« Fais la briller avec ta chatte. »
Elle prit la bottine entre ses cuisses et son sexe se colla contre le cuir. Elle se frotta dans un mouvement de haut en bas. C’était vulgaire, j’avais vu des chiens essayer de se branler ainsi sur le mollet de leurs Maîtres avant de se faire éjecter d’un coup de pied.
Il imprima le mouvement avec son pied l’obligeant à être plus rapide et elle s’appliqua à le satisfaire de son mieux. Il semblait ne jamais vouloir arrêter ce supplice. Le cuir râpait son sexe entrouvert et le frottement dans son intimité était à peine supportable. Après la deuxième bottine elle était épuisée et son visage semblait résigné .
Je la sentis humiliée comme rarement je l’avais humiliée. Visiblement il jouissait de son humiliation..
Dresseur pervers il en avait fait un petit animal soumis et craintif qui guettait le moindre de ses ordres.
Autant on avait pratiqué certaines de ses scènes entre nous, dans notre couple, autant d’être chienne devant un inconnu froid et calculateur, la rabaissait au rang d’animal.
Ce dresseur repoussait ses limites bien mieux que je n’y arriverais jamais car il n’avait aucun sentiment qui interférait. Seul le résultat comptait et il voulait atteindre les objectifs qu’il s’était fixé. Mais il n’était pas inhumain. Il était attentif et savait doser et reculer si nécessaire, mais obstiné il revenait à la charge dès que Lilly avait récupéré. J’étais certain qu’après quelques séances elle serait une parfaite chienne obéissante.
Si le sexe n’était pas la priorité, il ne s’en priva pas. Elle était sa chienne pour quelques heures et traiter Lilly de chienne en chaleur était une expression qu’il affectionnait.
« Chienne, tiens toi prête pour la saillie, présente ton cul et cambre toi au maximum. »
Lilly prenait la pose cuisses écartées, son sexe bien ouvert sous l’action des pinces qui l’écartelaient. Son orifice béant était une invitation à la pénétration, mais il n’en avait strictement “rien à foutre”. Il préférait son cul.
D’un geste rapide il lui ôtait le plug et introduisait son membre dans son cul encore entrebâillé.
Il l’encula ainsi à de nombreuses reprises et avec un plaisir pervers, sachant s’arrêter à temps.
L’empêchant de prendre son pied.
Il aimait la fesser, lui flatter la croupe, la tirer par les cheveux en la sodomisant.
Il alterna le cul et la bouche et elle aurait en temps normal fait “la fine bouche”.
Mais elle n’avait plus la force de résister. Le summum de sa dépravation fût atteint à plusieurs reprises au cours de la soirée.
Sur le point de jouir, il l’obligeait à se préparer à goûter son sperme jusqu’à la dernière goutte. Vicieusement il vérifiait qu’elle avait tout avalé en lui retroussant les babines, en glissant deux doigts de par et d’autre de sa mâchoire. Comble du sadisme il lui tapotait la joue en disant “bonne chienne”.
Honteuse, elle aurait aimé pouvoir se cacher dans un trou de souris et pleurer tout son soûl, mais il la gardait à portée de main, couchée à ses pieds le sexe toujours bien ouvert. Offerte et disponible.
Pourtant Lilly en bonne femelle avait d’instinct repéré les caresses, les positions, les parties de son corps que préférait son tourmenteur. Elle jouait de sa langue, de son cul et de tout son corps pour devancer ses désirs, les combler et ainsi tenter de l’amadouer. Elle savait rien qu’au timbre de sa voix dans quelles dispositions il était et agissait en conséquence en s’offrant sans pudeur. Elle anticipait aussi lorsqu’il la cravachait et modulait ses plaintes. Certains gémissements ayant des pouvoirs d’excitation, d’autres couinements le faisait frapper moins fort.
Telle une vraie chienne elle apprit à être en totale osmose avec son dresseur.
Privée de la parole les autres sens prenaient le relais et elle ressentait le moindre changement dans son attitude. Elle arriva même à deviner lorsqu’il était en proie à un léger doute sur la conduite à tenir ou devant un choix à faire.
Elle espéra même un moment pouvoir par son attitude soumise réussir à l’influencer.
Mais malheureusement pour elle, ce dresseur avait une personnalité bien affirmée.
Le programme qu’il lui avait concocté comportait de nombreux passages obligés qui étaient de véritables épreuves pour elle.
Son Maître était attentif à son plaisir. Il respectait aussi certains de ses tabous, alors que cette nuit elle pressentait que son humiliation serait complète. Elle allait, elle le savait aller au bout de sa honte et devoir accepter tout ce que ce pervers avait envie de lui faire subir.
Pourtant elle était certaine que le dressage proposé avait reçu l'acquiescement de son Maître. Son Maître voulait donc qu’elle devienne cette chienne en chaleur.
Comment était ce possible? Son Maître allait il la traiter ainsi à l’avenir ? Non elle ne pouvait pas y croire.
Son Maître aimait trop la faire jouir en récompense des efforts qu’elle faisait pour lui plaire.
Et elle prenait du plaisir à lui faire plaisir.
Ce n'était pas le cas avec Marc.
Pour Lilly ce soir, le plaisir n’était pas au programme. Elle était là pour être dressée, utilisée, humiliée, obéir, donner du plaisir et en baver.
“En baver” il fallait prendre cette expression au sens propre et au sens figuré.
Elle devait garder la langue sortie, dès lors qu’elle était touchée ou pénétrée au niveau du sexe ou du cul, et avait l’interdiction de fermer la bouche aussi longtemps qu’on s’occupait ainsi d’elle. Après quelques minutes cela devenait très pénible car elle ne pouvait s’empêcher de baver.
C'était une règle que son Maître avait instauré et qui l’excitait et l’humiliait à la fois.
Marc avait tout de suite adhéré à cette proposition.
Titillant son clitoris, il la surprit en train d’avaler subrepticement sa salive.
Comme punition, il lui accrocha une pince lestée d’un poids à la langue. Il la surveilla de près se délectant de voir de la salive couler sans discontinuer et il la traita de chienne baveuse. Elle resta ainsi 10 minutes la langue pendante.
Désormais craintive elle ne refit plus la même erreur.
.
A aucun moment son membre ne la pénétra vaginalement, lui ôtant ainsi toute possibilité de prendre son pied. Le but était de la garder au maximum dans un état de manque et de la maintenir entre l’excitation et la douleur. C’était pervers. Son corps était tellement sensible que le moindre effleurement des seins, la moindre caresse la rendait folle de désir.
Il l’a plusieurs fois amenée au bord de la jouissance attentif à ses râles de plaisir
et il s’interrompait juste avant l’orgasme. La frustration était terrible. Ravalant toute fierté elle l’implorait en geignant, son corps parcouru de spasmes et un simple attouchement aurait suffit à la faire jouir.
Des moments proches du sadisme il y en eut plusieurs. Lilly n’était pas maso mais une certaine dose de souffrance pouvait l’exciter, si le plaisir alternait avec la douleur. Mais Marc avait bien l’intention de repousser ses limites et de la traiter en chienne maso.
Il lui fit prendre la position numéro 4, sur le dos cuisses écartées avec ses deux mains et les cuisses repliées en arrière et dégagea son clitoris. Il avait une pompe à venin et il l’appliqua sur le bouton du clitoris décalotté. Il l’actionna d’un coup sec. Lilly hurla sous la douleur. Son clito aspiré dans la pompe avait doublé de volume, et il laissa la pompe accrochée.
Lilly se calma mais la douleur persistait. Il fit de même avec les tétons des mamelles et les bouts s’allongèrent de deux bons centimètres. Lilly se contenta de gémir sourdement, un gémissement guttural, animal qui dura tout le temps où elle conserva les trois pompes. Il la laissa ainsi pendant plusieurs minutes avant de la délivrer.
Le résultat était parfait. Les tétons étaient terriblement sensibles et allongés. En lui touchant le clito, qui avait doublé de volume Lilly geignait. Après quelques minutes elle avait retrouvé un peu de sérénité mais les tétons continuaient insolemment à poindre et son clito était proéminent.
Environ une heure après il décida de la tourmenter à nouveau. Il lui badigeonna le clitoris et les lèvres d’une sauce piquante à base de gingembre et de piment, dotée d’un pouvoir d’irritation très puissant. Lilly se tortillait, allant jusqu’à se frotter le sexe à un bout du pied de table, pour essayer de calmer la brûlure. Traitée de chienne en chaleur, elle gémissait dès qu’il lui touchait la vulve et son clito hypersensible lui faisait craindre la moindre caresse.
Nous priment une collation en nous servant de Lilly comme d’une table basse et lui avons permis de boire et manger dans une gamelle.
Estimant qu’il était temps de la faire se soulager, il la fit s’accroupir, les cuisses écartées au maximum. En équilibre sur la pointe des pieds et les mains derrière la nuque.
C’est une position difficile à tenir car on a aucun point d’appui solide et Lilly avait du mal à la garder.
Il lui intima l’ordre de pisser dans un verre à pied. Lilly essaya, je vis à son regard implorant qu’elle voulait réussir. Mais elle s’était retenue depuis si longtemps et son sexe avait été tellement tourmenté qu’elle faisait un blocage. Elle sentait le regard de son tourmenteur et son impatience.
Je lisais les efforts désespérés sur son visage mais elle n’y arriva pas. Il insista, pressa sur la vessie, en vain. Il l’encouragea, la réprimanda sévèrement. Rien n’y fit. En désespoir de cause il prit une canule munie d’une poire et introduisit le bout dans l’urètre. Une pression sur la poire provoqua un jet d’urine puissant.
Mais il ôta aussitôt le tuyau et lui intima l’ordre de se retenir. Elle réussit à arrêter le jet en grimaçant en signe de désapprobation. Son but était qu’elle pisse sur commande.
« pisse chienne, doucement. »
Un léger jet sortit et atterrit dans le verre qu’il tenait, il la félicita.
Il l’obligea à remplir le verre et la stoppa en pinçant fortement les tétons avant que le verre ne déborde. Il fit de même pour les 5 verres suivants.
Bien plus tard dans la nuit, j’eus pitié d’elle. J’avais trop envie de la prendre et de la baiser en l’entendant jouir. Je la libérai des pinces au sexe et elle gémis, le sang se remettant à circuler.
Je la massais délicatement et elle soupira d’aise. Son sexe était trempé et n’attendait que d’être pris par une queue. Ce fut une étreinte puissante et rapide et elle jouit en poussant des gémissements et des cris qui semblaient venir du plus profond de son être. Un orgasme puissant et une récompense après tout ses supplices.
Ses yeux remplis d’amour, me firent comprendre qu’elle était heureuse et reconnaissante de lui avoir permis prendre son plaisir après tant de tourments.
Peu avant le départ pendant que Lilly attendait sagement couchée à nos pieds, profitant d’un moment de repos bien mérité, Marc me prit à part et proposa de nous revoir.
Mais cette fois en compagnie d’autres dresseurs et d’autres chiennes. Pour lui, elle avait réussi à atteindre le niveau qui permettait de la présenter à son cercle. Il la jugeait apte à devenir une chienne confirmée. Je me sentis fier d’elle. C’était à n’en point douter un grand honneur qu’il nous faisait.
Je promis d’y réfléchir. En le quittant quelques minutes plus tard je lui dis à bientôt, et Lilly le remercia en baisant la main qui l’avait si durement dressée. Il lui dit à la prochaine en flattant une dernière fois sa croupe et elle eut un long frisson involontaire.
Épuisée, elle s’endormit à peine installée dans la voiture et ne se réveilla pas avant l’arrivée à la maison.
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Muriel Ojeda se dresse en figure de proue avec une histoire aussi singulière qu'inspirante. À travers son livre autobiographique, Chroniques d'une femme ordinaire, ou comment le sadomasochisme a sauvé mon âme, elle dévoile sans tabous comment cette pratique lui a non seulement permis de rompre avec le cycle de l'ennui mortel qui emprisonnait sa vie, mais lui a aussi permis de se redécouvrir et de s'affirmer.
Mère de famille et professionnelle accomplie, Muriel n'était pas prédestinée à devenir une voix emblématique dans l'exploration du BDSM. Pourtant, sa quête de sens et d'équilibre l'a conduite sur ce chemin peu orthodoxe. Elle y a trouvé non seulement une échappatoire à une existence qui lui semblait préfabriquée, mais aussi une manière de renouer avec elle-même, loin des carcans sociétaux.
L'histoire de Muriel est avant tout celle d'une transformation intérieure, catalysée par des circonstances de vie extrêmes, notamment un combat contre le cancer qui l'a confrontée à une remise en question brutale de son identité féminine et de sa place dans le monde. C'est dans cette période de vulnérabilité absolue que le BDSM est apparu comme un salut, une manière de reprendre le contrôle sur son corps et sa psyché, à travers des expériences qui, bien que pouvant paraître extrêmement violentes aux yeux du profane, sont encadrées par les principes de consentement mutuel et de respect.
Ce que Muriel souligne à travers son récit de ses,expériences de domination et de sado-masochisme, c'est la dimension profondément humaine et libératrice du BDSM, lorsqu'il est pratiqué de manière saine et consensuelle. Elle met en lumière la manière dont ces pratiques, souvent mal comprises, peuvent servir de vecteur à une connaissance de soi accrue, à une affirmation de ses désirs et de ses limites, et finalement, à une forme d'épanouissement personnel.
Le parcours de Muriel Ojeda est un témoignage puissant sur la capacité de l'individu à se réinventer, à trouver dans l'adversité les clés d'une renaissance. Son livre n'est pas une apologie du sadomasochisme, mais plutôt une invitation à dépasser les jugements hâtifs pour comprendre la complexité des chemins de vie. Elle y aborde avec franchise et courage son parcours, dans l'espoir d'éclairer, de rassurer, et peut-être d'inspirer.
Muriel Ojeda, à travers son courage et sa sincérité, rappelle que l'authenticité et la quête de bonheur sont des valeurs universelles, qui peuvent prendre des formes inattendues. Son histoire est un appel à l'ouverture d'esprit, à la bienveillance envers soi et envers les autres, et à la reconnaissance de la diversité des parcours de vie comme autant de richesses humaines.
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Épisode 2 « la présentation » suite. Lire « la présentation » avant.
Attention cette histoire est plus un dressage de « petgirl » qui transforme une soumise en chienne. Réservé aux amateurs de chiennes dressées durement.
Visiblement Marc adorait découvrir les positions que lilly avait apprises dans le but d’être présentée et qui par leur côté cru l’obligeait à s’humilier abdiquant toute pudeur.
Ses positions sont celles qui font partie de celles qu’adoptent les soumises pour dévoiler leur intimité à leurs Maîtres et leurs permettre d’y accéder soit pour les saillir soit pour les tourmenter.
La « position numéro 3 »est comme la position 2 une de celles qui peuvent être prises facilement dans la vie quotidienne si la soumise est en jupe sans culotte.
Sur l’invitation de Marc elle obéit.
Lilly se tourna et se pencha en avant son dos à l’horizontal, gardant les jambes droites et espacées. Ses deux mains saisirent ses fesses et les écartèrent. Son trou du cul apparut.
Marc y glissa un doigt et répéta le mouvement et Lilly docilement activa sa langue.
« position numéro 4 » demanda t il d’un ton ferme.
Quittant la position debout, lilly se coucha sur le dos entrouvrit les cuisses et les tint repliées entre ses mains.
Cette position était idéale pour la sauter ou tourmenter sa chatte.
Il écarta au maximum les grandes lèvres et son sexe ainsi ouvert était totalement vulnérable.
Il joua avec son clitoris et lilly se sentit à la merci de son tourmenteur qui alternait pincement et caresses. Un mouvement involontaire et de légers tremblement ponctuaient chaque geste de Marc et lilly gémissait doucement sous la pression des doigts et il s’attarda longuement sur son sexe offert.
« Jolie pose il faudra lui refaire prendre en lui mettant une pompe afin d’aspirer le clito et le faire s’enfler. »
Il continua : « position numéro 5 »
Elle se mit à quatre pattes, tête au sol, mains à plat devant elle, cuisses écartées bien cambrée offrant son cul.
C’était la position qu’elle devait adopter, lorsque marchant en laisse son Maître s’arrêtait ou lui disait stop lorsqu’elle trottait a 4 pattes.
« Un beau gros cul qui va devoir être rougi pour mon plaisir » fut la remarque de Marc
Lilly savait que cette pose permettait tous les excès soit en recevant la cravache soit en étant prise par les orifices qui s’offraient au regard pervers de l’invité.
Et pour finir la « Position numéro 6 »
Elle se mit accroupie, cuisses largement ouvertes, sur la pointe des pieds, mains derrière la nuque. Elle oscillait légèrement cherchant à garder son équilibre et fit grimacer lilly.
Il commenta.
« Pour tenir longtemps cette pose il lui faudra une cale dans le cul pour avoir un appui au sol. «
« Oui répondis je et c’est la position idéale pour la faire pisser lors d’une balade dans la nature. »
Voyant qu’elle avait beaucoup de peine à tenir la pose il s’adressa à Lilly.
« debout chienne. »
Soulagée Lilly se releva et reprit la position d’attente. Il saisit la laisse et l’entraîna vers un coin du salon. Arrivé devant une table il lui demanda de l’escalader et de se mettre à quatre pattes. Lilly s'exécuta.
« Écarte plus tes cuisses et cambre toi. »
Lilly obéit. Marc tourna lentement autour de la table afin de pouvoir l’observer sous toutes les coutures. Il laissa ses doigts glisser sur différentes parties de son corps s’attardant sur ses mamelles pendantes et les gifla de sa main provoquant de légers frémissements de la part de Lilly.
Puis il se tourna vers moi.
« si tu le permets je vais la transformer en vraie chienne. »
Je lui donnais la permission et Lilly soupira. Un soupir involontaire qui lui échappa.
Marc fit comme s’il n’avait rien entendu, mais il eut un petit sourire sadique.
Je me demandais un instant si cela avait été une aussi bonne idée de la mettre entre les mains d’un parfait inconnu.
Il revint au niveau des ses fesses et il enserra chaque cuisse d’une cordelette, reliée à un tendeur et à une pince. Il lui ordonna de serrer les cuisses et ajusta chaque pince au sexe de Lilly.
Lorsqu’il lui fit ouvrir les jambes le ressort écarta au maximum les grandes lèvres et je vis Lilly grimacer de douleur.
« Écarte les cuisses, serre les, écarte plus. »
L’effet était saisissant et des plus crus presque vulgaire.
Il répéta plusieurs fois cette opération afin de régler la bonne tension. Il voulait qu’elle puisse marcher à quatre pattes en ressentant pression et gêne, et qu’en s’ouvrant totalement la douleur soit à la limite du supportable.
Pendant tout le temps où il ajustait les pinces Lilly garda la langue sortie comme elle avait appris, sachant qu’il lui était formellement interdit de refermer la bouche. Un peu de salive perlait déjà de sa bouche. Je savais qu’elle se sentait humiliée de se voir ainsi palpée et auscultée cuisses écartées langue pendante, devant un parfait étranger.
Il se tint devant elle et elle put refermer la bouche visiblement soulagée.
Elle était encore persuadée de pouvoir lui résister. Elle allait bientôt déchanter car le temps n’allait pas jouer en sa faveur. Il aimait briser ces petites femelles sexuellement libérées qui croyaient venir ici pour s’encanailler.
Marc ne resta pas inactif. Il lui ôta les escarpins, enserra pieds et mains dans des sortes de moufles en cuir. S’il lui demandait de se lever, elle serait obligée de se tenir en équilibre sur la pointe des pieds. Impossible de faire plus d’un mètre sans tomber.
Il protégea ses genoux avec des genouillères afin qu’elle puisse marcher à quatre pattes.
Il l’interrogea soudain.
« ton cul est propre? »
La question surprit Lilly qui n’était pas habituée à un langage aussi cru. Mais elle savait que quelque soit les questions elle devait répondre poliment et précisément.
« oui monsieur, mon cul est propre. »
« Comment l’as tu nettoyé? »
« J’ai eu un lavement, monsieur. »
« bien je t'enculerai bien profondément. »
Lilly grimaça mais ne répondit pas.
Pour Lilly le lavement était une des pires épreuves qui soit. Elle renâclait à cette pratique et je devais me montrer particulièrement ferme pour qu’elle s’exécute. Mais avant de venir elle avait du le subir.
Je voyais son corps se crisper rien qu’à l’évocation de ce souvenir humiliant.
Puis il prit un plug en métal de bonne dimension avec à son extrémité une courte queue.
Il l’approcha de sa bouche, força ses lèvres et le glissa en effectuant des vas et viens rapides et profonds.
« mouille le bien tu vas l’avoir dans ton cul. »
Lilly s’appliqua à bien l’humidifier.
Il lui mit le plug en faisant preuve de délicatesse. Il faut dire qu'il était d’une taille imposante.
La courte queue transformait doucement Lilly en animal.
Elle se sentit remplie et dilatée à la fois.
Pour finir il lui enserra la taille à l’aide d’un corset de cordes et le serra au maximum.
Sa taille s’affina et ses fesses rebondies attirèrent nos regards. Elle était à croquer ainsi harnachée.
Je vis l’effort qu’avait fait Lilly pour ne pas crier puis elle sembla s’habituer à sa nouvelle condition.
Doucement il s’approcha de sa tête, lui caressa les cheveux et lui dégagea les oreilles, prenant le temps de l’observer. Il la huma, la renifla et reconnut son parfum. Opium d’Yves Saint Laurent.
Il lui fit ouvrir la bouche y glissa plusieurs doigts et il inspecta sa dentition. Elle eut honte d’être examinée comme une esclave des temps anciens qui allait être vendue sur le marché.
Dans chaque narine il lui posa un crochet, relié par une cordelette à une sorte de serre tête. Il tira et ajusta le tout. Son nez se retroussa et sa lèvre supérieure s’entrouvrit la rendant plus animale.Il joua ainsi pendant quelques minutes à tendre la corde l’obligeant à desserrer la lèvre supérieure.
Puis curieusement il lui ôta cet accessoire en disant s’en servir plus tard. D’une voix grave il reprit la parole.
« voilà qui commence à me plaire, on va pouvoir commencer le dressage, Lilly es tu prête? »
« Oui monsieur, je suis prête à être dressée. »
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"Quand j’exécute mes dessins "Variations", le chemin que fait mon crayon sur la feuille de papier a, en partie, quelque chose d’analogue au geste de l’homme qui cherchait, à tâtons, son chemin dans l’obscurité. Je veux dire que ma route n’a rien de prévu: je suis conduit, je ne conduis pas". Henri Matisse (1869-1954) est l’un des rares artistes qui figurent en bonne place dans les livres d’histoire de l’art, mais qui se soustrait, avec une élégance tranquille, à toutes les tentatives de classification. Dès le début du XXème siècle, il commence à affirmer un style aussi personnel que reconnaissable, et jusqu’à sa mort il côtoie, sans jamais se laisser imposer les préoccupations du moment, les courants, les écoles et les idéologies dogmatiques qui ont accompagné la création artistique depuis la fin du XIXème siècle. Alors que les uns s’affirment avec la violence de l’expression, d’autres avec la violence du discours, d’autres par celle de la provocation, il peint on peut presque dire dans son coin, alors qu’il est déjà connu et célébré. Dès sa jeunesse, Henri Matisse fait preuve d'audace et de persévérance. Né au Cateau-Cambrésis dans le Nord en décembre 1869, destiné à devenir clerc de notaire, c'est au cours d'une longue convalescence qu'il commence à peindre et qu'il découvre sa passion: "Pour moi, c'était le paradis trouvé dans lequel j'étais libre, seul, tranquille, confiant tandis que j'étais toujours un peu anxieux, ennuyé et inquiet dans les différentes choses qu'on me faisait faire". Malgré l'objection de son père, il part à Paris pour s'inscrire à l'Académie Julian et dans l'espoir d'intégrer l'école des beaux-arts. Son échec au concours d'entrée ne le fera pas renoncer et l'incitera à trouver d'autres chemins de traverse, vers sa destinée, celle d'être alors l'un des artistes les plus importants du XXème siècle. Admis officieusement dans l'atelier de Gustave Moreau, il s'inscrit également aux cours du soir des Arts Déco où il fréquente Albert Marquet avec lequel il capturera les scènes urbaines de la capitale, les fiacres et les passants. Le dessin lui a permis d'expérimenter et de s'émanciper de ses pairs, à l'image de ce que Matisse seratoute sa vie durant, un homme pugnace et optimiste, faisant fi des échecs et des aléas. Ses débuts témoignent d'une capacité iconoclaste à casser les codes d'une formation somme toutes assez traditionnelle, ce que Gustave Moreau décèlera en lui affirmant: "Vous allez simplifier la peinture". Sa quête de simplification, tant esthétique que philosophique, est avant tout une recherche d'universalisme auquel il accèdera à la fin de sa vie avec la Chapelle de Vence: "Cette chapelle est pour moi l'aboutissement de toute une vie de travail pour lequel j'ai été choisi par le destin sur la fin de ma route, que je continue selon mes recherches, la chapelle me donnant l'occasion de toutes les fixer en les réunissant".
"L’exactitude n’est pas la vérité. Un centimètre carré de bleu n'est pas aussi bleu qu'un mètre carré du même bleu". En 1898, deux voyages seront fondamentaux pour la suite de son cheminement artistique: Londres où il se délecte des œuvres de William Turner puis Toulouse et la Corse où il découvre la lumière du Sud. Après un bref retour dans le Nord, c'est au début du siècle suivant que son art va connaître un véritable tournant. Sa pratique de l'aquarelle sur le motif et sa rencontre avec Paul Signac en 1904 lui permettront de s'affranchir de l'usage traditionnel de la couleur pour aboutir à l'invention du Fauvisme lors de l'été 1905 passé à Collioure avec André Derain. En 1906, il achète son premier masque africain et fait découvrir cet art à Picasso. La même année, il se rend en Algérie où l'expérience du désert le bouleverse et lui donne "une envie de peindre à tout déchirer". Ainsi, tout à la fois porté par ses inventions colorées et ses récentes inspirations, il s'engage dans une intense période créatrice avec la commande des deux panneaux décoratifs pour le collectionneur russe Chtchoukine, "La Danse et La Musique" en 1910. La magistrale série des intérieurs symphoniques, notamment "L'Intérieur aux aubergines" de 1911, sera l'apogée de cette décennie aucours de laquelle il découvrira également l'art musulman et l'Espagne. Prompt à poursuivre son ouverture au monde, les séjours au Maroc en 1912 et 1913 parachèvent son irrésistible attrait pour l'Orient. Au fur et à mesure de ses voyages, Matisse se constitue une collection d'objets, meubles et tissus qu'il intégrera dans ses œuvres: "L'objet est un acteur: un bon acteur peut jouer dans dix pièces différentes, un objet peut jouer dans dix tableaux différents, un rôle différent". Ce métissage des sources, enrichi au fil des voyages, nourrit sa réflexion plastique et l'iconographie de ses œuvres. Abordant les notions de décoratif, Matisse s'éloigne de toute exactitude, qui n'est pas la vérité assène-t-il, et cherche la synthèse de la forme au plus juste de son émotion. En 1916, Matisse réalise deux œuvres majeures de très grandes dimensions: "Les Marocains" et "Femmes à la Rivière" et passera alors les dures années de guerre entre Issy-Les-Moulineaux et Paris. Les résultats de ses recherches lui donnent le vertige et le poussent à se rendre à Nice fin octobre 1917 pour s'y installer définitivement au début des années 1920. En quittant l'atelier d'Issy-les-Moulineaux, il s'invente à Nice un univers dédié à ce qui deviendra son obsession pendant une dizaine d'années: les "Odalisques" où les modèles se prêtent au jeu de l'accessoirisation. De sa région natale, Matisse se souvient des tissus flamboyants pour créer des intérieurs avec une abondance de matières et de motifs. Grisé par les variations infinies de son sujet, il va accumuler alors les scènes d'intérieur, peignant, sculptant des jeunes femmes nues ou qu'il habille de vêtements rapportés du Maroc. En mars 1920, il réalise pour Diaghilev les décors et les costumes du ballet "Le Chant du rossignol", première expérience décorative hors de la surface plane du tableau. Sa carrière est alors lancée, il est enfin reconnu.
"Cependant, je crois qu’on peut juger de la vitalité et de la puissance d’un artiste, lorsque impressionné directement par le spectacle de la nature, il est capable d’organiser ses sensations et même de revenir à plusieurs fois et à des jours différents dans un même état d’esprit, de les continuer. Un tel pouvoir implique un homme assez maître de lui pour s’imposer cette discipline". À la fin des années 1920, toujours plus exigeant envers lui-même et désirant une nouvelle fois se renouveler, il part alors pour Tahiti en 1930, à la découverte d'un autre espace et d'une autre lumière. Dans un premier temps, ce n'est pas la destination en elle-même qui le bouleverse mais la traversée de l'Atlantique en bateau du Havre à New York puis celle des États-Unis en voiture et en train, d'Est en Ouest, pour rejoindre San Francisco et y embarquer vers Tahiti. Ce périple métamorphose radicalement sa perception de l'espace, lui fait prendre conscience d'une autre échelle, de la possibilité d'une autre vision. "Immense, si j'avais vingt ans, c'est ici que je viendrais travailler". La ville de New York le fascine totalement, comme une confirmation de ses nouvelles recherches linéaires entreprises peu avant son départ. "Si je n'avais pas l'habitude de suivre mes décisions jusqu'au bout, je n'irais pas plus loin que New York, tellement je trouve qu'ici c'est un nouveau monde. C'est grand et majestueux comme la mer, et en plus on sent l'effort humain". Arrivé à l’âge de prendre conseil auprès de sa propre jeunesse, ainsi qu’il le confiera à André Masson, Matisse radicalise son fauvisme décoratif. Celui-ci, tel qu’il le pense et le met en œuvre depuis 1905, vise non point à sortir de la peinture mais à la faire sortir d’elle-même afin qu’elle excède le monde clos du tableau et qu’elle s’ouvre sur le dehors de l’expérience commune. Ce projet gardait toutefois quelque chose d’abstrait et d’inaccompli faute de rompre avec le cadre du tableau de chevalet. C’est ce pas qu’il franchit avec "La Danse" pour la fondation Barnes à Merion (Pennsylvanie). Dans le vaste local à un étage qui lui servait d’atelier et où il achevait sa composition, Matisse exposa à Dorothy Dudley, venue l’interviewer en prévision d’un article au titre percutant: "Le Peintre dans un monde mécanique", comment le problème s’était posé à lui. En suivant sa transcription: un "mur à décorer tel qu’il se dresse, trois portes fenêtres de six mètres de haut, à travers lesquelles, on ne voit que la pelouse, rien que du vert et peut-être des fleurs et des buissons. On ne voit pas le ciel. Au-dessus de ces portes fenêtres, trois espaces enforme d’ogives montant jusqu’au plafond, en sorte que la peinture sera influencée par la triple ombre des voûtes".
"Souvenez-vous qu’une ligne ne peut pas exister seule. Elle amène toujours une compagne. L’espace a l’étendue de mon imagination". D’une manière générale, la sobriété des formes, courbes pour les figures, rectilignes pour les bandes, de même que le petit nombre des couleurs toutes appliquées en grands aplats, sont en consonance avec les lignes architecturales et les plans des murs. Les combinaisons chromatiques des bandes et leurs obliques s’accordent avec le jeu des danseuses. Les parties à la fois roses et bleues, aux pentes plus dynamiques, correspondent aux trois couples engagés dans un corps à corps, tandis que les deux bandes noires, dans lesquelles retombent les pendentifs, rétrécissent quelque peu vers le bas. Elles sont donc plus statiques et correspondent aux deux nymphes assises au sol. Le rythme interne au triple panneau n’a rien d’autonome, car les bandes colorées sont doublement articulables avec le rythme des danseuses et avec celui des portes fenêtres, des deux entreportes et des pendentifs des voûtes. Le bleu, le noir et le rose, pas plus que le gris des corps, ne tiennent leur pouvoir expressif d’une transposition d’unpaysage ou d’un spectacle de danse, ils le tiennent de la lumière, qui allait poser à Matisse un redoutable problème. Le bleu et le rose, de valeur moyenne, contrastent, d’une part, avec la forte lumière des portes fenêtres et, de l’autre,avec le noir. Ce double contraste chromatique compense par son intensité la prégnance figurative inhérente à des silhouettes humaines et la couleur grise, "entre le noir et le blanc, comme les murs de la salle". La "maison" dont il s’agit, "bloc de sensations" non-subjectif, existant en soi et excédant tout vécu, s’entend tout d’abord de "l’armature" picturale dont se soutient une composition. Dans le contexte de "La Danse" de Matisse, on se doit de lui donner une portée proprement architecturale. "Ce qui définit la maison, ce sont les pans, c’est-à-dire les morceaux de plans diversement orientés qui donnent à la chair son armature. La maison même est la jonction finie des plans colorés". L’aplat gris des danseuses leur ôte leur corporéité organique pour les associer ainsi aux plans colorés des bandes murales dont "la puissante vie non organique" conjugue ainsi la tension et le tranchant de leurs surfaces à la souple arabesque qui enchaîne les corps tout en courbes. La sensation ne doit pas s’entendre comme un vécu ou une impression purement subjective car elle "est directement en prise sur une puissance vitale qui déborde tous les domaines et les traverse. Cette puissance, c’est le rythme, plus profond que la vision, que l’audition. Et ce rythme parcourt un tableau comme il parcourt une musique, sur laquelle la danse peut alors se produire en harmonie.
"Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir. Il est vrai que le soir est magnifique. Avant le coucher flamboyant du soleil, le ciel est blond comme du miel. Puis il blêmît avec une douceur infinie". "La Danse" fait prendre conscience à Matisse de la nécessité d’un dépassement plus radical de l’organicité: "Dans la peinture architecturale, qui est le cas de Merion, l’élément humain me paraît devoir être tempéré, sinon exclu". Car "cette peinture associe à la sévérité d’un volume de pierre. De plus, l’esprit du spectateur ne peut être arrêté par ce caractère humain avec lequel il s’identifierait et qui le séparerait en l’immobilisant de la grande association harmonieuse, vivante et mouvementée de l’architecture et de la peinture". Matisse reproche précisément à Raphaël et à Michel-Ange d’avoir, dans leurs compositions murales,"alourdi leurs murs par l’expression de cet humain, qui nous sépare constamment de l’ensemble". Par ce glissement, le langage de Matisse passe significativement de la question de l’humanité des figures à celle du spectateur. La mise à l’écart, non de l’homme, mais de la forme organique de l’humanité est la condition d’une "hétérogenèse" à la fois de la figure-signe dans le tableau et du spectateur du tableau. La peinture murale ne se détourne de l’individualité subjective que pour constituer un autre sujet accordé à un ordre ou à un rythme supra-individuel mettant en jeu le milieu où cette peinture s’établit. Le peintre épingle sur le mur des surfaces de papier peintes en aplats de gouache aux couleurs choisies dans une gamme réduite, puis découpées en fonction du dessin qu’il y trace. Déchargée de tout jeu de main, la couleur sera uniformément passée au rouleau par un peintre en bâtiment. Cette méthode mécanique sera ensuite relayée par le dispositif machinique hautement complexe, à l’image d’une combinatoire ou d’un jeu de construction plutôt que d’une palette, imaginé par Matisse pendant ces trois ans où il va déplacer constamment onze aplats de couleurs un peu "comme on déplace les jetons pendant une partie dans le jeu de dames", jusqu’à trouver un "arrangement" très satisfaisant, pour le metteur en scène qu’il est devenu. Tel Michel-Ange et la chapelle Sixtine.
"Vous voulez faire de la peinture ? Avant tout il vous faut vous couper la langue, parce que votre décision vous enlève le droit de vous exprimer autrement qu'avec vos pinceaux". C’était "un étrange spectacle", selon le témoignage d’une visiteuse admise dans le garage-atelier: "Un mur tout entier était occupé par la maquette en grandeur réelle, alors très ingénieusement composée de bouts de papiers colorés. Ces derniers étaient épinglés au mur et pouvaient être ainsi déplacés comme les pièces d’un puzzle gigantesque. Des piles de papiers colorés étaient posées par terre. Matisse, armé d’un fusain fixé à l’extrémité d’un long bâton, allait et venait sans cesse devant la maquette pour tracer alors les contours qu’il voulait modifier, une jeune femme s’approchait, grimpait sur une échelle et retouchait les papiers colorés. L’inorganicité libérée de la gravitation permet au corps de ne faire plus qu’un avec la surface d’une manière qui extrait radicalement cette peinture murale de tout rapport avec le tableau. En s’affranchissant de la référence à l’espace du spectateur, la nouvelle peinture murale se libère et libère le spectateur de la relation de vis-à-vis. Il n’y a aucun sens à demander sous quel angle de vue "La Danse" est créée. Si Matisse n’invente pas la composition-signe-décorative, parce qu’elle est, dans une certaine mesure, familière aux arts traditionnels, le fait est qu’elle ne fonctionne plus en référence à une transcendance divine ou/et humaine qu’il s’agit d’honorer. En son mode architectural, elle fonctionne dans une pure et totale immanence au mur de ce qu’on nommera un habitat. L'art pictural devient une philosophie. En 1924, Matisse se consacre à la sculpture et réalise "Grand nu assis", qui est exemplaire de son style, à la fois en arabesques et en angles. Il pratique la sculpture depuis qu'il a été l'élève d'Antoine Bourdelle, dont Matisse conserve le goût pour les grandes stylisations, comme on peut le voir ainsi dans la grande série des "Nu de dos", séries de plâtres monumentaux qu'il réalise entre 1909 et 1930. En 1939, Matisse se sépare de sa femme. Après un court voyage en Espagne, il revient à Nice où il peint "La Blouse roumaine". En 1940, il rencontre P. Bonnard au Cannet. Le marchand Paul Rosenberg renouvelle son contrat avec Matisse. Le peintre part le retrouver à Floirac, avec Lydia Délectorskaya,qui était son assistante et modèle depuis 1935. En 1941, atteint d'un cancer du côlon, il est hospitalisé à la clinique du Parc de Lyon. Ses médecins lui donnent six mois à vivre. Il retourne à Nice où cette fois il s'installe à l'hôtel Regina à Nice, alité. Il conserve de son opération le port d'un corset de fer, qui empêche la station debout plus d'une heure.
"Tout est neuf, tout est frais comme si le monde venait de naître. Une fleur, une feuille, un caillou, tout brille, tout chatoie, tout est lustré, verni, vous ne pouvez vous imaginer comme c’est beau ! Je me dis quelquefois que nous profanons la vie. À force de voir les choses, nous ne les regardons plus". Il dessine alors au crayon et au fusain, les dessins sont exposés chez Louis Carré en novembre. S'il ne peut plus voyager, il utilise alors les étoffes ramenées de ses voyages pour habiller ses modèles originaires du monde entier. Son infirmière, Monique Bourgeois, accepte d'être son modèle. Il commence à utiliser la technique des gouaches découpées et commence la série "Jazz". Il s'installe à Vence et renoue une amitié épistolaire assidue avec le dessinateur et écrivain André Rouveyre, connu à l'atelier de Gustave Moreau. En 1942, Aragon fait de Matisse le symbole artistique "d'une manifestation de résistance à l'envahisseur barbare", celui de la vraie France contre l'Allemagne nazie dans l'Art français. En avril 1944, sa femme et sa fille sont arrêtées par la Gestapo, pour faits de Résistance. Amélie Matisse est condamnée à six mois de prison. Elle sera libérée en septembre 1944, tandis que Marguerite Matisse, la fille du peintre, est torturée et défigurée. Marguerite est prise en charge par la Croix-Rouge, qui la cache au sein de la famille Bruno à Giromagny près de Belfort. Elle est libérée en octobre 1944. Matisse la revoit en janvier et février 1945. Sous le coup d'une émotion intense, Henri Matisse dessine de nombreux portraits de sa fille, dont le dernier de la série montre alors un visage enfin apaisé. Jean Matisse, son fils, sculpteur, appartient lui à un réseau de résistance actif. Alité, handicapé, mais vivant, Matisse ne peut plus peindre ou pratiquer des techniques qui demandent des diluants. Il invente alors la technique des papiers découpés, qu'il peut, dans son lit, couper avec des ciseaux, papiers que ses assistants placent et collent aux endroits souhaités par l'artiste. Il commence à travailler, à partir de 1949, au décor de la chapelle du Rosaire de Vence, à la demande de son infirmière-assistante. L'artiste Jean Vincent de Crozals lui sert de modèle pour ses dessins du Christ. À quatre-vingt-un ans, Henri Matisse représente la France à la vingt-cinquième Biennale de Venise. Installé dans une chambre-atelier à l'hôtel Regina de Nice, il réalise sa dernière œuvre, "La Tristesse du roi", une gouache découpée aujourd'hui au musée d'Art moderne du Centre Pompidou. En 1952 a lieu l'inauguration du musée Matisse du Cateau-Cambrésis, sa ville natale. Henri Matisse meurt le trois novembre 1954 à Nice, après avoir dessiné la veille une dernière fois le portrait de Lydia Délectorskaya, que Matisse disait connaître par cœur, il conclut d'un:"Ça ira !", expression valant comme ses dernières paroles. Matisse est enterré dans cette ville, au cimetière de Cimiez. Jusqu'à sa mort, il fit preuve d'audace et d'exigence, autant de qualités qui l'amenèrent à toujours penser en homme de son temps, ouvert au monde et tourné vers le futur. "J’espère qu’aussi vieux que nous vivrons, nous mourrons jeunes".
Bibliographie et références:
- Louis-Charles Breunig, "Chroniques d’art, H. Matisse"
- Guillaume Apollinaire, "Henri Matisse"
- Louis Aragon, "Mon ami Henri Matisse"
- Éric de Buretel de Chassey, "Henri Matisse"
- Gaston Diehl, "Henri Matisse"
- Jacqueline Duhême, "Petite main chez Henri Matisse"
- Raymond Escholier, "Henri Matisse"
- Françoise Gilot, "Matisse et Picasso"
- Jean Guichard-Meili, "Matisse"
- Karin Müller, "Métamorphoses de Matisse"
- Marcelin Pleynet, "Henri Matisse"
- Cécile Debray, "Matisse"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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C’etait une belle après midi d’automne, l’été indien comme on aime l’appeler dans notre région.
Nous étions invités dans un domaine, une propriété au milieu des vignes. Une fois le lourd portail franchi, je garais la voiture devant le perron d’une demeure de Maître, au milieu d’un parc peuplé d’arbres centenaires. Un large escalier menait à l’imposante porte d’entrée.
Galamment j’ouvris la portière à Lilly.
Après avoir gravi les marches, je sonnais à la porte et quelques instants plus tard,
un homme souriant d’environ 50 ans, grand et sportif m’ouvrit. Il devait guetter notre arrivée.
bonjour Marc
Bonjour Phil tu as trouvé facilement?
Oui pas de problèmes
Entre
Je le suivis en faisant quelques pas à l'intérieur dans un imposant hall d’entrée.
Je lui tendis la laisse que je tenais à la main et me mis sur le côté. Il tira dessus d’un coup sec et Lilly se retrouva à sa hauteur. Elle gardait prudemment les yeux baissés et les mains dans le dos.
Il prit le temps de la dévisager du haut en bas, d’un air connaisseur mais il ne fit aucun commentaire. Je savais Lilly anxieuse, elle redoutait cette soirée, mais cela ne la rendait que plus désirable. Avec son collier de chienne et sa petite robe noire sexy qui s’ouvrait sur le devant elle était belle à faire se damner un saint.
Mais l’homme qui nous recevait ce soir était très loin d’être un saint!
D’une voix douce mais ferme il lui demanda.
quel est ton nom?
Elle répondit d’une voix mal assurée
mon nom est Lilly, monsieur
Pourquoi es tu en laisse?
Je suis en laisse parce que je suis soumise à mon Maître, monsieur
Lilly gardait la tête baissée et répondait à chaque question avec politesse d’une voix douce.
Et quelle sorte d’animal es tu?
Je suis une chienne, monsieur
Et comment ton Maître s’y est il pris pour te rendre obéissante?
Mon Maître m’a éduquée, monsieur
Marc fit la grimace et sa réponse fut cinglante.
On éduque des enfants pas les chiennes ! quel est le bon verbe?
Lilly sembla réfléchir et elle prit son temps pour répondre.
Le verbe est dresser, mon Maître m’a dressée, monsieur
La réponse était bonne et sa voix se radoucit, mais elle restait légèrement menaçante, et Lilly se sentait jugée et observée.
Ton Maître m’a fait part des règles que tu dois suivre et m’a demandé de te punir sévèrement à la moindre faute, mets en toi en position d’attente.
Lilly mit ses mains derrière la nuque et écarta les bras, elle entrouvrit légèrement les jambes,
sa robe empêchant un trop grand écart. Elle garda la tête baissée et desserra les lèvres.
Elle avait des cheveux bruns mi longs qui encadraient un joli visage fin. Très légèrement maquillée, de grands yeux bleus et une bouche bien dessinée. Des lèvres soulignées par un gloss rouge vif qui tranchait avec la pâleur de sa figure. Un vrai collier de chien en cuir, noir et large enserrait son cou mince et la laisse en acier attirait le regard. Sous la robe noire on devinait ses seins libres pointant contre l’étoffe. Sa tenue mettait sa taille fine en valeur.
Des escarpins aux talons de 10cm lui donnait une jolie silhouette et faisait ressortir la courbure de ses fesses, à l’étroit dans cette robe moulante. Elle était sexy et attirante. La robe avait sur le devant une large tirette chromée qui descendait jusqu’en bas. Elle rendait Lilly très vulnérable car on sentait d’instinct qu’elle était nue sous sa tenue.
Visiblement Marc appréciait le spectacle et il s’adressa à moi.
depuis combien de temps est elle soumise?
Environ 5 ans mais elle n’a pas été présentée souvent.
Ses doigts se posèrent sur la tirette et il la fit descendre lentement dévoilant la poitrine de Lilly.
Il caressa les seins, doucement d’abord puis il les saisit à pleine main. Les soupesant et les pétrissant.
Il en agaça les pointes en les pinçant entre deux doigts. L’effet fut immédiat, les tétons durcirent et il eut l’air satisfait du résultat. Gardant une main sur son sein droit il questionna Lilly.
qu'ai je entre les mains?
Vous tenez mon sein dans votre main, monsieur.
répondit Lilly d’une petite voix qui cachait mal le trouble provoqué par ces attouchements.
erreur chienne, réfléchis bien avant de répondre.
Le ton de la voix avait changé et il agrippa les deux seins, les serrant fortement entre ses mains, et Lilly ne pût cacher un tremblement involontaire. Elle reprit hésitante.
ce sont mes mamelles que vous tenez, monsieur
Cela te vaudra 10 coups de cravache sur les mamelles pour te rafraîchir la mémoire.
Lilly ne répondit pas, “manquerait plus que je doive le remercier de bien vouloir me punir.
Pensa t elle. Faut quand même que je fasse gaffe à mes réponses si je ne veux pas être punie. Cela lui ferait trop plaisir. Va y rince toi l’oeil vieux pervers…”
Marc descendit la tirette jusqu'en bas et la robe libérée s’entrouvrit dévoilant un sexe épilé.
Il écarta les pans de la robe et effleura son sexe de sa main ouverte.
La réaction de Lilly fut immédiate, elle tira la langue et écarta les jambes afin de faciliter l’accès à son intimité. La fente de son sexe laissa apparaître les petites lèvres. Il les saisit entre les doigts en les étirant afin de juger de leur élasticité. Puis il les écarta largement tout en accentuant la pression cherchant à évaluer sa résistance à la douleur.
Malgré la souffrance Lilly ne bougea pas mais cet instant lui sembla durer une éternité.
Il s’interessa à son clitoris, fit glisser le capuchon afin de mieux atteindre le bouton, le pinça, le titilla.
Son autre main s’approcha de ses orifices. Il fouilla sa chatte d’un doigt inquisiteur puis glissa un autre puis deux entre ses fesses. Il lui arracha de petits cris et quelques gémissements mais son corps resta immobile.
Cet examen terminé il ordonna à Lilly d’ôter sa robe. Elle obéit promptement.
Lorsqu’elle fut nue, il donna un coup bref sur la laisse et en bonne chienne elle le suivit dans le salon.
Il la mena jusqu’au milieu de la pièce et m’invita à prendre place en face d’elle, dans un accueillant canapé en cuir. Lilly se mit aussitôt en position d’attente et ne bougea plus.
Il s’adressa à moi.
Elle connaît d’autres positions ?
Oui bien sûr il te suffit de lui indiquer un nombre de 1 à 6 et elle prendra la pose.
Celle ci est la première elle la prend en absence d’ordre, c’est la position d’attente.
Elle a aussi appris à se présenter en une phrase explicite.
Il tendit l’oreille intéressé. Il s’approcha d’elle et elle sentit son parfum ambré et il lui dit d’un ton doucereux.
je t'écoute Lilly
Lilly jeta un œil dans ma direction cherchant un appui. Je pris la parole d’une voix forte.
Présente toi.
Elle parla d’une voix basse et tremblante.
je m’appelle Lilly. Je suis soumise.
Marc l’interrompit.
Recommence en parlant plus fort. Tu dois être fière d’annoncer ta condition de soumise et pas larmoyante.
Lilly reprit d’une voix plus ferme.
Je m’appelle Lilly, je suis soumise. Mes 3 orifices sont disponibles. Usez en, et abusez en à votre guise. Si vous n’êtes pas satisfait de mes services ou pour votre plaisir vous pouvez me punir sévèrement. Je vous servirai et vous obéirai comme la bonne chienne que je suis.
Marc avait écouté avec attention.
Voilà une jolie invitation, on aurait tort de s’en priver.
Prends la pose numéro 2.
Lilly descendit ses bras et ses mains écartèrent les grandes lèvres ouvrant largement son sexe.
Marc s’approcha se pencha pour bien voir la chatte, provoquant sa gêne. Il glissa un doigt dans le trou béant et Lilly tira la langue. Il recommença l'opération à plusieurs reprises l’obligeant à chaque fois à sortir sa petite langue
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Étant amateur d'Histoire je suis notamment attiré par les sociétés dîtes « d'Ancien-Régime ». Et dans la féodalité médiévale il y a quelque chose qui m'a toujours profondément touché depuis l'enfance, sans parvenir pendant longtemps à vraiment comprendre pourquoi. Loin de moi l'idée de glorifier un passé fantasmé et mal connus, loin de moi l'idée d'écarter les méfaits d'une société traditionnelle, sexiste, superstitieuse, violente, intolérante etc ^^ J'ai étudié l'Histoire à l'université pendant 5 ans, je ne sais que trop bien qu'il n'y a aucune période historique mieux qu'une autre ! Et qu'il faut, surtout en histoire médiévale ! Garder à l'esprit que nous ne voyons qu'une bribe altérée des réalités anciennes.
Je m'inspire seulement de ce que nous comprenons de certaines pratiques sociales passées car j'ai trouvé qu'il pouvait y avoir un intéressant parallèle à faire entre la notion de « suzeraineté/vassalité » du moyen-âge et les relations bdsm modernes.
La féodalité est une société basée sur des rapports hiérarchisés entre individus plus ou moins libres. Ce sont des rapports faits de serment, de protection, de service et d'hommage qui régulent les relations sociales et déterminent la place de chacun dans un monde où la tradition impose de conserver son rang. De nombreux rapports différents se superposent dans ce monde complexe dont par exemple et de manière non-exhaustive : le servage, la suzeraineté/vassalité, le patriarcat, le mariage, le clientélisme, l'esclavage, etc. Et je ne parle même pas des rapports à la religion et à ses ministres !
La vassalité/suzeraineté est le sujet qui m'intéresse ici : Il s'agit d'un rapport de dépendance qui engage un dominant et un dominé dans un contrat juridique et spirituel basé sur l'échange de serment et d'hommages dont chacun tire droits et devoirs dans une relation asymétrique et hiérarchisée mais considérée comme Juste pour chacune des parties qui y a librement consentis. Je vais détailler quelques tenants et aboutissants d'un tel rapport :
- La relation est personnelle, entre deux individus libres et d'égale dignité (comme par exemple deux chevaliers, deux seigneurs etc ) contrairement au servage où les individus ne sont pas égaux de naissance (les paysans roturiers « appartiennent » à [enfin plutôt à la terre de] leurs seigneurs par exemple).
C'est le vassal qui se place théoriquement de son propre chef librement sous la protection d'un suzerain ( dans les faits c'était souvent beaucoup moins libre et beaucoup moins pacifique ^^ ).
Ce sont des serments et vœux publiques qui établissent les règles de la relation : en somme il s'agit d'un contrat engageant dans un monde de justice orale puisqu'il est fait devant témoins.
- Le suzerain obtenant une part de la souveraineté de son vassal possède le droit de le commander. En échange de ce pouvoir le vassal qui se met à son service obtient une « protection » de la part de son maître.
Ainsi le vassal est contraint dans sa liberté souveraine : il ne peut se marier, se déplacer, construire ou céder des terres, nouer des alliances, lever des impôts, organiser une réception, etc ... sans demander la permission de son suzerain. Y manquer est une insulte et demande réparation !
Inversement le suzerain est responsable de son vassal, tant matériellement que spirituellement. Il doit pourvoir à ses besoins et répondre à son appel en cas de danger. Il doit aussi veiller aux intérêts de son vassal et à ceux de ses subordonnés.
La réputation du vassal impacte la réputation du suzerain, et la négligence du premier témoigne de la faiblesse du second.
- Afin de sécuriser chacune des parties, elles doivent régulièrement démontrer leur fidélité par le témoignage d'hommages durant lesquels des comportements dominants et dominés publiques et privés rappellent à la fois la hiérarchie et le soutien mutuel sans forcément chercher à témoigner d'une humiliation, mais plutôt témoigner de l 'honneur que chacun a de respecter sa parole.
Enfin cette relation induit un comportement d'apparat réglementé, souvent par l'utilisation d'attributs comme des vêtements ou des objets mais aussi par l'adoption de postures rituelles en privées et en publiques (baisser la tête, se lever, garder le poing sur la garde etc) ou de coutumes de langages (Sir, seigneur, maître etc).
Maintenant que vous comprenez mieux ce qu'est un suzerain et un vassal, est-ce que vous y voyez le même parallèle que moi ?
A titre personnel, transposée dans le domaine des relations bdsm, je trouve que la suzeraineté/vassalité est une notion appropriée pour exprimer la nature de la relation que je souhaite construire. Il s'agit de l'articulation juste et fructueuse d'une relation hiérarchique, d'une relation consentie dans laquelle il y a un dominant et un dominé qui s'échangent un pouvoir. La personne soumise se met au service de son maître par une soumission à son pouvoir naturel, ou à son rôle durant une relation temporaire, et apprécie le commandement de ce dernier au nom des qualités qu'elle lui reconnaît.
Ma relation bdsm est un engagement d'individus libres, une cession de souveraineté sur des droits personnels en échange de devoirs, à plus ou moins longs termes, au sujet de plus ou moins de domaines (ex : plaisir sexuel, moyen d'y parvenir, hygiène, loisir, etc). Ce n'est ni en vertu de nos sexes ni en vertu d'aucune distinction humaine de dignité, de foi ou d'origine ethnique etc … Ce n'est pas la représentation d'un ordre, d'une hiérarchie universelle, ce n'est que la relation particulière entre deux personnes données. Il y a une stricte égalité de nature, c'est parce que c'est moi, et parce que c'est elle. Pas parce que je suis un « homme », pas parce que c'est une « femme » ! Ce n'est pas du patriarcat, ce n'est pas un mariage, ce n'est pas un couple. C'est une relation bdsm basée sur des transferts de pouvoirs/responsabilité réglée par un contrat révoquable.
La personne dominante assure une certaine « protection » à son/sa protégé-e, mais doit surtout assistance, écoute et bienveillance. La protection dans le cadre d'une relation bdsm signifiant à mon sens la sécurité de ma partenaire : la gestion bienveillante des responsabilités transférées dans le cadre du contrat, un soucis permanent du bien être mental de ma partenaire, la « re-vérification » honnête de son consentement malgré les transferts établis, le désir de ne pas seulement la considérer comme une possession, mais comme une personne ayant des plaisirs et des souffrances personnelles sur lesquelles je dois veiller en plus d'avoir des droits et devoirs dessus.
Afin de jouir de cet état de relation, j'aime aussi assister à l'hommage régulier, ostentatoire et spirituel autant que matériel de ma partenaire soumise. Cela donne à chacun le plaisir de témoigner les sentiments d'affection et de respect qu'il porte à l'autre car nous entretenons une relation à double sens dont chacun tire un sincère bénéfice bien que notre relation soit asymétrique.
J'aime aussi que dans mon bdsm nous affichions des attributs de notre état afin d'entretenir le respect et la fidélité à notre rôle, que nous respections des postures, des coutumes de langage et des règlements vestimentaires par exemple pour commémorer le lien qui nous unie, voir pour le témoigner publiquement.
Et comme dans un contrat de vassalité, je ne vois pas mon bdsm comme quelque chose qui humilie ma partenaire, mais quelque chose qui nous honore tout les deux, une relation qui fait notre fierté à chacun et qu'il nous importe de rendre meilleure par amour et par respect ! Parce que de ce rapport respecté découlent l'ordre et la paix en nous même, entre nous et avec le monde.
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Il y a quelques années de cela une exposition des tableaux du peintre Jean Auguste-Dominique
Ingres avait été proposée au musée du Louvre . Mon fils , étudiant en histoire de l'art à cette
époque m'y avait traîné . J'avoue que ma culture en matière d'art et de peinture est assez restreinte .
A ma grande honte , je suis incapable de m'extasier en récitant des termes pompeux et faussement
dithyrambiques devant un tableau . J'en suis toujours incapable mais je n'en ai plus honte depuis le
jour où un ami m'a dit que la dithyrambe et la pompe dans le domaine de l'art n'est qu'une affaire
de snobisme de la part de gens qui n'y connaissent pas grand chose . Cet ami était très généreux
envers moi et un peu sévère envers les snobs mais je me suis rendu compte qu'il n'avait pas tout à
fait tort . Il m'avait dit aussi qu'il n'est pas nécessaire de s'y connaître en art .
<> . Il était très
généreux . Je ne prétends pas être devenu un connaisseur pourtant j'ai connu de grandes émotions
en visitant de somptueux musées de part le monde mais très peu comme celle que je vais vous
raconter .
Mon fils et moi déambulions dans les salles de l'exposition , admirant les toiles de ce célèbre
peintre quand je tombais littéralement en extase devant la tableau << La Source >> . Cette oeuvre
représente une femme nue , debout , portant sur son épaule une amphore d'où coule une eau claire
dont le débit semble intarissable . Je restais en admiration devant cette image qui faisait revenir à
ma mémoire de vagues souvenirs depuis longtemps enfouis . J'étais insensible au défilé des autres
visiteurs et je restais immobile , tétanisé comme aimanté par la beauté de cette femme . C'est un
reflet , un éclair de lumière dans la pénombre de la salle où seules les oeuvres étaient éclairées , qui
me fit sortir de cette transe passagère . Je tournais mon regard vers la source de ce reflet . C'était
une écharpe en satin couleur jaune lumineux ceignant le cou d'une femme d'une soixantaine
d'années . Ses cheveux courts étaient d'un blanc de neige . Une impression de similitude venant du
passé envahit mon esprit . Je ne pouvais détacher mon regard de cette femme comme je ne pouvais
détacher mon regard de <> quelques instants auparavant . J'étais certain d'avoir connu
cette personne dans le passé quand soudain le souvenir précis d'un épisode de ma vie rejaillit à la
surface de ma mémoire me ramenant cinquante ans en arrière .
J'avais vingt ans , j'étais un jeune cuisinier dans un restaurant triplement étoilé par le célèbre
guide Michelin : le << Lapérouse >> . Du nom du célèbre navigateur envoyé par Louis seize
explorer l'Océan Pacifique . Ce restaurant qui existe encore est situé au 51 du quai des Grands
Augustins à Paris , juste en face du célèbre << 36 Quai des Orfèvres >> . J'avais la chance et la
fierté de travailler dans ce prestigieux établissement qui voyait passé à sa table les grands de ce
monde et où furent tournées plusieurs scènes de film .
Pendant mon temps libre , certains après midi , je montais jusqu'au jardin du Luxembourg par
le Boul'Mich .( Boulevard Saint Michel .) Après m'être acquitté de la redevance réclamée par une
chaisière invariablement acariâtre je m'asseyais sur un de ces fauteuils métallique pour le moins
peu confortables . Je lisais à l'ombre des tilleuls alignés comme des militaires à la parade . Dans cet
endroit , inconfortablement installé , j'ai dévoré tous les Maurice Leblanc , les Gaston Leroux , les
Jules Verne et autres que je dénichais dans les coffres de bouquinistes des quais de Seine ou dans les
bacs à livres d'occasions des librairies << Gibert Jeunes >> .
Au cours de ces après-midi , je n'avais pas toujours le nez plongé dans mes bouquins . Je laissais
mon regard papillonner sur les autres promeneurs , surtout sur les promeneuses . Il y en avait qui
me plaisaient beaucoup comme le chantait Michel Delpech . J'aimais le spectacle de cette foule
disparate . Il y en avait d'autre qui me plaisait moins , voir pas du tout . Comme le bizutage des
étudiants de première année par les étudiants de deuxième année . La rentrée universitaire datait de
quelques jours .Cette année là le mois d'octobre jouait << L' Eté Indien >> avant l'heure . Les
deuxièmes années prenaient un plaisir sadique à martyriser les premières années . Un de ces
tortionnaires de bas niveau faisait dire à un bleu qui en même temps devait faire des tourniquets
avec ses bras << Je suis cent fois plus con qu'un moulin à vent >> . C'est le tortionnaire qui est
resté dans ma mémoire comme cent fois plus con qu'un moulin à vent ! Si tant est qu'un moulin à
vent puisse être con . J'ai toujours eu une aversion viscérale pour le bizutage , ce jour là cette
aversion se transforma en souvenir insupportable .
Heureusement il y avait des spectacles beaucoup plus agréables . J'avais remarqué une jeune
femme qui fréquentait aussi les fauteuils en fer du Jardin du Luxembourg . Elle avait un peu les
mêmes habitudes que moi . Elle lisait à l'ombre des tilleuls . Un après midi où je m'étais assoupi ,
une fois de plus , l'Arsène Lupin que je lisais qui devait être << L'Aiguille creuse >> était tombé
en bataille sur mes genoux .Un je ne sais quoi , une fragrance , l'impression d'être observé peut être
me tira de mes songes . La jeune femme que j'avais remarqué était assise à quelques fauteuils du
mien .Elle était vêtue d'un tailleur de couleur jaune , un jaune lumineux . Cette personne lisait ,
plongée ostensiblement dans son livre . Elle n'était pas beaucoup plus proche de moi que d'autres
personnes , en outre elle ne montrait aucun signe d'intérêt pour son environnement ni pour son
entourage . Je pensais donc que c'était un pur hasard et tentais de n'y plus prêter attention , en vain,
comme je tentais en vain de reprendre ma lecture . J'étais troublé par la présence de cette belle et
lumineuse jeune femme . Je la contemplait à la sauvette victime d'une irrésistible attirance bien
qu'elle ne manifesta jamais aucun attrait pour moi . Je ne tentais donc rien . Il était dix sept heures
quinze , il me fallait retourner à mon travail . Après un dernier regard non échangé en direction de la
jeune femme je me dirigeais vers la sortie du Jardin située en haut du Boul-Mich . Je revis
irrégulièrement cette jeune personne mais je ne me montrais guère plus audacieux . Le mois
d'octobre passa , le mauvais temps arriva avec novembre , le temps n'étais plus à la flânerie sous les
tilleuls . Je pensais que cette personne entrerait dans cette sorte particulière de souvenirs où les
hommes logent ceux des femmes qu'ils n'ont pas osé aborder et c'est ce qui arriva .
Jusqu'à ce que le hasard s'en mêle . Quelques semaines plus tard ,j'étais à mon travail , je
détaillais un quartier de viande . Le métier de cuisinier ne consiste pas uniquement à décorer à
l'aide de pinces à épilé et avec force fleurs comestibles des échantillons de nourriture perdus dans
des assiettes grandes comme des soucoupes volantes . Il y a aussi des préparations quelque peu
plus ingrates à effectuer avant de se prendre pour un fleuriste de talent . Je détaillais donc ce
quartier de viande quand la lame de mon couteau fut déviée par un os et m'entailla profondément le
pouce .Cette blessure ne pouvait pas être traitée sur place . Il fallut me conduire aux urgences de
l'Hotel Dieu alors situé à proximité du parvis de Notre Dame à Paris . Je n'attendis pas longtemps
au début , on me prodigua rapidement les soins nécessaires pour stopper l'hémorragie mais après je
dû patienter deux bonnes heures avant que quelqu'un vint me faire le pansement qui me permettrait
de sortir . Au bout de ce laps de temps interminable une infirmière tira le rideau du box où l'on
m'avait oublié . Quelle ne fut pas ma surprise quand je reconnu ma voisine de fauteuil du
Luxembourg . Elle souriait en me regardant avec un petit air narquois .Elle avait troqué son petit
tailleur jaune lumineux contre une blouse d'infirmière . C'est elle qui parla la première pour me
poser les questions inhérentes à cet incident et c'est elle encore qui aborda notre non-relation du
Jardin du Luxembourg en me demandant :
<< Les cuisiniers sont-ils tous aussi timides que vous ? >>.
Et naturellement je me vautrais lamentablement dans ma timidité en répondant par des mots qui
tenaient plus du borborygme incompréhensible que de la parole sensée mais cela eu le don de la
faire éclater de rire et facilita grandement la suite de notre relation . Une idylle comme en
connaissent tous les jeunes gens de notre âge commença ce jour là . Ce fût une histoire passionnée ,
romantique , fulgurante de quelques semaines interrompue par les obligations de la vie . A cette
époque les jeunes hommes faisaient encore leur service militaire , je fut appelé sous les drapeaux et
la jeune fille du Luxembourg du repartir dans son école d'infirmière , en province . Nous avons bien
essayé de rester en lien mais l'éloignement n'aide pas les gens qui s'aiment .
Le temps faisant son oeuvre nous ne nous sommes plus jamais revus . . . jusqu'à ce que Ingres
bien involontairement nous réunisse au musée du Louvre . Ce jour là . . . je ne me suis pas montré
timide . J'invitais cet amour de jeunesse à boire un café et devant ce café , quelques heures plus tard,
nous avons juré de ne plus jamais laissé la vie , cette cruelle , nous séparer .
Berny soumis de Lady Gabrielle
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Nous nous sommes rencontrés sur un site BDSM,nos échanges d'idées et de désirs ont débuté. Nous avons ensuite décidé de développer nos scénarios et envies à travers des conversations enflammées sur WhatsApp.
Chaque message était une nouvelle étape dans notre exploration mutuelle, une plongée audacieuse dans les profondeurs de nos fantasmes.
Nos voix se sont découvertes lors de nos premiers échanges téléphoniques, et bien que le ton de notre discours verbal soit moins enflammé que celui de nos échanges écrits, nos désirs étaient toujours palpables.
Les mots prononcés à voix haute étaient teintés de promesses et de désirs.
Après des semaines d'échanges intenses, nous avons décidé de nous rencontrer autour d'un verre
Nous avons choisi un lieu discret, propice à l'exploration de nos pulsions les plus profondes.
Nous nous sommes salués avec une complicité évidente, conscients de l'intensité de nos échanges en ligne.
Je vous ai appelé Madame, et vous m'avez appelée Pat, respectant les rôles que nous avions définis lors de nos échanges.
Le désir brûlait dans nos regards, et nos sourires en disaient long sur nos intentions.
Pendant cette rencontre, vous avez pris doucement votre place de dominante, et j'ai savouré chaque moment.
Nos conversations étaient ponctuées de regards intenses,de gestes suggestifs et nos mots évoquaient les actes les plus audacieux que nous avions imaginés.
Mais,comme toutes les bonnes choses,notre rencontre touchait à sa fin. L'heure de nous quitter approchait.
j'ai voulu vous embrasser tendrement sur la joue. Cependant, vous avez tourné votre visage et nos lèvres se sont rencontrées dans un baiser passionné.
Votre morsure douce mais déterminée sur ma lèvre a renforcé l'intensité de notre connexion,confirmant mon engagement en tant que futur soumis à vos désirs.
Nous avons continué à échanger des textes et des photos perfectionnant notre futur rendez-vous dans les moindres détails.
Chaque message était une promesse de plaisir et d'excitation alimentant notre anticipation pour notre prochaine rencontre.
Et ainsi,le jour tant attendu est arrivé.
Nos corps frémissants, nos esprits embrasés, nous nous sommes retrouvés
Dès mon arrivée,vous m'accueillez avec un regard brillant d'une lueur dominatrice. D'un geste impérieux,vous me guidez vers un espace que vous avez préparé pour notre rituel de soumission.
Sans un mot vous commencez à déboutonner lentement ma chemise,vos doigts glissant avec une précision calculée. Chaque pression légère de vos doigts sur ma peau fait naître en moi un mélange d'excitation et d'appréhension.
Une fois ma chemise retirée que vous laissez tomber négligemment au sol,votre regard se fixe sur mon torse dénudé.
Vos mains expertes continuent à m'explorer,dégrafant ma ceinture et ouvrant lentement mon pantalon.
Puis tirez délicatement dessus le faisant glisser lentement le long de mes jambes jusqu'à ce qu'il repose en un amas de tissu à mes pieds.
Je me retrouve alors en sous-vêtements,exposé devant vous,ma vulnérabilité grandissante à chaque instant.
Vos yeux scrutent chaque centimètre de ma peau, parcourant chaque détail avec une attention obsessionnelle.
Votre regard s'attarde,vous approchez votre visage près de mon cou,laissant vos lèvres effleurer ma peau,me faisant frissonner d'anticipation.
D'une main ferme vous caressez mon torse,vos doigts dansant sur ma peau avec une précision hypnotique.
Vous explorez chaque courbe,chaque creux,comme si vous cherchiez à graver mon image dans votre esprit.
Votre toucher est à la fois doux et possessif,éveillant en moi un mélange de désir et de vulnérabilité.
Descendant ensuite lentement vers mon bas-ventre,vos doigts traçant des cercles sur ma peau, provoquant des frissons le long de ma colonne vertébrale.
Votre main glisse plus bas,atteignant l'élastique de mon sous-vêtement.Vous tirez dessus avec une lenteur calculée révélant peu à peu dans toute ma nudité.
Vos yeux fixés sur mon intimité dévoilée,vous ne laissez rien échapper à votre inspection.
Vous observez chaque détail captant la moindre réaction de mon corps sous votre regard intense.
Je me sens complètement exposé, vulnérable à vos yeux avides d'exploration.
Satisfaite de votre inspection,vous vous reculez légèrement un sourire étirant vos lèvres. Vous avez complètement pris possession de mon corps,l'ayant exploré en détails.
Les moments ardents que nous partageons renforcent notre connexion et dévoilent la dynamique de votre domination.
Vous me guidez nu vers la salle de bain,votre main fermement posée sur mon épaule. Chaque pas que nous faisons renforce votre contrôle sur moi,ma soumission grandit.
Vous allumez l'eau chaude,créant une atmosphère de chaleur et de vapeur.
D'une voix ferme et dominante, vous me commandez de me placer sous le jet d'eau,m'ordonnant de me tenir droit et les bras le long du corps.
Je me sens vulnérable et exposé,conscient que vous avez le plein contrôle sur moi et que vous allez me laver selon vos désirs.
Une fois terminé vous me guidez hors de la douche d'un geste ferme et déterminé m'enveloppant dans une serviette douce et moelleuse.
Vous ne laissez aucun centimètre de mon corps humide échapper à votre attention. Votre regard intense fixé sur moi, vous prenez le temps de sécher chaque parcelle de ma peau,
vos mains fermes glissant avec une précision calculée,chaque contact de la serviette sur ma peau est empreint de votre fermeté
Séché, je me tiens là,exposé et vulnérable.Je suis pleinement conscient de ma place,entièrement à votre disposition.
Mon corps nu étant un symbole tangible de votre contrôle absolu.
Vous me prenez par la main et m'emmenez dans la salle à manger,chaque mouvement étant empreint de votre autorité dominatrice.
Lorsque nous arrivons,vous m'ordonnez de me tenir au centre de la pièce les jambes légèrement écartées,une position qui me rappelle ma vulnérabilité à votre égard. D'un geste autoritaire,
vous sortez de votre poche une cage de chastet un symbole puissant de mon entière dépendance à votre contrôle.
Avec une lenteur calculée, vous en ajustez la taille pour qu'elle s'adapte parfaitement à mon sexe,une manipulation qui ne fait qu'accentuer mon excitation grandissante.
Je vous observe attentivement captivé par chaque mouvement de votre main ferme, conscient que chaque clic de la cage se refermant est un rappel cinglant de ma soumission complète et de mon incapacité à jouir sans votre permission.
Je suis maintenant prêt à me soumettre pleinement à vos désirs les plus profonds, à me perdre dans l'abîme de votre contrôle,à trouver une satisfaction totale dans mon abandon à votre pouvoir.
Une fois la cage verrouillée, vous placez les clés dans une petite boîte,scellant ainsi mon sort et symbolisant votre contrôle absolu sur mon plaisir.
Un sourire satisfait se dessine sur votre visage
Vous savez que je suis désormais à votre merci,incapable de me libérer de cette cage sans votre consentement.
Je réalise avec une pointe d'excitation mêlée à une légère appréhension que je devrai attendre votre permission pour être libéré.Chaque instant passé avec cette cage resserrera les liens de ma soumission.
Votre regard pénétrant me fixe, m'envoyant des ondes d'obéissance et de soumission.Je ressens une grande excitation mêlée à une vulnérabilité palpable,conscient que je suis entièrement à votre merci et prêt à vous obéir aveuglément.
Je suis prêt à me perdre complètement dans l'abîme de votre contrôle et me laisser guider par votre volonté incontestable.
Vous me surprenez en me passant un gode ceinture par-dessus ma cage, créant ainsi une double sensation de restriction et de stimulation.
Je ressens la pression de la cage qui emprisonne mon sexe,tandis que le gode ceinture se presse contre moi rappelant ma totale dépendance à votre contrôle.
Vous m'attachez ensuite fermement sur une chaise ne me laissant aucune chance de mouvement ou de libération.Mes poignets sont liés par des cordes solides m'immobilisant complètement.
Mes jambes sont également attachées, mes chevilles maintenues par des sangles serrées.
Je me retrouve complètement captif, incapable de résister.
La chaise devient mon univers restreint, où je suis à votre merci.
La cage de chasteté et le gode ceinture sont des rappels constants de ma soumission totale et de mon incapacité à ressentir du plaisir sans votre autorisation.
Dans cet état d'immobilité forcée je suis à votre entière disposition, prêt à subir toutes les sensations et expériences que vous choisirez de m'infliger.
Mon corps immobilisé devient un terrain de jeu, un moyen de vous exprimer pleinement.
Vous prenez le temps d'admirer votre œuvre, Votre sourire satisfait témoigne de votre plaisir intense à me voir ainsi,complètement à votre merci.
Vous savourez l'idée de pouvoir contrôler mes sensations et mon plaisir.
D'un geste lent et provocateur, vous commencez à vous dévêtir, faisant tomber chaque vêtement avec une sensualité délibérée.
Chaque pièce de tissu qui quitte votre corps dévoile un peu plus de votre peau douce et désirable.
Votre silhouette se dessine progressivement devant moi, révélant chaque courbe, chaque ligne sculptée à la perfection.
Mes yeux sont captivés par votre beauté envoûtante, chaque détail de votre corps éveillant en moi un désir intense et une excitation grandissante.
Devetue a votre tour gardant une nuisette à demi transparente caressant délicatement votre peau.Le tissu léger met en valeur vos formes, accentuant la promesse de plaisirs à venir.
Chaque mouvement que vous faites est empreint de grâce, un véritable ballet sensuel qui enflamme mes sens.
Votre assurance et votre puissance rayonnent à chaque instant me rappelant à quel point je suis à votre merci.
Alors que vous vous approchez de moi,votre parfum envoûtant m'envahit créant une atmosphère enivrante.
Je sens mon cœur s'emballer,l'anticipation et l'excitation faisant monter en moi une vague de désir.
Chaque pas que vous faites est calculé pour intensifier cette tension électrique entre nous,renforçant le contraste entre ma captivité et votre liberté.
Votre regard brûlant se pose sur moi, me transperçant de désir et de domination.
Je me sens nu, non seulement physiquement mais aussi émotionnellement,exposé à votre regard impérieux.
Chaque fibre de mon être est consciente de votre puissance qui émane,une puissance qui me submerge et me consume.
Votre corps dévoilé et votre présence magnétique s'affirmant, c'est une véritable torture délicieuse pour moi.
Je suis captivé par votre charisme, votre domination évidente, et je me perds dans le tourbillon de sensations qui m'envahit.
Dans une ambiance brûlante et chargée d'érotisme, vous vous approchez de moi avec une assurance déconcertante.
D'un mouvement gracieux, vous vous asseyez délicatement sur mes genoux, positionnant votre corps face au mien.
Je sens votre présence dominante s'imposer sur moi,votre souveraineté évidente qui éveille en moi une combinaison enivrante d'excitation et de frustration.
Votre regard intense se verrouillé sur le mien capturant mon attention et mon désir.Un sourire malicieux se dessine sur vos lèvres, révélant votre plaisir à me voir dans cet état de vulnérabilité totale.
Chaque expression de votre visage affirme votre contrôle absolu sur moi, renforçant encore davantage l'emprise que vous avez sur mes sensations et mes émotions.
Le gode ceinture en place symbole de votre pouvoir et de votre désir de me dominer accentue mon excitation déjà à son comble.
Je sens sa présence,cette promesse de plaisir et de soumission qui fait battre mon cœur plus rapidement.
Chaque mouvement de votre corps, chaque pression de vos hanches contre les miennes, me rappelle ma place,celle d'un soumis prêt à se plier à vos désirs les plus profonds.
La chaleur de nos corps en contact dégage une sensualité qui parcourt chacune de mes fibres.
Je peux sentir la pression du gode ceinture contre moi, une sensation à la fois délicieuse et frustrante, qui renforce mon désir.
Chaque mouvement que vous faites sur mes genoux est calculé pour intensifier cette tension érotique entre nous, un jeu de pouvoir qui fait monter en moi une excitation inébranlable.
Dans une ambiance sensuelle et intense, vous commencez à me pinçer les seins avec une fermeté délibérée. Chaque pincement fait monter en moi un mélange exquis de douleur et d'ardeur.
Chaque pincement est comme une délicieuse torture, créant une symphonie de sensations contradictoires qui se mélangent dans mon esprit.
La douleur mordante se transforme peu à peu en un plaisir presque insupportable qui fait naître en moi une excitation inébranlable.
Je me retrouve pris entre deux feux,dévoré par le désir et celui me soumettre à vos volontés.
Vous continuez à me pincer les seins avec une précision calculée, variant l'intensité et la localisation des pincements pour explorer mes limites et me pousser toujours plus loin.
Chaque contact entre vos doigts experts et ma peau sensible provoque une réaction en chaîne de plaisir et de douleur m'amenant à un état de vulnérabilité extrême.
Vous jouez avec cette dualité de sensations, alternant entre des pincements plus doux qui font naître un frisson délicieux et des pincements plus fermes qui provoquent une douleur exquise,une souffrance plaisante.
Vous exploitez ma vulnérabilité, me rappelant à chaque instant que je suis complètement soumis à votre volonté et incapable de bouger, enchaîné par les cordes de notre jeu de domination.
Mon corps réagit avec une ardeur indomptable à chaque pincement, chaque pression que vous exercez sur mes tétons. Chaque sensation intense que vous me procurez est un rappel puissant de mon statut.
Mes seins deviennent un terrain de jeu où vous explorez chaque recoin, où vous mêlez habilement douleur et plaisir.
Dans une atmosphère chargée de désir et de domination,vous vous relevez légèrement de mes genoux pour vous y reposé delicatement laissant glisser votre corps sur le gode ceinture que vous m'avez soigneusement enfilé auparavant.
Chaque centimètre de votre peau effleure le jouet, créant une friction délicieusement provocante. Je suis captivé par cette vue captivante,
incapable de participer activement à cette expérience en raison de mes liens et de ma cage de chasteté.Je suis réduit à un observateur impuissant.
Votre silhouette se profile devant moi,votre corps se mouvant avec une grâce sensuelle et une confiance inébranlable.
Le gode ceinture symbole de votre pouvoir et de votre domination devient le prolongement de mon être,renforçant l'intensité de cette scène.
Je sens mon excitation monter,tandis que je vous observe mon corps enchaîné et ma virilité emprisonnée dans une cage de chasteté.
Mes yeux sont rivés sur vous absorbant chaque mouvement,chaque expression de plaisir qui se dessine sur votre visage.
Chaque va-et-vient de vos hanches sur le gode ceinture est une démonstration de votre pouvoir absolu sur moi, une démonstration de votre capacité à vous donner du plaisir sans que je puisse participer activement.
La frustration mêlée au désir consume mon esprit, alimentant le feu brûlant qui couve en moi.
Je suis témoin de cette expérience érotique avec une intensité presque insupportable.
Vous contrôlez mon plaisir, vous le dirigez et le modulez à votre guise.
Mon corps est en éveil,chacune de vos caresses,de vos mouvements est ressentie avec une intensité exacerbée.
Mes sens sont en alerte, captant le moindre frisson,la moindre expression de plaisir qui se dégage de vous.
Je me sens à la fois excité et frustré désirant ardemment participer activement à ce jeu de plaisir,mais suis réduit à un simple spectateur de votre domination.
Chaque seconde qui s'écoule est une torture délicieuse, une démonstration de votre pouvoir à vous procurer du plaisir sans que je puisse y participer activement.
Mon esprit est embrasé par le désir, la frustration et l'excitation qui se mêlent en une symphonie enivrante.
Vous vous délectez de cette expérience,les va-et-vient de vos hanches s'intensifient,votre rythme s'accélère traduisant votre désir de plus en plus ardent.
Vous vous penchez vers moi, vos lèvres se mêlant aux miennes dans des baisers à la fois tendres et passionnés.
C'est un mélange enivrant de douceur trompeuse et d'ardeur brûlante qui évoque toute l'intensité de notre connexion.
Pendant que nos lèvres s'entrelacent, vous ne manquez pas de continuer à jouer avec mes tétons, les pinçant,les caressant,les mordillant avec une combinaison exquise de douceur et d'ardeur.
Chaque contact de vos mains expertes sur ma peau sensible enflamme mes sens.
Je suis transporté par cette étreinte sensuelle,captivé par chaque sensation qui se propage dans mon corps,mais en même temps je suis frustré par mon incapacité à vous toucher pleinement,à vous donner le même plaisir que vous m'offrez.
Je suis à votre merci incapable de bouger ou de contrôler le rythme effréné de notre étreinte.
Chaque mouvement de vos hanches est une démonstration de votre pouvoir,de votre capacité à me dominer pleinement.
Je suis pris dans un étau de plaisir complètement englouti par la force de vos va-et-vient.
Le gode ceinture que je porte est le symbole de votre domination absolue sur moi.
Je suis attaché sur le siège,ma virilité enfermée dans une cage de chasteté me laissant à votre merci incapable de participer activement à cette expérience.
Mes yeux ne peuvent s'empêcher de fixer votre silhouette gracieuse alors que vous vous mouvez avec une ardeur grandissante.
Chaque va-et-vient de vos hanches témoignant de votre excitation croissante.
Je suis témoin de votre plaisir captivé par la vision de votre corps s'offrant avec détermination et passion.
Mes sens s'enflamment alors que je vous observe impuissant et attaché. Chaque mouvement de vos hanches,chaque gémissement de satisfaction qui s'échappe de vos lèvres renforce ma frustration et alimente mon propre désir.
Votre excitation grandissante se manifeste dans des mouvements de plus en plus rapides et profonds.
Je ressens chaque poussée du gode ceinture,chaque mouvement vibrant à travers mon corps attaché.
Mes sens sont en émoi,mes nerfs à vif alors que je suis emporté par le spectacle envoûtant de votre extase.
Je peux voir l'excitation briller dans vos yeux, vos mouvements devenant plus frénétiques,chaque contraction de votre corps alimentant mon propre désir et ma frustration.
Je suis spectateur silencieux de cette expérience ressentant chaque vague de plaisir qui vous traverse.
Dans cet instant d'étreinte passionnée je suis témoin de votre puissance et de votre contrôle absolu.
Mes yeux se délectent de chaque mouvement,chaque expression de plaisir qui traverse votre visage.
Je suis à la fois honoré et tourmenté d'être le témoin privilégié de votre plaisir.
Je suis subjugué par la vision de votre extase capturant chaque détail de ce moment intense et inoubliable.
Vos ongles effleurent ma peau avec une légère pression créant une symphonie sensuelle de plaisir et de douleur.
Chaque caresse, chaque griffe parcourant mon corps font naître une sensation délicieusement contradictoire.
Vos doigts continuent leur exploration s'aventurant vers mes épaules.
Chaque caresse,chaque pression légère sème le feu de l'excitation dans mon corps éveillant mes sens d'une manière enivrante.
Je me perds dans cette danse sensuelle abandonnant tout contrôle désirant chaque contact de vos doigts, chaque sensation qui parcourt mon corps.
Vous êtes la maîtresse de mes sens,la créatrise de mes extases les plus profondes.
Je me laisse emporter par cette symphonie sensuelle savourant chaque caresse,chaque griffe,chaque frisson qui fait vibrer mon être tout entier.
Chaque mouvement de vos hanches,chaque pénétration profonde rythmés de vos va-et-vient sur ce gode font monter en moi une multitude de sensations extrêmes,je suis captivé par la vision de votre corps en mouvement.
Les sensations oscillent entre une profonde satisfaction et une envie toujours plus grande de vous sentir en moi.
Je peux sentir chaque centimètre du gode ceinture de vos mouvements de plus en plus rapident écho de votre excitation grandissante alimentant ma propre montée de plaisir.
Chaque va-et-vient font naître des gémissements de plaisir et de désir qui s'échappent vos lèvres.
La tension sexuelle dans la pièce est palpable,le spectacle de votre excitation grandissante,de votre plaisir qui se dessine sur votre visage ajoute une dimension supplémentaire à cette expérience enivrante.
Votre satisfaction est contagieuse alimentant encore davantage mon propre désir.
Je me sens comblé par la sensation de vous voir prendre du plaisir, même si je suis limité à être le récepteur de vos mouvements passionnés.
Je me laisse emporter par cette danse passionnée me perdant dans les vagues de plaisir qui me submergent.
Je suis spectateur de cette expérience ardente ressentant chaque pulsation de plaisir qui vous traverse.
Dans cet instant nous sommes tous les deux transportés vers un état de béatitude sexuelle.
Les frontières entre le plaisir et la douleur s'estompent laissant place à une extase pure et inaltérée.
Nous sommes enveloppés dans un cocon de passion,de désir où le temps s'arrête et où seul compte le lien profond qui nous unit.
Je suis comblé par cette connexion unique, par cet échange de pouvoir.
Puis vous decidez de vous rélevez avec grâce de mes genoux,votre corps enveloppé dans cette nuisette séduisante accentue votre allure captivante.
Votre démarche est empreinte d'une confiance inébranlable alors que vous vous éloignez légèrement pour préparer la prochaine étape de notre jeu sensuel.
Vous revenez vers moi tenant entre vos doigts délicats des pinces à seins.
Votre regard brûlant de désir transmettant une promesse de plaisir intense.
Avec une précision calculée vous fixez fermement les pinces sur mes tétons variant la pression et l'intensité pour me procurer un mélange exquis de plaisir et de sensations douloureuses.
Chaque mouvement que vous faites est délibéré,chaque caresse est pensée pour me faire perdre le contrôle dans un tourbillon de sensations enivrantes.
Vous êtes maîtresse de l'art de la stimulation, sachant comment explorer les limites de mon plaisir et de ma douleur avec une adresse remarquable.
Vous observez attentivement mes réactions, lisant chaque frisson, chaque gémissement de plaisir mêlé de douleur.
Votre satisfaction est palpable,votre plaisir décuplé par l'effet que vous avez sur moi.
Vous êtes à la fois dominatrice et artiste, créant une symphonie de sensations qui me transporte.
Chaque instant est un mélange exquis de douleur,de jouissance,d'excitation et de désir.
Vous me poussez au bord de l'abîme, jouant avec mes limites me faisant ressentir des émotions intenses et contradictoires.
Malgré la douleur qui se mêle au plaisir, je ne peux nier que le fait de m'offrir cette expérience vous procure également une satisfaction profonde.
Votre visage s'illumine d'un sourire de plaisir, vos yeux pétillent d'une lueur de jouissance.
Vous appréciez le pouvoir que vous exercez sur moi,le contrôle absolu que vous avez sur mon plaisir et ma douleur.
Chaque caresse calculée,chaque sensation délibérée renforce notre lien et alimente le feu ardent qui brûle entre nous.
Puis vous décidez de me détacher des cordes qui me maintiennent solidement attaché au siège.
Avec une aisance déconcertante vous défaites les nœuds qui maintenaient mes poignets et mes chevilles captives.
Chaque mouvement de vos mains expertes est précis et calculé démontrant votre contrôle absolu sur la situation.
Une fois libéré, je me retrouve à vos pieds, à votre merci.
Vous me fixez d'un regard dominateur,votre autorité incontestable.
Vous décidez du déroulement de notre jeu,de ce qui va se passer ensuite.
Je suis prêt à me soumettre à vos moindres désirs,à me plier à vos volontés
vous approchez votre corps du mien créant une proximité troublante,vos mains se promènent sur ma peau effleurant chaque parcelle de mon être.
Votre voix résonne dans la pièce, commandant mon obéissance, dictant les règles.
Vous me guidez avec autorité, me disant comment vous voulez que je me comporte, comment vous voulez que je vous serve.
Je suis prêt à me donner entièrement à vous,à répondre à vos moindres exigences.
Dans cet instant, je suis votre jouet, votre objet de plaisir.
Vous décidez de mon sort,de la façon dont vous allez me ravir et m'emmener au-delà de mes limites.
Je suis prêt à vous suivre dans les recoins les plus sombres de notre exploration,à me perdre dans l'abîme de votre domination.
Alors que vous me regardez avec un sourire satisfait,je sais que notre voyage dans le monde de la domination ne fait que commencer,
je suis à la fois effrayé et excité de découvrir jusqu'où vous êtes prête à me mener.
Vous me guidez à m'allonger sur le dos.
Votre regard dominant fixe le mien, transmettant une excitation électrisante.
Vous retirez lentement la cage de chasteté qui emprisonnait mon plaisir libérant mes sens et réveillant une anticipation palpitante.
Avec une confiance calculée vous m'écartez les jambes, révélant ma vulnérabilité totale.
Une vague d'excitation parcourt mon corps alors que je me prépare à succomber à vos désirs et à votre contrôle absolu.
Dans cet instant vous saisissez une corde fine, prête à explorer de nouveaux horizons de plaisir et l'enroulez autour de mon sexe créant une sensation à la fois sensuelle et stimulante.
Chaque contact enflamme ma peau mes sens, m'invitant à me perdre dans cette danse sensuelle.
Vous prenez votre temps pour y attacher mes testicules comme si vous vouliez les désolidariser.
Chaque nœud que vous faites est précis et calculé créant une tension délicieuse sur mes bourses tendues.
Les cordes serrant mes testicules, les laissant bien en évidence à votre vue.
Je suis totalement exposé à votre merci,ce qui amplifie mon excitation et mon sentiment de vulnérabilité.
Vous prenez plaisir à observer votre œuvre, votre regard dominant fixé sur ma réaction,tandis que je suis à la fois captivé et ému par cette sensation.
Les sensations intenses se mêlent à un mélange de plaisir créant une expérience érotique qui transcende les limites conventionnelles.
Dans un moment intensément érotique, vous me laissez dans cette position vulnérable,mes testicules attachés et exposés à votre vue.
Vous vous munissez d'une bougie, allumant la mèche avec une lenteur délibérée.
La flamme danse devant vous éclairant votre visage d'une lueur sensuelle.
Vous savourez l'instant,prenant le temps de créer une tension palpable.
La cire chaude de la bougie commence à fondre goutte après goutte, les laissant tomber avec soin sur mon corps en choisissant délibérément les endroits où la sensation sera la plus intense.
Chaque goutte qui touche ma peau fait naître une brûlure délicieuse, une combinaison exquise de plaisir et de douleur.
Mon corps réagit avec une intensité croissante se délectant de l'érotisme de cette expérience.
Je suis complètement à votre merci et cette sensation de soumission m'envahit mélangeant l'excitation dans une danse captivante.
Vous observez attentivement mes réactions, cherchant à lire les signes de plaisir et de consentement dans mes yeux.
Chaque goutte de cire versée est un acte de contrôle, une exploration de mes limites et de ma confiance en vous.
Vous savourez chaque instant, consciente de l'effet hypnotique que cela a sur moi.
Chaque détail est soigneusement orchestré pour créer une expérience intense et captivante
Le mélange de la chaleur et de l'inconfort me fait gémir de plaisir, tandis que vous savourez l'image de votre satisfaction.
Vous continuez à verser la cire, alternant entre douceur et intensité explorant les limites de mon plaisir.
Vous m'observez, attentivement, cherchant à me pousser toujours plus loin dans cette extase torride.
Alors que la cire continue de couler mêlant plaisir et douleur, vous me murmurez à l'oreille que je suis à votre merci, que je suis complètement à votre disposition.
Vous prenez plaisir à voir mon abandon total à vos désirs.
Et dans un mouvement de commandement vous me demandez de me mettre à quatre pattes, assumant ainsi une position de soumission,je m'exécute, sentant l'excitation monter en moi.
La posture à quatre pattes accentue mon sentiment de vulnérabilité
Dans cette position, je suis à votre entière disposition.
Vous saisissez un fouet et avec une douceur calculée,vous laissez glisser les lanières du fouet sur mon dos, effleurant ma peau d'une manière créant une sensation de caresse sensuelle.
Chaque mouvement est pensé, chaque contact est soigneusement orchestré pour faire naître en moi une anticipation palpitante
Les lanières se promènent avec une grâce sinistre sur mes fesses et mes jambes, faisant frissonner tout mon être.
Je peux sentir le contact délicat de chaque lanière, éveillant mes sens les plus profonds.
Et puis, sans le moindre avertissement, vous faites claquer le fouet sur mes fesses
Encore et encore,les coups alternent entre douceur et intensité, créant une symphonie de sensations.
Les lanières frappent ma peau avec précision, trouvant leur cible à chaque fois.
Une douleur délicieusement mêlée à une onde de plaisir se propage dans mon corps,m'enveloppant dans une extase indescriptible.
Mes fesses,commencent à rougir sous l'impact, les marques de votre domination se dessinant sur ma peau.
Chaque coup du fouet résonne dans l'air créant une atmosphère électrique chargée d'excitation et de désir.Je me retrouves pris au piège entre la douleur et le plaisir dans un état de vulnérabilité totale.
Mon esprit est submergé par cette expérience, mes sens sont en ébullition.
Chaque coup de fouet me pousse plus loin dans les abysses de la soumission, m'abandonnant un peu plus encore.
Vous êtes là, observant avec un sourire les marques de votre oeuvre se dessiner sur ma peau.
Chaque coup est une preuve tangible de votre supériorité et de mon assujettissement.
Vous savourez cette scène,vous enivrant de mon désarroi et de mon plaisir mêlés.
Une fois votre fouet posé,vous me demandez de rester bien cambré offrant ainsi une cible parfaite.
Vous approchant de moi avec une lueur dans les yeux, prête à poursuivre cette exploration.
D'un geste ferme, vous prenez position derrière moi, capturant mon corps dans vos mains en laissant une posée sur ma fesse.
Puis, sans prévenir, vous la soulèvez,la laissant retomber avec force sur ma peau déjà rougie.
Les claques résonnent dans la pièce créant une symphonie de douleur et de plaisir vous assurant de marquer chaque centimètre accentuant la rougeur déjà présente.
Vos mains dominantes frappent avec une précision calculée, alternant entre des gifles douces et des claques plus intenses.
Ma peau réagit à chaque impact, vibrant sous la sensation de vos mains possessives.
La douleur se mêle au plaisir créant une danse délicieuse ou je ne peux m'empêcher de gémir sous l'intensité de chaque coup, sentant mon corps se soumettre davantage à votre volonté.
Vous savourez chaqu'une de mes réactions, chaque marque rouge qui se dessine sur ma peau.
Voir mon désir se mêlant à la douleur vous ne pouvez vous empêcher d'être excité par cette vision.
La vue de mes fesses rougissantes sous vos coups, de mon corps cambré offert à votre volonté, est un spectacle qui enflamme vos sens
Lorsque vous me voyez cambrer davantage, offrant mon corps en une parfaite soumission, vos pulsions sont amplifiées.
Cette position met en évidence ma vulnérabilité et ma dépendance à votre égard renforçant ainsi le lien de domination qui nous unit.
Admirant mom postériure rougi, vous décidez de passer à l'étape suivante en enfilant votre gode ceinture.
Mais avant cela vous prennez un moment pour lubrifier vos doigts.
Vous vous approchez de mon anus, caressant délicatement cette zone sensible avec votre doigt lubrifié.
Le contact de votre peau contre la mienne combiné à la sensation du lubrifiant provoque une onde de plaisir et d'excitation.
Vous me pénètrez doucement avec un premier doigt,sentant ma résistance initiale se mêler à une envie grandissant,me préparant à vous recevoir.
Sans relâche vous insèrez un deuxième doigt élargissant progressivement mon anus pour y accueillir ce gode.
Chaque mouvement est calculé, chaque caresse interne est destinée à m'ouvrir davantage à votre domination.
Vous sentez mon corps réagir à chaque pénétration,mes soupirs de plaisir se mêlant à une légère douleur.
Votre objectif est de me préparer,de me faire ressentir une plénitude totale sous votre domination.
Chaque pénétration de vos doigts me rapproche de cet état de soumission ultime, où je vous recevrais avec dévotion et abandon.
Avec une lenteur calculée vous guidez le gland de votre strapon vers mon anus lubrifié me faisant ressentir une légère pression à l'entrée.
Puis, d'un mouvement déterminé, vous vous enfoncez en moi, sentant les parois de mon anus s'ouvrir pour vous recevoir.
Vous commencer à bouger votre bassin, faisant le faisantvglisser en moi avec une précision calculée.
Chaque mouvement crée une symphonie de sensations, où douleur et plaisir s'entrelacent dans une danse infernale.
Sans ménagenagement, vos pénètrations se font grandissante, sans relâche.
Chaque poussée du gode ceinture est empreinte de votre soif insatiable de pouvoir et de contrôle.
Vous sentez mon corps réagir à chaque mouvement, à chaque centimètre qui s'enfonce en moi.
Chaque pénétration profonde et vigoureuse devient pour vous un moyen de canaliser ces sentiments refoulés.
Vous vous laissez emporter par une frénésie passionnée laissant votre frustration se transformer en une énergie brute et libératrice.
Chaque mouvement est une explosion de désir et de pouvoir, une libération totale de vos propres tensions.
Mais ce n'est pas seulement vous que vous libèrez.
Chaque mouvement que vous faites résonne en moi, libérant une vague brûlante de désir ardent et une extase enivrante qui consume mes sens.
Vous vous déchaînez avec des mouvements de plus en plus forts, de plus en plus profonds abandonnant toute retenue pour nous perdre dans cette étreinte ardente.
La fusion de nos énergies de nos désirs brûlants crée une symphonie de plaisir et de libération,un acte de délivrance, une explosion de sensations qui nous transporte.
Vos pénétrations deviennent de plus en plus rapides, de plus en plus puissantes créant une frénésie qui transcende les limites du plaisir physique.
Vous sentez dans cet acte une libération psychologique, une exaltation.
En inversant les rôles prenant la position du mâle, une transformation s'opère en nous.
Nous nous libèrons psychologiquement, nous débarrassons des pressions de la société .
Me pénétrer devient un moyen de vous d'affirmer et d'explorer vos propres désirs.
C'est une libération des tensions psychologiques qui nous entrave.
Nous délivrant ainsi de la pression sociale, des inhibitions et des contraintes imposées par les normes.
C'est un voyage vers l'acceptation de soi, vers la découverte de vos véritables désirs et de votre puissance.
Vos mains se crispent sur moi,agrippant à mon corps avec une fermeté dévorante, marquant ma peau de votre passion déchaînée.
Les claquements sur mes fesses résonnent comme une symphonie sensuelle accompagnant vos va-et-vient de plus en plus puissants.
La chaleur entre nos corps s'amplifie créant une véritable fournaise de désir.
Nos peaux se mêlent dans une danse enivrante transpirant l'abandon. Chaque mouvement est empreint d'une énergie brute d'une frénésie qui nous consume et nous pousse au-delà de toutes limites.
À mesure que l'excitation monte, Vous sentez vos propres inhibitions se dissoudre.
Emporter par l'intensité de l'instant,c'est un véritable exutoire psychologique, une occasion de vous laisser aller et de vous perdre dans l'acte.
Chaque griffure laissé sur mon dos, chaque claque sur mes fesses, représente une libération de vos propres tensions vous donnant l'opportunité de vous exprimer pleinement.
Vous sentant enfin libre, débarrassé des barrières qui vous on retenu pendant si longtemps.
Cette désinhibition psychologique vous fait du bien, vous procure une sensation de légèreté et d'euphorie.
Vous lâchant encore plus dans l'acte, laissant vos désirs les plus sombres et les plus profonds prendre le contrôle.
C'est une véritable catharsis.
Nous trouvons une connexion troublante où la libération psychologique s'entremêle au plaisir physique.
Chaque gémissement extatique qui s'échappe de mes lèvres est comme une décharge libératrice pour vous.
Vous pouvez enfin exprimer pleinement cette part de vous même.
Après quoi,vous vous retirez de mon être, laissant un vide en moi.
L'expression de satisfaction sur votre visage en dit long sur le plaisir que vous avez pris à me posséder.
Nos regards se croisent empreints d'une complicité.
Alors que vous savourez l'image de ma soumission et de mon abandon,vous vous asseyez avec grâce sur le canapé, laissant une lueur de malice.
Vous sentez mon regard brûlant sur vous alors que vous ouvrez délicatement vote nuisette, révélant vos courbes voluptueuses.
Le tissu glisse le long de votre peau dévoilant maintenant en totalité votre corps
Vos gestes sont lents et calculés,accentuant le suspense et l'excitation qui règnent dans l'air.
Vous me fixez intensément,vos yeux pétillant d'une lueur de désir.
Vous savez que je suis captivé par cette vision et par l'anticipation de ce qui va suivre.
Vos jambes légèrement écartées, votre corps offert à mon regard avide,vous m'invitez d'un geste à m'approcher, à me rapprocher de vous pour profiter de cette intimité partagée.
Le désir brûle en vous, prête à être libéré dans une explosion de plaisir.
C'est a cette instant vous me dites:
-"Laisse-moi te montrer tout ce que je suis prête à offrir, à te faire découvrir,les délices que nous pouvons partager ensemble.
Dans cette atmosphère chargée de désir, nous allons créer une symphonie de sensations et d'extase, explorant les recoins les plus intimes de nos fantasmes.
Prépare-toi à plonger dans un océan de plaisir à te perdre et à vivre une expérience inoubliable.
Je suis prête à te guider.
Viens à moi, laissons-nous succomber à nos désirs les plus profonds et à cette passion ardente qui brûle entre nous."
Je m'approches de vous positionné entre vos jambes,mon regard s'embue d'excitation.
Avec un sourire malicieux vous prenez doucement les cordes attachés autourt mon sex les défaisant délicatement,libérant mon intimité de leur emprise.
Chaque nœud qui se défait représente une nouvelle forme de liberté, une invitation à explorer des plaisirs encore plus intenses.
Vous pouvez sentir mon souffle s'accélérer alors que je ressens la libération de mon corps laissant place à une sensation de légèreté et de vulnérabilité.
Ma peau frissonne sous vos doigts, révélant mon excitation grandissante.
Vous voyez l'anticipation dans mes yeux, ma volonté de goûter à cette nouvelle liberté que vous m'offrez.
me demandant de me mettre a genoux entre vos jambes
Vous me guidez doucement la tête vers votre intimité.
Votre regard est rempli de désir et d'attente sachant que je suis maintenant prêt à vous donner du plaisir.
D'une voix sensuelle, vous me dictez les mouvements que je dois effectuer, me guidant dans l'art de vous satisfaire,vous m'encouragez à prendre mon temps, à explorer chaque recoin de votre féminité.
Vous sentez ma douceur sur votre peau, laissant ma langue se faufiler avec délice entre vos plis intimes.
Vous gémissez de plaisir alors que je me délectes, répondant à chaque mouvement que je fais avec une intensité grandissante.
Vous m'encouragez à jouer avec votre clitoris, à le caresser avec habileté, créant des vagues de plaisir qui se propagent à travers tout votre corps.
Vous me dites alors:
-"N'hésites pas à explorer à varier les rythmes et les pressions, à me donner autant de plaisir que tu le désires.
Je suis là pour te guider, pour t'encourager à me faire atteindre des sommets de jouissance.
Alors, plonges-toi dans cette expérience, savoure chaque instant de cette intimité partagée.
Je suis prête à me laisser emporter par les vagues de plaisir que tu créeras.
Montre-moi tout ce dont tu es capable avec ta bouche et ta langue, donne libre cours à ton imagination "
Vous me guidez avec douceur, me montrant les angles et les mouvements qui vous procurent le plus de plaisir.
Je suis attentif à vos réactions, à vos gémissements, ajustant mes mouvements pour vous donner une satisfaction toujours plus intense.
Vos mains se glissent dans mes cheveux, les caressant avec tendresse, amplifiant les sensations qui parcourent tout votre être.
Nous sommes enveloppés par cette intimité partagée, cette connexion unique qui transcende les limites du plaisir.
Vous êtes inondée d'une extase délicieuse, vous laissant emporter par des vagues de sensations.
Alors que nous sommes tous les deux pris d'une d'excitation ardente, vous décidez de mettre un terme à mes caresses.
Vous sentez ma frustration grandir, mais ce n'est que le début de quelque chose de plus intense.
Avec une grâce sensuelle vous m'allonger délicatement. Vous positionnant au-dessus de moi, à califourchon.
Sentant mon sexe tendu de désir contre votre peau chaude et humide.
Vous vous frottez lentement, créant une friction délicieuse faisant monter encore plus notre excitation
Vos mains parcourent mon torse avec douceur, vos doigts effleurant ma peau brûlante.
Vous vous penchez en avant, vos seins frôlant ma poitrine créant une stimulation supplémentaire faisant monter notre désir à son paroxysme.
Nous sentons la tension sexuelle entre nous augmenter et nos corps sont en parfaite harmonie.
Frémissant d'excitation vous décidez de passer à l'étape suivante.
Vous vous redressez légèrement permettant à mon sexe ferme et impatient de s'introduire en vous.
Vous sentez mon désir grandir à chaque centimètre qu'il pénètre nous connectant d'une manière intime et profonde.
Enfoncer entierement avec grâce et délicatesse en vous, chaque mouvement de nos hanches s'entremêlent.
Vous vous cambrez légèrement offrant une vue délectable sur nos corps en fusion.
Nos souffles se mêlent dans un rythme effréné, nos gémissements emplissent la pièce alors que nous nous laissons aller à cette danse passionnée.
Vous sentez mes mains se poser sur vos hanches guidant nos mouvements,amplifiant notre plaisir commun.
Vos ongles griffent légèrementmon torse laissant des marques éphémères de notre passion dévorante.
Nos corps sont en parfaite osmose se mouvant avec une synchronisation parfaite créant une symphonie de sensations envoûtantes.
Chaque mouvement chaque va-et-vient fait monter notre plaisir.
Dans un instant de pure extase,nous sommes submergés par l'orgasme.
Nos corps se raidissent,nos soupirs s'intensifient et nous nous abandonnons à cette délicieuse libération.
A l'apogée de notre plaisir partagé vous sentez l'orgasme vous envahir,les vagues de plaisir déferlent.
Vous êtes submergée par les sensations les plus délicieuses sentant ma semence chaude se répandre en vous.
Chaque pulsation de mon éjaculation vous fait frissonner, vous rappelant la puissance de notre passion partagée.
Vous savourez l'extase de notre union nos corps vibrant d'une satisfaction totale.
Les spasmes de votre orgasme se fondent avec les miens, créant une symphonie de plaisirs inoubliables.
Nous nous laissons aller, puis nos souffles s'apaisant peu à peu épuisés et comblés.
D'un geste délicat, vous passez votre doigt sur le bout de mon pénis pour y recueillir les dernières gouttes de notre plaisir partagé,le portant délicatement à mes lèvres.
Ce geste symbolique soulignant notre lien profond et notre complicité dans cette relation de soumission.
Il est une marque de votre possession de mon plaisir et de ma soumissions.
Il est le symbole de notre passion partagée et de notre engagement mutuel dans ce jeu de domination
Nos regards sont remplis de satisfaction et de complicité.
Nous avons créé un souvenir inoubliable, une expérience qui restera gravée dans nos mémoires et nourrira nos fantasmes futurs.
Nos peaux encore chaudes se caressent doucement, nos doigts s'entrelacent dans un geste tendre et réconfortant.
Nous nous regardons avec des sourires complices, nos yeux reflétant la satisfaction
Nous évoquons notre expérience, partageant nos sensations et nos émotions.
Nous exprimons nos ressentis, nos désirs et nos envies créant un espace de communication profonde.
Nous partageons nos moments de vulnérabilité et nous nous émerveillons de la connexion que nous avons pu créer renforçant ainsi notre complicité tant physique qu'émotionnelle.
Nous savourons chaque détail de notre aventure, revivant les moments les plus intenses
Nous sommes reconnaissants l'un envers l'autre pour cette aventure inoubliable pour avoir créé un espace où nos désirs les plus profonds on pris vie.
Nous en discutons,bâtissant un monde de plaisir et d'extase, où nos fantasmes futurs les plus audacieux se réaliserons.
Que notre passion continue de brûler, toujours plus ardente et toujours plus intense.
Après avoir partagé une douche sensuelle,d'une main ferme mais délicate, vous me remettez ma cage de chasteté, scellant ainsi notre jeu de pouvoir et de contrôle qui me rappellera constamment ma soumission envers vous.
Vous vous enveloppez dans votre nuisette.
Vous vous sentez puissante, confiante dans votre rôle de dominante, prête à m'emmener vers de nouveaux sommets de plaisir et de soumission.
Nous prenons place sur le canapé, nos corps à peine couverts par nos vêtements et nous prenons un café.
Vous me demandez de vous raconter comment j'ai vécu notre première expérience de domination, comment j'ai ressenti chaque moment, chaque geste de pouvoir que vous avez exercé sur moi.
Vous écoutez attentivement, cherchant à comprendre mes désirs, mes limites et mes envies.
Puis, nous tournons notre regard vers l'avenir, évoquant nos futurs ébats et les nouvelles frontières que nous souhaitons explorer.
Vous me partagez vos envies, me décrivant les scénarios qui enflame vos pensées. Les images se bousculent dans votre esprit, alimentant notre feu ardent de passion et de plaisir.
Nous sommes complices, deux âmes qui s'ouvrent l'une à l'autre, prêtes à se perdre dans un monde de fantasmes et de désirs inassouvis.
Alors que nous savourons notre café, nos regards étincelants de désir et de complicité, nous sentons que ce ne sont que les prémisses de nos futurs ébats qui nous attendent.
Impatients de plonger dans ces nouvelles expériences,vous me dites :
-"Mon cher soumis, maintenant que nous avons échangé nos paroles intimes, je te demande de te souvenir de ta nouvelle position dans notre jeu de domination.
Désormais, tu es entièrement mien, et lors de nos jeux passionnés, tu devras m'appeler "Maîtresse".
C'est ainsi que je souhaite être honorée et vénérée par toi.
Chaque geste, chaque mot que tu prononceras, sera une preuve de ton dévouement envers moi.
Je serai ton guide, ton inspiration, ta source de plaisir et de discipline.
Je t'apprendrai les délices de l'obéissance et de la soumission".
Avec un sourire malicieux, vous me murmurez à l'oreille les règles que je devrais respecter :
-" tu devras me servir avec dévotion, être à mon écoute et répondre à mes moindres demandes. Ta seule mission sera de me satisfaire, de me rendre heureuse et de te soumettre à mes caprices les plus audacieux.
Dans notre intimité, tu seras mon jouet, mon objet de plaisir.
Je te guiderai à travers des jeux de soumission, t'offrant une expérience unique et inoubliable.
Tu seras à mes ordres, prêt à combler mes désirs avec une dévotion totale.
Mon cher soumis, prépare-toi à entrer dans un monde où les frontières du plaisir seront repoussées",
Maintenant Répète après moi :
-"Je suis ton soumis, Maîtresse. Je me soumets entièrement à toi. Avec ces mots, tu scelleras ainsi notre pacte de soumission et d'adoration mutuelle".
En prononçant ces paroles, je sais que je me livre corps et âme à sa domination. Mon cœur bat plus vite, empli de l'anticipation des plaisirs que qu'elle me réserves.
En acceptant ce pacte, je me sens libéré de mes inhibitions
Apres avoir prononcé ses paroles, je vous dit :
-"Je suis rempli d'une gratitude profonde d'avoir été choisi pour être votre soumis, Maîtresse.
Je serai à la hauteur de vos attentes, prêt à vous satisfaire et à vous combler à chaque instant.
Vous me repondez a votre tour
-"Prépare-toi, mon cher soumis, car notre aventure ne vient que de commencer
Je vais te guider vers des horizons inexplorés de soumission et d'extase."
"Maintenant, tu m'appartiens, tu es à moi..."
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En bdsm, nous employons souvent des mots forts, en cela qu'ils servent à exprimer des sentiments ou des émotions fortes. Moi même j’emploie des mots que je crois adaptés mais dont je ne suis pas toujours certain de la signification, ou parfois des mots volontairement inadaptés que j'emploie en sachant pertinemment que j'en transforme la signification. Mais j'ai souhaité me replonger dans la définition de certains mots que je trouve souvent mal employés, ou que je voulais à l'avenir mieux employer. S'est ajouté un peu de réflexion personnelle toujours inspirée et motivée par la bonne définition des termes qui m'ont posé problème. Ainsi, armé de plusieurs dictionnaires, j'ai philosophé sur ces mots que voici : Respect, dévotion, fidélité, loyauté.
Respect :
Le respect est une chose complexe et personnelle. Il s'agit d'un regard sur quelque chose, il s'agit d'une considération. Il n'est pas inné, il est le fruit d'un effort, d'une réflexion. On mesure, estime quelque chose, et de cet examen découle un respect variable. Un grand respect indique qu'on a estimé de grandes valeurs à la personne/chose/parole.
La philosophie amène indubitablement à considérer au moins tout être humain (si ce n'est tout être vivant) comme une fin en soi, c'est à dire que malgré toutes considérations qu'on puisse se faire au sujet d'un individu, on ne peut intellectuellement pas lui omettre la dignité d'être humain autant que soi, sa libre pensée, son droit à considérer autrui et soi même.
Respecter sa parole c'est avoir de la considération pour ce qu'on a dit, et souvent donc il s'agit d'une parole à laquelle on a trouvé ou donné de la valeur. C'est ainsi rester fidèle aux engagements contractés car on les a considéré, parce qu'ils ont eut de la valeur.
Le respect à une personne c'est l'appréciation qu'on se fait d'elle. Ce respect évolue donc avec la relation qu'on entretien avec cette personne. Le respect est une notion active, présente, en évolution. C'est un écueil très commun que celui d'ignorer ou de méprendre l'impact de la relation sur le respect qu'on a pour quelqu'un. D'autre part le respect qu'on a de cette relation en dehors du respect qu'on a de la personne, est une chose à part entière et qui évolue, parfois différemment de la considération qu'on a de la personne. On peut ainsi ne pas cesser d'avoir du respect pour quelqu'un sans pour autant avoir beaucoup de respect pour la relation qui nous relie. Et inversement, on peut bel et bien avoir estimé beaucoup de valeur à la relation qui nous relie à quelqu'un qu'on ne respecte plus en tant que personne.
Manquer de respect à quelqu'un, c'est de ne pas agir conformément à la considération préalable, soit partagée et socialement attendue, soit personnelle et donc souvent passée. L'insulte, ce n'est pas manquer de respect, c'est soit témoigner à son interlocuteur le peu de respect ou la baisse de respect qu'on lui porte, ou le mépris, soit en témoigner à d'autre dans le but de réduire le respect des autres envers la personne que l'insulte vise.
Faire preuve de respect, c'est témoigner, donc communiquer sa considération, bien que souvent il s'agisse surtout de témoigner de son adhésion, de son maintien à la considération préalable, soit publique, soit passée.
Respecter quelqu'un peut ainsi globalement se traduire par le fait de faire l'effort de ne cesser de considérer une personne et maintenir un témoignage équivalent à l'estime qu'on porte à la personne.
Avoir du respect, c'est avoir des estimations fixées alors que respecter c'est le fait de présentement estimer, de considérer à chaque instant, d'être en action de regarder quelque chose ou quelqu'un et de le mesurer vis à vis de ce qu'il est à présent et de ce qu'il a été et/ou sera.
Un profond respect est un respect fondamental, c'est à dire considérer qu'une chose, une parole, une personne, joue un rôle fondamental dans notre façon de respecter/considérer d'autre choses, paroles, personnes. Autrement dit encore, c'est une appréciation dont les tenants et aboutissants servent à définir d'autres appréciations qu'on porte sur notre environnement. Ainsi on a un profond respect pour une personne, réelle ou fictive, dont l'appréciation qu'on s'est fait d'elle influence l'appréciation qu'on se fait de nous même, et de toute autre chose.
Dévotion :
D'abord d'ordre religieux, la dévotion c'est le témoignage affecté et ostentatoire d'un grand respect, voir d'un profond respect.
Affecté car il n'est pas tout à fait qu'intellectuel. Si le respect est éminemment mental car il découle de l'appréciation d'un examen qui peut être certes émotif, mais aussi n'être que raisonnable, son témoignage dévoué est lui par contre passionné, donc ne peut-être raisonnable. La dévotion ce n'est pas un témoignage sobre, poli, ou simplement dû. C'est un débordement, il faut donc un code à transgresser, une marge à franchir, une règle à dépasser. La dévotion est un acte dont la portée, par son débordement affecté, va au delà de l’attendu, du devoir, du normal.
Ostentatoire car il est voué à être vus par un personne réelle ou fictive au moins en plus de soi même. Un témoignage est un acte social, qu'importe le nombre et la qualité des témoins. Mais il n'est pas de témoignage sans témoin. Un personne dévouée témoigne à des témoins présents, passés ou futures, fictifs ou réels, par un acte de dévotion, de la valeur de l'appréciation qu'il a de son objet de dévotion. La dévotion, ce n'est pas une marque de respect privée, ni un acte social banal servant à identifier les rapports de respect entre individus. C'est témoigner la fierté de témoigner du respect ! Quand bien même il s'opère dans le secret, en privée, ou même seul, un acte de dévotion doit pouvoir être partagé, publié, présenté, vus, pendant ou après son exécution. Soit parce qu'il en résulte une production, soit que le message peut être transmis à d'autres témoins ensuite, soit parce qu'on considère que l'acte peut être considéré par des êtres surnaturelles.
Être dévouée, c'est agir au delà des réactions attendues. C'est donc encore dépasser une règle. Être dévoué c'est respecter avec une passion débordante, c'est à dire de manière exagérée. A la manière de la dévotion, une personne dévouée souhaite qu'on considère que sa fidélité, ses actes la témoignant, n'est pas seulement respectueuse, mais dévouée, au delà de ce qui est attendue.
Fidélité :
La fidélité, c'est la constance de l'être. Est fidèle ce qui se conserve malgré l'usure, et porte ses fruits également malgré la contrainte. Car être fidèle à soi, à ses valeurs et à ses principes, ou à autrui, ce n'est pas conserver une vérité qui ne souffre pas ; c'est la maintenir quand elle s'altère, quand elle est en danger, ou quand elle met en danger.
Entretenir la continuité du respect à ses paroles, à ses pensées, à ses actes qui nous ont engagé est la fidélité. Car les paroles en l'air, les pensées gratuites et les actes manqués ne demandent pas d'être respectées. L''infidélité n'existe qu'en négatif de la fidélité, car sans engagement à respecter, il n'y a pas de constance à entretenir. La fidélité est temporaire, en cela qu'elle est la conservation, l'affirmation, la défense d'un engagement passé. Elle n'est jamais instantané, et engage à l'avenir. La fidélité se joue toujours en au moins deux temps : l'heure de s'engager, et l'heure de le prouver. Plus longtemps est maintenue la fidélité, plus importante est-elle. Ainsi une infidélité au premier écueil est pénible, la défection d'une fidélité de longue date ou déjà éprouvée est terrible.
Loyauté :
La loyauté, est plus encore que la fidélité, une affaire d'autrui. On ne peut pas être loyal à soi, alors qu'on peut être fidèle à soi même. Car être loyal, ce n'est pas être fidèle qu'à soi même. C'est être fidèle à tout ce en quoi une personne qu'on respecte est fidèle. C'est respecter l’engagement d'autrui comme le sien et donc ne lui nuire ni ne le nier, mais bel et bien le conserver, l'entretenir et l'améliorer comme s'il était sien. C'est un transfert de respect, la loyauté c'est s’approprier la fidélité qu'autrui engage.
Crédits illustration :
Studies for philosophy, 1898-1899
de Gustav Klimt
Source ; https://www.wikiart.org/fr/gustav-klimt/study-for-philosophy-1899
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Amis lecteurs, bonjour,
J’ai hésité à écrire ce texte, parce qu’il ne me met pas en valeur, intellectuellement s’entend.
En effet, j’ai toujours pris mes précautions lors de mes rencontre BDSM. Si vous vous souvenez des épisodes précédents, J’ai dominé « Géraldine » dans l’épisode 1 et lui ai offert tous les gages de sécurité. Lorsque Caroline m’a pris en main (Episode 2), je connaissais son « vrai » nom et notre discussion matinale avait clarifié le menu de ce que qui m’attendais. L’épisode 3, bien qu’improvisé, était sécurisé car en présence de quelqu’un que je considérai, à l’époque, comme un ami et, pour être honnête, la partie BDSM avait été, au final, un préliminaire à un acte vanille mémorable (tousces épisodes sont disponibles sur ce site).
Toujours prudent donc, sauf lors de cette soirée, je m’en vais vous conter :
Petite précision, je suis membre d’un serveur Discord basé sur le BDSM et plusieurs membres de ce serveur m’ont affirmé que ce texte aurait une utilité publique pour ceux, et surtout celles qui, parmi vous, ne prennent pas toutes les précautions nécessaires avant la première séance.
Allez, on est parti :
Vous vous souvenez de l’association militante qui nous avait réuni Sylvana, Fabienne, l’autre Frédéric et moi-même dans l’épisode précédent ? C’était une période où nous allions être appelé à nous voir souvent car préparatoire à un festival dont nous avions la charge. Une semaine après cette soirée magique, donc, retour en réunion. Nous étions à 10 jours du premier concert et j’avais la charge du Catering pour les artistes, donc des achats de nourriture, de boissons et autres friandises pour toute la durée de l’événement. Le frais était géré
par commande « traiteur » et je devais m’occupais des boissons, chips, des friandises et tout autre truc qui ne se périmait pas en une soirée.
Grosse commande, donc, pour 6 concerts déjà complets.
Seulement voilà, à l’époque, je n’avais pas de voiture (et pas le permis), car Lille est une ville où le métro, le tramway et autres lignes de bus font leur boulot (et pour pas cher à l’époque). Je n’ai passé mon permis que quelques années plus tard après avoir quitté la Capitale de ma région.
Grand étonnement dans le groupe : un mec de mon âge n’est pas armé pour faire ce qu’on lui demande (NDLA : j’ai passé le permis à 28 ans, soit un peu plus de deux ans après). Après leur avoir signalé qu’avoir le permis n’était pas une obligation en France, quelqu’un vint à ma rescousse avant que la discussion ne s’envenime autour du thème « tu aurais pu nous le dire avant ». Ma sauveuse pris la forme de Sylvana, arrivée en retard car place de parking difficile à trouver, tout ça, tout ça.
J’eus envie de l’embrasser pour la remercier mais notre statut relationnel n’étant pas encore très clair, je me retins et repris le fil de la discussion. Sylvana, sa voiture et moi allons nous charger d’entretenir le diabète et le cholestérol de nos invités. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais chez Drucker.
Nous sommes jeudi. Nous avons cours demain, mais mon après-midi est libre, comme d’habitude (cf.épisode 3). Je conviens donc d’un rendez-vous avec ma belle et nous nous quittons, non sans un baiser annonceur d’autres soirées où le ciel et la terre se rejoignent en nos corps ébahis.
Frédéric, de son côté, constatant l’absence de Fabienne, appelle sa dulcinée pour savoir ce qu’il se passe : « pas eu le temps de venir, gros travail à rendre demain mais tu peux passer ce soir, si tu veux, tu dormiras à l’appartement ». Frédéric annule donc la bière qui nous attendait dans notre bar favori en m’expliquant, un peu gêné, qu’entre une bière et Fabienne, il n’y avait pas photo. C’est de bonne guerre, bonne soirée à toi. Va savoir, demain, après les courses, il est possible que je goûte au même fruit que toi.
Vendredi, jour de Vénus, pas de cours demain et je vais passer mon après-midi avec une femme qui commence doucement à m’attendrir. Bref, tous les voyants sont au vert. On passe à l’association récupérer le chéquier et nous voilà partis dans les méandres des temples de la consommation. Deux charriots, remplis à ras bord, parviennent à passer la douane de la caisse et nous partîmes à deux, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes une vingtaine en arrivant au port : la salle de spectacle où l’équipe nous attendait avec des sourires, des accolades et des bras utiles pour décharger la marchandise.
Frédéric est là, tout sourire, lui aussi a dû décharger hier… et sans doute ce soir car il va au cinéma avec sa belle. Petit choc. Mon ami est heureux, je suis donc heureux mais, en comparaison, Sylvana ne me montre pas autant d’égard. Je suis dubitatif. C’est un contraste de sentiments que l’on ne rencontre plus guère que chez les chiens joyeux de voir leur maître rentrer avant de se rendre compte que ce dernier était juste passé pour prendre une veste et repartir aussitôt. C’est ça, je suis un chien qui ne sait pas s’il est abandonné ou pas.
Nous avons été efficace, ma belle et moi, il est donc un peu tôt pour envisager un repas quelque part. Je ne peux même pas lui proposer d’aller manger un morceau (#Triste). Sylvana me ramène en voiture et commence enfin à discuter de nous deux, je vous résume : « C’était génial la dernière fois mais, pour ne pas te mentir, je me suis un peu emporté en te sautant dessus. Nous aurions dû finir la partie avant de jouir l’un dans l’autre. »
Mode regard étonné enclenché. En se garant chez moi, elle arrête le moteur et m’explique qu’elle avait longtemps cherché un partenaire BDSM mais avait été soit déçue, soit trompée (le mec ne voulant finalement que du sexe). Elle marquait donc son désir de recommencer. Charmant projet, d’autant que je serai seul aussi ce soir suite à l’abandon inqualifiable dont je faisais l’objet de la part de mon ami (ça se voit que c’est ironique et de mauvaise foi ?).
« Alors voilà, je t’explique, me dit-elle à l’oreille car la fenêtre de sa voiture était ouverte. Ce soir, j’ai rendez-vous avec une dominatrice qui me travaille de temps en temps et qui a clairement envie d’une séance avec une soumise et un soumis. »
La confiance de Sylvana envers sa domina me rassurant, je lui donne mon accord de principe. Rendez-vous près de mon université où la circulation du vendredi soir est plus fluide qu’en centre-ville où j’habite.
Préparation habituelle : douche, affaire propre, rasé de frais, excité espérant finir ma soirée dans les bras de Sylvana (bien que ses bras ne soient pas ma priorité – j’imagine votre tête en lisant ceci et je dois bien avouer que cela me plait :) )
« 4 cantons – Terminus – veuillez quitter la rame, s’il vous plait ». Sylvana est là, en bas de l’escalator.
Elle me regarde comme une valise apparaissant enfin sur le tapis de l’aéroport, me prend par la main et m’emmène dans sa voiture où l’album de « Louise Attaque » nous accompagne, un peu fort il est vrai.
Ma compagne baisse le son de l’autoradio, prend ma main afin, sans doute, de me rassurer et nous nous retrouvons donc à passer les vitesses ensemble. La discussion s’enclenche : « content que tu aies accepté. J’ai hâte de souffrir avec toi. » Vaste programme. Pendant le trajet, nous discutons, de tout et de rien, évitant de soigneusement de parler de « nous », mais cette main me rassure, c’est déjà ça.
Arrivés sur place. Une belle maison nous attend. A l’entrée, une femme nous accueille, habillée en soubrette, les yeux baissés, peu de chance que ce soit notre hôte. Elle prend nos affaires, sacs, sacoches, téléphones portables (oui, ça existait déjà en 2000) et nos manteaux. Elle nous glisse un « c’est par là ». Nous la suivons, intrigués par cette première surprise : nous ne sommes pas les seuls invités.
Premier étage : une chambre sombre, à peine éclairée, nous accueille. Personne. Un petit mot sur le bureau. Belle écriture en délié. « Bonsoir, vous deux, prenez ces menottes et attachez-vous les mains dans le dos aux chaises qui sont derrière vous, et vite ! ».
Sylvana sourit, moi aussi, ça commence bien. Nous exécutons les ordres. Nous sommes face à face à se demander ce qui nous attend. 10 minutes passent, une horloge placardée au-dessus d’une armoire me donne l’info en direct. Des bruits dans l’escalier, des talons, pour être précis. Une femme rentre, me regarde et me dit « Baisse les yeux, soumis ». J’obtempère. Je prends à peine le temps d’estimer l’âge de ma désormais dominatrice, une femme d’une quarantaine d’année, parfaitement au fait des codes du BDSM.
Elle détache Sylvana et lui demande de se mettre en position. Ma compagne se déshabille presque complétement, seule un string lui protège l’entrejambe de ma vue et, déjà, je sens poindre en moi un désir très visible. Elle prend position, a genou, devant sa chaise. Elle me tourne le dos. Ses mains viennent vite le rejoindre grâce aux menottes. Pas un mouvement. Pas un mot. Le silence.
A mon tour, elle me détache également. « En position ! », m’ordonna-t-elle. Je comprends vite. Allez, en slip, à genou et mets tes mains dans le dos. Aucune remarque : j’ai donc bien agi.
A cet instant, je ne me rends pas compte mais je n’ai aucune sécurité : Pas de discussion sur les pratiques acceptées ou non, sur les positions et aucun safeword.
L’excitation du moment m’a fait oublier les précautions d’usage, comme ce jeune intrépide trop exalté par le corps nu devant lui oubliant son préservatif le condamnant à la trithérapie jusqu’à la fin de ses jours.
Je suis dans l’instant. Je profite. J’aime ça. Ça ne va pas durer. Dire que Sandra (le prénom de ma Domina, évidemment modifié pour des raisons évidentes) nous a pris par surprise est un doux euphémisme. D’ailleurs, on ne pas dire « pris », elle nous a soulevé par les cheveux. Les mains dans le dos associés à ce soulevage violent me fait perdre l’équilibre, ce qui accroit la pression sur mes capillaires, persuadés d’en perdre une poignée dans la manœuvre. Une fois debout, mon regard a changé, il exprime la peur, j’ai changé d’univers et ai bien l’impression que Sandra en est fière.
Je tente d’exprimer mon avis sur ce début de séance complétement dingue. Impossible. Le fait d’avoir parlé me condamne au silence. Elle me met un chiffon dans la bouche et me bâillonne avec du scotch. Je panique, tente de me défaire de mes contraintes mais rien n’y fait. Ma tortionnaire, car c’est une, me balade dans la pièce jusqu’à un poteau central, son pilori personnel.
La chambre en question est clairement un donjon aménagé. J’y vois des cages, une croix de Saint-André, des chaines, des martinets, un fouet, une ceinture et tout le matériel qui, d’habitude, me fait clairement entrevoir le paradis.
Mais je me suis trompé de porte, et Saint-Pierre a laissé sa place à Lucifer.
Arrivé au pilori, Sandra comprend clairement que je ne vais pas me laisser faire. Au lieu de me détacher et de me demander, comme dans n’importe quelle séance de domination, de mettre mes mains dans les bracelets en hauteur, elle décide de me retirer mon slip et de me saucissonner les jambes au poteau afin de conserver son pouvoir de contrition sur moi. Les bracelets en cuir viennent ensuite se positionner en dessous des menottes et, une fois libéré de mes fers, je ne puis me débattre longtemps avant de voir les bras rejoindre la verticalité voulue par mon bourreau.
Sylvana a assisté à toute la scène. Elle aurait sans doute voulu tenter une fuite mais la chambre est à l’étage et la porte sans doute fermée et gardée par la soubrette qui, elle, est libre de ses mouvements. Inutile de résister.
Sandra est beaucoup plus forte que Sylvana. D’ailleurs, point de résistance à signaler. Elle rejoint la Croix de Saint-André sans sourciller. La culotte est retirée. La terreur peut commencer.
Si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous avez sans doute compris que la suite ne serait délectable que pour des pervers(es) et autres sadiques.
Je ne vais donc pas m’étendre sur ce que j’ai subi, seulement vous indiquer quelques détails :
- Je n’ai pu m’exprimer qu’au bout d’une heure, lorsque ma tortionnaire, m’ayant fait subir des trucs que je ne désirais pas, m’a enfin retiré mon bâillon.
- Aucun code de sécurité n’a fonctionné durant cette séance.
- La violence des impacts a entraîné des conséquences physiques dont quelques (petites) séquelles, apparaissent encore sur mon corps.
- Sylvana ne s’est jamais remise de cette séance. Nous avons passé le reste de la nuit, chez elle, l’un contre l’autre et il me sera impossible de la lâcher avant une heure avancée de la matinée.
- J’ai été suivi pour cette histoire et merci à lui.
- Un médecin a constaté nos blessures et établit un arrêt de travail de 14 jours.
- J’ai déposé plainte le lendemain après-midi pour violence, coups et blessures, seule la séquestration n’a pas été retenue car volontaire au début des faits. Je n’ai pas porté plainte pour agression sexuelle car aucune partie de mon « intimité » n’a été touchée.
- Sandra a négocié avec nous deux « à l’amiable » afin de limiter les frais de procédures. Ce que nous avons accepté.
Quelques mois plus tard, j’étais sorti de cet enfer, car bien accompagné. Sylvana a refusé toute aide. Nous ne sommes plus jamais revus. Je me surprends encore aujourd’hui à penser à elle et à ce qu’elle est devenue mais me refuse de la contacter, de peur de lui provoquer un choc émotionnel. J’attends, elle connait mon nom, elle me retrouvera.
Nous n’avons pas participé au festival (dommage, on avait acheté des Dragibus).
Pendant ma convalescence, en fêtant mon diplôme, je croisai la route d’une jeune femme étant intriguée par le BDSM, j’allais donc retourner dans ce monde sans crier gare et ce fût un retour gagnant puisque, plus de 20 ans après, je suis toujours là, à pratiquer, mais de manière beaucoup plus « safe ». Ah, j’allais oublier, cette jeune femme s’appelait Géraldine (cf. Episode 1)
Désormais, toutes mes rencontres, et surtout les premières, s’organisent de la même manière :
- Deux de mes amies connaissent le lieu, la date et l’heure de rendez-vous, et sont prêtes à réagir au moindre doute.
- Je prends le plus de renseignements possibles sur la personne lors de ce rendez-vous.
- Si quelque chose change, je les préviens.
- Je préviens la personne avec qui j’ai rendez-vous de ce fait.
- Nous avons un Safe Word avec mes amies, si je le prononce, ou l’écrit, cela voudra dire que je ne suis pas libre de mes paroles. La police sera prévenue immédiatement.
Je vous invite à faire de même mais n’oubliez pas, quand même, que nous sommes dans un monde de désirs et de plaisirs. Mais des précautions s’imposent. Alors, soyez prudents et profitez !
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l'homme entre dans une pièce sombre et mystérieuse. Chaque pas qu'il fait sur le sol s'ajoute à son inconfort, mais il sait que ce n'est qu'une partie essentielle de cette expérience unique. Les murs de la pièce sont tapissés de peintures macabres et de symboles énigmatiques, créant une atmosphère sinistre qui envahit ses sens. L'odeur enivrante de la cire brûlée et de l'encens flotte dans l'air, ajoutant une sensation étrange et captivante.
Alors qu'il avance, le son de ses pas résonne dans la pièce, créant une tension palpable qui semble le serrer dans son étreinte. C'est alors que trois dominatrices, Sophia, Isabella et Victoria, se tiennent devant lui dans toute leur puissance et autorité. Leurs tenues mettent en valeur leurs formes séduisantes, accentuant leur pouvoir. Leurs yeux brûlent d'une lueur malicieuse, révélant l'intensité de leur sadisme. D'une voix ferme, elles ordonnent à Pat de s'agenouiller devant elles, lui faisant prendre sa place de soumis.
Les dominatrices s'approchent de lui avec un sourire sadique, leurs mains gantées de cuir s'enfonçant dans le tissu de ses vêtements. Elles les tirent violemment, déchirant les coutures avec une force dérangeante, dévoilant petit à petit sa nudité. Chaque déchirure est accompagnée du son strident des tissus qui se séparent, amplifiant l'humiliation de Pat. Sous leurs mains impitoyables, sa chemise est réduite en lambeaux, son pantalons baissé sans ménagement. Il se retrouve ainsi nu et vulnérable, exposé à leur regard avide.
Sophia, Isabella et Victoria saisissent avec délectation une tenue de soubrette, leurs doigts longs et fins glissant sur les tissus doux et soyeux. Avec une précision cruelle, chaque pièce de la tenue est ajustée sur le corps nu de Pat, accentuant sa soumission et sa vulnérabilité. Le corset étroit est lacé avec une force implacable, comprimant sa taille lui coupant presque le souffle. La jupe courte et évasée, exposant ses jambes tremblantes à leurs regards. Les bas en résille sont tirés avec une précision calculée, mordant légèrement sa peau, marquant son corps comme leur propriété.Elles lui mettent une perruque bouclée, une touche finale qui marque sa transformation complète en soubrette obéissante, prête à satisfaire les moindres de leurs desirs
Pat se tient là, a demi nu et vêtu de cette tenue humiliante, une vision de soumission et de vulnérabilité. Son cœur bat la chamade, mêlant l'excitation et la peur dans une danse enivrante. Il sait qu'il est désormais à la merci de ses dominatrices, prêt à obéir sans poser de questions. Elles sourient avec satisfaction, leur pouvoir et leur autorité s'affirmant davantage.
La pièce sombre et mystérieuse est maintenant remplie d'une énergie électrique, chargée de la tension entre le désir et la soumission. Ses dominatrices se délectent de ce contrôle absolu sur Pat, prêtes à explorer et à repousser les limites de ses fantasmes les plus profonds.
Puis elles se prélassent confortablement sur leurs chaises, commandant à Pat de les servir. Chaque désir et caprice est exécuté avec diligence par Pat, qui se plie à leurs moindres volontés. Pendant qu'il s'affaire, elles le scrutent avec mépris, le taquinant en se délectant de sa soumission.
Soudain, Sophia se lève d'un air autoritaire. Son visage rayonne d'une cruauté sans limites. Sans prévenir, elle assène à Pat une gifle retentissante, sa main claquant contre sa joue avec une violence déconcertante. La douleur se propage instantanément, laissant une marque rouge et brûlante sur sa peau, témoignant de son pouvoir absolu sur lui.
Pendant ce temps, Isabella, s'amuse avec un plaisir sadique à soulever la jupe de soubrette de Pat. Elle révèle ainsi son intimité, l'exposant à leurs regards impitoyables. Elles éclatent de rire, savourant chaque seconde de son humiliation.
Pat, quant à lui, est à la fois envahi par la douleur de la gifle et le sentiment d'humiliation intense d'être exposé ainsi. Son esprit est rempli d'un mélange d'excitation et de crainte. Il sait que sa place est d'obéir et de satisfaire leurs désirs.
La tension dans la pièce est à son comble. Pat est à la merci de Sophia, Isabella et Victoria, prêt à répondre à tous leurs caprices. Elles savourent chaque instant de leur pouvoir, profitant de leur domination totale sur Pat.
Pat reste à la merci de ses dominatrices. Isabella avide de sa domination, décide de lui donner une fessée avec une ardeur implacable. Elle attrape fermement les fesses de Pat, exposées et vulnérables, et les claquent avec une force brutale. Chaque claquement résonne dans la pièce, amplifiant sa douleur et sa honte.Ses dominatrices se délectent de ses gémissements de souffrance.
Malgré la douleur et la honte qui l'envahi, Pat reste captivé par l'excitation mêlée à son humiliation. Il est complètement sous l'emprise de ses dominatrices, prêt à subir tous les châtiments qu'elles lui infligent. Son corps et son esprit sont entièrement à leur disposition.
Les humiliations sont savamment orchestré. Chaque action, chaque regard méprisant, renforce son statut de soumis.
Nos trois dominatrices s'approchent de lui avec un sourire sadique. Leurs yeux pétillent de malice, annonçant l'humiliation à venir. Elles se tiennent devant lui. Leurs doigts effleurent sa peau a demi nu avec dédain, provoquant des frissons d'humiliation mêlée à l'excitation. Chaque caresse annonçant les jeux pervers qui vont suivre.
Avec un sourire, Sophia glisse ses mains sous la jupe de soubrette de Pat. Sans la moindre hésitation, elle la soulève, révélant ses attributs masculins au grand jour. Pat se retrouve vulnérable, exposé à son regard impitoyable. Elle savoure chaque instant de cette mise à nu. Son intimité exposée sans pitié.
Sophia joue avec ses attributs masculins, le ridiculisant sans relâche. Elle les manipulent avec une cruauté déconcertante, les taquinant et les moquant. Ses paroles cinglantes s'ajoutent à l'humiliation de Pat, soulignant son statut de soumis à ses yeux.
La honte envahit Pat, se mêlant à son excitation. Il se sent réduit à un simple jouet.
Elles prennent un malin plaisir à rabaisser Pat, à le ridiculiser sur ses attributs masculins. Ils deviennent le terrain de jeu de leur sadisme, amplifiant son humiliation à chaque instant. Pat est complètement sous leur emprise, offrant son corps et son esprit.
Dans un acte d'humiliation ultime, Victoria ordonne a Pat de s'agenouiller, de se prosterner devant elle, lui rappelant ainsi sa position inférieure. Pat obéit.
Une fois à genoux, Victoria décide de se concentrer sur l'intimité la plus intime de Pat, son anus. Elle affirme qu'elle va en faire une "femelle" à leur service, intensifiant ainsi son humiliation. D'une main ferme, elles écartent ses fesses, exposant son intimité vulnérable. Ses doigts lubrifiés glissent avec facilité, pénétrant son anus avec une détermination cruelle. Chaque mouvement est accompagné d'une sensation douloureuse et humiliante, lui rappelant qu'il est à son entière merci.
Chaque pénétration anale est un rappel brutal de son statut de jouet entre ses mains expertes, de sa dépendance à sa domination impitoyable.
Pat se retrouve pris au piège de sensations douloureuses et humiliantes, mêlées à une excitation indéniable. Son esprit est rempli d'un mélange de honte et de désir, se soumettant pleinement. Il est conscient que son corps et son plaisir sont désormais sous le contrôle absolu de Victoria.
L'humiliation anale devient le symbole de sa soumission totale, de son abandon à sa volonté.
Sophia, Isabella et Victoria ne se contentent pas de la pénétration anale, elles se moquent et ridiculisent Pat sans relâche, lui rappelant qu'il est désormais leur "femelle" soumise, destinée à servir leurs besoins. Leurs mots cruels et dégradants résonnent dans la pièce,chaque pénétration, renforce son statut de jouet sexuel entre leurs mains impitoyables.
Leurs rires sadiques, mêlés aux gémissements de douleur et de honte de Pat, créent une symphonie qui remplit l'air. Ses dominatrices se délectent de sa réaction, savourant chaque instant. Les mains expertes de Victoria continuent de stimuler son anus, alternant entre des mouvements lents et profonds, et des coups rapides et violents. Chaque sensation, chaque douleur, est un rappel constant de son statut d'objet sexuel à sa disposition.
Ses dominatrices n'ont aucune pitié pour Pat, jouant avec lui comme avec une marionnette entre leurs doigts. Elles explorent chaque recoin de son intimité, l'humiliant encore plus en le forçant à exprimer son plaisir face à l'humiliation qu'il subit. Les caresses dégradantes et les mots cruels se mêlent à ses gémissements.
Alors que l'humiliation atteint son paroxysme, Ses dominatrices décident de faire participer d'autres soumis présents dans la pièce, les invitant à se moquer et à ridiculiser Pat. Ils se rassemblent autour de lui, témoins de sa soumission totale et de son humiliation extrême. Les rires et les moqueries fusent de toutes parts, élevant l'expérience à un niveau de perversion inimaginable.
Pat est plongé dans un mélange de douleur, de honte et d'excitation, se soumettant pleinement à leurs désirs
. Il est désormais leur jouet, leur "femelle" soumise, destinée à satisfaire leurs besoins les plus pervers. Les limites sont repoussées, l'humiliation est poussée à son paroxysme,
Ses dominatrices décident de lui attacher une ceinture spéciale, un symbole physique de sa soumission. Elles serrent fermement la ceinture autour de sa taille, marquant ainsi son corps comme leur propriété. Chaque boucle et chaque claquement de la ceinture sont une nouvelle marque de son statut d'objet sexuel à leur entière disposition.
Une fois la ceinture bien attachée, Isabella continue à le ridiculiser avec une cruauté délectable. Elle tire sur la ceinture, le forçant à se courber encore plus bas, lui rappelant avec chaque geste qu'il est à sa merci absolu. Chaque mouvement qu'il fait est contrôlé par Isabella, chaque respiration est dictée par sa volonté.
Ses dominatrices jubilent de leur pouvoir, riant aux éclats alors qu'elles continuent à jouer avec Pat. Leur plaisir se mêle à sa douleur et à sa honte. Leurs rires résonnent dans la pièce, mêlés aux gémissements soumis de Pat, formant une symphonie qui alimente leur excitation et leur plaisir.
Marqué physiquement par la ceinture qui rappelle constamment sa position inférieure. Sa douleur, sa honte et son désir se mêlent dans un tourbillon intense, le conduisant à se perdre dans un océan de sensations troublantes.
Victoria et Isabella s'approchent de Pat, leurs mains puissantes le maintenant fermement, l'empêchant de bouger. Leur force combinée est suffisante pour le maintenir en place, incapable de résister à leur volonté. Leurs regards sont emplis d'une lueur malicieuse, savourant l'idée de ce qui va suivre.
Sophia, la dominatrice attache son gode-ceinture, s'avance avec une assurance déconcertante. Son regard refléte sa volonté de prendre le contrôle absolu sur Pat. Elle se penche vers lui, ses lèvres effleurant son oreille, lui susurrant des mots d'humiliation qui font frissonner sa peau.
"Désormais, tu es notre femelle, notre jouet à notre disposition", susurre Sophia d'une voix rauque, sa voix porteuse de pouvoir. "Tu n'es rien d'autre qu'un objet de plaisir à soumettre et à dominer selon notre bon vouloir."
Le souffle de Pat se mêle à l'excitation et à la peur alors que Sophia guide le gode en direction de son intimité, le pénétrant avec ardeur. Les mouvements sont rapides, puissants, remplis d'une intensité qui le font vaciller . Chaque pénétration est accompagnée de mots cruels et dégradants qui résonnent dans la pièce, lui rappelant de manière brutale et inébranlable qu'il est totalement soumis à leur volonté.
Victoria et Isabella se délectent de sa vulnérabilité et de son humiliation, savourant chaque instant de leur pouvoir sur lui. Leurs sourires malicieux ne font que s'accentuer, leurs rires emplissant la pièce alors que Sophia le pénètre sans relâche.
Pat se retrouve pris au cœur d'une tempête émotionnelle. Les sensations s'entremêlent dans son esprit tourmenté, éveillant des désirs enfouis et des émotions contradictoires. Il est à la merci de ses dominatrices, un simple jouet dans leur jeu de domination et de contrôle.
La scène se poursuit, un ballet pervers où les limites sont repoussées, où les mots d'humiliation se mêlent aux gémissements de Pat. Victoria et Isabella continuent de le maintenir immobile, renforçant ainsi son sentiment d'impuissance et de soumission totale.
Après avoir été pénétré par Sophia, Pat reste se remet à genoux devant elles, les yeux baissés, attendant leurs prochaines instructions. Ses dominatrices se regardent avec satisfaction, savourant leur pouvoir sur lui. Leurs regards brûlants de désir et de domination le maintiennent dans un état de soumission totale.
Avec un sourire Sophia s'approche de Pat. Attrape son menton avec fermeté, le forçant à la regarder dans les yeux. Puis, avec une ardeur dominante, elle l'embrasse passionnément, lui montrant ainsi sa supériorité totale. Leurs lèvres se mêlent dans une danse sensuelle, démontrant la fusion de la douleur et du plaisir qui règne entre eux.
Isabella et Victoria observent avec amusement.Après cette embrassade passionnée, Victoria ordonnent à Pat de se rhabiller. Il obéit, se levant avec difficulté, ressentant à la fois une honte profonde et un étrange sentiment de bien-être. Les marques sont visibles sur son corps,un rappel de son statut de soumis.
Les émotions se mélangent en lui, créant une expérience complexe et troublante. Il ressent une douleur persistante, les marques et les empreintes de leur domination gravées sur sa peau, mais il éprouve également une certaine satisfaction d'avoir pu servir ses dominatrices, même si cela signifie être leur objet de plaisirs pervers. Cette contradiction entre la honte et le plaisir le trouble profondément.
Alors qu'il se rhabille, une pointe de tristesse l'envahit, sachant que cette expérience de domination et de soumission est terminée, du moins pour le moment. Mais en même temps, une part de lui est soulagée, libérée de l'emprise. Il se sent vidé, physiquement et émotionnellement, mais également transformé par cette expérience intense.
Sophia, Isabella et Victoria, quant à elles, se retirent avec un air de satisfaction, laissant Pat seul avec ses pensées tourmentées.
Cette expérience a laissé une marque indélébile en lui, une empreinte mêlée de honte, de douleur et de plaisir. Chaque sensation, chaque mot d'humiliation et chaque acte de domination ont laissé une empreinte profonde dans son esprit et dans son être. Il ne peut s'empêcher de ressentir une excitation troublante, un désir ardent de revivre cette expérience intense malgré les règles établies par la société.
Les règles établies par la société deviennent des barrières qu'il souhaite briser, des limites qu'il désire repousser. Il ressent un besoin intense de s'affranchir des conventions et d'explorer les profondeurs de ses désirs les plus sombres. Il est conscient que cela va à l'encontre de ce qui est considéré comme "normal" ou "acceptable", mais l'appel de la soumission est plus fort que tout
Cette expérience, bien qu'empreinte de honte, de douleur et de plaisir, a également éveillé en lui une envie irrésistible de vivre selon ses propres règles, de s'épanouir dans sa sexualité sans compromis. Il est prêt à embrasser cette part de lui-même, à s'accepter pleinement et à trouver le bonheur dans l'exploration de ses désirs les plus profonds.
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Rêve ou réalité, Vous le saurez à la fin du récit :
Comme convenu, je dois présenter à neuf heures devant la porte d'entrée de la villa de l'arrière pays Grassois!
Comme consigne : Ne pas sonner, dos à la porte, mains dans le dos et avoir procéder à un lavement interne préalable et des vêtements de rechange !
Je passe plusieurs fois devant la villa pour arriver à l'heure précise de ce premier rendez-vous. Neuf heure, je suis devant la porte, short blanc, nus pieds et vieux tee-shirt!
J'entends des voix et de la musique à l'intérieur, je suis incapable de dire combien de temps a duré mon attente, lorsque la porte s'ouvre " ne bouge pas" et je sens la pose d'un bandeau un peu trop serré à mon gout! La porte se referme et je reste là bien déçu de ce début!
Un peu plus tard, la porte s'ouvre à nouveau et bien aveuglé, je sens la boule du bâillon s'insérer dans ma bouche! et la porte se referme à nouveau!
Un peu plus tard, sans m'être aperçu de l'ouverture bien discrète de la porte, je sens un collier métallique serré autour de mon cou!
Une main me pose un bracelet au poignet et l'accroche au collier, deuxième poignet également et je me retrouve les deux bras repliés et serrés autour de mon collier! ( j'espère que je ne vais pas devoir garder longtemps cette position inconfortable!)
La porte se referme à nouveau, je suis encore habillé comme un jour d'été !
Un peu plus tard, la porte s'ouvre à nouveau et je comprends vite que mon attente est réellement terminée!
Mon short est descendu, mon tee-shirt déchiré et pieds nus je suis tiré par le collier pour entrer nu, mais j'ai gardé un string cuir noir!
"stop", donc je m'arrête et subitement je reçois une belle paire de fessées à mains nues, mon string est enlevé, puis je sens la pose d'une cage de chasteté sur mon sexe qui a commencé à bander. Je me rend vite compte que je n'ai surement pas à faire à un novice.
Mon string est remonté, puis vient la pose de bracelets aux chevilles et de pinces sur mes seins ( je pense que ce sont des pinces en formes de ciseaux à pression réglable!)
Pour le moment, la pression des pinces est réelle mais bien supportable.
Toujours aveuglé, en silence avec un petit fond musical, je suis debout presque nu probablement au milieu d'un salon.
Mes jambes sont fortement écartés par les bracelets de mes chevilles à la limite de mes possibilités.
Combien de temps suis-je ainsi resté exposé, aveuglé devant combien de personnes ?
A nouveau, je suis tiré par la chaine du collier et je dois difficilement me déplacer comme un canard!
"stop" et je sens à nouveau une main caresser mes fesses puis les frapper de plus en plus fortement.
J'apprécie beaucoup l'alternance de douceur, de sensualité et de domination!
Je ne sais vraiment pas où je suis, ni combien de personnes profitent du spectacle.
La pression des pinces sur mes seins s'accentuent et je sens mon sexe réellement, voir douloureusement prisonnier de la cage de chasteté.
Mes jambes trop écartées commencent à me faire mal aux fesses tendues lorsque je sens un objet pénétrer délicatement mon anus bien propre. Probablement ce crochet est tendu et relié à mon collier.
Une main caresse mon string cuir, puis passe sur les pointes de mes seins écrasés.
Je pense être dans la salle de bains?
Les pinces des seins sont enlevées et désormais libres agréablement et douloureusement triturés.
Le string cuir est enlevé et complètement nu, je sens un liquide couler de ma tête aux pieds!
Une ou deux mains étalent de l'huile sur l'ensemble de mon corps, je sens bien cette sensation TRES sensuelle!
Enfin la barre d'écartement de jambes est remplacée par une chaine courte, et je pense comprendre que je suis rentré dans une douche ou une salle de bain ?
Un liquide chaud coule et je sens la pose de pompes sur mes deux seins! ( je connais bien cette aspiration terriblement excitante)
Il me semble que mon sexe est en feu, prêt à éjaculer!
Nu, seins aspirés goulument, sexe en cage, subitement je me retrouve solitaire dans cette extraordinaire situation que j'ai librement et volontairement désirée.
Le temps n'existe plus et probablement comme Mon Maître ou Ma Maitresse, chacun dans son domaine profite de la situation !
Je suis à mon aise, malgré la douleur de plus en plus forte de l'aspiration de mes seins : je suis content et fier de pouvoir ainsi être exposé !
Un mince filet d'eau tiède continue de couler de ma tête aux pieds et je comprends alors la raison du bandeau aussi serré.
Une main parcoure l'ensemble de mon corps ruisselant et s'attardant plus particulièrement sur mon sexe prisonnier et mes seins bien aspirés.
Les pompes sont enlevées, puis mes seins libérés sont manipulées avec dextérité et fermeté, puis les pompes sont à nouveau remises en places!
Le crochet de mon anus est enlevé et probablement remplacé par un fin tuyau de lavement.
Le liquide coule toujours lentement à l''extérieur, comme désormais à l'intérieur de mon corps offert!
Aucun bruit, suis-je seul désormais ?
Debout, mains toujours accrochées au collier, j'essaye d'imaginer dans ma tête le spectacle de mon modeste corps offert ruisselant !
Combien de temps vais-je pouvoir garder le liquide tiède qui commence lentement et surement à bien remplir mon ventre ! Je n'aime pas devoir expulser parfois violemment un liquide de lavement interne, surtout en présence d'autre personne!
Une main huilée semble parcourir l'ensemble de mon corps, et avec étonnement une autre main caresse ma cage de chasteté et surprise une autre enlève délicatement les pompes sur mes seins!
Le liquide coule toujours lentement de la tête aux pieds!
Ne pouvant plus retenir le lavement, j'expulse l'eau et probablement aussi le tuyau !
Un doigt pénètre et caresse mon anus et une autre main devant me libère de la cage de chasteté tandis que je sens à nouveau un massage bien pervers sur mes deux seins! libérés des pompes!
Je ne devrais guère tarder avec toutes ces sollicitations à expulser mon sperme, j'essaye de retarder le plus possible pour faire encore plus durer le plaisir et surement aussi celui des autres personnes présentes !!
Le ruissellement de l'eau s'arrête et des fessées bien sensuelles, bruyantes frappent mes deux fesses humides !
En plein délire, sous le titillement de mes seins, les caresses sur mes fesses, une nouvelle sensation sur mon sexe qui vient d'être goulument avalé : une langue bien perfide s'active et provoque rapidement un fort soulagement sexuel !
C'est fini, je pense avoir donné le meilleur de moi-même.
Je suis débarrassé de mon bâillon, des bracelets, et toujours bien humide, aveuglé, je suis sollicité par une traction sur le collier à me déplacer, lorsqu'une main m'enlève le bandeau et le collier, je me trouve alors comme à l'arrivée, mais nu, devant la porte à coté de mon sac!
et j'espère bientôt une nouvelle rencontre !
Je me retrouve encore bien mouillé dehors à devoir m'essuyer, m'habiller à nouveau et rentrer avec mes seins encore bien douloureux de plaisirs partagés!
Désolé, encore peu de patience, il Vous faudra attendre la prochaine version de Rêves ou réalités pour savoir si c'était une fiction ou un récit d'expérience réelle !!!
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Je franchis le seuil d'une pièce sombre, imprégnée d'une atmosphère électrique et intimidante. Ma domina, vêtue de cuir noir moulant et de bottes à talons hauts, m'attend de pied ferme. Son regard brûlant de désir et de domination me fait frissonner d'excitation et d'appréhension.
D'une voix autoritaire, elle ordonne sans détour que je me déshabille immédiatement. Chaque vêtement que je retire fait tomber les barrières de ma résistance et m'expose entièrement à sa volonté implacable. Je me sens vulnérable, nu, et totalement à sa merci.
Une fois dénudé, je suis conduit vers une table recouverte de cuir, lisse et froide au toucher. Ma domina se positionne au-dessus de moi, sa présence dominante écrasant mes sens. Son sourire pervers et son regard brûlant annoncent les épreuves qui m'attendent.
Elle commence par effleurer ma peau avec une délicatesse trompeuse, laissant ses doigts parcourir chaque centimètre de mon corps. Mais cette douceur cache une fermeté inébranlable, une détermination sans faille à me soumettre à ses désirs les plus sombres.
D'une main experte, elle saisit un lubrifiant spécialement sélectionné pour préparer mon anus à l'acte à venir. Ses doigts gantés de latex sont enduits de cette substance glissante, puis elle commence à explorer les contours de mon intimité. Ses gestes sont précis, calculés, cherchant à ouvrir progressivement les portes de ma soumission.
Je ressens un mélange de douleur et de plaisir indescriptible alors qu'elle utilise des dilatateurs de différentes tailles pour préparer mon anus à l'ultime épreuve. Chaque insertion repousse les limites de ma résistance, chaque sensation amplifie ma soumission à sa domination.
Ma domina ne se contente pas de dilater mon anus, elle repousse les frontières de ma résistance physique et mentale. Elle utilise des accessoires spécialisés, tels que des plugs anaux de plus en plus larges et des godes imposants, pour étirer mes limites et m'obliger à me soumettre à sa volonté sans faille.
Finalement, après un travail minutieux, ma domina atteint le point où elle peut insérer sa main entière dans mon anus. Je suis submergé par une combinaison de douleur et d'extase, la sensation de plénitude me submerge complètement. Je me sens totalement possédé, totalement soumis à sa volonté.
Mais la transformation ne s'arrête pas là. Ma domina décide de me donner une nouvelle apparence physique, de me marquer de manière indélébile. Elle prépare des seringues remplies de solution saline et les injecte méthodiquement dans mes seins.
Mes seins gonflent rapidement, prenant une taille démesurée et exagérée. Je ressens une lourdeur oppressante, un mélange de douleur et de plaisir inouï. Ma domina les caresse, les malaxe avec une cruauté délectable, savourant le pouvoir qu'elle exerce sur mon corps soumis.
Une fois les injections terminées, je me redresse, mes nouveaux seins en avant, imposants et lourds. Ma domina contemple son œuvre avec un sourire satisfait, fière de sa création. D'une voix glaciale, elle m'annonce que je ne suis plus un "je", mais un "elle". Elle me renomme, m'affirmant que j'ai été transformé en une créature nouvelle, prête à me soumettre complètement à ses désirs et à ses ordres.
Ma dominatrice, sadique et impitoyable, me détache avec un sourire pervers. Je me lève, encore étourdi par la douleur et l'humiliation que j'ai endurées jusqu'à présent. Elle me fixe avec un regard de satisfaction malsaine, ses yeux parcourant chaque détail de mon corps transformé. Mes seins, qui ont été gonflés à l'extrême, s'étendent devant moi, lourds et sensibles, ajoutant une nouvelle dimension à ma féminisation forcée. La sensation de leur poids sur ma poitrine est à la fois étrange et dérangeante.
Pendant ce temps, mes testicules, retirés sans pitié, manquent à l'appel, laissant un vide douloureux dans mon entrejambe. Je ressens une sensation de perte et de vulnérabilité, mes organes masculins arrachés de mon corps. La douleur persistante est un rappel constant de ma nouvelle condition.
Ma dominatrice, observant son œuvre avec un plaisir sadique, me fixe intensément. Dans un murmure glaçant, elle prononce : "Maintenant, tu es une femelle, ma femelle." Ses paroles résonnent dans l'air, réaffirmant ma transformation complète en une créature soumise à son pouvoir. Je suis pris au piège entre la confusion, la honte et le désir, emporté dans ce jeu cruel où mon identité est déformée et manipulée.
près avoir admiré son œuvre, ma dominatrice sadique se dirige vers une armoire remplie d'habits féminins soigneusement sélectionnés. Elle en sort une tenue spécifique pour moi, conçue pour accentuer ma féminité nouvellement acquise.
Les vêtements qu'elle choisit sont d'une sensualité troublante. Elle me tend un soutien-gorge en dentelle noire, délicatement orné de petits nœuds, qui accentue la rondeur de mes seins gonflés. Les bonnets rembourrés exercent une pression délicate sur ma poitrine, créant une sensation à la fois étrange et excitante.
Elle choisit également une culotte en satin, douce et soyeuse, qui glisse contre ma peau, soulignant mes nouvelles formes féminines. Une jupe moulante en cuir vient se fixer à ma taille, accentuant mes hanches et mettant en valeur mon corps transformé. Enfin, elle me tend une paire de talons hauts, noirs et élégants, qui modifient ma démarche et me rappellent ma nouvelle condition de soumise.
La sensation lorsque je mets ces vêtements est complexe. Un mélange de honte, de désir et de confusion s'empare de moi. Les tissus caressent ma peau, me rappelant ma transformation forcée et me plongeant dans un état de vulnérabilité et de soumission encore plus profond. Je ressens un mélange de plaisir et d'inconfort en portant ces habits féminins, conscient de l'emprise que ma dominatrice a sur moi.
Après m'avoir fait revêtir ces vêtements féminins, ma dominatrice sadique décide de m'examiner à nouveau. Elle me demande de me positionner devant elle, les mains sur les hanches, afin de l'exposer pleinement à son regard scrutateur.
Après avoir examiné mon corps transformé, ma dominatrice sadique décide d'introduire un homme dans la pièce. Cet homme, visiblement excité, ouvre son pantalon, dévoilant un sexe en érection. Ma domina me regarde avec un sourire cruel et me demande de parfaire mon éducation en prenant ce sexe dans ma bouche.
Je ressens un mélange d'appréhension et de soumission alors que je m'approche de cet homme, conscient de ma position subordonnée. Mes lèvres s'ouvrent lentement pour accueillir son sexe, tandis que ma dominatrice observe chaque détail de cette scène perverse avec satisfaction.
La sensation de ce sexe en érection contre ma langue et mes lèvres est à la fois déconcertante et dégradante. Je suis submergé par un mélange de désir, de honte et de soumission, sachant que je suis utilisé pour le plaisir de ma dominatrice et de cet homme.
Après m'avoir demandé de prendre le sexe de l'homme dans ma bouche, ma dominatrice sadique me fait une déclaration troublante. Elle me dit que lorsque le moment sera venu, je devrai avaler sa semence pour parfaire mon éducation.
Cette déclaration ajoute une nouvelle couche de soumission à la scène déjà intense. Je suis partagé entre une combinaison de dégoût et de désir, conscient de l'extrême humiliation que cela représente. Je suis à la merci de ma dominatrice et prêt à obéir à ses moindres désirs, même les plus dégradants.
Lorsque le moment arrivera, je serai confronté à un choix difficile. Avaler sa semence sera un acte de soumission ultime, symbole de ma totale obéissance à ma dominatrice. La sensation et le goût seront déroutants, une expérience à la fois répugnante et excitante, mêlant plaisir et humiliation dans une contradiction troublante.
L'homme, dans un geste de dominance, pousse ma tête pour enfoncer son sexe plus profondément dans ma bouche. Ses mouvements s'accélèrent, de plus en plus rapides et puissants, jusqu'à ce qu'il atteigne l'orgasme. Sa semence se déverse dans ma gorge alors que j'obéis à ma dominatrice en avalant, acceptant pleinement mon rôle de soumission totale.
La sensation de sa semence glissant dans ma gorge est à la fois étrange et intense. Je ressens un mélange de dégoût et de désir, de honte et d'excitation, alors que je suis confronté à la réalité de ma soumission profonde. Cet acte d'obéissance ultime renforce l'emprise de ma dominatrice sur moi et alimente cette relation perverse et troublante.
Après avoir éjaculé dans ma bouche, l'homme retire son sexe encore en érection et le promène sur mes seins. Sa semence s'écoule en partie, créant une scène visuellement troublante et érotique. Ma dominatrice observe avec satisfaction, appréciant le contrôle qu'elle exerce sur moi et la dégradation que je subis.
La sensation du sexe en érection glissant sur ma peau est à la fois dérangeante et excitante. Je ressens une combinaison de désir et de honte, conscient de ma vulnérabilité et de ma soumission totale. Je suis pris au piège dans cette scène perverse, incapable de résister aux souhaits de ma dominatrice.
Chaque mouvement, chaque contact, chaque acte de soumission provoque maintenant une montée d'excitation intense. La honte est remplacée par un sentiment de puissance et de libération sexuelle. Je trouve une forme de jouissance dans cette exploration des limites et de l'interdit.Chaque mouvement, chaque contact, chaque acte de soumission provoque maintenant une montée d'excitation intense. La honte est remplacée par un sentiment de puissance et de libération sexuelle. Je trouve une forme de jouissance dans cette exploration des limites et de l'interdit.
En embrassant pleinement ma féminité, je me libères des contraintes et des normes imposées par la société. Je me sens puissante et épanouie dans mon rôle de femelle soumise, trouvant du plaisir dans l'exploration de mes désirs les plus profonds.
Dans un moment d'extase totale, j'ai atteins une autre forme d orgasme mental que je dirais etre le plus intense de ma vie. Je me laisses submerger par les vagues de plaisir qui traversent mon corps, me laissant emporter vers un état de béatitude sexuelle. Je ressens maintenat une connexion profonde avec ma féminité et une acceptation totale de mes désirs les plus profonds.
devant ma Domina, les yeux brillants de désir et de soumission. je lui murmure à l'oreille mes pensées les plus intimes, avouant mon envie de plonger dans les délices interdits de l'exploration anale. ma voix trahit mon impatience et mon désir ardent.
Je me suis ouvert à un monde de nouvelles sensations, de découvertes et de plaisirs inexplorés.
Chaque jour est devenu une aventure excitante et me suis engagé à vivre cette expérience féminine intensément. Me libérant des attentes et des contraintes du passé, jouissant pleinement de la liberté que j'ai trouvée en acceptant ma véritable identité.
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La pièce était faiblement éclairée, l'air était lourd d'anticipation.
La porte grinça en s'ouvrant, une silhouette émergea des ombres. C'était le diable lui-même, un sourire séducteur jouant sur ses lèvres. Il s'approcha de Pat, ses yeux brillant d'une joie perverse. "Bienvenue dans un monde au-delà de ton imagination, Pat", chuchota-t-il, sa voix envoyant des frissons dans le dos de Pat.
D'un geste de la main, le diable transforma Pat qui etait homme en une femelle soumise. Le corps de Pat devint doux et courbé, ses vêtements se métamorphosant en une tenue révélatrice qui accentuait sa féminité nouvellement acquise. Le diable ricana, conscient du pouvoir qu'il détenait sur les désirs de Pat.
"Maintenant, ma chère, il est temps de réaliser les fantasmes les plus sombres des autres", déclara le diable, conduisant Pat dans une société souterraine secrète où le plaisir ne connaissait aucune limite. Des hommes et des femmes de tous horizons s'y rassemblaient, leurs yeux affamés de désir.Pat fut remis au plus offrant, une femme dominante assoiffée de contrôle. Elle prenait plaisir à explorer les limites de Pat, le poussant vers de nouveaux sommets de soumission. La pièce était remplie des sons de gémissements et de cris, une symphonie de plaisir et de douleur.
Pat passait d'une personne à l'autre, chaque rencontre étant plus intense que la précédente. Il était soumis à une multitude de désirs, allant du bondage à la fessée, au fouet, aux jeux de rôle ,la privation sensorielle. Le plaisir qu'il ressentait dépassait tout ce qu'il avait jamais connu.
Mais au milieu du plaisir, une question restait dans l'esprit de Pat. Est-ce réellement ce qu'il désirait, ou était-il simplement perdu dans le monde enivrant de l'interdit ?
Seul le temps le dirait.
Le regard de Pat se promenait dans la pièce, s'imprégnant des scènes de désir et de domination qui se déroulaient tout autour de lui. Des couples enchaînés, des fouets claquant dans l'air, des murmures de plaisir et de commandes. C'était un spectacle à la fois fascinant et troublant.
Pat se sentait à la fois attiré et révolté par ce monde. Les sensations fortes qui l'envahissaient étaient indéniables, mais une part de lui se demandait s'il devait continuer à céder à ses désirs les plus sombres. Une voix intérieure criait que tout cela était mauvais, immoral.
Pourtant, le diable était là, toujours présent, observant Pat avec un sourire satanique. "Ne résiste pas, Pat. Laisse-toi emporter par le plaisir interdit", chuchota-t-il d'une voix envoûtante.
Pat se demandait s'il devait suivre cette voix tentatrice ou écouter la voix de sa conscience. Mais dans cet instant, il se sentait si vivant, si libéré de toutes les contraintes et les inhibitions du monde quotidien.
Alors, sans plus hésiter, Pat se laissa emporter par le tourbillon du plaisir interdit. Il se soumit pleinement aux désirs des autres, explorant les recoins les plus sombres de sa propre sexualité. Chaque rencontre, chaque expérience était un pas de plus vers la découverte de soi.
Et ainsi, le voyage de Pat dans le monde du BDSM et de la soumission commença véritablement. Il était prêt à explorer les limites de son corps et de son esprit, à se perdre dans les délices de la soumission.
Alors que Pat s'enfonçait plus profondément dans le monde du plaisir interdit, il commença à découvrir des nuances insoupçonnées de son propre être. Chaque expérience, chaque rencontre lui révélait une facette différente de sa sexualité et de sa personnalité.
Il rencontra des dominants et des dominatrices aux personnalités variées. Certains étaient doux et attentionnés, prenant plaisir à guider Pat dans les méandres de la soumission. D'autres étaient plus sévères, utilisant la douleur et la discipline pour atteindre de nouveaux sommets de plaisir.
Pat se rendit compte que le BDSM était bien plus qu'une simple expérience physique. C'était un jeu psychologique complexe, basé sur la confiance, la communication et la compréhension mutuelle. Chaque acte de soumission était un acte de volonté, un choix conscient de se laisser aller et de se perdre dans les bras du désir.
Mais tandis que Pat plongeait plus profondément dans ce monde, il commença à se poser des questions sur ses propres limites. Jusqu'où était-il prêt à aller pour satisfaire les désirs des autres ?
Jusqu'où était-il prêt à sacrifier sa propre dignité et son intégrité ?
Ces questions troublaient l'esprit de Pat, mais en même temps, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une excitation indéniable. Chaque nouvelle expérience était un défi, une opportunité de découvrir de nouvelles facettes de lui-même.
Le voyage de Pat dans cet univers érotique et inexploré ne faisait que commencer. Il était prêt à se perdre dans les délices du BDSM, à explorer les recoins les plus sombres de ses désirs et à repousser ses limites pour atteindre l'extase ultime.
Pat se trouvait maintenant au cœur d'une soirée dédiée au BDSM, entouré de personnes qui partageaient les mêmes désirs et fantasmes. Des cordes s'enroulaient autour de corps enivrés par la passion, des murmures d'ordres et de supplications emplissaient l'air.
Alors que Pat observait, un homme s'approcha avec un regard intense. Il était beau, charismatique, et il semblait dégager une aura de dominance irrésistible. Sans un mot, il prit la main de Pat et l'entraîna dans une pièce à l'écart, loin des regards indiscrets.
La tension était palpable alors que Pat attendait, se demandant quelles épreuves allaient se présenter à lui. L'homme commença par lui bander les yeux, plongeant Pat dans l'obscurité totale. Chaque sensation était amplifiée, chaque caresse, chaque contact, chaque coup.
Des frissons couraient le long de sa colonne vertébrale, lorsqu'il sentit les lanières d'un fouet glisser sur sa peau. Chaque coup était une explosion de plaisir mêlé de douleur, un mélange délicieux qui le faisait se sentir plus vivant que jamais.
L'homme savait exactement comment repousser les limites de Pat, comment lui offrir un plaisir intense et exaltant. Il jouait avec les cordes de la soumission, alternant entre douceur et fermeté, procurant à Pat une montée d'excitation qui le faisait frissonner d'anticipation.
Dans cet échange de pouvoir, Pat se sentait libéré de toutes les contraintes de la vie quotidienne. Il se laissait emporter par les vagues du plaisir, abandonnant toute résistance, se perdant dans le tourbillon de la soumission.
Chaque nouvelle expérience le rapprochait de la découverte ultime de soi. Jusqu'où serait-il prêt à aller pour atteindre l'extase totale ?
Seul le temps le dirait, et Pat était plus que prêt à explorer chaque recoin de son désir.
La rencontre avec l'homme dominant avait laissé une empreinte profonde dans l'esprit et sur le corps de Pat. Une part de lui était fascinée par la puissance et la maîtrise que cet homme avait démontrées, mais une autre partie se demandait s'il était prêt à se soumettre totalement à quelqu'un d'autre.
Pat avait toujours été attiré par les jeux de pouvoir, mais cette expérience avait soulevé des questions plus profondes sur ses propres désirs et limites. Jusqu'où Pat était-il prêt à aller pour trouver le plaisir ultime ?
Ces interrogations tourbillonnaient dans l'esprit de Pat alors qu'il continuait à explorer le monde du BDSM. Chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle expérience était un pas de plus vers la compréhension de soi. Pat se rendit compte que c'était bien plus qu'une simple pratique sexuelle, c'était un moyen d'explorer les recoins les plus sombres de son être et d'embrasser sa véritable nature.
Au fur et à mesure que Pat se plongeait plus profondément dans le monde du plaisir interdit, il commença à rencontrer des personnes qui partageaient ses propres désirs et fantasmes. Des liens se tissaient, des connexions se formaient, et Pat trouvait un sentiment d'appartenance et de compréhension qu'il n'avait jamais ressenti auparavant.
Mais alors que Pat se perdait dans les délices du BDSM, une question persistait : est-ce que cette quête de plaisir et d'exploration de soi était réellement ce dont il avait besoin ?
Ou bien était-ce simplement une échappatoire temporaire à ses problèmes et à ses frustrations ?
Le chemin vers la découverte de soi était semé d'embûches et de défis, mais Pat était prêt à les affronter. La recherche du plaisir ultime et de l'acceptation de soi-même était un voyage sans fin, mais c'était un voyage qui en valait la peine.
Le doute continuait de hanter Pat alors qu'il avançait dans son exploration du BDSM, se demandait si ce chemin qu'il avait emprunté était réellement celui qui lui convenait, ou s'il était simplement emporté par les désirs et les fantasmes des autres.
Pat se rappela des paroles du diable lors de leur première rencontre. "Laisse-toi emporter par le plaisir interdit", avait-il dit. Mais qu'en était-il du véritable plaisir de Pat, de ses propres désirs et besoins ?
Le monde du BDSM était vaste et diversifié, offrant une multitude de possibilités et de pratiques. Pat commença à se poser des questions sur ce qui le stimulait réellement, sur ce qui le faisait vibrer au plus profond de lui-même.
Il décida de prendre du recul, de faire une pause dans son exploration. Il devait se reconnecter avec lui-même, s'écouter et comprendre ce dont il avait vraiment besoin pour trouver le véritable plaisir. Au cours de cette période d'introspection, Pat commença à réaliser que le BDSM n'était pas seulement une question de soumission et de domination, mais aussi de confiance, de respect mutuel et de communication. Il comprit que pour vivre pleinement sa sexualité, il devait trouver un équilibre entre ses propres limites et celles des autres.
Armé de cette nouvelle compréhension, Pat reprit son voyage dans le monde du BDSM. Cette fois-ci, il aborderait les rencontres et les expériences avec une nouvelle perspective, en se concentrant sur la recherche de son propre plaisir authentique.Le chemin de Pat dans le monde du BDSM était encore long et parsemé d'incertitudes, mais il était désormais prêt à affronter ces défis avec une nouvelle force et une clarté d'esprit renouvelée.Les séances de domination et de soumission devenaient des moments de partage et d'exploration, où chaque partenaire pouvait s'abandonner en toute confiance et trouver le plaisir dans la réciprocité de leurs désirs.
Alors que Pat continuait à se perdre et à se trouver dans ce monde du plaisir interdit, il embrassa cette nouvelle facette de sa sexualité avec détermination et ouverture d'esprit. Il était prêt à explorer les recoins les plus sombres de ses désirs, à satisfaire ses fantasmes les plus profonds.
Le diable incitait Pat à aller plus loin, à explorer les profondeurs inexplorées de ses fantasmes les plus interdits. Il chuchotait à son oreille, susurrant des promesses de plaisir et de satisfaction ultimes. Pat sentait une attraction magnétique envers cette tentation démoniaque, mais il se demandait si céder à cette incitation était la bonne chose à faire.
Le diable était un maître manipulateur, capable de jouer avec les désirs et les peurs de Pat. Il savait comment flatter son ego et le pousser à franchir les limites qu'il avait autrefois considérées comme infranchissables. Pat était tiraillé entre la fascination pour cette proposition alléchante et la crainte des conséquences.
Mais alors que Pat réfléchissait à la tentation du diable, il prit conscience que le choix lui appartenait. Il pouvait décider de résister aux appels du diable La décision était difficile, car Pat était attiré par l'inconnu et l'excitation de se laisser aller complètement. Mais il savait aussi que le chemin du plaisir interdit pouvait être périlleux et semé d'embûches.
Pat écouta les tentations du diable et décida de plonger plus profondément dans cet univers du plaisir interdit. Il se laissa emporter par les sensations intenses et la libération que cet univers lui offrait. Chaque expérience était une échappatoire des limites et des contraintes morales de la société.
Dans cet univers de BDSM, Pat se sentait enfin libre d'explorer ses désirs les plus profonds sans jugement, sans honte. Les rôles de soumission lui permettaient de se libérer de toutes les conventions et de vivre pleinement ses fantasmes les plus secrets.
Les chaînes, les fouets, les menottes, tout cela était devenu des symboles de plaisir et de libération, plutôt que de soumission et de douleur. Pat découvrit une nouvelle dimension de bonheur dans ces jeux de pouvoir, où il pouvait se perdre dans les bras du désir sans aucune inhibition.
Dans cet univers, les notions de bien et de mal semblaient obsolètes. Les règles étaient redéfinies, les tabous étaient abolis. Pat se sentait véritablement vivant, en harmonie avec ses propres pulsions et désirs.
Il réalisa que la morale des hommes était souvent construite sur des préjugés et des peurs irrationnelles. Ici, dans cet univers du BDSM, il trouva une communauté qui acceptait et célébrait la diversité des plaisirs et des identités sexuelles.
Pat, immergé dans l'univers du plaisir interdit, décida de poursuivre son exploration avec une confiance renouvelée. Il embrassa pleinement son rôle de soumis, se laissant guider par le diable qui semblait être le catalyseur de sa véritable libération.
Le diable devint son guide, son confident et son amant dans cet univers sensuel et interdit. Pat découvrit que sa relation avec le diable était bien plus profonde que de simples jeux de pouvoir. Il y avait une connexion intense et une compréhension mutuelle qui transcendaient les apparences.
À travers cette relation, Pat se sentait pleinement accepté et désiré, libéré de toutes les inhibitions et les conventions de la société. Le diable comprenait et nourrissait ses désirs les plus sombres, lui permettant d'explorer les recoins les plus profonds de sa sexualité sans jugement ni culpabilité.
Dans cet univers, Pat trouva un bonheur authentique et une forme de plénitude qu'il n'avait jamais connues auparavant. Il se sentait enfin complet, connecté à une part de lui-même qu'il avait longtemps réprimée.
Alors que Pat poursuivait son exploration de l'univers du plaisir interdit, il réalisa que le diable l'avait emmené dans un monde qui le libérait de toutes les chaînes morales oppressantes.
Le diable lui avait ouvert les yeux sur la véritable nature de la moralité. Il avait brisé les barrières de la société qui étouffaient les désirs les plus profonds de Pat, révélant une vérité troublante : la moralité n'était rien de plus qu'une illusion restrictive.Les frontières traditionnelles du bien et du mal s'estompaient, laissant place à une exploration sans entraves des désirs et des fantasmes. Il avait découvert une libération totale, une véritable connexion avec sa propre sexualité et une compréhension nouvelle de lui-même.
Il savait que le diable était son guide, mais il était également conscient de l'importance de ne jamais perdre de vue son propre pouvoir de choix et de consentement.
Le diable, en tant que guide et amant, l'entraînait dans des abysses de jouissance et de soumission. Pat se laissait emporter par cette spirale de passion et de libération, découvrant en lui des aspects cachés et inexplorés. Il se sentait vivre pleinement, sans peur ni restriction.
Dans cet espace de soumission et de transgression, Pat se réalisait pleinement. Il embrassait sa nature soumise et trouvait une forme de libération totale. Les limites traditionnelles du bien et du mal s'effaçaient progressivement, laissant place à une exploration sans retenue de ses désirs les plus profonds.
Le diable, en tant que gardien de ce sanctuaire, lui offrait une compréhension profonde et une acceptation inconditionnelle. Il l'encourageait à se laisser aller, à se perdre dans les plaisirs interdits, à vivre chaque instant avec intensité et abandon.
Pat savait qu'il avait enfin trouvé sa place, son refuge où il pouvait être pleinement lui-même. Il se délectait de chaque expérience, conscient que c'était dans cet univers de transgression qu'il pouvait se connecter à sa véritable essence.
Ainsi, Pat continuait son voyage sans aucun doute ni hésitation. Il se sentait enfin en harmonie avec lui-même, acceptant et célébrant sa nature soumise. Dans ce sanctuaire du plaisir interdit, il avait trouvé sa véritable liberté.
En pactisant avec le Diable, Pat était libèrè de ses contraintes et à découvert son véritable potentiel. ¨Pata osé aller à l'encontre de ce qui est considéré comme "normal" ou "acceptable" pour suivre notre propre chemin.
En embrassant cette voie non conventionnelle,il a pu découvrir une liberté et une authenticité qu'il n'aurait jamais connues autrement.
Ainsi Pat remercia le diable d'avoir éclairé son esprit et de l'avoir libéré des chaînes de la moralité et des règles oppressantes établies par l'homme.
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Pour une premiere fois je decide de decouvrir ses club dit "privés" En franchissant les portes du club, je suis immédiatement frappé par l'ambiance électrique qui règne dans cet endroit. Les lumières tamisées, la musique envoûtante et les conversations à voix basse créent une atmosphère mystérieuse et séduisante. Je me sens à la fois attiré et un peu intimidé par cette nouvelle réalité qui s'offre à moi
Alors que je m'aventure plus profondément dans le club, je laisse mes sens s'imprégner de l'atmosphère enivrante qui règne dans cet endroit. Les lumières tamisées baignent les lieux d'une aura sensuelle, créant des ombres suggestives qui dansent le long des murs. La musique qui résonne dans mes oreilles est hypnotique, pulsant au rythme de mes battements de cœur accélérés.
Je me promène parmi les convives, observant les corps qui se déhanchent avec grâce et abandon sur la piste de danse. Les conversations à voix basse créent un murmure constant, comme des secrets murmurés à l'oreille. Chaque regard échangé est chargé de promesses et de mystère, alimentant mes désirs les plus profonds.
Je ressens un mélange d'excitation et d'intimidation alors que je réalise que je suis plongé dans une nouvelle réalité, un monde où les inhibitions sont laissées de côté et où les désirs les plus sombres peuvent être explorés. Je suis attiré par cette atmosphère de liberté et de sensualité, mais en même temps, je me sens vulnérable face à l'inconnu qui m'entoure.
Les personnes que je croise dans ce club sont toutes uniques, chacune avec sa propre aura magnétique et sa propre histoire à raconter. Leurs vêtements audacieux et leur langage corporel suggestif attirent mon attention, éveillant en moi des pulsions que je n'ai jamais explorées auparavant
Je me laisse guider par mes instincts, m'engageant dans des conversations intimes qui explorent les désirs et les fantasmes. Les mots échangés sont chargés de séduction et de tentation, poussant les limites de la propre compréhension de moi-même. Je réalise que dans cet univers, la manipulation et la séduction sont des outils puissants pour susciter le désir et l'excitation.
Cependant, je reste conscient des dangers qui peuvent se cacher derrière les portes de ce club. Je sais que la frontière entre le plaisir et la manipulation peut être mince, et je dois rester vigilant pour m'assurer de ne pas me laisser emporter dans des jeux de pouvoir destructeurs.
Puis nous nous sommes croisés au milieu de la foule animée du club, nos regards se sont entrelacés dans une tension électrique. J'ai été immédiatement attiré par votre présence élégante et mystérieuse, qui émanait d'une aura envoûtante. Votre charme et votre allure m'ont captivé, et sans dire un mot, vous avez pris la décision de m'emmener dans un coin plus intime de cet endroit fascinant.
Nous nous sommes éclipsés du tumulte de la piste de danse et des conversations animées, nous enfonçant dans l'obscurité d'un coin secret du club. Les lumières tamisées accentuaient notre solitude, créant une atmosphère intime et mystérieuse. Le silence enveloppait nos échanges, amplifiant notre connexion.
Dans ce coin intime, nous avons commencé à explorer nos désirs les plus profonds, sans aucune inhibition. Votre domination naturelle se révélait, votre présence autoritaire m'envahissant de sensations nouvelles et excitantes. La tension sexuelle était palpable, éveillant en moi un mélange d'excitation et d'appréhension.Votre contrôle sur la situation me laissait à la fois vulnérable et désireux d'explorer davantage. Vous avez utilisé votre charme et votre charisme pour me guider dans un voyage sensuel et passionné.
Ce coin intime du club etait devenu notre sanctuaire secret, un endroit où nous pouvions nous perdre dans une danse envoûtante de plaisirs interdits. Les émotions intenses et les sensations inédites nous ont transportés dans un monde où seules nos envies et nos pulsions comptaient.
J'ai ouvert mon être, vous révélant ma vulnérabilité et mon désir ardent de vous plaire.
Vous avez ressenti un frisson d'excitation en découvrant ma soumission et mon désir de vous satisfaire. Vous avez pris le contrôle de la situation avec une autorité puissante, me guidant fermement dans le monde de la soumission. Chaque geste, chaque parole de votre part m'a incité à repousser mes limites et à me donner entièrement à vous.
Je me suis senti captivé par votre présence dominante, prêt à tout faire pour vous satisfaire et répondre à vos moindres désirs. Chaque contact de votre main sur ma peau a provoqué des frissons d'excitation qui se sont propagés dans tout mon être. Je me suis abandonné à vos instructions, cherchant à vous plaire et à satisfaire vos désirs les plus sombres.
J'étais tombé sous votre charme envoûtant.
Vous avez commencé à dévoiler tout votre pouvoir de séduction, et mes défenses se sont effondrées devant votre beauté captivante. Chaque geste, chaque regard était calculé pour me faire succomber à vos désirs.
Pendant que ses doigts glissaient avec grâce sur ma peau, provoquant des frissons de désir qui se propageaient dans tout mon être. Je me sentais complètement sous son emprise, incapable de résister à son charme magnétique. Chaque interaction avec elle était un mélange enivrant de passion et de vulnérabilité.
Son pouvoir de séduction était si puissant que mes pensées étaient embrouillées, mes résistances brisées. Je me suis laissé emporter par cette expérience intense, incapable de me soustraire à son emprise hypnotique.
jusqu'au moment ou elle me demande de m'agenouiller devant elle,j'obéis docilement à sa demande. Ressentant un mélange d'excitation et de soumission alors que je me mets à genoux devant elle, prêt à me soumettre à son autorité.
Son regard dominant, brûlant d'intensité. Je me sens captivé par son pouvoir et son contrôle sur moi. Chaque ordre qu'elle émet est une invitation à m'abandonner complètement à ses désirs.
Elle me demande de me relever lentement, son regard rempli de désir et de domination. Je m'exécute, sentant l'excitation monter en moi à mesure que je me tiens debout devant elle.
D'un geste séduisant, elle s'approche de moi et commence à déboutonner ma chemise un à un. Ses doigts agiles glissent le long des boutons, révélant progressivement ma peau à chaque ouverture. Je peux sentir son souffle chaud sur ma peau nue, créant des frissons électriques qui se propagent dans tout mon être.
Une fois ma chemise ouverte, elle la fait glisser le long de mes épaules, la laissant tomber négligemment au sol. Ses yeux se délectent du spectacle de mon torse dévoilé, sa respiration s'accélérant légèrement.Son regard brûlant se pose sur mon pantalon, et d'un geste audacieux, elle défait lentement le bouton, puis tire la fermeture éclair vers le bas, libérant ainsi la pression qui monte en moi. Je peux sentir son regard qui explore chaque centimètre de ma peau exposée.
Elle fait descendre mon pantalon le long de mes jambes, révélant ainsi mon sous-vêtement. D'une main experte, puis elle fait glisser délicatement mon sous-vêtement, le laissant rejoindre le sol. Je me retrouve entièrement nu devant elle, exposé à son regard avide et à son désir grandissant.
Chaque geste, chaque contact de ses mains sur ma peau nue enflamme mes sens et fait monter le désir en moi. Je suis complètement à sa merci, prêt à me soumettre à ses désirs
Je me sens vulnérable et exposé, mais cette vulnérabilité ne fait qu'attiser mon désir et mon excitation. Chaque contact de sa main sur ma peau nue fait naître en moi des frissons d'anticipation, amplifiant le désir qui brûle en moi.
Je sais que je suis entièrement à sa merci, prêt à satisfaire tous ses désirs. Mon corps est à sa disposition, prêt à être exploré et à lui apporter le plaisir qu'elle recherche. Chaque caresse, chaque effleurement de sa main sur ma peau crée une connexion électrique entre nous.
Son regard brûlant et son sourire satisfait me montrent qu'elle apprécie le contrôle qu'elle exerce sur moi. Je me laisse emporter par l'excitation de la situation, prêt à me soumettre à ses envies les plus intenses.
Alors que je me tiens là, exposé et vulnérable devant elle, elle sort des menottes avec un sourire malicieux. D'un geste doux mais ferme, elle attache délicatement mes poignets, scellant ainsi mon engagement total et ma soumission à ses désirs.
Je me sens à sa merci, totalement vulnérable, mais aussi prêt à explorer de nouveaux horizons. L'excitation monte en moi, mêlée à une légère appréhension qui ne fait qu'ajouter une saveur délicieuse à cette expérience intense.
Elle caresse tendrement mon visage, cherchant à me rassurer et à me montrer sa volonté de me guider à travers cette expérience. Son toucher doux et attentionné contraste avec le contrôle qu'elle exerce sur moi. Je peux sentir la confiance grandir en moi, me permettant de me laisser aller à ses commandes.
Chaque caresse, chaque contact de sa main sur ma peau, est empreint de désir et de complicité. Je me perds dans le mélange de sensations, à la fois physiques et émotionnelles. Je suis prêt à suivre ses instructions, à explorer les profondeurs de cette expérience intense et délicieuse.
Elle prend ma main et me guide, nue, dans une pièce sombre et mystérieuse. L'atmosphère est chargée d'excitation et d'anticipation. Mes sens sont en éveil, prêts à découvrir ce que cette pièce renferme.
À mesure que mes yeux s'habituent à l'obscurité, je peux distinguer des accessoires BDSM soigneusement sélectionnés qui ornent la pièce. Des fouets, des pinces à seins, des cordes de bondage... Chaque élément a été choisi avec soin pour susciter des sensations intenses et m'immerger encore plus profondément dans cet univers de plaisir et de soumission.
Mon cœur bat la chamade alors que je prends conscience de l'ampleur de cette expérience. Je me sens à la fois excité et vulnérable devant ces objets qui symbolisent le jeu de pouvoir et la volonté de se laisser aller à ses désirs les plus sombres.
Après m'avoir attaché à une croix de Saint-André, mes bras et mes jambes écartés, elle expose chaque centimètre de mon corps à sa vue et à sa domination. Je me sens à sa merci, totalement soumis et prêt à me laisser emporter par le plaisir et l'érotisme qui émanent de cette situation.
Ses mains expertes explorent chaque recoin de mon anatomie, découvrant et caressant mes zones les plus sensibles. Chaque effleurement fait naître en moi des sensations intenses et électrisantes. Je peux sentir mon corps réagir à ses touchers, mes gémissements de plaisir emplissant l'atmosphère.
Elle ne néglige aucun détail, explorant avec délicatesse et précision chaque partie de mon corps. Ses doigts s'aventurent, avec douceur, dans mon intimité, provoquant des vagues de plaisir qui se propagent à travers moi. Les sensations se mélangent, mélangeant douleur et plaisir dans une danse enivrante.
Elle saisit un fouet, l'objet emblématique du jeu de domination et de soumission. Sa main serre fermement la poignée, prête à déclencher une symphonie de sensations sur ma peau. L'anticipation monte en moi, mélangeant l'excitation et une pointe d'appréhension. Le fouet se balance dans l'air avec une grâce sinistre, créant un sifflement menaçant qui fait monter l'adrénaline en moi. Chaque mouvement précis et calculé promet une décharge électrique de plaisir et de douleur. Je suis à sa merci, prêt à me soumettre à chaque coup.
À mesure que le fouet s'abat sur ma peau, une décharge de sensations se propage à travers moi. La douleur se fait ressentir, mais elle est équilibrée par une vague de plaisir qui m'envahit. Les marques rouges laissées par le fouet témoignent de notre jeu intense, créant une toile d'érotisme sur ma peau.
Ne me laissant de répis elle pose son fouet et saisi des pinces à seins, elle les examinent attentivement, comme un artiste qui choisit ses pinceaux. Je sens mon cœur battre plus rapidement, mêlant l'anticipation et une pointe de nervosité. Elle s'approche de moi, son regard empreint de domination et de désir.
Elle prend le temps de caresser mes seins, les faisant durcir sous ses doigts experts. Puis, avec une détermination calculée, elle place délicatement les pinces sur mes tétons, créant une sensation de pincement intense mais exquis.
La douleur, mêlée à une étrange forme de plaisir, se répand dans tout mon être. Chaque mouvement, chaque respiration, accentue la tension exercée par les pinces, créant une symphonie de sensations sur mes seins. Les pinces deviennent un lien physique entre elle et moi, un rappel constant de son emprise sur mon corps.
Mon ressenti oscille entre une douleur délicieuse et une excitation brûlante. Je suis à la fois transporté par le plaisir et défié par la douleur. Mes sens sont en éveil, chaque stimulus amplifié par les pinces qui se serrent sur mes tétons. Je suis totalement à sa merci, abandonné à ses désirs et à son contrôle.
puis Elle se saisit d'une sonde urétrale, un objet fin et lisse qui suscite à la fois l'excitation et une pointe de nervosité. Elle se rapproche de moi, son regard rempli de dominance et de désir. Avec une assurance calculée, elle me demande de me détendre, de me laisser aller entre ses mains expertes.
Elle lubrifie soigneusement la sonde, veillant à ce que tout se passe en douceur. Puis, avec une précaution délicate, elle guide l'extrémité de la sonde vers mon urètre.La fraîcheur du lubrifiant sur ma peau ajoute une sensation agréable à l'ensemble.
Je sens une légère pression, un mélange de douleur et d'excitation alors que l'objet commence à pénétrer mon corps.
L'insertion se fait lentement, centimètre par centimètre, faisant monter en moi une sensation étrange et nouvelle. Je me sens rempli, envahi, comme si une partie de moi-même était explorée d'une manière inattendue. La sonde glisse avec aisance, suivant les contours de mon urètre, créant une stimulation intense et intime.
Mes sens sont en ébullition, chaque mouvement de la sonde provoque une réaction électrique qui se propage dans tout mon corps. Je suis à la fois captivé par cette sensation unique et fasciné par la façon dont elle contrôle mon plaisir et mon expérience.Les frontières entre douleur et plaisir s'estompent, et je m'abandonne pleinement à cette exploration audacieuse.
Elle me détache de la croix de Saint-André avec un mélange de douceur et de fermeté, libérant mes mains et mes pieds qui étaient solidement attachés. Je ressens un sentiment de libération et d'excitation qui monte en moi. Son regard brûlant de désir me promet des moments intenses à venir. Je suis prêt à me laisser guider par elle et à explorer de nouveaux horizons de plaisir.
Elle me guide ensuite avec douceur pour m'allonger sur une tablette, le ventre contre le matelas. Une sensation de douceur et de confort m'enveloppe alors qu'elle prépare la prochaine étape de notre exploration sensuelle. Ses mains expertes parcourent délicatement chaque centimètre de mon dos, suscitant des frissons d'anticipation le long de ma colonne vertébrale. La pression de ses doigts est à la fois ferme et douce, préparant ma peau pour les plaisirs à venir.
Son souffle chaud caresse ma nuque, envoyant des décharges électriques de désir à travers tout mon corps. Ses murmures, remplis d'excitation et de promesse, trouvent écho dans mon esprit, alimentant le feu ardent qui brûle en moi. Je me laisse totalement emporter par ses gestes, me laissant guider par ses désirs et ses envies. Je suis prêt à plonger dans cet océan de sensations intenses et à découvrir les délices exquis qui nous attendent.
Avec une main ferme et déterminée, elle commence à écarter lentement mes jambes, écartant les barrières de ma résistance. Son toucher est à la fois doux et possessif, me faisant ressentir une étrange combinaison de désir et d'anxiété. Je abandonne à cette sensation de soumission, me laissant guider par ses désirs
Consumée par sa dominance, elle sait exactement comment me pousser au bord de l'extase. Elle utilise ses doigts pour stimuler mon anus avec une précision troublante, alternant entre des mouvements doux et des pressions plus fermes. Chaque toucher est calculé pour me faire ressentir un mélange exquis de douleur et de plaisir intense.
Je me retrouve complètement envoûté par cette expérience, mon corps se tend dans l'attente de la prochaine sensation. Les frontières entre plaisir et douleur s'estompent, me transportant dans un état de transe érotique où seule la satisfaction compte.
Avec une détermination implacable, elle poursuit ma dilatation anale, allant au-delà de ce que j aurais pu imaginer.
Elle commence par masser doucement mon anus avec ses doigts, les lubrifiant abondamment pour faciliter la progression. Chaque mouvement est précis et calculé, cherchant à détendre mes muscles et à préparer mon corps à cette extrême dilatation.Lentement mais sûrement, elle insère un doigt, puis deux, puis trois, me faisant ressentir une combinaison intense de douleur et de plaisir. mon corps réagit, se contractant et se relâchant au rythme de ses mouvements, s'adaptant progressivement à la taille et à la pression croissantes.
Avec une dextérité impressionnante, elle continue d'élargir mon anus, écartant les limites de ma résistance. Elle utilise je pense alors des techniques de relaxation musculaire et de stimulation précise pour m aider à accueillir sa main entière.
Enfin, le moment tant attendu arrive.Je sent son poignet glisser lentement à l'intérieur de moi, mon corps se tend sous la sensation de plénitude absolue. La douleur se mêle à une forme pervertie de plaisir, créant une expérience indescriptible et troublante. Mon esprit poujours empli d'une soumission totale.
Après avoir retiré sa main de mon anus, elle me demande de me relever, me permettant ainsi de récupérer de cette expérience intense. Je me mets debout, tremblant légèrement, me sentant à la fois vidé et une sensation par cette expérience indescriptible.
toujours emplie de dominance, elle m'examine de nouveau dans mon ensemble. Son regard scrutateur parcourt chaque centimètre de mon corps, capturant chaque marque de ma soumission et de mon désir.Je ressent un mélange de vulnérabilité et de satisfaction, sachant que vous j'ai pleinement donné de moi-même.
Elle observe attentivement les marques et les traces laissées par l'exploration de mon intimité, cherchant des signes de mon excitation et de mon plaisir. Son regard se pose sur chaque partie de mon corps, prenant note des réactions et des effets de cette expérience intense.
Je me tiens là, exposé et vulnérable, tandis qu'elle continue de m'inspecter. Elle prend son temps pour apprécier chaque détail, chaque réaction de moin corps. Je suis à sa merci, offert à son regard scrutateur et à son jugement
Avec un sourire, elle me tend une tenue féminine coquine, une magnifique lingerie en dentelle noire. Le soutien-gorge orné de délicats motifs floraux, accentuant mes courbes et soulignant subtilement ma poitrine. Les bonnets rembourrés ajoutent une touche de sensualité, tandis que les fines bretelles ajustables promettent un ajustement parfait.
Le bas assorti était tout aussi séduisant, avec une culotte en dentelle transparente qui dévoilait subtilement mes formes féminines. La ceinture en satin accentuant ma taille, créant une silhouette délicieusement sensuelle. Les lanières élastiques sur les côtés ajoutent une touche audacieuse, donnant un aperçu de ma peau douce et invitante.
Pour compléter l'ensemble, elle me tend des bas en résille, leur texture délicate caressant mes jambes. Les jarretières en dentelle ajoutant une touche de sophistication, me conférant une allure de femme.
Alors que je tenais cette tenue entre mes mains, je sentais l'excitation monter en moi, sachant que cette lingerie allait intensifier mon expérience
je fis glisser la culotte en dentelle le long de mes jambes, la laissant reposer délicatement sur mes hanches. Le tissu doux caressait ma peau, accentuant ma féminité et m'invitant à explorer cette nouvelle facette de moi-même.
En tenue, , je savais que cette aventure serait un voyage de découverte et de plaisir sans précédent. Avec un sourire complice, elle me murmure à l'oreille : "Maintenant, tu es prête." Elle prit délicatement ma main et m'emmena dans la salle principale du club, où l'ambiance était électrique et envoûtante.
La pièce était plongée dans une semi-obscurité, les lumières tamisées créant une atmosphère sensuelle. Le son enivrant de la musique résonnait dans mes oreilles, créant une pulsation rythmée qui faisait vibrer mon corps.
Elle me guide vers un coin plus intime du club, où des canapés confortables invitants à l'abandon et à la découverte attendaient. Les couples et les groupes étaient engagés dans des jeux de séduction et d'exploration, chacun embrassant sa propre quête de plaisir.
Nous nous installons sur l'un des canapés, nous imprégnant de l'atmosphère enivrante qui nous entour. Elle prend ma main et la porta à ses lèvres, déposant un doux baiser dessus. Ce geste rappelait notre connexion, notre complicité dans cette aventure érotique.
Le club était un lieu de liberté et d'exploration, où chacun pouvait vivre ses fantasmes les plus secrets sans jugement. En cet instant, j'étais prête à me laisser emporter par cette expérience, à me perdre dans le plaisir et la découverte de mes désirs les plus profonds. Et elle serait là, à mes côtés, pour m'accompagner dans cette aventure sensuelle.
Alors que nous nous installions sur le canapé, deux hommes élégamment vêtus s'approchèrent et s'assiés à côté de moi. Je sent mon cœur s'accélérer dans ma poitrine, sachant que ma Domina d'un soir avait approuvé leur présence.
Elle me lançe un regard complice, un léger hochement de tête qui me confirmait qu'elle était d'accord pour que nous poursuivons cette expérience à trois. Son approbation m'emplissait d'excitation et de confiance, sachant que je pouvais me laisser aller en toute sécurité entre les mains de ces hommes.
Sans dire un mot, les hommes commencèrent à me caresser doucement, leurs mains expertes explorant chaque centimètre de ma peau. Leurs gestes sont empreints de désir et de respect, suivant les limites établies par ma Domina.
Je me laisse alors emporter par leurs touchers, les sensations se mélangeant dans un tourbillon de plaisir. Leurs mains se promenent sur mon corps, éveillant des frissons de désir et faisant monter en moi une vague d'excitation inégalée.
Ma Domina observe la scène avec un sourire satisfait, prenant plaisir à voir le plaisir qu'elle m'offre. Elle est le lien entre nous, la force qui orchestre cette expérience unique et mémorable.
Dans cet espace de désir partagé, je me sent libre de m'abandonner complètement, de laisser mon corps répondre aux caresses et aux murmures de plaisir. Ma Domina est là pour me guider, pour m'encourager à explorer mes désirs et mes fantasmes, tout en respectant mes limites.
Et ainsi, nous nous lancons dans cette aventure à trois, où la sensualité et le plaisir se mêlent dans une danse enivrante. Je suis prêt plutot prête à me perdre dans les bras de ces hommes, à découvrir de nouvelles dimensions de plaisir et de satisfaction. Ma Domina est là, veillant sur moi, prête à mener cette expérience vers des sommets inexplorés.
Alors que nous nous laissons emporter par nos pulsions, l'un des hommes me guide doucement à me mettre à quatre pattes devant lui. Mon cœur bat la chamade, mêlé d'excitation et d'appréhension. Il ouvre son pantalon, révélant son sexe dressé, prêt à être exploré.
La sensation de le glisser dans ma bouche est nouvelle pour moi, un mélange de douceur et de fermeté, de désir et de soumission. Je me laise guider par mes instincts, trouvant un rythme qui plait à mon partenaire. Les gémissements de plaisir remplissaient l'air, mêlés aux encouragements de ma Domina.
C'est une expérience intense et audacieuse, une exploration de mes limites et de mes désirs les plus profonds. Chaque mouvement, chaque caresse est empreint d'une énergie sensuelle et passionnée. Je me sent vivante, libérée de toute retenue, embrassant pleinement cette expérience unique.
La suite de cette aventure passionnante se dessine devant moi,encore tant de plaisirs à explorer et de fantasmes à réaliser. Les limites semblent s'évanouir, laissant place à une intensité et une connexion profonde .
Puis le deuxieme homme m attrape
'obéis à ses ordres me dis ma Domina, me laissant ramener à la position préalable. Je suis prête pour ce nouveau partenaire, pour cette nouvelle étape de mon parcours.
Quand il me pénétre, je sent un frisson de douceur et de terreur me parcourir le corps. Je m'accroche à lui, à sa peau, cherchant à me fondre dans cet instant.
Notre rythme est différent, mais il est aussi intense que le premier. Nous nous laissons guider par nos instincts, nos désirs, et je sent mon corps se révéler au contact de sa chair.
Les cris de mon partenaire résonnent dans la pièce, mêlés à ceux de mon premier. Je suis partagée entre le désir de satisfaire l'un et l'autre et la peur de ne pas y parvenir.
Les minutes passent, nos corps s'unifiant de plus en plus, jusqu'à ce que nous atteignions le sommet de la volupté.
J'obéis à leurs ordres, m'abandonnant à ces sensations nouvelles. Je prête à vivre cette expérience, à en apprendre davantage sur ce monde érotique.
Le premier sentit sa jouissance arriver et laisse échapper son sperme dans ma bouche, mélangeant ainsi nos émotions. Je laisse filtrer le liquide dans ma gorge, savourant son goût unique.
Puis le second m'envahit de sa chair, me pénétrant dans mon anus avec ardeur. La sensation est différente, mais aussi excitante que celle du sexe oral.
Je suis partagée entre la douceur de leur contact et l'appréhension de cette nouvelle expérience.
Lorsque le second sentit sa jouissance approcher, il se mit à me caresser doucement, me guidant vers le plaisir. Je fus submergée par une sensation intense, inoubliable.
Cette nuit fut une confirmation de mon amour pour cet univers, de ma soumission à ce jeu sensuel. Je m'en félicitais, car ces aventures m'avaient apporté un équilibre, une force intérieure qui me faisait sentir libre, complète.
Je me redressai, me rhabillant en silence. Ma maîtresse m'observait attentivement, le visage impassible. Je me sentis pétrifiée par la peur et l'excitation, ne sachant pas quoi attendre de sa réaction.
Elle me claqua doucement les fesses, son sourire moqueur me rassura un peu.
"Ce sera suffit pour cette nuit, ma chère. Rentre chez toi, profite de tes émotions et revient demain pour un nouveau tour
Je ne dis rien, me contentant de hocher la tête. Ma maîtresse est une femme d'expérience, elle sait maintenant comment me faire fonctionner.
J'empruntai le chemin du retour, les yeux brillants de larmes et de sueur. J'étais épuisée, mais aussi exaltée. Cette nuit m'avait révélé des sensations inconnues, des facettes de ma personnalité que j'ignorais jusqu'alors.Arrivant à la maison, me laissant tomber sur mon lit, les draps mouillés de sueur et de sperme. Je fermai les yeux, essayant de digérer cette expérience, de la réintégrer dans mon quotidien.
Ce n'était pas fini, je le savais. Il y avait encore tant de choses à explorer, à vivre. J'avais hâte de me retrouver dans cette salle, avec ces hommes, pour en vivre de nouvelles aventures.
Cette vie était une partie d'un rêve, une chance inouïe de vivre au-delà de mes limites. J'en profitais.
Mais pour l'instant, je m'abandonnais à cette liberté, à ce jeu sensuel, à cette soumission totale.
La sensation était une mélange de douceur et de puissance. J'étais immergée dans un état de bonheur et de soumission totale, emportée par les mouvements de mes partenaires.
J'essayais de trouver le sommeil et de me laisser aller à ces sensations, mais je n'y parvenais pas.J'étais comme suspendue entre deux mondes, entre le réel et le rêve. Mes pensées vagabondaient de l'un à l'autre, essayant d'intégrer toutes ces expériences inoubliables dans mon esprit.
En me rappelant chaque instant de plaisir et de souffrance, je comprenais l'intensité de cette vie que j'avais choisie. J'avais eu des rencontres épiques, des expériences incroyables, j'avais vécu des émotions que peu de gens pouvaient envisager.
Le sommeil finalement m'avait gagnée, mais je rêvais encore d'exploits à venir, de soumissions inédites. J'étais prêt enfin maintenant prête pour le lendemain, pour mes prochaines rencontres, car je savais qu'elles me réserveraient d'autres émotions, d'autres expériences, d'autres souvenirs incroyables.
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Cette série de récits autobiographique retranscrira les faits et événements par ordre chronologique, elle est a l'initiative de mon Maitre et Femto qui connaissent déjà toutes ces histoires mais m'encourage a livrer mon parcours afin de révéler aux autres la salope que je suis.
Je m'engage a faire une introspection sincère et vous partager mon vécu sans en travestir les faits. Bonne lecture ___________________________________________________________
Fin 2016
Ce chapitre bonus est là pour vous dévoiler un événement important qui s‘est déroulé au nouvel an 2016/2017 alors que je commençais à enchainer les plans culs dans la ville où je faisais mes études.
Cet élément n’ayant pas sa place dans le récit relatant ma première année de coups d’un soir, j'ai fait le choix de vous raconter l’évolution de cette relation année après année dans des chapitres annexes.
Je vous dévoile donc dans ce chapitre des informations complémentaires sur cette époque.
Cela faisait deux mois que j’avais débuté les plans culs lorsque les vacances de fin d’année arrivèrent et que je rentra chez ma mère pour les fêtes. Je passais Noel comme chaque année en famille où nous avions l’habitude d’aller chez mon grand-père pour y retrouver mes tantes et leurs enfants. Pour ce qui est du nouvel an, j’avais également l’habitude de toujours le passer avec ma bande de potes du collège et j'avais hâte de les revoir.
Je profite de ces vacances pour me ressourcer étant loin de mes proches dans cette nouvelle école, je ne rentre jamais chez moi le week-end.
Ma mère me félicite pour mon début d’année et semble soulagée de me voir enfin épanouie, on passe de bons moments mère/fille et le reste du temps je le passe avec Clara (ma meilleure-amie) et une autre copine à faire du shopping ou seule a jouer aux jeux-vidéos et regarder des séries que j’ai en retard.
Les jours passent et mon envie de sexe commence a se faire ressentir, je me masturbe de plus en plus et regrette de ne pas avoir pris un ou deux sex-toys avec moi …
Je me frotte contre mon oreiller le matin au réveil ou me caresse le clitoris en repensant à mes plans de ces dernières semaines.
Je regarde des scènes hards de gang-bang sur mon téléphone en me doigtant et me stimulant plus fort avant de dormir.
Quand je reste seule à la maison en journée ça dérape souvent sur une session sites de culs où je calme mes ardeurs …
Je prends conscience que je me suis habituée à me faire sauter par un inconnu toutes les semaines et que cela me manque !
J’ai besoin de ma dose, de découvrir une nouvelle bite, de me faire baiser ...
Je m’interdis d’avoir ce type de rencontres dans ma ville, je préfère faire la salope loin de chez moi et m’impose de me retenir la douzaine de jours que je passe chez ma mère. Je ne raconte même pas mes aventures à Clara qui avant savait tout de ma vie sexuelle et mes frasques donc ce n’est pas pour faire n’importe quoi parce-que je commence à avoir le feu au cul !
Aucune rencontre pendant les vacances, je me l'étais imposé, je tiendrais !
De toute façon, j’ai quelqu’un en tête ... Je sais sur quelle bite je vais m’empaler pour assouvir mes besoins.
Mon meilleur ami, Kévin. Je ne l'ai pas revu depuis qu’il m’a baisée quelques jours avant mon départ pour la rentrée.
On s’est échangés plusieurs messages ces dernières semaines où il s’inquiétait beaucoup pour moi vis-à-vis de mes blessures de l’année dernière et je l’ai énormément rassuré sans jamais lui parler de mes plans-culs ! Il ne se doute pas un instant de tout ce que j’ai pu faire ces derniers temps ni de ce que je prévois de faire avec lui durant ces vacances …
Je lui ai envoyé un message pour lui souhaiter un joyeux noël, il m’a retourné la politesse et j'ai alors proposé de se voir (sans manifester aucune arrière-pensée bien que j’en avais) mais il m’a répondu ne pas être disponible avant le soir du nouvel-an …
Je patienta donc jusqu’au réveillon que nous fêtions chez les parents de Gabriel (un copain de la bande) où toute la bande du collège et leurs mecs/nanas (pour ceux en couple) se retrouvaient pour une soirée arrosée dans une maison rien que pour nous.
Vers 17 heures, j’écris à Kévin en lui demandant s’il pouvait passer me chercher pour m’emmener chez Gab (ayant envie de le voir en tête a tête pour éventuellement faire un bail avant la soirée). Il me répondit qu’il était chez Laura (sa copine depuis 5 ans) et qu’ils pouvaient passer me prendre vers 19h45 pour aller à la soirée, j’accepta frustrée qu’elle l’accapare déjà …
Je suis clairement une garce d’avoir autant manquer de respect à Laura, la pauvre bichette était déjà cocue a deux reprises à cause de nos conneries. Il l’avait trompée deux ans après le début de leur relation quand je l’avais branlé et l’avait laissé me bouffer les seins alors que j’étais moi aussi en couple avec Thomas puis une seconde fois quand j’avais égoïstement insistée pour qu’il me fasse l’amour quatre mois auparavant …
Laura était une copine, elle trainait dans nôtre bande de potes depuis 5 ans et même si elle était avant tout la « meuf de » Kévin, ça restait une fille sympa avec qui je délirais beaucoup et que j’appréciais pourtant je n’arrivais plus à me freiner pour elle depuis qu’on avait déconnés. Je me disais que le mal était fait …
Je m’habille donc en bombe ce soir-là, bien décidée a rendre fou son mec et en profiter une nouvelle fois ...
Je porte un soutif et un string motif léopard, une robe noire et moulante avec un bon décolleté qui est assez courte puisqu'elle m'arrive juste au-dessus des genoux. De beaux talons aiguilles avec sandales a lanières noires, du vernis rouge tout frais d’il y’a une heure et j’emprunte le fer a friser de ma mère pour me boucler les cheveux bref j’envoie du lourd et m’assure qu’il ne puisse pas me résister mais fais attention a un détail, ne pas mettre de rouge a lèvres, pour pas qu’on se fasse cramer …
Laura sonne à la porte, je prends mes affaires et va a sa rencontre, elle me reluque de la tête au pied et me dit que je suis trop belle, je lui retourne le compliment. Je monte à l’arrière de la voiture de Kévin qui nous attends garé devant chez moi, on se salue et se fait la bise, il s’amuse de me voir avec des bouclettes et démarre le véhicule.
Je suis frustrée qu’il n’est pas eu un mot pour ma tenue ou me dise que je suis jolie, il semble mal à l’aise en présence de Laura et je ne retrouve pas mon meilleur pote comme je le connais, cela me tends et me mets mal à l'aise également.
Nous arrivons chez Gabriel, nous saluons tout le monde et plusieurs personnes me complimente sur ma tenue et ma coiffure, cela me fait plaisir mais renforce ma frustration de ne pas avoir eu une réaction similaire de la part de celui pour qui j'ai fait tout ça. Kévin ne m’approche pas vraiment durant la première heure et cela commence à m’agacer, j’hésite entre aller crever l’abcès au plus vite ou lui faire la gueule toute la soirée s’il continue et ne plus le calculer …
J'évite l'alcool depuis mes soucis de l'année dernière mais cette fois-ci je craque et décide de déroger a la règle pour le nouvel an même si dans le fond c'est sûrement pour ne pas affronter les pensées qui m'assaillent vis a vis de mon meilleur-ami, je me doute que cela le forcera a s'en inquiéter et venir me parler.
Je trinque avec mes amis en leur expliquant faire une exception pour cette soirée a part et m'engage a ne pas reboire de l'année suivante, Kévin ne dira rien ...
Plus tard dans la soirée, je surprends une conversation entre Laura et la copine d’un pote a nous où elle se confie en disant qu’en ce moment ça ne va pas fort avec Kévin et qu’ils ont faillis faire un break le mois-dernier …
Il ne m’en a jamais parlé par messages quand nous prenions des nouvelles l'un de l'autre et instantanément je m’inquiète en me demandant si j’en suis responsable …
J’attrape Clara dans une chambre pour lui demander si elle est au courant de quelque-chose de son côté et elle m’assure que je lui apprends, qu’il n’en a jamais parlé avec elle non plus.
La soirée se passe et j’enchaine les verres, je vois Kévin partir chercher des bouteilles avec Gab dans le garage et décide d’aller lui parler !
« Tu vas faire la gueule encore longtemps ?
- Je ne fais pas la gueule, pourquoi tu dis-ça ?
- Je ne sais pas, tu m’ignores depuis le début et a chaque fois que je m’approche, tu t’en vas alors qu'en général tu passes la plupart de ton temps avec moi donc je ne comprends pas cette distance !
- Je vais vous laisser, dit Gab en rigolant, prenant les bouteilles et quittant le garage ...
- Pourquoi je te ferais la gueule ? Y’a rien t’inquiète, je n’ai pas dû faire attention.
- Ouais c'est ça et pourquoi tu ne m’as pas parlé de vos soucis avec Laura ?
- Comment tu sais-ça ?
- Je l’ai entendue en parler tout a l’heure dans la cuisine.
- Y’a pas grand-chose à en dire puis c’est normal des hauts et des bas dans un couple quand ça fait aussi longtemps, je n’avais pas envie de parler de mes problèmes qui d’ailleurs se tassent …
- Je n’aime pas ça, depuis quand notre amitié s’est délabrée comme ça pour que tu ne me confies plus tes problèmes …
- Elle ne s’est pas délabrée, juste t’es peut-être plus la mieux placée pour qu’on parle de Laura, tu ne crois pas ? »
Un silence s’installe, je suis choquée par ce qu’il vient de dire et a la fois je le comprends.
Cela me vexe et me déçoit sur le plan amical mais c’est logique du point de vue « amants » … Cela fait mal a entendre mais je reconnais qu'il n'a pas tord.
« Je ne pensais pas que ce qu’on avait fait changerait des choses entre nous …
- Cela n’a rien changé c'est juste que si j’ai des soucis avec ma meuf, j'ai moins envie d’en parler avec ma pote que j’ai sautée dans son dos.
- Tu as peut-être raison mais maintenant qu’on en parle, tu t’en veux du coup ?
- De ?
- Bah tu sais, ce qu’on a fait ...
- Non ! Enfin vis-à-vis d’elle, SI ! Disons que je porte une culpabilité mais c’est moi qui avais commencé la première-fois et j’avais toujours voulu le faire avec toi donc je ne regrette rien même si ça devait niquer mon couple, fallait que je le fasse …
- Je vois mais si c’était à refaire ?
- Je le referais et toi ?
- Pareil et pour rien te cacher, j’avais envie de le refaire … Je voulais que tu passes y’a des jours, cette aprèm ou qu’on se capte avant que je reparte mais je voulais qu’on le refasse …
- Ouais, je … m’en doutais ...
- Comment-ça ?
- C’est pour ça que j’étais « fuyant », « pas dispo » ces derniers jours bref que tu me trouvais distant tout a l’heure ... Je sais que si tu t’approchais trop, j’allais avoir envie de remettre le couvert ! Je compte plus le nombre de fois où je me suis branlé en repensant a ton corps depuis qu’on l’a fait … Tu sais que j'ai toujours été très sensible à tes charmes ...
- On a vraiment une relation a part toi et moi, j'arrive plus a mettre un mot dessus et je m'en fiche mais il faut pas que ça te fasse du mal !
- En fait, je ne voulais pas refaire ça à Laura, mettre mon couple en danger… Je l’aime mais le sexe est devenu plus ennuyeux avec elle, c’est plat, routinier et je crois que j’en ai fait le tour, je me demande si je ne rate pas une partie de ma jeunesse et elle-aussi donc ça me terrifie ...
- C’est délicat de te répondre mais je ne pensais pas que ça polluerait ton histoire comme ça qu’on couche ensemble …
- Pour être franc, j’ai préféré coucher avec toi qu’avec elle, je trouve ton corps plus bandant que le sien, j’ai plusieurs fois pensé a toi pendant que je le faisais avec elle et j’ai envie de toi encore et encore depuis qu’on a franchi le cap !
- Arrête, tu m’excites trop quand tu me dis des trucs comme ça !
- Viens-là ! »
Il s’approche d’un coup et m’embrasse, nos langues se mêlent, un tsunami déferle dans ma culotte comme si je contenais mon excitation depuis des heures et pouvait enfin la laisser m’envahir, il agrippe mon cul et me relâche soudain pour plonger ses yeux dans les miens.
Je brise vite l’instant avant qu’il ne se ravise en lui disant « je veux que tu me baises ! »
« Pas ici, pas ce soir, trop risqué !
- On va trouver un moment, des jours que j’y pense et que je veux ta queue !
- On peut se faire gauler par nos potes, par Clara ou pire Laura qui ferait un scandale et ça tournerait au drame ... Pleurs, baston entre vous la connaissant, bref on niquerait la soirée de tout le monde …
- Le risque m’excite encore plus, je veux être vilaine ce soir, des jours que j’attends de te voir ... »
Je me mords les lèvres en lui faisant des yeux de biche tout en posant la paume de ma main sur son entrejambe.
« Ecoute, je vais y réfléchir et on se voit demain ou après-demain si on est encore chauds mais clairement faut se tenir chez Gab, y’a trop à perdre ... »
Je prends sa main et la glisse sous ma robe, il sourit et frotte ma chatte avec son majeur à travers mon string
« Arrête-toi, t’es bourrée ou quoi ? dit-il en rigolant
- Rentre-un doigt ! »
Il s’exécute et insère le bout de son index dans ma chatte humide après avoir écartée mon string avec son majeur.
« T’es trempée, me dit-il
- Tu vas me regarder toute la soirée et à chaque fois que tu poseras les yeux sur moi, je veux que tu penses a cette chatte trempée qui n'attends que toi ! Tu pourras la prendre quand tu veux et où tu veux, trouve une pièce, un timing, une excuse et isolons-nous autant de fois qu’on le pourra pour être de vilains cachotiers »
Il sourit toujours et commence à me doigter faisant aller et venir son index en moi
« Ah ouais ? Je ne te savais pas si coquine !
- Oh arrête, t’en sais tellement ! En tout cas ce n’est pas que ton doigt que je veux !
- Tu sais bien que je ne peux pas te résister … »
Il rigole une dernière fois, retire son doigt et quitte la pièce sans se retourner.
Je repositionne mon string correctement et retourne dans la maison a mon tour. Des gens me parlent sur le trajet mais je n’ai qu’une envie, poser de nouveau mes yeux sur lui pour voir s’il va pécher ou non ! J’écourte la conversation et pars à sa recherche. Je me prends une bouffée de chaleur en arrivant dans le salon, la salope en moi est en train de bouillonner, c’était trop intense pour que j’en reste-là !
Je le retrouve dehors avec Laura dans ses bras, il l’enlace par derrière alors qu'elle discute avec Clara et son mec.
Mon regard capte celui de Kévin qui n’est plus fuyant mais assez lubrique, un brin provocateur comme s’il guettait ma réaction.
Une pointe de jalousie se fait sentir mais son regard me prouve qu’il n’est plus dans l’état d’esprit du début de soirée, je m’isole alors pour prendre un verre seule et rassembler mes pensées.
Un pote vient me parler mais je n’y prête pas vraiment attention, je suis en train de réfléchir à cette pointe de jalousie ...
Laura est sa meuf et je n’ai pas de soucis avec ça, je comprends alors que je suis plus piquée dans ma fierté de femme qu’il aille se blottir contre elle l’air de rien alors qu’il avait son doigt en moi il y’a deux minutes ! Je prends cette action comme une manière de me "décourager" de sa part, de m’envoyer une image forte pour me dire « regarde, c’est elle ma copine et tu fais de la merde » et ainsi me culpabiliser. Cependant vu son attitude en quittant le garage et son regard quand il l'enlaçait, n’était-ce pas plutôt une façon de me "challenger" pour voir si j’en avais vraiment "rien à foutre" et comptait courir après sa queue quoi qu’il en soit ?
J’avais trop envie de sexe, de le refaire avec lui et de continuer a entretenir ce lien unique que l’on tissait.
C’est mon meilleur pote, mon frère, il sait presque tout sur moi et on partage tout même nos corps et nos envies.
Il est la seule personne dans ma vie actuelle à connaitre les deux facettes de moi ...
J’ai envie de lui en montrer plus sur ma seconde nature et surtout de découvrir la sienne que j’avais plusieurs fois entrevue et que je semble avoir réveillée ce soir … J'avais envie de sexe avant la soirée et ce n'est pas maintenant que je venais de me faire brièvement doigter que ça allait s'apaiser ... S'il voulait jouer a qui est le plus faible, on va jouer !
Je me remets dans la soirée et profite un peu des festivités avec tout le monde, Kévin et moi échangeons comme a notre habitude devant les autres mais je cogite de plus en plus a des façons de m’isoler avec lui. J’ai une sorte de radar qui sait précisément où il se trouve dans la maison même si je ne le regarde pas, surveillant la moindre occasion de " le coincer" tout en réfléchissant a des manières de le chauffer sans que les autres ne nous voient/comprennent !
Ma première action aura été de lui toucher la queue a travers son pantalon en le croisant dans un couloir alors qu’il suivait Laura et un pote !
Il s’était retourné pour me jeter un regard qui en disait long alors que je continuais ma route et lui, la sienne ...
Ma seconde provocation fut un geste de la main façon félin « grrrrr » quand il me regarda ce qui le fit rire (je le fis discrètement mais tout de même devant tout le monde, sachant que personne ne comprendrait si on me voyait, se disant au pire qu’on délire).
C’est lui qui opéra ensuite une manœuvre risquée en me touchant le cul pendant que nous parlions avec des potes dont Laura …
Nous étions tous les deux dans la cuisine à se préparer un verre et eux étaient dans le salon. La cuisine des parents de Gab comportait un bar ouvert sur le salon donc nous ne voyions que le haut du corps de nos interlocuteurs et eux de même. Je discutais avec Laura et deux potes quand il posa sa main droite sur ma fesse droite, je fût très surprise qu’il initie un geste comme celui-ci en présence de nos potes et plus particulièrement sa copine …
Sa main resta posée sur ma fesse au départ puis il commença a la remuer de haut en bas alors qu’il prit la parole. Il était en train de discuter avec eux et moi d’écouter tout en préparant mon verre, personne ne se doutait de rien et cela aurait dû m’exciter mais j’étais trop paniquée, je ne quittais plus Laura des yeux. Sa main palpait ma fesse a travers ma robe, il agrippait parfois pleinement ma fesse, je m’extirpa dès que mon verre était prêt pour rejoindre nos amis dans le salon et ainsi continuer la conversation face a lui. J’étais mal à l’aise, il me fit rougir et me donna un coup de chaud ...
Minuit pile arriva quelques minutes plus tard, on se souhaita tous « bonne année » avec des accolades, je regarda Laura et Kévin se rouler une pelle et s’enlacer, on ne fit rien de spécial quand vient nôtre tour étant en présence de tout le monde.
Dans les minutes qui suivirent, plusieurs d’entre-nous sortirent dans le jardin pour prendre ou passer des appels afin de souhaiter la bonne année a des amis. Certains restèrent a discuter en terrasse et d’autres se promenaient dans le jardin pendant leurs conversations téléphoniques, je raccrocha d’un coup de fil avec Ines ma coloc et vit que Kévin était au téléphone a côté de moi et que nous étions seuls dans le noir au fond du jardin.
Il n’y avait plus que deux personnes dans le jardin et elles étaient proches de la terrasse, je m’approche donc de Kévin qui était au téléphone avec un pote et commence a lui déboutonner son pantalon, il jette instantanément un regard vers la terrasse ! Ma main froide extirpe sa queue chaleureuse hors de son caleçon et commence a le branler, il tourne autant que possible le dos a la terrasse et pose sa main sur mon épaule alors que je lui fait face, il se laisse faire tout en cherchant a écourter son appel. « Je dois te laisser, bonne année mon pote, on se voit à la rentrée » dit-il en raccrochant alors qu’il a ses yeux dans les miens et que mon poignet frappe en rythme contre ses couilles.
Depuis quand ce mec m'excite-t-il autant ?
« Bordel t’avais la main froide, me dit-il directement
- J’avais justement envie de me réchauffer les doigts, répondais-je
- T’es folle, on pourrait se faire voir …
- Ah ouais ? Et quand tu me touchais le cul dans la cuisine aussi ... T’as vu, ça surprend !
- Non, ils ne pouvaient rien voir !
- T’as osé me tripoter le cul alors que tu parlais avec ta meuf !
- C’était excitant …
- Salaud, tu me baises quand ? demandais-je tout en lui faisant une léchette dans son cou
- Laura commence à être bourrée, fais-la bien picoler qu’on la couche et quand ils seront tous ivres, on devrait se trouver un moment ...
- Ok, je vais la faire boire »
Je lâche sa bite sans prévenir et retourne dans la maison sans me retourner, le laissant la queue a l’air au fond du jardin (petite vengeance pour le garage).
J’entreprends alors nôtre plan machiavélique et demande à Laura de trinquer avec moi, dans l’heure qui suit c’est trois verres que je fais boire à la miss alors que je me sers dorénavant des cocktails sans alcool.
Je vois Kévin l’inciter à boire un verre avec lui a un moment alors qu’elle commence à être K.O, il est dorénavant plus que motivé !
Tout le monde commence à être déchirés, on approche de 3 heures du matin et certains comatent dorénavant sur le canapé alors que d’autres dansent, que quelques mecs continuent de boire a table et que les fumeurs passent maintenant la plupart de leur temps en terrasse, le groupe est dispersé et certains vomitos sont déjà au lit dans les chambres a l'étage.
Laura est inerte dans les bras de Kévin, il la laisse un moment pour aller pisser et la couche sur le canapé puis part aux toilettes.
Je le suis sans qu’il me remarque et l’attends devant la porte, je l’entends pisser malgré la musique et patiente une minute devant la porte lorsqu’il l’ouvre enfin pour sortir. Je m’engouffre à l’intérieur en le poussant, ferme la porte a clé et commence à l’embrasser.
« Je viens de pisser, tu ne vas quand même pas me sucer maintenant ?
- Non, c’est toi qui vas me bouffer la chatte, je tiens plus et je ne quitterais pas ces chiottes sans que tu me fasses jouir ! »
Je soulève ma robe, retire mon string que j’accroche a la poignée de la porte et tends mon pubis en avant, il se mets a genoux sans un mot et commence à m’embrasser les lèvres puis il aspire mon clito et bientôt entre sa langue dans ma chatte qui dégouline de plaisir sur sa bouche. Je me retiens autant que possible de gémir mais quelques sons s'échappent alors qu’il dévore mon entre-jambe, heureusement la musique et les murs étouffent tout ce qui peut sortir de ces toilettes. Je mets mon pied droit sur la cuvette des WC, je m’appuie le dos contre le mur alors que mon talon glisse sur la cuvette, cette position est la plus obscène que j’ai jamais prise pour me faire bouffer la chatte, ça m’excite trop. J’agrippe mon meilleur pote par les cheveux, j’écoute la musique et nos potes qui chantent, je suis une trainée, sa petite-amie est dans le salon, je suis en robe avec mon string léopard sur la poignée de porte et le visage de mon meilleur ami entre les cuisses … Il glisse un doigt en moi et me masturbe pendant que sa langue frotte dans tous les sens mon clito, je me redresse alors et empoigne ses cheveux a deux mains pour écraser son visage contre ma chatte, je pousse un cri que j’étouffe instantanément de la main droite relâchant les cheveux de celui qui n’arrête aucunement de me lécher alors que je jouis comme la trainée que je suis ! Mes jambes sont en cotons, je m’appuie au mur alors que je recule pour libérer Kévin, il est décoiffé et son menton recouvert de cyprine/salive. Il s’essuie le menton du poignet et se relève, on rigole en se prenant dans les bras puis je rebaisse ma robe, remets mon string et nous constatons que mon talon aiguille a rayé le dos de la lunette des WC ... On la remet en position debout pour que personne ne le voit et on se promet de garder ça secret, le pauvre Gab comme ses parents n’en connaitront jamais la cause ni les responsables ... Nous quittons les toilettes.
Il se recoiffe de la main devant un miroir et nous regagnons le salon, je titube un peu dans le couloir lors de mes premiers pas puis je m’installe dans un des canapés pour me remettre de cette péripétie, le meilleur cunni de ma vie ...
Kévin rejoint Laura dans le canapé à coté du mien, elle est couchée exactement comme il l'a laissée, il la redresse et elle le prend dans ses bras, elle se met alors à l’embrasser et je regarde la scène avec une certaine appréhension proche de la panique ...
"Est-ce qu’elle va sentir qu’il pue la chatte ou qu’il a un certain gout ? "
Mon cœur fait un bond et leur baiser me coupe la respiration, j’attends de voir plus qu’inquiète de ce qui va suivre …
Laura retire enfin sa bouche de celle de Kévin et couche son front sur son épaule, elle le chevauche et semble s’endormir sur lui.
Il me regarde par-dessus son épaule alors que je lui fais de grands yeux, il sourit et lui touche les fesses alors qu’elle est sur lui.
Je viens de jouir et pourtant me voici de nouveau très excitée, elle vient d’embrasser la bouche sur laquelle j’ai dégoulinée ...
Les lèvres de son mec étaient sur mon clitoris et la pointe de sa langue a l’intérieur de mon vagin il y’a quelques instants et elle vient indirectement de goûter à ma cyprine ... Pour avoir embrassée maintes fois mes partenaires après qu’ils m’aient bouffés la chatte, je sais qu’il y’a un goût, Laura est sûrement trop bourrée pour se rendre compte que son mec venait de bouffer une chatte mais c’est quelque-chose qui se sent à un intervalle aussi court après l’acte …
Je regarde Kévin qui a les mains sur le fessier de la pauvre Laura qui ne se doute pas un instant de ce qu’il vient de faire avec moi, il me regarde d’un œil lubrique et je me rends compte que ce mec cache bien son jeu, qu’il est un pervers qui a su me cacher sa vraie nature toutes ces années …
Il soulève alors Laura et l’emmène à l’étage pour la coucher, elle est complètement torchée et a besoin de prendre appui sur lui pour monter l'escalier. Les deux/trois potes qui étaient dans la maison sortent tous dans le jardin en m'invitant a les suivre, je décline en disant attendre Kévin et vouloir rester au chaud.
Il redescend seul l’escalier et vient s’asseoir à côté de moi qui l’attendais, on se dit qu’on est « enfin seuls » et je me sens soudainement intimidée par la situation. Je suis comme une proie qui s'amusait a se jouer de son prédateur, lui filant entre les pattes au dernier moment mais cette fois, je sais qu'il va me chasser sérieusement et que plus rien ni personne ne pourra m'aider a lui échapper ...
J'ai lancé cette partie de chasse et réveillé son instinct primaire pourtant bien que je souhaitais être prise dans ses filets c'est au moment où je le suis que je réalise que je ne connais rien de cette partie sombre de mon meilleur-ami, qui est ce male que rien ne semble pouvoir arrêter dorénavant ? Je me sens comme un bout de viande qu'il voulait dévorer, plus rien d'autre ne semble compter pour lui que d'user de la femelle que je suis et une curieuse sensation de malaise s'entremêle a un profond désir d'être sa chose.
Clara rentre alors dans le salon, elle revient de la terrasse, je ne l'ai pas vu depuis un moment et elle semble ivre comme rarement, "vous êtes-là !" s'écrie-t-elle alors qu'elle retire son manteau et cours vers nous pour nous sauter dessus et s'avachir sur ses deux potes.
Elle est bourrée, nous dit qu'elle nous aime et nous fait des câlins, Kévin redevient le gars que je connais et nous discutons un long moment avec notre meilleure pote saoule. Elle se demande a un moment où est Laura, il lui explique l'avoir couchée car elle était trop bourrée et elle le taquine en lui disant de ne pas trop profiter d'elle cette nuit si elle est ivre. Il lui rétorque que son mec ne devrait rien lui faire aussi vu qu'elle est pompette et elle s'esclaffe de rire en disant qu'elle espère bien qu'il va pas raisonner ainsi, on lui fait remarquer que c'est contradictoire avec ce qu'elle disait pour Kévin puis elle rigola toute seule avant de retourner dehors chercher son mec.
« J'en connais une qui va se faire limer comme il faut ...
- Pfffff, t'es con, elle est bien bourrée en tout cas !
- Si tu veux filer en douce, c'est quand elle ira se coucher, c'est la dernière ici qui fera a peu près attention à ce qu'on fait ...
- T'as peut-être pas tort, je commence à me dire que c'est risqué voir très probable que quelqu'un nous crame.
- Tu te dégonfles ?
- Euh ... Non, juste je commence a être fatiguée et je vois plus trop où on pourrait se mettre ...
- Dans ma voiture ou on marche un peu et on fait ça dehors dans un coin discret !
- Ah ouais ? Je vois que t'as réfléchi
- Je suis chaud bouillant !
- Intéressant, dis-moi tout, comment on fait ?
- Ils sont tous torchés, même moi je le suis pas mal d'ailleurs, la plupart sont couchés et ceux qui restent sont dans un tel état qu’ils ne feront pas gaffe d'où on est et qui est encore debout ! Une fois Clara au lit, on file par la porte d'entrée et on se fait du bien un peu plus loin ?
- Plus loin dans le sens petit-coin discret ? La voiture est plus une option ?
- Bah disons qu'on est a l'étroit dans une bagnole et je suis pas libre de mes mouvements, on va crever de chaud et on peut se faire griller par un con qui irait fumer devant, c'est toi qui disais vouloir être vilaine ce soir et que ça t'excitais le risque d'être surprise !
- On va se les cailler dehors mais tu marques un point, ça rendra cette soirée encore plus inoubliable.
- On s'éclipse dès que Clara monte se coucher, faut juste que je trouve une capote avant, je crois que Gab en a dans sa chambre et il est dehors pour l'instant donc je vais aller voir !
- Pourquoi faire ? On en a pas mis la dernière fois et rien a changé !
- T'as pas couché avec des mecs ?
- Juste un et on a mis une capote donc y'a qu'avec toi que j'en mets pas car tu couches qu'avec ta meuf depuis des années !
- Sérieux, on refait sans ?
- C'est bien meilleur !
- Ouais, c'est clair ...»
Si vous avez lu le chapitre précédent, vous savez que je me tapais un mec par semaine a cette période et que je commençais a augmenter la cadence donc j'ai menti en lui disant que j'avais couché qu'avec un garçon néanmoins JAMAIS je n'ai couché avec un seul coup d'un soir sans préservatif. Kévin sait que je prends la pilule et que je ne jouerais ni avec sa sécurité, ni la mienne. Lorsque nous avions couchés ensemble il y'a quatre mois j'avais fait un dépistage suite au regrettable accident qui m'avait servit de déclic et il savait que j’étais clean, que j'obligeais toujours le port du préservatif a mes partenaires hors petit-ami et qu'il était l'exception.
Clara et son mec partirent se coucher aux alentours de 4 heures du matin, un pote a nous se la joua pot de colle et je m'impatientais commençant a fatiguée. Ma chatte humide réclamait la queue de Kévin et je ne pouvais plus m'empêcher de penser a Clara qui devait être en train de se faire fourrer délicieusement par son mec sous la couette dans l'intimité d'une chambre rien qu'à eux !
De longues minutes plus tard, on réussit à s'en débarrasser et nous filèrent instantanément par la porte d'entrée en veillant a embarquer les clés pour ne pas nous faire enfermer dehors, on courrait dans la rue trop excités d'avoir enfin réussit a prendre la fuite sans témoins.
Il m'attira au fond d'une impasse au croisement du quartier de chez Gab et m'embrassa fougueusement contre la clôture d'une maison.
« Je commençais a me dire qu'on y arriverait jamais !
- Quel enfer, j'ai jamais autant attendu pour du sexe ! »
Je m'empresse de déboutonner son pantalon et sortir sa queue, elle se fait engloutir par ma bouche immédiatement et je commence a la travailler avec appétit. Il se laisse aller et passe une main dans mes cheveux alors qu'il regarde l'heure sur son portable et que personne n'arrive. La rue est plongée dans l'obscurité, elle est calme, aucune des maisons aux alentours semblent encore éveillés, les fêtards sont absents ou endormis par ici mais je n'y prête pas vraiment attention trop heureuse d'être a quelques rues de chez Gab et nos potes ...
J'en ai plus rien a faire si des inconnus nous voient ... On les connaient pas donc on s'enfuira et puis c'est tout !
Kévin me montre qu'il est bientôt 5 heures du matin en plaisantant que nôtre pote bavard aura bien retardée notre évasion, je le suce alors plus fort pour qu'il oublie son portable et de surveiller les alentours, crétin concentre-toi sur nous, on est enfin seuls !
Il agrippe mes cheveux et commence a me baiser la bouche, pas un mot n'a été prononcé mais il semble avoir ressenti et compris le message. Je pince ses couilles du bout des doigts pour lui éviter qu'elle ne frappe mon menton alors qu'il s'en donne a cœur joie avec ma gueule. J'écarte mon string sous ma robe et commence a me frotter le clito tout en lui tenant toujours les couilles de l'autre main et le laissant me défoncer la gorge, je constate que je suis trempée ...
Mon meilleur ami est en train de me baiser la bouche en pleine rue à 5 heures du matin à quelques mètres d'où sont tous nos potes pendant que sa meuf dort ... Je me masturbe comme une trainée accroupie alors qu'il insère sans ménagement son sexe dans ma bouche et me réduit a un sex-toy buccal, je ne respire plus et mes jambes flanchent lorsque je me retire tombant sur les fesses.
Je reprends mes esprits en regardant la queue de Kévin pleine de salive a peine éclairée par un lampadaire au bout du croisement, il allume le flash de son téléphone et m'aide a me relever, il relève alors totalement ma robe au-dessus de mon nombril, baisse mon string en me plaquant contre la clôture a mon tour sauf que c'est mon visage et mes mains qui sont faces au grillage. Je passe mes doigts entre les mailles rigides de la clôture que j'agrippe alors qu'il me pénètre et entame ses coups de butoirs a l'intérieur de mon antre. J'exprime mon plaisir sans trop de retenue étant en confiance dans cette impasse, je l'ai tellement attendue sa bite, qu'elle en est divine ! Ma chatte l'absorbe pleinement et semble ne plus vouloir la laisser ressortir, je contracte mes muscles pelviens souhaitant resserrer les parois de ma chatte sur sa queue afin de la lui compresser autant que possible pour mieux le sentir, il se régale et me baise comme un lièvre en s'acharnant contre mon petit cul bien tendu ! J'ai le front dans le grillage, mon dos et mes jambes font un angle droit, je cambre et lève mon postérieur qui subit des assauts vifs et puissants, mon string pends entre mes cuisses m'empêchant de trop écartées les jambes me forçant a rester bien étroite, je beugle comme une pute avec un client trop violent ! On devait nous entendre a deux rues d'ici, je pense que nos potes auraient presque pu nous entendre du jardin ... Kévin cracha de longs jets chauds tout au fond de moi avant de se retirer, je resta quelques secondes cramponnée au grillage avant de me redresser et sentir son foutre dégouliner en moi, je me vida sur le trottoir alors qu'il me regardait et cela m'excitait autant que ça me dérangeait, on en avait fait du chemin dans notre amitié ...
Je remis mon string, rebaissa ma robe et il me demanda de faire un détour avant de rentrer, je pris la main qu'il me tendait et le suivit.
On discuta sur le chemin, il passa un bras par-dessus mon épaule et je me fit la réflexion que je tenais beaucoup a lui.
Nous finîmes par arriver dans une sorte de petit parc ou plutôt une énorme parcelle de pelouse entre deux quartiers, rien que de l'herbe avec un sentir de sable/terre devant et rien autour. Il m'expliqua qu'il passait souvent ici en vélo au collège quand ils allaient chez Gab et que ce serait un coin parfait pour le refaire.
« Premièrement je suis plus en état, tu m'as démolie la chatte et puis on est parti depuis un moment, faut rentrer maintenant !
- Tu crois vraiment que tu vas t'en tirer sans que je goûte à tes seins ?
- Fallait-y penser avant de me plaquer contre une clôture !
- Allez, c’est toi qui m’a dit que je pourrais avoir cette chatte où et quand je le voulais ce soir, autant de fois que je le souhaitais …
- T’en rates pas une, c’est quelque-chose …
- Je t'ai baisée comme une salope en pleine rue, maintenant laisse-moi te faire l'amour comme une princesse !
- Qu’est-ce que …
- Je vais être doux avec ta petite chatte ce coup-ci, en douceur, comme la dernière-fois ...»
Ses paroles s'accompagnent d'une main entre mes cuisses qui frottent mon clitoris à travers mon string qui en voit de toutes les couleurs.
Ses mots me renvoient a notre première-fois si fusionnelle, il m’embrasse et arrive a ses fins, je m’incline.
Il m'allonge dans l'herbe avec lui, elle est humide à cause du froid de la nuit, c'est désagréable mais ses baisers et ses caresses ne le sont pas. Il baisse les bretelles de ma robe et extirpe ma poitrine hors de mon soutif sans me le retirer, il tète mes seins avec douceur.
Il insère par la suite un doigt dans ma chatte visqueuse qui contient encore un peu de son foutre, "arrête c'est dégueu" lui dis-je ...
Il retire son doigt en faisant une remarque obscène sur son éjaculation en moi puis déboutonne a nouveau son pantalon pour frotter sa queue contre ma chatte. Il manie son sexe en érection contre mes lèvres le remuant pendant que son gland est écrasé sur mon clito, il attise mon désir et se joue de ma chatte en la faisant réclamer un second round, je mouille et n’attends plus qu’une chose, qu’il entre en moi ...
C’est alors qu’il se couche sur moi et me pénètre petit a petit, je serre mes bras autour de lui et émets un soupir de douleur, il me dit que ça va aller alors qu'il va et vient délicatement en moi. Il est doux, il n'a pas menti et me prends avec calme décomposant ses mouvements lentement, je sens sa queue gonflée de désir qui me ramone ...
" C'est trop bon, elle est si chaude et visqueuse, j'aime trop !
- Elle est surtout sale et usée ...
- J'ai toujours aimé baigner dans mon foutre, remettre ma bite dans une chatte que j'ai remplie ...
- Ah ouais ? Bah contente d'apprendre que Laura se fait fourrer à ras bord ...
- Hahaha plus depuis longtemps, c'était a nos débuts qu'elle me laissait le refaire plusieurs fois !
- Décidemment, je suis un exutoire pour toi.
- T'es la meilleure, ma meilleure amie, mon fantasme et ce soir tu es mon sac a foutre !
Il m'embrasse a pleine bouche en prononçant ses mots et me roule une pelle profonde et ferme alors qu'il accélère la cadence et que ma chatte fatiguée ressuscite, cela ne me fait plus mal mais du bien, il me fait de nouveau gémir comme une salope ...
Il relâche ma bouche et me dévore dorénavant le cou, je le laisse me baiser a sa convenance, je suis excitée par la situation sortant encore une fois de mon corps pour voir la scène dans son ensemble ...
"Tu peux y-aller plus fort maintenant si tu veux, vide-toi les couilles encore une fois dans ta salope de pote !
- Putain, t'es trop la chienne dont je rêve !"
Il s'étale de tout son poids sur moi et me pénètre alors en profondeur, il passe un bras derrière ma nuque pour surélever ma tête et avoir plus d'amplitude dans ses coups de queues. Je lève alors mes jambes et les referme sur lui pour le garder bien contre moi.
Il est encore doux la plupart du temps, sa queue frappe parfois fort et profondément, souvent elle glisse lentement en moi et parfois elle se déchaine avec de vifs allers-retours. On s'embrasse tour a tour dans le cou, on se susurre des mots doux ou obscènes, l'instant est aussi beau que pervers, j'ai du mal a réaliser que c'est mon meilleur-ami avec qui je vis de tels instants.
Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là a jouir dans le creux de l'oreille de l'un et l'autre.
Je ne sais pas combien de coups de bites j'ai pris couchée dans l'herbe humide d'un premier janvier.
Je ne sais pas a quels animaux en rut nous devions ressembler si vous étiez passés sur ce sentier et aviez surpris deux jeunes en plein acte.
Je sais juste la pute que j'étais de jouir d'une telle situation, d'aimer me faire culbutée dehors contre le sol, de faire l'amour habillée en ayant encore ma robe et mes sous-vêtements. Qu'est-ce que c'était bon d'être une salope, de sentir son sperme dégouliner hors de ma chatte alors qu'il me baisait, de me faire souiller ainsi par l'homme d'une autre, ma jouissance n'était pas que charnelle ...
Il avait commencé a me baiser, nous étions dans le noir le plus total mais lorsqu'il s'affala sur moi pour reprendre son souffle après avoir éjaculé, le jour commençait à se lever.
On se redresse, je replace mon soutif et remets les bretelles de ma robe, son sperme coule déjà dans mon string.
Il range sa queue dans son pantalon, frappe mes fesses et mon dos de la main pour me retirer de l'herbe que j'ai partout et là c'est le drame ...
Ma robe noire est foutue, elle est tachée par l'herbe contre laquelle j'ai frottée encore et encore lors de ses multiples va et viens ...
Je n'ai qu'une seule tenue et je sais qu'au réveil tout le monde va se demander pourquoi je suis dans cet état ...
Je lui demande l'heure qu'il est sur le chemin de la maison de Gab, il me dit qu'il est 6H20. Je décide d'appeler ma mère pour lui demander de venir me chercher, je sais qu'elle se lève habituellement vers 8/9h donc qu’elle ne m’en voudra pas trop ...
Heureusement ma mère décroche et me dit qu'elle arrive, j'ai prétexté ne pas réussir à dormir et vouloir mon lit.
On se dit aurevoir devant la porte de chez Gab, il m'embrasse une dernière-fois et on décide de devenir des sex-friends, on se promets de le refaire aux prochaines vacances scolaires quand je reviendrais dans le coin.
Il entre a l'intérieur discrètement, me rapporte mon sac et j'attends seule devant la maison que ma mère arrive (on habite pas loin).
J'ai réussi a ne pas me montrer de dos pour que ma mère ne voit pas l'état de ma robe, je fonce a la douche pour me nettoyer et découvre que mon string léopard a été mis a rude épreuve, je vous passe les détails mais il était vraiment souillé ...
Je fonce au lit et m'endors aux alentours de 7 heures et demi du matin.
A mon réveil vers 16 heures, j'ai de multiples messages de Clara, Gab etc ... qui me demandent pourquoi je n'ai pas dormi sur place.
J'explique que je ne me sentais pas bien et que je préférais décuver chez moi donc ma mère est passée me prendre.
Je resta au lit quelques minutes à me demander si tout était réellement arrivée, c'est quoi cette nuit de fou ?
Je toucha ma chatte et constata qu'elle était bien K.O mais c'est en tombant de nouveau sur ma robe tachée d'herbe et mon string léopard recouvert de taches blanchâtres que je pris la mesure de la salope que j'avais été hier soir ...
On s'échangea quelques messages avec Kévin pour savoir si tout allait bien, il m'expliqua n'avoir croisé personne sur la route de la chambre et avoir pioncer jusqu'a 11 heures avec Laura. On se chauffa pas mal sur notre prochaine baise et ni lui, ni moi ne regrettèrent cette nuit qui marquait le début d'une relation à part, une relation qui marquerait la fin de son couple et un tremplin pour nos deux sexualités.
Je commença l'année 2017 dans le péché et comme vous le savez avec le chapitre précédent, ce n'était que le début de mes aventures ...
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Il est toujours nécessaire de savoir quand se termine une étape de la vie. Si tu insistes à vouloir rester en elle au-delà du temps nécessaire, tu perds la joie et le sentiment du reste. Il faut fermer des cercles, ou fermer des portes, ou fermer des chapitres, comme tu voudras le nommer. L’important est de pouvoir les fermer, et laisser aller les moments de la vie qui se clôturent.
Ton travail s’est terminé ? Ta relation amoureuse s’est terminée ? Tu ne vis plus dans cette maison ? Tu dois partir en voyage ? Tu peux passer beaucoup de temps de ton présent « anéanti » dans les pourquoi, en te repassant le film et en essayant de comprendre le pourquoi du comment de telle ou telle chose. L’usure qui s’en suit sera infinie, parce que dans la vie, toi, moi, tes amis, tes enfants, tes frères et soeurs, tous et toutes sommes sur le chemin vers la fermeture de chapitres, tournant la page, terminant avec des étapes, ou avec des moments de la vie et continuant à aller vers l’avant.
Nous ne pouvons pas être dans le présent en regrettant le passé. Ni même en nous demandant pourquoi. Ce qui s’est passé, est passé, et il faut le lâcher, il faut s’en détacher.
Nous ne pouvons pas être éternellement des enfants, ni des adolescents tardifs, ni des employés d’entreprises inexistantes. Les faits passent et il faut les laisser partir !
Voici pourquoi, quelquefois il est si important de détruire les souvenirs, offrir les cadeaux, changer de maison, déchirer des papiers, jeter des documents, et vendre ou offrir les livres.
Laisser partir, lâcher, se détacher. Dans la vie personne ne joue avec des dés pipés, et il faut apprendre aussi bien à perdre qu’à gagner. Il faut laisser partir, il faut tourner la page, il faut seulement vivre ce que nous avons au présent…
Le passé est passé. N’attend pas qu’on te le rende, n’attend pas qu’on te reconnaisse, n’attend pas qu’un jour on se rende compte de qui tu es… Lâche le ressentiment.
En te branchant sur « ton téléviseur personnel » pour tourner en boucle et ressasser maintes et maintes fois l’affaire, la seule chose que tu peux obtenir c’est te blesser lentement, t’empoisonner et développer de l’amertume.
La vie est faite pour avancer, jamais pour reculer. Des fiançailles ou des amitiés qui se terminent ? Des possibilités de retour en arrière ? (vers quoi ?) Des besoins d’éclaircissements ? Des paroles qui n’ont pas été dites ? Des silences qui ont tout envahi ? Si tu peux les affronter maintenant et tout de suite, fais-le, sinon, laisse tomber, ferme les chapitres.
Dis-toi à toi-même non, ils ne reviendront pas. Mais pas par fierté ou orgueil, seulement parce que toi tu ne cadres plus dans cet édifice, dans ce lieu, dans ce coeur, dans cette pièce, dans cette maison, dans ce bureau, dans ce travail.
Toi, tu n’es plus le même que celui d’il y a deux jours, trois mois, un an. Par conséquent, il n’y a plus rien vers quoi revenir.
Ferme la porte, tourne la page, ferme le cercle.
Paulo Coelho
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Le BDSM et la franc-maçonnerie sont deux univers qui, à première vue, semblent n'avoir rien en commun. Cependant, si l’on y regarde de plus près, il est manifeste que l’un et l’autre partagent certains éléments fondamentaux, même si leurs pratiques et leurs objectifs soient évidemment très différents.
Une réputation sulfureuse
BDSM et la franc-maçonnerie ont un premier point commun : ils sont tous deux sujets à des idées reçues, rumeurs et clichés, souvent dus à un manque de compréhension ou à une représentation sensationnaliste dans les médias et la culture populaire.
Dans le cas du BDSM, les idées fausses sont largement répandues. Souvent, le BDSM est mal interprété comme étant abusif, dangereux voir pathologique d’un point de vue psychiatrique, ignorant le fait que les pratiques BDSM sont basées sur le consentement, la communication et la confiance mutuelle. La représentation médiatique du BDSM tend souvent à l'exagérer ou à le dramatiser, ce qui contribue à une incompréhension de ces pratiques et les caricaturant comme nécessairement extrêmes ou marginales.
La franc-maçonnerie, quant à elle, est souvent entourée de bien des malentendus. Beaucoup de rumeurs et de théories du complot circulent autour de la franc-maçonnerie, la dépeignant comme une organisation secrète ayant des intentions cachées ou un pouvoir considérablement exagéré. Ces clichés sont alimentés par la nature discrète de certains de ses rituels et par sa longue histoire longue parfois mal interprétée (y compris par certains franc-maçons eux-mêmes qui voit la franc-maçonnerie comme à l’initiative de la révolution française, alors que cette légende résulte de la propagande anti-révolutionnaire (voir l’oeuvre de l’Abbé Baruel https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_Barruel)). La représentation de la franc-maçonnerie dans les films et les livres, souvent dramatisée et romancée, contribue également à ces fausses idées, éloignant la perception du grand public de la réalité des pratiques et des objectifs de la Franc-maçonnerie.
Ces idées reçues et clichés ont bien des effets pervers (si l’on peut dire). Pour le BDSM, les clichés peuvent entraîner discrimination et jugement de ceux qui pratiquent ces activités. Pour la franc-maçonnerie, les malentendus peuvent mener à une méfiance et une suspicion injustifiées. Dans les deux cas, les individus peuvent se sentir obligés de cacher leur appartenance ou leurs intérêts pour éviter la stigmatisation.
La similitude dans la manière dont le BDSM et la franc-maçonnerie sont perçus par le grand public montre comment la méconnaissance et la représentation sensationnaliste peuvent fausser la compréhension des pratiques culturelles et des organisations.
Rituels et cérémonies du BDSM et de la Franc-maçonnerie
Dans le BDSM et la franc-maçonnerie, les rituels et les cérémonies jouent un rôle essentiel, bien que dans des contextes et avec des objectifs différents.
En franc-maçonnerie, les rituels sont ancrés dans une tradition séculaire et s’avèrent très structurant dans la démarche. Ils sont utilisés lors des cérémonies d'initiation pour accueillir de nouveaux membres, lors des « promotions » pour marquer le passage à un degré supérieur, et lors de commémorations spécifiques. Ces rituels sont chargés de symbolisme, chaque geste, parole et objet ayant une signification particulière. Ils visent à transmettre des enseignements moraux et philosophiques, mais aussi à renforcer les liens entre les membres, et à perpétuer les traditions et les valeurs de la franc-maçonnerie. La répétition et la mise en scène de ces rituels créent un sens de continuité et d'appartenance à une histoire plus vaste.
Dans le BDSM, les rituels peuvent, pour certains avoir une grande importance, même si bien sûr ils sont de nature différente. Ils sont souvent utilisés pour créer une dynamique et une atmosphère spécifiques dans le cadre des jeux de rôle et des interactions entre participants. Les rituels dans le BDSM peuvent inclure des pratiques comme la mise en place de règles ou de protocoles, des cérémonies de "collaring" (où un collier est utilisé comme symbole d'engagement dans une relation D/s), ou des scénarios élaborés où les participants jouent des rôles spécifiques. Ces rituels aident à établir les dynamiques de pouvoir, à renforcer la confiance et à intensifier l'expérience émotionnelle et physique des participants. Ils permettent également d'exprimer et d'explorer des désirs et des identités dans un cadre sécurisé et consensuel.
Dans les deux cas, les rituels servent à créer un espace distinct du quotidien, où les participants peuvent vivre des expériences qui ont une profonde signification personnelle ou collective. Il y a dans l’un et l’autre cas une sacralisation de l’instant. Les rituels offrent un cadre structuré au sein duquel les individus peuvent explorer, apprendre et s'exprimer, tout en renforçant les liens avec les autres membres de leur communauté respective. Anecdotiquement, tant en BDSM qu’en franc-maçonnerie, les rituels peuvent avoir recours au bandeau, au feu, aux cordes, à l’enfermement, aux serments, à la nudité (partielle en franc-maçonnerie ;-) ) ...
La confiance et le consentement sont déterminants en BDSM comme en franc-maçonnerie
La confiance et le consentement sont des élément fondamentaux aussi bien dans le BDSM que dans la franc-maçonnerie, jouant un rôle crucial dans la façon dont les interactions et les relations se développent dans l’un et l’autre des domaines.
Dans le BDSM, le consentement est la pierre angulaire de toutes les activités. C’est par une communication claire et honnête sur les désirs, les limites et les attentes de chaque personne impliquée que ce consentement est recherchée. Le concept de "SSC" (sain, sûr et consensuel) ou "RACK" (risk-aware consensual kink) est souvent mis en avant, soulignant l'importance d'une approche réfléchie et consensuelle des pratiques BDSM. Cette communication ouverte permet d'établir une confiance mutuelle, essentielle pour que les participants se sentent en sécurité et respectés. Dans les relations BDSM, la confiance permet aux individus de se livrer à des expériences intenses, sachant que leurs partenaires respecteront leurs limites et prendront soin d'eux.
En franc-maçonnerie, la confiance est également un pilier central. Les membres sont souvent tenus de garder confidentiels les détails des rituels et des enseignements maçonniques, ce qui requiert un haut niveau de confiance mutuelle. Cette confiance est nécessaire pour maintenir l'intégrité et la solidarité de la loge. Elle est aussi essentielle pour créer un environnement où les membres peuvent ouvertement discuter de questions morales, éthiques et philosophiques, partageant des réflexions personnelles dans un cadre sûr et respectueux. Certaines cérémonies initiatiques y sont assez « physiques » et prévoit que l’impétrant(e) confirme son désir de poursuivre au fil de l’avancée des cérémonies. La confiance au sein de la franc-maçonnerie permet aux membres de s'engager dans des discussions profondes et significatives, sachant que leurs pensées et opinions seront reçues avec respect et discrétion.
Dans les deux domaines, la confiance et le consentement sont donc non seulement essentiels pour la sécurité et le bien-être des individus, mais aussi pour renforcer la cohésion et la qualité des interactions au sein de la communauté. Que ce soit dans une loge maçonnique ou dans une relation BDSM, ces valeurs créent un fondement solide sur lequel les individus peuvent construire des relations enrichissantes et significatives.
Hiérarchie et définition des rôles en BDSM et en franc-maçonnerie
La notion de structures hiérarchiques et de rôles définis est un autre élément commun entre le BDSM et la franc-maçonnerie, bien que ces structures servent bien évidemment des buts et des dynamiques différents .
Dans le BDSM, la hiérarchie est souvent exprimée à travers les rôles de la personne dominante et de la personne soumise. Ces rôles ne sont pas simplement des étiquettes, mais représentent des dynamiques de pouvoir consenties et négociées et sont donc au cœur de nombreuses pratiques BDSM. Le dominant assume généralement un rôle de contrôle ou de direction, tandis que le soumis se place dans une position de consentement à cette direction. Cette dynamique hiérarchique est flexible et peut varier considérablement selon les personnes impliquées et leurs préférences. Elle est établie sur la base de la confiance, du respect et du consentement mutuel, et est souvent accompagnée de règles et de protocoles qui aident à définir la relation et à assurer la sécurité et le bien-être de tous les participants.
En franc-maçonnerie, la structure hiérarchique est plus formellement établie. Elle est organisée en différents degrés ou niveaux d'initiation, chacun avec ses propres enseignements, rituels et responsabilités. Les jeunes maçon(ne)s sont contrait au silence, et la personne qui dirige la loge est le/la « Vénérable Maître(sse) ». Les membres progressent à travers ces degrés au fil du temps, souvent en démontrant une compréhension et un engagement envers les principes maçonniques. Cette progression est symbolique de la quête personnelle et spirituelle. Différence notable, la hiérarchie maçonnique n'est pas une question de pouvoir sur les autres, mais plutôt de développement personnel et de service à la communauté.
Dans les deux cas, ces structures hiérarchiques et les rôles définis offrent un cadre pour la progression, l'apprentissage et l'expression. Dans le BDSM, ils permettent d'explorer des dynamiques de pouvoir complexes dans un environnement sécurisé et consensuel. En franc-maçonnerie, ils facilitent le perfectionnement moral et spirituel des membres et renforcent les liens entre eux. Bien que les motivations et les applications de ces hiérarchies soient différentes, elles jouent un rôle important dans la création d'une structure et d'un sens au sein de leurs communautés respectives.
Respect de la discrétion et de la vie privée
La discrétion et la vie privée sont des aspects cruciaux tant dans le BDSM que dans la franc-maçonnerie, bien que pour des raisons et dans des contextes différents.
Dans le BDSM, la discrétion est souvent lié à la protection de la vie privée des participants. En raison des jugements et des malentendus courants concernant le BDSM dans la société, beaucoup choisissent de garder leurs pratiques et intérêts dans ce domaine privés afin de s’épargner d’être victime de stigmatisation sociale, la discrimination au travail, ou simplement parce qu’ils nourissent le désir de séparer cette partie de leur vie de leur identité publique. La discrétion dans le BDSM est donc respectée pour sauvegarder l'intimité personnelle et la sécurité des individus impliqués, même dans les clubs ou les munchs. Elle permet aux participants de s'explorer et de s'exprimer dans un cadre où ils se sentent en sécurité et acceptés, sans crainte de jugement externe, en toute humanité et bienveillance.
En franc-maçonnerie, la discrétion (même si on parle parfois de secret) a historiquement joué un rôle différent. Bien que l'institution maçonnique (les obédiences et les loges qui en dépendent) ne soit pas secrète en elle-même, certains de ses rituels et enseignements le sont. Ces « mystères » ne sont pas destinés à exclure les non-initiés, mais plutôt à renforcer le lien entre les membres et à préserver la nature sacrée et sérieuse des enseignements maçonniques. Le secret maçonnique crée un sentiment d'appartenance et un engagement partagé envers les idéaux de la humanisme. Il contribue également à la mystique et au respect de la tradition au sein de la franc-maçonnerie, ajoutant une dimension de profondeur et de continuité à l'expérience maçonnique.
Dans les deux cas, le secret et la vie privée sont essentiels pour maintenir l'intégrité et la valeur de l'expérience pour ceux qui sont impliqués. Que ce soit dans le BDSM ou dans la franc-maçonnerie, la capacité de maintenir certains aspects de l'expérience à l'écart du regard public permet aux individus de se livrer plus pleinement et sincèrement à leurs activités, favorisant ainsi un environnement où ils peuvent s'épanouir et se développer en toute confiance.
Communauté et appartenance
Le sentiment de communauté et d'appartenance est un élément fondamental tant dans le BDSM que dans la franc-maçonnerie, jouant un rôle crucial dans l'expérience des individus au sein de ces deux sphères.
Dans le BDSM, la communauté offre un espace où les individus peuvent explorer leurs intérêts et désirs dans un environnement accueillant et sans jugement. Pour beaucoup, trouver une communauté BDSM (par les munchs, par exemple) est une expérience libératrice, leur permettant d'exprimer des parties de leur identité qui pourraient être incomprises ou stigmatisées dans d'autres contextes. Ces communautés fournissent souvent des ressources éducatives, du soutien, et des opportunités pour partager des expériences et des connaissances. Les événements sociaux, ateliers, et les sites communautaires comme BDSM.FR sont des exemples de la manière dont la communauté BDSM favorise la connexion et l'appropriation du rite par l'apprenti. Au sein de cette communauté, les individus trouvent souvent une réelle acceptation, un sentiment d'appartenance, et la possibilité de former des relations basées sur des intérêts et des valeurs partagés.
Dans la franc-maçonnerie, la communauté est également d'une importance capitale. Les loges maçonniques ne sont pas seulement des lieux de réunion pour la réalisation de rituels, elles sont aussi des espaces de fraternité, de soutien mutuel, et de développement personnel. Les membres partagent un engagement envers des principes et des valeurs communs, tels que la fraternité, l’humanisme, et la quête de la vérité. Cette communauté offre un environnement où les membres peuvent développer des liens forts, s'engager dans des discussions profondes, et travailler ensemble pour des objectifs communs.
Tant dans le BDSM qu’en franc-maçonnerie, la communauté et l'appartenance jouent un rôle essentiel dans l'enrichissement de l'expérience des individus. Que ce soit dans une loge maçonnique ou au sein d'une communauté BDSM, les membres bénéficient d'un sentiment de connexion, de soutien et de partage d'expériences. Ces communautés offrent un espace où les individus peuvent non seulement s'engager dans des activités qui leur sont chères, mais aussi trouver une reconnaissance et un respect mutuel, éléments clés pour le bien-être et l'épanouissement personnel.
(Les initiés pourront rejoindre le groupe V.I.T.R.I.O.L : demandez moi en ami et faites vous reconnaître comme tel.le dans le message d'accompagnement : https://www.bdsm.fr/vitriol/ )
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"Je fais bien de ne pas rendre l'accès de mon cœur facile. Quand on y est une fois entré, on n'en sort pas sans le déchirer; c'est une plaie qui ne cautérise jamais bien. Qu'est-ce que la vertu ? C'est, sous quelque face qu'on la considère, un sacrifice de soi-même. Le sacrifice que l'on fait de soi-même en idée est une disposition préconçue à s'immoler en réalité. Je crois que nous avons plus d'idées que de mots. Combien de choses senties et qui ne sont pas nommées". Vivante, volontiers polémique, imprégnée de l’esprit des Lumières, l’Encyclopédie, à laquelle le nom de Diderot ( 1713-1784) reste attaché, sera la réussite éditoriale, intellectuelle et commerciale du XVIIIème siècle. Vorace, Denis Diderot l’était. Et il fallait un homme comme lui pour mener à bien une entreprise monumentale comme l’Encyclopédie. Durant vingt-cinq ans, de 1748 à 1773, Diderot y a consacré toute son énergie. Enfin presque !! Malgré le travail titanesque, Diderot trouve le moyen de composer parallèlement plusieurs romans ("Les Bijoux indiscrets", 1748," La Religieuse", 1760, "Le Neveu de Rameau", 1760, "Jacques le Fataliste", 1765), des piècesde théâtre ("Le Fils naturel", 1757), quelques essais philosophiques ("la Lettre sur les aveugles", 1749, les "Pensées sur l’interprétation de la nature", 1753, "Le Rêve de d’Alembert", 1769), des critiques d’art, il en a inventé le genre, et des essais ("Paradoxe sur le comédien", 1773-1778), sans parler de ses nombreux comptes rendus de lecture parus dans divers journaux. Seule une partie de ses écrits fut publiée de son vivant. Diderot est un homme qui a une immense culture, des centres d’intérêt très variés, des intuitions fortes, des idées à revendre. Il explore, innove, lance des idées. Mais il a du mal à discipliner sa pensée. On ne trouve donc chez lui aucun exposé systématique de sa philosophie. Denis Diderot est né à Langres le cinq octobre 1713, d'un père qui était coutelier, et il eut un frère chanoine. Il devait mourir le trente-et-un juillet 1784, cinq ans avant cette Révolution que son œuvre avait préparée. Il entra à neuf ans chez les Jésuites, qui furent frappés par l'intelligence de l'enfant, et il reçut la tonsure à douze ans. Mais son père, on ne sait pourquoi, s'opposa à sa vocation religieuse, et il l'envoya terminer ses études à Paris, au collège d'Harcourt. Se détournant de sa famille, il s'enfuit à Paris et épouse secrètement une jeune lingère, Antoinette Champion (1710-1795). Il mène alors une vie de bohème littéraire. Prodigieusement doué, avide de nouveautés, l'étudiant prolongé s'informe des cours tenus par les professeurs célèbres, lit beaucoup, d'Homère à Voltaire et Swift, y compris les auteurs clandestins en copies manuscrites (Boulainvilliers, Meslier). Il fréquente les salles de théâtre, et ne quitte pas les hauts lieux de la nouvelle intelligentsia, les cafés "Procope" et de la "Régence". Il fait la connaissance des personnalités en devenir: d'Alembert, Condillac, La Mettrie. Ses traductions de l'anglais le sortent de l'anonymat: "l'Histoire de Grèce" (1743) de "Temple Stanyan", l'"Essai sur le mérite et la vertu" (1745) de Shaftesbury. Il publie en1746 les "Pensées philosophiques", condamnées aussitôt à être brûlées. Il rédige l'année suivante la "Promenade dusceptique", dont le manuscrit est saisi. L'ancien étudiant en théologie s'achemine vers le matérialisme et l'athéisme.
"Il n'y a qu'un pas du fanatisme à la barbarie. Il est bien rare que le cœur mente. Mais on n'aime pas à l'écouter". "L'homme est un véritable inculte." Ce n'est qu'à trente-deux ans, après de longues années de misère, qu'il publia son premier ouvrage, une traduction libre de "L'Essai sur le mérite et la vertu", œuvre d'ailleurs sans grande importance (1745). Mais à partir de cette année commence une production d'œuvres littéraires et philosophiques qui ne s'arrêtera qu'à sa mort. Ses compétences le désignent pour animer à partir de 1747, "l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers"(1751-1772), conçue d'abord par le libraire André-François Le Breton (1708-1779) comme l'adaptation française de la "Cyclopaedia" (1728) d'Ephraim Chambers. L'entreprise va rapidement s'émanciper de ce modèle tandis que Diderot s'affirme comme un penseur intrépide. À partir de 1748, le chantier encyclopédique accapare Diderot. Mais cette activité le familiarise avec les secteurs les plus divers du savoir et l'ouvre à de nombreuses formes d'écriture. Elle lui permet de composer des œuvres philosophiques majeures: "la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient" paraît en 1749 (la "Lettre sur les sourds et muets" paraîtra en 1751). Ainsi le "Prospectus" de l'Encyclopédie qu'il rédige est un acte de foi dans le progrès des connaissances. De telles positions ne pouvaient laisser indifférentes les autorités: Diderot est arrêté en 1749. Il passe un mois enfermé au donjon de Vincennes. C'est là que Rousseau lui rend visite et discute avec lui de la question du progrès des sciences et des arts, qui nourrira le "Discours sur les sciences et les arts" (1750) du citoyen de Genève. Se réconciliant avec sa famille à Langres, Diderot fait la connaissance d'une jeune femme, Sophie Volland, qui devient sa maîtresse, sa confidente, et avec laquelle il entretient une abondante correspondance. C'est l'époque également où il se tourne vers le théâtre et invente alors des formes nouvelles de critique d'art. L'œuvre dramatique de Diderot associe la réflexion critique et la pratique proprement littéraire. Ainsi, en 1757, paraît le "Fils naturel ou les Épreuves de la vertu", comédie en cinq actes et en prose, accompagnée de trois "Entretiens sur le Fils naturel". Un dispositif identique est reproduit l'année suivante. Diderot publie un nouveau drame, le "Père de famille",suivi d'un discours, De la poésie dramatique. L'illustration d'un nouveau drame bourgeois, ou genre sérieux, fait date.
"J’entends crier de toute part à l’impiété. Le chrétien est impie en Asie, le musulman en Europe, le papiste à Londres, le calviniste à Paris, le janséniste au haut de la rue Saint-Jacques, le moliniste au fond du faubourg Saint-Médard. Qu’est-ce donc qu’un impie ? Tout le monde l’est-il, ou personne ?" La recherche de Diderot se poursuit dans des traductions ou adaptations de l'anglais. L'expérience du style du comédien David Garrick, qu'il relate dans un article de 1769 (Garrick et les acteurs anglais), nourrit alors une réflexion qui aboutira au "Paradoxe sur le comédien", écrit entre 1769 et 1777 et publié en 1830, défense du jeu raisonné contre l'inefficacité d'une spontanéité pulsionnelle. Cette diversité, ce "protéisme" furent très admirés par nombre de ses contemporains, et Rousseau disait de lui à Mme d'Epinay: "Diderot est un génie transcendant, comme il n'y en a pas deux dans ce siècle." Il ne semble pourtant pas que la postérité ait eu pour lui une admiration aussi totale que celle de Rousseau. L'homme fut sans doute un grand caractère. Son dévouement total à l'Encyclopédie, son courage en face des puissants, sa passion du travail, sa générosité font de lui une des grandes figures du XVIIIème siècle. Il a pu écrire sans mentir: "On ne me vole pas ma vie, je la donne. Un simple plaisir, pour moi me touche faiblement. C'est pour moi et pour mes amis que je lis, que je réfléchis, que j'écris, que je médite, que j'entends, que je regarde, que je sens. Dans leur absence, ma dévotion rapporte tout à eux, et je songe sans cesse à leur bonheur." Il est certain que sa bonté fut une part de son génie, et il est remarquable que ce sceptique, qui attaqua avec tant de violence la théologie chrétienne, ait prétendu diriger sa vie par les préceptes de l'Évangile. Ainsi, sa philosophie est assez brouillonne, et ses opinions sont parfois contradictoires. Sa seule grande idée qui n'ait jamais varié, c'est qu'il faut détruire les religions, afin de fonder la science. Sur ce point capital, le sceptique n'a jamais eu le moindre doute. Il a combattu tous les dogmes de son temps avec une égale passion, et l'énorme Encyclopédie en est l'immortel témoignage.
"Pour ébranler une hypothèse, il ne faut quelquefois que la pousser aussi loin qu'elle peut aller. Il y a un peu de testicule au fond de nos sentiments les plus sublimes et de notre tendresse la plus épurée". Immortel, non point par sa partie négative, qui n'est pas très originale. Les arguments qu'il invoque contre les Églises sont ceux de la raison raisonnante, c'est-à-dire ceux de Voltaire et de bien d'autres. Mais la partie constructive représente véritablement le péristyle de la science moderne. "Jamais, écrivait Grimm, génies ne se sont ressemblés comme celui de Bacon et de M. Diderot." Certes, Francis Bacon, qui fut le génial auteur du "Novum organum", et qui mourut en inventant l'art de conserver les viandes par le froid, paraît être le père et le fondateur des sciences expérimentales. Mais cent cinquante ans après, le fils du coutelier de Langres réunissait les premiers résultats acquis par la nouvelle méthode. Avec son esprit cartésien, il les classait, il les coordonnait, sur les fondations jetées par Francis Bacon, il a fait sortir de terre les assises du monument: cette partie de son œuvre est sans doute impérissable. Le style de ses ouvrages philosophiques est merveilleusement clair, rapide, original: on le reconnaît à première vue. Cependant, il est parfois déparé par des négligences: il semble que l'auteur, se fiant à sa verve, à son don d'improvisation, qui est unique ait souvent négligé de relire la page qu'il venait d'écrire. En revanche, ses ouvrages littéraires font regretter que cet écrivain de génie n'ait pas consacré aux lettres la meilleure partie de son temps, car ses pages les plus belles sont précisément celles qui ne prouvent rien: "Le Neveu de Rameau" et "Jacques le Fataliste" sont ainsi d'authentiques chefs-d'œuvre de la littérature de tous les temps. Certes, "l'Encyclopédie" est admirable, mais elle nous a privés d'un très grand romancier. Ses deux pièces de théâtre, "Le Fils naturel" et "Le Père de famille", ne sont pas des ouvrages parfaits, mais ils sont les premiers de leur genre, et presque tout le théâtre moderne en est sorti. Plus qu'un grand écrivain, il fut un grand créateur. Il a inventé les "Encyclopédies", la Nouvelle, la Critique d'art, la Comédie dramatique, et dans chacun de ces genres, il improvisa ainsi de nouveaux modèles, qui sont presque tous des chefs-d'œuvre.
"Quand je me promets une vie heureuse, je me la promets longue. Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison". Certes, il n'est pas mort à la fleur de l'âge, puisqu'il a vécu soixante et onze années. Pourtant ses ouvrages par leur aisance, leur vivacité, leur enthousiasme, leur éclat, ont l'air d'être des "œuvres de jeunesse". Aussi a-t-on pu dire: Que n'a-t-il vécu plusieurs siècles ! Depuis plus de dix ans, Diderot était invité par Catherine II dont les largesses imposaient la reconnaissance. Peu enclin aux mondanités et d'un caractère casanier, ses obligations éditoriales et familiales incitaient Diderot à reporter le déplacement. Ce n'est qu'en 1773, après avoir terminé l'Encyclopédie et conclu le mariage de sa fille qu'il entreprit enfin ce voyage. Il effectue ainsi l'unique voyage hors de France de sa vie de juin 1773 à octobre 1774. Ce voyage sera marqué d'un séjour à Saint-Pétersbourg, de ses entretiens avec Catherine II et des séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies de l'époque. La correspondance de Diderot révèle le grand sérieux des sujets abordés: la valeur de la libre concurrence dans le commerce et le gouvernement, la nécessité de régler la succession au trône russe, la commission législative que Catherine avait assemblée en 1767, l’éducation publique, le luxe, le divorce, les académies, et bien sûr la littérature. Il espère aussi faire démarrer la traduction et l'adaptation de l'Encyclopédie en russe. Vers le cinq novembre 1773, il reçoit une première pression politique par le biais de l'ambassadeur de France à Pétersbourg, François-Michel Durand de Distroff, pour essayer d'améliorer l'attitude de la souveraine vis-à-vis de la France. Il visita les environs de la ville impériale, assista à des représentations théâtrales et fut membre étranger de l’Académie russe des sciences. Il quitte la ville en mars 1774, après plusieurs semaines de problèmes de santé, période pénible, humide et froide.
"Il vaut mieux écrire de grandes choses que d’en exécuter de petites. L'homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur d'un plus grand nombre d'autres". Dès son retour, il ralentit progressivement sa vie sociale, sa santé se dégrade et il l’accepte mal. Il multiplie et allonge les séjours à Sèvres, dans la maison de son ami le joaillier Étienne-Benjamin Belle où il vient régulièrement pendant les dix dernières années de sa vie et au château du Grandval à Sucy-en-Brie, chez d'Holbach, parfois en famille. En septembre 1781, il collabore alors un peu à l'Encyclopédie méthodique de Charles-Joseph Panckoucke et Jacques-André Naigeon. À partir de 1783, Diderot met de l'ordre dans ses textes et travaille avec Naigeon à établir trois copies de ses œuvres: une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II. Sophie Volland meurt le vingt février 1784. Le cinq mars 1784, le décès prématuré de sa petite-fille lui est caché pour le ménager. En juin 1784, il déménage au trente-neuf rue de Richelieu à Paris, dans l'hôtel dit de Bezons, grâce aux bons soins de Melchior Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter de gravir les quatre étages d'escalier de son logis de la rue Taranne. Il ne profite que deux mois de ce confort et y meurt le trente-et-un juillet 1784, probablement d'un accident vasculaire. À sa demande répétée, il est autopsié le premier août, puis inhumé à l’église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le même jour. Naigeon semble être le seul homme de lettres à suivre le convoi. En juin 1786, sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Pétersbourg. Elles n'y recevront pas l’attention accordée à celles de Voltaire: les pertes, les disparitions et l'absence de tout inventaire nuiront également à la connaissance et la bonne réception de l'œuvre de Diderot. Durant la Révolution, les tombes de l’église Saint-Roch sont profanées et les corps jetés à la fosse commune. La sépulture et la dépouille de Diderot ont donc disparu, contrairement à celles de Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, tous deux inhumés au Panthéon de Paris. Si Diderot exerce d'abord sa plume en traduisant de l'anglais l'"Histoire de la Grèce" (1742) de Temple Stanyan, puis, avec Eidous et Toussaint, le "Dictionnaire universel de médecine et de chirurgie" (de 1744 à 1748) de Robert James, son premier véritable travaild'écriture date de 1745, avec l'adaptation en français de l'"Essai sur le mérite et la vertu" de Shaftesbury.
"Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l'ordre. Ordonner, c'est toujours se rendre le maître des autres en les gênant. Il faut souvent donner à la sagesse l'air de la folie. Une danse est un poème". Mais sa première création originale, quoique inspirée de Shaftesbury, est, en 1746, les "Pensées philosophiques", aussitôt condamnées par le Parlement de Paris. Par sa forte coloration déiste, l'œuvre constituait le premier pas de l'itinéraire qui devait mener le philosophe au matérialisme athée. La forme dialoguée de certaines pensées, qui mettaient aux prises chrétiens et incrédules, apparemment en faveur des premiers, ne trompa personne, pas plus que la très orthodoxe profession de foi catholique de la pensée LVIII. L'enthousiasme de l'auteur des "Pensées philosophiques pour les preuves de l'existence de Dieu" fondées sur la connaissance de la nature, chères aux déistes, y apparaît en effet clairement et l'on sent même poindre, dans la fameuse pensée XXI énonçant l'hypothèse du jet fortuit des atomes comme origine du monde, le matérialisme futur de Diderot. Plus prudent, dans "La Promenade du Sceptique" (1747), Diderot use du déguisement de la fable et de l'allégorie pour attaquer alors le christianisme et exalter la religion naturelle. Un roman libertin, "Les Bijoux indiscrets" (1748), le distrait même quelque temps de ses spéculations philosophiques. Né, dit-on, d'un pari, et destiné alors à subvenir aux dépenses de Mme de Puisieux, la maîtresse de Diderot, ce pétulant récit dans lequel s'enchaînent, sur un rythme alerte, les situations cocasses, résultant des vertus magiques d'un anneau capable de faire parler les bijoux des dames, employé par le sultan du Congo pour se désennuyer et vérifier la moralité des femmes de la Cour, intéresse avant tout par sa drôlerie, mais ne peut-on pas voir déjà, dans cet anneau révélateur, l'équivalent du neveu de Rameau qui, tel un levain, permet par sa présence de dégager le vrai du paraître ? Novateur, il ne le fut pas qu'en philosophie. Son œuvre romanesque, qu'on peut presque entièrement situer dans cette partie du XVIIIème siècle que le spécialiste de l'histoire du roman Henri Coulet appelle "période de fermentation" (1760-1789), caractérisée par la hardiesse des formes et l'ampleur des ambitions, se distingue par son originalité formelle. Chacun des grands textes romanesques de Diderot, "La Religieuse", "Le Neveu de Rameau", "Jacques le Fataliste", est un laboratoire de recherche sur l'écriture et pose ainsi de ce fait d'ardus problèmes de classification à la critique contemporaine.
"Le monde commence et finit sans cesse. Il est à chaque instant son commencement et sa fin. Ne payez jamais d'avance, si vous ne voulez pas être mal servi." Le dix-huitième siècle a beaucoup aimé les Dictionnaires. Il en a publié de toutes sortes et de tous formats, mais l'Encyclopédie occupe, dans l'histoire des idées et de la librairie, une place à part. Les autres dictionnaires étaient alors des dictionnaires spécialisés: langue, histoire, agronomie,commerce, art militaire, droit, géographie, médecine, police, etc. L'Encyclopédie se veut universelle, raisonnée,et, pour la première fois, un dictionnaire français comporte un très grand nombre d'illustrations. L'idée d'une encyclopédie française était, comme on dit, depuis longtemps dans l'air. En 1675, Colbert avait invité l'Académie des Sciences à travailler à un "traité de mécanique", où seraient décrites "toutes les machines en usage dans la pratique des arts" et la compagnie s'appliquait sans hâte à la confection de cet ouvrage. En 1694, Thomas Corneille avait publié un "Dictionnaire des Arts et des Sciences" dont Fontenelle donna une nouvelle édition en 1731, augmentée de la physique et des mathématiques. Enfin, en 1728, Chambers avait publié, à Londres, une "Cyclopaedia or an Universal Dictionary of Arts and Sciences" qui connut un grand succès. En 1744, le "Journal des Savants" rend compte avec éloge de la quatrième édition. Ce n'est pas une simple compilation. On y trouve alors une sorte d'histoire des idées et même une préface "montrant l'origine d'où chaque partie de nos connaissances est amenée et le rapport qu'elles ont à leur tige commune, aussi bien qu'entre elles. En 1745, un anglais, Mills, et un allemand, Sellius, apportèrent à André-François Le Breton, libraire, la traduction de la "Cyclopaedia" de Chambers. Le Breton l'accepta, puis se brouilla avec Mills. Il s'associa alors avec trois autres libraires, Briasson, Durand et David l'Aîné, obtint un nouveau privilège, chercha un directeur et, ne s'étant pasentendu avec l'abbé de Malves, s'adressa à Diderot qui venait de traduire le dictionnaire de médecine de James.
"Quand on veut écrire des femmes, il faut tremper sa plume dans l'arc-en-ciel, et secouer sur sa ligne la poussière des ailes du papillon. Il faut être plein de légèreté, de délicatesse et de grâces. Un mot n'est pas la chose, mais un éclair à la lueur duquel on l'aperçoit". Le Breton cherchait assurément à réaliser une bonne affaire. Mais l'idée le séduisait pour une autre raison. Il comptait parmi les francs-maçons de la première heure, ceux qui avaient acclimaté à Paris, entre 1725 et 1732, la maçonnerie anglaise, en 1729, il avait installé la première loge orangiste chez son cousin Debure. De celle-là est issue la loge d'Aumont, dont les séances se tenaient à l'auberge du sieur Landelle, où fréquentèrent les éditeurs et principaux collaborateurs de l'Encyclopédie. En 1765, Le Breton figure encore comme Vénérable inamovible sur le tableau des loges dressé par la Grande Loge de France. Or, en 1740, dans un discours qui reproduisit celui qu'avait prononcé trois ans plus tôt le chevalier Ramsay, le duc d'Antin,grand maître, avait vivement souhaité l'édition d'un dictionnaire universel d'inspiration maçonnique. Diderot accepta avec enthousiasme l'idée de Gua de Malves, qui était de refondre, de développer l'œuvre de Chambers, d'en faire une somme ordonnée de toutes les conquêtes de l'esprit. Le choix de Diderot était à la fois décisif et compromettant. On le soupçonnait fortement d'être l'auteur des "Bijoux indiscrets", roman licencieux. En juin 1746, le Parlement de Paris a condamné ses "Pensées philosophiques" parues sans nom d'auteur. En 1749, paraît alors la "Lettre sur les aveugles". Diderot est enfermé à Vincennes le vingt-quatre juillet. Le gouvernement prend alors en considération cet intérêt commercial. Diderot, dont la détention a été très adoucie, est libéré au bout de dix semaines et maintenu à la tête de l'entreprise avec l'approbation du chancelier Daguesseau. L'histoire de l'Encyclopédie est communément racontée comme une suite de persécutions et de coups terribles assénés par le pouvoir. C'est une flatteuse légende. Prenant une position antireligieuse, il était à prévoir que l'Encyclopédie serait critiquée, attaquée par les défenseurs de la religion. Pourquoi ne l'aurait-elle pas été ? En 1752, à la suite de la condamnation par la Sorbonne de la thèsede l'abbé de Prades, collaborateur de Diderot pour la théologie, le conseil d'État examine les deux premiers volumes parus. Il condamne les téméraires irrévérences de l'ouvrage, déclare alors les deux tomes "supprimés", mesure parfaitement inoffensive, puisqu'ils sont alors entre les mains des souscripteurs, et, dans ses mémoires, le marquis d'Argenson assure que Mme de Pompadour et plusieurs ministres incitent aussitôt les éditeurs, au nom de l'intérêt public, à poursuivre la publication sans désemparer. Le propos du mémorialiste est conforme à la vérité puisque, dans l'avertissement du tomme III, Diderot se dit "rassuré par la confiance du ministère public", se vante de continuerle dictionnaire pour complaire au gouvernement. Madame de Pompadour n'avait de cesse de protéger Diderot.
"On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère. On ne se fait pas toujours une langue propre à son cœur". Le comte d'Argenson, alors ministre, assure le passage en Allemagne de l'abbé de Prades et Diderot entrepose ses manuscrits chez le directeur de la librairie, Malesherbes,fils de Daguesseau. Chacune des années suivantes voit paraître un nouveau volume. En dépit des attaques de Palissot, des pamphlets, des protestations de l'épiscopat, des blâmes du Parlement, Louis XV et sa police demeurent parfaitement impassibles. Le nombre des souscripteurs atteint alors quatre mille. L'attentat de Damiens (1757), la publication de "De l'Esprit" (1758) par Helvétius, "maître d'hôtel de l'Encyclopédie", incitent enfin le Parlement à frapper un grand coup. "L'Encyclopédie", contre laquelle l'avocat Joly de Fleury prononce un fougueux réquisitoire, est inscrite sur une liste de huit ouvrages condamnés. Condamnés à quoi ? à rien. Elle ne sera pas brûlée, mais simplement soumise à l'examen d'une commission de révision qui ne se réunira jamais, avec "suppression" pour la seconde fois des tomes distribués, donc insaisissables (six février 1759). De son côté, le huit mars, le conseil d'État révoque, sans plus, le privilège d'édition, ce qui revient uniquement à retirer aux éditeurs la propriété commerciale de l'ouvrage, mais un autre privilège leur est presque aussitôt accordé (huit septembre) pour les gravures. Quant à la police, à laquelle incombe l'exécution des mesures, elle s'empresse de conclure avec les libraires un arrangement réglant la publication "tacite" des volumes suivants. L'impression continue paisiblement. Quelle est la philosophie de Diderot ? On sait qu’il professa, après d’autres et avec d’autres (Helvétius, d’Holbach) une philosophie matérialiste. Mais, si on met à part les précautions qu’il dut prendre pour s’avancer prudemment masqué, il reste que ce matérialisme est difficilement saisissable. Il expose une conception de la matière douée de sensibilité et de la nature comme étant alorsconstituée d’une seule substance matérielle éternellement productive.
"Comment s 'étaient-ils rencontrés ? Par hasard comme tout le monde. Comment s 'appelaient-ils ? Que vous importe ? D 'où venaient-ils ? Du lieu prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l 'on sait où l on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien. Jacques disait que son capitaine que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas est écrit là-haut". Toutefois ce matérialisme est avancé avec de nombreuses réserves. Diderot n’a jamais renoncé à la force curative et heuristique du scepticisme. Sous le choc de l’immatérialisme de Berkeley, il dut accepter que nous ne puissions fournir des preuves démonstratives absolument rigoureuses de l’existence de la matière. La confrontation des énoncés philosophiques spéculatifs avec les résultats encore très imparfaits des sciencesdu vivant et de la médecine le conduit à reconnaître qu’il faut encore suspendre son jugement sur des points pourtant cruciaux de son matérialisme, par exemple le passage de la matière inanimée à la matière vivante. La volonté de penser les choses dans leur spécificité conduit Diderot à se méfier des généralisations qui font bon marché des différences propres. On n’explique pas l’homme avec les mêmes concepts qui servent pourl’animal. Bref, Diderot est un matérialiste que le sceptique en lui rappelle constamment à la prudence. D’où le fait que Diderot n’eut pas la passion de convertir. Non dogmatique, non sectaire, un des effets de la position sceptique est de produire une civilité de la pensée et de la conversation. Mais elle est aussi inséparable d’un rapport libre et accueillant à l’égard d’autres doctrines plus ou moins voisines. Diderot n’a jamais caché sonadmiration pour Platon, Leibniz, Malebranche, à côté d’Épicure, de Montaigne, de Bayle, sans parler des poètes latins. Avant que le terme ne soit devenu péjoratif, Diderot fut une sorte d’éclectique. Philosophe, romancier, dramaturge et critique se rejoignent sur bien des points: esprit novateur, transgression des genres,amour du vrai, du bon, du beau dans tous les domaines, recherche d'un principe unificateur en philosophie comme en art. Et ce serait sans doute contenter les mânes de ce "touche-à-tout de génie" que de dire que son œuvre, novatrice et brillante, est frappée au coin d'une grande unité. "Je rage d'être empêtré dans une diable de philosophie que mon esprit ne peut s'empêcher d'approuver et mon cœur aussitôt de démentir".
Bibliographie et références:
- Jacques Attali, "Diderot ou le bonheur de penser"
- Pierre Chartier, "Vie de Diderot: portrait du philosophe"
- Anne-Marie Chouillet, "Les ennemis de Diderot"
- Michel Delon, " La philosophie de Diderot"
- Charly Guyot, "Diderot par lui-même"
- Serguei V. Korolev, "La bibliothèque de Diderot"
- Dominique Lecourt, "Diderot, passions, sexe et raison"
- Éric-Emmanuel Schmitt, "Diderot ou la philosophie de la séduction"
- Gerhardt Stenger, "Diderot, le combattant de la liberté"
- Maurice Tourneux, "Diderot et Catherine II"
- Arthur M. Wilson, "Diderot: sa vie et son œuvre"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Point n'est besoin d'écrire pour avoir de la poésie dans ses poches. Il suffit juste d'avoir le coeur dans sa poche". Léon-Paul Fargue ne semble encore exister parmi nous que par ses immenses talents de chroniqueur, d’amoureux des rues de Paris. Il est bien plus que cela. Il faut aller vers Léon-Paul Fargue par désir d’enfance, de tendresse, de retrouver les chemins cachés de la ville et des hommes, envers celui qui bien au-delà de son livre "Le piéton de Paris" aura cheminé en nous. Paul Valéry disait de lui: "Poète, constamment poète", et Rilke écrivait en 1926: "Fargue est un de nos plus grands poètes." Et même Paul Claudel dans une autre révélation: "Poète né, Faiseur de vie, associé et collaborateur de la création et "un de ces hommes exceptionnels de qui on est constamment en droit d’attendre l’inattendu." Il était l’homme errant, portant en lui un sentiment du tragique, il était un veilleur du temps qui fuit, de la destinée qui se dérobe. On a surtout retenu le chroniqueur étincelant, l’amoureux des rues de Paris, mais il fut aussi un bien grand poète frappé du sceau de la tristesse. Il fut un passant considérable, une présence merveilleuse, notre désordre si magnifiquement familier. Admiré également par Gide, Ravel, Satie, Jarry, Joyce, Saint-Exupéry, Picasso et bien d’autres, sa paresse et sa timidité ont été un obstacle à la publication de ses œuvres. "Haute Solitude et "Le Piéton de Paris" vont briser son isolement littéraire, mais c’est davantage pour ses proses de souvenirs que se fait sa réputation. Il finit par n’être qu’une sorte de témoin de son temps et de Paris, un peu à la Doisneau ou Prévert.
"La poésie hélas n'a lieu que pour quelques-uns. Et pourtant, elle se manifeste partout. Même là où on l'attend pas". Après 1955, un silence assourdissant tombe sur l’œuvre entière. En 1963, c’est Saint-John Perse qui remet Fargue dans la mémoire des gens en signant une préface à ses poèmes chez Gallimard: "Et par la grâce d’un chant pur au plus secret de l’être et du songe de l’être, il sut, d’un même mouvement, mener le sentiment des choses à leur source, l’ombre des choses à leur clarté première, jusqu’en ce lieu très sûr, ou très suspect, où l’homme et le langage confondus sont, comme dans un seul acte et dans une même parole, d’un même souffle proférés."Mais depuis, la poussière à nouveau retombe, comme neige du passé enfui, sur Fargue. En effet il est par trop inclassable, hors des courants, des systèmes de pensée, des chapelles littéraires. Il est insaisissable avec sa lucidité aveuglante, son ironie décapante. Faisons-le revenir parmi nous en lui rendant un hommage mérité. Seul le poète sera honoré, car lui reste à découvrir, alors que le chroniqueur, l’errant, est devenu légendaire. Et c’est bien dans ses poèmes que vit son domaine profond, lui le témoin du monde éphémère. Ami autant de Marcel Proust que de James Joyce, de Mallarmé que de Paul Valéry, d’Alfred Jarry et Valéry Larbaud son ami fidèle, Léon-Paul Fargue a ébloui son temps. Il lui reste encore à illuminer le nôtre.
"Discerner le murmure des mémoires, le murmure de l'herbe, le murmure des gonds. Il s'agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies. Écrire, c'est seulement savoir dérober des secrets pour mieux les offrir à tous". Avec ses compagnons de tournées nocturnes, Alfred Jarry, André Beucler, Valéry Larbaud, Brassaï, Léon-Paul Fargue n’était pas un simple fêtard, il bâtissait sensation après sensation, rencontres après rencontres, son univers poétique, son art de vivre. Là il se délivrait de ses fantômes, de ses angoisses tapies en lui, sans gémir: "Sache souffrir. Mais ne dis rien qui puisse troubler la souffrance des autres." Champion de billard, champion de la gymnastique des mots, il marchait en fait au bras de la nuit. Et il n’aura jamais, au grand jamais, exercé la moindre fonction officielle. Libre et ludion de la vie qui passe, il montait et descendait dans ses marches des émotions, dans ses états d’âme cachés au fond de lui-même. Il se disait "admirablement inutile, mais tout aussi indispensable qu’une robe de femme." Léon-Paul Fargue aura été finalement un badaud, parfois dolent et paresseux, car trop doué, souvent piquant, toujours tendre. Mais il est l’attraction des dîners mondains où l’on se l’arrache pour ses bons mots, sa magie verbale. Mais il termine ses nuits aux halles devant la soupe à l’oignon ou dans un bordel sordide, ou dans un hôtel escorté de ses belles amies, où le long des réverbères de la vie.
"Un enfant court autour des marbres, une voix sourd des hauts parages. Les yeux si graves de ceux qui t'aiment songent et passent entre tous les arbres. La nuit, aux grandes orgues de quelque gare, gronde alors la vague des vieux départs". Homme libre, mais terrassé par l’ombre du père enfui, il se dévoile peu, avec une vie qui semble certes bizarre mais sans événement considérable, "sans drame éloquent", sans engagement profond. Il laisse croire une certaine image de lui. Accoudé à la fenêtre de sa propre vie, il regarde défiler les gens, les souvenirs et les années. "Accoudé à ma fenêtre, je pleurerais de longues heures de larmes sur ces silhouettes qui se promènent dans la foule, oui je pleurerais d’impatience et de ferveur, je pleurerais de solitude, si je ne savais que moi aussi, tout à l’heure, je me laisserai glisser sur la pierre décolorée et meurtrie, l’âme au fond des poches, les poches béantes, la vie pesante comme un journal mouillé et les yeux fatigués par les nuits de souvenirs." Haute solitude, accoudé. Il raconte ainsi sa vie: "Je suis né à Paris dans le premier arrondissement, au 8 de la rue Coquillière. Mon père et mon oncle avaient des ateliers de céramique et de verrerie. J’ai été élevé à Montrouge, rue Mouton-Duvernet. De là nous allâmes à la Chapelle où mon père, après avoir été ingénieur chez Faber en sortant de l’École Centrale, fit fortune en inventant une plume miraculeuse écrivant sans encre, qui annonçait le stylo, et un traitement nouveau des perles de couleur. Cette fortune, il l’a perdue en la plaçant dans d’autres inventions. À ce moment-là je faisais de la peinture. Au lycée, j’avais toujours les prix de dessin, et je me croyais quelque chose. Je fis donc plus beaucoup de peinture, mais j’avais déjà mon cahier de poésie." Le reste rappelons-le brièvement.
"Qui dit cérébral ne dit pas nécessairement intelligent. Repassez ça de temps en temps.” "Dans un vieux rêve au pays vague, des choses brèves meurent sages pour la musique des rêves de tous les vagabonds". Léon-Paul Fargue est né à Paris, le quatre mars 1876, de Marie Aussudre, modeste couturière, et de Léon Fargue, ingénieur, qui ne devait le reconnaître que seize ans plus tard, ce dont il souffrira sa vie durant. La figure du père absent sera toujours présente dans son œuvre. Ce père qui veilla quand même sur lui et lui ouvrit l’univers de la lecture et des études. D’abord placé à l’institution de jeunes gens de la rue Montaigne, il fit de brillantes études au collège, le professeur d’anglais était précisément Mallarmé, puis au lycée Janson de Sailly. Il entre au même moment en khâgne au lycée Henri-IV, où il suit les cours de Bergson et rencontre Alfred Jarry. Il refuse la vie royale de Normal Sup pour se réfugier dans l’oisiveté en essayant la peinture et le piano, et surtout la poésie. Très tôt introduit dans les cercles littéraires, où il brille de mille feux, il se lie d’amitié avec Claudel, Valéry et Gide, Debussy, Marcel Schwob, Henri de Régnier, Pierre Bonnard, Raoul Dufy, Maurice Denis, et Maurice Ravel avec qui il fondera la bande des "Apaches d’Auteuil" en 1902. Il fonde des revues, mais reste fidèle à Montmartre et au "Chat Noir", à l’ombre de Verlaine. Mais son ami Jarry meurt à trente-quatre ans en 1907.
"Alors, paix sur la terre aux hommes de bonne incohérence." "J’ai tant rêvé, j’ai tant rêvé que je ne suis plus d’ici. La grenouille du jeu de tonneau s'ennuie, le soir, sous la tonnelle". Demeuré seul, Fargue va continuer ses périples dans la nuit, dans des endroits plus ou moins avouables, plus ou moins connus. Il continue à déployer toute sa verve, son génie du jonglage des mots dans les salons, mais sa part d’ombre, il la réserve à l’écriture de poèmes. En 1900, après trois ans de service militaire, Fargue retrouve Paris et épisodiquement la fabrique de son père, verrier d’art et céramiste, dont il héritera à la mort de celui-ci en 1909. Mais cela n’était pas là sa vocation. Il ne publie presque rien durant cette période, mais il participe au début de "La Nouvelle Revue Française". En1909, il rencontre Valéry Larbaud et ce sera une amitié profonde et durable. En 1912 paraît "Poèmes" son second livre. Mobilisé en 1914 à Laon, il se fera réformer et retrouvera Paris, et ses amis Jean Cocteau et Erik Satie. Dans les années 1920, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue "Commerce" avec Valéry Larbaud et Paul Valéry, puis Jean Paulhan. Il côtoie le mouvement surréaliste, Philippe Soupault et Robert Desnos, mais sans vouloir rejoindre le groupe. Mais il rencontre également André Malraux, Antoine de Saint-Exupéry qui fut son grand ami "Tonio", Joyce, Beucler ou Michaux.
"Elle en a assez d'être la statue qui hurle en silence un grand mot: Le mot. Elle aimerait mieux être avec les autres". Manquant désormais d’inspiration, il se réfugie dans les années trente dans la chronique journalistique, où il abordera pleins de sujets allant des rues de Paris, à la mode, à la critique d’art ou d’autres thèmes allant du loufoque au sérieux. Sa mère tant aimée meurt le 21 avril 1935. En 1939 il publie son livre le plus connu, qui lui servira aussi de surnom: "Le piéton de Paris. " En 1941 il publie "Haute solitude" son chef-d’œuvre poétique. Il est frappé d’hémiplégie en 1943, lors d’un déjeuner avec Pablo Picasso. Cloué par la paralysie au 1, boulevard du Montparnasse, domicile de sa femme peintre Chériane (1900-1990) qu’il avait épousée en 1935, il garde cependant jusqu’à la fin une activité littéraire intense en ce lieu et tous les dimanches tient salon. Il y meurt le 24 novembre 1947 à l'âge de soixante-et-onze ans. Lui qui parlait aussi remarquablement qu’il écrivait, "Je suis tel sur le papier qu’à la bouche", aura fasciné son temps, sans doute gâché bien de son talent, pour le plaisir d’un bon mot, d’un éclair spirituel. Grand enfant en fait qui n’aura pas "guéri de sa tendre jeunesse." Sa tristesse désabusée fait de lui l’un des poètes les plus insolites, et qui nous demeurent chers.
"Elle aimerait mieux être avec les autres qui font des bulles de musique avec le savon de la lune au bord du lavoir mordoré qu'on voit, là-bas, luire entre les vertes branches. On lui lance à cœur de journée ne pâture de pistoles". Paul Valéry saluait l’originalité de son art, et Rilke écrivait en 1926: "Fargue est un de nos plus grands poètes."Saint-John Perse le situe entre Claudel et Valéry, à l’un des sommets de la poésie française. Ce sont des repères, au-delà du laconisme des dates. Léon-Paul Fargue, 1876-1947. Il y a l’œuvre. Fargue ou le poète de la cité. En ce qui concerne la présence de la ville dans la littérature moderne, il fut un précurseur, trop oublié de nos jours. Il est vrai que les légendes autour de sa vie ont fait du "Piéton de Paris" justement un poète de légende, ce qui ne doit pas nous masquer, aujourd’hui, l’importance de son œuvre poétique, qui est exactement cette tentative de dire la ville et de la vivre dans et par les mots. Poète citadin comme Baudelaire, qu'il admire, Fargue l’emporte sans doute sur Apollinaire, son contemporain, par ce sentiment du tragique de notre condition dans les dédales de la cité. Car s’il fut piéton, il n’était pas simplement flâneur dans Paris, traquant l’insolite dans les rues, écrivant dans l’espace urbain la phrase de son poème, afin de trouver enfin un sens à son existence d’homme errant.
"Qui la traversent sans lui profiter et s'en vont dans les cabinets, et le soir, les insectes couchent dans sa bouche". Il écrivait cette vie dans les rues et sur les façades, et la ville, à travers cette douleur qu’il cherchait à comprendre alors qu’elle le traquait, écrivait son poème. Elle est donc aux origines, à l’origine de la parole de Fargue. Pour lui, homme en marche, elle est beaucoup plus qu’un mythe: être de chair, être vivant, avec qui il n’en finit pas de lutter. Avec ses incessantes métamorphoses, Paris lui fut aussi un miroir, qui lui disait sa fragilité d’"insecte" filant sa phrase dans ce cadre où, pour reprendre la définition de Baudelaire, tout lui devenait allégorie. Ville-miroir mais également ville-prison, car le modernisme envahissant paralysait peu à peu et contrariait toute entreprise de poétiser le réel. Ville-femme enfin, impitoyable et tyrannique, qui lui impose sa loi et va même jusqu’à l’empêcher d’écrire. Et c’est pourquoi, à cause d’elle, il interrompt son poème, pour ne plus parler que d’elle, précisément, dans ses articles."J’habiterai mon nom", écrit Saint-John Perse. À quoi Fargue, par son œuvre, fait écho: "Ville, j’habiterai ton nom."
"Il n’est pas nécessaire d’écrire pour être un poète. Il faut et il suffit d’être en état de grâce et de contemplation". Pour qui entreprend le voyage dans la poésie de Fargue, il y a d’abord et sans cesse la présence de l’homme, sa respiration pourrait-on dire, à quoi s’accorde le rythme des mots, des phrases, de la musique du dire sur la page etdu nous. C’est une poésie du sentiment, avec toutes les fièvres, l’incertitude en quête, l’errance jamais interrompue dans les moindres continents de la mémoire, à travers les "épaisseurs" de ce qui est reconnu et aimé. De l’espace géographique, celui de la cité, à l’espace sémantique, on ne trouve que la démarche de Fargue elle-même. C’est dire que la poétique se confond avec la vie, elle est cette vie. Alors que souvent la poésie n’est plus qu’écriture, exercice où l’auteur s’efface au profit d’une réflexion sur le langage, la parole de Fargue nous ouvre le cœur de l’être. Car elle est parole en acte, véritable "chasse au bonheur" dans le ressassement des événements d’une vie, où la biographie ne cesse d’exister qu’au profit de ces "instants" cristallisés que sont les poèmes. Ainsi l’expriment les titres repères. Banalité, c’est l’appréhension du quotidien "vécu." Espaces, la topographie minutieuse et pourtant "rêvée" des lieux. La déambulation, dans une ville de songe qui supplante la cité aux incessantes métamorphoses, avec "Le Piéton de Paris", "Méandres", et "D’après Paris." La conquête toujours renouvelée des terres intérieures, dans "Refuges" ou "Haute Solitude", ces terres du temps qui tremblent sous nos pas et paraissent se dérober, alors que seuls les mots permettent de les transcrire, les connaître, les saisir enfin grâce à une brillante écriture.
"En vain la mer fait le voyage du fond de l'horizon pour baiser tes pieds sages. Tu les retires hélas toujours à temps". Léon-Paul Fargue ou le "Piéton de Paris". Si la ville est bien ce lieu poétique où l’homme s’efforce de définir "le secret de ses jours", elle n’apparaît jamais comme simple décor ou cadre de sa quête. Elle vit en lui, comme il habite en elle. Ainsi s’établit ce dialogue des images-souvenirs, dialogue d’un homme avec lui-même que l’on perçoit aussitôt dans le ton, dès la phrase inaugurale. Nous découvrons ainsi un poète qui se parle en même temps qu’il parle à l’autre, en un dialogue sans cesse repris et poursuivi entre le veilleur et les ombres, entre les choses et la conscience, la sensibilité et l’imaginaire au travail. C’est ainsi que l’explorateur des quartiers familiers de la grande ville n'aspire qu'à reconnaître ces "lointains graves" dont la musique ne cesse de le hanter. À côté ou par-delà les mouvements littéraires de son temps, symbolisme ou surréalisme, il couve sa voix dans l’intimité bouillonnante de Paris, mais aussi dans l’enfance, toujours présente, dans l’amour et ses courses effervescentes, dans la mort et son cortège de masques, dans le voyage, enfin, d’un citadin qui devient le témoin de l’éphémère, car les pierres, les maisons, les êtres aussi,tout échappe à notre saisie. Il ne reste que le poème. "Je ne suis ni philosophe, ni théologien, ni partisan. Peut-être ne suis-je poète que par le drame de voir mourir autour de moi des physionomies et des façades." Humilité dans l'âme.
"C'est déjà bien assez d'être pauvre, s'il fallait encore se priver de tout !". "Tu te tais, je ne dis rien, nous n'en pensons pas plus, peut-être. Mais toutes les lucioles ont tiré leur lampe de poche". De la rue du Colisée à la gare de l’Est, des jouets de l'enfance à la présence-absence du père, du monde des insectes à celui des automobiles, Fargue ne s’arrête pas de voyager. Dans sa mémoire et dans celle de la ville, mais surtout dans le sentiment bref et illuminé d’un instant reconquis. Dans la rue, comme dans le dédale de sa longue phrase ininterrompue. Ainsi il construit et donne à voir sa ville, en architecte et en urbaniste, préférant le poème non versifié (poème en prose) dont il est un des maîtres incontestés, avec Baudelaire et Lautréamont. Avec la déambulation dans la ville, à travers l’œuvre en vers et en prose, un mystère s’impose au lecteur. La vie de la campagne, si présente partout, avec son monde minuscule, au ras de l’herbe, ses insectes, toute cette population, aux noms parfois imaginés. D’où cela vient-il ? Du Jardin des Plantes, à Paris, dont Léon-Paul fut un visiteur assidu dès l’enfance ? Aux habitants des cités devenues inhumaines, la voix de Fargue, en sa modulation grave et tendre, apparaîtra toujours comme une veilleuse, vigilante vigie témoignant pour l’homme et son précaire destin. Fargue était le Cartier-Bresson de la littérature de Paris.
"Tout exprès pour faire briller sur tes yeux calmes la larme que je fus un jour obligé de boire. La mer est assez salée". La province ? Ces mots restent vagues. À André Beucler, compagnon de la NRF et des balades parisiennes, il confie avec précision: "C’est à Chaillac et à Saint-Benoît-du-Sault que je suis devenu poète, en regardant, au bord de l’Anglin, les nasicornes et les nautonectes se faire des confidences avec les fleurets de leurs antennes, échanger de la télépathie sans fil dans un langage de pincettes." Voici un terroir, une géographie qui nous mettent en prise avec une réalité. Mais qu’en est-il de l’œuvre poétique elle-même, de ses références à un réel ? Rares sont les localisations dans la campagne, les noms de lieux en une province précise, alors que l’œuvre s’appuie sur tant de souvenirs et se nourrit d’eux, et se fait à partir de cette alchimie de l’imaginaire avec une mémoire sélective, pour dire justement son enfance et sa découverte du cosmos. Fargue nous apparaît si souvent en exil dans sa ville, à cause des allusions, des rêveries à un pays lointain, celui de sa tendre enfance, à cause de cette "présence" d’une campagne connue puis perdue, heureuse en un mot.
"Une méduse blonde et bleue qui vient s'instruire en s'attristant traverse les étages bondés de la mer, nette et claire". Et le voici au pays de ses enfances, qu’il a toujours reconnu, tel qu’il le retrouve dans les poèmes de "Pour la musique", dont les titres à eux seuls apparaissent comme autant de jalons: "Au pays", avec la magie du nom de Cromac; "Dimanches" et le "parc bleu de pluie" lorsque "ceux qui m’aiment sont là"; ou les habitants de Chaillac, Camélia jouant de l’harmonium et le comte de Beaufort qui "jouera du cor", sous le titre explicite "En vacances". Où l’on découvre aussitôt ces mêmes "insectes" qui hantent telles pages des Poèmes, dès 1905, où surgit "l’âme des soirs de jadis", le bonheur triste éprouvé autrefois dans cette campagne qu’il évoque avec tant de nostalgie: "ô jardin de jadis, veilleuse parfumé." Ce pays qui est celui de sa mère, de son grand-père Joseph Aussudre, le maçon, comme l’attestent quelques autres noms de lieux, sans référence à Chaillac, à travers des Poèmes: "la lisière du Bois-Moine", "le château du Breuil", ou "la route de la Touche."
"Je suis à marée basse, et je peux rentrer pieds nus dans les barques correctes de la vie bourgeoise, digne et sérieuse"."Comme un ascenseur, et décoiffe sa lampe à fleur d'eau pour te voir feindre sur le sable avec ton ombrelle, en pleurant". Poète visionnaire, comme Rimbaud, Léon-Paul Fargue nous entraîne dans les méandres de sa prose, en une sarabande de mots et d’inventions verbales, où les images se présentent en éclats de lumière qui abolissent l’espace et le temps, au profit de la pure vision. C’est alors "un débat dans l’azur" auquel participe le lecteur de manière très étroite, tant est forte l’émotion poétique: cette plongée dans l’éternité, qui nous offre "Vulturne" (1928) se poursuit avec la même intensité, parfois jusqu’au tragique, dans "Haute solitude" (1941). D’une "visitation préhistorique" à la "Danse mabraque", Fargue nous entraîne en une plongée étourdissante, une révélation, une fête des sens et des mots qui ne semble avoir de correspondances qu’avec les Illuminations, ou telles pages de Lautréamont. Derrière le piéton se cache un grand poète.
"Fais-moi quitter le corps visible. J'escaladerai les échelles des épreuves et des blessures, je traverserai les systèmes". C’est au détour de "Danse mabraque" justement, dans une envolée intersidérale où la gare de l’Est elle-même devient astéroïde, que Fargue situe le nom de son village à son plus haut rang: "J’entrai dans une piscine qui servait de lieu de réunion à ceux que le hasard seul maintenait au même endroit de la terre folle. Car on pouvait parfaitement se retrouver, sans la moindre sensation de changement, et d’un instant à l’autre, sur un viaduc, à Parme, à Chaillac. à Melbourne, à Vancouver, au bord du précipice, dans un salon, dans un paquebot. Nous étions, pour d’autres vivants, invisibles encore, mais énormes comme des siècles." Chaillac, le village de sa mère Marie Aussudre et de son grand-père, le paradis bleu des vacances du petit écolier, le voici dans quelques grandes villes du monde, non pas comme repère géographique, mais emblème de la rêverie solitaire qui permet la découverte du cosmos. L’herbe, les grillons, les odeurs du soir. Et par la magie de cette fusion des souvenirs et de l’imaginaire, la campagne de son enfance se présente comme l’un des pôles de l’œuvre, presque à l’égal de Paris. Tant il est vrai que l’espace-temps n’a pas de secret pour le pur poète. Entre Paris, la ville aimée, et la campagne de ses enfances, la gloire de Fargue signe sa poésie et nous la donne en partage.
Œuvres et recueils poétiques:
- Banalité (1928)
- Vulturne (1928)
- Sur un piano bord (1928)
- Ludions (1930)
- Haute solitude (1941)
- Le Piéton de Paris (1939)
- Déjeuners de soleil (1942)
- Refuges (1942)
- Bagatelle sur la beauté (1943)
- Portraits de famille (1944)
- Méandres (1946)
- Maurice Ravel (1946)
- Fantôme de Rilke (1947)
Bibliographie et références:
- André Beucler, "Dimanche avec Léon-Paul Fargue"
- Barbara Pascarel, "Léon-Paul Fargue"
- Claudine Chonez, "Léon-Paul Fargue"
- André Beucler, "Vingt ans avec Léon-Paul Fargue"
- Jean-Claude Walter, "Léon-Paul Fargue"
- Henri Thomas, "À la rencontre de Léon-Paul Fargue"
- Jean-Paul Goujon, "Léon-Paul Fargue, poète et piéton de Paris"
- Pierre Loubier, Léon-Paul Fargue"
- Pierre Sassier, "Léon-Paul Fargue"
- Paul Valéry, "Mon ami Léon-Paul Fargue"
- Jacqueline de Waziers, "Léon-Paul Fargue"
- Jérôme Prieur, "Léon-Paul Fargue"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Ainsi, dans l'année, ma saison favorite, ce sont les derniers jours alanguis de l'été, qui précèdent immédiatement l'automne et, dans la journée, l'heure où je me promène est quand le soleil se repose avant de s'évanouir, avec des rayons de cuivre jaune sur les murs gris et de cuivre rouge sur les carreaux". Rien de plus sciemment étanches que la poésie de Mallarmé et sa vie. Et c'est passionnant de découvrir, sur la durée, comment il a très tôt établi son programme, s'est organisé pour le remplir. Aucune forfanterie, mais la certitude absolue d'être dépositaire de quelque chose d'entièrement neuf, qui allait, il le prévoyait, lui demander du temps et un travail acharné. Si son œuvre intimide, nul mieux que lui en parle. "Définissez la Poésie", lui demande une revue en 1884. Par retour du courrier: "La Poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence. Elle doue d'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle". La détermination de Mallarmé s'exerce dès l'adolescence. Vient le moment alors où il affronte ses grands-parents. Non, il ne fera pas carrière dans l'Enregistrement. "Je le crois moins en rapport avec mes aptitudes que l'Université". Il veut devenir professeur. Pas professeur de lettres, mais de langues. Il veut quitter Sens, où il dépérit chez son père et sa belle-mère. Il est encore mineur quand il s'installe à Londres afin de se préparer à enseigner l'anglais et "mieux lire Poe". Petit-fils attentionné mais ferme, respectueux des convenances mais ne cédant pas sur les exigencesde sa vocation, Mallarmé s'éloigne très vite de sa famille. Il a des cousins, Paul et Victor Margueritte, qui seront ainsi des littérateurs célèbres, des demi-sœurs et "un tas d'égoïsmes ventrus qui sont mes oncles." Personne n'a d'influence sur lui,semble-t-il. Il a connu l'enfermement des pensionnats, et des chagrins qu'il n'évoque pas trois fois. Il est armé, alarmé. Il n'est pas gai. Il est de la génération de Catulle Mendès, de François Coppée, de Villiers de l'Isle-Adam, les interlocuteurs de sa jeunesse. En 1884, Huysmans l'immortalise dans son roman "À rebours". Ses proches aînés sont Théodore de Banville, Léon Cladel, Frédéric Mistral, le peintre Edouard Manet. La Correspondance voit mourir Baudelaire, "un de mes maîtres les plus vénérés", Maupassant et Victor Hugo dont les "Châtiments" circulent sous le manteau, Hugo dont Mallarmé raille des formules comme "le Beau serviteur du vrai" et autres "utilité de l'art", mais trouve miraculeux le recueil "l'Art d'être grand-père" (1877). Est-ce prudence ou pure bonté d'âme ? Il n'est pas malveillant. Aucun ragot. Et c'est merveille de voir comment il accueille les jeunes auteurs. Maurice Barrès, Henri de Régnier, Pierre Louÿs, Paul Valéry, Paul Claudel, André Gide, Henri Barbusse. Ils ont vingt ans quand il en a quarante puis cinquante. A Francis Jammes, vingt-quatre ans, qui vient de lui envoyer son premier recueil: "Comment, vous vous êtes donc fait, si loin, et seul, uninstrument de cette délicatesse. Je les ai connues, ces heures enfouies dans une province et je vous serre la main".
"Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef. La chair est triste, hélas et j’ai lu tous les livres. Fuir ! Là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres d’être parmi l’écume inconnue et les cieux. Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe. Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe sur le vide papier que la blancheur défend et ni la jeune femme allaitant son enfant". "C'est t'apprendre que je suis maintenant impersonnel, et non plus Stéphane que tu as connu, mais une aptitude qu'à l'univers spirituel à se voir, à se développer, à travers ce qui fut moi", écrit Mallarmé, jeune poète de vingt-cinq ans, à son ami Henri Cazalis. Le "Je" qui parle ici n'est plus un moi, c'est-à-dire un individu singulier, le Stéphane que l'ami a autrefois connu. Ce dernier s'est nié comme fin en soi, pour se faire le porte-parole, en tant que "Je" purement poétique, de l'univers, après la perte de la croyance en Dieu, un Dieu transcendant dont on imagine qu'on avait dit à l'enfant: "Le bon Dieu est attentif à toi, Stéphane, à tes joies et à tes peines particulières, il te protège ainsi que les êtres qui te sont chers". Le jeune Mallarmé a perdu la foi en ce Dieu qui lui a ravi successivement sa mère, sa sœur, sa petite amie, de façon qu'il estime cruelle et injuste. Adolescent, il abandonne les pratiques de la foi, rencontre le néant de l'athéisme. L'abandon des pratiques religieuses se conclura par la négation athée de Tournon où il est jeune professeur d'anglais, âgé de vingt-trois ans, après la lutte triomphante contre ce "méchant plumage terrassé, heureusement, Dieu". Stéphane Mallarmé est né le dix-huit mars1842 à Paris. Après la mort de sa mère, en août 1847, et le remariage du père, l'enfant, recueilli avec sa sœur Maria par les grands-parents maternels, est mis en 1850 dans une pension mondaine, puis en 1852 chez les frères des écoles chrétiennes à Passy. Élève médiocre, il est renvoyé de la pension en 1855 pour insoumission, et entre l'année suivante comme pensionnaire au lycée impérial de Sens, ville où son père est depuis 1853 conservateur des hypothèques. C'est au lycée de Sens que Mallarmé, marqué par un nouveau deuil avec la mort de Maria en 1857, fait son véritable apprentissage littéraire. Apprentissage tout académique, avec la "Cantate pour la première communion" (juin 1858) et "La Prière d'une mère" (juillet 1859) mais plus personnel aussi avec le recueil "Entre quatre murs" où se révèle alors l'influence d'Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Théodore de Banville, et ave l'anthologie de huit mille vers qu'il calligraphie alors en 1860 sous le titre de "Glanes", des poètes du XVIème siècle aux poètes contemporains, en particulier Charles Baudelaire et Edgar Poe pour lesquels, il éprouve de l'admiration.
"Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, lève l’ancre pour une exotique nature. Un ennui, désolé par les cruels espoirs, croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs. Et, peut-être, les mâts, invitant les orages, sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages. Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots. Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots". Cette même année 1860, il est reçu bachelier, et, suivant la tradition familiale, fait son "premier pas dans l'abrutissement" en entrant comme surnuméraire chez un receveur de l'Enregistrement. C'est de 1862 que datent les premières publications: articles, notamment le fameux "Hérésies artistiques", "L'Art pour tous", et poèmes:"Placet", "Le début du Guignon", "Le Sonneur", que date aussi sa liaison avec une gouvernante allemande, Maria Gerhardt, de sept ans son aînée. En novembre, le poète, qui veut quitter l'Enregistrement pour l'enseignement de l'anglais, s'embarque pour Londres avec Maria, qu'il épousera par devoir après bien des péripéties, le dix août 1863. Au terme de ce séjour londonien, il est déclaré apte à l'enseignement de l'anglais et chargé de cours en septembre1863 au lycée de Tournon. À Tournon, Mallarmé passera trois années décisives pour son évolution intellectuelle et spirituelle. C'est sous le signe du taedium vitae que commence alors en tout cas cet exil ardéchois pour le poète,désormais majeur et chargé d'âmes, qui découvre, avec les misères de l'enseignement, l'ennui de la vie de province et le démon de l'impuissance poétique. Les poèmes de ces premiers mois de Tournon multiplient les variations sur le spleen et l'idéal baudelairiens, mais "La Genèse d'un poème d'Edgar Poe" lui révèle en même temps que la poésie n'est pas seulement l'aveu d'un idéalisme absolu, mais aussi un travail sur le vers en vue de l'effet à produire. C'est sous ce double patronage de Baudelaire et de Poe, et avec l'espoir, grâce à Banville, d'être joué au Théâtre-Français, qu'à l'automne de 1864 Mallarmé commence sa tragédie d'"Hérodiade", qu'il abandonne provisoirement en juin pour rimer "un intermède héroïque, dont le héros est un faune". Ce "Monologue du faune", soumis à Banville et à Coquelin en septembre, ne trouve pas grâce à leurs yeux, si bien qu'en octobre, lorsque le poète revient à son héroïne hivernale, "Hérodiade" n'est plus tragédie mais poème. À la scène, sans doute terminée à la fin de 1865, il envisage alors d'adjoindre une ouverture musicale (l'"Ouverture ancienne"), à laquelle il travaille pendant les premiers mois de 1866.
"Le printemps maladif a chassé tristement l’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide, et, dans mon être à qui le sang morne préside l’impuissance s’étire en un long bâillement. Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne qu'un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau et triste, j’erre après un rêve vague et beau, par les champs où la sève immense se pavane". C'est dans ce contexte qu'il fait à Pâques un séjour à Cannes chez Eugène Lefébure, au terme duquel il écrit à Henri Cazalis, évoquant son travail sur l'Ouverture: "En creusant le vers à ce point, j'ai rencontré deux abîmes, qui me désespèrent. L'un est le néant, auquel je suis arrivé sans connaître le bouddhisme, et je suis encore trop désolé pour pouvoir croire même à ma poésie et me remettre au travail, que cette pensée écrasante m'a fait abandonner. Oui, je le sais, nous ne sommes que de vaines formes de la matière, mais bien sublimes pour avoir inventé Dieu et notre âme. Si sublimes, mon ami, que je veux me donner ce spectacle de la matière, ayant conscience d'elle et, cependant, s'élançant dans le rêve qu'elle sait n'être pas, chantant l'âme et toutes les divines impressions pareilles qui se sont amassées en nous depuis les premiers âges et proclamant, devant le rien qui est la vérité, ces glorieux mensonges. Tel est le plan de mon volume lyrique et tel sera peut-être son titre, "La Gloire du mensonge",ou "Le Glorieux Mensonge". Je chanterai en désespéré". "Hérodiade", dans laquelle il dira s'être mis tout entier sans le savoir, est ainsi dans l'évolution de Stéphane Mallarmé l'œuvre charnière, et le lieu d'une crise essentielle par laquelle le poète découvre, outre le néant sous les mots, l'immanence de la divinité dans l'âme humaine et celle de la poésie, ou de la beauté, dans le langage. Cette révélation décisive, qui aura pour effet d'ajourner tout travail d'écriture alors même que la publication de dix de ses poèmes dans "Le Parnasse contemporain" le douze mai consacre une prime notoriété, inaugure pour Mallarmé deux années de spéculations sur le grand oeuvre, et de fréquentation de l'absolu. Ainsi écrit-il en mai 1867 à Cazalis: "Je viens de passer une année effrayante. Ma pensée s'est pensée, et est arrivée à une conception pure. Tout ce que, par contrecoup, mon être a souffert, pendant cette longue agonie, est inénarrable, mais, heureusement, je suis parfaitement mort, et la région la plus impure où mon esprit puisse s'aventurer est l'éternité. C'est t'apprendre que je suis maintenant impersonnel et non plus Stéphaneque tu as connu, mais une aptitude qu'a l'univers spirituel à se voir et à se développer, à travers ce qui fut moi."
"Fuir ! Là bas fuir ! Je sens que les oiseaux sont ivres d’être parmi l’écume inconnue et les cieux. Dire au peintre qu'il faut prendre la nature comme elle est, vaut de dire au virtuose qu'il peut s'asseoir sur le piano. Toute chose sacrée qui veut demeurer sacrée s'enveloppé de mystère". Un an plus tard, il écrit encore à François Coppée: "Pour moi, voici deux ans que j'ai commis le péché de voir le rêve dans sa nudité idéale. Et maintenant, arrivé à la vision horrible d'une œuvre pure, j'ai presque perdu la raison. Décidément, je redescends de l'absolu mais cette fréquentation de deux années me laissera une marque dont je veux faire un sacre." Le dix-huit juillet, il envoie ainsi à Cazalis le "Sonnet allégorique" de lui-même, première version du sonnet en -ix, inaugurant cette logique nouvelle de la poésie qui se veut une réflexion du langage. Les années 1869-1870 consacrent en tout cas la fin d'une crise de quatre ans: après la découverte, par la lecture de Descartes, de la notion de fiction, c'est un conte,"Igitur", qui, par une espèce d'homéopathie littéraire, doit exorciser le démon de l'impuissance et par là même liquider la crise de l'absolu, et c'est la science linguistique qui va permettre à Mallarmé de donner un fondement scientifique à son œuvre. Ni "Igitur", ni la thèse envisagée ne seront menés à terme, mais lorsqu'en septembre1871, au terme d'un congé de vingt mois, Mallarmé s'installe enfin à Paris, il redevient, selon ses propres termes,"un littérateur pur et simple", celui qui sait enfin que tout le mystère humain tient dans le seul génie des lettres. Parallèlement à un travail souterrain de réflexion sur le langage et la divinité, dans le prolongement de la thèse abandonnée, travail dont témoignent des ouvrages qui ne sont pas qu'alimentaires: "Les mots anglais" (1878),"Les Dieux antiques" (1880), les années soixante-dix voient fleurir les publications: la scène d'Hérodiade dans le deuxième Parnasse contemporain en 1871, "Toast funèbre" (1873), "L'Après-Midi d'un faune", destiné à l'origine au troisième Parnasse contemporain, mais refusé et publié en édition de luxe (1876), la préface à Vathek, l'article sur les impressionnistes et Manet et le "Tombeau d'Edgar Poe" la même année, sans parler de "La Dernière Mode", dont le poète, sous divers pseudonymes, rédige seul en tout huit numéros entre septembre et décembre 1874.
"L’amour est une infidélité envers soi-même. La poésie est l’expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence. Elle doue ainsi d’authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle". Mais la fin de cette décennie est marquée par un drame personnel, la mort de son fils Anatole, né en 1871, après une maladie de six mois, drame dont témoignent les notes préparatoires à ce qui eût dû être le "Tombeau d'Anatole". Deux publications, au tiers des années 1880, vont soudain gagner à Mallarmé une audience plus large: "Les Poètes maudits" de Verlaine en novembre et décembre 1883, et surtout, en mai 1884, "À rebours" de Joris-Karl Huysmans, en l'honneur de qui sera publiée en 1885 l'énigmatique "Prose pour des Esseintes". En ce milieu des années 1880 où la mort de Victor Hugo libère symboliquement le champ de la poésie, Stéphane Mallarmé devient, bien malgré lui, avec Paul Verlaine, le modèle d'une nouvelle génération et le parrain du symbolisme naissant, lancé par Jean Moréas dans son manifeste du Figaro en septembre 1886. Mais les poèmes qu'il publie ou republie alors ne sont pour lui que la petite monnaie d'une ambition plus vaste. C'est en 1885 encore, peu après avoir écrit sa "Rêverie d'un poète français" sur Richard Wagner, où il se pose en émule du théoricien de l'art total, qu'il révèle à Verlaine son rêve du grand œuvre, conçu comme l'"explicationorphique de la Terre, qui est le seul devoir du poète et le jeu littéraire par excellence". Ces spéculations sur le grand œuvre, tantôt livre tantôt théâtre, feront la matière de divers articles que Mallarmé en 1897 réunira avec ses poèmes en prose sous le titre de "Divagations". Mais cette neuve célébrité crée aussi une demande nouvelle, et de cette époque date le premier recueil des Poésies, l'édition photo-lithographiée de 1887, pour laquelle Mallarmé révise nombre de ses poèmes anciens. Les Mardis, jours où il reçoit, ont désormais valeur d'initiation pour de apprentis poètes qui ont pour noms Pierre Louys, Paul Valéry, André Gide, Paul Claudel, et le maître de la rue de Rome, à la retraite depuis 1894, devient un personnage quasi officiel qui préside banquets et comités, avant d'être élu prince des poètes en 1896. En même temps qu'il prépare une nouvelle édition d'ensemble de ses Poésies qui, à la suite de multiples retards, ne paraîtra qu'après sa mort en 1899 chez l'éditeur belge Edmond Deman, d'autres projets occupent ses dernières années: Un coup de dés jamais alors n'abolira le hasard, cette partition qui découvre à la poésie un espace nouveau, et dont un premier état paraît en mai 1897 dans la revue Cosmopolis, et Les "Noces d'Hérodiade", destinées à compléter enfin la scène seule publiée d'un "Prélude" et d'un "Finale".
"Éclat, lui, d’un météore, allumé sans motif autre que sa présence, issu seul et s’éteignant. Tout, certes, aurait existé, depuis, sans ce passant considérable, comme aucune circonstance littéraire vraiment n’y prépara. Le cas personnel demeure, avec force". L'Idéal fictif d'Igitur est bien l'équivalent d'un cogito ergo sum, d'un lien de conséquence que dit igitur, mot latin signifiant "donc, par conséquent". Non pas "je pense donc je suis", mais "je me suicide idéalement, je tue en moi le moi, donc je suis le soi du monde". Alors, en me faisant douloureusement le porte-parole devenu le soi impersonnel du Monde, je suis enfin. Le Je n'est plus ici le sujet "concret", synthèse d'un moi particulier et d'un soi universel, puisqu'écrire, c'est mourir comme Moi pour renaître comme Soi. Toutefois tant que dure l'acte, c'est encore le moi qui se met au service du soi universel et substantiel du monde, le sujet concret perdure donc. Mais le terme fictif, est la situation-limite, asymptotique et apathique, en quelque sorte indolore, du poète mort à la tâche. Tant qu'Igitur continue d'écrire, tant qu'il puise dans l'encrier la goutte noire, il continue de vivre et de souffrir dans son moi la douleur du monde. Mais cette douleur est l'envers de la joie que lui donne et nous donne l'harmonie de ses vers, reflet de l'harmonie du verbe, celle de la musique du monde. Beauté tragique, puisqu'il s'agit de la tragédie de la nature, drame solaire des jours et des nuits, alternance et retour des saisons, puisque la nuit entropique finira par triompher du jourselon le principe thermodynamique de Clausius connu de Mallarmé. Ce principe scientifique obsède l'imaginaire de l'époque et les textes littéraires, romanesques, théâtraux, poétiques, évoquant la fin de l'univers par refroidissement du feu solaire sont très nombreux. En réponse aux constellations qui ont allumé la Terre, puis la Vie et l'Esprit, le poète tente une douloureuse et sublime constellation verbale en direction du ciel. Ainsi écrit-il, à la fin, "rien n'aura eu lieu que le lieu, excepté, peut-être, une constellation. La musique est ici, au-delà de toute technique du poème, le symbole de quelque chose qui, s’il ne peut plus se confondre avec les représentations de l’ordre cosmique véhiculé par les grands mythes religieux, ne saurait être le chaos. Les rapports de hauteur et de rythme qui sont la grammaire de la musique sont le signe de l’existence de rapports, infinis, de quelque axiome secret en quoi l’univers consisterait.
"Nommer un objet c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à peu. Eneffet, le suggérer, voilà le rêve. Il doit y avoir toujours énigme en poésie, et c'est le but de la littérature, il n'y en a pas d'autres d'évoquer les objets". Hélas, la mort prématurée de Stéphane Mallarmé le neuf septembre 1898 à Valvins en Seine-et-Marne, des suites d'un étouffement, interrompt ainsi, en laissant une œuvre inachevée et l'énigme majeure du "Livre", une aventure intellectuelle et littéraire sans équivalent dans la poésie française. Ce modeste fonctionnaire aura été en effet l'agent d'une véritable révolution poétique. Parti du rêve de faire de la poésie, par un idéalisme forcené, une langue au-delà de la langue, Mallarmé a découvert, par la poésie même, que la poésie est tout entière dans la langue, mais qu'elle réveille aussi, à côté de la logique purement économique de signification, la fonction symbolique du langage, c'est là le double état de la parole, telle qu'elle se révèle dans le processus mythologique démonté au même moment par la linguistique. En avouant, au sortir de ses années de crise, qu'il avait à "revivre la vie de l'humanité depuis son enfance et prenant conscience d'elle-même", Mallarmé entreprenait en somme de se réapproprier, par la linguistique et par la poésie, une histoire idéale du langage: de l'inconscient originel générateur de tous les mythes et représentations jusqu'à la conscience poétique. Ou de l'âge théologique fondé en Dieu jusqu'à l'âge moderne de la fiction dont la "pièce principale" est ce "Rien qui est la vérité". Car la poésie, en tant qu'elle est par excellence la conscience du langage, n'est rien d'autre pour Mallarmé que le terme et le couronnement de l'évolution vers cette "divinité de l'Intelligence" qu'il s'était proposé d'étudier dans sa thèse latine sur la divinité. Et s'il est vrai que mythes et religions ont leur bible, la poésie elle-même ne peut rêver d'autrefin que le Livre pour cette apocalypse, proche ou lointaine, de la fiction. Synthèse de tous les arts et de tous les genres, à la fois journal, théâtre et danse, le "Livre", constitué de feuillets séparés, devait être lu en public par son auteur, variant à l'infini les combinaisons des différents feuillets, suivant un rituel quasi religieux. Mais emporté par la maladie avant l’achèvement de cette œuvre, le poète va hélas laisser son œuvre absolue à l'état d'énigme.
Bibliographie et références:
- Joseph Attie, "Mallarmé, Le Livre"
- Alain Badiou, "Stéphane Mallarmé"
- Antoine Bonnet, "Mallarmé et la musique"
- Pierre Beausire, "Essai sur la poésie de Mallarmé"
- Éric Benoit, "Les poésies de Mallarmé"
- Jean-François Chevrier, "L'art moderne selon Mallarmé"
- Patrick Laupin, "La folie utile dans l'œuvre de Mallarmé"
- Henri Mondor, "Vie de Mallarmé"
- Jean-Luc Steinmetz, "Stéphane Mallarmé"
- André Stanguennec, "Mallarmé et l'éthique de la poésie"
- K. D. Sethna, "Mallarmé, un théâtre de l'esprit"
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"Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et non plus s’il existe une différence entre rêver et vivre. J'ai toujours imaginé le paradis comme une sorte de bibliothèque. Nous pouvons discuter le tango et nous le discutons, mais il renferme, comme tout ce qui est authentique, un secret. Ordonner une bibliothèque est une façon silencieuse d’exercer l’art de la critique". C’est l’une des œuvres les plus énigmatiques du XXème siècle. De poème en poème, de nouvelle en nouvelle, d’essais en textes divers et variés, Jorge Luis Borges (1899-1986) aura poursuivi toute sa vie un travail d’écriture par petites touches successives, à la manière des peintres pointillistes. Comme pour un tableau, c’est en prenant de la distance que l’on comprend sa production. À sa mort en 1986, Borges nous a laissé une œuvre foisonnante, féconde, déroutante. Son travail a été si marquant qu’il est aujourd’hui l’un des auteurs les plus cités par les écrivaines et écrivains eux-mêmes. Né en Argentine en 1899, la même année qu’Ernest Hemingway, Borges aura vécu un quart de siècle de plus que l’auteur du "Soleil se lève aussi". Toutefois, c’est pratiquement aveugle que le créateur de "Fictions" et du "Livre de sable", ses deux ouvrages majeurs, a traversé une bonne partie de sa vie d’adulte. En 1955, alors que la cécité, mal héréditaire dont son père avait également souffert, l’avait gagné peu à peu, Borges a été promu à la direction de la Bibliothèque nationale de Buenos Aires à l’occasion d’un de ces coups d’État militaires dont l’Argentine a le secret. Un directeur de bibliothèque aveugle ! C’était le genre d’ironie qui ne pouvait que le ravir. D’autant plus que la fascination qu’exerçaient sur lui les livres était déjà bien ancrée avant qu’il accède à ce poste, qu’il allait conserver pendant près de vingt ans. Après tout, il était alors l’auteur de "La Bibliothèque de Babel", métaphore de la bibliothèque-univers. On lui offrit aussi dans les mêmes années une chaire de littérature anglaise et américaine à l’Université de Buenos Aires. "La cécité progressive n’est pas une chose tragique. C’est comme unsoir d’été qui tombe lentement", dit-il dans "Le livre de sable". Borges fait avant tout un travail sur les mots, sur le langage, sur ce qui peut se cacher derrière le récit. Un questionnement sur le vrai et le faux, le fond et la forme. L’impossible s’oppose au possible, le visible à l’invisible. Ses thèmes concernent les labyrinthes, les miroirs, les puzzles, les encyclopédies et les bibliothèques, comme autant de représentations du monde. Il s’intéresse aux travaux de ses prédécesseurs tels que Dante, Cervantès et Shakespeare, mais cela ne l’empêche pas d’écrire sur des livres qui n’ont jamais été écrits. Il a ainsi signé un grand nombre de préfaces et de textes de toutes sortes autour de livres, d’auteurs inventés. C’est que dans son monde, il y a plusieurs versions de nous-mêmes, on est jamais tout à fait soi, jamais tout à fait un autre. Le réel et l'imagination sont aussi vrais et faux l’un que l’autre.
"Le livre n’est pas une entité isolée, il est une relation, il est l’axe d’innombrables relations. Les pas que fait un homme, de sa naissance à sa mort, dessinent dans le temps une figure vraiment inconcevable. L'intelligence divine voit cette figure immédiatement, comme nous voyons un triangle. Cette figure a peut-être sa fonction bien déterminée dans l'économie de l'univers". Lire Borges, c’est également nous interroger sur notre rapport à la lecture. Est-ce l’auteur ou le lecteur qui écrit le texte ? C’est comme si l’Argentin voulait laisser toute la place au lecteur pour qu’il s’approprie le texte et en fasse sa propre histoire. Comme si, au fond, c’était la littérature elle-même qui était contestée. Il n’y a pas d’interprétation officielle d’un texte de Borges. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de le lire et de le faire sien. Pour lui, la littérature était "comme une série d’impressions sur le langage et, bien entendu, sur l’imagination". Ses livres les plus connus sont des recueils de nouvelles. Dans son autofiction "Inside Story", le romancier britannique Martin Amis avait une définition très personnelle de ce genre littéraire. "Une nouvelle, c’est un texte plus court qu’un roman. Et les romans sont plus longs que les nouvelles", notait-il, moqueur. Amis voulait ainsi illustrer que des textes brefs pouvaient avoir la même puissance que des romans, sinon davantage. Et c’est là tout le génie de Borges. Jorge Luis Borges a influencé toute une génération d’auteurs. Dans "Le nom de la rose", l’écrivain italien Umberto Eco s’inspire ainsi de "La Bibliothèque de Babel" pour concevoir la bibliothèque labyrinthique de sa fameuse abbaye. Pas si surprenant qu’un sémioticien comme Eco soit ainsi fasciné par le travail de Borges sur la relation entre le lieu physique, la bibliothèque, et sa puissance utopique de concentration de tout le savoir du monde en un seul endroit à la fois ouvert et impénétrable. Dans "Le nom de la rose", le directeur de la bibliothèque se nomme Jorge de Burgos.Tout comme Borges, Salman Rushdie aime présenter ses écrits comme des contes. Il y a une familiarité entre le réalisme magique de l’auteur indo-britannique et l’œuvre de Borges. On associe parfois certains textes de Borges à une forme de science-fiction, et l’on pourrait dire la même chose à propos du travail de Rushdie. Dans "Joseph Anton", son livre de mémoires, ce dernier se rappelle un séjour à Buenos Aires au cours duquel il rencontra la veuve de Borges et visita la maison où avait vécu l’écrivain. Il y avait une pièce entière remplie d’encyclopédies, dans laquelle il crut même apercevoir celle contenant l’article sur le pays d’Uqbar, contréeimaginée par Borges dans son très fameux conte "Tlön, Uqbar, Ortis Tertius", paru dans l'ouvrage "Fictions".
"Le poème est plus beau si nous devinons qu'il est l'expression d'un désir et non le récit d'un fait. Il me dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n'ont de commencement ni de fin". Jorge Luis Borges est né le vingt-quatre août 1899 à Buenos Aires (Argentine). Issu d'une famille aisée et cultivée, il est élevé par une gouvernante anglaise et apprend l'anglais avant même de savoir parler l'espagnol. En 1914,on l'envoie faire ses études supérieures à Genève, où il apprend l'allemand et le français. De 1919 à 1921, il réside en Espagne. De retour dans son pays, Jorge Luis Borges s'intègre à l'avant-garde littéraire argentine, le mouvement dit "ultraïste". Son grand maître à penser est l'écrivain Macedonio Fernandez. En 1955, il est nommé Directeur de la Bibliothèque Nationale de Buenos Aires, poste qu'il conservera jusqu'à ce qu'une cécité presque totale l'oblige à abandonner ses fonctions. Cette cécité n'empêche cependant pas l'écrivain de voyager et de donner des cours, tant dans son pays qu'en Europe et en Amérique. L'œuvre de Jorge Luis Borges, l'une des plus connues d'Amérique latine en Europe et dans le monde, est multiple et déroutante. Borges est d'abord un poète. Mais c'est aussi un conteur et un essayiste. Toutefois, aucun de ces noms ne lui convient vraiment, car il a une manière à lui d'être poète, conteur ou essayiste. D'un côté, c'est un cosmopolite incorrigible. De l'autre, un amoureux de sa ville, Buenos Aires, et de son pays. Les premières œuvres de Jorge Luis Borgesse signalent précisément par un lyrisme sentimental et nostalgique: "Ferveur de Buenos Aires" (1923), "Lune d'en face" (1925)," La Dimension de mon espérance" (1926), "La Langue des Argentins" (1928), "Cahier San Martin" (1929) et "Evaristo Carrriego" (1930). Cette veine sentimentale et nostalgique ne sera d'ailleurs jamais complètement absente du reste de son œuvre, et particulièrement de ses poèmes ultérieurs. Mais dès 1925,Borges inaugurait le genre du conte-essai qui allait le rendre célèbre, avec ses "Enquêtes". Citons la majeure partie de ces livres: "Discussion" (1932), "Histoire universelle de l'infamie" (1935), "Histoire de l'éternité" (1936),"Le Jardin des sentiers qui bifurquent" (1941), "Fictions" (1944), "L'Aleph" (1949), "L'Auteur et autres textes"(1960). Aucune de ces œuvres, composées d'histoires ou d'essais généralement très courts, ne peut être séparée des autres. L'ensemble constitue le "cosmos" propre de Borges, un cosmos déroutant, sophistiqué, métaphysique qui n'a pas son pareil dans la littérature mondiale, à l'exception peut-être de celui d'Edgar Poe.
"Après la quarantaine, tout changement est un symbole détestable du temps qui passe. Dans un poème ou dans un conte, le sens n'importe guère. Ce qui importe, c'est ce que créent dans l'esprit du lecteur telles ou telles paroles dites dans tel ordre ou selon telle cadence". L'un des contes les plus fameux de Borges s'appelle "La Bibliothèque de Babel" (dans "Fictions"). L'auteur imagine une bibliothèque infinie, contenant la totalité des livres possibles, y compris leurs innombrables variantes. Dans ce cauchemar spéculatif, une race d'hommes angoissés erre à travers les salles, cherchant le Livre des Livres, le livre qui répondrait à toutes les énigmes. Cette quête dure également depuis une éternité, dans leur désespoir, les hommes ont parfois brûlé des livres. Qui sait, demande Borges, si le fameux "Livre des Livres" existe encore ? Car, bien entendu, chaque livre est unique. Ce petit conte, l'un des plus parfaits de son oeuvre, est comme la métaphore de celle-ci. D'autres contes nous introduisent dans des labyrinthes, des espaces de miroirs, dans des mondes où les "moi" ne savent plus s'ils existent ou s'ils sont rêvés (comme dans "Les Ruines circulaires", dans "Fictions") par un "Dieu" inconnu. Dans "Enquêtes", un personnage d'ailleurs réel, Pierre Ménard, passe sa vie à réécrire Don Quichotte en espagnol, au début du XXème siècle. Borges s'amuse à comparer les deux Don Quichotte, qui sont pourtant formellement identiques. Irineo Funes, dans "Fictions", a une mémoire tellement développée qu'il met une journée à se rappeler la journée antérieure. L'œuvre de Borges s'enfonce dans un labyrinthe de sophismes vertigineux, dont on ne sait s'ils sont purement verbaux ou métaphysiquement profonds. Les références, souvent distraites, malgré leur érudition à des philosophes du solipsisme comme Georges Berkeley, David Hume, Arthur Schopenhauer, Emmanuel Kant ou Benedetto Croce ne doivent pas nous faire confondre ces"enquêtes" avec des "enquêtes" philosophiques: Jorge Luis Borges n'est ni essayiste ni philosophe, mais son jeu avec les notions et les êtres a quelque chose de grisant et de glacé. Un style élégant, froid et cérémonieux, paraissant alors d'une logique imperturbable, transmet au lecteur les plus folles spéculations, à une distance elle-même infinie de la vie "ordinaire". Mais à n'importe quel moment, dans le conte ou l'essai le plus étrange, l'autre Borges, celui de Buenos Aires, de ses rues, de ses maisons, de ses cours, de ses faubourgs qui se perdent dans l'immense pampa, réapparaît, perdu cette fois dans un autre vertige, celui de la nostalgie d'unpassé personnel ou national qui, peut-être, n'a jamais existé. L'écrivain n'a jamais renoncé à ses racines.
"Que voulez-vous que je dise de moi ? Je ne sais rien de moi! Je ne sais même pas la date de ma mort. Une doctrine philosophique est au début une description vraisemblable de l'univers. Les années tournent et c'est un pur chapitre, sinon un grand paragraphe ou un nom, de l'histoire de la philosophie". L'œuvre peut donc emplir d'angoisse ou ravir l'intellect, angoisser et ravir à la fois, selon le lecteur. Il est évident qu'elle n'est pas "facile",pas "populaire". Parée des prestiges d'une érudition peut-être en partie feinte, Borges n'ayant pas lu tout "Babel",elle semble éloignée du réel, du charnel, et également des sentiments. Elle est en blanc et noir, polarité sur laquelle l'auteur, devenu aveugle comme le bibliothécaire de l'un de ses récits, a aussi écrit de belles pages. On a parlé à propos de Borges d'"esthétique de l'intelligence", d'hédonisme, mais cet esprit labyrinthique résiste à toutes les définitions, à toutes les classifications: semblable à quelque mollusque marin, il a créé un coquillage d'une complexité merveilleuse dont le plan, le projet initial resteront à jamais incompréhensibles. La poésie de Jorge Luis Borges, "Poèmes 1923-1958", rassemblés dans les "Œuvres complètes", publiées en 1964, et "L'Ordes tigres" (1974), ne peut pas être séparé du reste de son œuvre. Les mêmes thèmes s'y retrouvent: le chaos du monde, les doubles, la transmigration des âmes, l'annulation du moi, la coïncidence de la biographie d'unhomme avec celle de tous les autres hommes, le panthéisme, l'éternel retour, la mémoire. Et la même oscillation entre un univers intellectualisé et pour ainsi dire bardé de citations, et un univers nostalgique ou Borges évoque soudain le Rio de la Plata, un faubourg animé de Buenos Aires, l'immensité déroutante de la pampa. Ici, naturellement, ces thèmes prennent la forme d'images qui sont obsessivement répétées de poème en poème, de recueil en recueil. L'auteur a longtemps écrit des sonnets extrêmement travaillés du point de vue formel. La cécité l'a obligé, en dictant ses poèmes et ses contes, à revenir à des formes plus simples, plus populaires et plus "orales". C'est ainsi que ses contes, qui étaient alors auparavant des merveilles de sophistication, se rapprochèrent de plus en plus des contes de la tradition littéraire argentine, comme ceux d'Horacio Quiroga.
"La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes. Un écrivain croit parler de beaucoupde choses, mais ce qu'il laisse s'il a de la chance, c'est une image de lui". Jorge Luis Borges a eu une énorme influence sur la littérature de son pays, et notamment sur un écrivain plus jeune comme Julio Cortazar. So nunicité, naturellement, l'empêche d'avoir une postérité. Au milieu des romanciers argentins engagés dans la réalité sociale et politique convulsée de leur temps, il paraît comme figé dans l'éternité de ses obsessions et de ses fantasmes. Il est vrai que ses opinions notoirement conservatrices ne transparaissent aucunement dans ses livres. On a parfois accusé Borges d'être cosmopolite, d'être étranger à la réalité latino-américaine.Mais, bien qu'il soit fort peu intéressé, par exemple, par les mythologies préhispaniques, alors qu'il donne des cours à Buenos Aires sur les mythologies celtes et nordiques, il est encore latino-américain, paradoxalement, par son sens du cosmos, du fantastique, de l'immensité spatiale et temporelle, et il ne serait sans doute pas difficile de retrouver dans l'œuvre d'un Garcia Marquez, par ailleurs si différente, des obsessions analogues. Son cosmopolitisme lui-même n'est pas n'importe quel cosmopolitisme. C'est celui de Buenos Aires, la grande ville des immigrés, ouverte alors à la fois sur l'Europe et sur l'Amérique, et séparée de cette Europe et de cette Amérique par les deux immensités de la mer et de la pampa. Durant les dernières décennies de sa vie, Jorge Luis Borges avait multiplié les livres d'entretiens: avec Georges Charbonnier (1967), Jean de Milleret (1967), Richard Burgin (1972), Maria Esther Vasquez (1977), Willis Barnstone (1982), Osvaldo Ferrari (1984). Ses deux derniers recueils: "Le Chiffre" (1981) et "Les Conjurés" (1985) sont dédiés à Maria Kodama, qu'il épousa en avril 1986. Il est décédé à Genève deux mois plus tard, le quatorze juin 1986, à l'âge de quatre-vingt-six ans. L’abondante littérature à la gloire de l’écrivain argentin s’est employée à gommer les méandres de sa trajectoire,comme si elle avait eu pour unique dessein de se livrer au culte du pur écrivain, spécimen contemporain le plus achevé de l’homme de lettres, devant tout à son seul génie littéraire et dont la genèse se résumerait à un halo d’allusions, d’anecdotes et de bizarreries. Borges a lui-même fortement contribué à ce minutieux effort de "spiritualisation" croissante de ses œuvres, traitées et reconnues comme autant de prouesses enchantées.
"Toute destinée, si longue, si compliquée soit-elle, compte en réalité un seul moment: celui où l'homme sait une fois pour toute qui il est. D’autres se targuent des pages qu’ils ont écrites, moi je suis fier de celles que j’ai lues". Borges a été élevé dans un environnement familial tourné vers les lettres. Outre son père Jorge Guillermo et Macedonio Fernández, qu’il appela plus tard son maître, participaient aux rencontres habituelles du dimanche soir, chez ses parents, à Palermo, dans les faubourgs de Buenos Aires, plusieurs personnalités qui devaient marquer sa formation et orienter certains infléchissements de son parcours, le désignant rapidement comme un leader intellectuel, à mi-chemin entre l’expression de la plainte et la contestation. Bien qu’il ait alors connu d’incessants changements de trajectoire, d’objectifs, de sentiments, ses lettres de jeunesse permettent ainsi d’apprécier l’intensité avec laquelle il fait de la vocation d’écrivain une planche de salut. Il se livre corps et âme à l’office littéraire, entre contrariétés et euphories, soutenu par la fougue ésotérique dont alors il revêt l’activité créatrice. L’errance familiale, l’incessante quête d’une guérison, les cassures entraînées par les opérations successives purent introduire une part de flottement et d’irréalité dans l’éducation des enfants. L’inébranlable confiance du jeune Borges en son potentiel d’intellectuel prit corps au milieu des turbulences familiales. Leurs déplacements organisaient le temps de chacun autour des progrès de la cécité, une maladie congénitale qui avait frappé six générations de la branche paternelle de la famille. Le fils devait donc avoir conscience qu’elle ne pouvait alors manquer tôt ou tard de le rattraper. De fait, à l’approche de ses cinquante ans et après huit interventions chirurgicales, Borges allait perdre la vue. En Suisse, Georgie apprit le français au lycée, langue qu’il maîtrisait parfaitement à l’écrit et à l’oral. Il s’investit également dans un apprentissage autodidacte de l’allemand, dont il se sortit si bien qu’il se risqua alors à traduire lui-même, des poèmes expressionnistes.
"On observera que la conclusion précéda sans doute les preuves. Qui se résigne à chercher des preuves d'une chose à laquelle il ne croit pas ou dont la prédication ne l'intéresse pas". Au contraire de ce que soutient une certaine prose promouvant l’avant-garde littéraire argentine, le jeune Borges ne fut jamais confiné aux revues d’avant-garde. Dès les premiers temps de son retour à Buenos Aires, il avait été invité à collaborerdans divers espaces contrôlés par l’establishment littéraire de la ville. La réussite culmina avec la proposition qui lui fut faite de tenir une chronique mensuelle dans le quotidien "La Prensa". Cette intense circulation au sein du champ intellectuel et journalistique argentin contribua de façon décisive à rehausser l’impact de sesécrits. La lecture attentive des premiers livres de Jorge Luis Borges, dans les deux genres dans lesquels il exerça ses penchants nationalistes, la poésie et l’essai, permet de cerner le réseau de significations dont il nourrit ses écrits et son militantisme intellectuel à la tête du mouvement de rénovation littéraire au cours des années 1920. Le jeune Borges ne craignit pas le combat idéologique, y compris celui que l’on engage dans l’arène conceptuelle des classifications. Il redonna vigueur et caractère à la notion archaïque de "criollidad", en lieu et place de celle d’"argentinité", et chercha à situer, désigner et valider les traductions matérielles et symboliques de cette manière d’être parmi la culture populaire, dans la tradition littéraire et chez les auteursqui lui paraissaient le mieux à même d’en incarner et d’en défendre la force. Plutôt que l’approche passéiste, Borges s’efforça de trouver d’autres fondements au renouveau des mythes "criollos", en les adaptant alors aux circonstances changeantes des luttes idéologiques du temps. Loin de l’aube industrieuse, l’après-midi constitue le moment idéal pour les promenades du poète. Elle met en valeur les couleurs nostalgiques qui nimbent la mémoire de classe. Les lieux célébrés dans les élégies à Buenos Aires forment une ceinture autour de Palermo, le quartier mythique de la maison de ses parents, l’espace de sa socialisation affective, le modèle dans lequel peuvent se retrouver les composantes magiques de ce cadre de la genèse de sa sensibilité.
"Je me rappelle un rêve, il y a quelques nuits de cela. J’avais trouvé un livre anglais du XVIIème siècle et je me disais que c’était épatant d’avoir dégotté cette édition, mais après j’ai pensé que, si j’étais en train de rêver, je n’allais pas le retrouver le lendemain. Alors, me suis-je dit, je vais le mettre en lieu sûr, et je l’ai mis dans letiroir de la bibliothèque. Comme cela je pourrais le retrouver à mon réveil". Borges privilégie l’aspect fantastique du texte poétique, rejetant une écriture rationnelle, qu’il juge insuffisante et limitée. Une des influences majeures du réalisme magique latino-américain, Borges est aussi un écrivain universel dans lequel chacun peut alors se reconnaître. Claude Mauriac dit à son propos: "Jorge Luis Borges est l’un des dix, peut-être des cinq, auteurs modernes qu’il est essentiel d’avoir lus. Après l’avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents". Outre les fictions, son œuvre comprend poèmes, essais, critiques de films et de livres. On y trouve une sorte de réhabilitation du roman policier, plus digne héritier de la littérature classique à ses yeux, que le nouveau roman. Ce genre littéraire demeure seul, selon lui, à préserver le plan de la construction littéraire classique, avec une introduction, une intrigue et une conclusion. On trouve ainsi également parmi ses écrits de courtes biographies et de plus longues réflexions philosophiques sur des sujets tels que la nature du dialogue, du langage, de la pensée, ainsi que de leurs relations. Il explore aussi empiriquement ou rationnellement nombre des thèmes que l’on trouve dans ses fictions, par exemple l’identité du peuple argentin. Dans des articles tels que "L’histoire du Tango" et "Les traducteurs des Mille et Une Nuits", il écrit ainsi avec lucidité sur des éléments qui eurent sûrement une place importante dans sa vie. Il existe de même un livre qui réunit sept conférences dans diverses universités, qu’on peut considérer comme sept essais, ordonnés, d’une simplicité dérivant de leur caractère oratoire. Dans ce petit recueil de savoir, "Les Sept Nuits" ("Siete Noches"), on trouve un texte sur les cauchemars, sur les "Mille et une nuits", sur la "Divine Comédie" de Dante, sur le bouddhisme et d’autres thèmes que Borges exploite et nous fait partager avec l’autorité didactique et la simplicité pédagogique d’un véritable professeur, érudit de la littérature. Dans le roman d’Umberto Eco "Le Nom de la rose", adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1986, le bibliothécaire aveugle Jorge de Burgos est une évocation peu voilée de Jorge Luis Borges, la bibliothèque labyrinthique faisant référence à sa nouvelle "La Bibliothèque de Babel".
Bibliographie et références:
- Beatriz Sarlo, "La poésie de Jorge Luis Borges"
- Dominique de Roux, "Cahier Jorge Luis Borges"
- Emir Rodríguez Monegal, "Borgès par lui-même"
- Macedonio Fernández, "Jorge Luis Borges"
- Christian Nicaise, "La Bibliothèque de Jorge Luis Borges"
- Juan Andreu, "Le monde de Jorge Luis Borges"
- Lisa de Behar, "Borges ou les gestes d’un voyant aveugle"
- Alberto Manguel, "Chez Jorge Luis Borges"
- Julia Romero, "Jorge Luis Borges, lecture d’une œuvre"
- Jean-Clet Martin, Borges, "Une biographie de l’éternité"
- Christian Garcin, "Jorge Luis Borges, de loin"
- Sergio Miceli, "Histoire d'un écrivain-né"
- Fernando Stefanich, "Jorge Luis Borges"
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"Ça m'inquiète de penser que peut-être les lecteurs chercheront une morale dans Ulysse ou, ce qui est pire, qu'ils le prendront au sérieux. Et je jure qu'il n'y a pas une seule ligne écrite au sérieux dans tout ce livre. Quand elle apparaissait sur le seuil, mon cœur bondissait. Je ne lui avais jamais parlé, sauf un petit mot quelconque par-ci par-là, et cependant, à son nom, mon sang ne faisait qu'un tour. Son image m'accompagnait alors partout, même dans les endroits les moins romantiques". "Tout est trop cher quand on n’en a pas besoin", sauf le Connemara, les portes de Dublin, les falaises de Moher, l’anneau de Kerry, Galway, la Saint-Patrick, la Old Bushmills Distillery, Michael Collins, Oscar Wilde, Eamon de Valera, George Bernard Shaw, Arthur Griffith, James Connolly, Grace O’Malley, Peter O'Toole, Cecelia Ahern, SamuelBeckett, la comtesse Constance Markievicz, William Butler Yeats, Maureen O'Hara, Veronica Guerin, Caitríona Balfe, Karan Casey, Dolores Keane, Sinéad O’Connor, Bono, Colin Farrell, Liam Neeson, Dolores O’ Riordan, Michelle Rocca, de Gaulle "face à lui-même", Michel Déon et James Joyce. Que Joyce, très tôt dans sa jeunesse, ait choisi de devenir un artiste, voilà qui coule de source, tant le génie se reconnaît précisément à ce désir d'universalité, à ce franchissement des frontières nationales. Mais qu'il ait toujours aussi tenu à être reconnu comme un artiste irlandais, le premier à penser que Dublin méritait une œuvre qui la fasse entrer de plain-pied dans la littérature, voilà qui suscite immédiatement toute une série de questions et nous place sur le terrain miné des liens d'appartenance qu'un sujet entretient avec son pays natal, le lieu où il est né. D'entrée de jeu, l'auteur reconnaît en l'Irlande un espace matriciel qui instille dès son enfance en lui une inspiration ardente, même à son corps défendant, impulsion à saisir moins en termes intellectuels qu'affectifs et réactivée, sous une forme plus ou moins diffuse, dans plusieurs représentations et figures de l'œuvre. Joyce, n'eut de cesse, en se séparant à multiples reprises de son pays, de réaffirmer ainsi, chaque fois qu'il le pouvait, "la légitimité deson absence volontaire", se nourrissant de cette opposition querelleuse qui était la forme même de sa relation à l'Irlande.II se nourrissait d'opposition et pâlissait quand on le traitait avec indulgence. Chaque fois que ses relations menaçaient de s'améliorer, il provoquait un nouvel incident pour consolider son intransigeance et réaffirmait la légitimité de son absence volontaire. Plus tard il manifesta une vive fureur devant la possibilité d'une indépendance irlandaise sous prétexte qu'elle modifierait le caractère des relations qu'il avait si minutieusement établies avec son pays. "Explique-moi, disait-il à un ami, pourquoi tu penses que je devrais changer les conditions qui ont donné à l'Irlande et à moi-même une forme et une destinée ?" Il est bien probable qu'il n'aurait pu écrire ses livres en Irlande, mais il éprouvait le besoin de maintenir son intimité avec son pays en renouvelant de façon continue sa querelle avec lui qui l'incitait à le quitter pour la première fois. Ainsi sont les grandes œuvres: intimidantes. "Gens de Dublin", "Ulysse", et "Finnegans Wake" ont associé de manière définitive le nom de James Joyce à un univers littéraire magistralement en avance sur son temps. Solidement arrimés à une langue épique, guidés par une imagination inépuisable et une ironique lucidité, ses romans constituent une revigorante entrée en matière pour tous ceux qu’intéressent l’histoire et les us et coutumes de ces insulaires singuliers que sont les irlandais, avec ou sans Brexit. Si Joyce quitta Dublin, il ne quitta jamais les Dublinois. "Il faut de l'humilité pour apprendre. Mais c'est la vie qui est la grande éducatrice. Dieu a fait l'aliment, le diable, l'assaisonnement". Un irlandais en littérature. Maîtrise étincelante de la langue, associée à des personnages comme Leopold et Molly Bloom d'une profonde humanité.
"Les erreurs sont les portes de la découverte. Il n'est pas d'amis tels que les vieux amis, j'entends, d'amis auxquels on puisse se fier. Il était exaspéré par la droiture même de son existence. Il sentit qu'il avait été proscrit du festin de la vie". Joyce est peut-être le dernier de ces héros des lettres pures qui ont marqué l'histoire occidentale. Il serait vain de prêter à l'écrivain irlandais un message social. En 1939, quand la guerre se déchaîna, il la trouva malencontreuse. Qui allait lire "Finnegans Wake" qu'il venait justement de publier ? C'est ainsi qu'il voyait les choses. Au reste, on peut dire de l'ouvrage que, s'il a été le moins lu, il a été le plus commenté de ceux qui ont influencé l'histoire littéraire moderne. Mais l'ère de ces prodiges est révolue. Dans la guerre précédente, Joyce s'était trouvé à Zurich avec Dada, la première contestation collective de la culture contemporaine. Un phénomène, donc, de cette époque. Le refus égotiste de Joyce est d'autre sorte, et d'un autre temps. Il a sa propre grandeur. L'auteur a trouvé le moyen de rendre, par une forme brisée, inchoative, presque sans grammaire, le déroulement de la pensée spontanée. Freud a fourni l'appoint d'une préoccupation dominante prenant par le travers et infléchissant les mouvements de la rêverie. Pour le reste, la suite des impressions apportées par les sens se combine sans cesse, par "associations d'idées", avec les appels de mémoire, de sorte qu'à un présent épais affleure sans cesse par bribes un passé aussi ancien que la mémoire personnelle. C'est ainsi que, de l'intérieur, nous connaissons non seulement le caractère, mais l'histoire de Stephen, de Bloom ou de Molly au fil de leur monologue. Des plans se déterminent dans ce paysage intérieur. Il ne s'agit d'ailleurs que de le suggérer, non de le photographier. De grossiers contresens ont été faits là-dessus. Joyce n'a pas installé l'informe dans les lettres, il leur a ajouté la plus souple des formes. Faulkner, Hemingway, Dos Passos, Virginia Woolf, Beckett, ont alors suivi la voie qu'il avait ainsi tracée.L’écriture romanesque de James Joyce (1882-1941), si théologique et pourtant si profane, manifeste avec puissance cette dynamique insaisissable. Plus qu’une érudition byzantine, elle requiert a minima un brin d’irlandité. L’interpréter, c’est l’accepter dans la confiance comme un lieu de parole qui peut vraiment chasser la crainte, cette crainte qui réduit le divin aux braillements unanimes des supporters d’une équipe de football. La réputation d’intellectualisme qui s’attache à son œuvre ne tient pas plus d’une page. Rien d’une cathédrale de papier sans référent. L’imaginaire de Joyce puise à une connaissance toujours plus approfondie de l’Irlande, dont il cartographie souvent les splendeurs et les misères. L’île, son histoire politique d’oppression, d’exil et d’exode, et la beauté stupéfiante de ses rings. Les misères de sa petite bourgeoisie nostalgique de la vie rurale et les grâces troubles de Dublin, la capitale. Le théâtre de ses pubs ivres de mélancolie et la grandeur comique d’une religiosité à double face, mystérieusement truffée d’un paganisme qui s’ignore.
"Est-ce qu'un ouvrier n'a pas autant de droit qu'un autre à faire partie du conseil municipal et même plus de droit qu'un de ces pique-assiettes qui sont toujours chapeau bas devant quelque gros monsieur avec un nom qui se dévisse ? "Par conséquent, l’irlandité de Joyce n’est pas un produit folklorique régional, mais elle inscrit à même le relief de son œuvre une limite, une entaille et un corps qui le détournent alors du vertige d’un fantasme psychotique, celui d’un langage capable de s’auto engendrer à l’infini. Inséparable de sa mère Mary Jane et de son épouse Nora, elles-mêmes tout à fait inséparables de l’Église, l’irlandité du romancier renvoie à la catholicité de son écriture. Lorsque l'effet de "stylo-caméra", de sensations et d’immanence y effacent peu à peu toute identité d’auteur, une épiphanie des profondeurs au souffle polyphonique et plein d’humour s’y produit. Mais de quel genre d’alliance parle-t-elle ? Des "Gens de Dublin" (1914) à "Finnegans Wake" (1939) en passant par "Ulysse" (1922), James Augustine Joyce n’a cessé d’évoquer et de recréer la ville de Dublin et le faubourg saint-Patrice du fin fond d’un exil, définitif dès 1912. D’une façon plus ou moins consciente,cette alliance de l’écrivain avec l’Irlande va acquérir dans son esprit un caractère biblique: "l’île des saints et des sages", représente pour lui à la fois une terre, un peuple et une promesse. Cette dernière comporte un double horizon. Il s’agit à la fois d’une promesse d’écriture et d’une promesse d’indépendance. À la naissance de Joyce, seulement trente ans après la Grande famine, l’Irlande est encore sous le joug d’un Empire britannique qui l’a exploitée sans vergogne, allant jusqu’à lui voler son propre langage. L’anglais parlé à Dublin est un entre-deux dérisoire entre la langue de Shakespeare et son assimilation maladroite par un peuple victime de son hospitalité sans réserve. Quant à la littérature irlandaise, Joyce en critique l’étroit particularisme. En bref, pour le jeune James, l’accomplissement de la promesse passe par une libération spirituelle de son pays. C’était sans doute vouloir alors s’attribuer un rôle démesuré dans l’histoire de l’Irlande et s’enfler beaucoup de devenir un "prêtre de l’imagination éternelle", comme le dit ainsi Stephen avec une mégalomanie romantique que Joyce ne manqua pas de caricaturer dans "Ulysse". James Joyce est issu d’une famille de la bourgeoisie catholique aisée, irlandaise de vieille souche. Son père, John Stanislaus Joyce, né à Cork, est un homme cultivé mais fort malheureux en affaires. Son naturel fantasque et sa propension à la boisson qui se change alors peu à peu en alcoolisme chronique ruineront sa famille. Il occupe par nécessité le rôle d’un employé de perception quand James naît alors à Dublin le deux février 1882, premier enfant d’une fratrie de quinze. Le décalage entre l’origine sociale et la réalité sordide où s’enfonce sa famille le suspend dans une sorte d’entre-deux classes, de non-appartenance à telle ou telle couche sociale.
"Un à un, ils devenaient des ombres. Mieux vaut passer hardiment dans l'autre monde à l'apogée de quelque passion que de flétrir avec l'âge. Ce qui importe dans une vraie œuvre d'art, c'est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir". Dès l'enfance, James apprend à dissimuler sa misère, à se préserver du regard des autres à travers la fabulation et les traces d’un passé reluisant, comme ces fameux portraits de famille que son père emporte toujours avec lui lors de maints déménagements à la cloche de bois. Si John Stanislaus se montre charmeur et plein de verve en public, il peut aussi se révéler absurde et violent en privé, en particulier envers sa femme Mary. Cependant, James Joyce n’entretiendra pas de ressentiment envers un père qui ne répondait jamais des catastrophes qu’il provoquait. Au contraire, le romancier a toujours conservé une amitié réelle à l’égard de son père. À défaut d’un père réel qui aurait pu lui montrer la légitimité d’un signifiant maître, l’œuvre de Joyce va être animée par le désir de faire que son nom devienne plus grand que ce signifiant maître, ce nom du père qu’il n’a pas laissé se construire en lui. D’une certaine façon, Joyce prend le parti de son propre père John Stanislaus. Faible et passionnel, il n’en est pas moins pour son fils une réelle parole en devenir, un conteur hors pair, une voix irréductible à la somme de ses fautes. La question d’une paternité symbolique à conquérir au nom d’une exécution inconsciente de son alliance avec l’Irlande s’affirme avec force à la fin du "Portrait de l’artiste en jeune homme "(1916). Le narrateur Stephen y reflète l’enthousiasme romantique de l’écrivain: "Je pars façonner dans la forge de mon âme la conscience incréée de ma race". Le projet artistique de l’écrivain se noue étonnamment à la recomposition d’un pacte sacré avec son propre pays. Au moment même de le quitter, il se réclame ainsi follement le père de sa propre lignée. Mais ce père imaginaire, l’auteur, qui accédera au symbolique de l’écriture sans jamais cesser de se heurter au réel, alcool, inadaptation sociale, misères, a besoin de tout l’amour d’une femme pour naître à sa vocation de médiateur de l’Irlande: "Prends-moi au tréfonds de ton âme et je deviendrai alors le poète de ma race" écrit-il à son épouse Nora Barnacle.
"Certes, Ursule était une petite, très petite personne. Cependant elle avait un fort long nez et un menton non moins long. Elle parlait d'une voix légèrement nasillarde, toujours d'une manière conciliante. On en manquait jamais de la faire appeler lorsque parmi les femmes s'élevait une querelle". Nora va incarner la chair et l’histoire de l’île que l’écriture, assomption par analogie, a pour but de rendre à la prolifération du sens et à la reconnaissance de l’esprit. Selon cette perspective, l’Irlande ne peut se réduire pour lui à la seule nation, avec sa langue celtique, ses traditions et ses mythologies, mais elle est d’abord le lieu d’un défi de l’histoire à la liberté de conscience de l’écrivain. Encore faut-il rappeler qu’à cette époque, la renaissance irlandaise se partage entre deux mouvements, l’un protestant et l’autre catholique. Le premier affiche le désir de renouveler la littérature irlandaise et regroupe autour de l’"Abbey Theatre" des écrivains tels que William Butler Yeats, lady Gregory et John M. Synge. Le second, catholique, allie "le nationalisme culturel apolitique" de D. P. Moran au nationalisme politique d’Arthur Griffith et du Sinn Fein dont le but majeur est d’abord l’indépendance à l’égard de l’Empire britannique. S’il partage la lutte de ce dernier contre la domination anglaise, l’écrivain prend cependant distance avec les positions de la renaissance catholique dans ses écrits critiques et littéraires de jeunesse. Très tôt conscient de la laideur intrinsèque à tout sectarisme, les droits de la conscience individuelle priment chez Joyce sur toute subordination à une idéologie, qu’elle se dise catholique ou protestante. Face à de telles attitudes collectives, l’écrivain saura employer les seules armes politiques que l’artiste se permet: "le silence, l’exil et la ruse". Le silence, c’est l’invention d’une nouvelle écriture où la signature de l’auteur exprime d’abord sa voix et le secret de sa dédicace au milieu des récits, et non plus des intentions qui pourraient se substituer à la conscience du lecteur et à sa liberté. Quant à l’exil, il est celui de Joyce à Trieste, Paris et Zürich. Il est celui d’une écriture où la nation ne peut jamais faire son nid, sauf à y fausser gravement l’hospitalité et la conscience de l’écrivain. La ruse enfin, consiste à user de toutes les ressources du langage sans faillir,aux charmes pervers de son idolâtrie. La ruse du roman est de montrer l’envers du communautarisme avec humour. La rencontre avec Nora Barnacle précipite les choses. On pense que sa date est celle même où se déroule "Ulysse", le seize juin 1904. Joyce quitte Dublin définitivement en octobre avec la compagne de sa vie. Commencent les années difficiles. Trieste, de 1905 à 1915. Professeur à l'école Berlitz, puis à l'École supérieure de commerce, et répétiteur privé, Joyce connaît de sérieuses difficultés à entretenir une famille élargie à son fils Giorgio (1905) et à sa fille Lucia (1907). Il n'en poursuit pas moins la composition de Dublinois, où se forge un style de plus en plus exigeant. De dix, le nombre des nouvelles passe à quinze, et le volume s'achève en 1907 avec "Les Morts", texte au large substrat autobiographique à travers lequel il vise également à rendre justice à Dublin. Joyce découvre alors avec retard une dimension de l'exil qu'il n'avait pas envisagée au moment de son départ. Une émotion poignante et nostalgique touchant au plus secret de son être et que son écriture doit sans plus tarder mettre au jour. Cette exploration intérieure va se poursuivre jusqu'en1915. C'est le travail secret de récriture de "Stephen le Héros", engagé dès 1907 mais achevé seulement en 1915. C'est aussi le curieux et admirable petit journal intime, "Giacomo Joyce", inspiré par la rencontre de la jeune Amalia Popper, son élève. Ce sont enfin "Les Exilés", qu'il s'empresse de mettre au point parallèlement au Portrait, mais qui ne seront publiés qu'en 1918. Tout se passe comme s'il s'occupait à faire place nette pour la composition d'"Ulysse", qui va l'absorber jusqu'à la publication du roman en 1922. Les conditions de travail sont à la fois pires et meilleures. Pires, car la guerre le contraint à se réfugier à Zurich, à y trouver logement et moyens d'existence dans un contexte difficile. Meilleures dans la mesure où Ezra Pound, qui l'a fait connaître des milieux littéraires anglais et américain, se dépense en sa faveur, lui procurant une bourse de la couronne britannique, puis une aide régulière, anonyme dans un premier temps, de Harriet Shaw Weaver, éditrice de la revue "The Egoist". Souvenir tenace du courage maternel.
"D’or brun sur le flux rassasié,
la vigne d’eau soulève et balance ses grappes.
De vastes ailes étendues au-dessus des eaux blêmes pèsent
sur le sombre jour. Là où le jour pesant abaisse un regard de morne dédain sur la mer". Dans "Ulysse", l’humour se déploie à la manière d’un fabuleux exorcisme de la violence. Il naît d’un croisement profond et original entre des réalités triviales de la vie quotidienne et la mémoire inoubliable des événements de l’histoire du salut. Inspirée du "Livre de Kells", de ses gargouilles comiques et de ses interminables entrelacs de personnages, de lettres et de couleurs, l’écriture joycienne sait allier le sens du grotesque et celui du sacré et laisse résonner à travers cet alliage risqué un appel à toujours plus de détachement et d’universalité. Encore faut-il pour écrire l’Irlande et la sortir de son insularité pouvoir accrocher la chair du monde à la lettre. Mais une femme, adolescent, l’en empêche.Cette femme est Mary Jane, la mère sur laquelle il restera d’une pudeur exemplaire. Mystère d’une piété partagée entre un enfant et sa mère. Silence, préférence, diapason de deux voix et d’une unique prière, grandeur de la liturgie qui se confond bientôt avec le visage de Mary Jane, May. Nostalgie du ciel, splendeur envahissante de la sainte Mère comme un excès de lumière. À l’adolescence, Joyce verra en elle une insidieuse et tacite demande de renoncementà l’écriture comme à tout autre femme qu’elle. Au fil des sept années de la composition d'"Ulysse", l'écriture du livres ubira plusieurs inflexions. Dans un premier temps, l'optique reste relativement romanesque au sens traditionnel du terme. Il commence par réutiliser, dans les trois premiers épisodes, des pages écartées du Portrait. Il introduit ensuite les personnages de Marion et Léopold Bloom, qui vont occuper une place croissante au fil des pages. Petit à petit,dans une deuxième phase, celle de la composition des épisodes centraux, il va s'efforcer d'accentuer, dans ses révisions, une dimension symbolique du texte, caractérisée par un jeu systématique et subtil de correspondances. Pour lui, le thème de l'Odyssée était "plus grand, plus humain que Hamlet, Don Quichotte, Dante, Faust". Au début pacifiste, il feint la folie, mais doit renoncer lorsque son fils est placé devant sa charrue. Il devient le guerrier rusé, puis l'errant aventureux, le musicien désireux, au risque de sa vie, d'écouter les Sirènes. Son humour s'exerce aux dépens de Polyphème, sa générosité dans son entrevue avec Ajax chez les morts. Telle est la face consciente de l'oeuvre, qui dissimule alors mal une écriture sans cesse à la recherche d'elle-même. Toujours ce souci d'humanité.
"La journée était devenue étouffante, et, dans les vitrines des épiciers, des biscuits moisis s'étalaient, tout blancs. Nous en achetâmes quelques-uns avec du chocolat, nous les mangeâmes consciencieusement tout en déambulant au travers des rues crasseuses où vivent les familles des pêcheurs". Le goût joyeux de l’universel tient aussi à ceque chacun des dix-huit épisodes d’Ulysse est ainsi relié à une couleur, ainsi qu’à un genre littéraire, un thème et un champ particulier du savoir. Le roman se construit à la manière d’un corps à la fois biologique, intellectuel et spirituel. À travers l’Irlande que Joyce a tant aimée, sans pourtant ne rien lui épargner, s’écrit une promesse de sens et de salut. Le non-dit insensé du monde se voit ainsi doué d’une parole qui en profère les ombres avec âpreté, pour mieux souligner la transcendance comique de personnages lumineux d’une divine différence, plus forte que toute attache sociale. Une errance gratuite les conduit loin de tout chemin tracé d’avance, mais les hachures de leurs destins incomplets, ou l’essor des songes qui les emballe à plaisir, ne peuvent masquer l’événement de filiation que leur parcours disloqué célèbre sans même jamais le savoir. Une alliance jalouse de tout ce qui vit, fil d’or à peine murmuré dans l’écriture, veille sur toute la panoplie de leurs errances. Et si le Paradis se fait attendre, l’humanité de Dublin remue en elle trop de vie et d’hospitalité pour s’attirer le front sec et sourcilleux de la mort. "Ulysse" est un roman plein de symbolisme, dans lequel l'auteur joue avec la langue. Ses attaques contre l'Église catholique et l'État sont constantes et nombre de ses passages jugés par leurs contemporains très inacceptables et obscènes. En mai 1922, il rencontre Marcel Proust. Selon le biographe de Proust, George D. Painter, l'écrivain français a parlé de la truffe et des duchesses, et Joyce, qui était un peu ivre, se plaignait de sa vue, tandis que Proust de l'estomac. Joyce voyage souvent en Suisse pour des opérations des yeux et des traitements pour sa fille, Lucia, danseuse, atteinte de schizophrénie. À Paris, Maria et Eugène Jolas nourrissent Joyce pendant les longues années où il écrit "Finnegans Wake". En 1940, "l'Irlandais", surnom de Joyce, s'installe de nouveau en France, à Saint-Gérand-le-Puy, dans l'Allier. Après un an passé à attendre un visa de sortie, celui-ci lui est accordé et il se rend à Zurich, où il meurt moins de deux semaines après son arrivée. Le onze janvier 1941, il est hospitalisé pour une perforation d'un ulcère au duodénum. Il jouit de quelques jours de sursis avant de tomber dans le coma. Il se réveille à deux heures du matin le treize janvier 1941 et demande à une infirmière d'appeler sa femme et son fils, puis il perd alors à nouveau conscience. Ils sont en chemin lorsqu'il meurt, quinze minutes plus tard. Il est enterré au cimetière de Fluntern à Zurich. Sa femme Nora, épousée à Londres en 1931, lui a survécu dix ans. Enterrée également, son corps repose à ses côtés ainsi qu'à ceux de leur fils Giorgio mort à Constance en 1976. À la manière d’une Irlande qu’il a su aimer pour l’éternité dans l’exil, il aura su faire éprouver, parfois contre sa propre volonté, le mystère d’un corps né pour manifester la stupéfiante bonté d’un Dieu acharné à faire droit et miséricorde à tout ce qui existe. innovation majeure est son recours aux langues étrangères hachées menu et réutilisées dans la composition de vocables inouïs, de syntaxes nouvelles, revitalisant une langue anglaise pourtant demeurée la référence fondamentale. James Joyce ouvre la voie à d'autres créateurs, de Nabokov, Borges, Kerouac, Robbe-Grillet, à Sarraute, parmi bien d'autres.
Bibliographie et références:
- Adrien Le Bihan, "Je naviguerai vers l'autel de Joyce"
- Philippe Blanchon, "James Joyce, une lecture amoureuse"
- Victor-Lévy Beaulieu, " James Joyce, l'Irlande, le Québec"
- Jacques Mercanton, "Les heures de James Joyce"
- Jean-Marc Paris, "James Joyce par lui-même"
- Lorie-Anne Duech, "Un jour, un écrivain, James Joyce"
- Richard Ellmann. "James Joyce, le magicien des mots"
- Vladimir Nabokov, "Des lectures d'Ulysse"
- Jacques Lacan, "Le séminaire livre XXIII, le sinthome"
- Anthony Burgess, "Introduction to the language of James Joyce"
- Brenda Maddox, "Vérité sur les rapports de Nora et James Joyce"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Le Lien" de Vanessa Duriès se démarque de bien des ouvrages sur le thème car il a été publié la première fois bien avant que le BDSM se démocratise. Publié en effet en 1993, ce livre offre un regard intime et sans concession sur les dynamiques de soumission et de domination.
À travers le récit de Vanessa Duriès, le livre explore la relation complexe et intense entre une jeune femme et son premier amant, Pierre, également son initiateur dans le monde du D/s. Ce qui frappe dans "Le Lien", c'est la manière crue et directe dont l'auteure décrit ses expériences. La souffrance et l'humiliation ne sont pas seulement des éléments érotiques, mais deviennent sous sa plume des expressions d'amour profond et de dévotion.
Le caractère exceptionnel de ce livre réside dans sa capacité à présenter une image nuancée et réelle du BDSM. Au lieu de se concentrer uniquement sur l'aspect physique des pratiques BDSM, Vanessa Duriès explore les aspects psychologiques et émotionnels de la soumission. C'est un récit qui parle d'amour extrême, de l'acceptation de la douleur comme preuve d'affection, et de la recherche incessante des limites de l'adoration.
Ce qui rend également "Le Lien" particulièrement captivant, c'est sa simplicité et son naturel. Vanessa Duriès ne cherche pas à embellir ou à édulcorer ses expériences. Elle les présente avec une franchise presque candide, offrant un aperçu précieux de ce qu'une femme peut être amenée à faire par amour. Sa prose, parfois crue mais souvent bien élégante, permet au lecteur de se faire une idée réelle de l'étendue des émotions vécues dans une telle relation.
"Le Lien" est également une autobiographie qui se veut accessible, et qui peut servir de guide pour celles et ceux qui s'interrogent encore sur le sadomasochisme. Il ouvre une porte sur un monde qui peut sembler étranger et effrayant, mais qui est ici traité avec respect, honnêteté voire avec une certaine tendresse.
Cet ouvrage porte un regard rare sur la soumission et la domination, non pas sous l'angle unique de simples fantasmes érotiques, mais comme des composantes d'une relation amoureuse complexe et profondément humaine. Pour les vieux bricards du BDSM, ou simplement pour ceux qui cherchent à comprendre cet univers, "Le Lien" est un livre à découvrir, fusse donc tardivement par rapport à sa publication.
Si vous avez lu ce livre, n'hésitez pas à laisser votre avis en commentaires ci dessous.
A propos de l'auteure :
Vanessa Duriès, pseudonyme de Katia Ould-Lamara, est née le 7 février 1972 à Versailles.Optant pour le pseudonyme Vanessa Duriès,(Prénom en référence à Vanessa Paradis, nom de famille tiré hasard dans l'annuaire téléphonique), elle se lance dans l'écriture de "Le Lien". Malgré sa jeunesse et la supposée candeur qui l'entoure, Vanessa Duriès se fait remarquer dans le milieu littéraire et apparaît dans plusieurs émissions télévisées notables, telles que "Bouillon de culture" de Bernard Pivot, "Le Cercle de minuit" de Michel Field, et "Durand la nuit" de Guillaume Durand.
Sa présence médiatique est renforcée par une interview et des photographies en noir et blanc publiées dans l'édition française de Penthouse en mai 1993, où elle apparaît en tenue de soumise, une image qui contribue à son aura mystérieuse et provocante.
La vie de Vanessa Duriès est tragiquement écourtée à l'âge de 21 ans lorsqu'elle meurt dans un accident de voiture sur l'autoroute A7 près de Montélimar. L'accident coûte également la vie aux écrivains Jean-Pierre Imbrohoris (Joy Laurey), conducteur du véhicule, Nathalie Perreau (Sophie Viellard), et à leur fils Alexandre, âgé de trois ans. Vanessa est inhumée dans le village natal de sa mère.
La postérité de Vanessa Duriès est assurée par la publication postume en 2007 des cinq premiers chapitres de son second roman, "L'Étudiante", retrouvés dans l'épave de la Mercedes accidentée. Sa mort prématurée et sa personnalité hors norme lui confèrent le statut d'icône dans les milieux SM, faisant d'elle une figure emblématique et énigmatique de la littérature érotique française.
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Quand le masochiste est son premier sadique
Lors de la rencontre avec mon premier Maître, j'ai été confronté au sujet du masochisme. De plein fouet dirai-je. (Je comprends mieux cette expression.)
C’était pourtant clairement écrit dans son profil mais je ne l'ai pas vu.
L’inconscient sait nous mener par le bout du nez.
Dès nos premiers échanges, il s’est positionné de manière transparente sur son attrait pour le sado-masochisme. En relisant, j’ai simplement vu que je répondais innocemment que moi non. Cela ne l'a pas déconcerté, vous imaginez bien.
Là encore, je n’ai pas vu ce qui se tramait sous mon nez.
Sans me juger, je me dis qu’il fallait que ce soit ainsi : dit mais pas entendu. Sinon, je ne serai pas là à écrire ce texte. Je n’aurai pas vécu cette rencontre. Je n' aurai pas ouvert la porte.
C' est ainsi que je me suis retrouvée dans une relation sado-masochiste. En l' ignorant malgré l annonce.
Comprenez que c est comme lire un roman sans lire le titre. Ou comme si vous lisiez un titre de livre en langue étrangère. Tout est-il dans le titre ? Tout est-il dans la présentation ?
Je suis quoi qu' il en soit passé à côté.
Comment savoir que vous avez une tendance masochiste lorsque vous ne vous êtes jamais créé de douleurs physiques volontairement pour vous soulager d une pression ou pour le bénéfice d’un plaisir ?
Comment se reconnaître soi dans un fonctionnement masochiste lorsque vous fuyez toute douleur ou souffrance ?
“Voyons Mon Maître ! C’est évident que je déteste souffrir et que je ne vais pas tolérer qu’on me mette à mal volontairement.”
Et Mon Maître, alors, tout dans sa patience, pour obtenir ce qu'il veut, ce dont il a besoin lui-même à termes, me plaque au visage, les graines fatales de mon histoire de vie, par lesquelles ont germé mon masochisme.
Rejeter tant Mon Maître que son idée de mon masochisme n’était pas si facile. Juste possible pour qui est masochiste ! (Qu' est ce qui finalement me met le plus à mal ? Le plus en souffrance et en douleurs ?)
Je l ai entendu. Ça se tenait. C’était une version possible. Une lecture de ma vie et de mon fonctionnement qu' il me racontait, qui était là, évidente pour lui, effrayante pour moi.
Je ne pouvais ni accepter cette vision, ni me reconnaître de cette façon.
Comment s' approprier son fonctionnement masochiste comme partie intégrante de soi et de son psychisme ? Comme base relationnelle ?
Quand notre pensée est fondée sur deux catégories : ce qui est bien, bon et juste et ce qui est mal, mauvais et injuste, se reconnaître soi est une subtile affaire de temps, de bienveillance et d’accompagnement.
J’ai rejeté le Maître, ne supportant pas, ne pouvant accepter, l' humiliation, le rabaissement de soi, la ridiculisation lors de nos échanges dans nos conversations quotidiennes. Il n’y avait pourtant pas que ça. Bien au contraire. Mais c était là. J' y serai encore si ce n était pas le cas. Mais l' histoire n est pas celle-ci.
J' étais prête à perdre tout ce que je vivais de beau, de bien et de réconfortant, pour ne pas avoir à intégrer ma part masochiste et ne pas être confronté à sa part sadique. Laquelle ai-je le plus fui ?
Confrontée à sa part sadique dans la relation, mon masochisme m’a fait prendre la poudre d' escampette.
Hélas, je suis partie avec lui.
Alors, me voici telle une chouette, réveillée par l’excitation que je ne veux plus laisser en silence, à réfléchir à ce que m’a dit le Maître. J ai eu l occasion de porter son regard sur les situations de ma vie comme des contextes créés pour renouveler l' expérience à subir.
Certes, je ne me suis jamais mise à mal physiquement. J’ai également toujours voulu échapper aux douleurs et souffrances émotionnelles, affectives et psychologiques sans y parvenir.
L' attachement à nos souffrances nous relie au passé telle l' ancre d un bateau.
Je ne veux pas être masochiste. Cela ne cadre pas avec le reste de qui je suis. Voyons ce n' est pas acceptable. Je ne ressens pas de plaisir ni de soulagement dans ces situations de vie dans lesquelles selon le Maître je me maintiens en échec et en douleur. Mais c est ce que je connais. À ma façon, je ne connais rien d' autre tout en rêvant de ce beau voyage vers des terres inconnues, voyage qui n' est jamais venu.
Je regarde ces autres vies derrière une fenêtre. Je rêve d’être ceux qui ne sont ni masochistes ni sadiques ou qui n' ont pas besoin du BDSM dans leur vie. Je les trouve chanceux et forcément plus heureux. Y a t-il du bonheur dans le masochisme ? Est-ce possible d’être heureu.se en étant dans une relation sado-masochiste ?
J aime le bonheur, la lumière, la chaleur (pas celle des bougies tsss).
Le comble, chers lecteurs, c’est qu’en voulant ne pas subir son sadisme, je me prive de lui, de ce petit nous qui émergeait et dont je commençais juste à me délecter. Je me prive des possibles mystérieux qu il m inspirait par ailleurs. Je me prive de ce bien-être nouveau que je ressentais. Pour au final, me confronter à cette persona ingrata “ mon masochisme”. Celui qui me suit comme mon ombre. Celui qui me colle aux pompes tel un chewing-gum. Quelle danse infernale je mène avec lui !
J ai refusé le sadisme du Maître. J' ai rencontré le mien. En rejetant sa part sadique, j accepte ma part masochiste. (Là je m’emballe, ça fait juste classe mais on est dans la vraie vie)
Dans la solitude. Dans la peur de sombrer dedans silencieusement, de nuit comme par hasard. De rester enfermer dans les échecs et les limitations que je me crée.
Victime de ma mère, je me suis souvent dit qu' elle était elle-même sa première victime et son propre bourreau.
Je me vois comme elle et c est insupportable. Comment accepter l' inacceptable ?
En l'écrivant peut être. Les mots comme l' expression des émotions m' aident et mettent en mouvement ce que je ne peux supporter seule dans mon for intérieur.
Serait-on son premier sadique lorsque nous sommes masochiste ?
La relation sado-masochiste commencerait-elle en soi ? Dans sa forme la plus complète, à la fois sadique et masochiste envers soi, avant même d’externaliser l’un ou l’autre de ces rôles ?
“Allons ! Qu’importe !” Voilà ce que j aimerai me dire pour me rendormir.
Mais la pensée rôde. J attends le jour pour la semer. Avec un peu de soleil, tout fait moins peur.
Moi… masochiste. Quelle drôle d’idée !
C' est de sa faute à elle et c est encore moi qui paie les pots cassés.
Ça fout les boules non ?
Comment se redéfinir ?
En écrivant des histoires.
Qui m’emmèneront voyager dans des vies qui ne sont pas la mienne.
Je sais qu’ici, vous aimez le BDSM.
Pour moi, c’est comme un monstre sous le lit.
J’aimerai le frapper à coups de balai pour qu’il déguerpisse et me laisse dormir.
En attendant, je vais quand même m’aimer. Parce que j estime l avoir bien mérité. Même menottée en moi-même, subissant le fouet d'un masochisme silencieux.
Voici que je lui donne la parole, le temps d'un soir.
♡ Eclipse d’Espoir ♡
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"Il faut avoir une très haute idée, non pas de ce que l'on fait, mais de ce qu'on pourrait faire un jour. Sans quoi, ce n'est pas la peine de travailler. Contrairement à ses amis impressionnistes, Renoir est d'un naturel optimiste et confiant, même si, au cours des dernières années, une très douloureuse dégénérescence des articulations le fait terriblement souffrir". Sa vie se lit à la manière d’un passionnant roman d’aventures. Défenseur de l'École de 1830 avec Delacroix, Corot, Daubigny, Millet et surtout marchand des Impressionnistes avec Monet, Renoir, Degas, Manet, Sisley et Pissarro, en revanche, on ignore généralement qu’il a apporté le même soutien indéfectible à cinq peintres de la génération post-impressionniste qui étaient attachés à sa galerie par un contrat moral d’exclusivité. Cette méconnaissance tient pour une part à ce qu’il n’a pas vécu assez longtemps pour assurer leur succès. Ils sont entrés dans son écurie au milieu des années 1890. Il avait déjà dépassé la soixantaine, à un moment où l’impressionnisme commençait tout juste à être reconnu par la critique et par les amateurs d’art éclairés. C’est en 1895 que Monet expose triomphalement chez Durand-Ruel sa série des Cathédrales de Rouen. Quand le galeriste meurt en 1922, après s’être retiré des affaires depuis quelques années, ses poulains n’ont pas eu le temps d’atteindre la grande notoriété. Il a soutenu Manet, Degas, Monet, Renoir, Pissarro et bien d’autres quand ils étaient dénigrés par la critique ou par les instances officielles et il a assuré leur avenir. Au cours de sa carrière de marchand de tableaux, Paul Durand-Ruel (1831-1922) a acheté mille-cinq-cents Renoir, plus de mille Monet, huit-cents Pissarro, quelque quatre-cents Degas, deux-cents Manet. Douze-mille œuvres environ sont passées entre ses mains. Il y eut des marchands de tableaux avant lui. Mais il a créé la galerie moderne et a inventé un métier dont il est l’un des anges tutélaires, comme Georges Petit son concurrent le plus direct, Ambroise Vollard son cadet, ou Daniel Henry Kahnweiler qui disait s’en être inspiré. Il est le seul dont on puisse affirmé qu'il a véritablement inventé le métier moderne de marchand de tableaux. Le reconnaître n'entame en rien le mystère de ce grand bourgeois ultraconservateur, monarchiste, catholique et antidreyfusard qui prit tous les risques pour défendre ces révolutionnaires que furent les premiers impressionnistes, Degas, Manet, Renoir, Corot, Sisley et les autres. Il mit en péril son nom, sa fortune, la stabilité de sa famille pour soutenir un communard comme Courbet, un anarchiste juif comme Pissarro, un républicain modéré comme Monet. Un comportement paradoxal qui tient à son âme de missionnaire. Sa foi artistique, qui puisait son énergie dans sa foi religieuse, lui a permis de tout sacrifier pour soutenir "ses" peintres en leur offrant des conditions de création alors inconnues. Plutôt que de flatter le goût du public, il a choisi d'imposer le sien. Sa vie est un récit souvent épique d'années de lutte sans merci dans les coulisses du marché de l'art, des salons des plus prestigieux collectionneurs aux couloirs des salles de ventes en passant par les plus grands musées et les plus fameuses galeries d'Europe et des États-Unis.
"La peinture, c'est facile quand vous ne savez pas comment faire. Quand vous le savez, c'est très difficile. Si vous avez besoin de moi, je vous prie de me considérer à vous, n'importe ce qu'il arrive. Je serai votre dévoué". Jeune homme, mais issu d'une famille cultivée et aisée, et que le courant du classicisme est encore hégémonique, il prend le risque alors insensé pour l'époque de miser sur un mouvement moderniste, les impressionnistes. Une décision visionnaire et avant-gardiste. Comment a-t-il pu devenir l’inventeur d’une génération d’artistes méprisés par la critique ou par les institutions et peu portés sur la foi ? Il voulait être militaire, il y renoncera pour raison de santé et deviendra galeriste chez son père qui tenait un commerce de papeterie et de tableaux. Comment a-t-il pu supporter le désordre qu’impliquent la fréquentation des artistes et les zones grises du commerce de l’art ? S’il travaille dans la galerie familiale, sa vraie vocation vient plus tard. Il découvre Delacroix lors de l’Exposition universelle de 1855. C’est une révélation. Delacroix a cinquante-sept ans. Il est célèbre et reste insoumis. Ses œuvres témoignent d’une énergie et d’une liberté qui continuent de défier les prudences de l’Académie. En art, Durand-Ruel n’aura jamais la passion de l’ordre et le respect de l’autorité. Il a son propre sentiment, il se fait sa propre opinion, il prend des risques. Il est le fils de Jean-Marie-Fortuné Durand et de Marie-Ferdinande Ruel, qui apporte dans sa dot un commerce de papeterie et articles divers. Jean-Marie-Fortuné Durand, issu d'une famille de vignerons établis à Solers, est marchand de fournitures d'artistes avant de devenir marchand d'art. En mars 1849, son fils Paul passe son examen du baccalauréat et réussit le concours d'entrée de l'École militaire de Saint-Cyr, se destinant à une carrière militaire, mais une grave maladie l'obligea à renoncer à cette école et à rester avec ses parents pour les seconder. Fournissant des articles pour les artistes, ces derniers souvent désargentés lui laissent en garantie leurs tableaux. En 1865, il reprend les rênes de l'entreprise familiale qui représentent Corot et l'École de Barbizon. Au cours des années 1860 et au début des années 1870, Paul se montre un défenseur brillant et un excellent marchand de cette école. Il se tisse rapidement un réseau de relations avec un groupe de peintres qui se feront connaître sous le nom d'impressionnistes. L'aventure commence alors sur un coup de dés.
"Ce que je ferai, ce sera l'impression de ce que j'aurai ressenti. Quant aux peintures, si vous êtes obligés de faire des sacrifices, ne regrettez rien, je vous en ferai bien d'autres". Il côtoie les artistes consacrés par les instances officielles, Bouguereau ou Cabanel, mais aussi les nouveaux-venus de la peinture comme Eugène Delacroix. Il épouse le quatre janvier 1862 Jeanne-Marie-Eva Lafon (1841-1871), fille d'un horloger de Périgueux et nièce du peintre Jacques-Émile Lafon, avec laquelle il aura cinq enfants, Joseph, Charles,Georges, Marie-Thérèse et Jeanne. En 1867, tout en conservant la rue Le Peletier, Paul installe la galerie Durand-Ruel seize rue Laffitte, rue des experts et des marchands de tableaux et qui va rester jusqu'à la première guerre mondiale un des centres du marché de l'art. En janvier 1869, il fonde "La Revue internationale de l'art et de la curiosité" dont il confie la direction à Ernest Feydeau. Dès 1870, il reconnaît le potentiel artistique et commercial des impressionnistes. Sa première exposition d'importance se tient en 1872, toujours à Londres. Il organise alors ensuite des expositions impressionnistes dans ses galeries parisienne, londonienne et bruxelloises, et plus tard à New York. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, Durand-Ruel quitte Paris avec ses tableaux pour se réfugier alors à Londres, où, par l’intermédiaire de Charles-François Daubigny, il fait la connaissance de Monet puis de Pissarro. En décembre 1870, il ouvre la première d'une série de dix expositions annuelles de la "Society of French Artists" dans sa nouvelle galerie londonienne, installée au 168 New Bond Street, confiant plus tard la direction de cette galerie à Charles Deschamps, neveu d'Ernest Gambart. De retour en France, il rencontre, en janvier 1872, Alfred Sisley par l'intermédiaire de Monet et Pissarro. En mars de la même année, il rencontre Auguste Renoir. Au moment de son retour, l'une de ses premières expositions parisiennes est celle de la suite Binant, inaugurée en novembre 1871 rue Le Peletier, et qui présente trente-six toiles de scènes tirées de la vie civile et militaire durant le siège de la ville de Paris. Au cours des trois dernières décennies du XIXème siècle, n'hésitant pas à lourdement s'endetter, Paul Durand-Ruel devient l'un des plus célèbres marchands français, et le principal soutien moral et financier des impressionnistes de par le monde. Alors qu'il se trouve dans une situation financière critique, la banque de l'Union générale va soutenir le marchand et lui permettre ainsi de continuer sa politique d'achat auprès des artistes en qui il croit. Cependant l'Union générale fait faillite en 1882 et suite du krach de la banque, Paul Durand-Ruel est mis en demeure de rembourser ses créanciers. Ne pouvant plus subvenir aux besoins de "ses" peintres, il est contraint de vendre à bas prix son stock de toiles de l'École de Barbizon, ainsi que certains tableaux impressionnistes. Sa volonté et sa force de caractère le sauvèrent.
"Qui donc a dit que le dessin est l'écriture de la forme ? La vérité est que l'art doit être l'écriture de la vie. Ils auront beau faire, ils ne tueront pas votre vraie qualité, l'amour de l'art et la défense des artistes avant leur mort. Dans un avenir très proche, ce sera alors votre gloire, car vous êtes le seul qui avez pensé à cette chose naturelle". Mettant fin à ses achats, il décide sagement de faire fructifier ses collections privées. Il expose ce qu’il a acquis. Il entreprend en 1883 une série d’expositions individuelles. Celles-ci, moins onéreuses que les coutumières expositions de groupe, permettent d’appréhender de manière toute nouvelle l’univers d’un artiste et de saisir sa démarche. S’il a dû fermer en 1875 ses galeries de Londres et de Bruxelles, il continue d’envoyer ses tableaux partout où il peut y avoir, à l’occasion d’une exposition, un marché potentiel: Londres, Berlin, Boston. Il expose notamment en 1886 à New York, où il est accueilli par un public plutôt favorable à celui qui a contribué à la célébrité des artistes de Barbizon aux Etats-Unis. Les achats commencent modérément mais, grâce aux contacts de collectionneurs, donnés à son marchand par l’artiste américaine Mary Cassatt, Durand-Ruel est confiant, au point d’ouvrir une galerie à New York sur la Vème Avenue. Petit à petit, le marché américain devient florissant, ce qui a des répercussions en Europe. C’est ainsi que Durand-Ruel organise en 1905 la plus grande exposition jamais faite sur les impressionnistes aux "Grafton Galleries" de Londres, près de New Bond Street, où, dix ans plus tôt, il présentait les artistes d’avant-garde qu’il venait de découvrir et qu’il n’a, dès lors, pas cessé de soutenir. Il se sert des ventes aux enchères pour faire monter les cotes, non sans manœuvres souterraines avec d’autres marchands ou des collectionneurs spéculatifs. Il ne se contente pas de commercer dans sa galerie parisienne, il conclut des accords avec des marchands hors de France. C’est un entrepreneur en art, métier encore honni aujourd’hui par beaucoup d’artistes et d’amateurs de délectations esthétiques qui oublient une évidence. Si personne n’achetait les œuvres et ne les présentait au public, les artistes seraient réduits à la famine et les amateurs alors privés de leurs objets de contemplation puisqu’ils ne parviendraient pas jusqu’à eux. Entre 1891 et 1922, l'année de sa mort, Paul Durand-Ruel achète une quantité incroyable de tableaux, soit près de douze mille œuvres dont plus de mille Monet, mille-cinq-cents Renoir, quatre cents Degas, quatre cents Sisley, huit cents Pissarro, deux cents Manet, quatre cents Mary Cassatt et cent Corot.
"Les premières places ne se donnent pas. Elles se prennent. Le peintre la représente les cheveux coupés en frange sur le front, un visage au teint doré, un nez retroussé, une bouche pulpeuse, habillée d’une robe bleue et de bas à rayures de paysanne. Un véritable délice pour les yeux." Un jour, il décida de décrocher. C'était peu avant le déclenchement de la première guerre mondiale, en 1913. Il avait quatre-vingt-deux ans. En toute amitié, Renoir l'avait encouragé à prendre sa retraite et à transmettre une fois pour toutes le flambeau à ses fils. Une attaque d'apoplexie avait eu raison de sa capacités de résistance alors qu'il mettait la dernière main à ses mémoires. L'esprit de la galerie demeurait intact, à Paris comme à New York, mais le retrait du patriarche ne pouvait rester sans effet. Eu égard à son animosité, le confidence de Mary Cassatt à Mme Havemeyer prenait un sens sérieux: "Les Durand-Ruel se sont améliorés depuis que la main de fer du père ne sévit plus." Le neuf octobre 1918, il rédigea son testament spirituel, profession de foi qui s'achevait par cette parole du Seigneur que le marchand d'art n'aurait pas reniée: "Qui n'est pas avec moi est contre moi." Mais qui alors aurait osé être contre lui ? Ses ennemis étaient morts, ses adversaires convertis. Quant à ses rivaux, Bernheim, Seligmann et Vollard, il les retrouvait, à nouveau comme des partenaires au sein d'un consortium qu'ils avaient formé en 1918. Le vingt juillet 1920 enfin, un décret fit Paul Durand-Ruel chevalier de la Légion d'honneur. Il était temps. Renoir le nommait "vieux chouan." Georges Clemenceau, grand ami de Claude Monet, dira de lui: "De quels tourments Durand-Ruel sauva Monet en lui permettant d'être et de demeurer lui-même à travers toutes les entreprises de médiocrités. Grâces lui soient rendues." À la fin de sa vie, Durand-Ruel écrit dans ses mémoires: "Enfin les maîtres impressionnistes triomphaient comme avaient triomphé ceux de 1830. Ma folie avait été sagesse. Dire que si j'étais mort à soixante ans, je mourais criblé de dettes et insolvable, parmi des trésors méconnus." Il meurt le cinq février1922 dans son appartement au trente-cinq, rue de Rome à Paris. Sept à huit cents personnes assistèrent à ses obsèques en l'église Saint-Augustin. Les plus proches furent admis au caveau familial du cimetière de Montmartre.
Bibliographie et références:
- Lionello Venturi, "Les archives de l'Impressionnisme"
- John Rewald, "L'histoire de l'impressionnisme"
- Claire Durand-Ruel Snollaerts, "Paul Durand-Ruel"
- Pierre Assouline, "Grâces lui soient rendues"
- Laure-Caroline Semmer, "Paul Durand-Ruel"
- Caroline Le Got, "Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme"
- Flavie Durand-Ruel, "Mémoire du marchand des Impressionnistes"
- Florence Gentner, "L'Impressionnisme, dans l'intimité de Durand-Ruel"
- Caroline Durand-Ruel, "Correspondance de Renoir et Paul Durand-Ruel"
- Sylvie Patry, "Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme"
- Catherine de Pellissac, "Portrait d'un visionnaire: Durand-Ruel"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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"Mes jambes ne sont pas si belles que ça, je sais juste quoi en faire. En devenant l’égale de l’homme, la femme perd beaucoup. Une femme peut faire tout ce que peut faire un homme, et en plus elle peut faire des enfants. En langue, le genre est particulièrement déroutant. Pourquoi, s'il vous plaît, une table devrait-elle être masculine en allemand, féminine en français et castrée en anglais ?". Pour Anita Berber (1899-1928), travailler c'était surtout imaginer. Elle sent pousser des germes en elle. Des mots éclatent comme ça dans ses entrailles et elle les écrit pour les retenir. Oh, ce n'était point-là de la littérature, elle le savait bien. En revanche, ils allaient alors devenir poésie, charmes et envoûtements car son corps allait les exprimer, les cracher en mouvements. Alors, elle serait chacun des éléments: l'air, le feu, l'eau et la terre. Le papier serait sa scène éthérée et enivrante. Née le dix juin 1899 à Dresde en Allemagne, Anita Berber a choqué et diverti le cabaret et la foule bourgeoise de la république de Weimar jusqu'à sa mort prématurée à l'âge de vingt-neuf ans. Star de cinéma, danseuse nue, "princesse de la débauche" et modèle de peinture d'Otto Dix. Elle est jeune, très belle, libre, avant-gardiste, c’est une œuvre d’art à elle toute seule. Muse, danseuse expressionniste et icône d'une génération en plein désastre. Difficile de saisir en si peu de mots la personnalité complexe et multiple d'Anita Berber. En 1925, Otto Dix réalise son portrait alors qu'elle est totalement dépassée par sa célébrité. Elle n'est plus qu'une artiste perdue parmi ses démons. Droguée, prostituée occasionnelle, bisexuelle, paranoïaque, elle nourrit les scandales et fait les choux-gras de la presse de la république de Weimar. On la déteste autant qu'on l'adule, plus puissante que l'effet des psychotropes dont elle s'abreuve. Artiste de renom, performeuse avant l'heure, elle dansait pour survivre à une époque où tout restait à faire. Entre Berlin, Wiesbaden et Düsseldorf, Anita est une esquisse, une évocation. Le portrait fulgurant d'une femme qui tente péniblement de dépasser sa légende. Danseuse instinctive, elle incarne la décadence aux yeux de ses contemporains et participe pourtant aux bouleversements artistiques et culturels de son temps. Géniale provocatrice, sa vie fut un météore. Elle meurt à l'âge de vingt-neuf ans, seule, abîmée par les drogues et épuisée par la tuberculose. Anita Berber reste encore aujourd'hui une source d'inspiration pour bon nombre d'artistes tels Ingrid Caven, Michael Michalsky, Karl Lagerfeld, Death in Vegas, Nina Hagen ou encore Rosa von Praunheim.
"Ce qu'un homme remarque d'abord à propos d'une femme, c'est si elle le remarque. En Amérique, le sexe est une obsession. Ailleurs c'est un fait". Anita Berber fascine encore aujourd’hui, plus de cent ans après sa naissance. Née en1899, elle incarne la femme libérée de l’Allemagne d’entre deux guerres. Dès son jeune âge, la jeune femme se produit dans les cabarets de Berlin. Provocante, elle est l’une des premières danseuses à utiliser sa pleine nudité dans ses spectacles. Anita développe une dépendance aux drogues, particulièrement l’opium et la cocaïne. On raconte qu’à Berlin,il n’est pas rare de l’apercevoir le nez recouvert de poudre. Utilisant sans gêne sa sexualité, Anita poursuit une quête absolue de plaisir. Bisexuelle assumée, Anita se prostitue à quelques occasions à ses débuts dans les cabarets. Elle vit sans limites, dans une société pourtant rigide, patriarcale et rongée par la crise économique causée par la première guerre mondiale. La république de Weimar vit ses derniers moments. Ainsi que le raconte André Gide, "Berlin a l'air de se prostituer du haut en bas". Gide en sait quelque chose. L'auteur des "Nourritures terrestres" fait régulièrement des escapades à "Berlin-la-Sodome", attiré par son atmosphère de bacchanale frénétique. Il emmène d'ailleurs volontiers avec lui Malraux qui, en 1934, se retrouve avec lui dans un hôtel dont les grooms sont, à sa plus grande stupéfaction, tous plus jeunes et plus "disponibles" les uns que les autres. À Berlin, les partouzes touchent toutes les catégories de la population. Le fils de Thomas Mann, qui découvre cette ville "corrompue" à dix-sept ans, résume en un hymne ironique ce qu'il pense: "Entrez donc, Mesdames et Messieurs, chez moi, ça va fort, ou plutôt ça s'en va à vau-l'eau. La vie nocturne de Berlin, ah mes enfants, le monde n'a encore rien vu de pareil ! Autrefois, nous avons eu une jolie armée, mais à présent, nous avons de jolies perversions. Du vice, encore du vice, rien que du vice, un choix colossal". Les baigneurs, hommes et femmes, enfants et adultes, sont nus dans la piscine de Gartenstrasse, au centre de la capitale. Les clubs où des hommes peuvent danser ensemble, enlacés, sont nombreux malgré l'interdiction officielle de l'homosexualité. De fait, il existe, dans le Berlin des années folles, des centaines de bars fetish où les filles comme les garçons, parfois âgés d'à peine quatorze ans, attendent en buvant de l'alcool. Certaines prostituées sont nues sous leur manteau de fourrure. Des travestis habillés en femme stationnent dans les toilettes pour dames. Des lesbiennes habillées en hommes campent dans les toilettes hommes. Berlin offre le spectacle d'une ville décadente ou émancipée.
"Sans tendresse, un homme est sans intérêt. Les écrivains, les compositeurs, les peintres, mais aussi les artistes comme les réalisateurs et les acteurs entrent dans la même catégorie. Ils doivent être manipulés avec des gants pour enfants, mentalement et physiquement". Mais derrière ce décor de fêtes et de paillettes, le chômage explose. Alors, la belle Anita décide de devenir danseuse de cabaret. Flamboyante, les cheveux rouges, elle danse en pantalons lorsqu’elle n’est pas nue, ce qui est peu commun à cette époque. En parallèle de ses succès comme danseuse, Anita Berber fait quelques apparitions au cinéma, notamment dans des films du réalisateur Richard Oswald. Trois fois mariée, Anita épouse en 1919 un riche héritier, Eberhard Von Nathusius. Elle le quittera pour vivre alors une histoire passionnelle avec une femme, Susi Wanowsky. En 1923, Anita convole ensuite avec son partenaire de scène, Sebastian Droste. Leur union fera scandale et leur vie de débauche les fera bannir d’une partie de l’Europe et se terminera avec le départ de Sebastien pour New York. Et puis soudain, en 1928, Anita quitte notre monde. Elle laisse en héritage une vie où le désir de liberté est absolu, vital, entrant au panthéon des icônes de son époque. Elle a sciemment brisé toutes les conventions sociales et théâtrales de son temps, proclamant ainsi par la suite une théorie pour justifier son comportement provocateur et transgresseur. Elle hantait le quartier de Friedrichstadt, apparaissant dans les halls d'hôtel, les boîtes de nuit et les casinos, rayonnante et nue, à l'exception d'une élégante banderole de sable qui masquait ses épaules décharnées et une paire de chaussures en cuir verni. Un temps, Anita Berber a fait ses entrées post-minuit vêtue seulement de ses talons, un petit singe effrayé qui pendait à son cou, et une broche en argent ancienne contenant de la cocaïne. Sur les scènes de cabaret de Berlin, elle dansait alors des fantaisies érotiques fantasques, inspirées par des concoctions d'éther et de chloroforme, de cognac, d'injections de morphine, et d'une disposition chic, pansexuelle. Ses danses portaient des noms tels que "Cocaïne" ou "Morphium". Les Berlinois, après quelques saisons tumultueuses au début des années vingt, se lassèrent enfin des scandales de la Berber. La grande prêtresse de la décadence chorégraphique est décédée dans la pauvreté en 1928, résultat d'une tentative désespérée de quitter abruptement sa plus chère addiction, le cognac, lassée du champagne.
"Les devoirs sont ce qui rend la vie la plus digne d'être vécue. Il arrive un moment où tout à coup vous réalisez que le rire est quelque chose dont vous vous souvenez et que vous étiez celui qui riait". Anita Berber est la fille d'une chanteuse de cabaret, Anna Lucie Thiem, dite Lucie, et de Félix Berber, premier violon du Gewandhaus de Leipzig qui se mariera cinq fois dans sa vie. Elle a trois ans et demi le huit novembre 1902 quand ses parents divorcent pour "opposition de caractères irréconciliables". À partir de 19066, elle est élevée à Dresde par sa grand-mère maternelle, Louise, dans un confort bourgeois. Elle a six ans et ne voit plus sa mère partie à Berlin, où Rudolf Nelson a embauchée celle ci dans la"revue du Chat Noir", cabaret de l'avenue Unter den Linden. À dix ans, soit un an avant Mary Wigman qui deviendra la promotrice de la danse expressionniste, elle est inscrite dans ce qui devient en 1912 l'Établissement d'enseignement Jacques Delcroze de Hellerau, où est mise en œuvre une pédagogie nouvelle basée sur la rythmique Jacques Dalcroze. En 1915, après que la guerre a éclaté, Anita Berber suit avec sa grand-mère sa mère à Wilmersdorf, une banlieue de Berlin où s'entassent les immigrés de l'intérieur. L'adolescente vit là, rue Zähringer, entourée de femmes, dont ses deux tantes maternelles, Else et Margarete, toutes deux vieilles filles. Tout en se produisant dans des cabarets, elle suit des cours à l'École de théâtre Maria Moissi de Berlin. Elle apprend la danse moderne et la pantomime en même temps que Dinah Nelken auprès de Rita Sacchetto, une actrice adepte d'Isadora Duncan et amie de Gustave Klimt qui, après avoir donné des spectacles de tableaux vivants à travers le monde, a ouvert dans sa villa une école. Elle monte sur scène pour la première fois en février 19166 à la Salle Blüthner, où elle participe à une chorégraphie au côté d'une autre débutante, Valeska Gert. Le chef de la censure Ernest von Glasenapp, qui est présent, préfère celle ci et déclare à propos de la première, "ça va vraiment trop loin". Elle part toutefois en tournée avec la troupe Sacchetto à travers l'Allemagne, Leipzig, Hambourg et Francfort. Sa rousseur naturelle la distingue parmi les nombreuses autres filles.
"Une fois qu'une femme a pardonné à son homme, elle ne doit pas réchauffer ses péchés pour le petit-déjeuner". Elle se produit dès lors en solo à l'Apollo, puis au Wintergarten, sous la direction d'un certain Pirelli, qui bouleverse le style de danse qu'elle a pratiquée jusqu'alors au sein des sages tableaux vivants de Sacchetto. Elle danse sur des musiques de compositeurs contemporains, tels Claude Debussy, Richard Strauss ou Camille Saint-Saëns, mais aussi Léo Delibes. Elle répète auprès d'Hélène Grimm-Reiter dans l'École pour la danse artistique et la culture physique, Kurfürstendamm, là même où sa jeune cadette Leni Riefenstahl réussit à s'offrir quelques cours à l'insu de ses parents. Richard Oswald l'introduit dans le cinématographe en 1918 et elle devient un mannequin recherché par les magazines féminins, une figure des ateliers photographiques Alex Binder et Eberth. La même année, elle fait sa première tournée à l'étranger, en Suisse, en Hongrie et en Autriche. Elle est à Budapest quand l'armistice est signé. Au cours d'une soirée de retour de scène, dans un hôtel de Vienne, complètement ivre, elle se livre pour la première fois en public à une danse alors entièrement déshabillée. Dans une capitale défaite et traversée par la révolution spartakiste, Anita Berber dépense sans compter en vêtements, chapeaux, chaussures et bijoux. Elle habite une suite de l'hôtel Adlon et entretient son image d'excentrique en se promenant un singe sur l'épaule et en s'habillant en homme. Elle lance la mode à la Berber, smoking et monocle. Anorexique, elle consomme éther, chloroforme, opium, cocaïne et cognac. La consommation de poudre lui vaut le surnom de "Reine des neiges". Elle découvre le sadomasochisme et fréquente alors grands restaurants et palaces. Elle a l'habitude de s'injecter de la morphine devant les autres clients. Elle parait une fois dans la salle à manger de l'Adlon entourée de deux jeunes hommes peints, vêtue d'un seul manteau de fourrure noire, qu'elle laisse tomber en prenant le champagne et qu'aussitôt le maître d'hôtel remet délicatement sur ses épaules. Punk avant l'heure, elle se teint les cheveux rouge sang et peint ses lèvres d'un grand cœur noir. La mode berlinoise est à la vedette sexuellement libérée. La rumeur prêtera à celle qui s'honore alors du titre de "mauvaise fille" de nombreuses liaisons saphiques, dont Marlene Dietrich. Anita Berber se met en ménage avec Susi Wanowsky, une femme divorcée d'un haut fonctionnaire de la police, propriétaire d'un bar pour rencontres lesbiennes, "La Garçonne".
"Le sexe est beaucoup mieux avec une femme, mais on ne peut pas vivre avec une femme". Le couple pratique un triolisme saphique avec Celly de Rheidt. Elle est d'une revue de Rudolf Nelson intitulée "Payez, s'il vous plaît" sur la scène du Théâtre Nelson, où triomphera cinq ans plus tard la Revue nègre de Joséphine Baker. Elle se produit sur la minuscule scène de "La Souris blanche", qui appartient à un puissant industriel, Peter Sachse, où certains spectateurs ne se présentent que le visage masqué. Son interprétation de "Morphine", sur la musique d'une valse lente écrite pour elle par Mischa Spoliansky, est un tube repris jusqu'à Paris. En juin 1922, Anita Berber rencontre au cours d'une soirée privée du Casino son prochain partenaire de scène, le poète homosexuel Sebastian Droste, qui, cocaïne aidant, prend aussitôt la place de Susi Wanowsky au poste de régisseur général. Fils de famille hambourgeois, c'est un danseur qui fut membre de la compagnie de Celly de Rheidt, une des maîtresses d'Anita Berber célèbre pour ses mises en scène subversives, plus blasphématoires qu'obscènes. Le spectacle que le nouveau couple met au point sans attendre se veut transgressif à la scène comme à la ville. La scénographie est confiée au viennois Harry Täuber, élève du peintre Franz Cižek, lui-même promoteur d'une pédagogie nouvelle qui laisse l'enfant s'exprimer. Évocation ambiguë du sadomasochisme comme du tabou sexuel qui pèse alors sur un possible métissage, l'entrée du personnage féminin, armé de fouets, se fait entre deux "nègres". À Vienne, Anita Berber a une brève, et incertaine, aventure avec la baronne Léonie von Puttkamer, cocotte extravagante qui fut cinq ans plus tôt l'obsession de Margarethe Csonka, la jeune homosexuelle suicidaire analysée par Sigmund Freud et plus connue sous le pseudonyme de Sidonie Csillag. Les tournées sont l'occasion de rencontres artistiques, en particulier avec Felix Albrecht Harta, Otto et Martha Dix, admirateurs qui n'hésiteront plus à parcourir de longues distances pour l'admirer sur scène. "Si charmante, si adorable, très spontanée et très séduisante" aux yeux de Martha Dix, qui la voit alors pourtant vider en moins d'une heure unebouteille de cognac tout en se maquillant dans sa loge, Anita Berber est peinte par Otto Dix sous les traits d'une vieillarde moulée dans une robe rouge, portrait totalement différent de la vision idéalisée qu'en a alors son épouse.
"Nous dansons la mort, la maladie, la grossesse, la syphilis, la folie, la famine, le handicap, personne ne nous prend au sérieux". À l'occasion, Anita Berber se prostitue, sans gêne, voire par provocation. À Wiesbaden, en 1925, devant ses amis Martha et Otto Dix avec lesquels elle se promène au sortir d'une représentation, elle répond à tout admirateur qui l'aborde: "C'est deux cents marks". Elle justifie cette pratique par le peu que lui rapporte son métier et le prix élevéde ses costumes qu'elle doit payer elle-même. Physiquement épuisée, elle se réfugie à Berlin auprès de son ami, le docteur Magnus Hirschfeld. Elle est hébergée dans une pièce qui sert d'infirmerie. C'est au salon Eldorado, qu'elle s'adonne à la cocaïne. Elle y entend les chansons de rue de Claire Waldoff, qui tient salon avec sa compagne Olgavon Roeder, ainsi que le duo Margo Lion Marlène Dietrich interprétant la chansonnette explicite "Ma meilleure amie". L'ex-actrice essaie de se reconvertir dans le théâtre. Embauchée au Theâtre intime de la Bülowstrasse par Gustave Heppner, elle joue, entre autres rôles, un des multiples personnages dans "Un Jeu de rêve" d'August Strindberg, qui est un hommage à la "Traumdeutung" de Sigmund Freud. La tournée au Proche-Orient reprend à l'automne. Dans la nuit du dix juin 1928, Anita Berber s’effondre dans une boîte de nuit de Beyrouth. Le médecin lui diagnostique alors une "phtisie galopante". Elle doit renoncer à poursuivre la tournée jusqu'à Damas. Son rapatriement en compagnie d'Henri Hofman est un calvaire dispendieux, son état imposant de longues étapes. Arrivée désargentée à Prague au bout de quatre mois, il faut alors qu'une collecte soit organisée dans les coulisses des cabarets de Berlin pour lui permettre d'acheter les billets de train. Hébergée par sa mère, elle est admise à l'hôpital Béthanie, qui accueille les indigents, et reste optimiste, forme des projets, prend soin de ses jambes. Elle meurt moins de trois semaines après son hospitalisation, le dix novembre, à l'âge de trente neuf ans. L'enterrement a lieu sous la pluie, trois jours plus tard, au cimetière Saint-Thomas de NeuKölln de Berlin. Elle est alors enterrée très pauvrement, sans pierre tombale.
"Les mots peuvent blesser et briser les cœurs et les esprits". Madonna et Lady Gaga ignorent probablement tout de la vie d’Anita Berber, l’oiseau de nuit le plus excentrique de l’Allemagne de Weimar, dont le tableau d’Otto Dix, La danseuse Anita Berber, peint en 1925, a longtemps tenu lieu de seul fil mémoriel. Pourtant, elles lui sont redevables d’une même filiation: la scène comme lieu où s’effacent et se réinventent les frontières entre avant-garde, érotisme et provocation. Danseuse, actrice, cabarettiste et poète, Anita Berber fut sans doute la première performeuse de l’histoire de la scène. Une performeuse dont le destin aussi flambant que dramatique semble inséparable des crises de la société allemande d’après-guerre. Érotisme d’après-guerre, Salomé, la dernière perversité. C’est en ces termes que se construisait sa gloire. Cette génération qui a vingt ans en 1918 a été alors marquée au vitriol par la grande guerre et découvre le chaos d’une Allemagne destituée de son Empire, en pleine révolution politique et dans la tourmente économique. Elle doit construire sa liberté dans ce paysage ravagé. La révolte contre l’autorité des pères sera alors volcanique. Anita Berber met alors en scène cette révolte, sans l’assortir d’un discours politique, comme le font les dadaïstes, mais lui donnant la tournure d’un anarchisme subjectif. Lorsque cette femme danse ses danses du vice, de l’effroi et de la folie, elle se danse elle-même. Ce n’est pas de la fantaisie, mais son propre être intérieur qu’elle met à nu devant les spectateurs. Son parcours ressemble à une suite de fuites en avant, chaque provocation en entraînant une autre toujours plus osée, chaque prise de risque visant à lui assurer le maintien de sa notoriété."Je suis une artiste et non une perverse. Vous pensez que je suis folle parce que je poudre de blanc mon visage, que je danse nue et prends de la cocaïne. La raison à cela est que j’ai sans doute alors commencé très tôt à lire Baudelaire et les ouvrages d’Henri Barbusse sur la guerre. Mon partenaire Sebastian Droste a traduit pour moi des textes grecs qui disent que ce n’est pas un vice de montrer son corps nu, car le corps est un cadeau de Dieu". La stabilisation économique a mis fin à la vie nocturne et ses excès. Les nouvelles idoles de Weimar sont alors désormais des reines de jour aux silhouettes sportives et bronzées. Comme la cabarettiste Valeska Gert, sortie de l’oubli grâce au cinéaste Völker Schlöndorf, Anita Berber ne sera redécouverte que tardivement, au cours des années 1980, par ses biographes en quête des derniers témoins des tumultes de Weimar, époque trop aisément regardée comme un âge d’or. Elle incarne sans doute l’esprit d’une génération qui fut la première au XXème siècle à se révolter et à réclamer le droit d’inventer sa propre vie. Une aspiration dont l’écho traversera tout le siècle avecplus ou moins de bonheur et dont s’empareront à leur tour la génération de mai soixante-huit et les postmodernes.
Bibliographie et références:
- R. M. Pettis, "Anita Berber"
- Varo Andor, "Anita Berber"
- J. Jentchik, "Anita Berber"
- Klaus Thomas Mann, "Anita Berber"
- Mel Gordon, "Five professions of Anita Berber"
- L. Fischer, "Anita Berber, 1918-1928"
- U. Scheub, "Anita Berber, göttin der nacht"
- Ralf Georg Czapla, "Anita Berber"
- Merrill Cole, "Anita Berber, danseuse nue"
- L. Guilbert, "Anita Berber ou la danse par le scandale"
- Leo Lania, "Anita Berber, a Weimar performance artist"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Rituels BDSM, de quoi parle-t-on ?
Le BDSM est souvent mal compris par ceux qui n'en ont qu'une connaissance superficielle. Pourtant, au cœur de ces pratiques se trouvent des rituels qui servent de fondement au cadre même de la relation entre un(e) dominant(e) et un(e) soumis(e). Ces rituels ne sont pas de simples actes superflus; ils sont chargés de significations, forment une base sur laquelle la relation se construit et évolue.
Les rituels en BDSM varient énormément d'une partie à l'autre, allant de simples signes de respect, comme la pose d'un collier, à des cérémonies complexes qui marquent des événements importants comme la naissance d'une relation de domination et soumission. Chaque rituel, qu'il soit petit ou grand, est un moyen de renforcer les rôles et les règles convenus, et de rappeler à chacun son engagement dans la dynamique du couple.
Par exemple, la cérémonie du collier peut être considérée comme l'un des rites de passage pour un novice en soumission, marquant une distance symbolique des visites passées et une entrée dans un état de dévotion et d'éducation sous la tutelle d'un maître ou d'une maîtresse. Ces rituels ne sont pas statiques; ils peuvent évoluer avec le temps, subissant des modifications à mesure que les besoins et les désirs du couple se transforment. C'est la beauté du rituel BDSM: il est aussi unique que les personnes qui l'intègrent dans leur vie.
La soumise ou l'esclave qui reçoit un collier lors d'une cérémonie peut le voir comme un objet de fierté et d'appartenance, un point de contact constant avec son maître ou sa maîtresse, même en leur absence. De même, le dominant peut voir dans ces rituels une affirmation de son contrôle et de son influence sur la vie de la soumise, un moyen de maintenir l'ambiance et le sens de leur lien, peu importe la distance ou les circonstances.
Que vous soyez novice ou expérimenté, seul ou en couple, les rituels BDSM offrent une façon de matérialiser la nature profonde de la soumission et de la domination, créant des liens qui vont bien au-delà des séances et des cérémonies, s'inscrivant dans la vie de tous les jours.
Les fondements des rituels en BDSM
Le BDSM se base sur une série de rituels qui définissent les rôles et les règles d'engagement entre les partenaires. Ces pratiques ne sont pas de simples traditions; elles forment le cadre dans lequel les relations de domination et de soumission peuvent prospérer. Un rituel peut englober des actions aussi simples que le port de sous-vêtements spécifiques décidés par le dominant, ou aussi élaborées que des cérémonies de contrats où la durée et la nature de la soumission sont formalisées.
Dans le contexte du BDSM, un maître ou une maîtresse utilise des rituels pour établir et maintenir la dynamique de pouvoir avec son soumis ou sa soumise. La mise en place de règles précises et le suivi de protocoles spécifiques sont essentiels pour assurer que les besoins de chaque personne sont satisfaits. Par exemple, la cérémonie du collier de soumission peut être un rituel puissant qui symbolise l'entrée du soumis dans un état de dévotion et l'acceptation du dominant comme sa principale figure d'autorité.
Les rituels varient selon le type de relation BDSM et sont souvent adaptés pour répondre aux besoins spécifiques des personnes impliquées. Certains peuvent être quotidiens, comme un rituel de bonjour ou de bonne nuit, tandis que d'autres peuvent être réservés pour des occasions spéciales. Les cérémonies de collaring, où un collier en cuir est souvent utilisé comme symbole de soumission, sont un exemple de rituels qui marquent des étapes importantes dans la relation BDSM.
Chaque modification des rituels ou des règles au sein d'une relation BDSM doit être négociée avec soin. Les apports et questions des soumis sont cruciaux dans ce processus, car ils garantissent que la modification des rituels reste en ligne avec les limites et le contrat établi. L'éducation permanente et la communication ouverte entre les partenaires sont la base pour une relation BDSM saine.
Le Maître ou la Maîtresse, ainsi que le soumis ou la soumise, doivent tout deux comprendre la signification derrière chaque rituel. Ce n'est pas seulement une question de soumission; il s'agit aussi de construire une ambiance de confiance et de respect mutuel. Pour le novice, l'assimilation de ces rites peut sembler écrasante, mais avec le temps et l'expérience, ils deviennent une seconde nature, façonnant le travail quotidien et la vie de la relation.
Types de rituel BDSM
Dans l'univers du BDSM, les rituels sont une partie intégrante qui reflète la nature et la dynamique d'une relation entre un dominant et un soumis. Ces rituels sont ancrés dans des règles et des protocoles établis pour répondre aux besoins spécifiques des partenaires et renforcer leur lien. Il existe une multitude de rituels, chacun avec sa propre signification et fonction au sein de la relation.
Rituels de salutation
Les rituels de salutation sont souvent les premiers à être établis. Un exemple classique est le rituel où le soumis salue son maître ou sa maîtresse d'une manière particulière, que ce soit par une pose spécifique, un geste de révérence, ou le baiser des pieds ou de la main. Ces actions peuvent paraître simples, mais elles marquent le début et la fin de chaque séance, créant un cadre et rappelant à tous les rôles et la structure de leur relation.
Rituels de punition
Les rituels de punition sont mis en place pour traiter les transgressions des règles convenues. Ils peuvent varier de la récitation d'une lettre d'excuse, à des tâches physiques ou même l'imposition d'une position inconfortable pour une durée déterminée. Ces rituels ne sont pas seulement un moyen pour le dominant d'exercer son autorité, mais aussi une façon pour le soumis de montrer sa volonté de se corriger et de se réaligner avec les attentes de son partenaire.
Rituels de Récompense
À l'opposé des rituels de punition, ceux de récompense reconnaissent et célèbrent les actions positives et le comportement souhaité du soumis. Cela peut aller de mots d'encouragement à des récompenses physiques comme des caresses ou des cadeaux. Pour un novice, ces rituels peuvent constituer des moments de fierté et de renforcement de l'identité de soumise ou d'esclave.
La mise en place des rituels
La création de rituels BDSM requiert une approche minutieuse et collaborative pour s'assurer qu'ils sont en harmonie avec les désirs et les limites de tous les partenaires impliqués. Voici quelques conseils pour établir des rituels qui renforcent la relation et respectent les besoins individuels.
Débuter par une franche discussion
Avant d'intégrer des rituels dans votre pratique du BDSM, engagez une conversation franche avec votre partenaire. Discutez de ce que chaque personne espère accomplir à travers ces rituels et comment ils pourraient être intégrés dans vos séances. Les mots choisis et les idées partagées ici posent la base de ce qui sera construit ensemble.
Établissez des règles claires
Des règles bien définies sont cruciales pour le succès des rituels. Elles déterminent non seulement ce qui est attendu de chacun, mais aussi la façon dont les rituels seront exécutés et ce qui se passe en cas de non-respect. Toutes les parties doivent comprendre et consentir à ces règles avant de vous lancer.
Construisez sur la confiance et le consentement
La confiance est au cœur de tout rituel BDSM, et le consentement en est le gardien. Chaque action et chaque rituel doivent être consentis par le dominant(e) et le/la soumis(e). Établissez des mots de sécurité (safeword) et des gestes qui permettent de communiquer efficacement, surtout lorsqu'il s'agit de pratiques impliquant une soumission profonde.
Personnalisez selon les désirs et besoins
Les rituels ne doivent pas être tirés d'une liste générique mais adaptés aux besoins spécifiques de votre relation. Qu'il s'agisse de la cérémonie d'un collier ou de rituels de punition et de récompense, chaque élément doit être réfléchi pour refléter la dynamique unique entre le maître et le soumis.
Restez flexibles
La vie change, et avec elle, les besoins et les désirs peuvent évoluer. Les rituels doivent être flexibles et susceptibles d'être adaptés ou modifiés en fonction des circonstances changeantes de la relation. Permettez une révision périodique des rituels pour s'assurer qu'ils restent pertinents et bénéfiques.
(In)Formez-vous !
La formation et l'éducation sont une partie intégrante de la mise en place de rituels. Pour les novices, c'est essentiel pour comprendre la portée et l'importance des rituels dans la dynamique BDSM. Des articles sur les sites internet, des ateliers, des livres et surtout des échanges sur les forums peuvent être très instructifs.
Contractualisez les pratiques
Pour les cas plus formels, il peut être utile de documenter les rituels convenus. Cela peut prendre la forme d'un contrat ou d'une lettre d'intention, offrant une référence claire et un rappel des engagements pris.
En respectant ces étapes, vous pouvez créer des rituels qui renforcent le travail d'équipe et la connexion au sein de la relation BDSM, tout en honorant la nature et les rôles de chaque personne impliquée.
Les bénéfices du rituel BDSM
Les rituels en BDSM offrent de multiples avantages qui renforcent non seulement la connexion entre les partenaires, mais aussi enrichissent l'expérience globale du BDSM. En établissant des routines et des rites, les partenaires créent un espace sécurisé où la confiance peut s'épanouir et où les dynamiques de pouvoir peuvent être explorées de manière saine et contrôlée.
Renforcement de la confiance
La confiance est la pierre angulaire de toute dynamique BDSM. Les rituels, par leur nature répétitive et prévisible, créent un environnement de sécurité émotionnelle. Lorsqu'un soumis se soumet aux rituels établis, il démontre sa confiance envers son maître ou sa maîtresse. Inversement, lorsque le dominant respecte les règles et les limites établies dans ces rituels, il affirme son engagement envers le bien-être et le respect du soumis.
Raffermissement de la connexion
La pratique de rituels spécifiques permet aux partenaires de se reconnecter à un niveau profond à chaque session. Cela va au-delà de la simple action physique; il s'agit d'une communication non verbale qui, par le biais de gestes et de mots, confirme la nature de leurs engagements mutuels. Par exemple, une cérémonie de colliers peut servir de rappel tangible de la connexion qui existe entre un maître et son esclave.
Amélioration de l'expérience BDSM
Les rituels peuvent enrichir l'expérience BDSM en ajoutant une couche de profondeur et de signification. Ils ne sont pas simplement des actes; ils sont des symboles de dévotion, de pouvoir et de respect. Ils peuvent transformer des actions autrement ordinaires en moments chargés de signification, augmentant ainsi l'intensité émotionnelle et psychologique de la séance.
Développement personnel et éducation
L'adoption de rituels peut également jouer un rôle dans l'éducation et le développement personnel des soumis et soumises. À travers la répétition et la discipline, ils apprennent à mieux se connaître et à comprendre leur place dans la dynamique BDSM. De même, les dominant(e)s peuvent affiner leur capacité à guider et à protéger, affirmant leur rôle à travers les rituels qu'ils établissent.
Création d'une cadre
Les rituels instaurent une structure qui peut aider les partenaires à naviguer dans leurs dynamiques de pouvoir. Cette structure peut fournir une liste claire d'attentes et de comportements souhaités, aidant les partenaires à rester dans le cadre convenu et à éviter les incertitudes ou les malentendus.
Lancez-vous ! (ou pas !)
En explorant les différentes facettes des rituels dans la pratique du BDSM, nous avons souligné leur rôle essentiel dans la création et le maintien d'une dynamique saine et épanouissante entre les partenaires. Nous avons vu comment ces rituels, loin d'être de simples formalités, sont des piliers sur lesquels la confiance, le respect et la connexion entre un maître, une maitresse et sa soumise, son soumis ou un esclave peuvent être construits et renforcés.
La mise en place de rituels avec des règles claires et consensuelles est un processus qui requiert une communication ouverte, une formation continue, et un engagement réciproque. Chaque rituel, chaque geste et chaque parole contribuent à l'effet global des sessions de BDSM, les transformant de simples actions en cérémonies empreintes de signification.
La nécessité d'ajuster les rituels aux besoins spécifiques des partenaires, d'adopter une attitude flexible face aux changements, et de toujours maintenir le consentement et la sécurité au premier plan est une évidence.
Nous espérons que ces idées et informations inspireront des questions et des commentairesainsi qu'une réflexion de chacun plus profonde sur le sujet.
Gardez en tête que les rituels en BDSM sont une matière complexe et personnelle, et que ceux qui s'en passent ne sont pas dans l'erreur, mais vivent leur BDSM à leur façon. Le rituel est ce que les partenaires décident d'en faire et sont aussi uniques que les personnes qui les pratiquent. Ce qui importe, c'est que tout ce qui est fait, le soit dans le cadre de règles convenues, avec respect, et avec un désir partagé d'explorer les profondeurs de la domination et de la soumission d'une manière qui enrichit la vie de tous les participants.
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Léa était une jeune cadre dynamique d’une entreprise de conseil de La Défense. Elle était sortie de la fac de droit il y a deux ans maintenant et travaillait désormais dans le service juridique d’une firme possédant une des plus hautes tours du quartier. Son bureau était au 45e étage, bien loin des préoccupations de ceux qui marchaient au sol. Elle ne les côtoyait d’ailleurs pas. Chaque matin, elle garait sa voiture au parking situé au sous sol et montait directement par l’ascenseur jusqu’à l’open space qui lui servait de bureau. Elle avait beau avoir ce qu’on appelait “une place en or”, elle regrettait l’époque où elle pouvait sortir avec ses amies après la fac. À cette époque elle couchait avec de nombreux garçons, bien qu’aucun ne lui avait vraiment apporté de réelle satisfaction. Elle avait même essayé quelques filles, même certaines de ses amies proches, mais le constat restait le même. Mais enfin à l’époque au moins elle expérimentait.
Ce soir, comme chaque soir, elle sortit à 20h, prit sa voiture et rentra dans son appartement de Nanterre, spacieux certes mais “loin de tout”, comme lui avait dit son amie Nathalie avant de l’acheter. Comme à son habitude, elle sortit des lasagnes Picard de leur carton et les plaça dans le micro-onde. Elle s’alluma alors Netflix et se lança un episode d’une série qu’on lui avait recommandé. Elle mangea son plat devant le premier episode qui ne la séduisit que moyennement. Le second épisode n’était pas plus entrainant mais une scène légèrement érotique apparaissait à la 20e minute. Elle profita de ce rare moment pour passer sa main dans son pantalon et en ouvrir le bouton. Avant que la série ne passe à une autre scène, elle fit pause sur une magnifique image de cheveux tirés. Ses doigts s’activaient de plus en plus vite, de plus en plus sensuellement. Elle descendit son pantalon jusqu’a chevilles et alla chercher le vibro dans la commode de sa chambre, elle s’alluma et continua ce doux moment dans son lit. Après 20 minutes d’intense plaisir elle jouit une première fois, explosive. Elle chercha le deuxième mais la fatigue de la journée la contraint à arrêter et à aller se coucher.
Se toucher était devenu une habitude quotidienne pour Léa. Cependant l’aspect répétitif l’avait poussé à innover et depuis quelques semaines elle se filmait régulièrement en le faisant. Elle imaginait qu’on la regardait et cela l’excitait. Elle ne regardait que très rarement les vidéos mais elles étaient toutes archivées dans un fichier de son iPhone protégé par un mot de passe. Elle se disait souvent qu’elle aimerait que quelqu’un d’autre ne la filme mais elle avait trop peur pour son image et ses rares plans tinder ne lui avait pas donné le courage de demander.
Le lendemain, sur le chemin de son bureau, elle s’arrêta chez Starbucks. Ce n’était pas dans son habitude mais le café de la machine était vraiment imbuvable et tenir la matinée sans café lui semblait insurmontable. Habillée d’un grand manteau beige et d’un pantalon taille haute elle s’approcha du comptoir et commanda son café
-Un Venti sans sucre et sans crème s’il vous plait, dit elle, sans savoir si elle devait tutoyer ou vouvoyer ce vendeur qui lui semblait bien avoir son age.
Quelques instants d’attente plus tard, un “Léa” se fit entendre, son café était prêt.
Elle alla le chercher, le saisit et, en se retournant, bouscula un jeune homme en manteau noir, lui renversant du café dessus.
-Oh je suis désolé monsieur, dit elle désolée, sortant un mouchoir de son sac
-Ah bah bravo jeune fille, répondit-il sèchement alors qu’une fois encore
Léa comprenait l’agacement de l’homme mais lorsqu’elle releva les yeux, elle vit l’homme, qui devait également avoir le même âge qu’elle à quelque chose prêt, sourire en coin. Elle compris alors que l’homme avait utilisé un ton humoristique.
Toujours avec un large sourire, il dit:
-Soit tu me paies la teinturerie, ou un verre ce soir.
Puis il accompagna cela d’un clin d’oeil.
Léa tenta de s’échapper malgré le charme évident du garçon aux cheveux mi-longs:
-C’est que euh, je termine tard le soir, bredouilla-t-elle.
-Quand on veut on peut, répondit-il, rendez vous au bar du plaza athénée à 18h, je compte sur toi, et mon manteau aussi…
Sur ces mots, il lui embrassa la main et tourna les talons avec un grand sourire.
Toute la journée, cette interaction la perturbait, devait-elle y aller? Certes elle lui devait quelque chose et le boulot était plus une excuse qu’autre chose mais tout de même, elle ne le connaissait pas. A 17h, elle décida que le fait que ce soit en bar ne la faisait pas courir beaucoup de risque et qu’elle irait simplement pour lui payer le teinturier puis repartirait. Elle quitta donc son bureau en douce prétextant une fatigue et monta dans sa voiture. Waze lui prévoyait une heure pour aller dans le centre de Paris, évidemment, à 17h30… Elle abandonna l’idée de la voiture et pris le métro.
A 18h10, elle arriva enfin devant l’hotel et se dirige vers le bar. Du haut de ses talons, on l’entendait arriver. Elle ne se sentait pas dépayser dans un hotel de ce style mais le fait d’aller à un rendez vous dans un endroit comme celui ci lui faisait un sentiment étrange. Elle vit l’homme, le salua et lui proposa de payer le teinturier.
-Voila 15 minutes que je t’attends, non seulement tu me dois un verre mais maintenant tu m’en dois au moins deux en lui prenant son manteau et en la poussant doucement vers le fauteuil.
Le charme et la galanterie du jeune homme eurent raison de son plan initial. Elle s’assit et tenta d’apprécier la musique jazz provenant du piano.
-Gaspard Du Daguet, enchanté, dit-il
-Euh Léa Malroit, répondit comme en hésitant Léa.
Gaspard lance alors la conversation sur la beauté des moulures et deux cocktails plus tard, la conversation était maintenant equitable. Souvenirs d’enfance, études, rêves, la conversation variait sans cesse mais elle n’en était pas moins passionnante. Léa s’aperçut vers 23h qu’elle se confiait un peu trop à un inconnu et savait de dates précédents que c’était rarement bon signe. Elle proposa alors dans l’objectif de changer de sujet et d’arrêter ce déroulé de sa vie:
-Tu veux venir chez moi prendre un verre Gaspard ?
Gaspard hésita et répondit:
-Non cela ne va pas être possible, j’en suis désolé, j’ai à faire ce soir.
Il se leva alors et la raccompagna vers la sortie, lui refit un baise main, lui dit un “à très bientôt” et parti
Alors qu’il s’éloignait, Léa réalisa qu’il n’avait aucun moyen de la contacter, encore un qu’elle avait fait fuir… Elle rentra alors en RER chez elle, se toucha comme à son habitude et s’endormit frustré d’un énième échec sentimental.
La nuit passa avec son lot de rêve et le réveil sonna à 7h comme à son habitude. La tête endolorie, elle se leva, se maquilla, et elle s’approcha de son dressing. Elle ouvrit le tiroir des sous-vêtements mais impossible de trouver une culotte, elles devaient toutes être au sales. Elle se dirigea alors vers le panier, rien. Dans la machine, rien. Elle ne comprenait décidément pas. Elle se dit qu’elle allait s’en passer pour aujourd’hui et se dirigea vers la pile de pantalon qui avait également disparu. Elle ne se souvenait pas avoir fait de rangement et se dit que sa femme de ménage avait du les ranger autre part. Elle n’avait pas le temps de trouver où cette incapable les avait mit. Elle saisit un tailleur jupe et enfila le bas, puis le haut, un petit manteau noir, un coup de rouge à lèvre et sortit. Une fois dehors, elle se rappela que sa voiture était toujours à La Défense… Elle s’apprêtait à appeler un taxi quand un passa juste devant. Elle monta dedans:
-Tour Ivoire, La Défense s’il vous plait.
Le chauffeur verrouilla les portes et démarra. Fatiguée, Léa terminait les dernières retouches de maquillage sur ses yeux. Au bout de 10 minutes de route, le taxi s’arrêta, ils n’étaient pas devant son travail. Elle s’apprêtait à engeuler le chauffeur pour son incompétence quand sa porte s’ouvrit, dernière se trouvait Gaspard dans un costume noire obsidienne qui lui tendait la main.
-Qu’est ce que tu fais là, c’est toi qui a demandé au taxi de m’amener ici, dit elle visiblement énervée, qu’est ce que tu crois, j’ai un boulot, je peux pas le rater, je vais me faire virer
-J’ai appelé, répondit Gaspard d’un calme absolu, tu seras en retard, c’est cohérent avec ta fatigue d’hier
-Non mai…, commença Léa
-Silence, suit moi, tu ne le regretteras pas.
Il la prit par la main et la tira assez énergiquement vers le resto juste devant. Il la fit s’assoir sur une banquette, prit une chaise et s’assit dessus à l’envers, le dossier vers Léa. Il sortit son téléphone, le pencha à l’oreille de Léa et appuya sur play.
Soudain, des gémissements furent emit sur le haut parleur, c’était la voix de Léa. Horrifiée, elle regarda le téléphone, c’était elle. C’était une vidéo d’une de ses jouissances.
-Quoi mais comment as tu pu av…, commença t-elle
-Je les ai toutes, l’interrompit-il, écoute moi bien attentivement, je ne veux pas te nuire donc je te propose un marché. Tu peux aller travailler aujourd’hui, ce soir, tu rentreras, tu mettras le contenu de ce paquet -lui tendant un paquet blanc- tu te mettras à genoux face à la porte tu laissera la porte entre-ouverte. Tu m’accordes une soirée et j’efface tout, une simple soirée tous les deux contre le fait que tout tes collègues et amis voient ces vidéos, c’est équitable
Elle hésita quelques instants et dit:
-Une seule soirée et tu effaces?
-Exactement, dit-il
-D’accord…, répondit-elle à contre-coeur
-Tu vois que tu ne pouvais pas refuser, dit-il avec un sourire
Ils sortirent du restaurant, il lui ouvrit la porte du taxi.
-A ce soir dans ce cas, dit-il, attention aux courants d’air…, rajouta t-il avec un sourire
Se pouvait-il qu’il sache pour son entrejambe dénudé, comment était-ce possible… Pouvait-il être la cause de tout ca… Et ces pensées la poursuivirent durant tout le chemin du taxi et durant l’entièreté de la journée de travail. Même son habituelle pause série du midi ne lui permit pas de se changer les idées.
17h, il lui fallait partir avec le paquet pour ne pas etre en retard. Elle monta dans sa voiture, et avant de démarrer, elle ouvrir le paquet et regarda rapidement, de la lingerie fine, “pas étonnant”, se dit-elle. Il y avait aussi des lanières de cuire rembourrées. Elle se dit qu’elle trouverait la fonction chez elle. Elle démarra pensive.
Arrivée chez elle elle étala le contenu du paquet, un justaucorps en dentelle noir, des jarretelles, un grand morceau de cuire avec un anneau et deux plus petits avec des demi-anneaux. Il y avait également un plug anal. Elle en avait utilisé un une fois donc elle le reconnaissait. Une petite etiquette y pendait “tout doit etre mit ;)” y était inscrit en écriture noire. Elle mit les jarretelles et le porte jarretelle, elle eu quelques difficultés mais réussit, puis elle mit le justaucorps, une fois ajusté, elle s’aperçut qu’elle avait oublié le plug, elle enleva tout et remit le plug avec un peu de lubrifiant et remit le justaucorps. Désormais elle ne pouvait plus l’enlever rapidement et le justaucorps, assez serré malgré la dentelle, poussait dessus. Après quelques minutes elle plaça la longue lanière de cuir autour de son cou, bien que ca ne tienne pas bien et les deux lanières plus petites autour de ses poignets.
Elle entrouvra la porte et se plaça à genoux, il ne lui avait pas donné d’heure… Elle entendit comme cela une heure avant que la porte s’ouvre. Elle sauta, ca pouvait etre n’importe qui! Mais non ouf, c’était lui. “Ouf?” pensa t-elle, “non pas ouf, tu ne le connais pas enfin, qu’est ce que tu fais”, continua la voix dans sa tête.
Un “bravo” vint interrompre ses pensées. Il enleva son manteau, passa à coté d’elle, lui caressa les cheveux. Il émit un léger rire, se baissa derrière elle et alors qu’elle sentit un souffle chaud sur sa nuque, il enleva la lanière de cuire sur son cou;
-C’est pas un collier ça ma belle, dit il en plaçant l’anneau devant sa bouche, c’est pour que je n’entende pas ta voix ce soir, continua t-il en fermant fermement le baillon autour de sa tête.
Léa fut surprise mais extrêmement excitée… L’idée qu’elle n’aurait pas du accepté était au premier plan de ses pensées, mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’être excitée d’être aussi impuissante…
Il saisit les deux anneaux des poignées et leva les deux mains de Léa en l’air. Il passa un mousqueton entre les deux et y attacha une chaine.
-Debout, dit-il fermement
Il se plaça alors face à elle et dit:
-Maintenant après une journée de travail, tu vas me laver, et il prit la chaine et emmena Léa enchainée jusqu’à la salle de bain de cette dernière.
La marche était compliquée par le plug mais elle parvenait à suivre cette homme qui avait désormais tout contrôle sur elle, y compris son droit à la parole. Comment savait-il où était la salle de bain? Se demanda t-elle? Mais il semblait savoir, il ouvrir une porte, fit entrer la jeune fille, s’y engouffra également, et dit d’un ton ferme:
-Déshabille moi
Ce qu’elle redoutait allait arriver, elle allait être abusée… Effrayée mais excitée, elle enleva la chemise du jeune homme, tache qui fut compliqué par les mains attachées. Elle enleva ensuite la ceinture, ce pour quoi elle eu besoin de l’aide de son ravisseur, puis son pantalon. Il n’y avait plus que son caleçon. Elle passa les mains, puis descendit tout doucement. Son penis sortit du caleçon, il était dur comme un roc. Elle se demandait s’il elle devait être flattée ou effrayée.
Sur ces pensées qui ralentirent son action, elle senti Baptiste la saisir par les cheveux et lui dire:
-Ou tu te dépêches, ou je remplace le plug par autre chose, et ca risque de ne pas être confortable.
Prise de panique, elle s’activa. Il était maintenant nu et elle habillée comme une prostitué, ou une esclave…, se dit-elle
Malgré la situation, son ravisseur était très bel homme. Et lorsqu’elle du le laver à l’éponge, elle sentait ses muscles sous le savon. L’anneau qui maintenait sa bouche ouverte lui rappelait à chaque instant son trou du cul également ouvert de force et pensait que le seul trou qu’elle lui aurait offert la veille semblait être le seul auquel il ne s’intéressait pas.
Mais elle se trompait. Aussitôt la douche terminé, encore mouillé, il sorti de la cabine à l’italienne et attacha la chaine et donc les mains de Léa en hauteur. Il descendit alors doucement et passa sa langue dans sa fente, à travers le justaucorps. Lentement il tourna en rond avec de petits cercles, passant entre les grandes et petites lèvres. Soudain, il mordit le justaucorps et en arracha un bout qui lui permettait d’avoir un accès total. Il continua et s’arrêta sur le bouton. Il le titilla, il sentait la mouille couler. Il accéléra, elle gémissait et soudain il s’arrêta. Il reproduisit le scénarios de nombreuses fois, s’arrêtant à la limite de la jouissance une dizaine de fois. Mais à la onzième, il s’arrêta pour de bon. Frustrée, Léa ne comprenait pas. Il sorti de la salle de bain quelques instants et revint avec une ceinture de chasteté petit format. Il dégagea les restes du justaucorps et fixa la ceinture. Il y attacha un cadenas qu’il verrouilla.
-Ce cadenas s’ouvrira dans un mois, c’est comme cela que je l’ai programmé, dit-il, sauf si j’utilise cette clé, rajouta t-il avec un sourire en montrant la clé pendant à son cou.
Avant de libérer Léa, il la regarda droit dans les yeux et dit:
-Je dois y aller, demain tu laisseras à nouveau la porte d’entrée ouverte, si elle est fermée je n’insisterai pas et je considérerai que ta nouvelle chasteté te convient bien, si elle est ouverte, il n’y aura plus de demi-tour, je ferai de toi ce que j’ai envie…
Puis il prit son téléphone et supprima devant elle toutes les vidéos
-Le choix est le tien, ajouta il en enlevant la chaine et le mousqueton des menottes.
Léa s’effondrât sur le sol de la salle de bain en silence, toujours bâillonnée, pleine de sueur, de mouille, et de bave coulant de son anneau buccal. Mais elle était surtout frustrée comme elle ne l’avait jamais été. La dernière vision qu’elle eu de la journée était celle du corps à peine rhabillé de Baptiste sortir de son appartement.
Voici le premier chapitre de l'histoire de Léa, si vous voulez une suite, faites le moi savoir en commentaire
Un récit par Monsieur N.
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Exposition Privée N°6 Seins.
Je ne connais rien de plus excitant que de pouvoir commencer une séance BDSM par le travail de mes deux seins !
Bien sur après la pose préalable d'un bandeau ou d'une cagoule !
Bien sur avant le travail de mes deux seins, il sera plus facile de poser une cage de chasteté, tant l'excitation du travail de mes seins me procure une réelle excitation bien facile à vérifier un peu plus bas !
En réalité, ce ne sont pas les pinces ou les baguettes chinoises, ou mêmes de grosses pompes d'aspiration qui font mal, qui sont douloureuses, mais plutôt lorsque Mon Maître les enlèvent : alors la circulation sanguine revient avec un forte augmentation de la sensibilité et donc de la douleur !
On peut garder assez longtemps les pinces ou les baguettes, il suffit juste de bien vérifier que les pointes ainsi serrées ne deviennent pas bleues !
Pour les pompes, un préalable évident est de fortement lubrifier toute la partie autour des seins qui vont être aspirés, voir même l'intérieur des pompes: cela facilitera et augmentera réellement l'aspiration qui peut devenir impressionnante !
Il m'est arrivé de devoir garder une bonne demi-heure de grosses pompes, ensuite il sera bien délicat de pouvoir dormir sur le ventre et cela pour plusieurs nuits consécutives !
Il est vrai qu'un bon massage après un travail des seins, un massage très sensuel peut soulager la douleur, voir même une belle aspiration buccale!
Dans tous les cas, il sera important de bien les laisser au repos après un intense travail.
Je ne connaissais pas cette sensualité jusqu'à ce qu'un Maître Varois m'initie bien agréablement à s'occuper de mes deux seins !
Je Vous souhaite bien sur si tel n'était pas le cas de pouvoir trouver un Maître qui saurait Vous initier à la pratique du travail des seins! En attendant, Vous pouvez toujours Vous entrainer en célibataire avec l'avantage de bien mesurer Votre capacité de résistance à cette douleur bien particulière !
Mes pinces préférées sont bien sur celles à serrage réglable qui peuvent être utilisées simultanément avec les baguettes chinoises pour en augmenter encore un plus leur efficacité !
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C'est le chant du coq qui la tira d'un sommeil profond comme les abysses, malgré sa position incommode. Un rectangle de soleil découpé par le soupirail diffusait un peu de lumière. Tout son corps était endolori comme si elle
avait été tabassée méthodiquement. Sa pommette gauche – croûtée de sperme sèché comme tout son visage - avait un peu dégonflé, mais ses poignets montraient deux traits de derme à vif. Elle glissa sa main libre entre ses cuisses pour évaluer les dégâts : les chairs avaient doublé de volume comme pour compenser leur interminable compression, et certaines zones semblaient privées de sensibilité. Sans doute certains nerfs avaient-ils été trop longtemps privés de sang. Elle aurait aimé pouvoir écarter aussi sa jambe droite, mais les menottes l'en empêchaient. Plus pour longtemps probablement, puisque bientôt elle serait ramenée à Ciudad Real, une ville civilisée, et loin de ces paysans puants : son calvaire allait prendre fin. Bien sûr, elle serait sans doute interrogée, le journal fermé ou nationalisé, et elle-même probablement assignée à résidence en attendant que les choses se tassent. A trente ans et avec son bagage, elle avait tout l'avenir devant elle. Les U.S.A. peut-être... Elle y avait des amis dans le métier, et ils avaient toujours besoin de professionnels bons connaisseurs de l'Amérique latine. Et les frontières seraient sûrement rouvertes dans peu de temps.
Le bruit de la serrure la tira des ses rêveries : Robeco et Alfonso firent leur entrée, rigolards.
- Alors, la pute capitaliste, on a bien dormi ? Mais que vois-je : le jambon est décroché... Ah oui, Pablo m'a raconté qu'il n'avait pas supporté de te voir sur cette petite chaise de mon invention : c'est un sensible ! T'as de la chance : moi je t'aurais laissée là jusqu'à ce que ta chatte et ton trou du cul ne fasse plus qu'un, et qu'on puisse y rentrer les deux poings...
- Vous n'avez aucun droit de me traiter comme ça. Vous avez ordre ne me ramener à la capitale, et pas de me torturer. Juan Ortiz sera informé de tout cela, et croyez-moi, vous le regretterez !
La baffe de Robeco réveilla la douleur de sa joue.
- Qu'est-ce tu connais des ordres, marrana ? Où tu te crois ? Dans un épisode de "Dallas" ? Je vais faire comprendre ta place, moi...
Un objet brilla dans sa main, produisant un claquement sec : un couteau à cran d'arrêt !
"Ca y est : il va me tuer" s'affola Laura en reculant autant elle pouvait avec une main et un pied, vers l'angle du cellier où elle se roula en boule. Mais Robeco s'empara simplement de l'extrémité d'un tuyau d'arrosage qu'il coupa d'environ un mètre. Se ruant sur elle, il se mis à abattre des coups de tuyau partout où il pouvait. Laura criait comme une folle tandis qu'Alfonso souriait les bras croisés. Au bout d'une minute qui parut interminable à Laura, les coups cessèrent.
- Alors t'as compris, puta, qui commande ici...? dit-il en lui tirant les cheveux pour voir son visage. Alors tu vas t'excuser poliment, et me demander pardon, tout de suite !
Laura ne bougea pas.
- Tu ne dis rien ? Alfonso, tiens là, elle n'a encore rien pris par devant... L'homme de main s'accroupi derrière Laura, pris sa main libre pour la
ramener dans son dos par un clé au bras, et cravata son cou de l'autre main. Une poussée du genou dans le dos suffit à faire saillir la poitine de Laura.
- C'est bon, tu peux y aller.
Robeco prit un peu de recul, calcula bien sa trajectoire, et balança horizontalement le tuyau sur les sommets des dômes. Le hurlement de Laura s'entendit jusqu'au bout du village.
- Celui-là, c'était pour la mise au point. Le prochain, c'est juste pour le plaisir...
Le caoutchouc flexible s'abattit presque au même endroit, provoquant un autre cri d'agonie.
- Alors ? On dirait que tu aimes vraiment ça, perra...
- Stop, arrêtez, je vous en supplie...
- Alors tu sais ce que tu as à dire... ne me fais pas attendre trop longtemps, ou
je t'éclate les mamelles, vaca !
Laura était matée. Lentement, elle prononça les mots exigés :
- Pardonnez mes paroles. C'est vous qui commandez.
- Vous "qui" ? insista-t-il en lui soulevant le menton pour la regarder droit les
yeux.
- C'est vous qui commandez, señor Robeco ...
- A la bonne heure, comme ça les choses sont claires, pas vrai ? Allez, assez
perdu de temps, faut y aller. Alfonso, détache son pied.
L'autre s'exécuta, puis aida non sans peine la chiffe molle étendue à ses pieds à se relever. Enfin il lui referma la menotte sur le poignet droit, dans le dos. Le petit groupe remonta à la lumière et sortit sur l'esplanade, mais dès ses premiers pas, Laura avait compris qu'elle aurait du mal à marcher : les chairs tuméfiées de son entrejambe ne supportaient pas le moindre frottement, ce qu'elle tentait d'éviter en adoptant une démarche curieusement balancée, les pieds écartés de soixante centimètres. Quelques peones attirés par la rumeur, et qui faisaient le pied de grue sur la plazza déserte, s'esclaffèrent devant son allure de robot mal réglé. Détournant le regard de ces imbéciles, elle reconnut la 4x4 qu'elle avait soustraite à l'organisation humanitaire garée seule à une cinquantaine de mètres, juste après l'abreuvoir communal, probablement réparée par son dénonciateur. Le véhicule était surmonté d'une galerie avec une deuxième roue de secours, des plaques à sable et une pelle : en été, on s'ensablait facilement au San Teodoros, mais en hiver, on s'embourbait ! Ses gardiens avaient sans doute reçu l'ordre de ramener aussi la voiture. En voyant le rectangle de béton plein d'eau destinée à
abreuver les animaux, Laura réalisa qu'elle était morte de soif. C'est qu'elle avait bien dû transpirer deux litres dans cette cave infâme ! Comme par une transmission de pensée, le petit édifice donna aussi une idée à Robeco:
- Tu sais que tu pues le foutre, la pisse et la sueur, ma garce ? Une petite toilette te fera du bien... Et si tu veux boire, aussi, c'est le moment, parce qu'ensuite on y va.
Il était vrai qu'après ces heures d'exercices forcés, Laura n'était plus de première fraîcheur, d'autant que pendant la nuit, elle n'avait eu d'autre choix – chevauchant sa niche - que d'uriner dans son pantalon. C'était sans doute pour cela aussi qu'une sensation de cuisson intense irradiait son périnée au moindre pas. Le soleil n'était qu'à mi-hauteur, mais sous ces latitudes, il la chauffait déjà fort sous le blouson en synthétique au sigle des World Doctors et son tee-shirt de coton. Même si la 4x4 était climatisée, quelques ablutions lui feraient du bien.
- Vas-y Alfonso, balance-là, dit Robeco.
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Après le récit de la gouvernante et Laura consignée dans sa chambre, Felipe de Aranjuez-Pondragon pris le temps de la réflexion. Que faire ? Remettre officiellement Juan à la police pour viol sur mineure ? Le scandale serait énorme... Après tout, rien de bien irrémédiable ne semblait avoir été commis ; et à part Christina, il n'y avait aucun témoin. Ne valait-il pas mieux laver ce linge sale "en famille" (les Ortiz étaient employés sur l'exploitation depuis trois générations.) Felipe fit signifier aux Ortiz qu'ils leur donnait la nuit pour faire leurs paquets, et qu'à à l'aube ils devaient avoir quitté leur logement. Il fit aussi appeler ses trois plus fidèles chefs d'équipes pour leur donner des instructions plus confidentielles...
Laura pris le téléphone de la main de Robeco et le porta devant son oreille du côté de sa joue valide :
- Allo ?
- Laura ! quelle joie de t'entendre... nous étions si inquiets de ta disparition. Pas de doute : même quinze ans plus tard, c'était bien la même voix !
- Juan... ça fait tout drôle de t'entendre après si longtemps. Qu'est-ce qui se
passe ? Pourquoi m'a-t-on arrêtée ? Je n'y comprends rien...
- Laura, ma petite Laura... ne nous prend pas pour des imbéciles. Tu ne sais
pas qu'il y eu une petite révolution dans ce pays ? Que le commandant suprême m'a nommé chef du SSR, le service de sécurité de la Révolution ? Et toi, tu n'es plus la journaliste officielle de l'ancien régime, tu es une ennemie du peuple, recherchée et en fuite...
- Mais pourquoi ? Juan, tu sais bien que je n'ai jamais porté la main sur personne ! Il n'y a aucune raison de m'arrêter. Juan, au nom de notre vieille amitié, laisse-moi partir...
- C'est vrai que tu n'était pas la plus coupable dans cette affaire. Mais ton père ne t'as sans doute pas tout dit. Cette fameuse nuit, il m'a envoyé ses trois plus
fidèles larbins avec des manches de pioches ! Il m'ont cassé le nez, l'avant bras gauche, et m'ont explosé un testicule. Je ne suis même plus sûr de pouvoir encore faire des enfants...
- Oh ! Juan je suis désolée... je croyais qu'il s'était contenté de vous expulser.
- Et encore, ce n'est pas le plus grave : quinze jours plus tard mon père s'est pendu de honte ! Ma mère a dû faire des ménages depuis toutes ces années pour élever mes frères et sœurs... Et moi, j'ai commencé à m'engager pour que de telles choses ne se reproduisent plus.
- Juan, je ne sais pas quoi dire, c'est trop affreux ! Sincèrement je compatis, mais je ne suis pas responsable de ce désastre, ce sont les circonstances...
- Et elles ont changé, coupa Juan. Tu comprendras aussi que la révolution ne peut pas se permettre de laisser dans la nature une adversaire politique aussi médiatique, surtout si elle décidait de se répandre dans la presse étrangère. Nous aurons donc le plaisir de nous revoir sous peu. Repasse-moi Robeco.
- Mais Juan...
- Repasse-moi Robeco, je te dis !
Effondrée et vaincue, Laura tendit l'appareil au tondu qui écouta longuement
son chef, répondant quelquefois par monosyllabes, et terminant par "A vos ordres, señor colonel. Oui, je vous la repasse".
Laura reprit le combiné pour écouter Juan à nouveau :
- Et surtout ne t'inquiète pas, ma petite Laura, je ferai mon possible pour que les choses se passent bien. Ton père m'a beaucoup appris là-dessus !
La conversation était terminée. Laura raccrocha. Robeco la regardait avec un sourire mauvais :
- Bon, c'est pas le tout, il va falloir aller se coucher parce que demain, la journée sera longue. Nous n'avons pas encore pu équiper de chambre d'ami, dit- il sur un ton moqueur, mais nous allons bien vous trouver quelque chose pour
passer confortablement vos dernières heures en notre compagnie, dit-il avec un clin d'œil vers ses deux acolytes.
Tout le monde descendit à la cave où un couloir déservait plusieurs portes. Les trois hommes firent leur choix sur une petite pièce très basse de plafond, encombrée de tout un bric-à-brac poussiéreux au milieu duquel ils se frayèrent un chemin. L'un des argousins sortit des menottes de sa poche et les tendit à Robeco. Celui-ci referma un anneau sur le poignet droit de Laura, puis la tira sous un tuyau d'évacuation d'eau qui traversait la pièce de part en part un peu sous le plafond. Il leva le bras emprisonné vers le tuyau pour faire passer le deuxième anneau par-dessus, tandis qu'un acolyte tirait la main gauche de Laura en l'air pour refermer la deuxième menotte autour du poignet gracile.
- Vous n'allez quand même pas me laisser comme ça toute la nuit ! s'offusqua Laura qui, malgré ses bras levés, pouvait néanmoins reposer les pieds à plat sur le sol.
- Bien sûr que non : vous êtes une personne importante, on va vous chercher quelque chose de beaucoup plus confortable.
Il parcouru le capharnaüm du regard, et avisa dans un coin une vieille niche à chien en forme de maison mignature, d'un peu moins d'un mètre de haut. Une lueur mauvaise passa dans ses yeux. Il traîna péniblement le lourd objet vers Laura en demandant à ses hommes d'écarter les jambes de la fille. Il fallut la soulever un peu pour insérer le toit aigu de la niche dans le "V" inversé de ses cuisses, puis les hommes la lâchèrent : ses pieds ne touchaient plus le sol, et tout son poids reposait sur son pubis appuyé sur le faîte du petit bâtiment de bois ! Heureusement, ses vêtements offraient une légère protection.
- Aië ! enlevez moi ça, c'est horrible... glapit Laura.
- Mais c'est toi qui a demandé qu'on modifie ta position, rétorqua Robeco, goguenard. Peut-être qu'au bout d'un moment, ce sera un peu dur. Mais j'ai une idée qui te permettra de te soulager de temps en temps. Alfonso, attrape le fil de
fer, là-bas. Et toi Pablo, remonte-lui bien les pieds. Les deux hommes s'exécutèrent.
Avec une boucle de fil de fer, Robeco encercla la tige montante de chaque converse de Laura, avant de relier les deux boucles par une troisième passée en pont de part et d'autre du faîte de la niche.
- Et voilà, si la position devient trop pénible, tire un peu sur les mains et les pieds : ça te fera du bien, et surtout repose-toi... on a de la route demain. Bonne nuit.
Sur ces paroles, les trois hommes sortirent en éteignant la lumière.
Commença pour Laura la pire nuit de son existence. En serrant les cuisses, elle put d'abord limiter un peu la pression sur la zone tendre. Mais au bout de quelques minutes, la calvaire de ses adducteurs devint tel qu'elle relâcha insensiblement son ciseau, augmentant la pesée de son corps sur l'arête de quatre centimètres. Douleur tolérable un temps, progressivement intense puis insupportablement vrillante. Alors pendant quelques secondes, elle trouvait le courage (au prix de quelle douleur dans ses poignets !) de tirer sur ses menottes, de contracter ses quadriceps en feu, de changer un peu son point d'appui et de serrer les cuisses le plus fort possible pour prolonger le soulagement. Terribles efforts pour gagner deux ou trois centimètres... Mais inéluctablement ses muscles finissaient par se tétaniser, perdre toute force, et relâcher tout le poids de son corps sur les chairs meurtries de son entrejambe, jusqu'à nécessiter un autre mouvement de traction, encore... et encore... et encore...
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L’encre violette
ou
La Partie de Poker
par orldiabolo
Cela faisait des heures qu'on jouait, elle et moi, mais depuis un moment elle perdait régulièrement... Les autres joueurs ne faisaient plus que de la figuration dans la fumée des cigarettes. Toute les quinze secondes elle passait nerveusement une main en peigne dans sa volumineuse crinière. Mauvais signe. Elle me devait déjà plusieurs mois d'un salaire que je savais modeste, et cela ne pouvait pas durer. Elle était de plus en plus nerveuse. Mais la nervosité lui allait bien, et la rendait pathétique comme une bête aux abois. Ses yeux couleur de saphir étaient agrandis par l’imminence de l'estocade...
« J'ai une proposition à vous faire, dit-elle. Jouons tout sur ce coup. Si je gagne, ma dette est éteinte. Si je perds... Eh bien, si je perds je vous appartiendrai pour le week-end... Vous êtes tous témoins, dit-elle à la cantonade, il faut que j'arrête de me faire tondre !
Si elle avait pu prévoir, elle n'aurait pas employé ce mot là... Mais elle pensait s'acquitter à bon compte, d'autant qu'il me semblait que je ne lui étais pas indifférent. Ainsi elle ne perdrait dans aucun cas de figure...
J’acceptai néanmoins sa proposition, m’offrant même le luxe de souligner à quel point cette offre était généreuse.
Cinq minutes plus tard j'abattais une couleur qui anéantissait ses derniers espoirs.
Elle n’avait pas l’air effondrée. Des gloussements entendus parcouraient l’assistance. Tout le monde ici se connaissait plus ou moins, et avait assisté au petit jeu.
Elle m'accompagna gentiment à ma villa, et dès la porte franchie, se jeta à mon cou avec un air mutin en disant: "Je crois que c'est une dette que je vais payer avec plaisir".
Aussi la baisais-je pratiquement debout contre le meuble de l'entrée, me faufilant entre sa robe et son collant à peine baissé.
Un moment plus tard un verre à la main, elle me demanda de lui appeler un taxi, promettant de me téléphoner dans la semaine.
« Aurais-je mal compris, m'étonnai-je? Le week-end commence à peine...et vous voulez déjà me quitter?
- Je suis crevée! Franchement, cette journée m’a épuisée. Soyez chic, je vous promets de vous appeler très vite, conclut-elle en me faisant claquer un bisou sur la joue.
- Fatiguée? J’avoue que je vois mal dans ce que nous venons de vivre le moindre motif d’épuisement...car pour tout vous avouer, j'ai trouvé votre prestation d'une grande tristesse : vous baisez comme une collégienne, sans goût ni imagination. Vous avez le con mou, et vous vous en servez mal. Une vraie planche.
Folle de rage, elle saisit son sac et se dirigea vers la porte d'entrée en lançant: "Et bien si çà ne plaît pas à Môssieur, j'me tire".
J'avais bien fait de fermer la porte à clé pendant qu'elle se toilettait : je la sentais mauvaise joueuse dans tous les sens du terme. Elle s'escrimait en vain sur la clenche.
- Oh non! vous ne vous tirerez pas, douce amie, répliquais-je. Dans notre monde on paye ses dettes cash, et la vôtre ne s'éteindra que lundi matin. D'ici-là vous allez vivre des moments exaltants, et surtout formateurs, ce qui ne sera d'ailleurs pas un luxe. Pour vous faire pardonner votre mouvement d'humeur, vous allez ôter vos vêtements...à commencer par cet infâme collant vulgaire. La nudité vous ira mieux.
- Le strip-tease n'est pas compris dans le deal !, grinça-t-elle d'un ton chipoteur, aggravé par ce goût du franglais qu'affectionnent les gens qui n'ont jamais franchi la Manche.
Mais sur mon insistance elle finit par se calmer et s'exécuta, m'offrant au bout d'un temps le spectacle d'une superbe femelle, de cette rare espèce plus à l'aise nue qu'habillée.
Satisfaite de son corps, elle me regardait d'un air un peu supérieur, la poitrine dressée mais une main sur le sexe.
- Vous voyez, vous êtes mieux comme çà, lui dis-je, et d'ailleurs vous le sentez vous-même. C'est heureux car vous resterez ainsi un bon moment continuai-je en jetant ses affaires dans la cheminée, où l'horrible collant se racrapota comme un insecte.
- Salaud!, lança-t-elle, en me transperçant du regard.
- Encore un mauvais point rétorquais-je. Je n'aime pas les vilains mots, sauf, peut-être, quand ils sont bien placés. Approchez donc, je vais vous montrer.
Nous allâmes vers le bureau, où trônait mon encrier. J'aime l'encre violette de notre enfance, de plus en plus difficile à trouver au demeurant. D'une feuille de papier roulée je me fis un pinceau, avec lequel j'écrivis en grosses lettres le mot "salope". Sur sa poitrine.
Elle rechigna bien un peu pour le "S", mais après cela alla tout seul.
Je pris un peu de recul.
- Remarquez, dis-je, comme cela tient à peu de choses. Il y a trois minutes vous me toisiez avec votre air de frimeuse, et maintenant vous avez l'air d'un quartier de bœuf estampillé par les services vétérinaires... Troublant, non? Et encore... les quartiers en question ne présentent pas cette pilosité de guenon qui massacre votre entrejambe, et que vos deux mains ne suffisent pas à cacher. Allez, ôtez vos mains de là, qu'on voie la forêt vierge. Mazette, quelle touffe... un vrai plumeau! écartez un peu les jambes...Bien, penchez-vous en avant...
Je passai derrière elle.
- Aïe!, d'ici c'est pire encore. On dirait une balayeuse municipale...
- Ça suffit !, arrêtez de m'insulter, cria-t-elle en se redressant.
- Tout doux, allons. Je disais cela pour votre bien. Et aussi pour le mien, car j'ai l'intention de vous baiser encore. Mais pas à travers ce pelage, que vous allez m'enlever sur le champ, lui dis-je en lui tendant les longs ciseaux du bureau.
- Hors de question, ce n'est pas dans le contrat.
- Vous m'appartenez, souvenez-vous, et j'ai horreur de l’astrakan Préférez-vous que j'arrache ce tas de crins poil par poil ? C'est un bien petit sacrifice que je vous suggère, et dont vous me remercierez ensuite.
Un peu ronchonnante, elle s'assit sur le coin du bureau, et s'attaqua lentement à sa toison, à petits coups de ciseaux, penchant la tête vers son ouvrage, et découvrant ainsi -penaude- l'encre sur sa poitrine.
En quelques minutes son pubis fut presque présentable, rafraîchi comme une barbe de huit jours. Elle laissa tomber les ciseaux sur le bureau, et cracha:
- J'espère que vous êtes content ?
Il y a un mieux pour la motte, mais je vous conseille d'écarter les jambes pour rafraîchir vos grandes lèvres : on dirait un paillasson...
Elle poussa un grand soupir avant de céder et de reprendre sa tâche. Quelques instants plus tard, le gros de sa fourrure formait un petit tas au bord du bureau, et elle m'interpella:
-Alors, ça vous fait une belle jambe"?
-Mais oui. Voilà une salope plus nette ! On sait où on va, maintenant, lui dis-je d'un ton réjoui. Restez assise, et écartez bien les genoux, que je voie mon cadeau : belle vulve de nullipare, ma foi. Et bien déployée. Presque tout est en vitrine, prêt à servir.
Elle trépignait littéralement, ce qui me donna une idée. Je braquai le faisceau d'un petit spot à halogène sur son entrejambe et suggérai :
-Maintenant que vous avez posé les ciseaux, écartez-donc vos grandes lèvres des deux mains qu'on voie vos trésors...
Elle manifesta un refus total à cette demande, mortifiée à l'idée d'exposer elle-même son intimité, mais je lui fis comprendre que cet examen faisait incontestablement partie de sa créance.
Alors, très lentement, elle entrouvrit la corolle de son sexe.
-Mieux que ça!, la stimulais-je. Bien, les petites lèvres maintenant...
Le premier pas franchi, elle obéissait plus docilement.
-Mais c'est très mignon tout çà ! Retroussez-moi donc ce capuchon, là, plus haut, que ce gracieux clitoris prenne un peu l'air, allez-allez, sans discuter... Mais il est ravissant !
Je repris mon pinceau improvisé, et lui peignis un petit "putain" au-dessus du mont de Vénus, puis, prenant un peu de recul pour un bref examen d'ensemble, je repris :
- Vous êtes beaucoup mieux comme cela, si-si, vraiment ; je pense que j'arriverai à vous rebaiser... Il n'y a plus que votre rouge à lèvres, un peu criard à mon goût. Je n'ai pas envie de m'en mettre partout. Prenez ce mouchoir et frottez fort.
- Vous êtes vraiment ignoble, cracha-t-elle en se frottant les lèvres. J'aurais mieux fait de m'endetter pour dix ans que de me faire sauter par un mufle...
- Vous parlez trop. Je sais un moyen de vous clore le bec. Et ces belles lèvres serviront enfin à quelque chose: il y a un moment que je me demande si vous êtes plus habile avec la bouche qu'avec le con, lui dis-je en enfonçant un centimètre d’index entre ses lèvres.
Je l’entraînai devant un grand fauteuil où je m'assis après l'avoir agenouillée devant moi. Elle me regardait stupéfaite.
- Allez-y, vous avez carte blanche, lui dis-je, en lui désignant mon pénis.
Elle eut un sursaut de recul.
- Ah non, pas ça, vous n'y pensez-pas! Ce truc de pute m'a toujours dégoûtée au plus haut point, et je n'ai pas l'intention de commencer aujourd'hui...
- C'est curieux, car pute vous êtes bel et bien... Ne m'avez-vous pas librement proposé d'échanger votre corps contre l'argent que vous me devez? Allons, il y a un début à tout, et je ne vous demande pas grand-chose...Réveillez seulement mes ardeurs avec cette belle bouche de suceuse. Ce sera l'affaire de quelques instants...Et ne vous inquiétez pas: si je sens une dent, la cravache vous préviendra...
Elle finit par prendre ma verge dans son poing, et l'agiter mécaniquement devant sa bouche entrouverte, les yeux ailleurs.
J’optais pour la patience.
Ma badine caressait son corps, s'insinuant de-ci de-là, balayant sa motte en faisant crisser les poils courts. Pressée d'en finir, elle accéléra le rythme de sa main, ses lèvres se contentant d'une présence symbolique à un centimètre de mon gland.
Je décidai de me fâcher.
- Vous appelez çà une pipe, tonnais-je! Mais c'est une lamentable branlette d'écolière...
- Je ne peux pas, c'est plus fort que moi, je ne peux pas !
Bien que fort agacé, je lui fis une suggestion :
-Mais si vous pouvez, il suffit d'un peu de bonne volonté. Regardez : au lieu de rester une main pendante tandis que l'autre me secoue, posez-la donc sur votre chatte... Alors?...Cette petite moquette ne vous picote-t-elle pas plus agréablement le creux de la main, que la vilaine touffe de tout à l'heure ? Caressez-vous, ma grande, ne vous gênez pas pour moi, je ne suis pas un égoïste. Allez-y : entrez le médius si ça peut vous inspirer, mais n'oubliez pas ma queue pour autant : allez mon petit, sucez correctement"...
Elle reprit son mouvement de va-et-vient avec la main droite, les lèvres arrondies cette fois posées sur mon gland, qui rencontrait quand même la barrière de ses dents serrées. C'en était trop!
D'un coup je l'allongeai en travers de mes jambes, immobilisais ses bras derrière son dos, et abattis rapidement la badine une demi-douzaine de fois sur ses fesses, pendant qu'elle glapissait. Je la laissai tomber par terre, toute pleurnichante.
- Décidément vous n'êtes pas douée... Mais cela s'arrangera. Et vous avez tout intérêt à ce que cela s'arrange, parce que si j'informe nos amis que vous ne payez pas vos dettes, il vous arrivera des choses bien plus désagréables.
Elle frissonna, se remémorant sans doute l'histoire de ce joueur malchanceux mystérieusement "attendri" à la batte de base-ball, et qui passerait plusieurs semaines dans le plâtre.
- C'est d'accord, dit-elle dans un souffle, les yeux baissés.
Elle reprit mon sexe dans sa main, en approchant sa bouche.
- Attendez, lui dis-je, ce serait trop facile. Je veux entendre clairement vos bonnes dispositions, afin qu'il n'y ait plus d'ambiguïté.
Elle resta à genoux, tête baissée, de longues secondes. Je ne voyais plus que la masse de ses cheveux. Puis j'entendis le faible son de sa voix...
- O.K.....je suis à vous...j'accepte...
- Soyez claire.
Elle réfléchit.
- Je suis prête...
Le mot n'arrivait pas à franchir ses lèvres. Je la pressais.
-Oui, prête à quoi?
Je suis prête à...vous sucer...
Enfin ! et sans chipotage ?
- Oui, comme vous le voudrez...et...je m'efforcerai...de vous satisfaire".
- À la bonne heure: tout est donc clair entre nous! Alors, pour vous faciliter la tâche, et vous éviter d'abuser de vos mains, je vais vous attacher les coudes derrière le dos. Je vous promets que vous apprendrez mieux.
D'une corde de coton je cravatai derrière son dos ses bras sous les biceps, et les rapprochai vers l'arrière. Pour que la corde ne glisse pas, j'en nouai l'extrémité à son épaisse chevelure, après l'avoir rassemblée en fagot sur le sommet du crâne, ce qui lui maintenait la tête droite. Et je m'assis sur le bord du bureau, mon sexe devant son nez.
- Vous voilà prête pour la leçon. Alors reprenons, et souvenez-vous : attention les quenottes!
Elle arrondit la bouche laborieusement, prenant garde de recouvrir ses incisives avec les lèvres, et attaqua son ouvrage en m'engainant timidement.
Pour amorcer la pompe, je vous suggère de commencer par le taille-crayon, une figure facile. Faites tourner votre langue autour de mon gland...comme çà, oui, mais sans jamais perdre le contact...Dans un sens, d'abord...Bien. Puis dans l'autre maintenant... Pas mal. Accélérez à présent...Encore...encore... Attention le contact ! Pas si facile, n'est-ce pas, le tourniquet ? Ne vous en faites pas, cela viendra avec la pratique: les plus habiles de vos collègues font plus d'un tour à la seconde !
- Dites-donc, explosa-t-elle, vous ne croyez tout de même pas...
Mais j'endiguai net ses protestations d'un petit coup de badine sur l'épaule.
- Leçon n° 1 : ne jamais vous arrêter avant que je ne vous le dise. Et surtout, pensez toujours à ce que vous faites. C'est vrai, vous manquez de concentration. Votre regard parcourt la pièce comme si vous faisiez l'inventaire... Tenez, je veux bien vous aider encore : je vais vous bander les yeux, vous serez plus à ce que vous faites.
Avec son carré Hermès, je lui fis un bandeau, et repris :
- Voilà. Vous pourrez ainsi mieux analyser vos sensations buccales. Mouillez-vous bien les lèvres. Ouvrez la bouche... Tirez la langue... Restez comme çà.
La prenant par l’oreille, je la guidai jusqu'à ce que mon gland se pose sur la muqueuse rose.
- Reprenez depuis le départ : le derviche tourneur n'a plus de secret pour vous maintenant, alors sprintez un peu.
Je la laissai s'entraîner un long moment : c'était une pouliche qu'il fallait l'encourager de la voix pour qu'elle donne son maximum.
-Bien, après ce petit solo de fifre, passons maintenant au mouvement de base : la pompe. Pas de besoin de vous faire un dessin ? , alors en piste, et sans dégainer...
Elle commença autour de mon gland un petit va-et-vient hésitant. Elle n'avait pas menti : c'était une première... Bien sûr, sans les mains c'était plus difficile, mais le coup de langue n'était pas mauvais, et elle prit un rythme convenable.
- Eh bien nous-y voilà! Je me doutais bien que vous pouviez faire mieux qu'une petite secouette...Vous faut-il toujours des coups sur les fesses pour que le talent vous vienne ? Il faudra que je m'en souvienne. Continuez comme çà, mais embouchez-moi plus profondément...
Elle progressa jusqu'à mi-verge, et s'en tint là un bon moment.
-Allez, repris-je, enfournez plus à fond, vous êtes loin du compte!
Mais elle ne semblait pas décidée à faire plus.
-Vous voyez, si vous baissez un peu la tête en gardant le cou droit, vous pourrez m'engouffrer jusqu'à la garde, dis-je en saisissant comme une poignée la touffe de cheveux que j'avais nouée sur le sommet de son crâne.
Au bout d'une dizaine de tractions progressives -qui par le jeu de son lien lui faisait écarter les mains au maximum- elle se mit à émettre des sons bizarres, sans doute de protestation.
-Ne parlez-pas la bouche pleine et pensez plutôt à ce que vous faites, sinon vous ne vous améliorerez jamais !
Puis, prenant sa tête à deux mains, je parvins à sentir en bout de course le massage de mon gland entre ses amygdales.
-Lààà...enfin...je commence à vous sentir ! C'est si difficile ? Allez, ma grande, continuez toute seule maintenant, dis-je en lâchant sa crinière.
C'était plus fort qu'elle, elle raccourcit sa course...D'un coup de badine sur la tête, je lui rappellai ses devoirs:
- Le nez dans mes poils à chaque mouvement, bon sang!
Elle se reprit, mais je fus encore long à peaufiner sa technique:
- Arrondissez-bien la bouche. La langue plus ferme, je vous prie. Oui, c'est mieux comme çà. C'est un peu sec, mouillez-bien vos lèvres...Très souple à l'aller, mais ferme au retour, que je me sente bien aspiré, oui, comme çà...c'est bien mieux!
Elle commençait à transpirer un peu, aussi décidai-je de varier un peu ses plaisirs. J'ôtai son bandeau.
-Je vous propose un petit intermède, lui dis-je en m'arrachant d'elle, pendant lequel vous vous occuperez un peu de mes couilles.
Elle me regarda d'un air stupéfait, et avala plusieurs fois sa salive avant de comprendre. Puis elle se mit à lécher en tâtonnant un peu, soulevant par moment ma verge avec son nez..
-C'est cela, lapez, lapez bien, comme une gentille petite chienne. Mais tout doux. Descendez, maintenant. Encore. Encore...jusque dans la raie. Allez, sortez-moi cette langue mieux que çà, et que je la sente farfouiller et frétiller partout.
Passée trop rapidement de la révolte à la docilité, elle n'obtempérait à mes injonctions qu'avec un temps de retard, que le bout de ma badine s'efforçait d'écourter. Elle fouillait maintenant très habilement du nez et de la langue entre mes jambes , avec des petits bruits de chiot dans sa pâtée.
-Puisque vous avez la forme, titillez-moi donc le trou du cul avec cette petite langue ferme et pointue, dis-je en basculant allongé sur le bureau, les jambes repliées.
J'avais prévu son hésitation, mais j'avais repris la badine...Aussi elle s'exécuta, d'abord mollement, puis à merveille à mesure que la stimulais de la voix.
-Enfoncez-vous...mieux que çà...à fond...encore...Forcez encore... bien. Maintenant gigotez la langue...en tournant...c'est cela, mais sans vous presser.
Ce fut un moment savoureux.
- Bon, assez gambadé, repris-je la sentant s'assécher. Réenfournez ma verge, et pompez fort. Comme tout-à-l’heure, et bien en rythme. C'est ça. Pas si vite, ce n'est pas un cent mètres... nous avons tout le temps. D'ailleurs je me sens d'humeur plutôt marathonienne, ajoutai-je en prenant un Code Général des Impôts que je parcourus longuement.
On découvre là-dedans bien des économies, mais il faut être à ce qu'on fait, et accomplir de nombreux aller-retour pour en tirer toute la moëlle.
Exactement comme la pauvrette qui s'agitait entre mes jambes, et levait vers moi depuis un moment un regard implorant. Je lui demandai :
- Vous avez un problème ?, je vous sens moins gaillarde. A peine vingt minutes que vous tétez.
D'une chiquenaude sur la tête, je lui signifiai un répit, dont elle profita immédiatement.
- J'ai une crampe dans la mâchoire, j'ai mal...par pitié finissez-en, dit-elle en reprenant un peu de souffle.
- C'est ce que craignais... Manque d'entraînement. Cela se produit souvent au début. Relevez-vous. Faites quelques mouvements de mandibule dans tous les sens. Voilà. Cela va déjà mieux, non? Savez-vous que quand vous êtes à genoux, je ne vois pratiquement plus mes inscriptions?
Avec la corde je la tirai vers le bureau et lui écrivit sur le front.
- Vous voulez voir ? Je la plaçai devant le miroir de la cheminée afin qu'elle puisse se voir, nue, les deux mains écartées par son lien - et déchiffrer sur son front en grosses lettres carrées -inversées dans la glace- le mot "SUCEUSE".
Avec ses trois inscriptions, les cheveux noués en l'air comme un palmier et sa chatte mitée, elle avait moins fière allure, et il me semblait que ses yeux s'embuaient tandis je lui attachais les pieds, très écartés, à ceux du bureau.
- C'est votre faute; si vous n'aviez pas interrompu sciemment une fellation qui s'annonçait acceptable, vous n'en seriez pas là à pleurnicher pendant que je débande, dis-je d'un ton de reproche. C'est votre motte qui vous navre? Vous avez raison. Ces derniers poils font désordre. Je n'ai pas de rasoir, mais nous allons nous débrouiller...A la flamme, comme dans la marine, dis-je en allumant une chandelle.
- Vous êtes fou ? sursauta-t-elle.
- Pas du tout, vous allez voir. Comme les poulettes chez le volailler. Ne bougez pas du tout, ou je risque de vous brûler.
Elle ne se le fit pas dire deux fois, et resta comme une statue tout le temps que je passai et repassai rapidement la bougie sous ses grandes lèvres, peaufinant la raie des fesses et la motte bombée. Cela grésilla un peu, sentit beaucoup, mais pas une plainte ne s'échappa.
- Vous voyez, lui dis-je passant largement la main sur son entrejambe, c'est lisse comme un oeuf.
Je pris la serviette qui trempait à moitié dans le seau à champagne et lui fit la toilette des zones charbonneuses, contact glacé qui lui arracha son seul cri. Puis je repris place au bord du bureau, après avoir délié ses pieds, et jeté un coussin devant les miens. La badine à la main.
- Je pense que vos muscles masticateurs sont bien reposés après cet intermède...Alors assez de temps perdu, dis-je en martelant mes mots. Reprenez la position et pompez-moi à fond, comme si vous vouliez me soulever par la queue, en pensant bien à ce que vous faites et sans vous interrompre, comme une bonne petite salope de putain suceuse me l'a demandé. Je veux sentir le cuir du bureau me rentrer dans le trou du cul! Suis-je clair ?
Elle s'agenouilla sagement, puis leva vers moi un regard implorant.
- Pardonnez-moi, mais j'ai très soif, dit-elle.
- C'est bien normal après un tel effort. Hélas, nous n'avons que du champagne, et cela vous refroidirait la bouche. Mais si vous terminez bien votre ouvrage, vous aurez droit à ma liqueur personnelle, que vous avalerez jusqu'à la dernière goutte. Au travail.
- Juste une faveur, s'il vous plaît, reprit-elle suppliante. Libérez juste mes cheveux: chaque mouvement de la tête me fait horriblement mal, et cela m'empêche de me concentrer.
- S'il n'y a que çà pour vous rendre efficace, c'est bien facile, dis-je en prenant les ciseaux et passant derrière elle.
Je coupai le faisceau de sa tignasse juste sous l'anneau de corde. Il tomba à terre assez de cheveux pour faire trois perruques, et ne restait plus sur le sommet du crâne qu'une brosse de l'épaisseur d'un doigt, à travers laquelle je lui voyais la peau sur dix centimètres de diamètre. Autour, cela partait en toit de chaume jusqu'aux oreilles...Elle mit quelques secondes à réaliser et commença à m'insulter, mais un coup de badine sur les seins la coupa net.
- Ah silence, la pute ! J'ai fait ce que vous m'avez demandé, mais je vois que j'ai encore été trop bon. Alors je sais comment activer la manœuvre.
Je pris dans le tiroir trois petites pinces à mors crocodile dont je testai l'élasticité en les faisant claquer sous son nez, avant d'en refermer les mors sur chacun de ses tétons. Son visage se contracta, mais elle tint bon pour ne pas crier.
- Vous avez de la chance que la dernière soit détendue, lui dis-je, car elle est pour votre charmant clitoris...
- Non pas çà, cria-t-elle épouvantée, mais -les coudes liés- elle ne put rien lorsqu' écartant le haut de ses grandes lèvres je lui plaçai la troisième pince à la racine du bouton, tandis que son visage se contractait dans une grimace.
- Cela fait mal, je sais, repris-je contrit, mais si je ne vous motive pas un peu on y sera encore demain matin. Alors c'est simple: dès que vous m'aurez pompé correctement, j'enlève les pinces, d'accord ?
- Oui, je suis prête, souffla-t-elle matée, en se remettant péniblement à genoux face à moi.
Elle m'emboucha comme une affamée, et dès cet instant elle fut parfaite. Active, concentrée, les yeux mi-clos, la pression buccale agréablement modulée, le rythme impeccable. Pendant de très longues minutes, on n'entendit plus que le crépitement du feu de bois, et le régulier clapotis de ses lèvres.
- C'est mieux, ma salope, l'encourageai-je en caressant sa petite tonsure, beaucoup mieux...que de chemin parcouru en moins de deux heures! Sans plaisanter, vous pourrez bientôt passer professionnelle. Vous voyez: on croit qu'on n'y arrivera jamais, alors qu'il suffit d'un bon professeur et d'un peu de bonne volonté...
Je mis quand même longtemps à identifier ce qui inhibait encore mon plaisir depuis la demi-heure que -matée et transpirante- elle me pompait impeccablement. Puis cela me sauta aux yeux.
- Un dernier problème, lui dis-je. A chaque mouvement de tête, vos grands cheveux me titillent le ventre et l'intérieur des cuisses, et c'est fort désagréable, mais ne vous interrompez surtout pas, je vais arranger çà tout seul, lui dis-je en allongeant le bras vers les ciseaux.
Sous l'inscription violette de son front, les grands yeux assortis me jetèrent un regard terrifié.
Ce n'est pas si difficile de couper des cheveux sur une tête qui bouge, si le balancement est régulier ; et cette fille était devenue un vrai pendule.
A chaque mouvement de la tête, elle introduisait elle-même une touffe entre les mors des ciseaux, et je n'avais plus qu'à les refermer. Les petites houppes tombaient sur ses épaules et sur ses seins. Dix minutes plus tard, il ne persistait plus de sa crinière que les zigzags d'une brosse inégale en avant, dessus, et sur les côtés. Seule intacte demeurait la masse postérieure, à la Tarass Boulba.
Domptée, elle continuait à pomper stoïquement, mais elle ferma les yeux pendant toute l'opération.
Dès lors tout alla vite, et l'empoignant par les oreilles, j'explosai longuement au fond de sa gorge...
Elle m'avala jusqu'à la dernière goutte.
- Bien, lui dis-je au bout d'un temps, ce n'était pas trop mal. Mais que de temps perdu pour une petite pipe de rien du tout ! Enfin, il faut voir d'où on partait...
Bon prince, je décrochai les trois pinces, ravivant la douleur endormie.
Elle récupérait doucement, le souffle un peu court, allongée sur la moquette, se massant le bout des seins et l'entrejambe. Puis elle se traîna vers la bouteille de champagne dont elle éclusa un bon tiers pratiquement d'une seule traite.
Se regardant dans le miroir, elle découvrit avec consternation son nouvel aspect, passant plusieurs fois la main sur sa tête.
- Quel massacre, s'exclama-t-elle. Vous êtes content ? Vous allez me prêter un jean et un tee-shirt, et surtout un chapeau, que je rentre chez moi sans provoquer d’attroupement!
- Rentrer chez vous ? Mais nous sommes à peine dimanche ! Souvenez-vous : "Je serai à vous pour le week-end". C'étaient bien vos termes, non ? La fête commence tout juste, et vous voulez déjà me quitter ?, lui dis-je en l'asseyant dans le fauteuil.
- Que voulez-vous de plus, espèce de salaud ?, vous m'avez baisée, humiliée, à moitié tondue, je vous ai sucé, ça ne vous suffit pas ?...
-A-moi si -pour le moment-, mais à vous, je ne pense pas. Vous avez encore des choses à apprendre, et pas seulement le poker, hélas.
Je passai derrière le fauteuil et commençai à tresser la longue coulée postérieure de ses cheveux.
-Apprendre à baiser correctement, par exemple, lui susurrai-je à l'oreille.
Elle cria "Salaud, salaud" et se leva en rage pour me gifler, mais je tenais la tresse fermement enroulée autour de mon avant-bras.
-Allons, tout doux, la calmai-je, c'est vrai je suis un peu sévère, mais je me faisais une telle joie de passer ces quelques heures avec vous que la déception me rend injuste... D'ailleurs voyez: ma nature reprend ses droits devant votre légitime et stimulante colère, dis-je en montrant un début d'érection.
Je la fis s'allonger sur le dos, devant le feu, sur une peau de zèbre dont la crinière lui picota un peu les fesses, et tentai une intromission d'un grand classicisme, avec des paroles d'encouragement.
- Je suis sûr que je vous ai mal jugée, et que vous pouvez faire mieux que cette rapide étreinte derrière la porte.
Mais elle s'était fait un oreiller de ses mains, regardait le plafond avec ennui, et opposait à mon mouvement la contraction de ces muscles que les anatomistes appellent "custodes virginitatis"... Devant mon étonnement irrité, elle dit avec un petit air pincé :
- Désolée. Comme vous voyez je ne suis pas en forme. Et je trouve que ça suffit comme ça !
La moutarde me montait un peu au nez. Aussi lui passai-je prestement des menottes que je dissimulais dans la bouche du zèbre. Puis je les ramenai derrière sa nuque, et nouai la natte autour de la chaînette. Ainsi entravée, ses deux coudes pointaient vers l'avant, et soulignaient la courbe impeccable de ses seins.
- Etre novice, c'est bien pardonnable, lui dis-je. Mais refuser d'apprendre...c'est un pêché supérieur ! Mais ne vous inquiétez pas, dans quelques minutes vous serez étonnée d'être aussi... "réceptive" !
L'ayant entraînée dans la salle de chirurgie, je l'allongeai sur la table d'opération, et lui attachai les pieds dans les étriers de gynécologie avec des lanières de velcro. Puis je fixai les deux potences à l'écartement maximum, exposant totalement sa belle chatte et son joli trou du cul imberbes.
- Vous êtes douée pour le grand écart, lui dis-je en passant la main à l'intérieur des cuisses. Et quelle superbe vulve... Mal utilisée, mais superbe!
Je me penchai pour effleurer son bouton d'un petit coup de langue qui la fit sursauter, d'autant que l'épisode de la pince l'avait rendu fort sensible.
- Un tel vestibule laisse augurer un intérieur moelleux, dis-je en élevant la table hydraulique jusqu'à ce que la pointe de mon érection se trouve à bonne hauteur.
J'entrepris de la pénétrer, mais ne provoquai qu'une douleur partagée.
- Eh bien cela commence mal, ma pauvre, vous êtes sèche comme une centenaire... A votre âge !
Je tentai d'introduire l'index, avec difficulté, et en lui arrachant une plainte.
- Arrêtez, vous me faites mal, espèce de brute, vous voyez bien que je ne suis pas en état.
- Écoutez ma petite, vous êtes venue là pour ça, et de votre plein gré…, alors faites un effort que diable, concentrez-vous donc, on dirait du papier de verre!
- Vous voudriez que je mouille pour un salaud comme vous ?, ben merde alors, plutôt crever !, glapit-elle en s'asseyant du seul effet de ses abdominaux, ce qui -dans sa position- était un bel exploit.
- Çà, c'est votre problème... Je ne sais pas, moi, pensez à Harrison Ford ou… à Patrick Bruel, dis-je en lui replaquant le dos sur la table.
Une bande Velpeau passée devant son cou, et nouée sous la table, entrava ses efforts de redressement.
- Merde, merde, merde, détachez-moi tout de suite.
Devant tant de vulgaire mauvaise volonté, je pris un gros tube de vaseline. Je l'avais à moitié dévissé quand une autre idée me vint.
Je reposai le tube, et revint à la tête de la table d'opération, bravant son regard haineux. Il me fallut lui pincer le nez quelques secondes pour la forcer à ouvrir le bec, et placer un ouvre-bouche à cliquets que j'ouvris modérément. Assez toutefois pour qu'elle ne puisse plus produire que des sons inarticulés de débile.
- Voilà qui m'évitera vos trivialités, pendant que je tenterai charitablement de vous mettre en condition, dis-je en enfilant un gant de crin, sans que son angle de vue lui permît de voir mes préparatifs.
- Je vous promets qu'après cela, vous serez plus en forme, ajoutai-je.
Elle resta pétrifiée trois secondes lorsque je lui plaquai le gant râpeux sur la motte. Puis -comme j'attaquais des va-et-vient jusqu'à la raie de ses fesses- elle se mit à tressauter dans ses entraves comme une épileptique, en gargouillant des choses inintelligibles, et très aiguës.
Mais je lui fourbissais l'entrejambe avec la constance d'un bon ouvrier. Pas très longtemps, mais bien.
Puis, abandonnant mon astiquage, je fixai avec deux sparadraps en croix le gant de crin sur sa vulve, et l'arrosai généreusement d'un délicieux alcool de poire, avant d'aller m'en servir un verre au salon. Liqueur de paysan d'une telle qualité qu'on en oubliait ses 65°...
Quand je revins au bout d'un quart d'heure, elle se tordait dans tous les sens, battant des fesses sur la table comme un espadon sur le pont d'un navire, avec des grognements disharmonieux. Presque désarticulée, elle s'étranglait à moitié, mais sans parvenir à se soustraire à la brûlure. Sa belle musculature -soulignée par une transpiration fine- saillait sous ses contorsions, et l'encre violette de son pubis, en partie dissoute par l'alcool et mêlée de sueur, faisait une rigole jusqu'à son nombril.
-Voulez-vous que j'éteigne l'incendie ? demandai-je en lui libérant la bouche, prêt à une avalanche d'insulte. Mais elle inspira largement quelques goulées d'air et souffla, le regard implorant :
-Oui, par pitié, vite, vite, vite...
J'ôtai le gant de son entrejambe, qui semblait avoir pris un fameux coup de soleil, mais cela ne l'apaisa pas complètement : elle se tortillait toujours avec des mouvements de reptation du plus bel effet.
- Cela ne va pas mieux? demandai-je en soufflant sur la zone enflammée. Je peux faire quelque chose de plus?
- Posez votre main...caressez-moi, je vous en prie, vite.
Je posai deux doigts sur son mont de Vénus que je balayai distraitement.
- Plus bas, plus bas, implora-t-elle.
- Plus bas? Je ne sais si j'ose, mentis-je.
- Plus bas, par pitié.
Je me mis à la caresser de tout mon art, et lécher le reste d'alcool, et insistant autour du bouton avec douceur, ce qui sembla l'apaiser. Elle reprit néanmoins:
- Votre doigt aussi, s'il vous plaît, votre doigt...
- Vraiment?
Elle ne s'étranglait maintenant que pour mieux tendre son pubis vers ma main..
- Entrez votre doigt, je vous en prie, maintenant...
Je fis ce qu'elle demandait, avec beaucoup plus de facilité que tout à l'heure. Miracle : en quelques instants, je ressortis inondé.
- Eh bien ma salope, pour quelqu’un qui ne voulait rien savoir il y a moins d'une demi-heure, voilà que vous mouillez comme une fontaine ! C'est incroyable, il faut que je vérifie, dis-je en réintroduisant deux doigts en canon de fusil, préalablement trempés -mais hors de sa vue- dans la williamine...
- Ma parole, repris-je, il va falloir vous mettre une couche-culotte, sinon vous allez laisser des traces comme un escargot... Vous voilà mieux lubrifiée qu'une formule 1, dis-je en retirant index et médius luisants, on peut dire que j'ai la main heureuse !
- Je ne sais pas, balbutia-t-elle, je ne comprends pas...mais...cette sensation de soulagement...après cette brûlure atroce. Je ne voulais pas, mais c'est plus fort que moi...
Elle s'interrompit net : l'alcool commençait son effet en profondeur.
- Aïe! maintenant que vous avez retiré votre main je sens que cela recommence...ooh...par pitié, remettez votre doigt, tout de suite...ou plutôt baisez moi, oui allez-y, allez-y, je vous en supplie, vite...
Elle battait des fesses au bord de la table comme un catcheur vaincu qui implore la fin du combat.
- Vous êtes bien gentille, rétorquai-je, mais c'est un peu tard maintenant...je n'ai pas envie de me brûler dans votre réchaud !
- Salaud, salaud, souffla-t-elle dans un sanglot, je ferai tout ce que vous voudrez mais ne me laissez pas comme çaaaa...Pénétrez-moi, viiite...
- D'accord. Mais je ne peux vous satisfaire que dans cet endroit encore préservé, que vous exposez toutefois de manière si suggestive, dis-je en lui déposant une noisette de vaseline sur la rondelle, avant de pointer face à la cible.
Elle ne comprit que lorsqu'elle sentit mon gland s'appuyer, et poussa un glapissement.
- Non pas çà, pas là, jamais, personne...cria-t-elle en contractant son sphincter dans un spasme invincible, tandis que j'augmentais ma pression.
- C'est toujours la même chose avec vous...Vous commencez par dire non, puis vous implorez les plaisirs que vous refusiez quelques minutes plus tôt... C'est lassant ! Heureusement je commence à vous connaître, ainsi que les arguments qui vous rappellent vos engagements. Et comme vos récriminations commencent à m'insupporter, je crois que je vais vous replacer l'ouvre-bouche.
Ce que je fis, le bloquant cette fois en ouverture maximum.
Puis, prenant une cravache au large bout de cuir plat, je lui en portai quelques coups sur la face interne des cuisses, puis sur sa motte rebondie. A chaque bruit sec répondait du fond de sa gorge un étrange petit cri. Espaçant mes coups en descendant vers les zones les plus sensibles, je repris :
-Dès que vous souhaiterez sincèrement que je vous sodomise, faites-moi signe en soulevant votre bassin de la table : je comprendrai."
Il ne fallut pas bien longtemps. Au troisième coup sur les nymphes, je cru voir ses fesses se soulever de quelques centimètres.
Une tape les rabattit sur la table. Elle émit un cri différent, vite suivi d'un soulèvement plus net.
J'avais compris ; mais il fallait qu'elle comprenne également.
Après l'avoir replaquée sèchement d'une nouvelle tape, je pris délicatement le capuchon de son clitoris entre deux doigts, et tirai doucement vers le haut comme pour la soulever, en disant :
- Ce n'est pas très clair...
Alors, bandant tous les muscles de la colonne vertébrale, ne prenant plus appui que par les talons dans les étriers et le sommet du crâne, elle souleva majestueusement le bassin vers le plafond -le corps cintré comme une arche de pont. Elle s'aidait un peu des coudes, les mains toujours menottées derrière la nuque. S'immobilisant dans cette inconfortable hyperextension, elle gargouilla quelque chose comme :
-"en...hu...hé...oi..."
Sa bouche bloquée en ouverture la rendait peu compréhensible. Je la laissai ainsi un peu ainsi, tournant autour de la table pour jouir de ce spectacle peu commun. Enfin, ponctuant chacune de mes phrases d'une tape sèche sur ses aréoles:
- Dois-je comprendre que vous êtes mieux disposée ?
-"Hhui......Hen...hu...hé...hoi...
- Vous êtes sûre que vous ne changerez pas d'avis au dernier moment ?
-"Hhhon...Hen...hu...hé...hoiiii..
- Sûre-sûre ?
- "Huiiiii...
Elle semblait à point. Sur mon ordre elle abandonna son inconfortable posture, et reposa les fesses sur le bord de la table. Je replaçai mon gland sur son ultime virginité, et -l’encourageant d’un "détendez-vous bien, ça ira tout seul"- m’intromis sans difficulté de quelques centimètres : juste le gland.
Au gargouillement qui s'échappa de sa bouche, je sentais qu'elle venait à nouveau de vivre -péniblement- une première expérience...
- C'est autre chose, n'est-ce pas ? Que dites-vous de cette sensation nouvelle ?
Bien sûr elle ne pouvait pas répondre, mais au raccourcissement soudain de sa respiration, je compris que cela lui faisait de l’effet.
-Et encore...il ne s’agit que de peu de choses, comme la première mouillette d’un œuf à la coque... Mais je vous sens impatiente de connaître la suite, repris-je en crochant une main derrière chacune de ses cuisses.
Et d'une seule poussée, je pénétrai vigoureusement jusqu'à la garde...
Ce fut comme une crise d’épilepsie: sans ses entraves, elle aurait traversé la pièce ! Son sphincter tétanisé semblait animé d’une vie propre, et je compris la sensation que pouvait donner le rodéo au Far-West... Cela dura quelques secondes, puis -comme je ne bougeais plus- elle s’immobilisa rapidement.
-Alors, jeune pouliche, que pense-t-on de ce premier coup de piston ? J’espère que c’est à votre goût, parce qu’il va y en avoir beaucoup d’autres !
Je n'attendais personne ce week-end-là, et en la circonstance, le coup de sonnette me contraria beaucoup. Grâce à l'écran de télésurveillance, je pouvais heureusement sélectionner les importuns. La découverte de la bonne bouille de John sur me fit plaisir. Je lui ouvris le portail à distance.
Fils de ministre africain, aussi bel athlète que bon chirurgien, ce joyeux compère était depuis près d'un an mon assistant, et déjà un ami très cher.
- Entre donc, lui dis-je comme je le voyais hésiter tout en sueur sur le pas de la porte, je vais te présenter une amie.
Vêtu d'un survêtement des "Harlem Globe-trotters", il introduisit dans la pièce ses deux mètres de pur muscle.
- J'ai poussé un peu loin mon jogging ce matin, commença-t-il, alors je me suis retrouvé devant chez toi. Je n'ai jamais autant transpiré de ma vie, et je me disais qu'une petite pause...
Il s'interrompit en découvrant le spectacle insolite de ma compagne, mais j'arrêtai son mouvement de recul..
-N'aie pas peur, le rassurai-je, Mademoiselle est une amie de passage. Viens voir comme elle est ravissante !
Interloqué mais curieux, John s'approcha de la fille qui -derrière un canapé- essayait de se soustraire aux regards du nouvel arrivant. Je la tirai par l'oreille devant John en la priant de le saluer, tandis que celui-ci la détaillait de haut en bas avec stupéfaction.
Plus que nue -avec sa motte encore rubescente- dressant inévitablement sa superbe poitrine en tortillant les mains derrière la tête à cause des menottes, recouverte d'inscriptions étranges, et plus bizarrement coiffée que la reine des punks, elle laissa échapper un plaintif "bonjour John" en regardant le plancher.
- Bonjour Anne-Séverine, répondit John.
Là il m'en bouchait un coin l'Africain : ils se connaissaient donc !
-Tu te souviens, reprit-il devant mon étonnement, je t'avais parlé d'une fille superbe qui m'avait aguiché plusieurs jours avant de me renvoyer sèchement dans mon coin devant toute la salle de garde...C'est elle. Celle qui a horreur des "macaques ambitieux", celle qui n'aime pas "l'odeur des nègres..."
Elle cria presque :
-Je regrette John, sincèrement je regrette. Je n'en pensais pas un mot, je ne voulais pas, mais ce sont les autres qui...
Je l'interrompis.
- Allons, allons, ce n'est pas grave, un simple malentendu...que cette rencontre heureuse va permette de dissiper... John, ne reste pas là, va donc prendre une douche.
Il s'éloigna.
J'en profitai pour faire à Anne-Séverine un peu de morale, et quelques suggestions.
Très oppositionnelle au début, mes arguments finirent par la convaincre, mais elle ne m'en cracha pas moins un "vous me le paierez" furibard juste avant que John ne revienne dans la pièce, drapé dans un de mes peignoirs de bain.
-Alors comment trouves-tu ton ex-conquête ?"
-Belle... très belle, dit-il d'un air un peu gêné. On pourrait peut-être lui ôter les menottes ?, continua-t-il comme pour rompre un silence, qui se prolongea un peu trop à mon goût. Sur mon regard insistant, ce fut la fille qui répondit.
- C'est très aimable, John, mais je préfère rester entravée, comme je l'ai demandé à notre hôte. Mais vous n'avez pas tout à fait répondu à sa question...Me trouvez-vous toujours à votre goût ?
- Absolument. Aussi belle que mon souvenir. Évidemment, cette étrange coiffure change de la crinière de jadis.
- Je ne sais pas ce qui m'a pris...j'ai voulu me faire toute seule une coupe à la mode, reprit-elle d'une voix de petite fille prise en faute, et voilà le résultat ! Je resterai affreuse des semaines avant de pouvoir égaliser tout ça...
In petto, j'admirais la comédienne.
- Mais non, reprit John, un peu décoincé, ce n'est pas affreux. Savez-vous que dans mon village -en Afrique- les jeunes filles en âge de se marier se rasent la tête, et tout le corps, et font en dansant l’offrande de leur toison à celui qu'elles choisissent ?
- Quelle horreur !, s'exclama-t-elle. Je la fusillai du regard, tandis que John restait pensif, l'esprit dans des souvenirs lointains.
- Moi je trouve ça très beau, et très sensuel, reprit-il, mais je comprends que vous ne compreniez pas.
Un autre silence s'installa, pendant lequel Anne-Séverine s'efforçait d'éviter mon regard, mais elle savait que je lisais ses pensées, et que sa tâche était tracée.
Au bout d'un moment elle reprit enfin.
- Mais si John, je comprends. Très bien. Et suis heureuse de savoir maintenant comment vous plaire. Je souhaite vous faire ce même don en signe de réconciliation.
John ne semblait pas comprendre.
- Vous voulez dire...
-Oui, reprit-elle d'une voix presqu'inaudible. Me couper les cheveux pour vous plaire. Sincèrement, cela me ferait plaisir.
John était troublé, mais je ne lui laissai pas le temps de réfléchir.
- Excellente idée, dis-je en libérant la natte de la chaînette des menottes, et aussi élégante que romantique. Montrez à notre ami que les filles de Passy peuvent faire aussi bien que les Bamilékés.
Je l'amenai devant le miroir, les mains toujours menottées par devant, et lui tendis les ciseaux. John ne disait rien.
Après un temps, comme les plongeurs avant de se jeter à l'eau, Anne-Séverine attaqua sa natte à la racine, tentant de mieux se voir dans la glace en tordant la tête dans tous les sens. Bien qu'un peu gênée par les bracelets, elle trancha sa tresse. Puis, un peu à tâtons, elle coupa grossièrement de ci de là, trichant un peu avec les gros ciseaux, et créant en quelques minutes un chaume aux zébrures inégales. Puis elle posa l'outil sur la cheminée, comme soulagée.
-Vous voilà bien changée... Alors, est-ce ainsi qu'elles sont dans ton pays ?, repris-je à l'adresse de John.
Celui-ci hésitait un peu.
-Pas tout à fait. En fait les jeunes filles de là-bas ont le crâne parfaitement lisse...
Anne-Séverine écarquilla les yeux sous ses épais sourcils, mais resta coite.
- C'est bien ce que je pensais dis-je en m'éloignant vers la salle de bains .
J'en ramenai un petit rasoir de sûreté et une bombe de mousse à raser que je posai à côté des ciseaux.
-Voilà qui vous permettra de parfaire votre ouvrage, chère amie.
- Êtes-vous bien sûre de pas le regretter ?, s'inquiéta John.
- Certaine, souffla Anne-Séverine, fataliste.
Elle secoua le flacon avec un cliquetis de chaîne, et se couvrit une pleine main de mousse. Puis elle s’en massa la tête et prit le rasoir.
Ce fut assez long car elle le maniait gauchement, mais nous avions tout notre temps pour la regarder sillonner son crâne avec l'outil, qui laissait derrière lui -dans un crissement- des chemins de peau nue.
Je dû quand même l'aider pour la finition, puis passai la serviette humide sur les restes spumeux. Elle était lisse comme un galet.
- Et comme çà ? demandai-je à John, qui me semblait présenter une légère érection sous le peignoir. Il contempla cette tête irréelle un moment, puis dit :
- C'est tout à fait cela. Encore que...
Il réfléchissait avec l'air agacé des gens qui ont un mot sur le bout de la langue.
-Je ne sais plus, il me semble qu'il manque quelque chose, mais quoi ?... Il tournait autour d'elle comme un sculpteur avant la dernière touche.
-Les sourcils, peut-être ? hasardai-je.
Le visage de John s'éclaira.
- Mais oui, bien sûr, les sourcils, s'exclama-t-il avec excitation, comment cela a-t-il pu m'échapper... Il prit le rasoir, et en deux mouvements, débarrassa Anne-Séverine de son ultime pilosité.
Cette dernière touche la transforma plus que je ne l'avais imaginé.
- À la bonne heure ma petite Anne-Séverine, enchainai-je après avoir ôté ses menottes, mais ne vous asseyez-pas. N'aviez-vous pas parlé d'une offrande ?...
Elle comprit, et tendit la natte qu'elle avait ramassée:
- Je suis heureuse d'être belle pour vous, John.
Elle avait l'air plus serein, comme une naufragée qui aperçoit la côte après des jours de mer..
Mais l'Africain restait les bras le long du corps, peu empressé de saisir son cadeau. J'eus une intuition.
- Et la danse ? Tu as bien dis qu’elles dansaient pour leur élu, John ?
- Oui elles dansent, dit-il les yeux au ciel. Longuement. D'abord sur une lente mélopée envoûtante, puis de plus en plus vite et fougueusement.
Anne-Séverine semblait plus inquiète. En effet, je lui avais fermement enjoint d'obtenir le pardon de John, d'obtempérer à tous ses désirs, et surtout, de les précéder. Elle ne semblait pas au bout de ses peines.
- S'agit-il de ces tambours de brousse dont tu m'as rapporté un enregistrement cet hiver ?, dis-je en fouillant dans le compartiment à cassettes du meuble de hi-fi.
- Oui, c'est bien ça, répondit John.
- Je ne connais pas grand-chose aux danses africaines, hasarda Anne-Séverine sur la défensive.
- Pas de fausse modestie, rétorquai-je, ce n'est pas plus sorcier que ces macarenas endiablées, avec lesquelles je vous ai vu éclipser les plus belles filles de chez Castel ! Ah, la voici cette fameuse cassette...
Pendant près d'une heure, nous eûmes droit à une représentation auprès de laquelle le Crazy Horse Saloon aurait fait figure de salle paroissiale. Au début la mise en scène fut un peu laborieuse. Mais entre les suggestions naïves de John et mes menaces silencieuses, la marge de manœuvre d'Anne-Séverine était mince, et le spectacle prit forme.
Libérée de ses menottes, elle tangua d'abord lentement, pendant que je me renseignais -champagne à la main- sur les usages subtropicaux. Nous pûmes ainsi, avec l'encre violette, maquiller notre artiste selon la coutume: d'élégantes zébrures sur tout le corps, un masque de loup, et une particulière mise en valeur des zones sexuelles.
Les souvenirs de John se précisaient.
A l'aide d'un pinceau, j’appliquai sur le sommet du crâne fraîchement tondu une couche de colle qui finissait en pointe entre les sourcils, et sacrifiai un oreiller pour y faire adhérer un plumetis d'oie d'une blancheur immaculée -symbole de pureté sous toutes les latitudes.
Puis je passai le pinceau à John pour le pubis. Il pria Anne-Séverine -qu'il savait bonne gymnaste- de faire l'arbre droit, puis d’écarter les jambes au maximum, afin d’exposer commodément ses trésors. A large coups de pinceau, il encolla le triangle lisse, pour y plaquer une poignée de duvet qui lui fit comme un string écumeux surmontant sa vulve nue.
Anne-Séverine pu se relever ; elle ne se ressemblait plus du tout. Elle était devenue une mutante irréelle, à qui nous demandâmes de danser.
Pendant qu'elle accélérait ses trémoussements pour suivre le rythme des tambours, John se souvint de curieux bijoux mammaires tribaux -fixés aux tétins-, que j'imitai sommairement grâce à deux des sinistres pinces, alourdies de glands de tapisserie.
Après avoir allumés des havanes, nous priâmes Anne-Séverine -les mamelles ainsi lestées- de passer devant nous en sautillant, mais toujours en rythme, pour faire tournoyer les glands dans tous les sens.
C'était assez douloureux, mais le sentiment d'humiliation effaçait un peu la souffrance, et au bout de plusieurs passages, le balancement de sa superbe poitrine fut parfaitement au point.
Partie d'une sorte de jerk banal, notre danseuse -pénétrée par le martèlement des tambours- réinventait irrésistiblement les postures obscènes des bacchanales exotiques. Le tempo devenait infernal, mais son corps de gymnaste, incroyablement ferme -et maintenant inondé de sueur- restait admirable.
Je dû toutefois rappeler à Anne-Séverine l'importance des mouvements du bassin, qu'elle avait tendance à négliger. Pour l'y aider, je lui fis une ceinture avec la corde de coton, y nouai sous le nombril le petit bout de la tresse, et lestai l'autre avec les menottes.
Ainsi le métal froid et la touffe de cheveux venaient-il scander en cliquetant sur sa vulve glabre, le rythme de ses hanches.
La cassette prit fin sur un tonnerre de roulements tétanisant, qui laissa Anne-Séverine pantelante, allongée sur la moquette, et totalement vidée.
Nous applaudîmes courtoisement cette belle prestation pendant qu'elle reprenait lentement son souffle à terre.
Puis John se leva devant elle, immense dans son peignoir blanc, et Anne-Séverine sut que le moment était arrivé.
Elle commença à se relever, mais l'Africain ayant posé doucement la main sur son épaule, elle resta à genoux pour le rituel. Elle décrocha la natte de sa ceinture improvisée et l'éleva devant John des deux bras tendus au-dessus de sa tête duveteuse, les yeux vers le sol, et dit :
- John, je vous supplie de me pardonner ma conduite, et de recevoir l'offrande ma chevelure. Prenez aussi mon corps -si vous le voulez encore- pour vous prouver la sincérité de mon repentir.
La bosse qui déformait le peignoir de John répondait à sa place, mais il dit gentiment :
- J'accepte de grand cœur, mais seulement si ce plaisir est partagé. Et justement notre hôte, qui pressentait votre offre, m'a délicatement fait comprendre votre préférence marquée pour la fellation, comme le rappelle avec franchise l'inscription sur votre front. Ne lui en veuillez d'avoir trahi ce petit secret, puisqu'il me donne l'occasion de vous satisfaire. J'espère que vous ne serez pas déçue, continua-t-il faussement modeste en faisant tomber son peignoir.
Anne-Séverine ne put réprimer une exclamation en découvrant au-dessus de son nez une verge monumentale, et elle resta frappée de stupeur, la bouche grande ouverte.
John prit cela pour une invite et, empaumant la nuque rase pour l'attirer vers son ventre, pénétra -un peu en force- dans le fourreau offert, qu'il commença à pistonner.
Je ne savais pas qu'une bouche pouvait s'ouvrir à ce point ! Anne-Séverine était méconnaissable. Pas seulement à cause du maquillage qui coulait sous les larmes. Le menton au sternum, elle cherchait son air par le nez avec une sorte de ronflement disgracieux. Par bonheur elle n'était pas enrhumée : l'asphyxie eût été immédiate…
Ses mains en trompette ne faisaient pas le tour de l'énorme pénis, auprès duquel ses poignets ne semblaient pas plus gros de ceux d'une poupée, et mes bijoux improvisés -toujours fixés au bout des seins- balayaient les cuisses du géant noir.
Étonnant contraste que les saccades du crâne laiteux d'Anne-Séverine où voletaient les plumes blanches, devant l'ébène luisant de la peau de John !
Au bout d'un long moment, il se pencha et lui dit gentiment à l'oreille :
- Vous avez des dents magnifiques, belle amie, mais pour l'heure j'aimerais mieux qu’elle se fasse oublier.
Elle obtempéra, en battant des cils vers lui pour se faire excuser, et John put amplifier le mouvement du globe chauve calé dans sa main de basketteur.
Longuement excité par la danse, il ne tint pas longtemps, mais quand il accéléra pour le galop final, je cru que la tête d'Anne-Séverine allait s'ouvrir comme une pastèque...
Sentant les prémices du feu d'artifice, John se retira une fraction de secondes avant d'exploser dans un cri sous le nez d'Anne-Séverine, qu'il aspergea de longues giclées successives sur la poitrine et le visage, faisant voler quelques plumes.
…OOOOOOOOO…
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Alain et Fabrice, deux hommes aux antipodes, se sont rencontrés dans une tranquille petite ville de l'Aude, une ville paisible où la vie semblait suivre son cours sans heurts. Alain était un homme calme et réservé, un libraire de la ville. Il passait ses journées à entretenir sa petite boutique, à choisir soigneusement les livres pour sa clientèle variée et à savourer la quiétude de la lecture. Ses soirées étaient généralement consacrées à une petite promenade solitaire le long des ruelles pavées.
En revanche, Fabrice était un homme flamboyant et extraverti, un avocat renommé qui ne passait pas inaperçu. Il aimait la vie nocturne, les soirées mondaines et était réputé pour sa nature charismatique. Les deux hommes semblaient tout droit sortis de mondes différents, et leurs chemins n'auraient probablement jamais dû se croiser.
Cependant, le destin, ce mystérieux orchestrateur, avait d'autres plans. Un après-midi ensoleillé, alors qu'Alain se trouvait dans un café de la place principale de la ville en train de déguster un cappuccino et de lire un livre, Fabrice entra dans l'établissement. Son énergie éclatante semblait illuminer la pièce, et il s'installa à la table voisine.
Un simple "Bonjour" de Fabrice brisa la barrière de l'indifférence. Les deux hommes engagèrent la conversation, et très rapidement, Alain fut subjugué par la personnalité magnétique de Fabrice. Ils échangèrent des histoires de vie, des passions et des rêves. Alain découvrit que derrière l'extraversion de Fabrice se cachait un esprit incroyablement ouvert et un profond intérêt pour les sujets les plus divers.
Un jour, alors qu'ils se retrouvaient attablés devant leur café habituel, Fabrice aborda un sujet qui, pour Alain, était complètement inattendu : la soumission et la domination dans les relations intimes. Intrigué par le sujet, Alain commença à poser des questions et à explorer davantage cet univers si éloigné de sa routine calme.
Fabrice, avec sa nature charismatique, lui parla de la complexité des relations et de la confiance nécessaire pour se livrer à de telles expériences. Il partagea des récits de rencontres passionnées où les limites étaient explorées, où la douleur et le plaisir se mêlaient dans une danse sensuelle.
Alain, bien que surpris par ces révélations, sentit une curiosité grandissante en lui. Il se laissa emporter par les récits de Fabrice et commença à envisager un aspect inexploré de sa sexualité. Les discussions devinrent plus intimes et ils partagèrent leurs fantasmes les plus secrets, créant un lien profond basé sur la confiance et l'ouverture d'esprit.
Ces conversations audacieuses élargirent les horizons d'Alain, l'amenant à remettre en question ses propres croyances et à explorer une sensualité oubliée. Il découvrit un nouveau niveau d'intimité avec Fabrice, où les frontières entre le plaisir et la douleur s'estompaient, où la confiance et le consentement étaient les fondements de leur relation.
Cette découverte inattendue de l'univers de la soumission et de la domination dans leur intimité allait changer leur relation à jamais. Alain et Fabrice s'engagèrent dans un voyage de découverte mutuelle, où la passion, la confiance et l'exploration de soi se mêlaient harmonieusement. Ils réalisèrent que leur amour était bien plus profond et complexe que ce qu'ils avaient imaginé au départ, et ils embrassèrent cette nouvelle dimension de leur relation avec audace et affection.
Au fur et à mesure de leurs rencontres, Fabrice continua à initier Alain vers de nouveaux horizons. Ils discutaient de fantasmes, de désirs, de consentement, et Fabrice partageait avec son nouvel ami des lectures éclairantes sur le BDSM, un univers bien éloigné de la littérature classique que vendait Alain dans sa librairie.
Les deux hommes organisaient également des rencontres amicales en extérieur, explorant de nouvelles sensations et découvrant ensemble des aspects insoupçonnés de leur personnalité. Alain, à la fois curieux et réservé, se laissa emmener sans s'en rendre compte, malgré lui, dans cet univers si particulier.
Au fil des mois, leur amitié se renforça, et leur complicité grandit. Ils partageaient des secrets, des confidences, et les escapades en plein air se transformèrent en véritables aventures. Ils naviguaient ensemble dans les eaux tumultueuses de la découverte de soi, de l'exploration de nouvelles sensations, et de la redéfinition de leurs limites personnelles.
L'amitié entre Alain et Fabrice était, d'une manière étrange, une fusion de leurs mondes, une coexistence de la tranquillité et de l'extraversion. Ils avaient appris que les préférences personnelles et les choix de vie ne devaient pas définir une amitié, mais plutôt la renforcer.
Ensemble, ils avaient découvert que la vie, même dans une petite ville tranquille de l'Aude, pouvait être pleine de surprises, d'aventures et d'amitiés qui transcendent les conventions sociales.
Un jour, Fabrice invita Alain chez lui pour un dîner, une occasion de prolonger leur amitié dans un cadre plus intime. La soirée se déroula de manière agréable, avec des conversations animées et des plats délicieux. La chaleur d'un feu de cheminée et la douce lueur des bougies créaient une atmosphère propice à la confidence.
Après le dîner, alors que la nuit enveloppait la maison de Fabrice, une tension électrique flottait dans l'air. Alain, habituellement si réservé, sentait son cœur battre plus vite, attiré par cette aura de sensualité qui l'entourait. Fabrice, avec sa nature charismatique, posa une main délicate sur celle d'Alain, lui faisant comprendre qu'il était là pour le guider dans cette nouvelle exploration.
Sans un mot, ils se dirigèrent vers une pièce spéciale dans la maison de Fabrice, un sanctuaire intime où les désirs les plus profonds se réalisaient. Les murs étaient ornés d'instruments de plaisir, d'accessoires en cuir, d'attaches soigneusement disposées. Un mélange d'excitation et d'appréhension envahit Alain, mais il se sentait en sécurité avec Fabrice à ses côtés.
Fabrice prit doucement la main d'Alain et commença à lui expliquer les différents outils et pratiques qu'ils pourraient explorer ensemble. Il lui parla de la confiance, du consentement et de l'importance de communiquer ouvertement tout au long de leur expérience. Alain, bien que novice dans ce domaine, se sentait prêt à se laisser emporter par cette nouvelle aventure.
La nuit se transforma en une danse sensuelle de plaisir et de découverte. Alain et Fabrice s'abandonnèrent à leurs désirs les plus profonds, explorant les limites de leur propre confort et se laissant guider par l'autre. La confiance mutuelle était la clé de leur expérience, et chaque moment était marqué par une profonde connexion émotionnelle et une complicité inébranlable.
Après cette nuit intense, Alain et Fabrice se retrouvèrent dans les bras l'un de l'autre, épuisés mais comblés. Ils avaient découvert un nouveau niveau d'intimité, une passion qui transcende les normes sociales et les attentes de la société.
Leur amitié avait évolué en une relation unique, où l'amour, la confiance et l'exploration mutuelle se mêlaient harmonieusement. Alain avait trouvé en Fabrice un guide, un confident et un amant qui lui permettait d'explorer les aspects les plus profonds de sa sexualité.
Ensemble, Alain et Fabrice continuaient à s'épanouir, à se soutenir mutuellement dans leurs aspirations et à embrasser les surprises que la vie leur réservait. Leur histoire était une preuve vivante que l'amitié peut transcender les frontières de l'ordinaire, offrant une véritable connexion qui va au-delà des conventions et des attentes.
Alors que les deux amis discutaient, Fabrice commença à jouer subtilement de son charme. Il effleura le pied d'Alain sous la table, faisant naître une pointe d'électricité dans l'atmosphère. Alain pensa d'abord que c'était une simple erreur, une coïncidence. Cependant, Fabrice répéta l'action de manière intentionnelle, cette fois-ci plus audacieusement.
Alain se sentit submergé par un mélange de surprise, de confusion et d'excitation. Bien qu'il n'était pas préparé à ce genre de situation, l'attirance qu'il ressentait pour Fabrice ne pouvait être niée. Face à face à la table, Fabrice prit doucement la main d'Alain, plongeant son regard dans les yeux de son ami.
Ce geste simple mais rempli de sens fit battre le cœur d'Alain plus vite. Il regarda Fabrice, voyant la chaleur et l'affection dans ses yeux. Pour la première fois, Alain réalisa toute l'intensité de l'amitié, voire plus, qu'il éprouvait pour cet homme si différent mais pourtant si proche de lui.
Fabrice, d'une voix douce, lui avoua son désir, son penchant pour les hommes soumis et son goût pour la féminisation. Il expliqua à Alain ce qu'il attendait, en prenant soin de souligner qu'il s'agissait d'une exploration consentie, respectueuse et basée sur une profonde confiance mutuelle. Alain était à la fois surpris, déconcerté et intrigué par cette révélation soudaine de la part de Fabrice. Il avait entendu parler de la soumission et de la domination, mais il n'avait jamais imaginé être lui-même impliqué dans une telle relation. Cependant, la curiosité et l'attraction qu'il ressentait pour Fabrice le poussaient à écouter attentivement et à essayer de comprendre.
Fabrice continua à décrire ses fantasmes et ses attentes, mettant en avant l'importance de la communication, du respect des limites et du consentement mutuel dans ce genre de relation. Il expliqua à Alain qu'il voulait explorer avec lui le potentiel de leur connexion, tout en préservant leur précieuse amitié. Ses mots étaient empreints de tendresse et de sincérité, soulignant combien il tenait à préserver leur lien et à établir une relation basée sur le respect et la confiance.
Fabrice prenait soin de choisir ses mots avec délicatesse, cherchant à rassurer Alain. Il lui expliqua que ses fantasmes n'étaient pas une demande de changement pour Alain, mais plutôt une invitation à découvrir ensemble de nouveaux horizons, à explorer les limites de leur amitié et à établir une complicité encore plus profonde.
Il insistait sur le fait que rien ne devait être précipité, que chaque étape devait être franchie avec l'accord et le consentement mutuel. Il soulignait également qu'il était prêt à respecter les limites d'Alain et à ajuster leurs explorations en fonction de ses désirs et de son confort.
Alain, ému par la sincérité de Fabrice, sentait une part de lui-même s'éveiller à cette nouvelle possibilité. Il appréciait la façon dont Fabrice avait pris soin de présenter ses désirs et d'expliquer ses attentes, sans jamais forcer ni exiger quoi que ce soit.
Les deux amis se regardèrent, leurs regards se remplissant d'une compréhension mutuelle et d'une connexion profonde. Alain savait qu'il devait prendre le temps de réfléchir, d'explorer ses propres sentiments et de discuter de cette nouvelle dynamique avec Fabrice. Mais il sentait également que leur amitié avait la force nécessaire pour évoluer et se transformer, tout en préservant l'amour et le respect qui les unissaient.
Dans cette scène, l'accent est mis sur l'importance de la communication et du respect mutuel dans le contexte de la découverte de nouveaux aspects d'une relation. La volonté de Fabrice de préserver leur amitié tout en explorant de nouvelles dynamiques est mise en valeur, tout en laissant à Alain le temps et l'espace nécessaires pour réfléchir et prendre des décisions en toute liberté.
Alain, bien que confus et incertain de sa propre réaction, écouta Fabrice avec une attention croissante. Il se sentait à la fois vulnérable et curieux, et il réalisa que cette conversation pouvait changer à jamais la dynamique de leur amitié. Cependant, il savait aussi que cette discussion était une occasion d'explorer des aspects de sa propre sexualité et de sa personnalité qu'il n'avait jamais envisagés auparavant. Alors, avec un mélange d'appréhension et de désir, il choisit de continuer à écouter et à découvrir ce nouveau monde que Fabrice lui proposait.
Les paroles de Fabrice résonnaient dans l'esprit d'Alain, suscitant une multitude de pensées et d'émotions. Il se demandait comment il avait pu être aveugle à cette part de lui-même, à ces désirs qui semblaient maintenant prêts à émerger de l'ombre. L'idée de se laisser guider par Fabrice dans cette exploration inconnue était à la fois effrayante et excitante.
Lentement, Alain rassembla son courage et prit la parole. "Fabrice, je dois avouer que je suis confus et que tout cela est nouveau pour moi. Mais je suis également attiré par cette idée d'explorer de nouveaux horizons avec toi. Notre amitié est si profonde et sincère, je pense que nous pouvons traverser cette expérience ensemble, en respectant nos limites et en nous soutenant mutuellement."
Fabrice sourit doucement, reconnaissant la bravoure d'Alain et son ouverture d'esprit. Il prit délicatement la main d'Alain dans la sienne, transmettant ainsi un sentiment de réconfort et de complicité. "Je suis heureux que tu sois prêt à entreprendre cette aventure avec moi, mon cher ami. Nous allons avancer à notre rythme, en explorant chaque recoin de nous-mêmes et en préservant toujours notre lien précieux."
Alain sentit un poids se lever de ses épaules, remplacé par une légèreté nouvelle. Bien que les défis et les incertitudes les attendaient, il savait qu'ils avaient maintenant une chance de se découvrir mutuellement d'une manière qu'ils n'auraient jamais imaginée. Leur amitié, profonde et solide, était le socle sur lequel ils pourraient construire une relation exploratoire, empreinte de confiance, de respect et d'amour.
À la fin du repas, Alain et Fabrice se retrouvèrent dans le confortable canapé du salon de Fabrice. L'atmosphère était chargée d'anticipation et d'excitation, alors que Fabrice se montra de plus en plus entreprenant, déposant des baisers délicats sur le cou d'Alain. Les caresses subtiles et les murmures sensuels enveloppaient la pièce d'une aura chargée d'érotisme.
Alain, incapable de résister à l'attraction magnétique qu'il ressentait pour son ami, se laissa emporter par le moment, ses inhibitions s'évanouissant au fur et à mesure que Fabrice approfondissait son contact. L'expérience était nouvelle, intrigante et incroyablement excitante pour lui.
Les frissons parcouraient le corps d'Alain alors que Fabrice continuait d'explorer chaque parcelle de sa peau avec une tendresse et une passion troublantes. Les caresses se faisaient de plus en plus audacieuses, les souffles se mêlaient dans une danse enivrante. Les lèvres de Fabrice se posèrent doucement sur celles d'Alain, déclenchant une vague de désir intense. Leurs baisers étaient à la fois doux et ardents, révélant une connexion profonde qui transcendaient les mots.
Leurs corps se rapprochèrent, se pressant l'un contre l'autre, cherchant à se fondre ensemble dans une fusion passionnée. Les mains de Fabrice parcouraient avec assurance les courbes d'Alain, explorant chaque recoin de son être avec une attention délicate. Les soupirs et les gémissements témoignaient de leur désir mutuel, d'une alchimie enflammée qui les consumait.
Dans cette intimité partagée, Alain se sentait libre d'explorer ses propres désirs, de se laisser guider par les mains expertes de Fabrice. Chaque sensation, chaque contact, était un voyage intime vers la découverte de soi et de l'autre. Ils se perdaient dans l'étreinte passionnée, leurs corps s'entremêlant dans une danse de plaisir et de complicité.
Leur exploration se prolongea mélangeant rires, soupirs et étreintes dans une symphonie sensuelle. Ils avaient franchi une frontière inconnue, mais le sentiment de confiance et de respect mutuel les guidait tout au long de cette expérience. Ils savaient que cette nuit n'était qu'un début, le début d'une aventure inoubliable qui allait redéfinir leur amitié et leur sexualité.
C'est alors que Fabrice fit une pause, ses yeux plongés dans ceux d'Alain. Il lui demanda avec une voix douce, empreinte de désir, s'il pouvait aller plus loin. Cependant, il posa une condition avant de poursuivre, voulant s'assurer qu'Alain comprenait bien ce à quoi il s'engageait.
Fabrice commença à expliquer en détail ce qu'il attendait d'Alain dans cette relation. Il parla de la soumission, décrivant avec précision les scénarios sensuels et les jeux de rôle qu'il avait en tête. Il précisa qu'il aimait la féminisation, la douceur et la confiance mutuelle qui devaient être au cœur de leur exploration. Il rassura Alain sur le fait que son amitié resterait intacte, quoi qu'il décide, et qu'ils pourraient maintenir une communication ouverte et honnête tout au long de leur parcours.
Alain écouta attentivement, absorbant chaque mot, et sentant son désir monter encore plus. Les détails que Fabrice lui donnait éveillaient en lui une curiosité et une excitation qu'il n'avait jamais ressenties auparavant. Il était partagé entre l'excitation de l'inconnu et la peur de franchir cette étape. Cependant, Fabrice était compréhensif et patient, lui donnant le temps de réfléchir, de poser des questions et de décider s'il était prêt à explorer cet aspect de lui-même.
Les pensées d'Alain étaient tourbillonnantes, oscillant entre l'envie de se laisser aller à cette nouvelle expérience et l'appréhension des conséquences. Mais alors qu'il regardait Fabrice, il voyait la confiance et l'amour dans ses yeux, et cela le rassurait. Il savait qu'il ne serait pas seul dans cette aventure, qu'ils iraient de l'avant ensemble, main dans la main.
Finalement, Alain prit une profonde inspiration et répondit à Fabrice, sa voix légèrement tremblante mais remplie de détermination. "Je suis prêt à découvrir cet aspect de moi-même avec toi, Fabrice. Je suis prêt à t'offrir ma confiance et à explorer ces nouvelles frontières, à condition que nous restions toujours sincères l'un envers l'autre et que nous respections nos limites."
Un sourire radieux illumina le visage de Fabrice, et il entrelaça ses doigts avec ceux d'Alain. "Je suis honoré que tu acceptes de partager cette expérience avec moi, mon ami. Je serai là à chaque instant, pour t'écouter, te guider et t'aimer. Ensemble, nous allons explorer des horizons insoupçonnés et vivre une passion qui transcendera tout ce que nous avons connu jusqu'à présent."
Alain et Fabrice continuèrent leur soirée, mêlant leur complicité amicale à leur nouvelle dynamique. La tension sexuelle qui flottait dans l'air créa une atmosphère chargée d'excitation.
Ils se lancèrent dans des conversations plus intimes et explorèrent plus en détail les désirs et les fantasmes de chacun. Fabrice partagea avec Alain sa passion pour la soumission, expliquant comment elle pouvait être une source de plaisir et d'accomplissement. Il décrivit plus en détail son goût pour la féminisation, pour la douceur et la confiance.
Alain écouta avec attention, désireux de comprendre ce monde encore inconnu pour lui. Il posa des questions, cherchant à approfondir sa compréhension et à se familiariser avec les concepts et les pratiques dont Fabrice parlait. Chaque explication de Fabrice éveillait en Alain une curiosité grandissante, un désir de connaître ses propres limites et de se laisser guider par cette nouvelle expérience.
Les mots de Fabrice étaient empreints d'une sensualité troublante, et Alain sentait son corps réagir à chaque description. Les images évoquées dans son esprit suscitaient une excitation grandissante, mêlée à une certaine appréhension face à l'inconnu. Mais il était déterminé à explorer ces aspects de lui-même, à se découvrir d'une manière qu'il n'avait jamais envisagée auparavant.
Fabrice, voyant l'étincelle dans les yeux d'Alain, savait que leur connexion devenait de plus en plus profonde. Il était heureux de partager cette part intime de lui-même avec son ami, de l'inviter dans ce monde de plaisir partagé. Il promit à Alain d'être patient, de l'accompagner dans ses découvertes et de respecter ses limites à tout moment.
Fabrice était patient et attentif à ses questions, et ils établirent des règles claires pour leur nouvelle aventure, garantissant que leur amitié et leur bien-être restaient au centre de tout ce qu'ils entreprenaient.
La nuit avançait, et Alain se laissa guider par Fabrice dans cette exploration de soi, établissant un équilibre délicat entre la confiance et le respect. Ils se découvrirent mutuellement, franchirent des frontières et s'épanouirent dans leur nouvelle relation naissante.
Leurs corps s'entrelaçaient dans une danse sensuelle, chaque caresse étant un pas de plus vers une intimité profonde et enivrante. Les murmures échangés entre eux étaient empreints d'une complicité grandissante, et chaque regard échangé était chargé d'une connexion intense.
Alain se sentait libre d'explorer ses propres désirs, ses propres limites, sachant qu'il était soutenu et aimé par Fabrice à chaque instant. Les sensations qui parcouraient son corps étaient à la fois familières et nouvelles, un mélange exquis de plaisir et d'excitation. Chaque toucher, chaque souffle, était une exploration de soi, une découverte de leur chimie unique.
Fabrice, doux et attentionné, guidait Alain avec une délicatesse incroyable, respectant ses limites et écoutant attentivement ses réactions. Chaque moment partagé était une symphonie de sensations, une fusion de désirs qui les enveloppait dans une bulle intime, loin du monde extérieur.
Ils s'abandonnaient l'un à l'autre, en se laissant porter par les vagues de plaisir et de désir qui les submergeaient. Les soupirs et les gémissements se mêlaient, créant une symphonie envoûtante qui remplissait la pièce de leur passion partagée.
La nuit s'étira, et les étreintes se firent de plus en plus passionnées, les frontières entre leurs corps et leurs esprits s'estompant progressivement. Ils se perdaient dans une extase mutuelle, explorant les profondeurs de leurs désirs et créant des souvenirs qui resteraient gravés dans leur esprit et leur cœur pour toujours.
La nuit avançait, et Alain se laissa guider par Fabrice dans cette exploration de soi, établissant un équilibre délicat entre la confiance et le respect. Ils se découvrirent mutuellement, franchirent des frontières et s'épanouirent dans leur nouvelle relation naissante.
Leur complicité grandissait à mesure qu'ils se plongeaient dans cette expérience inattendue. Chaque instant était empreint d'une intensité palpable, d'une connexion profonde qui les enveloppait dans un cocon d'érotisme et de désir.
Fabrice, avec une assurance mêlée de tendresse, guida Alain dans une danse sensuelle. Leurs corps se mouvaient en harmonie, explorant chaque recoin de leur être avec une passion dévorante. Chaque caresse était un écho de leur complicité grandissante, chaque souffle échangé était une promesse de plaisir partagé.
Dans l'intimité du salon, Fabrice fit preuve d'une audace de plus en plus enivrante. Il demanda à Alain de se lever du canapé, créant une dynamique nouvelle entre eux. Alain, mêlant excitation et anticipation, obéit à sa demande, se mettant debout à côté de Fabrice.
Le regard intense et perçant de Fabrice se posa sur Alain, avec une tendresse mêlée de désir brûlant, Fabrice défit lentement le bouton du jean d'Alain, faisant glisser la braguette et descendant délicatement le tissu jusqu'aux chevilles d'Alain. Chaque geste était empreint d'une sensualité troublante et d'un appétit insatiable, chaque mouvement calculé pour provoquer une excitation grandissante et pousser Alain vers de nouveaux horizons de plaisirs inexplorés.tandis que Fabrice manipulait la cage de chasteté, la faisant glisser sur le membre d'Alain avec une précision infinie. Les sangles se resserraient progressivement, enserrant fermement le membre d'Alain et le maintenant en captivité. Alain ressentait un mélange de sensations intenses, entre l'envie irrépressible de jouissance et la frustration délicieuse de sa liberté entravée. Alors que son esprit s'ouvrait à cette nouvelle facette de leur relation, où le contrôle et le consentement se mêlaient dans une danse sensuelle et provocante.
Chaque détail était soigneusement pris en compte, chaque sensation savourée avec une intensité troublante. L'atmosphère était chargée d'une excitation électrisante, où le moindre geste, le moindre souffle, amplifiait le désir brûlant qui les consumait. Ils étaient prêts à explorer ces territoires inconnus, à se laisser guider par leurs pulsions les plus profondes, dans un voyage riche en émotions et en plaisirs enivrants.
C'était une expérience qui dépassait les limites de la convention pour Alain. Une union où la confiance et le consentement se mêlaient à une exploration audacieuse du plaisir. Les deux amants se perdaient dans cette étreinte passionnée, se laissant emporter par la délicieuse torture de la chasteté et la promesse de libération ultime. Ils étaient prêts à se découvrir mutuellement, à repousser les frontières du plaisir et à s'abandonner à l'extase de l'inconnu.
Dans ce moment de connexion intense, Fabrice ressentait une excitation mêlée d'une profonde affection pour Alain. Son regard pénétrant exprimait à la fois la confiance qu'il avait en Alain et l'excitation de se lancer dans cette aventure inexplorée.
Alain, captivé par le regard intense de Fabrice, sentait son cœur battre plus vite. Il comprenait que ce moment marquait le début d'une exploration profonde de leur relation, une exploration qui allait les conduire vers des territoires inconnus et excitants.
Leur complicité grandissait à mesure qu'ils se regardaient, leurs yeux se perdant dans une communication silencieuse. Ils étaient prêts à se laisser guider l'un par l'autre, à se découvrir mutuellement dans cette expérience partagée.
Ce moment était chargé d'une énergie électrique, d'une promesse de découvertes et de plaisirs à venir. Fabrice, avec un sourire complice, prit doucement la main d'Alain, lui signifiant qu'ils étaient prêts à franchir ensemble les limites de leur imagination et à explorer les profondeurs de leur désir.
Fabrice dit doucement à Alain: "Tu n'es plus Alain, mais elle, et je t'appellerai Pat." La transformation symbolique était complète, et Pat se laissa emporter par ce nouveau nom, se sentant vulnérable, mais aussi libéré d'une manière inattendue.
Les mots de Fabrice résonnaient dans l'air, créant une atmosphère chargée d'excitation et de découverte. Pat se sentait à la fois ému et intrigué par cette nouvelle identité qui lui était attribuée. C'était comme si une porte s'ouvrait vers un monde inexploré, où les limites de l'expression de soi étaient repoussées.
Fabrice, conscient de l'importance de ce moment, se leva avec précaution. Il savait que chaque geste, chaque contact, serait empreint de sens et de significations profondes. Avec une grande délicatesse, il commença à déshabiller Pat, retirant ses vêtements un par un.
Chaque vêtement qui tombait révélait la peau nue et vulnérable de Pat. Chaque mouvement de Fabrice était calculé pour susciter une excitation grandissante, mais aussi pour créer un sentiment de confiance et de sécurité. Pat se sentait à la fois exposé et protégé, prêt à se laisser guider par Fabrice dans cette aventure singulière.
Leurs regards se croisaient, transmettant une connexion profonde et une compréhension mutuelle. Fabrice était conscient de la responsabilité qui lui incombait, celle de prendre soin de Pat, de l'accompagner dans cette exploration de soi. Chaque geste était empreint d'une tendresse infinie, d'un respect mutuel.
Alors que les vêtements tombaient un à un, Pat se sentait de plus en plus libre, débarrassé des contraintes et des attentes de la société. Chaque morceau de tissu qui tombait était comme une libération, permettant à Pat d'embrasser pleinement cette nouvelle identité et de se laisser emporter par les sensations et les émotions qui se déployaient.
Après avoir dénudé Pat, Fabrice sortit de sa garde-robe une jolie nuisette en dentelle, soigneusement choisie pour mettre en valeur la féminité de Pat. Il l'aida à enfiler la nuisette, ajustant chaque détail avec soin.
Chaque contact de la dentelle sur la peau de Pat provoquait une sensation délicieusement sensuelle. La douceur du tissu caressait sa peau nue, amplifiant l'éveil de sa féminité. Fabrice prenait le temps de s'assurer que chaque ajustement soit parfait, veillant à ce que Pat se sente à l'aise et belle dans cette nouvelle parure.
Pat ressentit un mélange de gêne, d'excitation et de découverte. Cette expérience était une exploration de soi, une redéfinition de son identité. Mais il se laissa guider par Fabrice, se laissant aller à cette transformation. Chaque geste de Fabrice était empreint d'une tendresse infinie, d'une compréhension profonde de la vulnérabilité et de la beauté de cette expérience.
Cette nouvelle expérience redéfinissait leur amitié, tout en approfondissant la confiance et la complicité entre eux. Ils se soutenaient mutuellement dans cette aventure singulière, s'encourageant à embrasser pleinement cette exploration de soi. Chaque instant était empreint d'une connexion profonde, d'une intimité partagée qui les rapprochait davantage.
La soirée se poursuivit, et Pat, désormais dans la peau de cette nouvelle personne, se laissa emporter par la découverte de sa propre féminité et de cette aventure unique. Chaque pas, chaque mouvement était une exploration, une affirmation de soi. Pat se sentait à la fois vulnérable et puissante, se dévoilant progressivement à travers cette transformation.
Après avoir aidé Pat à enfiler la délicate nuisette en dentelle, Fabrice laissa échapper un soupir d'approbation, ravi du résultat. La nuisette mettait en valeur la silhouette de Pat, soulignant sa féminité naissante. Chaque détail de la dentelle accentuait la beauté de Pat, faisant ressortir ses courbes avec élégance et sensualité.
Ils se rapprochèrent, leurs corps se frôlant délicatement, et échangèrent des regards empreints de désir et de complicité. Les lèvres de Fabrice se posèrent doucement sur celles de Pat, scellant cette nouvelle étape de leur relation avec des baisers tendres et passionnés. Leurs étreintes se firent plus intenses, empreintes de cette connexion profonde qui se renforçait à chaque instant.
Dans cette soirée chargée d'exploration et de sensualité, chaque geste était empreint de douceur et de respect. Leurs corps se mouvaient en harmonie, explorant les contours et les sensations de l'autre. Chaque caresse, chaque contact était intensément ressenti, faisant monter en eux une vague d'excitation et de plaisir partagé.
Les caresses étaient douces et pleines de désir, chaque geste chargé de la promesse de quelque chose de nouveau et d'excitant. Les lèvres de Fabrice cherchaient celles de Pat, les effleurant avec tendresse avant de s'enfoncer dans des baisers passionnés.
Leurs corps étaient enflammés par une passion dévorante, leurs souffles s'entremêlant dans une danse sensuelle. Les mains de Fabrice parcouraient chaque centimètre de la peau de Pat, explorant avec ardeur les contours et les courbes qui éveillaient en lui un désir insatiable.
Les vêtements de Pat glissaient lentement sur son corps, révélant petit à petit sa nudité brûlante. Chaque caresse était un feu qui s'allumait, chaque contact un écho de plaisir qui se propageait entre eux. Les murmures de désir se mêlaient à leurs soupirs de plaisir, créant une symphonie érotique qui remplissait la pièce.
Fabrice et Pat partagèrent ces moments intimes, laissant le désir monter, mais aussi laissant place à la tendresse et à la connexion émotionnelle. Leurs corps se mouvaient en harmonie, dans une danse passionnée qui éveillait des sensations enivrantes. Chaque toucher, chaque frôlement était une invitation à explorer les limites de leur sensualité, à s'abandonner à cette expérience érotique qui les unissait d'une manière inoubliable.
Finalement, Fabrice, le visage empreint d'anticipation, prit la main de Pat et l'emmena jusqu'à son lit, où ils s'allongèrent doucement. Leurs corps se rapprochèrent, laissant place à une proximité électrisante. La tension sexuelle était palpable, chacun d'eux étant conscient de l'intensité de ce moment.
Fabrice, les yeux brillants d'excitation, caressa délicatement le visage de Pat, laissant ses doigts effleurer chaque courbe avec une tendresse infinie. Il murmura à l'oreille de Pat avec une voix rauque : "Tu es maintenant une femme, et nous ferons l'amour comme tel."
Ces mots résonnèrent dans l'air, créant une atmosphère chargée de désir et de passion. Pat sentit son cœur s'emballer, mêlant l'excitation et l'appréhension de cette nouvelle expérience. Chaque fibre de son être était éveillée, prête à se laisser emporter par les sensations et les émotions qui allaient suivre.
Les lèvres de Fabrice cherchèrent celles de Pat, s'unissant dans un baiser torride et langoureux. Leurs langues dansaient en parfaite harmonie, explorant chaque recoin de leurs bouches avec une intensité enivrante. Les mains de Fabrice se déplaçaient avec assurance, caressant la peau nue de Pat, provoquant des frissons délicieux qui se propageaient dans tout son corps.
Ils se découvraient mutuellement, mettant en pratique leur désir d'explorer cette nouvelle dimension de leur relation. Chaque toucher, chaque effleurement était empreint d'une délicatesse enivrante, amplifiée par l'amour et le respect qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre.
Les vêtements glissèrent lentement, révélant la nudité brûlante de leurs corps enlacés. Fabrice prenait son temps, savourant chaque instant de cette union charnelle. Les caresses se firent plus intenses, les soupirs se mêlaient aux gémissements dans une symphonie de plaisir partagé.
dans une intimité passionnée et consentie. Alors que leur exploration se poursuivait, Fabrice éprouva un plaisir intense et finit par jouir dans l'anus de Pat. Pat ressentit une sensation nouvelle et agréable d'être pénétré pour la première fois. Chaque mouvement de Fabrice était empreint de douceur et d'attention, procurant à Pat une expérience à la fois excitante et pleine de découvertes.
La cage ajoutait une dimension de jeu et de restriction à leur expérience, intensifiant les sensations ressenties par Pat. La sensation du sperme coulant le long de ses fesses ajouta une pointe de sensualité et de connexion intime à leur expérience partagée
Cette promesse était chargée d'émotion, de désir et de confiance. Les deux amis devenus amants savaient qu'ils s'engageaient dans un territoire inconnu, mais ils le faisaient ensemble, dans le respect et l'amour mutuel, avec la conviction que cette nouvelle étape de leur relation les rapprocherait davantage, tout en les emmenant vers des horizons sensuels et émotionnels encore inexplorés pour Pat.
Le lendemain matin, alors qu'ils partageaient leur petit déjeuner, Fabrice posa son regard sur Pat avec un sourire chaleureux. Il rompit le silence en disant : "Pat, ce que nous avons vécu hier soir n'était que le commencement. Nous allons continuer à explorer cette nouvelle dynamique."
Pat, un mélange de nervosité et d'anticipation dans les yeux, écouta attentivement ce que Fabrice avait à dire. Fabrice continua : "Je pense qu'il est temps pour toi de t'habituer à ton nouveau statut. Bientôt, tu t'habilleras en femme, et nous ferons notre première sortie en ville. Ce sera une expérience pour toi, une chance de t'immerger dans ce nouveau rôle et de te sentir plus à l'aise dans ta peau."
Les mots de Fabrice résonnaient dans l'air, créant une excitation palpable chez Pat. L'idée de se présenter au monde en tant que femme était à la fois intimidante et exaltante. Pat se demandait comment les autres réagiraient, comment elle se sentirait dans ce nouveau rôle qui se dessinait devant elle.
Cependant, Fabrice était là pour la soutenir, pour la guider dans cette nouvelle aventure. Son sourire bienveillant et son soutien inconditionnel lui donnaient la confiance nécessaire pour se lancer dans cette expérience. Pat savait qu'elle pouvait compter sur Fabrice à chaque étape de cette transformation, et cela lui apportait un sentiment de réconfort et de sécurité.
La perspective de cette première sortie en ville était à la fois excitante et terrifiante. Pat imaginait déjà les regards curieux des passants, les chuchotements et les regards interrogateurs. Mais elle se rappelait aussi les paroles de Fabrice, l'encourageant à être fière de qui elle était et à embrasser cette nouvelle identité.
Fabrice et Pat commencèrent à planifier cette sortie, choisissant avec soin les tenues et les accessoires qui mettraient en valeur la féminité de Pat. Chaque détail était pensé avec soin, chaque choix fait avec amour et respect. Pat se sentait soutenue et aimée à chaque étape de cette aventure.
Le jour de la sortie arriva enfin. Pat se tenait devant le miroir, vêtue d'une tenue élégante qui reflétait sa nouvelle identité. Elle se regarda avec fierté, réalisant à quel point elle avait parcouru un chemin incroyable avec l'aide de Fabrice.
Main dans la main, Fabrice et Pat sortirent dans la rue, prêts à affronter le regard du monde. La confiance de Pat grandissait à chaque pas, se nourrissant de l'amour et du soutien de Fabrice. Cette première sortie marquait le début d'une aventure passionnante, d'une exploration de soi et d'une découverte de la véritable essence de Pat.
La ville était animée, avec ses rues commerçantes bondées de passants et ses cafés en terrasse où les gens profitaient du soleil. Pat, mélange de nervosité et d'excitation, ressentait les regards curieux de quelques passants, mais aussi les sourires bienveillants de ceux qui semblaient apprécier sa démarche.
Ils déambulèrent lentement, s'arrêtant de temps en temps pour explorer les boutiques et les vitrines. Fabrice, avec son charisme habituel, l'accompagnait avec une présence rassurante, partageant des conversations légères et distrayantes pour détendre l'atmosphère.
Ils s'installèrent finalement à une terrasse de café pour déjeuner, où Pat se sentit de plus en plus à l'aise dans son nouveau rôle. Les serveurs les accueillirent avec gentillesse, et le déjeuner se déroula de manière agréable, renforçant la confiance de Pat dans cette nouvelle réalité.
Le soleil caressait doucement leur peau, ajoutant une touche de chaleur à cette journée déjà empreinte d'émotions. Les conversations animées se mêlaient aux rires qui s'échappaient de leurs lèvres, créant une ambiance joyeuse et complice.
Pat admirait les passants, observant la diversité des personnes qui peuplaient les rues. Elle se sentait partie intégrante de cette mosaïque de vies, d'histoires et d'expériences. Chaque sourire, chaque regard bienveillant qu'elle croisait renforçait sa confiance et sa fierté.
Fabrice, toujours aux petits soins, partageait avec enthousiasme ses découvertes et ses coups de cœur. Il encourageait Pat à exprimer ses préférences, à choisir des vêtements qui reflétaient sa personnalité et à s'approprier pleinement son nouveau rôle. Chaque décision prise était un pas de plus vers l'acceptation et l'expression de soi.
Après le déjeuner, ils se promenèrent main dans la main le long des rues animées. Les regards curieux se transformèrent en sourires complices et en signes de reconnaissance. Pat se sentait de plus en plus à l'aise dans sa peau, embrassant sa féminité avec grâce et détermination.
La journée se termina avec un coucher de soleil magnifique, illuminant le ciel de teintes chaudes et dorées. Pat et Fabrice s'assirent sur un banc, contemplant le spectacle avec émerveillement. Ils partagèrent un moment de silence, bercés par la beauté de l'instant et la satisfaction de cette première sortie réussie.
Pat se rendit compte qu'il s'agissait d'une étape cruciale dans son processus d'adaptation à ce nouveau statut. Il était reconnaissant envers Fabrice pour son soutien constant et sa compréhension.
De retour à la maison, la journée en ville avait été à la fois stimulante et épuisante pour Pat. Fabrice avait été présent à ses côtés à chaque instant, offrant son soutien silencieux et sa compréhension.
Alors qu'ils s'installèrent confortablement dans le salon, Fabrice demanda à Pat comment il se sentait après cette première sortie en tant que femme. Pat exprima sa gratitude envers Fabrice pour son accompagnement, mentionnant les regards curieux, mais aussi les sourires bienveillants des passants qui avaient marqué sa journée. Ils discutèrent des moments forts de leur expérience, et Pat exprima sa confiance croissante dans son nouveau rôle.
La douce lueur des lampes éclairait le salon, créant une atmosphère intime et chaleureuse. Pat se blottit confortablement dans le canapé, savourant la sensation de sécurité que lui procurait la présence de Fabrice à ses côtés. Les émotions de la journée tourbillonnaient dans son esprit, tandis que son corps se détendait peu à peu.
Fabrice, avec une tendresse palpable dans les yeux, écouta attentivement les paroles de Pat. Il comprenait l'importance de cette première sortie, le mélange d'excitation et d'appréhension qui l'accompagnait. Il prit doucement la main de Pat dans la sienne, offrant un soutien silencieux mais puissant.
Les mots s'échappaient des lèvres de Pat, exprimant sa gratitude envers Fabrice pour son rôle essentiel dans cette transformation. Chaque sourire bienveillant, chaque regard encourageant des passants avait renforcé sa confiance et sa détermination à embrasser pleinement cette nouvelle identité.
Ils revécurent ensemble les moments forts de leur journée, partageant les anecdotes, les rires et les émotions qui avaient marqué cette expérience. Fabrice écoutait attentivement, offrant des mots de réconfort et d'encouragement lorsque c'était nécessaire. La connexion entre eux s'intensifiait, renforçant leur lien d'amitié et leur complicité.
Pat se sentait de plus en plus à l'aise dans son nouveau rôle, dans cette identité féminine qui s'épanouissait peu à peu. La confiance grandissait, nourrie par l'amour et le soutien de Fabrice. Ils savaient qu'ils étaient sur un chemin unique, une aventure qui les rapprochait et les transformait en même temps.
La soirée se poursuivit dans une atmosphère paisible, remplie de conversations profondes et d'échanges sincères. Ils partagèrent leurs espoirs, leurs aspirations et leurs craintes, renforçant leur complicité et leur confiance mutuelle.
Après cette discussion, Fabrice prit doucement la main de Pat et l'invita à le suivre dans la chambre. Ils s'engagèrent dans cette pièce intime, leur cœur battant la chamade alors que l'excitation montait en eux.
Fabrice guida Pat jusqu'au lit, où il l'assit avec précaution. Une pause s'installa, remplie d'une tension électrique qui les enveloppait. Leurs regards se croisèrent, fixant intensément l'autre, les yeux reflétant à la fois le désir et la curiosité.
Avec une voix chargée de désir, Fabrice ouvrit lentement le bouton de son pantalon, l'atmosphère se chargeant d'une excitation palpable. Chacun des gestes de Fabrice était empreint d'une sensualité captivante, captivant l'attention de Pat. Son regard ne quittait pas Fabrice, absorbant chaque détail et se préparant pour ce qui allait suivre.
Fabrice se rapprocha lentement de Pat, leurs corps se trouvant à une distance si proche que l'air semblait électrifié. Il murmura à l'oreille de Pat avec une voix suave et envoûtante : "Maintenant, Pat, nous allons continuer notre voyage dans cet univers. Je veux que tu comprennes ce que cela signifie d'embrasser pleinement cette nouvelle réalité. Comporte-toi comme une femme, montre-moi que tu as bien compris."
Ces mots résonnèrent dans l'air, créant une tension érotique qui s'empara d'eux. Pat sentit son pouls s'accélérer, mêlant l'excitation et une pointe d'appréhension face à l'inconnu. Néanmoins, la confiance en Fabrice et le désir de se laisser emporter par cette expérience nouvelle l'encouragèrent à se laisser guider.
Le regard de Pat se teinta d'une lueur d'assurance et de détermination. Elle comprenait l'importance de se comporter comme une femme, d'incarner pleinement cette nouvelle réalité pour eux deux. C'était un acte d'amour et de confiance, une façon de montrer à Fabrice qu'elle était prête à explorer ce territoire inconnu avec lui.
La scène se déroula dans une aura de mystère et de passion, avec Fabrice prenant l'initiative et Pat se laissant guider par ses désirs et ses attentes. Chacun des gestes, chaque regard échangé, était chargé d'une électricité sensuelle qui les enveloppait. Ils étaient prêts à se perdre dans les profondeurs de cette nouvelle réalité, prêts à explorer ensemble les limites du plaisir et de l'intimité.
Pat, se trouvant maintenant devant le sexe tendu de Fabrice, ressentait un mélange de désir et d'anticipation. Pat acquiesça, consentant à se laisser guider par Fabrice dans cette aventure érotique.
Fabrice, conscient de l'excitation de Pat, guida doucement Pat jusqu'à ce que sa bouche soient parfaitement synchronisés. Pat sentit la chaleur et la pulsation du sexe de Fabrice dans sa bouche, tandis que Fabrice atteignait les sommets de l'extase. Chaque mouvement de Pat était une caresse sensuelle qui ravivait le plaisir de Fabrice, le conduisant inévitablement vers l'apogée de la jouissance.
Alors que Fabrice se déversait dans la bouche de Pat, Pat ressentit un mélange de goût salé et sucré, une sensation à la fois nouvelle et délicieuse. L'expérience était intense et passionnée,
Cette étape marquait une nouvelle profondeur dans leur relation, une exploration de leur désir mutuel et une acceptation complète de cette nouvelle identité de Pat. Ils savaient que ce voyage les emmènerait encore plus loin dans un monde d'intimité, de découverte de soi.
La scène se déroula dans une atmosphère chargée de sensualité et de connexion profonde. Les gestes de Pat étaient empreints d'une volonté d'offrir du plaisir à Fabrice, de se laisser guider par les désirs de l'autre. Chaque mouvement était empreint d'une douceur et d'une attention dévouée, créant une symphonie d'érotisme et de passion.
Pat ressentait un mélange incandescent de désir et d'excitation alors que Fabrice était à la fois son guide et son partenaire dans cette exploration intime. La sensation de la jouissance de Fabrice se déversant dans sa bouche fut à la fois enivrante et gratifiante, une preuve tangible de leur connexion profonde et de leur confiance mutuelle.
Cette étape marquait un tournant dans leur relation, une acceptation complète de cette nouvelle identité de Pat. La satisfaction et la fierté se mêlaient alors que Pat prenait conscience de la profondeur de leur amour et de leur désir mutuel. Ils savaient que ce voyage ne faisait que commencer, que chaque étape les rapprocherait davantage l'un de l'autre et les emmènerait vers de nouveaux sommets de plaisir et de découverte de soi.
Après cette étape et avoir discuté des aspects de leur nouvelle relation, Fabrice prit Pat avec douceur et l'allongea sur le lit, mélange de nervosité et d'anticipation, le suivit.
Fabrice, avec prévenance, commença à ouvrir la robe de Pat, révélant sa lingerie soigneusement choisie. La tension sensuelle entre eux grandissait, et Fabrice alluma une bougie pour créer une ambiance romantique. Les flammes vacillantes éclairaient doucement la pièce, créant une atmosphère de mystère. Les ombres dansaient sur les murs, ajoutant une touche de séduction à l'instant présent.
Le regard de Fabrice se perdait dans les courbes délicates de Pat, s'attardant sur chaque détail de sa lingerie qui soulignait sa féminité. Il caressa doucement la peau de Pat avec ses doigts, faisant monter l'excitation à chaque contact. Les frissons parcouraient le corps de Pat, mêlant le plaisir à une légère appréhension.
Fabrice tenait dans sa main une bougie parfumée, la cire chaude se liquéfiant au-dessus de la flamme. D'une manière délicate mais audacieuse, il versa lentement la cire chaude sur la peau de Pat, créant des gouttes qui se figeaient instantanément en un frisson délicieux. Pat ressentait une sensation de chaleur et de douceur contrastée, un mélange exquis de plaisir et de légère sensation de brûlure.
Chaque goutte de cire qui touchait la peau de Pat était un éveil des sens, un symbole de confiance et de soumission consentie. La douleur douce se transformait rapidement en une sensation de plaisir, envoyant des vagues d'érotisme à travers tout son être. Pat abandonnait complètement le contrôle, se laissant porter par les sensations et la passion qui les enveloppaient.
Fabrice observait attentivement les réactions de Pat, veillant à ne jamais dépasser les limites du plaisir et du consentement. Chaque geste était empreint de respect et de sensualité, renforçant leur connexion intime.
La pièce était imprégnée d'une atmosphère enivrante, où la cire chaude devenait un symbole de leur complicité et de leur désir partagé. Les flammes dansaient toujours, jetant des ombres suggestives sur leurs corps enlacés. Dans cet instant de passion et d'intimité, ils se découvraient mutuellement, explorant les profondeurs de leur désir et de leur amour
Pat se sentait libre d'être guidée, laissant sa confiance en Fabrice la mener vers de nouveaux horizons. Le lâcher-prise total permettait à Pat d'explorer cette nouvelle facette de son identité, et elle répondit avec enthousiasme aux mots de Fabrice, signifiant ainsi son consentement et sa volonté de poursuivre ce voyage ensemble.
Fabrice retourna Pat sur le ventre, dévoilant son dos nu et sensuel à la lueur tamisée de la bougie. Sa main caressa avec tendresse le fessier de Pat, créant des frissons de plaisir. Il commença à tapoter doucement, rythmant les battements de leur cœur. La caresse se fit de plus en plus insistante, Le fessier de Pat prend une teinte rosée sous l'étreinte sensuelle de Fabrice. Chaque claque résonne dans l'air, créant une symphonie érotique de passion et de plaisir.
Les soupirs de Pat se mêlent habilement au rythme des fessées, exprimant un mélange de désir et d'extase. Chaque coup fait monter en Pat une vague d'excitation et de plaisir, intensifiant l'expérience partagée entre eux. Les sensations se propagent à travers le corps de Pat, créant une connexion profonde entre la douleur et le plaisir.
Fabrice, attentif aux réactions de Pat, ajuste l'intensité de chaque claque pour maintenir le juste équilibre entre stimulation et sensation, créant ainsi une expérience érotique unique et personnalisée. Ils se perdent tous deux dans ce ballet sensuel, où la fessée devient une forme d'expression intime et consentie, renforçant leur connexion physique et émotionnelle.Les soupirs de Pat deviennent une musique enivrante, exprimant à la fois le désir ardent extase.
Fabrice glisse avec sensualité sur la peau de Pat, parcourant chaque centimètre carré avec une douceur enivrante. Les doigts de Fabrice explorent le corps de Pat, éveillant les sens et provoquant un tourbillon de sensations électriques. Chaque caresse délicate fait frissonner Pat de plaisir, créant une connexion intime entre eux.
Puis, avec une tendresse infinie, Fabrice glisse un doigt dans l'anus de Pat, effectuant des va-et-vient doux et progressifs. Chaque mouvement fait monter en Pat une vague de plaisir qui se propage dans tout son être. La combinaison des caresses sensuelles sur la peau et des mouvements délicats dans l'anus crée une expérience érotique intense.
Pat se laisse emporter par cette exploration intime, ressentant une fusion de plaisir, entre excitation et extase. Les sensations se multiplient, amplifiant le désir qui brûle en eux. C'est un moment de complicité profonde.
La chaleur de la bougie qui baignait la pièce créait une atmosphère envoûtante, amplifiant les sensations ressenties par Pat. Les frissons parcouraient son échine à mesure que les tapotements se faisaient plus intenses. Le rythme régulier des battements de cœur semblait se synchroniser avec les mouvements de Fabrice, créant une danse sensuelle et hypnotique.
Le fessier de Pat, sous les mains expertes de Fabrice, prenait une teinte rosée, témoignant de l'intensité de cette étreinte sensuelle. La douceur des caresses se mêlait à une pointe de fermeté, procurant à Pat une excitation grandissante. Chaque tapotement était une invitation à lâcher prise, à se laisser emporter par le tourbillon de plaisir qui les enveloppait.
Les soupirs de Pat, à la fois empreints de désir et d'extase, se faisaient entendre dans la pièce, créant une symphonie envoûtante de passion et de plaisir partagé. Chaque souffle était une expression de la connexion profonde entre Fabrice et Pat, une communication silencieuse qui renforçait leur intimité.
Fabrice, animé par une passion dévorante et une exploration audacieuse de leur sexualité, décide d'attacher Pat au lit. L'atmosphère est chargée d'une tension sensuelle alors que Fabrice prépare le lit pour cette nouvelle expérience. Les draps soyeux et les coussins moelleux ajoutent une touche de confort et de luxe à la scène.
Avec précaution, Fabrice attache les poignets de Pat aux montants du lit à l'aide de menottes en satin. Les mains liées, Pat se sent vulnérable mais excitée, prête à se laisser emporter par les sensations et les limites qu'ils s'apprêtent à explorer ensemble.
Fabrice s'éloigne momentanément du lit pour chercher quelque chose dans le tiroir de sa table de nuit. L'anticipation grandit alors que Pat observe curieusement chaque mouvement de Fabrice. Puis, Fabrice réapparaît, tenant un fouet dans sa main. La vue du fouet provoque une montée d'adrénaline chez Pat, mêlée d'excitation et d'appréhension.
Les yeux de Fabrice se remplissent d'une lueur d'excitation mêlée d'une affection profonde. Il caresse doucement le visage de Pat avec le fouet, créant une sensation légère et chatouilleuse. Le contact de l'objet sur la peau de Pat éveille une multitude de frissons et de désirs.Chaque coup du fouet est précisément calculé, alternant entre des caresses légères et des sensations plus intenses.
Lorsque les coups de fouet effleurent la peau de Pat, une cascade de sensations se déclenche à la fois physiquement et psychiquement. Les sensations physiques varient en intensité, allant d'une douleur délicieuse à une sensation de picotement et de chaleur qui se propage à travers le corps. Chaque coup du fouet laisse une marque éphémère sur la peau de Pat, créant une empreinte sensuelle qui se mêle à l'excitation croissante.
Chaque impact du fouet provoque un mélange complexe de douleur et de plaisir, déclenchant une montée d'endorphines qui inonde le corps de Pat. Les sensations se propagent comme des vagues, éveillant les nerfs et intensifiant le désir. Les coups du fouet sont précisément calculés pour stimuler les zones sensibles, créant une symphonie de sensations qui transcendent le corps de Pat. une libération émotionnelle, permettant à Pat de se laisser aller et de se perdre dans l'instant présent.
Lorsque l'ensemble du corps de Pat eut pris une teinte bien rougie sous les gestes suggestifs de Fabrice, ce dernier se pencha tendrement vers elle, caressant doucement son visage. Il admirait la beauté de Pat, tout en exprimant son admiration.
Fabrice était fasciné par chaque courbe et chaque détail de Pat. Son regard était empreint d'amour et d'appréciation, reflétant l'admiration qu'il ressentait pour elle. Ses doigts effleuraient doucement sa joue, explorant chaque centimètre de sa peau avec une tendresse infinie.
La lueur tamisée de la pièce accentuait la beauté de Pat, créant une aura mystérieuse qui enveloppait leur intimité. Fabrice se perdait dans les profondeurs de ses yeux, captivé par la passion et l'amour qui brillaient en eux.
Le contact délicat de Fabrice sur le visage de Pat était une caresse d'affection, un langage silencieux qui exprimait tout ce qu'il ressentait. Il admirait la douceur de sa peau, la perfection de ses traits et la manière dont chaque émotion se reflétait sur son visage.
Les mots d'admiration s'échappaient des lèvres de Fabrice, exprimant son émerveillement face à la beauté de Pat. Il louait sa grâce, sa sensualité et la manière dont elle illuminait sa vie. Chaque mot était empreint d'une sincérité profonde, témoignant de l'amour et de l'admiration qu'il éprouvait pour elle.
Les gestes doux et les mots sincères créaient une connexion profonde entre eux, renforçant leur lien d'amour et de complicité.
"Tu as été merveilleuse, ma chère Pat," murmura Fabrice, laissant Pat profiter de l'après-scène.
Puis, Fabrice annonça : "Demain, nous irons plus loin dans notre exploration, découvrant de nouvelles étapes de notre aventure sensuelle. Mais pour l'instant, il est temps que tu te détendes et te ressources, ma chère." L'anticipation de la prochaine étape créait une ambiance excitante, laissant Pat imaginer les délices à venir dans ce voyage unique.
Le lendemain, alors que les premières lueurs du soleil baignaient la chambre d'une douce lumière, Fabrice prit délicatement un collier de soumission en cuir noir. Chaque centimètre du collier était soigneusement travaillé à la main, témoignant de l'attention et du dévouement de Fabrice envers cet aspect particulier de leur relation. Les boucles en métal argenté ajoutaient une touche de sophistication et de force à l'ensemble.
Avec une tendre détermination, Fabrice passa le collier autour du cou gracieux de Pat, sentant la douce pression du cuir contre la peau délicate. Ce geste symbolique annonçait leur engagement mutuel dans un jeu de rôle érotique, où Fabrice endossait le rôle dominant et Pat embrassait son rôle de soumise consentante.
Lorsque le collier fut attaché, une vague de sensations électrisantes parcourut le corps de Pat. La présence du collier renforçait le lien physique et émotionnel qui les unissait. Chaque mouvement, chaque contact avec le collier rappelait à Pat sa place dans cette dynamique de pouvoir consensuelle, créant un mélange enivrant d'excitation et de confiance.
Fabrice, le regard empreint d'amour et de respect reconnaissant son engagement dans ce jeu de rôle intime. Il admirait la beauté de Pat, tout en exprimant son admiration pour sa volonté de se laisser guider et explorer de nouveaux territoires sensuels.
Pat avait traversé une transformation profonde, passant de l'identité d'un homme à celle d'une femme, et désormais, vers celle d'une femme soumise et docile. Cette métamorphose était bien plus qu'une simple évolution physique. Elle avait découvert une facette d'elle-même qu'elle n'aurait jamais imaginé explorer auparavant.
Au fur et à mesure de ces expériences, elle plongeait au plus profond d'un océan d'émotions complexes, naviguant entre les vagues tumultueuses de la nervosité initiale et les courants puissants de l'excitation et de l'anticipation. Chaque fois qu'elle se trouvait face à ce seuil de l'inconnu, une boule d'excitation se formait dans son ventre, faisant palpiter son cœur avec une intensité électrisante.
Le lâcher-prise total, cette sensation enivrante qu'elle avait découvert dans cette nouvelle dynamique avec Fabrice, était une révélation pour elle. C'était comme si elle avait trouvé une clé secrète qui ouvrait les portes de son âme, libérant toutes les inhibitions et les contraintes de son ancienne identité. Elle se sentait légère, comme si elle flottait dans les airs, prête à s'abandonner complètement à de nouvelles sensations et à se laisser guider par les désirs ardents de Fabrice.
Chaque rencontre était une danse sensuelle et passionnée, où les corps s'entrelaçaient avec une harmonie envoûtante. Les caresses devinrent des poèmes érotiques, tracés avec des mains expertes sur la peau frissonnante. Les soupirs se mêlaient aux murmures de plaisir, créant une symphonie intime qui résonnait au plus profond de leur être.
Elle se laissait guider par les désirs de Fabrice, se soumettant volontairement à son contrôle, savourant chaque sensation nouvelle qu'il lui offrait. Chaque geste de domination était un cadeau, une preuve tangible de l'affection et de la confiance qu'ils partageaient. Dans ces moments de soumission consentie, elle se sentait libre, libérée des chaînes du quotidien, plongée dans un océan d'extase où seule l'essence de leur passion existait.
Les mots crus et les supplications douces se mêlaient dans un ballet langoureux, érigeant un pont entre le désir et la réalité. Chaque mot prononcé était un écho de leur connexion profonde, une manifestation de leur intimité partagée. Dans ces instants de vulnérabilité partagée, elle trouvait une force insoupçonnée, se sentant plus vivante que jamais.
Au fil de ces expériences, elle découvrait des recoins inexplorés de son être, embrassant sa sexualité avec une audace nouvelle. Elle se sentait puissante et vulnérable à la fois, une fleur épanouie dans le jardin secret de leur amour. Chaque étreinte était une fusion des sens, une évasion vers un monde où les limites étaient repoussées et où la passion débordait sans retenue.
Elle avait découvert que se soumettre à Fabrice ne signifiait pas un abandon total de son pouvoir, mais plutôt une exploration de nouvelles dimensions de la relation. Elle avait appris à trouver sa force dans la vulnérabilité, à se connecter avec une profondeur émotionnelle et à s'épanouir dans cet espace de confiance mutuelle.
Chaque expérience leur permettait de se comprendre davantage, de communiquer d'une manière différente et de renforcer leur complicité. Ils apprenaient à lire les signaux subtils, à répondre aux besoins et aux désirs de l'autre sans même avoir besoin de mots. C'était une danse intime et harmonieuse, où chaque mouvement était guidé par l'amour, le respect et la bienveillance.
À travers cette exploration continue, ils se découvraient mutuellement, repoussant les limites de leur confort et trouvant de nouvelles facettes de leur sexualité et de leur identité. C'était une aventure partagée, une quête de découvertes et d'épanouissement personnel.
Elle avait réalisé que cette exploration n'était pas seulement une expérience sexuelle, mais aussi un moyen de se connecter plus profondément avec soi-même et avec Fabrice. C'était un voyage vers l'acceptation de soi, vers une compréhension plus profonde de ses propres désirs et besoins. C'était une occasion de grandir en tant qu'individu et d'évoluer dans la relation.
Dans cette dynamique de soumission consentie, elle se sentait libre d'exprimer ses désirs les plus profonds, de les partager avec Fabrice sans crainte de jugement. Ils créaient ensemble un espace où chaque émotion, chaque fantasme était accueilli avec amour et compréhension.
Dans leur exploration continue, elle avait découvert un monde de sensations intenses et de plaisirs inexplorés. C'était une aventure sans fin, une danse passionnée et enivrante qui les transportait vers de nouveaux horizons. Et dans cet univers de soumission et de découverte, elle avait trouvé sa véritable essence, une femme épanouie et libre d'explorer tous les aspects de son être.
Son désir de continuer ce voyage, de se transformer en une femme soumise et docile, était alimenté par la confiance et la sécurité qu'elle ressentait aux côtés de Fabrice. Elle savait qu'elle pouvait être authentique dans cette nouvelle identité. Elle était prête à poursuivre cette aventure avec ouverture, confiance et désir, à la découverte de ce que l'avenir leur réserverait.
Le lendemain, Fabrice fit mettre à Pat une tenue à la fois audacieuse et captivante. Un corset noir en satin, orné de dentelle délicate, épousait parfaitement les courbes de son corps, accentuant sa silhouette féminine avec élégance. Des jarretelles en dentelle noire s'accrochaient à des bas résille, soulignant ses jambes galbées avec sensualité. Chaque détail de cette tenue mettait en valeur sa féminité et sa beauté, créant une aura de confiance et de séduction.
Ensuite, Fabrice emmena Pat dans un club, un lieu empreint de mystère et de désir. Les portes s'ouvrirent sur un espace sombre et sensuel, où flottait une ambiance électrique. Les murs étaient tapissés de cuir, les lumières tamisées créant une atmosphère intime et mystérieuse.
Des couples, vêtus de tenues évoquant à la fois le pouvoir et la soumission, se déplaçaient avec grâce et assurance. Des regards ardents et complices se croisaient, transmettant des promesses silencieuses d'exploration et de plaisir partagé.
La musique sensuelle et hypnotique s'élevait dans l'air, créant un rythme envoûtant qui résonnait dans les corps de chacun. Les murmures des conversations intimes et les soupirs de plaisir se mêlaient, formant une symphonie érotique qui semblait embrasser tout l'espace.
Pat pouvait sentir l'excitation monter en elle alors qu'elle prenait conscience de l'atmosphère chargée de désir qui régnait dans le club. Les sensations étaient à la fois familières et inconnues, un mélange enivrant de nervosité et d'anticipation.
Fabrice la prit par la main, l'entraînant plus profondément dans ce monde de plaisirs interdits. Ils s'approchèrent d'une zone où des jeux de domination et de soumission se déroulaient. Des cordes, des fouets et des accessoires variés étaient utilisés avec assurance et expertise.
Pat sentait les regards des autres invités se poser sur elle, mélange de curiosité et d'admiration pour sa beauté et son audace. Elle se sentait à la fois exposée et protégée, entourée d'une atmosphère de respect et de consentement qui régnait dans ce lieu de liberté sexuelle et d'exploration.
Les sensations qui l'envahissaient étaient intenses, un mélange de désir et de fascination pour cet univers qui s'ouvrait devant elle. Elle était prête à se laisser guider par Fabrice, à découvrir de nouvelles facettes de sa sexualité, tout en sachant qu'elle était en sécurité et soutenue dans cette aventure.
Dans ce club, elle trouverait un espace où elle pourrait embrasser pleinement son désir, explorer son côté soumise et plonger dans un monde où les limites étaient repoussées. C'était une invitation à la découverte, à la confiance et à l'ouverture, où elle pourrait se connecter avec Fabrice d'une manière profonde et intime, tout en s'abandonnant aux plaisirs inexplorés qui les attendaient.
après avoir bu un verre au bar. L'atmosphère est chargée d'une tension palpable alors que Fabrice s'approche d'elle, un sourire vicieux étirant ses lèvres. Son regard brûlant transmet à Pat une combinaison de peur et d'excitation, faisant monter en elle une vague d'émotions contradictoires.
Dans l'intimité de cette pièce, le désir est palpable. Fabrice, avec une confiance arrogante, commence à baisser la culotte de Pat, révélant une intimité déjà marquée par les jeux précédents. C'est un moment où le contrôle et la soumission se rencontrent, où les limites sont repoussées et les frontières de l'interdit sont explorées.
La peur qui serre le cœur de Pat se mêle à une excitation indéniable. Elle se sent prise au piège, mais elle a embrassé cette soumission volontairement, prête à tout pour découvrir les profondeurs inexplorées de ses désirs. C'est une expérience à la fois excitante et terrifiante, où les émotions s'entremêlent dans une danse passionnée.
Pat réalise que son appétit pour l'inconnu et l'interdit ne connaît plus de limites. Elle obéit à Fabrice, plongeant dans un océan de sensations intenses, prête à se perdre dans le tourbillon de ce voyage passionné.
Pat, obéissant à Fabrice, se met à genoux et prend le sexe d'un premier homme en bouche. Elle ressent la réaction de son membre qui grossit et durcit, et elle s'applique à le sucer avec détermination. d'autres hommes se rapprochent, certains la touchant sans retenue pendant que Fabrice continue de la caresser et d'exciter son corps exposé.
Pat était complètement offerte aux désirs des hommes, prête à faire tout ce qui était demandé d'elle. Elle se retrouvait dans une situation inversée, où elle était à leur merci entière. Mais elle savait qu'elle était prête à payer n'importe quel prix pour découvrir davantage sur cette nouvelle vie de soumission et de domination.
Dans cet état de vulnérabilité, elle se sentait à la fois effrayée et excitée, un mélange tumultueux d'émotions qui alimentait son désir ardent d'exploration. Être à la merci de ses hommes lui procurait une sensation d'abandon et de libération, où elle pouvait se perdre dans l'exploration de ses propres limites.
Chaque demande, chaque geste, était accueilli avec une détermination sans faille de la part de Pat. Elle était prête à se donner corps et âme pour satisfaire les volontés des hommes présents a la demande de Fabrice, consciente que cette expérience ouvrirait les portes d'un monde inconnu et fascinant.
Pat embrassait cette nouvelle vie sans réserve, sachant que cette exploration de la soumission et de la domination lui permettrait de découvrir des facettes d'elle-même qu'elle n'avait jamais explorées auparavant. Elle était prête à se laisser guider par les désirs des hommes, cherchant à repousser ses propres limites et à plonger dans les profondeurs inexplorées de sa sexualité.
Pat toujours à genoux, entourée d'hommes nus. Le regard satisfait de Fabrice fixé sur elle, elle sentit son souffle chaud lui caresser l'oreille alors qu'il lui murmura : "Tu es ma petite pute maintenant, tu vas satisfaire ces messieurs."
Ce simple mot, prononcé avec autorité, fit frissonner Pat de désir et d'anticipation. Elle sentait son corps s'électriser, parcouru par un mélange de peur et d'excitation. Les mots de Fabrice résonnaient en elle, éveillant une part sombre et inconnue de sa sexualité.
À travers le voile de soumission qui enveloppait son esprit, Pat percevait le pouvoir qui lui était conféré. Elle se sentait à la fois vulnérable et libre, prête à se donner entièrement à ces hommes, en quête de plaisirs inexplorés. Son esprit embrassait cette nouvelle identité, celle d'une femme qui se dédiait entièrement à la satisfaction des désirs et fantasmes des autres.
Le sourire satisfait de Fabrice était le reflet de sa propre satisfaction. Il avait trouvé en Pat une partenaire consentante, prête à se laisser guider dans ces eaux troubles de la passion et de la soumission. Il savait que cette expérience allait les emmener tous les deux vers des sommets de plaisir inconnus, où les limites seraient repoussées et les tabous brisés.
Dans cette pièce, les corps se mêlaient dans une danse sensuelle et débridée. Pat se laissait porter par les mains expertes qui l'exploraient sans retenue, chaque contact électrisant son être. Elle était prête à se perdre dans le tourbillon de cette nouvelle réalité, où la domination et la soumission se confondaient dans une symphonie de désirs inassouvis.
Les heures qui suivirent furent un mélange enivrant de plaisir et d'extase. Pat se découvrit des réserves insoupçonnées de passion et de désir, repoussant ses propres limites avec chaque nouvelle expérience partagée. Elle se sentait vivante, libérée de toutes inhibitions, embrassant pleinement sa sexualité.
Pat était complètement offerte aux désirs de ces hommes.
Alors que la tension montait, certains des hommes succombèrent à leur plaisir et éjaculèrent dans la bouche de Pat, laissant échapper des gémissements de satisfaction. D'autres choisirent de libérer leur extase sur son corps, marquant sa peau de leur désir ardent.
Cependant, la sensation la plus intense et intime vint lorsque Pat sentit l'un des hommes qui était en train de la pénétrer atteindre son point de non-retour. Elle ressentit une chaleur brûlante se répandre en elle tandis qu'il éjaculait profondément dans son anus, provoquant un mélange d'extase qui la submergea.
C'était un moment de lâcher-prise total, où Pat se sentait à la fois vulnérable et puissante. Elle avait embrassé cette soumission et cette exploration des plaisirs les plus sombres de sa sexualité, prête à tout pour découvrir davantage sur ses propres limites et désirs.
Avec confiance et détermination, Fabrice guide Pat vers la croix. Il la fait se tenir debout devant elle, observant chaque aspect de sa beauté. Il admire la courbe de ses hanches, la douceur de sa peau et l'envie qui brille dans ses yeux. Puis, avec précaution, il attache ses poignets et ses chevilles aux sangles en cuir.
Fabrice s'approche d'elle et dépose un doux baiser sur ses lèvres. « Maintenant, ma belle, tout ce qui compte, c'est mon plaisir et ton obéissance. Oublie tout le reste et laisse-toi aller à l'extase. »
t obéit et se laisse emporter par les sensations qui la submergent. À mesure que les coups de fouet caressent sa peau, elle sent sa liberté intérieure augmenter. Chaque gémissement, chaque marque devient un symbole de sa soumission et de son amour pour Fabrice. Pat ressent une excitation intense mêlée à une profonde connexion avec son dominant. Elle se sent vivante, pleinement engagée dans cet acte de confiance ultime.
Attachée fermement à la croix de Saint-André, Pat ressent un mélange de douleur et de plaisir qui la transporte dans un état d'extase. Chaque coup de fouet est une libération, une façon pour elle de se libérer de toutes les inhibitions et de se plonger dans un monde de sensations intenses.
Fabrice, son partenaire dominant, sait exactement comment repousser les limites de Pat tout en veillant à son bien-être. Il est à l'écoute de ses réactions, ajustant l'intensité de chaque coup pour lui procurer un plaisir exquis. Pat se sent en sécurité, pleinement consentante à chaque instant.
Dans cet instant de soumission, Pat explore les profondeurs de son être, découvrant de nouvelles facettes de sa sexualité et de sa personnalité. Elle embrasse son rôle de soumise avec une passion dévorante, se laissant guider par les désirs de Fabrice.
C'est dans ce club, dans cette pièce secrète, que Pat trouve une liberté totale, dépassant les frontières traditionnelles de la sexualité et de la domination. Chaque instant est une aventure pleine d'intensité et de passion, où Pat se perd et se trouve à la fois.
Pat, épuisée de toutes ses émotions et marquée par les coups de fouet sur son fessier et son dos, est détachée par Fabrice. Il l'aide à se rhabiller avec précaution, prenant soin de ses blessures. Une fois prête, ils décident de prendre un verre ensemble au bar.
Ils s'assoient sur des tabourets, laissant leurs corps se détendre après cette expérience intense. Pat ressent une combinaison de satisfaction et de vulnérabilité, reconnaissant l'amour et la confiance qui existent entre elle et Fabrice.
Au bar, ils commandent leurs boissons préférées et se plongent dans une conversation calme et réconfortante. Fabrice prend soin de Pat, s'assurant qu'elle se sent en sécurité et respectée.
C'est dans ces moments de calme après la tempête que Pat réalise à quel point leur relation est unique et spéciale. Ils partagent une connexion profonde et intime qui va au-delà des jeux de domination et de soumission.
Alors qu'ils sirotent leurs boissons, ils rient, partagent des regards complices et se projettent dans l'avenir. Ils savent que leur voyage ensemble ne fait que commencer et qu'ils sont prêts à explorer de nouvelles facettes de leur sexualité
De retour dans le confort de leur foyer, Fabrice regarde Pat avec admiration et affection. Il exprime sa fierté envers elle, reconnaissant sa confiance et son engagement dans leur relation de domination et de soumission.
Autour d'une tasse de café fumante, ils prennent le temps de se reconnecter émotionnellement. Fabrice encourage Pat à partager ses émotions, à exprimer ce qu'elle a ressenti pendant leur expérience au club.
Pat boit une gorgée de café, prenant une pause pour rassembler ses pensées. Elle exprime à Fabrice la profondeur de ses émotions, décrivant la combinaison de douleur et de plaisir, d'excitation et de libération qu'elle a ressentie.
Fabrice écoute attentivement, offrant un soutien et une compréhension sans jugement. Il encourage Pat à explorer ses sentiments plus en profondeur, à s'exprimer pleinement sans retenue.
La conversation se poursuit, les laissant se découvrir mutuellement à un niveau plus profond. Ils partagent leurs pensées, leurs désirs, et renforcent leur connexion en tant que partenaires.
C'est dans ces moments de partage sincère et d'écoute attentive que Pat et Fabrice renforcent leur lien,
Pat se dirige vers sa chambre pour se changer en tenue de nuit. Elle choisit une chemise de nuit en satin rose pâle, légère et fluide, qui épouse délicatement les courbes de son corps. La chemise de nuit a de fines bretelles réglables et est agrémentée de dentelle délicate sur le décolleté et l'ourlet. Elle est à la fois féminine et confortable, offrant une sensation de douceur et de sensualité.t. Elle se glisse sous les draps, prête à se reposer et à se ressourcer après une journée intense.
Fabrice rejoint Pat, se dénude et se glisse sous les draps. Avec douceur, il glisse sa main sous la chemise de nuit en satin de Pat, caressant délicatement sa peau. Ses doigts parcourent lentement les contours de son corps, éveillant des frissons de plaisir sur son passage.
Pat se laisse emporter par les sensations, son corps réagissant aux caresses expertes de Fabrice. Elle ressent une combinaison de désir et de tendresse, se laissant aller à l'intimité partagée entre eux.
Les mains de Fabrice explorent chaque centimètre de la peau de Pat, créant une connexion profonde et sensuelle entre eux. Les gestes sont empreints de respect et de consentement, renforçant le lien de confiance qui les unit.
Dans l'obscurité de la chambre, les soupirs de plaisir se mêlent aux murmures de douceur. Pat se sent aimée et désirée, en harmonie avec Fabrice.
Leur intimité se poursuit dans une danse passionnée, où les caresses se font de plus en plus intenses. Ils se perdent dans le plaisir partagé, explorant ensemble une fois de plus les limites de leur désir.
Fabrice pose sa main sur le sexe de Pat, qui est encagé, et lui dit d'une voix dominante : "Tu seras tout le temps et pour toujours une femelle soumise."
Pat ressent un mélange d'excitation et de soumission face aux paroles de Fabrice. Elle se sent désirée et accepte pleinement son rôle de soumise dans leur relation.
une histoire d'amour et de passion qui transcende tous les tabous et les limites. Une histoire qui les conduira vers des sommets inexplorés de plaisir et de bonheur, où leur amour brûlera avec une intensité qui ne pourra jamais être éteinte.
Un goût de jouissance la promesse d'un avenir rempli d'une passion qui ne pourra jamais être éteinte.
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voici un vieux texte que j'avais écrit il y a quelques années maintenant. j'espere que vous aprecierez
Nous sommes le 25 juillet 2017, Lucie, une très jolie rousse de 21 ans, est enfin à la maison après plusieurs annulations de dernières minutes. Au mois de juin, je lui ai fait part de mes sentiments envers elle, mais elle a décliné ma « demande ». Alors dans ma tête c’est monté un scénario de domination soumission.
Oui car j’ai oublié de préciser, que je suis sadomasochiste et que je suis switch (je peux être soit dominant, soit soumis) mais plus a tendance soumis. J’ai d’ailleurs eu plusieurs expériences, mais nous verrons ça une autre fois. J’ai aussi installé des caméras espionnes dans la salle de bains, le couloir et ma chambre.
Donc, le mardi nous rentrons dans l’après-midi, après avoir fait la route depuis chez elle. Je lui montre l’appartement, lui explique 2-3 trucs et nous nous posons devant la télé, pour jouer à la console. On joue aussi au UNO, notre jeu préféré XD, bref une après- midi banale en sommes. Le soir, elle part prendre sa douche, je lui montre comment activer le pommeau pluie, et en profite pour mettre les caméras en route. Sur certaines je peux, via mon pc ou mon tel, voir le flux vidéo en direct. Et je dois dire que je ne suis pas dessus, une fois fini, nous mangeons et regardons la télé tout en discutant de banalité.
Le mercredi, nous avons passé l’après-midi à la plage. Je reconnais en avoir profité pour mater son corps, fort bien sympathique avec une poitrine qui convient à son corps, un joli petit cul, et quelques kilos de trop mais rien de bien méchant, en soit elle est très jolie. Le soir, nous faisons comme la veille, discuter devant la télé ou un jeu. Mais la discussion en arrive à la partie sexe, je sais qu’elle est encore vierge, et je dois avouer bien que j’ai 32 ans cela ne fait 4 mois que je ne suis plus vierge, cela est une autre histoire. Donc elle me dit que pour l’instant ça ne la perturbe pas plus que ça et qu’elle ne se sent pas prête pour une relation.
Voyant que l’on peut tout se dire, j’ose lui avouer mon côté sadomaso, en lui parlant des différentes expériences que j’ai vécu. Je lui montre des photos et des vidéos de moi, mais aussi celle trouvé sur internet. Ça n’a pas l’air de la choquer, je dirai même qu’elle me poser beaucoup de questions comme si elle était intéressée par la chose, je lui propose que je lui montre à quoi je ressemble en vrai quand je suis en femme et bondagé, elle me répond qu’elle souhaiterait effectivement voir ça en vrai. Je monte donc à l’étage, me transforme en Sophie (c’est mon nom de soumis).
Quand je redescends, elle me trouve ravissante et que je sais bien m’habillé quand je suis en femme. Elle demande, alors à voir comment est composée cette tenue. Je lui donne alors les clés des menottes de poignets et de chevilles pour qu’elle les déverrouille. Je retire ensuite mon bâillon, mes talons aiguilles, ma robe. A ce moment-là, je la vois écarquillé les yeux de surprise, je lui demande pourquoi elle fait ces yeux -là, et m’explique qu’elle ne s’attendait pas à me voir encordé comme cela (j’avais réalisé un shibari) et que c’était joli. Je continu, je défais donc ce shibari, enlève le soutien-gorge où les faux seins viennent avec et je retire le string. Je suis donc nue devant elle, avec un collier où est cadenassée la chaine des pinces sur mes tétons, ma cage de chasteté et un rosebud dans l’anus. Elle me demande de tourné sur moi-même pour mieux admiré ce qu’elle voit, et elle remarque un truc brillant au niveau de mon cul et me demande ce que c’est, je lui dis que c’est un rosebud. C’est alors, avec le cœur battant à 100 à l’heure, que je lui propose un truc totalement fou, mais sur lequel je fantasme depuis le mois de juin, c’est qu’elle devienne ma Maîtresse et qu’elle m’éduque en tant que soumis.
Je la vois réfléchir, et je lui propose que pendant qu’elle essaie de prendre une décision, de se rapproché de moi pour mieux voir, de touché les pinces, la cage, enfin ce qu’elle veut. Elle me demande alors de me pencher en lui présentant mes fesses, et là elle fait une chose complètement inattendu, elle retire le rosebud d’un coup sec. Je n‘étais pas forcément préparé à ça, ça m’a tellement fait mal que je suis tombé à genou mais malgré cela bien que mon sexe se sentait à l’étroit dans sa cage il se mit à gonfler au maximum de ce qu’il pouvait, c’était douloureux mais tellement jouissif. Elle a eue peur et me demande si ça va. Je lui dis oui et que j’ai juste été surpris de par son action. Je me prosterne à ses pieds et lui demande pardon de lui avoir fait peur, c’était aussi dans le but de lui montrer qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait de moi et « forcer » sa réponse dans le positif. Je ne pourrais pas dire combien de temps je suis resté à ses pieds, mais après un long silence, elle lâche ces mots qui resterons a jamais gravé en moi, et qui m’ont rendu heureux jusqu’à présent.
« Je suis d’accord pour devenir ta Maîtresse, mais je ne sais pas comment m’y prendre. »
J’ai failli m’évanouir en entendant ses mots, car j’avais une forte inquiétude sur sa réaction, et entendre ça m’a libéré. Je lui demande si je peux me relever pour lui expliquer un peu ce qu’elle doit faire. Elle m’ordonne alors de me relever mais de rester à genou devant elle, en gardant la tête baissée. J’entreprends donc de lui définir comment une Maîtresse est sensé agir envers un soumis, c’est-à-dire que je suis à son service, ce qu’elle ordonne j’exécute comme par exemple : mets-toi à 4 quatre pattes, que si je n’obéis pas elle me punisse etc... . Je l’informe aussi qu’il y a des contrats et une checklist d’action que j’ai remplie, définissant mes limites à signer pour la forme, mais que ça n’a aucune valeur juridique. Je lui demande donc l’autorisation de me lever pour lui montrer et lui faire lire les documents avant de les imprimer, une fois devant l’ordinateur j’ouvre les documents qu’elle a à lire et je me remets à ses pieds. Nous discutons des termes, me demande des explications sur certains points et pour finir nous regardons mes limites pour voir celles qui peuvent éventuellement dépassées. Une fois tous les documents signés, je lui annonce aussi que si elle souhaite une aide extérieure, pour l’aider à se former en tant que Maîtresse, que je peux faire appel à un Maître avec qui j’ai déjà eu une expérience. Elle me répond qu’elle verra si elle ne s’en sort pas, alors on lui demandera de l’aide.
C’est ainsi, que comprenant le pouvoir qu’elle a sur ma vie maintenant, elle me demande de lui montrer tout le matériel que j’ai en ma possession. Je commence donc à me lever et là je reçois une petite claque sur les fesses. Surpris, je me retourne et elle me dit qu’elle ne m’a pas autorisé à me mettre debout et que je devais marcher à 4 pattes. Que la prochaine fois ça sera plus fort, j’en étais aux anges, jamais je n’aurais imaginé qu’elle se prenne au jeu si vite. Je me remets donc à 4 quatre pattes et je m’excuse auprès d’elle puis nous montons dans ma chambre, où j’entreprends de tout déposer que le lit, en marchant à genou pour éviter d’être déjà puni a peine 10 min après la signature des documents.
Elle me donne l’ordre d’aller chercher une feuille et un stylo, toujours à 4 pattes cela signifie donc je dois lui ramener ces 2 choses avec ma bouche une par une. Elle me dit aussi qu’elle ne veut pas que la feuille soit mouillée sinon, ça ira mal pour mes fesses. Je redescends dans la salle, avec un peu de mal car même si je me suis forcé faire beaucoup de choses, ça je ne l’avais jamais fait. Je la retrouve donc dans ma chambre, d’où je suis un peu surpris de la voir avec un de mes body que j’avais acheté, je dois dire que ma queue me faisait vraiment mal vu qu’elle était toujours enfermée dans sa cage. Elle me dit de me mettre sur la planche et de noter en titre liste d’accessoires de la lopette soumise et d’écrire à la suite, ce qu’elle dictera. C’est ainsi qu’un inventaire détaillé de mes équipements fût réalisé.
Voici la liste :
1 robe de soirée
4 bodys
1 nuisette avec menotte intégré
1 bâillon bite de 10 cm
1 crochet anal 3 boules de 19 mm à 35 mm
1 paire de talon aiguille avec une plateforme de 4 cm et haut de 14 cm
1 paire de faux seins
2 rosebud (1 métal : 7 cm de long et 2.8 de large ; 1silicone : 8.5 cm de long et 4.4 de large)
1 ceinture menotte
2 contrainte pieds et mains ensemble velcro
1 combinaison résille fendue a l’entre jambe
1 stimulateur de prostate a accroche au pénis
1 martinet
1 bâillon boule casque
1 bâillon boule
2 paires de pinces à tétons en métal reliées par une chaine
2 shortys
1 cage de chasteté en plastique ajustable
1 cage de chasteté en métal
2 paires de menottes (1 poignet et 1 cheville)
1 cravache
Elle se retourne vers moi, et me lance tu n’es vraiment qu’une pauvre merde perverse, regarde toi tu es là à mes pieds, et pourtant ça te fait plaisir d’après ce que je vois avec ta petite queue qui essaie de sortir de son cocon. Tu dois bien avoir un dossier sur ton PC ou tu as surement plein de trucs aussi pervers que toi. Je lui réponds oui de la tête n’osant pas parler. Elle m’intime alors l’ordre de lui montrer mais qu’avant elle en avait marre de voir cette petite chose.je me sentais plus qu’humilié car même si je n’ai pas la prétention d’en avoir une grosse, elle mesure 17 cm en érection, je sais que ce n’est pas vrai. Elle décide donc que je dois me rhabiller et choisi pour cela, d’enlever le body qu’elle a sur elle, à ce moment-là j’ai cru que ma queue allée exploser tellement la pression était trop forte, elle le remarque et me balance une paire de baffe d’une force que je ne lui soupçonné pas. Elle me dit que je n’ai pas le droit de posé les yeux sur elle tant qu’elle ne m’en donnera pas l’ordre, et vu que mon petit asticot s’excite pour un rien, elle me pose sur le nez l’endroit où le tissu du body était en contact avec sa chatte, pour la première fois j’ai failli éjaculer sans me toucher. Elle avait une odeur exquise.
Une fois sa colère un peu redescendue, elle me fit mettre debout, me somma de mettre le body, elle me remit les faux seins, je dois dire que ce fut assez douloureux car cela faisait maintenant près de 2 heures que je portés les pinces aux tétons et qu’elle appuya fortement sur les seins pour les mettre bien en place. Me bâillonna avec le bâillon bite, en me disant que celle que j’avais en bouche lui semblait plus grosse que ma petite queue. A ce moment-là, des larmes me firent aux yeux, car malgré tout ce que j’avais pu imaginer dans mes rêves les plus osés, ses paroles étaient dures à entendre. Elle eut un moment d’hésitation en me voyant ainsi, et moi par la même occasion j’eue peur qu’elle décide de tout arrêter, mais elle se reprit et me menotta les chevilles et les poignets. Elle se rappela d’un coup que mon rectum n’était plus rempli, elle me fit donc me retourné me pencher bien en avant tout en me cambrant bien pour lui présenter mon petit trou, elle ne remit pas celui du début le jugeant pas assez gros pour une putain comme moi, elle m’enfila le plug gonflable et le gonfla jusqu’à que je montre mes limites. Et me donna à mettre mes talons aiguilles.
Elle me refit mettre à 4 pattes et direction mon PC. J’ouvrir donc un premier dossier puis un autre et ainsi de suite jusqu’à mon dossier porno. Ce que j’avais oublié c’est qu’il y avait un dossier d’elle juste avant, mais elle ne dit rien j’ai cru qu’elle ne l’avait pas vu, que j’étais sauvé, mais avant je fasse quoique ce soit elle me prit la souris des mains et fit retour arrière. Je me risquai à la regarder du coin de l’œil sans qu’elle s’en aperçoive, j’ai vu de la crainte dans ses yeux et il y avait de quoi, car j’avais déjà transféré les vidéos et capture d’image d’elle d’hier quand elle était sous la douche. Quand elle vit cela, je n’osai pas la regarder, limite j’avais envie de m’enfuir loin, car je sentais qu’elle était très en colère. Et ça n’a pas loupé, elle m’attrapa par l’oreille, me jeta a terre et chose que je ne m’étais pas rendu compte, c’est qu’elle avait pris le martinet avec elle. Elle me força à me mettre à 4 pattes, vu que c’était un body string, mon cul n’avait aucune protection et les coups ont commencé à pleuvoir sur mon pauvre derrière. Tout en faisant cela, sans crier trop fort pour ne pas alerter les voisins, elle m’insultait à plein poumon, me demanda comment j’avais pu faire cela. Elle s’arrêta 1 min pour me demander en face si j’avais branlé le petit ver qui me sert de bite, en regardant ces vidéos. Vu que j’avais dans ma bouche une queue en plastique, je fis oui de la tête. Je baissais la tête de honte, mais elle me releva la tête, me gifla 4 fois et pour finir me donna un coup de poing si fort qu’elle se fit mal à la main. Elle me fit aller chercher des glaçons pour calmer la douleur de sa main, tout en m’informant que la punition n’était pas finie.
A mon retour, elle se reposa 10 min, d’un pour se calmer car elle m’avoua après que si elle avait continué, je me serais probablement retrouvé à l’hôpital et de deux pour réfléchir à la suite de la punition. Pendant ce temps elle m’envoya au coin les genoux sur une règle carré et les mains sur la tête, cette position fut un calvaire, car outre la règle qui fait mal, les pinces de mes tétons tiraient fortement ces derniers. Quand elle fut calmé, elle me donna l’ordre de me lever, elle retira le bâillon et les menottes, au début j’ai cru qu’elle pensait avoir trop loin et que elle voulait me laisser un peu de répit, c’était mal la connaitre. Elle me demanda de me mettre nu, se fut rapide car je n’avais que le body et les chaussures, je du garder les chaussures.
Je me retrouvé alors nu comme tout à l’heure avec uniquement les pinces sur les seins, la cage et le plug, je dû remettre les mains sur la tête. Elle prit plusieurs bougies qu’elle alluma, quand elle jugea qu’il y avait assez de cire liquide, elle en versa sur mes tétons, de telle sorte qu’ils soient « cachetés » avec les pinces. Je reconnais que cette punition m’excita de nouveau, Laura l’a vu et a entrepris d’enlever la cage, c’est alors que mon pénis se déploya entièrement. Je lus dans ses yeux qu’elle était surprise de la voir si grande, vu qu’elle ne l’avait vu que dans sa petite cage, elle pensait qu’elle était très petite. Elle me masturba avec sa main, mais s’arrêta vite, car elle senti que je pouvais éjaculer à tout moment. J’en étais frustré, mais avant que je puisse penser à autre chose, elle versa de la cire sur mon gland et tout le long de ma queue, en quelque sorte une capote.
Une fois cela fait elle me remit au coin dans la même position, et retourna sur mon PC pour regarder plu en détails ce qui avait été pris à son insu et regarder aussi mon dossier porno. Il devait être 3 heure du matin, quand elle décida de retirer la cire sur mon gland uniquement, je ne comprenais pas pourquoi. C’est là, qu’elle m’annonça que je méritais d’être traité comme un animal qu’il faut dresser et c’est pour ça qu’on allait faire un tour dehors pour je fasse mes besoins. Je pris peur, car même si par le passé il m’est arrivé de sortir quasi nu dans la rue, c’était quand j’étais encore chez mes parents ou il n’y avait pas de passage dans la rue. Maintenant ma maison est dans l’axe principal de la ville et il y a toujours des voitures qui passent. Mais heureusement pour moi, elle décida d’aller du côté des garages derrière chez moi donc personne ne m’a vu. Je dû me mettre à 4 pattes et lever la jambe comme un chien pour uriné. Une fois finie pour rentrer elle me re-menotta les poignets et les chevilles.
Donc une fois à l’intérieur, Laura me débarrassa de la cire sur ma verge, ce qui ne manqua pas de m’exciter à nouveau, à mon plus grand regret. En effet, elle n’a pas apprécié du tout, ce qui me couta quelque cout de cravache sur le sexe, qui m’excita encore plus, Laura décida d’employer les grands moyens. Elle alla chercher des glaçons et me les posa directement sur ma queue. En 2 min je ne bandais plus. Elle en profita pour me mettre l’autre cage de chasteté (elle a un anneau au bout pour y mettre une laisse), au début je ne compris pas pourquoi. Elle m’annonça qu’il était tard et qu’on allait se coucher, en plus demain elle repart de bonne heure.
Une fois dans la chambre, elle me fit m’allonger au sol, elle me fixa la barre d’écartement au chevilles, qui elles même étaient fixé au pied de la commode, je ne pouvais plus bouger les jambes. Elle me fixa les poignets au sommier de mon lit, de sorte à ce que mes bras soient en l’air, décrocha la chaine des pinces du collier, enleva la cire de mes tétons mais pas pour longtemps. Elle me fixa une laisse sur la cage de chasteté, en ayant pris soin d’avoir emprisonné mes testicules avec comme ça quand elle tiré sur la laisse j’étais obligé de levé le bassin pour essayer d’atténuer la douleur. Elle prit une deuxième laisse qu’elle accrocha a la chaine des pinces sur mes seins et la joignant avec celle sur mon sexe. Une fois ceci fait elle sorti ma table à repasser la mise en position la plus haute, et y cadenassa les 2 laisses. Elle recacheta mes tétons, ce qui me ré-excita, ce qui m’en couta des coups de martinet sur les seins et le sexe. Et pour bien m’exciter à fond, avant de se coucher elle se déshabilla devant moi et positionna ses jambes autour de ma tête, pour que je vois bien ce que je ne peux pas avoir me dit-elle.
Elle se coucha dans mon lit, nue, et en même pas 5 min elle dormait. Moi dût à l’inconfort de ma position, je repensais à tout ce qui s’est passé aujourd’hui et en conclut, que malgré les souffrances subit, à juste titre aussi avouons-le. Avoir filmé Laura sans son autorisation, c’était très abusé, et bah je ne regrettais rien car cela m’a permis de réaliser un de mes plus grands fantasmes, avec la personne qui m’attire le plus. Il est 6 heures du matin, je m’endors, dans la douleur mais heureux. Il est 8 heures je suis réveillé par des bruits, j’ouvre les yeux et je vois Laura, qui a trouvé mon APN et qui me prend en photo. Je suis vite excité, en voyant cela, Laura entreprend de me détacher. Une fois détaché et déséquipé, sauf pour ma cage de chasteté, elle me dit que pour l’instant, on arrête de jouer le temps de se préparé de de discuter de ce qu’on a fait hier. Je lui demande alors la clé de ma cage, pour que je puisse me laver correctement, sa réaction me surpris et aujourd’hui encore me rend heureux, elle me dit non qu’on va sous la douche tous les 2 et que seulement là, elle me libérera.
Donc une fois sous la douche, elle délivra mon pénis et me masturba avec sa main. J’aurais aimé qu’elle me suce, je lui fais part de mon envie et me répond non car elle est encore en colère pour les vidéos d’elle sous la douche. Quand elle me dit ça, je ne tiens plus et éjacule sur elle, ça ne lui plait pas beaucoup et me demande de nettoyer avec ma bouche. Ce que je m’empresse de faire. J’ai tenté de lui lécher la chatte mais m’a repoussé. Une fois propre tous les deux et habillé normalement nous descendons déjeuner et parlons de notre soirée.
Elle me demande de commencer, alors je lui dis que je rêvais de ça depuis plusieurs mois. Au début je ne savais pas comment aborder la chose, mais quand on a commencé à parler sexe, je me suis dit que c’était le moment idéal. Qu’elle avait été au-delà de mes rêves les plus fous, vu qu’elle était encore vierge, je ne pensais pas qu’elle était capable de faire ce qu’elle a fait hier. Je lui raconte aussi que la balade nocturne, m’a excité au plus haut niveau mais que s’il y a une prochaine fois, il faudra faire plus attention. Que sa réaction, quand elle a trouvé les photos d’elle, était parfaite, et que je méritais ce que j’ai subis. Mais à un moment je l’ai senti prête à abandonner la partie. Et je lui demande si elle veut bien continuer, ou alors c’était une fois et c’est tout.
Elle m’avoua, que oui à un moment, elle a failli tout arrêter, c’était lorsque qu’on était la haut et qu’elle me mettait le bâillon bite, elle croyait avoir était trop loin, mais que après tout j’avais signé, donc elle pouvait me faire ce qu’elle voulait. Elle me dit aussi avoir ressenti une gêne de s’être mise nue devant moi, car elle n’a pas l’habitude mais que c’était pour être à égalité. Puisque elle me voyait nu, moi aussi je devais la voir nue. Je lui à ce moment-là qu’elle m’a fait plaisir mais qu’elle n’était pas obligée, car je suis son soumis et je n’ai le droit de prétendre a rien et encore moins d’être sur le même pied d’égalité avec ma maitresse. Elle me répond que c’était sa volonté. Ensuite, elle me dit être très en colère des vidéos, mais que je peux les garder, à condition de pas les partager, ce que je promis. Elle avoue aussi, qu’elle aimerait bien un superviseur pour savoir exactement comment réagir, quelle punition donné et quand. Je lui dis que j’en déduis qu’elle veut continuer. Elle me répond oui, et comme gage de sincérité, elle me fit mettre debout, me fit descendre mon pantalon et mon boxer, pour aller chercher une cage et enfermer ma queue dedans. Elle me regarda droit dans les yeux je compris qu’il fallait que je me prosterne à ses pieds pour la remercier. Elle me signala qu’elle gardera cette clé jusqu’à notre prochaine rencontre, et que pendant ce temps je devais contacter mon ancien maitre, pour qu’il puisse venir la prochaine fois.
Je la remercie en lui baissant les pieds, et lui dit que cela sera fait selon son désir. Elle me sort que bien entendu elle m’enverrait des ordres via téléphone, Facebook ou tout autre moyen. A ce moment-là, elle me redresse et m’embrasse, je suis tellement heureux que j’en pleure.
FIN
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Je me suis permis de réécrire la célèbre chanson de Boris Vian intitulée : « La Complainte du progrès ». J’ai adapté les paroles aux accessoires BDSM. À lire en chantonnant. Essayez… :-)
https://www.youtube.com/watch?v=FmnR15HAerY
Autrefois pour faire sa cour / On parlait d'amour / Pour mieux prouver son ardeur / On offrait son cœur / Maintenant c'est plus pareil / Ça change ça change / Pour séduire le cher ange / On lui glisse à l'oreille
Ah ! Gudule, viens m'embrasser, et je te donnerai… / Un plug anal, une pince inoxydable, une croix en métal / Et du Dunlopillo / Une cuisinière, avec un gode en verre / Des tas de couverts et une cage à bestiaux ! / Une muselière pour baiser en levrette / Un beau vibromasseur pour pomper le docteur / Des draps qui grattent / Un pistolet à chattes / Un avion pour deux / Et nous serons heureux !
Autrefois s'il arrivait / Que l'on se bataille / L’air lugubre on s'en allait / En laissant l’attirail / Maintenant que voulez-vous / La vie est si chère / On dit « rentre chez ta mère » / Et on se garde tout
Ah ! Gudule, excuse-toi, ou je reprends tout ça… / Mon gode en verre, mes fers à tortures / Mon joug en fourrures et mon braquemart à clous / Mon lime-connasses, mon pilori-biplace / Mon tabouret-à-glace et mon encorde-tous ! / La muselière pour baiser en levrette / Le string-à-tonsure et les pinces d’ouverture.
Et si la belle se montre encore rebelle / On la ficelle dehors, pour confier son sort… / Au gode en verre, aux pinces mammaires / À la muselière, au lit qu'est toujours fait / Au plug gonflable, au corset du diable / Aux croix en métal, à l’accroche fessée !
Mais très très vite / on reçoit la visite / D’une tendre petite / Qui nous offre son cœur / Alors on cède / Car il faut qu’on s’entraide / Et l’on vit comme ça / Jusqu’à la prochaine fois / Et l'on vit comme ça /Jusqu'à la prochaine fois / Et l'on vit comme ça / Jusqu'à la prochaine fois !
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"Le champagne est le seul vin qu'une femme élevée peut boire sans s'enlaidir. Après nous, le déluge !". Fleury la dressa au métier de reine. Elle s'y plia, sans avoir le goût, parce qu'elle y voyait le seul moyen de s'imposer. Elle devint la gardienne des usages, plus tatillone sur l'étiquette que ne l'aurait été une reine sûre d'elle-même. Et sa piété profonde et sincère acheva de la rendre conforme à l'archétype de la la bonne reine, discrète, charitable, telle que l'aimait l'imagination populaire. Elle incarna la tradition. Madame de Pompadour ne laisserait à la postérité qu'un peu de cendre, avait alors prophétisé Diderot. Comme il se trompait. La célèbre favorite de Louis XV, au-delà de son goût pour la porcelaine de Sèvres, l'orientalisme et les turquoiseries, a laissé une empreinte vive sur le dernier siècle de l'Ancien Régime. Et elle est devenue l'icône française d'un charme féminin ineffable. Chez Madame de Pompadour, rien n'est simple ni limpide, son existence dépasse en complexité et en rebondissements la trame du roman historique le mieux agencé. Cette femme fine et intelligente cultive le mystère et l'ambiguïté. Derrière sa mobilité incessante, y compris de ses traits, elle garde un masque impénétrable. Petite-fille d'un paysan et d'un entrepreneur de boucherie, fille d'un aventurier né bâtard et d'une femme réputée galante, Jeanne-Antoinette Poisson est élevée comme une courtisane de haut vol afin de séduire le roi. Et elle y parvient. Jolie roturière anoblie par un mariage désargenté, elle devient maîtresse et favorite officielle du roi durant près de deux décennies, même si, vers 1749-1750, elle passe de l'amour à l'amitié tout en restant favorite. Marquise puis duchesse de Pompadour, elle s'installe ainsi, jusqu'à sa mort en 1764, au sommet de la pyramide de la cour auprès du roi Louis XV. "Ayant reçu le paquet décacheté aux Délices, où il vivait depuis quatre ans, Voltaire de vives alarmes. Il connaissait la vigilance de la Poste et des services de police qui lui étaient attachés. Le soupçon de trahison risquait de peser sur lui, s'il ne se défendait pas. La marquise n’aura hélas pas beau temps pour son voyage". Des nombreuses favorites de Louis XV, l'Histoire a retenu le nom de Madame de Pompadour. Née Jeanne- Antoinette Poisson, la future marquise est la fille d'une femme de petite noblesse et, d'un escroc condamné à l'exil pour faux et usage de faux. La mère de Jeanne-Antoinette, ruinée par les frasques de son mari, prend pour amant un très riche fermier général, Monsieur le Normant de Tournehem. Il remarque vite les dispositions de la fille de sa maîtresse. Il la sort du couvent et veille à ce qu'elle reçoive une éducation de grande qualité. Puis il la propose en mariage à son neveu, lequel n'espérait pas épouser si adorable et séduisante créature. À la beauté s'ajoute désormais la richesse, mais cela ne suffira pas à contenter Jeanne-Antoinette. Depuis sa plus tendre enfance, elle a entendu sa mère lui dire qu'elle était "un morceau de roi." Et aussi, ce qui résonne comme un un conseil prémonitoire. "Si je devais tromper mon mari, ce ne serait qu'avec le roi." Le roi, c'est Jeanne-Antoinette qui va le rencontrer. L'évènement se produit dans la forêt de Sénart. De retour d'une partie de chasse, Louis XV croise dans une calèche, à la fenêtre de laquelle se penche la délicieuse Madame d'Étiolles. Pur fruit du hasard ou doux piège ourdi par la mère de Jeanne-Antoinette Poisson ? "Tout homme aurait voulu avoir pour maîtresse Madame Le Normant d'Etiolles, que reçoit secrètement Louis XV dans ses petits cabinets. Et personne, enfin presque personne ne connaît encore leur secret". En 1745, Louis XV est à un tournant de sa vie. Vingt ans plus tôt, à quinze ans, il s'est marié avec Marie Leszczynka, de sept ans son aînée, fille du roi détrôné de Pologne, Stanislas Ier. Malgré l'écart d'âge, Le jeune roi vécut d'abord des années heureuses aux côtés de cette femme au physique pas très avenant mais qui lui est sincèrement dévouée au point de supporter avec abnégation des grossesses à répétition. Mais en 1734, la reine se plaint des infidélités du roi. Louis tombe successivement amoureux de quatre des cinq sœurs de Mailly, les filles du marquis de Nesle. En 1744, quand la troisième sœur, la duchesse de Châteauroux meurt, probablement empoisonnée, le roi est inconsolable. La quatrième, Adélaïde, tente en vain de sortir le roi de la neurasthénie qui l'accable, mais Louis demeure inconsolable.
D'une nature inquiète, Louis XV est un grand dépressif. Cette mélancolie remonte à son enfance, quand il a vu disparaître tous les membres de sa famille. Tradition contre modernité. La cour la toléra, par force, mais ne l'adoptera jamais. On ne cessera de comploter pour la faire chasser, en dépit de ses efforts pour se démarquer de ses origines et se conformer au modèle régnant. Depuis son élévation au rang de maîtresse déclarée, Jeanne-Antoinette se faisait un devoir de protéger les gens de lettres. Mais comment exercer un mécénat littéraire avec un roi qui s'intéressait peu aux livres et se méfiait des écrivains ? Toute-puissante à Versailles, Mme de Pompadour avait la nostalgie de Paris. Elle voulait pouvoir s'y promener incognito, faire ses achats dans les magasins de luxe comme toute grande dame de son temps, et aller voir Alexandrine au couvent de l'Assomption. L'appartement que le roi mettait à sa disposition à l'hôtel des Ambassadeurs ne lui suffisait plus. Il n’y a au monde qu’une chose de grave et d’inguérissable, c’est la mort, tout le reste se guérit, même l’amour le plus vrai, le plus profond, comme celui que vous éprouvez". Mais la future marquise de Pompadour surgit dans la vie de Louis. Entre cette beauté de vingt-trois ans et le roi qui en a trente-quatre se noue une liaison passionnée. Tout d'abord clandestin, cet amour va rapidement se révéler aux yeux de tous. La cour bruisse de rumeurs. On épie au petit matin les retours du carrosse royal. Cela jusqu'à un événement demeuré célèbre, "le bal des ifs", ainsi nommé car le roi avait choisi de se déguiser en if, ainsi que sept gentilshommes de sa suite. Quand un des arbustes s'éclipsa avec Madame d'Étiolles, on comprit qu'il s'agissait du roi et que la jeune femme était bien la nouvelle favorite. La nouvelle fit scandale. Comment une femme aussi mal née que cette Poisson pouvait-elle prétendre entrer dans le cercle très fermé de la cour ? Sans rang ni titre, flanquée, tant du coté paternel que du coté maternel d'une généalogie aussi peu reluisante, la nouvelle élue ne pouvait qu'être rejetée par ces aristocrates qui méprisaient tout ce qu'elle représentait. Les favorites sont rarement populaires. Le peuple les accuse volontiers de troubler la famille royale, de ruiner la monarchie, de distraire le souverain de son métier de roi. La cour en accepte l’existence, toutes les grandes familles aspirent alors à un tel honneur, mais les intrigues des différentes factions sont redoutables, et c’est souvent d’elles que viennent les épigrammes les plus cruelles, voire, les accusations les plus noires. "Pour l’humanité dans son ensemble, l’amour est une forme de l’égoïsme. Un homme aime une femme. Cela veut dire qu’il la désire. Il en souhaite la possession. Il veut absolument que cette femme soit à lui et non à d’autres. Si elle est vénale, il l’achète comme un marbre, un objet de luxe quelconque. Si elle est honnête, il s’efforce alors de lui prouver qu’elle doit lui appartenir volontairement. Voilà votre Majesté, tout le dilemme". Issue de la bourgeoisie, Mme de Pompadour née Poisson ne fut pas épargnée. On inventa les "poissonnades" comme il y avait eu les "mazarinades", souvent injustes, parfois drôles, toujours méchantes. Mais la jeune femme a un atout dont sont dépourvues beaucoup de femmes à la cour, sa bonne éducation. Elle a beaucoup lu, et sa conversation est plaisante. Bientôt avec l'aval de la vieille duchesse de Conti, voilà la marquise logée dans les appartements du roi, presque mitoyens avec ceux de la reine. Finalement, les deux femmes sont assez fines pour renoncer à toute querelle. Peu à peu, la marquise se fait accepter par la cour et reçoit les personnages les plus influents du royaume qui se pressent le matin à sa toilette, bientôt beaucoup plus courue que celle de la reine. "Jeanne-Antoinette n’était pas ce qu’on appelle un caractère contemplatif. C’était un esprit éminemment actif. Or, l’activité de l’esprit, c’est de la curiosité sans cesse en éveil. Avant même de posséder, elle aimait décorer". L'ascension de la marquise se poursuit. En 1752, elle est faite duchesse, un titre auquel est associé le privilège de rester assise en présence du roi. Mais il lui faut de plus en plus d'argent. Elle aurait dépensé l'équivalent de cent millions d'euros pour pouvoir tenir son rang et accueillir le roi et sa suite dans des conditions fastueuses. Cette fortune se dilapide en châteaux décorés et meublés avec raffinement. Ses propriétés se comptent par dizaines. Le château de Menars, l'ermitage de Fontainebleau, ceux de Compiègne et de Versailles, l'hôtel des Réservoirs. Et surtout Bellevue, construit sur la colline de Meudon. En 1753, à Paris, elle acquiert l'hôtel d'Évreux, rebaptisé par la suite Palais de L'Élysée, où elle donne de fastueuses réceptions. C'est là qu'est reçu le jeune Mozart, lors de son passage à Paris, en 1764. Ainsi, pour agrandir le jardin, la marquise fait abattre les arbres des Champs- Élysées sans se soucier de l'avis des Parisiens qui profitaient de leur ombrage. En devenant la maîtresse du roi, la duchesse de Pompadour, est-elle vraiment consciente des difficultés de sa position ? Probablement. Belle, éduquée, cultivée, elle est aussi prodigieusement intelligente. Et ambitieuse. Mais pour une femme d’une telle condition physique, la tâche est quasi surhumaine. Parmi les "poissonnades" écrites contre elle, on compte celles de Maurepas, ministre du roi et langue de vipère. Il le divertissait, jusqu'au jour où l'amuseur dépassa les bornes et reçut une lettre de cachet. D'autres ministres deviennent des ennemis féroces. Parmi eux, le duc de Richelieu. "C’est avec une prodigieuse facilité qu’elle s’assimilait les sensations les plus subtiles. Mais elle était trop confiante". Au sein d’une Cour qui la dénigre, la surnomme avec méchanceté la "Caillette" et raille ses origines bourgeoises, la duchesse vit un combat de chaque instant. Elle doit sans cesse trouver de nouveaux amusements pour son amant, rester la magicienne qui enchante sa vie quotidienne. Soucieuse d’entraîner Louis XV dans un tourbillon de plaisir qu’elle semble capable de renouveler à l’infini, Madame de Pompadour n’a pas le droit de se reposer un seul instant. Elle connaît la précarité de la situation de favorite et elle n’a pas le doit à l’erreur. Or Jeanne-Antoinette est, depuis sa plus tendre enfance, de santé très fragile. Enfant, on craint plusieurs fois pour sa vie. Ses bronches ne supportent par le froid et les courants d’air, innombrables à Versailles. De violentes migraines et des étourdissements la clouent au lit fréquemment. Le remède ? Des saignées, qui ne font que l’affaiblir chaque jour davantage. Depuis qu’elle est la maîtresse du roi, à la constitution fragile de Mme de Pompadour s’ajoutent des troubles d’ordre gynécologique à répétition. Il semble bien qu’elle ait fait, entre avril 1746 et avril 1749, trois fausses couches. Elle souffre notamment d’une leucorrhée qui doit rendre douloureux les rapports sexuels. Ses ennuis intimes, elle s’efforce tant bien que mal de les dissimuler. Mais tout se sait dans le monde clos et médisant qu’est alors Versailles. Les "gênes" de la maîtresse du roi sont de notoriété publique. Profondément humiliant et blessant pour Madame de Pompadour. "Il y avait en elle une sorte de besoin de bataille qui s’était longtemps traduit par un véritable emportement à tout apprendre: musique, peinture, gravure, littérature, rien ne lui était indifférent ou étranger, à la cour, cela plaisait". Mais à la longue, la marquise a l'intelligence de comprendre qu'elle ne suffit plus les désirs du roi et abandonne le rôle de maîtresse pour celui d'amie nécessaire. Craignant de se voir supplanter par d'autres jeunes femmes, elle organise les plaisirs du roi. Elle recrute des jouvencelles qui ne risquent pas, à cause de leur jeune âge, de devenir des favorites en titre. Ce système dit "du Parc-aux-cerfs" du nom du domaine versaillais qui abritait les amours du roi, finira par faire scandale. Après 1750, on commence à dire, de Madame de Pompadour, qu'elle fait figure de plus joli premier ministre de Louis XV. Un de ses mérites a été de faire entrer un peu de l'air du temps et des idées nouvelles dans l'entourage du roi. Parmi les hommes qu'elle fréquente, partisans d'une monarchie à l'anglaise, se distingue un libéral, Choiseul qui va se retrouver aux affaires étrangères. Madame de Pompadour, à la culture place son propre frère, le marquis de Marigny, à qui l'on doit, avec l'architecte Gabriel, la place Louis XV, aujourd'hui place de la Concorde. Par choix et par goût, elle est également à l'origine d'une institution promise à une grande réussite, la Manufacture de porcelaines de Sèvres. Mais hors de Versailles se manifeste une opposition de plus en plus vive. Celle du clergé, mais aussi celle des parlements qui dans les provinces, sont résolus à disputer au pouvoir royal son caractère absolutiste. La situation de la France se dégrade lentement mais inexorablement.
"Un roi désordonné, vicieux, c’est le malheur d’un royaume, ce sont les folles dépenses, ce sont les levées d’impôts, ce sont les émeutes, ce sont les guerres pour conquérir l’or nécessaire à satisfaire les maîtresses". En janvier 1757, c'est à la personne physique du roi que l'on porte atteinte. Un homme se jette sur lui et le poignarde. La blessure est sans gravité mais cette tentative de régicide resserre les rangs des dévots qui se précipitent au chevet du roi. Ils réussissent à éloigner Madame de Pompadour, qui reçoit l'ordre de faire ses bagages et de se retirer. Alors que des femmes du grand monde se pâment, la marquise de Pompadour ignore-t-elle la montée de ces périls ? Occupée tantôt à des affaires d'État, tantôt à des futilités, elle poursuit cette vie de parade qui la voit consacrer un soin extrême à ses toilettes, en tant qu'ambassadrice du luxe. Mais ses tenues somptueuses peu à peu s'assagissent car Madame de Pompadour s'emploie maintenant à donner un tout autre visage en se tournant vers la religion. À la cour, certains médisants considèrent ce revirement comme sa dernière mise en scène. Car la marquise souffre déjà de cette affection pulmonaire qui l'emportera dans sa quarante-troisième année et la mort de sa fille unique, Alexandrine, âgée de dix ans, a entamé définitivement sa vitalité et sa joie de vivre. La marquise fut-elle un simple pion dans les mains de son royal amant, le plongeant dans un bourbier d'immoralité, ou à l'inverse fut-elle une femme des Lumières, visionnaire à sa façon mais qui ne sut pas, alors hélas, pousser le roi vers une monarchie plus libérale. Louis XV ne sut pas évoluer, et c'est peut-être là son erreur politique majeure. Une erreur qui engage sa responsabilité dans les prémices bouillonnantes conduisant la France à la Révolution de 1789. "Une petite pluie fine tombait sur Paris. Mais malgré cette sorte de brouillard froid qui pénétrait et faisait grelotter les gens, la place de l’Hôtel de Ville était noire de peuple. De tout temps, une des grandes distractions du peuple a été de regarder les riches s’amuser. La véritable catastrophe est de ne pas être aimé de celle que l'on aime !". Elle meurt d'une congestion pulmonaire, le quinze avril 1764, à Versailles, âgée seulement de quarante-deux ans. Madame de Pompadour, qui croyait toujours aider son amant, avait-elle conscience de nuire parfois à la bonne marche des affaires ? La gloire est une chose, mais savait-elle faire la différence entre la fermeté et la témérité, l’audace et l’imprudence ? Profondément attachée au roi, elle avait tendance à croire que tout le monde éprouvait les mêmes sentiments qu’elle envers le monarque. Elle se trompa lourdement sur Choiseul, qui n’éprouvait que du mépris pour un roi qu’il servait par pur intérêt personnel. Elle soutint avec fougue la poursuite de la guerre, malgré les judicieux conseils de Bernis, ami de longue date qu’elle n’hésita d’ailleurs pas à sacrifier lorsque ses vues divergèrent des siennes. Louis XV aurait du écouter les conseils de l’abbé, stopper la guerre et, surtout, prendre un premier ministre. Le dix mai 1774, le roi succomba à la petite vérole dont il avait été atteint en avril. Le "Bien- Aimé" était tombé dans une telle impopularité que c'est de nuit, par peur des manifestations, que son cercueil fut emmené à Saint-Denis. Jeanne-Antoinette, quant à elle, fut enterrée à Paris, dans la chapelle du couvent des Capucines, au côté de sa mère Madeleine de La Motte et de sa fille Alexandrine décédée le quinze juin 1754.
Bibliographie et références:
- Cécile Berly, "Les femmes de Louis XV"
- Simone Bertière, "La reine et la favorite"
- Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, "Madame de Pompadour"
- Pierre de Nolhac, "Louis XV et Madame de Pompadour"
- Henri Pigaillem, "Dictionnaire des favorites"
- Benedetta Craveri, "Reines et favorites"
- Michel de Decker, "La Marquise des plaisirs"
- Évelyne Lever, "Madame de Pompadour"
- Xavier Salmon, "Madame de Pompadour et les arts"
- René de la Croix, duc de Castries, "La Pompadour"
- Émile Campardon, "Madame de Pompadour et la cour de Louis XV"
- Marcelle Tinayre, "Madame de Pompadour"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Je vais vous conter comment j’imagine vivre une journée si j’étais enfin un esclave. Ce récit est bien sur hypothétique et n’est en aucun cas réel, il sera en 2 parties . Je pars sur le principe que mes Maitres travaillent de journée.
Ma journée commencerait à 6H du matin, ou le système qui me maintient enchainé au mur me libère et me réveille en m’arrosant d’eau froide afin que je puisse me laver. Oui étant donné ma condition d’esclave je n’aurai pas le luxe de pouvoir bénéficier d’un vieux matelas, qui sont réservé aux soumis.
Une fois lavé, je m’équiperais en liant mes chevilles avec une chaine, idem pour mes mains, je me mettrais un bâillon, et pour finir un plug dans l’anus dont la taille varie en fonction aléatoire venant du système.
Je devrai me rendre en cuisine, afin de préparer de le petit déjeuner de mes esclavagistes. Moi évidemment, je n’ai pas le droit de mange, des caméras sont installées partout dans la maison afin de me surveiller. Une fois le repas prêt je dois aller réveiller mes Maitres, pour cela je dois sucer Monsieur tout en doigtant Madame, une fois les 2 bien réveillés et chaud je dois les regarder faire l’amour. Tout cela a pour but de bien me rappeler ma condition d’esclave et que plus jamais je ne pourrai pénétrer une femme, un être supérieur, du fait que je suis encagé pour le reste de ma vie. Dès que leur jouissance est terminée, je dois les douchés et les raser si besoin. Une fois habillé je leur porte le petit déjeuner dans la salle à manger et je me place dans un coin de la pièce en attendant qu’ils aient fini. Je débarrasse la table, et lave la vaisselle, pendant qu’ils vaquent à leurs occupations. Quand la cuisine est redevenue propre, je dois me rendre dans l’entrée pour les attendre pour leur passer leurs vestes.
Et je dois sortir avec eux pour leur ouvrir le portail, évidemment je suis nu et enchainé, les gens qui passent dans la rue me dévisage comme si j’étais un moins que rien et ils n’ont pas tort. Mais en tant qu’esclave, avoir de la rancœur envers eux m’est interdit. Une fois mes Maitres partis je referme le portail, et je vais exécuter mes taches, le matin c’est ménage de la maison, le tout à 4 pattes. Vers 11H30, préparation du repas.12H30 je dois ré ouvrir le portail et les attendre non pas dans l’allée, mais sur le trottoir afin de m’humilier encore plus. Mes Maitres avaient prévenu les gens du petit hameau où ils vivent, qu’ils avaient fait l’acquisition d’un esclave, et que si l’envie le leur en prenait et quand j’étais sur le trottoir, ils pouvaient me martyriser avec les divers accessoires que mes Maitres avaient mis à disposition dans une boite sur le trottoir.
Au début, j’étais insulté, on me crachait dessus, puis les gens se sont habitués. Il a fallu 4 mois avant que je reçoive mon premier coup de fouet, d’un passant. Ce midi une femme s’était disputé avec son copain, et pour se défouler elle est venue jusqu’à moi, me mis un coup de genou dans les couilles, ce qui me plia en 2. Elle prit la cravache et m’en rouste le cul d’une vingtaine de coups. Elle s’est arrêtée car ma Maitresse arrivée. Mon maitre arriva 30 secondes après, je me relevai referma le portail et les débarrassa de leur veste.
Je leur servi le repas et comme le matin j’attends dans un coin qu’ils aient fini. Ce midi, ma Maitresse m’informe qu’un chauffagiste doit passer pour réviser la chaudière, et qu’il est au courant pour moi et que je dois lui obéir comme si c’était mon Maitre. 13h30, mes Tortionnaires repartent travailler. Une fois le portail fermé, je file m’occuper de la cuisine. Une fois propre, je vais passer un coup de balai dans l’allé de garage.
14H30 je reçois une décharge électrique de mon collier, cela signifie que quelqu’un à sonner au portail. Je vais ouvrir et bien que le chauffagiste soit prévenu, il était choqué de me voir ainsi. Je lui fis signe de me suivre vu que je ne pouvais pas parler, et le guida jusqu’à la chaudière. Je restai à ses coté le temps de son intervention, quand il eut fini, il me demanda si ma condition me plaisait je répondis par un oui de la tête, et m’interrogea s’il avait vraiment le droit de me faire tout ce qui voulait. Je refis un signe de tête positif. Alors il attrapa la chaine de mes pinces à tétons et la tira en l’air je du me mettre sur la pointe des pieds afin de soulager la douleur. Ce qui le fit rire, il regarda sa montre et dit tout haut qu’il lui restait 30 min avant son prochain rdv. Je compris que j’allais être utilisé comme bon lui semble, et il ne tarda pas. Il reprit la chaine des pinces et me força à le suivre à un rythme très rapide jusqu’à dehors. Cela me parut bizarre mais comme je suis un esclave et que je ne dois pas penser, je le laissa faire. Il me fit agenouiller dans l’allée de garage et ouvrit le portail, il regarda s’il y avait du monde. Il partit quelques minutes en me laissant seul à genou à la vue de tous, mais cela ne me gêna plus. Il revint avec la femme de ce midi, qui n’avait pas décolérer malgré le petit passage à tabac que j’ai subi.
Il lui demanda devant moi, si je la choqué du fait de ma condition. Elle répondit que lorsque Mes Maitres avaient fait l’annonce de mon arrivée, ils avaient tous cru à une blague. Et que quand je suis rentré dans la salle. Nu et enchainé, ils ont tous eu pitié de moi. Je me souviens aussi qu’avant de devenir totalement leur esclave je du vivre 1 semaine en tant que soumis le temps qu’on me fasse passer un test psychologique pour être sûr que cette volonté d’être esclave était bien de moi et non un chantage. Et quand le psy rendit son verdict et qu’il affirmait que c’est moi qui aie demandé à être réduit en esclavage, mes Maitres pour me punir et montrer que je suis bien l’initiateur de ma condition, ils me firent mettre à nu devant tout le monde, je m’exécutai aussitôt, et la salle eut un mouvement de recul, car entre la première fois qu’ils m’ont vue et là, il y a eu beaucoup de changement.
Effectivement, mes fers étaient scellés définitivement (par des boulons soudés) à mes membres, idem pour ma cage de chasteté elle n’avait plus de cadenas mais elle fut soudée elle aussi. Des piercings orné mes tétons et des pinces passer par-dessus. Un tatouage au-dessus du pubis représentant 2 piques avec R et D à l’intérieur. Afin de bien se faire comprendre mon maitre demanda le silence du public encore sous le choc, et annonça que je suis devenu leur esclave, que je n’existe plus en tant qu’humain, que je ne suis plus qu’une sous merde, et que n’importe qui du village, pouvait me torsionner. Je frissonnai lors de cette annonce, alors le maire pris la parole et demanda ce que mon maitre voulait dire.
Ma Maitresse pris la parole, et annonça que n’importe qui habitant dans le village, s’il est en colère, il peut venir se défouler sur moi, et me faire subir ce qu’ils veulent. Une femme demanda ce qu’elle pouvait me faire. Alors ma Maitresse lui demanda de venir près de moi, et lui poser la question si elle aller bien. La dame lui répondit que non car elle avait perdu son portefeuille. Ma Maitresse s’approcha de son oreille, et lui murmura quelque chose, dans la seconde qui suivi je m’écroulai à terre tellement le choc reçu à mes bourses furent violent. Mon Maitre m’ordonna de me relever tout de suite, ce que je fis immédiatement de peur de recevoir une punition.
fin de la partie 1
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XX Dévotion à Mon Maître / Ma Maîtresse.
Prières avant la séance BDSM.
Acte de foi.
Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, je crois sincèrement en Vous. Je crois fermement à ce que Vous m’annoncez, à vos promesses de coups à vos désirs de cuirs. Je me donne à vous pour vivre plus abondamment vos plaisirs et fortifier ma foi en Vous.
Acte d’humilité.
Je reconnais Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, que je ne suis qu’une humble créature, issue de vos mains et de vos caresses. Je reconnais mes péchés et mon indignité devant Vous. Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, regardez-moi de haut, accordez-moi vos gifles, dites seulement une parole et je serais votre Salope.
Acte de contrition.
Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, Je déteste toutes les fautes de ma vie, je les déteste de tout mon cœur, parce qu’elles vous ont offensées, Vous, Ô Mon Maître / Ma Maîtresse. Je vous supplie oubliez mes hésitations, oubliez mes faiblesses. Devant Vous, je prends la résolution de me corrompre pour vous et d’accepter vos justes pénitences.
Acte de désir et de sexe.
Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, mon plaisir et ma force. Vous qui me guidez aux cieux et dans le Subspace. J’ai grand désir de vous recevoir en moi. Je me réjouis de la pensée que Vous daigniez me posséder. Venez, Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, pénétrez mon corps ; qu’il soit à Vous pour toujours, pénétrez mes trous ; qu’ils jouissent de Vous puissamment et par-dessus toutes choses.
Prières après la séance BDSM.
Acte de foi et d’adoration.
Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, je le sens encore, c’est vous que je viens de recevoir, Vous, Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, malgré mon masque, malgré mes chaînes, aveugle et dans le viol, j’ai été visité par votre sauvagerie et Vous êtes venu(e) décharger en moi ! Saisi (e) d’un profond respect, je me prosterne devant votre brutalité. Je vous adore, et je vous offre mes humbles louanges.
Acte de reconnaissance et d’amour.
Très doux Maître / très douce Maîtresse, je vous remercie de tout mon corps, pour la grâce indigne que vous Venez de me faire. Que Vous rendrai-je pour de telles sanctions ? Je voudrais Vous adorer, autant que Vous êtes cruel (e) et vous servir autant que Vous méritez de l’être. Apprenez-moi à vous aimer, à aimer vos crachats, à aimer vos fouets et votre sainte volonté.
Acte de demande.
Vous qui êtes en moi, Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, Vous qui m’avez dit : « Suce et tais-toi ! » Vous êtes rempli de bonté pour moi, les mains pleines de claques, les mains pleines de grâces : daignez les répandre sur mon corps qui en a tant besoin. Ôtez de sur mon corps tout ce qui vous déplaît. Habillez pour le rendre agréable à vos yeux. Étendez sur moi le costume de la bête ou de la putain que je vive par Vous et pour votre regard.
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Elle avait été toujours conquise par celles qu'elle avait aimées, autant qu'elle les avait conquises. Ainsi s'explique peut-être que l'amour et l'estime soient toujours pour elle allés de pair. Elle avait tâché de se fabriquer du bonheur apaisant dans de nouveaux draps, de brouter de la romance, s'était appliquée à palper sans relâche des corps frais disposés à jouir, de tout. Mais toutes ces passions inventées, pullulantes dans son cœur, colmatées de mensonges qu'elle confectionnait pour s'illusionner elle-même, n'étaient pas parvenues à la délier de Charlotte qui, seule, la rendait complice de la vie. Elle avait bien ce pouvoir-là, son amante servile, de l'introduire dans la poésie de l'existence, de la rendre épanouie et moins pénitente d'être née. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité avantageuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette a eu raison bien à l'avance et je ne lui suis déjà plus loyale. Alors, je me sentis mue par cette naïveté qui habite les cœurs encore jeunes, je fus convaincue que ma vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. J'étais poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Nous ne possédions rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier de cuir et un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, la lumière du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans notre relation que la vérité, crue et nue, de notre sexualité. Nous n'avions pas eu à donner le change, pas plus à nous-mêmes qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre deux amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Nous n'étions pas des animaux très sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et nous n'y avions pas eu recours. Aussi, je me sentais tenue de tout lui dire, sans même l'embrasser ou la caresser, mais je n'avais pas assez comptée sur l'appétit que nous avions l'une de l'autre, et je lui fis d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes habituellement au sarcasme, elle baissa la tête, elle la releva à peine émue. Ce n'était pas de l'indifférence, mais de la discrétion. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les deux lettres JM qui ornaient son pubis lisse, double signe de son appartenance, mais surtout les vives cicatrices. Les coups de cravaches. Juliette la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. C'était une fille très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne. Elle avait de petits seins fermes et frémissants, des hanches enfantines à peine formées. À force d'être battue, elle était tombée amoureuse de Juliette. Elle obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais Juliette lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par elle. Elle attendait qu'elle arrivât à se soumettre sans avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait souvent, puisqu'elle ne la quittait à aucun moment, qu'elle la vît aussi bien caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Peut-être Juliette avait trop comptée sur l'indifférence à la fois et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Près d'elle, l'amère existence devenait presque acceptable. L'amour physique, comme on le sait si bien, est l'art des rebondissements.
On écrit pour cette fille, et elle se montre infidèle. Elle devait avoir trente ans. Son visage ovale, pâle, tout occupé par deux yeux bleus et une bouche aux lèvres minces, exprimait la fatigue ou bien cette forme durable de la fatigue qui s'appelle le mépris. Les femmes sont trop souvent sensibles à leur image, le dernier barreau, tout en haut, c'est la communion des saints, le "fraternel et mystique chaînon" dont parle Baudelaire. Elle avait usé de tout son talent pour que cette idée lui vînt, sans qu'elle décelât son influence, mais elle n'était pas certaine d'y être parvenu. Elle savait qu'en exigeant une conduite, elle faisait naître chez Charlotte le désir de l'interrompre. Or, depuis qu'elle avait découvert le plaisir de la franche colère, si jouissive dans ses débordements, Juliette avait tendance à s'installer dans cette facilité pénible pour elle. En acceptant ce comportement au point de le prescrire, Juliette reprenait le contrôle de la situation, qu'elle avait d'ailleurs suscitée. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. En admettant que Charlotte fût avec elle aussi abandonnée qu'elle l'était avec une autre, ce qui était probable, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cet abandon ne l'engageait pas à grand chose ou rien. Mais dans ce double jeu subtil de duplicité, la sensualité n'était jamais absente, et le plaisir à fleur de peau. Et quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait alors si rudement son ventre qu'elle crut s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Sitôt que Juliette l'eut mise nue, certaine qu'elle ne désirait que sa parfaite docilité, elle demeura, les yeux baissés. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois elle se réveilla en sursaut. Elle semblait alors appartenir à un autre monde et à d'autres brouillards que ceux-ci.
La conversation était tout à fait étrange, au moins sur le plan musical, car elle se servait souvent d'une voix aux inflexions terriblement soyeuses. Confiante, elle ne fut pas longue à être totalement nue, et radieuse de l'être avec cette fierté jusqu'au bout des seins qui était comme une gifle adressée à Juliette. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. La foi où elle était que lorsqu'on la touchait, que ce fût pour la caresser ou pour la battre, c'était pour sa Maîtresse. L'après-midi, elle retrouva Juliette et l'emmena chez Xavier. Ainsi vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors la jeune fille abandonna son corps aux désirs sadiques de Xavier. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Xavier se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à flageller les reins qui s'offraient à lui. Il commença doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Xavier, excité, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Elle se débattait entre ses liens, non pas pour s'en soustraire, mais au contraire, pour le plaisir d'être plus faible. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Xavier frappa encore plus fort et les fines lanières claquèrent dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en en tordant son buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant, au grand dam de Charlotte qui aurait préféré voire perler du sang sur ses seins. Elle jouissait toujours quand on flagellait sa poitrine.
Ayant perçu qu'elle ne procure de volupté qu'à condition d'aimer d'abord, dans sa tête, l'idée qu'on s'en fait, la position bestiale qu'elle implique, le sentiment d'outrager la nature, et qu'à s'échauffer mentalement de ce qui l'associe à la saleté, à la souillure, à la représentation d'une ordure intime, violemment remuée. La jeune femme docile, elle, dansait sa joie que son amante fût devenue celle qu'elle avait parié qu'elle serait un très beau jour, cette Maîtresse aboutie, mûrie, évadée de sa solitude, qu'elle était si loin d'être lorsqu'elle avait connu. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Xavier dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Mais la douleur devint trop vive. Mais quel bonheur, le cuir qui marque les chairs, le désir d'une Maîtresse qui sait s'adjuger sans compassion ce qu'elle veut. Elle se disait qu'enfin, elle avait aimé son amante que pour mieux se donner, esclave et comblée. Elle laissa alors couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Xavier de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Xavier qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait alors la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva bientôt le gémissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Xavier dut alors maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent sur le lit. Xavier fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de son sperme abondant et visqueux qu'elle avala mystiquement jusqu'à la dernière goutte. Ses yeux brillaient de grâce. Le plaisir sur lequel elle ouvrait les yeux était un plaisir anonyme et impersonnel. Elle gémit bientôt sous les caresses de sa Maîtresse, et commença à crier quand son amante, se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre ses cuisses engourdies, les fines et souples petites lèvres.
Elle avait fini par aimer qu'on la prenne ainsi tout autant que par la voie ordinaire, et le préférant, même de plus en plus souvent. La jeune femme se réjouissait que son amante qu'elle avait tant attendu l'eût finalement éveillée en se réveillant elle-même. Naturellement, elle la viola. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Xavier, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé; elle comprit simplement qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Alors, bientôt il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors avec force, sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre et sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles offensées. L'homme ne la quitterait, qu'à la nuit tombée, après lui avoir avec frénésie, labouré les reins tant il était épais et roide. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Xavier, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Xavier sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter et distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Xavier se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Elle avait remarqué que sa Maîtresse aimait aussi à tout instant, même si elle ne la désirait pas, la savoir à sa merci. Semi-consciente, elle pensa seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait pire que n'importe quelle chaîne car ce qu'elle demandait aux femmes, elle était heureuse et trouvait naturel que les hommes, comme les femmes fussent acharnés à le lui demander. Agir en phase avec son instinct de femelle lubrique la faisait toujours infiniment jouir.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Salut à tous, voici une histoire vraie de ce que j'ai vécu quand j'avais 23 ans.
Je venais de finir les études, et j'étais encore puceau, j'ai 23 ans au moments des faits et je cherchais par tout les moyens à ne plus être vierge. J'avais honte à cette époque. Mais étant un enorme timide, je ne n'osai approcher les femmes.
je me suis donc tourné vers le monde du BDSM. Et un jour j'ai eu une idée appeler un sex shop de Rouen me faire passer pour mon propre Maitre et me proposer en tant que cobaye dans sa boutique afin de me punir.
Le gérant accepta et la date fut fixé. je me prépara et lui écrit une lettre afin de lui donner certaines instructions, comme le fait que je dois me deshabiller et etre en guèpiere et string, le temps de mon sejour chez lui. que je lui mettai à disposition des cordes afin qu'il m'attache les mains et les pieds. Et lui demanda que si il y a pénétration que les clients mettent des capotes (logique).
donc le jour J, je me prepara, me rassa le sexe et l'anus, puis pris la route.
arrivé au parking avant de sortir je mis mes talons aiguilles et marcha jusqu'a la boutique, il y avait facilement 500 metres à faire et je dois dire que j'étais honteux et excité de me balader comme ça dans Rouen.
Une fois dans la boutique je lui tendis la lettre et me fis mettre en sous vetements, mais n'utilisa pas les cordes et je ne fut jamais attaché. il me fit descendre dans une des cabines et parti. A peine 10 secondes plus tard un client ce présenta devant moi et devait surement etre au courant de ma venue, il sorti son sexe et m'ordonna de le sucer, ce fut ma premiere fellation et encore l'unique à ce jour (helas). le gérant revint pendant ce temps et pendant que je continuai ma fellation, il donna au client une cravache, un gode géant( 22 cm et 4 cm de diamètre), à l'époque tout ce que j'avais réussi à m'enfiler c'était un manche à balai. donc ce fut assez douloureux lorsqu'il m'ordonna de m'enfoncer dessus.
je repris ma fellation et au bout de 5-6 minute il juta dans ma bouche, et il partit, moi n'ayant pas avaler je recracha tous dans un mouchoir et me releva. j'attendis comme un con dans ma cabine pendant 10 min, un autre client se présenta ne dis rien et reparti.
5 minute plus tard le gérant vient me voir avec du sopalin et du produit à vitre, et me donna l'ordre de nettoyer tous les miroirs à 4 pâtes. je le fit avec peur mais plaisir aussi offrir une vue sur mon derrière était excitant. quand j'ai terminé je remonta les produits à la caisse et fut surpris du monde qu'il y avait dans la boutique.
quand il termina de controler mon travail, il me libéra et je rentra chez moi.
Je fus deçu et content en même temps, déçu car une seule personne s'occupa de moi, et je ne fus pas contraind de mes mouvements, content car cela a été une grande experience pour moi.
J'ai pensé à recommencer mais je n'ai jamais sauté le pas.
A votre avis je dois le refaire ?
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Ses yeux, ce fut longtemps tout ce qu'elle connut d'elle. Beaucoup croient qu'elle fut séduite par sa voix. Mais il a fallu longtemps pour qu'elle en entende le timbre et, déjà, tout était joué. En vérité, c'est son regard qui l'a frappé au cœur. Quand un tel choc amoureux arrive, le temps est suspendu. Bien ou mal, un corps finit toujours par réagir mais à forcer la repartie, on en amoindrit la valeur et le sens. En aimant d'amour, on aime quelqu'un d'autre et même en faisant l'amour, on se donne. De nature plus narcissique, l'amitié tolère l'égotisme, elle l'encourage. Car le climat tempéré de l'amitié favorise l'éclosion du beau sentiment dont chacun renvoie à l'autre l'image délicieuse. Rien d'urticant, rien de vénéneux dans ce jardin. La fleur bleue n'a pas d'épines. Complaisante plus que toute autre, l'amitié amoureuse est un jeu de miroirs qui reproduisent à l'infini le meilleur profil de soi-même. Il s'agit d'un accord, dont les orages de la passion ne risquent pas de troubler l'harmonie et, surtout, d'un moyen de se contempler mieux que dans la solitude dont l'ombre portée obscurcit le jugement. Charlotte entrait dans l'enfer. Elle ne le savait pas. Une miséricordieuse providence cachait l'avenir de rencontres fortuites et de désespoirs où elle avançait. Elle avait repris ses habitudes. Les chagrins s'y cachaient encore, tapis sous les souvenirs et sous les gestes quotidiens, mais le temps qui passait les entourait d'un brouillard, les insensibilisait peu à peu. Elle avait mal mais elle pouvait vivre. Une existence mélancolique où l'attente était remplacée par la résignation et les espérances par des reproches toujours sanglants qu'elle ne pouvait cesser de s'adresser.
Était-elle vraiment folle ? Jamais un instant, la question s'était posée. Dans ce lien de soumission, personne n'avait pu l'arrêter. Elle n'était pas encore descendue à ces profondeurs de souffrances où de mystérieux rendez-vous lui avaient été donnés auxquels il lui fallait devoir se rendre. Il lui semblait qu'elle aurait à souffrir. Mais les prémonitions sont toujours aisées après coup. Elle avait tant de fois retourné dans sa tête tous ces monstrueux enchaînements. Un simple coup de téléphone. L'espoir l'avait ressaisie d'un seul coup, l'avait enlevée, comme un paquet de mer, vers des hauteurs où elle flottait avec un peu d'hébétude, d'où l'incrédulité n'était pas absente. La voix de Juliette avait été très sèche, froide. Elle se répétait que le bonheur, ce n'était plus possible. Mais l'espérance était là pourtant. Ses vieux rêves ne l'avaient pas abandonnée. Elle allait se jeter encore dans ses bras et le monde entier en serait transformé. C'est cette fille innocente et belle si cruellement violentée par ses propres fantasmes que Juliette avait le désir de protéger. Vient toujours un moment où les mères ressentent le désir douloureux et désespéré de protéger à tout prix leurs adolescentes, comme s'il était en leur pouvoir de leur donner à vivre une autre vie. On ne peut pas mesurer nos vies à nos dernières années. De cela, j'en étais certaine. J'aurais dû deviner ce qui m'attendait. Avec le recul, il me semble que c'était évident, mais les premiers temps, je trouvais que ces incohérences étaient compréhensibles et n'avaient rien d'unique. Elle oubliait où elle posait ses clés, mais à qui n'est-ce jamais arrivé ? Elle ne se rappelait pas non plus le nom d'un voisin, mais pas quand il s'agissait de quelqu'un que nous connaissions bien.
Elle avait fait ce qu'elle voulait, quand elle le voulait. C'était par défaut sa définition du bonheur. L'aube s'était levée sur son sommeil. Elle réprima un certain sentiment de tristesse, espérant un jour, qu'elle changerait. Juliette l'avait promis et y parvenait en général quelques semaines avant de retomber dans la routine. Charlotte n'aimait pas en discuter avec elle, parce qu'elle savait qu'elle ne lui disait pas la vérité. Son travail était prenant, comme au temps de son agrégation de lettres. Elle longea une galerie d'art sans presque la remarquer tant elle était préoccupée, puis elle tourna les talons et revint sur ses pas. Elle s'arrêta une seconde devant la porte, étonnée, constatant qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans une galerie d'art depuis une éternité. Au moins trois ans, peut-être plus. Pourquoi les avait-elle évitées ? Elle pénétra dans la boutique et déambula parmi les tableaux. Nombre des artistes étaient du pays, et on retrouvait la force présence de la mer dans leurs toiles. Des marines, des plages de sable, des pélicans, des vieux voiliers, des remorqueurs, des jetées et des mouettes. Et surtout des vagues. De toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs inimaginables. Au bout d'un moment, elle avait le sentiment qu'elles se ressemblaient toutes. Les artistes devaient manquer d'inspiration ou être paresseux.
J'aimais cette manière qu'elle avait de faire passer dans ses paroles, avec un à-propos singulier, l'émotion qui menaçait de l'envahir en submergeant tout. Sur un mur étaient accrochées quelques toiles qui lui plaisaient davantage. Elles étaient l'œuvre d'un artiste dont elle n'avait jamais entendu parler. La plupart semblait avoir été inspirées par l'architecture des îles grecques. Dans le tableau qu'elle préférait, l'artiste avait délibérément exagéré la scène avec des personnages à une petite échelle, de larges traits et de grands coups de pinceaux, comme si sa vision était un peu floue. Les couleurs étaient vives et fortes. Plus elle y pensait, plus elle l'aimait. Elle songeait à l'acheter quand elle se rendit compte que la toile lui plaisait parce qu'elle lui rappelait ses propres œuvres. Nous nous étions connues en khâgne au lycée Louis-le-Grand et rencontrées par hasard sur la plage de Donnant à Belle île en Mer un soir d'été. Elle n'avait pas changé. Elle avait à présent vingt-trois ans, elle venait de réussir comme moi l'agrégation de lettres classiques. Elle avait également conservé un air juvénile, perpétuant son adolescence. Les visages en disent autant que les masques. Les yeux noisette, des cheveux noirs, coupés très courts, presque à ras, et la peau hâlée au soleil, épanouie, à moins de détecter quelques signes d'angoisse dans ce léger gonflement de veines sur les tempes, mais pourrait être aussi bien un signe de fatigue. Je l'ai appelée, le soir. Nous avions convenu d'un rendez-vous chez elle. Elle m'a ouvert. "Tu es en retard" a-t-elle dit, j'ai rougi, je m'en rappelle d'autant mieux que ce n'est pas une habitude. Quand elle la vit s'avancer vers elle, elle eut un imperceptible mouvement de recul. Puis, sans y penser, elle lui tendit la main. C'était une manière tout à la fois de s'en approcher et de se tenir à distance. Le contact de sa main chaude la surprit et la fit revenir à elle. D'un coup, le rêve prenait une réalité et la femme à laquelle elle songeait cessait de d'être une pure apparence pour devenir un corps et promettre le plaisir.
Elles marchaient au hasard dans Paris. Elle se taisait. La peur, le sentiment d'insécurité, d'impuissance et d'abandon étaient les mêmes qu'à leur premier rendez-vous. Le passage à l'acte, la pulsion provoquaient en elle la même terreur qu'autrefois. On basculait dans la mort, c'est à dire dans ce qu'on maîtrise plus, qui n'a plus de grammaire, plus de syntaxe, dans ce qui n'a plus de mots. On passait une ligne invisible, au-delà de laquelle, il n'y avait plus rie. Elles venaient de quitter une vie qu'elles ne vivraient jamais plus. Celle pendant laquelle elles ne s'étaient pas connues. Elles furent ainsi frappées par l'amour. Je ne comprenais pas pourquoi ses moindres propos me gênaient ainsi. Elle m'avait aidée à ôter mon imperméable. Il pleuvait. Mes cheveux étaient mouillés, elle les a ébouriffés comme pour les sécher, et elle les a pris à pleine main, m'a attirée à elle. Je me suis sentie soumise, sans volonté. elle ne m'a pas embrassée, elle ne m'a jamais embrassée, depuis quatre ans. Ce serait hors propos. elle me tenait par les cheveux, elle m'a fait agenouiller. Elle a retiré ma jupe, mon chemisier et mon soutien gorge. J'étais à genoux, nue, ne portant qu'une paire de bas et des talons hauts, j'avais froid. Quand je pense à nos rapports, depuis, il y a toujours eu cette sensation de froid, elle a le chic pour m'amener dans des endroits humides, peu chauffés. Elle m'a ordonné de ne pas la regarder, de garder le visage baissé. Elle est revenue vers moi une fine cravache à la main. Ce jour-là, elle s'est contentée de me frapper sur les fesses et les cuisses, en stries parallèles bien nettes en m'ordonnant de compter un à un les coups. Ce fut tout ce qu'elle dit. À dix, j'ai pensé que ça devait s'arrêter, qu'elle faisait cela juste pour dessiner des lignes droites, et que je n'allais plus pouvoir me retenir longtemps de hurler. À trente, je me suis dit qu'elle allait se lasser, que les lignes devaient se chevaucher, constituer un maillage, et que ça ne présentait plus d'intérêt, sur le plan esthétique. J'ai failli essayer de me relever mais elle m'avait couchée sur le bois, et m'avait ligotée les poignets et les chevilles aux pieds de la table. Elle s'est arrêté à soixante, et je n'étais plus que douleur, j'avais dépassé la douleur. J'avais crié bien sûr, supplié, pleuré et toujours le cuir s'abattait. Je ne sais pas à quel moment j'ai pensé, très fort, que je méritais ce qui m'arrivait. C'était une cravache longue et fine, d'une souplesse trompeuse et d'un aspect presque rassurant. La douleur qui me tenaillait se mua lentement en plaisir.
Elle était comme quelqu'un qui entrerait dans une pièce noire en portant une torche, mais on voit seulement la lumière, jamais la main. Elle éclairait sans détourner l'attention de la clarté. C'est du vif-argent qui réfléchit sans bord ni cadre, mais agile et prudent, sage et image, un phénix qui renait de toutes ses cendres. Elle fut si heureuse que tout ce qu'elle vit, rendit encore plus séduisante la femme impétueuse. Elle aimait son regard couleur d'aveline, l'épi de cheveux noir de jais sur le coin de son front. Elle aimait sa gêne et son malaise car elle y lut la confirmation qu'elle était aussi fortement attirée par elle. Très hardie dans l'intimité, elle parvint à tout lui céder. Il est peu probable que si j'avais su qu'un jour je devrais figurer nue dans un roman, j'aurais refusé de me déshabiller. J'aurais tout fait pour qu'on mentionne plutôt mon goût pour le théâtre de Tchekhov ou pour la peinture de Bonnard. Mais je ne le savais pas. J'allais absolument nue, avec mes fesses hautes, mes seins menus, mon sexe épilé, avec les pieds un peu grands comme si je n'avais pas terminé ma croissance et une jeune femme qui s'était entiché de mes jambes. À cet instant, elle a les doigts serrés autour de ma nuque et la bouche collée sur mes lèvres. Comme si après une longue absence, je retrouvais enfin le fil de mon désir. De crainte que je le perde à nouveau. Nous restâmes toutes les deux aux aguets, tendues, haletantes, tandis que l'obscurité se répandait jusqu'au fond de la chambre. Elle voulut me dire autre chose à propos de la fidélité, mais ce ne fut pas le moment alors elle me prit la main et nous demeurâmes silencieuses. C'était ridicule et merveilleux. Nous pleurâmes un peu ensemble. Juliette se sentit l'âme noble et généreuse. Nous nous pardonnâmes mutuellement et nous serions heureuses. Charlotte se jeta contre elle et continua à pleurer. En vérité, elle avait le cœur brisé par les larmes. Mais ce fut une douleur exquise, non plus cette douleur absurde de l'absence. Un inextricable mélange de bonheur et de douleur, touchant de sincérité et débordant de tendresse. Les jeux de l'amour voilent d'autant plus aisément sous la facilité et l'agrément sous les plus cruelles douleurs que la victime s'acharne à ne pas les laisser paraître surtout quand la coquetterie du bourreau raffine la cruauté naturelle des attitudes et des preuves. La passion impose de privilégier l'être aimé et les réels bienfaits ne sont agréables que tant que l'on peut s'en acquitter. Charlotte comprit en cet instant qu'elle ne cesserait plus de désirer Juliette et que cet assouvissement, dont elle s'était passée pendant si longtemps, lui deviendrait dès lors aussi nécessaire que l'air qu'on respire, le silence qu'on entend.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir
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La jeune femme entra dans la chambre où elle avait l'habitude de dormir. Elle avançait à la lueur des bougies, mais aurait très bien pu progresser dans le noir tant elle connaissait les moindres recoins de la pièce. Elle précédait sa Maîtresse qui la tenait en laisse. Une fois de plus, elle la rendait heureuse, en l'honorant et en la surprenant. Charlotte était fière, elle se sentait élue et fêtée. Un bloc de mélancolie, voilà ce qu'elle était devenue. Mais une mélancolie active, qui l'empêchait de se laisser engloutir par les lames de fond de l'instinct de mort pour le retourner comme un gant afin de transformer en énergie docile cette aspiration vers le néant. Les ratures dans son carnet d'adresses, anormalement nombreuses pour une jeune femme de trente ans, étaient les témoins muets de cette noirceur. Et il était doux à Charlotte que ce qui lui fut interdit, matériellement, comme la porte de la cellule interdit matériellement aux filles enfermées, de s'appartenir ou de s'échapper. Il s'agissait du meilleur partie qu'on pouvait alors tirer d'elle. Lorsqu'elle s'éveilla, le silence dans la cave était total. Allongée sur le dos, elle était captive, nue, écartelée. Comme les chaînes tiraient au plus court, vers l'arrière, pour les chevilles et les poignets, elle ressentait une interminable souffrance, proche du démembrement. L'humiliation était là. Se montrer ainsi dans cette position dégradante, alors que fouettée, prise ou sodomisée, sa vanité pouvait se satisfaire de susciter le désir. Charlotte prenait conscience de l'orgueil réel de l'esclave qui motive et qui excuse tout. Ne pas ouvrir les yeux. Ne pas s'éveiller tout à fait encore. Pas maintenant. Profiter du demi-sommeil pour continuer à croire que tout cela n'était qu'un rêve, un fantasme trop fort, trop présent, qui raisonnait encore en bas de son ventre. Pourquoi m'avait-elle contrainte à une telle séance ? Avait-elle voulu me faire souffrir ? Rien dans son attitude n'avait pourtant trahi un quelconque plaisir à m'imposer un tel jeu. Cela ressemblait plutôt à un passage obligé, une sorte de rituel auquel elle-même n'aurait pu échapper. Elle tendit l'oreille, à l'affût d'un signe de Juliette. Charlotte secoua la tête. Elle était folle de remuer de telles pensées. Elle ne devait pas avoir peur. Et si sa Maîtresse avait encore eu l'envie de l'offrir à une amie ? Charlotte avait beau tenter de rejeter de toutes ses forces cette idée, celle-ci la taraudait, ne la lâchait plus. Juliette voulait l'offrir à une amie. Elle lui a donné l'adresse. Elle lui avait dit qu'elle trouverait là une jeune femme qui n'atteint le plaisir qu'en réalisant ses fantasmes. Si elle mimait la dérobade, c'était pour mieux en profiter. N'avait-t-elle pas elle-même avoué qu'elle avait en elle, jusqu'à l'obsession, des images de viol ? Des pas dans le couloir. Les voilà qui approchent. Elle cessa de respirer. Elle les entendit s'arrêter devant la porte de la cave. Une clé tourna dans la serrure. Bientôt la porte s'entrouvrit. Charlotte distingua dans l'embrasure une silhouette. L'excès d'excitation paralyse souvent. Il ne fallait pas y penser, simplement se laisser porter par le temps.
La jeune femme aimait ces instants où elle se sentait captive et nue, à la merci des fantasmes de la première venue. Il y avait quelque chose de très excitant dans l'idée de s'abandonner ainsi. C'était peut-être orgueilleux ou superficiel, mais il lui semblait que Juliette serait toujours heureuse de la soumettre. Elle avait le sentiment que leur couple serait d'une stabilité extrême. Que rien ne pourrait arriver. Que leur équation physique était un antidote à la mort. Tout ça, elle le pensait par bribes, sans en être bien certaine. Elle savait juste que c'était le moment, et que dans ces situations, c'est toujours le corps qui décide. Mais que cachait ce sourire carnassier: une volonté d'asservissement ? Et cette attitude conquérante: le refus de laisser son destin lui échapper ? Le plaisir l'emportait-il sur le bonheur ? Qu'importe, après tout. La lumière l'aveugla. C'était Juliette mais elle n'était pas seule. Celle qui l'accompagnait la regardait d'un œil narquois. Elle s'assit sur le rebord du lit, nue, les mains sur les genoux. Tout en elle dégageait une étrange impression de sauvage énergie mais mêlée d'une extrême élégance. Il semblait à Charlotte, comme si cela ne la concernait pas, qu'elle avait déjà vécu une scène analogue. Mais pour cette fois, la jeune fille lui était inconnue. Elle n'en était que l'occasion ou l'objet, on n'avait plus qu'à la soumettre. Juliette vit la jeune fille poser délicatement ses mains de part et d'autre de la vulve glacée de Charlotte. Elle sollicita les grandes lèvres pour les écarter peu à peu, du bout des doigts. Le contact, même s'il demeurait ferme, n'avait pas du tout la violence redoutée. Elle ouvrit son sexe comme on ouvre un fruit, avec grand soin, en faisant attention de ne pas en perdre le nectar. Charlotte ferma les yeux. Elle cherchait à se concentrer sur le plaisir que la fille exigeait d'elle. Il devait venir. Elle devait réussir à jouir pour la satisfaire, pour qu'elle puisse continuer. Peut-être que, comme avec sa Maîtresse, si elle parvenait à se mettre en situation de passivité, parviendrait-elle à exciter ses sens. L'inconnue passa plusieurs fois sa langue sur le sexe de Charlotte, de l'entrée du vagin jusqu'au clitoris, aspirant la chair tendre des petites lèvres, les frôlant parfois des dents, puis les abandonnant pour recommencer ailleurs, un peu plus haut, un peu plus bas. À l'instant même où la jeune inconnue mordilla son clitoris, Charlotte se convulsa bientôt dans ses chaînes et trembla encore lorsque la jeune femme, s'étant tout à fait rhabillée, lui détacha les mains et lui donna des consignes pour leur prochaine rencontre. Ce soir-là, le sommeil ne vint pas. Bien sûr, elle avait eu peur, mais elle n'avait pas eu honte. La jeune fille habitait près de la place Saint-Sulpice. Charlotte avait cru, ou voulu croire, pour se donner du courage, qu'elle serait farouche. Elle fut détrompée. Les airs pudiques qu'elle prenait, étaient précisément destinés à l'aguicher. Elle l'attendait sur un canapé. Un bras étendu sur l'accoudoir en velours grenat. Jambes croisées, pieds nus, ongles lissés d'un vernis rouge. En dessous noirs. Autour de vingt heures, Charlotte en retard sonna à la porte. Trop facile, pas de punition, l'inconnue ne fut pas dupe. Anxieuse, elle poussa la porte entrouverte. À double tour, la referma. La voici introduite dans la pénombre du salon, par la jeune fille nue, organisatrice de la séance. En fond sonore, le "Boléro" de de Ravel. Doucement, pour entendre le bruit de ses pas quand sur le parquet point de Hongrie, Charlotte se déshabilla lentement, une épaule après l'autre, la robe tombant alors sur le sol, pour écouter le clapotis de son sexe déjà ouvert et humide. Des larmes coulèrent le long de ses tempes et son cœur battait d'une force inconnue.
La jeune femme était dans un état second, et aurait pu créer un état troisième, tant elle se sentait loin de son corps. Avec les coups reçus dans la journée, elle avait honte de se sentir épanouie et heureuse. Elle ne percevait qu'un brouhaha, un magma de paroles indistinctes. La confusion la gagnait. Un météorologue aurait été à même de définir son état: brumeux, avec quelques éclaircies à venir. L'inconnue décroisa ses jambes, les paumes claquant sur ses cuisses, la pria d'avancer. La flamme des bougies lançant des lueurs dansantes sur leurs visages, semblait réveiller des ombres dans le haut plafond. Elle eut les caresses et la bouche de l'inconnue. Cette bouche alla jusqu'au secret de son corps, au plus secret de son être émotif dans la chaleur humide que le désir enfiévrait. Sans tarder, elles ressentirent, cette étrange douceur, cette paix heureuse des amantes. Charlotte devait lui être soumise et l'accueillir avec le même respect avec lequel elle l'accueillait, comme autant d'images de Juliette. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le fait qu'elle la donnait était une preuve, et devait en être une pour elle, qu'elle lui appartenait. On ne donne que ce qui vous appartient. Mais Juliette la reprenait aussitôt. Tes yeux se retournent vers mon sourire. Le silence, nous l'avions décidé. Tu devras t'efforcer de ne pas hurler quand quand je te flagellerai jusqu'au sang. Tu n'as pas le choix. Si tu désobéis, ce sera l'arrêt irréversible de la séance. Charlotte ne sait plus ce qu'elle veut, le fouet, oui mais pas pour son plaisir. De l'amour des femmes, elle ne connaissait rien d'autres que quelques privautés, quelques complaisances accordées avec des camarades de classe, à la limite du jeu mais bientôt par dessus la nuque passe le harnais de cuir serré, son corps supplie. Nue, de dos, debout devant moi. Bientôt mes doigts, à gauche, et à droite, ont glissé, les lanières de cuir sur tes épaules et dans la fente de tes lèvres. Alors, les omoplates ont frissonné. Les reins soudain cambrés par un flux de désir. Le grain de ta peau sur ma langue. Les lèvres de ton sexe sur la pulpe de mes doigts. Ta joue sur mon épaule, mes mains à l'envers ont fermé les crochets. Mon souffle effleurant le profil de tes seins dressés avec cette envie de toi qui tangue, cette envie de te fouetter. Cette envie de suspendre les gestes. Je t'attrape par la nuque, te renverse sur le canapé, je te dévore. Tu te débats, tu me supplies. Charlotte n'a pas de honte à exposer son corps asséché de coups. Tout est évident. Tu es allongée, au-dessous de moi, la caresse est légère presque rêvée, précisant l'ondoiement sur l'entrecuisse à peine ouverte. Le désir est prégnant, ton sexe est brûlant, l'émergence de sa pointe, la moiteur de ses plis, les battements de sa matrice. Elle lui apprit et lui révéla son corps, par des caresses d'une insidieuse lenteur, par des baisers qui n'en finissaient plus d'éveiller en elle des ondes de plaisir presque intolérable. Leur fuite avait le goût du définitif, c'était certainement cela qui blessait Charlotte plus que tout.
Ne plus aimer que sa Maîtresse. Tout était sa faute. Elle avait agi d'une manière folle et s'en voulait terriblement. Sa pente naturelle l'inclinait en toutes choses à mêler douceur et brutalité. À l'écoute de ses harmonies secrètes, elle agissait d'instinct, sans jamais calculer l'effet de ses caresses. L'inconnue tendit le bras, effleura silencieusement son cou durant de longues minutes, et par ses doigts seuls tout était dit. De la bouche venait alors calmer la fièvre qu'elle avait fait naître, s'abreuvant à la source même d'où jaillirait la jouissance. Charlotte entrouvrait les lèvres et fermait à demi les yeux. Elle regardait la jeune fille à la dérobée, qui se leva brutalement du canapé. Charlotte n'attendit pas son ordre. Elle avait compris. "- Maintenant, je voudrais te fouetter, je te le demande. Acceptes-tu ?" Elle accepta. La jeune fille lui lia les poignets enserrés par des bracelets au-dessus de la tête, à un anneau chevillé au plafond. Jamais Charlotte ne l'accepta avec autant de joie. Elle attendit et le temps cessa d'être immobile. Sa douceur offerte appelait les blessures autant que les caresses. Elle n'eut jamais d'illusion. Elle était debout, et ses bras levés et joints, faisaient saillir ses seins. La jeune fille les caressa, puis l'embrassa sur la bouche. Quand elle lui eut mis un bâillon, et qu'elle eut saisi un fouet, elle la fouetta longuement. Elle aimait autant la frapper que la voir se débattre. Charlotte se tordait, gémissait, pleurait sous le fouet. Seuls ses yeux pouvaient implorer sa grâce mais elle ne l'obtint pas. Tu te tais. Quand bien même le voudrais-tu que tu ne pourrais parler. Tes soupirs, les plaintes d'extase, les gémissements de douleur ont pris toute la place dans ta poitrine et dans ta gorge. Tu deviens muette d'un incroyable bonheur masochiste. La jeune fille cessa de flageller Charlotte. Elle défit le collier et les bracelets qui la tenaient captive. En fut-elle délivrée ? Ses cris meurent en un baiser brutal, comme la secousse qui bascule. La fleur sanguine laisse sourdre son suc aux mille parfums dans un mouvement de bacchanale déchaînée, sanglot de l'extériorisation extrême de Sa sensualité fouaillée. Elle est ouverte, béante, les lèvres palpitantes, la vulve agitée de pulsions enflammées et suintante de son miel blanc et blond. Elles basculèrent, enroulées l'une à l'autre dans un enlacement tortueux qui les emplit de joie enfantine. Cessant de lutter, des gouttes de sueur perlant sur ses seins, elle s'abandonna aux désirs saphiques insatiables de la jeune fille. Aucune nuit pareille à nulle autre, jamais Charlotte ne l'accueillit avec autant de joie. Elle avait joui sous le fouet. Elle appartenait plus que jamais à Juliette. Quelque chose d'indissoluble et de fatal, une puissance invisible les liait bien plus que dans le bonheur et l'euphorie, errant dans le pur illogisme de la réalité, ne rendant de comptes à personne, forme suprême de la liberté dont elles usaient dans le bien comme dans le mal. Leur idéal avait changé d'objet. Leur amour était scellé à jamais. Se laisser prendre à l'envi, fouetter, être docile et nue. Pour l'amour qui fait battre le cœur, on ne forçait personne. Charlotte était éblouissante de félicité. L'envol étourdi d'un oiseau nocturne dans un jardin endormi, distrait par la bouleversante incantation sacrée qu'elle portait au rite célébré de leurs chairs amoureuses confondues. Juliette entendrait encore une fois Charlotte, attachée nue au pied du lit mais heureuse, respirer dans la nuit.
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Méridienne d'un soir.
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Elle retournait parfois sur le lieu de leur rencontre. Sur ce trottoir où elle avait marché, anonyme d'elle, sept ans plus tôt. Elle se demandait: "Et si quelqu'un d'autre m'abordait maintenant, quelle serait ma réaction ?. Mais personne ne venait interrompre son recueillement. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare admirablement à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte. C'était un apaisement infime, mais l'éclair d'un instant, elle était comme une sainte avec le diable au cœur. La question de fidélité ne se posait plus, au fond, que par rapport à elle même. À son idée de l'amour.
Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et folles étreintes joyeuses. Rarement les frontières de son moi n'avaient été si explorées.
Trop lourd de garder secrète une vie secrète. Ce souterrain creusé en elle n'avait pas fait qu'exténuer son corps devenu inhabitable. Il lui avait dévasté l'âme. Elle n'était plus qu'un labyrinthe troué d'alvéoles. De sa vie, de sa double vie. Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Tant de délicatesse.
Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence. Elle avait enfin reconquis Juliette. L'apaisement ne pourrait venir que du sentiment d'infini, ce sentiment océanique qui est ici-bas le plus proche de la sensation d'éternité, le seul qui fût de nature à la réconcilier avec ses propres ténèbres.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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La gynarchie et la domination féminine
La gynarchie, du grec "gyné" signifiant femme et "archie" signifiant règne, est un système social, politique ou familial où les femmes détiennent le pouvoir principal. Dans le contexte du couple, cela se traduit par une domination féminine, où la femme prend des décisions majeures et guide la dynamique relationnelle. Cette domination peut s'exprimer de différentes manières, allant de la gestion des finances à la prise de décision en matière de sexualité.
La cage de chasteté : un outil de transformation
Le livre de Sylvia Labiche introduit la cage de chasteté comme un instrument symbolique et physique de la domination féminine. En détenant la clé de cette cage, la femme assume un rôle d'autorité, contrôlant la sexualité de son partenaire. Mais l'impact de cet accessoire va bien au-delà de la simple restriction physique. Il s'agit d'une méthode pour remodeler la psyché masculine, renforçant l'attachement et la dévotion de l'homme envers sa compagne.
Les bénéfices de la chasteté masculine contrôlée (CMC)
Selon Sylvie Labiche, la CMC offre plusieurs avantages tangibles pour le couple :
Renforcement de l'attachement : L'homme devient plus amoureux, dévoué et attentif à sa partenaire.
Élimination des comportements indésirables : Les traits machistes et les sentiments de jalousie sont réduits, voire éliminés.
Revitalisation de la passion : La dynamique du couple est ravivée, rappelant les premiers jours de leur relation.
L'empowerment féminin à travers la Gynarchie
La Gynarchie conjugale, telle que décrite par Sylvia Labiche, n'est pas seulement une pratique pour le plaisir ou la curiosité. Elle est présentée comme un moyen pour les femmes de reprendre le pouvoir, d'affirmer leur autorité et de gagner en confiance. En contrôlant la sexualité de leur partenaire, elles peuvent également guider d'autres aspects de la relation, créant un équilibre qui leur est favorable.
Contenu du guide
Le livre de Sylvia Labiche est un guide complet pour ceux qui souhaitent explorer la CMC et la Gynarchie conjugale. Il est enrichi d'illustrations, de conseils pratiques, d'exercices à réaliser en couple et de témoignages de personnes ayant adopté cette pratique. Ces éléments permettent aux lecteurs de comprendre les nuances de la CMC et de la mettre en œuvre de manière éclairée.
"Guide pratique de la chasteté masculine contrôlée et de la Gynarchie conjugale" est plus qu'un simple manuel sur un accessoire érotique. Il s'agit d'une exploration profonde de la dynamique du pouvoir dans les relations, offrant aux femmes un moyen d'affirmer leur autorité tout en renforçant l'attachement et la dévotion de leur partenaire. Pour ceux qui sont curieux ou qui cherchent à revitaliser leur relation, ce guide de Sylvia Labiche pourrait bien être la clé.
Si vous avez lu ce livre, n'hésitez pas à laisser votre avis en commentaires ci dessous.
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Vêtue de dentelle, de soie, elle se positionne.
Attendant patiemment son retour, agenouillée derrière la porte, elle se perd dans ces pensées.
Se questionne.
Se demande si chaques taches qui lui ont été imposées sont réalisées à la perfection.
Minutieuse elle espère le rendre fière,
Docile, obéissante, serviable et très chienne, elle mets tout à disposition pour le satisfaire.
Le coeur chamboulé, la chatte mouillée, elle imagine,
Sentir la puissance de sa main dans ces cheveux, sa fermeté dans ces gifles, son sadisme dans l'humiliation, son désir de la maltraité, de s'occuper d'elle à coups de ceintures en lui rappelant sa place de femme inférieur.
Bouche offerte, cuisses ouvertes, elle souhaite avoir l'honneur de le soulager, de sentir cette douce semance couler le long de sa gorge. Étouffée, impuissante, elle s'en remet à son supérieur. Hypnotisée elle lache prise, ces yeux larmoyant, suppliant de pouvoir vivre ce qui l'excite tant, servir son Maitre pour le rendre heureux.
N'ayant pas le privilège de contempler un si beau visage et un si beau corps, respctant la supériorité de l'homme qui l'a dresse et l'éduque, elle ferme les yeux ne faisant qu'entendre ces pas venir de l'ombre. Son coeur s'affole, son excitation augmente, trempée elle ne resiste plus à échappé des gémissements.
Elle attends, d'entendre le son de sa voix, de sentir son corps toucher le sein. Elle attends qu'il lui prête attention.
Surgissant avec force et autorité, un ordre raisonne dans la piece.
- Ouvre les yeux salope.
La peur, l'excitation, la surprise, l'inconnu, tout ce mélange et ce bouscule dans sa tête,
Sans hésitations, elle obeis, découvrant son Maitre, assis confortablement à l'autre bout de la pièce,
En un claquements de doigts, elle se positionne à quatres pattes, et marche en sa direction.
Un deuxième ordre surgit et l'à fait vibrer.
- Debout, danse.
Ce qu'elle fit, une danse sensuelle, balançant ses hanches, dévoilant son corps nu, un spectacle qui ne fait que grandir l'excitation du Maitre, une source d'inspiration pour ces idées perverses.
Il arrive d'un pas élancé, l'attrape violemment par les cheveux, la fait se coucher au sol à plat ventre, il défait sa ceinture, lentement, avant d'abattre le premier coups sur ces fesses, les coups s'enchaines, sur le dos, les cuisses, la chatte, la plante des pieds, elle pleure se debat, hurle, elle le supplie.
Excité par tant d'agitation, de larmes, de supplications, il l'à révèle, lui fait défaire sa braquette, observant une si belle et grosse queue, enfoncé d'un coups au fond de la gorge, elle pleure de nouveau, des gifles s'abats sur son visage, épuisée, le corps douloureux, elle se bat pour continuer à le satisfaire avec douceur et application comme il le mérite, passant langouresement sa langue sur son engin, descendants petit à petit, elle se retrouve la tête étouffée entre ces jambes
Il glisse sa mains le long de ses fesses, examinant l'état de ses trous, elle dégouline le long de sa jambe, il l'a positionne sur le dos, les jambes relevé, allongé sur le canapé, ses trous offert, prête à être utilisée.
Il entre, dans sa chatte si serrée, agrandissant son intérieur, il accélère, elle lui chochotte à l'oreille à qu'elle point elle aime être brutalisée, qu'elle n est bonne qu à ça entre deux larmes ruisselant sur sa joue.
Il se retire, se positionne au dessus d'elle pour qu'elle puisse accueillir toute sa semance sur son jolie visage bon a souillé.
Fouettée, humiliée, heureuse d'avoir remplie son devoir de vide couille, d'avoir satisfait le Maitre, aussi bien dans ses taches ménagères, que dans son role d'object sexuel, il lui accorde le droit de se toucher, brisant sa frustration de 3 semaines, elle glisse sa main, le Maitre joue, l'ordonnant de relâcher, de reprendre, épuisée, elle supplie.
Le maitre accepte.
Elle hurle de joie, d'excitation, de reconnaissance, elle pleure de délivrance.
Épuisés, ils se prennent dans les bras, s'enlace affrontant l'obscurité de la pièce, et finissent par rejoindre morphée.
Elle se réveille, le regard perdu, inquiète que ça ne soit qu'un rêve, elle se redresse, obervant autour d'elle, le regard porté en direction de la fenêtre, une lueure vient étinceller son regard, la lune apaise son coeur, la douceur de ces doigts carressant son dos nu, elle sourie, des frisons l'envahit, ces yeux remplis de desirs, plongeant le regard dans celui de son Maitre.
Le rêve devient réalité.
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III Prières du matin.
Au nom du B du D du S et du M.… Ainsi soit-il.
Acte de Foi.
Mon Maître / Ma Maîtresse tout-puissant(e), je Vous adore avec des sentiments de l’humilité la plus profonde, et je Vous rends de tout mon cœur les hommages qui sont dus à votre souveraineté.
Acte d’Espérance.
Mon Maître / Ma Maîtresse tout-puissant(e), je crois fermement en Vous et j’espère que Vous m’accorderez votre grâce et me dédierez votre plaisir si j’observe vos commandements.
Acte d’amour.
Mon Maître / Ma Maîtresse tout-puissant(e), je Vous aime de tout mon cœur, et par-dessus toutes choses, parce que vous êtes infiniment bon(ne) et infiniment aimable avec votre soumis(e).
Remerciements.
Mon Maître / Ma Maîtresse tout-puissant(e), je Vous remercie très humblement de toutes les grâces que vous m’avez faites jusqu’ici. C’est encore un effet de votre bonté que de demeurer auprès de Vous. Je veux profiter de l’honneur que Vous me faites pour uniquement Vous servir.
Je veux Vous appartenir et progresser auprès de Vous. Je veux Vous consacrer toutes mes pensées, mes paroles, mes actions et mes peines. Bénissez-moi Mon Maître / ma Maîtresse, bénissez mes souffrances et mes plaisirs. Faites que chacun de mes actes soit offert à votre plus grand plaisir.
Résolutions.
Adorable Maître / Maîtresse, modèle de perfection, idole de mon amour, je vais m’appliquer, autant que je le pourrai, à me bien comporter pour Vous, à rester humble, obéissant(e) chaste ou impudique, empressé(e) de faire selon vos caprices, zélé et patient(e) comme vous-même. Je ferai tous mes efforts pour ne pas retomber dans mes fautes et mes hésitations passées, présentes dont je souhaite sincèrement me défaire et dont Vous savez indulgemment me corriger.
Demande de grâce.
Mon Maître / Ma Maîtresse, Vous connaissez ma faiblesse. Menottez-moi à Vous. Je ne suis rien sans le secours de votre grâce. Ne me repoussez pas, Ô Mon Maître / Ma Maîtresse, proportionnez vos coups à mes désirs, donnez-moi la force du masochisme ou du vice, pour pratiquer ce plaisir-désespoir de la douleur, pour accomplir tout ce vous attendez de moi et pour souffrir toutes les peines qu’il Vous plaira de m’envoyer.
Invocations.
Je me place sous la tutelle du B du D du S et du M. Et je me jette avec confiance dans le sein de ses pratiques. Je me place sous l’égide de son fouet lubrique, aujourd’hui, tous les jours de ma vie, et cela jusqu’à l’heure de ma mort.
Que les pratiques du B du D du S et du M. éclairent mon existence jusqu’au dernier soupir.
Que les pratiques du B du D du S et du M. me guident, m’inspirent et règlent mes pas, que je ne m’écarte en rien de la voie des commandements de Mon Maître / Ma Maîtresse.
Mon Maître / Ma Maîtresse que j’ai l’honneur d’accompagner sur la voie du B du D du S et du M., protégez-moi, priez pour moi, afin que je puisse Vous servir de soumis(e) sur cette Terre et Vous exaucer dans le Ciel du Subspace. Ainsi soit-il.
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Elle avait balbutié les premiers mots, et subitement tout était venu pour elle, d'une manière limpide. Ses paroles avaient été propulsées par cette énergie un peu pathétique, mais si touchante. Au fil des ans, la jeune femme s'était découvert une envie d'audace dans la façon d'être prise et fouettée, de rupture dans les rythmes de leur érotisme érodé, le besoin même d'être forcée et vaincue, emmenée loin de ses balises ordinaires par la Maîtresse qu'elle aimait et respectait, conduite par elle seule jusqu'au cœur de ses peurs les plus tentantes. Elle lui en voulait qu'elle n'eût pas deviné qu'elle souhaitait désormais être sa chienne, et regardée comme telle. Charlotte passa enfin de façon féline dans la salle de bain, se fit couler un bain, vérifia la température. Tout en traversant la chambre en direction de la coiffeuse, elle ôta ses boucles d'oreilles en or. Dans sa trousse à maquillage, elle prit un rasoir et une savonnette, puis se déshabilla devant la commode. Depuis qu'elle était jeune fille, on lui disait qu'elle était ravissante et qu'elle possédait un charme ravageur. Elle s'observa dans la glace: un corps ferme et bien proportionné, des seins hauts placés et doucement arrondis, le ventre plat et les jambes fines. De sa mère, elle avait hérité les pommettes saillantes, la peau toujours hâlée et les cheveux bruns. Mais ce qu'elle avait de mieux était bien à elle, ses yeux, des yeux comme les vagues de l'océan ou le ciel, d'un bleu azur, se plaisait à dire sa Maîtresse, Juliette. Dans la salle de bain, elle posa une serviette à portée de main et entra avec plaisir dans la baignoire. Prendre un bain la détentait. Elle se laissa glisser dans l'eau. Quelle agréable journée. Elle avait le dos crispé, mais elle était contente d'avoir terminé ses courses si rapidement. Elle se couvrit les jambes de mousse et entreprit de les raser, songeant à Juliette, à ce qu'elle penserait de son comportement. Elle le désapprouverait sans aucun doute. Elle resta encore un moment allongée dans le bain, avant de se décider à en sortir. Elle se dirigea vers la penderie pour se chercher une robe. La noire avec un décolleté un peu plongeur ? Le genre de toilette qu'elle portait pour des soirées. Elle la passa et se regarda dans le miroir, se tournant d'un coté, puis de l'autre. Elle lui allait bien, la faisait paraître encore plus féminine. Mais non, elle ne la porterait pas. Dans l'eau chaude, elle était parvenue à se rejoindre, à faire de sa propre personne, sa plus attentive confidente. Elle considéra cette impression d'intimité avec elle comme une manière de tendresse, un réconfort offert. Elle en choisit une moins habillée, moins décolletée, bleu clair, boutonnée devant. Pas tout à fait aussi jolie que la première, mais mieux adaptée aux circonstances. Un peu de maquillage, maintenant un soupçon d'ombre à paupière et de mascara pour faire ressortir ses yeux. Une goutte de parfum, pas trop. Une paire de boucles d'oreilles, des petits anneaux. Elle chaussa des talons hauts que sa Maîtresse exigeait, comme elle exigeait qu'elle soit nue sous sa robe, d'autant plus nue qu'elle était toujours intégralement rasée, lisse, offerte, ouverte à ses désirs ou à ceux des inconnues auxquelles elle la destinait. Depuis son infibulation, elle ne portait plus aucun sous-vêtement, la culotte la plus légère irritait sa chair et lui faisait endurer de véritables tourments. Juliette l'obligeait à en porter lorsqu'elle n'avait pas été assez docile pour la punir. Elle portait deux anneaux d'or sur ses petites lèvres, signe de son appartenance à sa Maîtresse. Les marques imprimées sur son pubis, étaient creusées dans la chair. Rien que de les effleurer, on pouvait les percevoir sous le doigt. De ces marques et de ces fers, Charlotte éprouvait une fierté insensée presque irraisonnée. Elle subissait toujours les supplices jusqu'au bout, faisant preuve en toutes circonstances d'une abnégation totale. Qu'une femme fût aussi cruelle, et plus implacable qu'un homme, elle n'en avait jamais douté. Mais elle pensait que sa Maîtresse cherchait moins à manifester son pouvoir qu'à établir une tendre complicité, de l'amour avec les sensations vertigineuses en plus. Juliette n'avait jamais compris, mais avait fini par admettre, pour une vérité indéniable, l'enchevêtrement contradictoire de ses sentiments. Toujours docile, elle aimait le supplice, allant jusqu'à regretter parfois qu'il ne soit pas plus long et plus féroce, voire inhumain. Mais sa nature masochiste ne suffisait pas à expliquer sa passion. Avant tout, elle mesurait la chance de porter un collier, c'était sa raison de vivre.
C'est bien la magie de nos paradoxes: la situation était tellement inconfortable qu'elle s'en sortait avec élégance. Elle aimait cette partie obscure qui faisait partie d'elle et que sa Maîtresse nourrissait. Juliette la hissait, la projetait en révélant les abysses de son âme, en les magnifiant, la sublimant en tant qu'esclave, en lui faisant accepter son rôle d'objet. Elle avait créer entre elles un lien indestructible. Elle ne pourrait jamais oublier le jour de ses vingt ans. Ce jour-là, Charlotte quitta tôt les cours qu'elle donnait à la Sorbonne pour venir rejoindre Juliette à la sortie de la faculté. La soirée s'annonçait douce et agréable. Charlotte écoutait le bruissement des feuilles, en songeant à la beauté naturelle du jour. La nature vous rend plus qu'elle ne vous prend et ses bruits obligent à penser à son destin. Le grand amour vous fait cet effet-là. Les nuages traversaient lentement le ciel du soir. Ils s'épaissirent un peu. Désormais, la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité. Chez elle, Juliette lui demanda de se mettre nue, la regarda sans un mot lui obéir. N'avait-elle pas l'habitude d'être nue sous son regard, comme elle avait l'habitude de ses silences. Elle l'attacha et lui demanda pour la première fois, son accord. Elle voulait la fouetter jusqu'au sang. Elle lui dit seulement qu'elle l'aimait. Alors elle la battit si fort qu'elle suffoqua. Au petit matin, Juliette était allongée près d'elle et elle ne pouvait penser à meilleure occupation que de la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre. Le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé et ses aisselles blanches. Juliette glissa un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau satinée se couvrit d'un frisson. Elle était grande et très blonde. Une femme idéalement belle. Bientôt, son regard s'attarda sur ses cuisses écartées et immanquablement, une tension sourde s'empara d'elle. De ses lèvres, elle lècha sa peau tout en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Elle frôla l'œillet secret qui déjà cédait aux effleurements. Les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt comme déjà brusquées. Ses doigts contournaient les formes plissées qui sertissaient l'anus. Ils lissèrent les veinules lentement, les unes après les autres, consciencieusement. Elle la vit approuver d'un mouvement de reins, une cambrure pour l'instant étudiée, maîtrisée. Rien du domaine de l'abandon. Ils se confinaient encore dans la séduction. Ou en tout cas, le crut-elle. L'amante ne trichait pas. Elle était sexuelle. Mais Charlotte se l'imaginait elle, bien trop jeune pour le savoir. Bientôt l'anus ne se défendit plus. Il se dilata bientôt en acceptant, s'humidifia, larmoya une liqueur d'acquiescement, frémit au moindre toucher et enfin sursauta. Elle ressentit la naissance d'une jouissance s'inscrire dans les va-et-vient de ce ce trou qui appelait. La sève s'écoula et lubrifia l'orifice pour permettre le passage. Voilà, elle ne joue plus, elle le sait; elle peut maintenant tout imposer, froidement, à ce corps qui ordonnait l'intromission. Elle supposa qu'elle aimerait être capable de hurler les mots et les actes qu'elle attendait. Elle se rembrunit, chercha à dégager son visage d'entre les draps. L'amante s'irritait parce qu'elle ne supportait pas l'affront d'un quelconque échec. Elle devait la soumettre. La douleur vive s'était évanouie alors Juliette la vit qui hésitait: devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ? Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme. Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela. Elle se tairait. Mais sa Maîtresse la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante, raidie sous ses doigts. Il courtisait ses hôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une éclaboussure. Le cœur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Juliette sentait la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu à la prochaine salve en la dévorant. L'amante fut à cet instant forcément animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième. Elle se trompait, mais pour son plus grand bonheur.
Au bout de trente secondes, elle parvint même par sourire en elle-même. Personne n'osait jamais. Alanguie dans la douce conscience d'exister dans son abandon, elle s'écouta et entendit clairement son plaisir. Reconnaître ce doux sentiment ne l'en délivra certes pas mais cette disposition lui permit de ne plus se laisser dominer par son émotion qui, accueillie, ne cessa d'infecter tout son être. Charlotte songea que seule sa Maîtresse, pouvait abuser d'elle avec une telle luxure, forcer ses reins et pénétrer avec son poing, sans auncune hésitation, son rectum. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans la force. La prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis, profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre. Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le soleil, soudés et parfaitement imberbes. Maintenant, Charlotte allait supplier. Il fallait qu'elle se livre totalement. Les chairs résistèrent, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Elle hurla. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le chercher, elle même si sa Maîtresse ne cédait pas. Elle vit la fureur s'emparer du corps, et le vriller, l'hystérie libérer toute l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui. La nuit tombée, jamais Charlotte fut plus heureuse d'être nue et enchaînée, après avoir été honorée par sa Maîtresse, songeant seulement que l'évasure de ses reins devait être accueillante, puisque sa Maîtresse daignait s'y enfoncer. Pas un instant, elle ne se sentit sale ou souillée. Elle trouvait cela juste. Tout était forcément sa faute. Elle avait mal d'avoir mal agi. Le sentiment amoureux est le sentiment le plus culpabilisant.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Tout en étant maîtresse de son esprit, et elle était en vérité car les paroles de son amante n'agissaient que parce qu'elles faisaient écho à ses quêtes. Elle avait tâché de se fabriquer du bonheur apaisant dans de nouveaux draps, de brouter de la romance, s'était appliquée à palper sans relâche des corps frais disposés à jouir, de tout. Mais toutes ces passions inventées, pullulantes dans son cœur, colmatées de mensonges qu'elle confectionnait pour s'illusionner elle-même, n'étaient pas parvenues à la délier de Charlotte qui, seule, la rendait complice de la vie. Elle avait bien ce pouvoir-là, son amante servile, de l'introduire dans la poésie de l'existence, de la rendre épanouie et moins pénitente d'être née. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité avantageuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette a eu raison bien à l'avance et je ne lui suis déjà plus loyale. Alors, je me sentis mue par cette naïveté qui habite les cœurs encore jeunes, je fus convaincue que ma vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. J'étais poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Nous ne possédions rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier de cuir et un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, la lumière du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans notre relation que la vérité, crue et nue, de notre sexualité. Nous n'avions pas eu à donner le change, pas plus à nous-mêmes qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre deux amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Nous n'étions pas des animaux très sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et nous n'y avions pas eu recours. Aussi, je me sentais tenue de tout lui dire, sans même l'embrasser ou la caresser, mais je n'avais pas assez comptée sur l'appétit que nous avions l'une de l'autre, et je lui fis d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes habituellement au sarcasme, elle baissa la tête, elle la releva à peine émue. Ce n'était pas de l'indifférence, mais de la discrétion. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les deux lettres JM qui ornaient son pubis lisse, double signe de son appartenance, mais surtout les vives cicatrices. Les coups de cravaches. Juliette la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. C'était une fille très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne. Elle avait de petits seins fermes et frémissants, des hanches enfantines à peine formées. À force d'être battue, elle était tombée amoureuse de Juliette. Elle obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais Juliette lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par elle. Elle attendait qu'elle arrivât à se soumettre sans avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait souvent, puisqu'elle ne la quittait à aucun moment, qu'elle la vît aussi bien caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Peut-être Juliette avait trop comptée sur l'indifférence à la fois et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Près d'elle, l'amère existence devenait presque acceptable. Elle se sentait capable de lui demander, de l'obtenir en ayant recours à un mensonge véniel.
Elle avait usé de tout son talent pour que cette idée lui vînt, sans qu'elle décelât son influence, mais elle n'était pas certaine d'y être parvenu. Elle savait qu'en exigeant une conduite, elle faisait naître chez Charlotte le désir de l'interrompre. Or, depuis qu'elle avait découvert le plaisir de la franche colère, si jouissive dans ses débordements, Juliette avait tendance à s'installer dans cette facilité pénible pour elle. En acceptant ce comportement au point de le prescrire, Juliette reprenait le contrôle de la situation, qu'elle avait d'ailleurs suscitée. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. En admettant que Charlotte fût avec elle aussi abandonnée qu'elle l'était avec une autre, ce qui était probable, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cet abandon ne l'engageait pas à grand chose ou rien. Mais dans ce double jeu subtil de duplicité, la sensualité n'était jamais absente, et le plaisir à fleur de peau. Et quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait alors si rudement son ventre qu'elle crut s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Sitôt que Juliette l'eut mise nue, certaine qu'elle ne désirait que sa parfaite docilité, elle demeura, les yeux baissés. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut.
Toute à ses interrogations, la jeune femme en oubliait de se concentrer sur l'énigme fondamentale: était-elle elle-même au fond ?. Confiante, elle ne fut pas longue à être totalement nue, et radieuse de l'être avec cette fierté jusqu'au bout des seins qui était comme une gifle adressée à Juliette. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. La foi où elle était que lorsqu'on la touchait, que ce fût pour la caresser ou pour la battre, c'était pour sa Maîtresse. L'après-midi, elle retrouva Juliette et l'emmena chez Xavier. Ainsi vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors la jeune fille abandonna son corps aux désirs sadiques de Xavier. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Xavier se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à flageller les reins qui s'offraient à lui. Il commença doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Xavier, excité, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Elle se débattait entre ses liens, non pas pour s'en soustraire, mais au contraire, pour le plaisir d'être plus faible. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Xavier frappa encore plus fort et les fines lanières claquèrent dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en hoquetant et en tordant son buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant.
La jeune femme docile, elle, dansait sa joie que son amante fût devenue celle qu'elle avait parié qu'elle serait un très beau jour, cette Maîtresse aboutie, mûrie, évadée de sa solitude, qu'elle était si loin d'être lorsqu'elle avait connu. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Xavier dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Mais la douleur devint trop vive. Mais quel bonheur, le cuir qui marque les chairs, le désir d'une Maîtresse qui sait s'adjuger sans compassion ce qu'elle veut. Elle se disait qu'enfin, elle avait aimé son amante que pour mieux se donner, esclave et comblée. Elle laissa alors couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Xavier de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Xavier qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait alors la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva bientôt le gémissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Xavier dut alors maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent sur le lit. Xavier fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de son sperme abondant et visqueux qu'elle avala mystiquement jusqu'à la dernière goutte. Ses yeux brillaient de grâce. Le plaisir sur lequel elle ouvrait les yeux était un plaisir anonyme et impersonnel. Elle gémit bientôt sous les caresses de sa Maîtresse, et commença à crier quand son amante, se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre ses cuisses engourdies, les fines et souples petites lèvres.
Sa maîtresse était virtuose pour l'entraîner dans des questionnements qui partaient tous du présupposé qu'elle était conquise. La jeune femme se réjouissait que son amante qu'elle avait tant attendu l'eût finalement éveillée en se réveillant elle-même. Naturellement, elle la viola. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Xavier, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé; elle comprit simplement qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Alors, bientôt il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors avec force, sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre et sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles offensées. L'homme ne la quitterait, qu'à la nuit tombée, après lui avoir avec frénésie, labouré les reins tant il était épais et roide. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Xavier, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Xavier sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter et distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Xavier se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Elle avait remarqué que sa Maîtresse aimait aussi à tout instant, même si elle ne la désirait pas, la savoir à sa merci. Semi-consciente, elle pensa seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait pire que n'importe quelle chaîne car ce qu'elle demandait aux femmes, elle était heureuse et trouvait naturel que les hommes fussent acharnés à le lui demander.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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II La prière au nom du B., du D., du S., et du M.
Oraison.
Notre Maître/esse qui est O-Dieux (se), donnez-nous aujourd’hui des fils et des filles effrontés, pardonnez-leur leurs offenses, nous saurons bien les attacher, les fesser, les faire jouir… Au nom du B du D du S et du M.…
Gloire au Maître / à la Maîtresse.
Gloire au Maître / à la Maîtresse. Je crois au Maître / à la Maîtresse tout-puissant(e), Créateur/trice du ciel de béatitude intense et de la terre ensanglantée du plaisir-désespoir, maintenant et pour toujours, maintenant et pour des siècles et des siècles. Ainsi soit-il.
Confession.
Je confesse au Maître / à la Maîtresse tout(e) puisant(e), que j’ai beaucoup péché, par pensées, par paroles et par actions. C’est ma faute. C’est ma faute. C’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie mon/ma Maître/esse de pratiquer sur moi Bondage Domination Sexe et Merveilles.
Que le Maître / la Maîtresse tout-puissant(e) me fasse miséricorde, qu’il me punisse de mes faiblesses et me mène au plaisir et à la captivité perpétuels. Ainsi soit-il.
Que le Maître / la Maîtresse tout-puissant(e) et miséricordieux, m’accorde ses caresses, ses pinces et son knout, pour le châtiment de mes provocations. Ainsi soit-il.
Acte de contrition.
Ô Mon Miséricordieux Maître / Ma Miséricordieuse Maîtresse, j’ai un très grand regret de Vous avoir provoqué, parce que vous êtes infiniment bon (ne), infiniment aimable et que mes provocations vous déplaisent ; je prends la ferme résolution avec le secours de votre Sainte Grâce de vous offenser à nouveau, d’en recevoir un juste châtiment et d’en faire pénitence.
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Pénis, mon beau Pénis ! Dresse toi et deviens dur et fort.
Pénis, mon beau Pénis ! Honore la femme! Retiens ta semence et fais moi jouir!
Ce sont les paroles que j'ai apprises à Clara pour se servir de la superbe verge de Maso.
Il a les yeux bandes, les mains liées dans le dos, son gros penis au gland bien rouge et gonflé de désirs pointe bien droit devant.
Clara est en manque. Comme toutes les femmes trop belles et trop intelligentes, elle vit seule. Elle a du mal à se trouver un homme pour vivre avec. Alors comme elle souhaité devenir mon esclave, je lui prête Maso comme je lui prêterais un sex toy.
Maso est debout, il ne peut rien voir. Clara appuie ses coudes sur la table du salon et offre son superbe fessier. Elle mouille et dégouline, la chatte en feu. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas fait l'amour. La quarantaine, pas d'enfants. Tout pour sa carrière de militaire et son job qu'elle adore. Elle sent bon la cyprine.
Je lui ecarte ses petites lèvres et attire le splendide penis de Maso. Lui aussi, cela fait longtemps qu'il n'a plus pénétré une femme depuis que je refuse de faire l'amour avec lui. Je suis sa Domina, plus du tout son amante.
Son gros gland a un peu de mal à entrer tellement Clara est étroite. Voilà ça y est! Il est bien au fond. Le vagin serré doit être incroyablement jouissif pour les deux. Une vague de plaisir semble les tétaniser.
Penis mon beau Pénis, jouissance tu n'auras que lorsque je te l' ordonnerai !
Je les laisse à présent. Clara sait ce qui lui reste à faire pour arriver aux orgadmes à répétition. C'est elle qui mène le jeu et les va et viens comme elle en a envie.
Je vais me servir un verre et ferme la porte pour les laisser seuls.
....un récit que je vais continuer. Il n'est pas fini. En attendant la suite un petit rappel sur la fête du Penis au Japon.
Au Japon, Kanamara Matsuri est un festival annuel organisé dans la ville de Kawasaki Kanamara Matsuri se traduit littéralement par "Festival du pénis d'acier en érection".Il s'agit d'une tradition exprimant la reconnaissance pour le don de la création de cet organe corporel important
Après cette parenthèse, reprenons ce récit.
Une demi heure après, j'ouvre la porte du Salon. Maso et Clara sont toujours en train de forniquer. Le carrelage, sous eux, est couvert de sécrétions vaginales et autres et de sperme. Maso n'a pas pu se retenir. La chatte étroite et qui a peu servi doit être incroyablement jouissive.
Maso s'excuse aussitôt. Il est trop tard. Un ordre non respecté mérite la plus sévère correction. Je les prends par l'oreille tous les deux, pince très fort et les mène ainsi à la salle de torture. Ils ont très peur de moi à présent. Même Clara n'en mène pas large. Je les attache à côté l'un de l'autre sur le chevalet. Deux belles paires de fesses bien offertes.
Je prend un outil de frappe en bois que j'ai fait faire par un ébéniste. Un fort bel objet, avec une surface de frappe très large qui couvre tout le fessier. Cela fait horriblement mal. Au bout de trois frappes la douleur est insupportable.
Maso en prend cinq d'entrée. Il n'a pas le droit de hurler sa douleur. Il est tétanisé et débranche.
C'est au tour de Clara. A la troisième frappe elle supplie. L'erreur a ne pas faire avec moi.
- tu veux être mon esclave alors tu la fermes et tu assures.
Et elle prend trois frappes de plus. Elle débranche à son tour.
j'éteins la lumière et les laisse récupérer dans le noir.
Une heure après, je viens les libérer. D'un geste sans un mot je leur fait comprendre d'aller nettoyer le salon. Mzso le fait avec la langue. Clara l' imite. J'ai toujours mon terrible instrument de torture à la main. Cela a intérêt de briller.
Je saisi Clara par les cheveux et lui flanque deux gifles hallucinantes de jet kune do. Les gifles à la Bruce Lee. Clara ne s'étendait pas à une telle douleur.
Maso à fait une faute, il paie. Il sait pourquoi. Toi c'est pour le plaisir.
-Maîtresse je vous aime.
-Veux tu m'épouser ?
-Oui, je le veux
Je tire ses cheveux en arrière et l'embrasse à pleine bouche. La langue de Clara est si douce.
-Ok, tu repères ton engagement devant mon témoin et toi le tien, qui choisi tu?
Clara répond Maso sans hésiter. Ce dernier en est tout fier. Il n'ose pas lever la tête. Pourtant je sens qu'il est complètement détendu, parfaitement bien comme un homme après avoir fait l'amour. Je devine qu'il doit être devenu complètement dingue de la chatte si étroite et si jouissive de Clara.
-on fera cette cérémonie ce soir. En attendant je vais aller faire un jogging en forêt. J'ai besoin de prendre l'air. Toi Clara tu files t'acheter ce qu'il faut pour être toute en blanc ce soir. Et pas de chichis et frous frous. Du très simple et classe. Et toi Maso tu files préparer les anneaux. Il en faut trois. Tu sais pourquoi.
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Une ou deux fois, elle se surprit à penser que tout était au mieux dans le meilleur des mondes. Son amante la laissait libre malgré elle. Elle la forçait à garder intactes toutes les possibilités d'un bonheur futur. Un bloc de mélancolie, voilà ce qu'elle était devenue. Mais une mélancolie active, qui l'empêchait de se laisser engloutir par les lames de fond de l'instinct de mort pour le retourner comme un gant afin de transformer en énergie docile cette aspiration vers le néant. Les ratures dans son carnet d'adresses, anormalement nombreuses pour une jeune femme de trente ans, étaient les témoins muets de cette noirceur. Et il était doux à Charlotte que ce qui lui fut interdit, matériellement, comme la porte de la cellule interdit matériellement aux filles enfermées, de s'appartenir ou de s'échapper. Il s'agissait du meilleur partie qu'on pouvait alors tirer d'elle. Lorsqu'elle s'éveilla, le silence dans la cave était total. Allongée sur le dos, elle était captive, nue, écartelée. Comme les chaînes tiraient au plus court, vers l'arrière, pour les chevilles et les poignets, elle ressentait une interminable souffrance, proche du démembrement. L'humiliation était là. Se montrer ainsi dans cette position dégradante, alors que fouettée, prise ou sodomisée, sa vanité pouvait se satisfaire de susciter le désir. Charlotte prenait conscience de l'orgueil réel de l'esclave qui motive et qui excuse tout. Ne pas ouvrir les yeux. Ne pas s'éveiller tout à fait encore. Pas maintenant. Profiter du demi-sommeil pour continuer à croire que tout cela n'était qu'un rêve, un fantasme trop fort, trop présent, qui raisonnait encore en bas de son ventre. Pourquoi m'avait-elle contrainte à une telle séance ? Avait-elle voulu me faire souffrir ? Rien dans son attitude n'avait pourtant trahi un quelconque plaisir à m'imposer un tel jeu. Cela ressemblait plutôt à un passage obligé, une sorte de rituel auquel elle-même n'aurait pu échapper. Elle tendit l'oreille, à l'affût d'un signe de Juliette. Charlotte secoua la tête. Elle était folle de remuer de telles pensées. Elle ne devait pas avoir peur. Et si sa Maîtresse avait encore eu l'envie de l'offrir à une amie ? Charlotte avait beau tenter de rejeter de toutes ses forces cette idée, celle-ci la taraudait, ne la lâchait plus. Juliette voulait l'offrir à une amie. Elle lui a donné l'adresse. Elle lui avait dit qu'elle trouverait là une jeune femme qui n'atteint le plaisir qu'en réalisant ses fantasmes. Si elle mimait la dérobade, c'était pour mieux en profiter. N'avait-t-elle pas elle-même avoué qu'elle avait en elle, jusqu'à l'obsession, des images aberrantes de viol ? Des pas dans le couloir. Les voilà qui approchent bientôt. Elle cessa alors de respirer. Elle les entendit s'arrêter devant la lourde porte de la cave. Une clé tourna dans la serrure. Bientôt la porte s'entrouvrit. Charlotte distingua alors dans l'embrasure une silhouette étrange.
Ne sachant rien, ou presque, puisqu'elle ne disait rien. Sans que la faute, s'il s'agissait d'une faute, lui incombe. Que cachait ce sourire carnassier: une volonté d'asservissement ? Et cette attitude conquérante: le refus de laisser son destin lui échapper ? Le plaisir l'emportait-il sur le bonheur ? Qu'importe, après tout. La lumière l'aveugla. C'était Juliette mais elle n'était pas seule. Celle qui l'accompagnait la regardait d'un œil narquois. Elle s'assit sur le rebord du lit, nue, les mains sur les genoux. Tout en elle dégageait une étrange impression de sauvage énergie mais mêlée d'une extrême élégance. Il semblait à Charlotte, comme si cela ne la concernait pas, qu'elle avait déjà vécu une scène analogue. Mais pour cette fois, la jeune fille lui était inconnue. Elle n'en était que l'occasion ou l'objet, on n'avait plus qu'à la soumettre. Juliette vit la jeune fille poser délicatement ses mains de part et d'autre de la vulve glacée de Charlotte. Elle sollicita les grandes lèvres pour les écarter peu à peu, du bout des doigts. Le contact, même s'il demeurait ferme, n'avait pas du tout la violence redoutée. Elle ouvrit son sexe comme on ouvre un fruit, avec grand soin, en faisant attention de ne pas en perdre le nectar. Charlotte ferma les yeux. Elle cherchait à se concentrer sur le plaisir que la fille exigeait d'elle. Il devait venir. Elle devait réussir à jouir pour la satisfaire, pour qu'elle puisse continuer. Peut-être que, comme avec sa Maîtresse, si elle parvenait à se mettre en situation de passivité, parviendrait-elle à exciter ses sens. L'inconnue passa plusieurs fois sa langue sur le sexe de Charlotte, de l'entrée du vagin jusqu'au clitoris, aspirant la chair tendre des petites lèvres, les frôlant parfois des dents, puis les abandonnant pour recommencer ailleurs, un peu plus haut, un peu plus bas. À l'instant même où la jeune inconnue mordilla son clitoris, Charlotte se convulsa bientôt dans ses chaînes et trembla encore lorsque la jeune femme, s'étant tout à fait rhabillée, lui détacha les mains et lui donna des consignes pour leur prochaine rencontre. Ce soir-là, le sommeil ne vint pas. Bien sûr, elle avait eu peur, mais elle n'avait pas eu honte. La jeune fille habitait près de la place Saint-Sulpice. Charlotte avait cru, ou voulu croire, pour se donner du courage, qu'elle serait farouche. Elle fut détrompée. Les airs pudiques qu'elle prenait, étaient précisément destinés à l'aguicher. Elle l'attendait sur un canapé. Un bras étendu sur l'accoudoir en velours grenat. Jambes croisées, pieds nus, ongles lissés d'un vernis rouge. En dessous noirs. Autour de vingt heures, Charlotte en retard sonna à la porte. Trop facile, pas de punition, l'inconnue ne fut pas dupe. Anxieuse, elle poussa la porte entrouverte. À double tour, la referma. La voici introduite dans la pénombre du salon, par la jeune fille nue, organisatrice de la séance. En fond sonore, le "Boléro" de de Ravel. Doucement, pour entendre le bruit de ses pas quand sur le parquet point de Hongrie, Charlotte se déshabilla lentement, une épaule après l'autre, la robe tombant alors sur le sol, pour écouter le clapotis de son sexe déjà ouvert. La passion, la jalousie, le dépit, la fureur, l'amour-propre blessé entrèrent en même temps dans sa vie.
Quand le vent n'en peut plus, un silence mortel tombe et l'horizon se dégage. L'étrangère sentit sa proie soudain si crispée, si loin d'elle, qu'elle s'éloigna pour scruter son visage plein d'effroi et peut-être de pitié. La jeune femme ne percevait qu'un brouhaha, un magma de paroles indistinctes. La confusion la gagnait. Un météorologue aurait été à même de définir son état: brumeux, avec quelques éclaircies à venir. L'inconnue décroisa ses jambes, les paumes claquant sur ses cuisses, la pria d'avancer. La flamme des bougies lançant des lueurs dansantes sur leurs visages, semblait réveiller des ombres dans le haut plafond. Elle eut les caresses et la bouche de l'inconnue. Cette bouche alla jusqu'au secret de son corps, au plus secret de son être émotif dans la chaleur humide que le désir enfiévrait. Sans tarder, elles ressentirent, cette étrange douceur, cette paix heureuse des amantes. Charlotte devait lui être soumise et l'accueillir avec le même respect avec lequel elle l'accueillait, comme autant d'images de Juliette. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le fait qu'elle la donnait était une preuve, et devait en être une pour elle, qu'elle lui appartenait. On ne donne que ce qui vous appartient. Mais Juliette la reprenait aussitôt. Tes yeux se retournent vers mon sourire. Le silence, nous l'avions décidé. Tu devras t'efforcer de ne pas hurler quand quand je te flagellerai jusqu'au sang. Tu n'as pas le choix. Si tu désobéis, ce sera l'arrêt irréversible de la séance. Charlotte ne sait plus ce qu'elle veut, le fouet, oui mais pas pour son plaisir. De l'amour des femmes, elle ne connaissait rien d'autres que quelques privautés, quelques complaisances accordées avec des camarades de classe, à la limite du jeu mais bientôt par dessus la nuque passe le harnais de cuir serré, son corps supplie. Nue, de dos, debout devant moi. Bientôt mes doigts, à gauche, et à droite, ont glissé, les lanières de cuir sur tes épaules et dans la fente de tes lèvres. Alors, les omoplates ont frissonné. Les reins soudain cambrés par un flux de désir. Le grain de ta peau sur ma langue. Les lèvres de ton sexe sur la pulpe de mes doigts. Ta joue sur mon épaule, mes mains à l'envers ont fermé les crochets. Mon souffle effleurant le profil de tes seins dressés avec cette envie de toi qui tangue, cette envie de te fouetter. Cette envie de suspendre les gestes. Je t'attrape par la nuque, te renverse sur le canapé, je te dévore. Tu te débats, tu me supplies. Charlotte n'a pas de honte à exposer son corps asséché de coups. Tout est évident. Tu es allongée, au-dessous de moi, la caresse est légère presque rêvée, précisant l'ondoiement sur l'entrecuisse à peine ouverte. Le désir est prégnant, ton sexe est brûlant, l'émergence de sa pointe, la moiteur de ses plis, les battements de sa matrice. Elle lui apprit et lui révéla son corps, par des caresses d'une insidieuse lenteur, par des baisers qui n'en finissaient plus d'éveiller en elle des ondes de plaisir presque intolérable. Une espèce de violence l'avait saisie sur l'instant. L'abandon de Charlotte avait fortifié son amour.
Sa pente naturelle l'inclinait en toutes choses à mêler douceur et brutalité. À l'écoute de ses harmonies secrètes, elle agissait d'instinct, sans jamais calculer l'effet de ses caresses. L'inconnue tendit le bras, effleura silencieusement son cou durant de longues minutes, et par ses doigts seuls tout était dit. De la bouche venait alors calmer la fièvre qu'elle avait fait naître, s'abreuvant à la source même d'où jaillirait la jouissance. Charlotte entrouvrait les lèvres et fermait à demi les yeux. Elle regardait la jeune fille à la dérobée, qui se leva brutalement du canapé. Charlotte n'attendit pas son ordre. Elle avait compris. "- Maintenant, je voudrais te fouetter, je te le demande. Acceptes-tu ?" Elle accepta. La jeune fille lui lia les poignets enserrés par des bracelets au-dessus de la tête, à un anneau chevillé au plafond. Jamais Charlotte ne l'accepta avec autant de joie. Elle attendit et le temps cessa d'être immobile. Sa douceur offerte appelait les blessures autant que les caresses. Elle n'eut jamais d'illusion. Elle était debout, et ses bras levés et joints, faisaient saillir ses seins. La jeune fille les caressa, puis l'embrassa sur la bouche. Quand elle lui eut mis un bâillon, et qu'elle eut saisi un fouet, elle la fouetta longuement. Elle aimait autant la frapper que la voir se débattre. Charlotte se tordait, gémissait, pleurait sous le fouet. Seuls ses yeux pouvaient implorer sa grâce mais elle ne l'obtint pas. Tu te tais. Quand bien même le voudrais-tu que tu ne pourrais parler. Tes soupirs, les plaintes d'extase, les gémissements de douleur ont pris toute la place dans ta poitrine et dans ta gorge. Tu deviens muette d'un incroyable bonheur masochiste. La jeune fille cessa de flageller Charlotte. Elle défit le collier et les bracelets qui la tenaient captive. En fut-elle délivrée ? Ses cris meurent en un baiser brutal, comme la secousse qui bascule. La fleur sanguine laisse sourdre son suc aux mille parfums dans un mouvement de bacchanale déchaînée, sanglot de l'extériorisation extrême de Sa sensualité fouaillée. Elle est ouverte, béante, les lèvres palpitantes, la vulve agitée de pulsions enflammées et suintante de son miel blanc et blond. Elles basculèrent, enroulées l'une à l'autre dans un enlacement tortueux qui les emplit de joie enfantine. Cessant de lutter, des gouttes de sueur perlant sur ses seins, elle s'abandonna aux désirs saphiques insatiables de la jeune fille. Aucune nuit pareille à nulle autre, jamais Charlotte ne l'accueillit avec autant de joie. Elle avait joui sous le fouet. Elle appartenait plus que jamais à Juliette. Quelque chose d'indissoluble et de fatal, une puissance invisible les liait bien plus que dans le bonheur et l'euphorie, errant dans le pur illogisme de la réalité, ne rendant de comptes à personne, forme suprême de la liberté dont elles usaient dans le bien comme dans le mal. Leur idéal avait changé d'objet. Leur amour était scellé à jamais. Se laisser prendre à l'envi, fouetter, être docile et nue. Pour l'amour qui fait battre le cœur, on ne forçait personne. Charlotte était éblouissante de félicité. L'envol étourdi d'un oiseau nocturne dans un jardin endormi, distrait par la bouleversante incantation sacrée qu'elle portait au rite célébré de leurs chairs amoureuses confondues. Juliette entendrait, bientôt, encore une fois Charlotte, attachée nue au pied du lit mais heureuse, respirer dans la nuit. L'entêtement de l'amour est incroyable. Heureux, il se refuse toujours avec une obstination admirable à s'incliner.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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La jeune femme avait trop souffert, en secret, pour ne pas accepter ce désordre affectif en respirant très fort. Les libertés immédiates s'appelaient les cheveux très courts et les amantes au grand jour. Elle préféra certainement la première. Elle se retrouvait dans ce coin de camaraderie, ces mots d'ordre, cette frénésie qui marquait les corps. Sa frénésie était un peu glacée, voilà tout. Elle avait tâché de se fabriquer du bonheur apaisant dans de nouveaux draps, de brouter de la romance, s'était appliquée à palper sans relâche des corps frais disposés à jouir, de tout. Mais toutes ces passions inventées, pullulantes dans son cœur, colmatées de mensonges qu'elle confectionnait pour s'illusionner elle-même, n'étaient pas parvenues à la délier de Charlotte qui, seule, la rendait complice de la vie. Elle avait bien ce pouvoir-là, son amante servile, de l'introduire dans la poésie de l'existence, de la rendre épanouie et moins pénitente d'être née. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité avantageuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette a eu raison bien à l'avance et je ne lui suis déjà plus loyale. Alors, je me sentis mue par cette naïveté qui habite les cœurs encore jeunes, je fus convaincue que ma vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. J'étais poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Nous ne possédions rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier de cuir et un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, la lumière du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans notre relation que la vérité, crue et nue, de notre sexualité. Nous n'avions pas eu à donner le change, pas plus à nous-mêmes qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre deux amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Nous n'étions pas des animaux très sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et nous n'y avions pas eu recours. Aussi, je me sentais tenue de tout lui dire, sans même l'embrasser ou la caresser, mais je n'avais pas assez comptée sur l'appétit que nous avions l'une de l'autre, et je lui fis d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes habituellement au sarcasme, elle baissa la tête, elle la releva à peine émue. Ce n'était pas de l'indifférence, mais de la discrétion. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les deux lettres JM qui ornaient son pubis lisse, double signe de son appartenance, mais surtout les vives cicatrices. Les coups de cravaches. Juliette la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. C'était une fille très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne. Elle avait de petits seins fermes et frémissants, des hanches enfantines à peine formées. À force d'être battue, elle était tombée amoureuse de Juliette. Elle obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais Juliette lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par elle. Elle attendait qu'elle arrivât à se soumettre sans avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait souvent, puisqu'elle ne la quittait à aucun moment, qu'elle la vît aussi bien caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Peut-être Juliette avait trop comptée sur l'indifférence à la fois et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Près d'elle, l'amère existence devenait presque acceptable.
Elle avait usé de tout son talent pour que cette idée lui vînt, sans qu'elle décelât son influence, mais elle n'était pas certaine d'y être parvenu. Elle savait qu'en exigeant une conduite, elle faisait naître chez Charlotte le désir de l'interrompre. Or, depuis qu'elle avait découvert le plaisir de la franche colère, si jouissive dans ses débordements, Juliette avait tendance à s'installer dans cette facilité pénible pour elle. En acceptant ce comportement au point de le prescrire, Juliette reprenait le contrôle de la situation, qu'elle avait d'ailleurs suscitée. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. En admettant que Charlotte fût avec elle aussi abandonnée qu'elle l'était avec une autre, ce qui était probable, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cet abandon ne l'engageait pas à grand chose ou rien. Mais dans ce double jeu subtil de duplicité, la sensualité n'était jamais absente, et le plaisir à fleur de peau. Et quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait alors si rudement son ventre qu'elle crut s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Sitôt que Juliette l'eut mise nue, certaine qu'elle ne désirait que sa parfaite docilité, elle demeura, les yeux baissés. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée mais morne, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut.
Il ne s'agissait pas de cet ennui qui vous fait bâiller, mais vous permet de rire de soulagement une minute plus tard. C'était quelque chose de grave, qui atteignait l'esprit et la désolait. Elle écoutait son amante danser avec les mots, les modes, elle riait quelquefois, et une tristesse écœurante lui restait, quand elle était partie. Sa méchanceté à l'égard des idées généreuses empoisonnait tout. On imagine trop volontiers que le mal est armé de flèches précises qui étincellent au soleil. Chez elle, c'était faux. Elle s'engluait dans sa malice universelle. Mais son amante se réfugiait trop dans la sensualité. Confiante, elle ne fut pas longue à être totalement nue, et radieuse de l'être avec cette fierté jusqu'au bout des seins qui était comme une gifle adressée à Juliette. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. La foi où elle était que lorsqu'on la touchait, que ce fût pour la caresser ou pour la battre, c'était pour sa Maîtresse. L'après-midi, elle retrouva Juliette et l'emmena chez Xavier. Ainsi vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors la jeune fille abandonna son corps aux désirs sadiques de Xavier. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Xavier se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à flageller les reins qui s'offraient à lui. Il commença doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Xavier, excité, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Elle se débattait entre ses liens, non pas pour s'en soustraire, mais au contraire, pour le plaisir d'être plus faible. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Xavier frappa encore plus fort et les fines lanières claquèrent dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en tordant son buste ferme que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant.
La jeune femme docile, elle, dansait sa joie que son amante fût devenue celle qu'elle avait parié qu'elle serait un très beau jour, cette Maîtresse aboutie, mûrie, évadée de sa solitude, qu'elle était si loin d'être lorsqu'elle avait connu. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Xavier dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Mais la douleur devint trop vive. Mais quel bonheur, le cuir qui marque les chairs, le désir d'une Maîtresse qui sait s'adjuger sans compassion ce qu'elle veut. Elle se disait qu'enfin, elle avait aimé son amante que pour mieux se donner, esclave et comblée. Elle laissa alors couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Xavier de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Xavier qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait alors la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva bientôt le gémissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Xavier dut alors maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent sur le lit. Xavier fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de son sperme abondant et visqueux qu'elle avala mystiquement jusqu'à la dernière goutte. Ses yeux brillaient de grâce. Le plaisir sur lequel elle ouvrait les yeux était un plaisir anonyme et impersonnel. Elle gémit sous les caresses de sa Maîtresse, et commença à crier quand son amante, se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre ses cuisses engourdies, les fines petites lèvres. Quelle passion, la soumission. Les larmes aux yeux, elle remercia Xavier.
Son âme maladive l'entraînait vers l'excès. "On ne se sauve que par l'excès", disait-elle. Elle ne précisait pas devant quoi elle se sauvait. Elle ne s'accomodait de rien. Ses amis affirmaient qu'elle n'avait jamais fait de projets. Et comme elle paraissait incapable de profiter du présent, alors elle marchait au-dessus du vide ou, plus exactement, au-dessus du creux. Elle répétait qu'elle était faible, or c'était le contraire. Elle avait entre les mains une terrible dureté, dont elle se servait machinalement: elle n'avait pas besoin de bonheur. La jeune femme se réjouissait que son amante qu'elle avait tant attendu l'eût finalement éveillée en se réveillant elle-même. Naturellement, elle la viola. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Xavier, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé; elle comprit simplement qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Alors, bientôt il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors avec force, sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre et sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles offensées. L'homme ne la quitterait, qu'à la nuit tombée, après lui avoir avec frénésie, labouré les reins tant il était épais et roide. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Xavier, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Xavier sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter et distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Xavier se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Elle avait remarqué que sa Maîtresse aimait aussi à tout instant, même si elle ne la désirait pas, la savoir à sa merci. Semi-consciente, elle pensa seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait pire que n'importe quelle chaîne car ce qu'elle demandait aux femmes, elle était trouvait naturel que les hommes fussent acharnés à le lui demander.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Je suis la propriétaire de deux soumis 2440 et 2118 , Domina sadique, je ne suis pas adepte du virtuel, Cependant , très joueuse, quand j'ai été contactée par soumis 8968, j'ai accepté de le prendre dans mon cheptel en virtuel cette servitude vas durer 11 jours 😜
Je vais partager avec vous son journal de soumis ( sans aucune retouche)
Bonne lecture
Jour 11
J'ai passé la journée nu et supporté les cockring 10 heures sans douleurs Maîtresse viens d'arriver en ligne, je la laisse prendre connaissance de mon journal et j'attends qu'elle me bip, ca journée n'a pas du être drole. Elle est reparti sans me parler, furax ? Effectivement elle n'a pas du tout apprécié, elle m'a puni sévèrement mais j'ai échoué avec les 2 seringues de savon, elle a fait preuve de clémence, j'ai pu reprendre en cours sans recommencer. Juste 2 seringues d'eau et le plug pour 15 minutes d'attente, cul bien tendu. Maitresse a publié les premiers jours de mon journal sur bdsm.com, et obtenus des commentaires malheureusement je ne peux rien voir de tout cela. je trouve cela terrifiant et excitant à la fois. j'ai hâte de voir cela ou qu'elle me fasse un retour sur les com. ce soir, je dors en cockring et toujours marqué du sceau de ma Maitresse malgré le bain de plus d'une heure. Ce matin j'étais à l'heure pour les hommages. Consignes du jour : pas de sous-vêtements J'ai quand même pris les cocrings dans ma poche au cas ou... La journée au travail a été très dure et j'ai eu droit à 3 Inspections de Maitresse. Maîtresse veut que je refasse le marquage de mon pubis avec ses initiales, ce que je me suis empressé de faire dès mon retour du travail, cela m'a provoqué une érection et j'ai dû attendre un peu pour pouvoir enfiler la micro cage et rédiger ces quelques lignes que je dois impérativement lui transmettre avant 19h précise soumis8968
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Disclaimer : Ce texte était a la base pour le couple que je fréquentais et a qui j'appartenais jusqu'à peu, je le met ainsi a disposition pour que les gens puissent le lire et découvrir une relation que j'ai pu avoir.
18/03/23
Une soirée de plus passée aux côtés de mes Propriétaires, je ne m'attendais pas du tout à tout ce qu'il s'est passé, mais j'ai adoré...
J'arrive chez Maître et Maîtresse vers 19h15, l'on discute quelques petites minutes puis l'on me prépare. Mes Propriétaires m'ont préparé plusieurs choses ce soir, car je ne vais pas être n'importe comment... Je vais être la servante de la soirée... Cela me stresse énormément, car j'avais déjà vu d'autres personnes le faire mais moi je ne l'avais jamais fait, sauf pour K et mes soeurs de soumission mais je n'avais pas besoin non plus d'être toujours aux aguets si quelqu'un a besoin de quelque chose, et je n'avais pas non plus la pression de bien représenter mes Propriétaires. Un joli petit bar est là pour que je puisse servir tout le monde, des petites choses à grignoter sur une petite table qui doit être préparés également. Maitresse me montre comment est rangée la cuisine, ce que je dois servir comme boissons. C'est quand même assez simple, les consignes sont claires et je sais ce que je dois faire. Je la suis à nouveau avec mon sac en main afin de me préparer à être la servante de la soirée. On monte dans la salle de bain puis je défais mon corset afin d'etre plus a l'aise dans mes mouvements, je prends ma cagoule en main et puis je regarde Maîtresse qui m'observe. Elle vient doucement vers moi, défais mon collier en acier puis se met à lentement déboutonner ma chemise. Je regarde Maîtresse faire, me mettant à frissonner de plaisir et à me détendre avec ma cagoule en main, étant comme paralysée, laissant faire Maîtresse. Elle vient à me regarder avec un très joli regard, étant comme satisfaite de ce qu'elle découvrait sous cette chemise, elle vient me la retirer avec douceur puis je me retrouve les seins nus face à elle, légerement intimidée. Je reprends doucement la mise en place de la cagoule puis Maîtresse me passe un collier en cuir assez épais autour du cou, avec une jolie boucle. Je mets en place le body puis la jupe, gardant le collant que j'avais sur les fesses et Maîtresse vient finir la tenue en rajoutant un petit tablier en soie blanc qui est magnifique. Maitresse passe une laisse sur mon collier puis-je la suis, rejoignant Maître. Je viens à me mettre à genoux entre Maître et Maîtresse puis Maîtresse passe la laisse à Maître, je viens doucement me rapprocher à quatre pattes, caressant son joli pantalon en cuir et venant me détendre de plus en plus sous ses caresses mais comme il est déjà 19h45, il faut que j'aille me mettre en position. Monsieur m'amène jusqu'à la cuisine, je le suis à quatre pattes puis je me lève, il me rappelle les consignes, me rassure et me dit que si besoin, Maîtresse peut prendre la relève, je lui réponds simplement que tout va bien se passer pour moi et que je le dirais si quelque chose ne va pas. Puis au bout de quelques minutes l'interphone vient à sonner...
J'ai préparé deux trois choses en attendant, rempli les bols qui attendaient sur la petite table et servi un verre à Maître et j'ai passé un coup d'éponge lorsque je débordais un peu. J'ai également beaucoup regardé les photos de Maître et Maîtresse sur le tableau blanc à côté des boissons que je peux servir. J'ai également beaucoup écouté les discussions entre Maître et Maîtresse. La première invitée arrive, elle a été décrite comme assez timide, elle vient dans la cuisine avec Maîtresse. Je la rencontre et on parle assez peu, étant moi-même assez intimidée et timide à ce moment-là, puis je suis trop concentrée sur faire le service. Je lui sers un verre puis il se mettant à discuter entre eux a nouveau j'ai également beaucoup écouté les discussions entre Maître et Maîtresse. La première invitée arrive, elle a été décrite comme assez timide, elle vient dans la cuisine avec Maîtresse. Je la rencontre et on parle assez peu, étant moi-même assez intimidée et timide à ce moment-là, puis je suis trop concentrée sur faire le service. Je lui sers un verre puis ils se mettant à discuter entre eux à nouveau Je lui sers un verre puis ils se mettent à discuter entre eux à nouveau. Je continue de faire ce que j'ai à faire, d'écouter, de regarder les photos puis à réfléchir sur deux trois choses pas vraiment importantes. Les invités arrivent petits à petit, ils ramènent des petites choses dont l'on s'occupe avec Maîtresse de ranger ou de servir, même si la manière de conserver deux trois choses reste assez obscure pour moi, je ne suis pas habituée à stocker de l'alcool. Je continue de servir des verres, de faire ma mini-routine au bar jusqu'à ce que tout le monde soit arrivés, et que les petits fours soient prêts afin que je puisse les rejoindre avec les petits fours prêts. Je les sers avec les petits fours puis je dépose l'assiette sur la petite table auprès des bols avec des choses à grignoter avant de me mettre à genoux à côté de Maître, me mettant à nouveau à écouter la conversation tout en restant présente si quelqu'un a besoin d'être servi.
Je ne sais même pas quelle heure il est à peu près, Juste on discute et on se détend pour le moment, en faisant connaissance entre N/nous, mais il commence à y avoir les filles qui montent et on entend des fessées qui sont données à l'étage. Maitre me donne l'autorisation de monter alors je monte aussi. Il y a une fille qui donne des assez grosses fessées à une autre et autant l'une que l'autre, elles adorent ça. Maitresse part en donner à une autre fille puis-je les regarde faire en souriant, elles se plaisent et prennent du plaisir. C'est ainsi pendant un long moment, ou je les regarde juste en souriant, en les regardant découvrir ou alors juste prendre du plaisir. Maitre monte avec le reste des invités qui étaient restés en bas et c'est à ce moment-là, que la personne sur qui les filles testaient des jouets est arrivée à ses limites à cause de Monsieur qui a utilisé la badine. Les filles vont faire autres choses mais il y en a une qui a encore envie de plus, elle me voit disponible et donc viens me demander si elle peut me fesser et utiliser des outils d'impact sur moi. Je lui dis que ce n'est pas moi qui décide, que c'est Maître et Maîtresse alors elle va les voir et leur demander. Maitre me demande mon avis mais je lui dis que c'est lui qui décide, alors il accepte. Je la suis alors, je m'allonge sur elle, les fesses dans sa ligne de mire et elle commence par me les caresser avant de commencer à me fesser. Je me détends doucement, je me relâche au fur et à mesure des fessées qui sont plutôt douces au début. Elle augmente sa force et sa cadence au fil du temps, je sens ma peau chauffer petit à petit, me mettant à gémir de douleur entremêlé de plaisir... Elle baisse mon collant puis continue sur mes fesses à nu, continuant d'y aller avec une certaine vitesse et force. Mes fesses continuent de chauffer puis elle se met à vouloir essayer les martinets sur mes fesses, je me mettent en position sur le lit, les fesses cambrées prêtes à recevoir. elle commence doucement mais comme ma peau est déjà très sensible, les coups ressentis sont assez forts. Je continue de gémir entre ses mains, essayant de ne pas me contracter et lui faisant part comme elle a demandé, de la douleur procurée par les différents martinets. Elle s'arrête petite à petit, j'étais arrivée a ma limite au niveau impact pour ce soir-là, elle caresse tendrement mes fesses, les embrasses puis me Caline en me remerciant et en me disant que c'était bien, je la remercie également puis-je la regarde en souriant, même si j'aurais préféré que ce soit mes propriétaires qui s'amusent avec mon popotin, j'ai passé un bon moment.
Je redescent doucement puis je me remets aux aguets afin de servir si besoin, tout en regardant deux invitées se faire attacher grace à l'ami shibariste de Maître et Maîtresse avec fascination. À un moment je reste en haut, les invités ont de moins en moins besoin d'être servis en boissons mais au contraire plus en jouets, ce que je fais. Je regarde Maître s'amuser avec l'invitée qui m'avait fessée il y a quelques dizaines de minutes, allant chercher ce dont il a besoin. Cela continue pendant une petite trentaine de minutes puis ensuite une invitée sort un sort de grosses baguettes qui conduit l'électricité, les filles jouent un peu avec puis Maître le voit, il me demande si j'ai déjà testé ce genre de choses et je lui réponds que non. Monsieur me regarde, il me demande si je veux essayer, je lui réponds que c'est lui qui décide, il sourit puis me dit d'une voix calme que du coup je vais essayer. Je stresse un peu, je n'ai jamais fait d'électro et ça a l'air de faire très mal... Les filles viennent à le tester sur Maître et il prend la baguette pour la tester sur lui, ça ne lui fait pas grand-chose puis il le teste sur moi, cela me fait un petit choc lorsque la baguette est à proximité mais si elle est collée à la peau ça ne fait rien, Maitre réessayé sur lui en suivant mes conseils puis il lâche un petit cri de douleur puis rend la baguette aux filles qui rigolent et qui réessayent de leur côté. On s'amuse à embêter Maître un peu avec la baguette puis il m'ordonne d'aller avec les filles pour que j'arrête de l'embêter, ce que je fais. Je les regarde s'amuser entre elles en souriant et je reste plutôt passive. Maitresse nous rejoints et essaie elle aussi la baguette, elle l'essaie avec une plaque en métal qui la rend conductrice d'électricité, elle essaie sur moi et sur une des filles puis elle voit ma poitrine à nu face à elle... Elle se met à titiller mes tétons et la presque instantanément, je me sens m'envoler... Mes tétons qui sont déjà sensibles à la base, titillés et électrocutés c'est vraiment génial... Il y a de la douleur mais énormément de plaisir... Je ferme les yeux, je gémis, je respire de façon saccadée, je deviens excitée... Je me sens gonfler dans ma cage de chasteté... Maitresse s'arrête puis je rouvre les yeux, je redescends doucement, je calme ma respiration, je reprends tout doucement mes esprits puis Maîtresse continue de s'amuser avec les filles pendant ce temps.
La soirée continue et tout le monde continue à prendre du plaisir de différentes manières, j'essaie de ranger deux trois choses qui trainent pour pas que les invités ne se les prennent dans les pieds ou les cassent puis je remonte afin de regarder à nouveau et être présente si besoin. À un moment la plupart des invités commencent à partir et d'autres descendent dans la cuisine. Je suis en haut avec Maître qui discute avec un de nos invités. J'écoute sagement jusqu'à ce que l'on m'adresse la parole, l'on commence à parler bdsm, pratique, les commencements. Maitre s'allonge sur le sol pendant la discussion. On continue à discuter puis l'invitée a envie de descendre dans la cuisine avec les autres. Maitre me dit que je peux faire la même chose mais je viens juste m'allonger contre lui, venant doucement lui caresser le torse et discutant légèrement avec lui. Au bout d'une petite minute, il lève son t-shirt puis viens mettre ma tete contre son téton en m'ordonnant de lecher, ce que je commence à faire. Je passe ma langue sur son téton doucement, je l'entends gémir légèrement, me guidant de sa voix, m'ordonnant d'y aller plus fort, plus vite, ce que je fais au mieux que je peux, me sentant bien, me laissant aller et juste léchant le téton de Maître... Je continue ainsi un petit moment, si bien que j'ai un peu mal à la langue et aux cervicales, dès que j'arrête de bouger la tete tout va mieux. Maitre viens a prendre ma main gauche afin de me faire toucher son entrejambe qui commence a rentrer en erection. Je continue a lecher tout en gardant la main sur son sexe, essayant de rester concentrée sur son téton... Maitre vient doucement reprendre ma main et cette fois-ci la fais passer à l'intérieur de son boxer, venant doucement commencer à le masturber tout en continuant de lecher du mieux que je peux, je perds pied... Je continue ainsi quelques petites minutes puis Maître vient baisser légèrement son pantalon et prends ma tete afin que je le prenne en bouche, je me laisse glisser et commence à faire des vas et viens comme je peux, et cela est ainsi pendant quelques minutes, alternant de léchage et masturbation à fellation pendant qu'il titille mes tétons à la guise de Maître, me laissant juste porter et guider par sa voix et ses mains...
Maitre dit que c'est trop tot pour que tout cela vienne à se finir ce soir et du coup m'ordonne de m'arrêter ce que je fais. Je reprends doucement mes esprits peuvent je me redresse en regardant Maître qui souhaite que l'on descende. Je reste à genoux à ses pieds, le regardant toute contente des moments que j'ai pu passer ce soir. Il caresse ma tete en souriant puis viens me prendre fermement par les cheveux m'emmenant près des escaliers puis il prend ma laisse, m'autorisant à me mettre debout ce que je fais. Je le suis doucement dans les escaliers puis il rapproche fermement la laisse vers lui, devant me coller à lui pour descendre les escaliers. Une fois en bas il lâche la laisse puis je me remets à quatre pattes pour le suivre avec ma laisse en bouche, rejoignant tout le monde qui restait dans la cuisine qui discutait, je m'asseoir ainsi et attend, écoutant ce qui se disais mais il est déjà tard, très tard. Les invités restants se préparent petit a petit a partir. J'attends dans le salon, je dis au revoir aux invités puis je regarde Maître et Maîtresse les raccompagner jusqu'à la porte. Je les vois revenir, Maître s'installe dans le canapé a côté de moi puis commence à me caresser la tete doucement puis l'on parle quelques petites minutes mais il va également falloir que je parte, il est très tard et Maite est extrêmement fatigué. Je me prépare et mes Propriétaires me prennent un taxi pour que je rentre à la maison. Nous avons à peine le temps de se dire au revoir qu'il est déjà là, un dernier câlin et puis je file.
M'enfin c'était une superbe soirée où j'ai pu découvrir des choses, me libérer physiquement et psychologiquement. Une soirée surement réussi voyait le sourire sur les visages des invités et de mes Propriétaires et vu tout ce qui a pu s'y passer.
Avec toute ma dévotion.
Votre soumise.
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Enfin ! Mademoiselle Akira vient de reperer bigjhon, le policier privé qui l'a dépucelée, lors d'un controle appuyé. Il est au café, à l'étage, dans ce gigantesque aeroport. Le vol pour Miami est pour dans une heure. elle fait sagement la queue, en avance comme toujours, cuisse serrées et toujours aussi stricte et conformiste dans ses tenues. Pourtant elle bout à l'intérieur. Bigjhon lui a procuré son premier orgasme et depuis il feint l'ignorer! Elle quite la queue et monte vers le café. Bigjhon est tout rouge. Elle se plante devant lui et ne dit rien. Bigjhon ne peut soutenir son regard franc, droit dans ses yeux à lui. Il baisse la tête.
Aussitôt mademoiselle Akira se sent prise d'une audace qu'elle ne soupçonnait pas.
-Alors bigjhon, on offre pas un café à sa femme.
Big jhon est encore plus rouge. Il suffoque. Pourtant il se lève et va chercher un café. Akira s'assoit, déplie les jambes et écarte les cuisses. Elle sent toute la supériorité de son petit clito sur le gros sexe de bigjhon qu'elle n'a encore jamais vu. ce dernier s'assoit et n'ose plus la regarder.
-Tu sais, il va falloir que tu m'épouses maintenant. Tu n'as pas le choix. Tu m'a dépucellée la première fois avec ton gant en latex et ensuite tu m'as fait jouir.
-Excusez moi madame, je n'ai fait que mon travail la première fois. Ensuite oui, je l'avoue, j'ai eu besoin de vous toucher, de vous caresser.
-c'est normal, je suis ta femme.
Bigjhon ne comprend rien à ce qui lui arrive pourtant il sent qu'Akira a raison; il est complètement fou d'elle et en gros manque. Moche comme il est, qu'une femme aussi jolie puisse s'interresser à lui,. il croit rêver!
Trois mois plus tard, ils sont enfin mariés et bigjhon est venu habiter chez sa femme avec ses chats. Ils font sans arret l'amour. Bien sur bigjhon est trop massif et donc c'est Akira qui le monte et il adore cela, lui laisser le contrôle de l'acte, le controle de sa jouissance.
Et puis Akira a sorti des cordes japonaises et a voulu le ligotter. Au début il croyait que c'etait une lubie, un jeu. Pas du tout. les seances ont duré de plus en plus longtemps et il ne pouvait absolument plus bouger. Il a commencé à obeir totalement à son épouse experte en cordes et noeuds.
Le bonheur total est arrivé lorsqu'elle a sorti les fines canes de bambou. des douleurs incroyables sur ses grosses fesses et son dos. Et puis le plaisir de souffrir. recevoir la cane le fait toujours bander très fort.
Un jour, Maitresse Akira, c'est ainsi qu'il doit l'appeler désormais, lui a apporté son collier et son pannier de gros chien.. Il a du filer tout droit dans son pannier, tout nu, fier d'obeir en tout et pour tout. Un bon labrador docile et très heureux de porter son collier avec un gros anneau acier. Maitresse Akira l'a tatoué de son nom, comme un bon animal de compagnie. De cela aussi il est très heureux. désormais elle l'appele Bibi, vous savez, comme Benjamin, le premier ministre israelien.
-Tu sais Bibi, tu n'as pas interet à regarder les autres femelles, sans quoi je te ferais castrer. Après tout, tu sais très bien me faire jouir avec des gants de latex.
Bibi a baissé la tête. Tout rouge de bonheur.
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Les sculptures, les bas-reliefs se tenaient à mi-chemin de la Grèce et des jeunes parisiennes. Les femmes de pierre avaient les seins ronds, comme le demandaient les antiques, la taille peu marquée, comme le voulaient les couturiers, les jambes très fines, le visage rectangulaire, sensuel, incliné, avec de grands yeux, dont l'un était pensif et l'autre endormi. Mélange ! Quand les romains eurent conquis la Gaule, on vit une chose impossible: l'impatient et le laborieux, Bacchus et Apollon, les moustachus et les chauves, fabriquèrent un monde voisin. Quand je pensais à l'amour, ce n'était pas à Charlotte que je pensais. Je n'avais couché avec Sarah que pour l'idée du train de vie nécessaire pour mon existence avec Charlotte. Maintenant, je me surprenais à me souvenir de l'hôtel Quirinal: Sarah faisait bien l'amour. Je ne savais même pas où elle était passée. Un soir, d'Urbino, qui est une ville calme et exquise, assise sur deux collines entourées du plus ravissant paysage, je téléphonai à Charlotte. Elle rit, elle m'amusa. Les cyprès, les petites églises, les campagnes traversées nous inondaient pafois de bonheur. Tout en elle criait qu'elle était sûre. Mais mon bonheur venait de la douceur du soir et de la couleur du ciel, non de cette jeune femme qui était à côté de moi et qui subissait seulement le reflet de cette mélancolie radieuse des campagnes italiennes. Charlotte était sur le toit avec moi sous l'ardente brûlure du soleil. La terrasse, malgré sa hauteur, ne dépassait la cime des arbres entourant la propriété, mais de là, on découvrait la forme parfaite de la ville et le dessin de ses rues. Au bord du parapet côté place Bonaparte, se dressaient deux sièges curules, non pas en ivoire comme il était d'usage au temps des romains, mais en marbre blanc de Carrare, l'un légèrement plus haut que l'autre. Dans le plus bas était assise une fillette, jouant avec ses pieds. Charlotte arrangeait dans une jarre un bouquet de feuillages, et Sarah nettoyait le verre rouge de photophores dans lesquels elle plantait ensuite des bougies. Arrivée sans bruit, pendant un moment, je les regardais avant d'attirer leur attention. Chacune représentait une énigme, mais je sentais, si différentes fussent-elles, combien elles m'avaient maintenu à distance. La nuit précédente, l'une d'elle avait franchi un pas bien hardi dans leurs équivoques relations. Je pensais, non sans une certaine émotion au geste si discret de Charlotte, sa main qui avait saisi la mienne en se taisant. C'était cela le cadeau de l'Italie; une beauté de mystères et de sous-entendus où les amoureux se heurtaient aux frontières d'un royaume interdit. Elle était bien la figure la plus achevée du trio. Elle incarnait la beauté de la vallée. Je regrettais presque de ne pouvoir glisser dans un rêve le souvenir de sa bouche frôleuse qui avait déclenché en moi un tel désir. Mais est-ce que les précautions prises par l'inconnue, le soin qu'elle avait eu de ne pas se laisser toucher ni respirer, est-ce que cette scène impossible à croire, n'avait pas été inventée pour que je doutasse de sa réalité ? Si oui, il fallait jouer le jeu, effacer le souvenir comme s'efface un rêve. Quand nous fîmes l'amour, il y avait dans ses yeux comme un reproche très silencieux qui me fit tout de même un peu mal. Tout cela était inepte, cruel et un peu ignoble.
Demain, j'y croirai moins, dans huit jours plus du tout. Alors les tentations surgissaient et freinaient mes élans. Elle était gaie et elle sentait bon. Un parfum extatique. Que dire de l'étrange sexualité de cette jeune femme ? Sa voix basse et tendue désarmait. On sentait avec quelle prudence, il fallait s'approcher de Charlotte, sans bousculer un équilibre hardi où elle se maintenait grâce à une concentration extrême. À chaque phrase, presque à chaque mot, un pli vertical s'amorçait sur son front, à l'endroit où j'eusse aimé l'embrasser. J'étais là, seule avec elle, une occasion qui ne se présenterait peut-être pas avant longtemps, et me découvrais impuissante à lui arracher sinon son secret, du moins une indication qui me mît sur la voie, quelque chose qui ne fût pas un lien, mais un pont entre nous pour passer au-dessus de ce qui nous séparait et cultiver l'illusion d'habiter deux mondes voisins. Je retrouvai le goût de notre dernière soirée et les bribes du songe allaient déjà s'effaçant quand je me levai pour m'habiller. À cette heure-là, je me sentis d'une lucidité parfaite qui effaça vite les pénibles relents du rêve, cette poursuite impossible de Charlotte que j'eus terriblement envie de soumettre pour de bon. Quelle folie avais-je fait de m'éloigner d'elle au moment où elle avait besoin de moi. Ainsi manquerons-nous les beaux moments de la vie. Quant à Charlotte, je n'avais pas besoin de clairvoyance pour comprendre en quoi elle illuminait la grande songerie commencée ces derniers mois lorsque je l'avais possédée pour la première fois. Au fond, j'avais rarement été aussi heureuse pendant la demi-heure où je l'avais tenue dans mes bras. Et il me restait à retrouver au fil des heures toujours anxieuses de la nuit, la saveur, infiniment douce, de son corps effleuré dans la moiteur de cette nuit d'été. Elle apparut en robe légère et, à la transparence du tissu, on voyait qu'elle ne portait rien en dessous. Elle sortait de son bain. J'aime son goût de la sobriété. Ses cheveux nets, coiffées courts, son regard paisible qui ne vous lâche pas quand vous parlez. Je suis tellement habituée à ces femmes sophistiquées, manquant de naturel, confondant sensualité et sévérité. Enfin une femme qui avouait, qu'elle ne cédait pas d'obéir à son rang. Que tout était sexe en elle, et jusqu'à l'esprit. Elle avait l'air d'une jeune fille sage, à peine fardée. Je passai la nuit avec elle, étourdie, abreuvée, saturée de plaisirs inavouables. Elle sentait bon le savon frais et je baisai son épaule découverte par la grande serviette de bain dans laquelle elle était enroulée. Elle décida de s'abandonner. Je défis sa robe en silence. Les paroles eurent été inutiles. Il m'eut fallu protéger son sein tiède. Mais je pensai alors rien d'autre qu'à son esclavage, qu'au fait qu'elle était ouverte et aux marques qu'elle méritait. Ses cheveux bruns brillaient comme s'ils étaient huilés, noirs de jais. Elle s'agenouilla, les bras croisés derrière le dos, la pointe des seins frémissante.
Les événements ne sont jamais tout à fait imprévisibles. S'ils se produisent, c'est qu'un certain nombre de conditions nécessaires ont d'abord été remplies. Elle avait été jusqu'à me prévenir. Le plaisir sur lequel elle ouvrait grands les yeux face au jour était un plaisir anonyme et impersonnel. Il m'était indifférent qu'elle admirât son visage lissé, sa bouche haletante, indifférent de l'entendre gémir. Elle aima le fouet pour la première fois. Je retins longtemps la fièvre lancinante de ses reins. Son corps n'en fut pas lésé. Tout était évident. Elle était maintenant allongée. Elle précisait l'ondoiement sur l'entrejambe à peine ouvert. La caresse était légère presque rêvée. Le réveil de Charlotte était, lui, réel. Envahissant. Elle écoutait les lèvres de son sexe, l'émergence de sa pointe, la moiteur en ses plis, les battements de sa matrice. Lorsque le feu inonda ses reins, que la jouissance s'avança, elle se redressa brusquement, saisit mon visage, et le plaqua contre ses seins, affamés par cette nuit des temps abstinents. Je dessinai son corps de caresses. Elle fut foudroyée. Elle me gicla au visage des flots de plaisir. Pour la soulager, l'exciter et la rejoindre à la fois, je me couchai sur elle, frottai ses chairs qui perdaient le désir à celles qui en poussaient les portes, mêla son duvet brun à la mousse vénitienne d'une vie à peine croquée. Le vagin qui avait avalé une partie de ma main l’appela de nouveau. Je la pénétrai, de ma langue, de mes doigts, suivant la respiration de mon amante. Quittant ce lieu humide pour continuer le chemin des délicieuses découvertes, non sans laisser mon index au chaud, touchant enfin son but, le petit orifice. La basculant sur le ventre en écartant son genou pour lui dispenser une caresse buccale, je la léchai consciencieusement. Passant et repassant sur l’anus qui se détendit peu à peu. Tournant, contournant et retournant. Mon doigt pénétra son son intimité, jouant avec la pulpe de mon index contre son petit anneau. L'orgasme fut à nouveau proche, d'enfler son ventre, je croyais pénétrer la jeune fille. Notre friction frénétique nous arma d'une verge spirituelle en lui ouvrant un sombre royaume. Je collai mes mains sous les fesses de Charlotte pour la fouiller encore, plus loin, pour l'empêcher de se dérober à l'extase qui nous unissait, trop d'images fraîches et de pensées folles nous assaillirent brutalement. Nos cris moururent en un baiser, un baiser sauvage et cannibale, brutal et dévorant comme la secousse qui nous avait basculées. Un baiser qui ne conciliait pas mais exacerbait encore chaque projectile d'orgasme. Je roulai à coté de la jeune fille, rassemblant ses sensations après cette confusion. La tête en arrière, perdue dans la symphonie des sens, elle leva les paupières. L'imbrication des sexes et des jambes, ce fut notre chahut renversé. Le nouage animal de nos jouissances, la guerre de nos bustes et le désir révolté crachèrent leur répulsion soudaine. La mienne pour Patricia, jeune fille enfin initiée. Les élans s'espacèrent. Quelques spasmes l'agitèrent encore. Et tout devint calme. Comme avant. Nous nous endormîmes. La nuit était tombée sur la ville. Un clair de lune berçait la pâleur d'une jeune fille à qui la vie ne ne volerait pas sa pureté, puisque volée à la vie. Elle reviendrait cette même nuit s'installer dans mes rêves, pour une caresse de lèvres à lèvres, un effleurement, prolongeant à l'infini le plaisir. À l'infini est toujours ambitieux. Chaque soir, le cœur battant, Charlotte repensait à l'ardeur de son amante. Oserait-elle lui avouer qu'aucune joie, aucune imagination n'approcherait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle. Est-il possible, est-il permis que des vies entières, que des destins uniques dépendent ainsi d'un silence ou de quelques rares paroles ? Je me tus. Je regardais Charlotte.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Vêtue de dentelle, de soie, elle se positionne.
Attendant patiemment son retour, agenouillée derrière la porte, elle se perd dans ces pensées.
Se questionne.
Se demande si chaques taches qui lui ont été imposées sont réalisées à la perfection.
Minutieuse elle espère le rendre fière,
Docile, obéissante, serviable et très chienne, elle mets tout à disposition pour le satisfaire.
Le coeur chamboulé, la chatte mouillée, elle imagine,
Sentir la puissance de sa main dans ces cheveux, sa fermeté dans ces gifles, son sadisme dans l'humiliation, son désir de la maltraité, de s'occuper d'elle à coups de ceintures en lui rappelant sa place de femme inférieur.
Bouche ouverte, cuisses ouvertes, elle souhaite avoir l'honneur de le soulager, de sentir cette douce semance couler le long de sa gorge. Étouffée, impuissante, elle s'en remet à son supérieur. Hypnotisée elle lache prise, ces yeux larmoyant, suppliant de pouvoir vivre ce qui l'excite tant, servir son Maitre pour le rendre heureux.
N'ayant pas le privilège de contempler un si beau visage et un si beau corps, respctant la supériorité de l'homme qui l'a dresse et l'éduque, elle ferme les yeux ne faisant qu'entendre ces pas venir de l'ombre. Son coeur s'affole, son excitation augmente, trempée elle ne resiste plus à échapper des gémissements.
Elle attends, d'entendre le son de sa voix, de sentir son corps toucher le sein. Elle attends qu'il lui prête attention.
Surgissant avec force et autorité, un ordre raisonne dans la piece.
- Ouvre les yeux salope.
La peur, l'excitation, la surprise, l'inconnu, tout ce mélange et ce bouscule dans sa tête,
Sans hésitations, elle obeis, découvrant son Maitre, assis confortablement à l'autre bout de la pièce,
En un claquements de doigts, elle se positionne à quatres pattes, et marche en sa direction.
Un deuxième ordre surgit et l'à fait vibrer.
- Debout, danse.
Ce qu'elle fit, une danse sensuelle, balançant ses hanches, dévoilant son corps nu, un spectacle qui ne fait que grandir l'excitation du Maitre, une source d'inspiration pour ces idées perverses.
Il arrive d'un pas élancé, l'attrape violemment par les cheveux, la fait se coucher au sol à plat ventre, il défait sa ceinture, lentement, avant d'abattre le premier coups sur ces fesses, les coups s'enchaines, sur le dos, les cuisses, la plantes des pieds, elle pleurs se debats, hurle, elle le supplie.
Excité par tant d'agitation, de larmes, de supplications, il l'à révèle, lui fait défaire sa braquette, observant une si belle et grosse queue, enfoncé d'un coups au fond de la gorge, elle pleure de nouveau, des gifles s'abats sur son visage, épuisée, le corps douloureux, elle se bat pour continuer à le satisfaire comme il le mérite, passant langouresement sa langue sur son engin, descendants petit à petit, elle se retrouve la tête étouffée entre ces jambes
Il glisse sa mains le long de ses fesses, examinant l'état de ses trous, elle dégouline le long de sa jambe, il l'a positionne sur le dos, les jambes relevé, allongé sur le canapé, ses trous offert, prête à être utilisée.
Il entre, dans sa chatte si serrée, agrandissant son intérieur, il accélère, elle lui chochotte à l'oreille à qu'elle point elle aime être brutalisée, qu'elle n est bonne qu à ça entre deux larmes ruisselant sur sa joue.
Il se retire, se positionne au dessus d'elle pour qu'elle puisse accueillir toute sa semance sur son jolie visage bon a souillé.
Fouettée, humiliée, heureuse d'avoir remplie son devoir de vide couille, d'avoir satisfait le Maitre, aussi bien dans ses taches ménagères, que dans son role d'object sexuel, il lui accorde le droit de se toucher, brisant sa frustration de 3 semaines, elle glisse sa main, le Maitre joue, l'ordonnant de relâcher, de reprendre, épuisée, elle supplie.
Le maitre accepte.
Elle hurle de joie, d'excitation, de reconnaissance, elle pleure de délivrance.
Épuisés, ils se prennent dans les bras, se couchant ensemble, et finissent par rejoindre morphée.
Elle se réveille, le regard perdu, inquiète que ça ne soit qu'un rêve, elle se redresse, obervant autour d'elle, le regard porté en direction de la fenêtre, une lueure vient étinceller son regard, la lune apaise son coeur, la douceur de ces doigts carressant son dos nu, elle sourie, des frisons l'envahit, ces yeux remplis de desirs, plongeant le regard dans celui de son Maitre.
Le rêve devient réalité.
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Je vais à la cuisine. Heureusement, Lucinda sait ce qu'ils veulent et elle a tout préparé. J'apporte le café, le thé, puis tout le reste... Ils ont tout le temps besoin d'autres choses. Dolorès et son père arrivent aussi.
Quand tout le monde a terminé, je suis rouge et en sueur. Je dois débarrasser et tout ramener à la cuisine, toute seule, alors qu'il y a des esclaves... Telle est la volonté de Dolorès. En partant, elle me dit :
— À partir de 3 h, sois dans la cuisine.
— Oui, Maîtresse.
— Ah, oui, tu sais masser les pieds ?
— Je ne l'ai jamais fait, Maîtresse.
— Demande à Lucinda et tâche d'apprendre vite. Sinon, tu seras punie.
Elle fait un petit geste qui signifie "maintenant, dégage". Je fais une révérence et je vais à la cuisine. Masser des pieds... Pourquoi moi, alors qu'il y a des esclaves partout ? Oui, bon, je sais pourquoi : pour frimer et pour avoir des photos. Les pieds des gens, ça me dégoûte. Sauf ceux de Summer.
A la cuisine, j'explique à Lucinda :
— Mademoiselle Dolorès m'a dit de vous demander comment masser des pieds.
— Demande ça mieux.
Je me mets à genoux et je répète :
— Je vous en prie, Madame, dites-moi comment il faut faire...
Elle pousse un gros soupir avant de répondre :
— Assieds-toi par terre.
Elle bouge sa chaise et pose son pied droit sur ma cuisse. La première chose qu'elle me dit de faire, c'est enlever sa sandale, ensuite... mais j'expliquerai tout quand je devrai masser les pieds de Dolorès. Lorsque, j'ai fini de masser les pieds de Lucinda, elle me dit :
— C'est à peu près bien... Tu peux manger, mais sans te laver les mains, ça me vexerait.
Ça fait rire les deux gardes qui sont là. Quand j'ai fini de manger, Lucinda me dit :
— Tu peux aller où tu veux mais sois à l'heure à ton rendez-vous.
— Je peux aller sur la plage, Madame ?
— Oui.
Je pourrais m'enfuir... mais aller où, sans papier et surtout sans Summer ? Et puis, on est sur une île, il faudrait trouver un bateau... Je sais aussi qu'avec Summer, je me sens bien, apaisée. Cette partie de l'île est privée, alors, arrivée sur la plage, j'enlève mon uniforme et la culotte blanche que j'ai dû mettre. Je cours sur le bord de sable dur, léché par la mer. Il y a un drone qui me suit, rince-toi l'œil petit robot ! J'entre un peu dans l'eau, mais je me méfie de tout ce qui vit ici. On dit que la mer de Cortez est une des plus riches du monde...
Peu après, je vois des dauphins bondir hors de l'eau. On en voit souvent et même des baleines, m'a dit Mateo, mon amant du premier soir... Je m'allonge sur la bande de sable dur... Je me relaxe, enfin... Le drone ne me quitte pas de l'œil. Je n'ai plus de bijoux, ni de montre. Alors, quand j'ai l'impression qu'on approche de midi, je retourne à la cuisine pour manger avec les gardes. Les esclaves prennent leur repas assises par terre.
Quand j'ai fini de manger, j'irais bien m'allonger à l'ombre d'un arbre dans la propriété, mais j'ai peur de m'endormir et de ne pas être ici à 3 h, comme Dolorès me l'a dit. Je demande Lucinda :
— Je peux attendre ici que Mademoiselle Dolorès me fasse appeler, Madame ?
— Bien sûr et tu vas même te rendre utile.
Elle va prendre une grande boîte, pleine de couverts oxydés, et la met devant moi, avec une bouteille de nettoyant et un chiffon, en ajoutant :
— Fais briller ces couverts, comme ça tu ne t'ennuieras pas.
Garce ! Mais, prudente, je ne discute pas. Ah, le drone revient me survoler. Il doit y avoir un homme dans la salle de contrôle qui est amoureux de moi ou alors, Dolorès veut me filmer dès que j’ai une autre activité. Nettoyer de l'argenterie, c'est un sale boulot, le produit pue et il faut frotter fort... Je fais ça pendant 2 h... Les gardes qui viennent manger me parlent un peu.
Enfin, une esclave arrive et se met à genoux devant Lucinda, en disant :
— Mademoiselle Dolorès demande qu’Ashley les rejoigne, Madame.
— D'accord. Ashley, lave-toi les mains et vas-y.
— Oui Madame.
Lorsque j’ai les mains propres, l'esclave m'amène sur la terrasse. Dolorès est là avec trois autres filles, deux brunes et une blonde. Elles sont en short et tee-shirt. Je regarde Dolorès qui me montre le sol devant elle. Je m’approche, mais elle fait un geste de haut en bas avec son index. Je m'agenouille... Summer sera bientôt là. Le sol est dur sur la terrasse... Les filles parlent "garçons" et "vêtements", jusqu'à ce que Dolorès leur dise :
— Regardez bien cette esclave.
Tous les regards se tournent vers moi, une fille lui demande :
— Qu'est-ce qu'elle a de spécial ?
Dolorès répond :
— C'est Ashley Stirland, la vedette de Cléopâtre, qui est ensuite devenue Première Dame.
Exclamations des filles... Une brune avec des bottes (par cette chaleur) lui dit :
— Fais-la se déshabiller, Lola (diminutif de Dolorès).
Un regard de Lola et je me relève. J'ai mal aux genoux. J'enlève la jupe noire, le corsage et la culotte blanche qui compose mon uniforme. Elle me dit :
— Tourne-toi.
Une de ses amies y va de son commentaire :
— Elle a une de ces paires de fesses... Tu devrais la mettre au régime et l'obliger à faire de la gymnastique. C'est ce que je fais avec mes esclaves.
Dolorès répond :
— C'est vrai qu'elle a des grosses fesses. Saute sur place, Ashley.
Je me mets à sauter... Les filles rigolent parce que mes fesses vont et viennent. Dolorès ajoute :
— De face, maintenant, et saute plus haut !
Nouveaux rires idiots en voyant mes seins se balancer. Je saute bêtement pendant quelques minutes, jusqu'à ce que Dolorès me dise :
— Tu as été bien ridicule, maintenant, présente-toi à chacune de mes amies comme tu le fais le matin.
Summer va venir me chercher, le reste, je m'en fous... Je vais devant la blonde en short, bustier et baskets noirs. Je me mets à genoux et j'embrasse sa cheville.
Ensuite, je me redresse et lui demande :
— Je m'appelle Ashley, que puis-je faire pour vous Mademoiselle ?
— Fais la chienne !
Quoi ?! Je me mets à quatre pattes et j'aboie... un peu. Les gens qui sont sur la terrasse rigolent. La fille me dit :
— Va chercher un bâton.
Je me relève, mais Dolorès crie :
— À quatre pattes, stupide animal !
Oh putain ! Je vais dans la pelouse, près des arbres, et je reviens avec un bâton dans... la gueule. Je le donne à la blonde. Les filles se marrent et continuent pendant un moment à me lancer le bâton.
Dolorès arrête le jeu en disant :
— Continue à te présenter.
Je vais me mettre à genoux devant sa voisine, qui est brune. J'embrasse également sa cheville et lui répète la même phrase. Elle me dit :
— Tu es une chienne en chaleur ! Couche-toi sur le dos, les pattes en l'air.
Quand je suis dans cette position ridicule, elle pose sa basket sur ma chatte et frotte. Ouch ! D'abord c'est dégoûtant pour ma pauvre chatte et au bout de quelques minutes... ça m'excite. Oui, c'est dingue. Elle me frotte juste assez fort pour que je me tortille sous son pied. Là, les gens qui sont sur la terrasse viennent voir le spectacle. La semelle de sa basket, c'est pire qu'un sex toy... Je finis par jouir sous son pied, comme... oui, une chienne en chaleur. La fille me dit :
— Lèche la semelle maintenant.
Elle pose le talon par terre, le pied relevé. Je dois ramper pour arriver à lécher la semelle pendant quelques minutes. Dolorès me dit :
— Va nous chercher à boire. Dépêche-toi !
— Oui Maîtresse.
Je vais à la cuisine en pleurant, nue comme une esclave. Lucinda me demande :
— Qu'est-ce que tu as ?
— Elles me font des choses horribles, Madame.
Elle me prend contre elle et me dit à l'oreille :
— Summer sera là bientôt et vous partirez.
Elle lève les yeux vers le drone. Je fais juste une pression de la main sur sa taille, un geste qui signifie : 1000 mercis... Comme pour le petit déjeuner, Lucinda sait ce que les filles veulent. Je prends un plateau couvert de boissons et de trucs à manger. Ouch ! C'est lourd. Pourvu que je ne tombe pas ! J'arrive tant bien que mal à mettre le plateau sur une table basse devant ces sales petites putes ! Maintenant, mon problème, c'est que je ne sais plus qui a commandé quoi. Dolorès me demande :
— Tu attends quoi ?
— J’ai oublié qui...
Une de brunes me coupe la parole :
— Tu serais pas stupide ?
— Si, Mademoiselle.
Moins que toi, sale... Dolorès me rappelle quelle boisson je dois servir. Ensuite, elle ajoute :
— Si on se faisait masser les pieds, les filles ?
— Oui, bonne idée !
Dolorès me dit :
— Commence par la demoiselle blonde.
— Oui Maîtresse.
— Tu vas aller te mettre à genoux devant elle, lui ôter ses chaussures et lui masser les pieds. C'est à la portée de ta faible intelligence ?
— Oui, Maîtresse.
Je vais m'agenouiller devant elle, les fesses posées sur les talons. Je défais les lacets et enlève les baskets. Ouch ! La brune qui a des bottes courtes s'exclame :
— Mae, tes pieds puent ! Il y a longtemps que tu ne les as plus lavés ?
En riant, la fille répond :
— Quelques jours.
Les filles se mettent toutes à rire.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan pour le super dessin.
Notre nouveau livre s’appelle : « Lizy, soumise autour du monde », il y a 60 illustrations de Bruce Morgan et vous allez l’adorer.
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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Vêtue de dentelle, de soie, elle se positionne.
Attendant patiemment son retour, agenouillée derrière la porte, elle se perd dans ces pensées.
Se questionne.
Se demande si chaques taches qui lui ont été imposées est réalisées à la perfection.
Minutieuse elle espère le rendre fière,
Docile, obéissante, serviable et très chienne, elle mets tout à disposition pour le satisfaire.
Le coeur chamboulé, la chatte mouillée, elle imagine,
Sentir la puissance de sa main dans ces cheveux, sa fermeté dans ces gifles, son sadisme dans l'humiliation, son désir de la maltraiter, de s'occuper d'elle à coups de ceintures en lui rappelant sa place de femme inférieur.
Bouche ouverte, cuisses ouvertes, elle souhaite avoir l'honneur de le soulager, de sentir cette douce semance couler le long de sa gorge. Étouffée, impuissante, elle s'en remet à son supérieur. Hypnotisée elle lache prise, ces yeux larmoyants, suppliant de pouvoir vivre ce qui l'excite tant, servir son Maitre pour le rendre heureux.
N'ayant pas le privilège de contempler un si beau visage et un si beau corps, respctant la supériorité de l'homme qui l'a dresse et l'éduque, elle ferme les yeux ne faisant qu'entendre ces pas venir de l'ombre. Son coeur s'affole, son excitation augmente, trempée elle ne resiste plus à échapper des gémissements.
Elle attends, d'entendre le son de sa voix, de sentir son corps toucher le sein. Elle attends qu'il lui prête attention.
Surgissant avec force et autorité, un ordre raisonne dans la piece.
- Ouvre les yeux salope.
La peur, l'excitation, la surprise, l'inconnu, tout ce mélange et ce bouscule dans sa tête,
Sans hésitations, elle obeis, découvrant son Maitre, assis confortablement à l'autre bout de la pièce,
En un claquements de doigts, elle se positionne à quatres pattes, et marche en sa direction.
Un deuxième ordre surgit et l'à fait vibrer.
- Debout, danse.
Ce qu'elle fit, une danse sensuelle, dévoilant son corps nu, un spectacle qui ne fait qu'agrandir l'excitation du Maitre, une source d'inspiration pour ces idées sadiques.
Il arrive d'un pas élancé, l'attrape violemment par les cheveux, l'a fait se coucher au sol à plat ventre, il défait sa ceinture, lentement, avant d'abattre le premier coups sur ces fesses, les coups s'enchaines, sur le dos, les cuisses, la plantes des pieds, elle pleurs se debats, hurle, elle le supplie.
Excité par tant d'agitation, de larmes, de supplications, il l'à révèle, lui fait défaire sa braquette, observant une si belle et grosse queue, enfoncer d'un coups au fond de la gorge, elle pleure de nouveau, des gifles s'abattent sur son visage, épuisée, le corps douloureux, elle se bat pour continuer à le satisfaire comme il le mérite, passant langouresement sa langue sur son engin, descendants petit à petit, elle se retrouve la tête étouffée entre ces jambes
Il glisse sa mains le long de ses fesses, examine l'état de ses trous, elle dégouline le long de sa jambe, il l'a positionne sur le dos, les jambes relevés, allongée sur le canapé, ses trous offerts, prête à être utilisée.
Il entre, dans sa chatte si serrée, agrandissant son intérieur, il accélère, elle lui chuchote à l'oreille à qu'elle point elle aime être brutalisée, qu'elle n'est bonne qu à ça entre deux larmes ruisselant sur sa joue.
Il se retire, se positionne au dessus d'elle pour qu'elle puisse accueillir toute sa semance sur son jolie visage bon a souiller.
Fouettée, humiliée, heureuse d'avoir remplie son devoir de vide couille, d'avoir satisfait le Maitre, aussi bien dans ses taches ménagères, que dans son role de femme, il lui accorde le droit de se toucher, brisant sa frustration de 3 semaines, elle glisse sa main, le Maitre joue, l'ordonnant de relâcher, de reprendre, épuisé, elle supplie.
Le maitre accepte.
Elle hurle de joie, d'excitation, de reconnaissance, elle pleure de délivrance.
Épuisés, ils se prennent dans les bras, se couchant ensemble, et finissent par rejoindre morphée.
Elle se réveille, le regard perdu, inquiète que ça ne soit qu'un rêve, elle se redresse, obervant autour d'elle, le regard porté en direction de la fenêtre, une lueure vient étinceller son regard, la lune apaise son coeur, la douceur des ces doigts carressant son dos nu, elle sourie, des frisons l'envahit, ces yeux remplis de desirs, plongeant le regard dans celui de son Maitre.
Le rêve devient réalité.
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Repassant rapidement dans sa tête, l'enchaînement très simple et pourtant follement arbitraire des causes et des effets qui avaient fait d'elle celle qu'elle semblait être devenue, Juliette s'arracha du lit le matin, avec plus d'agressivité que d'élan, se doucha et se maquilla à la hâte, n'accepta que la tasse de café noir que Charlotte avait eu juste le temps de lui préparer, et se laissa seulement baiser fugacement le bout des doigts, avec un sourire machinal et un regard plein d'animosité. Elle l'avait pliée à tous ses fantasmes, façonnée à sa mesure, avait exigé et obtenu d'elle comme allant de soi les plus outrageantes complaisances. Charlotte n'avait plus rien à livrer qu'elle ne possédât déjà. Du moins, elle le croyait. Elle était infiniment plus bouleversante lorsque son corps arborait des traces, des traces, quelles qu'elles fussent, car elles prouvaient que rien ne luit était épargné. Les cicatrices s'étaient boursouflées et formaient des renflements plus foncés que la couleur de sa peau. Ce matin-là, Juliette voulut l'observer dans son sommeil. Charlotte reposait sur le ventre, les mains sous l'édredon, recroquevillée en position fœtale. Elle s'approcha, s'assit dans un fauteuil et se surprit à rabaisser les draps jusqu'à ses chevilles pour mieux l'examiner. Ses traits si parfaitement réguliers qu'on en venait à espérer le hiatus qui briserait cette harmonie, exaspérante à force d'équilibre. Elle était si claire de cheveux que sa peau pourtant laiteuse paraissait plus foncée que sa chevelure, bise et beige comme du sable fin quand la marée vient juste de se retirer. On voyait encore briller la sueur sur ses seins. La veille, elle avait été fouettée, d'abord à peine, puis plus fort, puis encore plus fort. Elle avait pleuré. Juliette avait cessé qu'elle criait encore, et que ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte.
Elle s'était donné beaucoup de mal pour arriver à ce résultat, pour penser et dire "nous" plutôt que "je". Elle était heureuse d'être devenue le centre d'intérêt du jeu. Pour dissimuler son émotion, de sa tête, seul son regard se dérobait alors à l'observation, mais les yeux fermés, tout en elle paraissait si limpide qu'on lui voyait l'âme. Charlotte n'avait à se reprocher que des pensées, et des tentations fugitives. Pourtant, il était certain qu'elle était coupable et que sans le vouloir, Juliette la punissait d'une faute qu'elle ne connaissait pas, puisqu'elle restait intime, tout intérieure mais avec le temps, elle l'avait décelée: la facilité et surtout la servilité. Charlotte était heureuse que Juliette la fouette et l'avilisse dans la prostitution parce que son abnégation donnait à sa Maîtresse la preuve de son appartenance, mais aussi parce que la douleur, la honte du fouet, les outrages infligés, lui semblaient le rachat de sa faute. Elle savait des choses que nul ne savait mais ne voyait pas ce que tout le monde voyait. Elle croyait tout connaître d'elle, mais rien de plus. Jamais elle n'avait autant éprouvé ce manque qu'en cet instant précis, à la faveur de cette relation si anodine aux yeux des autres mais capitale aux siens. Fallait-il qu'elle ait un désir charnel intact pour choir dans un tel gouffre existentiel au bord vertigineux du lit. Se sentait-elle un peu coupable de la jubilation goûtée lors de la première séance de flagellation, la facilité avec laquelle elle s'était donnée. Mais non, ça ne pouvait pas être cela, pas uniquement. Pour la première fois en trois ans, elle remettait en question ce qu'elle savait de Charlotte. Une phrase l'obsédait: "Êtes-vous vraiment sûre d'elle ?." Il y avait des étreintes qui lui avaient été immondes, des doigts dans l'anneau de ses reins qui étaient une intolérable insulte, et des langues et des sexes, se caressant à sa bouche fermée, au sillon de toutes ses forces serré de son ventre et de ses reins, si longuement que le fouet n'avait pas été de trop pour la réduire, mais auxquels elle avait fini par s'ouvrir, avec une indifférence et une servilité insupportable. Et si malgré cela, son avilissement lui était doux ? Alors, plus sa bassesse était grande, plus Juliette était miséricordieuse de consentir à faire de Charlotte, l'objet de son plaisir. Mais de qui est-ton vraiment sûre quand on ne l'est même pas de soi ? Juliette ne l'était plus de sa propre soumise, donc alors d'elle-même. Plus, elle la méditait, plus le bloc de mystère se durcissait. Charlotte était-elle insensée ? Indéchiffrable, celle qu'elle l'avait toujours crue si lisible.
Quatre jours jours durant, elle s'enferma dans une sorte de mutisme qui surprit tout le monde. Aux questions qu'on ne manqua pas de lui poser, elle répondit évasivement en évoquant la migraine. On la trouva nerveuse et irritable. Le soupçon avait instillé le doute. Elle la regardait dormir tout en se demandant si elle dormait vraiment. Une énigme que son esclave gisant dans le lit. Elle la regardait dormir et la jugeait. Rien ne semblait troubler le sommeil de Charlotte. Mais quelle Charlotte observait-elle dans la pénombre de leur chambre: la compagne, l'amante, la soumise ? Elle les aimait toutes à travers celle qu'elle était devenue. Mais comment prétendre aimer quelqu'un que l'on outrageait ? Sous les regards, sous les mains, sous les sexes qui l'outrageaient, sous les fouets qui la déchiraient. Bien sûr, elle parlait dans les supplices, mais peut-on appeler paroles ce qui n'est le plus souvent que plaintes et cris. S'installer dans cette contradiction, c'était déjà y répondre. Tant de choses avaient eu lieu et tant de paroles avaient été échangées, souvent si regrettables mais jamais regrettées. Juliette avait déjà éprouvé de la haine mais jamais encore de l'indifférence, qui est son stade ultime. L'oubli étant essentiel à la survie, elles étaient capables d'oublier. Chacun son rôle. Ça tenait presque à rien. C'est pourquoi nulle n'était prête à y renoncer si facilement. Juliette avait rencontré Charlotte. Le contraire idéal de Juliette, son négatif dans la soumission et dans la vie. Charlotte était blonde, Juliette était brune, le teint toujours hâlé, un corps superbe où tout était parfaitement en place dans les quantités recommandées par les magazines féminins et les proportions suggérées par les magazines masculins, le rire adorablement mutin, qui donnait le change avec brio mais qui semblait se moquer de tous les enjeux. Des signes d'une nature insoupçonnée, secrètement scellée par une complicité acquise par le fouet et en se chevauchant dans un lit. Après, quoi qu'il advienne, on ne se regarde plus de la même manière. On est conniventes pour toujours puisque, en toutes choses, et plus encore en amour, on oublie jamais les premières fois. Leur intimité avait façonné un monde de souvenirs communs. Les volets tirés, la chambre obscure, malgré des raies de clarté à travers les bois mal jointés, Charlotte gémit plus d'une heure sous les caresses de Juliette, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, serrant à pleine main les barreaux qui formaient la tête du lit baldaquin, elle commença à crier lorsque Juliette se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, les fines et souples petites lèvres. Juliette la sentait brûlante, raidie sous sa langue, la fit hurler sans relâche, jusqu'à ce qu'elle se détendit d'un seul coup, tétanisée, moite de plaisir, épuisée mais heureuse.
Pensant alors qu'elle était véritablement ce qu'il y avait de plus précieux au monde, le lendemain, Juliette l'avait vue sourire, si curieusement qu'elle se demanda ce qu'elle avait imaginé sur l'instant. Charlotte ne portait qu'un corset, la serrant à la taille, dont l'armature dessinait la poitrine, les seins largement offerts, ligotant durement le sexe par le cuir des lanières. Juliette tira ses bras, l'un après l'autre, pour les tendre davantage. Les chevilles et les poignets entravés par des bracelets, Charlotte sentit bientôt ses jambes s'élonger. Puis Juliette lui caressa le visage. Aux premiers coups de cravache qui lui brûlèrent l'intérieur des cuisses, elle gémit. Juliette passa de la droite à la gauche, s'arrêta puis continua. Charlotte se débattit de tout son corps. Elle crut que le jonc la déchirerait. Elle ne voulut pas supplier, demander grâce. Mais bientôt, elle céda aux cris et aux larmes. Juliette ne s'arrêta qu'au quarantième coup. Insensiblement, la douleur parut s'atténuer pour laisser place alors à un plaisir diffus. Après la dernière sanglade, Juliette caressa furtivement ses jambes enflammées, cette simple marque de tendresse donna à Charlotte le désir d'endurer encore davantage pour la satisfaire. Comme si Juliette avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle avait dissimulé de son mieux sous des râles et des sursauts, elle fit le tour de son corps écartelé et se plaça devant elle. Puis, elle écarta ses fesses et l'inspecta intimement avec ses doigts, puis avec un speculum dont l'acier froid affola son anus qui s'ouvrit au gré de l'écartement de l'instrument qui le dilata jusqu'à la douleur. Charlotte n'était plus qu'un objet privé de volonté, soumis et servile. Juliette se ceignit d'une ceinture harnais armée d'un olisbos trapu et veineux et la sodomisa brutalement, exigeant d'elle qu'elle se cambra davantage, afin que le dard massif la pénétra profondément, jusqu'au tréfonds de ses entrailles. Rares furent les nuits où il ne se trouva pas quelqu'un pour faire usage de cette voie rendue aussi aisé, bien que plus étroite que l'autre. Juliette s'arracha d'elle comme l'animal repu après l'accouplement. Elle fut heureuse que Charlotte fut doublement ouverte et lui dît qu'elle veillerait à ce qu'elle le demeura. La jeune esclave fut si claire de joie, que sa peau hâlée ne sembla pas marquée. Elle remercia sa maîtresse, et lui dit qu'elle l'aimait. Juliette ne la libéra que lorsqu'elle eut fait d'elle à son plaisir. Moite et tremblant de froid, elle avait descendu les dernières marches qui menaient au sous-sol. Il n'y avait ni lit, ni simulacre de lit, ni couverture, seulement la gourde et austère chape de sol. Juliette lui demanda de s'allonger sur le béton glaçant. Charlotte demeurerait le reste de la nuit, enchaînée, cuisses ouvertes et écartées, sans pouvoir refermer ses jambes. Seule dans le noir et le silence, en sueur, elle ne sentait plus que le collier et les bracelets, son corps partait à la dérive, alors elle s'endormit.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Son visage calme aux traits réguliers réflèta curieusement une bienveillance qui eut sur la toute jeune femme des effets miraculeux. Elle se leva sans un regard au miroir pendu au-dessus du lit. Depuis la dernière séance de domination, elle semblait avoir renoncé à tout désir de coquetterie. Elle la regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité avantageuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette a eu raison bien à l'avance et je ne lui suis déjà plus loyale. Alors, je me sentis mue par cette naïveté qui habite les cœurs encore jeunes, je fus convaincue que ma vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. J'étais poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Nous ne possédions rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier de cuir et un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, la lumière du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans notre relation que la vérité, crue et nue, de notre sexualité. Nous n'avions pas eu à donner le change, pas plus à nous-mêmes qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre deux amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Nous n'étions pas des animaux très sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et nous n'y avions pas eu recours. Aussi, je me sentais tenue de tout lui dire, sans même l'embrasser ou la caresser, mais je n'avais pas assez comptée sur l'appétit que nous avions l'une de l'autre, et je lui fis d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes habituellement au sarcasme, elle baissa la tête, elle la releva à peine émue. Ce n'était pas de l'indifférence, mais de la discrétion. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les deux lettres JM qui ornaient son pubis lisse, double signe de son appartenance, mais surtout les vives cicatrices. Les coups de cravaches. Juliette la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. C'était une fille très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne. Elle avait de petits seins fermes et frémissants, des hanches enfantines à peine formées. À force d'être battue, elle était tombée amoureuse de Juliette.
Malgré les quatre derniers jours harassants, l'inconfort des lieux, la promiscuité avec les cinq autres jeunes femmes, sa beauté demeurait intacte, comme à jamais préservée. Elle obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais Juliette lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par elle. Elle attendait qu'elle arrivât à se soumettre sans avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait souvent, puisqu'elle ne la quittait à aucun moment, qu'elle la vît aussi bien caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Peut-être Juliette avait trop comptée sur l'indifférence à la fois et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. En admettant que Charlotte fût avec elle aussi abandonnée qu'elle l'était avec une autre, ce qui était probable, elle ne pouvait s'empêcher de croire que cet abandon ne l'engageait pas à grand chose ou rien. Mais dans ce double jeu subtil de duplicité, la sensualité n'était jamais absente, et le plaisir à fleur de peau. Et quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait alors si rudement son ventre qu'elle crut s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir.
La chambre où elle se trouvait possédait des rideaux noirs et des volets toujours fermés, comme si de façon horriblement fantomatique, on l'obligeait à se cacher dans une cave, pour que son corps lui cause chaque fois un sentiment d'effroi et de révolte. Sans doute aussi, pour ne pas entendre ses cris. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Sitôt que Juliette l'eut mise nue, certaine qu'elle ne désirait que sa parfaite docilité, elle demeura, les yeux baissés.Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. La foi où elle était que lorsqu'on la touchait, que ce fût pour la caresser ou pour la battre, c'était pour sa Maîtresse. L'après-midi, elle retrouva Juliette et l'emmena chez Paul. Ainsi vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors la jeune fille abandonna son corps aux désirs sadiques de Paul. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Paul se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à flageller les reins qui s'offraient à lui. Il commença doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Paul, excité, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Elle se débattait entre ses liens, non pas pour s'en soustraire, mais au contraire, pour le plaisir d'être plus faible. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Paul frappa encore plus fort et les fines lanières claquèrent dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en hoquetant et en tordant son buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant.
Autour d'elle cinq autres jeunes femmes se préparaient pour la nuit. Elles le savaient et s'accomodaient les unes aux autres. Charlotte apprit à être docile et patiente. Sa Maîtresse lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Paul dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Mais la douleur devint trop vive. Mais quel bonheur, le cuir qui marque les chairs, le désir d'une Maîtresse qui sait s'adjuger sans compassionce qu'elle veut. Elle se disait qu'enfin, elle avait aimé son amante que pour mieux se donner, esclave et comblée. Elle laissa alors couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Paul de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Paul qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait alors la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva bientôt legémissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces. Paul dut alors maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent sur le lit. Paul fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de son sperme abondant et visqueux qu'elle avala mystiquement jusqu'à la dernière goutte.Ses yeux brillaient de grâce sous le regard envieux et jaloux des cinq autres jeunes femmes.
La jeune femme se sentait plus à l'aise, moins égoïste et surtout savait mieux apprécier le vrai bonheur d'être offerte. Elle s'aimait moins pour elle que pour l'homme. Ce sentimentalisme excèdait sa Maîtresse. -"Quels enfantillages !" pensait-elle. Le plaisir sur lequel elle ouvrait les yeux était un plaisir anonyme et impersonnel. Elle gémit bientôt sous les caresses de sa Maîtresse, et commença à crier quand son amante, se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre ses cuisses engourdies, les fines et souples petites lèvres.Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Paul, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé. Elle comprit simplement qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Alors, bientôt il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors avec force, sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre et sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles offensées. L'homme ne la quitterait, qu'à la nuit tombée, après lui avoir avec frénésie, labouré les reins tant il était épais et roide. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans ses entrailles et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Paul, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Paul sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter et distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Paul se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Elle avait remarqué que sa Maîtresse aimait aussi à tout instant, même si elle ne la désirait pas, la savoir à sa merci. Semi-consciente, elle pensa seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait pire que n'importe quelle chaîne. Elle ne fut pas déçue, lorsque Juliette décida finalement de la posséder outrageusement par l'arrière à l'aide d'un gode-ceinture, laissant à Paul ragaillardi, le soin de forcer sans aucun ménagement les lèvres de son vagin. Au bord de l'épuisement, sa Maîtresse l'offrit pour le restant de la nuit aux caprices des cinq jeunes vierges impatientes et envieuses, comme bon il leur semblerait.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Cette série de récits autobiographique retranscrira les faits et événements par ordre chronologique, elle est a l'initiative de mon Maitre et Femto qui connaissent déjà toutes ces histoires mais m'encourage a livrer mon parcours afin de révéler aux autres la salope que je suis.
Je m'engage a faire une introspection sincère et vous partager mon vécu sans en travestir les faits. Bonne lecture ___________________________________________________________
En 2016
C’est la rentrée, me voici dans une nouvelle école pour refaire mon année, je vais mieux et j’ai soif d’aventures, il est temps que je profite de tout ce que la vie peut m’offrir.
Les derniers mois furent salvateurs pour la jeune femme abimée que j’étais, cette rentrée est pour moi un nouveau départ mais avant de vous conter cette nouvelle et tumultueuse aventure, revenons sur ma rédemption.
J’étais suivie par un psychologue à qui j’ai pu tout dire de mon rapport aux hommes, mettre le doigt sur mon problème avec mon père, ce que son absence a créée chez moi ainsi que pointer du doigt mon envie d’autodestruction et ma culpabilité vis-à-vis de Thomas.
Je travaillais avec lui sur la vision que j’avais de moi et des relations hommes/femmes, je mettais pour la première fois de ma vie des mots sur mon besoin d’affection, mon insécurité quand il s’agit de s’attacher à un homme, ma peur de l’abandon ou encore mon estime de moi et au fil des séances, je sentais que je reprenais confiance en moi.
Je me confiais beaucoup à ma mère sur mon manque de confiance en moi et ma peur de l’abandon, à Clara sur mes addictions et la relation toxique que j’avais eue avec Adrien et enfin à Kévin sur ma sexualité, mes vices et mon besoin d’affection, tout ce beau-monde m’aida a affronter mes démons.
Il se passa plusieurs semaines où mon quotidien se résumait à regarder des séries, à jouer aux jeux-vidéos, à faire du shopping, profiter de mes proches. La vie était agréable, sans pression, loin des cours et de cette vie solitaire que j’avais menée, je pouvais me consacrer à mon introspection et ma thérapie mais surtout à tenir mon régime et me buter à la salle de sport pour retrouver un corps dont je sois fière.
La salle de sport était l’endroit où j’étais le plus vulnérable, je devais faire face à mon corps et ce qu’il fallait que je change mais j’y étais majoritairement entourée d’hommes et je sentais leur regard sur moi. J’essayais d’y aller l’après-midi pour éviter les heures où la salle est trop fréquentée, je savais que voir des beaux garçons pourraient me donner des envies que je ne pouvais m’autoriser dans mon état actuel et que me faire accoster par des mecs là-bas mettrait à l’épreuve la vision que j’ai de moi, je n’étais pas prête pour du flirt surtout que j’avais jurée de faire abstinence le temps d’aller mieux.
Etonnamment l’addiction dont j’avais le plus de mal à me sevrer ce n’était pas l’alcool ou la drogue mais la masturbation et ma consommation de porno, mon psy m’avait demandée de réduire drastiquement ma fréquence de plaisir en solitaire et c’est la résolution que j’avais prise que j’avais le plus de mal à appliquer. Ayant reconnue que j’étais nymphomane et que le sexe prenait trop de place dans ma vie et dans mon rapport avec les hommes, il fallait que je m’en détache un certain moment afin de mieux appréhender pourquoi j’étais aussi accroc à la chose. Mon psy pensait que ma surexposition au porno et l’obscénité du contenu sur lequel j’avais l’habitude de fantasmer ne pouvait qu’alimenter la faible estime que j’avais de moi et ma vision peu flatteuse du rapport homme/femme donc il me conseillait d’essayer de ne plus en regarder et de faire appel à mon imagination si je devais me toucher.
Ce qu’il n’avait sûrement pas imaginé c’est qu’un tel exercice me ferait fantasmer sur lui, il était automatiquement dans ma tête au moment où je devais me retenir de céder a mes pulsions et j’avais la sensation d’être sous son contrôle à lui obéir…
Je me touchais en m’imaginant le faire sur son canapé en pleine séance, j’avais envie qu’il me voit en train de me toucher comme la petite salope que je suis, qu’il me dise qu’il allait calmer mes envies avec sa propre bite …
Bref, je me touchais en m’imaginant me faire sauter par mon psy dans son bureau alors on ne peut pas dire que j’arrivais à m’assagir …
Les mois passèrent et ma convalescence psychique commençait à arriver à son terme, je me caressais certes moins et faisait dorénavant beaucoup plus appel à mon imagination et mes fantasmes que du porno mais j’étais par contre plus perverse que jamais …
Mon envie de sexe n’avait pas diminuée, il m’arrivait de temps en temps d’aller chercher dans le coffre de ma voiture mon sextoy a ventouse pour m’empaler dessus quand mon besoin de sexe était trop intense (vivant de nouveau chez ma mère, il était essentiel que je cache mes jouets dans ma voiture pour être certaine qu’elle ne tombe pas dessus) mais ça ne remplaçait pas une vraie bite et j’étais en manque.
Je reconnais que m’éloigner du porno avait en effet participer à changer ma façon de voir le sexe mais cela n’avait en rien réduit ma perversion, je me touchais moins souvent mais j’étais toujours aussi cochonne quand je le faisais, il m’est arrivée de prendre la voiture et aller me garer sur une route de campagne pour me goder librement et pouvoir jouir sans retenue hors de la demeure familiale …
J’avais souvent les mêmes garçons en tête :
- Mon psychologue qui abusait de son statut sur moi durant une séance ...
- L'’un des coachs de la salle de sport qui fermait a clé la salle des cours de fitness pour m’arracher mon jogging et m’offrir une séance cardio des plus intenses ...
- L'’un des adhérents de la salle, un chauve hyper musclé à qui j’aimais m’imaginer donner rendez-vous aux toilettes pour qu’il me démonte comme une pute ...
- Le père de Clara chez qui je dormais régulièrement et que je rejoignais secrètement en pleine nuit pour un 69 sur le canapé du salon ou qui me laissait m'empaler sur sa queue dans la salle de bain pendant que sa femme et sa fille dorment ...
- Kévin, mon meilleur ami qui dormait régulièrement avec moi depuis des mois, je connais sa bite, je connais son désir pour mon corps et il serait si simple quand il dort de commencer à le branler, le sucer ou me mettre nue pour venir le chevaucher …
Je confesse avoir tout fait pour que Kévin craque et se permette un geste ou une parole déplacée quand nous dormions ensemble …
Je faisais exprès de ne porter qu’un t-shirt sans soutif avec une culotte pour l’aguicher, le tenter mais lui qui autrefois m’avait palpé le cul dans mon sommeil sans mon autorisation n’a jamais rien fait durant cette période. Je lui ai fait part de mon manque de sexe à diverses reprises pour lui lancer des perches, je le câlinais tendrement parfois comme une petite amie quand nous dormions mais rien ne semblait motiver mon meilleur ami a raviver la flamme qui l’avait autrefois consumé !
Pourtant tout bascula lors de notre dernière nuit avant qu’il ne parte en vacances avec sa petite amie pour deux semaines et que je ne fasse ma valise pour ma rentrée …
Je ressentais une certaine nostalgie à me dire que nous n’allions plus dormir ensemble avant très longtemps mais j’avais aussi beaucoup de reconnaissance pour sa présence à mes côtés lors de ces derniers mois particulièrement difficiles alors je me montra particulièrement douce et attentionnée ce soir-là. On passa une belle soirée à discuter, délirer et regarder un film puis nous nous couchâmes afin de discuter encore un peu sur l’oreiller comme nous avions l'habitude de le faire.
Je lui fit part de mes craintes pour la rentrée à venir, qu’il allait me manquer et nous nous primes dans les bras, il me réconforta sur le fait que maintenant j’étais « clean », forte et que c’était derrière moi. Je le remercia pour sa présence indéfectible et son soutien durant cette période de désintox, il m’embrassa sur le front. Je lui avoua avoir besoin de tendresse et être bien dans ses bras, il me dit qu’il serait toujours là pour m’en donner. Je lui confessa avoir besoin de plus d’affection qu’il ne pouvait m’en donner et un silence s’installa. Mon cœur se mit à battre la chamade, une chaleur s’empara de moi, j’attendais sa réaction, je leva les yeux vers lui et c’est quand mes yeux plongèrent dans les siens qu’il me demanda de quelle affection j’avais besoin ? Je fus intimidée comme une vierge qui n’oserait parler de sexe pourtant c’était mon confident sexuel, celui avec qui j’en parlais ouvertement, celui que j’avais déjà sucé plus jeune, qui m’avait bouffé les seins et que j’avais branlé mais j’avais l’impression que j’allais dire quelque-chose d’honteux, tabou et risqué …
« J’ai besoin de tendresse, qu’on me fasse l’amour »
Je me sentis rougir, cela faisait des années que je n’avais pas été intimidée de la sorte, je baissa les yeux, trop gênée pour soutenir son regard …
« Tu sais que je ne peux pas Charlotte, y’a Laura et puis t’es dans une période de ta vie où c’est compliqué de savoir si tu le veux vraiment … Je veux dire, je ne sais pas si ça serait une bonne chose pour toi.
- Je sais, je sais, je n’aurais pas dû te le dire mais j’en ai vraiment besoin et puis va bien falloir que je remonte en selle. »
Je m’allonge sur son épaule et pose ma main sur son pectoral, résignée mais toujours génée.
« Haha ouais c’est sûr, je ne t’imagine pas te faire nonne !
- Aucune chance !
- On rigole mais reprends quand tu te sens prête et avec la bonne personne, quelqu’un qui te respectera et ne risquera pas de réveiller de mauvais souvenirs ...
- Justement, je me disais et je voulais que ça soit toi mais je comprends vis-à-vis de Laura … »
Un silence s’installe, il ne réponds pas, un bref espoir jaillit en moi, je connais cet instant.
« Tu sais à quel point … J’ai toujours fantasmé sur toi malgré que tu sois ma meilleure amie alors je t’assure que j’en crève d’envie mais c’est aussi parce-que je suis ton meilleur ami que je dois prendre soin de toi plutôt qu’écouter mes bas-instincts.»
Je passe ma main sous son t-shirt et caresse son torse, une flamme s’embrase dans mon bas-ventre.
« Si tu veux prendre soin de moi, fais-moi tendrement l’amour Kévin, j’en meurs d’envie !
Tu sais que je ne dirais rien à Laura, ça restera entre toi et moi comme toujours et je sais que tu l’auras fait pour moi …
Comme j’ai pu faire le reste autrefois pour toi …
- Beaucoup trop tentant mais de toute façon je n’ai pas de capotes …
- Si c’est toi pourquoi en mettre ? Je n’ai rien fait depuis mon dernier test de dépistage et puis toi t’es en couple depuis des années, que je sache tu le fais qu’avec elle, non ? »
Mes yeux descendent vers son caleçon, je constate qu’il bande, je prends ça pour un signal de départ et commence à l’embrasser dans le cou alors qu’il acquiesce ne coucher qu’avec sa petite-amie, mes lèvres humides embrassent langoureusement son cou et ma langue se permets quelques léchettes, je suis en chaleur et dorénavant incapable de ralentir les évènements.
« Je veux te sentir en moi, je veux que tu jouisses en moi … dis-je entre deux baisers alors que je commence à agripper son sexe.
- Ok, t’as gagnée ! »
Il passe au-dessus de moi, m’embrasse fougueusement, nos langues s’entrelacent pour la première fois, mon cœur fait un bond, c’est mon meilleur ami qui m’embrasse, c’est la salive de Kévin qui coule dans ma bouche, ce geste d’amour que nous partageons ne devrait pas avoir lieu avec celui que je considère comme mon meilleur pote depuis plus de 8 ans et ça m’excite terriblement.
Sa main remonte mon t-shirt au-dessus de mes seins, il descend dessus et les embrasses, les caresses, les lèches, il est doux, sensuel, patient rien à voir avec la dernière fois qu’il a eu l’occasion de les voir, je fonds sous ce traitement, ma poitrine ne m’a jamais autant excitée.
Sa langue se perds sur mon ventre, il titille mon nombril, joue avec mon désir pendant qu’il s’approche de ma culotte que je sais déjà bien humide, il me l’ôte soudainement et contemple mon intimité, je suis embarrassée par le fait qu’il me regarde ainsi, ses doigts écartent mes lèvres, il complimente ma chatte en même temps qu’il commence a la caresser, je deviens folle alors qu’il stimule mon clitoris, je n’ai qu’une hâte, qu’il me laboure la chatte ...
Il plonge sa bouche sur mon sexe et me goûte, des baisers, des coups de langues maitrisés et diverses caresses de la main me font jouir en quelques minutes, ça faisait longtemps, c’est si bon, il me fait prendre mon pied juste avec sa bouche.
Kévin se redresse le menton trempé, il vient m’embrasser, il sent la mouille, il plonge un doigt dans ma chatte si sensible après avoir joui et me roule une pelle où j’ai l’impression de me bouffer le minou au passage. Je lui demande de ralentir avec ses doigts étant trop sensible après avoir pris mon pied, il retire alors sa main de mon sexe et je l’invite à me laisser faire à mon tour, il s’installe sur le dos alors que je retire son caleçon pour m’occuper de lui.
J’empoigne sa queue qui n’est plus très dure, je commence à le branler délicatement tout en lui caressant les boules, sentir sa queue durcir dans ma main est plaisant, la chaleur et la douceur d’une bite m’avaient manqué.
Je découvre que sa queue est bien baveuse, visiblement il a été très excité tout ce temps et son gland est déjà bien lubrifié,. Je promène ma langue sur sa verge et ses couilles sans jamais m’approcher de son gland luisant qui suinte du pré-sperme me suppliant de le mettre à contribution, je veux qu’il crève d’envie que je le prenne en bouche et les gémissements de Monsieur comme ses gestes me font sentir qu’il est a bout. Je me redresse face a sa queue, j’hésite un instant a baver sur le sommet de son gland ou a l’essuyer d’un bref passage du pouce mais finalement je décide de le savourer tel qu’il est, baveux et généreux, plein de désir pour moi.
J’offre a mon meilleur ami la meilleure pipe possible, je lui lustre le gland avec passion et tendresse, je m’applique a promener ma langue partout et a varier la cadence de mes aspirations, succions et léchettes, il se régale et me complimente pour ma technique.
« C’est pour te remercier d’avoir pris soin de moi ces derniers mois !
- T’avais aucunement besoin de faire ça mais je ne vais pas m’en plaindre …
-Je veux que tu sentes à quel point je t’en suis reconnaissante
- Tu suces tellement bien et c’est si excitant parce-que c’est toi …
- T’aimes voir ta meilleure amie avec ta queue dans la bouche ?
- Ouais ça me rappelle des souvenirs et faut dire qu’elle a bien progressée !
- Heureusement que je suce mieux qu’au collège … J’en ai taillé des pipes depuis.
- Tu peux me branler dans ta bouche comme tout à l’heure pendant que tu me léchais ?
- Attends, j’ai encore mieux à te montrer puisque tu vantais mes progrès, tu vas m’en dire des nouvelles ! »
J’empoigne alors sa queue et la glisse tout au fond de ma bouche, je décompose le mouvement avec une cadence lente et salive a volonté sur sa verge raide que je fais à chaque va et vient glisser un peu plus loin dans ma gorge. Kévin se crispe et pousse des gémissements à chaque plongée, il devient plus vulgaire dans sa façon de parler mais gémit quand je l’avale complètement, son bassin commence a remuer instinctivement et ma bouche débute alors une gorge profonde plus rapide.
Mon meilleur ami se fait pomper la dard sans retenue, je lui délivre ma meilleure performance en lâchant prise et ne me considérant plus que comme une ventouse bonne a aspirer son membre, il me baise la bouche du bassin alors que je m’efforce de ne pas m’étouffer et le garder dans ma gorge, il n'a plus l'air de se soucier de mon cas et me baise la bouche comme si c'était ma chatte.
Après quelques minutes, il retire ma tête subitement en me suppliant d’arrêter sinon il va cracher, je l’embrasse a mon tour baveuse et je reprends mon souffle avant d'ôter mon t-shirt pour venir le chevaucher. Je prends sa queue baveuse et raide que j’oriente vers l’entrée de mon corps, je m’assois alors délicatement sur celui qui connait tout de moi, mon confident, mon meilleur pote, mon frère pénètre alors en moi.
Je m’écroule sur lui, savourant sa queue qui commence à se remuer en moi, il imprime une cadence calme et efficace, je ne dis plus rien, je gémis juste dans son cou alors que ses mains parcourent mon dos, mes hanches, mes fesses et que sa queue me laboure. Je prends mon pied, le faire avec lui est plus fort émotionnellement qu’avec mes autres partenaires, quand il empoigne mon cul pour l’écarter et me baiser plus fort c’est plus intense que dans mes souvenirs, ma chatte se liquéfie sur son membre et j’ai terriblement honte qu’il m’entende jouir ou me voit ainsi mais c’est aussi ce qui rends l’instant si puissant et déroutant.
Alors que j’allais jouir de ce divin traitement, Kévin me bascule sur le dos et ralentis la cadence, me disant qu’il commençait à perdre le contrôle et que je voulais "faire l’amour", il m’embrasse alors puis reprends plus doucement sa course de face. Il décompose les mouvements me faisant ressentir l’intégralité de sa queue en moi, je la sens frotter mes parois, taper dans le fond et limer l’entrée de mon trou, il joue avec mes seins, les embrasses, les suces et je me sens si belle, féminine, sexy entre ses mains, nos corps ne font plus qu’un, nos sexes fusionnent et pour la première fois depuis des années, je fais l’amour et je n’ai pas l’impression d’être l’objet de plaisir de cet homme mais que nous sommes égaux, qu’il se dévoue a moi.
Il me demande si je suis prête a conclure ? J’acquiesce alors il se couche sur moi, empoigne mes fesses par le dessous et me fourre avec vigueur, sa queue bute au fond de ma chatte, j’ai l’impression de l’avoir dans le ventre, il s’affale de tout son poids sur moi et me pine comme un lapin, il buffle virilement sous l’effort et je couine comme une chienne en chaleur les jambes en l’air subissant la fougue de ce male devenue si sauvage, un long jet chaud me parcourt soudainement, puis un second et un troisième alors qu’il reste empalé profondément en moi.
Il se retire puis bascule sur le coté, il reprends sa respiration, mes seins et mon ventre sont en sueur, la chaleur et le frottement de nos corps nous ayant faits transpirer c'est comme si l'air sur ma peau me démangeait, il reprends péniblement sa respiration alors que je regarde sa queue débander, il me demande si c’était bon, je lui réponds que c’était parfait.
Alors que nous reprenons nos esprits et que les remords commencent à arriver, une première coulée de sperme se fit sentir entre mes lèvres, je l'abandonna alors pour aller me vider aux WC.
Dans les toilettes, je regarde ce sperme visqueux dégouliner hors de ma chatte alors que je pousse pour le faire sortir, je m’essuie avec du papier et constate qu’il s’est bien vidé les couilles, je prends conscience que ce foutre est celui de mon meilleur pote et que je viens de commettre l’irréparable.
J’inspire profondément alors que je tire la chasse et retourne en direction de la chambre, nue et de nouveau mal a l’aise, je m’empresse de chercher mon t-shirt pour me couvrir, c’est là qu’il se lève et m’enlace entre ses bras, me disant qu’il est heureux d’avoir pu le faire avec moi et qu’il ne regrettera de son côté jamais ce moment qu'importe les éventuelles conséquences. Je l’en remercie et l’enlace en retour puis me rhabille avant de glisser sous la couette.
Nous parlâmes de sexe un moment, de nos sentiments sur ce qu’on venait de faire puis nous nous endormîmes dans les bras l’un de l’autre sauf que pour la première fois il s’endormit avec sa main sous mon t-shirt avec l’un de mes seins en main.
Lorsque je me réveilla il était déjà sous la douche, il avait un repas de famille de prévu le midi et notre grasse matinée ne lui permettait pas de trainer, je resta un peu sur ma faim ayant secrètement espérer qu’on recommence une dernière fois avant qu’il ne parte ...
Je fis ma rentrée dans une nouvelle ville quelques jours plus tard, je me créa un profil sur deux sites de rencontres étant résolue a profiter de ma jeunesse et jouir de ce physique si durement retrouvé, je me jura de ne donner que dans les coups d’un soir et ne pas m’intéresser autrement que sexuellement aux hommes que je daterais. J'aimais le sexe, le plaisir charnel et il était temps que je puisse assumer la nymphomane accroc au sexe que j'étais ayant maintenant connaissance de mes faiblesses émotionelles et mes failles mais sachant aussi a quel point je ne pouvais pas me passer de cul, je décida de devenir une salope qui s'assume et qui resterait libre comme l'air refusant d'être sous le controle d'un homme. Un choix qui me changera a tout jamais avant que l'on ne me montre où est ma place.
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Lundi soir
Après un début de séjour tranquille, passé à se reposer et à refaire le monde, tu consacres la soirée du lundi à me transformer en une nouvelle espèce, à croire que tu aurais été gardienne de zoo dans une autre vie. Après le nounours, après le chien, après la proie d’araignée, voilà que tu as décidé de me transformer en papillon. Souvent je me demande où tu vas chercher certaines idées. Néanmoins, je n’ai jamais eu à m’en plaindre ; les pires (ou plutôt les plus démentes) ne pourront jamais se transformer en réalité. Quoi que ! Il ne faut jamais dire jamais. De fil en aiguille, d’idée en idée, de suggestion en suggestion, tout est possible avec ton cerveau prolifique dès qu’il s’agit de s’occuper de ton nounours. Mais revenons à ma mutation du soir. A ta demande, j’enfile la combinaison noire qui va te servir de toile pour réaliser ton œuvre. Parce que je reste avant tout ton soumis, un collier vient compléter ma tenue. Et pas n’importe lequel : le large noir en cuir, abondamment doté en clous de toutes tailles. Difficile d’échapper à ma condition avec une telle parure. Dès lors, j’ai le sentiment de me muer en pantin mécanique ou presque. Un léger shibari à base de cordelettes blanches vient orner mon buste, apportant un contraste bienvenu sur ce fond sombre. Même si cela ne se voit pas totalement tu m’invites à bien faire en sorte que mon pénis soit bloqué entre les deux liens qui passent au niveau de mon entrejambe. Aucun détail n’est négligé ! C’est alors que tu peux passer à ta phase créative, version animalière. Ou comment doter un nounours d’ailes. Vaste question … Bien évidemment, tu avais déjà réfléchi à la question et préparé ton affaire. Deux paréos sont extraits de ton placard, les plus accordés possible. Il ne reste plus qu’à assembler le tout. Facile à dire pour le « pantin » : il suffit de lever les bras et les maintenir à l’horizontale quand l’artiste vous le demande. Un peu compliqué pour l’artiste. Néanmoins, avec un peu de patience, tu sembles parvenir à tes fins. Cela doit être le cas puisque tu me demandes de « prendre mon envol » sous tous les angles comme si je sortais de ma chrysalide (certes c’était déjà il y a quelques mois, mais je suis une espèce unique, les temps d’évolution sont spéciaux !). J’avoue que je me prends au jeu, mais en restant les pieds bien posés au sol ; cela serait béta de chuter dès les premiers jours du séjour. Dire que cette idée rongeait son frein depuis des lustres : elle aussi a pris son envol …
Mercredi
Dès le matin (ou plutôt la veille au soir), tu m’imposes une tenue de ton choix, de celles où tu prends un malin plaisir à mélanger « standard » et « original ». Ainsi, au moment de partir faire les courses en ta compagnie, il est difficile pour quiconque de discerner quoi que ce soit d’anormal à mon apparence extérieure. Pourtant, sous le jean se cache ta touche personnelle. En l’occurrence, oubliés boxer et chaussettes : trop classique, trop masculin. Place à une jolie culotte rouge et une paire de collants noirs : bien plus transgressif. Et c’est parti. Probablement du fait que rien ne soit visible, je n’ai pas cette appréhension d’être percé à jour, comme cela a pu être le cas par le passé. Mais intérieurement, cela a une petite saveur excitante. J’allais oublier de préciser que toute excitation est bien évidemment contenue : on n’est jamais trop prudente. Cage de chasteté imposée aussi. Tu sais « parler » à ton nounours ! Et surtout mettre lentement ses sens en éveil.
Dans l’après-midi, tu apportes quelques compléments à tes premières consignes vestimentaires. Tu restes toujours dans cet esprit de contrastes mais un poil plus exhib. Dans l’intimité de ton antre, tu peux te permettre beaucoup d’excentricités. Et comme je ne dis jamais non ;-). On garde donc les éléments cachés ce matin. A vrai dire je les avais tous gardés sur moi, seule la couche extérieure avait changé en rentrant. Original d’ailleurs, le port du short par-dessus une paire de collants. Sexy ? Pas vraiment … Mais revenons aux nouvelles consignes. Tu me prêtes donc un soutien-gorge rouge, totalement assorti à la culotte, ainsi qu’un chemisier blanc à liseré noir. Et tu me demandes d’enfiler par-dessus tout cela mon costume noir. Un savant mélange masculin-féminin et tu pousses le vice jusqu’à le prolonger jusqu’au bout des orteils. En effet, je dois porter une chaussure d’homme à un pied, et un escarpin noir à l’autre. Autant dire que je penche du côté où je pourrais tomber. Dans ta grande bonté, tu ne m’imposes pas de me déplacer longtemps ainsi chaussé. Je t’en suis plus que reconnaissant. Voilà qui semble te plaire. Quelques dernières touches pour que le chemisier ne soit pas trop pudiquement ajusté et le pantalon déboutonné pour bien montrer la présence noire et rouge des dessous imposés : et voilà que je suis parfait à tes yeux en tenue pour les courses, façon Maitresse Samantha. Encore une fois, tu te révèles bien taquine et joueuse. Et cela ne fait que commencer … car je dois vite paraître bien trop pudique à tes yeux. Sinon, pourquoi cette envie soudaine de me demander de sortir la cage. C’est que le collant s’y opposerait presque. Quelques manipulations plus tard, je me retrouve la cage à l’air, soutenue par une alliance de nylon et de dentelle. Pour plus de confort, je suis désormais chaussé avec la paire d’escarpins (ouf, fin des expériences cascadeuses). Toujours trop pudique ? Qu’à cela ne tienne, il suffit de baisser le pantalon. Je reconnais que c’est la meilleure solution pour révéler cette culotte de la plus belle couleur qui soit délicatement enveloppée par l’écran voilé que forme les collants … Je finis par comprendre pourquoi tu souhaitais me voir porter cette carapace métallique. Sa morsure est là pour me le rappeler. Apparemment ma « poitrine » ou plutôt devrais-je dire sa parure n’était pas suffisamment exhibée. Tu t’approches donc pour faire en sorte que le chemisier laisse amplement apparaitre la dentelle rouge qui me ceint. Mais comment suis-je devenu aussi impudique ? Ca restera un mystère non résolu. Temporairement, j’en retrouve une certaine, mais néanmoins toujours affublé des obligations du matin. Il y a fort à croire que la journée n’est pas terminée.
C’est bien ce qui se confirme lorsqu’en début de soirée, tu m’invites à te suivre à l’étage. Tu me tends la mini robe rouge dont je sais désormais qu’elle m’ira à merveille, le fin collier rouge et tu me demandes de sortir mes « échasses », enfin, non, mes cuissardes. Pour la robe, je galère moins à la mettre, à croire que j’y ai pris goût, et pourtant sans entrainement. Tu te contentes de l’ajuster convenablement : je reste un mâle quand même ! Quant aux cuissardes, tu as un tel coup de main et une technique si maitrisée que je te laisse faire. En quelques minutes à peine, mes jambes sont joliment parées de cuir noir et brillant. Même si je n’y tiens plus dessus, j’aime toujours autant les voir sur moi. En tout cas, jusqu’à ce que tu m’entraves la vision avec une autre culotte rouge, semble-t-il la jumelle de celle que je porte, qui vient faire office de « cagoule ». Est-ce pour me faire taire ou pour la maintenir en place (à moins que ce ne soit pour les deux à la fois) ? Toujours est-il que tu viens compléter ma panoplie avec le bâillon pénis qui, une fois n’est pas coutume, vient par-dessus la dentelle. Hummm ! Direction le lit, d’abord sur le dos, pour des poses d’abord sages, enfin, nonobstant la tenue qui ne l’est pas du tout. Mais j’aime ne pas être sage de la sorte ! Ceci explique peut être pourquoi cette robe s’accompagne à chaque fois de la « prison » métallique. Tu dois vouloir vérifier par toi-même : je sens que tu remontes petit à petit la robe pour inspecter ce qui se passe en-dessous. Délesté du bâillon (faudrait pas que je finisse étouffé), tu me fais changer de face et le même manège se reproduit, la hauteur de la robe évoluant au fil de tes envies. De retour assis sur le rebord du lit, tu sembles me refaire jouer la scène de « Basic instinct » version BDSM à ta façon. Plus ça va, plus j’écarte impudiquement mes cuisses encore gainées de cuir pour m’offrir à ton regard intéressé. Bon, j’avoue, la cage était une excellente initiative pour une telle session. L’absence de pudeur me « tend » !
Pour plus de confort pour la suite, tu me fais retirer les cuissardes tout en conservant le reste de ma tenue. Retour à plat ventre. A peine installé, voici que je sens la brise de la climatisation. Normal, tu viens de me relever la robe sur les reins, et descendre collants et culotte sous la lisière des fesses. Autant dire que tu viens de t’aménager une aire de jeux bordée de rouge. Rouge n’est ce pas la couleur recherchée ? La thématique du soir ? En tout cas, c’est l’hypothèse que je fais quand tes mains commencent à se mettre en action sur mon postérieur. Je constate avec un certain plaisir que tu y reprends goût. Chic alors ! En plus, tu fais durer longuement ce moment, te ménageant néanmoins quelques pauses pour faire refroidir tes mains. Comme dirait l’autre « qui veut fesser longtemps, ménage ses mains. ». Lorsque je suis à bonne température et probablement à bonne teinte (mais de cela je ne peux en juger), les paumes se reposent progressivement avant de laisser entrer en action les griffes uniquement. Bien évidemment, je n’y résiste pas. C’est déjà mon pêché mignon par nature, alors quand c’est appliqué sur une zone déjà sensibilisée, que dire sinon que je grogne de plaisir. Comme tu me connais bien, et que tu prends soin de moi, tu finis par dégager le haut de mon dos pour laisser tes ongles y flâner avec plus ou moins d’insistance. Tu excelles dans le subtil mélange du sucré et du salé ! Quant à la robe, elle ne ressemble plus à grand-chose ainsi portée. A croire que je me suis fait troussé par une horde ….
Jeudi
Le lendemain, tu émets le vœu de tester un de mes ballstretchers. Tu m’avais déjà demandé de le porter à mon arrivée mais c’était juste pour voir ce que cela donnait sur moi en vrai, après l’avoir vu en photo il y a quelques semaines. Il est temps de faire un aparté à ce sujet. J’en avais acquis deux de taille raisonnable (à peine un peu plus de deux cents grammes) il y a déjà plusieurs années mais à défaut de pouvoir les mettre en place facilement et de manière reproductible, j’avais laissé tombé le sujet et les deux bourses qui leur servent d’écrin trainaient dans mon armoire. Et puis, sans que je sache expliquer pourquoi, je me suis repenché sur ces objets il y a quelques semaines. Cette fois, j’ai réussi à mettre un en place sans trop de difficulté, puis j’ai réitéré l’opération à plusieurs reprises, réussissant même à poser le deuxième. Alors seulement je t’ai révélé que je les avais en ma possession. Tu m’as alors répondu que tu connaissais que de nom mais que tu n’en avais jamais utilisé par le passé. Et ta curiosité de la nouveauté nous a conduit à ce soir. Je t’avais néanmoins révélé une légère contrainte : mon anatomie étant ce qu’elle est, si tu veux que je le porte, il est fortement recommandé de me le demander à l’avance, que je puisse le mettre en place loin de toute stimulation « gênante ».
C’est donc dans l’après-midi que tu m’as prévenu de ton désir d’en profiter. Pendant ta sieste, c’était le moment parfait pour me ceindre de cet anneau métallique, un poil pesant mais tout à fait supportable pendant quelques heures au moins. Le soir venu, tu me tends juste le gros collier noir à clous pour toute tenue. Je ne suis pas certain que nous ayons déjà fait plus succinct. Après une courte vérification que tout est bien place debout, tu me demandes très rapidement de m’installer à quatre pattes sur le lit, postérieur vers toi. Une fois les cuisses suffisamment écartées, cette position te laisse une bonne vue et un accès facile vers ces deux fruits mûrs que comprime délicatement mais certainement mon « bijou » du soir. Ces deux choses bien gonflées et à fleur de peau sont irrésistibles pour toi qui a plus qu’un faible dès lors qu’il s’agit de tourmenter mon intimité. D’ailleurs, comme tu as bien compris qu’ainsi équipé, j’étais devenu encore plus sensible que je peux l’être d’habitude, tu souhaites identifier quels seraient tes « armes » les plus adaptées pour un maximum d’effet. Mais le meilleur spectacle en ce qui me concerne c’est lorsque tu poursuis ton étude après m’avoir fait mettre face à toi, agenouillé. Comme tu m’as laissé voir, je vois ce qui passe dans tes mains mais aussi ta moue tantôt de satisfaction, tantôt de non sélection, sans parler de ton sourire perversement malicieux quand tu tombes sur un accessoire efficace. Dans ma position, je ne peux guère m’échapper, seulement m’affaisser avant de me redresser, par réflexe, comme pour te redonner le meilleur accès possible. Serais-je conditionné ? Bien évidemment, sans bâillon non plus, je réagis, soit pour grogner, soit pour gémir, soit même pour partir en fou rire à une ou deux reprises. C’est le risque quand je vois ce qui se passe… Vont ainsi se succéder petits martinets aux effets limités, tapette cœur, mini strap en cuir noir (à revoir en deuxième semaine ?), faisceau de paille ô combien stimulant, cravache plus ou moins sensible selon la façon de la manier, paddle à clous, bien heureusement manipulé uniquement sur sa face pur cuir, évidemment tes griffes naturelles qui trouvent là un terrain de jeu parfait et je dois en oublier. Par contre ce dont je suis certain c’est que tu fais longuement durer les tourments sans néanmoins être trop brutale (c’est quand même fragile ces petites choses). Bizarrement, avec le recul, je m’étonne d’avoir échappé au contact perforant d’une de tes roulettes. J’ai bien l’impression que cette longue évaluation à mes dépends valide l’intégration de ces lests dans notre panoplie. Je ne doute pas que la prochaine fois, je devrais te montrer ce que cela donne avec les deux. Tu voudras sûrement vérifier si cela augmente encore ma sensibilité ou s’il s’agit juste d’un poids supplémentaire. Affaire à suivre. Mais avant de libérer ton nounours de laboratoire, tu ne pouvais pas ne pas marquer ton territoire. Ce soir c’est avec la pointe de ton feutre que tu viens l’appliquer sur mon bas ventre. Bien que je puisse voir, pour une fois, ce n’est que théorique. Vu où tu écris, je ne peux que voir le stylo glisser sur ma peau à défaut de pouvoir lire. En revanche, je parviens à déchiffrer la conclusion que tu apposes sur mon pénis (oui j’ai eu comme un doute avec l’oubli d’une lettre. Tu seras resté taquine jusqu’au bout : comment rester de marbre et imperturbable après une telle série de stimulations. Douillet moi ?
Samedi
Ce soir, je vais être un peu plus harnaché. Difficile cela dit de faire moins qu’hier. Après l’avoir cherché un moment, tu retrouves mon harnais avant de me le tendre. Léger détail, comment le mettre dans le bon sens ? On ne se moque pas. Il faut se concentrer quelques instants avant de se parer. Un coup de main est le bienvenu pour fermer les sangles dans le dos. Tant que les miennes (de mains) sont toujours utilisables, tu me tends ma cagoule en cuir. C’est un privilège que tu me laisses encore et toujours : une histoire de parfait ajustement si j’ai bien saisi. Désormais, tu peux me priver sereinement de l’usage de mes mains en les enfermant dans les manchons rouges, rapidement bouclés au niveau des poignets avant de les ajuster au niveau des biceps. Dès lors, je sens que tu t’attelles à une savante opération de ficelage qui vise à contraindre totalement le haut du corps. Cela commence par les extrémités des manchons qui se retrouvent tirés vers mon entrejambe. Je comprends que ces liens rouges sont en train d’aller et venir dans mon dos, puis ensuite sur mon torse, venant petit à petit s’insérer dans les boucles métalliques, celles du harnais comme celles des manchons. Au fil des minutes, je sens la contrainte se faire de plus en plus prégnante. Alors que je ne l’aurais pas soupçonné à ce point, je me retrouve incapable de bouger les bras. Seules les mains peuvent encore se mouvoir mais seulement à l’intérieur de leur écrin rouge. Pour être sûre d’avoir réussi ton coup, tu me demandes si j’arrive quand même à bouger. Réponse négative. En retour, tu me surprends à me pousser en arrière sans prévenir. Heureusement que le lit est souple, il a amorti ma chute. Ainsi, immobilisé, j’ai l’impression d’être comme une tortue qu’on aurait posé sur sa carapace : seules les pattes peuvent encore bouger. Sans me laisser reprendre mes esprits, tu assènes quelques tapes bien senties sur les couilles. Ouch ! Mais quelle mouche t’a donc piqué ? Ou bien c’est la suite de la séance « spécialisée » d’hier ? Va savoir !
Avec cette disposition des manchons qui mettent bien en valeur mon intimité, ton terrain de jeu est bien mis en évidence et accessible. Quelques bruits caractéristiques (cliquetis métallique, claquement de gant) me laissent imaginer la suite. Tu sais te faire très douce et patiente pour ces moments. Désormais, je sais que je vais y prendre ma part de plaisir, oublié la crainte de la première fois. Par contre, je reste définitivement incapable de dire si la sonde est en train de rentrer ou bien déjà en passe de disparaitre. Ma seule certitude est qu’elle s’est immiscée en moi et qu’elle semble bien ancrée. Tu joues un moment avec avant de m’abandonner provisoirement à mon sort (triste ? Sûrement pas). Tiens, ne serait-ce point le crépitement d’un briquet que je viens d’entendre. Si c’est le cas, je devrais en ressentir les conséquences d’ici quelques minutes. Mon soupçon se confirme quand je sens les premières gouttes de cire chaude tomber sur mes couilles tandis que mon pénis est toujours « sondé ». J’ai même l’impression que tu es en train de me « baiser la queue » d’une main tandis que tu me gratifies d’une averse de bougie de l’autre. Que tu es imaginative dans les tourments que tu m’infliges. Mais je dois reconnaitre que le mélange est plein de contrastes m’amenant à émettre tantôt des couinements de surprise, tantôt des grognements de pure satisfaction. Déroutant mélange de sensation ô combien efficace.
Après m’avoir libéré de mon tuteur métallique (ou baguette magique ?), tu profites d’avoir encore tes gants en vinyle pour me faire profiter de cette sensation si soyeuse et chaudes sur ma peau. Bien sûr, ce serait trop simple si cela se limitait à cela. Il faut bien enlever une partie de la cire, et quoi de mieux que des griffes, mais recouvertes. Bon, j’ai quand même l’impression que tu abuses de la situation : quelle est cette poigne qui vient enserrer mon intimité ainsi offerte ? Et puis tu remontes vers ma poitrine pour titiller de la même manière mes tétons avant de tout bonnement les pincer. Et dire que je ne peux pas bouger d’un centimètre sous toutes ses stimulations …
Pour poursuivre, tu n’as pas d’autre choix que de me déficeler (ou alors il aurait fallu un palan) pour me permettre de me positionner sur le ventre, tout en conservant tous mes attributs du soir. J’essaie de m’installer le plus confortablement possible, anticipant une suite plus mordante. Que serait un séjour en ta compagnie sans l’intervention de lanières ou assimilées. Je vais être servi, en guise de conclusion à notre semaine. Tellement servi que j’en ai perdu le fil ; mes neurones ont dû être perturbés. Toujours est-il que je n’ai pas reconnu certaines choses, imaginé d’autres qui ne sont pas entrées en action. C’est grave docteur Samantha ? J’ai quand même bien reconnu la nouvelle séance de fessée alors que tu avais encore les gants, limite, cela pourrait la rendre plus douce, sauf qu’à la fin cela chauffe autant. Ensuite, j’ai bien cru reconnaitre des baguettes qui se déguisaient en cravache et vice-versa. Au final, les trois sont venues me mordre. Etonnant tout de même que je n’ai pas imprimé la morsure pourtant si spéciale des tiges de bois. Rho là là, mais où était mon esprit ? Sans le moindre doute, la grande langue de dragon est bien venue s’abattre sur mon dos, en mode éventail, pour bien balayer d’une épaule à l’autre … par contre sa petite sœur ? Le chat à neuf queues a soudainement apporté une touche de poids sur mon dos. C’est vraiment différent après une série de contacts plus ciblés. Difficile de ne pas sentir le changement d’accessoire. La spatule en bois fait aussi son passage bien claquant : c’est fou comme une simple chose comme celle-ci arrive à produire une telle intensité à l’impact. Que les poêles et casseroles se le disent ! Je ne m’étendrais pas sur les objets fantômes qui m’ont virtuellement réchauffé le postérieur … La rédaction me signale dans l'oreillette que finalement tout ceci a sévi sur mon popotin : martinets vingt-cinq brins, baguette de noisetier, canne, catnine, petite langue de dragon, fouet langue de dragon, spatule, tapette a clous et deux cravaches. Je vous disais que j’étais ailleurs.
Pour adoucir l’atmosphère et attendrir ton nounours, tu optes pour la griffo-thérapie en guise de point final à cette soirée. Cette séance de griffes ne semble jamais se terminer pour mon plus grand plaisir. Heureusement que j’avais de la réserve de ronron-grognements. Tu commences d’abord par les cuisses avant de progressivement remonter vers les fesses et le bas du dos. De temps en temps, tu viens sur mes bras désormais libérés des manchons avant de revenir sur le dos. Finalement tu déboucles le harnais pour pouvoir parcourir tout mon dos sans en oublier la moindre petite surface. J’y resterais des heures à frissonner, profiter … « m’exprimer » …
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Article d'origine : https://intime-photographie.fr/incontournable/comment-debuter-une-relation-bdsm
Comment débuter une relation BDSM ?
Vous vous sentez attiré par le BDSM, mais vous ne savez pas comment débuter une relation BDSM ? Cette page est faite pour vous ! Après avoir répondu à de nombreux lecteurs, je vais mettre ici quelques-unes des questions les plus posées et y apporter mes réponses. Si vous avez d’autres questions venez sur le forum ou contactez-moi via ce formulaire. Je ferai souvent référence à notre jeu pour soumise, pas forcément parce que je pense que c’est la meilleure solution mais parce que les conseils que je donne je les ai intégré à notre jeu.
Comment dresser une soumise !
Cette page évolue au fur et à mesure des questions. Elle peut s’appliquer quel que soit le sexe de la personne dominante et de la personne soumise. Afin d’éviter les lourdeurs dans le texte, je ne mettrai pas systématiquement toutes les versions de “le” ; “la” “soumis” dominatrice etc.
Attention
Les conseils prodigués ici ont pour but d’amener deux personnes consentantes à avoir une relation BDSM (ou Maître(sse) / esclave ou Dominant(e) / soumise) pour le plus grand plaisir des deux. Si votre question est “comment faire pour que ma femme soit mon esclave” mais sans s’occuper d’elle ni s’intéresser à ce qui lui plaît, vous pouvez d’ors et déjà fermer cette page. Ça doit rester ludique et amusant pour vous deux. Bon, oui, il y aura des moments un peu difficile, ça peut chauffer durement une fessée…
De quoi parle-t-on exactement ?
BDSM sont les initiales de Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme. Il s’agit d’un ensemble de pratiques sexuelles faisant intervenir le bondage, les punitions, le sadisme et le masochisme, ou encore la domination et la soumission. C’est un jeu sexuel où chacun décide de prendre une position définie.
Il y a plusieurs types de relations BDSM, en fait il y en a autant que de couples (ou de groupes…). C’est a vous de créer ce qui vous ressemble, ne vous intéressez pas à “ce qui se fait” ou “ce qui doit être fait”.
On peut être masochiste ou pas, sadique ou pas, aimer l’humiliation ou pas, être libertin ou exclusif… Tout est possible. Vous pouvez tout de même jeter un œil à une référence “les 9 niveaux de soumissions dans le cadre BDSM”
Comment trouver une soumise / Comment trouver un soumis ?
Dans la vie de tout les jours !
Et oui, parfois on trouve juste un(e) partenaire et on se dirige lentement vers une relation dominant(e) / soumis(e).
Les forums et sites dédiés au BDSM.
Attention si vous allez sur des forums, ne postez PAS de petite annonce, en plus d’être parfaitement inutile c’est souvent mal pris. Ces lieux sont des communautés, vous ne pouvez pas demander quelque chose d’aussi intime à un groupe 15 minutes après vous y être inscrit. Je suis sur quelques forums / sites :
Sur notre forum BDSM, ici
www.bdsm.fr
https://fetlife.com/
Les munchs
Il s’agit de rencontres réelles de gens intéressés par le BDSM. Lors de ces réunions on discute, parfois on boit et on mange. Généralement, ces échanges se font dans des lieux tout public : il faut être habillé normalement, pas de relation sexuelle, bref comme on fait dans un bar. C’est plus rassurant pour tous, d’ailleurs ! Rien n’empêche après, si des affinités se créent, d’aller finir la soirée ailleurs.
Comment trouver une Maîtresse ? Comment trouver un Maître ? (Ou un(e) dominant(e).
Voir réponse ci-dessus !
J’ai trouvé un soumis / une soumise / un dominant / une dominante sur internet, et ça a l’air d’être une perle rare.
Attention. C’est peut être tout à faire vrai, et la personne est peut être totalement honnête. Ou pas. Il y a beaucoup de ce qu’on appelle des “fantasmeurs”, ce sont des gens qui vont se projeter, pour un temps dans un jeu de rôle qui les excite. Cela agit pour eux comme un jeu de rôle (RolePlay BDSM). De votre côté, vous vous investissez beaucoup : soit à créer des scénarios, des ordres, établir et entretenir un lien. Soit en étant obéissant, en montrant votre dévotion. Dans les deux cas en vous rendant disponible. Sauf que, d’une part, du jour au lendemain l’autre personne peut tout plaquet. D’autre part, êtes vous certain que la personne à qui vous écrivez est celle qu’elle prétend être ?
J’ai déjà un(e) partenaire, comment lui faire savoir mes penchants ?
Et oui, c’est compliqué ! Peur d’être honteux, rejeté, moqué… Surtout si on est jeune et qu’on craint que ça ne se répande dans le cercle d’amis ou de connaissances. Si vous êtes dans ce dernier cas, faites très attention, car le harcèlement peut prendre des proportions énormes en un rien de temps. En cas de catastrophe ne restez pas seul(e), parlez avec un(e) ami(e) sûr(e), ou parlez en sur un forum ou ici, je ferme la parenthèse. Si vous êtes un peu anxieux(se), pour en parler à votre partenaire optez pour une solution qui ne laisse pas de trace : l’oral, des exemples sur votre téléphone ou ordinateur, mais rien d’écrits que vous envoyez.
Ensuite, vous pouvez opter pour plusieurs choses :
Un SMS, si comme moi vous avez du mal à parler directement, “tu connais le BDSM ? Je découvre quelques photos que j’aime bien” et ajoutez en une ou deux pour amorcer la discussion. C’est un peu bateau mais ça peut se mêler dans la vie de tout les jours.
Une lettre manuscrite ou écrite à l’ordinateur et imprimée ou envoyée par courriel. Il faut se poser et l’écrire, la relire, peut être attendre un peu… Et envoyer ! Ça permet de bien choisir ses mots et son moment.
Lui parler, lui expliquer, pendant un repas, un RDV ou un apéro.
Mais qu’est ce que je lui dit ?
Ce que vous ressentez, pour elle / lui, ce que vous aimeriez lui faire, ou qu’elle vous fasse. Ce que vous aimeriez en plus, ce que vous avez déjà fait et que vous avez apprécié. Vous pouvez ajouter des photos et / ou vidéos, ou des liens vers des photos et vidéos qui vous plaisent. Essayez de savoir un peu ce que vous voulez avant d’aborder le sujet avec l’autre.
Est-ce que la personne va refuser ou accepter ?
Ça je ne peux pas le savoir. Mais honnêtement, aucune des personnes avec qui j’ai parlé est revenu me dire “bon, elle n’a pas voulu”.
Et si mon (ma) conjoint(e) décide de me quitter ?
Concrètement, si vous ne pouvez pas parler de sujets comme celui-ci à votre partenaire… Avez vous vraiment un partenaire ? Autant ne pas perdre de temps, si vous vous rendez compte que ça vous est “vital” et que c’est hors de question avec votre conjoint(e), l’un, l’autre, ou les deux risquez d’être malheureux et de vous abîmer.
Elle semble partante pour essayer et elle voudrait en savoir plus, que faire ?
Discuter, encore. Échanger vos préférences. Pourquoi ne pas lui indiquer ce site ? La personne pourra lire des questions réponses, et poser toutes celles qu’elle veut ! Je pourrais également transmettre les questions à ma soumise qui répondra directement.
Mon conjoint semblait partant, mais tarde à prendre des initiatives pour me soumettre.
Déjà un homme très excité (ça marche aussi pour les femmes…) aura probablement beaucoup plus tendance à se lâcher et à aller vers ce que vous souhaitez. Vous pouvez essayez de créer un scénario, même des grandes lignes, et lui présenter afin de le réaliser.
Sinon essayez de savoir ce dont vous avez envie, puis pendant une partie de jambe en l’air bien chaude, lui dire de vous fesser, de vous baiser bien fort à 4 pattes. Vous pouvez essayer de bien l’exciter : en le suçant à genoux, en écartant votre cul, votre chatte pour le mettre dans l’ambiance. Attention, si le but est d’avoir un(e) partenaire soumise, le vous déconseille de bien l’exciter pour ensuite le / la soumettre par surprise : c’est de l’abus.
Comment savoir ce qu’on aime, il y a une liste ?
Hé bien… Oui, j’ai une page dédiée à cette liste : Liste de préférence sexuelle (Checklist BDSM, questionnaire bdsm) je vous conseille de la remplir chacun de votre côté et de mettre en commun ensuite. Il faut clairement poser vos limites, l’un comme l’autre.
Allez, on se lance ! Faut-il du matériel en particulier ?
Absolument aucun. Ça viendra avec le temps ! Pour démarrer, vous avez déjà vos mains pour fesser, pourquoi pas une spatule de cuisine. A-t-on besoin de quelque chose pour se mettre à genoux ? Au gré des envies, des cadeaux, des promos, vous ferez votre stock d’accessoires et de tenues. Le but est de prendre du plaisir à deux : votre corps suffit.
Je manque d’idée… Qu’est-ce que je peux faire ?
C’est précisément pour cette question que je partage notre jeu : allez voir sa page ou celle de la version vanille. Il y a au total plus de 200 idées pour soumettre sa femme, ou pour se soumettre. Une version pour homme soumis devrait arriver.
Mademoiselle (ou Madame, ou autre) accepte d’être ma soumise une soirée, qu’est ce que je fais ?
C’est toujours compliqué de répondre à ce type de question, car elle dépend vraiment de vous, du couple que vous formez et de vos préférences. Parmi les idées que je propose, c’est à vous de créer votre projet. En revanche je vous conseille de créer un SafeWord (mot de sécurité, mot de secours, vous ci-dessous). Respectez ses limites et son consentement.
Comment débuter une séance ?
Il y a mille manières ! Mais si on est ensemble, je conseil de la mettre à genoux, de lui mettre un collier (voir plus bas), ou autre signe distinctif et de lui demander “qu’est ce que tu es ?”, elle répond alors “Je suis ta chienne” ou quelque chose comme ça. Plusieurs propositions sont intégrées dans les règles de notre jeu.
Qu’est-ce que le SafeWord ?
Il s’agit d’un ou plusieurs mot, qui, lorsqu’ils sont prononcés, font baisser l’intensité du jeu, ou arrête tout. Soit le temps de reprendre ses esprits et de ce mettre d’accord, soit complètement jusqu’à un prochain jeu. Dans notre contrat nous en avons plusieurs : « Orange » on calme un peu. « Rouge » on arrête tout et on discute. « Câlin », tu te mets contre moi et je te câline, tu me redis quand tu te sens prête à continuer. Lorsque le safeword est prononcé faites ce qui est prévu : calmez-vous ou arrêtez-vous immédiatement. Vraiment, sinon vous torpillez la confiance de votre partenaire -et à juste titre- vous ne la méritez pas. Pour les premiers jeux, évitez les baillons pour que votre partenaire puisse s’exprimer librement.
Faut-il créer un scénario complet ?
Vous pouvez, mais je vous conseille de faire quelque chose de vague : quelques idées notées, quelques pratiques, un déroulement schématique. Sachez inviter l’inattendu ! Sur le moment vous aurez probablement d’autres envies, d’autres idées. Vous pouvez également créer un scénario très précis et essayer de le respecter à la lettre, c’est autre chose et ça peut rassurer de savoir à l’avance ce qui est prévu.
Quelque chose ne se passe pas comme prévu, je fais quoi ?
Il faut savoir s’adapter : il y aura des bonnes et des mauvaises surprises. Ne vous vexez pas et avancez. Vous trouverez d’ailleurs des exemples de mes “échecs” sur ce blog, nous sommes humains et je tiens à montrer que nous ne sommes pas différents, quel que soit le côté du fouet où on est.
Elle refuse un truc, je la punis ?
C’est très excitant, on est bien lancé… Mais elle n’agit pas comme prévu. Clairement, surtout au début, je vous déconseille de la punir si ça ne va pas comme vous voulez, ça braquerait encore plus. Vous êtes dans la vraie vie : prenez soin l’un de l’autre. Attention à l’effet que ça peut avoir sur elle, restez bien à l’écoute.
S’il s’agit d’un jeu entre vous, qu’elle vous teste, vous pouvez insistez en restant dans le cadre définit au départ.
Si vous avez essayé de faire quelque chose alors qu’elle vous avait dit que c’était en dehors de ces limites, vous êtes fautif, présentez vos excuses et rassurez votre partenaire.
Si vous avez juste proposé pour voir si elle pouvait aller plus loin, revenez en arrière.
Mais, ma compagne n’est pas forcément prête en même temps que moi.
Je suis personnellement parti du principe que le dominant serait toujours plus ou moins prêt et que c’est à la personne soumise de définir lorsqu’elle est prête. C’est pour ça que dans notre jeu, la soumise ou l’apprentie pioche deux actions par mois et les réalise quand elle veut dans le mois. Ça permet qu’elle se sente bien, prête, et qu’elle ait pu faire tout ce qui lui semble nécessaire pour le bon déroulement de l’action et du jeu. Cette article peut également aider : Je suis soumise mais je n’ai pas envie, que faire ?
Est-il possible de lui imposer un moment où elle est soumise ?
C’est à vous de voir. Surtout, ne vous précipitez pas. Dans une situation comme la notre, à mon avis il peut être nécessaire à un dominant de choisir un moment ou Mlle ou Mme DOIT être soumise quoi qu’elle en pense -à partir du moment où elle a accepté cette possibilité-. Dans le cadre de notre jeu, ma soumise l’est : pendant ses actions, pendant 96h à la suite une fois par an (la date est choisie ensemble), 3 fois 24h répartie dans l’année quand je veux. Je lui envoie ou lui dis simplement quelque chose du type “à partir de maintenant et pour 24h tu es ma soumise”, elle signe son contrat et débute sa période de soumission. Lorsque l’ordre est donné par SMS le contrat est signé plus tard.
Un contrat est-il obligatoire ?
Absolument pas. Alors pourquoi on en fait un ? Déjà, pour entrer dans le rôle, ça a un côté solennel, comme le collier. Ensuite, parce que ça peut permettre de mettre noir sur blanc les limites, les obligations, les rôles de chacun. Dans le BDSM, tout est souvent du spectacle ! Si vous en faites un, ne signez pas ce avec quoi vous ne seriez pas d’accord. Nous proposons un grand nombre de contrats BDSM ici.
Comment être guidé ?
Il y a plusieurs solutions, les forums, les réseaux sociaux, vous connaissez tout ça. Il y a aussi le mentorat BDSM : il s’agit de choisir un mentor, un compagnon de route a qui poser nos questions, construire avec lui le cheminement. Les personnes dominantes et les personnes soumises peuvent demander ceci, et à mon sens même si le mentor est souvent un dominant pour un autre dominant : il n’y a pas de règle. J’ai moi même conseillé plusieurs soumises, qui se posaient des questions sur le chemin que prenait leur relation. Vous pouvez me contacter via le formulaire, via instagram,
Le collier est-il obligatoire ? Ma femme refuse de porter un collier.
Absolument pas. Si elle refuse, elle refuse, point. Elle trouve peut être cela trop dégradant. La situation changera sûrement si elle comprend, ou plutôt lorsque vous lui aurez montré que devenir “une chienne” ne ternit pas son image à vos yeux, mais au contraire vous rend fier. Pourquoi ne pas lui proposer de porter un joli ruban au départ ? Ou un petit bracelet, ou une petite chaîne de cou, sans connotation autre que pour vous. Ça peut être l’occasion d’un petit cadeau ! Par ailleurs certains dominants estiment que le collier doit se mériter et s’obtenir après un certain temps.
Est-ce qu’on peut inverser les rôles ?
Absolument ! Dans le milieu ça s’appelle “switcher”, on appelle “switch” ceux qui inversent régulièrement. Je trouve que c’est très positif : ça permet à celui / celle qui prend le rôle de dominant de se rendre compte de la responsabilité, de savoir à quoi il faut penser, de préparer des choses, de prendre soin de l’autre. Pour celui / celle qui devient soumise, ça permet de savoir la difficulté d’obéir en tout, voir de souffrir pour son / sa dominant(e).
Je souhaite faire du Shibari / bondage, ligoter mon / ma partenaire ?
Tant mieux ! Renseignez vous bien sur les consignes de sécurité avant de vous lancer. Vous trouverez quelques tutoriels de bondage simple ici: https://*** Lien en cours de validation (=attente du lien retour sur le site mentionné) ***/tag/tutoriel
Mon / Ma conjoint(e) veux me soumettre, est ce qu’il m’aime ?
Je ne connais pas votre couple, je ne peux pas être catégorique. Pour savoir s’il / elle vous aime : il faut lui demander. En revanche, est-ce qu’on peut être fou amoureux de quelqu’un et vouloir la soumettre ? Oui, c’est mon cas.
Est-ce pour me punir, j’ai fais quelque chose de mal ?
Non. Si d’ailleurs vous devez prendre une punition violente parce que vous “avez raté quelque chose” dans la vie de tous les jours, vous êtes probablement victime de violence domestique, pas acteur d’une relation équilibrée avec un jeu dominant / soumise. Dans le cadre BDSM, les erreurs sont bien souvent un prétexte pour jouer. On trouve d’ailleurs souvent des soumis(e)s qui disent “fauter” exprès pour que leur dominant(e) sen occupe.
Mon mari veut me faire porter un collier en public, je ne veux pas ou Mon mari veut me prêter à d’autres hommes, je ne veux pas. D’une manière générale : mon (ma) conjoint(e) veut m’imposer quelque chose que je ne veux pas.
Hé bien, ne le faites pas ! Si vous pensez qu’il / elle risque de vous quitter : avez vous envie de rester avec quelqu’un qui vous dit “soit tu fais ça soit je te quitte ?” ça finirai comment ? Après, oui, ça peut demander quelques efforts. Ne faites pas ce qui n’est pas tolérable pour vous, mais si un petit effort fait de gros effets ?
J’essayerai bien, mais j’ai vu des photos de choses terrifiantes.
Voir réponse ci-dessus : ne faites que ce que vous voulez. Savez vous ce que veut votre conjoint(e) ?
Je n’y arriverai jamais ! Les soumis(es) sur internet font des choses extraordinaires, je vais forcément être une déception.
Ayez confiance en vous ! Parlez avec votre partenaire, énoncez-lui vos craintes, vos limites, vos efforts. À chaque progrès il / elle sera comblé(e), promis. De nouveau, ne faites que ce que vous voulez, et que ce que vous pouvez assumer. Savez vous ce que veut votre conjoint(e) ? Il n’a peut être pas prévu de vous percer les seins à l’agrafeuse, il veut peut être juste vous contempler à genoux avec un beau collier.
Mais si je me mets à ses genoux, si je me soumets… Il ne va plus me voir que comme une chienne ?!
Si c’est quelqu’un de bien dans une relation équilibrée, non. Si ce n’est pas quelqu’un de bien : il vous voit déjà comme un trou. Personnellement, plus ma soumise accepte volontairement d’être soumise, humiliée, baisée… Plus elle est grande et merveilleuse à mes yeux.
Il / elle veut me rabaisser en dehors des séances de BDSM
Alors ce n’est pas un jeu, vous êtes juste victime de violence domestique, pas acteur d’une relation équilibrée avec un jeu dominant / soumise. Dans le cadre BDSM sain, les erreurs sont bien souvent un prétexte pour jouer. Personnellement, je pense que plus la soumise est forte dans tous les aspects de sa vie, plus sa soumission volontaire et joyeuse à de la valeur. Le rôle du (de la) dominant(e) est de soutenir son (sa) conjointe dans la vie de tous les jours, de le (la) rendre fort(e) et autonome. Voir cet article : BDSM sain ou violences.
Que faire pour ne pas avoir de marque ? (Pour les enfants, le sport, l’été…)
Privilégier les techniques qui ne laissent pas de marque : pincement de tétons et de lèvres, jeux d’humiliation, doigts dans la gorge, dilatation, déni d’orgasme… Plus les objets sont larges, moins ils marquent facilement : le paddle, la main sont donc à privilégier. Bien entendu, ne pas utiliser d’objet qui laissent des marques ou les utiliser doucement. Avec l’habitude, la peau durcit et on marque moins. Nous, nous pratiquons peu la douleur la peau est donc sensible en permanence.
Article d'origine : https://intime-photographie.fr/incontournable/comment-debuter-une-relation-bdsm
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[Il prit alors le telephone lui meme et dit à l'homme "veuillez pardonner ma servante, elle ne connait pas les convenances des grands hotels, montez tout ca vous meme, elle saura vous remercier pour vos efforts, a bientôt", et il raccrocha sur un dernier coup de rein. Il s'arrêta alors et prenant la jeune femme encore enchaînée, la porta devant la porte, entrouvrit la porte et dit "ouvre grand la bouche et accueille comme il se doit le maitre d'hotel darling"]
La jeune femme était désormais devant la porte, entièrement nue et enchainée, la bouche grande ouverte. Toute personne pouvait passer dans le couloir. Elle savait parfaitement ce qu'elle devrait faire lorsque le groom de l'hotel arriverait, mais ce qui l'inquiétait dans l'immédiat était que n'importe quelle autre personne passe devant la chambre. Il pouvait y avoir des enfants, elle était terrorisée à cette idée. Elle attendit comme cela 10 minutes avant que la porte de l'ascenseur fasse un bruit aigue "ting". Quelqu'un venait. Elle n'avait aucun conscience du temps qu'elle était restée ici. Se pouvait-il que le repas soit déjà préparé? Elle prépara sa bouche à accueillir le sexe du maitre d'hotel qui se fera certainement un plaisir de la pénétrer.
Des rires dans le couloir, c'était un couple et non pas le personnel de l'hotel, s'ils la voyaient ainsi ils riront, ou seront terrifiés, ou pire. Elle commence a paniquer.
Ouf, ils s'arrêtèrent quelques portes plus tot dans le long couloir. Le soulagement aussitôt passé que la sonnerie l'ascenseur retentit de nouveau, un bruit de chariot, ca y est, cette fois ci c'était lui, il arrivait. Les roues grinçaient gentillement et s'apporchait, les idées se succédaient, la panique. Elle avait envie de s'enfuir mais les chaine l'en empêchait. Il n'était plus qu'à quelques maitre. Ca y est, il voyait les pied de la personne devant elle. Relevant doucement les yeux, surprise, elle vit une jupe.
Ce n'était pas un homme mais une femme. Elle s'était préparée à sucer, qu'allait elle faire maintenant? Elle ne savait pas donner de cunnilingus, elle n'avait jamais fait...
Elle dit alors à voix basse "madame, puis-je vous satisfaire en guise de pourboire?". Ses yeux fixait un point sur la moquette.
La maitresse d'hotel ne sembla pas déconcertée et dit d'une voix confiante: "Que c'est mignon, je suppose que quelqu'un est à l'intérieur?"
"Ou-oui" dit la femme agenouillée en begaillant.
La maitresse d'hotel enjamba alors la soumise et entra dans la chambre et dit "cher monsieur, voici votre commande, c'était ma dernière commande, accepteriez vous que je prenne mon pourboire dans cette chambre avec vous?"
L'homme ne fut pas plus déconcerté que cela et dit: "bien sur, faisons un petit jeu, ma chienne va vous faire un cunnilingus et vous allez lui en faire un ensuite, la personne qui arrive a faire jouir l'autre la plus vite partage mon repas, l'autre fera le divertissement à ma façon..."
La jeune femme accepta et se mit sur le lit en enlevant sa culotte sous sa jupe de service. D'un geste de la main, l'homme fit venir sa chienne qui savait quoi faire. Elle s'attaqua a la chatte déjà trempée de la femme et ne sachant comment s'y prendre bredouilla au début. Rapidement elle trouva le clitoris et s'y attela rapidement, puis doucement, essayant d'imaginer ce qu'elle aimerait. 11 minutes plus tard, une contraction, puis une deuxième, la femme jouissait enfin. Elle essuya alors son vagin sur le visage de la soumise et les deux échangèrent de role.
L'inverse fut plus aisée, l'experience aidant, en a peine quelques coup de langues, la femme enchaînée était au bord de la jouissance.
L'homme, jusque là spectateur intervint: "Stop" dit il fermement, "vous avez gagné mais je ne veux pas qu'elle jouisse, j'ai encore beaucoup pour elle. Venez donc partager mon repas"
Cependant la jeune femme hésita, regarda autour d'elle et vit une chaine qui trainait, elle la passa autour de son coup, la verrouilla avec un cadenas, se mit à quatre pattes et glissa la clé dans le caleçon de l'homme en disant "je pense que vous passerez un meilleur repas avec deux chiennes...
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Partie 5 du texte, faites moi un retour et dites moi si vous voulez une partie 6
Partie 1: https://www.bdsm.fr/blog/7305/La-chambre-d'hotel-#1/
Partie 2: https://www.bdsm.fr/blog/7305/La-chambre-d'hotel-#2/
Partie 3: https://www.bdsm.fr/blog/7371/La-chambre-d'hotel-#3/
Partie 4: https://www.bdsm.fr/blog/7371/La-chambre-d'hotel-#4/
Parties 5: https://www.bdsm.fr/blog/7371/La-chambre-d'hotel-#5/
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Son sourire est inquiétant ! N'empêche, il me sort des griffes de Crasston et Stone. J'imagine que c'est Summer qui me fait libérer. Pour ça elle doit trouver un homme déterminé, genre un salaud souriant, prêt à tout pour de l'argent.
Il monte sur la moto et je monte derrière lui. On démarre et on file dans la nuit vers la liberté. Je pense à un vieux rock "Like a bat out of hell", je suis "comme une chauve-souris s'échappant de l'enfer".
À chaque cahot, la douleur dans mes fesses me rappelle que je m'échappe vraiment de l'enfer. Heureusement, il y a une armature derrière la place du passager et je ne dois pas me coller à lui, ce qu'il n'apprécierait pas, je pense.
On a quitté Vegas vers trois heures matin et on roule... Tout ceci est organisé par Summer, sans doute, mais la seule chose qui compte c'est que j'échappe à Stone, la tortionnaire. J'avoue que je trouvais sa façon de faire très amusante quand elle fouettait des esclaves. Mais maintenant, je sais ce que c'est, j'ai payé.
Je gémis sur le siège arrière... Vers cinq heures du matin, le jour se lève et je me rends compte qu'on est en plein désert. Il y a des cactus et des yuccas. Je vois un panneau "Mojave National Reserve", il s'agit de l'endroit le plus chaud des Etats-Unis. On roule. Si ça continue, on se retrouvera au Mexique...
J'ai mal aux fesses et j'ai soif... Mon tee-shirt est mouillé de sueur. On traverse Joshua National Park... Puis on arrive enfin dans une ville, Salton City. Le souriant Monsieur Valdès s'arrête enfin. Il me dit :
— Il y a un festival alternatif... rock, manifestations artistiques... Il faut avoir un billet, mais toi tu vas à l'entrée et tu dis que Madame Murphy t'attend...
— Je peux poser une question ?
Il lève les yeux au ciel en souriant et répond :
— Non ! Tu es une esclave.
Ça y est, je craque, je me mets à sangloter ! Pour que ça s'arrête, il me dit :
— La personne qui te fait évader te dira ce qu'elle veut. Tant que tu es avec moi, tu obéis et tu la fermes. Je devrais te punir. Suis-moi maintenant et marche six pas derrière moi.
Grand sourire. Je voudrais lui casser ces affreuses dents blanches !!
On repart. Le paysage ne change pas, c'est toujours le désert avec des rochers et des cactus. Et puis soudain, je vois la mer. Oh ! en plein désert !! Je ne reconnais pas du tout le Pacifique... Je n'ose pas lui demander comment c'est possible qu'il y ait la mer en plein désert. Il trouve sans doute que je dois savoir où je suis, car il dit :
— C'est Salton Sea, un lac d'eau salé qui se trouve sur la faille de San Andrea.
Ouch ! Ça fait peur. Il ajoute :
— Va derrière ce rocher, tu apercevras les constructions du festival. Tu dis à l'entrée que Madame Murphy t'attend.
Il repart. Je suis seule devant une mer qui se trouve sur la faille de San Andrea. Je fais le tour du rocher et j'aperçois des constructions entourées de fils de fer barbelés On dirait un camp de prisonniers. Et si je n'allais pas ? Mais aller où avec ce collier ?
Je fais pipi et je me dirige vers le camp. En approchant, il est un peu plus accueillant : il y a même quelques plantes. Il est 10 h du matin et tout est calme. Je me dirige vers un homme assis sur une chaise : un garde. Je lui dis :
— Bonjour, Madame Murphy m'attend.
— Je vais la prévenir.
Il entre dans une petite cabane. Un garde qui était à l'intérieur sort et me dit :
— Les filles qui ont un foulard, quand il y a 30°, soit elles ont des suçons, soit ce sont des esclaves qui cachent leurs colliers.
— Je suis une esclave, Monsieur.
— C'est ce que je pensais. Voilà Madame Murphy.
Une grande rousse bien en chair d'une quarantaine d'années arrive. Elle me fait signe de loin. Le gardien me dit :
— Vas-y.
Je ne sais pas comment je dois la saluer, alors je m'incline en disant :
— Bonjour Madame, je suis...
Elle me coupe la parole et dit :
— Je sais qui tu es. Suis-moi.
On se dirige vers une construction basse. Je regarde autour de moi, il y a une grande scène, quelques bâtiments, de très grandes tentes et au loin un immense camping. Murphy me dit :
— Comment doit se comporter une esclave ?
— ... Elle doit obéir, Madame.
— Obéir ET travailler. Je ne veux pas voir une seule esclave inactive. Tu devras travailler 17 heures par jour comme les autres. Ça vous laisse 7 heures de sommeil, c'est bien énorme. Toutes les filles ont travaillé, puis distrait les clients jusqu'à l'aube.
Elle a l'air fière de faire travailler autant les esclaves. On entre dans un bureau. Elle me dit :
— Déshabille-toi, mais garde tes chaussures, il peut y avoir des seringues dans le sable.
Elle me donne un gros bracelet en ajoutant :
— Mets ça à ta cheville. Ça me permet de voir où tu es et si tu te déplaces.
Je ferme le bracelet sur ma cheville, puis elle me dit à nouveau :
— Suis-moi.
On va derrière le bureau. Il y a de grands sacs en plastique noirs. Elle me dit :
— Tu mets toutes les canettes abandonnées un peu partout dans ce sac. Si tu vois des seringues, tu les mets dans ce petit sac en jute.
Je regarde autour de moi, il y a des canettes partout ! Oh putain ! Je lui demande :
— Je pourrais un peu manger, s'il vous plaît, je n'ai plus...
— Tu mangeras plus tard. Par contre, tu peux boire. Il y a des robinets avec de l'eau potable. Ils sont indiqués par un dessin. Quand ton sac est plein, tu le ramènes ici. Si j'ai besoin de toi, ton bracelet sonnera et tu rappliques ici le plus vite possible. Allez, vas-y.
— Oui Madame.
Je m'incline devant elle et je prends un sac. Je ne suis vêtue que de deux bracelets et de courtes bottes. Voilà un boulot fait pour moi, je n'ai pas à réfléchir. C'est ce que j'aurais dû faire au lieu d'épouser ce clown. Je serais toujours une star de cinéma... J'ai les larmes aux yeux en pensant à tout ce que j'ai perdu.
Oh ! Une seringue ! Je la prends avec précaution et la mets dans le petit sac en jute. Environ une heure plus tard, le village s'éveille. Des gens vont et viennent. La plupart sont nus ou déguisés. Je vois une belle femme d'une trentaine d'années déguisée en esclave : des anneaux aux chevilles et aux poignets, réunis par une chaîne qui a l'air très légère, elle a aussi un collier au cou. Elle s'approche de moi et me dit :
— Dure, la vie d'esclave ?
— Oui, Madame.
Elle tourne autour de moi et ajoute :
— Tu as reçu une bonne fessée, on dirait. Qu'est-ce que tu as fait ?
— Je n'ai pas obéi assez vite.
À ce moment, une voix sort de ma cheville, ça surprend ! Plus précisément de l'anneau que j'ai autour de la cheville. Elle dit :
— Tu n'as pas bougé depuis trois minutes.
Je dis très vites à la fausse esclave :
— Excusez-moi Madame, on ne peut pas s'arrêter.
Je recommence à ramasser des canettes. Mon sac est bientôt plein et je retourne au bureau. Je toque à la porte, la dingue qui veut qu'on bouge sans arrêt me tend un nouveau sac en disant :
— Faudra aller plus vite... si tu veux manger.
— Oui Madame.
Je veux manger !! Je retourne à la pêche aux canettes. Je les ramasse à toute allure. Des gens viennent me parler, mais je leur réponds :
— Désolée, si je ne ramasse pas assez, je serai punie.
Je trouve plusieurs seringues que je mets soigneusement dans le petit sac en jute. Je vais plus vite. Quand je rapporte le sac, je suis rouge et en sueur. Madame Murphy me dit :
— Tu vois que tu es capable d'aller plus vite.
— Oui Madame.
Je pense "crève !"
— Bon, va au réfectoire. Tu as un quart d'heure.
Elle m'indique un long bâtiment. J'y vais en courant. D'autres esclaves se dépêchent aussi. À l'intérieur, il y a une grande table couverte d'assiettes en plastique. Les filles mangent debout, puisqu'il n'y a pas de chaises. Je prends une grande assiette et une cuiller. Je vais présenter mon assiette à une esclave qui nous sert et je mange... Quoi ? J'en sais rien, c'est fade avec un goût de poisson. Personne ne dit un mot. Dès qu'une fille a fini, elle va mettre son assiette et sa cuiller dans un grand bac en plastique et elle court vers ses corvées. C'est ce que je fais aussi jusqu'à 6 h.
Il y a de plus en lus de monde qui circule. On me photographie et on me parle, mais je réponds chaque fois que je dois travailler sans arrêt. Quand je rapporte mon 12e ou 13e sac plein de canettes, en le traînant derrière moi, elle me donne un sac en disant :
— Mégots !
D'accord, c'est plus léger, mais il y en a tellement que je me traîne sur le sable à quatre pattes, plutôt que me baisser sans arrêt. Les gentils festivaliers se marrent et font des selfies.
Une esclave vient chasser le mégot sur mon terrain. Elle murmure :
— Tu vas trop vite. Il faut juste que tu bouges un peu. Elle n'intervient que si tu es immobile. Comme ça, tu vas t'épuiser...
— Merci. Elle m'engueule et me menace chaque fois que je rapporte mon sac.
— Elle le fera toujours, te tracasse pas.
— Merci. Tu restes près de moi ?
— Oui. Va moins vite...
On continue à chasser le mégot, mais mollement. Heureusement qu'elle est venue me donner des conseils...
Un groupe de rock joue sur la grande scène.
À 8 h, on mange debout et en vitesse. Et ensuite ? Il fait noir, impossible de ramasser ces saloperies. La femme me met une tablette miniature autour du poignet, en disant :
— Balade-toi. Tu es à la disposition des gens. Je te déconseille de te planquer dans un coin. Si on te choisit, les clients doivent m'appeler à l'aide de cette tablette et me donner leur numéro.
J'adresse une prière muette à Dieu. Elle ressemble à ça : "Mon Dieu, s'il vous plaît, envoyez-moi un client gentil." Je me dirige vers la scène et là, un curé me dit :
— Tu as l'air fatiguée, mon enfant.
À côté de lui, il y a une religieuse ! Non, je ne délire pas, c'est sans doute un couple déguisé. Lui m'a parlé gentiment, j'en ai les larmes aux yeux. Je m'accroche à eux comme une patelle à son rocher. Je lui réponds :
— Oui, très fatiguée... mais je ferai tout ce que vous voulez.
— Évidemment puisque tu es une esclave. Qu'est-ce que tu sais faire de spécial ?
Et là, j'ai une idée, je réponds :
— Je connais des cantiques.
Un petit flottement, puis il éclate de rire. Quand il est calmé, l'homme me dit :
— D'accord. Si tu chantes bien, je te loue.
Je me souviens très bien d'un cantique, alors, nue et épuisée, je chante :
"Swing low, sweet chariot
Coming for to carry me home,
Swing low, sweet chariot,
Coming for to carry me home.
I looked over Jordan, and what did I see
Coming for to carry me home?
A band of angels coming after me,
Coming for to carry me home."
Des gens arrivent pour m'écouter, c'est dingue ! Le curé me demande :
— C'est quoi, ton numéro ?
Je ne savais même pas que j'en avais un. Il ajoute :
— Dis-moi le numéro qui est sur ton bracelet de cheville.
Je dis le chiffre et il le compose sur le cadran.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan pour les super dessins.
Mon nouveau livre s’appelle : « Lizy, soumise autour du monde », il y a 60 illustrations de Bruce Morgan et vous allez l’adorer.
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Résumé : Max était un libertin, sa femme aimant jouer la chienne, il est devenu maître mais ses envie de libertinage reviennent à la charge.
Le pets-play est un jeu que Lucie adore. Elle n’y voit aucune humiliation, aucune soumission. Elle s’est achetée quelques petits accessoires, type diadème de little avec des oreilles puis des moufles avec des poils.
Quand elle a envie de son chéri, elle débarque au salon à quatre pattes et vient se frotter comme une chienne qui a envie de câlin. Cela l’amuse de faire la folle, une vraie little dans son genre et elle l’assume pleinement. Pour elle la vie est un terrain de jeu permanent, il faut profiter des rares plaisirs qu’elle nous donne.
Le jour de son anniversaire, son chéri lui a offert une cagoule de chien et une queue de chienne de chez ABCplaisir. Tel un volcan recouvrant tout lors de son éruption, elle s’est abattue sur lui pour le dévorer de bisous. Le pauvre gâteau innocent ne s’en est pas remis, sous l’impact de sa little Max s’est effondré dans le canapé, son pied a malencontreusement croisé la table basse, tout a volé dans le salon. Il a donc fallu faire une petite pause nettoyage dès le début de la soirée.
Située au fond d’un fin pertuis, la petite voie ne servant initialement que dans un sens s’est soudainement ouverte d’esprit. Comme quoi, tout est une question de motivation... Pour la première fois, Lucie a donc laissé Max jouer avec son anus, pour le laisser lui insérer le plug de la queue de chienne. Elle s’est aussitôt enfuie du salon en riant comme une folle et en bougeant ses fesses dans tous les sens pour aller chercher ses genouillères avant de revenir à quatre pattes avec son collier et sa laisse entre les dents.
Le si beau sourire de Lucie dévoilant ses canines blanches version OralB n’a pas tardé à disparaître derrière sa cagoule de chien. La « chienne » était très en forme ce soir là, Max a eu l’impression de faire un marathon dans leur petite maison isolée située à l’orée d’un petit bois, leur terrain de jeu lorsque la météo le permet.
Après une bonne heure de jeu, Lucie ne pouvait qu’avoir envie d’être prise en levrette, ce qui n’étonnera pas le lecteur. Etre prise avec un truc dans les fesses fut aussi une grande première pour la petite chienne, elle découvrit de nouvelles sensations qu’elle apprécia tellement que les lapins du bois très inquiets se sont demandés, si un loup s’était installé dans la région.
En clair, une femme malheureuse....
*************
Par une belle journée de printemps, Max équipa Lucie de tous ses accessoires de chienne pour la sortir au bois. Prudent, dans son sac, il avait toutefois glissé une robe d’été. La petite chienne s’amusa à renifler, à faire semblant de partir en courant puis à lever la patte. Max lui rappela que ce n’est pas ainsi que les chiennes se soulagent. Elle dut donc adapter sa position et, au dernier moment, il eut la présence d’esprit de soulever la queue pour l’épargner d’un jet d’urine, la little n’y pensant pas.
Si les pinsons et rouge gorges pouvaient parler, ils vous diraient qu’ils ont trouvé mignons ses tourtereaux jouant à chien chienne en chaleur aux pieds de leurs arbres. Arrivés à la maison, Lucie décida de rester dans ce rôle qui lui colle à la peau et frise parfois un réel besoin. Elle alla s’allonger dans son panier où elle se mit en boule pour une petite sieste sous les yeux attendris de son mari.
Au départ, Max était un libertin. Tombé fou amoureux de Lucie dès le premier regard, il a tout arrêté, sa chérie étant un peu bloquée sur ces pratiques. L’idée de revenir à la charge lui vint à l’esprit en la regardant dormir. Si bien que le soir après le repas, il ouvre la discussion sur ce sujet entre deux mamours.
- Tu sais, il faudra bien un jour que je te fasse couvrir par un chien !
- Heu.... Je rêve ou tu me parles de zoo là ?
- Mais non banane, d’un chien humain ! Imagine-toi en tenue, à quatre pattes attachée en train d’attendre d’être saillie par un beau mâle. Nous pourrions délirer, te faire prendre et lui promettre de lui donner un des chiens de la portée. Bien entendu, je serai là et te tiendrai pour pas que tu t’échappes ou le morde. A moins que je t’attache et me contente de te regarder couiner pendant qu’il te saute. Qu’en penses-tu ?
- Du libertinage quoi ?
- Oui et non ! Une chienne ne choisit pas, son maître sélectionne le reproducteur. La chienne n’a qu’à se laisser couvrir. D’ailleurs, pour t’habituer à ton statut de vraie chienne, je vais t’offrir une niche que nous mettrons dans la chambre. Qu’en penses-tu ?
- Tu as toujours refusé qu’on mette une niche dans la chambre ! Mais tu ne serais pas jaloux ?
- Jaloux de voir ma femme prendre du plaisir et jouir ? Non pas du tout, et puis n’oublie pas que je suis libertin.
***********
Revenant régulièrement sur le sujet lors de leurs jeux, Max décida un jour d’attacher la chienne puis de la laisser méditer après avoir inventé une histoire de reproducteur. Entravée à quatre pattes au bord de la table basse, lorsqu’il a éteint la lumière pour venir la sauter comme un chien, Lucie a découvert cette nuit là, le plaisir de l’abandon sexuel sous bondage.
Cette idée nouvelle et lubie de son Maître de la faire sauter par un inconnu commença à faire son chemin chez Lucie. Un jour, dans son délire, après avoir attaché sa chienne, Max lui déclara qu’il y avait deux chiens. Il joua le jeu de la prendre une première fois comme dans leurs câlins habituels mais il se retira avant de jouir pour la laisser mariner et fantasmer. Il enfila des gants, un pantalon et, toujours dans le noir vint la prendre en essayant d’être différent de d’habitude.
Au départ, Lucie y cru, cela ne dura pas mais elle garda en mémoire cette sensation d’être réellement plus qu’une chienne. Si l’idée de l’inconnu lui avait déplu, sa queue très active ne l’avait pas laissée de marbre, même si il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour reconnaître son mari.
Les femmes sont parfois surprenantes quand elles se lâchent. Lucie finit donc par dévoiler à son mari que finalement ses idées de reproducteurs commençaient à lui plaire. Elle ajouta même que trois ou quatre seraient bien, une réponse surprenant énormément Max.
- Le libertinage pour le libertinage ne m’attire pas du tout. En fait, j’aimerai bien vivre une fois l’expérience de soumise sexuelle comme sur certaines vidéos de Fessestivites. Tu sais, quand les filles attachées passent à la casserole..... Mais si j’accepte, je ne veux pas voir la tête des mecs et encore moins les sucer, ça cela t’es réservé ! Oh mon dieu, qu’est-ce que je te raconte....
- Un de tes fantasmes tout simplement ma chérie. Tu ne peux pas savoir à quel point cela me fait plaisir que tu te confies comme ça.
***********
Le temps passa et, entre les jeux de pets-play et câlins débridés Max ne lui reparla pas de cette idée de reproducteurs. Plutôt que de la gêner avec ce sujet, il se lança dans le bricolage. Pendant tout un week-end, Lucie n’eut pas le droit de rentrer dans leur garage pour cause de préparation d’une surprise. Le soir de son anniversaire, la petite chienne se retrouva attachée comme de la charcuterie. Il lui fit un bondage de façon à lui imposer la position à quatre pattes avec les membres maintenus pliés avec du cellophane. Une fois entravée, il passa la laisse du collier sous l’un des pieds de leur lit et quitta la chambre en lui souhaitant une bonne sieste. Autant dire que Lucie tenta de s’échapper mais en vain, les mains cellophanées et les bras pliés, elle dut se résoudre à être sage.
Pendant la sieste de Lucie, il installa une niche très BDSM dans leur salon. Si elle ressemblait à celle que l’on peut voir dans les jardins, cette niche avait comme particularité d’avoir une sorte de porte d’entrée ajustable avec un trou en son centre permettant d’en faire un pilori. Décorée avec goût avec son nom écrit au dessus de la porte, cette niche molletonnée fut une sacrée surprise pour Lucie lorsqu’il la délivra. Toute émue, la petite chienne libéra quelques larmes de bonheur à défaut de pouvoir sauter sur son Maître. Le cadeau surprise ne s’arrêta pas là.
Après que la petite chienne se soit amusée à entrer, sortir de sa niche, il lui fit découvrir la fonction pilori dans les deux sens. Il la bloqua à l’intérieur avec juste la tête dépassant par la porte. Ni une ni deux, il ouvrit la braguette de son pantalon, se mit à genoux devant la porte pour se faire lécher par sa pets-girl devant s’appliquer dans cette fellation, sous peine de passer la nuit comme ça. La pipe étant « satisfaisante », il la fit sortir pour la bloquer dans le pilori en ne laissant dépasser que son corps. La tête bloquée à l’intérieur de la niche, la chienne se fit « couvrir » sans pouvoir voir l’extérieur de la niche.
Rusé et très joueur, il utilisa le téléphone de sa femme pour faire sonner le sien. Bloqué la tête dans sa niche, Lucie l’entendit discuter avec quelqu’un sans rien voir. Elle bondit de peur quand elle entendit la porte d’entrée claquer. Il caressa la belle croupe de sa femme, après avoir trempé ses mains dans l’eau froide et les avoir séchées. Elle crut que comme cadeau d’anniversaire, il avait invité un reproducteur ! Lucie était un peu furieuse qu’il ne l’ait pas prévenue. La suite fut bien pire !!!!!
Amoureux fou de sa soumise, Max s’était acheté dans une boutique de déguisements d’animaux un costume intégral de furry dog à poils longs. Si il n’enfila pas la cagoule de chien poilu, lorsqu’il se plaça contre les adorables petites fesses de sa chérie, les poils la traumatisèrent. « Non, il ne va pas me faire sauter par un vrai chien » se dit Lucie pour se persuader que cela ne pouvait pas lui arriver, que son mari n’était pas zoo ! ! !
Max s’amusa un instant à jouer le chien avec ses « pattes » avant et sa verge cherchant la faille du temple de la fécondité. La tête bloquée dans sa niche pilori, Lucie tétanisée finit par se rendre compte que ce n’était pas un vrai chien derrière elle mais un homme, un pets-boy. La surprise passée et rassurée, elle finit par se détendre et apprécier de se faire couvrir sans ménagement. A l’intérieur de la niche, des plaintes mélodieuses ne tardèrent pas à se faire entendre et pour cause : elle réalisait le fantasme d’être couverte par un inconnu en position de soumise sexuelle et qui plus est en chienne. Le pied ! Des « pieds » elle en eut plusieurs, traduction, la belle jouit plusieurs fois.
N’étant qu’un homme, tout seul, Max ne put « copuler » ad vitam æternam. Après avoir copieusement ensemencé la chienne, il installa leur machine à baiser qui elle, est infatigable.
La machine oeuvrant ardemment dans le chaton naturellement lubrifié et agrémenté de semence bio, il put à loisir claquer le beau fessier offert à sa guise ou jouer du magic wand massager sur le clitoris de la belle hurlant son plaisir à pleins poumons dans sa niche.
Jugeant que même jeune, le coeur de sa femme avait ses limites, il décida de la libérer. Lucie fondit en larmes entre les bras de son mari. Ces larmes n’étaient pas de tristesse comme vous vous en doutez mais de trop de bonheur, trop d’émotions, trop de jouissances.
Depuis cette soirée spéciale, il leur arrive de faire venir un ou deux hommes pour faire couvrir la chienne qui se fait prendre la tête enfermée dans « sa niche ». En échange de tant de bonheur et de générosité d’âme, Lucie a décidé de faire un cadeau spécial à son Maître. Il faut que je vous raconte !
Pendant qu’il faisait sa sieste, la belle a dessiné deux flèches sur ses fesses en désignant son délicat petit orifice. Elle a également préparé un petit mot avec des coeurs dessinés sur un papier avec comme indication « dépucelle-moi en me v i o l a n t par derrière ». Elle a attaché ses jambes pliées avec du cellophane avant de bloquer sa tête dans la porte pilori de sa niche. Une fois « pilorisée » elle s’est menottée de façon à ne plus pouvoir s’échapper.
Lorsque Max se leva, il dut se pincer pour vérifier qu’il ne rêvait pas. Lucie lui offrait son petit cul jusqu’à présent refusé. Autant dire qu’il ne prit pas le temps de se servir un café.
Fin
TSM
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Vacances épuisantes en gîte fétichiste
Lucie est une femme coquine, pas une salope, ne pas confondre. Elle aime les plaisirs de la vie, le BDSM, le bondage mais ne se donne pas au premier venu. Comme beaucoup de femme, elle s’est offert quelques sextoys. Elle a également joué à s’attacher un peu toute seule pour jouer avec le bondage et ses sextoys pour « s’obliger » à jouir un peu plus longtemps.
Ses petits selfbondage étaient très simples, comme attacher ses chevilles et ses cuisses avec des ceintures après avoir mis un petit plug anal, puis un vibro dans son chaton. Le plus compliqué de ses selfbondage a été d’oser mettre des menottes mains dans le dos et de s’allonger sur le ventre pour s’abandonner à ses sextoys. Les clés des menottes étaient tout simplement posées sur la table de nuit. Si ses petits jeux coquins étaient très sages, chaque fois dans son esprit coquin, les fantasmes l’étaient beaucoup moins. Qui n’a pas de fantasmes me direz-vous ?
Lorsqu’elle a vu les annonces de l’ouverture d’un gîte fétichiste accordant une attention particulière aux célibataires, cela l’a titillée. En s’imaginant dans les jeux possibles décrits pour les couples et les hommes seuls, il lui venait des fourmis dans son petit bedon....
Elle s’est donc lancée dans une étude approfondie à la version enquêteurs de police sur les propriétaires du gîte. Les 60 évaluations faites sur le profil de TSM étaient pratiquement toutes dans le même sens. « Un sadique pervers à la fois très respectueux et accueillant ».
Joueuse mais prudente, Lucie a donc pris un abonnement sur Fessestivites pour contacter les femmes ayant fait des évaluations sur son profil. Toutes les filles lui ont répondu qu’elle ne risquait rien, hormis s’éclater, découvrir et s’amuser en toute simplicité.
Aussi frileuse qu’excitée, elle l’a donc contacté par messagerie pour avoir plus d’informations sur ce que son gîte fétichiste pouvait proposer comme « loisirs ». Sa réponse a été simple !
- Vous pourrez faire tout ce que vous rêver de vivre et faire seule en étant assistée, accompagnée, guidée et surtout sécurisée. Exemple, si vous rêvez d’essayer une camisole de f o r c e, vous l’enfilez, je ferme la camisole et vous me dites combien de temps vous désirez restée prisonnière. Cela peut être aussi de dormir enfermée dans une cage, de rester une heure nue au pilori, à chaque fois, c’est vous qui décidez. Je peux également vous prêter du matériel pour faire du selfbondage, vous donner des idées de scénarios mais ne jamais entrer dans votre gîte. L’avantage est que si je ne vous vois pas à midi par exemple, je viendrai voir si vous êtes bloquée et en perdition. En clair, ma femme ou moi-même pouvons être la personne de confiance à qui vous pouvez tout dire.
Convaincue qu’elle ne risquait rien et que sa vie ne serait pas en danger, Lucie a donc fait une réservation comme si elle se jetait à la mer.
Trois moins plus tard, et après des rêves érotiques fous et quelques cauchemars, c’est dans la parking de l’aéroport qu’elle rencontre l’agitateur de mauvaise conscience. Venu en ville faire trois achat pour son gîte, il lui a proposé de la récupérer à l’aéroport pour lui éviter d’avoir à payer un taxi. Les discussions pendant le trajet dans le 4x4 poussiéreux, finirent de lever ses craintes. TSM est un gentil taré bourré de très mauvaises et surtout, perverses idées. En rencontrant son épouse Malicia, pour l’apéro de bienvenue, elle constata qu’il n’était pas le seul à avoir des idées perverses.
Pendant que TSM terminait la préparation du repas, Malicia lui fit visiter les lieux et l’accompagna à son gîte. Les discussions furent coquines, entre filles on se lâche un peu plus. Pendant le repas, elle eut des explications sur des fétichismes qu’elle connaissait très peu ou ne comprenait pas comme l’ABDL. C’est au dessert qu’elle avoua qu’elle manquait d’idée pour l’après-midi. C’était une vraie fausse mauvaise bonne idée que de dire cela à TSM ! ! !
- Je vous propose de vous accompagner à votre gîte pour vous préparer un plan qui finira de vous achever après la fatigue du voyage. Cela peut être très jouissif..... Rassurez-vous, je ne fais que tout installer et je vous abandonne pour aller faire ma sieste ! Répondit TSM.
Peu rassurée elle accepta cette proposition. Il prit une serrure de glace de deux heures et, habitué aux lieux, il ne lui fallut que très peu de temps pour faire une installation sur le lit avec tout ce qu’il faut pour qu’elle se fasse plaisir.
- Je vous explique le principe. Vous mettez ce que vous voulez dans vos orifices, vous garder une culotte pour bloquer le magic wand massager en bonne place. Ensuite vous attachez vos chevilles dans ces bracelets, vous attachez votre main gauche dans ce bracelet avant d’allumer vos jouets et de menotter votre dernier poignet ici ! Lui indiqua TSM avant d’ajouter : vous pouvez également vous mettre des pinces à sein et une cagoule qui vous aidera à mieux fantasmer. Si vous n’avez pas de question, je vous laisse vous installer ?
- Si j’ai une question. Comment s’ouvrent les menottes ?
- Cette petite boite noire est remplie de glace. Quand elle sera fondue, elle libèrera votre poignet. Vous pourrez alors vous libérer, c’est aussi simple que ça.
- Merci, vous pouvez me laisser ! Répondit Lucie toute rouge de honte.
A peine était-il sorti et enfin seule, elle se précipita vers le placard à sextoys. Rien que de les toucher la faisait mouiller. Elle mit un préservatif sur un plug anal de taille modeste, sur le vibro qui n’allait pas tarder se retrouver au chaud.... Au cas où, elle prit aussi des pinces à sein légères car la douleur pure, n’est pas son truc ainsi qu’un petit bandeau pour ses yeux de biche. Après s’être dévêtue, hormis la culotte comme conseillé, elle ne tarda pas à combler ses orifices très demandeur, surtout celui de devant...
Lucie prit place sur le lit pour entraver ses chevilles. A la suite de quoi, elle s’allongea pour entraver son poignet droit. L’excitation étant à son comble, elle le détacha pour se mettre les petites pinces à sein. Elle finalisa son selfbondage après avoir allumé le petit vibro et le gros magic wand puissance 10 logé dans sa culotte. « Ouhaou, cela va être géant » pensa aussitôt Lucie.
Son esprit coquin ne tarda pas à se mettre en route. L’amant de ses rêves venait la « sauter » avant de la livrer en pâture à ses amis. Ce fantasme n’est réellement qu’un fantasme car elle n’accepterait pas ce genre de pratique. Par contre, dans les fantasmes on peut y mettre ce qu’on veut pour délirer, s’envoler et jouir.
En agitant ses reins comme si son amant la prenait sauvagement, elle agitait aussi le vibro et le plug. Ces actions, cumulées aux vibrations et au magic wand massager puis au fait d’être réellement attachée, la firent rapidement monter « dans les tours ». Le premier orgasme fut géant même si elle aurait bien aimé que les sextoys vibrants lui accordent une pause. Le deuxième orgasme ne tarda pas à pointer son nez. Le troisième la mit dans un état de transe. Son corps lui échappait, elle criait son plaisir et tremblait sans discontinuer. Au quatrième elle hurla sa jouissance, chose qu’elle n’avait jamais fait étant plutôt discrète au lit..
« Déglinguée » et en perdition totale, elle commença à subir les effets des sextoys. « Subir » est un bien grand mot, disons qu’elle aspirait à une pause syndicale qu’ils ne semblaient pas vouloir lui accorder ! « Je me fais un gang bang BDSM toute seule » pensa Lucie continuant d’enchaîner contractions sur contractions.
Une heure plus tard, les batteries du vibro et du magic wand massager finirent par rendre l’âme, laissant ainsi une pauvre fille épuisée de jouissances entravée bras et jambes en croix sur le lit. Lucie sombra dans les bras de Morphée pour un sommeil profond sans rêve. C’est en se tournant comme quelqu’un qui dort qu’elle se réveilla. Pendant une seconde, elle s’affola d’être entravée avant de se rendre compte de la situation. Son poignet droit était libre, elle pouvait se délivrer. Si cela fut facile à faire, le retrait des pinces à sein lui parut soudainement très hard. Une douche salutaire s’avéra obligatoire ! C’est là qu’elle découvrit qu’il y avait aussi des anneaux dans les murs, même dans la salle de bain. « C’est vraiment une maison de fous » se dit-elle.
Lucie prit conscience qu’elle était restée entravée trois heures au total. Malgré ses tétons très sensibles elle enfila un tee-shirt puis une jupe pour aller prendre l’air puis prendre un verre avec Malicia.
- Alors, c’était bien ? Lui demanda Malicia.
- Superbe, j’ai cru mourir deux ou trois fois, votre mari est un vrai malade mental !
- Je sais, c’est aussi pour ça que je l’aime !
- Il vous l’a fait aussi ?
- Oh, il m’a fait bien pire !
La discussion entre filles continua sur le sujet un moment mais elles refusent que j’écrive ce qu’elles se sont dit. Croyez-moi sur parole, entre elles les discussions sont parfois chaudes...
N’ayant pas envie de cuisiner, Lucie avait annoncé qu’elle prendrait tous ses repas au gîte. Elle partagea donc celui du soir en mauvaise compagnie et put même assister à la fessée de Malicia, une injustice évidente car c’est une perle. En même temps, en voir une en vraie lui donna des envies, mais elle n’osa pas l’avouer.
TSM lui demanda si elle avait des projets coquins pour la soirée ou la nuit comme si il lui demandait si elle voulait faire du tourisme ou des courses !
- Non, je n’en ai pas mais si vous avez des idées, je n’aurai rien contre des propositions ! Répondit Lucie un peu gênée.
- Arrêtez de rougir, ici rien ne nous choque. Vivez vos passions ou essayez des trucs, ne soyez surtout pas gênée, cela fait 40 ans que je suis dans le monde des rencontres. Je suis le propriétaire de Fessestivites et Abkingdom, autant dire que vous pouvez vous lâcher et nous parler librement de tout.
Ne connaissant pas Abkingdom, Lucie voulut en savoir un peu plus sur l’ABDL. TSM lui expliqua la différence entre AB qui signifie adult baby puis l’âge-play avant d’aborder le côté DL qui signifie diaper lover. Il aborda aussi le côté little, petite fille ou petit garçon, une autre forme de régression. Il précisa que c’était quelque chose à découvrir, à essayer au moins une fois pour voir car les sensations, les émotions ressenties ne tuent pas ceux qui essaye pour voir. Il précisa que c’est un fétichisme honteux pour beaucoup alors qu’il n’y a aucun mauvais fétichisme.
- Il n’y a pas de mal à se faire du bien et à s’accorder des plaisirs quels qu’ils soient. Certains aiment la fessée, d’autres les pieds, d’autres les collants ou le latex, d’autres le libertinage, d’autres le BDSM, où est le mal à aimer pratiquer quelque chose qui fait du bien et ne dérange personne ? Vous devriez essayer au moins une fois l’ABDL, je peux vous faire dormir en couche enfermée dans un lit de bébé. Si je précise enfermée, c’est parce que je sens bien que les jeux de contrainte vous amusent. Rien ne vous y oblige, vous pouvez aussi refaire du bondage pour la nuit.
- Heu, je crois que pour aujourd’hui, le bondage et les sextoys on va oublier ! Répondit Lucie avant de demander à Malicia si elle aime l’ABDL.
- J’ai essayé pour voir, non ce n’est pas mon trip mais je confirme, il y a des passionnées. Essayez pour voir, vous verrez bien ! Répondit Malicia.
- Et qui est-ce qui me met la couche ? Demande Lucie.
- Vous mais je peux vous aider si vous ne vous en sortez pas toute seule ! Répondit TSM.
- Vous n’êtes pas jalouse qu’il fasse ça ? Demanda Lucie étonnée.
- Absolument pas, où est le mal ? Il ne baisera pas avec vous, il vous fera la même chose qu’un infirmier ! Répondit Malicia.
- Ecoutez Lucie, je vous propose de vous organiser une nuit de douceur sous la contrainte pour vous faire découvrir l’âge-play comme si vous y étiez obligée. Vous mettez seule votre couche, j’attends devant la porte du gîte et je n’entre que quand vous m’y invitez. A partir de là, je vous verrai avec une grosse culotte. Cela vous va ?
Rouge comme une écrevisse, Lucie abdiqua. Une heure plus tard, TSM pénétra donc dans le gîte de Lucie après y avoir été invité. Il la fit s’allonger sur le lit pour arranger les attaches de la couche, puis lui faire enfiler une culotte en plastique.
- Bien, la petite fille est protégée pour la nuit. Maintenant il faut l’habiller pour qu’elle n’ai pas froid. Regardez ce que j’ai prévu pour vous ! Indiqua TSM ou ouvrant un sac de voyage avec une grenouillère et un body. Que préférez-vous, la grenouillère ou le body ou les deux ?
Lucie prit la grenouillère qu’elle enfila toute seule un peu gênée par cette aventure.
- Vous êtes toute mimi comme ça, allez bébé, entrez dans le lit qui est sous le grand lit dit TSM en tirant un grand tiroir s’avérant être un lit une place sur roulette. Vous avez un doudou ou je vous en prête un ?
- J’en ai un répondit Lucie en rougissant. Il est dans ma valise, vous pouvez l’attraper ?
TSM alla donc chercher le doudou de la grande fille et le lui donna avant de pousser le lit à roulette sous le grand lit. A la suite de quoi, il souleva le tissu du côté du lit permettant à Lucie de voir à travers les barreaux d’un lit de bébé.
- Je vous ai prévu de quoi vous désaltérer et de quoi vous aider à dormir ! Lui indiqua TSM en lui donnant une tétine et un biberon d’eau. A qu’elle heure voulez-vous que je vous libère ?
- Comment ça me libérer ?
- Parce que je vais fermer le lit à clé, sans quoi vous allez tricher !
- Est-ce obligé ?
- Non ici, rien n’est imposé mais vous devriez m’écouter et tester réellement !
Prise dans la tourmente des évènements, elle accepta de se laisser enfermer jusqu’à huit heure. TSM lui laissa le bouton d’une petite veilleuse avant de quitter les lieux en lui souhaitant bonne nuit. La première chose que fit Lucie, c’est de toucher entre ses jambes, avoir ce gros truc entre les cuisses la perturbait un peu. « Je suis folle d’avoir accepté » dit Lucie à son doudou. Pour jouer un peu, elle prit la tétine en câlinant sa peluche délavée et usée par des nuits de câlins. A la suite de quoi, elle testa le biberon et trouva ça très pratique pour boire la nuit. Malgré la sieste crapuleuse, Lucie ne tarda pas à éteindre la lumière et s’endormir.
Vers trois heures du matin, c’est une envie pressante qui la réveilla. Si enfermée dans ce lit cage elle se sentait protégée de l’extérieur, le dit lit l’empêchait d’aller aux toilettes. « Le sadique avait raison, j’aurai triché si il l’avait laissé ouvert » se dit Lucie. Sauf que, elle parvint pas à se soulager dans la couche. Une sorte de blocage psychologique l’empêchait de se libérer. Au plus on pense à l’envie de faire pipi, au plus..... elle travaille vos méninges.
Vers quatre heures du matin, après en avoir parlé avec son doudou, elle finit par se dire que faire quelques gouttes dans sa couche ne la tuerait pas. Oui mais entre le dire et pouvoir le faire..... ce n’est que vers quatre heure et demi qu’elle parvint à faire quelques gouttes, enfin, les première parce qu’un fois ouverte, sa vessie refusa de se refermer. C’est ainsi que, seule dans son lit avec personne pour la regarder, que Lucie découvrit que se lâcher dans une couche ce n’est pas si désagréable que ça. « Tu ne le diras à personne hein » ? demanda Lucie à son doudou qui, évidement, promis de garder le secret.
C’est ce pipi couche qui déclancha quelque chose d’inexplicable dans la tête de Lucie. Elle se rendormit avec son doudou dans les bras et en suçant son pouce.
- Coucou Lucie, il est huit heure. Je vous ai apporté le petit déjeuner, tout est sur la terrasse. Je vous ouvre et vous laisse tranquille. Gardez encore un peu votre couche pour le petit déjeuner, cela vous permettra de continuer à découvrir ce monde. Après votre douche, vous la mettrez dans un sac en plastique que vous fermerez bien avant de la mettre dans la poubelle. Ensuite, vous pourrez venir nous voir ou profiter de la propriété. L’eau de la piscine est à 25, si cela vous séduit, vous pouvez aller vous baigner en maillot ou nue, ici les seuls voisins que nous avons ce sont les oiseaux. Bonne journée grand bébé !
- Je ne suis pas un bébé ! Cria Lucie amusée par le côté ultra décontracté de TSM.
Au lieu de se lever, Lucie se laissa aller à farnienter un peu au lit, il est vrai que sa nuit avait été écourtée. Si bien qu’elle s’accorda un deuxième pipi couche sous sa couette en se disant que le matin, pour la grasse matinée, ce truc était bien pratique puisqu’il n’y a plus l’obligation de se lever. Une demi heure plus tard, elle poussa un cri de peur quand un chat vint lui faire un câlin. Il y en a quatre, c’est Princesse Chipie la toute blanche à poil long qui était venue lui rendre visite. Son cri lui ayant fait peur, l’adorable chatte s’était enfuie.
Arrivée sur la terrasse, Lucie quitta immédiatement sa grenouillère pour cause de chaleur. « Douche de suite ou café d’abord » se demanda t’elle. Café fut la priorité qui s’imposa à elle. Lucie prit conscience qu’en ce lieu de perdition appelé gîte fétichiste, qu’elle pouvait vraiment se lâcher, qu’elle ne serait pas jugée par les envies qu’elle avait, surtout une. Elle avait envie d’essayer la machine à baiser sur le cheval espagnol que lui avait montré Malicia.
Après avoir pris son petit déjeuner accompagné par le chant des oiseaux, elle retira la couche pour aller aux toilettes puis prendre une douche. Evoluer nue dans cette ambiance décontractée lui plut. C’est donc intégralement nue qu’elle osa se rendre à la piscine pour piquer une tête et faire quelques brasses.
- Vous devriez faire attention au soleil, votre peau est blanche et vous risquez de prendre un coup de soleil ! Lui dit TSM passant devant la piscine.
Gênée par sa nudité, elle attrapa rapidement sa serviette pour se cacher.
- Vous êtes vraiment timide ou simplement pudique ? Ici c’est naturiste, donc si vous voulez évoluer nue, ne vous inquiétez pas, on s’en moque ! Lui indiqua TSM amusé.
- Oh ça va vilain pas beau ! Répondit Lucie provocatrice.
- Si vous avez envie d’une fessée, cela peut s’arranger vilaine ! Répondit TSM avant de l’inviter à venir choisir les légumes du repas du midi dans son potager.
- Dans cette tenue ?
- Mettez la serviette autour de votre taille si vous voulez !
A l’aller, Lucie garda la serviette à sa taille, au retour elle était sur son épaule, cela l’avait agacée d’être obligée de la tenir tout le temps. En arrivant à la maison, il lui proposa un café ainsi qu’à Malicia. Assis sur la terrasse ils échangèrent sur les nouvelles expériences de Lucie qui finit par avouer, que c’était troublant sans rien dévoiler de plus. TSM et Malicia ne lui demandèrent aucun détail, leur but n’est pas de gêner les clients, bien au contraire. Lucie s’isola un instant avec Malicia pour lui avouer qu’elle essayerait bien le cheval espagnol.
- C’est TSM qui s’occupe de ça, vous voulez que je lui en parle ?
- Heu....
- Arrêtez de faire la timide, éclatez-vous, profitez du gîte et de ses installations.
Malicia lui expliqua que c’est son mari qui allait le préparer et lui permettre de s’installer seule dessus.
« Et zut » ! Se dit Lucie, « il faut que je me lâche, car je suis sûre que le sadique aura des idées perverses, plus jouissives que juste m’asseoir sur un gode qui bouge » Ce fut le cas ! Il lui installa la machine dans le gîte mais avec quelques variables à la façon TSM. Une fois qu’elle fut « empalée » sur le gode recouvert d’un préservatif, il lui attacha les chevilles aux anneaux du carcan, bloqua un magic wand massager sur le devant de la selle avant de lui demander si elle voulait être menottée. Elle refusa les menottes, c’était un peu « trop » pour elle de se faire attacher. Il l’abandonna donc pour retourner préparer le repas du midi.
Lucie put donc commencer à jouer avec le variateur de la machine puis le magic sur son chaton en avançant sur la boulle, elle aussi recouverte d’un préservatif. Au bout d’un moment, elle regretta qu’il ne l’ait pas menottée car seule, elle n’arrivait pas à « s’obliger » à empiler les jouissances comme pendant sa sieste crapuleuse. Quand le plaisir était trop fort, elle jouait avec la télécommande de la machine puis avec le bouton du magic. Si elle avait été entravée..... Ce fut quand même bien bon !
Après le repas, vers 14 heures, TSM lui demanda si elle avait besoin de quelque chose avant qu’il aille faire sa sieste. Lucie voulu elle aussi faire une sieste « normale » avant d’être ouverte à une proposition de jeux. Il lui parla donc du principe du Bondage Walking en indiquant qu’il avait plusieurs jeux de pistes pour aller récupérer les clés des menottes ou cadenas des chaînes.
- J’ai plusieurs jeux de piste, du simple au plus avancé mais comme vous avez le sens de l’orientation d’une fille, je pense que le simple serait bien pour vous !
- Mais vous êtes macho, une fille sait aussi très bien s’orienter qu’un homme ! Répondit Lucie.
La provocation ayant fonctionné, il abdiqua et lui indiqua qu’il lui donnerait la fiche d’orientation après la sieste car à 15 heures, on ne fait pas de Bondage Walking en Espagne. Vers 17 heures, Lucie revint les voir pour lui dire qu’elle était prête à jouer et relever le défi.
- J’ai déposé les clés sur le terrain, voici la fiche du jeu de piste pour les trouver.
- Mais je ne vous ai pas dit ce que je voulais faire, comment savez-vous ce qu’il me faut ? Demanda Lucie.
- J’ai un jeu de clés pour plusieurs cadenas et une paire de menottes, dites-moi de quoi avec vous besoin. Vous pouvez avoir 6 cadenas une paire de menottes et des chaînes.
- Heu, je ne sais pas trop. Vous avez des idées ?
- Je vous propose deux cadenas + une chaîne pour les chevilles afin de jouer le bagnard. Ensuite, vous pourriez vous faire une ceinture de chaîne qui devient un string. Là il vous faut 2 cadenas de plus. Je peux vous prêter un plug métal, il a un anneau que vous pouvez fixer à la chaîne avec un cadenas. Vous bloquez vos menottes mains dans le dos au niveau de la chaîne. Dans ce cas, il faudra fixer le plan dans une pochette plastique sur une de vos jambes puisque vous ne pourrez pas le tenir dans vos mains. La règle du jeu est simple. Si à 20 heures vous n’êtes pas rentrée, je viendrai vous chercher pour vous ramener. Dans ce cas, je vous verrai donc nue avec votre petit équipement...... Ah un truc j’ai de petite pinces à sein munie de clochette ou un collier lui aussi munie de clochette, que préférez-vous ?
- Le collier, mes tétons ont déjà trop souffert ! Répond Lucie spontanément avant de comprendre qu’elle vient de se dévoiler encore une fois.
- OK, allez dans votre gîte, je vous apporte tout ce donc vous avez besoin. Vous vous équiperez seule si vous le désirez ou, si besoin je peux vous aider.
- Cela devrait aller, vos explications étaient très claires, je devrai m’en sortir !
Lucie ne prend pas conscience qu’elle perd beaucoup de temps en se préparant. Elle accroche le plan à sa cuisse droite par des bandes de velcros avant de verrouiller ses menottes mains dans le dos. Elle part seule et loin des regards de son gîte vers 18 heures. Marcher avec des chaînes aux pieds ralentit sa progression. La clochette fixée à son collier commence à l’agacer. A cela se rajoute que, lorsqu’elle se penche en avant pour lire le plan sans trop pouvoir plier sa jambe, elle tire sur la chaîne passant entre ses fesses et donc,...... sur le plug.
Malgré ses petits inconvénients, Lucie trouve ce jeu très excitant. Elle s’imagine même dans ses petits délires qu’elle est le gibier d’une chasse à la femme. Quel dommage qu’elle n’ait pas assez d’amplitude pour pouvoir venir jouer un peu avec son petit bouton des plaisirs. Elle éclate de rire lorsqu’elle arrive à « la fontaine des assoiffés » comme indiqué sur le plan. Il s’agit d’un biberon attaché à un arbre avec de l’eau encore glacée. Elle descend de bon coeur les deux tiers du biberon.
Au bout d’une heure d’aventure en pleine nature, Lucie commence à se traiter de folle et TSM d’enfoiré pour ses idées tordues. En effet, d’après le plan, c’est de l’autre côté de la petite vallée qu’elle devrait être. C’est donc toujours à petit pas qu’elle fait marche arrière sur 500 mètres et termine le biberon d’eau au passage. Alors qu’elle traverse la petite vallée, Lucie est rattrapée par une envie pressante. Chaînes aux pieds et mains menottées dans le dos, elle n’a pas trop envie de s’agenouiller surtout avec un plug dans les fesses. N’ayant pas d’autre choix que de faire pipi debout, elle trempe ses cuisses et ses pieds en traitant TSM de noms spéciaux qu’il est préférable qu’il n’entende pas.
Assis tranquillement sur sa terrasse avec un pastaga bien frais, le dit Très Sadique Mec la suit de loin avec ses jumelles. Une petite sécurité en cas de chute. Il sait donc où se trouve Lucie quand, à 20 heures il quitte donc son verre vide pour enfourcher son vélo. Il commence par récupérer les clés avant de rejoindre Lucie. En le voyant arriver elle est à la fois soulagée et honteuse d’être vue nue avec un string de chaîne et un truc dans les fesses. Après avoir libéré les chevilles de la pauvre fille perturbée d’avoir perdu, il pose son sac à dos pour en sortir une bouteille d’eau fraîche.
- Avec les menottes, cela va être difficile pour moi de boire ! Lui indique Lucie d’un air de dire « t’as pas fini de me libérer ».
- Je sais mais j’ai bien dit que je viendrai vous chercher, pas que je vous libérerai ! Lui répond TSM en accrochant une laisse au collier de Lucie.
- Et, ça va pas la tête !
- Il va bientôt faire nuit, alors où je vous laisse comme ça avec les renards qui ne vont pas tarder à sortir, ou je vous raccompagne à ma façon ! A vous de choisir !
- Bon ça va, je vous suis, mais je ne suis pas une chienne !
- Ah, ce jeu vous exciterait ? je peux vous le préparer si vous le désirez !
- Nan, merci, ça ira pour aujourd’hui !
Cinquante mètre plus loin, Très Sympathique Mec lui retire la laisse et les menottes en lui disant que cela lui allait bien ! Comprenant qu’il avait simplement envie de jouer avec ses nerfs, Lucie lui tire la langue.
- La fessée c’est toute de suite avec les fesses pluguées ou ce soir après votre douche ?
- Ce soir je préfère ! Répond Lucie sans réfléchir.
- Vous êtes donc d’accord pour que je vous donne la fessée méritée !
- Heu.... je n’ai pas dit oui !
.......................
Laissée seule à son gîte, Lucie prend une douche grandement méritée et justifiée vue la couleur de l’eau à ses pieds. A 21 heures, elle les rejoint à la maison pour le repas du soir en tenue « civile ». Peu pressés et vivant à l’heure espagnole, ils lui proposent de partager leur apéritif maison fait avec des aubergines et des poivrons grillées du jardin.
- Alors cette expérience de Bondage Walking vous avez aimé ? Demande Malicia.
- Original à vivre, il y a une sorte de communion qui se fait avec la nature, sauf que j’ai rencontré un rustre qui a voulu me faire marcher en laisse comme une chienne ! Répond Lucie.
- Oui et qui, au lieu de me remercier d’être allé la libérer et la chercher avant la nuit m’a tiré la langue en guise de reconnaissance. Cela mérite une fessée, qu’en penses-tu Malicia ?
- Absolument, c’est inadmissible ! Répond Malicia amusée.
- Classons cette regrettable affaire de suite, venez vous installer sur mes genoux que je vous apprenne la politesse ! Indique alors TSM en reculant sa chaise.
Pour Lucie, ce n’est pas le fait de recevoir une petite fessée qui la perturbe, mais c’est de la recevoir devant quelqu’un ! Une fois allongée sur les genoux de TSM, sa jupe est prestement relevée, la grosse paluche de TSM commence à appliquer la fessée sur une jolie culotte qu’il regrette presque de baisser quelques instants plus tard.
- Aie, qu’est-ce que vous faites ?
- Une vraie fessée se donne déculottée, n’est-ce pas Malicia ?
- Absolument !
Avant même qu’elle n’ait le temps de répondre, TSM continue de lui claquer les fesses gentiment, bien qu’il aurait bien volontiers appuyé un peu plus. Comme une cliente n’est pas une amie, il se contient et ne fait pas durer la fessée de la coquine. Pour Lucie, c’est encore une grande nouveauté car sa seule expérience de spanking avait eu lieu une fois avec un de ses copains ultra timide ayant à peine claqué ses fesses. Même si il a été soft, elle sent bien que ses fesses sont chaudes lorsqu’elle prend place sur sa chaise.
Le repas est un moment de partage aussi bien en terme de nourriture que de discussions. Lucie apprend un peu plus de la vie de ce couple d’adorables psychopathes et regrette déjà d’être obligée de partir le lendemain car elle serait bien restée plus longtemps. Hélas, le billet d’avion ne peut être changé. En leur compagnie, elle aimerait découvrir encore plein de choses car elle se sent en totale sécurité.
- Vous me faites quoi ce soir ? Demande Lucie.
- La question est mal posée. Que désirez-vous faire et vivre ?
- J’ai bien aimé la nuit en couche dans le petit lit mais y a t’il moyen de varier un peu ?
- Avec une couche ?
- Oui mais aussi du bondage ! Répond Lucie à présent sans trop de pudeur.
- Couche, bondage et jouissances avant le dodo, cela vous va ? Lui demande TSM dont le cerveau a déjà démarré en mode pervers.
- Ouiii !
Accompagnée à son gîte par TSM et son sac à malice, Lucie est invitée à s’allonger due sur le lit. Il lui donne une couche et un vibro en lui demandant de se le mettre toute seule « comme une grande ». A la suite de quoi, il démarre le vibro et referme la couche avant de l’aider à enfiler une culotte à cadenas. Il pose le caméscope dans un coin en lui expliquant que c’est la règle au gîte. A partir du moment où il participe, c’est filmé comme pour les caméras des banques. S’il n’y a pas de problème la vidéo est supprimée. Il demande ensuite à Lucie d’entraver ses chevilles puis lui prête une cagoule d’isolation BDSM en lui demandant de la mettre après lui avoir expliqué que le principe serait le même que son selfbondage.
Il l’aide donc à lier son poignet gauche puis guide sa main pour qu’elle ferme elle même les menottes de son poignet droit. Elle est donc attachée bras et jambes en croix sur le lit et cagoulée. TSM branche un magic wand massager filaire sur un programmateur réglé sur 5 minutes On, 5 minutes Off avant de programmer une plus longue période en mode On. Le sextoy trouve sa place entre la couche et la culotte en plastique de Lucie.
Le Très Sadique Mec abandonne Lucie avec ses interrogations après avoir éteint la lumière. Pendant les cinq première minutes, elle se demande ce qu’il a placé entre sa couche et sa culotte en plastique. Elle ne le découvre que quand le magic se met en route. Les vibrations pile poil au-dessus de son chaton, sont loin d’être désagréables. Cumulées avec celles du vibro en bonne place, elles la conduisent doucement sur les rivages d’une jouissance. Hélas, cinq minutes c’est trop court pour y parvenir et le sextoy s’arrête. Elle boude un peu en se disant que c’est dommage que le magic a du tomber en panne.
Elle pousse un cri de surprise dans sa cagoule cinq minutes plus tard quand il se remet en route. Le Très Sadique Mec lui a programmé 4 sessions On et 4 sessions Of avant de le lui laisser 60 minutes non stop. Lucie enrage pendant les sessions Of et On avant de finalement savourer le plaisir du magic en mode On juste au dessus de son chaton. Juste après sa première jouissance, une envie pressante, que cette fois elle libère sans blocage, la fait décoller. « Pipi couche + magic c’est ouhaouuuu » se dit Lucie bien décidé à en acheter un chez ABCplaisir.
Lorsque la serrure de glace lui rend sa liberté, Lucie se détache mais n’a même pas le courage d’aller attraper les clés de menottes posées sur la table du salon. Ce n’est qu’au petit matin qu’elle trouve le courage de se lever pour aller retirer la menotte gênante toujours accrochée à son poignet.
« Mais où sont les clés de la culotte à cadenas » se demande Lucie. Convaincue qu’il veut l’obliger à venir les voir avec ses grosses fesses, elle sort de son gîte en jupe vers 9 heures et découvre qu’elles sont sur la table avec le petit déjeuner puis une rose fraîche. En lisant le petit papier sous la rose, son sourire disparaît aussitôt. « Départ 11 heures maximum pour que vous ne loupiez pas votre avions ».
Après avoir pris son petit déjeuner, Lucie prend une douche, fait un carré de ménage en laissant tout ce qui a été utilisé comme linge et draps dans un panier prévu à cet effet avec de rejoindre ce couple qui l’a si gentiment accueillie. Après avoir réglé quelques achats en boutique et le solde de son séjour, c’est presque les yeux mouillés qu’elle monte dans la voiture pour prendre la route de l’aéroport.
- Est-ce que je pourrai revenir et vivre d’autres choses avec votre aide ?
- Avec plaisir Lucie mais si vous me tirez encore la langue cette fois la fessée sera plus consistante !
- Leeeeeeeeeeeeee ! Fait Lucie en lui tirant la langue pendant qu’il conduit.
Ni une ni deux, TSM quitte la route pour prendre un chemin pour s’arrêter derrière un bosquet d’arbres.
- Une bonne déculottée va vous être offerte par la maison !
EPILOGUE
Lucie a eut son avion, TSM prévoit toujours de la marge. Elle a trouvé que les sièges de l’appareil n’étaient pas très confortables, allez savoir pourquoi ?
FIN
Note de l’auteur : le gîte fétichiste ouvre ses portes Espagne en juin 2023.
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Le plus intrigant n'était pas que sous des dehors aussi routiniers, elle fût une séductrice, après tout, on a vu des Casanova plus incongrus, mais que sa solitude devînt chaque jour plus obscure. Il y avait un abîme en elle qui repoussait l'empathie, et ce point d'étrangeté qui éloignait les femmes aussi vite qu'elle les avait attirées pouvait en effet paraître dangereux. Derrière certains horizons calmes, on aperçoit des choses terribles. Dès que je sortis dans la rue, je l'aperçus. Charlotte m'attendait dans une mini robe très courte rouge. J'allai vers elle. Je l'embrassai. Et soudain, quelque chose se brisa. Cette jeune fille que j'avais devant moi, c'était une autre, pas celle que j'avais rêvée. Certes, elle était éclatante, jeune, blonde, aimante, tendre comme l'autre, mais il lui manquait une qualité qui n'appartenait qu'à l'autre. Elle me demanda: "- préférez-vous que je vous laisse seule ?" Elle me sourit. Je la regardai avec une expression d'incrédulité mais je vibrais encore de la ferveur de ses mains. Le lendemain soir, elle vint chez moi. Tout alla très vite. Il n'y a que les femmes légères qui hésitent à se donner. Je l'aimais pour la gravité qu'elle mettait dans l'amour. Sa beauté, mais plus encore l'air de bonté qui émanait d'elle. Il était moins de minuit quand nous entrâmes rue Saint-Honoré à La Marquise et nous allâmes nous asseoir tous les trois dans un angle où un guéridon était encore libre. Vincent commanda du champagne et Charlotte s'installa à côté de Juliette. Le contraste entre les deux jeunes femmes avait de quoi bluffer un homme. Charlotte était blonde, avec la fragilité apparente de la porcelaine de Saxe et de grands yeux bleus pleins d'innocence. Juliette, brune aux cheveux courts, un fauve racé, très sportive, dévorant les jolies filles et la vie à pleines dents.
L'émotion qui naissait alors en elles ne se consumait pas dans la jouissance, elles attendaient. Le corps de sa prochaine conquête lui apparaissait miroitant d'or et d'argent, comme si la lune et le soleil l'avaient enduite d'une rosée dont elle allait goûter le nectar. Les prières glissent ainsi vers un temple invisible. Juliette méditait son érotisme. Peu à peu, nos pupilles bientôt s'habituèrent à la pénombre qui régnait. L'endroit était frais, agréable, une musique anglo-saxonne en fond sonore, tout au fond de la salle, il y avait un grand rideau derrière lequel nous entendions par instants des éclats de rire et des exclamations. Autour de nuit, des couples flirtaient sans trop de retenue, Vincent leva son verre en direction de Juliette qui lui répondit avec un sourire. Ils étaient beaux tous les deux et très amoureux l'un de l'autre. Ils ne s'adonnaient désormais plus aux jeux échangistes qu'ils pratiquaient autrefois. Le champagne était délicieusement frais et pétillant. Bientôt, une jeune femme passa devant eux, attirant tout de suite l'attention de Juliette. Elle était ravissante, cheveux blonds coiffés en queue de cheval, longiligne, le visage souriant, bronzée. Sa silhouette élancée était mise en valeur par une jupe noire très courte montrant des bas qui luisaient langoureusement. Un charme fou, une distinction naturelle. La Marquise était un établissement dont l'organisation était sans défaut. On pouvait très bien rester dans la première salle et y boire un verre tranquillement dans une atmosphère ne dépassant pas le flirt un peu poussé. La jeune femme qui venait d'arriver s'était assise non loin d'eux et ils auraient juré qu'elle venait là pour la première fois. À la table voisine, un couple, lèvres soudées, s'étreignait passionnément et la main de l'homme était invisible sous la robe de sa compagne dont les jambes frémissaient par instants, s'ouvraient insensiblement, puis se refermaient comme sous l'effet d'un retour de pudeur. Soudain, ils se levèrent et disparurent derrière le rideau rouge, sans doute pour rejoindre alors une alcôve. Juliette avait imperceptiblement changé d'attitude, Vincent la connaissait suffisamment pour deviner qu'elle avait envie de lui, mais plus encore, d'aller jeter un coup d'œil dans l'autre salle, de profiter ainsi de l'opportunité pour faire connaissance de la ravissante blonde. Une conquête facile et surtout agréable, d'autant que l'attirance paraissait mutuelle.
Elle était mince, d'une élégance très parisienne et son visage pétillait de joie. L'obscurité et le rire des jeunes femmes des tables voisines composaient un instant radieux. Il y a toujours un mur glacé qui à l'intérieur de chaque instant vous renvoie au néant. La plupart du temps, ce mur se franchit aisément, on n'y pense même pas. L'amour de vivre suffit à l'effacer. Son maquillage était discret. Assurément sous son chemisier transparent, elle ne portait pas de soutien-gorge car on devinait ses seins libres et fermes. Sous des airs de jeune fille BCBG, elle devait avoir un tempérament de feu. Elle avait vingt ans. Même pas, dix-huit ans et demi. Un âge diabolique pour Juliette qui en a quinze de plus. Elle est distinguée, blonde, avec des yeux magnifiques, le visage encadré par une sage chevelure. Piquante, peu farouche, elle avait cette liberté des jeunes filles de bonne famille émancipées. Elle devait traîner tous les cœurs derrière elle. Elles décidèrent toutes les deux après avoir échangé quelques paroles anodines de rejoindre Charlotte et Vincent dans l'autre salle, derrière le rideau. Sur les banquettes garnies de coussins qui faisaient le tour de la pièce surchauffée, des couples faisaient l'amour sans retenue. Quelque part, s'éleva un long gémissement de plaisir. Juliette avait retrouvé ses ardeurs saphiques, dont Vincent avait l'habitude. Un inconnu contempla Charlotte, surpris de sa retenue, puis jeta un bref regard à Vincent, comme pour solliciter une autorisation. À La Marquise, tout le monde était bien élevé. Voyant qu'il n'y avait aucun refus, il se baissa alors vers Charlotte qui gardait obstinément les paupières closes et, la prenant par la taille, la redressa doucement jusqu'à ce qu'elle fût agenouillée devant lui. Puis il releva sa robe le plus haut possible dans son dos, défit lentement le tanga en soie jaune qui voilait ses hanches. Elle frémit quand il commença à caresser ses fesses nues qui s'offraient vers lui. Sans se l'avouer, elle adorait se faire prendre par un inconnu dont elle se refusait à voir les traits, ce qui devait combler son fantasme favori. Juliette avait conquis la ravissante blonde. Elle s'appelait Florence. Le désir n'a jamais l'épaisseur qu'il a dans le silence. Elles s'embrassaient amoureusement, les langues entremêlées. À genoux, la main de Juliette allait à la découverte des merveilles entrevues dans le décolleté de Florence. Ses seins tenaient juste dans la paume de sa main et avaient une fermeté remarquable. Le bout des doigts caressait, tour à tour, chaque auréole et elle sentait les pointes commencer à s'ériger.
Il y eut alors un long silence. La jeune femme savoura cet instant qui la vengeait. Désormais, elle aurait totalement accès à elle, sans rien exiger. Son cœur battait fort, elle riait. Elle se sentait à la fois ridicule et glorieuse, comme si un événement considérable avait lieu. Elle la fit basculer pour l'allonger sur la banquette. Elle fermait les yeux mais sa respiration avait changé de rythme. Elle couvrit son visage de baisers par de multiples touches délicates, sur les lèvres, passant sa langue derrière son oreille, ce qui la fit frémir. Florence mordillait les pointes des seins de Juliette. Après lui avoir ôté ses talons hauts, Juliette commença à faire glisser sa main le long de la jambe dont le galbe du mollet était parfait, sa main crissait sur les bas. Bientôt la main continua sa reptation au dessus du genou, vers l'entrecuisse de Florence. Juliette s'aperçut qu'elle ne portait que des bas. Florence riva son regard sur les doigts de Juliette qui parcouraient sa fente, tandis que son clitoris, décalotté, pointait tel un dard. Florence ne tarda pas à jouir. À peine risquait-elle une fiévreuse caresse, un élan passionné, que Florence entrait aussitôt dans des ardeurs trop vite maximales. Juliette freinait donc là où une femme devait pouvoir se lâcher. Elle se réservait toujours au lieu d'offrir sa confiance en même temps que son corps, ce qui on en conviendra rationne le plaisir. Elle avisa que le comportement de Florence, sans être insolent, allait à l'encontre des préceptes qu'il lui faudrait bientôt assimiler, pour la rendre docile, bien entendu, mais surtout, résignée à se priver d'orgasme, avec un respect infini et la langueur qu'elle attendrait d'elle. Dans une alcôve plongée dans la pénombre, une ravissante blonde aux cheveux courts, commençait à se déshabiller. Sa jupe flottait au gré de ses mouvements. Par moment, elle s’ouvrait sur le côté laissant apparaître la blancheur d’une cuisse nue jusqu’au niveau de l'aine. Elle attrapa le bas de la jupe et la fit voler, découvrant volontairement ses jambes au regard de l’assistance.
Elle se donna très doucement, et tout de suite ce fut parfait. Les baisers, les caresses prenaient avec elle la forme d'une évidence. Ce qui se consumait dans leurs ébats effaçait entièrement la logique. Elle défit les boutons de son chemisier dévoilant son ventre en ondulant des hanches dans un balancement lascif; un homme s'enhardissant lui ôta. Le soutien-gorge descendu fit apparaître l'aréoles de ses seins. Elle s’exhibait sans retenue. Deux autres invités s’approchèrent, un dégrafa le soutien-gorge, libérant les seins qui étaient déjà fièrement dressés. Le premier les malaxa sans douceur. Le second attoucha ses fesses. Elle était maintenant nue. De nombreuses mains prirent alors possession de son corps offert, aucune partie ne fut oubliée. les doigts fouillèrent son vagin et son anus. Elle implora d'être prise. Un homme s’allongea sur elle, la pénétra tout aussi rapidement et commença des mouvements de va-et-vient. Un sexe s’approcha de sa bouche, elle happa le membre viril qui s'enfonça dans sa gorge. Juliette et Florence avaient choisi de profiter d'un recoin sombre de la salle pour s'abandonner de façon plus discrète. Elles étaient totalement nues maintenant. Étendue sur le dos, les bras rejetés en arrière, Florence se livrait sans pudeur. Juliette avait décidé de la dompter, de la soumettre durement, de la rabaisser, de l'anéantir presque. Mais le lieu ne s'y prêtait pas. Elle se jura en elle-même de parvenir à ses fins. Comme dans un rêve, sous ses caresses, elle entendit le feulement de Florence qui se cambrait de tous ses muscles. Un instant ses cuisses se resserrèrent convulsivement autour de la tête de Juliette puis s'écartèrent de nouveau dans un mouvement d'abandon. Juliette plongea ses doigts humides dans l'intimité moite, constatant fièrement, que Florence avait de nouveau joui. Les portant à sa bouche après, elle les lècha longuement entre ses lèvres, se délectant de l'éjaculat mêlé à la cyprine. Elle ne s'était pas trompé dans le jugement qu'elle avait porté sur la personnalité de Florence. Après un dressage strict et sans répit, elle deviendrait certainement une parfaite soumise.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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J'ai mangé un croissant de Lune
Et un éclair au café
Bu la voie lactée
Un voile de brume
Pour m'habiller
De filaments funambules
Je lisse ma chevelure
Telle Berenice
Je sors mon mètre
Pour faire des plans sur la comète
Sous un soleil de plomb
Je m'éclipse au Zénith
J'enfourche Pégase
Qui fait des bruits de Casserole
Pour compter les étoiles
Nombre astronomique
J'ai l'Arithmétique nébuleuse
Je change d'axe
Me place en orbite
Loin des turbulences telluriques
Séléné m'attire magnétique
Comme un pôle aimant
Au crépuscule mes questions culminent
Dis tu l'as vu toi l'encre indélébile de douleur fracasser le ciel et l'air de ses ailes, météorite assoiffée aspirant le parfum des marées?
Entre deux Persée de trous noirs, est il normal d'avoir des aspirations astrales ?
Si je deviens solaire, dois-je compter mon âge en années lumières?
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Chapitre Un
Personnages
Alex (moi) : Jeune homme de 20 ans, fraîchement diplômé avec une envie de prendre mon temps avant de choisir mon avenir. Je suis brun avec des yeux vert émeraude. Bien qu’appréciant les bonnes choses de la vie, j'ai su garder un physique musclé du haut de mon mètre quatre vingt.
Victoria : Amie de ma mère m'ayant recueilli à la mort de mes parents. Elle est venu s'installer avec sa fille Louise ma cousine, dans la maison de mes parents. Maison « offerte » par la compagnie des chemins de fer Bellusbourg après le tragique attentat de 1887. Veuve de guerre percevant une pension suite à la mort de son mari sur le champ de bataille. C'est une très belle femme brune de 45 ans avec de magnifique yeux vert émeraude, une silhouette élancé et apprécie particulièrement les romans écrit par des femmes de sa génération. J'ai pris l'habitude de l'appeler ma tante, même si aucun lien de parenté nous lie.
Louise : la fille de Victoria, elle est âgée de 20 ans, bien que nous ayons le même age, elle adore me rappeler qu'elle est plus âgée que moi, en effet elle est née trois mois avant moi. C'est une jeune femme magnifique, brune comme sa mère mais avec de magnifique yeux bleue lui offrant un charme naturelle et sa silhouette fine lui permet de mettre en valeur ce que dame nature lui à offert et elle adore en jouer. Elle à un caractère de « princesse » aimant souffler le froid et le chaud en fonction de ses envies et de ses caprices.
Jean : 50 ans vieux garçon ayant réussi dans son domaine d'activité. Son entreprise de charpentier est l'une des plus florissante du secteur, il emploi 20 ouvriers et vient dîner à la maison pour me proposer de rejoindre ses gars.
Pour commencer ce chapitre je vais contextualiser la maison et l'environnement de celle ci. Dans l'introduction j'ai évoqué les maisons du peuple et celle dans laquelle j'habite en fait partie.
Mon père a été embauché comme machiniste par la compagnie des chemins de fer. Afin d'améliorer l'organisation du travail, la compagnie a construit différents quartier résidentielles à proximité immédiate de l'usine. En fonction de votre grade dans la compagnie la maison fourni était plus ou moins cossu. Pour donner une idée, la compagnie a créé une place en demi soleil autour de l'entrée de l'usine. Face à cette place vous avez sept rues répartie sur toute la rotondité de la place, et dans chacune des rues la compagnies a créé des îlots résidentielles avec des maisons et des îlots plus petits dans lesquelles elle a fait installer des commerces afin de satisfaire sa main d’œuvre. Bien entendu, les commerces reversaient une part importante de leur gains à la compagnie.
Toutes les maisons de notre quartier ont été fabriqué de la même façon. Maison mitoyenne avec un étage, la façade extérieur simple fait en brique rouge et à l’arrière de chaque maison, un petit jardin. L'intérieur de celle ci se composait d'un salon avec une cheminée, une cuisine équipée d'un poêle a bois avec une pièce servant de garde manger. A l'étage trois chambres.
Après l'épidémie de 1831 le Roi créa la « compagnie de l’hygiène » et entreprit la modernisation de la capitale en créant un système d'égout permettant ainsi aux classes les plus aisées d'avoir une salle de bain et toilette personnelle, le peuple lui avait accès aux bains et toilettes publiques.
De son coté, la compagnie prit la décision, en 1836, de moderniser ses maisons en intégrant salle de bain, salle d'eau et toilette dans les différents logements et en raccordant tous ses points d'eau au réseau d'égout créé par le Roi. Notre maison eu droit à sa transformation, en effet le garde mangé fut transformé en toilette et la troisième chambre en salle d'eau.
Avant de partir faire un remplacement dans une famille, tante Victoria nous demanda de préparer le salon pour recevoir son ami Jean. J'étais toujours surpris des replacements ponctuelle d'une ou deux heures effectués par ma tante et ma cousine soupçonnait que Victoria de faire autre choses la bas, maintenant ni elle ni moi n'avions eu l'audace de poser la question, nous étions courageux mais pas au point d'attirer les lanières du martinet sur nos fessiers respectif. Tante Victoria nous mise en garde sur ce qui nous arriverait si le salon n'était pas prêt à son retour.
Je reconnais bien volontiers que j'avais horreur de participer aux taches de la maison, pour moi c'est une corvée incombant aux sexe féminin et l'idée de faire une sieste eu plus d’intérêt à mes yeux.
Alex : très chère Louise, je vais allé faire une sieste, pendant ce temps la, fait ce que tante Victoria a exigé. Il faut que le salon soit prêt à recevoir Jean.
Louise : oh c'est qu'il est mignon quand il se prend pour un dieu, ma chère mère à parler de NOUS dans ses exigences, donc tu va ramener ton petit cul ici et tu va faire ce qu'on NOUS a demandé.
Alex : arf tu sais très bien que ce genre de tache incombe aux femmes, nous les hommes sommes pas fait pour ce type de besogne.
Louise : je vais finir par croire que tu aimes recevoir la fessée déculottée surtout quand je suis présente pour y assister.
Alex (rougissant) : je ne sais pas d'où te vient cette idée, car je n'aime pas cela et encore moins quand tu est la pour regarder.
Louise : alors vient m'aider à préparer le salon, je te rappel que c'est en ton « honneur » que ce dîner est organisé.
Alex : mon honneur tu parles, j'ai aucune envie de devenir charpentier, je suis bien plus intéressé par les trains.
Louise : arrête de parler et vient.
A contre cœur, j’aidai Louise dans la préparation du salon et il est vrai que même à deux ce fut bien long. Entre déplacer le mobilier du salon dans la chambre de ma tante, apporter la table, la nettoyer pour qu'elle brille, faire la même chose avec les chaises. Préparer le bois pour la cheminée, mettre la table et faire en sorte qu'elle soit accueillante nous pris un temps faramineux.
Louise : maintenant on attaque la cuisine
Alex : pas Victoria qui doit s'en occuper ?
Louise : elle doit, maintenant elle sera sûrement contente de voir que nous l'avons aidé en préparant la dinde.
Alex : ah je ne savais pas que ton amie Eugénie était au menu se soir.
Furieuse que je traite sa meilleure amie Eugénie de dinde, elle s'approcha de moi et voulu me gifler, manque de chance pour elle, la seule chose que sa main toucha fut un vase, évidemment ce vase se brisa au contact du sol, créant un sentiment de panique chez Louise. En effet dans son esprit elle allait déguster quand Victoria allait découvrir l'état de l'objet, pour moi je voyais cela comme un accident, après tout, personne n'est obligé de savoir que c'est en voulant me baffer que ce satané vase se brisa. En voulant avancer sur la préparation de la dinde, Louise a glissé sur des épluchures de légumes tombés aux sol et en voulant d’accrocher a quelque chose pour ne pas tomber, elle bouscula le meuble sur lequel se trouvait le vase. Rassuré par ma présentation et surprise que je ne la nargue pas sur ce qui aurait pu ce passer elle accepta sans aucune réticence ma proposition. La chose que je ne dis pas, c'est qu'en apprenant la vérité, la probabilité que je me retrouve aussi soumis a la fessée était importante et l'idée que potentiellement je me retrouve allongé sur les genoux de Louise avec mon pantalon baissé et ma queue en érection sur sa cuisse offrirait à cette dernière des arguments lui donnant raison sur mon appréciation de celle ci, et j'ai aucune envie de voir sa mine victorieuse à se sujet.
Après s’être occupé du vase Louise se chargea de la dinde, me demandant de préparer les légumes qui accompagnerait celle ci. Je dois reconnaître que je suis un très mauvais cuisinier et la seule fois où j'ai mis en application mes compétences en la manière j'ai failli mettre le feu à la maison, autant vous dire qu’après cela Victoria m'a interdit de retenter quoi que se soit en cuisine, en y réfléchissant j'aurais du faire la même chose avec chacune des taches ménagères de la maison, histoire d'en être interdit également.
Avoir une dinde au dîner était très rares, habituellement la soupe de légumes et le pain était au menu midi et soir. Idéal pour supporter un dîner dont le sujet ne m’intéressait pas, mais pas du tout.
Avec Louise nous avons terminés toutes les taches demandés par Victoria dans les temps, comprendre ici que Victoria n'était pas encore rentré quand nous avons fini. Ce fut très juste en terme de temps, en effet Victoria fit son apparition et je pouvais sentir sa fatigue et son irritation sans entendre le moindre mot de sa part. Évidemment, elle inspecta notre travail et avec Louise nous restions calme et légèrement craintif quant à l’approbation du travail effectué. Le temps nous parut bien long, et finalement elle était satisfaite de notre travail et commença à s'apaiser et fut agréablement surprise de voir la dinde préparé. Je profitais de ce moment pour évoquer le vase, Louise me regarda furieusement pensant que j'allais rompre notre « pacte » et la dénoncer. Je n'en fis rien et exposa la version retenu plus tôt, et comme je le pensais Victoria ne fit rien de plus que réprimander Louise sur son étourderie l'invitant à faire attention la prochaine fois. Par la suite chacun retourna à ses occupations, Louise se mit à lire un roman sentant l'eau de rose à plein nez, Victoria en cuisine préparait le repas du soir quant à moi je parcourais la rubrique des sports du journal.
Vers 20h Jean fit son apparition, après un échange de politesses trop long à mon goût, nous fumes invité à prendre place à table. En face de moi j'avais Louise, à ma gauche Victoria et à droite Jean. Sans trop m'occuper des discussions longue et d'un ennui mortel je dévorais cette délicieuse dinde puis Jean lança LE sujet :
Jean : alors fiston a tu réfléchis à ma proposition ?
Alex : pas tellement, je viens de finir le lycée et pour le moment j'ai d'autres projets en tête
Jean : (un peu irrité) : il va falloir que tu te décides rapidement et arrêter de rêver, le travail y a que ça de vrai et d'utile.
Alex : utile peut être mais l'idée de rejoindre la compagnie des trains est bien présente dans mon esprit
Jean : les trains....les trains, il n'y a pas que cela dans la vie et puis tu te vois passer ta vie dans une locomotive ?
Victoria (reprenant le fil de la discussion): Avant de décider quoi que se soit je souhaite qu'il rencontre Eléonore...
Jean (coupant la parole à ma tante) : Quoi ? C'est une blague tu ne vas pas envoyer Alex chez Eléonore, la place d'Alex est avec moi sur les chantiers, pas dans les salons avec cette bonne femme !
Louise : qui c'est Eléonore ?
Jean : Une bonne femme qui c'est marié avec un fils de grande famille et qui vie des rentes de son mari
Victoria : sa suffit ! Eléonore était ma meilleure amie d'enfance. Nos parents étaient voisins et nous avons fait notre scolarité ensemble avant de nous perdre de vue après le lycée.
Louise : pourquoi vous vous êtes perdu de vue et a quoi ressemble t elle ?
Victoria : Eléonore est une magnifique femme blonde, avec un corps d’athlète, au lycée elle faisait partie de l'équipe féminine de pelote basque, tous les hommes lui courraient après, et en dernière année de lycée elle est tombée amoureuse d'Antoines De Bourrasse et sa famille a sponsorisé son entrée a « l'élite » et est devenue Madame Eléonore De Bourrasse et après la mort de son mari lors de la bataille de machin chouette elle hérita de la fortune familiale.
Jean : c'est bien ce que je dis, une bécasse qui passe sa journée a se branler dans des draps de soie entourée de bonniches sans cervelle
Victoria : (s'adressant a mon oncle) : sa suffit à moins que tu veuilles que je change la couleur de tes fesses devant tous le monde !
Un frisson parcouru ma personne, combien de fois ai je entendu cette phrase prononcé à mon encontre, de son coté Jean rouge comme une tomate et piqua du nez vers son assiette.
Victoria : Bien, je disais donc Alex avant que tu décides de ton avenir, Eléonore souhaite te rencontrer.
Alex : Me rencontrer ?
Victoria : Oui je lui est parlée de toi et elle souhaite faire ta connaissance
Alex : ok je vais y réfléchir
Victoria : Non tu va pas y réfléchir, tu est attendu à 10h demain matin chez elle, tu va me faire le plaisir d'y aller et de bien te comporter.
Jean : tu parles d'un plaisir, comment perdre son temps avec une bécasse sans cervelle
Victoria : toi je t'avais prévenu, tu va avoir droit à une belle fessée déculotté devant tous le monde.
Jean : Ma chère amie, c'était une simple plaisanterie.
Ma tante : ma patience à des limites a ne pas franchir et la tu est la franchi en manquant de respect à une personne qui m'est très chère, donc dépêche toi de te lever de cette chaise, de baisser ton pantalon et de t'allonger sur mes genoux pour recevoir la juste récompense de ton comportement, si je dois me répéter c'est Louise qui se chargera de ta fessée.
Nous fumes tous surpris de cette annonce, pas que Louise donne la fessée, plus d'une fois Victoria m'a menacer de me retrouver sur ses genoux, mais jamais vue ce genre de proposition faite envers une personne autre que moi.
Tout penaud et rouge de honte, Jean se leva et s'approcha de Victoria, arrivé à sa hauteur il baissa son pantalon au niveau des genoux, de ma place j'avais une vue sur ses fesses de son coté Louise avait une vue sur le pénis de Jean
Louise : il doit aimer la fessée (en pointant du doigt l'érection de Jean en rigolant, de son coté Jean se sentit très honteux et humilié)
Victoria : Louise, je vois qu'humilier une personne te fait rire, lève toi et vient te tenir debout devant Jean avec ta jupe relevé au dessus de ton sexe. Je suis sur qu'Alex va aussi profité du spectacle que tu vas nous offrir.
Louise surprise et honteuse, n'osa pas contredire sa mère, la dernière fois qu'elle a osé le faire elle eu droit au fouet sur ses fesses nues, et elle a aucune envie d'avoir un nouveau rendez vous avec le fouet. Pendant que sa mère lui donnait cet ordre, Jean c'était installé sur ses genoux. Résigné sur son sort, à son tour elle se leva et s'approcha de sa mère tout soulevant sa robe laissant apparaître son sexe aux yeux de tous.
Quel tableau magnifique pour un jeune homme qui n'a jamais vue le sexe d'une femme de toute sa vie. D'un coté Jean recevait une longue et douloureuse fessée et de l'autre coté, la plus belle chose qui me fut donné de voir, le sexe d'une jeune fille. Je dois reconnaître que j'étais un peu jaloux de la position de Jean, en effet son visage était très proche du sexe nue de Louise.
Victoria : Jean est ce la fessée qui te plaît au point que je sente la dureté de ton érection contre ma cuisse, ou c'est la vue du sexe d'une jeune femme de 20 ans ? (Jean ne répondit pas, et je pense que cette question ne fut que rhétorique et qu'une réponse aurait attiré le courroux de Victoria) En attendant tu n'a pas intérêt à jouir dessus me suis je bien fait comprendre.
Jean : oui madame
dès lors seule les bruits de la fessée résonnent dans la pièce.
De son coté Louise semblait apprécier le spectacle qui se déroulait sous ses yeux et ceux malgré sa situation. Sous ses yeux elle avait les fesses nue d'un homme recevant la fessée, ah un moment elle croisa mon regard et celui ci avait quelque chose de différent, un mélange d'excitation, de plaisir et un « profite mon grand, profite, tu va voir quand je vais t'attraper »
Après un long, très long moment la fessée fin. Victoria invita Louise et Jean se réajustèrent et le dîner repris son cours comme si rien ne c'était passé. A la fin du repas, Louise et moi avons été chargé de débarrasser la table, de faire la vaisselle et de filer dans notre chambre. Une fois nos corvées réalisé nous nous dirigea-me vers la chambre commune, à peine la porte de chambre fermé...
Louise : Le spectacle auquel tu a assisté t'a plus n'est ce pas ? ( dit elle en passant sa main sur mon pantalon, cette même main caressa ma queue lentement)
Moi : Oui il m'a beaucoup plus
Louise (chuchotant à mon oreille) : avoue que tu aurais aimé être à la place de Jean, te retrouver cul nue sur les genoux de Victoria, sentir sa main laisser une empreinte claquante sur tes fesses tout en admirant ma chatte.
Alex (dans un état second) : Oui j'aurai adoré cela
Louise (lâchant ma queue) : quel vilain garçon tu est, je devrais te dénoncer, je suis sur qu'en récompense tu aurais droit au fouet sur ton cul. Mais je vais être gentille avec toi, étant donné que tu ne m'a pas balancer tout a l'heure pour le vase, je vais t'offrir moi même quelque chose. Déshabille toi et allonge toi sur ton lit.
Sans me faire prier je fis ce qu'elle exigea, sans trop comprendre pourquoi elle le souhaita.
Louise : je vais m’asseoir sur ton visage et je veux que ta langue s'offre à moi, je veux la sentir effleurer mes lèvres et se désaltérer de mon nectar. Je veux que tes mains prennent possession de mon corps, sentir leurs caresse à m'en faire frissonner.
Sur ses douces et agréable parole elle se mise a nue, pour la première fois de ma vie j'avais ce magnifique corps féminin offert à mes yeux, en s'asseyant sur mon visage jeu l'honneur et le plaisir de sentir le doux parfum intime d'une jeune femme.
Pendant que ma langue la masturbait, l'une de mes mains alla sur son dos et je la fis redescendre avec le bout de mes ongles le long de ses reins, un frisson parcourra son corps m'indiquant qu'elle appréciait mes caresses.
Le temps avait l'air de s’être arrêter, comme figé par cet agréable moment d'échange intense entre nous. Ce partage intime gourmand, pris fin quand elle eu joui. Sans un mot ni regard, elle pris dans sa main ma queue et, à mon tour, je profitais du plaisir que me procurait les caresses offerte à mon pénis. Il ne fallut pas longtemps pour que ma bite jouisse à son tour, se fut l'orgasme le plus intense que j'ai connu.
Sans un bruit, elle se leva et se dirigea vers son lit, offrant à mes yeux un dernier regard sur ses fesses.
Rapidement l'appel du repos se présenta et je m’endormis, fier et heureux de cette fin de journée.
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Je ne sais combien de temps s’est écoulé, surtout que la lumière fût éteinte lors de leur sortie de la cave. Entre la fatigue des émotions et de la positions j’avais beaucoup de mal à tenir cette position d’étoile contre le mur. Je somnolais, sentant mon poids qui tirait sur mes épaules, ma tête pendait en avant sans énergie. Lorsque j’ouvris les yeux j’était dans les bras de Monsieur, étais-ce un rêve ou la réalité, je n’avais rien sentis. Lorsque nos 2 regards se croisèrent il me sourit et m’embrassa sur le front.
Chhhhh, rendors toi, tu as tenu bien plus longtemps que je ne le pensais tu mérite de te reposer dans ton lit un moment. Et tu es si belle quand tu dors.
Je souris à mon tour, c’était la réalité, je devais dormir tellement profondément que je n’avais rien senti. Mais dans ce bref instant de lucidité je sentais quelque chose d’étrange entre mes jambes, m’aurait-il remis la ceinture de chasteté ? Au moins je pourrais me reposer convenablement, c’était déjà ça. Je percevais la douceur et le moelleux du lit, la chaleur de la couette qui était installée sur moi, sans plus réfléchir je repartais dans les bras de Morphée.
A mon réveil, la lumière du jour commençait à se faire de plus en plus faible et je semblais ne pas me reconnaître. La cagoule était toujours présente, me transformant en quelque sorte, les bracelets aux poignets et chevilles aussi, me rappelant ma condition. Ces chaussures solidement attachée et … mais qu’est-ce que j’avais à l’entrejambe ?
Je me levais et découvrais une autre ceinture, plus large sur le devant munie d’un anneau métallique, bien serrée et également cadenassée. Et d’après ce que je ressentais elle était munie de 2 godes, depuis tout ce temps j’était pleine sans m’en rendre compte la fatigue sûrement. Alors que j’explorais cette ceinture la porte s’ouvrit. Je me mis rapidement en position, Madame rentra avec un plateau. Son attitude était différente, moins sur d’elle, regard fuyant, tête basse, étrange. Elle posa le plateau sur une table et recula, regardant ses pieds, s’arrêta dans un coin et se mit dans la même position que moi.
J’aime jouer avec les rôles et rappeler que chez moi, il n’y a qu’un seul Maître.
Monsieur rentrait en prononçant ces paroles, en ignorant Madame. Je ne comprenais plus rien, je n’osai bouger, attendant un ordre, une autorisation. Monsieur s’approcha du plateau, pris un morceau de gâteau, qui semblait être une sorte de goûter.
Dès à présent et jusqu’à ce que je le décide tu peux disposer de ta soumise comme il te souhaite. Elle est à toi. Cependant vous devrez rester dans cette pièce, examine les tiroirs tu as de quoi t’amuser rassure toi.
J’étais encore plus perdue, je passai du rang de soumise à Dominatrice. Je pouvais diriger une autre femme, une grande première pour moi, même Dominer était une nouveauté, je sentais comme une pointe de stress monter. Je pris une grande inspiration, ferma les yeux.
Merci Monsieur
Tu n’as pas perdu les bons reflexe, sache que son SafeWord est Sunstone et que je ne suis pas loin non plus. Je vous laisse vous amuser entre fille.
Partant il fermât la porte et d’après le bruit ce fût à clef. Je regardais Madame, qui n’avait pas bougé. D’un pas lent je m’approchait d’elle et profitais pour l’examiner encore mieux, son habillement n’avait pas changé et c’était vraiment une magnifique femme, de longues jambes, poitrine volumineuse. Je pense que je vais m’amuser.
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L’ordre venait de Madame, son doigt pointait ses bottes, plus précisément l’extrémité de cette-ci. Me voilà à quatre pattes, devant lécher et embrasser les bottes d’une inconnue, à nouveau mon entrejambe s’enflammait.
Oui, Madame.
Je n’entendis qu’un rire comme réponse, puis ils semblaient m’ignorer et parler d’autre sujet. Je m’évertuais à couvrir ses bottes de mes baisers, du dessus du pied, jusqu’au haut de la botte au mollet. C’était de magnifiques bottes, en véritable cuir, l’odeur de celui-ci chauffé par Madame commençait à me remplir les narines, je découvrais et aimais de plus en plus cette odeur, prenant un plaisir à inspirer fortement. Je dû me glisser sous la table pour atteindre les 2 facilement, ne laissant que mon cul offert à l’air libre. Je sentais et voyais cette chaîne pendre et devais trouver un moyen de ne pas m’y emmêler. D’un coup un piqûre et griffure de mes fesses jusqu’à mon dos, heureusement que je ne suis pas relever d’un coup sec, mais ce n’était pas loin.
Bien, tu te débrouille très bien avec ta langue. Va t’occuper de celle de ton Maître.
Je rougissais d’une telle remarque et me tournais pour me retrouver aux pieds de Monsieur. Ses chaussures étaient plus petites bien évidemment, mais moins pratique avec ses lacets. La chaîne passait sous mon torse et venait par moment frapper contre mes seins, elle était froide et ce contact me surprenait à chaque fois. Je m’associait de plus en plus à une chienne, aux pieds de ses Maître, juste là pour obéir et cette pensée m’excitait encore plus. Apparemment leur repas était fini, car ils jouaient plus de la fourchette sur moi que dans leurs assiettes, tout en éclatant de rire en me voyant me trémousser. La chaîne fût tirée en arrière et décrochée de mon collier, Monsieur prit la parole.
Débarrasse et mange ton repas. Quand tout sera propre tu m’attendras en position en bas des escaliers. Quant à nous, nous avons quelque chose à faire.
Et ils partirent à l’intérieur, m’ignorant totalement. Rapidement je ramassais les assiettes, il faudra encore que je vienne nettoyer la table. Je rentrais, mangeais et m’occupais de la vaisselle. Impossible de savoir quand Monsieur allait redescendre, mais je pense que si je ne suis pas en bas de l’escalier cela ne lui conviendra pas. La cuisine est propre, la terrasse et sa table aussi. Direction le bas de l’escalier et me mettre en position. Et l’attente, une attente qui me semble interminable, n’ayant aucun moyen de voir le temps passer. Par moment j’entends des rires et son de discussion, puis enfin des pas dans le couloir et Monsieur apparaissant en haut. Dans sa main une laisse, où allait-il m’amener ? Accrochée à mon collier il tira dessus, je me mis debout, toujours bras croisé dans le dos et nous descendons à la cave. Endroit que je n’avais visité qu’aveuglée.
Nous descendons les escaliers et arrivons vers cette cellule, elle me semblait plus grande quand j’étais aveuglée. La porte s’ouvre et plutôt que de me pousser dedans, il rentre avec moi et accroche chacun de mes bracelets à un anneau dédié. Me voilà totalement vulnérable, offerte à lui. Il me prend la tête entre ses mains, m’embrasse le front et me regarde dans les yeux.
Tout va bien ? Sache que tu es impressionnante.
Oui Monsieur, un peu surprise de l’arrivée de Madame. Merci pour le compliment.
Il sourit, m’embrasse à nouveau et sa main descend vers mon entrejambe. Je n’avais même pas cherché à me toucher depuis qu’il me l’avait installée. Il semblait satisfait et je n’avais rien sentit, si ce n’est une pression. La porte se referma, seule une lumière sur moi restait allumée et lui remontait tranquillement les marches.
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La porte se ferma et le cliquetis des clefs me fit comprendre qu’elle était verrouillée. Je restais là sans bouger quelques secondes, me voilà seule, avec des tâches à accomplir. Mais au fait il me restait combien de temps jusqu’à midi ? Je n’avais pas fait attention, mais je n’avais pas forcément vu d’horloge. Et qu’avait fait Monsieur S. à mes pieds ?
Après un rapide examen, je compris rapidement. Il avait cadenassé des chaînes à mes bracelets de chevilles, mais pas entre elle non. Chaque chaîne passait sous la chaussure et allait se cadenasser de l’autre côté, impossible d’enlever les chaussures à présent. Me voilà entièrement nue, seulement habillée, d’un collier en cuir, de menottes en cuir aux poignets et chevilles et de talon haut. Le tout cadenassé et impossible à enlever. Bon il faut que j’arrête de perdre du temps, j’ai des choses à faire.
Je voulu partir mais failli tomber. Ces talons étaient vraiment haut, je longeais les murs un moment histoire de m’y habituer sans tomber. Je fini par réussir à me tenir droite, les fesses légèrement en arrière, la démarche féline. Entendre ces talons claquer dans la petite pièce centrale me donna des frissons et m’excitait. Je prenais un réel plaisir à me promener, tel un chat, imaginant la vision que je pouvais donner.
Le salon de réception où était-il au fait ? Dans mes souvenir, je suis remonté de la cave je pense et pas plus. Il devrait donc se trouver à cet étage. J’explorai rapidement du regard, pas énormément de porte inconnue. Je me retrouvais rapidement dans la pièce, mais rapidement mon entrejambe s’humidifia. Même si je ne l’avais jamais vu, c’est comme si je la connaissais par cœur.
Là devant moi tout les endroits où je m’étais trouvé hier soir, le poteau, là où je me suis retrouvé à 4 pattes, apparemment une table et le panier. Par contre je ne savais pas qu’il y avait une table, avec des couverts pour 6 personnes, tout était laissé là en vrac. Et les paroles de Monsieur S. prennent encore plus de sens « Voici le dessert » c’était au sens littéral. Je devrais commencer à ranger, nettoyer, mais je ne peux m’empêcher de retourner vers mes lieux de plaisir d’hier. Mes doigts glissent sur la caisse où je m’étais affalée de fatigue alors que je n’étais que ce trou à bite. Mon désir remonte encore plus fort, j’ai envie de me toucher, mais cela m’est interdit et impossible de toute façon. Je grimpa à nouveau sur cette table, prenant la même posture qu’hier, avec les talons je sentait les courbes de mon corps comme encore plus amplifiées. Plus loin la barre, une barre de pole dance.
Mais le moment n’était pas aux plaisirs, peut-être après si j’ai encore du temps. Enfin je vois une horloge dans cette pièces, déjà 10h30, plus qu’une heure trente pour tout faire il ne faut pas que je traine. En revanche je ne m’étais pas rendu compte que de transporter de la vaisselle et faire les aller-retours en talon serait si difficile. Le temps passait, la vaisselle diminuait lentement. Avant de commencer le nettoyage et rangement du salon, je regardais le repas à faire. Bien je pouvais mettre à chauffer, bouillir le temps de nettoyer. Je me démenais pour tout finir à temps.
11h55 tout était propre, rangé, comme si rien ne s’était passé hier. Le repas est déjà servi dans les assiettes, je ne sais pas où ils voudront manger, donc je le laisse à la cuisine. Qu’est-ce j’oublie ? La cagoule ! Il ne me reste que peu de temps vite. Je montais le plus rapidement possible les escaliers, ma chambre, la commode, même s’il y avait quelque jouets et accessoires, mon esprit était occupé que par cette cagoule. Là, une cagoule en latex, je l’attrape et descend rapidement me placer à genoux, jambe ouverte face à la porte. Et en attendant d’entendre la porte s’ouvrir j’enfile la cagoule. Elle est parfaitement adaptée, me colle à la peau, semble pousser mes lèvres en avant, j’y glisse tout mes cheveux, je ne suis plus qu’une tête lisse impersonnelle. J’aime cette sensation de glisse, à nouveau mon entrejambe est en feu.
Des bruits de moteurs, je me met en position et attends. La porte s’ouvre.
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Là, tout se noue, depuis ma gorge jusqu'à mon vagin. Pourquoi ai-je épousé ce clown pervers et stupide ? Un cameraman filme la scène. Je dois faire pipi, j'ai faim, j’ai soif et bien sûr, je suis terrifiée. Je savais que le risque augmentait de jour en jour... J'aurais dû partir, mais je ne sais pas où est Summer. Je demande à la femme :
— Mon mari est ici ?
— Non, il n'y a plus que toi, ici.
— Vous voyez, ils m'ont laissée parce que je n'ai rien à voir avec ce que faisait le Président. J'étais juste là pour son image.
— C'est possible... on verra...
— On pourrait m'enlever les menottes, que je puisse passer une robe ? Et puis, je dois faire pipi... ça presse, je vous jure.
— La robe, non... Pipi, OK. Tu filmes Jacky ?
— Oui...
— On va dans la salle de bain et il filme. Quand j'ai fini, je me secoue un peu, impossible de demander à la femme de m'essuyer ! Je lui demande :
— Qu'est-ce qui va m'arriver ?
— On va t'interroger, puis tu passeras en jugement...
— On va me condamner à mort ?
Ça les fait rire tous les deux. Elle répond :
— Certainement pas, mais sans doute à une peine de prison pour que tu sois hors des pieds.
La prison ! Summer va me faire évader. La femme me conduit dans une grande pièce. Plusieurs hommes sont assis autour d'une table. Il y a quatre Noirs et deux Blancs. La femme leur dit :
— Je vous amène la Première Dame
— Merci, Jackie.
Ils continuent à parler entre eux. Le cameraman s'assied et moi j'attends debout, aussi nue que le jour de ma naissance.
On attend quoi, là ? Au bout de cinq minutes, je demande :
— Je peux m'asseoir ?
Un gros homme répond :
— Non.
— Mais je n'ai rien fait, je n'étais pas au courant de ce que faisait mon...
— Tu as envie d'être fouettée ?
— Non, Monsieur.
— Alors, tu te tais.
Il ne me traite pas du tout comme si j'étais la Première Dame et pourtant, je n'ai rien fait... On ne me parlait jamais de rien ou presque... Après une bonne demi-eure de station debout, un homme entre dans la pièce. Aussitôt, les autres se lèvent, comme à l'école ! Oh ! Je le connais, c'est Dany Prince, l'adversaire de mon mari. Il tourne autour de moi en disant :
— Les rats ont quitté le navire qui coulait, en ne laissant que toi derrière eux. Pourquoi ?
Putain ! Qu'est-ce que je dois répondre !
— Mon... mon mari m'a épousée juste pour mon physique et pour m'obliger à partouzer.
— Tu veux dire que tu n'as jamais participé à un complot contre moi ?
— Non, je n'étais au courant de rien, je vous jure.
Il sort un téléphone de sa poche et pousse sur une touche, j'entends ma voix dire :
— Il faut organiser un scandale sexuel bien crade...
Merde ! Je lui dis :
— Il y en a qui voulaient vous faire descendre, moi j'ai juste dit ça.
Prince bâille, puis il me dit :
— Je crois que tu n'avais pas grand-chose à dire... Ta seule qualité étant tes fesses.
Sympa ! Il se tourne vers ses conseillers en disant :
— Qu'est-ce qu'on en fait ?
À tour de rôle, ils prennent la parole et suggèrent de faire un grand procès télévisé, de me faire disparaître ou encore de me vendre comme esclave. Prince dit à celui qui vient de suggérer de me vendre :
— Développe.
— Il ne faut pas en faire une martyre, du genre on s'acharne sur la pauvre épouse abandonnée par son mari... On la vend un bon prix.
Je ne veux pas être vendue, mais je veux encore moins disparaître. Je dis à Prince :
— Vendez-moi, Monsieur le Président, vous n'entendrez plus parler de moi.
— Président, c'est pour bientôt. Esclave, ça te plairait ?
— Pas du tout, mais disparaître encore moins.
Il sourit et répond :
— D'accord, on met le film qu'on vient de tourner en "secret défense" et pour la presse, il n'y avait plus personne à la Maison-Blanche. Ils se sont tous enfuis comme des lâches. Toi, on te vend.
Ce qui m'empêche de m'écrouler en sanglotant, c'est un nom... vous savez de qui je parle. Prince ajoute :
— Faites-la voyager discrètement.
Là, les choses vont vite. J'ai toujours les mains enchaînées derrière le dos et on me conduit dans une voiture aux vitres teintées... On va l'aéroport de Washington. Là, on me met dans une petite cage pour chien. Imaginez : de la Maison-Blanche à une cage pour chien ! Les hommes qui sont là n'ont pas l'air étonnés... c'est sans doute comme ça qu'on fait voyager les esclaves...
Un Black vient m'examiner. Il me dit :
— Tu as un beau cul pour une Blanche.
— Merci Monsieur... Dites, j'ai soif.
Il regarde autour de lui, puis il sort son sexe de sa salopette et le passe entre deux barreaux en disant :
— Suce-moi et je te donnerai à boire.
Ça ne me change pas tellement de ce que je devais faire avec ce salopard de président. Je tire sur la peau et découvre un gros gland tout rose qui tranche sur sa peau ébène. Je le prends en bouche et ma tête va et vient sur son sexe, dans la limite où la petite cage le permet... Je dois me concentrer sur ce que je fais.
Il lui faut bien une dizaine de minutes avant d'inonder ma bouche de sperme. Il presse son sexe de la base vers le sommet pour mettre les dernières gouttes dans ma bouche. Ensuite, il ouvre un instant la cage pour y mettre un bol d'eau en disant :
— Je vais te donner un peu à manger.
— Merci Monsieur.
Enfin, merci... c'est un grand mot, car il ouvre un sachet et le vide dans un autre bol. Il le met dans ma cage en disant :
— C'est de la nourriture pour chiens, ce qu'on donne aux esclaves.
Il y a deux jours, j'aurais dit « Les esclaves devraient être contentes qu'on les traite comme des chiennes ». Mais quand on a le nez dedans, c'est différent ! Et je crains de ne pas être au bout de mes mauvaises surprises.
Je me force à manger cette pâtée qui sent fort. Je ne sais pas quand je mangerai à nouveau. Quoique... il faut que les esclaves soient en forme pour être vendues. C'est vrai, je vais sans aucun doute être vendue comme esclave de plaisir !
Dans les cages à côté des miennes, un chien aboie.
Je termine ma pâtée et mon bol d'eau... Je voudrais me coucher mais la cage est trop petite... J'arrive juste à me mettre sur le dos, les jambes... je veux dire les pattes repliées... Des hommes viennent me chercher, ils me chargent dans la cale. L'avion décolle. Je suis dans le noir... à broyer du noir !!! La seule bête consolation, c'est ceci : ce que je craignais est arrivé, donc ça n'arrivera plus. Et puis, il y a Summer...
Quelques heures plus tard, on atterrit. On me charge dans une camionnette. Je ne vois rien. On roule un moment, puis on décharge la cage et on l'ouvre... Un homme m'aide à sortir, j'ai du mal à marcher tellement j'ai des courbatures. Je regarde autour de moi, on est sur un quai, devant moi, la mer... Je pensais me retrouver au Slave Paradise où des amis auraient pu m'aider à m'évader... L'homme me met des menottes, mais devant heureusement, puis il met un collier en métal autour de mon cou. Il y a une chaîne accrochée au collier et il me tire derrière lui. Un peu comme s'il promenait son chien... On se dirige vers un petit bateau et on y monte. Un homme demande au garde :
— C'est la dernière ?
— Oui... on peut y aller, je vais l'attacher avec les autres.
Je lui dis :
— Pardon Monsieur, mais je dois faire pipi et j'ai soif.
— Oui, viens...
On entre dans une toilette. Quand c'est fait, il me tire par ma chaîne vers un homme qui doit être le capitaine. Il lui dit :
— T'as pas une bière ?
L'homme lui donne une Coors. Il boit la moitié et me la donne. Je le remercie et la vide en deux gorgées. C'est la première chose agréable depuis la fin du monde. Ensuite, il me conduit à l'arrière du bateau. Oh ! Il y a une série de filles réunies par une chaîne attachée aux colliers qu'elles ont autour du cou. Elles sont assises par terre mais elles se lèvent dès qu'elles voient le garde. Elles ont aussi les mains menottées vers l'avant. Le garde attache ma chaîne au collier de la dernière fille. Elles sont sept, toutes Blanches et toutes jolies. Le garde nous dit :
— Asseyez-vous.
On obéit et dès qu'il va vers l'avant, quelques filles se parlent tout bas. Je murmure à la fille qui est devant moi :
— On m'avait dit que j'irais au "Slave Paradise".
Elle répond :
— On va à Alcatraz.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour les super dessins.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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Avant propos
Cet article peut être lu isolément. Cependant, pour en comprendre pleinement le sens, certains éléments de contexte apportés par mes articles précédents sont incontournables. La liste est ici :
https://www.bdsm.fr/sylvie35/blog/
(à lire de préférence dans l’ordre chronologique de leur publication).
L'article étant assez long (désolée...), je l'ai découpé en cinq épisodes pour vous permettre, si vous le souhaitez, d'en interrompre la lecture pour la reprendre plus tard.
Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant qu'elle vous sera plaisante.
**************************************************
--- Episode 1: Redoutable gravitation
Des barreaux pour seul horizon, des minutes qui semblent des heures, des questions sans réponse, ...
J’en ai assez de moisir dans cette cage!
Je me suis masturbée jusqu'à épuisement et maintenant je me languis dans le noir.
C'est long, très long... J'ai l'impression qu'une bonne partie de la nuit est déjà écoulée.
Mais que fait mon Maître?
Il est passé en coup de vent pour me retirer cet objet qu’il m’avait mis dans le cul et relier mon collier à l'un des barreaux par une courte chaîne. Pourquoi ne m'a-t-il pas baisée? Pourquoi me laisse-t-il seule, enfermée, au lieu de profiter de mes orifices? Est-ce que je ne lui plais pas? Est-ce qu'il est en train de baiser Sonia ?
Je me console en me disant qu'au moins j'ai eu l’un des plus puissants orgasmes de ma vie dans cette cage. La situation, l'enfermement, l’incertitude, ... C'était trop excitant.
Mais maintenant j'en ai marre !!!
Mes pensées ne sont pas celles de la soumise dans l'âme que je croyais être. Je me déçois moi-même. J'essaie de me raisonner mais ces pensées de gamine capricieuse me reviennent sans cesse dans la tête. J'ai envie de piquer ma crise et de hurler, d'appeler mon Maître: "Eh, je suis là! J'existe!" Et puis je redeviens rationnelle, avant de sombrer à nouveau dans l'énervement. Un cycle sans fin.
Et si j'étais tombée sur un psychopathe ?
Est-ce qu'il va me laisser mourir de faim et de soif dans cette cage ?
A peine ces pensées m'ont-elles traversé l'esprit que je me sens ridicule, honteuse de les avoir eues.
Est-ce qu'il est encore dans la maison? Suis-je totalement seule? Et s'il y avait le feu?
Je secoue les barreaux, mais ils ne bougent pas. Ils sont solides et la cage est bien verrouillée. Aucune possibilité d'en sortir, même en y mettant toutes mes forces. J'examine la lourde chaîne reliant mon collier à l'un des barreaux. Il faudrait s'appeler Hercule pour la briser.
J'ignore pourquoi mon Maitre a pris autant de précautions. Là c'est sûr que je ne risque pas de m'échapper ! Je me sentais déjà à l'étroit dans cette cage, maintenant la chaîne restreint encore davantage mes possibilités de mouvement. Elle est courte mais extrêmement lourde. Son poids et son inertie rendent chaque mouvement laborieux, pénible, épuisant. Par son intermédiaire, la pesanteur exerce une forte tension sur mon collier, même lorsque je reste tranquille: impossible de me sortir cette sensation désagréable de l'esprit. Impossible d'oublier que je suis esclave à présent.
Le mince éclairage lunaire qui filtre à travers les volets me laisse apercevoir une enveloppe.
Je la saisis en passant la main à travers les barreaux.
"à n'ouvrir qu'en cas d'urgence", est-il écrit.
La clé de la cage ? La clé de mon collier ? Les deux ?
Je n'en sais rien, mais cette idée me rassure.
J'essaie de sentir ce qu'il y a à l'intérieur, mais c'est impossible. Enveloppe à bulles contenant une autre enveloppe à bulles apparemment.
Tant pis. Je la remets à sa place.
L'ouverture des volets me réveille brutalement.
Je m'étais endormie. Comment ais-je pu m'endormir alors que j'étais tellement énervée ? Je n'en ai aucune idée. Dès mon réveil, toutes les sensations désagréables reviennent. Je tente de me redresser un peu et je pousse un cri, surprise par l'énorme masse inertielle de la chaîne, qui se rappelle à mon bon souvenir. Mon Maître s'approche de la cage et m’observe, amusé.
"Tu as passé une bonne nuit, salope ?"
Il se fiche de moi, visiblement.
J'ai bien envie de lui faire part de ma frustration, de mon agacement, de lui dire que je ne supporte plus cette chaîne, mais mon cerveau rationnel me rappelle à l'ordre et je me contente de faire la moue, sans vraiment répondre. Cela le fait rire.
"Ouvre la bouche!"
Pendant une fraction de seconde je crois comprendre que cela signifie "Répond!", et puis non, il m'ordonne de fermer les yeux et de pencher la tête en arrière. Pas facile de me positionner comme il l'entend avec la chaîne au cou, mais j'y arrive plus ou moins.
J'attends ainsi, intriguée, mais rien ne se passe. J'ai l'impression qu'il est parti. La position est difficile à tenir, mais je n'ose pas entrouvrir les yeux pour en avoir le cœur net.
Un liquide froid, presque glacé, me coule sur la langue. Je le bloque avant qu'il s'infiltre dans ma gorge. C'est inhabituel, mais il ne me faut qu'une fraction de seconde pour reconnaître le goût du sperme. Sans doute qu'il en a congelé et l'a ressorti pour moi. Quelle idée bizarre. Mais c'est excitant. Le goût est tellement différent quand il est glacé.
"Tu peux rouvrir les yeux et refermer la bouche, mais n'avale pas!"
J'ai juste le temps d'apercevoir le sourire amusé de mon Maître, avant de m'empresser de baisser les yeux.
Baisser les yeux face au Maître. Tellement simple à dire et si compliqué à faire. Il faut y penser tout le temps. Est-ce qu'un jour cela deviendra un réflexe?
J’aime quand mon Maître me sourit. Ses dents blanches qui contrastent si joliment avec sa peau noire. Qu’est-ce qu’il est beau !
« Mais bien sûr qu’il est beau, idiote, puisqu’il est ton Maître ! », me dis-je à moi-même. « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde », m’a dit un jour un grand sage.
Me voilà seule à nouveau. Vais-je passer toutes mes journées ainsi, seule, en cage? Je dois reprendre le travail mercredi, à l'issue de ce week-end prolongé. Est-ce qu'au moins il me laissera sortir? Moi qui pensais venir ici pour être baisée, fessée, fouettée, ...
Je ne m’attendais pas à passer du bon temps, je m'y étais préparée psychologiquement, mais jamais je n'aurais imaginé que mon séjour allait se dérouler ainsi. C'est terriblement frustrant !
J'adore le sperme, mais le garder en bouche pendant une éternité cela finit par devenir vraiment pénible.
A mesure qu'il se réchauffe dans ma bouche, le goût change. C'est surprenant. Je me demande quand mon Maître va revenir et m'autoriser à avaler. Il m'en a mis des quantités et j'ai les joues presque gonflées. Initialement excitée par le fait de goûter pour la première fois le sperme de mon Maître, j'ai maintenant de plus en plus de mal à me retenir d'avaler.
Voilà Sonia qui entre.
"Hello Ysideulte! Nice day, isn't it ?"
Elle se fout de ma gueule ou quoi ? C’est de l’humour britannique ?
Impossible de lui répondre avec la bouche remplie de sperme, à part "humm, humm".
Moi qui rêvais de harceler de questions cette femme que j'admire : entrevoir les coulisses de ses enquêtes, savoir comment elle fait pour se procurer de tels documents compromettants, comprendre d'où elle tire son courage et sa clairvoyance... Mais non, me voilà nue, en cage, la bouche remplie de sperme, sans possibilité de lui parler. Difficile de faire plus frustrant !
Elle ressort presque aussitôt en me faisant un grand sourire. Au moins, elle a l'air d'aller mieux, même si son visage a été salement amoché par les coups de matraque des défenseurs de la démocratie. Elle s’en fiche, on dirait. Quelle femme étrange…
--- Episode 2: Une gifle bien méritée
Encore de longues minutes à attendre. Je n'en peux plus. Je crois que je vais finir par avaler, quitte à être punie.
Heureusement, voilà enfin mon Maître de retour, et la permission tant attendue d'avaler.
Il me demande de lui faire part de mes impressions, ce que je m'empresse de faire. Je lui témoigne l'honneur que j'ai ressenti à pouvoir goûter son sperme.
Il s'éloigne. Zut! Il va encore me laisser seule dans ma cage.
Tant pis, j'ose demander: "Est-ce que je vais rester longtemps dans la cage, Maître?"
Au lieu de me répondre, il déverrouille la chaîne. Oh mon Dieu ! Quelle sensation incroyable d'être soudain débarrassée de cette masse pesante qui était devenue un vrai fardeau, comme si j'avais une tonne suspendue à mon collier. Je me sens légère tout à coup.
Mon Maître ouvre la grille et m'ordonne de sortir. Ouf, ça fait du bien, je suis toute ankylosée. Je suis heureuse et soulagée d'être enfin dehors.
J'ai le sourire aux lèvres, je m'apprête à dire un grand Merci et... je reçois une gifle magistrale. Je ne l'avais pas vue venir celle-là. Mon Maître me montre la cage du doigt et je m'empresse d'y retourner. C'était sa réponse... Sans doute était-ce nécessaire pour que je prenne conscience de l'insolence de ma question.
Il me remet la chaîne, en la raccourcissant. C'est ma punition, certainement, pour avoir été insolente. Mon séjour en cage va être encore plus contraint, plus inconfortable.
Je ne vois plus personne de la journée. Au moins, la lumière du jour me permet d'avoir une vague idée de l'écoulement du temps. J'ai une bouteille d'eau à portée de main, atteignable à travers les barreaux, un pot pour mes besoins, mais rien à manger, rien à lire, rien à faire ... C'est long ! C'est humiliant !
L'utilisation du pot est très très compliquée avec si peu de liberté de mouvement. Je fais extrêmement attention car lorsque nous échangions pas mail, mon Maître a de nombreuses fois insisté sur le fait que sa chienne devra être parfaitement propre dès le premier jour. Je pensais qu'il voulait parler de mon hygiène intime et j'étais un peu vexée qu'il insiste autant car pour moi c'était une évidence de me présenter propre devant mon Maître. C'est seulement maintenant que je comprends vraiment de quoi il voulait parler.
La lumière décroît et je sens que me voilà partie pour passer une nouvelle nuit en cage.
Je vais essayer de dormir et de ne pas trop m'énerver cette fois. Je n'avais pas du tout imaginé ma vie de soumise comme ça. Est-ce que cela fait partie de mon dressage? S'agit-il de me faire bien comprendre que ce n'est pas moi qui décide?
Mon Maître a dit que je peux mettre fin à cette relation à tout moment. Je n'ai pas de raison de ne pas continuer à lui faire confiance, même si je suis perturbée par l'écart entre ce que j'avais anticipé et ce que je vis. Il suffirait que je l'appelle et que je lui dise que c'est fini, que je veux partir.
Mais non, il faut que je tienne bon. Je ne vais pas renoncer maintenant. Ce serait trop bête.
Cette enveloppe qui contient très probablement des clés - du moins ais-je envie de le croire - me rassure. Il suffirait que je l'ouvre et...
Je me suis endormie tôt cette fois, et facilement, même si je me suis réveillée plusieurs fois dans la nuit à cause de rêves érotiques intenses. Le clitoris en feu à chaque fois. A chaque réveil, les sensations désagréables reviennent, me rappelant brutalement ma condition d'esclave. Et pourtant, cela n'appaise en rien mon excitation sexuelle, bien au contraire. Au moins je peux me masturber pour me soulager. Il ne me l'a pas interdit. Il ne me l'a pas explicitement autorisé non plus. Est-ce que j'aurais dû demander la permission? Le doute m'assaille, mais je ne peux me retenir de crier de plaisir à chaque orgasme. La crainte qu'il m'entende et vienne me mettre une bonne raclée n'y change rien - le plaisir qui m'envahit est trop puissant, irrépressible, animal.
Comment se fait-il qu'il ne m'ait pas encore baisée? C'est bizarre quand même. A l'aéroport il m'avait dit que je le faisais bander, et puis maintenant j'ai l'impression de ne lui faire aucun effet.
Réveillée par l'ouverture de volets. La présence de mon Maître déclenche des frissons de plaisir qui me parcourent tout le corps, telle la chienne qui retrouve son Maître après une longue absence. C'est étrange, mais je me sens bien, apaisée, comme si l'énervement, la frustration, s'étaient envolés.
"Tu as passé une bonne nuit, salope ?"
"Oui Maître". Je me rends compte que je souris en lui répondant. Je me sens bien.
"Voilà qui est mieux", me dit-il, d'une voix douce.
Mieux que quoi? Mieux qu'hier matin sans doute, où mon énervement se lisait certainement sur mon visage.
C'est donc comme cela que l'on dresse une chienne? En tout cas, c'est efficace. Je me sens heureuse, à ma place.
Il me retire la chaîne. Je crois que c'est une récompense.
« Ouvre la bouche ! »
Pas besoin d'explication cette fois. Je ferme les yeux, je penche la tête en arrière, bouche grande ouverte, avide de recevoir la précieuse semence, ...
"Quand je reviendrai, je veux te voir en position, prête à accueillir ton Maître dans le cul".
Et puis je me retrouve seule, avec le sperme en bouche. Je vois qu'il m'a laissé de quoi me préparer, me lubrifier le cul, me bander les yeux, ...
Je m'empresse de me préparer du mieux possible, n'ayant aucune idée du temps dont je dispose.
J'ai tout le matériel à portée de main, mais c'est vraiment difficile de se préparer à la sodomie quand on est en cage. Les possibilités de mouvement sont restreintes. Je fais au mieux. Un semblant de toilette, un semblant de lavement, un rapide passage de rasoir, ... C'est loin d'être parfait, mais difficile de faire mieux dans ces circonstances. J'allais commencer à me lubrifier, et puis, je me ravise. Les multiples mails de mon Maître dans lesquels il insistait lourdement sur le fait que sa chienne devra être parfaitement propre dès le premier jour viennent de défiler dans ma tête en accéléré. Je suis terrifiée à l'idée de le décevoir. Je recommence tout en m'appliquant du mieux que je peux: toilette, lavement, rasoir, ...
Je me lubrifie copieusement l’anus. Je n’aime pas la sodomie. Je n’ai été enculée qu’une fois dans ma vie et j’ai tellement détesté que je n’ai jamais remis ça. Mais pouvais-je me porter candidate à la soumission et refuser à mon Maître l’accès à l’un de mes orifices ? L’aurait-il accepté ? Peu importe, de toute façon, c’était inenvisageable pour moi : j’ai besoin de cohérence, de logique, sinon je ne comprends plus rien à ma propre démarche.
Je me sens un peu agacée à nouveau. "C'est vraiment n'importe quoi", me dis-je. Et dire que je m'étais parfaitement préparée avant de prendre l'avion ! Moi qui pensais être baisée tout de suite à mon arrivée. Je m'étais même examinée à la loupe pour m'assurer qu'aucun poil n'avait échappé au rasoir. La chatte parfaitement lisse, la raie des fesses parfaitement lisse, ... Quel gâchis !
Et pourtant je me sens excitée par la manière dont je suis traitée. Je crois que je perds mes repères. Ou bien suis-je en train de m'en recréer d'autres, plus conformes à mon nouveau statut ?
Pas facile de trouver la meilleure position. J'essaie différentes possibilités. Il faut que je m'imagine du point de vue de mon Maître. Quelle position lui faciliterait au mieux l'accès à mon cul, à travers les barreaux? Quelle drôle d'idée quand même de m'enculer ainsi, en cage. Mais ce n'est pas moi qui décide...
J'attends encore une éternité, en position, le bandeau sur les yeux... Dommage, si j'avais su j'aurais pris davantage de temps pour me préparer. Tant pis, maintenant il vaut mieux que je reste en position car il peut débarquer d'un moment à l'autre. S'il ne me trouve pas en position, il ne sera vraiment pas content, ça j'en suis sûre.
Et Sonia, où est-elle? J'espère qu'elle ne va pas assister à ma sodomie ?
Je me suis fermement plaquée le cul contre les barreaux après m’être bien écarté les fesses. Bien centrée, cambrée au maximum. J’ai bloqué mes tibias entre les barreaux du côté, ce qui par la même occasion me maintient bien ouverte. C’est très inconfortable, mais peu importe, la seule chose qui m’occupe l’esprit est que mon Maître y prenne du plaisir. Ma poitrine est plaquée au sol, mes mains tiennent fermement les barreaux. J’espère ainsi pouvoir tenir bon, ne pas trop bouger pendant qu’il s’enfoncera en moi.
J’appréhende la sodomie. La seule que j’ai connue m’a laissé un souvenir amer, et je suis saisie d’angoisse quand j’entends mon Maître.
Je m’attendais à une pénétration brutale, mais mon Maître y va lentement. Très lentement.
« Ouh là ! Il va falloir travailler ce cul » me dit-il. « On est comme dans un étau là dedans. »
Puis il accélère la cadence et je mets toutes mes forces en œuvre pour ne pas être projetée en avant sous ses coups de boutoir, tenant les barreaux le plus fermement possible. Mes muscles commençaient à tétaniser quand je l’ai entendu gémir de plaisir. Heureusement car j’aurai difficilement tenu plus longtemps. Je dois avoir les marques des barreaux sur les fesses, tellement j’ai poussé en arrière de toutes mes forces pour rester bien plaquée.
Malheureusement, il m’a été impossible de garder tout le sperme en bouche. J’en ai laissé échapper pendant qu’il me sodomisait, j’ai bavé, je crois que j’en ai mis un peu partout mais avec le bandeau je ne peux pas voir… « Tu seras punie », me dit-il.
Je remercie mon Maître, après qu’il m’ait autorisée à avaler le peu que j’avais réussi à garder en bouche. Je sais que cela se fait quand on est soumise, mais je n'y ai pas réfléchi : les remerciements me sont venus spontanément.
"La bite, ça se mérite" m'a-t-il écrit à plusieurs reprises lorsque nous échangions par mail. Je crois que je viens de vraiment comprendre ce qu'il voulait dire. J'ai tenu bon, je n'ai pas renoncé, malgré l'incertitude, malgré l'inconfort, malgré mes doutes, seule dans ma cage. J'ai mérité la bite. Enfin, je crois que c'est ce qu'il faut comprendre.
"Tu es une bonne chienne" me dit-il pendant que je lui nettoie la bite avec ma langue. C'est tout ce qu'il m'a dit. Mais quel compliment !
Qu'est-ce que c'est bon de se faire enculer par son Maître !
Je n'aime pas être sodomisée, et pourtant, malgré l'inconfort, j'étais au bord de l'extase...
Rien de physique, non, tout se passe dans ma tête, et c'est vraiment puissant. Mon cul déteste, mais mon cerveau adore. Je dois être un peu cinglée, me dis-je...
--- Episode 3: Visite guidée
Après avoir été autorisée à retirer mon bandeau et avoir soigneusement léché le sperme que j'avais laissé échapper, je suis enfin libérée de ma cage. Des douleurs aux articulations et quelques vertiges – j’ai repris trop vite la position debout. Mais rien de grave.
C'est bon la liberté ! C'est quand on en a été privée que l'on s'en rend vraiment compte. Mon Maître m'autorise à utiliser les toilettes et la salle de bain. Il me suit et m'observe... Bonjour l’intimité…
La douche à l'eau froide n'est pas des plus agréables, mais après presque deux jours en cage, on relativise... De toute façon, les règles sont claires: "pas d'eau chaude pour les chiennes".
« J’aime bien tes mamelles », me dit-il, quand je sors de la douche. C’est la première fois qu’il me fait un compliment sur mon anatomie. L’eau était glaciale : j’ai la chair de poule et les tétons hyper saillants. C’est spécial… Mais plutôt joli.
Maître accroche une laisse à mon collier et me fait visiter sa maison, puis son jardin. Nue, complètement nue... Heureusement qu'il n'y a pas de vis-à-vis...
J’ai une bouffée d’émotions quand il me fait visiter sa chambre. Est-ce que je serai autorisée à partager son lit, une fois dressée ? Ou bien est-ce que je passerai mes nuits en cage ?
Je cherche des yeux des affaires appartenant à Sonia, mais je n’en vois pas.
Est-ce qu’il l’a baisée ? Je n’en sais toujours rien.
Rien de visible. De toute façon, cela ne prouve rien, me dis-je. Elle n’aurait pas forcément laissé traîner sa culotte… Mais je regarde partout à la recherche du moindre détail. Une boucle d’oreille, un mouchoir, une plaquette de pilules, n’importe quoi…
« Tu as perdu quelque chose ? » me demande mon Maître, l’air amusé.
« Euh, non Maître, j’observe simplement ».
La jalousie est un très vilain défaut, surtout quand on est esclave sexuelle…
Dans la pièce voisine, un fauteuil d’examen gynéco, avec tout le matériel. Je savais qu’il en avait un, il me l’avait dit. Je m’attendais à être examinée très intimement dès mon arrivée, mais je ne l’ai pas été. Pourquoi ? Mystère. Je pensais qu’examiner le vagin de son esclave était une des premières choses qu’un Maître faisait.
"Installe-toi pendant que je vais chercher Sonia. Elle souhaitait voir ton clitoris."
Ces paroles me glacent le sang.
"Rassure-toi, c'est purement professionnel. Elle ne te touchera pas. Tu comprendras plus tard."
Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Je n'y comprends rien, mais j'obéis. J'ai à peine le temps de m'installer que mon Maître est de retour, accompagné de Sonia, et je me fais immédiatement engueuler: "Décapuchonne-le correctement! Comment veux-tu qu'elle l'évalue?"
"Do you think her clit is well suited for your needs ?" lui demande mon Maître
"Perfect! It is far beyond my expectations", dit Sonia en me souriant. "Thank you so much, Ysideulte, and so sorry to have asked you that".
Elle ressort aussitôt. J'apprécie la délicatesse qu'elle a eue de ne pas prolonger inutilement mon humiliation.
Je m'attendais à ce que mon Maître poursuive mon examen et me mette le spéculum, mais il m'ordonne de redescendre. Je ne sais pas s'il fait exprès de contrarier mes anticipations. C'est très perturbant pour moi qui aime tout planifier.
Certaines pièces ne font pas partie de la visite. Peut-être que Sonia a dormi dans l’une d’elles et que je me fais du souci pour rien.
« C’est ici que tu seras attachée et fouettée », me dit mon Maître, en me montrant des anneaux au plafond de la cave. « Tu pourras hurler, personne ne t’entendra ». Ces mots me font frémir de crainte et d’excitation à la fois.
C’est très désagréable de marcher pieds nus sur les gravillons qui tapissent l’allée, mais je m’efforce de ne pas me plaindre et de marcher à la cadence de mon Maître pour qu'il ne soit pas obligé de tirer sur la laisse. Sur la pelouse ça va mieux. Je me sens fière d’être ainsi promenée en laisse pour une visite guidée. Par chance, il ne me demande pas de marcher à 4 pattes.
J’aime cet homme. Malgré mon énervement dans la cage, je sens que j’ai fait le bon choix, que j’ai viscéralement envie d’être sa chienne. Je sens sa bonté intérieure, malgré la manière dont il me traite.
"Est-ce que tu étais consciente de ton érection quand Sonia t'a examinée ? J'ai vu ton clitoris gonfler dès que tu l'as décapuchonné.", me demande mon Maître.
Non, pas vraiment. J'étais tellement perturbée que j'ai un peu déconnecté de la réalité. C'est que que je tente d'expliquer à mon Maître.
"En tout cas, je suis extrêmement fier de toi. Tu lui as montré que tu es une salope, même si c'était involontaire".
Alors là ! S'il savait l'effet que ces mots me font !
J’admire une nouvelle fois l’Aston Martin garée au fond du jardin. Je meurs d’envie de la conduire, mais malheureusement mon permis m’a été retiré.
--- Episode 4: Plaisir d'un repas partagé
Sonia nous rejoint pendant que l’on fait le tour du jardin.
J'avais tellement de questions à lui poser et puis je me borne à quelques banalités. J'ignore pourquoi. Suis-je intimidée? Certainement.
J'ai honte d'être nue, en laisse, en présence d’une autre femme. Et puis, elle m'impressionne. Un mental d'acier derrière une apparence toute douce. Je le ressens de plus en plus. Elle me fait presque peur parfois. Celui qui la fera plier n’est pas encore né.
Elle nous annonce que le déjeuner est servi.
Ah bon? Je croyais que c'était moi l'esclave ici.
Mais je ne vais pas m'en plaindre. C'est tellement agréable de se faire servir.
Je meurs de faim et sans même m'en rendre compte je me jette sur la nourriture, à peine servie.
"Tu manges comme une truie ! Où as-tu été éduquée ?" me dit mon Maître, sur un ton proche de l'engueulade.
Je me confonds en excuses, ne sachant plus où me mettre. Je viens de me rendre compte du ridicule de mon comportement.
Sonia me demande ce que cela me fait de déjeuner nue en présence de deux personnes habillées, ce qui me fait rougir. Elle m'interroge au sujet de mon expérience en cage. Nous échangeons en anglais. Pas facile pour exprimer le fond de ma pensée mais, moi, la grande timide, j'ose m'exprimer. Il faut dire que les félicitations appuyées de mon Maître, pendant que l'on faisait le tour du jardin, m'ont vraiment dopée. Ces deux nuits en cages ont été très dures, mais quelle récompense à la clé!
Rien à faire, ma curiosité dépasse ma timidité. Que faisait-elle sur le lieu de cette manifestation? Quel intérêt? La population est en large majorité favorable aux miliciens et hostile aux manifestants : une bande d’ignorants, anti-vax, anti-science, racistes, fascistes, ... La lie de l’humanité, à en croire les journalistes. Ce n'est pas une vidéo montrant la brutalité des Brigades de Défense de la Démocratie qui y changera quelque chose.
Que faisait-elle donc là? Pourquoi prendre le risque de se faire capturer par les défenseurs de la démocratie? Cela n'a aucun sens.
Elle était certainement là pour une autre raison, mais laquelle? Et pourquoi s'inquiétait-elle autant de l'état de sa caméra? Il y a des éléments qui m'échappent. Je tente de lui poser quelques questions, mais je comprends vite que je n'en saurai pas plus.
Après le dessert, mon Maître pose un petit flacon sur la table et me demande si je sais ce que c'est.
Aucune idée...
A part une forme un peu originale, je ne vois pas ce que ce flacon représente ni ce qu'il contient. Du verre tout ce qu'il y a de plus classique. A l'intérieur, un liquide transparent, qui a toute l'apparence de l'eau, quoiqu’un peu plus opaque.
Sonia place une puissante loupe devant le flacon.
Mais je ne vois rien de plus.
Ah si! Je viens d'apercevoir deux formes bizarres qui nagent de concert dans le liquide. On dirait qu'ils sont liés l'un à l'autre tellement leurs mouvements sont parfaitement synchrones.
Ils ont une tête, on distingue presque un visage très étrange, à la fois doux et inquiétant. Qu'est-ce que c'est que ce truc?
C'est Sonia qui me donne l'explication.
Un zébralyvox gémellaire, être improbable surgi de la préhistoire.
Ils sont toujours par deux mais ne semblent faire qu'un: synchrones alors qu'ils ne sont pas matériellement reliés, incapables de survivre l'un sans l'autre.
Intrication quantique? Non, je délire... Je me prends à rêver de ce lien impalpable mais pourtant tellement puissant qui, je l'espère, m'unira un jour à mon Maître.
Les premiers spécimens ont été découverts dans la région du Nuvavut, au Canada, lors d'un sondage, dans la calotte glaciaire. Mais l'on a de bonnes raisons de penser que le gisement principal se situait dans le grand glacier de l’île Komsomolets, au Nord de la Sibérie.
Comment a-t-elle pu se procurer ce spécimen ? Mystère. J'ose le lui demander mais elle me fait comprendre que cela fait partie des informations qu'elle ne peut pas divulguer.
Le zébralyvox gémellaire est le plus remarquable anti-douleur qui soit. Il se fixe sur un faisceau de fibres nerveuses et émet une multitude de filaments pour établir des ponts électriques entre les points d'interruption de la gaine de myéline, prenant par la même occasion le contrôle total de la transmission de l'influx nerveux, qu'il détourne à son profit. L'électricité humaine ou animale lui fournit l'énergie essentielle à son métabolisme. S'il en est privé, il ne peut survivre plus d'une quinzaine de jours, d'où l'importance pour lui de trouver rapidement un hôte.
Pendant des millions d’années, il a vécu en parfaite symbiose avec les vertébrés, apaisant leurs souffrances en échange de la précieuse énergie électrique. Puis il a disparu, on ne sait pourquoi. Enfin, pas totalement, puisque quelques spécimens ont traversé les âges, emprisonnés dans les glaces.
Comment se fait-il que cette découverte ne soit pas connue du grand public? Ce serait une magnifique alternative pour apaiser les souffrances des malades, sans l'effet assommant, voire toxique, des analgésiques chimiques. Le marché des soins palliatifs est énorme et a explosé en raison de la forte dégradation de la santé de la population que l’on observe depuis quelques années.
Ce n'est pas si simple. La Bill&Alvértos Fucking Corporation vise le monopole de la distribution de ce nouvel anti-douleur, m'explique Sonia. Ils sont en train de mettre au point une version génétiquement modifiée, stérile, qu’ils reproduiront dans leurs laboratoires par clonage. Parallèlement, ils cherchent à détruire les spécimens naturels, pour tuer dans l’œuf tout risque de concurrence. Ainsi, la BAFC pourra vendre à prix d'or ce remède miracle contre la douleur.
Une magnifique invention de la nature détournée au profit de politiciens et de financiers véreux. Je comprends maintenant les motivations profondes de l'opération militaire massive menée par la Suprême Alliance Démocratique en Sibérie, qui me semblait absurde quand elle a été relatée. Pourquoi un tel déchaînement de violence dans une région qui ne me semblait pas spécialement stratégique ? Pourquoi raser l’île Komsomolets au point de faire fondre une grande partie du glacier sous un déluge ininterrompu de bombes thermobariques ? La Suprême Alliance Démocratique a perdu 53 bombardiers stratégiques dans l’opération, interceptés par les S-500 et les forces aérospatiales ennemies. Pourquoi assumer de telles pertes pour un enjeu qui me semblait dérisoire ? « Mais enfin ! On ne doit reculer devant aucun sacrifice quand il s’agit d’apporter la démocratie aux peuples opprimés. C’est ce qui fait la grandeur de la Suprême Alliance et la noblesse des valeurs que nous défendons », martelaient les journalistes… C’est cela, oui… J’y vois plus clair à présent.
Quelle est l’idée de Sonia? Je ne vois pas ce que l'on peut y faire. Révéler l'affaire? Neuf citoyens sur dix n’en croiront pas un mot. Ils se laisseront facilement convaincre que tout cela n'est que « fake news ». Il suffit de lâcher la meute des fact-checkers, avec si besoin le soutien de quelques experts de plateaux, et le tour est joué.
Je ne sais pas ce qu’elle a en tête, mais je comprends qu'elle veut absolument préserver ce spécimen et qu'il lui faut donc un hôte. Visiblement elle pensait à se l’implanter et maintenant elle pense à moi. Mais pourquoi moi? Qu'est-ce que j'ai de spécial? Et si j'accepte, qu'est-ce que je risque?
Mon esprit fourmille de questions, mais ma curiosité est brutalement interrompue par mon Maître.
"En cage!"
Oui, Maître. Je m'empresse d'y aller et de refermer la grille, qui se verrouille automatiquement.
Mon Maître a le don de me frustrer comme c'est pas possible. J'avais tellement de questions à poser. C'est bête. C’est énervant. Je suis en train de bouillir intérieurement. Et puis j’explose. Je secoue les barreaux de ma cage, de rage, mais ils ne bougent presque pas. C’est du solide.
--- Episode 5: Décision difficile ? ... ou évidence ?
Cette fois, je ne reste pas seule bien longtemps.
Mon Maître me rejoint et sourit. Je me rends compte que la rage doit se voir sur mon visage et que, bien que je sois totalement nue, je transpire, je dégouline, tellement je me suis acharnée sur les barreaux comme une furie.
« Vous, les femelles, vous possédez un organe dont l’unique fonction est de procurer du plaisir. Plus de dix mille terminaisons nerveuses dans un minuscule volume. Imagine l’énergie électrique que le symbiote pourrait récupérer sur ton nerf dorsal. Le paradis pour lui. »
« Et toi en particulier, tu semble exceptionnellement bien dotée, d'après ce que j'ai pu observer », rajoute-t-il en rigolant.
Il m'observait donc les nuits passées quand je me masturbais. Comment? Caméra infra-rouge? Entrebâillement de la porte ? La honte...
« Tu es intelligente, je suppose que tu as compris. Je te laisse réfléchir, Ysideulte. Appelle-moi quand tu auras décidé. »
Tiens, il m’appelle par mon prénom maintenant. Je commençais à penser que je me prénomme « salope ».
"S'il vous plait, Maître". Je l'interpelle avant qu'il ne me laisse seule.
"Est-ce que Sonia vous a expliqué comment je devrai procéder, si j’accepte ?"
"Tu ouvres le flacon et tu verses le contenu très délicatement sur ta chatte. Ne t'inquiète pas, le symbiote trouvera tout seul son chemin. Il a parasité des mammouths, alors ce n’est pas ta peau qui lui fera obstacle. Mais si tu veux lui faciliter la tâche, attends d'être bien excitée et décapuchonne soigneusement ton clitoris en érection".
"Et si je perds une goutte et qu’il est dedans?"
"C'est un liquide nutritif, légèrement visqueux. Si tu fais attention, tu n’en perdras pas. Et puis je serai à tes côtés pour te surveiller. Je ne tiens pas à rater ça»
"Je risque de ne plus avoir d'orgasmes tant qu'il sera en moi ?"
"Peut-être. Peut-être pas. Mais est-ce important ? N'es-tu pas esclave sexuelle à présent ?"
Je me retrouve seule à nouveau. Cette fois je ne vois pas le temps passer. Les questions, les pensées, me traversent l'esprit dans tous les sens. Peser le pour et le contre. Méditer. C'est ce que voulait mon Maître, certainement.
Il aurait pu m'imposer de servir d'hôte. J'aurais obéi. Mais il ne l'a pas fait. Pourquoi? Sans doute parce qu'il estime que ce serait de l'abus de pouvoir. C'est donc à moi de décider... Je sais ce qu’il veut, mais il me laisse le choix.
Mes yeux restent fixés sur le flacon, que mon Maître m’a laissé à portée de vue, derrière la loupe. J'observe l'élégant ballet de ce duo impeccablement synchronisé. Il me devient presque familier. Je finis par éprouver une sorte d'affection pour cet être étrange surgi du fond des âges.
Si j’accepte, est-ce que je devrai passer les prochains mois, ou peut-être même les prochaines années, avec un passager clandestin dans mon clitoris ? Quel étonnant passager ! Son double visage a presque l'air humain. On a envie de le protéger. Est-ce que je vais souffrir quand il percera ma délicate chair pour se frayer un chemin jusqu’au nerf dorsal de mon clitoris ? Et comment est-ce que l'on me le retirera?
Est-ce qu’il ne risque pas de me grignoter peu à peu le clitoris de l’intérieur? L’influx nerveux lui fournit l’énergie, mais il doit bien manger un peu, non ? Il a une bouche – non, deux bouches. Je vais finir par péter les plombs à force de réfléchir.
Le temps passe sans que j'arrive à y voir clair. Ma réflexion tourne en rond. Je me fais une liste de questions importantes, que j'essaie de mémoriser. Sonia y répondra. Mon Maître ne peut pas me refuser cela. Et puis je me ravise, je me dis que je ne prends pas le problème par le bon bout. Qu'y-a-t'il de plus important que d'aider Sonia dans sa démarche, quoi qu'elle ait en tête et même si elle ne peut pas me le dire? Qu'y-a-t'il de plus important que de montrer à cet homme - mon Maître - dont je suis en train de tomber éperdument amoureuse que cette relation compte vraiment pour moi, que ses souhaits, même s'ils ne sont pas des ordres, comptent plus que tout pour moi ? Ma liste de questions pratiques semble dérisoire en comparaison.
Je suis à nouveau prise d'une folle envie de me masturber.
Et si c'était l'un de mes derniers orgasmes?
Cette seule pensée me fait hurler de plaisir à peine me suis-je effleurée.
Bon sang, il était fort celui-là !
J'éprouve soudain un sentiment de honte en réalisant que Sonia, où qu'elle soit en ce moment dans la maison, m'a certainement entendue hurler de plaisir. Je dois être une sacrée salope à ses yeux... C’est pour cela qu’elle a pensé à moi, sans doute.
à suivre...
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Le doute, et non l'irrésolution, la paralysait. Si sa Maîtresse avait délibérément décidé de refaire sa vie, de se mettre en parenthèses et de se consacrer à sa jeune stagiaire, elle adopterait une toute autre stratégie. Mais si elle était encore victime d'une de ses lubies, tous les espoirs étaient permis. Ainsi,quand elle franchit la porte de son bureau, Charlotte se sentait nerveuse. La veille, elle avait accepté, malgré elle, de se soumettre à Emmanuelle. Elle était revêtue de l'un de ses tailleurs classiques qu'elle affectionnait particulièrement avant qu'Emmanuelle ne lui impose des tenues plus provocantes. Le tailleur jupe, en flanelle noire, était composé d'une jupe droite lui arrivant très au dessus des genoux et d'une veste croisée sur un chemisier blanc au col entrouvert, mettant en valeur, sous son corsage flottant, un soutien-gorge balconnet, ouvert, transparent et durement baleiné, rehaussant une poitrine généreuse mais ferme aux larges aréoles brunes. Elle ne portait ni string, ni tanga. Elle allait donc le ventre nu, d'autant plus nu qu'Emmanuelle exigeait qu'elle soit intégralement rasée, lisse, offerte et ouverte, et qu'elle porte en permanence, fixé au centre de ses reins, un rosebud anal, de façon que le mouvement de ses muscles ne puisse le repousser mais qu'en même temps, il serait ainsi facile de pénétrer au besoin son autre voie. Elle entretenait sa silhouette, en faisant de la gymnastique quotidiennement, et en montant à cheval tous les week-ends. La quarantaine passée, c'était une femme au physique séduisant, à la fois stricte et féminine. Ses lunettes fines lui donnaient un air sérieux et élégant. Elle en imposait car elle se tenait toujours très droite avec des chaussures à talons hauts. Ce jour-là, elle portait le chignon et son maquillage était discret. Lorsqu'elle passa devant Emmanuelle qui était assise à l'accueil, elle la salua d'un signe de tête sans dire un mot et se dirigea rapidement vers son bureau. Où qu'elle fût, elle l'entrainerait désormais dans sa spirale. Ne lui restait plus qu'à reprendre leur chemin en sens inverse. Retrouver leurs endroits. Dans un but, un seul: faire surgir les traces de leur passion afin de mieux les effacer. Rien ne devait subsister de leur relation, alors qu'elle n'était même pas défunte. On peut convoquer la mémoire pour mieux oublier. L'exercice n'est pas sans danger, tant il paraît artificiel. Quand on revient sur ses pas, le désir n'est plus naturel. On ne sait jamais ce que le passé nous réserve.
Inconstante, elle l'était juste assez pour passer sans prévenir du registre de la séduction à celui de la frustration, de la tendresse à l'abandon, et retour, mais n'était-ce pas l'ordinaire des rapports de domination. Le bureau était spacieux, meublé en style moderne, d'un canapé en cuir noir Knoll, et d'une grande table en verre. Des plantes vertes agrémentaient le décor. Elle prit l'interphone et demanda à Emmanuelle de venir. Quelques instants plus tard, elle frappa à la porte. Emmanuelle s'assit sans dire un mot. Ce fut Charlotte qui entama le dialogue: - Voilà, j'ai décidé d'arrêter ce petit jeu, c'était une fantaisie mais nous sommes allées trop loin, je ne suis pas vraiment lesbienne, vous non plus d'ailleurs, nous nous sommes accordées mutuellement des libertés mais je crois qu'il faut mettre un terme à tout cela. Nos relations resteront cordiales mais compte tenu de ce qui s'est passé entre nous il est préférable de nous éloigner. Bien entendu il est hors de question que vous en subissiez quelque dommage que ce soit, j'ai donc conclu un arrangement avec l'un de nos sous-traitants, il vous fera un contrat avec un salaire plus élevé que celui que vous percevez ici. Voilà, je vous conserve toute mon amitié mais il serait souhaitable à l'avenir de se vouvoyer." Emmanuelle eut un nœud à la gorge, elle était déstabilisée, l'attitude calme de Charlotte, le fait de la voir dans cette tenue qu'elle associait à celle qui était sa patronne froide et autoritaire, le fait de ressentir sa détermination, tout ça remettait en cause ses acquis, tout allait peut-être s'écrouler comme un jeu de cartes. Elle savait que sa prochaine phrase allait déterminer la nature de leur relation future. Ce sera celle qui fera la première erreur qui aura perdu se dit-elle. Elles s'observèrent un long moment, puis Emmanuelle décida d'entrer dans la bataille. Cependant, elle avait senti le changement de ton de Charlotte, celui-ci n'était plus aussi assuré, bien que cherchant à le dissimuler, elle commençait à perdre pied, elle profita de ce moment de faiblesse pour porter l'estocade, elle se leva et s'approcha, elle lui tira les cheveux pour la forcer à la regarder, droit dans les yeux. Au chagrin se substituait l'écœurement. Charlotte était décidément trop sentimentale.
Ce fut Emmanuelle qui prit la parole en premier, oubliant le respect qu'elle devait à sa patronne. Plus rien n'était sûr. Il faut dire que le terrain était fertile. - C'est toi qui es venue me chercher, moi je ne t'avais rien demandé. - Euh oui je sais, mais j'y ai été contrainte par Juliette. - Oui mais Juliette ne t'a rien imposé elle non plus, je connais votre histoire, elle t'a laissé le choix de poursuivre votre relation ou non, c'est toi qui a accepté. - Tu as accepté oui ou non ? - Oui. - Tu dis que tu n'es pas lesbienne, je crois plutôt que tu es bisexuelle, maso-bisexuelle, tu as pris autant de plaisir que moi dans cette relation, alors pourquoi veux-tu arrêter ? - Mais vous non plus, vous n'êtes pas lesbienne, vous me l'avez dit. - Moi c'est différent, je suis libertine, je prends le plaisir là où il est sans me poser de question, me faire lécher par ma patronne, c'est une jouissance autant cérébrale que physique; pour toi de lécher ta secrétaire, c'est un plaisir aussi, le plaisir de l'interdit sans doute. - Emmanuelle, je vous en prie, ne rendez pas ma tâche plus difficile, nous sommes libres de nos choix, nous avons joué vous et moi mais maintenant ça suffit, cette situation ne me convient plus, alors je vous le dit voilà tout. Regardez notre différence d'âge, nos styles sont différents, nous ne faisons pas partie de la même classe sociale, nous n'avons pas la même culture, tout nous sépare. - C'est justement pour ça que tu m'intéresses, parce que tout nous sépare. Puis elle lui saisit la main et la fourra entre ses jambes. - Allez vas-y, tu sais ce que tu as à faire. Charlotte retira sa main énergiquement et baissa le tête, Emmanuelle lui tira à nouveau les cheveux plus fort, puis d'un ton autoritaire: - Vas y je te dis ! Alors Charlotte, mécaniquement, la main tremblante, lentement, remonta vers son sexe et le caressa. - Écoute ma chérie, il faut que tu te mettes dans la tête que tu as deux vies bien distinctes, ta vie classique, celle que tu mènes depuis toujours de femme d'affaires qui s'amuse à regarder les autres de haut et puis celle où tu es exactement l'inverse, tu es ma soumise, c'est toi qui doit exécuter tous mes caprices. Emmanuelle avait dû la harceler pour obtenir une explication qui ne fût pas un faux-fuyant. Charlotte devait à tout prix céder.
Ce qu'on ne dit pas devient un secret, un lieu où s'enracinent la honte et la peur. Mais Charlotte avait vite compris que désormais, il y aurait toujours cette différence entre elles, que l'une allait faire du mal à l'autre. Elle devrait baisser la tête, et abdiquant toute fierté, renonçant à toute pudeur, implorer sa clémence. Ainsi Emmanuelle poursuivit: -Mais réfléchis, au fond tu as de la chance, avec moi au moins tu vis vraiment ! Bon je vais être gentille, je t'accorde la liberté totale en dehors de nos relations, c'est à dire que tu pourras rencontrer un homme si tu en as envie ou quoi que ce soit d'autre. Mais je te préviens, je n'accepterai plus de rébellion dans nos relations personnelles, tu dois accepter cette situation, tu n'as plus le choix, tu m'appartiens." - J'ai compris. - Tu vas être sage et obéissante ? - Oui... - Alors dis-le. - Je vais être sage et obéissante. Emmanuelle se déshabilla et se mit à quatre pattes sur le canapé, Charlotte lui lécha le cul. Emmanuelle jouissait de la situation. Celle qui un quart-d'heure plus tôt avec son tailleur Chanel lui faisait la leçon était en train de lui lécher l'anus, à elle, sa secrétaire. Puis, au bout d'un moment, Emmanuelle se leva, se rhabilla et sortit du bureau, elle revint deux minutes plus tard, un trousseau de clés en main qu'elle jeta sur le bureau puis elle prit une feuille et griffonna quelque chose dessus. - Voilà c'est mon adresse et mes clés, tu prépareras le dîner, je reviendrai vers 20h, tu resteras habillée comme tu es mais tu auras ôté ton soutien-gorge et ton string et dégrafé deux boutons de ton chemisier. Charlotte, livide, acquiesça sans dire un mot. Lorsque Emmanuelle rentra chez elle il était vingt et une heures passé, elle s'approcha de Charlotte, la prit affectueusement dans les bras et l'embrassa, en ouvrant un coffret qu'elle avait à la main et en sortit un large collier, ras le cou en or, avec un médaillon gravé. - Je t'ai fait un cadeau, tu ne peux pas dire que je ne te gâte pas. - Ah bon ? Je ne m'attendais pas à ça, vraiment c'est gentil. - Avant de dire que c'est gentil, lis ce qui est gravé sur le médaillon. Elle prit ses lunettes et lu "Charlotte" en gros, puis en petit "Propriété d'Emmanuelle de Moras" suivi de son téléphone. - Non tu plaisantes !! Tu veux que je mette ça ? Tu n'as donc plus aucun respect pour moi ? C'est hors de question, tu vas trop loin maintenant. - Viens ici et baisse les yeux, tu veux que je me fâche ? - Non. Comme un robot elle approcha, Emmanuelle lui mit le collier autour du cou puis sortant une petite pince de son sac écrasa le fermoir pour qu'on ne puisse plus jamais l'ouvrir. - Attention, si tu l'enlèves, je te fais tatouer au fer sur le pubis. Le choix était tout fait.
Le jeu de leur relation était subtil et délicat. La directrice devenue soumise devait indiquer à sa Maîtresse les limites à ne pas franchir. L'autorité absolue est un savant jeu d'équilibre, le moindre faux pas aurait rompu l'harmonie et au-delà aurait brisé la considération que l'une porterait à l'autre. Progressivement Charlotte s’enfonçait dans la soumission totale, Emmanuelle avait l'intelligence de la faire progresser par paliers. Jusqu'ou l'amènerait-elle ? Charlotte qui était une femme BCBG avait une honte infinie, d'abord de se retrouver à agir d'une manière qu'elle jugeait totalement avilissante et inavouable mais de plus avec une jeune fille de vingt ans, qui non seulement aurait pu être sa fille, mais qui de plus était son employée. Malgré cela et contre son gré elle devait bien admettre que cette situation l'excitait. Elle savait qu'elle obtiendrait tout d'elle, même ce qu'elle n'osait pas avouer. Le lendemain, au travail elle reçu un SMS : Appelle moi à ton bureau ! Elle le fit, une fois entrée, Emmanuelle s'assit sur le canapé, retira son string et écarta les jambes, puis l'œil narquois. - J'ai une petite envie, viens ici ! Sans dire un mot, Charlotte qui avait compris ce qu'elle attendait d'elle s'accroupit et entama un cunnilingus, bien malgré elle elle était devenue experte en la matière lui léchant d'abord les grandes lèvres avec le plat de sa langue puis se concentrant sur le clitoris le titillant du bout de la langue d'abord doucement puis en accélérant, pendant ce temps elle pénétrait un doigt dans son anus, en faisait des petits cercles. La jouissance vint rapidement, une fois satisfaite dans un râle étouffé, Emmanuelle lui lui tapota la joue. - Maintenant, lèche moi l'anus, ce soir tu viens chez moi à vingt heures. Je sonne et au lieu d'Emmanuelle, c’est une belle inconnue qui m’ouvre riant de ma surprise. Je l'entends me demander de rentrer et de venir à la cuisine où elle s’active pour finir de préparer des cocktails. Charlotte fut effrayée à l'idée de ce duo infernal. Allait-elle devoir se soumettre en même temps à sa Maîtresse et à cette inconnue ?
Elle n'avait alors aucune expérience sexuelle de la pluralité homosexuelle, et éprouvait une certaine répulsion à l'idée de devoir se soumettre ainsi. Emmanuelle lui présenta simplement la jolie jeune fille. - Voilà, c’est Marion et ne ris pas, moi aussi j’ai franchi le pas, c’est ma femme me dit-elle en m’embrassant doucement sur les joues. Je pensais que toutes mes prévisions tombaient à l’eau et j’étais bien loin du compte en réalité. On s’installa au salon pour déguster les douceurs un peu alcoolisées qui avaient été préparées. Emmanuelle me raconta leur rencontre faisant référence à la nôtre en comparaison comme si elle voulait me la rappeler, en me narguant. Après trois verres, Marion mit de la musique douce et me demandant si j’aimais danser, elle me tendit la main; regardant Emmanuelle, elle acquiesça de la tête. Je me retrouvais dans les bras de Marion me guidant dans une danse lascive, ses ses mains sur mes reins. Emmanuelle nous regardait sirotant son verre quand les doigts de Marion se posèrent sur mes hanches faisant remonter ma robe sur mes cuisses découvrant le haut de mes bas tenus par un porte-jarretelles. - "Regarde ma chérie, comme elle s’est habillée pour toi la salope" lui dit-elle. Je ne pouvais pas nier que la lingerie La Perla en dessous de ma robe devait faire son effet. - Déshabille-la, elle adore ça dit en réponse Emmanuelle. Alors Marion fit glisser la fermeture de ma robe, me la retira, frôlant de ses doigts ma peau la faisant frissonner à ce contact. Elle me fit tourner sur moi-même pour laisser Emmanuelle me voir en entier. Au bout de quelques instants, celle-ci se leva, vint vers moi et m’arrêta face à elle et posa ses lèvres sur les miennes, m’en faisant partager le goût. Je me laissai griser par le plaisir quand je sentis Marion se coller dans mon dos. Bientôt Emmanuelle me fixa sur la bouche un bâillon-boule pendant que Marion me liait les chevilles avec des lanières de cuir reliées au canapé. Elle saisit ensuite mes poignets, qu'elle écarta en croix, comme mes cuisses. J'étais ainsi offerte à mes deux maîtresses. J'allais être fouettée dans cette position humiliante, bras et cuisses écartés, que la lumière ne parvenait pas à rendre impudique. Ce fut Emmanuelle qui me flagella, sur le ventre, l'intérieur des cuisses et les seins. Puis, elles me détachèrent de façon à pouvoir prendre un peu de repos, mais cet intermède ne dura que très peu de temps. J’étais alors prise entre les bouches de ses deux femmes, désirant me soumettre. Marion dégrafant mon soutien-gorge pour qu'Emmanuelle pétrisse mes seins de ses deux mains. J'allais être prise par l'arrière et contrainte par la bouche simultanément.
L'obéissance personnifiée. Leurs désirs sont des ordres. Qu'importe dès lors que l'on se serve de mon corps comme celui d'une putain ?J'étais en position, jambes docilement écartées, la croupe exagérément offerte, la bouche ouverte, prête à être investie selon le bon vouloir de mes deux Maîtresses. Puis les lèvres glissèrent vers le bas, l’une dans mon dos, l’autre passant de mes seins à mon ventre. Doucement les quatre mains firent glisser mon string, leurs bouches sur mes fesses pour l’une et sur mon pubis rasé pour l’autre, me goûtant en totalité, en me faisant tourner sur moi-même au bout d’un moment pour explorer l'intégralité de mon corps pris en étau, de leurs langues intrusives et de leurs doigts gourmands. Je jouis une première fois, bien incapable de savoir sous la langue de laquelle cela se produisit. Puis elles me prirent par la main, et on se retrouva dans la chambre. Je m’allongeais docilement sur le lit, elles se déshabillèrent devant moi. Je découvris le corps de Marion, sportif, très sculpté qui vint s’allonger contre moi. Je pus le caresser, l’embrasser, le goûter, pétrir ses seins, leurs aréoles et les pointes très sensibles, en érection déjà, et son ventre parfaitement lisse. Emmanuelle m’encourageait en me caressant, tout en introduisant un doigt dans mon rectum, puis elle s’arrêta, me laissant au plaisir et à la merci de Marion qui me surprit, dans mon dos, par la dureté de l'olisbos dont elle s'était ceint à la taille. M'ordonnant de me mettre en levrette sans que ma langue ne perde les lèvres d'Emmanuelle et pour la première fois, alors qu’elle ne me l’avait jamais imposé, elle frotta son gode sur mon ventre inondé de cyprine et d’un coup, me sodomisa. Les mains sur mes hanches, la jeune fille poussa des reins, et le cône se prêta aux replis de mon étroite bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue en se distendant. L'olisbos disparut dans l'étroit orifice qui se referma derrière ses rebords saillants. Elles eurent toutes deux le spectacle de mon corps arqué dans un spasme délirant de volupté. La fin de soirée dura un long moment, prenant du plaisir plusieurs fois chacune jusqu’à ce que la faim ne nous ramène nues à table et pendant que je finissais le dessert, Marion glissa sous la table avec sa flûte de champagne, m'écarta et me força à uriner dedans, à la porter à mes lèvres et à en déguster jusqu'à la dernière goutte le nectar encore tiède. Où était passée la fringante quadragénaire sûre d'elle ? - Qu’est-ce qui m’attend maintenant ? demanda Charlotte fébrilement. - Tu seras dressée par une Domina, une Maîtresse professionnelle. - Durement ? - Oui, très durement, tu franchiras un nouvel échelon dans la hiérarchie de l'esclavage. - La prochaine fois, lors d'une soirée privée, tu seras mise à l'abattage, mais ne t'inquiète pas les invités seront triés sur le volet, tu n'auras qu'à te soumettre docilement. Ces mots bouleversèrent Charlotte. Elle avait envie de lui répondre: - Ordonnez et j'obéirai, je veux vous surprendre pour que vous me placiez au-dessus de toutes les esclaves connues jusqu'à ce jour. Je suis capable de tout endurer pour simplement connaître le bonheur d'acquérir votre confiance et votre considération.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Il est tôt ce matin-là, quand Fabrice est jeune diplômé d’une grande école d’administration et doit valider ses partiels par un stage en entreprise, se réveille, le soleil commence à apparaitre à travers ces volets. les réveils sont souvent pour fabrice un moment de plaisir solitaire car une belle érection est présente comme chaque jour.
Après quelques va vient énergique, la queue du jeune homme devient dur comme un morceau de bois. si fabrice est bien pourvu, il n’a que peu d’expérience sexuel, qui se résume à un dépucelage avec une amie tout ce qu’il y a de plus vanille et le visionnage régulier de site porno suivi de masturbation rapide et orgasme perdu.
Karoline arrive très tôt à son bureau, sa journée commence souvent par un bon café avec une viennoiserie tout en parcourant ses emails reçus après son départ de la veille.
Elle est assez raffinée, tailleur de marque bien dessiné bleu, chemisier blanc avec des sous-vêtements Chantal thomas, bas noir auto fixant, qu’elle préfère car plus simple à mettre le matin. ces chaussures à talon montrent bien ces formes bien proportionnées et la rendre très sensuel, et bien souvent elle aime voir le regard de ces collègues quand elle passe dans le couloir.
- Karoline, votre stagiaire est à l’accueil, il vous attend !
-merci pascale, je finis mon email et je vais le chercher
-d’accord Karoline, je préviens l’accueil de le faire patienter 5 minutes dit pascale
Karoline arrive à l’accueil et aperçois le jeune homme plutôt beau garçon, 1,75m et assez musclé a première vue, un petit sourire de plaisir envahie Karoline et son imagination sexuelle fait le reste, elle le voit déjà se glisser sous bureau a ces pieds, remontant lentement sous ses ordres, elle jupe relever jusqu’aux genoux …
-Karoline !
-oui pardon , j’étais dans mes pensées excusez-moi !!!!!
-je vous présente Fabrice qui sera en stage dans votre service pour 5 mois
-enchanté jeune homme, suivez-moi, je vais vous présenter à mes collègues
Dans l’ascenseur qui monte au 6eme étage, une ambiance étrange et excitante envahie l’esprit de Karoline. le jeune homme semble tétanisé et à la fois il a une forme d’assurance physique, ce qui émoustille encore plus Karoline, ces seins commence à trahir son excitation, car on aperçoit les tetons pointer à travers la dentelle de sous soutien-gorge.
Fabrice le remarque et ne peut s’empêcher de regarder cette poitrine si belle et provoque une réaction rapide à travers son pantalon de costume, il se concentre pour que cela disparaisse mais trop tard l’érection est là et visiblement très forte.
De son côté Karoline a bien remarqué cette belle bosse sur le pantalon du jeune homme et faisant semblant de reculer elle fait mine de perdre l’équilibre et pose sa main sur son sexe a travers le jeans,
-excusez-moi fabrice, !!! j’ai perdu l’équilibre avec ces nouvelles chaussures
-pas grave madame Karoline, ne vous excusez pas, d’ailleurs elles sont très jolies
-c’est que le jeune homme est flatteur !!et qu’il a l’air bien pourvu ce Fabrice se dit elle )
Ces quelques mots font rougir de plus belle fabrice qui en plus de son érection, voit son visage devenir chaud et bien rouge.
Sauvé grâce à l’ouverture de la porte, fabrice sort rapidement afin de penser à autre chose.
-suivez-moi fabrice, je vous présente
-ici dans ce bureau c’est le service immobilier …
La présentation permet à fabrice de reprendre ces esprits et ainsi faire retomber son érection. Karoline quant à elle, poursuit son chemin et indique à fabrice que pour un coté plus pratique, il sera installé dans le même bureau qu’elle ...
Fabrice sur le coup fut un peu surpris mais cela ne lui déplait pas non plus et la 1ere journée se passe normalement même si dans la tête de Karoline, elle avait trouvé là un objet sexuel dont elle allait profiter au plus vite.
Le soir venu Fabrice rentrait chez lui et n’avait qu’une idée en tête, regarder une vidéo pour se masturber tellement l’envie du matin n’avait jamais quitter son esprit
Je vais lui bouffer la chatte à cette Karoline se disait-il !!!
Elle m’excite trop !!!
Rien que d’y penser, son sexe se dressa rapidement et il n’en fallut pas plus fabrice de mit nu dans son canapé une main sur ces testicules et l’autre sur le sexe et commença une masturbation, ses mains malaxait ses couilles et il se branlait en imaginant Karoline devant lui nue qui le regardait dans les yeux en lui disant
Branle-toi pour moi salaud, montre-moi comment tu jouis !!!
Son esprit était rempli du visage et du corps de Karoline et rapidement sa masturbation s’accélérait et se mit à gémir puis un râle de plaisir , ce qui provoquaune belle ejaculation et un beau jet bien visqueux sorti de sa queue.
Il éjacula plusieurs fois, ce qui le rempli de satisfaction et de frustration a la fois ,mais a quand une vraie partenaire ... ?
La nuit fut reposante et fabrice était rapidement prêt pour retourner à son stagele lendemain , en arrivant il fut déçu, pas de Karoline, au bureau, du coup il se replongea dans les dossiers qu’il devait analyser et présenter à Karoline.
Vers 15h00 Karoline entrait dans le bureau
-bonjour fabrice, vous allez bien ?
Fabrice leva les yeux et son regard fut figée !
-oui très bien Karoline et je…
Fabrice n’eut pas le temps de finir sa phrase
-ce soir j’ai besoin de vous pour analyser un dossier, ça ne vous gêne pas de rester un peu plus tard ?
Euh !! non Karoline, pas de souci ! Je n’ai pas d’obligation vous savez !!
-parfait !! je file en réunion et on se voit après .
Karoline était repartie du bureau aussi vite qu’elle était arrivée
Fabrice avait cependant pu voir sa tenue, elle était vêtue d’un robe portefeuille rouge qui malgré le peu de temps qu’elle fut dans le bureau, il réussit à voir ces bas ! (dont bien sur Karoline a volontairement ouverte sa robe pour qu’il puisse voir, mais ça il ne le saura que bien plus tard)
Un petit chemisier noir bien déboutonnée laissait apparaitre un décolletée des plus sensuelle
L’attente de fabrice fut longue, et vers 19h30, ne voyant personne arriver et les bureaux se vidés, se décida à partir …
Arrivé devant l’ascenseur, il appuya sur le bouton quand la porte s’ouvrit
-oh fabrice, je vous ai oublié, vous partez vraiment ?
Je ne vous voyais pas arrivée donc j’ai pensé ...
-oui desolé ! allez suivez-moi , je vous paye un verre dans mon bureau et on s’y met, ça prendra 1h ou 2 pas plus
N’attendant pas de réponse de Fabrice, Karoline avança d’un pas décidé vers son bureau et en ouvrant la porte se retourna :
Venez fabrice !! (et avec une voix toute douce : svp fabrice
Une fois assis dans le petit salon du bureau, Karoline assise en face de Fabrice croisait et décroisait ses jambes de manière volontairement provoquante.
-Dites-moi Fabrice, parlez-moi de vous !
-que ... que voulez-vous savoir ? il était désorienté, paniqué, il voulait parler mais ces yeux fixait les jambes de Karoline et le troublait
-vous avez une petite amie fabrice ?
-non, madame !
-ah, comment un beau garçon comme vous est célibataire ?
Euh…. Vous savez je me suis concentré sur mes études
Karoline s’approcha de lui et mis un doigt sur sa bouche et d’un ton doux et ferme a la fois !
-tu es pas puceau mais presque toi je pense , je vais m’occuper de ton éducation !!!si tu veux biensur ?
-mais madame !!
-tu veux ou pas ??répondit Karoline d’un ton plus ferme !!
-Oui je veux bien ! réussi à dire Fabriced’une voix incertaine …
-écoute moi attentivement, je vais faire de toi un amant docile et disponible de grande classe afin de venir une Appolon sexuelle !!!
D’accord madame ! mais que dois-je f…
-enlève-moi ton pantalon fabrice dit Karoline d’un ton autoritaire !!!
Fabrice était excité, paniqué et ne sachant pas si elle blaguait ou pas
-tu attends quoi pour m’obéir !!
Fabrice fit glisser son pantalon de costume le long de ses jambes, il mit instinctivement ses mains pour cacher son érection qui faisait gonfler son caleçon
-je vois que je te fais de l’effet dit elle !!!!
-enlève tes mains !
Fabrice s’exécuta avec febrilité et docilité, laissa apparaitre un sexe bien dur à travers son caleçon, Karoline le fixa et lui dit avec un sourire malicieux :
-tu bandes comme un âne mon bébé , tu as l’air d’aimer ce qui se passe , on dirait !!!
Fabrice rougit, mais aucun mot ne put sortir sa bouche.
Karoline s’approcha de fabrice et se posa devant lui écarta les jambes de fabrice et se mit debout près de lui :
-regarde-moi !!
Elle commença à défaire son chemisier, bouton après bouton lentement, fabrice était comme un statut de cire, fixé sur les yeux de Karoline, mais son sexe était gonflé à tel point qu’il pensa un instant qu’il allait éjaculer comme ça !
Karoline pris la tête de fabrice pour la plonger dans son décolletée !!
-tu aimes mes seins fabrices ??
-oui oui madame !!
Lèche-moi les tetons avec ta langue et ne t’arrête pas tant que je ne te le dis pas d’arrêter !!
Fabrice sorti les seins du soutien-gorge avec douceur et excitation et se mit à les lécher, sucer , tel un veau qui tète sa mère …
Il allait du sein droit au gauche sans pause, il gémissait aussi tellement son excitation lui faisait mal !!!
Après un long moment Karoline sans ménagement le repoussa !!
-Allez rhabille toi il est tard !!
Fabrice ne compris pas ce qu’il se passait lui demanda :
-j’ai …j’ai fait quelque chose de mal ?
-non mais je dois partir, demain tu viens plus tôt et tu allumes ton ordi, je vais t’envoyer des instructions à suivre à la lettre.
-compris bébé ?
-oui madame !!
-allez filer chez toi, et fabrice, interdiction à toi de te masturber et faire jouir tant que je ne l’ai pas décidé !!!!ok fabrice ?
-oui madame !!!!
-désormais ça sera « OUI maitresse quand on est seule ensemble »
-oui maitresse !!!!!!!
Refermant son chemisier, Karoline s’approcha de lui fit un doux baiser sur les lèvres en posant sa main sur sa queue en serrant assez fort
Fabrice ne put retenir un petit gémissement de plaisir
!!-je vais t’apprendre à être un étalon du sexe !!
A demain mon bébé dit d’une voix douce Karoline en quittant le bureau…
Fabrice était rentré chez lui avec la queue en erection tellement l’excitation de ce moment passé avec Karoline était intense .la soirée fut longue et son érection ne retomba que tard dans la nuit.
Au réveil fabrice était déjà surexcité, a l’idée de lire les instructions de sa maitresse.
Mais déjà son portable sonnait :sms de Karoline
-mon bébé !! j’ai oublié de te dire hier soir « pas de caleçon sous ton costume »
-oui maitresse répondit Fabrice par sms
Karoline de son côté n’avait pas résisté en rentrant chez elle a se caresser sous la douche,
Et commençait à réfléchir sur ce qu’elle exigerait de fabrice le lendemain ...
Après un repas des plus rapide, elle fila se coucher à côté de son mari Eric.
Il sentit la main de Karoline qui se posa sur son sexe et commençait à le masturber,
Voulant se retourner elle le repoussa et accéléra sa masturbation, son mari la laissa faire et
Après 10 minutes de caresses, il finit par jouir dans les mains de Karoline qui lui sourit, l’embrassa.
-bonne nuit chéri
6h00, Karoline est déjà debout, bol de café à la main en nuisette transparente, (qui laisse bien apparaitre sa poitrine qui pointe), file sur son ordi portable, très concentrée et avec le sourire en coin, elle prépare ses instructions … » clic (envoyé).
Fabrice arrive comme prévu assez tôt vers 7h30 au bureau, seul un responsable marketing est la qui d’ailleurs lui fait remarquer :
-bien matinale fabrice !!
-oui monsieur, j’ai des dossiers à préparer pour Karoline, qu’ elle doit les rendre cet après-midi,et elle m’a demandé de tout vérifier une dernière fois !
Fabrice trouva la première excuse qui lui passait par la tête, et son collègue a cru à cette histoire :
-bon courage alors et n’oubliez rien car Karoline est assez exigeante sur la qualité des dossiers qu’elle présente !
Fabrice alluma son ordi fébrilement et avec une pointe d’excitation aussi :
Bonjour fabrice, je vais arriver à 9h30 au bureau, à 9h15 tu vas t’installer sous mon bureau qui tu pourras le voir est fermé en dessous donc personne ne te verra !
Je serais accompagnée d’une cliente avec qui j’ai rdv, elle ne doit absolument ni t’entendre ni bouger ou quoi que ce soit !!!
Quand je vais m’installer à mon bureau, voilà ce que tu devras faire
Pour commencer, m’enlever mes talons délicatement, me faire un massage des pieds avec tes mains et me caresser avec ta bouche les pieds.
Ensuite, dès que je vais écarter les jambes ça sera le moment de remonté le long de mes jambes en me caressant avec ta langue jusqu’à mon sexe, tu n’utiliseras jamais tes doigts mais uniquement ta langue et je jeux que tu me lèches tant que m’a cliente sera la …
Karoline positionnée dans son dressing commence à s’habillée en prenant soin de bien choisir sa tenue, toujours en nuisette, son mari rentre dans la pièce sortant de la douche encore humide, et s’approchant de Karoline qui était dos a lui :
-dis donc hier soir tu étais excitée j’ai l’impression !!! dis Eric
-un peu oui dit-elle avec un petit sourire et se retournant -je vois que tu es en forme ce matin
Eric s’approcha de Karoline, la plaquant contre l’armoire et écartant ces jambes :
A mon tour ma chérie !!!
Il frotta son sexe déjà raide sur les fesses de Karoline et la pénétra lentement mais sans difficulté, Karoline était déjà bien humide à préparer son email pour fabrice.
-je vois que tu es bien humide ma petite salope
,il rentra sa queue sans ménagement dans le sexe de Karoline, qui commençai à lâcher quelques petits cris de plaisir
-tu aimes ça que je te baise comme ça chérie, humm -tu m’as trop excité hier soir, à mon tour de te faire jouir !!!!écartes bien tes cuisses !!!
Eric faisait des mouvements du bassin assez fort qui provoquait un gémissement à chaque coup de rein et accélérant la cadence, il sentit Karoline ondule de tout son corps, la jouissance était proche :
-humm oui mon chéri ne t’arrête pas humm oui baise moi !! ouii
-Karoline poussa un cri de plaisir sur les derniers coups de reins de son mari et se mit à vibrer par la jouissance.
-avec un sourire aux lèvres Eric reparti se doucher de nouveau en ne manquant pas de dire à sa femme :
-bonne journée chérie 😊
9h15, fabrice qui bandait déjà derrière son bureau, hésita à suivre les instructions, de peur de se faire griller par ces collègues, mais en y réfléchissant, le bureau de Karoline était assez isolé et de l’extérieur, avec une baie vitrée vue sur un parc.
Son bureau d’un style assez large laissait la place pour se glisser dessous sans être trop comprimé du a sa taille.
Mais l’heure n’était plus à réfléchir, car il entendit la voix de Karoline dans le couloir.
Karoline rentre dans le bureau le tel portable collé à l’oreille :
-oui faites monter madame dubordant, je viens d’arriver à mon bureau !
Fabrice était, comme prévu à genoux sous le bureau, il était en pantalon de costume chemise, il était pétrifié de la situation et pourtant son sexe raide le trahissait du plaisir qu’il ressentait !
-fabrice, tu as intérêt à pas faire de bruit !!
-non maitresse !!
-bonjour madame dubordant, installez-vous !!
Les deux femmes commençaient à discuter.
Fabrice commença par enlever les chaussures à talons noires de sa maitresse, chaussures de grande marque avec des semelles rouge, ensuite avec ces mains commença à masser délicatement les pieds, ce que ne savait pas Karoline, c’est que fabrice était le fils d’un kiné et qu’il avait appris à prodiguer des massages des plus relaxant et connaissait les points de sensibilité de la voute plantaire.
Karoline ne s’attendait pas à cette nouvelle sensation et fut agréablement surpris du bien-être et de la maitrise de son soumis.
Fabrice profitait aussi de la situation et savait qu’en appuyant à certain endroit du pied, cela pouvait engendrer une montée de plaisir, Karoline se mordillait la lèvre pour ne pas gémir.
Fabrice suivait à la lettre les instructions, il commença ces caresses non plus avec les mains, mais avec la langue le long des jambes, très vite il atteint le haut des bas,
Il sentit Karoline décroisée les jambes et fabrice les yeux grands ouvert constatèrent qu’elle ne portait rien dessous sa jupe, son érection si forte désormais qu’il défait le plus discrètement sa braguette pour faire sortir son membre rouge d’excitation !
Avec douceur et sans un bruit il s’approcha de la toison de Karoline et sorti sa langue pour léchée sa maitresse !
Karoline ferma quelques instants les yeux dès qu’elle sentit les premières caresses
Fabrice était aux anges et le gout de ces lèvres étaient divin, il buvait ce nectar sans discontinuer parfois en pénétrant légèrement du bout de sa langue.
Karoline compris très vite que fabrice était plutôt doué malgré son peu expérience sexuelle, elle mouillait bcp, et plus il la léchait plus le plaisir montait en elle
Il fallait qu’elle represse les reines sinon, elle ne pourrait plus contrôler la situation et par chance son tel fixe sonna et en profita pour recroiser les jambes et ainsi fabrice du reculé et attendre dans une position qui devenait très inconfortable du a sa grande taille.
-oui faites monter le directeur, je suis actuellement avec madame dubordant !
Fabrice écoutait attentivement les mots que venaient de prononcer Karoline
-je suis là sous le bureau alors que le directeur vient voir ma cheffe se dit fabrice !!!!
-mais s’il demande ou je suis ? pensa t’il !!
Figée et à genoux il s’efforça à ne pas bouger
-entrez Alain, je vous présente madame dubordant qui va nous confier son projet à Dubaï.
Après quelques banalités, Karoline suivi de son patron et la cliente allaient t sortir du bureau :
-votre stagiaire n’est pas la aujourd’hui Karoline ?
-si si mais je l’ai envoyé chercher un colis au service postaux a l’étage
-ok prenez soin de lui, c’est le fis d’un de mes amis !!
-oui bien sur Alain !
Fabrice profita du départ de tout ce petit monde pour sortir enfin et pris rapidement le temps de refermer son costume remettre sa queue qui avait un peu dégonflé à l’intérieur de son pantalon. il reprit sa place à son bureau, et essaya de se concentrer sur ces dossiers mais sans vraiment y arriver.
Karoline revint une demi-heure plus tard, et a peine rentrée, ferma à clé et se dirigeant vers fabrice :
-tu ne diras rien de ce qui se passe ici à ton père sinon je suis grillée !!
Bien sûr maitresse ! mais il faudra aussi être gentil avec moi !!
-comment ça ?
-et bien je suis peut-être novice en sexe mais je sais profiter des opportunités !!
-que veux-tu dire ?? ronchonna Karoline
-tu vas m’apprendre à être un étalon comme tu me l’as dit mais en plus tu vas me trouver des femmes comme toi qui me payerons pour les baisers !!!
-mais…. Je … on verra !!
-non on signe un pacte, tu m’apprends à être un étalon du sexe et je suis à toi le temps de la formation sexuelle après tu me trouves des femmes à baiser, sinon.
-sinon quoi ?
J’en parle à mon parrain !!
Karoline se mit à rire sur ces mots
-je m’en fou de ton parrain
-pas certain !!
Pourquoi ?
C’est Alain mon parrain !
Karoline resta bouche bée et retourna à son bureau, furieuse et mêlée d’excitation d’avoir le plaisir de former à son gout un jeune puceau
-ok !!je signe où ? dit-elle
- je prépare le contrat pour cette après-midi Karoline
-ok mais ça ne change rien, c’est maitresse quand on est tous les 2
Karoline vexé n’adressa plus la parole a fabrice de la journée et replongea dans ces dossiers sans interruption jusqu’à 18h00, l’heure à laquelle partait en général fabrice !!
-tu es encore la finit par lancer Karoline
-oui j.… maitresse, répondit fabrice
-je vous le dépose ici Karoline !
-déposé quoi ?
-le contrat !! dit-il avec un petit rictus de provocation
-ok je le lis ce soir et dès que je rentre de mon séminaire qui débute demain pour une semaine on en reparle
Karoline attendit que fabrice parte pour prendre le contrat
Après une lecture bien attentive, Karoline compris très vite que le jeune homme désirait apprendre à faire l’amour et procurer du plaisir à ces partenaires féminines, ce qui réjouissait Karoline.
Quelques jours plus tard, Karoline vêtu d’une simple petite robe courte orange faisant apparaitre ces jolies jambes montées sur des talons qui faisait bien ressortir ses fesses et mollets revenait de son séminaire, et en rentrant s’approcha de fabrice et lui fit la bise !
-ça va fabrice ?
-oui impeccable et toi ?
-oui super bien, et puis dit-elle en fermant la porte, j’ai lu ton contrat, ça me va bien
Si tu respectes tout ce que tu as écris, ça sera parfait pour moi
-je respecterais le contrat Karoline affirma fabrice
-ok, on déjeune ensemble ce midi ? demanda Karoline
-oui avec plaisir maitresse !! dit-il en souriant
Un sourire aussi était sur le visage de Karoline, qui se mit à son bureau décrocha son tel :
-oui bonjour madame, je voudrais une réservation pour 2 personnes dans le petit salon si c’était possible … merci , a tou t a l’heure vers 12h30
-fabrice, on prendra ma voiture, vers 12h, c’est moi qui t’invite !!
-d’accord maitresse
L’atmosphère était des plus léger entre eux, et à 12h00 comme prévu il partait déjeuner.
Une fois en voiture Karoline, assise et faisant volontairement remonter sa robe orange et regardant fabrice lui dit :
-sort ta queue de ton pantalon et montre-moi comment tu es excité ou pas encore !!
Electrochoc, pour fabrice surpris, mais décidé à respecter le contrat, défait sa braguette et sorti sa queue molle mais qui rapidement se dressa comme un serpent pour impressionner sa proie !!
Laisse-moi te caresser fabrice !! ordonna Karoline
Elle prit sa queue et commença à le branler, fabrice avachit dans le siège et les yeux fermés essayait de se concentrer pour ne pas éjaculer trop vite mais Karoline le savait très bien, et accélérait volontairement sa masturbation !!
-arrêtez maitresse !! je … je vais … je …. Ahhhhhhhhh
Fabrice ne put se retenir de jouir et un jet bien fournit et chaud sorti de sa queue pour finir sur la boite a gant devant lui, Karoline continua encore afin de faire sortir les dernières goutes de ce nectar perdu !!!
-tu as des choses à apprendre pour ne pas jouir aussi vite !!allez essuies toi on file déjeuner maintenant !!
Arrivée 30 minutes plus tard au restaurant, fabrice avait repris ces esprits, et ils s’installaient l’un a coté de l’autre dans ce petit salon privatif .
-servez nous 2 coupes de champagne et on prendra le menu découverte des saveurs du moment !!
--tu as l’air de bien connaitre cette endroit Karoline ?
-oui j’y ai mes habitudes !!et puis on est tranquille lui dit-elle en prenant sa main et la posant sur sa cuisse !!
-mais on peut nous voir !!
-fais ce que je te dis pour le moment !!
Caresse-moi doucement avec tes doigts, tu m’as excitée à te voir jouir comme ça et si vite !!
Bien sûr Karoline avait pris 5 min avant de partir de retirer son string pour être plus à l’aise
-humm, oui fabrice comme ça !! doucement !!ouiii plus vite !!!
-ça m’excite maitresse, j’ai envie de glisser sous la table pour te lécher !!
-patience fabrice !!continue à me caresser !!ahhh hummmm
Karoline ondule sur sa banquette !
-continue !!humm mm !!
Soudain la porte du salon s’ouvre et la serveuse entre pour servir les coupes de champagne, fabrice retire sa main mais Karoline l’en empêche !!
-tu ne bouges pas ta main lui ordonne Karoline en lui parlant dans l’oreille !
La serveuse pose les 2 coupes et son regard se pose quelques instants sur fabrice et Karoline, puis :
-bonne dégustation avec un sourire malicieux !!
La serveuse a peine partie, Karoline s’approche de fabrice et l’embrasse, les langues s’entremêles, Karoline prend les choses en main, prend l’autre main de fabrice pour la poser sur ces seins !!
-continue à me caresser fabrice murmure Karoline !!j’adore !!fais-moi jouir avant qu’on mange !!
-oui Karoline !!
-hummm continue !!! Karoline, les jambes écartées, la tête en arrière, yeux fermés, est à la merci des doigts de fabrice !!
Un doigt, puis 2 hummm ahh ouiiiiii fabrice ouiiiiiii vas-y ! ça vient continue salaud, tu vas me faire jouir !!!!
Le moment est intense, Karoline ferme les yeux et dans un râle de plaisir jouis ainsi au grand plaisir de fabrice qui comprends à cet instant l’importance des caresses, ils retirent ces doigts, lèche ce nectar et bois une gorgé d champagne, sous le regard ravi de Karoline, chacun d’eux avait compris que le début d’une relation sexuelle allait les emmener vers des plaisirs divins.
Les semaines passaient et la formation de l’étalon avançait à grand pas, fabrice était capable désormais de gérer son excitation, récupérait très vite, et pouvait jouir 2 voire 3 fois en une heure, pour le plus grand plaisir de Karoline, mais toujours pas de pénétration, Karoline lui interdisait toute relation sexuelle, en dehors de leur rencontre.
Très souvent elle le faisait venir aux toilettes lui baissait le pantalon et le masturbait ainsi pour voir combien de temps il résistait, et tant qu’il ne pouvait pas résister plus de 15 min a une masturbation intense, il ne pourrait pas la baiser, alors fabrice s’entrainait chez lui seul à contrôler sa jouissance.
Parfois aussi Karoline lui donnait rdv dans un petit terrain privé pour pratiquer avec lui de long 69 jusqu’à la jouissance.
Chaque fois était différente mais avec beaucoup de plaisir et s’excitation
Le stage de fabrice se terminait dans 2 semaines, et toujours pas fait l’amour avec Karoline, fabrice commençait à s’impatienter, et Karoline l’avait remarqué ….
Ce matin-là, fabrice reçu un sms différant de ceux habituel :
-prévois des affaires pour 3 jours, on part cet après-midi à Deauville voire un client
Fabrice était réjoui de ce sms et répondit très vite :
-ok je prépare mes affaires et j’arrive
Karoline était déjà arrivée quand fabrice rentra dans le bureau :
-bonjour Karoline !
-bonjour fabrice, approche-toi !!
Il avait l’habitude qu’elle vérifiait s’il ne s’était pas masturber la veille en défaisant sa braguette et elle le suçait juste pour vérifier que son gland ne sentait pas le sperme, et bien sûr il bandait rapidement, a peine avait-elle poser sa main sur sa queue que l’érection était présente.
-j’adore ta queue mon pti fabrice !!on devrait bien s’amuser ces 3 jours et je t’ai réservé une surprise.
Sur la route qui même à Deauville, fabrice conduit à la demande de Karoline, car elle se sentait fatiguée, avec sa robe courte a fleur, fabrice avait du mal à se concentrer et parfois il posait sa main sur la cuisse de Karoline, mais Karoline le stoppait :
-conduis, concentre-toi et laisse-moi me caresser devant toi pendant que tu conduis, et fais-moi plaisir sort ta queue, je veux voir l’effet que j’ai sur toi quand je me caresse !!
Fabrice ne perdit pas de temps et sa braguette rapidement défait, sa queue était à la vue de Karoline.
-mais tu bandes déjà mon salaud !!
Karoline la tête posée sur le dossier du siège se caressait lentement et fabrice conduisait du mieux qu’il pouvait mais il était excité de voir Karoline gémir sans retenue dans la voiture :
-hummm !! que c’est bon fabrice !! ahhh je mouille comme une belle salope, donne-moi tes doigts !!
Prenant la main droite de fabrice, elle le guide, pour lui faire gouter son nectar
-mets tes doigts dans ta bouche !!!!goute mon nectar fabrice
Fabrice adorait lécher Karoline donc il connaissait ce gout si doux et savoureux !!
Et sa queue ne faisait que gonflé et durcir comme du bois !!mais Karoline avait décidé que ces 3 jours seraient l’aboutissement de son éducation sexuelle et elle devait voir sa résistance.
Elle prit la queue de fabrice dans sa main et le branla doucement au départ pour voir sa réaction :
-Je t’interdit de jouir !!!
-Oui maitresse
Les yeux sur la route, fabrice ne disait rien mais quelque râle sortait de temps en temps sur les accélérations de la masturbation de Karoline.
Malgré tout fabrice tient sur la durer même si parfois il sent qu’il est au bord de la jouissance
Karoline est fière de lui !!
-tu es fin prêt mon pit fabrice pour ce soir !!lui dit elle en remettant sa bite dans le pantalon !
Arrivée à l’hôtel, chacun prend sa clé de chambre et monte se changer :
-rdv à 20h30 à l’accueil fabrice, on a rdv à 21h00
-ah ok, je croyais que l’on voyait le client demain répondit surpris fabrice !
-changement de programme !
-ok Karoline a tout à l’heure
20h30 fabrice était déjà dans le salon de l’hôtel à attendre Karoline, quand il l’aperçue sortir de l’ascenseur, Karoline avait une robe en cuir noire moulante, et un haut transparent blanc et on devinait facilement les dessous en dentelles blancs, talon noire, maquillée comme jamais :
-on y va fabrice !!?
Euhhhh oui Karoline, tu es superbe !!
-ravie que ça te plaise !! c’est moi qui conduis ce soir si ça ne te gêne pas !
- non Karoline !
Karoline restait silencieuse durant tout le trajet, ce qui perturbait fabrice, elle était si bavarde d’habitude.
Après 15 min de route, Karoline se stationnais dans un pti square d’un pti village pas loin de Deauville !
-on fait quoi ici Karoline !!!??
-fais-moi confiance fabrice !!
Fabrice suivait Karoline en reluquant ces fesses si bien galbées avec les hauts talons qu’elle portait.
Karoline s’approcha d’une maison et sonna à la porte
-coucou marie !!
La porte s’ouvrit et les yeux de fabrice semblait sortir de ces orbites, une femme vêtue d’une simple nuisette totalement transparente était la devant lui !
-toujours aussi a l’aise chez toi à ce que je vois marie !!
-bien sûr Karoline !! et là j’ai fait un effort, d’habitude je suis toujours nue chez moi
-je te présente fabrice, le stagiaire dont je te parle régulièrement
-bonjour madame !!dit fabrice en tendant sa main
-pas madame !! mais marie et on se fait la bise !!
Marie fit une bise bien forte sur la joue de fabrice
-allez entrer mes amis !!
Marie referma la porte et suivait fabrice et Karoline vers le salon
-champagne ?
-avec plaisir répondit Karoline !! c’est fête ce soir !!
-et toi champagne aussi j’espère fabrice ? demanda marie
-oui bien sûr marie !
La nuisette de marie attirait le regard de fabrice qui commença à bander à la vue de ces seins qui pointaient sous la nuisette, Karoline qui ne ratait rien du spectacle souriait
-dis donc fabrice tu as l’air d’aimer la tenue de mon amie on dirait !!!
-euh ...oui Karoline !!
-alors montre lui comment tu es contente de la voir !!!ordonna Karoline
-comment ça ? demanda fabrice surpris
-défais ton pantalon t sors ta queue !!!
-mais…
-sors ta queue, montre à marie ta bite !!
Marie assise jambe écarté sur le fauteuil face à fabrice avait ces mains posées sur son sexe et commençait à doucement se caresser pendant que fabrice se relevait et baissait son pantalon et caleçon pour sortir sa queue bien raide et rasé de près depuis que Karoline lui avait dit qu’elle n’aimait pas les poils sur les testicules et autour du sexe ! son sexe était bien raide et Karoline s’approcha de fabrice et lui dit :
-allonge toi sur le canapé !!
Fabrice s’exécuta pendant que marie en profiter pour se lever et chevauchant fabrice au niveau du visage :
-il parait que tu es doué en caresse, montre-moi cela fabrice ! dit-elle en approchait sa toison de la bouche de fabrice qui avait déjà sortie sa langue prête à accueillir le sexe de marie déjà humide !
Karoline de son coté avait retirer sa jupe et chemise et s’approchant de fabrice, elle commença à ouvrir la chemise de fabrice et lui faire des baisers sur les tetons, sur le torse, avec ces mains elle continue de titiller ces tetons tout en descendant sur le nombril !!
Fabrice gémissait de plaisir et continuait de léchée marie qui émettait des ptis cris de plaisir a chaque coup de langue !!
-humm, tu as raison ma Karoline, il est doué ton stage... ohh humm oui...stagiaire !!hummm continue fabrice hummm
Quant à Karoline elle prit en bouche fabrice qui secoua le bassin tellement le plaisir montait !!
Karoline commença sa fellation par de légère caresse sur le gland ... ensuite elle prit plaisir à prendre ces testicules dans ces mains tout en caressant le gland !!
Fabrice était en état second avec ces deux femmes, Karoline décidait de passer à la vitesse supérieure en prodiguant sur la queue de fabrice une fellation bien humide et rapide qui faisait monter la sève et elle sentait qu’il était proche du a l’excitation du moment, proche de jouir et d’un ton malicieux :
-tu me laisse ta place marie !!
-bien sûr ma Karoline, dit marie en se relevant et embrassant sur les lèvres Karoline et s’enlaçaient sous les yeux de fabrice, prenant place sur le visage de fabrice Karoline donna ces ordres :
-fais moi jouir avec ta langue mon pti chéri !!
De son coté marie se mis à califourchon et s’empala sur le sexe raide de fabrice qui cria de plaisir
Ahhhhhhhhhh !!! hummmmmmmmmmm
-tu aimes ma surprise fabrice ??murmura Karoline
-humm oh oui humm merci maitresse, ahhhh ohhh
Il arrivait plus à parler entre le sexe humide de Karoline à lécher et marie qui faisait des vas et vient sur sa bite le plaisir était totale.
Après un moment dans cette position, Karoline se releva elle mit ces mains sur le bord du canapé les fesses prête à accueillir fabrice, allez marie, laisse-moi voir de quoi est capable notre étalon :
-je te confirme que sa queue est bonne, humm ouiii !!! dit marie en se relevant à son tour, pendant que fabrice se mit debout et se mettant derrière Karoline commença à la baiser en levrette, il entra sans difficulté dans la chatte de Karoline bien lubrifié avec ces caresses
Et commençait avec vigueur ces coups de reins, sa queue raide et rouge gorgé de sang faisait effet sur Karoline qui yeux fermés faisait à son tour des ptis cris de plaisir.
Marie était venue face à Karoline et commençait à l’embrasser et pincé a laide de ces mains les tetons bien dures et qui accentua les gémissements de celle-ci qui semblait être proche de la jouissance.
La scène mettait fabrice dans tous ces états et devenait de plus en plus rapide dans ces coups de reins. Karoline ordonna à fabrice de continuer sans arrêter car elle allait jouir :
-oui vas-y , baise-moi !!!!! oui continue ……ahhhhhhhh je jouis fabrice !! ouiiiii ahhhhhhhhhhhh !!!!!Karoline était sans voix et se laissa tomber sur le canapé, fabrice avait le visage radieux de voir Karoline comme ça et sa queue bien raide toujours et encore était prête pour baiser à son tour :
- viens me baiser bel étalon cria marie jambes écarté assise sur le fauteuil !!!
Fabrice la queue entre les mains s’approcha et comme Karoline il la pénétra sans souci humide voir plus que Karoline !!!!!
Fabrice était devenu un vrai étalon, résistant doué, bien monté et ces coups de reins faisait mouche sur marie aussi, il faisait des vas et vient tel un taureau et marie avec les yeux mi-clos et était excitée comme jamais à lui parler avec un mélange d’excitation, et de jouissance
-vas y baise moi comme une belle salope !! vas y mets moi ta queue bien a fond dans m.… oh ouiiiii vas y continue
Karoline avait un peu repris ces esprits et s’approcha de fabrice et lui saisi les testicules et elle les serras dans sa main !!
-vas-y baise mon amie et je veux voir quand tu jouis
-ces mots avaient galvanisé fabrice qui accélérait la cadence et marie à son tour cria en atteignant l’orgasme, fabrice lui aussi était très proche d’éjaculer et a peine retirer de la chatte de marie, Karoline lâcha les couilles et pris la queue de fabrice pour le branlé avec une cadence tel que
D’un coup fabrice se mit à gémir et un énorme premier jet sorti de son gland pour finit sur l’entre jambe de marie face a lui, d’autres jets suivirent sous les caresses de Karoline !!!
Fabrice allongé sur le canapé venait de concrétiser ces quelques mois ou frustré il n’avait pas eu cet énorme plaisir de jouissance.
Les 3 étaient extenué mais heureux, sourire aux lèvres, ils se regardaient complices du plaisir qu’ils venaient de partager …
Avec ces quelque mois fabrice avait appris toutes les subtilités du plaisir, du partage, des caresses.
Karoline s’approcha de lui pour l’embrasser langoureusement suivi de marie et leurs mains caressaient de nouveau le sexe de fabrice qui très vite recommença à se dresser, toujours prêt
C’était bien la fin de sa formation, le stagiaire est devenu étalon et la soirée continua dans le lit de marie ……
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Il y a six mois que le renouvellement de mon serment d'allégeance a eu lieu , il est donc temps de relater cet évènement .
Ce projet avait commencé par le constat de l'estompement inéluctable de la marque au fer rouge que Lady Gabrielle avait gravée dans ma chair en 2010. En outre elle n'appréciait pas l'usure de notre relation BDSM .Elle trouvait que cette relation devenait trop << vanille >> . Elle avait donc émit le désir de remettre nos rôles dans le bon ordre .Elle me trouvait un peu trop << brat >> si je peux employer cette expression pour ce qui me concerne . Il me faut bien avouer que je suis un soumis quelque peu rebelle .
Lady Gabrielle avait donc décrété qu'il me fallait réitérer mon serment d'allégeance envers elle au cours d'une cérémonie durant laquelle je serai , une nouvelle fois , marqué au fer rouge de son initiale . J'éprouvais depuis quelques temps le fantasme de subir à nouveau cette << flétrissure >>.
Mais d'entendre les premières paroles annonçant sa concrétisation m'emplissait , immédiatement, d'un stress que je ne connaissais plus depuis longtemps .
L'organisation de la cérémonie du marquage mûrit tranquillement à l'intérieur même de nos fantasmes pour aboutir au 2 juillet 2022 . Après moult recherches nous découvrîmes le lieu idéale à tous points de vue pour célébrer cet événement : la maison d'un couple tout à fait charmant , Lux et Ivy . Leur maison sise près de Bézier est entourée d'un magnifique petit parc végétalisé qui dispense une ombre agréable et fort bien venue par les chauds après midi d'été particulièrement en cette année 2022 qui connu une terrible canicule . Ce parc entouré de hauts murs , planté de bosquets de buis , de figuiers , de chênes , de catalpas et autres essences ménageant de nombreux recoins invitent à l'intimité , aux jeux sensuels en toute discrétion et a fortiori aux jeux BDSM .
Avec le maître des lieux , nous installâmes différents agrès et meubles de tourments dont un grand nombre fût prêté par les propriétaires d' un club privé SM de la région . Il y avait là , croix de Saint André , pilori , banc à fesser , cage de compression en lanière de cuire , cage en métal , barres en bambou etc . Le tout disséminé dans les espaces aménagés dans la végétation . Et tous ces petits espaces étaient subtilement éclairés conférant au parc une ambiance mystérieuse . Sous les ordres de Lux nous l'aidâmes à monter un chapiteau sous lequel nos invités purent dîner d'un buffet d'entrées d'été , d'une salade piémontaise d'anthologie confectionnée par Lux en personne , d'un
<< rougaille saucisse >> , spécialité réunionnaise , cuisiné par Ivy la charmante hôtesse de la maison . De nombreuses bouteilles de vin de la région étaient à la discrétion des convives mais les boissons soft eurent plus de succès en raison des fortes chaleurs .
Nos invités commencèrent à arriver aux alentours de dix neuf heures . Tous ces gens charmants avaient fais d'énormes efforts d'apprêts vestimentaires et de maquillage . Avec un petit discours
Lady Gabrielle porta un toast de bienvenue à chacun et à chacune .
Il était vingt trois heures quand arriva enfin la cérémonie de mon marquage . J'attendais avec une appréhension grandissante ce moment . Lady Gabrielle , ses deux assesseurs et moi même tenu en laisse arrivâmes en procession . Lady Gabrielle prononça une petite oraison en préambule à cette célébration pour expliquer son désir de réaffirmer son autorité sur son mari soumis .
Ses assesseurs étaient vêtus d'aube blanche . L'un portait sur un coussin , le fer représentant un G majuscule qui après avoir été chauffé me marquera et l'autre portait un petit coffret où se trouvaient les anneaux de notre union BDSM . Lux entra dans le rôle de maître de cérémonie pour nous inviter à procéder à l'échange des alliances , en prononçant lui aussi une petite oraison .
Puis vînt le moment où je réitérais mon serment d'allégeance.
En voici le texte :
Lady Gabrielle , il y a maintenant 17 ans que vous m'avez demandé d'être votre soumis .
Le 31 juillet 2005 j'ai accepté . Depuis ce jour je vous appartiens sans possibilité de retour en arrière pour ce qui me concerne .
J'étais au crépuscule d'une vie terne , vous avez fais de ce crépuscule une aube claire . Vous avez su voir dans le brouillard de mon existence , de la votre aussi , la lueur qui éclairerait notre relation .
Depuis le jour où nous nous sommes rencontrés , je vois le monde d'une autre façon .
Depuis le jour où vous m'avez choisi , je n'ai plus de sentiments que pour vous .
Depuis le jour où je suis devenu votre jouet sous votre fouet , mon désir d'appartenance s'est réalisé .
Toutes ces raisons et tout ce que nous avons vécu depuis ce 31 juillet 2005 m'ont convaincu que le bonheur existe , que ce n'est pas une vue de l'esprit .
C'est pourquoi en ce jour du 2 juillet 2022 je réitère mon serment d'allégeance envers vous . Vous savez que vous êtes propriétaire de mon corps et de mon esprit pour le temps qu'il vous plaira .
Je souhaite , désormais , qu'il en soit ainsi jusqu'à ce que la mort nous sépare .
Lady Gabrielle , je suis prêt à recevoir , une nouvelle fois , votre marque .
Après ma prise de parole je m'installais en prenant appuie sur un chevalet en bois pour attendre ma << flétrissure >>. L'un des assesseurs me banda les yeux tandis que l'autre me débarrassait de ma cape noire dont j'étais vêtu . C'était donc nu et libre de toute entrave que j'attendais dans l'anxiété . J'avais formulé le voeux de n'être ni attaché ni contraint d'aucune façon pour subir cette épreuve . Lady Gabrielle avait accédé à ma demande énonçant ses propres exigences : je ne devais ni bouger ni gémir ni crier sous la douleur . Je devais rester impassible et stoïque .
Après un temps qui me parut une éternité , le ronflement du chalumeau chauffant le fer se fit entendre. Le ronflement cessa , Lady Gabrielle prononça des paroles dont je n'ai aucun souvenir en raison de la concentration de mes pensées à ce moment là . Enfin elle appliqua le fer chauffé à blanc sur ma chair au dessus de ma fesse gauche . Je n'émis aucun son mais je fus pris d'un réflexe irrépressible , je fléchissais les genoux au moment du contact du fer . Ce réflexe m'emplit aussitôt d'une grande déception : je n'avais pas obéi aux ordres de Lady Gabrielle . Dans un effort de volonté je reprenais ma position initiale , Lady Gabrielle appliquait une deuxième fois le fer exactement au même endroit sur mon corps et le laissait les trois secondes nécessaires au marquage .
Quelques instants plus tard , dans un semblant de retour à la réalité , je me prosternais , à genou, aux pieds de ma Maîtresse , démontrant mon incontestable , si cela était encore nécessaire , soumission envers elle .
Plus tard le sentiment de déception s'estompa car je m'étais remis en position et le temps de contact du fer avait été quasiment doublé . Surtout Lady Gabrielle exprima sa fierté devant le fait que je n'avais émis ni gémissement ni cri .
Durant la soirée nos invités nous avaient offert des cadeaux : fouet , baillon boule , bandeau aveuglant, meuble plug . . . etc etc etc . Lady Gabrielle se fit un point d'honneur à essayer tous ses nouveaux joujoux . Elle fût bientôt imitée par les participants à cette soirée qui se disséminèrent dans le parc profitant des bancs à fessée et autres agrès de tourments .
Inutile de dire que la nuit fut longue à devenir demain .
Berny de Lady Gabrielle
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Il y a si longtemps que cette histoire a commencé que je ne me souviens même pas de l’année. Je me souviens de cette annonce sur une revue spécialisée, le net n’étant même pas encore inventé. De mémoire, elle disait à peu de chose près, ceci : « Maître pervers et vicieux cherche jeune salope à former à toutes les perversités, délocalisation et dépersonnalisation totale, si capable ». Suivait une référence et la mention : « Répondre à l’annonceur ». À cette époque, j’avais déjà une bonne expérience des bites et malgré mon jeune âge, je savais déjà que j’étais destiné à servir de jouet sexuel, tellement je prenais plaisir à sucer des queues et à offrir mon cul de jeune minet dans toutes les pissotières de la région. J’ai donc répondu sans vraiment espérer quoi que ce soit, persuadé qu’il s’agissait d’une blague, et j’ai oublié cette histoire jusqu’à ce jour où je reçus un colis… À l’intérieur, je trouvai un cahier à la couverture plastifiée marquée « Mon cahier de trainée » aux pages numérotées, un album photos vide et une lettre contenant les instructions. Salut salope, Alors comme ça, tu prétends être une bonne salope adorant les bites ? Il va falloir me prouver cela si tu espères un jour m’appartenir et apprendre à te dépasser. Comme tu peux le voir, je t’ai envoyé un cahier et un album photos. Chaque fois qu’un homme se servira d’un de tes trous, je veux qu’il mette un commentaire sur le cahier et une photo de toi où l’on voit bien son foutre soit dans ta bouche, soit dégoulinant de ton cul. Tu y ajouteras ton propre commentaire expliquant en termes aussi crus que possible que tu n’es qu’une salope bonne à fourrer. Une fois l’album photos rempli, tu me renverras le tout et je verrai alors si je peux espérer faire de toi une vrai chienne. Si tel est le cas, tu quitteras immédiatement tout ce que tu as et tu seras entièrement pris en charge. À ce moment-là, il sera trop tard pour changer d’avis. Alors réfléchis bien, je te laisse un mois jour pour jour. Après quoi, il sera inutile de me recontacter. Ton futur Maître La simple lecture de cette lettre fit littéralement bouillir mon sang et je ne résistai pas à l’envie de me branler, imaginant toutes les perversions que cet homme pourrait me faire subir. Mais j’étais loin de me douter que toutes mes espérances allaient être dépassées. Je me mis un doigt dans le cul, jouant à le bouger tout en me caressant, le ressortant pour le lécher et le remettre encore, gémissant comme une bonne salope, jusqu’à ce qu’une bonne dose de foutre vienne inonder ma main. Je m’en tartinai le trou, savourant le reste sur mes doigts, déjà prêt à une autre saillie. Une fois mes sens calmés, et après que j’eus savouré mon foutre jusqu’à la dernière goutte, je me dis qu’un mois c’était plutôt court comme délai et qu’il fallait que je me mette rapidement à l’œuvre. Je préparai donc un petit sac destiné à mettre le cahier, un stylo, un feutre indélébile et un appareil photos, et me dirigeai vers la pissotière des quais. C’était une vespasienne à l’ancienne, simplement un mur goudronné et une rigole, un lieu bien connu à l’époque pour être un rendez-vous homo, et où j’avais souvent sévi, suçant n’importe qui et me faisant baiser par tout le monde, et surtout devant tout le monde. En effet, je trouvais très excitant de voir tous ces mâles se branler en me regardant me faire baiser, me traitant de tous les noms, la plupart profitant de l’occasion et venant sans état d’âmes ramoner ma bouche et mon cul encore gluant du foutre du précédent. Je repartais toujours tard la nuit, couvert de sperme, n’ayant qu’une idée en tête, y retourner le plus vite possible. Ce soir-là, il devait y avoir trois ou quatre hommes debout devant l’urinoir et qui se caressaient doucement, attendant l’occasion qui ne manquerait pas de se présenter. À peine entré, je respirai à fond pendant de longues et délicieuses secondes cette odeur qui m’enivrant à chaque fois, mélange de goudron, de sperme, de vieille pisse et de sueur. Puis je m’approchai du mur couvert de petites annonces, y trouvai un lieu encore vierge et y inscrivis la mienne : Bonne salope docile avalant les bites par tous les trous cherche donneurs tous les jours dès 18h pour faire son press book. Laisser message Comme je le pensais, les hommes présents, voyant mon geste, vinrent lire l’annonce puis se tournèrent vers moi. Après un moment de silence, l’un d’eux s’approcha de moi et me mit la main sur les fesses : — Alors comme ça, on est une salope en chaleur qui a envie de se faire baiser ? — Oui, et je dois faire signer mon cahier de trainée et y joindre mon commentaire et une photo chaque fois qu’on me baise. Déjà ma main s’était posée sur le devant de son pantalon où une bosse prometteuse s’était formée. Presque par réflexe, je me suis mis à genoux et j’ai ouvert la braguette du type, dévoilant un sexe au dimensions plus qu’acceptables, sexe que j’ai immédiatement pris en bouche, ponctuant le tout d’un gémissement de plaisir non dissimulé. — Putain, c’est vrai que tu sais sucer, toi. On voit tout de suite que tu aimes ça et que tu fais pas semblant… Régale-toi salope! Je mettais tout mon cœur à donner du plaisir à cet inconnu, passant de petits coups de langue sur le gland à des gorges profondes, quittant parfois la bite pour gober les testicules, léchant la tige avant de la reprendre en bouche. Derrière moi, je sentais les autres mâles s’exciter devant le spectacle. Aussi je me remis debout, cassé en deux afin de leur offrir l’accès à mon cul. Comme je l’espérait, mon pantalon se retrouva très vite sur mes chevilles et un doigt emplit mon trou, suivi d’un autre. — Cette salope a un cul accueillant, pire qu’une chatte. Je lui ai glissé deux doigts sans même avoir à la lubrifier. — Ouais, et regardez-la trémousser du cul de plaisir. Il lui faut plus que des doigts. — On va lui en donner, les gars, tous et par tous les trous. On va la faire déborder de foutre, cette chienne. J’étais aux anges, à ma place, et j’abandonnai mon corps aux assauts de ces inconnus qui passaient à tour de rôle de ma bouches à mon cul, me retournant à leur gré dans toutes les positions sans se soucier de la pisse qui trainait au sol et dans laquelle ma figure frottait parfois, ne songeant qu’à leur plaisir. À chaque fois que l’un des hommes jouissait dans un de mes trous, il prenait une photo puis mettait un commentaire salace dans le cahier. Je rajoutai alors mon appréciation, à quatre pattes dans la pisse qui trainait, une bite enfoncée dans mon cul. Au fur et à mesure que les mecs se vidaient en moi, d’autres arrivaient et prenaient la place vacante. Et le manège continuait ainsi, sans une minute de répit. À la fin de la nuit, j’avais déjà une bonne douzaine de commentaires dans le cahier et autant de photos de moi couvert de foutre et de pisse. C’est ainsi que je rentrai chez moi me coucher, sans même prendre une douche, récupérant de mes doigts tout le sperme possible pour le savourer encore une dernière fois. Je sombrai ensuite dans un sommeil rempli de rêves où des mâles sans visages continuaient de me remplir de foutre chaud. Le lendemain, les paupières encore collées par les litres de sperme de la veille, je fis un compte rendu de la soirée à mon correspondant, lui donnant mon numéro de téléphone et lui demandant au passage combien il y avait de photos dans le film. Je lui annonçais également mon intention d’y retourner le soir même, essayant, pour son plaisir, d’être encore plus salope que la nuit d’avant. Pour ce faire, je préparai un sac avec du vieux pain et une pancarte en carton sur laquelle était écrit : « Pour nourrir la truie, jetez-lui simplement le pain dans la rigole ». Dès la fin de l’après-midi, j’étais à nouveau présent à la pissotière avec tout le matériel. En attendant la saillie, je jetai un œil à mon annonce. Surprise, un message y avait été ajouté : RDV à 22h devant les toilettes du parc de C. Je notai le rendez-vous, accrochai le sac au mur et me mis à quatre pattes devant la rigole, pantalon sur les chevilles, mes fesses écartées à deux mains, le sac de vieux pain à coté de moi et la pancarte accrochée au dessus. Je n’attendis pas plus de quelques minutes quand le premier homme entra. Lorsque ses yeux s’habituèrent à la pénombre, il remarqua ma présence, vit le sac et le panneau. — Mmmhhh, y a de la bonne salope aujourd’hui, on dirait. — Oui, je suis une truie à baiser par tous les trous et par tout le monde. — C’est clair, tu en a besoin, ça se voit. Mais avant tout, tu n’as pas faim ? — Si monsieur. Il posa son pied sur ma tête, la plongeant dans la rigole. — Commence donc par l’apéro, salope. Il m’obligea à laper la vieille pisse dans la rigole pendant qu’il ouvrait sa braguette, puis jeta quelque bouts de pain dans l’infâme ruisselet avant de m’arroser de sa pisse, visant alternativement mon cul offert, ma tête et les quignons de pain. — Vas-y salope, régale-toi ! Tu es vraiment une truie, à bouffer du pain à quatre pattes dans une pissotière. — Oui monsieur, une truie qui aime la pisse et le foutre. — Tu vas en avoir. Termine de bouffer pendant que je me sers de ton trou à foutre. Je n’avais pas encore fini qu’un deuxième arrivant se mêla à la scène, jeta un autre bout de pain puis pissa directement dessus avant de se branler et d’arroser le tout d’un épais nappage de foutre chaud. À ce moment, l’homme derrière moi accéléra le rythme et un liquide chaud remplit mon ventre. Il resta fiché au fond de mon trou un moment, puis se retira, me mit à genoux et me présenta sa bite à sucer. Une belle bite, longue et épaisse, encore gluante de foutre et maculée de traces brunes. — Nettoie, salope ! Je veux plus une seule trace. Je pris son sexe à moitié débandé en bouche et m’appliquai à le nettoyer, prenant plaisir à le sentir reprendre vigueur sous mes coups de langue, lorsqu’un autre homme entra. Il me regarda sucer en se caressant, sans visiblement se décider à profiter de mes trous. L’homme que je suçais l’invita ouvertement et le dialogue s’engagea : — Si ça te tente, je lui ai bien lubrifié le cul à cette salope ! — Je préférerais me faire sucer un peu avant, elle a l’air de savoir y faire. — Pas de problème. Tu as vu la pancarte au-dessus ? — Putain ! Quelle truie ! Je vais pas me gêner alors. — Y’a pas de raison. Et quand tu en auras fini, laisse-lui un mot sur son cahier et prends une photo, cette chienne doit encore apprendre. En attendant, je crois que je vais lui remplir le cul à la pisse, je suis sûr qu’elle aime ça. Aussitôt, la bite que je nettoyais reprit place entre mes fesses, tandis que le nouvel arrivant me fourrait la sienne au fond de la gorge, tout en émiettant à nouveau du pain sur le sol. Je sentis mes intestins gonflés sous la pression d’un liquide chaud pendant que le premier homme me remplissait le cul à la pisse comme il l’avait promis, tandis que le second écrasait du pied les bouts de pain trempés de pisse et me donnait son pied à lécher. Totalement avili, je couinais de plaisir, et lorsque la bite qui me remplissait le cul se retira, je me vidai sans retenue et sans honte sur le sol devant ces deux hommes totalement inconnus. Je fus à nouveau retourné et obligé de laper le pain baignant à présent dans mon lavement de pisse. — Vas-y, grosse truie, bouffe la pisse qui traîne. Tu dois aimer ça, c’est sûr ! — Montre-nous que tu aimes ça, doigte-toi pendant ce temps. — Frotte-toi la gueule dedans et regard-nous. Dis-nous ce que tu es ! J’obéis et me frottai la figure dans le mélange, me mis deux doigts entre les fesses, puis me remettant sur les genoux, je levai la tête et annonçai à haute et intelligible voix : — Je suis une truie, une chienne juste bonne à être tirée par tous les trous, à être nourrie au pain sec et à la pisse, et je suis heureux de le montrer. Au-dessus de moi, les deux hommes se masturbaient. C’est au moment où ils arrosèrent ma figure de longs jets de foutre chaud en me traitant de poubelle sur pattes, de truie immonde et de salope à clodo, qu’il entra. Je terminai de nettoyer les deux mecs pendant qu’ils prenaient les photos après avoir mis le commentaire sur mon cahier, lorsque je pris conscience du nouveau venu. La démarche hésitante et l’odeur de vin ne laissaient pas de doute : un SDF égaré là, sans aucun doute. Mais trop tard ! La figure couverte de sperme encore chaud, le pantalon sur les chevilles, le cul bien ouvert et la pancarte en plus, trop tard pour faire quoi que ce soit… Espérons qu’il ne fasse que passer. Alors que le clodo sortait sa bite, visiblement trop éméché pour remarquer quelque chose, ce fut le choc. L’un des deux hommes me prit par les cheveux et me mit la tête sous le jet de pisse du SDF en annonçant : — Tiens salope, en voilà encore. Tu es gâtée ce soir, de la pisse bien chaude à volonté — Oui, après la nôtre il y a celle-ci. Lève la tête et ouvre bien la gueule ! — Et quand tu auras bien tout avalé, tu lui feras une bonne pipe. Tu es très douée pour ça, salope, et je suis sûr qu’il va aimer ta bouche ! L’odeur était abjecte, mais le fait de me retrouver ainsi, obligé de sucer cette queue qui visiblement ne connaissait pas le savon, m’excitait. Aussi je m’efforçai de ne pas perdre une goutte du jet brûlant qui arrosait ma gorge. Mais malgré mes efforts, et du fait que l’on me secouait la tête, je fus vite trempé comme une soupe, puant la pisse et le sperme presque autant que lui sentait le vin. Dès que le flot de pisse se fut quelque peu calmé, je pus prendre cette bite fromageuse en bouche et commençai à la sucer tout en avalant les dernières saccades de pisse. L’homme, visiblement, appréciait et ne ressentait aucune gêne à se faire ainsi sucer la tige par une salope sur la figure de laquelle il venait de pisser, bien au contraire. — Putain, c’est bon, elle suce bien cette salope, et en plus elle avale la pisse ! — Oui, une bonne truie comme on en voit rarement. Si tu veux la baiser, te gêne pas, elle sait pas dire non. — Il a raison, on lui a déjà rempli deux fois le cul et la gueule, et elle en redemande ! — Et faut la voir bouffer son vieux pain à même le sol, dans la pisse et le foutre. Elle se régale, visiblement. — Montre-lui, salope, quand tu lui auras nettoyé la bite. Je veux que tu lui demandes de te nourrir et de te baiser pendant que tu lapes ta bouffe ! Bien entendu, aussi excité par la situation que les paroles, je finis de nettoyer cette queue immonde puis me remis à quatre pattes, fesses bien offertes et demandai : — S’il vous plaît, monsieur, pourriez-vous me jeter un peu de pain dans la rigole de pisse afin de me nourrir comme je dois et aime l’être, et profiter de mon cul pour me remplir de foutre pendant que je ramasserai ma bouffe au sol ? Le clodo accepta en rigolant grassement, et quelques minutes plus tard, il se déversa, lui aussi, avec un râle de plaisir entre mes reins. Puis ils quittèrent tous les trois la pissotière. Moi, rompu de fatigue et de plaisir, je m’écroulais, la figure dans la pisse et m’endormis sur place.
LE PARC
je me reveillais au petit matin, baignant dans une mare nauséabonde d'urine et de foutre, un gout acre de pisse et de sperme en bouche et rentrai chez moi, les vetements souillés et puants, après avoir récuperé mon sac et mon cahier. Devant la porte, m'attendait , bien en evidence, un paquet sur lequel une enveloppe était scotchée, adressée au feutre rouge et en majuscules: à "la roulure de pissotière". Priant tous les diables qu'un de mes voisins n'ait pas vu le colis, je me depechais de refermer la porte et ouvris le pli. "bonjour roulure de pissotiere, comme tu voit, je sais ou tu habites à présent, et je dois dire que ce que j'ai vu jusqu'à présent me plait assez, tu as de bonnes dispositions pour devenir une bonne petite salope accro à la bite de mâle. dans le colis ci joint, tu trouveras des vetements: ce seront les seuls que tu porteras derénavant, je reste de tes fringues seront mis dans un sac poubelle devant ta porte ce soir, je passerai les prendre durant la nuit, vu que d'apres ce que je sais, tu seras occupe à te faire ramoner la bouche et le cul dans les chiottes du parc de C. Il va de soi que ces tenues ne seront jamais lavées, mais simplement mis à secher pour etre remis plus tard. en effet, tu dois apprendre à aimer puer la pisse et pour cela, j'ai deja mouillé tes draps, tu dormiras ainsi en permanence dans cette odeur qui te rappellera ton rang de truie pisseuse. Pour le nombre de photos que contient la pellicule, ce n'est pas ton problème, tu verras bien quand elle sera fini." Je verifiai mon lit, et, effectivement, les draps était trempés d'urine, souillant le matelas. j'ouvris alors le colis joint et y decouvris une collection de slips, de t-shirts blancs, de serviettes blanches également, de collants ouverts et de culottes plastiques transparantes ainsi que d'un paire d'escarpins à talons, une cagoule en vinyl noir avec dux trous pour le nez et un ecarteur buccal en guise de bouche, un sac a main marqué "la khaba" (qui signifie "la pute" en arabe) et d'un long manteau. les t-shirts etaient marqués au feutre rouge de noms tels que "sac a pisse", "truie", "sac à foutre", "pute", "salope à dispo", "lope à jus" et autres nom humiliants et degradants. Une lettre était également posée au fond du carton: "voici ta nouvelle tenue de salope soumise. Ce soir, tu te rendra dans les chiottes du parc, dans la derniere cabine, uniquement vetu du slip, d'une serviette en pagne par dessus et la culotte plastique pour maintenir le tout, tu mettras un collant par dessus ainsi que le manteau et les chaussure, et une fois sur place, tu enfilera la cagoule et tu attendras, à genoux, les mains derrière la tête. Cette tenue sera desormais ton uniforme, et tu ne porteras plus que ceci. ce wc devienda ton nouveau chez toi toute les nuits, et je suis sur que les clients seront de plus en plus nombreux quand la nouvelle se sera répendue" Sous le choc, je restai un moment stupefait, mais après tout, n'etait ce pas ce que je voulais? je decidai de reprendre des forces après la nuit de dépravation que je venais de vivre et m'écroulais dans mon lit pisseux, tout habillé et m'endormis aussitôt. j'emmergeai de mon sommeil vers 15.00h, et reflechis à la situation un peu plus serieusement. Visiblement, cet hommme savait ou je logeai et pouvais à tout moment devoiler ce qu'il savais de moi en public. il me tenais mais je dois dire que le souenir de la nuit precedente, notemment le clochard qui m'avais humilié m'excitait encore terriblement, et j'y vais pris un grand plaisir. Je dcidai donc d'aller au bout de cette histoire et acceptais en moi même de perdre toute dignité et d'aller au bout de ma déchéance. Je commencais donc par trouver une phrase pour me présenter au cas où on me le demanderai et finis par arreter mon choix sur "je ne suis qu'une vulgaire catin de pissotiere, une roulure de chiotte, une souillure à humilier et une lopette mâle sans dignite, juste bonne à enfourner de la bite à la chaine en marinant dans sa couche trempee", phrase que j'appris par coeur. Vers 18.00, je mis comme exigé toutes mes affaires dans un sac poubelle, enfilai ma tenue, rempli les sac avec l'appareil photo et le cahier ainsi que la pancarte, puis me rendis au lieu indiqué, non sans passer au sexshop acheter un flacon de poppers sous le regard lubrique des clients présents et du vendeur. le wc en question était d'une saleté repoussante et il y regnait une odeur abjecte, d'autant plus qu'il etait bouché et rempli à ras bord d'un mélange de pisse de plusieurs jours. Sur la porte était marqué "truie a souiller no limite". J'accrochai le manteau au linteau, enfilai la cagoule et me mis en position. Il ne fallu pas longtemps pour que j'entende des pas deriière moi, puis un silence et enfin un sifflement et une voix: "oh putain, ca c'est de la salope!! tu cherche quoi, t'es un PD qui veux se faire baiser? c'est ca?" Je répondis la peur au ventre mais excite comme une chiene par la phrase apprise: "je ne suis qu'une vulgaire catin de pissotiere, une roulure de chiotte, une souillure à humilier et une lopette mâle sans dignite, juste bonne à enfourner de la bite à la chaine en marinant dans sa couche trempee. -elle est pas trempée, ta couche, salope! je vais t'arranger ça: écartes ta couche, que je puisse pisser tranquille." J'ecartais donc l'arriere de la culotte plastique et l'homme urina tranquillement dedans, la remplissant à moitié. Une fois fini, il me mis sa bite en bouche et me baisa sans ménagement, s'enfonçant bien au fond de ma gueule, enfonçant sa tige en me tenant par la tête. une bonne dose de foutre s'engouffra bientôt au fond de ma gorge, que je dus avaler si je ne voulais pas etouffer.puis il me plongea la tête dans la cuvette pleine de pisse, et me la maintient quelques secondes avant de me lacher et de s'en aller sans un mot. j'eus à peine le temps de reprendremon souffle qu'une main se posa sur ma couche gonnflée, appyant dessus en faisant remonter le liquide jusqu'au bord, et tandis que j'entendais une fermeture éclair s'abaisser, l'inconnu cria haut et fort: "hé les mecs! regardez moi quelle belle pute offerte qui n'attends que nos bites!!" Aussitôt, des hommes arrivèrent de partout et la curée se déchaîna:ma couche se retrouva très vite sur mes chevilles, suivi du lange et du slip, je fus rempli en permanence par la bouche et le cul, noyé sous des flots de pisse et de sperme, suçant les bites qui sortaient de mon cul, je n'étais plus qu'une poupée aveugle, dont on usait et abusait à loisir, sous les insultes de toutes sorte: "sac à pisse, lapes moi toute cette bonne pisse, tu dois avoir soif -son cul est bien lubrifié à la pisse, ma bite y entre toute seule -oui, on va y rajouter une bonne dose de foutre, on voit bien qu'elle aime macérer dans ses déjections -c'est sur, vu la façon qu'elle a de prendre nos queues, elle est faite pour ça, cette truie -faut continuer à remplir ce chiotte, les gars, on lui fera vider régulièrement, à cette lope -vous inquiétez pas, cette espèce de merde sera à votre disposition tous les soirs pendant un moment -super, je connais justement quelques potes bien vicelards qui ne demandent que de s'amuser avec une merde sans dignité -justement, il faut le formater en pute à jus et pissotière, ce bâtard, alors ne vous gênez pas avec lui -t’inquiète, on va totalement la déshumaniser cette salope -on devrait lui jeter sa couche dans la cuvette des chiottes, ça lui donnera plus de goût -d'accord, mais avant, on va lui demander de l'essorer par terre et de nettoyer le sol avec" j’obéis sans discuter, enlevai la couche trempée et l'essorai , avant de frotter le sol autour de moi avec, ne sachant pas dans quoi ni de quoi je l’imprégnais, alors même que des sexes anonymes continuaient de passer de mon cul béant dégoulinant à présent d'un mélange de pisse et de foutre à ma bouche offerte. Totalement avili à présent, je me laissai aller, toute honte bue, au plaisir de n'être qu'une pute de bas étage, gémissant à défaut de pouvoir parler, la figure régulièrement trempée dans la cuvette, obligé de laper cet infâme contenu sous les moqueries et les humiliations incessante durant une bonne partie de la nuit. les rares moments où mes orifices n'étaient pas utilisés, je récupérai à même le sol ce qui avait coule de mon cul, me régalant de cette situation abjecte, sûr à présent que c'était là la vie qui allait être la mienne dorénavant. Je réalisai soudainement que l'homme ayant affirmé que je serai la tous les soirs ne pouvait être que mon dresseur, et me pris a rêver qu'il était là, jouissant du spectacle de ma déchéance, ce qui ne fis que m'exciter d'avantage encore. Je ne sais combien de litre de foutre et de pisse j'ai avalé cette nuit, obligé de faire sous moi devant tout le monde, de lapper mes déjections à même le sol crasseux, sodomisé encore et encore, certain allant jusqu"à me pisser directement dans le cul, comme si je n'étais plus qu'une simple pissotière sur patte, sans jamais en avoir assez, jusqu'au moment ou un homme me dit: "Ca suffit pour cette nuit, serpillière a foutre, remets ton lange et ta culotte plastique que je te remplisse une dernière fois, et tu garde la cagoule encore 10minutes avant de rentrer dans ta porcherie" Et c'est ainsi que je rentrai chez moi ce matin là. Mon dresseur était passé car le sac avait disparu et une nouvelle flaque de pisse trempait à présent mon oreiller. Je me couchais heureux dans ces draps pisseux encore humides, le nez dans l'odeur de mon dresseur, la pisse s’écoulant peu à peu de ma couche totalement saturée.
E RENCONTRE MON DRESSEUR
J'ai été réveillé le matin par le bruit de la porte qu'on ouvrait: un grand black fit irruption dans ma chambre et, avant que je n'ai pu faire le moindre geste, il arracha mes draps et me plaqua sa main sur la bouche:
"Pas un mot, la catin, ou tu vas la sentir passer! je suis ici pour te ramener à ton nouveau domicile. Je vois que tu as gardé ta couche pisseuse pour la nuit, tant pis! Tu feras donc la trajet trempé, comme la truie que tu va devenir. Mais avant de m'occuper de ton déménagement, je vais m'occuper de toi. A quatre pattes sur le lit, face a moi, gueule bien ouverte."
Encore à moitié endormis, j’obéis sans discuter à cet inconnu, terrorisé par sa voix et sa carrure. A peine étais je en position, qu'il ouvrit sa braguette et me mis un engin pas possible sous le nez. Son sexe devait bien faire dans les 30 cm et 10 de circonférence ....Ce type était monté comme un taureau!! et visiblement sa bite avait du servir car elle était maculée de traces brunes et sentait la pisse à plein nez.
j'avalais tant bien que mal cette queue aux dimensions phénoménale, alors qu'il me prenait par les cheveux et me baisait la bouche sans ménagement en grognant de plaisir:
"-Mmmhhh salope, tu as vraiment une bouche faite pour sucer! Je vais t'envoyer ma purée bien au fond, et t'as pas intérêt à en perdre une goutte. Après on verra pour tes affaires. Ouiiii, je suis, grosse pute...avales bien tout mon jus et ensuite tu me nettoie la bite et tu me remercieras poliment de t'avoir baisé la bouche en m'appelant Monsieur. C'est d’ailleurs ce que tu feras dès maintenant et à chaque fois qu'on te dosera au foutre ou à la pisse, et ceci quelque soit le trou qu'on aura choisi."
j'obtemperai sans hésiter, constatant avec horreur qu'il avait laissé la porte grande ouverte et que mon voisin, un vieux pochtron, gros et repugnant de saleté et qui faisait la manche en rue observait la scène en se caressant doucement. Le grand noir a du voir la surprise dans mes yeux, car il s'est retourné, puis sans aucune gêne, annonça au voisin:
"C'est une truie en cours de dressage. Comme vous pouvez le voir, elle porte une couche bien trempée d'un mélange de sperme et de pisse de tout ceux qui l'ont baisée par tous les trous hier soir au parc de C, ou elle est tous les soirs. Si l'envie vous tente, je viens juste de me faire faire une bonne pipe et cette pute a bien tout avalé, la place est libre.
-oui, volontiers, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas vidé les burnes dans la bouche d'une bonne salope, et apparemment, ça a l'être d'en être une.
-Oui, des qu'elle voit une bite, elle ne peux pas s'empêcher de se jeter dessus la bave aux lèvres, comme une chienne en chaleur, ce qu'elle est d’ailleurs.
-Je rêve ou en plus cette truie à pissé au lit? elle aime être la pisse en plus?
-En fait, c'est son dresseur qui est passé pisser dans son lit, mais il y a aussi ce qui a dégouliné de sa couche cette nuit. Elle doit apprendre a aimer être souillée et perdre toute dignité. Son dressage ne fait que commencer. Elle a même un cahier ou ses utilisateurs marquent leurs commentaires une fois qu'ils se sont servi d'elle"
Le vieux lu attentivement les divers commentaires de mon "cahier de truies" puis s'approcha de moi, et, sans un mot, abaissa son pantalon et un slip crasseux, exhibant un sexe mou à l'odeur répugnante. Seigneur, il ne l'avais donc jamais lavé? Je la pris néanmoins en bouche, surmontant mon dégoût et les hauts le cœur et la suçai de mon mieux. je dus y mettre tout mon savoir, caressant le gland de la langue, massant les couilles flétries, avalant toute la longueur de ce sexe pour qu'enfin le bout de chair prenne vie et grossisse dans ma bouche. Mon baiseur ne disait pas un mot, se contentant d’apprécier la fellation par de petits grognements de plaisir. Enfin, il se retira de ma bouche et m'envoya une dose de foutre sur la figure. Mes ailleux, quelle réserve!! ça semblait de plus vouloir s’arrêter et je me retrouvais la figure couverte de sperme gluant. Puis il me remis sa bite en bouche, pour la nettoyer, et lâcha sa vessie d'un seul coup.
Impossible de tout avaler, je me mis a tousser, recrachant la pisse qui coula sur mon lit, ce qui le fit bien rire. Il me maintient la tête enfoncée sur son sexe et fini de pisser tranquillement, directement dans ma gorge. Enfin, il remis sa bite dans son slip crasseux et moi, déjà bien dressé, je lui dit:
"-Merci monsieur d'avoir permis à votre pute de recevoir votre jus et d'avoir pu avaler votre pisse. N'hésitez pas à vous resservir de l'un de mes trous à votre guise."
Il me jeta un regard de dédain, me cracha à la figure et sortit, sur un simple "sale pute dégueulasse". Le black arrêta les rangement de mes affaires et se tourna vers moi:
"-putain salope, tu m'as remis la trique à sucer ce vieux porc. Tourne toi et baisse ta couche, je vais n’exploser le cul comme tu le mérite. Et comme je veux pas t'entendre crier, tu vas fourrer ton lange pisseux dans ta gueule de truie"
Quel bourrin, ce mec, il m'a pris par les hanche et a enfoncé son braquemart à fond d'un seul coup. J'ai cru qu'il allait me déchirer le cul tellement il me baisait sans retenue, en me tenant par les hanches pour imprimer son rythme. j
Je serrai les dents sur mon lange pisseux, obligé par la même d'avaler le jus âcre qui coulait dans ma gorge. Mais bientôt, la douleur se calma et fis place à un plaisir inouï et je m’offrais entièrement à ce superbe mâle qui me ramonait le cul sans aucun ménagement, gémissant de plaisir et allant jusqu'à écarter de moi même mes fesses à deux main pour l'inviter à s'enfoncer encore plus profond dans mes boyaux:
"- salope, grosse pute, cuve à jus, tu aimes ça, te faire défoncer la rondelle par un black!!t'inquiètes pas, tu en prendras bientôt des plus grosses encore. mmmhhhh, je vais te remplir la chatte à raz bord de foutre, sale truie, ton trou à bites restera ouvert un moment après ça, et sous peu, ce sera toi qui demandera à te faire saillir comme une chienne!!9a y est, je viens, je te largue toute la sauce au fond de la ton cul de chienne"
des flots de foutre chauds me remplirent, alors que, spontanément, je me retournai pour nettoyer le pieu souillé qui venait de me pilonner mais il préféra arracher le lange pisseux de ma bouche et s'essuyer avec. Puis il me le jeta à la figure en me disant:
"-allez, la pute, rhabille toi, et mets tes draps dégueulasses et ton oreiller dans le sac poubelle, on s'en va, tu es attendu dans ta nouvelle porcherie pour continuer ton éducation!!
-Mais, mais, je vais pas...."
Et vlan, je pris une baffe magistrale qui m'envoya valdinguer à l'autre bout de la pièce. le colosse m'envoya un sévère coup de pieds dans les couilles et me releva par les cheveux, me faisant hurler de douleur, ce qui me valu un deuxième aller retour aussi sec. il plongea ses yeux dans les liens et me dit méchamment:
"-Ecoutes moi bien, salope! quand on te dit de faire quelque chose, tu obeis, point. Ni discussion ni excuses, c'est compris sale pute? et comme tu as ouvert ta sale gueule pour autre chose qu'emboucher une bite ou remercier, tu sortiras simplement vêtu de ta couche et ton ton t-shirt, sans rien d'autre au dessus. Et tant pis pour toi si on te voit ainsi. De toute façon, une truie comme toi doit pouvoir s'exhiber sans honte, pour montrer à tout le monde que tu n'es plus rien qu'une sous merde dont on use à volonté. C'est bien compris ou je t'en recolle une?
-oui, Monsieur, je vous remercie de m'avoir baisée comme la putain que je suis, de m'avoir rempi le cul de foutre et de m'apprendre à me comporter correctement devant les vrais mâles.
A la bonne heure, tu comprends vite, traînée, bon, maintenant, je vais te poser un collier et une laisse, et tu me suivras en portant le sac avec tes affaires. Mais avant de le refermer, j'ai une grosse envie de pisser, alors tu vas te mettre à genoux et me le tenir ouvert pendant que je me soulage.
-merci monsieur de pisser sur mes habits de truie afin qu'ils sentent bon la pisse et me permettre ainsi de laisser votre jus s'ecouler de ma chatte béante dans ma couche."
Ainsi fut fait, et je me retrouvais en laisse et en couche, trainé comme un animal jusqu'à une camionnette garée non loin de la, sous le regard des passants qui me montraient du doigt avec dégoût, certains allant jusqu'à se bouchant le nez à mon passage. Je fus jeté sans douceur à l’arrière du fourgon ou se trouvaient quatre autre noirs, aussi baraqués que le premier, un sourire vicieux sur les lèvres.
"-Youssuf et Abdel, allez récupérer le matelas de notre invité, les deux autres, amusez vous avec en attendant, je lui ai déjà bien ouvert la chatte et si cette pute n’obéit pas assez vite, vous lui rappelez les règles.
-Avec plaisir, une bonne khaba blanche, ce se refuse pas"
La porte s'ouvrit et deux hommes quittèrent, tandis que les deux restants sortaient déjà un sexe au dimensions aussi impressionnante que le premier et sans plus de manière, me baisèrent la bouche et le cul en alternance. Bien que déjà bien ouvert, la brutale pénétration fut douloureuse mais le sperme resté dans ma chatte fit office de lubrifiant et le plaisir pris vite le dessus. Il ne fallu que quelques minutes aux deux mâles pour se vider en moi dans de longs jets puissants alors que les deux hommes revenaient déjà, jetant mon matelas crasseux au sol:
"Putain, vous lui avez bien explosé le cul, à cette pute, il y a du sperme qui lui coule de la chatte. On va se faire un plaisir de la baiser à notre tour!!
-foutez moi cette truie sur le dos et tenez lui les pattes arrières, on va la faire déborder de jus, cette salope.
Bonne idée, on va voir combien de litre de foutre elle peut contenir"
Je fus donc baisé non stop par chacun de ces hommes à tour de rôle, plusieurs fois chacun. Mon ventre tendu me faisait mal, celui qui me tenait les jambes se faisant lécher le cul en s'asseyant sur ma figure, mais ils n'en avaient cure, seul importait pour eux de se vider en moi jusqu'à mon arrivée. Enfin, la camionnette ralentit, je dus remettre mon lange et ma culotte plastique et fus entraîné les yeux bandés dans un lieu inconnu. Quand on m'ôta le bandeau, je me retrouvais enchaîné dans une pièce vide, à l'exception de mon matelas, posé devant un mur percé de 6 trous dont l'un était garni d'une petite étagère ou se trouvait deux gamelles en inox, directement fixées sur la tablette au dessus de l'oreiller. La longueur de la chaîne ne me permettais que de me mettre assis, allongé ou à genoux et l'autre extrémité coulissait librement sur une barre courant le long du mur. Une lumière crue éclairait l'endroit, et je remarquais une caméra dans l'un des angles de la piece, et un écran de contrôle au dessus.Le mur opposé était garni de deux grands miroirs de chaque côté d'une porte en bois sans serrure apparente. Une voix se fit entendre, semblant sortir de nulle part:
"- Bienvenue dans ta nouvelle demeure, sale pute. Ici commence ton éducation. Comme tu as pu le constater, il y a des trous au dessus de ta paillasse, ils sont fait pour que les hommes y passent leurs queues, comme dans les glory holes. au dessus de celui de ta gamelle de droite, il y est noté WC, je te laisse deviner à quoi il sert...Tu suceras toutes les bites qui se présenteront, et ceci à n'importe quel moment. La lumière restera allumée en permanence, et durant quinze jours, tu ne sortiras de la que pour être offert au parc C, mais cette fois ci, ty y sera attaché dans les chiottes que tu connais si bien à présent. Après cela, on passera à la phase suivante: Ta couche sera cadenassée en permanence durant un mois, pour te rendre totalement incontinent, ainsi, tu te pisseras et te chieras dessus sans pouvoir te contrôler. Tu ne seras changé qu'une fois par jour, et seulement si tu le demande en termes suffisamment humiliants et avec des mots crus.
La caméra te surveille et diffuse sur plusieurs grands écrans dont un à l'exterieur, au dussus des orifices et un dans ta porcherie, pour que tu puisse voir ta déchéance. Les miroirs sont des vitres sans teint pour les spectateurs preferant le live...De plus, la porte n'est pas fermée ce qui permets à la fois de venir te baiser à loisir et de te remplir ta gamelle. Tu ne boufferas que des restes mêles de sperme et n'auras à boire que ta gamelle à pisse. Si elle est vide et que tu as soif, tu demanderas qu'on vienne te la remplir, on trouveras bien quelqu'un qui aura envie de se vider la vessie.
Après cela, tu devrai en théorie avoir perdu le peu de fierté et d'humanité qu'il peut encore te rester, d’ailleurs cela vaudrait mieux, car sinon tu passera entre les mains des cinq hommes qui t'ont amené ici, et crois moi, ce coup ci, ils seront moins tendre avec toi.
bon, te voila mis au parfum, sale pute, alors au boulot! t'as déjà des clients qui ont les couilles pleines"
En effet trois belles bites se présentaient deja au travers des trous et le souvenir de la raclée recu au matin ne ma laissait d'autre choix que de les prendre en bouche, l'ecran de ma cellule renvoyant l'image d'une truie en couche en train de sucer toutes les bites se présentant. Je passais d'un sexe à un autre, certains propres, d'autres moins et d'autres encore pas du tout, sans rien savoir de l'homme à qui il appartenait, avalant du sperme au goût varié. des litres et des litres de foutre me tapissaient l'estomac et j'en arrivais à apprecier la pisse de ma gamelle à présent pleine a ras bord pour m'abreuver et ôter le goût du sperme dans ma bouche. Je n'entendais que les commentaires salaces de l'autre côté du mur:
"-putain! elle suce bien cette salope.
-oui, je connais des putes qui n'arrivent pas à avaler autant de foutre à la suite.
-et quelle bonne idée cette pissotière juste à côté, c'est très pratique.
-comme cet ecran qui permets de la voir sucer nos bites, si elle pouvait se voir ainsi, cette truie.
-je connais bien le proprio, il y a une télé pour qu'elle se voit tel qu'elle est cette truie.
-et vous avez vu l'etat de sa couche, cette salope se pisse dessus devant tout le monde.
-normal à force de boire nos pisses mélangées, faut bien qu'elle se soulage.
-et la gamelle qui déborde et mouille son matelas n'as pas l'air de la gêner plus que ça.
-C'est vraiment une pute sans aucune dignité."
Et c'était absolument ce que j'étais devenu en à peine quelques jours. Je passais le reste de la journée ainsi, suçant toutes les bites qui se présentaient, m'abreuvant de pisse, ma couche tellement trempée que son contenu coulait le long de mes cuisses, souillant encore un peu plus mon matelas. Seul un homme passait de temps à autre pour m'enculer sans ménagement et repartait une vois soulagé. Le sperme qui coulait de ma chatte sechait dans ma couche et collait mon lange mais je n'avais guère le temps de m'en préoccuper de toute façon.
Enfin, un homme penetra dans la pièce, un seau dans une main, un torchon blanc dans l'autre:
"-voila ta pâtée du soir, la pute, tu vas enlever ton lange dégueulasse et l'assorrer dedans. Puis tu as 10 minutes pour la vider si tu ne veux pas prendre une rouste mémorable et tu n'as pas intérêt à te servir de tes mains:tu bouffe à même la gamelle. ensuite tu te laves ta gueule de truie immonde avec ton lange trempé, tu le rince dans ta gamelle à pisse,tu le le pend à secher au crochet et tu mets ton lange neuf. Tu as des clients qui t'attendent au parc, n'oublies pas."
Il remplit ma gamelle d'un mélange pâteux de riz, de pâtes et d’épluchures diverses et y vida le contenu de plusieurs capotes et quitta les lieux non sans pisser à son tour dans mon abreuvoir. Je me dépêchais d’obier à ses instructions et vidai ma gamelle en moins de cinq minutes, me lavais la figure avec mon lange, le rinçais dans ma gamelle de pisse et le mis à pendre. J'avais à peine terminé que mon geôlier revint, décrocha la laisse du mur, me mit un bandeau et m'entraîna. Cette nuit, le parc allait avoir une pute gratuite à souiller et humilier à son entière disposition.
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La première fois qu'elles se rencontrèrent au vernissage d'une exposition de peinture, la jeune fille fit tout pour attirer le regard de Juliette. Mais ne lui adressa pas un regard. Elle était aussi insensible à son enthousisame que peut-l'être une satue de Rodin. Déçue, Charlotte, semblait perdue dans une étrange rêverie. Comme cela lui arrivait parfois. Elle s'absentait alors, loin, très loin. Elle ne savait pas encore elle-même, si elle était heureuse. Désespérée d'avoir un corps sans réaction devant la vie, dévorée par quelque chose d'inconnu, qui, qu'elle le veuille ou non, lui prenait tout. Elle me regarda longuement, puis eut un vrai sourire, dans lequel en faisant un effort, on pouvait retrouver ce qui avait été sa féminité flatteuse mais qu'un nouvel élément transformait en une sorte de féminité crispée, mais tout de même empreint de sérénité. Juliette avait eu raison bien à l'avance. Elle paraissait manquer, non pas de loyauté, mais de confiance en elle. Alors, sa Maîtresse, mue par cette force qui habite les cœurs encore jeunes, pensa que sa vie sentimentale ne pouvait abriter deux intrigues à la fois. Elle était poussée, en outre, par je ne sais quelle intime impossibilité de lui mentir. Elles ne possédaient rien ensemble. Rien d'autre qu'un engagement mutuel, un collier, un lit. Rien, aucune activité sociale, aucun contact avec d'autres êtres humains, les lumières du ciel ou de la ville. Il n'était rentré dans leur relation que la vérité, crue et nue, de leur sexualité. Elles n'avaient pas eu besoin de donner le change, pas plus à elles-mêmes, qu'aux autres, et les subtils aménagements ou glissements successifs vers le mensonge et l'omission qui s'opèrent entre amantes, n'avaient pas pu amorcer le chemin qui mène très souvent, vers l'hypocrisie, le compromis et le malentendu librement consenti. Elles n'étaient pas des animaux sociaux. Le mensonge, dès lors, ne servait à rien et elles n'y recoururent jamais. Aussi, Juliette se sentait tenue de tout dire à Charlotte, sans même l'embrasser ou la caresser, mais elle n'avait pas assez compté sur l'appétit qu'elles avaient l'une de l'autre. Elle lui fit d'abord l'amour, et le mal après. Sous le fouet, elle ne réagit pas. Elle eut un bref pincement aux commissures des lèvres si promptes à la douleur, et elle baissa la tête, puis elle la releva à peine troublée. Elle tenait à la main la mince ceinture de cuir qu'elle mettait sur sa robe, elle recula d'un pas et fouetta le visage de Charlotte. Cela lui ouvrit la lèvre, et elle sentit le goût du sang.
Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité mais elle était prête à répondre au désir de sa Maîtresse avec fougue. Elle était terriblement effrayée. Son bras repartit pour frapper encore. Mais elle ne fit rien. Elle laissa retomber son bras, lâcha la ceinture et se mit à sourire, sans parler. Elle possédait ce talent, qui est si rare de savoir donner une présence au silence. Charlotte regarda Juliette sans pouvoir prononcer une parole. Elle prit une douche, et se brossa les cheveux. Elle finit de se sécher et passa seulement un peignoir. Et tout en s'essuyant avec une serviette de bain, elle se regarda dans le miroir, en contemplant les lettres JM, ornant son pubis lisse, signe de son appartenance, et surtout les cicatrices, vifs souvenirs des sanglades de cravaches. Sa Maîtresse la fouettait généralement elle-même, mais il lui arrivait de la faire fouetter par une autre jeune femme. Charlotte était très mate de peau, élancée et fine, les yeux bleus dévorant le visage, des cheveux noirs coupés droits au-dessus des sourcils, en frange à la garçonne, Elle avait de petits seins fermes et haut placés, des hanches enfantines à peine formées. À force de la battre, Juliette s'était rapprochée de Charlotte, qui obtint le droit de demeurer près d'elle. Mais elle lui interdisait de la caresser, de l'embrasser fût-ce sur la joue, ou de se laisser embrasser par une autre. Elle voulait qu'elle parvienne à se donner après avoir été touchée par les mains ou les lèvres de qui que ce fût. En revanche, elle exigeait, car elle ne la quittait que très rarement, qu'elle regarde toujours Juliette caresser une autre femme mais uniquement en sa présence et pour son seul plaisir. Sans doute, Juliette avait trop compté à la fois sur l'indifférence et la sensualité de Charlotte par rapport aux jeunes filles. Jamais, elle n'avait eu avec elle l'attitude d'une amante amoureuse. Elle la regardait froidement, et quand elle lui souriait, le sourire n'allait pas jusqu'aux yeux. Mais, elle ne voulait pas se séparer d'elle. Elle tenait d'autant plus à elle, qu'elle la livrait davantage. Le seul fait qu'elle l'offrait chaque jour davantage lui donnait une preuve, qu'elle lui appartenait. Elle lisait son visage, son cou. Ainsi, lorsque Charlotte se sentait traitée injustement, elle roulait les épaules vers l'avant, son cou se gonflait, faisant saillir les muscles, et régulièrement ses épaules retombaient. Elle se tenait comme gelée.
Ses abandons donnaient un prix mystérieux à son existence. Son corps magnifique était celui d'une femme, mais les resssorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements d'une tornade. Souvent, elle portait une robe assez décolletée pour qu'on voie le grain de beauté sur son sein. Mais quel repos, quel délice le fouet qui balafre la chair et marque pour toujours, la main d'une Maîtresse qui vous couche sur un lit de fer, l'amour d'une Maîtresse qui sait s'approprier sans pitié ce qu'on aime. Et Charlotte se disait que finalement elle n'avait jamais aimé Juliette que pour apprendre l'amour, mieux se donner, esclave et comblée, à elle. Comme si elle avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle dissimulait de son mieux sous les râles et les spasmes. Elle apprit à aimer porter des pinces aux seins. Mais Juliette disait qu'elle en profitait trop, que le plaisir effaçait la douleur et que cela était scandaleux. Les lèvres de son sexe étaient en revanche très sensibles, quels que soient ses efforts. Mais cette farouche volonté de ne jamais la décevoir lui permettait alors d'assumer bien des sévices. Elle se concentrait de toutes ses forces pour oublier ses souffrances. Parfois, elle parvenait à oublier la douleur lorsque brisant ses chaînes et la tension nerveuse qui la faisait trembler, Juliette la fouettait et qu'elle se débattait entre ses mains, le visage durci par la peur et le désir. Elle cessait de se raidir, pressée contre le mur, saisie au ventre et aux seins, la bouche entrouverte par la langue de sa Maîtresse, pour gémir de bonheur et de délivrance. La pointe de ses seins se raidissait sous les doigts et parfois même les dents de Juliette. Elle fouillait si rudement son ventre qu'elle croyait s'évanouir. Oserait-elle jamais lui dire qu'aucun désir, aucune joie, aucune imagination n'approchait le bonheur qu'elle ressentait à la liberté avec laquelle elle usait d'elle, à l'idée que Juliette n'avait aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon dont, sur son corps, elle pouvait chercher son plaisir.
Loin de se sentir maîtresse de la situation, il lui semblait qu'elle n'était que l'éxécutante d'un jeu qui la dépassait. La certitude que lorsqu'elle la touchait, ce fût pour la caresser ou pour la battre. Il arrive que la force du désir se nourrisse dans la chair, d'une succession de faits, de contretemps microscopiques, lesquels finissent par tisser un dessein occulte qui prend alors la forme d'un enchaînement logique et implacable. Comme elle était là, plaquée contre le mur, les yeux fermés, les mains de sa Maîtresse montaient et descendaient le long d'elle la faisant brûler chaque fois davantage. Cette nuit, Charlotte passa une nuit agitée, maintes fois la jeune fille se réveilla en sursaut. L'aube fraîche apaisa son énervement. Elle en conclut qu'elle n'avait plus l'habitude d'être fouettée et quelques traces douloureuses sur ses reins la confirmèrent dans cette idée. Étendue nue sur son lit, elle se remémora la soirée et seulement toute l'horreur de son abandon lui apparut. Elle frémit à l'idée qu'elle avait pu s'offrir, se laisser ainsi sodomiser dans des poses d'une lubricité atroce par des inconnus. Puis, peu à peu, le souvenir de certaines émotions charnelles supplanta la vague de pudeur qui déferlait en elle. Elle repensa à l'ardente virilité de l'homme et trouva la vie plus belle que jamais. Elle se caressa dans la douce lumière du jour tamisée par les volets. L'après-midi, elle retrouva Juliette qui l'emmena chez Paul. Vêtues toutes deux de blanc, on aurait dit des sœurs, et le miroir éclairé renvoya bientôt aux yeux de l'homme leurs intimités lisses et moites. Bientôt, les deux corps dénudés se roulèrent sur le lit en une étreinte sauvage où Charlotte exhala non sans passion sa volupté toujours puissante. Alors Charlotte abandonna son corps aux désirs sadiques de Paul. Il l'entraîna sur une table haute et l'allongea à plat-ventre, jambes et bras écartés en lui liant les chevilles et les poignets fermement avec des cordes en prenant soin d'étirer ses membres en position d'écartèlement extrême. Paul se saisit d'un martinet aux lanières en cuir et commença avec art à fouetter les reins qui s'offraient à lui. Il débuta doucement, visant le sommet des fesses tendues. Elle n'avait pas très mal. Chaque coup amenait seulement un sursaut, une contraction des muscles, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion légère des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif.
Simultanément, elle regrettait et elle espèrait. Quelle ivresse n'y a-t-il pas à se jeter dans l'abaissment ? Toute honte bue, elle acceptait de se soumettre. De la bouche de la soumise contrainte sortirent de longs soupirs. Paul, excité, frappa alors plus fort par le travers et les gémissements de Charlotte furent plus profonds et la danse de la croupe s'accentua bientôt. Le plaisir qu'elle prenait, à offrir à sa Maîtresse, autant moite et brûlante, lui était témoin et garant de son plaisir. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure dans les reins et hurla. L'homme la flagellait à toute volée. Il n'attendit pas qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent nettes. Charlotte crispa alors ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à la tête. Alors sa Juliette s'accroupit près des épaules de Charlotte et lui caressa la tête, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée. Paul frappa encore plus fort et les fines lanières cinglèrent alors dans un bruit mat les fesses musclées. La suppliciée se mit à gémir en hoquetant et en tordant son frêle buste que sa Maîtresse maintenait tout en le caressant. Elle lui promit toutes les joies charnelles qu'elle voudrait sur son propre corps, mais lui demanda de résister encore. Parfois Charlotte se tournait vers Paul dénudé, qui, tel un démon, les yeux fous de luxure, le ventre tendu, la verge en érection, la flagellait avec une force inouïe. Alors les lanières léchèrent le sexe entre les cuisses écartées et un long cri s'échappa des lèvres de la soumise douloureusement atteinte. Elle voulut fermer les jambes mais des cinglements plus vifs l'atteignirent sur leur coté. Alors, la douleur devint trop vive. Elle ne voulait pas supplier, elle ne voulait pas demander grâce mais Paul entendait l'amener à merci. Charlotte laissa couler quelques larmes sur la main de Juliette qui fit signe à Paul de cesser la flagellation. On la détacha de façon à lui permettre de pouvoir prendre du repos, mais cet intermède ne dura que peu de temps. Penchée sur le ventre ouvert de la soumise, Juliette posa ses lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité. Mais elle même, sentit monter en elle la plus violente des jouissances sous la caresse précise de Paul qui, glissant sa langue entre ses reins, lapait la peau satinée de sa voie étroite, tandis que des lèvres de Charlotte s'échappait la plainte d'amour, s'éleva le bruissement étouffé de la chair humide et palpitante de Juliette, jouissant de toutes ses forces.
Elle avait l'impression de sentir le goût d'un animal affamé mais le désir qui ne l'avait pas abandonné rebondit encore dans sa croupe.Il avançait, reculait sans capituler. Comme cela allait être dur de tenir, avec cette petite pute qui se déchaînait. Ce qu'elle désirait, elle l'obtiendrait, son cul ouvert et moite, profond, chaud et sérré. Paul dut maintenir les hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus. Quand Charlotte eut repris ses sens, tous trois revinrent alors sur le lit. Paul fit prendre à la jeune soumise les positions les plus indécentes, puis à son tour, il lui tendit sa verge en érection. Elle s'agenouilla et le masturba lentement, en roulant sa paume tout autour du cylindre de chair avant de le prendre en bouche. Avec violence le phallus se contracta, manquant de ressortir de ses lèvres qui l'aspiraient pour le retenir. Il éjacula brusquement, innondant sa gorge de sperme qu'elle avala religieusement jusqu'à la dernière goutte. Juliette posa son index sur l'anus de Charlotte, et lentement l'enfonça dans les entrailles chaudes, jusqu'au bout. Les yeux fermés, elle cherchait à imaginer, en sentant les contractions des sphincters intimes, la volupté ressentie par un homme dont le membre était pris dans cette voie exiguë. Doucement, elle agita son doigt dans l'orifice offert, tandis que sa soumise redonnait de la vigueur à Paul, par le mouvement de sa bouche refermée et resserrée sur le membre gonflé. Elle comprit qu'à son tour, il souhaitait frayer un chemin au plus étroit. Il ne la laisserait qu'à la nuit tombée, après lui avoir labouré les reins, qu'il lui meurtrirait tant il était épais. Alors, bientôt, il se dégagea, se leva et, attirant par les reins Charlotte, laissa son sexe se caresser au sillon des reins, que Juliette avait laissé à regret. Alors sans préliminaire, il enfonça son phallus, remontant et allant frapper au fond de la cavité de l'orifice naturellement étroit. Dans un long gémissement, elle accepta cette chair qui distendait ses reins non sans se débattre, sans être comblée de honte, mais à laquelle, elle ne se déroberait pas, même si cela lui semblait sacrilège.
Elle devenait profonde, ténébreuse, et son ventre inventait sans cesse une pulsation régulière. Il rêvait de la foutre en tout sens, de la couvrir de sperme, de la voir, de l'ouvrir, de la voir ouverte. L'anus de la jeune femme céda avec un bruit humide de succion et devint chaud. Il se pouvait aussi qu'il se décide à la frapper encore. Une lourdeur torride appesantissait son corps. L'obéissance personnifiés avec des brûlures cuisantes entre ses reins. Elle gémit encore plus fort, quand elle sentit le membre caché, buter au fond de ses entrailles. Le membre lui sembla colossal. Elle frémit à l'idée de cette virilité qui s'enfonçait dans son orifice étroit et une volupté nouvelle vint s'ajouter à celle qui montait en elle. Paul, les mains aux hanches, poussa bientôt des reins, et le gland amolli par la précédente jouissance se prêta aux replis de l'exiguë bouche. L'anus plissé s'ouvrit sous la poussée continue, lente, inexorable, se distendit suivant le cône de chair qui s'infiltrait en lui comme l'épée dans son fourreau. Paul sodomisa profondément ce jeune corps soumis, se regardant glisser hors de l'étui intime, se contracter, distendre les bords plissés de l'anneau anal. Bientôt, l'excitation fut trop forte et il accentua la cadence, secouant la croupe empalée. Charlotte, elle même avivée par ce frottement intense dans ses entrailles forcées, s'abandonna à son tour, tandis que l'homme lançait en elle, par saccades quatre jets de sperme visqueux et âcre. Elle se tordit de jouissance et, dans une longue plainte, soupira, s'écroula, vaincue par un orgasme dont l'intensité la bouleversa. Paul se retira, la libérant. Charlotte voulut le prendre dans sa bouche pour le laver, mais dédaigneusement, il refusa. Semi-consciente, elle pensa alors seulement qu'aucun orifice de son corps ne serait épargné, qu'elle devrait aussi accepter d'être prise au plus étroit et savait que cette humiliation lui serait infligée par la volonté de la maîtresse qu'elle aimait. Elle était là pour que Juliette assouvisse ses bas instincts, ses plus vils fantasmes. Au fond d'elle même, elle était décidée à ne pas la décevoir. En fut-elle délivrée ? Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie de sueur, de salive, et de sperme, elle se sentait comme un réceptacle d'impureté. Cependant les parties de son corps les plus souvent offensées lui paraissaient, malgré elle, plus belles, comme anoblies. Sa liberté serait bien pire que n'importe quelle chaîne.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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En quoi consiste le roman, sinon à réparer l'irréparable ? Grâce à lui, l'impossible se réalise. On se transporte mieux que sur un tapis volant auprès des êtres aimés. On leur prête des sentiments qui vous font défaut. On les ressuscite, même s'ils sont morts. Dès le premier soir, tout était déjà inscrit. Les choses ne sont jamais fatales, sans doute mais précisément parce qu'elles ne le sont pas, elles ne se libèrent jamais du passé qui les fait grandir, des regards et des silences qui les font surgir. Elles naissent à chaque instant de l'instant qui les précède. Chaque parole échangée entre nous trace et définit d'avance les courbes de la relation. Les sentiments n'ont jamais l'épaisseur qu'ils ont dans le silence. Le temps qui s'écoule entre l'évènement et le récit leur prête tous les reflets, toutes les réfractions du souvenir. Pour ne jamais mentir, il faudrait vivre seulement. Mais les projets secrets, les desseins du cœur et les souvenirs brisent souvent cette simplicité impossible. Emmanuelle disparut de ma vie. Ne recevant aucune réponse aux lettres que je lui adressais, je cessai de lui écrire. Elle ne ne demeurait pas moins présente. Je m'éveillais le matin avec un sentiment d'abandon. Je ne pouvais concevoir qu'un amour aussi intense ait pu achopper sur ce qui m'apparaissait plus comme une indélicatesse que comme une trahison. Je croyais naïvement qu'elle reviendrait. Je demeurai trois mois ainsi dans l'incertitude. Je sursautais en entendant la sonnerie du téléphone, j'attendais le courrier avec angoisse. J'imaginais son existence à Rome. Je vivais comme un automate. J'accomplissais le rituel de la vie quotidienne, je voyais des amis, je faisais l'amour, mais ces gestes restaient extérieurs à moi-même. Mécaniquement, je ne m'y impliquais pas. Une maladie intérieure me minait. Personne autour de moi ne se doutait du drame que je vivais. À qui aurais-je pu en faire la confidence ? Personne ne connaissait l'existence d'Emmanuelle. Il ne me resterait aucune trace de cet amour. Cette idée m'effrayait parfois.
Ainsi, j'éprouvais par ce subterfuge un sentiment de puissance sur le monde puisque j'obtenais à volonté la richesse qui me manquait. Je fabriquais de l'amour avec presque rien comme les alchimistes font de l'or avec du plomb. Qu'un être ait pu remplir à ce point ma vie et s'effacer sans laisser aucun signe. La première fois que je la rencontrai au vernissage d'une exposition Giacometti au Musée Rodin, je fis tout pour attirer son attention. Juliette ne m'adressa pas un regard. Son intérêt la portait là, où précisément, je n'étais pas. Est-ce cette froideur qui m'intrigua ? Quand je lui adressai la parole, elle ne m'écouta qu'autant que la politesse l'exigeait. Elle arborait l'air résigné que les victimes de la mondanité réservent aux fâcheux, aux raseurs. Elle était aussi insensible à l'enthousiasme que je lui manifestais que peut l'être une statue en marbre du sculpteur. Quand je lui demandai son numéro de téléphone, elle me toisa avec une expression offensée. Eût-elle exprimé un peu plus d'urbanité qu'elle aurait moins piqué ma curiosité. La froideur de cette inconnue m'aguichait. Les contraires s'attirent. Sa présence me gênait. Elle s'interposait entre mes rêves et moi. Elle m'empêchait même de songer à elle. Notre rencontre avait du piquant. Le soin extrême qu'elle prenait pour afficher une élégance toute détachée m'intriguait. Une indifférence courtoisie m'eût découragée avec plus d'efficacité. Qu'avais-je fait pour la mériter ? Je n'eus pas le loisir de lui en demander l'explication car elle disparut en me tournant le dos. Le lendemain, je lui fis porter un bouquet de tulipes Bianca à son hôtel, accompagné d'une carte amicale. Je ne reçus aucune réponse. Je n'en fus pas étonnée. Espérant la rencontrer, j'allai bientôt me poster à la porte du Bristol, son hôtel. Je l'attendis sur le trottoir de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Enfin, je la vis apparaître. Dans les reflets de la porte à tambour, elle me parut plus grande, plus élancée, plus altière que jamais. Un soleil printanier éclairait alors mon espoir.
D'avoir deux femmes dans ma vie, une pour les mois d'été, l'autre pour les longs mois d'hiver, ne laissait pas de me troubler. Je devais m'habituer à ce jeu cruel qui consistait à oublier celle qui me quittait pour m'attacher à l'autre qui la remplaçait. Plutôt réservée, je n'avais pas pour habitude d'accoster une inconnue. Mais sa beauté exacerbait mon attirance saphique, fut-elle sans fière assurance. Elle sembla hésiter sur sa direction. Cette incertitude l'humanisa à mes yeux. Sans hésiter, je m'approchai d'elle. Quand elle m'aperçut, elle eut un soudain mouvement de recul. Je lus dans son regard noir la lueur de blâme que l'on réserve aux extravagances d'une folle. "- Encore vous", soupira-t-elle. Notre conversation fut aussi cordiale qu'un échange de coups de pistolet, le matin, à l'aube, entre deux duellistes. Malgré mon sourire avenant, et ma fausse innocence, la partie semblait perdue. Je pensais à cette citation de Vigny: "Au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon". - Pourquoi ne me laissez-vous pas le temps de m'expliquer ? N'aimez-vous pas les tulipes ? - Je n'ai aucune envie d'entendre vos explications. - Pourquoi ne pas accepter le dialogue amical ? Avez-vous peur de votre propre faiblesse ? Je vis passer une flamme assassine dans ses yeux. Une femme ne pouvait-elle pas offrir des fleurs à une autre femme ? - Vous n'êtes pas de nature à m'en inspirer. - Pourquoi cette brutalité ? Pourquoi toujours imaginer le pire ? Que faites-vous de l'amitié ? - Me croyez-vous à ce point naïve ? Avec vous, je sais très bien à quel type de femme j'ai affaire. - C'est mal me connaître et me faire un procès d'intention. Je ne suis pas une amazone. - Prenez-le comme vous voudrez. Mais laissez-moi, vous perdez votre temps, je suis pressée. - Puis-je vous déposer quelque part ? - Non, c'est inutile, je reste dans ce quartier. - Avez-vous l'intention de déjeuner ? - Oui, mais pas avec vous. - Je vous propose un pacte amical. Nous déjeunons ensemble et je vous promets de ne plus tenter de vous revoir. Parole de femme, honneur de femme. Elle me regarda d'un air dubitatif. Balle au centre. - Puis-je accorder le moindre crédit à quelqu'un qui se comporte comme vous ? - Je vous répète, je vous donne ma parole d'honneur. Je la sentis vaciller. La situation tournait à mon avantage. La victoire était proche. Restait à traverser le pont d'Arcole. - Votre parole d'honneur, répéta-t-elle en haussant les épaules, je ne me fais aucune illusion sur vous. Mais je suis plus que lasse de votre insistance et de votre folie. Alors, je vous accorde vingt minutes. Pas une de plus. Le présent de l'amour ressemblait au négatif d'une photographie argentique. Il fallait attendre le développement pour en avoir le cœur net. Parfois, il réserve bien des surprises.
Cette instabilité touchant une affection fondamentale créait chez moi une angoisse. La sécurité d'un amour unique me manqauait. L'ennui, c'est que ce genre de difficultés est difficile à dire. Un restaurant nous tendait les bras à l'angle de la rue du Cirque. Je l'y conduisis. Pendant le déjeuner, elle resta fidèle à elle-même. Sur la défensive, hautaine, éludant toute question personnelle, ne m'offrant que l'armure d'une personnalité bouclée dans les conventions et le dédain. La glace contre le feu. Pourtant quelque effort qu'elle fît pour être désagréable, elle ne parvenait pas à me déplaire. Je sentais en elle, derrière la Ligne Maginot qu'elle m'opposait, un attirant tumulte de contradictions qui n'était pas sans charme. Au moins, elle ne ressemblait à personne. En vérité, il faut bien reconnaître que moi aussi. Le café bu, elle se leva et, sans se départir de son air farouche, elle prit congé. Pendant quelques instants, cette femme m'avait paru précieuse. Je n'attendais plus d'elle que l'ultime cadeau qu'elle pouvait me faire: s'en aller. - Maintenant que j'ai eu la faiblesse d'accepter votre déjeuner, j'espère que vous allez tenir votre promesse. Merci pour les tulipes. Adieu. Elle disparut laissant derrière elle un sillage glacé comme un blizzard. Je tins parole. Pendant dix jours. Puis je l'appelai dans sa propriété non loin de Bordeaux, dans les vignobles. - Et votre promesse, s'exclama-t-elle. En plus, vous êtes parjure. Le ton de sa voix n'exprimait qu'un courroux de façade purement formel. Ce qui était un progrès. Et puis n'avais-je pas évité le pire, elle n'avait pas raccroché. - J'ai promis de ne plus vous voir, pas de ne pas vous téléphoner. - Vous êtes bien française, dit-elle en ciselant ce qualificatif pour marquer un insondable mépris. Maintenant que l'amère habitude de ses amabilités était prise, je prenais un certain plaisir à la voir décocher ses flèches. - Quand venez-vous à Paris ? - Que vous importe puisque vous m'avez juré de ne pas chercher à me revoir. - Je sais par l'une de mes amies, que vous serez après-demain à un dîner chez les Moras. - Vous ne me donnez pas envie de m'y rendre. J'attendais de cette rencontre quelque chose de confus, une issue possible. J'étais pleine d'espoir. Mais une pensée surtout me troublait. Pourquoi cette femme était là et non une autre ? Quelle suite de hasards, d'agissements fortuits, de contretemps, d'obligations, de retards avaient tissé les fils de cette rencontre à la fois prodigieuse et dérisoire ? Quand elle raccrocha, je conservai un instant le combiné muet à la main. Pourquoi insister ? Oui, pourquoi ? Par jeu ? Il y a des rencontres qui, comme celle-ci, ne commencent pas précisément par de forts encouragements. Si elle avait ressenti un coup de foudre pour moi, elle le dissimulait bien.
Je me rends compte que je parle beaucoup d'amour. En réalité, je ne m'intéresse vraiment qu'à l'énigme de la passion. Ce qui me passionne dans l'amour, c'est qu'il est ce pont mystérieux qui me conduit à moi-même. S'il se bornait à n'être que le prétexte à des aventures sexuelles, il n'y aurait pas beaucoup de raisons de s'en préoccuper. L'amour est une initiation qui ne se termine jamais. Peut-être n'aimait-elle pas partager son lit avec une femme ? Tout simplement. Mais alors, pourquoi ne pas me l'avouer ? Il y a des vérités qui ne méritent aucune contestation. Mais alors, pourquoi n'avoir en tête que cet horrible mot de réciprocité La réciprocité en amour est un calcul bourgeois. Pas d'investissement du capital sans un rendement substantiel. Cette femme, sans doute mariée, avait beau me rabrouer, elle me plaisait. sapiosexuelle exigeante, bisexuelle très pratiquante. Elle m'attirait pour une raison que je ne cherchais pas à m'expliquer. Mais après-tout exige-t-on de Dieu qu'il vous donne des preuves de réciprocité. Et puis parfois, en amour, on a l'impression sans vraiment savoir pourquoi, qu'en dépit des obstacles, le destin a déjà gravé notre avenir. Calculer la somme des probabilités qui amène deux personnes à se parler, puis à s'aimer, est une opération effrayante. Surtout si l'on considère que du silence, il peut résulter une passion, fruit d'une accumulation exponentielle de hasards. Et cette histoire aussi était probablement déjà écrite dans un mystérieux livre qu'hélas je n'avais pas lu. Comme se serait simple de pouvoir consulter le livre des destinées avant d'offrir un bouquet de tulipes à une femme. On éviterait tant d'impairs, de temps perdu, de malentendus, mais on passerait aussi à côté de la vie et de ses surprises. Elle vint à Paris. Je me trouvai au même dîner qu'elle. Elle m'accueillit avec son habituelle mansuétude. Après le dîner, elle tenta de s'éclipser mais je la rejoignis dans l'escalier, abandonnant mon amie Emmanuelle. L'immeuble donnait sur le jardin du Luxembourg. Il y avait dans l'air je ne sais quel parfum de printemps.
Je finissais par avoir des doutes sur moi-même: étais-je une intrigante sentimentale ? Une profiteuse, une Bel Ami ? Tant qu'à faire c'était plutôt à Julien Sorel que j'aurais songé. Je ne voulais que humer que son parfum intime, le musc de ses profondeurs, lui emprunter les rêves qu'elle suscitait. Nous fîmes quelques pas en silence. Un silence doux et reposant comme une paix. Elle avait une voiture anglaise, comme elle. Elle était née à Londres mais elle vivait à Bordeaux. Je lui demandai de me raccompagner. Elle accepta en poussant un soupir. Elle gara sa voiture en bas de chez moi. Elle semblait avoir épuisé ses ressources d'agressivité. Je tentai alors de l'embrasser en posant une main audacieuse sur sa cuisse nue. Elle ne me repoussa pas. Au contraire, elle répondit à mon désir avec tant de fougue que j'en fus presque déconcertée. Une grande bataille est celle que l'on remporte avec une résistance farouche. Je la dévêtis contre le mur. La découverte de son porte-jarretelles me troubla. Elle ne pouvait exprimer plus clairement ses intentions. Ainsi, elle s'était armée pour l'amour. Rien n'avait été laissé au hasard. La seule chose qu'elle avait abandonnée au jeu des circonstances, c'était le choix de la partenaire. Avais-je même été choisie ? Cette dérision me parut tragique. Bientôt, je me ressaisis. Après tout pas de raison de se lamenter à propos d'un porte-jarretelles. Nous accomplîmes tous les rites que nous attendions l'une de l'autre. L'angoisse avait disparu. Le silence se chargea du reste. Dès lors, elle bascula, comme une statue bascule de son socle. Nous nous retrouvâmes chez moi. Et ce fut comme si, de toutes ses forces, elle tenait à démentir l'indifférence qu'elle m'avait manifestée. Nous nous aimâmes dans une douce ambiance de paix conclue, sur un lit d'armes abandonnées et de sensualité débridée. Déshabillée de son agressivité et de sa pudeur, elle demeurait menaçante comme une tempête apaisée. Ses refus donnaient un prix mystérieux à son abandon. Je l'admirais comme une belle énigme. Avais-je véritablement une femme devant moi qui avait cédé à une pulsion saphique ou l'incarnation d'un phénomène météorologique. Son corps magnifique était celui d'une femme aimante, mais les ressorts de son âme paraissaient aussi inaccessibles que les déchaînements imprévisibles d'une tornade. Loin de me sentir maîtresse de la situation, il me semblait que je n'avais été que l'exécutante d'un jeu qui me dépassait. Juliette entra dans ma vie au même moment où Emmanuelle en sortit. Une nouvelle vie, un nouvel amour.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Comme tous les couples mariés depuis 15 ans, nous nous installions dans une certaine routine sexuelle. Nous, c’est moi, Alexis, 38 ans, grand brun aux yeux vert, 1m90 pour 90kg, 13cm pour 4.5 de diamètre; et ma jolie femme, Julie, 1m74 pour 70kg, 85B, et un an de moins. Depuis le début de notre relation, j'ai toujours mis un point d'honneur à essayer de garder un minimum de trois relations sexuelles par semaine. Malgré cette fréquence relativement convenable pour un couple de cet âge, il m'arrivait pourtant encore souvent de me satisfaire moi-même entre deux rapports. Pour cela j’utilisais quelques accessoires et quelques fantasmes issus de mon imagination perverse dont je suis seul à connaître l’existence. Les trois fois hebdomadaires durant lesquelles je me vide dans mon épouse sont souvent platoniques. Ma femme est une vraie "étoile de mer" qui alterne avec quelques positions. La levrette, le missionnaire, et quand c’est jour de fête, un petit 69 qui se termine souvent en facestting pour ne pas salir madame. Pourtant elle n’a pas toujours été comme ça. Les premières années, c’est elle qui prenait les rennes, elle savait montrer son amour, et son envie de sexe avec moi. Elle me suçait, et même parfois avalait. Elle m'avait même permis une seule sodomie à l’occasion d’un de mes anniversaires. Mais ça, c'était avant le mariage. Avant les enfants.
C’est à force de visites sur mes sites pornos favoris que j’ai pour la première fois développé une envie de soumission. Mes recherches ont rapidement évoluées : de BDSM à soumis, puis femdon, strappon, chastity, candaulist, et enfin, cuckold, clean up…
Je n’avais plus que ça en tête. Je rêvais de voir ma femme devenir bête de sexe, comme aux premiers jours. Et si pour le moment je n’arrivais à lui faire retrouver cette envie que lors de soirées alcoolisées qui lui permettaient de s'inhiber totalement, il fallait que je trouve le moyen de la mettre dans une situation où elle se dévoilerait salope avec un jeune homme sexy. J'ai remarqué depuis longtemps qu’elle mate souvent les jeunes, à la plage, en course. Mais comment faire ? Elle était devenue tellement pudique. Les relations extraconjugales lui faisaient peur. Autant qu’à moi d'ailleurs, mais principalement à cause des IST/MST, pas à la relation en elle-même.
Un jour, j’ai décidé de franchir un premier cap et d'acheter une cage de chasteté sur internet. Mais je la portait en cachette. Je ne pouvais pas mettre ma femme sur le fait accompli, elle qui était si prude, elle aurait été choquée de voir mon petit oiseau à l'étroit dans sa cage, elle m'aurait pris pour un pervers. Pour lui faire accepter l'objet, j’ai donc élaboré un plan ; « le régime forcé ». Comme nous revenions de vacances, j'avoisinais les 100kg, et je galérais à perdre les kilos en trop. J'ai donc proposé à ma femme, pour me donner la volonté de perdre plus rapidement du poids, de me peser 3 fois par semaines, les soirs ou nous faisions l'amour. Si j avais perdu du poids par rapport à la fois précédente, je pouvais la baiser comme d'habitude, par contre si j'en avait pris, je devais m'occuper d'elle, mais sans que moi je puisse prendre mon pied. Elle fût aussitôt emballée par ma proposition, ce qui me surpris. Mon plan était en marche.
Quelques semaines plus tard, un soir ou justement j'avais repris du poids, et que je m'étais régalé du jus de sa chatte en restant sur ma fin, j'attendis qu’elle s endorme à moitié, et je m'adonna à un petit plaisir solitaire sans trop de méfiance. Une fois fini, un long jet de sperme parcourant l'étendue de mon ventre ; elle se tourna vers moi et me disputa comme on disputerai un petit garçon. Je ne pouvais dissimuler la chose, c'était mon plan. C'était la première fois qu’elle me surprenait la main dans le sac. Elle était outrée, et déçue de mon comportement. Elle s'endormit en boudant.
Le lendemain, je lui proposais de remédier à la situation en incluant une cage de chasteté dans le régime. Bien sur elle ne connaissait pas. Je lui montrait quelque photos sur internet, je ne pouvais pas lui sortir l'objet honteux directement, il était pourtant caché juste en haut du placard de notre chambre. Elle ne dis pas non. Qui ne dit non consent.
La semaine suivante, toujours en plein régime, un soir ou nous devions nous envoyer en l’air car j'avais perdu du poid, je me déshabilla devant elle, lui offrant une vue magnifique sur mon petit zizi tout épilé dans sa cage. Elle fût surprise bien entendu, mais aussi et surtout curieuse. Je lui donna la seule et unique clé, et, malgré le fait que j avais perdu du poids ce soir là, elle me demanda de la satisfaire avec ma langue tout en restant encagé. C'était ma punition pour m’être injustement masturbé la dernière fois. Elle apprenait vite…
Les mois suivants, le régime étant fini, la cage était maintenant devenue un jeu ponctuel, pimentant un peu plus notre vie sexuelle. Mais il y avait toujours ce vide dans ma vie, cette envie de soumission. Un soir un peu plus alcoolisés que d’habitude nous parlions tout les deux, nus sur le lit, après une partie de jambes en l’air. L'alcool aidant, nous parlions de nos fantasmes. Elle m’avoua qu’elle fantasmait sur le fait de faire l'amour avec une autre femme devant moi, mais sans que je puisse intervenir. Encagé par exemple. Je lui avoua que le mien serait de la voir prendre son pied avec un autre, un jeune homme bien membré. Après cette nuit là, nous ne reparlions plus jamais de cette soirée. Gardant honteusement chacun les secrets réciproques de l’autre.
Le retour de vacances suivantes, mes kilos en trop étant revenus, le régime forcé fit son retour. Avec une nouvelle règle cette fois que j'avais réussi à imposer. Si je prenais plus de 500g, en plus de m'occuper de Madame sans que je puisse prendre mon pied, j aurais une punition de son choix, mais une punition à connotation sexuelle et toujours une différente.
Pour voir jusqu'ou elle serait capable d'aller dans les punitions, je fis exprès de faire le yoyo avec mon poids. La première punition fût de lui prodiguer un massage intégral pendant une heure. La seconde fois, je fût étonné quand elle me demanda de faire le tour de la maison nu en pleine nuit, juste habillé de ma cage, mais je releva le défi, plus excité que jamais. Les punitions s’enchaînèrent toutes plus inventives les unes que les autres; le léchage de pied, la fessée, l’épilation du pubis, le face sitting avec quelques jets d'urine. Jusqu'au jour où elle me dit que je ne prenais plus trop au sérieux mon régime, donc pour la prochaine punition, je devrais lui trouver un jeune homme sur internet avec lequel elle s'enverra en l’air dans notre lit conjugal, sur lequel je serais attaché et encagé. C'était là mon plus gros fantasme. Mais je n’imaginais pas franchir le pas.
Je respectais donc un régime strict les semaines suivantes. Malheureusement, ce qui devait arriver arriva.
Contre toute attente, elle décida de maintenir son choix sur cette punition ultime, en apportant quelques précisions qui s’avéraient nécessaires. Nous choisirions le candidat sur internet ensemble. Elle voulait un jeune entre 25 et 35 ans, bien membré, habitant à une cinquantaine de kilomètres au moins pour être sûr de ne pas le recroiser, il devrait porter un préservatif du début à la fin, même pour les préliminaires, et elle pourrait biensur faire avec lui tout ce qu’elle voudrait sans que je ne puisse intervenir.
Nous avons passé des soirées entières sur des tonnes de sites pour trouver la perle rare. C'est finalement sur Bdsm.fr que nous avons trouvé notre homme. Monsterteub, 28 ans, 1m85 78kg, photo de profil version tablette d’abdo, un penchant pour la domination de couple, et comme son nom l'indique, une bite de 21cm. Après de nombreux échanges par mails puis par téléphone durant lesquels nous posions le décors de la scène à venir, nous convenions d’une date; samedi soir prochain. Les enfants seront absents pour l’occasion, tout était prévu. Tout, sauf ce qui allait arriver…
Le fameux samedi soir, la soirée commence par un repas aux chandelles en amoureux, plateau de fruits de mer, magnum de champagne pour la circonstance, ça peut aider. Elle est habillée comme une vraie salope; mini-jupe en cuir noir, petit haut blanc transparent laissant apercevoir de la lingerie fine de couleur noire. Et pour une fois elle est maquillée. A la fin du repas, nous nous dirigeons vers la chambre. Mon cœur bat à cent à l heure. Je me déshabille totalement, hormis la cage dans laquelle je suis de plus en plus à l'étroit. A l'aide de quatre ceintures de peignoir que j'avait attachées au préalable à chaque patte du lit, elle m'attache les mains et les pieds plutôt fortement par des triples nœuds, me voila totalement vulnérable. Elle pousse le vice jusqu’à enlever son string et me l'enfoncé dans la bouche. Elle est maintenant nue sous sa jupe, et je remarque qu’elle est totalement épilée, chose qu’elle n’a jamais fait avant ce soir. L'attente me semble interminable, quand tout à coup, on sonne à la porte, c'est Monsterteub, mais ce soir, il nous a demandé de l’appeler Maitre.
J'entends sa voix qui répond à celle de ma femme. C’est une voix grave, de mâle Alpha. Il entre et je les entends s’installer dans le salon. Soudain un bruit familier. Un bouchon de champagne. Cet inconnu est assis dans mon fauteuil entrain de boire mon champagne en compagnie de ma femme, qui ne portait rien sur le cul. Terriblement existant. Ils profitent un moment de leur compagnie mutuelle m'ignorant totalement. Encore un autre bruit de bouchon. C'est pas possible, ma femme va se retrouver totalement saoule. Il faut préciser qu'elle n’a pas de limite lorsqu’elle boit trop. Mes plus beaux souvenirs de soirées de baise ont toujours étés ceux pendant lesquels elle était complètement bourrée, elle se transforme en vraie cochonne et ose expérimenter des choses nouvelles. En même temps, il s'agit là d'une chose nouvelle. Enfin des bruits de pas qui s'approchent. La porte s'ouvre, me laissant apercevoir ma femme, en soutient gorge, son rouge à lèvres moins régulier que tout à l'heure, la jupe remontée laissant apparaître sa jolie petite chatte. Derrière elle, qui la suit de près, son amant d'un soir, beau gosse, torse nu, qui ne peut retenir un petit sourire vicieux lorsqu’il m'aperçoit. Lui n'a pas l'air saoul, contrairement à ma femme qui elle titube légèrement. Il s'approche de moi, libère ma bouche, mets ses doigts sous mon nez
-Tu reconnais cette odeur ?
L'odeur de la fente humide de ma femme biensur. Mon sexe gonfle encore et tire la cage vers le haut. Il vérifie mes liens. Je suis plus imposant que lui, sauf si nous parlons de nos attributs biensur, il a peut-être peur que je change d'avis et que je m'en prenne t à lui. Ma femme marche à quatre pattes sur le lit et vient me rouler une pelle, c’est spontané, étonnant venant d'elle. Elle sent l’alcool à plein nez. Il lui demande d'arrêter immédiatement en lui rappelant qu'elle lui appartient ce soir, puis notre invité nous dit qu’il doit passer au toilettes avant de commencer. Il s'éclipse.
Tant qu'à l'attendre, ma femme en profite pour se mettre toute nue. Elle commence à se toucher en me regardant dans les yeux pour m'exciter un peu plus encore. Elle commence à prendre son pied, quand tout à coup on entend la porte d'entrée s'ouvrir, puis se fermer. Étrange. Monsterteub aurait il pris peur. Je commence à me sentir étrangement rassuré. Notre invité est parti, je suis tout à ma femme; et je sais que vu dans l'état d'excitation qu'elle est je vais passer une super soirée. Ce sentiment d'excitation et de bien-être ne dura pas très longtemps.
On entends à nouveau des bruits de pas. Mais cette fois plusieurs bruits de pas. On se regarde avec ma femme. Elle a arrêté de se toucher, mais sa main est toujours sur sa chatte. La porte s'ouvre. C'est lui, mais il n'est pas seul. Il est accompagné de deux hommes un peu plus âgés. Le premier, typé italien, plus costaud mais BCBG, le second grand blond aux yeux bleu froid au regard de pervers, il tient quelque chose dans ses mains, son smartphone. Il nous filme. Je me débats en lui demandant des explications. On avait convenu pas de vidéo et évidemment pas de personnes supplémentaires. Comme simple réponse il nous dit calmement :
-Je suis et je serais votre Maître à partir de maintenant, cette vidéo va me servir pour vous faire chanter évidemment. Rassurez vous, je ne veut pas vous voler ni vous faire du mal, seulement du bien. Je juste baiser ta bourgeoise quand bon me semble, et je veux aussi en faire profiter les potes.
Sur ces belles paroles il baisse son pantalon, et approche ses 21 cm de la bouche de ma femme
-Maintenant, suce moi ça, salope.
Ma femme a l'air complètement perdue, jamais je ne me serais permis de lui parlé aussi crûment. Elle le regarde sans vraiment oser le regarder dans les yeux et lui répond :
- On avait convenu des rapports protégés du début à la fin et là vous…
- T'inquiète pas pour ça, femelle. Moi et mes potes, on est clean. Et vu comme vous aviez l'air d'avoir peur de choper la chtouille au téléphone, je suppose que vous devez être clean aussi de votre côté. Alors il est où le problème. Bouffe ma bite, vu comme tu la regarde on voit tous ici que t'en meure d'envie.
Ma femme sort alors sa langue. Et commence à donner de petits coups de langue, le blond, avec son téléphone, n'en perd pas une miette.
-Mais putain c'est pas une glace. Avale moi ça et pompe moi le dard correctement ptite bourgeoise.
Joignant les gestes à la parole il attrape ma belle par les cheveux et se sert de sa bouche comme d'un masturbateur.
Se tenant maintenant à quatre pattes au dessus de moi, elle offre une jolie vue au jeune italien sur son cul tendu. Il ouvre donc tout naturellement sa braguette et sort un beau morceau, peut-être un peu moins long que celui de notre Maitre, mais bien plus large. Il frotte son gros gland violacé sur sa petite fente rose épilée de haut en bas. Après avoir récupéré suffisamment la mouille de ma petite femme sur son gros gland, il s'enfonce doucement. Ma femme se retrouve prise entre deux bites. Et quelles bites! Elle commence à jouir de plus en plus bruyamment. Je l'ai toujours soupçonné de simuler avec moi, à l’entendre crier comme elle crie maintenant, je n'ai plus aucun doute. Mes yeux oscillent entre ma droite et ma gauche. J'ai comme une impression de rêver; d'un côté il y a la petite langue de ma femme qui lèche une belle paire de couilles avec envie, le membre de notre Maître posé sur son visage (il semble encore plus impressionnant en comparaison), de l'autre côté je vois l'italien qui ramone ma femme avec une fougue méditerranéenne. Soudain, il se crispe et dans un long râle, envoie au fond des entrailles de ma bien-aimée des giclées de sperme à n’en plus finir, puis il se retire.
-La place est libre je vais la prendre, lança Maître ; mais je ne veux pas baisser un trou souillé, soumis, il va falloir que tu nettoies avant. Salope, installe toi sur la bouche de ta lopette de mari.
Aussitôt dit aussitôt fait, je me retrouve nez à nez avec une chose que je ne reconnais plus, ses lèvres ouvertes dévoile un trou sans fond, duquel s'échappe un filet de liquide blanchâtre, odorant et gluant. Je sais ce qu’il me reste à faire, je l’ai déjà vu cents fois dans les vidéos sur lesquelles je passait mon temps à me tripoter. Mais là c'est différent. En plus de l'image, j’ai l’odeur, et bientôt le goût. Je commence par récupérer du bout de ma langue le stalactite qui glisse de plus en plus, puis je l'aspire. Comme une huitre elle glisse dans ma bouche, libérant un torrent de sperme. Le goût est trop amer. Pour y remédier, je décide de récupérer un peu de mouille que je sais légèrement sucré. Le mélange est appréciable, un goût de sexe pur et trash. Je m'active maintenant en profondeur. Soudain un autre ordre tombe :
-Va y ma ptite salope, pousse un peu. Je veux baiser une belle chatte totalement nettoyée.
Je senti les muscles de sa vulve se contracter, et soudain un petit jet, liquide au léger goût de lait de coco un peu salé. Je reconnais tout de suite ce goût. Ma femme vient de me pisser dans la bouche. Mais elle ne s'arrête pas à un simple jet, ça coule encore, et je n'ai pas d'autre choix que de m'empresser de boire le précieux nectar. Elle en profite pour vidanger totalement sa vessie la coquine. Elle n'a sûrement pas osé demander pour aller au toilettes avant. Ca déclenche l'hilarité de notre public. Je n'avais jamais bu une quantité d'urine aussi importante, mais je m’efforce de boire tout, jusqu’à la dernière goutte.
Je sens le lit bouger, ils viennent de l’écarter du mur. Maître profite de la position de ma femme à quatre pattes au dessus de moi pour venir la prendre au dessus de mon visage. Je peux voir en gros plan son impressionnant chibre butter contre l'entrée de la grotte. Il a du mal à rentrer après ce petit pipi.
-Soumis. J’ai besoin de lubrifiant. Crache la dessus que je puisse baisser cette salope.
Son sexe en érection de situe juste à quelques centimètres. Je lui crache toute la salive que j'arrive à réunir.
-Qu’est ce que tu fais. Tu viens de me cracher dessus. Comment ose tu? C est le trou de ta chienne d’épouse que je voulais que tu lubrifie, pas ma teub. Maintenant il va falloir que tu nettoie tes cochonneries.
Il présente maintenant son sexe gonflé contre mes lèvres, et pousse pour y forcer l'entrée.
Je n'ai plus le choix, je lèches donc pour la première fois de ma vie une bite. Et quelle bite. Je me rends compte que ma femme m'observe avec un plaisir pervers pendant que je m'exécute. Quelle petite vicieuse elle est devenue.
Une fois bien humide, je vois ce sexe viril quitter ma bouche pour s'enfoncer dans ma femme. Je constate que pendant ce temps, c'est l'italien qui est devenu vidéaste ; le blond, lui, a pris place dans la gorge de ma femme. Et il s'en donne à cœur joie. Au bout d'un long moment, le corps de ma femme tremble de partout. Des spasmes violents suivi d'un relâchement aussi soudain. Une quantité impressionnante de liquide sort de sa chatte et vient m'arroser le visage. Instinctivement j'ouvre la bouche et récolte un peu de ce précieux nectar. C'est une révélation pour elle, comme pour moi. Elle est femme fontaine. Jamais nous ne l’aurions soupçonné. Elle continue de jouir, tout en suçant le Blond. Elle suce comme une chienne en chaleur. Elle a envie de cette bite, elle veut qu’il éjacule dans sa bouche, elle veut goûter cette semence nouvelle au goût inconnu pour le moment. Alors elle s'active de plus en plus. Des bruits horribles de succion saturent la chambre conjugale. Soudain le râle du blond. Il reste bien au fond de la gorge de sa petite salope pendant qu’il se vide les couilles. Ma femme n’en perd pas une miette. Lorsqu’il se retire elle se lèche même les lèvres.
Dernier joueur en course, Mr 21cm. Toujours au dessus de mon visage en train de pilonner sa chose en levrette. Mais il a d'autres projets en tête pour terminer cette partie de baise en beauté. Il enfonce maintenant un doigt dans la petite rondelle rosé exposée devant lui, et commence quelques va et vient. Encore bien alcoolisée, aucune réticence de se fait sentir. Il s'en suit un deuxième, puis un troisième doigt. Le passage est fait. Il ressort maintenant son chibre de la chatte, m'aspergeant encore de mouille au passage et vient le placer sur l'orifice quasi vierge. Il y pénètre centimètres par centimètres sans trop de problèmes. Une fois totalement à l'intérieur, il entame les aller-retour avec brutalité. J'observe de très près le spectacle des testicules qui martèlent le clitoris gonflé de mon épouse, anciennement fidèle. Il la sodomisait sans même connaître son prénom, tout ça sous les yeux de notre cameraman qui n'en loupe pas une seconde.
Quand vient la délivrance, l'énorme chibre reste en place, bien au fond pendant de longues secondes, puis se retire sans ménagement, laissant un anus rougeâtre et béant, libérant une quantité importante de son jus de couilles sur mon visage. Le corp tout entier de ma femme s'écroule sur moi, totalement repu. Son cul meurtri se trouve à seulement quelques centimètres de ma bouche. Un nouvel ordre tombe, il est plus doux cette fois-ci, et il vient d'elle.
- Cheri, s’il te plaît je me sent tellement sale, nettoie moi le cul.
Je m’y exécute aussitôt un nettoyant de ma langue chaque centimètre carré du cul de cette putain que je ne reconnais plus.
Le calvaire enfin fini, je vois tout le monde se rhabiller. Tout le monde sauf moi évidemment . Je suis toujours attaché. Mon maitre s'approche tout près de moi, me regarde dans les yeux:
- Je vais repartir avec la clé de ta cage, comme ça, tu restera sage jusqu’à notre retour. Nous viendrons vous rendre visite une à deux fois par semaine. A chaque fois que nous aurons fini de baiser ta femme, tu aura le droit de la nettoyer, et si tu es sage, je libèrerai ta queue afin que tu puisses t'astiquer devant tout le monde. Si on ne peux pas venir pour x raisons, ça sera à ta femme de nous rejoindre seule à l'endroit que nous lui indiquerons. Mais pendant ce temp, toi tu restera encagé. Si par hasard vous aviez à désobéir à un quelconque ordre de notre part, il en va de soit que la vidéo tournée aujourd’hui risque de se retrouver sur internet.
Ils me libèrent. Je me branle honteusement devant les trois hommes et éjacule en 30 secondes en essuyant leurs railleries pendant que Madame prend sa douche. Ils me remettent la cage et me font lécher le sperme dont je viens d’asperger le sol avant de s’en aller. Enfin, dodo.
Le lendemain nous restons tout deux sans voix. Nous n'osons plus nous regarder en face, ni reparler de cette soirée. Nous étions au pied du mur, enrôlé de force dans une nouvelle vie, enrôlé vers l'inconnu …
La semaine qui suivie me parue très longue. Etre enfermé dans ma cage de chasteté était devenu insoutenable. Les premières nuits, je fût réveillé plusieurs fois par des érections nocturnes douloureuses. Je ne l’avais jamais gardé aussi longtemps. Je remarquais aussi que mon comportement envers ma femme changeait énormément. Je lui avait déjà pardonné son comportement de samedi soir, car tout était arrivé à cause de moi et de mes foutus fantasmes, et en plus l’alcool n’avait pas arrangé les choses.
J’était au petit soin toute la semaine avec elle, pourtant nous n’avons eu aucune relation sexuelle. En même temps, j’étais enfermé dans ma cage, mais elle ne m’a même pas demandé une seule fois de la satisfaire avec ma langue ou quelques sextoy. Peut être qu'elle compatissait avec moi.
Pourtant un soir, c'était mercredi je crois, pensant sans doute que j’était endormi, je l’ai surpris en train de se toucher délicatement. Je n’ai pas osé dire quoi que ce soit. Je l’ai simplement laissé finir. Peut-être revivait elle cette fameuse soirée dans sa tête… elle était vraiment en train de changer.
Le vendredi soir, son portable sonna. C’était notre maître chanteur. Il voulait repasser à la maison avec ses potes le lendemain soir, mais ma femme trouva une excuse, elle avait tant espéré que toute cette histoire n’était qu’un mauvais souvenir :
- Je suis sincèrement désolée maitr... monsieur, nous ne voulons et ne pouvons pas vous recevoir, toute cette histoire est allée trop loin, et de toute façon, nous n’avons personne pour garder les enfants.
- Si nous ne pouvons pas venir, ça sera à toi de nous rejoindre à l’hôtel, et en plus tu paiera la chambre, sinon je balance la vidéo sur internet, sur Facebook, même si elle ne reste pas en ligne très longtemps, imagine si quelqu’un de ta famille ou un collègue tombait dessus…
- Non, je vous en supplie, ne faites pas ça, je vais voir comment on peut s’arranger, je vous redis rapidement mais surtout ne faites pas ça.
Aie. Si elle les rejoint à l’hôtel, ça sous-entend que je vais devoir rester une semaine de plus en cage. En plus, ma femme ne voulait pas se retrouver seule, livrée en pâture à ces trois individus. Alors on appela parents, frères et sœurs, prétextant une sortie en amoureux de dernière minute afin que quelqu’un puisse garder les gosses. Malheureusement tout le monde avait déjà quelque chose de prévu ce soir là. Nous n avions plus le choix. Julie rappela donc à contrecœur notre maître pour lui dire que c’est elle qui viendrait, il lui donna des directives pendant plusieurs minutes pour la soirée à venir, puis raccrocha.
Samedi soir. Sur ses ordres, Julie c’était faite toute belle. Plutôt qu’un simple coup de rasoir, elle avait dû épiler son maillot et son cul intégralement. Tenue sexy, maquillage. Elle était magnifique, elle me rappelait la fille jeune, jolie et sûre d'elle que j'avais épousé à l’époque. Après un bisou furtif, suivi d'un regard qui trahissait son anxiété, elle s’en alla en voiture, roulant vers une chambre d’hôtel se trouvant à environ 30 minutes de route. Les enfants couchés, ma montre indique 22h, je me retrouve seul dans mon lit, seul avec mes peurs et mes craintes. Je regarde mon portable, toujours pas de nouvelles, même pas un petit SMS. Je commence à flipper en imaginant ce qui peut bien se passer là-bas. Paradoxalement, je bande comme un âne, et ça fait mal dans ma cage. Il faut que je pense à autre chose. Dix minutes de télé sur une chaine d’info suffisent à me ramollir. J’ai alors une idée, et si j’essayais de m’échapper de cette foutue cage. Je prends alors la vaseline, celle que j’utilisais autrefois pour baiser plus rapidement ma femme, et j'en enduit l’intérieur de ma cage. Puis je descends la cage et tire mon sexe vers le haut. La cage est très étroite, j’aurais dû en acheter une plus large que ce modèle S. Mais à force de persévérance, la voilà qui s'échappe de sa cellule, seul les couilles restent coincées entre l’anneau et la cage. Merde, au fait, comment vais je la remettre à sa place une fois que j’aurais pris mon pied. Tampi, je m’occuperai de ce problème plus tard. Place à la branlette. Trente secondes de pur bonheur, en pensant à ma femme biensur. Seulement, je viens de me rendre compte que pendant que j’éjaculais, mes petites couilles ont du se ramollir car la cage est tombée sur le matelas. Me voilà complètement libre. J'essaie de faire passer un testicule entre les barreaux et la cage, la douleur est atroce, ça ne passe pas. Catastrophe, que vais je faire, comment mon nouveau maître va t'il le prendre? Il risque de s’énerve, même sûrement me punir.
Soudain mon téléphone sonne.
- Allo, chéri, je t’appelle pour te tenir informé. Je suis seule avec notre maître. Il m’éduque. J’ai déjà récolté sa semence deux fois . Il fait une petite pause pendant que je lui masse les pieds.
Récolter sa semence deux fois, éduquer. Ça veux rien dire ça. J’aurais aimé plus de détails. Mais je n’ai pas le temps pour ça. Je doit lui parler de mon petit problème.
- Ecoute cherie. Ne lui en parle pas mais j’ai eu un soucis avec la cage, elle est tombée et je…
- Tombée ? Comment ça ? Dit une voix bien plus grave.
Oups. Elle était en haut-parleurs. J'aurais du m'en douter avec le massage des pieds, du coup c'est trop tard, il a tout entendu. Vite réfléchi, dit quelque chose...
- Bonjour Maître. Oui en fait je pense que la cage devait être trop grande et elle est tombée pendant que je prenais ma douche, à cause du gel douche...
- Tu ose mentir à ton maître, Couilles molles!. Tu vas le regretter, je vais m’occuper de ton cas. Lundi tu n’ira pas travailler, prétexte ce que tu veux à ton patron, je m’en balance. Tiens toi prêt à 9h devantchez toi, je viendrais te chercher. Et n'oublie pas ta carte de crédit.
Il raccrocha me laissant seul dans ma chambre, perdu dans mes pensées. Je commence à m’endormir vers 1h du matin après m’être astiqué le manche une seconde fois. Foutu pour foutu!
Ma femme me réveille à 2h. Elle ne ressemble plus à la femme ravissante qu’elle était en partant de la maison tout à l’heure. Son maquillage a coulé, ses cheveux sont tout ébouriffés, ils sont plein de sperme. Son haut est en parti déchiré. Ça va me coûter cher en vêtements cette histoire. Après s’être déshabillée, je constate également qu’elle a les fesses bien rouges, et justement elle les approche de moi.
- Maître a dit que tu devais nettoyer tout mes orifices quand je rentrais, c’est une partie de ta punition, et je dois filmer et lui envoyer la vidéo avant 2h15 sinon il nous punira en nous faisant faire le tapin, alors dépêches toi.
Je m’exécute difficilement, c’est tout de suite moins existant et même carrément dégoûtant quand on a déjà pris son pied avant. Deux fois qui plus est. Une fois le travail fini, je m’endors difficilement, en songeant à tout ce qui pourrait bien m’arriver lundi.
Apres un dimanche passé à éviter le regard de Julie, lundi 9h arrive. On sonne à la porte. Quelle ponctualité! J'ouvre et reçois immédiatement une grande claque dans les dents. Ça fait mal, je ressens immédiatement de la honte de me faire ainsi dominer par un plus jeune, et sans doute physiquement plus faible que moi. Je sens ma joue rougir.
- En voiture soumis, je vais aller dire bonjour à ma salope.
Je m’installe machinalement sur la banquette arrière, et attend le retour de mon maître pendant de longues minutes. Quand je l’aperçoit enfin sortir de chez moi en remontant sa braguette sans même se soucier du regard d’éventuels voisins curieux, il me demande de monter à la place du conducteur et monte à l’arrière.
-Roule soumis, je te dirais où aller.
-Oui maître.
Notre premier arrêt, c'est devant un salon de tatouage. Je transpire à grosse goutte. Nous entrons.
-Bonjour, mon soumis ici présent souhaiterais un prince Albert. Si vous vendez des petit cadenas en piercing, vous pouvez directement lui en poser un. Et me donner la clé s’il vous plaît.
-Biensur monsieur, nous vendons de vrais cadenas en acier chirurgicale. Inviolable, diamètre 3mm ça devrait convenir.
La vue de l’aiguille me fit transpirer. Un deux et trois. Aie. Putain ça fait mal. Maintenant il enfonce le cadenas, je ressens une douleur encore plus vive, il nettoie le sang, et le referme. Maitre prend les clefs qu’on lui tend et me demande de payer. Puis une idée lui vient en regardant ma petite nouille épilée au bout de laquelle pendouille un cadenas.
- Attends soumis, avant de partir je veux un tatouage « COCU » juste au dessus de ton vermisseau.
- Mais maitre, un tatouage c'est définitif et je pense que…
- Qui te demande de penser, esclave. N’oublie pas qui je suis, et installe toi sur le siège. Si tu la ramène encore je te le fait tatouer sur le front.
C’était mon premier tatouage, je ressens chaque lettre comme d’atroces brûlures, je veux plusieurs fois arrêter cet engrenage de plus en plus tordu, mais je pensais à ce qui ce passerais si la fameuse vidéo tournait sur internet, et si quelqu’un qu’on connaît tombait dessus. Un collègue de boulot mal attentionné par exemple. Et malheureusement, il y en a pas qu'un. Il pourrait à son tour nous faire subir un chantage abjecte, et abuser de ma femme. C’est pourquoi je prends sur moi, et je sers les dents.
Retour en voiture, tatoué et percé. Je souffre et regrette sincèrement mon écart de samedi dernier. Second arrêt. Il s'agit cette fois d’un sexshop. Maître demande un model de cage de chasteté inviolable compatible avec un cadenas en guise de prince Albert. Il choisit un modèle XS et me demande de le suivre dans la cabine.
J’enfile la cage devant lui, il la referme, et referme ensuite le cadenas. Me voilà totalement bloqué. Je réalise que ma vie sexuelle est maintenant complètement entre les mains de l’amant de ma femme.
Le samedi suivant, nous avions heureusement réussi à faire garder les enfants. Notre maître est venu avec son copain italien baiser ma femme toute la nuit. J’ai dû regarder ma belle se faire baiser plusieurs fois par tout les trous, surtout le plus douloureux, et jouir sans relâche pendant des heures alors que je me trouvais en slip, à genou et par terre. Elle adore visiblement son nouveau statut de soumise. Il m’a ensuite enlevé la cage et le cadenas, et j’ai dû me masturber, timidement mais avec envie, devant eux deux, ma femme étant partie prendre une douche mais après avoir nettoyé leurs cochonneries avec ma langue sur tout son corps. Le tout sous couvert de leurs commentaires désobligeants et de quelques claques.
Pour les prochaines séances de baise hebdomadaires, ils ont donné ordre à ma femme de prendre des rendez-vous rapidement pour customiser son corps. Elle devra donc laisser pousser ses cheveux pour qu’ils arrivent au bas du dos, relever et augmenter la taille de ses seins avec des prothèses mammaires, se faire percer les tétons et le clitoris, et aussi prendre des séances de laser pour la rendre totalement imberbe au niveau du maillot et de l'inter-fessier. Biensur ça sera à moi de payer la note. Elle devra aussi porter en permanence un plug anal et des boules de ghesha. Il l'appellera en visio à n’importe quel moment pour vérifier.
La semaine suivante ma femme assumait plutôt bien son nouveau statut et le mien, je m’occupais d'elle en lui prodiguant de merveilleux cunnilingus environ tout les deux jours, par contre pour samedi nous n’avions encore personne pour garder les gosses. Mes couilles étaient déjà énormes, je ne tiendrai pas une semaine de plus. Je demande donc honteusement à ma femme de me traire… par derrière. Au début réticente, elle accepta finalement à condition d’utiliser un gant en latex. Quand je me déshabille devant elle pour la première fois depuis mes transformations, elle constate les changements sur mon sexe. Il est vraiment ridicule, tout petit, enfermé dans une cage à barreaux, terminée par un cadenas qui la relie directement à mon gland percé et le tout surplombé d’un « COCU » en grosses lettres noires. Elle ne peut se retenir de rigoler. Je me mets à quatre pattes, elle enfile ses gants avant de m’enfiler moi. Au bout de vingt bonnes minutes, après avoir longtemps chercher ma prostate, une coulée de sperme sort de mon gland enfermé derrière ses barreaux. Quel régal! Le soir même je commande sur internet un gode ceinture, qui servira je l’espère autant pour moi que pour elle. Ma nouvelle vie vient de commencer.
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Son corps était là mais son esprit déjà loin, si loin. Elle l'avait remarqué, elle notait tout. Rien ne lui échappait, sinon parfois la raison.Juliette s'arracha du lit le matin, avec plus d'agressivité que d'élan, se doucha et se maquilla à la hâte, n'accepta que la tasse de café noir que Charlotte avait eu juste le temps de lui préparer, et se laissa seulement baiser fugacement le bout des doigts, avec un sourire machinal et un regard plein d'animosité. Elle l'avait pliée à tous ses fantasmes, façonnée à sa mesure, avait exigé et obtenu d'elle comme allant de soi les plus outrageantes complaisances. Charlotte n'avait plus rien à livrer qu'elle ne possédât déjà. Du moins, elle le croyait. Elle était infiniment plus bouleversante lorsque son corps arborait des traces, des traces, quelles qu'elles fussent, car elles prouvaient que rien ne luit était épargné. Les cicatrices s'étaient boursouflées et formaient des renflements plus foncés que la couleur de sa peau. Ce matin-là, Juliette voulut l'observer dans son sommeil. Charlotte reposait sur le ventre, les mains sous l'édredon, recroquevillée en position fœtale. Elle s'approcha, s'assit dans un fauteuil et se surprit à rabaisser les draps jusqu'à ses chevilles pour mieux l'examiner. Ses traits si parfaitement réguliers qu'on en venait à espérer le hiatus qui briserait cette harmonie, exaspérante à force d'équilibre. Elle était si claire de cheveux que sa peau pourtant laiteuse paraissait plus foncée que sa chevelure, bise et beige comme du sable fin quand la marée vient juste de se retirer. On voyait encore briller la sueur sur ses seins. La veille, elle avait été fouettée, d'abord à peine, puis plus fort, puis encore plus fort. Elle avait pleuré.
Juliette avait cessé qu'elle criait encore, et que ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. De sa tête, seul son regard se dérobait alors à l'observation, mais les yeux fermés, tout en elle paraissait si limpide qu'on lui voyait l'âme. Charlotte n'avait à se reprocher que des pensées, et des tentations fugitives. Pourtant, il était certain qu'elle était coupable et que sans le vouloir, Juliette la punissait d'une faute qu'elle ne connaissait pas, puisqu'elle restait intime, tout intérieure mais avec le temps, elle l'avait décelée: la facilité et surtout la servilité. Charlotte était heureuse que Juliette la fouette et l'avilisse dans la prostitution parce que son abnégation donnait à sa Maîtresse la preuve de son appartenance, mais aussi parce que la douleur, la honte du fouet, les outrages infligés, lui semblaient le rachat de sa faute. Elle savait des choses que nul ne savait mais ne voyait pas ce que tout le monde voyait. Elle croyait tout connaître d'elle, mais rien de plus. Jamais elle n'avait autant éprouvé ce manque qu'en cet instant précis, à la faveur de cette relation si anodine aux yeux des autres mais capitale aux siens. Fallait-il qu'elle ait un désir charnel intact pour choir dans un tel gouffre existentiel au bord vertigineux du lit. Se sentait-elle un peu coupable de la jubilation goûtée lors de la première séance de flagellation, la facilité avec laquelle elle s'était donnée. Mais non, ça ne pouvait pas être cela, pas uniquement. Pour la première fois en trois ans, elle remettait en question ce qu'elle savait de Charlotte. Une phrase l'obsédait: "Êtes-vous vraiment sûre d'elle ?." Il y avait des étreintes qui lui avaient été immondes, des doigts dans l'anneau de ses reins qui étaient une intolérable insulte, et des langues et des sexes, se caressant à sa bouche fermée, au sillon de toutes ses forces serré de son ventre et de ses reins, si longuement que le fouet n'avait pas été de trop pour la réduire, mais auxquels elle avait fini par s'ouvrir, avec une indifférence et une servilité insupportable. Et si malgré cela, son avilissement lui était doux ? Alors, plus sa bassesse était grande, plus Juliette était miséricordieuse de consentir à faire de Charlotte, l'objet de son plaisir. Mais de qui est-ton vraiment sûre quand on ne l'est même pas de soi ?
Juliette ne l'était plus de sa propre soumise, donc alors d'elle-même. Plus, elle la méditait, plus le bloc de mystère se durcissait. Charlotte était-elle insensée ? Indéchiffrable, celle qu'elle l'avait toujours crue si lisible. Le soupçon avait instillé le doute. Elle la regardait dormir tout en se demandant si elle dormait vraiment. Une énigme que son esclave gisant dans le lit. Elle la regardait dormir et la jugeait. Rien ne semblait troubler le sommeil de Charlotte. Mais quelle Charlotte observait-elle dans la pénombre de leur chambre: la compagne, l'amante, la soumise ? Elle les aimait toutes à travers celle qu'elle était devenue. Mais comment prétendre aimer quelqu'un que l'on outrageait ? Sous les regards, sous les mains, sous les sexes qui l'outrageaient, sous les fouets qui la déchiraient. Bien sûr, elle parlait dans les supplices, mais peut-on appeler paroles ce qui n'est le plus souvent que plaintes et cris. S'installer dans cette contradiction, c'était déjà y répondre. Tant de choses avaient eu lieu et tant de paroles avaient été échangées, souvent si regrettables mais jamais regrettées. Juliette avait déjà éprouvé de la haine mais jamais encore de l'indifférence, qui est son stade ultime. L'oubli étant essentiel à la survie, elles étaient capables d'oublier. Chacun son rôle. Ça tenait presque à rien. C'est pourquoi nulle n'était prête à y renoncer si facilement. Juliette avait rencontré Charlotte. Le contraire idéal de Juliette, son négatif dans la soumission et dans la vie. Charlotte était blonde, Juliette était brune, le teint toujours hâlé, un corps superbe où tout était parfaitement en place dans les quantités recommandées par les magazines féminins et les proportions suggérées par les magazines masculins, le rire adorablement mutin, qui donnait le change avec brio mais qui semblait se moquer de tous les enjeux.
Des signes d'une nature insoupçonnée, secrètement scellée par une complicité acquise par le fouet et en se chevauchant dans un lit. Après, quoi qu'il advienne, on ne se regarde plus de la même manière. On est conniventes pour toujours puisque, en toutes choses, et plus encore en amour, on oublie jamais les premières fois. Leur intimité avait façonné un monde de souvenirs communs. Les volets tirés, la chambre obscure, malgré des raies de clarté à travers les bois mal jointés, Charlotte gémit plus d'une heure sous les caresses de Juliette, et enfin les seins dressés, les bras rejetés en arrière, serrant à pleine main les barreaux qui formaient la tête du lit baldaquin, elle commença à crier lorsque Juliette se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, les fines et souples petites lèvres. Juliette la sentait brûlante, raidie sous sa langue, la fit hurler sans relâche, jusqu'à ce qu'elle se détendit d'un seul coup, tétanisée, moite de plaisir, épuisée mais heureuse. Le lendemain, Juliette l'avait vue sourire, si curieusement qu'elle se demanda ce qu'elle avait imaginé sur l'instant. Charlotte ne portait qu'un corset, la serrant à la taille, dont l'armature dessinait la poitrine, les seins largement offerts, ligotant durement le sexe par le cuir des lanières. Juliette tira ses bras, l'un après l'autre, pour les tendre davantage. Les chevilles et les poignets entravés par des bracelets, Charlotte sentit bientôt ses jambes s'élonger. Puis Juliette lui caressa le visage. Aux premiers coups de cravache qui lui brûlèrent l'intérieur des cuisses, elle gémit. Juliette passa de la droite à la gauche, s'arrêta puis continua. Charlotte se débattit de tout son corps.
Elle crut que le jonc la déchirerait. Elle ne voulut pas supplier, demander grâce. Mais bientôt, elle céda aux cris et aux larmes. Juliette ne s'arrêta qu'au quarantième coup. Insensiblement, la douleur parut s'atténuer pour laisser place alors à un plaisir diffus. Après la dernière sanglade, Juliette caressa furtivement ses jambes enflammées, cette simple marque de tendresse donna à Charlotte le désir d'endurer encore davantage pour la satisfaire. Comme si Juliette avait deviné l'intensité de son plaisir, qu'elle avait dissimulé de son mieux sous des râles et des sursauts, elle fit le tour de son corps écartelé et se plaça devant elle. Puis, elle écarta ses fesses et l'inspecta intimement avec ses doigts, puis avec un speculum dont l'acier froid affola son anus qui s'ouvrit au gré de l'écartement de l'instrument qui le dilata jusqu'à la douleur. Charlotte n'était plus qu'un objet privé de volonté, soumis et servile. Juliette se ceignit d'une ceinture harnais armée d'un olisbos trapu et veineux et la sodomisa brutalement, exigeant d'elle qu'elle se cambra davantage, afin que le dard massif la pénétra profondément, jusqu'au tréfonds de ses entrailles. Rares furent les nuits où il ne se trouva pas quelqu'un pour faire usage de cette voie rendue aussi aisé, bien que plus étroite que l'autre. Juliette s'arracha d'elle comme l'animal repu après l'accouplement. Elle fut heureuse que Charlotte fut doublement ouverte et lui dît qu'elle veillerait à ce qu'elle le demeura. La jeune esclave fut si claire de joie, que sa peau hâlée ne sembla pas marquée. Elle remercia sa maîtresse, et lui dit qu'elle l'aimait. Juliette ne la libéra que lorsqu'elle eut fait d'elle à son plaisir. Moite et tremblant de froid, elle avait descendu les dernières marches qui menaient au sous-sol. Il n'y avait ni lit, ni simulacre de lit, ni couverture, seulement la gourde et austère chape de sol. Juliette lui demanda de s'allonger sur le béton glaçant. Charlotte demeurerait le reste de la nuit, enchaînée, cuisses ouvertes et écartées, sans pouvoir refermer ses jambes. Seule dans le noir et le silence, en sueur, elle ne sentait plus que le collier et les bracelets, son corps partait à la dérive, alors elle s'endormit.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Xavier eut du mal à se se souvenir de son propre nom alors qu'il regardait Marie s'effeuiller en toute hâte devant lui, la faible lueur provenant de la fenêtre colorant sa peau de crême. Elle se pencha sur lui et tira sur sa chemise. "- Tu es toujours habillé". Il allait remédier à cela quand un sein ferme et galbé se promena dans son champ de vision, le distrayant totalement. Alors, il leva les mains et en pinça le mamelon entre pouce et index, le regard braqué sur la ligne élancée de son cou alors qu'elle rejetait la tête en arrière et gémissait longuement. Il la fit rouler sur le dos et s'enfouit au plus profond d'elle. Il adopta alors un rythme effréné, la forçant à l'immobilité. Elle n'avait pas encore atteint un premier orgasme qu'elle partit pour un second. Il était moins de minuit quand ils entrèrent au Club 7 et allèrent s'asseoir tous les trois dans un angle où un guéridon était encore libre. Xavier commanda du champagne et Marie s'installa à côté de Juliette. Le contraste entre les deux femmes avait de quoi satisfaire un honnête homme. Marie était blonde, avec la fragilité apparente de la porcelaine de Saxe et de grands yeux bleus pleins d'innocence. Juliette, brune aux cheveux courts, un fauve racé, très sportive, croquant la vie à pleines dents et les jolies filles. Peu à peu, nos pupilles s'habituèrent à la pénombre qui régnait. L'endroit était frais, très agréable, avec une musique anglo-saxonne en fond sonore. Tout au bout de la salle, il y avait un grand rideau derrière lequel nous entendions par instants des éclats de rire et des exclamations. Autour d'eux, des couples flirtaient sans trop de retenue et Xavier leva son verre en direction de Marie qui lui répondit avec un sourire. Ils étaient beaux tous les deux et très amoureux l'un de l'autre. Ils ne s'adonnaient désormais plus aux jeux échangistes qu'ils pratiquaient autrefois. Le champagne était délicieusement frais et pétillant. Bientôt, une jeune femme passa devant nous qui attira tout de suite l'attention de Juliette. Elle était ravissante, cheveux blonds coiffés en queue de cheval, longiligne, le visage souriant, bronzée. Sa silhouette allongée était mise valeur par une jupe noire très courte montrant des bas qui luisaient langoureusement. Un charme fou et une distinction naturelle. Le Club 7 était un établissement dont l'organisation était sans défaut. On pouvait très bien rester dans la première salle et y boire un verre tranquillement dans une atmosphère qui ne dépassait pas le flirt un peu poussé. La jeune femme qui venait d'arriver s'était assise non loin de nous et nous aurions juré qu'elle venait là pour la première fois. À la table voisine, un couple, lèvres soudées, s'étreignait passionnément et la main de l'homme était invisible sous la robe de sa compagne dont les jambes frémissaient par instants, s'ouvraient insensiblement, puis se refermaient comme sous l'effet d'un retour de pudeur. Soudain, ils se levèrent et disparurent derrière le rideau rouge. Marie avait imperceptiblement changé d'attitude et Xavier la connaissait suffisamment pour deviner qu'elle avait très envie de lui et encore plus d'aller jeter un coup d'œil dans l'autre salle. Bientôt, de longs gémissements interrompirent le silence feutré régnant dans le club pourtant animé.
Pour Juliette, la seule chose plus stimulante que son désir était que la ravissante inconnue la désire autant qu'elle. Elle se rapprocha alors langoureusement d'elle. Elle avait fini par reconnaître comme une vérité indéniable et importante qu'elle aimait dominer les femmes. Une conquête facile et surtout très agréable, d'autant que l'attirance paraissait réciproque. Elle avait de belles mains. Manifestement sous son chemisier noir, elle ne portait pas de soutien-gorge car on voyait ses seins se mouvoir sans entrave. Sous des airs de jeune femme BCBG, elle devait avoir un tempérament de feu. Elles décidèrent toutes les deux après avoir échangé quelques paroles anodines de rejoindre Marie et Xavier dans l'autre salle, derrière le rideau. Sur les banquettes garnies de coussins qui faisaient le tour de la pièce surchauffée, des couples faisaient l'amour sans retenue. Quelque part, s'éleva un long gémissement de plaisir. La douce Marie avait repris ses petits travers dont Xavier avait l'habitude. Un inconnu la contempla, surpris de leur sagesse, puis jeta un bref regard à Xavier, comme pour solliciter une autorisation. Au Club 7, tout le monde était bien élevé. Voyant qu'il n'y avait aucun refus, il se baissa souplement vers Marie qui gardait obstinément les paupières closes et, la prenant par la taille, la redressa doucement jusqu'à ce qu'elle fût agenouillée devant lui. Puis il releva sa robe le plus haut possible dans son dos et défit lentement le tanga en soie jaune qui voilait ses hanches. Elle frémit quand il commença à caresser ses fesses nues qui se tendaient vers lui. Elle adorait se faire prendre par un inconnu dont elle se refusait à voir les traits, ce qui devait combler son fantasme favori. Juliette avait conquis la ravissante blonde. Elle s'appelait Charlotte. Le désir n'a jamais l'épaisseur qu'il a dans le silence. Elles s'embrassaient fougueusement, les langues entremêlées. Les mains de Juliette allaient à la découverte des merveilles entrevues dans le décolleté de Charlotte qui cambrait le dos et dut faire appel à sa volonté pour ne pas jouir trop tôt. Les longs gémissements qu'elle poussa alors tourbillonèrent encore et encore autour d'elle, accentuant les frissons qui la parcouraient.
C'était la première fois qu'elle n'avait pas bénéficié d'un tel environnement intime avec une autre femme. Elle serra les dents et s'exhorta au calme. Ses seins tenaient juste dans la paume de sa main et avaient une fermeté remarquable. Le bout des doigts caressait, tour à tour, chaque auréole et elle sentait les pointes commencer à s'ériger. Elle la fit basculer pour l'allonger sur la banquette. Elle fermait les yeux mais sa respiration avait changé de rythme. Elle couvrit son visage de baisers par de multiples touches délicates, sur les lèvres, les yeux, passant sa langue derrière son oreille, ce qui la fit frémir. Charlotte pinçait les pointes des seins de Juliette. Après lui avoir ôté ses talons hauts, Juliette commença à faire glisser sa main le long de la jambe dont le galbe du mollet était parfait, sa main crissait sur les bas. Bientôt la main continua sa reptation au dessus du genou, vers l'entrecuisse de Charlotte. Juliette s'aperçut qu'elle ne portait rien d'autre sous sa paire de bas. Charlotte riva son regard sur les doigts de Juliette qui parcouraient sa fente de plus en plus vite tandis que son clitoris, bien décalotté, pointait tel un dard. Pendant ce temps, Marie venait de jouir. Dans une alcôve plongée dans la pénombre, une ravissante blonde aux cheveux courts, commençait à se déshabiller. Sa jupe flottait au gré de ses brefs mouvements. Par moments, elle s’ouvrait sur le côté laissant apparaître la blancheur d’une cuisse nue jusqu’au niveau de l'aine. Elle attrapa le bas de la jupe et la fit voler, découvrant volontairement ses jambes au regard de l’assistance. Elle défit les boutons de son chemisier dévoilant son ventre en ondulant des hanches dans un balancement lascif. Un homme s'enhardissant lui ôta. Le soutien-gorge descendu fit apparaître l'aréoles de ses seins. De très conviviale, l'ambiance devenait torride.
Un son étranglé s'échappa de sa gorge alors qu'on la soupesait, l'explorait. Ses yeux hagards et sa bouche difforme en disaient infiniment sur son état d'excitation. Elle s’exhibait sans retenue. Deux autres invités s’approchèrent, un dégrafa le soutien-gorge, libérant les seins qui étaient déjà fièrement dressés. Il les caressa et les malaxa sans douceur; le second attoucha ses fesses. Elle était maintenant nue. De nombreuses mains prirent alors possession de son corps offert, aucune partie ne fut oubliée. Les doigts fouillèrent son vagin et son anus. Elle demanda à être prise; un homme s’allongea sur elle, la pénétra tout aussi rapidement et commença des mouvements de va-et-vient. Un sexe s’approcha de sa bouche, elle happa le membre viril qui s'enfonça dans sa gorge. Juliette et Charlotte avaient choisi de profiter d'un recoin sombre de la salle pour s'abandonner de façon plus discrète. Elles étaient entièrement nues maintenant. Étendue de tout son long sur le dos, les bras rejetés loin en arrière, offerte, Juliette avait décidé de la dompter, de la soumettre totalement, de la rabaisser, de l'anéantir presque. Mais le lieu ne s'y prêtait pas. Elle se jura en elle-même de parvenir à ses fins. Comme dans un rêve, sous ses caresses, elle entendit le feulement de Charlotte qui se cambrait de tous ses muscles. Un instant ses cuisses se resserrèrent convulsivement autour de la tête de Juliette puis s'écartèrent de nouveau dans un mouvement d'abandon. Juliette plongea ses doigts humides dans l'intimité moite, constatant non sans fierté, que Charlotte avait réellement joui. Les portant à sa bouche après, elle les lècha longtemps entre ses lèvres, se délectant de l'éjaculat mêlé à la cyprine. Elle ne s'était pas trompé dans l'analyse qu'elle avait faite sur le comportement réel de Charlotte. Après un apprentissage sérieux et continu, elle deviendrait enfin une parfaite soumise, toujours prompte à s'habituer à de nouveaux outrages.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Cette série de récits autobiographique retranscrira les faits et événements par ordre chronologique, elle est a l'initiative de mon Maitre et Femto qui connaissent déjà toutes ces histoires mais m'encourage a livrer mon parcours afin de révéler aux autres la salope que je suis.
Je m'engage a faire une introspection sincère et vous partager mon vécu sans en travestir les faits. Bonne lecture ___________________________________________________________
De 2015 a 2016
Me voici dans une nouvelle ville que je ne connais pas pour deux années d'études, je n'ai réussi qu'à me faire une copine, je ne me suis pas très bien intégrée mais cela m'importe peu.
Je vis dans un petit appartement assez miteux, j'ai une cuisine qui fait le strict minimum, une douche dans laquelle je me sens bien trop a l'étroite pour apprécier m'y laver, un salon qui ne contient qu'un petit bureau pour réviser ou être sur mon PC portable et un lit qui est la seule véritable chose dans laquelle j'ai pu investir afin de bien dormir !
Les premiers mois furent très compliqués, je n'avais jamais vécue seule donc j'avais beaucoup de mal a trouver du temps pour les tâches ménagères, faire la cuisine, réviser mes cours et me détendre ...
Je passe tout mon temps en cours ou a bosser dans un Mac Donald, je suis fatiguée et plutôt démoralisée car ma mère, mes amis et mon ex me manquent mais surtout je me sens seule comme je l'ai jamais été dans une ville où je ne connais personne. Il m'arrive souvent de craquer et pleurer avant de dormir, il n'y a qu'en me masturbant que je m'échappe de mon quotidien et que je ressens un peu de plaisir à vivre ...
Je tombe assez vite en dépression mais je le cache à mes amis et ma mère, je prétends que tout va bien. Je prends rapidement du poids entre les Mac Do que je mange au taff et la bouffe rapide que je me cuisine, faute de temps !
Mes notes font une chute libre bien que j'essaie de m'accrocher et réviser dès que j'ai du temps mais je n'en dégage pas assez ... Mon moral est constamment à zéro, j'ai l'impression d'être une incapable et de ne plus valoir grand-chose.
Disons que j'avais espéré mieux comme nouveau départ ...
Je repense souvent à Thomas, il me manque mais il va de l'avant de son côté donc je ne le recontacte pas !
Il m'arrive régulièrement de me reprocher ce que j'ai fait, de ruminer notre histoire et de m'en vouloir de l'avoir fait souffrir, de regretter de l'avoir quitté, je cogite énormément sur la fin de notre relation et comment il se comportait avec moi, je me convaincs que je le méritais et que d'ailleurs je méritais bien pire.
N'être plus que son vide-couilles n'était-ce pas déjà un trop grand honneur pour moi ?
J'avais envie de le redevenir, de pouvoir sucer de nouveau sa queue, qu'il me l'enfonce profondément en moi et me fasse jouir de toute sa hargne ! Je me touchais souvent en pensant a lui, a nous et j'avais envie qu'il me maltraite, m'humilie, me fasse payer, me détruise ...
Thomas avait fait de moi une dépravée, une nymphomane qui ne pouvait plus se passer de sexe ...
S'il y'a bien une chose pour laquelle je prenais du temps c'était me masturber ! Au réveil, en rentrant du taff, entre deux cours, avant de dormir ... C'était ce qui me réconfortait mais c'était aussi l'une des rares choses pour laquelle vivre seule était plaisant, je pouvais le faire quand je voulais et sans me soucier du bruit que j'allais faire ! Mon premier salaire fut dépensé en partie dans l'achat de mes premiers sextoys, un vibro violet et un godemichet à ventouse beige avec de grosses veines ... Ma nymphomanie passa un cap quand je pris goût à m'enfoncer ces jouets dans la chatte tous les jours, j'adorais me pénétrer avec le vibrant devant du porno, le faire aller et venir dans ma chatte en manque sur des vidéos de plus en plus hard mais mon préféré c'était celui avec la ventouse que je pouvais faire adhérer à un mur pour y mimer une levrette en tapant mon cul contre le mur ou le clouer au sol pour venir m'empaler dessus ...
Je jouissais de cette liberté, celle de pouvoir me goder ou me caresser où je voulais chez moi, de pouvoir posséder des sextoys (je me l'étais interdit avant de peur que ma mère tombe dessus), de ne pas effacer l'historique de mon ordinateur et mettre du porno dans mes favoris, de pouvoir me balader à poil chez moi ...
Je reconnais avoir porté un regard assez dur sur celle que j'étais devenue et m'être énormément déçue mais avoir aussi aimé devenir cette nympho pathétique qui n'éprouvait plus que de l'intérêt pour du porno et se goder ! J'aimais m'avilir ainsi et parfois ça m'excitait c'était comme si je voulais toucher le fond et n'être plus qu'une sombre pute, j'avais conscience d'être dans une spirale autodestructrice et de ne pas réussir à gérer les choses mais je n'avais pas la force pour me confronter à ce gouffre en moi alors je le fuyais en prenant du plaisir comme je pouvais étant même à ce stade trop lâche pour rencontrer un homme et avoir du vrai sexe.
J'avais peur de me lier de nouveau à quelqu'un, de m'attacher et souffrir par la suite, être abandonnée ...
J'avais peur d'avoir un coup d'un soir et de voir comment je réagirais entre les mains d'un nouvel homme, s'il me traitait mal est-ce que je pourrais le supporter ?
A l'inverse s'il me traitait avec douceur et me faisait l'amour passionnément, le méritais-je ?
J'avais la certitude que j'allais fondre en larmes pendant le sexe avec un autre homme et j'avais peur d'avoir par la suite un traumatisme à l'idée de coucher pourtant j'étais sacrément en manque et ma chatte en voulait ...
Quand je ne me touchais pas en m'imaginant être malmenée par mon ex, quand je ne me godais pas devant des gang-bangs, gorges profondes abusives ou des vidéos bdsm et bien je me connectais sur Chatroulette pour y exhiber ma chatte et tomber sur des mâles en rut qui me stimulerait !
J'avais découvert ce site avec Clara, il nous arrivait quand je dormais chez elle qu'on passe des nuits toutes les deux à interagir avec des inconnus ne sachant jamais sur qui ou quoi nous allions tomber !
J'imagine que tout le monde a connu ce site où le principe est de connecter deux inconnus par webcams pour discuter jusqu'à ce que l'un des deux appuie sur un bouton qui expulse la personne pour une nouvelle.
Sur ce site il y'a de tout, des gens seuls pour discuter, des hurluberlus qui vont vous faire rigoler, des groupes d'amis qui veulent se moquer mais surtout tout un lot d'exhibitionnistes qui veulent se branler devant des gens. Clara et moi passions des nuits dans son lit sur son PC portable connectées sur ce site à taper des barres sur les inconnus que le site nous amenait.
Si la personne semblait ennuyante on swapait direct, si c'était un groupe de potes, on discutait un peu avec eux, si c'était un beau gosse, on le chauffait pour rigoler par écrit et dans de rares cas si c'était une belle queue, on la regardait se branler et on lui disait de faire des trucs ... Je confesse qu'on a bavées quelques fois sur de gros chibres mais la plupart du temps on était plutôt dans le mood de se moquer des gens et délirer donc on swapait directement les zgegs sauvages ...
Toujours est-il que je savais qu'il y'avait sur ce type de sites, des queues prêtes à se branler et discuter avec une salope en manque comme je l'étais, j'y retourna donc seule et du coté exhib cette fois-ci pour offrir en gros plan une vue sur ma vulve avec mes jouets à portée de main si je tombais sur un gars intéressant. Je ne montrais jamais mon visage mais j'aimais que diverses personnes voient mon intimité, une fille, un garçon, un groupe de potes, deux copines, des jeunes, des vieux, je ne swapais jamais attendant leurs réactions ou commentaires devant mon sexe ...
Il y'avait ceux qui écarquillaient leurs yeux dans les premières secondes, sans doute peu habitués à voir une fille faire comme tous les pervers habituels, ceux qui swapaient sans aucune réaction, les queues en érection qui entamaient instantanément leurs masturbations et ceux qui rigolaient avant de swaper ou discuter !
Mes deux réactions préférées étaient celles où une ou plusieurs personnes en appellait d'autres à venir voir comme si ma chatte était un événement et quand des filles me complimentait instantanément du style "Jolie chatte" avant de swaper ou rester discuter. Je me fixais pour principe de ne pas swaper et faire ce que mon interlocuteur/trice souhaitait, il n'y a que si je voyais quelqu'un essayer de filmer ou devenir insultant que j'appuyais de moi-même sur Next !
Ces exhibitions virtuelles m'aidaient à reprendre confiance en moi, n'étant pas épanouie psychologiquement et détestant mes nouvelles formes, mon corps me dégoutait, je me sentais grosse, pas désirable alors j'aimais qu'on me complimente ou exprime du désir envers moi ou du moins ma chatte.
Mes sessions Chatroulette étaient une manière d'avoir de l'attention, de me stimuler, de prendre du plaisir, de faire des rencontres et pouvoir discuter en tout anonymat, j'aimais être docile et obéir aux souhaits de mon/ma voyeur(e), certaines conversations étaient enrichissantes et me permettaient d'avancer sur le deuil de ma précédente relation ...
Les mois passèrent, les kilos restèrent, la dépression et l'addiction à la masturbation aussi.
En cours, je commence a remonter la pente mais je suis encore loin du nécessaire, je traine toujours avec la même fille qui est une nana très studieuse. Certains garçons m'ont plusieurs fois approchés mais mes soucis persos me poussaient à fuir toute relation avec eux, ils abandonnèrent tous l'idée d'être amis avec moi devant la distance que je mettais entre eux et moi.
Au boulot, je me lie pourtant d'amitié avec un gars et une fille, à force de trimer ensemble et se voir autant d'heures par semaine, rien d'étonnant, je commence a fumer avec le garçon pendant nos pauses, il me paie des clopes et m'allume parfois un petit joint quand on débauche. Mon argent durement gagné passe dans mon loyer, ma bouffe, diverses charges, des fringues ou chaussures (mon péché mignon) et dorénavant pas mal la clope ...
La cigarette j'y deviens assez vite accroc, déjà parce que c'est un exutoire au boulot quand on peut prendre une pause clope mais surtout parce que ce sont les moments où je peux rigoler avec mes collègues, ça a un effet déstressant plutôt fort sur moi. La weed en revanche c'est plus occasionnel, c'est quand Adrien en a sur lui, quelques taffes et cela me perche, je plane, je suis ailleurs et souvent cela me détends aussi, je me sens moins triste et relativise plus sur ma situation, on part aussi souvent dans des délires avec Adrien et ce sont des moments assez chouettes, ça fait du bien d'être un peu proche de quelqu'un.
A l'appart, je bosse mes cours, je fais ma lessive, mon ménage et j'y dors.
Mon activité principale quand j'ai un moment reste la masturbation, je consomme toujours à haute dose du porno très hard et dégradant pour la femme, je fantasme comme une chienne en chaleur sur des gang-bangs, des bukkakes, j'aime voir ces filles se faire défoncer par tous les orifices, ces hommes les souiller. Je ne me lasse pas des vidéos de gorges profondes où je peux admirer de belles bites utiliser la bouche d'une femme pour leur plaisir, j'aimerais moi aussi qu'on m'étouffe de la sorte, qu'on me manque de respect, qu'on me force a sucer de la bite comme si je n'avais que cette fonction ...
Je tombe de plus en plus dans les vidéos BDSM où le corps de la femme est objectifier, voir ces soumises n'être plus qu'un jouet sexuel ou une esclave pour les hommes qui prennent d'elles ce qu'ils souhaitent me rappelle ma place, cela m'excite quand je m'imagine aux pieds de Thomas, j'ai envie qu'il m'utilise comme il lui plaira ...
Je me surprends au fil du temps a consommer de plus en plus de porno interracial et aimer voir de grosses queues noires dilatées des chattes blanches, je n'ai jamais été attirée par les blacks mais plus j'en regarde et plus j'ai envie d'essayer un jour, tenter de confirmer si la légende est vraie et qu'ils sont tous mieux membrés que les blancs ...
J'ai envie de trahir ma race, de servir de vide-couilles à ceux qu'on appelait "sauvages" il y'a pas si longtemps, qu'il fasse de moi sa chose et venge son peuple a coup de bite dans ma chatte.
Je m'égare aussi de plus en plus pour voir des jolies filles coucher avec des veilliards ou des gros lards, j'ai là encore envie de m'abaisser à ça, qu'un gars qui ne devrait pas me baiser puisse se défouler sur moi, l'immoral et la perversion m'excite, je tiens ça de Thomas ...
J'ai conscience d'etre dangereusement excitée par des situations où je cherche à mettre a mal le peu d'égo qu'il me reste, je vois la spirale autodestructrice dans laquelle je suis mais je n'y peux rien, on ne commande pas ses pulsions et je fantasme sur des choses où je serais malmenée, rabaissée, souillée. Quand je ne suis pas sur Chatroulette a exhiber ma chatte ou sur des vidéos de Seniors qui sautent des petites jeunes, je me touche à l'ancienne d'une façon plus normale, avec des scénarios ou idées en tête et là, il n'y a que trois acteurs, Thomas, Kévin ou mon père.
Je me caresse en repensant a d'anciennes baises avec mon ex, à la soumise que je serais s'il m'ordonnait de revenir le servir. Je me touche en repensant a la bite de mon meilleur ami, quand je l'avais en bouche plus jeune ou face a moi il y'a pas si longtemps, à comment nous baiserions comme des animaux si nous l'osions, à sa queue en moi et ce que ça me ferait si c'était lui ! Je me tripote en m'inventant des plans imaginaires dans des clubs libertins avec des quarantenaires et l'idée de sucer mon géniteur sans le savoir ou qu'il déverse son sperme dans mes entrailles ...
Plus cochonne que jamais et pourtant mal a l'aise avec son nouveau corps et son rapport aux hommes, je n'ose franchir le pas et chercher un plan cul, ça fait des mois que je sombre mais je n'ai toujours pas eu le déclic pour me reprendre ...
Après la fermeture du restaurant le soir (la nuit), nous avions pour habitude de boire quelques bières entre collègues sur le parking avec un peu de musique devant nos voitures, il arrivait qu'Adrien fasse tourner un joint à ceux qui le souhaite mais c'est en tête a tête, une fois que tout le monde partait que nous avions pour habitude de nous en fumer un petit "pour la route" entre nous. C'était quelque-chose de très idiot, je conduisais après souvent défoncée et je mettais potentiellement ma vie en danger ainsi que celle des autres, je ne compte plus le nombre de fois où je me suis réveillée chez moi sans me souvenir de comment j'étais rentrée !
J'ai toujours été très sensible aux effets de la weed, cela amusait beaucoup Adrien qui me disait qu'en deux taffes, j'étais déjà sur une autre planète ...
Adrien avait deux ans de plus que moi, il avait un charisme particulier, c'était un garçon très grand et maigre, au regard magnétique, on voyait tout de suite a son attitude et sa façon de parler qu'il était un fumeur de cannabis mais pourtant il avait une aura ou une prestance plutot intimidante.
Je ne me rappelle pas très bien des événements car nous étions complétement défoncés mais il passa ses mains sous mon sweet un soir alors que je planais dans sa voiture en écoutant de la musique, je me souviens avoir trouver ça trop entreprenant et direct dans sa façon de faire mais étant bien perchée, je l'avais laissée faire sans doute trop contente de ne pas avoir eu plus que ça un blocage grâce a la beuh. C'est assez flou mais je crois qu'il m'a bouffer les seins dans sa voiture cette nuit-là et que nous nous sommes embrassés, j'étais fatiguée par la fin du taff, l'alcool et la weed donc dans un état second. Que je sache, nous nous en sommes tenus à du tripotage de nibards, de la succion de mamelons et quelques roulages de pelles avant qu'on ne rentre chacun de notre coté.
Nous avions faits comme si rien ne s'était passé pendant quelques jours jusqu'à ce qu'il m'invite chez lui pour fumer et rester dormir un samedi soir, j'accepta sans d'autres arrières pensées que la fumette gratuite et une fin de soirée sympa avec mon collègue/pote ! On picola et fuma pas mal, de nouveau dans un état second, je ne me souviens pas bien de comment cela démarra mais je me retrouva a me faire lécher par Adrien sur son canapé devant des clips musicaux a la TV ! Je coucha avec lui sans trop de soucis de mémoire, mes peurs ne se justifièrent pas et je ne fonda pas en larmes durant l'acte même si je ne m'en souviens pas suffisamment pour dire si c'était le pied tant attendue ou non. Je crois d'ailleurs que je n'ai pas fait grand chose, il m'a prise en missionnaire sur son canapé et je pense que je me suis juste laisser faire.
On baisa une seconde fois au réveil le dimanche matin mais d'une manière plus douce et romantique, il m'embrassa partout et fit monter le désir en moi puis il me prit avec passion et délicatesse, je me revois en cuillière en train de jouir pendant qu'il m'embrasse dans le cou avec une main sur mon sein et l'autre sur mon clito.
C'était bon de sentir les mains d'un homme sur mon corps et son sexe en moi, je me sentais de nouveau complète.
Adrien devint le plan cul que je n'osais concrétiser, si nous fermions ensemble ou débauchions à des horaires proches, je finissais chez lui où on se défonçait puis baisait ! Nous baisions même parfois dans sa voiture sur le parking en journée comme à la fermeture et je le suçais parfois dans les chiottes des mecs.
Adrien n'avait pas une bonne influence sur moi, il m'avait faites commencer a fumer du cannabis comme la cigarette, nous étions souvent ivres chez lui en plus d'être défoncés et nous baisions donc la plupart du temps dans des états seconds, j'aimais me mettre minable avec lui et qu'il me saute mais je savais qu'il représentait parfaitement toute cette autodestruction que j'avais inconsciemment souhaitée ...
Le samedi soir, il m'emmenait dans des raves partys ou des "afters" chez des potes à lui où il m'encouragea à prendre des drogues plus dures, je n'essaya que la coke ... Mes notes en prirent un sacré coup quand je tomba vraiment dans la drogue et l'alcool sous son emprise, nous commencions même a cumuler des retards ou absences au taff car nous étions trop fatigués pour tenir la cadence, ma moyenne scolaire que j'avais peiner a remonter se vit pulvériser en un mois et demi. J'étais constamment épuisée, des poches sous les yeux, le cerveau au ralenti, je commençais a ne pas me reconnaitre dans le miroir en plus de me trouver encore plus grosse qu'avant, j'avais l'impression que la vie me mettait une grande claque et que j'allais jamais m'en remettre physiquement mais je me sentais plus heureuse avec lui et avec ce train de vie que les mois précédents, quand j'étais seule ! J'avais conscience que j'y laisserais mon année mais il me semblait être la voie de la guérison, celui qui apaiserait mon coeur ou consummerait mon âme, j'avais la sensation de vivre ce que j'étais censée vivre.
Ma relation avec Adrien qui n'en était pas vraiment une dans le sens où nous n'avions jamais mis d'autres mots sur ce que nous étions l'un pour l'autre que des "collègues" prit un tournant à l'arrivée de Said dans l'équipe ! Said était un petit rebeu plutôt fougueux et très drole, en seulement un mois il était devenu le collègue qui dynamisait l'equipe et que tout le monde appréciait, celui qui faisait rire les autres et s'intégrait admirablement bien. Il fumait régulièrement avec nous du cannabis après le taff et la fille avec qui j'étais copine et lui commencèrent à nous suivre en soirée le samedi.
J'étais contente d'avoir pu retrouver une bande d'amis.
L'appart d'Adrien devint un QG où plusieurs collègues faisaient des Afters et quand ce n'était pas avec les collègues du Mac Do, c'était des potes à lui qui squattaient. Attachée a Adrien et ayant l'impression de vivre ma jeunesse à fond, heureuse de rencontrer du monde et faire tout le temps la fête, noyer mes problemes dans l'alcool et les oublier dans la drogue, je mis du temps a me rendre compte que nous faisions dorénavant des soirées 4/5 soirs par semaine et que son appart était constamment une porcherie où trainait des déchets et bouteiles vides.
Un jeudi soir après le taff, nous nous mimes une énorme race avec le quatuor des débuts.
Notre amie prit une énorme cuite alors Adrien alla la coucher dans son lit, je continua de fumer et boire avec Said et Adrien dans le salon, ce soir-là je trouva que mon "copain" avait la main plus lourde que d'habitude pour me resservir a boire, il remplissait constamment mon verre et vantait mon endurance a l'alcool. Alors que je planais devant la TV complètement ailleurs, les garçons sortirent sur le balcon quelques minutes, je rigola toute seule un moment en pensant aux cours que j'allais rater demain et que j'étais vraiment en train de planter mon année.
Je commença à m'endormir sur le canapé lorsqu'Adrien me réveilla, il m'embrassa tendrement sur le front puis la joue, il me chuchotta des mots doux et commença a glisser ses mains sous mes vêtements.
Il fit voler mes fringues une par une et commença à me lécher, le réveil était agréable, il me redressa et m'embrassa avec fougue puis me demanda de le sucer, il baissa son pantalon et m'offrit sa verge fièrement, je me mis à le pomper mais sans grande conviction étant trop ivre et défoncée pour bien sucer.
J'étais nue et à quattre pattes en train de branler dans ma bouche Adrien qui s'allumait une clope confortablement assis dans le canapé lorsqu'il demanda "Tu veux une taffe ?" ce a quoi la voix de Said répondit "Non merci, ça va" !
Je me redressa en panique, cela me fit comme un élétrochoc, je poussa un cri et tomba a la renverse !
Les garçons se précipitèrent sur moi pour m'aggriper et me calmer
" Ho, ho, du calme !
- Qu'est-ce qui te prends Charlotte ?
- Said ... Il était encore là ? Je ... je l'avais oubliée ... Je pensais qu'il était parti quand tu m'as réveillée ... Je ...
- Hahaha, c'est pour ça que tu as hurlée comme ça ? C'est rien, détends-toi ..."
Said me caresse tendrement le bras avec lequel je cache ma poitrine, je serre mes cuisses pour dissimuler mon sexe ...
Adrien est la bite à l'air en train de me cajoler et me dire que Said a déjà tout vu et qu'il n'y a plus rien à cacher, il me dit de me détendre et me laisser aller tout en écartant mes bras, je suis a la limite du bad trip et la crise de panique mais aussi très excitée par ce qui se passe, mon cerveau a comme disjoncté.
J'obéis sans trop m'en rendre compte et laisse Adrien dévoiler de nouveau ma poitrine à Said, il plonge ensuite sa main entre mes cuisses qu'il force à s'ouvrir pendant qu'il m'embrasse et commence a me masturber, Said recule et nous regarde.
"Tu sais, il a vu la chienne que tu es tout a l'heure alors y'a plus rien à lui cacher, c'est nôtre pote alors on va le régaler un peu."
Adrien me dit une phrase qui fit écho en moi, cela résonna sur plusieurs de mes fantasmes et mon envie d'être rabaissée, Adrien prit la main de Said et la posa sur mon sein, "Laisse-le en profiter" me dit-il alors que notre compère commençait à malaxer ma poitrine.
Said complimenta mes seins alors qu'Adrien se redressait pour venir mettre sa queue dans ma bouche, il me baisa la bouche en se cramponnant à ma tete pendant que Said glissait entre mes jambes pour me caresser, les doigts de mon collègue rentrèrent en moi pendant que mon autre collègue, celui que je considérais comme mon "copain" me baisait la bouche. Cela m'excitait, j'avais l'impression de ne plus etre la spectatrice des vidéos que j'aimais mais l'actrice !
Adrien demanda à passer sur le canapé, il s'y installa et me dit de venir le sucer, je suivis son ordre avançant à quattre pattes vers la queue raide qui se tenait devant moi, Said suivit mon cul et y plongea son visage, il me lécha les trous sans retenue pendant que je m'efforçais de combler le pervers qui avait l'air d'avoir planifier tout ça.
Un simple "va-y" d'Adrien et sans qu'on me demande mon avis, Said entra en moi, sa queue me fit l'effet d'un pieu qui me transperça, j'étais chaude bouillante pour ça mais je n'aurais jamais pensée qu'il me pénétrerait en premier et sans me demander si j'étais prête, je bava longuement sur la queue d'Adrien pendant que Said découvrait et labourait ma chatte.
Quelques fessées sans retenue de Said qui ne me respectait plus s'abatte sur mon cul, quelques insultes fusent, les deux males commentent ce qu'ils me font et s'encouragent à me défoncer, je me sens inférieure à eux, je suis leur chose et les coups de reins que je reçois me font fondre.
J'ai deux bites qui se relaient dans ma chatte et ma bouche, je découvre à quoi ressemble le sexe de Said, il y'a une bite que je connais très bien et une autre que je découvre pour la première fois, je suce cette queue arabe dans tous les recoins ! Je compare ces deux verges, leurs goûts, leurs tailles, les sensations qu'elles me font quand elles me remplissent et la manière dont leurs propriétaires les utilisent !
Je me régale d'être leur chienne et m'emploie à les satisfaires, je me souviens qu'ils voulaient me faire boire leur sperme, qu'il ne fallait pas "salir ma chatte pour l'autre". Said fût le premier a exploser dans ma bouche pendant que je le suçais, Adrien le second qui s'écria "Switch" avant de courrir pour me remplir la bouche pendant que Said retournait dans ma chatte pour un second tour après qu'il ai repris de la vigueur sous mes caresses buccales.
Je me revois le visage contre le canapé à regarder Adrien sortir le cul a l'air se griller une clope sur le balcon pendant qu'il me laisse entre les mains de nôtre pote qui donnait tout ce qu'il avait contre mon cul. Said profita de moi en solo pour son second tour, je me rapelle de son sperme chaud qui coule sur ma joue alors que je reste inerte à le laisser se vider une seconde fois grâce à moi pendant qu'Adrien ne nous calcule même plus. Que suis-je réellement pour ce mec ?
J'en parla le lendemain avec Adrien qui m'expliqua que j'étais son plan cul, sa sexfriend et je lui cacha ma déception.
Nous passions tout notre temps libre ensemble, de collègues à amis nous étions devenus amants et presque collocataires tant je passais tout mon temps chez lui, je me considérais comme sa petite-amie quand il me présentait a ses potes.
Dans les jours qui suivirent, mon manager me réprimanda sur l'un de mes retards en me disant que si je ne me faisais pas baiser par toute l'équipe, je serais peut-être plus ponctuelle, je fut tétanisée par ses propos et lui demanda pourquoi il disait ça. Il m'expliqua que Said et Adrien s'était vantés tous les deux de m'avoir sautée et que la fille qui comatait dans le lit d'Adrien avait confirmée leurs dires ...
Je démissionna instantanément, je me sentais trahie par Adrien, celui que j'avais pu considérer comme un "petit-ami", par Said celui que j'avais pu considérer comme un "ami" et par ma collègue qui avait enfoncer le clou. Je passa quelques jours a pleurer et ne répondit pas aux multiples appels d'Adrien, un soir je débarqua tout de même chez lui étant en manque (pas sexuellement) et ne sachant pas où me fournir ...
Il m'expliqua que c'était la fille qui en avait parlé et que Said avait tout confirmé donc qu'il pouvait pas mentir dérrière, j'avais deux versions différentes et je m'en fichais dans le fond tant j'étais humiliée et trahie dans tous les cas. Me sentant trop mal pour rester seule, je me défonça avec lui ce soir-là et nous fimes l'amour, je passa une semaine chez lui a boire, fumer et comater; nous baisions comme toujours dans des états seconds et j'avais conscience d'avoir enfin toucher le fond, des jours sans aller en cours, plus de taff, plus rien.
Cela faisait 10/12 jours que je squattait chez Adrien, lui sortait pour aller travailler, moi uniquement pour le suivre chez des potes à lui quand il y'avait une soirée ou m'acheter des clopes. Un soir nous partimes chez des amis à lui, on picola et fuma toute la nuit, nous passions une bonne soirée jusqu'à ce que je me réveille le lendemain après un énorme trou noir.
Je me réveilla avec l'impression qu'un camion m'avait roulée dessus, le plafond tournait, mon crane implosait et j'avais envie de vomir, je me redressa pour aller gerber aux toilettes lorsque je prit conscience que je ne connaissais pas la chambre dans laquelle j'étais.
Je regarde autour de moi et découvre un gars dans le lit à coté de moi, je ne le connais pas, il est torse nu.
Je sors du lit et découvre que je ne porte plus que mon T-shirt, je m'écroule ...
Je sors de la chambre le cul a l'air, je trouve les toilettes dans le couloir et part y vomir.
Je reprends mes esprits, je m'asseois sur la cuvette des chiottes pour pisser et constate qu'en plus d'avoir la chatte a l'air, j'ai du sperme séché sur ma cuisse droite, je glisse instantanément un doigt en moi et constate que ma chatte est visqueuse, j'en suis certaine, quelqu'un a éjaculer en moi !
Je pisse, pleure un coup ne comprenant plus trop ce qui se passe et retourne dans la chambre, le type dort toujours.
Je cherche ma culotte, je ne la trouve pas mais je retrouve ma jupe.
Je me rhabille et réveille le mec, il me regarde avec un grand sourire et me demande si j'ai bien dormi, je lui explique que je ne me souviens de rien et qu'il faut qu'il m'explique !
Le gars se redresse, le drap descends et je constate qu'il est entièrement nu sous la couette, cela confirme mes craintes avant meme qu'il ouvre la bouche.
"Sérieux, rien de rien ?
- RIEN JE TE DIS, je sais meme pas ce que je fous là !
- Hey, du calme ma belle, on a juste coucher ensemble hier soir, c'est tout, dit-il en tentant de me prendre le bras
- C'est tout ? Gars je sais meme pas qui tu es, on est plus dans l'appart des potes d'Adrien, hurlais-je en repoussant sa main
- Oh tu te détends ! Je suis un pote à Yohan, tu sais l'un des collocs chez qui était la soirée, t'as fini la soirée chez moi, c'est tout !
- Arrete, c'est loin d'etre normal, comment t'as pu me faire rentrer avec toi sans qu'Adrien le remarque ...
- Tu rigoles ? Non, sérieux, tu rigoles ?
- J'ai l'air de plaisanter, t'as abusée de moi et sans capote, enfoiré !
- Charlotte, c'est Adrien qui t'a mise dans ma caisse, il nous a chauffer pour qu'on baise ensemble, il te disait de bien t'amuser !
- Tu mens ! Je ... peux pas te croire ...
- T'étais complétement bourrée, tu te foutais a poil toute seule dans la bagnole, Adrien était pas en état de te ramener chez lui et voulait rester a la soirée, quand j'ai voulu me rentrer, il m'a dit que tu voulais finir la soirée avec moi et que t'étais chaude comme la braise, il t"a dit de bien t'amuser et tu lui disais qu'il fallait pas en douter. On est rentrés, on s'est embrassés, je t'ai doigtée dans le salon directement, tu m'as dit de te baiser comme une salope, c'est ce que j'ai fait !
- Aide-moi à retrouver ma culotte, je file et je vais voir ça avec Adrien mais t'es un bel enfoiré de te taper une meuf complètement bourrée !
- Ouais bah tu disais pas ça hier soir, tu t'en souviens peut-être pas mais moi je me souviens de comment tu kiffais !"
J'ai envie de mettre une patate à ce connard mais il y'a plus important, je prends mes affaires et fonçe à l'appartement d'Adrien pour avoir des explications. Sur le trajet, je me sens salie, je suis en colère contre ce mec, Adrien et surtout moi-même. Lorsque j'arrrive chez Adrien, une fille dormait encore dans son lit, une scène de ménage éclate, je lui reproche d'avoir coucher avec cette fille et de m'avoir offerte en pature à un gars alors que je n'étais pas en pleine possession de mes moyens, il m'insulte et me dit que je ne suis pas sa meuf, qu'il se tape qui il veut et que je suis assez grande pour me gérer, je lui dit que je vais porter plainte pour viol, il me dit que j'étais consentante vu comme j'allumais le mec dans la voiture, je le frappe, il me frappe ...
Adrien me jette à la porte, je suis en miettes, je le déteste, je me déteste, je rentre chez moi.
Je me haissais pour celle que j'étais devenue, je passa quelques jours avec des idées très noires, je faisais le point sur ma vie, sur ces derniers mois et je pincais mes bourlets nue devant mon mirroir, je m'en voulais physiquement et mentalement pour tout ce que j'avais pu faire depuis mon arrivée dans cette ville. J'avais fait un test de dépistage pour le VIH et tout autre MST ayant de toute évidence couché avec un parfait inconnu et ayant également envie de me rassurer vis a vis d'Adrien et Said qui m'ont également prise sans capotes. Le fait de faire cette démarche et m'en inquiéter me fit prendre conscience que je voulais vivre, je chassa mes idées noires et je pris la décision de me sevrer, d'arrêter les drogues, la clope et même l'alcool quelques temps, je reconnu mon problème et demanda de l'aide, je me fit suivre quelques temps par un psychologue.
Je raconta tout ce qui m'était arrivé et alla chercher du réconfort aurpès de Clara et Kévin, je décida de combattre mon surpoids en allant à la salle de sport 4 fois par semaine pour récupérer mon corps, j'avais la haine et une envie de redevenir celle que je voulais !
Mon année fût jetée la poubelle mais je soigna mon âme aurprès de ma mère et mes amis, Kévin et Clara m'ont probablement sauvés la vie mais nous ne rentrerons pas dans les détails, tout ce qu'il faut en dire c'est que je combattis mes démons quelques mois et entama ma guérison. Je me fis la promesse de ne plus jamais vouloir vivre à travers un homme, d'avoir plus d'estime pour moi et de vivre avant tout pour moi, j'avais envie de m'aimer, de me souhaiter du bon et j'avais appris à me détacher du regard des gens.
Je fit ma rentrée l'année suivante dans une autre ville, je pris une collocation cette fois avec deux inconnues pour me répartir les tâches ménagères et j'étais bien résolue à me concentrer sur mes études et tout déchirer.
C'est cette année là qu'une véritable pute a pris son envol.
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Bonjour à tous,
J'ai pris du temps à prendre la parole, ou plutôt à prendre mon clavier, afin de vous soumettre une des mes histoires, qui a plus de 20 ans, certes, mais me définit bien. Pour être parfaitement honnête, je l'ai présenté sur un autre forum, il y a 4 ans... et le peu de réactions me laisse à penser que ce forum, qui a l'air beaucoup plus actif, facilitera la discussion car cela en est le but. Si je ne suis pas au bon endroit (ou si la section "cas vécus" n'existe pas), je présente mes excuses aux modérateurs et vous laisse gérer ce témoignage. Si ce dernier reste, bienvenu dans monde, c'est parti :
Cela se passe dans nom Nord natal, une jeune femme apprend par hasard, lors d'une soirée étudiante, que je suis attiré par les jeux de domination et de soumission (à cause d'un ami qui, étant au courant de mes tendances, s'est permis d'en parler sans prendre garde à l'auditoire : la jeune femme en question).
A l'époque, nous organisions un petit voyage à Disneyland avec ma promo étudiante, chacun d'entre nous avait la possibilité d'inviter une personne et devinez qui je pris ? La jeune femme pré-citée, que j'appellerai Géraldine (le prénom a été changé).
Je me retrouve donc en vadrouille à Marne la Vallée au milieu des décors en carton pâte et autre Mickey. Peu de monde, période de juin, nous profitons des attractions mais, la fatigue aidant, je décide, avec ma compagne d'un jour, d'aller voir un spectacle histoire de s'asseoir un peu. Le spectacle commençant dans une vingtaine de minutes, le discussion s'enclenche sur le BDSM, puisque son oreille avait glissé quelques jours plus tôt sur mes pratiques lors de la fameuse soirée.
Elle m'avoue (quoique je ne vois pas où soit l'aveu, je ne vois là aucune culpabilité) avoir envie de pratiquer le SM, en tant que soumise, et le plus vite possible !
Je vous refais la scène, je suis au milieu d'un parc à thèmes pour enfants et une jeune femme me demande de la dominer. Euh, comment dire ? Hors-sujet ? trop tôt ou trop tard ? Je me vois donc dans l'obligation de lui demander a minima d'attendre notre retour en terre flamande pour envisager quoique ce soit. Elle acquiesce, nous profitons du spectacle mais je dois avouer que quelques images de ma future soirée commencent à s'immiscer entre Minie, Donald et autre Mulan.... vision bizarre, mais que je dois bien assumer.
Je vous épargne le reste de la journée, mélange de poupées qui chantent "It's a small World after all" et mon imagination débordante faite de menottes, de martinet et de pinces sur tétons. Vous avez dit bizarre ? Comme c'est bizarre !
Le soir venue, Géraldine se prépare à rentrer chez elle une fois descendue du bus. Tout mon imaginaire s'effondre sur le champs ! Elle a dû changer d'avis, dommage ! Je cherche donc un taxi pour rejoindre Fives (un quartier de Lille) où se trouve mon appartement lorsqu'une voix me demande au moment où j'allais annoncer l'adresse à mon transporteur : "Je peux venir ?". Mon "oui" fût si rapide que Géraldine crût un instant que je m'adressais au chauffeur. Je lui tint la porte de notre carrosse (une Peugeot, si me souviens bien). Cela la rassura, je la pris par le bras comme pour l'introniser dans un bal où personne ne l'avais jamais invitée.
Je la sentis un peu frileuse pendant le trajet, je la pris par la main avec mon discours habituel (code de sécurité, pratique négociée avant et, surtout, mon appartement possède un lit d'appoint dans le cas où elle ferait marche-arrière). Arrivée à l'appartement, un verre, vite ! Nous avons tous les deux la gorge sèche, comment pourrait-il en être autrement ?
Je lui présente ensuite le matériel, menottes, cordes, pinces à linge, bougies, martinet. Lui expliquant chacun sans tabou. Je sens désormais que sa frilosité déguise en fait une véritable excitation, la soirée peu commencer...
Je lui fait d'abord essayer les menottes, les bas devant, tel un suspect au tribunal. Elle comprend désormais que les clés que je possède seront son seul salut, elle assume de statut de soumise et me demande de tout essayer.
Je commence donc par la libérer, lui demande ensuite de retirer ces vêtements, hormis sa culotte et son soutien gorge, elle s'exécute, tremblante, je lui retire moi-même les bretelles de son soutien-gorge, ses épaules son dénudées, tant mieux, je peux donc désormais l'attacher sur une chaise présente depuis le début de la scène, au milieu de ma chambre, et que je ne vous ai pas présenté : La chaise, je te présente Géraldine. Géraldine, je vous présente la chaise.
Assise et menottée, Géraldine me lance un "je te fais confiance" qui marque définitivement ma mémoire comme un acte fondateur de notre future relation. Je lui attache les pieds, les genoux afin de valider la contrition. Je relie ensuite le bas de ses chevilles aux menottes, pour que le mouvement soit très limité...
Et je pars dans mon salon... pour regarder un épisode de Friends, dont je suis fan, en version originale, s'il vous plaît (ça passait sur une chaine qui s'appelait Jimmy et qui état la seule, à l'époque, à les passer en VO). Pour être honnête, le salon et ma chambre sont dans la même pièce, Seule ma salle de bain, mes toilettes, ma cuisine et ma salle à manger sont à part. Je laisse donc Géraldine regarder l'épisode avec moi. Elle n'a pas l'air de comprendre, je lui explique donc que je lui laisse une demie-heure pour entrer dans son statut d'objet. Dix minutes après, c'est le cas, elle accepte sa condition, je peux donc maintenant lui faire accepter la mienne.
Un aller retour au frigo me fait sortir quelque glaçons que je pose directement dans les bonnets de son soutien-gorge. Frisson immédiat, avec cette impossibilité de les retirer rendant ce frisson plus... excitant. Ne prononçant aucun code de sécurité, je prends le martinet et lui frappe, doucement d'abord, puis plus fortement, les cuisses, cela commence à rosir doucement.
Au bout de cinq minutes, les glaçons ont fondu, le soutien-gorge n'est donc plus nécessaire, je lui retire avec, dans mes mains, une vingtaine de pinces à linge. La suite, elle l'a compris. Ses seins vont désormais souffrir, elle le comprend et ne bronche pas.
Je commence avec les contours, la poitrine est généreuse, les pinces y trouveront leur place. Je garde les 4 dernières pour les tétons, 2 chacun, la douleur devient intense mais toujours aucun code de sécurité, je continue après lui avoir donné un peu d'eau. Cela fait partie du jeu, une souffrance pour une récompense. Le contraste entre la chaleur interne de son corps et ses tremblements externes nous font comprendre à tous les deux que chacun a trouvé ce qu'il était venu cherché, un moment de complicité.
Nous avions atteint un seuil de complicité entre son acceptation de sa situation et ma volonté de maîtrise. Cet équilibre, quand il est atteint, est un colosse au pied d'argile, un détail peu tout gâcher, un acte déplacé, un bruit dehors, un changement de ton.
J'y prends garde, je la possède, elle aime ça mais je me dois d'être prudent. Je commence donc à changer de rythme pour sentir sa sensualité. Les pinces posées sur sa poitrine sont désormais toutes en place. un dizaine sur chaque sein, 2 sur chaque tétons. Elle se concentre, tente de s'éloigner de cette douleur. Je suis là pour la lui rappeler. Avec le martinet, je caresse délicatement les pinces qui, de fait, se mettent à bouger, pinçant ainsi un peu plus par un effet levier qu'Archimède n'aurait pas nié. Le hasard des lamelles de cuir se promenant sur sa poitrine transforme une douleur diffuse en vague nerveuse à intensité variable. Elle ferme les yeux comme pour s'éloigner de la pièce. Le martinet reprend son office, quelques coups un peu plus fort sur les cuisses, à intervalle irrégulier, Géraldine ne sait pas où le prochain coup va tomber.
Ses cuisses sont désormais rouges, sa position assise lui permet de constater l'étendu des dégâts, j'ai une soumise bicolore. Je lui laisse reprendre son souffle... pas longtemps, un petit cri de douleur vient lui rappeler son statut, je viens de lui retirer la première pince à linge et, si jamais vous ne le savez pas, cela est douloureux car la pince a pris le temps de faire corps avec la peau, la retirer engendre donc une douleur de faible durée, mais intense. Une à une, je lui demande de choisir la prochaine en lui interdisant les deux placées sur chaque tétons, je me les garde pour la fin. Cela dure cinq longues minutes, entre le temps de son choix et mon choix de technique pour les retirer.
Lorsque sa poitrine n'offre plus à mes yeux que deux tétons sertis de bouts de plastique, je décide d'utiliser une technique redoutable : le "retirer remiser" qui consiste a enlever la pince pour la remettre quasiment aussitôt, effet garanti. Ses cris me le confirment. Elle voulait un maître, elle l'a eut, je voulais une soumise, je la tiens au bout de mes pinces.
Petite pause, les pinces sont maintenant un souvenir, je lui sers un verre de vin blanc, elle l'accepte, cela lui donne une petite ivresse et des yeux merveilleux regardant son bourreau avec au fond une question : et maintenant, que fait-on ? Je n'oublierai jamais ce regard, jamais cet instant, nous avions passé un palier, ensemble, une osmose, ce sont des moments rares, je me permets donc de le partager avec vous.
Il est donc temps de passer à une autre étape, de la déshabiller entièrement car le lecteur attentif n'a sans doute pas oublié que Géraldine était encore vêtue de sa petite culotte. Une soumission totale engendre une nudité totale. Je la détache et prépare la scène suivante…
Géraldine se frotte les poignets, essayant d'effacer les marques de cordes. Elle sait que ses derniers vont encore être mis à contribution, mais ça la rassure. Je lui demande, sèchement, de rester debout les mains dans le dos. Elle s'exécute. J'installe la scène suivante. Mon appartement est vieux, rénové, certes, mais vieux, un tuyau en fonte qui jadis servait à irriguer l'eau, n'a pas été enlevé par mon propriétaire lors de ladite rénovation. Bien lui en a pris.
Cela se passe en deux temps : j'utilise trois cordes, une attachée à chaque poignée de Géraldine, c'est ce que j'appelle une corde de non-pression. C'est une technique de sécurité (encore) qui consiste à faire plusieurs tours de corde autour d'un même poignet et de lier les extrémités de la corde ensemble. La corde non-pression permet à Géraldine d'avoir le poignet maintenu mais avec une tension supportable. En effet, si je n'avais fait qu'un seul tour autour de son poignée, la pression au niveau de la jointure serait intolérable, voire dangereuse.
Une fois les deux poignets ainsi traités, ils se transforment donc en "bracelets" qui vont être attachés à la troisième corde elle même suspendue entre deux points d'attache. Géraldine se retrouve donc les bras en V, face au mur.
La petite culotte est toujours à sa place. Pas longtemps, je la lui retire en la faisant glisser délicatement, je veux que chaque molécules de peau de sa jambe soit en contact avec la dernière pièce de tissus encore présente sur elle. Elle est nue, de dos, ne sachant pas ce qui va lui arriver.
C'est une première dans notre relation, ses yeux ne lui sont plus utiles. Je prends donc la décision de surprendre, je lui caresse de dos, délicatement, descend lentement jusqu'à ses fesses, promenant ma main entre les deux, sans forcer, c'est trop tôt. je change soudain de direction, passe vers l'avant et commence ostensiblement à la caresser à l'endroit que la morale réprouve mais que le désir inonde, si j'en crois mes doigts.
Réflexe, elle resserre les jambes. Mauvaise idée, je me saisis de deux cordes et lui attache les chevilles une par une et attache la première corde au radiateur en fonte et la seconde au canapé servant de lit d'appoint pour mes invités. Ma soumise était en V, la voilà désormais en X.
Je reprends donc mes attouchements, elle se débat, crie un peu, j'aime ça. Les yeux, toujours les yeux, reflet de l'âme et parfait miroir du désir naissant en sa bouche offerte. Mes doigts rejoignent sa bouche. Elle les lèche, les tripote avec sa langue, seul organe libre de l'ensemble de ses mouvements. Ses yeux sont fermés, elle imagine, elle rêve, elle part. Il est donc l'heure de la réveiller. Mon martinet la fait sursauter ! La douleur aussi, sans doute. Son dos comprend vite. Nous en sommes à une phase avancée de la séance, les coups sont plus rudes, plus ciblés, plus insistants. Ma soumise devient torsion, tentant en vain de s'éloigner des lanières qui, inlassablement, tombe juste à chaque fois.
Je marque une pause pour voir le regard de Géraldine, légèrement crispé, un peu humide et pourtant soulagé, non pas parce que je me suis arrêté, mais parce que je prends soin d'elle. Je la soulage de ses larmes naissantes à l'aide d'un kleenex, lui donne un peu d'eau, pas trop. Je l'embrasse, délicatement, sur la bouche, elle opine, cela commence à devenir excitant. Pour être clair et cru, je bande. Mais, là aussi, c'est trop tôt. Il est donc l'heure de la fessée, donc de la fesser.
La fessée est un art, un concept, une autre approche de l'autre.
Les diverses méthodes pour l'infliger permettent d'être plus ou moins à l'aise pour la pratique.
En ce qui concerne Géraldine, après l'avoir dé-crucifier, je décide de lui attacher les mains vers l'avant, bien que je lui ai fait déjà fait essayer les menottes, je reste fidèle à mes cordes. Elle se laisse faire, a t-elle le choix ?
Je m'assied sur la chaise et lui demande de se poser à plat sur mes genoux. Elle comprend ce qui l'attend. Avant cela, j'ai attaché une autre corde autour de ses mains liés, un peu comme une laisse, mais pour les mains. Une fois en position, je saisis cette laisse, la fais passer sous la chaise pour la faire réapparaître de l'autre côté, au niveau des genoux de ma soumise. Je lui attache les genoux avec en tirant assez nettement de sorte que ses mains soient immobilisées, ça appuie un peu sur mes jambes mais, en échange, j'ai une femme offrant son postérieur à mes yeux et à mes mains qui n'en demandaient pas tant.
Je frappe, une fois, nettement, pour lui faire comprendre le standard de la fessée. Sa tête, pendante au dessus du vide, se redresse aussitôt. Seulement retenue par la tension de la corde, ce mouvement demeure assez réduit. Je recommence, sur l'autre fesse, même sursaut. Je continue avec une alternance de caresses très douces et de claquements violents. Son cul n'est plus que vibration tantôt guimauve, tantôt acide et rien dans mes mouvements n'est régulier, de sorte que la pauvre Géraldine ignore le type et la violence du coup suivant.
Je termine cette phase par une apothéose, le final d'un feu d'artifice, je claque violemment les zones pas assez rouges à mes yeux, ma soumise se débat, je ressent ça sur mes cuisses qui la supporte mais, peu importe, je continue, elle crie "Stop", je n'arrête pas, elle n'a pas dit le code de sécurité.
Soudain, tout s'arrête, le silence s'installe, à peine perturbé par son essoufflement. Le calme, après la tempête, je lui caresse les fesses, très délicatement, elle sursaute d'abord, pensant aux prémices d'un nouvel orage. Je continue, délicatement, tendrement, presque amoureusement. Elle se détend, je lui re-caresse la zone érogène ultime, des petits cris de contentements commencent à exhaler ma libido.
Elle s'en rend compte et décide de bouger son corps pour exciter son maître qui, si cela continue, ne pourra pas retenir indéfiniment les assaut de la bête excitée. Je la détache, à temps. Je prends les menottes et lui attache les mains dans le dos.
"Tu vas maintenant devenir une esclave sexuelle !, lui dis-je d'un ton proche d'un péplum de la 20th Century Fox, à genoux...". Je déplie mon canapé d'invité, je vais avoir besoin de lui. En effet, les nouveaux pieds de lit vont me servir à lui attaché les siens, lui forcer la position agenouillé et maintenir ses mains fixes sur le barreau en fer. Je prends mon temps, d'abord parce que c'est technique et surtout pour faire baisser ma pression interne. Hors de question de jouir trop tôt !
Je l'abandonne, un bon quart d'heure. La position, supportable au début, commence à devenir délicate, puis douloureuse, puis insupportable. J'entends des petits "Aïe" à chaque fois qu'elle cherche à mieux se positionner. Elle m'avouera, plus tard, que c'est la partie de notre séance qu'elle a préférée. Souffrir en l'absence (relative, j'étais dans la pièce à côté) de son maître. Elle m'a même dit que cette douleur ne ressemblait pas aux autres.
Après avoir regardé 15 minutes de reportage animalier, très efficace pour débander, je reviens dans la salle où ma soumise, crispée dans tous les sens, me supplie du regard d'achever ses souffrances. Évidement, je n'en fais rien. Je lui demande, car notre entretien préalable n'en avait pas fait état si, pardonnez moi du terme, elle avale.
Elle me dit n'avoir jamais essayé la fellation, je lui propose donc deux nouveautés : elle accepte. Je lui annonce donc que sa libération coïncidera avec ses deux nouvelles expériences. La scène suivante, sur laquelle je poserai un voile pudique, a été notre apothéose (en tout cas pour moi ), car chacun de ses allers-retours lui faisait de plus en plus mal mais, sans ces derniers, la douleur n'en serait que plus longue. Je ne sais pas combien de temps à duré cette fellation, à la fois maladroite (c'était sa première) et délicieuse, un sentiment de bien-être à tutoyer les anges au moment où mon âme, exalté au plus haut point, transforma l'essai en réussite et la réussite en Nirvana.
Je la remerciai, la détachai. Elle me dit "merci", j'en fîs de même, notre complicité s'est finie le lendemain matin, après un petit-déjeuner copieux. Elle repartit chez elle, dans son logement étudiant, je repris mon chemin. Ce n'était pas la dernière fois que nous nous voyons, mais nous ne le savions pas encore. Elle allait reprendre contact et changer les règles du jeu, et je ne savais pas à quel point cela aller me convenir…
Mais tout ceci est une autre histoire....
Frédéric (oui, c'est mon vrai prénom)
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TIRE AU SORT :
Un soir, je reçois un courriel d'un soumis qui serait tenté par une expérience de domination : je lui propose de tirer au sort le premier qui dominera et ensuite d'inverser les rôles !
Je me présente donc chez cet homme et en prenant un verre, je lui montre deux ficelles pour le tirage au sort : la plus longue désigne la MAÎTRE en premier !
Je tire la plus longue et lui demande aussitôt de se déshabiller lentement et sensuellement en se caressant. Il était entièrement rasé! Tout nu, je lui pose la cagoule cuir que j'avais pris soin d'apporter avec moi, ainsi que pas mal d'accessoires!
Je l'attache de mieux que je sais faire et assez serré, les bras fermement liés dans le dos, ensuite je lui pose un collier et déjà il se met à "bander sérieusement) !
J'avais pris soin lors de mon bondage de laisser les seins bien accessibles !
Faute de bâillon, je lui mets un foulard dans la bouche.
Il ne savait pas trop ce qui risquait de lui arriver et je pense que pour cette première partie, il n'a pas été déçu !
Debout, bien attaché, je commence à poser des baguettes chinoises autour de ses deux seins, peut-être aurais du commencer par la cage de chasteté que j'avais aussi apporté!
L'avantage des baguettes c'est que l'on peut régler le pincement jusqu'à la limite de l'insupportable ! Les seins sont bien pincés et j'augmente progressivement leur pression !
Difficile, vu son excitation sexuelle de poser ma cage de chasteté, mais après de nombreuses tentatives, j'y arrive enfin!
Je prends un pose de 5 minutes et contemple mon soumis ainsi exposé !
Je reviens au seins et les libère de leurs baguettes. Je mordille les seins mis à ma disposition charnellement et très sensuellement. je passe ma main dans sa bouche entravée et sens la salive qui commence à poindre comme également un perle de rosé suinte à la pointe de son sexe humide et bien rigide bien enfermé dans la cage !.
La suite va pour lui être terrible, puisque le sort a décider que je commençais à être le MAÎTRE et qu'il devait bien s'en rendre compte désormais! ( Je ne dois pas non plus être trop sévère, parce qu'ensuite je risque d'être son soumis !)
Je retrouve dans mes affaires un bâillon à boule qui remplace le foulard déjà trempé de salive!
Je masse voluptueusement un sein après l'avoir copieusement enduit de lubrifiant pour lui poser une magnifique pompe à seins de gros diamètre : lentement et précautionneusement j'aspire le premier sein sans remplir toutefois tout l'espace vide, ensuite je lubrifie généreusement l'autre sein avant de commencer l'aspiration.
Ses deux seins commencent à prendre des couleurs sous l'effet de l'aspiration que j'augmente à la limite de la possibilité des pompes !
Désormais la pointe de ses deux seins touche le haut des pompes et je m amuse ainsi à faire tournoyer de gauche à droite puis inversement les deux pompes!
J'ai un peu oublié dans le feu de l'action, je crois me rappeler qu'à un moment il a du hurler de douleur ou de plaisir ?
Je lui chuchote à l'oreille que sa douleur doit devenir son plaisir agréablement partagé, sans me soucier de ce qui pourrait alors m'arriver en retour de tirage au sort!
Il bande fort et remplit entièrement la cage de chasteté!
Je lui libère alors les mains dans le dos( toujours bien debout!) pour lui attacher les mains au dessus de la tête et ainsi augmenter sérieusement la traction sur ses seins qui deviennent de plus en plus rouges !
Je m'amuse à nouveau à faire tourner les pompes autour de ses seins, ce qui provoque un long et fort gémissement, de douleur ou de plaisir ?
Il y a déjà un bon moment que j'ai été désigné comme son MAÎTRE et j'essaye compléter ma panoplie de Dominateur temporel !
Bracelets aux chevilles, je lui écarte progressivement les chevilles avec une barre d'écartement et me permet délicatement d'introduire mon index dans son anus bien lubrifié !
Je reprends un pose de 5 minutes et contemple mon soumis ainsi exposé, que se passe-t-il dans sa tête : satisfait ? heureux ??
J'e n'ai jamais su s'il avait regretté le tirage au sort, car à cause du temps passé à le dominer, il m'avait demander d'être libre pour 18 h et j'avais bien envie de continuer cette première fois la séance jusqu'à 17h55! (cela dure depuis plus d'une heure trente !)
Avec peine et délicatesse, j'arrive à lui enlever la cage de chasteté outrageusement rempli de son sexe et me prépare à l'assaut final : lui enlever les pompes des seins et lui imposer une fellation inoubliable ( même si je n'aime pas sucer un sexe, l'inverse OUI!)
Son sexe est en totale explosion et tandis que mes mains massent vigoureusement ses deux seins bien gonflés, je sens monter l'éjaculation tant attendue et espérée comme une libération et un point final à notre première rencontre inoubliable!
J'ai juste le temps de sortir son sexe de ma bouche avant l'éjaculation!
Le sperme assez abondant inonde mon torse et le sol et après m'être bien essuyé.
Je profite d'une dernière pose de 5 minutes et contemple mon soumis ainsi exposé et soulagé !
Je me lève et libère enfin mon compagnon de ses liens pour voir son corps bien marqué pars les cordes serrées ! : il s'assied au sol pour se reposer un peu!
Depuis à mon grand regret, je n'ai plus eu de nouvelle ! Pourtant j'étais prêt à renouveler l'expérience dans l'autre sens !
Conclusion : un soumis fait souvent un excellent domi ! ! ! !
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Si tu cèdes à la vie, en étant à genoux,
Derrière toi tu oublies ce qu’étaient tes journées
Si mes ordres sont loi, et mes paroles sacrées
Sans peur de subir mon courroux.
Si ta peau est meurtrie, et tes seins, et tes fesses
Sous mes coups sans merci, et tout ton être acquiesce
Si ton corps tu fais mien pour modeler à ma guise
Sans fléchir, toute confiance acquise
Si tes entraves t’étreignent chaque jour qui passe
Qu’elles soient de chair, de corde, de chaine ou de cuir
Si ton corps se plie sans jamais l’envie de fuir,
Que ta bouche un soupir ne fasse
Si ta gorge ou même ton cul étanchent leur soif,
Que ton corps souillé d’or fièrement en témoigne
Qu’il demande encore plus de sentir mon empoigne
Et réclame maints crachats ou baffes
Si la salope docile que tu es aujourd’hui,
L’est moins que la belle pute que tu seras demain
Si ouverte tu t’offres, d’un geste de ma main
Que ce soit pour moi ou autrui
Si ma queue tu recherches, comme une récompense
Si ta chatte inondée devient ta délivrance
Si ton cul ouvert réclame bien des offrandes
Sans plus en faire la demande
Si enfin à ta vie tu ne trouves plus qu’un sens
Celui de bien servir en étant asservie
De te sentir être toi, quand tu obéis
Si tombent tes dernières défenses…
Alors les tracas, les doutes, l’ennui ou l’envie,
Seront à tout jamais éloignés de tes nuits
Et ce qui vaut bien mieux qu’une très longue vie sereine,
Tu seras esclave, ma chienne
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Ha - assis :
Ha si je pouvais retrouver un MAÎTRE qui aimerait immobiliser mon corps librement & volontairement offert!
Ha si je pouvais rencontrer régulièrement :
Un homme en région PACA qui me recevrait sereinement !
Un homme en région PACA qui me recevrait tranquillement pour me recevoir dans la tenue qu'il voudrait !
Un homme en région PACA qui me déshabillerait lentement & sensuellement, pour ensuite m'immobiliser tout nu & cagoulé !
Un homme en région PACA qui m'imposerait une cagoule, une cage de chasteté, un lavement extérieur, voir intérieur ?
Un homme en région PACA qui prendrait un immense plaisir à m'imposer une contrainte physique, assis, debout en croix ou horizontalement, voir même suspendu (par les pieds?)
Un homme qui pourrait me "convoquer" autant de fois qu'il le souhaiterait pour une intense pratique du "shibari"
Un homme qui apprécierait de me voir ainsi offert et de disposer de mon modeste corps offert librement & volontairement !
Un homme qui pourrait éventuellement me livrer à d'autres MAÎTRES ou avec d'autres soumis !
Un homme qui saurait prendre son temps pour me "cagouler", me déshabiller sensuellement et lentement pour ensuite m'attacher pour mieux me voir ainsi à sa disposition !
Un homme qui prendrait du plaisir à prendre mon contrôle physique, sensuel & sexuel pour des satisfactions bien réciproques et agréablement partagées!
Un homme qui saurait m'attacher, ma raser, me momifier, me travailler les seins, le sexe, tout cela sans sodo, ni Fist SVP !
Un homme qui aurait envie de me voir ainsi soumis physiquement, sensuellement, mais aussi sexuellement !
Un homme qui respecterait mes limites tout en m'aidant à me faire progresser suivant ses désirs et ses envies!
Un homme qui pourrait me "convoquer" autant qu'il le souhaiterait pour une intense pratique du "shibari"
Un homme qui apprécierait de me voir ainsi offert et de disposer de mon modeste corps offert !
Un homme qui pourrait éventuellement me livrer à d'autres MAÎTRES ou avec d'autres soumis !
Un homme qui saurait prendre son temps pour me "cagouler", me déshabiller sensuellement et lentement pour ensuite m'attacher pour mieux me voir ainsi à sa disposition !
Un homme qui prendrait du plaisir à prendre mon contrôle physique, sensuel & sexuel pour des satisfactions bien réciproques et agréablement partagées!
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Charte
Le collectif Kinky-Lorraine est un espace amical, inclusif, et respectueux de chacun.
Son but est d’organiser des minis-Munch en Lorraine ainsi que des évènements plus privés.
Il met également à disposition de certains membres un espace de communication de groupe, via son serveur.
:la Charte
1 - Comportement :
Respecter la vie privée des membres.
Respecter l'anonymat des membres.
Ne pas diffuser les propos que des membres ont tenus au sein du collectif, en dehors du collectif, sans leur autorisation explicite.
Accepter que l’on souligne vos éventuelles maladresses, et accepter d'en discuter si nécessaire.
Votre vision des choses vous appartient, vous ne devez forcer personne à l'adopter.
Aucune forme de propos, de geste discriminatoire, ou favorisant une oppression, ne sera tolérée.
Le serveur du collectif ne doit pas être utilisé comme un « site de rencontre ».
Aucun message privé ne doit être adressé à d'autres membres via notre serveur, sans avoir recueilli préalablement son consentement explicite sur un salon public.
Les photos et vidéos sont autorisées uniquement dans le cadre de l’accord préalable des personnes photographiées. Toute photo ou vidéo d’une personne n’y ayant pas consenti est proscrite. Toute diffusion sans autorisation expresse des personnes figurant sur la photo ou la vidéo est proscrite.
Le "vrai" BDSM n'existe pas. Merci de garder ce paramètre à l’esprit lorsque vous échangez avec les autres participant·es.
2 - En cas de participation à des évènements et jeux :
À la fois dans vos jeux BDSM, mais aussi dans toutes vos interactions lors des soirées, le consentement préalable de la personne avec qui vous interagissez est essentiel. Il doit être donné de façon explicite, libre, éclairé, informé, spécifique, et révocable. En cas de violation de consentement, vous pouvez vous adresser au staff.
Le non-respect du consentement d’autrui entraine des mesures d’exclusion définitive.
Durant les jeux proposés au sein du collectif, seuls les safe word ''Rouge'' et ''Orange'' devront être employés. Ces mots sont communément admis au sein du collectif et permettront aux autres membres d'intervenir si besoin. Vous devez vous sentir libre d’utiliser ces safes word pour stopper le jeu ou une pratique. Le non-respect de l’arrêt en cas de prononciation est sanctionné d’exclusion définitive.
Les états de conscience modifiée (ébriété, drogue, manque de sommeil ou de nourriture…) sont dangereux dans le cadre de jeux BDSM, tant du côté Top que du côté Bottom. Le staff se réserve le droit de mettre un terme à toute séance dont le(s) participant·e(s) présente(nt) de tels signes.
Les lieux et les espaces mis à disposition doivent rester propres et en bon état. Durant toute la soirée en général, et lorsque vous utilisez un espace pour les jeux en particulier, vous vous engagez à respecter la propreté et à prendre soin du matériel et des lieux mis à votre disposition. Vous vous engagez à nettoyer l’espace et le matériel après son utilisation. Du matériel de nettoyage et des poubelles seront mis à votre disposition.
Évitez toute manifestation bruyante à proximité d’une scène de jeu. Soit-vous respectez ceux qui jouent, soit vous vous éclipsez.
Lorsque des pratiquant·es officient, ne les dérangez pas, en tentant de vous insérer dans le jeu par des actes ou même des paroles. Si les pratiquant·es souhaitent vous intégrer dans leur jeu, iels sauront vous le demander.
Le staff se réserve le droit d'autoriser ou non certaines pratiques durant les évènements organisés.
Les pratiques autorisées le sont sous réserve d’une bonne connaissance et d’une bonne maîtrise des risques impliqués et des mesures de sécurité nécessaires. Le staff se réserve le droit de mettre un terme à toute séance ne respectant pas ces conditions.
Si une pratique vous semble dangereuse ou mal réalisée, adressez-vous à un membre du staff.
Il est interdit de fumer/vaper à l’intérieur des lieux mis a disposition.
Respecter les propriétés individuelles de chacun. Si quelqu'un apporte du matériel, il est en droit de ne pas vous le prêter. Vous devez quoi qu'il arrive lui demander avant de vous en servir.
Respecter son ou sa partenaire, autant que ses limites physiques et psychologique
Systématiquement procéder à une négociation avant une session, afin de m’enquérir des limites de mon/ma partenaire.
Connaître, accepter et communiquer mes limites.
Pratiquer de manière à permettre à chaque instant l’expression d’un refus.
Je m’engage à faire part à l’équipe d’organisation toute situation allant à l’encontre de cette charte.
Je m'engage à respecter la législation en vigueur en France.
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Quatrième partie.
*****************
Madame Conway m'explique ce que je sais déjà : il faut que le Président soit marié pour séduire les citoyens et pour les voyages à l'étranger.
On part se marier à Jackson Mississippi, ville natale de mon mari. On est tous les deux du Sud profond.
C'est un pasteur qui nous marie vite fait dans une petite église. Il n'y a que quelques invités, la mère du Président, qui a l'air complètement dépassée par ce mariage, mais heureuse que son fils se case enfin... avec une femme. Bien sûr, il y a aussi nos proches : Summer, Monsieur Sam, Madame Wolf, avec une autre chérie, heureusement, et quelques personnes que je ne connais pas...
Après la cérémonie, on quitte la ville et on arrive dans une région boisée. Au bout d'une allée, je vois un grand hôtel. C'est un bâtiment de style colonial, c'est-à-dire avec des colonnades... Un peu comme la Maison-Blanche, mais en plus petit, bien sûr. On entre, deux rangées de servantes s'inclinent sur notre passage. Là, c'est vraiment justifié, c'est le Président et la Première Dame... Je ne vois pas de clients, mais c'est la fin de l'après-midi. Ils arriveront sans doute plus tard.
On traverse le bel hôtel. Vers l'arrière, au milieu d'une végétation tropicale, il y a une terrasse et une belle piscine... Des filles apportent du champagne... Moi je demande une "margarita". Mon mari me dit :
— Je vais te faire un petit cadeau.
Quoi ? Un brillant, une Rolls, un yacht, une île ?
Un des hommes que je ne connais pas me tend des papiers en disant :
— Monsieur le Président a loué une maison à Malibu pour un an. C'est vous qui en aurez la jouissance. Si vous voulez bien signer ces papiers, je vous donnerai le titre de location.
Il aurait pu l'acheter et m'en faire cadeau, le rat ! Je sais que j'aurai une somme très importante tous les mois, ça compense. Je regarde Summer. Elle lit le message suivant dans mes yeux "Est-ce que je dois signer ?" Elle fait oui de la tête. Je signe tous les papiers et il me remet un exemplaire. Même si ce n'est pas sa tasse de thé, j'embrasse mon mari en disant :
— Merci, c'est gentil.
J'ajouterais bien "Tu aurais pu m'en faire cadeau". Il répond :
— Tu es l'épouse idéale.
Il ajoute :
— J'ai acheté les esclaves aussi. Et Madame Stone va rester.
Combien il y en a ? Huit, je crois. J'ai huit esclaves à moi... enfin, à nous.
On m'apporte une grande margarita. On boit au Président, à moi, au mariage, à la prochaine élection. Je donne le papier que j'ai reçu à Summer en demandant :
— Tu veux bien le garder ?
— Oui, bien sûr.
Il fait très chaud, je dis au Président :
— J'irais bien nager pour me rafraîchir.
— Bien sûr, vas-y ma chérie.
— C'est que, je n'ai pas de maillot...
— Pas besoin de maillot, j'ai loué tout l'hôtel et tous les gens qui sont ici sont des amis ou des collaborateurs.
Il a loué tout l'hôtel, pas mal... J'enlève ma robe. Oh ! J'ai oublié de mettre des sous-vêtements. Nue, je m'étire et tous les yeux sont braqués sur la chatte ou le cul de la première dame ! Je me balade un peu autour de la piscine puis je plonge dans l'eau... ou alors, je descends par une échelle. Oui, Summer m'a appris à nager mais c'est très récent. La petite chérie de Madame Wolf se déshabille et elle me rejoint dans la piscine. Elle nage vers moi et me dit :
— On n'a pas eu l'occasion de se parler. Je m'appelle Chloé et je suis étudiante en art. Je vous trouve ravissante Madame la Présidente.
Elle a l'air vachement plus sympa que l'autre. Je réponds :
— Je suis ravie aussi...
Je mets la main sur sa taille et je l'embrasse sur la joue... chastement, ce qui n'empêche pas le bout de nos seins de se frôler amoureusement. Elle se presse un moment contre moi. Summer s'est déshabillée aussi et elle plonge impeccablement. Des gardes se déshabillent et ils viennent nous rejoindre... Je regarde Summer, puis Chloé et les gardes... Pas mal la vie de Première Dame... Je suis consciente que les choses ont bien changé et que la vie du Président et de sa femme n'a plus rien à voir avec celle de Ike et Mamy Eisenhower. Sans remonter aussi loin, un Président comme John D., c'est vraiment... atypique.
Les gardes sont à mon goût. Ils plongent, puis jouent avec un ballon. Je regarde leurs sexes qui bougent dans tous les sens, comme s'ils avaient une vie indépendante. Un des gardes me demande :
— Vous ne jouez pas avec nous, Madame la Présidente ?
D'accord, Summer m'a effectivement appris, mais j'ai envie de m'amuser, alors je réponds :
— C'est que... je ne sais pas nager.
— Voulez-vous que je vous apprenne ?
— Volontiers.
Il me fait basculer en avant mais en me tenant : une main sur les seins, l'autre sur la chatte. C'est vraiment troublant, pas d'apprendre à nager, mais ces grandes mains sur des endroits aussi sensibles. On joue comme ça un moment. Je sais que mon mari ne perd pas une miette du spectacle. Après un moment, Summer s'approche de nous et dit au garde :
— C'est pas le bon moyen avec elle. Sors ses fesses de l'eau.
Elle donne une méchante claque sur mes fesses mouillées en criant :
— Maintenant, nage jusqu'au bout de la piscine et reviens.
Aïe ! Mes fesses ! Mamy Eisenhower n'aurait jamais accepté ce genre de familiarité ! J'entends les autres rire, tandis que je nage et je reviens vers elle. Je vais me mettre contre elle en disant :
— Tu m'as fait mal....
— Mais tu sais nager maintenant.
C'est pas protocolaire, mais Summer a tous les droits.
Ensuite, on joue au ballon avec le garde... on se frôle, on se touche, on s'éclabousse... Le jour commence à décliner et il fait frais. Je demande à Summer :
— On sort de l'eau ?
— D'accord...
On sort et on s'essuie sous les yeux de mon mari et des invités. Il y a moyen de faire ça d'une façon très sexy.
Des filles sont venues rejoindre les invités. Je pense qu'ils ont choisi une ou deux esclaves pour la nuit. Un homme en noir vient m’annoncer:
— Madame la Présidente, le dîner peut être servi quand vous voulez.
Pourquoi il me dit ça, le pingouin ? Ah oui, c'est genre "Madame est servie". Je regarde Summer. Elle me comprend même quand je ne parle pas. Elle me demande :
— Toi, faim ?
Ben oui... C'est mon premier jour, c'est facile de se moquer. Le Président me donne le bras pour aller dans une grande salle à manger... Il me dit :
— J'ai proposé aux gardes de manger avec nous.
— Très bonne idée.
Ça, les Présidents précédents ne le faisaient sûrement pas non plus.
Mon mari me demande :
— Quel est le garde que tu préfères ?
— Celui qui m'a appris à nager.
— Ah, c'est Ron.
Il l'appelle et lui dit :
— Tu te mettras à côté de ma femme
— Certainement Monsieur le Président.
On s'assied, moi je suis entre mon mari et... mon futur amant. Enfin, j'espère... Des serveurs apportent du champagne, des petits toasts. L'un deux me demande :
— Puis-je vous servir, madame la Présidente ?
— C'est quoi ?
Mon mari répond :
— Du sauternes, tu vas aimer.
Je goûte... mmmmhh... c'est frais, fruité, langoureux... j'adore. Tout le monde boit et discute... Ron, mon beau voisin, me dit :
— J'ai adoré vous apprendre à nager, Madame la Présidente.
— Ne m'appelle pas comme ça.
Il met sa main sur mes cuisses et me dit à l'oreille :
— D'accord mon poussin.
C'est mignon, peut-être pas très protocolaire mais, bon, le protocole, moi, je m'assieds dessus et sans culotte ! Le président aussi. Enfin, ici, avec des amis. Il est plus intéressé par le flirt entre Ron et moi que par autre chose.
On nous sert du homard, j'adore ça. Pas facile à manger proprement, heureusement ils ont fendu le corps. La tête est pleine de corail, je mouille tellement c'est bon. Je flirte avec mon voisin... Il m'embrasse et tout le monde a l'air de trouver ça normal. Ils doivent être habitués aux frasques du Président. Celui-ci nous regarde du coin de l’œil, tandis que Ron et moi, on mélange nos langues et nos salives... Vers la fin du repas, un couple arrive. Je dois le décrire : ils ont une petite cinquantaine d'années et sont quasi obèses tous les deux. Lui est chauve sur le dessus de la tête, sauf une longue mèche qui fait des zigzags sur son crâne. Il a une Rolex et des grosses bagues. Elle a des cheveux teints en roux et elle est maquillée comme une mère maquerelle. Elle est vêtue d'une robe de couturier qui ne ressemble à rien sur elle. Ses bijoux ont l'air faux tellement ils sont gros. Je les situe nouveaux riches... ou plutôt, nouveaux très riches. L'homme dit d'une voix forte :
— Mieux vaut tard que jamais, on a été retardé. Bonsoir à tous...
Le Président se lève pour les accueillir. Monsieur Sam et Madame Wolf aussi. Mince ! Ils ont l'air de paysans qui ont fait fortune, le Président me fait signe de venir. Je retire la patte de Ron de mes cuisses et je vais vers eux, sans envie... La femme me tend une main bijoutée à mort en disant :
— Alors, c'est toi la nouvelle Première Dame ?
— Oui, c'est ça et vous, vous êtes ?
Mon mari me serre le bras en disant :
— Ma chérie, je te présente Monsieur et Madame Crasston, les rois de la viande et de beaucoup d'autres choses. Les plus gros industriels de l'alimentaire des États-Unis. Embrasse-la et fais ça bien.
Si ça peut faire plaisir à mon mari. Après tout, j'ai embrassé des bites moins appétissantes que cette grosse femme.
Elle me repousse en disant :
— Garde ta langue dans ta bouche et la prochaine fois ne m'embrasse pas.
Non mais pour qui elle se prend, la reine de la saucisse ?!? Dangereux d'humilier la Première Dame. Elle me le paiera !
Ils discutent entre eux, moi, je retourne près de mon amoureux. Je lui demande tout bas :
— C'est qui ces gros ploucs...
— Les rois de la viande, ils ont aidé le Président pour sa campagne...
M'ouais. Je termine les desserts qui sont dans mon assiette. Le Président revient près de nous en disant ;
— Chers amis, on va passer dans la salle voisine.
Là, il y a de la musique et mon mari m'invite à danser... Normal. Heureusement ça ne dure pas et il retourne parler avec ses amis. Je danse avec Ron... Je sens la barre dure de son sexe contre mon ventre. J'espère que c'est lui qui baisera la belle et innocente jeune mariée.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
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Elle m’avait proposé de passer chez elle vers 21h, trop tard pour m’inviter à dîner. J’avais donc une petite idée de ce qu’elle attendrait de moi ce soir-là. Quand je suis arrivé, son petit air malicieux dans le sourire, et la chaleur avec laquelle elle m’a embrassé ne m’ont pas détrompé, au contraire.
J’aime sentir qu’elle me désire, mais ça me fait aussi un peu peur parfois. J’ai senti mon bas-ventre s’échauffer doucement, en la voyant virevolter dans sa belle robe d’été, aux motifs illisibles, surmontée d’une bande de soie bleue qui lui barrait la poitrine et laissait entrevoir les tétons sous l’étoffe. Je me suis senti déjà mangé par elle, par son regard coquin ; je me suis senti pris au piège et quelque chose en moi souhaitait exactement cela.
Il s’est passé un peu de temps, pendant lequel nous avons échangé quelques banalités d’usage. Je me suis senti très empoté, il me semblait que j’aurais dû lui sauter dessus, arracher sa robe et la prendre brutalement. Mais je me sentais tout à fait incapable de ça, et pour tout dire j’évitais même plutôt son regard ardent et les sujets de conversation trop glissants – tout en m’en faisant le reproche.
Soudainement, elle s’est levée et m’a demandé : « ça te dit qu’on fasse un jeu ? ». L’excitation et une forme de peur, aussi, pointaient clairement dans le son de sa voix. J’ai dit « d’accord. Quel genre de jeu ? ». « Viens, assieds-toi ».
Elle m’a installé autour de sa petite table ronde, une chaise pour chacun. Elle m’a dit : « c’est tout simple, c’est un jeu de mémory. Tu sais, comme le jeu pour enfants, il faut trouver les images qui vont par paires. Sauf que celui-là n’est pas pour les enfants ! » et elle a laissé échapper un petit rire, tout en me montrant les cartes.
Il y avait un peu de tout, du plus mignon (une jolie fille dont on aperçoit la culotte, un couple qui s’embrasse sensuellement) au plus hard (un gros plan de sodomie, un type ligoté en train de se faire pénétrer par une femme équipée d’un gode-ceinture), en passant par le bizarre (un couple de vieux gros en pleine fellation, une femme qui se fait laper par son caniche). Je trouvais ça tantôt franchement excitant, tantôt plutôt dégoûtant, et assez souvent disons, amusant.
Elle a installé les cartes, et m’a dit : « vas-y, commence ! ». Evidemment, au début on ne trouve rien, mais au fur et à mesure du jeu, si on reste bien concentré, on retrouve assez facilement les paires d’images. C’est elle qui a reconstitué la première paire, et en empochant les cartes elle m’a regardé en me disant : « bon, pour corser un peu le jeu, il faut qu’il y ait un gage. Je te propose que pour la première partie, celui qui perd se retrouve à poil. Tu joues ? ».
A dire vrai j’avais déjà commencé à jouer, donc la question n’était que rhétorique. Ce qui est sûr, c’est que sa proposition a instantanément rallumé la chaleur au creux de mes jambes, comme si en disant ça elle venait juste de trouver le chemin vers elle, vers son corps et mon désir, que je cherchais malhabilement depuis le début de la soirée. Au passage, je me suis rendu compte que j’avais à peu près autant envie de me retrouver nu devant elle, et elle encore habillée, lui montrer la belle érection que cela n’aurait pas manqué de provoquer ; que de la voir se dévêtir pour moi et profiter de la situation en conservant mes oripeaux.
J’ai dit « OK », et je l’ai laissée soulever deux autres cartes. Je ne sais pas trop comment, mais de fil en aiguille je me suis retrouvé à enchaîner les réussites, et j’ai fini la partie en encaissant un nombre considérable de paires. Elle a fait la moue en voyant que mon tas était bien plus conséquent que le sien, mais bonne joueuse, elle a retiré sa robe en un clin d’œil. Elle s’est retrouvée en culotte, et a pris un peu de temps pour l’enlever, comme à contrecœur, ou pour me laisser le temps de l’admirer peut-être.
Elle est allée chercher une caisse posée sur une étagère, et m’a dit : « bon, le gage d’après ça se corse un peu. Celui qui perd, doit faire la partie d’après avec ça » dit-elle en sortant une paire de menottes. Elles étaient en acier, pas du tout le genre de trucs en plastique qu’on trouve dans les sex shops, je me suis demandé où elle avait déniché ça. Et je dois dire que je me suis tout de suite rendu compte qu’avec ça aux poignets, il me serait tout à fait impossible de lui échapper.
Elle a ajouté : « attention, tout se rejoue à chaque partie. Ça veut dire que si c’est moi qui gagne, je me rhabille et toi tu te mets à poil, avec les menottes. Mais du coup, tu pourras tenter d’inverser à nouveau à la partie d’après ».
« Euh, OK, et c’est quoi le gage d’après ? » « Tu veux savoir déjà ? Hé bien, il faut faire preuve d’imagination. Il y a de quoi faire là-dedans ». Et en effet, il y avait tout un attirail dans sa caisse, de cordes, chaînes et autres cravaches, dont elle avait déjà sorti quelques éléments à l’occasion de nos ébats – mais j’étais loin de me douter que sa collection était aussi fournie.
Nous avons donc refait une partie, et c’est moi qui ai gagné à nouveau. J’ai senti qu’elle en était un peu contrariée, qu’elle avait envie de prendre le dessus sur moi, de me tenir à la merci de son désir, et de faire exprès de le contenir jusqu’au moment où il exploserait. Je crois vraiment qu’elle avait proposé toute cette histoire de jeu pour m’amener à cette situation, et qu’elle n’avait pas trop envisagé de perdre. C’est précisément ce qui m’a excité, de sentir que la situation lui échappait, et qu’elle n’était pas disposée à me laisser faire si facilement.
Je me suis levé de ma chaise, elle toujours nue sur la sienne. Il était palpable que ma grande taille, et ma force physique, provoquaient immédiatement un effet sur elle. Je suis passé derrière sa chaise, j’ai saisi les menottes, et j’ai volontairement pris tout mon temps. J’ai fait cliqueter le mécanisme cran après cran, la sentant bouillir d’impatience et de rébellion. J’ai attrapé d’abord sa main droite, délicatement, son poignet si fin et soyeux, et j’ai lentement refermé le cercle de métal dessus. L’impression de robustesse de l’appareil m’a à nouveau frappé. Légèrement fébrile, j’ai saisi son autre main, je l’ai passée derrière son dos, et j’ai lié ses poignets l’un avec l’autre. La chaîne reliant les deux menottes m’a paru incroyablement courte, la liberté d’action permise par le dispositif extrêmement restreinte.
J’ai eu très envie de profiter de la situation, de lui saisir les seins, les caresser et les pincer, lui embrasser la bouche à petites touches et goulûment, mais je me suis retenu. Je trouvais ça encore plus intéressant de la laisser poireauter, le feu au ventre de colère et de désir, prise à son propre piège.
Nous avons lancé une autre partie, en s’accordant sur le fait qu’elle montrerait les cartes qu’elle souhaitait retourner à l’aide d’un crayon qu’elle tenait dans la bouche. A cause de ça, elle ne pouvait que difficilement retenir sa salive, et j’ai vu une fois ou deux un trait de bave s’échapper de ses lèvres. C’était plutôt humiliant pour elle, et sans m’y attendre, j’ai instantanément adoré ça. Soudain, j’ai commencé à avoir très envie de gagner cette partie – et pour tout dire ça n’a pas été très difficile. Déjà parce que moi j’étais, du coup, très concentré ; mais également parce qu’elle, en ébullition, n’arrivait pas à se focaliser sur le jeu, et se trompait régulièrement.
Elle n’avait pas cherché à fixer avec précision l’enjeu de cette manche qu’elle venait de perdre, probablement parce que dans son esprit elle devait être certaine de la gagner ! De mon côté, je ne savais pas trop comment poursuivre l’aventure, proposer un barreau supplémentaire à l’échelle de son plaisir et de sa frustration.
J’ai déballé les objets entreposés dans sa caisse, et j’ai fini par trouver quelque chose qui m’inspirait. Il s’agissait d’un collier en cuir, que je lui ai passé autour du coup, comme on ferait à un chien. Ce collier avait la particularité, toutefois, de se fermer à l’aide d’un petit cadenas, qui empêchait de l’enlever sans posséder la clé. J’ai placé les deux clés bien en évidence de mon côté de la table, pour lui montrer le pouvoir que j’avais sur elle, et j’exultais en silence.
J’étais sur le point de m’asseoir, mais je me suis ravisé. Le collier présentait un anneau de métal, qui me permit d’y accrocher une chaînette. A l’autre bout de cette chaîne, je suis allé chercher ses menottes, et j’ai doucement forcé ses mains à remonter le long de son dos. Puis à l’aide d’un autre cadenas, j’ai attaché la chaîne venant de son cou à celle qui reliait ses mains, les maintenant ainsi au-dessus de ses reins. Ça l’a forcée à se redresser, à cambrer un peu son dos, et ça lui a arraché un petit gémissement. Forcément, ses seins se sont mis à pointer vers l’avant, les tétons gonflés, moi j’avais une érection pas possible dans mon pantalon.
Je l’ai regardée et j’ai bien vu qu’elle était au comble de l’excitation, et que sa frustration du début s’était à moitié transformée en désir impérieux d’être possédée, de m’appartenir. Je pouvais voir la cyprine doucement déglutir sur son siège. Je lui ai dit : « tu veux encore faire une partie ? Ou on arrête ? » « On continue ! Souviens-toi que si je gagne, on inverse les rôles » m’a-t-elle lancé sur un ton de défi.
Cette partie-là était particulièrement serrée. Nous étions tous les deux déterminés à gagner, concentrés à mort sur le jeu. Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai machinalement compté les paires que l’un et l’autre encaissaient, et à la fin du jeu je me suis rendu compte qu’elle en avait une de plus que moi. Alors, j’ai fait quelque chose presque sans m’en rendre compte, guidé par l’instinct du prédateur qui tient sa proie entre ses griffes, et qui est prêt à tout pour ne pas la laisser filer. Comme elle avait les mains liées, c’était forcément moi qui devais compter les paires. En commençant par les siennes, j’en ai escamoté une que j’ai transférée vers mon propre butin.
Elle ne s’est rendue compte de rien, mais elle fulminait d’avoir encore perdu, c’était tellement beau à voir, ses jolis seins rebondis qui s’agitaient de rage sur sa poitrine exposée et vulnérable. Je jouissais de ma fraude presque autant que de son impuissance, et je me suis retenu à grand-peine de la culbuter sur-le-champ, pour voir jusqu’où je pourrais pousser le procédé.
J’avais déjà décidé, depuis le début de la partie précédente, ce que je lui ferais subir. Plutôt que de piocher dans son attirail, je me suis dirigé vers la penderie, et j’y ai pris des foulards en soie. J’ai fait un nœud dans l’un d’entre eux, puis j’ai refait un deuxième, et même un troisième nœud par-dessus le premier, jusqu’à obtenir une boule de la taille d’une petite pêche. Je lui ai fourrée dans la bouche, et j’ai attaché le foulard derrière sa tête. Elle a protesté, bien sûr, et j’ai vu qu’il lui serait peut-être possible de pousser avec sa langue la boule hors de sa bouche. Alors j’ai pris un autre foulard, que j’ai ajouté sur le précédent, en plus large, de manière à lui couvrir tout le bas du visage, du menton jusque sous le nez. Là, j’ai bien vu que ça tiendrait en place, et surtout qu’il lui était à présent impossible de s’exprimer clairement.
Le plus calmement que j’ai pu, je me suis rassis en face d’elle, et j’ai étalé les cartes pour lancer une nouvelle partie. Elle m’a regardé d’un air noir, et j’ai fait semblant de ne pas comprendre où était le problème : « ah oui, c’est sûr, ça va commencer à être plus difficile de me montrer les cartes maintenant », j’ai lancé avec un petit rire.
Je lui ai dit de me les désigner avec son nez, et j’ai joui du spectacle de son petit derrière se soulevant de sa chaise, ses tétons touchant le bord de la table, alors qu’elle s’acharnait laborieusement à essayer d’inverser le sort. Ça m’a même donné envie de devenir cruel, si bien que j’ai fait exprès, à un moment, de lui laisser une paire facile à trouver. Enragée, sûre de faire un pas vers sa libération, elle m’a montré les cartes qui allaient ensemble – mais moi j’ai commencé à abuser franchement de la situation : je lui ai montré la carte d’à côté et je lui ai dit : « celle-là ? » « Non ! » elle a fait de la tête, en poussant un grognement, et moi : « celle-là ? » en montrant une autre mauvaise carte. J’ai joué à ce petit jeu deux ou trois fois, et puis j’ai carrément fini par en retourner une qui ne faisait pas la paire, annulant le bénéfice de son action. Et bien sûr, en suivant j’ai trouvé la bonne paire, devant ses yeux illuminés de rage impuissante et d’incrédulité.
Il fallait la voir, commencer à se débattre en vain, à protester dans son bâillon ! Il fallait la voir, secouer ses nichons pour dire « c’est pas juste ! », la vulve toujours en ébullition ! Je n’en pouvais plus, je suis passé derrière elle, et tout en la maintenant fermement, j’ai attrapé un autre foulard et je lui ai bandé les yeux. Ça lui a arraché un gémissement qui voulait autant dire « prends-moi » que « tu as intérêt à me libérer dans la minute ».
Je ne sais pas comment, mais je me suis senti capable de l’emmener encore plus loin. Avec les cordes que j’ai trouvées dans sa caisse, je lui ai attaché les chevilles aux pieds de la table, lui maintenant les jambes écartées, le buste sur les cartes encore disposées. Sa chatte et son cul m’étaient offerts, luisants, et elle elle se débattait encore, peut-être plus pour jouir de son impuissance que dans l’espoir réel de s’échapper.
J’ai pris la cravache et j’ai commencé à frapper, sur ses fesses, ses reins, ses cuisses, même un petit peu carrément sur son sexe, alternant les coups durs et les coups effleurés. Et puis j’ai baissé mon pantalon, et entre deux coups de cravache j’ai mis mon sexe dans sa vulve, la laissant sans savoir ce qui allait lui arriver, douleur ou plaisir, mais saisissement à chaque fois. J’ai pris un malin plaisir à espacer de manière irrégulière tout ce que je lui faisais, pour qu’elle ne puisse s’attendre à rien. Et au fur et à mesure, j’accentuais mes pénétrations, les faisant plus profondes et plus fréquentes ; et mes coups de cravache devenaient aussi plus intenses. Le tout lui arrachait invariablement des cris étouffés dans lesquels il devenait impossible de démêler le plaisir de la plainte.
Quand le rythme s’est accéléré, je l’ai sentie pas loin de jouir, et moi-même ça poussait gentiment au portillon. J’ai attrapé ses cheveux, la forçant à lever la tête et à dégager son buste de la table. Et tout en la fourrant avec ardeur, je me suis mis à lui cravacher le ventre et les seins, ce qui l’a rendue absolument dingue. Ses mains s’agitaient en vain dans ses menottes, qui commençaient à lui laisser des marques rouges sur les poignets. J’ai eu envie de lui fourrer quelque chose dans le cul, mais il était trop tard : elle s’est mise à hurler comme je ne l’avais jamais entendu faire, moi je continuais à la prendre et à la battre aussi fort que je pouvais, et d’un geste rapide je lui ai arraché son bâillon, pour que tout le quartier puisse l’entendre gueuler, qu’elle se sente au moment suprême de son plaisir et de son humiliation, incapable de retenir les cris dont je l’avais privée jusque-là. Elle a eu des spasmes énormes dans le bassin, moi j’ai juté en elle en poussant mes propres cris rauques et aigus, et pendant de longues secondes on a joui l’un dans l’autre comme ça, moi la possédant et elle me dévorant, moi la dominant et elle me subjuguant, toute notre énergie focalisée en éclaboussure dans nos sexes.
J’avais ma tête sur son dos, un de ses seins dans ma main, elle m’agrippait le poitrail avec ses mains immobilisées. Je lui ai léché doucement l’échine, et sans retirer mon sexe encore, j’ai attrapé les clés qui par miracle étaient encore sur la table, et j’ai défait ses menottes. Elle a laissé passer plusieurs secondes, longtemps, avant de dégager ses mains et de retirer son bandeau, comme pour me faire comprendre qu’elle voulait faire durer le plus longtemps possible la soumission, l’appartenance que je lui avais arrachées. J’ai pris sa joue au creux de ma main, lui ai tourné délicatement la tête sur le côté, et toujours en elle de mon pénis moins dur, je l’ai couverte de baisers, sur les yeux, le nez, au coin des lèvres et sur le menton, j’ai léché sa langue délicatement, et elle se laissait faire avec des soupirs et des gémissements, en fermant les yeux avec délice.
Enfin, j’ai sorti mon sexe et j’ai détaché ses pieds. J’étais à genou devant elle, esclave et déesse, j’ai eu envie de lui lécher la chatte, j’ai eu envie de lui laisser son collier et sa chaîne et de la garder à poil, à ma disposition, pour quand il me plairait à nouveau de la fourrer.
Je me suis relevé en embrassant son ventre, ses seins, je l’ai prise dans mes bras. Elle s’est blottie contre moi. Quelque chose de nouveau venait d’apparaître entre nous. Pas seulement un orgasme, pas seulement un jeu : un pacte.
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Il y a quelques jours, nous partagions un article sur la pratique du fouet, et la prudence qu'il fallait avoir dans son maniement. Cet article nous a permis d'échanger avec des membres, à propos des sensations sur cette pratique de la flagellation. Cela nous a inspirer un article complémentaire.
* Du délice de recevoir des coups de fouet sur sa peau
Il peut y avoir quelque chose de sublime à sentir les coups de fouet sur sa peau. Il y a l'incomparable sensation de la piqûre du cuir sur notre peau mais aussi le ressenti que l'on a quand on sent notre corps frémir par anticipation (par le bruit du fouet dans l'air ou entre les mains de notre dominant.e). C'est littéralement électrisant.. Chaque coup de fouet fait naître un nouveau désir en nous, et nous ne pouvons nous empêcher de gémir de plaisir en nous abandonnant à son contact. Le fouet est notre moyen préféré de jouer, et nous ne pouvons rien imaginer de plus délicieux que sa piqûre sensuelle.
La sensation du fouet est à la fois perçante et agréable. C'est un mélange de plaisir et de douleur qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Quand on est fouetté, on se sent vivant. Chaque nerf de notre corps est en feu, et nous pouvons sentir chaque mouvement du fouet : on peut sentir l'air nous frôler pendant qu'il se balance dans l'air, avant qu'il n'entre en contact avec notre peau. Et au moment ou le cuir rencontre notre peau, c'est comme si on se retrouvait dans un autre au monde. Pour avoir fait l'expérience, il y a vraiment quelque chose d'addictif dans cette pratique. , dont nous ne pourrons jamais nous débarrasser. Et nous ne le voudrions pas même si nous le pouvions. Parce que le fouet est ce qui nous fait nous sentir en vie.
Le fouet nous fait nous sentir en vie, et même peut-être qu'il nous fait avancer sur un chemin, bien que cela soit difficile à expliquer. Il est comme une ascension d'une montagne. Un evrest. Ou un eldorado. Ou un nirvana ? Le bruit sec qu'il fait en claquant contre notre peau, ou la façon dont il laisse une trace de chaleur dans son sillage est sublime. Un bon coup de fouet bien appliqué peut être extrêmement érotique. La sensation n'est a nulle autre pareil. Que nous l'utilisions pour titiller notre partenaire ou pour lui infliger une douleur intense, le fouet est un outil polyvalent qui peut ajouter une toute nouvelle dimension à notre expérience BDSM voir osons le mot à notre vie sexuelle.
* Les sensations de celui qui fouette son ou sa partenaire
Déjà il y a le bruit que fait le fouet quand on le fait briser l'air. Il y a quelque chose dans le bruit d'un fouet qui m'excite profondément. Ce bruit donne une sensation de pouvoir. J'adore la manière dont il fait tressaillir ma partenaire. Quelle que soit la raison, on ne peut nier que se battre avec un fouet peut être incroyablement satisfaisant. Le fouet n'est pas un amusement, c'est un rituel. Il faut en fait beaucoup d'habileté pour manier efficacement un fouet (sans mettre en danger sa partenaire). Il faut s'être exercé pour maîtriser la force et la précision de chaque coup, et ce devoir de bien faire ne fait qu'ajouter à l'attrait du jeu. Pour moi, il n'y a rien de tel que la sensation de pouvoir exercer un contrôle sur ma partenaire et de savoir que je suis capable de lui faire ressentir du plaisir et de la douleur.
* Le plaisir du ou de la fouetté.e à s'abandonner.
C'est incroyablement libérateur que de s'abandonner à son partenaire quand il nous fouette. Lorsque vous cédez le contrôle à l'Autre et que vous vous permettez d'être vulnérable, c'est, d'expérience, vraiment libérateur. Le sentiment de lâcher est exaltant. C'est un moyen de se débarrasser de toutes ses inhibitions et de ses peurs, et de se sentir vivant dans l'instant.Vous êtes complètement à sa merci. Vous lui remettez votre confiance, pour qu'il vous fasse mal "juste ce qu'il faut".. Dans tous les cas, l'expérience du fouet est exaltante et valorisante. Et même si ce n'est pas la tasse de thé de tout le monde, ceux qui l'apprécient se retrouvent souvent dépendants de la montée d'adrénaline et d'endorphines qui accompagnent la perte de contrôle et la douleur ressentie.
* Le fouet, exploration de sa part d'ombre et moyen de passer outre ses inhibitions
Il y a quelque chose de délicieusement erotique (et pervers, avouons-le) d'utiliser un fouet sur son partenaire. Le fouet donne la possibilité d'explorer le côté sombre de notre personnalité et de nous défaire de toutes nos inhibitions. Nous pouvons être puissants et exigeants quand on fouette, ou nous abandonner complètement à la volonté de notre partenaire si on est fouetté.e.
Il ne faudrait en tout cas pas considéré le fouet comme une activité purement sexuelle, il peut dont être aussi un moyen d'explorer le côté sombre de la personnalité et de se débarrasser de toutes les inhibitions. Il peut nous aider à nous comprendre sous un jour nouveau. Le fouet peut être une expérience cathartique, qui nous aide à libérer toutes les frustrations et la colère refoulées. Colère dont on aura pleine conscience et que l'on devra donc maîtriser pour la sécurité de notre partenaire. Il peut également s'agir d'une expérience extrêmement érotique, qui exacerbe tous nos sens et nous fait nous sentir vivants.
* Fouet, adrénaline et endorphine
En matière de jeux pervers, rien ne vaut une bonne séance de fouet. Que vous l'infligiez ou que vous le receviez, le fouet peut vous aider à atteindre de nouveaux sommets de plaisir. Pour la personne qui fouette, la poussée d'adrénaline qui résulte de l'exercice de son pouvoir peut être très enivrante. Et pour la personne qui reçoit, la poussée d'endorphines peut conduire à une expérience intensément jouissive.
Le fouet est un outil puissant. Il peut être utilisé pour infliger de la douleur ou pour créer du plaisir. Mais surtout les deux à la fois, s'il est pratiqué en toute complicité. Lorsqu'il est utilisé correctement, il peut produire une intense poussée d'adrénaline chez la personne qui fouette, tandis que la personne qui le reçoit est submergée par les endorphines. Ce phénomène est souvent appelé "subspace" (qu'on peut atteindre par toute pratique qui convoque la douleur, au demeurant !). L'effet du fouet peut être une expérience extrêmement puissante pour les deux partenaires. Si vous souhaitez explorer ce type de jeu pervers, il est important de bien vous mettre d'accord avec votre partenaire habituel.le ... ou de faire vos recherches et de trouver un.e partenaire qui soit compatible avec votre désir. Quelque soit votre partenaire, avec un peu de pratique, vous pouvez apprendre à exploiter la puissance du fouet et à l'utiliser pour créer une expérience inoubliable pour vous et votre partenaire.
* Le fouet et le troublant cocktail de plaisir et de douleur
Pour certains, le fouet est l'outil par excellence pour aller à la quête du plaisir et de la douleur en simultané. Comme on l'a vu, le fouet nous donne à ressentir à la fois le plaisir intense de la piqure du fouet lorsqu'il frappe leur peau. En même temps, en recevant un coup de fouet on ressent la douleur d'abord lorsqu'il s'enfonce dans notre chair mais aussi ensuite avec l'afflux sanguin. Cette double sensation peut même créer une dépendance, et beaucoup de ceux qui aiment être fouettés en redemandent. Et la pratique va souvent crescendo. Une quête d'un peu plus de douleur.
Le fouet est un outil polyvalent qui peut être utilisé pour créer différentes sensations, selon la façon dont il est utilisé. Lorsqu'il est utilisé avec des coups légers, le fouet peut créer une sensation de chatouillement qui est très agréable. Lorsqu'il est utilisé avec plus de force, le fouet peut créer une sensation de picotement et de piqûre qui est intensément douloureuse. Le fouet peut également être utilisé pour jouer de la crainte d'anticipation, car la personne fouettée sait qu'elle va bientôt ressentir du plaisir et/ou de la douleur.
* Le fouet et le niveau d'intimité qu'il crée entre celui ou celle qui tient le fouet et la personne qui lui est soumisse
La sensation de prendre le contrôle avec un fouet est unique. Que vous l'utilisiez pour émoustiller votre partenaire pendant les préliminaires ou pour lui donner un avant-goût de la vraie soumission, le fouet peut être une expérience exaltante. Et bien que cela puisse sembler être un acte de pure domination, le jeu du fouet peut en fait être un excellent moyen de créer des liens avec votre partenaire et d'explorer de nouveaux degrés d'intimité. En prenant le temps de connaître les limites et la manière dont votre partenaire va partager avec vous son plaisir et sa souffrance, vous pouvez créer un espace sûr et consensuel pour que vous puissiez tous deux vous laisser aller et profiter de l'expérience.
* A NE PAS OUBLIER
Tout.e bon.ne dominant.e sait qu'il est nécessaire d'essayer le fouet avant de l'utiliser sur un soumis.En effet, comment pouvez-vous espérer délivrer une douleur agréable si vous n'en avez pas fait l'expérience vous-même ? Le fouet est un outil polyvalent qui peut être utilisé de nombreuses façons différentes, il est donc important d'expérimenter et de vous entraîner. Et même si vous n'avez pas l'intention d'acheter un fouet en première intention, nous vous conseillons de vous entraîner avec une ceinture ou toute autre forme de sangle par exemple, pour voir si vous êtes "compatible" avec cette activité;. Cela vous permettra non seulement de mieux comprendre le fonctionnement du fouet, mais aussi d'explorer cette pratique de manière sûre et consensuelle.
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Cette semaine a été assez stressante pour toi, mon Monsieur. Je savais que quand ça irait mieux tu auras besoin que je m'occupe de toi. Et je me suis pas trompés. Un matin, après s'être réveiller. Nous nous sommes fait un câlin. D'humeur joueuse je commence à te provoquer. Je te maintien les bras, te pince. Tu riposte et me dit que c'est toi qui domine. On continue alors se jeux. Et petit à petit tu te laisse faire. Et tu me laisse jouer avec toi. Alors je commence à te mordre et à te griffer. Tu gémit sous mon joug. J'ai bien envie de te frustrer. Je viens te bander les yeux. Et tu a bien sûr interdictions de me toucher. Je caresses ton corps en évitant soigneusement ton sexe. Je le frôle. J'approche ma bouche pour que tu puisses sentir mon souffle sur ton sexe. Du pré sperme coule le long de ton sexe ce qui montre ton excitation. Je positionnement mon doigt juste au dessus de ton pénis. Tu essaye comme tu peux d'atteindre mon doigt que j'éloigne un peu plus à chaque fois. Après t'avoir bien frustré. J'ai bien envie de te torturé physiquement. D'une main je caresses ton corps et de l'autre j'assène des petits coups à tes couilles. Je vais crescendo et tes cris aussi. Quand je sens que je vais juste à la limite j'arrête pour venir caresser et apaisé ta douleur. Une fois redescendue je sert fort tes couilles . Puis je recommence les coups. De temps en temps mon autre main vient t'étrangler pour te faire taire. Tu essaye de crier mais tu ne peux même pas respirer. Que je te vois partir alors je m'arrête pour venir te caresser et t'apaiser. Je décide ensuite de jouer avec mes pieds. Alors je me lève sur le lit. Je m'appuis contre le mur puis vient caresser ton corps avec mes pieds. Ta respiration se fait haletante. Tu attends avec impatience ce que je vais faire. Je lève mon pied pour ensuite le positionner au niveau de ton cou. J'appuie juste légèrement pour te montrer ma position supérieur. Ensuite je retire mon pied et je m'élance pour te mettre un coup dans les couilles. Tu émets un cris de surprise et de douleur. Puis je t'assène plein de petits coups rapides. Ta respiration se fait de plus en plus rapide. L'envie monte de plus en plus en toi. Puis soudain j'arrête. Pour venir caresser tes couilles. Je sens que tu n'attends qu'une chose c'est que je joue avec toi Je t'observe avec envie. J'ai envie de te manger. Tu es totalement détendu. Tu as entièrement confiance en moi. Je viens effleuré son corps. Je pars de ta joue pour aller à son sexe. Tu me supplie de te faire du bien. Tu l'a mériter alors je viens doucement caresser son sexe. Tu souffle de plaisir. Puis j'empoigne fermement ton sexe pour ensuite faire des aller retour. J'augmente le rythme et quand je sens que tu monte j'arrête. Tu geins et me supplie de continuer. Mais moi j'ai pas finie de jouer. J'enduis mon doigt de lubrifiant. Et je viens jouer avec tes fesses. Tu me dit que tu ne souhaite pas être pénétrer mais que je peux jouer avec ton œillets. Alors je viens doucement le caresser tout en caressant ton sexe. Je te dit "tu es tellement excité que ton cul est ouvert comme une salope". Tu rougis de honte. Je viens te claquer les cuisses puis caresser tes couilles. Pour ensuite te branler. Je fait monter ton plaisir pour à nouveau arrêter. Je retire ma main de tes fesses et je prend ta main pour te montrer mon désir pour toi. Je mouille tellement que ma culotte est trempé. Je retire ma culotte. Puis j'utilise ta main comme d'un sex-toy. Je me branle avec tes doigts. Je joue avec eux jusqu'à avoir un orgasme sur ceux-ci. Alors je retire ta main. Tu me soupir que tu veux me prendre. Mais tu ne l'as pas encore mériter. Je monte sur toi pour frotter mon sexe contre le tien. Je commence à être moi aussi bien frustré de ne pas me faire baisser. Je rentre ton sexe juste à l'entrée. Tu continue de me supplier de te laisser faire. Alors je te retire ton bandeau et je viens à ton oreille lui chuchote "Je te laisse faire" tout en pénétrant sa bite a l'intérieur de moi. Tu soupir de plaisir et tu te laisse faire. Je te dit " bha alors on a plus envie de me prendre ?" C'est alors que tu pose tes mains sur mon bassin pour imposer ton rythme. J'essaye de te reprendre le contrôle en te prenant les mains. C'est alors que tu me dit " trop tard. C'est à moi de jouer." Tu te retire. Me retourne et me prend a 4 patte. Pour ensuite jouir en moi. Nous nous écroulons tous les deux sur le lit heureux
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C'était pour nous transgresser un vrai tabou, et dans l'idée que nous nous en faisions nous mettre un peu en danger (à la genese de l'idée) que d'envisager de tester le fouet. La pratique est sulfureuse mais lors de notre expérience de béotiens, nous l'avons vécu comme un moyen terriblement sensuel et érotique qui nous a fait découvrir de nouvelles sensations.
Qu'est ce qui nous titillait dans le fouet ?
Pour nous, c'etait un moyen d'ajouter un élément de domination et de contrôle dans nos rapports sexuels. Nous avons été surpris de découvrir sur les forums que d'autres s'y adonner simplement pour ajouter de l'intensité et de l'excitation à leurs expériences sexuelles sans aucune arrière pensée D/s ou SM. Même avec bien des précautions, le fouet fait mal. Je crois que c'est cette douleur qui m'a donné beaucoup de plaisir (j'étais celle qui était fouettée).
Quelle que soit vos, motivations si vous tentez l'expérience, il me semble important de garder deux choses à l'esprit avant d'utiliser un fouet : la sécurité et le consentement. Le fouet n'est érotique pour les deux partenaires seulement si les deux partenaires sont d'accord pour explorer cette pratique. La pratique n'est pas neutre donc ne vous lancer pas à fouetter votre partenaire où à vous laisser fouetter si vous n'êtes pas totalement sûr(e) d'en avoir envie. Vous devez vraiment en discuter au préalable, pour être sûrs de ce que vous souhaitez faire et établir des limites claires. Une fois que vous serez l'un et l'autre certain de voulour vous lancer, viendra le moment absolument nécessaire d'examiner avec minutie les protocoles pour sécuriser l'expérience.
LA SECURTE AVANT TOUT !!!
Utilisés correctement, les fouets peuvent être de délicieux outils de perversité. Cependant, l'utilisation du fouet comporte des risques qu'il ne faut pas néglifer. Pour réduire ces risques, consultez les specialistes, sur ce site ou sur Fetlife.
Nous avons retenus ces principaux conseils :
- Établissez des règles et des limites claires avant le début du jeu. Cela permet de s'assurer que tout le monde est sur la même longueur d'onde et sait à quoi s'attendre.
- Choississez un fouet qui soit cohérent avec votre expertise de cette pratique. Si vous débutez choisissez un fouet qui ne risque pas de blesser en profondeur. Privilégiez le daim, le cuir ou le nylon. Évitez d'utiliser des fouets avec des picots ou autre qui mal utilisé peuvent aboutir à des blessures profondes.
- Échauffez-vous avant de jouer en pratiquant des frappes sur vous-même ou sur un oreiller. Vous pourrez ainsi vous faire une idée du niveau de force que vous devez utiliser et de la réaction de votre partenaire.
- Lorsque vous frappez votre partenaire, visez toujours les zones charnues comme les fesses, les seins ou les cuisses. Évitez les zones telles que la colonne vertébrale, les reins ou la gorge, car elles peuvent causer des blessures graves.
- Soyez attentif au langage corporel et à ce que votre partenaire peut vous dire pendant le jeu (et prevoyez un safeword). Si votre partenaire semble mal à l'aise ou utilise son mot de sécurité, arrêtez immédiatement et faites le point.
- L'après-jeu est tout aussi important que les préliminaires ! Prenez le temps, une fois le jeu terminé, de vous caliner et de "redescendre" progressivement.
Conclusion :
Lorsqu'ils sont utilisés de manière sûre et consensuelle, les fouets peuvent ajouter un élément de piment et d'aventure à toute relation. Si vous souhaitez essayer le fouet, veillez à communiquer franchement avec votre partenaire sur vos intérêts et vos désirs au préalable. En fixant des limites claires, vous vous assurez que chacun est à l'aise et en sécurité pendant le jeu.
Et consultez des spécialistes (nous n'en sommes pas) si vous souhaitez explorer l'utilisation du fouet en profondeur.
Prudence. Prudence. Prudence :)
(photo du net)
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Il y a des gens classes, comme je pensais. Il y a aussi deux actrices que je reconnais... et puis des esclaves pas maquillées et avec les cheveux tirés. On va s'asseoir dans un divan... Une servante vient aussitôt me proposer du champagne. Tandis que je bois avec classe, mon pote John me dit :
— J'ai pensé que tu aimerais assister à la punition de ces filles...
— Oh oui... m'sieur... euh... John. Ce sont des esclaves qui ont fait une bêtise ?
— Non, pas du tout. Ce sont des étudiantes en droit qui ont fait un site qui me dérange beaucoup. Alors, on va les punir un peu. Celles qui vont faire amende honorable en seront quittes pour avoir passé un moment un peu désagréable, celles qui persisteront dans leurs erreurs seront vendues comme esclaves à Djibouti ou à Shanghai... quelque part loin !
— Super idée...
Je vous rappelle que ces filles attaquent les États-Unis à travers notre Président... Il ajoute :
— On les fait mariner un peu. La peur de la punition à venir est déjà une punition.
Quel homme raffiné... C'est un peu cruel, mais ces filles l'ont cherché... Je réponds :
— Elles n'ont que ce qu'elles méritent.
— Viens, je voudrais te parler en privé...
Oui, mais moi, je voudrais voir les filles fouettées... mais bon, qu'elles attendent... On va au 3e et dernier étage de l'hôtel. Je me doute qu'il en veut à ma vertu... Mais tirer un coup, je ne dis jamais non, surtout au Président...
Je me déshabille. Quand je suis nue, je le regarde... Il est toujours habillé... Et alors, on fait quoi ? Il me dit :
— J'aimerais te voir avec un homme... Tu serais d'accord ?
— Ben... oui.
— J'arrive.
Il sort et revient quelques minutes plus tard avec un grand mec costaud. Belle gueule de baroudeur... mon genre. Le mec me sourit et se déshabille... Ouaouh ! Il est musclé et il a une bite qui vise déjà ma chatte. John me dit :
— Suce-le.
Alors là, c'est pas de refus. Je mets à genoux et je commence par embrasser le bout mouillé de sa bite, ses couilles gonflées, les poils du pubis... Le Président vient tout près regarder ma langue tourner autour du gland du costaud... Il me dit :
— Je voudrais te voir lui lécher le...
Il cale. Aller, accouche ! Je lui propose :
— Le trou du cul ?
— Ouiii...
Il est ravi. Je commence à le trouver un peu spécial, le Président. Le costaud se met à quatre pattes et moi, je me mets à genoux derrière lui. J'écarte ses fesses musclées avec les mains.
Il a une odeur de transpiration mélangée à un parfum pour homme, une odeur plaisante. Le Président vient à nouveau regarder de tout près. Tu veux du spectacle ? OK. Je lèche l'anus du gars et y enfonce même la langue. Il me dit :
— Tu aimes faire ça...
— Oui m'sieur... euh, oui John.
— Tu as envie de te faire baiser ?
— Grave : je suis toute mouillée.
— Allez-y.
Le costaud se relève et me prend dans ses bras aussi facilement que si j'étais une poupée Barbie. Il me met sur le lit, se couche sur moi et m'enfonce 25 cm de sexe dur dans la chatte. Aïe ! Non mais dis donc, toi, je ne connais même pas ton prénom ! Heureusement que je suis une fille accueillante. Je vois plus au moins le Président derrière le cul du gars observer nos sexes aller venir l'un dans l'autre. Je ferme les yeux pour mieux apprécier ce sexe violant ma chatte à grands coups de reins... Je gémis... et je dis les trucs que les filles disent quand elles se font tringler, genre :
— Ah oui... je te sens bien... c'est booonnn... plus foooort...
Je croise mes chevilles sur ses reins pour qu'il me pénètre encore plus profondément. Pas longtemps, car je sens mon vagin se crisper sur le sexe qui le transperce et...
— Oh ouiiii... je jouuuuis...
Ah putain de merde, c'est bon...
Quelques coups de reins de plus et mon baiseur jouit aussi, inondant ma chatte de son sperme... Il grogne un peu en jouissant. Je veux le garder en moi, mais il me dit à l'oreille :
— C'est au tour du Président...
Oh ! Il va me baiser ? Non, dès que le sexe de mon partenaire quitte mon vagin, le Président colle sa bouche et il aspire le sperme qui est en moi. Je me demande si tous les Présidents font ça ! Le Président de la 2e puissance mondiale suce ma chatte pleine de sperme. C'est un peu surprenant, non ? Si c'est le genre d'apéro qu'il aime, ça ne me dérange pas. Au contraire, je ne devrai pas me laver. Quand il a fini de boire son apéro à ma chatte, on se rassied... Le costaud va dans la salle de bain. Il y a un silence, faut que je trouve quelque chose à dire... Ah oui :
— J'ai adoré cette petite partie à trois, John.
— Moi aussi, ma chère Ashley, moi aussi. C'était un peu spécial.
— Non, non, ça me plaît.
— On pourrait dire que j'ai des goûts un peu... spéciaux...
— Vous savez, moi j'aime lécher Summer quand elle vient de faire pipi...
Je dis ça pour le rassurer. Il continue :
— Des méchantes langues disent que je suis gay...
Tu m'étonnes !!
— Alors... il faut que je trouve une femme très belle et aussi très compréhensive au sujet de mes goûts....
Il ne va quand même pas...
— Alors Ashley, veux-tu m'épouser ?
C'est rien, je vais me réveiller ! Figurez-vous que je rêve que le Président des USA veut m'épouser ! Dingue non ? Dans mon rêve, je réponds :
— Avec grand plaisir.
Si je ne rêve pas, c'est juste une farce, genre caméra cachée. Il me dit :
— On descend, je vais annoncer la nouvelle à nos amis.
Bien sûr. Je joue le jeu... Je remets ma robe transparente. En bas, Summer est là et elle discute avec Monsieur Sam. Le Président annonce :
— Une grande nouvelle, mes amis : Ashley et moi, nous allons nous marier.
Tout le monde vient nous féliciter... Je vais près de Summer et je lui dis tout bas :
— On se fout de moi, hein ?
— Non, il a besoin d'une épouse charismatique et qui, accessoirement, couche avec n'importe qui...
— Eh, tu exagères !
— Tu as oublié qu'on s'est rencontré au "House of Pussies".
— Pardon, mais, c'est que... je suis perdue... et... snif...
— Ah, ne te mets pas à pleurer ! Tu acceptes et si un jour tu en as marre, tu divorces et tu auras une énorme pension alimentaire.
Avec elle, c'est aussi simple que ça ! Je la regarde et elle me dit :
— Ferme la bouche !
Je la ferme... Je m'imagine à Paris reçue par la nouvelle Présidente... J'irai manger au sommet de la tour Eiffel et puis aux Folies Bergères.... Il y a deux choses que je veux garder : Summer et la maison de Malibu. Oui, Summer, c'est une addiction. Mon futur mari vient me dire :
— Ma chérie, si on châtiait ces petites garces ?
— Excellente idée, John.
Il m'appelle "ma chérie" ! Le Président !! Je commence à y croire un peu.
En ce qui concerne les filles, je regrette qu'elles soient bâillonnées... J'aime entendre les cris et les supplications des filles fouettées. Quatre gardes que je connais viennent se mettre derrière les filles, armés d'un fouet. Je les ai déjà vus à l'œuvre, ils sont très adroits. Le Président dit :
— Vingt coups, ensuite on leur demandera leurs impressions.
C'est pas beaucoup. Un signe de tête du Président et les trois lanières des fouets viennent claquer sur les fesses des filles. Elles font :
— Mmmffffmmmma !
Je sais ce que ça veut dire "Aaaaiiieee!!! Ça fait maaal..."
Elles sont aussi douillettes que des esclaves. Les quatre gardes ont dû répéter, car ils nous font quasiment un ballet : les fouets qui sifflent dans l'air, le bruit mat quand ils zèbrent les fesses des filles... les cris étouffés. C'est beau.
J'ai un petit problème : regarder les filles fouettées, ça m'excite, je vais mouiller ma robe transparente. Les gardes repeignent les fesses des filles en rouge... Le haut des cuisses, aussi. Je pense qu'elles vont faire "kaï kaï" quand elles vont s'asseoir, les prochains jours... Ils s'arrêtent ! Oh déjà ? Ils enlèvent les bâillons. Là, je les entends enfin pleurer et gémir... Quelles moules ! Quand elles sont calmées, mon fiancé... va devant elles. Il parle bas, comme quelqu'un qui est habitué à ce que tout le monde l'écoute avec attention. Il leur dit :
— Je trouve votre site très bien, mais pas la cause que vous défendez. Si vous êtes prête à travailler pour moi, vous aurez beaucoup d'avantages. Dans le cas contraire...
Les filles sont là, les fesses en l'air et bien rouges. Elles doivent relever la tête pour le voir... Une belle brune dit d'une petite voix enrouée :
— Nous irons en prison ?
— Non, vous serez vendue dans un bordel de Tombouctou.
Une blonde répond très vite :
— Moi, j'accepte Monsieur le Président,
À tour de rôle, les trois autres acceptent. Et voilà, on leur tape un peu sur les fesses et elles renient leurs idées ! On les détache et elles se mettent debout, les jambes tremblantes, les fesses et les yeux rouges. Faudrait les envoyer chez Madame Stone, là elles feraient vraiment connaissance avec le fouet. Le Président leur dit :
— Vous allez signer quelques papiers et on vous reconduira chez vous...
Elles bredouillent un truc du genre :
— Oui, Monsieur le Président...
Ensuite, on discute du mariage. On va s'asseoir avec Monsieur Sam, Madame Wolf et sa chérie, Sara, je crois. Il y a aussi un homme aux cheveux gris. Le Président me dit :
— Tu es décidée à devenir mon épouse ?
En fait, non, pas du tout, mais je veux devenir la Première Dame des États-Unis, alors je réponds :
— Absolument, cher John.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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Quand j'étais plus jeune, je fantasmais déjà sur le fait d'être enfermée dans une cage. L'idée d'être complètement impuissante et à la merci de quelqu'un d'autre (homme ou femme, ca n'était à l'époque pas un paramètre pour moi) était terriblement excitant. En vieillissant, ce fantasme est devenu de plus en plus fréquents. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de la sensation d'être piégée et vulnérable, je le vis un peu dans mes relations de soumission (qui reste assez softs), mais nous ne disposons pas de cage, et pour être tout à fait franche, j'imagine mal proposer à mon compagnon d'acheter une cage...
Bref, en ce moment je m'interroge sur la raison pour laquelle l'idée d'être enfermée dans une cage m'excite tellement.
Il y a sans doute plusieurs raisons pour lesquelles l'idée d'être mise en cage m'excite. Tout d'abord, c'est le fait de savoir que je serais complètement impuissante et à la merci de quelqu'un d'autre. Cette personne aurait un contrôle total sur moi et pourrait faire ce qu'elle veut de moi. D'ailleurs, quand j'y réfléchis, je crois que l'expérience n'aurait de sens que si je vis ce fantasme avec une autre personne que mon conjoint.
Les cages étant généralement associées aux prisons ou aux animaux, l'idée d'y être enfermée sent le souffre. Etre une chienne ? Etre à la merci d'un maton ou d'une geôlière (ah l'uniforme....).
Enfin, il y a l'aspect physique de l'expérience. Lorsque vous êtes confiné dans un petit espace, votre corps devient plus conscient de ce qui l'entoure et chaque petit mouvement prend une nouvelle signification. Le moindre frôlement du bout des doigts peut vous donner des frissons. D'une certaine manière, le fait d'être enfermée doit exacerber tous vos sens, je crois, et rend le moindre geste (comme respirer) incroyablement érotique.
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Il me suffit de penser au bondage, sans même le vivre pour entrer dans une profonde excitation. Quand je pense au bondage, ce sont avant tout les sensations qui me font fantasmer. Les liens serrés autour de mes poignets, de mes chevilles ou qui enserrent ma poitrine. Je pense à ce que je ressent quand la corde rugueuse frotte contre ma peau nue. Le contrôle que mon Maître exerce sur moi. C'est cela que j'aime dans le bondage : les sensations.
J'aime me sentir attachée (j'aime aussi d'ailleurs être enchaînée). J'aime savoir que je ne suis pas libre de partir ou de faire ce que je veux. Je ne me qualifie pas comme une soumise mais je sens bien que la sensation de la contrainte m'excite terriblement. Je suis entièrement à la merci de mon partenaire quand il m'attache et cela me procure un sentiment intense de bien-être. C'est une sensation unique que je ne peux ressent en nulle autres circonstances.
Les liens qui me maintiennent captives me donnent l'impression d'être des plus vulnérable et cela ajoute une vraie dose d'excitation quand Il me possède sexuellement. Je sais que mon partenaire peut me faire ce qu'il veut, et cette idée me plaît beaucoup. C'est pour cette raison que je fantasme souvent sur le fait d'être pris au piège des cordes et de ne pas pouvoir m'échapper. Cela me fait mouiller terriblement.
Le bondage est une pratique sexuelle (oui, je le considère comme une pratique à part entière) qui me procure beaucoup de plaisir car elle est pour moi basée sur les sensations qui s'emparent de moi quand il m'encorde, quand les noeuds se font et se défont. J'aime tant cette sensation de me liée et à la merci de mon partenaire, car cela ajoute un frisson d'excitation à toutes nos pratiques (qui ne sont pas spécialement SM d'ailleurs). Il y a une charge cérébrale intense dans "mon bondage à moi"...
Mon amant n'est pas un grand spécialiste du bondage, et a découvert cette activité en même temps que moi. Un jour, je pense que je m'en remettrai à un maître shibari pour aller un peu plus loin, notamment explorer les sensations des suspensions. Mais cela ne se fera pas tant que je serai en couple, et comme je n'envisage pas un seul instant de le quitter ...
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Elle savait quelle demeurait transparente aux yeux de sa Maîtresse. Il est vrai qu'elle ne faisait rien pour attirer
son regard. Elle n'était pas du tout le genre de femmes à débarquer dans une soirée cheveux au vent, les seins
débordant d'un haut trop petit, moulée dans une jupe très sexy et arborant des chaussures à talons vertigineux.
Instruite du résultat habituel de ces cérémonies, Charlotte s'y rendit pourtant de bonne grâce. Elle continuait à
espérer, tout en se moquant d'elle-même, que viendrait un jour où sa Maîtresse cesserait de l'offrir au cours de
ces soirées éprouvantes, les seins relevés par un corset de cuir, aux mains, aux bouches et aux sexes à qui tout
était permis, et au terrible silence. Ce soir-là, figurait un homme masqué qui retint immédiatement son attention.
Il posa sur elle un de ces regards mais sans s'attarder, comme s'il prenait note de son existence avec celle du
mobilier, un miroir dans lequel se reflétait au fond de la salle, dans l'obscurité, l'ombre d'une croix de Saint André
et un tabouret. Elle n'aurait pas aimé qu'il s'attarde, comme le faisaient les autres. Pourtant, elle souffrit de le voir
détourner les yeux d'elle. Elle ne s'arrêta pas à considérer si c'était seulement l'effroi. On halerait son corps pour
la crucifier, les poignets et les chevilles enchaînés, et on la fouetterait nue, le ventre promis à tous les supplices.
L'inconnu, qu'elle n'osait toujours pas regarder, demanda alors, après avoir passé la main sur ses seins et le long
de ses reins, qu'elle écartât les jambes. Juliette la poussa en avant, pour qu'elle fût mieux à portée. Cette caresse,
qu'elle n'acceptait jamais sans se débattre et sans être comblée de honte, et à laquelle elle se dérobait aussi vite
qu'elle pouvait, si vite qu'elle avait à peine le temps d'en être contrainte. Il lui semblait sacrilège que sa Maîtresse
fût à ses genoux, alors qu'elle devait être aux siens, elle sentit qu'elle n'y échapperait pas. Elle gémit quand des
lèvres étrangères, qui appuyaient sur le renflement de chair d'où part la fine corolle inférieure, l'enflammèrent
brusquement, le quittèrent pour laisser la pointe chaude l'enflammer davantage. Elle gémit plus fort quand les lèvres
la reprirent. Elle sentit durcir et se dresser un membre qui l'étouffait, qu'entre les dents et les lèvres, une onde aspirait,
sous laquelle elle haletait. L'inconnu s'enfonça plus profondément et se dégorgea. Dans un éclair, Charlotte se
vit délivrée, anéantie, maudite. Elle avait accomplit la fellation avec un recueillement mystique. Le silence soudain
l'exaspéra. Elle était prise. Elle comprit enfin que le membre qui la pénétrait était un olisbos dont Juliette s'était ceint
la taille. Avec un vocabulaire outrageusement vicieux, elle exigea d'elle qu'elle se cambre davantage, qu'elle s'offre
totalement pour qu'elle puisse être remplie à fond. Elle céda à l'impétuosité d'un orgasme qu'elle aurait voulu pourvoir
contrôler. C'était la première fois qu'une femme la possédait par la seule voie qui soit commune avec un homme.
Juliette parut subitement échauffée. Elle s'approcha d'elle, la coucha sur le sol, écarta ses jambes jusqu'au dessus
de son visage et exigea qu'elle la lèche. Ses cuisses musclées s'écartèrent alors sous la pression de sa langue. Elle
s'ouvrit davantage et se libéra dans sa bouche. Charlotte ne ressentait plus que le collier, les bracelets et la chaîne.
Elle se rendait compte également que sa façon de tout prendre en charge effrayait la plupart des femmes, même
si Juliette ne s'en plaignait pas, bien au contraire, de son efficacité pendant les heures de bureau ou dans un lit.
On l'avait délivrée de ses mains, le corps souillé par l'humus du sol et sa propre sueur. Juliette tira sur la taille fine
de Charlotte, strangulée par le corset très serré, pour la faire encore plus mince. Si durement baleinée et si étroite,
qu'on aurait dit un busc de cuir destiné à la priver de toute liberté, pire à l'étrangler comme une garrotte médiévale.
Des mains glacées se posèrent sur sa peau et la firent tressaillir. Ce premier contact l'avait surprise mais elle s'offrit
avec docilité aux caresses qui devinrent très vite agréables. On lui fit savoir que plusieurs personnes étaient venues
assister à son dressage. Chacune d'entre elles allait lui donner dix coups de fouet. Elle se préparait à cette épreuve
en se concentrant sur la volonté dont elle allait devoir faire preuve. On lui ôta son corset afin de la mettre à nu et on
l'attacha sans ménagement sur la croix de Saint André dans une position d'écartèlement extrême de sorte qu'elle
crut un instant être démembrée, tant les liens qui entravaient ses poignets et ses chevilles meurtrissaient sa chair.
Elle reconnut alors immédiatement les coups de fouet appliqués par sa Maîtresse. Elle a une méthode particulière,
à la fois cruelle et raffinée, qui se traduit par une sorte de caresse de la cravache ou du martinet avant le claquement
sec, toujours imprévisible et judicieusement dosé. Juliette sait mieux que quiconque la dresser. Après le dernier coup,
elle caressa furtivement ses fesses enflammées et cette simple marque de tendresse lui donna le désir d'endurer
encore davantage pour la satisfaire. On la libéra et on lui ordonna de se mettre à quatre pattes, dans la position sans
doute la plus humiliante pour l'esclave, mais aussi la plus excitante pour l'exhibitionniste que sa Maîtresse lui avait
appris à être, en toutes circonstances et en tous lieux. Elle reconnut à leur grande douceur des mains de femme qui
commencèrent à palper son corps. Avec un certain doigté, elles ouvrirent son sexe. Peu après, son ventre fut investi
par un objet rond et froid que Juliette mania longtemps et avec lubricité. Les Maîtres décidèrent alors qu'elle devait
être reconduite au premier étage. On lui débanda les yeux et elle put alors apercevoir le visage des autres invités.
Juliette la sentait raidie sous sa langue. Elle allait la faire crier sans relâche, jusqu'à ce qu'elle se détente d'un seul
coup. Le plaisir qu'elle prenait à la voir haleter sous ses caresses, et ses yeux se fermer, à faire dresser la pointe
de ses seins sous ses dents, à s'enfoncer en elle en lui fouillant le ventre et les reins de ses mains, et la sentir se
resserrer autour de ses doigts en l'entendant gémir ou crier lui faisait tourner la tête. Charlotte le devinait-elle ?
Alors elle prit tout son temps, étalant longuement l'huile sur sa peau frémissante, glissant le long de ses reins, sur
ses hanches, ses fesses, qu'elle massa doucement, puis entre ses jambes. Longuement. Partout. Elle s'aventura
bientôt vers son sexe ouvert, écarta doucement la sa chair et introduisit alors deux doigts glissants d'huile en elle.
Pourtant, il ne lui sembla pas reconnaître le visage des hommes dont elle avait été l'esclave, à l'exception de songes
fugitifs, comme si aussitôt après le rite, son esprit voulait en évacuer tous les anonymes pour ne conserver de cet
étrange et subversif bonheur, que l'image d'une complicité extrême et sans égale à ce jour entre sa Maîtresse et elle.
Elle découvrit que Béatrice était une superbe jeune femme brune aux yeux bleus, avec un visage d'une étonnante
douceur dégageant une impression rassurante de jovialité. Elle se fit la réflexion qu'elle était physiquement l'inverse
d'une dominatrice telle qu'elle l'imaginait. Elle fut bientôt soumise dans le trou aménagé dans le mur, où elle avait été
contrainte la veille. Pendant que l'on usait de ses autres orifices, un homme exhibait devant elle son sexe mafflu
qu'elle tentait de frôler avec ses lèvres, puis avec la pointe de sa langue dardée au maximum. Mais l'inconnu, avec un
raffinement de cruauté qui acheva de l'exciter, se dérobait à chaque fois qu'elle allait atteindre sa verge, l'obligeant à
tendre le cou, la langue comme une véritable chienne. Elle entendit alors quelques commentaires humiliants sur son
entêtement à vouloir lécher la verge de l'inconnu. Ces injures, ajoutées aux coups qui ébranlaient son ventre et aux
doigts qui s'insinuaient partout en elle, lui firent atteindre un orgasme dont la soudaineté la sidéra. Elle avait joui, comme
fauchée par une rafale de plaisir que rien n'aurait pu retarder. Ayant été prise d'un besoin pressant et ayant demandé
avec humilité à sa Maîtresse l'autorisation de se rendre aux toilettes, on lui opposa un refus bref et sévère. Confuse,
elle vit qu'on apportait au milieu du salon une cuvette et elle reçut de Juliette l'ordre de satisfaire son besoin devant les
invités rassemblés. Une panique irrépressible la submergea. Autant elle était prête à exhiber son corps et à l'offrir au
bon plaisir de Juliette ou à apprivoiser la douleur pour être digne d'elle, autant la perspective de se livrer à un besoin
aussi intime lui parut inacceptable. La légère impatience qu'elle lut dans le regard attentif de Juliette parut agir sur sa
vessie qui se libéra instinctivement. Elle réussit à faire abstraction de tous les témoins dont les yeux étaient fixés à la
jointure de ses cuisses. Lorsque elle eut fini d'uriner, sa Maîtresse lui ordonna de renifler son urine, puis de la boire.
Bouleversée par cette nouvelle épreuve, elle se sentit au bord des larmes, mais n'osant pas se rebeller, elle se mit à
laper en avalant le liquide encore tiède et à sa vive surprise, elle éprouva une indéniable délectation à ce jeu inattendu.
Après avoir subi les regards des invités, elle fut amenée devant Béatrice dont elle dut lécher les bottes vernies du bout
de sa langue. La jeune femme séduisante la récompensa par une caresse très douce, qui ressemblait au geste que l'on
fait pour flatter le col d'un animal soumis, d'une chienne docile. Le dîner fut alors annoncé à son grand soulagement.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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C'était elle, je la reconnu tout de suite.
Assise sur le banc de la salle des pas perdus de la gare, elle était en train de lire un livre, peut être en russe ?
Elle m'attendait depuis un long moment déjà, car son train était arrivé depuis le milieu de l'après-midi, et je n'avais pu me libérer plus tôt. Quand nous avions pensé notre rencontre, elle avait dit que ça ne la gênait pas, et de fait, elle avait attendu, patiemment, dans ce lieu finalement assez sordide. Elle avait attendu pour moi.
Je m'arrêtais un petit moment pour l'observer de loin. C'était la première fois que je la voyais réellement. Jusqu'à présent, nos échanges avaient été épistolaires. Heureusement, si internet m'avait permis non seulement de discuter assez librement avec elle, tout en donnant le temps suffisant pour la réflexion, il m'avait permis aussi de voir ma future esclave grâce à sa webcam.
Elle s'était montrée à moi il y a plusieurs semaines de ça. Nue. Je lui avais demandé de s'éloigner un peu de la caméra, pour que je puisse avoir une vision globale de son corps, puis de se tourner, pour voir son cul. Elle m'avait obéit sans discussion, docilement.
Elle n'était pas belle.
Oh, elle n'était pas irrémédiablement laide, non, mais elle était devenue grosse, tout simplement. Elle m'avait envoyé des photos d'elle avant, et je l'avais vue belle. Oh, là encore, pas d'une beauté de mannequin vedette, non, mais d'une beauté réelle, et indiscutable.
"Je suis monstrueuse", avait-elle admis lorsque je lui avait dit mon impression la concernant. Son accent slave avait comme adouci cette terrible constatation. C'était pourtant vrai, et je n'avais pas menti pour la flatter. Cependant, j'avais vu au delà de cette apparence actuelle, et j'avais déjà dépassé ce problème : elle avait enflé jusqu'à devenir boudinée ? Eh bien elle allait perdre cette graisse superflue. C'était aussi simple que ça. Elle avait bien entendu accepté cette nécessité. Cela allait de soi.
Cette lucidité et ce volontarisme avaient été pour moi déterminants. Je savais que j'avais trouvé avec elle ce que j'attendais depuis de nombreuses années.
C'était d'ailleurs plutôt elle qui m'avait trouvé. Elle m'avait contacté après avoir lu le profil que j'avais réalisé sur un site d'annonces spécialisé, qu'elle fréquentait aussi. Ma première réponse avait dû être plutôt laconique. Son profil indiquait une Dominatrice Russe, rien qui soit de nature à m'intéresser.
Mais elle, elle était mûre pour changer, ce qu'elle m'expliqua, de même que je pus constater rapidement qu'elle avait une maîtrise remarquable du français. Je savais ce que je voulais et je l'avais écrit très clairement, sans ambiguïté ni coquetterie ridicule, elle était prête à l'être pour moi.
Quelques discussions m'en avaient convaincu. A ceci près que des discussions, fussent-elles intéressantes, cela restait du virtuel, c'est à dire de belles paroles pouvant déboucher à tout moment sur le néant. J'avais déjà donné, je n'en étais que plus circonspect, et j'allais à la gare en me préparant à une vaine attente.
Mais elle était donc bien là, après son long voyage. Pour moi. Sa présence concrétisait tout ce qui jusqu'à cet instant n'avait été que virtuel. Oui, elle allait devenir mon esclave.
J'étais excité. Non pas l'excitation sexuelle qui précède la consommation d'une fille, ni même l'attrait de la nouveauté, non, rien à voir. J'étais excité car je sentais au plus profond de moi qu'à ce moment là très précisément commençait quelque chose d'important, de fondamental.
Elle leva le nez de son livre et m'aperçut. Elle aussi me reconnut du premier coup d'oeil. Son visage s'éclaira, et je m'approchais d'elle. Nous échangeâmes quelques banalités, je l'entendis pour la première fois m'appeler "Monsieur" ainsi que je le lui avais demandé, et ainsi qu'elle ne devait jamais cesser de m'appeler par la suite, puis nous allâmes à ma voiture. Je portai son sac, mince bagage pour un voyage pourtant si décisif.
En cours de route, nous eûmes au début une discussion superficielle, mais détendue ; rien ne laissait transparaître dans son comportement ni dans le mien l'imminence d'un grand événement. Je jouissais de son bel accent slave qui transformait la moindre de ses phrases en la magnifiant.
Je jetais à la dérobée des regards sur ma passagère, lorsque la conduite m'en laissait l'occasion. Je pouvais voir un décolleté attrayant, mais sans vulgarité, s'ouvrir sur une poitrine que l'on devinait généreuse. Je voyais la jupe courte, mais pas trop, dévoiler la moitié de ses belles cuisses. J'aimais ce que je voyais. Elle avait bien retenu ce que j'avais dit de mes goûts : une apparence très proprette et sage. Une nouvelle fois je goûtais par avance le caractère sérieux de son engagement. Elle savait n'avoir pas de deuxième chance de faire une première bonne impression, et elle avait bien intégré les éléments que je lui avais donnés. Intelligente, vive d'esprit, cultivée ; la dominer, la rabaisser à un statut infra humain n'allait en être que plus jouissif.
Profitant d'un blanc dans la conversation, je lui demandai sans transition si elle savait ce qui l'attendait sous peu, lorsque nous arriverions chez moi.
Aussi calmement que moi, elle me répondit sans hésiter "oui Monsieur".
Pas besoin de plus de précision, nous nous comprenions. Elle s'acheminait donc tranquillement vers son destin. Elle allait devenir une chose sale entre mes mains, et elle attendait ce moment.
Enfin nous arrivâmes. Elle descendit de l'auto et jeta un regard circulaire. Elle sourit. Rien ne lui déplaisait dans ce qu'elle voyait. C'était important. La maison n'avait rien de très luxueux, bien au contraire. Je n'étais pas un modèle de rangement, et on eût pu dire sans exagérer que régnait aux abords de la porte d'entrée, dans la cour, un certain désordre.
J'ouvris la porte et la fis rentrer. Elle était chez moi, arrivée à destination. Un autre voyage allait pouvoir commencer, bien différent du premier. Il ne s'agissait plus de changer de lieu, mais de changer de personnalité. De devenir autre. Même plus "une autre", mais "autre", plus proche de l'objet que du sujet. D'une jeune femme intelligente, instruite, bien éduquée, il fallait faire une truie. MA truie. C'était entendu entre nous, tout avait été dit auparavant de mes projets la concernant, le plus clairement du monde, dans des termes sans équivoque.
Mon plaisir, ma satisfaction intellectuelle et sexuelle allait désormais être au centre de ses préoccupation, et elle allait s'investir littéralement corps et âme dans cette voie. J'étais immensément exigeant, et foncièrement egocentré, mais c'est justement ce qui l'avait amenée à moi. Je savais ce que je voulais et n'entendais pas revoir mes exigences à la baisse pour obtenir un quelconque lot de consolation. J'avais la médiocrité en horreur.
Elle entra donc dans la maison, dont je lui fis faire un tour rapide afin qu'elle en ait le plan en tête et afin de poser ses affaires dans la chambre. Elle me demanda comme une faveur d'aller se rafraîchir un peu dans la salle de bain, avant l'inspection qu'elle savait être imminente, après la signature du contrat qui allait nous lier tous les deux. Elle avait fait un très long voyage, et j'acceptai donc volontiers, car j'avais aussi pour exigence une propreté et une hygiène irréprochable.
Je l'attendais dans le salon, et elle apparu peu de temps après. Sa nervosité était maintenant perceptible, et de mon côté, j'étais toujours dans le même état d'excitation qu'à la gare, mais toujours bien maître de moi. Elle avisa sur la table du salon les attaches en cuir, et les différents ustensiles destinés à la travailler, soigneusement rangés, ostensiblement présentés à sa vue. Cette vision devait déjà commencer le processus que l'insertion de ces objets dans ses différents orifices ne devaient finalement que conclure.
Je pris les choses en main et lui demandai le résultat de son analyse sanguine relative au Sida, lui donnant de mon côté ma propre analyse. Elle me tendis rapidement une feuille que j'examinai. Elle m'indiqua les champs concernant le résultat, car je ne pouvait lire, le russe m'étant inconnu. Je pus comprendre tout de même clairement qu'elle était séronégative. Cette formalité expédiée, je l'invitai à venir s'asseoir à mes côté sur le divan pour prendre connaissance du contrat que j'avais préparé et qui devait régler assez précisément les règles, et limites de notre relation pour un moment, ledit contrat étant provisoire et devant être remplacé au plus vite par un contrat définitif.
Elle le lut avec attention et sérieux, comme je m'y attendais. Concernant un paragraphe, elle fit part de son désaccord quand au fait qu'elle devait accepter d'être utilisée par d'autres homme ou femmes, sous mon contrôle. Je lui répondis que c'était une exigence que j'avais, mais que le contrat étant provisoire, elle pouvait rayer ce paragraphe. Je fis de même dans mon exemplaire du contrat, puis nous signâmes en bas des documents.
Ce à quoi elle venait de donner son aval était ni plus ni moins que sa dégradation à l'état d'objet sexuel. Elle venait d'accepter de me donner son corps et son esprit.
Isolé des autres attaches, le collier de cuir noir était posé sur la petite table basse où étaient posés les contrats. Une fois ceux-ci signés, je rangeais mon exemplaire, et celle qui désormais était mon esclave rangea le sien. Je pris alors le collier et lui passai au cou, dans un geste cérémonieux. Elle retint ses cheveux de ses mains pour faciliter la fermeture du collier, sans que j'eusse besoin de le lui demander, signifiant une nouvelle fois par ce geste son consentement total à son asservissement. Je notais qu'elle était sous le coup d'une émotion intense. Dès que le collier fut autour de son cou, je saisis l'anneau qui y était attachée, pour bien lui faire sentir cette entrave autour du cou et sa signification.
Puis je lui intimai l'ordre de se déshabiller pour que l'inspection puisse commencer. Je m'assis confortablement sur le sofa et commençai à jouir du spectacle. Elle se déshabilla silencieusement, rapidement. Elle fut bientôt nue devant moi. Elle était plus jolie que je ne l'avait imaginé suite à sa présentation par webcam interposée. Oui, elle avait de la graisse superflue, mais l'ensemble de son corps n'était pas d'une laideur totale, bien au contraire. Il restait indubitablement dans cette grosse truie un peu de la belle femme qu'elle avait été.
Du bout de ma trique en bambou, je lui caressais les seins. Elle avait effectivement de gros seins assez beaux. Je pensais que j'aurais bien du plaisir à y répandre mon sperme...
Elle attendit ainsi, nue, debout devant moi, jusqu'à ce que je lui demande de tourner lentement sur elle-même pour que je puisse la voir sous toutes les coutures. Elle avait de belles jambes et un beau cul. Sa graisse ne formait pas de ces disgracieux bourrelets qui affligent même parfois des femme plus minces.
Son cul était vraiment beau. Je lui demandai d'ouvrir ses fesses et de se pencher pour me faire voir son anus. Elle s'exécuta. Son petit trou semblait serré, et n'avait jamais été utilisé. Un anus vierge, livré à mon plaisir, moi qui avais un penchant clair pour les intromissions anales !
J'étais sexuellement excité et il me vint à l'idée de voir si elle l'était aussi. Je la fis approcher, puis, après avoir glissé ma main droite le long de sa cuisse, je lui enfilai sans plus de cérémonie un doigt, puis deux, dans le vagin.
Elle était, bien sûr, déjà bien mouillée. Je n'avais certainement pas besoin de cette vérification, mais son caractère humiliant était nécessaire, presque d'usage lors d'une inspection.
J'observais avec dégoût maintenant qu'elle était plus proche de moi qu'elle n'était pas rasée, même au niveau de la vulve. Son sexe était recouvert de poils noirs et frisés cachant les détails de ses lèvres.
Je lui fis part de mon aversion pour les poils, et de ma volonté de les lui ôter, elle se contenta de répondre un "oui Monsieur" docile.
Je la fis donc allonger sur le sofa pour l'épiler ; elle écarta ses cuisses immédiatement, précédant mon ordre. Je pensais utiliser sa pince à épiler et lui arracher tous les poils un par un, mais malheureusement elle n'en avait pas dans ses affaires. J'allai chercher une pince que j'avais dans la salle de bain, mais après quelques tentatives infructueuses, je dû me rendre à l'évidence, jamais je n'arriverais à l'épiler, ladite pince étant de mauvaise qualité. Un moment, j'envisageai la possibilité d'aller dans un magasin pour en acheter une, mais j'écartai l'idée ; je ne voulais pas perdre de temps avant de consommer mon esclave.
Finalement, observant mon air contrarié, elle proposa d'aller se raser elle-même dans la salle de bain, chose que j'acceptai de bon coeur. Le rasage ne m'étant pas agréable, contrairement à l'épilation, je lui laissai de volontiers faire le travail.
Je voulais cette épilation douloureuse non seulement pour arriver à obtenir la fente lisse que j'affectionnais, mais aussi pour lui faire sentir par cette première souffrance, qu'elle devait endurer pour mon plaisir, qu'elle était à moi. Finalement, sa proposition montrait, par un autre biais, à quel point elle était déjà à moi. Non pas seulement soumise passivement à mes désirs, mais pensant la meilleure manière de me contenter.
Elle s'éclipsa donc rapidement à la salle de bain où je l'entendis s'affairer, avant de revenir non moins rapidement pendre sa place, devant moi, debout et offerte. Elle était lisse, et sa fente désormais dévoilée me plaisait.
J'allai jusqu'à la table et saisi mes deux godemichets. Je la mis en position, jambes écartées, bras le long du corps, puis sans attendre, je commençai à la limer avec le plus petit godemichet, vibrant, le plus dur, puis je passai au plus gros, au gland bien marqué. Je ne cessais de le retirer et de l'enfoncer de nouveau. Je le fis jusqu'à sentir la fatigue dans mon bras. Je lui ordonnai alors de s'allonger de nouveau, cuisses écartées, sur le sofa. J'enfournai quelques doigts dans sa chatte désormais bien mouillée et bien dilatée et commençai à la fouiller un peu, sans la quitter des yeux pour guetter sur son visage le moindre signe me permettant de mesurer l'effet de ce geste dans son psychisme.
J'étais là dans mon élément : j'utilisais salement le corps de mon esclave et je regardai son comportement. L'alliance du physique et du psychisme.
Elle ne me déçu pas, et se laissa faire docilement tout le long.
J'étais prêt à la pénétrer, et jouir de son corps avec mon sexe. J'ôtais donc mon pantalon et mon slip, puis je la mis en position, les mains tenant des mollets bien écartés, a demi allongée sur le coin du sofa.
Après avoir ajusté le gland à l'entré de sa vulve, je rentrai dedans d'un coup de rein. Je la sautai silencieusement pendant quelques minutes, jouissant du son de ses cris étouffés, et du bruit humide de sa chatte, puis ressorti. Dans un souffle, je lui demandai de préparer sa bouche. Elle se laissa glisser par terre, accroupie, adossée au sofa, et je l'embouchai sans plus de cérémonie.
Je retins mon éjaculation.
Reprenant la maîtrise de mon corps, je me rhabillait rapidement et lui demandai de se tenir debout, les bras en l'air, mains jointes derrière la nuque. "Je vais te punir", lui-dis-je seulement. Elle s'exécuta. Notre contrat stipulait que les marques ne devaient pas être permanentes. Ce n'était nullement une concession de ma part, car je n'avait aucune prédilection pour ce genre de sévices, appréciant surtout la douleur fugace engendrée de la torture à ses conséquences visuelles.
Saisissant ma trique, je commençai à la fouetter, ni trop mollement, ni trop violemment. Les coups marquaient sa peau claire de traînées rouges. Je commençais par le dos, puis descendit sur ses fesses que je grêlais tout spécialement de coups, faisant bien en sorte de répartir les coups des deux côtés. Je la fouettais aussi sur les cuisses avant de lui demander de se retourner pour que je lui fouette maintenant le côté le plus tendre.
Elle avait toujours étouffé ses cris, et elle fit de même lorsque je la torturai par devant. Seins, ventre cuisses, je lui fis sentir la badine partout. Puis je changeai d'outil et pris mon petit martinet à chien. N'étant plus exercé depuis longtemps, je fis en quelques sorte des gammes sur son cul. Je la fis ensuite s'allonger de nouveau sur le sofa, et commençai à lui fouetter la vulve. Quelques coups suffirent pour lui faire rougir la peau.
Je m'arrêtai là. Je la sentis soulagée, mais heureuse à la fois d'avoir été maltraitée ainsi.
Quand je lui annonçai que j'allais maintenant m'occuper de son trou du cul, elle ne dit encore une fois que "oui Monsieur", de sa voix douce et calme. Je lui expliquai rapidement que je ne pouvais concevoir de l'enculer sans l'avoir au préalable lavée soigneusement. De fait, son intestin allait devenir principalement un organe sexuel, et non plus digestif, du moins dans sa partie terminale. Elle acquiesça, et nous allâmes à la salle de bains. Au passage, je pris sur la table du salon la poire à lavement.
Arrivés dans la salle de bains, je la fis monter dans la baignoire, et la fis se pencher en avant bien cambrée afin de faciliter l'accès à son anus. Une fois en position, je lui montrai de près la poire à lavement, et lui en expliquait en détail le fonctionnement, montrant sur l'appareil la profondeur à laquelle j'allais l'insérer dans son rectum, précisant que j'allais utiliser du lubrifiant en quantité suffisante pour qu'elle ne saigne pas. Elle était visiblement nerveuse, mais elle ne fit une fois encore rien pour résister. Elle restait en position, attendant que l'eau remplisse le lavabo qui me servirait de réserve pour remplir la poire à lavement.
Elle avait vraiment un beau cul, et de belles jambes.
Je lui oins la rondelle, délicatement, puis positionnai l'extrémité de la poire à lavement contre son anus. Lentement, mais fermement, je lui enfonçai l'appareil. Une brève résistance se fit sentir, mais cela entra parfaitement. Il ne me restait plus qu'à appuyer sur le réservoir, et l'eau commença à remplir sa cavité rectale. Elle étouffa un cri lorsqu'elle sentit l'eau lui envahir les entrailles. J'avais volontairement choisi une température d'eau plus froide que la température rectale afin qu'elle sente bien son rectum se remplir. Je fis passer deux ou trois autres poires, en lui indiquant quand serrer l'anus pour garder l'eau à l'intérieur sans pour autant blesser la peau délicate du sphincter anal en serrant trop fort. Elle était bonne élève, très peu d'eau sortit. J'essuyais rapidement les quelques gouttes qui passaient tout de même.
Après un moment d'attente difficile pour elle, je l'autorisai à descendre de la baignoire pour se vider dans les toilettes. L'expulsion de l'eau se fit dans un bruit épouvantable. Elle avait tellement honte qu'elle me supplia de ne pas la regarder. Bien au contraire, bien sûr, je la regardant en souriant, se vider le cul, afin de mieux être remplie juste après.
De fait, je renouvelai le travail de remplissage trois ou quatre fois, remettant parfois du lubrifiant lorsque je le jugeai nécessaire.
A chaque fois, elle reprenait docilement la position, mais me suppliait d'arrêter. Ses supplications n'eurent d'autre effet que de m'exciter, aussi, lors même que je savais qu'elle était désormais parfaitement propre à l'intérieur du cul, je lui intimai l'ordre de remonter dans la baignoire, une nouvelle fois.
Elle s'exécuta naturellement, reprenant la position. Cette dernière fois, je lui passais au moins sept ou huit poires, jusqu'à ce que je jugeasse que c'était suffisant. Je lui dis alors de se redresser. Nue dans la baignoire, elle me faisait face. Je savais son rectum et une partie de son intestin remplis par l'eau que j'avais fait pénétrer quelques secondes auparavant. Aucune envie de me résister ne transparaissait sur son visage, elle endurait simplement, puisque telle était ma volonté.
Ainsi debout, j'avais ses seins devant moi, à hauteur des yeux. Ils étaient beaux, je mis mes mains dessus, et les écrasais avec un sourire de contentement. J'enfonçais mes doigts dans la chair molle, puis je relâchais un moment, elle se courba un peu mais elle ne cria pas. En approchant nos visages l'un de l'autre, je sentis à quel point elle aimait être traitée de la sorte.
Nous nous étions bien trouvés. Elle était mûre, parfaite à mon goût.
Je la laissai un moment encore debout dans la baignoire, face à moi, en lui torturant les seins. Parfois je pinçais les tétons, d'autres parties de ses seins.
D'une faible voix, elle me supplia de l'autoriser à aller se vider.
Il n'en fallait pas plus pour me faire jouir. En souriant, je lui refusais ce droit. Elle devait encore porter dans ses entrailles l'eau du lavement. Comme punition de son audace, je lui appuyai fort sur l'abdomen pendant une bonne minute, faisant travailler un peu plus l'eau dans ses boyaux.
Enfin, je lui accordai le droit de se vider. Elle resta longtemps sur le sièges des toilettes, afin de se vider le plus complètement possible.
Quand elle eut fini, je la saisis par le collier et la ramena au salon, toujours aussi nue, mais plus humiliée que quelques dizaines de minutes auparavant.
Elle s'allongea de nouveau sur le coin du divan. Jambes repliées, cuisses écartées, naturellement. Je la regardais encore une fois. Je contemplais un long moment ses orifices. Son anus était un peu rougi, mais encore peu marqué par les lavements répétés que je venais d'infliger à ma toute nouvelle esclave.
Son sexe était assez banal, comme je l'avais constaté auparavant, mais je notais avec un peu de dégoût que la graisse qui enlaidissait le corps de mon nouveau jouet faisait du pubis un bourrelet disgracieux. Je n'avais baisé qu'une seule autre femelle ayant le même problème, et j'en gardais un souvenir désagréable.
Je lui redis combien sa perte de poids devait devenir une priorité si elle voulait me contenter. Elle redit son acceptation de cette exigence.
Ses gros seins s'écrasaient de chaque côté de son torse, mais restaient jolis à voir. Joignant le geste au regard, j'entrepris de les malaxer, pour tâter leur fermeté, et la douceur de la peau et non pour lui faire mal, comme dans la baignoire un peu avant. C'était agréable, mais ce qui l'était plus encore, c'était le regard de la fille, déchue de sa dignité humaine, mais pourtant contente. Je lisais dans ses yeux lorsque je la tripotais combien elle se sentait bien à ce moment là de n'être plus qu'une chose. Elle n'eut nulle velléité de se défendre, pas un réflexe de retrait lorsque ma main empoigna sans douceur son sein droit, puis écrasa sans plus de douceur son autre sein.
Elle m'avait parlé très tôt dans notre conversation de son complexe concernant ses seins, sitôt qu'elle m'eut envoyé des photos où l'on pouvait voir clairement cette spécificité de son anatomie.
Très jeune, elle avait eu rapidement une grosse poitrine, et elle avait vu le regard des hommes se porter sur cette partie de son anatomie. Elle concevait un dégoût certain de ces regards sur sa poitrine, qui en disaient long sur la pensée des hommes qui la regardaient ainsi.
Bien des hommes sont attirés par les grosses poitrines. Un complexe maternel refoulé s'exprime souvent de cette manière. Je ne cachais pas à ma future esclave que ce n'était pas mon cas, au contraire. J'avais toujours eu du succès auprès de femmes plutôt richement dotées de ce côté là, sans pour autant que ce fut la conséquence d'une recherche spécifique en cette direction. N'ayant nul type physique favori, j'étais au contraire libre d'apprécier les diverses manières pour une femme d'être belle.
Mais donc celle qui était désormais mon esclave avait des gros seins. Je commençai sans tarder à imaginer les sévices que je pourrais infliger à cette femelle, les outils ad hoc à construire pour parvenir à la torturer le plus efficacement. En attendant, j'avais déjà bien commencé avec la trique en bambou.
Mes yeux revinrent sur son trou du cul. Il se contractait avec de petits spasmes... Je pris le tube de lubrifiant et d'un doigt, j'enduisis l'anus et un peu de son cul autour. Reprenant une noisette de gel, je la lui enfonçait au travers de l'anus. Je la préparai jusqu'au moment où je l'estimai prête. Nos regards se croisaient tout le long de cette préparation. La petite truie était parfaitement docile.
Je la mis en levrette sur le sofa et m'enduisis la verge de gel. Puis, saisissant ses hanches, je m'introduisis lentement au travers de l'anus, puis au delà, dans la douceur chaude de ses boyaux. Je lui intimai l'ordre de me regarder afin de pouvoir lire dans ses yeux l'effet que cette sodomie produisait sur elle. J'aimais ce que je lisais dans ses yeux : un peu de douleur peut-être, mais surtout du plaisir à être ainsi avilie, et d'être ainsi dégustée par son Maître. Elle laissa s'échapper des soupirs, mais ne dit rien. Je l'enculai moi aussi silencieusement, profitant du plaisir physique provoqué par les spasmes de son anus autour de mon sexe, de la douceur du rectum, mais aussi et surtout jouissant du plaisir intellectuel de l'avoir enculée pour la première fois, le jour où elle devenait ma truie.
Finalement, je répandis mon sperme dans ses intestins. L'idée en elle-même me faisait en quelque sorte jouir une seconde fois. Je me retirai de son cul sans tarder pour regarder le spectacle délicieux d'un anus béant, se refermant par à-coups... Je lui mis un doigt lorsqu'il fut refermé. Pour parachever son humiliation.
C'était fait, elle venait de prouver par ses actes qu'elle allait vraiment réaliser tout ce a quoi elle s'était engagée en signant le contrat de soumission.
"C'est fini pour cette fois", lui dis-je en guise de conclusion provisoire. "J'ai aimé te salir, c'était bien", ajoutai-je encore en guise de félicitations. Nous finîmes donc la séance, et la vie repris la dessus. Nous mangeâmes un bon dîner, et nous eûmes une très intéressante conversation. Mais dans cette vie "ordinaire", le vice avait posé a marque. Ma truie portait son collier en cuir, et elle était nue. Elle devait le porter en permanence lorsque nous étions à l'intérieur. Elle n'avait le droit de le retirer que lorsque nous allions dehors.
En ce cas, j'avais pour usage de mettre dans le rectum de mon esclave un anus piquet plus ou moins gros selon ses capacités anales. Il constituait un "collier symbolique", porté à l'insu de tous mais bien présent à chaque mouvement de celle qui le portait.
Cette pratique, j'entendais bien la continuer, mais eu égard à l'expérience totale de ma nouvelle esclave en matière anale, et ne voulant pas occasionner de lésions douloureuses et potentiellement infectantes, je m'en abstins.
Le soir venu, je lui montrai mon lit où elle allait pouvoir dormir. Bien sûr, nue, elle devait là aussi s'apprêter à me satisfaire complètement et sans restriction. Nulle consigne en ce sens ne fut nécessaire tant c'était évident.
Elle avait froid, mais pour bien dormir, il me fallait une chambre fraîche, elle eut donc à endurer de dormir au "royaume des glaces", comme elle en vint à appeler ma chambre par la suite avec beaucoup d'humour. Elle avait froid, mais elle accepta docilement cet état de chose.
J'aimais énormément cette docilité et cette résignation, et aussi le charmant accent slave qui embellissait ses paroles, son humour...
Avant de nous coucher, je lui retirais le collier de cuir qu'elle avait porté toute la journée, signe de sa nouvelle condition, et preuve de son abandon à ma volonté.
Je la baisais dans tous les sens ce soir là. Le plaisir était partagé. Je ne savais évidemment rien de son plaisir sexuel, et cela ne m'intéressait pas, j'avais été claire avec elle, et elle comprenait bien ce que je disais : si elle prenait du plaisir lorsque je l'utilisais, c'était bien sûr un plus, mais mon exigence ne concernait que MON propre plaisir.
Elle se sentait visiblement à sa place, dans son rôle, est c'est ce sentiment qui faisait qu'elle était bien.
Je m'éveillai doucement le lendemain matin. Elle était à mes côtés, déjà réveillée, mais attendant patiemment que je fasse de même. Je lui dis bonjour avec un sourire, puis, ayant une érection matinale, je décidai de la baiser. Je lui fis part de mon intention et docilement, elle acquiesça. Mise sur le flanc, j'ajustai rapidement mon gland sur sa vulve et d'un coup de rein, je la pénétrai. Je la baisais rapidement, en lui tripotant les seins. Je lui fourrai mon sperme en elle dans un ultime raidissement de plaisir.
J'aimais cette facilité à la prendre. Elle était mouillée, et je n'eus pas de difficulté pour entrer en elle, même sans préparation. Elle me donnait pleinement satisfaction. Elle était MA truie.
Cette relation est finie depuis de nombreuses années maintenant, sans que l'un ou l'autre nous l'ayons voulu. Les accidents de la vie nous ont séparés. Toutefois j'en garde un souvenir fort. Les images peu à peu s'estompent, il en va de tous les souvenirs, et c'est sans doute une des raisons qui m'a poussé à écrire ces lignes.
Un nouveau chapitre doit maintenant s'écrire, nécessairement différent du premier. Je suis désormais marié, ma femme me suit et me seconde désormais dans mon vice, quoique totalement novice.
C'est pour tous les deux désormais que nous recherchons celle ou celles qui pourront nous satisfaire.
La recherche est difficile, d'autant plus que nous sommes exigeants, toutefois nous sommes confiants. Si vous ressentez au fond de vous que vous recherchez à devenir la truie d'un couple vicieux, contactez-nous. Peut-être ne nous entendrons-nous pas finalement, mais sans faire le premier pas on n'arrive nulle part.
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Madame Stone se tourne vers moi. J'ai un petit mouvement de recul. Elle me dit :
— Vous voyez, pour que la punition soit efficace, il ne faut pas se dépêcher. La douleur met un moment à se répandre et puis il y a l'appréhension des coups à venir...
Elle en parle avec gourmandise. Pas de doutes, elle adore faire ça.
— On continue, Moucheron ?
— Ouiii, Madame.
Moucheron est toujours les fesses en l'air, tremblante et gémissante. Le fouet claque deux fois de plus sur ses fesses déjà bien rouges. Là, elle reconnaît qu'elle est une voleuse, ce qui est sûrement faux. Deux coups de plus et ses fesses s'ornent de nouvelles bandes du plus joli effet. Moucheron dit qu'elle mérite ces deux coups parce qu'elle suçait la bite de son frère et de son père. Oh ! Ça plaît à Madame Stone, ça. Elle lui dit :
— Tu aimais faire ça ?
— Oui Madame, j'aimais les sucer et leur lécher le cul...
— Bon, la punition est terminée... À condition que tu me remercies comme il faut.
Moucheron se jette aux pieds de Madame Sone et couvre ses chevilles de baisers en la remerciant de l'avoir fouettée. Aucune fierté, ces esclaves. Madame Stone dit :
— Remettez-vous toutes au travail, sauf Banane. Tu viens avec moi.
— Oui Madame
J'ai l'impression que Banane va se retrouver entre les cuisses de Madame Stone dans peu de temps. Je lui dis :
— Je voudrais garder Moucheron, le temps de faire un selfie.
Elle fait un geste, genre "rien à foutre". Elle est vraiment désinvolte avec moi. Je réglerai ça plus tard. Moucheron vient se mettre à côté de moi, elle a peur. Je lui dis :
— Montre tes fesses, je vais faire un selfie.
Je m'assieds et je mets mon visage à côté de ses fesses toutes rouges. Je fais quelques photos, pour le site de Sandra Mae. Je mets la main sur ses fesses, elles sont brûlantes, c'est mignon. Je lui demande :
— Quelle est la fille qui lèche le mieux ?
— Je crois que c'est Poussière, Maîtresse.
Oui, je pense à Madame Stone qui s'envoie en l'air sous la langue de Banane et pourquoi pas moi ? Je lui dis :
— Va la chercher.
— Oui Maîtresse.
Poussière arrive bientôt. C'est une jolie Hispanique. Je lui dis :
— Suis-moi.
— Oui, Maîtresse.
On va sur la terrasse. Toujours nue, je m'assieds dans un des fauteuils et pose un pied sur le bord de la table. Je lui dis :
— Déshabille-toi !
Quand elle est nue, je lui montre ma chatte du doigt. Poussière se met aussitôt à genoux entre mes jambes et elle couvre ma chatte de baisers...
Je crie :
— Une fille, sur la terrasse.
Une fille arrive aussitôt, je ne me souviens pas de son nom. Je lui dis :
— Café.
— Oui Maîtresse...
Oooh ! J'ai l'impression que la langue de la fille me caresse le nombril... de l'intérieur, tellement elle va loin. C'est cool, la vie ici. Même pour les esclaves ! Prenez Poussière : elle a le grand honneur de me lécher la chatte. Des millions de spectateurs de Cléopâtre rêvent d'être à sa place. Bon, il y a Madame Stone et le fouet, mais ils sont spécialement étudiés pour ne pas blesser. Je crois que les esclaves font beaucoup de cinéma... Poussière se démène et je m'apprête à larguer les amarres et à voguer vers une mer de félicité, quand Summer arrive essoufflée et en sueur. Elle me dit :
— Viens avec moi.
— Mais...
— Je dois répéter ?
Je repousse Poussière, je me lève et je suis Summer. On va dans "sa chambre". Là, elle enlève son short en jean en disant :
— Ce truc est trop étroit ou alors j'ai grossi. L'entrejambe n'a pas arrêté de me masturber pendant que je courais.
Elle se couche sur le lit, les jambes écartées, sa chatte humide bâille un peu parmi les poils noirs. Pas besoin d'un dessin je me transforme en Poussière et je lèche sa chatte aux senteurs marines puissantes après le jogging et avant la douche. J'ai l'habitude et j'aime bien, même si aujourd'hui, c'est fort... Je la lèche, suce ses grandes lèvres, enfonce ma langue dans son vagin et son anus. Elle me donne une claque sur la tête en disant :
— Pas de fantaisies, clito !
Je le suce doucement tout en le léchant et quelques minutes plus tard, elle serre ma tête entre ses cuisses et jouit... Quand elle les desserre, je dois avoir les oreilles toutes rouges. Elle me dit :
— Tu ne vas pas passer ton temps à te faire lécher par toute les esclaves, tu as des scénarios à lire. Demain, jogging à 8 h.
C'est un comble, je dois la lécher et elle, elle m'empêche de jouir. Elle doit voir que je râle, ce qu'elle ne supporte pas. Et, évidemment, c'est là une nouvelle occasion de me montrer quelle est ma place. Elle me prend par la nuque, on est à nouveau les yeux dans les yeux, je les baisse, tandis qu'elle me dit :
— D'ailleurs, je veux que tu me demandes la permission pour jouir... Et puis, va te laver le visage, tu sens la chatte pire qu'un congrès de gouines !
Je vous rappelle qu'elle est armée et qu'avec elle, je ne crains rien.... cela vaut bien quelques humiliations. Ce qu'elle veut, c'est me contrôler. Elle est payée par Sam pour s'occuper de moi et elle fait bien son job, voire trop bien. D'un autre côté, je suis contente qu'elle me demande de la lécher, plutôt que la première esclave venue...
***
Je deviens célèbre. Je suis interviewée par différentes chaînes de télé et j'ai de plus en plus de fans. Summer me fait lire, enfin parcourir, un scénario par jour... Je dois dire que ma vie ici me plaît. Tous les jours, j'assiste à la punition de la servante qui a démérité, puis je me fais lécher par une des huit filles... Pas celle qui vient d'être fouettée : je n'ai pas envie qu'une fille en larme et avec le nez qui coule le fourre dans ma chatte.
L'après-midi, je fais des courses avec Summer, on va à la plage et on rejoint souvent nos amis à Venice. Les gens me reconnaissent et font des selfies...
Cependant, Monsieur Sam s'impatiente. Il nous a convoqués dans son bureau, la semaine prochaine.
***
Ce midi, Summer a un message et elle me dit :
— Ce soir tu es invitée à une soirée à l'hôtel du "Slave Paradise."
— On va à quelle heure ?
— Je ne suis pas invitée...
— Alors, j'y vais pas.
Soupir exaspéré de Summer qui me dit :
— Monsieur Sam insiste. Il y aura des gens importants qui veulent te rencontrer.
Je ne réponds pas... elle ajoute :
— Je te conduis jusqu'à l'hôtel... et je viens te rechercher.
Je soupire et réponds :
— Bon, d'accord.
L'après-midi, on m'apporte la robe que je dois mettre. C'est une robe blanche tellement transparente qu'on pourrait lire ce qui est écrit sur l'étiquette de ma culotte... si j'en avais une.
Vers 20 h, on est dans le parking du Slave Paradise. On embrasse les gardes qu'on connaît. En chemin vers l'hôtel qui est au bord de la mer, je me colle à Summer. J'ai pas envie d'aller seule. L'hôtel est très éclairé. Il y a des servantes en uniforme un peu partout. Venant d'un salon, on entend de la musique, des rires... Je dis à nouveau :
— J'y vais pas sans toi.
Elle ne râle pas, mais elle s'éloigne et téléphone. Je suis assise dans un canapé, les bras croisés en mode "J'irai pas". C'est vrai quoi, je suis une vedette et j'ai besoin de ma garde du corps... Je lui dis :
— Ils vont t'inviter et...
Et là, un homme entre dans la pièce. Il est... quelconque... Il s'approche de moi, je me lève et il prend mes mains dans les siennes en disant :
— Ravi de vous rencontrer, Mademoiselle Stirland.
Il me baise la main.
Alors ça, c'est la première fois, pas qu'on me baise, mais qu'on me baise la main. Je réponds :
— Je suis ravie aussi... mais...
Je le connais ! Je lui dis :
— Vous êtes... euh... un sosie ?
Il rit et répond :
— Non, non, je suis le vrai.
— Désolée, Monsieur le Président, je m'attendais si peu....
— J'ai vu votre film et je vous ai trouvée sublime... J'ai eu envie de vous rencontrer pour vous baiser... la main.
— La main et le reste, si vous le désirez, Monsieur le Président.
Il rit. Vous vous rendez compte : je fais rire le Président des États-Unis, l'homme le plus puissant du monde... après le Président Chinois, bien sûr.
Il s'éloigne un peu de moi pour me regarder et dit :
— Tu es ravissante. Tourne...
Je prends des poses de pin up de dos et de face. Il ajoute :
— Tu es d'accord pour m'accompagner à cette soirée. ?
— Je vous suivrais jusqu'au bout de monde Monsieur le Président.
Il rit à nouveau. Je lui dis :
— C'est que je ne suis pas très habituée aux mondanités. Je suis née à la campagne...
— Je sais, tu es née et tu as vécu à Notasulga, tu es très intéressée par les esclaves, tu as envie de devenir une star ou alors d'épouser un homme riche et de vivre dans une grande maison coloniale avec beaucoup d'esclaves... Ah oui, et tu as la trouille dès que tu es loin de Summer...
Je le regarde, bouche bée et les yeux ronds. Summer me dirait : ferme la bouche, Ashley. Il est devin ou alors la CIA surveille mes moindres faits et gestes. Il me dit :
— Viens...
Il me prend par le bras, une servante nous ouvre la porte et je fais mon entrée dans une robe transparente qui doit venir d'un sex-shop, mais je suis au bras du Président des États-Unis.
Quand j'entre dans la pièce, tout le monde nous regarde. C'est intimidant sauf si on est au bras du Président. À moins que... je me tourne vers lui en disant tout bas :
— C'est sûr que vous... êtes bien le Président ?
— Mais, oui, Ashley. Tu veux voir le drapeau américain qui est tatoué sur mes fesses ?
Il rit... moi aussi. On est amis !
Dans la pièce, la première chose que je vois, ce sont quatre derrières de filles. Elles sont attachées sur une structure composée de deux barres asymétriques. Une haute sur laquelle elles sont appuyées et une très près du sol pour attacher leurs poignets. Elles sont bâillonnées au moyen d'une balle dans la bouche, un accessoire pour le bondage. Les filles sont nues et elles ne ressemblent pas à des esclaves, car elles sont bien coiffées et maquillées. Je fais un gros effort pour détacher mes yeux de ce spectacle. Je regarde les gens, Monsieur Sam vient à ma rencontre en disant :
— Bienvenue Ashley. Notre Président avait très envie de te rencontrer.
Je l'embrase et réponds :
— Oui... euh... moi aussi...
N'importe quoi, Ashley ! Mais, bon, je n'ai pas l'habitude des mondanités. Madame Wolf est là avec sa bête copine, Sara, je crois.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan pour les super dessins.
Les tomes 1 à 5 de "Mia sans dessous" sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
Mes livres non illustrés, ici :
https://www.amazon.fr/Mia-Michael/e/B01MRVYT44/ref=ntt_dp_epwbk_0 …
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TRES-très envie de :
De pouvoir à nouveau retrouver un Dominateur soft qui aimerait immobiliser mon corps librement & volontairement offert !
J'ai déjà connu plusieurs MAÎTRES qui ont pris beaucoup de plaisirs à me contraindre physiquement de multiples manières !
Un homme en région PACA qui me recevrait pour :
Un homme qui saurait m'attacher, ma raser, me momifier, me travailler les seins, le sexe, tout cela sans sodo, ni Fist SVP !
Un homme qui aurait envie de me voir ainsi soumis physiquement, sensuellement, mais aussi sexuellement !
Un homme qui respecterait mes limites tout en m'aidant à me faire progresser suivant ses désirs et ses envies!
Un homme qui pourrait me "convoquer" autant qu'il le souhaiterait pour une intense pratique du "shibari"
Un homme qui apprécierait de me voir ainsi offert et de disposer de mon modeste corps offert !
Un homme qui pourrait éventuellement me livrer à d'autres MAÎTRES ou avec d'autres soumis !
Un homme qui saurait prendre son temps pour me "cagouler", me déshabiller sensuellement et lentement pour ensuite m'attacher pour mieux me voir ainsi à sa disposition !
Un homme qui prendrait du plaisir à prendre mon contrôle physique, sensuel & sexuel pour des satisfactions bien réciproques et agréablement partagées!
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Elle se faisait appeler Lilou, voilà quelques jours qu'elle venait visiter mes pages Voissa sans y laisser de traces autres que celles laissées par le système. A mon tour je suis allé découvrir cette mystérieuse personne. J'ai trouvé très peu de choses en dehors du fait qu'elle venait de s'inscrire sur le site. Aucune photo seulement des échanges sur son mur avec des Voissanautes. Parmi eux, une sorcière espiègle qui m'a confié lui avoir donné quelques pseudos de personnes avec lesquelles elle pouvait dialoguer en toute confiance.
Nous avons commencé à nous écrire. A mon réveil j'avais toujours un message d'elle me souhaitant une bonne journée. Elle les accompagnait souvent d'extraits du roman "nuances de grey" qu'elle était en train de lire. Rapidement elle a souhaité que l'on se téléphone. Elle aimait ma voix qu'elle trouvait rassurante, j'aimais ses "Oh mon Dieu" qu'elle répétait à chaque fois qu'elle était surprise ou heureuse .
Elle m'a avoué avoir quelques kilos en trop, je lui ai avoué avoir quelques rides en trop. Elle était jeune, très jeune.
Elle était prisonnière d'un ogre et peu considérée par la mère de ce dernier qui la prenait pour une bonniche et ne se gênait pas pour la critiquer en public. Un "sombre crétin" m'avait écrit la jolie sorcière.
Malgré notre écart d'âge, le courant passait bien entre nous.
Elle a voulu mettre quelques photos d'elle sur Voissa, m'en envoyer. Je lui ai demandé d'attendre, je voulais la découvrir avant tout le monde et surtout, que cela se passe dans le noir. J'avais ce fantasme de découvrir une femme à l'aide de mes sens, la toucher, la sentir,la faire frémir, l'imaginer, caresser sa peau, percevoir ses courbes et seulement ensuite la voir.
Lilou me faisait suffisamment confiance pour accéder ce caprice. Rendez-vous fût pris.
Jour J
Malgré des événements peu favorables (importante réunion pour moi, changement de planning pour cause de neige pour elle) il fallait que l'on maintienne notre rencontre. Nous étions bien trop excités pour le reporter et savions qu'il serait torride.
En arrivant à l'hôtel, je suis à la bourre... pas le temps de déjeuner, juste le temps d'acheter une rose au coin de la rue.
Je prends possession de la chambre, elle est confortable... par contre impossible d'y faire le noir, seulement un rideau pour masquer le soleil de cette belle journée de janvier.
Vite il faut que je trouve une solution. J'avais demandé à la belle de ne pas mettre de photo d'elle sur Voissa, ce serait dommage de ne pas parvenir à mettre notre plan à exécution. Me vient l'idée de la salle de bain, elle fera bien l'affaire. Je lui transmets des consignes : "Tu entreras dans la chambre et te dirigeras directement dans la salle de bain".
Un quart d'heure passe, elle m'envoie SMS pour me dire qu'elle n'est plus très loin. Un dernier coup d’œil pour vérifier que tout est en place, je la guette. J'entends enfin la porte de l'ascenseur s'ouvrir, c'est elle, ses pas timides résonnent dans le couloir. Je l'imagine fébrile et hésitante devant la chambre 336, retenant son souffle, se demandant s'il est encore possible de faire marche arrière. Elle frappe délicatement.
J'ouvre la porte, me glisse derrière avec les yeux fermés pour ne pas la voir. Elle est intimidée :
"- entre ma petite Lilou, vas dans la salle de bain, enlève ton manteau et attends moi sagement."
Elle me frôle, je sens un souffle me caresser le visage.
J'attends un peu avant de pénétrer dans la salle de bain, ferme la porte, l'obscurité est totale. Désormais elle est à moi, elle est ma prisonnière. je lui demande :
"- me fais tu face ?
- oui
- alors retourne toi."
J'attends que le silence soit total, pas même un froissement de tissus.
J'avance ma main dans l’obscurité, rencontre son épaule droite. Premier contact... elle frisonne, tremble comme un petit oiseau apeuré ..
Je glisse ma paume jusqu'à sa nuque. Elle est tiède, j'y dépose un bisou, elle inspire profondément...
A travers ses vêtements, je parcours son corps.
Sur la page noire de la salle de bain ses formes se dessinent... je perçois ses rondeurs, apprécie ses courbes.
Je commence par explorer son visage.
À la lumière, un visage parle de lui même. Le regard, le sourire, les traits, les marques du temps ... autant d'éléments permettant en une fraction de seconde de se faire une idée de la personne.
Dans l'obscurité c'est différent, il faut tout imaginer à partir des formes perçues, des gestes, des mouvements, de la respiration, des réactions aux caresses...
La bouche et la langue donnent de précieuses indications ...
Je passe mes mains dans ses cheveux ... ils sont courts, coiffés en arrière. Je comprends pourquoi mon amie l'a baptisée hérisson.
Je les imagine bruns avec des mèches...
Mes doigts lui massent doucement le crâne, j'incline ma tête... lui mordille l'oreille en y faisant pénétrer mon souffle chaud ... insuffle quelques mots doux...
Avec mon index je parcours son visage, il est légèrement arrondi avec des traits fins. Son petit nez doit lui conférer une jolie frimousse .. Ses lèvres sont fines. Je perçois une petite fossette à gauche.
J'embrasse ses paupières, pose mes lèvres sur les siennes, m'introduit dans sa bouche. Tiens, elle a un piercing sur la langue. Je lui mordille la lèvre inférieure puis, plus vigoureusement, son cou en l'accompagnant d'un rugissement sauvage ... grrrrrr ... elle se contracte. .. je la rassure :
"- je ne te ferai aucun suçon, aucune marque prouvant ton infidélité".
A présent l'effeuillage commence. Je me mets derrière elle, passe mon bras gauche par dessus son épaule ... la saisis vigoureusement par le cou, l'obligeant à basculer sa tête en arrière ... je me colle contre elle de sorte à ce qu'elle sente mon désir se tendre et se frotter à ses fesses ?
Puis mes mains explorent ses seins que je libère de leurs coques ... ils sont petits et fermes, des seins de jeune fille qui n'a pas enfanté. Je les embrasse, les triture, les pince, les mordille ... Elle respire par à coup ...
Ma main glisse le long de son ventre ... le masse dans le sens des aiguilles d'une montre, dessine des cercles concentriques jusqu'à atteindre son nombril ... elle se trémousse, elle a hâte que ma main descende plus bas et s'introduise dans sa chatte.
Pas tout de suite, d'abord les fesses ... j'abaisse sa culotte, devine des fesses rebondies. Alors qu'elle est chaude comme la braise, ses fesses sont restées froides ... j'y pose ma joue, passe ma main entre ses jambes, sa culotte est trempée ... elle mouille ... j'adore, ça m'excite.
Elle ne tient plus ... son cœur bat la chamade ... je sens qu'elle a envie de prendre ma queue, de la sentir et de la goûter ... c'est trop tôt ... il me reste encore à explorer tout ce que je n'ai fait qu'effleurer jusqu'à présent.
A présent dévêtue, ce n'est plus seulement avec mes mains que je la touche mais également avec le bout de mon nez, mes lèvres, ma bouche... Je perçois la souplesse et la fermeté de sa peau, respire son odeur, la goûte.
Quel plaisir pour moi, et quel plaisir pour elle si j'en juge par son souffle et ses murmures.
Elle est impatiente, j'accélère le mouvement ... lui enlève les bottines ... elle me donne des indications pour que ça aille plus vite :
"- il y a une fermeture éclair" me dit elle.
Lorsque je veux lui enlever la seconde bottine elle l'a déjà défaite en se servant de son pied libre.
Elle n'aime pas que je lui touche les pieds. Pourtant un peu plus tard elle se délectera quand je saisirai chacun de ses doigts de pied... les masserai... exercerai une pression pour les tendre en arrière... passerai mon doigt entre ses orteils... elle a des plaisirs à découvrir...
Je pose enfin ma main sur son minou, fait glisser mon index entre ses grandes lèvres... sa chatte est bouillante, humide... elle est épilée... j'écarte ses lèvres à la recherche de son clito... il est turgescent... j'en dessine le contour... joue avec... explore les circonvolutions.
Je me redresse, guide ma queue raide entre ses cuisses avant de coulisser doucement dans cet univers chaud et humide... sans pénétrer dans son antre de plaisir...
Et puis tout est allé très vite. Sage au départ, elle ne tient plus ... nos vêtements valdinguent .. elle bute rageusement en voulant défaire la fermeture éclair de mon gilet ... tombe à genoux ... dépose quelques délectables bisous à la racine de ma queue... lèche mes boules... passe ses doigts au travers de mes poils... me caresse... se met à me sucer avec frénésie... je prends sa tête entre mes mains, la guide... je sens ma queue coulisser dans sa bouche... son piercing...
Dieu que c'est bon...
C'était ma première et unique expérience de découverte d'une femme dans le noir. Nous sommes allés trop vite, elle voulait que je la prenne sur le champ. La salle de bain se prêtait mal à nos ébats. Nous avons rejoint la lumière.
En une fraction de seconde, avant de l'empaler sur le lit, j'ai découvert ses yeux bleus, son sourire lumineux, la couleur de ses cheveux ...
L'après midi ne faisait que commencer ...
J'ai pris quelques clichés qu'elle a offerts dès le lendemain à la communauté Voissa.
C'est la première fois que les autres la voyaient.
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Confessions d'un soumis à son futur MAÎTRE :
J'apprécie beaucoup la possibilité de pouvoir rencontrer un dominateur à qui je conviendrais !
J'accepte volontiers l'opportunité de pouvoir livrer l'ensemble de mon modeste corps à un MAÎTRE !
Quelles différences entre un soumis et un esclave ?
A mon avis, le soumis est volontaire ! Votre avis ?
Et l'esclave à Votre avis ?
Le MAÎTRE est . . . . .à Vous de compléter !
Le DOMINATEUR est . . . . .à Vous de compléter !
Un MAÎTRE qui saura me recevoir discrètement.
Un MAÎTRE qui saura me bander les yeux pour commencer!
Un MAÎTRE qui saura ensuite me déshabiller lentement et sensuellement en découvrant petit à petit ma nudité totale de mon modeste corps librement & volontairement offert!
Un MAÎTRE qui saura pratiquer l'art du bondage afin d'immobiliser mon corps pour une disponibilité encore plus complète!
Un MAÎTRE qui saura varier toutes les formes de contraintes physiques, tels que liens serrés et/ou momification sous film plastique, dans les positions qu'il lui plaira de m'imposer !
Un MAÎTRE qui saura me poser et m'imposer une cage de chasteté !
Un MAÎTRE qui saura perfidement s'occuper de mes seins avec les pompes pour les faire gonfler outrageusement de plaisirs!
Un MAÎTRE qui saura perfidement s'occuper de mes seins en les travaillant avec différentes pinces!
Un MAÎTRE qui saura perfidement s'occuper de mes seins en utilisant les baguettes chinoises !
Un MAÎTRE qui saura malicieusement retarder mon éjaculation afin de mieux faire durer le plaisir !
Un MAÎTRE qui saura opportunément passer de la domination physique à une sensualité délirante!
Un MAÎTRE qui saura prendre un immense plaisir à prendre le total contrôle de mon corps soumis !
Un MAÎTRE qui saura alterner les contraintes physiques avec une sensualité des plus perverses!
Un MAÎTRE qui saura prendre autant de plaisirs que j'en aurai à lui être soumis !
Un MAÎTRE qui saura apprécier la mise à totale disposition de mon corps offert à ses envies !
Un MAÎTRE qui saura respecter mes limites préalables établies avant la première rencontre !
Un MAÎTRE qui saura me convoquer chaque fois qu'il aura envie de me dominer ou me faire dominer !
Un MAÎTRE qui saura m'emmener à la jouissance, par exemple en toute fin de séance ; une fellation tandis que ses mains me travaillent vigoureusement mes seins!
Un MAÎTRE qui pourra me momifier et me faire transpirer autant qu'il le souhaite !
Un MAÎTRE qui saura me recevoir en toute discrétion !
Un MAÎTRE qui saura s'il le désire procéder à un lavage interne et/ou externe !
Un MAÎTRE qui pourra me raser intégralement, ou du moins ce qu'il en reste de poils !
Un MAÎTRE qui saura prendre du plaisir à me voir ainsi contraint, physiquement, sexuellement, tout le temps qu'il lui plaira de me voir ainsi à sa totale disposition !
Un MAÎTRE qui saura faire monter progressivement le plaisir partagé de me contrôler totalement, tandis que de mon coté je prendrais plaisir à lui être intégralement offert ( dans les limites prévues!)
Un MAÎTRE qui aurait envie de m'attacher nu en plein soleil en croix pour ensuite m'arroser d'eau, d 'huile ou/et de son urine!
Un MAÎTRE qui m'imposerait une cage de chasteté ou de lier mon sexe et mes testicules !
Un MAÎTRE qui me mettrait une cagoule, ou un bâillon et un bandeau !
Un MAÎTRE qui s'occuperait bien volontiers de mes seins ainsi exposés et offerts pour commencer en 1 la pose de baguettes chinoises, en 2 les pinces aux seins et en 3 pour finir les pompes à seins!
Un MAÎTRE qui délicatement m'introduirait un petit plug de lavement interne !
Un MAÎTRE qui prendrait du plaisir à palper mon corps exposé au soleil et bien huilé !
Un MAÎTRE qui prendrait du plaisir à me voir ainsi écartelé au sol en plein soleil, nu ou attaché à un poteau, ou suspendu par les bras, voire même par les pieds !
Un MAÎTRE qui saura me faire agréablement et utilement progresser dans mon appartenance à un MAÎTRE que j'aurais choisi bien librement et volontairement !
Un MAÎTRE qui aura envie de me revoir pour d'autres pratiques du BDSM !
Un MAÎTRE qui saura à chaque nouvelle rencontre varier nos plaisirs bien partagés !
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"Hey! Hey réveille toi! Ne me dis pas que tu as oublié. Ton entretien d'embauche c'est bien à 10 heures non?"
De l'état comateux où je me trouvais, je passe directement en mode panique. Ce n'était peut être pas une bonne idée d'avoir assisté à l'enterrement de la vie de garçon de mon meilleur pote. Mes paupières pèsent une tonne, un marteau piqueur résonne dans ma tête. J'ai un mal de crâne à tendance gueule de bois mais tant pis.
Mon premier entretien d'embauche en 6 mois. Après avoir écumé les jobs dating, on s'aperçoit qu' à passé 35 ans, les offres d'emplois sont plus rares. Je me lève puis passe mécaniquement sous la douche. L'eau froide réveille mes neurones endormis. L'odeur du café envahit la chambre et la salle de bain. Cloé me tend un café tandis que j'enfile ma chemise. Cloé,au départ, c'était ma coloc. Maintenant c'est aussi une mère, une copine et parfois un peu plus. Disons que nous partageons un peu nos galères.
Après un café brûlant, je dérobe un croissant posé sur la table du petit déjeuner ainsi qu'un baiser à cette jolie blonde de presque 10 ans de moins. En face de chez moi, une file de voitures patientent à un feu. Montparnasse n'est qu'à quelques minutes à pied. La fraîcheur du matin mélée aux klaxons des automobilistes finit par me réveiller totalement. Machinalement, je vérifie la présence de mon pass navigo avant d'entrer dans cette nouvelle galerie commerçante qu'est devenue la gare. Dernière ligne droite direction Rambouillet, un territoire perdu au sud des Yvelines. Le job n'est pas très bien payé et ne correspond pas tout à fait à mon profil, il a juste l'avantage d'être situé sur la ligne de TER donc d'être relativement proche.
Je débarque dans la ville, tape l'adresse sur google: 21 rue du petit parc puis consulte ma montre. Je vais être en retard...Pas de beaucoup, peut-être 5 minutes. J'accélère le pas, passe un pont et monte une rue embouteillée.Je me surprend à penser à Cloé, à ses désirs de campagne et de tranquillité. Si j'obtenais ce job, nous pourrions partir ici. Ma rêverie s'achève devant l'interphone d'un bâtiment anonyme des années 80.Je jette un oeil rapide aux boîtes aux lettres du hall d'entrée. Plusieurs sociétés ont mis la clé sous la porte et l'entreprise de comptabilité dans laquelle je postule semble la seule encore en vie.
"Oui?" demande une voix à l'autre bout de l'interphone
"M S." dis-je après m'être raclé la gorge pour renforcer mon assurance.
"Vous êtes en retard" réplique sèchement la voix. Après quelques secondes d'attente, la gâche se déclenche m'autorisant l'accès aux bureaux. Les locaux se situant au second étage, j'erre quelques minutes dans les parties communes à la recherche de l'ascenseur. Une porte s'entrouvre sur mon passage, je devine le regard méfiant d'une petite vieille, probablement la gardienne, dans la pénombre de son appartement. Il y a du marbre et des dorures aux portes, l'apanage d'un luxe maintenant désuet. J'arrive finalement au second. Une porte s'ouvre sur un homme d'une trentaine d'années blanc comme un linge. Il devait postuler également mais vue sa démarche bizarre et le rouge qui cuit ses joues, je devine que l'entretien ne s'est pas bien passé. Je sonne. Des talons claquent derrière la porte qui s'ouvre grande. Une femme d'une cinquantaine d'année me fait face. Élégante, juchée sur des talons impressionnants, elle rajuste ses lunettes en me dévisageant. Ces lèvres fines esquissent un sourire mi moqueur mi méprisant.
"C'est vous le retardataire?" lance-t-elle en me toisant comme elle le ferait pour un garçon pris en faute.
"Euh...Oui, excusez moi" dis je un peu penaud de la situation.
"On ne dit pas excusez moi mais veuillez m'excuser, je vous prie et on ajoute à la fin Madame" tance celle qui ,maintenant, s'efface pour me laisser entrer.
J'avance sans qu'elle ne fasse un pas pour reculer. Involontairement, nous nous retrouvons face à face, nos deux corps se touchant. Les effluves d'un parfum entêtant, délicieux comme un doux poison, envahissent mes narines. Étant petit, mes yeux se perdent dans le chemisier blanc de mon hote qui fait mine de ne rien voir.
"Attendez sagement ici" dit-elle en me désignant une salle aux murs nus garnie de chaises en plastique inconfortables .
J'attends quelques minutes, bras croisés sur les genoux comme durant mon enfance, mais très vite le réflexe du portable me gagne. Je sors cette extension un peu trop familière de la main et de la pensée et constate avec résignation qu'il n'y aucun réseau. Rambouillet n'est pas une zone blanche, j'en déduis que mon hôte, Madame K., a dû installer un brouilleur de communication. Les chaises étant réellement inconfortables, je me mis à faire les 100 pas dans cette salle anonyme et morose lorsque la porte s'ouvre.
"M S. , c'est à vous "
Je suis le tricot des talons aiguilles jusqu'à un bureau à la porte tapissée de cuir.
Mon interlocutrice prend place face à un bureau de verre et d'acier. Je devine sa jupe courte et ses jambes fuselées à peine masquées par les quelques papiers qui encombrent le bureau.
"Je me nomme Mde K." dit-elle en croisant les jambes.
"Vous êtes M S., agé de 35 ans, célibataire et sans enfant, vous logez à Paris, proche de Montparnasse. D'après votre C.V. je lis que vous avez travaillé dans de nombreuses entreprises internationales. Je vois aussi que vous avez visiblement un problème d'attention"
"Euh...Quoi? Dis-je en bredouillant.
"Cessez de regarder mes jambes et concentrez vous un peu. " lâcha t elle d'un ton méprisant
"Pardon" Fais je d'un air contrit
"Veuillez, je vous prie, Madame avoir l'obligeance de m'excuser. Dites le, vous le retiendrez mieux pour la suite, il faut que cela devienne un réflexe."
Attaqué dans ma fierté, je restais mutique.
"Bon...Nous avions démarré sur de mauvaises bases, je ne vous retiens pas. Sortez!" lâcha froidement celle qui bientôt changerait ma vie.
Ce job, pourtant, il me le fallait. je bredouillai les excuses qu'elle désirait et cherchai, du regard, un siège pour éviter d'avoir à plonger sur les formes parfaites de mon employeur.
"Restez debout pour le moment et opinez pour me montrer que vous avez compris."
"Je cherche un employé disponible souvent, parfois le weekend. Cet employé devra être fiable et me faire une confiance absolue. Est-ce clair?"
Je fis oui de la tête, heureux de montrer que je comprenais ses simples consignes.
"Voyez, vous commencez à comprendre ce que je désire. Si nous travaillons ensemble, vous devrez obéir à chacune de mes décisions. Aucune protestation ne sera tolérée."
Je commençais à croire qu'elle était devenu folle mais opinai en souriant de façon narquoise.
"Mes remarques vous font rire? Vous savez, je me trouve suffisamment bonne et ouverte d'esprit pour donner une chance à un type comme vous."
Je voulus prendre la parole mais sa main était venue chercher une cravache qu'elle maintenait cachée. L'objet s'abattit violemment sur la table projetant un dossier qui s'éparpilla au sol. "
Des photos, des adresses de sites pornographiques, des conversations que j'avais eu répandaient à terre mes penchants peu glorieux.
"Alors comme ça, vous aimeriez être humilié et fouetté." aboya Madame K qui maintenant tournait autour de moi la cravache à la main. Elle s'arrêta dans mon dos. je sentis son enivrant parfum anesthésier ma volonté. J'aurai dû partir, protester vivement et quitter la pièce avec fracas mais ses mains gantées de cuir frôlèrent mes hanches avant de s'y attarder. Lentement mais inexorablement elle mimait l'acte sexuel tandis que ses lèvres me susurraient
"Vous avez également écrit que vous aimiez les femmes phalliques et que vous désiriez être défoncé comme une petite chienne en chaleur. Est-ce vrai?"
D'un bond, je me raidis et protestai mais la cravache s'abattit violemment dans mon dos et sur mes épaules. Surpris je chutais me protégeant comme je pouvais et les coups se mirent à pleuvoir sur mes mains, mes avant bras et chaque partie de mon corps facilement atteignable.
"Tu ne parles pas tant que je ne t'ai pas donné la parole tu comprends? "
Acculé dans un coin de la pièce, recroquevillé sur moi même, j'opinai du chef à la grande satisfaction de Madame.
"Alors voilà, j'ai ici un dossier assez épais sur tes petits penchants. Ce dossier a été monté par ton prédécesseur depuis plus de deux ans. Si tu ne veux pas voir cette petite bombe diffusée un peu partout, je te conseille de faire ce que je t'ordonne. Est ce que ça rentre dans ta petite tête de soumis ça?"
Assommé par les évènements, je n'osai prendre la parole, du coup, ma tortionnaire s'imposa.
"Maintenant mets toi à poils, vite!"
Comme j'hésitai et essayai de me relever, elle m'envoya un coup de pied avant d'entamer une deuxième séance de flagellation. Cassé, je m'exécutai pour aussitôt être menotté et paré d'un collier. Puis, elle me tira vigoureusement les cheveux en arrière et me contraignit à ouvrir la bouche pour y glisser un baillon de latex.
"Tu aimes" ça dit elle en caressant mon sexe qui se dressait avec hardiesse.
"Tu aimes quand ta maîtresse te fait du mal? "
Sans attendre la réponse, elle m'installa sur un siège roulant. Des sangles s'ajoutèrent à mes menottes pour m'immobiliser entièrement face au bureau. En me regardant dans les yeux, elle composa un numéro de téléphone.
"Allo? Cloé M? Oui ici Madame K. de la société les chasseresses de Diane. J'appelle de la part de M S., il a eu un léger contretemps à Rambouillet. Il m'a donné votre numéro pour vous dire de ne pas vous inquiéter....Non...non, je ne sais pas quand il reviendra mais j'imagine qu'il vous donnera des nouvelles."
J'aurai voulu crier mais le bâillon étouffait chacune de mes protestations me faisant baver lamentablement. Madame K raccrocha avant de m'offrir son plus merveilleux sourire. Ma soumission ne faisait que débuter.
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Nous sommes en route pour rentrer à la maison. Nous sommes sorti pour voir des amis.
Je suis habillée de ma robe rouge et de mon colier d'appartenance noir.
Sur le chemin, il y a un homme qui fait du stop. Il va en direction de notre maison. Nous arrêtons sur le bord de la route pour lui proposer de monter.
-On peut vous enmener non loin d'où vous voulez aller. Dis-je après avoir ouvert ma fenêtre.
Il me regarde et s'attarde sur mon colier. Il hésite puis me dit
-Avec plaisir
Il monte derrière.
-Merci de vous être arrêté, dit notre passager, je m'appelle Alex et vous?
- Moi je m'appelle Jessica et le monsieur d'à côté s'appelle Nicolas. Tu fais quoi dans la vie?
- Je suis ingénieur dans une grande boîte, me répondit Alex
Au cours de la discussion Alex nous confie que son travail lui met beaucoup de pression. Et qu'en ce moment il fait du stop pour voyager et rencontrer de nouvelles personnes.
Au fil de la discussion Alex nous pose cette question.
-J'ai vue ton collier et je me demandais s'il avait une signification particulière.
A ses mots je rougis
-Vas y je t'en pris répond lui, dit mon Maître sans lâcher la route des yeux.
-Il a un sens pour nous oui, c'est un colier d'appartenance. lui répondis- je timidement.
Je prend la main de mon Maitre.
Et je complète en disant.
- Il signifie que j'appartiens à mon Maître.
-Tu es alors soumise comme moi, dit Alex avec un grand sourire. Je suis surprise de sa réponse mais je lui réponds avec un sourire sadique.
- Pas exactement je suis plutôt Switch
Nous continuons alors la discussion sur le sujet.
Le feeling passe bien avec lui.
- J'aimerais bien le soumettre, dis-je à voix basse à mon Maître
Mon Maître dit alors à Alex
-Souhaite tu passer à la maison boire un coup?
-Allez pourquoi pas, répondit Alex après avoir hésité.
Nous arrivons à la maison.
Nous le faisons rentrer
-Souhaite tu qu'on te montre la maison, lui dit-je.
Nous lui montrons le salon, la salle de bain et enfin notre chambre qui nous sert de donjon.
Au mur est accroché une cravache, un paddle, un martinet et plein d'autre instruments de torture. Dans la pièce sont disposés divers sextoys. Ça va du lapin au wand. Il y a aussi des plugs qui sont avec une queue ou un bijoux et qui sont de diverses taille.
Il a l'air émerveillé en voyant nos jouets. Il regarde ensuite la cage qui se trouve au pied du lit.
-on l'utilise pour garder nos prisonniers captif
On voit ces yeux briller avec envie
Maître et moi on se regarde avec complicité. On se dit qu'on a trouvé notre nouveau jouet.
On a déjà discuté avec Maître de mon envie d'avoir un homme sous mon jout
Je me dis que c'est peut être l'occasion.
Nous lui proposons à boire sans alcool car nous voulons qu'il soit lucide pour accepter ou non notre proposition.
Nous discutons un peu puis une fois que l'atmosphère est détendue mon Maître lui dit.
- Ma soumise a une question à te poser
Alors je me lance et lui demande
- Accepterais-tu de faire une séance avec nous. C'est moi qui te dominerait sous l'obéissance de Maître
Il nous regarde en hésitant.
Maître prend la parole
- On t'a vu regarder la cage avec envie tout a l'heure.
A ces mots, il baisse la tête de honte et acquiesce.
- Il faut que tu le verbalises. répondis Maître
- J'accepte de faire un séance avec vous. Répondis Alex.
- Très bien. Nous allons alors discuter de tes envies et de tes limites.
Maître et lui discute. J'écoute avec attention mais aussi avec envie.
Après cette grande discussion Maître nous demande à Alex et à moi de nous déshabiller et de nous mettre à genoux.
Lui hésite, moi j'obéis immédiatement.
Maître lui redonne l'ordre de façon plus ferme.
Alors il me regarde et il me voit à genoux nue alors Alex fait de même.
Je le trouve beau et encore plus beau à genoux. J'ai hâte que mon Maître m'autorise à le torturer
- Je reviens ne bougez pas. Dit Maître avant de.partir dans la chambre.
Il n'est plus dans mon champs de vision. Alors j'écoute chaque bruit.
J'imagine ce que je vais lui faire.
Ma respiration s'accélère d'excitation
Soudain j'entend un claquement ce qui me fait sortir de ma torpeur.
Maître a apporté une ceinture. Mon jouet favori. Et il le sait au vue de tous nos jeux
Il demande à notre invité de se mettre à 4 pattes.
Il obéit.
-Lève toi ma sluty. Je te donne cette ceinture. Et je t'offre cet homme en jouets. Fais en ce que tu veux.
Je prend la ceinture. J'ai mon grand sourire sadique. J'ai hâte de l'entendre crier de plaisir et de douleur mélangé. Je ne vois pas son visage mais j'imagine bien sa crainte.
Je tend la ceinture, la première claque tombe sur ses fesses. Il crie de surprise.
Puis ensuite de nouveau coup tombe. Pour ne pas l'épuiser, j'alterne entre coups et caresses. Il crie de douleur à chaque coup mais soupire de soulagement à chaque carresses.
Sa respiration se fait plus allaitante. Ses fesses se tendent à chaque coups.
Il crit de douleur mais en demande encore et encore. Je prend mon pied à le torturé ainsi
Ses fesses rougissent sous mes coups.
Quand Monsieur trouve cela satisfaisant, il me demande de lui donner la ceinture.
Je la lui rend. N/notre soumis reprend alors sa respiration.
Monsieur me dit
-Je t'en pris continue à jouer avec ton jouet. Et il me confie, j'aime te voir prendre autant de plaisir
- Merci, Monsieur. Je t'en suis reconnaissante.
Je me dirige alors vers sa tête.
Je lui présente mes pieds et lui demande de les embrasser.
Je fais cela en connaissant son fétichisme de pied.
Mon jouet se baisse puis embrasse mes pieds.
Je prends plaisir à l'humilier ainsi.
- C'est bien ma chienne. Le felicitais-je en retournant derrière lui.
Je lui carresse les couilles gentillement.
Puis, je lui assène un coup dans le couilles.
Il crit et se tord de douleur.
D'un ton sec je lui dit
-replace toi bien
Il se remet alors vite en place malgré la douleur
- bon garçon, lui dit-je en lui caressant son dos.
Je lui carresses les couilles avec mon pied pour ensuite lui asséné un nouveau coup. Il crit mais ne bouge pas cette fois. Je lui carresses le dos pour le récompenser.
Je constate qu'il bande.
- Maitre regarde il bande, la salope aime ce que je lui ai fait. Rigolais-je avec Maître
- ahah je vois ça, répondit Maître.
A nos mot il baisse la tête et rougis.
- Monsieur, tu pense que je peux le faire jouir ainsi?
- Demandons à N/notre salope. Tu penses que tu peux? Dit il a notre soumis.
-Je, je ne sais pas, bégaie t-il
Je lui donne une fessée et tous de suite son sexe réagie. Sa respiration c'est accélérer.
- Et maintenant tu sais ? Lui Répète Maître.
- Oui, je pense pouvoir, répondit-il timidement.
- Allonge- toi sur le dos.
Il suit les ordre de Maître sans broncher.
Le voilà allongé sur le dos avec son sexe lever.
Je lui écarte les jambes pour avoir accès à ses couilles.
Je commence à griffer son corps. Il se tord sous mes griffures. Sa respiration est rapide et forte.
Je lui bloque ensuite sa respiration en mettant la main sur son nez et sa bouche.
Avec mon pied je viens lui taper les couilles.
Son sexe réagie à chaque coup.
J'aime le voir souffrir mais surtout que cela lui plaît. Je sens ma mouille couler de plaisir le long de ma jambe.
Mes coups s'accélèrent, je lui laisse de moins de temps pour respirer. Je le sens monter en pression.
Et là sans prévenir, je le griffe. Alors il n'arrive pas à ce retenir et éjacule sur son ventre.
Il tombe ensuite de fatigue.
Je viens placer sa tête sur mes jambes et je lui carresse la tête et le corps.
Je carresses ses blessures.
Il est totalement détendu. Nous attendons qu'il redescende.
Une fois qu'il est descendu, Maître nous demande de nous mettre à genoux devant lui.
Je lui obéit. Il nous met une laisse. Il nous fait marcher à 4 pattes jusqu'à la chambre.
- Met toi sur le tapis, met toi à genoux et n'en bouge pas, dit il à notre soumis.
Docilement il va s'installer.
- Tu va me voir baiser ta Maîtresse du soir. Je veux que que tu comprenne ta place se soir, lui dit Maître
Il me fait monter sur le lit. Il me met à 4 pattes de façon à ce que notre soumis ne loupe pas une miette. On peut voir ma mouille couler le long de ma jambe. Maître touche à peine mon sexe que je bouge dans ton les sens. Mon sexe est comme électrifier.
Les préliminaires sont inutiles.
Alors il me plaque la tête contre le matelas.
- A toi aussi je vais te montrer ta place, dit Maître avec une voix féroce.
Il me fesse puis sans prévenir il entre sont sexe en moi. Je cris de supprise et de plaisir
Il me baise avec force. Il me bloque, je suis incapable de bouger. Je crie mon plaisir. Être ainsi à sa merci m'excite tellement.
- Ma belle se soir tu n'as pas le droit de jouir. Tu as déjà eu ton plaisir. Je vais juste me faire plaisir en t'utilisant, me grogne mon Maître
Il se retire. Et sans prévenir il pénètre mon anus.
Je cri de douleur et de surprise à son entrée.
Il me possède totalement.
Soudain je le sens se contracter et il jouit en moi.
Nous nous écronlons tous les deux de plaisir.
Notre soumis n'a rien loupé de la scène.
Il bande à nouveau. Je suis contente de l'effet qu'on lui produits.
Maître le regarde et dit.
- Ce soir tu vas dormir sur le tapis au sol. Demain nous discuterons de ce qui c'est passé. Lui dit mon Maître.
Nous ne sommes tous endormie dans un bonheur certain.
Le lendemain nous prime le petit déjeuner ensemble.
Il nous dit avous avoir pris son pied . Et qu'il n'avait jamais connu autant de plaisir. Il nous en remercie. Et nous dis qu'il souhaite renouveler l'expérience et qu'il aimerait dans le future devenir notre soumis.
Nous lui répondit, qu'on a nous aussi beaucoup aimer nos jeux et que nous aimerions aussi qu'il devienne notre soumis.
Nous le ramenons chez lui avec le sourire aux oreilles. Une fois déposée, on se dit à très vite.
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12 aime
Elle était comme une figure peinte dont la bouche était trop souvent docile. Elle gardait les yeux toujours
fermés. Dire que la jeune femme, dès la seconde où sa Maîtresse l'eut quittée, commença de l'attendre
est peu dire. Elle ne fut plus qu'attente et que nuit. Ce fut pourquoi sans doute, on la maltraita davantage.
Charlotte lui adressa un regard sournois et elles se comprirent. Juliette la poussa vers la table branlante
qui occupait un des coins de la pièce et la força à se pencher dessus. Elle retroussa la jupe de Charlotte,
caressa du bout des doigts la culotte de dentelle noire de sa soumise. C'était de la soie. Sur l'ordre de
l'homme d'affaires, la jeune esclave avait confisqué tous ses anciens dessous, les jugeant indignes d'elle.
Juliette traita Charlotte de petite pute. Elle donna quelques claques sur la culotte avant de la descendre
sur les genoux de Charlotte. "- Si tu as le cul qui te démange, tu vas sentir comment je vais te guérir !"
Elle frappa à plusieurs reprises. Charlotte se trémoussait en geignant, mais elle avait goûté à la fessée
avec un homme dont la main était bien plus dure que celle de sa Maîtresse. Celle-ci, réalisant qu'elle ne
causait pas grand dommage, ramassa une vieille pelle à poussière en plastique, qui traînait parmi les
objets du débarras. Elle en assena plusieurs coups sur les fesses de Charlotte, qui cria et protesta, mais
il y avait plus de bruit que de mal. D'ailleurs, Juliette ne frappait pas très fort, et elle cessa très vite.
Sa Maîtresse l'avait-elle laissée pour que d'autres femmes se sentissent plus libres de disposer d'elle ?
Il lui sembla que Charlotte, sans se l'avouer, le regrettait. Elle pensa qu'elle aurait aimé jouir sous les coups.
Poussée au paroxysme de l'épuisement et de la souffrance physique, il lui suffisait de la regarder pour
prendre conscience de son plaisir et cela lui suffisait alors à décupler ses forces, à la limite de la rupture.
Après lui avoir fait demi-tour, elle s'agenouilla aux pieds de sa soumise: "- Si tu voyais ta fente, salope !
Une vraie fontaine ! J'ai connu plus d'une fille chaude, mais j'ai l'impression que tu les surpasses toutes !"
Sa jupe était retombée, Charlotte n'apercevait pas le visage de Juliette, mais elle sentit sa langue quand
elle lui lécha les lèvres de son sexe. Elle se cambra, écartant les jambes autant que le lui permettait la
culotte qui la bloquait aux genoux. En lesbienne raffinée, Juliette prenait son temps. D'abord elle lécha
d'une extrémité à l'autre les bords de la vulve, avant de descendre plus bas entre les cuisses puis de
remonter enfin dans la fente béante. Charlotte ne put retenir un long gémissement. En un éclair, elle se
demanda s'il y avait quelqu'un dans la chambre voisine. Si c'était le cas, il ne pouvait les voir. La porte
du placard entre les deux pièces se trouvait dans le débarras et elle était fermée. Cependant, on pouvait
l'entendre. Elle oublia vite de détail. La langue de Juliette faisait des ravages dans son sexe, elle allait et
venait à une cadence diabolique. Le résultat ne tarda pas. Charlotte jouit sans se soucier si le voisinage
pouvait être alerté par ses cris. Elles quittèrent le débarras. Juliette n'avait pas eu sa part, mais n'émit
aucune revendication. Elle dit seulement d'un ton innocent: -"C'est curieux, j'ai trouvé que ta chatte avait
moins de goût aujourd'hui." Charlotte alors feignant une déception évidente eut un sourire contraint.
Mais elle trouva la force de lui dire qu'elle l'aimait. Alors, Juliette embrassa sa bouche haletante et la délia.
Mais il lui était interdit de se plaindre, de montrer une désapprobation ou de formuler le moindre reproche.
Le jeu s'installait autour de cet exceptionnel rapport de force. Se soumettre, désobéir, endurer sans cesse.
"-Maintenant, je vais te faire couler un bain", annonça-t-elle en ouvrant la porte de la salle de bain contiguë
à la chambre. Elle enfila une courte blouse de coton blanche qui dévoilait ses longues jambes bronzées.
Charlotte se déshabilla. La première fois que la jeune esclave l'avait aidée à se laver, elle avait ressentie de
la gêne, mais peu à peu, elle s'y habituait. Ce soir-là, comme les autres fois précédentes, Juliette évita, en
lui faisant sa toilette, de donner un tour érotique à ses attouchements. Cependant, après avoir séché sa
soumise, elle invita celle-ci à prendre place sur la table de massage toute neuve installée dans un coin du
local. L'homme d'affaires, précisa-t-elle, veut que ce dîner soit une petite fête. Alors, il faut soigner de près
ta préparation. Suivant les indications de la jeune esclave, Charlotte s'allongea à plat ventre sur la table
rembourrée. Le menton calé sur ses mains croisées, elle épia, vaguement inquiète celle qu'elle n'arrivait pas
encore à considérer comme une suivante en dépit des exhortations de l'intéressée et des encouragements
de Juliette. Mais tous ces préparatifs ne lui disaient rien de bon, mais la jeune esclave se contenta de sortir
de l'armoire à toilette un grand flacon rempli d'un liquide doré. La jeune fille expliqua que c'était de l'huile
d'amande douce macérée avec des herbes. "- Après avoir été massée avec cette huile, vous vous sentirez
très belle. Il n'y a rien de plus relaxant." Charlotte ne demandait qu'à la croire. Pourtant elle gardait encore
une certaine méfiance vis à vis de l'homme d'affaires et de sa complice. Elle eut un frisson quand la jeune
fille lui versa une bonne dose d'huile au creux des reins. C'était doux et cela sentait bon. Dans un premier
temps, l'esclave qui s'était déshabillée lui étala le liquide odorant de la nuque aux talons, et sur les cuisses.
La jeune femme ne dit alors rien, osant à peine passer ses mains sur son sexe et au creux de ses reins.
Anxieuse mais brulante d'impatience, elle se résigna à s'abandonner pour ne pas mécontenter Juliette.
La tension ne cessait de monter. Son rôle était de toujours de se donner à fond, quelle que soit l'épreuve.
Puis elle entreprit le massage proprement dit, en commençant par les épaules. Charlotte se laissait aller.
C'était effectivement très relaxant. La jeune esclave lui pinçait la peau et les muscles sans violence, mais
avec fermeté. C'était strictement fonctionnel. Mais bientôt, une douce chaleur envahit son corps, surtout son
ventre. Une pensée, alors, la traversa sous forme de question. Si les doigts de la jeune fille ne cherchaient
pas à l'exciter, qu'en était-il de l'huile de massage ? Les herbes qui avaient macéré dedans ne possédaient-ils
pas des effets aphrodisiaques ? Ce soupçon se précisa quand elle sentit les lèvres de son sexe se séparer.
Le trouble qu'elle ressentait n'était pas très fort, mais il persistait. Elle remua nerveusement sur la table. Les
pointes de ses seins devenues dures, frottaient sur le rembourrage, entretenant son émoi et la laissant
frustrée. L'idée que tout cela était fait exprès pour la maintenir alors excitée sans qu'elle puisse se soulager
s'imposait à son esprit. Charlotte réprima l'envie de se masturber en se massant le ventre contre la table.
Elle attendait. Tout d'un coup, le temps cessa d'être immobile, elle avait les mains libres et les yeux ouverts.
Elle n'ignorait pas que Juliette lui reprocherait de s'abandonner à ce plaisir solitaire sans son consentement.
Son grand bonheur était d'avoir trouvé une Maîtresse à sa mesure, qui attendait ce qu'elle pouvait donner.
Impassible, la jeune esclave poursuivait son travail sans paraître remarquer les réactions de Charlotte. Elle
avait atteint ses fesses. Elle les massa longuement et très langoureusement. Quand ses doigts s'attardèrent
sur le pourtour de l'anus, Charlotte se cabra. "- Pas là! - Il faut détendre ça comme le reste." La jeune fille
ajouta que l'orifice avait besoin d'être élargi pour rendre ce passage plus commode si on décidait un jour de
la prostituer. Charlotte serrait volontairement les fesses; cependant, bon gré mal gré, sous les doigts habiles,
elle se relâcha. L'esclave en profita pour lui masser de nouveau les bords de l'anus. Ce fut un soulagement
pour Charlotte quand elle descendit enfin sur les cuisses. Son émoi était tel que le moindre attouchement sur
une zone sensible l'excitait, la rendait malade de frustration. La trêve fut de courte durée. Car l'esclave, non
sans plaisir, avait reçu des instructions strictes. Elle était trop étroite, il fallait l'élargir. Il lui faudrait s'habituer à
porter au creux de ses reins, un olisbos à l'imitation d'un sexe dressé, attaché à une ceinture de cuir autour
de ses hanches fixée par trois chaînettes de façon que le mouvement de ses muscles ne pût jamais le rejeter.
Sur sa peau, la brume alors fondait et coulait, sur le glabre des aisselles et du ventre, se fixait en gouttelettes.
Juliette avait donné des instructions strictes. Charlotte devait accepter d'être prise par sa voie la plus intime.
Elle n'avait pas le droit de se laisser à la peur, même si ce rituel sexuel lui semblait parfois insupportable.
Ainsi écartelée, et chaque jour davantage, on veillerait à ce que l'olisbos, qui s'élargissait à la base, pour qu'on
fût certain qu'il ne remonterait pas à l'intérieur du corps, ce qui aurait risqué de laisser se resserrer l'anneau de
chair qu'il devait forcer et distendre, soit toujours plus épais. La jeune esclave versa de l'huile dans le rectum
de Charlotte, qui bien malgré elle, lui présentait sa croupe en se cambrant, accentuant la courbe de ses reins.
Elle enfonça son pouce dans l’anus bien lubrifié, elle le sentait à la fois récalcitrant et souple et elle savait que
Charlotte n’était pas encore tout à fait détendue et luttait inconsciemment contre cette intrusion humiliante.
De son côté, Charlotte avait la respiration saccadée et rauque, la bouche sèche, elle était dans cet état second
où l’appréhension des gestes de l'esclave conjuguée au désir de l’interdit la laissaient totalement passive mais
nullement insensible. Bientôt, l'autre main alla s’aventurer dans l'autre voie déjà abandonnante, les lèvres
acceptèrent la double caresse forçant délicatement le périnée, les doigts s'attardant sur le clitoris impatient.
Lorsque trois doigts forcèrent son anus, elle serra les dents avec un faible gémissement de douleur. Elle n'avait
jamais accepté de pénétration dans sa partie secrète, jusqu’à ce jour. Bientôt, ce furent quatre doigts délicats
qui pénétrèrent son anus. La chair autour des phalanges s’épousait parfaitement, l'anneau acceptait l'intrusion.
Disposant également des seins et du sexe de Charlotte, la jeune esclave ne se priva pas de les exploiter. Après
lui avoir pétri la poitrine, elle descendit vers le bas-ventre. L'essentiel n'était pas de jouir mais de mobiliser son
énergie vitale. Pour y parvenir, la meilleure façon était de la retenir afin de la concentrer avant de la libérer.
Quand enfin, la jeune fille la fit descendre de la table de massage, Charlotte tenait à peine sur ses jambes.
Passive, elle se laissa habiller et coiffer. Elle portait une robe échancrée au milieu du dos libérant les reins.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Bonjour Madame,
oui déjà 6 mois que vous m'éduquez ..😛
vous avez pris en main un soumis débutant,
progressivement vous en avez fait votre esclave très en demande de sa Maîtresse..
j'ai ressenti avec vous tout de suite ou était ma place, la 1ere fois où vous m'avez puni m'a vite fait comprendre que je devais vous satisfaire et surtout jamais vous contrarié:
au fond de moi c'est ce que je veux et ressens avec vous, la suite logique est pour moi de devenir votre esclave total,
trop envie de l'être.. vous avez su et vite compris comment je fonctionnais, mes envies, et maintenant vous avez le résultat, vous avez un esclave qui vous appartiens corps et âme, prêt à tout accepter de sa maîtresse,
vous avez même pris le contrôle de ma jouissance, avec juste une traite quand vous le décidez!! Et pourtant, vous avez pu voir mon envie lors de notre dernière rencontre😛mais je reconnais j'adore cette contrainte qui me rend toujours plus en demande de vous...vous m'avez fait découvrir le plaisir de souffrir, de m'offrir à vous, de vous donner du plaisir avec mes caresses, ma langue,
je vous adore Maitresse,
vous me plaisez fort...
voici le bilan de 6 mois!!!
Vous me possédez en esclave totale❤️❤️😍
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8 aime
Peu après 50 ans, j'ai voulu explorer tout ce que le sexe peut apporter de plaisir et de belles rencontres.
Je m'étais fait mienne la devise :
"Je regrette mes péchés, mais bien plus encore, ceux que j'eusse aimé connaître".
Secrètement, malgré ma vie d'homme marié "confort et bien-être", j'ai toujours été fasciné par le BDSM. Un brin masochiste mais également admiratif des femmes qui se donnent corps et âme, j'ai voulu vivre, et faire vivre à des complices de confiance, les plaisirs de la soumission et de la domination.
J'ai d'abord eu des échanges avec une étudiante.
Le jour où je l'ai eu au téléphone ce n'étaient qu'insultes. "C'est pour entendre ta voix de pourriture que j'ai accepté ton appel, connard ...". J'ai oublié les noms d'oiseaux et autres infamies. J'aime les personnes respectueuses. Pour moi le BDSM est une forme accomplie de relation entre des personnes de confiance.
J'ai fini par rencontrer Maîtresse X.
La nature de nos échanges augurait du grand moment et de la belle rencontre que j'allais faire.
Le décor.
Le donjon de Maîtresse X est une pièce secrète de sa maison aménagée par elle et son compagnon.
Lorsque j'y suis entré je m'y suis tout de suite senti bien. La lumière des bougies y apportait une douce chaleur, il était aménagé avec goût. La voix suave d'une chanteuse de Jazz plongeait le lieu dans une ambiance envoûtante. Convivial avec quelques sucreries en évidence sur une table basse, il était sans équivoque sur sa destination à la vue des installations qui m'y attendaient.
Acte 1 - la surprise
Maîtresse X m'a demandé de me mettre entièrement nu et de rester sagement debout devant elle. Elle a alors pris une longue corde noire avec laquelle elle a fait plusieurs fois le tour de mon torse. Elle s'est appliquée en veillant à ce que les symétries soient parfaites. La corde exerçait sur moi une pression adaptée à ce que ma peau et mes muscles pouvaient supporter. Ce n'était pas une vulgaire corde de chanvre, Maîtresse X est comme ces peintres ou ces artisans utilisant des pinceaux et des outils de grandes qualités pour façonner leurs œuvres.
Elle s'est ensuite saisie d'une corde rouge qu'elle a tendue et nouée avec précision tissant sa toile autours de moi.
Ses effleurements, claquement, caresses, pincements étaient autant de sources de plaisir.
Rapidement j'étais prisonnier, à sa merci et le plaisir que j'avais d'être livré à elle, d'être son jouet, se voyait à mon sexe qui se tendait et laissait échapper quelques gouttes de son jus.
A l'aide de tiges de bambou et d'élastiques, elle a pincé mes tétons et mon sexe à plusieurs endroits..
Tout en titillant mes parties intimes, en caressant ma peau et en testant ma résistance à la douleur, elle prenait le temps d'admirer son œuvre et d'ajuster les cordes. Ma peau frissonnait à chacun de ses contacts.
Puis elle m'a demandé si elle pouvait prendre quelques clichés.
Lors d'une rencontre suivante, elle m'a avoué avoir été félicitée pour son travail.
Maîtresse X est une artiste qui a le goût des choses bien faites. Elle m'a habillé d'une tenue éphémère comme ces enfants qui s'amusent à habiller et à déshabiller leur poupée.
Lorsqu'elle a défait les liens je me suis senti nu et avec ce drôle de sentiment d'abandon.
Ma première expérience de bondage a été délicieuse.
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Quelques jours de vacances auprès de ma Maitresse sont toujours les bienvenus, quel que soit le programme de chaque journée, vanille ou pas. Nous nous ressourçons mutuellement. Cela n’empêche pas de ponctuer le séjour d’évènements moins ordinaires. Et ce premier week-end en fut l’occasion, certes pas improvisé puisque la date en avait été fixée quelques semaines auparavant. Un soumis cobaye était requis à tes côtés pour contribuer à une rencontre d’initiation aux nœuds entre un de tes amis, shibariste éclairé (il refuse le titre d’expert ;-) ), et une de tes amies dominatrices qui souhaite en savoir plus sur l’art des cordes Evidemment que je n’allais pas refuser une telle proposition. Quoi que, trois dominants autour de moi, j’aurais peut-être dû ! Néanmoins ma confiance en toi est totale, donc aucune raison de m’inquiéter. Déjà, une tenue minimaliste m’a été imposée dès la sortie de la douche. La seule entorse au dress code concerne les sorties pour préparer et gérer le barbecue. Il n’aurait pas fallu choquer le voisinage. Car, pour faire honneur à ton invitée et à notre visiteur du jour, tu as souhaité que je sois apprêté seulement avec le shorty noir laissant mes fesses à l’air libre et le collier. Histoire de calmer d’éventuelles ardeurs, tu m’as aussi demandé de mettre ma cage de chasteté. Une fois n’est pas coutume, calée par mon seul vêtement, elle reste silencieuse ! Voici une tenue peu commune en ce qui me concerne pour recevoir des visiteurs. Mais grâce à toi et tes années « d’éducation », je n’ai plus aucune pudeur pour ce genre de chose. C’est devenu presque naturel.
Après quelques heures de découverte mutuelle avant et pendant le déjeuner, nous passons aux choses sérieuses en début d’après J’ai vraiment l’impression de servir comme les pros, chacun avec sa spécialité (qui modèle de pied, qui modèle de bouche, qui modèle de fesses, …) sauf que selon le sujet à expliquer je dois mettre à disposition soit mon bras, soit ma jambe, voir même mon torse, et même les deux bras au bout d’un moment. C’est un coup à finir « noué » toutes ces leçons de choses … L’essentiel est que le moment soit pédagogique. Après tout, il s’agit d’un premier contact pour assimiler les principes de base. Après, tout n’est qu’une histoire d’entrainement et de répétitions … comme les gammes !
Après un inventaire de ton « arsenal » (on aurait dit trois enfants dans un magasin de jouets !), sans que j’ai bien compris comment c’était arrivé, toujours est-il que je me retrouve à devenir cobaye pour lanières. Protégé par ma cagoule, je me mets en place « au centre de la piste ». A partir de là, je ne saurais dire qui se trouve au bout du manche à un instant précis. La seule certitude que j’ai, c’est que chacun y prend part, soit avec la langue de dragon, soit avec le fouet court. L’un comme l’autre viennent me procurer des frissons toujours aussi bons. De manière inattendue, un miracle se produit ! A priori des marques apparaissent et semblent persister, suscitant d’ailleurs une ruée sur l’appareil photo pour immortaliser ce moment. Il faut dire que cela faisait presque un an depuis la dernière fois que j’avais ainsi réagi. Reste à identifier la formule magique. J’ai bien une petite idée, mais elle n’a rien de cartésien ;-). Quoi qu’il en soit il semblerait que tout le monde s’amuse moi y compris. Pour une première rencontre, c’était plutôt réussi. Ma foi, c’est tout de même plaisant d’être au centre des préoccupations tout autant que d’être à la hauteur de tes attentes et de ta « formation ».
Après le cours de remise à niveau, il fallait bien que tu te remettes à l’ouvrage. C’est donc une soirée cordes qui nous occupe en ce mercredi soir. Une fois n’est pas coutume, la parure de cordes se transforme petit à petit en contrainte au fur et à mesure que les nœuds se multiplient autour de mon corps. En effet, tout commençait simplement par une sorte de parure de poitrine, genre soutien-gorge très revisité. Sauf que petit à petit, mon intimité se retrouve enserrée à la base puis c’est le tour des bras. A la suite de cet embellissement de couleur rouge, tu souhaites poursuivre avec la corde en chanvre brut pour « habiller » mes jambes. Après quelques tentatives infructueuses, ou qui ne te satisfont pas, tu passes au plan B (ou C ?). Mes membres inférieurs resteront libres de leurs mouvements pour cette fois. En revanche, mon torse s’en retrouve encore plus enserré et contraint. Rien pour me déplaire, au contraire. C’est si bon de se retrouver ainsi à ta merci.
A partir de la nuit de vendredi et jusqu’à celle de dimanche, tu décides que je passerai mes nuits paré de la dernière nuisette que tu as acquise. Satinée et violette, elle est du plus bel effet. Il suffit pour cela de regarder tes yeux briller une fois que je la porte. Sans compter que celle-ci s’accompagne d’un déshabillé noir. Quelle différence néanmoins avec la précédente. Ce modèle descend jusqu’au-dessus des genoux. Limite je me sentirais habillé … Si, si, c’est le jour et la nuit. Mais est-ce que cela va durer ? Mystère. Cela te ressemble peu de couvrir ton soumis avec excès. Quoi qu’il en soit, je reconnais que cette étoffe satinée est des plus agréables à porter. Cela tombe bien : trois nuits consécutives à en profiter.
En ce samedi soir, et encore dimanche, je suis en pleine interrogation interne. Suis-je en train d’affronter une période de griffes impactantes ou bien d’impacts griffants? Si je me pose la question, c’est qu’une fois n’est pas coutume tes griffes sont extrêmement présentes tout au long de la soirée, sorte de fil rouge à moins qu’il ne s’agisse d’une ponctuation inédite qui te serait propre. Mon addiction est plus que satisfaite, voir même au-delà de mes espérances les plus secrètes. Des cuisses jusqu’à la nuque, elles me font toujours autant d’effet, des frissons de plaisir au quasi ronronnement de plénitude. Malgré tout, tu ne te limites pas à tes seules « armes » au bout des doigts. Ce serait mal te connaître ! D’ailleurs tu me surprends (encore une fois et certainement pas la dernière!) en me mordant la fesse gauche. J’ignore pourquoi soudain ce soir t’est venue cette envie. Depuis toutes ces années, tu as pu avoir de multiples opportunités. Visiblement mon naturel est revenu au galop : tu viens mordre une deuxième fois pour que quelques marques fugaces apparaissent. La morsure, un grand classique que je découvre ce soir. Un tantinet de notre nature bestiale qui remonte à surface ? Ou alors une façon de marquer son « territoire » ?
Au poids sur mon dos, je comprends qu’une fessée devrait suivre. C’est, je crois, les seuls cas où tu viens ainsi me « chevaucher ». Mon instinct ne m’a pas trompé sur ce coup-là, une volée de claques à mains nues vient s’abattre sur mon postérieur. Mais néanmoins, j’ai le sentiment que tu y vas doucement. Ce serait plutôt un tour de chauffe pour me faire monter progressivement en température. Je commence aussi à déceler une nouvelle « méthode » de ta part. Il semblerait que tu commences par déposer l’objet qui va sévir sur mes fesses ou mon dos avant d’en user, le temps d’un déclic photo. Là encore, j’ai le sentiment que tu y vas crescendo. Je crois reconnaitre en premier la petite languette en cuir qui est plus stimulante que vraiment impactante. C’est déjà bien différent avec la suite. Sans hésitation, tu es en train de me « cuisiner » avec ta spatule en bois. Son contact si reconnaissable ne trompe pas et se fait bien sentir. J’ai désormais l’impression de chauffer sérieusement. Et ce n’est pas la brosse plastique qui vient me rafraichir bien au contraire. Si son contact est moins « heurtant » il n’en reste pas moins lourd. Les sensations à l’impact différent mais les effets se ressemblent étrangement. Mon postérieur aurait tendance à commencer à picoter. La cuisson se poursuit… Désormais, il me semble qu’une baguette vient sévir en mode stries mordantes. Difficile de dire laquelle tu as en main, peut-être la branche de seringa recyclée, peut-être une seconde derrière. Dans ma position, je ne peux pas en juger, quand bien même tu ne m’as pas aveuglé. J’ai même le sentiment d’avoir perdu le fil de tes divers sévices. Ma seule certitude, c’est que je ressens de plus en plus mon postérieur. Je l’imagine bien rouge à ce stade.
Une cravache a dû faire son passage mais c’est un objet bien reconnaissable qui ramène mes neurones sur terre. La morsure triangulaire ne trompe pas et comme je te sens proche, c’est sans aucun doute la petite langue de dragon qui vient cracher son souffle enflammé sur mon postérieur avant de s’attarder sur mes épaules. J’ai bien l’impression une fois encore que me corps est plus conciliant avec les dragons : je crois comprendre que des marques triangulaires viennent d’apparaitre, je suis ravi que mon corps t’apporte cette satisfaction tout comme je suis ravi que tu m’infliges ces sensations si stimulantes quand bien même elles sont mordantes. Mais j’aime ça …. Tout comme toi ! Je suppose qu’une raquette de ping pong a dû faire son œuvre, malgré tout, je n’arrive pas en être certain. Elle a pourtant un contact des plus larges. Mais où étais-je donc ce samedi soir ? Plutôt où était ma tête ? Pour le tout dernier instrument, je dois avouer que tu m’as aider quand je t’ai entendu parler d’un cœur marqué sur mon dos. Y en a que deux dans ta collection : c’était la conclusion de la cravache cœur. Mais le véritable point final tu l’as consacré à tes griffes qui avaient déjà ponctué toute la soirée. C’est un florilège sur presque chaque surface de mon dos, sous toutes formes. Simplement électrisantes en parcourant mon épiderme, taquinantes quand elles se transforment en salade de griffes (du genre chatouilles mais en beaucoup beaucoup mieux), ou en encore lacérantes quand elles semblent vouloir se planter dans mes chairs, laissant au passage de belles lignes rouges. Quelle que soit la forme, j’adore, c’est ça les addictions. Et je ne peux pas m’en cacher : ces frissons me font onduler sous leur passage, je ne peux m’empêcher de grogner ou de ronronner. Tu clôtures la séance en m’expliquant que demain tu t’occuperas de mon autre face.
La journée se termine par une seconde nuit en nuisette. Elle me permet de me rendre compte que le satin est une matière glissante, tant sur mon corps que sur les draps. Le lendemain matin, tu me fais même ajouter les chaussures à talons. Pas commun du tout comme tenue pour le lever. En revanche, je ne devrais pas attraper froid avec la nuisette qui couvre mes épaules et mes bras. Ma Maitresse est trop bonne avec son soumis ! Tes yeux brillants en me découvrant en bas de l’escalier suffisent à mon plaisir. Tu es visiblement ravie de ta décision.
Pendant que je sirote mon chocolat chaud dans cette tenue légère, tu m’indiques que tu me verrais bien avec le shorty rouge pour la journée. Par chance, il ne fait pas trop chaud. Sinon j’aurais eu droit à un sauna portatif. Décidément, tu sembles commencer à prendre goût à « habiller » mes journées et mes nuits. La seule exception à cette tenue minimaliste concerne les sorties en dehors de la maison. Une fois vêtu d’une tenue classique, il est impossible de soupçonner la présence de ce sous-vêtement rouge en-dessous. J’ai quand même l’impression qu’il me couvre un peu trop à ton goût. Moi je l’aime bien tant qu’il ne tient pas trop chaud et que je ne m’y coince pas dans la fermeture éclair. Sinon il est parfait même sur toute une journée.
Chose promise, chose due, en ce dimanche soir, comme tu me l’avais laisser entendre, tu me fais installer sur le dos, non sans avoir d’abord recouvert le lit avec mon désormais compagnon d’(in)fortune, le drap en vinyle violet. Ma face avant doit être un tantinet jalouse étant donné qu’elle n’a eu le bonheur de subir tes assauts hier soir. Une fois encore, tu me laisses profiter du spectacle. Il ne faudrait peut être pas que je m’y habitue.
A peine étendu tu me fais redresser et m’approcher de toi sur le rebord du lit. Les cliquettements métalliques annoncent une paire de pinces. Surprise, ce sera les pires qui soient pour ce soir. Par pire, je veux dire celles qui se terminent par trois fines griffes rétractables. Pendant longtemps, les japonaises ont trusté le haut du podium, désormais elles sont descendues d’une marche. Mais revenons à mon premier tourment du soir. La première me donne l’impression de transpercer le têton gauche : une sensation vive et intense, encore plus fulgurante lorsque que tu laisses délicatement pendre la chainette sur ma poitrine. Tu mets en places la seconde sans insister. J’ai bien l’impression qu’il va falloir de l’entrainement pour accepter la première morsure avant que ma poitrine s’habitue et tolère leur présence, d’autant plus qu’ailleurs, elles finissent par être supportables, enfin façon de parler, c’est un maso qui s’exprime. Bien décidé à les laisser en place un peu plus longtemps tu cibles une zone située un peu plus bas et tout aussi sensible, me semble-t-il. Elles vont donc faire leur office sur mes couilles. Elles y sont tout aussi transperçantes à la mise en place ce qui doit m’arracher un gémissement mais je dois reconnaitre que je finis par les supporter après les premières secondes fulgurantes … Evidemment, je ne risque pas de les oublier : elles se font bien sentir tout au long de leur séjour, se transformant en un lancinant pincement, assurément stimulant. Mes sens ainsi mis en éveil, tu poursuis ton œuvre en titillant mon sexe avec la petite languette en cuir, plus que mordante, elle est surtout surprenante, me faisant inévitablement sursauter, entrainant aussi la chainette qui elle-même titille les pinces. Perverse Maitresse que tu es ! Comme toutes les pinces, l’effet n’est jamais terminé tant qu’elles n’ont pas été retirées, et encore après quelques secondes de récupération. Etonnamment, celles-ci me semblent finalement plus « douces » quand tu les enlèves.
Après cette « mise en bouche », tu m’invites à m’étendre à nouveau et tu montes d’un cran avec la petite cravache cœur, peut-être pour exprimer tes sentiments à mon égard. Elle aussi a les mêmes effets sur moi, stimulante sans être mordante. Claquement de gants latex, tintement métallique, je pense que je sais ce qui va arriver. Dire que la première fois, j’étais particulièrement inquiet et ne voulait pas regarder. Cette fois, je ne regarde pas plus, simplement pour concentrer mon esprit sur les sensations. Etant donné que tu te saisis de mon pénis de ta main gantée, délivrant ainsi un contact tout doux, presque chaud, j’attends que se présente la sonde urétrale. Limite je l’attends. Etonnant renversement des choses en quelques mois.
Passé le premier picotement aux premiers millimètres d’introduction, ce n’est que plénitude ensuite. Dans un premier temps, tu l’aides à avancer. Mais, à t’écouter, elle s’enfonce lentement toute seule, tu n’as pas besoin de l’aider, juste de surveiller et de profiter du spectacle. De mon côté, je ressens à la fois une chaleur interne pas du tout désagréable et aussi cette sensation bien étrange que je suis en train de me vider. J’ai beau savoir que ce n’est pas possible avec la sonde en place mais mon cerveau n’a pas l’air d’accord. Pour résumé, c’est un sentiment de totalement perdre le contrôle, très, très étrange et aussi excitant. Une fois arrivée à la longueur que tu souhaitais, tu t’amuses alors à la faire coulisser : tu es tout simplement (et crûment) en train de me « baiser » la queue. Déroutant mais si planant. Une main gantée l’enserrant, une tige métallique la comblant, que demander de plus ? Toutes les bonnes choses ont une fin : tu retires cette intruse pour passer à quelque chose de différent.
Là encore, je fais confiance à mon ouïe. Etrangement je ne cherche pas vraiment à regarder pour anticiper ce qui va se passer, je me laisse guider par les sons. Cette fois, c’est le frottement d’une pierre à briquet, suivi de quelques minutes où je ne sens rien venir. Cela doit être une bougie en train de lentement se liquéfier. Bingo, la première goutte chaude à atterrir confirme mes prévisions. Toujours aussi « brûlant » ce premier impact, tandis que les suivants tiennent plus de la piqure rapide. Les gouttelettes tombent sur tout mon pénis mais je finis par comprendre que tu cherches à viser mon gland, sadique que tu es. Un petit cri de satisfaction vient accompagner la réussite de ton objectif. Néanmoins tu poursuis ton œuvre pendant quelques minutes encore, histoire d’en mettre un peu partout. Comme le printemps succède à l’hiver, le décirage fait suite au cirage. Il semblerait que la cravache (une des grandes cette fois) ne réussisse pas à en faire sauter beaucoup. Oups ! Pourtant il n’y a plus le moindre poil à cet endroit où elle aurait pu s’agripper. Je vais avoir du boulot en fin de soirée.
Tu me gratifies alors d’une salade de griffes gantées sur tout le sexe en insistant particulièrement sur les couilles. Cela n’arrive pas souvent mais mon Dieu que c’est stimulant ! C’est un mélange de chatouilles (qui me font m’exclamer de manière irrépressible) et de je ne sais quoi d’excitant. Les stimulations se multiplient : tu en viens même à saisir mon membre, en y exerçant une série de pressions tout en me titillant les couilles avec l’autre main. Je ne peux que gémir et couiner sous tes assauts, mais uniquement de plaisir. Encore et toujours. Je pensais finir la soirée sur le dos, mais tu m’as réservé une petite surprise.
Une fois installé à genoux sur le bord du lit, tu reprends ta cravache et tu passes à l’attaque. Avec mon intimité ainsi offerte et accessible tu t’en donne à cœur joie en essayant de frôler au plus près, mixant effet ventilateur et frottement stimulant. Comment puis-je rester immobile sous un tel traitement ? C’est tout bonnement impossible. Retour au calme pour le clou de la soirée, ou plutôt la conclusion. Un gel froid commence à couler dans mon sillon fessier, prémisse certain à une pénétration anale. Pendant quelques instants, j’ai la fâcheuse impression que tu vises à côté. Pourtant, je t’entends me dire que je serais réfractaire. Je reconnais que j’en ai peut être perdu l’habitude depuis quelques temps, mais je ne peux pas être contre une telle offrande de ta part. Finalement avec un peu de patience, tout rentre dans l’ordre … et pas queue. Ton gode noir finit par bien me pénétrer, jusqu’à la garde, les couilles noires de latex venant buter contre mes fesses. Tu t’évertues alors à me sodomiser avec application faisant coulisser en avant et en arrière cet appendice, d’une main experte. J’en gémis de satisfaction. Sans le savoir, tu as comblé un léger manque ;-)
Si cette sodomie était le point d’orgue de cette belle soirée, tu conclues avec un dernier assaut de tes griffes, cette fois à nu, sur mes fesses et mon sexe. Je suis aux anges, après avoir été comblé successivement par deux orifices …
Il ne reste plus qu’à enfiler ma tenue choisie pour cette dernière nuit. Je vais finir par m’habituer à cette nuisette.
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Les 3 S : Soumission Sensualité et Sexualité :
personnellement, ce que je cherche dans les 3 S :
1 Soumission : Je commencerais donc par le plus important = une soumission physique qui exclut la brutalité et l'avilissement personnel. Je cherche une domination physique qui va contraindre l'ensemble de mon corps pour signifier qu'il appartient réellement à MON MAÎTRE !
Commencer en premier par un lent déshabillage intégral TRES sensuel ou laisser un tee-shirt et un string pouvant être ensuite déchirés!
Le MAÎTRE, une fois son soumis nu avec un bâillon et un bandeau sur les yeux pourra s'il le désire raser intégralement son soumis offert et lui imposer de tenir les mains sur la tête ( ce qui va permettre le rasage des aisselles)
Une fois nu, possibilités de commencer ou continuer l'immobilisation du soumis:
Toutes les formes de contraintes physiques sont possibles telles que bondage assez serré, momification sous film plastique, écartèlement au sol, sur un lit ou à la verticale, suspension par les mains, le torse ou les pieds!
Ainsi bien immobilisé le MAÎTRE pourra plus facilement disposer à sa guise de mon corps offert librement et volontairement ! ( ni sodo, ni fist SVP)
Une fois mon corps bien contraint, le MAÎTRE pourra poser des pompes à seins ( sur une peau préalablement bien huilée afin d'être encore plus aspirés, fréquemment re-pompés pour mieux les gonfler pour ensuite les mordiller, les pincer, les étirer!
Dans une quasi immobilisation, Le MAÎTRE pourra également et bien délicatement introduire un petit gode dans mon anus bien lubrifié au préalable, pourra aussi poser une cage de chasteté, voir si possible imposer un lavement externe et éventuellement aussi bien sur un lavement anal délicatement!
Toute liberté bien sur à MON MAÎTRE de disposer ensuite de l'intégralité de mon corps pour en disposer voir l'offrir à qui il voudra et comme il voudra.
Les 3 S : Soumission Sensualité et Sexualité :
2 Sensualité : les relations de domination n'excluent pas la sensualité, bien au contraire !
Rien ne pourra en effet désormais empêcher " le propriétaire" de palper sensuellement tout l'ensemble de mon corps ainsi totalement offert et volontairement disponible!
Libre à lui, bien sur de passer ses mains, sa langue sur les parties offertes ( mon sexe, mes seins et mon anus, voir mes aisselles !!)
Libre à LUI, de l'amener ainsi au bord de l'éjaculation, sans l'atteindre de suite!
Par exemple, un corps ruisselant de sueur, c'est sexy et excitant, voir même un corps bien bondé sous une fine douche qui dégouline tout le long du corps ainsi exposé !
Immobilisé sur un lit et bien offert, pourquoi pouvoir/vouloir s'opposer à un massage bien huilé, sensuel à ne pouvoir difficilement s'empêcher de jouir !
Autre exemple, lorsque le corps est entièrement immobilisé, et qu'il ne peut empêcher les mains baladeuses ou même la langue sur les parties délicates !
Passer une nuit légèrement entravé à coté de son dominateur qui pourra régulièrement tâter de ce corps librement offert !
Les 3 S : Soumission Sensualité et Sexualité :
3 Sexualité : Le MAÎTRE peut alors disposer également de ma sexualité :
à LUI seulement de décider quand et comment ou avec qui je pourrais jouir sans précipitation et dans un total contrôle !
Le MAÎTRE saura alterner les 3 S afin de jouir pleinement de mon corps offert à son bon plaisir, le temps qu'il voudra et autant qu'il voudra bien en profiter !
Le MAÎTRE pourra alterner les contraintes physiques, avec la nudité, la liberté de mouvement, la disponibilité et l'offrande de mon corps.
Le MAÎTRE sera libre de choisir un des 3 S en priorité, pour ensuite diversifier, voir donner plus d'importance soit à la Soumission physique, soit à la Sensualité et enfin à la Sexualité ( sans chronologie obligatoire bien sur!)
Libre à LUI, de m'amener ainsi au bord de l'éjaculation, pour me permettre de jouir quand et comme il le voudra !
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Rêves d’Ackzagred
L'homme m'empoigna par le col avant de me jeter au sol.
"Tu vas voir comment on traite les tricheurs de ton espèce à la compagnie des Indes !"
Aboya-t-il en m'assenant un puissant coup de pied qui vint me couper le souffle. Je tombais à terre et fut bientôt piétiné par les marins que j'avais tenté d'escroquer quelques minutes pluq tôt lors d'une stupide partie de cartes. Le bruit de notre bagarre avait dû attirer quelques curieux que je croyais distinguer tapis dans l'ombre des arcades de la taverne. Dans la nuit anonyme, les gredins avaient un public. L'une des brutes, un homme sec et crasseux levait les bras avec emphase et haranguait la foule pour réclamer des acclamations. Avec difficulté, j'essayai de me relever. Mes côtes me faisaient horriblement souffrir, la tête me tournait, je n'étais plus qu'une boule de douleur. Pourtant, je trouvais la force de m'agenouiller et de fixer le plus hardi de mes tortionnaires. Incrédule, l'homme cessa de fanfaronner pour s'approcher de moi.
"Quoi ? Tu en veux encore un petit comte ? "
Et tandis qu'il s'avançait, je lui crachais à la figure. Le glaviot ensanglanté vint rouler sur sa joue balafrée sous les acclamations du petit attroupement. Furieux, l'homme jeta un rapide coup d'œil à ses deux compères qui avaient du mal à ne pas rire également. Alors, il dégaina un énorme couteau fixé à sa ceinture. Le genre de couteau qu'on utilise pour évider les gros poissons. Une lame affutée qui luisait de façon malsaine sous la lune opaline. De toute façon, je n'avais plus rien à perdre, le destin m'avait déjà tout pris. Par pure provocation, je me mis à rire, à rire comme un dément, comme un damné pour qui nul pardon ne sera jamais accordé. En un rien de temps, l'homme était passé derrière moi, il m'étranglait de sa main gauche tandis que sa lame cherchait maintenant mon cou. Les badauds et les curieux s'étaient tus. Les comparses de mon agresseur le regardaient de façon hésitante. Lui semblait gagné par ma folie. Il desserra son étreinte pour me tirer par les cheveux. La tête en arrière, je voyais maintenant son visage qui ressemblait de plus en plus à celui de la mort. Une dernière fois, je passai ma main sur mon collier et actionnai le fermoir du médaillon. Le clapet s'ouvrit sur une miniature. Malgré la nuit noire, je reconstituai mentalement l'image peinte avec minutie. Ma femme, Mina et mon fils Adam, souriaent figés pour l'éternité. Dionée, elle, ne figurait pas sur le dessin, elle était partie trop tôt. Un effluve d'alcool et de sueur aigre me ramena brutalement à la réalité.
"Je vais te faire ravaler ton sourire"
Lança celui qui, quelques minutes plus tôt, avait perdu sa paye sur un coup de poker. Le coutelas entailla superficiellement ma gorge, un filet de sang macula ma chemise. L’homme voulait faire durer...Soudain, un mouvement de panique gagna la foule. Des voix s'élevèrent dans l'obscurité. La police débarquait. Le marin pesta avant de me porter un coup violent à la tempe.
Je tentai un instant de lutter contre la douleur avant de sombrer dans les abysses.
Ma vie me revint par bribes incertaines. Mon père m'accompagnant enfant dans les plantations, présentant les ouvriers et les projets qu'il avait pour faire prospérer le domaine. Moi, patient, j'écoutai d'une oreille distraite ses conseils espérant retrouver rapidement mes jeux et mes lectures. Un brouillard surgit de mon esprit eyt je le retrouvai vieil homme, affaibli par la maladie. Cette scène, je l'avais vécue cent fois lors de mes insomnies, le notaire, le regard grave et mon père me confiant la plantation familiale. Puis Mina m'apparut comme un songe. Ses cheveux bruns cascadaient sur ses épaules laiteuses aux rythmes des valses que nous dansions. L'ambassade était en fête. Les plus belles filles de la région étaient venues, les plus nobles aussi mais ce jour-là, elle fut mon unique cavalière. Autour de moi, les murs de notre demeure défilaient en accéléré agaçant chacun de mes sens. Je me vis faire les cent devant la chambre de mon aimée avant d'entendre le gazouillement d'Adam. Je le revis adolescent tandis que, comme mon père, je lui enseignai, avec gravité, les connaissances que mon propre père m'avait donné quelques années plus tôt. Puis vint la naissance de Dionée, adorable petite, qui emplissait la maison de ses rires et de ses poupons. Autour de moi, la maison soudain s'obscurcit. Je revois les visages défaits de mes ouvriers agricoles lorsqu'ils me tendirent, à bout de bras, une enfant morte. Un le fléau venait de s'abattre sur notre plantation. Malgré la quarantaine que j'imposai, il ne fallut pas une dizaine de jours pour compter les morts par dizaines. Un soir, le malheur frappa Dionée. La petite n'avait rien avalé depuis vingt-quatre heure, sa fièvre refusait de tomber. Lorsque je revins fourbu du travail des champs, elle cracha sa première goutte de sang. Je serrai ce petit corps chétif et malingre contre le mien et tentai vainement de la guérir par mon amour. L'hécatombe frappait maintenant toute la région, la mort ne faisait pas de différence entre riches et pauvres, femmes, hommes ou enfants. Des mesures d'urgence furent prises tardivement par les autorités locales. Il fallait isoler les malades, brûler les morts sans même leur donner les derniers sacrements mais l'épidémie semblait ne jamais s'arrêter. Les indigènes murmuraient que les blancs propageaient la maladie, les blancs pensaient à une malédiction jetée par les sorciers locaux. Un climat de suspicion s'installa. Lorsque mon fils et ma femme furent touchés, une émeute survint sur nos terres. Des hommes armés encerclaient notre demeure et refusaient de nous laisser sortir. Le feu devait purifier cette maison délaissée de Dieu. Lorsque les premières torches brisèrent nos baies vitrées, je réussis, par miracle, à m'enfuir, laissant les corps de ceux que j'aimais brûler en enfer. En quelques semaines, j'avais perdu mon domaine, mes richesses et les miens. Je me croyais maudit, souillé par l'empreinte invisible du démon...Pourtant je me trompais.
Je me réveillai, en sueur de ce cauchemar. je jetai un oeil à la lune rouge sang qui semblait rire de moi. Je me relevai péniblement, une douleur lancinante me vrillait le crâne et irradiait jusque dans mon dos. Saisissant une bouteille de rhum que mes agresseurs avaient abandonné, je déambulai sur les quais avec la ferme intention de me jeter à l'eau une fois l'alcool achevé. Arrivé au bout du quai, je regardai pour la dernière fois les reflets de lune embrasser de leurs pales éclats la mer sombre et mouvante. Comme le ressac était doux à mes oreilles ! Je scrutai les profondeurs du port, les eaux noires semblaient m'appeler. La bouteille jetée à l'eau, il me suffisait d'avancer encore. Plus qu'un pas et je retrouverai les miens.
"A ta place, petit comte, je ne ferai pas cela."
Je me retournai, hébété, par l'effet de l'alcool. Une jeune femme dont la pâleur contrastait avec ses boucles rousses me regardait d'un air de défis.
"Qui êtes-vous ? Comment me connaissez-vous ?"
Consciente de l'attraction qu'elle suscitait, la jeune femme fit quelques pas vers moi. Sa longue robe de plumes rouges et noires paraissait flotter au-dessus du sol. Elle plongea ses yeux émeraudes dans les miens.
"Toute vie est précieuse sur terre, il serait malséant de vous donner la mort comte Stanislas d'Albiniac de Beauregard"
Je fis volteface, une femme portant redingote et haut de forme me regardait avec ironie. Je n'eus pas le temps de me demander comment elle était arrivée là car elle enchaîna
" Vous êtes le dernier héritier de votre longue lignée, le dernier sang comme on dit parfois dans vos contrées. Si vous vous décidez à nourrir les poissons, vous mettrez fin aux rêves de votre père, aux aspirations de votre famille, aux désirs que formulait Mina secrètement de vous voir heureux."
L'évocation de ma femme me troublait, je voulus répondre que sans elle, sans mes enfants, la vie ne pouvait être vécu mais la jeune femme aux cheveux de feu interrompit mes pensées.
"Sautez si vous le souhaitez. Laissez cette eau poisseuse remplir votre bouche et s'engouffrer dans vos poumons. Il vous faudra quelques minutes avant de suffoquer dans les ténèbres du port. Quelques minutes qui vous rappelleront combien la vie est précieuse. Combien chaque goutte de sang se doit d'être préservée."
J'eus alors une vision claire de mon corps gonflé et violacé échoué sur une plage. J'eus un haut le coeur que mes étranges interlocutrices firent mine de ne pas voir.
"Tenez, lança la garçonne, vous voulez vivre n'est-ce pas ?"
La question avait le ton de l'affirmation. J'opinai, choqué par le geste que je m'apprêtai à commettre.
"Trinquez à la vie "
Dit-elle en me tendant une coupe de facture ancienne. Je saisis le calice des deux mains et plongeai mon regard dans le vin sombre et sirupeux. Des saveurs subtiles de cannelle et d'épices lointaines emplirent mon palais mais autre chose aussi...Quelque chose de ferrique qui faisait penser au goût du sang frais. La tête me tourna. Brusquement, mes idées se brouillaient et mes jambes cessèrent de me soutenir. Les souvenirs de cette nuit restent confus encore aujourd'hui. Je me rappelle avoir été soutenu jusqu'à une calèche. Les paysages défilaient à une vitesse vertigineuse et certainement impossible à atteindre. Je fermai les yeux et priai Dieu pour que s'arrête cette sarabande maléfique. Complice, la lune semblait la seule témoin de mon infortune.
La bouche pâteuse, en proie à de sévères maux de tête, je me réveillai dans des draps de satin. Confus, j’embrassai la pièce du regard. Elle était vaste et luxueuse. Des teintures indiennes suggestives m’observaient avec envie. Je détournai les yeux et me crut un moment tombé dans le repère d’Ali Baba. Des coffres marquetés s’ouvraient sur de chatoyantes soieries, plus loin, une table basse ébène accueillait une carafe de cristal finement ciselé ainsi qu’une coupe en or d’où s’échappaient des fruits ravissants et inconnus. Je chancelai dans ce décor de stuc pour me rendre jusqu’à un moucharabieh. La lune entamait son ascension vers les cieux. A l’est, les nuages s’embrasaient de pourpre et d’or couvrant la pièce d’une lueur irréelle. Me penchant à la fenêtre, je fus chassé par un essaim de chauves-souris qui, attirées par la lumière et le confort de la pièce, tentaient de s’y introduire. J’eus juste le temps de me rendre compte que le palais où je me trouvais était perché sur un promontoire qui dominait une jungle dense et hostile. Le château devait avoir perdu de son prestige car l’aile que j’observai était décrépite et plongée dans la nuit.
Remerciant la providence, je portai une coupe d’eau fraiche à mes lèvres et trinquai au du bon gout de mes hôtes. Je me souvins alors de la nuit précédente, de l’altercation avec les marins, de mon envie d’en finir avec la vie. Je me remémorai les paroles de mes hôtes ou plutôt de bienfaitrices. L’alcool et la dépression allaient me faire commettre le pire des sacrilèges et je jurai une dette éternelle à celle qui m’avaient sauvé. Un éclat vif de lumière interrompit mes méditations. Je tombai sur une coiffeuse dont les décors semblaient de nacre et d’ivoire. Endormis sous une fine couche de poussière, des flacons de parfum attendaient le retour de princesses dignes du conte des mille et une nuit. Curieux, j’en débouchai un, un parfum lourd et sucré envahit la pièce puis quelque chose que je ne puis mettre que sur le compte de mes nerfs fragiles, quelques choses, sans doute inventé par mon esprit encore affaiblit, se produisit. Les gouttes dorées du précieux nectar remontaient doucement sur les rebords du flacon puis à l’encontre de Newton et sa gravité « descendaient » vers le plafond. Je reculai, effrayé par mes singulières visions et trébuchai sur le vaste lit au centre de la pièce. Je cherchai des yeux une sonnette ou une porte pour avertir que je me sentais mal lorsqu’un évènement me fis basculer dans la folie.
Les draps de soie rouge se déformèrent à mes pieds. Je reculai dans le vaste lit et bientôt les plis du tissu laissèrent entrevoir une forme humaine. Trop apeuré pour crier, je laissai venir cette chose qui rampait maintenant sous les draps. Je devinai un corps de femme languide, des hanches profondes qui invitent aux caresses. Un murmure se fit dans ma tête, une mélopée ancienne et érotique achevait de perturber mes sens et ma raison. Je fermai les yeux pour échapper à cette folie mais rien n’y fit. Sous les draps, la forme se redressait et prenait place entre mes jambes. Je devinai ses seins lourds qu’elle me tendait à travers la fine étoffe. Ses mains frôlèrent mes cuisses, cherchèrent mon entrejambe. Son touché me glaça dans un premier temps puis mon corps s’embrasa de désir. L’inconnue fit tomber le drap, des boucles dorées me révélèrent l’une de mes hôtes. La jeune femme était d’une beauté sculpturale, entièrement nue, elle portait cependant un lourd collier d’or et de pierreries. Ma tentatrice s’avança langoureusement jusqu’à moi, les bracelets et les fines chaines d’or qu’elle portait aux mains et aux chevilles tintaient à chacun de ses mouvements. Lorsque cette douce musique cessa, elle plongea ses yeux dans les miens comme pour sonder mes désirs puis dégrafa les boutons de mon pantalon.
Emporté par le désir, je profitai de ces caresses subtiles qui toujours m’amenaient proche de la jouissance sans jamais devoir l’atteindre lorsqu’une morsure légère plus qu’un baiser vint agacer la peau tendre de mon cou. Une puis deux mains passèrent sous ma chemise pour jouer avec mes tétons puis labourèrent mon torse de griffures. Je me retournai pour admirer ma seconde bienfaitrice. Ses cheveux détachés, elle n’avait plus rien d’une garçonne mais possédait cependant une incroyable assurance et une certaine forme de virilité. Elle me regardait de haut me perdre dans les méandres du plaisir un rictus étrange marquait ses lèvres fines. Amusé de la situation, elle prit ma tête entre ses mains pour m’imposer un baiser fougueux. Soudain, une douleur vive m’étreignit. Du sang, du sang emplissait mon palais. Elle m’avait mordu.
« Quoi ? Tu n’aimes pas petit comte ? » lança-t-elle hautaine et amusée.
Ces mots, d’autres qu’elle les avait prononcés, je vis dans cette phrase autant de défis que de passion. A mon tour, je décidai de l’embrasser renonçant pour un soir à toute forme de sagesse.
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Un soir de début juillet 2009, où j’étais avec Justine entrain de boire un bon whisky après une journée très chargée à la galerie, l’interphone se mit a sonner. Justine alla ouvrir, c’était, Max, et sa femme Nathalie. Ils apportaient avec eux, champagne, et tout un assortiment de mets pour diner copieusement.
Surprise, mais heureuse de revoir Max et sa femme, nous nous sommes empressées de déboucher le champagne et de dresser une table pour diner.
Connaissant le personnage, je me doutais que sa visite improvisée préparait quelque chose.
Lors du diner, Max évoqua l’idée d’un jeu que nous pourrions réaliser après le diner, si nous étions d’ accord bien sûr! Tiens donc, je ne m’étais pas trompée. Les questions fusèrent, quel jeu, en quoi constituait-il, quel en était l’enjeu ? Toutes ces questions ne trouvèrent leurs réponses qu’au café.
Max nous expliqua alors en quoi il consistait. Il s’agissait d’un pari à réaliser. Il fallait se faire photographier par un ou une inconnue complètement nue dans cinq endroits différents de Lyon. Celle qui allait au bout du pari, et qui rapportait en premier les cinq photos gagnait le pari. Il nous parla d’une récompense pour chacune d’entre nous, sans rien dire de plus.
Il sorti alors de sa sacoche trois appareils photos numériques tout simple, nous donna à chacune une liste ou était écrit les cinq adresses ou devaient être prises les photos. Il y avait :
1/ Place des Terreaux
2/ Allée du Lac
3/ Place Edgard Quinet
4/ Sur le pont Morand
5/ Allée du Parc
L’ordre de la liste n’était pas obligatoire.
Une fois les photos prises, nous devions nous rendre au .. Boulevard des Belges, ou Max possédait un hôtel particulier.
« Alors d’accord » nous demanda Max, Un peu interloqué par ce jeu, nous nous sommes regardées et puis ne voulant pas me dégonfler, j’acceptais la première, Nathalie accepta à son tour, mais Justine, la plus pudique d’entre nous hésitait encore. « Allez, ça va être drôle, si tu ne viens pas je ne le fais pas ». Après quelques minutes de palabre, elle accepta à son tour.
J’allais me mettre en tenue, une petite robe toute simple, à bretelles très courte et une paire de talons hauts. Justine en fit autant et revint avec une veste longue qui lui arrivait à mi-cuisses et également un paire de chaussures à talons hauts. Il va sans dire que nous ne portions que cela sur nous.
Nathalie pour sa part alla retirer, tout ce qui n’était pas indispensable, soutien-gorge et culotte elle ne garda que sa robe légère..
Max nous donna alors le moment du départ, il était minuit passé. Il faisait doux en cette journée de juillet Nous allâmes toutes les trois chercher nos voitures respectives, et nous voilà partie pour une séance photo très particulière.
Je décidais de commencer par la Place des Terreaux. Arrivée sur place, il y avait très peu de monde. Je me garais n’ importe où, descendais de ma voiture, et trouvait un couple qui rentrait chez eux.
Je m’avançais vers eux, et leur expliquais de quoi il s’agissait. La femme me regardait comme une extra terrestre, qu’elle idée de se faire photographier à poil dans la rue par des inconnus.
Son ami par contre fut immédiatement d’accord, « Tu parles, mater une fille toute nue, l’idée était assez séduisante. Je lui donnais l’appareil photo, je me reculais le dos à la place, et enlevais rapidement ma robe. J’ai du lui demander de se dépêcher, car il prétextait qu’il ne connaissait pas ce type d’appareil. C’est cela oui ! , il n’y a aucun réglage et un seul bouton où appuyer. Il fini par prendre la photo et je me rhabillais. Entre temps quelques groupes de personnes assistaient à la scène.
Je les remerciais, remontais dans ma voiture et en route vers le deuxième site. Je choisissais la place Edgard Quinet. Arrivée sur place, le désert, pas âmes qui vivent. Je tournais avec ma voiture et je fini par trouver un monsieur d’un certain âge qui promenait son chien. Je m’approchais de lui et lui expliquais ce dont il s’agissait. Au début, il me prit pour une folle, j’insistais en lui disant que ça lui ferait un bon souvenir. Il accepta, pris l’appareil photo, je me déshabillais à nouveau, mais là il eu une réaction imprévue. Il restait là sans bouger, à me regarder. « Vite s’il vous plait, je vous promet de vous envoyer une photo ». Il fini par appuyer sur le déclencheur, N’étant pas sûr que la photo soit cadrée, je lui demandais de recommencer. Toute l’opération avait bien pris cinq bonnes minutes. Je le remerciais en lui faisant un bisou sur la joue, et regagnais ma voiture.
Je me disais que ce brave homme, s’il est marié et qu’il raconte à sa femme ce qui lui est arrivé, celle-ci va le prendre pour un affabulateur.
Direction le Pont Morand. Quelle idée Max a eu de choisir cet endroit, car à cette heure de la nuit il y a encore pas mal de circulation, et je commençais à baliser à l’idée de me mettre toute nue devant autant de monde. En plus il n’y avait que des voitures, pas de promeneur. Je décidais de faire comme si je faisais du stop. Au bout de quelques instants, une voiture s’arrêtât. Il y avait à son bord quatre jeunes qui partaient en boite. Je racontais à nouveau mon pari, il ne furent pas long a accepter.
Je me mettais en place, retirais ma robe et celui a qui j’avais confié l’appareil me mitrailla. Je récupérais l’appareil photos, mais c’est quand ils voulurent m’emmener avec eux que les choses se gâtèrent. Je courais vers ma voiture toujours nue, montais dedans et verrouillais la porte. J’avoue avoir eu très peur, et ça me faisais redouter la suite. J’hésitais un moment, à savoir si j’allais continuer ou pas. Plus que deux photos, et je décidais de continuer.
Je me rhabillais et je partais en direction du Parc de la Tête d’Or, allée du Parc. Personne, pas âmes qui vivent. Au bout de quelques minutes, une voiture s’arrêtât à la hauteur de ma voiture, et l’homme qui conduisait me demanda : « Combien tu prends ». Je lui répondis pour m’en débarrasser : « trois mille euro, non négociable ». il remonta sa glace en rageant et repartit aussitôt.
Comment j’allais faire pour trouver un « photographe ». Je vis alors une voiture arrivée. Pas de chance c’était une voiture de police en patrouille. Elle s’arrêtât à ma hauteur et un des flics me demanda : « Vous êtes en panne mademoiselle ? ». Comment j’allais leur dire que non je n’étais pas en panne, mais que je cherchais quelqu’un pour me photographier toute nue dans une allée du parc. Et puis tant pis je me lançais : « non je ne suis pas en panne, mais j’ai fais un pari avec des amis, Je dois faire cinq photos complètement nue dans cinq endroits différents de Lyon, et il m’en reste deux à faire, une ici et l’autre un peu plus loin, dans l’allée du Parc ».
Vous savez les risques que vous prenez en faisant cela, me dit un des policiers, non pas pour exhibitionnisme, mais les risques réels pour votre vie. J’acquiesçais, mais devant ma détresse de ne pouvoir gagner mon pari, il me proposa de faire la photo, ainsi que la prochaine. Chose dite chose faite, un flic me photographiait, nue comme un vers à une heure du matin dans un parc désert.
La deuxième photo réalisée, je leur demandais de quel commissariat ils dépendaient en leur promettant de leur apporter les photos ainsi réalisées, J’ai eu droit à une bise des trois policiers, visiblement très heureux de leur soirée.
L’adresse que nous avait donné Max se trouve à quelques dizaines de mètres de l’allée du Parc, au .. Boulevard des Belges. Je trouvais une place pour garer ma voiture et me trouvais un superbe hôtel particulier. Il devait bien gagner sa vie Max pour se payer une telle maison, dans l’endroit le plus cher de Lyon.
Je sonnais à l’interphone et Max vint m’ouvrir. « Tant à mis du temps » me dit-il. Ca voulait dire quoi, que je n’étais pas la première ? En entrant dans le salon, je vis Justine buvant une coupe de champagne. Elle était la première. « Bravo, comment as-tu fais pour allez si vite ? ». C’est très simple, me dit-elle, la première personne que j’ai trouvée, je lui ai demandée de me suivre dans les quatre autres endroits, ça m’a fait gagner un temps fou. Bien joué ma Justine. Mais Nathalie n’était pas encore arrivée.
Nous l’avons attendu une bonne demi-heure, quand elle apparue dans le salon elle était un peu blême. Elle terminait troisième et dernière, avec seulement quatre photos. Elle nous avoua avoir paniquée lorsqu’un groupe de jeunes, la voyant nue sur la place Edgard Quinet on voulu l’embarqué de force dans leur voiture. Comme moi, nous étions toutes les deux passées à côtés d’un grave problème.
C’est une expérience à ne pas renouveler.
« Bien Max, ce n’est pas tout ça, mais tu as parlé de récompense en fonction de notre classement, alors c’est quoi ? » Max répondit « Vous êtes bien pressée, mais puisque vous voulez le savoir, c’est d’accord. Voici trois clés, elles ouvrent chacune trois pièces de la maison, Justine voila la tienne, Lolita, la tienne, et toi ma chérie voilà ta clé ».
Je partais à la recherche de la pièce qui correspondait à la clé. Rez de chaussée rien, je montais au premier étage. Justine me suivait, ma clé ne correspondait pas à la première pièce, j’avançais, quand j’entendis Justine dire « ça y est, ça ouvre », je revenais en arrière et quand elle ouvrit la porte, cinq hommes complètement nus attendaient dans la chambre. Justine s’esclaffa « tout ça pour moi ». Ça promettait une bonne nuit. Max arrivait derrière nous et demanda à Justine de ne pas fermer la porte, il voulait savourer le spectacle.
Je continuais ma recherche de la chambre et fini par la trouvée eu deuxième étage, sur le lit était allongés trois hommes nus également, dont un noir magnifique. Visiblement Max était au courant pour mes goûts prononcés pour les sexes de grandes tailles.
Nathalie qui me suivait trouva sa chambre à côté de la mienne. Sur le lit, une femme et un homme l’attendaient.
Et la fête commença, pendant mes ébats, je voyais Max qui allait d’une chambre à l’autre pour contempler le spectacle. Les trois hommes me firent l’amour une bonne partie de la nuit, j’ai eu droit à tout. Le grand noir ma sodomisée de toute la longueur de son sexe, pendant que les deux autres s’occupaient et de mon sexe et de ma bouche.
Vers 6 heures du matin, je redescendis vers la chambre de Justine, celle-ci rassasiée d’amour était couchée sur un des hommes, les autres la caressant intimement, elle gémissait, je ne l’avais jamais vue dans cet état.
Max était au salon, il me demanda « alors, prête à recommencer un autre jour ? » je lui répondais « Oui pour la partouze, mais non pour les photos, trop dangereux ». Je lui demandais également de pouvoir récupérer mes photos, car je les avais promises aux flics et je voulais tenir ma parole.
Max ne tendit alors les clichés qu’il avait imprimés, il n’avait pas perdu de temps, sacré Max.
J’allais voir Justine pour lui dire que je rentrais, elle me répondit qu’elle voulait encore profiter de ses cinq amants d’un soir, Je découvrais une nouvelle Justine.
Rentrée chez moi, je prenais une longue douche, me couchais et en repensant à cette soirée, ma main s’égara entre mes cuisses pour une douce et longue caresse, ce qui terminait en beauté cette soirée inoubliable.
J’ai tenu parole, j’ai donnée les photos au commissariat, Un des flics que j’avais vu cette nuit là, me dit : « On va faire des agrandissements et les mettre dans nos vestiaires ». Si on m’avait dit qu’un jour je poserais toute nue dans le vestiaire d’un commissariat de police, je ne l’aurai pas cru.
A suivre....
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mélodie en sous-sol :
Un soir, je reçois un coup de fil d'un voisin me demandant de venir dépanner l'éclairage de sa cave de l'immeuble !
Au garage, je prends donc ma caisse à outils et attend mon voisin.
Dans les couloirs et méandres des caves, je suis tranquillement, lorsque tout à coup la minuterie coupe l'éclairage et j'entends une voix inconnu me dire de ne pas bouger qu'il va rallumer!
Je pose donc ma caisse au sol et sans m'y attendre, je suis invité par le poignet à entrer dans une cave toujours dans le noir
Le tout dans un silence assez inquiétant!
Pour avoir déjà un peu pratiqué des relations dominatrices autrefois, je comprends bien vite la pose de bracelets sur mes poignets. Un bras est tiré légèrement écarté vers le haut, puis l'autre: je me retrouve prisonnier mais je ne reconnais pas la voix de mon voisin et de plus il me semble qu'il y a au moins deux personnes !
Je sens une main descendre mon bonnet sur le visage tandis qu'une autre main puissante desserre ma ceinture et enlève mon pantalon, mes chaussures et chaussettes, heureusement il me reste mon tee-shirt!
L'éclairage semble être revenu puisque j'entrevoie une raie de lumière à travers mon bonnet de laine!
je n'y vois plus rien et ne peut plus bouger les bras, ensuite pose de bracelets aux chevilles et les pieds sont justes écartés de manière à me retrouver sur la pointe des orteils!
J'entends un bruit d'échelle et le bruit lourd de fermeture d'une porte !
Désormais à part onduler du nombril, je ne peux plus bouger et assez bizarrement je sens mon sexe durcir sous mon slip! La situation m'excite beaucoup et mes protagonistes ont bien du s'en rendre compte !
Tandis qu'une main caresse mon slip tendu, une autre me titille vigoureusement les seins. Je sens un liquide chaud couler sur mon bonnet et dégouliner sur mon tee-shirt et le reste de mon corps: l'odeur est assez forte et l'urine tiède est bien généreuse !
On est entrain de déchirer mon tee-shirt et d'arracher mon slip!
Nu comme un vers offert, je sens poser un lien autour de mes testicules et de mon sexe en érection!
Cette fois ci c'est de l'eau tiède qui me rince de l'urine en m'enlève cette odeur assez désagréable et une traction de plus en plus forte sur mon sexe, tandis qu'un petit gode bien lubrifié vient pénétrer délicatement mon anus, sans que je ne puisse m'y opposer!
L'au coule lentement, surement et sensuellement sur mon corps prisonnier ! Des mains baladeuses parcourent l'ensemble de mon corps en insistant plus particulièrement sur mes seins, mes fesses et mon sexe en feu!
Soudainement, une ou deux mains me fessent sous l'eau toujours ruisselante et cela fait un drôle de bruit !
La cave semble bien chauffée et mes dominateurs pratiquent en silence cette séance totalement inattendue sans être désagréable, bien au contraire au vu de mon excitation sexuelle bien évidente !
Les fessées s'arrêtent et font un transfert sur mes seins qui commencent à être douloureux! J'ai l'impression d'avoir le sexe en feu lorsque je sens un liquide chaud me pénétrer l'arrière train! La question est pour moi de savoir combien de temps je vais pouvoir résister à ce lavement interne avant de devoir me vider violemment ?
L'eau dégoulinante semble s'être arrêtée, et de ce fait je ne sais plus trop où j'en suis de cette merveilleuse surprise!
Probablement pour détourner mon attention de ce "remplissage forcé" je sens des mains lubrifier généreusement mes seins et je subis bien ensuite une très forte traction de pompes à seins!
Les liens autour de mon sexe semble à la limite du supportable lorsque jambes bien écartées je me vide bruyamment de mon lavement interne!
Depuis combien de temps suis-je ainsi suspendu, trituré et lavé extérieur et intérieur !
Sous la pression, l'insert de lavement a été éjecté et assez rapidement remis en place ainsi que le ruissèlement qui part de ma tête cagoulé sous mon bonnet!
Mes seins deviennent douloureux sous l'effet des pompes, comme si mes "dominateurs" connaissaient mes limites, les pompes sont enlevées, les seins virilement essuyés et pincés trop fortement à mon goût!
A nouveau j'éjecte la poire de lavement et cette fois-ci je sens un liquide couler sur mes jambes écartées !
La traction sur mes seins semblent insupportable lorsque en plus je sens un doigt et ou une bouche titiller mon anus!
Les mains me semblent de plus en plus baladeuses sur l'ensemble de mon corps toujours ruisselant!, tandis que mon sexe en feu ne demande qu'à jouir!
A cause de mon érection, je sens une certaine difficulté à la pose d'une cage de chasteté.
Depuis combien de temps a duré dans cette soumission bien imprévue!
Le ruissèlement tiède s'est arrêté !
Les pinces des seins sont violemment enlevées et je sens uns sorte de momification à partir de bras qui descend jusqu'au chevilles.
C'était en été et la température de la cave était fraiche, mais je commençais à transpirer sous la momification!
Mes seins et mon sexe en cage sont dégagés de la momification et je sens alors l'introduction d'un sceptre princier dans mon sexe par le petit orifice de la cage de chasteté et malgré mon opposition, je ne peux m'y refuser : je n'en ai pas la capacité!
Il me tarde de pouvoir enfin jouir, mais mon ou mes " dominateurs " semblent ne pas être de mon avis et je commence à sentir mon corps douloureusement prisonnier!
Combien de temps suis-je resté ainsi immobilisé, je n'en sais rien, mais il commencer à me tarder de retrouver ma liberté !
J'ai bien envie d'uriner avec beaucoup de difficulté, un petit jet d'urine arrive à passer par le sceptre princier probablement creux.
Tandis que je suis libéré de la cage de chasteté avec sa sonde, non sans difficulté, mes seins sont alors triturés à la limite du supportable et ma respiration de vient de plus en plus forte, à ce moment une main "branle" mon sexe qui ne tarde guère à éjecter ma semence!
Je soupire de ce soulagement et suis enfin débarrassé de la momification trop serré!
La lumière revient dans la cave et je me retrouve bien seul avec ma pauvre caisse à outils. Je prends mes vêtements et cherche la sortie dans ce labyrinthe .
Revenu dans mon logement, je prends une douche et vais me coucher en me disant que la prochaine fois, je serais plus attentif à un éventuel dépannage électrique, même si je n'ai aucun regret de cette rencontre bien au contraire!
Bonne nuit à mes lecteurs !
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Aie ! mes deux seins :
Vous pouvez l'écrire aussi autrement " mes deux seins"
Mon ancien MAÎTRE m'avait bien prévenu de réserver soigneusement mes seins avant la prochaine rencontre et du coup je les ai laissé se reposer plus de quinze jours, dans l'attente d'une convocation !
C'est vrai que suite à une formidable initiation d'un Dominateur TRES sensuel, je suis devenu TRES sensible et TRES excité par le travail de mes deux seins !
J'apprécie beaucoup l'utilisation ( bien lubrifiée au préalable) des pompes de différents diamètres qui font gonfler outrageusement les seins jusqu'à remplir généreusement l'espace aspiré!
J'aime bien aussi l'utilisation de différents modèles de pinces, de la pince à linge, à la pince de bricolage et surtout les pinces à serrage réglable!
J'ai découvert, il a pas très longtemps les pinces "japonaises" qui consiste en deux baguettes réglables à serrer de plus en plus les mamelons!
Je suis donc venu librement & volontairement au rendez-vous fixé un samedi après-midi, sans trop savoir ce qui cette fois encore aller m'arriver, car ce MAÎTRE a toujours su varier les différentes manières de contrôler mon modeste corps, tout en respectant mes limites!
Dans le salon, j'attends donc patiemment debout les bras sur la tête!
C'est l'été, je porte un short et en dessous mon string fétiche cuir ainsi qu'un débardeur résille rouge : j'avais déjà bien l'intention d'exciter dés le départ Mon MAÎTRE!
J'attends et j'entends des bruits de préparation de cette séance inoubliable : chaines et je vois passer divers instruments qui vont servir à nos plaisirs respectifs et bien partagés !
Je connais ce Dominateur et je sais en toute confiance que je peux tranquillement lui offrir mon modeste corps !
Mon short est desserré et tombe sur mes chevilles, tandis que ses mains titillent mes seins à travers mon débardeur résille rouge.
Mes poignets ne sont pas restés bien longtemps libres et juste après m'avoir mis un bandeau bien serré sur les yeux, une corde relie mes mains dans le dos.
Je connais et reconnais la compétence de ce MAÎTRE à pratiquer l'art du bondage ou "shibari" qui consiste à immobiliser le plus possible un corps!
Je sens petit à petit le cordage enserrer mon corps de plus en plus fort, si bien que je commence à bander sérieusement et la corde vient plaquer mon sexe sur mon ventre : désormais bien difficile de bouger un tant soi peu ( c'était bien sur le but recherché par les deux complices !)
Et bien sur ce qui devait arriva, je me doutais bien un peu de la suite, surtout quand j'ai senti un lubrifiant parcourir mes aréoles, c'était le prélude à la pose des pompes à seins!
Je ne pouvais voir leur diamètre mais je sentais bien leur effet de succion et d'aspiration de plus en plus forte !
Mes deux seins commençaient à être douloureux et je pense qu'ils avaient bien rempli le vide en triplant au moins de volume!
Combien de temps suis-je resté ainsi : debout les seins outrageusement gonflés, je ne saurais le dire, dans ces cas là le temps ne compte plus!
Le plaisir de pouvoir offrir tranquillement son corps, se sentir bien attaché et sentir progressivement la douleur monter m'a provoquer une belle érection!
En voyant cela sans aucun doute, Mon Dominateur a commencé à me titiller le sexe en rut, lui aussi douloureux de l'excitation provoquée!
Silence, puis petit morceau de musique pour couvrir le bruit de mes miaulements du à l'enlèvement des pompes : soulagement mais aussi douleur bien différentes lorsque mes seins reprennent un peu de leur volume normal !
Temps de repos bien agréable, vite suivi d'une aspiration buccale avec un bon tripatouillage de la langue = excitant mais un peu douloureux !
Mon sexe toujours excité tandis que mes deux seins étaient lavés et énergiquement essuyés!
Le rèpi ne dura pas très longtemps car j'ai bien vite senti la pose de ces fameuses baguettes chinoises, au début leur serrage était plutôt excitant, mais au fur et à mesure, le pincement de mes mamelons devenait de plus en plus fort, je savais que cela pouvait alors aller jusqu'à l'arrêt de la circulation sanguine !
Ce n'était pas la douleur bien progressive du serrage mais je m'inquiétais de ce qui aller m'arriver ensuite : par expérience je savais que le retour du sang allait provoquer une douleur encore beaucoup plus intense !
Un lien autour des baguettes augmenta encore un peu plus mais bien progressivement l'écrasement de mes deux seins !
La bouche de mon MAÎTRE engloutit mon sexe tandis que ses deux mains manipulaient délicatement et bien douloureusement mes deux seins emprisonnés !
Ce qui devait bien sur arriva une merveilleuse et formidable éjaculation anticipée par Mon MAÎTRE qui avait retiré sa bouche: je jouis sur le tapis du salon!
Comme bien attendu, l'enlèvement des baguettes fut longue et douloureuse: j'étais aussi venu pour cela !
Enfin détaché, essuyé, mon MAÎTRE bien reconnaissant m'offre un Whisky coca. Petite discussion sur la séance que j'ai particulièrement apprécié et j'en remercie volontiers mon dominateur !
Je me rhabille et après un au-revoir je quitte la séance ( les seins un peu en compote et agréablement douloureux en souvenir!)
La nuit suivante j'ai du dormir sur le dos : mes deux seins endoloris !
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Nu, les mains appuyées à une poutre, je serre les dents. J'appréhende le vrombissement du fouet dans l'air, sa morsure sur ma peau déjà cuisante de douleur. Soudain, l'air vibre, la laniere de cuir marque mes fesses et poursuit sa course implacable sur mon pubis. Je tresaille et me remet en position pour un nouvel assaut.
"Tu as oublié de me remercier et tu n'as pas compté." Dites vous gentiment avant d'annoncer que cela prolongera la punition. Sans prévenir un autre trait vient marquer mes fesses qui, je le devine, doivent être cramoisies.
"Merci Maitresse, 9 " dis je faiblement. Jetant un coup d'oeil vers vous, je lis dans votre regard la satisfaction d'être obéi. Votre bras arme le prochain coup, je ferme les yeux...
Comment en suis je arrivé à remercier cette femme que je vénère actuellement ? Désoeuvré, il y a quelques mois, j'avais envoyé un message sur un site de rencontre.
"Rambouillet est une ville charmante et tranquille y a t il une dominatrice dans cette ville endormie ?"
Quelques jours plus tard, Madame me répondit. Un bref coup d'oeil sur son profil me permit de constater la connaissance de ma future maîtresse dans l'art pervers et subtile du BDSM. Rendez-vous fut pris quelques jours plus tard dans un hôtel de la ville.
Excité par cette rencontre, j'avais très peu dormi et je vins très en avance. Lorsque Madame (c'est ainsi que je dois la nommer en public ) vint à ma rencontre, je fus un peu surpris. Elle était belle mais pas hautaine, souriante et avenante. J'étais loin de certains clichés qui règnent sur le net où l'on voit des filles méprisantes et usees par la routine. Rapidement la glace fut brisée et je me demandais même si Madame était aussi sévère. C'était sans doute une lourde erreur.
Un nouveau coup me fit tresaillir.
"Merci Maitresse, 10" annoncai je tout en jetant un oeil à mon pubis strié des marques rouges du fouet.
"Tu commences à comprendre où je veux t'emmener." Dites vous en parcourant mon dos puis mes hanches de caresses vénéneuse .
"Tu as un beau corps S, il sera sublimé après ce que je vais t'infliger."
La lanière du fouet sur mon corps brûlant avait rendu chaque parties de mon corps extrêmement sensibles. Le moindre frolemement, désormais , me procurait des sensations folles. Vos mains, à present, parcourait mon dos, mes tetons. Vos baisers, papillons soyeux, vinrent chercher mon cou pour le goûter. Je n'osai bouger de peur de mettre fin à ce moment de plaisir.
Soudain, vos mains chercherent mon sexe. Vos doigts s'enroulerent sur ma verge pour jouer avec mon gland. Bientôt, mes testicules firent étirés, malaxés. Je sentais la sève monter en moi, d'autant que vous m'aviez imposé une chasteté stricte une semaine avant notre rencontre. Je tentai de resister mais le rouge me montait aux joues et ma respiration plus courte trahissait mon état d'excitation. Attentive, vous avez saisi mon sexe et implacablement, vous vous êtes mise à me traire. Je luttai pour ne pas me repandre et essayai de me concentrer sur un point fixe mais votre cadence, brutale, m'intimait d'ejaculer. Soudain, ma résistance céda et je jouis dans un long râle. Je croyais que vous arreteriez votre mouvement de vas et viens mais vous continuates jusqu'à la douleur, jusqu'à épuiser la dernière goutte.
Lorsque vous avez arrêté, d'une voix autoritaire et douce vous lanciez
"Lèche mes doigts maintenant " tout en engouffrant vos doigts maculés de sperme dans ma bouche.
A peine remis de mes émotions, votre poigne inflexible me saisit les testicules. Je sentis mes noix se tordre et s'etirer. De l'état de bien être, je passai à la souffrance. Plié en deux, je me rappelle de votre voix suave et joueuse m'intimant de m'agenouiller. Je m'executai, à demi abattu avant d'être plongé dans le noir d'une cagoule de latex. Maladroitement, je m'allongeai dans le lit non loin avant d'être solidement sanglé. J'entends encore raisonner dans ma tête votre rire, je ressens même encore aujourd'hui les caresses que vous m'avez prodigué.
"Apres la traite, les soumis se laissent souvent aller sans savoir où je veux les emmener." M'avez vous dit d'une voix perverse que je ne vous connaissez pas encore. Soudain, je reçus un coup dans les parties, puis un autre. J'essayai de me débattre en vint. N'y voyant rien, attaché solidement, mes tentatives d'évitement ne faisaient qu'exciter votre sadisme. Mes couilles étaient douloureuses, je les devinai du même rouge que mes fesses. C'est alors que vous m'avez forcé de vos doigts. D'abord un doigt timide vint roder autour de ma rondelle. Une poussée timide me fit pousser un gémissement de plaisir. Un deuxième plus hardi s'engouffra en profondeur suivi bientôt d'un troisième. J'étais aux anges et malgré la douleur, je sentais mon sexe se dresser de nouveau. C'est alors qu'un objet oblong frotta ma raie. Dans l'obscurité totale, je ne me fiai qu'au touché et le diamètre m'impressionnai. Reconfortante, vous m'avez caressé le visage au travers de la cagoule. Je devai bien respirer et rester calme. Lorsque ma respiration se calma, je sentis chaque centimètre du gode s'enfoncer en moi. Le gland, masse énorme forca ma rondelle comme une chienne. Je criai de douleur mais le sexe de latex etait maintenant en moi, bien calé dans mon cul.
Vous avez alors entamé de longs vas et viens pour me dilater. Je me sentais envahi, complètement à votre merci. Je n'arrivais plus à penser, je n'étais plus que douleur et plaisir mêlés. Vous avez alors enfoncé le membre assez profond avant de lancer le vibreur. Puis vous avez entamé un face sitting long et sadique. Au depart, j'appreciai ce frolemement de vos levres sous la dentelle de vos dessous. J'humai avec passion votre sexe et vos fesses. Le jeux, là encore, devint plus sadique. Mes plongees en apnée dans ce gynecee se firent de plus en plus longues. Maintes fois, je crus manquer d'air et pensais au safe word mais dans les derniers instant, vous vous êtes relevée m'autorisant une mince goulée d'air.
La lumière crue d'un après midi d'été m'aveugla un moment lorsque le jeu pris fin. Je compris que vous m'aviez retirer la cagoule et qu'une laisse ornait maintenant un collier que je portais au cou. Comment en étais je arrivé là, je ne saurais le dire...la magie opère lorsque Maitresse opère...
D'une main ferme vous m'avez tiré jusqu'à la douche. Une fois à genoux à l'intérieur, vous avez descendu votre culotte devant moi. Votre chatte sublime et imberbe pointait à quelques centimètres de mon nez.
"Ouvre la bouche et branle toi"
Fasciné par votre sexe, je sentai le sang affluer dans mon sexe gonflé à bloc. J'avancai doucement les lèvres vers votre sexe pour y tenter un baiser. Bizarrement, vous ne m'aviez pas arrêté. J'approchai du but lorqu un jet chaud m'aspergea le visage tandis que vos mains me forçaient à rester en place.
"On a bu la tasse? Dites vous comme pour me taquiner.
"Ouvre la bouche, ce n'était qu'un début.
Le nectar emplit ma bouche à plusieurs reprise. A chaque fois, vous vous assuriez que je buvai votre precieux champagne pour "ne pas en perdre une goutte".
A la dernière gorgée, j'ejaculai pour la deuxième fois. Alors, je pris ma semence et la melai à votre précieux nectar au fond de ma gorge.
La seance prit fin apres quelques echanges sur nos ressentis et la promesse de nous revoir.
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Un vieil article que j'avais posté avant de quitter le site, et qui me semble d'autant plus important qu'il me sert de rappel également.
Comment ça je suis prétentieux ?
Je ne suis pas ici pour juger qui que ce soit et je suis bien conscient qu’il existe des tas de Doms très différents les uns des autres.
Mon but n’est pas ici de dire qui est Dom ou non, mais de trouver ce petit truc qui les réunit tous… Trouver ce qui fait qu’un Shibariste est aussi Dominant qu’un Sadique ou qu’un obsédé sexuel malgré leurs différences, définir ce qui fait que le plus laxiste des Doms sans cadre l’est tout autant que le plus intransigeant des Doms à l’anglaise.
Il n’y a donc pas de jugement de valeur sur la manière de vivre sa domination, mais juste une recherche de ce qui nous définit tous.
Pourtant, je vais poser deux bases qui me semblent indispensables pour définir l’objet de ma réflexion.
D’une part, ma réflexion ne porte que sur les Doms au sens BDSM. D’une part parce qu’il existe des gens très dominants qui ne s’intéressent pas à nos pratiques, et d’autres part parce que certains très bon Doms BDSM ne sont pas forcément très dominants dans la vie de tous les jours. Cela peut sembler anachronique, mais de la même manière que certaines personnes assument des tas de responsabilités avec un caractère fort dans la vie de tous les jours mais s’épanouissent dans la soumission BDSM, d’autres s’épanouissent chez nous dans la Domination tout en étant plutôt réservés et en suivant le moule dans leur vie de tous les jours.
D’autre part, ma réflexion porte sur la définition d’un Dom sain !
Je ne parle pas ici de SSC ou autre philosophie, mais je ne suis pas ici non plus pour justifier les comportements malsains de quelques destructeurs qui sont pourtant tout à fait dominants par ailleurs, que ce soit dans la vie vanille ou le monde BDSM (Spoiler alerte, oui, il y a des gens malsains dans le BDSM)
Ce dernier point est d’ailleurs en partie à la base de ma réflexion, puisque la question « Qu’est-ce qui fait qu’on est un Dominant BDSM ? » pourrait tout à fait être posée dans les termes suivants « Qu’est-ce qui distingue un Dominant d’un connard manipulateur et malsain ? »
Bon, on passe à de longues explications chiantes ???
Ben, non, parce que je n’ai pas la réponse à la question. Ne me huez pas trop vite svp…
Cependant, ce qui me semble intéressant pour la suite, c’est de poser diverses suppositions, et de démontrer pourquoi cela ne permet pas de définir ce qu’est un Dominant… Un peu comme les bouddhistes qui définissent le Nirvana par ce qu’il n’est pas et non en expliquant ce qu’il est. Sauf que, rassurez-vous, je proposerais quand même une conclusion toute personnelle.
Non mais tu nous la sers ta tambouille oui ?!?
Ok, allons-y pour une série d’hypothèses plus ou moins intéressantes.
Le Dom est un Sadique !
Ben, non en fait… A cela plusieurs raisons.
D’abord, il faut être conscient que le sadisme, c’est la capacité à prendre du plaisir dans le fait d’infliger une forme de douleur. Or, si nous sommes tous capable de sadisme, ce n’est pas le moteur de tous les Doms. Il suffit de reprendre l’exemple des shibaristes dont beaucoup ne pratiquent que dans la sensualité. D’ailleurs, quand ça devient sadique, ça porte un autre nom. Le but n’est donc pas la douleur en elle-même. Je pourrais aussi évoquer des pratiques comme le pony play dont l’objectif est plus cérébral que physique (même si je ne doute pas que ça puisse être assez douloureux à la longue) ou simplement évoquer l’aspect plus sexuel de la domination qui constitue la base pour un certain nombre de pratiquants. Mais le plus parlant reste dans les pratiques plus classiques telles que l’impact, la cire, le knife play ou autre… Elles ne sont pas nécessairement douloureuses… Bien sûr, un coup de martinet, cravache, fouet n’est jamais très agréable à la base (sauf pour les plus maso), mais selon la technique employée, le matériel choisit et l’état d’esprit, il est tout à fait possible d’amener la personne soumise dans des états de plaisirs intenses en limitant fortement l’aspect douleur, et bon nombre de Doms restent plutôt doux sans que cela les empêche de dominer.
Oui, mais le Dom est un obsédé sexuel !!
Bah… Il suffit de discuter avec quelques dominas pour se rendre compte que plusieurs ne sont pas du tout attirées par le sexe dans le cadre de leur lien. Je connais personnellement au moins deux dominants dans le même cas qui refusent purement et simplement d’intégrer le sexe dans leurs pratiques. Et sur un plan plus personnel… J’aime le sexe, mais c’est surtout un outil de contrôle et de plaisir formidable… et je m’en passe très bien dans un cadre D/s…
Le Dominant humilie sa soumise !?!
Alors là, je dois avouer que ma réponse sera nécessairement plus mitigée… Mais, finalement, NON.
Ce qui est vrai à mon sens, c’est que la possessivité du Dom le pousse régulièrement à demander plus à la personne soumise, et à lui demander des choses potentiellement humiliantes d’un point de vue extérieur. Qu’il s’agisse de la promener en laisse, de la mettre au coin, de se servir d’elle comme repose pieds ou de jeux uros, exemples parmi des dizaines de possibilités. Mais si certains cherchent réellement à humilier la personne soumise, d’autres n’y voient que l’expression du contrôle, de l’offrande, du lien et cherchent à valoriser la personne soumise a travers ces épreuves. Au final, l’humiliation ou non tient moins à la pratique en elle-même qu’à la manière dont le ressenti de la personne soumise est induit…
« A genoux sale truie » n’aura pas le même effet que « A genoux ma belle. » Pourtant, l’acte est le même.
Oui, mais un Dom sait s’imposer !!!
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On en arrive à un point plus délicat… Certes, il est plutôt courant pour un Dom d’être capable de poser se couilles sur la table (ou ses ovaires selon les cas), en exprimant de manière très assurée ses convictions… Mais d’une part, cette caractéristique est également très présente chez bon nombre de soum… D’autre part, elle est présente chez bon nombre de gens qui n’ont rien à dire mais ressentent le besoin de s’imposer pour ne pas se remettre en question… Et surtout, je connais quelques personnes (essentiellement des femmes je dois l’avouer) qui sont tout à fait capable de dominer avec énormément de douceur. J’ai notamment une amie qui m’amuse toujours beaucoup lorsqu’elle s’adresse à son esclave. La voix douce, l’intonation enjouée, le regard pétillant. Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une attitude stricte… Et pourtant, non seulement elle ne perd jamais le contrôle de la situation, mais en plus, personne ne peut douter que l’obéissance est exigée et que toute incartade donnera suite à de sévères conséquences.
Tu nous influences là… un Dom garde le contrôle !?!
On en arrive très précisément à la définition qui m’a donnée il y a quelques années. Dominer, c’est être capable de prendre et garder le contrôle.
Mais cette définition avait entrainé une petite discussion ensuite… Parce que prendre et garder le contrôle, oui, mais de quoi ?
Si j’arrive face à une parfaite inconnue « A genoux et suce Salope ! », est-ce que j’ai le contrôle ?
Bon, déjà, je peux espérer que la personne soit joueuse et pas à mes dépends (parce que tomber sur une domina est toujours amusant), qu’elle ne prenne pas mal le fait que je cherche a m’imposer sans la connaître (« non mais t’es qui toi ? »), qu’elle ne me ri pas au nez (« Très drôle le comique, et sinon, tu fais quoi dans la vie ? ») et qu’elle ne soit pas en lien… ce qui pourrait avoir des conséquences encore plus gênantes selon les lieux (s’il est parfois bien vu de dominer toute soumise présente, le donjon ou je me rends parfois a plutôt tendance à virer manu militari les petits malins qui s’y essaient).
Résultat, outre le fait de me taper la honte, je n’ai rien contrôlé du tout à la base, je n’ai aucun contrôle sur la réaction, ni sur les conséquences…
Le contrôle doit donc s’appliquer sur soi avant tout (Mon comportement me permet-il d’atteindre mes objectifs ?), mais aussi sur la situation (Vaut-il mieux m’imposer, discuter, m’excuser, gueuler un coup pour atteindre mes objectifs ?), sur la personne en face de moi (Quel comportement de ma part à le plus de chance de l’amener là ou je veux qu’elle soit ?) mais également sur la définition de mes objectifs et de leurs terme (Est-il bien intelligent de décider que je veux baiser cette inconnue qui est en lien et sort épuisée d’une séance de fouet, ce soir en quittant le donjon, alors que je ne connait ni la demoiselle ni son Dom ?). Il faut également contrôler les moyens (la badine, le martinet, le fouet, la cire ou un verre d’eau, quel est l’outil le plus adapté pour calmer la soif de la personne qui me fait face ?), les risques (la cire, brule a partir de quand déjà ??), les techniques (Oups, je voulais l’étrangler et je lui ai écrasé la trachée…).
Le contrôle est donc une chose globale, qui s’applique à soi et son environnement avant de s’appliquer aux autres.
Le contrôle définit assez bien ce qui détermine un dominant… de manière globale. Toutefois, j’avais bien précisé que la question à laquelle je cherche à répondre peut être reformulée de la manière suivante « Qu’est-ce qui distingue un Dominant d’un connard manipulateur et malsain ? »
Or, je pense qu’un « connard manipulateur et malsain » est tout à capable d’appliquer un contrôle extrême (et probablement bien plus ferme que moi) sur son environnement et ses victimes… Que manque t’il donc pour faire la différence ?
Qu’est-ce qui fait que je peux prétendre ne pas être « un connard manipulateur et malsain » ? Sachant que je ne suis qu’un homme et que je peux tout à fait être un connard à l’occasion…
Et je crois qu’il y a plusieurs réponses possibles et qui se complètent.
Le contrôle de soi : Je l’ai déjà évoqué plus haut dans l’idée d’être capable de choisir la bonne attitude pour atteindre ses objectifs, mais je pense ici à la capacité à laisser s’exprimer certains besoins (notamment sadique par exemple) sans les laisser nous déborder, sans les laisser prendre le dessus sur la raison… Sans entrer dans une bulle dans laquelle l’autre n’est plus qu’un objet que l’on utilise, afin de ne pas laisser nos envies rendre nos pratiques dangereuses ou malsaines.
L’altruisme : Le mot peut paraitre amusant, mais je pense que les comportements malsains sont souvent égotiques, et qu’il est important de ne pas oublier que si les pratiques peuvent être égoïstes, la domination se fait tout autant voire plus pour la personne soumise. Cela revient à prendre soin du pommier pour en recueillir les fruits le moment venu.
L’attention : Surveiller l’autre, ses ressentis, ses réactions, son état physique et mental…
L’écoute : Savoir entendre et comprendre ce que l’autre exprime sans a priori sur ce qu’il devrait penser ou ressentir…
Mais quoi que ?? Etre Dom, ce serait être au service du Soum ?
Alors là, il y a un énorme débat qui est plus une question de ressentis et de sémantique que de réalité. Je ne me considère pas plus au service d’une soumise que je ne suis au service de mon chien ou de mon rosier. Mais, je dois en prendre soin pour l’amener à s’offrir en toute sérénité, à s’épanouir dans les pratiques que j’apporte avec moi, et pouvoir ensuite jouir des fruits de mon travail. Si certains Doms considèrent cela comme être au service du soum, soit… Mais c’est la combinaison entre le contrôle et cette notion de soin de l’autre qui représente au final, pour moi, ce qui fait qu’on est Dominant au sens BDSM du terme.
Tout ceci n’est évidement que le fruit de mon avis, de ma réflexion, et n’engage que moi. Je ne prétends pas qu’il y ait là une vérité absolue, ni qu’il soit possible de ne jamais commettre d’erreur, ou d’impair. Ceci est simplment une base de réflexion.
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-Colonel Valeri, j'ai encore une mission spéciale pour vous.
-S'il s'agit d'aller botter le cul des $$££#!! américains, des anglais et autres qui se battent en Ukraine, je suis toujours partant. Vous le savez bien.
-Oui, c'est de cela dont il s'agit. Les Américains et les anglais bombardent la centrale de Zaporijia pour essayer de provoquer une catastrophe nucléaire. Ils pensent qu'ils ne risquent rien sur leur ile ou de l'autre coté de l'Atlantique. Les nuages radioactifs seront pour l'Europe.
-on pourrait raser toutes les villes américaines et anglaises et couler tous leurs portes avions. Ils ne peuvent pas arrêter nos missiles hypersoniques.
Le général Makarov rit de la boutade et sort une bouteille de Vodka.
-Pour l'instant les ordres c'est de les laminer sous des déluges d'obus et de missiles et d'avancer doucement pour protéger nos hommes. Rien ne presse. Votre nouvelle mission c'est d'aller repérer des batteries étrangères à 50 km de Zaporijia et de les signaler. Nos missiles feront le reste. Ce qui va vous intéresser c'est qu'un ensemble de lance missiles est tenu par une générale US, Jennifer, gradée de Wespoint, une lesbienne pure, une folle qui oblige ses marines à pisser accroupis comme des gonzesses. C'est pour leur sécurité il parait. Pisser debout c'est faire de vous des cibles, qu'elle leur raconte. Voici ses photos. Elles vont vous plaire.
-Pas mal du tout cette bouffeuse d'hamburgers et de chattes humides. Pas mal du tout. Elle doit avoir un cul bien serré.
-Vous aller avoir l'occasion de vous la taper. Nous avons réussi à l'alpaguer avec la sublime Lena, notre agent spécial parmi les forces ukrainienne. Jennifer est devenue complètement folle de sa chatte blonde. Elle se la tape tous les soirs. Nous la tenons.
-Da, entre des cuisses bien humides.
Le général remet une enveloppe avec toutes les instructions au Colonel Valeri. Ils trinquent encore, avec une excellente Vodka.
-A la Russie éternelle.
-Au joli cul de cette $$$###! de jennifer. Avant il faut que je passe aux transmissions voir mon officier de liaison.
Ils rient de bon cœur et trinquent encore. Le Colonel Valeri s'eclipse et file vers le bunker des transmissions retrouver la sublime Assya, une bombe sexuelle, blonde et bien galbée de partout avec des yeux de félin gris bleu avec des pointes d'émeraude. Il la trouve devant son ordi et des écrans. Il se glisse comme une ombre, l'empoigne par la crinière, la couche sur son bureau, la trousse et la sodomise d'un coup violent. Assaya hurle de douleur. Valeri n'en a que faire. il la pistonne comme un sauvage. A présent elle hurle de plaisir. On doit l'entendre dans tout le bunker. Valeri explose sa jouissance en elle. Il n'en a rien à foutre du plaisir d'Assya. De toute façon, les femmes russes sont comme des poêles en céramiques. Longues à chauffer et inarrétables ensuite. Quelle belle salope cette Assya. Elle en redemande encore et encore. Il faut être le colonel Valeri pour tenir la cadence avec cette championne nympho de l'armée russe. Assya ne le laisse qu'après l'avoir complètement vidé de tout son sperme et plus. Elle rajuste sa jupe et reprend son travail comme si rien n'était, redevenue plus froide qu'un glaçon de l'Arctique.
-On fait comme d'hab. Allez file. Je vais prendre soin de toi.
Veleri s'éclipse, sa grosse enveloppe à la main. Il va l'étudier dans sa cabine. Il est entrainé à tout mémoriser. aucune note. Il est heureux d'avoir Assya comme officier de liaison. C'est presque une partie de lui même. Elle ne fait jamais défaut dans cette guerre impitoyable du renseignement militaire.
Ce que le Colonel Valeri adore c'est traverser les lignes ennemies comme une ombre. Le loup de l'Oural, c'est son surnom, est vraiment incroyable. Personne ne le voit, ne l'entend, pourtant lui observe tout et transmet tout à Assya qui fait le reste pour l'artillerie. Plus de 50 km parcourus, il se rapproche des lances missiles commandés par Jennifer. Cela l'amuse. Il adore prendre des risques et cela lui donne toujours une furieuse envie de baiser.
Il contourne des postes de sentinelles, toutes américaines. Cela le fait sourire quand il pense à la propagande occidentale et à ses conneries sur le rôle défensif de l'otan, la non belligérance et j'en passe. Ils sont bien là et tirent bien sur l'armée russe avec le meilleur de leur technologie. Il repère le logement de Lena à l'intérieur du périmètre de défense des américains. Encore une sentinelle, une femme black superbe avec son fusil d'assaut sur la poitrine. La garde du corps de Jennifer probablement. Il en renifle la présence. Il neutralise cette sentinelle au couteau, sans le moindre état d'âme. De toute façon elle n'a rien senti avec sa lame noire plus coupante que le meilleur des rasoirs.
Valeri arrive dans la chambre. Il trouve Jennifer en train défoncer la chatte de Lena qui couine au feeldoe. Un bon atemi derrière la nuque et Jennifer s'effondre ko.
-Nous n'avons pas beaucoup de temps. Allons à la cave. Il soulève jennifer, qui pourtant fait bien son poids comme beaucoup d'américaines, comme si de rien n'était. A la cave il trouve de quoi l'attacher et la bâillonner. Quelques baffes suffisent pour la réveiller. Elle est tétanisée de peur. Elle se pisse dessus. C'est vrai que Valeri pue la mort. Elle sait qu'elle vit ses derniers instants.
Valéri la retourne et la sodomise d'un coup. Le pire outrage pour une lesbienne. il lui remplit les fesses et la chatte de son sperme puis la neutralise pour toujours.
Il remonte avec Lena dans la chambre. Là il ne fait pas semblant. il la bâillonne, la tabasse hard et l'attache. Puis il prend une latte en bois et lui marque bien son joli cul bombé. Il lui enfonce dans les fesses le feeldoe de Jennifer. Il essaie de bien maquiller pour faire croire à une agression par un détraqué sexuel. La survie de Lena en dépend. Il pose un baiser d'adieu sur son front et repart comme une ombre.
Dans quelques heures l'alerte sera donnée et les ricains voudront couper les couilles du détraqué qui a liquidé leur générale. Il est temps de refranchir les lignes ennemies comme une ombre. Il transmet toutes les positions à Assya. les missiles russes ne tardent pas à faire un bon nettoyage. Cela lui donne du temps.
Quelques jours plus tard il retrouve Assya dans son bunker.
-Cela te dit quelques jours de permission avec moi en Crimée?
La bombe sexuelle ne s'est pas faite prier. De toute façon elle dit toujours oui au Colonel Valeri. Elle aussi adore son job.
La morale de cette histoire c'est que les hommes ne doivent pas pisser assis comme des gonzesses.
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Je suis reconduit dans la salle des animaux de compagnie. En entrant, je remarque que la cage que j'avais occupé est déjà prise. Maitresse Julia observe les cages vides et m'en désigne une en bas de la pyramide.
- "Là".
J'obéit et rentre dans la cage désignée à 4 pattes. Maitresse Julia me dit de me retourner pour pouvoir la voir. Tant bien que mal, je me tortille pour me retourner. Elle me demande de m'approcher et referme la cage sur ma tête. Je me retrouve donc à 4 pattes avec ma tête qui dépasse de la cage sans aucune possibilité de mouvement.
-" Voilà, je te dis a demain. Passe une bonne nuit."
Sur ces paroles, Maitresse Julia sort de la piece en me laissant dans cette position inconfortable.
La nuit qui suit est très difficile. Je ne peux pas bouger, encore moins dormir. J'ai froid et je suis affamé. Durant la nuit, (ou dans la soirée, je ne sais pas), je sens soudain un liquide me couler sur le dos. Je comprends en quelques secondes que la soumise enfermée au dessus de moi s'est soulagée dans sa cage, et donc sur moi. Intérieurement, je la remercie de s'être contentée d'uriner...
Au milieu de la nuit, une dom équipée d'un gode ceinture entre pour chercher la soumise pisseuse. Avant de la faire sortir de sa cage, elle approche son gode de ma bouche et me força à lui faire une fellation en gorge profonde. Apres quoi, elle sort sa prisonnière de sa cage et s'en va sans un mot. Ce fut le seul événement de la nuit.
Au matin, Maitresse Sylvia vient me chercher, me libére de mes contraintes et m'accompagne dans la pièce d'accueil.
-" Votre séance de soumission est terminée. J'espère que vous l'avez apprécié. Avant de partir, nous vous avons préparé une chambre pour vous reposer et manger un peu. Montez par ici, et allez à la chambre 12. Reposez vous. Vous avez accès à la chambre pour 3h maximum.
Nous espérons vous revoir bientôt".
Elle me rend mes affaires, je peux enfin m'habiller et me réchauffer. En arrivant dans la chambre, je vois un petit lit avec couverture et une table avec 2 sandwichs triangle. C'est sommaire mais largement suffisant. J'engloutit les sandwichs et tombe épuisé sur le lit, ne pensant même pas à fermer la porte de la chambre. Je me dis que je reviendrais sûrement ici mais comme dom cette fois-ci. Je n'ai pas le temps de réfléchir plus longtemps, je tombe dans un sommeil réparateur bien mérité.
FIN
Ce chapitre termine cette histoire débutée il y a presque un an maintenant.
J'espère que vous l'avez appréciée.
Je n'ai pas une belle plume, (je suis très mauvais en rédaction), je n'écrirais donc pas de suite.
Mais si l'un ou l'une d'entre vous souhaite poursuivre mon histoire, je vous laisse totalement libre dessus, et je la lirais avec plaisir.
Merci pour vos commentaires durant ces 16 chapitres !
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Apprenez le plaisir de la patience
Quelle drôle de phrase ! Pour moi, de prime abord antinomique. Mais à bien y réfléchir ... C'est quoi la patience ? D'après le "Petit Robert" c'est l'aptitude de quelqu'un à persévérer dans une activité, un travail de longue haleine sans se décourager. Bien ! A savoir si j'y prends du plaisir ? Toujours d'après le "Petit Robert" le plaisir est une sensation, une émotion liée à la satisfaction d'un désir, d'un besoin.
Aïe ! sans se décourager ! j'avoue je suis pugnace mais je passe également par une échelle d'émotions diverses et variées ... doute, abattement, colère. Je peste, je fulmine, j'enrage de me sentir en échec. Et puis revient la force, le courage, l'espoir, galvaudés par le plaisir de la réussite finale. Parce qu'il est aussi là dedans le plaisir, dans la constance de cette ferme volonté à tenir ses engagements , la fierté que l'on retire dans l'aboutissement. Ne dit on pas qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire ?
Souvent quand on parle de patience, on parle de cette capacité à se positionner dans l'attente avec calme, à se maîtriser face à une attente également. Elle permet donc de relativiser une situation , de l’appréhender de façon positive, et d'utiliser ce temps d'attente de façon constructive , d'y prendre du plaisir. Il semblerait donc que la patience soit une belle valeur pour atteindre une certaine forme de sagesse. Comment ? Je pense que cela
s'apprend et se cultive. Il est question là de travail sur soi même.
Le problème de l'impatience tient dans le fait qu'il vient d'un élément extérieur à moi, sur lequel je n'ai aucun contrôle (encore lui !). Le seul pouvoir que j'ai c'est d'agir sur moi même, de changer mon regard, ma perception sur ce qui arrive, sur ce que je vis et comment je le vis. En effet j'ai toujours le choix de faire un pas de côté par rapport à mon schéma mental et réaliser que cet imprévu, cette épreuve qu'on m'impose me donne l'occasion de faire autre chose, de corriger ma perception et d'analyser toutes les options qui s'ouvrent à moi. Peut être que pour finir ce temps ne m'est par retiré, mais plutôt accordé, gage à moi de l'utiliser de façon utile. De m'octroyer ce temps pour faire quelque chose qui me plait. Un délai de réflexion, d'introspection pour mûrir et corriger ma position de soumise, un temps où je m'invente auprès de vous, où tout est possible.
Alors il temps que je ferme les yeux, que je pose mes pieds au sol et que je m'ancre dans le plaisir de la patience !
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Un peu désoeuvré ce jour-là, je suis arrivé presque par hasard dans ce club libertin. Un gang-bang y était organisé, ce que j’ignorais totalement. Je n'avais jamais participé à ce genre d'évènement. Un groupe d’hommes est déjà là. La Déesse arrive juste après moi. Pourquoi la Déesse ? Ce moment m’a semblé beaucoup plus qu’une simple séance de baise. Une sorte de rite religieux sacré, acte sexuel collectif en l'honneur d'une divinité, réminiscence inconsciente de temps très anciens. Elle est aussitôt entourée, pressée, touchée, palpée même. Elle a une trentaine d’années, elle est brune, et très belle. Très peu de paroles sont échangées. Elle se dégage doucement, en souriant, et se dirige vers la douche. Le groupe l’y rejoint. Il s’agglutine à la vitre transparente. J’ai suivi le mouvement. Sans comprendre comment, et sans avoir bousculé personne, je me retrouve devant la porte vitrée. Elle l’entrouvre et m’invite à entrer avec elle. J’ai donc l’immense privilège de passer ce moment avec une Déesse devant une trentaine d’hommes envieux. Peut-être a-t-elle remarqué ma timidité, ma distance. Cela me met de bonne humeur. J’ai envie d’entrouvrir la porte de la douche et de lancer june plaisanterie : « Vous ne pouvez pas rester là, Messieurs, c’est une soirée privée. » Quelque chose me dit que ce serait mal venu. Ils sont l’air très sérieux. Et sans doute ion peu jaloux.
Puis nous entrons dans une grande pièce sombre. Tout le monde est nu maintenant, sauf un homme chargé d’escorter et protéger la Déesse. Au milieu de cette pièce se trouve une table, une sorte d’autel. L’homme habillé nous invite à nous disposer en cercle à bonne distance du centre de la pièce. La Déesse entre à son tour et entreprend de nous saluer un par un en nous claquant trois bises à chacun, comme si nous étions bons copains, ce qui ne manque pas de me surprendre. Puis elle s’allonge sur l’autel. Le maître de cérémonie nous donne quelques consignes élémentaires : un seul à la fois, pas de brutalités, attendre son tour, tout le monde pourra passer … Une file d’attente se forme. Le silence est lourd, l’instant semble solennel, comme lors d’une cérémonie religieuse primitive. Chacun des hommes de la tribu va honorer la Déesse. Je tente une blagounette : « Ya la queue ! » A part un ou deux sourires discrets, je ne gagne que des regards réprobateurs. Je comprends que nous ne sommes pas dans la simple gaudriole. Quelque chose ici relève du sacré.
Le premier d’entre nous est invité à s’avancer et pénètre la Déesse. Il jouit en quelques minutes, un autre le suit. Parmi la trentaine d’hommes présents, certains sont jeunes et vigoureux. Ils reviennent aussitôt dans la file d’attente, prenant la place des moins téméraires. La Déesse n’intervient pas, elle semble même apprécier ces resquilleurs plus virils que les autres. Le gardien du temple n’intervient pas non plus, tant que la vestale ne le lui demande pas. Dans un silence religieux seulement troublé par les ahanements des accouplements, les hommes se succèdent. La pénétration se fait toujours de la même façon, l’homme debout devant les jambes écartées de la femme enfonce son sexe dans le sien, doucement d’abord, puis de plus en plus fort, jusqu’à la jouissance. Pas de préliminaires. On entend distinctement la respiration de la femme à chaque coup de boutoir, sans qu’on puisse savoir si elle en tire un quelconque plaisir. Soudain, elle s’arrête. Elle veut un coussin. Son garde du corps se précipite. Ses désirs sont des ordres.
Alors que les plus acharnés passent plusieurs fois – il se murmure dans l’assemblée que ceux-là prennent des "substances" – un des hommes éjacule très vite, avant même d’entrer dans le Saint des Saints. La Déesse bienveillante lui dit doucement: « C’est compliqué, n’est-ce pas ? » Puis murmure quelques mots de réconfort à son oreille. Un autre, obèse et doté d’un micro-pénis, a du céder plusieurs fois sa place aux mâles alpha, mais, persévérant, il finit par se glisser jusqu’à la fente de la déesse qu’il parvient enfin à honorer. Les plus âgés d’entre nous ont été priés de passer les derniers, sans doute pour éviter une attente trop longue aux plus jeunes. L’un d’eux a visiblement dépassé les 80 ans. Son effort est très long, et tout le monde retient son souffle. Enfin, il parvient à ses fins. Un mouvement d’approbation admirative parcourt l’assemblée. On entend même quelques applaudissements que la Déesse interrompt d’un geste de la main et d’un regard qui recommandent la décence. Lorsqu’est venu mon tour, elle a inscrit mon numéro de passage sur ma poitrine, au-dessus du cœur, avec un tube de rouge à lèvres à paillettes. C’était le numéro 16. Elle m’a murmuré en souriant : « Si tu veux, tu peux revenir ». Je ne sais pas pourquoi, j'en ai éprouvé une immense fierté. Je n’ai pas repris ma place dans la file d’attente. J'ai attendu le lendemain matin pour me doucher, juste pour garder ce chiffre magique un peu plus longtemps au creux de mon épaule. J’étais initié.
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De son appartenance à sa Maitresse, elle s'apercevait qu'il lui fallait un constant effort
d'attention pour se conformer à cette discipline, dans l'espoir secret de la satisfaire enfin.
Charlotte passa enfin dans la salle de bain, se fit couler un bain, vérifia la température.
Tout en traversant la chambre en direction de la coiffeuse, elle ôta ses boucles d'oreilles
en or. Dans sa trousse à maquillage, elle prit un rasoir et une savonnette, puis se déshabilla
devant la commode. Depuis qu'elle était jeune fille, on lui disait qu'elle était ravissante et
qu'elle possédait un charme ravageur. Elle s'observa dans la glace: un corps ferme et bien
proportionné, des seins hauts placés et doucement arrondis, le ventre plat et les jambes
fines. De sa mère, elle avait hérité les pommettes saillantes, la peau toujours hâlée et les
cheveux bruns. Mais ce qu'elle avait de mieux était bien à elle, ses yeux, des yeux comme
les vagues de l'océan ou le ciel, d'un bleu azur, se plaisait à dire Juliette. Dans la salle de
bain, elle posa une serviette à portée de main et entra alors avec plaisir dans la baignoire.
Prendre un bain la détentait. Elle se laissa glisser dans l'eau. Quelle agréable journée. Elle
avait le dos crispé, mais elle était contente d'avoir terminé ses courses si rapidement. Elle
se couvrit les jambes de mousse, entreprit de les raser, songeant alors à Juliette, à ce qu'elle
penserait de son comportement. Elle le désapprouverait sans aucun doute. Elle resta encore
un moment allongée dans le bain, avant de se décider à en sortir. Elle se dirigea bientôt vers la
penderie pour se chercher une robe. La noire avec un décolleté un peu plongeur ? Le genre
de toilette qu'elle portait pour des soirées. Elle la passa et se regarda dans le miroir, se tournant
d'un coté, puis de l'autre. Elle lui allait bien, la faisait paraître encore plus féminine. Mais non,
elle ne la porterait pas. Elle en choisit une moins habillée, moins décolletée, bleu clair, boutonnée
devant. Pas tout à fait aussi jolie que la première, mais mieux adaptée aux circonstances. Un peu
de maquillage, maintenant un soupçon d'ombre à paupière et de mascara pour faire ressortir ses
yeux. Une goutte de parfum, pas trop. Une paire de boucles d'oreilles, des petits anneaux. Elle
chaussa des talons hauts que Juliette exigeait, comme elle exigeait qu'elle soit nue sous sa robe,
d'autant plus nue qu'elle était toujours intégralement rasée, lisse, offerte, ouverte à ses désirs ou
à ceux des inconnues auxquelles elle la destinait. Depuis son infibulation, elle ne portait plus
aucun sous-vêtement, la culotte la plus légère irritait sa chair et lui faisait endurer de véritables
tourments. Sa Maîtresse l'obligeait à en porter lorsqu'elle n'avait pas été assez docile pour la punir.
Il fallait que Charlotte soit sans le moindre obstacle constamment et immédiatement toujours accessible.
Elle portait fièrement deux anneaux d'or sur ses petites lèvres, signe de son appartenance à sa Maîtresse.
Les marques imprimées sur son pubis, étaient creusées dans la chair. Rien que de les effleurer, on pouvait les
percevoir sous le doigt. De ces marques et de ces fers, elle éprouvait une fierté insensée presque irraisonnée.
Elle subissait toujours les supplices jusqu'au bout, faisant preuve en toutes circonstances d'une abnégation totale.
Qu'une femme fût aussi cruelle, et plus implacable qu'un homme, elle n'en avait jamais douté. Mais elle pensait
que sa Maîtresse cherchait moins à manifester son pouvoir qu'à établir une tendre complicité, de l'amour avec
les sensations vertigineuses en plus. Charlotte n'avait jamais compris, mais avait fini par admettre, pour une
vérité indéniable, l'enchevêtrement contradictoire de ses sentiments. Toujours docile, elle aimait le supplice, allant
jusqu'à regretter parfois qu'il ne soit pas plus long et plus féroce, voire inhumain. Mais sa nature masochiste ne
suffisait pas à expliquer sa passion. Elle aimait cette partie obscure qui faisait partie d'elle et que sa Maîtresse
nourrissait. Juliette la hissait, la projetait en révélant les abysses de son âme, en les magnifiant, la sublimant
en tant qu'esclave, en lui faisant ainsi accepter son rôle d'objet. Elle avait créer entre elles un lien indestructible.
Les genoux qu'elle ne devait jamais croiser, les lèvres toujours entrouvertes, et surtout les yeux toujours baissés.
Elle ne pourrait jamais oublier le jour de ses vingt ans. Ce jour-là, Juliette quitta tôt les cours qu'elle donnait à la
Sorbonne pour venir la chercher à la sortie de la faculté. La soirée s'annonçait douce, agréable. Charlotte écoutait
le bruissement des feuilles, en songeant à la beauté naturelle du jour. La nature vous rend plus qu'elle ne vous prend
et ses bruits obligent à penser à son destin. Le grand amour vous fait cet effet-là. Les nuages traversaient lentement
le ciel du soir. Ils s'épaissirent un peu. Désormais, la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité.
Chez elle, Juliette lui demanda de se mettre nue, la regarda sans un mot lui obéir. N'avait-elle pas l'habitude d'être
nue sous son regard, comme elle avait l'habitude de ses silences. Elle l'attacha et lui demanda pour la première fois,
son accord. Elle voulait la fouetter jusqu'au sang. Elle lui dit seulement qu'elle l'aimait. Alors elle la battit si fort qu'elle
suffoqua. Au petit matin, Juliette était allongée près d'elle et elle ne pouvait penser à meilleure occupation que de
la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun
luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre. Le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé
et ses aisselles blanches. Juliette glissa un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau satinée se couvrit
d'un frisson. Elle était grande et très blonde. Une femme idéalement belle. Bientôt, son regard s'attarda sur ses
cuisses écartées et immanquablement, une tension sourde s'empara d'elle. De ses lèvres, elle lècha sa peau tout
en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Elle frôla l'œillet secret
qui déjà cédait aux effleurements. Les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt comme déjà brusquées.
Comme une sorte prosternation intérieure, une soumission sacrée, comme si un dieu, et non Juliette lui avait parlé.
Ses doigts contournaient les formes plissées qui sertissaient l'anus. Ils lissèrent les veinules lentement, les unes
après les autres, consciencieusement. Elle la vit approuver d'un mouvement de reins, une cambrure pour l'instant
étudiée, maîtrisée. Rien du domaine de l'abandon. Ils se confinaient encore dans la séduction. Ou en tout cas, le
crut-elle. L'amante ne trichait pas. Elle était sexuelle. Mais Charlotte se l'imaginait elle, bien trop jeune pour le savoir.
Bientôt l'anus ne se défendit plus. Il rougit en acceptant, s'humidifia, larmoya une liqueur d'acquiescement, frémit au
moindre toucher et enfin sursauta. Elle ressentit la naissance d'une jouissance s'inscrire dans les va-et-vient de ce
ce trou qui appelait. La sève s'écoula, lubrifia l'orifice pour permettre le passage. Voilà, elle ne joue plus, elle le sait.
Elle peut alors tout imposer, froidement, à ce corps qui ordonnait l'intromission. Elle supposa qu'elle aimerait être
capable de hurler les mots et les actes qu'elle attendait. Elle se rembrunit, chercha à dégager son visage d'entre les
draps. L'amante s'irritait parce qu'elle ne supportait pas l'affront d'un quelconque échec. Elle devait la soumettre.
Charlotte demeura immobile. Au même moment, sa Maîtresse l'appelait à voix basse et la prenait à pleine main.
La douleur vive s'était évanouie alors Juliette la vit qui hésitait. Devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ?
Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme.
Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela. Elle se tairait.
Mais Juliette la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante, raidie sous ses doigts. Il courtisait ses
hôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une
éclaboussure. Le cœur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui
donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Juliette sentait
la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu à la prochaine salve en la dévorant.
Elle se tenait droite, elle avait le regard plus clair, mais ce qui frappait Juliette était la perfection de son immobilité.
L'amante fut à cet instant forcément animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit
subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième.
Elle se trompait. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans la force. La
prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis,
profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre.
Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le
soleil, soudés et parfaitement imberbes. Maintenant, Charlotte allait supplier. Il fallait qu'elle se livre totalement.
Juliette n'ignorait pas, que la prendre par son orifice le plus étroit la rendrait forte, mais elle s'y résigna.
Les chairs résistèrent, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents
de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne
soupçonnait pas l'existence. Elle hurla. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le
chercher, elle même si Juliette ne cédait pas. Elle vit la fureur s'emparer du corps, et le vriller, l'hystérie libérer
toute l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Sandra lui dit :
— Je suis un peu surprise de te voir jouer les nounous.
— C'est un service que je rends à Monsieur Sam et il me paye en conséquence.
Voilà, grâce à moi, elle se fait des couilles en or ! Oui, quand il s'agit de Summer, on peut parler de couilles. Sandra lui dit :
— Avec moi, elle a été sage...
— Je lui ai fait la leçon, sinon, on pourrait croire qu'elle a 6 ans. Je dois tout lui dire, comme à un enfant : apprends ton texte, lave-toi les dents, change de tee-shirt, va faire pipi, on part...
Sandra rigole. Non, pire, elle prend des notes dans un petit cahier. Summer ajoute en me regardant :
— Arrête de bouder, sinon je te donne une fessée et tu ne pourras pas t'asseoir pendant trois jours.
Les deux filles me regardent, je fais un grand sourire forcé. Sandra lui dit :
— Qu'est-ce qu'elle fait bien ?
— Elle fait bien la salope. Elle se fait baiser par n'importe qui, elle séduit, elle lèche bien... Tu veux l'essayer ?
Non, mais elle dépasse les bornes, là ! Je vais lui dire... rien, bien sûr. Sandra répond :
— Pas ce soir... mais je viendrai volontiers pour te présenter mes nouvelles esclaves : des sœurs jumelles. On fera une compétition, "qui lèche le mieux". Ce qui est troublant, c'est qu'elles sont cathos et...
Je dois demander quelque chose à Sandra :
— Des vraies sœurs ?
Mais c'est Summer qui répond :
— Tu coupes la parole aux gens ?
— Mais... euh...
— Mets-toi à genoux, embrasse les chevilles de Sandra, ensuite excuse-toi.
Je partirais bien, mais il y a l'ascenseur. Non, pas que ça. Summer est tellement... décidée... que ça m'excite. Et puis : on joue !! On joue Maîtresse et esclave. Summer est payée pour être à mon service... Alors... euh... je me mets à genoux et j'embrasse la cheville de Sandra, puis je me mets à genoux devant... non, contre elle, parce qu'elle a écarté les jambes et je lui dis :
— Pardon de vous avoir interrompue...
— Oh, putain, j'adore la façon dont tu l'as dressée, Summer... J'accepte ta proposition... Enlève ma culotte, petite....
Elle se soulève de son siège pour que je puisse la lui enlever, puis elle met un pied sur la table. Ensuite, elle pousse ma tête avec son pied et j'atterris contre sa chatte mouillée. Je le fais parce que j'aime lécher une chatte., sinon je partirais, si j'avais pas envie de le faire... Oui, même seule en ascenseur : il m'a l'air solide après tout. Bon, je lèche sa chatte trempée, elle sent la fille excitée qui a pris sa douche la veille, un peu fort mais pas trop... Je la lèche soigneusement, je mélange ses sécrétions à ma salive... Elle gémit et son bassin vient au-devant de ma langue. J'ai jamais léché une fille aussi réceptive... Elle est peut-être la fille de "Speedy Gonzales" ? Bon, ça m'arrange, le bout de ma langue tourne autour de son clito et ça y est, elle jouit en serrant mon visage entre ses cuisses.... Mais lâchez-moi, Madame ! Elle doit faire de l'équitation, la garce, ses cuisses me serrent comme un étau... Ouf, ça y est, progressivement, elle desserre son étreinte. Je reprends mon souffle, elle, aussi. Puis elle se redresse, prend mon visage entre ses mains... Non, pas serrer ! Non, elle m'embrasse sur la bouche, puis elle dit :
— Tu es une formidable lécheuse, petite...
— Ah... euh... merci...
— Tu me plais, je vais te pousser.
Pousser où ça ? Summer lui dit :
— On doit y aller. La petite doit encore apprendre son texte pour demain.
On prend l'ascenseur à trois, moi collée à Summer qui explique :
— Ashley a peur parce qu'il paraît que l'ascenseur s'est déjà écrasé deux ou trois fois.
Ça les fait rire... Je m'en fous, on n'en peut rien si on a le vertige.
On quitte Sandra, qui m'embrasse avec fougue, peut-être parce que je suis parfumée à sa chatte. Par contre, en rentrant, Summer me dit :
— Lave-toi le visage, tu pues plus qu'un congrès de gouines.
Oui, ça, c'est Summer tout en délicatesse. Elle ajoute :
— N'empêche que tu lui as plu, elle va te pousser.
Qu'elle me pousse !
***
Ce matin, Lee a une autre fournisseuse, une fille... comment dire ? Genre hard-rockeuse : jeans et tee-shirt déchirés, cheveux rasés sur un côté, baskets trouvés dans une poubelle. Si elle s'assied sur son visage après avoir pissé, il va prendre un méga-pied !
Aujourd'hui, on tourne une scène très importante. La reine décide de punir ses esclaves. Pas moi, donc, mais mon personnage. Elle estime que les esclaves sont moins attentives depuis un moment ou alors ça l'amuse de les fouetter. Des esclaves punies régulièrement sont beaucoup plus attentives à obéir servilement à n'import quel ordre, aussi humiliant soit-il. Les esclaves fouettées n'ont pas de fierté.
Pour cette scène, Lee et Madame Wolf ont vu grand. Un garde arrive avec une camionnette bourrée d'esclaves. C'est d'ailleurs indiqué en grand sur la camionnette. Il y a une esclave enchaînée, sous la mention "Slave Paradise". Il y a d'autres indictions : "Vente d'esclaves tous les jours à partir de 11 h." À l'arrière de la camionnette, il est indiqué "Transport d'esclaves".
Je connais le garde, on a mangé avec lui à Venice. Surpris de me voir en reine d'Égypte, il ose à peine me caresser les fesses en m'embrassant. Il me fait beaucoup de compliments. Je l'aime bien, lui.
Il m'apprend le maniement du fouet. Ce n'est pas évident, il faut un petit mouvement du poignet à la fin, pour que le fouet ait le maximum de vitesse quand il atteint la cible. Je m'exerce sur... des pastèques. C'est marrant. Enfin, pas pour les pastèques, mais ce sont des pastèques esclaves ! J'apprends vite et Lee qui a assisté à la scène me dit :
— Tu vas t'exercer sur les deux esclaves du studio.
On ne les utilise pas pour la scène, car elles sont colorées. Pour le film, il faut des fesses bien blanches pour qu'on voie les marques rouges. De plus, ces filles ont certainement besoin d'être punies régulièrement. Lee leur dit de se mettre à 4 pattes et je m'exerce, le fouet siffle et claque sur les fesses tandis que les esclaves piaillent. Je vise de mieux en mieux et je suis grisée par les cris plus intenses quand je fais le mouvement correctement. J'arrêterais bien pour ménager leurs derrières, mais il "faut" que je m'exerce. Quand je m'arrête, les fesses des filles sont couvertes de jolies marques rouges. Le fouet se termine par une partie de cuir large, le but est que ça fasse mal, mais sans blesser. Attirés par les cris des filles, beaucoup de gens sont venus admirer le spectacle. On m'applaudit... Il paraît que je suis une bonne fouetteuse. On va passer à la scène. Pour ça, on va dans un joli jardin qui a servi pour un péplum.
Les esclaves sont déjà en position. Je marche entre les rangées en parlant avec Jules César. Il me dit :
— Ma chère Cléopâtre, venez à Rome avec moi, vous deviendrez la reine du monde.
Cléopâtre envoie deux coups de fouet sur les fesses d'une blonde, faite pour être fouettée. Comme elle crie un peu fort, elle reçoit deux autres coups de fouet. Je réponds à César :
— Seigneur, c'est mon rêve de vous accompagner à Rome... et de devenir Impératrice.
Il y a un petit silence, ce qui agace Cléopâtre. Elle envoie plusieurs coups de fouet sur les fesses d'une rousse qui est à sa droite, puis d'une brune à gauche.
Un centurion arrive, courbé en deux. Il donne un parchemin à César et part en reculant. César lui dit :
— Un problème urgent à régler, ma chère Cléopâtre, j'en ai pour peu de temps...
Il sort. Encore plus agacée, Cléopâtre fouette les filles alternativement. Elle donne une dizaine de coups de fouet à chacune... Elle s'arrête en sueur, jette son fouet et va s'asseoir sur un trône. Deux esclaves agitent des palmes à toute allure pour l'éventer.
— Coupez !
Lee me dit :
— Bravo Ashley, excellente scène.
— Merci, c'est gentil.
Pour dire vrai, je suis un peu déçue, j'espérais recommencer la scène plusieurs fois. Pas parce que j'aime fouetter les esclaves, mais pour des raisons... professionnelles. Les esclaves quittent le jardin en gémissant et en se frottant les fesses. Quelles pleurnicheuses !
On va manger... puis on tourne des scènes beaucoup moins amusantes.
On finit tôt et Summer vient me chercher à 17 h pour aller au "Slave Paradise". Elle me dépose, Tex me reconduira. Elle me dit :
— Ne picole pas.
Je vais à la petite porte secrète, vous savez celle qu'on a prise la dernière fois. Je téléphone à Tex et je lui dis :
— Je suis là.
Un garde ouvre, on s'embrasse et il me dit :
— Tu viens te vendre ?
— J'ai déjà un acheteur.
On rigole... Je vous ferais remarquer que je n'ai plus peur. Tex vient à notre rencontre. Il est grand, costaud et il a une grosse bite. On s'embrasse mais bien... Ensuite on va voir les esclaves, ce sont les familles qui m'intéressent. On va dans le hangar où elles sont en cages. Il me montre deux sœurs dans une cage. Les pauvres, elles ont l'air affolées. Mais ce sont des délinquantes, donc elles sont mieux ici qu'en prison. Ici elles seront vendues et elles rapporteront de l'argent à l'Etat, au lieu d'en coûter en prison.
D'accord, elles vont se faire fouetter. Ce sont des fouets qui font mal mais ne blessent pas. D'ailleurs, elles ne sont fouettées que si elles sont maladroites, insolentes... ou si leur maître est énervé, c'est vrai. Tex me montre des jumelles serrées l'une contre l'autre. Je les prendrais bien pour jouer, mais Tex me dit :
— Viens, je suis ici tout le temps et ça pue.
C'est vrai que ça sent un peu la ménagerie.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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Résumé pour gens pressés :
- Cocher la case "Dominant" à la création du profil ne donne aucun droit sur les autres.
- Le respect ça se mérite ! Ce n'est pas un acquis.
- soumis et soumises, tutoyez vos interlocuteurs. S'ils s'énervent et qu'ils ont besoin de réclamer le vouvoiement, c'est qu'ils n'ont pas su l'inciter naturellement. Avez-vous vraiment envie de continuer à discuter avec de telles personnes ?
- Ne pas écrire sur le mur personnel de ceux qui n'acceptent pas vos demandes d'amitiés. Elles ont été vues. C'est juste que la personne ne veut pas donner suite.
- Rappel à toutes fins utiles : c'est la soumise qui choisit son Maître !
Bonjour,
Je fréquente ce site depuis quelques années déjà et je ne cesse de m'étonner du manque de courtoisie dont je suis parfois témoin. Elle émane surtout de certaines catégories de membres : ceux qui, à la création de leur profil, ont coché la case "Dominant".
1) L'origine du mal
Tout vient du moment exquis de la création du profil. Je dois me décrire, parler de mes aspirations, choisir mes pratiques préférées et choisir une catégorie. Moi, j'ai personnellement choisi "Homme Dominant" car cela correspond à ma personnalité : j'aime dominer ma partenaire et être le seul dépositaire du contrôle dans la relation. Mais au-delà d'un élément descriptif de ma vision nombriliste de ma propre personne, qu'y-a-til de plus dans ce choix ?
Et bien, rien !
Le fait d'avoir choisi la catégorie "Dominant" ne fait pas de moi le Maître ultime et absolu de toute personne qui aura daigné faire un autre choix. J'ai juste choisi un élément descriptif comme j'aurais pu cocher beau, moche, gros, maigre, chauve, surfeur blond, édenté ou sourire Ultra-Brite. C'est simplement un élément que j'ai choisi de porter à la connaissance du reste des usagers de ce site : je me considère comme "Dominant".
Et bien entendu, la politesse n'est pas l'exclusivité d'un pronom personnel. On peut très bien être poli, respectueux et courtois sans vouvoyer. Et parler comme le plus odieux des connards à la deuxième personne du pluriel. Ce n'est pas une question de forme mais de fond.
2) Oh, un peu de respect, merde, quoi...
Tel un supporter de football aviné devant une caméra de France 3 Régions, je vais parler de respect. Mais contrairement à mon exemple , j'ai été lire la définition dans le dictionnaire et je ne vais pas en parler à sens unique. D'ailleurs c'est quoi le respect ?
Comme tout mot de la langue française, il y a plusieurs nuances mais le sens général c'est simplement le fait de "prendre en considération quelque chose" et "qui incite à traiter quelqu'un avec égards, considération, en raison de son âge, de sa position sociale, de sa valeur ou de son mérite."
Effectivement à la lecture de la définition, les "Dominants" devraient avoir le droit de traiter, d'emblée, les "soumis" comme les êtres inférieurs qu'ils se déclarent être eux-mêmes. Et les "soumis" devraient donner du "Monsieur" et du "Vous" à toute personne "Dominante" qui leur adresse la parole. Non ? J'ai pas tout bien compris ?
Et bien non !
Le respect consistant à prendre en compte des éléments comme la valeur et le mérite, un inconnu, tout "Dominant" qu'il soit n'a aucun autre mérite que d'avoir coché une case. Sa valeur intrinsèque lors du premier échange est proche du néant, vu qu'il n'a rien prouvé d'autre que la façon dont il s'imagine être lui-même. La seule information dont on dispose lors du premier contact sont les trois mots qu'il voudra bien écrire en guise de salut.
3) Des bonnes pratiques et autres solutions
Tout commence par la demande d'amitié. Sans cela, aucune conversation possible ou presque. J'y reviendrais. Fut un temps, on pouvait y joindre un motif qui permettait d'énoncer la motivation qui a poussé l'un à inviter l'autre. Mais bon.. cette fonctionnalité n'est plus opérationnelle et on ne peut pas voir ces fameux messages. On accepte donc ses amis à l'aveugle, uniquement en ayant contemplé leur fiche et la vision unilatérale de leur personnalité autoproclamée.
Pour entamer une conversation, un simple "Bonjour" marque une certaine courtoisie avec laquelle on a envie de répondre sur un ton également courtois. Par opposition, le trop vu "Salut sale chienne" est une marque d'irrespect total auquel la seule réponse sensée est une autre fonctionnalité du site qui, elle, fonctionne très bien : "Bloquer l'utilisateur".
En effet, avant le premier contact, rien ne prédispose les protagonistes à adopter une déférence marquée l'un pour l'autre... puisqu'ils ne se connaissent pas encore ! Et non, ce n'est pas parce qu'elle a coché les cases "soumise", "célibataire" et "cherche un Maître" qu'elle doit automatiquement vouvoyer le premier qui lui dit bonjour.
D'ailleurs, petit truc entre nous : privilégiez toujours le tutoiement en début de discussion. Ça permet de filtrer rapidement les "imbus de leur personne". Un vrai Dominant vous donnera envie de le vouvoyer naturellement, sans avoir à le réclamer. Et si ce n'est pas le cas, c'est qu'il n'est pas fait pour vous, inutile de chercher plus loin. Ça deviendra un ami, un confident mais pas un Maître. Mais le plus probable, c'est quand-même qu'il a coché la case parce qu'il s'imagine être "Dominant" mais n'est en fait qu'une serpillière qui a des velléités d'ascension sociale. J'appelle ça les "Faux-minants" !
4) Le message non sollicité sur le mur personnel
"Tu ne réponds pas aux demandes d'ami alors je te laisse un message sur ton mur..."
Attention, âmes sensibles s'abstenir, nous frôlons ici la quintessence de la débilité humaine. Si ! Elle répond aux demandes d'amis mais a fait preuve de flair et n'a pas accepté la tienne. Ça arrive : mon profil ne plaît pas à tout le monde. Mais là, elle a pris en compte un certain nombre de données disponibles : âge, éloignement, description... et a décidé que c'était pas la peine.
Pour information, une jeune soumise célibataire reçoit un nombre incalculable de demandes d'amis dans l'heure qui suit son inscription. Alors comme disait un de mes anciens patrons : "Quand tu dois recruter ta secrétaire et que la RH t'a déposé une pile de CV déjà triés, à l'entretien tu restes objectif et tu prends la plus jolie ! Elles sont toutes compétentes vu qu'elles sont sélectionnées pour l'entretien alors quitte à la voir 8 heures par jour, autant qu'elle soit agréable à regarder."
Et parfois, ça ne va plus loin que l'aspect physique : pas envie de se faire dominer par un nain, un vieux ou un gros. Parfois, c'est la case "électrostimulation" qui n'est pas cochée alors que c'est son plaisir absolu. Ou elle attache une importance au phrasé, au style et à l'orthographe et votre profil contient trois fautes par mot.
Quelle que soit la raison de son rejet, cela ne donne PAS LE DROIT D'ÉCRIRE SUR SON MUR sans sollicitation préalable. Si elle ne veut pas quelqu'un en ami, elle ne veut pas ! Et pour ceux qui exigent du respect et du vouvoiement, respectez son choix. C'est la base du BDSM : la soumise choisit son Maître !
En conclusion, je sais bien que malheureusement, cet article n'aura qu'une très faible portée, limitée aux personnes qui prennent encore le temps de lire. Néanmoins, je me devais d'exprimer mon désarroi et proposer des solutions qui feront sans doute débat. Et c'est très bien comme ça, car je ne détiens pas la vérité absolue et que l'un des propos de cet article est justement le respect de l'opinion d'autrui et que je crois sincèrement que la discussion est toujours bénéfique.
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Madame est derrière moi, je la sais enfoncée dans le vieux fauteuil de cuir. Celui dont le coussin usé se lézarde, et je prie en secret pour qu’elle s’assoie sans culotte sur ces craquelures et que sa cyprine y opère une cure de jouvence ; car je crois fermement qu’au contact de sa mouille, le fantôme de la bête qui subsiste encore dans la peau tannée frémira de toute son échine et ses écailles se lisseront sous le nectar. Ce fauteuil dont les accoudoirs larges et ronds comme des chevaux d’arçon accueillent régulièrement mon ventre plaqué, rehaussant à merveille mes fesses pour la correction qui rougeoie. Ce fauteuil-là exactement, dont ma peau sait le grain et la râpure, où mon nez s’est empli de la poussière tannique accumulée dans les replis, dont la structure ferme et trapue contrarie toute bandaison.
Ce fauteuil là au pied duquel j’ai vu, avant de me retourner sur ordre, la petite esclave italienne prendre place à quatre pattes le dos bien droit. Il n’y a presque pas de creux entre ses flancs si minces et ses fesses si sèches, les vertèbres hérissent sa peau brune et tracent une ligne défensive de sa nuque à sa fente, sa fente encore plus brune et plus bas la forêt de poils. Sur le dos de la petite Madame a posé son verre et son cendrier. J’ai vu pendre entre les bras les minuscules seins et leurs gros bouts foncés. La petite gémit. Je ne serais pas surpris que Madame y ait donné quelques coups de pieds et enfoncé la pointe de ses escarpins. La petite étouffe une prière en italien, et à l’odeur je devine que Madame a approché sa cigarette de la touffe luxuriante pour le plaisir de voir les poils friseler et roussir.
La petite se tait, aux aguets je n’attrape qu’un petit crissement de bas nylon contre le cuir du coussin. Madame est derrière moi, moi nu jambes ouvertes et bien cambré comme elle aime, Madame derrière moi dont j’entends maintenant les talons aller et venir, Madame si près de moi dans des cliquètements. Je ferme les yeux pour me concentrer sur les indices de sa présence, l’air qui vibre le long de ses déplacements, qui se réchauffe quand ses gestes m’approchent, qui se parfume quand ses cheveux passent à ma portée, qui frémit quand son souffle me frôle. Les yeux toujours fermés, je sens son arrêt, son intention, le mouvement calculé juste au bord de s’élancer. Mon torse se creuse un instant quand les pinces s’arriment âprement à mes tétons. Puis je me retiens de tout mouvement quand je sens l’anneau lourd et épais se refermer à la base de mes testicules.
Madame retourne s’asseoir et je m’efforce de tenir ma posture aguicheuse, car elle m’a dit une fois qu’elle n’aimait rien tant que voir mes couilles serrées et étirées pendre sous mon cul rond et blanc. Par quelque perverse analogie, elle avait prétendu qu’ainsi je lui rappelais la pendule comtoise de son enfance ; et toute à sa comparaison, pour en éprouver la justesse, elle m’avait enfoncé dans l’anus un gode vrillé à manivelle, exactement -me disait-elle- comme quand il fallait remonter la pendule en tournant la clé dans le cadran. Madame est derrière moi dans le grand fauteuil de cuir patiné, et moi, les fesses offertes, les testicules alourdis, les seins mordus, je fais face à la porte-fenêtre, au jardin, à l’abbatiale juste de l’autre côté du mur.
C’est vêpres sans doute et l’Alléluia s’élève. Madame s’en trouve d’humeur musicale et sacrée. Elle se lève pour fouiner dans un de ses coffrets d’ivoire et d’os, et brandit fièrement un jeu de petites cloches de bronze verdi, chacune pendant au bout d’une courte chaîne. Elle les fait tinter une à une à mon oreille. Do. Puis « un ré bémol, tu noteras ». Je note Madame. Et les cinq suivantes pour finir la gamme. Chaque pince sur mes tétons s’embellit de deux cloches. Le poids me fait grimacer tant les pinces tirent douloureusement désormais. Les trois autres, plus lourdes encore, viennent agrémenter mon ball stretcher, judicieusement muni d’anneaux qui autorisent tous les amarrages au gré des fantaisies de Madame. Je lutte pour ne pas plier les genoux tant j’ai l’impression que mes testicules balancent au ras du sol.
Mais Madame veut plus. Elle a l’âme transportée par les hymnes qu’on entend monter de l’abbatiale et me veut aussi mélodieux, aussi céleste, aussi pur. Je dois faire tinter les cloches harmonieusement et en rythme, je me tortille et me contorsionne pour que résonne la note juste. Voilà Madame enragée de dévotion, un accès impérieux de spiritualité s’empare d’elle et s’incarne dans les coups de baguette dont, chef d’orchestre inspirée, elle me ponctue allegro pour m’indiquer les cloches à faire tinter. Les servants chantent désormais le Kyrie. Madame, prends pitié de moi. Mais ma pénitence dure encore plusieurs cinglements, entre les cuisses ou sur le torse. Jusqu’à ce que Madame estime que je maîtrise suffisamment le jeu de cloches.
Satisfaite, elle me gratifie d’un baiser fougueux qui me fait chavirer plus sûrement que le gros kilo qui me leste. « Il faut donner à manger au juke-box ». Je sens qu’elle pousse brutalement, à sec, un objet froid entre mes fesses ; elle force et la hauteur de l’objet distend mon anus, puis je l’avale d’un coup. « C’est une de ces grosses pièces d’or trouvées dans les trésors du grenier. Joue encore, j’en ai toute une provision ». Dans l’abbatiale silencieuse l’office est terminé, et je tente d’improviser une ritournelle qui pourrait plaire à Madame. Hasard heureux, ou conséquence de son choix judicieux d’un ré bémol, ou un peu des deux, voilà que je réussis une sixte napolitaine qui colore ma mélodie d’une mélancolie brûlante. La petite esclave italienne aussitôt éclate en sanglots, elle est d’une famille de facteurs de boîte à musique de Sorrente et cela lui donne la nostalgie du pays. Madame qui n’a pas le goût des attendrissements lui administre aussitôt quelques coups de cravache sur la fente afin qu’elle ait une bonne raison de pleurer. Puis lui ordonne de se rendre utile en allant chercher de la glace pour faire retomber mon insolente érection.
Ainsi, pendant que Madame remplit mon cul de pièces d’or comme une tirelire, pendant que la petite enveloppe ma queue de poches gelées, je continue à faire tinter les cloches qui martyrisent mes seins et mon scrotum. Lorsque j’ai l’arrière-train farci de lourdes pièces et le sexe complètement glacé et recroquevillé, Madame m’ordonne d’arrêter la musique. Elle détache les cloches qui pendaient à mes testicules mais laisse l’anneau en place. Puis elle prend bien son temps pour enlever les pinces à seins l’une après l’autre, guettant avec gourmandise sur mon visage les signes de la douleur fulgurante qu’occasionne le retrait. Elle m’habille sommairement d’une tunique de bure et me tire par la cordelière qui fait office de ceinture. Je la suis, fesses serrées autour du tas de métal qui m’envahit et dont le poids distend mes sphincters, mes tétons encore ultra-sensibles irrités par le tissu rêche. Elle me conduit à travers le jardin jusqu’à l’entrée de l’abbatiale. Au groupe de mendiants qui s’installe pour la nuit dans l’embrasure du portail, elle promet une bonne affaire s’ils nous rejoignent dans quelques minutes à l’intérieur.
En attendant, elle me tire vers un des bas-côtés de la nef où subsiste encore un confessionnel à l’ancienne. Elle me débarrasse de ma tunique, non sans la frotter vigoureusement sur ma peau au passage pour me faire constater à quel point elle gratte. Puis elle me fait entrer dans la partie close au centre du confessionnal, celle qui est réservée au prêtre. A un mètre du sol environ, un petit panneau ajouré et amovible permet au confesseur et au confessé agenouillés de se parler. Madame me fait mettre debout dos contre le panneau qui est à la hauteur de mes fesses, puis le retire. Elle m’ordonne de bien écarter les jambes et de me pencher en avant pour que mon cul soit bien offert à travers l’ouverture. Pour s’assurer que je conserve bien la position, elle relie par des lacets de cuir très tendus mon ball stretcher aux petits crochets qui, au bas de l’ouverture, permettaient de fixer le panneau. Ainsi tenu par les testicules, impossible pour moi de dérober mon cul à qui voudrait le prendre. Le seul moyen de soulager la tension est de rester bien écarté et de me cambrer pour pousser mes fesses à travers l’encadrement.
Cette installation aurait pu satisfaire Madame, mais je suis de nouveau en érection et cela la contrarie fortement. Faute de glace, elle décide d’au moins conférer un peu de dignité religieuse à ce sexe vicieux. Elle rallume un encensoir et le suspend par ses chaînettes à ma queue en érection. L’encensoir se balance à la même hauteur que mes testicules, je sens sa chaleur et la fumée qu’il dégage remonte le long de mon entrejambes. L’arrivée de mendiants coupe court aux autres pieuses idées que Madame aurait pu avoir. « Voici la poule aux œufs d’or.» leur dit-elle en leur présentant mes fesses tendues à travers l’ouverture ; « Si elle ne pond pas toute seule, allez chercher, vous ne le regretterez pas ». Avant de partir, elle me caresse la tête et me susurre avec un clin d’œil « Il va falloir pousser…» Elle referme la porte et je ne suis plus qu’un cul à piller.
S’ouvre alors une séquence éprouvante. Les visiteurs commencent par repérer le théâtre des opérations en s’éclairant d’un gros cierge d’église dont la flamme puis les gouttes de cire me brûlent la raie. Je fais de mon mieux pour restituer les pièces, mais l’impatience des chercheurs de trésor les pousse à explorer avidement mes tréfonds. Le pire est pour la fin, car ce n’est qu’après une fouille profonde et minutieuse qu’ils admettent que je n’ai plus d’or à donner. Ils m’abandonnent béant, les yeux pleins de larmes, l’encensoir à terre et les couilles distendues. La petite italienne alors vient me détacher et me ramène à Madame pour que, prosterné dos au vieux fauteuil en cuir, j’exhibe ma croupe et lui fasse admirer comme j’ai été dilaté et vidé. A son rire de plaisir je sais que je peux enfin m’abandonner en paix, à ses pieds, à son pied droit dont elle essuie la semelle sur ma fesse, à son pied gauche qui de petits coups presque tendres fait balancer mes testicules, à ses pieds avec pour seul horizon le tapis, et au bout du tapis la porte fenêtre par laquelle je vois monter sur l’abbatiale une lune énorme et dorée, une super-lune du tonnerre comme disent les astronomes. Demain ce sera le défilé du 14 juillet. Je ne doute pas que Madame ait un projet. Le sabre après le goupillon.
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Vers 10 h, Summer dit :
— On doit y aller, la petite travaille demain.
Donc j'ai le choix, je suis soit une esclave, soit "la petite". On embrasse tout le monde, sauf les esclaves bien sûr : on n'embrasse pas un sex toy qu'on vient d'utiliser. J'ai déjà fait une comparaison du même genre mais j'aime l'idée... On va dans le parking. Je me doute qu'elles vont encore s'amuser à mes dépens... et ça ne manque pas : Sarah ouvre le coffre de sa voiture en disant :
— C'est ta place, non ?
Je m'y attendais. Je vais dans le coffre. Summer soupire et dit :
— Elle est incapable de jouer, cette gamine ! Tout ce qu'elle arrive à faire, c'est jouer les martyrs. Allez, monte à l'arrière, pôv' petite. Et cesse de bouder.
— Je ne boude pas, mais c'est violent de voyager dans un coffre, bâillonnée, pieds et poignets liés et puis d'être enfermée dans une cage. Je ne suis pas aussi courageuse que vous.
Là, elles ne répondent rien. Ah si, Sarah me dit :
— On t'a dit que c'était un jeu. Arrête de jouer les victimes...
Summer ajoute :
— D'autant que tu t'es bien amusée avec Steve et mulot...
Aaah, Tex s'appelle Steve... Je préfère Tex. Summer ajoute :
— Elle va bouder, mais subtilement, pas trop pour ne pas être punie, hein Ashley ?
— Steve m'a dit que tu avais été quatre ans dans les Marines et Sarah dans les forces spéciales israéliennes. Moi, je viens de familles d'accueil. Alors, c'est facile pour vous de me terroriser.
Voilà, je l'ai dit. Elles ne disent plus rien, peut-être pas fières de me tourmenter. Elles ne disent rien, mais... elles éclatent de rire. Quelles garces sans cœur ! Quand elles sont un peu calmées, Sarah me dit :
— Tu veux voir ce que c'est, terroriser quelqu'un ?
— Non, je vous en prie...
Summer lui dit :
— Raconte.
— Quand j'étais à l'armée, on a voulu donner une leçon à une fille qui avait la langue trop longue avec les officiers. Une nuit, on l'a attachée et bâillonnée. Puis, on l'a amenée en haut d'un pont et on a enlevé son bâillon. Elle criait bien ! On a attaché un élastique autour de ses chevilles et on l'a balancée dans le vide. Une fille a crié : « Merde, on a oublié d'attacher l'élastique ». Putain ! Ce cri qu'elle a poussé, on se marrait comme des folles. Par la suite, elle a fermé sa gueule. Ça te dirait, petite ?
— Si vous me faites ça, je meurs.
Elles rient à nouveau ! Elles s'amusent bien avec moi. Elles continuent à se raconter leurs exploits. J'écoute plus leurs conneries. Sarah nous dépose au motel. Elle me dit :
— Sors de la voiture et dis-moi qui je suis.
Cette fille, c'est un démon femelle ! Je sors et me mets à genoux devant elle en disant :
— Vous êtes ma Maîtresse.
Oui, j'ai été conditionnée. C'est ce qu'elle voulait.
On rentre au motel. Là, Summer prend la relève des blagues idiotes. Quand je reviens de la salle de bains, je me couche dans mon lit, je n'ai pas envie de dormir avec elle. Elle me dit :
— Tu as bien regardé sous ton lit ?
— ... Euh, non.
— Il paraît qu'il y a une invasion d'araignées recluses.
Trop drôle... mais aussi trop effrayant. La morsure de ces araignées laisse d'horribles cicatrices. Je lui dis :
— Je peux venir dans ton lit ?
— J'sais pas...
— Steupléééé...
— Allez, viens, mais moi je dors.
Près d'elle, je ne crains rien, même les araignées en ont peur.
***
— Aïe !
Il est 6 h du matin et je suis réveillée par la méthode Summer : elle tire le drap et elle me donne une bonne claque sur les fesses en criant :
— Il est 6 h, tu as une heure et demie pour apprendre ton texte !
Elle allume sa tablette et ne s'occupe plus de moi. Je vais me mettre de l'eau froide sur le visage. Ensuite, je prends mon texte et je l'apprends. Je sais bien que sans Summer et la crainte que j'ai d'elle, je n'apprendrais pas ce texte en 1 h et demie. À 7 h 30, elle me fait répéter, je n'ai oublié qu'une phrase. Je lui dis :
— Je le saurai, je te jure. Je vais tout relire au maquillage.
— J'espère. Bon, j'ai un boulot à faire. Tu vas seule au studio. Vas-y directement et ne parle pas aux inconnus.
— Oui m'man.
Elle m'embrasse sur le front et s'en va. Je m'habille et je sors. Quand j'arrive devant le studio, le garde me dit :
— Vous êtes seule aujourd'hui, mademoiselle Ashley ?
— Oui, je deviens une grande fille.
— Une grande fille ravissante.
Le l'aime bien, lui. Kim arrive et je l'embrasse. Je vais au maquillage et elle m'apporte un petit déjeuner. Ensuite, je vais chez le coiffeur et l'habilleuse qui me colle quelques voiles sur les fesses. Je continue à lire mon texte et ça va, je le connais. Quand je suis déguisée en reine d'Égypte, je vais au studio avec Kim. J'ai toujours un franc succès quand je circule d'un studio à l'autre, vêtue de quelques voiles et parée de bijoux.
Lee Varella m'embrasse. Il est devenu... très amical. Mes partenaires m'embrassent aussi et tous ceux qui veulent, je suis une reine proche de son peuple. Bonne nouvelle, la "snipeuse" israélienne n'est pas là. J'en ai plus peur que de Summer. Je suis terrifiée par son histoire de saut à l'élastique de nuit !
Première scène, je suis couchée sur un canapé, une esclave m'évente à l'aide d'une palme, tandis qu'une autre me masse les pieds... Elles sont très peu vêtues. Je discute de l'avenir de l'Égypte avec mon frère et mon général en chef. Mon frère me dit :
— Accepte les avances de César, il deviendra fou de toi...
Il s'agit là de la scène normale. Monsieur Varella me dit :
— Pour la version érotique, j'ai pensé...
Il bloque. Je l'aide en disant :
— Vous avez pensé que je devais être nue ?
J'enlève mes quelques voiles. Il n'y a plus un bruit dans le studio, c'est ma nudité qui produit cet effet. Varella s'éclaircit la voix et il me dit :
— J'ai pensé que... la reine a un besoin urgent et... une esclave apporte un récipient en or pour que la reine... euh...
— Pisse dedans ?
— Ouiii...
— Eh bien voilà, pas de problème !
— Tu veux que je demande une équipe réduite ?
— Ben non, pourquoi ?
Bon... Je reprends la scène, mais nue cette fois-ci. À la fin du dialogue, je dis :
— Une envie pressante, Messieurs. Lydia ! Un récipient !
Aussitôt, une esclave arrive avec un pot de chambre... ou plutôt un délicat récipient en or ou doré. Elle s'assied par terre et tient le récipient contre ses seins. Je m'accroupis en lui tournant le dos. Ce n'est pas très poli, mais c'est une esclave.
Ce qui est encore moins poli, c'est que je pisse en reculant, donc j'arrose un peu son visage. Je pousse pour bien vider ma royale vessie, et ça s'accompagne d'un petit bruit. Un peu gênant, sauf si vous êtes la reine d'Égypte et que vous faites ça dans le visage d'une esclave. Je me relève en lui disant :
— Maladroite, tu as bougé, tu mérites d'être fouettée.
Oui, c'est injuste, mais on est en 50 avant Jésus Christ. Je dis à l'autre esclave, celle qui est sèche :
— Couche-toi par terre, sur le dos.
Elle obéit aussitôt et je m'assieds sur son visage. Je me frotte sur elle pour me sécher... je suis bien comme ça... La fille va connaître mes pensées.
Je reprends mon texte :
— Voilà, je me sens plus légère, alors Messieurs....
Quand la scène se termine, je me relève... Dommage, j'étais bien. Je regarde mon esclave-siège et, oui, elle vit toujours. J'ai des fesses, mais pas au point de tuer les gens en m'asseyant sur leur visage. Lee vient m'embrasser la main en disant :
— Magnifique, Ashley.
Je pisse sur le visage d'une esclave et je m'assieds sur le visage d'une autre et lui, il est ravi : facile, le cinéma. Ensuite, on repasse à la version convenable, c'est nettement moins marrant. Vers 1 h, on arrête pour aller manger. Lee Varella me dit :
— Tu es vraiment très bonne, Ashley...
Il me prend par le bras, on s'éloigne et il me dit nettement plus bas :
— Est-ce qu'à l'occasion, tu pourrais refaire la scène de tout à l'heure... en petit comité ? Je te revaudrai ça...
Par moment, j'ai l'air pas trop maligne comme lorsque j'ai peur des araignées sous mon lit, mais en fait, je suis beaucoup moins conne que j'en ai l'air. J'ai compris ce qu'il voulait, je lui réponds :
— Vous aimez le champagne tiède, Monsieur ?
— Ouiiii...
— Demain matin, si vous voulez.
Il embrasse ma main en disant :
— Tu es un amour.
J'ai entendu dire que Lee Varella était un grand amateur de pieds de filles... Il pourra aussi me sucer les orteils. On va manger. J'envoie un SMS à Monsieur Sam : "Pourrais-je vous voir 5 minutes." Trois minutes plus tard, j'ai la réponse : "Monte".
Je montre le SMS de Monsieur Sam à Lee. Je vais l'appeler par son prénom. Pas besoin de faire des manières avec un Monsieur qui va s'abreuver à votre source... joli, non ? Je lui dis :
— Je peux monter 5 minutes ?
— Oui, bien sûr, Ashley.
On est amis. Je dis à Kim :
— Viens avec moi.
— Oui Mademoiselle.
Pas besoin de lui dire où on va : c'est mon assistante. Je suis toujours vêtue de mes voiles transparents. On va dans le grand building. Un garde me dit :
— Monsieur Sam vous attend, Mademoiselle Ashley. Et vous êtes très belle en Cléopâtre.
Je lui fais un grand sourire, je l'aime bien aussi, lui. On prend l'ascenseur extérieur transparent. Je me colle à Kim ! Surtout ne pas regarder le vide qui augmente sous nos pieds. Ouf ! On arrive saines et sauves au sommet du building, dans la forêt.
À suivre
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
Mes livres non illustrés, ici :
https://www.amazon.fr/Mia-Michael/e/B01MRVYT44/ref=ntt_dp_epwbk_0 …
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Cette série de récits autobiographique retranscrira les faits et événements par ordre chronologique, elle est a l'initiative de mon Maitre et Femto qui connaissent déjà toutes ces histoires mais m'encourage a livrer mon parcours afin de révéler aux autres la salope que je suis.
Je m'engage a faire une introspection sincère et vous partager mon vécu sans en travestir les faits. Bonne lecture :wink:
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De 2012 a 2015
Je suis en terminale, fraichement célibataire et plutôt déçue du sexe, je ne suis plus autant en quête d'un pénis pour combler ma vie ...
Je me réfugie auprès de mes copines et dans mes loisirs choisissant de me concentrer sur mes études pour le BAC en fin d'année !
Il y'a pourtant dans ma nouvelle classe un garçon qui ne me laisse pas indifférente, il a des yeux bleus à tomber, de beaux cheveux mi-longs blonds et il me fait beaucoup rire mais je ne me projette pas dans une quelconque relation pour le moment.
Plusieurs garçons me tournent autour ayant appris ma rupture durant l'été et certains se montrent assez grossier en se comparant à Clément, ils sont d'emblés à mes yeux inintéressants en s'y prenant de la sorte mais pensent avoir une chance.
Mon Crush discute de plus en plus avec moi par messages, nous avons beaucoup de points communs et une complicité rare, il flirte de plus en plus ouvertement, me complimente souvent le soir sur ma tenue du jour, me dit qu'il va rêver de moi quand il va dormir ...
Je m'amuse en retour a lui dire que je suis en pyjama dans mon lit quand je lui parle ou bien que je sors juste de la douche (alors que souvent ce n'est pas vrai), je fais en sorte de lui mettre des images plus ou moins sexy de moi dans la tête pour attiser son désir et voir comment il réagit dans ses messages suivants.
Je me caresse régulièrement avant de dormir en l'imaginant se branler en pensant à moi, un soir alors que je me touche pendant que nous échangeons par messages, il me dit le plus spontanément du monde, qu'il me laisse-là car il doit aller se branler avant de dormir et qu'il est tard !
J'hésite entre lui répondre un simple "d'accord, bonne nuit, à demain" ou le chauffer mais ma chatte qui supplie que je continue de jouer avec elle me pousse à choisir la seconde option, je lui réponds alors "c'est moi qui te mets dans cet état ?"
Son texto mets quelques instants a tomber ...
"Truc de mecs ma belle, faut faire sortir le venin pour bien dormir, n'y voit pas là un rapport avec toi, tu n'es pas le centre du monde"
Je le prends un peu mal car il refroidit l'ambiance mais je sais qu'il cherche a me taquiner et me faire parler de sexe ou manifester par écrit une quelconque déception, je m'amuse alors de cet affront et décide de surenchérir !
"Je parie que t'as déjà la main dans le calbar pourtant puisque t'as mis un peu de temps a répondre, pas joli-joli de m'envoyer un message alors que tu secoues Popol !"
" J'avoue que j'ai peut-être commencé mon affaire, après-tout je te l'ai dit, il se fait tard et on se lève tôt demain ..."
" Ah tu vois, bon garçon j'aime quand tu es honnête, du coup ça se branle sur quoi ?"
(Je me frotte le clito comme une folle sur notre conversation quand je ne lui réponds pas et attends son message)
" Qu'est-ce que ça peut te faire ? C'est un peu gênant en plus; tu trouves pas ?"
" Oh voilà qu'il fait le timide maintenant, je sais pas, je pensais que t'assumerais puisque c'est toi qu'a commencé a parler branlette !"
" Je regarde une scène porno, t'es contente ?"
" Ok, quelle genre, petit cochon ?"
" Pourquoi tu veux en regarder un aussi peut-être, petite cochonne ?"
(Je mouille comme une folle depuis plusieurs messages, il m'excite carrément trop, j'ai envie de lui, de le voir se branler ...)
" Qui sait ? Peut-être que je vais m'en faire un petit avant de dormir aussi ..."
" Ah ouais, tu regardes des pornos toi ?"
" Moi aussi je me caresse souvent avant de dormir pour ta gouverne !"
" Charlotte ... T'es en train de carrément m'exciter là, faut pas me dire des choses pareilles !"
" De ? Savoir que je me frotte la chatte ça te rends fou ? Y'a pas que les mecs qui aiment le porno et prendre du plaisir avant de dormir"
" C'était pas le moment pour me dire des choses comme ça, je me branlais petite idiote, maintenant je t'imagine le faire ..."
" Bah justement si je peux aider, je vois pas où est le problème ..."
" Ah ça te dérange pas de savoir que je suis en train de me branler en discutant de ça avec toi ? Que tu m'excites ..."
" Non au contraire surtout de savoir que ça t'excite est flatteur et puis je fais peut-être la même chose ..."
" Jure ?! Tu te touches là ?"
" Peut-être, peut-être pas, en tout cas, je t'imagine t'acharner sur ta queue mon cher et ça m'amuse"
" Bordel, je viens de finir, tu m'as complétement fait vriller, j'en ai mis partout, je me sens un peu honteux "
" Faut pas, ça restera notre petit secret, j'espère que c'était bon en tout cas"
" Ok, on fait ça, je te promets d'en parler a personne, j'ai kiffé mais a la fois je me dis qu'on a dérapé, allez bonne nuit la miss"
" Yep a demain et y'a pas de mal a se faire du bien, dors bien"
Je me caressa encore quelques instants totalement en transe avant de m'endormir avec un peu de remords d'avoir été aussi cru.
Le lendemain matin, Thomas arrive dans la cour du lycée, me prends par la main, m'entraine avec lui en me disant qu'il faut qu'il me parle, il me plaque contre le mur derrière les toilettes, me regarde fixement dans les yeux "Je t'aime, petite cochonne" me dit-t-il avec aplomb, je rigole et lui réponds "moi aussi petit cochon", il me roule une pelle des plus intenses en me prenant dans ses bras, je fonds littéralement et tombe inéluctablement folle amoureuse de lui.
Thomas et moi étions un couple très fusionnel, il était beau garçon, populaire et très apprécié, je l'étais aussi donc nous devînmes l'un de ses couples stars d'un bahut. Plusieurs de mes copines m'enviait notre relation, plusieurs de ses copains jalousait celui qui profitait de mon corps et ça, pour en profiter, il en profitait ... Thomas fut une révélation, il répara les dégâts de Clément (le précoce) avec lui je redécouvris cette passion que j'avais pour la queue, j'adorais sa bite, l'avoir dans ma main, dans ma bouche, dans ma chatte !
Thomas était endurant, mieux membré, plus sauvage, plus pervers, il me prenait dans toutes les positions, dans plusieurs pièces de nos maisons, à l'extérieur, il avait toujours envie de moi et c'était à chaque fois un réel plaisir que de satisfaire ses besoins !
Le sexe était un fondement de notre relation, on baisait tout le temps, on parlait de cul tout le temps, on était des animaux en ruts qui se découvrent une sexualité et la consume a toute vitesse ! J'adorais le voir en érection, savoir qu'il bande pour moi. J'adorais embrasser son gland, couvrir ses boules de baisers et dévorer son chibre de longues minutes en l'écoutant gémir de plaisir. J'adorais quand il dévorait ma poitrine, bouffait ma chatte et me léchait le cul, sentir son envie pour mon corps. J'adorais par dessus-tout ses coups de reins violents, sa bite raide qui tapait si fort et profondément en moi, la fougue qui le caractérisait et nos parties de jambes en l'air digne des pornos que nous regardions ! Thomas réveilla de nouveau la salope qui dormait en moi, il me rendit accroc a sa bite, au sexe et me déprava !
Totalement en confiance avec ce garçon qui me témoignait tout son amour et tous ses désirs, je me laissais aller et oubliait petit a petit la conception de pudeur, tabous ou limites. Thomas avait instauré une règle dans notre couple, nous devions toujours tout faire pour le plaisir de l'autre et ne rien lui demander que nous ne pourrions faire nous-même ! Si tu m'aimes, pourquoi m'empêcher de prendre du plaisir ou faire ce que j'aime ? C'était un peu son crédo et dans le fond ça se tenait. Je me dévouais a le faire prendre son pied et m'assurer qu'il exprime toutes ses envies et en retour il s'assurait également que je jouisse avant lui et communique sur mon ressenti ou ce dont j'avais envie. Thomas me fit découvrir le véritable plaisir, il m'emmena aux portes de l'orgasme que je ne franchissais pas mais nous n'étions pas loin, il savait me faire jouir et je vénérais sa queue.
Il fut le premier garçon que je présenta a ma mère, elle l'appréciait beaucoup.
Quelques semaines après avoir officialisé mon couple auprès de ma Maman elle m'offrit mon premier string en me disant que maintenant j'avais l'âge d'en avoir un, elle se doutait que j'étais devenue sexuellement active avec mon petit-copain alors elle me posa la question, je lui confirma que je couchais avec Thomas. Monsieur souhaitait que je prenne la pilule pour que l'on se passe du préservatif, j'en parla a ma mère en lui disant que je souhaiterais avoir une contraception plus sûre, elle m'encouragea a prendre en effet la pilule. Les premières baises sans capotes furent incroyables, la sensation du peau contre peau me fit redécouvrir sa queue ou la bite de manière plus générale, tout était plus doux, sensuel, meilleur et le sentir jouir en moi était une satisfaction totale, les jets chauds qui se déversaient dans mes entrailles me donnait l'impression de servir de vide-couilles, accomplir ma fonction jusqu'au bout.
Au fil des mois, Thomas me baisait de manière plus brutale et j'aimais cela, ces mots devenaient plus crus, il parlait de mon corps de manière obscène, de moi en des termes peu élogieux mais dans les situations que nous vivions, il disait toujours vrai ...
Comment contester le fait que j'étais une salope ? Moi qui adorait le sucer, m'étouffer sur sa queue raide pleine de salive, m'empaler dessus pour m'y remuer sans pudeur, gémir sans honte sous ses coups de bites, me faire remplir de sperme ...
Comment contester le fait que j'étais une chienne ? Moi qui voulait toujours me faire baiser, qui en prenait plein la chatte tout le week-end, qui cambrait mon cul à m'en déboiter le dos et écartait mes deux fesses pour lui offrir la meilleure vue sur mes trous ...
Comment contester le fait que j'étais une pute ? Moi qui obéissait à toutes ses envies, me faisait baiser en extérieur avec le risque d'être surpris, jouissait avec ses parents dans la pièce d'à coté, lui gobait les deux boules en même temps pendant qu'il se branle, lui léchait le cul s'il me le demandait, avalait son sperme ou le laissait me recouvrir le visage ...
Au lycée et devant nos amis, j'étais sa petite amie. A la maison ou chez ses parents, j'étais sa copine. Entre nous, j'étais sa femme, sa meilleure amie, sa confidente, sa partenaire mais au lit quand les vêtements tombaient je n'étais plus qu'une salope bonne qu'à se faire défoncer la chatte, une chienne docile vouée a lui vider les couilles et une pute dépravée qui ferait tout pour satisfaire sa queue ...
J'aimais cela, j'aimais être cette salope, j'aimais le sexe, la bite, sa bite et j'aimais ce qu'on était, c'était parfait ainsi !
Durant l'année de mes 18 ans, j'ai discuté un jour a cœur ouvert avec ma mère sur l'abandon de mon paternel, elle me raconta qu'ils ne s'entendaient plus du tout, qu'elle ne le comblait pas assez sexuellement selon lui mais aussi qu'elle savait qu'il avait une maitresse, fréquentait des établissement libertins et avait une double vie. Les révélations de ma mère me poussèrent a m'investir encore plus sexuellement avec Thomas, à le combler et ne rien lui refuser. Avec le recul, je pense que ma soumission trouve ses origines dans cet instant, mon rapport aux hommes a toujours été influencé par l'absence d'une figure paternelle dans ma vie mais mon rapport au sexe a aussi toujours été influencé par ce besoin d'affection et cette volonté de combler l'autre pour m'assurer qu'il reste a mes cotés.
Savoir que mon géniteur était un salaud infidèle a la libido insatiable qui faisait passer ses besoins sexuels avant tout le reste m'aida a le détester encore plus mais je releva aussi les points communs que nous commencions à avoir ... Pire encore, parfois quand je me masturbais, j'imaginais cet homme qui baisait autrefois ma mère, elle qui m'a éduqué de façon plutôt stricte, que je ne vois jamais se relâcher, qui n'a jamais refait sa vie et que je ne peux imaginer avoir eu ne serait-ce qu'une aventure depuis leur séparation. A quoi pouvait bien ressembler leurs parties de jambes en l'air ?
Un fantasme commença à germer en moi, celui d'un jour aller en club libertin !
Je m'informais régulièrement sur le milieu, ses codes, son fonctionnement et consommait de temps en temps du porno en lien avec le libertinage, l'échangisme ou les glory-holes.
Quand je me caressais, Il m'arrivait de fantasmer sur une soirée dans un club avec Thomas, de voir des gens en train de baiser, de nous joindre à eux mais je n'en étais pas capable, ce n'était que des pensées obscènes quand j'étais trop excitée ...
Pourquoi cela m'excitait autant d'ailleurs ? Est-ce que j'avais réellement envie de sexe a plusieurs ? Que Thomas me voit coucher avec un autre homme sous ses yeux ? De sucer la bite d'un parfait inconnu sans savoir à quoi il ressemble physiquement en le pompant à travers le trou d'un mur ? Un soir, je pris conscience que ce qui m'attirait autant dans ce fantasme du club libertin ce n'était pas tant le milieu décomplexé sexuellement et tout ce qui va avec mais plutôt l'idée de marcher sur les traces de mon paternel, que ce qui m'excitait c'était de me dire que je pourrais tomber sur lui, que je ne le reconnaitrais pas et lui encore moins, que je pourrais me faire baiser par mon propre père ou sucer sa queue sans le savoir ...
Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis faites du bien avec des pensées pareilles dans la tête ...
Je fantasmais sur le fait d'entrer dans un club, de voir une femme se faire prendre sous mes yeux et de me dire que c'est peut-être mon père qui est en train de la baiser.
Je fantasmais sur le fait de me faire baiser par Thomas devant des voyeurs et que mon paternel serait peut-être dans le groupe d'hommes qui me regarde, qu'il constate la chienne que je suis sans que lui ou moi ne le sachions.
Je fantasmais sur le fait de sucer des bites dont je ne sais rien, d'en voir de toutes les tailles et diverses formes, de m'atteler à en vidanger plusieurs sans avoir la moindre idée de la beauté de l'homme derrière le mur, sa corpulence ou son âge.
J''étais excitée par l'idée de sucer des mecs repoussants, qu'ils soient moches, gros ou vieux mais que je n'en sache rien. Que je sois en train de pomper un gars de mon bahut, un de mes profs, le père d'une amie mais que je n'en sache rien.
Que je sois en train de vider les couilles de mon propre père dans ma bouche mais que je n'en sache rien.
Je fantasmais sur le fait de me faire prendre par de parfaits inconnus, que Thomas m'offre à des mâles en rut, m'échange à un gars contre sa copine, de n'être qu'un corps dont des hommes dont je ne sais rien disposent pour leurs besoins. Il y'avait de la perversion en moi qui aimait l'idée que mon père soit un jour l'un d'eux, qu'il pénètre dans la chatte de sa propre fille, celle qu'il a abandonnée dont il ne connait rien et surtout pas le manque dont elle a souffert, qu'il profite de ce qu'il a engendré, que son égoïsme et ses vices comme ma dépendance aux hommes et ma dépravation nous conduisent a baiser ensemble comme les obsédés maudits que nous sommes.
Ce fantasme était irréalisable et bien trop immoral, il se manifestait dans un coin de ma tête quand j'étais très excitée et perdait le sens des réalités avant de jouir, je ne pouvais pas en parler à Thomas tant il était obscène, difficile a comprendre sans une parfaite connaissance de mes blessures psychiques et je ne voulais pas que mon petit-ami voit cet aspect de moi ...
La vie suivait son cours, j'étais épanouie tant socialement, émotionnellement que sexuellement !
Depuis les révélations de ma mère et ma décision de m'offrir sans aucune limites a mon petit-ami, je ne faisais plus l'amour, je me faisais baiser. Je ne suçais plus simplement une bite, je m'exerçais a la gorge profonde. Je ne recrachais plus le sperme après une pipe, j'avalais son foutre, le laissait venir sur mon visage, ma poitrine, mon cul ou la plupart du temps, au fond de ma chatte !
Thomas était un conquérant, celui qui annexait mon corps, lui faisait vivre diverses premières fois mais surtout celui qui me ferait tout faire, tout vivre, tout essayer ne serait-ce qu'une fois juste pour voir ! Il ne cachait plus sa part d'ombre et me délivrait toutes ses envies, à chaque fois que nous repoussions nos limites ou faisions quelque chose de nouveau, il se tournait instantanément vers la prochaine étape, c'était comme une liste de pratiques, perversions, situations, jeux de rôles qu'il voulait cocher comme pour se dire, on l'a fait !
Mon obsédé de petit-ami m'avait convaincu de me laisser prendre en photos totalement nue et filmer en plein acte pour qu'il se branle sur moi/nous plutôt que du porno pendant la semaine. Il vouait un tel culte a mon corps que j'avais acceptée par amour de lui faire confiance pour garder ça pour lui. Je me disais que si ça l'aidait à rester focus sur moi même dans ses moments solitaires, il n'en serait que plus bouillant le week-end lorsqu'il retrouverait "la came" sur laquelle il se branlait toute la semaine ! Je me fis violence au départ pour lui offrir le contenu qu'il recherchait pour ses branlettes, les premiers shootings furent éprouvants et gênant mais quand il me filmait en train de le sucer c'était excitant de me dire que je devais fournir une belle prestation car elle était enregistrée et qu'il allait la revivre en solo. Au fil des mois, je me pris finalement au jeu et il amassa plusieurs centaines de photos allant de shootings complets dédiés a une tenue ou un ensemble de lingerie a des photos prises a la va-vite pendant nos ébats. Une baise sur deux, il sortait dorénavant son téléphone pour me filmer, il se filmait en train de se faire sucer, de me baiser et d'éjaculer sur mon visage ou mon corps. Déjà bien dépravée et sans pudeur, le fait de savoir qu'il détenait autant de photos/vidéos compromettantes sur moi où il avait la preuve que j'étais bel et bien une salope fit voler en éclats ma capacité a garder encore quelques limites ou lui refuser quelque-chose ...
J'étais déjà soumise à cet homme sans le dire, nous ne mettions pas de mots sur cela mais dans les faits ma dévotion était totale depuis des mois, mes tabous presque tous envolés et la notion de limites, il savait la faire disparaitre.
La semaine nous avions maintenant du sexe virtuellement, allant des sextos/appels cochons où on se touchent avant de dormir aux échanges de nudes, il n'y avait plus de temps morts avec le week-end où nous passions aux rapports plus concrets.
J'aimais envoyer des photos de mon corps a mon mec, qu'il me réponde avec une photo de sa queue en érection ou me dise que si j'étais face a lui, il boufferait la chatte que je venais de lui envoyer ! J'aimais qu'il me promette "de me détruire" ce soir quand je lui envoyais une photo de moi dans mon bain m'épilant la chatte pour lui. J'aimais me réveiller et avoir une photo de ses jets de sperme sur le parquet de sa chambre où il me disait que c'était le résultat de sa masturbation devant notre vidéo du week-end dernier ! J'aimais aussi me toucher sur nos vidéos, parfois je lui demandais de m'en envoyer certaines quand j'avais trouver le moment génial pour pouvoir me masturber devant. Je ne m'en suis pas rendue compte à cette époque mais je pense que c'est à cette période que je suis devenue nymphomane, le sexe était présent chaque jour.
Ma dévotion totale à mon petit ami, sa recherche constante de nouveautés et notre volonté de tout essayer nous poussèrent à aller très loin pour des jeunes de nos âges.
Lorsqu'il m'avait demandé de lui faire un anulingus par exemple, j'avais au départ émis des réticences mais il avait argumenté en me disant qu'il me le faisait bien lui, alors pourquoi pas l'inverse ? J'avais rétorqué le fait de n'avoir rien demandé mais avec le couplet sur le fait de donner du plaisir à la personne qu'on aime en veillant a son épanouissement, j'y étais allé !
Les premiers coups de langues furent fébriles mais il s'était entièrement épilé pour l'occasion alors je lécha le pourtour de son anus et appuya légèrement sur son entrée, les gémissements de plaisir de mon copain m'encouragèrent a poursuivre cette mascarade. Dans les minutes qui suivirent, je recevais des ordres clairs et autoritaires me disant d'embrasser ses fesses, de lécher plus vite, de remuer de haut en bas ma langue, de la laisser sortie et de ne bouger que ma tête, de lui limer la raie dans son ensemble ! Son cul était baveux, le bas de mon visage recouvert de salive, j'étouffais parfois entre ses fesses, cherchant a reprendre une respiration contre son cul, il se branlait lui-même en me regardant et appuyais parfois sur ma tête pour me maintenir entre ses fesses. Il m'ordonna de rentrer ma langue dans son cul, je ne voulais pas le faire, lécher l'extérieur était une chose mais j'avais peur du goût ou d'un accident ...
En exprimant un refus, il argumenta aussitôt sur le fait qu'il me le faisait, qu'il rentrait sa langue dans mon cul mais aussi dans ma chatte alors il prit ma tête et l'enfonça entre ses fesses en m'ordonnant de lécher, "mets-la dedans" me dit-il plusieurs fois alors que je léchais l'entrée puis j'obéis et pénétra son anus de la pointe de la langue ! "Fais des vas et viens, je veux te sentir entrer et sortir en moi" me dit-il en m'agrippant les cheveux. "Plus loin s'il te plait" me dit-il en appuyant derrière mon crâne pour m'enfoncer le visage dans ses fesses alors que ma langue était en lui. "Encule-moi avec ta langue" me dit-il pendant que je gardais ses fesses écartées et que j'y mettais des hochements de tête la langue enroulée pour en faire une pointe qui le gode ...
Voici comment je suis passée en moins de dix minutes de quelqu'un qui ne s'était jamais approchée d'un anus a quelqu'un qui raclais l'intérieur d'un trou de balle avec sa langue !
Après cette première fois, je lui léchais le cul un week-end sur deux pendant nos préliminaires et cela ne me dérangeait plus.
L'anus de mon mec était copieusement léché s'il soulevait ses jambes pour m'y laisser l'accès et j'aimais que ma langue remonte en continu de sa raie à ses couilles pour revenir à sa queue. L'anus de mon mec était habilement sollicité s'il se mettait à quatre pattes, je lui écartais bien les fesses et l'enculait avec ma langue tout en masturbant sa queue qui pendait dans le vide. L'anus de mon mec était violemment frotté contre ma langue et sur mon visage quand il s'asseyait sur moi pour que j'étouffe entre ses fesses alors qu'il se remuait sur la pointe de ma langue tout en se branlant et m'agrippant parfois par les cheveux pour enfouir mon visage dans son cul.
Nous avions 18 ans et je bouffais le fion de mon petit-copain comme une actrice de gonzos !
Je pense que le plus hors du commun ou inavouable c'est quand nous nous sommes mutuellement pissés dessus ...
Thomas m'avait plusieurs fois fait part de son envie de m'uriner dessus, sur le visage plus précisément mais j'avais évidemment tout de suite décliner la proposition et bien qu'il en reparle parfois sur ce sujet il ne me forçait pas la main sachant que c'était bien plus hardcore. Je lui avais demandé ce qu'il cherchait là dedans et il m'avait expliqué vouloir voir jusqu'où je pourrais aller pour lui, si ma dévotion était réelle et que c'était une façon de se sentir supérieur à moi sur l'instant, une envie d'humiliation, de dominer. Un soir après une bonne baise chez lui, nous avions tous les deux envie d'aller aux toilettes pour pisser puis a la douche, nous venions de passer un bon moment et lorsqu'on se chamaillait pour la première place aux WC, il me dit que je n'avais qu'à pisser dans la douche puisque je devais y aller, je lui concéda alors les toilettes en acceptant de le faire sous l'eau de la douche. Alors que je déclenchais l'eau, Thomas s'engouffra dans la salle de bain, la ferma a clé et me chuchota (parents dans le salon au rez de chaussée) que si j'étais capable de me pisser dessus moi-même dans la douche et bien nous n'avions qu'a nous pisser dessus à tour de rôles dans la douche. Je lui demanda pourquoi ça et il me rappela qu'il ne me demanderait jamais de subir quelque-chose qu'il n'est pas prêt à faire aussi donc que s'il me pissait dessus, il subirait l'expérience en retour ! Je ne sais pas si c'est l'euphorie de la soirée sympa que nous passions ou le fait que j'avais trop envie de pisser pour que l'on débatte mais j'accepta si c'était juste sur le corps. Thomas coupa l'eau, se positionna dans le bac de la douche et me dit de mettre un pied sur son épaule puis de me laisser aller, je fis ce qu'il dit et commença à uriner. Au début je me pissa plus le long de la jambe qui me servait d'appui que sur lui, je me retins alors de nouveau pendant qu'il se positionnait davantage sous moi bien collé à ma cuisse alors qu'il maintenait mon autre jambe sur son épaule. La seconde tentative fut aussi calamiteuse mais fonctionna, ma pisse coulait sur lui, sur son bras, une partie de son ventre et ses cuisses, il me demanda d'orienter ma chatte de la main alors je tira dessus pour tenter de viser avec le jet et lui en mettre un maximum dessus, on rigola énormément lorsqu'il me dit que "c'était très bizarre la sensation, chaud et que ça puait" alors que j'arrosais son torse et savourait ses grimaces. Monsieur se rinça puis m'invita a prendre place. C'était mon tour, je m'accroupis jambes écartés en étant bien appuyé sur mes talons, il me demanda de tenir et écraser mes seins l'un contre l'autre puis il débuta, c'était tout de suite bien plus facile pour un homme de viser ... Il s'amusa à pisser sur mes seins, mes épaules, mes cuisses, c'était brulant et ça démangeait, l'odeur était forte, je puais la pisse ! Il me fit me retourner a quatre pattes pendant qu'il retenait ses derniers jets puis il urina sur mes fesses et mon dos. Je me mis debout, puante avec des relents de dégout devant l'odeur de l'urine, on prit un fou rire en concédant tous les deux que ça puait et que c'était n'importe quoi ce qu'on venait de faire puis je me rinça en vitesse à grand renfort de gel douche !
Il est difficile de vous conter toutes les parties de jambes en l'air et diverses pratiques que nous avons vécues au sein de cette relation mais si je devais encore vous partager quelques anecdotes, je vous parlerais de notre penchant pour le sexe en extérieur !
Déjà c'était pratique, deux adolescents/jeunes adultes chez leurs parents c'est pas toujours simple pour baiser discrètement chez nous donc le faire à l'extérieur était un bon plan en plus de terriblement nous exciter avec le risque d'être surpris.
Il y avait un petit bosquet derrière le quartier de Thomas, je ne sais pas combien de fois je me suis faites baiser contre un arbre ...
Au lycée, nous nous éclipsions parfois le midi pour faire nos affaires entre les buissons d'un parc à coté du bahut ou dans une ruelle.
Chez moi, nous partions nous promener dans les champs et mes premières exhibitions furent devant un troupeau de vaches.
Il y'a aussi une anecdote honteuse, un week-end où les parents de Thomas n'étaient pas a la maison, il me fit part d'une découverte !
Monsieur avait trouvé dans l'un des placards de sa mère, un gode vibromasseur et il voulait que l'on essaie ...
J'ai au départ comme souvent tenté de refuser en lui expliquant que c'était à sa mère, qu'elle se l'enfonçait dans la chatte et qu'il était hors de question que je fasse de même avec son jouet a elle !
"N'importe quoi, y'a rien de sale, je vais le passer sous l'eau avant de toute façon et on le nettoiera aussi après ! C'est qu'un jouet et puis tu faisais pas toutes ces manières quand on a baisé dans le lit de mes parents le mois dernier !"
Thomas continua de me forcer la main en m'expliquant qu'on avait l'occasion d'essayer et de voir ce que ça me ferait, il alluma le sex-toy qui commença a vibrer et en regardant ce jouet en forme de pénis fuchsia vibrer, j'eue en effet envie de savoir ce que ça faisait.
Mon pervers de petit-copain enleva ma culotte et me fit me coucher sur le dos, les jambes bien écartées, il frotta la tête du jouet contre mon sexe, les vibrations étaient agréables et stimulaient bien mon clitoris, je mouillais sur le sex-toy de ma belle-mère !
Thomas commença alors à me lécher, à insérer ses doigts puis fit entrer le gode en moi, au début il me pénétra avec le sex-toy à l'arrêt, il faisait des vas et viens en moi, j'étais trempée et très excitée. Thomas me goda de longues minutes avant de me défoncer littéralement la chatte à la force de son avant-bras, si le jouet n'était pas aussi bon que sa queue en sensations, la vitesse de pénétration et la cadence des vas et viens qu'il pouvait imposer à ce pénis par la force de sa main était bien supérieur à celle de ses coups de reins ! Je serra les cuisses et voulu interrompre la folle cadence ne tenant plus devant tant d'intensité, il me retourna, suréleva mes fesses et reprit de plus belle bien agrippé a mon postérieur qu'il tenait coincée entre son torse et ses bras ! Il alluma le vibromasseur qui commença alors à vibrer et résonner en moi, mes parois étaient chatouillées mais c'est plutôt la pénétration effrénée que reprit vite Thomas qui me faisait péter un plomb, trop de plaisir se mêlaient en moi.
"Je croyais que t'en voulais pas ? Ecoute les bruits obscènes que fait ta chatte maintenant ! T'aimes te faire goder ma salope, regarde comment tu mouilles sur le sex-toy de ta belle-mère, tu vois que t'es qu'une pute !
- Oui, je suis qu'une pute qui aime s'en prendre plein la chatte !"
Je gémis comme une chienne en chaleur, plusieurs fois je tente de fuir l'intensité de ma jouissance mais mon masturbateur ne me laisse pas bouger, je ne peux qu'encaisser sa fougue tant que son poignet en a sous le coude !
Thomas cessera ce divin supplice après d'intenses minutes, relâchant mon cul et me laissant inerte avec le sex-toy éteint mais encore plantée dans la chatte c'est un ordre qui me fit revenir a moi.
"Allez maintenant, je veux que tu le suces bien fort et nettoie toute la mouille que t'as mis dessus"
Thomas retire le jouet de ma chatte dilatée, il l'approche de ma bouche et je l'avale, il le remue entre mes lèvres et me demande de bien le lécher, je m'exécute et goute à de la mouille tout sauf délicieuse, il sort alors sa queue et me dit de manger de la vraie bite.
Je me souviens que je l'ai sucé avec application, qu'à un moment j'ai repris le sex-toy de sa mère pour me goder moi-même pendant que je le suçais ... J'avais conscience d'être une dépravée mais j'ai eu du mal a regarder sa mère dans les yeux quelques temps après cet épisode.
La dernière anecdote qui sort du lot et mérite d'être racontée serait qu'on se racontait des histoires de culs fictives avec des potes à nous dedans pour nous exciter ... Thomas fantasmait sur un plan a trois avec deux filles, moi sur mon club libertin donc souvent nous aimions nous masturber en écoutant l'autre nous raconter des obscénités sur nous et quelqu'un qui nous excite mais cet aspect sera plus amplement évoquer dans un chapitre bonus.
Thomas était un pervers insatiable et moi j'étais devenue une salope dévergondée, nous nous comblions tellement !
Le seul point noir dans notre sexualité était le sexe anal, lui en raffolait et en regardait énormément en vidéos, moi pas plus que ça.
Il avait forcé de longues semaines pour que je le laisse me sodomiser, j'avais fini par accepter d'essayer !
De longs préliminaires, beaucoup de lubrifiant et une pénétration patiente et progressive n'avait pas réussit à me détendre suffisamment pour que j'y prenne du plaisir, la sodomie avait été douloureuse et déplaisante. Une seconde tentative avait eu lieu le mois suivant de mémoire et c'était encore moins bien passée, il m'avait enculée jusqu'à se finir alors que je n'en pouvais plus et j'avais pris sur moi pour le laisser finir en me cramponnant au matelas de longues minutes ...
Depuis ce jour, la sodomie avait été proscrite de nos ébats et si j'autorisais le doigt dans le cul, je lui refusais dorénavant l'accès à ce trou avec sa queue qui était synonyme pour moi de mauvais quart d'heure !
On ne pouvait pas dire que j'avais peur de la douleur ou que je ne laissais pas mon mec me violenter, les fessées franches en levrette, le tirage de cheveux pendant la pénétration, les claques pendant la pipe ou la baise, les étranglements et les jeux de salives étaient monnaies courantes après notre première année de couple mais l'anal restait a l'écart.
Alors que nous approchions de nos deux ans de relation, je commis une grave erreur, toujours folle amoureuse de mon copain et épanouie, je ressentais néanmoins qu'une routine s'installait entre nous et passant tout mon temps avec lui, je ne me sentais plus que comme la copine DE alors je me demandais si je plaisais encore aux autres hommes ...
Comme un besoin de séduire, de me rassurer ou de braver un interdit, j'alla flirter par messages avec un garçon qui prenait mon bus et que je trouvais pas mal, nous discutions de temps en temps et je le chauffait légèrement pour m'attirer ses compliments. Thomas le découvrit un jour en fouillant dans mon portable (chose qu'il ne faisait jamais mais il avait senti que quelque-chose se tramait) s'en suivit une dispute dévastatrice où je m'excusa à ses pieds et le supplia de ne pas me quitter, que je ne faisais que jouer pour me rassurer, que je ne l'aurais jamais trompé, il ne l'entendait pas ainsi et considérait que je l'avais trahi, il me quitta ...
Ce fut un week-end à pleurer, m'en vouloir et tenter de le reconquérir, il était blessé, trahi et vexé. Mes déclarations d'amour, mes excuses, mes promesses de me racheter ne changeaient rien et alors que je le pensais perdu a jamais, il me donna rendez-vous chez lui le week-end suivant en me disant de venir que si j'étais prête à tout pour le récupérer ...
Je rejoignis mon petit-copain blessé qui me faisait la gueule depuis plus d'une semaine, nous sauvâmes les apparences devant ses parents et montèrent vite à l'étage pour nous enfermer dans sa chambre et discuter. Thomas affichait toujours une mine grave, je le prit dans mes bras en m'excusant et lui rappelant que je l'aimais plus que tout, il me rassura en me disant que lui aussi et qu'il avait énormément de mal à vivre sans moi, que cette séparation le dévastait mais qu'il n'en était pas la cause, juste la victime suite a ma trahison, que si je voulais regagner sa confiance, je devrais lui prouver que je suis prête a tout pour lui et que je lui appartiens !
Je lui confirma être folle de lui et ne pas vouloir le perdre, que je saurais me racheter alors il me répondit d'un ton froid et autoritaire "on va voir ça, enlève ta culotte" ...
Je m'exécuta avec un peu d'appréhension mais en me disant qu'il voulait sûrement se réconcilier par le sexe.
"Voilà" dis-je les fesses à l'air devant lui, il me positionna a quatre pattes sur le matelas, baissa son jogging, cracha sur son sexe, sur mon anus et commença à y engouffrer un doigt, "Non pas ça ..." suppliais-je, notre dernière sodomie remontait a plus d'un an ...
"Ta gueule, t'as pas le choix ! T'as dit être prête à tout ! Vouloir prouver que tu m'aimes ! C'est une bien maigre punition vu que ce que t'as osée faire, salope !" sa voix était différente, agressive, en colère, pleine de rancune !
"Alors j'entends rien ? Tu veux te faire pardonner ?"
"Oui mais tu sais que je vais avoir mal, que j'aime pas ..." sa bite s'enfonce en moi, il me la mets sans prévenir et plus franchement que d'habitude, son gland entier entre d'un coup et il continue de la plonger dans mon anus sans aucune forme de retenue.
Je pousse un cri et tente de faire ressortir sa bite, il m'agrippe le cul et les bras avec fermeté !
"J'espère bien que tu vas avoir mal, tu crois pas que j'ai eu mal, moi, hein ?"
J'hurle de douleur, sa bite vient d'enflammer mon cul, d'habitude déjà, j'ai du mal a encaisser mais alors sans préliminaires ni lubrifiant, je dérouille ... Il me bouche la bouche, me dit de "fermer ma gueule", je me mets à pleurer ...
"C'est ça, chiale pour une bonne raison, c'est facile de pleurer quand on se fait chopper a draguer un autre mec, là au moins t'as une bonne raison de pleurer" me dit-il revanchard et culpabilisateur !
Sa bite va et viens dans mon cul sans pitié, il me baise par ce trou si difficile pour moi comme si c'était ma chatte, je suis en larmes et pleure bruyamment ...
"Allez mords donc dans l'oreiller, je veux pas t'entendre Charlotte, souffre en silence, a chaque fois que t'as mal, dis-toi que c'est rien comparé à ce que tu m'as fait et comment moi j'ai mal de découvrir que ma copine est une sale pute infidèle"
Je pleure dans l'oreiller, mords dans le tissu et étouffe mes cris pendant qu'il m'encule sans la moindre retenue, pitié ou tendresse !
Je comprends ce qu'il me dit, je ne nie pas l'avoir blessé et devoir faire amende honorable, s'il a choisit mon cul pour cela, alors soit ...
Je sens sa haine pour moi sur l'instant, que je n'ai surement que ce que je mérite, il me dit que ça lui fait du bien et qu'au moins après ça, il pourra sûrement me pardonner si je le laisse m'enculer à fond comme il en rêve depuis toujours, il ira mieux !
Il m'encule avec vigueur, se cramponne à mes hanches et mes fesses, me demande parfois d'écarter mes fesses, il filme la scène en commentant des obscénités très humiliantes du genre "Voilà ce qu'une chienne en chaleur mérite, ça t'apprendra à allez remuer du cul auprès d'un autre", "Sale pute t'as que ce tu mérites", "Dis moi merci de te punir et te pardonner, je devrais même pas t'enculer, tu mérites même plus d'avoir un gars comme moi" les minutes passent, la colère de Thomas redescends, je baigne dans mes larmes et ma salive avec le visage enfoui dans l'oreiller, je ne suis plus là depuis plusieurs minutes, mon cul me brule, il est en feu mais je ne sens même plus sa bite qui se déchaine. Il est désormais couché sur moi; il se termine avec des coups violents et profonds, je sens une éruption de lave coulée en moi, se mêler au brasier qu'est mon anus, Thomas se retire, prends en photo la destruction de mon fion et me laisse pleurer quelques minutes en me regardant. Je suis détruite psychologiquement comme physiquement, ma culpabilité me dévore et m'empêche de le détester pourtant je ressens bien de la haine et de la colère pour lui, mon anus me lance et son sperme qui en coule me fait me sentir encore plus souillée, je me sens sale, abusée, meurtrie. Je me tiens les fesses et pleure de nouveau à chaudes larmes maintenant que c'est enfin fini, je réalise a quel point cela a été éprouvant.
"Voilà ce que ça fait, la trahison, la souffrance, je pense qu'on est a peu près quittes" a-t-il osé me dire pour briser le silence.
"T'es qu'un connard" lui lançais-je haineuse a mon tour !
"Ouais c'est bien le minimum pour être avec une pute comme toi, maintenant soit on se pardonne, soit on va se faire foutre mais au moins, on est quittes"
Je quitte la chambre part prendre une douche, expulser son sperme qui coule de mon cul en feu, j'ai mal, je pleure encore une fois sous la douche partagée entre les remords de l'avoir autant blessé pour l'avoir rendu aussi méchant lui qui était un amour et la honte de ce qu'il vient de me faire subir ...
En sortant de la salle de bain, il me prends dans ses bras, m'embrasse et me demande si on est quittes, je lui dit qu'on l'est, il me réponds que dans ce cas, nous allons aller de l'avant.
Les semaines suivantes je retrouva mon Thomas, le petit ami doux et amusant, l'amant sauvage et super bon coup mais dans les mois qui suivirent plusieurs choses dans son comportement changèrent au lit ...
Adepte des jeux de soumissions et du sexe plutôt hard, Thomas était assez dominant et plutôt brutal au lit mais depuis cette "tromperie" je le trouvais plus dur dans sa manière d'être et plus tourné sur son plaisir dans les pratiques que nous faisions !
En bonne chienne docile que j'étais, j'obéissais et comblait toutes ses envies mais moi qui aimait particulièrement sucer je me retrouvais presque exclusivement à me faire baiser la bouche, la gorge profonde ou le baisage de gueule étaient quelque-chose que j'avais appris à maitriser et qui parfois me reposait (rien a faire, juste laisser monsieur aller et venir dans ma bouche) mais quand cela représente 90% de vos rapports buccaux ce n'est plus la même chose ...
Thomas m'insultait constamment au lit alors qu'autrefois c'était une manière de pimenter nos ébats qui se manifestait ponctuellement, il n'éjaculait plus que sur mon visage ou dans ma bouche, il marquait au Stabilo sur mon corps des injures ou "Propriété de Thomas", "Sac a foutre de Thomas", "Pute de Thomas", nos rapports contenaient maintenant toujours une part d'humiliation ou de violence qui autrefois étaient des événements irréguliers et donc appréciables, cela devenait malsain et dégradant ...
J'aimais toujours le sexe, j'aimais toujours qu'il me baise, j'aimais toujours le hard mais je n'aimais pas la façon qu'il avait de parler de moi au lit, l'image que je me renvoyais à moi-même dans le miroir, je perdais petit a petit confiance en moi et commençais a subir mon couple au point de ne plus me sentir à l'aise avec lui ...
Quand nous baisions, j'incarnais mon personnage et remplissais ma fonction avec brio mais quand nous étions le reste du temps simplement nous, un couple, Charlotte et Thomas, j'avais l'impression qu'il ne restait plus grand chose ...
N''étais-je pas devenue qu'une salope, une pute, une chienne, un sex-toy, un vide-couilles à ses yeux ?
Après presque 3 ans de relations, je décida de le quitter formulant mes envies de profiter un peu plus de ma jeunesse, la sensation d'avoir perdu nos sentiments l'un pour l'autre et de n'être plus que des partenaires attachés l'un a l'autre, il confirma moins m'aimer et n'avoir jamais vraiment réussit à pardonner mon faux-pas mais me témoigna son attachement et sa reconnaissance pour notre histoire.
Je quitta Thomas quelques semaines avant de partir étudiée dans une autre ville, je fis le choix d'un nouveau départ, je venais d'avoir 19 ans, j'allais avoir mon premier appartement, je devrais me trouver un petit job étudiant, prendre ma vie en main et c'est une Charlotte dépravée mais amochée par sa précédente histoire qui allait devoir se reconstruire seule afin de devenir celle qu'elle voulait être ...
A suivre ...
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Gange déversait son flot argenté dans le petit matin déjà chaud. Un héron prit son envol, dépassa les roselières des berges avant de plonger au cœur du fleuve sacré et d’y revenir un poisson au bec. Heureux de sa prise, l’oiseau s’apprêtait à engloutir le malheureux piscidé lorsque des cris et des lamentations venus de l’autre rive lui firent lâcher sa proie.
Sur la berge d’en face, un noble cortège escortait la dépouille du Maharajah Abishek vers le bucher funéraire. Suivie de son aéropage de courtisans et de conspirateurs, la princesse Asha marchait fièrement derrière son défunt prince. En ce moment, elle n’écoutait ni les cris de douleurs des 36 pleureuses ni les conseils de l’ambassadeur anglais qui, servant les intérêts de la couronne, avait jugé bon de venir à la crémation. Lord Keningthon, d’ailleurs, ne voyait pas d’un mauvais œil le décès de ce jeune prince, mort en pleine nuit, dans le lit conjugal. Emporté, dépensier, il était jugé par ses paires comme par le peuple comme un homme superficiel qui aurait mené la région à sa perte. Pour l’heure, il convenait de compatir. Asha, à peine âgée de trente ans, aurait besoin de conseillers avisés pour administrer l’une des provinces agricoles les plus fertiles des indes. Keningthon, en était persuadé, sa carrière au service de sa Majesté, allait enfin décoller.
Il jeta un regard compatissant sur la princesse nouvellement veuve. Elle était fière et marchait avec résolution vers le bucher. La foule s’était amassée pour partager la souffrance de cette femme. Tous voulaient voir leur nouvelle souveraine, elle était si jeune et si belle. Saurait elle gouverner la région sans avoir les mêmes travers que son mari ? Saurait elle refuser l’aide intéressée des anglais tout en coupant l’herbe sous le pied aux différentes factions religieuses ?
A la fin de la prière, des fleurs furent jetées sur la barque funéraire de Rajyhv le prince abhorré. Contrairement aux usages, Asha se saisit du brandon que tenait le prêtre. Celui-ci se garda de protester mais un murmure parcourut la foule. Décidée, la princesse s’avança avec gravité vers le Gange. Elle se tourna vers la foule avec solennité avant de bouter le feu au vaisseau qui emmènerait son mari vers Shiva. Une ère nouvelle démarrait.
01 juillet 1922
Les hérons, dans le bassin du palais, se rafraichissaient à la recherche d’insectes. Le soleil, en pleine été, mordait les habitants, les bêtes et les cultures. Pourtant, depuis un an, la région prospérait. Un système d’irrigation assurait une eau abondante. Des dispensaires, négociés avec la couronne anglaise, partout se construisait mais la fierté de la princesse était d’avoir multiplié les écoles. Les filles, désormais, avaient non seulement le droit mais aussi l’obligation de se rendre chaque jour en classe. Asha voulait faire de sa région un modèle économique et social. Les hommes seraient occupés par les travaux des champs, la construction d’édifices publiques, l’assainissement des villes et des villages. Elle avait eu, au début de son règne, maille à partir avec une administration masculine peu encline à céder leurs privilèges mais d’habiles combinaisons politiques dont elle était la reine avaient écarté ses males dominants et paresseux hors des postes importants. Le peuple l’appréciait, elle le savait. Souvent, lors de ses visites, des enfants jetaient des pétales de roses sur son chemin. Les femmes la remerciaient, leurs rôles dans la société peu à peu évoluaient. Bien sûr, ces réformes en avaient froissé certains. Les communautés de fanatiques étaient traquées et leurs dirigeants effroyablement tués en place publique. Les nobles, les anglais, les fanatiques religieux perdaient leur influence dans cette région prospère à la population heureuse.
Ainsi allaient les pensées d’Asha en cette chaude matinée. Aujourd’hui, pas de conseil, pas de réunion, pas d’inauguration, cette journée serait oisive. Destinée à elle seule. Elle sortit du lit et défit son sari. La soie épousa un instant ses seins, s’attarda sur ses hanches avant de tomber sur le parquet. Elle s’assit face à sa coiffeuse et énuméra mentalement le nom des parfums et des onguents alignés. Groseilles et jasmin, ambre et benjoin, poudre de coton, fleurs d’oranger, baume apaisant, khôl, maquillage venu de France défilaient sous les doigts de la délicate princesse. Son doigt s’arrêta sur un bocal noir qui prenait la poussière. Un bocal qu’elle n’avait pas eu à utiliser depuis un an. Un bocal qui avait libéré son peuple et fait d’elle la femme la plus puissante du Kerala et peut être même des Indes. Ce bocal quelconque, qu’elle époussetait en souriant, contenait de la poudre de digitales et de laurier. Deux puissants poisons qui avaient eu raison du cœur de son époux. Elle se contempla dans le miroir, agrandit son regard d’un trait de khôl avant de sonner un domestique. Un bruit mât retentit dans le couloir suivi quelques secondes plus tard par l’arrivée d’une jeune femme tremblante malgré la chaleur. Comme le protocole l’exigeait et pour des raisons évidentes de sécurité, elle se déshabilla à l’entrée de la pièce. Asha apprécia la jeune femme du regard, son corps frêle échappé de l’adolescence, son sage chignon maintenu par une pointe en os traduisait son appartenance à un village en bordure de la ville.
« Comment t’appelles-tu ? »
Dit doucement princesse pour rassurer cette jeune paysanne qu’on envoyait à la capitale pour trouver un complément de revenu.
« Fraya »
Chuchota celle dont le dos était recouvert de tatouages rituels.
« Qui t’as fait ça ? »
Lança la princesse en désignant les glyphes étranges qui marquaient la peau délicate de sa femme de chambre.
« Des gens du village, des gens méchants »
« Nous verrons cela plus tard, masse-moi le dos veux-tu. »
La jeune fille contemplait les courbes de sa maitresse. Elle posa ses doigts sur la peau délicate et parfumée, glissa quelques gouttes d’huile dans le creux des épaules d’Asha qui l’invita à monter sur le lit. La princesse se doutait du trouble qu’elle suscitait mais préféra l’ignorer pour le moment.
« D’habitude, c’est Aajay qui a ce privilège. C’est le plus merveilleux des eunuques qui soit, ses mains valent de l’or tu sais ».
La jeune fille marqua un temps d’arrêt, un peu confuse puis se rattrapa.
«Ajaay m’a fait dire qu’il ne pourrait pas venir maîtresse, il est au chevet de sa mère qui est gravement malade ».
« Tu le remplaces à merveille Fraya »
Elle plaça quelques gouttes d’huile entre ces fesses et demanda à sa servante de masser.
« Je veux être parfaitement détendue »
L’autre comprit ce que sa maîtresse attendait, tremblante d’excitation, elle écarta avec délicatesse les magnifiques lobes fessiers avant de masser sa princesse. Elle sentait les lèvres se détendre sous ses doigts, le clitoris doucement gonfler. Elle glissa un doigt dans le sexe humide puis entama un long vas et viens. La princesse écartait davantage les cuisses, son bassin remuait en quête de plaisir. Aussitôt Fraya enfourna un deuxième doigt dans les profondeurs parfumées d’Asha. Selon les principes du Kama Sutra, son pouce vint titiller l’anus brillant d’huile de massage. L’anneau rapidement s’ouvrit et se referma sur le pouce de celle qui n’était plus une simple servante ou une paysanne et qui devenait amante et concubine.
Fraya cessa ses massages pour introduire sa langue dans le Yoni de sa maitresse. Sous ses habiles caresses, Asha sentit son sexe s’électriser puis fondre. Elle se cambra davantage pour permettre l’accès à son clitoris. Aussitôt, la féline Fraya pompa le dard érigé, sa langue aspirait le nectar qui s’écoulait de sa bienfaitrice. Elle sentait sa compagne proche de la jouissance, le moment était venu. Elle plaqua sa bouche sur le clitoris et l’embrassa avec volupté tandis que son majeur s’enfonçait profondément dans le cul d’Asha qui s’agrippa au lit, crispée, par une jouissance intense et fulgurante.
Repue par le plaisir, l’esprit d’Asha vagabondait. Elle contemplait la pièce d’un regard brumeux, perdu de plaisir. Les cris des hérons, le bruit de l’eau, les croassements des grenouilles et le tumulte du palais se mélangeaient aux tapis, aux étoffes, aux parfums sur la coiffeuse.
Fraya, toujours sur elle, défit son chignon, ses cheveux noirs de jais tombèrent sur ses frêles épaules. De la détermination s’affichait dans son regard lorsqu’elle brandit la broche en os acéré dans le dos de la princesse. Pour qui se prenait cette idiote, de quel droit pouvait-elle défier les Dieux et les coutumes ancestrales. Il fallait qu’elle paie. Elle voulut abattre le poignard entre les omoplates mais la princesse l’interrompit froidement.
« Tu crois que je ne sais pas qui t’envoie ? Tu crois que je n’ai pas compris ? Le bruit dans le couloir, ce bruit sourd à peine masqué, c’était le corps d’Ajaay que tu venais d’assassiner, n’est-ce pas ? Et tes tremblements à ma vue provenaient non pas de ton trouble mais de la peur que tu eus en égorgeant cet homme ? »
Fraya troublée par les déductions d’Asha ne vit pas partir le coup puissant que la princesse lui asséna au visage. Quand elle se réveilla, elle était enchainée dans un sombre cachot.
Chapitre 2
Le 02 juillet 1922
Le regard d’Asha embrassait la cour de son palais, les artisans s’activaient en contrebas, un dais immense se dresserait dans les jardins d’ici quelques jours. Sur une estrade, une femme au sari vaporeux dansait autour d’un cracheur de feu. La saltimbanque, d’une rare beauté, semblait planer aux sons d’un joueur de veena, sorte de guitare indienne. Ses poignets et chevilles portaient des clochettes de cuivres qui rythmaient la représentation. L’ensemble onirique hypnotisait quelques paysans venus discuter le prix de moutons, de poulets et d’autres victuailles qui seraient dégustés lors d’un important gala réunissant l’ensemble des protagonistes de la région. Il fallait afficher sa puissance et sa prospérité sans en faire trop. Il fallait faire en sorte que chaque convive apprécie les mets qu’il avait dans l’assiette car un bon repas fait souvent mieux passer les réformes qu’une armée de diplomates. Les plans de la princesse s’affinaient mais une ombre passa sur ce regard qu’on pourrait croire d’une infinie douceur. Il lui fallait trouver deux nouveaux domestiques pour remplacer Fraya et le pauvre Aajay. Elle sonna un domestique et reçut quelques minutes plus tard son plus fidèle guerrier, Padmahdar. La montagne de muscles, comme l’appelaient ses détracteurs, pénétra dans le bureau, se prosterna aux pieds de sa maitresse. Asha sourit, elle savait que ce noble guerrier, loin d’être une simple machine à tuer, était un brillant stratège et un homme de cœur. A la façon prolongée qu’il avait de rester à genoux, à son regard peut être également, elle devinait qu’il lui portait un amour profond et sincère. Elle le fit relever et l’invita à s’assoir.
« Aujourd’hui Aajar est mort, sa meurtrière croupit dans les geôles du palais ».
Elle connaissait bien Padmahar et pouvait voir sous ses traits impassibles bouillir le désir de laver l’offense faites à sa princesse. Elle prit les devant comme pour le rassurer.
« Ne t’inquiète pas, Je punirai personnellement la coupable. En revanche, je te charge de me trouver deux nouveaux domestiques. Une jeune femme et un jeune homme. Je les veux en bonne santé, apeurés et reconnaissants »
Dit celle qui tournait autour de la chaise de son guerrier l’obligeant ainsi à la chercher du regard. Délicatement, elle se plaça derrière la chaise et lui susurra à l’oreille ce à quoi étaient destinés les nouveaux domestiques. L’impassible guerrier rougit visiblement troublé par les paroles d’Asha qui affichait un sourire étrange. L’entretien se porta ensuite sur l’intendance puis les préparatifs du sommet où siègeraient les anglais, les principales factions du Kérala ainsi que quelques religieux dont certains s’étaient élevé contre les lois affirmant la liberté des femmes. Une fois Padmahar congédié, Asha se changea. Habillée de cuir, elle descendit dans les profondeurs du palais. Ceux qui la croisèrent ce jour-là purent voir cette femme aux formes envoutantes, réputée pour sa bienveillance, afficher un regard sombre et déterminé. Elle ne tint aucun compte des supplications des prisonniers de droits communs qui essayaient, en vain, de l’apitoyer. Son parcours la menait plus bas encore, dans les tréfonds du palais, dans un endroit oublié de tous, un endroit sombre, un endroit humide où nul homme ne méritait de séjourner. Arrivée devant une porte blindée mangée par la rouille, elle décrocha un lourd fouet d’une patère proche. Le châtiment allait débuter.
Elle ouvrit la porte du garde mangé et appela ses enfants. Il ne restait à la famille de Sunita qu’un maigre sac de riz et quelques fruits secs pour tenir jusqu’à la fin du mois. Agée de quarante ans mais en paraissant soixante, la cheffe de famille n’arrivait plus à subvenir aux besoins de ses 5 enfants. Les réformes de la nouvelle princesse allaient dans le bon sens. Scolariser les filles, astreindre les hommes aux tâches agraires et à l’artisanat bénéficiaient aux femmes. Elles pourraient, une fois éduquées, revendiquer les plus hautes fonctions administratives, entrer dans le négoce et pourquoi pas à la avec la compagnie des Indes. Mais, pour le moment, Sunita voyait surtout ces changements de façon négative. Mira sa fille de 25 ans pouvait déjà travailler mais Arya et Neela âgées de 10 et 13 ans ne pourraient plus aider aux champs. Si l’éducation était nécessaire, elle prenait du temps. Temps dont la mère de famille ne disposait plus. Elle fit part aux ainés de ses soucis et tous cherchèrent une solution pour pouvoir passer ce mois difficile. On vendrait quelques meubles. On braderait l’uniforme et le sabre de Samkar, le père tué lors d’un conflit avec les sectateurs de Kali. En rationnant encore davantage, on passerait probablement la fin du mois. Mira soupira, elle savait que dans un mois, les ennuis les rattraperaient. Une idée traversa son esprit empli de tristesse. Elle avait une décision à prendre, elle n’avait que trop tardé. Une fois le conseil familial passé, elle se rendit directement dans le quartier le plus mal famé de Kochi. On murmurait que, là-bas, l’air était empoisonné par le vice des habitants. Des pactes avec les démons étaient scellés dans le plus grand des secrets et que les sacrifices humains étaient monnaie courante. La garde, elle-même, n’osait y mettre les pieds. Discrète, Mira gagna pourtant une taverne qu’elle connaissait de réputation. Elle avait choisi de donner son corps pour les besoins de sa famille. Mais la pauvre n’eut pas le temps de rentrer dans l’établissement sordide. Un homme immense s’avança vers elle. Il portait une mante dont l’ombre masquait le haut du visage. Elle chercha à s’enfuir dans le labyrinthe des ruelles mais chaque fois, l’homme apparaissait au loin. Prise de panique, elle s’enfonça dans le dédale de ce quartier formé de bric et de broc lorsqu’une main puissante lui saisit le poignet.
« Que cherches tu par ici ? »
L’interrogea l’homme qui, sous sa cape, portait le coutelas de la garde princière.
« Laissez-moi. Vous avez très bien ce que je fais ici »
Lança Mira les yeux pleins de colère. L’homme, la regarda plus calmement. Elle était gracieuse, s’exprimait bien pour une fille du peuple. Au lieu de lâcher sa prise, il la serra un peu plus fort.
« J’ai besoin d’argent…Ma famille doit se nourrir…Lâcher moi monsieur, je ferai tout ce que vous désirez ».
Touché, Padmahar répondit que les raisons qui le poussait à fréquenter ce quartier étaient secrètes. Il recherchait des domestiques pour la princesse Asha afin de la servir en toutes circonstances. Cela impliquait, hélas, qu’elle ne verrait plus jamais sa famille mais qu’une somme mensuelle serait allouée pour permettre à ses frères et sœurs de vivre honorablement. Asha était sur le point d’accepter lorsque son frère sortit d’une ruelle adjacente. La crainte l’avait poussé à suivre sa sœur puis la peur s’était emparée de lui lorsqu’il vit cet homme à la musculature imposante empoigner sa sœur. N’ayant pour arme que sa colère, il courut droit vers Padmahar qui ne semblait pas vouloir bouger. Au moment de l’impact, le militaire esquiva le jeune homme qui s’effondra dans un amas de caisses et de détritus. D’un geste rapide le chef des gardes assomma le jeune homme à l’aide du pommeau de son coutelas. Refusant de se calmer, Mira se mit alors à crier alertant quelques mendiants qui erraient en quête de nourriture. Padmahar n’eut qu’à monter son arme pour faire détaler les curieux. Il attacha Mira et son frère avant de les bâillonner et de les hisser dans une charrette. Pour lui, la journée n’avait pas si mal commencé.
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Parce qu’il y a ses fesses, et son désir de punition…
Ses fesses, son cul, son derrière, son postérieur, son derche, sa lune…
Elle vient.
Ou je cours pour la retrouver.
Elle vient en train. Je l’accueille à la gare. Je la prends dans le parking en sous-sol de la gare, derrière le pilier, contre lequel j’ai garé mon véhicule à moteur (il m’arrive parfois de penser à tout).
La première fois que nous nous sommes vus, dix minutes après l’avoir accueillie : j’étais en elle. Appuyée contre ce pilier de béton, troussée, le cul nu. Fourrée. Baisée.
Mais elle n’aime pas risquer d’être vue, surprise.
Elle peut parfois en frôler la crise de nerfs : lorsque je l’ai attachée, à moitié nue, contre un arbre en montagne, pour la fouetter… mais si près d’un chemin…
Je cours vers elle.
Je roule : plus de 600 km pour la rejoindre. Passer dix jours avec elle.
Je roule. La nuit. Pour la rejoindre le temps d’un week-end. Je la réveille à 3 heures du matin. Son visage plein de sommeil. Elle. Dans mes bras.
*
Parce qu’il y a ses fesses et son désir de punition : je la corrige.
Je la corrige… je corrige la « vilaine fille ».
Accroupie sur le lit, le cul tendu – ou allongée en travers de mes cuisses : je la fesse. Son cul nu. Ou avec sa culotte.
Elle porte une culotte sous sa robe. Ou n’en porte pas.
Quand elle vient, elle la retire toujours dans le train. Je l’accueille : le cul nu.
Quand nous nous promenons : c’est selon mon désir.
Mais quand nous rentrons, chez moi : elle sait qu’elle doit retirer soutien-gorge et culotte si elle en porte. Elle sait qu’elle doit être «accessible », disponible… Je veux pouvoir, quand je le désire, caresser ses fesses nues, voir et empoigner ses seins… elle est ma putain… elle est ma putain pour moi…
*
Ses fesses, son derrière, son cul…
Là où tend mon regard, où se dirige ma main…
Fessée rituelle… pour la préparer…
Fessée pour la faire avouer… la préparer à subir : d’autres sévices… supplices…
La voir se coucher en travers de mes cuisses…
Son désir, son acceptation… de cette posture… elle m’offre son postérieur… son impudeur…
Sa face cachée… elle s’offre… elle me fait confiance… elle s’en remet à moi… entre mes mains…
C’est comme ça.
La fesser, la caresser, l’ouvrir.
Caresser ses fesses… son sexe… vérifier si elle est trempée… ouverte… bonne à prendre…
La fesser… plus ou moins fort… plus ou moins vite… ou lentement…
Sur quelle fesse frapper ?
Où ?
Comment ?
Frapper au même endroit ?... là où ça fait si mal…
La fesser pour la marquer…
Et si elle tente de mettre sa main, elle sait qu’elle sera reprise, tenue… et que je frapperai encore… au même endroit…
Je le lui dois.
*
La fesser.
La corriger.
La châtier.
La battre.
« punition physique », « châtiment corporel » : je cite ses mots.
*
Je frappe fort avec la badine ou la cravache.
Nous allons « cueillir des verges » : des branches fraîches de noisetier que je « vole » dans un bois, effeuille, prépare… elle en a pleuré…
*
Il y a eu ce jour, chez elle, sur sa terrasse, où le l’ai « collée contre le mur ».
Soudain il y a ce mur. Le mur de sa maison. En crépi blanc.
Alors que nous buvons un verre sur la terrasse. Soudain ce désir : le mur existe.
Alors vite : remonter sa robe, dénuder ses seins, baisser sa culotte sur ses cuisses. Refermer le volet qui gêne.
Et la coller face au mur. Contre.
Le crépi griffe.
Et je soulève ses seins pour qu’ils soient bien contre.
J’appuie sur sa nuque, ses reins. Et je la fesse. Là dehors. Face à la vallée en contrebas de la terrasse. Face aux montagnes. Les claques résonnent.
Je la fesse.
Je voudrais qu’elle s’incruste dans le mur. Chaque claque un peu plus.
Ensuite, la mener par la main, sa démarche entravée par la culotte, la mener jusqu’au bureau sous le toit. La faire avancer. Et dans la pièce, la dénuder.
Quand je reviens, après être allé chercher dans la chambre « le matos », elle tient la poutre, les bras levés au-dessus de la tête. Inutile de l’attacher.
Je la frappe avec la badine en bambou. Je la baise. Je la fous.
Et elle m’annonce : « 55 coups ». Elle les a comptés dans sa tête. Sans me le dire.
Plus tard, le soir, je la fesse et la cravache. Elle compte encore mentalement les coups.
*
Combien de coups donnés, reçus…
Des dizaines, des centaines, des milliers…
Je pense à ce titre du roman d’Apollinaire : « Les onze mille verges »…
*
Parce qu’il y a ses fesses, son cul…
Il y a les orties, la badine, la cravache, le fouet… et tous ces objets que j’ai détournés : en cuir : une patte d’épaule, une sangle, la spatule, la règle en plastique… les martinets que j’ai fabriqués, bien sûr…
Je la travaille au corps…
Corrections, punitions, plaisirs et jouissances.
Parce qu’elle est une vilaine fille.
Je la baise.
Je baise la vilaine fille qu’elle est.
Je la corrige.
C’est très compliqué.
*
Perversité.
*
Quand nos voix changent.
Quand elle fait silence au téléphone et que je lui parle, lui reproche son comportement, ses manques, ses fautes… elle m’écoute… elle se tait… sa voix change…
Elle redevient la petite fille… contrite, fautive…
Elle écoute… elle imagine… elle attend…
*
Ses fesses, son derrière, son cul…
Je l’encule.
Je l’encule à vif.
Je l’encule.
« Tu me fais mal ». Je passe outre.
Je l’encule.
*
Nous nous sommes trouvés.
La sodomie a longtemps été, pour moi, un trou noir. Un point aveugle. Un fantasme.
Puis une banalité.
J’encule.
Avec elle : c’est différent.
Parce que nous savons tout ça.
Parce qu’elle adore être enculée.
Nous nous sommes trouvés.
*
Alors, je la fesse, je la punis, je la corrige.
D’une main ferme.
Fermeté.
Sévérité.
Autorité.
Rires.
Nous rions, nous nous amusons beaucoup…
Mais il y a ces mots : fermeté, sévérité, autorité. Et leur réalité.
*
C’est très compliqué…
*
Dire, écrire, lui parler publiquement… publier ce texte, ces mots… alors que je sais qu’elle déteste ça…
Et pourtant…
Il le faut.
*
Parce qu’il y a son sourire… elle doit être corrigée…
C’est un paradoxe.
Son sourire me fait tout oublier.
Son sourire : mignonne à croquer.
Et pourtant : la vilaine fille qu’elle est parfois sera corrigée. Il le faut.
C’est comme ça.
Il y a cette évidence de ce que nous sommes, de ce que nous vivons.
C’est comme ça.
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Si je devais me fondre en une couleur
Je me poserais sur dégradés harmonieux
Mesurant les gammes intenses des saveurs
Dévoilées en les subtiles fragrances du bleu
Je me couvrirais au gré de mes tempérances
Sur cette symphonie aux volutes infinies
En échantillonnage successif de nuances
Aux symbioses ineffables de mes euphonies
Au clair obscur de mes états d’âme
Il s’accorde sous le ciel de mes pensées
Profond ou de transparence le porter en oriflamme
Son cristal miroitant sa légion de tonalités
Quantifié en couleur froide et primaire
Il se joue de pastel, saphir, pétrole, acier
De marine, indigo, Prusse, outremer
Céruléen, turquoise, myosotis, azuré
Vaste panoplie sur ses partitions où il prend rôle de père
Donnant multiples naissances au rouge et jaune mélangés
Il figure la sagesse, le rêve, la vie qu’il tempère
Une couleur qui au demeurant reste ma préférée
Le 02 07 2022
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Samedi 25 juin, je déambulai seul, au hasard, dans les rues de Rambouillet. Mon ami m'avait planté, à la dernière minute, dans cette fête de la musique bruyante et colorée. Maudissant les pitoyables excuses de mon ancien camarade d'université, je fis contre mauvaise fortune bon coeur et décidai de flâner d'un groupe de musiciens à l'autre. La gaieté d'un jazz manouche côtoyait des nappes de synthé new wave d'adolescents depressifs sortis du lycée. Plus loin, une bière à la main, je me laissai porter par quelques notes de Blue lorsqu'une batucada assourdissante vint disperser ma mélancolie et le petit attroupement nous formions. Fuyant cette agression auditive, je me repliais sur une placette, une sorte de renfoncement qui donnait sur un joli palais au nom napoléonien. Là, de jeunes artistes réinterprètaient des standards de la scène française. Brel en reggae, Brassens revisité à la guitare électrique, Gainsbourg en accoustique attiraient un public de plus en plus important. L'ambiance nacquit devant moi. On dansait, on reprenait quelques refrains connus, les rires se propageaint, la bonne humeur se faisait contagieuse. Un peu esseulé dans cette foule complice, j'allai au bar le plus proche commander un verre. C'est là que je la vis, pour la première fois, juste derrière moi.Elle était là, juste derrière moi, ses longs cheveux bruns cascadait sur ses épaules nues et venaient s'enrouler sur une rose écarlate qu'elle avait tatoué sur sa peau bronzée. Je me retournai, le plus discrètement possible au passage de mon inconnue. vêtue de nuit, elle portait un bustier sombre où s'entrelaçaient des motifs complexes ainsi qu'un pantalon de cuir qui mettait en valeur ses hanches superbes. Conscient du trouble que me procurait cette vision trop parfaite, je baissai aussitôt les yeux conscient. Une beauté sauvage et vénéneuse ne pouvait s'intéresser à moi, elle devait avoir une foule de prétendants plus jeunes, plus beaux à la conversation bien plus passionnante. Contre toute attente, elle posa son regard dans le mien, ses lèvres pulpeuses esquissèrent un sourire et émirent des paroles que je ne parvins pas, sur le coup, à comprendre. J'étais happé, je plongeais dans l'abyme sombre de ses prunelles et imaginai, naïvement, m'y noyer tel le marin en contemplant les sirènes. Les lèvres d'un rouge profond remuèrent encore me sortant de ma rêverie.
"Ton sac est ouvert" dit elle en s'approchant davantage.
"Oh pardon" bredouillai je en le refermant maladroitement avant de laisser ma place au bar.
Regagnant la scène, je me remémorai le parfum de la belle. Des notes florales lourdes, capiteuses constituaient une essence qui ne me laissa pas indifférent. Cette effluve subtile devait imprégner chaque partie de son corps, se perdre dans sa chevelure, s'épanouir sur ses seins.
"Pouvez pas faire attention?!" Pris par la foule, un ado venait de me donner une bourrade renversant à demi mon gobelet de bière. le jeune maugréa un début d'excuse avant de s'éclipser, anonyme, dans la foule. J'épongeai comme je pus ma main mouillé et vis la mystérieuse inconnue me sourire. Maladroit, je lui renvoyai une moue dépitée mais la brune était passé à autre chose et entamai quelques pas de danses aussi subtiles que maitrisés. Je m'en voulus aussitôt d'être aussi timide. Si j'avais su surpasser ce défaut, je l'aurai abordé, peut être même aurai je même entamé quelques pas de danse pour briser la glace. Mais, accablé par une récente rupture, délaissé par les copains, j'avais, à l'époque, assez peu confiance en mes capacités de séducteur. Entrainé par l'ambiance, je "suivais le groupe" applaudissant et chantant aux reprises de "la bombe humaine" et de "l été indien". Parfois, je lançai un regard discret vers celle qui avait réveillé en moi cette envie que je croyais disparue et à chaque fois, il me semblai qu'elle aussi me fixait. Ses regards, loin d'être rieurs, étaient longs, insistants, presque intimidants. J'étais troublé. Comment cette femme splendide et hautaine pouvait jeter son dévolu sur quelqu'un comme moi, ou plutôt, quelqu'un d'aussi insignifiant que moi. Esprit cartésien, je mis mes visions sur le compte de la bière, de la fatigue et de mon imagination. Je passai la soirée à ignorer celle qui bientôt changerait ma vie. Vers minuit, le groupe nous salua et acheva son tour de chant par mistral gagnant. Tandis que les derniers projecteurs s'éteignaient, l'odeur enivrante du parfum de la belle me fit me retourner. Elle était là, face à moi et me dominait par sa taille et son regard. Sans un mot, elle me prit par la main et m'entraina entre les groupes de badauds. Nous gagnâmes la rue principale, laissâmes le passage fleuri derrière nous pour entrer dans une cours pavée. La sombre inconnue libéra son étreinte tandis qu'une fille en tenue de soirée pailletée regagnait son logis. J'étais seul dans cette cours pavée éclairée par la pleine lune. Celle qui m'avait amené là avait disparu derrière une porte à l'étage. Je compris que je devais prendre cette ultime décision moi même.
Je la suivi.
Les escaliers gravis, je perçus des cris étouffés provenant de cet ancien corps de ferme bâti à la renaissance. Je montai les marches, intrigué, et franchit la porte entrouverte. Face à moi, la belle inconnue languissait dans un canapé tendu de velours rouge. Des bougies disposées sur les meubles et la table basse éclairaient faiblement le salon renforçant le côté irréel de la scène. Peut-être en était-ce un? Si tel était le cas, je devais en profiter car même les plus beaux rêves ont une fin. J'affichai un sourire séducteur et me dirigeai vers la belle qui, maintenant se caressait langoureusement de ses mains gantées de noir. Enfin j'arrivai face à l'égérie de mon rêve, celle-ci me toisait d'un regard dur, presque carnassier. Décontenancé, je rougis. je sentais que ma place n'aurait pas dû être ici. J'allais bredouiller une quelconque excuse ou me pincer très fort pour revenir à la réalité lorsqu'une main puissante m'agrippa pour me faire une clé de bras. La poigne était si forte et la douleur si vive que je tombai à genoux.
"Attache-le solidement mais ne l'abîme pas trop, nous aurons encore besoin de lui" lâcha mon inconnue d'une voix cassante à l'homme de main derrière mon dos occupé maintenant à me menotter.
"Tu es vraiment trop naïf toi. Comment crois tu qu'une femme de mon importance puisse s'enticher d'un type aussi quelconque" railla t elle avant de m'ordonner de lécher ses bottes. Comme je refusai, l'homme derrière moi plaque ma bouche contre le cuir récemment ciré. Je ne voyais plus ma tortionnaire mais devinais qu'elle se délectait de cette soumission forcée.
"Ta mère ne t'a -t- elle jamais dit de ne jamais suivre les inconnues?" poursuivit celle qui serait bientôt ma maitresse.
Servilement je tendis ma langue et vint lécher le haut de ses bottes. Curieusement, je sentais mon bas ventre réagir à cette situation humiliante. Mon sexe se dressait et tendait vigoureusement la toile de mon jean. J'étais perdu.
"Tu m'appelleras Madame désormais; tu ne mérites pas de connaître mon prénom et encore moins mon nom. Tu seras désormais mon esclave, ma bonniche où ce dont je jugerai bon". Joignant le geste à la parole, elle me tendit les semelles à nettoyer. Comme je m'y refusais, l'homme derrière moi me plaqua au sol et "Madame" écrasa ma joue de ses bottes.
Une jeune femme entra alors dans la pièce. La coupe à la garçonne, la jeune femme ne devait pas avoir plus de 20 ans. Elle était nue ou presque, De fines lanières de cuir soulignaient les formes parfaites de la nymphette, un collier et des piercings sur ses aréoles témoignaient de sa servitude. Elle disposa un plateau avec une coupe de champagne et divers instruments à portée de la maîtresse des lieux. Je voulus protester, prendre la jeune fille à témoin mais celle-ci prit un air résigné face à mes protestations tandis que l'homme de main derrière moi me tirait par les cheveux pour me faire lever la tête. Ma bouche fut forcée et Madame y plaça une balle de latex rouge.
"A ta nouvelle condition!" lança-t-elle tandis que mes protestations se perdaient, grotesques, assourdies par le baillon. Pendant ce temps, je réalisai, stupéfait, que l'on découpait mes vêtements. Enquelques secondes je fus nu et commençais ma nouvelle existence.
Celle que je devais maintenant vénérer se saisit d'un objet sur le plateau d'argent apporté par sa servante. Il s'agissait d'un martinet tressé de cuir noir et rouge. L'objet, qu'elle soupesait dans sa main, semblait particulièrement lourd. Je voulus me relever pour protester mais les mains fermes de type derrière moi me maintenirent au sol. Là, sans raison aucune, une pluie de coups me cingla le corps. Affalé par terre, la tête plaquée au sol par le pied de l'homme de main, je ne distinguai que les bottes de celle qui tournait autour de moi et me tannait la peau. Parfois, le martinet tournoyait et venait meurtrir mes fesses, d'autrefois, des frappes puissantes s'abattaient sur mes cuisses et mon dos. Le supplice sembla durer des heures, les larmes me montaient aux yeux sans que mes tortionnaires ne manifestent de la pitié. Brutalement, la punition prit fin. Je restai sans pouvoir bouger affalé sur le sol. J'imaginais les morsures des lanières de cuir qui boursoufflaient horriblement mes chairs. Je sentais la douleur et la chaleur sourdre des plaies. Anéanti, je me laissai passer un collier autour du cou, une cagoule de cuir ainsi que des bracelets de cuir aux chevilles et aux pieds. J'étais plongé dans le noir, à la mercie de ce trio étrange et pervers mais je savais que protester était vain. il fallait que j'attende la fin de ce mauvais rêve.
Mes pensées furent interrompues par Madame qui tirait sur ma laisse. Je tatonnai dans les ténèbres de ma cagoule vers le canapé jusqu'à ce qu'elle me saisisse la tête pour la plaquer sur sa chatte épilée.
"Lèche moi et fait ça bien sinon..." Elle ne termina pas sa phrase et joignit le geste à la parole. une badine déchira l'air et vin met s'abattre sur mon dos.
Ma langue vint lapper les grandes lèvres de Madame qui poussa un soupir d'aise. Elle mouillait déjà abondamment. A croire que les supplices qu'elle m'imposait lui donnaient du plaisir... J'appliquai de longues caresses profondes et m'imprégnai de l'odeur enivrante de ma nouvelle propriétaire. Je pouvais sentir les mouvements larges du bassin sur le canapé, je percevais les cris contenus prémices de la jouissance. La moindre caresse sur son clitoris pouvait la faire jouir. Je pompai cette tige dressée lorsqu'un mouvement de la laisse me projeta en arrière.
"Sonia, viens ici". Des talons claquèrent sur le parquet tandis que la jolie garçonne s'approchait.
"Il ne mérite pas de me faire jouir, n'est ce pas?"
"Non Madame" dit Sonia de la voix la plus neutre possible.
"Et pourquoi donc ma petite" répliqua faussement ingénue celle qui m'avait privé de son nectar.
"Parce que ce n'est qu'une petite salope, Madame. Un trou à bites qui ne rêve que d'être tringlé." poursuivit Sonia sur le même ton.
"C'est vrai Sonia, tu as raison, ils sont tous les mêmes" se plaignit Madame.
"Sébastien approche et t'assieds toi." Il s'exécuta et vint auprès de maitresse déjà assaillie par les coups de langue de Sonia.
Elle plaque ma bouche sur le sexe mou de l'homme de main. Comme je refusai de le prendre en bouche, elle me cingla de nouveau le dos. Mes lèvres roulaient du sexe aux couilles. Il se servait de ma tête pour se branler. Lorsque sa queue fut de bonne taille, il me plaça un bâillon qui me maintenait la bouche ouverte puis vint engouffrer sa queue en moi. Il me forçait littéralement et se servait de ma bouche comme d'une chatte. Ses mains guidaient ma tête en impulsant des mouvements de vas et viens puissants. Sa bite grossissait sous ma langue, son odeur forte me dégoûtait. Lorsque je finis par m'étrangler sous les coups de butoir, Madame rit franchement.
'Cette petite traînée manque d'expérience mais elle semble t'exciter. Sonia, öte lui sa cagoule, il faut qu'il voit comment aimer une femme".
La lumière tamisée des bougies éclairait Madame. A demie étendue sur un lit à baldaquin, non loin du canapé, elle prenait en main la queue de Sébastien. Le sexe énorme, au gland démesuré, tenait à peine dans les mains de celle qui le dirigeait vers sa chatte. Vicieusement, Sonia me conduisit devant le couple. J'étais à quelques centimètres du coît et pouvait voir le pieu de chair pénétrer profondément ma perverse tortionnaire. Elle poussa un long feulement de satisfaction avant de frapper d'une cravache les fesses musclés de l'Apollon. La cadence des coups imprimait le rythme voulu par ma domina. De là où j'étais, je pouvais voir son sexe se distendre, se dilater de plaisir et de mouille. Je pouvais voir les efforts crispés de Seb pour ne pas jouir dans cette chatte tant désirée. Je pouvais voir le plaisir des deux monter. Soudain, Madame se cambra et lacéra violemment le dos de son partenaire. Son emprise se figea, ses yeux se perdirent au loin. Ses ongles constituaient maintenant les seuls points d'amarrage à la réalité. Madame était loin, sur les rivages de la jouissance. En quelques assauts Seb partit dans un râle viril. Ils restèrent ainsi un moment, arrimés l'un à l'autre, partageant un sentiment que je ne connaîtrai sans doute jamais. Puis, lentement, ils se désunirent. Sonia accompagna le colosse culturiste à la salle de bain tandis que je restai agenouillé face à Madame et sa perversité.
"Approche et embrasse-moi" dit-elle, sensuelle.
Je lui donnai un baiser sur ses lèvres pulpeuses puis un autre dans le cou, sur les joues. Je retrouvai avec plaisir le parfum de notre rencontre. Un parfum suave et capiteux qui m'avait littéralement hypnotisé. Sa main traîna à proximité. J'embrassais sa paume avec dévotion, je baisais chaque doigt avec douceur. Je suivais de mes lèvres le trajet de sa main, je m'attardai sur ses seins aux tétons dressés par l'amour, mes lèvres descendirent dans le creux de son ventre pour y découvrir un piercing au nombril. Enfin, Madame me prit délicatement par les cheveux et m'indiqua son entrejambe.Un filet blanchâtre de sperme et de mouille s'écoulait paresseusement sur les draps souillés.
"Maintenant, lèche salope" ordonna-t-elle sèchement.
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Samedi 25 juin, je déambulai seul, au hasard, dans les rues de Rambouillet. Mon ami m'avait planté, à la dernière minute, dans cette fête de la musique bruyante et colorée. Maudissant les pitoyables excuses de mon ancien camarade d'université, je fis contre mauvaise fortune bon coeur et décidai de flâner d'un groupe de musiciens à l'autre. La gaieté d'un jazz manouche côtoyait des nappes de synthé new wave d'adolescents depressifs sortis du lycée. Plus loin, une bière à la main, je me laissai porter par quelques notes de Blue lorsqu'une batucada assourdissante vint disperser ma mélancolie et le petit attroupement nous formions. Fuyant cette agression auditive, je me repliais sur une placette, une sorte de renfoncement qui donnait sur un joli palais au nom napoléonien. Là, de jeunes artistes réinterprètaient des standards de la scène française. Brel en reggae, Brassens revisité à la guitare électrique, Gainsbourg en accoustique attiraient un public de plus en plus important. L'ambiance nacquit devant moi. On dansait, on reprenait quelques refrains connus, les rires se propageaint, la bonne humeur se faisait contagieuse. Un peu esseulé dans cette foule complice, j'allai au bar le plus proche commander un verre. C'est là que je la vis, pour la première fois, juste derrière moi.Les escaliers gravis, je perçus des cris étouffés provenant de cet ancien corps de ferme bâti à la renaissance. Je montai les marches, intrigué, et franchit la porte entrouverte. Face à moi, la belle inconnue languissait dans un canapé tendu de velours rouge. Des bougies disposées sur les meubles et la table basse éclairaient faiblement le salon renforçant le côté irréel de la scène. Peut-être en était-ce un? Si tel était le cas, je devais en profiter car même les plus beaux rêves ont une fin. J'affichai un sourire séducteur et me dirigeai vers la belle qui, maintenant se caressait langoureusement de ses mains gantées de noir. Enfin j'arrivai face à l'égérie de mon rêve, celle-ci me toisait d'un regard dur, presque carnassier. Décontenancé, je rougis. je sentais que ma place n'aurait pas dû être ici. J'allais bredouiller une quelconque excuse ou me pincer très fort pour revenir à la réalité lorsqu'une main puissante m'agrippa pour me faire une clé de bras. La poigne était si forte et la douleur si vive que je tombai à genoux.
"Attache-le solidement mais ne l'abîme pas trop, nous aurons encore besoin de lui" lâcha mon inconnue d'une voix cassante à l'homme de main derrière mon dos occupé maintenant à me menotter.
"Tu es vraiment trop naïf toi. Comment crois tu qu'une femme de mon importance puisse s'enticher d'un type aussi quelconque" railla t elle avant de m'ordonner de lécher ses bottes. Comme je refusai, l'homme derrière moi plaque ma bouche contre le cuir récemment ciré. Je ne voyais plus ma tortionnaire mais devinais qu'elle se délectait de cette soumission forcée.
"Ta mère ne t'a -t- elle jamais dit de ne jamais suivre les inconnues?" poursuivit celle qui serait bientôt ma maitresse.
Servilement je tendis ma langue et vint lécher le haut de ses bottes. Curieusement, je sentais mon bas ventre réagir à cette situation humiliante. Mon sexe se dressait et tendait vigoureusement la toile de mon jean. J'étais perdu.
"Tu m'appelleras Madame désormais; tu ne mérites pas de connaître mon prénom et encore moins mon nom. Tu seras désormais mon esclave, ma bonniche où ce dont je jugerai bon". Joignant le geste à la parole, elle me tendit les semelles à nettoyer. Comme je m'y refusais, l'homme derrière moi me plaqua au sol et "Madame" écrasa ma joue de ses bottes.
Une jeune femme entra alors dans la pièce. La coupe à la garçonne, la jeune femme ne devait pas avoir plus de 20 ans. Elle était nue ou presque, De fines lanières de cuir soulignaient les formes parfaites de la nymphette, un collier et des piercings sur ses aréoles témoignaient de sa servitude. Elle disposa un plateau avec une coupe de champagne et divers instruments à portée de la maîtresse des lieux. Je voulus protester, prendre la jeune fille à témoin mais celle-ci prit un air résigné face à mes protestations tandis que l'homme de main derrière moi me tirait par les cheveux pour me faire lever la tête. Ma bouche fut forcée et Madame y plaça une balle de latex rouge.
"A ta nouvelle condition!" lança-t-elle tandis que mes protestations se perdaient, grotesques, assourdies par le baillon. Pendant ce temps, je réalisai, stupéfait, que l'on découpait mes vêtements. Enquelques secondes je fus nu et commençais ma nouvelle existence. Celle que je devais maintenant vénérer se saisit d'un objet sur le plateau d'argent apporté par sa servante. Il s'agissait d'un martinet tressé de cuir noir et rouge. L'objet, qu'elle soupesait dans sa main, semblait particulièrement lourd. Je voulus me relever pour protester mais les mains fermes de type derrière moi me maintenirent au sol. Là, sans raison aucune, une pluie de coups me cingla le corps. Affalé par terre, la tête plaquée au sol par le pied de l'homme de main, je ne distinguai que les bottes de celle qui tournait autour de moi et me tannait la peau. Parfois, le martinet tournoyait et venait meurtrir mes fesses, d'autrefois, des frappes puissantes s'abattaient sur mes cuisses et mon dos. Le supplice sembla durer des heures, les larmes me montaient aux yeux sans que mes tortionnaires ne manifestent de la pitié. Brutalement, la punition prit fin. Je restai sans pouvoir bouger affalé sur le sol. J'imaginais les morsures des lanières de cuir qui boursoufflaient horriblement mes chairs. Je sentais la douleur et la chaleur sourdre des plaies. Anéanti, je me laissai passer un collier autour du cou, une cagoule de cuir ainsi que des bracelets de cuir aux chevilles et aux pieds. J'étais plongé dans le noir, à la mercie de ce trio étrange et pervers mais je savais que protester était vain. il fallait que j'attende la fin de ce mauvais rêve.
Mes pensées furent interrompues par Madame qui tirait sur ma laisse. Je tatonnai dans les ténèbres de ma cagoule vers le canapé jusqu'à ce qu'elle me saisisse la tête pour la plaquer sur sa chatte épilée.
"Lèche moi et fait ça bien sinon..." Elle ne termina pas sa phrase et joignit le geste à la parole. une badine déchira l'air et vin met s'abattre sur mon dos.
Ma langue vint lapper les grandes lèvres de Madame qui poussa un soupir d'aise. Elle mouillait déjà abondamment. A croire que les supplices qu'elle m'imposait lui donnaient du plaisir... J'appliquai de longues caresses profondes et m'imprégnai de l'odeur enivrante de ma nouvelle propriétaire. Je pouvais sentir les mouvements larges du bassin sur le canapé, je percevais les cris contenus prémices de la jouissance. La moindre caresse sur son clitoris pouvait la faire jouir. Je pompai cette tige dressée lorsqu'un mouvement de la laisse me projeta en arrière.
"Sonia, viens ici". Des talons claquèrent sur le parquet tandis que la jolie garçonne s'approchait.
"Il ne mérite pas de me faire jouir, n'est ce pas?"
"Non Madame" dit Sonia de la voix la plus neutre possible.
"Et pourquoi donc ma petite" répliqua faussement ingénue celle qui m'avait privé de son nectar.
"Parce que ce n'est qu'une petite salope, Madame. Un trou à bites qui ne rêve que d'être tringlé." poursuivit Sonia sur le même ton.
"C'est vrai Sonia, tu as raison, ils sont tous les mêmes" se plaignit Madame.
"Sébastien approche et t'assieds toi." Il s'exécuta et vint auprès de maitresse déjà assaillie par les coups de langue de Sonia.
Elle plaque ma bouche sur le sexe mou de l'homme de main. Comme je refusai de le prendre en bouche, elle me cingla de nouveau le dos. Mes lèvres roulaient du sexe aux couilles. Il se servait de ma tête pour se branler. Lorsque sa queue fut de bonne taille, il me plaça un bâillon qui me maintenait la bouche ouverte puis vint engouffrer sa queue en moi. Il me forçait littéralement et se servait de ma bouche comme d'une chatte. Ses mains guidaient ma tête en impulsant des mouvements de vas et viens puissants. Sa bite grossissait sous ma langue, son odeur forte me dégoûtait. Lorsque je finis par m'étrangler sous les coups de butoir, Madame rit franchement.
'Cette petite traînée manque d'expérience mais elle semble t'exciter. Sonia, öte lui sa cagoule, il faut qu'il voit comment aimer une femme".
La lumière tamisée des bougies éclairait Madame. A demie étendue sur un lit à baldaquin, non loin du canapé, elle prenait en main la queue de Sébastien. Le sexe énorme, au gland démesuré, tenait à peine dans les mains de celle qui le dirigeait vers sa chatte. Vicieusement, Sonia me conduisit devant le couple. J'étais à quelques centimètres du coît et pouvait voir le pieu de chair pénétrer profondément ma perverse tortionnaire. Elle poussa un long feulement de satisfaction avant de frapper d'une cravache les fesses musclés de l'Apollon. La cadence des coups imprimait le rythme voulu par ma domina. De là où j'étais, je pouvais voir son sexe se distendre, se dilater de plaisir et de mouille. Je pouvais voir les efforts crispés de Seb pour ne pas jouir dans cette chatte tant désirée. Je pouvais voir le plaisir des deux monter. Soudain, Madame se cambra et lacéra violemment le dos de son partenaire. Son emprise se figea, ses yeux se perdirent au loin. Ses ongles constituaient maintenant les seuls points d'amarrage à la réalité. Madame était loin, sur les rivages de la jouissance. En quelques assauts Seb partit dans un râle viril. Ils restèrent ainsi un moment, arrimés l'un à l'autre, partageant un sentiment que je ne connaîtrai sans doute jamais. Puis, lentement, ils se désunirent. Sonia accompagna le colosse culturiste à la salle de bain tandis que je restai agenouillé face à Madame et sa perversité.
"Approche et embrasse-moi" dit-elle, sensuelle.
Je lui donnai un baiser sur ses lèvres pulpeuses puis un autre dans le cou, sur les joues. Je retrouvai avec plaisir le parfum de notre rencontre. Un parfum suave et capiteux qui m'avait littéralement hypnotisé. Sa main traîna à proximité. J'embrassais sa paume avec dévotion, je baisais chaque doigt avec douceur. Je suivais de mes lèvres le trajet de sa main, je m'attardai sur ses seins aux tétons dressés par l'amour, mes lèvres descendirent dans le creux de son ventre pour y découvrir un piercing au nombril. Enfin, Madame me prit délicatement par les cheveux et m'indiqua son entrejambe.Un filet blanchâtre de sperme et de mouille s'écoulait paresseusement sur les draps souillés.
"Maintenant, lèche salope" ordonna-t-elle sèchement.
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On va dans le parking et ces garces ouvrent le coffre d'une voiture. Les hommes me mettent dedans, tandis que Sarah me dit :
— Sois sage.
La voiture démarre. Je suis attachée et bâillonnée dans le noir. Je panique, mais bien ! Une pensée un tout petit peu rassurante tourne en boucle dans ma tête : demain, je dois jouer Cléopâtre. Impossible qu'elles me vendent pour de vrai ! On est dans la voiture de Sarah et elle roule vite, je suis secouée dans ce coffre.
On roule un bon moment, tandis que je récite mon mantra : elles ne vont pas me vendre – je tourne un film. Enfin, on s'arrête et les deux femmes me sortent du coffre. Je reconnais le parking du "Slave Paradise". C'est une sale blague, c'est tout. On coupe les cordes qui lient mes chevilles et Summer me dit :
— Marche derrière nous.
Elles se dirigent vers l'ascenseur. Je ne bouge pas. Elle ajoute :
— Faut qu'on trouve un fouet.
Je vais vite me mettre derrière elles. On prend l'ascenseur. À l'accueil, quelques gardes nous attendent en souriant. Comment on dit encore ? Un coup monté, voilà, c'est ça. Et ils jouent tous, les rats. Un homme dit :
— Bravo les filles, vous l'avez rattrapée.
N'importe quoi ! Je suis un cocktail : 50 % de trouille, 50 % de rage ! Elles me le paieront ! Avec les mains attachées dans le dos, si je tombe, je me casse le nez. On va dans le hangar où des dizaines de filles sont enfermées dans des cages. Maintenant, c'est 75 % de trouille. Summer me dit :
— J'espère que tu te souviens des positions que doit prendre une esclave.
Un garde défait les liens de mes poignets et arrache le morceau de tape que j'ai sur la bouche. Un autre avec qui on a mangé à Venice arrive, armé d'un fouet. Ils sont une dizaine devant moi. Le garde fait claquer son fouet en disant :
— Position 1, esclave.
J'écarte les jambes et je me cambre les mains dans la nuque.
Le fouet claque.
— Position 2.
Je ne sais plus ce que c'est, mais je me mets à genoux, puis je pose mon front sur mes mains. Le fouet claque et le garde dit :
— Debout et saute.
Je me relève et sautille.
— Plus haut, esclave !
Je saute bien cinq minutes, tandis qu'ils rigolent en regardant mes seins et mes fesses danser. Claquement de fouet et cri du garde :
— Stop !
Je suis en nage. Cette garce de Sarah va encore dire que je sens la sueur. Summer dit :
— Mesdames et Messieurs, ce soir, on vend une esclave un peu défraîchie, mais à un tout petit prix. Qui la veut ?
Un garde dit :
— 50 cents !
Ça monte jusqu'à 5 $. Summer dit :
— Adjugée à Mademoiselle Sarah. Esclave, va aux pieds de ta maîtresse.
Le fouet claque et je cours me mettre à genoux. Le garde crie :
— Mieux que ça.
Je me baisse et j'embrasse les chevilles de Sarah. M'en fous de faire ça, moi !
Elle me dit :
— Tu as quelque chose à me dire, esclave.
— Oui maîtresse, votre esclave attend vos ordres.
Elle me tend la main, je l'embrasse. Les gardes rigolent et applaudissent. Sarah leur dit :
— J'ai pas envie de la prendre ce soir. Vous pourriez me la garder jusque demain, les gars ?
Un garde répond :
— Oui, bien sûr. Les cages sont pleines, mais les filles n'auront qu’à se serrer.
C'est un jeu de rôle !
Un garde me prend par une oreille. Je crie et je le suis jusqu'à une cage, courbée en deux. Il sort une grosse clé, ouvre la porte et me pousse contre les autres filles. Il y a déjà 10 filles dans cette cage et elles ont vraiment besoin de déodorant. J'entends Summer dire :
— Pour vous remercier, Sarah et moi, on vous invite à un barbecue sur la plage. Homards grillés, T-bone steak, gâteau au chocolat, bière et tequila.
Les gars sont ravis. Je me suis assise contre les barreaux, les jambes repliées contre la poitrine. C'est un jeu de rôle !!
Le Texan, qui m'a... emmenée dans les toilettes du restaurant dit :
— Il faudrait des esclaves pour nous servir.
— C'est vrai.
Le garde qui a la clé ouvre la porte et désigne des filles en disant :
— Vous deux, dehors.
Sarah crie :
— Prend aussi Ashley.
Il me dit :
— Va vite aux pieds de ta Maîtresse !
Je bondis hors de la cage... et je vais me mettre à nouveau genoux devant Sarah qui me regarde en souriant. C'est un jeu de rôle !
Je suis nue comme les deux autres filles, mais moi, je ne suis pas marquée et demain, je serai la vedette du film. Un garde nous montre ce qu'on doit prendre : des frigos portables, des boîtes de gâteaux, des bouteilles. À trois, on porte les provisions et on va vers la plage. C'est lourd... J'aime pas faire l'esclave, mais alors, pas du tout ! Même si c'est un jeu. Quand est-ce qu'une des filles va dire "Pouce, le jeu de rôles est fini, tu redeviens la future star d'Hollywood" ? Dans peu de temps, j'en suis sûre... En attendant, je suis nue et je fais le service. Les gardes allument le feu en dessous de la grille. Les deux filles cuisent la viande et les homards, pendant que moi, je sers à boire, bière, tequila... J'allume des cigarettes... Ils ont tous quelque chose à demander et pas gentiment, genre "Et ma bière ? Tu dors ?"
C'est un jeu... À un moment, je prends mon courage à deux mains et je vais me mettre à genoux devant "ma maîtresse". Elle est à côté de Summer et elles parlent. J'attends qu'elle me regarde et je lui dis :
— J'ai compris la leçon. Je vous obéirai. S'il vous plaît, je voudrais arrêter le jeu.
Elle se tourne vers Summer en disant :
— T'en penses ?
— On dirait qu'elle a compris. On peut arrêter.
Ouf !! Je leur dis :
— Merci. Vous voulez bien enlever le collier, s'il vous plaît.
Summer le fait. Il n'était pas fermé à clé. Elle me dit :
— Pas plus de deux bières pour toi, sinon tu passes la nuit en cage.
— Oui Summer.
J'appelle une esclave et je lui dis :
— Apporte-moi une bière.
Trois minutes plus tard, elle me la tend en s'inclinant. Je la bois en 3 fois... J'avais trop soif... Ensuite, je m'assieds dans le sable. Faut que je récupère... En fait, je n'ai pas envie de m'amuser... Je ne suis pas obligée, je ne suis pas une esclave. Je trouve que les gardes ont trop bien joué le jeu. Il y en a un qui aurait pu me faire un clin d'œil, genre "c'est un jeu". Non, tous des sales rats. Sauf, peut être le beau Texan qui est arrivé à la fin du "jeu". Il vient s'asseoir à côté de moi et me tend une assiette avec un grand morceau de tarte aux noix de pecan. J'adore ça, mais je réponds :
— Non merci.
Il murmure :
— C'est une sale blague qu'elles t'ont faite, mais change d'humeur, sinon Summer va te faire passer la nuit dans une cage.
Il met son bras autour de mes épaules et là, je craque, je mets mon visage dans son cou et je pleure mais en faisant le moins de bruit possible. La nuit est tombée et personne ne va remarquer que je pleure. Enfin, presque personne, parce que Summer, qui est occupée de se faire baiser par un garde, dit bien fort :
— Y a un bébé ? J'entends pleurer.
Pas besoin de chercher quelque chose à répondre, parce que, malgré mes larmes, Tex m'embrasse sur la bouche... Oui, ça dégénère, dans le bon sens du terme. Une des deux esclaves suce un garde. Tex appelle l'autre :
— Mulot, viens lécher la demoiselle.
Hé oui, ils donnent des noms amusants aux esclaves. Mulot bondit, se met entre mes jambes et colle sa bouche à ma chatte. Tex me dit :
— Tu veux que je la fouette pour la stimuler ?
— Euh, non... ça va...
Impossible de dire que mulot ne fait pas ça bien ! J'ai l'impression que ma chatte est dans une machine à laver, qui la fait tourner, l'essore, la malaxe... C'est trop bien, je vais battre le record du monde de l'orgasme le plus rapide. Sale mulot, je vais le faire fouetter pour lui apprendre à lécher trop bien... Aïe, ça, c'est la goutte de sécrétion qui fait déborder le vase ! Quelques minutes plus tard, je grimpe aux rideaux de la nuit... C'est une image... Sarah dit :
— Vous entendez ? On dirait que le bébé ne pleure plus, il a l'air très content.
M'en fous de ce qu'elle dit. Je me sens un peu apaisée, enfin....Tex me prend contre lui... Je lui dis :
— Tu es le seul gentil.
— Ce jeu, c'est pour que tu acceptes l'autorité de Sarah.
Je réponds tout bas :
— Ce sont des sales garces.
— Ce sont des dures, Sarah a fait son service militaire dans les forces spéciales en Israël et Summer a été 5 ans dans les Marines...
— Tu connais bien Sarah ?
— On se connaît tous.
Il m'embrasse. Je lui dirais bien, "Mais Monsieur, je ne connais même pas votre vrai prénom. Qu'est-ce que vous me faites ?" Mais bon, quand on s'est fait tirer dans les chiottes par un Monsieur, difficile après de jouer, les oies blanches effarouchées... J'appelle Mulot pour qu'elle me serve d'oreiller.
Tex se couche sur moi et aussitôt, je lève les jambes et mes chevilles se croisent sur ses reins. Son gland humide vient flairer ma chatte qui devient encore plus humide. Oh putain ! Je suis plus chaude que les braises qui ont servi à faire griller les homards.
Ensuite, je chante... enfin, les paroles ne sont pas très originales, c'est "oh oui... oh c'est bon... oui... défonce-moi, oooohhhh..."
Summer dit :
— Y a le bébé qui reprend son pied.
Mais, qu'elle change de disque ! M'en fous d'elle. Je regrimpe aux rideaux... en enfonçant le plus profondément Tex en moi... Il arrose mes petits organes intimes ravis de cette douche tiède... Quand je le relâche, après quelques minutes, il se me à côté de moi et crie :
— Mulot !
— Oui Maître.
— Nettoie la demoiselle...
Elle colle à nouveau la bouche à ma chatte et aspire le cocktail de mes sécrétions et du sperme de Tex.
À suivre
Un grand merci à Bruce Morgan, pour les super dessins.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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BDSM
La sodomie du soumis et de l’esclave
Il existe mille façons pour une Maîtresse de prendre son soumis ou son esclave, de l’enculer, de le sodomiser.
Il peut s’agir d’une punition ou au contraire d’un moment de plaisir partagé, d’une sorte de récompense pour le soumis, parfois aussi, mais, dans un cas comme dans l’autre, c’est surtout le moment privilégié durant lequel la Maîtresse va symboliquement affirmer son pouvoir sur le soumis : elle devient le mâle, lui devient une femelle.
1. Les milles et un visages de la sodomie
Les hommes soumis commencent très souvent leur éducation à la sodomie en portant un plug anal dont la taille augmente généralement avec le temps. La durée de port change, elle aussi, en fonction des ordre de la Maîtresse.
A ce stade, pour la Maîtresse, il s’agit avant tout de préparer au mieux l’orifice qui va bientôt l’accueillir, pour le soumis de s’habituer à être pris et à sentir physiquement la Maîtresse en lui.
Certaines Dominatrices préfèrent conserver le « petit cul » de leur soumis bien serré et n’abusent donc pas des plugs, d’autres au contraire ont pour objectif de faire avaler à leur soumis des godes ou des strap-on de plus en plus gros et utilisent les plugs (parfois gonflables).
On entre alors dans une dimension plus punitive de la sodomie puisque ces pratiques extrêmes font mal et ne constituent jamais une source de plaisir, sauf pour les soumis les plus masochistes.
Une fois, l’orifice préparé, la Maîtresse dispose de dizaines de façon de prendre son soumis. A l’aide d’un gode ou d'un gode-ceinture, en levrette ou face à face, par elle-même ou en ordonnant au soumis de s’enculer sous ses yeux. Elle peut le prendre habillée ou nue, lui ordonner de baisser simplement son pantalon et le prendre directement sur la table du salon ou, au contraire, entourer la sodomie de rituels préétablis.
Elle peut enfin, tout à loisir, ordonner au soumis de couiner quand elle l’encule ou au contraire lui intimer de se taire ou même le bâillonner. C’est l’imagination et la symbolique que la Maîtresse veut donner à cette pratique qui sont les chefs-d’orchestre de la « cérémonie », chaque Dominatrice et chaque soumis a donc sa propre expérience de ce rituel incontournable des rapports D/s.
Les milliers de vidéos disponibles sur Internet montrent à ceux qui auraient envie de pratiquer la sodomie, toute l’étendue des possibilités, il n’est donc pas nécessaire, et surtout impossible;-) d’en dresser ici le catalogue exhaustif.
2. Une symbolique essentielle
Certaines Maîtresses – rares – refusent de sodomiser leurs soumis, elles n’y prennent pas de plaisir, mais dans l’immense majorité des rapports D/s la sodomie provoque un plaisir partagé par la Maîtresse et par le soumis. Il existe bien d’autre pratiques SM dans lequel le plaisir est tout aussi partagé mais aucune d’entre elles – si l’on excepte les punitions – ne porte en elle une telle charge symbolique.
Dans l’acte d’enculer le soumis, toute la volonté dominatrice de la Maîtresse s’exprime puisqu’elle va lui permettre de renverser complètement les codes hétérosexuels classiques où l’homme pénètre la femme. Ici c’est l’inverse qui se produit, et cela explique que le soumis en train de se faire sodomisé soit souvent traité de « salope » ou de « chienne » par sa Maîtresse, puisqu’il lui offre son cul comme le ferait une femme à un homme, dans un rapport sexuel « classique ».
C’est aussi la raison qui explique que les préparatifs de la sodomie soient fréquemment ritualisés : Le soumis est très souvent obligé de fixer le gode-ceinture sur sa Maîtresse et de sucer sa queue avant d’être pris, puis de présenter convenablement son cul : à poil, épaules à terre, cul bien relevé, jambes écartées – afin qu’elle puisse s’introduire en lui plus facilement.
Être symboliquement cantonné au rôle habituellement tenu par la femme dans l’acte hétérosexuel et aiment être sodomisés, pour la plupart d’entre eux, ne signifie pourtant pas que les soumis libèrent ainsi un désir homosexuel refoulé. Ce peut-être le cas parfois, bien entendu, mais pour l’immense majorité des hommes soumis être sodomisé ne peut se concevoir que si c’est leur Maîtresse, ou une autre Dominatrice, qui le fait.
3. Le sort particulier de l’esclave
Dans leur immense majorité, soumis comme esclaves connaissent donc les joies de la sodomie, toutefois le sort réservé aux esclaves gynarchiques diffère parfois profondément de celui – plus enviable – que les Maîtresses réservent aux « simples » soumis. Comme dans toutes relation D/s, la sexualité de l’homme est réorientée vers la satisfaction du plaisir féminin, mais dans la relation gynarchique cette réorientation est souvent beaucoup plus radicale que dans une relation SM ou D/s moins élaborée.
Dans ce cadre, la sodomie pratiqué par les Dominatrices gynarchistes peut avoir plusieurs finalités.
Réalisée le plus souvent , elle permet de signifier à l’esclave que dans l’acte de sodomie seule la Maîtresse est autorisée à prendre du plaisir. Lui n’a pas d’autre droit que d’offrir convenablement son cul et très souvent il n’est même pas autorisé à couiner.
Une fois le travail de dressage totalement achevé, la Maîtresse gynarchique n’aura aucun mal à faire accepter à son esclave de se faire sodomiser par un ou plusieurs autres hommes , l’amenant progressivement à une bisexualité forcée.
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Je suis nu, Madame m’ordonne: va chercher ton portable, interloqué, je le lui tend.
Débloque le, ce que je m’en presse de faire…, tête baissée, je voit ce qu’elle fait.
Voila, c’est fait, mets toi à 4 pattes, je m’exécute, elle se met derrière moi, écarte mes cuisses, je voit juste l’enveloppe d’un préservatif tomber.
Elle me pénètre avec ce que je saurait plus tard, un gros plug, qu’elle bouge, afin qu’il soit bien en moi.
Lèves toi!
Elle prend son téléphone, et commence à jouer avec.
Tout d’un coup, le plug se met à vibrer très fort, puis s’arrête, puis recommence. Je me tortille, surpris…
Tu va le garder, tu ne l’enlèvera que quand je te le dirais, et ce sera pour le recharger.
Et il faudra le remette en place en suite.
J’ai téléchargé une application qui me permet à tout moment de commander ton cul, et en plus, je saurait où tu est à tout moment.
Maintenant, habille toi, et je contrôlerais ton obéissance..
Je prends congé respectueusement.
Je rentre et je me couche, je m’habitue au plug qui est d’un bon diamètre, et j’oublie qu’il est vibrant.
Le lendemain matin, c’est ses vibrations qui me réveille, avec un message: port de bas ce jour sous le pantalon, sans slip, pour aller travailler.
Je choisit un pantalon un peu ample, met le PJ et les bas avant que de passer le pantalon. J’ai peur que cela se voit de l’extérieur…, j’ai toujours ressenti aussi que ma démarche est différente quand j’ai un plug en moi.
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Je m'avancai vers Prune qui tortillait son cul de façon obscène. A la portée de ses fesses dodues, je m'agenouillai pour les couvrir de baisers et de caresses mais ceci ne fut pas du gout de Madame K. Le fouet vibra dans l'air et s'abattit sur mon dos. Une fois, deux fois, trois fois, la douleur intense me fit plier le genou, ma tête plongea bien malgré moi entre les fesses de la plantureuse servante. Aussitôt une main ferme appuya ma tête contre le fessier rebondi.
"Je te paye pour m'obéir, tu comprends" Je voulus répondre mais mes paroles étaient étouffées par les doux vallons de celle que j'aurai du rosser de coups. Madame renforça son étreinte et m'ordonna de lécher la raie de la prisonnière. Je résistai quelques secondes mais compris que ma tortionnaire me privait peu à peu d'oxygène. Mon nez, ma bouche s'imprégnait des odeurs de la domestique, des odeurs de transpiration, des odeurs de jouissances et d'autres encore plus subtiles.
"Met la langue maintenant. Lubrifie bien son conduit."
Nouveau refus et de nouveau cette privation d'oxygène. je n'avais plus d'autre choix que d'obeïr. Ma langue pénétra comme dans du beurre dans ce conduit déjà dilaté. Prune gémit tandis que je tournai et aspirai son cul sous les recommandations de Madame. Je sentis alors les chairs autour de moi se contracter, La belle blonde se crispa avant de jouir abondamment sur le gode enfoncé en elle. Maitresse me fit m'agenouiller et me donna le gode à sucer. Il était chaud, odorant, j'avais l'impression moi aussi d'être une trainée soumise en acceptant cette nouvelle humiliation.
"Embrasse la maintenant' m'ordonna Madame d'un sourire pervers.
Nos lèvres s'approchèrent, je lisai dans les yeux de celle que j'embrassai le manque de sommeil, les humiliations successives des derniers jours et je devinai, par dessus tout, son corps fatigué d'avoir tant souffert et tant joui. Nos langues s'apprivoisèrent et entamèrent un ballet langoureux mêlée de salive à l'odeur de cyprine. Un coup d'œil sur ma droite confirma mes plus sombres pensées. Madame avait installé un trépied et une caméra, elle filmait la scène avec délectation.
"Les films amateurs rapportent énormément sur internet, cela aidera à payer les frais de la propriété...continuez." Elle revint vers nous masquée d'un loup de dentelle qui ajoutait encore à son charme. D'un geste brusque, elle se saisit d'un sein de Prune toujours à cheval sur son arçon. Elle caressa un téton puis l'autre jusqu'à ce que les 2 framboises se raidissent. Puis elle y fixa deux pinces fines reliées à des câbles. je voulus protester mais par lâcheté sans doute me laissait faire lorsqu'elle entoura ma verge et mes couilles d'un anneau de plastique reliés au même réseaux électrique.
"Encule ce gros cul, tu en as tellement envie"
Comme je tardai, elle appuya sur un boitier, une décharge électrique intense parcourut ma verge et les seins de la domestique. Maitresse ne put s'empêcher de rire en voyant notre surprise. Elle m'enfila un préservatif retardant, prit mon sexe en main et l'introduisit au bord de la rondelle palpitante. Une dernière décharge m'invita à tringler la bonne. Je limai son cul déjà bien ouvert appliquant les conseils de Madame.
"Avec un cul si large, je suis sur qu'elle pourra accueillir ceci" dit Madame en se fixant un impressionnant gode ceinture fuschia.
Lorsqu'elle jugea la jeune fille bien distendue, elle me poussa sans ménagement et appliqua ce membre surhumain à l'entrée du trou déjà béant. Prune gémit de douleur lorsque le membre viril s'enfonça en elle mais ces cris furent vite masqués par ma queue qui forçait sa bouche. Un plaisir bestial s'emparait de moi tandis que je faisais suffoquer la jeune femme mais le préservatif lubrifiée de crème anesthésiante entravait mon plaisir. La jouissance ne m'était pas permise.
Prune prise par devant et derrière ne tarda pas à jouir une nouvelle fois. Elle émettait des cris de plaisir semblable à des jappements que Madame fit cesser en nous envoyant de puissantes décharges électriques. Victorieuse, elle sortit l'immense sexe maculé et força les lèvres de Prune contrainte de subir une énième humiliation. L'engin "nettoyé" elle enchaina l'infortunée jeune femme dans un coin de l'écurie. Une litière paillée comme unique couchage.
Madame fixait maintenant Sonia des yeux. Attachée sur une croix de saint André, la pauvre essayait vainement de se débattre. Son regard se tourna vers moi et se fit implorant. J'aurai dû agir mais ma volonté fondait devant la détermination de notre geôlière.
Madame s'approcha de Sonia et la toisa d'un regard malsain. Puis, elle prit deux gros élastiques qu'elle plaça à la base des seins la domestique. La pauvre la suppliait des yeux, un filet de bave coulait misérablement de ses lèvres closes par un baillon de latex. Maitresse se détourna de sa victime quelques instants pour aller farfouiller dans un box. Moi, je restais à genoux, impuissant, incapble de réagir aux muettes suppliques de la prisonnière. Quand notre hôte revint, elle avait dans ses mains gantées une botte de paille. Avec perversion, elle regardait les seins de Sonia gorgés de sang. Les tétons mordus par les lèvres métalliques de puissantes pinces viraient maintenant au violet.
"Approche" m'intima celle qui quelques minutes plus tôt m'avait fixé au cou un collier de cuir munis d'une laisse.
"Le BDSM doit mêler plaisir et souffrance. Si la victime prend trop de plaisir, la tension sexuelle diminue et si la douleur prend le pas sur le plaisir, cela s'apparente plus à de la torture. L'art d'une maitresse et de trouver l'équilibre fragile entre les 2 faces de cette discipline.Je vais battre cette truie lubrique avec cette botte de paille. Vois tu, ses seins sont gorgés de sang, réceptifs à la moindre caresse, à la moindre douleur."
Sonia remua fébrilement sur sa croix lorsque Madame chatouilla les aréoles boursouflés par les pinces. On pouvait lire un cruel sourire s'esquisser sur les lèvres de notre tortionnaire lorsque Sonia poussa un cri rauque assourdi par le bâillon.
"Approche simon et vient bouffer la chatte de cette salope, regarde comme elle mouille"
Je m'agenouillai et vis l'abondante cyprine ruisseler sur les cuisses de la domestique. Je glissai ma langue entre les grandes lèvres pour avaler ce nectar à la source lorsque Madame asséna sur les seins meurtris les premiers coups avec la botte de foin. Sonia ruait, essayait par tous les moyens de se soustraire à l'implacable châtiment mais ces dérobades semblaient accentuer la perversité de Madame.
"Cale lui le bassin et continue de la brouter, si tu ne l'as pas fait jouir dans les prochaines minutes, il t'en cuira."
Je m'appliquai à maintenir ma partenaire d'infortune en lui pompant le clito. Maitresse, de son côté, alternait griffures et baisers les tétons de la jolie garçonne qui prenait maintenant plaisir à cette double caresse. Sans prévenir, Madame retira les pinces qui entravaient ses mamelles. Le sang afflua massivement provoquant une vive douleur au moment même où elle jouit. Sous les ordres de maitresse, je détachait la jeune esclave pour la déposer sur un matelas crasseux. Maitresse m'ordonna de la tringler avec force. J'avais 5 minutes pour jouir après quoi, mon sexe retournerait dans sa cage.
Aussitôt, je pénétrai le sexe chaud de Sonia. vaincu par tant de perversité, elle poussa un léger gémissement lorsque je lui fis relever les jambes pour que mon sexe vienne buter au fond de sa grotte humide. Puis je la ramonai d'abord lentement puis plus vigoureusement. Il fallait que je jouisse, Madame chronométrait. Mais le préservatif retardant anesthésiait complètement ma queue.
"1 minute" lança Madame
Je m'activai plus que jamais, mes couilles claquaient avec frénésie le pubis de la domestique languide. J'étais au bord de la jouissance quand Madame annonça avec satisfaction la fin du temps imparti.
"Tu n'es qu'un bon à rien" me dit-elle en contemplant ma queue encore raide.
"Tu es incapble de jouir avec une femme..." Elle fixa mon collier à un anneau puis amena Sonia dans un box voisin.
"Tu t'occuperas des domestiques, tu me les remettras d'aplomb, elles doivent encore servir cette semaine..." lâcha Madame mystérieusement. Pour le moment, couche toi.
Je m'executai croyant pouvoir profiter des faveurs de Madame. Après tout, j'avais obéi scrupuleusement à ses ordres. je me laissai menotter au sommier et lorsqu'elle banda mes yeux, je crus que le moment tant attendu arriverait. Madame avait retiré le préservatif et me branlait langoureusement. Ma queue, peu à peu, retrouvait des sensations. Puis tout cessa.
Mon sexe sous l'effet du viagra quémandait encore quelques caresses, quelques minutes pour pouvoir libérer ses tensions. Soudain, quelque chose vint se fixer à ma verge. Puis un bruit mécanique et ma queue fut aspirée par une trayeuse. Madame me retira le bandeau des yeux pour que je puisse voir le spectacle.
"Je reviens dans une heure pour te remettre sous cage" susurra-t-elle.
"Toi qui voulais jouir, te voilà servi".
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Depuis presque dix ans maintenant tu habites en moi ... ou plutôt, je vois depuis des années que tu habitais en moi. Nous n'avons pas toujours été d'accord. Te souviens tu les premiers temps comme tu m'étais interdit ? Oh que j'avais peur de toi ! Oh que je te désirais !
Il avait suffit que la première Muse évoque une idée mythique, digne d'un scenario de mauvais polar : Et si le meilleur de moi était mû par le pire de toi !? Merde ! Moi qui ai construit mon être pour devenir Jésus, tu es le Satan que j'ai laissé se former par excès de zèle. Non ne parlons pas de la première Muse s'il te plaît, tu sais que je ne veux plus que tu la regardes ! Surtout depuis qu'elle me regarde enfin ...
Au début tu étais bien caché au chaud et tu m'as donné des sueurs froides. C'est dire que j'ai toujours eut une imagination fertile, et toi coquin tu savais semer en moi ! Je récoltais le courroux de mes valeurs insécables, le plaisir coupable de mes mains bonnes à briser. Quelles hontes ! Quels supplices je t'ai fait endurer ! Quelle culpabilité tu m'as fait ressentir ! Dans quelle folie j'ai crains que tu me fasses sombrer !
Puis on s'est apprivoisé par les mots, comme j'apprivoise toute chose : intellectuellement et sensiblement, en poésie. Tu te souviens ces nuits blanches à faire crever de fantasmes des inconnus par scenarios/jeux de rôles ? Tu te souviens ces poèmes glauques et érotiques que je brûlais de suite ? Tu te souviens cette pornographie hardcore qui me laissait le goût étrange de te violer ... toi, le violent de nous deux ! Non, j'ai vite compris ce que tu désirais. Et ce n'était pas quelque chose de sale ou de morbide au final. C'était la même chose que moi.
Tu m'as épuisé les premiers temps à gesticuler comme ça dans mon être aux contours trop présents, et je t'ai boudé pour ça le plus souvent. Et le pervers des deux c'était moi, car je revenais toujours vers toi quand tu étais enfin calmé ! On a appris ensemble à se respecter à force de cette respiration entre nous presque méditative et pour la première fois j'acquis la sensation d'avoir un contrôle rassurant. Je savais que tu ne disparaitras pas, jamais. Alors que moi, je peux disparaitre.
On est resté plus longtemps en bon termes qu'en mauvais finalement ! On est resté bons amis et on se donnait quelques nouvelles parfois. Trop occupé que j'étais à vivre là dehors ces aventures humaines dont tu n'avais cure.
Oui on a écris beaucoup de poésie ensemble c'est vrai ! Comment oublier ? On a séduis tant de muses d'un soir sur les forums et sur les chats de ce pays kinky. On ne faisait pas de mal, on s'expliquait dès le début : Je suis un poète, et vous allez m'a Musé s'il vous plaît. On a jamais eut de relation D/s virtuelle. On a jamais pris le risque de faire du mal à qui que ce soit.
On a appris beaucoup de choses sur nous grâce à ça. Rencontrer beaucoup de personnes, surtout des femmes, d'une grande intelligence qui révélaient finement et sensiblement les tenants et aboutissants de notre relation à toi et moi. Merci à elle toutes.
Et quand on a été prêt : elle est arrivée. La seconde Muse ... Dieu qu'on l'a aimé tout les deux ! Et par tout les poètes, lequel de nous deux a-t-elle aimé !? Je crois qu'elle te désirait et qu'elle m'aimait. Rarement l'inverse. Nous on l'aimait et la désirait autant l'un que l'autre. On a rarement été tout les deux aussi d'accord qu'avec elle.
C'est une autre histoire mon ami, nous n'en parlerons pas ici.
La où je voulais en venir c'est aujourd'hui. Là maintenant. Il nous a fallu bien des années, bien des mots et bien des rencontres pour se retrouver si proche l'un de l'autre comme on l'est aujourd'hui. Va savoir, peut-être qu'un jour, nous ne serons plus qu'une seule et unique personne !
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Au 'chômage depuis un moment, je voyais le marché de l'emploi se refermer peu à peu. Les aides déjà s'amenuisaient et la perspective du RSA n'avait rien de réjouissant. Il n'est pas si facile de trouver un boulot en passant de l'autre côté de la rue pour un presque quarantenaire dont les jobs consistaient essentiellement à traduire des notices d'appareils ménagers domestiques et à cachetonner dans les piano bars. L'arrivée des traducteurs en ligne avait définitivement mis fin à ma carrière de traducteur et les bars en cette période de COVID ne recrutaient plus. Bref, je ramais depuis un moment regardant l'argent fondre de mon compte en banque comme l'ours blanc regarde la banquise fondre sous lui. Sans véritable attache familiale, sans véritable ami, trop fier pour demander de l'aide, je restai enfermé chez moi par cet été caniculaire. Les journée étaient rythmées par des recherches sur pôle emploi et le visionnage de films pornos. Si ces sites étaient payants, j'aurais sans doute été ruiné depuis bien longtemps. Sur un forum dédié à la recherche d'emploi, une annonce un peu étrange attira mon regard.
"Recherche valet pour entretien de notre demeure
"Cette personne devra effectuer des tâches ménagères, de jardinage et d'intendance
"Elle aura la possibilité de distraire Madame
"La maîtrise du piano serait un plus
"Le savoir vivre, la discrétion ne sont pas une formule mais une règle que le postulant devra appliquer avec la plus grande fermeté
"La propriétaire assure le gîte et le couvert ainsi qu'un salaire d'un montant de 1900 euros brut par mois (primes non incluses)
"Contacter Madame K pour tous renseignements au
"56 chemin du Petit Parc Rambouillet, Domaine Les chasseressesannonce était pour le moins bizarre, le ton employé avec le mot "fermeté", la "possibilité de distraire Madame", tout cela faisait vraiment très 19ème siècle. Je souriais intérieurement en imaginant une vieille rombière pleine de principes. Le genre de vieil maudissant à l'époque actuelle tout en regardant avec tendresse la photo de son défunt mari. La fin du message confirma ma première impression. il n'y avait pas de téléphone, juste une adresse où postuler. Peut être cela valait il la peine d'essayer. Le domaine des "chasseresses" offrait un bon salaire et sûrement pas mal de temps libre. L'idée de quitter Paris, de me rapprocher de la nature m'avait traversé l'esprit en cette période de confinement. Coincé sous les combles, mon logis devenait par cette chaleur un vrai four, se rapprocher de la forêt, de sa fraicheur me ferait le plus grand bien. Je pris donc ma plus belle écriture afin de répondre à l'annonce. Je laissai mon mail et mon numéro de téléphone souriant intérieurement de l'incongruité de ces renseignements pour celle qui, j'imaginais, serait une octogénaire à cheval sur les principes. Le lendemain, je trompais l'ennui sur internet lorsqu'un message me parvint d'un étrange Domainedeschasseresses@gmail.fr
"Monsieur, votre candidature a été étudié avec attention,
"Veuillez vous rendre au domaine pour subir une période de mise à l'essai dès demain 11 heures afin d'évaluer vos compétences
Encore une fois, cette Madame K ne manquait pas d'audace, elle m'ordonnait de me rendre chez elle pour "subir" selon ses mots une mise à l'épreuve. Je l'imaginais plus jeune en maitresse d'école. Peu souriante, vêtue d'une robe longue et austère , elle devait régner sur sa classe à la baguette. Moi qui avait toujours eu des rapports complexes avec l'autorité, je me voyais déjà me prélassant dans cette vaste demeure pendant les longues siestes de Madame. Et puis, 1900 euros, la possibilité d'une bonne paye, même pour quelques mois, me plaisait aussi.
Le lendemain, j'enfilai mon unique costume, pris le train jusqu'à Rambouillet. Arrivé à la gare, il m'a fallu louer un "Uber" pour me rendre chemin du Petit Parc. L'adresse était en dehors de Rambouillet, perdue dans la forêt. Les arbres centenaires se refermaient sur mon taxi d' (in) fortune recouvrant de leurs couverts ombrageux le chemin mal carrossé que empruntâmes.
"C'est paumé chez vous," lança le chauffeur pour rompre la glace. oui possible, mais c'est aussi là que je postule pour un job...Un travail d'homme à tout faire" dis je, fier à l'idée de gagner de nouveau de l'argent, de retrouver une dignité."
"C'est encore loin? " Dis je maussade à l'idée de passer mes journées loin de toute grande ville et de toute distraction.
Le chauffeur sourit de toutes ses dents comme pour partager mon bonheur. Il me détailla ses difficultés, l'idée de faire Uber mais voyant que je n'écoutai qu'à demi son monologue, il m'annonça que 8km me séparait désormais de mon nouvel emploi. Un peu stressé, j'avais arrêté d'entretenir la conversation
"Ca vous dérange si je met RTL?" S'enquit celui qui sans le savoir allait bouleverser ma vie.
"Faites" dis je en consultant mon téléphone portable.
La radio crachota quelques paroles indistinctes tandis que mon portable annonçait la fin du réseau. Le chauffeur me regarda ennuyé et presque navré pour moi.
"Ce doit être une zone blanche"
Nous arrivâmes à destination. Il s'agissait d'une porte d'acier forgée il y a bien longtemps, les arabesques dessinaient un K stylisé comme à l'époque victorienne. Le chauffeur déposa mes bagages au sol et repartit rapidement, heureux de regagner la civilisation. La grille s'ouvrit seule, majestueusement. Sur le moment, j'étais presque inquiet mais je compris lorsque je perçus une caméra perchée sur un chêne en bordure de la propriété. Je m'engageai dans le domaine non sans jeter un œil aux hauts murs couverts de tessons qui jetaient leurs ombres sur l'allée principale menant à la propriété. J'étais déjà dans le sous bois menant au jardin lorsque la porte se referma dans un bruit métallique. A l'époque j'étais loin de penser que cette porte scellerait celle de ma vie passée. Le sous bois franchi, le domaine des chasseresses s'offrait à moi. La demeure, plutôt massive, comportait 2 étages avec balcon. deux petites tours défiaient la cime des arbres, donnant aux propriétaires une vue imprenable sur la forêt.
Je longeai un joli jardin à la française qui, comme moi, aurait eu besoin d'un rafraichissement, puis je contournais une fontaine où une diane d'albâtre terrassait un serpent en le foulant de ses pieds. Finalement un double escalier de marbre me permis d'arriver sur le perron. Une jeune fille en livret de domestique m'y attendait. Mains jointes, les yeux rivés sur son tablier de dentelle, elle rajusta sa coiffe lorsque je vins à sa hauteur.
"Madame vous demande de l'attendre un moment " dit elle en m'indiquant le hall d'entré où une banquette m'y attendait. Je m'assis, heureux de trouver un peu de fraicheur tandis que la domestique montait à l'étage. La fille était jolie, belle même. Son uniforme quoique strict mettait en valeur la jeune fille. Derrière le chignon serré, on imaginait une chevelure fougueuse, blondie par le soleil. Sous le triste tablier blanc et la chemise noire brodée des seins lourds aux aréoles dressés pointaient. Le rouge à lèvres légèrement vulgaire dessinait ses lèvres charnues. Une tension sexuelle habitait visiblement ce lieu. Je fus dérangé dans ma rêverie par le bruit de talons aiguilles martyrisant le damier du sol.
Une silhouette me faisait face dans le contrejour du couloir. Aveuglé, je cherchai à distinguai celle qui de son ombre me dominait.
"Allons à mon bureaux" dit elle en gagnant prestement l'extrémité du couloir.
"Dépêchez vous un peu" lança t elle sèchement tandis que je ramassai mes bagages.
Le bureau était spacieux et Madame déjà installé lorsque je franchis la porte. Assise, elle me regardait admirer les curiosités et les objets rares qui peuplaient le lieu. Ses yeux aciers vinrent se poser dans les miens. Contre toutes attente, Madame n'était pas octogénaire. La cinquantaine tout au plus. Ses traits étaient fins et pouvaient certainement être durs. Sa coupe de cheveux, un carré dégradé renforçait ce coté dynamique qu'elle avait. Elle se cala dan son fauteuil, ajusta sa veste de chasse sur son chemisier blanc et me fit signe d'approcher. Je cherchais une chaise mais n'en vis aucune et restai donc debout face à elle. Mon embarras parut la satisfaire. Un mince sourire s'affichait sur ces fines lèvres. Quelque chose de magnétique m'attirait chez cette femme, quelque chose d'indéfinissable, comme un penchant un peu malsain.
"Bonjour Simon, tu permets que je t'appelles ainsi puisque c'est ton prénom" Le ton était froid, presque tranchant. il n'impliquait en aucun cas une forme de réciproque.
"Je lis que tu as une expérience de jardinier, quelques mois dans un restaurant également ainsi qu'une formation au conservatoire, un premier prix de piano."
J'opinai du chef, la bouche un peu sèche à l'idée qu'elle découvre les petits mensonges distillés dans le CV concernant mes compétences dans les domaines manuels.Madame jouait avec son collier de perles tout en me parlant. Sans le vouloir mon regard fut attiré par ses mains blanches qu'on devinait douces, ses mains qui manipulaient de façon hypnotique les perles et dessinaient de mystérieuses arabesques.
"Dites, vous m'écoutez ou vous regardez mes seins!" se fâcha celle qui dirigeait le domaine.
Je bafouillait, m'excusant confusément mais elle ne parut pas satisfaite. L'obéissance, au domaine devait être totale, il n'était pas permis de resquiller ou d'avoir des pensées d'ordre sexuel. Madame avait du personnel à gérer, elle n'entendait pas que sa demeure se transforme en un "bordel".
Elle sonna Mademoiselle Sonia, une jeune fille d'une vingtaine d'année. Sonia portait une jupe et un sous pull en fines mailles noires. Comme l'autre jeune fille, elle n'avait pas de soutien gorge et on pouvait deviner les piercing qu'elle avait sur chacun de ses tétons. Sans rien laisser paraitre, la brunette à la coupe garçonne me fit faire le tour des cuisines, du salon et du jardin précisant les tâches les plus urgentes à accomplir. Elle me présenta ma chambre. Celle ci était au second, un œil de bœuf donnait sur la piscine du jardin. La chambre ou plutôt la cellule était monacale, un lit à ressort, une table de chevet, une penderie et un tapis de sol constituaient avec le lavabo les quelques aménagements de ces 9m². Je remerciai Sonia qui quitta la chambre non sans l'avoir fermée et vis qu'on avais posé sur le lit un uniforme noir ainsi qu'un bouillon clair et une tranche de pain sur la table de chevet. Il était passé midi et mon estomac gargouillait. J'allai entamer mon maigre déjeuner quand un objet attira mon attention. Il s'agissait sous l'uniforme d'un objet oblong, court et courbe. A coté, une notice pour l'enfiler avec une note de Madame.
"Nous ne tolérons pas les écarts à la conduite,
"Toute faute fera l'objet de sanction
"Lisez la notice et enfilez cette cage de chasteté.
"Vous pourrez sortir de votre chambre après la sieste soit dans 2 heures.
J'hallucinai! Mon employeur ne maquait pas de culot. Je voulus lui dire en face que les employés avaient des droits, j'essayai d'ouvrir la porte avant de me souvenir qu'elle était close. Je pestai, tournai en rond dans ma cellule puis finalement, appâté par le salaire et l'ambiance étrange du domaine, je me résolus à porter cette cage.
Lorsque Sonia ouvrit la porte de ma chambre, ses yeux trainèrent sur mon pantalon. On pouvait clairement deviner la bosse dessinée par la cage qui enfermait mon sexe.
"Je vois que tu as accepté" me dit-elle d'un sourire énigmatique. Humilié, je fulminai. Même les employées étaient au courant de cette chasteté imposée. Je devins rouge pivoine et tentai une échappatoire. J'allais me plaindre auprès de Madame, cela ne pouvait se passer comme ça. On ne pouvait isoler ses employés en les enfermant dans leur chambre et les traiter ainsi. Remonté comme une pendule, j'ouvris la porte du bureau un peu violemment.
Madame pianotait sur son ordinateur et mon entrée fracassante lui fit froncer les sourcils.
Elle se leva et pris machinalement une cravache qui trônait sur son bureau. Elle était magnifique. Sa tenue de chasse mettait en évidence ses formes et j'eus du mal à me concentrer lorsque ses yeux perçant s'abattirent sur moi tels des rapaces sur leur proie.
Elle se leva et fit claquer dans ses mains la cravache comme pour tuer dans l'oeuf toute forme de contestation de son autorité.
"Je suis occupée simon, qu'as tu à me déranger?
Elle tournait maintenant dans la pièce et vint se placer derrière moi. je sentais son parfum capiteux m'envahir. Mes pensées se bousculaient dans ma tête, je ne savais plus quoi dire. Curieusement, mon sexe se débattait dans sa cage métallique. Complètement confus, je me perdis en excuses.
"Vois tu, pendant que tu penses à ton petit confort personnel, à ta queue qui en ce moment aimerait bien pouvoir se raidir devant mes domestiques; moi je travaille. Je passe des contrats. Je fais en sorte que mes serviteurs ne manquent de rien. "Annonça t 'elle en s'asseyant sur son bureau. J'étais maintenant face à elle qui écartait largement les cuisses les 2 mains refermées sur sa cravache.
"Maintenant, que ta minute de protestation est passée, je te conseille de te mettre rapidement au travail. La taille des arbres et des arbustes doit être exécutée rapidement. Quand tu auras fini, ce ne sera pas du luxe de rafraîchir les peintures dans vos chambrées. Et puis... Tu es trop gras, il est plus que temps de te mettre à l'exercice et à la diet. Tu peux disposer, je n'ai plus besoin de toi ici."
Je retournai à mon nouvel emploi penaud. Les filles préparaient déjà le déjeuner. Je m'assis pour prendre mon petit déjeuner voyant le plateau qu'avait à peine touché Madame. Les viennoiseries, le jus d'orange pressé dans sa carafe de cristal me faisaient de l'oeil. lorsque Prune, la blonde pulpeuse déposa devant moi un porridge froid et gluant,je m'esclaffai.
"Tu ne peux pas me donner ce truc à manger alors qu'il y a des croissants et du jus d'orange pressé sur la table!"
"Ordre de Madame" décreta Prune dont les seins lourds et les hanches rebondies invitaient tant à la caresse.
Je mangeais la bouillie insipide rapidement sans prêter attention aux chuchotis et rires étouffés des filles. La journée fut consacrée au jardin et particulièrement à l'art topiaire. Même avec la meilleure volonté du monde, le résultat ne fut pas des plus brillants. Le soir tomba rapidement et après un bref dîner avec Sonia et Prune (un bouillon clair), on me renvoya dans ma chambre. Je notai cependant un changement, on avait laissé la porte ouverte de ma "cellule". La confiance semblait tout de même se gagner.
La nuit, je fus réveillé par des bruits étranges provenant du bureau. Des plaintes s'échappaient de la nuit entrecoupées de claquements secs. Intrigué, je descendis à pas de loup pour surprendre un éventuel cambrioleur.
La porte du bureau était ouverte. J'y jetai un oeil discret.
Prune avait les deux mains sur le bureau de Madame. Complètement nue, elle présentait son cul rebondi aux lanières de cuir qui claquaient et imprimaient de jolies boursouflures sur la peau de pêche de la domestique. Pour éviter qu'elle ne crie, un bâillon l'entravait. Un filet de bave s'échappait rendant la scène un peu plus obscène.
"Tu as mérité ce qui t'arrive ma petite Prune et tu connais le châtiment. Je vous ai vu vous caresser toi et Sonia. Avez-vous eu mon autorisation?"
Sans attendre la réponse, elle cala un énorme gode ceinture entre les fesses de l'infortunée soubrette. L'engin était de bonne taille et comportait des aspérités qui le rendait à proprement parler terrifiant. Sans plus de formalité, elle s'empala dans la chatte mouillée de Prune qui émit un long feulement.
"Tu veux jouir, petite salope, tu veux savoir ce que c'est d'avoir d'être bien ramonée" lança Madame comme pour l'humilier davantage
Les pénétrations qui suivirent furent profondes, chaque coup de boutoir de Madame amenait sa victime à gémir. De ma cachette, je pouvais voir les joues de Prune en feu, son sexe baveux répandait sa mouille sur le parquet lustré. Madame passa à la vitesse supérieure. Elle agrippait maintenant les seins de sa victime, griffait ses hanches. L'autre beuglait assaillie par des vagues de plaisirs. Mon sexe cognait maintennant dans ma cage. j'imaginai Sonia en train de me sucer pendant que Madame besognait Prune. Avais-je fait du bruit? Madame jeta un coup d'œil dans ma direction et cessa ses mouvements.
Le plus discrètement possible, je me retirai de ma cachette. la dernière image que je vis ce soir là c'est l'énorme sexe de latex sortir du con dilaté de la jeune domestique et le regard perçant les ténèbres de ma patronne. Si j'avais su ce qui m'attendai, j'aurai, cette nuit-là, agi tout autrement.
lendemain et les jours qui suivirent furent relativement calmes. Madame K, comme elle désirait être appelée, m'ordonna de faire de multiples tâches. Je progressais peu à peu et trouvais un certain plaisir à ne plus réfléchir, à m'abandonner aux décisions de la maîtresse de maison. Le régime strict et l'exercice physique qu'elle m'imposait depuis mon arrivée avait fait fondre mes quelques kilos superflus. Affûté, j'étais assez heureux de ma nouvelle condition si ce n'est cette cage qui contraignait ma queue de jour comme de nuit.
Cette tension peu à peu me pesait et je devenais plus irritable. J'avais l'impression que Sonia cherchait, en permanence, à m'exciter. Ces jupes toujours d'un noir sobre et rigoureux se faisaient de plus en plus courtes. Un jour, lors du déjeuner, Madame fit tomber sa fourchette. Sonia qui avait pour ordre de veiller à ce que notre patronne ne manquât de rien se baissa pour ramasser le couvert. Venant de la cuisine, je m'arrêtais à la hauteur de Madame pour voir l'appétissant spectacle. Les fesses musclées de la servante étaient mises en valeur par un porte jarretelle maintenant ses bas coutures. Madame referma sa main sur la mienne et me chuchota.
"Vois tu Simon, ma demeure est pleine de petites salopes. regarde Sonia, elle n'a même pas pris la peine de mettre une culotte aujourd'hui"
Tandis que la jeune domestique se relevait, Madame poursuivit ses confidences.
"Je crois que Sonia mérite une bonne correction, elle sera punie comme Prune, elles veulent de la queue, elles vont en avoir". La froide étreinte se relâcha sur mon poignet puis d'un revers de main elle me chassait. J'étais sur le point de quitter la pièce lorsqu'elle m'ordonna de me rendre aux écuries à 16 heures précises.
Je n'étais jamais allé dans cette partie du parc et il me fallut du temps pour retrouver le lieu isolé. Le SUV BMW de Madame m'indiqua qu'elle était déjà à l'intérieur. Dans ma tête je cherchais mille et une excuses pour éviter une sanction mais cette fois, je n'en eu pas le temps. Madame sortit d'un box, elle portait un legging en simili cuir qui mettait ses formes parfaitement en évidence. Instinctivement, je baissai la tête mais elle me releva le menton de sa main de cuir gantée.
Ses yeux plongèrent dans les miens comme pour juger de ma valeur, je voulus baisser la tête mais sa main s'était refermée sur mon menton. Madame me parlait mais j'étais hypnotisé par ses lèvres d'un rouge carmin, son maquillage loin d'être austère réhaussait la beauté opaline de son fin visage. La sève montait dans mes bourses, gonflait inutilement mes testicules d'un plaisir qui m'était défendu. Madame lut mon malaise.
"Déshabille toi "
"ici?" Dis je très mal à l'aise.
"Tu crois peut-être que je n'ai jamais vu une queue?" répliqua t elle d'un ton qui n'admettait aucun refus.
Je m'exécutai et tentai de masquer mon sexe enferméedans sa cage chromée. Un coup de cravache s'abattit sur mes doigts qui cachaient mon pubis. Puis un autre.
"Mains dans le dos!" aboya celle qui m'avait progressivement dressé à obéir. Sous le choc, j'obtemperai évitant de croiser les prunelles d'aciers de celle qui affichait un sourire sadique de satisfaction. D'un geste souple, presque habituel, elle libéra mon sexe de ses entraves. Aussitôt, le sang se mit à affluer et ma verge entra en érection.
"Ce n'est pas si mal" lâcha Madame qui scrutait mon malaise avec délectation. Elle s'approcha de moi et m'enlaça. Je sentai ses tétons sous son fin chemisier. Ses cuisses serrées contre ma jambe, elle vint de sa main gantée de cuir presser mon sexe déjà dur. D'autorité, elle m'embrassa ou plutôt, elle prit possession de ma bouche. Sa langue imposait un jeu électrique à la mienne, tournait autour de la mienne comme un serpent autour de sa proie. Lorsqu'elle vit qu'un peu de liquide séminal perlait sur la paume de son gant, elle me le fit lécher de force avant de me glisser dans la bouche un comprimé bleu.
"Du viagra..., tu en auras besoin pour ce qui t'attend".
Entre dit elle en ouvrant les portes de l'écurie.
Le spectacle, que je contemplai, aurait fait pâlir d'envie le marquis de Sade en personne. Sonia était crucifiée nu sur une croix, des traces rouges de flagellation parcouraient son corps. Ses seins étaient mordus par des pinces à linge qui lui faisaient déjà des ecchymoses. Des poids maintenus par une chaîne étaient fixés aux piercing de ses aréoles. La jeune fille nous regardait avec des yeux horrifiés se demandant quels jeux pervers Madame allait inventer.
En face de la jolie brune, Prune était attachée à un chevalet. Un bâillon et un loup privaient la blonde plantureuse de la parole et de la vision. Si elle avait vu la scène, elle aurait rougi de honte, elle aurait vu le porte jarretelle de latex qui entravait son joli cul, elle aurait vu les marques rouges virant au parme sur ses fesses, elles aurait vu l'énorme gode qui pénétrait sa chatte humide et lubrifiée mais elle n'aurait pu crier.
"Occupe toi de ces traînées simon" me dit-elle en me tendant une paddle cloutée.
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Premier jour de tournage.
Je regarde Summer partir. C'est comme si c'était mon premier jour à la petite école... Pourquoi ma maman m'abandonne ? Ashley, pitié ! Arrête de bêtifier ! Oui, bon, ça va. "Mon assistante" me dit :
— Je suis très contente de travailler pour vous, Mademoiselle. Vous êtes très belle. Vous allez devenir une star.
Je l'aime bien, mon assistante. Je réponds :
— C'est gentil... Dis, j'ai pas eu le temps de déjeuner, tu pourrais me trouver du café et quelque chose à manger ?
— Certainement Mademoiselle, je vous conduis dans le studio et j'y vais.
Mon assistante m’amène dans le hangar qui nous sert de studio. Madame Wolf, la productrice est là, assise derrière une table couverte de papier. Kim lui donne le papier de Summer. C'est une femme d'une cinquantaine d'années, plutôt forte et très noire de cheveux. Je lui serre la main... Elle me dit :
— Tu es à l'heure, c'est bien, je vais te présenter l'équipe. Voici Lee Varella qui remplace le réalisateur que tu as vu. Comme on a dû changer de film, on change de metteur en scène. Monsieur Varella est le grand spécialiste des scènes de combats.
Ensuite, elle me présente trois acteurs du film. Ceux qui vont jouer Jules César, Antoine et le frère de Cléopâtre. C'est lui, le plus séduisant. Je me taperais bien mon frère et les autres aussi d'ailleurs. Elle ajoute :
— Tu tourneras certaines scènes avec une perruque, mais on a décidé que ce serait mieux que tu retrouves ta couleur naturelle. On va s'occuper de ça et de t'épiler aussi. À l'époque, les femmes étaient épilées. Pas les paysannes, bien sûr.
Elle ne me demande pas si je suis d'accord. Mais bon, j'aime bien la couleur naturelle de mes cheveux et puis c'est à House of Pussies qu'ils avaient fait tout un cirque de ma ressemblance avec Marilyn. Elle n'aurait pas pu tourner Cléopâtre. Je ne discute pas, je suis une future star facile.
Je vais avec Kim chez le coiffeur. Il est sympa... Elle m'apporte du café et des pains au chocolat, une spécialité française délicieuse !
Il y a d'autres coiffeurs et d'autres filles qui se font coiffer. Je dis bonjour de loin. Je mange plus ou moins facilement pendant que le coiffeur me teint les cheveux. Il travaille très vite. Il me dit :
— C'est comme ça dans le cinéma, faut aller vite. On va laisser poser et l'esthéticienne va vous épiler. Ça ne vous dérange pas qu'il y ait du monde ?
— Pas du tout...
J'enlève ma robe et, pendant que la teinture "prend", une fille m'épile avec des bandes de cire, des aisselles aux chevilles. On le sent, mais je suis une star stoïque, c'est-à-dire que je crie mais pas trop fort. Ensuite elle m'enduit de crème pour que des marques rouges n'apparaissent pas. Elle pourrait continuer à me masser la chatte, mais le coiffeur m'installe dans un fauteuil. Il sèche mes cheveux qui sont dans les bruns et me coiffe à l'égyptienne, un chignon compliqué. Quand c'est fini, il me dit :
— Venez vous regarder.
Je vais devant un grand miroir et je me vois. Oh ! Qu'est-ce que je suis belle et plus nue que nue depuis que je suis complètement épilée. Des filles viennent aussi me regarder. Il y en a même deux qui me font des compliments, ça doit être rare dans ce milieu...
L'étape suivante, c'est l'habilleuse. Aujourd'hui, c'est simple, une Noire sympa couvre ma nudité à l'aide de quelques voiles.
Après ça, Cléopâtre retourne dans son palais, accompagnée de son esclave ou alors, Ashley retourne au studio avec son assistante. On croise des ouvriers et là, j'ai des vrais compliments : "Trop belle" "Toi quand tu veux" "Le plus beau cul du monde". Oui, les voiles ne dissimulent rien de mes charmes. Cléopâtre fait de grands sourires à ses sujets. On arrive dans le studio. Ils sont surpris de me voir, même Madame Wolf. Elle me dit :
— Si tu joues bien... on va faire un carton, petite.
Je dois absolument me souvenir de ce que j'ai appris chez les sœurs. Si je joue bien... je pourrai avoir ce que je veux.
La première scène, j'en ai déjà beaucoup parlé. Cléopâtre est au pieu avec son frère et ils parlent politique en se caressant. Miracle à Hollywood : je me souviens bien de mon texte et je joue bien... On fait la scène en plan-séquence, c'est-à-dire sans interruption. Monsieur Lee me dit :
— On recommence la réplique 24. Toi, joue de la même façon, Ashley.
Cool, on refait quelques répliques et c'est bon, Madame Wolf nous dit :
— On refait toute la séquence, mais nus tous les deux.
Oui, il y a une version érotique... Je serais même partante pour une version hard. On refait la scène, nus... Mon frère me caresse la hanche puis un sein. On termine par un baiser de cinéma, sauf que j'ouvre un peu la bouche et que la langue de mon frère envahit ma bouche.
J'aime bien le cinéma ! On doit refaire certaines scènes nues, mais dans l'ensemble je suis bonne à la première prise. À midi, je mange avec Madame Wolf, le metteur en scène, les comédiens, le chef opérateur... Les figurants et les techniciens sont à une autre table. Je suis à côté de Madame Wolf, elle est contente, tout se passe bien. On mange froid et c'est bon...
À la fin du repas, je vois arriver une jeune femme dont le visage me dit quelque chose. Quand elle embrasse Madame Wolf sur la bouche, je me souviens d'elle ! C'est la petite garce qu'on a rencontrée au sommet de l'immeuble. C'est elle qui jouait les esclaves et qui m'a dit que je devais utiliser un déodorant. Elle n'a plus de collier ni de tunique qui laisse voir un sein, mais un jean et un chemisier sans manches, tout bêtement. Elle dit bonjour à tout le monde. À moi, elle dit :
— Alors, tu travailles bien ?
Vous voyez le ton condescendant ? C'est Madame Wolf qui répond à ma place :
— C'est surprenant, mais elle joue bien.
Pourquoi surprenant ? Elle me dit :
— Je dois partir. Quand je ne suis pas là et Summer non plus, c'est Sarah qui nous remplace. Fais ce qu'elle te dit !
— Mais... elle n'est plus votre esclave ?
— C'était un déguisement, sotte. On revenait d'une soirée.
Elle s'en va... Je râle... J'entends que Sarah discute dans une langue que je ne connais pas avec la script. Tout est bizarre chez cette fille, mais ce qui est sûr c'est que je n'en veux pas ! Summer, je l'ai choisie... et j'y suis attachée, mais celle-ci, elle n'a rien à me dire. On termine le repas et on reprend le tournage. J'ai du mal à me concentrer. Monsieur Varella me dit :
— Qu'est-ce que tu as ? Tu étais si bonne ce matin.
Sarah, la petite connasse, dit :
— Je sais ce qu'elle a, je vais arranger ça.
Elle se lève et me prend brutalement par une oreille. Je crie :
— Vous me faites mal !
Je suis obligée de le suivre pliée en deux.
Elle m'entraîne dans un coin du studio et me colle contre un mur, puis elle met son visage à 3 cm du mien. Elle est dans ma bulle !! Elle me dit :
— Ou tu joues aussi bien que ce matin, ou je prends un des fouets et je te punis devant tout le monde ! Tu as compris ?
— Mais...
— Pas de mais. Tu as compris ?
— Ouiii....
— Oui, qui ?
— Oui Mademoiselle Sarah.
— Bien... À propos, tu n'as toujours pas mis de déodorant, toi !
Elle rit ! Je m'en fous ! Je le dirai à Summer et elle lui fera sa fête à cette petite garce ! En attendant, je vais me concentrer et bien jouer... Ensuite, je m'occuperai d'elle... enfin, pas personnellement !
Je recommence la scène que j'avais ratée et cette fois, c'est bon. Tout le reste se passe bien car je suis très concentrée.
En fin d'après-midi, Summer arrive... et tandis que je vais me démaquiller, je vois qu'elles discutent toutes les deux. Summer va lui dire !
Quand je reviens habillée et démaquillée, je vois qu'elles boivent une bière et discutent ensemble. Pire, elles rigolent. Je vais près d'elles. Summer me dit :
— Alors, ça s'est bien passé ?
— Oui, sauf elle qui m'a menacée !
Je m'en fous, je le dis. Summer répond :
— Qu'est-ce qu'elle t'a fait, pauvre petite ?
Elle se fout de moi ? Sarah lui dit :
— Elle râle parce je lui ai dit qu'elle sentait la transpiration.
Je dis très vite :
— Pas que ça... Toi, je t'ai choisie et tu es payée et...
Sarah me coupe et dit à Summer :
— Tu vois ? Tu sais ce qu'on devrait faire ?
Elle se penche et parle à l'oreille de Summer. Eh ! Mais c'est pas poli ça !! Et ça dure ! À la fin, Summer éclate de rire, puis elle dit :
— D'accord, on fait ça.
Quoi ?? Qu'est ce qu'elles veulent me faire ? Summer me dit :
— On va faire un jeu de rôle. Après ça, tu obéiras à Sarah aussi bien qu'à moi. Ton mental acceptera l'idée.
Qu'est-ce que c'est, ce charabia ? Je réponds :
— Tout le film repose sur moi. Si on me fait mal, je ne tourne pas demain, je le jure.... Je dirai à Monsieur Sam et aussi à Madame Wolf et aussi à mon agent qui est très influent et...
— Et au Président et au pape ?
Elles rigolent toutes les deux. Sarah me dit :
— On ne va pas te faire mal, on va jouer.... On disait que tu étais une esclave en fuite...
Elle se tourne vers Summer, qui ajoute :
— Et nous, on est des chasseurs de primes. On doit te rattraper et te ramener au "Slave Paradise" où tu seras vendue.
Ce qu'il reste de techniciens et de figurants s’est rapproché pour voir le spectacle. Je leur dis :
— Je ne m'enfuis pas, je me rends.
— Ah non, c'est pas du jeu. Cours...
— Mais non, je...
— COURS !!!
Je cours et bien sûr, elles me rattrapent. Qu'il est con, leur jeu... Mais elles ne font pas que m'attraper, elles me déshabillent. Je crie :
— Je ne joue plus, lâchez-moi... Au secours !
Ceux qui regardent ne bougent pas, ils sont ravis du spectacle. Elles m'attachent les chevilles et les poignets dans le dos. Ensuite, elles me mettent une large bande de tape sur la bouche. Je veux crier "Vous n'avez pas le droit, je me plaindrai" mais tout ce qui sort de ma bouche, c'est "mmmmfffff".
Deux techniciens me prennent par les pieds et les épaules. On va vers le parking. Comme on croise des gens, j'essaie de me débattre, mais les hommes serrent leurs prises et j'arrête... Une femme demande :
— Qu'est-ce qu'elle a fait ?
Summer répond :
— C'est une esclave qui s'est échappée, on la ramène à son propriétaire.
Cette fois, je veux crier "C'est pas vrai, on m'enlève !" mais ça fait de nouveau "mmmmfffff". La femme dit :
— Faudra la fouetter pour qu'elle ne recommence pas.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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Tu ne jouiras pas !...
Alors qu’elle est allongée sur le dos, leur visage si près, il lèche ses lèvres. Elle est sous lui. Et elle subit. La douceur de sa langue qui passe et repasse, s’immisce à peine, se glisse entre les lèvres gonflées, à peine, frôle, passe et repasse, lèche, tandis que sa main, posée sur son pubis, couvre sa vulve, l’ouvre d’un doigt, écarte les lèvres humides, se glisse jusqu’à son clitoris, doucement la branle, il la caresse, de son doigt et de sa langue, doucement il la fait monter, guettant l’accélération de son souffle, la crispations de ses reins, il la fait monter, se cambrer, se tendre, sous son doigt et sous sa langue, il la fait monter – et la maintient : au bord du jouir.
Il la tient. En son pouvoir, il la tient. Il en joue
La caresser pour la faire monter, la tenir, la maintenir, d’un imperceptible mouvement du bout de son index, suspendre son geste et qu’elle en râle, ravale sa rage et sa salive, aussitôt reprise, du bout du doigt, elle remonte vite, le souffle suspendu, elle s’accroche, se crispe, attend : son bon vouloir.
Il la sent tendue. Aussi tendue que sa bite est dure.
– Tu me fais bander, dit-il, en empoignant sa vulve, toute sa vulve qu’il presse, il voudrait la broyer, là, fasciné par son beau visage défiguré par la douleur, son masque de femme fatale qui geint des sons rauques, hoquète son souffle, souffre.
Elle voudrait jouir et elle souffre.
Brutalement il lâche sa chatte, la libère, lui laisse calmer le rythme de sa respiration, avant de se glisser le long de son ventre et d’enfouir sa tête entre ses cuisses.
*
Alors qu’il a enfoui sa tête entre ses cuisses, il la caresse, du bout de la langue la frôle. Sa langue frétille et s’agite sur son clito.
La petite salope mouille, creuse les reins, frotte sa vulve et ses lèvres sur son menton, cherche le contact. Son souffle s’accélère, elle monte et se cambre, tandis qu’il empoigne ses seins, les presse, pince ses tétons, les écrase jusqu’à ce qu’elle se torde sous lui en criant, et il doit la maintenir pour qu’elle n’échappe pas à sa langue. Bien malgré elle.
Alors il empoigne ses fesses, écartant largement ses cuisses de ses bras, écartant ses fesses avec ses pouces, il lui bouffe la chatte et le cul. Littéralement. Sa bouche et sa langue s’énervent dans le con et le cul. Son nez plonge dans le con quand il vrille sa langue dans son anus ; il lape, il lèche, il mâchouille. Reprend les seins dans ses mains. Pince et tord ses tétons.
Quand il sent qu’elle va jouir : il l’abandonne.
*
Plus tard, il s’empare de ses seins, de ses tétons tendus, il les pince pour qu’elle respire plus vite, laisse échapper de sa bouche de petits cris, il les pince pour lui couper le souffle, il sent bien qu’à la fois elle résiste et se laisse emporter par le plaisir et la douleur qu’il lui inflige en pinçant fort, écrasant ses tétons, les tordant, les tirant, pressant tout le sein dans sa main, l’écrasant comme il le ferait d’une orange pour en exprimer le jus.
Il lui travaille les seins, les torture, les presse et les pétrit, les écrase l’un contre l’autre. Il les fait gonfler, durcir. Ses seins bandent.
Secouée de spasmes, « je pourrais en jouir », dit-elle.
Alors il la gifle.
Il la gifle encore.
Plusieurs fois.
Puis lui ouvre brutalement les cuisses.
Ecarte les lèvres de sa chatte :
– Mais tu en trempée !...
Vite, il enfonce deux doigts dans son con : et la branle.
Il la branle vite et fort.
Sous les coups de boutoir de ses doigts, toute sa main qui cogne en elle, elle halète, râle, mais aussitôt qu’elle va jouir, il cesse, reste immobile, planté là dans son ventre, attend qu’elle redescende.
*
Elle n’en peut plus. Elle le hait.
A quatre pattes sur le lit, elle lui fait face. Les yeux fauves, la bouche mauvaise :
– Ça vous amuse ?
Alors il l’attrape, la retourne, l’agrippe ferment par les hanches et lui fout brutalement sa queue dans la chatte, la baise à peine, un peu, puis, lui écartant les fesses, il plonge sa pine dans son cul. Elle crie et elle subit.
Il l’encule.
Fort.
Violemment.
Appuyant sur ses reins, tirant ses cheveux pour qu’elle se cambre, qu’elle prenne sa pine, toute sa pine au fond de son cul.
– Je suis qui pour toi ?
– Vous êtes mon Maître !
– Tu ne jouiras pas…
*
Elle n’en peut plus.
Cela combien d’heures qu’il s’occupe d’elle ? Qu’il la caresse, qu’il la torture ? Cela fait combien d’heures qu’elle est en son pouvoir ? Qu’elle le subit, qu’il la fait monter… sans la faire jouir ?
Elle n’en peut plus.
Alors du fond de son ventre, elle crie :
– Vous êtes mon Maître ! Vous êtes mon Maître et je vous aime ! Je vous aime, Monsieur. Faites-moi jouir ! Faites-moi jouir ! Je vous en supplie…
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J'ai décidé de faire cet article suite à celui d'Allotei sur la communication, afin de vous exposer mon ressenti sur le sujet.
Tout comme elle, cette notion de communication est venue heurter ma réflexion et quoi de mieux que de nourrir son esprit au réveil, quand tout vos sens sont en éveil.
Ce matin, je me lève sans la présence de mon Maître et même si mon esprit est auprès de lui, mes Rituels s'en trouvent un peu bouleversés ce qui me fait prendre conscience de l'importance de la communication autre que verbale.
Dans la vie, nous cherchons toujours à communiquer et le plus direct est la parole, mais voilà, la parole est trompeuse : une personne peut dire quelque chose et vouloir dire toute autre chose ou induire en erreur délibérément son interlocuteur en mentant ( chose qui normalement ne doit pas arriver dans une relation D/S qui est basée sur la franchise et l'honnêteté,). Tromper quelqu'un par son langage corporel est en revanche nettement plus compliqué, car il est en grande partie inconscient. À partir des gestes, des expressions faciales et également de la posture générale, il est possible de déduire chez beaucoup de personnes ce qu’elles pensent à un instant précis. Il suffit simplement de savoir interpréter les signes.
Quand je suis aux pieds de mon Maître cette perception me donne paradoxalement de la hauteur. Je peux scruter le moindre signe d'expression de mon Maître, mais pas que…
Cela me permets aussi d'avoir une interprétation silencieuse sur les interactions sociales que nous pouvons avoir mon Maître et moi dans le monde BDSM comme dans le monde Vanille.
En sachant déchiffrer correctement le langage corporel, on a un gros avantage pour communiquer avec les autres. Il peut s’adapter à l'état émotionnel de son interlocuteur et créer plus facilement une ambiance de confiance, propice à la discussion. Cela peut s'avérer utile aussi bien dans la vie privée (même si la mienne appartient à Maître) que professionnellement que BDSM. Parallèlement, la compréhension des signes non-verbaux est la première étape pour pouvoir utiliser son propre langage corporel de manière ciblée. Il n’est pas question ici de tromper délibérément les autres, mais d'accompagner nos propos d’une façon d’être authentique et confiante.
Le langage corporel est la principale forme de communication non-verbale, car nos gestes, nos expressions faciales et nos postures expriment nos sentiments de manière essentiellement indirecte. Cela me permet de garder mon attention envers mon Maître et me donne des informations autant sur son état mental que physique. Mais je sais qu'il en est de même de sa part. Cela est dû au fait que la plupart de ces signaux sont envoyés de manière inconsciente. Lors des moments chargés d’émotion, en particulier, que ce soit de la joie, de la peur, de la colère ou de la tristesse, il est presque impossible de les réprimer.
J'en ai encore fait l'expérience, il y a peu, où nous avons vu comment des paroles mal exprimées ou mal comprises peuvent entraîner des expressions non verbales qui interpellent immédiatement l'autre. Mais ceci à condition de garder une attention allocentrée.
Cependant, il existe aussi des signaux émis consciemment par le corps qui peuvent être utilisés de manière bien précise pour communiquer. Les gestes de la main donnent plus de poids aux arguments, tandis que les expressions faciales peuvent indiquer une envie ou au contraire un besoin de tranquillité.
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1 - L’ascenseur.
***
Je devais avoir cinq ou six ans quand j'ai vu un film à la télé, genre « Les mille et une nuits ». On y menaçait une esclave du fouet. Ça m'a tellement impressionnée que j'ai voulu "garder" ce mot. Je savais écrire un S, alors j'ai demandé à mon grand-père :
— Comment on écrit "clave" ?
Il m'a répondu :
— Ça n'existe pas.
Je repensais très souvent aux esclaves. Dans les jeux avec les copains, j’étais la voleuse arrêtée par des policiers ou l'Indienne attachée à un arbre.
Plus tard, mes petits amis étaient toujours des garçons... décidés.
Durant mes études, j'ai été obligée de faire des petits boulots. J'ai travaillé "en cuisine" et dans des grandes surfaces. Un jour, alors que je devais mettre des boîtes de conserve dans un rayon, un jeune employé est passé et il m'a dit :
— Faites des piles bien droites, Mademoiselle.
J'ai un peu rectifié les piles de boîtes, mais il a ajouté :
— Enlevez toutes les boîtes et recommencez. Je veux voir des piles impeccables.
J'ai obéi. Par la suite, il est souvent venu vérifier ce que je faisais. Quand il m'a invitée à aller boire un verre chez lui, j'ai accepté et quand il m'a dit de me déshabiller... j'ai obéi.
Ensuite... on s'est mariés. Sexuellement, c'est très bien mais dans la vie de tous les jours, nettement moins. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même et à ma fascination pour le mot "esclave". Comme à l'époque du magasin, il me contrôle. Il ordonne et j'obéis... Je sais, ce n'est pas glorieux. C'est un maniaque de l'ordre et je suis bordélique. Il est très économe et je suis très dépensière, je le reconnais. Il y a environ un mois, j'ai fait une folie... non, deux folies. J'ai acheté une paire d'escarpins rouges à très hauts talons, trop beaux, très chers. Ensuite, j'ai craqué pour de la lingerie La Perla. Je savais que j'allais avoir droit à une scène et je serrais les fesses en attendant le relevé de la banque. Quand il est arrivé, je me suis retrouvée devant lui, comme une écolière qui a fait une grosse bêtise. Il n'y a pas eu d'engueulade, il m’a prise par le poignet et il m’a couché sur ses cuisses. C’est une position que connais hélas, trop bien. Même si la soumission me plaît, la douleur physique, je déteste ! Il a relevé ma jupe et comme je n’avais pas de culotte, j’ai reçu une vingtaine de claques sur les fesses, j’ai crié, pleuré… en vain. J’avais les fesses en feu. Il m’a dit :
— Donne-moi ta carte Visa et ta carte de banque.
J’ai été les chercher je lui ai données et il les a mises dans sa poche en disant :
— Confisquées.
— Mais, euh... comment, je vais faire pour...
— Je te donnerai de l'argent de poche.
Il m'a remis une petite somme d'argent, pas beaucoup. À partir de ce moment-la, le dimanche, il me donne de l'argent pour la semaine... Le gros problème, c'est qu'il prend un malin plaisir à le faire devant quelqu'un, des copines à moi, des amis à lui, sa mère... Il y a 15 jours, il m'a donné mon argent de poche devant sa sœur et ses deux enfants. L'aînée a dit :
— Ah, c'est comme chez nous, Papa nous donne notre argent de poche si on a été sages.
La plus jeune a ajouté :
— Tu as été sage, Tante Mia ?
Ça a fait rire tout le monde... sauf moi. Par contre, j'étais toute rouge.
Alors, j'ai imaginé une petite vengeance. Dans mes rêveries, je m'imaginais le tromper. C'est une revanche excitante. Je dois ajouter deux petites choses à mon sujet. D'abord, je ne suis pas farouche. Ensuite, d'après mon mari, j'ai huit ans d'âge mental, car j'ai peur du noir, des araignées, des serpents et des ascenseurs.... Un jour, quand j’étais petite, je me suis retrouvée bloquée dans un ascenseur et de peur, j’ai fait pipi dans ma culotte.
Depuis, je ne prends plus les ascenseurs. Manque de pot, notre appartement est au quatrième étage. Moi, j’aurais voulu habiter un rez-de-chaussée, mais quand mon mari a su que c’était à cause de ma peur des ascenseurs, il m’a simplement dit :
— Prends les escaliers, c’est bon pour tes cuisses fesses.
C’est ce que je fais, sauf quand je reviens des "grosses courses" et que mon caddy est rempli. Il m’arrive alors de le prendre, la peur au ventre...
Ce samedi après-midi, je rapporte une tonne de nourritures et de boissons. Dans l’entrée de l’immeuble, un voisin attend l’ascenseur. On se salue et il me tient la porte pour que j’entre. C'est un homme d'une quarantaine d'années, assez grand, pas mal. Je le remercie et on se retrouve à trois dans la cabine d’ascenseur : lui, moi et mes courses. Je lui demande :
— Ce n'est pas trop lourd pour l'ascenseur ?
— Mais non, on peut être quatre. Aucune raison d'avoir peur.
Il a à peine dit ça que l’ascenseur s’arrête et la lumière s’éteint. Je pousse un grand cri, car même dans mes pires cauchemars, je ne me retrouve jamais dans un ascenseur en panne plongé dans le noir. Avec en plus des araignées, si ça se trouve. Le voisin essaie de me calmer en disant :
— C’est juste une coupure de courant, il va repartir.
— On va tombeeeerrr !!!
— Mais non... D’ailleurs, on se trouve presque au premier étage, on ne tomberait pas de très haut.
Je m’accroche à lui en expliquant d'une voix tremblante ce qui m’est arrivé dans mon enfance :
— J’ai failli avoir un accident d’ascenseur... quand j’étais petite. J’ai peur...
— Première chose à faire, pousser sur le bouton « alarme ».
Il allume son briquet. La flamme éclaire notre prison, il pousse sur le bouton et... rien ne se passe. Je dis :
— Je vais appeler pour qu’on nous sorte de là.
— D’accord.
Je crie de toutes mes forces :
— Au secours ! On est bloqués dans l’ascenseuuuuur !
On entend une porte s’ouvrir et quelqu’un demande :
— L'ascenseur est en panne ?
— Ouiii, c’est Mia du quatrième... S’il vous plaît, appelez la concierge !
— Mia, celle qui met des jupes tellement courtes qu’on voit la moitié de son derrière ?
Merde, ça doit être la bigote du troisième ! Je mets des jupes courtes, c'est vrai, mais on ne voit pas mes fesses ! Je crie à nouveau :
— Au secouuuuurs !!
L'homme me serre contre lui. Ça me rassure, je lève la tête pour le remercier et là, on se retrouve bouche à bouche. Que faire ? S'embrasser... Je me colle à lui tandis que ses mains vérifient la longueur de ma jupe. Oooooh.... Il vérifie bien !
— Tu es coincée dans l'ascenseur, Mia ?
C'est la voix de mon mari. Je réponds :
— Oui... et j'ai peur.
Plus trop en fait... Il ajoute :
— Tu es seule ?
Mon compagnon de galère répond :
— Non, je suis le locataire du cinquième et j'ai rassuré votre femme.
— C'est gentil, c’est la reine des trouillardes. Je vais prévenir la concierge et je reviens.
— Oh oui, j'ai peur.
En fait, nettement moins parce que le voisin m'embrasse à nouveau. Mon mari remonte avec le concierge et un couple qui vient d'arriver. Ils parlent tous ensemble, mon mari plus fort que les autres. Une femme dit :
— Il faut faire réviser complètement cet ascenseur !
Plus personne ne s'occupe de moi... sauf mon nouvel ami. Il me dit à l'oreille :
— Tu veux que je te rassure encore ?
— Oh ouuuiiiii....
Il glisse sa main sous ma jupe, qui est courte comme vous savez. Et là, tout en entendant mon mari et les autres râler au sujet de la gestion de l'immeuble, il me caresse jusqu’à ce que je jouisse... C'est la première fois que je trompe mon mari. Mais, jouir sous la main d'un inconnu, est ce que c’est tromper ?
***
Mes livres sont ici :
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et ici :
https://lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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Je devais attendre mon Maître à quatre pattes, dos à la porte, les jambes bien écartées et les fesses cambrées, bien en évidence. A côté de moi, toutes mes culottes étaient étendues sur le sol, les propres et les sales, dont une sur mon dos, la plus sale. Les accessoires étaient devant moi, prêts à être utilisés par mon Maître. Il n’était pas encore là que je me sentais déjà sous son entière domination, excitée, apeurée, réduite à l’état de chienne soumise prête à prendre très très cher. Ma chatte était déjà toute trempée, je pouvais le sentir sans la toucher. J’étais attentive au moindre son que j’entendais, toujours persuadée que c’était lui qui arrivait. Quand j’ai entendu la clé dans la serrure, je me suis redressée, tendue et impatiente qu’il ouvre enfin la porte. Je savais qu’il aurait une vue imprenable sur mon anus qui était tout offert à lui. Je l’ai senti s’approcher de moi, et j’ai senti la tension se faire de plus en plus forte. Il m’a tout de suite bandé les yeux, m’empêchant de voir ce qu’il se passait. La moindre de ses paroles me mettait dans un état indéfinissable. Je savais qu’il allait regarder de près mes culottes sales, et vérifier si j’avais bien mis en évidence la plus sale. Mon intimité entière était sous ses yeux, je n’étais plus qu’un objet, j’étais sa propriété, et il allait disposer de moi comme bon lui semblait. Très rapidement, je me suis retrouvée avec ma culotte sale dans la bouche. Je pouvais sentir mon odeur, l’odeur de ma chatte qui avait imprégné ma culotte et qui me remplissait maintenant la bouche. C’était très humiliant, et je me suis surprise à aimer ça. Quand il m’a enfermé dans les toilettes et attachée très fermement pour ensuite m’abandonner, avec ordre de ne pas bouger ni faire de bruit, l’humiliation était encore bien présente, et l’excitation encore plus. Je ne savais pas combien de temps j’allais rester plantée là, dans l’incapacité de bouger et de parler, et plus le temps passait, plus j’oubliais où j’étais. Je n’existais plus que pour satisfaire mon Maître je n’avais qu’une hâte : qu’il vienne me chercher. Je savais qu’il n’y avait aucune issue, aucune possibilité de me détacher. J’étais à lui, et j’allais devoir le satisfaire. Et j’en avais tellement envie ! Quand j’ai dû l’attendre face à la porte, les jambes écartées et la langue tirée, ayant à peine eu le temps de me préparer, j’étais extrêmement nerveuse. Encore sous le coup de l’adrénaline, mes jambes tremblaient et j’avais beaucoup de mal à les maintenir écartées, comme il me l’avait demandé. Je devais garder les fesses bien ouvertes pour que l’objet que je m’étais insérée dans l’anus reste bien à sa place. J’avais encore passé un cap dans l’humiliation, tant la position me semblait dégradante. J’avais envie de rentrer ma langue dans ma bouche, mais je m’efforçais de la garder tirer, comme une chienne qui réclame son maître. Quand il est enfin arrivé, j’ai dû lécher ma culotte sale. Encore une humiliation, je pouvais sentir l’odeur de ma mouille dans ma bouche, et cette odeur est restée très longtemps en moi. J’étais sa chienne, et il avait bien l’intention de me le rappeler. Interdite de me lever et obligée de le suivre à quatre pattes, tirée en laisse ou par les cheveux, tendant les joues pour recevoir ses gifles, cambrant les fesses pour prendre ses fessées, ses coups de cravache ou ses coups de bâtons, chaque minute, chaque seconde, me rappelait mon statut de soumise, et son entière domination sur moi. Mon excitation était à son paroxysme, et je le sentais également très excité. Dans sa voix, dans sa manière de me toucher, de me prendre, quand je sentais sa bite au fond de ma gorge et qu’il me donnait l’ordre de la garder toujours plus au fond de ma gorge et toujours plus longtemps. Quand il m’a baisée, brutalement et sans ménagement, récompense ultime de la soumise, j’étais dans un autre monde, incapable de savoir qui j’étais, juste bonne à recevoir son sexe au fond du mien et à le sentir bien profondément en moi, à me faire baiser comme une bonne chienne que j’étais. C’était tellement bon…
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Comme souvent quand je viens passer une semaine à tes côtés, nous commençons tranquillement avant d’en venir à nos jeux préférés. Jeudi matin, alors que je suis en train de ranger quelques bricoles dans la chambre, tu débarques par surprise derrière moi avec le nouveau collier en acier et tu commences à le mettre en place. Surprise. Puis à le verrouiller. Pas si simple, si près du cou. Mais tu t’en sors bien avec un peu de patience. La bête est belle …. Et pesante. Je ne risque pas de l’oublier avec son poids. Quel contraste avec les autres : plus encombrant, plus pesant, mais tellement chouette aussi. On pourrait presque croire qu’il a été fait sur mesure pour moi. Tu m’annonces aussi que je vais le porter jusqu’à la fin de mon séjour. Pour une première, tu commences fort. Par chance, j’arrive à le supporter sans encombre. Les premières heures se passent bien et tu sembles apprécier de me voir ainsi paré. A croire que ce collier a quelque chose de spécial. Je suis curieux de savoir. En tout cas, c’est une initiative bienvenue que l’acquisition de ce collier.
Tu attends la soirée pour me « passer à la casserole ». A ma parure de cou qui n’a pas quitté sa place (difficile de la retirer sur un simple claquement de doigts), tu me fais d’abord ajouter les bracelets, à la fois aux poignets et aux chevilles pour un meilleur équilibre esthétique, et enfin, la cagoule en cuir. Me voilà déjà « habillé » pour la soirée. Il suffit d’un rien … Pourtant si, il manquait une dernière touche, la patte colorée. Et pour cela, tu as l’objet idéal : le bâillon-nonos rose. Pas facile à mettre avec la cagoule, mais nous y parvenons et tu boucles la fermeture sur ma nuque. Je suis désormais prêt pour présenter ce nouveau collier à mon cou, comme il se doit : agenouillé devant toi (sur un coussin confortable bienvenu, merciiiii), bras posés le long des cuisses, paumes tournées vers le haut en guise d’offrande. D’ailleurs tu les mets rapidement à contribution pour y déposer le strap à cœur qui illustre si bien nos liens, notre relation. Evidemment, celui-ci ne pouvait pas rester inactif bien longtemps. Tu flattes mon postérieur avec. Je qualifierai cette introduction de « caresses ». Il faut commencer doucement, tranquillement, paisiblement.
Puis tu me fais enlever la cagoule pour mieux mettre en valeur le collier. Toujours confortablement agenouillé, tu me fais désormais pencher le buste en avant pour reposer sur le bord du lit. Ainsi, tu vas pouvoir abuser de moi tout en t’assurant que je suis le mieux installé possible.
Cette fois, le strap « amoureux » se fait plus pressant et plus claquant. Galant, il finit par laisser sa place à la tapette main qui m’avait échappé. Tu fais monter la température graduellement, histoire d’éviter tout claquage. Tiens, ne viendrais-tu pas d’inventer le traitement anti-claque à base de claquements ? Toujours est-il que la suite me semble plus mordante bien tu y ailles crescendo. C’est d’abord un sentiment de léger mais régulier battement que je ressens avant que les impacts s’espacent et se fassent plus mordant. Il me semble bien que tu dois être en train de strier mes fesses avec une baguette. Cette fois, le thermostat est réglé sur la position « chaud ». Tu te hasardes à flâner jusque sur les cuisses, presque plus sensibles à cette stimulation que les fesses. Petite surprise de sensation.
C’est alors que je reconnais (enfin j’espère …) le baiser de la langue de dragon, probablement la petite. Etonnamment, elle se fait plus bruyante que mordante sur le fessier et vice-versa sur le dos. Bizarre, bizarre tout cela. Du coup, tu alternes entre les deux cibles qui te sont offertes. Mais c’est encore mieux de la remplacer par la grande. Là, tu sembles t’évertuer à bien viser le milieu de mon dos …. Au début …. Avant que tout le dos soit visé, d’une épaule à l’autre. A en croire tes propos, tu serais en train de me marquer en forme d’éventail. C’est nouveau ça. Néanmoins, ce modèle n’est pas des plus pratiques à manipuler quand on veut se rafraichir !
Après cette première partie impactante, tu as décidé de faire une pause toujours à visée réchauffante. Mais pas tout de suite. Je comprends que tu essaies de coincer une bougie entre mes fesses. Pourquoi ai-je donc la sensation qu’elle va tomber dans quelques secondes ? Peut-être n’est ce qu’une fausse impression puisqu’elle semble tenir, tant qu’elle n’est pas allumée. Le craquement caractéristique du briquet m’indique que je vais désormais avoir le « feu au cul ». J’essaie de me concentrer pour bien la maintenir en place. Les premiers impacts de cire chaude sur mes mollets me surprennent mais ne me perturbent pas : elle reste en place le temps que tu puisses immortaliser cette première. Y a plus qu’à trouver une mise en place plus pérenne si jamais nous voulions faire durer. Pour cette fois, tu récupères la dite bougie de son bougeoir humain pour en user sur le bas de mon dos et les fesses. Il me semble que tu vas et tu viens de part et d’autre sans insister à un endroit précis. Et pour cause, tu me parles de me transformer en coccinelle (encore un nouvel animal dans ta ménagerie personnelle). Moi je songe plutôt à une espèce hybride : la noursinelle. Mais ce sont là de simples détails. Toujours est-il que les petites pastilles de cire commencent à consteller mon arrière-train. Une fois satisfaite de la quantité pour la suite, je t’entends souffler la flamme. Maintenant il faut nettoyer ce nounours tout taché de noir. Le « décirage » est incontournable. J’ai d’abord l’impression que tu emploies une cravache en mode ventilateur frôlant, une technique que tu te plais à user et abuser. Malgré tout, il semblerait qu’elle ne donne pas beaucoup de résultat ce soir, si ce n’est de me faire frétiller du croupion. Cette tentative étant vaine, tu te sers de quelque chose de plus « lourd », probablement le flogger puis un des martinets, en tout cas, des jouets aux multiples lanières. Si leur contact se fait bien présent sur mon corps, ce qui n’est ni négligeable ni désagréable, la cire noire semble vraiment s’accrocher à sa cible. Décidément … Finalement tu décides d’appliquer la cravache de la manière la plus classique qui soit : mon postérieur chauffe bien sous les impacts mais pas suffisamment pour faire fondre et couler les pastilles de cire. Il ne reste plus qu’une seule option : les laisser en place et me laisser me débrouiller tout seul quand la soirée sera terminée.
Le fait que tu viennes ensuite t’asseoir à ma gauche ne me dit rien qui vaille pour la suite. Je sens d’abord le doux contact du mini martinet sur mon intimité. Sauf qu’à cet endroit-là, nul besoin de mordant pour me faire réagir. Je crois que je commence à légèrement couiner. Mais ce n’est rien comparé à la suite. Etant donné que je suis passé en mode « hibernation », tu décides de prendre la chose en main avec tes griffes acérées. Ouille …. Et surtout j’invente une nouvelle technique de marche avant ce qui a le don de t’arracher un franc éclat de rire. Bien évidemment, ta curiosité te conduit à vouloir en savoir plus. Donc tu reviens à la charge. Est-ce que ton nounours aurait aussi la marche arrière : réponse positive. Ca fonctionne presque aussi bien. Et voilà que tu retentes une marche avant. Je vais finir par devenir fou sous ce genre d’assaut. Si tu avances, si tu recules, comment veux-tu ? Comment veux-tu ? (oui mais non, ce n’était pas au programme ce soir)
Histoire de redescendre tranquillement, tu me fais étendre sur le lit à plat ventre. Tu commences par quelques griffettes sur les fesses avant de venir t’asseoir à califourchon sur mon dos non sans t’être assurée de mon confort. Comment dire ? Je ne risque plus de bouger : sa Maitresse sur son dos est une contrainte très simple, et Ô combien efficace. Ainsi installée, tu peux t’en donner à cœur joie pour une bonne séance de fessée. Les grands classiques, ça a du bon. Toujours bon d’y revenir. Ma foi, j’aime bien aussi cette variété d’impacts. A priori, tu ne sembles pas bouder ton plaisir non plus. Quand la contrainte se fait moindre, je pense que tu en as fini. Mais non ! Ce n’était qu’un changement de position, genre un demi-tour sur place pour désormais pouvoir te concentrer sur mon dos. Là, on oublie la paume des mains : ce sont les griffes qui rentrent en action. Et tu connais d’avance le résultat de mon péché mignon : frissons, ondulations, ronronnements … la totale. Un nounours satisfait…Surtout que tu fais durer un bon moment le plaisir, y compris une fois que tu as quitté mon dos pour t’installer à mes côtés. Salade de griffes finale au menu pour terminer cette agréable soirée.
Terminée ? Pas tout à fait. Je découvre la surprise que tu m’as réservée en rejoignant ma chambre. Pas besoin de mot, ni de consigne. Ton souhait est très clair. La nuit qui vient me verra paré de la nuisette noire que tu avais eu l’occasion de m’imposer il y a quelques temps déjà.
Vendredi,
Avec une telle tenue si « inadaptée » à ma morphologie, on va dire que je n’ai pas dormi très couvert. C’est d’ailleurs le détail qui te satisfait au plus haut point. Il n’y a qu’à voir ton large sourire de satisfaction quand tu me vois descendre l’escalier en ce vendredi. Tu te régales de la situation alors que j’essaie en vain de la faire descendre le plus bas possible. Oui, je dois sembler naïf sur ce coup-là. Tu lèves les contraintes et consignes pour le reste de la matinée. Néanmoins, j’ai déjà une mission dès après le repas : mettre en place ma cage de chasteté. Une fois reposée après une bonne sieste, nous montons nous amuser à nouveau.
La cage et le collier étant déjà en place, il faut songer à me vêtir un peu pour ce que tu as en tête. Tu me demandes donc d’enfiler une paire de bas, avant de passer la robe rouge. J’avais oublié qu’elle était si courte. D’ailleurs, en la voyant dans le placard, je ne la reconnaissais pas du tout. Heureusement que tu étais là pour me guider. Tout compte fait, en la faisant bien tomber sur les bras, elle ressemble bien à une robe, même sur moi. Certes, elle reste courte : tout à fait adaptée à ton programme. La cagoule garantit mon anonymat tandis que les escarpins finalisent mon look de l’après-midi. Je comprends vite que tu as bien l’intention de faire ressortir mon côté impudique, très impudique. Me voici transformé en nounourse (oursonne) bien (vile) exhibitionniste.
Je me demande encore pourquoi j’ai essayé de mettre en place la robe sur mes cuisses étant donné que tu me demandes tout du long de la relever, histoire de montrer tantôt ma chasteté, tantôt mon popotin. J’exagère un peu. Au tout début, perché que je suis sur le nouveau tabouret haut, tu me fais croiser les jambes comme le recommande toute bonne éducation et on devine juste le haut des bas. Mais cela ne dure pas. Il faut bien que je commence à écarter les cuisses pour révéler ma cage à ton regard (et accessoirement à ton objectif). Plus ça va, moins elle est dissimulée … Si bien que je finis par me retrouver avec la robe remontée au-dessus des fesses (à se demander pourquoi je m’habille…). A ce stade, tu te dois d’en profiter. Je descends de mon perchoir pour m’y accouder t’offrant ainsi ma croupe que tu t’empresses de flatter avec une baguette naturelle de noisetier. La sadique en toi n’est jamais bien loin ! Et ne serait-ce pas possible d’exploiter ton coffre à malices dans le même but ? Aussitôt dit, aussitôt essayé … et validé. Je remets de l’ordre dans ma tenue pour quelques poses aussi suggestives que possible, étendu sur ce même coffre, ou encore de retour près du tabouret.
Il est temps de m’agenouiller devant toi pour honorer le divin pied que tu me présentes. Après la récompense, l’obligation : tu me fais coucher à tes pieds avant que ton talon acéré vienne peser d’abord sur ma cuisse puis sur mes couilles. Je suis douillet dans cette zone !
Tu as le don de m’imaginer dans des situations auxquelles je ne penserais pas moi-même, et que je prends plaisir à vivre sous ta direction.
Tout ceci nous aurait presque donné faim. Il est temps d’aller se restaurer avant de clôturer la journée et mon séjour à tes côtés. Toujours équipé de mes extensions en métal, tu me fais enfiler la combinaison noire. Une fois n’est pas coutume, tu me demandes de l’ouvrir à l’entrejambe. Initialement, tu avais l’intention d’exploiter cet accès pour me glisser un crochet anal mais cela se révèle incompatible. Qu’à cela ne tienne, ce sera a minima la cage qui sera à l’air libre et exposé à ton regard et à tes liens. Tu commences par « tisser » ce qu’on pourrait assimiler à une cravate rouge qui va de mon collier à ma cage. De cette base, tu peux réaliser une parure qui enserre tout mon buste. Puis, en changeant de couleur, tu fais de même pour mon bras gauche et ma jambe droite. Le style, toujours le style. Néanmoins, je vois que tu cherches de l’inspiration pour la touche finale. Visiblement, la maturation prend du temps. Avant que tu viennes t’asseoir devant moi pour farfouiller la pointe de ma cage. Aie, ça pince ! Tu t’évertues de passer une cordelette à cet endroit histoire de pouvoir l’arrimer comme bon te semble. Je n’avais pas vu venir l’option coffre. En quelques minutes, je me retrouve relié à ses deux poignées par l’intermédiaire de mon pénis enfermé et enserré. On dirait que tu as fixé un « antivol » sur ton nounours. Pervers à souhait, mais effet réussi. Tout autant que d’utiliser la même cordelette comme pseudo-laisse à queue. Tu as vraiment l’esprit tordu.
Tu me libères enfin de presque toute ma panoplie. Mon cou devient soudain plus léger. J’ai fini par m’habituer à cette surcharge cervicale, à tel point que je me suis même surpris à sortir dans le jardin sans même imaginer qu’il pourrait être aperçu… Presque car tu décides que vu que le collier a retrouvé son écrin, il faut bien que je conserve un peu de métal sur moi pour ma dernière nuit. Aussi ce sera une nouvelle nuit en nuisette mais encagé. Perverse que tu es jusqu’au dernier moment.
Samedi matin, ton regard est tout aussi illuminé quoi qu’un peu plus endormi que la veille en me voyant descendre dans cette tenue que tu as voulue pour moi. A se demander tout ce que cela t’inspire de me voir ainsi.
Vivement notre prochaine rencontre.
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Une drôle de sensation. L'envie de pleurer mais des larmes qui ne sortent pas. Triste, déçue et sereine à la fois. Comme si j'étais arrivée au bout d'une étape.
Mais pas dans l'angoisse pour une fois. Pas de hurlement, pas de panique. Comme si j avais commencé à faire la paix avec moi. Ce n'est pas de ma faute si mon Maître ne me donne aucune de nouvelle depuis plusieurs jours. Je ne suis pas responsable du fait qu'on ne se soit pas vu depuis presque 2 mois. IL sait que j ai du mal avec ses silences. On en a déjà discuté. IL le fait. C'est son choix . Je sais aussi qu IL va me recontacter, pas avant lundi, mais IL finira par me rappeler...... et cette fois, le silence viendra de moi.
Je ne veux plus m'oublier. J ai besoin d une présence, plus ou moins régulière, en rien envahissante, mais savoir que Mon Maître est lié à moi comme je le suis à LUI est important à mes yeux.
2 mois sans physique , des nouvelles ; d ordinaires pas nombreuses ; de plus en plus espacées.... je sens que je commence à prendre de la distance. On ne laisse pas ses clients sans les tenir informés des délais, des avancées, des objectifs... pourquoi le faire avec sa soumise ? On en a déjà parlé. IL sait. Je ne veux pas lui faire un procès. Mais je ne peux plus.
Je deviens consciente de ce que je voulais lui donner, de la valeur de ma soumission, du don de soi. Je n'ai plus envie de la brader au motif que j'ai tout à apprendre. J'ai plus envie de continuer à attendre un hypothétique "demain est un autre jour". Je sais que sa situation n'est pas simple. La mienne non plus. Et puis c'est lui qui m'a dit "une soumise ça demande du temps, encore plus une novice". Il est conscient. Du temps IL n'en n'a pas. Pourtant j'étais pas gourmande et savait me contenter de ce qu'il pouvait le donner.
Je crois qu IL a été un bon Maître avec ses précédentes soumises, et qu il le sera avec les suivantes. Je crois qu'il voulait l'être avec moi aussi. Mais ce n'était pas le bon moment. Dommage.
Est ce qu'il ne s'est pas donné les moyens ? Est ce qu'il s'est laissé prendre dans son propre tourbillon de sa vie ? ou tout simplement n'était pas en capacité ces derniers mois à pouvoir être Maitre et n'a pas su le voir. Je peux comprendre.
Je suis trop "débutante " comme novice , sans guide, cette relation est trop récente (6 mois à peine dont 2 d'absence), sans régularité..... je n'y arrive plus. Mais je n'ai pas à m en vouloir et je ne lui en veut pas non plus. J'ai appris, avancé. Avec son aide des fois, seule souvent. Et dans ces moments seule, je me disais "IL me dirait quoi LUI" ... et j appliquais le conseil que j imaginais qu'IL me donnait .
IL m a fait découvrir le BDSM et cette relation particulière entre un Maître et une soumise. Une bien belle forêt le BDSM. On avait commencé à s y balader ensemble. J'ai cru y voir un petit chemin, j'ai cru sentir sa main dans la mienne m'y accompagner. J'ai bu ses paroles qui étaient sincère je pense au moment où les mots sortaient de sa bouche. J'avais tellement envie d'y croire et lui aussi j'imagine. J'y ai cru, j'ai avancé.... Et je me suis retournée. Mon Maître n est pas là, ce n'était pas sa voix mais le chant des sirènes. Il n'y a pas de chemin sous mes pieds. Pas grave, la forêt est belle quand même. Je suis au milieu d'une toute petite clairière. Je m'allonge sur le sol. Le ciel est bleu. La cime des arbres danse dans le vent. Ils se tiennent les uns les autres tout en gardant chacun son propre espace. Je m'y sens bien. J 'écoute les sons , cela m'appaise. Je ne suis pas inquiète, je ne me sens pas perdu. Juste besoin de faire une pause. Prendre le temps. Fixer les choses : Ses paroles à LUI, rare, belles, sincères mais rarement concrètes. La dernière fois qu'on s'est vu c'etait pour une punition, normal, faut bien qu un chiot apprenne. Et elle était justifiée. Depuis j'ai carrément progressé, IL n'a pas vu, pas encouragé. A sa décharge, IL ne pouvait pas voir, trop la tête dans le guidon.
Et je réalise, IL n'est pas là, n'a pas le temps, ne peut m'encourager. Je me gère seule....mais à quoi bon alors. Que m apporte cette relation ?
J'attends en fantasmant sur la vie des autres en souriant en me disant "un jour ca sera mon tour", quand IL pourra.
"Il n a pas répondu à mon dernier message. Et je n'en n ai pas renvoyé. J'ai voulu trouver une reponse. Et maintenant je réalise que je n'ai pas besoin de demander. Parceque quand je regarde en arrière, chaque détail est une reponse" (l'auteur m'est inconu)
Flash back, j'ai 11 ans, je viens de rentrer au collège. Je ne suis pas dans la même classe que Céline ma grande copine de CM2. Ca la rend triste. "Mais non, on se verra à la récré." Un mois passe, je me suis faite plein de nouvelles copines. Et le rythme est tres différent de l école de village. Tant de nouveautés. Où est Céline ? Ce temps que j'ai passé avec les autres, à prendre mes marques , je ne l'ai pas passé avec elle. Elle boude, ne veux pas entendre parler de moi. Je l'ai abandonnée. Ca me fait mal mais je comprend. Je l'ai négligée , je lui ai fait mal sans le vouloir. Je m'en veux. Je l'aimais bien mais je l'ai perdu, bêtement. J'essaye de rattraper le coup, mais c'est déjà trop tard. Merci à Céline de m'avoir donné une grande leçon à 11 ans. On est responsable de ce qu'on apprivoise.
Allez je résiste pas, voici un passage de mon livre préféré :
"- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir." Saint Exupery
Je ne peux plus. Je vais me préparer à sortir de ma clairière. J'ai un bon sens de l'orientation. Si je reviens juste sur mes pas, je vais retrouver le chemin de départ et en reprendre un autre, un vrai qui va serpenter ailleurs.
Qui sait je vais peut-être arriver nez à nez avec un bûcheron canadien ou un gas de l ONF 😄. Aussi bien je me fais charger par un sanglier. 🤣 ou Benoit Poelvoorde hurlant " tu vas pas rester tout seul dans ce bois gamin ?!". Si je pouvais juste voir le loup (elle etait facile celle là). Mais il me faut rester encore un peu dans ma clairière le temps d'oublier mon Guide fantôme.
Restera LE collier. Je ne lui rendrais pas, mais impossible de le garder non plus.... Une vallée avec une route qui tortille. En bas de la route, une rivière. L'eau, mon élément. C'est ici que je vais le laisser, dans un super paysage parceque MON collier, ma soumission le mérite. Et LUI qui aime la moto , pourra se dire quand IL passera au dessus "c est peut être dans cette eau, que la soumise qui devait etre mienne a laissé son collier"
Merci Maître grâce à vous je suis entrée dans la forêt.
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Cette série de récits autobiographique retranscrira les faits et événements par ordre chronologique, elle est a l'initiative de mon Maitre et Femto qui connaissent déjà toutes ces histoires mais m'encourage a livrer mon parcours afin de révéler aux autres la salope que je suis.
Je m'engage a faire une introspection sincère et vous partager mon vécu sans en travestir les faits. Bonne lecture :wink:
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De 1996 à 2012
La jeune Charlotte grandit sans connaitre son père, élevée par une mère célibataire qui lui consacra tout son temps, elle ne manqua ni d'amour, ni de rien. Je pense pouvoir affirmer que j'ai eu une enfance heureuse, une éducation un peu stricte et où je sentais les espoirs de ma mère sur moi mais dans l'ensemble je fus choyé par mon entourage. Mon paternel a quitté ma mère et a disparu de nos vies sans jamais reprendre contact lorsque j'avais 5 ans, j'ai très peu de souvenirs de lui, je ne distingue même plus concrètement son apparence et ma mère ayant détruit toutes les photos qu'elle avait de lui, il est a mes yeux un parfait inconnu.
Enfant, j'étais une petite fille joviale, innocente, un peu casse-cou et je cultivais un caractère de princesse, on me disait souvent que j'étais très jolie et cela me faisait plaisir, je recherchais constamment de l'attention, que l'on discute avec moi, me complimente, me regarde ...
A l'école j'étais populaire, j'avais beaucoup de copines et les garçons étaient gentils avec moi, je sentais qu'ils ne me traitaient pas toujours comme les autres filles, je ressentais par contre une gêne a expliquer a mes camarades que je n'avais plus de Papa, un malaise a évoquer le fait qu'il m'ait abandonné, c'était une comme une blessure qui s'ouvrait quand je voyais les pères de mes camarades a la sortie de l'école, le pire étant la fête des pères où souvent la maitresse nous demandait de préparer un cadeau ...
Les années passèrent et mon besoin d'attention ne s'atténua pas, je cherchais même dorénavant de l'affection et je la transposa assez inconsciemment sur les garçons qui m'offrait en général l'intérêt dont j'avais besoin.
Je trainais donc plus en plus avec une bande de garçons dont deux qui étaient de supers copains, un après-midi durant la récréation, l'un d'eux me demanda si je pouvais lui montrer "ma nénette", je lui demanda ce que c'était et il m'expliqua que c'était ce que j'avais entre les jambes, que les filles et les garçons n'avait pas la même chose et qu'il voulait voir a quoi ça ressemblait.
Innocente comme je l'étais, je n'y voyais pas d'objection mais il avait en plus attisé ma curiosité, j'accepta en lui disant que c'était d'accord s'ils me montraient également tous les deux leur chose.
Mes deux compères acceptèrent et nous nous rendîmes dans les toilettes des garçons, l'un des garçons faisait le guet a l'entrée pour nous prévenir si quelqu'un arrivait, je souleva alors ma robe jusqu'à mon ventre et baissa ma culotte pour dévoiler mon sexe au curieux qui l'avait demandé, il sembla surpris par ce qu'il voyait et se baissa pour bien regarder avant de dire que ce n'était en effet pas pareil.
Je rappela a mon voyeur que c'était a son tour et il baissa alors comme promis ses vêtements pour me dévoiler son sexe. Je crois me souvenir avoir trouver cette petite trompe assez vilaine mais amusante, on s'est regardé quelques secondes pour bien mémoriser de quoi était fait l'autre puis il a remit son pantalon, est sorti et a informé notre copain que c'était son tour.
L'autre garçon en arrivant dans la cabine me trouva la culotte toujours baissée jusqu'aux chevilles, il se figea devant moi et rougit.
Je me souviens très bien que sa réaction me troubla, pourquoi lui réagissait ainsi et pas l'autre ?
Il me regarda un moment sans dire un mot puis me demanda s'il pouvait "la toucher", je commençais a être gênée par la situation en sentant qu'il se passait quelque-chose que je ne soupçonnais pas mais j'acquiesça, il appuya avec son index dessus quelques fois et m'informa qu'il trouvait que ce que j'avais entre les jambes était "plutôt mignon".
Ce fut son tour de me montrer "son zizi" en baissant lui aussi son pantalon, je ne sais pas si c'était parce-que je n'avais plus la surprise de la découverte mais je trouva la sienne plus jolie, il me demanda si notre copain avait montré "son champignon" ce a quoi je demanda ce que c'était et il se décalotta pour me présenter son gland et donc le fameux "champignon" qui m'intrigua fortement !
"Touche aussi si tu veux" m'encouragea t-il donc j'appuya alors a mon tour sur son champignon quelques fois.
On se rhabilla et dans les jours qui suivirent je repensa moultes fois a ce champignon si bien que je demanda a son porteur de le revoir, nous nous montrâmes nos sexe plusieurs fois dans l'année comme si dès que nous commencions a oublier a quoi ressemblait le sexe opposé, nous souhaitions revoir nos sexes ! Je nourrissais maintenant un intérêt pour le corps des garçons, cette différence entre nous ...
Mon anecdote suivante se déroule dans la même année ou l'année suivante avec le fils d'un couple d'amis de ma mère chez qui nous allions fréquemment diner ou l'inverse. Un soir alors que je suis dans la chambre du jeune homme pour jouer aux jeux-vidéos, il me demande si j'ai déjà vu la "zezette" d'un garçon, ce a quoi, je réponds oui. "Tu joues toi aussi au jeu du docteur me dit-il alors ?" ce a quoi je lui réponds que non, je ne connais pas et l'interroge sur ce jeu. Il m'explique alors y jouer avec sa cousine qui est dans nos âges et qu'il faut a tour de rôle jouer au docteur et au malade avant de me demander si je veux essayer ? J'accepte de jouer, il me dit alors que je vais commencer par être la patiente et lui le docteur, que je dois sortir de sa chambre, frapper pour y revenir et m'inventer un problème de santé.
Je frappe a la porte, j'entre, il me demande ce qu'il peut faire pour moi et semble avoir une attitude plus adulte, celle d'un vrai médecin assis sur sa chaise de bureau, il ne me regarde pas ...
"J'ai mal a la tête depuis 2 jours Monsieur"
-Très bien, déshabillez-vous, on va regarder-ça"
Il se lève et me fait signe d'aller sur le lit, j'enlève mon haut et mon pantalon, m'assoit en culotte sur son lit.
Il me dit de me coucher sur le ventre puis vient me masser les épaules et me caresser le dos, c'est agréable, je me laisse aller pendant qu'il prétexte chercher a localiser ce qui pourrait causer mon mal de tête. Sa main se perds dorénavant sur mes fesses qu'il tripote, alternant entre des caresses de la paume sur la peau de mes fesses et des moments où il empoigne plus franchement toute ma fesse.
Le docteur me dit après une ou deux minutes avoir localisé le problème et de me détendre, il sort de je ne sais où un spray de Ventoline, baisse ma culotte et tire un coup entre mes fesses ! Une vague de froid s'abat sur mon anus et me glace la raie, je sursaute en poussant un cri de surprise. Le garçon me dit de me tenir tranquille durant l'intervention, il pose une main rassurante sur ma hanche avant d'appliquer un second jet de spray au même endroit, c'est si froid. Le docteur est dorénavant en train de m'embrasser et de me lécher les fesses, il lèche la surface de mes fesses et dépose des baisers un peu partout sur mon cul pendant une bonne minute avant de me dire que le spray a fait apparaitre la zone du problème et qu'il faut dire au virus de partir ! J'ai a peine le temps d'interpréter ce qu'il dit, qu'il mords copieusement dans ma fesse droite ! Je pousse un cri de douleur, il s'arrête aussitôt et me prends dans ses bras en me disant que c'est terminé, que je n'aurais plus mal a la tête, je pleure de douleur mais je me sens étrangement bien dans ses bras, il est tendre et affectueux, je ne lui en veux pas.
Je me rhabille puis il me dit que nous pouvons maintenant inverser les rôles, il sort de la chambre, frappe et prétends avoir une énorme douleur au zizi en rentrant (comme par hasard-me dis-je) cela me va ! Je lui dis d'enlever son slip et commence moi-même a tenter de faire apparaitre son champignon, c'est concrètement la première fois que je manipule aussi franchement une bite. Je ne sais plus trop ce que j'ai fait, je crois l'avoir touché un peu partout, boules comprises et qu'avec le recul cela devait être très proche d'une branlette ... Je prétextais vérifier qu'elle n'était pas casser, je l'ai manipulé plusieurs minutes en long, large et travers puis je lui ai appliqué aussi un coup de Ventoline sur le gland en lui disant que le froid allait l'aider a se remettre.
Ce jeu du docteur m'amusa au final beaucoup et j'avais hâte de le revoir pour recommencer la prochaine fois, la manière dont il avait porter de l'intérêt a mes fesses plutôt que mon sexe m'intriguait, il n'y a par contre jamais eu de nouvelle fois ...
Le lendemain lors du bain, ma mère remarqua une trace sur ma fesse droite, elle me demanda de lui montrer et m'interrogea immédiatement sur l'identité de la personne qui m'avait fait ça, je lui dit au début que ce n'était rien, que j'étais tombée, elle s'énerva en me disant voir très clairement la trace des dents et de dénoncer immédiatement le coupable ! Je lui révéla alors ce jeu du docteur et après avoir pris une photo de ma fesse elle passa un coup de fil mouvementé a son couple d'amis pour dénoncer les agissements de leur fils. Une dispute éclata entre elle et son amie qui minimisa les évènements en disant que nous n'étions que des enfants mais qu'ils auraient une discussion avec leur fils, nous ne les avons jamais revus après ce jour ...
Le jour suivant ma mère me convoqua pour une leçon de morale sur l'intimité, les garçons et le fait de garder pour moi mon "jardin secret". Elle m'expliqua que plus tard, j'aurais de la poitrine et des poils, que mes fesses, ma minette et ma poitrine devront rester cachées, que c'est un cadeau que l'on fait a l'autre quand il est très important pour nous et qu'on l'aime. Je compris ce que je voulais de ce cours maladroit que tenta avec beaucoup de bonne volonté de me donner ma maman car en réfléchissant je m'imagina que ces 3 garçons qui m'ont montrés leurs intimités devaient alors m'aimer et que j'étais surement du coup importante pour eux, que si les garçons voulaient a ce point cela des filles, c'était sûrement la meilleure manière de leur plaire !
Me voici dorénavant au collège, ma poitrine s'est développée assez rapidement et fortement, j'avais mes poils pubiens et j'étais réglée a mes 12 ans. Le regard des garçons sur moi est différent, déjà devenu plus vicieux, il me dérange plus qu'avant et ma poitrine précoce faisait aussi bien parler les filles que les garçons. Les garçons parlent beaucoup de sexe et ne semblent pas gênés de le faire devant les filles, les blagues de cul sont monnaies courantes et j'en suis souvent la cible. Un jeu est très répandu, il consiste a faire un classement du sexe opposé par classes ou générations, je suis très flattée d'être dans le top 3 de tous les garçons mais quand j'apprends que c'est ma poitrine et les pensées salaces qui vont avec qui me valent leurs faveurs, je suis moins honorée ...
Mon classement des garçons que je trouve les plus beaux fait beaucoup de bruit, la plupart des gars s'y intéressent et là encore, je ne fais pas l'objet du même intérêt que les autres filles ...
C'est comme ça qu''un certain Pierre découvrit mon intérêt pour lui, il jouait tout le temps au foot et ne s'intéressait pas aux filles mais après avoir su qu'il était premier de mon classement, il me demanda si je voulais sortir avec lui.
Pierre fut mon premier petit-ami et nous nous embrassions tout le temps, je tomba amoureuse de lui rapidement et il m'apporta une sensation de protection dans l'enceinte du collège qui me rassurai vis a vis des autres garçons. Mon premier petit-copain avait les mains baladeuses, il me mettait souvent une main au cul même devant les autres et ma poitrine finissait régulièrement entre ses mains ou ses lèvres dès que nous étions seuls.
Un après-midi alors que nous étions dans sa chambre, il me masturba même si je devrais plutôt dire qu'il me doigta uniquement n'ayant ni lui, ni moi, aucune connaissance du clitoris ... C'était la première fois qu'un garçon jouait avec ma chatte même moi, je ne le faisais pas encore en solitaire ... Je n'aimais pas spécialement me faire doigter trouvant cela plutôt brutal et peu plaisant mais j'appréciais de le sentir remuer son doigt en moi et aller et venir.
Lorsqu'il me le proposa, je déboutonna son pantalon pour lui rendre la pareille, ce fut la première bite en érection que je vit, dans mes souvenirs cela ne ressemblait pas a ça, comment leurs petites trompes molles avaient-t-elles pu se transformer en de raides et imposantes barres de chairs ? J'étais émerveillée par la chose, prendre l'engin de Pierre entre mes mains n'avait plus rien en commun avec ce que je touchais autrefois, la sienne était si grosse et si dure, cela devrait aller en moi un jour ?
Je branla avec envie et émerveillement la queue gonflée de plaisir de mon petit-copain, admirant son appareil génital dans son ensemble, les poils de son pubis, les poils sur ses couilles, c'était tellement plus obscène qu'autrefois ...
La branlette brouillonne mais motivée que j'offris déboucha sur la première éjaculation dont je fut témoin, il explosa dans ma main en me remerciant, j'adora ça ... J'aimais le toucher, j'aimais voir son sexe, son intimité, être la seule a voir cette partie de son corps, j'aimais l'entendre prendre du plaisir, le voir jaillir et se matérialiser sous mes yeux, sur mon corps, toutes les semaines, je le branlais.
Un jour, il me demanda de le sucer, je lui expliqua que je ne savais pas comment m'y prendre et il me dit de ne pas m'en faire et juste d'essayer ! Ma première pipe était approximative, mauvaise et très bâclée, croiser son regard pendant que j'avais son chibre en bouche me gênait, je ne savais pas trop quoi en faire d'ailleurs de cette queue mais je tentais juste de la savourer, de la gouter, de la cajoler. Pierre me complimentait, me conseillait, me guidait, ma pipe fit le job car il éjacula dans ma bouche, je recracha son sperme et lui demanda comment c'était, il me confirma que c'était incroyable, j'en éprouva de la fierté.
Durant plusieurs semaines je m'exerça a sucer Pierre, a le branler du mieux que je pouvais et a essayer des techniques différentes, j'avais 12 ans et j'affirme que j'aimais déjà sacrément la queue !
Les mois passèrent et Pierre me quitta pour une autre fille de sa commune, il prétexta être tombé amoureux d'elle, cela me dévasta et laissa un grand vide dans mon quotidien, je n'avais plus ce garçon a qui parler tout le temps et encore moins cette bite a sucer/branler, imaginer Pierre et sa nouvelle copine faire des choses ensemble m'anéantissais ! J'expérimenta la déception amoureuse et l'abandon qui me retournèrent plus que je n'étais prête. Je tomba dans une sorte de dépression, le premier chagrin d'amour est violent et pour quelqu'un qui a été abandonnée par son paternel voir un garçon qu'elle aimait l'abandonner a son tour lui fit penser que c'était peut-être elle le problème ...
Je surmonta ma peine grâce a mes deux meilleurs amis, Clara et Kévin, mon meilleur ami m'apportait beaucoup, nous étions très complices, nous rigolions tout le temps et il était assez tactile donc me donnait souvent de l'affection en me prenant dans ses bras, il était une épaule sur laquelle pleurer, un confident a qui tout raconter et un coach de vie pour ne jamais me laisser aller !
Lorsque nous avions 14 ans, Kévin expérimenta a son tour le chagrin d'amour a la suite d'un râteau, il était inconsolable et rien de ce que je ne pouvais lui dire ne semblait pouvoir lui remonter le moral, c'est alors que je lui proposa de le sucer ...
" Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Tu veux que je te suce ? Est-ce que ça t'aiderait a te sentir mieux ?
- C'est pas le moment de plaisanter avec ça ...
- T'as été là pour moi quand ça allait pas alors laisse-moi te rendre la pareille, je sais pas quoi faire d'autre pour te remonter le moral
- T'es vraiment sérieuse ? Je sais que toi tu le faisais avec Pierre mais moi j'ai jamais fait ça
- Enlève ton pantalon et laisse-moi faire"
Il se leva gêné et retira son jean, je l'installa sur son lit, baissa son caleçon et commença a le branler a genoux face a sa queue, il ne disait plus rien et me regardait faire. Je trouvais sa bite douce entre mes doigts, cela me faisait plaisir d'en revoir une depuis celle de Pierre, il avait une belle queue, moins épaisse mais plus longue que celle de Pierre, ses couilles étaient beaucoup plus poilues, je les caressais, c'était une nouvelle sensation pour moi. Mon meilleur ami était maintenant bien dur, je lui demanda s'il était prêt, il acquiesça de la tête, je débuta alors ma fellation ! Je m'appliqua a lui donner de la tendresse, a prendre soin de sa queue, a le sucer comme un roi. Au début je faisais ça pour lui, pour l'aider a se sentir mieux, c'était mon meilleur ami, celui avec qui je partageais tout alors je ne voyais pas de raison pour ne pas lui faire ce cadeau mais au fil des minutes, je renouais avec la satisfaction que j'éprouvais a sucer, a donner du plaisir, a avoir une queue en bouche, je le suçais sur la fin pour moi.
Je le termina en le branlant activement dans ma bouche, je laissa dégouliner son sperme de ma bouche sur sa queue et on rigola un moment de ce qu'on venait de faire, il me remercia en me disant qu'en effet après ça, tout allait mieux, je lui fit promettre de ne jamais raconter ça à Clara et de ne pas s'attendre à ce qu'on le refasse, que c'était a titre exceptionnel !
La deuxième bite que je suça était celle de mon meilleur ami et elle réveilla en moi de bas instincts ...
Je suça ma 3ème bite peu de temps après à une soirée complètement bourrée, j'avais de plus en plus envie de sexe, de voir des bites, de les gouter, des les comparer et un copain d'un copain m'ayant porté de l'intérêt ce soir-là avait suffit a me laisser aller a lui faire une gâterie au fond du jardin. Je commença a me documenter sur les rapports sexuels, ce qu'aimait les garçons, ce qui faisait jouir les filles, comment se masturber, a regarder du porno et surtout regarder des bites, beaucoup d'hommes nus ...
Je me caressais dorénavant de temps en temps, me remuant la plupart du temps contre un traversin que je bloquais entre mes cuisses pour y frotter mon entre-jambe, je repensais souvent a la queue de Pierre, celle de Kévin et celle du gars a la soirée, elles étaient si différentes ... Il arrivait que je me touche devant des queues sur le net, sur des pornos dont je commençais a avoir des acteurs favoris et parfois juste je pensais a des gars du collège. Je bouillonnais d'envies et réfléchissait de plus en plus a réaliser ma première fois, je me sentais prête.
C'est durant l'été où j'allais faire mon entrée au lycée que je coucha pour la première fois, nous faisions du Camping en Corse avec ma mère et je sympathisa avec d'autres ados a la piscine, mon maillot de bain semblait mettre mes atouts en valeur et beaucoup plaire aux garçons, un jeu de séduction s'installa vite avec deux d'entre eux mais un seul me plaisait réellement. La veille de mon départ j'embrassa mon Crush estival sur la plage, il avait deux ans de plus que moi et embrassait bien mieux que Pierre, un courant électrique parcouru mon corps lors de notre premier baiser. Il me reproche de ne l'embrasser que maintenant alors que nous n'avons plus qu'une journée a passer ensemble en plaisantant, je prends sa main pour la poser sur mon sein qu'il palpe instantanément a travers mon maillot en lui disant qu'on a aussi une dernière soirée ensemble et qu'il ne tient qu'a nous de la rendre mémorable !
Il m'embrasse de nouveau en me demandant s'il a bien compris ce que j'avance, je lui confirme vouloir faire ma première fois avec lui, ce soir ! Je rentre m'épiler ayant a cet âge mes poils en horreur et tenant a avoir une chatte totalement imberbe ayant lu que c'était ce que préféraient les garçons, je me maquille et enfile ma plus belle robe pour lui. Ma mère grille a mon look du soir que j'ai un rencard et s'en amuse me souhaitant une belle soirée tout en me donnant la permission de minuit. Je pense qu'elle ne se doutait pas un instant de ce que sa fille avait prévue ce soir-là m'imaginant surement trop jeune pour ça ...
Mon prince charmant m'attends a l'entrée du camping comme convenu, il a avec lui un sac a dos et c'est aussi fait beau pour l'occasion. Il m'emmène faire une promenade dans le bois près du Camping et après une romantique escapade main dans la main, il me demande si je suis toujours partante pour perdre ma virginité avec lui, j'acquiesce. Il sort alors un drap de son sac a dos et nous arrange un petit coin hors du sentier, nous nous embrassons de longues minutes couchés l'un sur l'autre jusqu'à ce qu'il sorte l'un de mes seins de ma robe et me dévore la poitrine.
Sa main droite s'engouffre ensuite dans mon entrejambe, il glisse sa main dans ma culotte et me caresse le clito, c'était la première fois qu'un garçon me masturbait réellement cela n'avait rien a voir avec les doigts que me mettait Pierre ! Je mouille et gémis déjà sous ses caresses tout en me délectant du traitement que sa bouche afflige a mes mamelons qu'ils ne lâchent pas !
Il descends alors entre mes cuisses et contemple mon intimité en retirant ma culotte, je suis gênée de le voir me regarder a cet endroit mais il plonge un doigt en moi, intimidée par le fait qu'il voit tout de moi aussi crûment et a la fois très excitée par le déroulé des évènements, je retiens difficilement mes gémissements. Mon corps est bouillant, j'ai chaud, j'ai déjà trop envie de lui. Ce fougueux partenaire plonge alors entre mes cuisses pour me lécher la chatte, une grande première pour moi qui avait sucer 3 bites auparavant mais n'avait jamais reçu ce traitement ! Il s'appliqua a me faire du bien et embrasa le bas de mon ventre, c'était divin, comment une langue pouvait être aussi bonne ? Titille-moi le clito, lape mes lèvres ou rentre-la dans mon trou, je prends mon pied !
Après m'avoir bien dévoré le sexe et rendu folle, il propose a la chienne en chaleur que je suis actuellement de lui rendre la pareille en se couchant sur le dos. J'ai l'impression d'avoir la chatte gonflée, pleine de désirs, je passe ma main sur mon entrejambe et constate comme je mouille, sa salive et ma cyprine ont trempées aussi bien mon sexe que le menton de mon partenaire, je l'embrasse et goute pour la première au goût que j'ai.
Je retire ma robe pour être totalement nue devant lui et le débarrasse de son bermuda avant de lui dévorer la queue, j'e suis en chaleur comme jamais je ne l'ai été et j'ai envie de cette bite plus qu'aucune autre avant, elle est si bonne, ses marques de bronzage lui confèrent un petit plus qui la rends encore plus excitante, il m'a fait du bien et m'a copieusement mangé le sexe, a moi de faire aussi bien ! "Putain mais t'es pas vierge pour sucer aussi bien, c'est pas possible" m'a-t-il dit, cela m'excita davantage et je m'en amusa alors qu'il semblait ne plus pouvoir tenir très longtemps.
Il me demande une dernière fois si je suis prête a passer aux choses sérieuses, je sors sa queue de ma bouche en lui demandant si je n'en ai pas l'air ? Monsieur me bascule sur le coté, m'embrasse en touchant mes seins, se redresse, prends une capote dans son sac, l'enfile et se prépare a me pénétrer. Je prends conscience de l'instant, je suis nue couchée sur un drap dans un bois avec un garçon que je connais seulement depuis une semaine, sa queue se frotte a l'entrée de mon vagin, j'avais imaginée cet instant tellement de fois au cours des derniers mois mais aucun de mes scénarios n'était a la hauteur de ce moment, tout est parfait, cela m'excite, il m'excite, il est si beau, si doux, si bon.
Sa queue entre doucement en moi et me déchire de l'intérieur, je me cramponne a ses épaules alors qu'il me dit que ça va aller, je l'encourage a continuer et ne pas tenir compte de ma douleur, il l'enfonce alors plus profondément et plus vite, les vas et viens commencent et la sensation d'être perforée s'atténue petit a petit.. Je le sens aller et venir en moi, c'est incroyable, je sens son sexe en moi, cela n'a rien a voir avec les moments où j'aime sentir un doigt qui me fouille, c'est tellement plus large, plus brutal, son pieu me perfore et me lime, toutes les parois de mon vagin sont sollicités, il est en moi, nous ne faisions plus qu'un. La douleur s'éclipse au fur et a mesure que je me concentre sur sa queue plus que mon trou, mon partenaire devient alors de moins en moins doux et commence a taper en moi sans retenue, ses râles de plaisir et ses commentaires m'excitent, alors c'est ça, se faire baiser ? J'en veux plus, je l'invite a me prendre comme il en a envie, je prends appuie sur mes coudes et me redresse pour admirer mon Apollon se démener dans ma chatte. Voir de mes yeux un bout de sa queue qui entre et sort de ma chatte me rends folle, j'ai envie de me toucher, de toucher sa bite alors ne sachant pas quoi faire de mes mains, je retiens mes seins qui volent de haut en bas et me font mal, je tire sur mes tétons, que suis-je en train de devenir ? Mon doux prince charmant ressemble dorénavant a ses acteurs porno que je regarde, il me baise a une cadence infernale, ma chatte est en miettes et ne me semble plus capable de ressentir de la douleur tant il me l'a dilatée. "Fais-moi tout ce qui te plaira, je suis a toi" a peine ai-je finit de prononcer ses mots qu'il me retourne sauvagement, me cambre et me reprends aussitôt en levrette ! Je suis le visage contre le sol, la pénétration est plus franche et profonde, la douleur reprends alors, ça fait mal, il tape trop loin en moi, j'en ai le souffle coupé ! Chaque coups de reins écrase ma joue contre le sol, je ne sais plus quoi faire, je serre fort le drap sur lequel nous sommes et lui demande de ralentir, il s'exécute ... Il se cramponne tantôt a mes hanches, tantôt a mes fesses en complimentant un coup ma chatte qui est bonne, un coup mon cul qui est beau et lâche par moment quelques obscénités du genre "t'aimes ça te faire baiser", "elle te fait du bien ma queue", " je suis en train de mouler ta chatte a la forme de ma queue" et ces mots pimentent terriblement les choses pour moi qui commence a apprécier d'être ainsi le cul en l'air a me faire défoncer !
C'est lorsque je recommençais a jouir que mon partenaire s'effondra sur mon dos dans un râle de plaisir avant de se retirer.
Il enleva le préservatif maintenant rempli de sa semence et repris son souffle en sueur a mes cotés, le rapport terminé, je me sentais un peu sale, j'avais mal dans mon ventre et l'intérieur du vagin qui brûle mais j'étais contente de l'avoir fait, on s'embrassa un moment avant de se rhabiller et de rentrer.
Je fis ma rentrée au lycée en ayant perdue ma virginité, un nouvel établissement s'ouvrait a moi et donc de nouvelles rencontres, de nouveaux garçons, de nouvelles bites potentielles et un éventuel nouveau petit-ami. Mon envie de plaire, de séduire et de profiter de ma jeunesse était plus forte que jamais, je m'habillais de manière plus sexy, me sentant plus féminine, j'étais maintenant fière de ma poitrine qui plaisait tant aux mecs et je n'arborais plus que des décolletés plongeants, j'attirais le regard des garçons et j'aimais de nouveau cela. Je demanda a ma mère de m'acheter quelques strings, certaines filles en portaient au bahut et voir le début de ce sous-vêtement dépasser excitait pas mal les mecs ! Ma mère refusa, je lui expliqua longuement que plusieurs copines en avaient et que je paraitrais moins cool si je n'en avais pas mais elle ne voulu rien entendre.
Je passa mon année de seconde a flirter avec des garçons, a m'attirer leurs faveurs, jouer de mes charmes et de leurs désirs, de ma féminité mais avant tout je cherchais a découvrir le pouvoir que l'on pouvait avoir sur eux bien qu'au fond c'était moi qui ne pouvait me passer de leur intérêt. Ce besoin que je ressentais depuis toujours d'avoir de l'attention et que j'avais au fil du temps transposer sur les garçons avait gagné en intensité depuis que j'avais découvert le sexe, le fait de donner du plaisir a l'autre, d'en recevoir, de s'offrir a quelqu'un, découvrir son intimité, partager avec l'autre plus qu'avec la plupart des gens, je me nourrissais beaucoup de cela et fantasmais de nouvelles rencontres, nouvelles histoires, nouveaux rapports.
Beaucoup de garçons me tournaient autour au lycée même des plus âgés mais aucun ne me plaisait plus que ça, leur intérêt, leur sollicitude c'était comme si ça leur faisait perdre de l'intérêt a mes yeux, comme une proie piégée a l'avance qui n'a plus rien d'excitante, mon envie de refaire du sexe était là mais je ne trouvais pas le garçon qui en vaille la peine.
Je revivais régulièrement le souvenir de ma première fois avec ce garçon dans les bois en transformant le manche de ma brosse a cheveux en sextoy d'infortune, me fourrer la chatte a quatre pattes en repensant aux trucs cochons qu'il m'avait dit durant la levrette m'assurait de jouir à tous les coups ...
Un ami a moi me déclara sa flamme en fin d'année de seconde, il était objectivement plutôt moche, bien trop maigre et sans aucun charme mais je ne voulais pas lui faire de mal. Il semblait vraiment m'aimer et vouloir prendre soin de moi, ce garçon avait de l'amour a revendre et j'estimais en avoir besoin bien que je n'ai jamais imaginé autre chose que de l'amitié avec lui ... J'accepta de sortir avec lui, voulant lui laisser sa chance et ne pas le perdre en tant que pote. Notre couple fit beaucoup de bruit, mes copines ne comprenaient pas que je sorte avec un gars aussi banal, les garçons disaient qu'il avait commis "un braquage" et qu'un "3/4 sur 10 se tapait une 8/9 sur 10", les mauvaises langues disaient que je faisais de la charité, d'autres que je ne méritais finalement pas d'être aussi populaire pour m'abaisser a sortir avec un gars pareil, ... C'était assez dur pour nous mais dans le fond surtout pour moi car de son coté la plupart de ses potes le félicitait pour sa prise là où moi, on me critiquait pour la mienne ... Ce garçon s'appelait Clément et il embrassait très bien, c'était un bon petit-ami, il veillait tout le temps à ce que je me sente bien, avec lui tout était fluide, instinctif et sympa donc cela fonctionnait bien. Le sexe était par contre plutôt décevant, Clément était précoce et ayant peu d'expérience, je ne m'en offusquais pas mais je ne montais jamais aux rideaux, mon manche de brosse a cheveux était plus efficace que mon copain ...
Le sexe qui m'attirait tant perdait en saveurs maintenant que je le pratiquais, je me disais que finalement ce n'était peut-être pas aussi bien que ça, j'étais très attachée a Clément et bien que je ne le désirais pas ardemment physiquement, j'étais finalement tombée sous son charme. Je l'avais dépucelé en le guidant lors de notre première fois, il adorait mes seins et me les touchaient énormément mais ils étaient ma plus grande malédiction car toutes les positions où ils les voyaient réduisaient encore davantage son temps déjà court ...
Clément me faisait l'amour avec tendresse et passion mais ne tenait pas la cadence sur une période décente pour me faire assez de bien, je confesse que je me masturbais souvent a cette époque devant du porno plutôt hard pour contrebalancer ce que j'avais dans mon lit ... Je me sépara de Clément après une année de relation suite a une crise de jalousie de sa part sans fondements pendant les vacances d'été. La rupture lui fit plus de mal que moi, j'embrassa quelques gars en soirée mais n'alla pas plus loin de tout l'été et c'est lors de ma rentrée de Terminale que je rencontra le garçon qui allait changer ma vie, du moins sexuellement ...
A suivre ...
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"La vie est un long fleuve tranquille mais j'ai un putain de Zodiac"
Je le rencontrai sur internet, au hasard d'un forum. Son humour me plut. Une phrase simple mais j'avais la réf. Nous échangeâmes et les discussions étaient drôles, vraiment. Jusque tard dans la nuit et bien encore après le levé du jour. Invariablement, le sexe revenait dans nos discussions, basique, simple (parce que vous êtes trop cons ;-)) mais il me parla de certaines expériences que je voulais miennes.
Le sexe tôt c'est bien, mais les sextos aussi. Il me parlait des choses qu'il me ferait si j'étais présente et j'y répondais présente. Nombre de fois je me caressai sur ses ordres et récits. Mes explorations étaient maintenant suppléées par un support radio distant et ce tour du monde à la voile me semblait dès à présent moins solitaire.
Je lui envoyai une photo de moi. Et même si je ne savais rien de lui, les références dans lesquelles nous nous retrouvions me laissaient à penser que nous avions le même compteur kilométrique.
Il me retourna la faveur. Il était beau. Bon en fait pas vraiment. Disons que sur tinder, ses matchs devaient plus être dû à sa description humoristique qu'à ses (casser... pas à méditer) photos. Il m'en fit d'ailleurs la réflexion.
Je voulais le rencontrer.
Un pays entier traversé et quelques bières vidées plus tard, nous étions chez lui totalement nus et attachés. Si je le fus par des liens physiques, il le fut par des liens sentimentaux.
Il m'introduisit (hihi) à des pratiques que j'avais longtemps cherché et bien plus. Quel pied mes amis.
Néanmoins il était amoureux de moi. Et ça, et bien ce n'était pas réciproque.
Le plaisir ineffable que j’eus avec lui fut bientôt gâché par ses tentatives gauches de me marier métaphoriquement (quoique).
Les montagnes russes émotionnelles que je ressenti alors me firent vouloir remonter dans le wagonnet aussitôt mon tour terminé. Avec la ferme intention de trouver le bon.
J'avais compris mon erreur.
Je cherchai jusqu'à présent celui qui me ferait chavirer. Une vision romantique influencée par Hollywood et un patriarcat toujours trop présent dans mes schémas de pensées.
Il ne me fallait pas quelqu'un qui me plaisait.
C'était la porte ouverte à tous les débordements émotionnels si redoutés.
Non !
Il me fallait un connard. Quelqu'un qui, en dehors de ces milles tourments qu'il me concocterait avec le sadisme et la méticulosité d'un sérial killeur obsessionnel, serait un parfait abruti, dégouttant et à l'opposé de ce qui peut me faire vibrer.
Dîtes adieu aux discussions sous le ciel étoilé, aux références communes, à la culture populaire.
Et dîtes bonjour au bas du front qui ne me voit QUE comme un bout de viande lui permettant d'étancher sa soif.
Voilà ce qu'il me faut... Un assoiffé !!!!!
A t-on déjà vu ça? L'agneau traquant le loup.
Je rejoignis donc ma bat-cave, mon antre démoniaque afin de fomenter un plan des plus diabolique qui me permettrait de prendre dans mes filet ce doux rebut de l'humanité.
Petit, petit, petit, petit....
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Nous voici donc seuls dans la chambre d’hôtel, moi assise dans ce fauteuil, Sextoy couché à mes pieds.
J’ai besoin de récupérer un peu, et de mettre mes idées au clair pour la suite du programme. Je connais vos consignes, Monsieur, j’espère simplement avoir le temps nécessaire.
Après quelques instants, je me relève puis vais chercher dans un sac quelques objets que je pose sur le lit : une cravache, un collier, une laisse et un jouet en plastique pour chien, ainsi qu’un sachet de biscuits. Puis, tout en claquant des doigts et en pointant l’index vers le sol, j’intime « au pied ! ». Sextoy comprend assez rapidement. Il se relève et vient me rejoindre, à quatre pattes. Une caresse sur la tête pour le féliciter.
- bien, à partir de maintenant, et jusqu’à ce que les invités de Monsieur soient repartis, tu seras un bon petit chien, et devras te comporter en tant que tel, compris ?
- oui Duchesse
Vlan, un petit coup de cravache sur les fesses : « a-t-on jamais entendu un chien parler ? » Il baisse la tête, légèrement penaud. « Je sais que tu as des chiennes chez toi, tâche de t’inspirer de leur comportement. Pour commencer, la posture. Lorsque tu es à quatre pattes, en position d’attente, ou que tu marches, tu dois être cambré, ton petit cul bien offert à qui voudra. Allez, avance un peu, que je te voie ». La posture n’étant pas habituelle, il a du mal à la conserver longtemps… du moins au début. Chaque erreur est sanctionnée d’un coup de cravache. Les coups, fréquents les premiers temps, se sont espacés jusqu’à disparaître. Il faut dire qu’ils étaient de plus en plus appuyés… En même temps, je l’appelais régulièrement « au pied ! », avec claquement de doigts et index pointé vers le bas, jusqu’à ne plus prononcer et un mot et qu’il obéisse au claquement de doigts.
Cette première phase terminée, je suis allée m’asseoir sur le lit pour commencer la seconde.
Après lui avoir retiré la laisse : « assis ! », le tout accompagné d’un claquement de doigt suivi du poing fermé ; puis « couché ! », claquement de doigt et main à plat. Chaque séquence correctement exécutée est suivie soit d’une caresse sur la tête, soit récompensée d’un biscuit, que je lui fais manger dans le creux de la main. Ces exercices sont répétés plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il les ait acquis uniquement par le claquement des doigts et le geste, comme pour la première phase.
Comme il fait chaud, je bois un peu d’eau, avant de lui en verser dans une gamelle prévue dans le sac à cet effet. Il n’a pas encore l’habitude de laper, mais, la soif aidant, il s’y met rapidement. Comme il a été bien attentif à ses leçons, il a le droit de jouer un peu. Je vais donc prendre le jouet et le lui lance. Premier réflexe de sa part, tendre la main pour l’attraper… mauvaise option. Un coup de cravache sur la main pour le ramener à la réalité. Il comprend vite, mon petit chien. Il va donc s’amuser avec son jouet, me l’apportant de temps en temps pour que je le lui lance.
Pendant ce temps, je me repose un peu dans le fauteuil, car je me doute que je n’en n’aurais plus l’occasion avant un bon moment. J’allais oublier une dernière chose… Claquement de doigts et index pointé vers le sol, il accourt aussitôt.
- c’est bien… Tu as bien appris toutes tes leçons ; il manque cependant un petit quelque chose… Il te manque un élément pour pouvoir montrer que tu es content, puisque tu n’as pas droit à la parole… Et tu vas pouvoir le faire comme un bon petit chien, avec ta queue. Je vais donc te retirer ta cage, on va voir si tu aimes ça, d’être un bon toutou.
Et, tout en parlant, je lui retirai sa cage en plastique, pour me rendre compte très rapidement qu’il était heureux de sa condition.
Il était temps. Un sms venait d’arriver sur mon portable, par lequel vous m’annonciez que vous seriez là avec vos invités dans quelques instants. Je me dépêche de faire place nette sur le lit et de mettre un peu d’ordre dans la chambre. Il nous fallait nous mettre en position. Je me plaçais face au mur libre, jambes écartées. Puis, après avoir ordonné à Sextoy de se tenir tranquille à mes pieds, lui aussi face à ce mur, je croisais les mains dans le dos, bien droite, poitrine en avant, mais regard baissé.
Bruits de voix dans le couloir. Je vous sais proche, Monsieur, mon cœur bat un peu plus vite. Après quelques instants, les deux panneaux coulissant qui formaient le mur s’ouvrent sur une suite, dont nous n’avions occupé jusque là qu’une petite partie. C’est une surprise pour Sextoy, mais non pour moi. Il y a un coin salon, avec un canapé convertible, en mode lit, un petit coin cuisine, une grande salle de bain et, plus loin, le coin chambre, pour l’instant isolé du reste grâce à des panneaux coulissants
Vous êtes accompagné de trois personnes. Une grande femme blonde, aux formes légèrement pulpeuses, qui porte un corset noir et une longue jupe aérienne en voile noir, chaussée d’escarpins ouverts noir vernis dont les talons sont rouges. Vous me la présentez comme étant Lady Venus. A ses côtés, regard baissé comme le mien, Bijou, sa soumise, petite brunette qui me semble assez jeune ; elle est vêtue d’une courte robe moulante en latex blanc, chaussée d’escarpins noirs. La troisième personne est un homme, très grand, bien proportionné, cheveux noirs coiffés en brosse. Maître Sévère. Il porte son nom sur son visage mais, curieusement, je n’en n’ai pas peur.
Puis vous nous présentez : Duchesse, et notre chien Sextoy….
J’espère que ce dernier va réagir, et aller saluer son Maître. Mais je le sens un peu interdit. Comme je baisse la tête, je le vois qui me regarde, m’adressant un regard interrogatif. Je lui fais signe discrètement de bouger un peu. Mais, ce qui le motive le plus, est de vous entendre dire à vos amis, d’un ton légèrement menaçant : « nous allons voir si Duchesse a bien dressé ce chien ». S’il ne réagit pas, c’est moi qui serais punie. Mais il m’évite cela, en rejoindre vous rejoindre et lécher la main que vous lui tendez. Une caresse sur la tête est sa récompense.
- « brave chien. Va saluer mes invités, maintenant »
Je ne lui ai pas donné de consignes à ce sujet, et ne sais pas comment il va réagir. Il se dirige vers chacun d’eux… et leur lèche les chaussures. Je suis rassurée… Puis un claquement de doigts se fait entendre. Aussitôt il regarde vers moi, pour voir de quel ordre il s’agit, mais j’ai toujours les mains croisées dans le dos. Nouveau claquement de doigts. Il tourne alors la tête et s’aperçoit que c’est vous qui l’appelez ainsi, à venir à vos pieds. Il s’exécute aussitôt, ce qui me fait obtenir vos félicitations. J’en suis heureuse.
Après cette brève démonstration, vous invitez Lady Venus et Maître Sévère à s’asseoir autour d’une petite table basse. C’est le signal pour que j’aille servir des rafraîchissements, bienvenus par cette chaude journée. Tandis que je me dirige vers le coin cuisine, Bijou, pour obéir à sa Maîtresse, retire sa robe et s’agenouille à sa droite. J’apporte un plateau avec boissons et verres. Du thé glacé pour Lady Venus, un pastis bien frais pour vous et Maître Sévère. Bijou et moi prendrons un verre d’eau. Pendant ce temps, Sextoy, qui commence à prendre son rôle au sérieux, est allé chercher son jouet et commence à tourner autour de la table, le déposant au pied des uns ou des autres pour qu’on le lui lance. Amusant au début, ce petit jeu finit par vous lasser. Claquement de doigts et main à plat, Sextoy vient se coucher derrière votre siège, tandis que je m’agenouille à votre droite après avoir fait le service.
Vous discutez entre Maîtres, nous attendons sagement. Sextoy, qui a soif lui aussi après avoir joué, finit par se lever pour aller boire à sa gamelle, dans la petite chambre, puis revient se coucher à côté de moi, la tête sur mes genoux. Je le caresse, il l’a bien mérité. Puis vous m’informez que Bijou n’a jamais connu de contact masculin ; c’est pourquoi Lady Venus vous a demandé de l’initier. Je connais votre douceur et ne me fais pas de soucis pour Bijou, je sais qu’avec vous elle est entre de bonnes mains. Mais, continuez-vous, elle aura peut-être besoin de moi pour la rassurer. Je hoche la tête. « Oui Monsieur ». Je redresse la tête pour adresser à Bijou un sourire rassurant, et je sens alors qu’elle va en avoir besoin, elle a l’air terrorisée.
Vous vous levez et donnez ainsi le signal pour commencer les « festivités ». Tandis que Maître Sévère se dirige vers la chambre, Lady Venus va s’asseoir dans un fauteuil à côté du canapé-lit et demande à Bijou de rester debout face à celui-ci, tandis que vous vous déshabillez. C’est toujours un plaisir de vous voir nu, Monsieur, j’aime votre corps, que vous êtes beau….
Je reste en retrait, jambes écartées, mains dans le dos. Vous vous asseyez sur le lit et attirez doucement Bijou à vous. Vous commencez par prendre ses seins dans vos mains, à les caresser, avant de les prendre en bouche. Je la regarde, avec envie. Je ressens presque la sensation de votre bouche sur ma poitrine tandis que vous vous occupez d’elle.
Puis vous vous relevez et vous écartez du canapé-lit, avant de la faire s’agenouiller devant vous. Vous invitez Bijou à regarder, puis toucher votre sexe déjà en érection. Elle vous regarde, mais n’ose pas vous toucher. Vous vous tournez alors vers moi et, sur un signe de vous, je vais m’agenouiller à côté d’elle. Je lui prends alors la main et, délicatement, la pose sur vous. Nos deux mains, devenues siamoises, vous caressent le sexe, doucement, lentement. Sa Maîtresse l’encourage de la voix, lui caressant parfois la tête, le visage. Lorsque je la sens un peu plus assurée, je la lâche, l’invitant d’un sourire à avancer seule à votre découverte. Elle regarde, compare les différentes textures du gland, de la verge, et ose même descendre jusqu’à vos testicules.
Vient le moment où vous l’invitez à vous goûter. Léger mouvement de recul ; de nouveau je viens à son aide. D’abord je l’embrasse, doucement puis plus intensément. Ses lèvres sont douces. Tout en l’embrassant, j’attire sa tête vers votre sexe, jusqu’à ce que nos lèvres se posent sur votre gland. C’est alors une bouche à quatre lèvres qui vous prend le sexe.
C’est ce moment que choisit Maître Sévère pour faire son apparition à vos côtés. Lui aussi est nu, et son sexe dressé ne demande qu’à être honoré. Je vous regarde, et, sur un signe de confirmation de votre part, je vais m’occuper de Maître Sévère. Je commence par le lécher sur toute sa longueur, faisant ainsi doucement connaissance de ce sexe. Mes lèvres s’emparent ensuite du gland, que j’aime particulièrement téter, aspirer, tandis que d’une main je lui caresse les testicules. Vous en profitez pour inviter doucement Bijou à regarder pour apprendre. Je m’applique : non seulement je dois montrer l’exemple, mais je souhaite également vous faire honneur vis-à-vis de Maître Sévère. Et, de plus, j’ai enfin une queue pour moi seule, même si ce n’est pas la vôtre. Je m’en délecte donc, la suce, l’aspire, la lèche. Tout ceci ne m’empêche pas d’entendre Lady Venus vous demander de lui prêter Sextoy. Etant quelque peu inoccupée, elle demande alors à ce dernier de s’occuper d’elle, en lui faisant subir un face-sitting. Je jette un coup d’œil rapide : Lady Venus assise sur le visage de Sextoy, Bijou qui s’est décidée à franchir le pas pour vous sucer. La scène m’excite au plus haut point, et je passe discrètement une main entre mes cuisses ; je dégouline. Mon geste ne vous a pas échappé, ce qui me rend confuse. Mais vous aimez cela, me savoir ainsi dégoulinante d’excitation, n’est-ce pas, Mon Seigneur ?
Je n’ai cependant pas le plaisir d’honorer Maître Sévère jusqu’au bout car, après quelques instants, il m’invite à me relever et m’entraîne à sa suite, vers le grand lit. Avant d’ouvrir les panneaux coulissants, il me met un bandeau sur les yeux. Je frisonne légèrement. D’habitude, lorsque vous me prêtez à un autre dominant, c’est avec les yeux que je communique avec vous pour vous faire savoir si tout va bien ou si j’ai besoin de vous. Mais là je ne vais pas pouvoir. Vous devez le sentir, car vous tentez de me rassurer en me disant que vous restez là, attentif. Je n’ai pas le choix. Le fait de n’être pas bâillonnée est également un gage pour moi, signe que je ne serais pas totalement à la merci des angoisses qui pourraient surgir…
Ce que vous ne m’aviez pas dit, c’est que Maître Sévère excelle dans l’art du bondage, et, sachant que j’aime cela, vous avez souhaité m’offrir à ses cordes expertes. C’est pour ne pas que je voie ses cordes, et autres matériels, qu’il a sortis et posés sur le lit, que j’ai les yeux bandés. Il commence par prendre une longue corde noire, pliée en deux, d’une quinzaine de mètres, à laquelle il a déjà fait deux nœuds, avec une petite boucle et une plus grande. Il me passe la plus grande autour du cou, en laissant pendre la petite dans le dos. J’ai ainsi les deux brins de la corde qui pendent devant moi. Nouveau nœud, sous les seins, puis un autre, au niveau du pubis, avant de passer les deux brins entre mes lèvres. Nœud au niveau du périnée, cordes entre les fesses puis deux nœuds dans le dos avant de passer les brins dans la petite boucle et d’y faire un nœud. Chaque brin est ensuite passé sur le devant, entre les nœuds, puis repassé en arrière. Il réalise ainsi ce qu’on appelle un diamant Kikkou.
Chaque nouvelle tension par les brins horizontaux sur les brins verticaux fait se tendre de plus en plus ces derniers. Le nœud sur le pubis appuie désormais sur le clitoris, et le suivant sur l’anus, ce qui est très excitant. C’est une version quelque peu améliorée qu’il exécute sur moi : après avoir terminé ses allers-retours horizontaux, il descend sur chaque jambe, y exécutant des motifs du plus bel effet visuel. Il prend ensuite une corde, plus petite et rouge, et entreprend de m’attacher les mains dans le dos, bras le long du corps, avant-bras à l’horizontale, mains relevées à la verticale. Puis, avec de fines cordelettes noires, il entreprend de bien resserrer à la base les cordes qui entourent mes seins, afin de bien faire ressortir ces derniers. Il prend enfin deux fines cordelettes blanches pour entourer serré mes tétons, sous les piercings. Tirant sur les extrémités de ces dernières, il me mena à vous pour que vous puissiez admirer son ouvrage. Marcher ainsi attachée, les yeux bandés, avec des nœuds excitant entre les cuisses, n’est pas la plus aisée des choses…
C’est vous qui me retirez mon bandeau, avant de tendre un peu, de votre main, les cordes, pour m’exciter encore plus. Je vous murmure un merci pour ce joli cadeau que vous me faites. Puis Maître Sévère me ramène vers le lit, et prend quelques photos, avant d’attacher une barre d’écartement entre mes chevilles. L’équilibre devient précaire. Quelques coups de badine là sur les cuisses, entre les cordes, sur les fesses, sur les seins biens tendus. Je dois veiller à ne pas tomber, et pour cela ne rien chercher à esquiver, mais ce n’est pas trop dans ma nature.
Le temps ensuite pour Maître Sévère de prendre quelques photos, à votre demande, et il faut déjà dénouer tous ces liens pour éviter des blessures qui pourraient être graves. Mais je n’en n’ai pas terminé pour autant, car ma peau conserve la marque de ces cordes. Je secoue un peu mes bras pour les dégourdir, le sang afflue de nouveau un peu partout, cela picote légèrement. Bien qu’étant resté concentré sur son travail, Maître Sévère n’en n’est pas pour autant moins excité que tout à l’heure. J’entreprends donc de le remercier comme il se doit, à genoux devant lui, cette fois jusqu’au bout.
Durant tout ce temps, non seulement du fait du bandeau, mais aussi de l’examen de mes propres impressions, je n’ai prêté attention à ce qui pouvait se passer ailleurs.
Je n’ai pas vu Sextoy faire jouir Lady Venus après qu’elle a longtemps joué avec son visage.
Je n’ai pas vu Bijou se lancer à vous sucer, mais n’osant pas encore aller jusqu’à vous avaler, et vous ne l’avez pas forcée. Mais sa Maîtresse voulait qu’elle goûte tout de même à votre nectar.
Je ne vous ai donc pas vu jouir dans la bouche de Sextoy, et lui avez demandé de partager un peu avec Bijou.
Je n’ai pas vu non plus Bijou être autorisée à jouir par Lady Venus, de la bouche de Sextoy.
Non, de tout cela je n’ai pas eu conscience. C’est Sextoy qui me racontera plus tard ce qui s’est passé tandis que j’étais dans mon monde de cordes...
(Texte écrit il y a très longtemps, dans une autre vie.)
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Ma Maîtresse aime fabriquer Son matériel alors je ne suis pas étonné de la voir réaliser une badine bicolore sur un morceau de noisetier. Le tressage est fin et le mélange rouge noir lui donne un air gai.
«Je m’entraîne» me dit-Elle. Ma place ne m’autorise pas à lui demander à quoi.
«J’ai besoin de matériaux alors tu seras Mon chauffeur cet après-midi.»
Je ne me doute pas encore que l’âme de ce fouet prend déjà forme dans cette recherche.
Munie de Sa petite liste, Ma Maîtresse me dirige vers différents magasins.
Dans mon enthousiasme, j’outre passe bêtement mon rôle de chauffeur et j’ai droit à un recadrage en public. Conscient de ma bévue et honteux, je baisse la tête. Mon horizon se limitera à la pointe de mes chaussures tellement je ne savais plus où me mettre. Et encore, je sais que Ma Maîtresse aurait pu m’humilier bien plus devant tout le monde...
Je n’aurais eu que ce que je méritais.
Progressivement, je sens que Sa création prend vie . J’ai encore quelques doutes sur Ses intentions mais c’est à ce moment que Son projet commence à prendre forme dans ma tête.
Ma Maîtresse n’a pas trouver tout ce qu’Elle désirait mais suffisamment pour débuter sa création. Elle me charge de lui trouver de la paraffine dont Elle n’a pas besoin dans l’immédiat.
Quelques jours plus tard, Elle me convoque à Ses Pieds et me montre un grand fouet qu’Elle a finement tressé. Il n’est pas terminé mais il est déjà magnifique. Le tressage trois tons est subtil ; quelle réalisation magnifique de Ma Maîtresse. Je suis admiratif même si Elle me montre de petites imperfections qui ne sont pas à son goût.
Reste à le tremper dans un bain de paraffine. A ce moment, je ne me doutais pas encore de ce que cette paraffine allait lui apporter.
Avant cela, Ma Maîtresse est impatiente de le tester et je me retrouve vite au milieu de la pièce avec la primeur d’absorber les premiers pas de ce fouet.
En douceur , Ma Maîtresse le fait voltiger autour de mon corps dénudé. Il fend l’air dans un bruit aigu qui me fait sursauter. Rapidement , Ma Maîtresse l’envoie autour de mon torse. Il m’enlace totalement et sa pointe vient me cingler. La douleur s’étend du dos à son point d’impact terminal. Ma Maîtresse retient les premiers coups et pourtant il me fait déjà bien danser. Enfin, il vit et Ma Maîtresse le manie avec de plus en plus de précision et surtout de plus en plus d’énergie. Elle m’indique les points d’impacts qu’Elle vise et en retour j’en confirme la justesse. C’est de plus en plus précis et mon corps commence à se zébrer d' empreintes rougeâtres.
La lanière trace sa toile sur ma peau. Chaque impact est un feu brûlant qui laisse une flamme violette en souvenir.
Ce sont ses tous premiers claquements et il promet déjà beaucoup. Manié à la perfection par Ma Maîtresse, je pressens qu’il va m’emmener bien loin dans la souffrance quand il sera fini.
Ma Maîtresse lui donne vie. Il est dans sa période nouveau né. Elle l’éduque, le dirige, me fait couiner quand il fend l’air, le fait claquer sur ma peau . Mes cris attestent déjà de sa puissance.
Après ce premier essai, Ma Maîtresse décide qu’il est temps de le finir et donc de le plonger dans un bain de paraffine fondante. Sa couleur change, il devient plus brillant. J’ai l’impression que son poids a doublé.
Il est devenu vraiment très beau, très lourd et Ma Maîtresse me met en place pour tester Sa création finie.
Il fend à nouveau l’air dans un bruit plus soutenu. Je sens l’air lui faire place dans un sifflement aigu quand Ma Maîtresse le fait passer à proximité de mes oreilles. Elle le Maîtrise merveilleusement bien.
Les premiers impacts me surprennent terriblement. Je ressens immédiatement le poids que la paraffine lui a donné. A ce moment, je m’aperçois que c’est exactement l’effet que je me faisais d’un fouet. Vous savez, ce que l’on peut imaginer quand l’on regarde cela au cinéma.
La vivacité de son contact m’arrache immédiatement des cris de douleurs. Je serre des dents, je me reprends en respirant profondément. Heureusement, la volonté de satisfaire Ma Maîtresse est la plus forte.
L’intensité est exceptionnelle et je me tords à chaque impact qui m’enveloppe comme le vent dont il a pris la place. Ma Maîtresse le maîtrise tellement bien qu’Elle me cingle plusieurs fois au même endroit comme Elle aime bien. Je peux lui offrir cette belle douleur qu’Elle vient chercher avec le fouet qu’Elle a créé.
Et j’ai beaucoup à offrir car la douleur que le fouet me procure augmente crescendo bien aidé par l’adresse de Ma Maîtresse qui sait que cette douleur lui appartient. Elle la fait naître, la fait grandir jusqu’à mes limites pour mieux en goûter la saveur exquise.
Sans me toucher, le simple bruit de la lanière me fait frissonner. C’est maintenant au tour de Ma Maîtresse de s’emballer. Le fouet claque de plus en plus vite, de plus en plus fort pour que le plaisir de Ma Maîtresse monte…
Elle accompagne la musique ambiante en virevoltant autour de Sa chose, en la faisant tourner pour avoir le meilleur angle qui alliera force et précision sur ce corps offert.
Les traits fins de la lanière me marquent depuis les cuisses jusqu’aux épaules, jusqu’aux tétons guidés avec dextérité par Ma Maîtresse. Elle écrit un nouveau chapitre sur la page de mon corps.
Je ressens Ce fouet comme le prolongement du sadisme de Ma Maîtresse. Il irradie une violente douleur qui se dissipe vite pour mieux diffuser la suivante. Il attaque un côté avant d’impacter violemment l’autre côté. J’ai beaucoup de mal à m’en protéger et je dois l’absorber de plein fouet si je peux dire. Je me tortille en tentant difficilement de reprendre la position que m’impose Ma Maîtresse.
Avec précision, Elle parvient à le projeter comme une caresse. Son extrémité me frôle de si près qu’il me griffe douloureusement.
La douleur devient difficilement supportable, je crie, je saute, je couine et me tortille encore et encore. Ma Maîtresse vient me rassurer par Sa Tendresse entre chaque série, attentive à mes réactions. Elle actionne Son nouveau fouet, le dompte autant qu’Elle me dompte ; Elle cherche son plaisir à travers lui et Sa chose…
Elle cherche ma limite du supportable et s’en satisfait… Je tiens pour qu’Elle en profite encore. Elle prend tant de plaisir à me fouetter.
Je gémis, je grimace, gigote dans tous les sens et Ma Maîtresse rit et se réjouis. Son plaisir l’illumine ; Elle me dit même qu’Elle en mouille...
Quand Elle arrive à ma limite, Elle pose le fouet et me réconforte. Elle est tout sourire et se régale en contemplant les marques que son nouveau fouet a laissé sur Sa chose.
Je suis épuisé mais tellement content que Ma Maîtresse m’ait donné la primeur de Sa création.
Je ne suis pas prêt d’oublier l’intensité des émotions qu’Elle m’a fait vivre avec Son fouet.
Merci Maîtresse de lui avoir donné vie.
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Deux semaines passèrent avant que Gabrielle n’ait de nouveau des nouvelles de Max. Elle était toujours distraite avec ses amis et devait leur avouer qu’elle fréquentait quelqu’un. Le genre de relation qu’ils avaient, elle garda le silence bien sûr.
Lorsque Max lui a envoyé un texto l’invitant à dîner, elle a immédiatement répondu qu’elle pouvait. D’une certaine manière, elle était reconnaissante qu’il l’ait invitée chez lui. Le sien était un peu en désordre et elle savait d’après ses histoires qu’il considérait cela comme une raison suffisante pour donner à une jeune femme un derrière très rouge.
Le soir de son rendez-vous, elle a fait de son mieux pour s’habiller aussi sexy que possible. Elle portait une courte robe jaune, sachant que Max adorerait les bas qu’elle portait en dessous. Elle a choisi de la lingerie noire, sachant qu’elle contrastait joliment avec la robe claire.
Se préparant ainsi, elle se rappela qu’ils avaient accepté d’avoir des relations sexuelles lors de leur deuxième rendez-vous. C’était un peu bizarre d’aller à un rendez-vous en ayant déjà accepté cela ; mais pas aussi bizarre que d’être fessée pour l’avoir voulu le premier.
Quand elle est arrivée, Max portait un jean à la coupe nette et une chemise propre. En plus de cela, il portait un tablier. “Bonsoir madame, entrez s’il vous plait.” Il a dit.
Gaby rougit, se sentant trop habillé pour l’occasion. Max préparait évidemment le dîner pour elle lui-même et n’avait pas l’intention de l’emmener.
“Veuillez m’excuser un instant.” dit Max après l’avoir guidée jusqu’à son salon. « Le repas a besoin de quelques retouches supplémentaires, puis je vous rejoindrai.
Seule dans la pièce, Gaby regarda autour d’elle pour voir ce qu’elle pouvait découvrir sur lui. La chambre était propre et le mobilier était moderne. Il y avait beaucoup de livres, ce qui signifiait que Max n’écrivait pas seulement, mais lisait aussi. Aucun de ceux-ci n’était érotique du tout.
Elle pouvait l’entendre dans la cuisine et plus tard quelque part plus loin dans la maison monter des escaliers. À son retour, le tablier avait disparu et le jean et la chemise avaient été remplacés par un costume.
“Excusez mon apparition plus tôt.” dit Max. “Je ne vous avais pas attendu si tôt.”
Gaby rougit. “Non Monsieur, excusez-moi de vous avoir embarrassé en arrivant tôt.” Elle avait pratiqué une attitude de soumission appropriée en lisant autant de ses histoires qu’elle le pouvait.
Max sourit largement. « Je vous pardonnerai, jeune fille, mais seulement cette fois. Maintenant, s’il vous plaît, rejoignez-moi à table pour le dîner.
Gaby sourit largement en laissant Max l’aider avec sa chaise. Elle nota mentalement de ne pas arriver trop tôt la prochaine fois ; car Max pouvait sembler enjoué, rien ne disait qu’elle ne finirait pas sur ses genoux la prochaine fois qu’elle le surprendrait pas prêt pour leur rendez-vous.
Max lui a servi un steak parfaitement préparé avec des légumes cuits à la vapeur et des pommes de terre au four. C’était un repas simple mais délicieux. Il lui a également offert un verre de vin, mais lui a fait promettre de ne pas en boire plus d’un afin qu’elle soit suffisamment sobre pour consentir à ses souhaits lorsqu’il l’a emmenée dans sa chambre.
Gaby n’a bu que la moitié de son verre et a dû se forcer à toucher le repas. Elle était trop distraite par l’anticipation des choses qu’il pourrait lui faire.
Quand elle a finalement débarrassé son assiette, elle a lancé à Max un regard provocateur. “Assez de préliminaires.” Dit-elle.
Max se leva de sa chaise et se déplaça vivement autour de la table. Il la saisit par les poignets et la souleva si brusquement que sa chaise tomba à la renverse.
Gaby haleta de surprise quand Max l’attira contre lui. Son désir pour elle était immense et elle réalisa qu’il le voulait autant qu’elle.
“Un tel sourire déviant pour une dame.” dit Max.
“Je pensais que vous seriez plus doux, comme le gentleman que vous êtes.” taquina Gaby.
“Alors je vais te montrer à quel point je peux être doux.” dit Max.
Sa main qui la tenait par la nuque lâcha ses cheveux et glissa le long de son dos. Il reposait juste au-dessus de ses fesses.
« Voudriez-vous me suivre en haut, ma dame ? Max lui a demandé.
“Oui monsieur.” Gaby respira.
Il la guida jusqu’à sa chambre. C’était aussi propre que le reste de sa maison et le lit soigneusement fait. Il l’a arrêtée quand elle a voulu s’allonger dessus.
Lentement, Max défit la fermeture éclair de son dos. Ses mains massaient ses épaules alors qu’il écartait sa robe. Il tomba jusqu’à ses hanches. Le doigt de Max a tracé sa colonne vertébrale, puis a doucement baissé sa robe jusqu’à ce que ses fesses sortent par l’ouverture confortable.
Il laissa ses doigts errer sur son corps, la caressant doucement le long de ses sous-vêtements. Lentement, prudemment, il la déshabilla, jusqu’à ce qu’elle se retrouve nue dans sa chambre.
Gabrielle n’a pas parlé ni discuté. Même en étant aussi doux, il était indéniable que Max était en charge. Lorsqu’elle fut complètement nue, elle suivit ses instructions muettes de s’allonger sur le lit.
Elle croisa les jambes et plaça sa main sur ses seins, sentant que sa nudité en laiton ne correspondait pas aux actions douces de Max.
Lentement, il se déshabilla. Gaby aimait le regarder dénuder son corps pour elle. Quand elle vit enfin sa grande érection lancinante, elle eut envie de le sentir en elle.
Max s’agenouilla à côté d’elle sur le lit. Doucement, ses doigts sondèrent l’intérieur de ses cuisses, lui faisant écarter les jambes. Il se déplaça vers ses pieds, plaçant sa tête près de sa chatte gonflée et humide. Sa langue la lécha sur toute la longueur de ses lèvres.
Gaby gémit profondément.
Doux et sans aucune force, Max la lécha. Sa langue fit lentement son chemin entre ses lèvres et sur son clitoris.
Gaby arqua le dos, aspirant à plus, mais Max n’offrit pas plus de force qu’il n’en avait déjà.
Atrocement lent, sa langue la rendait folle.
Son corps en demandait plus, mais quand Gaby attrapa ses propres seins, les serrant brutalement, Max s’arrêta. Il lui prit les poignets et poussa ses mains sous l’oreiller sous sa tête.
« Gardez-les là. Il a dit. « Tu voulais que je sois gentil, tu te souviens ?
Gaby gémit profondément mais garda ses mains derrière sa tête.
Max a continué son jeu lent et tortueux avec sa langue. Il a semblé prendre une éternité à Gaby pour atteindre un point culminant et encore une fois, elle a utilisé ses mains pour l’aider un peu.
“Les mains derrière la tête.” dit Max, arrêtant son plaisir une fois de plus. “Ne m’oblige pas à t’attacher.”
Gaby rougit et plaça ses mains derrière sa tête une fois de plus. Il ferait si chaud d’être ligoté ; mais pour une raison quelconque, elle se sentait encore plus excitée d’être retenue uniquement par ses paroles.
Max s’est déplacé sur le lit, n’utilisant plus sa langue pour lui faire plaisir, mais juste un doigt. Il le plaça entre ses lèvres, juste au-dessus de son clitoris, et poussa doucement.
“Est-ce assez doux, Gabrielle?” demanda-t-il alors qu’elle gémissait.
“Oui monsieur.” Elle répondit.
“Et ça?” demanda-t-il en se penchant en avant pour lécher son mamelon.
“Hnng-oui.” dit Gaby.
“Voulez-vous jouir?” Max a demandé, pressant un peu plus son clitoris.
“Oui s’il vous plaît.” dit Gaby. Son corps a commencé à convulser. Elle avait pensé qu’elle était encore loin de l’orgasme après ce jeu doux, mais ses paroles l’avaient poussée jusqu’au bout.
“Pas encore.” dit Max en relâchant la pression. “Demande-moi d’abord et gentiment cette fois.”
Gaby rougit, mais Max n’allait plus la toucher jusqu’à ce qu’elle le lui demande. “S’il vous plaît monsieur, puis-je jouir?” Elle l’a supplié.
“Bonne fille.” dit Max, son doigt jouant à nouveau avec son clitoris. “Tu peux jouir maintenant.”
Le corps de Gaby tremblait de façon incontrôlable, elle gémissait et haletait alors que l’orgasme arrivait dès qu’elle en avait la permission.
Quand ça s’est arrêté et qu’elle a vu Max la regarder, elle a rougi profondément. Elle vit son érection à côté de sa cuisse et ne put plus attendre. Elle retira ses mains de derrière l’oreiller et l’attrapa doucement.
“S’il vous plaît, baisez-moi, monsieur.” Dit-elle.
Max prit ses mains par les poignets et les poussa sur le lit à côté de l’oreiller. “Je pensais t’avoir dit de garder ça pour toi.” Il a dit. Il se pencha en avant, son attente sur ses bras épinglés et l’embrassa rudement, mordant sa lèvre inférieure avant de lâcher prise.
“Oww, Monsieur, ce n’était pas très gentil.” protesta Gaby.
“J’ai été assez doux.” dit Max. “Si tu ne peux pas faire ce qu’on te dit, je vais juste devoir être un peu brutal.”
Gaby gémit profondément. Oui, rude était exactement ce qu’elle voulait en ce moment.
Max se pencha sur elle alors qu’il l’embrassait à nouveau, la gardant coincée contre le lit.
Les poignets de Gaby lui faisaient mal sous sa prise ferme, mais elle adorait la douleur.
« Reste ici, je vais chercher un préservatif. Max a dit
Il se retourna pour attraper une boîte sur la table de chevet. Pendant qu’il le mettait, Gaby s’agenouilla derrière lui, enroulant ses bras autour de lui pour presser ses seins contre son dos et frotter sa poitrine avec ses bras.
Avec le préservatif bien en place, Max se retourna. “Je t’ai dit de rester en bas.” Il a dit.
Gaby sourit malicieusement.
Max attrapa brutalement ses épaules et la retourna, la poussant face contre terre sur le lit. De sa main ouverte, il lui frappa brutalement les fesses.
Gaby gémit profondément.
Après quelques bons coups et un cul rose, Max l’a attrapée par les hanches et l’a tirée sur ses genoux. Il a poussé son érection contre sa chatte et l’a glissée à l’intérieur.
Max l’a baisée brutalement par derrière, utilisant une main sur le bas de son dos pour la pousser vers le bas et l’autre pour lui donner quelques bonnes claques.
Quand il vint enfin, il s’accrocha à ses hanches à deux mains, ses doigts s’enfonçant profondément dans sa peau. Puis, il l’a attrapée par les cheveux et l’a tirée vers le haut. Il posa une main sur sa poitrine, l’autre sur sa gorge juste en dessous de son menton.
“Alors.” Il murmura. « Qu’est-ce qui t’as le plus plu, doux ou brutal ? »
“Je ne suis pas sûr.” Gaby a répondu. « Pouvons-nous recommencer pour que je puisse décider ? »
Max grogna et la lâcha.
“Ne sois pas gourmand.” Dit-il en nettoyant le préservatif usagé. « Ou je devrais peut-être te donner une fessée.
“Cela pourrait être amusant aussi.” Gaby a répondu.
“Gardons ça pour une autre fois.” dit Max. “De cette façon, t’as encore quelque chose à espérer.”
Gaby fit la moue, mais réalisa que Max avait peut-être besoin d’une pause. Elle n’irait nulle part, ils pourraient encore s’amuser plus tard ce soir.
Après que Max se soit levé du lit, Gaby est resté derrière, fixant le plafond de sa chambre. Même si elle en voulait plus, elle s’était vraiment sentie satisfaite. En vouloir plus prouvait à quel point cela avait été bon.
Son sentiment de vouloir s’envoyer en l’air était certainement satisfait.
Quand elle s’est levée et a suivi Max en bas, elle s’est sentie vraiment satisfaite de ne pas s’être contentée d’une aventure d’un soir pour satisfaire ses envies. Ce n’était que leur deuxième rendez-vous, mais elle se sentait déjà comme Max et elle pourrait être bien plus.
Max, vêtu d’un peignoir, se reposait dans le canapé de son salon. “Pas encore habillé?” Il lui a demandé.
Gaby rougit, se balançant légèrement alors qu’elle se dirigeait vers lui, montrant son corps nu. « Je pensais que je resterais la nuit. Si ce n’est pas trop présumer.
“Pas du tout.” Max a répondu. « En fait, j’insiste pour que tu restes. Il est beaucoup trop tard pour qu’une jeune fille comme toi soit seule dans le noir.
Gaby sourit. « Dans ce cas, je ne pensais pas avoir besoin de mes vêtements. À moins bien sûr que tu pensais que ce ne serait pas très féminin de ma part de me promener ainsi déshabillée. Elle a fait un clin d’œil.
“Au contraire.” dit Max. « Tu devrais porter quelque chose de sexy ou rien du tout quand tu es ici. Une gentille fille ne voudrait pas priver son petit ami de la vue de son corps magnifique.
“Eh bien, je suppose que je vais me déshabiller dès que j’aurai franchi ta porte d’entrée, la prochaine fois que je serai là.” dit Gaby d’un ton taquin.
Elle s’assit à côté de lui sur le canapé, posant ses pieds sur ses genoux. Distraitement, Max a commencé à les masser pendant qu’ils parlaient d’autres sujets de tous les jours.
Après s’être lavé, Gaby retourna dans la chambre de Max. Après le sexe sauvage qu’ils avaient eu auparavant, le rejoindre au lit comme ça était un peu étrange; comme un couple qui est ensemble depuis un moment, partageant un lit comme ils le font tous les jours.
Max était déjà sous les draps quand elle est arrivée. Elle supposa qu’il était nu, comme elle l’était toujours.
« Puis-je vous rejoindre dans votre lit, Monsieur ? Elle a demandé.
“Vous pouvez.” Max a répondu.
Gaby rampa sous les couvertures et rougit d’avoir demandé la permission de le faire. Elle l’avait lu dans l’une de ses histoires et c’était aussi sexy de le faire pour de vrai que de lire à ce sujet.
Une fois sous les couvertures, elle a atteint le corps de Max et a senti qu’il était en effet nu. Elle attrapa son entrejambe.
“Hmm, fille gourmande.” dit Max.
Gaby rougit, mais sentit qu’il avait déjà mis un préservatif, il était prêt pour elle. Elle rampa sur lui, à cheval sur ses jambes. Elle pouvait sentir son érection entre eux, le bout de son pénis contre son clitoris. C’était incroyable de se frotter contre lui.
Max plaça ses mains sur ses hanches et guida ses mouvements, l’exhortant à le chevaucher lentement, augmentant la chaleur entre eux.
Quand Gaby gémit bruyamment, il se pencha et l’aida à mettre sa queue en elle. Il plaça son pouce entre ses lèvres et pressa son clitoris pendant qu’elle le chevauchait.
Sa main libre lâcha sa hanche et frappa une fois ses fesses. Libéré de son contrôle, Gaby prit de la vitesse. Elle le chevaucha fort et vite, sa bite au fond d’elle et son pouce appuyant sur son point le plus sensible.
Avec un gémissement bruyant, Max est venu; mais Gaby ne pouvait pas s’arrêter. Max lui a claqué les fesses, l’encourageant à jouir pendant qu’elle le chevauchait, son pouce appuyant fort, jusqu’à ce qu’elle atteigne également son orgasme, son corps tremblant, gémissant profondément alors qu’elle s’effondrait sur lui.
« Dors bien, ma fille gourmande. dit Max en la repoussant.
Gaby n’avait pas encore fini cependant. Alors qu’elle dormait au début, elle se réveillait souvent, distraite par le corps masculin à côté d’elle dans le lit. Elle n’avait pas eu à partager un matelas depuis longtemps.
Un peu après minuit, elle était réveillée et elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle tâta le corps de Max et découvrit qu’il dormait sur le dos. Elle se pencha et trouva sa queue, elle était molle dans ses mains.
Au fur et à mesure qu’elle jouait avec, il s’animait lentement. C’était une sensation étrange, comment elle devenait lentement plus grosse et plus dure, résistant à sa force jusqu’à ce qu’elle soit incapable de la plier comme la première.
“Si tu continues à jouer avec ça, je vais te faire finir ce que tu as commencé.” dit soudain Max.
Gaby rougit, se sentant pris en flagrant délit. « Cela ne me dérange pas de le finir pour vous, monsieur. Dit-elle timidement, avant de rouler sur lui.
“Attends, nous avons besoin d’un autre préservatif.” dit Max alors qu’elle le chevauchait déjà.
Gaby pouvait le sentir atteindre sa table de chevet, tâtonnant dans le noir. “Attends.” dit-elle, roulant à nouveau sur lui. “Viens t’allonger contre mon dos.” Elle ne voulait pas perdre de temps ou allumer la lumière au milieu de la nuit.
Max se retourna, se pressant contre elle. Elle pouvait sentir son érection presser contre ses fesses.
Gaby a tordu ses hanches, attrapant sa queue entre ses fesses, quand Max a poussé en avant, il a été poussé fermement entre elles.
Elle gémit profondément alors que Max lui baisait les fesses, sans la pénétrer. Il a atteint autour d’elle avec sa main libre, trouvant sa chatte humide et attendant.
Coincé entre sa queue entre ses fesses et ses doigts entre ses lèvres, Gaby frissonna alors que les doigts de Max provoquaient un autre orgasme. Elle poussa contre ses hanches poussées, jusqu’à ce qu’il jouisse également, son jus chaud se répandant dans le bas de son dos.
Quand Gaby s’est réveillé le lendemain matin. Elle pouvait encore sentir le désordre collant sur son dos, ils n’avaient pas pris la peine de nettoyer au milieu de la nuit. Elle tendit la main vers Max et, à sa grande surprise, découvrit qu’il était toujours dur. Ou encore dur, avec le matin, supposa-t-elle.
En repensant à ses histoires, elle se demanda comment une fille vraiment soumise réveillerait son petit ami. La réponse était évidente, alors elle rampa sous les draps et le prit dans sa bouche.
Max ne s’est réveillé que juste avant de venir.
Gaby était fière de la rapidité avec laquelle elle avait réussi à le faire jouir en utilisant uniquement sa bouche. Elle avala tout ce qu’il lui offrait, ne pensant qu’un instant que cette fois elle avait oublié le préservatif.
Max écarta les couvertures et la regarda avec un sourire. “Une petite amie si gourmande.” Il a dit.
Gaby rougit. Comment avait-elle été gourmande ? Elle avait fait ça pour lui, n’est-ce pas ?
“Je veux nous faire tester tous les deux pour les MST.” Dit-elle.
“Pas la salutation matinale la plus romantique.” Max a répondu.
“Je ne veux tout simplement pas continuer à m’embêter avec ces préservatifs à chaque fois.” dit Gaby. “Je prends la pilule, donc si nous sommes tous les deux propres, nous pouvons nous amuser davantage sans ces choses.”
Max hocha la tête. « Je pensais la même chose hier soir, même si je ne savais pas trop comment te le dire. Je suppose que te donner l’oral en premier aurait peut-être marché.
Gaby gloussa.
A la table du petit déjeuner, ils parlaient peu. Ils ne pouvaient pas prolonger ce deuxième rendez-vous beaucoup plus longtemps; mais pendant que Gaby prenait une douche, elle sentait qu’elle pouvait le séduire une fois de plus. Elle n’avait pas encore reçu la fessée de cette gentille fille après tout.
De retour en bas, Max ne portait toujours qu’une robe de chambre, alors qu’elle portait la lingerie et les bas d’hier. Elle portait sa robe, pliée dans ses bras.
“Tu sais que tu ne peux pas sortir comme ça.” dit Max.
“Je pensais juste que tu voulais me dire au revoir comme il faut.” dit Gaby.
Max soupira. “Qu’est-ce que je t’ai dit sur le fait d’être cupide, Gabrielle ?” Il a demandé
Gaby rougit. Il n’avait pas semblé s’en soucier quand elle le réveillait au milieu de la nuit, ou le matin avec sa bouche.
“Mais je n’ai pas eu de fessée.” Elle a fait la moue. “J’avais tellement hâte d’y être.”
« Je t’ai dit hier que tu devrais attendre encore un peu. Tu n’es pas obligé de tout obtenir en même temps dit Max.
Gaby fit la moue et mit ses plus beaux yeux de chiot.
“Je vais compter jusqu’à cinq et ensuite tu vas mettre cette robe, jeune fille.” dit Max.
“Une.”
Gaby lécha ses lèvres.
“Deux.”
Il était hors de question qu’elle le laisse lui faire peur pour qu’elle le mette.
“Trois.”
De plus, s’il allait lui donner une fessée, elle obtiendrait exactement ce qu’elle voulait.
“Quatre”.
Bien que… Ce premier rendez-vous fessé n’était pas quelque chose qu’elle voulait voir répété, n’est-ce pas ?
“Cinq!”
Merde! Trop tard.
« C’est ça jeune fille. Tu as été une bonne fille pendant tout ce rendez-vous ; mais maintenant je vais devoir te renvoyer chez toi avec un derrière rouge. dit Max.
Gaby rougit, mais ne protesta pas.
Max lui prit le poignet et la guida vers le canapé. Il lui prit sa robe et la posa sur la table basse avant de la mettre sur ses genoux.
Sa main atterrit violemment sur son derrière.
Gaby gémit doucement. “Attends.” Dit-elle. « Je suis désolé, je ne voulais pas être méchant. Je pensais que tu me donnerais une fessée amusante.
Max lui a encore donné une fessée. « Je t’ai dit deux fois que je n’allais pas le faire. Ne prétend pas que tu ne savais pas que tu allais avoir des ennuis si tu continuais à désobéir.
Gaby se mordit la lèvre. Elle avait su, alors pourquoi avait-elle continué à agir comme elle l’avait fait ?
Max lui frappa les fesses à nouveau. “Si tu vas agir comme un gosse cupide, c’est comme ça que je vais te traiter, Gabrielle.” Il a dit.
Gabt rougit. Elle ne s’était jamais considérée comme une gamine ; mais la façon dont elle l’avait défié pendant son compte à rebours était un comportement évident de bratty.
Elle couina quand Max la frappa fort et vite. “Eh bien, as-tu autre chose à dire?” Il a demandé.
Gaby secoua la tête. “Non monsieur.” Elle a répondu, en s’avouant qu’elle avait ceci à venir.
La main de Max se posa encore et encore sur ses fesses. Envoyant des chocs de douleur à travers sa peau et ses fesses. Il a baissé sa culotte à mi-chemin et a décroché la prochaine volée de claques sur ses fesses nues.
Gaby gémit et se tortilla. Cela ne ressemblait en rien à la fessée sensuelle qu’elle voulait, mais elle se sentait toujours excitée d’être fessée.
Lorsque Max s’est arrêté pour lui frotter les fesses, elle a su que l’échauffement était terminé. Ses fesses lui piquaient déjà. Quand il leva à nouveau la main, elle sut qu’il était sérieux au sujet de cette fessée.
Ses fesses rebondirent sous sa main. Gaby donna des coups de pied et couina, ses fesses étaient en feu. Elle a promis de bien se comporter, l’a supplié d’arrêter et a juré de ne pas être aussi gourmande lors de leur prochain rendez-vous.
Max ne s’est pas arrêté jusqu’à ce qu’elle sanglote et gémisse, les larmes sur son visage et son corps flasque après que tout le combat soit sorti d’elle.
Quand il la laissa se lever, il la serra fort contre lui.
“Merci Monsieur, je suis désolé d’avoir été un gamin si gourmand.” dit Gaby.
« J’espère que tu feras mieux la prochaine fois, Gabrielle. C’est deux rendez-vous d’affilée que tu te retrouve avec des fesses rouges et douloureuses. Maintenant, mets ta robe. dit Max.
Gaby rougit en enfilant sa robe. Quand elle a remonté sa culotte, elle était douloureusement serrée autour de ses fesses.
Lorsque Max lui a montré la porte, elle s’est demandée pourquoi elle attendait déjà avec impatience leur prochain rendez-vous. Certes, elle s’était amusée aux deux rendez-vous, jusqu’à ce qu’elle ait mérité cette fessée vers la fin. Elle réalisa alors qu’elle voulait ces fessées disciplinaires strictes autant qu’elle avait voulu le sexe auparavant. Elle n’est pas sortie avec cet homme malgré sa fessée, elle est sortie avec lui à cause de cela.
“Je suis désolé d’être une si mauvaise fille, monsieur.” dit-elle à la porte. “J’essaierai plus fort la prochaine fois.”
Max l’a embrassée au revoir. “Assure-toi de le faire, tes fesses auront besoin de repos après ces deux premiers rendez-vous.”
Gaby fit un signe de la main et s’éloigna. Désolé monsieur. Elle pensait. Mais tu vas juste devoir me fesser encore. Je suis ton sale gosse après tout
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Il ne faudrait pas croire que j'aime quand Summer me traite comme une gamine, mais... par moment, il me faut quelqu'un de ferme. Je suis bien ici avec elle, je suis rassurée. La seule chose qui me dérange un peu, c'est la chaleur, étant donné que Summer est contre l'air conditionné... Elle me dit :
— Tu as encore faim ?
— Non, pas pour le moment
— OK, on va faire des courses...
On va à Berverly Hills, là où les stars ont leur villa. Je voudrais bien les voir mais je n'ose pas le dire à Summer. Ensuite, on va à Rodeo Drive. C'est l'avenue des magasins de luxe. J'achète un short très court et très cher. C'est Sam qui paie. J'achète aussi deux robes et deux maillots... Summer achète un pantalon en cuir ou en vinyle, je ne sais pas. Elle achète tout avec "ma" carte !
Quand on a fini les courses, on va à Venice et on se balade en maillot... Le soir, on mange avec ses amis. Il n'y en a que deux, les autres travaillent pour l'inauguration du Slave Paradise. Je n'ai pas trop envie de faire la fête, d'autant que Summer me rationne : je n'ai droit qu'à deux bières.
On rentre tôt... Avant de dormir, elle me laisse filer entre ses cuisses pour lui dire bonne nuit.
J'aime son odeur et son goût... sauvage. Quand elle a joui, je remonte dans le lit et je me colle à elle, mais j'ai droit à un :
— Colle pas, fait trop chaud !
Ben, oui, il suffirait de mettre l'air-co !
***
C'est l'ouverture du "Slave Paradise" aujourd'hui. J'apprends mes cinq pages de textes en une heure au lieu de deux. J'ai de la mémoire, mais il faut que je sois motivée... Je viens à peine de réciter le texte à Summer quand son téléphone sonne. Elle regarde sur l'écran qui l'appelle et dit :
— Bonjour Monsieur Sam.
— ...
— Oui, on est dans un motel, près du studio.
— ...
— D'accord, on arrive.
Elle coupe et me dit :
— On doit passer voir Monsieur Sam.
— Mais l'inauguration....
Gros soupir de Summer, qui me dit :
— Les rendez-vous avec Monsieur Sam sont rapides. Mets une robe.
Moi qui voulais mettre mon mini short ! Je m'habille, on prend la voiture et on part. J'essaie bien de lui demander pourquoi il doit nous voir, mais elle n'en sait rien et je dois arrêter de l'énerver ! On roule vers le sud pendant 20 minutes au moins, avant de s'arrêter devant un immense golf. On entre et une jeune femme vient à notre rencontre en disant :
— Mademoiselle Summer ?
— Oui.
— Veuillez me suivre.
Elle nous conduit sur une grande terrasse qui surplombe le golf. Elle nous dit :
— Monsieur Boizano a presque fini. Puis-je vous servir quelque chose ?
Summer demande un daiquiri pour elle et un Fanta pour moi. Merde ! Je m'en fous de son Fanta. Mais bon, Monsieur Sam lui a dit de contrôler ma consommation d'alcool.
Il arrive bientôt, un peu rouge d'avoir joué sous le soleil. On se lève toutes les deux. Il dit :
— Asseyez-vous les filles. Je vais vous expliquer en quelques mots, parce que je suis pressé. Il y a un problème de droits avec le film et évidemment, ils le disent au dernier moment. Le film ne se fera pas.
Je m'écrie :
— Oh, noooon ! Je connais cinq pages par cœur.
Ils me regardent tous les deux, agacés. Summer me dit :
— Va voir si j'ai bien fermé la voiture !
— Mais...
— Je dois répéter ?
— Nooon...
Je me lève et je quitte la terrasse. Je m'en fous de leur film d'ailleurs, je vais... aller jusqu'à la voiture. Elle est restée ouverte, mais je n'ai pas la clé pour fermer et puis je sais bien que c'est un prétexte. Je retourne sur la terrasse, Summer est seule et termine son verre. Je lui dis :
— Alors, c'est quoi ces conneries de...
— D'abord, quand je parle avec quelqu'un, tu n'interviens pas. !
— Oui Summer, pardon, mais je...
— Ferme-la, Ashley ! Je ne le répéterai pas ! Le film ne se fait pas. Comme tout est prévu pour demain, ils ont un autre projet pour toi. Tu vas être Cléopâtre.
— Mais... euh... quoi ??
— Je disais, tu seras Cléopâtre. Il y a des décors qui viennent de servir pour un film sur Aménophis IV et tu n'as que 2 pages à apprendre...
Elle attend... J'ai retenu la leçon, je ne dis rien. Elle continue :
— Ce sera sexy pour la version grand public et nettement plus pour la vidéo et le Net... Et puis, je te rappelle qu'à l'époque de Cléopâtre, il y avait déjà des esclaves... Il y aura des vraies esclaves dans le film.
Elle fait une pause... Je me tais, bien que j'ai mille questions à lui poser. Elle poursuit :
— Bien, tu apprends à te taire... Alors, ce qui va te plaire, c'est qu'on peut acheter deux esclaves cet après-midi, pour le film.
J'ai envie de dire "yiiiipppiiiee" ! Mais il paraît que je ne peux plus parler. Je baisse les yeux et je ne dis rien. Elle rit et ajoute :
— T'es vraiment une gamine. J'ai fini, vas-y, parle.
— Et on pourra les garder, les esclaves ?
— Non, elles iront au studio. D'ailleurs, je n'ai pas envie de m'encombrer de deux esclaves. Si j'ai envie que quelqu'un me lave une culotte ou me masse les pieds, il y a toi.
Elle rit... Je ne sais pas comment je dois le prendre ! Je serai bientôt une star et alors je lui dis... euh... Qu'est-ce que tu lui dis, Ashley ?
— Je ne ressemble pas du tout à Cléopâtre, j'ai un petit nez
— C'est vrai, mais tu es belle et tu as la peau mate. Il y a juste la couleur des cheveux, mais on mettait des perruques à cette époque. Tu devras sans doute retrouver ta couleur naturelle. Et sinon, tu es vicieuse, arriviste et manipulatrice. Tout le portrait de Cléopâtre... D'ailleurs, ce ne sera pas une biographie, mais surtout la période de sa vie où elle était la maîtresse d'Antoine et de Jules César en même temps.
Je ne réponds rien car on arrive en vue du "Slave Paradise". Il va s'agir de la première vente officielle d'esclaves. Avant ça, il y avait des ventes organisées par les shérifs, c'est comme ça que j'ai vu une esclave à Notasulga. Le nouveau président, John D. Birch, a confié la vente des esclaves à Sam Boizano et à sa société. On arrive bien à temps, mais il y a déjà pas mal de monde qui attend devant l'entrée et une file de voitures attend l'ouverture des parkings.
Nous, on ne fait pas la file. On prend un petit sentier jusqu'à une porte dissimulée par des bambous. Summer fait un numéro sur son téléphone et dit :
— Summer Hunter.
La porte s'ouvre. J'aime être avec elle. Un garde vient à notre rencontre. Ils s'embrassent. Puis, en me regardant, il dit :
— Oh la jolie esclave ! Tu vas la vendre ?
Ils rient tous les deux. Ouais, on me l'a déjà faite, celle-là ! Summer répond :
— Elle commence demain le nouveau film de Monsieur Sam. Si elle joue mal, on la vendra.
Le garde me prend contre lui en disant :
— Bonjour future star ou future esclave.
Il m'embrasse sur la bouche tout en mettant sa grande main sur mes fesses. Je lui dis :
— Bas les pattes ! Attentat à la pudeur et voies de fait, ça va vous coûter cher, mon gaillard !
Ou alors je lui rends son baiser et je bouge mes fesses sous sa main. Summer lui dit :
— Elle se conduit déjà comme une esclave !
— On te charrie, petite ! On m'a parlé de toi comme d'une future star et Monsieur Sam a dit à tout le monde que vous veniez choisir deux filles.
Ça, c'est cool. Il donne des pass VIP à Summer en disant :
— Tout est installé dans la clairière. C'est la folie, tu vas voir. Il y aura même une vedette de talk-show pour présenter la vente.
On le remercie et on entre dans le Parc. Summer sait où c'est. On se mêle aux premiers visiteurs et on arrive dans une très grande clairière transformée... en salle de vente ! Il y a des rangées de fauteuils sur des gradins et une scène surmontée d'un très grand écran.. Il y a deux autres écrans géants sur les côtés. Une grande structure transparente sert de toit. Ah ! Ils n'ont pas regardé à la dépense, Sam et sa société !
Une fille mignonne nous conduit dans la partie VIP. Summer embrasse quelques personnes qu’elle connaît. Les gens arrivent et trois quarts des places sont occupés. À 14 h juste, on voit arriver un char, comme en avaient les Égyptiens ou les Romains, sauf que celui-ci n'est pas tiré par des chevaux mais par quatre filles, deux noires et deux blanches. La conductrice a un fouet en main et elle le fait claquer sur les fesses des filles qui galopent à toutes jambes. C'est beau, ces corps couverts de sueur, de poussière et de marques de fouet... Les filles sont attachées à trois pièces de bois et elles ont toutes un mors. Le char fait une fois le tour du stade, puis s'arrête au milieu. La conductrice est une femme dodue d'une quarantaine d'années. On voit son visage sur les écrans géants... Oh ! mais je la connais, c'est Vera Humphrey, la reine des talk-shows. Son émission cartonne. Les gens la reconnaissent et applaudissent, moi aussi. Summer me regarde, amusée. Vera prend un micro, oui, ça ne fait pas très "romain". Elle dit :
— Mesdames, Messieurs, bienvenue au Slave Paradise. Vous allez voir quelques attractions. Ensuite nous procéderons à une vente d'esclaves, toutes munies d'un certificat sanitaire. Vous pourrez vous offrir la servante docile, la compagne de vos rêves ou la vendeuse idéale. Et maintenant, mes pouliches vont refaire un petit tour de piste et les attractions vont suivre. Bon amusement et bons achats.
Elle refait le tour du stade, son fouet claque plusieurs fois sur les croupes des pouliches et elle repart. Après elle, c'est un homme qui se trouve juste au-dessus de nous qui prend la parole. Son visage apparaît sur les écrans. Il dit :
— Mesdames, messieurs, vous allez assister à trois reconstitutions de l'esclavage à travers les âges. Pour commencer, nous voici en 50 avant Jésus Christ, des esclaves gauloises sont emmenées pour être vendues au marché aux esclaves de Rome...
Un cavalier romain arrive sur la piste, il est suivi de deux rangées de filles blondes et nues, attachées les unes aux autres. De chaque côté, des légionnaires les fouettent. Eh ! Mais elles n'ont rien fait de mal ! C'est vrai, mais ce sont des esclaves... Ah, oui, d'accord.
Elles font le tour de la piste. Sur les écrans géants, je guette le moment où les fouets touchent leurs fesses et leurs cuisses. Summer, qui connaît mon intérêt pour... les reconstitutions historiques, me glisse :
— Tu vois, si je t'avais vendue, tu serais parmi ses esclaves.
Même pas possible, je ne suis pas blonde.... enfin si, un peu, mais je vais récupérer ma couleur. Les esclaves romaines repartent. L'animateur annonce :
— Nous allons faire un bond dans le temps, passer de -50 au 16e siècle, voici des esclaves enlevées par les pirates barbaresques et par des trafiquants arabes. Elles vont être vendues au marché aux esclaves d'Alger.
Entre un dromadaire sur lequel se trouve un... Touareg. Derrière lui, il y a deux files d'esclaves de toutes les couleurs, depuis une rousse à la peau blanche comme du lait jusqu'à une Noire couleur ébène, en passant pas des métisses. J'avais déjà remarqué qu'ici, on aimait mélanger les couleurs, comme pour les filles qui devaient faire un numéro de pom-pom girls. Les filles se mettent à genoux sur une rangée, pour qu'on puisse les examiner sur les grands écrans.
Des touaregs fouettent les filles et ça plaît beaucoup au public qui crie et applaudit.
Ils font un tour et s'en vont. L'animateur dit :
— Plus près de nous, voici une reconstitution datant de la période heureuse de l'esclavage dans le Sud des États-Uunis.
Summer me dit :
— Chez toi.
C'est vrai. Entre un beau cavalier sur un étalon noir. Sur l'écran, je le reconnais : c'est le beau Texan qui m'a tirée dans les chiottes... Euh... je me laisse aller, là... Je reprends : c'est le gentilhomme avec qui j'ai eu un échange intime dans un endroit discret. Faut que j'apprenne à mieux causer, bordel !
Le beau Texan est suivi de deux rangées de filles, toutes Noires. J'aime bien voir leurs belles fesses se crisper sous le fouet ! J'en choisis une que j'achèterai tout à l'heure.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
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Cela fait un peu plus d’une semaine que Gaby a découvert le site Web de Max et ses histoires. Après avoir lu ce premier qui semblait s’être inspiré d’elle, elle en a lu beaucoup d’autres. Chacune a entraîné la même extase chaleureuse et écrasante car elle ne pouvait s’empêcher de se masturber devant les fantasmes pervers et bien écrits de Max. Gaby ne s’était jamais considérée comme coquine auparavant, elle n’avait pas accordé plus qu’une pensée passagère à de tels désirs. Mais au cours de la dernière semaine, elle avait été incapable de penser au sexe sans que de tels fantasmes s’immiscent et sa libido avait explosé, ce qui signifiait qu’elle jouait avec elle-même presque deux fois plus souvent que d’habitude. Même ses rêves n’avaient pas été sûrs. Gaby était célibataire depuis assez longtemps et elle commençait à voir que cela devait changer. En d’autres termes, elle avait besoin de s’envoyer en l’air.
Maintenant, Gaby n’est pas le genre de fille qui va dans un club juste pour rencontrer quelqu’un et elle n’aime pas l’idée d’un copain de baise. Les expériences sexuelles de Gaby sont toujours allées de pair avec une relation émotionnelle forte. Le problème est qu’il n’y a personne qui a attiré son attention depuis un moment. Sauf peut-être Max, même s’ils n’ont parlé qu’une demi-heure. Tout ce qu’elle sait de lui, c’est qu’il écrit des histoires coquines pour le plaisir et qu’il a plusieurs années de plus qu’elle. Gaby n’est jamais sortie avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle, mais combiné avec ce qu’elle sait de lui, son âge semblait en fait le rendre plus intéressant pour elle. Gaby ne l’admettrait pas elle-même, mais elle avait le béguin pour un homme qu’elle connaissait à peine. Ce n’est que lorsque ses amis ont commencé à le remarquer, la surprenant en train de rêver et de sourire à rien, qu’elle a cédé à l’impulsion et a décidé de recontacter Max.
Rencontrer à nouveau Max dans le train semblerait être un harceleur limite, pensa Gaby, alors elle décida de lui écrire un e-mail à la place, elle trouva ses coordonnées sur son site Web.
Cher Max
Il y a peu de temps, je vous ai rencontré dans le train et vous m’avez parlé de votre site Web. J’ai apprécié beaucoup de vos histoires depuis. J’espère que vous ne me trouvez pas trop pressé quand je vous dis que j’aimerais vous revoir. J’aimerais connaître la personne derrière ces histoires. Il semble être un homme très intéressant.
On pourrait peut-être prendre un verre un jour? Ce serait beaucoup plus amusant que le trajet du matin en train. Juste une rencontre décontractée bien sûr, rien de tel dans aucune de vos histoires.
En attente de votre réponse avec impatience.
Gaby
La réponse n’est pas venue aussi rapidement que Gaby l’aurait souhaité. En fait, il a fallu plusieurs jours avant que Max réponde et Gaby commençait à se demander si elle avait fait une erreur en le contactant. Peut-être qu’il n’était tout simplement pas intéressé par une jeune fille inexpérimentée comme elle. Heureusement, lorsque la réponse est venue, elle a fait disparaître ces craintes.
Chère Gabrielle
Pardonnez-moi de ne pas avoir répondu plus tôt, je vérifie rarement cette adresse e-mail car elle n’est utilisée que pour mon site Web et ne reçoit généralement que du spam indésirable. Votre courrier a cependant été le bienvenu. Je mettrai mon e-mail personnel et mon numéro de téléphone en bas afin que vous puissiez me contacter directement.
Je dois dire que j’aimerais aussi vous revoir. Je ne sors pas souvent boire un verre, alors que diriez-vous si je vous emmènerai dîner à la place ? Je suis un peu démodé comme ça. Je vais tout vous dire sur moi et à votre tour vous pourrez me dire laquelle de mes histoires vous a le plus plu.
Et le week-end prochain, êtes-vous libre vendredi ?
Max
Quelques autres textos allaient et venaient et Gaby avait un rendez-vous ce vendredi. Elle était plus nerveuse que d’habitude, c’était le premier rendez-vous qu’elle avait avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas comme amie auparavant. Max arrivait pour la chercher à tout moment pendant qu’elle était encore en train de choisir sa tenue. Elle avait une idée de ce qu’il aimait en lisant ses histoires. Une robe était le choix évident, quelque chose de court qui mettrait en valeur ses longues jambes, combiné avec des bas pour qu’ils attirent le regard tout en étant décemment couverts. Elle a opté pour une robe bleue à la fin, bien ajustée autour des hanches tout en s’évasant sur le haut lacé de ses bas. Les strings qui sillonnaient son décolleté lui donnaient une belle touche presque coquine. Les bas resteraient en place tout seuls, mais Gaby a déterré le porte-jarretelles qu’elle n’a jamais porté de toute façon. Ce n’était qu’un premier rendez-vous et Max ne le verrait pas, mais le caractère sexy de l’attribut lui a donné un regain de confiance. Elle portait des escarpins bleus brillants et avait juste le temps de se maquiller quand la sonnette retentit.
Max avait fière allure, de ses chaussures noires brillantes et de son pantalon à rayures à sa chemise blanche propre et sa cravate bleu vif. Cela rendit Gaby heureuse d’avoir choisi une robe. “Ma dame.” dit Max en lui offrant son bras. “Tu es absolument magnifique.” Il a dit quand Gaby l’a pris et l’a laissé la conduire à sa voiture.
“Tu as l’air tout à fait ravissant toi-même.” Gaby a répondu. Elle dut réprimer un petit rire quand Max lui ouvrit la portière de la voiture ; il était trop chevaleresque mais Gaby appréciait le changement par rapport au genre de rendez-vous qu’elle avait normalement.
Max n’a pas dit grand-chose pendant le trajet, se concentrant plutôt sur le trafic. C’était étrange pour Gaby que leur silence mutuel ne soit pas aussi inconfortable qu’on aurait pu s’y attendre. Le restaurant où il l’avait emmenée était le genre d’endroit qui réussissait à être chic, sans être trop cher. L’attitude de gentleman de Max est restée d’actualité alors qu’il lui ouvrait la porte et reculait sa chaise pour elle avant de s’asseoir lui-même. Il la laissa faire son propre choix dans le menu, mais passa sa commande au serveur lui-même. Il a fait tout cela avec un sourire qui signifiait qu’il ne pensait pas qu’elle ne pouvait pas le faire elle-même, mais parce qu’il voulait le faire pour elle.
Lorsque les rafraîchissements sont arrivés et qu’ils ont attendu que leurs commandes arrivent, ils ont parlé de travail, de famille et de loisirs. Max a répondu librement à ses questions et semblait également intéressé par elle. Il n’a jamais mentionné ses histoires, malgré ce qu’il avait dit dans son e-mail. Quand Gaby lui a posé des questions à ce sujet, il a dit qu’il ne faisait que la taquiner et qu’ils ne fourniraient pas de sujet approprié lors d’un premier rendez-vous.
À la fin de la soirée, Max l’a ramenée à la maison et l’a rejointe devant la porte d’entrée. “J’ai passé un bon moment.” Il a dit. “J’espère que tu ne t’ennuyais pas avec un vieil homme comme moi.”
Gaby sourit en tournant les clés dans la serrure et le regarda par-dessus son épaule. “Bien sûr que non.” Dit-elle. “C’était le meilleur rendez-vous que j’ai eu depuis des années.” Elle se retourna et lui sourit. «Malgré, tu n’es pas si vieux, tu as quoi? Huit, neuf ans sur moi?
Max a ri. “Ce serait à peu près exact.” Il semblait hésiter à partir.
Ne sachant pas quoi dire elle-même, Gaby se tenait devant la porte ouverte. Ils n’avaient pas parlé de quoi que ce soit de sexuel ou coquin de toute la nuit, mais un baiser à la fin d’un premier rendez-vous ne serait pas inapproprié, n’est-ce pas ? Au lieu de cela, pour couvrir son hésitation, elle lui a demandé : « Tu veux entrer prendre un café ?
Elle rougit profondément en réalisant ce qu’elle venait de dire. Inviter un homme à prendre un café signifiait généralement quelque chose de très différent. “Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.” Max a répondu, arrivant à la même conclusion.
“Juste du café.” dit Gaby. “Je promets.”
Après avoir montré son rendez-vous au salon, Gaby se retira dans la salle de bain pour se rafraîchir. Elle était soudainement nerveuse d’avoir un homme chez elle. L’insistance de Max pour qu’ils aient un vrai premier rendez-vous venait d’augmenter l’excitation qu’elle ressentait. En ne parlant pas des histoires qu’il avait écrites et qu’elle avait lues, il s’était en fait assuré qu’elles étaient tout ce à quoi elle pensait maintenant. Toutes ces fois, elle s’était touchée en pensant à lui après avoir lu une de ces histoires et maintenant il l’attendait dans son salon. Gaby n’aurait jamais eu de relations sexuelles lors d’un premier rendez-vous, mais maintenant ce principe s’effondrait. Qui a décidé ce qui était bon ou mauvais de toute façon, qui a établi ces règles ? “Max oui.” Une voix dans sa tête dit, se souvenant de ses histoires. Mais ceux-ci décrivaient également ce qui se passait lorsque quelqu’un enfreignait ces règles, et n’en avait-elle pas rêvé si souvent ces derniers temps ?
Une fois sa décision prise, Gaby retourna dans son salon. Sa robe qu’elle avait laissée dans la salle de bain. Elle avait pensé à porter une chemise de nuit sexy, mais cela pouvait toujours être excusé comme se préparant pour la nuit. Maintenant, elle ne portait que ses sous-vêtements et ses chaussures ; des bas retenus par le porte-jarretelles et un ensemble de lingerie noire en dentelle. Cela ne pouvait que donner un message clair de ses attentions.
Max était assis dans son canapé, paraissant incroyablement beau dans sa tenue. “Cela ne ressemble pas à tu veux juste prendre un café.” Il a dit.
Gaby sourit, elle marcha droit vers lui et s’assit à califourchon sur ses genoux. “Est-ce un problème?” demanda-t-elle en rapprochant son visage de lui.
“Il est.” Max a répondu. « Tu as fait une promesse, Gabrielle. Si tu ne veux pas te retrouver sur mes genoux dans une position très différente de celle-ci, tu ferais mieux de la garder.
« Et si je ne veux pas le garder ? » demanda Gaby, traçant sa joue avec un doigt.
Max sourit. “Alors tu découvrirais à quel point je suis sérieux.”
Se mordant la lèvre, Gaby le regarda dans les yeux, puis murmura : “Ok.”
Avec ce simple aveu de consentement, Max enroula ses bras autour d’elle, et avant qu’elle ne s’en rende compte, Gaby s’allongea face contre terre sur ses genoux. “Très bien.” dit-il et sa main atterrit avec une forte claque sur ses fesses.
Gaby gémit, savourant la sensation de picotement qui se répandit dans son derrière. Max ne lui a cependant pas laissé beaucoup de temps pour le chérir, car la prochaine claque est arrivée peu de temps après et une autre après cela. Rapides et fermes, ils pleuvaient sur ses fesses. Gaby couina et donna un coup de pied à la douleur inattendue et à la force derrière la fessée. La perte de contrôle, la réalisation d’être réellement fessée l’ont fait paniquer et l’ont supplié d’arrêter.
Lorsque la douleur s’arrêta immédiatement, Gaby fut surpris de sa soudaineté. Ses fesses piquaient, mais pas trop même si la fessée avait été plus dure qu’elle ne l’avait imaginé, du moins pour la première fois. « As-tu déjà des doutes ? » Max a demandé. “Ou es-tu prête à être une bonne fille maintenant?”
Gaby rougit, “Je ne m’attendais pas à ce que tu me fesses si fort.” Elle a admis.
Max plaça sa main sur ses fesses et lui caressa les joues, les serrant doucement. “Les fessées douces et sensuelles sont réservées aux bonnes filles.” Il a dit. «Pas pour ceux qui brisent leurs promesses. Mais tu n’a pas répondu à ma question.
Gaby se mordit la lèvre. La douleur n’était pas si grave en fait, elle avait juste été surprise, c’est tout. “Je n’ai pas changé d’avis.” Dit-elle. “Et je ne me sens pas désolé d’avoir enlevé ma robe.”
Max a levé la main. “Oh, mais tu le seras.”
Les claques sont venues fort et vite. Gaby se tortilla et gémit, mais Max ne céda pas. Ses fesses rebondirent sous sa main, ses jambes battant en l’air car elle ne pouvait rien faire d’autre pour empêcher la douleur cuisante qui lui était infligée par derrière. “Ok, j’en ai assez maintenant.” Dit-elle. Mais Max n’a pas ralenti. La douleur continuait à monter alors que la couleur de ses fesses s’intensifiait. “Je serai une bonne fille.” Elle a essayé. Et “Je ne briserai plus jamais ma promesse.” Mais Max n’était pas satisfait. Ses fesses flamboyaient et ses gémissements s’étaient transformés en couinements lorsqu’elle se rappela assez de ses histoires pour savoir quoi dire. “Je suis désolé.” Elle gémit.
“Je vais te donner un peu de temps pour réfléchir à ce qui vient de se passer.” dit Max alors qu’il la faisait se tenir debout dans le coin de son propre salon. “Quand tu seras prêt à en parler, viens t’asseoir avec moi.”
Avec ses mains sur sa tête, Gaby se tenait dans le coin. Ses fesses étaient en feu. Tout ce qu’elle ressentait était de la douleur et de l’embarras, mais d’une certaine manière, c’était la chose la plus sexy qu’elle ait jamais faite ou qu’elle lui ait faite. Son désir pour Max était tout aussi grand, sinon plus qu’avant. Elle se sentait satisfaite, mais en même temps elle en voulait plus. Pourtant, elle a mis beaucoup de temps à réfléchir à ses sentiments avant de parler à son rendez-vous, l’homme qui l’avait fessée. “Puis-je sortir du coin maintenant?” Elle a demandé.
“Bien sûr.” Max a répondu. “Viens t’asseoir ici.” Gaby le rejoignit dans le canapé, grimaçant lorsqu’elle s’assit à côté de lui. « Alors, que vient-il de se passer ? » Max lui a demandé.
“J’ai été puni parce que j’ai fait quelque chose de mal.” Gaby a répondu.
“Pas seulement puni.” Max a répondu. “Puni par moi.” Il a souri. “C’est quelque chose que vous devez savoir. Tant que tu agis comme une dame, je te traiterai comme telle. Mais si tu agis comme une fille, je te punirai comme telle. C’est bien sûr, si ce premier rendez-vous n’est pas notre dernier.
Gaby rougit. “J’aimerais ça.” Dit-elle. “Plus de dates, je veux dire.”
“Es-tu sûr?” Max a demandé avec un sourire. “Ce que tu a maintenant ne serait qu’un échauffement. Tu dois réaliser que tu ne vas pas seulement recevoir une fessée quand tu en a envie. La décision reviendra à moi et tant que nous sortirons ensemble, je serai en charge. Il fit une pause pour un moment. “Je vais te donner une fessée pour le plaisir quand tu te comportes bien, mais quand tu te conduis mal, ça va faire mal.”
“Je suis sûr.” dit Gaby, effrayée d’en dire plus alors que ses désirs contradictoires se battaient dans son esprit.
Max lui prit la main. « Très bien, dit-il. Ensuite, tu reviendras sur mes genoux tout de suite.
Gaby se figea. “Quoi, pourquoi ?”
“Je t’ai dit.” dit Max. «Ce que tu a eu avant n’était qu’un échauffement. Je pense que c’est en fait une bonne chose que tu te sois mal comporté lors de notre premier rendez-vous, au moins maintenant tu sauras dans quoi tu t’embarque.
Gaby rougit, mais se laissa à nouveau tirer sur ses genoux. Si je ne peux pas supporter ça, se dit-elle, je devrais juste arrêter de fantasmer sur les fessées.
“Ton mot de sécurité est rouge.” dit Max en passant ses pouces derrière sa culotte. Il n’avait pas besoin de l’expliquer davantage et Gaby se promit qu’elle n’en aurait pas besoin. Pourtant, elle était contente de l’avoir quand même. Max baissa lentement sa culotte, révélant ses fesses nues et rouges, encadrées par ses bas et son porte-jarretelles. L’air était frais contre sa peau et la zone humide entre ses jambes. Son excitation était évidente pour Max, mais la sienne l’était aussi car elle le sentait allongé sur ses genoux. Gaby se rappela immédiatement à quel point cette fessée aurait pu être amusante, si seulement elle avait été une gentille fille. Au lieu des touchers doux et taquins et des claques douces, Max l’a fessée fort. La douleur dans ses fesses a été renouvelée alors que la main de Max se connectait à sa peau maintenant nue. Gaby donna des coups de pied dans ses jambes, gémit et se tortilla alors qu’elle ne cachait pas son inconfort. Le contraste entre la fessée sensuelle imaginée et la douleur réelle a fait comprendre qu’elle était punie. Avec la douleur brûlante et piquante est venu un sentiment de honte. Honte pour ses actions, non seulement pour avoir rompu sa promesse, mais pour son comportement inapproprié, montrant sans vergogne sa quasi-nudité à l’homme qu’elle connaissait à peine, cédant à ses désirs lors de ce qui n’était que leur premier rendez-vous. Avec la honte vinrent les larmes, elle les sentit couler sur ses joues. Pourtant, elle savait qu’elle était assez forte pour supporter ça, peu importe à quel point ça faisait mal ou à quel point elle couinait. Elle pouvait prouver, non seulement à elle-même, mais aussi à Max, qu’elle était une femme assez forte pour accepter sa punition. Les larmes sont devenues un insigne d’honneur, des signes que la punition a fonctionné et son acceptation qu’elle ne méritait rien de moins.
Cette fois, elle n’a pas supplié Max d’arrêter, mais elle n’a pas pu s’empêcher de promettre qu’elle serait une bonne fille, jurant de ne plus jamais recommencer. Elle sanglotait et gémissait, criait et hurlait quand Max la frappait sans relâche en rouge, palpitant derrière.
Il a fallu un certain temps à Gaby pour réaliser que l’épreuve était terminée. Elle était allongée sur les genoux de Max, sa main massait doucement ses fesses douloureuses, la douleur ne diminuait pas malgré son toucher doux. Quand elle réalisa finalement qu’il n’y avait plus de gifles et que ses sanglots cessèrent, elle regarda par-dessus son épaule son bourreau. “Bonne fille.” Il a dit. “Tu as vraiment bien fait.”
Gaby rougit. Elle avait réussi, elle avait prouvé qu’elle en était capable, qu’elle pouvait accepter sa punition. En fait, elle se sentait bien, merveilleusement même. Max la laissa se lever et la serra contre lui. Gaby ne s’était jamais sentie aussi pardonnée pour quelque chose qu’elle avait fait de mal. “Alors, tu penses que tu pourrais continuer à sortir avec quelqu’un comme moi, sachant le risque que tu courrais ?” Max lui a demandé.
Gaby sourit en le regardant, elle n’avait aucun doute. “Ce ne serait pas un risque”, a-t-elle déclaré. “Si tu le veux.”
Max sourit mais haussa un sourcil. « Voulais-tu être puni ? Il a demandé.
Gaby a ri. “Je ne me suis pas mal comporté pour que tu puisse me punir.” Elle a expliqué. « Et je ne vais pas me conduire mal intentionnellement. Mais quand je me conduis mal, je veux que tu me punisses.
Soudain, les bras de Max l’entourèrent et l’attirèrent contre lui, ses lèvres pressées contre les siennes et sa langue glissa dans sa bouche alors qu’il l’embrassait profondément. “Un baiser au premier rendez-vous devrait être acceptable.” Il a dit.
Gaby laissa Max la tenir jusqu’à ce qu’il rompe leur étreinte, craignant qu’elle n’aille encore trop loin et le laissant ainsi prendre les devants à la place. Quand il a lâché prise, elle aspirait à plus, mais s’est sentie satisfaite de lui céder le contrôle. “Tu ferais mieux d’aller te rafraîchir.” dit Max.
Gaby ramassa sa culotte en descendant du canapé. Elle les avait perdus quelque temps en donnant des coups de pied et était soudainement très consciente de sa nudité. Malgré tout son comportement chevaleresque, Max ne détourna pas les yeux alors qu’elle contournait le canapé et se dirigeait vers la salle de bain. Une fois seul, Gaby soupira profondément. Dans le miroir, elle pouvait voir que son maquillage avait laissé des traces sombres sur ses joues, il était étrange que ces signes d’inconfort l’excitaient énormément. Elle passa une brosse dans ses cheveux et attrapa une robe de chambre. Elle a laissé sa culotte car elle était trop serrée contre ses fesses douloureuses et piquantes. Elle lava son visage en dernier, profitant le plus longtemps possible de la vue de ses joues tachées de larmes. Quand elle eut l’air fraîche et propre, la seule preuve de sa récente punition – un bas rouge vif – caché sous la robe, elle retourna vers Max.
Gaby passa devant la cuisine la première, gagnant du temps en préparant le café qu'elle avait promis avant de devoir s'asseoir à nouveau sur son pauvre derrière. Max sourit alors qu'elle lui offrait une tasse et sourit encore plus profondément lorsqu'elle se tortilla doucement en s'asseyant. « Puis-je poser des questions ? » Elle a demandé.
"Bien sûr." Max a répondu.
"Si nous continuons à sortir ensemble, quelles choses dois-je garder à l'esprit ? Quel genre de comportement me causera des ennuis ? »
Max sourit. "Je pense que ce serait beaucoup plus amusant si je ne te le disais pas, mais laisse-toi le découvrir par toi-même." Gaby rougit. "Mais je suis sûr que si vous utilisez votre bon sens et faites de votre mieux pour vous comporter comme une dame, vous n'aurez aucun problème. Si vous avez besoin de plus que cela, je vous suggère de lire d'autres de mes histoires.
Gabt sourit. En fait, elle aimait qu'il ne lui ait pas fixé de règles, cela montrait qu'il la respectait suffisamment pour s'attendre à ce qu'elle sache ce qui était bien et ce qui était mal. Cela lui laissait aussi l'occasion, bien sûr, de lui donner une nouvelle fessée. "A quel moment, pensez-vous, est-il approprié pour une fille de demander à son rendez-vous de la rejoindre dans sa chambre?" Elle a posé sa question suivante.
"Normalement, j'attendrais au moins le troisième rendez-vous." Max a répondu. "Mais dans les relations, vous devez parfois faire des compromis, alors pour vous, je serais prêt à laisser faire le second."
"J'aimerais ça." dit Gaby. Elle rougit, car Max donnait l'impression qu'il lui rendait service, alors qu'elle était sûre qu'il la désirait autant qu'elle le désirait.
"Dans ce cas, j'attends avec impatience notre prochain rendez-vous." dit Max. "Mais peut-être que pour ce soir, il vaut mieux que je parte."
Gaby ne voulait pas qu'il parte, mais la douleur cuisante dans ses fesses l'a encouragée à être une bonne fille et à accepter sa décision. Elle le suivit jusqu'à la porte et l'embrassa une dernière fois. "Ne tardez pas à me demander à ce deuxième rendez-vous." Dit-elle. "Je suis curieux de savoir à quoi ressemble une bonne fille fessée."
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Tu es allongé sur le dos et ma corde t’encercle de la cheville au genou, plaquant ton mollet contre ta cuisse. Je prends mon temps pour régler la tension et les frictions. Je veux qu’un motif régulier coure le long de ta jambe comme une parure primitive. Je veux aussi ne pas précipiter ce moment d’eau à la bouche, où chaque boucle fait refluer un peu plus hors de ta portée toute tentation de contrôle. Dès le premier nœud tu es entré en reddition, et au fil de ce bref chemin de corde, je ressens sous mes doigts, à fleur de ta peau, dans tes muscles et tendons, ton abdication sans concession sans condition. Ta manière unique de t’abandonner m’excite invariablement. J’ouvre tes jambes comme un livre, et mets tes mains en place pour qu’elles maintiennent tes cuisses écartées. Je lie tes poignets à tes jambes et te voilà immobilisé, offert, ton entrejambes en première ligne à disposition de ma fantaisie. Tu bandes. Je te laisse savourer l’obscénité de ta position et l’inconfort de tes contraintes. Mon lapin de Pâques à clochettes, en position de grenouille, tu me donnes dangereusement les crocs. Mon muse à museau, ton oiseau va se faire butiner par le plus mordant de ma ménagerie, cuir cinglant, cuir cuisant, peau d’élan avec ou sans. Tu bandes toujours et je monte en température. Je n’ai plus le souvenir net du déroulé, je sais juste que j’ai varié l’intensité des coups et les ustensiles, et que j’ai aussi tourmenté de pinces et de cinglées tes tétons tendus. Puis je te détache en faisant bien frotter et traîner la corde, je sais que tu as besoin de ce contact car tu redoutes le moment où tu te sentiras libre. Comme chaque fois, j’admire les torons imprimés sur ta peau, quelle beauté… J’en mouille, et toi tu bandes toujours. Je t’accorde 30 secondes pour me lécher. Mmm tu le fais bien, j’apprécie la frénésie que tu mets à t’enivrer de mon goût. C’est de courte durée comme prévu, d’autant plus que j’ai hâte d’essayer sur toi une acquisition récente, une corde en coco brut. Je te fais mettre debout pour te confectionner un petit harnais diamant qui orne ton torse, enserre ta queue dressée et la base de tes couilles. J’emploie la longueur qui reste pour passer et repasser sur tes tétons bien durs, déjà sensibilisés par le traitement précédent. Cette corde qui ne respecte rien nargue même la maîtresse, elle me donne du mal pour certains nœuds et se défend en me piquant, alors j’imagine comme elle doit te mordre et t’irriter. Tu te plains en petits gémissements délicieux. Tu bandes. Je t’amène te voir devant la glace. Tu bandes double. Là encore ma mémoire est confuse. Je sais qu’il y eut des poids attachés à ta queue et tes couilles, des baguettes et des pinces serrées sur tes tétons, des petits raffinements comme ta queue qui est prise dans la chaîne reliant l’une à l’autre les pinces de tes seins, et qui tient cette chaîne bien tendue… Les jeux s’enchaînent, et tu bandes toujours. Mon muse amusant, tu m’inspires tant de jouissances et réjouissances. La façon que tu as de te donner me rend folle. Te voilà à mes pieds, et j’imprime la marque de mes escarpins sur ta peau blanche comme autant de trophées. C’est ta place, nous le savons et tirons un grand bonheur que tu l’aies reconnue pour tienne. Je vais maintenant prendre le plus précieux de mon tribut. Ma petite chose bandante à quatre pattes. D’abord mes doigts dans ton conduit étroit, je sens ta prostate gonflée , je masse et tourne et enfonce et travaille. Tu aimes et tortilles et soupires. Puis un plug vibrant qui te remplit, y compris d’aise. Ma petite salope en chaleur, magnifique et désirable. C’est moi qui te remplis désormais, d’abord avec un petit gode ceinture puis rapidement avec un Strap-on-me de taille plus respectable. J’agrippe tes hanches pour défoncer ton petit cul avide qui vient à ma rencontre et ne demande qu’à être plein de sa maîtresse. Tu bandes. Tes soupirs et tes ondulations me comblent. Mon muse, ma musette, double fond de mon sac à malices, dans le secret de mon jeu pénétrant. Jouir de toi et jouir par toi. Je décule et te passe une petite culotte de dentelle blanche qui te moule délicieusement. Je t’ordonne de t allonger à terre et de te branler sous mes yeux. Cela fait longtemps que tu n’as pas joui et j’ai envie de voir ton plaisir. Je contemple le spectacle en t’encourageant à petits coups d’escarpins, jusqu’à ce que rapidement tu fuses en éclats explosifs, dont je ramasse une partie du bout des doigts pour te les faire lécher ensuite, pendant que tes soubresauts se calment. Plus tard, de nouveau tu gémiras et banderas entre mes bras quand je t’annoncerai une sortie avec plug et cage de chasteté portés à même le jean et que je te raconterai d’autres sévices à venir. Et ce soir tu bandes en lisant cela, en lisant ton indécence éhontée racontée à tous, en lisant la satisfaction que tu m’as donnée. Tu sais le reste.
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Maîtresse m’avait demandé de venir pour midi. La pression était montée la veille quand elle m’informa qu’elle recevrait son amant après notre séance.
Elle me précisait « innocemment » qu’elle envisageait de lui faire passer quelques photos de notre première séance : lors de celle-ci Maîtresse avait commencé mon éducation de soumis pour m’entraîner notamment à être pris par des hommes.
Étant hétérosexuel cette hypothèse me mettait particulièrement mal à l’aise. Je restais toutefois persuadé qu’il s’agissait avant tout de bluff de sa part pour jouer avec mes nerfs. Comment imaginer qu’après seulement une séance elle puisse oser m’offrir sans réel travail anal d’élargissement au préalable.
Pour cette raison, je restais convaincu qu’il s’agissait d’un jeu pervers de sa part.
Mon appréhension augmenta le matin quand elle m'imforma que son amant serait présent. Elle me demandait donc de veiller à être bien à l’heure pour la séance.
A midi je sonnais à sa porte. Elle m’ouvrit en peignoir. Rapidement je me retrouvais nu.
Je compris rapidement que j’avais sous-estimé sa perversité.
«Suis-moi dans le salon », « Installe-toi sur ton coussin ! ».
Je me retrouvais aux pieds de ma Maîtresse. Contrairement à notre précédente séance, celle-ci n’avait pas revêtu ses habits de Dominatrice. Elle avait enfilé des bas coutures sous une jupe longue et mis un chemisier fermé jusqu’au cou. Naturellement elle avait chaussée des talons impressionnants. Elle me faisait penser à une Gouvernante anglaise chic mais stricte. Il m’est apparu évident que le choix de ses vêtements ne m’était en aucun cas destiné.
Je fus donc réduit à honorer ses pieds que je pris soin de lécher et masser pour m’éviter toute remontrance.
Elle ne fit aucun commentaire sur ma prestation. La qualité de celle-ci devant être une évidence. Un manquement de ma part n’aurait par contre pas manqué de déclencher une punition.
13h approchait. Maîtresse me fit mettre à 4 pattes afin de me plugger.
« Il faut que tu sois prête si mon amant décidait de profiter de toi. »
Elle m’entrava également les poignets, me mis une perruque blonde avant de m’enfiler un masque et de m’intimer l’ordre d’aller attendre au coin.
L’interphone sonna et je me retrouvais fébrile, dans l’entrée, aux pieds de ma Maîtresse à attendre son invité.
« Je te présente mon soumis » furent ses premiers mots quand il pénétra dans l’appartement. « Mignonne » dit-il sans plus de commentaires.
J’essayais de faire de mon mieux, mais entre ma honte d’être mis en présence d’un tiers, nu coiffé de cette perruque et les cliquetis générés par mes entraves aux poignets j’étais particulièrement gauche.
L’ordre claqua : « Si tu n’as rien à faire, occupes-toi de mes pieds ! ».
Aussitôt je m’empressais d’honorer les pieds de ma Maîtresse. Ce fut ma seule occupation, pendant que Maîtresse discutait avec son amant.
Elle lui expliqua combien j’étais docile même s’il y avait encore du travail de dressage à effectuer, notamment pour pallier à ma virginité anale avec de vraies bites même si elle me godait, tandis que ma langue passait et repassait sur les pieds de Maîtresse.
Maîtresse s’était dévêtu et mis à l’aise dans le canapé.
Maîtresse me positionna à genoux entre ses jambes, m’entrava les poignets et relia le tout à mon collier. Je me retrouvais ainsi dans une sorte de position de prière particulièrement humiliante. En m’enfilant mon bandeau elle me chuchota à l’oreille : « Occupe-toi de mon amant, tu commenceras par le caresser. Je ne veux pas t’entendre ».
Je tâtonnais pour saisir son membre. Malgré mes mains entravées je parvins à le masser. Il gémit de satisfaction.
« Remonte lui les couilles quand tu le caresse » m’intima ma Maîtresse. « Elle ne sait pas, il faut lui apprendre » dit-elle à l’intention de son amant.
Je fis de mon mieux et pu sentir le membre durcir sensiblement.
« Prends le dans ta bouche, mais garde tes mains sur ses couilles ! Continu à les caresser ! ». Maîtresse était clairement en train d’essayer de parfaire mon éducation.
Je m’appliquais à le sucer au mieux afin d’éviter de m’attirer une punition de Maîtresse. Celle-ci n’aurait pas manquée d’être particulièrement sévère si j’avais déçu son amant.
« Une bonne petite pute que tu as trouvée. » dit-il.
« Oui, elle est particulièrement appliquée ».
« Bon ça suffit, personne ne s’occupe de moi ». Maîtresse me remit ma laisse et me traina dans un coin où je fus laissé entravé. Elle ne prit même pas la peine de me préciser de ne pas bouger. Consciente de m’avoir parfaitement conditionnée et mise dans une bulle de soumission, je n’étais plus qu’un objet pour elle.
Je demeurais parfaitement immobile, à quelques mètres de moi je pouvais entendre leurs gémissements tandis qu’ils se donnaient mutuellement du plaisir. Entravé, aveugle et frustré je n’avais qu’à attendre. La seule source de plaisir éventuelle aurait pu venir du plug toujours en place. Mais celui-ci était avant tout source d’inconfort.
Je fus particulièrement soulagé quand enfin je senti des mains libérer mon anus. Leurs plaisir pris, je pensais que Maîtresse était comblé, mais celle-ci avait visiblement décidée de me faire subir un stage de vrai soumis.
À peine le plug retiré je sentis son amant se positionner derrière moi. La panique me gagna. Elle allait me faire enculer par un homme et cela l'exciterait de me soumettre à ce point, de faire de moi une vraie lopette.
Nul doute que le conditionnement dans lequel m’avait mis Maîtresse joua. Je parvins à me maîtriser tandis que, ses jambes de chaque côté de mes fesses, je sentais le sexe de son homme se positionner contre mon anus.
Par réflexe je cherchais à résister mais entravé comme j’étais naturellement offerte. Son sexe pénétra en moi. Il s’introduisait et je me senti littéralement défoncé.
Il commença par des mouvements de va et vient lents et peu appuyés. Soucieux sans doute de travailler à m’élargir avant de commencer le vrai travail de pilonnage. La sensation était extrêmement désagréable, j'avais très mal au cul d’autant plus qu’il avait négligé de mettre du lubrifiant. Je pense que c'était ce que Maîtresse voulait, me faire sodomiser violemment pour augmenter mon masochisme afin que j'apprécie de me faire prendre dans la douleur pour les prochaines fois.
Chaque mouvement en arrière me laissait la sensation de me faire défoncer l’anus. Tandis que ses mouvements avant m’arrachaient des gémissements incontrôlables.
Sentant que son travail marchait il modifia sa position. M’écartant les cuisses il se positionna entre mes jambes, raffermi sa prise sur mes hanches et s’enfonça au maximum en moi. Je creusais les reins et tentais de m’élargir au maximum pour limiter la douleur.
Il accéléra son mouvement tout en me traitant de petite pute. Il me possédait complètement et je ne parvenais pas à contrôler mes gémissements à chaque fois qu’il atteignait le fond.
Maîtresse glissa un gode dans ma bouche et je me mis à le sucer. Elle le retira et pris ma tête entre ses mains pour me guider. Elle appuya mon visage contre son sexe. Son amant m’assaillait désormais avec des petits coups très vifs, s’enfonçant à chaque fois au maximum. Je me concentrais sur ma Maîtresse et me mis à la lécher frénétiquement dans le seul but de lui procurer un maximum de plaisir. Tout à cet objectif je ne saurais dire quand son amant cessa ses assauts : je ne faisais plus qu’un avec le sexe de ma Maîtresse et mon anus écartelé me faisait souffrir mais en même temps jouir. Maîtresse avait réussi à faire de moi un enculé bisexuel et elle ne se priverait pas à l'avenir de me faire enculer par des hommes.
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Ils discutent de la version érotique du film. Ah ? Ils font deux versions ? Madame Wolf dit à sa chérie :
— Je voudrais voir ce qu'elle vaut dans les scènes de sexe... Est-ce que ça te dirait de la tester ?
Quoi, une esclave va me tester ??? Et pourquoi pas un clochard ? La chérie répond :
— Summer et elle sont aussi négligées l'une que l'autre. Si elles faisaient ça entre elles ?
Là, Summer va lui arracher la gorge avec les dents ! Non ! Elle regarde Sam qui fait "oui" de la tête. J'ai compris : la chérie est la grande patronne des studios et elle se déguise comme ça pour s'amuser. Elle me dit :
— Je dis ça pour ton bien, petite. Je pense que tu as pris une douche ce matin... ou plutôt hier, mais tu devrais mettre du déodorant.
Je vais lui dire... rien ! Comment ça "dégonflée" ? Elle me regarde dans les yeux et... je baisse le regard, oui, vous avez raison "dégonflée". Bon... Summer enlève son jean et son tee-shirt. Elle me dit :
— Déshabille-toi et viens te mettre à genoux devant moi.
... Euh... avec elle, d'accord. J'enlève ma robe et au passage, je renifle mes aisselles. J'ai une légère odeur de transpiration, c'est tout. Quelle garce, cette fille ! Je suis sûre que son but était juste de m'humilier.
Je me mets à genoux devant Summer, le nez dans sa chatte en friche. Les mercenaires, ça ne se rase pas la chatte. Elle a une odeur forte, elle, mais j'aime son odeur. Je me cambre bien pour faire apprécier la minceur de ma taille et la rondeur de mes fesses aux autres, puis je glisse mon visage entre ses cuisses et je lèche sa chatte. J'entends la "chérie" dire :
— Maintenant, lèche-lui le cul.
Encore elle !! Le cul de Summer est mille fois plus appétissant que ta face de singe d'esclave de...
Summer se retourne et se penche en avant tandis que j'écarte ses fesses et que j'enfonce ma langue dans son anus, pour appeler une chatte, une chatte.
Sam nous dit :
— C'est bon les filles, rhabillez vous. Alors, chers amis, vous en pensez quoi ?
Ils sont tous d'accord pour dire que je suis "la" fille qu'il faut pour ce rôle... Dans ces conditions, j'ose interrompre la conversation pour dire à Madame Wolf :
— Dites, Madame, je pourrais vous demander pourquoi c'est cette fille qui me dit ce que je dois faire ?
— Ce n'est pas tes affaires. De plus, quand les grandes personnes parlent, les gamines se taisent.
La chérie me fait un grand sourire. Là, j'en ai marre ! Je me lève en disant :
— Très bien. Je vais me taire ailleurs.
Je me lève et je reprends le sentier qui nous a amenés ici. Summer me suit et me rattrape. Aïe ! Je sens qu'elle va me passer un savon. Alors, je me mets à pleurer. Elle me dit :
— Ashley ! Bordel ! Ils te donnent un rôle en or et toi tu fais des caprices.
— Ils n'ont aucune... bouh... hou... aucune considération pour moi.
— Tu veux une bonne fessée pour te remettre les idées en place ?
— NON !!
— Alors tu vas t'excuser, ensuite, tu te mets près de moi et tu la fermes ! D'accord ?
— Oui....
On retourne près d'eux. Summer dit :
— Ashley a quelque chose à vous dire...
— Je vous prie de m'excuser, je viens d'une petite ville de Georgie et je ne suis pas habituée... à...
La chérie répond :
— On t'excuse, mais n'intervient plus dans la conversation. D'accord ?
Petit coup de coude de Summer... aïe ! Je réponds :
— Oui, Mademoiselle.
Ils se remettent à discuter. Je m'assois et je boude. Je voudrais un minimum de considération et ne plus me faire engueuler par une vraie ou fausse esclave. J'ai enlevé mes chaussures et je regarde mes pieds. Oh ! Y a des fourmis sur le toit de ce building, je les observe. C'est beaucoup plus intéressant que leur discussion... et là j'entends quand même le metteur en scène dire :
— Pour moi, c'est la fille idéale pour le rôle, mais il faudrait quelqu'un pour la surveiller. Summer, ce serait bien.
Madame Wolf est du même avis, elle dit :
— Summer ce serait parfait, même si elle est chère.
Elle la regarde et ajoute :
— Un mois de tournage plus un mois de promo, combien ?
Summer me regarde, réfléchit, puis tape sur son téléphone. Madame Wolf et Sam regardent leurs tablettes. Puis ils se regardent tous les deux. Qu'est-ce qui se passe, on ne parle plus ?? Ils se regardent. Ah, j'ai compris, ils sont télépathes. Oh, après tout je m'en fous de leur petit jeu. J'ai vu un papillon ! Sur le toit de ce building, vous imaginez ?
Ah ! Sam me parle :
— Fais ce que te dira Summer. Vous pouvez y aller, les filles.
On leur dit "au revoir", pas de réponses, ils parlent entre eux. Dorénavant, plus de bisous, ils sont pas assez sympas. On entre dans la forêt tropicale et on reprend l'ascenseur, mais on s'arrête en chemin. Je suis Samia jusqu'à un bureau sur lequel il est écrit «comptabilité». Sur une table, il y a le script « 7 ans de réflexions, remake » et une carte de crédit. Elle prend le tout. Pourquoi c'est elle qui a la carte ? Summer voit tout de suite à ma tête que ça ne me plaît pas, elle me dit :
— Y a un problème Ashley ?
— Non... enfin si, ils auraient pu me donner une avance.
— Monsieur Sam préfère que tu dépendes entièrement de moi. Un genre d'esclave, quoi. Mais moi, je veux une esclave souriante, sinon...
Je lui fais un grand sourire. On reprend l'ascenseur. A nouveau, je vois le vide sous mes pieds. C'est ridicule mais je prends à nouveau la main de Summer. On arrive saines et sauves en bas et on reprend sa voiture. Je lui dis :
— Et maintenant, où qu'on va ?
— Tu veux sans doute dire "où va-t-on ?"
— Où va-t-on, Mademoiselle Summer ?
— On va prendre une chambre près d'ici. Ensuite, tu apprends les cinq premières pages de ton rôle par cœur. Quand c'est fait, on va manger.
— Et si je n'y arrive pas aussi vite ?
— Tu manges pas !
C'est Summer, ça ! Je lui demande encore :
— On fera des courses ?
— Oui, dès que tu connais ton rôle.
C'est une obsession ! Elle entre dans le parking d'un motel, mais rien à voir avec celui où elle logeait dans Watts. Ici, ce sont des bungalows entourés de palmiers et de plantes à fleurs... On se gare et on va au bureau. Une réceptionniste nous regarde d'un air un peu dégoûté. Il faut dire que nos vêtements sont un peu défraîchis. Summer va la secouer ! Non, elle lui dit :
— On voudrait un bungalow à côté de la piscine.
— C'est que...
— C'est Monsieur Sam Boizano qui m'a conseillé de venir ici.
Elle lui tend la carte de crédit. Le nom de Sam plus la carte, c'est magique ! Aussitôt, la fille lui dit :
— Certainement Mademoiselle. J'ai un bungalow juste à côté de la piscine.
Elle prend la carte, la scanne et lui donne la clé, sous forme de carte aussi. Bizarre ! La fille ajoute :
— Si vous voulez aller à la cafeteria, ce sera mis sur la note et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.
— Merci.
On reprend la voiture et on va se garer devant un bungalow. On a une petite terrasse qui donne sur la piscine. C'est super beau... Seul petit problème, dès qu'on est entrées, Summer coupe l'air conditionné et se déshabille. Elle me dit :
— J'aime pas ça.
Moi, j'aime bien ! Elle me donne cinq feuilles du script en disant :
— Apprends ça.
— Tout ?
Elle me regarde et je dis très vite :
— Je prends à boire et je m'y mets.
Elle tape sur sa tablette et me montre un texte en disant :
— Tu dois au moins savoir de quoi il s'agit.
Je lis :
***
Richard Sherman, un employé dans une maison d'édition spécialisée dans les livres avec des couvertures aguichantes, a accompagné sa femme Helen et son fils Ricky à la gare pour les vacances. Il rentre chez lui et fait la connaissance d'une nouvelle voisine, une jeune femme belle et sexy, qui a emménagé dans l'appartement des voisins du dessus. Elle vient se présenter à lui et il est subjugué par sa beauté. De fil en aiguille, d'un premier rendez-vous au suivant, une relation avec la belle voisine va commencer.
***
Pas mal, ça me plaît. Summer a mis un maillot et elle me dit :
— Je vais nager, étudie.
Oui, mais... heuuu !! Et moi ? Je lis le texte, le relis... J'observe un peu deux mouches pratiquant la sodomie. Elle est déjà de retour et me dit :
— Alors, tu connais ? Récite ton texte !
Je commence les premiers dialogues et je cale. Elle ouvre un tiroir et me donne des feuilles de papier à lettres en disant :
— Copie-le.
Elle repart... ppppffff... je recopie tout... Elle revient 15 minutes plus tard. Je récite le texte et je cale, mais nettement plus loin. C'est quand même mieux, non ? Non, elle me dit :
— Recopie-le.
J'en ai les larmes aux yeux. Je lui dis :
— C'est parce que j'ai trop faim...
— Non, c'est parce que tu ne t'appliques pas. Recopie !
Je recopie tout le texte à nouveau. Quand j'ai presque fini, elle revient avec une énorme glace, avec du chocolat, de la chantilly et des petits parasols. Elle s'assied devant moi et mange bruyamment en m'expliquant à quel point c'est bon. Je lui arracherais bien sa glace... Tout en mangeant, elle me dit :
— Il y a aussi une autre façon de te stimuler. Je prends ma sandale, je te couche sur mes genoux et je tape sur tes fesses jusqu'à ce qu'elles soient aussi rouges qu'une tomate bien mûre.
Je me lève pour la gifler... ou je prends mes feuilles et je vais dans la salle de bain m'installer dans la baignoire.
Là, je lis et je retiens. Dix minutes plus tard, je reviens dans la chambre. Summer a arrêté de manger et l'énorme glace est là, occupée de fondre. Je lui dis :
— Je connais.
— Bien... je te donne la réplique.
On joue et je n'oublie rien, pas une virgule, pas un point sur un i. C'est une image. Elle me dit :
— Tu peux manger ce qui reste.
Je mange la glace avec un tel plaisir que j'ai presque un orgasme. Quand il ne reste plus un microgramme de glace, de chantilly ou de caramel, je lui dis :
— Merci.
— Pour la glace ou pour t'avoir stimulée ?
— Les deux.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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P. dit « Tu n’es pas autorisé à le mettre et l’ôter comme un vulgaire caleçon ! Tu utiliseras toujours les crochets à ces fins en prenant soin de bien plaquer la bande arrière contre ton anus »
« Tiens toi toujours très cambré, le cul en arrière, pense à ton dos et au plaisir de nos yeux » rajouta elle mi sévère, mi-amusée.
« Sache que je vérifierai fréquemment si mes instructions sont suivis »
Elle rajouta
« Mais rassure toi. Le plus souvent ce n’est pas toi qui aura à le manipuler… ».
Je n’imaginais pas ô combien ces paroles caractériseraient les années de délicieuses relations qui allaient suivre. En effet si P. se livrait fréquemment à ces manipulations lors de « vérifications » selon son propre vocabulaire, elle déléguait aussi souvent la tâche aux partenaires de rencontres à qui elles me confiait et me confie encore. C’est devenu pour moi la prise de contact habituelle avec nos partenaires, à tel point que cela me semble à présent parfaitement naturel. J'y reviendrai plus en détails.
Elle répéta : « Tiens toi toujours très cambré, le cul en arrière" cela est dorénavant ta seule façon de te tenir. Tandis que je portais le poids sur mes talons afin de reculer mon cul au maximum elle dit :
"Regarde ces poils qui dépassent du string, c'est laid" "Tu auras dorénavant le sexe épilé, mais pas glabre comme ces tous ces vulgaires hommes qui, singeant désespéramment le porno, n'ont plus un poil visible. Tu seras à présent épilé en ticket de métro, comme une femme parfaitement tenue, ce sera la marque de ta soumission à ce mode de vie. Es-tu d'accord ?"
Un "Oui" mal assuré sorti machinalement de ma gorge.
"Toute personne qui te verras en sous vêtement pourra ainsi subodorer tes pratiques. Connais-tu beaucoup d'homme ainsi épilé ?". Je ne répondis pas.
"Tu dois pouvoir le mettre et l'enlever rapidement et de manière gracieuse et toute circonstance. Bien calé au fond du cul, bien ajusté, les crochets doivent arrivés dans le bon sens à la première tentative. Je ne tolérerai pas que tu sois gauche, quand j'exposerai ton savoir faire, mon savoir éduquer". P. me banda les yeux et me fit travailler cela pendant vingt longues minutes.Mes doigts gagnaient en précision et je finis par ajuster le string avec rapidité.
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Je reste six semaines à étudier et à répéter, ici. Une fois par semaine, la mère m’invite à une petite soirée esclave/chienne. A part ça, je travaille... Je n’écris pas tout ce qui se passe, à part deux jours avant mon départ. Je dois présenter l’extrait de Roméo et Juliette. C’est à ce moment qu’une sœur me dit :
— Si tu ne réussis pas, tu refais six semaines.
Des filles m’avaient déjà dit ça et il paraît que c’est écrit dans le contrat que j’ai signé. Tout sauf passer six semaines de plus ici. J’ai beaucoup répété avec Joan qui joue Roméo. On s’embrasse mais c’est tout. Elle est fidèle, la conne. Elle est aussi bien décidée à réussir cet examen. Là, j’écris en détail.
***
Ce soir on joue notre scène devant les sœurs, les élèves et des gens de l’extérieur. On est derrière la scène et on s’habille dans des vêtements qui ressemblent plus ou moins à ceux qu’on portait au 16e siècle. Une belle robe au décolleté pigeonnant pour moi, des culottes et une chemise pour Joan. Avant de monter sur scène, Joan/Roméo me prend par la taille et me dit :
— On donne tout ce soir ! Je ne veux pas passer six semaines de plus ici. Tu pleures vraiment et on s’embrasse vraiment. D’accord ?
— Avec plaisir.
Une fille vient dire :
— C’est à vous, les amoureux.
On va sur la scène dans le noir... les lumières s’allument et on joue.
Je ne vais pas écrire toute la partie qu’on joue. Je pleure vraiment un moment... et puis vient la dernière scène. Celle que j’aime jouer avec Joan/Romeo, parce qu’elle me plaît vraiment :
*
- Roméo – Oh ! alors, chère sainte, que les lèvres fassent ce que font les mains. Elles te prient ; exauce-les, de peur que leur foi ne se change en désespoir.
- Juliette – Les saintes restent immobiles, tout en exauçant les prières.
- Roméo – Restez donc immobile, tandis que je recueillerai l’effet de ma prière. (Elle m’embrasse sur la bouche, comme Roméo aurait embrassé Juliette.)
- Roméo – Vos lèvres ont effacé le péché des miennes.
- Juliette – Mes lèvres ont gardé pour elles le péché qu’elles ont pris des vôtres.
- Roméo – Vous avez pris le péché de mes lèvres ? Ô reproche charmant ! Alors rendez-moi mon péché. (Elle m’embrasse encore.)
- Juliette – Vous avez l’art des baisers.
Voilà... On va sur le devant de la scène et on salue et... tout le monde applaudit. Quelles sensations extraordinaires, d’abord les baisers de Joan puis les applaudissements. J’ai les jambes molles et la tête qui tourne. Je ne vais quand même pas me trouver mal comme les femmes du 17e siècle...
Joan me donne un petit coup de coude. Je respire un grand coup et mon petit malaise disparaît. Les "sels" à respirer, ce sera pour une autre fois. On quitte la scène...
Depuis les coulisses, on entend les autres filles jouer. J’ai le blues... Pas de quitter cet endroit, parce qu’il faut beaucoup travailler, mais je me suis bien amusée avec la mère et puis j’ai vraiment appris à jouer... Non, ce qui me rend triste, c’est... Joan me dit :
— Qu’est-ce que tu as de nouveau, Ashley ?
Les larmes aux yeux, je réponds :
— Tu joues bien... on aurait pu croire que tu aimais vraiment m’embrasser.
— J’aime t’embrasser... mais... mon cœur est pris ailleurs comme on dit dans Roméo et Juliette.
— Mais, ce n’est pas ton cœur que je veux, c’est... te lécher.
Elle rit et dit :
— Les pieds ?
— Les pieds, les seins, la chatte...
— Tu te moques de moi ?
— Non, je te jure.
— Tu peux sucer mes orteils et lécher ma chatte.
Dis de cette façon ça manque de poésie, mais oui, c’est ce que je veux. Elle ajoute :
— Change de tête tout de suite alors.
Je lui fais un grand sourire. J’ai appris à passer d’une émotion à l’autre, ici. Quand toutes les filles sont passées, on se retrouve avec les sœurs... On a même droit à un verre de vin blanc de la région.
Le soir, je rejoins Joan dans son lit et je m’unis charnellement à elle. J’adore la douceur de sa peau, ses odeurs, ses goûts. Les deux autres filles allument pour nous regarder.
Dommage qu’on n’ait pas fait ça plutôt. Je fais jouir Joan en la léchant... J’en rêvais. Après demain, on se quitte mais j’ai son numéro de téléphone et je reverrai mon... Roméo.
Voilà, j’ai mon diplôme. D’accord, des études de six semaines, c’est peu. Cependant, il s’agit de six semaines de travail intensif. Je boucle mon sac et dis au revoir à tout le monde, depuis la mère jusqu’aux élèves, mais pas aux esclaves. Elles, ce sont des objets, genre ustensiles de ménage. Quand on quitte une maison, on ne dit pas au revoir au balai ou à la serpillière !
Je vais revoir Joan et la mère aussi. Elle a beaucoup de relations et c’est une amie de Sam, mon mentor et patron.
Je rends mon uniforme et je mets une de mes deux robes. Devinez qui vient me chercher : Summer. Je saute à son cou et l’embrasse... Oui, j’ai appris à montrer mes émotions. Elle me repousse en riant et me dit :
— Il paraît que tu as joué Juliette...
— Oui et j’ai pensé à vous.
— Je me demande si le personnage de Messaline ne t’irait pas mieux.
Messaline... Je ne sais pas qui c’est et je préfère ne pas le lui demander. Je lui dis :
— Où va-t-on ?
— On doit passer au studio. Il y aura tous les gens concernés par le film. Ils veulent te faire jouer dans un film rapidement, un grand rôle... mais tu devras étudier ton texte et être en forme. Après la soirée à Venice, Monsieur Sam m’a tiré les oreilles...
— Et vous lui avez tiré une balle dans le ventre plus une dans le genou.
Elle rigole et répond :
— Je ne tue pas mes employeurs, ce serait contre-productif.
— Je peux vous tutoyer ?
— Bien sûr, sotte.
— Tu resteras avec moi ?
— Ce n’est pas prévu...
— Je te paierai.
— T’es fauchée, petit singe.
— Je vous ferai une reconnaissance de dette de 1000 $
— Putain, t’es cinglée... On verra ce que va dire Monsieur Sam.
On arrive à Hollywood, puis devant les studios : c’est immense. Il y a un immeuble de... 20 étages au moins et tout autour, des hangars blancs. Summer me dit :
— On tourne une série de films et de feuilletons en même temps.
Les studios s’appellent "World First Medias". Oui, ça veut tout dire. Deux gardes sont à l’entrée. Ils sont sans doute prévenus de notre venue, car ils ouvrent la grille en saluant. On se gare au sous-sol de l’immeuble. Ensuite on prend un ascenseur extérieur. Ouch ! Le plancher est transparent et je vois le sol s’éloigner sous mes pieds à toute vitesse. Je me serre aussitôt contre Summer. Elle me dit :
— Là-haut, ne fais pas trop la gamine.
Eh ! Je viens de la campagne, moi, j’ai pas l’habitude des ascenseurs de science-fiction. Bon, ça va, on survit. On arrive au dernier étage, c’est-à-dire... dans une forêt tropicale ! Il y a des arbres, des plantes et même des oiseaux. Pourvu qu’il n’y ait pas de jaguar. Plutôt que de dire à Summer "Mais c’est quoi, ce truc de dingue ?" je joue les blasées : on prend un ascenseur et on arrive dans une forêt : normal... Elle me dit quand même :
— Ferme la bouche, Ashley et suis-moi !
Oui, bon, pas si blasée que ça. Heureusement, il y a un sentier, pas besoin de machette. On arrive dans une petite clairière, là, sous une toile blanche il y a cinq personnes assises autour d’une table : Sam, mon patron et producteur, Monsieur Leyssens, mon agent et le meilleur d’Hollywood, donc du monde. Il y a aussi un grand type maigre et une femme d’une quarantaine d’années, belle brune, bien habillée et qui a des bijoux coûteux. À côté d’elle, il y a ce qui me semble être une esclave, parce qu’elle a le collier des esclaves autour du cou. Elle est pieds nus comme beaucoup d’esclaves, mais elle a des bijoux en or, y compris un anneau à la cheville. Au lieu d’être nue, elle est vêtue d’une tunique qui découvre un sein comme en portaient les Romaines. Summer me donne un coup de coude. OK, je ferme ma bouche et je vais embrasser Sam et Monsieur Leyssens et puis les autres, même l’esclave. Ils ont l’ait très surpris de ces baisers. Chez nous, à la campagne, on s’embrasse. Par contre, Summer leur dit bonjour, mais ne leur serre même pas la main. Sam lui dit :
— Merci Summer, tu peux nous laisser.
Je réponds très vite :
— Je l’ai engagée.
Tête des gros bonnets ! Ben quoi, je peux engager une mercenaire, non ? La femme bien habillée dit à Summer :
— Elle joue un rôle, là, ta copine ?
— Non Madame Wolf. Elle est très... spontanée.
— C’est amusant...
Sam dit :
— On en reparlera. Ce sera peut-être utile que Summer s’occupe d’elle à voir à quel point elle est... spontanée.
Puis à moi :
— Il paraît que tu as été très bonne dans la scène de Roméo et Juliette. Ça a presque fini par une étreinte sur scène.
— Non, ça, c’était après dans la chambre.
Je les cueille à nouveau... ben oui, j’ai de la répartie, on me l’a dit en impro. Monsieur Sam me dit :
— Tu vas nous montrer ça. Tiens, Summer, tu feras Roméo.
Chouette ! Il lui tend des feuilles. Summer me dit tout bas :
— Joue en montrant ton amour pour Roméo et ta peur de le perdre, mais sans en faire des tonnes.
Elle lit, je joue.... À deux reprises, je pleure vraiment et je l’embrasse avec passion. Quand c’est fini, je regarde mon public. Et alors, ils n’applaudissent pas ? Non, ce n’est pas le genre. Madame Wolf dit :
— Qu’est-ce que tu en penses, chérie ?
Chérie, c’est son esclave. Celle-ci répond :
— Elle est belle et elle a du charisme mais il faudra la surveiller de près, c’est le genre à faire des conneries.
Oui, mais oh ! C’est les esclaves qui commandent maintenant ? Y a pas un fouet dans le coin ? Spencer approuve :
— Tout à fait d’accord, il faut la contrôler.
Madame Wolf répond :
— Je vous avais dit que ma chérie était perspicace. Elle juge tout de suite les gens.
Les autres approuvent. Je dois juste penser à une chose : je vais faire du cinéma et j'aurai peut être, un premier rôle.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
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Quand je marche lentement
Le long de ce rivage
Sous un ciel azuré sans nuage
Où, le temps est clément
Écoutant les vagues déferlées
Je garde le sourire
Face à ce soleil perçant le zéphyr
Douce sueur sur ma peau que je laisse perler
Respirer l'air pur
Seulement rêver
Mettre tout mon cœur dans cet apaisement que je peux éprouver
Grâce à cette belle nature
Celle-ci vient me chercher
Telle une évidence
Tout me semble intense
Que l'on pourrait en frôler le péché
Pourvu que m'atteigne cette bise
Avec elle, je suis à l'unisson
Malgré ces doux frissons
Mon âme y est soumise
Le 11 03 2022
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14 Roméo et Juliette.
La sœur me dit :
— Très belle impro, Ashley, même si elle manque un peu de tenue. Tu as le sens de la répartie.
Puis, à ma partenaire :
— Toi, tu ne nous déçois jamais, Joan. Quand il y a moyen de déraper, tu y vas à fond. Cela nous a quand même permis de voir que la nouvelle à un vrai potentiel. Je vous vois très bien en Roméo et Juliette.
Yes ! Elle sera mon Roméo.
— Bon, à qui le tour ?
Deux autres filles montent sur scène. Je suis ravie des compliments de la sœur. Je regarde les filles jouer sur la scène. Quand elles ont fini, la sœur discute de leur jeu.
En fin de matinée, j'ai regardé des filles jouer des scènes et faire de l'impro. C'est l'heure d'aller manger, je vais vite près de mon Roméo et je lui dis :
— On pourrait parler du rôle ? Je peux manger avec toi ?
Elle me regarde, amusée. Je suis toujours attirée par des garces, moi ! J'ajoute :
— Et puis, j'ai l'impression que les filles me... m'ignorent... Allez, steuplééé...
Là, je me suis assez déculottée, c'est une image en rapport avec notre scène. Elle me dit :
— D'accord. Mais les filles ne sont pas faciles, tu vas devoir faire profil bas.
— Je le ferai.
On fait la file devant le comptoir du self-service. Comme à mon habitude, je me colle à elle. Quand on est servies, on va à sa table. Il y a déjà cinq filles. L'une d'elles lui dit :
— Tu amènes ta Juliette ?
— Elle a besoin de soutien, cette petite.
Une jolie brune me demande :
— Tu lèches bien ?
Est-ce que j'ai bien compris ? Elles me regardent toutes, alors je réponds :
— Si c'est toi, c'est quand tu veux.
C'est la bonne réponse. La fille brune me dit :
— Bienvenue au club.
Bon, là, je suis acceptée... Je reste dans le groupe pour les autres activités, la danse, le chant... Je me débrouille pas mal.
À partir de ce premier jour, je suis prise dans le rythme intense de l'école. Je ne peux écrire que les moments importants.
J'apprends les règles de l'école. Par exemple, je vais rester six semaines ici, sans pouvoir sortir.
Ce même soir, quand on a fini de manger, une sœur me dit :
— Viens avec moi, la mère veut te voir.
Je serre la main de Joan, qui me dit tout bas :
— Vas-y et séduis-la... Elle pourra t'aider par la suite : elle connaît des gens très importants.
Je lui serre la main et je sors avec la sœur. Elle toque à la porte d'une chambre, ouvre et me fait entrer. La chambre est grande et nettement plus glamour que nos chambres pour quatre. La mère est assise derrière un petit bureau devant un PC. Elle me dit :
— Je suis à toi dans cinq minutes.
— Je vous en prie, ma mère.
Je regarde la chambre. Il y a un grand lit, un canapé et des fauteuils. Il y a de la musique aussi. De chaque côté d'un des fauteuils, il y a la statue d'une esclave grandeur nature, à genoux, les yeux baissés. Oh ! Elles respirent, ces statues ! Bon, je rectifie : il y a deux vraies esclaves, une jolie Noire avec des fesses un peu comme les miennes et un petit nez. De l'autre côté, il y a une jolie blonde, avec des fesses rondes et des petits seins aux pointes rose pâle. Les deux filles ont les mêmes coiffures "au bol", c'est-à-dire qu'elles sont rasées en dessous du milieu des oreilles, c'est excitant de voir ces nuques nues. Elles ne sont vêtues que de deux colliers de chien en cuir avec une médaille.
Je me penche pour regarder, la black s'appelle Blacky et la blanche, Blanchette, normal. Elle sait vivre, la mère supérieure. Si ce sont des religieuses ici, je peux vous garantir qu'elles ne font pas partie de la même église que les familles de Notasulga.
Je sens que la mère supérieure m'observe. Elle me dit :
— Elles te plaisent ?
— Oui, elles sont belles, ma mère.
— J'ai appris que tu t'intéresses aux esclaves... alors tu vas faire connaissance avec mes deux petites chiennes.
Ah oui, d'où le collier. Elle se lève et va s'asseoir entre ses deux esclaves chiennes, elle me dit :
— Fais-moi un strip comme à House of Pussies.
Elle est au courant de ça ? Elle pousse sur le bouton d'une commande et augmente le son de la musique. Je danse un peu de dos, puis je me retourne et j'enlève mon chemisier... Je balance mes seins en rythme. La mère me dit :
— Tu es belle. Lance-moi ton chemisier.
Je le lance, elle le rattrape d'une main, et met son nez à l'endroit des aisselles. Elle va être gâtée parce qu'il fait chaud et j'ai beaucoup transpiré. J'enlève ma jupe plissée, puis ma culotte que je lui lance. Je danse un peu, puis j'enlève mes chaussures et mes hautes chaussettes blanches. Elle fait un geste... oh ! Ça aussi ? Je lui jette mes chaussettes. C'est excitant de voir quelqu'un sentir vos chaussettes. Mais, s'il y a une chienne dans la pièce, c'est plutôt la mère que ses esclaves. Je danse encore, aussi nue que mes aisselles après le toilettage à Atlanta. La mère me dit :
— Tu es très belle. Je crois que Sam a raison de miser sur toi. Maintenant, je voudrais que mes petites chiennes s'occupent de toi.
Oui mais... et si je voulais rester fidèle à Joan, mon Roméo ? Heureusement, je ne suis pas du genre fidèle. Les petites chiennes se lèvent et me prennent par la main pour m'emmener près du grand lit. Blanchette me prend contre elle en ce collant à mon dos et elle me murmure :
— Laissez vous aller, s'il vous plaît, Mademoiselle.
Elle se laisse tomber sur le lit et moi sur elle. Aussitôt, Blacky, la petite chienne noire, se jette sur ma chatte comme si c'était un os à moelle. C'est une position pas très confortable mais très excitante. Blacky a relevé mes jambes et sa langue explore les moindres recoins de ma chatte en faisant des incursions dans mon vagin et mon anus.
Je sens que je vais battre le record du monde de l'orgasme le plus rapide, là. La mère, qui doit s'en rendre compte, prend un fouet et frappe les fesses de Blacky qui gémit dans ma chatte. Elle lui dit :
— Pas la langue tout de suite, idiote.
Je la regarde... et elle me montre le fouet. Sans bien m'en rendre compte, je dois faire signe "oui", car elle donne cinq coups supplémentaires sur les fesses et les cuisses de ma petite chienne lécheuse, qui crie et pleure dans ma chatte. Ses larmes mouillent ma chatte déjà bien mouillée. Là, impossible de résister et je jouis... merveilleusement. La mère me dit :
— Tu es belle quand tu jouis.
Aah ? Elle ajoute :
— Il faut que mes deux chiennes soient traitées de la même façon, tu ne crois pas ?
Je me relève, quittant le matelas tiède du corps de la chienne blanche en disant :
— ...Euh... oui, sans doute
— Tiens, frappe-la deux fois.
Elle me tend le fouet. C'est la mère supérieure, donc je fais ce qu'elle dit. Blanchette s'est déjà mise en position. Elle s'est couchée sur un des accoudoirs du fauteuil, les fesses en l'air, comme une belle cible. Que voulez-vous que je fasse ? Je me suis renseignée, les fouets sont offerts avec l'esclave. Ils ont trois lanières plates qui font mal et laissent des traces mais ne blessent pas, alors... Alors, je lève le bras et j'abats le fouet sur ses fesses – Blanchette, quel bête nom – gémit tandis que la mère supérieure me dit :
— Tu as un problème d'atrophie musculaire ?
— ... Euh... non, ma mère...
— C'est pas un coup de fouet, ça, c'est une caresse. Frappe vraiment maintenant, sinon je te fouetterai pour te montrer.
Là, je ne peux plus reculer : je lève le bras bien haut, le fouet siffle dans l'air et les lanières claquent sur les fesses laissant trois marques rouges. La fille réagit nettement plus : elle crie et essaye de s'enfoncer dans l'accoudoir. Oui, mais c'est impossible, ça. Par quatre fois, le fouet vient claquer sur ses fesses, laissant de belles marques rouges qui s'entrecroisent. La punition au fouet, c'est un ensemble, une symphonie : le sifflement du fouet, le bruit quand les lanières claquent sur les fesses et enfin, les cris de l'esclave... Oui, ça a l'air de faire vraiment mal, mais on m'a ordonné de le faire...
La mère me regarde avec un petit sourire et elle dit aux filles :
— Déshabillez-moi.
Elles déshabillent la mère à toute allure. On a beau dire, le fouet, c'est barbare mais qu'est-ce que les filles fouettées obéissent bien. La mère est belle, dans le genre bien en chair. Maintenant, je sais ce qu'elle veut : moi. Elle me tend la main, je la prends et elle m'entraîne sur le lit. Elle se couche sur le côté les jambes repliées et elle me dit :
— Mets-toi en face de moi.
Je me couche de la même façon et je caresse ses seins. Elle est rebondie et ferme. Elle m'embrasse. Elle a l'haleine fraîche et mentholée, super. Une chatte peut être un peu... sauvage, mais une bouche doit être impeccable. On mélange nos langues et nos salives. Sans qu'on doive le leur dire, les petites chiennes ont glissé leurs museaux entre les jambes repliées de leurs maîtresses. Moi, j'ai la petite chienne blanche. J'ai fouetté ses fesses et elle couvre les miennes de baisers. Ce n'est pas juste, mais très agréable ! Elle pose ses mains sur mes fesses et viole mon cul avec sa langue.
C'est un viol très agréable et je ne la fouetterai pas pour ça... sauf si la mère m'en donne l'ordre.
Les petites chiennes s'activent au sous-sol, là où vivent les domestiques. À l'étage supérieur, on s'embrasse et on se caresse, la mère et moi.
Elle embrasse mes seins et même mes aisselles moites. Répondant à un timing que je ne connais pas, mon esclave colle sa bouche à ma chatte toute collante. L'image m'excite. L'autre esclave doit faire la même chose à la mère, mais elle reste impassible, tandis que je serre les dents pour retenir l'orgasme que je sens grandir à nouveau en moi. Je ne pense ni au fouet ni à la langue de l'esclave dans ma chatte... Mais, c'est une bataille perdue d'avance, j'ai trop de tempérament. La mère me regarde intensément et sa bouche vient cueillir mes gémissements de plaisir sur mes lèvres. Jouer avec les esclaves, ça me rend lyrique !
On se repose un peu l'une contre l'autre, les museaux des petites chiennes entre nos fesses. Après un moment, la mère me dit :
— Retourne ta chambre, sinon on va jaser.
Tu m'étonnes ! Je réponds :
— Merci pour tout, ma mère.
— Tout le plaisir a été pour moi... Si tu as un problème, viens me trouver.
— Merci beaucoup.
Je l'embrasse. Puis, je me rhabille et j'embrasse les esclaves en les remerciant... Mais non, je rigole : on ne remercie pas un sex-toy après usage.
À suivre.
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Pour ceux et celles qui n’ont jamais entendu cette expression tirée de l’anglais, le Camel Toe signifie littéralement « Orteil de chameau ». Il est vrai que dit comme cela, on ne voit pas le côté érotique de la chose. Il s’agit d’un mot anglais en argot qui est utilisé pour parler du sexe de la femme quand son vêtement est trop moulant et laisse apparaître la forme de sa vulve.
On l’entend souvent dans les magazines people quand une star se fait paparazzier avec une tenue trop moulante. Il suffit de rechercher sur le web pour voir que ce genre d’article est fréquent.
Le camel toe est décrié comme un non-respect de la féminité jugé choquant par certain(e)s alors que d’autres y voient une libération de la féminité.
Vous l’aurez compris, comme à chaque fois sur le web et ailleurs, les gens ne vocifèrent que sur ce qui ne leur plaît pas et croyant qu’ils ont la parole absolue !
Et si ce genre de soucis qui peut être gênant pour les stars, devenaient une arme de séduction massive pour nos petits jeux érotiques ?
Moi, je ne vais pas vous « l’imposer » mais vous le « proposer » comme une alternative érotique à nos petits jeux.
Dans un premier temps, il va falloir définir dans quel type de soirée ou événement, Madame pourrait jouer de ses charmes.
Lire la suite : https://comtedenoirceuil.com/le-camel-toe/
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La préparation.
Boire beaucoup de liquide (de l’eau) une heure environ avant le début de la séance.
Ensuite quand je commence à sentir ma vessie se tendre. Que les premiers tiraillements se font sentir. Je m’installe au milieu du salon.
À genoux sur le carrelage que j’ai pris soin de bien nettoyer. Les genoux bien écartés exhibant mon sexe luisant de plaisir laissant échapper un léger filet de liquide séminal.
j’enroule une demi-longueur de ma ceinture autour de ma main laissant libre 60 cm de cuir libre.
Je me cambre au maximum de façon à tendre au maximum mon fessier et j’abats de toutes mes forces le premier coup de ceinture sur mon arrière-train.
L’effet est immédiat. Je ressens comme une décharge électrique. La morsure du cuir me fait l’effet
d’une brulure.
Sans hésiter, j’enchaine plusieurs coups. Petit à petit mon corps se relâche. Je me focalise sur la ceinture et sur le mouvement que j’essaie d’optimiser pour que les coups portent bien et frappent fort sur mon cul qui commence à chauffer.
Puis, je me rends compte qu’à chaque coup ma vessie s’ouvre. Laissant échapper quelques goutes. Puis, de petit jet sur le carrelage. Au bout d’une vingtaine de coups, de longs et puissants jets de liqueur dorée viennent souiller le sol. Je fais une pause pour me caresser le sexe.
Récupérer un peu de mon jus pour le gouter. L’étaler sur mon visage.
Et je recommence une série de coups de ceintures. Les brulures de cuir sont plus intenses.
Difficile de contrôler le rythme de mon jus doré. Je commence à ressentir une fatigue dans du bras.
Je lâche la ceinture et me glisse sur le sol. Je me roule dans mon jus.
Prenant soin d’être trempé. J’en profite même pour lécher le sol trempé sur tout le corps.
Puis, sur le dos, je lève au maximum mon bassin. Je dirige mon sexe vers mon visage, et je finis de vider ma vessie en essayant de récupérer le jet dans ma bouche.
La vessie bien vide, je prends mon sexe qui commence à se raidir et entame une masturbation rapide.
Libérant une grosse quantité de sperme que je prends soin d’étaler sur sol, se mélangeant à la liqueur au gout et à l’odeur âcre.
Et c’est avec un grand plaisir que je déguste ce cocktail de mon cru…
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Monsieur Leyssens me dit :
— Tu vas passer six semaines dans une ancienne institution pour jeunes filles chrétiennes. Les religieuses l'ont transformée en école pour les starlettes sous contrat avec nous. Après ça, tu auras un grand rôle.
— Je pourrai encore voir Summer ?
— Pendant six semaines, non. Ensuite, autant que tu veux. Je m'occuperai de toi. Je vais t'avoir un super contrat.
— Merci Monsieur et merci pour l'esclave.
J'enfile ma robe et je l'embrasse. Summer me prend par le bras et m'entraîne dans la maison. On part, mais pour aller où ? Une institution religieuse ça ne me dit rien qui vaille. Je dis à Summer :
— J'veux pas y aller...
— Si, tu vas y aller. J'ai l'impression de conduire une gamine à l'école pour la première fois.
Je répète :
— J'irai pas.
Gris soupir de Summer qui me dit :
— Tu as le choix, soit tu vas chez les sœurs, soit je te vends, Slave Paradise est à côté. Alors, plus de caprice !
— D'accord.
Elle a raison, je dois arrêter de faire la conne... mais je m'amuse trop bien avec elle. On quitte la côte et on roule pendant un bon quart d'heure. Je mets ma main sur ses cuisses, elle la laisse. On arrive devant une grille.
Un garde vient du côté conducteur. Summer lui dit :
— La petite Ashley de la part de Monsieur Sam.
— On attend cette demoiselle, allez viens petite.
J'embrasse Summer et je lui dis :
— À dans six semaines, promis ?
— Oui, travaille bien.
Je sors de la voiture et je fais au revoir avec la main. Le garde me dit :
— Viens, petite, on va aller voir tes petites camarades, tu verras elles sont très gentilles.
Il se fout de moi, là ? Oui, il rigole. Bon, il a raison je suis ridicule, mais j'ai connu des institutions religieuses et... non, rien. On arrive devant une grande maison entourée d'un jardin. Ce qui est surprenant, c'est qu'il y a pas mal de jeunes filles habillées en... écolière du siècle passé : jupe plissée bleue, chemisier blanc, chaussures plates et chaussettes blanches ! Sur la maison il y a une grande inscription "Ecole de comédie pour jeunes filles". Ça, c'est plus sympa. Je n'ai pas le temps d'interroger le garde, parce qu'une femme en tailleur gris vient à noire rencontre en disant :
— Tu es Ashley ?
— Oui, Madame.
— Suis-moi, tu vas te changer.
En quoi, M'dame ? Ça je le pense, mais je ne le dis pas !
On monte au premier étage et elle ouvre la porte d'une chambre. Il y a quatre lits et sur l'un d'eux, un uniforme. La femme me dit :
— Change-toi. Ensuite, tu iras te présenter à la mère supérieure.
Oh ! Ce sont vraiment des religieuses ? Elle reste là. Bon, j'enlève ma robe. La sœur m'observe, intéressée. Quand je remonte la culotte blanche, je sens que ma chatte essaie de la faire redescendre mais sans mains, ce n'est pas facile ! Le soutien-gorge est trop petit, mes seins débordent de partout. Je dis à la sœur :
— Il est trop petit et je n'en ai pas besoin. Regardez !
Je saute et mes seins bougent... modérément. La sœur me dit :
— Tu verras ça avec la mère. Dépêche-toi.
Je termine de m'habiller. Les chaussettes arrivent sous le genou, c'est vraiment bizarre. La sœur me dit :
— Boutonne le chemisier, seul le bouton du haut peut rester ouvert.
Quand c'est fait, on retourne au rez-de-chaussée. La femme ouvre une porte en disant :
— Voici Ashley, ma mère.
La mère est une belle femme d'une quarantaine d'années, elle a un visage régulier, mais des yeux... perçants. Elle prend mes deux mains dans les siennes et m'attire vers elle, en disant :
— Bienvenue mon enfant.
— ... Euh... merci ma mère.
Elle garde mes mains dans les siennes et me dit :
— Ici vous allez apprendre différentes disciplines qui vous permettront de réussir au théâtre et au cinéma. Dans six semaines, vous serez prête à passer des castings... Vous devrez beaucoup travailler et être sage et obéissante.
On dirait que j'entre vraiment dans la petite école. Elle attend une réponse ? Je lui dirais bien que je me casse, mais au lieu de ça, je bredouille :
— ... Oui... ma mère.
— Bien. Vous allez directement suivre un cours. Je vous verrai ce soir.
Elle lâche mes mains, mais c'est pour me prendre par la taille et... m'embrasser sur la bouche.
Oh ! Il y a 2 semaines c'était ma prof et maintenant elle. Je les attire ! Non, j'attire tout le monde. Un peu déboussolée par l'insolite de la situation, je retourne dans le couloir. La sœur m'attend et me dit :
— Tu vas assister à ton premier cours...
— Oui... euh... vous êtes toutes des religieuses ?
— Pas toutes.
— Comment doit-on vous appeler ?
— Ma mère ou Madame.
On sort dans le jardin et on se dirige vers une petite maison. On croise une jolie fille avec une queue de cheval. Elle est vêtue d'une robe tablier boutonnée devant et elle a une raclette, un seau et une serpillière dans les mains. La fille dépose le seau et à notre passage, elle fait une profonde révérence. La sœur l'ignore. Je lui demande :
— C'est une esclave, Madame ?
— Oui... Monsieur Sam nous en a fournis rapidement. Tu as de la chance avant c'était les élèves qui devaient faire des corvées...
— Et elles sont... fouettées ?
— Les élèves ou les esclaves ?
Devant ma tête, elle rit et répond :
— Bien sûr, elles sont fouettées, ce sont des esclaves. Pourquoi, tu es contre ?
— Non, pas du tout.
J'ajoute pour moi "si elles ont fait quelque chose de mal". On se dirige vers un petit bâtiment qui se trouve derrière la maison. On entre et elle me murmure :
— Ne fais pas de bruit.
On est dans une grande pièce. Des filles sont assises sur des rangées de chaises et regardent la scène. Deux filles dialoguent. La sœur me fait signe de m'asseoir et elle s'en va. Je n'ai jamais vu une pièce de théâtre, ni en vrai ni même à la télé. On ne voyait que des films approuvés par la pasteur et puis j'avais souvent... des corvées à faire. C'est le passé...
Les filles terminent leur scène et saluent. Les spectatrices applaudissent. La sœur qui est au premier rang leur dit ce qu'elle pense de leur jeu. Je ne comprends pas grand-chose... Vite, la fin de la journée que je puisse sortir et boire un verre dans le quartier. Je suis à nouveau attentive quand j'entends :
— Mes filles, nous avons le plaisir d'accueillir une nouvelle élève. Ashley, veux-tu venir sur scène pour te présenter.
Ouch ! Danser à poils en public, c'est facile, mais là, je suis gênée. J'y vais et je dis :
— Bonjour, je m'appelle Ashley Stirland et...
— Bonjour Ashley.
— ... Oui... euh... je viens de Georgie et je voudrais faire du cinéma.
La sœur me dit :
— Quels sont tes films et tes livres préférés ?
— ... Euh... j'étais dans des familles d'accueil et... je...
— Je comprends.
Elle se tourne vers les élèves et leur demande :
— Dans quels rôles voyez vous Ashley ?
Plusieurs filles disent "jeune première".
— Oui c'est vrai avec son physique, elle peut jouer les jeunes premières ou les garces. Que pensez-vous de lui faire jouer une scène de Roméo et Juliette ?
Une fille répond :
— Elle est trop sensuelle pour jouer Juliette, mais ce serait décalé et intéressant.
— Exactement, bravo Brittany. On va faire ça, mais je voudrais d'abord la voir dans de l'impro.
C'est quoi, ça ? Elle me dit :
— Tu es une jeune fille de bonne famille, un jeune homme t'aborde. Il te plaît.
Elle se tourne vers les filles en disant :
— Qui fait l'homme ?
Quelques filles lèvent la main. Je dis très vite :
— Je peux donner mon avis ?
— Bien sûr.
— La jeune fille avec des cheveux courts et des yeux bleus.
Ça fait sourire tout le monde... je ne sais pas pourquoi. C'est une jolie fille avec des yeux bleu foncé et elle a l'air... sûre d'elle, un peu comme Summer. La sœur lui dit :
— Jo, tu fais l'homme
— Avec plaisir Madame.
Elle vient sur la scène et elle me dit :
— Tu te promènes dans un parc. Vas-y, tu marches lentement.
Ça, je sais le faire. La fille vient derrière moi et me dit :
— Je vous prie de m'excuser Mademoiselle, vous venez de perdre ceci.
Elle me tend quelque chose en ajoutant :
— Votre culotte !
Quoi ? Elle est folle ! Oui, il faut que je joue :
Je relève ma jupe plissée et, en tâtant mes fesses, je réponds :
— Merci Monsieur. Ma mère achète des élastiques de culotte d'occasion et ça m'arrive souvent.
Rires dans la salle... C'est surprenant et agréable. Je fais semblant de lécher quelque chose que j'ai en main et je lui dis :
— Avec cette glace presque fondue en main, ce n'est pas facile de la remettre. Vous voulez bien m'aider... J'ai peur d'attraper un rhume.
Nouveaux rires... ça leur plaît !
Jo, le passant serviable, s'agenouille et fait semblant de remettre ma culotte, il me caresse les fesses au passage. Il se redresse et je lui dis :
— Heureusement que vous étiez là, ma mère m'aurait punie, alors que c'est de la faute des vieux élastiques. Comment puis-je vous remercier ?
Elle dit :
— En me donnant un baiser.
Elle tend ses lèvres vers moi et je l'embrasse. Il y a des cris de joie dans la salle. Quand nos lèvres se séparent, elle me dit tout bas :
— On se donne la main et on salue.
C'est ce qu'on fait et toutes les filles applaudissent. C'est grisant...
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.
Nos 7 livres illustrés sont ici :
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De la Bienveillance, naît l'Espoir,
De l'Espoir, naît la Vie.
Avant de Vivre, il faut savoir se trouver soi-même, de nos envies, de nos aspirations, de nos désirs, conscient de nos failles, afin d'être en harmonie avec ce Je, pour s'offrir à l'autre, avec transparence.
Vivre, c'est aussi savoir s'entourer des bonnes personnes, savoir patienter, savoir les veiller, savoir s'en nourrir en retour, savoir aller vers elles lorsqu'on en ressent le besoin, sans jugement, avec bienveillance, et parfois, avec Amour.
Ce soir, au terme d'une semaine, initiée le 12 Février dernier, inattendue, qui semble avoir chamboulée à nouveau ma vie, insoupçonnée dont je n'avais ni l'envie, ni l'espoir, faisant mon deuil, déconstruisant un lien précédent, total, j'ai compris.
La nommé âme-sœur, serait prématuré, et je n'en ferais pas ici l'exercice, néanmoins, lorsque je la regarde, lorsque je regarde en Elle, de cette Femme, n'étant séparée de moi que par 2 petites années, et 30km, j'y vois des choses, que je n'avais pas vu depuis 13 mois, et bien au delà. Avant ce mois de Janvier 2021 (je rédige cet écrit en Février 2022), en cette femme qui m'a vu enfin Vivre, trouver ma place, avec Elle à mes pieds, en savourant chaque instant, qui m'a aidé à me construire, m'a forgé, plus qu'aucune autre en tant que Maître, qui m'a façonné, dans mon désir d'apporter à l'autre, dans mon désir de la nourrir, de l'abreuver, de l'éveiller, de la révéler. De la distance, de ces 800kms, de nos différences d'âges, s'avérant bien plus âgée que moi, l'union de nos vies se révéla impossible, fissurant notre lien, au terme de 2 années et demi, sans réussir à le briser, car notre amour fut total, mais nos vies, surent briser nos âmes, individuellement, ainsi que notre tanière, de ce Oni's Den, dont nous surent rayonner, ensemble.
Ce soir, j'écris ces mots, accompagnés d'une tisane au Thym, témointe d'un acte de bienveillance, ayant indiqué plus tôt dans la semaine que j'avais eu une nuit difficile, à cette Femme récemment arrivée dans ma vie, d'une nuit de 4h, la gorge prise. La voyant le lendemain au déjeuner, cette Femme, cette Animale, cette Renarde, su m'offrir de quoi guérir. Je le sent, Elle sera celle qui saura me veiller, panser mes plaies, et m'accompagner dans la découverte du monde, construisant le Notre, si patient, dans la communication, je le souhaite, nous réussirons à nous servir, car elle consciente de la rareté, ainsi que du caractère précieux de cette place, nourrie ces expériences passées. Ainsi, je sais, je sent, que jamais elle ne me lâchera... que jamais, elle ne m'abandonnera...
Elle est le miroir de mon âme, car lorsque je la regarde, je me vois. Dans des fonctions naturellement différentes, mais je sais, je sent que c'est Elle, qui saura guider mon dernier souffle, pourquoi me direz-vous, parce que je suis un être d'émotions, de sentiments, d'amour, qui se donne, sans retenu, de manière exclusive, à celle sachant le faire vibrer, même si pour la première fois de ma vie, de ces fêlures récentes, je me retient, hélas.
Alors que j'écrivais ces mots, je su recevoir un message, innocent : "Voudriez-vous que je passe en coup de vent pour vous embrasser et vous dire bonne nuit ?". La ou ce matin même, j'avais su rouler 30min, me rendant a son domicile afin de la croiser, me saisissant d'un livre oublié la veille, "Le Petit Prince", pour que celui-ci guide ma semaine de vacances, en présence de ma famille, d'une présence plus discrète qu'un lecture liée à ce milieu, plus sage, lui faisant la surprise en retour, de lui offrir, une lecture ayant guidée mon adolescence, d'un échantillon de mon gel douche, ainsi que d'un "rabou" de mes cordes de Shibari, afin que durant cette semaine, elle me sente prêt d'Elle.
Je ne saurais dire les sentiments qui me traversent en cet instant, mais la ou par le passé, mon amour, bienveillant et transparent, su en retour me meurtrir d'une décision prise de celle que je pensais être la Femme de ma Vie, d'un acte dont j'ai demandé l'explication, mais qui me parait toujours aussi fou. Parmi ces derniers mots, me faisant face, elle su me dire de manière apaisée : "La meilleur des histoires, c'est celle que l'on a pas encore vécu", à quoi je répondis, que pour moi, "La meilleur des histoires, c'est celle pour laquelle on est prêt à se battre". J'ai enfin compris le sens de ces mots, et je tenais à la remercier, sincèrement, de m'avoir rendu ma liberté. J'ai chuté comme jamais, mais sans cela, je n'aurais pu être la ou je suis aujourd'hui, m'amenant bien plus loin dans mon cheminement de vie, que jamais par le passé. J'ai l'espoir que cette Femme, soit la dernière, et je souhaite me battre pour cela, ne m'offrant plus dans un amour inconditionnel, mais apprenant déjà à l'aimer, Elle, l'apprivoiser, en douceur, pour l'être merveilleux, la Femme, la Soumise, la Mère, et bien d'autres encore, qu'elle ne soupçonne pas encore, car dans les mains l'un de l'autre, un monde saurait s'ouvrir à nous, si nous prenons, ensemble, l'engagement solennel, de ne jamais détourner le regard, ni de museler nos paroles, afin que derrière ce lien, une Famille puisse naître.
A vous tous, protégez-vous, mais n'oubliez jamais de vous aimez, encore et encore, car une vie sans amour, ce n 'est pas une vie,
Aujourd'hui, je crois, je l'espère, avoir su trouver ce dernier Amour.
A Vous, qui n'êtes pas encore mienne, mais qu'il me plait de nommer, ma Protégée.
NB : A l'heure de ces écrits, ce lien en devenir n'a toujours pas été consommé, n'en ayant personnellement pas la force.
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Je pensais que ça allait me détruire...
Après tout, selon ses mots que j’eus repris, je ne pouvais pas faire machine arrière. Pas après être entrée en lien avec lui. Pas après avoir été en couple avec lui.
Je pensais que ça allait me détruire...
Et pourtant, ce fut comme une grande bouffée d'air frais. Enfin, je réussissais de nouveau à vivre ma vie, à être vraiment présente dans ma vie. À ne plus être constamment hantée par le prochain devoir, la prochaine échéance, le prochain appel, le prochain visio...
Tant de moyens de communication, et tant d'incompréhension. J'ai eu mon rôle à jouer dans cela, et je ne m'en cache pas. Mon incapacité à déterminer et à exprimer mes envies, mes besoins, a été source de nombre de nos problèmes. N'étant ainsi pas force de proposition, j'ai suivi son rythme, acquiescé à ses propositions, fais les choses pour lui. Et telle a été ma plus grande erreur, celle de m’être lancée, d'avoir accepté des devoirs, des rituels, dans réellement penser aux implications, sans me demander si ce serait quelque chose qu'il me ferait plaisir d'accomplir pour lui, pour le servir.
Nous nous étions pourtant trouvés. Éperdument amoureux, partageant les mêmes intérêts pour le BDSM, et plutôt compatibles de ce regard-ci.
Ainsi, jamais je n'aurais pensé qu'après aussi peu de temps... Trois semaines depuis notre rupture. Deux semaines depuis qu'il s'est présenté chez moi sans me prévenir et en se faisant passé pour le facteur. Une semaine depuis que j'ai finalement accepté de décroché alors qu'il avait accepté de nous accorder du temps sans contacts. Ainsi, je n'aurais jamais imaginé que j'allais être soulagée d'être partie, de m'être échappée de cette relation qui n'était pas saine pour moi.
Après tout, il m'avait bien dit, après que je l’eus quitté,qu'il espérait que jamais je ne réalise ce que je perdais en le quittant. Lui, l'Homme de ma vie. Comme j'étais la Femme de sa vie, sa licorne. Une femme et une soumise, deux facettes d'une même personne, toutes deux attirées par lui.
Enfin, ça c'était avant... Avant qu'il ne fasse un étalage publique de la réalisation de nos rituels, de nos projets, avec une autre. Nous guérissons tous à notre manière, mais dans ces actes, il ne m'a provoqué que déception.
Je savais bien que nous n’avions pas du tout le même rapport au monde. Je sais que je suis bien plus spectatrice, tandis qu'il est bien plus acteur, dans beaucoup d'aspects. Ainsi, je ne fus pas surprise par cet étalage publique de notre vie intime. Un récit, comme sur tous les réseaux, romancé, biaisé par la douleur du moment. J'en fus seulement heurtée, indignée... Dans un tel moment, alors que nous venions de nous dire adieu, ne pouvait-il pas faire preuve de respect pour ce que nous avions été, au lieu de faire un post sur Instagram dans le train.
Mais comme bien trop souvent, je me suis tue. Je n'ai rien dit et j'ai laissé coulé.
Nous avions enfin convenu de ne pas échanger pendant quelques temps, et j'avais accepté de prendre le temps de revenir sur les raisons qui m'avaient poussée à partir puisqu'il ne semblait pas comprendre pourquoi.
Je n'épiloguerai pas trop longtemps. Après tout, quel intérêt y a-t-il à lire la débâcle de ma vie.
Toujours est-il que je me suis trouvée à un point où, poussée dans mes derniers retranchements, j'avais besoin de faire entendre ma vois. Un démarche sincèrement puérile. J'aurais ailé être au dessus de cela, j'aurais aimé pouvoir simplement regardé ailleurs et ne pas voir toute la cruauté de ses actes, bien qu'il ne semble pas s'en apercevoir.
Ainsi s'achève notre histoire. Un adieu peut-être, il y en a déjà eu tant. Ou bien un dernier caprice, celui d'avoir le dernier mot, celui de mettre un point final. Car il est temps pour moi de me détacher de cette emprise que je lui ai donné sur moi. À présent, il est temps que j'apprenne à vivre pour moi.
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Je sens de plus en plus d'agitation autour de nous. Des voix, des rires étouffés. Oui, il y a des invités. Mais qui ? Je suis toujours privé de la vue, et j'ai toujours le casque sur mes oreilles. Plus de bande son, plus de cris de jouissance, mais je n'entends pratiquement rien. Ma queue est toujours dressée, dure. Je la sens ultra-sensible, brûlante. Une demi-heure plus tôt, Maîtresse Caroline, enfin je suppose que c'était elle, m'a enduit de crème ou quelque chose comme ça. L'effet a été immédiat : une sensation de feu et l'impression que ma queue gonflait encore, comme si c'était possible. La sensation de brûlure m'a fait ruer et crier à travers mon bâillon. La cravache a aussitôt cinglé mes reins. Un rappel à l'ordre douloureux, que j'ai eu toutes les peines du monde à respecter. 30 minutes plus tard, le feu s'est atténué mais je suis toujours dur à éclaté, et le moindre courant d'air me fait l'effet d'une caresse. Je n'ai qu'une envie, jouir ! Mais je sais bien que je vais devoir attendre, peut-être attendre longtemps. Maîtresse Caroline sait se montrer particulièrement perverse et elle est tout à fait capable de me priver d'orgasme pour toute la soirée.
Je sens des mouvements autour de moi, mais je n'entends plus aucune voix lointaine. On me frôle, on effleure ma queue, puis on me détache pour me lier aussitôt les mains dans le dos et on retire mon casque et mon bandeau sur les yeux.
"A genoux !" L'ordre vient de Maîtresse Caroline.
Je garde le regard baissé, tout en essayant de deviner qui est dans la pièce. Je sens Ennia à mon côté, mais je n'ose la regarder de peur d'une punition immédiate. Plusieurs personnes nous font face, assises dans le canapé et les fauteuils. Je distingue la lumière chaude de nombreuses bougies. Maîtresse Caroline semble avoir préparé le salon avec soin pour cet événement mystérieux, cette annonce que nous allons enfin découvrir...
"Mes esclaves... je vous l'ai dit, ce soir est à marquer d'une pierre blanche. Vous ne l'oublierez jamais. Cette décision, je l'ai prise il y a quelques mois. Elle a longuement murie. Je vous ai observés, épiés... et c'est devenu une évidence. Sachez cependant une chose : c'est vous qui allez, au final, décider. Je ne peux m'engager pour vous. J'espère, et j'en serai la plus heureuse, que vous suivrez mon jugement, que vous ferez le choix qui est pour moi évident. Ce soir, j'ai réuni nos plus proches amies. Celles qui connaissent tout de vous deux, celles qui vous ont vu évoluer, qui ont abusé de vous, vous ont fait souffrir et jouir... Elles seront les témoins de cet instant".
Je me sens à la fois rempli d'espoir et totalement perdu... Je n'ai qu'une envie, qu'un besoin impérieux, qui concentre toute mon énergie et mes pensées... serrer Ennia contre moi. J'ai besoin d'elle, tellement besoin que j'en ai mal. Une douleur totale, qui me serre le cœur, me coupe la respiration et me maintient au bord des larmes. Je la veux contre moi, je veux la sentir et la ressentir. Me perdre en elle. Je veux ses baisers, son odeur, sa chaleur, ses mots. Je tremble de désir, un désir d'elle plus absolu que simplement sexuel.
Maîtresse Caroline reprend la parole, et le moment se fait plus solennel...
"Honorables membres de l'assistance, il est temps de vous révéler le pourquoi de votre présence ici ce soir. Les deux esclaves qui nous font face s'aiment. Intensément et profondément. J'ai vu leur amour évoluer, grandir et devenir si évident que je ne vois aucune raison de ne pas... les unir par le mariage !!!"
Je suis atomisé, incapable de réfléchir... j'ose lever les yeux vers ma Reine et les larmes se mettent à couler sur mon visage. Puis je me tourne vers Ennia. Mon amour me regarde, pleure elle aussi, et elle semble dans le même état d'hébétude que moi. Totalement bouleversée. Une boule d'angoisse explose dans ma gorge...
"Chloé, veux-tu bien les détacher s'il te plaît ? "
Maîtresse Chloé se précipite et nous rend l'usage de nos mains. Ennia ne cesse de me regarder. Nos regards sont comme soudés et l'intensité que je lis dans le sien me fait tomber dans un puit insondable de désir et d'amour.
"Levez-vous ! "
Nous nous redressons, péniblement, et nous nous rapprochons. Nous sommes tous les deux dans un état second, déchirés entre l'envie de nous précipiter l'un sur l'autre et une envie inconsciente de lenteur. Comme si le temps avait suspendu son vol.
"Victor, acceptes-tu de t'unir à Ennia, de devenir la moitié d'elle, son mari, son soumis et son amour absolu ?" Je me sentais comme hors de moi. Comme si je voyais cette scène, d'une beauté et d'une intensité irréelle, de l'extérieur. Et je m'entendis répondre, d'une voix assurée dont je ne me serais jamais senti capable en cet instant : "Oui Maîtresse Caroline, je le désire, je le veux. Plus que tout".
"Ennia, acceptes-tu de t'unir à Victor, de devenir la moitié de lui, sa femme, sa Maîtresse et son amour absolu ? Oui, Maîtresse Caroline. Je le veux ! " Ennia avait presque crié, sans détacher son regard du mien. Nul besoin de mots. Il n'y avait rien à ajouter. Juste à ressentir. J'explosais. D'amour, de désir, d'absolu, de quelque chose qui me dépassait, que je n'avais jamais ressenti. Pleurer, rire, m'évanouir de trop d'émotion, j'hésitais...
"Ennia, Victor, je vous déclare officiellement fiancés !!!". Les applaudissements avaient fusés immédiatement... nous étions Ennia et moi, comme tétanisés. Attirés inexorablement, mais n'osant pas.... pas sans l'autorisation de notre Déesse commune. "Allez mes esclaves.... vous pouvez vous embrasser... je vous laisse un moment pour vous savourer. Après, place à la fête ! C'est de nous dont vous allez nous occuper !!!
Lentement, nous nous rapprochons. Nos corps se touchent, nos courbes s'épousent, nos chaleurs se mêlent. Pas un mot. Nos bouches se soudent. Nous nous serrons l'un contre l'autre comme jamais nous ne l'avons fait. Si fort à nous briser les os. Je ne veux plus jamais la lâcher, plus jamais la perdre, ne serait-ce du regard. A jamais être à elle. Je l'aime d'un amour totalement dingue. Enfin, au milieu des étreintes, des baisers, des caresses, des sanglots libérateurs... les mots sortent, explosent, un flot qui ne se tarit pas et qui puise sa source à nos deux bouches, nos deux cœurs. "Je t'aime, je suis à toi, je t'aime, mon amour, mon désir, mon absolu... ne me quitte plus jamais, aime-moi, baise-moi, ma femme, mon homme, je t'aime, je t'aime, je t'aime....." Autour de nous, le champagne coule, il y a des rires, des discussions, la vie.... mais notre bulle est trop intense pour y laisser pénétrer l'extérieur. Nous ne sommes qu'émotion, besoin, manque... soudés l'un à l'autre mais cela ne nous suffit pas, cela ne nous suffira jamais. Nous sommes un tout, désormais réuni.
"N'oubliez pas, vous êtes fiancés, pas encore mariés..... et on ne baise pas avant le mariage, hein mes putes ?!!!"
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J'ai toujours été sensible aux odeurs, aux parfums.
Celui d'un vin, d'un sous-bois à l'automne, l'odeur de l'herbe fraîchement coupée, celle de la brise au bord de l'océan.
Et puis d'autres aussi, que nous cherchons désormais à cacher, à grand renfort de déodorants et d'eaux de toilette diverses.
L'odeur des mecs, de leur sueur, de leur entrejambe.
L'odeur du désir et du sexe.
Des corps qui se mélangent.
_______________
J'ai lu quelque part, je ne sais plus où, que chacun de nous avait une odeur qui lui était propre, comme une sorte d'empreinte digitale olfactive.
Et que les phéromones, imperceptibles « au nez nu » seraient néanmoins captées par le système olfactif et joueraient un rôle plus déterminant dans l'attraction et le désir que n’importe quel parfum.
En constituant un facteur important dans l'attirance que l'on éprouve pour certains ou au contraire le fait qu'on "sente" d'entrée de jeu qu'avec tel autre, "ça ne se fera pas".
Ce qui est sûr par contre, c'est que j'aime l'odeur de mon mec.
Moins celle de l'eau de toilette qu'il utilise habituellement, qui n'a rien de déplaisant au demeurant (d'autant c'est moi qui la lui ai offerte :smile:) que la sienne, celle qui lui appartient en propre.
Celle que j'aime à sentir sur les vêtements qu'il a porté.
Celle de ses sous-vêtements aussi, ce qui nous a valu quelques discussions quant à la répartition des tâches au sein de notre couple, quand il insistait pour que nous partagions à égalité toutes les tâches domestiques, jusqu'à ce que je lui avoue que la raison pour laquelle je tenais à m'occuper de la lessive, c'était pour pouvoir renifler ses caleçons :smile:.
Par contre, je n'aime pas les "odeurs" féminines, et en particulier la mienne.
Sauf quand elle se fond, se mélange avec celle de mon mec/Maître.
Ce qui explique peut-être, phéromones obliges, que s'agissant du sexe, les femmes ça n'a jamais été et ne sera jamais mon truc.
_______________
Alors, oui, j'aime le sentir.
Avant et après.
Sentir son odeur, son désir.
Pour mieux les ressentir.
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Alors qu'hier en ce Vendredi 11 février, au terme de ma pause déjeuner, ayant posé mon après-midi afin de profiter des derniers moments de soleil avant un week-end pluvieux, en bord de mer avec une amie de longue date, je reçois un message d'une amie, consœur de R. , avec laquelle nous avions prévu de nous voir en présence de son compagnon durant la semaine. M'indiquant dans un premier temps, qu'elle s'excusait pour ces nouvelles tardives, souhaitant fixer une date, et surtout s'engageant à s'y tenir dans un premier message, puis dans un second temps, découvrant la fin de ma relation avec R. . Au regard de la lecture de mes derniers textes, ou surement de ceux de ce sanctuaire, partagé avec R. , elle m'adressa un nouveau message. Partageant en retour un état, sien, vivant dans l'instant cette chute qui fut mienne quelques semaines plus tôt, d'une même violence, la matinée même.
Alors que nous reprendrons nos échanges écrits plus tard, ayant entre temps improvisé une soirée avec mes collègues de travail, nous nous attèlerons à échanger, afin de savoir si nous allions mutuellement bien, de nos disponibilités de s'appeler si besoin, voir de simplement nous rencontrer depuis tout ce temps, m'indiquant son indisponibilité du dimanche, puis la mienne en retour du samedi après-midi, car devant partir sur Perpignan, mais passant non loin d'elle, lui indiquant que je pourrais me rendre disponible de 10h à 12h30, si elle l'était en retour, ce qu'elle accepta.
Souffrant d'une insomnie, que j apprendrais partagée que plus tard avec cette consœur de R. que je m apprêtais à rencontrer , je me suis retrouvé a errer sur le net de 2h à 4h, jusqu'à recevoir à 3h du matin un message, de cette amie de Perpignan, m'indiquant qu'étant actuellement aux urgences, nous devions reporter notre après-midi.
Après m'être rendormi quelques heures, je me suis ensuite attelé à me préparer, finalement non pour une simple matinée, mais avec l'envie de passer une journée dans cette ville que j'affectionne, ou aux alentours, prévoyant de quoi être flexible en terme d'activités, culturelles comme sportives, ayant même prévu un livre que je devais finir, et d'entamer un nouveau livre acheté récemment dans le cadre de mon ancien lien.
Elle m'avait indiqué disposer d'un sac bleu/violet, afin que je puisse la reconnaitre facilement, aprés quelques difficultés à me garer, et ayant une dizaine de minutes de retard, bien loin de mes habitudes, je lui fis face, nous saluant mutuellement, d'un check du poing.
Nous nous sommes ensuite dirigés dans une brûlerie, choisie par ses soins, afin de faire connaissance, mais surtout de partager mutuellement et débriefer nos événements de vies récents de vive voix, de jauger nos états. Je me suis employé à la laissé s'exprimer dans un premier temps, ayant été aussi surpris de ce changement soudain de situation, comme elle su l'être me concernant, m'indiquant la veille encore qu'elle était impatiente de me rencontrer avec ma "protégée", ce qui me toucha profondément comme attention respectueuse. C'est ainsi qu'elle su me partager son histoire, ses singularités, celle qu'elle fut, celle qu'elle est devenu, et celle qu'elle aspire à devenir, un jour. Ces échanges furent cordiaux, neutre, partageant mutuellement nos deux histoires récentes, lui partageant en retour la construction de mon lien avec R. , de mes sentiments à son égard, du mal mien qui m'avait rongé depuis mi-janvier devant son indifférence, de ma chute, cette même chute que j'avais vécu seul, isolé de R. , comme abandonné. Elle vivait à présent cette même situation, c'est la que je commença à comprendre, cette singularité qui était sienne, et que nous partagions, de cette dévotion, à l'égard de ceux que nous choisissons d'aimer, souvent trop intensément. C'est alors que je su l'informer que j'avais une bonne et une mauvaise nouvelle, la mauvaise étant que je ne partais plus sur Perpignan, mais la bonne étant que j'étais en conséquence disponible toute la journée, elle même m'ayant indiquée la veille qu'elle était disponible toute la journée, donc que notre rencontre dépendrait de mes disponibilités. Avant de sortir de ce lieu, nous avons pu échanger par hasard d'Urbex, c'est même elle qui su amener le sujet, me trahissant par un sourire, m'indiquant qu'elle connaissait des lieux, bien que n'en ayant jamais explorés, et pourtant elle était déjà au fait d'un certain nombre de lieu d'exploration, n'ayant simplement jamais trouvé de partenaire pour cela, c'est ainsi que d'un check, je lui proposa d'être celui-ci, son partenaire d'urbex, ce qui annonce de riches journées à venir, d'exploration, mutuellement déterminés dans nos paroles.
C'est ainsi que nous avons pris le chemin du centre ville à pied, se proposant de déjeuner ensemble, car étant déjà l'heure du déjeuner, lui demandant si elle avait de bonnes adresses de restaurant. Nous nous sommes retrouvé dans un restaurant cozy, aux plats gouteux et soignés, nous livrant d'avantage l'un à l'autre, retrouvant un naturel plus sincère, et surtout, la légèreté de rires décomplexés. A ce moment, je pris conscience qu'elle ne me regardait dans les yeux que de manières sporadiques, n'osant soutenir un regard, sans que je ne sache pourquoi, mais qui me surpris, était ce une forme de timidité, de gêne, d'un conditionnement issu d'une précédente relation, je ne saurais le dire. Nos échanges furent à nouveau centrés sur nos deux dernières relations, nous retrouvant mutuellement dans la manière de construire celle-ci, avec intensité, avec passion, dans des fonctions naturellement différentes. Ce fut tellement agréable pour moi, pour une fois, de ne pas me sentir différent dans mon approche d'une relation de couple, car de mes amis autour de moi, je ne me sentais guère un extraterrestre dans mon approche d'une relation de couple, d'un lien, et pourtant aux yeux de R. , j'avais senti un réel déphasage depuis ces derniers mois, m'amenant à penser que j'étais surement différent. Ce que m'a appris ce dialogue, c'est que nous sommes tous des individus, des êtres aimants, et pensants, nourri de leurs individualité, mais que parmi celles-ci, il y a des liens qui se créent, des aspirations qui se retrouvent, des philosophies que l'on se peut, que l'on se veut, de partager avec d'autres, et dont il ne faut se priver, mais continuer d'y croire, car cela existe, nul n'est seul, il ne l'est seulement le temps de trouver une personne avec laquelle il partage les mêmes croyances, les mêmes convictions, les mêmes aspirations.
Ce qui fut stimulant pour moi dans ces échanges, c'est qu'il eu tout un ensemble de croyances, auxquels je n'adhère pas nécessairement, mais riches d'enseignements philosophiques, et desquels je me retrouve curieux, qu'il y a tout un univers dont je n'ai pas ma maitrise, mais que je sais existant, et pour lequel je souhaite enrichir ma compréhension.
Après ce moment, nous nous sommes employés à bouger la voiture, afin de rejoindre les falaises en bord de mer, et d'aller faire notre digestion allongés sur un rocher, ayant prévu un plaid pour l'occasion, à quelques mètres de la mer, d'un moment apaisant, ressourçant, en plein soleil, d'un vent léger, se livrant davantage l'un à l'autre sur nos cheminements de vie, de nos relations, de notre histoire. Le soleil se faisant distant, commençant tout deux a ressentir le froid, je lui proposa du thé que j'avais prévu le matin même dans une Thermos, qu'elle refusa, n'ayant pas eu le temps de déjeuner. Puis, une idée émergea, de celle d'une photo, témoin de ce moment de paix, de sérénité, au bord de l'eau. Ce qui fut amusant, c'est que j'avais senti en elle une femme intrépide, puis lorsque je sauta pour rejoindre cette dernière grosse pierre avant la mer, sautant un espace certain au dessus de la mer, j'ai senti que celle-ci était moins en confiance, lui proposant ma main afin de l'aider, mais elle su s'en sortir seule. Ce moment fut bref, mais su bien nous faire rire, appréciant tout deux le résultat, nous employant à repartir à la voiture, afin de rejoindre le point haut de la ville, profitant d'un point de vue, auquel je ne m'étais pas rendu depuis 4 ans, c'est la que je fus content d'avoir une voiture puissante, car j'avais connu la montée de ces pentes, dans un Clio peu puissante, hésitante dans son ascension.
Au sommet de ce lieu, j'ai découvert une partenaire randonneuse, disposant d'un vrai rythme de marche, malgré une cheville hyperlaxe, curieuse de découvrir le monde, aspirant au voyage. Nous étant posé ensuite chacun sur une pierre, profitant d'un très beau point de vue sur la mer, ainsi que sur l'arrière pays, nous nous sommes davantage livrés, partageant nos constructions mentales issus de notre enfance, découvrant des points communs, lui faisant le témoignage de ma sensibilité en parlant de celle-ci, qu'elle su accueillir avec respect et douceur. J'initia une question sur ces convictions politiques, ce qui m'amusa grandement car en exposant les miennes, me revendiquant d'une autre orientation, nous avons pris conscience que nous avions au final les mêmes convictions, d'offrir aux autres, de volonté de bénévolats, etc.. Elle su lâcher par erreur son prénom, s'en surprenant, lui lâchant spontanément le mien, soulignant le nombre fini de personne connaissant celui-ci, m'indiquant que si on lui avait demandé de quel nom je répondais, elle aurait dit celui ci, d'un moment étonnant, partagé. Je su également lui partager avec une vive émotion, ce que j'avais construit pour R. , au vue ce qu'elle représentait profondément pour moi, de la manière dont je m'étais lié à elle, de nos engagements, sans qu'elle n'en prenne la mesure, conscient au fond de moi, qu'elle était la bonne, et m'étant investi en conséquence, sans me protéger, ayant tombé de nombreuses barrières. Le point de vue me rappela un restaurant de fruit de mer trés connu se trouvant au loin, lui faisant part, m'indiquant qu'elle le connaissait de nom, sans toutefois sy être déjà rendu.
Nous nous sommes ensuite employés à faire le tour des magasins de kite-surf, étant personnellement à la recherche d'une paire de lunette technique particulière, sans succès, mais l'occasion d'échanger d'autres sujets, de sortir du cadre, et des raisons de notre rencontre. Ce qui fut saisissant, c'est le naturel de cette journée jusqu'à présent se baladant, profitant simplement, ne sachant l'heure d'avant ou nous irions l'heure d'après, mais semblant partager une sensation, de celle de continuer ensemble à dérouler cette journée, ne sachant, ni ou, ni comment. C'est alors que reprenant ces mots plus tôt, je lui fis la proposition de partager ensemble le diner, telle une soirée "Anti Saint Valentin", ayant tout deux subis récemment, ou très récemment, la fin de nos liens, si intenses furent ils, qu'elle accepta avec joie.
Après le sport, il manquait la culture, qu'à cela ne tienne, elle me demanda si je préférais allez dans une galerie d'art, ou un musée, je choisi le musée, elle m'y guida. Une anecdote qui m'amusa, et à laquelle je m'étais employé plus tôt de lui dire d'en profiter, car je ne suis pas Homme à me faire guider, mais plutôt à initier des activités, des journées, après avoir écouté les demandes et desiderata de l'autre, afin de le surprendre, en intégrant des choses partagés plus tôt. Je suis Homme de surprise, rien n'égal la joie d'un sourire profond et sincère, d'un remerciement, lorsque l'on surprend ami ou partenaire. A ce sujet, nous surent nous rejoindre, aimant tout deux surprendre l'autre, partageant mutuellement nos expériences de vies passés sur le sujet, comme récente.
Apres un passage dans ce musée, ou j'ai pris conscience que j'avais des cruelles lacunes en termes d'arts, alors que pourtant les musées, vernissages, expositions, étaient une habitude pour moi par le passé, mais surtout en terme de connaissance de nom de peintre, d'artistes, nous sûmes être saisie par un tableau d'un artiste chinois, rappelant fortement la pratique du shibari.
Nous avons ensuite repris la direction de la mer, sous une pluie battante, enchainant les situations d'aquaplaning, mais bien plus loin cette fois-ci, nous avançant du restaurant, afin de marcher, la nuit tombant au bord de l'eau, sur la plage, d'une seconde photo dont elle saura se saisir, née de l'union de nos idées, mutuellement amusés.
Après avoir pris le temps de discuter sur cette plage en marchant pour la première fois de shibari, une discipline affectionnée par celle-ci, n'en ayant connu que les prémisses, et connaissant ma pratique, ma discipline dans l'exercice de celle-ci, se rendant compte mutuellement que nous partagions les mêmes pré-requis à celui-ci, à savoir la réalisation dans le cadre d'un lien, établi, et non au moyen de modèle, ou de simple performeur encordeur. Je suis d'ailleurs lui rappeler la douleur lié à ma perte de R. , car nous apprécions tout deux cette discipline, ayant joué pour nous un rôle de symbole, de socle, dés notre première rencontre. Elle me confia alors n'avoir jamais eu en main de corde, ou plutot si, mais uniquement des cordes liées au bondage, et non des cordes naturelles en jute ou chanvre, associées à la pratique du shibari, me questionnant sur leurs sensations au toucher. La nuit commençant sérieusement à tomber, nulle lune nous eclairant, nous avons pris le chemin de la voiture. Ouvrant le coffre afin de ranger ma veste, je lui demanda alors si elle me faisait confiance, elle acquiesça. Lui demandant de fermer les yeux, de tendre les mains a plats, puis je lui sorti une corde de 8m, savamment rangée, dans le creux de sa main, prenant son autre main afin de refermer celle-ci sur cette corde, afin qu'elle se concentre sur la sensation du toucher, me demandant ensuite si elle pouvait ouvrir les yeux, ce que j accepta. Elle fut saisie de leur douceur, de cordes faites avec un brin de lin, possédée depuis 2 ans, et exceptionnellement agréable, de qualités supérieurs importées du Japon, par un couple d'encordeur. Je m'employa ensuite à lui expliquer les différents nœuds terminaux sur celles-ci, leurs avantages, et inconvénients.
Nous avons ensuite pris la directions du restaurant, y arrivant 15 min en avance, retournant dans la voiture afin de discuter au chaud, un nouveau moment ou je fus saisie par le naturel de nos échanges, la fluidité, et la douceur émanant de nos paroles, la simplicité dans le fait de confronter nos idées, nos vécus, d'une paix mutuellement rarement ressentie.
Le diner qui suivi fut amusant, nourri d'attentions mutuelles, de sourires, de rires, de ces moments d'innocences dont nous avions cruellement besoin, devant la rudesse de nos vies récentes, nous en nourrissant, partageant mutuellement ce sentiment de profonde fluidité et sérénité. De ce diner d' "Anti Saint Valentin" savouré au Champagne, lui offrant un présent lors du dessert dont elle se saisira, d'une attention qui me touchera le soir même, que je découvrirais à mon retour à mon domicile. D'une anecdote amusante alors que je l'attendais dans la voiture, me cherchant à la sortie des toilettes, la gérante lui indiquant "Votre mari est parti", nous en rirerons a grande voix une fois celle-ci dans la voiture.
Prenant ensuite la direction de son domicile afin que je la dépose, sans même lui en faire la demande, de retour dans sa ville, je lui indiqua qu'il me semblait que non loin, il y avait un parking, afin de s'y garer pour échanger quelques mots, avec vue sur la mer. Elle m indiqua alors que nous étions proche de la plage dont elle m'avait parlée le matin même. Prenant mon sac a dos, lui demandant si elle souhaitait des gants, ainsi qu'un coupe vent, je lui prêta des habits miens afin qu'elle n'est pas froid, devant le vent et l humidité ambiante. C'est ainsi que nous arrivâmes en ce lieu, dont elle me confia n'avoir jamais partagé avec personne. Celui ci était profondément apaisant, l'eau se voulant mon élément, profitant du son des vagues, s'y reposant, surplombant la mer d'une roche à 5m du niveau de la mer, lui proposant du thé encore chaud. C'est en ces lieux, qu'au terme d'une demande mienne, elle synchronisa l'heure de ma montre, d'un symbole dont je n'arrivais pas à me détacher, et dont seule une consœur de R., bienveillante, respectueuse, et de confiance, pouvait m'aider à refermer ce qui fut jadis ce sanctuaire, construit d'une passion et d'un amour toujours sans égal.
C'est au terme de ce moment, émouvant, retrouvant enfin la paix, l'envie de respirer, ma serenité, perdue il y a plus d'un mois, que je ramena celle-ci chez elle, la remerciant sincèrement pour cette journée, m'en remerciant en retour.
Depuis toutes ces années dans ce monde, je sais reconnaitre au terme d'une rencontre, d'un confrère, d'une consœur de R. , lorsque l'on va se suivre avec des personnes dans le temps, devant le caractère précieux, le respect, la bienveillance de ce qu'elles sont. Cette personne est forgée de cela, me laissant ainsi curieux de découvrir ce qu'elle va reconstruire, fort de cette expérience de vie, et ce qu'elle va devenir, dans les mois, et années futures.
Oni.
Sons :
- 25 Ans, Ben Mazué
- Moins Joli, Iliona
- Depuis toi (oh oh), Céphaz
- Jusqu'ici tout va bien, Clou
- Mélancolie F.C. , Hervé
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Les lèvres ne prononcent pas
Le coeur pense
Les yeux disent
Car ces mots là
N'agressent pas
Ils ne blessent pas
Et ne tuent pas
Lorsqu'ils sont d'amour, de tendresse
Lorsqu'ils sont posés comme une caresse
Alors ils veulent dire tous les "je t'aime" du monde
Le 07 02 2022
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#MMM, vous connaissez peut-être.
Le hashtag créer par Charline Vermont autrice du compte Instragram @orgasme_et_moi.
A l'origine, ce hashtag indiquait "Meufs Mecs Merveilleux.ses", qui s'est mué, dans un souci d'une plus grande inclusivité à "Mixed Marvelous Minds".
Faut-il aujourd'hui en regretter l'anglicisation alors que le processus initial portait sur l'expression d'une pensée en français ? je l'ignore.
Fait est que le hashtag #MMM est largement adopté et se croise régulièrement dans les profils d'appli de dating et les sites de rencontres, les personnes qui souhaitent indiquer qu'elles sont ouvertes à une sexualité décomplexée et bienveillante.
Ce que d'autres ont nommé de longue date sexualités alternatives (notez les pluriels).
Le glissement progressif d'un monde de sexualités aux nombreuses formes d'expressions, avec ou sans pouvoir qui s'exerce lors des jeux sensuels (D/s, soumission, shibari, discipline érotique, contrôle sensuel du partenaire...) pour une sexualité décomplexée et bienveillante, nouvelle dénomination pour des pratiques qui demeurent dans l'exécution, les mêmes que celles de nos aïeux.
C'est dans la forme, dans la communication qu'il est signifié des attentes avec une précaution importante quant aux exigences de formulations explicites, modalité inclusive et soucieuse de ne pas créer d'incertitude pour les partenaires.
Les générations antérieures aux années 1990 ont connu le consentement implicite, non sans avoir préalablement négocié les actes à venir, aujourd'hui il se doit d'y avoir une permanence dans l'acquiescement des partenaires à agir dans l'instant.
Nouveau protocole d'expression et de sa permanence, avec pour corollaire de s'assurer de ne pas outrepasser l'accord des participants afin de ne pas créer de traumatisme, de violence.
La généralisation du questionnement permanent du consentement dans l'action interroge sur la faculté à pouvoir lâcher-prise, et cela même dans l'espace/temps de déconnexion et d'envole vers les EMC (état modifié de conscience) propres à la libération de l'orgasme de quelque genre fusse-t-il.
L'enthousiasme du consentement initial doit avoir pour préalable la préoccupation des protagonistes à interroger la validité de la responsabilité de chacun à formaliser ce consentement aux actes à venir, il ne faut jamais sous-estimer la phase où il va devenir plus incertain (EMC) de pouvoir s'exprimer sans avoir à garder les pieds sur terre.
Cette quadrature du cercle doit faire autant réfléchir les plus matures comme les plus jeunes, si d'un côté, les quadras et plus doivent s'approprier ces nouveaux protocoles de dialogue et de communication, il ne faut pas que les moins de quarante ans oublient qu'il n'est pas acquis d'avoir une permanence de conscience et de capacité à exprimer en toute lucidité, sa responsabilité au travers du consentement à l'action en cours.
Comme pour l'ensemble des résonances #SexPo, les approches positives et enthousiastes des rencontres et relations amoureuses n'échappent pas aux opportunismes des prédateurs et prédatrices, aujourd'hui désignés "wokefishers".
A vous de cerner la sincérité et l'éthique de vos correspondants.
Je ne doute pas qu'il soit heureux de pouvoir mieux communiquer, exprimer de façon formelle ses actions à venir, les accompagner de paroles, de mots qui permettent une douce mélodie sensuelle.
Que les "Meufs Mecs Merveilleux.ses" puissent se rencontrer et s'épanouir, c'est toute la délicatesse que je leur souhaite.
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J'étais heureux ce matin de mai . J'avais réussi , à réserver un voyage pour deux personnes pour l'Ile de la Réunion . Depuis notre voyage de noce , Lady Gabrielle et moi rêvions de retourner sur cette île merveilleuse . Nous rêvions de retourner manger des samoussas sur les marchés colorés de Saint Paul ou de Saint Denis , revoir le Piton de la Fournaise , nager avec les poissons aux couleurs de tropique , déguster la cuisine créole et profiter de tout ce que cette île propose .
Je n'avais plus qu'à appuyer sur « enter » . Ce que je fis avec prudence craignant la « fausse manip » . Mais tout c'est bien passé . Les quatre feuilles de ma « résa » étaient imprimées . J'avais bien mérité le grand bol de thé que je me préparais ainsi que le pain au chocolat de la veille que je réchauffais pour qu'il redevienne croustillant .
Je dégustais mon petit déjeuner quand Lady Gabrielle me rejoignit encore ensommeillée .
J'avais placé les feuilles entre son énorme bol à p'tit dèj qu'elle affectionne tant et le petit vase où règnait en majesté une rose « Queen Elysabeth » » cueillie dans notre jardin . Quand elle découvrit l'objet de ces feuilles son visage s'éclaira comme la terre lorsque le soleil apparaît à l'horizon .
La date de notre départ arrivait . Chaque jour nous voyait nous occuper d'une nouvelle préparation . Je dois avouer que la joie de retourner sur cette terre de prédilection était troublée par l'appréhension que j'ai des voyages en avion . Non pas que j'ai peur mais le fait de passer 12 heures coincé dans un siège trop petit pour moi ne m'enchante pas du tout . L'attitude blasée et l'état d'irritation permanent du personnel de cabine participaient pour beaucoup à mon appréhension .
La veille de notre départ nos préparatifs étaient terminés . Nous profitions d'une journée calme avant d'affronter ce petit chamboulement qu'est un voyage en avion . Il était onze heure du matin quand Lady Gabrielle m'ordonna de me dévêtir . Elle avait envie de me flageller . J'étais à mille lieues de partager la même envie à ce moment là mais je m'exécutais. Je suis sont soumis , mari aussi, mais surtout soumis . Je pensais que Lady Gabrielle le pensait aussi . Après la flagellation elle me fit assoir , me menotta poignets et chevilles aux barreaux et montants de la chaise . Je ne pouvais pas me libérer .
me dit-elle .
Je ne voyais pas du tout où elle voulait en venir . En outre j'étais étonné , elle n'avait jamais commencé une séance BDSM , juste avant le repas de midi . Quand je sus la raison de son comportement , j'étais complètement abasourdi . Lady Gabrielle n'avait jamais laissé apparaître le moindre signe ni le moindre indice qui aurait pu me faire soupçonner ce qu'elle m'annonça ce matin là , veille de notre départ .
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Tout d'abord j'avais pensé à une plaisanterie . Il lui fallut faire preuve de beaucoup de persuasion pour me convaincre . Quand enfin mon cerveau me fit admettre le sérieux du projet de Lady Gabrielle , la stupéfaction et le rejet m'envahirent .
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J'étais stupéfait .
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J'acquiesçais du bout des lèvres . > A ce moment là , je décidais de ne plus récalcitrer . Mais j'avais du mal à cacher mon désappointement .
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Revenus à de meilleurs sentiments ? Tout était relatif mais je n'avais pas le choix . N'avais-je pas , au début de notre relation , fais serment d'obéissance à Lady Gabrielle ? Ne m'étais-je pas offert à Elle ? Allais-je en quelques mots détruire cette relation Domination/soumission ?
Certainement pas , je ravalais ma déception et tâchais de faire bonne figure .
Quelle ironie de la part de Lady Gabrielle .
L'après-midi elle me conduisit , effectivement , chez le couple de dominateurs propriétaires d'une ancienne ferme fortifiée transformée en gîte rurale , un gîte spécialisé BDSM qui a pour nom '' Le Domaine de H&K ''. L'établissement était géré par eux même , Maîtresse Karole et Maître Hadès et entretenu par un couple travaillant à demeure . J'apprendrais plus tard qu'ils étaient tous deux soumis mais rémunérés et qu'ils participaient parfois , aussi à la domination des soumises et soumis clients de l'établissement tout en subissant celle de leurs Maîtres . Certains de ces soumis étaient envoyés là par leur dominant comme c'était mon cas . D'autres venaient ici de leur propre chef pour assouvir leurs fantasmes . La durée du séjour était au choix des clients .
Nous étions arrivés vers quinze heures . J'avais voyagé à l'arrière de la voiture yeux bandés et poignets menottés . Lady Gabrielle m'avait ordonné de mettre les vêtements les plus vieux que je
possédais . Cet ordre m'avait intrigué , à juste titre . Bien sûr je portais ma cage , je ne devais plus la quitter jusqu'à la fin de mon stage . La deuxième chose que je dû faire après avoir
salué , à genoux , les propriétaires du lieu fût de retirer tous mes vêtements , sauf mes baskets , et de les jeter dans un fût en métal où ils furent brûlés par l'homme du couple de soumis .A ce moment là je réalisais que Lady Gabrielle reprenait le contrôle sur notre relation de manière très sévère .
La Propriétaire des lieux m'ordonna de faire mes adieux à ma Maîtresse . Lady Gabrielle me regardait avec un sourire quelque peu narquois et avec une autre lueur indéfinissable .Je lui embrassais les pieds , je savais qu'il aurait été malvenue de lui faire un baiser de mari ( sur la bouche ) ou de copain ( sur les joues) . Elle partit sans plus de commentaire à mon grand désarroi . Elle ne me donnait même pas une parole de réconfort .
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Je m'étais étonné de la relative indulgence de Maître Hadès , ce que je subissais , je l'avais fantasmé de nombreuses fois mais dans mes rêves les poids étaient plus lourd . Cinq kilos au moins pour mes testicules et mes poignets . Je marchais depuis une éternité et je comprenais que l'indulgence n'avait rien à voir avec mon supplice , c'était du réalisme . Je n'aurais certainement pas tenu longtemps avec des poids de cinq kilos .
Quand j'avais commencé à marcher en rond, j'avais ressenti le bonheur '' d'une première fois '' et l'excitation de l'accomplissement d'un fantasme . Je m'étais senti à ma place , une place que j'avais rêvée et j'y étais placé par ma Maîtresse , même si elle n'était pas à mes côtés j'étais connecté à Elle . Je savais qu'Elle pensait à moi dans son manque de sommeil dû à la fébrilité l'accompagnant , dans cette veille de départ pour la Réunion . A ce moment là je ne lui en voulais plus du tout , Elle m'avait offert le plus beau des cadeaux qu'un soumis puisse recevoir . Je n'allais pas toujours penser cela au cours de mon séjour .
Je marchais depuis longtemps . Maintenant la souffrance était bien présente . La fatigue et les crampes provoquées par les poids étaient insupportables . Les pinces irradiaient une douleur intense dans mes seins . Mais j'avais peur du fouet . Je me cramponnais à mon rêve : je subissais ce que j'avais rêvé . . . Non? De nombreuses minutes plus tard j'étais à un stade où j'avais dépassé toutes prudences . Plus rien ne comptait que de me reposer et de soulager la douleur de mes seins et de mes bras , je m'accroupissais . J'oubliais de faire tintinnabuler les grelots de mes seins . Erreur funeste , Maître Hadès vint me rappeler à l'ordre par un coup de fouet qui n'avait rien de bienveillant . J'essayais de me relever mais mes jambes me trahirent .>
L'apprentissage de cet exercice fut relativement facile . Nous nous sommes assez bien habitués à tirer le sulky avec nos couilles . Une heure d'adaptation nous fut quand même nécessaire pour y arriver. Maîtresse Karole n'eut pas beaucoup de raisons de nous fouetter avec sa chambrière mais Elle le fît quand même , gratuitement , pour assouvir son sadisme . Elle fît tourner ainsi son manège original durant une heure et demi ne se privant pas de nous stimuler dans l'effort en fouettant aussi nos testicules . Elle nous libéra au début de la soirée . Gérôme nous reconduisit dans nos cellule tandis Tandis que Maîtresse allait se rafraîchir dans sa piscine . J'étais à nouveau enfermé et je ne connaissais pas la suite du protocole prévu . Je prenais une douche à l'eau froide me séchais tant bien que mal dans une petite serviette . Personne ne vînt me chercher jusqu'au lendemain mais je restais dans l'angoisse de l'incertitude .
Cela faisait quatre jours maintenant que je suivais ou plutôt subissais ce stage de redressement D/S . Je n'avais droit qu'à un repas par jour et toute l'eau que je souhaitais au pommeau de la douche. J 'étais affamé , moi qui faisais trois repas par jour . La veille ,tous les soumis présents au gîte , avaient été réveillés à six heures du matin . Nous avions été conduits dans le petits bois du parc et attachés à un arbre . Nous étions positionnés à intervalle d'une cinquantaine de mètres des uns des autres et nous sommes restés ainsi sans explication . L'attente dans l'interrogation de ce que l'on va subir est extrêmement stressante . Mon stress augmentait au fil des minutes . J'attendis deux heures attaché à cet arbre la suite de mon protocole .
Maître Hadès et Maîtresse Karole apparurent enfin sur le chemin du sous-bois en tenue de jogging . Ils s'arrêtèrent devant moi pour souffler . Quand Maîtresse Karole eut exécuté ses exercices de respiration , elle s'approcha de moi , saisit mes bouts de seins entre index et pouces pour les pincer avec une force que je ne soupçonnais pas puis me donna une série de coups de genoux dans les testicules . J'étais solidement attaché à mon arbre je ne pouvais donc pas tomber ni même me plier en deux comme mon corps l'aurait fait impulsivement sous cette douleur atroce . Je criais instinctivement mais cela ne retenait aucunement Maîtresse Karole , elle continuait de plus bel . Quand elle fut satisfaite du supplice qu'elle m'avait infligé elle céda la place à Maître Hadès . Il se montra moins violent , craignant peut être l'accident . Heureusement lors de ce supplice , la douleur provoquée par les coups dans les testicules est atténuée par le fait que le genoux frappe aussi l'entre cuisse , ce qui freine sa vélocité .
A l'écoute des cris des autres soumis , je sais qu'ils ont tous subit le même sort que moi . Nous avons été reconduit dans nos cellules à midi complètement épuisés , les testicules endoloris .
Je ne devais plus rien subir avant le lendemain . Ce ne fut pas le cas de certains de mes co suppliciés . Je restais seul à me morfondre en pensant à Lady Gabrielle qui devait déguster des samoussas et faire tout ce que nous avions imaginé . Léonie m'apporta mon repas dans une gamelle qu'elle posa sur le sol , s'accroupi au dessus et urina dedans . Elle me souhaita un bon appétit et me donna l'ordre de manger devant elle . J'avais tellement faim que je me jetais sur la nourriture . L'urine de Léonie ne me gênait pas étant habitué à déguster le nectar de ma Maîtresse . Quand j'eut terminé mon '' repas '' elle me fit coucher sur le sol , s'assit sur ma bouche et m'ordonna de la faire jouir . Elle me quitta dans l'après midi comblée , moi étais épuisé .
Le lendemain , au sixième jours de ma présence ici , Gérôme vint me chercher à huit heures . > Il me laissait là sans plus de commentaire .
De nombreuses minutes plus tard , j'entendis enfin Maîtresse arriver . Sans dire un mot elle me donna vingt coups hargneux de cravache sur les fesses et sur le dos témoignant de sa mauvaise humeur . Elle monta sur son cheval et parti sans plus prêter attention à moi . Je tentais tant bien que mal de garder mon équilibre au bout de la longe . Chose extrêmement malaisée en raison de la vitesse du cheval , qui pourtant était mené au pas et du mauvais entretien du chemin semé de trous de sabot . Durant la promenade de Maîtresse je tombais trois fois mais jamais elle ne dit mot . De retour à l'écurie , c'est Gérôme qui comptabilisa les coups de la sanction . Je reçus les soixante coups de cravache mais je ne reconnaissais pas la dextérité du dominant qui me punissait . Je ne percevais pourtant pas d'autre personne présente dans l'écurie . Ce n'était pas Maîtresse Karole qui me cravachait ni Maître Hadès ni même Gérôme ou Léonie , tous m'avaient m'avaient abondamment fouetté tout au long de la semaine .
Qui cela pouvait bien être . Les soixante coups assenés Gérôme m'enleva la cagoule . Quand mes yeux furent réadaptés à la lumière je reçus un tsunami d'étonnement et d'émotion . Lady Gabrielle se tenait devant moi , souriante .
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Il arrive souvent que la vie séparent deux êtres chers. Pour une raison familiale ou professionnelle, les contacts physiques ne sont plus possibles et ce sur une période de temps variable mais toujours interminable. Ce guide va vous donner des pistes et des idées pour vous occuper et faire passer le temps plus vite. Afin de puiser au maximum dans le savoir accumulé sur ce site, j'ai décidé d'en faire un espace collaboratif et d'utiliser des outils modernes. N'hésitez pas à en parler à vos amis, chacun peut y apporter sa connaissance ou son ressenti.
1 - Les outils :
a - Pour communiquer :
On vit à l'ère du téléphone portable. Tout le monde est joignable 24/7. Et là, c'est une question de choix personnel. J'ai testé presque toutes les applications et au final, c'est une question de choix personnel : Skype, Messenger ou autre, elles fonctionnent toutes très bien et il n'y a pas vraiment de différence. D'un point de vue sécurité informatique, on dit que Signal est la plus populaire chez les terroristes. Comme c'est l'un des rares cas où ils peuvent vous faire une bonne publicité.
b - Pour le plaisir :
Herbert Léonard n'en a pas parlé dans sa chanson, mais il existe quelques jouets connectés qui en valent vraiment la peine. Je citerai sans hésiter "Lovesense" qui fait vibrer des milliers de camgirls tout autour du monde. Le principe est simple : un oeuf vibrant dont la télécommande est dans les mains de votre Maître, où qu'il soit sur la planète du moment qu'il y a internet.
c - Pour soumettre :
Des menottes, un collier, un bâillon, un sex-toy et c'est parti. Il n'en faut pas plus pour débuter. Ce n'est pas une relation en présentiel, on ne cherche pas à immobiliser la personne soumise ! Ici, la contrainte est dans la tête, on joue à se ligoter. Et heureusement d'ailleurs car le dominant n'est pas là pour détacher sa victime. Du coup, il faut pouvoir tout faire soi-même : s'attacher, se bâillonner, se libérer, etc.
d - Pour contrôler :
Il existe une multitude de systèmes de cadenas et cages de chasteté sur le web. Comme le fameux CellMate de Qiui. Pourquoi célèbre ? Parce qu'en janvier 2021, un pirate informatique a pris le contrôle de l'application et a demandé une rançon avec le message suivant : "Your cock is mine" ("Ton gland est à moi"). 0,02 BTC soit 600 € pour être libéré. Il a dû se faire des "couilles en or" ;-)
e - Pour ne pas se ruiner :
Le quotidien regorge d'objets tous plus utiles les uns que les autres. Les collants font de très bonnes cordes, les chaussettes et culottes de très bons bâillons. Régalez-vous avec des pinces à linge et mon accessoire préféré : un sac de riz ! Le riz, c'est magique ;-)
On peut en faire compter une poignée, faire des carrés, des ronds, les peindre, les mettre dans sa culotte ou dans sa chatte, etc. Et bien entendu, on peut en faire deux petits tas et faire s'agenouiller sa soumise dessus.
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Voici venu le temps de nos traditionnelles retrouvailles pour changer d’année côte à côte. Après les préparatifs puis les incontournables, quoi que raisonnables, agapes, nous passons ces premiers jours de 2022 à prendre quelques plaisirs.
Pendant ma douche dominicale, je t’aperçois changer quelque chose sur le rebord du lavabo. En sortant de la cabine, je découvre un shorty noir qui m’attend, le wetlook percé de trous. Le message est assez clair : je l’enfile … Dans la chambre, c’est un collier et un corset qui m’attendent sur le lit … On dirait bien que tu as préparé le « jeu de piste » que nous avions évoqué. Malgré tout, je n’ai rien vu venir, mes sens seraient-ils au ralenti ? Ou bien anesthésiés ? … au palier intermédiaire de l’escalier, c’est une paire de bas qui a pris place sur la colonne. Pas pratique de les enfiler en faisant le pied de grue. Tant bien que mal, je parviens à les enfiler sans tomber. Mais je dois reconnaitre que la situation se révèle « stimulante » … Enfin, au pied de l’escalier, je tombe sur une tenue un peu plus « couvrante » : un sweat-shirt. Il faut atteindre le salon pour dénicher la dernière étape de ta piste : tu y as laissé à mon intention un pantalon de survêtement et des chaussettes. Vanille à l’extérieur, mais dissimulant des atours plus adaptés à ma condition de soumis. Je suis donc probablement parti pour porter cette tenue toute la journée. Pourquoi n’y a-t-il donc pas de jarretelles sur le shorty ? Les bas n’ont cessé de tomber toute la journée. Dure, dure la vie de porteur de bas !
Le soir venu, il est temps de préparer notre présentation de vœux. Dans l’absolu, je suis presque déjà prêt: il suffit de changer la paire de bas pour une plus photogénique, chausser mes talons et le tour est joué. Enfin presque ! C’était sans compter la touche spéciale que tu avais imaginée depuis plusieurs mois déjà pour ce jour particulier. Tu as imaginé agrémenter mon popotin d’une série de plumes d’autruches, de quoi réaliser la toile de fond idéale pour commencer à souhaiter tes vœux. Mon dos et mes fesses reçoivent donc tes écrits.
Mais ceci n’était qu’une première version. Une fois n’est pas coutume, tu décides de recommencer avec une légère adaptation, après avoir toi-même effacer tes traces. Pour la deuxième tenue, tu me fais changer de shorty. Cette fois, tu me demandes de mettre celui qui laisse visible mon postérieur, et d’enfiler la cagoule en cuir. Tu peux alors recommencer mon plumage, bien évidemment tout autour de mon arrière-train mais aussi quelques plumes dans ma bouche. Il ne te reste qu’à écrire sur ta nouvelle toile pour une seconde salve de vœux. A nouveau tu te charges de me laver les fesses : il ne faudrait pas que j’en prenne l’habitude. Une fois « propre », tu me fais étendre sur le drap en vinyle pour terminer avec une des toutes dernières cordelettes que tu as dénichées. Ces brins rouges à liseré noir viennent rehausser à merveille mes jambes parées de bas noirs. Simple mais diablement efficace.
Le lendemain soir, il est temps de passer aux choses plus sérieuses, ou pour l’exprimer plus précisément, aux choses plus marquantes, plus impactantes. Après un dimanche plutôt couvert, assez éloigné des standards que tu m’imposes habituellement, ce lundi soir me voit simplement paré du collier, de la cagoule et des bracelets aux poignets et chevilles. Difficile de faire plus minimaliste. Un peu plus et je pourrais avoir froid … Si tu as opté pour si peu, c’est peut être parce que tu as prévu d’essayer les sangles que tu avais acquises il y a quelques semaines déjà. Tu commences par les chevilles que tu souhaites relier aux pieds du lit. Je crois que tu avais légèrement surestimé mes capacités de grand écart, ma souplesse légendaire n’est pas totalement d’accord avec tes attentes. Malgré tout, moyennant quelques adaptations, tu parviens à tes fins. Tout comme tu réussis beaucoup plus aisément à mettre en place de nouvelles sangles au niveau des cuisses, grâce auxquelles tu viens immobiliser les poignets. Je me trouve soudainement plus restreint malgré les apparences. Surtout, je ne risque ni de m’échapper, ni de tenter de me protéger ; au mieux, je pourrais éventuellement me plier dans une vaine tentative d’échapper à un impact. Le simple fait de penser à ma situation a tendance à faire monter l’excitation que la suite va petit à petit faire retomber ;-) Quand au risque de prendre froid, tu as déjà pensé à ta façon comment m’en préserver …
A priori tu commences doucement avec la mini tapette souple, autant elle n’a presque pas d’effet sur mon postérieur, autant elle se révèle stimulante sur la poitrine histoire de faire monter la tension, et que dire au niveau de mon intimité où sa taille réduite lui permet de s’immiscer sans contrainte pour me tirer les premiers couinements.
Si ce n’était pas elle, c’est assurément une cravache que je subis juste après : l’insistance sous et sur mon intimité, mélange de frôlements et d’impacts, me rappelle quelque chose de connu. Et les morsures qui suivent au niveau de mes globes fessiers ne laissent plus le moindre doute. Après quelques années de faible utilisation, tu as trouvé un regain d’intérêt certain pour ce grand classique !
En guise d’interlude, tu gratifies tout mon dos et mes épaules d’une petite séance de griffes : premiers frissons de satisfaction. Même en 2022, je reste encore et toujours réceptif à ce traitement. Je ne suis pas près de me défaire de cette plaisante addiction.
Trop de douceur serait une faute de goût … C’est donc la lourde tapette à clous que je crois reconnaitre à la fois sur mes épaules et sur mes fesses, et encore je pense que tu ne l’appliques que du côté lisse … Néanmoins la température est désormais à un niveau raisonnable. J’ai la sensation que mon postérieur commence à chauffer.
Le martinet clair vient se joindre à la danse ciblant plus particulièrement la partie supérieure de mon dos. Si ses lanières sont individuellement assez peu mordantes, réunies, elles infligent un caractéristique impact lourd à souhait, de quoi bien stimuler les chairs réceptrices.
Je dois probablement être prêt pour les suites plus mordantes encore. Du moins c’est la déduction que je fais en reconnaissant la morsure de ta langue de dragon qui vient à plusieurs reprises claquer au creux de mon dos, de quoi me faire creuser l’échine quand bien même cela n’apaise en rien l’impact. En revanche, les verticales rouges commencent à s’aligner derrière moi. Pour des traces plus horizontales, et plus enveloppantes, tu termines avec un des fouets … qui s’égare parfois sur mon ventre … ouch. Mais dans l’immense majorité des cas, il atteint a priori sa cible.
Après ces tourments accessoirisés, tu t’attardes longuement sur mon intimité que tu taquines d’abord avec la cravache vite remplacée par tes mains. Tu ne résistes pas à mes réactions dès que cette zone qui m’est si chère est approchée. D’ailleurs, tu insistes lourdement en attaquant directement et longuement à coups de griffes. Je ne peux que gigoter, gémir, rire, … Comment puis je rester insensible à un tel assaut de tes serres. On dirait une rapace qui s’attaque à sa proie. J’ai l’impression que tu ne vas pas cesser et y passer toute la nuit. Par moment, je me demande même si tu ne serais pas en train d’essayer d’arracher tout ça. Mais quelle furie tu es ce soir ! Accessoirement, tous ces traitements et les effets qu’ils produisent sur moi finissent par me faire glisser : j’ai de plus en plus le sentiment de m’étirer dangereusement. Nous n’avions pas songé à prévoir des cales. Tu m’aides à plusieurs reprises à reprendre un écartement acceptable et supportable avant de reprendre ton œuvre. Tu termines avec une fessée à mains nues de quelques minutes avant de me libérer de ma contrainte. Cela fait du bien de reprendre une position plus naturelle.
Avant que mon séjour se termine, nous terminons par une touche bien plus contraignante pour toi que moi. Car finalement, une fois paré, je suis confortablement étendu sur le lit tandis que tu ne comptes pas ton temps à compléter les tableaux du soir. La combinaison est ressortie du placard où elle était enfermée depuis un bon moment. Je reconnais qu’elle restreint grandement les accès. Par-dessus, tu me fais enfiler le corset, a priori pour mieux souligner mon buste. Tant que j’arrive encore à me mouvoir, tu me fais installer sur le drap violet pour mettre en place les derniers éléments de ma parure, en l’occurrence les cuissardes. Sans ton aide, j’aurais difficilement pu les mettre et lacer correctement. Il ne te reste qu’à me fixer le gros collier histoire de bien marquer le côté contraignant de ma situation nocturne. On dirait bien que tout cela ne laisse déjà pas insensible, ce qui va devenir « perturbant » par la suite. J’allais presque oublier la cagoule en cuir qui est venu finir de recouvrir les dernières parcelles de peau encore à l’air libre. Tiens, il semblerait que quelque chose manquait : je sens que tu viens rajouter un bâillon par-dessus. Par élimination, cela doit sûrement être le rose en forme d’os. Désormais, je crois que tu as fini les préparatifs. Tu me demandes de bien écarter jambes et bras, en croix, histoire de pouvoir fixer chacun de mes membres à un pied du lit. Désormais, je ne fais plus qu’un avec lui. Elle est pas belle la vie de nounours de Maitresse Samantha ? Même elle n’abuse de la situation, respectueuse encore et toujours.
Une fois libéré de la cagoule et du corset, non sans difficulté pour ce dernier, tu entreprends de te lancer dans un dernier exercice de cordes sur fond noir. Je sens bien que tu galères à me ficeler allongé. Mais fidèle à tes principes, tu tiens à finir ce que tu as commencé, quitte à adapter partiellement ton idée d’origine. C’est là que je ne t’aide pas, la combi ne canalisant pas vraiment mes tensions naturelles, il faut intervenir pour caser la « marchandise » au bon endroit parmi tes liens …La touche finale se révèle une étoffe rouge en guise de masque, tout juste sortie de ton tiroir de sous-vêtements ….
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La sélection touche à sa fin et déjà six soumis ont été renvoyés manu militari lors d’une présélection stressante.
Nous restons six soumis à choisir par ces dames. Nous sommes amenés en laisse le long d’un mur gris, agenouillés,mains sur la tête.
C’est Maîtresse Célia qui supervise la présentation de ses objets. Elle en profite pour faire claquer un long fouet près de nos oreilles, s’égarant quelquefois adroitement sur nos peaux nues.
«Vos Maîtresses vont bientôt arrivées, baissez les yeux car il vous est interdit de les regarder. Je veillerais personnellement à ce que Toute erreur soit sévèrement punie»
Nous n’en menons pas large et je surprends même mon voisin à trembler comme une feuille. Il faut dire que le fouet de Maîtresse Célia ne l’a pas épargné pour avoir eu justement l’imprudence de lever les yeux vers Elle.
Nos trois Maîtresses arrivent rapidement . Elles sont très belles et en imposent par leur démarche élégante.
Maîtresse Célia nous les présente car il nous faudra les appeler par leur nom sous peine de punition.
La première est Maîtresse Félina, vous savez Maîtresse Furie, mais à ma grande surprise, elle est magnifique de prestance. Suit Maîtresse Zara, la rousse et Maîtresse Galia qui semble être la moins expérimenté.
Maîtresse Félina ne perd pas de temps pour prendre le leadership de cette séance un peu spéciale. Elle souffle quelques mots à l’oreille de Allan qui court immédiatement hors de la pièce.
En attendant , Maîtresse Félina nous passe en revue. Elle nous fait lever la tête avec sa cravache en nous intimant de garder les yeux fermés. Chaque tête est manipulée avec la cravache comme pour apprécier notre chair.
Mon voisin qui tremble encore un peu plus se voit gratifier d’un crachat orageux. La foudre ne semble plus très loin !
Allan revient rapidement et lui tend une sorte de badine métallique équipée d’un encreur avec un grand «F» à son extrémité. Maîtresse Félina s’en saisit et marque au front trois d’entre nous. A ma grande surprise, j’en fait partie.
C’est clair, Maîtresse Zara et Maîtresse Galia devront se contenter du reste du troupeaux.
Maîtresse Félina se tourne vers ses deux consœurs qui l’écoutent sans broncher. Elle leur chuchote quelques mots puis les trois reines viennent devant mon voisin trembleur qui est presque en décomposition.
Maîtresse Félina le traite de lopette et l’amène brutalement au sol. Ces deux collègues se régalent de le piétiner avec leur talon bien pointue. Il gémie comme un animal qu’on égorge. Maîtresse Félina n’y tenant plus, Elle le tire par les cheveux et le jette sans ménagement contre la porte.
Elle lui crie d’aller gémir ailleurs et le pousse dehors à grands coups de cravache. La porte devient son seul bouclier et il ne lui faut que quelques secondes pour disparaître, humilié comme pas possible par les trois Maîtresses.
Maîtresse Félina est bien consciente de l’effet de sa colère sur les autres soumis. Aucun de nous n’a levé les yeux. Retenant notre souffle en attendant que Maîtresse Félina retrouve son calme. Il ne lui faut que quelques instants pour cela.
Après quelques minutes de discussion entre elles, Maîtresse Zara et Maîtresse Galia viennent prendre chacun un des soumis restant avec leur laisse pour les tirer vers la sortie. Tout était prévu par Maîtresse Félina et probablement arrangé entre elles pour s’approprier le soumis qui leur convenait. Nous ne les reverrons plus.
Maîtresse Félina a fait le vide et reste seule avec ses trois soumis. Elle arpente majestueusement la pièce en se demandant sans doute à quelle sauce nous accommoder. Avec sa cravache, Elle nous amène au centre de la pièce. Toujours à genoux, dos à dos, Elle nous fait un savant bondage qui nous bloque ensemble, bras à bras, dos à dos.
Allan approche un appareil que j’identifie comme un poste d’électro-simulation avec de nombreux branchements. Maîtresse Félina demande à Allan de nous installer une électrode sur nos bites et sur nos tétons. Elle s’installe au pupitre et lance la 5ème symphonie de Beethoven sur la sono de la pièce. Dès les premières notes, Elle envoie les décharges sur nos pauvres organes dans un mouvement de rotation qui nous fait sursauter à tour de rôle. L’intensité augmente proportionnellement à l’emballement de Maîtresse Félina porté par la musique. Son plaisir est palpable à la vue de nos tremblements et de nos cris.
La sueur aidant, les décharges se propagent d’électrode en électrode, passant même d’un corps à l’autre.
Nos cris écrivent les paroles sur la musiques et Seule Sa jouissance semble pouvoir arrêter Notre Maîtresse du jour.
Nos bites, nos peaux se tendent et frémissent sous les impulsions de plus en plus continues dont l’intensité ne cesse de croitre. Maîtresse Félina nous arrache des gémissements de plus en plus aigus pour son plus grand plaisir.
Elle finit par lâcher un cri de jouissance au bout d’une décharge intense qui s’arrête d’un coup au bord de la dernière note de la symphonie.
A bout de résistance, nous sommes liquéfiés. Seul le bondage des cordes nous tient encore droit pendant que Maîtresse Félina exulte.
Sur son ordre, Allan nous libère de nos cordes et des électrodes qui nous laissent une trace rougie sur la peau.
Nous sommes complètement affalés au sol et Maîtresse Félina nous ordonne de ramper jusqu’à Ses Pieds pour La remercier et L’honorer. Elle joue encore un peu en se reculant dès que nous arrivons à Sa portée ; Elle en rit de bon cœur. Je ne suis pas le dernier et j’arrive à déposer quelques baisers sur Ses hauts talons. Elle apprécie mon empressement et me gratifie de quelques coups de cravache sur mes fesses qui les accueillent comme une friandise lancée à son chien pour avoir bien travaillé.
J’articule un «Merci Maîtresse Félina» qui semble la satisfaire car je reçois de grands coups de cravache sur la plante de mes pieds qu’Elle a amenée à portée de mains. C’est douloureux. Je m’abstiens de crier car elle me l’a interdit par un ordre sec.
Nous aurons tous droit à un traitement particulier qui nous arrachera quelques rictus supplémentaires de douleur.
Cette séance a eu l’air de la satisfaire pleinement car Elle nous affuble chacun d’une queue de renard et d’un masque de chien.
Marque de propriété, Elle nous met en laisse et nous attire vers la sortie.
Nous sommes à quatre pattes légèrement en retrait, tenue en respect par sa cravache. Elle nous emmène à son rythme, sans précipitation.
Sa sortie est si classe que Maîtresse Célia et Allan l’applaudissent avant qu’Elle ne disparaisse avec son équipage de toutous.
PS. Il fallait une fin à cette fiction. Merci à Ma Maîtresse de m'avoir habilement suggéré de belles idées. J'ai cherché à les décrire au mieux pour La faire sourire ; Ai-je réussi ? :pray:
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Madeleine 9 : Sidonie paye sa trahison et les derniers jouets sont dressés.
Comment ça à vendre demande Hakim.
Igor répond : Ce sont deux esclaves que j’ai acheté. Le plus intéressant c’est qu’ils n’ont jamais demandés à être transformés ainsi. Ils ont été bien dressés mais à la moindre occasion ils chercheront à s’enfuir. C’est pour ça qu’ils portent un collier en permanence. Celui-ci sonne s’ils sortent des zones où ils peuvent demeurer et s’ils s’éloignent trop le collier déclenche une alarme et électrocute le sissy qui ne peut plus bouger jusqu’à mon arrivée. Ils ont déjà essayé de se faire la belle et ils ont été sévèrement punis. Ils savent que la prochaine fois ils pourront dire adieu à leurs services trois pièces.
Bien sûr le collier est offert en cas de vente.
Ils ne vous intéressent plus demande Fred.
Si mais j‘ai déjà une idée pour les remplacer et je ne voudrais pas avoir un trop gros harem sur les bras.
En entendant la conversation Leo est consterné. Il va encore être vendu comme du bétail. Sa vie est un enfer. Il n’a pas tiré un coup depuis une éternité et se prend des bites en permanence. Il est affublé d’une paire de seins et d’une bouche de pute. Lui qui voyait en la femme une créature qui devait être dressée pour satisfaire les hommes est en plein dedans. Le pire c’est qu’il a l’impression que son macho de frère commence à prendre son rôle un peu trop au sérieux. Il n’aurait jamais du rencontrer cette Sidonie de malheur.
Deux heures plus tard il a changé de propriétaire et appartient désormais à Hakim.
Igor est content. Il a fait une belle plus-value avec les sissys même si ceux-ci lui donnaient entière satisfaction. Mais il a une petite idée pour les remplacer.
Deux petits dealers font leurs affaires dans le quartier juste derrière un de ses entrepôts. Il les a déjà croisés. Ils ont à peine la vingtaine et ont des silhouettes plutôt androgynes. Il a fantasmé sur eux qu’il verrait bien comme esclaves. Son amie Brigitte semble être la bonne personne pour s’occuper du dressage. La première chose à faire c’est de les kidnapper.
Il prévient Brigitte qui en parle à madeleine et Monique.
Celles-ci ne sont pas chaudes au départ mais comme il s’agit de rayer de la circulation deux ordures elles se laissent convaincre.
Le plus dur c’est le rapt. Comme ils sont dealers ils se méfient de tout. Cependant ils ont un point faible c’est le sexe car ils font des prix d’amis aux filles qui sont bien foutues et qui acceptent de faire une partie à trois avec les deux dealers.
Les femmes orientent leur stratégie la dessus. L’appât sera Sidonie.
Celle-ci sert toujours d’animal de compagnie à Anna qui ne la laisse pas tranquille. Maintenant Anna a décidé de promener Sidonie en laisse dans la maison et cette dernière passe le plus clair de son temps à quatre pattes derrière Anna.
Celle-ci a en permanence un petite cravache et s’en sert avec ou sans raison sur Sidonie qui n’a pas le droit de se plaindre.
Les deux énormes anneaux qu’Anna a trouvés pour les piercings de mamelons de Sidonie touchent le sol lorsque celle-ci déambule aux côtés d’Anna.
Anna a trouvé un plug de bonne taille avec une queue de cheval et Sidonie le porte en permanence.
Sa tête rasée en permanence est ornée de perruques ou reste nue au bon vouloir d’Anna.
Cela fait deux mois que Sidonie n’a pas mis un seul vêtement. Lorsqu’elle est de voyage pour aller chez madeleine et Monique elle voyage dans le coffre de la voiture.
Madeleine parle à Vanessa et Anna de son idée pour attirer les deux dealers. Anna est ravie. Sidonie va prendre des risques et ça fait kiffer Anna. Sidonie n’est pas chaude mais n’a pas le choix.
Pour la première fois depuis deux mois Sidonie est habillée. En fait elle ne porte qu’une robe légère avec rien en dessous. Ses énormes seins semblent vouloir crever le tissu de la robe qui est une taille en dessous de ce qui conviendrai. Maquillée à outrance Sidonie fait vraiment pute et ça donne des idées à Anna pour la suite.
Vanessa la dépose près de l’entrepôt d’Igor et Sidonie se dirige vers le point de deal. Elle est sifflée par les quelques zonards qui trainent dans le coin et les deux dealers en la voyant ont les yeux qui sortent des orbites. Elle se dirige vers eux et demande s’ils ont des choses valables. Après quelques secondes ils s’aperçoivent que c’est une fille facile qui semble ne pas avoir assez d’argent pour sa dose. L’un d’eux dit on peut s’arranger si tu n’as pas la thune. Dans sa tête il voit déjà la fille dans une cave pour lui rapporter du blé. Sidonie fait l’innocente. Si tu viens passer un peu de temps avec nous dans un coin derrière on peut te faire 50% ou plus si tu te débrouilles bien.
Sidonie fait semblant d’hésiter et fini par accepter.
Ils lui disent d’attendre dans le coin car ils terminent leur taf dans 10 mn. Sidonie va patienter et ils la hèlent quelques minutes plus tard. Elle les suit derrière l’entrepôt d’Igor et ils l’emmènent dans une fourgonnette stationnée là. Les trois pénètrent à l’arrière du véhicule. Et les garçons sautent sur Sidonie mais au lieu de la sauter ils la ligotent comme un saucisson heureux d’avoir trouvé une super pute à cave. Ils sortent pour passer à l’avant de la voiture et sont touchés en même temps par deux fléchettes en pleine poitrine. Ils se plaquent au sol et sortent deux calibres près à faire feu mais ils ne voient pas d’où sont venus les coups de feu.
Depuis l’entrepôt d’Igor quelques mètres plus haut les femmes se sont reculées sur le toit où elles avaient une position idéale pour faire un tir parfait. Elles attendent quelques minutes et risquent u œil depuis le toit. Les deux dealers sont couchés aux pieds des portières de la fourgonnette. La suite est rapide. Madeleine et Monique chargent les deux dealers dans la voiture de Monique et Vanessa et Anna récupèrent Sidonie qui est encore sonnée.
Igor referme les portes de son entrepôt et mets le feu à la fourgonnette.
L’enfer commence pour les deux dealers.
La première partie de leur transformation en jouets se passe avec Brigitte. Elle actionne son réseau et deux semaines plus tard elle livre les jouets à madeleine.
Ceux-ci ont subis des transformations radicales. Ils ont été épilé de façon définitive tètes incluses.
Ils ont subi une chirurgie esthétique bassin élargi, seins proéminents et visages adoucis.
Ils sont affublés d’un maquillage permanent très évocateur et s’ils souriaient ils feraient des belles nanas.
La chirurgie ne s’arrête pas là. Ils ont aussi eu une ablation des cordes vocales. Ils sont muets définitivement.
Ils suivent aussi un régime adapté afin qu’ils restent particulièrement sveltes.
Enfin leur prépuce a été ôté et ils arborent des glands percés et ornés d’anneaux qui sont identiques à ceux de leurs mamelons.
Maintenant le travail psychologique va commencer.
Pour sa part Sidonie est remontée d’un petit cran dans l’estime d’Anna.
Malgré tout elle est toujours au service d’Anna.
Elle dort toujours au pied du lit de sa maitresse. Lorsque le réveil d’Anna sonne Sidonie doit se lever, aller préparer le petit déjeuner d’Anna et revenir la réveiller complétement par des caresses buccales qui ne s’arrêtent que lorsqu’Anna le décide. Ensuite Sidonie met la robe de chambre et les pantoufles à Anna et la suit docilement jusqu’à la cuisine. Le petit déjeuner de Sidonie consiste à manger ce qu’Anna lui met directement dans la bouche. Pour le solide et le café passe directement de la bouche d’Anna à Sidonie. Une fois el petit déjeuner d’Anna terminé Sidonie l’accompagne jusqu’à la salle de bains et la frotte sous la douche. Invariablement ça se termine par un cunnilingus sou sa douche ou Sidonie à genou fait en sorte de faire jouir sa maitresse.
Ensuite après avoir sécher Anna Sidonie doit l’habiller.
Elle accompagne Anna jusqu’à la porte de la maison ou elle l’attendra le soir à genou la laisse dans les mains tendue en signe de soumission.
Le dressage des deux dealers est difficile. Ils sont habitués à se droguer et la potion de madeleine doit être concentrée pour faire de l’effet. Néanmoins même si ça dure beaucoup plus longtemps que pour les autres jouets le dressage porte peu à peu ses fruits.
Malgré tout il est nécessaire de les garder toujours fermement attachés.
Lorsqu’Igor vient faite un point de situation avec les dresseuses et voit ses deux jouets.
Il est conquis par leur beauté. Les deux jouets sont bien ligotés et portent un écarteur de mâchoire. Il est nécessaire de les fouetter durement pour qu’ils se mettent enfin à sucer le sexe de leur futur maitre. Mais ils se mettent à coopérer plus facilement lorsqu’Igor leur dit qu’il est prêt à les castrer s’il faut ça pour les rendre plus dociles.
Après cette visite les deux jouets sont définitivement soumis. Ils réalisent tout ce qu’on leur demande et Kevin comme Jonathan sont mis à contribution pour fournir les organes masculins que doivent connaitre particulièrement bien les deux nouveaux jouets.
La livraison des deux jouets à Igor se passe bien. Il décide de leur donner un nouveau prénom.
L’un des deux s’appellera désormais Claudine et l’autre Charline.
Comme ils sont quand même relativement dangereux Igor décide de les mettre cage sauf lorsqu’il a besoin d’eux. Les deux cages sont installées dans une pièce annexe du bureau d’Igor. Il les sort pour les attacher aux accoudoirs de son bureau lorsqu’il reçoit des hôtes de marque.
Claudine et Charline sont toujours nus et font toujours un effet incroyable sur les visiteurs qui s’aperçoivent que les deux superbes femmes enchainées au bureau d’Igor arborent un sexe masculin en érection. Igor prenant bien soin de leur faire boire la potion de madeleine avant l’arrivée des visiteurs.
Lorsque l’entretien entre Igor et les visiteurs de passe bien pour les affaires ces derniers ont le droit d’utiliser les jouets comme bon leur semble. Très peu refusent l’offre et Claudine et Charline se montrent toujours à la hauteur car désormais ils ont cessé de lutter et sont fait à l’idée de servir d’esclave bisexuel à vie.
Pour finir, la punition de Sidonie durera une année pile avant qu’Anna ne lui rende sa liberté.
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Chap 8 Sidonie efface une rivale mais payera les conséquences.
La vente s’est bien passée. Brigitte assure que son mari et elle sont comblés par les jouets qui leur apportent un réel bonheur. Elle avoue que parfois le couple échange les jouets car ceux-ci sont très efficaces quelque soit ce qu’on leur ordonne.
Sidonie, depuis qu’elle est rentrée chez elle, pense nuit et jour à Vanessa et à la relation de celle-ci avec Anna.
Sidonie en ressent une grande jalousie envers Anna qui est le jouet indéfectible de Vanessa.
Sidonie estime qu’elle ferait un meilleur jouet pour Vanessa et ronge son frein. La semaine passée à être dressée par Vanessa lui laisse un merveilleux souvenir. Un peu douloureux lors des piercings mais obéir à tous les ordres de Vanessa pour lui plaire était un vrai bonheur pour Sidonie.
Elle a aimé être couchée aux pieds du lit de Vanessa, la servir dans une tenue de soubrette, la laver sous la douche et prendre son de son corps. Elle a particulièrement aimé être à genou près de Vanessa à lui lécher le sexe en présence des amies de Vanessa.
Maintenant elle voudrait qu’Anna disparaisse afin qu’el prenne sa place.
Elle sort avec Léo, un garçon macho qui est très directif et elle se console avec ça faute de servir de jouet à Vanessa.
Un jour il l’invite chez lui. Il vit avec son frère plus âgé qui est encore plus dur que lui. Pour lui les femmes sont des objets qui ne sont là que pour servir les hommes sans poser de question. Bien sûr il n’a pas de petite amie car les rares qui l’ont côtoyés se sont sauvées rapidement devant son caractère. Ils vivent dans une grande maison.
Leo lui fait visiter la maison et son frère les accompagne donnant des frissons à Sidonie surtout quand il s’agit de visiter la cave.
Celle-ci est immense et forme une grande pièce sans ouverture vers l’extérieur sommairement aménagée.
Le frère de Leo dit à Sidonie que s’il avait une femme sa place serait dans cette pièce ou elle passerait sa vie à assouvir les besoins des hommes de la maison.
Leo rit et propose à Sidonie de devenir cette femme-là.
Celle-ci commence à flipper et rit mais plutôt jaune. Puis alors qu’ils remontent au rez de chaussée une idée perverse lui vient. Et si je vous trouvais une telle femme vous me donneriez combien ?
Les deux frères intéressés avancent un prix dérisoire et Sidonie leur dit qu’ils ne sont pas assez généreux pour qu’elle leur donne un tuyau.
Les deux frères se concertent et ce coup-ci font une offre beaucoup plus alléchante.
Sidonie leur dit alors. Le problème c’est qu’elle ne sera pas d’accord et qu’il faudra la garder de force. Les deux frères se rengorgent et lui disent que des qu’elle aura passé le seuil de la maison el en pourra plus sortir sans leur aval.
Sidonie promet de leur montrer la photo d’une femme qui pourrait les intéresser.
Trois jours après elle leur montre une des copies des photos réalisées par martine. Les deux frères sont comme fous et lui demandent ce qu’ils doivent faire.
Elle leur répond d’attendre deux jours plus tard et qu’elle piégera la fille qui viendra sans se douter du piège mais qu’ils devront la maitriser une fois qu’elle sera là.
Deux jours plus tard Sidonie attend Anna à la sortie de son travail. Elle lui dit que Vanessa a des problèmes avec un futur jouet et qu’il faut qu’elles aillent toutes les deux lui prêter main forte immédiatement.
Anna craint pour Vanessa et suit Sidonie en voiture jusqu’à une maison isolée. Les deux femmes font le tour de la maison et ont chacune dans la main une seringue qui rassure Anna. La porte arrière est entrouverte et elles pénètrent dans l’arrière cuisine en silence.
A peine entrées elles sont agressées par deux hommes qui les plaquent au sol. Anna utilise sa seringue mais celle-ci n’a aucun effet. Sidonie lui a donné une seringue vide.
Rapidement Anna est ceinturée ligotée et un sac est posé sur sa tête. Elle est portée en bas en se demandant ce que devient Sidonie et dans quel état doit se trouver Vanessa.
Sidonie se laisse plaquer au sol sans résistance. Elle joue le jeu pour qu’Anna ne voie pas qu’elle la conduit dans un traquenard. Le frère de Leo qui se charge d’elle joue bien son rôle et lui met un sac sur la tête comme pour Anna.
Elle est portée en bas et se demande s’il n’en fait pas trop.
Elle comprend qu’elle a aussi été piégée lorsqu’un collier se verrouille autour de son cou. Ses mains sont attachées par un zip derrière le dos et elle crie à travers le sac mais le son est étouffé.
Elle est jetée par terre et se reçoit durement. On s’assoie sur elle et le sac est enlevé. Elle voit avec horreur le sourire satanique de Léo qui finit de déshabiller Anna qui est dans le même état que Sidonie avec un bâillon boule en plus.
Le frère de Leo lui met le même bâillon et entreprend à son tour de la déshabiller.
Une fois les deux filles nues chaque garçon se baisse son pantalon et viole la fille qu’il détient. Ils son hilares en voyant la tête désespérée d’Anna mais surtout de Sidonie.
Une fois qu’ils ont terminés les garçons se reculent et les filles peuvent se relever. Leur collier est relié par une chaine à un anneau au mur et elles n’ont que quelques pas de liberté au sein de la pièce ou deux matelas ont été disposés.
On vous laisse les filles on doit s’occuper de vos voitures et de vos téléphones.
Vanessa en rentrant ne trouve pas Anna à l’attendre. Elle l’appelé au téléphone mais la ligne est occupée.
Inquiète elle appelle madeleine et Monique qui ne l’ont as vues. Elle veut appeler Sidonie et martine mais elle tombe sur la messagerie de Sidonie et martine n’a aucune idée de l’endroit où se trouve Enna.
Trois mois ont passés. Vanessa est toujours effondrée et le moral ne revient pas. Madeleine et Monique pensant qu’Anna s’était enfuie volontairement essayent de remonter le moral de Vanessa et de la brancher sur d’autres captures de jouets mais celle-ci n’a plus de gout à ça.
Martine finit sa journée et se rend vers sa voiture.
Au moment où elle quitte le parking ses yeux se posent sur le conducteur de la voiture et elle reconnait le petit ami de Sidonie qu’elle avait complétement oublié.
Par acquis de conscience elle le suit discrètement. Il roule quelques minutes et se gare près d’une grande maison isolée. Elle se gare un peu plus loin et le regarde sortir de sa voiture.
Quelque chose dans son attitude interpelle martine. Il jette un œil à droit à gauche comme s’il craignait d’être suivi.
Elle note l’adresse et rentre chez elle.
Elle en fait part à Vanessa par téléphone. Vanessa qui est toujours persuade qu’il est arrivé quelque chose à Anna se raccroche à ce petit espoir même si Anna ne connaissait pas ce type.
Elle en parle à madeleine et Monique qui sont septiques mais qui acceptent de faire quelques planques avec elle.
Au bout d’une semaine elles savent que la maison est occupée par deux hommes mais qu’il y en a toujours un qui reste à la maison quand l’autre sort.
Cette attitude est suspecte et elles décident de pénétrer dans la maison quand il n’y aura qu’un individu.
Deux jours plus tard Vanessa sonne à la porte de la maison. L’un des individus est parti et il ne doit en rester qu’un dans la maison.
Celui-ci finit par arriver, entrouvre la porte et d’une voix peu loquace demande ce qui se passe. Vanessa lui dit qu’elle a percuté une voiture devant la maison et demande si c’est la sienne pour faire un constat. Elle montre la voiture de l’homme qui se met à gueuler en la traitant de connasse. Elle fait front, s’excuse et lui demande de venir pour le constat ou éventuellement le prix du dédommagement qu’elle pourrait lui donner pour l’éraflure.
En colère il se décide quand même à sortir de la maison et se diriger vers la voiture.
Il y a une éraflure sur l’arrière de la voiture. Il râle et exige 200€ pour le dédommagement car il ne veut pas de constat. Vanessa lui demande de l’attendre une minute le temps qu’elle aille chercher la somme dans sa propre voiture garée à quelques mètres.
Pendant ce temps madeleine et Monique cassent une vitre de la porte arrière et pénètrent dans la maison. Elles font fissa. L’une grimpe à l’étage et l’autre descend à la cave.
Bingo. Une porte de la cave est blindée et verrouillée avec une grosse serrure de sécurité. Le cœur battant madeleine appelé en espérant être entendue. Sidonie Anna vous êtes là ? Un faible cri se fait entendre. Elle colle son oreille à la porte et recommence l’appel elle entend clairement la réponse. Oui on est prisonnières de deux malades fait attention à toi.
Madeleine leur dit de tenir encore un peu et remonte rapidement rejoindre Monique.
Les deux femmes vont jusqu’à l’entrée de la maison et se dissimulent comme elles peuvent et attendent l’homme chacune avec une seringue dans une main et un tazer dans l’autre.
L’homme a failli gifler Vanessa quand elle lui a remis l’argent. Il retourne en vociférant vers la maison. Le téléphone de Vanessa bip. Un simple texto qui dit « Bingo ». Elle reste sur place et suit des yeux l’homme qui pénètre dans la maison. Quelques secondes plus tard un autre texto. « Ok tu peux venir ».
Elle se précipite et entre dans la maison ou les deux femmes finissent de ligoter un homme inconscient.
Elles sont là toutes les deux dit madeleine. A la cave. Vanessa se précipite et tombe sur la porte blindée qu’elle essaye d’ouvrir en vain. Monique et madeleine la rejoignent et lui tendent une clé. Tu y arriveras mieux avec ça.
Une fois la porte ouverte elles voient avec rage Anna et Sidonie amaigries crasseuses l’air abattu qui les regardent avec crainte et espoir. Elles sont attachées au mur par des chaines reliées à des colliers.
Les femmes les prennent dans les bras et s’acharnent pour les libérer. Impossible sans les clés. Elles retournent en haut et descendent l’homme qui est ligoté comme un saucisson.
Après une volée de coups non retenus il finit par dire ou sont les clés et les filles son libérées. Vanessa veut tuer l’homme mais madeleine la retient. On va se venger autrement. Pour l’instant il faut préparer un piège pour le retour du deuxième.
Lorsque Leo rentre chez lui il est étonné de ne pas voir son frère. Il se dit qu’il doit sauter une des poufs du bas.
Il descend tranquillement et effectivement la porte est entrouverte et une des deux filles gémit avec force. Désirant se mêler à l’orgie il entre dans la pièce et tombe sur trois furies qui le tazent et lui administrent une piqure.
Quelques minutes plus tard il est ligoté à côté de son frère. Madeleine qui garde son sang-froid organise le transport des deux hommes dans le coffre d’une des deux voitures qu’elles ont prises et la remontée des deux ex prisonnières.
Une demi-heure plus tard tout le monde se retrouve chez Vanessa.
Rapidement les femmes comprennent la traitrise de Sidonie qui se fait toute petite.
Madeleine dit alors. He bien on a trois jouets à dresser très durement et on les vendra. Je pense que c’est tout ce qu’ils méritent. Tout le monde est d’accord.
Sidonie est effondrée.
Les deux frères subissent un dressage particulièrement difficile. Ils passent le plus clair de leur temps dans une cage exiguë qui les force à se serrer l’un contre l’autre en permanence. Is son installés en 69 et Comme ils sont abreuvés à la potion de madeleine ils sont toujours en érection. Malgré le dégout initial ils passent une partie du temps à se sucer l’un l’autre. Ils ne peuvent recracher le sperme car alors les coups de fouets pleuvent.
L’autre partie du temps ils sont dressés comme les jouets précédents et sont piercés partout où c’est possible.
Sidonie pour sa part n’a pas droit à la cage mais lorsqu’elle n’est pas en atelier de dressage elle doit suivre à quatre pattes Anna ou que celle-ci aille et dès qu’Anna s’arrête Sidonie doit lui lécher les pieds ou ailleurs si Anna lui ordonne.
Anna garde une dent contre Sidonie et se demande si elle ne la garderait pas comme chienne plutôt que de la revendre.
Les autres femmes lui laissent le champ libre avec Sidonie et selon les désirs d’Anna Sidonie a la tête rasée en permanence. Elle met des perruques différentes aux gouts d’Anna.
Après deux mois de dressage les deux jouets males sont présentés à Brigitte.
Sidonie souffle car Anna n’a pas souhaiter la vendre. Pour remercier Anna de ce geste Sidonie doit subir une énorme augmentation mammaire. D’un 90C initial, progressivement, à la suite de trois opérations elle est passée à un 130D. Ses énormes seins la forcent, quand elle en a le droit à marcher en rejetant les épaules en arrière pour ne pas être déséquilibrée ce qui les rend encore plus impressionnants.
Brigitte veut acheter les deux jouets mais elle a une commande spéciale. Il s’agit de lui fournir deux sissys bien dressées.
Elle propose aux filles de prendre les jouets une semaine, le temps de leur faire subir un peu de chirurgie puis de les ramener pour le dressage en sissy accompagné d’un traitement hormonal.
Madeleine Monique et Vanessa acceptent le deal car le prix est conséquent et leur vengeance sur les deux frères pourra continuer encore un peu.
Deux semaines plus tard les deux jouets sont ramenés par Brigitte. Ils ont subi une épilation définitive totale cheveux inclus et une chirurgie de la face qui adouci leurs traits adoucit le nez et gonfle exagérément les lèvres. Le plus important se situe au niveau de la poitrine ou ils affichent chacun un bonnet C qui d’après Brigitte passera à D ou E après traitement hormonal.
Les deux frères sont désespérés.
Les trois filles les mettent sur des croix de saint André pour examiner avec attention les modifications. Le sexe n’a pas été touché. Puisqu’ils sont destinés à devenir des sissys, les femmes leurs posent chacun une cage de chasteté scellée définitivement. Ils n’auront plus le droit de se servir de leurs bites.
Et pour les entrainer à leur futur quotidien ils sont plugués en permanence et tous les trois jours la taille du plug augmente afin qu’ils puissent recevoir tout calibre sans rechigner.
C’est la fête pour Kevin et Jonathan qui sont mis à contribution pour visiter les orifices des apprentis sissys. Au moins une fois par jour chacun des frères est pris simultanément dans la bouche et dans le cul par les deux jouets males qui s’en donnent à cœur joie.
Les deux sissys doivent être près en permanence à s’occuper de la moindre queue qui passe à leur portée. Ils sont entrainés pour cela.
L’un des jeux favoris d’Anna est de les mettre à genou les mains menottées dans le dos et un bandeau sur les yeux.
Kevin ou Jonathan passe au milieu d’eux et les touche en même temps.
Dès que le sissy sent le contact il doit se jeter sur sa queue et la prendre à pleine bouche. Celui qui arrive deuxième est sévèrement réprimander par des coups de fouets.
Au bout de quelques jours de mise en condition ils deviennent habiles et, n’aillant plus aucune dignité, ils gobent immédiatement et sans hésiter la moindre queue qui passe. C’est le jeu favori de Kevin et Jonathan.
Brigitte prévient les femmes que l’acheteur potentiel des sissys passera voir ou en est le dressage chez madeleine.
Lorsque celui-ci arrive il trouve les deux sissys à genou dans le salon les mains menottées dans le dos maquillés à outrance et attendant sagement qu’on leur donne des ordres.
En le voyant l’acheteur est pris d’une érection massive. Madeleine lui propose d’ouvrir son pantalon et des qu’il a le sexe sorti les deux sissys rivalisent de vitesse pour venir lui donner une somptueuse fellation. Il se fait sucer alternativement par l’un et l’autre et leur dit de se mettre en position pour l’autre orifice. Les deux sissys se retournent et baissent la tête en relevant la croupe.
L’acheteur touche les cages de chasteté et voit qu’elles ne peuvent plus s’ouvrir sauf à utiliser une scie. Ça lui convient parfaitement car les sissys ne devront que s’occuper du plaisir des autres sans qu’eux puissent jouir.
L’acheteur, après avoir bien testé les culs, ressort extrêmement satisfait de sa visite.
Quelques jours plus tard les deux sissys jouets sont emmenés vers de nouveaux horizons. Les deux frères macho sont désespérés car ils savent que leur destinée est tout autre que ce qu’ils avaient imaginés.
Sidonie n’a pas repris le travail et vit désormais comme jouet au domicile de Vanessa.
Lorsque martine est appelée pour une séance photo elle a la surprise de reconnaitre Sidonie dans la femme blonde platine aux énormes seins et couverte de piercings. Sidonie n’a pas le droit de parler et martine ne saura jamais si Sidonie est là volontairement ou pas.
La vie de Vanessa et Anna a repris un cours normal et elles filent le parfait amour avec leur deux jouets, Jonathan et Sidonie qui leurs sont entièrement soumis.
Madeleine et Monique cessent le dressage et la revente de jouets mais gardent précieusement Kevin et Magalie à leur botte.
Fin.
Pour info : La nouvelle vie des sissys
Hakim et Fred sont invités chez Igor celui a dit à Hakim qu’il avait des surprises à leur montrer qui valaient le coup.
Hakim et Fred sont des riches importateurs de produits exotiques et font souvent affaire avec Igor.
Ces derniers temps ils ont un peu délaissé Igor et certainement qu’il veut leur faire passer une soirée avec des putes le truc traditionnel pour renouer les liens.
Ils se rendent néanmoins à la demeure d’Igor même si les putes ne sont pas leur truc préféré. Il faut quand même garder de liens avec Igor on ne sait jamais comment marcheront les affaires.
Ils sont reçus par Igor et pénètrent dans la salle de réception ou deux femmes voilées attendent de chaque côté du fauteuil d’Igor.
Celui-ci ne les présente pas mais offre du champagne aux deux invités qui s’assoient dans un vaste canapé. Les deux femmes n’ont pas bougé d’un poil.
Elles sont grandes ont une belle paire de sein mais leur visage et une grande partie de leur corps est masquée par des voiles.
Is trinquent puis Igor tape dans ses mains et une musique orientale envahit la salle.
Dès les premières mesures les femmes bougent et ondulant du postérieur vont se mettre à trois mètres face aux invités et commencent une danse du ventre très suggestive.
Les deux hommes regardent d’un air distrait les femmes qui enlèvent le voile qui recouvre leurs seins.
Elles ont des beaux seins bien fermes qui sont certainement siliconés.
Bien que normalement pas intéressés les deux hommes sont un peu hypnotisés par ces femmes qui ont quelque chose d’inhabituel sans qu’on puisse dire quoi.
L’effeuillage continu et les ventres plats des femmes ondulent maintenant face aux hommes.
Les foulards cachant les visages s’envolent et il ne reste plus qu’un voile sur les hanches des femmes qui extrêmement maquillées on toujours quelque chose qui intrigue les deux hommes.
Soudain en même temps elles ôtent leurs derniers voiles et les deux hommes voient qu’en fait ce sont des hommes ou plutôt des sissys avec une cage de chasteté.
Elles continuent à danser en se rapprochant des deux hommes.
Là ceux-ci sont subjugués et leur imagination commence à les travailler et à les faire bander.
Les femmes sont à moins d’un mètre et se mettent à genou face aux hommes qui ne peuvent plus cacher leur érection.
Igor a fait mouche. Il s’est discrètement éclipsé quand les femmes se sont mises à genou.
Celles-ci tendent les mains et entreprennent d’ôter les ceintures de deux hommes qui abasourdis ne bougent plus. Les deux pénis gonflés sont mis à l’air libre et les deux sissys entament simultanément une fellation.
Hakim est le premier à reprendre ses esprits et il pelote avec vigueur la sissy qui le suce avec un talent incroyable.
Il doit repousser son visage pour ne pas jouir.
Il la retourne et elle se met tout de suite en position de soumission avec la croupe levée.
Un plug verrouille son cul.
Hakim retire le plug et plonge sa bite dans le cul ouvert et lubrifié.
Il se met à genou derrière la sissy et lui attrape un sein d’une main et le sexe encagé dans l’autre.
Fred s’est aussi mis à l’ouvrage et perfore l’autre sissy.
Experts, les sissys devinent le moment ou le male va jouir et se retirent juste avant pour kuî faire reprendre son souffle.
Hakim et Fred pilotent tâtent sodomisent et se font sucer par les deux sissys.
Ils changent à un moment de partenaires et finissent par jouir dans un orgasme intense.
Les deux sissys se lèvent alors et disparaissent de la pièce.
Hakim et Fred se rhabillent et quelque minutes plus star Igor tout sourire rentre dans la pièce.
Il dit j’espère que le spectacle vous a plus. Il s’assoit sur son fauteuil et ressert du champagne frais aux deux hommes.
Ceux-ci ne savent pas quoi dire. Ils sont encore en train de fantasmer sur les sissys.
Ceux-ci reviennent ils sont nus et ont les mains menottées dans le dos. Ils se mettent chacun à genou de chaque coté du fauteuil et Igor fixe une chainette accrochée au bras du fauteuil au collier que portent les deux sissys. Ceux-ci baissent la tête jusqu’au sol et restent figés dans la position.
La discussion commence sur les affaires et Hakim et Fred lâchent beaucoup de lest en promettant de nombreuses associations avec Igor.
Celui-ci est satisfait.
Il fait relever les deux sissys qui jettent leurs épaules en arrière pour faire ressortir leur poitrine et leur cage de chasteté.
Les deux hommes ont du mal à avaler leur salive.
Igor désigne les deux sissys et dit : ils sont beaux n’est-ce pas. Si vous êtes intéressés ils sont à vendre.
Fin ?
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Chap 7 trois nouveaux jouets sont dressés pour être revendus.
Avant que Vanessa ne soit libérée par madeleine celle-ci se demandait comment la revendre car elle n’était pas certaine de la garder.
Une des clientes de la pharmacie de madeleine, Brigitte, est une femme mure d’origine incertaine qui est particulièrement loquace sur le sexe et qui se plaint souvent en aparté avec madeleine de ne pas avoir comme au Pays la possibilité d’acheter et de posséder des esclaves.
Madeleine fait semblant d’être offusquée mais la femme lui rétorque que ce serait surtout pour que son mari insatiable la laisse un peu tranquille mais qu’elle-même ne cracherait pas sur un male bien monté entièrement à sa merci.
Madeleine la corrige en lui disant ce n’est pas d’un esclave que vous avez besoin c’est d’un jouet sexuel.
Brigitte acquiesce et lui dit qu’elle serait prête à payer cher pour un tel jouet.
Elles en rigolent mais madeleine lui dit en passant si je trouve un tel jouet je vous en parlerais en premier. Elle pense à Vanessa qui désormais a rejoint le cheptel.
Brigitte lui dit qu’elle est prête à payer un chiffre avec cinq zéros.
Madeleine est estomaquée. Un tel prix ça fait réfléchir.
Quelque temps plus tard Brigitte se présente à la pharmacie et discute avec madeleine en lui demandant si elle a trouvé un jouet pour elle.
Madeleine lui dit qu’elle a peut-être une piste. Brigitte est immédiatement intéressée.
Finalement madeleine décide d’inviter Brigitte chez elle pour lui montrer ses jouets.
Brigitte croit au gag mais accepte l’invitation.
Le samedi soir Brigitte sonne chez madeleine qui va lui ouvrir.
Elles se rendent dans le salon ou Monique les attends. Brigitte jette des regards partout en cherchant des indices mais rien ne parait.
Elle finit par demander où se trouve la fameuse piste de madeleine pour acheter un jouet sexuel.
Madeleine et Monique sont évasives mais elles font comprendre à Brigitte que la piste est sérieuse.
Vanessa ayant été finalement libérée par les deux femmes celles-ci ne pensent plus à Brigitte jusqu’au jour où celle-ci frappe à leur porte.
Brigitte est venue avec un énorme sac à main l’ouvre et sort une énorme liasse. Il y a 10000 €
Elle dit ceci pour vous prouver que je suis bien à la recherche d’un jouet et je peux rajouter dix liasses identiques si le jouet vaut le coup.
Madeleine et Monique se concertent et finalement invitent Brigitte à les suivre. Elles se rendent dans la pièce des jouets.
Les deux jouets sont ligotés sur une croix de saint André avec une cagoule sur la tête.
Brigitte et ébahie mais reprend rapidement ses esprits. Ils sont magnifiques. Ils sont à vous ?
Madeleine et Monique acquiescent. Voua pouvez m’en dire plus demande Brigitte. Non dit madeleine. Ce qu’on peut vous dire c’est qu’ils sont rusés et cherchent à s’évader à la première occasion.
Pas de problème pour ça dit Brigitte notre maison est une véritable forteresse et une fois entré il ne pourra plus en sortir sans mon autorisation.
Et vous pouvez en faire ce que vous voulez demande Brigitte.
Tout ce qu’on veut répond Monique en frôlant Kevin ce qui le fait immédiatement bander à la grande satisfaction de Brigitte.
Ils sont toujours prêts sexuellement et on peut les positionner comme on veut sous réserve de bien veiller à ne leur laisser aucune chance de se libérer.
Joignant le geste la parole madeleine et Monique détachent Kevin et le font mettre sur le dos couché sur la table basse. Son bâillon est enlevé et sa bouche et son sexe tendu sont exposés et utilisables à loisir.
Il est très endurant et repart rapidement après coup déclare madeleine.
Puis elles détachent Magalie et la font mettre à genoux face à Brigitte qui est assise sur le canapé. Elle est docile et sa langue et sa bouche sont démoniaques.
Brigitte est toute tourneboulée mais n’ose pas en profiter devant Monique et madeleine. Celles-ci font alors chevaucher Kevin par Magalie. Les deux jouets ne demandent pas mieux et un véritable rodéo se déroule devant Brigitte qui a les yeux brillants.
Je vous en offre 80000€.
Madeleine et Monique répondent que ces deux-là ne sont pas à vendre mais qu’elles pourraient prendre une commande au cas où à condition d’être sure que les jouets seront bien traités.
Brigitte leur assure qu’elle achètera des jouets comme ceux-là mâle ou femelle.
Et que madeleine et Monique pourront à tout moment venir voir les conditions de vie des jouets.
Le deal est conclu. Les 10000€ changent de main pour la commande.
Maintenant que le command est prise madeleine et Monique sont dans le pétrin elles avaient un jouet en rab avec Vanessa mais maintenant elles n’ont plus que Kevin et Magalie qu’elles veulent conserver.
Vanessa les a d’ailleurs invitées pour leur montrer sa toys room.
Vanessa leur a dit qu’elle vivait le parfait amour avec Anna et qu’elles avaient désormais une grande maison avec une pièce réservée aux jouets. Elle les a invités pour visiter la pièce. Madeleine et Monique désirent en profiter pour y emmener les jouets pour voir leur comportement à l’extérieur.
Ce matin-là les jouets ont juste les mains menottées dans le dos et un collier anti aboiement.
Ils voyagent allongés dans le break de Monique dont les sièges arrière ont été rabaissés. Les jouets sont calmes mais madeleine et Monique ont toutes les deux une seringue au cas où.
Arrivés chez Vanessa les jouets suivent docilement leurs maitresses et Vanessa accueille tout le petit monde. Anna n’est pas là pour les accueillir mais les deux femmes ne sont qu’à moitié étonnées.
Vanessa les invite à la suivre pour visiter la pièce.
Les deux femmes sont épatées de voir les photos grandeur nature d’Anna qui habillent les murs de la pièce. Certaines sont en couleur et d’autres en noir et blanc.
Le rendu est formidable et Vanessa jubile en voyant le regard envieux et les compliments dithyrambiques des deux femmes.
Anna qui est accrochée à la croix de saint André est dépitée. Elle porte comme à chaque fois qu’elle pénètre dans cette pièce son bandeau et n’a toujours pas pu voir la pièce et encore moins les photos qui font la fierté de Vanessa.
Elle enrage et les compliments accompagnés de caresses de madeleine et Monique la désespèrent.
Enfin Vanessa est heureuse c’est déjà ça.
Madeleine et Monique enlèvent les gabardines qui sont sur les épaules des jouets et cachaient leurs nudités. Ils regardent avec attention les photos et Kevin commence à bander rapidement.
Les deux jouets sont mis à genou près du canapé et les trois femmes peuvent faire le tour de la pièce tranquillement.
Madeleine et Monique demandent qui a fait les photos et Vanessa raconte la soirée shooting et propose de demander à martine si elle veut en refaire avec les jouets.
Les deux femmes sont ravies et plus encore lorsque martine répond favorablement en indiquant qu’elle pourra passer un soir sans problème.
Le reste de la journée se passe dans de bonnes conditions. Les trois jouets sont mis dans diverses positions en vue d’une future séance photo et la température monte rapidement.
Après quelques débauches ou les jouets sont mis à contribution les trois femmes se retrouvent côte à côte sur le canapé avec chacune un jouet pour s’occuper de son entrejambe.
Puis madeleine aborde le sujet de Brigitte. Vanessa comprend qu’elle a échappée à la vente à une inconnue et remercie en aparté Anna qui lui a donné l’occasion de se racheter auprès des deux femmes.
Elle leur dit qu’il faudrait capturer des garçons ou des filles et les dresser comme pour Kevin et Magalie. Elle ne parle pas d’Anna qui a accepté sa situation en connaissance de cause.
Capturer des jouets n’est pas facile il faudrait qu’ils soient mignons, qu’ils viennent dans la maison sans que personne ne le sache et qu’il n’y a pas de monde qui les recherchent en cas de disparition.
Elles pensent à Kevin mais il faudrait un miracle pour que ce genre de situation se reproduise.
Elles pensent alors à Magalie que personne n’a recherchée et qui est venue de son plein gré chez Monique.
C’est de se coté là qu’elles cherchent.
Finalement Vanessa dit que dans la grande ville d’à côté il y a pas mal de sans-abris jeunes qui squattent un quartier à l’abandon.
Peut-être qu’il y aurait des ouvertures de ce coté-là.
Ce soir-là les trois femmes se quittent en décidant de vérifier cette piste.
Quelques jours plus tard Vanessa et Anna se promènent dans le quartier à l’abandon.
Effectivement il y a pas mal de zonards et parmi les nombreuses épaves humaines il y a des jeunes qui ont l’air dans la rue depuis peu.
A un feu rouge un jeune zonard fait la manche. Il est pas mal malgré la crasse et il tend sa main pour quelques pièces.
Vanessa engage la conversation il s’appelé Rodolphe et a été viré de chez lui par un père ivrogne qui n’a pas supporté que son fils abandonne l’école et devienne un petit délinquant. Rodolphe a les yeux fixés sur Anna qui est vêtue du strict minimum et lui sourit poliment.
Vanessa demande à Rodolphe s’il a des amis et des contacts avec sa famille dans les deux cas la réponse est négative. Il tend la porte de la voiture comme un naufragé tient une planche flottante.
Vanessa joue la bonne samaritaine et lui dit que chez elle il y a des habits en bon état venant de son père décédé et que si Rodolphe veut il peut venir les voir et en même temps les filles lui paieront un bon repas. Quelques secondes plus tard Rodolphe est assis sur la banquette arrière certain que sa bonne étoile l’a enfin aidé.
Lorsqu’elles arrivent à la maison Vanessa et Anna font entrer discrètement Rodolphe et lui proposent de commencer par un encas.
Il est aux anges et mange avec avidité ce qu’elles lui présentent, d’autant plus qu’il y a de la bière en quantité pour faire passer ça.
Il ignore que Vanessa a soigneusement mis la dose de produit que lui a donné madeleine.
()
Vanessa excitée veut repartir en chasse. Elles reprennent la voiture et errent dans le quartier. En vain. Au moment où elles vont repartir bredouilles elles tombent sur un couple du genre punk à chien très jeune qui les hèle dans leur voiture de bourges.
Vanessa s’arrête et engage la conversation. Rapidement les deux jeunes persuadés qu’il y a de la thune à se faire montent dans la voiture et sont emmenés chez Vanessa.
Là pas question de manger mais ils ne crachent pas sur de l’alcool et vident le bar de Vanessa. Très excités Ils deviennent agressifs et Vanessa à toutes les peines du monde à les calmer mais ceux-ci veulent faire main basse sur les choses de valeur de la maison.
Au moment où ils vont en venir aux mains Anna et Vanessa font usage des seringues que madeleine leur a donné en cas de problème.
Le couple en rage se calme en quelque secondes et Vanessa et Anna les emmènent dans la toys room afin de les préparer à la suite des opérations.
Anna peut enfin voir l’intérieur de la toys room et est ébahie des photos qui parsèment les murs de la pièce.
Si l’heure n’était pas au travail elle sauterait au cou de Vanessa.
Enfin les trois nouveaux jouets sont solidement attachés nus comme des vers.
Vanessa jubile.
Elle a décidé de garder un jouet male pour elle et de revendre les deux autres à madeleine et Monique.
Le choix n’est pas évident entre les deux garçons qui ont à peu près le même age et sont crasseux et trop poilus. Finalement elle se dit qu’elle va attendre de les voir propres et imberbes.
Emilie a ressenti la piqure au moment où elle donnait une baffe à l’une de filles qui ont eu la mauvaise idée de les faire entrer dans la maison.
Elle a bien l’intention de leur mettre une raclée et de piquer tout ce qui peut de revendre facilement. Jonathan s’est rué sur l’autre fille.
Ça ne devrait pas être compliqué. Puis une espèce de brouillard commence à la gêner. Ses gestes ont l’air ralentis et la fille la regarde d’un drôle d’air.
Puis ses jambes ne la soutiennent plus et elle tombe comme une feuille. En tombant elle peut voir que Jonathan titube en tenant l’autre fille.
Puis elle est par terre bien consciente mais incapable de faire le moindre geste.
La fille qu’elle a frappé la regarde intensément.
Puis la fille commence à la déshabiller entièrement.
C’est quoi cette gouine se dit-elle. La fille s’éloigne et revient quelques temps après avec un sac. Elle sort du sac des menottes et d’autres accessoires bizarres.
En quelques instants Emilie est ligotée comme un saucisson. La fille lui met un collier pour chien et un bâillon dans la bouche. Puis une cagoule qui la rend aveugle. Elle ressent une deuxième piqure.
Peu à peu elle redevient maitresse de son corps.
Malheureusement elle ne peut pas bouger. Elle insulte la fille mais au premier mot une puissante décharge la secoue. On dirait que ça vient du collier. Elle veut recommencer à crier mais de nouveau elle reçoit une puissante décharge.
Elle comprend qu’il doit s’agir d’un collier anti aboiement comme sa mère mettait à ses chiens. Elle retente une fois mais le résultat est le même. Elle est à moitié groggy.
Elle décide de taire et d’attendre tout en essayant de se défaire de ses liens. Elle se dit que les filles ont dû appeler les flics et que ces derniers ne vont plus tarder.
Les flics semblent tarder. Emilie commence à trouver ça bizarre. Elle commence même à craindre un peu.
Elle ressent un contact sur elle. On est en train de libérer ses jambes. Enfin. Elle est relevée et se tient debout sans savoir où elle est et avec les mains menottées dans le dos.
Le collier la tire en avant. Il doit y avoir une laisse ou un truc comme ça. Elle se bloque et refuse d’avancer.
Un coup de martinet la surprend. Elle reste figée un deuxième coup plus appuyé la fait sursauter et elle sent les larmes lui venir.
Un troisième coup. Ce coup-ci vaincue elle avance. Les filles lui paieront ça quand elle sera libre.
Elle est arrêtée sur du carrelage. Soudain une pluie d’eau froide lui tombe dessus. Elle crie de surprise mais prend une décharge par le collier. Elle se tient coite.
L’eau se réchauffe un peu et elle sent des mains la savonner entièrement. La douche dure cinq bonnes minutes et elle est allongée à même le carrelage. Elle sent une odeur bizarre. Une crème lui est appliquée sur les jambes et sur le pubis. Elle se rappelle de l’odeur c’est de la crème dépilatoire.
Une demi-heure plus tard elle sent que sa chatte et son cul son entièrement glabres.
Elle est relevée et de nouveau la laisse la tire en avant. Elle suit ne voulant pas recevoir de coups de martinet.
Après un petit déplacement elle est reculée contre une espèce de poutre en bois. Puis elle est ligotée en croix sur la poutre ou plutôt les deux poutres qui se croisent.
Elle panique. Elle est tombée chez des sataniques qui vont la sacrifier.
Puis elle se retrouve seule pendant quelques temps. Des pas se font entendre et quelqu’un passe près d’elle elle a juste le temps d’entraide un cri vite ravalé à ses côtés. Elle se dit que c’est Jonathan qui subit le même sort qu’elle.
Vanessa et Anna ont enfin terminé le récurage et l’épilation des trois jouets. La fille est sur la croix de saint André et les deux garçons accrochés à des anneaux fixés au plafond.
Des barres d’écartement leur maintiennent les jambes grand ouvertes et ils ont chacun un chocking bien serré qui sépare bien le sexe du corps.
Satisfaite Vanessa va appeler madeleine pour lui dire que la marchandise est prête.
Elle veut se garder un male et comme ils sont à peu près pareil elle décide de leur faire boire de la potion de madeleine pour voir lequel à la plus belle érection.
Les garçons essayent de ne pas boire mais avec le nez pincé ils sont obligés d’ingurgiter le liquide. Vanessa en profite pour faire boire la potion pour femme à Emilie.
Une demi-heure après les deux garçons bandent comme des taureaux. C’est difficile de choisir. Ils semblent un peu moins bien montés que Kevin mais c’est quand même pas mal. Elle veut tester leur endurance et dit à Anna de les sucer pour voir ce que ça donne. Anna n’est pas chaude mais ne refuse rien à Vanessa.
Lorsque madeleine et Monique débarquent les deux garçons ont déjà giclé deux fois et ils recommencent à bander.
Rodolphe ne comprends pas ce qui lui arrive. Il passait un super moment avec deux canons et maintenant il est ligoté comme un saucisson nu à priori lavé et épilé et il est accroché au plafond. Cerise sur le gâteau on lui a fait boire un truc qui le fait bander sans arrêt et on le suce super bien. C’est moitié l’enfer moitié le paradis.
Le pire c’est qu’aucune parole n’a été prononcée depuis qu’il s’est réveillé.
Le silence est soudainement rompu. Voilà le travail dit Vanessa. Trois d’un coup. Deux sont pour vous la fille et un garçon. Moi je me garde celui-là.
Madeleine et Monique sont épatées. Les trois jeunes sont beaux et visiblement les garçons sont en pleine forme. Vanessa les a bien attaché et ils ne peuvent ni parler ni voir ce qui se passe.
Madeleine prend la parole. Bon on va les dresser ici comme prévu. Il faudra faire très attention car il y en a trois et ils vont tenter de s’échapper.
Les trois nouveaux jouets écoutent avec attention ces paroles et commencent à flipper. Apparemment c’est d’eux dont on parle.
Tu leur as mis un collier c’est impeccable. Ils ne vont pas nous casser les oreilles et il faut qu’ils comprennent que désormais ils n’ont plus besoin de parler. Ils ont juste besoin d’exécuter sans rechigner tous nos ordres.
Les trois jouets ruent dans leurs liens en signe de protestation. Vanessa Monique et madeleine prennent chacune un martinet et s’en servent pour calmer les ardeurs des jouets. Après une douzaine de coups chacun ils finissent par se tenir cois.
Bien on peut commencer dit madeleine. On va déjà voir si la fille suce bien.
Elle a bu ? demande-t-elle à Vanessa. Oui elle a pris une bonne dose. Répond celle-ci.
Quelques minutes plus tard Emilie est à genou avec un écarteur de bouche l’empêchant de refermer celle-ci.
Elle est tirée en avant par sa laisse et sa bouche tombe sur le sexe d’une femme elle a un mouvement de recul mais la laisse est maintenue fermement et des coups de martinet lui font comprendre qu’elle doit rester au contact.
Soudain elle sent qu’un objet cogne contre son propre sexe. Un énorme gode vibrant est inséré et mis en route.
Elle rue un peu mais se calme après quelques coups. Le pire c’est qu’avec la potion qu’elle a pris le gode commence à lui faire un effet maximum.
Un orgasme la surprend à sa plus grande honte et déjà elle sent qu’elle repart.
Bien elle a l’air d’apprécier dit une voix. Elle réagit bien au gode. Maintenant à toi de bosser dit la voix. Et sa tête est poussée contre le sexe féminin.
Elle rechigne reçoit deux coups de martinet et on lui pince férocement les seins.
En larme elle commence à lécher le sexe.
Puis petit à petit après quelques pinçons supplémentaires elle y met plus de fougue et lèche avec vigueur le sexe humide. Ce qui la désespère c’est qu’elle y prend peu à peu du plaisir en même temps que le gode l’envoie au septième ciel.
Après quelque minute elle est retirée en arrière et elle croit que c’est fini quand on lui pousse la tête vers un autre sexe. Elle recommença trois fois, les trois femmes ayant décidé de voir ce que ça donnait.
Puis ses mains sont attachées à ses chevilles et elle reste à genou sans qu’on s’occupe d’elle.
Il reste juste le gode bien inseré qui continue à la secouer de temps en temps.
Bon elle a encore des progrès à faire mais ça devrait finir par donner un jouet efficace dit une voix.
Maintenant on va voir comment se débrouillent les males.
Une heure plus tard vaincus Rodolphe et Jonathan après avoir lécher plus que dans toute leur vie se retrouvent dans la même position qu’Emilie avec un plug bien ancré dans le cul.
Bon c’est l’heure de l’apéritif dit Monique. Vanessa dit à Anna de les servir en tenue de soubrette.
Quelques minutes plus tard les trois dominantes sont assises sur le canapé et contemplent les trois nouveaux jouets. Tu as fait un bon choix en gardant celui-ci dit madeleine à Vanessa. Il a l’air revêche et tu vas devoir le traiter avec sévérité car il va t’en faire baver.
Vanessa sourit au compliment et assure qu’elle va bien gérer le dressage de ce jouet.
Les deux garçons sont sidérés ils sont traités comme du bétail.
Bon on va passer à table dit Vanessa et ensuite on va offrir des cadeaux aux jouets. Ça tombe bien j‘ai acheté trois kits pour cela et maintenant j’ai la technique n’est-ce pas Anna. Celle-ci à genou aux pieds de Vanessa opine du chef.
Le repas est expédié et le premier jouet est installé très serré sur la croix de saint André. C’est Jonathan qui fait ce qu’il peut mais n’arrive pas à se libérer ni même à gêner les trois femmes qui l’ont garroté comme un poulet.
Il ne peut s’empêcher de pousser un cri vite refréné par le collier lorsque son mamelon est transpercé par une aiguille provoquant une douleur intense. Le deuxième mamelon, le nez le gland et les deux couilles subissent le même sort.
Il est tétanisé par la douleur et n’hésite pas à boire ce que madeleine lui propose en lui indiquant qu’il s’agit d’anesthésiant pour la douleur.
Il est surpris de bander comme un âne un quart d’heure plus tard mais la douleur a légèrement diminué.
Puis c’est le tour de Rodolphe et enfin d’Emilie.
Les trois jouets sont prostrés par terre couché sur le côté avec les mains liés aux chevilles et une cagoule aveuglante sur la tête.
Les trois femmes leur souhaitent une bonne nuit et quittent la pièce laissant les trois jeunes dans le pire des désarrois.
Ils ont faim soif et souffrent de leurs multiples piercings. Ils ne dorment pas de la nuit.
Le plus gênant c’est qu’ils ont une envie folle de baiser ils se tortillent pour espérer toucher quelque chose afin de se frotter le sexe contre.
En se tortillant Emilie finit par toucher le corps de Rodolphe. Ils se tortillent ensembles et finissent par réussir à bouche à sexe.
Heureusement qu’ils n’ont pas de bâillon. Ils se bouffent mutuellement et passent une bonne partie de la nuit à se faire jouir. Emilie n’a jamais reçu autant de sperme dans sa bouche mais ne peut s’empêcher de sucer.
Jonathan a beau se tortiller cela ne le mène à rien et il doit attendre le lendemain avec une nuit peuplée d’érections massives.
Le lendemain Anna qui est la première à entrer dans la salle trouvent les deux en position de 69 visiblement repus et le troisième avec une érection monstrueuse. Les autres femmes ne sont pas réveillées elle se prend de pitié pour lui et le branle vigoureusement. Il explose rapidement et peut enfin se calmer un peu.
Ce que ne sait pas Anna c’est que Vanessa a tout vu et s’apprête à punir sévèrement cette dernière.
Les trois femmes finissent par arriver dans la pièce pour continuer le dressage des jouets.
D’abord la toilette. Les trois jouets sont emmenés à la douche et aux toilettes ou ils sont humiliés d’être torchés lavés étrillés récurés et frottés vigoureusement avec des serviettes rêches.
Puis ils sont ramenés dans la toys room ou ils sont mis à genou en face du canapé. là Vanessa prend enfin la parole et leur dit. Maintenant on va voir si vous savez retenus la leçon d’hier et si c’est le cas vous aurez un petit déjeuner sinon rien à manger aujourd’hui et on recommence la leçon.
Rodolphe résigné se met aussitôt à l’œuvre et lèche consciencieusement le sexe qui lui est présenté. Emilie et Jonathan se rebiffent et ont droit au martinet comme la veille jusqu’à ce qu’ils cèdent. Quelques minutes après la leçon ils entendent à côté d’eux Rodolphe qui mange comme un chien dans une gamelle au contenu émettant une odeur qui fait gronder l’estomac des deux rebelles.
Le reste de la journée est consacré à l’apprentissage de nouvelles positions. Emilie est la plus rétives mais à la fin de la journée elle ouvre la bouche, tire la langue, arque ses épaules pour faire ressortir sa poitrine, se prosterne jusqu’au sol, écarte les cuisses en projetant son bassin en avant pour faire admirer son sexe qui exhibe ses anneaux de piercings.
Elle est extenuée et ne cherche plus à résister. La seule chose qu’il lui compte c’est de faire ce qu’on lui demande en espérant en retour être caressée car elle a toujours le corps en feu avec ce que les femmes lui ont fait boire.
Rodolphe et Jonathan ont cédés bien avant elle au grand bonheur des trois femmes. Enfin ils sont nourris et peuvent boire dans des gamelles ce qu’ils font sans demander leur reste.
Pour l’instant aucun des trois n’a trouvé de moyen de s’échapper ou d’enlever ses liens mais ils ne désespèrent pas.
Ils passent la nuit dans la même position que la veille mais ils sont accrochés à des anneaux ce qui les empêchent de se rejoindre pour se satisfaire mutuellement.
A leur coté Anna passe la nuit sur la croix de saint André après avoir dû boire une double dose de stimulant.
Elle passe une très désagréable nuit réveillée tous les quarts d’heure par le gode vibrant programmé par Vanessa.
Il provoque systématiquement un orgasme bruyant qui énerve encore plus les trois jouets qui entendent les halètements qui reviennent tous les quarts d’heure.
Trois semaines plus tard les trois jouets sont dressés et obéissent au doigt et à l’œil.
Les deux garçons ont été sodomisés de nombreuses fois par Kevin ou par l’autre jouet et ont apprit à faire des fellations sans rechigner mais avec beaucoup de classe.
Emilie lèche suce caresse embrasse sans se poser de question et elle finit par aimer se mettre dans des positions extrêmement excitantes.
Martine est venue prendre des photos des nouveaux jouets et des deux anciens.
Sidonie l’accompagne systématiquement et se lâche de plus en plus finissant systématiquement nue après avoir usé et abusé des jouets.
Enfin les deux jouets à vendre sont emmenés chez madeleine pour être présentés à l’acheteuse et seul Jonathan qui a eu la faveur de Vanessa reste chez elle.
Vanessa propose une dernière séance photos ou Sidonie sera la vedette.
Celle-ci accepte volontiers et teste avec un entrain qui donne des idées sérieuses à Vanessa les positions et bondages des jouets. Finalement quand martine remballe ses appareils Sidonie est toujours nue sur la croix de saint André avec un bâillon et ouvre des yeux exorbités lorsque Vanessa dit à martine. Tu peux rentrer seule je garde Sidonie en stage pour une semaine.
Je sais qu’elle est en congé cette semaine et elle va passer ses congés avec nous.
Martine hésite puis se dit que ça n’est pas son problème et laisse Sidonie entre les mains de Vanessa.
Vanessa dresse Sidonie avec la même sévérité qu’Anna. Sidonie a droit aux piercings sans anesthésie et à la fin de la semaine elle est aussi soumise à Vanessa qu’Anna qui voit cette concurrence d’un mauvais œil.
Heureusement pour Anna et Sidonie la toys room de Vanessa est momentanément trop pleine et Sidonie est libérée en fin de semaine.
Brigitte a rapidement pris rendez-vous pour venir voir les nouveaux jouets et les acheter s’ils conviennent.
Elle en profite pour annoncer que si les filles ont d’autres jouets elle connait des acheteurs et acheteuses très intéressés.
A suivre.
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24/12/2021
J'ai vécu cette année un Noel des plus obscène, mon premier au sein d'une relation BDSM, une soirée de dépravée que j'ai envie de partager tant je prends goût a être la soumise d'un tel pervers.
Je vous livre un témoignage long, complet, sincère qui j'espère vous plaira et vous excitera autant que cette soirée m'excite a chaque fois que j'y repense ! Bonne lecture :kissing_closed_eyes:
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Tout commença lorsque mon Maitre sonda le 22 décembre mes projets pour le 24 au soir, je me demandais s'il se renseignait pour le passer en ma compagnie ce qui me surprenait le sachant en couple et pas intéressé par le sentimentalisme entre nous deux ...
Je l'informa donc en toute franchise (ce dont je fais toujours preuve quand je m'adresse a lui) de mon programme :
"Je sors du taff a 18h, je rentre chez moi pour me doucher et m'habiller pour l'occasion puis je prends la route pour fêter Noel en famille chez mon grand-père qui habite a 45min de Nantes"
Il me posa ensuite quelques questions sur les membres de ma famille qui seront présents et si je restais dormir là-bas
(je garderais certains éléments confidentiels sur tout ça mais je peux vous confier que je restais bien tout le week-end).
"Je passerais rapidement chez toi avant 19h pour t'offrir ton cadeau, me vider les couilles et te donner quelques consignes pour la soirée, on fera ça vite car ma femme m'attends pour 19h30" voilà le texto qui clôtura notre échange et m'annonçait la couleur …
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Nous y sommes, le 24 décembre, j'attends Monsieur patiemment chez moi après m'être préparée, je commence a bouillonner de peur qu'il me mette en retard, je stresse légèrement de ce qu'il m'a réservée pour avoir envie de venir a tout prix ce jour-là et qui plus est avant que l'on parte chacun de notre coté en famille, je crains également qu'il ne ruine mon maquillage ou salisse ma tenue ... Il sonne enfin a la porte, a peine ai-je ouvert qu'il se rue sur moi pour me plaquer sur la table du salon en relevant ma jupe de soirée "on fait ça vite, on a tous les deux pas trop le temps" dit-il en baissant mes collants et enfonçant sa queue déjà bien raide en moi !
La baise fut bonne et bestiale comme je l'aime, il ne fit pas dans la dentelle, des coups de queues puissants, profonds et rapides, il ne se souciait pas de ce que j'en pensais, il était là pour taper dans ma chatte et se vider les couilles dans les plus brefs délais et je n'avais pas besoin de plus que cela pour prendre mon pied ! Je me mis a jouir et gémir de sa fougue presque instantanément ce qui décupla sa bestialité, j'étais là, le visage contre ma table, le fessier relevé avec les collants en dessous des genoux, j'étais en train de subir ses assauts, mon cul entre ses mains recevait des coups de reins a faire crier la plus frigide des femmes ! Je ne tarda pas a sentir son jus chaud m'inonder et son pieu se planter au plus profond de moi dans un râle de plaisir, il se retira alors lentement en me demandant de ne pas bouger !
Là je compris qu'il allait faire quelque-chose lié a nos statuts, un doigt humide entra alors dans mon cul pendant qu'il fouillait dans la poche de son manteau, son doigt quitta mon petit trou mais je sentis immédiatement un objet froid et plus imposant le remplacer, il enfonçait un plug ...
"Tu le porteras toute la soirée, remets d'ailleurs vite ta culotte, je t'interdis d'aller te vider avant de partir, tu passeras toute la soirée avec la chatte crémeuse, ta famille ne se doutera pas un instant que tu es une salope aux trous sales mais toi tu le sauras !"
J'acquiesçai en me rhabillant lorsqu'il sorti un marqueur de la poche de son manteau et souleva mon pull, il se mit a écrire "Pute" sur mon sein gauche puis dégrafa mon soutif en me disant que je n'en porterais pas !
Il m'embrassa tendrement avant de me dire qu'il était temps qu'on file et que je devais prendre mes affaires pour le suivre à sa voiture où il me remettrait mon cadeau tout en s'assurant que je prenne bien la route dans cet état !
Je m'offusqua intérieurement qu'il doute de moi en rassemblant mon sac a main et mes cadeaux pour la famille, je ferma derrière nous et le suivi docilement a sa voiture la chatte dégoulinante de foutre ...
Je chargea toutes mes affaires dans ma voiture pendant qu'il allait a la sienne chercher son cadeau, le plug ne me dérangeait pas mais le sperme qui commençait a couler entre mes lèvres rendait mes mouvements désagréables, il revint vers moi avec une enveloppe et un paquet cadeau, me souhaita un joyeux Noel en m'ordonnant d'ouvrir mon cadeau que si je remplissais au minimum 2 des 3 objectifs qu'il avait écrit dans la lettre.
Il me fit promettre de tout faire pour mériter ce cadeau, de ne pas retirer le plug tant qu'il ne m'envoyait pas un message pour m'en notifier et surtout de tout donner pour ne pas le décevoir !
Il répondit a ma promesse en me souhaitant une bonne soirée et en me claquant les fesses en pleine rue a la vue de tous ...
Je pris la route légèrement en retard pour rejoindre ma famille mais lui savait qu'il ne me quitterait pas vraiment ce soir et que sa folie accompagnerait ma nuit !
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En me garant devant chez mon grand-père, je prends la peine de glisser ma main dans ma culotte pour me gratter l'entrejambe, son sperme me gratte, il sèche en moi, sur mes lèvres et a complétement souillé ma culotte ... Cela m'a démangé tout le trajet et même si je constate que ma chatte est toute visqueuse et qu'elle rougit sous le passage de mes ongles agacés, cela soulage !
A cet instant je pense a Femto qui, s'il lit cette histoire, appréciera sans doute la dédicace (lui qui avait éjaculé a la pause du midi dans la culotte de sa petite amie le jour du Baccalauréat pour qu'elle passe l'après-midi la chatte en contact avec son foutre) il m'avait dit qu'au moins il savait qu'elle s'en rappellerait toute sa vie, je lui confirme que ce n'est pas une situation que l'on oublie !
J'ai pris conscience de la situation a cet instant, en me grattant dans ma voiture, toute ma vie j'allais me souvenir d'être arrivée pour fêter Noel dans ma famille avec la chatte visqueuse et un plug dans le cul ...
Mon cœur accéléra au moment d'ouvrir l'enveloppe, quels ordres contenait-t-elle ?
Je remarqua en la prenant plus concrètement entre les mains qu'elle contenait quelque-chose avec la fameuse lettre, je décacheta l'enveloppe et découvris avec étonnement qu'un préservatif accompagnait le courrier.
" Ma petite pute,
Voilà maintenant bientôt une année que tu me sers, me comble et me rends fier d'être ton Maitre !
Tu n'as cessée au fil de cette année de me prouver ton dévouement, ton appétit sexuel et ta capacité a te dévergonder alors je souhaite que tu termines l'année aussi chaudement que tu l'as vécue, qu'en ce jour symbolique de Noel, tu confirmes ne faire plus qu'un avec ton statut de soumise et me montre encore a quel point tu es une bonne salope obéissante !
Si tu lis cette lettre, a l'heure qu'il est, mon sperme coule en toi et ton cul de chienne porte un bijou qui te sied a merveille !
Tu pourras ouvrir ton cadeau que si tu accomplis deux des trois défis que je te lance a savoir :
- Te faire baiser par n'importe qui ce soir et m'envoyer une preuve photo/vidéo
- M'envoyer une photo de toi seins nus avec un membre de ta famille dans le cadre de la photo
- Te filmer en train de te masturber dans le lit de ton grand-père avec l'un de ses sous-vêtements dans la bouche (1min minimum)
Je sais que ces défis ne sont pas faciles, que ce n'est pas la soirée pour cela et qu'ils sont très pervers mais n'est-ce pas là une occasion en or de te tester et prouver ce que tu es devenue ?
Joyeux Noel "
Mon cœur s'emballe, le stress s'empare de moi instantanément après la lecture de cette lettre, comment-vais-je réussir a obéir a ça ?
Je range la lettre et le préservatif dans mon sac a main en tentant de me calmer, je suis pour l'une des premières fois acculée dans ma soumission pourtant j'en ai vécu des situations humiliantes, obscènes, avilissantes ou difficiles mais la contrainte de temps, le lieu, le fait qu'il sollicite ma nature de soumise alors que je suis au plus proche de ma famille rends tout cela immoral et assez surréaliste pourtant mon envie d'à tout prix lui donner satisfaction après une année aussi réussie me laisse présager que je vais devoir trouver une manière de réussir ces foutus défis !
Je reprends petit a petit mes esprits en rassemblant mes affaires et sonne a la porte de chez mon grand-père, j'enfouis Lady Bitch en moi bien que je ne porte pas de soutien-gorge, que le mot "Pute" soit écrit sur ma peau ce soir, que ma culotte soit souillée par du sperme et que mon cul porte un plug !
Commençons par ne pas penser a tout ça et voir comment la soirée évolue !
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La soirée suit son cours, je n'étais pas a l'aise au début quand on s'adressait a moi, un peu gênée par l'état dans lequel j'étais
J'avais l'impression qu'ils pouvaient découvrir la perversion sous mes habits, qu'ils pouvaient sentir que je n'étais pas comme d'habitude ... Je me mets à boire plus qu'à l'accoutumée comme pour me donner du courage, les verres et la bonne ambiance faisant effet, je commence a force de ressasser ses consignes a me dire que j''en suis capable.
Je me surprends finalement a être excitée qu'il aille aussi loin dans ses directives et me mette autant a l'épreuve, la soumise en moi entendit l'appel du défi et bien que cela soit a retardement, elle s'excita de devoir une fois de plus repousser ses limites !
J'aime chez lui qu'il cherche a me faire échouer et m'offre l'occasion de toujours le surprendre a ne pas craquer et réussir a combler ses pulsions les plus folles.
Une heure plus tard, ma décision était prise, j'allais conquérir ce cadeau de Noel et lui prouver que je n'ai pas de limites !
Je commença a réfléchir sur la manière de valider mes défis ...
- La photo avec un membre de ma famille dans le cadre me paraissait faisable entre les étapes du repas quand nous allions aider en cuisine notamment ou débarrasser la table, c'était le défi le moins compliqué a mettre en œuvre sur l'ensemble de la soirée ...
- La masturbation dans le lit de mon grand-père me dérangeait éthiquement et l'idée de prendre un de ses sous-vêtements en bouche me repoussait, c'était le défi le plus cruel mais aussi par la configuration des lieux (chambre a coté de la cuisine sans possibilité de fermer a clé) le plus risqué vis a vis de mon entourage.
- Le fait de me faire baiser n'était pas simple a mettre en œuvre non plus, je soupçonnait mon maitre de sous-entendre par ce défi que je devrais essayer de faire des avances a l'un des mecs de mes cousines mais il connaissait aussi ma capacité à "chasser" le mâle ...
Je me sentais assez éméchée par l'alcool pour accoster un parfait inconnu et lui offrir un gros cadeau de Noel !
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Nous sommes entre le repas et le dessert, je dispose d'une demi-heure avant l'heure de la remise des cadeaux, c'est maintenant ou jamais, j'attrape mon manteau prétextant avoir un appel a passer et je pars a toute allure m'enfoncer dans le bourg du village en quête d'un homme a qui me donner !
Pas de chance, le bourg est désert, certaines maisons ont l'airs d'accueillir des hôtes, je déambule depuis bientôt 10 minutes sans avoir croisé quelqu'un, il fait froid et ma témérité refroidit à grands pas, j'hésite a sonner à une maison au hasard pour demander à un illustre inconnu s'il peut m'indiquer une adresse bidon pour si l'occasion s'en présente lui dire de me prendre dans l'allée a coté de chez lui dans deux minutes ...
Mon cerveau va trop loin, j'envisage des situations improbables et je me résous a rentrer frustrée, déçue, un brin honteuse ...
Sur le chemin du retour, j'entends soudainement du bruit, une assemblée qui parle bien trop fort l'espace d'un instant, une porte qui se referme puis je vois les clignotants d'une voiture derrière moi qui s'allume en entendant un "BIP" !
J'ai cru faire un arrêt cardiaque, c'est le destin me dis-je en voyant soudainement un homme traverser la rue pour ouvrir le coffre de sa voiture !
Je reste plantée là, bouche bée, les jambes tremblantes, il me dévisage en prenant quelque-chose dans son coffre, mon cœur s'accélère, je sais qu'il m'a vu et que j'ai l'air bizarre a le regarder sans bouger alors que je suis a quelques mètres de lui ...
Il referme son coffre du coude avec quelques paquets cadeaux et boites de chocolats dans les bras, mes jambes bougent enfin et je m'élance vers lui en bégayant "Monsieur, monsieur ... une seconde s'il vous-plait ..."
Il s'arrête net sur le trottoir devant la maison d'où il vient, me regarde avec étonnement, il est beaucoup plus âgé que moi, je dirais la quarantaine/cinquantaine, je constate qu'il n'est pas particulièrement attirant, plutôt gras, le teint rougit et il n'a pas l'air très aimable ...
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Pour information, je vais tenter de vous retranscrire la conversation telle que je m'en souviens, j'étais assez intimidée au début puis plus aguicheuse sur la fin, notre échange a dû a quelques mots prêts être le suivant :
" Je peux vous aider ?
- Eh bien, oui, cela va vous paraitre bizarre mais je souhaiterais vous parler un instant, vous avez une minute ? ai-je répondu fébrilement en m'avançant vers lui
- Euh oui, vous pouvez mais qu'est-ce que vous faites toute seule dans la rue a cette heure-ci ?
- Merci Monsieur, je vais être directe ... Je suis libertine et mon copain est candauliste, je sais pas si vous voyez ce que c'est ? (a l'écoute du mot "libertine' il écarquilla ses yeux et recula d'un pas, ce qui me perturba dans mon approche), ce soir c'est Noel et il le fête dans sa famille et moi la mienne, je voulais lui envoyer une petite photo de moi en train de coucher avec un parfait inconnu, est-ce que ...
- Non, non, c'est quoi vos conneries, vous avez que ça a foutre ce soir ? Bonne soirée Mademoiselle ! dit-il strictement en me tournant le dos
- Monsieur, Monsieur, un instant s'il vous-plait ! j'agrippa sans m'en rendre compte le bras de cet homme par réflexe ce qui l'arrêta
- Non mais dis-donc, lâchez moi ! s'énervait-t-il en se tournant de nouveau vers moi l'air agacé
- C'est sérieux Monsieur, je suis vraiment désolée de vous accoster de la sorte mais y'a personne dans le ...
- Mademoiselle, je vous connais pas mais vous m'avez l'air d'avoir un souci, j'ai deux fois votre âge, je suis marié, j'ai les cadeaux de mes gosses dans les bras et vous me racontez des obscénités alors que je suis en famille pour les fêtes ... Y'a rien de drôle là, c'est quoi qui vous ...
- Je suis désolée pour ça Monsieur mais juste un instant, regardez, je vous prouve que c'est réel ! coupai-je l'homme qui me sermonnait tout en ouvrant mon manteau ...
- Non mais c'est pas vrai, dit-il en reculant de deux pas et détournant le regard
- C'est réel Monsieur, vous voyez ... dis-je en soulevant mon pull !
L'homme posa son regard sur ma poitrine, il le détourna aussitôt avec une certaine panique, "ça va vraiment pas hein !" dit-il en tournant la tête, "je vous prouve que je suis sérieuse" répondis-je alors qu'il regarda de nouveau vers moi, il ne détourna pas les yeux la seconde fois ...
" Ils vous plaisent ? demandais-je
- J'y crois pas, y'a carrément écrit "pute", tu sors d'où toi ? dit-il plus sereinement
- Je suis juste une salope qui cherche a emprunter une bite 5 minutes pour rendre fou son mec !
- Ohlala mais comment-tu parles en plus ! dit-il en rigolant (je le pris comme un bon signe c'était la première fois qu'il souriait et son soudain tutoiement me laissa penser qu'il commençait à se faire a ma présence)
- Tu me baises, vite fait, bien fait et tu retournes a l'intérieur comme si de rien n'était ! Y'a pas d'arnaque ...
- Non, non, je peux pas ... dit-il en rigolant de nouveau mal a l'aise
- Je suis un peu ton cadeau de Noel, une occasion comme ça t'en auras pas deux, rends-moi service, tout le monde sera content ! C'est que du sexe entre adultes consentants, détends-toi !
- On va surtout se faire cramer et tu vas foutre en l'air le Noel de toute ma famille, déjà je te parle depuis trop longtemps .."
Sentant que ma brève ouverture se refermait, je lâcha mon pull pour sortir la capote de mon sac a main, il la fixa en rigolant nerveusement alors que je l'exhibais comme une invitation !
" Prétends que tu as un coup de fil a passer et on se mets quelques mètres plus loin dans une allée ou derrière un buisson sinon tu me donnes une heure a laquelle te retrouver ici dans la nuit et je repasse mais je suis très sérieuse, ta bite, ma chatte, rapide, simple, efficace !" proposai-je une énième fois tout en relevant mon pull ...
Il me reluqua de la tête au pied en hésitant mais déclinant tout de même une ultime fois avant de tourner les talons en s'excusant !
"Je reste-là encore 5 minutes si tu changes d'avis et trouve un moyen de t'échapper" lançais-je dépitée alors qu'il s'éloignait sous le porche de la maison, la porte se referma derrière-lui sans qu'il me réponde davantage, je resta sur le trottoir comme la pathétique pute que j'étais ...
Recalée, gênée mais surtout congelée par la température, j'attendais désespérée qu'il porte ses couilles et revienne, je misais sur ma connaissance des hommes et particulièrement dans cette tranche d'âge où l'occasion de se taper une "petite jeune" n'arrive plus pour qu'il craque et saisisse cette ultime chance ...
La porte s'ouvrit de nouveau après ce qui me sembla une éternité, il jeta un œil pour voir si j'étais encore-là, je lui fis un signe comme si c'était le père Noel, je devais avoir l'air débilement heureuse de le voir ! Il s'approcha de moi en chuchotant
"Pas de coups-fourrés je te préviens, tu me fais du chantage ou tu déballes ça, je te jure que je te tue ! J'ai des gosses et une femme, va pas niquer ma vie pour un coup de bite car tu m'as allumé !
- Promis, tu me rends service pourquoi je te ferais un plan comme ça !
- Je sais pas tu me parles de faire une photo et tout, je suis pas chaud du tout pour ça, a la rigueur je te baise et c'est tout !
- Non, non, tu me baises parce-que je veux le montrer a mon mec, si je peux pas lui envoyer de preuves y'a aucun intérêt pour moi !
- Je te jure, t'as été envoyée pour causer ma perte et je suis trop con pour décliner ! Fais chier, t'es trop bonne ...
J'ai dit que j'avais trop envie de pisser et me griller une clope alors qu'ils voulaient filer les cadeaux aux petits, on fait comme tu veux mais on se magne ...
- Promis, viens, j'ai repéré un petit coin discret"
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J'entraine ma proie dans un chemin de campagne a proximité d'un carrefour du bourg, il fait totalement noir, je nous éclaire dorénavant le chemin avec la lampe torche de mon portable, il me complimente sur mon physique et mon audace, je lui explique que j'ai l'habitude de faire ce genre de choses, que j'ai des heures de vols, il rigole en me disant que ça se voit (cela m'excite).
Nous nous sommes suffisamment éloignés, je me mets a genoux, déboutonne son pantalon et baisse son caleçon, mon flash éclaire alors une petite bite plutôt vilaine et en plus Monsieur est poilu, il ne se rase pas les boules, son pubis n'est pas entretenu, sa queue n'a rien de charmante, il est très négligé ! Je plains sa femme mais je n'aurais pas mieux ce soir de toute façon, je n'ai que lui sous la main et une salope n'a pas besoin d'être attirée par un homme pour s'occuper de sa queue.
Je commence par le branler, il se plaint de la température de mes doigts (de mon coté j'apprécie me les réchauffer en entourant son petit sexe tout chaud), j'active mon appareil photo et lui passe en lui demandant de faire des photos de temps en temps. Mon portable ne faisant plus lampe torche, je lui demande alors d'activer la sienne sur son portable pour qu'on y voit quelque-chose ... Il s'exécute et a maintenant un portable dans chaque main, il a l'air débile avec ses deux téléphones qu'il tient a hauteur de menton pour avoir un bon angle (lui qui me disait non il y'a quelques minutes, je le trouve étrangement motivé maintenant, cela me plait).
Je prends son sexe encore mou dans ma bouche, le décalotte et le branle tendrement entre mes lèvres pendant que ma langue le goûte, je lèche chaque recoin de son gland et cherche a le faire durcir !
Soudain, un flash m'éblouit, je comprends qu'il prends la première photo, cela me motive !
Sa queue ne me plait pas mais je lui suis reconnaissante de me l'avoir offerte, j'ai à cœur de bien faire pour l'en remercier et je pense a mon Maitre qui va halluciner devant les photos donc je veux tout faire pour qu'il en prenne des cochonnes, du genre qui feront bander mon Maitre !
J'ai pompé mon photographe de fortune comme une vorace, la gorge profonde cela me connait et avec une si petite verge il n'y avait aucun défi pour la gober jusqu'aux couilles, mon partenaire gémissait de plus en plus et me gratifiait de doux sobriquets alors que je trempais sa queue de ma salive et qu'il me photographiait !
Le sentant chaud bouillant et maintenant totalement dur, je me redressa et déchira l'emballage de la capote pour la lui mettre, il s'enthousiasma en me disant que j'allais ramasser, je releva ma jupe au dessus du nombril, baissa mes collants sous les genoux et me mit a quatre pattes sur le sentier (mes genoux sont a l'heure où je rédige ce témoignage encore mutilés par le gravier) ...
Le male en rut compris tout naturellement la suite, il baissa ma culotte et partagea son étonnement en découvrant mon plug
"T'es vraiment qu'une salope" me dit-il en me claquant très (trop) fort le cul !
A cet instant, je paniquais un peu qu'il remarque l'état de ma culotte ou qu'il trouve des traces suspectes sur ma chatte, je ne savais pas a quoi cela ressemblait en bas ni comment il réagirait s'il savait que je m'étais faites remplir par un autre en début de soirée ...
Cet imbécile avait posé mon portable sur le bas de mon dos et me palpait tantôt les fesses, tantôt il frottait mon clito du pouce alors qu'il éclairait mon postérieur de sa lampe torche pour bien se rincer l'œil !
"Je croyais qu'on avait pas le temps, tu vas me baiser ce soir ou demain ?" lançais-je avec insolence de peur qu'il ne voit que je n'étais pas de première fraicheur !
A peine avais-je prononcer ces mots que sa bite pénétra en moi, cela m'en coupa le souffle, l'excitation monta d'un coup ...
Alors qu'il débutait sa besogne et accélérait ses vas et viens, je prenais pleinement la mesure de l'instant, j'étais dans le village de mon grand-père le 24/25 décembre en train de me faire prendre comme une chienne en levrette sur un sentier en pleine nuit d'hiver par un homme ayant le double de mon âge dont je ne sais rien si ce n'est que sa famille l'attends a quelques mètres d'ici et moi la mienne.
Sa petite bite était étonnamment efficace, la situation m'excitant grandement cela y était sans doute pour beaucoup mais il me baisait convenablement, son rythme ne faiblissait pas et de mon coté, je me concentrais sur cette queue en moi qui frottait mes parois et raclais le trou souillé par mon Maitre, quand il m'insultait cela me donnait envie de lui crier qu'il n'avait pas idée d'a quel point j'étais pire que cela !
"Prends-bien en photo la chienne que je suis", "Filme-donc comment tu me défonces", "Vide-bien tes couilles dans la capote" telle une actrice porno cherchant a produire un bon contenu je restais concentrée sur mon défi tout en livrant divers encouragements a mon père de famille bien de trop déconnecté de la réalité, comme si je voulais abréger les choses ayant le contenu pour lequel je m'étais offerte a lui et ne voulant pas que nos absences deviennent trop suspectes au sein de nos soirées respectives !
L'animal en rut vida ses deux boules de Noel assez rapidement, il se retira immédiatement et je lui réclama le préservatif plein. Il me tendit la capote, du sperme épais et chaud en quantité généreuse remplissait le contraceptif "Eh bah mon salaud, pour quelqu'un qui voulait pas me sauter, je trouve que tu t'es bien lâché !" plaisantai-je en nouant le préservatif et remontant mon collant. Il me complimenta en disant qu'il avait jamais baisé une telle salope et qu'a son âge un petit cul comme le mien c'était incroyable. Nous nous rhabillâmes, je regarda rapidement les photos et un court extrait de la vidéo pour voir s'il avait géré, cela était pas incroyable mais suffisait a largement prouver la validation du défi, je lui réclama une dernière photo en revenant sous un lampadaire du bourg. Je releva mon pull et lui demanda de tenir mon sein où il y'avait écrit "Pute" pour une ultime photo souvenir, il accepta, je tenais la capote pleine a coté de mon autre sein et faisait mon plus beau sourire pour l'investigateur d'une telle folie !
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Je le laissa a quelques-mètres de notre lieu de rencontre, je fis une photo de la capote pleine dans la paume de ma main et la lança dans un ravin puis je rentra chez mon grand-père au pas de course !
A peine rentrée, ma cousine me demanda où j'étais passée ? Elle m'avait appelée dehors plusieurs fois mais je n'avais jamais daigné répondre, je mentis alors a tout le monde en disant qu'une amie m'avait appelée en larmes car son enfoiré de mec l'avait plaquée le soir de Noel donc j'avais fait quelques pas en la réconfortant ... Mon excuse attendris tout le monde, ils plaignirent ma copine fictive tout en insultant ce goujat imaginaire ! Sauvée, j'espère que mon vilain père de famille s'en était aussi bien tiré de son coté sur les bobards ...
Le reste de la soirée fut paisible, j'avais la sensation d'avoir fait le plus dur. C'est au moment du coucher que je choisis de passer à l'action pour le selfie, ma cousine se lavait les dents et je faisais mine de me brosser les cheveux dans son dos en étant sur les réseaux-sociaux ... Je la laissa cracher dans l'évier une fois, deux fois et me jeta a l'eau sur un timing où elle rinçait sa bouche au goulot de l'évier ! Je souleva assez discrètement mon pull en lui tournant le dos pour découvrir mon sein marqué par mon Maitre, j'appuya sur le bouton de capture et rebaissa instantanément le tout avant qu'elle ne redresse la tête, je vérifia la photo, par miracle elle était réussie.
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Seule dans ma chambre, j'ai enfin pu relâcher la pression, j'ai cru fondre en larmes tellement j'étais soulagée et fière d'avoir réussie, je m'empressa de me mettre en pyjama puis d'aller déballer mon cadeau que j'avais si durement mérité !
Une boite blanche et rectangulaire était entre mes mains, elle semblait assez luxueuse, je compris a la lecture de la marque a quoi j'avais affaire "Womanizer" ... Je connaissais de nom, de réputation cette marque de sextoys mais jamais néanmoins je n'en avais fait mention a mon Maitre ou n'avais même pensé un jour m'en acheté un. En ouvrant la boite pour voir l'objet en question, je découvris une autre lettre :
" Si tu lis ceci c'est que tu as validé tes défis, félicitations ! Je t'ordonne maintenant d'essayer mon cadeau et de m'envoyer un snap/vidéo où tu me remercies pendant que tu l'utilises, j'ai préalablement chargé l'appareil au complet pour que tu t'amuses toute la nuit si besoin ! Apprivoise bien ton nouveau jouet, tu m'en feras une démonstration a notre prochaine séance, j'espère qu'il comblera tes besoins quand je ne peux être présent pour toi, Joyeux Noel petite pute"
Après un rapide tour dans la salle de bain pour me faire un brin de toilettes après toutes ces péripéties, je me glissa sous la couette avec mon nouveau jouet pour l'essayer, j'envoya un premier snap a mon Maitre en écrivant dans le chat "Défis réussis, je suis au lit avec mon cadeau", j'alluma le Womanizer et le positionna sur mon clitoris prête a me laisser-aller a la découverte.
Les aspirations débutèrent et je n'étais pas plus convaincue que cela, je m'étais trop imaginée que cela ressemblerait a un vrai cunni/une vraie langue mais la fonction intelligente du sextoy qui variait automatiquement et aléatoirement entre les différents modes et intensités commençait a me séduire, je rêvassais épuisée sur l'oreiller alors que mon partenaire virtuel s'occupait de mon clitoris a son rythme et sa convenance entre mes cuisses sans que je n'ai rien a faire ! Je repensais a la visite sans finesse de mon Maitre qui était venu me remplir, a mon inconnu et ce qu'on avait fait sur ce sentier, a sa bedaine que je sentais sur mes fesses pendant qu'il tapait en moi, a sa vilaine bite que j'avais dévoré comme une affamée pour le faire bander, a tout ce foutre qu'il avait évacué dans la capote de mon Maitre, a son refus initial et le résultat final, a la salope que j'étais, a la chaleur qui emplissait mon bas-ventre a cet instant !
Je commençais a jouir, je mordais dans l'oreiller alors que je remuais du bassin sur cette petite ventouse qui me titillait de plus en plus intensément le clito, je regardait les photos de mon amant éphémère, la courte vidéo de son sexe qui me lime, la photo de dépravée sous le lampadaire, la photo de sa capote bien remplie, son foutre épais dont j'avais maintenant envie de l'avaler pour rendre fière mon propriétaire ... L'orgasme montait, j'étais en transe, je retourna vite sur Snapchat pour filmer, je remercia mon Maitre pour son cadeau en me touchant la poitrine alors que la jouissance approchait, je n'avais pas effacée son tatouage de Noel et lui montrait, j'avais encore mon plug alors je filma sans tabous le bijou et je termina mon snap par un beau plan sur mon sexe qui était recouvert par son cadeau qui ne me lâchait plus ! Je mordit a pleines dents dans l'oreiller et étouffa mon orgasme sous les draps, éteignit mon nouvel ami et repris mon souffle totalement perchée sur un nuage de plaisir ...
Un premier snap tomba : "Content que ça te plaise, passe une bonne nuit"
Un second arriva dans la foulée "PS : tu peux maintenant évidemment retirer ton plug, tu me le ramèneras la semaine prochaine. J'attends toutes les preuves par mail d'ici Lundi soir avec ton compte-rendu, t'es une bonne fille".
Je m'endormie en étant épanouie et comblée tant sexuellement que spirituellement, je suis une pute immorale, une trainée sans tabous, une salope irrécupérable mais avant tout une chienne docile fière d'avoir été dressée par un pervers qui me stimule et me déprave toujours davantage !
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Ce premier Noel BDSM fut inoubliable pour moi, il clôtura une année intense et me força a accepter de laisser Lady Bitch exister davantage en dehors de mes séances avec mon Maitre, je n'existe que pour le servir et le satisfaire, merci a lui d'avoir su faire de moi celle que je suis aujourd'hui !
A chaque fois que j'utiliserais mon Womanizer, je me rappellerais de ce Noel, de ce que j'ai du faire pour l'obtenir, de ce que j'ai été cette soirée là et j'imagine que je reviendrais de temps en temps ici pour relire ce récit afin de me souvenir et revivre cette soirée ... un womanizer entre les cuisses :stuck_out_tongue_winking_eye:
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Madeleine chapitre 6 : la relation Anna Vanessa évolue.
Anna à un sourire contrit. Elle ne sait pas comment faire pour utiliser Vanessa.
Elle décide de prendre exemple sur Monique et madeleine et pour commencer estime que Vanessa sera chargée de satisfaire tous ses besoins et le premier c’est voir ou elle pourrait positionner son jouet pour qu’il soit décoratif.
Elle s’ingénie à ligoter Vanessa dans des positions humiliantes.
Elle commence par lui faire prendre une position couchée sur le dos les bras et les jambes liés ensemble et écartés au maximum pour que son sexe soit le plus offert possible.
Sur les conseils de madeleine elle teste dans cette position différents godes vibrants et magic wand. Les réactions de Vanessa sont diverses entre le fou rire dû aux chatouilles et les gémissements lorsqu’Anna retire l’engin juste au moment où Vanessa allait jouir le tableau est plaisant.
Ensuite elle la positionne à genou les mains sur la tête tenant un petit plateau pour déposer un pot de fleur. La position n’est pas difficile à tenir, il y a juste le vibro inséré dans ses entrailles qui empêche Vanessa de rester totalement immobile.
Enfin elle teste le canapé et Vanessa à quatre pattes lui sert de repose pieds.
Monique et madeleine rient des efforts d’Anna pour se montrer une bonne dominatrice elles lui disent qu’il y a encore du taf et qu’elle est trop gentille avec sa copine.
Pour le repas du soir Vanessa sert sa nouvelle maitresse en y mettant de la conviction pour être à la hauteur des deux autres jouets.
Enfin pour la nuit Anna peut disposer de la chambre d’ami en emmenant Vanessa avec elle.
Tôt le matin Monique et madeleine entrouvrent la porte de la chambre d’ami et voient qu’Anna et Vanessa sont pelotonnées l’une contre l’autre sans aucune attache pour Vanessa.
Lorsqu’Anna et Vanessa arrivent dans la cuisine pour le petit déjeuner l’accueil est convivial et Vanessa s’acquitte de sa tache de jouer avec servilité.
Mais lorsque le petit déjeuner est terminé Monique et madeleine décide qu’Anna n’a pas été à la hauteur et qu’elle est trop douce avec Vanessa.
Elles décident donc d’inverser les rôles.
Anna est déçue mais effectivement la domination n’est pas son fort. Elle se dit que Vanessa va faire comme elle et n’est pas trop gênée.
Vanessa qui ronge son frein depuis plusieurs jours n’a qu’une envie c’est de montrer à tous qu’elle peut être particulièrement efficace dans ce rôle.
Elle essaye de cacher sa joie mais décide de surprendre tout le monde en se montrant particulièrement dure.
Elle commence par ligoter Anna comme un saucisson de la tête aux pieds. Anna est couchée par terre et ne peut pas bouger du tout si ce n’est en rampant come un ver de terre.
Vanessa la tire par les pieds pour que son corps soit parallèle au canapé.
Puis Vanessa prend le martinet et ordonne à Anna de lui lécher les pieds.
Anna hésite mais un coup de martinet la décide et elle se tortille pour arriver au niveau des pieds de Vanessa.
Celle-ci lui ordonne d’y mettre plus de cœur et lui donne un coup de martinet.
Anna fait ce qu’elle peut mais un autre coup la surprend.
En larmes elle atteint enfin le pied de Vanessa avec sa langue et commence doucement à la lécher. Tu vas y mettre plus d’ardeur dit Vanessa en lui donnant un autre coup de martinet.
Anna lèche avec frénésie. Elle ne veut plus recevoir de coup et y met toute son énergie. Les coups s’arrêtent. Puis quelques minutes plus tard Anna épuisée ralentie et aussitôt un coup de martinet la surprend. Je ne t’ai pas dit de ralentir petite chienne dit Vanessa avec colère. Anna replonge sa langue avec frénésie.
Cela dure encore dix minutes et Anna est épuisée. Vanessa la repousse enfin durement avec les pieds et lui dit de rester là en silence sans bouger.
Vanessa voit qu’une des croix de saint André est libre et décide d’y mettre Anna. Elle ordonne aux deux jouets de l’y mettre en serrant bien les liens et en mettant le bâillon boule.
Quelques minutes plus tard Anna toujours en larmes est solidement attachée à la croix.
Vanessa va chercher son sac à main et sort un kit de piercing qu’elle s’était acheté dans la semaine après avoir vu le corps orné de Magalie. Elle voulait l’utiliser sur elle mais l’occasion de s‘entrainer sur un autre corps lui est offerte.
Anna qui a une cagoule sur la tête ne voit pas arriver Vanessa mais sent l’odeur de l’antiseptique.
Elle sent qu’on lui triture un mamelon qui s’érige malgré elle.
Le mamelon est pris par une espèce de pince. Soudain une douleur incroyable la tétanise. Vanessa vient de lui enfiler une aiguille en travers le téton à vif. Elle hurle dans le bâillon mais seul un gémissement étouffé est entendu.
Puis elle sent que l’aiguille est remplacée par autre chose. Elle n’a qu’une crainte c’est que le deuxième sein y passe. Ce qui arrive quelques secondes plus tard. De nouveau la douleur est insupportable et elle crie autant qu’elle peut en vain.
La douleur est lancinante. Elle avait bien pensé à se faire percer les seins mais pas dans ces conditions.
Alors qu’elle reprend son souffle elle sent une main lui tâter le sexe. Elle s’affole car elle a les plus grandes craintes. Ses craintes sont justifiées car bientôt son clitoris est pris dans la pince. La douleur est encore plus grande que pour les seins.
Bientôt Vanessa la laisse enfin tranquille. Elle pleure et la douleur est intense.
Madeleine propose à Vanessa de faire boire un verre avec un sédatif pour la douleur. Elle ne précise pas qu’elle a mis de sa potion réservée aux femmes dedans. Anna boit avec circonspection le verre que Vanessa lui met dans la bouche.
Après quelques minutes l’effet se fait sentir et Anna ressent moins la douleur. En revanche elle a envie de baiser ce qui la surprend.
Vanessa voit qu’Anna va mieux. Elle la décroche de la croix de saint André et lui laissant toujours la cagoule elle la fait s’agenouiller face à elle assise dans le canapé.
Un coup de martinet cingle les fesses d’Anna.
Elle est surprise et tente sa chance en plongeant la tête vers l’endroit où elle suppose être l’entrecuisse de Vanessa.
Celle-ci lui dit. Tu as bien compris ton unique but dans la vie est de me faire plaisir. Alors mets du tien petite chienne.
Anna broute avec vigueur le sexe de Vanessa qui ronronne sous la caresse.
Anna poursuit son œuvre pendant un temps qui lui semble infini. Vanessa somnole sur le canapé mais ne dispense pas Anna de lécher.
Elle se réveille complétement lorsque madeleine annonce qu’il va être l’heure de l’apéritif et ordonne aux deux jouets d’aller le préparer.
Vanessa fait stopper Anna et la détache complétement en lui enlevant la cagoule et le bâillon.
Elle lui dit de se mettre face à elle en bombant la poitrine et en mettant ses mains derrière le dos. Anna hébétée s’exécute et peut voir l’air satisfait de Vanessa.
Celle-ci la fixera pendant tout l’apéritif qu’Anna pourra juste regarder.
Le repas se passe dans la cuisine mais Anna n’est pas conviée elle doit rester dans la position que lui a indiqué Vanessa.
Après le repas Vanessa indique qu’elle veut faire une sieste et emmène Anna avec elle dans la chambre.
La alors qu’Anna croyait que Vanessa allait relâcher la pression celle-ci lui met les menottes dans le dos et un bâillon boule.
Anna est surprise et veut le faire savoir en gémissant dans son bâillon mais Vanessa lui assène deux coups de martinet en lui disant que désormais elle resterait son esclave pour toujours.
Anna est sidérée et s’allonge au pied du lit sans rechigner quand Vanessa lui ordonne.
Vanessa se couche et réfléchit à sa relation avec sa meilleure copine Anna. Elle n’a jamais autant jouit d’avoir tant de prise sur sa copine qui lui obéit au doigt et à l’œil.
Anna de son côté se demande ce qui lui arrive. Elle est outrée d’être ainsi malmenée par sa meilleure opine, surtout l’épisode du piercing qui lui laisse une douleur diffuse lancinante mais en même temps elle aime être traitée comme cela.
Elle sent une profonde chaleur dans tout son être et se demande si cela vient de la potion de madeleine ou de ce que lui fait subir Vanessa.
Vanessa se sent forte et puissante. Elle a envie d’avoir plusieurs jouets mâles et femelles comme madeleine et Monique.
Elle se voit dans une grand pièce réservée aux jouets exposées dans toutes les positions les plus humiliantes et suggestives possible.
Ça l’excite au plus haut point et décide de continuer son rêve éveillé en chevauchant la bouche d’Anna qui s’applique à la faire jouir sans rechigner.
Elle n’a pas les moyens dans son appartement actuel de créer une telle pièce mais si elle contraint Anna à vivre avec elle comme jouet elles pourront louer une plus grande maison avec la possibilité de faire une pièce d’exposition de jouets encore plus grande que celle de madeleine et Monique.
Après un nième orgasme elle se relève et suivie de son nouveau jouet elle rejoint les deux femmes qui la félicitent pour son travail de dresseuse.
Le reste du weekend se déroule à merveille pour Vanessa qui a gagné le respect des ainées et qui a gagner un jouet en prime.
Elles quittent ensemble les deux ainées et au moment où Anna veut récupérer sa voiture, Vanessa la plaque contre la portière de la voiture et lui dit n’oublie pas que tu es mon jouet maintenant. Retourne-toi et enlève ta veste.
Étonnée Anna se retourne enlève sa veste.
Vanessa lui menotte les mains dans le dos, repose la veste sur les épaules d’Anna et la referme.
Tu vas passer la nuit chez moi j’ai des grands projets pour nous.
Anna ne veut pas faire d’esclandre et suit malgré elle Vanessa jusqu’à la voiture de cette dernière.
Vanessa la force entrer dans le coffre et démarre la voiture. Anna dans le noir du coffre hésite entre la gêne et l’euphorie.
Elle a kiffé être à la merci de sa copine qu’elle ne connaissait pas si perverse. Poursuivre un peu le jeu ne lui déplaît pas.
Arrivées chez Vanessa celle-ci fait sortir Anna du coffre et l’emmène jusque dans son appartement ou dès l’entrée elle déshabille entièrement Anna.
Tu seras mieux comme ça lui dit-elle. Il faut qu’on voie tes beaux piercings. Malgré elle Anna redresse les épaules pour mieux montrer ses seins ornés de deux magnifiques anneaux en or que madeleine à prêter à Vanessa.
Vanessa lui laisse les mains attachées et elles passent la fin de la soirée dans le salon l’une assise sur le canapé et l’autre à genou face à elle occupée à la lécher.
En fin de soirée Vanessa lui dit il faut qu’on habite ensemble. Comme ça je pourrais mieux profiter de toi. Anna ne sait pas quoi penser. Elle aime la situation présente mais elle n ne sait pas si elle veut aller plus loin.
Elle se donne le temps de la réflexion et passe la nuit au pied du lit de Vanessa.
Le lendemain très tôt les filles se lèvent. Il faut aller récupérer la voiture d’Anna et se préparer pour aller à leur travail respectif.
Anna promet à Vanessa de revenir chez elle après le travail.
Vanessa et Anna ont pris leurs marques.
Chaque soir Anna passe rapidement chez elle pour le courrier et prendre des habits pour le lendemain et ensuite se rend chez Vanessa ou elles passent une soirée torride entre elles.
Anna se laisse conduire par Vanessa qui assoit de plus en plus son emprise.
Un soir Vanessa lui dit qu’elle a trouvé la maison idéale pour qu’elles habitent ensemble. Docile Anna libère son propre appartement comme Vanessa et trois mois plus tard elles emménagent dans la belle maison choisit par Vanessa.
Anna n’a pas droit à une chambre. Le futon au pied du lit de Vanessa est suffisant et elle a droit à une minuscule partie du dressing de Vanessa pour ses propres vêtements.
Sur les ordres de Vanessa elle ne porte plus de sous-vêtements et ne dispose que de quelques tenues très sexy qui attirent autant le regard des hommes que des femmes.
Anna se sent désirée et sait que ça fait plaisir à sa maitresse.
La plus grande pièce de la maison est transformée en toys room.
Anna n’a pas le droit d’entrer dans cette pièce tant que Vanessa n’a pas fini de la réaliser.
Anna se doute qu’il doit s’agir d’une pièce réservée à des jeux sexuels dont elle sera la victime. Elle est excitée par avance et a hâte de découvrir la pièce.
Enfin la pièce est terminée Vanessa met un bandeau sur les yeux d’Anna et la fait pénétrer dans la pièce.
Anna est désappointée car elle ne peut rien voir.
Le sol est en parquet mais après quelques pas elle marche sur un tapis épais.
Vanessa la retourne et la fait reculer.
Son dos heurte une poutre en bois. Elle est adossée à une croix de saint André. Vanessa la ligote sur la croix et Anna doit passer la nuit-là sans rien n’avoir vu de la pièce.
Le lendemain matin Vanessa la détache et la sort de la pièce avant de lui enlever le bandeau.
Quelques semaines plus tard Vanessa dit à Anna : Ce soir je reçois du monde. Je compte sur toi pour bien te tenir.
Anna est inquiète.
Se balader nue et obéir à tous les ordres de Vanessa quand elles sont deux est très excitant mais elle n’a pas envie de s’exhiber devant des inconnus. Elle fait une grimace et Vanessa lui dit rasure toi ça se passera bien ce sont deux de mes copines.
Anna n’est pas rassurée pour autant. Vanessa voit son visage chiffonné et lui dit de toute façon je ne te demande pas ton avis tu feras ce que je t’ordonne et c’est tout ce que tu dois penser. D’ailleurs on va répéter ta prestation.
Le soir Sidonie et martine deux copines de Vanessa mais aussi d’Anna sonnent à la porte de la maison. Vanessa les accueille chaleureusement.
Elle leur propose de prendre l’apéritif ensemble avant de visiter la maison. Les deux filles suivent Vanessa dans le salon. Anna n’est pas là demande martine.
Si répond Vanessa elle prend la pose pour la première photo.
Martine qui est photographe professionnelle a, sur la demande de Vanessa, emmené son appareil photo.
Elle dit : Mais on ne va pas la laisser tenir une pose pendant qu’on prend l’apéritif. Pas de problème la position n’est pas fatigante tu verras dans quelques minutes.
Martine attend, impatiente de voir dans quelle pose sera Anna pour la première photo.
Les trois filles prennent un verre en devisant sur leurs conquêtes respectives et Vanessa leur dit qu’elle aimerait bien se trouver un garçon pour elles seule.
Finalement Vanessa leur propose d’aller voir Anna pour faire la première photo.
Elle leur dit que c’est une photo un peu particulière et qu’elles vont être surprises.
Martine et Sidonie sont impatientes de voir ça.
Vanessa au moment d’ouvrir la porte de la toys room leur explique que c’est une pièce destinée aux jeux entre Anna et elle mais qu’elle est ouverte à d’autres volontaires.
Puis elle ouvre la porte et les filles pénètrent dans une pièce entièrement dédiée au bondage.
Là elles n’ont pas le temps de voir tous les accessoires car face à elles, Anna est exposée ligotée sur une croix de saint André.
Elle est nue juste ornée de bijoux sur les seins et avec un bandeau sur les yeux et un bâillon boule qui la fait un peu baver sur son corps.
Vanessa leur dit. Au fait je ne vous l’ai pas dit mais Anna est ma propriété désormais. N’est-ce pas Anna. Celle-ci hoche la tête.
Les filles sont abasourdies. Elles s’approchent d’Anna et contemplent le corps magnifique de celle-ci. Elles ont presque envie de toucher la peau appétissante sur laquelle perle un peu de sueur.
Voilà dit Vanessa je voudrais mettre quelques photos d’Anna sur les murs de cette pièce.
J’aimerais qu’elles soient grandeur nature.
Ça donnera de la chaleur à la pièce.
Tu te sens capable dit-elle à martine qui est toujours estomaquée. La professionnelle reprend le dessus et martine répond qu’elle peut faire de belles photos.
Elle se propose d’aller chercher le trépied et quelques accessoires de prise de vue dans la voiture.
Pendant qu’elle est partie Sidonie demande à Vanessa comment elle a pris possession d’Anna.
Celle-ci lui raconte leur expérience chez madeleine et Monique en omettant la tentative d’enlèvement avortée et lui dit que c’est venu naturellement entre elle et Anna.
Sidonie lui dit moi je n’aimerai pas être un jouet ou une esclave de quelqu’un.
Tu n’as jamais essayé lui répond Vanessa tu es peut être une dominatrice qui s’ignore ou une esclave qui n’a pas trouvé son maitre.
Sidonie reste songeuse. De quel côté aimerait elle se retrouver. Elle n’a pas de réponse mais trouve la position d’Anna très excitante.
Martine revient. Elle installe son appareil et prend plusieurs photos d’Anna.
Vanessa décide de faire une autre pose.
Elle décroche Anna de la croix et la mets à genoux sur une table basse avec les bras tendus en hauteur accrochés par une chainette à un anneau fixé au plafond.
Martine prend des photos avec ou sans bâillon. Puis la position suivante est à genou les mains derrière la tête et les épaules arquées pour faire ressortir la magnifique poitrine d’Anna.
Les genoux sont bien écartés pour laisser apparaitre l’anneau d’or qui travers le clitoris d’Anna.
Sidonie aide Vanessa à positionner et ligoter Anna. Elle frôle plus que besoin la peau d’Anna et ressent une profonde excitation.
Enfin après plusieurs positions Vanessa décide de faire une photo de couple avec elle assise nue sur le canapé les jambes écartées et Anna à genou face à elle le visage plongé dans l’entrejambe.
Martine essaye de rester pro mais ressent un profond trouble en voyant la scène.
Sidonie qui continue à aider plus que de besoin Vanessa fini par dire qu’elle aimerait bien être à la place de celle-ci.
Vanessa lui propose alors de la remplacer et de faire quelques photos avec elle.
Sidonie hésite et Vanessa lui dit que ce genre d’occasion ne se présente pas tous les jours. Sidonie finit par craquer et se déshabille en un tournemain.
Elle est bien foutue et Vanessa se dit qu’elle l’ajouterait bien à sa collection.
Sidonie prend la place et les lèvres d’Anna touchent son sexe humide.
Aller Anna fait ton boulot ordonne Vanessa.
Après quelques secondes d’hésitation Anna commence à lécher Sidonie qui grimpe rapidement aux rideaux.
Martine est en sueur et son regard est fixé sur la scène qui se déroule devant elle.
C’était la dernière prise. Sidonie se relève à contre cœur et Anna reste dans sa position attendant le prochain ordre de Vanessa.
Celle-ci fait signe à martine de prendre la place encore chaude de Sidonie.
Martine dit non mais Sidonie lui dit tu devrais en profiter c’est magique.
Vanessa l’encourage de la main et finalement martine craque aussi et se retrouve assise sur le canapé en se disant qu’elle faisait ça pour ne pas avoir l’air bloquée devant ses copines.
La bouche et la langue d’Anna sont démoniaques et elle en profite merveilleusement. Finalement ça valait le coup.
Vanessa sonne la fin du jeu et propose aux filles de passer à table. Celles-ci sortent à regret de la pièce et se dirigeait vers la salle à manger tandis que Vanessa détache Anna et l’embrasse pour son comportement magnifique.
Elle rejoint les convives et elles passent à table.
Quelques minutes plus tard Anna habillée en soubrette vient les servir.
Sa tenue ne cache rien elle a un minuscule tablier sur le nombril et un soutien-gorge qui ne fait que souligner le bas de ses seins qu’il expose aux regards.
Des talons aiguilles interminables lui font des mollets galbés magnifiques et un petit collier en tissus autour du coup et un bâillon boule complètent la tenue.
Anna aime le regard envieux des deux filles qui sont surement jalouses d’elle et de Vanessa.
Elle fait le service en silence et accepte avec joie les caresses que Vanessa lui donne chaque fois qu’elle la frôle.
La soirée est presque plus normale et les filles prennent un dernier verre dans le salon ou Anna se tient à genou aux pieds de Vanessa.
Lorsqu’elles repartent les deux filles sont déçues de quitter le couple qui les a fortement marquées. En leur for intérieur elles se demandent si elles n’aimeraient pas être à la place de l’une des deux hôtesses même si en discutant elles affirment ne pas être intéressées.
A suivre.
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Madeleine : Chapitre 5 : La trahison de Vanessa.
Comme prévu les deux jeunes femmes ont quitté la maison le dimanche en promettant de revenir le weekend suivant.
Monique et madeleine décident de profiter du temps qu’elles ont avant le retour des jeunettes pour penser à ce qu’elles pourraient inventer comme scénarii pour le weekend à venir.
En consultant les sites spécialisés elles font quelques achats idoines.
De son côté Anna est encore sous le choc de ce weekend incroyable. En fait elle n’avait jamais fait un dixième de ce qu’elle avait prétendu et découvert beaucoup de choses lors de ce weekend. Depuis elle fantasme chaque instant s’imaginant à la place de Magalie subissant les outrages les plus pervers de la part de nombreux personnages plus lubriques les uns que les autres.
Elle se réveille à chaque fois en sueur et excitée comme jamais. Finalement elle a hâte d’être au weekend pour vivre ses fantasmes.
Invariablement dans ses rêves elle est ornée de bijoux encore plus beaux et voyants que ceux de petgirl. Peut-être devrait-elle songer à visiter un atelier de piercing.
Vanessa pour sa part garde un souvenir plus mitigé du weekend passé. Elle n’avait qu’une vague idée de ce qu’elle prétendait et a été extrêmement surprise de ce qui lui est arrivé. Elle garde une dent contre les deux ainées à qui elle voudrait rendre la monnaie de leur pièce. Elle y réfléchit mais n ne sait pas comment s’y prendre.
Si seulement elle pouvait leur piquer un des jouets.
Elle en parle avec un de ses ex avec qui elle a gardé de bonnes relations. Il se voit déjà faisant une partie à trois avec la captive que lui décrit Vanessa.
Il se propose avec un de ces potes un peu louche d’aider Vanessa en surprenant les deux propriétaires actuelles de la captive.
Les garçons proposent d’accompagner Vanessa puis de maitriser les deux femmes et d’embarquer la captive directement et de repartir.
Les femmes n’oseront pas prévenir la police car elles sont déjà grandement hors la loi.
Vanessa est d’accord. Elle se présentera au rendez-vous le vendredi et ses deux complices surgiront lorsque la porte s’ouvrira.
Le weekend arrive vite.
Anna contacte Vanessa pour lui demander si elles se rendront ensemble chez Madeline et Monique. Vanessa hésite et lui dit qu’elle n’est pas sure d’y aller. Tant pis pour la parole donnée.
Anna est déçue mais ne lui fait aucun reproche.
Elle a vraiment envie d’y aller au-delà du pari et de la parole donnée.
Elle est persuadée qu’elle va encore découvrir des jouissances inconnues jusque-là.
Le vendredi soir Anna se présente seule au domicile de Madeline et Monique. Celles-ci l’accueillent avec enthousiasme et la félicitent de tenir sa parole. Anna est emmenée dans la pièce des jouets.
Là elle voit une panière dans laquelle elle doit mettre tous ses vêtements et à coté un collier en cuir qu’elle devra mettre autour de son cou. Puis attendre les ordres.
Vanessa commence à se déshabiller lorsque la sonnette retentit. Ça doit être Vanessa qui remplit sa part du deal.
Monique va ouvrir.
Effectivement c’est Vanessa. Au moment où celle-ci entre, deux hommes qui s’étaient dissimulés surgissent et sautent sur Monique qui n’a pas le temps de crier.
Une main est posée sur sa bouche et son bras est tordu en arrière.
Elle voit que Vanessa est complice car celle-ci dirige les hommes vers la pièce des jouets.
Madeleine est aussi surprise que Monique et ne peut pas résister à l’homme qui lui saute dessus.
Anna n’ose pas bouger.
Vanessa montre Magalie et dit aux hommes c’est elle qu’on embarque. Elle se tourne vers Monique et madeleine et dit c’est en dédommagement de ce que vous m’avez fait subir.
Magalie et Kevin qui sont aveuglés par leurs cagoules sont impuissants.
Vanessa approche de Magalie et les deux hommes regardent la captive avec des yeux exorbités.
Elle est vraiment canon et ses bijoux intimes soulignent ses formes voluptueuses.
Les hommes sont déjà en train d’imaginer ce qu’ils vont pouvoir faire avec ce bibelot royal.
Madeleine et Monique profitent de la négligence des hommes pour se concerter et sortent subrepticement leurs seringues qui ne les quittent jamais.
Ensemble elles chacune piquent la cuisse de l’homme qui la maitrise.
Les hommes sursautent à la piqure.
Ils veulent tabasser les deux femmes pendant que Vanessa commence à détacher Magalie.
Monique et madeleine parent les coups comme elles peuvent. Heureusement, au bout de quelques secondes les coups ralentissent et cessent alors que les deux hommes s’effondrent.
Monique et madeleine se relèvent et ensemble, poussées par la colère, elles sautent sur Vanessa qui est surprise de voir ses deux complices effondrés.
Elle se défend comme une tigresse mais est tout de même maitrisée par les deux femmes.
Bientôt elle est menottée, bâillonnée et jetée dans un coin de la pièce.
Effarée elle voit les deux femmes détacher Magalie et Kevin et installer les deux hommes à leurs places.
Puis les femmes refont tune piqure aux hommes qui peut à peu sortent de leur léthargie.
Ils ruent comme ils peuvent mais les liens sont solides et le bâillon qui leur a été mis les empêche de crier.
Madeleine et Monique reprennent leur souffle assises sur le canapé. Elles invitent Anna à rentrer chez elle en lui disant que sa peine est levée pour ce weekend.
Anna disparue les deux femmes se demandent ce qu’elles vont faire.
Elles ne peuvent pas appeler la police et si elles relâchent les deux hommes ceux-ci seront des dangers permanents pour elle.
Sauf si on a un dossier contre eux dit madeleine. Monique lui demande quel dossier. Madeleine lui répond des images et des films ou ils sont en positons peu glorieuses qu’on pourrait jeter sur le net.
Monique comprend enfin. C’est sûr que si on poste des photos ou ils se font enculer ils perdront toute crédibilité dans leur entourage.
Les hommes qui ont compris n’ont pas l’intention de se laisser faire.
Ils ne peuvent pas empêcher les deux femmes de les déshabiller intégralement.
Utilisant le protocole déjà bien rodé avec Kevin elles détachent le premier qui se retrouve à genou les mains menottées dans le dos.
Elles lui installent un collier anti aboiement et lui ôtent le bâillon.
Il jure et crie quelques secondes avant que les décharges successives le laissent quasiment ko et silencieux.
Elles remplacent le bâillon par un écarteur de mâchoires.
Elles détachent Kevin et le font assoir sur le canapé.
Puis elles fouettent l’homme pour qu’il se rapproche de la bite de Kevin.
Il faut une trentaine de coups pour qu’il craque.
Prenant son visage à deux mains madeleine lui enfourne la bite de Kevin entre les lèvres.
Kevin qui bandait sans retenu et qui est toujours aveugle apprécie qu’on le suce et fait des va et vient pour se branler dans la bouche de ‘homme.
Au moment où il va tout lâcher madeleine lui retire la bite de la bouche de l’homme et le puissant jet de sperme arrose la face de l’homme qui enrage.
C’est le tour du deuxième qui n’a pas perdu une miette de ce que vient de subir son pote.
Il résiste à peu près autant et finalement a droit aussi à une belle giclée de sperme de Kevin.
Les deux hommes sont rattachés et madeleine leur fait boire un verre d’eau dans lequel elle a mis une dose massive de cocktail stimulant.
Les deux hommes ont rapidement le sexe en érection.
Elles reprennent le premier et le remettent dans la même disposition.
Puis elles détachent le deuxième et à coup de martinet comme auparavant elles l’amènent face au cul de son pote.
Il est mis à genou et il est guidé et pénètre le cul.
Malgré lui, la puissante envie de baiser lui fait faire des mouvements d’avant en arrière pendant que son pote toujours en érection est maintenu par une femme et rue en vain.
La jouissance finit par arriver au grand dam des deux hommes.
Les femmes inversent les rôles et bientôt le deuxième se déverse dans le premier.
Quelques minutes après les deux hommes sont de nouveau en érection.
Monique et madeleine s’équipent avec des godes ceintures et sodomisent gaillardement les deux victimes.
L’heure qui suit est consacrée à d’autres humiliations des hommes.
Enfin madeleine leur annonce qu’elle a transmis les films à plusieurs amies qui ont pour consigne, si quelque chose arrive aux deux femmes, de les semer sur les sites pornos de la toile et promet qu’elles feront en sorte que leurs connaissances soient avisés des jolis films dans lesquels ils tiennent la vedette.
Les hommes sont atterrés. Vanessa est recroquevillée dans son coin. Elle est sure de passer un sale quart d’heure.
Monique et madeleine proposent aux hommes de les libérer et de les laisser partir si elles n’entendent plus jamais parler d’eux.
Ceux-ci sont d’accord d’autant plus que Monique les a mis en joue avec un fusil de chasse.
Une fois détachés les hommes se rhabillent rapidement et quittent la maison sans un regard pour Vanessa.
Monique et madeleine se retournent vers elle. On a gagné un nouveau jouet je crois dit Monique. Ça tombe bien dit madeleine j’ai un bon ami qui m’a passé commande pour un jouet bien dressé.
Vanessa est livide. Et ce n’est que le début pour elle.
Monique et madeleine laissent Vanessa ligotée par terre. Elles sont épuisées de leurs aventures et ont quelques bleus et courbatures qui leur rappellent le combat avec les deux malfrats.
Elles se servent un verre car le temps a filé.
Puis elles détachent en partie Magalie et Kevin pour qu’ils aillent faire le repas pour tout le monde.
Une demi-heure après Monique et madeleine mangent un plateau repas pendant que les deux jouets mangent dans leur gamelle par terre.
Vanessa git toujours dans son coin.
Madeleine s’adresse à elle. Avec ce qu’ont subis tes copains tu vas passer un sale quart d’heure quand ils vont te retrouver.
Vanessa blêmit. Ses copains ne sont pas des anges madeleine continue. On va te garder ici le temps qu’ils t’oublient et le temps que tu payes ta dette. Il est hors de question que tu retournes au travail lundi.
Vanessa baisse la tête elle ne s’attendait pas à mieux.
Tu vas apprendre à devenir un bon petit jouet. Pour commencer tu vas apprendre à te servir de ta langue pour nous faire plaisir.
Madeleine s’approche de Vanessa et change ses liens. Vanessa se retrouve à genou face au canapé les mains liées dans le dos et une cagoule aveuglante sur la tête.
Voilà. Tu vas attendre ici et des que quelqu’un te touchera la tête tu te mettras au boulot immédiatement sans une seconde de délai.
Sinon c’est le martinet. Tu verras avec lui on progresse vite.
Joignant le geste à la parole madeleine touche la tête de Vanessa qui hésite car elle ne voit rien et ne sait pas comment faire.
Un bon coup de martinet lui cingle les fesses.
Elle avance la tête tout doucement.
Un deuxième coup un peu plus appuyé.
Elle ne peut s’empêcher de pousser un cri et cherche plus avec sa tête.
Enfin elle touche une cuisse. Un coup de martinet encore plus fort la fait sursauter et elle plonge sa tête en avant vers ce qui semble être sa cible.
Elle butte contre une bite en érection.
Elle a un mouvement de recul car elle s’attendait à un sexe féminin.
Un coup de martinet et elle se jette sur la bite en l’enfournant prestement.
Voilà ! Tu ne comprends pas vite mais je pense que tu vas faire des progrès.
Vanessa s’applique à sucer et bientôt un puissant jet de sperme lui envahit la bouche. Elle avale autant qu’elle peut et ne cesse pas de sucer pour autant. On lui repousse la tête et la bite sort de sa bouche. Elle hésite et attend tous le sens en éveil le coup de martinet ou la tape sur la tête pour lui indiquer de recommencer.
C’est la tape sur la tête. Immédiatement elle plonge la tête en avant et en moins de deux secondes elle trouve un sexe et le lèche consciencieusement. Ce coup-ci elle n’a pas de coup de fouet.
La soirée se passe ainsi. Elle est en attente et plusieurs fois elle est mise à contribution. Elle prend ses marques et maintenant elle tombe quasiment juste sur le sexe dès qu’on effleure sa tête.
Bien ! Reprend madeleine. Tu vas passer la nuit à ta place. Les ordres ne changent pas si on te touche la tête tu réagis immédiatement sinon… Vanessa sent la caresse des brins du martinet sur ses fesses t comprend bien l’allusion.
Elle passera une nuit difficile à cause de la position et les sens aux aguets du moindre bruit.
Au milieu de la nuit alors qu’elle somnole elle entend des pas légers près d’elle. Elle se préparer et au moment où on lui touche la tête elle plonge droit devant et butte sur un sexe féminin qu’elle lèche immédiatement. Elle ne saura pas qui elle a léché.
Le lendemain elle est amenée à la douche par Kevin et Magalie sous la vigilance des deux femmes.
Elle a droit à une gamelle pour le petit déjeuner qu’elle avale consciencieusement. Puis elle retrouve sa position à genou dans la salle des jouets.
La journée est très longue et elle n’est mise à contribution que trois ou quatre fois. Elle décide de faire avec diligence tout ce qu’on lui demandera pour qu’elle soit un peu mieux traitée comme le sont les deux jouets maintenant.
Au bout d’une semaine sa bonne conduite commence à payer et elle n’est plus constamment anchée avec la cagoule. Elle porte en permanence un collier anti aboiement et goutte plusieurs fois à la croix de saint André.
Le vendredi soir Anna se présente comme promis pour respecter son pari perdu avec madeleine.
Elle est surprise en arrivant dans la salle des jouets de voir une jeune femme à genou devant le canapé avec une cagoule sur la tête et semblant attendre quelque chose.
Monique lui demande par gestes de se déshabiller entièrement et de s’assoir sur le canapé en face de la jeune femme.
Au moment où elle s’assoit elle voit que la jeune femme se tend. Ça l’étonne mais lorsque Monique touche légèrement la tête de la jeune femme celle-ci se jette immédiatement en avant et écartant avec vigueur les cuisses d’Anna elle commence à la brouter avec conviction.
Bien Vanessa tu a du reflexe maintenant on va pouvoir faire quelque chose de toi.
Anna est sidérée. C’est sa copine Vanessa qui la broute avec acharnement.
Qu’en penses-tu Anna elle a du talent non ? demande Monique à haute voix. Vanessa s’arrête de lécher sous l’effet de la surprise. Un coup de martinet et elle reprend son travail complétement désespérée de se comporter en esclave devant sa meilleure copine.
Anna déglutit et dit : effectivement elle est douée pour ça.
Si elle ne va pas assez vite n’hésites pas à utiliser le martinet elle comprend bien avec ça. Dit Monique.
Anna est sidérée mais peu à peu la langue agile et les lèvres douces de Vanessa la propulsent vers un orgasme inattendu.
Ce weekend Vanessa sera ton jouet. Il faudra que tu en uses et abuses sinon on inversera les rôles.
A suivre.
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Ce soir nouveau jeu, nous avons quelques jouets intéressant à notre disposition et ça stimule mon imagination.
Elle entre dans la chambre, nue. (pas de consigne particulière ce soir, je suis ravis de cette initiative)
Je lui souris, elle à les yeux qui pétillent de malice. Elle est magnifique. Elle à compris que ce soir j’ai des envies particulières.
Je m’approche et lui pose un bandeau. Je lie ses mains à l’avant et l’embrasse, lui caresse les fesses, mon désir et déjà parfaitement visible (dommage qu’elle ne le voit pas... mais elle m’a déjà attrapé, elle caresse ma queue d’une main et mes couilles de l’autre, c’est divin)
Je la guide vers le lit.
- Met toi à quatre pattes.
Elle monte à genoux sur le lit et se met en position, dos cambré. Elle m’offre ses fesses avec ardeur. Je crois qu’elle à très envie, ce soir, que je joue avec son corps, avec son plaisir. Son désir éveille le mien plus encore. Elle sait à quel point j’aime la regarder, l’écouter dans son plaisir.
Je pose mes mains sur ses fesses, les caresses, les pétris. Ma main droite descend doucement, glisse vers l’intérieur de ses cuisses, remonte et effleure ses lèvres, elle se cambre sous ma caresse, s’offre à elle.
Je n’y tien plus, je me penche et ma langue va chercher son clitoris, elle gémis, elle soupir, elle adore ça. Je la lèche, la suce, me glisse en elle, cherche son plaisir, le provoque, j’aime sa chatte, son minou, j’aime lui offrir ma langue et elle y répond parfaitement.
Ma langue remonte et commence à titiller son anus, elle se tortille, elle adore ça.
Je me redresse,attrape le petit dildo (nous en avons plusieurs, j’adore varier les plaisirs) et l’introduit doucement dans son vagin, les vas et viens sont lents, doux, je veux la faire monter doucement. Je me place derrière elle, place ma cuisse pour maintenir le dildo en elle, attrape une corde, la noue autour de sa taille et la place entre ses cuisses. Je tend un peu et fais un nœud au niveau du dildo, écarte les cordes et me reprend sur l’avant (de cette manière, son anus est parfaitement accessible, libre de caresses).
Je reprend le contrôle du gode, le fais à nouveau aller et venir en elle, ma langue cherche son bouton, l’excite, le caresse, le lèche, le suce. Elle se tortille de plus en plus , son corps réclame son due. ( putain, j’aime la faire jouir, j’aime son corps qui se tortille de plaisir, ses gémissements, ses cris)
A nouveau, je me redresse.
Paf, paf
J’accentue le mouvement du dildo.
Paf, Paf
Deux belles claques sur les fesses. Ses fesses rosissent légèrement, ses cris me disent qu’elle en demande encore.
Paf,Paf
- Oui.
Paf, Paf
- Ohh
Ma langue à nouveau caresse son anus. Nouveau gémissement. J’attrape le plug en verre (tous les jouets sélectionnés ce soir son à porté de mains, le bandeau évite qu’elle sache à quelle sauce je vais la déguster) , je le mouille de salive et le place sur son anus, je sais qu’elle va s’ouvrir, j’appuie légèrement, elle s’ouvre et laisse entrer l’objet, le dildo limite un peu le passage, j’appuie un peu plus, il entre en elle dans un petit gémissement.
Mon forfait accompli, je me redresse, me place derrière elle, la redresse, l’attrape par les seins, les pressent, les caressent, les pétrissent. Ma main descend entre ses cuisses et fais glisser le gode en elle, ma queue raide, caresse ses fesses, ses reins. Elle bouge ses fesses pour bien caresser mon sexe. Ses mains attachée l’empêche de me caresser, je sens qu’elle aimerais glisser ses mains sur mes fesses, m’inciter à la pénétrer.
J’attrape la baguette magique, la pose sur son clitoris et tourne la molette, elle s’appuie dessus ravis de cette arrivée. Je détache la corde, retire le dildo et la pénètre, je m’enfonce en elle, je la possède, elle s’offre à mon sexe. Mes aller et retour en elle son lents, mais très appuyer, je suis tendu, très raide, très excité, je la sens bien et elle aussi, j’en suis certain. Je la bascules en avant et la pénètre plus profondément, mes mouvements son plus rapide, plus pressant, je veux son plaisir, la faire jouir. Je vais et viens en elle, encore, j’accélère mes mouvements, ralentit, accélère encore, Je me retire, la prend à nouveau. Mon plaisir monte, mon désir bien plus encore.
Je me retire, insert à nouveau le dildo en elle et remet la corde en place. Je retire délicatement le plug de son anus et la pénètre, elle est très étroite, très serrée, le dildo me comprime, l’excitation est forte et je sent que pour elle aussi. Je bouge en elle, doucement d’abord puis plus vite, plus fort, plus profondément. Notre plaisir monte rapidement. J’attrape le vibro, le plaque sur son clito et tourne la molette à fond. Elle hurle son plaisir, elle crie, elle va jouir et moi aussi. J’éjacule en elle et me retire rapidement, le dildo me comprime vraiment. J’arrête le vibro, détache la corde, retire le gode et la libère. Je m’effondre sur le lit, épuisé, repus. Elle s’allonge prêt de moi et me donne un baisé.
- Merci ma chérie.
- Merci mon amour.
Je nettoie les jouets, les range, nous prenons une douche et allons nous coucher.
- Bonne nuit mon chéri.
- Bonne nuit ma belle.
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Les deux couples se sont rencontrés dans un bar. Entre, Christine et Marc, et Sylvie et Jean, le courant est tout de suite passé. Surtout entre les deux femmes. Elles se sont vite rendu compte qu’elles avaient les mêmes centres d’intérêt, et surtout qu’elles avaient très envie l’une de l’autre. Si elles ont à peu près la même taille, Christine est plus fine que Lydia. elles ont toutes les deux une superbe poitrine.
Deux belles plantes en tout cas se sont vite embrassé, léché, , essayé différents jouets , ont fini par se déshabiller entièrement pour mieux se lécher. « Leurs seins sont incroyables, tu ne trouves pas Marc ? » Beaucoup plus grand que Marc, Jean et leur a tout de suite indiqué qu’il « aimait aussi beaucoup les hommes ». Mince, très peu poilu, 1m80, Marc a toujours beaucoup plus aux hommes sans jamais aller plus loin. . C’est dire s’il a besoin de son soutien pour franchir le pas et prendre la superbe bite de Jean en bouche. Mais là quel bonheur de la sucer longuement, de lui lécher ses couilles, de venir, revenir. Et Jean qui prend son contrôle, dit : « Vous avez vu cette belle salope. » Et les femmes de rire : « C’est bien qu’il se rende compte ce que c’est de sucer ! »
Sylvie et Christine sont nues sur le canapé. Marc est à quatre pattes devant Jean et le suce. Jean fait pénétrer son sexe de plus en plus loin dans sa bouche. Sylvie se lève. S’installe derrière Marc et commence à lui pincer les seins. Marc bande à son tour quand elle le prend en main : « Viens me prendre ». Elle se place en levrette. Il se retourne, la pénètre, prend ses seins à pleine main. Très excitée Christine se dirige vers Jean et le suce à son tour. Pour la première fois ils partagent le même sexe.
« Mais vas-y. suce le ! » Celle qui encourage ainsi son compagnon, Léopold, à sucer le sexe particulièrement long de leur ami Jean-Philippe c’est Chrystèle. Avec Lydia, la femme de Jean-Philippe, elles se sont bien amusé, léché, pénétré et elles considèrent que c’est maintenant à leurs hommes de prendre le relais. Peu habitué aux aventures homosexuelles et surtout très gèné de le faire devant sa compagne, Léopold hésite. Pédagogue Jean ne le force pas. Ces dames l’encouragent puis Chrystèle décide de prendre les choses en main ou plutôt la tête de Léopold vers le sexe de Jean : « Suce le. C’est un ordre ».
« Tu veux que je prenne ton mec ? » demande Jean. « Vas-y » répond Sylvie, heureuse de lui imposer des figures qu’elle connaît maintenant très bien après presque dix mois de libertinage. Jean s’avance. Met un préservatif. Lubrifie le cul de Marc. S’avance. « Tu vas aimer », promet Sylvie à son mec. « Tu vas aimer. Jean est un expert, il a une grosse bite et il va te défoncer le cul pour ton dépucelage, il veut faire de toi une vraie petite salope." dit Christine tout en se faisant baiser. Marc sent l’autre homme qui s’approche, son long sexe qui bat centre ses fesses. Il commence sa pénétration. Pour une première Marc tombe sur une très grosse queue, le sexe de son amant a une longueur appréciable et un calibre impressionnant, il le déflore brutalement lui faisant mal à l'anus en l'enculant, Marc geint comme une femme. Sous les coups de boutoir, il débande et Sylvie avec Christine vont admirer le spectacle. Jean décide de retourner Marc pour le prendre par devant : « Voilà, soit une bonne femelle, je veux que tu deviennes une vraie salope qui aime que je l'encule, même si cela fait mal car tu es un maso.». Il rebande même peu à peu. Christine se dit que rien ne sera plus comme avant. Sylvie a décidé de prendre part au jeu. Elle apporte deux godes ceintures : « Mets ça chérie, tu vas me prendre. Et moi je vais prendre Jean ».
. Les deux hommes se prennent. Sylvie prend son homme. Christine prend Sylvie.
« Ca t’a plu ?
- Tu veux dire de me faire prendre ?
- Oui.
- Tu voudras recommencer.
- Pourquoi pas ?
- Je savais que tu étais une lopette et maintenant je vais te faire enculer tous les week end.
- Oui Maîtresse. »
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La Checklist BDSM est un outil d’expression pour connaître les possibilités du dominé
Accessoire indispensable au Maitre ou à la Domina, la Checklist BDSM est un outil de travail à mettre en place dans toutes relations sexuelles SM et BDSM. Elle permet de se connaître mutuellement et de jouer en respectant les envies, les désirs et les limites de chacun. Chaque protagoniste a des fantasmes et des possibilités qui lui sont propres. Il a également des devoirs et obligations afin que la relation D/s soit aussi enivrante qu’enrichissante. Plus qu’une lecture coquine, cette check list est le recueil des envies et possibilités de l’esclave. C’est le seul moyen connu pour laisser libre expression à la soumise ou au soumis en ce qui concerne ses goûts et dégoûts pour toutes les activités sexuelles qui peuvent entrer dans une relation Dominant /soumis. Aussi indispensable que le contrat BDSM, cette liste non exhaustive est mise en place simultannément au modèle de contrat BDSM afin d’asseoir toutes les pratiques pouvant être effectuées avec la personne dominée. En cas de pluralité d’esclave, chacun a la sienne qui lui reste propre. La future partenaire s‘oblige à remplir le plus honnêtement possible chacune des colonnes en gardant l’esprit libre de ses réponses. Le Maitre n’est pas autorisé à juger, il prend simplement note des indications pour concrétiser les jeux érotiques en fonction de celles-ci. Parfaite pour mettre à nu les sentiments profonds vis-à-vis de certaines pratiques SM et sexuelles, le partenaire répond au questionnaire avec franchise et rigueur en ayant pleine conscience de ce qui lui est demandé.
Checklist BDSM, un accessoire intime évolutif et ludique
Essentielle, la Checklist BDSM reste un pilier majeur de la relation erotique liant la Maitresse et son esclave. Souvent, le Dominant remplit lui aussi le même document pour dévoiler ses envies et attentes, mais certaines soumises attestent que cela enlève parfois un peu de piment et de mystère à la relation. Associée à un univers sexuel empli de confiance, elle n’a de reste d’être en constante évolution avec l’âge, les mœurs et la pratique. Bien entendu, une fois remplie, la checklist BDSM ne doit pas être prise comme une liste de pratiques à faire immédiatement, les unes après les autres. Elle ponctue plutôt le chemin de l'évolution de la personne dominée. Une soumise peut toujours, avec l’accord de son Dom, ajouter ou exclure des agissements contenus dans la liste initialement mise en place. Celle-ci n'est jamais figée ou statique mais évolutive pour le plaisir des partenaires. La Checklist BDSM doit être mise à l’étude pendant des moments de repos où l’élève prend son temps pour répondre et analyser. Une fois terminée, elle est relue autant que nécessaire pour s’assurer de ses choix et apporter les corrections voulues. Une fois dans les mains du Dominant, elle lui ouvre cérébralement toutes les portes du désir pour mettre en place lors de séances ou de jeux extrêmes propices à la satisfaction de la soumise.
La Checklist BDSM est le lien direct entre la soumise et son Maitre
La Checklist BDSM se doit d’être simple et compréhensible de tous. Si un doute survient, le soumis doit demander conseil à sa Maitresse. La check est bien entendu rédigée dans la langue de l’esclave. Elle est le lien direct entre les participants et sa présence rassure afin que les pratiques choisies par le Dom soient en adéquation avec le plaisir du dominé. Un document unique et personnel qui vous suit dans toute votre sexualité BDSM. Une façon de se dévoiler qui à prendre au sérieux et qu’il faut éditer avec attention. Le Maître et la Maîtresse sont guidés par cette liste dans toute approche, démarche et choix BDSM.
Pour vous aider dans votre démarche notre magasin, vous propose une checklist BDSM et son mode d'emploi. Il va de soi que chacun doit l'adapter en fonction du contexte. Pour un BDSM soft certains paragraphes sont à supprimer. Pour des jeux plus extrêmes, chaque ligne à son importance. L'usage et toute utilisation de cette checklist BDSM gratuite ne saurait en aucun cas relever de la responsabilité du sexshop ilxelle. Elle s'adresse à des personnes majeures, responsables et consentantes qui peuvent l'utiliser en usage privé.
Checklist BDSM mode d’emploi
Pour remplir votre check-list, notre sexshop BDSM vous conseille d’apporter les annotations nécessaires à chaque colonne.
1. Dans la première colonne, se trouve la mention "Essayé".
Vous annotez :
• O comme Oui si vous avez déjà essayé
• N comme Non si vous n’avez jamais essayé
• SO comme Sans Objet si vous estimez ne pas être concerné.
2. La seconde colonne de la Checklist BDSM est une ressource pour connaître votre degré d’envie. Une notation de 0 à 5 permet à votre Maitre ou Domina de vous situer dans votre désir.
Vous annotez :
• 0 - vous n’en avez pas envie
• 1 - la pratique vous indiffère
• 2 – vous avez une envie faible
• 3 – vous aimez
• 4- vous aimez beaucoup
• 5 – vous ne pouvez vous en passer
3. La troisième colonne est un indicateur de difficultés. La graduation de 0 à 5 permet à la Maitresse ou au Maître de connaître votre réticence à effectuer une pratique sexuelle.
Vous annotez pour cette colonne :
• 0 – trop difficile. Impossibilité pour l’instant. A revoir ultérieurement avec plus de pratique ou jamais.
• 1 – très difficile mais faisable avec progression, pas d’un seul coup
• 2 – difficile mais réalisable
• 3 – assez facile
• 4 – facile
• 5 – ne pose aucun problème
Prévoyez un long moment de tranquilité avant de commencer et bonne analyse de vos désirs ! ;)
Exemple de checlist BDSM
Essayé Envie Difficulté Observations
Abrasion de la peau
Adoration de la chatte
Adoration des bottes
Adoration des mains
Adoration des pieds
Adoration des talons hauts
Adoration du pénis
Agacement sexuel ou teasing
Anuslingus
Asphyxie
Attache bras dans le dos levés
Attache debout bras écartés
Attache debout bras levés
Attache sur tréteau
Baguette ou badine
Bâillon
Bâillon avec tape bondage
Bâillon Ball Gag ou harnais
Bâillon en tissus (linge ou sous vetement)
Bandeau sur les yeux
Barre d'écartement
Bestialité
Bondage avec barre
Bondage avec cordes
Bondage avec sangles
Bondage difficile
Bondage léger
Bondage Shibari
Bondage sur longue période
Boule Quiès
Brosse à cheveux
Brûlure au fer rouge
Cage
Cage de chasteté
Cagoule
Camisole de force
Canne rigide
Canne souple
Carcan stocks
Ceinture de chasteté
Chaîne
Changement de nom
Chatouilles
Chiot humain
Cire chaude
Claques au visage
Claques aux seins
Collier en cercle privé
Collier porté en public
Contrôle orgasmique
Correction douce
Correction dure
Corset
Corvée domestique
Cravache
Crochet anal
Dilatation
Domestique ou bonniche
Dormir attaché
Échangisme
Égratignures
Electrosexe
Emprisonnement
Enfantilisme
Épilation à la cire
Épilation complète
Épingle à linge
Etirement des testicules ou ball stretching
Étouffement
Étranglement
Examens medicaux
Exercice physique forcé et obligé
Exhibitionnisme
Exhibitionnisme avec des amis
Fantasme de viol
Fantasme de viol par un groupe
Féminisation forcée
Fessée
Fessée avec accessoires
Fessée avec martinet
Fessée sur les genoux
Fétichisme
Fisting
Fouet à lanière
Fouet de dressage
Fouet single tail
Fouettage de la chatte
Fouettage des seins
Fouetter le corps entier
Fouetter le dos
Fouetter le penis
Fouetter le ventre
Fouetter les cuisses
Fouetter les fesses
Fouetter les mollets
Gifle
Glaçon
Gode ceinture
Harems servitude avec d'autres soumises
Harnais cuir
Harnais d'orgasme forcé
Harnais en corde
Hommage avec la langue
Homosexualité forcée
Huiles érotiques
Humiliation
Humiliation en privé
Humiliation en public
Humiliation verbale
Injection
Interrogatoire
Jeu de groupe
Jeu de rôle
Jeu d'urine
Kidnapping
Lavement anal
Ligotage des seins
Ligotage japonais
Ligotage léger
Ligotage par Sarah wrap
Lutte
Marquage au fer rouge
Massage
Masturbation avec les seins
Masturbation forcée
Menottes cuir
Menottes en sangle
Menottes métal
Menottes pour pouces
Mise au coin
Mise aux enchères
Model pour photo érotique
Mors de cheval
Morsure
Nudité forcée
Nudité partielle ou complète imposée
Obéir aux ordres
Orgie
Pénétration double
Pénétration triple
Perçage temporaire
Piercing
Pilori
Pinces à linge sur le corps
Pinces aux seins
Plug anal
Poids pour seins
Pose de cathéters
Position à genou
Privation de sommeil
Privation sensorielle
Privation sexuelle
Prostitution fantaisiste ou réelle
Rasage
Restriction de parole
Restriction des contacts visuels
Rites d'initiations
Scarification
Scatophilie
Scène de prison
Scène extérieure
Scène filmée
Scène médicale
Scène religieuse
Se faire battre doucement
Se faire battre durement
Se faire battre par une canne
Se faire choisir la nourriture
Se faire choisir les vêtements
Se faire donner à une autre personne dominante
Se faire donner la morale
Se faire imposer de la nourriture
Se faire imposer des vêtements/sous-vêtements
Se faire mordre
Se faire servir sexuellement
Se faire vendre à une autre personne dominante
Sermon, leçon en cas de mauvaise conduite
Servir comme mobilier, pièce d'art
Servir comme toilette
Servir comme un poney
servir oralement
Servitude forcée
Servitude imposée
Sexe anal
Sexe génital
Sexe par téléphone
Spéculum
Strapping
Suspension
Suspension bras attachés derrière
Suspension en position debout
Tatouage
Tenue en laisse en cercle restreint
Tenue en laisse en privé
Tirer les cheveux
Tirer ou tordre les parties génitales
Tirer ou tordre les tétons
Uniforme
Vêtement de latex
Vêtement de lycra
Vêtement érotique
Vêtements osés en cercle restreint
Vêtements osés en privé
Voyeurisme
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Louis Aragon disait :
Tant que j’aurai le pouvoir de frémir
Et sentirai le souffle de la vie
Jusqu'en sa menace
Tant que le mal m’astreindra de gémir
Tant que j’aurai mon cœur et ma folie
Ma vieille carcasse
Tant que j’aurai le froid de la sueur
Tant que ma main l’essuiera sur mon front
Comme du salpêtre
Tant que mes yeux suivront une lueur
Tant que mes pieds meurtris me porteront
Jusqu’à la fenêtre
Quand ma nuit serait un long cauchemar
L’angoisse du jour sans rémission
Même une seconde
Avec la douleur pour seul étendard
Sans rien espérer les désertions
Ni la fin du monde
Quand je ne pourrais veiller ni dormir
Ni battre les murs quand je ne pourrais
Plus être moi-même
Penser ni rêver ni me souvenir
Ni départager la peur du regret
Les mots du blasphème
Ni battre les murs ni rompre ma tête
Ni briser mes bras ni crever les cieux
Que cela finisse
Que l’homme triomphe enfin de la bête
Que l’âme à jamais survive à ses yeux
Et le cri jaillisse
Je resterai le sujet du bonheur
Se consumer pour la flamme au brasier
C’est l’apothéose
Je resterai fidèle à mon seigneur
La rose naît du mal qu’a le rosier
Mais elle est la rose
Déchirez ma chair partagez mon corps
Qu’y verrez-vous sinon le paradis
Elsa ma lumière
Vous l’y trouverez comme un chant d’aurore
Comme un jeune monde encore au lundi
Sa douceur première
Fouillez fouillez bien le fond des blessures
Disséquez les nerfs et craquez les os
Comme des noix tendres
Une chose seule une chose est sûre
Comme l’eau profonde au pied des roseaux
Le feu sous la cendre
Vous y trouverez le bonheur du jour
Le parfum nouveau des premiers lilas
La source et la rive
Vous y trouverez Elsa mon amour
Vous y trouverez son air et son pas
Elsa mon eau vive
Vous retrouverez dans mon sang ses pleurs
Vous retrouverez dans mon chant sa voix
Ses yeux dans mes veines
Et tout l’avenir de l’homme et des fleurs
Toute la tendresse et toute la joie
Et toutes les peines
Tout ce qui confond d’un même soupir
Plaisir et douleur aux doigts des amants
Comme dans leur bouche
Et qui fait pareil au tourment le pire
Cette chose en eux cet étonnement
Quand l’autre vous touche
Égrenez le fruit la grenade mûre
Égrenez ce cœur à la fin calmé
De toutes ces plaintes
Il n’en restera qu’un nom sur le mur
Et sous le portrait de la bien-aimée
Mes paroles peintes
Louis Aragon ~ Le roman inachevé
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Summer m’accompagne dans la pièce qui sert de vestiaire. Je mets mes vêtements de Notasulga, jean et tee-shirt un peu défraîchis. Je lui dis :
— J’ai des beaux vêtements, mais...
— Tu veux les ménager ? Pas de problèmes.
Je remplis un sac avec le peu que j'ai... Le plus important étant les photos et les dessins de Bobby, je lui dis :
— Je dois passer un coup de téléphone à un ami pour le prévenir de mon départ.
Ça n’a pas l’air de la déranger. J’appelle Bobby pour lui expliquer ce qui se passe :
— Un producteur m’emmène à Hollywood ! Dès que j'ai la possibilité, je te dis où je suis et tu me rejoins.
— Oh, oui, je viendrai. N’oublie pas.
— Promis, sinon je ne t’aurais pas appelé. Tu seras mon photographe. Bon, je dois y aller, bisous.
On retourne dans la salle VIP. Monsieur et Madame, ou plutôt Enzo et Ruby, puisqu’ils ne sont plus mes patrons, sont là, avec Sam. Celui-ci leur dit :
— Je ne veux pas vous léser, que voulez-vous en échange ?
Enzo répond :
— Si c’était possible, on voudrait avoir le secteur ouest.
— D’accord, il est à vous.
Ils sont ravis. J’ai été échangée contre le secteur ouest ! C’est un peu spécial, non ? Ils m’embrassent et me disent :
— Bonne chance, tu deviendras une star.
Qu’est-ce qu’ils sont gentils, tout à coup. On passe dans le club, j’embrasse Alan, qui m’a remplacée par la rousse, et puis les filles. Tout le monde me souhaite bonne chance.
On sort pour monter dans une voiture. C’est le garde du corps qui conduit, Sam se met devant et nous, les filles, on va à l’arrière. Après avoir collé Alan, je colle Summer. C’est quand même stressant de partir avec des inconnus, la nuit. Son contact me rassure, tellement elle a l’air sûre d’elle.
On commence à voir de plus en plus d’indications pour l’Aéroport International Hartsfield-Jackson. Je leur demande :
— On va prendre l’avion ?
Les deux filles me regardent comme si j’avais dit une grosse connerie. Pussycat répond :
— On est à 3500 km de LA. Nous allons traverser tout le sud des USA. Tu as déjà pris l’avion ?
— Non, jamais.
Et, je ne le dis pas, mais oui, j’ai la trouille. Le garde du corps nous dépose devant l’entrée, puis il va rendre la voiture. À son retour, on va vers la police ou les douaniers, je ne sais pas. Sam me dit :
— J’aurais dû penser à te demander si tu avais un passeport. Sinon, un permis de conduire, ça va aussi.
Je sors de mon sac ma "social security card", oubliée un jour dans la poche d’un jean mis en machine. Je lui tends. Il la prend entre deux doigts d’un air dégoûté, en disant :
— C’est tout ce que tu as ?
— Oui...
Gros soupir. Il y a du monde en pleine nuit, dans cet immense aéroport. Je suis devant Summer. Le policier regarde ma carte d’un air aussi dégoûté que Sam. Summer, qui est derrière moi, lui dit :
— C’est ma cousine et elle est un peu demeurée, Monsieur. Elle a lavé un jean en machine en oubliant sa carte dedans.
Il me regarde et je prends un air stupide. Si, si, j’y arrive. Il me dit :
— C’est bon, mais il faut demander une nouvelle carte d’urgence.
— Oui M’sieur, merci M’sieur.
Il vérifie aussi ma carte d’embarquement et on se retrouve devant les portiques de détection. On doit mettre les bagages à main sur un tapis roulant et tout ce qui est métallique sur un plateau. Summer passe, puis moi, juste après. Et là... je sonne.
Un policier me demande :
— Vous avez du métal sur vous ? Des bijoux intimes ?
Après l’avoir regardé, un peu ahurie, pour de vrai cette fois-ci, je lui réponds :
— Des bijoux intimes ??
— Des anneaux ou des piercings ?
— Non, Monsieur.
Pussycat me dit :
— Ce sont tes vêtements qui sonnent, enlève-les.
Ah ? Bon ! J’ôte mon tee-shirt et mon jean et je passe toute nue dans le portique. Je ne sonne plus, chouette ! J’ai fait ça tellement vite que les policiers n'ont pas réagi... Peut-être parce que ça les amuse.
Un homme siffle, un autre applaudit, tandis qu'une mémère grommelle quelque chose sur "l'impudeur des jeunes"... Avec un grand sourire, un policier me dit :
— Levez les bras pour qu’on soit sûrs.
C’est clair, ils s’amusent. Ils vérifient mes vêtements, mais il n’y a rien de spécial. Un des policiers me dit :
— On a passé un bon moment, grâce vous... Vous pouvez y aller, mais, rhabillez-vous d'abord.
J’enfile mes vêtements. Sam me regarde, amusé, lui aussi. Il me dit :
— On ne passe pas inaperçu avec toi !
Tant mieux. Je demande à Summer :
— Il n’y a plus de contrôle ?
— Non, on est dans la zone des free-shops.
Sam lui tend une carte de crédit en disant :
— Je voudrais que tu habilles la petite d’une façon convenable et après, vous nous rejoignez au bar des premières
Rhabiller la petite, je n’apprécie pas tellement. Par contre, des vêtements neufs, c’est chouette. Summer m’aide à choisir, je lui dis :
— J’aimerais bien m’habiller en blanc
On choisit une robe blanche assez décolletée et une petite veste dans les roses. Oui, c’est assez voyant ! Je vais dans une cabine d’essayage assez étroite, je me rends compte que mes fesses dépassent du rideau mal fermé.
Après être sortie de la cabine, je dis à Summer :
— Vous savez, j’avais des vêtements plus habillés...
— Si Monsieur Sam te les offre, autant en profiter.
Je tourne sur moi même en faisant voler ma jupe et je lui demande :
— Comment vous me trouvez ?
— Belle et inconvenante ! Tu ne mets jamais de culotte ?
— Ben, non.
Elle m’achète encore des chaussures blanches et puis une brosse à dents, des produits de beauté et j’ajoute du Chanel n° 5. On achète aussi un sac pour nos achats. Mes autres vêtements et mes photos sont déjà dans sa valise. Cet aéroport est immense. Il paraît que c’est le plus important des USA pour le trafic.
On rejoint les autres au bar des premières classes. Le garde du corps est également là... Je bois du champagne, j’adore... Mon stress diminue grâce à Summer et aux bulles.
Sam parle un peu d’une affaire qui le préoccupe. J’attends qu’il y ait un blanc pour demander :
— Je peux vous poser une question, Monsieur Sam ?
— Vas-y.
— Là où j’habitais, près d’Atlanta, il y avait une esclave, je n’en avais jamais vu. On m’a dit que la vente n’était autorisée que depuis quelques jours. Vous en possédez, vous ?
Ils me regardent à nouveau tous comme si... je venais de la lune ou de Notasulga. Sam répond :
— Oui, bien sûr, on a quatre esclaves. C’est ma société qui gère la vente.
— Sérieux ?
— Oui... Tu es vraiment mignonne, toi.
Ça veut dire "conne", je sais. Je réponds, un peu vexée :
— Je n’avais jamais quitté Notasulga.
— Évidemment... Alors je t’explique, mon groupe a aidé le Président à être élu et grâce à ça, il nous a accordé différents monopoles, dont les esclaves...
Je suis gênée de poser la question suivante, mais tant pis, elle me brûle les lèvres :
— Est-ce que vous... les fouettez ?
— Moi, non, mais il y a une gouvernante qui est très sévère avec eux et ma fille aime aussi les fouetter. Chez mon frère, il y en a plusieurs et Pussycat en a une ou deux.
Elle répond :
— Deux et j'aime bien les fouetter. Quand je suis nerveuse, ça me calme.
Oh putain ! Cette petite conversation me va droit entre les cuisses. Sam me dit :
— Tu pourras visiter l'endroit où on les vend. Ça s'appelle "Slave Paradise". Summer t'y amènera.
— Oh oui, merci !
— Tu vas avoir Johnny Hinde comme agent, c’est le meilleur d’Hollywood et je lui ai fourni une collection d’esclaves.
Le meilleur agent qui va me représenter et visiter l'endroit où on vend les esclaves, j’adore... Je verrai sans doute des esclaves fouettées. Entendons-nous, je serai juste avec mes esclaves. Sévère, mais juste. Summer me demande :
— Tu penses à tes succès ou à tes futures esclaves ?
Je rougis en répondant :
— Un peu des deux...
On monte dans l’avion, en première classe. C’est vraiment luxueux : les fauteuils sont grands et confortables, on reçoit des boissons, même du champagne... On peut manger aussi, je choisis un morceau de tarte aux pommes avec une boule de glace. Bon... tout n’est pas parfait, le décollage me fout la trouille et à un moment, il y a eu quelques trous d’air. Heureusement, je suis à côté de Summer qui somnole.
Après avoir fait des milliers de kilomètres en un peu plus de 4 h, on atterrit à LA vers 7 h du matin. L’atterrissage est stressant aussi. Quand on descend de l'avion, je suis heureuse de me retrouver sur un vrai sol. L’avion, même en première classe, ce n’est décidément pas ma tasse de thé. Les formalités à l’arrivée sont beaucoup plus rapides. On ne doit pas passer par un portique où je peux me déshabiller, dommage... Pour moi, tout est nouveau et immense. Heureusement, les regards admiratifs des hommes me rassurent. Pendant que le garde du corps récupère les bagages, Sam nous annonce :
— On va prendre un petit déjeuner.
Cool, je n’ai mangé qu’un morceau de tarte. On va s’installer dans la cafeteria, je peux enfin commander des eggs and bacon. Ils sont même accompagnés de potatoes. Les autres se contentent de beignets, de fruits et de yaourts...
A suivre
8 Le sud d'est en ouest
Summer m’accompagne dans la pièce qui sert de vestiaire. Je mets mes vêtements de Notasulga, jean et tee-shirt un peu défraîchis. Je lui dis :
— J’ai des beaux vêtements, mais...
— Tu veux les ménager ? Pas de problèmes.
Je remplis un sac avec le peu que j'ai... Le plus important étant les photos et les dessins de Bobby, je lui dis :
— Je dois passer un coup de téléphone à un ami pour le prévenir de mon départ.
Ça n’a pas l’air de la déranger. J’appelle Bobby pour lui expliquer ce qui se passe :
— Un producteur m’emmène à Hollywood ! Dès que j'ai la possibilité, je te dis où je suis et tu me rejoins.
— Oh, oui, je viendrai. N’oublie pas.
— Promis, sinon je ne t’aurais pas appelé. Tu seras mon photographe. Bon, je dois y aller, bisous.
On retourne dans la salle VIP. Monsieur et Madame, ou plutôt Enzo et Ruby, puisqu’ils ne sont plus mes patrons, sont là, avec Sam. Celui-ci leur dit :
— Je ne veux pas vous léser, que voulez-vous en échange ?
Enzo répond :
— Si c’était possible, on voudrait avoir le secteur ouest.
— D’accord, il est à vous.
Ils sont ravis. J’ai été échangée contre le secteur ouest ! C’est un peu spécial, non ? Ils m’embrassent et me disent :
— Bonne chance, tu deviendras une star.
Qu’est-ce qu’ils sont gentils, tout à coup. On passe dans le club, j’embrasse Alan, qui m’a remplacée par la rousse, et puis les filles. Tout le monde me souhaite bonne chance.
On sort pour monter dans une voiture. C’est le garde du corps qui conduit, Sam se met devant et nous, les filles, on va à l’arrière. Après avoir collé Alan, je colle Summer. C’est quand même stressant de partir avec des inconnus, la nuit. Son contact me rassure, tellement elle a l’air sûre d’elle.
On commence à voir de plus en plus d’indications pour l’Aéroport International Hartsfield-Jackson. Je leur demande :
— On va prendre l’avion ?
Les deux filles me regardent comme si j’avais dit une grosse connerie. Pussycat répond :
— On est à 3500 km de LA. Nous allons traverser tout le sud des USA. Tu as déjà pris l’avion ?
— Non, jamais.
Et, je ne le dis pas, mais oui, j’ai la trouille. Le garde du corps nous dépose devant l’entrée, puis il va rendre la voiture. À son retour, on va vers la police ou les douaniers, je ne sais pas. Sam me dit :
— J’aurais dû penser à te demander si tu avais un passeport. Sinon, un permis de conduire, ça va aussi.
Je sors de mon sac ma "social security card", oubliée un jour dans la poche d’un jean mis en machine. Je lui tends. Il la prend entre deux doigts d’un air dégoûté, en disant :
— C’est tout ce que tu as ?
— Oui...
Gros soupir. Il y a du monde en pleine nuit, dans cet immense aéroport. Je suis devant Summer. Le policier regarde ma carte d’un air aussi dégoûté que Sam. Summer, qui est derrière moi, lui dit :
— C’est ma cousine et elle est un peu demeurée, Monsieur. Elle a lavé un jean en machine en oubliant sa carte dedans.
Il me regarde et je prends un air stupide. Si, si, j’y arrive. Il me dit :
— C’est bon, mais il faut demander une nouvelle carte d’urgence.
— Oui M’sieur, merci M’sieur.
Il vérifie aussi ma carte d’embarquement et on se retrouve devant les portiques de détection. On doit mettre les bagages à main sur un tapis roulant et tout ce qui est métallique sur un plateau. Summer passe, puis moi, juste après. Et là... je sonne.
Un policier me demande :
— Vous avez du métal sur vous ? Des bijoux intimes ?
Après l’avoir regardé, un peu ahurie, pour de vrai cette fois-ci, je lui réponds :
— Des bijoux intimes ??
— Des anneaux ou des piercings ?
— Non, Monsieur.
Pussycat me dit :
— Ce sont tes vêtements qui sonnent, enlève-les.
Ah ? Bon ! J’ôte mon tee-shirt et mon jean et je passe toute nue dans le portique. Je ne sonne plus, chouette ! J’ai fait ça tellement vite que les policiers n'ont pas réagi... Peut-être parce que ça les amuse.
Un homme siffle, un autre applaudit, tandis qu'une mémère grommelle quelque chose sur "l'impudeur des jeunes"... Avec un grand sourire, un policier me dit :
— Levez les bras pour qu’on soit sûrs.
C’est clair, ils s’amusent. Ils vérifient mes vêtements, mais il n’y a rien de spécial. Un des policiers me dit :
— On a passé un bon moment, grâce vous... Vous pouvez y aller, mais, rhabillez-vous d'abord.
J’enfile mes vêtements. Sam me regarde, amusé, lui aussi. Il me dit :
— On ne passe pas inaperçu avec toi !
Tant mieux. Je demande à Summer :
— Il n’y a plus de contrôle ?
— Non, on est dans la zone des free-shops.
Sam lui tend une carte de crédit en disant :
— Je voudrais que tu habilles la petite d’une façon convenable et après, vous nous rejoignez au bar des premières
Rhabiller la petite, je n’apprécie pas tellement. Par contre, des vêtements neufs, c’est chouette. Summer m’aide à choisir, je lui dis :
— J’aimerais bien m’habiller en blanc
On choisit une robe blanche assez décolletée et une petite veste dans les roses. Oui, c’est assez voyant ! Je vais dans une cabine d’essayage assez étroite, je me rends compte que mes fesses dépassent du rideau mal fermé.
Après être sortie de la cabine, je dis à Summer :
— Vous savez, j’avais des vêtements plus habillés...
— Si Monsieur Sam te les offre, autant en profiter.
Je tourne sur moi même en faisant voler ma jupe et je lui demande :
— Comment vous me trouvez ?
— Belle et inconvenante ! Tu ne mets jamais de culotte ?
— Ben, non.
Elle m’achète encore des chaussures blanches et puis une brosse à dents, des produits de beauté et j’ajoute du Chanel n° 5. On achète aussi un sac pour nos achats. Mes autres vêtements et mes photos sont déjà dans sa valise. Cet aéroport est immense. Il paraît que c’est le plus important des USA pour le trafic.
On rejoint les autres au bar des premières classes. Le garde du corps est également là... Je bois du champagne, j’adore... Mon stress diminue grâce à Summer et aux bulles.
Sam parle un peu d’une affaire qui le préoccupe. J’attends qu’il y ait un blanc pour demander :
— Je peux vous poser une question, Monsieur Sam ?
— Vas-y.
— Là où j’habitais, près d’Atlanta, il y avait une esclave, je n’en avais jamais vu. On m’a dit que la vente n’était autorisée que depuis quelques jours. Vous en possédez, vous ?
Ils me regardent à nouveau tous comme si... je venais de la lune ou de Notasulga. Sam répond :
— Oui, bien sûr, on a quatre esclaves. C’est ma société qui gère la vente.
— Sérieux ?
— Oui... Tu es vraiment mignonne, toi.
Ça veut dire "conne", je sais. Je réponds, un peu vexée :
— Je n’avais jamais quitté Notasulga.
— Évidemment... Alors je t’explique, mon groupe a aidé le Président à être élu et grâce à ça, il nous a accordé différents monopoles, dont les esclaves...
Je suis gênée de poser la question suivante, mais tant pis, elle me brûle les lèvres :
— Est-ce que vous... les fouettez ?
— Moi, non, mais il y a une gouvernante qui est très sévère avec eux et ma fille aime aussi les fouetter. Chez mon frère, il y en a plusieurs et Pussycat en a une ou deux.
Elle répond :
— Deux et j'aime bien les fouetter. Quand je suis nerveuse, ça me calme.
Oh putain ! Cette petite conversation me va droit entre les cuisses. Sam me dit :
— Tu pourras visiter l'endroit où on les vend. Ça s'appelle "Slave Paradise". Summer t'y amènera.
— Oh oui, merci !
— Tu vas avoir Johnny Hinde comme agent, c’est le meilleur d’Hollywood et je lui ai fourni une collection d’esclaves.
Le meilleur agent qui va me représenter et visiter l'endroit où on vend les esclaves, j’adore... Je verrai sans doute des esclaves fouettées. Entendons-nous, je serai juste avec mes esclaves. Sévère, mais juste. Summer me demande :
— Tu penses à tes succès ou à tes futures esclaves ?
Je rougis en répondant :
— Un peu des deux...
On monte dans l’avion, en première classe. C’est vraiment luxueux : les fauteuils sont grands et confortables, on reçoit des boissons, même du champagne... On peut manger aussi, je choisis un morceau de tarte aux pommes avec une boule de glace. Bon... tout n’est pas parfait, le décollage me fout la trouille et à un moment, il y a eu quelques trous d’air. Heureusement, je suis à côté de Summer qui somnole.
Après avoir fait des milliers de kilomètres en un peu plus de 4 h, on atterrit à LA vers 7 h du matin. L’atterrissage est stressant aussi. Quand on descend de l'avion, je suis heureuse de me retrouver sur un vrai sol. L’avion, même en première classe, ce n’est décidément pas ma tasse de thé. Les formalités à l’arrivée sont beaucoup plus rapides. On ne doit pas passer par un portique où je peux me déshabiller, dommage... Pour moi, tout est nouveau et immense. Heureusement, les regards admiratifs des hommes me rassurent. Pendant que le garde du corps récupère les bagages, Sam nous annonce :
— On va prendre un petit déjeuner.
Cool, je n’ai mangé qu’un morceau de tarte. On va s’installer dans la cafeteria, je peux enfin commander des eggs and bacon. Ils sont même accompagnés de potatoes. Les autres se contentent de beignets, de fruits et de yaourts...
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan pour le super dessin.
Nos livres sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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J’ai trouvé un nouveau jouet pour ma soumise alors ce soir ça va être un peu trash. Je l’ai conviée à me rejoindre dans la salle de jeu, j’ai fait un peu de place, les mômes sont couchés nous avons tout le temps de nous amuser. Elle entre dans la pièce, nue comme demandé.
Je me place derrière elle, une corde à la main.
J’attache ses poignets dans son dos et monte un harnais de poitrine (gote), très sévère, très restrictif.
- Mets toi à genoux.
Elle s’exécute. J’attache alors ses chevilles et monte deux harnais jambes repliées (futomomo) Je me penche sur elle et l’oblige à se pencher en avant, le buste entre les genoux. Je reprends une corde sur un harnais de jambe, l’enroule autour de sa taille, noue l’ensemble et me reprend sur l’autre jambe. J’attache une dernière corde dans le dos du gote, me reprend sur l’ anneau au plafond et suspend son buste. Attachée ainsi, elle ne peut plus se relever et reste parfaitement cambrée.
Elle offre son cul, son anus à mon regard et à mes jeux.
Elle commence à gémir un peu, la position est très inconfortable. Je lui pose un bâillon, ses gémissements étouffés m’excitent.
Je l’embrasse un moment, caresse son dos, ses fesses, ses seins. Je l’encourage un peu, c’est difficile mais le plaisir, l’orgasme n’en sera que plus fort, plus jouissif.
J’enduis mes doigts de lubrifiant et caresse son anus, me glisse doucement en elle, un doigt, puis deux, je la dilate et la lubrifie doucement.
Elle gémit encore, elle tente d’ouvrir un peu plus ses cuisses. J’ai un «crochet» en acier, avec une boule de trois centimètres et demi de diamètre à son extrémité et un anneau à l’autre bout, je la fais pénétrer dans son anus doucement, la fais tourner sur lui même, pousse un peu, elle s’ouvre et laisse entrer l’objet en elle. Je le pousse bien au fond, plaque la tige en acier sur ses reins et la noue sur la corde autour de sa taille.
Paf,Paf.
Deux petites claques sur les fesses, un gémissement je la laisse ainsi un petit moment, l’incite à bouger un peu son bassin, aller chercher son plaisir.
Paf,Paf….Paf,Paf,Paf…
Quelques claques bien posées sur les fesses. Elle se tortille encore.
Paf,Paf…
Encore quelques unes, elle continue à tortiller du cul. Elle adore ça (putain si ça me plais, plus elle prend son pied et plus j’aime ça).
Avec une petite cordelette, j’attache le vibro magique sur sa taille et le plaque sur son clitoris. Je tourne la molette et monte très vite en régime (avec ça ma chérie, tu vas jouir comme jamais)
j’enlève mon caleçon et lui retire le bâillon, j’ai une érection canon.
- Prends moi dans ta bouche.
- Oui, viens.
Elle ouvre la bouche et je m’enfonce doucement en elle, sa langue s’active, elle me pompe , elle me suce, elle la veut (putain si c’est bon)
- Vas-y ma belle, suce moi bien, à fond, avale moi.
Elle ouvre sa gorge et m’avale tout entier. (ça lui à pris des années avant d’y arriver, mais c’est magique et elle adore ça)
Le vibro fait son petit effet, elle gémit, elle jouit, elle m’avale, me suce, s’étouffe avec ma queue et jouit encore plus.
Je me retire, je ne veux pas jouir maintenant et j’avoue qu’avec une pipe pareille, il est très difficile de se contenir.
Je passe derrière elle, défais le nœud qui maintient le crochet en place et retire doucement la boule de son anus. Je décroche la corde au plafond et la laisse reposer les épaules au sol. J’appuie mon gland sur son anus et la laisse s’ouvrir, elle m’accueille en elle en gémissant.
Mon va-et-vient devient rapidement pressant, en plus le vribro envoie tout ce qu’il peut, c’est dément.. Je me calme un peu en dénouant le gote pour libérer ses bras, lui permettre de prendre appui au sol et retrouver le contrôle (partiel) de son corps. Je m’active à nouveau en elle, elle m’offre ses fesses, se tend, gémit encore et encore, je n’en peux plus, ce petit jeu était vraiment trop excitant.
- Je vais jouir ma belle, rejoints moi.
- Oui, viens, jouis en moi.
Il n’en fallait pas plus, pour me faire jouir, j’éjacule, j’explose en elle, le plaisir m’envahit tout entier, les spasmes de ma queue sont puissants. Je suis repus, épuisé. Je me retire, arrête le vibro et commence à dénouer les cordes pour la libérer complètement.
Elle étant ses membres doucement et me sourit.
-Merci mon amour.
- Merci à toi ma belle.
Ça t‘a plus?
-Oui, c’était vraiment spéciale.
- Oui, très.
Je l’embrasse, me relève et range un peu tout ça, il ne faudrait pas que les enfants tombent sur nos jouets demain matin.
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Le terme de "jeu" est d'usage courant lorsqu'il s'agit de relations bdsm.
Pour désigner ce que nous faisons ensemble, qui que que nous soyons, et quelle que soit notre "rôle" dans le jeu.
J'ai longtemps "joué" de la sorte.
Me servant des mecs pour mon plaisir.
Selon les règles que je leur imposais.
Ils pensaient me dominer, ce qui m'a toujours fait sourire.
Puisque c'est moi qui "jouait" avec eux.
Qui me jouait d'eux.
Mais nos "jeux" n'étaient qu'illusion.
Scénarisation de mes désirs.
Puisque les leurs ne comptaient pas.
Tout du moins pour moi.
_______________
Mais dans tout jeu il y a toujours un gagnant et un perdant.
Et quand je joue c'est pour gagner.
Je ne suis d'ailleurs pas trop mauvaise à cela :smile:.
Alors, avec toi, à cause de toi, j'ai compris un jour qu’il me fallait cesser de jouer.
Parce que la vie, ce n'est pas qu'un jeu.
Parce qu'on ne joue pas avec ses sentiments, ses désirs et ceux de l'autre.
Mais surtout parce que je ne veux plus qu'il y ait un gagnant et un perdant,
Parce que je ne veux ni perdre contre toi, ni gagner contre toi.
Mais bien gagner avec toi, que nous gagnions ensemble :smile:.
Alors, oui, ce mot de jeu, entre nous, pour ce qui est de nous, je l'ai banni de mon vocabulaire.
Et ca me convient bien :smile:.
Parce que tu m'as appris à ne plus jouer.
Mais à vivre.
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Bien sûr, Bobby ne ressemble pas du tout à Allan. Il n’est pas très grand, pas très costaud, pas très sûr de lui, mais il dessine très bien et ses photos sont splendides. De plus, il a peut-être d'autres talents. Il se jette sur ma chatte la langue la première et ça me fait constater que, oh oui, il fait ça bien ! Pearl m’a bien léchée, de peur d’être fouettée, mais Bobby, c’est un... "natural born pussy licker" (né pour lécher des chattes). Sa bouche et sa langue me titillent délicieusement. Oh ! Il la remet dans sa bouche... mais c’est pour me demander :
— Je peux plier tes jambes ?
— ... Euh, oui...
Il replie mes jambes, dans la position du bébé qu’on lange.
Ensuite, appelons un chat, un chat, il enfonce sa langue dans ma chatte et puis dans mon cul. Ça, c’est la première fois qu’on me le fait ! Il y a déjà eu des doigts et des bites qui l’ont visité, mais une langue, jamais... Et ça me plaît ! C’est tellement... intime et inconvenant ! Après une courte mais délicieuse romance entre sa langue et mon cul, il remet mes jambes dans une position normale et sa langue se remet à virevolter sur mon clito. Putain ! Il est bon ! Vous voyez, un mec comme Alan, il a l'impression, qu'il vous fait une fleur en vous enfonçant sa bite dans la bouche, mais jamais il n’irait embrasser un minou et encore moins un cul. Sa bouche, il estime qu’elle sert à donner un baiser à sa mère, pas à embrasser le cul des filles. Chacun a sa spécialité : la nuit dernière Alan m’a mis 10 cc de sperme dans la chatte et ce midi, Bobby la nettoie. Ce sont des pensées que je ne devrais pas avoir : ça m’excite trop, mais si je pense au fouet qui claque sur les fesses de Pearl, c’est pire ! Alors je lâche les amarres et le bateau de la jouissance m’emmène sur une mer de félicité ! Ou bien, pour parler normalement, je prends un super pied. Je plaque son visage sur ma chatte et je resserre mes cuisses tandis qu’il me fait jouir. C’est trop bon.... Je le lâche avant qu’il n’étouffe et, comme une chatte qui lape du lait, il nettoie ma chatte mouillée. Je me lève pour m’étirer... Bobby me demande :
— Je pourrai le refaire ?
— Tous les matins, si tu veux.
Ses yeux brillent comme ceux d’un enfant qui découvre les jouets laissés par le père Noël... Enfin, moi, je n’ai pas connu ça ! Il me dit :
— Je sais que tu vas partir bientôt. Je pourrai t’accompagner quand tu iras à Hollywood ? Mes parents me versent une rente, je te la donnerai et...
Allons bon, voilà autre chose. Est-ce que j’ai besoin de lui ? Oui, pour faire des photos et pour être mon boy, si j’ai envie. Je lui demande :
— Tu m’obéiras ?
— Oui, je te le jure.
— C’est combien la rente ?
— 750 $ par mois...
Mouais, pas énorme, mais il peut m’être utile. Je réponds :
— D’accord, je te ferai venir.
— Oh merci Ashley.
Pour le taquiner, j’ajoute :
— Mais tu devras laver mes culottes... à la main.
— Ouiiii...
Il me donne son numéro de téléphone et prend le mien. Bon, assez joué, je descends vers la terrasse, mon boy sur mes talons. Pearl ne fait aucune bêtise, ça m’énerve !
***
En fin de journée, je pars au club avec Allan. Il y a une nouvelle fille, une jolie rousse et il a l’air très intéressé. On ne s’est pas juré fidélité et bon, je vais partir dès que possible.
Vers 23 h, un groupe arrive. Il y a d’abord un homme d’une cinquantaine d’années, très noir de cheveux. Il n’est pas séduisant mais apparemment très sûr de lui, comme tous les riches. Il pourrait être Italien comme Enzo, le patron du club. Une jolie blonde l’accompagne, ça pourrait être sa fille ou sa petite fille... Il y a aussi une femme d’une trentaine d’années, une jolie brune aux yeux bleus. Sans pouvoir expliquer pourquoi, je la sens dangereuse. Enfin, il y a un homme plus jeune et costaud, sûrement un garde du corps.
Dès que Ruby voit l’homme, elle dit à une fille :
— Demande à Monsieur de venir immédiatement.
Puis elle va au-devant de l’homme en disant :
— Signor Boizano, je suis ravie de vous voir dans notre club.
Il lui tend la main et répond :
— Tu es Ruby, c’est ça ?
— Oui, Signor, l’épouse d’Enzo. D’ailleurs, le voici.
Enzo s'incline devant le nouveau venu en disant :
— Bienvenue, Signor Boizano, votre visite est un grand honneur. Si je puis vous être utile de quelques façons que ce soit...
— On est ici pour affaire et j’ai entendu parler d’une fille qui serait le sosie de Marilyn.
— Certainement... Si vous voulez, les filles vont vous installer dans la salle VIP et elle va vous rejoindre.
Eh ! Je suis connue ! Monsieur ouvre lui-même la porte de la salle VIP. Il fait signe à plusieurs filles de s’occuper d’eux. Ruby me dit :
— Va vite te changer. Tu mets la robe rouge pour faire ton numéro devant le signor Boizano. C’est quelqu’un de très important.
Non, pas possible ? À les voir ramper devant lui, je m’en doutais un peu. Après m’être changée, je me donne un coup de peigne. Puis je vais dans le club, par la porte qui donne sur la grande pièce VIP. J’entre et je prends une pose de pin up en demandant avec la voix de Marilyn :
— Puis-je danser pour vous ?
Ils sont surpris, eux ! Il faut dire que ma ressemblance avec Marilyn est... comment dire ? Hallucinante. Voilà... Le signor Boizano me répond :
— Je suis venu pour te voir et je ne suis pas déçu, tu es très belle....
— Merci Monsieur.
Je clique sur mon iPhone et la musique de "Diamonds" se fait entendre. Le son n’est pas très bon, mais je suis sûre que c’est la vue qui l’intéresse. Je grimpe sur la table. Elle est grande, ce qui me permet de danser en chantant et en me déshabillant. Je fais mon numéro pour el signor. Je commence à chanter :
— The French are glad to die for love (les Français sont heureux de mourir d'amour).
— They delight in fighting duels (ils aiment se battre en duel).
— But I prefer a man who lives (mais je préfère un homme qui vit).
— And gives expensive jewels (et qui m’offre des bijoux coûteux).
Moi, je suis tout à fait d’accord avec ces paroles. Je continue à chanter tout en me déshabillant et je termine en saluant... Et... il n’a pas mis de billet sur la table. Je lui dis :
— Ça ne vous a pas plu, Monsieur ?
— Si, si, mais je suis surpris de la ressemblance.
Ayant compris que je voulais que son admiration se transforme en espèces, il sort un billet de son portefeuille. Je me retourne et il le glisse entre mes fesses. C’est l’habitude au Club, les clients glissent les billets sous le string, entre les fesses ou ils les posent sur la table. Je le remercie et prends le billet. Oh ! c’est 100 $, mon plus gros pourboire. Je me mets à quatre pattes sur la table pour l’embrasser sur la bouche. Il a l’air surpris, les autres aussi... Peut-être suis-je un peu trop familière ? Je dis aussitôt :
— Pardon, c’était spontané.
En regardant la fille qui l’accompagne, j’ajoute :
— Je ne voulais pas... euh... marcher sur tes plates-bandes. Je suis nouvelle et...
Elle répond :
— Pas de problèmes, tu peux embrasser mon oncle. Je suis une grande fille, hein tonton Sam ?
— Mais oui, Pussycat.
Ils se foutent de moi là, Tonton Sam et Pussycat ? Il me dit :
— Assieds-toi petite, j’ai une proposition à te faire.
— Si vous voulez m’épouser, c’est "oui" tout de suite.
D’abord surpris, il finit par rigoler. Je vais m’asseoir sur une chaise en face de lui. À ses côtés, il y a Pussycat et l’autre la fille de trente ans.
Il dit à cette dernière :
— Sers-lui un verre, Summer.
Ça lui va bien, ce nom Summer. Elle remplit une coupe de champagne et me la tend. Je remercie les yeux baissés car elle m’intimide. Je vide mon verre d’un coup... et je fais un petit renvoi discret. Sam me dit :
— Tu sais qui je suis ?
— Mon plus riche client jusqu’à présent.
— Oui, mais aussi un homme d’affaires. Ma société possède un grand studio à Hollywood et je voudrais t’engager.
Oh ! Il se fout pas de moi là ? Je lui dis :
— Sérieux ?
— Oui. Bon, il faudra travailler, apprendre à jouer, à danser, à chanter...
— Oui, bien sûr, je travaillerai dur. Je veux devenir une star !
— Tu es vraiment décidée ?
— Oui.
Il me tend la main et je me lève pour la serrer. C’est tout ? On ne signe pas de contrat ? Ça me surprend, mais bon, je viens de la campagne. Summer m’explique :
— Une poignée de main avec Monsieur Sam, devant témoins, vous engage tous les deux. C’est plus important qu’un contrat.
Sam, mon nouveau patron, me dit :
— Si tu veux, pars avec nous maintenant.
Oui, mais oh ! Ça va trop vite, là ! Il me voit paniquer, tout à coup, car il sort une tablette d'une serviette et dit à Summer :
— Explique-lui.
— Oui, Monsieur Sam.
Elle me prend la main en disant :
— Viens avec moi.
On va s'asseoir côte à côte, à une table du fond. Elle ouvre la tablette, tape quelques mots et me montre le site du studio "New Hollywood Studios" en disant :
— Le studio de la société de Monsieur Sam.
Ensuite elle me montre un grand casino à Vegas, qui appartient à sa société et enfin, un site qui s'appelle "Slave Paradise" Vente d'esclaves. Je lui dis :
— C'est à lui ?
— Oui, sa société est la seule à vendre les esclaves, les shérifs ne peuvent plus le faire.
— Et, je pourrai y aller ?
— Ce n'est pas encore ouvert, mais je connais tous les gardes. On pourrait y aller et même se baigner à poils sur la plage privée...
— Et pendant le voyage, on sera ensemble ?
— Oui.
— C'est d'accord.
On se lève, elle me reprend par la main... D'accord, elle me traite comme une gamine, mais elle me rassure... On retourne près des autres, Summer dit :
— La petite part avec nous.
À suivre.
Un tout grand merci à Bruce Morgan, pour les super dessins.
Nos 7 livres sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
Mes livres non illustrés, ici : https://www.amazon.fr/Mia-Michael/e/B01MRVYT44/ref=ntt_dp_epwbk_0 …
Les planches originales des dessins des 5 "Mia sans dessous", signées par Bruce Morgan et en format A 4, sont en vente ici brucemorgan@hotmail.fr
Tous les dessins de Bruce Morgan sont ici : www.leslivresdemia.blogspot.be
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Je n’ai jamais été attirée ni fascinée par les chattes.
La mienne, je la voyais comme un simple trou à l’usage des hommes.
Pas spécialement esthétique.
Mais que je leur offrais volontiers s’ils souhaitaient l’utliser.
Pour la cravacher, la munir de pinces, la fouiller.
Avant de la défoncer.
_______________
Longtemps, je la considérais comme un orifice « vanille ».
Puisque c’est celui qu’utilisent les gens « normaux ».
C’était l’époque où je me faisais baiser.
Parce que je refusais qu’on me « fasse l’amour ».
A cause de ce mot, amour, qui me faisait peur.
Que je ne me sentais pas de jamais prononcer.
Pas plus que les mecs avec qui je couchais.
________________
C’est toi qui m’en a fait comprendre le sens.
En me faisant découvrir ce que ce pouvait être pour un homme de faire l’amour à une femme.
Qui ne consiste pas seulement à la baiser.
Mais à s’occuper d’elle, de son plaisir à elle.
En le faisant passer avant le sien.
Tu m’as appris aussi que ma chatte pouvait ne pas être qu’un trou.
Et qu’une queue, fût-elle raide,
ce pouvait être tendre aussi.
Et fait découvrir le vertige de jouir de ta bouche,
de ta langue, de tes doigts.
À mouiller sous tes caresses
pour mieux m’ouvrir à toi.
Les autres, avant toi, ne pratiquaient pas le cunnilingus.
Parce qu'un Mâle ne bouffe pas la chatte d’une salope.
Et encore moins sa mouille.
Tu m'as de même appris à te chevaucher.
Contre tous les usages, qui veulent que position de la soumise, ce soit « sous l'homme ».
Parce que ce n’est pas elle de contrôler son plaisir à lui.
Ni à décider de son rythme.
En jouant de son sexe pour le lui imposer.
Au début, j'avais du mal.
Mais j'y ai pris goût.
Parce qu'avec toi, j’ai appris qu’une chatte
ça n’a pas qu’un usage « vanille ».
Que faire l’amour ce n’est pas seulement baiser
mais une complicité, une fusion des corps et des esprits.
Que tu pouvais être tout à la fois mon Maître
et le plus merveilleux des amants.
Et aussi que me faire l'amour ne remettait pas en cause ta virilité.
Que nous pouvions être égaux dans le plaisir,
pas seulement le tien ni le mien,
mais bien le nôtre.
Alors, j’ai appris à t’aimer en retour.
Et pas uniquement pour ta queue :smile:.
_______________
J’aime toujours autant ta queue.
Que tu me baises comme une pute, une salope, une chienne.
Et je demeurerai toujours ton esclave,
Puisque c’est ce que j’ai voulu être.
Mais j’aime tout autant quand tu me fais l’amour 😀
Parce que si tu m'as donné envie d'explorer le monde avec toi.
j’apprécie aussi les voyages que l’on fait en chambre.
Alors malgré toutes les positions que nous avons déjà expérimentées ensemble,
je fais confiance à ta créativité
pour continuer de découvrir ensemble nos corps et nos désirs.
En continuant de me faire rêver de nos voyages à venir.:smile:
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Un soir ma compagne après une petite séance très agréable me dit :
-tu veux toujours m’attacher mais tu ne te rend pas compte à quel point c’est contraignant.
( ma belle si tu savais)
Si tu étais à ma place peut-être que tu arrêterais de vouloir faire ça.
-Si tu tiens vraiment à ce que je sache ce que tu ressent, tu n’a qu’a m’attacher, ça me va.
-non, je ne saurais pas faire ça et en plus je ne saurais pas quoi faire de toi.
-Ce n’ai pas un problème je vais te montrer comment monté un harnais et ensuite si vraiment tu ne sait pas quoi faire de mon corps je te dirigerai, te dirai quoi faire.
-Non, je te l’ai dit, je ne saurai pas faire ça et je ne me sentirai pas à ma place.
-Peut m’importe, je vais te montrer, je suis sûr que tu va adorer ça, de plus, après ça, tu ne pourra plus me dire que je ne sait pas ce que c‘est d’être dans le cordes.
-Comme tu voudras.
J’ai donc passer quelques heures à lui apprendre à faire un single et à monter un gote simple,histoire d’être bien verrouillé quand même, pour qu’elle ne puisse pas me dire que je n’étais pas attaché comme elle l’est habituellement, c’est une maligne, je la connaît bien ma petite soumise.
Nous voici donc prêt pour un session très spéciale, j’en frémis de plaisir.Je commence donc par me dévêtir entièrement et lui ordonne de faire de même ( je tiens absolument à ce quelle voie ma réactions aux divers actions qu’elle sera amenée à faire sur moi) mais elle hésite, je le vois bien, il n’est pas dans sa nature de diriger l’action.
Je la rassure et lui dit qu’elle n’a qu’a m’obéir comme elle le fait si bien habituellement.
-Maintenant attache moi.
-Oui
Elle est intimidée, je le sens, mais elle s’exécute et me voilà pris dans les cordes.
-Maintenant fais de moi ce que tu désir, contraint moi, donne moi tes ordres.
-Tu veux que je fasse quoi ?
-A toi de décider, tu dois bien avoir une petite idée.
-Non, je ne sais pas, enfin je n’ose pas.
Bon, ça va être plus compliqué que prévu.
-Fais moi mettre à genoux.
-D’accord
Elle m’attrape par le harnais et tente de me tirer vers le bas.
-J’ai 3 fois plus de force que toi, ce n’ai pas comme ça que tu y arrivera. Ordonne moi et oblige moi.
PAF une grande claque sur la fesse droite
-Met toi à genou (hmm, putain c’est bon, j’adore ça, elle commence à comprendre)
-Merci maîtresse.
-Non, ne dit pas ça.
-Et pourquoi pas ?
PAF( toujours la droite)
-Parce que je n’aime pas ça.
-Comme tu voudras, je ne suis toujours pas à genoux.
PAF,PAF
-A genoux
(C’est bon elle a compris cette fois, et moi je commence sérieusement à monté)
-Je le crois pas, t’es déjà tous tendu !
-Oui, alors ne me laisse pas retomber.
PAF
-Alors met toi à genoux.
Cette fois je m’exécute, je ne voudrais pas lui casser son élan.
-Et maintenant, je fais quoi ( bon sang,elle recommence)
-Approche.
-Encore.
-Met ta main derrière ma tête et tire moi entre tes cuisses.
Elle s’approche encore, ouvre légèrement les cuisses et me tire vers elle.Putain! j’adore .
Je me cambre un peu, penche la tête en arrière et glisse ma langue entre ses lèvres, je la lèche, je la suce, je joue avec ses lèvres, avec son clitoris. J’entends son souffle qui s’accélère, elle retient des petits gémissement, mais je sens que ça l’excite. J’accentue mes caresses, je sens ses cuisses qui commencent à trembler. Je tend ma langue, la durcit au maximum et me glisse en elle.
-Oh, oui, comme ça.
Humm, elle en veux encore, je sens sa main qui tire sur ma nuque pour me faire entrer encore. J’accélère le jeu de ma langue, ses cuisses tremblent de plus en plus.Je suis de plus en plus dur, la tension va commencer à devenir douloureuse.
Elle me lâche soudain, m’attrape par le harnais.
-Lève toi.
Elle me pousse en arrière, je tombe assis sur le lit. Elle me pousse encore, monte sur le lit, à genoux, et pose sa vulve sur ma bouche, Je suis aux anges, elle se lâche enfin complètement. Je lui offre ma langue avide de son plaisir.
-Encore.
Je la suce je la lèche encore et encore, elle se met sur ses pieds, s’accroupit, ses lèvres s’ouvrent, ses fesses s’écartent.
-Oui comme ça, met ta langue, oh oui, vas-y.
Je la pénètre avec ma langue, me glisse en elle, encore, je me tortille un peu, je descend pour faire glisser ma langue vers son anus.
Petit cri de surprise.
-Oui.
Je titille son anus, je le sens se dilaté doucement. Je durcit la langue et la pénètre légèrement.
-Oh mon dieu, oui. Attend.
Elle se retire et me laisse, pantelant, Je suis tendu comme un dingue, cette fois c’est vraiment douloureux.Elle s’approche à nouveau, m’enjambe prend mon sexe dans sa main.
-Dit donc t’es dans un bel état.
Elle pose son sexe sur mon gland et s’assoie sur moi, m’enfonce en elle.Putain comme c’est bon.
Elle bouge les hanches, elle se frotte contre mon ventre, je sens son plaisir monté rapidement. J’aimerais l’attraper par les fesses, lui donner le rythme, prendre ses seins dans mes mains, mais je suis coincé dans les cordes. Sa me rend dingue mais en même temps ça fait monté mon plaisir, je suis tendu c’est dément. Son rythme s’accélère, son souffle également, ses gémissements deviennent des plaintes, son plaisir la submerge complètement, je sens ses ongles qui griffe, qui s’enfoncent dans mes abdominaux (la vache, vas-y doucement) mais je ne dit rien, je sens qu’elle viens, je me retient, pas question qu’on en reste là, après ça je vais avoir besoin de la prendre, de la posséder, la sentir s’abandonner encore.
Je la sens qu’y s’appuie sur moi de ton son poids, elle m’enfonce en elle aussi loin que possible appuis son clitoris sur mon bas ventre.
-Oui, oh oui. Han.
Je sens son orgasme, sa jouissance, son corps se tend, ses reins se cabre sur moi, ses cuisses à nouveau se mettent à tremblées. Et subitement, le relâchement, les derniers gémissements.
-Détache moi.
-Tu as mal ?
-Non, je veux te posséder maintenant.
Elle me tire vers elle pour m’asseoir, je suis toujours en elle, tendu de désir. Elle décroche le harnais. Mes muscles son tout endoloris, mais ça ne va pas m’empêcher de la baiser comme elle le mérite.
Je l’attrape par les bras, la fait pivoter pour la mettre sur le dos. Je m’allonge sur elle, elle m’ouvre ses cuisses, m’attrape par les fesses. Elle s’approche de mon oreille
-Viens, prend moi, baise moi.
Bon sang, je deviens dingue, c’est la première fois qu’elle le dit spontanément.Je l’attrape par les hanches, la soulève légèrement , mes reins donnent la cadences, ses hanches mes suivent, nous entrons dans une danse infernale, je me perd entre ses cuisses, son plaisir me submerge, le mien également, je ne vais plus me retenir très longtemps.
Je lâche ses hanches, je l’attrape par les poignets, lui bloque les mains au dessus de la tête, je la possède totalement, je m’enfonce en elle, mes coup de reins sont de plus rapides, de plus en plus puissants, ses cris, ses gémissement n’en finissent plus, je ne contrôle plus mon plaisir, je veux m’abandonner, mes perdre en elle. Ma langue remonte le long de sa nuque, je suce le lobe de son oreille, je sait que sa la rend dingue elle va jouir à nouveau et je vais la rejoindre. Lorsque son plaisir éclate, je sens ma queue qui enfle en elle, mon plaisir me submerge complètement, j’explose en elle, je sens les parois de son vagins qui enserrent ma queue, ma semence qui se déverse en elle. Je suis terrassé, repus, épuiser.
Je me retire, doucement. Je m’allonge auprès d’elle et la prend dans mes bras, elle me souris et m’embrasse.
-Merci Monsieur.(enfin elle accepte le jeu complètement)
-Merci ma belle.
-Les cordes ne vous ont pas fais mal?
-Non, je me sens bien, c’est inconfortable mais pas insupportable, ni franchement douloureux.
-Je sais.
-C’était un stratagème, n’est-ce pas ?
-Oui, je voulais juste voir si vous le feriez.
-Tu ne me fera plus de reproche au sujet des cordes ?
-Non Monsieur
Voilà pour ma petite histoire, le début d’une relation, un apprentissage commun, une histoire très agréable, des souvenirs inoubliables.
Je ne suis pas un très bon écrivain ( voir pas douer du tout), mais j’espère malgré tout que ma petite histoire vous à plus, même si c’est plus « vanille » que DS, l’expérience était super agréable.
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J’aime sucer mon Maître.
Peut-être parce que de toutes les manières de le faire jouir, c’est celle qui m’est toujours apparue comme la plus ambiguë.
J’aime le sucer pour le sentiment d’humiliation désirée que je ressens à m’agenouiller devant son membre viril, puisque c’est à genoux que je procède le plus souvent.
Et aussi pour lui témoigner le respect, la vénération que je lui voue, à lui et à sa queue.
En même temps, le sucer, c’est aussi une façon de prendre le pouvoir sur lui, de contrôler son plaisir.
Avec le sentiment que sa jouissance ne dépend plus que de moi, de la manière dont je le suce, du rythme que je donne à la fellation.
L’inverse en somme de ce qui se passe en temps normal, quand c’est lui qui « m’impose » son désir.
Même si je sais qu’il peut reprendre la main a tout moment 😀.
Et me faire re-basculer dans un fonctionnement plus « normal ».
Où il m’impose son rythme à lui.
_______________
J’aime prendre mon temps quand je le suce.
Profiter de son sexe,
Commencer par le sentir, humer son odeur.
Lécher ses couilles, les prendre en bouche.
Parcourir sa bite avec ma langue.
Puis remonter le long de sa queue, le regard levé vers lui.
Insister sur son gland, goûter à sa mouille.
Et finalement avaler jusqu’au bout sa bite raide, dure.
La prendre au fond de ma gorge, quitte parfois m’interrompre pour revenir à son gland.
Pour éviter qu'il ne jouisse trop vite.
Pour en profiter, encore et encore.
Lui laissant le choix quand même de s’abandonner jusqu’au bout pour jouir de mes caresses.
Ou au contraire de me priver du plaisir de le boire, parce qu’il aura décidé de passer à un autre de mes orifices pour exercer ses prérogatives de Mâle.
_______________
Mais si j’aime prendre mon temps, parfois le désir, le sien, le mien est trop pressant.
Et il arrive que le temps manque, que les circonstances, le lieu ne soient pas appropriés.
Me servir de ma bouche devient alors un moyen commode de le satisfaire.
Cela donne des endroits parfois étranges, une cage d'ascenseur, un parking sombre, des toilettes de restaurant ou d’aires de repos.
Ou des postures acrobatiques dans la voiture 😀.
J’aime tout autant cette façon de le faire jouir.
A la manière d’une pute, de ces filles auxquels certains ont recours, payées quelques dizaines d’euros pour permettre aux Mâles de se soulager vite fait.
________________
Ma bouche est un point de passage obligé.
Mais c’est toujours lui qui décide à la fin.
Où et comment il entend jouir de moi.
Et s’il lui plaît parfois de s’abandonner jusqu’au bout.
pour se vider dans ma bouche en me laissant le boire jusqu’à la dernière goutte.,
à d’autres moments, il préfère finir de jouir ailleurs, autrement.
C’est aussi son privilège de Mâle.
Qu’il ne sera jamais question pour moi de contester 😀.
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Suite de l'article suivant : De pervers narcissique à soumis
IV Ma reine au plus profond de moi
Plusieurs jours après avoir joué avec mon anus ma reine me donna sa carte d'identité. Tu dois récupérer un colis après le travail me dit-elle sans rentrer dans les détails. Elle a pour habitude étant tous les deux au travail en journée de faire livrer ses colis en points relais donc rien d'inhabituel. Une fois ma journée de travail terminé je m'exécute récupère le colis et rentre immédiatement retrouver ma reine. Une fois rentrée, ma reine était plongée sur son ordinateur pour répondre à ses mails, je dépose le colis à l'entrée me rend à ses pieds pour les embrasser tendrement tout en attendant qu'elle m'autorise de disposer à mes tâches domestiques. Quelques minutes plus tard en se redressant sur la chaine elle me demande de lui apporter le colis et de préparer le diner du soir. je m'attelle à la tâche, pendant ce temps ma reine déballa le colis et m'ordonna de venir. Je vis un énorme gode, une vingtaine de centimètres et d'une largeur incroyable mes yeux sont immédiatement remontés vers le visage tout sourire de ma reine.
-Il était temps d'inverser les rôles dit-elle
Je reste sans voix, il était accompagné d'un harnais qui avait l'air extrêmement solide. Ma reine me tenda cette réplique d'un sex que je n'avais vu que dans des films porno, il était lourd, pas très élastique mais maniable à souhait. Ma reine n'avait qu'une idée en tête le tester, après le diner elle alla s'installer dans le lit il ne fallut que 5 minutes pour l'entendre m'appeler. Je rentre dans la pièce en me faisant tout petit tout était prêt le harnais était solidement attaché à sa taille, le gode pointait comme un sex en erection prêt à transpercer mes orifices.
Elle me fit monter sur le lit, allongé sur le ventre, elle s'allonger sur moi et je sentis la lourdeur de son sex posé sur mon derrière. Elle me demanda si j'allais être sage, je ne veux pas avoir à t'attacher et te punir me dit-elle. Je n'avais qu'une seule solution dire oui ma reine remonter mes fesses et lui offrir ma virginité anale. Une fois mon anus enduit de gel je l'ai senti s'enfoncer légèrement tentant de casser ma virginité . J'avais à présent une forte douleur de pincement, par reflexe ma main a bloqué son bassin pour qu'elle ne s'enfonce pas un millimètre de plus. Elle m'attrapa par les cheveux immédiatement pour m'ordonner de laisser mes deux mains dans le dos, elle reprena son mouvement de bassin ses deux mains bloquant mes bras dans le bas de mon dos. J'étais totalement à sa merci, je me faisais baiser de plus en plus fort on entendait ses cuisses claquer contre mes fesses cela a duré une bonne quinzaine de minutes avant que ma reine ne s'effondre sur mon dos. Elle releva légèrement son bassin pour m'embrasser le cou me mordre l'oreille je l'ai senti terriblement excitée, elle s'amusait à me pénétrer totalement d'un coup sec de façon cruelle parfois même restant totalement au plus profond de moi pour remuer de gauche à droite et de bas en haut pour me montrer que les rôles étaient désormais changé.
Une fois retiré mon érection était si puissante qu'elle m'en faisait mal, il était hors de question pour ma reine de me voir me vider ce soir. Une fois le harnais retiré je pris place entre ses cuisses laissant apparaitre son sex trempé et bouillant. L'excitation me fit plonger ma bouche sur son sex pour me délecter immédiatement de ma reine, ma seule obsession l'entendre jouir je plongeais ma langue, je l'embrassais, sa main sur ma nuque me maintenait si fort et si fermement que je me sentais emprisonné entre ses cuisses. Après plusieurs orgames ma reine était s'est totalement relâchée je sentais ses caresses sur le haut de ma tête, elle se redressa et me fit comprendre de prendre cette habitude de me donner corps et âme.
V Recadrage strict et humiliant
En dehors de notre intimité ma reine est discrète sur nos rapports de soumis à maitresse. Que ça soit entre amis en famille en public il lui arrive de me recadrer discrètement, avec une remarque un regard, je comprends assez vite que je dois me remettre à ma place. Un soir d'anniversaire d'un ami en commun, je fis l'erreur de lui répondre sèchement à une remarque désobligeante à mon encontre. Son regard changea immédiatement et tout le long de la soirée, je sentis la correction arriver de loin.
En rantrant tout était calme, il était tard nous nous sommes mis au lit et endormi immédiatement mais je savais qu'elle n'allait pas en rester là, elle aime me faire réfléchir à mes erreurs me faire maronner et préparer sa punition sur la durée. Au petit matin comme tous les dimanches je prépare le petit déjeuner pour servire ma reine au lit, mais aujourd'hui elle préféra se mettre à table. Les deux plateaux étaient servis, au moment de nous mettre à table elle me fit un geste de l'index me demandant de venir à elle puis saisi mes poignets et m'attache les mains dans le dos la seule consigne était de me mettre à quatre pattes de ne pas bouger et de me taire. Elle prit son petit déjeuner tout en mignorant, de longues minutes s'écoulent puis elle se leva sans rien dire pour revenir 30 secondes plus tard je ne comprenais pas tout se passa dans mon dos. J'entendis ma reine se saisir de mon assiette et y mettre son contenu en petits morceaux dans un récipient métallique. Elle se leva et saisit mon oreille et me releva fermement, je me retrouve à genoux droit devant elle j'aperçois de suite la badine dans l'autre main tenue fermement. Droit dans les yeux elle m'annonça ma punition qui durera jusqu'au dimanche suivant :
-puisque tu m'as parlé comme à un chien, je vais te considérer comme tel.
-Retournes-toi et rampe.
Je sens la badine s'écraser contre mes fesses à chaque pas, je ne savais pas ou aller la douleur était puissante. Cette ronde était menée au rythme de ses talons qui claquaient sur le carrelage et au son que faisait la badine avant la rencontre avec mes fesses. Il ne me faut pas longtemps pour tomber de coté et supplier ma reine de stopper cette douleur brûlante. La punition n'était pas terminée elle m'ordonna de me redresser et placer mes mains derrière la tête, il était temps pour elle de s'occuper de mes cuisses de mon dos la douleur était à la hauteur de sa colère. Après un énième coup je vis la badine tomber au sol, nul besoin de dire que je devais m'en emparer pour la ranger à sa place comme un bon soumis.
Je n'ai que quelques secondes pour ranger cet instrument de torture et reprendre mes esprits, je rentre dans la salle à manger à quatre pattes les yeux baissés pour y retrouver ma divine reine. À peine entré dans la pièce j'entendis "au pied" d'un ton sec, je m'exécute lèche le bout de sa chaussure et la remercie de la correction reçut quelques minutes auparavant. Elle déposa devant moi une gamelle, les restes de son petit déjeuner, je reste bloqué quelques secondes devant ce geste humiliant mais je m'exécute. Je penche ma tête pour prendre ma première bouchée, elle m'annonça comme à son habitude les tâches du jour, je relève la tête la gamelle est vide. Fais le beau dit-elle avec un petit sourire, assis debout va chercher, elle joua avec moi de longues minutes puis me laissa reprendre ma journée de domestique.
Après le diner mangé dans les mêmes conditions que le petit déjeuner et le déjeuner, ma reine m'emmena dans le couloir de notre entrée elle m'attacha au radiateur et s'en alla chercher une couverture et un oreiller. Elle installa ma place pour les nuits de la semaine à venir. Avant de repartir à ses occupations elle ria en me disant de bien monter la garde et d'aboyer en cas de danger. Ce fut la première longue journée d'une semaine d'humiliation que j'avais bien cherchée. Merci ma reine.
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LE PETPLAY
Le BDSM comporte une myriade de pratique, allant du plus soft jusqu'à l'extrême, de l'ordinaire en passant par l'exotique. Parmi les pratiques les plus anciennes de l'homme, il y en a une qui a su se démocratiser au cours des années 90 / 2000 : Le Pet Play, le fait d'incarner plus ou moins un animal que l'on a au fond de nous. Le Pet Play généralement se découpe en plusieurs archétypes d'animaux récurrent, mais rien empêche la personne d'en choisir un qui n'est pas dans la liste (mais qui sera en contrepartie forcément moins documentée, voir inexistant en termes de communauté).
Les Canidés [Chiot / Chien / Loup]
Félins [Chat / Chaton / Lion]
Équidés [Poney / Cheval]
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DIVERSES ORIGINES
Le PetPlay à beau paraitre neuf au regard de beaucoup de personne, elle est pourtant une des pratiques les plus vieilles du monde au sein de l'humanité. Les premières tribus humaines possédaient toujours un shaman qui incarné le croisement de la vie sur terre, faisant le lien entre le terrestre (la faune et la flore) et le Divin (aspect céleste / spirituel immatériel), ne faisant qu'un avec l'ensemble et formant ainsi un tout réunie en son sein.
Si la figure du Shaman c'est quelque peu perdu au fil des siècles en Occident, elle perdura du côté de l'Afrique et de l'Amérique Amérindienne (Animisme). Le PetPlay peut se retrouver aussi dans une commune mesure dans l'antiquité, que cela sois à travers la figure des Amazones, femme farouche comme des "lionnes", ou encore et surtout, de par la figure du Minotaure revêtant à la perfection la notion de (demi) Dieu Homme - Animal. L'histoire de sa conception fait elle-même écho à sa propre nature. Puisque la légende raconte que Minos pour obtenir le trône, fit intervenir Poséidon en personne qui lui envoya un taureau ayant son nul autre pareille au monde. Plutôt que d'honoré sa promesse, Minos se moqua de Poséidon en sacrifiant non pas le taureau envoyer par ses soins, mais un vieil animal malade. Le Dieu rentra par la suite dans une colère noire lorsqu'il se rendit compte du vulgaire subterfuge. Il decida d'échafauder un stratagème pour punir Minos de son inconduite : Envouter sa femme Pasiphaé pour la faire tomber amoureuse du taureau. Avec l'aide de l'architecte Dédale, elle conçut un costume sous forme d'habitacle afin qu'elle puisse être en phase totale avec son nouveau rôle et enfin assouvir sa passion dévorante... 9 mois plus tard je vous laisse devinez la surprise.
En dehors de l'aspect historique, c'est bien entendu dans l'art que l'on peut retrouver une certaine représentation de Petplay et ce, jusque dans la pop culture. On pourrait parler des Fury, sans l'aspect sexuel voir comportemental mais avec une simple projection d'eux même en animal virtuel, tout autant que l'aspect filmique, à l'instar de long métrage comme Cat People. Dans le film en question une femme a le pouvoir de se changer en Panthère, entrainant tout un tas de situation allant du plus burlesque au plus dramatique. Je vous épargnerai bien entendu la figure du Loup Garou, la synthèse parfaite entre un homme et un loup.
Mais, cela serait oublié que dés notre enfance nous sommes aussi exposé à ce genre de représentation : Les Comics en simple exemple. Et la ce n'est pas ce qui manque niveau diversité, entre Spiderman, Le Fauve, Wolverine, Catwoman, Stargod (l'homme loup), Black Cat, Batman... Difficile de faire la fine bouche ou, de ne pas trouver chaussure à son pied lorsqu'on est un tant sois peu sensible au sujet.
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LES DIFFÉRENTS PROFILS
Le PetPlay dans le BDSM compte comme adepte les PetGirl (femme) et, PetBoy (Homme), il se découpe généralement en 3 catégories : Chien, Chat, Cheval généralement. En termes de proportion, difficile d'établir une base de donné en l'absence de chiffre, mais de mon expérience personnelle, je découperai cela ainsi: 60% de Chien / 30 % de Chat / 9 % de cheval / 1% de autre. Ressentir le fait d'être un animal n'est pas anodin, et il est rare que quelqu'un décide d'en incarner plusieurs à la fois. Le PetPlay permet de se rapprocher d'une animalité que l'homme a perdu avec le temps, à chaque animal son tempérament et sa nature qui correspond à un adepte en qui cela résonnera.
Dog Play:
Il est ici question de comportements canins ou, plus communément appeler "chien" ou "chienne". On lui associe souvent le cuir mais ce n'est pas un impératif, loin de là. Le PetPlay est loin d'être uniforme, on pourrait associer cela à des paliers d'animalité. Certaines personnes se contenteront d'être promener en laisse, tandis que d'autre iront un cran au dessus en mangeant en gamelle, voir en faisant ses besoins en litière ou dehors. On peut encore aller plus loin pour les plus investies, en faisant en sorte que la personne adopte totalement et entièrement le rôle d'un chien. Celui-ci fonctionne en attachement avec son Maitre certes, mais il doit aussi pouvoir s'inclure dans un groupe de Petplay, avec une attitude à avoir selon le profil du ou, de la soumise (Alpha / Bêta / Omega) au sein de la meute. Quelque sois le niveau du pratiquant : Le dressage est de mise pour pouvoir parfaire ou, évoluer dans sa pratique. Un os peut être fourni, une niche de construit, seule vos limites et votre imagination mettront un frein à tout cela (et peut être aussi votre portefeuille ;)
Cat Play:
Nos amis les chats sont à l'honneur ici, et même si une large partie des personnes joue le rôle d'une chienne, certain préfère celui d'une petite chatte... Avec ses différences de comportements à noter. Un chat par nature est bien plus indépendant qu'un chien qui restera la plupart du temps aux pieds de son Maitre. Le PetPlay en incarnant / dirigeant un chat, est bien plus observateur qu'acteur. On intervient mais peu en tant que Maitre, le chat fait sa vie, viendra se blottir à vous ou non. Vous pouvez bien entendu tenter de dresser votre chat comme un chien, mais rappeler vous avant tout de son caractère et surtout, de la nature de son rôle choisie. Pour les plus rigoureux, les gamelle d'eau et de nourriture sont à prévoir, ainsi qu'une litière et, peut être, si vous avez de la chance : une chatière afin de bien faire les choses jusqu'au bout (ainsi que quelque bout de carton, les chats adorent s'amuser avec).
Pony Play:
Cas plus rare mais on ne peut plus intéressant : Le Pony Play. Assez différent du Dog et du Cat Play, le Pony Play s'accentue davantage comme un faire-valoir d'usage pour son Maitre (on peut en tout logique chevaucher son cheval ou sa jument). L'adepte au niveau de sa pratique peut rester soft (léger accoutrement, quelque tour dans la nature en galopant), voir aller plus loin en recevant des coups de cravache ou,en ayant une grange aménager voir, un charriot tiré pour son Maitre pour les plus engagés.
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VIE QUOTIDIENNE :
Comme pour toute pratique lier au BDSM, cela rentre dans le contrat qui lie le ou, la soumise à son Maitre / Maitresse. En d'autre terme : il n'y a pas d'obligation à respecter pour dire que votre pratique est valable ou non (c'est plus votre engagement lorsque vous décidez de l'incarner qui fera la différence). Vous pouvez très bien définir avec votre Maitre / Maitresse que vous ne ferez cela uniquement que le week-end, quand d'autre demanderons quelque chose de plus soutenu et donc, déborderont sur la semaine... Sans oublier ceux pour qui tout cela est une évidence, désirant vivre cela H24 en dehors de leur obligation (pro, ami, famille etc...). Le plus important, est votre bien être, prenez le temps de réfléchir si cela vous parle et, si c'est le cas : jusqu'à quels degrés ? En faisant cela vous éviterez les déconvenues avec votre Dominant, tout en profitant de ce que vous aimez vraiment sans retenu.
Giovanni Scaletta
*Le dessin fut réalisé par mes soins pour illustré l'article, afin qu'aucune ressource artistique ne soit volé.
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L’amour est comme un funambule au sommet d’un gratte-ciel.
Équilibriste cherchant à croiser une âme jumelle.
Sur un fil, quitte ou double, l’attraction hypnotise, réelle ou irréelle.
Jouant de haut en bas et de bas en haut l’ascenseur émotionnel.
Au bord d’un précipice où les sentiments font du rappel.
Souvent sans filet, tel le saut d’un ange vers son éternel.
Sans peur du vide, sans crainte d’une chute éventuelle.
Il fait vivre et donne vie, se fait rencontrer des sens essentiels.
Mais parfois, du haut de cette tour, le contrôle se perd, à se brûler les ailes.
Être sur un petit nuage, tourne à l’orage, le miel devenant fiel.
Un clash, un crash, la colère crachant ses décibels.
Un vol écourté, sans escale. Pas de feu, ni d’étincelle.
Et un jour, au détour d’un couloir, ils se croisent, sans appel.
Embarquement, sans billet d’où, sans chercher à tout prix celui ou celle.
Les cœurs s’accordent, lui, écoutant son battement d’elle.
À la dérive, planant, direction le septième ciel...
Le 28 11 2021
fiction
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Mon Dieu, comme c’est agréable d’être du bon côté du fouet et d’en tenir le manche... J’ordonne à Pearl :
— Appuie le haut de ton corps sur la table, avec les jambes écartées et bien droites, les pieds sur le sol.
Elle me regarde stupidement. Je la prends par la nuque pour l’obliger à se pencher, puis à se coucher sur la table. C’est pourtant pas très compliqué. Comme elle est grande et qu'elle a des longues jambes, son buste est plus bas que ses hanches, ce qui met bien en valeur ses fesses. Je les caresse, elles sont chaudes et fermes... Elles seront nettement plus chaudes encore dans cinq minutes. Les filles et Alan me regardent faire tandis que Billy me dessine. Je ferais bien encore un peu durer ce moment agréable... Non, j’y vais. Mon bras se lève et ça fait :
Fffffzzzziiiii !
C’est le sifflement du fouet dans l’air, juste avant de s’abattre sur ses fesses.
Pearl crie :
— Aiiiieeeeee ! Un, merci Maîtresse.
Elle compte en plus ! Une belle marque lui barre les fesses.
Fffffzzzziiiii !
Le fouet vient à nouveau de frapper ses fesses, mais la trace est décalée.
— Aiiiieeeeee !... Deux, merci Maîtresse.
Fffffzzzziiiii !
— Aiiiieeeeee ! Trois, merci Maîtresse.
Là, le fouet a atteint la base des fesses. Ça doit être douloureux, car, elle commence à gémir nettement plus fort. Je dis aux autres :
— C’est amusant, quand je lève le fouet, ses fesses montent comme pour diminuer la distance entre les lanières et elles. Ensuite, elles essayent de s’enfoncer dans la table. Alan répond :
— Oui, c’est ce qu’on appelle la danse des fesses.
Je lève le bras.
Fffffzzzziiiii !
— AaaIIIiiiieeeeee !... Quatre, merci Maîtresse.
À nouveau la base des fesses. Cette fois, elle commence à pleurer, la pauvre... Mais ce n’est pas le moment de s’attendrir, il faut lui apprendre à faire plus attention.
Fffffzzzziiiii !
— Aiiiieeeeee !... Cinq, merci, Maîtresse.
C’était le haut des cuisses ! Elle pensera à moi chaque fois qu’elle va s’asseoir... Bien sûr, une esclave ne peut pas s'asseoir, mais à chaque pas, elle se souvenir de cette correction. Oui, euh... c’est du vécu.
Je lui demande :
— Tu ne seras plus maladroite ?
Elle crie presque :
— NOOON... non, maîtresse, je vous jure...
— Bien, la punition est finie, tu peux bouger et me remercier de t'avoir corrigée.
Elle se met aussitôt à genoux devant moi et, en se baissant complètement, elle couvre mes pieds de baisers mouillés de ses larmes... Au bout d’un moment, je la repousse du pied et Victoria lui dit :
— La lessive va se faire toute seule, Pearl ?
— Non, Maîtresse.
— Tu t’es assez amusée, vas travailler.
— Oui Maîtresse.
Elle s’en va en frottant discrètement ses fesses qui portent ma signature.
Pour tout dire, lui faire ça m’a excitée. D’autant plus que Billy me montre son dessin : c’est moi corrigeant Pearl, bien sûr... Il me dit :
— C’est pour toi.
— Merci, c’est très gentil. Est-ce que je peux faire quelque chose pour te faire plaisir ?
Ses yeux fixent ma chatte. OK, j’ai compris. Je dis aux filles et à Alan :
— Ça ne vous dérange pas si je remercie Billy dans la chambre ?
Victoria répond :
— Tu peux faire ça ici.
Encore mieux... Je demande à Billy, qui est devenu tout rouge :
— Comment as-tu envie de faire ça, poussin ?
— Je vais vous montrer.
C’est le seul qui soit habillé, enfin, il a un maillot. Il l’enlève et se couche par terre sur la terrasse en demandant :
— Vous pourriez venir sur moi ?
Je cherche le meilleur endroit de son corps pour m’asseoir. J’ai trouvé : sa bite ! Bon, ce n’est pas le sexe d’Alan, mais dans mon état d’excitation, je me ferais bien enfiler par un lapin... Euh... non, ils font ça trop vite. Disons plutôt par un Danois (le chien !) Billy a envie de me baiser, mais il veut surtout me regarder. Bon, je m’assieds sur sa bite qui entre dans ma chatte aussi facilement qu’un pickpocket visite votre poche quand vous êtes bourré. C’est la faute de Pearl si je suis aussi mouillée, il faudra que je la punisse !
Billy commence à avoir du spectacle : moi, qui vais et viens sur son sexe dressé en faisant bien bouger mes seins... Ensuite, je les caresse... Billy me dit :
— Tu es trop belle ! Je peux te demander quelque chose ?
Ça y est, il me tutoie. Est-ce qu'il ne deviendrait pas trop familier, lui ? D'un autre côté, un mec qui a sa bite dans votre chatte, on n’a plus grand-chose à lui refuser, Je réponds :
— Vas-y.
— Je voudrais te voir de dos.
OK, après m’être un peu redressée, je me retourne et j’enfonce sa bite dans mon cul. Faut varier les plaisirs et j’aime ça par derrière. Après mes seins, je fais danser mes fesses pour lui. J’imagine déjà les dessins qu’il va faire. Ah ! Je sens que la bite de mon artiste grossit un peu et il pousse des petits gémissements. J’accélère légèrement et il jouit en moi... J’ai besoin de davantage pour jouir aussi... Je demande aux filles :
— Je peux utiliser Pearl pour me... nettoyer ?
Wendy répond :
— Le nettoyage, c’est son boulot.
Juste ! Alors, je crie :
— Pearl, aux pieds !
Elle arrive en courant. Ah, vous voyez comme le fouet est utile ! Je me couche sur le dos et je lui montre ma chatte du doigt. Pas besoin d’insister pour qu’elle m’obéisse en collant ses lèvres sur ma chatte.
Je sens sa langue pénétrer dans mon vagin. Vas-y, petite esclave, avale tout ! Quand elle m’a bien sucée et léchée, je lui donne un petit coup de talon sur les fesses, en disant :
— Plus haut !
Elle lèche aussitôt mon clito. Il ne me faut que quelques minutes pour jouir sur son visage. La vie est belle en dehors de Notasulga ! Elle lèche encore mon sexe, voulant vraiment me faire plaisir. Ou alors, elle veut vraiment éviter le fouet ! Je lui dis :
— C’est bon, dégage !
Je suis bien... Il ne manque que les filles à mon tableau de chasse, mais elles sont fidèles, d’après ce que je sais. J’ai pourtant bien l’impression qu’elles donneraient volontiers un coup de canif dans leur contrat de fidélité. D’ailleurs, elles me font un cadeau. Victoria me dit :
— Wendy et moi, on a commandé un livre pour toi et on l’a reçu ce matin. Tiens !
Elle me tend un livre, c’est "Les vies secrètes de Marilyn Monroe" de Anthony Summers. Je les embrasse pour les remercier, en dérapant un peu sur leurs bouches. J’ouvre le livre pour regarder les photos... C’est vrai qu’elle est très belle... que toutes les deux, on est très belles. Je lis un passage au hasard : « Durant son mariage avec Arthur Miller, elle arrêta de se montrer nue devant les invités, sauf si c’était des femmes. » Oh ! J’adore l’idée ! Aussitôt, je me plonge dans le livre. Bientôt, j’ai une idée précise de nos points communs :
1 - on se ressemble comme deux gouttes d’eau, l’une plus brune que l’autre avant décoloration
2 - on a une mère droguée, ou folle, ou toxico
3 - on a été dans des familles d’accueil
4 - on n’a pas fait d’études
4 - on adore se montrer nues
5 - on couche facilement et un peu avec n’importe qui
6 - on est toutes les deux narcissiques, mais ça, c’est normal quand on est aussi belles.
Il ne me reste plus qu’à suivre la voie qu’elle m’a tracée : aller à Hollywood pour apprendre à jouer, à chanter et à danser. Je deviens une star, j’épouse un homme très riche et je m’envoie tout ce qui a une queue ou une chatte. Par contre, je décide de contrôler ma consommation d’alcool et de ne pas toucher aux drogues sous n’importe quelle forme...
Je suis sortie de ma lecture par la voix d’Alan :
— On doit y aller dans 15 minutes, Ashley ! Si tu allais faire une petite toilette ?
— Oui, j’y vais.
Je viens de lire que Marilyn n’aimait pas trop se laver, mais là, je ne vais pas l’imiter, je veux une chatte vraiment fraîche... Elle ne le restera pas longtemps, surtout si Pearl fait une connerie...
***
Au club, c’est toujours assez fatigant, mais ça me plaît et j’imite de mieux en mieux Marilyn. Il ne se passe rien de spécial, sauf que je gagne nettement plus d’argent. Bientôt Hollywood ! En rentrant, Alan me baise... C’est la fête à mon cul, ici !
Le lendemain, je me lève vers midi. Alan est déjà descendu. Aussitôt que je fais un peu de bruit, on toque à la porte de façon très discrète, le genre de toc-toc que pourrait faire une souris si elle mesurait 1 mètre 50 et qu’elle ait des doigts... Euh, oublions la souris. Je réponds :
— Entrez.
C’est Billy qui me dit :
— Bonjour Ashley, j’ai entendu du bruit et...
J’attends la suite... qui ne vient pas. Pour finir, il me tend un paquet de photos. Je les regarde. Il y a quelques paysages, puis des nus et... des photos de moi, qu’il a faites sans que je le remarque. Il me demande :
— Tu n’es pas fâchée ?
— Mais non, elles sont vraiment belles. Tu as beaucoup de talent.
— Tu pourrais poser pour moi ?
— Oui, bien sûr, surtout si tu m’en donnes.
— OK et je te ferai un book photo pour Hollywood.
Il est au courant de tout, lui ! Je sens qu’il a envie de me dire quelque chose, mais qu’il n’ose pas. Je le rassure :
— Si tu as autre chose à me demander, vas-y.
— Hier, c’était merveilleux, mais j’aurais tant voulu te....
Ça y est, il bloque !
— Me quoi ?
— Te lécher...
— Oh, ce n’est que ça ! Mais je n’ai pas encore pris ma douche, tu sais....
— Ça ne fait rien. S’il te plaît...
Je m’adosse à l’oreiller et j’écarte les jambes. Si je peux lui faire plaisir avec une chatte collante, pourquoi l’en priver ? Marilyn serait à 100 % d’accord avec moi.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan pour les super dessin.
Nos livres sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
Les planches originales des dessins signés de Bruce Morgan en format A 4, sont en vente ici brucemorgan@hotmail.fr
Tous les dessins de Bruce Morgan sont ici : www.leslivresdemia.blogspot.be
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Mon mec/Maître fait partie des 34% de mâles qui préfèrent les « passages étroits », pourcentage légèrement inférieur à celui des adeptes des plaisirs buccaux (selon un sondage que j’avais posté il y a quelques temps déjà).
N’en déplaise à certaines, ça ne me gêne pas.
Évidemment, ça génère quelques contraintes, une hygiène parfaite me concernant et que l’instrument dont il se sert soit suffisamment dur, raide pour ce faire.
La première n’est qu’affaire de discipline, à laquelle je me plie volontiers.
Quant à la seconde, ça n’a jamais été un problème.
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La sodomie, longtemps le propre (en théorie :smile:) des invertis, a toujours eu une réputation sulfureuse.
Interdite par l'Eglise, qui acceptait la procréation tout en rejetant le plaisir, elle était passible du bûcher au temps de l'Inquisition.
Aujourd'hui preuve éclatante, pour les néo-féministes, de la brutalité de l'oppression masculine et démonstration évidente de l'égoïsme absolu des hommes, elle ne vaut cependant plus dans nos sociétés dites civilisées condamnation à celui-ci.
Alors, retour à l'ancienne coutume d'Orléans (1260, « celui qui est sodomite prouvé doit perdre les couilles »), la castration pour ceux qui la pratiquent ?
Pour vous, Messieurs, comme pour moi, j’ose espérer que non :smile:.
Parce que j'aime la brutalité des Mâles (de l'un d'entre eux tout du moins) et qu'il ne me déplaît pas qu'il me prenne ainsi.
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Mais, même en cas d’usage régulier, l'orifice utilisé pour ce faire n’étant pas prévu à l'origine pour cela, il reste plus étroit, moins souple que les autres.
Ce qui rend la pénétration douloureuse au départ, en dépit de la position que j’adopte le plus souvent pour lui faciliter la chose.
Accroupie, cuisses largement écartées, les mains écartant mes fesses pour m’ouvrir à lui de mon mieux
La douleur ressentie est d’autant plus violente au début que la taille de son membre est conséquente.
Et qu’il est depuis toujours adepte de la pénétration à sec.
Ni lui ni moi n’aimons les lubrifiants autres que « naturels », la mouille de son gland, s’il en demeure après que j’y ai goûté ou ma salive sur sa queue.
Ce doit être notre côté écolo 😀.
Désolée, Madame Rousseau.
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Cette douleur initiale, j’ai appris à l’aimer.
Cet instant où je lui présente mes reins,
où il m’agrippe par les épaules,
et se colle à moi
pour me pénétrer en force.
Ensuite, une fois le passage forcé, la douleur s’estompe,
pour laisser place à un sentiment de plénitude,
qui me fait vibrer à l’unisson de son membre viril,
puisque nos corps alors ne font plus qu’un.
Lui, en moi, moi possédée par lui.
C’est toujours l'homme qui décide, qui contrôle le rythme.
Alors, souvent, il choisit de ressortir de moi,
pour éviter de jouir trop vite.
Avant d'y revenir ensuite,
quand son désir s’est quelque peu calmé,
mais à chaque fois plus profond, plus loin.
Jusqu’au moment où il ne peut plus se retenir
que survient l’explosion finale,
qui le laisse épuisé,
et qu’il s’effondre sur moi,
m’écrasant sous le poids de son corps.
En restant ainsi, en moi,
désormais remplie de lui,
jusqu’à ce que sa queue perde sa raideur précédente.
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Alors tant pis pour les moralistes et les néo-féministes.
L'usage que mon Maître fait de mon corps ne regarde que nous.
Et je n'ai rien contre les postures "contre-nature".
Mais si "c'est par la femme que le péché a commencé et c’est à cause d’elle que tous nous mourons » (L'Ecclésiaste, siracide 25/23), je n'ai pas l'intention de l'en faire mourir :smile:.
Parce que pour mon plaisir et pour moi, j’ai besoin de lui.
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Héliogabale ou Élagabal (Varius Avitus Bassianus) (v. 203 - 11 mars 222) fut empereur romain de 218 à 222 sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus.
Descendant des Bassianides, une grande famille d'Émèse (Syrie), Varius Avitus Bassianus est dépositaire dès l'âge de treize ans de la charge de grand-prêtre du dieu Élagabal.
Lorsque Caracalla est assassiné, le 8 avril 217, à la tête des armées dans une plaine voisine de l'Euphrate, toutes les femmes de la branche syrienne de la famille impériale, chassées de Rome, se replient dans leur fief d'Émèse.
Julia Mæsa, sa grand-mère, Julia Soæmias, sa mère, et Julia Mamæa, sa tante et mère du futur empereur Sévère Alexandre, parviennent à convaincre l'armée de proclamer Varius, en raison de sa ressemblance physique avec Caracalla, empereur sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus.
Les femmes, qu'on appelait « les princesses syriennes », sont indissociables du destin d'Héliogabale.
Héliogabale laisse les rênes du gouvernement à sa grand-mère, Julia Mæsa, et à sa mère, Julia Soæmias : « Il fut tellement dévoué à Semiamira sa mère, qu’il ne fit rien dans la république sans la consulter. » dixit Ælius Lampridius
L’ambition de sa mère semble si dévorante qu’elle manque de prudence face aux lois romaines qui relèguent les femmes à l’arrière-plan ; elle impose même sa présence au Sénat.
Ce détail, par-dessus tout, choque les contemporains : « lors de la première assemblée du sénat, il fit demander sa mère.
À son arrivée elle fut appelée à prendre place à côté des consuls, elle prit part à la signature, c’est-à-dire qu’elle fut témoin de la rédaction du sénatus-consulte : de tous les empereurs il est le seul sous le règne duquel une femme, avec le titre de clarissime, eut accès au sénat pour tenir la place d’un homme. » dixit Ælius Lampridius
Cette mise en place d'un « sénat des femmes » sera considérée par ses contemporains comme l'un des nombreux exemples de la « corruption morale » d'Elagabale.
Sa réputation a souffert sous la plume des historiens pendant des siècles, pour cacher le fait qu'un empereur romain ait été parmi les premières personnes de l'histoire à demander une chirurgie de réassignation sexuelle.
Il est arrivé au pouvoir à quatorze ans, et selon les archives historiques, Elagabalus a rapidement développé une réputation d'excentricité extrême, de décadence, de fanatisme et de promiscuité sexuelle.
Ces préjugés ont persisté à travers l'histoire jusqu'à nos jours :
Au XVIIIe siècle, Edward Gibbon, a écrit qu'Elagabalus "s'est abandonné aux plaisirs les plus grossiers avec une fureur incontrôlée".
Barthold Georg Niebuhr, a déclaré que "le nom Elagabalus est marqué dans l'histoire au-dessus de tous les autres" en raison de sa "vie indiciblement dégoûtante".
Officiellement, Elagabalus a été marié cinq fois (et deux fois à la même femme) avant l'âge de 18 ans....
Mais, peu porté sur la gent féminine, Héliogabale ne consomme pas le mariage et s'en sépare rapidement.....
Ses « mariages » homosexuels, notamment avec deux « colosses » grecs prénommés Hiéroclès et Zotikos, choquent les historiens romains.
Dans ses écrits, Cassius Dio ( en latin Lucius Cassius Dio ( v. 155 – id., après 235) homme politique, consul et historien romain d'expression grecque ), fait notamment référence à Elagabalus par des pronoms féminins et déclare que l'empereur voulait épouser un ancien esclave et conducteur de char nommé Hiéroclès. ( Des rumeurs disent qu'il aurait également épousé Zotikos, athlète de Smyrne.)
Dio note qu'Elagabalus était ravi d'être appelé la maîtresse, l'épouse et la reine de Hiéroclès.
Selon Dio, l'empereur portait du maquillage et des perruques et préférait s'adresser en tant que « dame » au lieu de « seigneur ».
L'historien moderne Eric Varner note :
« Elagabalus serait également apparu sous le nom de Vénus et(....) un portrait peint a été envoyé à la capitale avant l'arrivée du jeune empereur afin d'habituer les habitants de Rome à son apparence "exotique" »
Heliogabale se travestissait au quotidien; dans la Rome antique, le travestissement était pratiqué pendant les Saturnales, mais était interdit en dehors de ce rite.
À tel point INTERDIT ou TABOU que les Romains l'avait érigé en une punition, ordonnant aux déserteurs de porter des vêtements féminins pendant trois jours avant leur exécution, afin de les couvrir de honte; les identités de genre étant fermement établies.
Au delà du travestissement, Heliogabale cherchait à changer de sexe en proposant des sommes importantes à tout médecin qui pourrait lui donner l'équivalent des organes génitaux d'une femme au moyen d'une incision chirurgicale; ce qui ne fut jamais réalisé pour des raisons évidentes de maintien en santé et des risques mortels pour l'Empereur....
La fin de son règne fut rythmée par des orgies homosexuelles avec des prostitués mâles (exolètes) recrutés pour l'occasion, selon Aurelius Victor (v. 320 – v. 390), historien et haut fonctionnaire impérial romain.
Dio rapporte qu'Elagabale se serait " prostitué dans des tavernes et des bordels"....
Le 11 mars 222, Heliogabale est assassiné par la garde prétorienne qui lui préfère son fils adoptif et cousin.
Le cadavre de l'empereur déchu est jeté dans le Tibre et il subira la "damnatio memoriæ" littéralement « damnation de la mémoire » qui fera casser, marteler, etc. toutes les représentations d' Heliogabale, mais aussi de tous ces proches, ex épouses comprises.
Statue de Julia Aquilia Severa (musée archéologique d'Athènes) vraisemblablement victime de la damnatio memoriæ de son mari.
Héliogabale laissera par ailleurs probablement le premier témoignage de "pony play" sur un camée....
Le cabinet des médailles de Paris possède un camée représentant Héliogabale nu, se présentant dans de « triomphantes dispositions intimes », sur un char tiré par deux femmes nues et à quatre pattes.....
Mais c'est là une autre dimension, histoire...
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Bonjour, voici le récit de mon expérience.
Il faut savoir qu'il s'agit d'un condensé de plusieurs années de vie dans quelques paragraphes.
La première année a été plutôt soft et tout est monté crescendo. Ce premier article résume 2 ans de vie commune avec ma reine.
La suite arrivera assez vite, j'espère que cela vous plaira.
Bonne lecture.
I Rencontre
Nous étions dans les mêmes classes tout le lycée, on se connaissait, elle était très discrète on se voyait tous les jours mais nous ne faisions pas partie du même groupe d'amis, elle me plaisait et sans même se parler j'avais l'impression d'être tombé amoureux au premier regard. Elle c'est Anais et moi Florian, nous avons le même âge. Au fil des années j'ai continué mes études de commerce et nous nous sommes perdus de vu sans jamais avoir eu l'occasion de réellement se connaitre.
je me rendais régulièrement sur les comptes de ses réseaux sociaux par curiosité. Un beau jour alors âgé de 24 ans j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de lui envoyer un message des plus banals
- Salut tu te souviens de moi ? tu deviens quoi?
Je n'ai jamais été à l'aise pour aborder une femme. Plusieurs jours sans réponse à regarder si elle avait daigné lire mon message je me suis dit tant-pis en voyant que non. Puis un beau jour je reçois une notification il s'était écoulé plus d'un mois, j'ai à peine eu le temps d'ouvrir mon téléphone que j'ai compris qu'elle avait enfin vu et répondu à mon message. Mon coeur s'est mis à battre très vite, que pense-t-elle de mon message ? Est-ce qu'elle répond uniquement par politesse ? Puis je me suis vite rendu compte qu'elle avait l'air agréablement surprise.
S'en est suivi des échanges de messages à n'en plus finir des jours durant. J'avais l'impression de revivre mes flirts d'adolescents, nous n'avions pas pu nous revoir les premières semaines de discussions car nos agendas ne nous le permettaient pas mais c'était un mal pour un bien, il est toujours plus facile de se livrer virtuellement puis ce n'était que partie remise et nous vivions pas très loin l'un de l'autre.
Notre première rencontre a eu lieu au marché de Noël de notre ville. Dès que je l'ai aperçue j'étais sous le charme rien n'avait changé si ce n'est qu'elle était devenue une femme, nous avions longuement marché et discuté puis nous avions décidé de diner dans un restaurant non loin du marché. À la fin du diner nous nous sommes quittés, le lendemain elle se réveillait tôt et je ne voulais pas paraître trop entreprenant. À peine installé dans la voiture je reçois un SMS d'Anaïs me remerciant de l'avoir invité à diner et de lui avoir changé les idées. Cela m'a provoqué un déclic il fallait que je lui dise que je lui avoue j'ai donc décidé de lui dire que j'avais eu un coup de foudre pour elle depuis le lycée et que cette soirée m'a permis de me rendre compte que ça n'avait jamais changé. Dans les minutes qui ont suivi je me suis dit mais qu'est-ce que tu as fait pourquoi avoir tout déballé par SMS c'est ringard bref la panique. Une panique qui s'est vite transformée en soulagement puis qu'elle m'a proposé de la revoir cette fois-ci chez moi.
Nous nous sommes revu deux jours plus tard pour ne plus jamais nous quitter, le coup de foudre absolu, plus les jours les semaines et les mois passés plus nous étions fou amoureux.
II Disputes réconciliations et vie sexuelle
Comme dans le cas de beaucoup de couples, nous avions nos défauts, nos désaccords, qui se sont vite transformés en disputes parfois même au bord de la séparation mais notre amour reprenait le dessus toujours, se séparer était hors de question.Mais malgré ça les disputes étaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus fortes et au fil du temps je me suis renfermé et je n'extériorisais plus rien, ni mes sentiments ni mes envies. je l'a faisait culpabiliser de nos disputes,je n'étais jamais la base du problème de nos désaccords et je me rendais pas compte de ce comportement destructeur. J'étais dans une sorte de revanche sur le fait d'avoir du attendre toutes ces années pour que cette femme s'intéresse à moi.
Malgré ça elle restait toujours très directive, l'un comme l'autre essayait de prendre le dessus dans nos prises de décisions dans nos discutions etc.. et parallèlement à tout ça, nous avions une vie sexuelle très épanouie. Nous étions ouverts à essayer des choses à pimenter notre couple et très vite la domination a pris le pas dans nos jeux au lit. On aimait se rendre jaloux, parler de nos anciennes relations se provoquer s'attacher mais nous restions toujours soft. Nous avons également envisagé l'échangisme les plans à trois mais nous n'avions jamais franchi le pas.
Elle aimait prendre le dessus, elle me faisait plus ou moins comprendre que le rôle de maitresse c'est quelque chose qui lui fait envie, qu'elle a sa en elle. A ce moment la je ne comprenais pas trop ce que cela signifiait, qu'elles sont ses intentions ses envies, ses limites, puis elle s'est mise à m'envoyer des articles sur l'art de la domination le BDSM. J'ai assez vite compris que j'avais fait des erreurs qu'elle voulait me les faire payer et me façonner à sa façon, tout contrôler, décider être le seul centre de ma vie et me rendre parfait à ses yeux.
III Premiers ordres premières restrictions premières punitions
Les jours qui ont suivi ont été assez soft, je devais l'appeler ma reine, la prévenir de chaque faits et gestes lorsque nous n'étions pas ensemble (travail, rdv etc.) je me voyais assez tranquille sans me soucier de ce qui allait arriver, elle continuait secrètement de se documenter sans cesse sur comment dominer, comment faire de moi l'homme idéal. La suite a été plus restrictive pour moi, elle s'est mise à vouloir gérer entièrement l'administratif, mes rendez-vous, à chaque ligne ajouté à celui-ci je devais passer par ma reine. S'en sont également suivi des restrictions et des ordres plutôt softs facilement gérables individuellement mais l'accumulation me donnait des journées bien remplies. A ce moment la elle a voulu également gérer mon temps libre, les tâches étaient écrites sur un post-it ou une feuille sur le frigo, je devais lui dire combien de temps me prenait chaque étape de cette liste.
Au bout de quelques semaines, je gérais la maison, les repas, le ménage, le linge son service, j'étais en assez peu de temps devenu son domestique. Toutes ses premières bribes d'ordre et de restrictions ont également amené les premières punitions. Des mises au coin pouvant durer plusieurs heures, un nettoyage de sol à la brosse à dents, des punitions physiques comme des séries de gifles, de fouet de ceinture etc. Mon dressage prenait forme au fil du temps et j'aimais ça tout autant que ma reine. Nous faisions toujours autant l'amour, cette fois je ne prenais plus le dessus elle aimait m'utiliser comme esclave sexuel elle pouvait m'attacher me mordre me griffer. Un soir elle m'avait attaché les mains et les chevilles choses qu'elle n'avait jamais faite j'ai senti qu'elle préparait quelque chose. Elle m'a d'abord demandé de me mettre sur le ventre j'ai senti des caresses dans le bas de mon dos et ses doigts se sont vite retrouvé entre mes fesses, il n'a pas fallu longtemps pour les sentir s'insérer l'humiliation était à son maximum moi l'ancien macho égoïste me retrouvant pénétré. C'était ma hantise la pénétration anale je ne voyais pas comment cela était possible d'accepter et pire d'aimer ça, elle savait et dans un ton très pervers elle m'a averti que les rôles allaient bientôt être inversé et que je n'étais pas au bout de mes surprises…
A suivre très vite.
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Nous avons attendu que les vacances scolaires passent pour nous retrouver quelques jours à une période de l’année où l’arrivée du froid incite à rester dedans, voire même d’inventer d’originales manières de se réchauffer, ou du moins des peu banales méthodes pour le commun des mortels. Oui mais voilà, nous ne sommes pas ainsi…
En ce mercredi soir, tu décides de commencer en douceur avec des cordes. Aujourd’hui ce sera les rouges et seulement elles. Du coup, je troque mon collier personnalisé pour le petit et simple rouge, bien mieux coordonné. Tu te lances dans une sorte de harnais de bras dans le dos, délicatement organisé autour d’un axe central « tressé » le long de ma colonne vertébrale. Tu réussis un savant équilibre entre esthétisme et contrainte modérée. Bien sûr, le résultat s’est un peu éloigné de l’inspiration de départ. Mais après tout, c’est ta touche personnelle qui ressort ainsi.
Après cette prise en main tout en douceur, tu me débarrasses des nœuds et liens pour la suite. Les nouveaux bracelets de poignets et de chevilles constituent ma nouvelle parure, finalisée par la cagoule épaisse en cuir. Tu termines tes préparatifs en me fourrant le bâillon gode dans la bouche. Bien que la cagoule ne s’y prête pas trop, tu arrives à tes fins et le boucle derrière ma tête. Tout ceci pourrait laisser présager la visite prochaine de lanières et une cagoule humide à la fin. En attendant, tu me fais prendre position à quatre pattes sur le lit recouvert de notre désormais traditionnel drap violet en vinyle, le croupion tendu vers toi. Une fois n’est pas coutume, tu ne t’arrêtes pas là. Les bracelets n’étaient pas là que pour la décoration. Tu me tires la main droite vers le pied du lit le plus proche. Une corde va assurer que je ne puisse plus trop la bouger. La main gauche subit le même traitement : je ne risque pas de beaucoup me déplacer ainsi arrimé au lit. En revanche, il faut que je trouve une position pour ma tête qui me permette de respirer sans mal, sans me noyer dans une salive qui s’annonce abondante avec ce bâillon aux conséquences si perverses. J’ai dû oublier de cocher la case « confort » avant de monter.
J’entends que tu « bricoles » dans mon dos. A quoi m’attendre ? Mystère ! Je sens bien que tu viens insérer quelque chose dans mon fondement. Mais impossible de dire quoi. Je ne reconnais rien de connu. Un « ne bouge plus » accompagné du crissement caractéristique d’un briquet me fournit un indice. Tu dois être en train de m’allumer ;-) ….à ta façon … C’est ce qu’on appelle avoir le feu au cul …. mais l’allumage n’est que fugace. Il ne faudrait pas non plus enflammer son jouet. En revanche, tu ne tardes pas à la rallumer histoire de consteller mon dos d’une modeste mais néanmoins remarquable constellation dite du nounours. J’ai beau connaitre cette sensation, les impacts me picotent et m’arrachent de petits couinements, au moins au début, avant que je ne profite à fond.
De la profondeur, voilà que tu en reprends, et sans prendre de gants … une fois n’est pas coutume. Tu tentes une introduction sans douceur. Malgré la présence du préservatif et d’une dose de lubrifiant, ce manche de martinet peine à pénétrer. Il faut dire qu’il est plus gros que ton habituel gode. La première boule m’arrache un cri, la deuxième aussi d’ailleurs. Je ne te connaissais pas brutale. J’ai l’impression d’avoir le fondement en feu. A posteriori, je découvre que cela me fait néanmoins une amusante queue de cheval ! La douleur initiale baisse très légèrement, mais pas suffisamment avant que tu ne retires rapidement l’intrus. Néanmoins, j’ai pendant plusieurs minutes la sensation de toujours être possédé par cet envahisseur. C’est troublant comme sensation quoi que temporaire.
Tandis que celle-ci se dissipe lentement, ce sont deux pincements sur les couilles qui mobilisent mes sens. Je suppose que cela doit être l’effet de ta toute dernière acquisition. Bizarrement, je ne les trouve pas aussi douloureuses que ce que tes propos avaient pu me laisser imaginer. Méfiance quand même … Affaire à suivre.
Le contact qui vient claquer à de multiples reprises sur mon dos, mes épaules, mes flancs, et mes fesses ne peut être que l’œuvre de ta nouvelle langue de dragon à tige courte. Tu sembles t’éclater avec. Et, si j’en crois tes marmonnements de satisfaction, tu dois même être en train de laisser des marques. Et après, on va encore dire que je ne marque pas. Comme quoi, cela tient plutôt de la légende urbaine. Comme nous semblons tous deux en phase, tu fais durer le plaisir. Je crois que cette nouvelle acquisition est validée par les faits ;-) Pratique, efficace … sauf pour faire sauter la cire. Elle s’accroche sur mon dos malgré les multiples allées et venues de ta langue de feu.
Tu me laisses perplexe avec tes derniers impacts. Je peux simplement dire que cela claque fort sur mes fesses sans pouvoir dire quoi. Mais là encore, je perçois ta satisfaction, comme si tu avais de nouveau réussi à laisser ta marque. Deux fois dans la même heure, ce serait une grande première. Et a posteriori, je découvre que c’était bien le cas. Et tout ça naturellement, sans substance « illicite » ! Pour la petite histoire, la photo des marques me révèlent la coupable : une bien traditionnelle cravache.
La soirée se termine avec une douce séance de griffes qui me font toujours autant d’effet. Mais avant de conclure, tu souhaites faire un essai de tes nouvelles pinces sur mes têtons. Comme tu l’avais identifié, l’une d’elles est particulièrement transperçante à cet endroit-là. L’autre doit être supportable un poil plus longtemps ;-)
Le lendemain matin, j’avais comme consigne de revêtir ma dernière parure, un ensemble boxer et bas en wetlook, tout de noir vêtu. Et rien d’autre bien évidemment si ce n’est mon collier. Visiblement, ma nouvelle tenue semble te plaire. Surprise quand je débarque dans la cuisine, la pièce a légèrement été réaménagée. Deux chaises sont ficelées dos à dos au milieu de la pièce. Sans aucun doute, elles sont là pour moi. Tu me demandes de m’agenouiller sur la première tout en prenant appui avec mes coudes sur la seconde, le ventre reposant sur les deux dossiers. Au cas où l’envie me prendrait de fuir mon trône d’un jour, tu viens nouer le bas de mes cuisses au dossier. De la même manière, mes poignets se retrouvent noués. J’ai un peu l’impression d’être sur un prie-Dieu revisité par tes soins ! Ma tenue, bien que réduite, semble néanmoins ne pas être totalement adaptée pour la suite. Je suppose que l’accès à mon fessier est incontournable vu que tu descends le boxer sur mes cuisses. Cela se confirme quand une des baguettes naturelles vient flageller à plusieurs reprises mon postérieur. Finalement, ce n’est pas si mal cette position, limite confortable, selon les standards qu’on retient ;-) Je me demande si cette mise en bouche avait pour but de m’ouvrir l’appétit. Si c’est le cas, je risque d’en redemander ;-)
L’après-midi je reprends ponctuellement la main pour t’immortaliser dans cette délicieuse tenue qui te va de mieux en mieux à chaque mois qui passe. Le chapeau noir dissimule subtilement ton regard, mais celui-ci parvient si nécessaire à bien accrocher l’objectif, et moi avec, par conséquence. Le corset noir, souligné de dentelle met avantageusement en valeur ta poitrine. Des longs gants noirs viennent souligner un standing certain. Vient ensuite cette magnifique jupe noire, si longue qu’elle dissimule tout autant qu’elle révèle tandis que tu te déplaces. En particulier, elle me laisse apercevoir de temps en temps de bien alléchantes plateformes rouges sang qui apporte la touche de couleur indispensable pour compléter ta tenue de parade. Ta canne à pommeau rappelle ton côté autoritaire et majestueux. Le photographe que je suis devenu pendant quelques minutes ne peut pas rester insensible : je prends un plaisir certain à te « mitrailler » sans idée préconçue. Je mesure la chance que j’ai d’avoir un modèle comme toi.
En ce vendredi soir, après ta longue journée de travail, je ne m’attendais pas à passer à la casserole une dernière fois avant de repartir pour quelques semaines. C’est une bien agréable surprise quand tu m’invites à te suivre jusqu’à l’étage. Après quelques préparatifs pour tout avoir sous la main dans le feu de l’action, tu m’invites à te rejoindre non sans m’avoir fait mettre les bracelets de cheville. Hop, à quatre pattes sur le lit, toujours paré de violet. La première épreuve consiste à mettre en place le humbler. On a beau avoir identifié un semblant de méthode, cela reste tout sauf facile. Malgré tout, tu parviens à me le mettre en place. Désormais mes mouvements sont plutôt restreints. Je ne risque pas de quitter la position du pénitent. Je perçois un serrement certain au niveau de mon intimité. Suis-je bête, c’est un des buts recherchés ! Ce soir, tu as enfilé des gants pour apporter un peu de douceur à ce qui suit. Je sens un liquide frais couler entre mes fesses, un puis deux doigts s’évertuent à préparer mon fondement, de l’assouplir un minimum. Merci pour cette attention. Malgré tout, l’envahisseur d’avant-hier reste toujours aussi envahissant ce soir. Mais j’ai l’impression de moins gémir sous la pression de la première puis de la deuxième boule. Cette nouvelle douleur me fait oublier la pression du humbler, non pas qu’il ne soit plus là, mais son étreinte se fait moins mordante. Puis c’est le manche du martinet qui, petit à petit, se fait accepter. J’ai juste un manche planté dans le cul. Quoi de plus normal ? Me voici de nouveau avec cette apparence quasi chevaline. Ainsi équipé, je devine à certains contacts fugaces, ou certains cliquetis que tu es en train de mettre en scène une nouvelle aventure de mininours à mes dépens, ou plutôt avec moi comme toile de fond contrainte. J’ai l’impression que cette boule de poils prend son temps, histoire de faire durer mes tourments. Jusqu’à ce que je sente la mine d’un feutre sur le bas de mon dos. C’est vrai que tu avais une idée en tête. Une fois encore, je sers volontiers d’écriteau. Certes dans ma situation, je n’avais pas grande latitude pour m’y opposer, des fois que l’envie me serait venue par un improbable mystère. Une fois ton œuvre terminée, voilà que tu m’administres une dernière fessée avec la main de cuir. Astucieuse façon de détourner mon attention pendant que tu me libères de mon gode improvisé. Etonnamment, cette fois, je n’ai pas l’impression de l’avoir encore en moi une fois libéré. J’ai dû finir par m’y habituer avec le temps qu’a duré ta distraction peluchée ;-)
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Ruby arrive et, un peu à la façon d’une patronne de bordel, elle dit :
— Voyons Mesdemoiselles, retournez à vos places !
Je sais bien qu’elle n’a pas fait tout ça pour me faire plaisir, mais ça ne m’empêche pas de lui montrer ma gratitude :
— Merci pour tout, Madame.
Elle me tend un iPhone en disant :
— Tiens, c’est pour toi. Alan te montrera comment l’employer.
Après l’avoir encore remerciée, je vais près d’Alan. Je tourne sur moi-même en demandant :
— Ma nouvelle coupe vous plait ?
— Bien sûr, mais avec une queue tu es très mignonne aussi. Comme ça tu ressembles à Marilyn.
— C'est qui ?
— Marilyn Monroe, je vais te montrer.
C'est gentil... Je lui tends l’iPhone, il m’explique comment ça fonctionne. Je comprends... plus ou moins. Après m’avoir montré comment trouver un extrait d'un film de Marilyn, il me dit :
— Va dans la pièce VIP et prends une leçon de séduction.
Ah oui, je n’en ai pas encore parlé parce que je n’y ai jamais été, mais il y a une salle VIP... Là, je m’installe à une grande table avec une barre. Je regarde l’extrait de film dans lequel elle danse et chante « Diamonds are the girl’s best friends ». Pour tout dire, je ne la connais pas bien, Marilyn. Dans les familles d’accueil, je n’ai vu qu’un de ses premiers films avec les Marx Brothers où elle avait un tout petit rôle. Dans cet extrait, elle danse entourée de garçons, en remuant ses seins et ses fesses d’une façon très érotique. Par contre, elle chante avec la voix fluette de gamine de 7 ans... Mais en m’exerçant, j’arrive assez facilement à prendre une voix qui ressemble à la sienne. Quant à danser comme elle, là, je devrai m’exercer ! Une fille vient me prévenir :
— Tu dois revenir devant, Ashley.
— D'accord.
Je passe dans la grande salle et je me dirige vers Alan. Arrivée à deux mètres, après lui avoir tourné le dos, je le regarde par-dessus mon épaule en disant avec la voix de Marilyn :
— Quand est-ce que tu vas mettre ton gros engin dans mon minou, Daddy ?
Ben oui, à force de me coller à lui sur la moto, j’ai envie de le sentir en moi... Il me regarde, très surpris par mon imitation. Les deux filles le sont aussi, et même Ruby. Celle-ci va même jusqu’à me féliciter :
— Bravo, tu l’imites très bien, Ashley.
Avec la même voix, je lui réponds :
— Mais je suis Marilyn !
Elle rit à nouveau, les filles pareil. Ruby ajoute :
— Tu n’es cependant pas encore prête à danser comme elle. Ce soir, tu t’habilleras en country girl. Va te changer.
C’est vrai que je devrai pas mal m’exercer. Les clients qui sont déjà là ont assisté à la scène... Dès que je reviens, ils me demandent. L’un d’eux va jusqu’à me dire :
— C’est merveilleux de voir le sosie de la plus belle femme du 20e siècle se déshabiller pour nous.
Attention, si on me fait trop de compliments, je vais devenir trop sûre de moi... Non, je rigole, je le suis déjà assez. D’ailleurs, si j’étais assez souple, j’adorerais embrasser ma chatte à pleine bouche. Une autre chose qui me plaît, c’est me retrouver toute nue au milieu des clients et parfois des clientes, même si ce qu’on fait est limité. C’est plus chaud dans la salle VIP. Mais je n’ai vu personne y aller.
Après pas mal de danse, il est enfin 4 h du matin, le moment de la fermeture. Je remets mon vieux jean et mon tee-shirt pour ne pas salir mes beaux vêtements blancs. Alan me donne sa veste et il m’enfourche... euh... non, pas encore, il enfourche sa moto, tandis que je laisse ma veste ouverte pour presser mes seins contre son dos musclé. Ayant beaucoup travaillé ce soir, je suis fatiguée, mais mon désir pour Alan est le plus fort.
On file dans la nuit comme des chauves-souris jaillies de l’enfer (chanson « Bat out of hell » de Meat Loaf)... Arrivés au ranch, on monte silencieusement les marches pour aller dans notre chambre. Après avoir enlevé mes vêtements, je lui demande :
— J’ai pas mal transpiré en dansant, tu veux que je me lave ou que je mette du déo ?
— Surtout pas !
Chouette ! J’aime mon odeur. Dès qu'il est nu, lui aussi, on s’enlace. Le contact de sa peau m’électrise, je me frotte à lui comme une Marilyn en chaleur. On s’embrasse avec passion, puis je me mets à genoux devant lui pour discuter un peu avec sa bite. Oh, il bande ! Et moi, je mouille... Ça va aider à ce qu’on fasse plus ample connaissance dans pas longtemps. J’embrasse les poils de son pubis, j’aime son odeur virile... J’embrasse aussi ses couilles et la hampe de son sexe. Il donne un petit coup de reins. OK, j’ai compris, il veut que l’ADN de ma salive fasse connaissance avec celui de son sexe. Je tire sur la peau pour dégager le gland. Comme ça, son engin a l’air à la fois menaçant et fragile. Je le lèche...
Voilà une vraie intimité. J’aime son odeur et son goût, parce qu’il me plaît et que je suis super excitée. Je n’ai pas baisé depuis des jours et même mon majeur ne m’a pas câlinée. Ma bouche va et vient sur son sexe. Par moment, son gland caresse mes amygdales et j’ai le nez dans ses poils, alors que l’instant suivant, il est "seulement" entre mes lèvres... Comme j’aime autant qu’il ne jouisse pas trp vite, mon mouvement se ralentit. Comprenant le message, il me dit :
— Couche-toi sur le dos.
Ouiiiii ! Il s’allonge sur moi et m’embrasse, tandis que ma chatte se contorsionne pour que son sexe s’enfonce en moi. Ouch ! Ça y est ! Enfin !
Si c’est un éjaculateur précoce, je le tue... Non, c’est une image. Je croise les pieds sur ses reins et l’enfonce au plus profond de mon ventre. Il attrape mes poignets pour les maintenir au-dessus de ma tête, en disant :
— Qu’est-ce que tu veux ?
— Jouir...
— Dis-le mieux que ça.
Au point où j’en suis... je réponds :
— J’ai trop envie. S’il vous plaît...
— Regarde-moi !!!!
— Ouiiiiii...
Oh ça y est ! Mon bas-ventre se contracte et des spasmes me parcourent... C’est boooonnn....
Voilà. Allez, on se repose maintenant. Ah non, il continue... Ce n’est vraiment pas un éjaculateur précoce. Il garde mes poignets prisonniers de ses mains pour dire encore :
— Parle...
J’ai juste envie de me reposer... et là, j’ai une idée. Je lui dis :
— J’ai envie de sentir votre sperme remplir ma chatte. Je veux des enfants de vous, les allaiter et... oooohhhh, oouii...
Je jouis à nouveau, lui aussi et il remplit mon minou de sa semence. Je suis pleine, je vais déborder sur les draps.... Tout à coup lourd, il se laisse aller et il est lourd sur moi, je lui dis :
— J’étouffe !
Il bouge pour que nos corps se décollent, car on est en sueur. Je mets ma main en conque sur ma chatte pour garder son sperme en moi... Pas pour avoir des enfants, bien sûr. Je me mets sur le côté, lui derrière moi. Ma chatte ronronne de plaisir et je m’endors.
***
Quand je me réveille,je suis toute seule dans le lit. Alan s’est levé sans me réveiller. Je me lève pour vite aller dans une pièce où il y a un vieux lavabo. Je grimpe dessus pour faire pipi... Ensuite, je pousse un peu, pour éliminer le souvenir de nos étreintes qui est toujours dans ma chatte. Juste après l’amour, c’est super de garder le sperme de son amant en soi, mais le lendemain, quand ça coule le long des jambes, c’est moins glamour. J’en profite pour faire une petite toilette sommaire, puis je m’enduis d’écran total, de la tête aux pieds. De nos jours, le bronzage n’est plus du tout à la mode dans le Sud.
Je vais les rejoindre sur la terrasse et, dans une pose de pin up, je reprends ma voix enfantine pour leur demander :
— Bonzour, y aurait une petite place pour une fille de la campagne ?
Ils sont sciés ! Les filles s’exclament :
— Tu es aussi belle que Marilyn !
Et aussi :
— Le blond te va trop bien...
Ouais, d’accord avec elles... Tommy a pris son bloc et il dessine à toute allure. J’embrasse Alan sur la bouche et les autres aussi, dans la foulée. La seule qui ne dit rien, c’est Pearl. Normal, une esclave n’a le droit d’ouvrir la bouche que si on l’interroge, ou pour donner du plaisir. Je lui dis :
— Apporte mon déjeuner.
— Oui Maîtresse.
Je regarde ses fesses bouger, tandis qu’elle se dépêche d’aller dans la cuisine. Il faut être juste, ces Noires ont une qualité, leurs culs !
J’explique tout ce qui s’est passé : le coiffeur, manucure, pédicure et puis l’iPhone pour imiter la voix de Marilyn...
Pearl revient avec mon petit déjeuner pain, beurre et confiture. Il n’y a toujours pas d’œufs au bacon, mais ce n’est pas de sa faute... Juste, c’est juste... Par contre, elle renverse du café en me servant. Là, ça change tout : une esclave maladroite doit absolument être punie. Les autres me regardent pour voir ce que je vais faire. Vous comprenez bien que si je laisse passer sa maladresse, ça me fait perdre la face... et puis, oui, c’est vrai, j’ai trop envie de fouetter ses grosses fesses. Je lui dis :
— Le fouet !
— Ouiii... Maîtresse.
Elle court vers la cuisine... Soit, elle a hâte d’être fouettée, soit elle veut m’amadouer en me montrant à quel point elle obéit bien. Elle revient se mettre à genoux devant moi, mais je veux d’abord manger. Alan me demande :
— Ce sera la première fois que tu fouettes une fille ?
— Oui...
Après avoir mangé, c’est le moment de m’occuper de Pearl. Je lui demande :
— Combien de coups de fouet pour une maladresse ?
À genoux, la main tendue pour me tendre le fouet, elle pleurniche :
— Dix coups, Maîtresse.
— Je pensais t’en donner que cinq, mais c’est toi qui décides, d’accord pour dix.
C’est pas très gentil, mais amusant, non ? Enfin, ça dépend si on fouette ou si on est fouetté...
Les filles rigolent.
À suivre.
Un grand merci à Bruce Morgan pour les super dessins.
Nos 7 livres avec des dessins sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
Mes 6 livres non illustrés à 2,99 € ebook et 6,99 €, ici :
https://www.amazon.fr/Mia-Michael/e/B01MRVYT44/ref=ntt_dp_epwbk_0 …
Les planches originales des dessins des 7 livres publiés par La Musardine, signées par Bruce Morgan et en format A 4, sont en vente ici brucemorgan@hotmail.fr
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Vous m’offrez d’être une pièce unique dans le riche et étendu puzzle de votre destinée
Vous me laissez m’y imbriquer, à ma place, dans un partage d’expérience unique et spécial...
Vous me livrez petit à petit, sur un plateau d’argent, des morceaux choisis de votre existence
Tantôt joyeux, tantôt douloureux… toujours émouvants et intimes
Je les accueille comme s’ils étaient des coups de pinceaux sur une toile blanche, m’aidant à affiner chaque fois un peu plus votre portrait
Je reste en admiration devant vos complexes méandres et la façon que vous avez de voir le monde avec votre filtre bien personnel
Virevolte autour de vous, quelques autres jupons parfumés
Dans ces moments, mes maux me hantent, vos mots me manquent
Votre mutisme passager a vocation à me protéger, comme vous l’avez toujours fait
Sevrage forcé de ma dépendance, lorsque vous vous éclipsez pour mieux briller dans des ailleurs qui me sont inconnus
Offert à ma consolation, vous me permettez de ravaler ma grisaille en buvant votre liqueur
Votre clairvoyance surpasse tout et m'aide beaucoup
Notre complicité est à la fois simple à vivre dans le présent et complexe à entrevoir dans l’avenir
Quand je parviens à chasser ponctuellement les pensées noires de vos nuits blanches, alors je me sens la plus utile des femmes
Peu importe la manière, je suis ravie que les parallèles de nos vies s’embrassent, en osmose
Dans mes silences, je vous espère heureux et en paix, en tant qu'homme, que Dominant aussi
En présence de vos cellules organiques, rien n’existe plus en dehors de vous, de nous, d'un plaisir partagé
Rien n’est plus beau que la rencontre de nos corps qui se meuvent en séquences saccadées
Je m’abandonne impudiquement à l’engrenage de vos mains, à vos beaux yeux et à vos exigences de mâle Alpha
Ma langue ne demande qu’à redessiner les moindres contours de vos viriles territoires intimes
Même en votre absence, au tréfond de la nuit, vous êtes ma plus grande envie
Vos grains de beautés, petites cicatrices, marques imperceptibles sur votre peau, constellent et illuminent mon obscurité
Dans mes virées nocturnes, vous enveloppez mon cœur d’un cocon de tendresse et attachez mes cuisses pour vous les offrir grandes ouvertes
Si vous saviez comme vos mots doux, vos caresses habiles et vos baisers complices allument un feu ardent en moi...
Qu’il est appétissant de bientôt pouvoir vous servir docilement et jouir de mon harassant désir pour vous, Monsieur
Vibrantes sensations de nos petites morts au creux de vos draps froissés…
Vous célébrer et vous remercier en ce jour du souvenir, Seigneur de mon âme outrancière, me semble si évident
Nos vies sont des batailles permanentes, contre nous-mêmes avant tout
Chacun de nos moment, chacune de vos parole, chacun de votre apprentissage reste gravé dans ma mémoire de petit poisson rouge, mon S........ auquel je tiens et dont j'ai tant besoin
Je vous aime comme on n’en revient jamais.
Pendant ce temps, votre corps lointain se mêle au reste du monde...
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À MyWay, mon incroyable Guide et Maître...pour ne pas oublier
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